04/12/2016

BLOG EN PAUSE

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aussi brièvement que possible.

 

 

 

 

 

 

17:30 Écrit par Theroigne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/11/2016

ET L'ALLEMAGNE DANS TOUT ÇA ?

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Et l’Allemagne dans tout ça ?

 

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Allemagne : le comité d'enquête sur l'espionnage de la NSA pourrait demander à Snowden de témoigner

RT français21 nov. 2016

 

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Le lanceur d'alerte Edward Snowden

 

La plus haute juridiction allemande a recommandé à la commission du Parlement allemand, chargée d'enquêter sur le scandale d'espionnage américain en Allemagne, de s'entretenir avec Edward Snowden afin d'obtenir son témoignage direct.

«Les enquêteurs sur l'espionnage [de l'Allemagne par la NSA] doivent consulter Edward Snowden, affirme une décision de justice allemande. Le gouvernement allemand ne peut plus se cacher derrière des excuses légales et diplomatiques», a tweeté lundi 21 novembre Wolfgang Kaleck, secrétaire général de l'ONG European Center for Constitutional and Human Rights, et chef de l'équipe légale travaillant avec le lanceur d'alerte Edward Snowden.

Une annonce relayée sur Twitter par l'intéressé.

La recommandation en question est le fait du Tribunal constitutionnel fédéral d'Allemagne – la plus haute juridiction du pays, équivalente au Conseil constitutionnel français. Quant aux enquêteurs, il s'agit des membres de la commission d'investigation du Parlement allemand sur le scandale d'espionnage des Allemands par l'agence de renseignement américain, créée en 2014 afin de faire la lumière sur l'étendue de cet espionnage, dont des éléments avaient été révélés par Edward Snowden.

Ce dernier, ancien employé de la NSA, est connu pour avoir diffusé dans la presse des informations prouvant que les services spéciaux des États-Unis et du Royaume-Uni surveillaient leurs ressortissants sur internet. Poursuivi par la justice américaine, il est désormais exilé en Russie.

Source : https://francais.rt.com/international/29344-allemagne-com...

 

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Pendant qu’on y est…

 

ENFUMAGES  (et CINÉMA, NdE)

par Eric Werner

(ANTIPRESSE N° 51 – Dimanche 20 Novembre 2016)

 

Edward Snowden ou les limites de la raison d’État

 

Edward Snowden est devenu célèbre en 2011 en révélant au grand jour les programmes d’écoutes clandestins de la NSA, l’agence de renseignement américaine. Il est aujourd’hui réfugié à Moscou. Le cinéaste Oliver Stone (JFK, Nixon, etc.) vient de lui consacrer un film, un très bon film. Vite, allez le voir !

On pourrait résumer l’itinéraire de Snowden en parlant de désillusion. Snowden croit d’abord à un certain nombre de choses, puis, petit à petit, l’incroyance s’installe en lui, et à la fin il devient complètement incrédule. En soi c’est banal, beaucoup de gens passent par là. Mais la désillusion va conduire Snowden à la révolte. C’est évidemment ce qui retient l’attention. Comment en vient-on à se révolter ?

Snowden est un patriote américain, et pour servir son pays il est entré dans les services secrets. Très vite il se rend compte que l’écart est grand entre ce que les services spéciaux disent faire et ce qu’ils font en réalité. Théoriquement, les services spéciaux combattent le terrorisme. On ne dira pas qu’ils ne combattent pas le terrorisme. Si, ils le combattent. Mais ce n’est pas cela d’abord qui les mobilise. Ce qui les mobilise d’abord, c’est la surveillance de masse. La surveillance de masse n’est pas absolument sans lien avec la guerre contre le terrorisme, sauf que la guerre contre le terrorisme sert ici surtout de prétexte : de prétexte à la mise en place d’un système de surveillance, effectivement, généralisée. Le mot « prétexte » est celui utilisé dans le film. Le film ne va pas jusqu’à dire que si le terrorisme n’existait pas, il faudrait l’inventer. Mais il montre que le terrorisme rend quand même bien service aux dirigeants.

On connaît le discours officiel, discours qui oppose la sécurité à la liberté. Soit vous choisissez la liberté, soit la sécurité. La sécurité ne s’obtient qu’au prix de la liberté. Si donc vous voulez vivre en sécurité, vous devez sacrifier une partie de votre liberté : en réalité y renoncer complètement. C’est ce que dit le discours officiel. En ce sens la surveillance généralisée est un mal nécessaire. C’est le prix à payer pour combattre efficacement le terrorisme. Alors qu’en fait, elle est voulue pour elle-même. Elle est fin en soi. La surveillance généralisée n’est pas le moyen choisi pour faire la guerre au terrorisme, c’est au contraire la guerre au terrorisme qui est choisie pour accélérer la mise en place d’un système de surveillance généralisée. On aurait pu en choisir un autre. Mais celui-là est apparu comme particulièrement efficace. L’argument de la sécurité sert donc d’écran de fumée. Le véritable but est autre : c’est l’Etat total.

Lors d’un récent « Masque et la Plume », l’émission du dimanche soir sur France Inter, un des critiques présents a reproché à Oliver Stone d’essayer de faire croire que les États-Unis seraient aujourd’hui une société orwellienne. Il exagère, disait-il. Les États-Unis ne sont quand même pas 1984. En réalité, nous nous situons aujourd’hui très au-delà de 1984. Je dis « nous », parce que nous n’avons rien à envier dans ce domaine aux Américains. De ce côté-ci comme de l’autre de l’Atlantique, tout voir et tout savoir est devenu l’objectif prioritaire des dirigeants. C’était déjà celui de Big Brother. Mais l’électronique jointe au numérique leur ouvrent aujourd’hui des possibilités que Big Brother, dans ses rêves les plus fous, ne pouvait même pas imaginer. Que ce soit en Europe ou aux États-Unis, la vie privée n’a plus aujourd’hui, on le sait, de réalité que résiduelle.

Les services spéciaux sont en effet aujourd’hui outillés pour suivre tout le monde à la trace. Et c’est ce qu’ils font. Rien, ou presque, ne leur échappe. Je dis « rien ou presque », parce qu’il est théoriquement toujours possible de renoncer à Internet ou au téléphone portable. Or quand on y renonce, on sort par là même des radars. Mais très peu y renoncent. Des habitudes sont prises. Le système est donc très verrouillé.

C’est de tout cela que Snowden prend progressivement conscience. Dès lors, il se trouve placé devant un dilemme. Il pourrait très bien faire comme la plupart de ses collègues : se taire, continuer à vivre comme si de rien n’était. Tous, comme lui, connaissent la réalité. Certains, même, la condamnent. Mais ils ne veulent pas d’histoire. Ils choisissent donc de se taire. C’est un choix possible. Snowden décide au contraire de se révolter. Le film montre bien ce que cette décision a eu pour lui de libératoire, presque de jubilatoire. Vivre en accord avec soi-même rend certainement plus heureux que de mener une double vie, avec des « pensées de derrière la tête » qu’on est obligé en permanence de dissimuler. C’est mieux aussi pour sa propre santé. On dort mieux, on respire mieux. Etc.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le film d’Oliver Stone n’est pas un film sur la raison d’État. Ni à plus forte raison encore contre la raison d’État. Il ne faut pas ici confondre Snowden et Julian Assange. Julian Assange, très clairement, se pose en adversaire de la raison d’État. C’est un adepte de la transparence, il est donc contre toute espèce de secret, et en particulier de secret d’État. Ce n’est pas le cas de Snowden. Montaigne dit dans les Essais: « Le bien public requiert qu’on mente et qu’on trahisse et qu’on massacre ». Assange se scandaliserait très probablement de cette phrase. Mentir est mal, et même très mal. Il ne faut pas mentir. C’est contraire aux exigences de la transparence. L’espionnage est également très condamnable. Snowden est sur une tout autre ligne. L’espionnage, en lui-même, ne le scandalise pas. Ce qui le scandalise, c’est l’espionnage intérieur. Car cela signifie que l’État traite son propre peuple en ennemi. L’ennemi, ce n’est plus l’Autre, mais le Même. C’est cela très exactement qui est inacceptable : ce retournement de l’espionnage de l’extérieur vers l’intérieur. Car c’est une caractéristique du despotisme. Il faut en effet être un despote pour en venir à considérer son propre peuple comme un ennemi. Le régime occidental a aujourd’hui basculé dans le despotisme.

 

Official trailer – V.O.


 

Bande annonce – VO. ST. fr

 

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Les Mexicains, qui la comparent à Frida Kahlo, lui ont demandé de poser pour eux en Frida :

 

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Wagenknecht : Nous ne défendons pas l’Allemagne en Afghanistan ou en Syrie

Front Russ News21 novembre 2016

Interview accordée au Berliner Morgenpost, traduite en anlais par Tom Winter

 

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La campagne pour le Bundestag (2017) bat déjà son plein

 

À Merzig. Sahra Wagenknecht aime la nature idyllique de la Sarre. « C’est l’exact opposé de Berlin la trépidante, l’endroit idéal pour se détendre les nerfs » dit-elle. Avec Oskar Lafontaine son mari elle y fait beaucoup de vélo. « Quand nous avons le temps, nous faisons un bon 100 km par jour à bicyclette ». Merzig, petite ville à la frontière avec la France est devenu le nouveau port d’attache de cette femme de 47 ans, née à Iéna, dont la circonscription électorale est à Düsseldorf et qui conduit la campagne de La Gauche pour le Bundestag. Dans un café près de l’Hôtel de ville, elle résume ses buts pour l’année électorale qui arrive.

 

***

 

Berliner MorgenpostMme Wagenknecht, vous et votre co-président Dietmar Bartsch avez été pendant longtemps comme Tom et Jerry. Seriez-vous une candidate susceptible de remporter l’élection au Bundestag ?

Sahra Wagenknecht – Nous faisons campagne avec succès pour le Bundestag depuis plus d’un an à présent. La Gauche est plus haut dans les sondages qu’elle ne l’a été depuis 2013, malgré la force de l’AfD [Alternative für Deutschland, parti d’extrême-droite, NdT]. Le climat, à l’intérieur de notre « Fraktion »  s’est aussi amélioré. Il y a une relation de confiance entre Dietmar Bartsch et moi-même ; nous travaillons bien ensemble. C’est une condition préalable pour la réussite d’une campagne électorale.

B.M. – Quels sont les buts du parti Die Linke ?

S.W. –  Mon souhait, pour l’élection au Bundestag est très clairement que les mêmes vieilles antiennes de la grande coalition soient balayées pat les urnes et que la question sociale soit enfin remise sur le tapis. Il y a des années que les inégalités ne font que croître en Allemagne, des années que beaucoup de gens n’arrivent plus à vivre de leur travail et que de plus en plus de personnes âgées subissent l’humiliation de la pauvreté.

Mais voter AfD ne changera rien à tout cela, parce que l’AfD veut un état social faible et des privatisations. Un bon résultat à deux chiffres pour Die Linke mettrait les autres partis, en particulier le SPD, sous pression, les obligerait à s’occuper finalement des intérêts sociaux de la majorité.

B.M.Vous comptez une fois de plus sur une augmentation des impôts. Que faut-il qu’il arrive avant que Die Linke pense à soulager les citoyens et les entreprises ?

S.W.Nous réclamons une réduction des impôts pour la majorité des citoyens, notamment pour ceux à revenus moyens ou faibles. Il est scandaleux qu’un impôt de 24% frappe des revenus de 1140 € par mois, tandis que des groupes comme Apple, Amazon ou Starbuck sont imposés, comme ailleurs en Europe,  à 0,005%.

Il est parfaitement compréhensible que les gens se sentent pris à la gorge par une politique comme celle-là. Nous voulons que les grandes compagnies et les super-riches paient un impôt approprié. Nous réclamons, entre autres choses, qu’une taxe soit appliquée aux millionnaires et que soient imposées aussi les successions très importantes.

Il y a des années que le SPD combat ses propres électeurs.

B.M. D’après les sondages, même une triple alliance rouges-verts-verts ne marchera pas. Quelles perspectives de pouvoir envisagez-vous ?

S.W. – Elle ne marchera pas parce que la politique du SPD, depuis des années, a été de combattre les intérêts de ses propres électeurs. Pourquoi des salariés et des retraités choisiraient-ils un parti qui est responsable de la création de tout un secteur à revenus faibles et qui a détruit le système statutaire des retraites ? Sigmar Gabriel s’est récemment battu comme un lion pour l’accord d’Assurance Groupe CTE. En matière d’impôt sur les successions, il n’a pas été dérangé le moins du monde par Horst Seehofer. Tant que le SPD ne fera pas savoir clairement qu’il veut autre chose que toujours-plus-de-la-même-chose, les électeurs le fuiront.

B.M. – À quelles conditions accepteriez-vous de coopérer avec le SPD et les verts ?

S.W.La direction fondamentale de la politique doit changer : le SPD et les verts font partie du honteux cartel qui a détruit la sécurité sociale. Nous voulons restaurer la sécurité sociale d’État. Nous n’avons aucun besoin d’une baliverne à la  Riester qui n’enrichit que l’industrie financière,  mais de retraites légales suffisantes [La Riester-Rente est une épargne privée subventionnée par l'État et déductible des revenus.NdT]. Tout le monde doit y contribuer, y compris les indépendants, les fonctionnaires et les politiciens.

Nous avons grand besoin de retrouver des allocations de chômage décentes. Et, en plus de cela, le jeu des emplois temporaires et des contrats spéciaux doit cesser. En politique étrangère, l’Allemagne devrait en revenir à sa politique traditionnelle de dégagement…

B.M. – Qu’entendez-vous par là ?

S.W. – Rechercher un équilibre des intérêts au lieu de participer à l’escalade des conflits par le réarmement et la guerre. La soi-disant guerre contre le terrorisme n’a pas rendu ce monde plus paisible. Au contraire, elle a fini par renforcer le terrorisme et par l’amener en Allemagne. Sortir la Bundeswehr d’Afghanistan et de Syrie serait le meilleur moyen d’assurer notre sécurité.

B.M. – Vous ne semblez pas près de gouverner.

S.W. – Quoi ? Pendant plus de 40 ans, la République Fédérale d’Allemagne s’est très bien trouvée de garder les soldats au pays. Pour Willy Brandt, la guerre était l’« ultima irratio », donc pas un chemin à suivre pour la politique. Si le SPD qualifie aujourd’hui cette position de « non gouvernementale », cela ne prouve que sa propre décrépitude.

L’Allemagne ne se défend pas en Afghanistan

B.M. – Faudrait-il qu’il y ait un accord signé sur le retrait de la Bundeswehr de toutes ses opérations à l’étranger pour qu’un gouvernement de coalition puisse être mis sur pied ?

S.W. – Si nous aidons des pays pauvres après une catastrophe, si nous allons forer chez eux des puits ou construire des écoles, parfait. Mais il n’y a pas besoin de la Bundeswehr pour cela. L’Agence Fédérale pour le Secours Technique, qui est mieux équipée, y suffirait. Die Linke ne soutiendra jamais l’effort militaire de la Bundeswehr. Il est d’ailleurs contraire à la Loi fondamentale. La tâche de la Bundeswehr est de défendre l’Allemagne. L’Allemagne ne se défend pas au Mali, ni en Afghanistan, ni en Syrie.

B.M. – Est-ce que Sigmar Gabriel candidat SPD à la chancellerie serait un argument pour ou contre une alliance gouvernementale rouges-rouges-verts ?

S.W. – Si j’étais un dirigeant du SPD, j’accorderais quelque attention au résultat des élections U.S. Les Démocrates ont fait obstacle à Bernie Sanders, qui avait un profil de gauche, pour se retrouver in fine avec l’incroyable naufrage de Hillary Clinton. Clinton s’est fait la championne de l’arbitraire, de la vénalité et de l’indifférence aux divisions sociales du pays. Beaucoup de gens ont choisi de voter Trump parce qu’ils ont voulu désélectionner ce toujours-plus-de-la-même-chose. Je pense que le SPD devrait prendre cela au sérieux.

B.M. – Qui est le Bernie Sanders du SPD.

S.W. – Eh bien… Si M. Gabriel voulait se donner la peine de le chercher ! Dans un grand parti comme le SPD, il doit bien y avoir d’authentiques sociaux-démocrates qui soient crédibles aux yeux des électeurs. Sigmar Gabriel, pour sa part, est responsable des choix politiques du SPD depuis le tournant de millénaire, c’est-à-dire responsable de son alignement sur les économiquement puissants et de l’abandon de ses électeurs traditionnels.

B.M. – Certaines déclarations de Die Linke pourraient provenir d’AfD. Essayez-vous de reconquérir les électeurs qui ont émigré vers l’extrême-droite populiste ?

S.W. – Bien sûr. Nous voulons gagner chaque électeur que les injustices grandissantes ont mis en colère. Le fait que l’AfD ait capturé ce genre d’électeurs vient seulement de ce qu’il prétend se préoccuper de leurs intérêts sociaux. Mais si vous jetez un œil au programme de l’AfD, il ressemble plutôt à l’aile économique du CDU/CSU ou du FDP. Merkel a offert beaucoup d’électeurs à l’AfD avec sa politique désordonnée sur les réfugiés. Il serait irresponsable de composer avec cela.

B.M. – Vous-même avez dit, après les événements de la nuit du Nouvel An à la Gare Centrale : « Quiconque abuse de ses droits d’invité les perd. » Ça aussi pourrait avoir été dit par le président d’Afd Petry.

S.W. – ... ou par un des politiciens du SPD ou du CDU/CSU, qui ont tous dit la même chose. Je n’ai pas répété cette phrase, parce qu’elle a été mal comprise. Mais l’exigence que quiconque vit en Allemagne, qu’il soit réfugié ou natif, doit respecter les lois, n’appartient pas à l’AfD mais à la raison.

Source : http://www.fort-russ.com/2016/11/wagenknecht-we-do-not-de...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

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Saint Nicolas, dont c’est la fête dans huit jours, n’est pas seulement le patron des enfants sages mais aussi celui des bateliers de la Sarre (le long de laquelle Mme Wagenknecht fait du vélo). C’est pourquoi, ils ne manquent jamais, avant de larguer les amarres, de venir lui apporter une offrande. Pour ne pas couler ou pour toute autre raison.

 

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Angela Merkel se représente-t-elle parce que Barack Obama le lui a demandé (lui en a donné l’ordre, barrez la mention inutile) ?

 

Panique à Washington…

Le rêve de Hitler en cours de réalisation.

Lyuba Lulko (Stepushova) – Pravda.ru21 novembre 2016

 

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Le président US sortant, Barack Obama, vient de faire une visite à Berlin, pour y choisir un nouveau chef de l’Occident libéral. En fait, Obama réussit à  rassembler un bloc anti-américain en Europe. Bizarrerie de comportement ou réelle panique ? Angela Merkel peut-elle devenir ce chef et sur qui pourra-t-elle compter ? Cela l’inquiète-t-elle que Donald Trump puisse la manger en entrée d’un dîner géopolitique ?

Vendredi [le 18, NdT] Obama a rencontré cinq poids lourds européens pour tenter de se trouver un remplaçant comme chef du monde occidental. Obama est convaincu que Trump est incapable de le devenir.

Or… La réélection de François Hollande semble virtuellement impossible. Le Premier ministre britannique Theresa May est inéligible pour des raisons idéologiques : la Grande Bretagne quitte l’U.E., trahissant la solidarité européenne. Le Premier ministre italien, Matteo Renzi a provoqué un référendum sur des réformes constitutionnelles (qui empiète sur les prérogatives du Sénat) et son référendum est condamné à l’échec. Le dirigeant espagnol Mariano Rajoy préside aux destinées d’un gouvernement minoritaire ; l’Espagne reste enfoncée dans une crise profonde due à sa dette. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau était absent de la rencontre de Berlin, de même que le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Ce dernier vient d’avoir une conversation avec Trump, d’où il est ressorti très satisfait. Trudeau est occupé à établir un dialogue avec des diplomates russes.

Obama n’a donc, en fait, aucun choix, et voilà comment Angela Merkel se retrouve otage de la fraternité atlantique agonisante. Le New York Times l’appelle « le dernier défenseur de l’Occident libéral ». Merkel est supposée faire traverser, aux valeurs occidentales, l’ouragan de nationalisme, de xénophobie et de racisme inhérents à Donald Trump, écrit-il.

Posons-nous la question : est-ce la panique à Washington ou pas ? Ou est-ce juste un incident curieux ? Le pays qui a perdu la Deuxième guerre mondiale est en passe de prendre la tête de l’Occident. Le rêve de Hitler se réalise. Merkel a déclaré dimanche [donc le 20, NdT] qu’elle briguerait un 4e mandat et soutiendrait le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP), qui est un projet d’Obama.

Quels sont les avantages de Merkel aux yeux des journalistes occidentaux ? En onze ans de pouvoir, elle a bâti la plus forte économie d’Europe. Elle a fait face à la crise grecque, elle contrôle l’U.E. et reste dévouée aux valeurs libérales : la tolérance et toutes sortes de libertés. Le dirigeant du monde libre est aujourd’hui Angela Merkel, a dit au Guardian l’historien Timothy Garton.

Angela Merkel peut-elle être chancelière pour la quatrième fois ?

Sera-t-elle capable de décrocher encore une fois ce poste ? Pour y arriver, il faudra que le CDU/CSU remporte l’élection fédérale au Bundestag à l’automne 2017 et obtienne le droit de former le gouvernement. L’organe de presse autrichien Contra Magazin écrit que 30% est le maximum de soutien que puisse espérer l’alliance de ces deux partis. À l’heure actuelle, le CDU/CSU dispose de 40% des sièges au Bundestag. La popularité de Merkel en Allemagne est extrêmement basse depuis la crise des réfugiés. Selon les sondages réalisés en août, plus de la moitié des Allemands sont hostiles à un quatrième mandat de Merkel à la chancellerie. Les Allemands sont fatigués de douze ans de règne de « Mutti ».

Ensuite, Merkel est supposée devenir la candidate d’une coalition. Ses partenaires dans la coalition – les chrétiens bavarois – la critiquent durement d’avoir ignoré les intérêts de la Bavière dans la crise des réfugiés. Merkel a en outre manqué à son obligation de nominer son candidat présidentiel, pour promouvoir la candidature du social-démocrate Frank Walter Steinmeier au congrès des CDU/CSU, au nom d’une « coalition élargie » avec le SPD.

Le comportement normal de Merkel en des temps anormaux peut avoir pour résultat l’apparition de figures inattendues sur la scène politique, telles que par exemple les nationalistes, que le monde libéral occidental dit très fort craindre. Ce parti ne jouit que de 14% d’intentions favorables, mais ce chiffre pourrait doubler s’il y a transfert de voix en provenance du SPD.

Enfin, il y a le facteur Trump, qui échafaude des relations entre états sur base de sympathies ou d’antipathies personnelles. Trump rappellera à Merkel ses accords avec Obama et pourrait bien tout faire pour qu’elle ne gagne pas les élections au Bundestag. Les Américains possèdent cette force de levier. Quand Schröder n’a pas voulu suivre les Américains en Irak, il s’est pris de plein fouet l’opposition des « élites » et a dû céder la place à Merkel. Il ne faudrait pas oublier non plus que toute la réserve d’or de l’Allemagne se trouve aux États-Unis et qu’il y a une armée US en Allemagne.

 

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« Si vous lisez les médias allemands et européens, vous aurez en effet l’impression que Mme Merkel est en train de devenir la grande prêtresse de la religion libérale, adoubée par Obama pour maintenir les valeurs occidentales communes » a dit à Pravda.ru Alexander Rahr, directeur du Forum germano-russe et journaliste allemand international. « Mais si vous essayez d’imaginer les gens qui vont s’asseoir dans huit mois à la table du G7, vous n’y verrez que des nouveaux visages, à l’exception de Merkel et du dirigeant japonais. Angela Merkel va sûrement continuer à prêcher les valeurs libérales communes. Attendons de voir comment elle s’y prendra. »

Source : http://www.pravdareport.com/world/europe/21-11-2016/13622...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Mis en ligne le 27 novembre 2017

 

 

 

 

 

 

17:22 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/11/2016

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !

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« Nous mourrons tous, mais à des conditions différentes. »

Maximilien Robespierre

 

 

Hasta la victoria siempre, comandante !

 

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À l’heure qu’il est, Fidel Castro a rejoint ses vieux compagnons de révolte, le Che, Chavez et la longue kyrielle des martyrs qui, sur toute la planète, jalonne la route de ceux qui mettent leur vie dans la balance et changent tôt ou tard la face du monde.

 

Nous sommes aujourd’hui orphelins et pas assez compétents pour faire l’eulogie des grands morts sans recourir aux platitudes.

Rendez-vous sur https://www.legrandsoir.info/, http://fr.cubadebate.cu/, http://www.telesurtv.net/, http://www.lesamisdecuba.com/, http://www.michelcollon.info/, etc., qui, eux, sont qualifiés pour le faire.

 

 

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Mis en ligne le 28 novembre 2016.

 

 

14:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

24/11/2016

E = mc2

1. Sinister ship 2.jpg

E = mc2

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Ceci n’est pas une boutade ni un mot d’esprit. C’est une équation aussi rigoureuse que l’autre.

Or…

Deux ou trois jours avant que le candidat Donald Trump l’emporte sur la candidate Hillary Clinton, Tyler Durden* publiait sur le site Zero Hedge ce qui suit :

 

« Je viens de perdre toute confiance dans notre système juridique profondément corrompu et dans l’État de droit aux États-Unis »

 

Tyler Durden*Zero Hedge 7 novembre 2016

 

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Le FBI vient de faire à Hillary Clinton le plus grand cadeau de toute l'histoire de la politique présidentielle. Deux jours avant les élections, le FBI a annoncé qu'il mettait fin à son enquête sur la manipulation par Hillary Clinton d’informations classifiées. Après avoir examiné les courriels qui ont été trouvés sur les appareils électroniques appartenant à Huma Abedin et Anthony Weiner, le directeur du FBI James Comey a envoyé une lettre au Congrès leur disant que « nous n'avons pas changé les conclusions que nous avons exprimées en juillet par rapport à la secrétaire Clinton». Ceci signifie qu'il n'y aura pas d'acte d'accusation, et la voie est maintenant ouverte pour qu’Hillary Clinton devienne le prochain président des États-Unis mardi, sauf si une élection miracle se produit.

Ces temps-ci, il est inhabituel pour moi qu’une nouvelle me frappe à un niveau profondément émotionnel, mais celle-ci l’a vraiment fait. Lorsqu’initialement le FBI a annoncé qu'ils étaient en train de reprendre cette enquête, j’ai eu une lueur d'espoir qu'un peu d'intégrité pouvait demeurer dans notre système juridique.

Mais après l'annonce d'hier, j'ai perdu toute confiance dans notre système de justice profondément corrompu. L'Amérique est devenue une nation sans loi, et l'état de droit est complètement mort dans ce pays.

Lire la suite…

Traduction Anna S. pour Comité Valmy et Les Grosses Orchades.

____________

* Tyler Durden est le nom collectif sous lequel écrivent les blogueurs de Zero Hedge.

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7844

Source originale : http://www.zerohedge.com/news/2016-11-07/i-just-lost-all-...

Article soumis par Michael Snyder : http://endoftheamericandream.com/archives/i-just-lost-all...

 

et…

Il ne se passe pas de jour sans que l’un ou l’autre étatsunien, de bonne foi et quelle que soit sa place sur l’échiquier électoral, ne déplore la perte d’un état de droit qui n’a jamais existé et/ou de libertés qui n’ont jamais été accessibles qu’à un certain nombre de privilégiés.

Quelqu’un par exemple, comme James W. Whitehead, éminent juriste qui a la double particularité de penser par lui-même et de rechercher des solutions concrètes à l’état calamiteux des choses, se berce pourtant encore de l’illusion qu’il fut un temps où « les choses » étaient différentes et continue à croire à l’Âge d’Or des « pères fondateurs » comme les enfants au Père Noël. Voir ses derniers articles ici dans leur langue d’origine : http://www.rutherford.org/publications_resources/john_whi...

S’il fallait les recenser tous, on n’en finirait pas.

 

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Pourtant…

Quelle différence politique entre George Washington et Hillary Clinton ?

Aucune.

 

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Ceux qui suivent depuis des décennies William Blum et quelques autres… ceux qui auront lu notamment ses « pensées » récentes (voir notre post du 10 novembre) savent exactement à quoi s’en tenir sur le « droit » qui prévaut aux États-Unis et savent que rien, dans ce domaine, n’a changé depuis leur création.

« Le rêve est le roi de la politique » dit Manuel de Diéguez.  Ne pourrait-on dire qu’en ce qui concerne les États-Unis, l’illusion, qui est un rêve à l’état de veille, en est la reine ?

C’est pourquoi nous avons choisi de vous traduire un « état des lieux juste après l’élection», d’une inhabituelle lucidité. Son auteur il est vrai, n’est pas citoyen U.S.

Pour finir d’éclairer ceux qui peuvent l’être, nous vous proposerons la lecture d’un livre… chinois, où les yankees pourraient découvrir des réalités que, visiblement, ils ignorent.

 

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Le président-élu Donald Trump et « l’État profond » : Votes truqués des deux côtés… Nominations-clés

Peter Koenig – Global Research – ICH 15 novembre 2016

 

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Il est très possible que les élections aient été truquées, probablement des deux côtés, l’insaisissable « élite », aussi appelée « État profond », étant divisée. Il semble que le meilleur tricheur ait fini par l’emporter. Le dernier décompte des votes populaires montre un léger avantage en faveur de Hillary Clinton. Peu importe, le système a été conçu anti-démocratiquement, de propos délibéré, au XVIIIe siècle, par les Pères Fondateurs qui n’ont jamais réellement eu l’intention de créer des États-Unis d’Amérique avec l’égalité des droits pour tous. [C’est nous qui soulignons, NdT]

Le système électoral actuellement en vigueur favorise la manipulation des votes, particulièrement dans les swing states [les états-clés pour l’élection présidentielle, NdT], où il est relativement facile de supprimer ou d’intervertir les votes populaires, par un « pépin » électronique.

Cette sorte de fraude, nous le savons maintenant, s’est produite en 2000, quand George Bush « l’a emporté » sur Al Gore - résultat ultérieurement légitimé par une décision de la Cour Suprême – et elle s’est reproduite en 2004 (dans l’Ohio), quand George Bush, encore lui, l’a emporté sur Kerry par fraude électronique et principalement par suppression pure et simple des votes noirs.  Après 8 années de Bush, assez c’était assez.

L’État profond avait besoin d’un nouveau candidat susceptible d’inspirer confiance au peuple américain, par exemple un candidat malin, noir et qui ait du charisme mais pas d’épine dorsale. Qu’importe ce dernier point !

Les gens n’ont compris que quand il était trop tard. Le mandat d’Obama a reçu le coup de pouce d’un Prix Nobel de la Paix, alors qu’il ne savait lui-même pas encore de combien de guerres il allait devoir se charger, en plus de celles d’Afghanistan et d’Irak. Aujourd’hui, il se vante littéralement d’en mener sept de front de par le monde et d’avoir vendu plus d’armes qu’aucun président avant lui, à de prétendus alliés et agresseurs par procuration comme l’Arabie Saoudite et les états du Golfe. Et il est certain que d’autres guerres et d’autres conflits sont en train de mijoter dans la marmite à pression. Mais Trump se conformera-t-il à ce programme ? 

Les médias alignés sont terriblement efficaces quand il s’agit de manipuler les cerveaux en empilant mensonges sur mensonges. Les guerres de Washington sont toutes « bonnes » pour la « sécurité nationale », elles détournent les dangers qui menacent les États-Unis et défendent les intérêts américains, quels qu’ils soient. Personne ne pose la question. Mais si Washington, le NYT et le WashPost le disent, c’est que c’est vrai.

L’élection de 2016 a été truquée en faveur de Donald Trump, comme  illustré pat Greg Palast, reporter-enquêteur pour Rolling Stones et la BBC.

Par ailleurs, il y a eu fraude aussi de la part de la clique Clinton à l’encontre de Sanders dans les primaires démocrates, au point que la présidente du DNC (Democratic National Committee), Debbie Wasserman Schultz, a dû démissionner. Sans cette imposture électorale, M. Sanders aurait été le candidat démocrate face à M. Trump. Parmi les nombreuses assertions de fraude figure une étude de l’université de Stanford.

Mais peu importe la fraude électorale, c’est devenu un mode opératoire courant dans notre système occidental à la corruption sans vergogne et il continuera d'en être ainsi jusqu’à ce que « quelqu’un » change le jeu.

Puisque le système fonctionne en faveur de l’establishment et, bien plus encore, en faveur de l’État profond, il y a fort peu de chances pour que quelque chose se mette à changer de manière significative et fasse des USA une vraie démocratie dans un avenir envisageable.

Ce n’est pas seulement la fraude électorale qui a fait gagner Trump. C’est aussi le peuple, qui est plus que jamais écoeuré qu’on lui mente, qui est fatigué à mort des promesses jamais tenues, de la baisse du pouvoir d’achat de son chèque de fin de mois, du chômage qui plane entre les 22 à 25%, quand les statistiques officielles du gouvernement en avouent 5%, de la délocalisation des emplois américains, de l’argent de ses impôts gaspillé dans des guerres lointaines au lieu de servir à réparer l’infrastructure US en déréliction, du renflouement des grosses banques qui ont spéculé jusqu’à la banqueroute grâce à la dérégulation instaurée par Bill Clinton (le mari de Hillary) dans les années 1990, d’une politique de santé bidon, appelée Obamacare d’après son créateur, que 40 millions de personnes ne peuvent pas se payer et qui ne sert qu’aux industries pharmaceutique et médicale, et de la dette exponentielle des étudiants.

Comme si tout cela ne suffisait pas, ils – les 99,99% dont une majorité croissante de travailleurs privés de droits – s’entendent dire par les merdias que :

* La Chine et l’Inde leur volent leurs emplois, alors qu’en fait ce sont les grosses sociétés US qui augmentent leurs marges bénéficiaires de manière éhontée en délocalisant leurs emplois en Chine et en Inde, et dans beaucoup d’autres endroits du globe.

* La Russie et le Venezuela sont des menaces majeures pour la sécurité nationale et que, par conséquent, il est nécessaire que les États-Unis provoquent dans ces pays des changements de régime.

* Qu’un accroissement ruineux des armées de l’OTAN en Europe est nécessaire pour affronter la menace russe, et ainsi de suite.

Oui, la sécurité a un prix et vous, Américains, devez savoir que ces bases de l’OTAN ont doublé depuis l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991, et cela, en dépit des promesses contraires faites à la Russie en 1991 : de 14 à 28 exactement. Personne ne vous parle de l’inutilité de l’OTAN en Europe depuis la fin de la guerre froide, également en 1991, sauf votre nouveau président, M. Trump. M. Trump n’a pas remis en question que le financement de l’OTAN par les États-Unis, il a remis en question le sens de l’OTAN en soi. M. Trump veut des partenaires, pas des ennemis que les USA soient forcés de combattre pour des raisons de sécurité. La paix est la meilleure des sécurités, et la paix est également la meilleure voie d’accès au commerce international.

Le président élu a parlé de renégocier ou même de déchirer le NAFTA, l’abominable accord de commerce U.S.-Mexique-Canada imposé par Bill Clinton en 1994, qui a mis des centaines de milliers d’agriculteurs au chômage au Mexique et y a supprimé des dizaines de milliers de petites entreprises agricoles. Ce n’est évidemment pas la vraie raison pour laquelle Trump veut mettre l’accord à la casse, mais plutôt parce que le Mexique avait adapté son économie au NAFTA par l’extrême bon marché de sa main d’oeuvre, démarche qui a dû avoir pour conséquence de prendre des emplois aux Américains.

Le nouveau président s’est aussi porté garant de faire machine arrière sur les accords transatlantiques (TTIP, TiSA) et transpacifique (TPP). Quel soulagement ce serait pour les centaines de millions - si pas les milliards - de gens dans le monde qui échapperaient ainsi (pour le moment) aux crocs des grands groupes privés de la mondialisation et aux tentacules de la pieuvre bancaire du N.O.M.

Ce n’en serait pas un, bien sûr, pour les dictateurs vassaux non-élus de Bruxelles. Mais qui se soucie d’eux ? Il faudra quand même bien que ce système morde la poussière d’une manière ou d’une autre. Le BREXIT pourrait servir de détonateur et d’autres pourraient suivre dans l’année qui vient, avec des élections en France et en Allemagne en 2017, dont on espère qu’elles apporteront des changements radicaux, sauf si elles sont volées par la nouvelle méthode de choix par coup d’état parlementaire, comme cela vient d’être le cas en Espagne et, comme ce l'a été en août dernier, au Brésil.

La souveraineté de partenaires égaux est un gage de prospérité pour tous, pas juste pour une soi-disant élite. Le nouveau président veut ramener les emplois en Amérique en freinant sur la mondialisation. Il veut reconstruire l’infrastructure américaine et créer 25 millions d’emplois d’ici dix ans et taxer les produits manufacturés importés de l’étranger quand ils pourraient être produits à l’intérieur.

Mais M. Trump soulève également de fortes controverses quand il parle de construire un mur à la frontière entre les USA et le Mexique pour empêcher l’entrée des « immigrants hispaniques illégaux et criminels », quand il projette de transférer l’ambassade US de Tel Aviv à Jérusalem ou quand il dit qu’il veut maintenir les musulmans hors du pays. Beaucoup de ses déclarations racistes mettent un bâton dans ses roues par ailleurs progressistes.

Quoi qu’il en soit, les accusations hardies et sans peur que Trump porte sur l’État profond ont poussé les citoyens lambda désillusionnés à voter pour les changements qu’il préconise.

Serait-il possible que cette fermeté de langage contre un establishment solidement ancré ne soit qu’une ruse de l’establishment, pour faire avaler au peuple l’illusion que « le changement arrive » ?

(voyez https://www.youtube.com/watch?v=EYozWHBIf8g)

« Je m’engage à être le président de tous les Américains » a dit Trump dans son discours d’acceptation.

Hélas, que cela sonne creux, quand on se rappelle qu’Obama a dit exactement la même chose en 2008. Et ce n’est pas là toute la vacuité de la campagne. Vous souvenez-vous des dizaines de milliers de gens pleurant de joie et d’espoir en une vie meilleure et en un monde meilleur (après le désastre Bush), quand Obama fut investi de ses fonctions, le 20 janvier 2009 et proclama encore et encore son slogan « Yes, we can » (Oui, nous pouvons) ? Aujourd’hui, l’histoire se répète. « Yes, we can » est devenu « We will make America great again » (Nous rendrons l’Amérique à nouveau grande).

Les deux slogans proposent de grands « changements » non précisés ; créent l’illusion que les choses peuvent tourner bien. Est-il imaginable que les mêmes sempiternels Maîtres de l’Univers s’amènent avec un nouveau slogan promettant lui aussi des changements non spécifiés, et avec de nouvelles illusions sur les choses qui pourraient, après tout, bien tourner pour tous ces gens prêts à abandonner le dernier petit brin d’espoir ? Est-il concevable que l’État profond puisse avoir inventé les deux slogans de manière à ranimer la foi de gens à courte mémoire en un monde meilleur, en un gouvernement plus sensible, au moins les deux premières années, jusqu’à ce que la réalité revienne leur botter le cul ? Oui, c’est entièrement du domaine du possible. C’est même très probable.

Et, donc, les oligarques se sont gagné un peu de temps, dans leur course à la Full Spectrum Dominance (domination tous azimuts) du monde, comme cela est si clairement souligné dans le très actif et très actuel PNAC (plan pour un nouveau siècle américain), qui s’appelait auparavant Pax Americana, d’après la Pax Romana dont nous savons aujourd’hui qu’elle s’est étendue sur 300 à 400 ans des plus sanglantes guerres de l’empire de Rome, jusqu’à ce qu’il s’effondre de l’intérieur.

Les tireurs de ficelles universels, l’État profond sont sans doute en train de semer de nouveaux espoirs, de nouvelles illusions, pour pouvoir continuer à rouler les gens en leur faisant croire à ce qui n’est pas, tout en  continuant à les alarmer à coups d'attentats sous faux drapeau et de bobards mercenaires des merdias. En réalité, il faut pour eux que les gens du commun tous les jours plus pauvres, que les victimes de plus en plus nombreuses de l’économie néo-fasciste soient maintenus en permanence sur le qui-vive, suspendus entre l’espoir et le désespoir. Hillary a-t-elle été utilisée comme un tensiomètre public, comme une marionnette d’illusionniste chargée de nous faire croire que nous vivons dans la plus grande démocratie que l’argent ne peut pas acheter ?

« Attendons pour voir » devrait être un présage assez sûr. Laissons à M. Trump le bénéfice du doute, mais restons sur nos gardes. Pour l’instant, contentons-nous de jeter un coup d’œil à ce qui s’est passé après son élection : aux concessions qu’il a faites (garder une partie de l’Obamacare par exemple) et à la longue liste des candidats aux fonctions supérieures, c’est-à-dire de l’équipe qui pourrait accompagner sa présidence.

Ce n'est pas très prometteur.

Ses premiers choix pour le Trésor [ministère des Finances, NdT] se portent sur Jamie Dimon, PDG de J.P. Morgan, ou Steve Mnuchin, son président financier, ex-cadre chez Goldman Sachs. Ils ne font pas augurer d’une rupture avec l’oligarchie, que M. Trump avait pourtant promise pendant sa campagne.

Quelques-un des candidats qu’il a choisis pour tête de son gouvernement sont des réactionnaires ultra-conservateurs comme, pour le secrétariat d’État, Newt Gingrich, le néo-con ex-porte-parole de la Chambre qui était même sur la liste de Trump comme candidat à la Vice-Présidence ; et John Bolton, sioniste et ancien ambassadeur des États-Unis à l’ONU sous la présidence de George W. Bush.

L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, pourrait être nommé procureur général.

Voici la liste complète des candidats retenus par Trump, telle que la publie aujourd’hui [15 novembre, NdT] le New York Times :

 

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Secrétaire-général de la Maison Blanche

Le secrétaire général dirige le travail et le personnel de l’Aile Ouest ; il a la haute main sur l’agenda du Président et s’occupe des relations importantes. Cette fonction jouera un rôle inhabituellement important, dans une Maison Blanche sous Donald Trump, qui n’a aucune expérience en matière d’élaboration des politiques et qui n’en a pas beaucoup en matière de relations avec les acteurs majeurs de Washington.

Reince Priebus : M. Trump a annoncé dimanche qu’il avait choisi M. Priebus, qui est le président du Comité National du Parti républicain.

 

Stratège en chef

Stephen K. Bannon a lui aussi été envisagé comme secrétaire général, mais M. Trump a préféré le nommer stratège en chef et haut conseiller de la Maison Blanche, disant que lui et M. Priebus y travailleraient « en partenaires égaux ».

Également dimanche, M. Trump a annoncé la nomination effective de M. Bannon, dirigeant de médias de droite qui a été le président de sa campagne électorale. Beaucoup ont dénoncé ce choix, mettant en garde contre le fait que M. Bannon défend des opinions racistes.

 

Secrétaire d’État [Ministre des Affaires Étrangères]

Que M. Trump choisisse un idéologue ou un vieux routier de la politique issu d’une administration républicaine passée, le nœud du problème est que le Département d'État est la cheville ouvrière de l’expérience post-1945 d’instauration du réseau d’alliances et du mondialisme que M. Trump s’est engagé à démanteler.

John R. Bolton, ancien ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies sous George W. Bush.

Bob Corker, sénateur du Tennessee et président du Comité des Relations étrangères du Sénat

Newt Gingrich, ancien porte-parole de la Chambre des représentants.

Zalmay Khalilzad, ancien ambassadeur US en Afghanistan.

Stanley A. McChrystal, ancien haut commandant militaire en Afghanistan.

 

Secrétaire au Trésor [Ministre des Finances]

Le secrétaire sera responsable des emprunts du gouvernement sur les marchés financiers, du code fiscal, et il devra superviser le service des impôts sur le revenu. Le département du Trésor  décrète aussi (ou lève) les sanctions financières à l’encontre des ennemis extérieurs, qui jouent un rôle-clé dans les accords avec l’Iran et le rapprochement avec Cuba du président Obama.

Thomas Barrack Jr, fondateur, président et PDG de Colony Capital, société financière privée et promoteur immobilier.

Jeb Hensarling, représentant du Texas et président du Comité des Services Financiers de la Chambre.

Stephen Mnuchin, ancien PDG de Goldman Sachs et président des finances de la campagne de M. Trump.

Tim Pawlenty, ancien gouverneur du Minnesota.

 

Secrétaire à la Défense [Ministre des Guerres]

C’est le secrétaire qui sera nommé qui donnera forme à la lutte contre l’État Islamique, tout en supervisant une armée qui s’efforcera de mettre en place deux initiatives de l’ère Obama : l’intégration des femmes dans les combats et l’autorisation aux recrues transgenre de servir à découvert. Les deux dispositions pourraient être abandonnées.

Kelly Ayotte (f), sénateur sortant du New Hampshire et membre du Comité des Services Armés du sénat.

Lt. Général Michael T. Flynn, ancien directeur des services de Renseignements (DIA). Il lui faudrait une dispense du Congrès, à cause d’une règle de sept ans pour les officiers à la retraite.

Stephen J. Hadley, conseiller à la sécurité nationale sous George W. Bush.

Jon Kyl, ancien sénateur de l’Arizona.

Jeff Sessions, sénateur de l’Alabama.

 

Procureur Général [Ministre de la Justice]

C’est le plus haut fonctionnaire de la nation, en matière d’application des lois. Il aura autorité pour assurer le maintien de la loi et de l’ordre sous M. Trump, y compris l’exécution de sa menace de mise sous les verrous de Hillary Clinton.

Le titulaire de cette fonction peut changer la manière dont la loi et l’ordre sont maintenus.

Chris Christie, gouverneur du New Jersey.

Rudolph Giuliani, ancien maire de New York.

Jeff Sessions, sénateur de l’Alabama.

 

Secretary of the Interior [Secrétaire à l’Intérieur des États-Unis]

Le Secrétaire à l’Intérieur  s'occupe de l'exploitation des ressources naturelles et de la gestion des terres publiques tels que les parcs nationaux, ainsi que certaines fonctions liées à la protection de l'environnement. Il contrôle les agences telles que le Bureau des affaires indiennes, l'United States Geological Survey, et le National Park Service. Celui qui sera nommé à ce poste devra décider du sort des règlements de l’ère Obama qui ont arrêté le développement des terrains publics ; refréner la prospection en matière de pétrole, de charbon et de gaz ; promouvoir les énergies éoliennes et solaires sur les terres publiques.

Jan Brewer (f), ancien gouverneur de l’Arizona.

Robert E. Grady,  partenaire de Gryphon Investors.

Harold G. Hamm,  Directeur en chef de Continental Resources, une compagnie pétrolière et gazière.

Forrest Lucas, président de Lucas Oil Products, qui fabrique des lubrifiants, des additifs et des graisses pour l’industrie automobile.

Sarah Palin (f), ancien gouverneur de l’Alaska.

 

Secrétaire à l’Agriculture

Le secrétaire à l’Agriculture supervise l’industrie agricole US, inspecte la qualité des aliments et fournit une assistance alimentaire basée sur le revenu. Le département aide aussi à développer les marchés internationaux pour les produits américains, ce qui donne à celui qui sera désigné la responsabilité partielle de mener à bien les prises de position de M. Trump sur le commerce.

Sam Brownback,  gouverneur du Kansas.

Chuck Conner, Secrétaire-Adjoint à l’Agriculture.

Sid Miller, commissaire à l’Agriculture du Texas.

Sonny Perdue, ancien gouverneur de Géorgie.

 

Secrétaire au Commerce

Le département du Commerce – département de l’exécutif fédéral - est une des cibles traditionnelles pour les coupes de budget, mais le secrétaire supervise un portefeuille varié qui comprend le Recensement, le Bureau des analyses économiques et l’Administration nationale océanique et atmosphérique.

Chris Christie, gouverneur du New Jersey.

Dan DiMicco, ancien PDG de Nucor Corporation, une compagnie de fabrication de l’acier.

Lewis M. Eisenberg, PDG de la banque privée Granite Capital International Group

 

Secrétaire au Travail

Le département du travail est chargé d’appliquer les lois qui protègent les travailleurs de la nation, distribue les bénéfices aux sans-emploi et publie des données économiques telles que le rapport mensuel sur l’emploi. Le nouveau secrétaire aura pour tâche de tenir la promesse faite par M. Trump de démanteler de nombreux règlements de l’ère Obama, qui concernent une vaste main d’œuvre d’entreprises fédérales.

Victoria A. Lipnic, Commissaire à l’égalité des chances en matière d’emploi et conseiller à la politique de la main d’œuvre pour le Comité de la Chambre sur l’Éducation et la Main d’œuvre.

 

Secrétaire à la Santé et aux Services humanitaires

Le secrétaire aidera M. Trump à remplir sa principale promesse de campagne : abroger et remplacer l’Affordable Care Act [loi sur la protection des malades et les soins abordables]. Le département approuve les nouveaux médicaments, réglemente l’approvisionnement alimentaire, poursuit des recherches bio-médicales et gère Medicare et Medicaid, qui assurent plus de 100 millions de personnes.

Dr. Ben Carson, ancien neurochirurgien et candidat à la présidence en 2016.

Mike Huckabee, ancien gouverneur de l’Arkansas et candidat à la présidence en 2016

Bobby Jindal, ancien gouverneur de la Louisiane, ancien secrétaire du département de la santé et des hôpitaux de la Louisiane.

Rick Scott, gouverneur de Floride ; ancien PDG d’une grande chaîne d’hôpitaux et de HCA [Hospital Corporation of America], la plus grosse entreprise assurance-santé privée aux États-Unis.

 

Secrétaire à l’énergie

En dépit de son nom, le but essentiel du département de l’Énergie est de protéger et de diriger l’arsenal d’armes nucléaires de la nation.

James L. ConnaughtonPDG de Nautilus Data Technologies et ancien conseiller à l’environnement du président George W. Bush.

Robert E. Grady, partenaire de Gryphon Investors.

Harold G. Hamm, directeur en chef de Continental Resources, une compagnie pétrolière et gazière.

 

Secrétaire à l’Éducation

M. Trump a dit qu’il voulait radicalement réduire le département de l’Éducation et transférer les responsabilités de la recherche, de l’aide au développement et de l’éducation aux gouvernements des États et aux autorités locales.

Dr. Ben Carson, ancien neurochirurgien et candidat à la présidence 2016.

Williamson M. Evers, expert en éducation à l’Institut Hoover, un think tank.

 

Secrétaire aux Anciens combattants

Le secrétaire aura pour tâche d’améliorer l’image d’un département qui a été fortement critiqué par M. Trump. M. Trump a dit et répété que l’administration Obama avait négligé les anciens combattants du pays et il a assuré qu’améliorer les soins qu’on leur porte faisait partie de ses plus grandes priorités.

Jeff Miller, président à la retraite de la Commission des Anciens combattants de la Chambre et représentant de l’État de Floride.

 

Secrétaire à la Sécurité Intérieure

L’agence fourre-tout formée après les attentats du 11 septembre 2001 a un rôle-clé dans l’administration Trump : celui de garder les frontières des États-Unis. Si M. Trump tient ses promesses de déportation à grande échelle et de construction de murs, c’est ce secrétaire qui devra les mettre en œuvre.

Joe Arpaio,  shérif sortant du comté de Maricopa, Arizona.

David A. Jr Clarke, Shérif du comté de Milwaukee.

Rudolph W. Giuliani, ancien maire de New York.

Michael McCaul,  représentant du Texas et président du Comité de Sécurité intérieure de la Chambre.

Jeff Sessions, sénateur de l’Alabama et opposant déclaré à l’immigration.

 

Administrateur de l’E.P.A.

L’Agence de protection de l’environnement, qui publie les règlements environnementaux et supervise leur application, est menacée par le nouveau président, qui s’est engagé à la démanteler « sous pratiquement toutes ses formes »

Myron Ebell, directeur administratif du Competitive Enterprise Institute et climatosceptique de pointe.

Robert E. Grady, partenaire chez Gryphon Investors ;  qui a participé à la rédaction des amendements du Clean Air Act en 1990.

Jeffrey R. Holmstead, avocat chez Bracewell L.L.P. et ancien administrateur-adjoint d’E.P.A. dans l’administration de George W. Bush.

 

Représentant du Commerce U.S.

Le rôle bizarre du négociateur en chef du Président pour le commerce consistera à s’opposer aux nouveaux accords de commerce, à essayer de réécrire les vieux et à renforcer l’application de ce que M. Trump considère comme un commerce équitable.

Dan DiMicco, ancien PDG de Nucor Corporation, aciérie, et critique déclaré des pratiques commerciales chinoises.

 

Ambassadeur aux Nations Unies

Second du Secrétaire d’État, l’ambassadeur auprès des Nations Unies sera le visage primordial que l’Amérique présentera au monde ; il sera chargé de représenter les intérêts du pays au Conseil de Sécurité sur un tas de questions, de la paix au Moyen Orient à la prolifération nucléaire..

Kelly Ayotte, sénateur sortant du New Hampshire et membre du comité des Services armés du Sénat.

Richard Grenell, ancien porte-parole de l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU dans l’administration de George W. Bush.

 

Directeur de la C.I.A. / Directeur de la N.I.A. [Service National de Renseignements]

M. Trump entre en fonctions à un moment où la sécurité américaine encourt des menaces diverses et complexes. Le nouveau directeur de la C.I.A. devra décider s’il doit défaire ou non un plan de « modernisation » mis en place cette année par le directeur John O’Brennan, et comment il devra procéder, si le nouveau président persiste dans sa volonté de reprise des tactiques brutales d’interrogatoire que certains appellent de la torture, pour les suspects de terrorisme.

Michael T. Flynn, ancien directeur de la D.I.A.

Peter Hoekstra, ancien président du comité des Renseignements de la Chambre.

Mike Rogers, représentant du 8e district du Michigan à la Chambre, ex-du FBI. C’est lui qui a réclamé l’exécution des « coupables » de Wikileaks.

Frances Townsend (f), ancien coneiller à la Sécurité intérieure sous George W. Bush.

 

Conseiller à la Sécurité Nationale

Le conseiller à la Sécurité nationale, bien que ne faisant pas partie du gouvernement est un contrôleur d’accès essentiel pour les propositions politiques émanant du Département d’État, du Pentagone et d’autres agences. Sa fonction devrait jouer un rôle important, vu le manque d’expérience de M. Trfump au poste qu’il va occuper.

Michael T. Flynn, ex-directeur de la D.I.A.

Source : New York Times.

 

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Que peut-on conclure de cette liste ? Trump ne donne pas l’impression de vouloir prendre ses distances avec les néo-libéraux et les sionistes, comme il l’a fait croire à ceux qui l'écoutaient, pendant sa campagne.

Depuis qu'a éclaté la bombe, certains disent même le tsunami de l’élection de Trump, les intellectuels occidentaux, ou plutôt les soi-disant intellectuels, n’arrivent pas se faire une raison de ce que la démocratie puisse l'avoir emporté sur toutes leurs espérances – espérances entretenues, bien sûr, par les médias alignés.

Cela leur a joué un tour.  Un vilain tour ! Mais est-ce que, vraiment, la gauche et la droite « bien éduquées », ceux qui vivent dans leurs sanctuaires et leurs doux cocons en se fiant aux statistiques et aux sondages, n’ont absolument aucune idée de ce que M. et Mme Toulemonde peuvent penser ? De comment ils arrivent – ou pas – à joindre les deux bouts, jour après jour, mois après mois ? Il n’y a plus de droite ni de gauche, comme il n’y a plus de réelle différence entre Républicains et Démocrates. Ils sont tous si bien intégrés, sous le confortable (pour eux) parapluie d’une économie fasciste mondialisée.

Les « gens surpris » sont-ils si détachés des réalités ou naïfs au point de ne pas voir la colère croissante de la croissante majorité non silencieuse, qui souffre d’un bout de l’année à l’autre de la domination oligarchique et qui en a assez d’un « système » qui n’a pas cessé d’abuser d’elle tout au long des 40 dernières années ? Ce sont les mêmes gens et les mêmes « experts » des médias qui avaient déjà été pris de court par le BREXIT !

À ceux qui sont encore sous le choc du BREXIT, je recommande fortement le remarquable film de Ken Loach, qui a reçu la Palme d’Or au Festival de Cannes 2016, Moi, Daniel Blake [en français : Le Pacte].

 


http://www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/moi-d...

 

Il n’est jamais trop tard pour se réveiller et s’engager.

En fait, c’est tout ce qui compte : que des gens fassent un pas hors de leur zone de confort et se battent au sein des 99,99%. Nous pourrions même aller ainsi jusqu’à devenir une masse significative, capable de réellement provoquer une énorme transformation de la société et de notre Terre-Mère, avec ou sans M. Trump.

Sources : http://www.globalresearch.ca/president-elect-donald-trump...

http://www.informationclearinghouse.info/article45860.htm

Traduction : c.l. pour Les grosses Orchades

 

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Et de l’autre côté ?

Décembre 2016 : Dyumin, Patrushev, Rogozin ?

Editeur22 novembre 2016

 

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Alexei Dyumin

Très proche de Vladimir Poutine dont il a été l’entraineur de hockey sur glace, simple garde du corps du Président, Alexei Dyumin a eu une carrière fulgurante et est actuellement gouverneur de la région de Tula et vice-ministre de la Défense. Il a mené à bien l’extraction du président ukranien Viktor Ianoukovitch lors du coup d’état pro-américain à Kiev.

Nikolaï Patrushev

Officier du KGB puis du FSB dont il a été le directeur à la suite de Vladimir Poutine lorsque celui-ci est entré au Kremlin fin 1999, actuellement Secrétaire du Conseil de Sécurité et directeur du Comité National Antiterroriste (NAK), Nikolaï Patrushev est un proche de Vladimir Poutine.

Dmitry Rogozin

Député et ancien Président du parti politique « Rodina » (« Patrie ») dont il a été l’un des fondateurs, ambassadeur auprès de l’OTAN de 2008 a 2011 où il a été considéré comme « nationaliste » par les media occidentaux, Dmitry Rogozin est actuellement vice-président de la Russie, spécialiste des questions de Défense.

Rendez-vous en décembre !

 

Source : https://rusreinfo.ru/fr/2016/11/decembre-2016-dyumin-patr...

 

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À quoi s’attendaient-ils ?

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Des missiles « Bastion » déployés à Kaliningrad

Editeur21 novembre 2016

 

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La Russie a renforcé son système de défense côtière en déployant des systèmes « Bastion » à Kaliningrad, enclave Russe en Europe occidentale. Une unité « Bastion » comporte 36 missiles supersoniques Onyx qui peuvent être utilisés contre des cibles navales, mais aussi contre des cibles terrestre. Un haut responsable de l’OTAN a réagi en déclarant qu’ « avec ça, la Russie peut fermer la Baltique ». Selon des experts occidentaux, le système « Bastion » depuis Kaliningrad pourrait également frapper des cibles en Pologne.

Ceci est une une partie de la réponse au déploiement continu depuis plusieurs mois de troupes de l’OTAN aux frontières occidentales de la Russie.

 

8. kaliningrad-map 2.jpg

 

Source : https://rusreinfo.ru/fr/2016/11/des-missiles-bastion-depl...

 

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YAN Lianke

Les chroniques de Zhalie

 

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Lian Ke YAN (ils écrivent leurs noms à l’envers, comme les Italiens), est né fils de paysans pauvres et illettrés, dans le Henan. Pour pouvoir étudier et aussi manger à sa faim, il s’est engagé dans l’armée, où il a fait des études de littérature. Il est même, à un certain moment, devenu une des plumes plus ou moins officielles de l’Armée Nationale du Peuple. Tout en se mettant à écrire des romans. Dans certains, il a parlé d’elle (l’armée) de manière qui a chatouillé les militaires, lesquels l’ont prié d’aller plutôt écrire ses romans dans le civil, ce qu’il a fait avec joie. Maintenant, il enseigne la littérature et vit de sa plume.

Un jour Deng Xiaoping a dit « enrichissez-vous », comme l’avait dit avant lui M. Guizot. Pas davantage que son prédécesseur, il ne s’adressait à tout le monde et à n’importe qui, mais seulement à ceux qui sauraient sans qu’on leur explique de quelles façons peu nombreuses il est possible de s’enrichir et qui comprendraient qu’on leur en donnait la permission.

C’est leur histoire que racontent les chroniques de Zhalie, celle de la grandeur et de la décadence d’un empire de la taille d’un village perdu dans les Balou (Henan), et tout cela se déroulant en une trentaine d’années.

Il s’agit d’une fable. Elle est exemplaire, universelle et même, hélas, intemporelle, puisqu’il s’y produit des choses qui se produisaient dans la Rome antique et qui se produisent en ce moment même aux États-Unis d’Amérique. Si les narcissiques citoyens U.S. qui se lamentent sur la détérioration de leur société fantasmée avaient la bonne idée de lire le Pr. Yan, ils comprendraient peut-être ce qui leur arrive.

Les Chinois cultivés connaissent très bien la littérature occidentale, contrairement aux Occidentaux qui ne connaissent pas du tout ou fort mal la littérature chinoise. Yan Lianke se dit influencé par Kafka et Garcia Marquez et parle, à propos de ses livres, de mythoréalisme. Ce n’est pas faux. (Il a d’ailleurs reçu le Prix Kafka en 2014). Mais il est permis de trouver aussi, à son humour, une parenté certaine avec à la fois Swift et Sterne. Ce qui ne nous est plus arrivé, à nous, depuis Diderot.

Il est reposant, quelquefois, de quitter la compagnie des barbares pour aller happer un bol d’air chez des gens qui, entre des hauts et des bas terribles n’en sont pas à leur première civilisation.

 

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YAN Lianke

Les Chroniques de Zhalie

Éd. Picquier – Sept. 2015

515 pages

 

 

 

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Mis en ligne le 23 novembre 2016.

 

 

 

 

 

00:28 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/11/2016

LA GUERRE EN AMÉRIQUE LATINE, VOUS VOUS SOUVENEZ ?

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La guerre en Amérique Latine, vous vous souvenez ? Elle continue.

 

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« La droite aurait-elle sous-estimé la capacité politique de Nicolas Maduro ? » se demande Franco Vielma

 

Nouvelle donne politique au Vénézuéla… et retard de l’information en France

Franco Vielma – Le Grande Soir18 novembre 2016

 

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De gauche à droite : Jorge Rodriguez (Parti Socialiste Uni du Venezuela) pour le gouvernement, Leonel Fernandez (médiateur, ex-président de la République Dominicaine) et Carlos Ocariz, porte-parole de la MUD (pour l’opposition) lisant les accords.

 

Retour au galop du réel refoulé par les grands médias. Alors que ceux-ci qualifiaient de « prisonniers politiques » les leaders d’extrême droite arrêtés pour possession d’explosifs ou organisation de violences meurtrières avec l’appui paramilitaire d’Alvaro Uribe, la droite vénézuélienne reconnaît à présent qu’il n’existe que des « personnes arrêtées ». Plus surprenant encore, elle admet la réalité d’une guerre économique qu’elle qualifiait jusqu’ici d’invention du président Maduro « pour cacher la faillite du socialisme bolivarien ». Le sociologue vénézuélien Franco Vielma nous éclaire sur ces revirements inattendus.

A l’initiative du gouvernement bolivarien, les partis de la droite vénézuélienne ont accepté récemment de s’asseoir à la table des négociations. La première étape de ce dialogue amorcé avec l’appui de l’ex-président du Panama Martin Torrijos et de l’ex-président espagnol Rodriguez Zapatero s’est achevée le samedi 12 novembre 2016. Entouré notamment du secrétaire général de l’UNASUR et ex-président de Colombie Ernesto Samper, de Leonel Fernandez, ex-président de la République Dominicaine, l’envoyé du Vatican Claudio María Celli a lu les cinq points principaux du communiqué final :

Lire la suite…

Source : https://www.legrandsoir.info/nouvelle-donne-politique-au-...

 

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4. Unidad contro al imperialismo.jpg2. Logo Maduro 1.gifLa vérité sur le Vénézuela

Ignacio Ramonet – Le Grand Soir 19 novembre 2016

 

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La vérité blesse sûrement, le mensonge tue souvent mais l’indifférence est assurément la plus mortelle des trois et le silence est le pire..! (commentaire d’une lectrice du GS)

 

En raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures, le Venezuela est un pays très riche. Mais presque toutes ses richesses ont été accaparées pendant plus d’un siècle par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu’à l’élection d’Hugo Chavez, en 1999, le peuple n’en recevait que des miettes. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivaient sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996).

La révolution bolivarienne a placé la volonté politique au poste de commande. Grâce à l’implication populaire, elle a permis à l’État de se réapproprier les secteurs stratégiques de l’économie, recouvrer la souveraineté nationale et procéder à une redistribution de la richesse au profit des services publics et de tous les laissés-pour-compte.

Politiques sociales, investissements publics, nationalisations, réforme agraire, plein emploi, salaire minimum, impératifs écologiques, accès au logement, droit à la santé, à l’éducation, à la retraite... Le chavisme s’est attaché à la construction d’un État moderne. Il a mis sur pied une ambitieuse politique d’aménagement du territoire : routes, chemins de fer, ports, barrages, gazoducs, oléoducs.

En matière de politique étrangère, Caracas a misé sur l’intégration latino-américaine et privilégié les axes Sud-Sud, tout en imposant aux États-Unis des relations fondées sur le respect mutuel... Un tel ouragan de changements a complètement chamboulé les structures traditionnelles de pouvoir au Venezuela et entrainé la refondation d’une société jusqu’alors hiérarchique, verticale, élitaire. Cela ne pouvait valoir à la révolution bolivarienne que la haine des classes dominantes, convaincues d’être les propriétaires légitimes du pays.

Les campagnes de dénigrement se poursuivent aujourd’hui contre le président Nicolas Maduro. Certains secteurs politiques et médiatiques européens les reprennent en chœur. Mais les faits sont têtus. A-t-on déjà vu un « régime dictatorial » élargir le périmètre de la démocratie au lieu de le restreindre ? Et donner le droit de vote à des millions de personnes dépourvues jusque là de carte d’électeur ? Les élections au Venezuela n’avaient lieu que tous les quatre ans, le chavisme en a organisé plus d’une par an (19 en 17 ans). Dans des conditions de légalité démocratique reconnues par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union européenne, l’Organisation des États américains (OEA), le Centre Carter, etc.

 

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Chavez a toujours affirmé qu’on pouvait construire le socialisme dans la liberté et la démocratie. Il a d’ailleurs prouvé son respect du verdict populaire en renonçant à une réforme constitutionnelle refusée par les électeurs lors d’un référendum en 2007. Ce n’est pas un hasard si la Foundation for Democratic Advancement (FDA), du Canada, a situé le Venezuela en tête du classement des pays « qui respectent la justice électorale ».

Le gouvernement de Nicolas Maduro consacre 43,2% du budget aux politiques sociales. Résultat : malgré la guerre économique, le taux de mortalité infantile a été divisé par deux. L’analphabétisme éradiqué. Plus d’un million de logements ont été construits. Le nombre de professeurs des écoles a été multiplié par cinq (de 65 000 à 350 000). Le pays détient le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités) le plus performant d’Amérique latine. Dans un récent rapport, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC, un organisme de l’ONU) établit que le Venezuela est le pays sud-américain - avec l’Équateur -, qui a le plus réduit le taux de pauvreté.

Le plus scandaleux, dans l’actuelle campagne de diffamation, c’est de prétendre que la liberté d’expression serait bridée au Venezuela. La vérité c’est que le secteur privé, hostile au président Maduro, y contrôle largement les médias. Chacun peut le vérifier. Sur 111 chaînes de télévision, 61 sont privées, 37 communautaires et seulement 13 publiques. Avec cette particularité que la part d’audience des chaînes publiques n’est que de 5,4%, celle des privées dépassant les 61%... Même chose pour la radio. Et 80% des journaux de la presse écrite sont contrôlés par l’opposition.

Tout est, certes, loin d’être parfait dans le Venezuela bolivarien. Mais rien ne justifie ces campagnes de mensonges, de violence et de haine.

Ignacio RAMONET

Ancien Directeur du Monde Diplomatique, Président de l’Association Mémoire de luttes.

Source : https://www.legrandsoir.info/la-verite-sur-le-venezuela.html

 

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EN COMPLÉMENT :

L’intrigue du polar Rouges, les collines de Caracas prend pour décor le Venezuela de Chavez, vu sur place par l’auteur et très différent du Venezuela de nos médias. Le livre se termine par un article du Los Angeles Times qu’aucun organe de presse français n’aurait osé publier tant il contredit la voix des oligarchies plus états-uniennes que leurs homologues des États-Unis d’Amérique.

 

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Voir ici : http://www.editions-arcane17.net/ - 22 €

Un cadeau passionnant (et intelligent) à se faire pour le Nouvel An !

 

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Souvenir, souvenir…

 

 

 

Mis en ligne le 19 novembre 2016.

 

 

 

 

22:41 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/11/2016

LE RÊVE EST LE ROI DE LA POLITIQUE

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« La meilleure façon de réaliser ses rêves est de se réveiller »

Paul Valéry

 

 

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Le rêve est le roi de la politique

 

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Le président russe Vladimir Poutine a exprimé l'espoir que "les relations entre la Russie et l'Amérique s'amélioreront."

Le Président Donald Trump a déclaré, de son côté, que les Américains "sont prêts à collaborer avec les nations."

Ces deux déclarations convergent sur un point décisif, celui d'inaugurer une morale internationale nouvelle: l'exigence d'honnêteté s'imposera aux relations politiques entre les états, les peuples et les nations.

A quelle pesée de la science historique et de la géopolitique faut-il soumettre ces vœux paradisiaques? Pour tenter de le comprendre, il faut observer l'immoralité qui a fait du procès de Nuremberg (novembre 1945 - octobre 1946) le pilier d'une nouvelle immoralité internationale; car une éthique plus trompeuse que la précédente est devenue le fondement de la puissance militaire et politique de l'empire américain. Le procès de Nuremberg était censé substituer à l'immoralité nazie un paradis de la justice et du droit américains.

Les idéaux proclamés à cette occasion ont permis au seul concept de Liberté défini par l'Amérique victorieuse d'exercer un règne sans partage. Au nom d'une Liberté censée à jamais garantie par la victoire des "démocraties" occidentales sur le nazisme, l'empire américain a aussitôt fait du concept abstrait de Liberté l'assise de sa domination sur le monde. Et plus la Liberté était censée garantie par la floralie des idéalités dont on la décorait, plus l'empire américain prenait appui sur le seul concept de Liberté démocratique pour renforcer sans fin sa domination du monde. C'est ainsi que l'idée abstraite de Liberté se changeait en levier mondial du vainqueur de la rédemption pseudo démocratique du monde.

Mais il serait naïf de croire qu'une hypocrisie consciente d'elle-même exprimerait la duplicité native d'une espèce confite dans le culte de ses idéalités: c'est le plus sincèrement du monde, si je puis dire, que l'homme s'auto-glorifie sans s'en douter à cultiver les idéalités à l'école desquelles il se vassalise en retour. La notion d'auto-asservissement à la force sous le masque des idéalités trompeuses domestique la créature en retour et donne toute sa profondeur anthropologique à la notion de servitude volontaire explicitée par Étienne de la Boétie. On l'a bien vu au spectacle des larmes des défenseurs d'Hillary Clinton: ils étaient visiblement sincères dans leur déploration de l'effondrement du paradis démocratique promis par la candidate.

Mais il y a plus: pourquoi Jules César éprouve-t-il le besoin de souligner que l'homme croit aisément ce qu'il désire, sinon parce qu'il s'agit d'une clé universelle de la politique. Or, la politique n'est pas seulement euphorisante par nature et par définition, c'est parce que les chefs d'État sont des anthropologues naturels. Ils sont en mesure de mettre l'humanité à l'école et à l'écoute de ses songes.

La compréhension du contenu inconscient de ces rêveries nous révèle la véritable profondeur de la politique. "Du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent" s'écrie Napoléon. Pourquoi ces mots galvanisent-ils des troupes qui n'ont jamais entendu parler des pyramides et qui ignorent le sens spirituels du verbe contempler. Dans Quinte-Curce, Alexandre avoue qu'il est ivre de sa propre gloire et que ses soldats ne sont que des instruments de son rêve d'éterniser sa mémoire de conquérant.

C'est pourquoi Donald Trump, dont on n'a pas encore compris la trempe, et qui passe pour un esprit rustique, s'est écrié "qu'il n'y a pas de rêve trop grand" car cet homme d'État a compris d'emblée et mieux que personne, que le rêve est la clé de l'humanité et de son histoire. Et c'est la même leçon de politique du songe que celle de Napoléon ou d'Alexandre qu'il donne à la géopolitique des états messianisés par le mythe démocratique et par ses missiles.

On voit que dans une anthropologie critique fondée sur la notion de servitude volontaire, il sera bien impossible de jamais comprendre une espèce que ses songes domestiquent en retour et pour sa plus grande gloire. S'il n'en était pas ainsi, comment serait-il explicable que, depuis des millénaires, notre espèce s'imagine que l'univers serait peuplé de personnages fantastiques que les Anciens appelaient des Immortels et qui ripaillaient sur l'Olympe? S'il n'en était pas ainsi, comment trois dieux uniques, Jahvé, Allah et le Dieu trinitaire des chrétiens auraient-ils échangé peu à peu leur existence physique en une existence idéalement vaporeuse? S'il n'en était pas ainsi, comment les théologies respectives de ces trois personnages seraient-elles radicalement incompatibles entre elles sans que cette absurdité dérange les croyants le moins du monde? S'il n'en était pas ainsi, comment une peuplade dispersée a-t-elle été habitée par le désir de se regrouper sur une "terre promise" et comment imposerait-elle encore de nos jours la politique de ses songes à la planète tout entière?

En vérité, le Président des États-Unis, Donald Trump, obéit à son tour à son rêve, celui de fonder le capitalisme sur le rêve de justice du socialisme? Son rêve de justice le conduit à déclarer que le but de son apostolat patriotique n'est autre que de "ressusciter le rêve américain".

Plus que jamais, la vraie postérité d'Étienne de la Boétie s'inscrit dans une psychanalyse de l'histoire et de la politique que Freud n'a fait qu'esquisser, tellement une espèce livrée de naissance à des personnages imaginaires est loin de nous avoir livré ses secrets.

 

Le 18 novembre 2016

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

 

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Les posts de Manuel de Diéguez que vous avez ratés ici par notre faute, mais, espérons-le, pas ailleurs :

 De la stupidité de l'Europe à la servitude volontaire d'un continent , 4 novembre 2016 (Section Qu'est-ce que philosopher ?)

Étienne de la Boétie et la servitude volontaire de l'Europe , 21 octobre 2016 (Section Qu'est-ce que philosopher ?)

Les mythes sacrés et la politique , 7 octobre 2016 (Section Décodage anthropologique de l'histoire contemporaine)

Que signifie exister ?, 23 septembre 2016 (Section Qu'est-ce que philosopher ?)

Le G20 de Hangzhou ou l'effondrement de l'empire américain, 9 septembre 2016 (Section Les défis de l'Europe)

L'histoire à la recherche d'un interlocuteur , 26 août 2016 (Section Décodage anthropologique de l'histoire contemporaine)

 

 

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« Ailleurs », c’est-à-dire :

 Sur le site de l’auteur : http://www.dieguez-philosophe.com/

 Sur Réseau International : http://reseauinternational.net/le-reve-est-le-roi-de-la-p...

 Sur Palestine-Solidarité : http://www.palestine-solidarite.org/analyses.manuel_de-di...

 Sur La Voix de la Libye : http://lavoixdelalibye.com/2015/07/19/v-la-chute-du-reve-...

 Sur Alter Info : http://www.alterinfo.net/Le-reve-est-le-roi-de-la-politiq...

 Sur Afrique Démocratie : http://www.afriquedemocratie.net/de-la-stupidite-de-leuro...

Sur le portiQue : https://leportique.revues.org/392

 …entre autres blogueurs moins nuls que nous.

 

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Mis en ligne le 18 novembre 2016.

 

 

 

 

 

22:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2016

MORT DE PAUL VERGÈS

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Mort de Paul Vergès

 

Le sénateur Paul Vergès, âgé de 91 ans, fondateur du Parti Communiste Réunionnais (PCR), est décédé dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 novembre à La Réunion, autant dire sur la brèche : il avait donné sa dernière conférence de presse le 19 octobre et avait dû être hospitalisé le 25.

 

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Frère cadet (d’un an) de l’illustre Me Jacques Vergès, Paul Vergès était né au Siam, où son père, Raymond Vergès, était consul de France.

Engagé avec son frère dans la Résistance en 1942 (à 16 ans et demi) et entré à l'école d'officiers parachutistes de Ribbesford (Grande Bretagne) en 1943, il sera parachuté l’année suivante sur le territoire français.

Rentré à La Réunion après la guerre, il y commencera une carrière politique qui ne s’achève qu’avec sa vie.

 

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Des funérailles exceptionnelles pour Paul Vergès

Par Gilbert Hoair – France TV-Réunion 1ère 15.11.2016

 

2000 à 3000 Réunionnais au Cimetière Paysager du Port, de nombreux autres massés le long du parcours du cortège de Sainte-Suzanne jusque dans la rue du Port. Les funérailles de Paul Vergès ont été exceptionnelles.

 

 

Des personnalités politiques, les messages de ses proches, mais surtout la ferveur populaire ont marqué les funérailles de Paul Vergès décédé dans la nuit du 11 au 12 novembre 2016.

Dans les rues du Port, au moment du passage du cortège, le Maloya et l'Internationale ont retenti.

Toutes les personnes rencontrées ont souligné l'importance que l'homme visionnaire a eu dans leur vie.

Voir la suite…

Source : http://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/funerailles-excepti...

 

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Paul Vergès, l’infatigable défenseur de la dignité réunionnaise

Un hommage de Salim Lamrani – 15 novembre 2016

 

Le fondateur du Parti communiste réunionnais, décédé le 12 novembre 2016, a toujours défendu la cause des déshérités.

 

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Paul Vergès, monument politique de l’histoire de La Réunion, a quitté ce monde à 91 ans, après une longue vie de lutte en faveur des droits des Réunionnaises et des Réunionnais à une existence digne. José Martí, héros national cubain, disait la chose suivante : « La mort n’est pas réelle quand l’on a bien accompli l’œuvre de sa vie ». Ce précepte s’applique à celui qui aura défendu, jusqu’à son dernier souffle, sur son lit d’hôpital, la cause des petites gens et des opprimés.

Un engagement précoce

Paul Vergès est né en 1925 en Thaïlande d’un père réunionnais, Raymond Vergès – fondateur du quotidien Témoignages, maire et député – et d’une mère vietnamienne, Pham Thi Khan, institutrice. Dès sa plus tendre jeunesse, en 1942, il s’engage dans le combat contre la barbarie nazie au sein de Forces françaises libres du Général De Gaulle [1]. Il est alors âgé d’à peine 17 ans. En 1944, il est parachuté à la tête d’une troupe de résistants près de Royan, avec le grade de lieutenant, et prend une part active dans la lutte pour la Libération. Sa promotion en paye le prix fort puisque 25 % des engagés y laissent la vie. Cette expérience marquante confèrera à Paul Vergès un sentiment de grande confiance [2].

Homme d’engagements et de combats, sensible aux injustices qui gangrènent le monde, Paul Vergès suit les traces son père et milite à ses côtés au sein du Comité républicain d’action démocratique et sociale, large coalition fédérant les volontés progressistes issues de diverses catégories sociales, fondée en 1945 par Raymond Vergès et Léon de Lépervanche. Suivant l’exemple de ses ainés, il exige la fin du statut colonial de l’île de La Réunion et de sa transformation en département français avec l’application des lois de la République, de ses droits et de ses devoirs à l’ensemble du peuple réunionnais [3].

Lire la suite…

Source : http://www.temoignages.re/politique/actualites/paul-verge...

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

 

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Dernière conférence de presse de Paul Vergès, donnée le 19 octobre 2016

 


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Mis en ligne le 16 novembre 2016.

 

 

 

 

22:23 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/11/2016

LIVRES ENCORE... ET POURQUOI PAS - 2/4

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Livres encore… et pourquoi pas.

ou

Du bon usage des personnages historiques dans la littérature policière

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Le clan des dix-huitièmistes

(certains débordant un peu)

 

En fait, mon titre est fallacieux, car, des auteurs qui suivent, deux seulement se cantonnent à ce siècle et à l’histoire de France, un troisième y nage comme poisson dans l’eau, mais sort aussi de France pour aller voir ailleurs. Quant au quatrième, s’il ne l’évite pas, il se promène, lui, essentiellement dans l’histoire de France… du IIe siècle avant J.-C. à nos jours.

S‘agissant d’ordonner des histoires de meurtres et délits autour de personnages historiques réels, nos auteurs, surtout les deux premiers, sont amenés à faire graviter les personnages de leur invention autour des mêmes acteurs de l’Histoire et à partir des mêmes faits historiques. C’est ce qui rend leur comparaison passionnante.

Car, comment ne pas s’intéresser à l’image que se font, du siècle des Lumières, des auteurs de fiction s’exprimant dans la même discipline ? Le XVIIIe siècle, comme l’Histoire en général, est une auberge espagnole où chacun apporte ce qu’il espère y trouver.

La plupart des histoires policières de M. Jean-François Parot et toutes celles de M. Olivier Barde-Cabuçon se passent sous le règne de Louis XV, le premier en étant arrivé, dans ses derniers titres, à celui de Louis XVI. Il s’agit, dans les deux cas, d’une vision du siècle dit des Lumières et de la société française dans son ensemble, monarques inclus.

Or, la différence peut aller loin.

Le XVIIIe siècle de M. Parot est lumineux comme il se doit ou se devrait. Celui de M. Barde-Cabuçon en revanche est très sombre. Pourtant, les deux sont vrais. À mon avis, leurs visions ne s’excluent pas, elles se complètent.

Le XVIIIe siècle français a vu l’apogée de sa bourgeoisie. Il fut un temps, en effet, où cette classe sociale n’était pas, comme aujourd’hui, synonyme de quelques-unes des pires tares de la terre, mais au contraire le dénominateur commun d’un grand nombre de vertus rares. C’est cette France-là que peint M. Parot, ce moment de perfection au sommet, avant que se remette à tourner la roue de Tyché Sōter et que ce qui est en haut aille en bas et que ce qui est en bas se hisse volens nolens.

C’est pourquoi le personnage central – vrai pivot de la série à mon avis - de ses romans ne me paraît pas être Nicolas Le Floch mais l’ancien juge Aimé de Noblecourt, autour de qui ne gravite pas que sa propre maisonnée mais tout ce qui se rapproche d’une harmonieuse égalité fût-elle rêvée : Nicolas lui-même, bâtard d’un noble breton, exerçant un métier qui suffirait à le déclasser s’il était aristocrate reconnu – un pied dans une classe, un pied dans l’autre – ne devant qu’à son exceptionnel mérite la récupération du titre paternel, qu’il lui est même permis de transmettre à son tour à l’enfant qu’il a d’une prostituée (celle-ci rachetant sa vie de femme infréquentable au service dangereux de la couronne, qui fera d’elle – ouf ! - une lady anglaise), tout en étant accepté comme quelqu’un de son sang par le très noble amiral d’Arranet, père de sa maîtresse, sans qu’il soit question, jamais, de fille déshonorée et autres fariboles à l’usage du petit peuple.

Société fantasmée, société rêvée, où le bourreau Sanson, encore un peu bourreau, certes, mais si peu, devient l’ancêtre de tous les médecins légistes à venir, et Guillaume Semacgus, chirurgien de marine grand bourlingueur, celui de tous les scientifiques innovants ; où Sartine, grand collectionneur de perruques, règne sur toutes les polices de France par la volonté légitime du roi, qui est ici le Bien Aimé sanctifié par sa fonction, et non le déplorable DSK du Parc aux Cerfs.

L’impression de confort, de sécurité et de légitimité que l’on éprouve n’est pas peu renforcée par la vie de tous les jours à l’hôtel de Noblecourt : la boulangerie voisine qui sent si bon, la chatte Mouchette et le chien Pluton, sans oublier surtout les servantes Marion et Catherine, cette dernière, avec son savoureux accent teuton, comblant un vide flagrant dans la galerie des soubrettes de Molière.

Pas un mot, dans cet ordre établi pour durer toujours, des Rousseau, Voltaire, Diderot et autres d’Alembert, ni de complot organisé contre l’Infâme, à croire que ces marginaux n’ont eu d’existence que dans les contes de Perrault. À lire M. Parot, on se prend à regretter qu’il n’en ait pas été ainsi et que cela n’ait pas duré toujours.

Moment d’équilibre, je l’ai dit, idéalisé, avant que l’orage éclate. Qu’en sera-t-il dans trois ans – on est en 1786 – quand M. Parot sera aux prises avec ce qui a coupé la France en deux : tant l’Église que la noblesse, tant la bourgeoisie que le peuple et que les familles, y compris celle des rois, où l’un votera la mort de l’autre ? Qu’adviendra-t-il de l’amitié qui unit Le Floch et Bourdeau ? Espérons vivre assez longtemps pour le savoir…

 

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Avec M. Barde-Cabuçon, tout change. Parce que, pour lui, si le siècle des Lumières est celui de toutes les curiosités, de la volonté de savoir et d’explorer l’inconnu, c’est aussi celui des pires excès et dérèglements qui caractérisent les fins de règnes comme les époques de décadence, celui aussi des remises en question les plus extrêmes.

Louis XV n’est plus, ici, comme chez Parot, l’incarnation de la légitimité de l’État, fonction auguste faite chair, mais un vieillard vicieux, sans grandeur, sans rien surtout qui rachète sa nullité, son vide intérieur de despote capricieux, aussi superstitieux que le plus borné de ses sujets. Le portrait qu’il en trace est très dur. Est-il injuste ? Probablement pas. Mais lequel alors, du sien ou de celui de J.-F. Parot est le vrai ? Les deux sans doute et les deux sans doute incomplets, reconstitutions d’auteurs qui le rassemblent comme ils peuvent, à partir d’une même ossature de faits avérés et de témoignages archiconnus, mais reconstitutions cohérentes. Comme le sont les deux portraits de Sartine, grande vedette – genre oblige – de ces séries criminelles.

Les enquêteurs qui s’activent sous les ordres du célèbre lieutenant général de police ne sont pas, ici, un noble bâtard et un roturier déjà revendicatif, mais… un père et son fils de noble extraction, déclassés tous deux, chacun à son tour, par des caprices divers du destin.

Le père d’abord, M. de… - on ne saura jamais son nom – forte tête de libre-penseur plutôt qu’hérétique protestant, condamné jadis au bûcher et grâcié pour cause d’abjuration à l’ultime seconde, par un de ces tours de passe-passe dont la littérature de fiction est riche, longtemps banni et qui n’est souffert sur le territoire national qu’au bout de très longues années (±20), à condition de revêtir une bure qui ne trompe personne et surtout pas la police, mais les apparences sont sauves. Dans la réalité de l’Histoire, porter l’habit de moine sans l’être vous eût valu la corde, mais on est, je l’ai dit, dans le roman.

Il assiste, pour les beaux yeux de M. de Sartine, un jeune « commissaire aux morts étranges » qui se trouve être son fils (on s’avance ici d’un orteil téméraire dans les eaux d’Eugène Sue, qui est pourtant loin d’être né). Le fils croyait son père mort, pour cause d’évanouissement juste avant l’abjuration deus-ex-machinesque. Le père ostracisé a mené une vie à la fois militaire, et studieuse d’aventurier inventif dans divers pays étrangers, tandis que le fils, soucieux en grandissant de venger sa mort supposée, s’affiliait à une société secrète à finalité régicide.

Pour comprendre quelque chose aux péripéties qui les réunissent, il faut savoir que, par un autre tout de passe-passe romanesque, le fils choisi (par sa secte) pour occire l’objet du mépris (Louis XV) a reçu, là aussi in extrémis, un contrordre qui l’a obligé à sauver la vie du roi qu’il devait tuer, quoique, hélas, pas celle de Damiens. Résultat : le monarque reconnaissant le fait chevalier (de Volnay) et le nomme, comme je l’ai dit, « commissaire aux morts étranges ». C’est ès-qualités qu’il assiste à un des plus célèbres supplices de l’Histoire, lequel ne fait bien entendu que renforcer son exécration de l’ordre établi en général et du pouvoir royal en particulier. C’est ès-qualités aussi qu’il retrouve le père dont il se croyait orphelin, sous les auspices du machiavélique Sartine, maître marionnettiste et de la raison d’État.

M. Parot, dans les aventures de Nicolas Le Floch, ne souffle mot de l’exécution du quasi-régicide, qui ne lui eût pas permis de soutenir la fiction d’un Sanson quasi-humaniste. M. Barde-Cabuçon le fait pour lui, sans d’ailleurs s’attarder sur la personne du bourreau, qui est bien celui qui décapitera Louis XVI et Robespierre. Je le redis, nous sommes, de part et d’autre dans le roman.

Là où les sentiments des deux auteurs (et de quelques autres) curieusement convergent, c’est sur la personne de Madame de Pompadour, qui trouve grâce à leurs yeux comme à ceux de leurs personnages. Il semble que la plus célèbre des favorites continue à séduire post mortem ou que se soit cristallisé en elle ce que ce siècle à la fois joli et terrible a pu avoir de charme réel.

 

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Madame de Pompadour protectrice de l’Encyclopédie, par Maurice Quentin de La Tour

 

Qu’en est-il du reste ? Si le fils incarne une révolte un peu anachronique contre le pouvoir royal en soi, le père, lui, ne s’insurge pas que contre un État et une religion d’État oppressifs mais également contre toute forme sclérosée de savoir. Ce curieux faux-moine ex-militaire, ex-mercenaire, ex-aventurier, est une encyclopédie vivante, et tout ce qui entrave la libération de l’esprit ou qui s’obstine à patauger dans l’infantilisme lui est intolérable. À l’auteur aussi sans doute, à qui nous devons cette toute nouvelle face sombre du siècle des Lumières, qui ne nous conte pas, elle non plus, les hauts faits des Encyclopédistes patentés, mais plutôt les activités frénétiques des convulsionnaires, superstitieux et fanatiques de tous bords, les curiosités si proches de notre temps pour tout ce qui est obscur et tordu, la persistance des messes noires et des pratiques sataniques, mises sous le boisseau par le Grand Roi mais jamais éteintes. Ce qu’il nous fait voir et toucher enocre c’est l’insupportable misère du peuple pourtant supportée, l’abîme hurlant qui sépare les classes et ne peut que finir dans la catastrophe d’un craquement ultime, quoi que tentent les lucides et cyniques Sartine pour au moins la différer, à défaut de l’éviter

Je vous parlerai plus loin des femmes.

 

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Jean-François PAROT

Écrivain-diplomate

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Site officiel de l’auteur

(on ne saurait trop en recommander la visite)

http://www.jeanfrancoisparot.fr/

et du personnage principal

http://www.nicolaslefloch.fr/

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Série : Les Enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet

Elle est si connue, notamment grâce à la télévision, qu’un résumé de chaque titre me semble superflu.

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Par ordre chronologique de parution :

L’Énigme des Blancs-Manteaux

Paris : J.C . Lattès 2000, 430 p.

Paris : 10-18, 2001, 377 p

Paris : Pocket jeunesse, 2003, 382 p.

 

L’Homme au ventre de plomb

Paris : J. C. Lattès, 2000, 351 p.

Paris : 10-18, 2001, 311 p.

 

Le Fantôme de la rue Royale

Paris : J. C. Lattès, 2001, 369 p.

Paris : 10-18, 2002, 344 p.

 

L’Affaire Nicolas Le Floch

Paris : J. C. Lattès, 2002, 445 p.

Paris : 10-18, 2003, 397 p. 

 

Le Crime de l’hôtel Saint-Florentin

Paris : J. C. Lattès, 2004, 443 p.

Paris : 10-18, 2005, 396 p.

 

Le Sang des farines

Paris : J. C. Lattès, 2005, 446 p.

Paris : 10-18, 2006, 423 p.

 

Le Cadavre anglais

Paris : J. C. Lattès, 2007, 426 p.

Paris: 10-18, 2008, 432 p.

 

Le Noyé du Grand Canal

Paris : J. C. Lattès, 2009, 400 p.

Paris: 10-18, 2010, 435 p.

 

L’Honneur de Sartine

Paris : J. C. Lattès, 2010, 450 p.

Paris : 10-18, 2011, 471 p.

 

L’Enquête russe

Paris : J. C. Lattès, 2012, 550 p.

Paris : 10-18, 2013, 479 p.

 

L’Année du volcan

Paris : J. C. Lattès, 2013, 473 p.

Paris : 10-18, 2014, 450 p.

 

La Pyramide de glace

Paris : J. C. Lattès, 2014, 474 p.

Paris : 10-18, 2015, 504 p.

 

L’Inconnu du Pont Notre-Dame

Paris : J. C. Lattès, 2015, 300 p.

Paris : 10-18, 2016

 

     Extrait

     [Louis XV vient de mourir. Louis XVI lui a succédé, comme Le Noir a succédé à Sartine, devenu secrétaire d’État à la Marine, au poste de lieutenant général de police. Nicolas, commissaire au Châtelet, est mal vu de son nouveau chef, pour l’avoir été trop bien du précédent.]

     Nicolas serra les dents sans broncher. Se moquait-on de lui ? Il ne pouvait qu’apprécier, en amateur, la pointe finale de son chef. Songeait-on à éblouir un subordonné par une information si aisée à recueillir pour celui qui disposait de l’immense armée d’informateurs d’une police admirée par toutes les cours d’Europe ? Pourtant la conversation avait été exempte d’agressivité ou de morgue, et la dernière question était peut-être davantage une sorte de taquinerie d’homme de pouvoir qu’une méchanceté gratuite. Le Noir tenait, ce faisant, à démontrer qu’à l’instar de son prédécesseur il maintenait la barre avec autorité et perspicacité.

 

     Alors qu’il traversait la cour de l’hôtel de Gramont, Nicolas se sentit (tiré par les basques de son habit. Surpris, il se retourna pour découvrir la mine joviale du petit « vas-y-dire » du Grand Châtelet qui, ces dernières années, avait si souvent saisi au vol les rênes de ses chevaux ou porté ses plis. Il avait grandi et sa veste de calemande brunâtre n’avait pas suivi, découvrant largement ses avant-bras.

     – Monsieur Nicolas, dit-il, M. le lieutenant-général souhaite vous voir.

     – J’en sors ! répliqua Nicolas en riant.

     – Il s’agit de M. de Sartine, précisa le garçon avec componction.

     Nicolas s’évertuait à suivre le gamin qui gambadait comme un cabri. Il le mena à une porte prise dans le mur du verger, et qui ouvrait sur un parc. Sartine venait de louer un hôtel voisin et y avait emménagé dès sa nomination. Il aimait ce quartier neuf et aéré, à la fois préservé et proche du centre vivant de la ville. Nicolas entrevit, au-delà des arbres, un élégant bâtiment. Sur ses degrés, il fut mis entre les mains d’un vieux valet de chambre qui ne dissimula pas sa jubilation de le revoir. Il le fit monter au premier et l’introduisit dans un somptueux cabinet de chêne clair au plafond en berceau où était peint le jugement de Pâris. Sartine, debout derrière un bureau de marqueterie, surprit le regard admiratif du visiteur.

     – Que vous en semble, Nicolas ? Le jugement de Pâris pour l’ancien lieutenant criminel et chef de la police de Paris, n’est-ce pas bien trouvé ? On aurait voulu me flatter…

     Il sourit.

     –  Rassurez-vous, j’ai découvert cela à mon arrivée.

     Nicolas retrouvait un homme enjoué à qui l’entrée dans les conseils du roi semblait avoir réussi. Il avait quitté l’habit noir et portait lui aussi, hasard ou fidélité, une soyeuse tenue gris perle.

     – Je vous dois mon dernier plaisir, reprit le ministre. Que dites-vous de cette merveille ?

     Il souleva de dessus son bureau une somptueuse masse de boucles blanches qui retombait mollement sur ses bras comme une cascade de crins blancs.

     – Y suis-je pour quelque chose ? dit Nicolas.

     – Vous oubliez m’avoir, il n’y a guère, indiqué cette incomparable boutique anglaise. Notre ambassadeur n’a eu qu’à cueillir cet exemplaire. Elle serait en tout point semblable à celle que porte le lord-maire de la cité de Londres lors des cérémonies.

     Il posa la perruque, pirouetta et fit un petit saut qui le replaça devant Nicolas abasourdi. Il le prit par les épaules et le dirigea vers l’un des murs du cabinet. Là se dressait un meuble richement contourné de bronzes et de marbrures. Le plus surprenant consistait en des dizaines de boutons d’ébène, chacun marqué d’un chiffre en ivoire. Tout cela ressemblait à quelque mécanique extraordinaire. Nicolas songea aussitôt à un buffet d’orgue. Avec un air de triomphe enfantin qui le rajeunissait, Sartine appuya sur l’un des boutons. Il y eut comme un échappement d’air. Nicolas se revit enfant, devant un rocher du Croisic qui faisait siphon aux grandes marées d’équinoxe. Une série de cliquetis suivit avec un bruit lent de crécelle, puis une musique allègre se fit entendre/ Il y eut de nouveau un échappement et un sifflement. Un panneau glissa doucement et, comme sur un plateau, une tête de quintaine couverte d’une perruque rousse apparut.

    – C’est la Wurtembergeoise, dit Sartine épanoui. Que dites-vous de ma nouvelle bibliothèque à perruques ? Je ne trouve pas d’autre terme. Il faudra que j’interroge les académiciens. Concevez-vous une pareille merveille ! Elles sont rangées dans un classement immuable, comme des fiches de police, à l’abri de la poussière et de la lumière, et toujours prêtes à surgir à la demande.

     – Mais qui, Monseigneur, possède l’art poussé à un point tel pour imaginer et bâtir une telle merveille d’horlogerie ?

     – Et de musique ! De musique ! Vous avez reconnu l’air des Pagodes des Paladins de Rameau. Et ce n’est pas tout. L’artisan a d’autres cordes à son arc. Ce maître des arts, attaché à monseigneur le comte d’Artois et honoré de sa protection, se trouve être l’auteur de différentes méthodes pour écrire en chiffres. La principale ayant pour titre Unum toti uni totum fut mise, en 1769, sous les yeux du duc de Choiseul qui octroya à son auteur une gratification de six cents livres. Père de quatre enfants, il a aujourd’hui du mal à subsister et, en dépit de ma commande pour mes chères perruques, recherche à être employé.

     – De quelle manière ?

    – La plus intéressante pour nous. Il souhaite s’engager dans la construction d’un arcane stéganographique. Il s’agirait d’un bureau haut et profond de six pieds et large de trois, portant antérieurement un cylindre décagone actionné par un étrier de dix pédales. Sur différents cadres et sans y porter la main, il prétend pouvoir exécuter le chiffrement aussi rapidement et simplement que sur un seul tableau, avec plus de soixante mille variations, et cela, sans autres cadres que ceux attachés au cylindre. Vous voyez où je veux en venir.

     Nicolas ne voyait rien du tout, mais il n’entendait pas troubler une aussi superbe humeur.

     – Certes, monseigneur.

    – Nous avons appris, par le secrétaire du cardinal de Rohan, notre ambassadeur à Vienne,  que nos chiffrements étaient éventés : l’abbé Georgel a arraché d’un délateur que Marie-Thérèse traversait nos messages depuis de  longs mois, perçant ainsi nos combinaisons et les lisant à livre ouvert. Qui s’étonnera dès lors de son ostentatoire dégoût pour notre ambassadeur qui, soit dit en passant, n’a rien arrangé avec ses frasques ! Bref, je m’intéresse à cette machine et je souhaite de vous plusieurs choses. Enquêtez sur cet inventeur qui se nomme Bourdier. Il ne manquerait plus que nous ayons affaire à un stipendié de l’étranger qui nous fabriquerait une machine dont le secret serait dans la main de nos ennemis. J’imagine vos scrupules, mais c’est un service que je vous demande. Et ce n’est pas le plus délicat de ce que j’attends de vous. Vous connaissez la cour et la ville, et savez où nous en sommes. Je vous parle à cœur ouvert…

     Nicolas frémit à cette précision.

     – Sa Majesté, hélas, a des notions et du jugement, mais engoncés dans l’apathie du corps et de l’esprit. La matière est encore en globe !  Certes, le bon sens ne manque pas, encore qu’entravé par une paresse de conception et une gaucherie bien paralysantes. Un rien le laisse déconcerté et comme cabré devant les objections ou les difficultés. Par-dessus tout, la fermeté de caractère et la volonté, vertus cardinales, d’un souverain, lui font défaut absolument. Chacun de ceux qui s’en approchent s’en persuade aisément. Bien sûr, les connaissances, du moins dans certains domaines, sont là…

     – Il traite de beaucoup de choses avec intelligence et étendue de savoir, j’en fus le témoin, dit Nicolas.

    – Cela est vrai, mais il y a toujours l’autre homme qui ne sait pas vouloir. Son frère Provence le dit plaisamment : « Berry ressemble à ces boules d’ivoire huilées, qu’on ne peut pas retenir ensemble. » L’égoïsme et la dureté lui manquent cruellement. C’est un prince d’idylle et de conte moral ; ce n’est pas celui que les Français attendent…

     Littéralement épouvanté par les propos de Sartine, Nicolas se rendit compte que la mort de Louis XV avait accéléré le temps. Ce jugement sans indulgence portait bien la marque du cynisme de Sartine, et ce trait de son ancien chef ne l’aurait pas surpris sur tout autre objet, mais pour le coup il s’agissait de leur jeune souverain. Il y avait de quoi être effaré.

 

[Je ne puis malheureusement citer jusqu’au bout cette édifiante conversation, qui se poursuit pendant des pages. J’aurais des ennuis avec l’éditeur. NdA]

Le crime de l’hôtel Saint-Florentin (pp. 130-134)

 

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Pour mémoire, un essai sans aucun rapport avec « le polar » mais ancré, comme tout le reste, dans un XVIIIe siècle que l’auteur n’en finit pas de fréquenter :

Structures sociales des quartiers de Grève, Saint-Avoye et Saint-Antoine : 1780-1785.

Paris : Hachette, 1974.

[3 microfiches de 98 images ; 105 x 148 mm. - (Publications de l'AUDIR). Microédition du texte dactylogr., 195 p. Mémoire de maîtrise, Paris-IV, Centre de recherches sur la civilisation de l'Europe moderne, 1969.]

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Ceux qui auront la curiosité de visiter le site officiel de Nicolas le Floch, y trouveront notamment les recettes des plats que se mitonnent et savourent les personnages (comme sans doute avant eux l’auteur). Sinon, ils les trouveront ici :

Les recettes de Nicolas

 

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Olivier BARDE-CABUÇON

L’essentiel de ce qu’il faut en savoir

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Olivier Barde-Cabuçon

Casanova et la femme sans visage

Actes Sud – Babel Noir (poche) – 2013

368 pages

 

 

Après avoir sauvé Louis XV de la mort lors de l'attentat de Damiens, et malgré son peu de goût pour la monarchie, le jeune Volnay obtient du roi la charge de « commissaire aux morts étranges » dans la police parisienne. Aidé d'un moine aussi savant qu'hérétique et d'une pie qui parle, Volnay apparaît comme le précurseur de la police scientifique, appelé à élucider les meurtres les plus horribles ou les plus inexpliqués de son époque. Épris de justice, c'est aussi un homme au passé chargé de mystère, en révolte contre la société et son monarque qu'il hait profondément. Lorsque, en 1759, le cadavre d'une femme sans visage est retrouvé dans Paris, Volnay doit conduire une enquête sur le fil du rasoir avant que le meurtrier ne frappe de nouveau. Mais entre des alliés aussi incertains que le libertin Casanova et des adversaires redoutables, à qui le commissaire aux morts étranges peut-il se fier, alors qu’il doit aussi ménager son chef hiérarchique, le terrible Sartine ?

 

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Olivier Barde-Cabuçon

Messe noire

Actes Sud

Babel Noir (poche) – 2014

451 pages

 

 

Une nuit de décembre 1759, le corps sans vie d'une jeune fille est retrouvé sur la tombe d'un cimetière parisien. Pas de suspect, et pour seuls indices : une hostie noire, un crucifix et des empreintes de pas. Sartine, le lieutenant général de police, craint une résurgence des messes noires du siècle précédent sous le règne du très contesté Louis XV. La tension est à son comble dans la capitale. Volnay et le moine hérétique sont contraints (par Sartine) de s'allier à une enquêtrice aussi sublime que manipulatrice, et se trouvent rapidement confrontés à des forces obscures. Toujours aussi mal vu du pouvoir en place, le duo ne pourra compter que sur lui-même pour démasquer les ordonnateurs du rituel satanique. À quelques lieues de là, Versailles dissimule les troubles pulsions de ses prestigieux locataires. Entre ces deux pôles opposés se noue une intrigue diabolique, au royaume du détraquement et de l'inversion des règles établies.

 

     Extrait :

     – Sire, lui rappela-t-il, il s’agit de cette affaire de messe noire dans un cimetière.

     Le roi pâlit.

     – Messe noire, murmura-t-il d’un ton atone. Il n’y a jamais rien eu de tel sous mon règne.

     Sartine s’agita à côté de Volnay.

     – Monsieur le lieutenant général de police, lui dit le roi, il est important que vous disiez à vos policiers de ma part tout ce que des gens de bien comme eux doivent faire pour déconcerter ceux qui, de quelque qualité qu’ils soient, sont mêlés à un si vilain commerce.

     Il avait parlé d’un ton ferme, inhabituel. Tout ce qu’il y avait d’adulte et de responsable en lui s’était concentré dans cette phrase. Un instant, Volnay le vit comme il aurait pu être, s’il avait pris son devoir de roi au sérieux et considéré l’étendue des obligations de sa charge envers ses sujets. Puis sa curiosité malsaine reprit le dessus et l’impression passa :

     – Dans quel état se trouvait le cadavre lorsque vous avez fait ouvrir le cercueil ?

     Sartine lui avait soufflé préalablement sa réponse, aussi Volnay fit comme son supérieur attendait de lui. Pour amuser le roi, Sartine prit le relais, racontant que les embaumeurs devaient être saouls pour avoir inversé les deux cadavres et qu’il était très difficile de creuser la terre dans les cimetières par ce froid avec la couche de neige qui recouvrait la terre.

     Le roi se lassa vite. C’était Louis XV. Trop éphémère, tout plaisir le laissait sans joie une fois l’instant passé. L’anecdote l’avait amusé quelques secondes avant qu’il ne retombe dans son mortel ennui.

     – Cette enquête avance-t-elle ? demanda-t-il soudain.

     Son regard glacé pesait lourdement sur eux. Sartine se raidit.

     – Oui, sauf erreur de sa part, le chevalier de Volnay est en passe de remonter une piste jusqu’au commanditaire.

     C’était là faire peser sur le commissaire aux morts étranges tout le poids de l’échec si l’enquête échouait. Volnay comprit en un quart de seconde l’habileté du lieutenant général de police. L’attention du roi attirée sur cette affaire, il se devait de fournir un coupable. Cela dit, Sartine se montrait rusé en évitant de parler des soupçons pesant sur l’astrologue mort. Cela pouvait constituer une porte de sortie honorable. Trois coupables : la prostituée, le curé renégat et le père de Sophia. Une bonne histoire pour régaler le roi.

     Volnay se détendit légèrement. Louis XV se pencha vers son lieutenant général de police.

     – Pensez-vous que des gens de ma cour se livrent à de telles choses ?

     Le ton était coupant.

     – Non, Sire, s’empressa de le rassurer Sartine. L’enquête du chevalier de Volnay démontre bien qu’il s’agit de gens du peuple, de petits-bourgeois.

     Le roi se rejeta en arrière, arborant une moue satisfaite.

     – Tant mieux, tant mieux… je ne supporterais pas que des gens de haute naissance sacrifient des êtres humains pour acquérir gloire, richesse et puissance.

     C’est pourtant ce que vous faites à longueur d’années, pensa Volnay. Sacrifier des gens sans autre raison et résultat que satisfaire à votre grandeur et votre gloire… Quant à vos gens de haute naissance, qu’ont-ils de plus que les autres, à part d’être nés dans un berceau doré ?

     – Votre Majesté, fit Sartine en aiguillant de nouveau la conversation dans la direction qu’il souhaitait, dans ce type de messe noire, il est plus souvent question de débauches que de sacrifices.

     – Vraiment ? fit Louis XV de nouveau intéressé.

     – Sire, généralement, la cérémonie sacrilège a lieu dans une cave. On étend un matelas sur des sièges avec des tabourets à chaque bout. Une jeune fille nue s’y couche. Elle est vierge mais ne le demeure pas longtemps !

     Le roi s’esclaffa malgré lui.

     – Son corps sert d’autel vivant au célébrant, continua Sartine impavide. Il place un calice entre les seins de la vierge et, sur son ventre blanc, un crucifix posé à l’envers. Après avoir chanté la messe à rebours, au moment de l’Offertoire, lorsque les fumées d’encens contenant des parfums capiteux envahissent la pièce, l’assistance arrache ses vêtements et se livre à des luxures éperdues. Le célébrant, quant à lui, s’occupe de son autel…

     Volnay jeta un coup d’œil étonné au lieutenant-général de police. Celui-ci semblait bien renseigné sur ces pratiques. Le roi, convenablement émoustillé, attendait la suite avec intérêt.

     – Ainsi, continua Sartine d’un ton ennuyeux pour bien montrer que le sujet ne l’excitait pas, l’acte accompli, les hommes s’échangent… que dis-je, s’arrachent leurs partenaires et se livrent avec elles à tous les transports possibles, y compris ceux que Dieu comme la Nature réprouvent…

     Volnay songea avec tendresse à son père. Celui-ci aurait simplement dit que, le péché de chair se trouvant au centre des préoccupations du monde chrétien, le culte de Satan permettait bien évidemment de s’en libérer dans le délire de la débauche.

     – Je peux néanmoins affirmer, reprit le lieutenant général de police, que ces pratiques, existant depuis des siècles, sont fort rares sous le règne de Votre Majesté. L’affaire de cette messe noire dans un cimetière nous a conduits d’ailleurs à nous livrer à des arrestations qui permettront, dans la plus grande discrétion, de mettre totalement fin à ce type de pratiques exécrables.

     – Je n’en attendais pas moins de vous. Dites-moi, mon bon Sartine, est-il vrai que la duchesse de…

     Il jeta un bref regard à Volnay et reporta son attention sur son lieutenant général de police.

     – Vous voyez qui je veux dire ?

     Sartine hocha la tête.

     – Est-il vrai, reprit le roi, qu’elle paillarde avec un garçon d’écurie et ceci aux pieds de ses chevaux ?

     – Certes, fit Sartine vaguement gêné par la présence du commissaire aux morts étranges.

     – Et est-il exact qu’elle se fasse également monter par les chevaux ?

     S’enfermant dans son monde, Volnay n’écouta plus la conversation entre les deux hommes. Le roi y révélait une fois de plus que le seul intérêt qu’il portait aux autres était d’ordre nauséeux. Isolé dans son château glacé de Versailles, à des lieues de l’humanité, il n’aimait personne, pas plus lui que ses proches. Personne.

     Le jeune homme se mit à le considérer d’un œil perçant, l’imaginant courir nu autour du lit après de toutes jeunes filles. Dans cette nudité, dépouillé de son faste, le roi devait apparaître comme un homme comme les autres.

     Sa naissance a placé son destin plus haut que tous, son comportement le fait redescendre plus bas que nous tous, songea-t-il.

     Il dut supporter encore quelques minutes le croassement du roi et de son lieutenant général de police. Quand l’audience fut terminée, il suivit Sartine, familier des lieux, pour sortir au plus vite de cet endroit.

(pp. 292-295)

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Olivier Barde-Cabuçon

Humeur noire à Venise

Actes Sud – 2015

323 pages

 

 

 

 Des pendus qui se balancent sous les ponts de Venise comme autant de fleurs au vent, un comte que l'on a fait le pari d'assassiner à minuit dans son palais. Autant de raisons pour que Volnay, le commissaire aux morts étranges, quitte Paris pour répondre à l'appel au secours de Chiara, pour les beaux yeux de qui il s’est battu naguère avec Casanova. Il espère aussi que ce voyage réussira à chasser l'humeur noire de son assistant, le moine hérétique, profondément déprimé par l’éloignement d’Hélène, la belle manipulatrice. Mais, dans la Venise du XVIIIe siècle qui agonise lentement en s'oubliant dans des fêtes splendides, les rencontres et les événements ruissellent d'imprévus. Une jeune fille travestie en garçon, un auteur de théâtre nommé Goldoni, qui connaît la ville comme ses poches, un procurateur de Saint-Marc et son énigmatique fille aussi manipulateurs que Sartine entament le plus sombre des bals masqués. Volnay et le moine se retrouvent confrontés à des assassins dont les mobiles ne sont pas faciles à deviner, dans cette ville des faux-semblants.

 

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Olivier Barde-Cabuçon

Entretien avec le diable

Actes Sud – 2016

368 pages

 

 

 

Sur le chemin du retour d’Italie, deux enquêteurs bloqués par une roue cassée dans un village de montagne… La jeune fille d’un bourgmestre possédée par le diable, des villageois qui meurent coup sur coup d’étranges accidents, une abbaye hantée depuis la mort de son abbé, une Dame blanche et son loup qui errent dans la forêt, et une jeune fille à chaperon rouge qui semble ne pas les craindre. Trop de tensions dans un espace trop restreint, pour le commissaire et le moine, en outre soumis à la tentation d’un retour à Venise pour de bon. Vers où repartir, Venise ou Paris ?

 

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Olivier Barde-Cabuçon

Tuez qui vous voulez

Actes Sud – Babel Noir (poche)

391 pages

 

 

 Hiver 1759 (année décidément fertile en événements dramatiques). Alors que s'élèvent les fusées multicolores d'un splendide feu d'artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C'est le troisième jeune homme ainsi retrouvé : égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe. Au même moment, les rues s'enfièvrent à l'approche de la fête des Fous qu'un mystérieux individu invite à ressusciter. La cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d'Éon, secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, car nul n’ignore qu’une diplomatie parallèle a été mise en place par Louis XV... En quelques jours, l'ordre social paraît s'inverser et même le moine semble gagné par la folie ambiante. Sartine, l’homme aux perruques, craint des débordements car le peuple opprimé, miséreux et excédé par la corruption des grands est, même s’il ne le sait pas, vrai maître de la rue. Le commissaire aux morts étranges doit démêler l’imbroglio pour éviter ou tout au moins retarder l’explosion… qu’il souhaite

 

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À propos d’Entretien avec le diable

 


 

 

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Bien différent est, comme on va le voir, notre troisième dix-huitièmiste. Mais auparavant, autorisons-nous un petit saut de puce en arrière :

 

En 1957, le Hollandais Robert van Gulik, sinologue distingué et grand amoureux de la Chine, faisait paraître la première de ses 17 enquêtes du juge Ti.

Ti – Ti Jen Tsie – est un personnage historique. C’est un magistrat qui vécut en Chine au VIIe siècle de notre ère, sous la dynastie des Tang, et qui finit ses jours ministre de l’impératrice Wu Ze Tian.

Ses facultés de déduction et d’analyse dans la chasse aux criminels lui valurent de tels succès qu’il en devint légendaire et, surtout, que ses enquêtes furent consignées dans les archives impériales. Au XVIIIe siècle, un écrivain chinois fit de certaines d’entre elles un roman, imité au XXe siècle par van Gulik (1910-1967).

Vingt-et-un livres (à ce jour) de Frédéric Lenormand font désormais partie du canon et ce n’est certainement pas fini. Ils pourraient n’être que des pastiches ou des imitations plus ou moins fidèles de l’auteur hollandais, mais ils sont bien autre chose. Car M. Lenormand est une espèce de Nicholas Meyer à la française : si ses nouvelles enquêtes du célèbre juge n’ont rien à envier, pour la connaissance de la Chine ancienne, à celles de ses prédécesseurs, il leur a néanmoins imprimé sa marque, qui est indéniablement celle de la France des Lumières. Incompatible ? Allez-y voir avant de soulever un sourcil.

 

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Une vision très Louis Quinzième quoique chinoise de l’impératrice Wu Ze Tian

 

Le XVIIIe siècle proprement dit – l’Européen – s’étale quant à lui partout dans l’œuvre protéiforme de Frédéric Lenormand. À commencer bien entendu par la série (6 titres à ce jour) des Voltaire mène l’enquête.

Disons-le tout de suite, le propos de l’auteur n’est pas « sérieux », ou plutôt si : il est très sérieusement de se mesurer à San Antonio, avec Arouet dans le rôle de San-A.

Ce qu’il faut savoir, c’est que M. Lenormand, bébé, a été vacciné à Candide et que le vaccin, loin de l’immuniser, lui a inoculé la maladie. Or, si vous ne vous êtes pas aperçus que les aventures du célèbre commissaire et de sa fine équipe étaient une version moderne de celles de Candide et de Pangloss, c’est que vous ne savez pas lire.

Mission accomplie pour l’auteur post-apocalyptique. À quelques détails près… Chez Frédéric Ier (Dard), les femmes jeunes et belles meurent toujours plus ou moins vite et généralement très mal, pour ne laisser en vie que l’impavide et baleinesque Berthe. Chez Frédéric II (Lenormand) « la belle Émilie » - Madame du Châtelet – traverse tout sans une seule égratignure au physique ou au moral et survit à tout le monde. En réalité, c’est elle qui mène les enquêtes à bien, flanquée d’un lutin égocentrique, champion universel autoproclamé de la philosophie, qui, ne cessant de s’agiter en tous sens, joue le rôle de la souris dans le bol de lait qu’elle transforme en beurre. Il est clair que M. Lenormand n’ignore rien des multiples défauts de son héros mais qu’il s’en fout. Que voulez-vous, il l’aime. Et le XVIIIe siècle vous est servi passé à la même moulinette, mais ne vous méprenez pas : il y est chez lui.

On retrouve ce même siècle (et une fois au moins le même Voltaire) dans plusieurs de ses autres romans, de facture moins farfelue, dont plusieurs peuvent même être considérés comme de véritables « polars ».

 

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Frédéric LENORMAND

Sa vie, son oeuvre

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L’auteur des nouvelles aventures du juge Ti

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       « Les Nouvelles Enquêtes du juge Ti »

 

Le Château du lac Tchou-an

Paris, Fayard, -  2004 - 214 p.

Paris, Éditions Points, coll. « Policier » -  2006, - 217 p.

 

La Nuit des juges

Paris, Fayard – 2004 - 216 p

Paris, Points, coll. « Policier » - 2006 - 224 p.

 

Le Palais des courtisanes

Paris, Fayard – 2004 - 264 p.

Paris, Points, coll. « Policier » - 2007 - 288 p.

 

Petits meurtres entre moines

Paris, Fayard - 2004, 240 p.

Paris, Points, coll. « Policier » -  2008 - 256 p

 

Madame Ti mène l'enquête

Paris, Fayard – 2005 - 312 p.

Paris, Points, coll. « Policier » - 3 janvier 2008 - 320 p.

 

Mort d'un cuisinier chinois

 aris, Fayard - 2005 - 288 p.

Paris, Points, coll. « Policier » - 2008 - 288 p

 

L'Art délicat du deuil

Paris, Fayard – 2006 - 264 p.

Paris, Points, coll. « Policier » - 2009 - 288 p

 

Mort d'un maître de go

Paris, Fayard – 2006 - 260 p

Paris, Points, coll. « Policier » - 2010, 288 p.

 

Dix petits démons chinois

Paris, Fayard - 2007, 240 p

Paris, Points, coll. « Policier » - 2011 - 288 p.

 

Médecine chinoise à l'usage des assassins

Paris, Fayard – 2007 - 288 p.

 

Guide de survie d'un juge en Chine

Paris, Fayard - 2008, 252 p -256 p.

 

Panique sur la Grande Muraille

Paris, Fayard – 2008 - 288 p.

 

Le Mystère du jardin chinois

Paris, Fayard – 2009 - 270 p.

 

Diplomatie en kimono

Paris, Fayard – 2009 - 252 p.

 

Thé vert et Arsenic

Paris, Fayard – 2010 - 252 p.

Paris, Points, coll. « Policier «  - 2015 - 264 p.

 

Un Chinois ne ment jamais

Paris, Fayard - 2010, 300 p.

 

Un Chinois ne ment jamais / Diplomatie en kimono

Paris, Points, coll. « Policier «  - 2016 - 494 p.

 

Divorce à la chinoise

Paris, Fayard – 2011 - 276 p.

Meurtres sur le fleuve jaune

Paris, Fayard – 2011 - 300 p.

 

La Longue Marche du juge Ti

Paris, Fayard – 2012 - 264 p.

 

Le Bon, la Brute et le Juge Ti

CreateSpace Independent Publishing Platform – 2015 – 136 pages

 

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Celui des aventures de Voltaire :

 

La baronne meurt à cinq heures

Paris, Éditions Jean-Claude Lattès – 2011 - 280 p.

Paris, Éditions du Masque, coll. « Labyrinthes »  -  2012 - 310 p.

Paris, Le Livre de poche, coll. « Policier » - 288 p.

 

Meurtre dans le boudoir

Paris, J.C. Lattès – 2012 - 321 p.

Paris, Le Masque, coll. « Masque Poche » -  2013 - 340 p.

Paris, Le Livre de poche, coll. « Policier » - 2014 - 288 p.

 

Le diable s’habille en Voltaire

Paris, Le Masque, coll. « Masque Poche »  - 2014 - 340 p.

Paris, Le Livre de poche, coll. « Policier » - 2015 - 288 p.

 

Crimes et Condiments

Paris, J.C. Lattès – 2014 - 337 p.

Paris, Le Masque, coll. « Masque Poche » - 2015 - 350 p.

 

Élémentaire, mon cher Voltaire !

Paris, J.C. Lattès – 2015 - 300 p

Paris, Le Masque - 2016, 300 p.

 

Docteur Voltaire et mister Hyde

Paris, J.C. Lattès – 2016 - 280 p.

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Curieuse trouvaille…

Il semble que M. Lenormand ne prise pas trop les critiques de lecteurs/trices exprimées sur le net. Est-ce l’esprit chicanier de Voltaire qui déteint ? Celui de Fréron ? Allez savoir.

Peut-être la clé de l’énigme se trouve-t-elle ici :

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« …est un livre écrit grâce à Facebook. Il raconte une vie d’écrivain d’aujourd’hui dans les salons du livre de province, sur un ton caustique et réjouissant. C’est aussi un roman initiatique que l’on pourrait intituler “comment trouver sa place dans le monde littéraire tel qu’il est réellement” ».

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De la série d’époque révolutionnaire, je ne dirai rien parce que je ne la connais pas. Dommage, car il serait intéressant de comparer, sur ce sujet, les vues d’un partisan (supposé) du monde à l’ancienne avec les fantasmes de la groupie des Charlie. Ce sera pour une autre fois.

 

        Série « L'Orphelin de la Bastille » (peut-être pour les enfants).

 

L'Orphelin de la Bastille

Toulouse, Éditions Milan, coll. « Milan poche histoire » - 2002 - 139 p.

 

Révolution !

Toulouse, Éditions Milan, coll. « Milan poche histoire » - 2003 - 163 p.

 

La Grande Peur

Toulouse, Éditions Milan, coll. « Milan poche histoire » - 2004 - 162 p.

 

Les Derniers Jours de Versailles

Toulouse, Éditions Milan, coll. « Milan poche histoire » - 2005 - 181 p

 

Les Savants de la Révolution

Toulouse, Éditions Milan, coll. « Milan poche histoire » - 2006 - 217 p.

 

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Celui de quelques autres (toujours historiques mais d’époques variées)

 

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Les Fous de Guernesey ou les Amateurs de littérature

Paris, Robert Laffont - 1991 - 365 p.

 

 

 

Et maintenant, v’là Victor !  Quand on n’a pas lu, qu’est-ce qu’on fait ? Quatrième de couverture (ne pas oublier que c’est souvent l’auteur qui la rédige) :

En 1855, exilé par Napoléon III, Victor Hugo débarque sur l’île de
Guernesey, et c’est comme si le Mont-Blanc surgissait dans un petit canton normand. Les Auxcrinier, paisibles bourgeois, suivent avec ferveur les espoirs et les luttes du grand poète, ils épient de loin ses allées et venues, s’efforcent d’imiter ses initiatives, et se livrent pendant vingt ans à une dévotion dévorante.

Ce récit malicieux nous promène au vent des îles anglo-normandes, dans le sillage de cette famille que l’on croirait sortie d’une comédie de Labiche. C’est un roman sur la passion d’admirer, avec toutes les conséquences, édifiantes, burlesques, toujours surprenantes.

 

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L'Ami du genre humain

Paris, Robert Laffont – 1993 - 371 p.

 

 

 

Tout le monde sait que Shakespeare n’est pas l’auteur des pièces de Shakespeare. Eh bien, Molière n’est pas l’auteur des pièces de Molière non plus. Leur véritable auteur est Pierre Corneille. C’est du moins ce que raconte dans ce livre Thomas Corneille, frère de l’autre.

D’où vient cette idée loufoque ? De Pierre Louÿs.

Frédéric Lenormand s’en est emparé et s’efforce de démontrer, fût-ce pour rire, qu’elle est juste.

J’ai bien failli ne pas lire, car tout ce qui est systématique devient assez vite ennuyeux, mais j’aurais eu grand tort.

Comment s’y est-il pris pour soutenir cette énormité ? Ô très simplement. Imaginez-vous à Rouen, dans une de ces familles bourgeoises à la Noblecourt dont je parlais plus haut : celle de Pierre Corneille, père de la tragédie à la française et sorte de gloire nationale un peu déclinante, car les goûts changent et les Français ne sont pas doués pour tenir très longtemps la pose dans des dilemmes à la romaine. Sous le même toit vit Thomas, frère cadet, auteur de tragédies qui ne valent pas un clou mais dont le public raffole et qui tiennent l’affiche à n’en plus finir. Pour comble de malchance, Thomas, lucide, aime et admire follement son aîné.

Ce qui se passe ? Il se passe que débarquent un beau jour un certain Jean-Baptiste et une certaine Madeleine, à la tête d’une bande de saltimbanques itinérants, qui demandent à être reçus. Ils veulent prier le maître de leur écrire une tragédie qui leur permettra, escomptent-ils, de devenir célèbres à Paris. Ils vont d’ailleurs, dès ce soir, en représenter une à Rouen. Thomas y entraîne son frère.

À partir de ce moment-là, le grand Corneille n’a plus qu’une idée en tête : empêcher ledit Jean-Baptiste de jouer ses pièces. On n’a pas idée, aussi, de vouloir jouer la tragédie « au naturel » et non de face. De la jouer « en bougeant ». Et en bougeant comment ! Le moindre geste de cet homme, la moindre expression de sa physionomie font éclater de rire. Ce n’est pas sa faute, mais quand même… Et l’idée germe dans le cerveau du génie vieillissant de lui écrire des comédies et de trouver le moyen de le forcer à les jouer. Par chance pour lui, l’improbable tragédien tire le diable par la queue… il a une famille et une troupe à faire subsister… Et heureusement, Madeleine est là pour veiller au grain. Ainsi qu’une certaine Marquise, qui eut jadis des bontés pour Pierre, qu’elle réserve aujourd’hui à un de ses jeunes concurrents dont l’étoile monte…

Trouver des idées de comédie ? Pffttt ! Il n’y a même pas besoin de sortir de chez soi. Une fille précieuse, qui s’applique à rendre fou son malheureux soupirant… Une fille dévote, bonne à enfermer… Une femme savante qui lui fauche son Éthique à Nicomaque pour meubler les répits que lui laisse un mal bizarre qui la prend régulièrement et auquel nul ne comprend rien… Un fils bon à pas grand-chose qui engrosse une fille de ferme… Une fille de ferme qui, à défaut de se faire épouser, négocie âprement son avortement… Un fils doué pour l’étude qui s’en va aux armées, car le roi… Un beau-frère médecin – qui interdit à ses patients de mourir sans son autorisation et s’indigne de ce que ceux qu’il a condamnés ne meurent pas – assisté d’un fils marchant sur ses traces…

Bien sûr, Alceste, c’est Pierre et Célimène, c’est Marquise. Et, bien sûr, le tragédien frustré les joue, ses comédies, puisqu’il n’a pas le choix et qu’en plus elles le rendent riche et célèbre, tout en mettant scrupuleusement de côté, chaque soir, une partie de la recette pour l’auteur-fantôme dont il trouve les pièces dans son tiroir dès qu’il regarde du côté d’une tragédie…

Mine de rien, avec les heurs et les malheurs de cette maisonnée, c’est tout le Grand Siècle qui vous saute à la figure. Pas celui de Versailles (encore que, quelquefois…) mais celui, surtout, des Français ordinaires et de leurs préoccupations existentielles. On y rencontre tout ce qui a fait cet âge : les recettes de bonne femme ou de rebouteux pour rester en vie, les marmots emportés dans l’enfance par demi-douzaines, l’emprise du clergé sur les esprits faibles, les progrès de la littérature et ceux des femmes, la peste à Paris et les débuts de la vaccine, le retour de la glorieuse armée des Flandres dont pas un soldat n’est intact, et le reste à l’avenant.

On voit aussi passer par Rouen un certain M. d’Abelville, rentré des îles en compagnie d’une négresse, d’une petite mulâtresse et d’un perroquet, dont le récit de la vie aux Antilles donne aux Corneille un avant-goût de paradis à la Paul et Virginie, jusqu’à ce qu’un Dominicain, missionnaire à la Martinique, révèle que l’Américain-bienfaiteur-des-noirs a fait sa fortune dans la traite du bois d’ébène. « Une seule fois » admet-il confus, cette seule fois ayant en effet suffi à le rendre immensément riche. Impossible de ne pas sentir passer là comme un frisson l’ombre future de Voltaire et des personnages de Candide. En fin de compte, la morale est sauve, puisque à l’instant où le navire de retour de M. d’Abelville va lever l’ancre, son perroquet choisit la liberté et le calot de Pierre Corneille pour y finir ses jours. [On notera la récurrence des perroquets redresseurs des torts humains dans l’œuvre de M. Lenormand, celui-ci précédant ou succédant à celui de l’expédition d’Égypte.]

 

     Extrait (c’est Thomas qui raconte) :

     […] Flatté d’un intérêt que Pierre avait été seul à lui porter, il lui envoya une lettre fort aimable, dans laquelle il exposait les grandes lignes de ses projets.

     Pierre me dit après réflexion :

     – Ce petit Racine est sur le point de faire une grande découverte littéraire.

     – Cela ne se peut, il n’est pas assez intelligent !

     – Ce sont rarement les plus doués qui font les plus grandes trouvailles. Ils ont l’esprit trop rationnel pour aller au hasard, s’égarer sur des chemins où l’on imagine qu’il ne doit rien y avoir, ces terres en friche, en marge des arts et des sciences établis, où sont les grands domaines à découvrir.

     – Admettons. Mais Racine !

     – Quoi, Racine ? Crois-tu que je sois intelligent, moi ? Jamais il n’y a eu élève plus stupide aux Jésuites de Rouen !

     – Tu exagères…

     – Il y avait au moins dix garçons mieux doués, en classe de vers latins. Aucun, de sa vie, n’a inventé quoi que ce fût d’intéressant. Moi, j’ai accouché la tragédie classique, je l’ai faite, j’ai été assez stupide pour cela. Racine est assez stupide pour la défaire.

 

     Le jeune homme sollicita une entrevue. Pierre répondit qu’il ne voyait pas de raison de la lui refuser.

     Lorsqu’il entra, visiblement embarrassé dans le cabinet de travail aux murs couverts de livres, Pierre se leva et vint lui serrer les mains en disant :

     – Quand j’en étais à mes débuts, je n’osais pas m’adresser aux écrivains : ils m’intimidaient, car je croyais qu’ils étaient quelque chose et que je n’étais rien. À présent, je suis ce qu’ils étaient, et je sais que ce n’est pas grand-chose.

     Il lui fit ensuite quelques observations sur sa Thébaïde.

     – C’est amusant, cette histoire de mère qui épouse son fils. Vous avez l’air passionné par ces horreurs mêlées d’inceste… Enfin, tant qu’à donner dans ce genre-là, mieux valait prendre la Thébaïde qu’une histoire où il ne se passe rien, comme Phèdre ou Athalie par exemple…

     – Le sujet m’a été suggéré par Molière.

     – Ça ne fait rien. Nous allons la lire quand même.

(pp. 173-174)

 

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L'Odyssée d'Abounaparti

Paris, Pocket  - 1997 - 348 p.

 

 

 

 

On est en l’An VI (1798). Bonaparte, qui rêve des richesses de l’Inde, se lance d’abord sur l’Égypte (c’est sur la route). Comme il faut bien quelque prétexte aux entreprises colonisatrices, il emmène avec lui une armée de savants, chargés d’étudier ce pays qui fait déjà depuis lurette fantasmer les Français.

Enrôlés comme les soldats, de gré ou de force, soumis aux rigueurs de la vie militaire, aux attaques mameloukes, turques ou anglaises comme à la peste et à la dysenterie, voire à l’abandon de leur général, les malheureux érudits vont vivre pendant trois ans des aventures qu’on dira picaresques pour ne pas avoir l’air de critiquer, mais qui seront quand même pénibles quoiqu’enrichissantes. Tous vont s’y coller, qu'il s'agisse du géomètre Monge, tyrannisé par son épouse, du zoologiste Geoffroy Saint-Hilaire, affublé d'un perroquet insolent, ou de Nicolas Conté, l'inventeur du crayon à mine. Tandis qu’à l’arrière, dans les loges maçonniques à la mode et dans les salons, l’Égyptomanie devient carrément de l’Égyptolâtrie,  mais c’est là une histoire connue, loin d’être finie.

 

     Extrait :

     « Ils avaient cru éviter Menou à Louqsor : l’officier les avait précédés au Caire, où Kléber venait de prendre le commandement. Le nouveau général en chef était un homme brave et sans imagination, accablé d’un fort accent alsacien et d’une paire de favoris. Il avait servi dans l’infanterie autrichienne, dont il gardait le goût des bonnes manières et de la discipline.

     Il réunit les principales autorités de la communauté française pour discuter de la politique à suivre. Menou proposa de continuer à la manière de Bonaparte : rapprochement avec  les Égyptiens.

     – Nous sommes déchâ suffisamment proches ! s’insurgea Kléber.

     – relations avec le Divan du Caire…

     – Pas guestion de ces familiarités !

     – encouragements à la conversion des soldats et professions de foi en faveur de l’islam…

    – Guelle horreur ! Le petit Gorse a touchours eu un penchant pour la mise en scène et le libertinache. Les musulmans font faire gonnaissance avec la façon de foir d’un Alsacien.

     – À moins que vous ne vous heurtiez à la leur, remarqua Geoffroy. Le pays est trop difficile pour nous les mettre à dos.

     Kléber eut un sourire condescendant.

     – Rassurez-fous, che gontinuerai d’encouracher les sciences. Ch’aime la peinture. Pour le reste, ch’entends me gantonner dans un rôle militaire.

     – Cependant, objecta Jomard, qui avait mis la main sur les documents abandonnés par Bourrienne, nous vous avons apporté les livres de comptes et un bilan global…

     Ces pièces révélaient un déficit de 10 millions dans les finances publiques, l’armée était en état de délabrement avancé, on parlait de mutineries, de révoltes et d’assassinats. Quant à l’Égypte, elle n’était soumise qu’en apparence. Kléberr s’en prit au souvenir de Bonaparte :

     – « Che suis l’homme du destin », gu’il disait ! « Che choue afec l’Histoire ! » C’est gue che ne suis pas un Alexandre, moi ! Che fais defoir chérer sa m…

     Il y eut un remue-ménage dans l’antichambre. Bousculant deux lieutenants, Pauline força le passage et fit irruption dans le cabinet. Elle se doutait que Kléber avait pour consigne de la retenir aussi longtemps que possible. Elle sortit un mouchoir et fut la proie d’une crise de larmes bien réglée :

     – Je ne suis plus rien, ici, depuis que Napoléon m’a abandonnée pour rejoindre une épouse infidèle !

     Kléber haussa un sourcil.

     – Chère Madame, même dans les pires rumeurs, Choséphine n’a fait gue trahir son mari ; fous, fous afez trahi la France !

Kléber, néanmoins, n’avait guère envie de la conserver au Caire. Pauline leva le nez de son mouchoir :

     – Alors, c’est dit : vous me donnez un cheval ?

     Villiers vint porter la nouvelle à l’Institut : il fallait se hâter de lui faire ses adieux. (pp. 270-271)

 

L’Odyssée d’Abounaparti n’est pas un réquisitoire à la Guillemin, c’est une aquarelle assassine. Et elle n’assassine pas que le tyran botté, méprisé par à peu près toute sa suite intellectuelle et artistique, mais cette suite elle-même, qui rangera son mépris dans sa poche et ne rechignera pas à baiser la main sanglante qui lui tendra charges, prébendes et réputation fallacieuse dans les manuels d’histoire.

M. Lenormand cependant y fait confesser longuement – comme à l’Opéra - par un Kléber frappé au cœur d’un coup de poignard, des crimes qu’il n’a pas commis. C’est un faux-pas. On peut faire parler, si on en a le talent, des personnages historiques. On ne doit pas les faire mentir.

 

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Mademoiselle Chon du Barry ou Les Surprises du destin

Paris, Robert Laffont – 1996 - 174 p.

 

 

 

 

C’est l’histoire de Françoise-Claire du Barry, provinciale de Gascogne, belle-soeur de Jeanne Bécu, la future célèbre comtesse, à laquelle sa vie sera liée jusqu’au bout et même au-delà. Vieille fille « presque vierge » dit l’auteur (on aimerait savoir ce qu’il entend par là). D’elle et de sa parente on a dit « le duo Jeanne et Chon formait deux moitiés de Pompadour » et Madame Adélaïde a, pour son compte, pu écrire : « la comtesse du Barry n’aurait rien été sans sa belle-sœur, qui n’était rien sans elle ». Destin à surprises en effet que celui de Françoise, et à rebondissements multiples, souvent dus à la bêtise de Jeanne.

« Chon » revenue à Toulouse sous la Terreur, après bien des avanies sous Marie-Antoinette, a frôlé la guillotine mais n’y a pas trébuché. Elle est morte en 1809, âgée de 75 ans. Personnage historique peu connu et qui méritait pourtant de l’être.

Il est clair que Frédéric Lenormand est amoureux de l’ancien régime (d’où le choix de ses héros et de ses héroïnes) et donc peu porté sans doute à l’empathie pour les sauvages. Néanmoins, la description qu’il fait de l’administration de la justice dans les provinces avant Thermidor sonne juste. Il suffit de la comparer au tableau qu’en dresse Augustin Robespierre, dans sa correspondance de représentant en mission. Il y a là tous les ingrédients des époques troublées en cours de violente métamorphose : ambitions, opportunismes, soif de pouvoir, avidité, propension à la trahison, obtusité… toute la lyre.

Le « jeune homme de dix-neuf ans » qui est dit « envoyé par Robespierre » pour faire tomber quelques têtes provinciales ne l’a certainement pas été dans ce but. Les preuves historiques sont formelles. Qui était-il ? Assurément Jullien de Paris – le plus jeune des députés de la Convention – fils de Jullien de la Drôme. Et il est vrai que son père et lui, mais aussi sa mère, ont été des fidèles entre les fidèles de l’Incorruptible. Ce qui est remarquable, dans l’histoire de Jullien de Paris, c’est qu’ayant par on ne sait quel miracle survécu à la saignée de Thermidor, il a poursuivi, jusqu’à un âge avancé, sous plusieurs régimes, une carrière de fonctionnaire au service de l’État, sans jamais se renier ni se vendre. À ce titre, peut-être pas unique mais rarissime, il mériterait un roman à la Chon du Barry pour lui tout seul.

 

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Les Princesses vagabondes

Paris, J. C. Lattès – 1998 - 201 p.

 

 

 

 

Ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, mais c’est peut-être moi qui étais mal disposée. Il y est question de l'errance, en Italie, sous la Révolution, des quatre filles de Louis XV, tantes de Louis XVI. C’est une espèce de road movie en carosse ou, si on veut, une chronique historique par la bande, d’une époque dont il faut reconnaître à F. Lenormand une connaissance réelle. C’est déjà beaucoup.

Les légitimistes s’apitoieront sans doute sur le sort de ces vieilles princesses davantage que ne l’ont fait leurs contemporains.

 

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La Jeune Fille et le Philosophe

Paris, Fayard -  2000 - 361 p.

 

 

 

 

 

Et revoilà Voltaire, mais cette fois sous une casquette beaucoup moins farfelue.

En 1761, réfugié à Ferney, il recueille une descendante indirecte, pauvre et inculte, du grand Corneille. Nouveau Pygmalion, il l’adopte et l'éduque selon ses principes philosophiques, avec l'intention de faire d'elle la parfaite jeune fille des Lumières. Ils en reviendront tous les deux, mais tous les deux plus riches.

 

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Un beau captif

Paris, Fayard – 2001 - 301 p.

 

 

 

 

Relate les aventures d'un faux Louis XVII – dieusait  s’il y en a eu ! –  celui-ci à Châlons-en-Champagne, sous le Directoire.

 

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Qui en veut au Marquis de Sade ?

Paris, J'ai lu  - 2015, 285 p.

 

 

 

 

Apparition d’une nouvelle héroïne dont quelque chose me dit que les aventures ne sont pas finies.

Ce n’est plus Voltaire, ici, qui mène l’enquête, c’est Mlle de Sade  – Laure, 18 ans  –  qui, pendant que papa croupit à la Bastille, vit avec maman dans un couvent pour dames de la bonne société. Très jeune, très vierge et d’apparence très naïve, elle connaît tous les moyens de sortir sans permission et même de semer ses chaperons en cornette au détour de l’une ou l’autre ruelle. Aidée et courtisée par deux jeunes gens qu’elle mène par le bout du nez, dont l’un d’ailleurs est son frère mais comment le saurait-elle avec le père qu’elle a, elle va devoir survivre aux bouleversements qui agitent Paris, car on est à la veille du 14 juillet 1789, démanteler un trafic de pierres précieuses en montgolfière et, si possible, faire arrêter un tueur démoniaque déguisé en Arlequin. Comme si cela ne suffisait pas, c’est le moment que choisit le divin marquis pour mettre sa progéniture en demeure de le faire évader, et pour lui rafler ses économies.

 

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Alias LOREDAN

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Oui, c’est encore lui. Quand il écrit sur Venise, il prend le nom d’un doge. À quoi bon lésiner ? Mais on reste au XVIIIe.

 

        Série Les Mystères de Venise

Leonora agent du doge

Paris, Fayard 2008 - 352 p.

Versailles, Éditions Feryane, coll. « Policier » - 2009 - ? p.

Paris, Le Livre de poche, coll. « Policier » - 2010 - 352 p.

 

La Nuit de San Marco

Versailles, Éditions Feryane, coll. « Policier » - 2010

Paris, Le Livre de poche, coll. « Policier » - 2012 - 312 p.

 

Confessions d’un masque vénitien

Paris, Fayard – 2010 - 300 p.

Paris, Éditions Corps 16, coll. « Police » - 2011 - 392 p

 

Crimes, gondoles et pâtisserie

Paris, Fayard – 2011 - 288 p.

Paris, Corps 16, coll. « Police » - 2011, 308 p.

 

Les Îles mystérieuses

Paris, Fayard - 2012, 280 p.

 

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Surprise, surprise…

Arrivée ici, je m’en voudrais de ne pas mentionner un phénomène qui affecte simultanément un assez grand nombre d’auteurs. Je veux parler de l’apparition, dans la littérature, à la faveur de ces histoires criminelles, de la surfemme.

Je m’explique : le temps n’est pas si lointain où une comédienne en quête d’engagement savait qu’elle avait peu de chances de se voir distribuer un rôle – un de femme pour onze d’hommes, alors – mais qu’encore, dans le meilleur des cas, ce serait un rôle passif. Les personnages moteurs, au théâtre, mais aussi dans la littérature, n’étaient pas des personnages féminins.

Or, voilà que tout a changé. À tout le moins le regard que jettent sur la moitié femelle de l’humanité les auteurs de romans policiers d’une certaine génération (disons entre 50 et 70 ans ?).

Fini les damoiselles en détresse et les Fleur de Marie !... Fini les Nana, les Gervaise et les Emma Bovary !… Fini les bonniches consommées dans une soupente, qu’on chasse après les avoir engrossées !… Fini l’épouse bafouée et la maîtresse sacrifiée !… Fini, même, les vamps exhibées du « noir » à l’américaine !… Voici venu le temps  des femmes supérieures.

Que ce soit la Satin ou l’Aimée d’Arranet de M. Parot, pour ne rien dire de la Paulet… Que ce soit, chez M. Barde-Cabuçon la jeune Chiara, petit fantassin de la Pompadour, ou la frêle prostituée-enfant devenue libraire, entre lesquelles hésite le chevalier de Volnay, ou la belle Hélène elle-même, sorte de James Bond au féminin, dont s’éprend éperdument le moine, sans oublier la jeune italienne qui n’a rien à envier à la Viola de Shakespeare ni aux travestis de Marivaux (ah, Geneviève Page en chevalier de la Fausse suivante ! vous n’avez pas connu cela, vous autres), toutes font preuve à la fois d’indépendance et d’audace. Et que dire de la marquise du Châtelet de M. Lenormand, si supérieure à son enfantin philosophe, que l’on retrouve jusque dans la Chine des Tang (dans Madame Ti mène l’enquête) où la « première épouse » de Ti jen Tsie vous a des airs de traductrice de Newton pas piqués des hannetons. Mais cette tendance à fantasmer les femmes en timoniers du navire apparaît aussi chez Nicholas Meyer, qui fait monter au créneau rien de moins que la belle Irène, laquelle, entre autres prouesses, prenant l’initiative d’habitude réservée aux mâles, fait franchir le Rubicon au très verrouillé Holmes ou si j’ai mal lu ?

Bref, la femme émancipée a mis le pied dans le cerveau des hommes, si j’ose ainsi parler.

Je laisse mes lecteurs se faire les réflexions qu’ils voudront sur cette évolution, à mon avis trop peu remarquée, de l’imaginaire masculin occidental.

Théroigne

 

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Jean d’AILLON

Vie, œuvres, etc.

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Jean d’Aillon est un cas un peu analogue à celui de Frédéric Lenormand. Une époque ne lui suffit pas. Je les mentionne toutes pour mémoire, mais je suis loin d’avoir tout lu. Qui le pourrait ? Il y a des gens qui écrivent plus vite que leur ombre.

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Site de l’auteur

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        Série Louis Fronsac (XVIIe siècle)

 

Cette série, la plus célèbre de son auteur a pour cadre la France du XVIIe siècle, et pour personnages principaux Louis Fronsac, notaire, son ami Gaston de Tilly, commissaire au Châtelet, deux soldats chevronnés en semi- retraite, Gaufredi et Bauer, et pour personnages historiques réels le grand cardinal (de Richelieu), Mazarin, Louis XIII, Anne d’Autriche, Louis XIV, la marquise de Rambouillet, le duc de Vendôme, le duc de Soissons, le duc de Rohan, le marquis de Cinq-Mars, Blaise Pascal, Pierre de Fermat, un certain Jean-Baptiste Poquelin et quelques autres, dont l’Homme au Masque de fer.

 

Les Ferrets de la reine

Paris, J.C. Lattès – 2007 – 484 p.

Paris, Le Masque, coll. « Labyrinthes » -  2011

Réédition Masque poche – 2014 – 479 p.

Déroulement de l'intrigue de septembre 1624 à août 1625.

 

Le Mystère de la chambre bleue
Le Grand Châtelet – 1999 – 311 p.

Le Masque, coll. « Labyrinthes » - 2004

Réédition, coll. « Masque poche »  - 2014

Sous Louis XIII, Louis Fronsac enquête sur le rôle qu'a joué la marquise de Rambouillet durant les trois conspirations de 1641 : celle du duc de Vendôme, celle du duc de Soissons et celle du marquis de Cinq-Mars. Action située de mai 1641 à décembre 1642.

 

La Conjuration des Importants

Le Grand Châtelet – 2000 – 329 p.

Le Masque, coll. « Labyrinthes  - 2014

Événements survenus de décembre 1642 à septembre 1643.

 

La Conjecture de Fermat

J.C. Lattès – 2006 – 552 p.

Réédition Le Masque, coll. « Masque poche » - 2014

Les codes secrets de la diplomatie française sont peut-être en danger, alors que se négocie la fin de la guerre de Trente Ans. Louis Fronsac doit démasquer l'espion et rencontre Blaise Pascal et Pierre de Fermat pour renforcer le chiffre employé. Action située de novembre 1643 à janvier 1644.

 

L'Homme aux rubans noirs

Paris, J.C. Lattès – 2010 – 450 p. regroupe cinq récits :

La Lettre volée (nouvelle également parue aux Éditions du Masque, coll. « Labyrinthes », 2007). Action située en avril 1644

L'Héritier de Nicolas Flamel (Action située de mai à juillet 1644)

L'Enfançon de Saint-Landry (Action située en janvier 1646)

Le Maléfice qui tourmentait M. d’Emery (Action située en mars - avril 1646)

La Confrérie de l'Index (Action située en novembre 1647).

 

L'Exécuteur de la haute justice

Le Grand Châtelet – 2004 – 339 p.

Paris, Le Masque – 2005.

Le Masque, coll. « Labyrinthes » - 2006.

Réédition Le Masque, coll. « Masque poche » - 2015

Un jeune homme de quinze ans originaire des Pays-Bas pourrait prétendre devenir le chef de file des huguenots de France, en tant que fils du duc de Rohan. Est-ce un imposteur ? Louis Fronsac, désormais chevalier, rencontrera un dénommé Jean-Baptiste Poquelin au cours de son enquête. Déroulement de l'intrigue de mars à fin 1645.

 

L'Énigme du clos Mazarin

Le Grand Châtelet – 1997 – 316 p.

Le Masque, coll. « Labyrinthes » - 2007

En 1646, le frère du cardinal Mazarin, archevêque d'Aix-en-Provence, est compromis dans une affaire de spéculation immobilière. Louis Fronsac doit enquêter discrètement afin d'éviter un scandale qui éclabousserait la couronne. Mais bon nombre de notables se disputent le contrôle de la cité ... Évènements survenus en avril - mai 1647.

 

Le Secret de l'enclos du Temple

Paris, Flammarion – 2011 – 561 p.

Paris, J’ai lu - 2016

Déroulement de l'intrigue en 1647. Le cardinal Mazarin et la reine, de par leurs nombreuses erreurs de gouvernance et d'alliances, se voient confrontés à la populace qui se révolte. Dans le même temps, Louis Fronsac découvre chez son frère un bien étrange message codé, ainsi qu'une caissette d'écus et de louis. Apparaît alors le nom de Jacques de Molay : dernier templier...

 

La Malédiction de la Galigaï

Paris, Flammarion - 2012.

Paris, J’ai lu - 2016

Déroulement de l'intrigue en 1649.

 

L'Enlèvement de Louis XIV

2001 s. éd.

Le Masque, coll. « Labyrinthes » -  2007 – 344 p.  regroupe deux récits :

– Le Disparu des chartreux (Février - mars 1659),

– L'Enlèvement de Louis XIV (Janvier 1661).

 

Le Bourgeois disparu

Dans La Vie de Louis Fronsac, J'ai lu - 2013.

Action située en juin 1661.

 

Le Forgeron et le Galérien

Dans La Vie de Louis Fronsac, J'ai lu, 2013

Action située en mars 1663.

 

Le Dernier Secret de Richelieu

Paris, Le Masque - 1998

Paris, Le Masque, coll. « Labyrinthes » - 2005 – 411 p.

Louis Fronsac, âgé, mène une dernière enquête qui l'amène à découvrir qui est l'Homme au masque de fer. Évènements survenus de septembre 1669 à mai 1670.

 

Menaces sur le roi

Le Grand Châtelet - 2013

Format Kindle 1930 kb ± 122 p.

L'histoire se situe quelques semaines après le dernier secret de Richelieu. Louis XIV fait appel à Louis Fronsac...

 

Le grand arcane des rois de France : La véritable histoire de l’aiguuille creuse

Paris, Flammarion, 2015 – 531 pages

Assistant à une représentation de l’Impromptu de Versailles, Louis Fronsac se fait voler sa montre par une jeune femme du nom d’Anne Lupin…

On aura compris que Jean d’Aillon joue au même jeu que Nicholas Meyer.

 

Hors-série :

La Vie de Louis Fronsac

« par Aurore La Forêt, marquise de Vivonne »

est préfacée par Jean d'Aillon

2005 

Paris, Le Masque, coll. « Labyrinthes » hors-série – 2007

Paris, J'ai lu – 2013- 288 p.

 

La Vie de Louis Fronsac et autres nouvelles : Le bourgeois disparu ; Le forgeron et le galérien

Paris, J’ai lu – 2016 – 285 pages

 

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Il est par ailleurs l’auteur de plusieurs séries survolant quelques autres époques de l’histoire de France :

 

        Série Le Brigand Trois-Sueurs (fin XVIIe, début XVIIIe siècles)

 

L'Obscure mort des ducs

Le Grand Châtelet – 2002

Éditions du Masque coll. « Labyrinthes »  - 2007 – 444 p.  regroupe quatre récits :

 

– Les Effroyables Débauches de La Drouillade (1698-1707

– Le Grand Hyver (1709),

– L'Obscure Mort des ducs (1712)

– La Terrifiante Agression (1720).

 

Le Captif au masque de fer, et autres enquêtes du brigand Trois-Sueurs

Paris, J. C. Lattès – 2007 – 458 p.

Paris, « Masque poche » -  2013  regroupe :

 

– La Fille du lieutenant de police (1698)

– Le Captif au masque de fer (1706), 

– Cartouche, capitaine général de la Grande truanderie (1721).

 

La Devineresse

Le Grand-Châtelet – 2005

Format kindle 405 KB 

Éd. imprimée – 2010 - 139 p.

 

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        Série Olivier Hauteville (XVIe siècle)

 

Dont les personnages historiques réels sont « les trois Henri » : Henri III, Henri de Navarre et Henri de Guise, et qui est consacrée évidemment aux guerres dites de religion, dont celle de la Ligue. Personnages féminins : la reine Catherine, dite Madame Serpente, son escadron volant, la fameuse reine Margot sa fille et quelques autres dames de plus ou moins grande importance. Sans oublier Leonora Galigaï flanquée de son Concini d’époux, entre autres.

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        Série Les Chroniques d'Edward Holmes et Gower Watson (XVe siècle)

 

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Une étude en écarlate

10/18 – Grands détectives – 2015 – 504 p.

 

 

 

 

Retour aux sources du polar… au temps de Jeanne d’Arc (On est prié de passer sur les fautes de français du « Salon littéraire ».)

Le chien des Basqueville

Le Grand Châtelet – 2016

Edition numérique

10/18 – Grands détectives – 2016 - 504 p.

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        Série Guilhem d’Ussel, chevalier troubadour (début XIIIe siècle)

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        Série Lucius Gallus (Du IIe avant au Ier siècle après J.C.)

 

Attentat à Aquae Sextiae

Paris, Le Masque, coll. Labyrinthes – 2006 – 380 p.

 

Le complot des Sarmates, suivi de La Tarasque

Paris, Le Masque, coll. Labyrinthes- 2008 – 184 p.

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Autres romans

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Nostradamus et le Dragon de Raphael

Paris, Le Masque coll. « Labyrinthes »,- 2005

 

 

 

 

Charles Quint a envahi la Provence en 1536 et ses hommes vont piller et dévaster le pays. À cause d'une épidémie, l'Empereur doit cacher son butin en espérant le reprendre plus tard. En 1564, en pleine guerre entre catholiques et réformés, la découverte de ce trésor devient impérative pour les deux camps. Le célèbre astrologue Nostradamus et Yohan de Vernègues, lieutenant du viguier d'Aix, conjuguent leurs efforts.

 

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L’Archiprêtre et la Cité des Tours

Paris, Le Masque, coll. « Labyrinthes » - 2008

 

 

 

 

En Provence pendant la guerre de Cent Ans, la capitale du comté cherche à se libérer de trois autorités : celle de la reine Jeanne, celle du pape Innocent VI et celle de Charles IV, empereur d'Allemagne, qui, pour soumettre les Provençaux à son pouvoir, n'hésite pas à envoyer une compagnie de pillards, sous la houlette d'Arnaud de Cervole, dit l'archiprêtre, saccager le pays.

Les trois cités qui constituent la capitale ont décidé de fusionner pour créer Aguensi - Aix - et gagner en autonomie et en résistance. Pietro da Sangallo, jeune ambassadeur de Florence, a pour mission d'apporter une importante somme d'argent au sénéchal de Provence afin de financer la lutte contre les pillards.

 

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Marius Granet et le trésor du Palais Comtal

Paris, Le Masque, coll. « Labyrinthes » - 2009

 

 

 

 

En 1307, Charles le Boiteux, comte de Provence, fait arrêter le commandeur du Temple d'Aix dans l'espoir de faire main basse sur le trésor qui s'y trouverait... mais en vain ! Presque 500 ans plus tard, le Palais Comtal est démoli et le jeune Marius Granet découvre un secret redoutable dans les ruines romaines. Une série de disparitions et de meurtres terribles survient alors chez les puissants de la ville et nourrit encore le mystère autour du fameux trésor. L'avocat Pascalis, chargé de démêler toutes ces intrigues, sera assassiné à son tour alors que la tourmente révolutionnaire gronde et que la ville d'Aix est en proie à une violence qu’on croit sans précédent parce que les peuples n’ont pas de mémoire.

Le jeune Marius Granet parviendra-t-il à aider dans son enquête l'avocat Portalis qui reprend les affaires de Pascalis ? Et ce trésor qui a déjà fait tant de victimes existe-t-il vraiment ?

 

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Le Duc d’Otrante et les Compagnons du Soleil

Paris, Le Masque coll. « Labyrinthes » - 2010

 

 

 

 

 

Choisie par les Jacobins pour incarner la déesse Raison, la jolie Fassy est massacrée dans la prison d’Aix en 1795 lors d’une insurrection contre-révolutionnaire. Quatre ans plus tard, Camille de Clapiers, général des Compagnons du Soleil qui se bat pour le retour de la monarchie, est arrêté et fusillé en dépit des efforts désespérés de son ami de toujours, Gabriel de Montfort, qui aura tout tenté pour le libérer. Ce dernier, recherché par la police impériale, se réfugie à Londres où il se met au service des Premiers ministres William Pitt et Spencer Perceval. De son exil, il n’a de cesse de poursuivre sa lutte contre le Consulat et l’Empire mais son dessein est de rentrer en France pour venger Fassy et son ami Camille et châtier celui qui les a trahis.

Engagé dans les services secrets anglais, il reviendra en France où il croisera la route de Joseph Fouché, duc d’Otrante et ancien ministre de la police, de Vidocq, le bagnard devenu policier, et surtout de celui qui a trahi les Compagnons du Soleil dont il devra déjouer les intrigues au cours d’une lutte à mort.

 

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Juliette et les Cézanne

Paris, JC Lattès - 2010

 

 

 

 

Avril 1944 : le capitaine John Cavendish – nom de code : Forbin – est parachuté en Provence. Il est chargé par le B.C.R.A. de retrouver deux tableaux inestimables de Paul Cézanne avent que les Allemands ne s’en emparent.

Mais lorsque Juliette Lecompte, une jeune restauratrice de tableaux du musée Granet, membre de Libération-Sud, découvre que Cavendish propose des Cézanne à l’avocat Bergatti, défenseur du bandit Carbone, pilier de la Solidarité française et ami de Sabiani, le chef du parti populaire français, les responsables de la Résistance décident d’interroger l’agent anglais.

Mais celui-ci, ainsi que Juliette Lecompte, a disparu. Dans le maquis de Provence, dans les bars de la Plaine ou à l’Alcazar, à la Gestapo de la rue Paradis, à Marseille, ou de la Mule Noire, à Aix, chacun tente de mettre la main sur les tableaux de Cézanne et sur le capitaine Cavendish.

 

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On l’aura compris, l’héroïne principale de Jean d’Aillon est la ville d’Aix, dont il connaît la moindre pierre et le moindre détour, des temps gallo-romains à la Deuxième Guerre mondiale. Il n’en connaît pas que les lieux, il en connaît l’histoire. Pour savoir ce que c’est qu’une guerre dite « de religion », voyez par exemple Nosradamus

 

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Livres publiés par Jean d’Aillon aux éditions Le Grand Châtelet fondées par lui-même :

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http://www.babelio.com/editeur/67416/Le-Grand-Chatelet

 

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Et pour finir :

Une interview de Jean d’Aillon

(peu importe qu’elle soit de 2008 !)

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http://www.librairiesoleilvert.com/article-25405203.html

 

 

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Mis en ligne le 13 novembre 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21:04 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |