26/07/2012

Incursion au paradis... Interlude estival

 

 

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Héraclès, Thésée, Ulysse y sont allés avant elle... en descendant très très bas.

Elle y est allée malgré elle, en montant très très haut.

Mais ses découvertes valent bien les leurs.


 

 

Aline de Diéguez

 

Incursion au paradis

avant de replonger dans l'enfer du sionisme

 

Interlude estival

 

 

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Le grand départ

 

C'est arrivé au moment où Sémimi, rampant sur le dos, d'un côté de la porte, essayait de saisir avec ses deux pattounes tendues la plume de coq que je glissais à partir de l'autre côté. Impertinente, cette plume, allait et venait. C'était magique, elle avait l'air de bouger toute seule et lui chatouillait tantôt les moustaches, tantôt les pattes, tantôt lui gratouillait le ventre.

Excitée, la chatonne guettait, se précipitait, reculait et émettait chaque fois un petit roucoulement de triomphe lorsqu'elle réussissait à l'immobiliser un instant. Elle se roulait sur le tapis, offrant au regard les bouclettes duveteuses de son ventre et sa somptueuse toison d'oursonne qu'elle refusait obstinément de laisser peigner.

Tout à coup, un gigantesque éclair blanc, un bruit de fin du monde …

L'apocalypse.

Et je vis une nuée blanche et le feu fut partout. Je vis sortir des éclairs et j'entendis des voix et des tonnerres .


 

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Et puis pffftt… le grand départ.

Nous n'étions plus là pour contempler l'horizon blanc, rouge, embrasé. Alors lentement, très lentement, un majestueux champignon s'éleva dans les airs et envahit la nuée.

Sublime scénario! Spectacle enchanteur! In illo tempore, les magiciens de l'atome avaient fait une petite répétition sur deux villes d'un archipel du Pacifique et depuis lors, ils se languissaient de revivre l'extase de la toute-puissance. Orgasme de la folie et désir d'apocalypse intimement mêlés.

Je ne peux même pas dire que nous étions réduites en poussière, car la poussière est encore quelque chose, alors que nous n'étions plus RIEN.

Le néant.

Par la grâce d'Einstein et les vertus de sa célèbre équation, notre masse s'était changée en énergie et, photons au milieu de milliards de photons, nous galopions dans l'azur .


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Résurrection

 

Mais les mystères de l'au-delà sont, comme chacun sait, impénétrables et d'abord à leurs heureux bénéficiaires. C'est pourquoi je ne saurai jamais ni comment, ni quand nous avons atterri, les fesses dans l'herbe pour moi et ventre à terre pour Sémimi, sur une pelouse, devant un immense édifice d'où sortaient de mélancoliques volutes mélodieuses.

J'étais ressuscitée ! La résurrection, c'était donc ça !

Même Sémimi était ressuscitée ! Voilà qui n'était pas prévu, car je savais de science certaine que les animaux sont bannis des champs élyséens depuis l'affaire de la pomme de sinistre mémoire et de la gloutonnerie d'un couple de benêts.


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Ainsi, nos photons avaient fait machine arrière et s'étaient reconcentrés en matière - je touchais mes bras, je tâtais mes jambes, tout fonctionnait, mes muscles, mes articulations, ma tête. Aussi sûr que deux et deux font quatre j'en conclus que j'étais au paradis et je fus ravie en esprit.

Mais dans quel paradis avions-nous atterri ?

Pour l'instant nous étions toutes les deux, Sémimi et moi, plutôt ahuries et désorientées. Ressusciter n'est pas une petite affaire. Assises sur l'herbette verdoyante regardant en haut, à gauche, à droite, cherchant un point de repère, je m'aperçus tout à coup que mon pantalon à fines rayures et ma chemisette rose étaient demeurés dans la stratosphère mais qu'ils avaient été pieusement remplacés par une longue tunique blanche à la coupe rudimentaire dotée d'une grande poche sur le ventre. C'était tout à fait le modèle qu'enfant je taillais à mes poupées.

Je fis donc une première déduction capitale : on ne ressuscite pas tout nu.

Mes fesses endolories m'amenèrent à une seconde conclusion : le sol du paradis n'est ni mou, ni cotonneux, ni vaporeux, mais parfaitement ferme et dur .

Le paradis serait-il désert? me demandai-je, ne voyant personne autour de moi. Mais une mélopée envoûtante et mélancolique bourdonnait dans le lointain et signalait d'autres présences.

A tout hasard et ne sachant si je devais me montrer inquiète ou rassurée, je remisai prestement dans la précieuse poche ventrale une Sémimi encore groggy et pour tout dire, non ressuscitée à cent pour cent. Je vis en la soulevant que tous les poils de sa collerette n'étaient pas au rendez-vous et qu'il en manquait également dans le panache de sa queue. Le Très Haut avait dû se tromper dans ses calculs quand il avait compté les photons nécessaires à sa réincarnation parmi les bienheureux. Il avait des excuses, la fourrure était si touffue, si soyeuse et si longue qu'il n'avait pas repéré les poils masqués par le duvet, et peut-être ne connaissait-il pas toutes les ressources de e=mc².


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 Procession

 

La musique se tut. Je me dressai, les sens en alerte et le souffle court. Une colonne d'ombres encapuchonnées avançait en silence dans notre direction, précédée d'un dignitaire richement paré et portant une croix.

Je compris que nous étions ressuscitées chez les mangeurs de dieu. On les nommait ainsi parce que leurs occupants ne se contentaient pas de capter les paroles de leur Très Haut avec une ouie aiguisée ou de flairer le passage de leur créateur dans le thym et le serpolet. J'avais entendu dire qu'ils le saisissaient carrément avec les dents, tout comme Sémimi attrape une souris et, ni une, ni deux l'avalaient et le déglutissaient. C'est pourquoi ils se nommèrent eux-mêmes les déiphages.

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Je continuais à me sentir à la fois inquiète et rassurée en même temps et sous le même rapport. Inquiète parce que, tout de même, cette pulsion anthropophagique me troublait et je ne savais pas si j'étais ou non appétissante; et rassurée, parce que je ne croyais pas avoir une tête de Dieu et Sémimi encore moins. J'en conclus, tout bien réfléchi, qu'il y avait peu de risques que nous fussions destinées à la consommation .

La procession nous doubla sans un regard. Les fantômes avançaient, les yeux baissés, concentrés sur le miracle dont ils étaient le siège. Avaler un Dieu, ce n'est pas une action ordinaire et je me demandais comment exactement se faisait la digestion et l'assimilation. Les leçons de biologie de mon heureuse scolarité me revenaient en mémoire. Je voyais le passage par l'œsophage, l'estomac, la sortie par le duodénum, la fabuleuse usine du foie et sa fonction glycogénique - un mot que la grande sauterelle d'Andrée n'a jamais réussi à prononcer correctement. Et le bol alimentaire progressait dans le labyrinthe de l'intestin grêle et ses mignonnes ventouses et puis la station d'épuration du gros intestin, et puis … la sortie. Ouh, la la.

 

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A ce moment là, le dignitaire de tête dont le coup d'œil perçant, le crâne aussi lisse qu'un genou et la taille rebondie ne m'avaient pas échappé, fit demi tour. Il se planta devant moi et sans même me demander mon nom et s'enquérir des raisons pour lesquelles je me trouvais là, un peu ahurie, avec un chaton grelottant de peur dans la poche, il leva la croix, écarta les bras et à ma grande stupeur, entama une longue homélie. Je me retournai discrètement, mais pas de doute, Sémimi et moi étions bien les seules auditrices d'un sermon prononcé d'une voix à la fois forte et gémissante qui commençait par ces paroles ailées : " Ah ! si vous saviez… Rien ne peut donner un idée … "


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 Généalogie des « ah si vous saviez… » et des « rien ne peut donner une idée… »

 

- Ah ! si vous saviez comme ces lieux sont enchanteurs ! Rien ne peut donner une idée des merveilles qui s'y produisent. Nous nous nourrissons exclusivement de la chair et du sang de notre dieu. Toute autre nourriture nous est interdite car, comme nous sommes immortels, nous deviendrions rapidement gras et ronds comme des barriques, alors que la chair de notre dieu est une nourriture énergétique mais de très basses calories.

Je souris intérieurement, retrouvant mes réflexes de bonne ménagère: plus de problèmes d'approvisionnement, plus de perte de temps à faire la cuisine et un corps toujours svelte. Ce régime m'allait comme un gant. Mais je me demandais comment mon interlocuteur s'y était pris pour conserver son avenante bedaine.

J'avais d'ailleurs remarqué que dans la procession il n'y avait ni vieux, ni invalides, ni clopinants , ni arthrosiques, ni enfants. Est-ce que mon voisin qui avait perdu une jambe dans un accident d'automobile était ressuscité unijambiste, me demandais-je, ou bien sa deuxième jambe avait-elle repoussé? J'opinais pour la seconde hypothèse. Mais le Très Haut avait vraiment bonne mémoire car cet accident était vieux de quinze ans et la jambe coupée ne devait plus être en très bon état.

Je venais de comprendre que mon interlocuteur ne savait pas parler normalement et que l'homélie était son mode d'expression ordinaire. Mais pourquoi toujours ce ton plaintif et traînard ?

Je profitai d'un moment où l'orateur reprenait son souffle pour lui poser une question qui me tourmentait depuis longtemps, à savoir, quel était l'âge idéal pour faire un bon ressuscité. Je me souvenais de la hantise d'une très vieille dame de mes amies sur le point de fêter son centenaire et obsédée par la crainte de ressusciter dans l'état où elle se trouvait au moment où elle me parlait. Elle se faisait tout un roman sur le sujet et avait décidé elle-même le moment de sa vie qui lui semblait le plus agréable à revivre et surtout à vivre pour l'éternité .

La bouche ouverte, il me regardait sans comprendre. Je mis les points sur i .

- S'il vous plaît, pouvez-vous me dire quel est l'âge idéal pour faire un bon ressuscité?

Je n'avais pas de miroir et je ne savais pas si mon moi ressuscité avait le même âge que le moi qui avait été transformé en photon.

Et puis, il y avait la question de la beauté. Est-ce que l'injustice de l'inégale répartition des grâces et de l'harmonie des traits se perpétuait pour l'éternité lors de la résurrection des corps. Il me semblait que c'étaient là des questions capitales à éclaircir .

- Ah ma fille ! rien ne peut donner une idée des perfections de notre paradis. Vous avez l'âge , la forme et la consistance idéales pour être des nôtres . Ah si vous saviez comme le Très Haut sait mettre en place toutes choses afin que la perfection soit au rendez-vous, car il EST la perfection et nous devons tout accepter de LUI. LUI seul connaît le BIEN.

- Mais justement , je ne le sais pas et je voudrais bien être éclairée, insistai-je.

J'avais l'impression désagréable qu'il cherchait à se défiler.

- Ma fille , c'est un grand mystère et nous devons accepter les mystères avec humilité et d'un cœur ingénu. Heureux les simples d'esprit car le paradis leur appartient. Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.

Je commençais à être agacée par sa familiarité. Pourquoi m'appelait-il sa "fille"? Nous n'étions pas parents. Quant à faire des derniers les premiers, j'étais outrée d'une telle proposition. Je repensais de nouveau à mes années d'école. J'avais été une élève studieuse et appliquée et une telle injustice, véritable prime à la paresse, m'aurait indignée !


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 La diplomatie céleste

 

J'avais entendu parler de plusieurs variétés de paradis. L'inquiétude de n'avoir pas ressuscité dans le bon paradis commençait à me tarauder. J'essayai de sonder mon interlocuteur sur l'existence des paradis concurrents. Je vis son nez s'allonger de contrariété. Il me concéda que ce paradis-là n'est pas, généalogiquement parlant, le premier. Il n'était pas non plus le dernier. Il avoua un peu piteusement qu'il n'avait pas d'informations sur ce dernier rival car il était déjà un locataire de ces lieux enchanteurs lors de la construction du nouveau-venu et n'en avait entendu parler que par ouï-dire et pas en bien si j'en crois sa petite moue de dégoût.

Je vis que ce sujet le tarabustait. Pourquoi ces mécréants avaient-ils construit un nouveau paradis alors que celui que foulaient ses sandales était parfait et qu'il y avait de la place pour tout le monde?

Il changea prestement de sujet et se lança dans un récit enflammé sur la préhistoire de son habitacle. Il m'expliqua que les Déiphages sont les enfants des Elusiens, ainsi nommés parce qu'ils se déclarent eux-mêmes les élus du Très-Haut, c'est-à-dire ses chouchous.

- Nos racines plongent dans leur terreau, mais comme nous sommes d'habiles jardiniers, notre arbre prospère dans un ciel plus bleu et plus pur si bien que la luxuriance de sa chevelure de feuilles et de branchages s'épanouit dans un monde nouveau.

Il s'enflammait de plus en plus et devenait lyrique, accompagnant son discours de grands mouvements des bras. Je reculais un peu pour éviter le va-et-vient intempestif de la croix sous mon nez. La voix geignarde continua sa démonstration ponctuée par de légers balancements de la tête .

- Le climat, la végétation, la qualité de l'air tout concourt à l'épuration de nos âmes et produit des effets bienheureux sur nos corps. Nos nuques ont perdu la raideur que beaucoup dénonçaient chez nos pères. Notre silhouette est devenue souple et gracieuse et nos voix déroulent des arpèges mélodieux à la gloire de notre maître bien aimé.

Il ne put s'empêcher de faire une petite moue d'autosatisfaction . Puis il reprit une mine modeste pour ajouter .

- La discipline s'est assouplie: l'obéissance à la lettre de la loi de sinistre mémoire n'est plus la règle absolue. Nous savons que l'esprit est caché sous la lettre et nous nous exerçons jour après jour à soulever des kilomètres et des kilomètres de voiles de brume afin de tenter de le débusquer. Nous traquons le mystère, le souffle du Très Haut et les manifestations les plus infimes de ses grâces éthérées. Ainsi, les meilleurs de nos athlètes sont en mesure de communier avec les ramifications les plus minuscules de l'abondante frondaison de notre arbre.

Ces exploits me remplissaient d'admiration. Ces sportifs du Très Haut pouvaient donc rivaliser avec Sémimi quand elle s'élançait dans le cerisier à fleurs et galopait jusqu'à l'extrême pointe tout en sachant toujours apprécier le centimètre qu'il ne fallait pas dépasser pour avoir des chances de faire demi tour sur la branche ployante. Je jetai un coup d'œil à ma poche: le chaton avait les yeux fermés et semblait dormir.

Je n'osais pas bouger. Pendant ce temps, la voix monocorde me parlait du respect que les Déiphages éprouvent pour l'antique paradis des ancêtres , mais je sentais comme une réticence dans le ton de sa voix.

- Je reconnais cependant que notre respect pour nos parents est tout frais. C'est vrai que pendant les lustres et des lustres, nous leur avons fait d'aigres reproches et notamment celui d'avoir vilainement occis notre père fondateur. Ah ! les méchants ! Mais maintenant, nous chantons à pleine gorge un hymne à leur gloire et à chaque nouvelle aurore, nos litanies s'ouvrent par l'hommage suivant que nous répétons plusieurs fois: "Quand les Elusiens, nos pères, eurent connu mille et un printemps, ils engendrèrent les déiphages, porteurs de l'ultime accomplissement" - c'est-à-dire nous-mêmes ajouta-t-il avec une petite moue qui se voulait modeste. Mais j'avoue que notre réconciliation est une couche de peinture qui nous colle encore aux doigts et nous n'avons pas réussi à effacer tous les tags et les graphismes insultants qui ornaient - pardon, polluaient - nos murs et nos manuscrits . Nous les traitions alors d'embryons desséchés, de préludes racornis et pire encore, de tueurs du Très Haut.

Il baissa la tête, tout contrit, perdant un instant de sa superbe et de son assurance. Bien que mes lèvres fussent aussi hermétiquement closes qu'une tombe, il devait m'entendre m'étonner de ce que le BIEN et la PERFECTION eussent égaré leurs pères pendant tant de lustres. Comment cela se pouvait-il ? Encore un mystère. Ah ! si nous savions…

Mais il retrouva toute son énergie pour continuer.

- Même si nous n'osons plus le dénoncer à haute et intelligible voix, leur forfait nous reste sur l'estomac. Car c'est bien un forfait, même si nous disons maintenant qu'il a été exécuté sous les ordres d'un intrus, un barbare qui commandait alors la place.

Il s'échauffait.

- C'est tout de même eux qui ont livré le doux pacifiste, notre maître, à ce chef cruel qui l'a fait occire. Incarnation de la bonté et de toutes les vertus, maître des éléments, apaisant les tempêtes, marchant sur les eaux, multipliant les pains et les poissons, guérisssant des aveugles, des paralytiques, des hémoroïsses, redonnant vie à des membres desséchés, ressuscitant une jeune fille par-ci, un jeune homme par-là, il a même réussi à se ressusciter lui-même après avoir passé, dans une sorte de grotte, trois longues journées durant lesquelles nous ignorons de quelles métamorphoses il a été le siège. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il en est ressorti tout frais et rose et, pour notre plus grand bonheur, il s'est élevé dans les airs par ses propres moyens et siège maintenant parmi nous.

Ce discours enflammé m'impressionna. Accomplir tous ces exploits avant d'arriver au paradis, c'était vraiment très fort. Mais je revins timidement au sujet.

- Vous avez donc réussi l'exploit admirable d'avoir signé un traité de paix avec vos ennemis héréditaires. Ainsi, après deux mille ans d'obstination, ces opiniâtres se sont donc enfin ralliés à la Vérité!

- Oui et non répondit-il avec gêne. Et même plutôt non. Ce fut une négociation ardue dans laquelle ils sont restés sur leurs positions et j'avoue que c'est nous qui avons fait un grand pas en arrière dans leur direction. Car notre bureaucratie est ingénieuse et elle a produit une nouvelle doctrine : celle de la supercession par laquelle nous avons reconnu que cette ancienne tribu était déjà sauvée et qu'elle n'avait pas besoin de notre nouveau sauveur. D'où il résulte qu'eux seuls, sur toute la planète, n'avaient pas besoin de notre Maître et Sauveur.

J'étais pleine d'admiration pour ce subtil match nul qui permettait à chacun de camper dans son paradis particulier .

- Quel travail vous allez avoir pour expurger tous les anciens grimoires et récrire l'histoire du monde à partir des lunettes qu'apporte cette nouvelle doctrine, m'exclamai-je. En somme, vous reconnaissez que cette tribu s'était arrogé à bon droit un statut particulier .

- Du calme, ma fille, rien ne presse. Je préfère ne pas chercher à élucider ce mystère. Les mystères sont faits pour demeurer mystérieux.

Il se lança dans une démonstration alambiquée sur l'évolution des mathématiques, une histoire de parallèles qu'Euclide ne pouvait pas réunir et qui, maintenant, se croisent joyeusement.

Je ne voyais pas le rapport entre les perpendiculaires et les parallèles de la géométrie classique et l'histoire du salut, mais je me tus prudemment. D'autant plus qu'il voulait visiblement changer de sujet, puisqu'il conclut:

- D'ailleurs les questions théologiques n'intéressent plus personne.

Soupir…

Il fut un temps où nous levions des armées et traversions la moitié du globe pour défendre un dogme. La moindre déviation, le plus petit déplacement de virgule, un chuchotement de doute nous permettaient d'allumer de beaux feux de camps au cours desquels nous rôtissions aux milieu des prières, des processions et des chants les relaps, les renégats et les douteurs de tous acabits.

Nouveau soupir…

Déicide, enfer, damnation sont maintenant des mots pestiférés. Nous sommes devenus mous, mous, mous.

Et pour souligner cette forte parole, il appuya son poing fermé sur son estomac proéminant, où il s'enfonça comme dans un mol oreiller.

Je protestai véhémentement en affirmant que je connaissais un savant ermite qui avait fait de l'étude de ces questions son lait et son miel. Sa grotte est sise dans les forêts de Walburgis et elle est facilement reconnaissable aux manuscrits, rouleaux et papyrus que le sage a attachés sur les branches de l'arbre qui ombrage l'entrée de son modeste refuge afin que tous les oiseaux du ciel puissent se nourrir, eux aussi, de sa divine science.

D'un grand mouvement de croix, il écarta ma pieuse objection et affirma, toujours sur le même ton plaintif, que les déiphages s'étaient amollis et étaient devenus de grands sentimentaux .

- Le social, ils n'ont plus que ce mot-là à la bouche. Ce ne sont plus d'ardents théologiens et des fermes logiciens, mais de molles assistantes sociales.

J'osai l'interrompre en levant timidement le doigt :

- Justement, est-ce que votre sauveur n'a pas cautionné une grave injustice sociale en prétendant que l'ouvrier de la onzième heure et celui de la première heure auraient le même salaire? Est-ce que ce n'est pas là un encouragement à la paresse et une déstabilisation du tissu social? Récompenser les tire-au-flanc qui n'exécutent qu'un douzième du travail, c'est commettre une grave injustice à l'égard des courageuses masses laborieuses et cet arbitraire n'est-il pas de nature à démotiver les lève-tôt, qui rêvent de travailler plus pour gagner plus?

Un peu gêné, il bafouilla quelques paroles sur les voies du Très Haut qui sont impénétrables et sur une générosité qui devrait plaire aux syndicats, puis il dévia la conversation sur une histoire de chameaux et de riches qui ne pouvaient passer par le chas d'une aiguille - il voulait me faire comprendre que le chas d'une aiguille est la porte d'entrée normale de ce paradis.

Je restai longtemps méditative. Même en faisant de gros efforts de mémoire, je ne parvenais pas à me souvenir à quel moment j'étais passée par un si petit orifice. Même Sémimi a dû avoir du mal à se glisser par un si petit trou. Mais, conciliante, je ne voulus pas le contrarier et je reconnus volontiers que les pauvres sont si maigres qu'ils se glissent aisément à travers le chas de l'aiguille la plus fine.

Mais un doute s'infiltrait dans les circonvolutions de ma cervelle pendant que je regardais sa mine vermeille et son bedon rebondi.

C'est à ce moment-là qu'il aperçut la petite tête de Sémimi. Réveillée par quelques éclats de la voix monocorde, elle s'était risquée à jeter un coup d'œil sur le monde extérieur. Les deux pattounes posées sur le bord de la poche, elle avait l'air d'écouter gravement le sermon. Mais le sermonneur n'était pas d'humeur à apprécier la grâce d'un chaton angora chu d'un astre obscur. Il fit un saut de carpe en arrière, lâcha la croix qu'il tenait dans la main droite en poussant un cri d'horreur. Soulevant à pleines mains la robe de laine blanche qui le couvrait jusqu'aux chevilles et découvrant des mollets de coq, il détala à toutes jambes en levant très haut les genoux.


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 Fuite

 

Je pris la fuite moi aussi, mais en sens inverse . Sémimi toujours blottie dans ma poche, je filai, le nez au vent droit devant moi. Mais où me diriger? J'aurais bien aimé rencontrer le miraculeux fondateur de ce paradis et vérifier de mes yeux son état de conservation après un passage de trois jours dans une grotte obscure. Mais je ne savais pas où ils l'avaient mis.

Nous avons longtemps, longtemps, marché, errant au hasard. Partout le vide et un silence cotonneux troublé de-ci, delà, par les volutes de mélopées mélancoliques et de gracieuses vocalises lorsque nous passions à proximité de grandes bâtisses rectangulaires ornées de croix. Mais ma première rencontre avec le déiphage-qui-n'aimait-pas-les-chats m'avait rendue méfiante. Pourquoi en voulaient-ils à ma petite merveille? J'étais consternée de découvrir que nous évoluions en milieu hostile.

Mes yeux commençaient à s'habituer à la lumière d'un gris bleuâtre, ni jour ni nuit, qui donnait l'impression de nager dans le brouillard .

- Est-ce le soleil ne se lève jamais en ces lieux, me demandai-je? Comme tout a l'air triste !

Je fis une caresse à ma petite chatte et je poursuivis un chemin qui avait l'air de ne mener nulle part. Comme nous étions dans une sorte de désert, je déposai Sémimi sur le gazon. Je sentais qu'elle avait envie de se dégourdir les pattes et de renifler l'herbette du paradis.


 

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Je suivais son errance. Tout à coup elle marqua un temps d'arrêt devant un buisson particulièrement touffu et disparut dans l'herbe haute. Inquiète, je l'appelai d'une manière de plus en plus pressante. Silence et absence.

Nerveusement, j'écartai les branches et je vis qu'elles masquaient l'entrée d'un tunnel. J'appelai ma chattoune, hésitant à entrer. Toujours rien. Alors, rassemblant mon courage, je me lançai dans le tuyau noir .


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 Rencontre

 

Devant moi, un rai de lumière et un spectacle qui me cloua sur place de stupeur.

Un vieil ermite, les cheveux en broussailles, appuyé sur un bâton noueux et vêtu d'une longue robe crasseuse, gratouillait le ventre d'une petite chatte qui se roulait de bonheur sur le dos en jouant avec les poils gris et crépelés d'une barbe qui lui arrivait jusqu'aux genoux. Le vieil homme hoquetait de rire en ouvrant une bouche presque vide dans laquelle un chicot dans la mâchoire du bas avait l'air de danser au rythme de ses éclats de rire.

Interdite, j'appelai doucement ma chatte. Elle vint offrir à la caresse de ma main son petit front têtu avec un léger roucoulement de fond de gorge, puis retourna vivement vers le vieil homme et sa barbe odoriférante qui offrait de si passionnantes ressources à ses gratouillis.

Il me fit un petit signe de la main, accompagné d'un sourire édenté qui se voulait engageant.

J'avançai prudemment, méfiante.

J'avais tort .

Il entra dans une cahute qui me rappela la chaumine enfumée de mon ami le fabuliste et ressortit avec des victuailles: des pommes de terre bouillies pelées et non pelées, en rondelles ou entières, une assiette de purée froide et un petit pot d'un produit blanc que je devinai être du lait caillé .

En levant le nez, je vis une chamelle dont l'état de décrépitude me semblait à peu près égal à celui de son maître, mais qui réussissait l'exploit de produire un peu de lait afin d'accompagner les tubercules qui semblaient faire l'essentiel, sinon la totalité de la nourriture du vieil homme.

Tout corps glorieux que j'étais devenue grâce à ma résurrection, je sentais un petit creux dans l'estomac et j'acceptais avec enthousiasme et mille remerciements l'offrande du vieil ermite, un peu surprise par cette mono nourriture. Sémimi émoustillée par la barbe du vieil homme lapa joyeusement un petit bol de lait caillé .

Pendant que nous nous restaurions, tout heureux de voir sa solitude égayée par des visites, mon ermite me raconta l'histoire de son paradis. Et, comme il se doit, il commença son récit par ces paroles ailées : " Il était une fois…


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L'annexe temporaire des anti-chameliers

 

Il était une fois …

- Nous étions un groupe ardent, composé de frères déiphages et de membres de l'antépénultième paradis. Nous vivions modestement et fraternellement et nous respections tous les codes et toutes les lois de notre paradis. Nous avions tout mis en commun et chaque matin, nous distribuions à chacun le même nombre de spaghettis, de pommes de terre, de noisettes et de cacahouettes, selon l'arrivage. Nous étions solidaires, fraternels et plutôt maigres, parce que le temps passé à compter et à partager équitablement les biens empiétait sur celui qui était réservé à la production.

Mais tout le monde sait que la justice est un poste coûteux et peu rentable.

Mais, très rapidement nous nous aperçûmes avec colère et indignation que les passe-droit, les inégalités et les injustices s'étaient insinués subrepticement et prospéraient comme des orties près d'un tas de fumier. De plus en plus de gros et gras congénères nous narguaient en conduisant dans les pâturages de plantureux troupeaux de chameaux et de chamelles.

A la vue de ces troupeaux, notre sang n'a fait qu'un tour. Nous qui étions toujours aussi maigrichons que le jour où nous sommes passés par le chas de l'aiguille d'entrée, nous avons nourri de gros soupçons : nous avons compris que le chas de l'aiguille n'était pas le seul moyen pour pénétrer dans les espaces azuréens et qu'il devait y avoir quelque part un grand portail qui laissait passer les gros richards et les somptueux troupeaux de chameaux qui leur permettaient d'arrondir les panses et les bourses.

Un barbu issu du paradis des Elusiens a rédigé pour notre usage un nouveau code de conduite qu'il a appelé, pour faire court, un Manifeste .

Il fallait, disait-il tout raser et repartir à zéro avec des volontaires, construire un nouveau paradis et consolider nos frontières. Lorsque le Bien et toutes les Perfections règneraient chez nous, nous pouvions espérer convaincre les autres paradis de se joindre à nous et d'adopter nos règles. Quelques missionnaires particulièrement musclés fourniraient une aide précieuse.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous avons construit un grand mur autour de notre paradis avec un seul portail pour assurer le passage à tous ceux qui acceptaient de mettre en commun les troupeaux, les vêtements, les économies petites et grandes et même les quignons de pain. Tous étaient les bienvenus, sauf les chameliers, ces koulaks malhonnêtes, en représailles de ce qu'ils avaient frauduleusement occupé et perverti le paradis précédent.

 

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Mais c'est plus difficile qu'on ne le croit de vivre harmonieusement dans un paradis. Comme disait un éminent adepte de la secte des déiphages, il y aura toujours des tire-au-flanc, des crasseux, des voleurs et des filous. Beaucoup se sont reconstitué en catimini un petit troupeau de chameaux qu'ils ont introduit nuitamment dans le parc céleste malgré le grand mur qui avait été érigé devant le portail principal.

L'annexe a donc bouillonné, puis fermenté vicieusement. Elle a fini par faner, d'abord discrètement, puis spectaculairement. Les feuilles des arbres se sont recroquevillées, les maisons se sont barricadées, tous volets fermés. Puis l'ensemble a pourri et est tombé en quenouille. La moisissure, la rouille, les mites, les cafards et même les crabes et les méduses ont proliféré. Les termites s'y sont mises et par un beau jour d'automne, le frôlement d'une aile de papillon a fait s'écrouler une Baliverna dans laquelle ne végétaient plus que quelques ivrognes, quelques radoteurs et une poignée de policiers.

Quant au mur, un beau jour il s'est si bien effondré sur lui-même qu'il n'est resté qu'un gros tas de poussière et, se plaignit mon hôte, il n'avait même pas pu récupérer quelques gravas pour construire une niche à son chien afin de lui offrir un abri contre le général Hiver.

Pendant que je finissais les dernières miettes du frugal repas généreusement offert par mon ermite et que Sémimi léchait consciencieusement le fond de la coupelle de lait, j'éprouvai un pincement au cœur lorsqu'il m'annonça la mort de son compagnon et le départ, l'un après l'autre, des derniers résidents du paradis des anti-chameliers qui avaient cru qu'on pouvait construire, à partir de rien et avec beaucoup de vertu et de bonne volonté, un beau petit paradis sur terre.


 

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Interlude estival, 23 juillet 2012

 


 

Quand Héraclès est sorti de son incursion dans l’Autre Monde, ses cheveux avaient tellement blanchi que les feuilles d’un bouleau à peine frôlé par lui en sont restées tout argentées d'un côté.

Sémimi aussi a changé. On grandit vite au Paradis…


*

 

 

        

Mis en ligne par Catherine le 25 juillet 2012














17/07/2012

Coincés dans le cul-de-sac du monde

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Coincés dans le cul-de-sac du monde

 Nous vous avions annoncé un post sur le Cercle des Volontaires… nous voulions vous parler de notre ami Djamal Benmerad, et aussi de l’historien Henri Guillemin, dont une vieille conférence de 1970 fait en ce moment un malheur sur Internet… et nous voilà à les « remettre à plus tard » pour vous entretenir d’autre chose. Pas vraiment d’autre chose, d’ailleurs, car tout est lié à leur réflexion présente ou passée.

C’est que l’actualité a la fièvre. C’est que ce qui se passe en ce moment est lourd de sens et d’implications sinistres..

Ce que nous portons à votre attention aujourd’hui – des articles et informations glanés à plusieurs sources – n’est qu’une infime partie de ce qui s’écrit et se commente, mais devrait offrir, c’est en tout cas notre but, une sorte de grille de décryptage du reste. Des clés, en somme, pour aider à comprendre ce qui se passe par-dessus nos têtes, autour de nous et sous nos pieds, mais à quoi nous n’ échapperons pas : il n’y a plus de jardin à cultiver nulle part, pas de grotte sèche à l’abri des prédateurs, pas d’autre planète à coloniser dare-dare, pas de sable où enfouir la tête sans qu’on vienne enlever à la queue ses plumes pour en faire des costumes aux Folies-Bergères.

Nous allons nous en tenir à la Russie, mais cette grille aurait pu tout aussi bien nous être fournie par la Syrie, l’Extrême-Orient, l’Afrique ou l’Amérique Latine : les méfaits sont partout et suivent partout leur sempiternel schéma.

 

Vladimir Poutine et un ambassadeur US :

 

« Nous sommes tous coincés dans le cul-de-sac du monde et quelqu’un l’a verrouillé. »

 Nous allons nous permettre de rapprocher deux déclarations, fort distantes dans l’esprit et dans la forme, voire dans l’importance qu’on peut leur accorder, en fonction de ceux qui les ont faites. Mais elles ont leur contenu, qui n’est pas rien, et leur portée symbolique. Juxtaposées, presque comme les répliques d’un dialogue, elles nous disent tout de la situation du monde.

 

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Il s’agit d’abord d’un extrait d’une déclaration qu’a faite le président russe Vladimir Poutine, à ses ambassadeurs réunis à Moscou. Russia Today en a rapporté l’essentiel, ce 9 juillet 2012. Il s’agissait, comme toujours dans ce genre de circonstances, d’un tour d’horizon des grandes questions du monde. Poutine, selon le classement de RT, commence par un constat qu’on n’a pas l’habitude d’entendre de la part d’un chef d’État : nous sommes dans une crise considérable, et personne ne sait comment en sortir.

De la bouche d’un dirigeant de cette envergure, qui plus est dans un contexte officiel, c’est un constat d’un énorme poids, et cela confirme surtout que les Russes mesurent la gravité très profonde de la situation, que nous nommons « crise terminale » ou « crise haute », c’est-à-dire allant bien au-delà des contingences iranienne, syrienne, etc. À notre connaissance, c’est la première fois qu’un dirigeant aussi important déclare que la crise actuelle est sans issue…« pour l’instant ». « Pour l’instant » ? L’atténuation s’impose presque dans la bouche d’un dirigeant politique, mais la nuance, pourtant de taille, est si complètement contestable qu’elle en devient dérisoire.

« Discutant la situation économique globale, Poutine a tenu à attirer l’attention de ses auditeurs sur la profondeur de la crise et sur l’absence de stratégie pour y faire face. Il faut reconnaître qu’aucune solution fiable n’est en vue pour venir à bout de la crise économique mondiale a-t-il déclaré. Les problèmes d’endettement de la zone Euro, qui est en train de glisser dans la récession, n’est que la pointe d’un iceberg de problèmes systémiques non résolus de l’économie globale.

« Poutine a alors critiqué de façon cinglante la manière dont l’Ouest gère la crise économique, ce qui a pour conséquence, selon lui d’éroder le leadership en la matière des principales puissances occidentales, États-Unis inclus. L’absence de nouveaux modèles de développement, sur fond d’érosion de leadership des locomotives économiques traditionnelles telles que les États-Unis, l’Union Européenne et le Japon, ralentit la dynamique de l’économie mondiale a-t-il souligné .

« Pendant ce temps, la quête croissante de ressources énergétiques décroissantes conduit au désarroi du marché. La lutte en cours pour l’accès aux ressources s’est intensifiée, provoquant des fluctuations déstabilisantes dans les marchés des matières premières minéralières et de l’énergie. Cette instabilité pousse les gouvernements occidentaux à infliger ce que Poutine appelle la démocratie à coups de bombes et de missiles un  peu partout dans le monde, et particulièrement au Moyen Orient, déjà aux prises avec les répercussions du prétendu Printemps arabe… »


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  La seconde intervention est celle d’un ambassadeur US. Il s’agit d’une interview qu’a donnée, le 8 juin 2012, l’ambassadeur des USA en Suisse, Donald S. Beyer, en poste dans ce pays depuis le printemps 2009, au quotidien Der Bund, de Berne. Déclaration qui a été reprise par le site PressTV.com, le 8 juillet 2012. Le site iranien donnait notamment les précisions suivantes :

« Dans une interview au quotidien suisse Der Bund, Beyer a fait remarquer que la dette générale des États-Unis dépassait les 16.000 milliards de dollars et que le taux de chômage du pays était de 8,2%. Notant que le bas niveau des dépenses dans le budget des États-Unis, ces dernières années, était sans précédent depuis la IIe Guerre Mondiale, le diplomate américain a poursuivi en disant qu’il y avait consensus implicite entre les Démocrates et les Républicains sur la nécessité d’une réduction du budget militaire. Il a rappelé qu’avec 900 bases militaires à l’étranger, les États-Unis ont le budget de dépenses militaires le plus élevé du monde, ajoutant qu’une telle situation n’était plus acceptable. Beyer a affirmé par ailleurs que, dans les circonstances qui prédominent, personne ne considère la guerre avec l’Iran comme une option valable, et a exclu la possibilité d’une autre Guerre Froide à l’avenir. »

La dernière phrase surtout était remarquable : aucun officiel US n’a jamais avancé une telle chose. Quelques heures plus tard, d’ailleurs, soit ce même 8 juillet 2012, un commentateur US, J.G. Caesarea (alias Jeffrey Grossman, sioniste militant, NdT) corrigeait, dans la traduction de PressTV.com, précisément cette dernière phrase. Son texte, en allemand, était le suivant : « Niemand erwartert, dass aus dem Konflikt mit dem Iran ein Krieg wie im Irak wird, und es wird daraus auch kaum einen neuen Kalten Krieg geben. » Sa traduction donnait donc en réalité ceci, notablement différent de la version de PressTV.com : « Personne ne s’attend dans le conflit avec l’Iran à une guerre de type irakien et on imagine mal qu’il en sorte une nouvelle Guerre Froide. » Caesarea assortissait sa rectification d’un commentaire hostile à la déclaration de l’ambassadeur Beyer, estimant que « catégoriser » ainsi d’avance un conflit avec l’Iran revenait à couper l’herbe sous le pied à l’action des USA, ce qui lui semblait infiniment dommageable.

Dire que les États-Unis ont une économie en beaucoup trop mauvais état pour se lancer dans une guerre contre l’Iran n’est pas un argument nouveau. On l’entend chez des experts ou chez certains parlementaires extrêmement rares (Ron Paul, bien sûr), qui sont tous connus pour leur opposition à la politique officielle, expansionniste et belliciste, des USA, dite « le Système ». Mais qu’un diplomate en activité s’exprime dans ce sens (sur l’incapacité de lancer une guerre de la dimension de celle d’Irak) ainsi que sur d’autres aspects de la politique de défense et de sécurité nationale des USA (notamment sur une limitation considérable des dépenses militaires) est plus remarquable et d’une réelle importance. La chose est évidente lorsque Beyer observe que le niveau actuel du budget US de la défense est trop élevé et laisse entendre que le réseau des 900 bases US à l’étranger implique un volume de dépenses qui n’est tout simplement plus soutenable. En revanche, lorsqu’il affirme que ce constat est partagé tant par les Républicains que par les Démocrates, il s’avance sans doute un peu trop dans l’opérationnalité du fait. Ce peut être le cas en théorie, quoi qu’il en soit dit publiquement fort peu de chose, mais en pratique, la démagogie pure qui est de règle à Washington force à reconnaître que les actions parlementaires vont toujours dans le sens des augmentations budgétaires. L’automatisme de la réduction de US$ 500 milliards en dix ans du budget du Pentagone (le fameux processus de séquestration) qui doit théoriquement intervenir à la fin de l’année, est considéré comme une catastrophe - par le Pentagone bien sûr, mais également par nombre de parlementaires, notamment du côté républicain -, et la bataille fait rage pour tenter à tout prix d’empêcher cette réduction. D’une façon plus générale, on observera qu’il s’agit d’une double impasse, que décrivent ces constats, ceux de l’ambassadeur et ceux auxquels force la réalité : d’une part, les USA n’ont plus les moyens économiques de mener une guerre « de basse intensité » normale (type Irak), et cela, malgré les retraits d’Irak et d’Afghanistan ; d’autre part, ils ne parviennent pas, à cause de la crise de leur direction politique, à mettre en place une entente réelle visant à réduire leurs dépenses militaires. La corruption du personnel politique joue son rôle, mais également et surtout la paralysie gestionnaire du Pentagone, qui ne peut envisager de réductions, uniquement parce qu’il lui faut tenter de maintenir son niveau actuel d’activités, sous peine de faillite…

Ainsi, les propos de l’ambassadeur, qui sont effectivement inédits quant à la nécessité de réduction des dépenses militaires, constituent-ils une démonstration politique de la pertinence du constat de Poutine : la crise est profonde et, surtout, il n’y a pas (aujourd’hui…) de « stratégie de sortie » de cette crise. L’ensemble de ces observations confirme évidemment le caractère systémique et fondamental de la crise, dont il est entendu qu’il doit être étendu à tous les domaines des activités du Système dans sa totalité. Ces aveux d’impuissance de deux sources officielles sont de factures différentes ; l’un, de Poutine, est furieux, dans la mesure où il attribue la responsabilité de cette crise à l’ensemble du bloc BAO, et cela le plus légitimement du monde, avec le facteur aggravant de voir ce bloc BAO envenimer encore les conditions de la crise, en développant des politiques déstructurantes et déstabilisatrices (c’est-à-dire en favorisant la dynamique d’autodestruction dans le cours de la dynamique de surpuissance, mais qui s’en étonnera ?) ; l’autre, de source moins impérative et, disons, plutôt par inadvertance, fait un constat assez neutre, mais qui, lorsqu’il est considéré à la lumière de la vérité de la situation que nous connaissons, confirme complètement quoique indirectement, pour la partie US, le propos de Poutine.

Ces deux observations sont de positions et de points de vues très différents, l’une venue d’un dirigeant politique à la fois dans le Système et dans une position anti-Système (Poutine), l’autre, venue de l’intérieur du Système (l’ambassadeur US). On observera qu’elles confirment ce que nous constatons de plus en plus souvent, à savoir que les dirigeants politiques sont obligés, avec plus ou moins d’« entrain » selon les nécessités, de suivre la course du Système, tant est irrésistible son cycle surpuissance-autodestruction ; qu’en même temps, ils prennent conscience, avec plus ou moins d’acuité et de vélocité, que l’on se trouve dans un cul-de-sac. Poutine lui-même, lorsqu’il déclare à ses ambassadeurs, dans un autre passage de son discours, qu’il faut qu’ils se tiennent prêts à toutes les situations, y compris les plus graves, fait implicitement l’aveu de son incapacité, d’ailleurs complètement évidente et compréhensible, à peser de manière décisive sur cette course du Système. Lorsqu’il précise que « la bataille en cours pour l’accès aux ressources s’intensifie », provoquant des fluctuations de la situation et des marchés de ces matières premières, qui aggravent encore la crise de toutes sortes de façons, il constate de facto que la tendance actuelle n’est nullement à la recherche d’une sortie de la crise, mais à son aggravation sans aucune perspective de sortie, en d’autres termes, au resserrement et au verrouillage du cul-de-sac du monde.

C’est ce qu’il y a de plus impressionnant, et qui rejoint évidemment notre analyse générale constante : les remous actuels, souvent chaotiques, qui sèment un désordre général et aggravent la crise psychologique (terrorisation, narrative, etc.), et où nombre de commentateurs veulent distinguer des grands plans hégémoniques ou autres, constituent en vérité, hors de toutes ces spéculatons rationnelles et donc dérisoires, une course nihiliste à l’aggravation des choses, par la surpuissance autodestructrice du Système, vers le but aveugle et automatique de l’entropisation(1) du monde. On comprend évidemment que la consigne de Poutine soit de tenir autant que possible, en protégeant l’indépendance de la russie, mais on comprend également qu’il n’y a aucune réponse possible, ni de la part de Poutine ni de celle d’aucun autre, à la question ultime : tenir, certes, mais pour quelle issue ? Nous en sommes arrivés, même du point de vue des directions politiques, au niveau des interrogations métahistoriques sur le fondement et la validité du Système, et ces interrogations sont toutes marquées de l’adage courant que « poser la question, c’est y répondre ». Nous sommes directement confrontés au néant nihiliste de l’achèvement de la course du Système.

… Et se justifie alors l’autre voie de raisonnement du même constat général : puisque, certes, nous y sommes, autant laisser aller, et même favoriser cette œuvre finalement salutaire d’auto-destruction. Le « il faut tenir » de Poutine devient le conseil habituel du capitaine à ses matelots pendant la tempête : mettons-nous à la cape, pour tenir si possible sans sombrer. Quand à elle, la tempête, on sait bien qu’elle ne dépend en rien du sapiens, ce n’est pas fatalisme anémiant que de le constater, ni une trahison de la si belle « philosophie de l’optimisme » du Système (voyez où elle nous a menés), c’est simple réalisme et lucidité devant l’évidence.

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(1)       Entropie : grandeur qui mesure la dégradation de l’énergie d’un système, ou degré du désordre d’un système par rapport à son état initial probable.

 

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(Un bout du) Cul-de-sac côté Russie

 

 

dimanche 8 juillet 2012

Hillarix à Saint-Petersbourg, ou l’immanence de la potion magique

deDefensa.org


« Arrogant » ?… « En hyper surestimation consciente (ou inconsciente) de son ego » ?… « Gonflé de ses certitudes infinies en sa superpuissance » ?… ou bien « En inconscience totale » ?… « Déconnecté de la réalité du monde » ?…  « En perdition » ?…  «En implosion » ?... comment qualifier le Système BAO (bloc américano-occidental, plus américain qu’occidental d’ailleurs) ? Rayer les mentions inutiles, et/ou en rajouter d’autres s’il le faut... La péan du barde Hillarix à Saint-Pétersbourg a-t-il sonné faux exprès ? Ce serait inquiétant. Inconsciemment ? Ce serait moins grave, cela peut se soigner. [ Ah ??? NdCL]

 gérard

 Le vendredi 29 juin, la Secrétaire d’État Hillary Clinton s’est rendue à Saint-Pétersbourg. Elle y est restée à peu près une dizaine d’heures, avant de partir pour Genève où avait lieu, le lendemain, la conférence sur la Syrie (où elle retrouverait le ministre russe Lavrov). Pendant cette dizaine d’heures, elle a rencontré Lavrov, s’est entretenue et a déjeuné avec lui, a visité quelques sites de la ville de Saint-Petersbourg et, surtout pour notre propos, a trouvé du temps pour rencontrer des représentants de groupes d’opposition russes, qu’on qualifie plus ou moins vaguement mais avec une grande assurance d’« ONG ».

La Douma de la Fédération de Russie prépare des textes de loi qui mettront les ONG, y compris les ONG russes, exerçant des activités politiques en Russie et recevant des fonds de l’étranger, dans la catégorie des « agents étrangers » ; cela les soumettra évidemment à des législations de surveillance et répressives très spécifiques. C’est de cela que la Secrétaire d’État venait parler, principalement de la question du financement dans ces conditions nouvelles, et indiquant clairement qu’elle entendait trouver un autre canal que celui de versement direct du chèque mensuel du département d’État pour financer ces associations. C’est exactement et précisément ce qu’a affirmé l’un des activistes qui a rencontré Clinton, Dimitri Dubrovsky, – avec un sens exceptionnel de l’inconscience de ses propres paroles, puisqu’il venait ainsi dire que Clinton les avait assurés que le gouvernement des États-Unis cherchait un canal dissimulé et/ou illégal pour les financer malgré l’appareil législatif russe, et donc en violation des lois russes qui vont être mises en place…

(Les groupes d’activistes pro-bloc BAO sont ainsi qualifiés par Tim Kirby, le 3 mars sur Russia Today :

« pour parler franchement, les Russes ne sont pas très russes, généralement ils n’aiment rien de leur pays, et ils ressentent un grand complexe d’infériorité vis à vis de l’Ouest, qui représente pour eux le modèle parfait d’existence. Vous seriez abasourdis de savoir combien de personnes avec lesquelles j’ai parlé aimeraient que les USA attaquent et prennent le contrôle de la Russie, car “ils feraient un meilleur job” (...). De par mon expérience personnelle, malgré la haute valeur que ce groupe de gens donne à l’Ouest, ils n’en connaît absolument rien. (...) Son point de vue est fondamentalement une copie naïve et faussée du Libéralisme Occidental ».)

La visite de Clinton, rayon « ONG », et sa rencontre avec les « activistes » russes pro-occidentaux, sont ainsi présentées, sur le site Novinite.com, le 30 juin 2012 :

« Selon les affirmations d’activistes russes, les USA sont résolus à trouver une nouvelle manière de financer les ONG en Russie, afin de réussir à contourner la législation restrictive actuellement à l’étude. Samedi, le quotidien russe Kommersant a rapporté que les ONG représentatives étaient satisfaites de leur rencontre avec Hillary Clinton, qui s’est rendue à St. Petersbourg vendredi pour les rencontrer. Le thème principal de la discussion a été la proposition de loi russe, selon laquelle une ONG impliquée dans des activités politiques et recevant du financement de l’étranger sera considérée comme un “agent de l’étranger “. “Mme Clinton a dit qu’elle était au courant du problème et qu’elle s’occupait de trouver d’autres canaux pour l’acheminement du soutien américain aux organisations, de façon à ne pas les compromettre,” a déclaré l’activiste Dmitry Dubrovsky. »

Pour mieux développer et commenter cette nouvelle, – qui vaut sans aucun doute le commentaire, – on doit notamment rappeler ce que disait l’ambassadeur McFaul, que nous désignions comme « ambassadeur-Système » dans notre texte du 15 juin 2012 : « McFaul a aussi assuré le public que le Département d’État Américain ne soutenait pas l’opposition Russe. “Washington a des programmes pour soutenir la société civile dans beaucoup de Pays”, a précisé McFaul, “et la Russie ne fait pas exception à la règle, ceci ne signifiant pas une ingérence dans les affaires intérieures du pays”. “L’opposition vous regarde, ce sont vos affaires, pas les nôtres, et nous le comprenons parfaitement,” (…) En mai, McFaul avait déjà nié  tout lien entre Washington et le mouvement de protestation russe. Il avait dit que le soutien US aux ONG était un concept global, qui n’avait pas pour but d’influencer les affaires de la Russie.

…Ce que nous commentions de cette façon, notamment en nous attachant aux quelques mots ci-dessus mis en gras par nous-mêmes : « Dans ce cas, la dernière phrase citée de McFaul est encore plus stupéfiante quant au fonctionnement de la chose : “Il dit que le soutien US aux ONG est un concept global, et n’a pas pour but d’influencer les affaires de la Russie…” On comprend donc que ce « concept global » des ONG, qui vit de sa propre vie et de sa propre dynamique, n’est pas dirigé contre la Russie mais « global », – ce qui signifie, si l’on observe les réalités, qu’il n’est pas dirigé contre la Russie spécifiquement mais que la Russie fait partie des objectifs puisque le concept est « global » et, donc, que tout y passe, y compris la Russie… Il n’y a aucune raison de ne pas prendre cette observation à la lettre, alors que tous les événements la confirment. Le « concept global » des ONG est un programme-Système, qui est lancé par l’intermédiaire des ONG et d’ailleurs suscité par ces mêmes ONG, considérées comme regroupées en une entité-Système, contre le principe de la souveraineté nationale, contre le Principe en général, au nom de la communication-Système… »

Nous poursuivions en n’émettant aucun doute sur la bonne foi de ces affirmations de McFaul, – lequel, d’ailleurs, aime à se définir non comme un « diplomate » mais comme un « spécialiste de la révolution de couleur », un spécialiste en relations publiques de l’industry of regime change, par conséquent entièrement orienté sur les « industries » de relations publiques et de la communication en général. Selon cette logique, la question générale du Principe, et spécifiquement celle du principe de souveraineté, ne se posent concrètement en aucun cas. Ces diverses « industries » sont nécessairement « globales » et « globalisées » et ne s’arrêtent évidemment pas à un détail, comme l’est celui de la nationalité russe du territoire dont il est question ici.

 

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Où il y a de la gêne…


C’est selon cette même logique qu’Hillary Clinton intervient comme elle le fait durant sa visite à Saint-Petersbourg, dans des conditions époustouflantes de légèreté et de désinvolture, sinon de mépris indifférent, pour les questions de souveraineté, et tous les autres aspects afférents en général aux conceptions de la diplomatie. Si l’on se réfère aux canons de la diplomatie classique, laquelle n’est pas autre chose que l’art immémorial d’aménager les relations entre les nations et d’établir des équilibres de puissance et d’intérêt, l’attitude de la Secrétaire d’État est d’une impudence et d’une grossièreté à couper le souffle. Mais l’on ne peut s’en tenir à la question de la bonne éducation. Par exemple, Timothy Bancroft-Hinchey, écrivant un billet d’opinion dans la Pravda, ce 2 juillet 2012, observe, sans intentions polémiques particulières, nous semble-il, mais simplement comme un fait : « Clinton est une lobbyiste, pas un diplomate » (Bancroft-Hinchey s’attache à un aspect particulier des activités de la Secrétaire d’État : « Hillary Rodham Clinton est une lobbyiste qui cède aux exigences des fantaisies de la communauté d’affaires entourant Washington, laquelle lui dicte sa politique après avoir financé les campagnes des candidats à la Présidence. Elle n’est pas un diplomate … » La même chose peut être dite de ses activités auprès de l’ «opposition » russe, qui relève effectivement des relations publiques, du lobbying, etc., en faveur de l’industry of regime change, confirmant effectivement l’évolution dans le sens qu’on voit de la fonction diplomatique, de la noblesse de l’art immémorial, au dynamisme du job postmoderniste usuellement rémunéré.)

…Comme McFaul, Hillary Clinton est effectivement pénétrée du même concept impérativement objectivé selon lequel l’action subversive des USA n’est pas de la responsabilité des USA, mais imposé et entraîné par une force supérieure, évidemment de caractère « global », qui est une sorte d’immanence libérale enquêtant partout sur la planète et intervenant là où cela importe, sans nécessité de permis de séjour ni quelque intérêt que ce soit, – puisque l’enquêteur est au service de la démocratie droitsdel’hommiste, qui est la vertu immanente que l’on sait. S’il se trouve que les critères et les « valeurs » véhiculées correspondent aux conceptions exactes et aux intérêts y afférant des USA et du bloc BAO, il n’y a pas lieu de s’étonner puisque USA et bloc BAO sont nés de cette même vertu et immunisés par avance contre tout écart, – au fond, tombés, un jour de leur plus jeune âge dans la marmite où bout la potion magique de la vertu droitsdel’hommière, comme Obélix dans la marmite où bout la potion magique de Panoramix. (« Pas toi, Hillarix, tu sais bien que tu es tombée dans la marmite quand tu étais bébé... »). Sarcasme mis à part, nous n’en sommes pas moins persuadés que ceci reflète précisément le contenu de leurs psychologies à tous. Ainsi la Secrétaire d’État examine, au grand jour, devant les « dissidents » postmodernes applaudissant des deux mains, le moyen de tourner la loi russe, de transférer de l’argent du trésor public des USA à des organisations russes made in CIA, de façon parfaitement illégale, pour alimenter une subversion du pouvoir légal et démocratique (eh oui !) de la Russie.

Contre cette psychologie détraquée et néanmoins enfermée dans des certitudes quasiment immanentes, les Russes ne peuvent et ne pourront rien. Simplement, un jour, quand les choses seront allées trop loin, ils demanderont le rappel de l’ambassadeur McFaul. Nous entrerons alors dans une crise internationale de première grandeur, dont l’enjeu ne sera rien moins, pour le côté du bloc BAO, que l’évidence de la vertu contre les machinations antidémocratiques qu’on sait.

(traductions de quelques passages, avec sûrement des fautes, des coquilles etc) soyez indulgents à mon manque d’entraînement..) gérard

Source :

http://www.dedefensa.org/article-hillarix_saint-petersbou......

via :

http://www.legrandsoir.info/hillarix-a-saint-petersbourg-...  pour la traduction des citations.

 

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 Que les Russes sachent bien que nous ne rigolons pas !

 

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Samedi 7 juillet 2012

Les nerfs florissants d’Hillary l’hallucinée

deDefensa.org

Les nerfs d’Hillary Clinton, – pardon, mais impossible d’écarter ce jugement pseudo-médical, – deviennent bien embarrassants. Ils sont en pelote, incontrôlables, et font ressembler les réunions internationales à des récréations pour établissements psychiatriques. Il faut dire que s’il n’y avait pas ce genre de divertissement (dito, les nerfs d’Hillary), les réunions des « Potes de la Syrie » constitueraient des évènements bien embarrassants par l’ennui que fait naître la vacuité inlassablement alimentée par la répétition de la narrative incantatoire et également hallucinée des répétiteurs du bloc BAO.

 

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Nous disons notre conviction intuitive que « les nerfs d’Hillary », en même temps qu’ils sont bien entendu un cas spécifique et personnel, reflètent également l’état psychologique d’une communauté bureaucratique, celle du département d’État pour ce cas précis, qui semble être ainsi une convaincante illustration de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO.

victoria-nuland_350_032312114235.jpgLa présence à ses côtés, dans le rôle d’influence essentiel de porte-parole, de Victoria Nuland, femme du neocon Robert Kagan et ancienne ambassadrice US à l’OTAN - elle-même pasionaria du néoconservatisme mâtiné d’un libéralisme hyper et convulsivement interventionniste de tendance féministe(1) - est une garantie de la puissance et de l’extension de cet état de la psychologie dans le cabinet de la Secrétaire d’État Clinton. (Nous ne parlons certainement pas d’« état d’esprit », ce qui serait faire bien de l’honneur à toute cette volaille. Pour Hillary et Nuland, ce sont la fermeté perspicace et l'habileté manoeuvrière des femmes en politique remplacées par l’hystérie féministe, éternellement en transit de radicalisation extrême (2).) On n’a pas fini de mesurer les ravages de la pandémie de la psychologie hystérique des liberal hawks (3) dont Hillary est l’emblématique représentante, dans les structures d’un ministère qui, de George Kennan à James Baker et au morne Warren Christopher (Secrétaire d’État de 1993 à 1997), avait su cultiver la mesure et une certaine tenue sans rien sacrifier du cynisme et du pseudo-idéalisme américaniste si efficaces.

Bref, et en attendant plus, ceci pour introduire l’intervention et la pétroleuse activité d’Hillary Clinton à la glorieuse réunion des « Amis du peuple syrien », comme ils disent officiellement, hier à Paris. La diplomatie, qui se veut de tradition et d’un très grand et pompeux sérieux, se trouvant dans tous ses états hypomaniaques, cela constitue un spectacle extraordinaire et gourmand de l’ère postmoderniste. Savourons, par exemple ce qu’en dit Russia Today (on laisse la presse-Système jouer avec ses poussières), ce 6 juillet 2012.

L’intervention d’Hillary a fait surtout sensation pour ses remarques extrêmement agressives, contre la Russie et la Chine :

« Il faut que la Russie et la Chine paient leur opposition à la chute d’Assad »… Certains notent que, même pendant la Guerre froide, aucun Secrétaire d’État n’a jamais tenu de propos aussi agressifs contre la Russie (alors l’URSS). Rien là qui nous étonne.

« Je ne vois pas que la Russie et la Chine soient en train de payer quoi que ce soit pour leur prise de position en faveur du régime d’Assad. La seule condition pour que cela change, c’est que toutes les nations représentées ici, fassent savoir clairement et d’urgence, que la Russie et la Chine auront à payer quelque chose, » a martelé Clinton.

Le ministre des Affaires Étrangères  Adjoint, Sergueï Ryabkov, a dit que le bloc occidental était en train de fonctionner sur un schéma ami-ou-ennemi, qu’il a qualifié de démodé. « Nous refusons  catégoriquement que le problème soit posé de cette façon, à propos de l’actuelle situation en Syrie et d’un prétendu “soutien” du président Bachar el-Assad. Il n’est pas question de soutenir certaines politiques ou certains dirigeants. Il est question de résoudre une situation de crise affectant un pays, et de le faire dans les limites d’un cadre politique. » Ryabkov a ajouté : « Malheureusement, nous n’arrivons pas à obtenir un accord de principe de nos partenaires occidentaux. L’Ouest en est encore à recourir à la vieille alternative ami-ou-ennemi. Nous considérons cette terminologie comme une chose du passé. »

Un autre point remarquable de l’intervention de Clinton, c’est qu’elle a ressorti la fameuse affaire des hélicoptères russes vendus depuis des années à la Syrie, renvoyés en Russie pour entretien et remise à neuf, qui étaient sur le chemin du retour vers la Syrie lorsque la polémique a éclaté il y a trois semaines, du fait d’Hillary Clinton. (Voir le 15 juin 2012, le 21 juin 2012 et le 22 juin 2012.)

« La Secrétaire d’État US a en outre critiqué la Russie pour l’entretien qu’elle a assuré des hélicoptères syriens de fabrication soviétique. Il y a deux semaines, Hillary Clinton a fustigé la Russie pour avoir réparé trois hélicoptères syriens, disant que leur présence “va envenimer le conflit de façon tout à fait dramatique.” Le ministre des Affaires Étrangères russe a aussitôt réfuté ces allégations. “En 2008, ces hélicoptères ont fait l’objet d’un contrat de réparation. Il faut encore qu’ils soient réassemblés, après livraison,” a précisé Lavrov. “Le processus complet prendra au moins trois mois. Par conséquent, parler de quelque chose que nous viendrions de vendre à la Syrie et qui pourrait être utilisé dans les actions en cours, est un mensonge pur et simple,” a-t-il ajouté.

• Dans un autre article, de commentaire celui-là, Russia Today interroge deux commentateurs US. L’ensemble de leurs propos, ajouté au rapport sur l’intervention de Clinton, suffit à compléter la documentation du dossier. (Article du 6 juillet 2012.)

« Mais la réunion de Paris a révélé que les USA peuvent encore s’en tenir à leur propre solution du problème syrien et ne sont pas disposés à accepter un compromis, » a dit Mark Almond, professeur de relations internationales à l’université de Bilkey en Turquie. « Mme Clinton est en train de transformer un problème régional – intérieur à la Syrie - en une crise entre la Syrie et ses voisins, et même en un problème potentiellement planétaire,» a déclaré Almond à RT . « Les pays qui ne sont pas d’accord avec le moindre mot de Mme Clinton doivent être considérés comme des soutiens de tyrans et des ennemis du Bien. C’est propre à susciter une réaction globale beaucoup plus dangereuse. (…) Peut-être les interventions de Mme Clinton sont-elles dues à la frustration de n’avoir pas encore pu atteindre son but de renverser M. Assad, » a estimé le Pr. Almond, ajoutant que Mme Clinton « est connue pour user d’une rhétorique agressive, à l’égard des gens qu’elle n’aime pas. »

« Cette apparentte volte-face serait surprenante, si on avait le sentiment que l’accord atteint la semaine dernière était vraiment la carte que les Amis de la Syrie souhaitaient jouer vis-à-vis des pays arabes. Ceci prouve une fois de plus que, dès le début de cette crise, le but final était bien de renverser Bachar al-Assad et son gouvernement, » a déclaré James Corbett, animateur du site web d’information The Corbett Report, à RT. (…) « (À Paris) Clinton est allée jusqu’à insister pour que 60 autres pays du groupe des Amis de la Syrie se joignent à elle pour faire comprendre à la Russie et à la Chine qu’elles auront à subir un choc en retour pour les punir de leur position à l’égard de la Syrie, » dit Corbett. «Ceci montre que les USA n’ont pas de moyen de pression diplomatique à utiliser directement contre la Russie et la Chine. »

…Ajoutons à toutes ces intéressantes observations et commentaires, la précision que Clinton a aussi « menacé » (est-ce le terme ?) de proposer une troisième résolution à l’ONU, qui autoriserait une No-Fly Zone, ou autre faux-nez du genre, pour déguiser une intervention étrangère. Effectivement, on se trouve en pleine inversion de la logique diplomatique… Après avoir insulté Russes et Chinois, les « menacer » en supplément d’une troisième résolution de l’ONU, qui aurait besoin, pour passer, de leurs votes, alors qu’ils offriront leurs vetos comme bras d’honneur habituel, voilà qui relève d’une nouvelle sorte de diplomatie, disons « une diplomatie hypomaniaque ». Sans doute le très cool président BHO, se souvenant de l’existence du monde entre deux dîners de soutien pour lever quelques centaines de milliers de dollars de plus pour sa réélection, lui conseillera-t-il d’oublier cette « menace » pour éviter de subir une troisième défaite à l’ONU.

Bref, il y a très peu d’enseignements à tirer, à suivre l’intervention d’Hillary Clinton d’un point de vue politique. Celle qui embrasse Lavrov un 29 juin pour l’insulter sept jours plus tard ne présente guère d’intérêt à être soumise au moindre décryptage. Depuis qu’elle menace le monde entier d’une attaque de la Syrie, et considérant que les USA n’ont besoin en général de l’autorisation de personne pour ce genre de sport, on en conclura que le Pentagone prend également très peu au sérieux les « menaces » de Clinton. (Effectivement, on aurait envie de lui conseiller, après tout, d’attaquer la Syrie comme ses associés et acolytes l’ont fait en 2001 en Afghanistan et en 2003 en Irak, et elle-même par l’intermédiaire de son mari Bill au Kosovo en 1999, en se passant de la bénédiction de l’ONU et de l’assentiment des Russes. Mais encore faut-il avoir le poids de la puissance, à défaut d'audace, pour le faire.)

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Aussi est-ce bien l’aspect psychiatrique, – pardon psychologique, qui nous intéresse. Dans ce cas, ce n’est pas l’insulte menaçante lancée aux Russes et aux Chinois qui nous paraît le fait le plus remarquable mais plutôt l’affaire des hélicoptères remise sur le tapis. Cette affaire est assez documentée pour être considérée comme close ; réglée aussi bien par une réaction du Pentagone que par le réaction russe, elle s’est révélée comme une erreur technique de l’équipe du département d’État, emportée par son zèle publicitaire et idéologique ; qu’elle soit pourtant à nouveau utilisée, faisant passer la démarche de l’erreur, à la rigueur compréhensible, au mensonge absolument avéré et utilisé au nom d’une logique implacablement affective et manipulatrice de la raison, nous éclaire fortement sur l’état de la psychologie régnant au département d’État, et chez la Secrétaire d’État elle-même. Il est bienvenu que la contribution de Hédi Dhoukhar , qui paraît ce même 7 juillet 2012, mette l’accent sur l’aspect psychologique, – maniaco-dépression, terrorisation, etc. – que nous développons, pour étudier les comportements des directions politiques du bloc BAO. C’est bien de ce côté qu’il faut s’orienter pour comprendre le comportement d’une Clinton, psychologiquement épuisée, absorbant effectivement le mensonge comme une drogue qui lui permet de maintenir à flot sa narrative, éventuellement avec l’apport de drogues bien réelles, surenchérissant dans l’agressivité à mesure que son impuissance à tordre la réalité à sa volonté ne cesse de s’affirmer.

« Peut-être les interventions de Mme Clinton sont-elles dues à la frustration de n’avoir pas encore pu atteindre son but de renverser M. Assad, » avance le professeur Almond, – indeed, professeur, nous y sommes, pour le principe de la chose, et bien au-delà pour son opérationnalité. Ce qui est remarquable dans le stade d’avancement de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO qu’illustre Clinton – elle n’en est que le cas le  plus extrême - c’est l’affaiblissement considérable qu’on observe, au constat d’un tel éclat, conjuguant l’incapacité de se contrôler et l’indifférence complète de la démonstration publique de l’impuissance qu’on y trouve. Que cet éclat soit assumé d’une façon consciente, mûrement pesée, sous la forme d’un discours préparé, et non pas d’un mouvement d’humeur momentané, ajoute encore au pessimisme du diagnostic. Non seulement ces gens ne se contrôlent plus et laissent voir leur complète impuissance, mais ils procèdent d’une façon construite qui implique l’exposition de cet état, sans plus appréhender les conséquences que cela entraîne ; ils structurent la démonstration de leur effondrement psychologique, atteignant au paroxysme du paradoxe de structurer d’une main de fer leur propre déstructuration. Leur pathologie de la psychologie n’est plus distinguée en tant que telle ; c’est leur psychologie qui est devenue pure pathologie, comme une chose naturelle, avec l’emploi avéré et sans aucune dissimulation de tout l’arsenal de cette pathologie : le mensonge, l’invective, l’irresponsabilité. Ils sont complètement immergés dans la narrative terrorisée, transcrite en termes d’une agressivité sans frein.

Effectivement, ces gens sont capables de tout. En général, ce n’est pas la recette pour la victoire décisive d’une cause, mais plutôt pour l’accélération décisive de la catastrophe résultant de la collision de la narrative en vigueur avec la vérité du monde. Attendons pour voir.

________________________     

(1)         ??? (NdCL)

(2)        Féministes ? En plus de femelles hystériques ? En quoi faisant ? Nous laissons à l’auteur de l’article la responsabilité de ses jugements sur le « féminisme » de Clinton et Nuland, et nous permettons de rappeler que, pour feu José Saramago, les femmes de pouvoir « sont des hommes ». Pour nous : des femmes châtrées.

(3)        Mâles exclus ?

Source :

http://www.dedefensa.org/article-les_nerfs_florissants_d_hillary_l_hallucin_e_07_07_2012.html

 

Traduction des citations : Catherine L. pour

http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be

 

*

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De tout ceci, nous laisserons Annegarn et Arno tirer les conclusions qui s’imposent.


 

                                          


 

*

MEDIAMENSONGES

L’arme absolue du gang occidental ?

 

Non, l’arme absolue du gang occidental, c’est la corruption et la servilité à toute épreuve de son personnel politique et de sa pseudo-intelligentsia.

Les médiamensonges sont les virus qu’il répand, dans sa guerre bactériologique contre l’esprit.

Certains pays, parfois des continents entiers, en sont immunisés. Le microbe est surtout efficace contre les foules du BAO (Bloc Américaniste-Occidentaliste).

Déclin de l’Occident ?

On voit ici les fameuses ONG à l’œuvre sur le front russe.

 

 

***

 

La guerre de la désinformation fait rage

contre la Russie

 

ICE STATION ZEBRA est un site généralement bien informé de tout ce qui se passe en Russie. Il nous offre ici un échantillon de ce que « désinformation » veut dire. Son texte est riche (encombré ?) de liens méritant qu’on s’y attarde. Certains conduisent à des sources en anglais ou en russe. Ceux en français offrent un assez joli florilège ès merdiacratie francophone. La propagande mercenaire y bat son plein. Les pin-ups sont très jolies – complètement pourries en dedans mais très jolies (choisies pour ?).

 

Lundi 9 juillet 2012

Russie - Inondations - Désinformation - AFP - France 24 - RFI - TF1 : Guerre informationnelle et indécence .

Alors que la Russie pleure les morts de la crue cataclysmique qui a frappé la région du Kouban et plus particulièrement la localité de Krymsk , il convient de faire le point sur ce qui constitue une véritable  « guerre informationnelle » contre la Russie et surtout ses chefs politiques .

Comme je l'ai déjà évoqué sur ce blogue, on ne peut pas bien sûr accuser des individus de provoquer une émeute ethnique suite au meurtre d'un supporter d'une équipe de football, pas plus qu'on ne peut les accuser d'avoir provoqué des pluies diluviennes ayant entrainé des crues cataclysmiques. On peut par contre légitimement soupçonner l'existence de cellules et de réseaux prêts à déstabiliser un état à la moindre occasion et au moindre prétexte.

C'est ainsi qu'en janvier 2010 des blogueurs non identifiés mais dont l'adresse IP indiquait qu'ils agissaient depuis l'étranger ont propagé la rumeur que la structure du barrage de Saiano Chouchenskaia  en Sibérie allait s'écrouler sous le poids d'« une masse de glace de 25 000 tonnes ». Cette rumeur avait entraîné un début de panique parmi les populations résidant en aval de la retenue, la destruction d'une turbine en août 2009 ayant provoqué la mort de 79 personnes dans la salle des machines du barrage.

 

Lire la suite…

 

*

 (Un bout du) Cul-de-sac côté U.S.

 

Pas même besoin de lire.

Les images suffisent.

 

Non, ce n’est pas La Double Vie de Théophraste Longuet, c’est Las Vegas, quand on y vit dans les égouts :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2010/11/usa-2010.h...

Le peuple « taupe » :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/09/au-36eme-d...

Detroit - USA ville frantôme…

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/04/detroit-us...

…où même les banques s’écroulent :

http://www.dailymail.co.uk/news/article-1370199/Detroit-H...

St. Louis – USA :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/st-louis-u...

Camden, New Jersey – USA :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/bienvenue-...

Bas-Empire New-Look :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/02/fin-de-civ...

Pour ceux qui n’en ont pas encore assez  :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/effondreme...

Et pour ceux qui n’auraient pas compris :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/09/tiers-mond...

 

Pour en savoir plus :

Résistance 71

Blog hautement recommandé :

http://resistance71.wordpress.com/

 

Évidemment, il y a toujours les petites souris qui nagent dans le bol de lait, des fois que ça deviendrait du beurre :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/societe-po...

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/01/detroit-ja...

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/01/communaute...

Elles auront à s’expliquer avec ça :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/tain.html#...

Bonne chance à la génération qui vient !

 

Mis en ligne par Catherine

Le 17 juillet 2012

 

 

*

 

LIVRES

qu’on peut ne pas lire,

sauf si on a du temps à perdre.

ou

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 Quand l’écolier limousin

se prend pour la Sorbonne


Nous n’avons pas pour habitude ici de critiquer des livres, mais plutôt de recommander ceux qui nous paraissent importants ou que nous aimons particulièrement. Aujourd’hui, nous allons déroger, sans qu’il soit question d’en faire une habitude. Après tout, notre modèle, John Cowper Powys, qui pratiquait exclusivement l’analyse dithyrambique, a quand même - une fois - dit du mal de Chesterton.

L’histoire est banale. Une de nos amies, Parisienne exilée dans son endroit natal, n’arrêtait pas de nous bassiner pour que nous lisions Métronome, de Lorànt Deutsch. Un jour, votre servante, dans une bibliothèque publique, tomba dessus, et lut. Outch ! Elle est gaga, Ginette, ou quoi ? Parce que, bon…

Que je vous conte d’abord une anecdote :

Devenue vieille, Elisabeth Duplay (la fille des hôtes de Robespierre, la veuve du Conventionnel Le Bas, la mère de Philippe Le Bas, membre de l’Institut, précepteur du futur Napoléon III, il n’y a pas que Sénèque dans la vie, et auteur d’une Histoire de l’Univers qui tient encore la route) a raconté à quelqu’un, je ne sais plus qui, ma bibliothèque est dans un garage, qu’au moment où ils écrivaient l’un son Histoire des Girondins, l’autre son Histoire de la Révolution Française, Lamartine et Michelet étaient venus la voir tour à tour. Tous deux voulaient, comme il se doit, solliciter les souvenirs de celle qui était un des derniers témoins des faits, qui avait connu de près plusieurs des acteurs du drame. À l’issue de quoi Lamartine avait eu la rare probité intellectuelle, non de renoncer à ses chers Girondins, mais de rectifier ce qu’il y disait d’injuste et de résumer, en une phrase trop méconnue, ce que son interlocutrice lui avait fait découvrir: « Ils (les thermidoriens) l’ont noyé dans le sang qu’ils avaient tiré pour le perdre. » Il parlait de Robespierre. Je cite de mémoire, voir plus haut.

Et Michelet ?

Ah, Michelet ! Elle le revoyait – non sans attendrissement, car il avait du charme, l’animal – debout, accoudé à sa cheminée, s’écriant, après s’être jeté un coup d’œil satisfait dans la glace : « Madame, vous verrez, ce sera bien plus beau comme je vais le raconter ! » A-t-elle eu le temps de voir ? Nous, oui. Et pas seulement dans l’Histoire de la Révolution Française, mais aussi dans La sorcière,  dans Le peuple, dans La Bible de l’Humanité, etc. etc. Car Michelet, il faut bien se décider à le dire, était un masturbé du cerveau, un qui se branlait d’une main et qui écrivait de l’autre, avec le produit de sa branlette. Lyrique, certes. D’un beau lyrisme. Passant presque toujours avant la vérité. Maître ès fantasmes. « Bien plus beaux », vous comprenez, que l’ennuyeuse exactitude historique. Un peu embêtant, quand on occupe la chaire d’Histoire au Collège de France, toutes ces tares du romantisme rassemblées sur un seul homme ! Bien de l’eau sale allait couler sous le pont Mirabeau avant que paraisse Albert Mathiez, l’historien exemplaire capable de découvrir ses propres erreurs et de recommencer tout son travail à zéro. Mais au moins, l’homme – je parle de Jules – était érudit, à défaut d’être honnête, et il s’exprimait en français, grammaire, syntaxe et orthographe, sans prendre les imparfaits pour des passés simples et lycée de Versailles.

C’est de lui que se réclame Lorànt Deutsch. Et d’Eddy Mitchell. Pauvre Eddy Mitchell qui n’en peut mais. Ce qu’on peut dire, c’est que la masturbation, chez Deutsch, prend des allures de Gay Pride, toute libido dehors étalée sur la place publique. Et se double d’un illettrisme on ne peut plus décomplexé. Ses fantasmes à lui, hélas, ne sont pas lyriques, ils sont cheap. Fantasmes de midinette au QI de 21… 22 à tout casser.

En d’autres temps, ses élucubrations pseudo-historiques n’eussent pas trouvé d’éditeur, et l’alternative alors était simple : soit elles restaient dans son grenier, sous forme de journal intime, soit il s'éditait à compte d’auteur, ce qui lui eût valu un paragraphe dans la somme à Blavier, entre Gagne et Berbiguier. Petit, le paragraphhe, car il y a, chez ces givrés, une forme pathétique de poésie, absente chez l’auteur de Métronome. Mon appréciation est bien entendu subjective, mais ce n’est pas lui qui va me le reprocher, mm ?

Ce qui a changé, depuis l’âge d’or des fous littéraires, ce sont les progrès de la technologie et le consumérisme obligatoire, qui ont mis la publication de ses billevesées à la portée du premier ignare venu (et qu’est-ce que je fais moi-même en ce moment ?). Un ordinateur d’occasion, une imprimante, une cartouche, une rame de papier, un peu de colle, et le tour est joué.

 

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      Oui, mais, Michel Lafon ?

      Question intéressante. Je vous remercie de me l’avoir posée.

C’est là en effet le croquignolet mystère :  le niveau des comités de lecture est-il tombé si bas ou y a-t-il d’autres raisons ?

D’autant qu’il n’a rien écrit lui-même, s’il faut en croire M. Pierre Assouline («Lorànt Deutsch, à moins que ce ne soit sa plume et documentaliste, le polygraphe suisse Emmanuel Haymann, flatte un instinct populaire bien dans l'air du temps qui rejette les experts. ») 

Dans tous les cas, le livre, qu’il soit de Deutsch ou d’Haymann, est nul, irrémédiablement nul.

-  Mais son succès ?

- N’est pas plus étonnant que celui du Da Vinci Code… Je puis vous l’assurer, Childéric bâtisseur du Louvre, Charlemagne en l’an mil, et Notre-Dame, « point d’orgue du gothique, chef-d’oeuvre des hommes du Nord, vainqueurs des hommes du Sud » (de la Loire en passant par Byzance), c’est aussi joyeux que la chapelle de Rosslyn, le prieur de Sion assassiné par l’Opus Dei et l’enfant – bâtard, forcément bâtard - de Jésus et de Marie-Madeleine. Mais lui, ce ne sont pas les Templiers qui l’intéressent, ni les franc-macs chapardeurs de Graal. Il est pour la royauté, Dan Deutsch, républicaine (si, si). Orléaniste, voilà ! Le sait-il que le fondateur de sa branche élue vota la mort de son roi-serrurier, « mettant ainsi fin à la civilisation française » ? (Robespierre, choqué : « Lui seul avait le droit de s’abstenir ») Et la vota non par conviction ni par fanatisme, mais par opportunisme d’ambitieux ? Bof, s’il fallait s’arrêter à ces broutilles. On ne devient pas roi sans manger ses parents en omelette. 

Il est pour la religion, aussi. Non pas celle de saint Augustin (qui c’est ?) ni même celle de Paul Claudel, non : celle de la Légende dorée, où les saints marchent vraiment avec leur tête sous le bras. Concordat ! Concordat !

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Bref, le cher petit nous vend une histoire, une monarchie et une religion grappillées au petit bonheur la chance dans les almanachs de colportage encore tout pleins des temps obscurs et les fascicules-Historia pour bibliothèques de gares de nos temps de plus en plus obscurantistes.

 

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Qu’est-ce qui lui a pris ?

Je parierais ma chemise que je connais l’origine de ce « fait de société » fabriqué au bazooka.

Du temps de ma folle jeunesse, un aspirant comédien qui arrivait à Paris, désargenté et néanmoins décidé à se payer le cours Simon et une chambre de bonne, se voyait offrir deux sortes de petits boulots : vendre des encyclopédies au porte à porte sans passer par les ascenseurs (tuant et pas rentable) ou officier comme guide pour touristes désireux de visiter le « Paris insolite ». Les organisateurs avaient mis en commun les connaissances par eux glanées sur quelques endroits pittoresques et concocté un petit boniment d’accompagnement, qu’ils refilaient aux futurs Talma et Sarah Bernhardt, avec des clopinettes, mais en leur faisant valoir qu’il y avait là, pour eux, une occasion en or de s’exercer à leur futur métier : rôle du guide. Et c’était encore mieux si vous parliez une langue étrangère, puisque vous auriez peut-être un jour l’occasion de faire du cinéma dans une production internationale. Va voir qu’il ait commencé comme ça, Lorànt Brown. Et embrayé sur le non-insolite pour son propre compte. Certes, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Et même plutôt de quoi le rendre touchant. Après tout, ce n’est pas lui qui a supprimé l’enseignement de l’histoire à l’école. À qui la faute s’il ne sait rien ?

Mais pourquoi, alors, est-il si antipathique ? Oh, l’évidence même :

Il raconte l’histoire d’une ville. Mais une ville sans ses habitants, qu’est-ce que c’est ? L’histoire de Paris, c’est donc, surtout, celle des Parisiens. De souche, de passage ou d’importation – précaire quand ils s’accrochent à ses flancs comme des moules, alors qu’ils n’ont même pas de papiers, souvent. Eh bien, les gens en général et les Parisiens en particulier, Lorànt ne les aime pas, il les exècre, il les méprise, il voudrait qu’ils ne soient, qu’ils n’aient jamais été là. Beurk ! Beurk ! La foule, que dis-je, la populace, le troupeau, la tourbe, la racaille, la mob. Vous les avez vus ses pochetrons braillards et revendicateurs, suant des pieds et des dessous de bras, pour ne rien dire de ses femelles, mégères, harengères et haranguières, tricoteuses dans tous les cas, et lécheuses de sang de guillotine même en dehors des repas ? 

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Ah les gueux !

 

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 Ah, les jamais contents !

 

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Jusque dans les cimetières ils se battent !

 

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Et soutenus par les bougnoules en plus !

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L’école laïque et gratuite, mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Et les femmes en chaire, non mais ! AL-img201-677x1024.jpg

Manquait plus que les femmes en chaire !

 

Ce qu’il voudrait, Lorànt, c’est rester seul avec ses rois, et quelques saints pour les servir, rester seul avec son « élite », dont on voit bien qu’il ne doute pas de faire partie, comme ses – pourtant nombreux – pareils, qui ne se voient jamais eux non plus dans le rôle de la piétaille qu’on piétine. Et pourtant…

J’ai dit midinette ? Mais les midinettes écrivent des lettres charmantes à Clark Gable, et dans les cas fastes, les lui chantent. Ce sont midinettes d’une autre espèce.

Donc, Métronome.

Ah, oui : comme si abattre des forêts pour imprimer «ça» ne suffisait pas, il paraît qu’on a fait, de la Parisianade à Lorànt Deutsch un truc télévisé en plusieurs parties, aussi triomphalement bourre-cervelets que le truc imprimé, et que c’est la Mairie de Paris – qui n’a pas de sous pour loger ses SDF et supprime les pansements stériles à ses hôpitaux pour cause d’austérité quel malheur – qui a trouvé un million d’euros dans la poche de ses contribuables pour payer les caméras, les costumes et les sandwiches des figurants. Il paraît même que Robert Hue est sorti de son coma pour recommander le machin aux écoles. - Tiens, on croyait qu’il était mort. Ne vaudrait-il pas mieux qu’il se rendorme ? – Et les moutons de Dindenault de battre des pattes (de devant) au spectacle d’un si beau génie, prêts à sauter en chœur dans la Seine si on leur dit que c’est la mode.

Tous ? Non pas.

M. Alexis Corbière, élu PG, justement indigné par ce qui ressemble de plus en plus à une offensante obscénité, est monté à l’assaut de Dark Vador et de ses troupes, lourdement armé d’un fétu de paille, en l’occurrence sa seule éloquence d’honnête homme, que même Don Quichotte il n’aurait pas osé. Mal lui en a pris. Tollé général des sycophantes – personnels politiques et merdiatiques unis – contre l’envahisseur coco1.

(1Remarquons que quand Robert Hue se joint à la fiesta, on se garde bien de le traiter de stalinien en ex-chef.)

 

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Mais qu’est-ce qu’il croyait, M. Corbière ? Que nous vivons en démocratie parlementaire ? Ne le sait-il pas que, pour parlementer, il faut au moins deux personnes civilisées ? Où a-t-il vu l’autre ?

 

*

Vous pourriez, chers amis internautes, vous dire que j’attige un  brin, à fustiger si méchamment ce qui n’est après tout que de la vulgarité ordinaire, et que si on devait se mettre dans tous ses états à chaque fois qu’on met le pied dans quelque chose, où irait-on ? C’est vrai, mais c’est que je suis en colère. Parce que ce qu’on me raconte là me rappelle un épisode (vécu) exécrable, et vous allez y avoir droit. Après tout, c’est de l’histoire de Paris aussi.

C’était en 1983. On ne parlait pas encore de célébrations de bicentenaire, mais d’aucuns y pensaient déjà. J’étais de passage à Paris. On y projetait le Danton de Wajda. J’y fus. Et compris tout de suite . Premières images : guillotine en gros plan, dégoulinant de peinture à l’huile couleur sang de bœuf un peu caillé, jeunes mères et bébés à la peau bleuâtre, visiblement du frai de Dracula, peuple de Paris vociférant, qu’on eût dit sorti de Lorànt Deutsch mais bien sûr c’est l’inverse. Film de propagande de la plus grossière espèce, financé à coup sûr par la CIA ou autre officine apparentée, à moins que par quelque think tank à milliardaires, préoccupés de ce que les célébrations à venir pourraient inspirer peut-être aux colonisés franchouillards et pas de ça Lisette, l’herbe sous le pied tout de suite, mieux vaut prévenir que guérir. M. Jack Lang avait fait l’appoint de la monnaie avec l’argent des contribuables, comme aujourd’hui son « camarade » maire. Et, bien entendu, le film le plus anti-français de l’histoire du cinéma s’en allait représenter la France dans tous les festivals de cinoche, car à quoi bon lésiner. Ah, il fait rire, Céline, avec son « prestige » capable d’arrêter les Schleuhs !

Me refusant à endurer l’immondice jusqu’au bout, malgré le très grand acteur chargé d’incarner le Robespierre de leur invention (j’ai un faible pour les grands acteurs), je m’étais retrouvée clignant des yeux dans la rue de la Huchette, où une longue file de braves gens descendus de leurs banlieues en traînant leurs moufflets par la main, attendaient patiemment leur tour de voir ce qu’ils prenaient pour de l’histoire de France.

Je n’ai pas décoléré depuis. Oui, c’était une agression. Délibérée. Oui, c’était un sale coup porté « préemptivement » au peuple que ces parasites haïssent tant, et dont ils ont si peur. Lang et Wajda ? Au mur et douze balles ! Que dis-je, douze balles ? Une seule, en enfilade et qu’ils se vident !. Au prix où sont les munitions.

Mais ce n’était pas tout, car l’offensive était d’envergure et de très loin planifiée : chez les marchands de livres du boulevard Saint-Michel, j’en ai vu d’autres, des descendants de sans-culottes, Français ou naturalisés, qui prenaient leur courage à deux mains pour entrer et demander timidement « vous n’avez rien sur la Révolution Française », à qui on répondait (des minettes fraîchement briefées) : « Ah, si, Furet. C’est ce qu’il y a de mieux, de plus récent, le dernier et définitif mot sur le sujet ». « Ah, bon, et à part Furet, qu’est-ce qu’il y a d’autre ? » « Euh, eh bien… il y a Furet ». Et les innocents repartaient avec leur dose de cyanure du peuple et quelques francs de moins dans les poches, ayant engraissé davantage encore un Furet déjà grassement rétribué par la Fondation Olin pour les neutraliser, les empêcher de savoir, les empêcher de penser, les empêcher d’acheter enfin de la Marie-Rose peut-être.

Ce qui se passe aujourd’hui, pas seulement Lorànt Deutsch et la smala qui vient de l’avaler, mais tout ce qui se dit, s’imprime, se caquète dans les talk shows, dans les gazettes, les clips de pub, les chansons des Souchon  salariés pour cracher sur les héros morts, les Béhachelles imposés à coups de masse de forgeron à un public qui le gerbe, c’est la poursuite de cette guerre aux pauvres, car ceux qui la veulent et la font ne renoncent jamais, ne s’arrêtent jamais. Se conduire à leur égard avec civilité, comme a voulu le faire M. Corbière, c’est aller couper des verges pour se faire battre. Au point où nous en sommes, la République n’a rien à échanger avec ses ennemis que du plomb.

*

Mais, Alléluia ! Nous devons quand même à Métronome (et à M. Assouline pour les deux premiers ), la découverte de trois sites d’exception. D’histoire.

Pour rappel :

La vulgarisation, c’est quand quelqu’un de très savant, qui a mis beaucoup de temps et consacré beaucoup d’efforts à acquérir sa science, arrive à en communiquer l’essentiel à ceux qui n’ont ni les moyens ni le temps d’imiter son parcours de combattant. C’est un art très difficile. Celui de la transmission.

 

GOLIARD(S) –

Sous-titre : Les humanités populaires.

C’est là :  http://www.goliards.fr/

La première chose que je fais, quand je tombe sur un site qui paraît intéressant, c’est aller voir à la rubrique « Qui nous sommes »  ou « About us ». Faites comme moi, cliquez sur « Goliard(s) c’est quoi ? ». Vous comprendrez tout de suite que vous allez avoir affaire à du gai savoir.

Quant à ce qui se rapporte à l’affaire Lorànt Deutsch, c’est là :


Oups, j’ai marché dans Lorànt Deutsch

Avec un million cinq cent mille exemplaires vendus, le Métronome de Lorànt Deutsch (LD) est en passe de devenir un des bouquins d’histoire les plus vendus.

-      On dirait que ça vous rend jaloux ?

Qu’on me comprenne bien. Je n’ai rien contre le fait qu’une personne n’ayant aucun diplôme d’histoire écrive un livre d’histoire. De nombreux érudits locaux font de même, et produisent des ouvrages d’excellente qualité. Au contraire, cela peut parfois rafraîchir la recherche, relancer des débat, et puis, après tout, plus on est de fous…

Mais l’ouvrage de LD pose problème. Passons sur les multiples erreurs factuelles qui pullulent dans le livre1 il arrive parfois à des profs de fac d’en faire… (mais peut-être pas autant). Passons aussi sur l’absence de notes, de bibliographie (histoire de savoir d’où LD tire ses infos2). Passons aussi sur l’absence de toute pensée critique dans son livre, et sur sa vision très archaïque, pour ne pas dire conservatrice de l’histoire, centrée sur les grands personnages, les rois, les reines, les saints et les saintes (au passage, LD se dit royaliste3).

Passons… non, en fait, arrêtons nous un instant sur le numéro 148 de Détours en France consacré à Paris au Moyen âge. LD y est invité à intervenir en tant que rédacteur en chef d’honneur. Voilà ce qu’il écrit sur Notre-Dame de Paris page 83.

Lire la suite…


 

Lorànt Deutsch Louvre trop…
… et pourtant, ce n’est pas lui qui parle.

Bon sang de bois de nom de Zeus de mille sabords de WTF ?


Quoi, quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Il y a que je viens de lire le Métronome. Juste après, j’ouvre l’Atlas de Paris au Moyen âge, et voilà que je trouve des informations contradictoires.

 

A propos de quoi ?

À propos du Louvre. Je dois préparer une visite pour des mômes. Deutsch nous raconte que le roi Childéric Ier (le père de Clovis) avait dressé une tour au Ve siècle en assiégeant Paris (page 80 du Métronome non illustré). Il se base pour dire cela sur l’origine du nom « Louvre » qui viendrait, selon lui, du terme loewer, qui aurait voulu dire forteresse en langue franque. Ce donjon avant l’heure aurait été à l’origine du palais royal. Mais j’ai fait des recherches complémentaires. Il n’y a aucune allusion de cela dans l’Atlas de Paris au Moyen âge (édité par Parigramme) dans le chapitre consacré au Louvre (page 88 à 90), ni dans celui consacré à Paris sous la domination mérovingienne (page 19 et 20. Voir notamment la carte page 19 intitulée « le Paris mérovingien », qui ne fait nulle mention d’une tour à l’emplacement du Louvre). Bref, je ne comprends rien.

Je conçois. Vous me laissez cinq minutes pour faire une petite recherche… hum…

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La Révolution version Deutsch, ou l’histoire Yop.

Un royaliste prend la Bastille

 

Le chapitre que consacre Lorànt Deutsch (LD) dans son Métronome vaut son pesant de yaourt liquide.

-     Encore ! Mais vous l’avez déjà étrillé ici et ? Pourquoi recommencer ?

     

Parce qu’un royaliste écrivant l’histoire de la prise de Bastille, c’est aussi flippant que Tino Rossi en train de reprendre du Rammstein.

-     Oui. Présenté comme ça, je ne peux qu’être tout ouïe.
   

Prenez un café, ou une bière, parce que cela va être un peu long.

-     Ayé, je suis prêt (slurp).

Le chapitre (pages 323 à 337 du Métronome (version non-illustrée, et sans bibliographie, bien sûr) commence par une brève balade autour des vestiges de la Bastille. Jusqu’ici tout va bien, sauf que ces mêmes informations étaient déjà en grande partie disponibles ailleurs1. C’est lorsque LD commence à parler des événements qui ont amené à la prise de la prison royale que les choses se corsent.

Une vision biaisée du peuple

La Bastille, selon LD, « n’a pas attendu 1789 pour catalyser les haines populaires, les oppositions bourgeoises et les ambitions princières. » (page 324). L’auteur propose ici un découpage social et émotionnel bien particulier.

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*

 

Le deuxième site indiqué par Pierre Assouline s’appelle :

 

HISTOIRE POUR TOUS

Sous-titre : Histoire de France, et du Monde.

C’est là : http://www.histoire-pour-tous.fr/

 

« Histoire pour Tous est un magazine en ligne consacré à l'histoire de France et de l'humanité, des origines de l'homme jusqu'à l'époque contemporaine. »

Comme il est impossible de copier-coller ses articles, voici les liens qui y conduisent, pour ce qui se rapporte à l’affaire Deutsch :

 

20 mars 2012

Métronome – Lorànt Deutsch

http://www.histoire-pour-tous.fr/livres/67-essais/4031-me...

 

14 avril 2012-07-14

Métronome, épisode 2. France 5.

http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/58-television/...

 

29 avril 2012

Pour en finir avec Lorànt Deutsch

http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/58-television/...

 

*

 

Le troisième, découvert par moi, n’a rien à voir avec Lorànt Deutsch et tout avec le Paris de la Commune (photos, gravures, fac-similés, affiches, dessins de Tardi, etc.).

 

À ne rater sous aucun prétexte :

La commune de Paris

http://www.raspouteam.org/


Mis en ligne par Théroigne

le 17 juillet 2012


 

 

 

 


 

 

 

 

20:30 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/07/2012

Aux sources du chaos mondial actuel

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Notre post d’aujourd’hui ne peut se lire en un seul jour, mais ceux qui ne le liront pas en entier risquent de mourir idiots. Qu’ils ne viennent pas dire, après, qu’on ne les avait pas prévenus.

Catherine

 

 

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL

ACTUEL

AVEC L'EXPLORATRICE ALINE DE DIEGUEZ

ET QUELQUES HARDIS MARINS

 

 L'actualité nous flanque à la face, jour après jour, tant de malfaisances nouvelles - mèche allumée qui va se raccourcissant au Moyen Orient, avec, au bout, un impensable mais très réel baril nucléaire, capable de supprimer toute vie sur la terre ; coups d'État à répétition en Amérique Latine sur le modèle « expulsion de Zelaya » d'il y a trois ans, qui lui-même en répétait beaucoup d'autres ; forcenée mise à sac de la malheureuse Afrique, sous toutes les formes d'agression possibles et imaginables ; manoeuvres d'encerclement de la Chine, excusez du peu, et on en passe – qu'on en viendrait à oublier celles qui ne sont pas nouvelles et qui durent, qui durent...

Car, comme au jeu de bonneteau, ces malfaisances dernier cri servent encore à occulter celle qui, depuis soixante ans, les résume toutes-mais-pourquoi-n'a-t-on-pas-vu-qu'elle-les-annonçait-? Je veux parler du lent génocide à l'oeuvre en Palestine, où il ne s'agit pas d'une colonisation « classique », qui serait déjà pas mal, mais, comme le martèle très justement Gilad Atzmon, de l'effacement programmé et froidement perpétré de tout un peuple.  Non, ils ne veulent pas les asservir, les Palestiniens : ils veulent les anéantir, au moins les jeter à la mer et qu'ils s'y noient.

C'est pourquoi, à l'occasion de la sortie attendue du XIIe chapitre de l'Opus majeur d'Aline de Dieguez, nous avons jugé opportun de réunir ici, dans son sillage, quelques autres manifestations de la lucidité résistante : Gilad Atzmon, interviewé par Silvia Cattori, Eric Hazan et Jacob Cohen interviewés par Jonathan Moadab et Raphaël Berland, et Christophe Oberlin, interrogé par les mêmes et par la même, car les persécutions de l'«état» fasciste devenu nazi d'Israël ne s'exercent pas que sur les Palestiniens sur leur sol, mais sur des Européens, goys ou juifs, un peu partout en Europe. Ainsi en va-t-il des cancers en voie de généralisation.

Si l'édition française n'était devenue la guenille alignée qu'elle est, la somme d'Aline de Dieguez devrait être publiée avec les honneurs et la diffusion maximale dûs à son rang. Elle devra se contenter, j'en ai peur, de l'édition non alignée d'un certain nombre de blogs attentifs, tout comme les vrais journalistes s'expriment aujourd'hui loin des merdias ou pas du tout.

 

 

***

 

 

Aline de Diéguez

 

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

 

" La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. "( Edward Mandell HOUSE )

 

*

 

2ème Partie

 

Aux sources du sionisme

 

XII - Petite généalogie du ghetto appelé "Israël"

 

"La vérité doit être martelée avec constance, parce que le faux continue d'être prêché, non seulement par quelques-uns, mais par une foule de gens. Dans la presse et dans les dictionnaires, dans les écoles et dans les Universités, partout le faux est au pouvoir, parfaitement à l'aise et heureux de savoir qu'il a la majorité pour lui."

Johann Wolfgang von Goethe

 

"Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu'un esprit un peu propre accepte d'être malhonnête."

Le Manifeste censuré d'Albert Camus

 

 

*

 

Afin de comprendre comment s'est formé l' "esprit sioniste" en pleine action aujourd'hui en Israël, il m'a semblé important, à ce stade de l'analyse, de présenter une vue d'ensemble et aussi précise que possible, de la manière dont se sont agglutinées une à une, et au fil du temps, les briques du mur mental qui enferme Israël et ses habitants de l'intérieur et de l'extérieur de leur enclos dans un ghetto politique et psychologique.

Le mur monstrueux érigé en terre palestinienne n'est que le miroir du mur intérieur qui emprisonne ses concepteurs. Au mur qui serpente en Cisjordanie sont venus s'ajouter des murs entre Israël et l'Egypte, des murs entre Israël et la Jordanie et encore des murs entre Israël et le Liban. Le ghetto est en passe d'être hermétiquement clos. Tous ces murs symbolisent une mentalité à la fois arrogante et terrifiée. Pour les adorateurs du dieu Jahvé et pour leurs héritiers politiques contemporains il y a toujours un "nous" et un "eux", le ROW (The Rest of the World) pour reprendre l'expression en usage aux Etats-Unis pour désigner les "non élus".

Lire la suite ici…

 

 

***

 

Mais, parce que l’actualité n’arrête pas de nous rattraper, nous nous voyons obligés d’insérer, entre Aline de Dieguez et nos autres auteurs, une nouvelle qui vient de nous parvenir au moment de mettre en ligne et qui concerne d’ailleurs l’un d’entre eux, puisque Mme Olivia Zemor et M. Jacob Cohen viennent à nouveau d’être victimes d’agressions de la part de la sinistre LDJ.

Qu’on ne s’y méprenne pas, il n’est pas question ici de différends entre communautés ni d’incompatibilités religieuses. Il est question d’un groupe fasciste armé (la LDJ ou Ligue de Défense Juive), qui ne représente que lui-même et qui sème impunément la terreur dans les rues de Paris depuis beaucoup trop longtemps.

Alors, MM. Hollande, Fabius, Valls & Cie, ne disons pas le « changement », mais le minimum de respect des lois républicaines, c’est pour quand ?

 

 

***

 

Message du CAPJPO Euro-Palestine –

6 juillet 2012 :

 

Chères amies, Chers amis,

 

La LDJ ("Ligue de défense Juive") vient d’agresser tour à tour Olivia Zémor et Jacob Cohen à Paris.

 

DANGEREUX ET LÂCHES

 

Fort mécontents de la préparation d’une nouvelle mission internationale "Bienvenue en Palestine" du 24 au 31 août, destinée à aller encourager la rentrée scolaire des enfants palestiniens et à affirmer le droit de circulation en Palestine, les fascistes de la LDJ s’en sont pris à Olivia Zémor le 28 juin dernier.

Courageusement, à leur habitude, c’est en bande qu’ils ont commis leur forfait, contre une femme seule, en l’agressant de dos, qui plus est.

Alors qu’Olivia Zémor était assise à la terrasse d’un café à la Bastille, elle a été attaquée et a reçu sur la tête, le visage et le corps, de la peinture à l’huile, ce qui a nécessité un transport aux urgences de l’Hôtel Dieu par les pompiers, étant donné la toxicité du produit.

Une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte, d’autant que la LDJ a revendiqué cet "exploit" en publiant une vidéo sur internet.

La police prend l’affaire très au sérieux.

 

Reste à savoir ce que feront les autres échelons du pouvoir ?

Quant à Jacob Cohen, écrivain qui dénonce dans ses romans les méthodes de recrutement du Mossad en France, il a fait l’objet d’une attaque jeudi 5 juillet dans le quartier de Saint-Paul où la LDJ fait régner la terreur. La deuxième du genre, puisqu’il avait été agressé juste avant la présentation de son premier roman en mars 2012, par un groupe de fascistes de la LDJ. Un témoin des faits avait formellement reconnu trois d’entre eux. Mais aucune instruction n’a pour autant été ouverte à ce sujet...

 

POURQUOI LA LDJ N’EST-ELLE PAS INTERDITE EN FRANCE ?

Jusqu’à présent, il est clair que les nazillons de la LDJ ont bénéficié en France de protections en haut lieu, qui les ont incités à multiplier les agressions.

Bien qu’ayant grièvement blessé un grand nombre de personnes en France (sans parler des Palestiniens qu’ils ont tués), dont un commissaire de police resté trois semaines en soins intensifs à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris, ainsi qu’un étudiant de Nanterre qui a quasiment perdu la vue, d’un oeil ;

Bien qu’ayant saccagé différents locaux associatifs et librairies, et même commis des agressions au sein de conseils municipaux et de… tribunaux ;

Bien que proférant menaces de mort et insultes racistes à longueur de temps, de manière signée, sur internet et sur le site de la LDJ

Bien qu’étant quasiment tous identifiés par les services de police et ne se gênant pas pour se mettre en scène personnellement en tant que représentants de la LDJ, tels Jason et Steven Tibi, Dylan Halimi, Joseph Ayache, Philippe Wagner, Anthony Attal, ou Gregory Chelli ; (La vidéo de Joseph Ayache, dit "Yossi", "combattant" dans l’armée israélienne est toujours en ligne : http://www.dailymotion.com/video/x1... ainsi que bien d’autres, comme : http://www.dailymotion.com/613camp#...)

Bien qu’ayant été arrêtés par la police en flagrant délit d’agressions et ayant pour la plupart des casiers judiciaires peu reluisants pour trafic de drogues ou violences conjugales ;

 

MlRACLE : PAS UN SEUL N’A JAMAIS ÉTÉ EN PRISON EN FRANCE !

Quand ils se font quand même pincer, ils n’écopent que de peines de sursis... qui s’accumulent ! Un sursis éternel, en quelque sorte !

Et sinon, ils vont faire un petit tour en lsraël, profitant de leur double nationalité, et personne ne les inquiète à leur retour en France, y compris quand ils tuent des Palestiniens.

Forts de cette impunité, ils commettent donc de nouvelles agressions.

Quant aux rares fois où ils ont été contraints de payer des dommages et intérêts à des victimes (comme lors du saccage de la librairie Résistances), ils n’ont pas à se faire de soucis : l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF) appelle publiquement les auditeurs de "RADIO J" à envoyer de l’argent pour payer leurs dettes !

CES DANGEREUX PETITS VOYOUS SONT PROTÉGÉS PAR LE CRIF QUI NE S’EST JAMAIS ÉMU DE LEURS AGRESSIONS RÉPÉTÉES CONTRE DES CINÉMAS, DES THEÂTRES, DE LEURS RATONNADES, DE LEURS INSULTES RACISTES, DE LEURS APPELS AU LYNCHAGE.

 

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UNE SITUATION HALLUCINANTE

LA FRANCE EST LE SEUL PAYS À ACCEPTER QU’ILS AIENT PIGNON SUR RUE, QU’ILS DÉVERSENT DES INSANITÉS SUR UN SITE PUBLIC, QU’ILS S’ENTRAÎNENT MILITAIREMENT, ET QU’ILS RECRUTENT OUVERTEMENT DES JEUNES PAUMÉS POUR ALLER "CASSER DE L’ARABE" OU DU "JUIF TRAÎTRE", EN FRANCE, ET DU PALESTINIEN DANS LES TERRITOIRES ILLÉGALEMENT OCCUPÉS PAR ISRAËL

Leur association est classée terroriste aux États-unis. Elle est interdite en lsraël même. Mais en France ces bandes peuvent agresser et menacer impunément.

Certaines de leurs agressions ont même été classées dans la catégorie des "actes antisémites" (sic), venant grossir les statistiques du fameux BNVCA (Bureau national de Vigilance contre l’antisémitisme).

Nous en avons eu la preuve à plusieurs reprises, à l’occasion de tags de la LDJ sur les portes de nos immeubles ou de nos locaux !

Quand la police les arrête, et ne les relâche pas quelques heures plus tard, la justice fait semblant de gober les histoires de "religions" et de "communautés" qui s’affronteraient.

Mais les juges ne font que suivre les réquisitions des procureurs, qui suivent eux-mêmes les consignes gouvernementales. D’autant que la gauche, pas plus que la droite n’a jamais émis la moindre protestation. Tous ces politiciens qui vont manger la soupe aux dîners du CRlF, toute honte bue, en multipliant les déclarations sur leur "attachement à lsraël" n’ont pas une seule fois demandé au CRlF de retenir ses chiens.

On fait condamner pour "incitation à la haine et à la violence" des militants pacifiques parce qu’ils appellent au boycott d’lsraël, mais on protège de dangereux nervis fascistes, en cheville avec l’extrême-droite française.

 

NOUS APPELONS L’ENSEMBLE DES DÉMOCRATES ET DES CITOYENS PRÉOCCUPÉS PAR CETTE SITUATION À SAISIR MANUEL VALLS POUR EXIGER L’INTERDICTION DE LA LDJ :

 

M. Manuel Valls

Ministère de l’Intérieur

Place Beauvau

75800 Paris cedex 8

FAX : 01 42 66 92 34

E-mail : sp.ministre@interieur.gouv.fr

 

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

 

PS / Rappel : Jacob Cohen présentera son nouveau roman « Dieu ne repasse pas à Bethléem » ce samedi 7 juillet à 17 H 30 à la librairie Résistances à Paris

 

 ***

 

Chers amis internautes, vous avez bien compris qu’il vous faut sans tarder bombarder M. Manuel VALLS (« Socialiste ») de lettres, émiles, fax et appels téléphoniques – plus il y en aura, mieux cela vaudra -, pour lui rappeler qui, dans ce pays, est le Souverain, puisque ni lui ni ses prédécesseurs ne semblent le savoir.

Et nous, revenons à nos citoyens exemplaires.

 

 

***


Cet « extrémiste » d’OBERLIN

 

Les anciens lecteurs de (l’ancien) Charlie Hebdo se rappelleront peut-être l’incident survenu lors du départ en fanfare de Siné, expulsé par le sémillant Val pour « antisémitisme » ou autre crime à la mode (rechercher la marque du Diable à coups d’épingles sur les fesses des sorcières étant devenu, au moins pour la forme, une préoccupation obsolète).

Siné, désireux de lancer un hebdo rival mais manquant à peu près de tout, avait été spontanément soutenu par un sympathisant, lequel avait mis à sa disposition maison et matériel, avant de partir en voyage. Pour se découvrir, au retour, exclu du collectif qu’il avait lui-même fondé et viré comme un malpropre, pour cause de candidature aux élections européennes sur la liste Europe-Palestine.


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Ce sympathisant, lourdé avec une si élégante gratitude par la bande à Siné, c’était le Dr. Oberlin.

Que revoilà aux prises avec les non-extrémistes du CRIF, pour avoir posé, à ses étudiants, lors de leur examen de médecine humanitaire, une question qui a déplu à ces démocrates.

Jonathan Moadab, du Cercle des Volontaires (on compte bien vous reparler d’eux sous peu) a eu l’idée d’interroger le coupable. Résultat :



Christophe Oberlin, nouvelle victime du lobby sioniste de France.

par Jonathan Moadab


Christophe Oberlin

interviewé par le Cercle des Volontaires

 

« Anti-israélien acharné », « symptôme de l'épidémie anti-israélienne », « haineux », « sujet ahurissant », « antisionisme couplé à de l'antisémitisme », « myopie intellectuelle », « obsessions du militant », « énoncé scélérat », « acte inique », « idéologie », « outrepassé ses fonctions d'enseignant », « contrevient à l'esprit de laïcité de l'enseignement supérieur », « hors sujet », "humaniste obsessionnel qui a fait rire dans le passé », « à la pointe extrême de la haine contre Israël et de la promotion du Hamas », « ignoble question », « questionnaire que le Hamas aurait pu écrire », « incitation à la haine », « neutralité du service public bafouée », « ami de coeur du Hamas », « caractère provocateur et propagandiste », « manipulation » etc.


Ce sont là quelques citations issues des articles produits par la nébuleuse sioniste française concernant la question qui fut posée aux étudiants en médecine de Paris VII, lors de leur examen de médecine humanitaire.


Voici l'objet du délit :


Étude de cas de droit humanitaire – Question longue :

« Vous êtes à l’hôpital de Rafah, situé dans la bande de Gaza lors de la guerre de l’hiver 2008-2009. Des ambulances vous amènent 22 corps portant tous le nom d’Al-Daya. Les ambulanciers et les membres survivants de la famille vous déclarent qu’il s’agissait d’un bombardement classique. Quelle est ou quelles sont les qualifications des crimes perpétrés ? Argumentez votre position en vous basant sur les définitions des différents crimes. » 

Usant de citations tronquées, sortant la question de son contexte, imputant au professeur Oberlin des intentions supposées haineuses et anti-israéliennes, ainsi que d'autres procédés classiques de désinformation, les sionistes ont réussi à faire de cet examen de médecine une affaire publique qui a fait les gros titres de la presse...

À notre connaissance, aucun des individus ayant écrit sur Christophe Oberlin n'a eu la décence de le contacter pour en savoir plus à son sujet, et l’interroger sur le sens réel de cette question. Le Cercle des Volontaires, intrigué par cette polémique, a donc convié le professeur pour un entretien visant à éclairer le public sur cette sombre affaire...


À l'issue de cet entretien, nous n'avons pu que constater le caractère fallacieux des attaques portées contre Christophe Oberlin. Nous avions nous-mêmes, en préparant cette interview, été induits en erreur par ces articles présentant la question posée comme un exercice du type QCM...

(...)

Sources anti-Oberlin :

Christophe Oberlin, anti-israélien acharné, se fait symptôme d’une maladie qui frappe la France

http://www.crif.org/fr/tribune/christophe-oberlin-anti-israélien-acharné-se-fait-symptôme-d’une-maladie-qui-frappe-la-france/31610

Lettre d’un confrère au Dr Christophe Oberlin

http://www.crif.org/fr/actualites/lettre-d’un-confrère-au-dr-christophe-oberlin/31586

J’ai d’autres idées de sujets d’examen pour Christophe Oberlin

http://www.crif.org/fr/tribune/j’ai-d’autres-idées-de-sujets-d’examen-pour-christophe-oberlin/31609

L’université selon Oberlin ( à ne pas confondre avec le collège du même nom)

http://www.crif.org/fr/tribune/l’université-selon-oberlin-à-ne-pas-confondre-avec-le-collège-du-même-nom/31632

Communiqués de l’université Paris 7

http://www.crif.org/fr/communiquedepresse/communiqués-de-l’université-paris-7/31591

Une question particulière

http://www.crif.org/fr/leditorialdupresident/une-question-particulière/31585

Le Dr Oberlin et l’invention du droit humanitaire antisioniste

http://www.europe-israel.org/2012/06/le-dr-oberlin-et-l’invention-du-droit-humanitaire-antisioniste/

Scandale Oberlin à l’Université Paris Diderot, mise au point au regard du Droit International Humanitaire !

http://www.europe-israel.org/2012/06/scandale-oberlin-a-luniversite-paris-d



*

 

Pour en savoir plus, on lira avec intérêt l’entretien qu’a eu avec le Pr. Oberlin la journaliste suisse Silvia Cattori (Tempête dans un verre d’eau),  d’où il ressort quand même que MM. Vincent Berger, président de l’université Paris-Diderot et Alexandre Steyer, recteur de l’académie de Rennes,  semblent souffrir d’un curieux éloignement pour le courage civil..

Comme annoncé dans le corps de l’entretien et pour les raisons qu’il a dites, Christophe Oberlin a adressé à la Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, Mme Geneviève Fioraso, une « Lettre ouverte » que la même Silvia Cattori publie sur son site.

 

 

***   

 

Eric Hazan, éditeur et auteur subversif

 

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On ne présente plus Eric Hazan : né à Paris, en 1936, d’une mère apatride née en Palestine et d’un père juif né en Égypte. Fondateur et animateur « à gauche de la gauche » des éditions La Fabrique, il est surtout connu pour avoir publié L’insurrection qui vient, livre qui fit un malheur grâce aux persécutions dont son auteur fut l’objet (« L’affaire de Tarnac » vous vous souvenez ?). Mais Éric Hazan est aussi un penseur de la lutte politique, et un combattant qui se considère « en état de guerre civile ». Et il a, bien entendu, ses idées sur l’avenir de la Palestine.

Les jeunes gens du Cercle des Volontaires l’ont rencontré à la librairie Tropiques, où il était venu présenter son livre, écrit à quatre mains avec Eyal Sivan : Un état commun entre le Jourdain et la mer. Car, oui, Eric Hazan est partisan de la solution à un seul état. Et il dit pourquoi.

Interview :

 


***

 

Jacob Cohen et

Le printemps des Sayanim

 

 

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Le 12 mars dernier, Jacob Cohen, juif français né au Maroc, était agressé dans un café du boulevard Saint-Germain, par un commando de la LDJ (Ligue de Défense Juive). Pourquoi ? Pour le punir, l’intimider (et en intimider d’autres). C’est que Jacob Cohen est l’auteur d’un livre qui fait quelque bruit : Le printemps des sayanim, paru chez L’Harmattan.

Les Sayanim (en hébreu = assistants) sont des « agents dormants » établis en dehors d’Israël, prêts à aider le Mossad en lui fournissant à la demande une aide logistique. Ils se recrutent principalement parmi les juifs de la Diaspora, mais pas seulement. Le plus célèbre de tous s'appelle Jonathan Pollard.

Video de l’auteur, interrogé par le Cercle des Volontaires.




Dernière minute :

Suite à la nouvelle agression dont vient d’être victime Jacob Cohen, le Cercle des Volontaires publie la lettre ouverte que M. Cohen vient d’adresser à Manuel Valls.

 

 

***


Gilad Atzmon

et les nouveaux inquisiteurs

 

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Les habitués de ce blog ne peuvent plus ignorer Gilad Atzmon. Pour les autres, rappelons brièvement que, né citoyen israélien en 1963, ce très grand musicien de jazz est aussi un homme affligé d’une conscience exigeante. Mettant ses actes en accord avec ses convictions, il a fini par demander l’asile politique à l’Angleterre. S’il croyait par là échapper à la malédiction de sa naissance, il se trompait. Car il n’a plus jamais, depuis son exil, pu se consacrer entièrement et exclusivement à son art. Non seulement il affronte sans répit, au jour le jour, ses anciens compatriotes dont il est devenu la bête noire, mais il ne cesse en même temps d’approfondir sa réflexion sur ce qui a pu pousser un certain nombre de juifs russes, dont il descend, à choisir la voie du fascisme et à envahir une terre qui ne leur appartenait pas, avec le projet d’en supprimer la population, revendiquant, à l’instar d’Adolf Hitler, un Lebensraum de leur choix.

Il a publié, en septembre 2011, The Wandering Who ?, qu’on pourrait traduire par Le QUI errant ?, livre qui vient enfin de paraître en français (La parabole d'Esther) et qui lui vaut, ici comme ailleurs, des attaques sans nombre. Silvia Cattori (dieu que les Suisses ont de la chance !), qui l’avait interviewé lors de la sortie de l’ouvrage en anglais, vient de le réinterviewer. Devinez pourquoi ?

 

UN ENTRETIEN AVEC GILAD ATZMON

Les nouveaux inquisiteurs et leurs campagnes calomnieuses

À la suite de la parution de l’édition française du livre ‘The Wandering Who ?’, nous avons demandé à son auteur, le célèbre jazzman Gilad Atzmon, de répondre aux accusations portées à son encontre par ceux qui tentent en permanence de l’empêcher de s’exprimer et de diffuser ses idées.

Dans son livre, Gilad déconstruit la politique identitaire juive. Il y fustige également la domination de la politique juive au sein des mouvements de gauche et en particulier des mouvements de solidarité avec les Palestiniens. Recueillies par Silvia Cattori ses réponses font apparaître l’inanité des arguments de ceux qui veulent le faire taire.

Lire la suite…

 

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Enfin, pour que notre tour d’horizon soit complet :

 

Le gouvernement israélien assigné en justice par le collectif « Un bateau français pour Gaza »

 

 

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Pour rappel, le Dignité el-Karama, notre bateau d'aujourd'hui, est un de ces bâtiments affrétés par des civils de nationalités diverses, pour porter quelque réconfort et un peu d’aide aux emmurés de Gaza, que la marine israélienne arraisonne couramment dans les eaux internationales et pille après les avoir amenés dans un port. Actes de piratage ordinaire. Le Dignité el-Karama battait pavillon français.


 

COMMUNIQUE DE PRESSE


L’assignation devant un tribunal français du gouvernement israélien a été déposée par Roland Weyl, avocat du collectif.    


Le Dignité Al Karama, symbole de la solidarité de milliers de citoyens français qui demandent la fin du blocus de la bande de Gaza, doit être rendu.

Le Dignité Al Karama, a été arraisonné par des navires militaires israéliens le 19 juillet 2011 dans les eaux internationales, à environ 40 miles nautiques de la côte de la bande de Gaza. Amené de force par la marine israélienne dans le port d’Ashdod, il n’a pas été restitué depuis. Le préjudice subi pour la perte du bateau est évalué à 226 726 euros. Cet arraisonnement dans les eaux internationales d’un bateau de plaisance battant pavillon français, ramené, sous la menace, sur son territoire où il est depuis séquestré est contraire au droit.

Acquis grâce à la mobilisation de milliers de citoyens en France, ce bateau symbolise la volonté de voir le droit international enfin respecté et qu’Israël cesse le blocus de la Bande de Gaza qui asphyxie plus de 1,6 millions de ses habitants.

Israël ne peut agir en toute impunité. La Campagne « Un bateau français pour Gaza » demande la restitution du Dignité Al Karama dans l’état dans lequel il se trouvait au moment de l’arraisonnement et que soient payés des dommages et intérêts  pour les préjudices causés aussi bien au bateau qu’aux passagers.

Le collectif compte sur la justice française pour que le droit soit appliqué.

 

CONFERENCE DE PRESSE

MARDI 26 JUIN 2012 à 11 heures

SALLE DE LA COMMISSION

DES AFFAIRES ECONOMIQUES DU SENAT - Salle n°263

15 rue de Vaugirard, 75005 PARIS

Métro : Luxembourg

 

Le Mouvement de la Paix,

membre du collectif

Saint-Ouen, le 22 juin 2012

 

 

 

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LIVRES

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Mohammed al-RANTISSI

Survivre à Gaza

Récit écrit avec la collaboration

de Christophe OBERLIN et de Jacques-Marie BOURGET

Éd. Koutoubia, 2009



Pour en savoir plus :

http://www.voltairenet.org/achat-en-ligne/fr/livres-en-fr...

 

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Christophe OBERLIN

Chroniques de Gaza

Éd. Demi-Lune, 2011

Collection Résistances

 

Pour en savoir plus :

http://www.google.fr/imgres?q=chroniques+de+gaza+2001-201...

palestine,israël,dignité al-karama,aline de dieguez,silvia cattori,jacob cohen,sayanim,eric hazan,christophe oberlin,olivia zemor,ldj,adolf hitler,cuba,academie de rennes,université paris-diderot,gilad atzmon

 


Christophe OBERLIN

Acacia CONDÈS

Bienvenue en Palestine - DESTINATION INTERDITE

éd. Encre d'Orient; 28 juin 2012



On trouvera "monomaniaque", manquant à la liste relevée par le Cercle des Volontaires, chez un client d'Amazon.


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Éric HAZAN

Un État commun entre le Jourdain et la mer

Éd. La Fabrique ; mars 2012




pour en savoir plus : http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=675

 

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Jacob COHEN

Le printemps des Sayanim

Éd. L’Harmattan, 2010




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Jacob COHEN

Dieu ne repasse pas à Bethléem

Éditions Kalimate, Salé, Maroc

 


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Gilad ATZMON  

Guide des égarés

Phébus, 2005



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Gilad ATZMON

The Wandering who ? A study of Jewish Identity Politics

Zero Books, 2011

 



en  français :

  Atzmon - Parabole 306b35bdfd2f74c4014f14f4a09bd0c9.image.250x384.jpg                                           

Gilad ATZMON

La parabole d’Esther. Anatomie du Peuple Élu

Éditions Demi-Lune, Février 2012

Traduit par Marcel Charbonneau

Préface de Jean Bricmont



Voir la présentation de ce livre sur le site des éditions Demi-Lune :

http://www.editionsdemilune.com/la-parabole-desther-anato...

 

 

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In cauda

 …pour ce que rire est le propre de l’homme…

 

Rions un peu

La propagande anti-cubaine jusqu’au baccalauréat !

 

Plusieurs enseignants et associations de solidarité avec le peuple cubain dénoncent à juste titre la teneur de l’épreuve d’espagnol, langue vivante 1, du baccalauréat des séries S et ES.

Le texte soumis aux candidats, « El muchacho de Camaguey », de l’obscur écrivain espagnol (donc, même pas cubain), Luisgé Martin, dresse un tableau accablant de la vie dans l’île : un Cubain famélique raconte comment il a été arrêté par des policiers déguisés en touristes pour avoir parlé de sa faim et de son dénuement.

Les intentions de ceux qui ont choisi le sujet éclatent dans leurs consignes de correction :

 « On attendra du candidat qu’il commente à partir du texte : La pauvreté sur l’île : la faim en rapport avec la description physique de Carlos, le manque de biens courants : allusion au savon, l’attitude des Cubains vis-à-vis des touristes, les conditions économiques, la censure : crainte, méfiance et répression ».

Les « bonnes » réponses sont récompensées par 5 points, coefficient 3 !

Rarement la propagande anti-cubaine aura atteint ce niveau caricatural et en même temps ce niveau officiel. (…)

Nous reproduisons ci-dessous la lettre ouverte que viennent d’adresser au ministre de l’Éducation Nationale, quatre résidents cubains.   (…)

 

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE FRANCAIS DE L’ÉDUCATION NATIONALE

 

 À M. Vincent Peillon, ministre de l’Education Nationale

           Objet : Scandale du Bac 2012

 Paris,

Monsieur le Ministre,

Une fois de plus, les calomnies et mensonges contre Cuba sont à l’ordre du jour dans la société française.

En cette occasion, c’est le tour du secteur que vous dirigez, qui a choisi comme sujet d’espagnol au baccalauréat le conte « El muchacho de Camagüey » de l’écrivain espagnol Luisgé Martin. Et ce, après avoir consacré à Cuba tout un chapitre de l’année scolaire, laissant de côté le grand nombre d’excellents écrivains cubains reconnus à l’échelle internationale, qui auraient apporté aux élèves de véritables connaissances concernant la culture et la réalité de l’île.

Nous considérons ce choix du jury comme une subtile agression contre la réalité socio-culturelle de notre pays.

Nous soulignons que malgré les difficultés économiques aggravées par la crise que traverse le monde et le blocus brutal exercé par gouvernement des États-Unis depuis plus de cinquante ans, il n’y a pas eu une seule fermeture d’école à Cuba.

L’UNESCO considère le niveau culturel et de scolarisation des citoyens cubains parmi les plus élevés de la planète.

En tant que résidents cubains en France, fiers des conquêtes de notre Révolution, nous regrettons cette manipulation contre notre pays et souhaitons vivement que le Ministère de l’Éducation, formateur des nouvelles générations, reste fidèle à la vérité.

Avec Cuba dans le coeur et dans la pensée,

Cristobal Danilo Campos Aveillé

Virgilio Ponce

Felina Martínez

Vilma Suárez

Source :

http://eldiablo.over-blog.org/article-la-propagande-anti-cubaine-

 

De son côté, l’association « France-Amérique Latine » a publié le communiqué suivant :


Un sujet de bac qui équivaut à un réquisitoire contre le système cubain.

 

L’association France Amérique Latine s’efforce de faire connaître les cultures des peuples d’Amérique Latine, leurs espoirs, leurs élans novateurs, leurs combats et leurs succès dans la défense des droits de l’Homme. Elle a pris connaissance avec stupeur du contenu du sujet de LV1 espagnol pour la session 2012 du baccalauréat L, ES et S, intitulé « El muchacho de Camagüey ».

En effet les candidats sont conduits par un texte tendancieux et un questionnement orienté à présenter Cuba comme un pays misérable où le gouvernement affame le peuple, où règnent la peur et la répression et où des policiers peu scrupuleux montent des pièges visant à châtier toute velléité d’expression.

Ce sujet d’examen national, qui clôturera pour de nombreux adolescents l’étude de la langue, des cultures et des civilisations hispaniques, présente de Cuba une vision caricaturale et mensongère.

Il ne relève en aucun cas de l’information ni de l’analyse mais n’est que propagande et reproduction des stéréotypes véhiculés par une presse et une littérature peu soucieuses de donner à leurs lecteurs les moyens de comprendre des réalités complexes.

La plupart des questions de compréhension et d’expression, auxquelles les élèves doivent répondre, les guident vers une présentation manichéenne de la situation du pays : pauvreté, famine, maigreur des habitants, manque de biens les plus courants, conditions désastreuses imputables aux choix économiques gouvernementaux, censure, sentiment de méfiance et représailles généralisées.

Ces questions conduisent les élèves à énoncer des contrevérités qui s’ancreront dans leurs mémoires. Elles témoignent de la volonté de donner de Cuba une vision unilatérale conforme à la propagande la plus outrancière, la moins renseignée, et ne permettent en aucun cas la réflexion nuancée que nécessite une réalité évolutive et contrastée.

Elles empêchent toute expression divergente puisqu’aucune ouverture, ni dans le texte de Luisgé Martín, ni dans le questionnement qui l’accompagne, n’est laissée aux élèves pour déceler ou présenter des aspects qu’ils ont sans nul doute étudiés au cours de leur scolarité avec leurs professeurs d’espagnol ou d’histoire géographie : les conséquences du blocus économique dont le pays est la cible depuis 50 ans, les progrès sociaux réalisés dans le pays d’Amérique latine où l’espérance de vie et le niveau de santé et de culture sont les plus élevés, le système économique qui assure les biens de base à tous, les débats qui traversent actuellement la société cubaine et amorcent une ouverture politique...

France Amérique Latine déplore le choix d’un sujet partisan et manipulateur qui heurte très certainement la conscience professionnelle des professeurs d’espagnol, soucieux de développer chez leurs élèves la tolérance, l’esprit de recherche, le sens de la nuance ou tout simplement l’acquisition de connaissances fondées sur une étude rigoureuse.

Notre association s’étonne que le ministère de l’Education Nationale et l’Inspection Générale d’espagnol aient pu donner leur aval à un sujet présentant cette vision caricaturale et dénigrante d’un pays qui mérite une approche critique, plurielle, ouverte et républicaine. Notre association sollicite donc une entrevue avec les services responsables de ce choix.


pour lire le sujet de bac LV1 L/ES/S espagnol :

http://www.cafepedagogique.net/Documents/bac2012/ES_S_Espagnol-LV1_2012.pdf

http://www.cafepedagogique.net/Documents/bac2012/L_Espagnol-LV1_2012.pdf

pour lire le billet de Jean Ortiz :

http://antifranquisme.hautetfort.com/archive/2012/06/25/sujet-du-bac-

 

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 Non, ce n’est pas un des honorables membres

 de la Commission des sujets du Bac,

 c’est une bibliomule.

 

 Le gouvernement d’Hugo Chavez, soucieux d’émuler (oui, bon) les Cubains (alphabétisation : 98%) a imaginé cet ingénieux moyen d’alimenter en livres les villages les plus reculés du Vénézuela.


*


Quelle différence entre le sujet proposé aux étudiants en médecine humanitaire et celui proposé, au baccalauréat, aux étudiants en langue espagnole ? C’est que le premier est basé sur des faits rigoureusement exacts et avérés, alors que le second, pris dans un ouvrage de fiction, certes, n’énonce qu’une très tendancieuse série de mensonges (la fiction a bon dos); c'est que le premier laisse libre l'appréciation des élèves et que le second la sollicite, d'une manière qui va jusqu'à l'intimidation.

Nul doute que ces Messieurs du CRIF, groupes de pression de Lannion, Rennes, Paris et autres lieux, et surtout MM. Vincent Berger et Alexandre Steyer, vont enfourcher le quadrupède ailé de leurs grands principes et stigmatiser comme ils le méritent ces propagandistes à gages déguisés en fonctionnaires de l’Éducation Nationale. Que le Pr. Oberlin se sente un peu moins seul...

 






Mis en ligne le 6 juillet 2012 par Catherine L.