20/03/2017

TALLEYRAND AUJOURD'HUI

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Cirque électoral hexagonal - III

 

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Talleyrand aujourd'hui

 

1 - Talleyrand dans la tourmente
2 - Un collaborationnisme messianisé
3 - Sorciers et magiciens
4 - Le gaullisme et le mythe démocratique

 

1 - Talleyrand dans la tourmente

Le 30 janvier 1649, le grand peuple anglais exécutait son roi, Charles 1er pourtant censé avoir été choisi par le ciel. Le 21 janvier 1793, la France décapitait à son tour un roi réputé avoir été désigné par la volonté expresse du créateur de l'univers.

Pour comprendre une révolution psychobiologique de ce calibre, il suffit de se représenter le traumatisme cérébral que serait de nos jours l'exécution, par la volonté du peuple souverain, du roi du Maroc, tenu pour le continuateur du prophète Muhammad. Aussi, en 1814, la victoire sur la France des dynasties sacrées de toute l'Europe avait-elle servi d'assise anthropologique à la guerre contre la Révolution française.

Il était donc décisif de savoir si, à la suite de la défaite de Napoléon à Waterloo, les vainqueurs de 1814 valideraient derechef le principe de la légitimation divine des monarchies de l'époque. Prendraient-elles la suite d'Attila, des Huns, des Mongols, des Wisigoths, pour se repaître de la victoire de leurs armes sur une France vaincue? Se montreraient-elles fidèles au combat dont ces monarchies avaient affiché ostensiblement l'emblème depuis un quart de siècle? Piétineraient-elles leurs propres principes de légitimation divine du pouvoir politique, et cel au seul nom de la victoire de leurs armes sur le champ de bataille?

 

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Talleyrand au Congrès de Vienne

 

L'actualité mondiale de Talleyrand au XXIe siècle tiendra au fait qu'il a aussitôt pris appui sur un principe, celui, à l'époque de la légitimité dite céleste de la dynastie des Capétiens. Il a fermement opposé cette mythologie aux alliés victorieux. Allaient-ils porter le harnais de la trahison de leur propre principe et le fardeau de la peur d'un éventuel retour des idées républicaines? Plieraient-ils l'échine face à la loi de fer des barbares triomphants?

 

2 -Un collaborationnisme messianisé

Oui ou non la victoire américaine de 1945 légitime-t-elle l'occupation éternelle de l'Europe par cinq cents bases militaires? L'Europe écoutera-t-elle la voix d'un Talleyrand d'aujourd'hui? Rappellera-t-il à l'Europe asservie que "tout ce qui est excessif est insignifiant" et que le joug du Pentagone sur l'Occident européen depuis soixante-dix ans sera condamné à l'insignifiance?

Insignifiance de la décision de réunion des quatre nations les plus peuplées d'Europe: l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie et demain, du Portugal à son tour, d'aller de l'avant, puisqu'aussi longtemps que le principe de la présence militaire éternelle des armées d'occupation du Nouveau Monde sur le continent européen exclut toute possibilité sérieuse de conduire un jour la civilisation de Copernic et de Darwin aux retrouvailles avec sa souveraineté.

L'Europe d'aujourd'hui, dirait Talleyrand, ne sera jamais que l'otage du premier empire militaire mondial, puisque le principal ressort de la capitulation de la civilisation de la pensée logique n'est autre que sa volonté ostensiblement affichée ou feutrée de brandir son propre assujettissement sous le masque d'une Liberté trompeusement universalisée. "Le débarquement du 6 juin 1944, ç'a été l'affaire des Anglo-Saxons, d'où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s'installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s'apprêtaient à le faire en Allemagne", confiait le Général de Gaulle à Alain Peyrefitte, alors ministre de l'information.

C'est pourquoi le Général refusa toujours de commémorer le débarquement "américain" du 6 juin 1944, en dépit de la pression du Premier Ministre, Georges Pompidou: "La France a été traitée comme un paillasson! Churchill m'a convoqué comme un châtelain sonne son maître d'hôtel", ajoutait le Général de Gaulle. (Cité par Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, tome 2, Édition de Fallois, Fayard 1997 - pages 84 à 87

Lorsque l'actuel Président de la République française, M. François Hollande, en visite d'Etat aux USA le 11 février 2014, a été menacé publiquement, lors d'une conférence de presse "commune", qu'une "tonne de briques" se déverserait sur sa tête s'il n'obéissait pas aux ordres de l'administration américaine qui interdisait à la France tout commerce avec l'Iran, il n'a pas bronché et l'Airbus présidentiel est sagement demeuré sur le tarmac dans les heures suivantes.

Le génie de l'empire militaire américain aura été de proclamer démocratique un collaborationnisme européen ennemi du patriotisme et de la dignité des nations du Vieux Monde. En patriote lucide, le Général de Gaulle, dénonçait l'humiliation de la France en ces termes: "Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l'avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis " (Général de Gaulle, Ibid)

Voir : Naissance, croissance et agonie de l'Europe américaine , 20 janvier 2017

 

3 - Sorciers et magiciens

Prenons l'exemple de l'omniprésence et de l'omnipotence du cinéma américain en Europe : deux films, Le Voleur de bicyclette de Vittorio de Sica et Affreux, sales et méchants d' Ettore Scola ne doivent pas faire illusion sur le fond. C'est de sa propre volonté de s'asservir que l'Italie a produit des « westerns spaghetti » depuis quatre générations, c'est de sa propre volonté de s'asservir que le festival annuel du film américain de Deauville est souverainement dirigé sur le territoire français par un Américain, au reste porteur de nos jours de la casquette d'agent électoral d'Hillary Clinton.

Quel serait l'apport décisif d'un Talleyrand du XXIe siècle à une anthropologie critique digne d'une politologie enfin scientifique, donc dotée de la distanciation philosophique d'une science des relations entre des États souverains ?

Cet apport commencerait par renouveler le gaullisme lui-même qui souffre d'une insuffisance de la réflexion anthropologique sur la guerre et la paix de l'homme du 18 juin; car le Général de Gaulle ne cesse de décrire sur le ton de l'étonnement ou de l'indignation qu'« un chat est un chat et Rollet un fripon », comme l'écrivait Boileau, précisément en tant qu'historiographe officiel de Louis XIV.

Voltaire disait que la religion est née de la rencontre d'un fripon avec un imbécile. Mais il ignorait encore que le fripon évoqué est, au premier chef, un sorcier et que la première sorcellerie est celle des fripons dont la forte personnalité leur fait proclamer qu'ils sont informés des ultimes secrets du cosmos. À ce titre, le fripon de Voltaire se révèle un magicien de première force et qui exécuterait fidèlement les volontés d'une divinité. L'empire américain repose sur la friponnerie d'un magicien proclamé au service de l'absolu. C'est pourquoi Voltaire croyait encore en l'existence d'un « horloger »  minutieux du cosmos.

 

4 - Le gaullisme et le mythe démocratique

Depuis des siècles, aucun État ne conteste l'existence de Jahvé, revendiquée par le peuple hébreu, l'existence d'Allah postulée par les peuples du Coran, l'existence réclamée par les chrétiens d'un Dieu composé de trois « personnes » : ils « font avec », comme on dit aujourd'hui. Bien plus, les théologiens respectifs sur lesquels ces trois divinités prennent appui se contentent de rogner subrepticement les prérogatives et les apanages de leurs divinités respectives, afin d'augmenter les pouvoirs de leurs fidèles et d'aboutir à un modus vivendi de nature à satisfaire les intérêts des deux parties.

Rien de tel avec les négociations que l'Angleterre ouvre en ce moment avec l'Europe : la question des relations de tout ce beau monde avec l'OTAN sera purement et simplement effacée des tablettes de Clio. La vassalisation du Vieux Continent se trouve tellement avancée que personne ne soulèvera la question de nos attaches avec le sceptre et le joug du Pentagone.

Telle est la question que Talleyrand pose fermement et même rudement aux successeurs aveugles du Général de Gaulle, telle est la question qui se posera inévitablement, à l'Europe parce qu'il n'a jamais existé de politique réelle qui ne se trouve contrainte de préciser la nature et le statut des nations.

Aujourd'hui, Talleyrand nous rappellerait qu'aux yeux du pseudo apostolat démocratique américain, l'empire du dollar et du Pentagone sont les nouveaux horlogers de l'univers. Si le « Diable boiteux » avait guidé les pas du Général, il aurait expliqué aux Français combien il est naturel et inévitable, hélas, qu'un vainqueur exploite au mieux sa victoire et que la vraie victoire de l'empire américain n'est autre que le consentement de tout le monde au débarquement dans les consciences d'un messianisme faussement protecteur et d'une démocratie prétendument salvifique.

Non, aurait dit un de Gaulle à l'écoute de Talleyrand, l'histoire n'est pas un théâtre du salut universel, l'histoire réelle du monde n'est pas celle d'un apostolat mondial du concept de démocratie. L'histoire réelle est celle qu'écrivent les grands visionnaires et les grands réalistes du destin des nations. Mais si vous ne connaissez pas les ressorts psychobiologiques de l'adversaire, comment vous défendriez-vous ? Le Général chinois Sun-Tsu faisait de la connaissance de l'adversaire la clé de la victoire.

Au lieu de cela, les pseudo gaullistes d'aujourd'hui ne cessent de démontrer que De Gaulle était gaulliste au sens qu'ils donnent à ce mot aujourd'hui, c'est-à-dire au sens limité d'un gaullisme soumis au seul concept de démocratie auquel le pseudo « libérateur américain » serait le modèle. A leurs yeux, l'Amérique serait devenue impériale et impérieuse par on ne sait quelle dérive inexplicable de ses idéaux originels.

En vérité, le premier exemple du baptême de la démocratie dans une théologie se trouve dans Tite-Live : après avoir assassiné leur roi Numa Pompilius, le Sénat romain l'avait fait descendre des nues sous les traits d'une divinité chargée de prophétiser l'avenir planétaire de l'empire romain et, depuis lors, on a vu les empereurs se légitimer à seulement proroger d'année en année leur titre officiel de premier Consul.

La réflexion sur le génie politique de Talleyrand nous conduira bien au-delà du gaullisme falsifié d'aujourd'hui : à un regard transfreudien sur la condition humaine en tant que telle et à une psychanalyse anthropologique des mythes religieux que j'ai explicitée le 12 avril 2005 à propos de la mort du pape Jean-Paul II.

Voir : A propos de la mort sacrificielle de Jean Paul II, 12 avril 2005

Il n'est plus possible de retarder l'aiguille du temps sur l'horloge du monde qu'on appelle l'histoire : dans quinze jours j'évoquerai les ressorts financiers et bancaires d'un Occident divisé entre l'empire des Rothschild et celui d'une banque américaine, dirigée par Mario Dragui, ancien cadre de Goldman Sachs, et baptisée banque centrale européenne.

Le 17 mars 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

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Il ne fallait pas nous tenter…

 

 

Notons la date de réalisation de ce film : 1948.

 

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M. Tout à tous (caricature d’époque)

 

 

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M. Dupont-Aignan à la cour du roi Ubu

Rédaction – Les Grosses Orchades 20 mars 2017

 

C’était, ce samedi, au tour du candidat de Debout la France de s’y coller. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il aurait bien fait de le rester… debout.

Figurez-vous un hall de gare, non, d’aéroport. Grand. Vide. Décor absolument grotesque pour montrer un entretien entre deux personnes, au milieu duquel trône, à l’aise et bien cadrée, une créature de sexe apparemment féminin.

Parenthèse : où est-il le candidat qui s’écriera en entrant : « Hé, ho, c’est président de la république que je veux faire, pas meneuse de revue aux Folies Bergères ! C’est quoi, ce burdel ? » (Nous le disons en polonais pour respecter les convenances.)

Bon. Passons. M. Dupont-Aignan est trop bien élevé. Ne dit rien. Et s’assied. Quiconque a lu ses premiers polars dans les années cinquante sait ce qu’était une sellette sous l’ancien régime, une fois adaptée aux commissariats pré-modernes où le prévenu devait s’asseoir sur une chaise branlante penchant vers l’avant car il importait qu’il fût mal à l’aise aussi bien physiquement que moralement, dès l'abord mis à sa place de déchet. Et pas besoin d’insister sur l’ampoule à 200 watts dans les yeux pendant que l’interrogateur-tortionnaire se prélassait à la fois dans l’ombre et dans son fauteuil.

Il a eu droit à ça, M. Dupont-Aignan. Recroquevillé sur sa sellette d’interrogatoire, les jambes repliées sous lui comme un marmot dans une chaise haute et, bien sûr, filmé latéralement, de manière à lui enlever d’avance non seulement toute autorité mais toute dignité même. Le procédé, cousu de cordes de navire est d’une grossièreté insigne, mais faire dans la dentelle n’est pas requis par le cahier des charges.

Là-dessus la créature lui pose pour la forme une question à laquelle le malheureux essaie naïvement de répondre, pour être aussitôt interrompu avec maestria, car il ne faudrait pas que les figurants s’imaginent qu’on les distribue dans des rôles à répliques.

Et en voiture Arthur, pour une séance d’humiliation publique bien rodée – ne vous y trompez pas : on les élève exprès pour ça, drillés à mort ils sont, comme des athlètes sur un tapis roulant, à interrompre le moindre gêneur, pour ne rien dire mais avec volubilité et sans reprendre leur souffle, un peu comme le brouillage nazi de Radio Londres pendant la guerre, vous voyez ?

M. Dupont-Aignan, reconnaissons-le, s’est battu, aussi vaillamment que la chèvre de M. Seguin, pendant une douzaine de minutes, avant de quitter la scène en ramassant autour de lui les pans de sa dignité mise à mal. Mais sa sortie, qui aurait dû être sèche et cinglante, ne le fut pas pour cause de décor prévu pour empêcher ces éventualités.

 


 

On imagine le grand Pierre Brasseur (qu’on a vu un jour jouer Le Diable et le Bon Dieu sous les boules puantes d’une salle truffée de scouts spécialement rameutés pour empêcher son spectacle), on l’imagine à la place du candidat, commençant par flanquer à la pétasse une volée de baffes pour lui apprendre à vivre, tirant la langue à la caméra et sortant majestueusement par le fond. Se déculottant même, pour peu qu’il eût été dans un bon jour.

Les candidats – M. Dupont-Aignan et les autres – doivent cependant savoir qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et qu’on n’a pas attendu la télévision palotine pour noyer les orateurs indésirables sous toutes sortes de huées, cris d’animaux, ricanements sardoniques, raclements de pieds et autres bruits incongrus. M. Mendès-France, pour ne citer que lui, en a su quelque chose le jour de son ultime intervention à l’Assemblée. Marat, deux siècles auparavant, en avait eu lui aussi quelques échantillons, qui écrivit un jour, dans L’Ami du Peuple : « Lasource a cassé trois sonnettes, mais j’ai parlé. » Lasource était le président de séance d’alors, plutôt favorable aux puissants du jour qu’aux empêcheurs de tripoter en rond.

Méditez l’anecdote qui suit, MM. les candidats encombrants :

Un jour que le hourvari était à son comble et menaçait de ne jamais finir, Marat sortit de son habit un pistolet dont il se mit le canon sur la tempe et il s’écria : « Si vous ne me laissez pas parler, je tire. »

Silence de mort.

Si quelqu’un avait osé dire « Chiche ! » et qu’il n’eût pas tiré, il était fini, irrémédiablement discrédité.

Personne n’a osé. Et Marat a parlé.

C’est un grand classique, mais tout le monde  ne le connait pas.

Nous, ce qu’on en dit, ce n’est pas pour donner des conseils.

 

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Aux antipodes : Quand le président Bachar Al-Assad  accorde une interview, c’est toujours à la spartiate : deux fauteuils face à face et une caméra au milieu, l’intervieweur posant des questions et attendant poliment que le Président ait fini d’y répondre. Même Charlie Rose de CNN, c’est dire ! Autre pays, autres mœurs.

 

 

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L’OTAN et l’élection française

Rédaction – Les Grosses Orchades 20 mars 2017

 

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La merdre qu'on voit danser le long des golfes clairs… La merdre a des reflets changeants, sous la pluie…

 

Commençons par répondre à une question de notre lectrice-fétiche Sémimi : Non, nous ne faisons pas campagne pour M. Asselineau. Mais nous avons pensé, peut-être à tort, qu’à un candidat venu de la droite avec les états de service qui sont les siens, « on » permettrait peut-être, qui sait, d’amorcer un début de reflux sur le plan intérieur, un peu à la manière de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord justement.

Quant à sortir de l’Europe, cela reste à voir, mais sortir de l’OTAN, certainement pas. Ni ce candidat, ni les deux autres qui disent le vouloir ne le peuvent, et ils le savent.

 

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est un avertissement qui s’étale clairement aux portes  de cette organisation. Ceux qui ne l’y ont pas vue doivent changer de lunettes. L’OTAN est un enfer non pas de l’autre monde mais de celui-ci.

On ne sort pas de l’OTAN.

Supposons M. Asselineau, M. Mélenchon et Mme Le Pen membres d’un gouvernement de coalition et décidant de concert d’en faire sortir la France. Que croit-on qu’il se passerait ? La France se retrouverait sur l’heure dans la situation où se trouve aujourd’hui la Roumanie, laquelle ne va pas tarder à se trouver dans la situation de la Syrie, pour peu que son gouvernement de gauche s’obstine à vouloir réduire les injustices sociales les plus criantes et sortir de l’organisation terroriste, engagements sur lesquels il s’est fait élire.

Une preuve ?

Le Montenegro vient tout juste d’entrer dans l’OTAN.

À  Washington, M. Rand Paul, sénateur républicain du Kentucky, a aussitôt fait part au Congrès de son malaise à voir les USA intégrer de force dans cette organisation un petit pays dont plus de 60% de la population ne le voulaient pas. Il craint que cette torsion du bras dans le dos n’abîme davantage encore l’image de son pays dans le monde, en quoi il n’a pas tort.

Aussitôt, jaillissant comme un diable à ressort de sa boîte, M. John McCain, sénateur républicain de l’Arizona, l’a accusé d’être payé par Vladimir Poutine pour trahir son pays.

M. Rand Paul, sans trop s’émouvoir, a estimé – à notre avis charitablement – que M. McCain était gâteux, qu’il était une publicité vivante pour le respect obligatoire des dates de péremption et qu’à plus de 80 ans, il serait souhaitable qu’il prît sa retraite.

M. McCain, qui a la fibre patriotique, sauf pour payer ses impôts, a fini de péter les plombs en réclamant la mise en accusation – et pourquoi pas l’arrestation – du traître. (« Rendez-vous au tribunal ! », lui a tweeté un équipier de Rand Paul… en russe.)

Sur quoi quelques-uns de leurs collègues ont commencé à se demander si, en effet, M. McCain ne contrevenait pas à l’article 19 de la Constitution, lequel interdit à tout sénateur d’en calomnier publiquement un autre.

Et l’opinion US (et pas seulement), merdias en tête, de se passionner pour cette guerre des boutons dans un tout nouveau bac à sable. L’article 19 fait fureur.

Et le Montenegro ?... C’est qui le Montenegro ? C’est où ? Pfffttt !

 

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Pays infiniment petit comme on le voit, mais qui donne à l’OTAN accès à l’Adriatique par-dessus la Serbie

 

La sortie de quiconque de l’OTAN ne peut se concevoir que par sa fin.

Or, la fin  de l’OTAN n’est possibble que de deux manières :

- soit l’organisation terroriste – qui en meurt d’envie – succombe à la tentation de frapper « préemptivement » la Russie au nucléaire et celle-ci gagne la guerre à un prix qu’on n’ose même pas imaginer, non sans que l’Europe ait été rayée de la carte, Montenegro inclus, qui pourtant ne voulait pas en être ;

- soit les États-Unis implosent de façon totale et soudaine ; encore ne faut-il pas écarter l’éventualité qu’un docteur Folamour quelconque prenne, au milieu de l’effondrement, l’initiative individuelle de presser le bouton rouge.

 

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Dans tous les cas : bain de sang.

 

 

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ENFUMAGES

 

Société civile contre démocratie

Fernand Le Pic – ANTIPRESSE 19 mars 2017

 

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A y regarder de près, la « société civile » est un bien étrange vocable. Au sens propre, elle est «l’association des citoyens». N’est-ce pas ce que le sens commun désigne du simple mot de «société» ? En ajoutant «civile» on jouerait implicitement de l’opposition avec d’autres organisations sociales «non civiles», militaires par exemple. C’était notamment l’avis de György Konrad, célèbre dissident hongrois des années 1980, reprenant à son compte les réflexions de Kant, pour qui «civil» désignait un projet politique s’opposant à l’absolutisme d’État. Mais on passera sur l’évolution du sens de ce concept à travers l’histoire. Ce qui nous occupe c’est son acception contemporaine.

 

 Les origines : Soros, déjà...

La «société civile» apparaît dans le langage courant avec la fin du système soviétique. Elle incarne la dissidence contre les dictatures militaires du Pacte de Varsovie. Son premier promoteur fut sans doute Václav Havel. Dans le prolongement de la publication de la Charte 77, déjà financée à l’époque par George Soros, le futur président tchécoslovaque expliquait que la «transition démocratique» devait s’appuyer sur la «société civile», c’est-à-dire sur de nouvelles «structures informelles», destinées à sortir la population de sa léthargie politique postcommuniste (cf. Le pouvoir des sans-pouvoir, 1978). Mais destinées aussi à l’influencer favorablement dans l’adoption du style de vie américain et de son modèle démocratique pétri de Common law. Sans entrer dans les détails techniques, la notion d’une société civile s’accorde d’autant mieux à ce système juridique qu’il conçoit la loi comme immanente, c’est-à-dire comme la volonté non écrite de la société, que le juge a pour mission de révéler au gré des conflits particuliers qu’il tranche. Dans nos systèmes continentaux romano-germaniques, la loi est souverainiste et transcendante, en ce qu’elle encadre explicitement et par avance le modèle de société qu’il lui est donné d’organiser par la codification. Aux anglo-américains la «société civile», aux européens continentaux le « code civil ». L’hégémonie politique passe aussi par la culture du droit.

 

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10 décembre 1989 – Václav Havel – Place Venceslas

 

Mais revenons à Václav Havel, dont les vœux d’une société civile en terres continentales semblent avoir été anticipés et exaucés d’avance par des bienfaiteurs de Common law. Dès avant la chute du Mur, il avait en effet le soutien de Wendy Luers et de son mari Bill, ambassadeur des États-Unis à Prague de 1983 à 1986. Ces derniers l’aidèrent en particulier à réussir le premier test de mobilisation de la société civile en vue d’un regime change en douceur: la Révolution de velours. Ils formèrent Havel à la prise en main de sa première présidence de la Tchécoslovaquie (1989-1992) et créèrent à cette fin, à Prague et New York, la « Fondation pour la Charte 77 », avec à nouveau un financement garanti par leur ami intime George Soros. Rebaptisée plus tard Foundation for a Civil Society, cette structure contribuera à étendre le modèle de la Révolution de velours aux Révolutions de couleurs.

John Glenn, un acteur essentiel de ces processus de transformation politique, aujourd’hui salarié du sénateur John McCain via le McCain Institute for International Leadership, le confirme très ouvertement: « La société civile constitue un corps fluide de mobilisation politique qui articule tous les enjeux des changements de régime ».

Il faut bien entendu à cette société civile des bureaux, du personnel, des moyens de transport et de diffusion des idées et des savoir-faire requis par ces révolutions. C’est le rôle des ONG et autres think tanks ou programmes d’échanges, de bourses d’études et de formation d’experts, qui façonneront à grande échelle les perceptions politiques souhaitées partout dans le monde.

Ces ONG produisent une inflation de concepts américano-compatibles, destinés à être imposés à la classe politique et au monde économique: multiculturalité, tolérance, sociétés ouvertes, dépassement des frontières, gouvernance d’entreprise, principe de précaution, droit d’ingérence, droits des minorités, développement durable, exception culturelle, droit à migrer dignement, théorie du genre, etc. Leur spécificité est de faire de ces notions politiques des revendications morales, des professions de foi qu’il est tout simplement hérétique de contredire. D’où la floraison d’ONG-Watch, des groupes qui inscrivent la police des mœurs et de la pensée dans leur objet social, avec toute la candeur de l’évidence du juste, c’est-à-dire la légitimité autoproclamée de certifier leurs représentations comme seule vérité admissible.

 

Les médias, relais indispensables

Leur influence est aujourd’hui phénoménale, en particulier comme sources d’expertises et gardiennes de «valeurs démocratiques» abstraites qui se décrivent en une nouvelle grammaire de bois. Mais qui leur a donné un tel mandat si ce ne sont leurs financiers? Elles répondent qu’elles n’ont pas de but lucratif et qu’elles défendent des valeurs immanentes, qu’elles seules ont le courage et les moyens d’exprimer, en surplomb du débat démocratique. En réalité, c’est le processus démocratique qu’elles plombent. Lorsque le vote populaire ne leur convient pas, elles l’attaquent et n’hésitent pas à promouvoir la coercition. Sous prétexte d’éclairer, elles dénoncent. Elles ont même le pouvoir judiciaire de porter plainte au nom de leur société civile. A l’audience pénale, elles surajoutent l’audimat, dont elles ont un besoin vital.

C’est en effet la presse qui les fait exister. Il leur faut cette sorte de notaire qui authentifie leurs actes face à un public dont on organise ainsi l’opinion en commun. Mais pour cela, les beaux discours ne suffisent pas. La «Grande écoute» a besoin de conflits et même de violence pour conserver leurs parts de voix. Cela tombe bien car les ONG adorent la violence. Rappelons-nous, leur fonction première est de faire de la «résistance civile» contre tout système politique réfractaire au modèle de leurs sponsors bien-aimés et connus. Il suffit de persuader l’opinion publique qu’une vision politique antagoniste à la leur est une «agression» contre le modèle social idéal qu’elles incarnent, une injustice, une oppression, voire une régression, pour justifier la mobilisation de la «société civile».

Les mises en scènes varient mais les ressorts sont toujours les mêmes: actions spectaculaires et souvent créatives, destinées à toucher les consciences (Greenpeace, Femen, cadavre d’enfant sur une plage turque, etc.)

Le but n’étant pas de débattre dans un rapport de forces politique mais de s’approprier les bonnes consciences, elles font bon usage de la caricature de substitution au réel, déifiée ou diabolisée selon les besoins. C’est ce que Doug McAdam appelle la «dramaturgie stratégique».

 

Action non-violente, vraiment ?

Mais le biais est plus toxique qu’il n’y paraît car la mobilisation de la société civile constitue en soi une forme de violence, lorsqu’elle s’opère au sein d’une démocratie, contre une volonté populaire majoritaire, ou encore dans le but de subvertir les débats afin d’empêcher cette majorité potentielle d’exister. L’élection de Donald Trump et le vote du Brexit sont déjà des cas d’école à cet égard.

Et ce type d’influence s’exerce par des procédés de persuasion sophistiqués qui ont déjà fait leurs preuves dans ces fameux contextes de regime change. Mais au fait, si le recours au concept de «société civile» pouvait se comprendre dans le cadre d’une «transition démocratique» au sortir d’une dictature, pourquoi devrait-on l’imposer au sein d’une démocratie existante qui fonctionne bien?

En réalité ces ONG plénipotentiaires d’une très abstraite «société civile» représentent autant de projets politiques qu’elles ont de catégories de sponsors; c’est-à-dire très peu: le gouvernement américain et la Commission européenne exerçant un quasi-monopole faîtier dans ce domaine. Au sein de nos démocraties anciennes et bien établies, elles sont là pour concurrencer les institutions étatiques dans l‘élaboration de la norme, et le cas échéant s’y substituer. Par exemple, elles abhorrent la démocratie directe qu’elles estiment trop nationale et enracinante, et qui peut faire obstacle à leurs programmes multiculturels et supranationaux. Elles sont bien décidées à venir à bout du droit d’initiative populaire, qu’elles identifient comme une source d’inspiration beaucoup trop rêvée pour tous les «populismes». Les ONG toutes si sympathiques derrière les engagements altruistes de leurs jeunes recrues, formées aux bonnes écoles de pensée, et affublées des titres académiques les plus prestigieux, sont en réalité violentes par essence.

Elles se jouent des harmonies sociohistoriques et culturelles les mieux établies et les plus sereines, qu’elles brutalisent. Elles savent que leurs actions sont susceptibles de déboucher sur des conflits sociaux profonds, a fortiori lorsqu’elles les présentent comme des avancées inscrites dans le sens de l’histoire. Lorsque l’électorat, c’est-à-dire le Souverain, se rebiffe, elles lui opposent la société civile, c’est-à-dire exactement les mêmes personnes mais dont elles ont usurpé la souveraineté et travesti les convictions. Lorsqu’on en arrive aux «solutions d’experts», pire, au désamorçage des conflits par des accommodements imposés, c’est que la mission des ONG est accomplie ou en voie de l’être. Le changement de régime est proche lorsque l’ONG sort l’étendard de la société civile. Même en Suisse, surtout en Suisse.

 

 

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N.B. des Grosses Orchades

Dans l’article d’ANTIPRESSE qui précède celui-ci, que nous ne reproduirons pas (vous n’avez qu’à vous abonner), « Le premier parti », de Pascal Vandenberghe (Cannibale lecteur), l’auteur, par ailleurs très intéressant, dit au passage ceci :

« Si la démocratie a un avenir, c’est très certainement dans un système de démocratie directe ou semi-directe, en lieu et place d’un système fermé, jacobin, centralisé, dans lequel les politiques forment une caste de professionnels incapables d’entendre les attentes de la population, et a fortiori d’y apporter les réponses pertinentes et efficaces. »

Nous aimerions que les auteurs – ils sont  nombreux ! – qui emploient à tort et à travers le mot « jacobin », généralement accolé d’épithètes péjoratives comme « centralisé », « fermé », etc., disent une bonne fois pour toutes ce qu’ils entendent par là ou que, plus honnêtement, ils s’abstiennent de se servir en guise de repoussoir d’un mot dont, à l’évidence, ils ne connaissent pas le sens, ni l’histoire.

 

 

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Moyen Orient

 

Hassan Nasrallah : la fin de l'illusion des deux États annonce la libération de la Palestine

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2017, à l'occasion de la commémoration annuelle des dirigeants martyrs (VOSTFR)

 


 

Transcription

Eh bien, le deuxième point est la question israélienne du point de vue palestinien.

Que se passe-t-il actuellement ? Israël poursuit le processus de judaïsation au maximum. La judaïsation d'Al-Quds (Jérusalem), l'expulsion de ses habitants, (la construction de) davantage de résidences et de colonies pour modifier son identité et la séparer de la Cisjordanie, jusqu'à l'interdiction de l'appel à la prière, projet du gouvernement de Netanyahu adopté par la Knesset, jusqu'à la loi légalisant le vol de terres palestiniennes en Cisjordanie, avec en cours la construction de milliers de résidences en Cisjordanie, la continuation quotidienne des assassinats, des arrestations et des démolitions de maisons, la destruction des champs, et maintenant, avec Trump, l'évocation du déplacement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv vers Al-Quds (Jérusalem). L'importance de ce point serait la confirmation d'Al-Quds comme capitale éternelle de cette entité usurpatrice. 


L'abandon américain de la solution à deux Etats a une signification pour nous en tant que Résistance. Mais cette solution représentait le seul espoir pour la voie des négociations et pour ceux qui croient en cette voie. Les Américains, Trump a dit hier qu'ils ne feraient pas pression sur Israël. Laissons les Palestiniens négocier directement et s'entendre (avec Israël). Qu'est-ce que cela veut dire ? « Débrouillez-vous et bonne chance. » 


Israël, sans pression américaine, sans pression internationale, sans pression arabe, sans aucune pression, ces sionistes-là, avec leur culture, leurs ambitions, leurs appétits, leur mépris et leur arrogance, ceux-là donneraient-ils (d'eux-mêmes) aux Palestiniens ne seraient-ce que des miettes via des négociations ? Voilà ce que cela signifie (« Débrouillez-vous »).

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Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/03/hassan-nasrallah-la...

Traduction et sous-titres : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

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Et il y en a deux !

Notre faute, on est toujours à la bourre.

Mais on ne saute pas un discours de Nasrallah.

Allez-y doucement : un par jour.

 

Hassan Nasrallah : l'Axe de la Résistance triomphe en Syrie, Israël panique

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 18 mars 2017, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Fatima al-Zahra (as), journée de la femme

 

Section politique du discours


 

Transcription :

Aujourd'hui, ou (plutôt) ces jours-ci sont de fait une occasion (particulière), à savoir que les événements en Syrie et la guerre menée contre la Syrie sont entrés dans leur septième année. C'est-à-dire que six ans se sont écoulés, avec tout ce qu'ils contiennent en fait de souffrances, guerres, complots, confrontations et sacrifices de vies humaines. Avec la fin de la sixième année et le début de la septième, nous nous devons de nous arrêter brièvement, en cette occasion, car elle nous concerne également en premier lieu.

 Tous ceux qui se sont réunis dans les premiers mois du début des événements il y a six ans en fait de forces étatiques, de grandes puissances, de pays régionaux qui se sont réunis, 140, 130 ou 120 pays, sous le nom des « Amis de la Syrie » et qui ont comploté, faisant tout ce qu'ils pouvaient (contre la Syrie). Ils ont parié sur leur capacité à s'emparer de la Syrie en 2 ou 3 mois en 2011. Aujourd'hui, avec la fin de la 6e année, ils sont face à une vérité sanglante et douloureuse, à savoir la déroute, l'échec. Après 6 ans, ces grands pays puissants et importants du monde et de la région en arrivent à un échec, un échec cuisant dans la réalisation de leurs objectifs.

 Durant 6 ans, des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe  - la Turquie n'a pas dépensé d'argent, la France et le Royaume-Uni n'ont pas dépensé d'argent. Tout l'argent qui a financé la guerre en Syrie est de l'argent arabe. Cet argent aurait pu faire disparaitre la pauvreté du monde arabe. Il aurait pu faire sortir la Somalie de la famine, et le Yémen de la famine. Il aurait pu (re)construire les maisons des Palestiniens à Gaza. Il aurait pu raffermir les Palestiniens à Bayt-al-Maqdis (Maison du Sanctuaire / Jérusalem). Cet argent aurait pu garantir des centaines de milliers d'occasions d'emploi des jeunes arabes au chômage. Il aurait pu mettre fin à l'illettrisme de centaines de millions, malheureusement, des dizaines de millions d'hommes et de femmes dans le monde arabe qui sont illettrés. Pas un seul dollar n'a été dépensé pour ces problèmes, mais des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe ont été dépensés pour la guerre en Syrie, contre la Syrie, son régime, son Etat, son armée et son peuple, et contre l'Axe de la Résistance en son sein.

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Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/03/hassan-nasrallah-la...

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

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L’AIPAC a donné 60.000 $ à l’architecte de l’interdiction d’entrée aux musulmans édictée par Trump

Eli Clifton – Information Clearing House16 mars 2017

 

Des déclarations de revenus récemment rendues publiques montrent que le plus grand groupe de pression pro-israélien a subventionné un think tank dont les manigances ont joué un rôle déterminant dans la décision de  l’administration Trump d’interdire l’entrée du territoire aux musulmans.

 

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L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a été remarquablement silencieux sur les lenteurs de l’administration Trump à revenir sur sa flambée d’attaques anti-sémites, menaces de bombardements et nomination d’un ambassadeur en Israël qui a qualifié J Street de « pire que les kapos », ainsi que sur ses liens avec des ethno-nationalistes tels que le stratège de la Maison Blanche Stephen K. Bannon et le haut conseiller Stephen Miller. Mais l’AIPAC a fait plus que tolérer son virage sur l’aile vers l’extrémisme et la xénophobie. Des déclarations de revenus récemment rendues publiques montrent que le plus grand groupe de pression pro-israélien a subventionné le Center for Security Policy  (CSP - Centre pour une Politique Sécuritaire), think tank dont les manigances ont joué un rôle déterminant dans la décision de l’administration Trump d’interdire l’entrée du territoire aux musulmans.

En 2015, l’AIPAC a lancé un lobby en forme d’association sans but lucratif à vocation sociale exemptée d’impôt (« 501c4 advocacy group ») : Citizens for a Nuclear Free Iran (CFNI – « Citoyens pour un Iran non Nucléarisé »). Supposé dépenser 20 millions de $ en juillet et août 2015, ce lobby fut « formé » dans le seul but d’éduquer le public « sur les dangers que faisaient courir les accords US-Iran en cours de négociation », ainsi que l’expliqua son porte-parole Patrick Dorton au New York Times. Le Times rapporta que ce budget de 20 millions de $ allait servir à acheter des espaces publicitaires dans au moins 40 états, ainsi qu’à financer d’autres formes de pression.

De fait, la déclaration fiscale du groupe (consultable ici) révèle que l’entreprise de bourrage de crânes de l’AIPAC a déboursé 18 millions de $ en « dépenses en relations avec les médias », 8,35 millions de $ en « programme de dépenses téléphoniques » et 58.200 $ en « frais d’enquêtes ».

Peu après le lancement du groupe, mon collègue Ali Gharib et moi-même avons remarqué que son site web affichait deux articles faisant la promotion d’un groupe d’opposants iraniens en exil connu comme ex-groupe terroriste, les Mujahedin-e Khalq (MEK = « Moudjahiddines du Peuple »). Le CFNI utilisait même un montage [« b-roll footage »] réalisé d’après une conférence de presse du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), considéré par le Département d’État comme la « branche politique » du MEK (ce qui lui avait valu de figurer sur la liste des organisations terroristes, jusqu’à ce que le MEK en soit lui-même retiré en 2012)          .

Suite à nos efforts pour obtenir quelque commentaire à ce sujet, le lobby de l’AIPAC contre les accords USA-Iran a fait disparaître de son site tout ce qui avait un rapport avec le MEK en invoquant une « erreur de communication », mais le montage vidéo figure toujours dans ses annonces publicitaires et sur Youtube.

Le flirt de l’AIPAC avec des groupes extrémistes semble être allé encore plus loin que l’emprunt au MEK de passages filmés de conférences.

D’autres divulgations fiscales révèlent que le CFNI a versé 60.000 $ à « Secure Freedom », versement référencé « don à un groupe », sous le n° d’identité fiscale 52-1601976. Ce n° d’identité fiscale est celui du Centre pour une Politique Sécuritaire, think tank belliciste dont les activités sont largement consacrées à pousser le gouvernement à augmenter ses dépenses en matière d’armements (il a reçu des fonds de Boeing, de General Dynamics, de Lockheed Martin, de Northrup Grumman, de Raytheon, et de General Electric) et contribue énergiquement à répandre des théories complotistes dépourvues de tout fondement sur l’infiltration du gouvernement US par des musulmans américains et les Frères musulmans.

L’adresse de contact reliée à cette subvention était une résidence privée de la Nouvelle Orléans appartenant à Marsha Halteman, membre du Jewish Institute for National Security Affairs (JNSA). Halteman n’a pas répondu à notre question demandant pourquoi son nom apparaissait en relation avec ce don.

Le chef du CSP est Frank Gaffney, un théoricien de la conspiration islamophobe, qui a prétendu sans le moindre fondement que la collaboratrice de Hillary Clinton, Huma Abedin, l’activiste anti-impôts Grover Norquist et l’ex-collaborateur de George W. Bush Suhail Khan faisaient partie d’un complot des Frères musulmans pour infiltrer le gouvernement US. Il a aussi prétendu que « le croissant et l’étoile islamiques apparaissent dangereusement dans la morphologie du logo de campagne d’Obama et dans celui de la Missile Defense Agency », et il a participé à la création d’un groupe inter-confessionnel visant à soutenir le programme islamophobe de Trump.

Gaffney et la collaboratrice de Trump Kellyanne Conway ont joué un rôle -clé pour amener l’administration Trump à interdire l’entrée du pays aux ressortissants de sept (et maintenant six) pays à populations majoritairement musulmanes.

 

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Kellyanne Conway parlant ici au CPAC 2015 à Washington, D.C

 

En 2015, Gaffney a commandé à la firme de Conway un sondage sur l’attitude générale des musulmans US. Publié en juin 2015, ce sondage prétendait révéler que 51% des musulmans étaient d’avis que « les musulmans des USA devraient pouvoir choisir de vivre sous la char’ia », entre autres découvertes. Mais la méthodologie du sondage était très suspecte, dans la mesure où celui-ci avait consisté en une simple enquête opt-in en ligne (qui pose des questions tendancieuses ne permettant que des réponses affirmatives), méthode que les experts considèrent comme non-fiable. La firme de Conway a elle-même fini par admettre que ses résultats n’étaient pas « statistiquement représentatifs de la population musulmane des États-Unis ».

Mais rien de tout cela n’a empêché Trump de citer le sondage pour justifier sa « totale et complète interdiction aux musulmans d’entrer sur le territoire des États-Unis jusqu’à ce que les représentants de notre pays puissent se rendre compte de ce qui se passe » (7 décembre 2015).

Il est donc plus que possible que les fonds aient servi au CSP à faire du lobbying pour saboter les accords USA-IRAN. Par ailleurs, l’empressement de l’AIPAC à s’acoquiner avec une organisation dont le président, Frank Gaffney, a été dénoncé par l’Anti-Defamation League, le Southern Poverty Law Center et l’American Conservative Union (qui l’ont brièvement exclu de leurs manifestations après qu’il eût accusé des opposants politiques de faire partie d’une conspiration des Frères musulmans) soulève de sérieuses questions quant à l’engagement de l’AIPAC à combattre la bigoterie, la discrimination et particulièrement le racisme anti-arabe aussi appelé islamophobie.

Ni l’AIPAC ni le CSP n’ont répondu à nos demandes de commentaires.

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Eli Clifton est un journaliste qui se spécialise dans les rapports entre la politique et l’argent et dans la politique extérieure US. Il a collaboré au réseau American Independent New Network, à Think Progress et à Inter Press Service. L’article ci-dessus est reproduit avec la permission de Lobelog.com.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/46670.htm

Traduction : c.l. pour ASI et Les Grosses Orchades

 

 

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Mis en ligne le 20 mars 2017.

 

 

 

19:42 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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