17/07/2017

RALLUMONS LES LUMIÈRES !

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Petit coup de pouce à des gens qu’on ne connaît pas. On espère que ce ne sont pas des affreux. Ça se passe à Argentat sur Dordogne, et ça s’appelle :

 

Histoires de passages

 

Pour le programme et toutes informations : c’est là :

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http://www.histoiresdepassages.com/

 

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Les vidéos ne sont malheureusement pas sous-titrées, mais Justin Raimondo raconte très bien.

 

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Tucker Carlson, exterminateur de néocons

Justin Raimondo – Antiwar.com 13 juillet 2017

 

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Oh, que ce fut jouissif ! Et que nous avons eu de plaisir – plaisir bien trop rare pour les anti-interventionnistes que nous sommes – à voir non pas un mais deux néoconservateurs les plus en vue se faire descendre en flammes sur les écrans de la télévision nationale. À voir Tucker Carlson, dont l’émission est un brillant fanal de raison dans ce monde en voie d’obscurcissement rapide, remplir son rôle de service public en démolissant Ralph Peters ET Max Boot dans deux émissions successives. Mais  ces deux rencontres avec le mal n’ont pas été que divertissantes à regarder, elles ont été aussi très instructives par ce qu’elles nous ont appris sur la faiblesse essentielle du Parti de la Guerre et sur l’échec de la stratégie qu’il déploie pour se gagner le peuple américain.

La première victime de Tucker fut Ralph Peters, un soi-disant « expert militaire » qui a eu son rond de serviette permanent sur Fox News depuis avant la guerre d’Irak, guerre dont il a été, faut-il le dire, un partisan rabique. Tucker débute son programme en observant que le « calife » d’ISIS, Abou Bakr al-Baghdadi pourrait avoir été tué au cours d’une attaque aérienne russe et que dans les bruits qui courent à Washington, il n’est plus question d'ISIS ni de le défaire mais de l’Iran, ennemi principal. Il demande pourquoi cela ? Pourquoi ne pas prendre un moment pour célébrer la mort de Baghdadi et admettre que nous avons quelques intérêts en commun avec les Russes ?

 


 

Peters saute à pieds joints dans l’outrance qui lui est coutumière : « Nous ne pouvons pas avoir d’alliance avec des terroristes. Ce ne sont pas des islamistes mais ce sont des terroristes ». Il prétend alors que les Russes ne combattent pas vraiment ISIS, qu’ils bombardent en réalité des hôpitaux, des enfants et « nos alliés » (c’est-à-dire les rebelles syriens islamistes entraînés et financés par la CIA et alliés à Al-Qaïda et Al-Nosra). Les Russes « haïssent les États-Unis » et « nous n’avons rien en commun avec les Russes » – rien ! « Les Russes, dit Peters, font le lit des Iraniens – le mal incarné dans la région – pour « construire un empire de l’Afghanistan à la Méditerranée ». Ah oui, le « croissant chi’ite », contre lequel les Israéliens et leurs pieux zélateurs aux USA nous mettaient déjà en garde avant la guerre d’Irak. Là-dessus, Tucker fait remarquer que 3.000 Américains ont été tués par des terroristes à l’intérieur des USA et que « aucun d’entre euxs n’était chi’ite, tous (ces terroristes) étaient des extrémistes sunnites soutenus par les Saoudiens, qui sont censés être nos alliés ». Et pendant qu’on est sur ce sujet  « Pourquoi », demande Tucker, « si nous avons si peur de l’Iran, avons-nous tué Saddam Hussein et ainsi… »

« Parce que nous sommes stupides », dit Peters.

Oh la la ! Peters a été un des partisans les plus acharnés de la guerre d’Irak : nous sommes stupides, je suppose, de l’avoir écouté. Mais Tucker laisse glisser pour le moment, il garde sa grosse artillerie pour quand il pourra expédier Peters complètement. Et Peters fonce droit dans le piège quand Tucker demande pourquoi nous ne pouvons pas coopérer avec les Russes, puisque nos deux pays sont également attaqués par les terroristes sunnites :

 « PETERS : À vous entendre, on croirait Charles Lindbergh en 1938 disant que Hitler ne nous a pas attaqués.

« TUCKER : Je vous demande pardon ? Vous ne pouvez pas me comparer à quelqu’un qui trouvait des excuses à Hitler. Et je ne pense pas que Poutine lui soit comparable.

« PETERS : Je pense que Poutine l’est.

« TUCKER : Je pense que ceci n’est vraiment qu’une outrance grossière. Je pense que c’est de la démence.

« PETERS : Parfait, vous pouvez penser que c’est de la démence tant que vous voulez »

Pour les néocons, nous sommes toujours en 1938. L’ennemi est toujours la reincarnation d’Hitler et quiconque met en question la sagesse de la guerre est dénoncé comme un « conciliateur » du genre de Neville Chamberlain ou Lindbergh. Cependant, personne n’examine jamais ni ne conteste la supposition que cache ce trope rhétorique, à savoir que la guerre avec l’ennemi du moment – que ce soit Saddam Hussein, les ayatollahs iraniens ou Vladimir Poutine – est inévitable et imminente. Si Poutine est Hitler, et si la Russie est l’Allemagne nazie, alors, nous devons pousser l’analogie jusqu’au bout et en déduire que nous serons sous peu en guerre avec le Kremlin.

Après tout, les opposants à Charles Libndbergh, dans le grand débat des années 1940, disaient ouvertement qu’Hitler, quireprésentait une menace existentielle pour l’Occident, devait être détruit, et que ce but ne pouvait être atteint que par la guerre. Bien sûr, Franklin Roosevelt prétendait qu’il n’en était rien et ne cessait de donner sa parole que nous ne nous préparions pas à entrer en guerre, en même temps qu’en secret il manipulait les événements pour que la guerre soit pratiquement inévitable. Pendant ce temps, les partisans les plus honnêtes du Parti de la Guerre proclamaient ouvertement qu’il nous fallait aider la Grande Bretagne et, donc, entrer en guerre.

Est-ce là ce que Peters et sa bande de néocons veulent – que nous partions en guerre contre une Russie armée de la foudre nucléaire et que nous annihilions la plus grande partie du monde dans un Armageddon radioactif ? Cela en a tout l’air. Le trope Hitler-Lindbergh fait certainement plus que simplement l’impliquer.

Visiblement irrité par cette calomnie à son égard, Tucker, le pourfendeur de néocons, se prépare alors à l’estocade.

 « Je détesterais retourner en arrière et lire les articles où vous assuriez à l’Amérique que nous emparer de Saddam Hussein allait rendre la région plus calme, plus paisible, et mettre l’Amérique en sécurité, alors qu’en fait cela a été exactement le contraire et a eu pour effet d’investir de toutes les responsabilités la Russie et l’Iran, les deux pays que vous dites craindre le plus – soyons honnêtes et reconnaissons qu’on ne sait jamais au juste comment les choses tourneront.

« Elles ne sont pas entièrement prévisibles, c’est pourquoi nous devrions peut-être nous modérer avant de traiter les gens de conciliateurs à la Chamberlain. »

Tout ce que les néocons détestent ! Leur rappeler leur palmarès, c’est comme montrer un crucifix à un vampire. Pourquoi devrions-nous écouter Peters, qui a eu tort sur tout pendant des dizaines d’années ? Sa réponse est la riposte-type des néocons à toutes les questions honnêtes sur leur politique et leurs états de service : vous êtes un traître, vous « applaudissez Vladimir Poutine ! ». À quoi Tucker répond, en bon « Amérique d’Abord » qu’il est :

 « J’applaudis l’Amérique, comme toujours. Nos intérêts doivent passer en premier. Et, dans la mesure où former des alliances temporaires avec d’autres pays peut servir nos intérêts, je suis d’avis qu’on le fasse. Se lancer dans des affirmations pseudo-morales à l’emporte pièces – des affirmations grotesques – et comparer les gens à Hitler ne fait pas avancer le schmilblick d’un centimètre et nous rend aveugles aux réalités. »

Peters n’a aucun argument réel à faire valoir, il recourt donc à la méthode qui est devenue une routine en politique américaine : accuser tout opposant d’être un agent de l’étranger. Tucker, dit Peters est un « apologiste » non seulement de Poutine mais du président syrien Bachar al-Assad. Une fois encore, Tucker répond aux calomnies par de la froide logique :

 « Ainsi, parce que je pose des questions rationnelles sur ce qui est préférable pour l’Amérique, je suis un ami des hommes forts et des dictateurs ? C’est là un refus de débat conservateur type, pas même un début de conversation rationnelle. La seule chose que je dirai, moi, c’est que quand la Syrie était gouvernée par Assad, 10% de la population était chrétienne et vivait relativement en paix. »

Et c’est vraiment là toute la question : le Parti de la Guerre s’oppose à toute conversation. Ils ne veulent pas d’un débat – quand avons-nous eu un débat correct dans ce pays sur la politique étrangère ? Ils utilisent la peur, les insinuations et les « arguments » ad hominem pour nous entraîner de force dans une guerre après l’autre. Et ça, Tucker n’en veut pas.

Pourquoi ceci est-il important ? Après tout, c’est juste un show télévisé, et pour amusant que ce soit de voir un éminent néocon se faire rétamer, à quoi rime tout ça finalement ? Eh bien, c’est important parce que, d’abord, Tucker n’a pas commencé par parler raison en matière de politique étrangère. Il a entamé une conversation en conservateur conventionnel, et c’est alors que quelque chose s’est produit. Comme il l’a dit à Peters à la fin de la séquence :

 « Je veux agir dans l’intérêt de l’Amérique et qu’on arrête de lancer des accusations creuses à la volée contre des pays que nous ne comprenons pas vraiment en espérant que tout finira bien. J’ai assez vu faire ça et ça n’a pas marché. »

Ce qui est vrai ne paraît pas nécessairement évident, du moins aux yeux de ceux d’entre nous qui ne sont pas omniscients. Beaucoup de conservateurs, comme d’ailleurs l’ensemble du pays, ont fini par apprendre quelque chose à force de voir s’accumuler les désastres en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie. À droite, beaucoup ont rejeté l’« idéalisme » néoconservateur qui a détruit le Moyen Orient et déchaîné ISIS. Quand Donald Trump s’est présenté devant le GOP de Caroline du Sud et a dit aux mandarins qu’on nous avait entraînés dans la guerre d’Irak à coups de mensonges, les classes bavardes ont aussitôt décrété qu’il était fini, et pourtant il a gagné cette primaire et il a même emporté la nomination, précisément parce que les électeurs républicains étaient prêts à entendre ce message.

À vrai dire, le scepticisme de l’America First de Trump, quand on en vient aux guerres étrangères, est ce qui a fait toute la différence dans l’élection, comme le montre une étude récente : des communautés durement touchées par nos guerres sans fin l’ont mis en tête dans les état-clés du Wisconsin, du Michigan et de Pennsylvanie. C’est cela, et non l’« ingérence russe » qui lui a apporté la Maison Blanche sur un plateau.

L’évolution idéologique de Tucker Carlson représente assez bien la transformation de la droite américaine à l’âge de Trump : alors que Trump n’est pas, et de loin, un anti-interventionniste, Tucker, lui, n’est pas loin du tout d’en être un. C’est au moins un réaliste avec une antipathie prononcée pour l’aventurisme hors frontières, et on peut considérer qu’un grand pas en avant a été fait, quand quelqu’un en arrive là après être parti de l’orthodoxie néoconservatrice qui a plongé la plus grande partie du monde dans le sang.

Si la démolition de Ralph Peters était le gâteau, la débâcle de l’idéologue néoconservateur Max Boot le soir suivant, fut la cerise, avec pas mal de crème autour.

 


Un exterminé n'a pas apprécié

https://www.youtube.com/watch?v=X3NqTDS65cQ&feature=y...   

Cette vidéo vient d’être supprimée, y compris sur le site d’origine

 

Peut-être les néocons, se voyant battus à plate couture dans le premier round, se sont-ils dit que Boot pouvait faire mieux : ils se trompaient. Tucker l’a mis en pièces rien qu’en le laissant parler : Boot n’a pas répondu à une seule des questions qui lui étaient posées et, comme il avait recours aux typiques arguments ad hominem [et ad personam ! ndt], Tucker a fait une remarque très pertinente :

 « Vous débarrasser des gens qui ne sont pas d’accord avec vous en décrétant qu’ils sont immoraux – ce qui est votre habitude –  n’est pas une forme de débat utile, c’est  une sorte de posture moralisatrice un peu bizarre, venant de vous qui avez eu tort avec constance, de la plus flagrante et flamboyante manière qui soit, depuis plus de dix ans. C’est pourquoi vous devriez vous demander si… »

« BOOT : En quoi ai-je eu tort, Tucker ? En quoi ai-je eu tort ?

« CARLSON : Eh bien, pour vous avoir beaucoup regardé et vous connaître depuis longtemps, je me souviens de façon très nette du jour où vous avez dit que si nous renversions les gouvernements d’Irak et d’Afghanistan, la région serait beaucoup plus sûre et les gens qui les remplaceraient nous aideraient dans notre guerre mondiale contre le terrorisme, mais rien de tout ça n’est arrivé. »

C’est alors que commence la débâcle de Boot, qui se met à hurler « Vous avez soutenu la guerre d’Irak ! ». À quoi Tucker répond sur un ton incisif :

 « Je me suis trompé sur une tonne de choses, on essaie d’apprendre sa leçon. Mais quand on vous a vu, dans le New York Times, nous dire qu’on devait faire davantage pour déposer Kadhafi, parce que, voyez-vous, la Libye s’en trouvera beaucoup mieux le jour où ça arrivera. Et qu’ensuite on vous entend dire qu’il nous faut renverser le régime d’Assad et qu’alors, les choses iront beaucoup mieux en Syrie, on se demande plus ou moins si vous ne feriez pas bien de vous choisir une autre profession. Vendre des assurances par exemple, quelque chose que vous sachiez faire. Je crois que c’est vraiment là qu’est le problème. Est-ce qu’il n’existe pas de sanctions pour ceux qui ont eu tort à ce point-là ? »

Pourquoi, oh pourquoi devrions-nous écouter Peters et Boot et leurs compères néocons qui n’ont pas cessé d’avoir tort – littéralement – mortellement tort sur tout : leur idéologie de cinglés a causé d’innombrables milliers de morts, rien que depuis le 11 septembre 2001. Et pour quoi ?

À la fin, Boot retombe dans les non-arguments habituels : Tucker est « immoral » parce qu’il nie que Trump soit un agent russe et persiste à poser des questions sur notre politique étrangère d’interventions sans fin au Moyen Orient. Tucker continue à demander pourquoi Boot pense que la Russie représente le plus grand des dangers pour les États-Unis et Boot finit par lui répondre : « Parce que c’est le seul pays qui peut nous détruire avec une frappe nucléaire ».

Pour quelqu’un de rationnel, les implications de tout ceci sont évidentes : si c’est vrai, ne devrions-nous pas essayer d’arriver à une espèce de détente ou même à un certain degré de coopération avec Moscou ? Oh, mais non, parce que, voyez-vous, les Russes sont le mal incarné, nous n’avons « rien » en commun avec eux, et dans ce cas, la guerre, n’est-ce pas, est inévitable.

Sur quoi Tucker conclut : « Okay. Je commence à penser que votre jugement a été obscurci par l’idéologie. Je ne comprends pas totalement d’où elle vient, mais je vais laisser nos spectateurs en décider. »

Moi, je sais d’où elle vient. Les spectateurs de Tucker ne savent peut-être pas que Boot est un immigré russe qui, comme tant de fauteurs de guerres russophobes, est arrivé chez nous avec sa haine de la mère patrie dans sa valise. Il y en a tout un peloton comme ça : Cathy Young qui a récemment lancé sa polémique en faveur d’une nouvelle guerre froide dans les colonnes du magazine Reason ; la journaliste d’Atlantic et twitteuse d’obscénités anti-Trump Julia Ioffe, dont la haine viscérale pour son pays d’origine est une véritable monomanie ; Gary Kasparov, l’ex-champion d’échecs, qui consacre l’essentiel de son énergie à fomenter des complots contre Vladimir Poutine et un électorat russe qui a systématiquement rejeté ses campagnes présidentielles, et je pourrais continuer ainsi longtemps, mais vous voyez le tableau.

Alors que la nouvelle guerre froide enveloppe le pays, nous enserre tous dans son étreinte glacée, gèle tout effort de discussion rationnelle sur la politique étrangère US, quelques personnes – quelques braves exceptions – se détachent de la masse vouée à la pensée unique des classes bavardes : au nombre des plus visibles et des plus articulées sont Tucker Carlson, Glenn Greenwald, le journaliste Michael Tracey, le Prof. Stephen Cohen et, bien sûr, notre Ron Paul à nous. Je leur lève mon chapeau en signe de gratitude et d’admiration, parce qu’ils représentent ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui : l’espoir. L’espoir que toute cette folie passera, que nous finirons par vaincre cette ultime offensive du Parti de la Guerre, et que nous jouirons de ce qui passe de nos jours pour de la normalité.

 

Source : http://original.antiwar.com/justin/2017/07/13/tucker-carl...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Syrie et rit encore

Observatus Geopoliticus – Chroniques du Grand jeu

16 juillet 2017

 

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Alep aujourd’hui – Paroisse Saint François

 

Ne vous attendez pas à voir ces photos dans la presstituée, elle serait obligée d'admettre l'invraisemblable propagande qu'elle distille depuis des années. Il s'agit d'Alep, libérée de la mainmise des islamistes modérément modérés. Concerts, bikinis, bals... il semble que les Aléppins soient bien contents de ne plus vivre sous la férule wahhabite ou salafiste des petits héros chéris de l'Occident.

Sur le terrain de la guerre, les grands mouvements attendus se sont mis en branle ainsi que d'autres, plus surprenants. Petit état des lieux :

Lire l’article :

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/07/syrie-et-rit-...

 

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Grain de sel des Grosses Orchades :

On n’est pas trop d’accord avec l’article précédent d’Observatus : Et une poutinade, une ! qui a soulevé, sur le site des Chroniques du Grand jeu, une mini-tempête de commentaires.

En gros, il y est reproché à Poutine de se préparer à vendre à la Turquie quelques-uns de ses S-400, par incapacité à résister à un marché de 2 milliards de dollars.

« À Poutine » ? Ce n’est pas Poutine qui vend, c’est la Russie, c’est-à-dire aussi Sergueï Choigou, ministre de la Défense, Dmitri Rogozine, vice-président du gouvernement, responsable de l’armement et de la recherche scientifique, et un certain nombre d’autres. Car personne – pas même Poutine – ne gouverne seul.

Pour l’argent ? Pour deux malheureux milliards qui ne payeraient même pas ses cigarettes à la fine équipe du Pentagone ?

La Russie, donc, vend à la Turquie des armes que la Turquie, membre de l’OTAN, peut retourner contre elle. Mais retourner comment et pour quoi faire ?

On n’y connaît rien en machines à tuer, mais il nous semble que les S-300, S-400 et S-500 sont des armes défensives.

Et quand a-t-on vu la Russie attaquer un autre pays ? Toutes ses guerres sont des guerres défensives. Les troupes en Afghanistan, les chars à Prague et les avions en Syrie : à la demande de gouvernements de pays alliés (toujours – c’est un détail – attaqués de l’extérieur).

La Turquie ne peut, avec des S-400, attaquer personne. Elle peut se défendre.

Pour la Russie, en revanche, laisser à l’intérieur de l’OTAN, équipée d’armes défensives, une alliée de l’OTAN dont l’OTAN n’est plus sûre, car tous les militaires dont elle était sûre sont en taule, ne nous paraît pas un si mauvais calcul. À supposer que l’OTAN veuille un jour remettre de l’ordre dans son poulailler turc avec des bombinettes, il lui faudra en tout cas y réfléchir à deux fois…

Ce qu’on se demande, nous, c’est : à quand des S-500 au Venezuela ? À crédit !

 

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Restons dans la région…

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Bulletin n° 348- semaine 28 – 2017

 

A PROPOS DE GAZODUCS

 

Une lectrice attentive et avisée nous a interrogés au sujet de notre bulletin n° 347. Elle se demandait et nous demandait si le gazoduc SOUTH STREAM que nous y mentionnions était bien le même que le gazoduc TURKSTREAM. Sa question était judicieuse et nous l’en remercions.

Petit retour sur l’histoire. Il s’agit dans les deux cas de dénominations données par le porteur du projet à savoir la société GAZPROM. Les fournitures de gaz russe à l’Europe de l’ouest se sont longtemps faites à travers de gazoducs terrestres traversant et approvisionnant au passage les pays de l’ancien bloc de l’Est. Le réseau mis en place au temps du Comecon continuait ainsi à fonctionner. Des rapports difficiles entre la Russie d’une part, la Pologne et l’Ukraine d’autre part et les agissements frauduleux de l’Ukraine consistant, à partir de la révolution orange, à faire chanter la Russie en coupant les livraisons vers l’Europe de l’Ouest ont conduit Gazprom et ses principaux clients ouest européens à envisager de court-circuiter Pologne et Ukraine.

La réponse a été de faire passer le gaz russe par des gazoducs sous marins. Le premier d’entre eux NORTH STREAM part du golfe de Botnie passe sous la Baltique et arrive sur la côte allemande à l’Est du pays. De là le gaz peut continuer à circuler par voie terrestre vers ses clients ouest européens. NORTH STREAM fonctionne depuis 2012 et le système donne une telle satisfaction que son doublement est programmé et serait déjà achevé si l’Union Européenne dans sa guerre économique contre la Russie ne freinait pas par tous les moyens la réalisation de NORTH STREAM II. L’Allemagne, gros client et actionnaire de NORTH STREAM I et ses partenaires européens dont le français ENGIE sont en passe d’obtenir la levée du blocage de Bruxelles.

La construction de NORTH STREAM II devrait commencer sous peu et les premières livraisons sont prévues pour 2019. La Pologne qui voit donc passer le gaz russe au large de ses côtes a mis tous les bâtons possibles dans les roues du projet et va devoir acheter du gaz de schiste étasunien liquéfié livré par navires spécialisés. Cette décision qui s’inscrit pleinement dans sa politique de voyageur de commerce a ravi Donald Trump en visite à Varsovie la semaine dernière.

Symétriquement à NORTH STREAM Gazprom avait conçu et programmé un projet de gazoduc sous marin pour alimenter l’Europe du Sud Ouest : il s’agissait de SOUTH STREAM. Le premier tracé retenu aboutissait en Bulgarie et avait les faveurs du gouvernement bulgare. Mais la Bulgarie n’est pas l’Allemagne et en 2014 l’Union européenne a interdit à la Bulgarie de laisser passer SOUTH STREAM sur son territoire. Gazprom a alors étudié une variante qui partant toujours de la côte russe de la Mer Noire aboutirait en Turquie et de là poursuivrait son chemin vers l’Ouest. Cette variante a reçu le nom de TURKISH STREAM et notre lectrice était donc totalement fondée à relever que nous n’avions pas modifié le nom du gazoduc. Nous nos excusons donc auprès de nos lecteurs pour cette imprécision.

Les relations entre la Russie et la Turquie sont passées depuis 2014 par des phases très contradictoires mais l’accord de la Turquie à ce projet parait aujourd’hui acquis puisque les deux pays ont signé un accord sur le sujet en Octobre 2016 et en Mai 2017 le président russe a donné ordre à GAZPROM de commencer les travaux de pose du gazoduc du côté russe. Par contre les documents cartographiques disponibles laissent encore le doute sur le point d’arrivée du gazoduc sur le sol turc. Les plus anciens le font arriver sur le plateau anatolien, les plus récents en Thrace.

Quoi qu’il en soit Turkish Stream construit par une filiale de Gazprom installée à Istanbul est prévu pour approvisionner la Grèce et pour se prolonger vers l’Ouest. Là commence un autre affrontement UE / Russie qui est, pour l’instant, discrètement en cours. Si elle traite la Grèce comme elle a traité la Bulgarie, c’est-à-dire comme un moins que rien, l’UE peut concéder l’achat de gaz russe par la Grèce mais interdire la prolongation du Turkish Stream vers l’Ouest et continuer à soutenir le gaz israélien. En cas d’accord le gaz russe du Turkish Stream peut suivre deux itinéraires, soit traverser la Grèce et rejoindre l’Italie en passant sous l’Adriatique au niveau de l’Épire soit remonter via la Macédoine ou la Bulgarie vers les Balkans et donc permettre à la Russie de livrer des clients qui lui sont fidèles via les gazoducs terrestres existants comme la Slovaquie et l’Autriche et resserrer ses liens avec certains États de cette région comme la Serbie (ce qui déplait souverainement à Bruxelles qui refuse le droit de ce pays de ne pas faire partie ni de l’UE ,ni de l’OTAN).

Une nouvelle partie à jouer sur le grand échiquier gazier européen dans laquelle une nouvelle occasion historique sera offerte à Alexis Tsipras de démontrer qu’il dirige un État souverain.

 

 

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Ce n'est pas la France qui est coupable de la rafle du Vel d'hiv, c’est la bourgeoisie française !

Do – Vive la Révolution 16 juillet 2017

 

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Nantes 1955 – Extrait du film Une chambre en ville, de Jacques Demy 

 

Police, Milice ! Flicaille, Racaille ! (vidéo 1'40)

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http://mai68.org/spip2/spip.php?article535

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Dans le slogan « Police, Milice ! Flicaille, Racaille ! », il n'est nul besoin de justifier « Flicaille, Racaille ! » ; par contre, les plus jeunes d'entre vous auront peut-être besoin d'une explication pour la première partie du slogan : « Police, Milice ! »

Pendant la deuxième guerre mondiale, en France, la Milice était une organisation militarisée composée de Français collaborant avec l'ennemi nazi.

L'immense majorité de la police a collaboré. Cela se voit bien au fait qu'un seul préfet a refusé de prêter serment de fidélité au maréchal Pétain : Jean Moulin. Cela se voit aussi, bien sûr, au fait que ce sont des policiers français qui ont commis la rafle du Vel d'hiv.

De très nombreux policiers s'engagèrent dans la milice.

La police est une bande armée au service de la bourgeoisie destinée à contenir les révoltes du prolétariat.

Non, ce n'est pas la France qui est coupable de la rafle du Vel d'hiv, mais la bourgeoisie française. La bourgeoisie qui, avant guerre, avait pour slogan : « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire ! » soutenait à fond le Maréchal Pétain et la collaboration avec l'ennemi nazi. Par contre, les prolos et les paysans était souvent résistants.

Notamment la CGT et le Parti communiste participèrent grandement à la résistance. Voir par exemple le film de René Clément La bataille du rail. 70 000 membres du PCF furent fusillés par les Allemands. C'est pourquoi, après guerre, le PCF fut appelé Le Parti des fusillés !

Pourquoi donc le pouvoir tient-il tant que ça à ce que le France soit LA responsable de la rafle du Vel d'hiv, et pas l'Allemagne par exemple ?

Parce qu'il faut faire culpabiliser les Français afin que tous acceptent les ignominies commises par Israël en Palestine, et parce qu'il faut justifier que ce soit la fraction juive de la bourgeoisie française qui domine la France.

 

Source : http://mai68.org/spip2/spip.php?article535

 

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Appel du 17 juin 1940 de Charles Tillon du PCF

http://mai68.org/spip/spip.php?article1324

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L'appel du 10 juillet 1940 du parti communiste français

LEUR 10 JUILLET ET LE NÔTRE !

Article complet : http://mai68.org/spip/spip.php?article4185

 

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Nous vous avons parlé de Mateusz Piskorski et de sa lettre à Donald Trump dans notre post du 24 janvier dernier. Aujourd’hui, nous recevons ceci, de Bruno Drweski

 

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Chers Amis et Camarades,

 Je vous envoie ci-joint la lettre traduite du polonais en français et l'autre en anglais d'un ami polonais, Mateusz Piskorski, qui est en prison à Varsovie pour des raisons politiques depuis le printemps 2016. Il a été arrêté mais n'a toujours pas reçu d'acte d'accusation. Au début, le pouvoir de Varsovie l'a accusé dans les médias pour des liens supposés avec la Russie, puis la Chine, puis... l'Irak (en fait, on pense qu'il s'agissait de l'Iran, mais les incultes au pouvoir à Varsovie ne font sans doute pas la différence entre ces deux pays) et la suite, vous pourrez la lire dans ces lettres plus bas. Pendant un an, il a été emprisonné sous le coup de l'injonction du procureur et, au bout d'un an, il y a quelques semaines, après avoir été copieusement battu et envoyé à l'hôpital, c'est le juge qui a prolongé sa détention. Au début tout contact avec lui, que ce soit sa famille, ses amis ou ses avocats étaient interdits. Aucun courrier non plus.  Il n'a lui-même pu intervenir qu'une seule fois en plus d'un an pour se défendre devant le procureur dans une session à huis clos. Maintenant, depuis son arrestation sous contrôle judiciaire et non plus du procureur, il peut écrire et lire mais ses droits de visite restent très limités. Et évidemment aucun procès public n'est prévu.

 On le réprime en fait parce qu'il dénonce l'OTAN et la politique de l'Ukraine, et qu'il prône un rapprochement avec la Russie et a développé un réseau de contacts dans l'ex-URSS avec des journalistes, des militants, etc,  et créé en Pologne un petit parti de gauche (« Zmiana » - Changement) soutenant cette orientation. Il condamne par ailleurs la guerre visant la Syrie et il s'était rendu à Tripoli en 2011 lors de l'attaque de l'OTAN contre ce pays. Il enseigne la science politique à l'université, a créé un centre de recherche et un site en ligne d'études géopolitiques (http://www.geopolityka.org/) qui a organisé plusieurs conférences internationales et publié plusieurs livres en version papier (dont certains avec ma participation).

 Il est dénoncé par l'extrême droite fascisante pour ses positions anti-maïdan et « pro-russes », par les libéraux pour ses positions anticapitalistes et anti-OTAN, mais il est souvent mal vu aussi des milieux de la gauche « modérée » ou même « radicale » mais pro-OTAN/pro-UE, pour ses positions anti-OTAN et le fait qu'il participe à des activités dans plusieurs pays où l'on trouve des personnes accusées d'être d'extrême droite. Comme vous le savez on peut être ouvertement nazi et cela ne pose aucun problème si c'est en faveur de l'OTAN, ce que l'Ukraine et les pays baltes en particulier démontrent quasi-quotidiennement, mais si on est contre on est forcément « rouge-brun ». Comme en 1989, alors qu'il sortait du lycée et qu'il était encore très jeune, il a adhéré à une association nationaliste anti-occidentale anti-chrétienne, slavophile et néo-païenne, alors on ressort cela pour l'accuser d'être issu de l'extrême-droite, alors même que ses anciens copains le menacent de mort depuis 10 ans pour avoir « trahi ». En 1989, la gauche n'existait plus et il était difficile pour un jeune sortant de l'adolescence qui ne voulait pas voir son pays tomber dans le capitalisme et la soumission à l'impérialisme allemand, de trouver tout de suite autre chose que la « slavophilie ». Il est aussi quelqu'un de relativement connu car il a été député et porte-parole d'un homme politique polonais décrété « populiste » et qu'on a retrouvé « suicidé » dans des conditions toujours pas élucidées.

 Bref, je vous écris cette lettre d'abord pour que vous ayez connaissance de ces faits qui se déroulent au sein de « la famille démocratique européenne » et pour vous demander de relayer l'information et aussi, dans la mesure du possible, de lui écrire des lettres (en polonais, russe, allemand ou anglais) et de lui envoyer des livres et publications pour éviter qu'il ne craque entre quatre murs à l'isolement total où il se trouve. L'adresse figure au début de la première lettre que j'ai traduite. Celle-là est adressée à un ami et camarade allemand d'origine polonaise militant à Die Linke. La seconde vient d'un des dirigeants du Parti communiste autrichien, section Styrie (la plus puissante et la plus à gauche des sections du KPÖ). Je l'ai laissée en anglais. Tous les deux sont d'accord pour qu'on la diffuse (sans les parties plus privées).

Sachez bien sûr aussi que, à côté du cas Piskorski, qui est le plus aigu, l'actuel pouvoir en Pologne mène plusieurs autres actions antidémocratiques :

 

- Plusieurs activités récurrentes anti-syndicales,

- Un procès contre trois militants du Parti communiste de Pologne accusés de promouvoir les idées « totalitaires »,

- une enquête visant à délégaliser le Parti communiste polonais sous prétexte de développer une idéologie anti-démocratique,

- l'introduction d'une loi qui oblige toutes les communes de Pologne à changer les noms de lieux consacrés à l'armée soviétique, aux militants communistes polonais et qui, dans son application, vise souvent également le souvenir de nombreux syndicalistes, militants ou combattants de la résistance ou du XIXe siècle qui étaient de gauche, sans forcément être communistes,

- la destruction systématique de tous les monuments commémorant l'armée soviétique (600 000 soldats soviétiques sont morts sur le sol polonais entre 1944 et 1945). Une partie de ces monuments devrait être rassemblée selon les informations en cours dans un ancien abri anti-atomique souterrain, qui sera transformé en « musée du totalitarisme » ... Dont on peut subodorer le caractère de propagande des horreurs.

 

Elle est pas belle l'Europe ?

Voilà l'ambiance générale. Je vous demande donc de diffuser cette information et de réagir chacun à la manière que vous pourrez. L'essentiel est de lui écrire et d'envoyer de la littérature. On essaie par ailleurs d'agir sur le terrain juridique. Mais toute bonne volonté dans ce sens, sera la bienvenue.

Il ne s'agit pas ici des opinions politiques de Mateusz, avec lesquelles je ne suis d'ailleurs pas toujours d'accord sur tout, mais du fait qu'on ne peut pas tolérer que quelqu'un soit indéfiniment sous les verrous sans acte d'accusation et sans procès public. Et qu'il n'ait lui-même pas la plupart du temps le droit de parole lors des sessions à huis clos !

Salut et Fraternité

Bruno Drweski

P.S. On dit aussi qu'il a été arrêté parce qu’il avait trouvé des documents compromettant sur l'actuel ministre polonais de la guerre, un ultra parmi les ultras, documents qui devaient paraître dans un livre sur le point de sortir… quelques jours avant son arrestation.

 

10. Free Psikorski.jpeg

 

Mateusz Piskorski

Areszt Sledczy Warszawa-Sluzewiec (Maison d'arrêt pour enquête)

ul.Klobucka 5

02-699 Warszawa

Pologne                                                                     

Pologne Varsovie, le 9/6/2017

 

Cher Piotr, Chère Monika,

 

Je vous remercie beaucoup pour votre lettre et le très intéressant livre sur le procès de Georges Dimitrov. Je vous écris en polonais pour que la lettre passe plus vite la censure du procureur.

(…)

Je vous remercie énormément pour votre appui et votre soutien. C'est dans des situations comme la mienne que l'on peut découvrir ses vrais amis et camarades. C'est pour moi très important que je les aie trouvés en vous. Depuis plus d'un an, comme vous le savez, je suis un prisonnier politique. Ils me tiennent en prison sur la base d'accusations qui ne constituent pas en Pologne un délit. J'aurais participé à la « guerre de l'information visant à exercer une influence sur l'opinion de la société », organisé une mission d'observateurs lors du référendum en Crimée en 2014, j'aurais organisé l'action visant à « dévaster » le monument à Bandera en Ukraine, etc. Ces accusations proviennent de la coopération entre l'Agence de sécurité intérieure polonaise (ABW) avec la CIA, le service de sécurité ukrainien et les services d'espionnage fascisants des États baltes. Ils m'accusent d'avoir voulu organiser une manifestation contre l'OTAN à Varsovie. Ils soutiennent que toute personne qui a des contacts en Russie doit être un espion, et ils parlent d'ailleurs des Russes en utilisant des épithètes méprisantes à leur égard (…). Ils sont remplis de haine. Le 25 avril, j'ai été battu par un fonctionnaire de l'ABW qui avait, agrafé sur son uniforme,  un insigne typique de l'extrême droite polonaise. En un mot, je suis victime de la fascisation pro-américaine de la vie politique en Pologne.

Je suis soumis à une pression psychologique. On m'a refusé les contacts avec certaines personnes de ma famille la plus proche. On utilise contre moi d'autres méthodes visant à me casser physiquement, moralement et psychiquement.

La Pologne est un pays subissant une fascisation progressive. On peut constater très clairement aussi qu'elle est totalement soumise aux néoconservateurs des USA. Les néolibéraux protestent en apparence contre la fascisation, mais c'est eux-mêmes qui en sont la cause première. Il y a quelques années on aurait pu enquêter sur les politiciens du PiS [BD : parti actuellement au pouvoir], ne serait-ce que pour le cas de la mort d'Andrzej Lepper ou de Barbara Blida [deux politiciens polonais « suicidés »]. Ils n'ont rien fait et l'hydre a donc pu renaître en Pologne. Comme vous le savez, il n'y a pas de gauche en Pologne depuis longtemps. L'Alliance de la gauche démocratique n'est qu'une social-démocratie rachitique, comme c'est aussi le cas du parti antirusse « Razem ». C'est pour cela que je peux dire que les répressions m'ont visé à la plus mauvaise étape de l'histoire de la Pologne actuelle. Ils me disent sans détour que leur objectif est que je sois sous arrestation illimitée. Je rajouterai personnellement à cela qu'ils veulent se débarrasser complètement de moi. Ce n'est pas si tragique pour moi mais surtout pour mes enfants à qui ils ont pris leur père. Je ne vais pas poursuivre en vous ennuyant avec mes plaintes. Je voulais seulement que vous sachiez que je suis enfermé en prison pour ce en quoi je crois, pour les idées que je voulais réaliser, au nom desquelles je me suis battu et il serait bon qu'en Allemagne personne n'ai la moindre illusion sur la situation qui règne de l'autre côté de l'Odra et de la Nysa.

Je suis intéressé à savoir quels sont les préparatifs faits par Die Linke pour les prochaines élections au Bundestag. Est-ce que Monika tu seras candidate cette fois ? Si c'est le cas, je fais le vœu que cela marche et qu'il y aura moins d'opportunistes au sein de la fraction et plus de représentants de la gauche de conviction. La situation en Allemagne est très importante pour le développement de la situation en Pologne. Le pire serait que Merkel conserve le pouvoir.

Ma prison n'est pas loin de l'aéroport de Varsovie ce qui me rappelle mon séjour chez vous où l'on entendait le bruit des avions atterrissant à Tegel. Je me rappelle nos longues discussions le soir et parfois la nuit, nos divergences qui étaient pour moi fascinantes. Vous aviez en fait souvent raison, et c'est moi qui me trompais. Tu avais Monika une bonne analyse des faits et une vision de ce qui allait arriver.

Je pense que, en dépit des fautes et des défaites, il serait bon de faire évoluer l'état d'esprit et de conscience politique en Pologne. Si vous pouvez m'envoyer des livres ou des publications intéressantes en allemand, je vous en serai très reconnaissant. Herzliche Grusse !

Mateusz

 

Chère Silvia, Cher AVIC, Chère Marraine des Saker et Cher Do, vous savez ce qui vous reste à faire…

Dear Saker, please help !

 

______________________    

 

11. Zmiana.jpg

 

Gesendet: Montag, 10. Juli 2017 um 09:13 Uhr

 Von: "Funovits Philipp" <philipp.funovits@stmk.gv.at>

An: "'piotr.luczak@gmx.de'" <piotr.luczak@gmx.de>
Cc: "funovits@fastmail.fm" <funovits@fastmail.fm>
Betreff: ABSCHRIFT

 

Übersetzung folgt…

Mateusz Piskorski

AS Warszawa-Sluzewiec

UL Klobucka 5

02-699 Warszawa POLEN

 Warszawa 13.06.2017

 

Dear Philipp !

 

Thanks a lot for your letter and support, which is of great importance for me, as we use to say, that times of hardship let you verify who is a real friend and comrade. First and foremost I would like you and other friends, out there in Austria, Germany, and among left-wing activists in other countries, to know some basic facts about my arrest, detention and all other acts of human rights’ violations here in Poland, in my particular case.

This might be quite interesting, as it can picture some parts of a general tendency ongoing nowadays in one of the EU member states.

 

 1.)    The whole case and investigation is designed to achieve at least three goals:

 

a - to eliminate my political party and other groups questioning the existing system from the public sphere;

b - to show extreme loyalty to the secret services and intelligence [agencies] of other countries (mainly [towards the]U.S. but also Ukrainian regime) as devoted NATO  member-state;

c - to destroy my public image and the public image of other anti-NATO activists in Poland.

 

 2.)    The case is controlled and executed by [the] Internal  Security Agency  (ABW, controlled by [the] deputy chairman of the ruling party, who has been sued by me [back] in the 90ties, as he incited for racial/ ethnic hatred) and [the] National Prosecutor (former MP of the ruling party, whom I publicly criticized several times), still the role of CIA is quite clear as well. Without any evidence they accuse me of espionage for Russian agencies; they perceive all NGOs, political groups and citizens of [the] Russian Federation as secret service collaborators (resemblance to Stalinist times, as well as Sen. McCarthy’s activities in the U.S.). They actually accuse me that I organized Crimean referendum monitoring, several Ukraine-related protests, and even demolition of a statue/monument of S. Bandera [the] Ukranian nazi-collaborator on [the] Ukrainian territory. Therefore, which is propably mostly [should read: most] interesting and extremely absurd, they accuse me of commiting a crime, which… is not defined as a crime in Polish Criminal Codex. This is not my personal feeling, but a fact, confirmed by several academic lawyers, who have written a legal opinion on the case.  As it might be quite hard to believe it, I repeat: I’m kept in jail for more than a year for and on the basis of false accusations, which if even if they were true and based on evidence –are not a Crime in Poland. Shocking, I suppose, but true.

 

3.)    Political arrest and repressions directly include different forms of pressure, moral, political, physical, including:

 

a - lack of any contact with some members of my family, including my newly (on 2nd of January) born son and his mother, only [should read: merely]  on the basis of her Russian citizenship;

b - excessive use of physical force by ABW officers, medically confirmed;

c - refusal to visit my mother, elderly woman, who is seriously ill (neurology – Parkinsons and boreliosis)

d - depriving me of the right to defend myself (during the whole time I have been given the right to speak in a court of law only once).

 

Based on all mentioned [above] a complaint to the European Court of Human Rights has been sent last December, it has already been accepted at the first stage, but the whole procedure might take several years.

When it comes to conditions in Polish jails, I’d just comment, that -according to what I’ve heard from inmates who had been kept in Austria and Germany –we live here as in Medieval times. However believe me. This is not the main concern in my case. I rather worry for my children (three little sons) left without a father and financial support (my savings and earnings frozen and stopped) and my political activists faced with numerous problems and difficulties.

Philipp, I do not dare to ask for any particular support. Simple letter is of great importance. Something to read (English, German) might be a relief, too. But first and foremost, I’d like media and people abroad to know what is going on in my country.

Please, let me know, how are you. How is the situation in Austria politically ?

Pass my greetings to all friends and comrades !

Your friend

Mateusz

 

Mit freundlichen Grüßen

Mag. Philipp Funovits

Amt der Steiermärkischen Landesregierung
Abteilung 17 Landes- und Regionalentwicklung

Referat Statistik und Geoinformation

A-8010 Graz, Trauttmansdorffgasse 2

T     +43 316 877-2512
F     +43 316 877-3711
abteilung17@stmk.gv.at

www.verwaltung.steiermark.at/abteilung17
www.gis.steiermark.at

philipp.funovits@stmk.gv.at

 

12. Torche Grand.gif

 

 

Mis en ligne le 17 juillet 2017.

 

 

 

 

18:58 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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