09/07/2016

VEAU D'OR AMÉRICAIN : LE DTS

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Veau d’Or américain : le DTS

 

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Aline de Diéguez

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

" La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. " ( Edward Mandell HOUSE )

 

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Mort et tentative de résurrection du veau d'or américain : le DTS

 

" Il y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, et l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements."
Honoré de Balzac

 

1 - Comment le dollar est devenu une puissante arme de domination politique après 1971
2 - Une pyramide de Ponzi mondiale
3 - Eurêka, il existe une parade: les DTS (Droits de tirage spéciaux)
4 - Le naufrage du FMI

 

1 - Comment le dollar est devenu une puissante arme de domination politique après 1971

Pratiquement tout le monde admet que le système monétaire international basé sur le dollar américain vit ses derniers jours. Surfant sur le prestige de la victoire militaire en Europe, les accords de Bretton Woods signés en juillet 1944 entre quarante quatre pays - et officiellement destinés à remettre sur pied la machinerie du système monétaire international - organisaient, en réalité, la naissance de l'empire américain et celle d'un nouveau culte du veau d'or, en faisant du dollar la seule monnaie mondiale de référence.

 

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Bretton Wood 

 

De plus, conformément à la logique de tous les empires et à leur volonté de domination mondiale, ces "accords" créaient dans la foulée les puissants appendices de la suprématie financière de l'empire sur le monde - le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), plus connue sous le nom de Banque mondiale.

Cependant, à la faveur, si je puis dire, de la défaite militaire de son armée au Vietnam et du poids financier insupportable que cette guerre imposait à un pays qui n'était plus en mesure de garantir la convertibilité du dollar en or, le Président des USA de l'époque, Richard Nixon, annonça, le 15 août 1971, la "suspension provisoire" de cette obligation de convertibilité sur laquelle reposaient la crédibilité et la sincérité des accords de 1944.

Pour faire bonne figure, Richard Nixon jugea bon de préciser que cette décision avait été prise "en pleine collaboration avec le Fond Monétaire International (FMI) et ceux qui font du commerce avec nous", alors que cette décision avait été prise dans le plus grand secret. Et il ajouta ces paroles ailées "Nous allons faire pression pour qu'interviennent les réformes nécessaires, en vue de la mise en place urgente d'un nouveau système monétaire international."

 

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Quarante cinq ans plus tard, non seulement rien n'a été commencé, car c'est sur eux-mêmes que les États-Unis auraient dû faire "pression", puisqu'ils sont les seuls obstacles aux réformes du système monétaire. Or, ils ont, bien au contraire, utilisé tous les subterfuges et tous les moyens dilatoires en leur pouvoir afin d'empêcher que la réforme ait lieu.

En réalité, leur comportement est compréhensible puisqu'ils ont grassement profité de la forfaiture du coup d'État monétaire de Richard Nixon, qui leur assurait une domination financière, commerciale et même psychologique sur le reste du monde et ils n'ont jamais eu la moindre intention d'apporter quelque changement que ce soit à un système aussi profitable à leurs intérêts.

En effet, à partir du 15 août 1971, tous les autres États de la planète se sont trouvés suspendus à leurs décisions nationales. Pendant que la monnaie de l'empire flottait au gré des choix politiques et économiques de leurs dirigeants, ils pouvaient se permettre d'accroître leur dette en toute impunité. L'augmentation exponentielle de leur endettement et la dévalorisation de leur monnaie par rapport à l'or se trouvaient en quelque sorte neutralisées par les dommages collatéraux et l'incertitude permanente que les yoyos du dollar créaient chez leurs concurrents.

"Le dollar est peut-être notre devise, mais c'est votre problème", assénait cyniquement en 1973 le secrétaire du trésor américain, John Connally, aux Européens médusés. On ne pouvait mieux résumer la situation.

Ce nouveau mécanisme a contraint le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) à se transformer en gigantesques usines à gaz monétaires, afin de donner l'illusion d'un minimum d'honnêteté dans les transactions entre les États et entre les particuliers. Il a fait le bonheur des banquiers et autres spécialistes des jeux boursiers, lesquels ont pu se livrer avec la délectation dont on mesure les résultats dans leurs bilans à l'heure actuelle, à des paris et à des jeux sur les parités des monnaies qui relèvent plutôt du casino que de l'économie. Hedge funds, Private equities, Subprimes, Monolines, Assets under management (AUM), Credit default swaps (CDS), Collaterised debt obligation (CDO), effets de levier se sont mis à danser une farandole endiablée dans nos cervelles pétrifiées.

On remarquera la complicité demeurée sans failles du FMI avec le pouvoir politique américain qu,i avait présidé à sa création en 1944. En effet, dans les statuts du Fonds il est expressément interdit aux pays qui en sont membres, de lier leur devise à l'or, donc de créer une monnaie fixe et stable. La seule référence admise était le dollar.

Lorsqu'en 1992, la Suisse a voulu devenir membre du FMI, elle a dû modifier une Constitution qui prévoyait que la devise nationale devait être couverte à 40% par l'or.

Or, quand le dollar s'est mis à flotter, le flottement de toutes les autres monnaies est devenu la norme universelle. Ce fut le point de départ de la financiarisation d'une économie qui changeait de nature et qui s'en envolée dans la moyenne région de l'air qu'évoquait Descartes. La rupture entre l'économie réelle, celle qui fait la richesse et la prospérité des nations, et une économie virtuelle de parieurs et de joueurs fut consommée.

L'extrême complication du système a permis toutes les fraudes, tous les abus et a donné lieu à des valses de milliards de dollars ou d'euros qui ne correspondaient à aucun enrichissement réel des nations. Certes, en tant que Français nous avons été indignés par le racket de près de neuf milliards que les États-Unis ont extorqués à la BNP. Mais quand la BNP a payé rubis sur l'ongle, nous nous sommes interrogés, stupéfaits: où, quand et par quel mécanisme cette banque a-t-elle gagné autant d'argent? Il a été dit qu'il s'agissait de "fonds propres". Comment les a-t-elle acquis? Avec les frais qu'elle a l'audace de ponctionner sur nos petits dépôts?

L'affaire Kerviel et les cinq milliards que la Société Générale a perdus en une seule nuit d'un pari malheureux de la part de l'un de ses employés a permis de comprendre que les banques sont devenues de gigantesques sociétés de paris en ligne avec des effets de levier qui permettent soit d'empocher le jackpot, soit de perdre des milliards d'euros en une seule opération.

Pendant que les milliards gagnés ou perdus au jeu de la bourse s'accumulent dans les bilans des banques, les peuples deviennent de plus en plus pauvres.

En 2011, le Président Vladimir Poutine pouvait déclarer que "les États-Unis vivent en parasites de l'économie mondiale avec leur monopole du dollar".  Et il ajoutait : "Ils vivent au-dessus de leurs moyens et transfèrent une partie du poids de leurs problèmes sur l'économie mondiale".

La monnaie est un moyen de domination et une arme politique très efficace. De nos jours, grâce à la mise en place de leur système d'espionnage planétaire, les États-Unis contrôlent tous les échanges commerciaux. Ils se permettent de "sanctionner" telle ou telle entreprise ou nation qui s'avise de ne pas respecter leurs oukazes politico-commerciaux et ils étendent leur législation intérieure à la planète entière. Les neuf milliards de dollars escroqués à la BNP évoqués ci-dessus en sont un exemple spectaculaire. D'autres sociétés ont subi la même "punition" qui enrichit à peu de frais le budget américain. De plus, personne n'oublie les "sanctions" édictées contre l'Iran ou la Russie, auxquelles la troupe acéphale des vassaux européens a emboîté le pas sur ordre exprès du maître d'outre-Atlantique et dont elle vient de prolonger de six mois la durée, malgré les ravages que les contre-sanctions russes occasionnent à leurs économies et alors qu'elles sont indolores au donneur d'ordre d'outre-Atlantique.

Aujourd'hui encore, malgré une levée officielle des "sanctions" contre l'Iran, les Européens n'investissent pas dans le marché iranien, pourtant prometteur, par crainte de représailles financières américaines dont les menaces ont été communiquées discrètement aux investisseurs du continent. Pendant ce temps, les industriels d'outre-Atlantique font leurs emplettes au pays des Mollahs. Airbus n'ose pas finaliser la vente de 100 de ses appareils commandés par l'Iran, alors que, dans le même temps, Boeing se vante d'avoir définitivement conclu un marché de la centaine de ses appareils avec Téhéran.

Le veau d'or américain respire encore.

 

2 - Une pyramide de Ponzi mondiale

Augmentée d'année en année, la dette américaine se monte aujourd'hui à 19 000 milliards de dollars ... qui ne seront jamais remboursés, d'autant plus que, de grand pays industriel à la fin de la deuxième guerre mondiale, l'Amérique a si bien délocalisé ses entreprises afin de profiter de la main d'œuvre bon marché des pays du tiers monde, que les salaires industriels ne représentent plus que 10% de son PIB. Pendant ce temps, les États-Unis, devenus un empire militaire prédateur, consacrent plus de la moitié de leur budget à nourrir le Pentagone.

 

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USA: Répartition des postes budgétaires
https://www.nationalpriorities.org/budget-basics/federal-...

 

Facebook, Google, les pizzerias et la vente de matériel militaire ne sauveront pas son économie.

Quant à la dette mondiale, elle se monte à 230 000 milliards de dollars, auxquels il convient d'ajouter 1 500 000 milliards de produits dérivés. Les gouvernements et les cupides banquiers internationaux ne contrôlent plus le système monétaire et continuent d'appliquer la méthode qui a conduit à la catastrophe, à savoir l'augmentation artificielle de la masse monétaire par la dette. La Banque centrale européenne (BCE), sous la houlette de Mario Draghi, a beau continuer d'imprimer 60 milliards d'euros par mois, cette masse d'argent a fondu on ne sait ni où, ni comment et n'a provoqué ni inflation, ni démarrage de l'économie européenne, malgré une injection de 3 000 milliards d'euros, soit 45% de son bilan en quinze mois,.

Pendant ce temps, la banque centrale allemande (Bundesbank), de plus en plus inquiète de l'augmentation frénétique de la masse monétaire destinée, en principe à stimuler l'économie, a menacé de poursuivre la BCE en justice si elle continuait sa politique. La crainte d'un désastre financier semblable à celui de la République de Weimar hante les esprits outre-Rhin.

La Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Italie sont déjà en faillite et la France n'en est pas très loin. Le Japon avec un ratio dette/PIB de 250% et la Chine avec une dette évaluée à 30 000 milliards de dollars n'échappent pas à la folie de l'endettement à outrance, alors que le ratio dette/PIB de la Russie est de 18,4%. Le Président des États-Unis, un des pays les plus endettés de la planète, se permettait d'ironiser sur l'économie russe, la jugeant avec mépris "in tatters" (en haillons). Quand l'hôpital se moque de la charité !

Le monde barbote dans le plus gigantesque système de Ponzi de l'histoire. Ce mécanisme conduit inévitablement à la création de bulles, dont la vocation, comme chacun sait, est d'éclater d'une manière imprévisible.

Le premier État qui vendra massivement les bons du trésor imprimés par le veau d'or américain - donc ses reconnaissances de dette - sera peut-être remboursé, mais il déclenchera un cataclysme financier dont on a peine à se représenter les ravages économiques et sociaux.

 

3 - Eurêka, il existe une parade : les DTS (Droits de tirage spéciaux)

Il se dit, dans les milieux "informés", qu'existent depuis des mois des négociations secrètes dirigées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque des Règlements Internationaux (BRI) sise à Bâle afin de préparer un nouveau système monétaire international à partir de l'actuel DTS. Je reviendrai ultérieurement sur le rôle et le fonctionnement de la BRI.

DTS, quesaco ? Des Droits de tirage spéciaux. Mais les trois mots font question. Quels droits? A quelles conditions s'opèrent les tirages? Qui peut "tirer" ?

S'il existe des tirages "spéciaux", quid de ceux qui seraient normaux? Si le DTS a vocation à devenir une nouvelle monnaie, comme certains l'imaginent, il est important de savoir de quoi on parle. Comme le disait l'éminence grise du Président Woodrow Wilson, Edward Mandell HOUSE: La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source ". (voir Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza, Le rôle d'une éminence grise: le Colonel House )

Or, la source des DTS se trouve au FMI. Je vais donc essayer de présenter le plus simplement possible la manière dont il a été procédé à l'accouchement de ces fameux DTS, de leur rôle actuel et de celui, imprévisible, que l'avenir est censé leur assurer.

Quelques mots sur le fonctionnement du FMI, inventeur du DTS.

Créé dans la foulée des accords de Bretton Wood de 1944, qui établissait la domination monétaire américaine sur le monde, le FMI est une sorte de club auquel peuvent adhérer les États qui répondent aux statuts de l'organisation, moyennant paiement d'une cotisation. Cette cotisation est calculée selon des critères complexes, qui tiennent compte de la richesse présente et potentielle de l'État candidat, de la qualité de sa gestion, de ses ressources naturelles, de l'importance de sa population, de son désir d'adhérer à l'idéologie libérale, de son respect de "droits de l'homme", etc.

En échange, comme dans tous les clubs huppés, les membres jouissent de certains avantages. En l'espèce, ce sont des possibilités de refinancement, évaluées en fonction du montant de la cotisation que les membres se sont engagés à verser à cet organisme. Ils bénéficient alors de "droits de tirage normaux", calculés à cinq fois le quart du montant de leur cotisation et appelés quotas.

Les cent quatre-vingt neuf États membres du FMI peuvent s'enorgueillir de participer au projet grandiose, exposé sur le site du FMI, et qui consiste à promouvoir la coopération monétaire internationale, à faciliter l'expansion et la croissance équilibrées du commerce mondial, à promouvoir la stabilité des échanges, à aider à établir un système multilatéral de paiements, à mettre (généreusement) leurs ressources (mais moyennant des garanties adéquates souvent léonines) à la disposition (momentanée) des pays confrontés à des difficultés de trésorerie - donc à des pays pauvres dont les cotisations sont insuffisantes pour jouir de quotas suffisants afin de couvrir leurs besoin en matière de refinancement.

C'est précisément aux États dont les quotas sont trop faibles, en raison de la faiblesse de leurs cotisations, que sont réservés les fameux "Droits de tirage spéciaux" (DTS).  En réalité, ils ne sont rien d'autre qu'une forme de dette à l'égard du FMI ou d'un autre État membre, mais toujours accompagnée de l'obligation politique de libéraliser leur économie conformément aux lois du marché. Augmentée d'un intérêt composé, la dette initiale finit, au fil du temps, par grossir d'une manière telle qu'elle affaiblit sur la durée les États prétendument "bénéficiaires" plutôt qu'elle ne les sauve. Lorsque tel ou tel État se vante d'avoir "annulé la dette" d'un pays pauvre, il s'agit, en général, de l'annulation totale ou partielle des intérêts, le principal ayant été remboursé depuis belle lurette.

Les droits de tirage spéciaux (DTS)

La création des DTS par le FMI date de 1969.

C'était le temps heureux de la stabilité du système monétaire avec l'or comme monnaie internationale de référence et du dollar convertible en or. Comme l'or est en grande partie phagocyté par la bijouterie et certaines industries de pointe, la quantité d'or disponible afin d'assurer la stabilité d'échanges commerciaux en forte expansion était devenue insuffisante. C'est ainsi qu'a été créée une sorte de monnaie fictive internationale, qui n'en est pas vraiment une, plutôt une "unité de compte", exclusivement échangeable entre banques centrales et, à l'origine, fondée sur le seul dollar. Aucun particulier, aucune société n'ont jamais détenu ou échangé de DTS.

A l'origine, un DTS était équivalent à une once d'or et valait 35 $.

Après le coup d'État monétaire de Richard Nixon le 15 août 1971 et la fin du "Gold Exchange Standard", le FMI s'est employé trouver un nouvel étalon, afin de remplacer l'once d'or remisée au rang de métal ordinaire. Le DTS fut alors fondé sur un "panier" de devises dénommées, aussi pompeusement qu'abusivement, "or papier".

Il est à noter que c'est toujours à des dates choisies d'une manière particulièrement judicieuse que l'empire américain opère ses coups de main contre le reste du monde: la veille de Noël, le 23 décembre 1913 avec la création de l'escroquerie de la FED, alors que les députés étaient déjà dans leurs circonscriptions respectives (voir: Aux sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale, Le machiavélisme des hécatonchires* de la finance internationale), le 15 août 1971 au milieu des somnolences vacancières de l'été et des ministères dépeuplés. Il serait prudent de surveiller le 15 août 2016.

Le "panier" de devises qui compose le DTS contient aujourd'hui, le dollar américain, l'euro, la livre anglaise, le yen japonais et, à partir du 1er octobre 2016, s'y ajoutera le yuan (renminbi) chinois. Je reviendrai ultérieurement sur les raisons pour lesquelles les Chinois ont jugé qu'il était momentanément profitable à leur économie de se joindre au club des faux-monnayeurs atlantistes.

Mon but n'est pas d'exposer dans ses détails le fonctionnement du FMI. On ne peut que souscrire à des principes généreux, mais dont la mise en pratique ne crève pas les yeux. En revanche, il est impossible de ne pas constater à quel point un système monétaire simple fondé sur un référent stable, accepté par tous, est progressivement devenu, avec l'invention des DTS, une gigantesque et imposante usine à gaz avec un personnel pléthorique, grassement rémunéré. L'institution s'auto-justifie, aux yeux du profane, par sa propre masse immobilière et l'importance de son personnel. Qui peut nier que le FMI est un organisme important puisqu'il est matérialisé par deux immeubles impressionnants, des ruches dans lesquelles s'activent près de trois mille employés et que sa directrice jouit de la coquette rémunération de 521 000$ annuels non soumis à l'impôt, sans compter les avantages annexes.

 

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Les deux immeubles du FMI à Washington

 

Il faut bien, en effet, cette masse d'employés pour gérer le semblant de stabilité censé résulter du mouvement brownien de quatre, puis cinq monnaies fluctuantes entre elles et tenter d'en répercuter les conséquences économiques sur les utilisateurs de ce grand meccano.

Mais l'essentiel du projet politique demeure caché.

C'est précisément la complexité de ce meccano qui a permis aux États-Unis de continuer à diriger le système monétaire en sous-main. Ainsi, non seulement les pays membres ont été expressément interdits de lier leur monnaie à l'or comme il est précisé ci-dessus, mais bien que le DTS soit défini comme étant composé d'un "panier" de monnaies nationales et qu'il correspond à la somme de 0,423 euros, 12,1 yens japonais, 0,111 livre sterling et 0,66 dollar US - ce montant ayant été évalué avant l'entrée du yuan dans le "panier" et à ce moment-là, la monnaie chinoise représentera environ 10% de la valeur du panier et le poids des autres monnaies diminuera en conséquence - le fait important demeure que la valeur du DTS, affichée chaque jour sur le site du FMI, est exprimée exclusivement en dollars.

De plus, la plupart des pays bénéficiaires qui ont utilisé des DTS les ont demandés en dollars.

C'est ainsi que loin d'avoir affaibli le dollar, l'invention du DTS a renforcé son rôle comme monnaie internationale incontournable, et cela non pas en raison de la situation brillante de l'économie américaine, mais parce que sa politique extérieure, essentiellement dictée par le Pentagone et les menaces d'interventions militaires tous azimuts qu'elle fait peser sur la planète, terrorise encore un grand nombre d'États. Un empire agonisant est une bête blessée. Il est prêt à tout pour conserver son hégémonie.

La suprématie du dollar s'est donc poursuivie sous le camouflage du DTS. Par la même occasion, la complicité tacite du FMI dans la mise en place de ce mécanisme a permis de maintenir la domination des États-Unis sur tous les échanges commerciaux mondiaux alors que, dans le même temps, le Pentagone, par l'intermédiaire de son bras armé en Europe, l'Otan, prédisait jour après jour l'imminence d'une IIIe guerre mondiale contre le "nouvel Hitler" - à savoir la Russie de Vladimir Poutine - l'"ennemi éternel" comme l'appelait l'inénarrable Général Breedlove, commandant en chef de l'armée d'occupation américaine en Europe.

L'armée et la monnaie sont les deux mamelles de la domination de l'empire.

 

4 - Le naufrage du FMI

De même que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, les principes du Fonds monétaire, qui interdisent de fournir toute nouvelle aide à un pays qui ne remboursait pas, à la date impérativement prévue, une dette antérieurement souscrite à l'égard d'un État ou du FMI lui-même - et appelée dette souveraine - ces principes, dis-je, n'ont d'existence que dans un monde de bisounours. Un État qui ne respectait pas ses obligations devait, d'après les règles du FMI lui-même, être déclaré en faillite. Le Fonds se trouvait, en conséquence, dans l'obligation de s'interdire de fournir à ce type d'État toute aide financière nouvelle, et cela jusqu'à ce que l'État-failli se soit acquitté de sa dette souveraine. Dura lex, sed lex

Qui ne se souvient de la violence des pressions exercées sur le gouvernement grec et les interminables négociations du duo grec Tsipras-Varoufakis afin d'obtenir une annulation, même partielle, ou du moins un report ou une renégociation d'une dette souveraine à l'égard du FMI et de dettes privées à l'égard de plusieurs banques européennes, que la Grèce n'avait pas les moyens de payer à la date prévue, sauf à pressurer encore un pays déjà exsangue?

Mais le trio d'huissiers composé d'un fonctionnaire du FMI, d'un représentant de la BCE et d'un autre de la Commission européenne, envoyés sur place et soutenus en coulisses par le duo allemand Merkel-Schaüble, fut intraitable. Il fallut payer, sinon c'était la faillite immédiate et surtout la menace d'expulsion de l'Union européenne, dont les Grecs ne voulaient pas. Les Grecs déjà paupérisés acceptèrent de se serrer encore davantage la ceinture afin d'obtenir de leurs bourreaux l'"aide" - qui ne fit qu'augmenter la dette antérieure - mais qui leur permit d'acquitter leur "dette souveraine" au FMI. Dura lex, sed lex.

 

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Pas de nouveaux milliards pour la Grèce !

 

En politique, comme dans la société civile, les lois sont intraitables envers les petits. La Grèce est un petit pays, de plus c'est une nation orthodoxe et pire encore, amie de la Russie. Rien d'attrayant ne mobilisait l'indulgence des vassaux européens, l'attention affectueuse de l'empire ou celle des institutions financières à son service

Or, le 20 décembre 2015, les si rigoureux principes du FMI se sont brusquement révélés plus mous qu'un caramel mou et particulièrement élastiques.

Ainsi, lorsque l'Ukraine, grand pays autrefois riche, mais pillé par ses oligarques, que l'empire américain utilise afin de tenter de frapper la Russie économiquement et militairement, refusa de rembourser sa dette souveraine de 3 milliards de dollars à la Russie - dette qui arrivait à maturité le 20 décembre 2015 - le FMI in corpore s'empressa de modifier sur le champ ses statuts prétendument déclarés inamovibles. Seuls 2,39% des vingt-quatre représentants du Conseil d'administration du FMI s'opposèrent à cette nouvelle règle, dictée par le gouvernement américain, afin de nuire à "l'ennemi russe".

A la suite de quoi, Mme Lagarde offrit à un M. Porochenko en extase un chèque de 1,7 milliards de dollars.

Qu'en pensent les Grecs ?

Le veau d'or américain a encore de la ressource et l'étable du FMI est accueillante à ses conseils intéressés.

 

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Et pendant ce temps-là...

Pendant ce temps-là, le FMI, la Banque africaine de développement (BAD) et l'Union européenne (UE) ont coupé les vivres à la Guinée-Bissau, coupable de n'avoir pas respecté les règles sacrées des institutions financières internationales et d'avoir tenté de sauver ses banques. Dura lex, sed lex.

Peu de gens sauraient situer ce petit État africain sur la mappemonde, mais tout le monde se doute que, n'ayant pas de frontière commune avec la Russie, ce pays minuscule et pauvre n'intéresse ni le FMI, ni l'UE, ni M. Kerry, ni M. Biden, le vice-président des États-Unis, le si grand ami du Président ukrainien et que, par conséquent, les règles du FMI peuvent s'y appliquer dans toute leur rigueur.

 

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Le grand amour : Nez à nez, le président Porochenko et le vice-Président Biden

 

C'est ainsi que M. Obama utilise Mme Lagarde et les moyens du FMI au service de sa politique belliqueuse à l'encontre de la Russie et témoigne de l'acharnement de l'empire à tenter, par tous les moyens, d'écraser toute concurrence à son hégémonie.

Les interprétations de cette ultime décision politique du FMI furent diverses, et ne firent que traduire le degré de soumission au veau d'or américain.

Cependant les Ukrainiens n'ont pas tardé à s'apercevoir que les "cadeaux du FMI" ont un goût amer. Le 6 juillet 2016, une population en colère bloquait le centre de Kiev afin de protester contre le doublement, conformément aux exigences du FMI, des prix du gaz, de l'électricité, des services publics, tous ces tarifs devant être mis "au niveau de ceux du marché". Dura lex, sed lex.

«Timeo Danaos et dona ferentes» (Je crains les Grecs (le FMI), même quand ils apportent des cadeaux”) (Énéide, Livre II, v.49)

Il n'en demeure pas moins que la modification des statuts du FMI pour de sombres motifs géopolitiques est une palinodie peu glorieuse d'un organisme officiel. C'est peu de dire qu'elle affaiblit sa réputation morale ainsi que son prestige. Elle a, de plus, provoqué un véritable chambardement dans les finances mondiales. "La décision du FMI permet aux autres acteurs ayant des dettes souveraines de réinterpréter librement leurs obligations. C'est une vraie bombe à retardement pour tout le système financier international", écrivait alors M. Andreï Margoline, vice-recteur de l'Académie présidentielle russe d'économie.

Cette dernière modification des statuts du FMI sous la pression de la Maison Blanche signe à la fois le naufrage du FMI et la nécessité de repenser le système monétaire international dans sa totalité.

Certains mauvais esprits prétendent même avoir lu, sur la porte du bureau de la directrice du FMI : "Porochenko m'a tuer".

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

 

 *

(à suivre) : Où se cachent les centres de décision ?

 

  *

 

 

« Le veau d’or est toujours debout »

(du Faust de Gounod, incultes !)

 

 

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Mis en ligne le 9 juillet 2016

 

 

 

 

10:55 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

GÉNOCIDE AU CANADA ?

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Génocide au Canada ?

Aujourd’hui ?

 

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Dans notre post précédent, nous faisions suivre l’affirmation d’Adam LeBor (« Bien sûr, l’U.E. ne livre pas une guerre raciale et n’organise pas d’extermination massive ») d’une note de traducteur en forme de point d’interrogation. Car nous n’étions pas aussi sûrs que lui de l’innocence de l’Europe, les humains ne changeant pas volontiers leurs habitudes s’ils n’y sont pas forcés. Et les nazis n’ont le monopole de rien du tout.

Il s’agit ici du Canada, pas de l’Europe, mais le Canada ne fait-il pas partie du Commonwealth du Royaume Uni ?

Les faits évoqués se sont certainement produits dans beaucoup d’autres parties du monde aussi. Nous entendons parler de ceux-ci, comme vous, pour la première fois. C’est pourquoi nous empruntons à Résistances71 sa traduction partielle d’un rapport important.

Il y est question, bien entendu de l’extermination à grande échelle de populations indigènes dans le but de s’approprier leurs terres et leurs ressources naturelles. Et c’est aujourd’hui que cela se passe, pas dans les siècles passés.

 

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« Blanchiment de génocide au Canada : la farce de la Commission Vérité et Réconciliation sur les pensionnats pour Indiens »

 

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Meurtre par décret

Contre-rapport opposé à la Commission Vérité & Réconciliation sur le génocide indien toujours en cours au Canada 

Résistance 71 - 31 Mai 2016

 

Nous avons traduit de très larges extraits du contre-rapport publié en opposition à la mascarade totale que fut la « Commission Vérité et Réconciliation » du Canada, commission qui fut mise en place afin de laver plus blanc toutes traces de génocide et d’intentionnalité de crime contre l’humanité envers les peuples et nations autochtones du Canada. Cette Commission  a publié son « rapport » fin 2015. Nous voulons préciser ici que des faits génocidaires similaires tant dans leur méhodologie que dans leurs résultats, se sont produits et se produisent encore dans d’autres pays tels que les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, pays toujours aujourd’hui colonies de la « couronne » ou plus précisément de la City de Londres, mais ce contre-rapport ne concerne que les événements ayant eu lieu au Canada. À la suite de sa publication, le 1er mars 2016, une délégation de l’American Indian Movement (AIM) a exprimé le souhait qu’une telle enquête indépendante soit mise en place aux États-Unis et que ses résultats soient également publiés.

Meurtre par décret devrait être lu par chaque « citoyen » canadien, enseigné dans les lycées, les universités, et porté à la connaissance du plus grand nombre. Notre démarche de traduction s’inscrit dans cette optique, celle de la divulgation de la vérité, d’un processus visant à corriger les torts et à mener les responsables de crimes contre l’humanité devant la justice, non pas celle des états larbinisés et obsolètes de longue date, mais celle des peuples. De la bouche même d’un des survivants des camps de la mort que furent ces « pensionnats » : « Comment voulez-vous que je me réconcilie avec ceux qui ont détruit ma vie et celle de mon frère… »

 

Nous publions de très larges extraits de ce contre-rapport en plusieurs parties :

Préambule, critique de la CVR et chronologie des évènements

– Première partie qui comprendra une section [A] et une section [B]

Deuxième partie

Troisième partie avec conclusion et propositions

 

Le texte original en anglais est disponible ici : http://murderbydecree.com/

 

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Meurtes par décret  fait plus de 400 pages. Les 155 premières pages constituent une narration/analyse de l’affaire des pensionnats pour Indiens au Canada. Notre traduction porte essentiellement sur ces pages. Le reste du contre-rapport est constitué de documents prouvant le génocide. Nous n’avons pas traduit tous les témoignages des survivants et participants et nous avons dû opérer une sélection, certes subjective quant à ce qui a ou n’a pas été traduit, mais nous pouvons assurer avec confiance que ni la teneur ni l’esprit du contre-rapport n’ont été altérés par nos omissions volontaires. Nous encourageons bien évidemment les lecteurs à se référer dans la mesure du possible au texte original en anglais. Notre traduction n’est pas exhaustive de l’ouvrage et n’est pas une traduction complète d’un livre, destinée à être publiée ; elle se veut une aide pédagogique et informationnelle pour aider au mieux à comprendre ce qui s’est réellement passé et inciter la société dominante « canadienne » à réfléchir intensément sur son histoire et à s’unir avec les nations originellement libres de cette partie du sous-continent nord-américain pour corriger le mal fait et œuvrer ensemble à l’établissement d’une société organique égalitaire et unie. Pour ce faire, il convient de poursuivre sur le chemin de la coopération organique entre les peuples et de se familiariser avec les solutions existantes de longue date à la gestion de la terre et à la gestion des relations entre les peuples libres et indépendants que sont la Grande Loi de la Paix (Kaianerekowa) et Guswenta (Wampum Deux Rangées) sur ce que les peuples autochtones appellent « L’Île de la Grande Tortue » ou le sous-continent nord-américain.

Les Canadiens n’ont plus le droit d’ignorer ce qui a été fait et ce qui continue d'être fait en leur nom. Persister aujourd’hui et demain dans l’ignorance feinte, dans le grand-silence et les farces de pseudo-réconciliation organisées par l’état colonial et ses acolytes des églises catholique, anglicane et unie, c’est être complice du crime ni plus ni moins…

Dans le documentaire sur le siège d’Oka en territoire Mohawk (1990), “Acts of Defiance” d’Alec McLeod, une Indienne membre du conseil des femmes mohawk dit ceci devant un public essentiellement canadien/québecois venu aux nouvelles : « … regardez bien ce qui se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous, ce sera votre tour… ». Paroles profondes et prémonitoires à méditer grandement, parce qu’en définitive, nous les peuples, sommes tous des colonisés et qu’il est plus que temps de le clamer : çà suffit !

Source : https://resistance71.wordpress.com/meurtre-par-decret-le-...

 

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En savoir plus sur la Commission Vérité & Réconciliation :

https://resistance71.wordpress.com/?s=commission+v%C3%A9r...

 

On peut suivre aussi l’évolution de cette affaire sur le site très informé de la blogueuse canadienne Jo Busta Lally :

https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/25/discovery-tr...

https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/06/autodafe-de-...

 

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Kevin Daniel ANNETT

Murder by Decree : The Crime of Genocide in Canada - A Counter Report to the “Truth and Reconciliation Commission”

CreateSpace Independent Publishing Platform (23 février 2016)

402 pages – 20 $ - En anglais. (La seule traduction – partielle - en français est celle de Résistance71).

 

 

L’auteur :

Kevin Daniel ANNETT est un Canadien né en 1956, qui a été ordonné prêtre de l’Église Unitaire du Canada en 1990. Pasteur de l’église St Andrew d’Alberni de 1992 à 1995. Excommunié (limogé) sans justification pour avoir rendu publiques la mort d’enfants aborigènes et le vol de terres par l’Église Unitaire. Il n’a pas, depuis, cessé de participer à tous les mouvements réclamant justice pour les Amérindiens. Il est aussi l’auteur de Hidden from History. The Canadian Holocaust (2001 – inédit en français). Il est co-fondateur du International Tribunal into Crimes of Church and State (ITCCS). Il est aussi l’auteur-réalisateur d’un film documentaire (Unrepentant, 2007).

 

Présentation des éditeurs :

Murder by Decree est la compilation d’archives non censurées sur l’extermination dûment planifiée des enfants autochtones du Canada dans des meurtriers « pensionnats pour Indiens ». Ce livre est un contre-rapport dénonçant la mascarade de justice rendue par l’État et l’Église sous le nom de « Commission Vérité et Réconciliation » (CVR)

Basé sur des témoignages directs (témoins oculaires ou concernés)  et sur une documentation délibérément supprimée ou ignorée par la CVR, Murder by Decree (en français : Meurtre par décret) prouve sans l’ombre d’un doute que le génocide des populations indigènes a commencé, au Canada, par une campagne d’extermination religieuse et se poursuit aujourd’hui sous forme de politique gouvernementale.

Des faits saisissants y sont révélés :

– Plus de la moitié des enfants indiens pensionnaires de ces écoles ont commencé à mourir l’année même où elles ont été ouvertes par l’Église (NdT: en fait, trois églises ont principalement géré ce « programme d’assassinats » : catholique, anglicane et unie du Canada)

– L’énorme taux de mortalité n’a pas diminué pendant plus d’un demi-siècle, suite à des pratiques délibérées relevant de la guerre bactériologique, en observance d’un « quota mensuel de décès» prescrit.

– Les preuves de ces crimes et de leur nature intentionnelle (NdT : ce qui qualifie le terme de « génocide » est l’intentionnalité de l’assassinat de masse…) ont été systématiquement et régulièrement détruites par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) et par les églises catholique, anglicane et unie du Canada depuis au moins 1960.

– Le génocide est toujours en cours aujourd’hui et vise les femmes et les enfants indigènes ; il est piloté par des intérêts entrepreneuriaux qui entendent s’emparer des terres et des ressources natives.

Meurtre par décret est publié à compte d’auteurs par l’International Tribunal for the Disappeared of Canada (ITDC), une coalition internationale de juristes et de militants pour les droits de l’Homme siégeant à Bruxelles et à Toronto. Elle a été formée en Décembre 2015 pour enquêter sur les disparitions de personnes au Canada, pour poursuivre en justice les responsables quels qu’ils soient et pour faire en sorte que le Canada ne puisse effacer ni dissimuler ses crimes contre l’humanité.

Ce rapport est une réponse à ces crimes et une sommation, tant au monde qu’aux Canadiens, d’avoir à cesser de vivre volontairement sous des régimes politiques génocidaires.

Pour plus d’info : disappearedofcanada@gmail.com

 

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Nous en profitons pour rappeler que Léonard Peltier est toujours – depuis 40 ans ! – emprisonné quoiqu’innocent dans le seul but de le neutraliser, pour le seul crime d’être Indien. Au trou depuis bien plus longtemps que ne le fut Nelson Mandela (28 ans) et même que ne l’est Georges Ibrahim Abdallah (32 ans). C’est aux USA, pas au Canada, mais les oppresseurs sont indiscernables les uns des autres et les opprimés sont frères.

 

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Oui, c’est John Lennon. Neutralisé lui aussi. Autrement.

 

Léonard a en France un comité de soutien : http://freepeltier.free.fr/

Un autre international : http://www.whoisleonardpeltier.info/ qui demande en vain à Barack Obama d’user de son droit de grâce.

Si vous ne connaissez pas l’histoire du plus ancien prisonnier politique de la planète, la voilà : http://amerindien.e-monsite.com/pages/pourquoi-leonard-pe...

 

 

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Dernière minute :

 

Bradley – Chelsea – MANNING est hospitalisé. On ne sait pas encore pourquoi.

La nouvelle a été annoncée par ses avocats.

À suivre.

 

Mis en ligne le 9 juillet 2016

 

 

 

 

 

 

 

10:05 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/07/2016

CE QU'ON A ENGRANGÉ POUR VOUS PENDANT LA PAUSE

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Ce qu’on a engrangé pour vous pendant la pause

 

Les articles qui suivent ne sont pas tous du jour mais ils sont loin d’être obsolètes. Il n’est jamais trop tard pour les lire.

 

*

Bruxelles agenouillé devant Washington

Observations sur l’appel de vingt intellectuels eurocritiques pour un nouveau traité européen

Annie Lacroix-Riz – Le Grand Soir4 juillet 2016

 

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http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/06/30/31002-2016063...

La vision économique de long terme de l’union européenne rend dérisoire l’espoir de renégocier les traités européens affiché par « vingt intellectuels eurocritiques ».

Car ce processus a démontré ses objectifs non pas « depuis au moins trois décennies, sur la base de traités marqués au coin du néolibéralisme alors triomphant (Acte unique, traité de Maastricht, traité de Lisbonne), ou de l’ordo-libéralisme allemand (traité de cohérence budgétaire dit « TSCG » de 2012) », mais depuis les origines. Il s’est agi, en effet d’assurer la tutelle maximale sur cette partie du monde de l’impérialisme le plus puissant, états-unien, escorté du second, l’impérialisme allemand, que les rivalités inter-impérialistes opposent cependant, à l’occasion des crises systémiques, jusqu’à la guerre générale. Le phénomène a débouché, entre autres, sur ce que Georges Gastaud qualifie « de protectionnisme » rigoureux au bénéfice exclusif de l’Allemagne et des États-Unis. Il est sans rapport aucun avec l’idéologie, la Guerre froide, le rêve de « démocratie », etc., et ne laisse aucune chance à la « réforme » à laquelle semblent croire les « vingt intellectuels eurosceptiques » qui ont signé ce manifeste.

La critique est portée ici du strict point de vue historique qui relève de ma compétence.

1° Je suis stupéfaite que certains de ces signataires, que je croyais très bien informés de l’histoire vraie de l’union européenne, érigent en modèle la renégociation de « la conférence de Messine » de 1955 qui, après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), a[urait] permis de remettre la construction européenne sur les rails ».

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/observations-sur-l-appel-de-v...

 

*

Modeste contribution des Grosses Orchades à l’avancement du schmilblic :

 

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*

Citons, parmi les autres réactions françaises qui comptent, celles qui ont retenu notre attention.

 

Sapir, Onfray, Chevènement, tigres de papier du souverainisme

Bruno Guigue – Arrêt sur Info 1er juillet 2016

 

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« Brexit: vingt intellectuels eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité »(*), tel est le titre d’une tribune publiée par « Le Figaro » du 30 juin. Ce texte signé par Jacques Sapir, Michel Onfray et Jean-Pierre Chevènement rend un hommage appuyé au « peuple britannique » qui a « exprimé souverainement sa volonté de rester maître des décisions qui le concernent. » Car « ce vote courageux et massif » est « une claque pour la dérive technocratique dans laquelle l’Union européenne actuelle s’est laissé enfermer ». Et « tout montre que dans la plupart des pays européens, les citoyens n’acceptent plus d’être gouvernés par des instances non élues, fonctionnant en toute opacité ».

Fort bien, mais lisons plutôt la suite. « Le vote britannique peut être une chance : il doit être l’occasion de réorienter la construction européenne, en articulant la démocratie qui vit dans les nations avec une démocratie européenne qui reste à construire ».

Et nos intellectuels, pour finir, demandent la réunion d’une conférence  qui aurait pour objet « la renégociation des traités sur les trois questions cruciales dont la méconnaissance a conduit à l’affaissement de l’actuelle construction européenne : la souveraineté, c’est-à-dire la démocratie et l’indépendance stratégique. »

En somme, les signataires saluent ostensiblement le courage du peuple britannique, mais ils ne manifestent nullement l’intention de suivre son exemple. Ils tressent des couronnes au « Brexit », mais ils suggèrent à nos dirigeants l’artifice permettant de faire l’économie d’un « Frexit ». Au lieu d’inviter les Français à la même intrépidité, ces héros par procuration laissent aux Britanniques le privilège d’avoir ouvert une brèche qu’ils rêvent de refermer. Coïncidence troublante, cette tribune est parue le jour même où Alain Juppé déclare sur Bfm/Tv : « On peut craindre un Frexit, et c’est pourquoi je suis hostile à un référendum ».

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/sapir-onfray-chevenement-tigres-de...

 

*

Demain, une nouvelle manif’…

 

Après le vote pour le Brexit en Grande-Bretagne, il faut préparer la bataille de France…

Jean Levy – Comité Valmy 5 juillet 2016

 

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On les cherche vainement dans les manifestations contre la loi El Khomri, aussi bien à Paris que dans les villes de province : pas la moindre banderole, pas la plus petite pancarte évoquant l’Union Européenne pour dénoncer son rôle moteur dans l’offensive tout azimut visant les droits sociaux des peuples et imposant à ceux-ci l’austérité la plus noire.

L’exemple qui nous vient d’outre-manche devrait faire réfléchir.

Le 23 juin en Grande-Bretagne, les couches les plus pauvres de l’Angleterre et du Pays de Galles se sont rebellées, et leur vote massif a permis le Brexit, la sortie de leur pays de la prison européenne.

Lire la suite…

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7338

 

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Ça n’a pas de rapport ? Mais bien sûr que si !

 

La double politique belge face à la Syrie

Réseau Voltaire28 juin 2016

 

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L’armée belge a pris la relève des Pays-Bas au sein de la coalition US anti-Daesh. Six de ses F-16 participeront aux bombardements en Syrie.

Cependant, aucun des membres de la coalition anti-Daesh n’a d’autorisation de la Syrie pour intervenir militairement sur son territoire. Damas tient un relevé des destructions opérées par les armées étrangères qu’il envoie régulièrement au Conseil de sécurité de l’ONU en vue de dommages de guerre ultérieurs.

Depuis plusieurs mois, la Belgique a acquis une connaissance sans équivalent en Occident des réseaux jihadistes. Elle a pu arrêter et démanteler sur son sol quantité de filières et de cellules terroristes. Elle est devenue la principale source d’information pour les autres polices occidentales.

Force est de constater la contradiction fondamentale entre l’approche de la police belge et celle de son ministère des Affaires étrangères. Il n’est pas certain que Bruxelles puisse continuer ces deux politiques simultanément.

Source : http://www.voltairenet.org/article192597.html

En d’autres termes :

Contribuables belges, un jour ou l’autre il vous faudra payer des dédommagements à l’État syrien pour les déprédations perpétrées sur son sol par votre armée de mercenaires sans mandat. Il ne faudra pas venir pleurer que vous ne le saviez pas.

 

*

 

7. ELIE_WIESEL_EST_MORT_antisemite-b438d-d1371.png

Michel Rocard aussi. On vous en aura certainement parlé ici et là.

Voir ici : http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bullet...

 

*

On a un faible pour l’histoire, ici russe :

 

La vérité oubliée à propos de Lénine

Ilia Belous – Fort-Russ5 juillet 2016

Traduction AVIC pour Réseau International

(Oubliée… oubliée… il en a de bonnes, Belous !)

 

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Qui avait besoin de l’exécution de la famille royale ? Qui a renversé le tsar ? Qui a détruit l’armée russe ? La génération actuelle, nourrie des livres de George Soros et d’Igor Tchoubaïs, n’a jamais su la vérité sur ces événements.

Je vais essayer de les expliquer très brièvement, succinctement, et point par point.

1) L’intérêt de l’Empire russe dans la Première Guerre Mondiale consistait à solutionner la question d’Orient, c’est-à-dire avoir le contrôle sur le détroit du Bosphore et les Dardanelles, ce qui représentait pour le pays un besoin géopolitique depuis fort longtemps.

2) L’Angleterre et la France avaient promis à l’Empire russe de résoudre la question avec l’ouverture du front de l’Est (contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie).

 

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France – Russie – Angleterre

 

3) La Russie ayant rempli son rôle d’allié, l’Angleterre s’est rendu compte qu’elle devrait tenir sa promesse, alors que les « services » apportés par la Russie ne lui étaient plus nécessaires.

4) Elle (l’Angleterre) a donc décidé de retirer la Russie de la guerre, créant artificiellement le chaos à Petrograd (nom bolchevik de Saint-Pétersbourg), avec pour résultat la chute de l’autocratie en moins d’une semaine comme un château de cartes.

5) La cinquième colonne de la Douma d’État, constituée d’oligarques et de l’intelligentsia, a alors conclu une alliance avec l’Angleterre et conduit à la révolution bourgeoise de Février, forçant Nicholas à signer son abdication.

 

Lire la suite…

Source : http://reseauinternational.net/la-verite-oubliee-a-propos...

 

*

 

Avant, pendant et après le BREXIT

 

Boris, Hitler et l’Union Européenne

Adam LeBor – Daily Mail 18 mai 2016

 

ADAM LEBOR dit que si quelqu’un souffre d’« amnésie politique », ce sont les caciques de l’U.E. et leurs alliés dans l’establishment britannique

 

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De Belgravia à Bruxelles, les hurlements d’indignation sont à leur comble, parce que Boris Johnson a fait remarquer qu’Hitler, avant l’Union Européenne, avait essayé d’unifier l’Europe sous une seule autorité.

Lord Heseltine a qualifié la remarque de Johnson de « ridicule » et d’« obscène ». Donald Tusk, président du Conseil de l’Europe, a déclaré que Johnson souffrait d’« amnésie politique ».

Si quelqu’un souffre d’« amnésie politique », ce sont les caciques de l’U.E. et leurs alliés dans l’establishment britannique.

En ma qualité de journaliste et d’auteur qui a étudié en détail tant la fondation de l’Union Européenne que les plans nazis pour une domination économique d’après guerre, et qui a transmis pendant vingt ans des reportages de tous les coins d’Europe, je crois que la référence de Johnson à Hitler n’était pas seulement juste mais absolument nécessaire.

Les nazis, tout comme Napoléon auquel Johnson fait aussi allusion, font partie d’un continuum historique de construction impériale européenne.

C’est une histoire qui remonte à l’Empire Romain des origines, en passant par le Saint Empire Romain de Charlemagne au IXe siècle, l’Empire austro-hongrois, son rival ottoman, le Troisième Reich, le bloc soviétique à l’est du continent et l’Union Européenne d’aujourd’hui.

Et Johnson se fait traîner dans la boue. Alors qu’il n’a délibérément PAS fait de parallèle entre les méthodes et les buts de l’U. E. et ceux des nazis.

Bien sûr, l’U.E. ne livre pas une guerre raciale et n’organise pas d’extermination massive [ ? NdT]. Il n’y a pas de parallèle à établir entre la manière dont Bruxelles mène ses affaires et la démarche des nazis, à Berlin, pendant la guerre.

Ce qu’a fait Johnson, c’est une remarque historique, justifiée et opportune, sur les diverses tentatives d’unifier l’Europe qui ont été faites au cours des siècles.

Au moment où la Grande Bretagne est occupée à débattre des questions qui regardent sa future souveraineté et où une Allemagne plus que jamais puissante domine l’économie européenne, il n’est pas seulement légitime mais VITAL de creuser aussi profondément que possible dans les origines d’une Europe unie, où qu’elles se trouvent.

L’Allemagne nazie, loin d’être un sujet sur lequel il faille glisser dans tout débat sur l’U.E., est un sujet qui doit au contraire être scruté de près.

Car plusieurs personnalités importantes du Troisième Reich ont voulu l’union économique de l’Europe et il nous incombe d’examiner dans quelle mesure leurs aspirations se sont réalisées.

 

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Lord Heseltine

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Boris Johnson

 

Le fait est que les nazis ont dressé des plans détaillés pour s’assurer que, même s’ils étaient militairement défaits, l’Allemagne continuerait à diriger l’Europe, mais par des moyens économiques plutôt que par la force des armes.

On peut en trouver les preuves dans des documents qui sont en possession des services secrets américains et de la Banque pour les Règlements Internationaux (BRI), la très secrète « banque des banques centrales » fondée en 1930 et toujours située à Bâle, en Suisse.

Un rapport des servi ces secrets US, connu sous le nom de « Rapport de Maison-Rouge » raconte en détail une rencontre entre industriels nazis de pointe et hauts responsables du régime à l’hôtel Maison Rouge, à Strasbourg, en France, le 10 août 1944.

Des gardes avaient été postés autour de l’hôtel et la pièce où eut lieu la rencontre avait été passée au peigne fin pour détecter d’éventuels micros cachés. Estampillé « SECRET », le document de trois pages a été écrit par un espion français qui était présent. Il a été jugé assez crédible pour être envoyé par la valise diplomatique aérienne à Cordell Hull, le Secrétaire d’État US.

La rencontre était présidée par le SS Obergruppenfuhrer Scheid. Le Dr. Scheid a dit aux industriels qu’il leur fallait se rendre compte « que la guerre ne pouvait être gagnée » et qu’ils devaient, par conséquent, prendre toutes les mesures nécessaires « pour préparer la campagne commerciale d’après-guerre ».

Les hommes d’affaires nazis - qui comprenaient des représentants officiels de Messerschmitt, de Krupp et de Volkswagen – aussi bien que les responsables de la Marine et du Ministère de l’Armement, sont tombés d’accord qu’avec la guerre aussi bien que perdue, le nouveau Reich serait un Reich économique.

Scheid a retenu alors un plus petit groupe et lui a expliqué comment le parti nazi entendait entrer dans la clandestinité. Le gouvernement allemand allait transférer de vastes sommes d’argent à l’étranger par le biais des industriels, de façon à ce qu’« un empire allemand puisse être créé après la défaite ».

Le document, dactylographié serré, se lit comme un thriller (et, de fait, m’en a inspiré un, que j’ai intitulé Le protocole de Budapest).

Un autre document-clé, « Réorganisation économique de l’Europe » est beaucoup plus sec, mais d’une lecture encore plus dérangeante.

Le mémo de 8 pages écrit par Walther Funk – président de la Reichsbank, la banque nationale allemande – en 1940, est conservé dans les archives de la Banque pour les Règlements Internationaux (BRI).

Funk allait être condamné pour crimes de guerre par le Tribunal de Nuremberg ; il avait été ministre nazi de l’Économie et membre du conseil d’administration de la Banque pour les Règlements Internationaux.

Boris Johnson vient de découvrir que faire simplement allusion à toute similitude entre les plans nazis pour l’après-guerre et l’U.E. d’aujourd’hui, suffit à faire de vous un  objet de risée et de mépris.

Pour être juste, il faut reconnaître que le projet d’intégration européenne pour l’après-guerre a contribué à ouvrir une partie de l’Europe à la liberté du commerce, à stabiliser un continent dévasté par la guerre après 1945 et à susciter une mentalité pan-européenne dans les générations plus jeunes.

Mais la vérité inconfortable – et généralement occultée – c’est que les parallèles entre les plans de leadership nazi pour l’économie européenne d’après-guerre et le processus d’intégration économico-monétaire qui en est résulté sont bien réels.

 

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Walther Funk

 

La différence est que les plans ont été imposés en sous-main plutôt que par la guerre et le génocide.

La nouvelle « économie de vaste unité européenne» (European large-unit economy) écrivait Funk « doit avoir une croissance organique » et résulter d’« une collaboration économique étroite entre l’Allemagne et les pays européens ».

Le Reichsmark serait la monnaie dominante de cette économie, mais c’était d’une importance secondaire dans la question du leadership économique. Les taux de conversion devaient rester sous contrôle et stables, pour éviter les fluctuations des cours, jusqu’à ce que le but ultime de l’union monétaire soit atteint.

Dans l’intervalle, l’aire de suprématie du Reichsmark « continuerait de s’élargir » écrivait-il encore. Il y aurait un processus progressif d’abolition du contrôle des changes et d’un tas de règlements qui ralentissent le marché et le commerce.

 

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« La notion d’intérêt commun dans le champ économique doit être renforcée entre les peuples européens, par la collaboration dans toutes les sphères de la politique économique (monnaies, crédit, production, échanges commerciaux, etc.).. Cette Europe unie n’acceptera pas l’imposition de conditions, qu’elles soient de nature politique ou économique, de la part d’aucun pays extra-européen. »

Le facteur décisif, dans les relations commerciales, serait la qualité des produits allemands à l’exportation, « et à cet égard, nous n’avons aucun  souci à nous faire ».

Le pilier central de l’économie d’après-guerre serait constitué par les besoins allemands. Les autres pays planifieraient leur production en fonction des marchés allemands.

Les prédictions de Funk se sont en grande partie réalisées. Le Reichsmark est devenu le Deutschmark, qui est devenu la monnaie la plus forte d’Europe.

Dans les coulisses, à la Banque pour les Règlements Internationaux, des technocrates ont œuvré en secret, pendant des décennies, pour harmoniser les cours du change des différentes monnaies et préparer le terrain pour le lancement de l’euro.

La réglementation du cours des changes et le contrôle des capitaux ont été abolis.

Et, alors que nous avons plutôt tendance à associer l’U.E. à une masse de bureaucratie, le Marché Unique Européen a aboli ce que Funk appelait « une masse de paperasse » jusque là nécessaire au traitement des affaires, de façon à ce que le travail et les capitaux puissent circuler sans entraves entre les pays.

Entretemps, la Bundesbank, qui a succédé à la Reichsbank, est devenue la banque centrale la plus puissante d’Europe, faisant de l’Allemagne la puissance économique dominante du continent.

Funk a vécu assez longtemps pour voir se réaliser deux des étapes les plus importantes de l’unité européenne : l’établissement, en 1951, de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (la CECA), première institution supra-nationale, et la signature du Traité de Rome en 1957, l’année même où il fut relâché de prison pour mauvaise santé.

 

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Juste derrière Hitler : Walther Funk

 

Il est mort en 1960, mais il aurait applaudi au lancement du Marché Unique Européen en 1993, point culminant de son rêve d’un continent uni sous domination germanique.

« L’économie de vaste unité européenne » de Funk est sans doute mieux connue aujourd’hui sous le nom d’Eurozone. Sa prédiction, selon laquelle il n’y avait aucun souci à se faire pour les exportations allemandes s’est aussi avérée exacte : un euro sur deux, en Allemagne, vient de l’exportation.

Hélas, pour beaucoup de petits pays, la domination économique allemande a été un désastre.

La manie allemande du faible taux d’inflation (générée à n’en pas douter par la traumatique hyper-inflation dans la république de Weimar d’après la Première Guerre mondiale) a imposé de force une austérité excessive à des pays plus faibles de l’Eurozone, et les résultats ont été catastrophiques.

Aujourd’hui, de grandes parties de l’Europe sont au bord de l’effondrement économique. La Bundesbank et la Banque Centrale Européenne (BCE), toutes deux basées à Francfort, ont poussé la manie de l’austérité, qui a déjà mis la Grèce au bord du gouffre, jusqu’à déstabiliser aussi ses voisins.

D’Oslo à Athènes, l’Extrême-Droite est en pleine résurrection, alimentée en grande partie par la misère et le chômage. L’euro peut encore s’effondrer, et ceux qui ne veulent pas perdre leurs richesses cherchent leur salut dans l’or et dans l’immobilier. Dans le bassin méditerranéen, une génération entière a été jetée à la décharge.

La réponse à la crise, disent les euro-fédéralistes, est avant tout : plus d’intégration, davantage de contrôle sur une monnaie centrale et toujours plus de règlements édictés par des technocrates qui n’ont de comptes à rendre à personne, alors qu'ils sont responsables de la crise au premier chef.

En d’autres terme : laissons la Bundesbank et ses alliés de la Banque Centrale Européenne à Francfort prendre encore plus le contrôle des nations de l’Eurozone.

L’union monétaire est chose faite... au prix d’un terrible coût social et économique.

Et la longue marche vers une union fiscale et politique va bon train. Exactement comme Walther Funk a rêvé qu’elle le ferait, à Berlin, en 1940.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

Source : http://www.dailymail.co.uk/debate/article-3597410/Boris-H...

 

La tour de Bâle, enquête historique d’Adam LeBor sur la Banque pour les Règlements internationaux a paru (en anglais) chez Public Affairs. Aline de Diéguez vous en parle en détail dans la IIIe Partie de son Veau d’Or à paraître sous peu.

 

*

 

17. Adam-LeBor.jpgAdam LeBor est un écrivain et journaliste britannique, né à Londres en 1961.

À partir de 1991, il a été le correspondant à l’étranger de divers journaux de plus de trente pays, pour lesquels il a couvert notamment la chute de l’URSS et les guerres de Yougoslavie.

Il travaille actuellement, en Grande Bretagne, pour The Economist, Monocle et Newsweek, et, aux États-Unis, pour le New York Times et The Daily Beast. Il tient également une chronique des livres pour The Economist, le New York Times et Literary Review.

Il est l’auteur de plusieurs livres – essais et romans - traduits dans une vingtaine de langues, ainsi que de séries télévisées.

Son roman Le protocole de Budapest s’inspire du fameux « Rapport de Maison Rouge » US dont il est question dans l’article ci-dessus.

Dans la série télévisée Yaël Azoulay (il en est au quatrième volet), il met en scène un ancien agent (féminin) du Mossad, qui travaille secrètement pour le Secrétaire des Nations Unies, aidant à faciliter les accords secrets qui permettent aux rouages diplomatiques de la superpuissance et à ceux des grands groupes globalistes de tourner sans accrocs. Elle dérive d’un de ses essais, Complicité avec le mal : les Nations Unies à l’âge des génocides modernes, enquête sur l’impuissance de l’ONU à intervenir dans les massacres contemporains (Bosnie, Rwanda, Darfour, etc.).

Le nom de son agent spécial vient de la Bible : c’est celui de la Yaël qui tua le chef canaanite Sisera en lui enfonçant un clou dans la tempe.

Tiens, pendant qu’on y est :

 

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Yaël tuant Sisera, peinture d’Artemisia Gentileschi – 1620 – Musée de Budapest

 

On trouvera aussi l’histoire de Yaël et Sisera, sur un 33 tours enregistré dans les années 1960 par Sir Laurence Olivier « version autorisée par le Révérend Billy Graham ».

 

*

On peut se demander pourquoi nos valeureux éditeurs francophones de grands chemins font obstinément silence sur un auteur aussi intrigant et aussi reconnu tant Outre-Manche qu’ailleurs. Question idiote.

 

*

Pour les curieux :

Essais 

  • A Heart Turned East examine la vie des minorités musulmanes en Europe et aux États-Unis.
  • Hitler's Secret Bankers traite de la complicité de la Suisse avec l'Allemagne nazie (nominé au Orwell Prize).
  • Seduced By Hitler sur la vie quotidienne sous le IIIe Reich.
  • Milosevic : A Biography raconte la vie de l'ancien président serbe.
  • City of Oranges : Arabs and Jews in Jaffa dresse le portrait de familles arabes et juives à Jaffa, en Israël (nominé au Jewish Quarterly Wingate Prize).
  • Complicity with Evil : The United Nations in the Age of Modern Genocide traite de l'échec des Nations Unies à stopper le génocide en Bosnie, au Rwanda et au Darfour, en se focalisant sur le rôle des officiels de l'O.N.U.
  • The Believers : How America fell for Bernard Madoff's $65 billion Investment Scam, sur la psychologie de la fraude orchestrée par Madoff.
  • Tower of Basel : The Shadowy History of the Secret Bank that Runs the World est la première enqête historique sur la Banque des Règlements Internationaux .
  • LeBor a co-écrit et présente Jaffa Stories, un documentaire pour la BBC basé sur son ouvrage City of Oranges.

Pour les curieux anglophones :

Adam LeBor’s homepage : http://www.adamlebor.com/

 

*

Dernière minute !

Otan/Exit, objectif vital

Manlio DinucciRéseau Voltaire - Rome 

Traduction Marie-Ange Patrizio

Les réactions de l’Otan au Brexit doivent être comprises en fonction de la vision états-unienne de l’Alliance. Alors qu’au départ elle avait pour fonction de tenir l’URSS à distance, elle n’a plus pour fonction de faire la guerre, la Russie ayant désormais la supériorité en matière conventionnelle. Le seul objectif de l’Otan est de maintenir l’occupation militaire de l’Europe occidentale et centrale par les États-Unis ; un projet qui a besoin pour se justifier d’une hystérie anti-Russe.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article192590.html

 

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Sommet de l’OTAN à Varsovie

 

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Manifestation devant l’Ambassade de Pologne

Vendredi 8 juillet à 18 heures

Esplanade des Invalides face à la rue Talleyrand

RETRAIT UNILATÉRAL DE LA FRANCE !

 

20. Bonnet phrygien petit.GIF

 

[FLASH] Vladimir Poutine annule ses déplacements

Par Иван Михайлович Фраков

6 juillet - 23h00

 

0. POUTINE.jpg

 

Vladimir Poutine a annulé l'ensemble de ses déplacements en régions (Altaï et Yakutie) cette semaine. Aucun commentaire officiel du Kremlin, mais cela serait en rapport avec la réunion de l'OTAN prévue à Varsovie en fin de semaine, réunion où, selon le secrétaire général de l'OTAN, de très importantes décisions seront prises sur fond de mouvements de troupes ukrainiennes "très importantes" laissant s'attendre à une offensive en Novorossya, et des placements de troupes OTAN aux frontières Ouest de la Russie.

Source : http://wp.me/p6Fgs6-10L

 

 

Mis en ligne le 6 juillet 2016

 

 

 

 

21:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/07/2016

EN GUISE D'APRÈS-PAUSE

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En guise d’après-pause

 

Après une pause involontaire pour raisons de santé humaines et matérielles (le matos aussi, ça vieillit), et avant de reprendre cahin-caha le fil de l’actualité, on aimerait vous offrir deux réflexions sur l’Argent et sur l’Art, qu’on avait mises de côté pour vous.

L’Argent d’abord, ici l’or, parce que celle qui en parle est une dame et que préséance au dames. L’Art ensuite, qui voudrait bien s’en dégager, justement, de l’argent et de tout ce qui va avec.

 

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Aline de Diéguez

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

 

Le culte du Veau d'Or et la Mondialisation

 

" Il y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse et l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements."
Honoré de Balzac

*

La religion du Veau d'Or - que l'on appelle aujourd'hui Globalisation ou Mondialisation - est vieille comme le monde, même si les formes de son pouvoir et ses manifestations ont varié au cours des siècles avec les conditions politiques et surtout avec les moyens techniques de son exercice.

*

Préhistoire du culte du Veau d'Or

1 - " Fais-nous un dieu qui marche devant nous
2 - Le Bouddha de Bangkok
3 - Le temple du roi Salomon
4 - L'Eglise romaine

Le Veau d'Or des temps modernes

5 - D'un dieu à l'autre...
6 - La guerre des dieux
7 - Petit résumé des trois épreuves surmontées par le nouveau dieu
8 - Le stade politico-militaire de l'expansion du Dieu-dollar
9 - Le stade monétaire
10 - La mort des frontières
11 - Les ruses sémantiques du Veau d'Or
12 - Main-mise sur la planète
13 - La cavalerie financière internationale
14 - Dans les coulisses de l'empire
15 - Le poulailler de la Mondialisation
16 - Le rêve d' un gouvernement mondial

 

 (à suivre)

II - Mort et tentative de résurrection du veau d'or : le DTS

III - Où se cachent les centres de décision ?

 

*

1 - Préhistoire du culte du Veau d'Or

 

1 - " Fais-nous un dieu qui marche devant nous …"

Lorsque, dixit le mythe biblique, Moïse revint parmi les siens après avoir passé quarante jours et quarante nuits suspendu à un rocher, sans boire ni manger, à écouter son dieu dicter, puis inscrire sur des morceaux de rocher, les commandements destinés à régir le plus harmonieusement possible la vie de la tribu dont il était le guide, il eut la désagréable surprise de débarquer au milieu d'une fête.

 

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Moïse brisant les tables de la loi

 

On célébrait dans la plaine le nouveau dieu que des nomades fuyant le royaume de Pharaon et lassés d'attendre le retour de leur chef, avaient fabriqué de leurs mains. Ils avaient en effet sacrifié leurs bijoux, et notamment leurs anneaux d'or, symboles de l'écoute du divin, que tous, hommes, femmes et enfants portaient aux oreilles et ils les avaient fait fondre.

Dans les mythes, comme dans les contes de fée, la parole crée la réalité et nul ne se soucie des conditions concrètes de la mise en oeuvre.

 

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Danse autour de la statue

 

Ainsi donc Aaron, leur chef en second, avait pris les choses en main en l'absence de Moïse et avait réussi le tour de force, particulièrement remarquable au vu des conditions matérielles dans lesquelles se déroulait l'opération, de conduire le projet à son terme. La statue du nouveau dieu a surgi, telle Athéna du cerveau de Zeus et étincelait des mille feux de sa perfection symbolique.

"Aaron leur dit: Otez les anneaux d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. Et tous ôtèrent les anneaux d'or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron. Il les reçut de leurs mains, jeta l'or dans un moule, et fit un veau en métal fondu. " (Exode 32)

La solitude est lourde à tous les hommes et plus encore à un groupe de fuyards perdus dans un désert et orphelins de leur guide. Apeurés, ils en appellent à un protecteur bien visible. "Fais-nous un dieu qui marche devant nous…" auraient dit les fugitifs à leur nouveau guide!

La petite troupe s'était spontanément tournée vers le dieu qu'elle venait de quitter, le dieu solaire égyptien, le grand taureau fécondateur Apis, symbole de la richesse, coiffé du disque d'or qui rayonne entre ses cornes.

Lire la suite…

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

 

2. Veau-d-or de Damien Hirst.jpg

 

L’Art contemporain : Spinoza et Frédéric Lordon…

Serge Uleski – Sur son  blog 3 juillet 2016

 

 

Frédéric Lordon à propos de l'art contemporain convoque Spinoza pour lequel « Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation ».

Et Lordon de valider (et de valoriser) ce qui, dans les faits, n'est qu'un parti pris Spinoziste qui a sans doute à voir avec les origines culturelles du philosophe, brillant au demeurant, et l'expérience de cette origine : une culture juive iconoclaste dans un siècle pictural par excellence (arrivée et triomphe de la perspective, peintures italienne et flamande à son apogée) avec le bannissement délibéré de représentations religieuses de type figuratif car l'interdit de la représentation est bel et bien présent dans le Judaïsme.

Qu’est-ce que l’Art ? Quelle importance accordée à cette œuvre, quelle valeur ?

C’est sûr : se tenir loin de l’Art n’aide certainement pas à se forger un jugement sûr, informé et avisé sur les œuvres et les artistes.

 

« Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation

 

Il serait vraiment temps car salvateur, que des universitaires comme Lordon soient capables de se dire et de nous dire : « Et si Spinoza se trompait ? » Car, pour tout philosophe valorisé à la hauteur d'un Spinoza, pourquoi ne pourrait-on pas poser la question suivante : « Là, Spinoza aurait-il atteint son niveau d'incompétence ? » En d’autres termes, pourquoi un philosophe ne serait-il pas condamné, tout comme le commun des mortels, à s'élever à son niveau d'incompétence selon un principe bien connu ; celui de Peter ?

A charge pour des universitaires comme Lordon de nous alerter, nous pauvres lecteurs non-philologues, lorsqu’ils rencontrent une telle éventualité : celle de l’erreur qui aurait pour fondement l’ignorance et par voie de conséquence : l’incompétence.

Aussi, à propos de l’Art, osons la question : « Et si Spinoza était incompétent ?

Comment l’en blâmer : qui peut tout savoir, sur tout à tout moment ?

Personne. »

 Lire la suite…

Source : http://litteratureetecriture.20minutes-blogs.fr/archive/2...

 

2. Veau-d-or de Damien Hirst.jpg

 

En cours de lecture, des liens vous renverront à des prolongements que voici :

L’art contemporain fossoyeur de l’Art moderne

Serge Uleski – Sur son blog 22 octobre 2015

ou

FIAC 2015 : comment en finir avec l'art contemporain ?

 

4. fiac-2015.jpg

        

            Combien de temps encore devra-t-on supporter cet art sans Art, cet art contemporain fossoyeur de l'Art moderne ?

Il est vraiment temps de se révolter !

Billet rédigé en octobre 2011.

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Que peut-on raisonnablement attendre d’une société dont les élites culturelles ont fait le choix de troquer, entre autres sculpteurs… Rodin, Lambeaux et Meunier, contre des patrons de casses-autos-compresseurs (César ; Arman) ; et ce sans demander l’avis à qui que ce soit ?

Comment ignorer aujourd'hui le fait que nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes ont lamentablement échoué dans leur mission…

Car, à défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles, égoïstiques... abusivement appelés : artistes...

On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être, jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec de soi-disant artistes cotés à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

Alors...

Pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence...

Sinon, l'éternité.

 

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John Houck - Untitled 

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    Confrontés à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique, créateurs aux installations dont les concepts feraient hurler de rire un cheval, énergumènes bavards comme il n'est pas permis, et alors que l'Art est l'incarnation même d'une pensée tacite...

A quand donc une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres, foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui, à son tour, embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et/ou jean-foutres...

Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires, dans le meilleur des cas, carriéristes, et dans le pire, tragiquement incultes, bardés de diplômes d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales dans l'impossibilité de refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : Bac

Lire la suite…

Source : http://penseraupluriel.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/0...

 

 

2. Veau-d-or de Damien Hirst.jpg

 

Et un petit coup de Vaneigem pour la route :

Dada et surréalisme : l’échec d’un dépassement – par Raoul Vaneigem

Serge Uleski – Sur son blog1er mars 2016

7. Rose Sélavy - Duchamp - Man Ray.jpg

Rose Sélavy alias Marcel Duchamp – Photo Man Ray

 

   Extrait de l’ouvrage Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations - 1967

         « Le mouvement Dada a poussé la conscience du pourrissement à son plus haut degré. Dada contenait vraiment les germes du dépassement du nihilisme, mais il les a laissés pourrir à leur tour. Toute l’équivoque surréaliste vient d’une juste critique émise inopportunément. Qu’est-ce à dire ? Ceci : le surréalisme critique à bon droit le dépassement raté par Dada mais lorsqu’il entreprend, lui, de dépasser Dada, il le fait sans repartir du nihilisme originel, sans prendre appui sur Dada-anti-Dada, sans l’accrocher à l’histoire. Et comme l’histoire a été le cauchemar dont ne s’éveillèrent jamais les surréalistes, désarmés devant le parti communiste, pris de court par la guerre d’Espagne, grognant toujours mais suivant la gauche en chiens fidèles !

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Source : http://penseraupluriel.blogs.nouvelobs.com/litterature-au...

 

 

2. Veau-d-or de Damien Hirst.jpg

 

 

 

Mis en ligne le 5 juillet 2016

 

 

 

 

 

16:06 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/06/2016

LIVRES, tiens, pour une fois.

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LIVRES,

tiens, pour une fois…

par Théroigne

 

« Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,

Sans horreur, à travers les ténèbres qui puent. »

Baudelaire.

Notre calendrier n’étant pas celui du commerce, ceux dont il va être question ne viennent pas nécessairement de sortir, parfois loin de là, et certains en revanche ne sont pas encore publiés en français. Juste pour partager avec vous ce qui nous paraît en valoir la peine de nos récentes lectures.

LIVRES… aussi, on vous l’avoue, pour essayer de penser à autre chose qu’à l’embrasement imminent de tout le continent sud-américain, la chose ayant été soigneusement programmée et se déroulant comme prévu. C’est un Irak à la Xème puissance qui se prépare.

Si les populations d’Europe, au lieu de se réfugier dans l’autisme, étaient capables d’un minimum de courage civil, ce chaos planifié n’aurait pas lieu, comme n’auraient pas eu lieu ceux qui ont détruit la Yougoslavie, l’Irak, la Syrie, le Libye, le Yemen et tant d’autres. On ne mentionne la Palestine que pour mémoire : depuis 68 ans qu’on s’acharne à ne rien voir, à ne rien dire et à ne rien faire, on s’y est bien habitués.

Les planificateurs ont pour eux deux atouts imparables : le premier est, répétons-le, outre l’ignorance nord-américaine en général, la lâcheté européenne, qui a oublié que « le péché d’indifférence est le péché cardinal », le second est qu’ils s’engraissent de la vente d’armes. Semer le chaos est la condition de leur prospérité. Quel que soit le vainqueur, il aura utilisé leurs armes. Le vaincu aussi. Si vous voulez les combattre, il vous faudra leur en acheter. Mais, eux, avec le produit de vos tirelires, auront pu se procurer tous les mercenaires qu’il faut pour vous tenir à distance et rester en avance sur vous d’une génération d’armes ou deux. Après avoir pris la précaution de faire dissoudre vos armées nationales.

La situation est désespérée. Certes, « ils » finiront par plonger – c’est écrit – mais pas tout de suite. Beaucoup vont souffrir et mourir d’abord. Nous, Européens, ne serons pas là pour le voir parce que nous n’aurons pas mérité d’y être.

Pour toutes ces raisons et quelques autres… aujourd’hui : littérature.

 

2. Little cat writing.gif

 

Anatole Atlas

Berlue d’Hurluberlu

Jean-Louis Lippert

Mamiwata

 

Petite mise au point pour commencer : Anatole Atlas s’appelle de son vrai nom Jean-Louis Lippert. Anatole Atlas est le nom d’un grand-père grec et communiste, en l’honneur de qui il écrit certains de ses livres. À vue de nez, il a publié 9 ouvrages sous son nom d’état-civil et 11 sous celui de son grand-père, plus un 21e sous le pseudonyme de Juan Luis de Loyola, car à quoi bon lésiner.

Si Lippert n’a pas eu, il y a vingt ans, le Prix Rossel, qui est – ben, oui - « le Goncourt belge », c’est parce que des importants ont décidé qu’il valait mieux qu’il ne l’eût pas. Car, voyez-vous, que ce soit sous n’importe lequel de ses noms Lippert-Atlas-Loyola est cet animal devenu assez rare : un auteur maudit.

Il faut dire qu’il s’occupe de politique, chose très mal vue quand elle vous mène en dehors des rails du pouvoir. Et il vaut mieux savoir qu’en Belgique, si vous vous flanquez, de fureur ou de désespoir, la tête aux murs, vous ne vous ferez pas le moindre mal : ils sont en beurre. Et vous mourrez fort bien, étouffé par cette onctueuse élasticité, sans qu’on vous ait entendu crier.

Jean-Louis Lippert est né à Stanleyville, aujourd’hui Kisangani, en 1951, de parents belges, donc colons. En dépit de quoi il est l’auteur du seul grand roman belge sur le Congo qui parle de Patrice Lumumba autrement qu’en le traitant de « sinistre guignol » (Pierre Mertens). C’est une des raisons principales pour lesquelles l’establishment s’est donné beaucoup de mal pour balayer ce fichu bouquin sous le tapis et qu’il y reste. On y revient plus loin.

En Belgique, où l’air beurré est si rare, on fout le camp ou on s’adapte en prenant soin que rien ne dépasse. Ou alors on adopte profil bas en essayant de se faire oublier jusqu’à ce que vos tableaux vaillent des millions. On devient alors une « célébrité nationale ».

Dédaignant ces trois options, à 20 ans, Lippert a foncé tête baissée dans le situationnisme et mis ses actes en accord avec ses principes, pour s’apercevoir un beau jour que le situationnisme était non seulement récupérable mais qu’il avait été récupéré. (C’est bien Sarkozy ou je me trompe qui a décrété que les œuvres de Guy Debord étaient patrimoine national ?). Qu’a fait Lippert ? Il a décidé de continuer seul, plus loin, pour voir, devenant ainsi une espèce d’Internationale ex-Situationniste d’un seul homme et un obstiné happening casse-couilles à lui seul aussi. Sa trajectoire, en fait, ressemble plus à celle de Zo d’Axa qu’à n’importe quoi d’autre. Mais qui sait encore qui fut Zo d’Axa ?

En ce moment, il vit chez des Berbères. Oui, bien sûr, dans l’Atlas.

J’ai atrocement résumé. Mes plates excuses à tout le monde.   

 

4. Berlue.JPG

 

 

Anatole ATLAS

Berlue d’Hurluberlu

Bruxelles, Miroir sphérique, 2016

116 pages

 

 

 Les Grosses Orchades vous ont parlé de ce livre au moment de sa sortie, pour vous le signaler Je vous en reparle aujourd’hui parce qu’entretemps je l’ai lu.

Il y a des choses qu’on survole sans les lire, en se promettant parfois d’y revenir et en y revenant rarement parce qu’il y en a tant, parce que pas le temps, et parce qu’un clou chasse l’autre. Impossible avec celui-ci : pour peu que vous jetiez les yeux sur son premier paragraphe, vous ne pourrez qu’aller jusqu’au bout. L’objet n’est pourtant pas séduisant. Ouvert n’importe où, il ressemble à ça  :

 

0. Deux pages 1058_001.jpg

 

Auto-édité à la spartiate. Pratiquement pas de marges, pas de chapitres, même pas le moindre saut de ligne pour aérer, de la page 5 à la page 111, rien. Que du texte ininterrompu. 

En même temps constat d’horreur et œuvre d’art, ce drôle de livre est aussi une curiosité en ceci que l’auteur, aujourd’hui grand-père, l’a écrit avec la fougue, l’énergie et la véhémence de ses vingt ans. Dieuseulsait où il va chercher toute cette adrénaline !

John Cowper Powys avait pour devise « Endurer ou s’échapper ». Et il affirmait aussi que 2 et 2 font 5, « parce que l’imagination est un fait ». Anatole Atlas est parti à la recherche du 5.

Vous souvenez-vous de la ville de Guernica, au pays basque espagnol, détruite le 26 avril 1937 par les aviations allemande et italienne ? Si son nom vous dit quelque chose, c’est surtout, je pense, parce qu’elle a inspiré à Picasso un de ses tableaux les plus célèbres.

 

5. GUERNICA.jpg

Mais, après Guernica, il y a eu Dresde, Stalingrad, Hiroshima, Nagasaki, Belgrade, Bagdad, Gaza, Falluja, Tripoli et aujourd’hui, simultanément, Homs et Sana’a. Entre autres.

 

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Bienvenue dans l’interventionnisme humanitaire occidental

La ville de Guernica est devenue la planète. Quel peintre, quel sculpteur pourrait aujourd’hui un tant soit peu transcender ce qui dépasse tout ce que l’esprit humain peut supporter, ce qui défie toutes les images ? Même les photographes ne peuvent plus qu’appuyer à l’aveugle sur leurs robots numériques. La littérature, elle, peut encore. : la Berlue d’Anatole Atlas est une espèce de Guernica littéraire.

Et ça raconte quoi ? De l’inracontable :

Nous sommes en 2022, au soir de la fête nationale – belge, donc le 21 juillet - et pour une fois il ne pleut pas. Des baraques foraines attendent le badaud dans un parc, face au Palais du roi, à la façade duquel pend un immense drap qui annonce en arabe : KAN ÏA MA KAN FI QADIM AL ZEMEN (« Il y avait et il n’y avait pas, dans les temps anciens… »).

Les 107 pages écrites d’un seul souffle – il vous en faudra pour les lire – font l’état de nos lieux physiques, mentaux, géographiques, politiques, moraux, micro et macrocosmiques, auscultent notre enfer d’humains, d’animaux et de végétaux (mais même les pierres, si vous saviez…). « Comment sortir de cette boîte à rats de Laborit ? » se demande, ululant d’horreur et néanmoins jubilant, l’aède.

Il faut le suivre dans son délire onirique et accepter – dépourvus d’imagination s’abstenir – la rencontre de Thomas More, tout juste débarqué d’entre les morts, sa tête sur un plateau, à la recherche des vestiges de son Utopie ; celle de Maigret (les spectres ne sont pas des gens mais des idées) un peu perdu si loin de son cher canal Saint-Martin mais plein de sa légendaire obstination, bien décidé à débusquer le crime omnipotent qui s’est emparé de la planète ; celle de la grande déesse Isis – voilée comme il se doit, donc en délicatesse avec la loi – diseuse de mauvaise aventure, qui convoque Socrate, entre autres vivants et morts, par nécrophone portable, et promet des choses… qu’elle tiendra peut-être. Vous en rencontrerez bien d’autres… Freud prétendant que Yahvé dérive de Jovis, Shéhérazade et le Phénix, Kapitotal et sa Tour Panoptic  (ô Bentham) vêtus des oripeaux d’Athéna, d’Héra et d’Aphrodite au bal masqué de la République… Vous rencontrerez même Philippe Sollers, c’est dire !

L’auteur se réclame de Jérome Bosch. Si on voulait pinailler, on lui dirait que Bosch a au moins pu imaginer le Paradis et qu’on ne voit pas comment il se propose de le faire, mais ne soyons pas défaitistes.

3. Chatencrier renversé.GIF

 

Manifeste quasi terminal en guise d’extrait :

7. pompe à finances.gif

 

Pour une V ème Internationale du Quint-Monde

C’est une chance de pouvoir s’exprimer publiquement un 11 septembre, jour anniversaire du dernier incendie du Reichstag. Une citation d’Albert Camus, souvent répétée ces derniers temps, s’impose ici : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Je propose d’appeler pseudocosme l’actuel ordre des choses où plus aucun signifiant ne correspond à une réalité privée de sens, dirigée par des robots devenus maîtres du cerveau de la Cité, qu’en conséquence il conviendrait de nommer Acéphalopolis. N’y voit-on pas, avec le triomphe sur les valeurs d’usage et même d’échange, de la valeur d’usure, l’ancien logiciel biblique supplanter le logiciel grec, pour substituer à l’idéal socratique une scission de l’humanité entre élus et damnés ? C’est ainsi qu’il convient de nommer les choses dès lors que la société tend à n’être plus qu’enfer ou paradis. Le principe même à l’origine d’une telle schize du corps social entre cancer des winners et gangrène des losers, accélérée depuis la fin de l’Union soviétique, ne peut-il pas être nommé Sionisme salafiste ? Ces mots, bien-sûr, sont interdits d’espace public, où ne peuvent être désignés ni Kapitotal ni la tour Panoptic – avatars contemporains de la Pompe à Phynance et de la machine à décerveler dont Alfred Jarry attribuait l’invention à son Ubu.

C’est alors sans grande surprise que, depuis la marge des marges, on découvre un numéro de la revue Marginales consacré aux « raisons de la colère » (titre générique pour toute littérature depuis Homère), où se manifeste principalement le prurit ordinaire d’élites nanties se grattant les croûtes pour trouver quelque trace de blessure à signaler, quand le mouvement profond d’un système d’exploitation, de domination, d’aliénation condamne à l’état d’objets surnuméraires la majorité de ses membres. N’est-ce pas que l’instance aédique y fut assassinée par l’unique loi transcendante : celle du marché ?

 Partout la communication entre les hommes par la Parole (supposant une altérité) n’a-t-elle pas été remplacée par leur soumission à la Valeur (postulant le règne de cet Équivalent  Général Abstrait qu’est l’argent) ? La tyrannie libertaire qui soumet le globe à son joug ne va pas sans l’usage d’une immédiateté médiatique exacerbant la crise de l’esthétique, niant toute éthique et ruinant ce qu’il reste du politique. Quant à l’au-delà (métaphysique ou historique), il n’est plus même pensable.

À l’appui du dernier éditorial de Jacques De Decker, j’appelle donc ici de mes vœux l’émergence d’une science nouvelle que j’appellerais la métagnostique.

Pour la constitution d’un Quint-État des artistes et des intellectuels !

Pour une Vème Internationale du Quint-Monde 

 

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(Pas de couverture visible)

Jean-Louis LIPPERT

Mamiwata

Mons, Talus d’approche – 1994 - 1998

442 pages

L’éditeur a fait faillite et vous ne pourrez pas le trouver, à moins que quelqu’un le réédite.

Mamiwata, c’est le nom d’une déesse-sirène des fleuves et des lacs, en Afrique noire, qui personnifie aussi la forêt vierge.

L’auteur, fils de Blancs mais élevé par des Noirs au bord du fleuve Congo, jusqu’à ce que l’Indépendance l’arrache au seul milieu qu’il connaissait, a été longtemps déchiré entre les deux mondes antagoniques auxquels il appartient.

À le lire, on ne peut pas s’empêcher d’admirer la sagacité de Mikhaïl Bakhtine qui, dans son  Rabelais, a si justement déploré que Jean-Jacques Rousseau, en poussant les femmes du beau monde à allaiter leurs petits elles-mêmes, ait opéré une cassure irrémédiable entre les classes dominantes et celles d’en-bas. Car, en effet, où seraient et que seraient Jean de La Fontaine et les autres, s’ils n’avaient eu pour nourrices des femmes du peuple ?

Lippert a eu pour nourrice une femme du peuple africaine.

 

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A.A. et Rosalie

 

Ce qu’il a à dire de l’Afrique est donc intéressant au plus haut point. Mais comme on ne parle pas d’un livre derrière Vaneigem et Wellens, je vais leur céder la plume. (Mieux vaut que vous le sachiez : dans ce qui suit, « le Satan de Stan », c’est Patrice Lumumba, « Charles Van Den Woestijn », c’est Paul-Henri Spaak, et ainsi de suite.)

 

Raoul Vaneigem à propos de Mamiwata

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Je ne ferai pas l’éloge de Jean-Louis Lippert. D’abord parce qu’il n’aimerait pas cela et, ensuite, parce que ce qu’il écrit parle de soi, je veux dire, est une construction qui a ses assises et se soutient toute seule.

      Quand est-ce qu’une œuvre se soutient toute seule ?  Eh bien, je pourrais dire qu’il y a là un secret et que, pourtant, ce secret n’est pas impénétrable. Une œuvre a des assises solides et se construit — je ne dis pas avec perfection mais avec conviction — lorsqu’il existe un accord entre un auteur et ce qu’il écrit.

      D'aussi loin que remonte notre rencontre, j’ai toujours trouvé chez Jean-Louis une façon de subvertir le monde qui se traduisait à la fois dans son comportement quotidien et dans ses textes. Ce n’est pas pour rien qu’il a signé plusieurs de ses brûlots du nom d’Anatole Atlas. Atlas, c’est celui qui porte le monde, et Anatole, c’est celui qui fait de son mieux pour le tourner dans le bon sens. Il n’y arrive pas toujours mais il essaie, et il essaie sans relâche.

      Nous portons tous notre monde sur la tête et dans la tête. La plupart des gens ne le savent même pas, et font comme si le monde les portait. Et du coup, ils se portent mal et le monde défaille. Il y en a d’autres, beaucoup moins nombreux, qui le savent. Et le monde pèse sur eux, et cela leur fait mal à la tête, et parfois, cela les écrase et les tue. C’est comme si la lucidité était plus forte qu’eux, et qu’elle les aveuglait. Mais ce n’est pas la lucidité qui tue, c’est l’absence de vie et le manque de conscience de cette banalité paradoxalement insolite : à savoir que la vraie vie est possible.

      Dans les romans de Jean-Louis, il y a des personnages qui vivent d’une vie sauvage et qui posent la question : pourquoi passons-nous la plupart du temps à nous détruire au lieu de tenter sans relâche de vivre mieux ?  Il y a des personnages qu’une vie sauvage emporte dans un tourbillon sans qu’ils aient le temps d’harmoniser le chaos. De sorte que l’exubérance les submerge au point de les noyer.

      D’autres, en revanche, s’emploient à incliner les circonstances en faveur de la vie. Ils disent les êtres et les choses de la vie, et ce qu’ils veulent. C’est une telle volonté que Jean-Louis perçoit chez un homme qui a été l’un des premiers à s’être dressé contre l’univers des multinationales de son temps, un homme qui a été un précurseur dans le combat mené aujourd’hui contre le capitalisme financier qui s’emploie à ruiner la planète. Cet homme, c'est Patrice Emery Lumumba.

      Bien avant qu’une commission parlementaire belge souhaite mettre en lumière le rôle joué par la Belgique dans l’assassinat d’un des rares porte-parole d’un peuple en voie d’émancipation qui ait refusé toute compromission avec le monde de la marchandise, Jean-Louis écrit :

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Source : http://www.spherisme.be/Texte/Vaneigem.htm

 

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Yves Wellens  à propos de Mamiwata

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Mamiwata, Ouvrir le chant

« C’est plus fort que moi, je m’ordonne. Je rapproche des faits qui furent, mais séparés. Je crois me souvenir, je m’invente »   Aragon

« Le roman est un genre faux, parce qu’il décrit les passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente. Décrire les passions n’est rien ; il suffit de naître un peu chacal, un peu vautour, un peu panthère »   Lautréamont

« L’on doit toujours éprouver quelque peine pour ces personnes qu’écrase le char triomphant du progrès »   (A. Cahill, membre des services civils en Inde, cité par Hannah Arendt, dans Sur l’impérialisme).

(...)

Cette après-midi-là, dans le jardin des premiers temps, Ulysse Lévine n’avait-il pas usé d’un miroir de poche de sa femme Bianca pour tenter de capter au mieux, jouant de divers angles, l’intensité plastique du tableau vivant qui s’offrait sous la pergola ?  Pourquoi se contenter d’un seul point de vue quand il en va de la vie ?

 (...)

Extrait de  Mamiwata

La présente lecture est une manière de prendre au mot cette projection de Jacques De Decker, lors de la parution du Mamiwata de Jean-Louis Lippert, à l’automne 1994 : « On le lira dans très longtemps encore, on le sondera, on l’analysera, on reconstituera son étrange chronologie, on détaillera ses références historiques, on débusquera les modèles de ses protagonistes » (1). En même temps, en dégager les lignes directrices et le cours principal (sans parler des méandres) dans le cadre restreint de cette postface équivaut à décrire le tumulte d’un fleuve depuis les eaux tranquilles d’un canal. Je veillerai donc à ce que les mots, ici, pèsent lourds et soient aussi chargés de sens qu’il le faudra.

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Source : http://www.spherisme.be/Texte/YWellens.htm

 

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Bibliographie : http://www.spherisme.be/biblio.htm

Ce qu’en dit la MPLF (Maison de la poésie).

On la cite car les jugements sont rares, rien ne valant, pour se débarrasser des enquiquineurs, la mise sous le boisseau.

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Et, allez, ne soyons pas pingres, une vidéo pour la route :

 

Hymne pour une ville sans fleuve
Icône à la mémoire de l'Union soviétique

 

 

Site de la Sphère Convulsiviste.

http://www.spherisme.be/

 

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Marc-Édouard Nabe

L’homme qui arrêta d’écrire

L’Enculé

 

Dante, banni de Florence, écrivit La Divine comédie, où il régla quelques comptes. Nabe, viré des éditions du Rocher, ne vit pas pourquoi il ne ferait pas pareil. Et ce fut L’Homme qui arrêta d’écrire édité à compte d’auteur. Vous avez dû entendre plutôt dix fois qu’une qu’à partir de dorénavant, Nabe est son propre éditeur-distributeur-diffuseur et que, si on ne trouve plus ses livres dans les librairies, on peut, en cherchant bien, les trouver chez des bouchers, des coiffeurs ou des crémiers.

 

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Première à Paris - Le livre de Nabe affiché sur le comptoir d’une boucherie, rue du Marché Saint-Honoré (1er arrt.).

 

Nabe est un cas. Écrivain d’une part. Grand habitué des merdias par ailleurs. Double activité pas nécessairement incompatible mais pas non plus garantie de profondeur, encore moins d’intégrité.

Annonçons par honnêteté la couleur : je n’ai jamais vu ni entendu Nabe à la télévision ou à la radio, et je ne l’ai jamais lu dans les journaux, parce que je les fuis tous, et la surdité me rend inaccessible ce que je pourrais en apprendre des vidéos du net. Mais il est impossible d’ignorer tout à fait les opinions, choix et croyances de quelqu’un qui n’en laisse rien ignorer, qui veut qu’on les sache, qu’on en débatte et qui en fait la substance de ses écrits. Restent donc les livres.

Sans les avoir tous lus, loin de là, il me semble que rien de ce qu’il a fait jusqu’ici n’a dépassé L’âme de Billie Holiday, mais c’est subjectif. Quand même, je ne serais pas surprise qu’il y ait plus que du mimétisme entre lui et son maître Rebatet, imbuvable, imbitable, insupportable éternel adolescent fils de bourges ergotant avec suffisance sur des réalités dont il ignorait tout, la maîtrise de la langue n’y faisant rien, qui n’avait qu’à écrire deux lignes sur Debussy pour que vous tombiez sous le charme.

Je devrais dire, avant d’aller plus loin, les réserves qui m’ont toujours paru s’imposer chez cet auteur, parce que ce livre-ci ne m’a pas fait changer d’avis, mais je m’en tiendrai au jugement de Serge Uleski, que je partage, et qui l’a exprimé bien mieux que je ne saurais le faire : sentiment d’un homme qui aime les livres et leurs auteurs et n’appartient à aucune chapelle. Tout ce qu’il en a dit mérite d’être pesé.

 

Marc-Édouard Nabe : le « no-mén » de la littérature 

Serge Uleski – Sur son blog 13.9.2013

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Celui qui toujours nie

A la lecture de Marc-Edouard Nabe (MÉN), difficile de trouver une pensée un tant soit peu cohérente, mais bien plutôt des humeurs souvent mauvaises ainsi que la tentation toujours renouvelée de se saborder.

Nabe semble tout sacrifier au style, le sens passant le plus souvent à la trappe. Or, en littérature, tous les grands stylistes ont aussi une tête bien faite.

Certes, ce qui importe ce n’est pas ce qui est écrit mais bien… comment c’est écrit… mais lorsque Nabe abandonne ce comment, très vite on se rend compte que le fond de sa « pensée » reste très peu structuré, et relève plus de l’humeur que d’une opinion avisée et informée, fruit d’un vrai travail de réflexion, la fréquentation prolongée de Choron et de Harakiri n'ayant sans doute rien arrangé.

Il suffit simplement de revoir sa prestation de 1985 à l'émission « Apostrophe » de Bernard Pivot, pour s'en convaincre ; Nabe était venu présenter son premier ouvrage publié Au Régal des vermines; et d'aucuns ajouteront : « Nabe était aussi venu parfaire, ce soir-là, en direct, une crise d'adolescence qui n'en finit pas » - il a alors 25 ans -.

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Source : http://penseraupluriel.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/0...

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Marc-Édouard NABE

L’Homme qui arrêta d’écrire

Nabe – Janvier 2010

695 pages

 

 

Ces réserves faites, qu’en est-il, à mes yeux du moins, de la Divine comédie version Nabe ?

Que son auteur a la même qualité qu’Atlas-Lippert : quand on y met le nez, on va jusqu’au bout. Nabe sait empoigner et retenir son lecteur, pour ne le lâcher qu’à la dernière page, même s’il arrive au lecteur de grincer des dents en cours de route. Soit dit en passant, le fait que deux auteurs brillants, arrivés tous deux dans la cinquantaine avec un nombre à peu près équivalent de livres à leur actif en soient réduits à s’auto-éditer suffirait à juger une époque et sa « civilisation » prétendue.  Le parallèle s’arrête là Nabe et Lippert sont politiquement aux antipodes, et si l’un en a presque trop à dire et l’autre pas assez, ce n’est pas ici qu’on va entreprendre de les comparer.

Donc, L’Homme qui arrêta d’écrire c’est Nabe lui-même qui, lourdé par son éditeur, se dit qu’il ne s’est jamais, pendant vingt ans, arrêté d’écrire et voyez le résultat, eh bien, maintenant, il va le faire.

Et se met à écrire, par le menu, ses sensations et sentiments d’homme qui n’écrit plus.

Sorti de chez lui pour acheter un beefsteack, il est reconnu et accosté par quelqu’un qui l’a vu à la télé. Bien sûr, Divine comédie oblige, c’est Virgile. Qui s’appelle en réalité Jean-Phi mais qui s’est trouvé ce pseudo sur Internet, sans savoir le moins du monde qui « Virgile » peut être et qui s’en fout mais qui trouve que ça sonne bien. Et qui entraîne l’esclave auto-affranchi des éditions du Rocher dans un périple aussi divin qu’éprouvant : les neuf cercles de l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis. Tout ça dans Paris intra-muros. Pas un pied dehors. Mais aussi dans Internet : c’est sans doute un des tout premiers romans sur le Web considéré comme un avatar de l’Enfer. Enfer mais caverne d’Ali Baba d’archives dit Nabe, qui précise non sans pertinence : « La virtualité ne remplace pas la réalité comme les réacs le prétendent, elle est là pour remplacer l’imaginaire ». Oui, et pas que sur le Web, allez voir chez Michele Serra (c’est plus bas).

Incidemment, on sera un peu surpris qu’un anti-sioniste aussi convaincu entame son périple par une virée chez H & M. Peut-être est-ce pour qu’on soit bien sûrs d’être en Enfer ? N’empêche qu’il s’y achète un caban. Framboise.

Virgile, blogueur quasi analphabète s’avère quand même être en possession temporaire du manuscrit original du Voyage au bout de la nuit, que son acquéreur milliardaire l’a chargé de numériser. Et il déambule dans Paris avec ça au bout du bras. On nage en plein conte de fées virtuel.

On ne pourra pas reprocher à Nabe de ne pas connaître ce qu’il y a de pire dans l’ex-Ville Lumière ou d’en parler par ouï-dire. On sent le familier des lieux. Tout y passe : La Baron, Chez Colette, le Train bleu, le Palais de Tokyo, l’Hôtel Amour… Et si tout n’est pas vrai, beaucoup des damnés qu’on croise sont des vrais, sous leur vrai nom avec une lettre espièglement remplacée par une autre. Philippe Soller, Bernard-Henri Levit, Dan Frank, Frédéric Begbedé, Raphael Sorrin et Pierre Asouline, Éric Nauleau, Laurence Bocolini et Philippe Candelerot, etc. etc. Pas un roman à clé, plutôt à têtes de pipes. Je ne balance pas sur vous, je ne diffame pas, j’invente à partir de vous, et le bon con de public se demandera si vous êtes comme ça ou pas, nani nana.

Les neuf cercles ? Vernissages d’art moderne, premières théâtrales, fermetures de cinémathèques pour toujours, restaurants tendance où on se retrouve entre soi (l’Enfer, c’est les autres), publicitaires, clubs échangistes, conférences de presse qui tournent à la catastrophe, sauvées par une paëlla, brain stormings de patrons de presse, télévision… il avait l’embarras du choix. Mais il ne les compte pas - pas de chapitres  -, il sautille d’un fléau à l’autre, en habitué.

Parfois, le commensal des damnés pointe le nez. Aux Abesses, Nabe et Jean-Phi croisent un clochard qui sent la fleur d’oranger : « J’en veux pas à ton oseille, fils ! lui répond le clodo. Je suis riche, je suis le gardien de la mémoire des martyrs de la Butte… » [C’est vrai qu’ils sont sur la Butte rouge] «… Patachou, Mouloudji, Brasseur ! Tout le quartier m’appartient. » . Dante muscadin.

Mais parfois, la star-et-plaie des talk shows s’arrête de crachoter sur ce qu’il ne comprend pas et se rappelle qu’il a été autre chose :

 « Moi quand j’avais dix-huit ans, je n’avais pas Internet, lui objecté-je. J’étais obligé de prendre le train de ma banlieue, puis de faire la queue devant la bibliothèque de Beaubourg, pour y passer des heures à farfouiller. Je ressortais avec quelques photocopies rayées de poèmes, de textes, je partais frustré de ne pas avoir réussi à trouver ce que je voulais. J’étais obligé de faire des pieds et des mains pour obtenir une cassette pourrie, un bout de vidéo, un morceau de revue... Évidemment je suis conscient que c’est beaucoup mieux de l’avoir tout de suite, mais uniquement pour ceux qui savent s’en servir et qui en ont vraiment, non seulement besoin, mais envie. J’espère que Google n’enlève pas l’amour énorme qu’il faut à un jeune homme pour chercher tout ce qu’il rêve de trouver. C’est juste que je crains que la facilité annule l’amour, car pour savoir bien utiliser une connaissance, il faut qu’il y ait de la passion prise dedans comme du chocolat dans un BN. »

Des passages où l’indignation est sincère et contagieuse. La cinémathèque de Chaillot va fermer. C’est la dernière séance puis la « fête » :

« Ce soir, Langlois et Rouch feraient un carnage, au milieu de cette surboum de post-pubères ineptes, ignorants du cinéma qui ne palpitent pour rien, ne voient des films que comme des films, sans aucune magie. Ils les auraient maudits comme ils le méritent. »

Et ils auraient vomi sur Philip Catherine, qui donne un coup de pied dans un chat. Nabe n’est pas assez vipérin pour inventer ça.

Mais il n’y a pas, dans ces Mystères de Paris new look que les pantins à la mode. Il y a les personnages inventés par l’auteur : Adam X, ancienne star du porno, qui a la nostalgie de cette époque révolue (on ne savait pas), Pat, le styliste noir et gay, admirateur d’un des Besson, Magali, la prostituée ivoirienne, qui économise pour échapper à son mac et rentrer au pays. Côté jeunes filles, il y a Zoé, la jeune arabe et sa sœur Kahina, Liza, qui finit toutes ses phrases par « je rigole », surtout quand il n’y a pas lieu de rigoler, et bien entendu Béatrice, qui s’appelle Emma. Toutes ces femmes ont en commun de vouer aux écrivains en général et à Marc-Édouard Nabe en particulier une admiration qui confine à l’idolâtrie. N’hésitez jamais à dire du bien de vous-même, parce que si vous comptez sur les autres… Et n’écoutez pas ceux qui vous traitent de narcissiste infantile, ce sont des jaloux.

Deux mots en passant sur le Paradis. Je l’ai trouvé bien inférieur à l’Enfer. Est-ce l’idée que s’en fait Nabe ? Est-ce l’endroit où il le situe ou les deux mon général ? Ce n’est pas parce que les Champs-Élysées s’appellent ainsi qu’il y pousse des asphodèles. Ni qu’ils ne sont pas un des endroits les plus sinistres de Paris. On peut avoir vécu heureux sur la rive droite et ne point partager la prévention idéologique de Nabe contre la rive gauche. Bref, son Paradis autour de l’Étoile… grand bien lui fasse ! Mais si on peut choisir une fois morts, on va ailleurs. « Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres », chantait Maurice Chevalier. Très juste. Au fait, le Père Éternel tiendra-t-il compte des préférences de chacun ?

Quelques passages du livre qui me restent plus que les autres en mémoire, pour finir :

Celui de la rencontre avec Alain Delon dans le parc du Marigny. Là, l’énorme cabot devenu vieux et l’énorme cabot vieillissant posent, pour un moment, masques et cymbales, pour jeter un coup d’oeil en arrière qui ne manque pas de profondeur - assez touchant même, par moments - sur les acteurs, l’art et le temps qui passe. Vous rappelez-vous Alain Delon et Gérard Depardieu regardant, ébahis, Vladimir Poutine chanter Blueberry Hill ? C’est un peu pareil. On se dit que tout n’est pas si nul après tout quand les cabots sont capables de redevenir pour un instant les petits garçons qu’ils ont été « avant ».

Une tranche de franche gaîté : quand Willem entraîne Nabe dans une assemblée où tout le gratin de la presse nationale s’est réuni pour essayer d’arrêter l’hémorragie de lecteurs que lui vaut Internet… croit-il. Ils sont venus, ils sont tous là : Val, July, Joffrin, Plenel, Kahn, Demorand, Giesbert, dont les canards font faillite et qui décident d’aller à la pêche aux lecteurs à coups de cadeaux bonux risibles, sans voir un seul instant que leur médiocrité est la cause de leur déconfiture. Et, bien entendu, leur servilité à toute épreuve. C’est un grand moment. Ponctué des gesticulations de Willem, qui essaie de refiler à Nabe le dessin de couverture qu’il lui a promis pour le livre qui ne paraîtra pas.

 

15. L'antique et prestigieuse société secrète de Ceux qui tirent les ficelles xx.JPG

Le passage enfin auquel j’ai trouvé le plus de brio, même si les fourchettes et les couteaux des Veda m’ont laissé un plus grand souvenir, est celui où Nabe « se paie » Salim Laïbi, « complotiste ». Là, sa verve s’en donne à cœur joie. Et c’est vrai qu’il est agaçant de voir les humiliés et les offensés faire des fixettes sur la forme transitoire que prennent à un moment donné (le nôtre) les sempiternelles associations de malfaiteurs, se focaliser comme des maniaques sur les francs-macs, les Bilderberg et autres Illuminati. C’est vrai que la CIA et tout ça… mais les églises aussi, et la FIFA, et les syndicats, voire les associations de commerçants ou d’agriculteurs. Ce n’est pas la forme qui fait la malfaisance, ni le secret, qui est de polichinelle. Et c’est vrai qu’ils devraient méditer le conseil d’Oscar Wilde (chercher la racine des maux et laisser tomber les symptômes). Cela dit, pour brillant que soit le passage, c’est quand même un peu l’hôpital brocardant la charité.

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Car Nabe, de son côté, croit que c’est Ben Laden qui a fait sauter trois tours avec deux avions et deux cutters pour montrer aux Zuniens de quel bois il se chauffait. Geste cocoriquesque à la française s’il en fut et aussi éloigné de la mentalité arabe que possible. (Si c’était faisable et utile, Nasrallah l’aurait fait.) Mais, que voulez-vous, il les aime… et les croit assez bêtes pour n’avoir pas prévu les conséquences d’un tel acte, ou assez crapuleux pour, les prévoyant, l’avoir fait quand même. L’amour est aveugle.

Quoi qu’il en soit, sa tête de Turc (arabe) a du répondant et sur le vrai site du vrai Laïbi, Nabe est « le nabot » et se fait traiter à son tour de « jet setteur christique », ce qui est assez méchant parce qu’assez bien vu.

Et nous qui nous plaignons de n’avoir pas vécu au temps où Voltaire et Fréron s’envoyaient des vannes !

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Dostoïevski vu par Nabe

En résumé, et pour abréger un débat qui n’en finit pas. Qu’est-ce qui, malgré son talent et même ses talents multiples, empêche Nabe d’avoir du génie ?

D’abord, tout ce qu’a dit Uleski, vous n’aviez qu’à lire. J’y ajouterai une chose : le manque d’ambition.

Pour son malheur, le gamin précoce et gâté monté de Marseille à Paris sa guitare sous le bras, est tombé la tête la première dans un nid de faux-bourdons : L’Idiot international. Et ne s’en est jamais remis. Tel un Perceval le Gallois échappé à sa mère voyant surgir au coin d’un bois des reîtres en armure et les prenant pour des anges. Nabe n’a rien su imaginer au-dessus de ce qu’il voyait. C’est pourquoi il est un petit-maître post-hussardien et pas Louis-Ferdinand Céline.

Céline lui-même a eu des handicaps terribles : marque paternelle, reçue à un âge trop tendre, de petit-bourgeois râleur aux œillères sur les côtés et par devant ; manque du savoir historique et politique resté inaccessible à ceux de sa classe et de sa génération ; ambition pathétique de se faire accepter par la grande bourgeoisie qui n’accepte jamais ceux qui n’y sont pas nés, mais qui les veut bien comme boucs-émissaires.

Nabe est d’une ignorance crasse en histoire et d’une bêtise abyssale en politique. Par choix ou par paresse. Sans les circonstances atténuantes de Bardamu. Il a pris pour modèle un dandysme égoïste de bourgeois « nés » refermés sur leurs privilèges et s’est donné un mal de chien pour s’en faire accepter. Tant pis pour lui. Imagine-t-on Céline membre d'une coterie ? Ou Marcel Aymé ? Sans la Geôle de Reading et la catastrophe attirée par lui-même sur sa tête, Oscar Wilde n’aurait jamais été qu’un dandy adroit de sa plume. Comme Dantzig, Murray, Hallier, etc. Le creuset d’où sort le génie n’a que faire de l’égoïsme ni de l’égocentrisme.

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Marc-Édouard NABE

L’Enculé

Nabe – septembre 2011

250 pages

 

 

L’Enculé est une pièce de circonstance, un billet d’humeur de 250 pages. On peut dire aussi un pamphlet (sûr d’être traité d’antisémite, vu la personnalité de l’auteur et les réflexes pavloviens de ceux qui ne l’aiment pas).

Je l’ai lu parce que je me demandais ce qu’on pouvait encore bien trouver à écrire sur DSK qui n’ait été dit mille fois. Mais, avec Nabe, on n’est jamais déçu.

Sa trouvaille est d’avoir fait raconter l’histoire par DSK lui-même, à la première personne, sans sauter aucun fait. Et de le rendre plus avenant qu’il n’est dans la réalité. Le queutard atteint de priapisme capable de pousser des milliers de gens au suicide avant de se laver les dents ou en attendant son tour chez le coiffeur devient, dans l’Enculé, un gros frère de Nabe. Qui va jusqu’à discuter le bout de gras dans la rue avec la gamine de Nafissatou Diallo.

Mais aussi, la cible de Nabe dans ce livre n’est-elle pas DSK lui-même, c’est Madame. Elle qu’il se farcit, sur elle qu’il déchaîne sa verve antisioniste, et, croyez-moi, elle a du souffle. Quelle jubilation supplémentaire de pouvoir mettre les verges, si on ose dire, dans la bouche de l’époux. Sioniste aussi, certes, mais beaucoup moins, parce que, d’abord, né en Afrique du Nord. Et puis, quand on est au PS, que voulez-vous qu’on fasse d’autre ? Toutes les circonstances atténuantes.

Ne débordant pas moi-même de sympathie pour Anne Sinclair, qui exsude physiquement la dureté et la rapacité (on se demande ce qu’ont regardé tant d’hommes à la télévision… ses yeux ?) et estimant qu’elle est assez grande, assez puissante et assez épaulée, sans avoir besoin de solidarité féminine, je ne cracherai pas sur le pamphlétaire et la laisserai se débrouiller toute seule.

Pour sa part, le personnel politique de tous bords prend dans l’aventure quelque coups amplement mérités pour ses capacités ès retournements de vestes et son art de laisser tomber les copains dans la débine.

J’ai apprécié L’Enculé parce que j’ai un faible pour les gens qui savent manier l’invective. Je continue à préférer les maîtres incontestés du genre que furent Marat et Debord, mais Nabe fait des efforts.

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Genre d’Arabes que Nabe devrait lire, au lieu de s’ébaubir devant les Ben Laden que lui refilent les merdias de grands chemins chez qui il se laisse inviter.

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Ziad Fadel – Syrian Perspective

http://syrianperspective.com/2016/06/british-supported-te...

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Jonathan Azaziah - Mouqawamahmusic

http://mouqawamahmusic.net/refugees-of-rap-french-funded-...

 

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Yannick Bosc

La terreur des droits de l'homme.

Le républicanisme de Thomas Paine et le moment thermidorien.

 

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Yannick Bosc

La terreur des droits de l'homme. Le républicanisme de Thomas Paine et le moment thermidorien.

Paris, Kimé, 2016.

297 p.

 

 

[Ceci aurait dû suivre un article consacré à Mme Lacroix-Riz, qui a déménagé dans un autre post et servi en quelque sorte et comme souvent d’avant-garde.]

Puisque nous sommes chez les historiens, restons-y. Celui-là non plus, je ne l’ai pas encore lu. Mais je vais le faire, avec d’autant plus de curiosité que je n’ai jamais su quoi penser au juste de Thomas Paine : avoir survécu à Thermidor n’est pas vraiment un brevet d’intégrité, même si certains, parmi les moins soupçonnables, ont réussi à « passer outre ». Mais tant d’étrangers élus à la Convention n’ont été, alors, que des instruments de la contre-révolution… Et puis j’avais en tête un Paine ambigu de Harvey Keitel dans la superbe Nuit de Varennes, d’Ettore Scola. Ou ma mémoire me jouait-elle des tours ?

 

 

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Yanik Bosc anime, avec quelques-uns de ses confrères, le remarquable site http://revolution-francaise.net/ : rien de ce qui concerne cette période cruciale de notre histoire ne leur est étranger, et leur science est de meilleur aloi que la réserve d’or de Fort Knox, à supposer que Wall Street y ait laissé quelque chose. C’est là, chez les spécialistes de « la Gueuse », que je suis allée chercher la présentation du livre.

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« C'est en s'entraînant à modifier le regard
qu'on obtiendra de nouvelles vues des choses. »
Jean Dubuffet, Bâtons rompus, 1986

Thomas Paine est le personnage principal de cette histoire qui se déroule pendant la Convention thermidorienne, au cours du débat constitutionnel de l'été 1795, à un moment stratégique de la Révolution française. Pourtant, ni le principal protagoniste, ni la Constitution de 1795 ne semblent de prime abord nous placer au cœur de l'épopée révolutionnaire telle que nous avons l'habitude de l'entendre racontée. Rares sont en effet les historiens qui ont étudié le rôle de Thomas Paine dans la Révolution française. Ils sont encore moins nombreux à s'y être intéressé dans le moment thermidorien, cette période d'entre-deux qui suit l'exécution des robespierristes après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et engendre le Directoire. Outre le fait que cette étude se focalise sur un acteur certes célèbre mais apparemment périphérique et une période qui le semble également, elle perturbe encore le récit classique en associant ce qui est ordinairement dissocié : la Terreur et les Droits de l'homme. Pour comprendre ces paradoxes penchons-nous d'abord sur Paine qui en est un à lui seul.

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Source : http://revolution-francaise.net/2016/03/12/646-la-terreur...

 

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Henri Guillemin sur Georges Simenon

Articles parus dans La Bourse égyptienne

en 1938

Oui, on a ici un faible pour les historiens. Mais là, je vais vous parler d’un livre qui non seulement n’existe pas encore mais n’est pas non plus un travail d’historien, puisqu’il s’agit d’un recueil d’articles écrits, avant la guerre, par un historien qui fut aussi prof de lettres.

En 1938, Henri Guillemin a enseigné la littérature française à l’Université du Caire, comme son homologue britannique Robert Graves avait enseigné l’anglaise en 1926 à l’Open University. Mais pendant qu’il était là, Guillemin a donné, tous les samedis, à un journal cairote, une chronique de l’actualité littéraire française. Elle devait plaire, car elle a continué à paraître pendant plusieurs mois après son retour en France. En tout : 98 articles, qui dormaient dans les archives de la BNF, où le Pr. Patrick Berthier est allé les copier dans l’idée d’en faire un livre. Qui paraîtra, dieuseulsaitquand, chez Utovie.

C’est avec un rétrospectif effarement (surtout vu d’ici) qu’on se rend compte qu’en cette seule année 1938, Sartre a donné La Nausée, Malraux L’Espoir, Bernanos Les grands cimetières sous la lune, Queneau Les enfants du limon et Céline Bagatelles. Et c’est sans compter Simenon, qui, lui, n’a pas donné moins de dix romans, au rythme d’un par mois.

L’association « Les Amis d’Henri Guillemin » a obtenu la permission de reproduire quelques extraits de ces Chroniques du Caire et commence précisément par les trois articles consacrés à Simenon.

Mais cédons-lui la plume, en la personne de M. Patrick Berthier lui-même :

 

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« Après l’obtention de son titre de docteur ès-lettres, Henri Guillemin, jusqu’alors enseignant dans le secondaire, est nommé à l’automne 1936 professeur de littérature française à l’Université du Caire. L’Égypte est un royaume indépendant depuis 1922 mais l’influence britannique y demeure très forte en politique ; du côté français, c’est plutôt une présence culturelle : les Égyptiens cultivés parlent souvent français et/ou sont francophiles. L’élite économique du pays lit notamment un quotidien entièrement publié en français, La Bourse égyptienne (son titre dit qu’il n’est pas de gauche).

Au bout d’un an d’enseignement, et déjà connu d’un plus vaste public que celui de ses étudiants par quelques conférences, Guillemin se voit proposer en octobre 1937 une tribune de critique littéraire dans ce journal. Même si, élu à la faculté des lettres de Bordeaux, il quitte son poste du Caire dès l’été 1938, il continue pendant encore un an d’envoyer ses articles, et ce sont finalement 98 chroniques du samedi qui paraissent dans La Bourse égyptienne, du 7 novembre 1937 au 22 octobre 1939. Considérées une par une, elles ne sont pas toutes pour nous, aujourd’hui, du même intérêt, mais leur ensemble est souvent passionnant. Guillemin lit et commente ainsi, dès leur sortie de l’imprimerie, L’Espoir de Malraux ou La Nausée de Sartre, Bagatelles pour un massacre de Céline ou tout ce que publient alors un Mauriac ou un Bernanos.

Les ami(e)s d’Henri Guillemin ont décidé de faire profiter leurs lecteurs de la fleur de ces articles, en proposant à intervalles réguliers des présentations sélectives propres à donner une idée fidèle des sujets abordés, du ton et du style de Guillemin, de ses idées de cette époque face à la littérature et aux idées contemporaines. Et nous commençons par Georges Simenon, qu’alors Guillemin ne connaît pas personnellement, mais dont il deviendra plus tard l’ami et l’admirateur.

 

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Trois fois dans sa chronique égyptienne, Guillemin parle de romans de Simenon récemment publiés : L’Assassin le 2 janvier 1938, Chemin sans issue le 26 juin 1938, et Le Coup de vague le 3 septembre 1939. Il les aborde tous les trois de la même façon : une longue entrée en matière générale (à peu près la moitié de l’article), suivie d’une analyse de l’intrigue réduite à ses éléments nécessaires, surtout dans le troisième cas où deux colonnes seulement, sur les cinq de l’article, sont consacrées à Simenon (les trois autres concernent Nous autres Français de Bernanos, voisinage qui, soit dit en passant, donne la mesure de l’estime de Guillemin pour Simenon, ainsi placé à égalité avec un romancier et polémiste reconnu).

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Source : http://www.henriguillemin.org/evenements/quand-guillemin-...                 

Les trois articles sont ICI en pdf.

 

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Deux livres italiens pas encore traduits.

Guettez-les, ils en valent la peine !

 

Michele Serra

Ognuno potrebbe

En écho à la formule obamaesque « we can », Michele Serra répond « Tout le monde pourrait » mais constate que personne ne fait. Et le déplore. C’est le sujet de son livre, celui de la faillite d’une génération – deux sans doute – et d’un déclin aussi irréversible qu’accepté. C’est aussi une satire féroce du narcissisme digital endémique, symptôme et non racine du mal.

 

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Michele SERRA

Ognuno potrebbe

Feltrinelli – Octobre 2015

152 pages

 

 

 

 Jules, ébéniste, 60 ans et Marie, ménagère ex-actricette, 40 ans, n’ont jamais eu d’enfant. Et voilà que la cigogne leur en apporte un sur le tard. Ce sera Jules-Marie, enfant de vieux, dans une région qui fut belle, active et prospère (la vallée du Pô), et qui n’est plus aujourd’hui qu’une étendue sinistrée couverte de capannoni à l’abandon et de ronds-points.

 

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Un « capannone » est un hangar industriel ou semi-industriel, une construction cubique utilitaire sans relation avec la nature environnante, posé arbitrairement dans un paysage qu’il sert à ruiner. Les agrégats de capannoni sont, en Belgique, appelés « zonings ».

2015. Jules est mort à son établi, d’infarctus foudroyant. Son, voisin et ami, Squarzoni, fraiseur-tourneur, continue à faire miauler son tour et à limer des pièces qu’on ne lui commande plus, par habitude. Jules-Marie a fait des études, va sur ses 36 ans et vit toujours avec sa mère bien qu’il soit en puissance de petite amie « belle, noire et blanche comme une actrice du muet » nommée Agnès, qui travaille au bar des « Trois pins » (un capannone flanqué de deux cyprès), qu’elle fait tourner avec une collègue sibérienne.

Jules-Marie aurait pu être ébéniste comme son père, mais l’idée ne lui en est jamais venue. Étiqueté chercheur-anthropologue, il se rend chaque jour à l’université où, en équipe avec Ricky, il étudie, minute et classe par catégories, l’exultation des footballeurs après le goal, CDD hautement scientifique et productif censé justifier une allocation de survie de 700 € par mois. Ricky, incurable optimiste, est très satisfait du cours des choses, Jules-Marie beaucoup moins, mais il ne voit pas comment le changer.

Un jour, rentrant chez lui par l’autoroute à bord de sa vieille Ford en ruines, il tombe sur un  barrage qui l’expulse vers une route secondaire, où il s’égare au premier rond-point. « Perdu, à quelques kilomètres de chez moi, sur des routes où je circule depuis toujours. » Mais d’où les ont-ils sortis ces ronds-points ? Des ronds-points et des cubes, voilà ce qu’est devenu son pays (qu’il appelle Capannonia). Son GPS – une voix de jeune fille dans une guimbarde hors d’âge ! – n’arrête pas de lui dire de tourner en U. Malin ! Après une demi-heure d’errance, il décide de remonter sur l’autoroute et d’aller voir ce qui a provoqué le détournement. Un accident sans doute. Mais… pas de police, pas de pompiers, pas d’ambulance au bout de tout ce temps ? Il tombe sur un attroupement. L’« accident », c’est un sanglier mort. Fauché par une voiture, à des kilomètres du moindre bosquet ! Et pourquoi ne l’a-t-on pas déplacé ? Parce que tout le monde est occupé à téléphoner et à demander leur avis à des interlocuteurs lointains sans un regard pour ses voisins. Les nécrophones d’Atlas sont devenus, chez Serra, des égophones, traduction littérale d’IPhone. Chacun dans sa bulle, chacun mort au reste du monde à moins qu’il soit lointain, se livrant à des supputations insensées sur la présence du sanglier.

Jules-Marie est effaré. Lequel de ces zombies va pouvoir lui indiquer par où il doit passer pour rentrer chez lui ?  Déjà, la veille, il a dû foncer aux urgences, où Agnès avait été transportée. Occupée à téléphoner en marchant, les yeux sur son bidule ou sur ses pieds comme ils font tous, elle a traversé droit dans un cycliste. « On en a plusieurs par semaine » dit l’infirmière. « Heureusement, ce n’était pas un camion ».

Serra-Jules-Marie n’aime pas les GSM. Il n’aime pas non plus les selfies, mais on est anthropologue ou on ne l’est pas. Il a cherché à savoir d’où vient ce mot et il a trouvé : de l’argot des adolescents US pour qui un selfie est une branlette. En effet.

La trame du livre est ultra-mince. Il s’agit de vendre l’atelier de Jules car les fonds familiaux baissent, vente qui ne va pas de soi parce qu’il abrite une encombrante réserve de bois d’essences diverses dont on ne sait pas quoi faire. Au fil du temps, Squarzoni lui a appris à les reconnaître, à l’aspect et à l’odeur. « Sais-tu que tu as encore du macassar et que c’est une rareté ? » « Ah ? ». « Sais-tu que plus on s’approche de l’Équateur plus les bois deviennent sombres, et que plus on s’approche du Pôle, plus ils sont clairs ? À un bout l’ébène, à l’autre le bouleau. » « Ah ? »

Les personnages sont de petites eaux-fortes. L’agente immobilière lettonne, que Squarzoni appelle « la Russe ». Le couple de vieux-jeunes quasi clones de Jules-Marie, qui « organisent des événements » et voudraient louer pour un jour. « Je m’occupe de food » dit-il. « Nous faisons des démonstrations de cuisine naturelle » dit-elle. L’acquéreur potentiel genre Tapie du pauvre, qui dit « Pas de problème. On va bazarder tout ça », à un Jules-Marie surpris de découvrir qu’il aimerait mieux mettre le feu au hangar de son père que le vendre à ce sagouin. Et pour finir, le Chinois. Ce n’est pas qu’on soit racistes, mais un Chinois dans une voiture allemande hors de prix, qui sent l’argent traditionnel à plein nez, porte avec aisance un costume bien coupé et parle italien sans accent, c’est incongru. Pas vraiment ce à quoi on s’attend… « Tiens, vous avez encore du macassar ! », et d’expliquer que, oui, il s’y connaît en essences de bois. Le bois, c’est une tradition dans sa famille. Problème : il le lui faudrait d’une surface double, le hangar. « Il y a celui du voisin » glisse la Lettonne. « Squarzoni ne vendra pas » dit Jules-Marie. « J’irai le voir demain pour lui expliquer » promet le Chinois.

Dernière page du livre : Jules-Marie entend, dans sa tête, miauler pour la dernière fois puis s’arrêter le tour de Squarzoni. Ils ont l’un et l’autre vendu au Chinois.

Constat de la faillite d’une génération. Recherche des causes (on est anthropologue ou on ne l’est pas).

Tous, tant que nous sommes, on pourrait. Mais on ne fait pas et rien ne se passera. Il n’y a pas de mystères ni de causes secrètes.

Déclin de l’Occident.

Demain la Chine.

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Extrait

Le sanglier gît, sombre dans l’obscurité. Pour bien le voir, il faut s’en approcher à quelque pas. Il me semble énorme, surtout la tête, dont l’unique œil visible, minuscule et grand ouvert, reflète la lumière des lampes-torche comme une étincelle inexplicable dans tout ce noir. Sur la croupe, le poil hérissé laisse deviner la force de l’impact, mais l’ensemble est incroyablement composé. Il n’y a pas de sang. Les pattes sont étendues et droites. La voiture doit l’avoir pris de plein fouet, le tuant pour ainsi dire dans sa totalité, sans le massacrer. Les défenses aussi sont intactes. Je touche les soies, elles sont dures comme de la brosse. De près, le museau est vraiment démesuré, presque aussi grand que le corps. C’est la monstrueuse disproportion entre la tête armée de défenses et le reste du corps qui donne son aspect menaçant au sanglier et surtout à sa course : la charge d’une tête énorme presque suspendue dans le vide. Une silhouette incongrue, comme celle des bêtes de la mythologie, faites de plusieurs créatures différentes : sur un corps nerveux, véloce, presque de chien, une tête lourde et pesante de porc.

Une bête d’ailleurs, quelle qu’elle soit, est étrange dans un lieu pareil, tant n’importe quelle apparition de la nature y est désormais incompréhensible.

Je demande à un homme âgé ce qui se passe. Sans même me regarder, il répond « vous le voyez bien », explication typique par ici, réfractaire à la rhétorique, à la confidence, à l’affabilité et, en somme, à toutes les sottises futilement sentimentales qui font inutilement traîner les conversations. Je me sens donc chez moi, au milieu des miens, dans un certain sens rassuré, parce que l’impolitesse, chez nous, n’est pas une manifestation d’hostilité : c’est une espèce de signe de reconnaissance entre malgracieux. Presque un lien identitaire. Tu es malpoli ? Ben, alors, tu es des nôtres. Ça signifie que tu n’as pas de temps à perdre.

Pendant un instant, grâce à ce vieux, la scène absurde d’un sanglier mort qui interrompt la circulation de la moitié d’une région me paraît plus ou moins admissible. Il suffit d’un « vous le voyez bien », au fond, pour la justifier. Il y a un sanglier mort. Tôt ou tard, quelqu’un va l’enlever, et nous serons à la maison à temps pour souper. C’est tout. Mais la sagesse à deux sous qui fut un temps la marque de notre peuple laborieux est un préambule trompeur. Parce que, aussitôt après, les autres membres de l’assistance prennent la parole et voilà qu’entre en scène, bien  plus prolixe, bien plus communicative, la nouvelle Capannonia. La nouvelle humanité qui l’habite et qui, de rond-point en rond-point, l’innerve de sa nouvelle science inquiète.

Un type plus ou moins de mon âge, les mains enfoncées dans un coupe-vent noir, dit que ce sont les militants défenseurs des animaux. « Ils lancent des sangliers de leurs camions et des sacs pleins de vipères de leurs hélicoptères. »

Sans lever les yeux de son égophone, une fille blonde et nerveuse réplique (si le verbe répliquer a un sens, s'agissant d'assertions auto-suffisantes, sourdes à ce qui les précède comme à ce qui les suit) que le sanglier a dû s’enfuir d’un laboratoire qui pratique la vivisection, ou alors d’un cirque.

Un troisième, dans la cinquantaine, ricane, sarcastique, qu’on ne nous dira de toute façon rien de clair, parce qu’« on » a bien soin de tout nous cacher.

Un quatrième homme, corpulent et d’âge indéfinissable, rendu mystérieux par un bonnet de laine enfoncé jusqu’aux sourcils, dit que les sangliers perdent le sens de l’orientation, à cause des chemtrails que lâchent les avions militaires.

Un cinquième homme parle avec concentration dans son égpophone, faisant signe aux autres, de sa main  libre, de ne pas s’approcher du sanglier et de se taire ; il leur fait comprendre qu’il est en train de se renseigner auprès de ses sources super-fiables pour savoir ce qu’il faut faire, au cas où l’animal serait contagieux.

Une dame, enfin, la mise en plis toute fraîche et paradoxalement joyeuse, continue à demander ou peut-être à se demander à mi-voix « mais c’est quoi comme bête ? », comme si le mot sanglier n’avait pas résonné à tous les échos depuis un bon bout de temps, comme si le seul élément d’accord conciliant entre les présents n’était pas justement que cette bête est un sanglier, était un sanglier avant de mourir et reste un sanglier maintenant qu’il gît, énorme et sombre, à nos pieds. Il est évident qu’à cette dame, échappe complètement jusqu’au fil ténu de la conversation (si on peut dire), cette dame représente la forme la plus aboutie de l’autisme sublime qui annule, alentour, presque tout lien entre le monde matériel et sa perception, entre la réalité des choses et l’expérience des personnes. Le « mais c’est quoi comme bête ? » de la dame se situe à l’extrême opposé du sec « vous le voyez bien » que j’ai entendu prononcer, il n’y a qu’un  moment, par le premier orateur de la soirée. C’en est le démenti définitif, l’antithèse parfaite. Non, elle ne le voit pas que c’est un sanglier, même si on lui mettait sous le nez une pancarte avec SANGLIER écrit en majuscules, même si le sanglier en personne, se réveillant pour l’occasion, lui disait « Madame, croyez-moi, je suis un sanglier ».

Du fait que presque tous ont une oreillette et qu’en parlant, ils gardent les yeux soit sur leur égophone soit sur le sanglier, rarement sur le visage des autres, il est difficile de dire, de la moindre phrase, si elle s’adresse aux présents ou à quelque interlocuteur lointain. C’est comme si la totalité des mots jetés au vent l’était en direction du premier auditeur disponible pour la recevoir, que ce soit la soeur restée à la maison ou le type en chair et en os qui se trouve à cinq mètres. Est-ce parce que nous sommes agglutinés en rond, mais il me vient l’idée que la dizaine fortuite que nous formons est aussi une espèce de rond-point fait de chair et d’os, avec nos hypothèses diverses sur la présence du sanglier en guise de sorties, aucune vraiment bien indiquée et toutes sûres de nous fourvoyer. Les mots aussi sont devenus désorientants, ici, en Capannonie, comme tout le reste.

Il ne manque plus que la thèse du suicide du sanglier. Soit à cause d’un chagrin d’amour. Soit pour protester contre la nouvelle législation sur la chasse. Mais si notre groupe devait rester ici encore un peu, quelqu’un le suggérerait sûrement. De même que les autres hypothèses hasardées jusqu’à présent, il n’importerait pas que celle-ci soit juste ou même vraisemblble, parce que la fonction de ces paroles n’est pas de trouver une explication rationnelle à l’événement, autrement dit la présence du sanglier dans cette plaine, à on ne sait combien de kilomètres de la moindre broussaille. La fonction de ces paroles est de se montrer à la hauteur des circonstances, pas surpris, pas impréparés, mais informés, valeureux membres du cercle des «à moi, on ne me la fait pas ».

Je ne pourrais pas dire quand elle a commencé au juste, par ici, cette affaire du « à moi, on ne me la fait pas ». Elle courait peut-être déjà clandestinement, comme une bactérie latente, enkystée dans les sujets les plus suspicieux, les plus sensibles, pour s’insinuer ensuite dans tous les autres. Quoi qu’il en soit, tout à coup, comme par contagion, presque tout le monde a commencé à se sentir quelqu’un à qui on ne la fait pas et à découvrir des vérités occultes et des trames sordides, des choses que quelqu’un d’autre avait jusque là tenues cachée pour en retirer lucre et pouvoir.

Le problème est que le dévoilement de la trame en question émerge rarement du baragouin diffus, chose qui permettrait au moins à beaucoup, sinon à tous, de faire alliance contre le Mal, non, c’est une prolifération de trames, presque jamais compatibles, un grouillement de révélations, toutes plus mystérieuses et fastes l’une que l’autre ; en tapotant sur son égophone, n’importe qui est capable d’en faire sortir une vérité plus grave et plus insidieuse que celle que vient de découvrir le voisin.

C’est comme si tout le monde scrutait toujours au fond de son propre puits, tout le monde aux prises avec ses ténèbres intérieures, ses rumeurs suintantes personnelles émergeant des profondeurs, ses effluves caverneux. Imaginez-vous une plaine, grande comme l’est celle-ci, avec des millions de puits, et à chaque puits, une seule bonne femme ou un seul bonhomme qui regarde au fond, en marmonnant et en jurant. S’il ou elle relève la tête, c’est seulement pour annoncer aux autre que, dans son puits, on voit des choses que les autres ne s’imaginent même pas, et pour leur reprocher de ne pas être capables de les voir.

Preuve : dans cette assemblée improvisée autour de la bête morte et en dépit du fait que les différentes lectures de l’événement soient incompatibles (entre elles et avec l’évidence des choses), personne ne se dispute, personne ne discute même vraiment. Ainsi, ni le garçon qui accuse les militants de la défense animale ni la fille qui accuse un cirque, n’ont même considéré que leurs paroles, si approximativement que ce soit, auraient pu, mises ensemble, donner lieu à une discussion. Personne ne parle véritablement à personne et personne ne répond à personne.

Je remarque, mais seulement au bout d’un moment, un gamin silencieux. Quinze ou seize ans, vêtu d’une combinaison de mécanicien tachée de graisse. Grand, maigre, brun, les yeux très noirs fixés sur le sanglier, qui émettent le même lueur de torche électrique réfléchie. Il est juste à côté de moi et je lui demande à voix basse pourquoi il ne dit rien. Il me répond timidement : parce que je ne sais pas quoi dire. C’est à lui que je demande s’il connaît une autre route pour rentrer chez moi. Il me dit que oui et il me l’explique.

(pp. 34 – 39)

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Né à Rome en 1954, Michele Serra Errante, qui vit à Milan, est un écrivain, journaliste, scénariste de télévision et humoriste italien. Athée. Membre du PCI de 1974 à 1991, il a collaboré pendant de nombreuses années à l’Unità. S’étant inscrit en 1990, alors qu’il était encore membre du PCI, au Partito Radicale, aux Antiprohibitionnistes et aux Verts arc-en-ciel, alors que le PCI interdit à ses membres d’appartenir à d’autres formations, il en sort très vite, déçu, et redevient proche de la gauche communiste classique. C’est en 1990 aussi qu’il écrit, avec Beppe Grillo, le spectacle « Bonnes nouvelles » qui marquera les débuts du comique gênois.

En 1996, il entre au quotidien La Republicca, auquel il collabore toujours, ainsi qu’à l’Europeo, magazine appartenant au même groupe, jusqu’à sa disparition en 2013.

En 2000, lorsque l’Unità cesse de paraître, Serra écrit (dans les colonnes de La Repubblica) : « […] la mort de l’Unita pourrait rester dans les annales comme un exemple de crime parfait. Car crime il y a, et c’est la gauche dans son ensemble, du premier dirigeant au dernier des lecteurs, qui l’a commis en renonçant progressivement au fil des ans à croire en un journal qui fut intensément le sien et en cessant de l’acheter. » (« Il delitto perfetto », La Repubblica, 28 luglio 2000, pag.1)

Michele Serra a été candidat du PCI aux élections européennes de 1989, mais n’a pas été élu.

Ses activités tant politiques qu’artistiques, littéraires ou journalistiques sont si nombreuses qu’il est impossible de les résumer ici. Il n’a malheureusement pas de fiche Wikipedia en français, donc ni biographie ni bibliographie. Voir celles en italien ou en anglais.

 

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Carlo Lucarelli

PPP

Pasolini, un segreto italiano

 

« Je sais. Mais je n’ai pas de preuve. Ni même d’indice. Je crois qu’il est impossible que mon « projet de roman » soit faux, qu’il n’ait pas de rapport avec la réalité et que ses références à des faits et à des personnes réels soient inexactes. Je crois, d’autre part, que de nombreux intellectuels et romanciers savent ce que je sais en ma qualité d’intellectuel et de romancier ; parce que la reconstitution de la vérité sur ce qui s’est passé en Italie après 1968 n’est après tout pas si difficile à effectuer. »

PIER PAOLO PASOLINI

C’est cette phrase qui a coûté la vie à Pasolini, alors qu’il terminait son « roman en projet » : Petrolio.

« En Italie, quand on ne sait pas quoi écrire, on fait un livre sur Pasolini », dit Carlo Lucarelli, auteur bien connu de romans policiers qui, lui, sait généralement quoi écrire. Et vous pouvez me croire, PPP – Pasolini, un segreto italiano  n’est pas juste un autre livre sur Pasolini.

Par sa forme, déjà : écrit comme un journal, à la première personne et comme au jour le jour mais sans dates, il pourrait s’appeler « Pasolini et moi », et même si ce n’est ni un polar ni un livre d’histoire, il relève quand même des deux genres. Or l’histoire, ici, est celle, obscure et violente des années de plomb, des attentats terroristes où l’Islam n’entrait pour rien mais si semblables à ceux d’aujourd’hui, des meurtres en masses et en détail jamais expliqués, des jambisés, des magistrats exécutés, des ministres enlevés dont on retrouvait le cadavre en plein midi dans un coffre de voiture et des banquiers découverts pendus à un pont de Londres. Cadavres exquis…

 

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Carlo LUCARELLI

PPP – Pasolini, un segreto italiano

Rizzoli  - Octobre 2015

219 pages

 

 

 

Le livre commence en 1973. L’auteur a 13 ans. Couché à plat ventre et le menton dans les mains, il dévore de vieux magazines qu’il a trouvés dans le grenier où les rangent des parents qui ne jettent jamais rien. Au mileu d’un fouillis d’images (qui m’ont rappelé personnellement tant de choses), il tombe sur des phrases impénétrables, rageuses, attirantes : des phrases de Pasolini.

Le temps passe et, sans qu’il s’en rende bien compte, se dépose en lui et décante quelque chose de profond qui n’est pas seulement la passion des mots mais l’instinct d’un métier : « Suivre ce qui se passe, imaginer ce qu’on ne sait pas ou qui est tu, assembler des fragments épars, rétablir la logique là où régnaient l’arbitraire, la folie et le mystère ». Le Pasolini qui nous parle dans les pages de ce livre n’est pas le poète ni l’érudit, c’est celui de l’histoire civile, celui qui a dit qu’il savait et qui a été assassiné.

L’auteur, comme une espèce de Maigret humant l’air, tourne autour de ce Pasolini intellectuel, pris au filet de tant de haines. Il s’en imbibe. Et, petit à petit, à coups d’impressions intimes, d’analyses politiques et de reconstitutions historiques, il en arrive à cette nuit de septembre 1975 où fut consommé un crime politique.

 

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Un delitto italiano

Carlo Lucarelli, homme aux multiples talents, a animé pendant quelque temps une émission de télévision qui s’intitulait « Mystères italiens ». Jusqu’à ce qu’un confrère lui fasse remarquer qu’il n’y a pas de mystères en Italie, seulement des secrets. D’abord surpris, il a reconnu que c’était vrai, d’où son abandon  définitif du mot « mystères » et le sous-titre de son livre « Pasolini, un segreto italiano ».

Car, en effet, quand toutes les pièces du puzzle sont tombées en place, c’est-à-dire une fois la version officielle mise en lambeaux et les faits remis en ordre, la mort de Pasolini a cessé d’être un mystère. 

Lucarelli raconte l’exécution d’Ostie comme Lippert celle de Lubumbashi : dans ses détails les plus insoutenables. Et on ne peut s’empêcher d’être frappé par l’identité des deux mises à mort. Le parallèle est absolu. « Secret italien » dans un cas, « secret belge » dans l’autre. Identique aussi l’acharnement post mortem sur ces deux empêcheurs de dominer en rond : « sinistre guignol », « pédé racoleur ».

Ordonnateurs ? Chhuuut !...  

Ce qui différencie aussi le livre de Lucarelli des autres est sa conclusion brève et sombre : Pasolini est mort pour avoir dit « Je sais ». Maintenant, tout le monde sait. Et quoi ? Et rien. Tout le monde s’est habitué. Tout le monde a accepté.

Baudelaire ne l’avait-il pas dit ? « Sans horreur ».                     

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Au moment où il fut attiré dans un piège et sauvagement supplicié, Pasolini mettait la dernière main à son œuvre ultime, un roman intitulé Petrolio.

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Pier Paolo PASOLINI

Petrolio

Mondadori 2005

656 pages

 

 

 Ce roman inachevé a paru, en fac similé, chez Mondadori, en 2005. Et quelqu’un a fait remarquer que l’éditeur avait supprimé – donc censuré – certaines des notes griffonnées par Pasolini, dans les marges de son tapuscrit.

 

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Trois victimes italiennes des « Sept sœurs »

 

N.B.  Wikipédia a des effarouchements que pourraient lui envier les rosières. Ainsi, son « Cartel des sept sœurs » est-il pudiquement devenu « Géopolitique du pétrole ». N’est-ce pas mieux ainsi ?

 

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Carlo Lucarelli, né à Parme en 1960, est un écrivain, scénariste, journaliste et animateur de télévision italien. Il est, avec son commissaire De Luca et son inspecteur Coliandro (entre autres !) une des têtes de file du roman policier italien, ses plus connus en français étant Nikita jolies jambes, Phalange armée et Le jour du loup, ou encore le policier historique La huitième vibration.

Il est aussi l’auteur d’un roman policier écrit à quatre mains avec le justement célèbre Andrea Camilleri : Acqua in bocca (« L’eau à la bouche », paru en français sous le titre Meurtre aux poissons rouges), et d’un livre d’histoire co-écrit avec le même Camilleri et Giancarlo De Cataldo : Giudici (En français Les juges. Trois histoires italiennes).

Il est le fondateur de Gruppo 13, une association d’écrivains de romans policiers d’Émilie Romagne et, sur Internet, de la revue Incubatoio 16 (« Incubateur 16 »). Il enseigne l’écriture créative à l’école Holden de Turin et à la prison Due Palazzi de Padoue. Il vit près de Bologne, dont il a fait un des personnages principaux de ses livres.

Sa bibliographie en français, sur Wikipedia, est incomplète.

 

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Matthieu Dhennin

Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie mises en scène

 

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Matthieu DHENNIN

Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie

mises en scènes

Espaces & Signes – mai 2016

96 pages

 

 

Matthieu Dhennin vient de faire paraître l’avis qui suit sur son site http://www.kustu.com/. On ne l’a donc pas encore lu non plus, c’est tout chaud.

 

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« Pour patienter avant la sortie de L’Amour et la paix sur lequel Emir Kusturica continue de travailler, je vous propose un peu de lecture : il s’agit de mon dernier livre, paru chez Espaces & Signes, dans la collection Ciné-Voyage : Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie mises en scènes. Cette collection propose d’aller à la découverte des lieux du cinéma, sous forme de parcours-guides dans les Balkans, avec pour fil rouge le cinéma – comme reflet de la vie d’un quartier, d’une ville, d’une région, d’un pays, mais aussi comme témoin de leur passé. Tout en couleur, le livre évoque aussi bien les westerns tournés en Croatie, les films de Partisans tournés en Bosnie, qu’un zoom sur les films d’Emir Kusturica. Sorti la semaine dernière, il peut d’ores et déjà être commandé sur amazon.fr. Pour les Parisiens, je serai les 26 et 27 mai au salon du Livre des Balkans et en dédicace à l’Ecume des Pages jeudi 2 juin à 19h ! »

 

Présentation de l’éditeur

L’âme slave, le souffle de l’Orient, l’humour balkanique, la musique tzigane ont, entre autres richesses, contribué à donner au cinéma de ces trois pays issus de l’ex-Yougoslavie une diversité et une densité inimitables. Aleksandar Petrović (J’ai même rencontré des Tziganes heureux), Danis Tanović (No Man’s Land) et, bien sûr, Emir Kusturica, deux fois Palme d’or au Festival de Cannes, en sont les meilleurs exemples. La Croatie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie ont également attiré de nombreux réalisateurs venus du monde entier : Orson Welles, Terence Young, Jackie Chan, Jean-Luc Godard, Volker Schlöndorff, etc. Partir sur les traces de ces cinéastes : c’est ce que propose ce nouveau livre de la collection Ciné-Voyage, enrichi de nombreuses cartes et de plusieurs index.

Biographie de l’auteur

Matthieu Dhennin est l’auteur du Lexique subjectif d’Emir Kusturica paru aux éditions L’Âge d’Homme et de romans historiques.

Source : http ://www.kustu.com/fr :croatie_bosnie-herzeg...

 

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Un autre qui écrit sur le cinéma :

Quand Serge Uleski rhabille Yvan Attal pour l’hiver

L’antisémitisme, concept mis à la portée d’un acteur-réalisateur : Yvan Attal

Serge Uleski – Sur son blog 1er juin 2016

 

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                Avec « Ils sont partout », l’acteur-réalisateur de cinéma Yvan Attal se propose de dénoncer les « clichés » censés être antisémites.

                 A la suite de ce film à sketchs, après avoir entendu son réalisateur chez Ruquier (ONPC), comment ne pas se consoler en pensant que la seule justification pour un acteur-réalisateur comme Yvan Attal de s’attaquer à un sujet tel que l’antisémitisme, c’est le fait qu’il est juif ! Ce qui, soit dit en passant, ne fait pas de lui un intellectuel, ni un philosophe ni un scientifique ni un artiste...

Mais... au fait, autre cliché antisémite l'idée que tous les Juifs seraient brillants ? Oui ? Non ?

                 La réponse est dans ce film sans auteur, sans écriture digne de ce nom (alors que dans ce type de projet... tout est dans l'écriture et la mise en scène) comme la preuve dans le pudding mais c’est contraints et forcés qu’on le mange, et sans l’ombre d’une évidence.

Lire la suite…

Source : http://litteratureetecriture.20minutes-blogs.fr/archive/2...

 

 

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Mis en ligne le 6 juin 2016

 

 

 

 

18:58 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/06/2016

S.O.S. GUERRE

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S.O.S. GUERRE

 

Sans vouloir jouer les Cassandre…

Ceci est un appel à briser le mur du son de la propagande officielle, un triple appel « russe » lancé des États-Unis.

Imaginez-vous à la place de Jean Jaurès, au café du Croissant le 31 juillet 1914 à 21h et des poussières…

Que faire pour n’être pas flingué par un sinistre con ? Que faire, si vous l’êtes, pour que votre propre parti ne force pas les foules moutonnières à acclamer leur propre départ vers l’abattoir ?

Il n’y aura pas de tranchées meurtrières, cette fois, où se faire tuer par grappes, mais – du moins en ce qui nous concerne – un seul éclair, plus définitif que celui d’Hiroshima.

Vous pouvez toujours vous leurrer, vous dire que, non, bien sûr, on n’y arrivera pas, ils ne sont pas fous. Mais si, ils le sont.

Et vos propres élites prétendues en sont au point d’incommunicabilité avec vous que, seule, une guerre peut encore les sauver. De vous. Du moins le croient-elles. Comme en 1870. Comme en 1914. Comme en 1940.
 

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Ceci est peut-être un « mail » historique :

 

mercredi 1 juin 2016 5:10

Dear friends,

I am writing to you to draw your attention to what I consider a critically important appeal which I, along with my friends Dmitri Orlov and Eugenia Gurevich, have authored and signed.  Here it is : http://thesaker.is/a-russian-warning/

We did our part and we now appeal to you : please circulate it as widely as you can, post in on your blogs, send it to your friends, post it on the social media (FB/Twitter/etc/) and help us raise the alarm.  Help us break the “sound barrier” of the official propaganda machine.  If we all do our part we can probably still avoid the folly the Neocons are trying to force on us.

Please help !

Kind regards to all,

The Saker 

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Alors, Claude l’a traduit dare dare et le voilà :

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Une alerte russe

Le Saker – Dmitry Orlov – Eugenia Gurevich

The Saker.is – 31 mai 2016

 

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Nous, soussignés, sommes des Russes qui vivons et travaillons aux États-Unis.

Nous avons suivi avec une inquiétude croissante les politiques actuelles des États-Unis et de l'OTAN qui nous ont placés sur une trajectoire de collision extrêmement dangereuse avec la Fédération de Russie, ainsi qu'avec la Chine. Beaucoup d’Américains patriotes respectés, tels que Paul Craig Roberts, Stephen Cohen, Philip Giraldi, Ray McGovern et beaucoup d'autres ont fait part de leur crainte d'une troisième guerre mondiale. Mais leurs voix ont été totalement étouffées par le vacarme des médias de masse qui sont pleins d'histoires trompeuses et inexactes sur l'économie russe « qui est en ruines » et sur l'armée russe « qui est faible » - tout ceci sans aucune preuve. Mais nous, qui connaissons à la fois l'histoire russe et l'état actuel de la société russe et de l'armée russe, ne pouvons pas avaler ces mensonges. Et nous ressentons très fort, maintenant, le devoir, en tant que Russes vivant aux États-Unis, d’avertir le peuple américain qu'on lui ment, et de lui dire la vérité. La vérité est tout simplement ceci :

S'il y a une guerre avec la Russie, les États-Unis sont sûrs d’être détruits, et la plupart d'entre nous y perdrons la vie.

Prenons un peu de recul et plaçons ce qui se passe dans un contexte historique. La Russie a énormément souffert aux mains d’envahisseurs étrangers et perdu 22 millions de personnes dans la Seconde Guerre mondiale. La plupart des morts étaient des civils, parce que le pays a été envahi, et les Russes ont juré de ne jamais laisser une telle catastrophe se reproduire. Chaque fois que la Russie a été envahie, elle en est sortie victorieuse. En 1812, Napoléon a envahi la Russie; en 1814 la cavalerie russe entrait dans Paris. Le 22 Juillet 1941, la Luftwaffe de Hitler a bombardé Kiev; le 8 mai 1945, les troupes soviétiques roulaient dans Berlin.

Mais, depuis, certaines  choses ont changé. Si Hitler attaquait aujourd'hui la Russie, il mourrait 20 à 30 minutes plus tard, son bunker réduit en cendres par un missile de croisière supersonique Kalibr lancé d'un petit navire de la marine russe, quelque part dans la mer Baltique. Les capacités opérationnelles de la nouvelle armée russe ont été démontrées de façon éclatante lors des actions récentes contre ISIS, Al Nusra et autres groupes terroristes financés par l’étranger, qui opèrent en Syrie. Autrefois, la Russie devait répondre aux provocations en livrant les batailles terrestres sur son propre territoire, puis en lançant une contre-invasion; mais aujourd’hui ce n’est plus nécessaire. Les nouvelles armes de la Russie rendent ses représailles immédiates, indétectables, imparables et parfaitement mortelles.

Ainsi donc, si demain une guerre devait éclater entre les États-Unis et la Russie, il est garanti que les États-Unis seraient effacés de la carte. Au minimum, il n'y aurait plus de réseaux électriques, plus d'internet, plus de pipelines de pétrole et de gaz, plus d'autoroutes, plus de transport aérien ou de navigation par GPS. Les centres financiers se retrouveraient en ruines. Le gouvernement, à tous les niveaux, cesserait de fonctionner. Les forces armées américaines stationnées tout autour du globe ne seraient plus réapprovisionnées. Au pire, l'ensemble du territoire des États-Unis serait recouvert d’une couche de cendres radioactives. Nous vous disons ceci non pas pour jouer les alarmistes, mais parce que, nous fondant sur tout ce que nous savons, nous sommes nous-mêmes alarmés. En cas d'attaque, la Russie ne reculera pas; elle répliquera, et elle anéantira complètement les États-Unis. Elle en a les moyens.

Le leadership américain a tout fait pour amener la situation au bord de la catastrophe. Tout d'abord, ses politiques obstinément anti-russes ont fini par convaincre les dirigeants russes qu’il est futile de faire des concessions ou de vouloir à tout prix négocier avec l'Occident. Il est devenu évident que l'Occident soutiendra toujours tout individu, mouvement ou gouvernement qui sera anti-russe, que ce soient des oligarques russes fraudeurs du fisc, des Ukrainiens reconnus coupables de crimes de guerre, des terroristes wahhabites soutenus par les Saoudiens en Tchétchénie ou des punks profanateurs de cathédrale à Moscou. Maintenant que l'OTAN, en violation de ses promesses antérieures, s’est étendu jusqu'à la frontière russe, avec des forces américaines déployées dans les États baltes mettant à portée d'artillerie Saint-Pétersbourg la deuxième plus grande ville de Russie, les Russes n’ont plus de place laissée à la retraite. Ils ne vont pas attaquer ni, non plus, reculer ou se rendre. La direction russe bénéficie à plus de 80% du soutien populaire; les 20% restants semblent penser qu'elle s’oppose trop mollement à l’empiètement occidental. Mais la Russie ripostera, et une provocation ou une simple erreur pourrait déclencher une séquence d'événements qui aurait pour résultat des millions d'Américains morts et les États-Unis en ruines.

Contrairement à de nombreux Américains, qui voient la guerre comme une aventure étrangère, victorieuse et passionnante, les Russes connaissent, donc détestent et craignent la guerre. Mais ils y sont prêts aussi, et ils s’y préparent même, à toutes fins utiles, depuis plusieurs années. Leurs préparatifs ont été des plus efficaces. Contrairement aux États-Unis, qui dilapident un nombre inconnu de milliards sur des programmes d'armes douteux et hors de prix tels que l’avion de combat interarmées F-35, les Russes sont extrêmement avares de leurs roubles de défense, faisant jusqu'à 10 fois mieux par dollar que l’industrie de défense des États-Unis. Il est vrai que l'économie russe a souffert de la baisse programmée du prix de l'énergie, mais elle est très loin d'être en ruines, et un retour à la croissance est attendu dès l'année prochaine. Le sénateur John McCain a un jour qualifié la Russie de « station de gaz se faisant passer pour un pays». Eh bien, il a menti. Oui, la Russie est le plus grand producteur de pétrole du monde et le deuxième plus grand exportateur de pétrole, mais c’est aussi le plus grand exportateur mondial de céréales et de technologie de l'énergie nucléaire. C’est une société aussi avancée et sophistiquée que celle des États-Unis. Les forces armées russes, à la fois classiques et nucléaires, sont maintenant prêtes à se battre, et elles sont plus qu'un challenger pour les États-Unis et l'OTAN, en particulier si une guerre éclate n’importe où au voisinage de la frontière russe.

Mais un tel combat serait suicidaire pour toutes les parties. Or, nous croyons sérieusement qu'une guerre conventionnelle en Europe court grand risque de devenir très rapidement nucléaire, et que toute frappe nucléaire US / OTAN sur les forces ou le territoire russe déclenchera automatiquement une frappe nucléaire russe de rétorsion, non seulement sur l’Europe mais sur le continent américain. Contrairement aux déclarations irresponsables faites par certains propagandistes US, les systèmes de missiles antibalistiques américains sont incapables de protéger le peuple américain d'une frappe nucléaire russe. La Russie a les moyens de frapper des cibles aux États-Unis avec des armes nucléaires à longue portée aussi bien qu’avec des armes conventionnelles.

La seule raison pour laquelle les États-Unis et la Russie se sont retrouvés sur une trajectoire de collision, au lieu de désamorcer de concert les tensions éventuelles et de coopérer sur un large éventail de problèmes internationaux, vient du refus obstiné des dirigeants US d'accepter la Russie comme un partenaire égal : Washington veut mordicus être le « leader mondial » et la « nation indispensable », alors même que son influence n’en finit pas de décliner, dans le sillage d'une chaîne de désastres politiques et militaires tels que l'Irak, l'Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yémen et l'Ukraine. Un leadership américain absolu est une chose que ni la Russie, ni la Chine, ni la plupart des autres pays ne sont prêts à accepter. Cette perte graduelle mais visible de pouvoir et d'influence a rendu la direction des États-Unis hystérique, et de là aux aventures suicidaires, il n’y a qu’un pas. Les dirigeants politiques de l'Amérique doivent être placés sous surveillance médicale pour tendance pathologique au suicide.

Avant tout, nous appelons d'abord les commandants des forces armées américaines à suivre l'exemple de l'amiral William Fallon, qui, lorsqu'on l’a pressenti pour faire une guerre à l'Iran, aurait répondu « pas sur mon temps de travail ».  Nous savons que vous n'êtes pas suicidaires, et que vous ne voulez pas mourir pour cause d’hybris impériale inconsidérée. Si possible, dites, s’il vous plaît, à vos employés, à vos collègues et surtout, à vos supérieurs civils que la guerre avec la Russie ne se fera pas sur votre temps de travail. À tout le moins, prenez cet engagement envers vous-mêmes et, si jamais le jour venait où cet ordre suicidaire vous était donné, refusez tout simplement de l'exécuter parce qu'il ferait de vous des criminels. Rappelez-vous que, selon le Tribunal de Nuremberg, « lancer une guerre d'agression ... est non seulement un crime international; c’est le crime international suprême, ne différant des autres crimes de guerre que parce qu'il contient en lui-même le mal accumulé de tous les autres ». Depuis Nuremberg, « Je n’ai fait qu’obéir aux ordres » n’est plus un moyen de défense valable. S'il vous plaît ne soyez pas des criminels de guerre.

Nous faisons également appel au peuple américain pour qu’il s’oppose pacifiquement mais avec force à tout politicien ou parti qui provoque la Russie de façon irresponsable et autorise ou encourage une politique de confrontation inutile avec une superpuissance capable de détruire les États-Unis en un peu moins d’une heure. Parlez, brisez la barrière de la propagande massive des médias, et rendez vos compatriotes américains conscients de l'immense danger d'une confrontation entre la Russie et leur pays.

Il n'y a aucune raison objective pour que les États-Unis et la Russie soient des adversaires. La confrontation actuelle est entièrement le résultat des vues extrémistes du mouvement néo-conservateur, dont les membres ont infiltré le gouvernement fédéral américain, et qui considèrent tout pays qui refuse d'obéir à leurs diktats comme un ennemi à broyer. Par leurs efforts inlassables, plus d'un million de personnes innocentes ont déjà péri dans l'ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Pakistan, en Ukraine, au Yémen, en Somalie et dans de nombreux autres pays, tout cela à cause de leur insistance maniaque pour que les États-Unis soient un empire mondial, pas un pays normal comme les autres, et pour que chaque dirigeant de n’importe où se prosterne devant eux ou soit renversé. En Russie, la force apparemment irrésistible qu’est le mouvement néo-conservateur a finalement buté sur un os. Il faut qu’il soit contraint de reculer avant de nous avoir détruits tous.

Nous sommes absolument et catégoriquement certains que la Russie n’attaquera jamais les États-Unis, ni aucun État membre de l'UE, que la Russie n’est pas du tout intéressée à recréer l'URSS, et qu'il n'y a pas de « menace russe » ou « d'agression russe » en dehors des fantasmes néo-conservateurs. La majeure partie de la récente réussite économique russe est due à l’abandon des anciennes dépendances soviétiques. Elle lui a permis de poursuivre une politique de « Russie d’abord ». Mais nous sommes tout aussi certains que si la Russie est attaquée, ou simplement menacée d'attaque, elle ne reculera pas, et que les dirigeants russes ne faibliront pas. Avec une grande tristesse et le coeur lourd mais sans hésiter, ils feront le devoir auquel ils se sont engagés par serment et lâcheront un barrage nucléaire dont les États-Unis ne se remettront jamais. Même si l'ensemble de la direction russe doit être tuée dans une première frappe US, le système Dead Hand (« Périmètre ») lancera automatiquement assez de bombes nucléaires pour effacer les États-Unis de la carte géopolitique. Nous estimons qu'il est de notre devoir de faire tout notre possible pour éviter une telle catastrophe.

Eugenia V Gurevich, PhD
http://thesaker.ru/

Dmitri Orlov
http://cluborlov.blogspot.com/

The Saker (A. Raevsky)
http://thesaker.is/

Traduit par le Saker Francophone - Revu par c.l. pour Les Grosses Orchades

Source : http://thesaker.is/a-russian-warning/

 

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D’une guerre l’autre…

Supposons qu’il nous reste assez de temps pour lire

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Annie Lacroix-Riz

Les élites françaises entre 1940 et 1944

De la collaboration allemande à l’alliance américaine.

 

Il vient de sortir. Et il faut vous précipiter pour le lire. C’est toujours le moment de lire un livre d’histoire. Mais « maintenant » est, pour celui-ci, le moment qui s’impose.

 

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Annie LACROIX-RIZ

Les élites françaises entre 1940 et 1944 – De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine

Armand Colin – 27 avril 2016

496 pages

 

 

 

 Couverture spartiate, les temps sont durs, mais la richesse est intérieure. Parce qu’on ne l’a pas encore lu mais qu’on voulait vous en parler tout de suite, on emprunte sa réaction à Jacques-Marie Bourget.

 

L’Europe façon Wall Sreet exige la « Loi Travail » : corrosif rappel d’une historienne.

Jacques-Marie Bourget – LGS 30 mai 2016

 

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L'historienne Annie Lacroix-Riz consacre toute sa carrière à mettre au jour les actions de ce que l'on n'appelle plus « le grand capital »... Dommage car il demeure tout puissant. Voulue telle qu'elle est aujourd'hui par les États-Unis (un marché qui obéit et une puissance supplétive au plan militaire), l'Europe, dopée par Washington à partir de 1945, vit maintenant son apothéose ultra libérale. Son dernier avatar : écrire puis imposer la « Loi Travail ».

C’est sûrement faire injure au lecteur que d’étaler sous ses yeux une vérité trop première. Si le terrible virus social qu’est la « Loi Travail » nous tombe dessus, ce n’est pas pour, comme le bégaie Valls, « réformer la France en la modernisant ». Bien sûr que non. Ou alors expliquez-nous par quel miracle un gouvernement de droite en Belgique et un supposé de gauche en France, promulguent en même temps des règles identiques qui étranglent au mieux les travailleurs ? C’est tout simple, la consigne unique et mortifère vient de la Commission européenne, un machin livré à tous les lobbies. À Bruxelles, 40.000 personnes sont employées par ces officines « d’influence » qui soumettent au Parlement européen la version des lois qui convient le mieux à Wall Sreet. Ainsi soulagés d’une assommante besogne, avant de foncer à la buvette, les députés européens n’ont plus qu’à dire oui à ces lobbies qui s’activent à notre bonheur. Pendant ce temps, alors qu’ils devraient faire du tapage, peu de ceux dont le métier est de penser et de dire viennent nous mettre sous le nez l’extrait de naissance d’une Europe naguère fécondée par les États-Unis.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/l-europe-facon-wall-sreet-exige-la-loi-travail-corrosif-rappel-d-une-historienne.html

2. . bombe homme attaché.GIF

 

Et puisque M. Bourget en parle :

 

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Annie Lacroix-Riz

Le choix de la défaite – Les élites françaises dans les années 1930

Paris, Armand Colin – 2010

679 pages

 

 

 

 

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Mis en ligne le 2 juin 2016.

 

 

 

 

 

 

11:43 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/05/2016

MARCHE OU GRÈVE

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Marche ou grève…

80 ans, ça se fête !

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80 ans ?...

 

En Belgique, la Loi El Khomri s’appelle la loi Peeters.

Grève générale en Belgique aussi : contre l’euro-destruction du droit du travail manifestation nationale et grève générale

JBC – Le Grand Soir 26 mai 2016

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C’était en 1960…

 

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Même cause : les directives européenne de précarisation, de flexibilisation et de casse du droit du travail de l’Union Européenne. Il s’agit comme en France de mettre en place une soit disant « réforme structurelle » pour faire baisser les salaires. Faire travailler plus les salariés pour moins les payer et ainsi remplir les poches de l’oligarchie capitaliste.

Loi El Khomri, loi Kris Peeters ces deux loi répondent aux directives de « flexibilisation du marché du travail » édictées par la Commission Européenne et réclamées par le grand patronat. Illustrant le caractère de classe de l’Union Européenne, instrument du pouvoir dictatorial et totalitaire des multinationales, des banques, de l’oligarchie capitaliste contre les peuples. On y retrouve ainsi également l’inversion de hiérarchie des normes avec l’individualisation des négociations avec l’employeur pour contourner le fort contrôle syndical en place en Belgique. La loi Peeters prévoit l’annualisation généralisée du temps de travail et l’imposition de 100 heures supplémentaires non-récupérables et sans négociations préalables. Ces mesures feraient bondir la semaine travaillée de 38 heures aujourd’hui, à 45 heures demain. Cela ne vous rappelle rien si ce n’est la loi travail ? Le ministre Kris Peeters – ex dirigeant d’un syndicat patronal – veut également la mise en place de contrat de travail zéro heure comme en Grande Bretagne avec l’instauration de contrats à temps partiel sans indications d’horaires de travail, pour des salariés « à la demande » ; un contrat intérimaire à durée indéterminé, pour une précarité à vie. Très logiquement la réponse de la classe des travailleurs en Belgique est la mobilisation.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/greve-generale-en-belgique-au...

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10 000 manifestants à Bruxelles le 31 mai pour les services publics, perturbations prévues (La RTB)

 

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Manifestation des Services Publics du mardi 31 mai 2016
Risque de paralysie du réseau

 

Le réseau du TEC Liège-Verviers devrait être à l’arrêt ce mardi 31 mai 2016, en raison de la forte participation du personnel à la manifestation des Services Publics organisée à Bruxelles, contre les mesures gouvernementales.

Les véhicules du TEC Liège-Verviers ne devraient pas être en mesure de sortir des dépôts. Il est possible que les lignes assurées par des sociétés privées pour le compte du TEC Liège-Verviers circulent. Toutefois, des perturbations ne sont pas à exclure.

Dès lors, nous invitons notre clientèle à prendre ses dispositions pour tout déplacement prévu ce mardi 31 mai.

 

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Il y a plus d’un mois que les TEC sont en grève une fois par semaine. Chaque syndicat a son jour.

 

 

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Grève des magistrats de Bruxelles et Nivelles en juin

 

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Le pauvre trouve toujours quelque chose dans sa poche : la main du riche. (Louis Scutenaire)

 

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Ah ha aha ! Hi hi hi !

Reynders: « Le PS instrumentalise les actions sociales à des fins politiques »

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Tiens, pendant qu’on y est :

Éloge du populisme

(dont deux vidéos de Laurent Louis au moment de sa mise à mort)

Serge Uleski – sur son blog 28 mai 2016

 

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Le populiste, c'est l'autre, toujours ! L'adversaire en l’occurrence. Sa dénonciation n'explique rien mais révèle tout : un parti pris de classe dans le style : « Si c'était différent, ce serait pire encore ! » ... tendance bourgeois des centre-villes, pétés de tunes et morts de trouille – classe politique, universitaires et journalistes-chroniqueurs des grands médias.

Même à sciences-Po, on sait que ce vocable n'a qu'une fonction : discréditer auprès d'un électorat bien ordonné et propre sur lui, un adversaire politique ; un véritable attrape nigauds pour des gogos de l'anti-populisme qui se retrouvent tous immanquablement à se tirer une balle dans le pied en votant pour une politique de la soumission du plus fort sur le dos des plus faibles.

Lire la suite…

Source : http://litteratureetecriture.20minutes-blogs.fr/archive/2...

 

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De quoi Philippe Martinez est-il le nom?

Bruno Guigue – Arrêt sur Info 26 mai 2016

 

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Prétendre que la classe ouvrière organisée prend en otage le peuple français quand elle défend ses droits menacés, comme le répète la presse, restera sans doute dans les annales. Comme si ces travailleurs en lutte, hier chauffeurs-routiers, aujourd’hui salariés des raffineries, représentaient une minorité de nantis prêts à immoler l’intérêt général sur l’autel de leurs revendications catégorielles ; comme si une grève qui leur impose des sacrifices personnels était pour eux une partie de plaisir ; comme si leur combat n’était pas un combat pour tous, y compris pour ceux qui ont fait vœu de soumission à leurs maîtres et crachent sans vergogne sur leurs défenseurs.

Il faut croire que le capital soumet le prolétariat médiatique à des exigences de rentabilité aussi impératives que celles qu’il impose au prolétariat ouvrier. Car, à l’évidence, il lui ordonne de jeter le discrédit sur la mobilisation populaire ; il lui extorque cet invraisemblable tissu de mensonges comme une vulgaire plus-value ; il met les médias en concurrence, comme si chacun devait emporter la palme de la haine contre la CGT, ce syndicat honni parce qu’il est à la fois le plus ouvrier et le plus combatif. Cette résistance syndicale parfaitement légitime, le capital réclame à cor et à cri qu’on la couvre de calomnies. La presse quasi unanime s’y emploie.

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Contrairement à la classe ouvrière, la cohorte de plumitifs dont le capital s’est attaché les services, il est vrai, ne risque pas de s’insurger contre un système dont elle a pour vocation de chanter les louanges. Comment cette presse française soumise aux sept milliardaires qui en détiennent la propriété et déterminent sa ligne éditoriale, de BFM/TV à « Libération », du « Monde » à « L’Express » et de TF1 au « Figaro », pourrait-elle se comporter autrement que sur le mode d’une servilité à toute épreuve ?

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/de-quoi-philippe-martinez-est-il-l...

 

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Retrait de la loi Travail : « Ce scénario est impossible », estime le député PS Carlos Da Silva, proche de Manuel Valls, qui ajoute qu’un recul signerait « la fin du quinquennat de François Hollande »

 Hé, hé…

 

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Loi Travail – SUD-RATP appelle à la grève illimitée dès le 10 juin, à l’ouverture de l’Euro-2016

 

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La SNCF aussi ?

 

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Valls-MEDEF et Hollande-Maastricht cassent nos acquis et notre pays : BLOQUONS LEURS PROFITS !

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L’heure est venue d’une contre-offensive de classe et de masse des travailleurs, de la jeunesse et du camp progressiste !

 

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Provoqué par la volonté de Valls-MEDEF, de la droite thatchérienne et de l’UE de briser le droit du travail et les statuts, l’affrontement de classes s’étend et s’aiguise dans notre pays. Malgré l’énorme battage médiatique destiné à discréditer le mouvement et à intimider les travailleurs, des secteurs du monde du travail, classe ouvrière en tête, entrent dans l’action les uns après les autres. Nombre de travailleurs qui hésitent et « font grève par délégation » peuvent basculer dans l’action et dans ce cas, le mouvement sera irrésistible.

Honneur et soutien total aux syndicalistes de classe et de lutte, notamment aux ouvriers CGT, qui forment l’avant-garde d’un mouvement massif qu’a précédé la lutte résolue contre la répression à Air-France et chez Goodyear ! Appel aux communistes, notamment à ceux du PRCF et des JRCF, à être présents et actifs dans ce mouvement en apportant la solidarité, les explications et les perspectives politiques nécessaires. Adressons-nous aussi à la population désinformée par les média-menteurs.

Honte à Valls-MEDEF, triste émule de Jules Moch et parjure au socialisme de Jaurès, matraqueur des travailleurs, violateur de ce qui subsiste de la démocratie parlementaire, ainsi qu’à Hollande dont le « pacte présidentiel » ne disait rien de la casse du Code du travail hérité du 1936 et du CNR. Oui, les travailleurs ont raison de clamer dans les manifs et sur les piquets de lutte ce mot d’ordre lancé à Lille en 2003 par des syndicalistes du PRCF en réponse aux rodomontades de Raffarin (qui prétendait alors que « la rue ne fera pas la loi ») : « C’est pas au patronat de faire la loi / La vraie démocratie, elle est i-ci ! ».

A Marseille, en matraquant les travailleurs de Fos, Valls crée les conditions d’un soulèvement populaire. Les travailleurs se souviennent que la première Constitution de la République française proposée par Robespierre, proclamait : « quand le gouvernement piétine les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour toute portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

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Source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/valls-m...

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Journal mensuel du PRCF

http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capit...

 

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Petit rappel en passant

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En deux ans, 6.000 SDF sont morts en France. L’égoïsme au pouvoir tue plus que les attentats

 

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Loi Travail - 27 mai 2016 - Martinez et la CGT veulent nous faire perdre !

http://mai68.org/spip/spip.php?article10862...

Pas d'Euro de foot sans retrait de la Loi Travail !

 

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    Bonjour à toutes et à tous,

Les syndicats ont fixé la prochaine manifestation au 14 juin 2016 ! et pourquoi pas dans 14 ans, tant qu'ils y sont ! ? ! 

Si, en 1995, on a gagné contre Juppé qui voulait détruire la Sécurité sociale, c'est parce qu'il y avait une manif tous les jours ! PAS tous les quinze jours !

Les syndicats ont fixé la prochaine manifestation au 14 juin 2016 de façon à ne pas gêner l'ouverture de l'Euro de foot qui a lieu de 10 juin 2016, alors que c'est pourtant pour nous un excellent moyen de pression ! Pas d'Euro de foot sans retrait de la Loi Travail ! 

Le pouvoir s'enorgueillit d'avoir débloqué tous les dépôts de carburants sauf un ; mais, qui empêche les salariés de les rebloquer aussitôt ? Pourquoi Martinez et la CGT ne les font-ils pas rebloquer tout de suite ?

Les directions syndicales font parti du pouvoir et sont nos ennemis autant que les patrons ! 

Pour gagner, la grève doit être générale, c'est-à-dire toucher tous les secteurs publics et privés. Qu'attendent les profs pour faire grève, et pour expliquer la grève à leurs élèves ? 

Pour gagner, la grève doit être totale et illimitée jusqu'à la victoire ! 

Si nous voulons gagner, on ne peut pas faire confiance aux directions syndicales. Nous devons auto-organiser notre mouvement en une coordination qui réunira ensemble tous les salariés, étudiants, paysans et chômeurs en lutte. 

Le gros avantage d'une coordination par rapport à une intersyndicale, c'est qu'elle réunit en son sein non seulement tous les syndiqués, mais aussi tous les non-syndiqués. Or ceux-ci sont les plus nombreux et sans eux, il est impossible de gagner ! 

Bien à vous,
do

http://mai68.org/spip 
 

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QU'EST-CE QU'UNE COORDINATION ? 

http://mai68.org/spip/spip.php?article1081

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Là on cale !

Loi Travail - En mai 68, il y eut 99% de reçus aux examens !

En mai 68, il y eut 99% de reçus aux examens ! par conséquent, les étudiants et les lycéens ne doivent jamais avoir peur de faire de vraies grèves, même quand la période des examens s'approche.

C'est un excellent argument à utiliser en AG étudiante ou lycéenne pour faire voter la grève parce qu'il est parfaitement véridique. Cet article scientifique intitulé « Vive la Révolution ! Les bénéfices de long terme de 1968 » vous montrera à quel point les examens obtenus en 1968 ont profité à l'ensemble des contestataires de cette heureuse époque et à leur descendance. Celles et ceux qui ont fait mai 68 ont eu des avantages énormes ! Faisons comme eux : 

http://mai68.org/spip/spip.php?article10833

Oui, mais, ça, Do, ce n’était pas une preuve de succès. C’était juste le démantèlement des systèmes d’éducation européens par les États-Unis qui se poursuivait. [N.des vieux soixante-huitards baisés en levrette des GO]  

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Contestation en France - le 26 mai 2016 - La police lui a tiré en pleine tête une grenade offensive en tir tendu parce qu'il filmait : 

http://mai68.org/spip/spip.php?article10854 

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Halte à la répression ! Solidarité ! Grève générale sauvage totale et illimitée !

 

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Et pourquoi pas un peu d’histoire ?

DALTON TRUMBO : un film sur le totalitarisme capitaliste et la répression anti-communiste à Hollywood

 

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Hollywood, le Mac Carthysme bat son plein. La chasse aux communistes et sympathisants communistes est ouverte aux États-Unis.

Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.

Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.

Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, il va contourner cette interdiction.

En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

 

 

Source : http ://www.initiative-communiste.fr/articles/cultur...

 

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Un autre rescapé du Mac Carthysme

L’opéra-comique inspiré par Voltaire à Lilian Hellman, qui fut quand même un peu censuré par Léonard Bernstein soi-même

Candide

V.O. américaine

Sous-titrée en anglais…

 

 

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Mis en ligne le 29 mai 2016.

 

 

 

 

 

13:47 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |