12/02/2017

ON N'A PAS LE TEMPS DE FAIRE MIEUX...

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On n’a pas le temps de faire mieux en ce moment… mais on vous relaie ce qui en vaut vraiment la peine

 

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Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)

Le Grand Soir11 février 2017

 

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Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ».

Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le marché, ce que vous ne trouverez pas ici une liste (qui se voudrait impressionnante) de 600 médias... Pour deux raisons :

1) Un peu de sérieux, quand même... vous croyez réellement que quelqu’un a passé le temps nécessaire et indispensable pour analyser, un par un, 600 médias ?
2) En ce qui concerne les médias mainstream, ils sont tous détenus par une poignée de groupes aux idéologies et intérêts convergents et interchangeables. L’analyse des uns vaut donc largement pour les autres. Qu’on se le dise.

Le Grand Soir

PS : Les lecteurs et responsables de sites dits alternatifs sont invités à compléter le tableau.

 

LE DECODEX ALTERNATIF

 

Le Monde

Détenu par une poignée de membres du 1% (Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse) qui n’hésitent pas à investir des millions d’euros dans l’unique but de défendre le droit à l’information des 99%.

Pseudo-quotidien de référence, le Monde est souvenu qualifié dans les milieux des spécialistes de la solidarité internationale de « torchon ». Sous couvert de « sérieux », les journalistes du Monde sont connus pour publier régulièrement des articles de propagande (cf Bertrand de la Grange) et même des articles inventés de toutes pièces (cf Paranagua).

Souffre d’un « syndrome du larbin Atlantiste » qui l’amène à publier des articles aux titres volontairement trompeurs tels que « Des soldats américains déployés en Pologne en réponse à l’activité militaire russe dans la « région » (sic) » (13 janvier 2017)

Connu comme le quotidien de « ceux qui savent déjà tout ». Anti-progressiste lorsqu’il s’agit de régimes qui déplaisent à Washington.

Lire la suite…

Source : https://www.legrandsoir.info/le-decodex-alternatif-mefiez...

Notre avis :

Hélas, il en manque, mais c’est un bon début.

 

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Marine Le Pen amène le pire (*)

Théophraste R. – Le Grand Soir 10 février 2017

 

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Invitée le 9 février de « L’Emission politique » (France 2), Marine Le Pen a convaincu 41 % des téléspectateurs au terme d’un numéro où elle a multiplié les mensonges, les truquages des chiffres, les logorrhées brouillonnes, les fuites dilatoires devant chaque question précise, les contradictions (exemple avec des éléments ici accolés : « J’ai fait toute ma scolarité dans l’école publique qui est déplorable, on n’y apprend pas à lire, j’en ai été l’élève et je suis avocate. »).

Ah, qu’on me dise pourquoi faudrait-il que la candidate d’un parti qui, plus que tout autre, collectionne les casseroles judiciaires, un parti qui a été fondé par son père et des nazillons (officiers de la Waffen SS, de la division Charlemagne, membres de la LVF, du PPF…) dont les idées intactes jaillissent des entrailles de la bête dès que les militants tatoués se croient à l’abri des micros et des caméras, pourquoi faudrait-il que cette femme devienne présidente de la France si les honnêtes gens ne se résolvent pas, en mai 2017, à élire un ancien ministre de Hollande (Macron ou Hamon) après avoir juré « Plus jamais je ne voterai socialiste ! »

Ah, Benoît Hamon (qu’on aimerait aimer), que ne renoncez-vous pas à nous serrer à la gorge avec votre « C’est moi ou la peste brune, c’est une resucée de Hollande (avec ses anciens ministres et députés) ou le fascisme » !

Interpellé par une citoyenne qui lui disait qu’on ne veut pas de la loi El Khomri, Valls avait répondu avec morgue : « Eh bah, vous l’aurez ! » (1). Benoît, ne nous refaites pas ce coup-là avec le hollandisme.
Demandez au Président, à Valls, Sarkozy, Juppé, Fillon, quelle distance sépare le Capitole de la roche Tarpéïenne.

Théophraste R. (Fabriquant de banderoles : « Plutôt le Front populaire qu’Hitler »).

__________________ 

* Titre du livre de Frédéric et Maxime Vivas, préfacé par Paul Ariès (éditions Golias, 250 pages, 12 euros, édité en 2014 en collaboration avec le site legrandsoir.info). On peut le commander chez l’éditeur (http://golias-editions.fr/) ou à des librairies comme Terra Nova : http://www.librairie-terranova.fr/

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Note :
(1) http://lelab.europe1.fr/video-eh-bah-vous-laurez-la-repon...

Source : https://www.legrandsoir.info/marine-le-pen-amene-le-pire-...

 

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On n’est pas sûrs de tout comprendre et on ne voit pas bien comment ils veulent faire, mais ils ont le mérite de poser la question et… les commentaires sont aussi intéressants que l’article.

 

Les défis pour la gauche dans la zone euro

Article collectif présenté par plus de 70 co-signataires

Le Grand Soir10 février 2017

 

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Ce qui fait l’importance de ce texte, outre son contenu, est qu’il est co-signé par des personnalités et des militants de plus de 15 pays européens, provenant de différents horizons : de Podemos et Izquierda Unida au Bloc de Gauche portugais, du Parti de Gauche au NPA en passant par Ensemble ! en France, de l’Unité populaire à Antarsya en Grèce, de la gauche radicale danoise à celle de Chypre en passant par celle de pays comme la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine ou la Hongrie. Il est signé par des députés européens de différents partis et de différents pays, par le responsable des finances de la Ville de Madrid, par l’ex-présidente du parlement grec, par une série de membres de la commission pour la vérité sur la dette grecque…

Article collectif présenté par plus de 70 co-signataires dont :

Eric Toussaint, Jeanne Chevalier, Costas Lapavitsas, Stathis Kouvelakis, Christine Poupin, Zoe Konstantopoulou, Marina Albiol, Miguel Urbán Crespo, Alexis Cukier…

Voici un texte co-signé par plus de 70 personnes actives dans de nombreux pays d’Europe (voir liste complète en bas de l’article). Ce texte collectif établit une analyse claire des rapports de force dans l’Union européenne et avance une série de propositions radicales mais nécessaires, pour quiconque prétend lutter contre l’austérité, en faveur d’une Europe des peuples et pour la transition écologique.

Ce qui fait l’importance de ce texte, outre son contenu, est qu’il est co-signé par des personnalités et des militant-e-s de plus de 15 pays européens, provenant de différents horizons : de Podemos et Izquierda Unida au Bloc de Gauche portugais, du Parti de Gauche au NPA en passant par Ensemble ! en France, de l’Unité populaire à Antarsya en Grèce, de la gauche radicale danoise à celle de Chypre en passant par celle de pays comme la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine ou la Hongrie. Il est signé par des député-e-s européen-ne-s de différents partis et de différents pays, par le responsable des finances de la Ville de Madrid, par l’ex-présidente du parlement grec, par une série de membres de la commission pour la vérité sur la dette grecque...

Les 10 propositions avancées dans ce texte résultent de l’analyse de la situation en Europe depuis 2010, de l’affrontement entre Syriza et la Troïka – car ce fut bien un affrontement – au premier semestre 2015 et de l’application des politiques d’austérité par Syriza depuis lors, mais aussi des expériences espagnoles, irlandaises ou chypriotes. Les événements récents ont clairement démontré la nécessité pour un gouvernement de gauche d’avoir le courage de désobéir aux injonctions des autorités et des traités européens. Cela doit s’accompagner d’une mobilisation populaire encouragée par le gouvernement et d’une série de mesures fortes : organiser un audit de la dette avec participation citoyenne, mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux, socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie, réformer radicalement la fiscalité... Et bien sûr, avoir l’inévitable débat sur la zone euro, dont la sortie est une option qui doit être défendue au moins dans certains pays.

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Source : https://www.legrandsoir.info/les-defis-pour-la-gauche-dan...

 

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La soudaine fébrilité du Monde…

Pierre Lévy – Comité Valmy 11 février 2017

 

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Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy pointe un éditorial du Monde qui attaque, avec une violence de ton inhabituelle, l’idée de quitter l’euro et l’UE.

Le Monde fulmine. Dans l’éditorial de son édition datée du 07 février, le quotidien du soir a déployé l’artillerie lourde contre deux cibles – Marine Le Pen et l’idée de quitter l’Union européenne. L’on comprend vite que la frayeur que lui provoque la seconde est la véritable raison de l’attaque contre la première.

La candidate adoubée par le Front national « ne veut plus revenir sur l’abolition de la peine de mort […] et se range volontiers aux us et coutumes de l’époque concernant le mariage homosexuel », s’agace notre confrère qui, on le sent, eût peut-être pardonné un véniel conservatisme sociétal. Mais, s’étouffe-t-il d’indignation, elle « n’a qu’un programme : sortir de l’Union européenne et de l’euro ». Presque incrédule devant un tel blasphème, l’éditorialiste répète, comme interdit : « Il faut regarder les choses en face, le FN veut casser l’Europe. »

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Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8233

 

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Dans le torrent des explications, interprétations, déplorations, conjectures et/ou prédictions qui n’en finissent pas de balayer la toile depuis la victoire du candidat GOP et plus encore depuis son inauguration, nous avons relevé ceci, qui ne nous a pas paru manquer de bon sens.

 

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Cirque Trump-USA et nous dans tout ça ?

Réflexions d’un communiste

Alexandre Moumbaris – Les Dossiers du BIP 2 février 2017

 

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Comme on a déjà beaucoup vu M. Trump, ceci est le portrait de l’auteur.

Et ceci son CV : http://paris8philo.over-blog.com/alexandre-moumbaris.html

 

Les élections étasuniennes nous ont interpellés avec une très grande intensité. Le risque d’une guerre nucléaire était notre première préoccupation. Nous ne pouvions pas assumer une pseudo-pureté idéologique et condamner les deux candidats de la même manière – attitude répandue parmi des «communisants» d’extrême gauche – ou ce qui au fond revient quasiment au même, s’enfoncer la tête dans le sable et attendre que l’orage passe.

Notre principal raisonnement était le suivant: comment éviter le pire et choisir ce qui était le mieux pour le mouvement ouvrier. Ce qui nous est apparu comme étant le primordial était que la candidate pro-guerre     Hilary Clinton ne gagne pas. Il y eu aussi d’autres raisons pour nous rendre Trump plus «sympathique», tout capitaliste, milliardaire, sioniste, un peu bigot, souvent grossier, vulgaire, raciste, sexiste, même un peu fascisant… qu’il soit. Sa position visant à chercher à améliorer les relations des États Unis avec la Russie, le renvoi de tous les ambassadeurs y compris de Victoria «fuck the E.U» Nuland, néoconservatrice très impliquée dans le coup d’État de Maïdan en Ukraine, annonçaient d’importants changements, un progrès dans l’apaisement au moins partiel des conflits. Malheureusement ses positions vis-à-vis de la Chine, de la Corée du Nord, de l’Iran et de la Palestine restent hostiles. Quant au rapprochement avec la Russie il pourrait être soit une diversion pour diviser l’alliance russo-chinoise, soit répondre à une autre stratégie malicieuse.

Il est à noter que depuis octobre 2016 un projet de Loi (Bill) a été introduit pour interdire au Président des États-Unis de déclencher une guerre préventive sans l’approbation du Congrès. Selon ses auteurs son objet était d’éviter que Donal Trump, qui ostensiblement n’avait pas leur confiance, puisse avoir cette possibilité. Ce projet de Loi «H.R.669» a été soumis au Congrès le 24 janvier 2017. Il n’a donc pas encore été adopté. Donald Trump a déclaré le soutenir. Ce qui est étrange c’est qu’en octobre lorsque ce projet de loi a été introduit, il n’était pas possible de prévoir lequel des candidats serait élu. La conclusion à en tirer est que les divers conflits opposant essentiellement les États-Unis à la Russie et à la Chine ont atteint un tel niveau de dangerosité, qu’ils ont poussé le Congrès étasunien à – maladroitement et tardivement – mettre un frein – en dépit des néoconservateurs post-trotskistes – à leur politique d’agression permanente. Le bon sens aurait quelque peu prévalu et montré qu’aux États-Unis il y a quand-même beaucoup de gens sensés qui tiennent à la vie.

Sur le plan intérieur, le positif réside dans la pénalisation par une taxe de 20% ou 30% des produits d’entreprises délocalisées, moyen de décourager les importations et de favoriser la production interne. De telles mesures, ne peuvent que faire du bien à la production nationale, à l’emploi, aux salaires avec pour conséquence une hausse du pouvoir d’achat des salariés. Des dispositions douanières identiques en France seraient les bienvenues.

Concernant les restrictions de l’immigration clandestine, par le fait même qu’elle soit clandestine elle est illégale. Or il faut tenir compte de la misère ouvrière aux États-Unis. Detroit entre autres, une ville où les plus démunis n’ont même pas d’eau potable à boire, et comme chacun sait c’est le propre du capitalisme de se délecter d’un grand réservoir de chômage (la France ne manque pas de misère non plus). Par ailleurs cet arrêt brutal d’entrées, de ressortissants provenant de Libye, de Somalie, du Yémen, d’Irak, de Syrie ne peut être considéré, dans des circonstances normales, que comme scandaleux. Toutefois les circonstances ici ne sont pas tout à fait normales. Nous sommes très dubitatifs quant aux motivations des personnes qui voudraient entrer aux États-Unis, considérant que leurs pays n’ont cessé d’être bombardés, tuant et handicapant des centaines de milliers de leurs compatriotes dans des guerres faites ou soutenues par les États-Unis eux-mêmes. Pour faire un parallèle, c’est comme si pendant l’occupation, des Français avaient voulu immigrer ou visiter l’Allemagne nazie.

Notre attitude n’est pas sans «danger», au sens où, dans l’avenir des «camarades purs ou neutres», nous la reprocheront et nous tiendront pour responsables de tous les actes malfaisants de Trump. Mais notre analyse se fait sur la base d’un raisonnement établi à un moment donné. Nous ne prophétisons en rien le comportement ultérieur de Donald Trump.

Mais il y a deux choses qui sont très claires. La première est que Trump n’aurait pu être plébiscité sans l’appui du prolétariat pauvre, présumé blanc. La deuxième, qui est réjouissante, est d’entendre les media à la solde du système, piquer des crises d’hystéries à propos de la défaite du camp Clinton/néoconservateurs soutenu par Obama.

L’avancée triomphale accélérée et avide, ces dernières décennies du Nouvel ordre mondial, de la Mondialisation, de la Globalisation, des sociétés transnationales et surtout des banques prédatrices, des néoconservateurs, des néolibéraux et des sociétés multinationales quasiment apatrides, sur les entités nationales, semblent s’être heurtée à des résistances de plus en plus fortes, telle une vague de fond mondiale qui augure de leur déclin. La défense de la souveraineté nationale, est une notion qui prend de plus en plus de l’ampleur, surtout quand elle a pour moteur les intérêts allant de ceux de la bourgeoisie nationale jusqu’à ceux du prolétariat pauvre. De ce courant ont su profiter Trump,  Marine le Pen et quelques autres. Malheureusement les partis communistes européens sapés de l’intérieur, soumis au matraquage médiatique, bourgeois social-fasciste, l’absence de clarté, de direction et de pragmatisme dans leur discours, ainsi que leur démoralisation, n’ont pas su se mettre à la portée, donner confiance à leurs prolétariats et les mobiliser pour défense leurs intérêts. «Inspirés» par les media et le discours ambiant, ils adoptent parfois les positions des adversaires de classe, même des agresseurs impérialistes, telle que l’exemple flagrant de la participation du PCF à un gouvernement social-démocrate pendant la guerre d’agression contre la Yougoslavie. Ils ont eu dès lors du sang sur les mains.

Essentiellement il y a deux camps qui se confrontent, ceux qui bénéficient de la globalisation et ceux qui en pâtissent. D’un côté il y a les transnationales étrangères et même des sociétés nationales plus ou moins délocalisées, qui fourguent sur le marché intérieur des produits fabriqués à l’étranger, faits dans des conditions de production plus profitables à cause du coût inférieur de la main-d’œuvre, de l’absence de réglementation…; et de l’autre la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie commerçante, les agriculteurs, les artisans et les travailleurs, qui respectivement ne peuvent concurrencer des prix aussi bas; n’arrivent pas à vendre leur produits agricoles à un prix normal; subissent la concurrence des produits importés à bon marché auxquels s’ajoute la baisse de revenus de leur clientèle, et les travailleurs qui ne récoltent que le chômage, et qui par voie de conséquence voient leurs salaires tirés vers le bas. Des pans entiers de secteurs ont été happés par des entreprises internationales, comme dans la restauration rapide, pas chère et malsaine: McDonalds, KFC, Quicks…; l’électroménager ou les marques françaises deviennent rares,……, sans parler des prises d’intérêt dans des sociétés par actions. Par ailleurs il est difficile de savoir si une société «française» l’est par son siège, son lieu de fabrication, son marché, la nationalité de ses propriétaires ou si la destination de ses profits n’est pas un paradis fiscal.

Notre place à nous communistes est d’assumer nos devoirs et de nous appliquer à agrandir cette brèche, et non pas abandonner nos positions sur le terrain de la lutte à d’autres. Mais rien ne peut s’accomplir sans la souveraineté nationale couplée à l’indépendance économique et militaire.

Évidement ici on ne parle pas des échanges nécessaires et mutuellement profitables entre pays, pas plus que de ceux qui s’y rattachent, bien qu’ils aient, strictement parlant, une fonction compradore. Cela étant dit nous réservons la qualification «compradore» pour cette couche de la bourgeoisie qui fourgue des produits qui auraient pu être fabriqués en France si les conditions de production étaient comparables et qui découragent l’autosuffisance du pays. L’autre problème réside dans leur poids économique, couplé aux poids politique, médiatique, publicitaire avec lesquels ils tentent d’atténuer, de masquer le caractère inacceptable de la production étrangère facilitant de plus en plus leur incursion économique, politique, linguistique, culturelle dans la vie du pays. Cette aberration pourrait être atténuée par des droits de douane à l’importation qui prendraient en compte le coût du chômage causé et des avantages sociaux non payés. Mais cela ne règle en rien les effets psychologiques, sociaux et par-dessus tout provoque une pression vers le bas des salaires et du niveau de vie des travailleurs et par extension des agriculteurs et des artisans….

Nous sommes convaincus que nous vivons une période de lutte intense entre d’un côté l’alliance du pouvoir de la globalisation et de la couche compradore de la bourgeoisie et de l’autre l’alliance de la bourgeoisie nationale, des agriculteurs, des artisans et indispensablement le prolétariat national. Cette dernière alliance contient en son sein une contradiction entre classes, mais celle-ci dans les circonstances actuelle est une contradiction de moindre importance qui se résoudra ultérieurement.

Alexandre MOUMBARIS

Source : https://dossiersdubip.wordpress.com/2017/02/05/editorial-...

 

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Ceci date de juin dernier mais ne manque pas de sel :

Une association présidée par M. Moumbaris privée de compte bancaire pour raisons idéologiques.

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http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/758/reader...

 

Mais-z-où s’arrêteront les banques ???!!! Et qui aura ENFIN les couilles de les remettre à leur place ? À notre avis, aucun des candidats en course pour l’élection à la présidence de la République, alors qui d’autre ?

 

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Trump contre les globalistes

entrefilets.com3 février 2017

 

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La panique est totale, l’angoisse cosmique. Trump va-t-il faire exploser la planète ? Provoquer la disparition des espèces ? Celle de notre galaxie dans un immense trou noir ? Va-t-il détruire l’univers ? Pire ! Rendre accidentellement sa liberté à l’Europe ? Toute la vertueuse élite globaliste, ses merdias et son internationale progressiste sont littéralement saisis d’effroi devant le gouffre d’incertitudes qui vient de s’ouvrir. Alors on gronde, s’offusque, on appelle même à l’assassinat de l’importun et, dans l’intervalle, on manifeste bruyamment son secret désir de revenir en arrière, de rétablir la caste certes génocidaire mais ô combien rassurante d’avant: des Clinton, des Bush ou même de l’inénarrable Obama qui, en embuscade, semble attendre son heure à la manière d’un président légitime qui aurait été renversé par on ne sait quel coup d’Etat. Bref, le monde entier est au diapason : Trump le déplorable doit disparaitre pour que la cash-machine de l’oligarchie planétaire des globalistes puisse continuer à fonctionner.

 

Crimes suprêmes

On savait bien que l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche allait mettre un sacré coup de pied dans la fourmilière. Et de fait, toute la pègre des globalistes s’étrangle jour après jour, heure après heure, minute après minute devant le spectacle de l’imprévisibilité absolue du bonhomme.

C'est que le type casse tous les codes, balaie tous les repères, transgresse toutes les règles qui cimentent habituellement la caste dirigeante atlantiste, allant même jusqu’à respecter ses promesses de campagne. C’est dire !
Toute l’élite est donc médusée, sous le choc, poussant des cris d’orfraie pour dénoncer l’outrage permanent que constitue l’existence même de ce POTUS «nationaliste et isolationniste» (bigre), pour décréter l’insupportable infamie de la chose.

 

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Il faut dire que Trump en fait des tonnes. Mépris affiché pour l’UE; gesticulations avec Téhéran; dénonciation d’accords économiques ou politiques; frictions commerciale avec la Chine; construction d’un mur à la frontière du Mexique et, crimes suprêmes : nomination d’un juge pro-life à la Cour suprême (encore à valider par le Sénat), dédain affiché pour la cause LGBT et, enfin, décret anti-immigration provisoire, certes, mais tout de même...

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Source : http://www.entrefilets.com/trump_contre_les_globalistes.h...

 

 

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Ceci est l’avant-dernier article publié par entrefilets.com. Le dernier – du 10 février – aborde un autre sujet, beaucoup plus vaste et glaçant. Nous le signalons ici aux curieux en espérant y revenir bientôt :

La chute de l’homme dans l’algorithme
De la bataille contre le Système (épisode XIII)*

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http://www.entrefilets.com/La_chute_de_l_homme_dans_l_alg...

 

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Irrésistible ascension et décadence de George Soros ?

 

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Comprendre ceux qui nous dirigent : interview rare du milliardaire George Soros (1998)

Raphaël BerlandCercle des Volontaires -  8 février 2017

 

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Dans la série Essayons de comprendre la folie de ceux qui nous dirigent, cette interview de George Soros semble tout à fait éclairante. Je tire mon chapeau au journaliste qui a mené l’interview, il a su à la fois établir une relation de confiance propice à la confidence, et en même temps il a réussi à amener George Soros à s’exprimer sur les paradoxes essentiels de son comportement de prédateur financier. Le journaliste ose même évoquer l’enfance tragique du milliardaire juif à Budapest, en Hongrie, pendant la seconde guerre mondiale ; il le questionne notamment sur sa participation aux confiscations de biens appartenant à des juifs. Je vous laisse découvrir les réponses de l’intéressé. Bien sûr, n’hésitez pas à partager…

Raphaël Berland

 


 Voir une version plus longue mais non sous-titrée de l’interview.

 

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Il est bien évident que le but poursuivi par George Soros depuis des décennies est une victoire du Nouvel Ordre Mondial (et non des États-Unis en tant que tels) sur la Russie. Dans ce but, le milliardaire apatride né en Hongrie a fomenté toutes les révolutions colorées – celles qui ont réussi comme celles qui ont raté – principalement dans les anciennes républiques de l’URSS et en Russie même.

Récemment, cependant, il s’est mis à poursuivre les mêmes buts dans le reste de l’Europe, en y faisant déferler des masses de « réfugiés » incontrôlés et incontrôlables, et voici qu’il s’en prend à l’intérieur des États-Unis, contre le récent vainqueur des élections présidentielles, coupable d’avoir mis sur la touche le camp qui lui était dévoué corps et âme. Tous les mouvements anti-Trump des USA sont organisés par Soros et ses petites mains, à Washington, à Berkeley et ailleurs. Il tente en ce moment de soulever les latinos contre la Maison Blanche.

L’appétit vient en mangeant, certes, mais M. Soros n’a jamais dû lire les fables de La Fontaine, « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf » par exemple.

Il ne faudrait pourtant pas croire que Soros est, seul, responsable de tous les maux. C’est un virus. Il y en a d’autres. La peste McCain, le cholera Soros, etc. etc. etc.

À suivre…

 L.G.O.

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En attendant…

 

Soros dans les cordes ?

Wayne Madsen – Strategic Culture 29 janvier 2017

 

Bien que le géant multi-milliardaire des hedge funds et agitateur politique international George Soros ait perdu beaucoup, suite à l’élection de Donald Trump au poste de président des États-Unis et à la victoire du référendum du Brexit au Royaume-Uni, il est en passe de perdre encore du terrain, politiquement et financièrement, alors que les vents du changement politique balaient le globe.

 

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Soros, qui se considère comme le meilleur pour placer des options de vente à découvert sur les actions, se traduisant souvent, à la fin du processus, en tonnes de milliards de dollars lorsque les valeurs boursières s’effondrent, a encaissé au corps quelques coups financiers. Récemment, le régulateur néerlandais du marché des valeurs mobilières AFM a accidentellement révélé en ligne tous les raids boursiers à découvert de Soros depuis 2012. Les raids de Soros ont été révélés sur le site Web de l’AFM et ont été retirés après que le régulateur a réalisé son erreur. Cependant, les données de Soros avaient déjà été capturées par des logiciels automatiques de saisie de données utilisés par des agences de renseignement et des maisons de courtage, qui scrutent régulièrement l’Internet à la recherche de telles erreurs.

Parmi les actions bancaires ciblées par le raid de Soros figurait Ing Groep NV, une institution majeure et un élément important de l’économie néerlandaise. Après avoir fait campagne contre le Brexit, Soros a misé sur les actions de Deutsche Bank AG, qui, selon lui, chuteraient après que la Grande-Bretagne a voté pour quitter l’UE. Les actions de Deutsche Bank ont ​​chuté de 14% et Soros a ramassé la mise. Mais la joie de Soros n’a pas duré. Avec l’élection de Trump, Soros a perdu l’énorme somme d’un milliard de dollars en spéculation boursière. En compagnie de ses collègues manipulateurs financiers, Soros a expliqué ses pertes récentes lors de sa participation au récent Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

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Source : http://www.strategic-culture.org/news/2017/01/29/soros-on...

Via : http://lesakerfrancophone.fr/soros-dans-les-cordes

 

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Ministre hongrois : « Ce n'est pas à Soros de décider quel gouvernement doit diriger la Hongrie »

Interview de Peter Szijjárto par RT8 février 2017

 

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En se référent aux ONG financées par le financier Georges Soros, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjártó affirme qu'il est « très antidémocratique que quelqu'un de l'étranger veuille influencer le choix électoral des citoyens ».

 

Peter Szijjártó est un homme politique hongrois. Depuis le 23 septembre 2014, il occupe le poste de ministre des Affaires étrangères de son pays.

 

RT : Budapest a promis de «balayer» les ONG étrangères financées par le milliardaire américain George Soros. D’après nos informations, il finance aujourd'hui plus de 60 de ces groupes. Quelle est le danger que représentent ces organisations pour votre pays ?

Peter Szijjártó (P. S.) : En fait, il s'agit d'une approche très injuste qui gagne en importance : on tente de dire que ce sont en vérité les ONG qui représentent les gens d'un pays donné – ce qui est une approche très dangereuse, car elle n’est pas vraie. Jamais il n'y a eu des élections où des ONG seraient candidates, donc il n'y a jamais eu de gens à avoir voté pour être représenté pour telle ou telle ONG. Les gens votent pour des hommes politiques, pour des partis politiques. Donc, c'est le parlement et c'est le gouvernement qui représentent le peuple d'un pays donné, nous considérons donc que cette approche affirmant que ces ONG représenteraient la société civile est très dangereuse. C’est la première chose.

La deuxième chose, c’est qu’il y a une exigence très claire et juste pour que la politique soit transparente. Et je pense que ce n'est pas seulement la politique qui doit être transparente, mais toute organisation ayant un impact sur les affaires publiques, sur les questions politiques ou sociales. Les gens ont le droit de savoir qui sont ces ONG, quelles personnes ces organisations représentent réellement. C'est pourquoi nous voulons dire que s'il y a dans le pays des ONG qui sont financées par des citoyens étrangers, par d'autres pays, par d'autres gouvernements – cela devrait être su du peuple.

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Source : https://francais.rt.com/opinions/33667-ministre-hongrois-...

 

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Une pétition aux États-Unis pour que la Maison Blanche le fasse arrêter.

Signez la pétition demandant à La Maison Blanche d’arrêter George Soros

 Sean Adl-Tabatabai – YourNewswire 11 février 2017

Traduction : Petrus Lombard

 

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Partager la publication « Signez la pétition demandant à La Maison Blanche d’arrêter George Soros ».

Des milliers de citoyens étasuniens demandent à la Maison Blanche d’émettre un mandat d’arrêt international contre le milliardaire mondialiste George Soros.

Cette pétition a déjà recueilli près de 6000 signatures, ce qui la met sur la trajectoire des 100 000 signatures nécessaires pour obtenir une réponse officielle de la Maison Blanche.

Thegatewaypundit.com rapporte :

La pétition indique :

George Soros est une menace pour le monde libre et il s’oppose à ce que les États-Unis retrouvent leur grandeur. Il est coupable des crimes suivants :

1) Il soutient financièrement l’insurrection publique dans de grandes villes étasuniennes, entraînant des millions de dollars de dommages matériels ainsi que des pertes de vies humaines.

2) Il tente de manipuler les élections démocratiques en donnant des millions de dollars à ses candidats préférés.

3) Il cherche à restreindre la souveraineté étasunienne. Selon ses propres mots : « Les États-Unis sont le principal obstacle à un ordre mondial stable et juste… Changer l’attitude et les politiques des États-Unis demeure ma principale priorité. »

4) Il manipule les devises. Il a initié une crise financière en Grande-Bretagne en se débarrassant de 10 milliards de livres sterling, ce qui a forcé la dévaluation de la monnaie et lui a permis de gagner un milliard  de dollar.

Vous pouvez signer la pétition ici.

Sean Adl-Tabatabai

Source : yournewswire.com/white-house-arrest-george-soros/

Via : http://reseauinternational.net/signez-la-petition-demanda...

 

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Effet Trump ? Mouvement massif anti-Soros en Macédoine

 guerrecivileeneurope  21 janvier 2017

 

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Une nouvelle initiative appelée Opération d’arrêt Soros (SOS), un mouvement dédié à arrêter le mal causé par le milliardaire mondialiste, George Soros, a été lancé en Macédoine.

Les fondateurs de SOS ont appelé les citoyens du monde entier à « lutter contre un esprit dans le secteur civil conçu et dirigé par George Soros ». Le mouvement a été mis en place pour exposer les «activités subversives de toutes les organisations de George Soros.

La Hongrie a également pris des mesures pour réprimer les organismes financés par Soros en leur interdisant le pays.

Selon Nikola Srbov, chroniqueur au portail de nouvelles pro-gouvernementales Kurir et co-fondateur de SOS, les ONG financées par Soros ont monopolisé la société civile en Macédoine et utilisé leur position pour supprimer les opinions dissidentes. «Nous avons assisté à la prise du secteur civil en entier et ses abus et son instrumentalisation pour atteindre les objectifs d’un parti politique. Cela est inacceptable et va au-delà des principes de l’organisation civique » a déclaré Srbov lors de la conférence de presse.

« La Fondation Open Society, opérant sous l’égide de Soros, a utilisé son financement et son personnel pour soutenir les processus violents en Macédoine. Il a monopolisé le secteur de la société civile, poussant en dehors toute organisation qui est en désaccord avec l’idéologie de Soros  » a-t-il déclaré.

Lire la suite…

Source : https://civilwarineurope.com/2017/01/21/effet-trump-mouve...

 

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Soros, migrants et Macédoine / Pour un mouvement Stop Operation Soros France et Europe

Thibault Kerlizin – Sorosconnection.org28 janvier 2017

 

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On assiste aujourd’hui à un réveil actif de la Macédoine qui, à la suite de la Hongrie, a décidé d’agir contre Soros, qui s’ingère particulièrement dans les affaires du pays, en plus d’y financer des ONG d’aide aux migrants.

George Soros, le fléau des nations, doit regretter jour après jour l’élection de Donald Trump. Si le nouveau président américain n’a pour le moment pas pris de mesures ni lancé d’enquête qui mènerait à l’arrestation du faux philanthrope (le fera-t-il ?), l’effet Trump a néanmoins été rapide. En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán veut interdire les ONG financées par Soros. Plus récemment, la Macédoine suit la voie hongroise et a lancé l’initiative Stop Operation Soros[1], venant de Nikola Srbov, journaliste pro-gouvernemental du site Kurir, Cvetin Cilimanov, rédacteur en chef de l’agence de presse gouvernementale MIA, et Nenad Mircevski, rédacteur en chef de la plate-forme d’informations Republika. Les trois hommes appellent tous les citoyens « libres d’esprit » à les rejoindre afin de combattre la pensée unique du secteur de la société civile, financé essentiellement par les réseaux de George Soros.

Ceci se produit quelques semaines après que l’ancien Premier ministre macédonien, Nikola Gruevski, ait également accusé Soros et d’autres ONG étrangères de s’ingérer activement dans les affaires intérieures de la Macédoine, dont l’un des « torts » serait de dialoguer et de se rapprocher des BRICS.[2]

A ce titre, on se rappelle que le 5 juin 2016 se tenaient des élections anticipées dans ce pays – suivies d’élections parlementaires elles aussi anticipées, le 11 décembre. Ce fut l’occasion, une fois de plus, de nombreuses manifestations inspirées de la méthode Gene Sharp et dont Soros s’est fait l’un des praticiens les plus zélés. Ces tentatives de déstabiliser le gouvernement du pays durent depuis deux ans et se sont caractérisées par des violences et de nombreux blessés.[3] Cependant, non seulement le parti de Nikola Gruevski a été réélu, faisant échouer la tentative américano-sorosienne de révolution colorée, mais l’élection de Trump et sa volonté de mettre fin aux « changements de régime » a quelque peu ralenti Soros.[4]

Stop Operation Soros dispose désormais d’un site au contenu de qualité que nous invitons les lecteurs à suivre.[5] Les premiers articles datent d’hier (27 janvier 2017) et sont déjà une dizaine. L’un des derniers, « Why Stop Operation Soros », rapporte que l’Open Society Macedonia, présente depuis la séparation de la Macédoine et de l’URSS, aurait dépensé plus de 150 millions de dollars dans le pays depuis cette époque – cinq millions chaque année –, en majorité à des fins de promotion de la société ouverte. En complément, l’USAID, ONG écran des services de renseignement américains, apporte également son soutien financier aux activités de l’Open Society en Macédoine et travaille avec cette dernière. Mais à présent, le parti au pouvoir VMRO-DPMNE a déclaré qu’il ne laisserait plus de projets de l’USAID et de Soros mener à des manifestations violentes.[6]

En France, presque personne, dans le milieu institutionnel, ne critique George Soros et l’Open Society. Pourtant, au regard de l’ensemble des méfaits accomplis par le spéculateur depuis plusieurs dizaines d’années, il serait plus que temps qu’un mouvement Stop Operation Soros – France naisse. L’élection de Trump est loin d’avoir privé Soros mais également ses vastes réseaux d’influence de leur marge de manœuvre. En 2017, la France élira un nouveau président. On peut alors se demander si, d’une manière ou d’une autre, les réseaux Soros n’auraient pas intérêt à soutenir un prétendant en particulier. Il serait ainsi intéressant de savoir qui finance la campagne d’Emmanuel Macron, et si des personnalités des réseaux Soros le soutiendront. En parallèle, les sorosites ont toujours pignon sur rue en France (Sherpa, Transparency International, Anticor, etc.) et bénéficient de soutiens et de relais bienveillants. Peut-être serait-il enfin temps de leur demander des comptes et, le cas échéant, de leur appliquer le même traitement qu’en Russie, en Hongrie et en Macédoine, pays conscients que la rhétorique de la transparence et de la société ouverte n’est qu’une duperie du soft power.

En tout cas, on ne peut qu’appeler de nos vœux la constitution d’un réseau Stop Operation Soros à travers l’Europe entière. Celui-ci ne doit en aucun cas se limiter à la Hongrie, la Macédoine et la Russie, mais concerner chaque nation du Vieux Continent, le « philanthrope » disposant d’antennes. Sur l’ensemble du globe, l’Open Society est présente dans au moins quarante pays, à en croire son site. Néanmoins, rien que pour l’Europe, le site de l’ONG de Soros fait état de sa présence dans quatorze pays, mais en « oublie » trois : la Pologne (où se trouve la Fondation Stefan Batory, nom de l’Open Society dans ce pays et qui y tenta d’ailleurs une révolution colorée fin 2015), la Bulgarie avec l’Open Society Sofia, et la Slovaquie avec l’Open Society Bratislava, présentée comme une « filiale indépendante ».[7] Stop Operation Soros demande, pour combattre le spéculateur, « un soutien international », et rappelle au passage que la Macédoine, pays voisin de la Grèce, a joué un rôle central dans le blocage des migrants en fermant ses frontières avec les Grecs. Dès lors, si les réseaux Soros parvenaient à renverser le gouvernement au pouvoir et à imposer ses hommes-liges comme ils le firent par exemple avec Kmara en Géorgie, les digues cèderaient, ne faisant qu’amplifier la crise migratoire largement orchestrée par Soros.

 

***

 

Pour rappel, voici les ONG d’« aide aux migrants » dont il est l’un des bailleurs de fonds :

ONG pro-migrants sponsorisées par l’Open Society de George Soros

 

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Cliquer pour agrandir

Voir la suite…

(qui est très instructive)

 

Source : https://sorosconnection.org/2017/01/28/soros-migrants-et-...

 

Qui sont les vrais réfugiés, manipulés ou non, quels sont les autres ?

 

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Mis en ligne le 12 février 2017

 

 

 

 

 

22:01 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/02/2017

ESPRIT DE L'ESCALIER - I - De quelques académiciens

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Esprit de l’escalier…

Où il est question de quelques académiciens et d’un livre

par Théroigne

 

Avec deux mois de retard sur notre calendrier, mais est-il jamais trop tard pour parler littérature ?

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« Ils sont là quarante qui ont de l’esprit comme quatre »

Beaumarchais

 

       « Figurez-vous les Quarante assemblés.

       Au milieu d’eux paroissait la Science,

       Cent fois plus sotte encor que l’Ignorance ;

       Ses yeux étaient ceints d’un voile d’airain ;

       De le percer elle tâchait en vain !

       Elle tenait une lanterne obscure

       D’où s’élevait une fumée impure,

       Et toutefois son cortège hébêté,

       À sa lueur cherchait la vérité. »

Saint-Just, Organt, Chant viii

… qui étaient deux mauvaises langues.

 

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En hommage à Manuel de Diéguez

 

Que nous soyons Français, Belges ou Suisses, voire Québécois ou anciens colonisés, la langue française est une partie essentielle de notre matrimoine qui nous vient de très loin dans le temps et de beaucoup d’endroits, tant il est vrai que « l’Occident », c’est de « l’Orient » qui a déménagé. Cette langue française a très fort bifurqué à un moment-clé de l’histoire d’Europe : la Renaissance. Principalement à cause de deux hommes :

- Rabelais l’insatiable, qui parla le grec et le latin comme on se mouche ; qui apprit aussi l’hébreu d’un rabbin et l’arabe d’un savant de sa connaissance (que vous retrouverez tous les deux si vous cherchez bien à l’un ou l’autre coin de ses œuvres déguisés en personnages), mais qui baragouina en outre plus ou moins bien l’allemand, l’italien, l’écossais, le flamand, le basque et même le wallon appris des mercenaires de toutes provenances qu’il soigna dans l’entourage de deux ou trois rois de France et de ses patrons de la famille du Bellay.

- Étienne Dolet, un des premiers et peut-être le plus grand éditeur français de tous les temps, polyglotte lui aussi, écrivain, penseur dangereux, traducteur de Platon et autres fariboles.

Au premier, nous devons un nombre impressionnant de mots fabriqués par lui de toutes pièces à partir du grec ou recueillis dans les nombreux dialectes de France.

Au second, nous devons surtout les accents qu’il imagina pour rendre la susdite langue plus nuancée, plus subtile et plus précise, ainsi que notre tout premier dictionnaire.

L’un annonça qu’il défendrait ses idées « jusqu’au bûcher exclusivement », le frôla, mais réussit quand même à nous laisser un tel torrent de paroles dégelées qu’il en noya les malveillances pyromanes.

L’autre défendit les siennes « jusqu’au bûcher inclusivement ». De surcroît, ses livres aussi furent brulés, mais son dictionnaire, ses accents et ses idées, tels le Phénix, ressuscitèrent de leurs cendres.

En 1635 (il y a tout juste 382 ans) le Grand Cardinal (Mgr de Richelieu), qui n’a pas fait que chercher des crosses aux mousquetaires du roi, cédant aux instances d’une vieille fille appelée Marie de Gournay, que Molière brocarderait plus tard avec d’autres sous le nom de « femmes savantes », créa l’Académie Française.

 

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Le 22 février 1635, Richelieu fonde l’Académie

 

 La demoiselle aimait les vieux mots et tenait qu’ils devaient être préservés pour les générations futures. Cela fit bien rire alors les libertins, matérialistes et autres cartésiens gassendistes adeptes d’un futur lumineux qui ne voulaient voir qu’en avant, dont certains payèrent quand même de leur vie tant d’audace, mais le cardinal l’écouta.                              

 

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Qui plus est, le premier dictionnaire dont accoucha l’illustre assemblée fut fait sur le modèle de celui d’Étienne Dolet. Quant à ses accents, ils allaient être de plus en plus d’usage courant tant ils étaient nécessaires.

En 1988 d’ailleurs, quand M. Michel Rocard voulut faire supprimer ces accents qui ne servaient qu’à rétrécir les marges bénéficiaires de nos colonisateurs digitalo-zuniens, l’Académie s’y opposa. Et fit bien. Pas assez, mais passons. Comme elle fait bien de ne pas s’aligner sur le conformisme pseudo-féministe à la mode et de maintenir ses règles de grammaire. Oui, on le sait depuis au moins Alphonse Allais que « 300.000 femmes et un petit garçon s’accordent au masculin pluriel ». Et alors ? La mère des dieux n’était-elle pas bisexe, que ce fût sous le nom de Q’R, mère du Coran, de Kybélé, mère de la Kabbale ou de Carmenta, mère des carmen et de l’alphabet latin ? Que les Quarante continuent donc à nous préserver de l’horreur des « auteures » et des « écrivaines » et soient assurés de notre gratitude !

On en est là. Et les académiciens vont et viennent. Tous immortels.

 

« Quand on est quelqu’un, pourquoi vouloir être quelque chose ? »

Gustave Flaubert

 

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C’est que, peut-être, ils ne sont pas tous quelqu’un… Mais ceci ne nous regarde pas.

Corneille, Descartes, Molière, La Rochefoucauld, Rousseau, Diderot, Beaumarchais, Balzac, Dumas père, Gautier, Flaubert lui-même, Stendhal, Nerval, Maupassant, Zola, Daudet, Léautaud n’en furent jamais, ni Céline pour la même raison que Corneille, et Marcel Aymé parce qu’il refusa d’en être, mais ceci est une autre histoire.

Adonc, le 15 du mois dernier (non, de décembre !), M. Andreï Makine, immigré soviétique naturalisé français et romancier de son état, a été reçu à cette illustre Académie, pour y occuper le fauteuil de Mme Assia Djebar, Française d’origine algérienne, récemment décédée.

 

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Assia Djebar

 

L’usage veut que l’impétrant, le jour de sa réception, prononce un discours à l’éloge de celui ou celle qu’il remplace et qu’un autre, au nom des trente-neuf survivants, lui réponde par un discours de bienvenue. Le discours de réception le plus étourdissant dont nous ayons le souvenir est celui de Jean Cocteau, ce qui ne nous rajeunit pas. Celui de M. Makine n’est pas mal non plus. Il a causé quelques remous y compris internationalement, parce qu’y ont été énoncées avec infiniment de mesure des opinions que partagent plusieurs millions de Français mais dont les « gens-z-au-pouvoir » et leurs haut-parleurs tarifés se sont effarouchés. Jusqu’à parler – les haut-parleurs – de « discours pro-russe » et même carrément de « discours poutinien ». Cette agitation causée dans la basse-cour justifierait à elle seule la diffusion urbi et orbi des propos de M. Makine.

M. Fernandez, qui était chargé de lui répondre, nous a quelquefois agacés par la propension qu’il a de faire tourner toutes les affaires du monde autour de l’homosexualité. Il n’a pas cédé cette fois à son péché mignon, et, si son discours de bienvenue a débuté sur quelques idées politiques reçues un peu courtes, il a vite passé outre pour devenir, ensuite, tout bonnement brillant.

Les deux discours méritant d’être connus, les voici l’un derrière l’autre par-dessus la trêve des confiseurs et tout un mois de janvier. Nous les faisons suivre de quelques considérations de notre cru sur une partie de l’œuvre de M. Makine, que vous pouvez sauter sans remords car elles n’engagent que nous.

 

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Discours de M. Andreï Makine

 

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Mesdames et Messieurs de l’Académie,

 Il y a trois cents ans, oui, trois siècles à quelques mois près, au printemps de 1717, un autre Russe se rendit à l’Académie, une institution encore toute jeune, quatre-vingts ans à peine, et qui siégeait, à l’époque, au Louvre. La visite de ce voyageur russe, bien que parfaitement improvisée, était infiniment plus éclatante que mon humble présence parmi vous. Il s’agissait de Pierre le Grand ! Le tsar rencontra les membres de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, s’attarda – le temps de deux longues séances – à l’Académie royale des sciences, observa plusieurs nouveautés techniques et réussit même à aider les géographes français à corriger les cartes de la Russie. Il alla aussi à l’Académie française et là il ne trouva présents que deux académiciens. Non que les membres de votre illustre Compagnie fussent particulièrement dissipés mais le tsar, nous l’avons vu, improvisait ses visites sans s’enquérir des règlements ni de l’heure des séances. Néanmoins, les deux académiciens eurent l’élégance d’initier Pierre aux secrets de leurs multiples activités. L’un d’eux cita, bien à propos, Cicéron, son dialogue De finibus bonorum et malorum. Les langues anciennes n’étaient pas encore considérées en France comme un archaïsme élitiste et la citation latine sur les fins des biens et des maux, traduite en russe par un interprète, enchanta le tsar : « Un jour, Brutus, où j’avais écouté Antiochus comme j’en avais l’habitude avec Marcus Pison dans le gymnase dit de Ptolémée [...], nous décidâmes de nous promener l’après-midi à l’Académie, surtout parce que l’endroit est alors déserté par la foule. Est-ce la nature, dit Pison, ou une sorte d’illusion, [...] mais quand nous voyons des lieux où nous savons [...] que demeurèrent des hommes glorieux, nous sommes plus émus qu’en entendant le récit de leurs actions ou en lisant leurs ouvrages... »

 

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 L’enthousiasme de Pierre le Grand fut si ardent que, visitant la Sorbonne, il s’inclina devant la statue de Richelieu, l’embrassa et prononça ces paroles mémorables que certains esprits sceptiques prétendent apocryphes : « Grand homme, je te donnerais la moitié de mon empire pour apprendre de toi à gouverner l’autre. »

Le tsar embrassa aussi le petit Louis XV, âgé de sept ans. Le géant russe tomba amoureux de l’enfant-roi, sans doute percevant en ce garçonnet un contraste douloureux avec son propre fils, Alekseï, indigne des espoirs paternels. Mais peut-être fut-il touché, comme nous le sommes tous, quand nous entendons un tout jeune enfant parler librement une langue, pour nous étrangère, et dont nous commençons à aimer les vocables. Oui, cette langue française qui allait devenir, bientôt, pour les Russes, la seconde langue nationale.

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Épée de M. Makine

 

 Source : http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de...

 

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Réponse de M. Dominique Fernandez au discours de M. Makine

 

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Monsieur,

Vous avez eu la chance de naître et de grandir au cœur de la Sibérie, près de Krasnoïarsk sur le fleuve Ienisseï – si large que son passage, à l’époque de Michel Strogoff, exigeait, écrit Jules Verne, « un laps de temps de trois heures » –, la chance de subir, dès votre plus jeune âge, les agressions du climat, la furie des tempêtes, les morsures du froid polaire, les rafales glacées qui brûlent les doigts et lacèrent le visage, « la mitraille des flocons ». La chance, dis-je, car vos premiers livres ont été nourris de cette expérience meurtrière qui aurait abattu un caractère faible, mais, de vous, au tempérament exceptionnellement fort, a fait d’emblée un écrivain. Le premier obstacle contre lequel vous vous êtes dressé a été la Nature. Heurt formidable de l’homme contre les éléments, qui me rappelle la hugolienne bataille, au fond de l’océan, du travailleur de la mer Gilliatt contre la pieuvre aux tentacules géants. J’espère que notre vieille coupole résistera au souffle ardent que votre œuvre y fait entrer : cette œuvre, je la compare à cette locomotive du Transsibérien dont vous décrivez, dans votre troisième roman, passé inaperçu comme les deux premiers, les énormes roues peintes en rouge, les bielles étincelantes, l’allure de monstre noir couvert de givre floconneux. « Et, sur son poitrail, une large étoile rouge. » Oui, Monsieur, avec vous nous accueillons et nous essaierons de contenir l’immensité de la taïga désolée, les champs de glace et de permafrost étendus à l’infini, la musique profonde des forêts sauvages, toute cette démesure, cette énergie cosmique, ce déchaînement tellurique qui contrastent si fort avec le train-train bonhomme de notre pays aux coteaux supposés modérés.

La Nature a été pour vous ce que la Famille est en Occident : cette puissance hostile contre laquelle celui qui est appelé à devenir créateur doit s’opposer pour devenir lui-même. Vous, Monsieur, n’avez pas eu à porter votre Anchise sur le dos ; comme Sartre, vous êtes passé d’une rive à l’autre, sans ce fardeau de la famille à traîner toute la vie. À peine étiez-vous né que vous étiez orphelin. Et, à ceux qui s’apitoieraient de vous voir si jeune privé de l’appui fourni à tant d’autres enfants, vous répondriez qu’en Russie, à cette époque, entre les vingt-six millions de morts de la guerre et les innombrables victimes de la répression stalinienne et post-stalinienne, il y avait au moins cinquante millions d’orphelins. Être orphelin était la condition commune.

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 Source : http://www.academie-francaise.fr/reponse-au-discours-de-r...

 

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Ne soyons pas pingres…

 

Discours de réception de Jean Cocteau au siège de Jérôme Tharaud – 20 octobre 1955

 

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Jean Cocteau est, à notre connaissance, le seul académicien qui ait voulu dessiner lui-même la poignée de son épée.

 

 

     Messieurs,

     Rémy de Gourmont disait que chez Edmond Rostand la chance est une des formes du génie. Rostand fut porté sur ce siège par des fées rapides et dans un tumulte d’ailes qu’il évoque autour de la naissance d’Henri de Bornier. Toutes les portes qui se ferment devant les guerriers noirs des Lettres dont Kleist reste l’exemple, s’ouvraient toutes seules devant ses armes blanches et son blanc panache.

     Lorsque Cyrano de Bergerac tournait toutes les têtes, j’imagine un jeune sorcier de Condorcet déclarant aux élèves de ma classe que j’occuperais un jour à l’Académie, le fauteuil de leur idole. Le vieux Collège se serait écroulé sous les rires. Or, déjà je songe aux morts qui ont rendu ce fauteuil libre et que ma mort seule y placera un vif et que ce vif existe et qu’il est probable que je le croise, que je le rencontre, que je lui parle, sans qu’il se sache ni que je le sache désigné par les astres afin de prendre un jour cette place où Jérôme Tharaud serait, je le présume, bien étonné de me voir. Et sans remonter à l’Abbé d’Olivet, à Condillac, à Sieyès, à Lally-Tollendal, le sorcier du collège aurait pu me dire que le dramaturge de Cyrano cèderait la place à Joseph Bédier, lequel, beaucoup plus que Wagner, me versa le philtre d’Iseult et m’apprit à connaître la forêt du Maurois, préfigurant le nom d’un homme si souvent penché sur les œuvres célèbres et qui me fait aujourd’hui l’honneur d’arrêter son regard sur les miennes.

     Oui, Messieurs, je ressemble pas mal à ces équilibristes en haut d’une pile de chaises. Rien ne manque à la ressemblance avec cet exercice périlleux et même pas le roulement de tambour traditionnel qui l’accompagne.

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Source : http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de...

 

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et quelques autres (choix subjectif)

 

Discours de réception de Mme Simone Veil, succédant à M. Pierre Messmer au fauteuil de Jean Racine – 18 mars 2010

 

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Simone Veil est, pour toute une génération de femmes, indissociable de l’événement politique par lequel elles sont enfin sorties de leur condition d’éternelles mineures. Elle représente aussi, y compris aux yeux de qui n’est pas du tout de son bord, le dernier spécimen connu du politique soucieux de remplir à peu près correctement son mandat, c’est-à-dire ses responsabilités envers tous.

 

Mesdames, Messieurs,

Depuis que vous m’avez fait le très grand honneur de me convier à frapper à la porte de votre Compagnie, qui s’est ouverte aussitôt, la fierté que j’éprouve ne s’est pas départie de quelque perplexité. En effet, même si l’Académie française, dès sa naissance, a toujours diversifié son annuaire, jusqu’à, pensez donc, s’ouvrir à des femmes, elle demeure à mes yeux le temple de la langue française. Dans ce dernier bastion, elle épouse son temps, sans céder aux dérives de la mode et de la facilité, et, par exemple, n’est-ce pas Madame le Secrétaire perpétuel, sans donner dans le travers qui consiste à faire semblant de croire que la féminisation des mots est un accélérateur de parité. Or, n’ayant moi-même aucune prétention littéraire, tout en considérant que la langue française demeure le pilier majeur de notre identité, je demeure surprise et émerveillée que vous m’ayez conviée à partager votre combat.

À bien y réfléchir, cependant, depuis que vous m’avez invitée à vous rejoindre, moi que ne quitte pas la pensée de ma mère, jour après jour, deux tiers de siècle après sa disparition dans l’enfer de Bergen-Belsen, quelques jours avant la libération du camp, c’est bien celle de mon père, déporté lui aussi et qui a disparu dans les pays Baltes, qui m’accompagne. L’architecte de talent qu’il fut, Grand Prix de Rome, révérait la langue française, et je n’évoque pas sans émotion le souvenir de ces repas de famille où j’avais recours au dictionnaire pour départager nos divergences sur le sens et l’orthographe des mots. Bien entendu, c’est lui qui avait toujours raison. Plus encore que je ne le suis, il serait ébloui que sa fille vienne occuper ici le fauteuil de Racine. Cependant, vous m’avez comblée en me conviant à parcourir l’itinéraire de ce héros de notre temps que fut Pierre Messmer.

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 Source : http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-et...

 

32. Les 40 ans de la loijVeil x.gif

43, même, cette année

 

Mais, aujourd’hui, Madame Veil n’a quà bien se tenir :

 

« Quand la somptueuse sheikha Mozah du Qatar est reçue à l’Académie » (2009)…

…son époux l’aide à tenir son épée.

 

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Ah, zut, c’était celle dont Salvador Dali était membre, l’académie « des Beaux-Arts » … Dommage qu’ils ne se soient pas rencontrés.

 

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Discours de Dany Laferrière prononcé lors de sa réception au siège d’Hector Bianciotti – 28 mai 2015

 

35. Discours Dany Laferrière.JPG

Avec Dany Laferrière, c’est l’incroyable vitalité de l’île martyre elle-même qui est entrée sous la coupole, même si l’académicien a un passeport canadien.

 

Mesdames et Messieurs de l’Académie,

Permettez que je vous relate mon unique rencontre avec Hector Bianciotti, celui auquel je succède au fauteuil numéro 2 de l’Académie française. D’abord une longue digression – il y en aura d’autres durant ce discours en forme de récit, mais ne vous inquiétez pas trop de cette vieille ruse de conteur, on se retrouvera à chaque clairière. C’est Legba qui m’a permis de retracer Hector Bianciotti disparu sous nos yeux ahuris durant l’été 2012. Legba, ce dieu du panthéon vaudou dont on voit la silhouette dans la plupart de mes romans. Sur l’épée que je porte aujourd’hui il est présent par son Vèvè, un dessin qui lui est associé. Ce Legba permet à un mortel de passer du monde visible au monde invisible, puis de revenir au monde visible. C’est donc le dieu des écrivains.

Ce 12 décembre 2013 j’ai voulu être en Haïti, sur cette terre blessée, pour apprendre la nouvelle de mon élection à la plus prestigieuse institution littéraire du monde. J’ai voulu être dans ce pays où après une effroyable guerre coloniale on a mis la France esclavagiste d’alors à la porte tout en gardant sa langue. Ces guerriers n’avaient rien contre une langue qui parlait parfois de révolution, souvent de liberté. Ce jour-là un homme croisé à Port-au-Prince, peut-être Legba, m’a questionné au sujet de l’immortalité des académiciens. Il semblait déçu de m’entendre dire que c’est la langue qui traverse le temps et non l’individu qui la parle, mais que cette langue ne perdurera que si elle est parlée par un assez grand nombre de gens. Il est parti en murmurant : « Ah, toujours des mots… » C’est qu’en Haïti on croit savoir des choses à propos de la mort que d’autres peuples ignorent. La mort est là-bas plus mystique que mystérieuse.

Ici, on se souvient d’Hector Bianciotti comme d’un homme généreux, élégant et cultivé. Trois qualificatifs qui reviennent dès qu’on apprend quelque part que j’entre à l’Académie française. « Au fauteuil de qui ? » « Hector Bianciotti. » « Ah, me répond-on, vous êtes chanceux ! Ça va être facile d’en dire du bien. C’est un bon écrivain et un homme courtois. » J’entends ces commentaires louangeurs à Port-au-Prince, à Bruxelles, à Montréal et surtout à Paris. On vient généralement à une pareille cérémonie pour fêter le nouvel élu, mais beaucoup de gens sont ici ce soir pour entendre ce que j’ai à dire à propos d’Hector Bianciotti. Passerai-je l’examen ? Au lieu de comparaître devant vous, je vais plutôt voir l’écrivain français venu d’Argentine afin de comprendre cet étrange hasard qui nous a réunis sur ce fauteuil.

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Épée de M. Laferrière

 

 Source : http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de...

 

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« Ah ça, petit, tout ce que je sais c’est qu’à force d’entendre les mensonges que les males langues répètent aux quatre vents le peuple n’y comprend plus rien et au bout de quelques années il y croit, parce qu’il n’y a plus de témoins de la vérité. »

Monaldi et Sorti, Les doutes de Salaï

 

Revenons à M. Makine…

 

Un académicien sur les traces de « l’esprit français »…

 

… qu’il appelle « francité » ou encore « cette puissance formulatrice qui exprimait le monde pour pouvoir le transfigurer ».

Certes.

« Liberté. Égalité. Fraternité. » par exemple.

Que d’avatars avant d’en arriver là. Et depuis, que d’abandons.

Sait-il, M. Makine, pourquoi Corneille ne fut jamais de cette assemblée ? Pour quelles raisons politiques ?

Armand Duplessis, pour qui la politique était « l’art du possible », donc grand réaliste s’il en fut, avait interdit que l’on exaltât l’Espagne, alors furieusement à la mode, dans les écrits et les œuvres d’art. Il savait le rôle qu’elle avait joué dans les guerres de religion en France (peu ou prou celui des États-Unis au Moyen Orient d’aujourd’hui) et cela ne le faisait pas rire. Ce n’est pas sous son ministère que la France se fût pâmée devant Hollywood. Il avait aussi interdit la pratique du duel, autre mode qui faisait fureur dans l’aristocratie. Sans lui, il ne serait pratiquement plus resté de sang-bleu à guillotiner en 89, et là, il a peut-être eu tort.

Quoi qu’il en soit, on peut dire que Corneille mit fâcheusement les pieds dans le plat lorsqu’il écrivit une tragédie espagnole tournant autour d’un duel. Que le cher Rodrigue y estourbît un père de famille et s’en tirât les doigts dans le nez n’allait pas dans le sens de la politique de Monseigneur.

C’est cela aussi la francité…

Parlons un peu de Flaubert à présent, puisque aussi bien, nous l’avons cité.

Notre nouvel académicien ne semble pas avoir fait son livre de chevet du Dictionnaire des idées reçues. Dommage. Car c’est une des pierres angulaires du « caractère français », ce furet qu’il poursuit avec tant de persévérance qu’il mériterait de l’attraper.

 

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Un exemple de ce que nous voulons dire : dans Requiem pour l’Est, il y a cette phrase :

 

« L’homme et la femme qui recevaient chaque jour ce silence comme un don de Dieu ou du destin ne savaient pas qu’on n’avait plus besoin de lacs artificiels car celui à qui on les dédiait venait de mourir. »

 

Il s’agit évidemment de l’interruption momentanée, en 1953, de grands travaux de construction d’un barrage, tels que nous en connûmes alors à Tignes avec son village englouti (et qu’il est question aujourd’hui de privatiser après qu’il ait coûté si cher aux contribuables, mais passons), qui fut précisément inauguré le 4 juillet 1953. L’interruption dont il est question dans son livre semble avoir coïncidé avec la mort de Staline.

En voilà une phrase que les Flaubert, les Stendhal ou les Léautaud n’eussent jamais lues qu’avec un sourcil levé, en se posant in petto ce genre de questions si françaises :

–        pourquoi n’avait-on plus besoin de lacs artificiels ?

–        qui, ça, « on » ?

–        en est-on sûrs ?

–        qui les dédiait à qui ?

–        pourquoi ?

–        que sait-on des uns et de l’autre ?

–        celui qui venait de mourir avait-il voulu ces lacs ?

          ... réussi à les imposer ?

          ... voulu qu’on les lui dédiât ?

–        comment diable avait-il fait ?

–        supposons-le seul contre tous :

         par quels moyens s’était-il fait obéir ?

–        comment sait-on tout cela ?

         Etc. etc. etc.

         Ce n’est pas pour rien que les fossoyeurs de l’Éducation nationale ont commencé par châtrer la langue française de son analyse logique. Ils savaient ce qu’ils faisaient.

Au moment de la mort évoquée de Staline (1953), Andreï Makine (né en 1957) avait encore au moins quatre ans à passer dans les choux. Il n’a donc pu connaître ces choses – en gros et en détail – que par ouï-dire…

 

Comment au pays de satin veismes Ouy-dire, tenant escole de tesmoignerie.

 

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On le nommoit Ouy-dire : il avoit la gueule fendue jusques aux aureilles et dedans la gueule, sept langues et la langue fendue en sept parties ; quoy que ce fust de toutes sept ensemblement, parloit divers propos et langages divers ; avoit aussi parmy la teste et le reste du corps autant d’aureilles comme jadis eut Argus d’yeux ; au reste estoit aveugle et paralitique des jambes.

 

 … dont nous avons omis de citer le père en vous parlant des Flaubert, des Stendhal et des Léautaud. Un autre que nous n’aurions vraiment pas dû oublier de vous citer non plus, c’est Dolet et cette phrase qu’il a maintenue jusqu’au bûcher :

 

« J’ai autant le droit de manger du lard en Carême qu’il a celui de me l’interdire ».

 

« Il » : le pape. Première affirmation historique de cette égalité qui n’est peut-être pas une invention française, mais qui n’a pour la première fois connu un faible début de concrétisation qu’en France, pas longtemps, mais quand même. Et à laquelle ont droit jusqu’aux « vieux hommes à moustache » réputés tyrans et qui le furent peut-être.

À ce jour et s’agissant du petit Père des Peuples, il semble que la quintessence d’esprit français que rêve Makine se soit surtout réfugiée chez M. Andreï Fursov, qui est russe, et chez M. Grover Furr, citoyen US. Car l’esprit souffle où il veut.

 

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Autre exemple d’idée reçue et acceptée, qui lui fait rater la vraie francité :

Dans l’avant-dernier chapitre d’un important petit livre qu’il faut lire (Cette France qu’on oublie d’aimer), chapitre intitulé « Si vous n’êtes pas Français, soyez digne de l’être », M. Makine écrit, s’adressant évidemment aux jeunes gens des banlieues :

 

     « C’est ainsi, en paraphrasant Corneille, qu’on devrait s’adresser à cette jeunesse pour l’arracher à l’emprise des idéologues, de l’assistanat, de la mafia des caïds, de l’embrigadement des intégrismes, de l’imagerie pieuse des petits “Beurs” et des gentils “Blacks” qui réussissent. Il faudrait un langage clair, sans complaisance, sans aucune censure, sans la police de la pensée et de l’arrière-pensée qu’exercent les « antiracistes » professionnels.

     Oui, des mots clairs pour dire qu’il ne peut y avoir qu’une seule communauté en France : la communauté nationale. Celle qui nous unit tous, sans distinction d’origine et de race. » (p.105)

 

À notre avis, un homme qui a grandi dans un pays où les mots de Karl Marx étaient paroles d’Évangile, devrait savoir au moins ce que signifie l’expression lumpen prolétariat et devrait donc avoir une notion, même approximative, de ce que peut être le degré de libre  arbitre laissé à ces classes dangereuses.

Il se fait par ailleurs (c’est dans le même livre) que M. Makine, impressionné par « la botte souveraine de la réalité » de Trotski, passe sans les voir à côté des « durs pépins de la réalité » de Prévert. Or, dans une botte, qu’y a-t-il ? Rien. À la rigueur un pied, mort ou vif. Alors que dans « pépin », il y a « graine », « germe »… de réalités futures.

Qu’entendons-nous par là ? Que M. Makine a dû comme nous, comme tout le monde, voir cette photo d’une petite fille israélienne écrivant au bâton de rouge à lèvres « Bons baisers de Tel Aviv » sur un engin de mort qui allait massacrer, non loin, des enfants de son âge aussi innocents qu’elle. C’est ainsi qu’on fabrique des générations dévoyées. En les formatant au berceau.

Ce n’est pas autrement qu’a été fabriquée, en France, la génération que M. Makine juge ingrate, voire indigne d’être française. Se focalisant sur les symptômes et dédaignant de remonter jusqu’aux racines du mal, il ne voit pas que ceux auxquels il reproche leur manque de gratitude n’ont aucune raison d’en avoir. Ignore-t-il qu’ils ont été vendus par la France avec le morceau de sol sur lequel ils se trouvent à des puissances étrangères foncièrement anti-françaises, tout comme la Louisiane le fut avec ses habitants français et autochtones par Napoléon Bonaparte ? Encore la Louisiane n’était-elle qu’un lointain pays conquis, une colonie, pas la Mère Patrie. Est-ce que cela se fait, vendre sa mère ? Entièrement (à l’OTAN) et en morceaux (aux Saoudis et aux Qataris) donc deux fois !

Le sait-il, M. Makine, que ni la police ni l’armée n’oseraient s’aventurer dans ce qu’il est pudiquement convenu d’appeler « les banlieues », non parce qu’elles en ont peur mais parce que cela leur est interdit par leur hiérarchie, présidence en tête ? [Encore qu’il soit de plus en plus question, chez les zélîtres,  de laisser investir ce repaire d’ingrats à la manière de Gaza par des instructeurs-exécuteurs israéliens (troisième vente !), c’est-à-dire de faire des susdites banlieues ce qu’elles sont en réalité : un ghetto, qu’on trépigne d’envie de mater comme celui de Varsovie.]

Le sait-il ou ne veut-il pas le voir que ceux auxquels il reproche de ne pas avoir l’ambition d’être Français n’ont connu, dès le berceau, que la domination féodale salafiste à laquelle on les a livrés (« Voyez votre imam, il a mon numéro de téléphone »), que son dressage, que son endoctrinement forcé, que ses drogues imposées, que la totale absence de ce qu’il appelle « état-providence » et que nous appelons, nous, organisation sociale solidaire quand elle existe, ne parlons pas de leur droit à la chimérique « égalité » !...

 

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Le vrai visage de l’État-providence

 

Mais surtout, puisqu’on parle de « quintessence de la francité », pense-t-il que l’ignominie de MM. Sarkozy-Hollande et de dieusait combien de leurs prédécesseurs exonère de toute responsabilité le reste de la France ? Ne le sait-il pas qu’on a les gouvernements qu’on mérite et que si on ne fait rien pour les empêcher de nuire on en est complice ? N’a-t-il pas lu comme nous, sous la plume de… Madame Aleksandra Marinina, ex-lieutenant du KGB (La mort pour la mort), cette quintessence de francité dont nous avons presque perdu le souvenir : « Si mon pays est capable de telles choses, il n’a pas droit à ma loyauté » ?

Hélas, de pays où on mourait dans des révolutions au nom de l’égalité et de la fraternité, la France est devenue celui où on les interrompt pour partir en vacances. Partageons les regrets et la nostalgie du nouvel académicien, mais ne cherchons pas de boucs-émissaires chez ceux que nous avons laissé ligoter.

Loin de nous l’idée de jouer les donneurs de leçons, car les choses sont « aussi pires » ailleurs. Ce que nous avons voulu dire ici, c’est juste : « MM. les académiciens, encore un effort !  Ce n’est pas seulement la langue qu’il vous incombe de maintenir, mais la sacro-sainte essence française dont elle est l’expression. Si l’une disparaît, disparaîtra l’autre.»

 

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Mis en ligne le 9 février 2017.

 

 

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19:50 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

ESPRIT DE L'ESCALIER - II - Un roman allemand

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Esprit de l’escalier…

II.

Un roman allemand

 

 

« La situation en général, cette chienlit qui se nomme le présent… »

Günther Grass, Toute une histoire

 

En hommage à Manuel de Diéguez (suite)

 

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En 1995, au moment où le Mercure sortait, à Paris, Le testament français, premier roman d’Andreï Makine, qui allait lui valoir les prix Goncourt et Médicis et un jour le conduire à l’Académie, les éditions Steidl Verlag publiaient, à Göttingen, le 11e roman de Günther Grass, Ein weites Feld (en français, Toute une histoire) qui vaudrait à son auteur « un extraordinaire déchaînement de critiques haineuses ». Comme lorsque, par exemple, le critique-vedette Marcel Reich-Ranicki (sorte de Bernard Pivot d’Outre-Rhin) s’est fait photographier en train de déchirer ce livre avec hargne et a permis que la photo paraisse en couverture du Spiegel (août 1997). Il est des lynchages qui ont valeur de distinction plus honorable qu’un prix Nobel. Il est même des auteurs auxquels il est donné de comparer les deux.

En cette année 1995, où la patrie d’origine d’Andreï Makine, exsangue, achevait d’être mise en coupe réglée par « Eltsine et sa clique », celle de Günther Grass subissait le même sort aux mains de l’Allemagne de l’Ouest et du camp occidental. Mais ce ne sont pas là les seuls points communs entre les deux livres.

Si celui de Makine raconte l’histoire et l’ascendance française fantasmée d’un jeune Sibérien, celui de Grass raconte l’histoire et l’ascendance française fantasmée d’un jeune Prussien devenu vieux, qui assiste, le jour de ses 70 ans, à la chute du mur de Berlin et au dépeçage de sa patrie, feue la République des Ouvriers et des Paysans. En revanche, si la grand’mère française du héros de Makine n’est pas sa vraie grand’mère, le héros de Grass a, sans le savoir, une petite-fille française bien réelle quoiqu’illégitime. Mais n’anticipons pas.

Enfin, dans Requiem pour l’Est de Makine et dans Toute une histoire, deux jeunes femmes accouchent, en 1945, dans des conditions effroyables, des œuvres de deux soldats allemands. Mais leur descendance connaîtra de bien différentes destinées. L’une sera dostoïevskienne, l’autre… toujours en cours, réussira une percée dans le futur.

Le travail de très grand artiste de Günther Grass a été de sertir ce tournant majeur de l’histoire d’Europe dans une continuité de deux siècles, en prenant pour double pivot deux écrivains allemands, nés jour pour jour à cent ans de distance (31 décembre 1819 pour l’un ; 31 décembre 1919 pour l’autre) et en suivant le cours – historiquement répétitif – de leurs existences particulières et des événements auxquels ils se sont trouvés mêlés.

L’un de ces deux hommes est le très réel Theodor Fontane, écrivain emblématique du XIXe siècle allemand, dont seul notre nombrilisme a fait qu’il soit resté inconnu du grand public francophone, mais dont le roman le plus célèbre fut comparé en son temps à Madame Bovary et méritait de l’être. Un pilier, donc, de la culture germanique.

L’autre, son double, qui s’appelle aussi Theodor, est un écrivain fictif, création pure de Günther Grass, dans lequel on peut se permettre de voir aussi, plus ou moins, l’auteur lui-même.

Sachons seulement que le personnage contemporain ne fait pas que porter le même prénom et qu’être né à cent ans juste de son illustre prédécesseur, mais qu’il lui voue un véritable culte, connaît son œuvre par cœur à la virgule près et finit par s’identifier à lui jusque dans les détails de sa vie personnelle. [Quand on a eu sous les yeux la quasi osmose Blavier-Queneau, on sait que ces choses-là se produisent dans la réalité et qu’elles sont rarement sans conséquences.]

Sur ce clavier, à la fois tempéré et colossal (mot cher à son principal personnage), Grass pratique l’art de la fugue en virtuose.

Qui n’a pas, étant enfant, zieuté avec ravissement, dans un tube en carton appelé kaléidoscope, les images, nées du moindre mouvement, de ces merveilleux petits losanges colorés, multipliés à l’infini par de mystérieux miroirs ?

Je ne suis hélas pas de taille à rendre compte de la forme de ce roman extraordinaire, mais Juan Goytisolo lui a, en orfèvre, consacré une quinzaine de pages (47-62) de ses Cervantiades, que le lecteur curieux trouvera ICI. Pendant que j’y suis, je citerai aussi le bel Avant-Propos de Marie-Hélène Quéval et l’étude de Marie-Sophie Benoît : Réécriture et déconstruction. Entre autres.

Côté « grande presse hexagonale », M. Angelo Rinaldi, pour ne citer que lui, s’est joint à la meute des lyncheurs d’Outre-Rhin et l’a fait avec les armes du parisianisme ordinaire, se contentant de quelques gloussements dédaigneux sur l’inimportance de Fontane, affirmant comme une évidence que le livre de Grass ne valait rien et l’achevant d’un désinvolte « ah, la la, quel ennui ! ». Au service de L’Express, il ne pouvait pas faire moins, et l’essentiel n’était-il pas de dissuader les curieux d’y aller voir ? Mission accomplished. Comme cette haute critique traîne toujours, depuis 1997, sur le net, la voilà.

 

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Cervantès ! Le grand mot est lâché, et pas seulement parce que Grass, qui dessinait lui-même les couvertures de ses livres a illustré celle-ci de son couple de personnages inséparables : un grand homme maigre et droit à moustache et un petit être tout rond qui le suit comme son ombre. Il y a une raison profonde au rapprochement que fait Goytisolo entre l’œuvre de Grass et celle de Cervantès, bien que les Don Quichotte et Sancho modernes soient très différents de leurs prédécesseurs espagnols : ils vivent, eux aussi, une transformation terrible de leur patrie, la fin inéluctable du monde qui leur est connu et l’avènement inimaginabble d’un autre. Sans compter que les deux auteurs sont l’un et l’autre des soldats rescapés d’une guerre mémorable.

 

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L’histoire et les personnages

Le Theodor d’aujourd’hui s’appelle Wuttke, et sa marotte l’a fait surnommer Fonty.  Il a fait la guerre dans la Luftwaffe, mais seulement comme journaliste correspondant de guerre, pour devenir, après les hostilités,  en RDA, instituteur, puis conférencier littéraire et enfin appariteur-coltineur de dossiers dans les ministères. Mais il est aussi, ne l’oublions pas, la réincarnation de Theodor Fontane.

Tantôt Hoftaller, tantôt Tallhover, son « vieux compagnon », qui l’espionne sans désemparer, est sans âge et aussi vieux que la police politique. Il traquait déjà le jeune Marx et a connu la révolution de 1848, l’unification de 1871, la république de Weimar, le IIIe Reich, la défaite… Imaginé par Metternich et mis en littérature par Schädlich, il a travaillé pour Bismarck, pour la Gestapo, pour la Stasi, aujourd’hui pour l’Ouest – CIA ? MI6 ? SDECE ? allez savoir –  « Votre Seigneurie espionnante… Votre Mouchardante Altesse… », éternel Restif de tous les Sartine, que Fonty appelle aussi « mon ombre-diurne-et-nocturne ».

Ce très vieux couple de l’intellectuel progressiste et de son espion permet à Grass de déployer sa vision stéréoscopique de l’histoire, vision qui fait en même temps, de l’Allemagne et de la France, un animal à deux têtes (ou une bête à deux dos c’est selon), non seulement parce qu’elles sont géographiquement accolées, mais pour toutes sortes d’autres raisons dont un certain nombre de guerres et quantité de mouvements de populations, tantôt dans un sens tantôt dans l’autre : invasions, exodes, immigrations économiques et autres, le va et vient remonte aussi loin que la présence humaine en Europe et n’a jamais cessé. D’ailleurs, la France n’est-elle pas franque, donc germanique, au moins depuis Clovis ?

J’ai dit que Wuttke-Fonty se fantasme une ascendance française. C’est que celle de Fontane l’était vraiment : cet auteur qui incarne tellement l’Allemagne descendait d’un Fontaine du Languedoc, chassé de son pays lorsque Louis XIV avait révoqué l’édit de tolérance religieuse de son grand-père Henri IV, et devenu sujet du roi de Prusse en vertu de l’édit de tolérance du joueur de flûte de Sanssouci.

Au moment où déferlent quelques Moyen-Orientaux (1 million en 2015) sur une Europe de 743 millions d’âmes qui fait des manières, Günther Grass rappelle sans en faire un plat qu’au temps du Grand Frédéric Berlin comptait, abstraction faite des juifs et des Polonais, pour dix mille Allemands, cinq mille Français. D’où le nombre d’officiers prussiens de la guerre de 70 qui portaient des noms hexagonaux, d’où Lothar de Maizière, dernier ministre-président de la RDA, qui fut chargé de négocier l’annexion de son pays par la RFA.

 

« On l’épargne encore pour l’instant, parce que le Chancelier va avoir besoin de lui pour des signatures. » (p.189)

 

D’où l’actuel ministre de l’Intérieur de l’Allemagne merkelienne, Thomas de Maizière, cousin de l’autre.

Voyez les hasards de la guerre : Wuttke-Fonty, caporal sous Goering et « correspondant de guerre » plus ou moins chargé, par chantage de son ombre, d’espionner les troupes d’occupation en France, noue une idylle avec une jeune Française, fille d’un cafetier de Lyon, dont le frère est dans la Résistance. Parce que cela lui permet de semer à tous vents le verbe de son idole, il se laisse persuader de collaborer aux tentatives de démoralisation des troupes dont il fait partie en lisant quelques-unes de ses pages préférées au micro de leur radio clandestine. Ses interventions sont enregistrées lors de promenades en barque sur le Rhône ou autour de l’Île Barbe, pour éviter les oreilles qui traînent (il y a aussi beaucoup de promenades en barque dans Fontane), précautions qui n’empêchent cependant pas que tout le noyau de résistants se fasse arrêter, torturer et tuer, non par les Allemands déjà en pleine déroute mais par la milice.

Replié avec le reste des troupes, Fonty ignorera toujours que sa Madeleine est enceinte, qu’elle sera tondue à la Libération, peut-être par ceux qui avaient tué son frère, promenée par les rues affublée d’une pancarte « pute à boches », et qu’elle se réfugiera, rompant avec tout et tous, dans une masure en ruines des Cévennes, où elle mettra une petite fille au monde avec la seule aide d’une vieille cueilleuse de champignons, et où elle vivra jusqu’à sa mort dans le souvenir de son amoureux et de son culte de Fontane. Masure où viendra un jour pourtant la rejoindre sa petite-fille, Nathalie, qui voudra porter son nom à elle - Madeleine -, apprendra l’allemand, étudiera l’œuvre de Fontane, en fera le sujet de sa thèse de doctorat, et ira jusqu’à profiter du procès Barbie pour faire attribuer à « son grand-papa » une légion d’honneur (pour faits de résistance) qu’on n’ira pas jusqu’à lui remettre officiellement – elle devra s’en charger en privé – et qu’elle lui épinglera, à leur première rencontre, au cours d’une promenade en barque autour de l’île Rousseau. Ah, les promenades en barque chez Grass et chez Fontane ! Mais voilà que j’anticipe encore…

Non seulement Fonty ne se doutera de rien mais il n’essayera pas non plus de s’inquiéter de sa belle. Il faut dire que, rentré dans un Berlin dévasté, après des mois passés dans un camp de prisonniers, il y trouvera son premier fils, mis au monde peu avant sa première fille par une fiancée qui l’attendait et qu’il épouse d’autant plus volontiers qu’elle porte le même prénom que la femme de Fontane et qu’elle vit dans l’appartement d’une sienne tante, miraculeusement resté debout. Ils auront d’autres garçons et une fille. Les garçons, en vacances à l’Ouest au moment de l’érection du mur, choisiront d’y rester et deviendront de parfaits étrangers pour leur père. Pire : des étrangers hostiles. Seule la fille lui restera, qu’il identifiera, bien sûr, à celle de Fontane.

Mais Fonty nourrit encore d’autres fantasmes : parce que le vrai Fontane a vécu une partie de sa vie en Angleterre et s’est un peu voulu le Walter Scott allemand, il ne fait pas que se rêver à Londres ou sur les bords de lochs écossais, il essaie vraiment d’y aller, tentative d’évasion à laquelle son « ombre diurne et nocturne » a tôt fait de mettre un terme et qui n’est pas sans rappeler celle, avortée aussi, du jeune Frédéric II.

Mais les parcours parallèles de Théo Wuttke et de Theodor Fontane ne sont que le moyen par lequel Günther Grass a produit son Nième chef d’œuvre. Ce qu’est en réalité Toute une histoire, c’est LE grand livre qui témoigne pour les siècles futurs de ce que furent la chute du mur de Berlin et la réunification subséquente de l’Allemagne. Il témoigne aussi de l’aversion extrême de l’auteur pour une réunification qui ne fut en réalité qu’une brutale annexion ressemblant bien fort à une colonisation intérieure. La violence du lynchage des « puissances conformes » fut à la mesure de la violence de son rejet.

 

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Treuhand et Paternoster

Le roman de la « réunification » de l’Allemagne est une tragédie en prose. Comme toute tragédie, elle a son chœur grec, à savoir, les narrateurs anonymes …

 

« Nous autres qui, aux Archives, sommes les survivants parmi les esclaves voués aux notes en bas de page. »

 

… qui tiennent un discours tantôt collectif tantôt individuel – au masculin ou au féminin –, annoncent l’action, la racontent ou la commentent, tandis que Wuttke-Fonty, qui a été repêché par les nouveaux maîtres (la Treuhand, société fiduciaire chargée de liquider c’est-à-dire de privatiser pour des clopinettes les biens publics de la RDA), monte et descend les dossiers à détruire ou récupérer, à bord du Paternoster.

 

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Autre invention géniale de Grass, cet ascenseur à la fois vertical et circulaire – monte-charge des Archives secrètes – qui tient ici le rôle de la roue de la fortune chère aux artistes du Moyen Âge et de la Renaissance, où Fonty et « Nous des Archives » voient tour à tour monter et descendre les bottes cirées à s’y mirer du Reichsmarschall Hermann Goering, Walter Ulbricht et sa barbichette, et enfin, après une kyrielle d’apparatchiks, le costume trois-pièces made in London du patron occidental de la Treuhand, tous apparaissant et disparaissant par petits bouts, au fur et à mesure que s’élève ou que redescend le Paternoster.

Soit dit en passant…

 

« … cela [la Treuhand] faisait revenir en grâce un mot qui avait déjà revêtu autrefois une considérable importance – pendant toute la durée du IIIe Reich, qui partout avait mis les biens et la fortune des Juifs d’Allemagne sous Treuhand, sous administration fiduciaire. »

 

Raccourci saisissant, dit Goytisolo, qui ajoute : « En même temps, il se voyait lui-même atteindre sa cabine ascendante à différentes époques. Il comprenait la mécanique du changement sous la forme d’un ascenseur inlassable toujours prêt à offrir ses services. Tant de grandeur. Tant de descentes. Tant de fins et de commencements. »

Ce « désenchantement lucide » pousse Fonty à exprimer une vue des choses qui semble de plus en plus être celle de son auteur :

 

« Sept mille privatisations programmées et deux millions et demi de postes de travail menacés […]  Ne peut-on pas comparer ce qui se passe aujourd’hui à la terreur, à la guillotine et au vertueux Comité de salut public ? Des millions de travailleurs et d’employés sont soumis à un processus de décapitation en vertu de quoi on ne coupe plus leur tête aux individus, mais leurs ressources, en supprimant leur poste de travail sans lequel ils sont sans tête, du moins dans ce pays. »

 

On lui pardonnera cette phrase et ce Comité de salut public guillotinant les pauvres comme un vulgaire sommet de Davos, tant il est vrai que nul n’est absolument indemne d’idées reçues, puisque même Kropotkine…

 

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Pourquoi la mariée pleura

Un des moments forts du livre, qui en compte beaucoup, est le mariage de Martha, la fille de Fonty, que son père appelle « Mete », dans le quartier berlinois de Prenzlauer Berg, peu de temps après l’union monétaire, où toute la parenté de l’Est et de l’Ouest est rassemblée. C’est un chapitre d’anthologie.

Cette jeune femme de 38 ans, enseignante à poigne, ex-membre du Parti, a fini par se trouver un mari quand personne n’y  croyait plus. Le marié est un homme d’affaires dans la cinquantaine, grand repreneur et promoteur immobilier sous le soleil capitaliste.

Les fils éloignés n’ont pas trouvé d’excuse pour s’abstenir (plus de mur !). Friedel, qui a participé au mouvement estudiantin de 1968, brandi le petit livre rouge de Mao et distribué des posters de Che Guevara avant de se faire une situation comme chef d’une maison d’éditions théologiques, fustige avec énergie « ces criminels » de l’Est qui ont « foutu la jeunesse en l’air », et la responsabilité que portent  (suivez mon regard)  les écrivains et les intellectuels de la RDA qui ont servi « l’État (stalinien !) de non-droit ». Il s’avèrera par la suite que la seule préoccupation de Friedel, comme il est de règle chez les prédateurs de l’Ouest, est de faire du fric, dans son cas, d’imposer la revendication de sa maison d’édition à la propriété du terrain de l’ancienne maison mère de Magdebourg, c’est-à-dire de renouer avec l’état des choses au temps du IIIe Reich.

La noce est réunie dans un restaurant appelé Les Salons  Offenbach, où les murs sont ornés de photos dédicacées de chanteurs connus (d’Allemagne de l’Est) et où les plats portent des noms d’opérettes célèbres  (magrets de canard « Belle Hélène »,  filets « Barbe-Bleue », glaces « Vie parisienne », etc.)

Martha-Mete, quoiqu’élevée dans le matérialisme historique, a exigé de se marier à l’église après s’être convertie au catholicisme, ce dont seuls son père et sa mère ne se sont pas formalisés.

Et voilà que le père Bruno Matull, qui l’a préparée à sa conversion et vient de bénir son mariage, se lève et se lance dans ce qu’il faut bien appeler une confession publique d’un genre qu’on n’a plus vu depuis les débuts du christianisme. Il est malheureux et bourrelé de scrupules, car il n’est même plus sûr de sa propre foi et se demande s’il avait bien le droit d’embarquer une femme sans méfiance sur un terrain qui se dérobe de plus en plus sous ses propres pieds. Il est parti pour des heures et ses voisins de table qui, il faut bien le dire, n’en ont vraiment rien à cirer, forcent physiquement le rabat-joie à s’arrêter : « Maintenant, asseyez-vous monsieur le curé ! » Oui, oui, bien sûr, on a compris, tiens, buvez donc un coup.

Mais voilà que la mariée fond en larmes. Ce n’est pourtant pas son genre. Et, non, elle n’est pas triste, non, elle ne sanglote pas. Ses larmes coulent juste, silencieusement, comme une rivière en dégel, et elle dit :

 

« Écoutez, vous tous, et toi aussi Friedel. Et ne vous faites surtout pas de souci, je pleure de bonheur. C’est ça que je voulais entendre, et pas un pieux ronron. Ah, comme je suis heureuse que ce soit sorti, au lieu de formules toutes faites. Je vous remercie, père Matull. Je me doutais bien d’avance, en principe, que ça ne se passerait pas tout seul, de sortir du Parti pour entrer dans l’Église. J’ai été assez longtemps convaincue dur comme fer pour ne pas me faire d’illusion là-dessus. Heinz-Martin le sait, que je croyais que notre république était la meilleure des deux. Même nos objectifs révolutionnaires, j’y ai cru assez longtemps… Plate-forme idéologique, discipline… Esprit de parti, évidemment nécessaire… Tu peux me croire, Friedel, il n’était pas question de douter. C’est pour ça que j’ai dit dès le début à Heinz-Martin, dès que c’est devenu sérieux entre nous, quand nous nous sommes revus en Bulgarie, ou ailleurs à l’hôtel : si effectivement je me convertis, ce ne sera pas parce que ta famille y tient absolument, ce sera uniquement parce qu’il faut que j’apprenne enfin à douter de façon positive. Car l’autre truc, hein, cette fichue foi jusqu’au boutiste qui nous a foutus en l’air, jusqu’au moment où notre république n’a plus rien été qu’une garderie, je la connais. Cette sorte de foi, on me l’a inculquée, je la connais par cœur, inutile d’en rajouter. Exactement ! Je la sais comme la table de multiplication que j’apprenais aux gosses année après année. Mais en matière de doute, j’ai besoin de leçons particulières, en principe ; j’ai beaucoup à rattraper, encore aujourd’hui. Et c’est peut-être pour ça que je suis si heureuse maintenant. Car jamais je n’avais entendu dire les choses aussi clairement que monsieur le curé tout à l’heure, même pas quand il m’apprenait le catéchisme. “Dieu n’existe que dans le doute !” Je vous le dis, tous : si nous avions permis à temps quelque chose comme ça à notre socialisme, hein, une bonne dose de doute, eh bien peut-être qu’il en serait tout de même sorti quelque chose. Tu ne penses pas, Friedel ? Toi qui d’habitude es si friand de vérité. Tu ne penses pas, Papa ? Il a bien dit cela, monsieur le curé. Tous tes pasteurs, Niemeyer, le pasteur Petersen et le surintendant Schwarzkoppen, ou encore le pasteur Lorenzen, prétendu socialiste [personnages de Fontane, nda], ils n’auraient pas fait mieux, ils n’auraient su mieux dire. Exactement ! Même Schleppergrell, dans Irréparable encore, et pourtant c’est quelqu’un ! Non ? » (pp. 249-251)

[Évidemment le père Matull n’a pas dû lui parler des dogmes… du « Fils vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père », du « Saint-Esprit consubstantiel aussi », de « Marie Mère de Dieu », de la « Transsubstantiation », de l’« Immaculée Conception de Marie », de son « Assomption » et de l’« Infaillibilité des papes », (je dois en oublier…).]

 

Il y a là trois pages sur le doute, qui font passer Günter Grass du statut de romancier à celui de philosophe, dans un pays qui en est pourtant déjà riche.

Avant lui, Friedrich Nietsche n’avait-il pas dit : « L’ennemi de la vérité, ce n’est pas le mensonge, ce sont les convictions » ?

 

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Bouvard et Pécuchet ?

Grass affirme avoir voulu donner, avec ce livre, une relecture de Bouvard et Pécuchet. Mais on se tromperait je crois très fort en prenant Fonty et son ombre pour une réédition du célèbre duo. C’est bien plutôt dans les deux Allemagnes, ou plus justement encore dans l’Allemagne et la France qu’il faut voir la réincarnation parfaite des deux niquedouilles de Flaubert, elles qui se sont lancées, depuis deux siècles, dans une entreprise catastrophique après l’autre, sans se fatiguer jamais de recommencer à foncer dans les murs. Que ce soit la République fédérale s’engouffrant dans le libéralisme autoritaire à l’exemple de l’oligarchie US ou la République démocratique s’alignant comme un seul homme derrière le collectivisme à poigne du grand voisin soviétique, lequel d’ailleurs s’était lui-même planté en préférant les fantasmes de Babeuf à l’exemple de Robespierre, plus ingrat il est vrai quand on préfère les raccourcis… Mais les deux pays, intérieurement unis ou désunis comme la France du temps de guerre ou l’Allemagne du temps de « paix »…

 

« Mais les Allemands – dès que quoi que ce soit commence – se divisent toujours en deux parties » [Et les Français, alors !!!]

 

…n’ont rien fait depuis deux siècles que se prendre des gamelles pour aussitôt se lancer dans une « expérience scientifique » nouvelle. Ne comptons, pour ne pas remonter trop loin, que la coalition germanique contre la Première République, que les deux odyssées napoléoniennes, que l’écrasement sans vergogne de la Commune, que l’unification de 71 sous le signe du militarisme luthérien le plus robotique, que les colonisations en cascades de la IIIe République, que le Front Populaire préférant les congés payés à l’Espagne, que l’illusion du Reich millénaire, etc, etc, jusqu’aux actuelles fredaines otanesques conjointes !

C’est l’honneur de Grass d’avoir mis les pieds dans le plat en retournant deux siècles d’histoire officielle pour plaquer sans pitié leur vrai portrait sous les yeux de ses compatriotes. On comprend qu’ils lui en aient voulu et pas seulement les maîtres du jour !

Goytisolo a cent fois raison de dire que « Décliner son appartenance sur le mode du refus est une entreprise périlleuse et ingrate. Mais l’art ne peut surgir que du refus et de la révolte contre l’histoire officielle, ses institutions et ses mythes protecteurs. »

 

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Ah, la France…

Comme Andreï Makine et pas mal d’autres, Günter Grass a eu de la France une vision idyllique.

C’est que, tout comme l’Allemagne n’en finit pas d’être vouée aux Gémonies pour ses douze ans de nazisme, la France n’en finit pas d’être idéalisée pour ses cinq ans de révolution, qu’elle n’a pourtant eu de cesse, depuis deux cents ans, de renier de toutes les façons.

À l’exemple de Marat, qui couvrait de louanges les hommes publics, pour ne réclamer – opiniâtrement – leur tête que lorsqu’ils s’avéraient irrécupérables, il est peut-être bon que Makine et Grass fassent l’éloge d’une France qui n’existe plus, dans l’espoir insensé – mais qui sait ? – qu’elle se relèvera, comme le mendiant auquel Baudelaire préconisait de donner des coups de pieds pour qu’il ait enfin la dignité d’agresser les passants repus au lieu de les implorer.

 

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Moralité ?

On sait que, déjà dans Rencontre en Westphalie, Grass avait défendu – et fait reconnaître par les personnages concernés – deux points de vue qui semblent avoir été chez lui des convictions :

– Les intellectuels sont tous vendus de manière ou d’autre, sinon ils n’existeraient pas.

– Quoi qu’ils en disent et quoi qu’on en pense, ils ne pèsent jamais sur les événements de leur temps.

Il arrive, cependant, que certains d’entre eux engendrent des oeuvres d’art capables de traverser ces événements et quelquefois de leur survivre, voire de les transcender.

Quoi qu’il en soit, Grass récidive dans Toute une histoire. Ses deux héros, Fontane et Fonty, font eux aussi ces mêmes constatations, quoique non sans amertume.

On peut cependant dire qu’il n’a pas toujours pensé de même, sinon, que signifierait son long parcours politique en compagnie de Willy Brandt, et même, son soutien, encore, en 2003, à propos de la guerre d’Irak, à Gerhard Schröder, qu’il a vraiment cru opposé par principe à toute guerre allemande ? (« Bouleversés, impuissants mais pleins de colère nous sommes témoins du déclin moral de la seule puissance mondiale dominante, conscients que la folie organisée aura une conséquence certaine : l’encouragement de la croissance du terrorisme, d’une nouvelle violence et contre-violence ».  Pas mal vu, il y a quatorze ans.)

 

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Faut-il y voir l’influence de Fontane ?

On sait que Fontane, qui était, je l’ai dit, un peu monté sur les barricades de 1848, comme Baudelaire le ferait en France sur celles de 1871, s’était presque aussitôt renié en entrant au service de la presse conservatrice (« Aujourd’hui, je me suis vendu à la réaction pour trente deniers mensuels […] Il est décidément impossible de s’en tirer en restant honnête. »). Et Grass lui-même n’a-t-il pas accepté son prix Nobel ?

Mais il y a plus gros à parier que ces constatations désenchantées n’ont pour origine que le retour d’une partie au moins de l’Allemagne à ses vieux démons, quelles qu’aient pu être les expériences passées et les efforts, justement, des intellectuels, dont il fut avec Arno Schmidt, Heinrich Böll, Anna Seghers, Uwe Johnson et Christa Wolf.

 

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Theodor Fontane

 

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Il n’est pas sans intérêt de savoir que Toute une histoire est dédié par Günter Grass à son épouse Ute, « qui a une passion pour F. » et que par ailleurs :

 

« Pour ma part, tout au moins, qu’il me soit permis d’avouer qu’aucun écrivain du passé ou du présent n’éveille en moi ce ravissement immédiat et instinctif, cet amusement spontané, cet intérêt chaleureux, cette satisfaction que j’éprouve à chaque vers, à chaque ligne de ses lettres, à chaque bribe de ses dialogues. »

Thomas Mann, « Le vieux Fontane », in Dictionnaire des œuvres

 

Mais qui était au juste Fontane ?

Un descendant, on l'a vu, d’émigrés huguenots du Languedoc nommés Fontaine. Fils de pharmacien. Pharmacien lui-même à Neuruppin pendant 13 ans, mais sans goût pour la pharmacie. Décidé un beau jour à tout plaquer pour vivre de sa plume, chose plus facile à décider qu’à faire. D’abord poète, membre d’une association d’hommes de lettres appelée le Tunnel sur la Spree, attiré par les idées nouvelles et les mouvements sociaux jusqu’à l’épisode de 1848 (les Lumières et la Révolution française n’étaient pas loin), puis critique, surtout théatral – il occupera, pour le Vossische Zeitung, pendant des décennies, le fauteuil 23 du Théâtre Royal. Il se rendra surtout célèbre par ses Wanderungen durch die Mark Brandenburg (« Promenades dans la Marche de Brandebourg » 1862-1882) et n’entamera son œuvre romanesque qu’arrivé à l’âge de 60 ans.

« Romancier peu lu », dit Grass, et difficilement classable. Bien qu’elle soit morte avant sa naissance, mais sans doute parce que leurs romans se passent dans la bonne société et qu’il y est beaucoup question des relations entre hommes et femmes, on l’a comparé à Jane Austen. On ne peut pas rêver pire hérésie. Si Fontane romancier s’apparente à quelqu’un, c’est plutôt à Marcel Proust, dont toute l’œuvre se déroule également dans une société privilégiée, et qui, lui aussi, la dépasse, en plongeant si profondément dans le comportement humain qu’il en devient universel. Cependant, quand la muse de Fontane quitte l’aristocratie prussienne pour s’aventurer dans la bourgeoisie marchande (Frau Jenny Treibel), on pense à Balzac. Et enfin, ce n’est pas sans raison que son chef d’œuvre, Effi Briest, a été comparé à Madame Bovary. Tout cela est assez loin, on le voit de la spécialiste anglaise des jeunes filles à marier et co-fondatrice de la « Ligue anti-jacobine et contre les partageux » qui applaudit à la persécution et à la déportation des romanciers jacobins anglais, ses confrères, et à la destruction de leurs œuvres, car il n’y a pas qu’Hitler qui ait fait détruire des livres.

Enfin, le fait qu’il ait entamé son œuvre romanesque à soixante ans apparente Fontane – et pas seulement sous ce rapport – à John Cowper Powys, lequel en eût été – en a peut-être été – ravi. D’autant que Fontane nourrissait la plus vive admiration pour Walter Scott et qu’on lui doit un long poème sur l’histoire de l’Écosse : Archibald Douglas, dont pas moins de trois versions circulent sur le net, enregistrées par trois acteurs différents.

À bien y regarder, le fond de l’œuvre de Fontane romancier est la nature humaine aux prises avec la société, se débattant pour échapper à son oppression, seulement pour découvrir en fin de compte qu’il est impossible d’exister en dehors d’elle.

En Allemagne, il est « l’Immortel ».

Bien que ses personnages et, semble-t-il, lui-même, n’aient pas été exempts des travers antisémites chers à la Prusse pure et dure, on a découvert après sa mort qu’il avait entretenu, pendant des décennies, avec l’intellectuel juif Georg Friedlaender, une abondante correspondance, dans laquelle il s’épanche à cœur ouvert et défend des opinions que le reste de son œuvre ne laissait pas soupçonner. Comme, par exemple, cette foi aveugle dans « le quatrième état » dont il ne doutait pas qu’il allait enfin, lui, changer les choses.

 

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Statue de Fontane à Neuruppin

 

Dans Toute une histoire, Grass brode une très belle variation sur ce thème, en faisant correspondre Wuttke-Fonty avec un certain Freundlich, juif né au Mexique de parents communistes réfugiés et devenu, après la guerre, dans la RDA berceau de sa famille, un juriste de réputation internationale qu’on venait consulter de l’étranger, et qui se voit en butte, du fait de la réunification, à de nouvelles brimades et humiliations, non plus en tant que juif cette fois, mais en tant que citoyen de la République des Ouvriers et des Paysans, car il faut que tout ce qui ait été de l’Est soit décrété nul. Expérience et titres, désormais, ne servent plus à rien : il lui faut repasser des examens comme s’il était encore un jeune blanc-bec étudiant, subir des interrogatoires, passer des tests qui seront négatifs il le sait :

 

« Évalués pour être dévalués ! Il s’agit qu’il n’y ait plus de traces, que tout n’ait servi à rien ! Tout n’est plus bon que pour la ferraille, comme si on n’avait rien enseigné ni rien vécu. Comme ces petites miettes qui restent sur le papier quand on a passé la gomme ! » (p. 293)

 

Il a deux filles, jeunes, belles et brillantes, à qui tout le monde, y compris lui-même, conseille d’émigrer… au Canada par exemple. Mais c’est en Israël qu’elles veulent aller. Il sait que c’est une erreur, pire, une faute qui ne peut que finir très mal, mais il sait aussi que, quoi qu’il fasse, il ne les convaincra pas. Ce que sait la vieillesse ne sert pas à la jeunesse.

Il finira par se suicider. Fonty, en rentrant chez lui, trouvera sur la table de la cuisine un télégramme : « Quand la vie se tait, le désir aussi… », et il comprendra tout de suite.

 

 « Ce n’est pas que pour les juifs qu’il n’y a plus de place ici » mais il dit : « Hé bien, le monde est vaste ! »

[…] « La victoire sur le communisme a rendu  fou la capitalisme. C’est pourquoi je voulais instamment conseiller à Eckhard Freundlich, peu avant qu’il ne s’ordonne de quitter la vie, de prendre la tangente comme moi : “On ne peut plus rester en Allemagne”. » (pp. 549 et 561).

 

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La philosophie d’Emmi Wuttke

Un des plus beaux personnages de femmes de Grass, toutes œuvres confondues, est celui d’Emmi Wuttke, la femme de Fonty.

Des lecteurs superficiels ou pressés pourraient la prendre pour une grosse berlinoise plutôt accommodante mais sans grand caractère. À mon avis, ils auraient tort. Car ce qui caractérise Emmi Wuttke, c’est qu’elle est un être essentiellement bon, sans la moindre mièvrerie ni le plus léger sentimentalisme. Elle est bonne par nature et même sans le savoir, comme le sont par exemple, chez Fontane, le pharmacien Gieshüber et la servante Roswitha d’Effi Briest.

Emmi Wuttke se plaint tout le temps de choses variées et de maux divers, n’ignorant pas que ses plaintes n’intéressent personne mais sachant d’instinct qu’elles enveloppent les autres d’une chaleur dont ils ont besoin. Elle est sans malice et son intégrité désarme jusqu’aux calculs les plus retors du maître manipulateur Hoftaller. Ainsi, lorsqu’il veut faire chanter sa « cible » en le menaçant de révéler à l’épouse l’existence de la petite-fille de la main gauche née en France dont l’arrivée est imminente, il s’aperçoit qu’Emmi a tout deviné…

 

« En tout cas mon Wuttke sautillait dans la cuisine en criant : “J’aurais bien envie de faire une promenade en barque ! Tu n’as pas envie Emilie ?” […] Et comme il n’arrêtait pas d’en parler, j’ai fini par faire le rapprochement. Parce que dans les lettres qu’il m’envoyait de France par la poste aux armées, à la fin, il était aussi toujours question de promenades en barque, et comme c’était bien le canotage, et même un poème… Je me suis dit, tiens, tiens, c’est louche, il y a anguille sous roche. »

 

… selon elle, ce sont des choses qui arrivent dans les guerres – et non seulement elle a deviné, mais elle ne nourrit aucune jalousie rétrospective à l’égard de sa défunte rivale et Madeleine, l’étudiante française si différente de sa propre fille, devient dans l‘instant pour elle « notre Marlène ».

Femme peu intellectuelle, on ne peut pas dire qu’elle soit ou se croie philosophe, mais « prendre ce qui vient et faire pour le mieux » pourrait résumer son comportement tout le long de sa vie. Qui osera dire que ce n’est pas une philosophie et qu’elle n’est pas défendable ? Qui osera dire que ce n’est pas celle qu’a fini par adopter Günter Grass à la fin de son parcours ?

Côté personnage féminin, Madeleine n’est pas mal non plus. Les choix qu’elle a faits prouvent un certain caractère et une bonne dose d’intégrité. Elle a abordé très tôt le problème grand-paternel en s’adressant aux Archives du temps de la République des Ouvriers et des Paysans, pour obtenir d’abord des précisions sur Fontane au prétexte de sa thèse, ensuite sur son spécialiste. Le problème de l’attribution de la légion d’honneur est d’abord débattu en secret – entendez, à la Stasi – jusqu’à ce que la chute du mur finisse par simplifier les choses.

À part cela, elle est un peu trotskiste – personne n’est parfait, surtout à 26 ans – et en train de mettre fin à une relation difficile avec un professeur marié. Si elle est, à propos de l’Immortel, sur la même longueur d’ondes que son grand-père, elle ne comprend pas ses réticences devant la réunification en cours. C’est que « Une et Indivisible » ne sont pas de vains mots pour elle.

Bref, Madeleine est autant qu’on peut l’être l’incarnation de cet « esprit français » si cher à Makine qu’Emmi Wuttke personnifie ce que l’Allemagne a de mieux. Ensemble, ces deux femmes, qui forcent indirectement l’espion bicentenaire à émigrer, représentent ce à quoi aspirait Günter Grass : une union paisible de son pays avec la France plutôt qu’une réunion des deux Allemagnes dans des conditions aussi désastreuses.

Il a pu croire son rêve réalisable lorsque, en 2003, Gerhard Schröder a paru devoir poursuivre avec Dominique de Villepin (et Vladimir Poutine au nom de la Russie) , une politique commune contre la guerre d’Irak. Ses espoirs ont été déçus. Les nôtres aussi. Nous nous sommes tous retrouvés avec des Merkel, des Sarkozy, des Hollande (je vous passe les Belges) et une multiplication de guerres d'agression toutes plus honteuses les unes que les autres.

Imaginez un moment M. Oberlin président de la République et Mme Wagenknecht chancelière… quelles grandes choses ne pourraient envisager les deux pays… quel courage cela n’insufflerait-il pas au quatrième état perdu dans les sables boueux du populisme ou de l’à quoi bonisme ?

Mais pourquoi désespérer ?

« Bon espoir y gist on fond » estimait Rabelais, « comme en la bouteille de Pandora ».

Essayons de le croire. Et vive la méthode Coué !

 

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Du coq à l’âne, vraiment ?

Dans une merveille de petite nouvelle en quatre chapitres intitulée « Les chaussures neuves » Andrea Camilleri vient de réussir, par le moyen d’une famille de paysans siciliens laborieux et honnêtes, donc pauvres, à nous balancer sous le nez le fascisme, le nazisme, les exploits bombardiers collatéraux des Alliés occidentaux dans les pays « libérés », la deuxième Bérézina et les profondes balafres laissées par les guerres dans la chair du quatrième État. Il y prouve en outre, sans se forcer, que si ‘Ngilino Sgargiato et Emmi Wuttke ne sont pas du même sang, ils sont de même étoffe.

NB. Camilleri, qui est de la génération de Günter Grass, fait partie, avec Fontane et Powys, mais aussi Saramago, du cercle très fermé des écrivains qui ont entamé leur oeuvre romanesque à l'âge de la retraite.

 

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La philosophie politique de Grass

On pourrait croire d’abord qu’elle s’identifie à celle de Fontane (« Je sens grandir cette question : À quoi bon ? ») mais la patrie de l’auteur d’aujourd’hui n’est plus, en tout, celle de l’auteur d’hier. Celle de l’auteur d’aujourd’hui, avec ou sans la France, va se trouver, qu’elle le veuille ou non, prise dans les métamorphoses que se prépare à subir tout le continent.

Or, pour Fonty, le sort de Berlin est scellé, elle sera au tiers turque, au tiers juive et au tiers musulmane. Il ne le déplore ni ne s’en réjouit. Il constate. Il y a peu de chances pour que le sort de l’Europe – de l’Atlantique à l’Oural – soit très différent.

Il est de plus en plus courant ces temps-ci de parler de « fin de l’Occident » – dieu me tripote, je l’ai fait moi-même – et, d’en faire un paquet-cadeau avec le « naufrage de l’Europe ». Laissons de côté le déclin de l’Occident, trop vaste sujet. Mais je me demande si des tas de bonnes âmes ne confondraient pas, exprès ou non, l’Europe avec l’Union européenne.

Grass ne peut pas avoir ignoré comment s’est faite l’Europe et combien de fois elle a changé de nature, de forme et de visage. J‘ai parlé, au début de ce papier de « transformation terrible de leur patrie », de « fin inéluctable du monde qui leur est connu » et d’ « avènement inimaginable d’un autre ».  Que la fin de notre monde soit inéluctable, seuls les inconscients peuvent encore l’ignorer ou s’obstiner à le refuser. Quant à imaginer ce qui le remplacera, qui le pourrait ? Grass ne le pouvait pas plus en 1995 que nous ne le pouvons aujourd’hui. Quel comportement adopter, face à une pareille inconnue ? Pourquoi pas celui d’Emmi Wuttke «  Prendre ce qui vient et faire pour le mieux » ?

Lors d’une de ses nombreuses promenades au Tiergarten, qui l’amènent le plus souvent à s’asseoir sur un banc abrité d’un sureau, face à l’île Rousseau, ainsi nommée en l’honneur de « cet acharné pédagogue et homme des lumières », Fonty médite là-dessus…

 

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L’île Rousseau – Tiergarten, Berlin

 

«  … alentour, tout n’était que verdoiement de mai, des millions de bourgeons s’ouvraient à vue d’œil, et les chants d’oiseaux formaient un mélange si riche que même le merle avait du mal à faire entendre ses strophes. Derrière son dos, le sureau commençait à s’épanouir en éventails. Et comme autour de l’île Rousseau, l’eau était tellement pleine d’une vie stimulante, Fonty se vit tenté de vivre à nouveau le rêve de Lenné en épisodes à suivre, comme si rien ne s’était passé, comme s’il n’y avait eu ni la guerre ni la dévastation, comme si ce parc avec tous ses paysages allait perdurer dans l’intacte beauté qui avait toujours été son régal et son refuge ; mais voici que d’un coup tout lui parut étranger : surgies d’un autre monde, deux enfants, deux petites Turques aux foulards strictement noués, étaient debout devant lui et son banc du Tiergarten, sur lequel il se croyait assis depuis ses premières années de pharmacie.

Les deux petites filles avaient des regards graves. Elles pouvaient avoir dix ans, ou peut-être déjà douze. Même taille et même sérieux, car elles le regardaient sans faire mine d’accepter son sourire. Comme elles ne disaient rien, il ne voulut pas davantage se risquer à prononcer un mot. Rien que des chants d’oiseaux et des appels lointains qui résonnaient sur l’eau. Très loin, la rumeur de la ville. Le face-à-face dura longtemps, entre Fonty et les petites Turques. Leurs foulards encadraient de sombre leurs visages ovales. Quatre yeux restaient fixés sur lui, cillaient lentement. Même le merle finit par se taire. Fonty s’apprêtait à faire une phrase gentiment interrogative, afin de rompre le silence, quand l’une des filles dit, dans un allemand à peine teinté de dialecte berlinois : « Pourriez-vous, je vous prie, nous dire l’heure qu’il est ? »

Tout fut aussitôt moins étrange. Fonty fouilla sous son manteau et tira sa montre de gousset, dont il fit sauter le couvercle d’or ; sans avoir besoin de recourir aux lunettes, il lut l’heure qu’il était et il la dit aux filles, qui remercièrent en esquissant la petite révérence d’usage en Allemagne, puis se retournèrent et s’éloignèrent, ou plutôt, après quelques pas, s’enfuirent comme pour mettre vite en sécurité cette heure qu’on venait de leur donner. (pp. 103-104)

 

Si profondes que soient les transformations qui l’attendent, un continent qui accouche d’un Günter Grass n’est pas un continent fini.

 

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Deux extraits

L’un tout au début, l’autre tout à la fin du livre

 

1989. Le mur vient de tomber. Wuttke-Fonty accepte que son ombre-diurne-et-nocturne l’invite au restaurant – à Berlin Ouest ! – pour fêter son 70e anniversaire.

    C’est donc ce qu’entendait Fonty par « du genre écossais ». Le McDonald’s était plein comme à l’habitude. Un peu en biais par rapport au long comptoir et aux six caisses, ils trouvèrent cependant une table pour deux d’où l’on pouvait encore apercevoir les autres salles. Ils occupèrent leurs chaises avec leurs chapeaux, Fonty y ajoutant sa canne. Hoftaller ne se séparait jamais de sa serviette.

    Ils firent la queue à la caisse cinq et durent se décider rapidement, car le regard interrogateur de la caissière qui, comme tout le personnel, portait casquette verte, cravate verte et chemise vert clair, et qui, d’après le badge accroché au-dessus de son cœur, se nommait Sarah Picht, exigeait qu’on commandât, et immédiatement.

    Après un coup d’œil sur ce qui était fort lisiblement offert avec indication des prix, Fonty estima trop coûteux le Super Royal TS à 5,95 marks Ouest et fit choix d’un chesseburger et d’une portion de chicken McNuggets. Hoftaller hésita entre le Evergreen Menu – Hamburger royal TS, portion moyenne de frites, boisson moyenne sans alcool, tout ça pour 7,75 marks seulement – et juste un McRib, mais préféra finalement le hamburger à deux étages appelé BigMac, avec un milk- shake goût fraise ; Fonty prit un gobelet de Coca-Cola. Il choisissait avec l’assurance qu’aurait eue un vieil habitué du McDonald’s. Il conseilla à Hoftlaller, qui après tout payait pour eux deux, un supplément : des frites à la sauce moutarde. Lorsqu’on poussa vers chacun son plateau sur le comptoir, Fonty eut droit à deux sortes de sauce – dont l’une s’appelait barbecue – pour aller avec le chicken McNuggets. Sarah Picht sourit aux clients suivants.

    Puis ils s’assirent, et chacun mastiqua pour lui-même. Si l’un se débattait avec son BigMac, l’autre trempait avec aisance son chicken McNuggets tantôt dans une sauce, tantôt dans l’autre. Les frites se répartirent entre les deux. Ils mangeaient sans un mot et, quoique assis face à face, sans se regarder. Le Coca et le milk-shake diminuèrent. Les pailles n’étaient naturellement pas en paille, mais la viande promettait d’être à cent pour cent du bœuf, et les McNuggets panés du poulet. Ne sachant que faire de leurs chapeaux, ils les avaient sur la tête l’un comme l’autre. La canne de Fonty était accrochée au dossier de sa chaise. Ils s’écoutaient manger et écoutaient les autres manger.

    La clientèle qui emportait ses commandes, un grand nombre de jeunes, et aussi des trafiquants de devises, voilà ce qui mettait de l’animation ; mais nos deux hommes n’étaient pas les seuls représentants du troisième âge ou des « seniors »e, comme on disait à l’Ouest. On voyait debout ça et là des hommes et des femmes passablement fatigués, appartenant à l’univers de la gare, et qui venaient se chauffer chez McDonald’s ; et parfois, ils avaient même de quoi se payer une portion de frites. Une telle affluence aurait dû être bruyante, néanmoins toutes les salles n’étaient pleines que d’une rumeur assourdie.

    Fonty n’attendit pas d’avoir terminé son cheeseburger et ses chicken McNuggets. Entre deux coups de dents, il commentait les lieux tout en mâchant : les lampes en laiton au-dessus du comptoir, la hotte des cuisines rapides dont des panneaux vantaient les offres : un fish mac, 3,30 marks. Et il signalait la présence universelle, jusque sur la casquette verte de la caissière Sarah Picht, de l’emblème doublement ventru de la firme, et bientôt se laissait, par ce nom occidental en train de conquérir le monde et devenu symbole de salut, emporter bien loin dans l’espace et dans le temps.

    Lesté par le fardeau de temps qui lui pendait au cou, Fonty remonta d’abord aux MacDonald historiques et à leurs ennemis mortels, les Campbell. Il raconta, comme s’il y avait été, cette matinée glaciale de février 1692 où une bonne centaine de porteurs du kilt Campbell étaient tombés sur les MacDonald encore mal réveillés et avaient presque exterminé ce clan. Et du massacre de Glencoe il passa aux actuels empires économiques de ces deux grandes familles écossaises dont les noms s’inscrivaient sur la terre entière : « Vous ne voudrez pas le croire, Hoftaller, mais aujourd’hui il y a de par le monde à peu près treize millions de Campbell, et tout de même trois bons millions de MacDonald. Vous n’en revenez pas, même vous… »

    Et le voilà parti, en commençant par le fief d’origine de la société de fast food, le château d’Armedale. S’aventurant dans les landes écossaises au-delà de la Tweed. Assistant aux rendez-vous des sorcières dans le brouillard. Sur les traces de Marie Stuart, il proposait des excursions d’un château fort en ruine à un autre. Il pouvait désigner chaque clan par son nom et décrire chaque tartan jusque dans ses moindres nuances de couleurs. Aussi, une fois les dernières bribes de poulet nettoyées et rincées d’un fond de Coca, franchit-il la lande fouettée par les vents, longea de profonds lacs bleu nuit et se lança dans les strophes en cascades de ces interminables ballades que l’Immortel avait lues à ses frères du Tunnel sur la Spree, ses lieutenants et assesseurs en poésie : des vers que Fonty dénommait « mes ballades un tantinet poussiéreuses » et que parfois il évoquait en disant « nos ballades » comme si c’étaient des œuvres collectives.

    À la lutte meurtrière des MacDonald et des Campbell succéda sans transition la longue querelle entre les frères Douglas et le roi Jacques. Comme cherchant son élan, Fonty cita d’abord les chants des jacobites – « Les Duncan arrivent, les Donald arrivent… » – puis fit une incursion dans le cycle de romances tournant autour de Marie Stuart – « Le château d’Holyrood est silencieux et vide/Seul le vent de la nuit siffle entre ses murailles… » –, se retrouva soudain près des savetiers de Selkirk, et puis encore à Melrose Abbey pour convoquer une fois encore les Pherson, Kenzie, Lean et Menzie des chants des jacobites – « Et Jack et Tom et Bobby arrivent. Ils ont pris la fleur bleue… » Mais ensuite, lorsque la belle fille d’Inverness l’eut entraîné dans la sanglante lande de Drummossie et que le comte Bothwell eut abattu le roi, Fonty se dressa soudain comme à l’appel. Droit comme un i, il ôta son chapeau et le tint de côté, écarta de la main gauche les boîtes, les coupelles de sauce et le gobelet de carton avec sa paille, prit sa respiration et, d’une voix claire qui, en dépit de quelques tremblements, couvrait tout autre bruit, récita son Archibald Douglas. Les strophes se suivirent, les rimes s’enchaînèrent. Depuis l’attaque célèbre – « Je l’ai souffert sept ans, je ne le souffre plus… » – en passant par la prière du vieux comte – « Sire Jacques, un regard de clémence… » – « Un Douglas devant moi serait homme perdu… » – jusqu’à la perspective finale d’apaisement qui touche toujours le cœur même si elle falsifie l’histoire – « À cheval, partons pour Linlithgow, chevauche à mon côté ! Et nous y chasserons et pêcherons aussi joyeusement qu’au bon vieux temps… », il dit toute cette ballade qui figure dans chaque manuel scolaire ou presque : vingt-trois strophes sans se tromper une fois, sans trébucher et en mettant le ton. Même au moment le plus dramatique – « Dégaine donc et ne me rate pas, fais-moi mourir ici… » – il sut donner tout son effet poignant. Et pourtant ce n’était pas un comédien qui déclamait, non, c’était l’Immortel qui parlait.

    Rien d’étonnant à ce qu’on eût fait silence à toutes les tables. Personne n’osait mordre dans son cheeseburger ou son MigMac. Fonty fut ovationné. Jeunes et vieux applaudirent à tout rompre. De derrière le comptoir, la caissière Sarah Picht lança : « Super ! C’était super ! »

    Son numéro avait tellement enthousiasmé que deux filles plutôt tape-à-l’œil assises non loin de là s’élancèrent vers lui d’un pas sautillant, le serrèrent dans leurs bras et le couvrirent de baisers, comme en transe. Et un crâne rasé gonflé de bière et péniblement sanglé dans beaucoup de cuir à rivets, lui flanqua un grand coup sur l’épaule : « Ça décoiffait, p’tit père ! »

    Personnel et habitués n’en revenaient pas : on n’avait jamais vu ça chez McDonald’s. (pp. 29-32)

 

Theodor Fontane

Ballade d’Archibald Douglas

par Fritz Stavenhagen

(en allemand non sous-titré)

 


 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Chose que la plupart d’entre nous ignorent parce que nous ne sommes pas curieux de l’histoire des autres : la jeunesse de Frédéric le Grand a été marquée par une tragédie. Le gros roi-sergent son père, homme de casernes, méprisait le goût de son héritier pour les livres, le latin, la flûte et les autres hommes. Il faisait peser sur lui une main de fer si insupportable qu’un jour le Kronprinz résolut de s’enfuir… chez son oncle George, à la cour d’Angleterre. Crime de haute-trahison, qu’on le prenne comme on voudra. Le projet fut éventé, l’héritier jeté dans une forteresse et son complice, le sous-lieutenant du régiment Gendarmes von Katte, déféré devant une cour martiale qui le condamna à la réclusion à perpétuité. Cette sentence ne fut pas du goût du monarque, qui la cassa et décréta que le coupable aurait la tête tranchée dans la cour de la prison où était enfermé le prince-héritier et sous ses yeux.

La tradition dit que, de la fenêtre de son cachot, lorsqu’il vit son ami amené devant le billot, le futur Grand Frédéric lui cria en français « Veuillez pardonner mon cher Katte, au nom de Dieu, pardonne-moi ! » et que Katte lui répondit en français aussi, « Il n'y a rien à pardonner, je meurs pour vous la joie dans le cœur ! », tandis que Frédéric envoyait un baiser à la tête qui tombait. Il devint plus tard le roi qu’on sait mais préféra toujours aux autres humains ses chiens, au point de vouloir être enterré avec eux. Sa volonté testamentaire ne fut pas respectée et les restes des deux monarques reposèrent, mais pas en paix, dans l’église de la Garnison de Potsdam, où Napoléon, en route pour Moscou, les alla voir…

 

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La crypte des deux rois en 1939. Le cercueil de Frédéric II à gauche, celui de Frédéric Ier à droite.

 

… jusqu’au jour où le chancelier Hitler, voyant l’Allemagne perdue, les fît transférer au fond d’une mine de sel pour qu’ils échappassent à la profanation des vainqueurs. Endroit d’où le chancelier Kohl les fit retirer en 1991, pour leur redonner des sépultures plus dignes, et respectueuses cette fois des volontés testamentaires, c’est-à-dire séparées.

Grande opération de comm' à laquelle assistent, de loin car il pleut, nos héros Wuttke-Fonty, sa petite-fille française et son ombre-diurne-et-nocturne « Monsieur Oftalère ». Cérémonie, disons-le, qui ressemble beaucoup plus au troisième enterrement de Descartes qu’au retour des cendres de Sainte Hélène. Avec déchaînement météorologique, grand concours de peuple et manifestations en sens divers selon les orientations politiques.

Fonty, Madeleine et Hoftaller ont donc vu la réinhumation en grande pompe de Frédéric Ier et ne verront pas celle de Frédéric II, puisqu’elle aura lieu « à Sanssouci, sans splendeur, sans pompe, de nuit », donc sans témoins, au son des tambours voilés. Et ils s’en retournent à leur Trabant (la pluie a cessé) à travers une Potsdam croulant sous les échafaudages, prise en mains occidentale oblige…

 

    Et devant l’un de ces échafaudages, il se passait quelque chose. Des comédiens, des mimes visiblement, étaient en train de représenter une pièce : on ne savait pas encore très bien si c’était une comédie ou une tragédie. Seuls quelques spectateurs, dont faisait maintenant partie le trio, formaient un demi-cercle plutôt clairsemé autour d’une estrade faite de barils métalliques recouverts de planches d’échafaudage. L’inscription qui figurait sur un petit bus Volkswagen garé sur le côté montrait qu’il s’agissait d’étudiants venus de Küstrin, qui depuis la fin de la guerre s’appelait Kostrzyn, pour célébrer à leur manière, en collants noirs et le visage blanc, le retour des ossements royaux. Pour l’instant, il ne se passait rien, seul un tambour résonnait, tantôt triomphal, tantôt traînant. Il devait suivre le déroulement du jeu. Plus tard vinrent s’ajouter des roulements et des coups isolés marquant la succession des scènes. Tout le reste devait être muet.

    Comme si c’était Fonty qui avait pris sous contrat cette troupe de comédiens polonais, ils donnèrent la tragédie du sous-lieutenant du régiment Gendarmes Hans Hermann von Katte. C’est ce qui était inscrit en lettres rouges sur une banderole blanche qui fut déployée entre les montants de l’échafaudage. Comme tous les acteurs avaient le même maquillage et le même costume – les yeux entourés de noir dans le blanc crayeux des visages, les bouches rouge fraise et élargies –, il fallait d’abord deviner avant de comprendre : voilà le gros roi-sergent brisant la flûte de son fils qui ne cesse d’en jouer, déchirant ses livres et les jetant au feu ; car c’est celui-ci ou celle-ci – le rôle était visiblement tenu par une femme – qui est le prince héritier que son père, en fureur, passe à tabac avec une telle violence que la phrase de Frédéric transmise par la tradition, « Vous ne m’avez pas traité comme votre fils, mais comme un vulgaire esclave », aurait pu servir de motivation supplémentaire à la représentation de la tentative de fuite. Mais le geste et la mimique en disaient suffisamment, et même davantage. Ni la flûte, ni le livre, ni la canne n’avaient besoin d’être là sous forme d’accessoires.

    C’est alors seulement qu’apparut Katte, qu’une lettre mal aiguillée avait trahi et qui, devant les cafouillages du prince héritier, se tordait les mains parce que son rôle de complice était découvert ; mais il ne voulait pas prendre la fuite tout seul et laisser tomber le prince.

    Le père faisait d’abord saisir son fils, puis on voyait Katte arrêté : la phrase transmise par l’Immortel dans son récit de la tragédie « Katte remit son épée sans changer de couleur », nécessitait dans la pantomime une expression toute spéciale.

    Après un roulement de tambour étouffé, la princesse Wilhelmine, qui vouait une grande tendresse au prince héritier, son frère, fit son apparition. Elle souffrait de l’arrestation de Katte, car lorsque celui-ci était conduit devant le roi, le mime qui jouait son personnage illustra la phrase qu’elle aurait prononcée : « Il était pâle, défiguré. » On eut à nouveau un Frédéric-Guillaume en fureur. Il arracha quelque chose de la poitrine du prisonnier – c’était une décoration, la croix des chevaliers de Malte – et tabassa le malheureux qui était à terre. Il le bourra aussi de coups de pied, tandis que sa  victime tremblait sous les violences qui n’étaient que simulées.

    Roulement et grand coup de tambour : un groupe plus nombreux de mimes – têtes rassemblées – figurait maintenant la cour martiale, dont la sentence était cependant déchirée par le roi. Ce n’était pas la réclusion perpétuelle, mais la mort par l’épée. Et de même que l’Immortel, au cours des travaux préparatoires pour son essai sur Küstrin, a demandé par lettre à une parente du sous-lieutenant, Marie von Katte : « Surtout, comment cela s’est-il passé avec l’épée ? », de même la question se posait-elle maintenant pour les mimes : un geste sec suffirait-il, ou fallait-il un accessoire pour séparer la tête du tronc ? Quand le trio, au milieu d’un public maintenant plus nombreux, assista à l’exécution de Katte, l’échafaudage du quartier hollandais de Potsdam était chargé de représenter le château de Küstrin et le mime Katte, agenouillé sur l’estrade, fut décapité d’un geste précis de la main, d’une façon si impressionnante que, dans le silence respecté par les tambours, on crut entendre rouler la tête.

    Auparavant, on avait forcé le prince héritier à grimper sur l’échafaudage, afin qu’il vît ce qui se passait. Il trouvait tout juste le temps d’envoyer à son pauvre ami le célèbre baiser, que Katte recevait dans un dernier regard. Puis Frédéric, auprès de qui se tenait Wilhelmine, s’effondra pour n’être plus qu’une petite boule de désespoir tremblant.

    Le tambour retentit à un rythme funèbre. Madeleine pleurait. Fonty déclara : « C’est à peu près ainsi que ça s’est passé, d’une manière colossalement émouvante, et avec autant de justice que d’injustice. » Aux yeux de Hoftaller, il manquait dans le déroulement de la tragédie l’effet pédagogique de cette raison d’État. Mais après un bref roulemlent de tambour martial et crescendo, la représentatkion continuait.

    Pendant qu’on étendait un drap blanc sur le corps de Katte, le prince héritier qui, à l’instant encore , était replié sur le sol, le coeur brisé, se leva et se fit plus grand que nature. La jeune fille qui le jouait se complut à des exercices acrobatiques de jeune homme dans l’entrelacs de l’échafaudage. Elle fit des clowneries, bondit sur l’estrade en suggérant le vol d’un aigle, sauta par-dessus le cadavre de l’ami, marcha sur les mains, brilla par des sauts périlleux en série, en avant et en arrière, déclara symboliquement quelques guerres pour un oui, pour un non, déchira des traités, vola des provinces, livra des dizaines de batailles, passa par-dessus des cadavres avec une compétence maintenant bien acquise, chassa d’un côté, puis de l’autre le chœur des mimes – fut chassée à son tour mais ne s’avoua pas vaincue, jouant bien plutôt le rôle du roi exactement comme l’avait voulu son père dont il avait bien compris la leçon, régnant d’une main de fer, mais donnant à la fin, malgré son sourire silencieusement cynique, l’image d’un héros solitaire et triste jusqu’à la mort que ses expéditions conquérantes ne rendaient pas heureux, qui méprisait les hommes et ne faisait plus, tremblant et déformé par la goutte, que jouer avec ses chiens.

    Le tambour souligna macabrement l’attaque cardiaque tardive et se tut. Quand les mimes vinrent saluer, quelques-uns des rares spectateurs étaient déjà partis. Fonty, qui, entraîné par Madeleine, avait applaudi, déclara par-dessus la tête de Hoftaller, qui n’avait pas bougé le petit doigt : « Je n’en démords pas. Mon héros s’appelle Katte. » Lorsque le trio quitta le théâtre de la tragédie en même temps que le quartier hollandais de Potsdam, Fonty chercha à nouveau et trouva la main de sa petite-fille. (pp.611-613)

 

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Terrasse de Sanssouci – Tombe de Frédéric le Grand

À gauche : celle d’un de ses chiens. Dans le carré d’herbe du haut : deux autres.

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Günter GRASS

Toute une histoire

Traduction Claude Porcell et Bernard Lortholary

Seuil, 1997

708 p.

 

 

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Theodor FONTANE

Errements et tourments – Jours disparus –

Frau Jenny Treibel – Effi Briest

Robert Laffont (1992)

Collection Bouquins

903 pages

 

On ne saurait trop conseiller au lecteur francophone non averti, avant de se lancer dans le livre de Grass, de lire au moins la très belle préface de Claude David à ces quatre romans de Fontane.

 

 13. Fontane - Avant la tempête.jpg

Theodor FONTANE

Avant la tempête : Scènes de l’hiver 1812-1813

Traduction : Jacques Legrand

Aubier, 1992

Collection Bouquins

995 pages

 

 

 

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Theodor Fontane

Cécile

Flammarion, 1998.

Collection GF Littérature étrangère

223 pages

 

 

 

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Theodor FONTANE

Le Stechlin

Traduction : Jacques Legrand

Livre de Poche, 1998

Collection Pochothèque

441 pages

 

 

 

16. Fontane - Mes années d'enfance.jpg

 

 

Theodor FONTANE

Mes années d'enfance

Traduction : Jacques Legrand

Aubier, 1993.

216 p

 

 

 

 

À défaut de Promenades dans la Marche de Brandebourg qui semble inédit en français, on pourra lire :

La minorité sorbe du Brandebourg vue par l’écrivain prussien Theodor Fontane (1819-1898)

par Isabelle Solères

https://mimmoc.revues.org/224

 

Les « Pérégrinations à travers la Marche de Brandebourg » de Thepodor Fontane : Pélerinages aux sources de la culture et de l’histoire prusso-brandebourgeoises.

Thèse de doctorat de SOLERES Isabelle – Réf. ANRT 43359

ANRT – Atelier National de Reproduction des Thèses

Identifiant BU : 03TOU20076 - 606 pages - Disponible au format microfiche - Contactez-nous

 

 17. Couv. Un promeneur dans le si!ècle.jpeg

 

 

Marc THURET

Theodor Fontane : Un promeneur dans le siècle

Presses Sorbonne Nouvelle (1999)

324 pages

 

 

Considéré par les meilleurs écrivains de ce siècle comme un des pionniers du roman moderne, Theodor Fontane est aussi devenu le plus populaire des classiques allemands du XIXe siècle. Il est urgent de le redécouvrir aussi en France.

 

 18. Couv. Tall hover.jpg

Hans Joachim SCHÄDLICH

Tallhover

Traduction : Bernard Lortholary

Gallimard, 1988

Collection : Du monde entier

312 p.

 

 Tallhover naît en 1819, quand s'instaure le fameux « système » de Metternich : la répression policière de toutes les libertés. Doué dès l'enfance pour le mouchardage et le voyeurisme, Tallhover entre bientôt dans la police politique, où il fait une carrière aussi longue qu'obscure : elle dure cent dix ans ! Sous le roi de Prusse, l'empereur d'Allemagne, la république de Weimar, dans le Reich hitlérien et enfin en R.D.A., Tallhover est toujours à Berlin, faisant le même métier, parlant le même langage et servant la même idée : celle de l'Ordre. Féru de basse police et de haute sécurité, Tallhover met la même passion froide à surveiller Marx en 1842, ou Lénine en 1917 ou, en 1954, l'opposition à l'État allemand qui se réclame d'eux. Ce roman policier et politique est plus qu'une coupe à travers l'histoire allemande et européenne : c'est le procès (verbal) de l'étatisme totalitaire, rédigé dans sa propre langue de bois, savamment parodiée par le plus terriblement précis des écrivains allemands actuels.

 

19. Couv. Berlin est ouest.jpeg

 

 

Hans Joachim SCHÄDLICH

BERLINESTOUEST et autres récits

Traduction : Bernard Lortholary

Gallimard, 1990

180 p.

 

 

 

Ces nouvelles sont le fruit de dix années d'exil, de malaise et de travail. Elles constituent, sur l'histoire récente de l'Allemagne, un témoignage d'une exceptionnelle acuité, et d'une originalité totale dans l'expression. Leurs sujets sont très divers, depuis une querelle d'académiciens jusqu'au vertige d'un funambule, en passant par les euthanasies hitlériennes, l'internement psychiatrique ou les rafles de la Stasi, mais il s'agit toujours de formes d'oppression institutionnelle. Et toujours celle-ci se marque et peut s'analyser dans le langage de ses agents ou de ses victimes, et dans le discours du narrateur lui-même. Jusqu'au mur de Berlin, qui n'était pas seulement une construction de béton et de métal, mais aussi une maladie du langage, et auquel Schädlich dresse pour finir un monument d'un humour terrible, inoubliable.

 

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Juan GOYTISOLO

Les Cervantiades

Conférences et Études

Traduction : Abdelatif Ben Salem

Bibliothèque Nationale de France (BNF), 2000

72 pages

 

 

« Si Cervantes est l’écrivain dont je me sens le plus proche, cela tient à sa qualité de précurseur de toutes les aventures : si sa familiarité avec la vie musulmane donne à son œuvre une indéniable dimension mudéjar, l’invention romanesque, à travers laquelle il assume la totalité de ses expériences et de ses rêves, fait de lui le meilleur exemple de l’attitude illustrée par le dicton : humani nihil a me alienum puto. Trois siècles et demi plus tard, les romanciers font encore du “cervantisme” sans le savoir : en composant nos œuvres, nous écrivons à partir de Cervantes et pour Cervantes ; en écrivant sur Cervantes, nous écrivons sur nous-mêmes, que sa ferveur islamique nous soit étrangère ou familière. Cervantes reste le point vers lequel toujours convergeront nos regards. » Juan Goytisolo, extrait de « Vicissitudes du mudéjarisme », in Chroniques sarrasines, Paris, Fayard, 1985.

 

 21. Couv. Reine de Poméranie.jpg

Andrea CAMILLERI

LA REINE DE POMÉRANIE et autres histoires de Vigáta  -  (Huit nouvelles dont « Les chaussures neuves »)

Traduction : Dominique Vittoz

Fayard, 2015

Collection : Littérature étrangère

320 p.

 

Que se passe-t-il, dans la bourgade sicilienne de Vigàta, quand deux marchands de glace aussi imaginatifs qu’obstinés sont rivaux en amour et en affaires ? Ou qu’en plein fascisme un brave maraîcher hérite d’un âne particulièrement têtu baptisé Mussolini ? Ou que, la démocratie revenue, les Vigatais s’adonnent au petit jeu risqué de la lettre anonyme ? Le bal de la roublardise est ouvert. L'ingénuité s'y invite. Et le gagnant est rarement celui qu’on croit

Trouvaille :

Samuel Beckett, extrait de La Dernière bande :


« Me suis crevé les yeux à lire Effi, encore, une page par jour, avec des larmes encore. Effi... aurais pu être heureux avec elle, là-haut, sur la Baltique, et les pins, et les dunes.
Non ? - Et elle ? Pah ! »

 

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

 

Mis en ligne le 9 février 2017.

 

 

 

 

19:48 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/02/2017

DERNIÈRES NOUVELLES DE L'EMPIRE

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Dernières nouvelles de l’Empire

 

Comment « l’argent noir » des entreprises prend le pouvoir des deux côtés de l’Atlantique

George MONBIOT –  Le Grand Soir 6 février 2017

Illustration : Nate Kitch.

 

2. Illustration Nate Kitsch.jpg

 

Il a fallu aux entreprises américaines un moment pour se réconcilier avec Donald Trump. Certaines de ses positions, en particulier sur le commerce, ont horrifié les chefs d’entreprise. Beaucoup d’entre eux préféraient Ted Cruz ou Scott Walker. Mais une fois Trump nominé, Big money a commencé à y voir une occasion en or.

Trump a été préparé non seulement pour promouvoir la cause des entreprises au sein du gouvernement, mais aussi pour transformer le gouvernement en une sorte de corporation, dotée de personnel et dirigée par des cadres et des lobbyistes. Son incohérence n’était pas un défaut, mais une ouverture : son programme politique pouvait être façonné. Et le réseau d’argent noir déjà développé par certaines sociétés américaines était parfaitement bien placé pour le faire. L’argent noir [dark money] est le terme utilisé aux États-Unis pour le financement des organisations qui se livrent au lobbying politique et qui ne sont pas obligées de révéler d’où provient l’argent. Peu de gens verraient une compagnie de tabac comme une source crédible pour parler de santé publique, ou une société de charbon comme un commentateur neutre sur le changement climatique. Afin d’avancer leurs intérêts politiques, ces entreprises doivent payer d’autres pour parler en leur nom.

Peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, certaines des personnes les plus riches d’Amérique ont commencé à mettre en place un réseau de thinktanks [groupes de réflexion] pour promouvoir leurs intérêts. Ceux-ci prétendent offrir des opinions impartiales sur les affaires publiques. Mais ils ressemblent davantage à des lobbyistes d’entreprise, qui travaillent pour ceux qui les financent.

Il est impossible de comprendre ce qui nous arrive sans comprendre comment fonctionne ce réseau d’argent noir. L’histoire remarquable d’un député britannique nous offre un aperçu unique de ce réseau, des deux côtés de l’Atlantique. Il s’appelle Liam Fox. Il y a six ans, sa carrière politique semblait s’achever lorsqu’il démissionna du poste de secrétaire à la Défense après avoir été surpris en train de confondre ses intérêts privés et publics. Mais aujourd’hui, il est de retour au premier rang, et avec un portefeuille crucial : secrétaire d’État au commerce international.

En 1997, année où les conservateurs ont perdu le pouvoir au profit de Tony Blair, Fox, qui est à la droite dure du parti conservateur, fonda une organisation appelée The Atlantic Bridge [le pont de l’Atlantique]. Sa mécène était Margaret Thatcher. Au sein de son conseil consultatif, siégeaient les futurs ministres Michael Gove, George Osborne, William Hague et Chris Grayling. Fox, un des principaux militants du Brexit, a décrit la mission d’Atlantic Bridge ainsi : « rassembler les gens qui ont des intérêts communs ». Il défendrait ces intérêts contre les « intégrationnistes européens qui cherchent à creuser un fossé entre la Grande-Bretagne et les États-Unis ».

Atlantic Bridge fut ensuite enregistrée comme un organisme de bienfaisance. En fait, il faisait partie du réseau britannique d’argent noir : ce ne fut qu’après son effondrement que l’on a découvert ses véritables financeurs. Son principal sponsor était l’immensément riche Michael Hintze, qui a travaillé chez Goldman Sachs avant de créer le hedge fund CQS. Hintze est l’un des plus importants donateurs du Parti Conservateur. En 2012, il a été révélé qu’il était un bailleur de fonds de la Global Warming Policy Foundation, qui jette le doute sur la science du changement climatique. En plus de distribuer des subventions et des prêts à Atlantic Bridge, il a prêté à Fox son jet privé pour des allers/retours à Washington.

Un autre bailleur de fonds était la société pharmaceutique Pfizer. Celle-ci a financé un poste de chercheur chez Atlantic Bridge, occupé par une dénommée Gabby Bertin. Celle-ci est devenue la secrétaire de presse de David Cameron, et siège maintenant à la Chambre des Lords : Cameron l’a nommée « Pair à vie » [Pairs à vie = Lords nommés par la reine sur proposition du Premier ministre - NdT] dans sa liste d’honneur de démission. [Les honneurs de démission du Premier ministre au Royaume-Uni sont des honneurs accordés à la demande d’un premier ministre sortant suite à sa démission. Dans une telle liste, un premier ministre peut demander au monarque d’accorder des honneurs à un nombre quelconque de personnes de son choix. - NdT]

 

3. Liam Fox.jpg

Liam Fox

 

ALEC a affirmé que chaque année plus de 1.000 de ses projets de loi sont présentés par les législateurs, et un sur cinq devient une loi. ALEC a été fortement financée par les compagnies de tabac, la compagnie pétrolière Exxon, des compagnies pharmaceutiques et Charles et David Koch - les milliardaires qui ont fondé les premières organisations du Tea Party. Pfizer, qui finança le poste de Bertin à Atlantic Bridge, siège au conseil d’administration d’ALEC. Certaines des lois les plus controversées de ces dernières années, telles que les projets de loi visant à abaisser le salaire minimum, les lois qui accordent aux sociétés l’immunité de poursuites et les lois interdisant les enquêtes sur les pratiques agricoles industrielles - ont été développées par ALEC.

Pour diriger la branche US d’Atlantic Bridge, ALEC a fait appel à son directeur des relations internationales, Catherine Bray - une Britannique qui avait précédemment travaillé pour le député conservateur Richard Ashworth et l’eurodéputé Roger Helmer, du parti UKIP. Bray a ensuite travaillé pour le député conservateur et le militant du Brexit, Daniel Hannan. Son mari est Wells Griffith, l’homme chargé de la campagne électorale de Trump dans les Etats décisifs.

Parmi les membres du Conseil consultatif US d’Atlantic Bridge figuraient les sénateurs ultraconservateurs James Inhofe, Jon Kyl et Jim DeMint. Inhofe aurait reçu plus de 2 millions de dollars en dons de campagne de la part des industries du charbon et du pétrole. Koch Industries et ExxonMobil ont été les principaux donateurs.

Kyl, à présent retraité, agit actuellement comme le ’sherpa guidant la nomination de Jeff Sessions au poste de Procureur général [Ministre de la Justice – Ndt] de Trump par le Sénat. Jim DeMint a démissionné de son siège au Sénat pour devenir président deHeritage Foundation - le thinktank fondé avec une subvention de Joseph Coors de l’empire de brasseries Coors, et développé avec l’argent du milliardaire bancaire et pétrolier Richard Mellon Scaife. Comme ALEC, il a été richement financé par les frères Koch. C’est Heritage, sous la présidence de DeMint, qui mena l’opération auprès du Congrès US pour bloquer le budget fédéral, paralysant ainsi temporairement le gouvernement en 2013. L’ancien conseiller spécial de Fox au ministère de la Défense, un américain appelé Luke Coffey, travaille maintenant pour cette fondation.

 

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Jon Kyl

 

Heritage Foundation est maintenant au cœur de l’administration Trump. Ses membres et son personnel constituent une grande partie de l’équipe de transition. Parmi eux se trouvent Rebekah Mercer, qui siège au comité exécutif de Trump ; Steven Groves et Jim Carafano (Département d’Etat) ; Curtis Dubay (Trésor) ; Et Ed Meese, Paul Winfree, Russ Vought et John Gray (Budget). Selon CNN, « aucune autre institution de Washington n’a un tel poids dans l’équipe de transition ».

Le plan extraordinaire de Trump visant à réduire les dépenses fédérales de $10,5 milliards a été élaboré par la Heritage Foundation, qui l’a qualifié de « plan directeur pour une nouvelle administration ». Vought et Gray, qui sont passés de Heritage à l’équipe de Trump, sont en train de transformer ce projet en son premier plan budgétaire.

S’il est adopté, il entraînera des réductions dévastatrices sur les soins de santé, la sécurité sociale, l’aide juridique, la réglementation financière et la protection de l’environnement ; Éliminera les programmes visant à prévenir la violence à l’égard des femmes, à défendre les droits civils et à financer les arts ; Et privatisera la Société de radiodiffusion publique. Trump, chaque jour qui passe, ressemble de moins en moins à un président et de plus en plus à un exécutant qui met en œuvre un ordre du jour qui lui a été communiqué par d’autres.

En juillet de l’année dernière, peu de temps après sa nomination au poste de Secrétaire au commerce, Liam Fox s’est envolé pour Washington. Une de ses premières visites fut un lieu qu’il a souvent fréquenté au cours des 15 dernières années : le bureau de Heritage Foundation, où il s’est entretenu avec, entre autres, Jim DeMint. Une demande d’information a révélé que l’un des sujets abordés lors de la réunion fut l’interdiction européenne du poulet américain lavé au chlore : une interdiction que les producteurs espèrent sera levée par le Royaume-Uni dans le cadre d’un nouvel accord commercial. Par la suite, Fox a écrit à DeMint, en exprimant sont intérêt de « travailler avec vous pendant que le nouveau gouvernement Britannique développe ses priorités en matière de politique commerciale, y compris dans les secteurs à forte valeur-ajoutée dont nous avons discutés, comme la Défense ».

Comment Fox est-il arrivé à ce poste, après le scandale qui l’a fait tomber en 2011 ? C’est le scandale lui-même qui fournit un indice : l’affaire concernait un franchissement des frontières entre intérêts publics et privés. L’homme qui dirigeait la succursale britannique d’Atlantic Bridge était son ami Adam Werritty, qui opérait depuis l’immeuble de Michael Hintze. Le travail de Werritty était étroitement imbriqué dans les affaires officielles de Fox en tant que Secrétaire à la Défense. Werritty, qui portait une carte de visite qui le désignait comme conseiller de Fox mais qui n’avait jamais été employé par le ministère de la Défense, se joignait au secrétaire d’État pour de nombreuses visites ministérielles à l’étranger et effectuait de fréquentes visites au bureau de Fox.

Au moment où les détails de cette relation ont commencé à être révélés, la Charity Commission avait enquêté sur Atlantic Bridge et a trouvé que son travail ne paraissait pas si charitable que ça. Il a dû rembourser la taxe dont il avait été exonéré (c’est Hintze qui régla l’addition). En réponse, les administrateurs ont fermé l’organisation. À mesure que l’histoire de l’implication non autorisée de Werritty dans les affaires gouvernementales se développait, Fox a fait un certain nombre de déclarations trompeuses. Il n’avait plus d’autre choix que de démissionner.

Quand Theresa May a ramené Fox dans le gouvernement, ce fut un signal clair et net sur les intentions de son gouvernement. Les traités commerciaux que Fox est chargé de développer fixent des limites à la souveraineté. Les normes alimentaires et environnementales des États-Unis ont tendance à être moins strictes qu’en Grande-Bretagne et le seront encore moins si Trump obtient gain de cause. Tout traité commercial que nous signerons créera un ensemble commun de normes pour les produits et les services. L’administration de Trump exigera que les nôtres soient ajustés à la baisse, afin que les sociétés US puissent pénétrer nos marchés sans avoir à modifier leurs pratiques. Toutes les cartes du vote post-Brexit, sont entre les mains des États-Unis : si le Royaume-Uni ne coopère pas, il n’y aura pas d’accord commercial.

May avait besoin de quelqu’un qui n’allait pas opposer de résistance. Elle a choisi Fox, qui est devenu un membre indispensable de son équipe. Les relations diplomatiques parallèles qu’il a développées via Atlantic Bridge lui donnent un accès direct à l’administration de Trump.

Bien avant la victoire de Trump, le financement des campagnes électorales US avait systématiquement corrompu le système politique. Une nouvelle analyse de politologues états-uniens établit une relation linéaire presque parfaite, sur une période de 32 ans, entre l’argent recueilli par les deux partis pour les élections au Congrès et les voix obtenues. Mais un autre changement s’est produit aussi au cours de ces dernières années : les entreprises sont devenues les principales sources de financement des campagnes.

En liant notre sort à celui des États-Unis, le gouvernement britannique nous lie à leur système. C’était de cela dont il était - en partie - question lors du Brexit : les conservateurs eurosceptiques avaient décrit les lois européennes protégeant l’intérêt public comme des intrusions intolérables sur la liberté des entreprises. Sortir de l’Europe signifie une plus grande intégration avec les États-Unis. La relation spéciale transatlantique est une relation spéciale entre le pouvoir politique et le pouvoir des entreprises. Ce pouvoir est cimenté par les réseaux que Liam Fox a aidé à développer.

En avril 1938, le président Franklin Roosevelt envoya au Congrès US l’avertissement suivant : «  La liberté d’une démocratie est menacée si le peuple tolère le renforcement du pouvoir privé au point où celui-ci devient plus puissant que l’Etat démocratique lui-même. C’est, dans son essence, du fascisme. » C’est un avertissement que nous ferions bien de nous rappeler.

 

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George Joshua Richard Monbiot (né à Londres en 1963) est un universitaire et journaliste britannique, également militant écologiste et politique. Il est éditorialiste du Guardian.

 

Traduction : « Ayééééé, j’ai compris la candidature Macron et la cabale contre Fillon » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Source : https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/feb/02/cor...

Via : https://www.legrandsoir.info/comment-l-argent-noir-des-entreprises-prend-le-pouvoir-des-deux-cotes-de-l-atlantique-the-guardian.html

 

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Ce que veut dire Donald Trump quand il qualifie l’OTAN d’obsolète

 

L’art de la guerre

Deux minutes et demie avant Minuit

Manlio Dinucci – Il Manifesto 7 février 2017

 

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Enfin le téléphone a sonné et Gentiloni (président du Conseil italien, ndt), après une longue et nerveuse attente, a pu écouter la voix du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump. Au centre de l’appel téléphonique -informe Palazzo Chigi (siège de la présidence du Conseil, ndt)- l’« historique amitié et collaboration entre Italie et USA », dans le cadre de la « fondamentale importance de l’Otan ». Dans le communiqué italien on omet cependant un détail qu’a fait connaître la Maison Blanche : dans son coup de fil à Gentiloni, Trump n’a pas seulement « rappelé l’engagement des USA dans l’Otan », mais il a « souligné l’importance que tous les alliés partageassent la charge monétaire de la dépense pour la défense », c’est-à-dire la portent à au moins 2% du PIL : ce qui signifie pour l’Italie passer des actuels 55 millions d’euros par jour (selon l’Otan, en réalité davantage) à 100 millions d’euros par jour. Gentiloni et Trump se sont donné rendez-vous en mai pour le G7 sous présidence italienne qui se déroulera à Taormina, à un peu plus de 50km de la base USA/Otan de Sigonella et à 100km du Muos de Niscemi. Points fondamentaux de ce qui, dans l’appel téléphonique, est défini comme « collaboration entre Europe et Etats-Unis pour la paix et la stabilité ».

Le résultat en est confirmé par les Scientifiques atomiques étasuniens : l’aiguille de l’ « Horloge de l’apocalypse », le pointeur symbolique qui sur leur bulletin indique à combien de minutes nous sommes du minuit de la guerre nucléaire, a été avancée : de 3 minutes avant minuit en 2015 à 2 minutes et demi avant minuit en 2017. Un niveau d’alarme plus haut que celui des années 80, au sommet de la tension entre USA et URSS.

Cela est en réalité le résultat de la stratégie de l’administration Obama qui, avec le putsch de Place Maïdan, a lancé la réaction en chaîne qui a provoqué la confrontation, y compris nucléaire, avec la Russie, transformant l’Europe en première ligne d’une nouvelle guerre froide par certains aspects plus dangereuse que la précédente.

Que fera Trump ? Dans son appel téléphonique au président ukrainien Porochenko – communique la Maison Blanche – il a dit que « nous travaillerons avec l’Ukraine, la Russie et d’autres parties intéressées pour les aider à rétablir la paix le long des frontières ». Il ne clarifie pas cependant si entre les frontières de l’Ukraine est comprise ou pas la Crimée, qui s’est désormais détachée pour revenir faire partie de la Russie. L’ambassadrice étasunienne à l’Onu, Haley, a déclaré que les sanctions USA envers la Russie restent en vigueur et a condamné les « actions agressives russes » en Ukraine orientale. Où en réalité a repris l’offensive des forces de Kiev, comprenant les bataillons néo-nazis, entraînées et armées par USA et Otan.

En même temps le président Porochenko a annoncé vouloir lancer un référendum pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan. Même si de fait elle en fait déjà partie, l’entrée officielle de l’Ukraine dans l’Alliance aurait un effet explosif envers la Russie.

Pendant ce temps la Grande-Bretagne se met en marche : alors qu’elle intensifie la coopération de ses forces aéronavales avec celles des USA, elle envoie en Mer Noire au bord de la Russie, pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, une de ses unités navales les plus avancées, le destroyer (ou escorteur d’escadre, ndt) Diamond (coût supérieur à 1 milliard de livres sterling), à la tête d’une task force Otan et en appui à 650 soldats britanniques engagés dans un non mieux précisé « exercice » en Ukraine. Simultanément la Grande-Bretagne envoie en Pologne et Estonie 1000 soldats d’unités d’assaut et en Roumanie des chasseurs bombardiers Typhoon à double capacité conventionnelle et nucléaire.

Ainsi, alors que Gentiloni parle avec Trump de collaboration entre Europe et Etats-Unis pour la paix et la stabilité, l’aiguille de l’Horloge se rapproche du minuit nucléaire.

 

Edition de mardi 7 février 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/due-minuti-e-mezzo-alla-mezzanotte/    

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

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Sous bénéfice d’inventaire…

Contre Donald Trump : la propagande de guerre

Thierry MeyssanRéseau Voltaire 7 février 2017

 

Nos articles précédents sur le président Trump ont soulevé de vives réactions de nos lecteurs. Certains s’interrogent sur la naïveté dont ferait preuve Thierry Meyssan malgré les mises en garde de la presse internationale et l’accumulation de signaux négatifs. Voici sa réponse, argumentée comme toujours.

 

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Deux semaines après son investiture, la presse atlantiste poursuit son œuvre de désinformation et d’agitation contre le nouveau président états-unien. Celui-ci et ses premiers collaborateurs multiplient des déclarations et des gestes apparemment contradictoires, de sorte qu’il est difficile de comprendre ce qui se passe à Washington.

 

La campagne anti-Trump

La mauvaise foi de la presse atlantiste se vérifie sur chacun de ses quatre thèmes principaux.

    1) Concernant le début du démantèlement de l’Obamacare (20 janvier), force est de constater que, contrairement à ce que prétend la presse atlantiste, les classes défavorisées qui devaient profiter de ce dispositif l’ont massivement boudé. Cette forme de « sécurité sociale » s’est avérée trop coûteuse et trop directive pour séduire. Seules les compagnies privées gérant ce système en ont été pleinement satisfaites.

     2) Concernant la prolongation du Mur à la frontière mexicaine (23-25 janvier), il n’y a rien de xénophobe là-dedans : le Secure Fence Act a été signé par le président George W. Bush qui en a débuté la construction. Celle-ci a été poursuivie par le président Barack Obama avec l’appui du gouvernement mexicain de l’époque. Au-delà de la rhétorique à la mode sur les « murs » et les « ponts », les dispositifs de frontières renforcées ne fonctionnent que lorsque les autorités des deux côtés s’accordent à les rendre opérationnels. Ils échouent toujours lorsque l’une des parties s’y oppose. L’intérêt des États-Unis est de contrôler les entrées de migrants, celui du États-Unis est de stopper les importations d’armement. Rien de cela n’a changé. Cependant, avec l’application du Traité de libre-échange nord-américain (Nafta), des sociétés transnationales ont délocalisé des États-Unis vers le États-Unis, non seulement des emplois sans qualification (conformément à la règle marxiste de la « baisse tendancielle du taux de profit »), mais aussi des emplois qualifiés qu’elles font exercer par des ouvriers sous-payés (« dumping social »). L’apparition de ces emplois à provoqué un fort exode rural, déstructurant la société mexicaine, sur le modèle de ce qui s’est passé au XIXème siècle en Europe. Les transnationales ont alors abaissé les salaires, plongeant dans la pauvreté une partie de la population mexicaine ; laquelle ne rêve plus que d’être payée correctement aux Etats-Unis mêmes. Donald Trump ayant annoncé qu’il allait retirer la signature US du Nafta, les choses devraient rentrer dans l’ordre dans les années à venir et satisfaire à la fois les Mexicains et les États-uniens [1].

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Source : http://www.voltairenet.org/article195181.html

 

 

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À Los Angeles, des milliers de personnes manifestent contre la reprise des travaux de construction du Dakota Access Pipeline

RT 6 février 2017

 


 

Des milliers de manifestants sont descendus dimanche dans les rues de Los Angeles pour protester contre la reprise des travaux de construction du Dakota Access Pipeline (DAPL).

La foule a défilé de Pershing Square au building fédéral Edward Roybal en brandissant pancartes et bannières et en scandant des slogans contre le projet.

La construction du très controversé pipeline, qui doit tranporter du pétrole brut de la région du Nord Dakota ( nord des territoires de la tribu), jusqu’an sud de l’Illinois, a été arrêtée à la fin de l’année dernière, alors que le pipeline était déjà construit à 93%, suite à de très nombreuses protestations. En janvier, dès son inauguration, le président Donald Trump a ordonné que la décision de décembre soit annulée, déclenchant une nouvelle vague de manifestations.

Source : https://www.rt.com/in-motion/376493-dalp-protest-los-ange... 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

Pour en savoir plus :

https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/08/28/aux-colons-r...

https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/12/04/la-bataille-...

et

https://resistance71.wordpress.com/2017/01/21/mise-en-pla...

https://resistance71.wordpress.com/2017/02/01/resistance-...

 

 

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Mis en ligne le 7 février 2017

 

 

 

20:08 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/02/2017

ON VOUS LES TRANSMET COMME ON LES A REÇUS

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On vous les transmet comme on les a reçus

 

De CAPJPO EuroPalestine :

 

 

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Chères amies, Chers amis,

Les media se focalisent sur le « Pénélope Gate », les attaques surréalistes de Trump, la neige et les vacances scolaires, et pendant ce temps les démolitions de maisons palestiniennes s’accélèrent, de même que le vol des terres et la construction de colonies illégales.

 

RASSEMBLEMENT À PARIS (BEAUBOURG) CE SAMEDI

C’est pourquoi nous vous appelons à nous rejoindre samedi prochain 11 février à Paris (RV Place Edmond Michelet à Beaubourg) entre 14 H et 18 H pour afficher notre soutien à la résistance contre les crimes du régime colonial, et notre opposition à la poursuite de la collaboration franco-israélienne comme si de rien n’était. 

 

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Tous au rassemblement contre la colonisation galopante et la démolition des maisons palestiniennes !

 

Tout le monde condamne ou exprime ses « préoccupations » à ce sujet, mais personne ne bouge !

Ensemble, disons haut et fort, samedi prochain 11 février, que la poursuite de la collaboration entre la France et Israël, dans ces conditions, est INTOLÉRABLE !

 

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Source  : http://www.europalestine.com/spip.php?article12634

 

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RONNIE BARKAN À LA LIBRAIRIE RÉSISTANCES CE JEUDI SOIR

Nous vous invitons également tous ceux qui peuvent se libérer à venir discuter ce jeudi soir 9 février, à partir de 19 H à la librairie Résistances avec l’opposant Ronnie Barkan :

 

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Peut-on encore être un opposant en Israël ? Ronnie Barkan avec nous jeudi soir !

Notre ami israélien Ronnie Barkan, qui lutte depuis 2004 contre la politique criminelle de l’État d’apartheid, qui a été arrêté et détenu de nombreuses fois, et qui n’en continue pas moins à appeler au boycott d’Israël, a-t-il encore une marge de manoeuvre pour s’exprimer et mener la lutte pour les droits fondamentaux du peuple palestinien dans ce pays, dont le vernis démocratique s’écaille à la vitesse grand V ?

 

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Ronnie Barkan, professeur de maths, refuznik mis à l’index pour avoir refusé de faire son service militaire, n’a pas peur de se déclarer antisioniste et de réclamer l’égalité des droits pour tous. Mais dans un pays où la gauche n’existe plus depuis longtemps, et où l’extrême-droite tient le haut du pavé, peut-il continuer son combat de l’intérieur d’Israël, lui qui avait cofondé l’association "Boycott from Within" (Boycott de l’Intérieur) ?

Comment se faire entendre dans un pays qui plébiscite les atrocités commises contre les Palestiniens et qui choisit comme héros l’assassin Elor Azria, le franco-Israélien qui a tiré sur un jeune Palestinien blessé et au sol pour l’achever ?

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Source : http://www.europalestine.com/spip.php?article12635

 

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De passage à Paris, Ronnie Barkan, interviendra sur le thème « Peut-on encore être opposant en Israël »  et nous parlera des attaques contre les opposants dans son pays (dont les jeunes refuzniks actuellement en prison), mais aussi de la construction d’une riposte unie entre Israéliens juifs et palestiniens (http://www.europalestine.com/spip.php?article12636), ainsi que de la portée de la campagne BDS.

 

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PRODUITS DES COLONIES : L’INFORMATION DES COMMERÇANTS EST EFFICACE !

Dans l’attente, nous attirons votre attention sur l’impact significatif de l’information actuellement faite auprès de tous les commerçants concernant la nouvelle réglementation française sur l’étiquetage des produits exportés par Israël, publiée au Journal Officiel du 24 novembre 2016 :

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Produits des colonies : l’information des commerçants est efficace ! (Photos)

 

La campagne nationale pour informer les commerçants de la nouvelle réglementation sur les produits alimentaires exportés par Israël, porte ses... « fruits ». Dans de nombreux magasins, grâce à l’intervention des consommateurs qui produisent le Journal Officiel du 24 novembre 2016, les divers responsables diffusent l’information et commencent à prendre des mesures pour se mettre en conformité avec la nouvelle loi.

  • Ainsi à Nîmes, un supermarché a changé de fournisseur de mandarines, quelques jours après avoir été informé des nouvelles mesures réglementaires qui exigent que tous les produits alimentaires exportés par Israël, mais provenant en réalité des territoires palestiniens ou du plateau du Golan, portent la mention "Colonies".

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Sources : http://www.europalestine.com/spip.php?article12632

               http://www.europalestine.com/spip.php?article12633

 

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De Secours Rouge International

(en anglais : International Red Help)

5 février 2017

 

Bruxelles :

Repas du Sacco-Vanzetti

ce jeudi 9 février

 

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Ce jeudi 9 février aura lieu le second repas du Sacco-Vanzetti. Un repas végétalien à prix libre en soutien au Local Sacco-Vanzetti. Le repas sera également l’occasion d’échanger sur les luttes en cours. A l’occasion de cette édition, une courte vidéo « Guerre en Syrie, décryptage » sera projetée. Venez nombreux !

Voir le dossier: Belgique - Autres sujets

 

Et si vous voulez être au parfum des derniers sujets d’actualité, cliquez ici :

 

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http://www.secoursrouge.org/

 

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Liberté pour Carlos

 

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Ilich Ramirez Sanchez, dit « Carlos », est emprisonné en France depuis 1994.

Combattant talentueux du FPLP pour la libération de la Palestine, il revendique la prise d'otages des ministres de l'OPEP à Vienne en 1975.

Une collection de documents pour le comprendre et comprendre l'acharnement judiciaire international contre lui. 48p, broché.

 

Table des matières 

 

  1. Carlos le Poissard de Poissy           
  2. Les soldats oubliés, par Israël Shamir   
  3. Le procès de 1997, Carlos, « l’Arlésienne de Noël »
  4. Le procès de 2011                                    

      - Mes conclusions pour le prochain procès « Carlos » par M° Damien Viguier

      - Le commandant Carlos a dirigé son procès jusqu'au bout

      - Le verdict, la peine maximum, par Pierre Panet

  1. À la place de Carlos, par un adorateur du Droit 
  2. Carlos s'adresse à nous :

       - La foi m’a rendu libre

       - Il répond à nos questions

  1. La situation d'Ilich Ramirez Sanchez dit « Carlos », par Me Isabelle Coutant-Peyre
  2. Citations de Carlos

 

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Modeste requête aux Français en campagne…

 

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Madame Élisabeth Levy, fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur a le sens des titres qui font mouche. Comme ici par exemple.  Bravo. Et même, tout ce qu’elle dit dessous n’est pas faux.

Comme cela commence à se savoir, nous sommes belges et nous ne votons pas. Loin de nous, donc, l’idée de nous immiscer dans le torride débat qui anime nos voisins hexagonaux à mesure qu’approche l’élection de l’un ou l’autre candidat à la présidence de leur république.

Ce que nous apprécierions, cependant, c’est que ces Messieurs-Dames de la droite-gauche et de la gauche-droite française se résolvent une fois pour toutes à laver leur linge sale entre eux et cessent par pitié d’y mêler à tout bout de champ Robespierre.

Robespierre est mort il y a 223 ans. Et ce n’est pas sa faute s’il s’est personnellement conduit d’une façon qu’ils n’approuvent pas. Il ne leur a pas donné de leçon. Juste un exemple. Qu’il leur est loisible de ne pas suivre. Ils sont même assurés d’être toujours ainsi du côté du plus grand nombre.

Et s’ils se décidaient à lui foutre la paix ?

 

Journal d’une curée de campagne

Elisabeth Levy – Causeur 6 février 2017

 

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François Fillon.

 

Entre Fillon et la meute, je choisis Fillon 

Je déteste les affaires. À chaque fois que de grands investigateurs trouvent des poux dans la tête d’une personnalité publique, qu’elle soit de droite ou de gauche, c’est le même scénario : faisant toujours partie de la minorité qui fait preuve d’une coupable indulgence pour les faiblesses humaines, je me fais tellement avoiner, y compris par mes amis, que je finis par trouver moi-même suspecte ma relative insensibilité aux manquements à la morale des princes qui nous gouvernent.

Communion dans l’indignation

Relative ne signifie pas totale. Cependant, dans la panoplie des fautes morales, celles que l’on reproche à Fillon ne me semblent pas les plus graves : après tout, il ne s’agit que d’argent. Des gens payés à peu ou ne rien faire, il y en a dans pas mal d’entreprises, et si on en voit de moins en moins dans les rédactions, ce n’est pas parce que la morale a progressé dans la profession mais parce que la crise est passée par là. Une certaine forme de cynisme politique – par exemple, celui des destructeurs de l’Ecole qui soustraient leurs enfants aux conséquences d’une politique à laquelle, donc, ils ne croient pas – me paraît bien plus condamnable.

En vérité, la communion dans l’indignation à propos de salaires trop facilement gagnés me semble exprimer la même passion tordue pour le fric que celle que l’on reproche à François Fillon. Il y a quelque chose de déplaisant dans l’obsession comptable qui a saisi une partie de la France. Car sous couvert de défendre la probité, ce sont des affects moins reluisants qui s’expriment – pourquoi lui et pas moi ? Et c’est bien sur ces affects que tentent de jouer mes chers confrères quand ils s’ébahissent bruyamment des sommes perçues par Penelope Fillon « alors que tant de gens souffrent » – comprenez que si vous êtes dans la mouise, c’est à cause de ces salauds. Stendhal appelait cela, à raison, les passions tristes. Désolée, quoique peu douée pour gagner de l’argent, même en travaillant honnêtement, je m’efforce de n’éprouver aucun sentiment négatif à l’égard de ceux qui y parviennent, fût-ce sans se casser la tête.

Certes, on ne saurait exonérer François Fillon de sa responsabilité dans ce qui lui tombe dessus. Si ses partisans sont aussi déboussolés, s’ils se sentent floués, c’est parce qu’il a commis l’erreur de placer le débat politique sur le terrain de la morale – ou plus exactement de ce que les juges appellent morale. Attaquer Nicolas Sarkozy sur ce terrain était une faute. Elle lui revient à la figure.

 

Tristement banal

Quant aux faits qui lui sont reprochés, s’ils me paraissent moins pendables qu’à la plupart de mes contemporains, ils n’en écornent pas moins l’image d’austérité et de hauteur qu’il s’était donné. Quelle que soit l’issue judiciaire de l’affaire, on aura appris que Fillon n’est pas indifférent à l’argent et qu’il est moins sourcilleux que ce que l’on croyait sur le sujet. Ce n’est pas très glorieux, mais tristement banal. C’est aussi cela qu’on ne lui pardonne pas.

En prime, de l’avis général, sa défense a été calamiteuse. Elle plaide pourtant en sa faveur. Si François Fillon est si mauvais, c’est qu’il ne comprend pas ce qu’on lui reproche, et s’il ne comprend pas, c’est qu’à aucun moment il n’a eu le sentiment de commettre une faute. Il faut essayer de se mettre à sa place. D’abord, tout le monde le fait – au Parlement européen, où il est interdit d’embaucher sa famille,les élus échangent volontiers, semble-t-il, conjoints et enfants. De son point de vue, il a donné sa vie à la France, obligeant son épouse à renoncer à une éventuelle carrière. S’ils sont aisés par rapport à la moyenne des Français, les Fillon n’ont ni le patrimoine, ni le revenu de ceux qu’ils fréquentent dans les cercles du pouvoir. Ils ne voient certainement rien de répréhensible dans le fait de rémunérer le travail invisible de l’épouse d’un politique qui est aussi un notable local.

Curieusement, rien n’enrage plus ceux qui veulent la tête de Fillon que cet appel à se mettre à la place de celui qu’ils ont déjà condamné. Ce n’est pas la question, disent-ils. Il me semble au contraire que « se mettre à la place de » est la base du jugement, surtout en politique.

 

Au secours, Robespierre revient !

Quoi qu’il en soit, il y a donc bien des raisons d’être partagé – entre une inévitable déception et la conviction qu’on en fait des caisses. Mais les accusateurs de Fillon (et les 75 % de Français qui, à en croire les sondages, les encouragent) ne sont pas partagés, au contraire. Ils sont animés d’une fièvre absolutiste. Qui vole un œuf vole un bœuf et qui n’est pas tout blanc est tout noir. Ainsi chacun peut-il donner à voir sa propre vertu, mesurée à l’aune de la sévérité dont il fait preuve à l’égard du suspect du jour. On a beaucoup rappelé le proverbe africain qui dit que « quand on monte à l’arbre, il faut avoir le cul propre ». L’avantage de ceux qui bombardent l’arbre d’en bas, c’est que personne ne voit leur cul. Ceux-là, me dira-t-on, ne se présentent pas à l’élection présidentielle. Certes. Mais nous savons bien que les animaux politiques sont, dans la jungle humaine, les plus dangereux. Et nous voudrions en même temps qu’ils soient aussi innocents que Vénus sortant de l’onde ? Quelle naïveté. Quand nous prétendons choisir, pour nous gouverner, les meilleurs d’entre nous, il ne s’agit pas seulement de morale. Bien sûr, personne ne voudrait d’Al Capone à l’Elysée. Mais voteriez-vous pour Saint François d’Assise ?

Quand l’humeur populaire et celle des médias convergent, tous communiant dans ce robespierrisme démocratique que l’on appelle transparence, il y a de quoi s’inquiéter. En effet, si deux tiers des Français sont forts sévères à l’endroit de l’ancien Premier ministre, depuis le 24 janvier, ce sont 100 % des journalistes qui tambourinent, sur le mode de la prophétie autoréalisatrice, que Fillon ne peut pas tenir – ce qui signifie donc qu’il ne doit pas tenir. Avec le magnifique titre offert par l’ami Marc Cohen, cet unanimisme glaçant constitue une excellente raison d’inviter François Fillon, au contraire, à tenir bon. Quoi qu’on pense de ses manquements et de son programme, n’oublions pas que sa reddition serait une victoire de la meute.

Source : http://www.causeur.fr/francois-fillon-penelope-lynchage-d...

 

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Pardon, là c’est juste pour nous faire plaisir et nous donner du courage…

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Mis en ligne le 6 février 2017.

 

 

 

 

20:02 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/02/2017

LE CAUCHEMAR DE L'EUROPE ASSERVIE

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Le cauchemar de l'Europe asservie

 

Vingt-huit ans après la chute du mur de Berlin, aucun des vingt-sept Etats restants de l'Union européenne n'ose condamner solennellement le traité de Lisbonne qui tente d'éterniser la présence de cinq cents bases militaires américaines en Europe. C'est pourquoi, le Vieux Continent vassalisé ne fera que retourner à ses vomissures aussi longtemps qu'il demeurera bâillonné, apeuré et sans voix.

 

1- La géopolitique aujourd'hui
2 - Les intellectuels et la politique
3 - Le savoir animal et le savoir humain
4 - Nos célestes carnages

 

1 - La géopolitique aujourd'hui

Si nous abandonnons les patries, nous nous égarerons dans des vapeurs supranationales et idéologiques, parce qu'il n'y a pas de politique apatride; et si nous revenons au culte des patries, nous courons le risque de nous ratatiner dans des folklores. Cette oscillation entre deux fatalités vient de se trouver illustrée une fois de plus: il y a quinze jours, je croyais pouvoir titrer mon analyse anthropologique de la géopolitique en soulignant la naissance, la croissance et l'agonie de l'Europe américaine.

Quinze jours après l'entrée en fonctions du Président Donald Trump, la situation internationale s'est, hélas, clarifiée dans le sens opposé à celui que j'avais précisé. Primo, tout laisse présager que l'Europe demeurera placée sous le sceptre et le joug du Pentagone. Secundo, toute tentative de la Russie d'ouvrir les yeux d'un demi-milliard d'Européens sur leur subordination aux intérêts mondiaux de l'empire militaire américain, sera interprétée à Washington comme une preuve patente de l'hostilité du Kremlin aux prérogatives prétendument légitimes, du règne du Pentagone sur l'Europe. Tertio, les tentatives d'imposer à Israël le retour aux frontières de 1967 et de légitimer deux États sur le territoire de la Palestine seront jugées contraires aux intérêts planétaires de Washington, donc abusivement déclarées illégitimes par nature et par définition. Quarto, le statut d'exterritorialité dont jouissent les troupes d'occupation américaines, donc les cinq cents bases militaires de l'OTAN incrustées pour l'éternité sur le territoire du Vieux Monde, demeurera l'emblème falsifié du règne de la Liberté et de la Justice à l'échelle mondiale.

Dans ce contexte, comment notre oubli de la doctrine et de la dogmatique de l'islam nous procurerait-il le faux confort intellectuel de tenir pour bénin et sans conséquences politiques l'arrivée massive de croyants en un mythe religieux qui a pris quatorze siècles de retard sur la connaissance d'elle-même d'une Europe mise à l'école et à l'écoute d'une raison de plus en plus éclairée?

Ce ne sera donc plus seulement la postérité de Machiavel qui nourrira la réflexion de fond sur la géopolitique. Car l'auteur du Prince se contentait d'enregistrer les rivalités et les ambitions des principautés qui déchiraient la péninsule, tandis que, cette fois-ci, la géopolitique deviendrait inintelligible et étrangère à toute véritable science du genre humain si nous n'allions pas aux fondements anthropologiques de la réflexion sur l'histoire. L'origine de cette aporie se trouve dans les arcanes de l'opposition entre les reales (réalistes) et les nominales (nominalistes) qu'a illustrée, au sortir du Moyen-âge, la percée intellectuelle décisive d'Abélard. Le premier, ce philosophe a clarifié la question de savoir quel est le statut des idées pures et des concepts universels face à l'individu.

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Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

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AUX CÔTÉS DU PEUPLE PALESTINIEN

Francis Arzalier –  POLEX 30 Janvier, 2017

 

6. Enfants palestiniebns.jpg

 

Depuis 70 ans au moins, la Palestine est une plaie ouverte au Moyen-Orient, même si on en parle moins depuis que les projecteurs de l'actualité se focalisent sur les drames irakiens et syriens. Le peuple palestinien a été massacré, dispersé dans le monde entier, dépecé en entités régionales soumises aux diktats étrangers, Cisjordanie, Jérusalem, Gaza. On a même nié ses souffrances, comme s'il était en quoi que ce soit coupable de l'extermination des Juifs par les Nazis et leurs complices en Europe autrefois. Et la colonisation israélienne se poursuit de plus belle aujourd'hui, malgré les condamnations de l'ONU, grâce à l'assentiment hypocrite des pouvoirs occidentaux. Et l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis ne laisse rien présager de bon en la matière....

Le Mouvement National palestinien est aussi ancien que cette tragédie contemporaine, et lutte à juste titre pour libérer une Nation niée. Il est aussi très divers, et certains de ses animateurs l'ont parfois entraîné dans des impasses politiques, de l'intégrisme religieux flatté par l'Arabie Saoudite au modérantisme bourgeois corrompu. C'est pourquoi on doit saluer l'existence et le combat courageux des Communistes palestiniens, qui viennent de tenir leur deuxième congrès à Ramallah les 2 et 3 décembre 2016. Les militants palestiniens sont seuls qualifiés pour décider des stratégies de lutte en leur pays. Mais notre solidarité implique que nous prenions la mesure des aspects nouveaux du programme politique qu'ils ont adopté après débat. Le PC palestinien vise la solution d'un seul état, progressiste et démocratique en Palestine, et rejette l'objectif longtemps poursuivi en vain de deux états, réduit à une illusion par l'installation massive de colons israéliens dans les territoires palestiniens.

 

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Il a réaffirmé l'analyse publiée le 8 juin 2016 à propos de « l'initiative française pour la paix » du Président Hollande. Ce texte, traduit par nos camarades algériens du PADS, précise leurs objectifs de lutte pour une véritable Libération nationale. La complaisance de l'Occident et de la France pour le colonialisme israélien doit cesser.

Source : http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bullet...

 

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Déclaration du Parti communiste Palestinien sur « l'initiative française pour la paix »

Publié le 9 Juin 2016
mis à jour le : 30 Janvier, 2017

POLEX – Traduction PADS

 

10. Initiative francaise.gif

 

En juin 2016, le Parti communiste Palestinien a publié, à propos de la dénommée « Initiative française pour la paix », la déclaration suivante :

« En dépit de toutes les conférences internationales, qui visaient à résoudre le conflit israélo-arabe comme ils le prétendent, la réalité de l'occupation et de la répression ne change en rien.

Contrairement à cela, après la Conférence de la paix de Madrid et la signature de l'accord d'Oslo, tristement célèbre, le rythme de la colonisation et les procédures arbitraires de l’occupation se sont accrus contre le droit des enfants de notre peuple. Les Palestiniens n’ont en retour rien obtenu si ce n’est une autorité faible qui ne possède en fait ni pouvoir sur terre, ou ni le sol, ni aux frontières ou dans l'espace aérien.

Malgré des négociations qui ont duré pendant plus de 25 ans, celles-ci n’ont pas abouti à un quelconque gain en faveur du peuple palestinien. Seuls ceux qui se sont enrichis aux dépens du peuple palestinien en liant leurs intérêts sous la forme d’une association organisée avec l'occupation considèrent le maintien de la situation telle qu’elle est comme la meilleure solution possible pour survivre. C’est pourquoi nous les trouvons parmi les premiers à s’opposer à la mise en place d'une résistance nationale digne contre l'occupation et ses collaborateurs. Ils tentent de se justifier en recourant à des raisons futiles qui ne peuvent convaincre personne, pas même eux.

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Source : http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bullet...

 

8. Palestine flag map 2.gif

 

Au vu de ce qui précède et des événements récents, il s’impose de relire le texte capital d’Aline de Diéguez :

 

Chroniques de la Palestine occupée

 

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15 - La métamorphose d'un humain en vermine

 

"Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé en une véritable vermine."

Franz KAFKA, La Métamorphose

 

Lorsque mes yeux se furent accoutumés à pénombre, j'eus un hoquet d'horreur. Je vis la masse répugnante d'une bête monstrueuse occuper l'espace. Pendant que certaines de ses innombrables petites pattes s'affairaient à grappiller voracement une pitance gluante et malodorante happée goulûment par une gueule large comme un four, de nombreuses autres petites pattes "pitoyablement grêles" grattaient le sol, donnant l'impression de chercher à mouvoir une panse gélatineuse collée au sol .

C'était donc ça, un collaborateur, traître à sa cause, traître à ses frères, traître à sa propre dignité, un être superficiellement affairé et dévoué, mais en réalité fuyant et avide, un glouton jamais repu . Il faut négocier, négocier et avancer patiemment dans les négociations, chante-t-il à tue-tête entre deux bouchées, sur l'air des trompettes d'Aïda dans l'opéra de Verdi , tout en prenant bien soin de faire du sur-place.

La métamorphose du résistant en collaborateur se fait en un éclair: on se jette dans la félonie comme on se jette dans le vide au saut à l'élastique. "Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé en une véritable vermine" nous apprend Kafka dans La Métamorphose.

C'est ainsi que des combattants autrefois courageux comme Mohammed Dahlan - ancien compagnon de Yasser Arafat - ou Mahmoud Abbas - quoique ce dernier n'ait jamais été un résistant de terrain - se réveillent, un matin, avec "un dos dur comme une cuirasse" très utile pour empêcher les scrupules d'atteindre leur conscience. Je ne parle pas de Salam Fayyad, l'actuel Premier Ministre nommé par Abbas. Comme ancien fonctionnaire du FMI, il n'est qu'un bureaucrate en service commandé, imposé à ce poste par les Américains.

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Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/pales...

 

14. gaza-black-ribbon petit.gif

 

Et d’ailleurs toutes ses Chroniques de la Palestine occupée, qui commencent par :

1 - Discours du Président de l'autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas,

à la suite de son annonce de la tenue de nouvelles élections législatives et présidentielles dans les territoires palestiniens sous occupation israélienne

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/pales...

 

2 - La collaboration consensuelle

Rencontre de M. Mahmoud Abbas, Président de l'Autorité palestinienne et du responsable des autorités d'occupation israéliennes , M. Ehud Olmert

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/pales...

 

12. the-three-wise-abbas-middle-east-monitor.gif

L’ensemble des 27 chroniques :

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/somma...

 

15. gaza-black-ribbon.gif

 

 

À lire aussi :

Enfants palestiniens assassinés par les soldats israéliens en 2016

Maureen Clare Murphy – Arrêt sur Info 1er février 2017

http://arretsurinfo.ch/enfants-palestiniens-assassines-pa...

8. Palestine flag map 2.gif

La conférence de Paris signe l’acte de décès de la comédie de la solution « à deux États »

Ramzy Baroud – Arrêt sur Info31 janvier 2017

http://arretsurinfo.ch/la-conference-de-paris-signe-lacte...

 

13. mother_palestine_by_latuff2.jpg

 

 

 

Mis en ligne le 2 février 2017.

 

 

 

 

17:33 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/01/2017

CIRQUE ÉLECTORAL US - Suite et, pour nous, FIN

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Cirque électoral US – Suite et, pour nous, FIN.

 

à Emma Goldman,

qui a connu les cafouillages sanglants de la Russie révolutionnaire, les bagnes du rêve américain, l’hostilité des bourgeois d’Europe et la guerre d’Espagne. Toujours du même côté :  gauche.

 

La « Marche des femmes », qualifiée en toute modestie de plus grande manifestation de l’histoire, aura marqué la première des péripéties post-Empire.

Qu’entendons-nous par là ? Que l’empire est arrivé il y a peu au sommet de sa trajectoire et que, désormais, il tombe.

Que l’histoire des États-Unis ne va plus être, jusqu’à l’enlisement définitif de son parcours, qu’une lutte sanglante ou non entre factions. Celle qui vient d’en évincer une autre a chois M. Trump pour la représenter. Aura-t-il personnellement du pouvoir ? On en doute. Déjà M. Obama n’en a pas eu.

« La politique de Donald Trump » est davantage une façon commode de parler, qu’une réalité déjà mesurable dont il soit personnellement responsable.

Chaque faction essayera tour à tour de mobiliser à son service l’un ou l’autre pan de la population U.S.

Cette fois, la faction perdante a choisi de jeter dans la rue un certain nombre de femmes. Manipulées ? Oh, oui ! Ni plus ni moins que des multitudes d’hommes un nombre incalculable de fois. Là et ailleurs.

C’est pourquoi nous avons très mal pris que des hommes que nous avons souvent lus avec intérêt – notamment Israel Shamir – s’engouffrent dans la tarte à la crème de la lutte plusieurs fois millénaire entre les mâles et les femelles, quand il ne s’agit que d’infantilisme, tant chez les manipulateurs que chez les manipulés.

Sur cette péripétie transitoire que fut la « March of millions » de 200.000, nous avons retenu pour vous, en guise d’adieu à ces élections si spectaculaires (société du spectacle oblige) deux réactions. Une de Suisse, une de Russie.

 

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Y a-t-il (encore) un commissaire dans l’avion?

Slobodan Despot – ANTIPRESSE 61 29 janvier 2017

 

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L’irascible mémé en action

 

L’incident a fait le tour des médias aux États-Unis et la vidéo qui le documente a été vue des millions de fois. Dans un avion d’Alaska Airlines faisant la liaison Baltimore-Seattle, une femme d’âge respectable voyageant avec son conjoint a commencé par chercher querelle à son voisin de siège, puis elle a refusé de continuer le voyage à côté de cet individu et a exigé qu’on la déplaçât. Le personnel de cabine a refusé d’entrer dans son jeu et a alerté le capitaine. Lequel a fini par faire débarquer la forcenée, avec son ombre de mari.

Les querelles de passagers semblent monnaie courante sur les vols américains et elles prennent parfois des tournures autrement plus violentes. Le plus souvent, on s’écharpe pour un siège incliné qui incommode le passager de derrière et qu’on refuse de relever, pour un verre de trop ou d’autres vétilles du même ordre témoignant de l’incivilité infantile de certaines populations réputées civilisées. Mais le cas qui nous intéresse ici revêt une dimension tout autre. Le passager agressé, Scott Kotesky, était un supporter de Donald Trump rentrant de la cérémonie d’investiture. L’agresseuse, une femme revêche et autoritaire à l’allure de prof en préretraite, était de l’autre bord. Sitôt qu’elle eut identifié le suppôt du Donald, elle s’en est prise à lui comme s’il avait été personnellement responsable de l’élection d’un débile dangereux à la tête de l’Etat. «Vous prétendez que vous avez moralement raison, mais vous avez mis le doigt de cet homme sur le bouton nucléaire. Cet homme ne croit pas au changement climatique. Et vous, vous croyez à la loi de la gravité ? », lui jette-t-elle à la figure.

Comme pour lui faire écho, les « consciences qui veillent » ont avancé de 30 secondes le compte à rebours de l’apocalypse nucléaire, nous mettant désormais à deux minutes et demie seulement de l’autodestruction de l’humanité. Sur un plan symbolique, bien entendu ! Il n’empêche : l’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis justifierait donc à elle seule ce bond dramatique vers le Jugement Dernier.

 

Le prolétariat culturel

Mais les fièvres ne s’arrêtent pas aux frontières américaines. L’épidémie est globale. Le week-end dernier, dans mon village des Alpes, des jeunes (ou pas ?) ont imprimé sur le terrain de football enneigé un slogan visible d’avion, de l’orbite terrestre et peut-être même de la Lune : TRUMP WE HATE YOU !

 

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Savièse, Valais, 20 janvier 2017.

 

Qu’est-ce qui a pu motiver, me suis-je demandé, ces jeunes (ou pas ?) à piétiner si minutieusement une vaste surface de neige par des températures sibériennes ? Quel impératif est assez puissant pour pousser un individu à crier de Savièse, Valais, Suisse, sa haine à un chef d’État d’outre-Atlantique avant même que celui-ci ait signé son premier décret ? Si l’on peut comprendre la militante démocrate déçue par l’échec de son parti, quel rapport concret peut-il exister entre les piétineurs de Savièse et le résident de la Maison Blanche ?

La seule explication vraisemblable, en l’occurrence, tient à l’intoxication médiatique, qui agit à la manière d’un champignon hallucinogène. Elle les rend insensibles à ce qui est et leur fait ressentir ce qui n’est pas. Le parti pris massif et unanime des médias globaux contre le candidat Trump a contaminé des millions de prolétaires culturels à qui l’on n’a jamais expliqué qu’ils pouvaient penser avec leur propre tête ni comment.

Or ce prolétariat-là n’est pas composé que de pauvres et d’exploités, loin de là. Les ouvriers, les artisans, et d’une manière générale les travailleurs physiques y sont moins nombreux, par exemple, que les étudiants, les avocats, les journalistes ou les assistants sociaux. Le prolétariat culturel est composé de gens qu’on a trop instruits pour qu’ils restent humbles, mais pas suffisamment pour les rendre intellectuellement souverains. Ce sont, comme les prolétaires de Marx, des travailleurs qui utilisent des moyens de production (la culture et le raisonnement) dont ils ne sont pas les détenteurs. Ils peuvent vous parler de Machiavel, de Spinoza, des idées du libéralisme ou de Salvador Dalì sans que tout cet héritage ait un véritable impact sur leur existence. Ils parlent des temples du savoir, mais ils ne les habitent pas. S’ils les habitaient, ils ne se laisseraient pas mener par l’anneau nasal comme un troupeau de bovins sitôt que les bergers sifflent la transhumance.

 

Ceux qui ont TOUJOURS raison

Ainsi en va-t-il de notre rombière tombée de l’avion, de toute évidence issue de la classe « instruite » avec ses lunettes sévères. Si elle habitait les valeurs fondamentales de la démocratie américaine, elle aurait raccroché ses rancoeurs partisanes le 8 novembre 2016 et considéré son voisin de rangée d’abord comme un concitoyen, et ensuite seulement comme un adversaire d’idées. Mais elle n’en était pas capable. Son comportement était irrationnel, brutal et poussait l’intolérance jusqu’à la répugnance physique envers les gens qui ne pensent pas comme elle. Un comportement de hooligan, de supporter de foot, de petite frappe. Bref, le genre d’attitude « raciste » que le camp démocrate prête justement au président élu et à ses partisans, décriés comme des barbares et des « rednecks  » !

A cette différence près, justement, que les « conservateurs » ne se comportent pas ainsi à l’encontre de leurs adversaires gauchistes. En Europe, par exemple, le 99% des agressions délibérées et organisées contre l’expression publique d’idées est le fait des Antifas, souvent soutenus et subventionnés par les collectivités publiques. Et l’on imagine mal une expédition nocturne de jeunes du FN ou de l’UDC, en 2008, pour inscrire sur un terrain de foot un slogan du genre Obama we hate you ! Cette haine à la fois grégaire, puérile et abstraite, quoi qu’en disent les directeurs de pensée, ne se rencontre qu’« à gauche ».

Je l’ai écrit ailleurs, mais il me faut le répéter ici. Cette haine est une caractéristique essentielle de l’idéologie de nivellement planétaire qu’on appelle par simplification «de gauche». Elle procède de la structure même de cette idéologie, largement inspirée dans son développement par la pensée jésuite (1) soutenant que «la fin justifie les moyens». Si le but du voyage sanctifie les voies empruntées pour y parvenir, et si ce but est absolument sublime (paix, égalité, solidarité, fraternité universelles, etc.), alors il n’est aucune voie d’accès, fût-elle la plus tortueuse, qui ne soit en fin de compte acceptable.

C’est pourquoi les « avant-gardes » qui s’autoattribuent la mission de nous y conduire sont a priori exonérées de toutes leurs inconduites. Et c’est là, au détour de cet alibi moral, que la vieille nature humaine vient reprendre son dû. Émancipés de toute règle de conduite autre que le succès de leur projet, les bien-pensants tombent dans des comportements qui dans une société traditionnelle relèvent de la crapule. Parjure, traîtrise, violence, mensonge, prévarication, sont des vices qui n’existent tout simplement pas dans un monde où le mot crée la réalité ! D’où le fameux dialogue des deux bolcheviks qui inaugure le concept même du « politiquement correct » :

« Camarade, ton affirmation est factuellement erronée.

— Certes, camarade, mais elle est politiquement correcte ! »

 

Un monde parallèle

Depuis la faillite de l’appartement-témoin de l’illusion gauchiste, l’URSS, et la débâcle subséquente de ses partis et organisations satellites, son idéologie s’est répandue dans le monde comme un essaim chassé de sa ruche. Davantage encore que les milieux politiques, les universités et les médias sont devenus les sanctuaires et les musées d’un projet néfaste, irréalisable et amplement démenti dans chacune de ses tentatives d’application. D’où l’aveuglement corporatif de la caste pensante face à une situation globale que les gens dépourvus de vernis intellectuel comprennent très aisément.

Pour revenir à l’objet de notre querelle de cabine, l’abhorré Donald Trump a commencé son mandat en faisant ce qu’il avait promis, entre autres en s’attaquant immédiatement à la peste de l’État islamique et en échangeant des informations stratégiques avec les Russes, ce que l’angélique Obama avait refusé de faire. Il s’engage à renouer le dialogue et à faire baisser la tension avec l’autre superpuissance nucléaire, ce qui a immédiatement eu pour effet d’éloigner d’un cran la menace de l’apocalypse, non de la rapprocher ! Il exhorte l’industrie américaine à rapatrier ses usines, donc à redonner du travail au « rust belt » profondément sinistré qui recouvre tout l’intérieur des États-Unis. Si l’auteur de ces initiatives était venu du camp démocrate, les piétineurs de stades de foot et les pimbêches quérulentes réclameraient déjà pour cet humaniste un nouveau Nobel de la Paix ! Mais Trump ne sera jamais jugé sur ses actes, pas plus qu’Obama : l’un aura toujours tout faux, l’autre toujours tout juste quoi qu’il fasse. Lorsque les bien-pensants auront eu la peau de Trump et qu’ils déclencheront la guerre civile, voire mondiale, ils continueront d’incriminer les forces de la réaction. Comme ils vivent dans un monde parallèle, aucun démenti d’ici bas ne peut les forcer à se remettre en question.

 

Ah, un dernier détail…

J’allais presque oublier un point de détail, mais qui modifie radicalement notre lecture de l’événement. La rombière enragée qui s’était proclamée commissaire politique sur Alaska Airlines n’a pas quitté l’avion avec les éloges du public. Bien au contraire. Son départ a été salué par les applaudissements nourris de la majorité silencieuse qui occupait la cabine. C’est tout le sel de ce sketch et la principale raison de sa popularité. Les événements survenus depuis 2016 sont des craquements profonds qui signalent la débâcle d’une épaisse banquise. L’ovation du vol Baltimore-Seattle n’en est qu’un grésillement parmi des milliers. Comme les phénomènes naturels, ce dégel n’est ni bon ni mauvais: il est et il faut s’en accommoder. Les partis et les médias qui restent sourds à ce mouvement tectonique sont condamnés à disparaître.

 

…et un post-scriptum

L’annonce de la fermeture prochaine d’un magazine historique, L’Hebdo, a ébranlé le paysage médiatique et culturel suisse. La jubilation de certains milieux — essentiellement les souverainistes que ce magazine combattait — est compréhensible, mais elle n’est ni digne ni avisée. J’avais prévu d’en parler dans cet article, mais la rédaction de L’Hebdo m’a demandé de livrer mon opinion dans son ultime numéro. Je la relaierai dans le prochain Antipresse.

 

NOTE

(1) : Voir à ce sujet: Marxisme et Jésuitisme de Nikola Milošević, éd. L’Age d’Homme.

 

 

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Ce n’est ici ni le lieu ni l’occasion de nous lancer dans un débat de fond avec des représentants de la droite sur ce qu’est la gauche, à leurs yeux et dans la réalité.

Contentons-nous de rappeler qu’on ne se décrète pas de gauche. Qu’un nombre plus ou moins élevé de zigotos se prétendent tels ne concerne qu’eux et ceux qui les prennent ou feignent de les prendre au sérieux. Que ces derniers voient dans Liberté-Égalité-Fraternité « une idéologie du nivellement planétaire » les regarde. Dans le monde réel, sont « de gauche », les quelques adultes qui ont été ainsi marqués au fer. Rouge. Par ceux qui ont fait le choix de l’égoïsme et s’en absolvent en attribuant les conséquences qu’il entraîne aux desseins impénétrables d’une divinité de leur invention. L.G.O.

 

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C’est parti : le Maidan américain a commencé

Ruslan Ostashko – LiveJournal   23 janvier 2017

Traduit du russe pour J. Arnoldski pour Fort Russ

 

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Quand j'ai présenté dans l'info-sphère russe la thèse que les États-Unis se transformeraient en une Ukraine en plus grand, beaucoup ont d'abord pensé que c'était une bonne plaisanterie politique. Mais ce qui se passe à Washington et dans d'autres villes américaines et certaines européennes montre que ce n'est pas une blague, mais la dure réalité dans laquelle nous vivons. Si nous regardons attentivement et impartialement comment l'administration de Donald Trump vient de subir sa première attaque frontale, il est facile de voir que les techniques utilisées sont celles qui ont été élaborées sur les places de Kiev, du Caire, de Hong Kong et de Moscou. Si nous entrons dans les détails, nous pouvons dire avec certitude qu'un Maidan américain est en train, préparé non seulement sur le même modèle que les sanglantes révolutions de couleur des autres pays, mais qu’il a les mêmes commanditaires. Analysons ceci.

Une vague de protestations contre le nouveau président Donald Trump déferle dans les villes américaines. Les manifestations auraient soi-disant lieu pour soutenir les droits des femmes, mais les médias américains et les manifestants eux-mêmes ont clairement dit qu'ils sont venus protester contre la nouvelle administration. Selon diverses estimations, le nombre de manifestants dans cette « action des femmes » à Washington totalise quelque 200.000 personnes, mais les organisateurs revendiquent une « marche d’un million de femmes sur Washington ». « Marche de millions » ... cela ne vous rappelle-t-il rien ? C'est sous ce même slogan que les libéraux russes organisent aussi leurs marches, même quand ils n’arrivent à en rassembler que quelques milliers. Et les similitudes ne s'arrêtent pas là.

Le rôle d'instigateur de la « classe créatrice » en révolte, lors de ce rassemblement, a été joué par Madonna qui, en passant, n'a jamais rempli sa promesse de satisfaire oralement tous ceux qui ont voté pour Clinton. En Russie et en Ukraine, le rôle de « meneur de manif » a aussi été joué par les vedettes du rock Shevcuk et Vakharchuk. Mais des manifestations en faveur de la « marche des millions » des Américains ont également eu lieu dans de nombreuses villes européennes, ce qui rappelle vraiment les manifestations de soutien aux Maidan et Bolotnaya. Les premières fenêtres cassées et attaques contre la police ont aussi fait leur apparition, ainsi que plusieurs dizaines de personnes arrêtées que la presse anti-Trump s’est empressée de baptiser prisonniers politiques, manifestants pacifiques et enfants innocents. Comme la police américaine l'a signalé, des battes de baseball et des piquets de bois aiguisés fournis aux manifestants ont été confisqués à ces « enfants innocents ». Cela ne vous rappelle-t-il pas non plus quelque chose ? Littéralement, nous avons ici tous les ingrédients – des médias défendant des « manifestants innocents » armés de battes de baseball – déjà observés dans les trois Maidans.

Et maintenant quelques mots sur l'aspect le plus important de ces sortes de choses : l'argent. Un ex-journaliste du Wall Street Journal a mené une enquête sur les ONG qui se sont identifiées comme organisatrices et « partenaires clés » de la « marche de millions ». Parmi ces ONG, on trouve 56 organisations qui reçoivent officiellement de l'argent des agences de George Soros. Ces informations sont publiques. Et essayez seulement d’imaginer ce qui se passe dans les coulisses et derrière le décor.

Pour l'instant, la nouvelle administration tient le coup. En fait, elle savait qu’il existait des plans destinés à perturber l'inauguration, mais les partisans de Trump avaient organisé une opération cachée pour filmer les « ateliers d'activistes » occupés à préparer des émeutes censées devenir massives à Washington, et ils se sont arrangés pour répandre cette information sur les réseaux Internet quelques jours avant l'inauguration. Cette initiative ne pouvait qu'intéresser les autorités compétentes. Les plans des soi-disant « antifascistes » impliquaient le blocage du métro de la capitale et la création d’embouteillages. Dans un des échantillons d'enregistrements d'un tel « atelier » destiné à driller les manifestants, on peut entendre comment l'organisateur dit « un coup à la gorge, ça marche ».

Comme l'ont rapporté des journalistes pro-Trump, cette fuite d'information et l'exposition des projets en cours ont amené les mercenaires clintonites à revoir leurs plans d'émeute considérablement à la baisse, et en définitive, les protestations se sont avérées plutôt léthargiques. Mais il faut bien comprendre que la prochaine fois tout pourrait se passer différemment.

Il est clair que les organisateurs du Maidan américain sont littéralement prêts à assiéger Trump et à s’opposer violemment au fonctionnement de son administration jusqu'à ce qu'il soit complètement éliminé. Ils sont bien entendu à la recherche du déclencheur susceptible de transformer ces protestations en quelque chose de plus violent et massif, c’est-à-dire la sorte d’accusation qui serait capable d’attirer un maximum de personnes dans les rues. Cette fois, ils ont essayé de lancer l’opinion que Trump « déteste les femmes ». Cela n'a pas très bien fonctionné. Je suis sûr qu'il y aura d’autres tentatives d’entraîner la participation, par exemple, d'Afro-Américains ou d’immigrants mexicains, puis d’essais de les mobiliser tous ensemble. La phase finale inévitable serait d’accuser Trump de trahison, autrement dit de collaboration avec le Kremlin, comme ils l’ont fait – et réussi – avec Ianoukovytch.

C’est indiscutablement un bon plan. Mais il y a un « mais » : Trump n'est pas Ianoukovytch et, en cas d'urgence, il pourrait vraiment appeler tous ses partisans à Washington. Ils seraient suffisamment nombreux à lui prêter très volontiers leur soutien, y compris armé, au cas où certaines forces de sécurité refuseraient soudainement d'obéir aux ordres de disperser le Maidan américain. Dans ce cas, le sang – beaucoup de sang – inonderait les rues américaines et les conséquences seraient imprévisibles. C’est mauvais pour le monde entier, car un Maidan dans un pays qui possède des armes nucléaires est une menace pour la planète entière.

La seule manière efficace d'éviter une « maidanisation » des États-Unis serait que Trump et son administration commencent par priver rapidement et avec précision les principaux organisateurs de la révolution de couleur américaine de toutes leurs ressources financières. Les prochains mois montreront si la nouvelle administration a assez de force et de détermination pour prendre une telle mesure.

Source : http://ruslanostashko.livejournal.com/82545.html

Via : http://www.fort-russ.com/2017/01/its-begun-americas-maida...

 

Traduction française : Anna S. pour Les Grosses Orchades

 

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Petit cadeau à nos lecteurs italianophones :

 

Maidan rosa per Donald Trump

Vidéo originale (en russe) de Ruslan Ostashko

Sous-titrée en italien par le Sakeritalia

 


 

 

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Le décret islamophobe de Trump applicable … à des milliers de juifs !

Haaretz - CAPJPO-EuroPalestine – 29 janvier 2017

 

Le décret islamophobe de Donald Trump, salué par Netanyahou et servilement appliqué par des compagnies aériennes telles qu’Air France, est parfaitement susceptible de concerner des dizaines de milliers de juifs dans le monde, notamment des juifs israéliens.

 

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Manifestation à l’aéroport JFK de New York contre le décret raciste.

 

Le décret entré en vigueur samedi interdit pour au moins 90 jours l’entrée du territoire des États-Unis aux ressortissants de sept pays (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), y compris celles et ceux d’entre eux qui demandent le statut de réfugié.

Tous ces pays ont pour caractéristique d’avoir une population majoritairement musulmane, et Donald Trump ne cherche nullement à cacher son islamophobie. Des esprits chagrins feront cependant remarquer que la monarchie moyenâgeuse d’Arabie Saoudite, d’où étaient censés provenir les fameux terroristes du 11 septembre, a été épargnée par le nouvel occupant de la Maison-Blanche.

 

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Un panneau d’Air France à l’aéroport parisien de Roissy-CDG

 

Plus embarrassant pour les dirigeants du régime d’apartheid israélien, le décret, tel qu’il est rédigé, vaut pour toutes les personnes nées dans l’un de ces 7 pays, quelle que soit leur religion, et quelle que soit aussi leur nationalité actuelle, révèle le quotidien Haaretz.

Interrogé par le journal, un avocat new-yorkais spécialiste du droit des étrangers, M° Michael Wildes, est formel : « Ma lecture du texte présidentiel est la suivante : si vous êtes né là-bas (dans un des 7 pays), alors vous êtes de là-bas. Jusqu’à nouvel ordre, je conseille absolument à toutes les personnes dans cette situation de s’abstenir de tenter le voyage vers les États-Unis, et même de s’abstenir de quitter le territoire américain si elles y résident, le risque étant pour ces dernières de ne pas pouvoir y revenir ».

Un nombre indéterminé de personnes d’origine juive, devenues israéliennes ou vivant ailleurs dans le monde, sont ainsi concernées. Elles se chiffrent probablement en dizaines de milliers, si l’on tient compte du fait que le gros de l’émigration juive hors de ces pays (principalement l’Irak, le Yémen, et dans une moindre mesure l’Iran et la Syrie) a eu lieu au tournant des années 1950.

L’Iran compte toutefois une minorité de plusieurs dizaines de milliers de citoyens de religion juive, représentés comme tels au Parlement, et qui sont donc frappés de la même manière que leurs compatriotes musulmans, chrétiens ou zoroastriens, par le décret raciste de M. Trump.

L’Iran a été le premier État à réagir, en annonçant que dans ces conditions, il appliquait la « réciprocité », et suspendait en conséquence l’entrée de citoyens états-uniens sur son territoire.

Source : http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.768107

Via : http://www.europalestine.com/spip.php?article12618

 

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Sorbonnards, Sorbonagres, Sorbonigènes, Sorbonicoles, Sorboniformes !

Syrie : La Sorbonne en guerre contre la liberté d’expression !

Jean-Claude AntakliArrêt sur Info 29 janvier 2017

 

8. Mi nistère de la Vérité - Taglit-Sorbonne-1.png

Ministère de la Vérité… des factions  - Taglit Sorbonne 1

 

Annulation(*) du colloque « La Syrie en guerre » qui devait se tenir le 28 janvier 2017 à la Sorbonne 

L’histoire de la Vème République a été probablement secouée par de nombreux scandales, mais jamais la liberté d’expression n’a été autant menacée que sous ce quinquennat, qui aura contribué jusqu’au bout à boycotter toutes les initiatives destinées à apaiser, à réconcilier, à témoigner, à écouter et à débattre librement, ouvertement avec la publication d’aider la Syrie et les Syriens à sortir enfin d’une guerre infernale qui aura duré 2000 jours, pourquoi ?

Le 28 Novembre 2016 devait avoir lieu un Colloque au Mémorial de Caen sous l’égide du Collectif pour la Syrie avec la participation d’une vingtaine de personnalités (écrivains, journalistes, chercheurs, ambassadeurs, anciens directeurs des services de Renseignements ainsi que de nombreux responsables de centres de recherches). Cet événement après avoir été validé par la Direction du Mémorial, la voilà qui au dernier moment sur de simples rumeurs dues aux mauvaises langues et sous une pression politique sans précédent l’annule à la grande stupéfaction de tous les intervenants !

Après les indignations d’usage, le Collectif pour la Syrie reporte ce même Colloque au 28 Janvier 2017 mais cette fois-ci à la Sorbonne sous l’égide de l’Académie de Géopolitique de Paris et du Mensuel Afrique Asie. Deux mois plus tard, le même scénario se reproduit avec les mêmes protagonistes qui prétendent êtres les amis de la Syrie, alors qu’ils ont contribué insidieusement à sa destruction, et les mêmes directives qui viennent d’en haut pour nous annoncer à travers la lettre du Président du Collectif pour la Syrie, leurs condoléances !

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Source : http://arretsurinfo.ch/syrie-la-sorbonne-en-guerre-contre-la-liberte-dexpression/

 

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Et pour finir sur une note positive : Vivent les Tchétchènes !

 

La Russie en Syrie : Superbe documentaire sur les soldats tchétchènes à Alep (VOSTFR)

Sayed Hasan29 janvier 2017

 

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Tandis que les aboyeurs et moralisateurs patentés font leur office et versent des larmes de crocodile sur le drame syrien qu'ils ont façonné de leurs propres mains, continuant à imposer un blocus criminel à la Syrie et à soutenir les « égorgeurs modérés », la Russie repousse efficacement le terrorisme aux côtés de la Syrie et de ses alliés et envoie ses propres soldats pour assurer la sécurité des Syriens et leur apporter une aide critique refusée par l'Occident. La présence de 400 soldats tchétchènes à Alep (dont les médias ne parlent plus depuis sa libération), qui fait écho à l'engagement du Président de la République de Tchétchénie Ramzan Kadyrov à mettre ses forces au service de la Russie de Vladimir Poutine dans le monde entier, nous réconcilie avec le concept perverti d'intervention militaire humanitaire en nous montrant son visage authentique. La France en particulier, dont les soldats ne semblent bons qu'à soutenir les dictateurs africains, violer des enfants en Centrafrique ou assassiner des ressortissants français au Moyen-Orient, pourrait en tirer des leçons.

Sayed Hasan

 


 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=0vxmYR6QQkI

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

 

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Mis en ligne le 30 janvier 2017.

 

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20:16 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |