21/03/2013

Chasse au sorcier

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«  Poussez pas,  M’sieur McCarthy !... »

Nestor Burma, 1957

 

 

Chasse au sorcier

 

Sachez-le, bonnes gens, étourdis téléspectateurs : Vous n’avez pas le droit de regarder ni d’écouter, sous peine des flammes de l’enfer et du CRIF, les Bezébuth, Azazal, Maufé, Asmodée, Bélial, Shaïtan, Méphisto, Béhémot and C°, qui s’appellent

 

Dieudonné, Soral, Ramadan et Nabe

 

Arrière, maudits !

Vite un goupillon et de l’eau bénite !

Et vade retro Taddei !

Croiriez-vous que cet hérétique a le front de les montrer, et même de les laisser parler devant ses caméras ? Horreur et damnation… dehors !

 

Il faut que cette histoire fasse du bruit pour que nous, qui ne possédons pas d’étranges lucarnes, en ayons eu vent. Il faut dire que, auditeurs de France Inter blanchis sous le harnois, nous n’avions plus ouvert ce « poste » depuis le lourdage de Didier Porte et de Stéphane Guillon par les deux frères fouettards de la Sainte Hermandad du PAF, Hees et Val. Et nous ignorions – nous ignorons toujours – tout de ce qui se passe dans les talk shows à la française. Mais nous avons succombé à Internet et Internet charrie des vidéos qui ne sont pas toujours tristes

 

2. frederic-taddei-un-artiste-digne-de-ce-nom-doit-etre-contre-le-pouvoir-stephane-guillon-un-humoriste-qui-affiche-des-sympathies-a-droite-ou-a-gauche-ne-fait-plus-son-boulot,M24867.jpg

Frederic Taddei, ici avec Stephane Guillon.

 

C’est ainsi que votre servante a découvert que de pieux batraciens de bénitier qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, viennent de vertueusement dénoncer urbi et orbi, le dénommé Taddei, qu’elle ne connaît pas non plus, pour avoir invité, sur son plateau, des gens qui leur déplaisent fort, notamment MM. Dieudonné, Soral, Ramadan et Nabe, qu’elle ne connaît pas assez pour que son opinion sur leur compte ait quelque valeur, contrairement à l’innommable BHL, qu’elle connaît hélas mieux, qu’il invite aussi, mais là, ils n’ont rien dit.

C’est donc en toute ignorance de cause  mais solidement à califourchon sur ses principes qu’elle (votre servante) va faire le tour de ce qui s’en dit et s’en écrit dans les toutes petites lucarnes du Net.

 

 

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mercredi 20 mars 2013

sur Le Grand Soir :

 

Le fusil en bandoulière et le cerveau dans la bétaillère...

Hanouna et Bidochon font de la télé en meute

Vladimir MARCIAC


                                          Regardez cet extrait  http://www.youtube.com/watch?v=AGCfUKGERpE de l’émission « Touche pas à mon poste » sur D8.
C’est un collector. Une avalanche de conneries satisfaites, de hargne (haine), onze minutes d’hostilité affichée à la culture et aux intellectuels, une chasse à l’homme, un appel à supprimer une émission où l’animateur laisse parler, une invitation à virer cet animateur, à reléguer toute émission vaguement culturelle à minuit. Ecoutez la définition du bon animateur (c’est celui qui coupe la parole !), la morgue d’une hyène manageant une bande de loups chassant en meute, le mépris du public, trop con, trop fatigué le vendredi soir pour qu’on lui impose une émission qui ne soit pas conçue pour des abrutis.

 

 3. Hanouna - .jpg.pngCyril Hanouna (photo) et ses comparses, dans une ambiance hystérique (trop de cafés ?) mènent l’hallali contre Frédéric Taddéï et son émission de France 2 « Ce soir ou jamais ». Taddéï, ils savent tous, ou presque, qu’il est nul, qu’il ne sait pas animer, qu’il invite (horreur !) des sociologues (textuel !). Et par conséquent, on ne comprend rien. Cyril Hanouna, pétant de suffisance, fait « du bruit avec sa bouche » et applique sur D8 la recette de Patrick Le Lay de TF1 sur le cerveau à garder disponible pour la pub.

Etrangement surexcité (fumé un bout de moquette ?), répétant à l’envi « Arrêtez ! », confondant audimat et qualité, animateur et censeur, exposés et saccades, sérieux et ennui, Cyril Hanouna demande à plusieurs reprises le licenciement de Frédéric Taddéï et propose même des lieux de reconversion. Cyril Hanouna, c’est M. Pôle emploi, le spécialiste des reconversions, apte à mettre Taddéï sur la bonne voie (spécialiste en rails, Hanouna ?)

Si vous voulez savoir exactement dans quel tiroir de l’Histoire de la télé sera placé Cyril Hanouna, c’est celui de la BD « Les Bidochon téléspectateurs » (achetez-là, ou feuilletez-là en librairie). Vous y verrez ce que vous venez de voir dans cette vidéo. Un producteur de télé qui engueule ses animateurs qui ne font pas assez d’audience avec leurs émissions de qualité et qui leur demande de s’inspirer d’autres chaînes : « C’est de la merde, c’est sur une autre chaîne, mais le plus important, c’est que ça marche ! » (page 22) » et qui hurle « Je veux de la merde, de la merde, et encore de la merde ! » (page 24).

Cyril Hanouna, c’est Robert Bidochon à qui l’on aurait eu l’étrange idée de confier une émission débile à une heure de grande écoute. Sans l’invention de la télé, Hanouna aurait réussi dans la vente des cravates dans un parapluie retourné sur les grands boulevards. C’est un bonimenteur creux, un baratineur ignare, inculte et fier de l’être. Il vous saoûle d’une voix de fausset, rit à se taper la tête (vrai, il le fait) à ses propres blagues qui n’arracheraient pas un sourire si son hilarité n’était relayée par son équipe sur le plateau et les invités, briefés, choisis au physique et à la docilité, mais pas au diplôme (de sociologue, mais quelle horreur, vraiment !).

« Arrêtez, avec votre culture ! Arrêtez ! »hurle Cyril Bidochon. Textuel !

Et de revenir, pour les mal-comprenants qui n’auraient pas pigé alors qu’il l’a répété dix fois déjà : « 4,3% des parts des marchés ! » c’est un échec, un désaveu. Arrêtez « Ce soir ou jamais ». Bref : expulsez Taddéï du Service public.

Et dans un brouhaha où les plus grandes gueules de ses invités font assaut d’une connerie si grasse qu’elle ferait honte aux pochtrons du café du Commerce, une voix s’élève, juste, minoritaire, celle d’une belle blonde (comme quoi…) qui dit :

« On ne va pas mettre que des nains qui crachent du feu et qui se sodomisent ».

Elle s’appelle Enora Malagré, c’est une comparse chargée de jouer le rôle d’opposante, c’est une amie de Bidochon-Hanouna dans la vie, mais, peu importe, elle a dit juste. Et on a envie de croire qu’elle y croit.

Elle a marqué les limites indépassables à cause du cahier des charges de D8. Limites qui brident l’audimat et les recettes publicitaires.

Ah ! que vienne le temps ou le JT de 20 h de France 2 sera présenté par un couple nu qui terminera par une fornication. Et la honte soit alors sur TF1 largué par les téléspectateurs. Et contraint de répliquer par un enculage de nains.

Ah ! regardez ce collector, ce ramassis de cancres déglinguant le prof, ces miliciens en attente d’huile de ricin, cette vengeance de la bêtise contre l’intelligence, ce triomphe entre soi de l’ignorance contre le savoir.

Ah, observez les pitres à qui le pitre en chef a fait distribuer de petites pancartes, comme naguère à « L’école des fans » de Jacques Martin (mais lui, c’était à des enfants de 6 ans), et qui dégoisent, leur petite pancarte en main (« zappe » ou « mate » l’émission de Taddéï), il ne faut pas la lâcher, le téléspectateur doit pouvoir suivre. Et ils ne la lâchent pas trop, pendant tout le débat. C’était entendu à la répèt. Vous donnez votre avis sur une émission culturelle, sur les qualités attendues d’un animateur, sur l’opportunité de laisser parler des sociologues sur une chaîne de service public, mais sans lâcher votre petite pancarte, c’est important ! Et alors, observez bien : certains ont conscience de leur infantilisation ; ils jouent avec leur pancarte, parfois la posent. D’autres, stoïques, toute honte bue, la tiennent bien droite. L’excité N° 2, un clone d’Hanouna, éructe ses débilités en la brandissant comme une pique sur laquelle il manque une tête, et on devine laquelle.

4. zappe-830c0.png

Ah ! que soit viré Taddéï, cette honte de la France et que prenne sa place Nabila, qui, sans emmerder quiconque, en une minute, fait péter l’audimat dans le monde entier avec son « Allô, t’es une fille et t’as pas de shampoing ». Qu’elle remplace aussi Hanouna puisqu’elle le pulvérise à l’audimat, par son génie.

http://www.youtube.com/watch?v=ukxq9INHudc

Mes amis lecteurs, achetez donc « Les Bidochon téléspectateurs ». Vous y rencontrerez Hanouna (pp 22 et 24, je l’ai déjà signalé), sa bande et son public dans tout l’album.

« À mort l’intelligence ! », lança un militaire espagnol en octobre 1936 contre un philosophe de l’université de Salamanque.

Hermann Göring (ou Joseph Goebbels, la source est controversée) s’est écrié : « Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revolver ».

Cyril Bidochon et sa troupe sont dans le ton : « A mort “ Ce soir où jamais !”» et « Quand j’entends le mot culture (ou sociologue), j’ouvre la grille de la cellule (une autre “case” dit Hanouna), celle du fond de la nuit. Taddéï, les intellectuels : arrêtez !, arrêtez !, arrêtez ! »

Ces lignes étant écrites, à chaud, sur le coup de l’indignation, un mystère demeure que je n’ai pas élucidé : pourquoi cette tentative d’assassinat contre une émission, peu suivie, et sur une autre chaîne ?

Quel est le mobile ? La connerie pure ? Hum !

Patrick Cohen avait déjà attaqué Frédéric Taddéï (de quoi il se mêle ?). Est-ce le début d’une offensive qui s’arrêtera quand les derniers lambeaux d’intelligence et de liberté auront été éradiqués, pour que, comme l’aurait dit Desproges, le QI moyen de la télé ne dépasse plus le chiffre de la température anale ? Et que la bien-pensance soit unanime sur tous les sujets ?

Vladimir Marciac.

Source :

http://www.legrandsoir.info/hanouna-et-bidochon-font-de-la-tele-en-meute.html

 

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Les choses avaient commencé ainsi :


 

 

 

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Daniel Schneiderman  (« Arrêt sur image »)  avait aussitôt réagi dans Libération :

 

5. Streghe - .jpg e124110.jpg

La liste de Patrick Cohen

Par DANIEL SCHNEIDERMANN

17 mars 2013

Eh bien, c’est dit. Il existe une liste noire d’invités sur France Inter. C’est l’animateur de la Matinale, Patrick Cohen, qui a benoîtement mangé le morceau. Cela se passe au micro de l’émission C’est à vous (France 5). Chroniqueur de cette émission, Patrick Cohen reçoit son collègue Frédéric Taddéï, animateur de Ce soir ou jamais, qui vient d’être transférée de France 3 à France 2. Et Cohen ne va pas le rater, Taddéï. A présent qu’il est passé sur France 2, chaîne amiral, Taddéï continuera-t-il d’inviter les maudits, comme il le faisait à l’abri de la (relative) confidentialité de France 3 ? «Vous invitez des gens que l’on n’entend pas ailleurs, mais aussi des gens que les autres médias n’ont pas forcément envie d’entendre, que vous êtes le seul à inviter.» Et Cohen cite quatre noms : Tariq Ramadan, Dieudonné, Alain Soral et Marc-Edouard Nabe.

Un théologien, un humoriste, un publiciste inclassable, un écrivain : voici la liste des proscrits, des interdits, des bannis, dressée pour la première fois, tranquillement, sur un plateau de télé convivial et sympathique. Instant de vérité. Deux quinquas se font face, deux animateurs professionnels, au sommet de leur carrière, que tout pourrait réunir, et dont on réalise en une seconde tout ce qui les sépare. Cohen : «Moi, j’ai pas envie d’inviter Tariq Ramadan.» Taddéï : «Libre à vous. Pour moi, y a pas de liste noire, des gens que je refuse a priori d’inviter parce que je ne les aime pas. Le service public, c’est pas à moi.» «On a une responsabilité. Par exemple de ne pas propager les thèses complotistes, de ne pas donner la parole à des cerveaux malades. S’il y a des gens qui pensent que les chambres à gaz n’ont pas existé.» «Qui ?» «Kassovitz sur le 11 Septembre.» «Si je dis "j’ai des doutes sur le fait que Lee Harvey Oswald ait été le seul tireur de l’assassinat de Kennedy à Dallas", vous m’arrêtez ?» «Evidemment pas.» «Quelle différence ? Tout ce qui n’est pas défendu est autorisé. Je m’interdis de censurer qui que ce soit, à partir du moment où il respecte la loi.»

Même si la liste Cohen mélange tout (quoi de commun entre les quatre ? Et pourquoi Kassovitz ne figurait-il pas dans la liste initiale ?) chacun en entend bien le point commun : les quatre proscrits, sous une forme ou une autre, ont dit des choses désagréables sur les juifs, Israël, ou le sionisme.

Mais soudain, Taddéï renvoie la balle. «Vous voulez que je vous fasse la liste des ministres condamnés, y compris pour racisme, que vous avez reçus dans votre émission de radio ?» «Y en a pas beaucoup.» Taddéï ne prononce pas le nom de Hortefeux, mais là aussi tout le monde a entendu pointer son nez l’éternelle concurrence victimaire : il est légitime d’être désagréable aux Arabes, mais pas aux juifs. Qu’on s’entende bien : c’est parfaitement le droit de Cohen, de ne pas inviter Ramadan, Soral, Nabe ou Dieudonné. Aucun cahier des charges du service public ne l’oblige à le faire. On a le droit d’estimer que Dieudonné n’est pas drôle, ou que Nabe n’est pas un grand écrivain. Cohen serait parfaitement fondé à dire «j’estime qu’il existe des théologiens plus pertinents, des humoristes plus drôles». Manchettes, sujets, invités : être journaliste, c’est choisir, trier, hiérarchiser. Mais aucune raison d’en faire une question de principe, et de proclamer que même la baïonnette dans les reins, on n’invitera pas Bidule. En reprochant à Taddéï d’inviter les proscrits, Cohen dit en fait «ce n’est pas parce que je ne les juge pas intéressants, que je leur barre l’accès au micro de France Inter. C’est parce qu’ils ont contrevenu à un dogme».

Se priver d’invités intéressants parce qu’on n’est pas d’accord avec eux est, pour un journaliste payé par le contribuable, une faute professionnelle. Et non seulement c’est indéfendable, mais c’est contre-productif. Aujourd’hui, les dissidents n’ont plus besoin de Cohen et de ses homologues, pour trouver un écho sur Internet. Avant, il était possible de décider qui étaient les «cerveaux malades», et de les condamner pour crime de pensée, comme dans 1984. Mais aujourd’hui, pour un animateur en vue, déclarer qu’il n’invitera pas Bidule, c’est hisser Bidule sur le piédestal de victime de la censure. Le pré carré audiovisuel, s’il veut rester un lieu crédible de débat d’idées, n’a donc plus d’autre choix que de s’ouvrir aux paroles jadis bannies, quitte à leur opposer une contradiction vigoureuse et argumentée, ou à les prendre à leur propre piège de la dialectique. Et de s’en donner les moyens.

Source :

http://www.liberation.fr/medias/2013/03/17/la-liste-de-patrick-cohen_889214

 

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De son côté Laurent Pinsolle (animateur du blog gaullistelibre et porte-parole de Debout la République) y était allé de son commentaire :

 

Taddeï donne une leçon de démocratie à Patrick Cohen

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Sur le plateau de "C à vous", Frédéric Taddeï et Patrick Cohen se sont écharpés sur la politique éditoriale de l'émission "Ce soir (ou jamais !)", désormais diffusée chaque vendredi soir sur France 2.

Ayatollahs médiatiques

 

C’est une vidéo qui fait du bruit sur les réseaux sociauxavec des dizaines de milliers de vues en quelques heures : Frédéric Taddeï et Patrick Cohen ont confronté leur vision du débat d’opinion dans une passe d’arme qui s’est soldée par un KO du premier sur le second.

Patrick Cohen, orwellien censeur de la pensée

Le débat a démarré sur les chapeaux de roue avec un Patrick Cohen affirmant que "vous invitez des gens que l’on n’entend pas ailleurs et que les autres médias n’ont pas forcément envie d’entendre" citant Tariq Ramadan, Alain Soral et Dieudonné. Taddeï a répondu : "libre à vous de ne pas les inviter (…) pour moi, il n’y a pas de liste noire, ce n’est pas à moi d’inviter les gens en fonction de mes sympathies ou de mes antipathies (…) si j’étais sur Fox News, je ferais comme vous".

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Source :

http://www.gaullistelibre.com/2013/03/frederic-taddei-don...

 

 

 

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Mais la police de la pensée avait peur que l’impie bouge encore. Un autre ulcéré du PAF monta alors au créneau : Claude Askolovitch.

 

7. Police de la pensée . jpg.jpg

 

Journaliste sportif à l’origine, Claude Askolovitch, est rédacteur en chef au JDD ( Journal du Dimanche), éditorialiste à Europe I, chroniqueur chez Itélé, et, si j’en crois Wikipedia, chroniqueur dans Avant-Premières, les jeudis soirs sur France 2.  Il est aussi l’auteur d’une biographie de Lionel Jospin et devait en écrire une de DSK quand les événements qu’on sait se produisirent… Il a aussi publié un pamphlet contre Ségolène Royal, sous forme d’entretien avec Eric Besson. Bref, c’est un apparatchik du PS. Ses avis et il les partage (sur Twitter paraît-il) :

« On dira que Taddei valide des salauds que d’autres émissions ne valident pas, ou pas encore. Un éclaireur de la perversité innocente … »

(Innocente mais néanmoins promise au bûcher. Pour son bien.)

« En même temps, d’autres salauds ont leur rond de serviette dans le PAF, parfois en cool chroniqueurs »

« Evidemment, Patrick Cohen a raison et Taddei valide en les invitant quelques salauds. »

Ah les braves gens ! Ah les trotskistes engraissés par la CIA ! Ou d’autres…

 

 

 

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Un dénommé Haziza (Frédéric, journaliste de la Chaîne parlementaire LCP et radio J) aurait, lui aussi joint ses aboiements à la traque. Sur quel réseau social ? Je n’en sais rien. Ici, par principe, nous ne les fréquentons pas. En revanche, le quidam venait de s’exprimer sur les morts rapprochées de Stéphane Hessel et d’Hugo Chavez. Cela nous a donné une vague idée du niveau. Nous empruntons – une fois n’est pas coutume – les réflexions qu’en a tirées un Atelier d’E & R.

 

Qui se réjouit de la mort d’Hugo Chavez ?

par Jean C.

 

L’utilisation à grande échelle des réseaux sociaux a ceci de particulier qu’elle confère aux personnalités du monde médiatico-politique, aux artistes ainsi qu’aux internautes lambda un sentiment d’impunité. Les conditions d’expression en vigueur sur la toile ont favorisé la mise en place d’un climat étrange où s’imbriquent narcissisme, réactions à l’emporte-pièce et invectives à connotations tribales.

Les réactions qui ont suivi l’annonce du décès d’Hugo Chavez le 5 mars dernier nous l’ont une nouvelle fois illustré. Tout juste remis de leur séance de glaviotage collectif sur le cadavre de Stéphane Hessel [1], les habituels chiens de garde du sionisme radical dans l’hexagone se sont empressés de déverser un flot d’injures et de commentaires orduriers sur la dépouille du leader de la révolution bolivarienne.

 

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Cohen-Askolovitch-Haziza-Hanouna : la curée des rabbins du PAF contre Frédéric Taddéi

A quoi sommes-nous obligés d’assister depuis quelques jours ? Après le clash au sein de « C à vous » [ils le prononcent comme ils l’écrivent ?], sur France 5, entre Patrick Cohen et Frédéric Taddeï, le 12 mars dernier, c’est Cyrille Hanouna, sur D8, de s’en prendre avec violence à l’émission de débat du vendredi de France 2, le 15 mars, et à son animateur.

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Commentaire d’un lecteur du Grand Soir (Yves T.) qui m’évitera d’en faire un moi-même :

Les "controversés" :


Tariq Ramadan, intellectuel "controversé"...


Marc-Edouard Nabe, écrivain "controversé"...


Dieudonné, humoriste "controversé"...


Alain Soral, polémiste "controversé"...


Michel Collon, journaliste "controversé"...


Hugo Chavez, Chef d’état "controversé"...
etc...etc...


Quels points communs entre tous ces "controversés" tels que les nomment les médias ? Ils sont d’extrême-droite ? pas tous. D’extrême-gauche ? non plus. Tous fachos ? ... Je les trouve personnellement extrêmement différents les uns des autres... 
Leur seul tort : avoir publiquement et sévèrement critiqué Israël, sa politique de colonisation et ceux qui la soutiennent. Et ça c’est pas bien... On peut le dire, mais doucement, et eux l’ont dit trop fort et sans prendre de gants.
Taddéï, lui ? son seul tort, oser inviter des "controversés" qui, selon nos médias dominants, devraient être interdits de parole...

 

Et un controversé, un !

 

8. ahmadinejad cornuto.jpg


Les téléspectateurs français et bailleurs de fonds de la télévision « de service public » seront-ils assez pleutres pour laisser brûler la sorcière ou se débrouilleront-ils pour rappeler leurs commis au plus élémentaire des devoirs ? Je ne parierais pas lourd sur cette dernière hypothèse. Qu’en pensent Porte et Guillon ?

 

 

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Réflexion inévitable entraînée par ce qui précède :

 

Qu’en est-il de la double (triple, quadruple) nationalité des « citoyens israéliens » ?

Quel usage en font-il ?

 Est-elle compatible avec nos Constitutions ?

Il fut un temps où quelqu’un qui naissait d’un père, mettons, italien et d’une mère française (ou l’inverse), devait obligatoirement, lorsqu’il atteignait sa majorité, opter pour la nationalité d’un de ses deux parents, à laquelle il devait, s’il était de sexe masculin, un service militaire.

Cela n’a pas été sans créer des situations parfois cruelles : quand les pays des deux parents se faisaient la guerre par exemple. Ou quand le pays qu’on avait choisi était partiellement annexé par l’autre, comme ce fut le cas pour les enfants de parents germano-français ou germano-belges quand l’Allemagne nazie « reprit » l’Alsace et les territoires germanophones belges et incorpora de force les jeunes gens mobilisables dans les armées du Reich (Qui a oublié les « Malgré nous » ?)

Quand, après la Révolution portugaise des Œillets, les vrais maîtres du monde, quels qu’ils soient, conscients du danger que représentaient des conscrits susceptibles de mettre inopportunément la crosse en l’air, supprimèrent d’un coup les armées nationales et revinrent au mercenariat d’antan, la question de loyauté militaire ne se posa plus, mais sans être juriste, je parie que les dispositions relatives à l’option de nationalité n’ont guère dû changer.

Sauf pour Israël, seul pays au monde qui ait unilatéralement décidé que ses ressortissants pouvaient avoir autant de nationalités qu’ils voulaient, en plus de la sienne, étant entendu que la sienne avait la primauté sur les autres. Cela s’appelle de la colonisation sans conquête par les armes. Encore fallait-il que les personnels politiques des pays concernés fussent d’accord. En ce qui nous concerne (Europe de l’Ouest) et en ce qui concerne les Etats-Unis, ils le furent.

C’est ainsi qu’on voit des « citoyens français » aller servir militairement Israël, se livrer à des actes de grand banditisme comme l’arraisonnement avec meurtres de bateaux de pays souverains dans des eaux internationales, déloger, déporter, enfermer des populations civiles, massacrer des enfants au phosphore blanc, etc. etc. etc. et s’en revenir ensuite « chez eux » en France, comme on va aux putes, pour se délasser, faire de la planche à roulettes dans les couloirs de l’Elysée et dicter quelques ordres à leurs présidentiels laquais, avant de retourner casser du bougnoule. Bientôt, on les verra lancer leurs dogues sur les femmes voilées des gourbis et sur les femmes non voilées des pavillons de banlieue, comme déjà ils déversent des pots de peinture sur M. Jacob Cohen : pour le fun. Aujourd’hui, c’est le tour de Taddei.

Avons-nous dit qu’on a les gouvernements, les journalistes et les animateurs de radio-télé qu’on mérite ?

 

Théroigne

 

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Mis en ligne par moi le 21 mars 2013

16:21 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/03/2013

Un interlude mosaïque

00. Déshydratation.jpg

Aline de Diéguez

Interludes

Rencontre avec deux génocidaires

 

1 - L'Elu

2 - Convocation de l'Elu par le Très-Haut

3 - Descente de la montagne

4 - Grosse colère du Tout-Puissant et pulsion génocidaire

5 - Le grand ébranlement

6 - La bête cachée sous les ailes des anges

7 - Lendemains de carnage

 

Dès mon arrivée, il m'a fascinée et terrifiée.

Hiératique et olympien, il trônait au milieu de ses ouailles. Sa bouche aux lèvres serrées, encadrée des boucles soyeuses d'une barbe bien peignée avait le pli amer et hautain qui marque de son sceau l'Elu, le chef, l'homme d'action.

La tête légèrement tournée de côté, le menton imperceptiblement relevé, il siégeait, aussi immobile et colossal qu'une statue de marbre. Des yeux enfoncés dans les orbites et abrités par des sourcils proéminents accentuaient la sévérité du visage. Indifférent aux frôlements d'ailes des silhouettes qui vaquaient gracieusement aux tâches de la société des anges, son regard intense harponnait l'infini.

J'eus le temps de remarquer le bras musculeux que striaient des veines apparentes où le sang avait l'air de palpiter et une main étonnamment fine perdue dans les ondulations de la barbe. Je cueillis au passage l'expression de lassitude d'un regard qui me donna la chair de poule tellement il semblait caverneux.

Je m'attendais à voir un héros au front ceint de lumière, un favori du Tout-Puissant rayonnant d'assurance. Je découvrais un guide à la fois énergique et accablé, volontaire et désillusionné. Toute sa personne reflétait une force contenue, ombrée de souffrance. J'en compris plus tard la raison.

1. Aline Moïse.jpg

Moïse par Michelangelo, situé à San Pietro dans la Basilique de Vincoli.

2 - Convocation de l'Elu par le Très-Haut

Je connaissais ses exploits car aucune bulle n'est si étanche que des informations ne puissent filtrer hors de ses frontières. Je savais que ce grand favori du Tout-Puissant était un athlète aux dons exceptionnels. La puissance de ses biceps et de ses quadrijumeaux conjuguée à la finesse de son oreille avaient joué un rôle éminent dans l'architecture de son paradis.

Le Très-Haut avait des informations capitales à transmettre à son peuple bien-aimé.

Il convoqua son Elu alors que celui-ci errait à la tête de sa horde dans une étendue sableuse et brûlante. Comme Il est toujours aussi espiègle, Il lui fixa un rendez-vous dans un endroit périlleux et très difficile d'accès.

Et voilà le guide contraint de quitter sa troupe et de se muer en alpiniste. Bien que la montagne en question jouisse d'une réputation médiocre auprès des montagnards chevronnés, l'escalade solitaire dura six jours et six nuits.

2. Aline - Djebel Moussa - Sinai3.jpg

Le sommet du Djebel Moussa (2285 mètres) où, selon la tradition, Moïse fut convoqué par Jahvé

Il faut dire, à la décharge de l'athlète céleste, qu'elle s'effectua dans des conditions météorologiques particulièrement défavorables et sans l'aide d'aucun matériel approprié: à la chaleur torride du désert succéda un épais brouillard, sans compter le décryptage ardu du jeu de piste auquel le champion escaladeur dut se livrer pour découvrir le piton du rendez-vous alors qu'il progressait péniblement à mains nues et chaussé de simples sandales.

Le Tout-Puissant a beau être invisible, Il est très bavard. Il tint à son Elu bien-aimé un discours qui dura quarante jours et quarante nuits ! Même le plus doué des lider maximo est incapable d'une telle prouesse. Mais la performance la plus fabuleuse et digne de figurer dans le célèbre livre des records, me parut être celle de l'auguste et patient auditeur: accroché à un rocher, affamé, assoiffé et privé de sommeil pendant mille neuf cent vingt heures, il fut capable d'écouter et d'enregistrer l'équivalent d'un gros in-folio.

Comme tous les puissants monarques, le souverain des astres errants sur la voûte céleste avait été rattrapé par la fièvre bâtisseuse. L'infini monotone l'ennuyait tout à coup. Il rêvait maintenant de la construction d'un édifice mirobolant consacré à son propre culte. Pendant ses longs cycles de solitude et de vagabondage au milieu des myriades de galaxies qu'Il s'était amusé à engendrer d'une pichenette, Il avait eu le temps de ruminer son projet, si bien que son auguste cerveau avait tout prévu, y compris les détails qui auraient semblé insignifiants à un esprit ordinaire.

Pendant ces six longues semaines, le Très-Haut se défoula et sa parole chue du ciel étoilé roula en vagues ininterrompues, telle une pierre qui n'amasse pas mousse. La présence d'un auditeur attentif semblait avoir démultiplié sa faconde. Rien n'avait échappé à sa divine prévoyance et à sa paternelle vigilance.

Ainsi, notre Créateur tout puissant n'avait pas jugé indigne de sa grandeur de disserter sur la composition des huiles selon qu'elles servent à la table ou à l'éclairage des salles.

Son œil divin s'était penché sur la qualité des poutres, leurs dimensions, leur nombre, les intervalles entre elles.

Il avait défini à un liséré près la façon dont les servants de cette bâtisse devaient être habillés selon leur sexe, leur âge, leur condition.

Il avait finement prévu la tenue des domestiques et la qualité de leurs vêtements.

Les bijoux, les décorations luxueuses des rideaux et les fanfreluches destinées à orner les robes des notables ainsi que les divers types de laines destinées au tissage des riches étoffes étaient examinés et scrupuleusement décrits. La forme des rideaux et leurs dimensions, le nombre et le style des meubles avaient été méticuleusement conçus par son esprit clairvoyant.

Il n'avait pas omis de mentionner les différents ustensiles de cuisine dont un habitacle aussi cossu devait être pourvu et avait exposé avec une compétence de chef cuisinier multi étoilé la composition des menus et la présentation des repas.

Il s'était attardé, avec un soin maniaque, à dépeindre la forme des tentes selon qu'elles étaient destinées à abriter le bétail ou les domestiques. Il avait même détaillé le nombre de poils de chèvres à insérer dans le tissu destiné à la fabrication des toiles de ces tentes!

Et surtout, dans sa paternelle bénévolence pour ses zélés serviteurs, Il n'avait pas oublié de régler la délicate question du montant des impôts et des quêtes destinés à entretenir le nombreux clergé chargé du service de son culte.

Je n'évoque que pour mémoire les commandements sur la longueur et l'épaisseur des planches, la forme des tenons, la qualité des tissus et le sens de leur tissage, le dessin des boutons et mille autres détails aussi subtils dont l'importance n'échappera à personne.

C'était fabuleusement pensé!

3 - Descente de la montagne

On comprend que Tout-Autre ait eu des doutes sur la capacité de son ambassadeur de mémoriser et de répéter fidèlement une telle masse de recommandations capitales. Aussi avait-il préféré se mettre lui-même au travail. Comme Il est vraiment autre, c'est de son propre doigt qu'Il avait gravé ses centaines d'informations dans des blocs de pierre. Au sommet d'une montagne, on ne trouve ni papyrus, ni argile, ni stylet - la roche est le seul matériau disponible.

Certains fidèles suspicieux avaient même avancé l'hypothèse audacieuse que le Très-Prudent avait cisaillé la montagne avec son doigt et que les blocs étaient empilés avant que son fidèle intendant achevât son ascension.

D'aucuns prétendent toujours que le Diable se cacherait dans les détails. Cela me fait rire doucement: quand on sait que l'Innommé est tellement tatillon qu'Il est allé jusqu'à indiquer le nombre d'agrafes et de brides qu'exige la fixation de la toile d'une tente et qu'Il a même précisé avec une méticulosité vétilleuse la manière de coudre les brides et d'insérer les agrafes dans les brides, on voit que tout l'espace était déjà archi bondé. Si le Diable se niche quelque part, ce n'est sûrement pas là qu'il faut le chercher.

La seule information manquante - et qui m'a beaucoup intriguée - c'est le nombre de blocs de granit qu'il a fallu utiliser pour consigner toutes ces informations. De nombreuses générations de fidèles perplexes se sont attelées à résoudre cette douloureuse énigme; car même si notre créateur est capable d'écrire tout petit - mais avec un doigt et sur la pierre, il y a des limites - des savants très compétents ont calculé qu'il était impossible de s'en tirer avec moins d'une dizaine de blocs gigantesques.

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Jacques de Letin (1597-1661) , Moïse au Sinaï, huile sur toile, 210 x 232 cm, Musée Saint-Loup, Troyes

 C'est pourquoi l'exploit d'un terrien capable de soulever un seul menhir provoque chez les habitants des espaces azuréens un éclat de rire intergalactique. Je trouve que ce messager du Très Haut est un grand modeste. Il a visiblement voulu éviter de faire des envieux; car personne ne sait comment il a empoigné son fardeau pour dévaler la pente. Pas la moindre information n'a filtré sur la durée du chargement et celle de la descente.

Certains décrivent le héros arrivant lestement au campement, porteur de deux petites feuilles de granit bien lisses avec une dizaine de recommandations gravées au recto et au verso. Or, lors de cette entrevue au sommet d'une montagne, en plein désert, le Très-Haut avait versé dans l'oreille de son élu plus de mille cinq cents informations et recommandations. Les boîtes d'archives en font foi et les verbatim de ce monologue occupent près de la moitié d'un gros in-folio.

Donc, en supposant qu'il ait fallu dix grands blocs pour les consigner, il est presque certain que mon estimation est plus proche de la vérité que tous les prétendus témoignages. Des spécialistes en haltérophilie céleste supposent que le champion aurait saisi deux blocs sous chaque bras et qu'il n'en serait resté que six à charrier sur le dos.

Mais, objection votre honneur! Un problème nouveau s'était alors présenté à mon imagination raisonneuse. Si les blocs avaient été fixés sur son dos en premier, comment ce super Hercule aurait-il pu se baisser pour saisir les blocs restants sans basculer? Personne n'a pu expliquer comment un seul athlète, fût-il un résident du paradis, aurait réussi à fixer six blocs sur son dos alors qu'il avait déjà les deux bras occupés à en maintenir quatre autres.

J'ai vu en note dans mon fascicule que des chercheurs avaient, eux aussi, été interpellés par cet exploit et qu'ils avaient tenté d'analyser les conditions de son exécution. Certains sont parvenus à la conclusion audacieuse que si l'Innommé n'avait pas de visage, Il avait, lui aussi, de solides biceps. C'est lui qui aurait gracieusement fourni des cordes, puis empilé et fixé les blocs sur le dos de son fidèle souleveur de montagne.

4 - Grosse colère du Tout-Puissant et pulsion génocidaire

Pendant que le Très-Haut et son Elu bien-aimé s'occupaient de leurs petites affaires et s'échinaient à trouver le meilleur moyen de harnacher la précieuse cargaison sur le dos de l'alpiniste - quel drame pour l'avenir de l'humanité que se perde la connaissance du nombre de poils de chèvre à insérer dans les toiles de tente! - un coup d'oeil jeté par-dessus l'épaule du porteur de rochers apprit au maître de l'univers que le camp de base était en ébullution, qu'on s'y amusait et qu'on y festoyait bruyamment.

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Alexandre Andreïevitch Ivanov ( 1806-1858) Saint-Pétersbourg, Danse devant le veau d'or

. Voilà qui n'était ni prévu, ni autorisé.

Une colère comme on n'en vit jamais sous la voûte étoilée saisit le créateur des mondes. Les colonnes d'Hercule tremblèrent. Le ciel cracha des éclairs, la terre se fendit et une sombre vapeur s'échappa de la montagne.

- Je vais pulvériser cette vermine, ces cirons, ces tiques - hurlait le tonnerre. Je les ai chassés de mon jardin, j'ai essayé de les écraser en provoquant l'écroulement de la HLM qu'ils s'étaient permis de construire sans mon autorisation, j'ai fini par noyer ces misérables - c'est vrai, j'en ai épargné un, j'ai été trop bon! - et voilà qu'ils se permettent à nouveau de me désobéir. Je vais les broyer, les concasser, les réduire en poussière, en fumée..."

Je vis que le pauvre souleveur de montagne, effondré, eut toutes les peines du monde d'empêcher le roi de l'univers de se livrer sur-le-champ à un génocide général et à carboniser d'une pichenette de son auguste index ou d'un rayon laser ravageur de son oeil divin, la populace en liesse qui gambadait dans la vallée.

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"Que ma colère s'enflamme contre eux et que je les extermine..." (Ex, 32-10)

 Tout ahanant, il réussit à calmer le colérique potentat céleste en faisant appel à un argument qui me stupéfia, tellement il me parut mesquin. En effet, une petite piqûre d'amour-propre habilement décochée suffit à faire renoncer le Créateur à sa pulsion génocidaire: provoquer une éruption volcanique afin d'écraser une punaise, c'était révéler son impuissance, sussura l'Elu. Il allait devenir la risée de ses ennemis!

Je sursautai. Des ennemis? Qu'est-ce à dire? L'Elu n'en dit pas plus, mais ce sous-entendu vicieux calma sur-le-champ l'irascible potentat céleste qui s'était toujours efforcé de cacher qu'il n'était ni seul, ni unique à siéger dans l'éther. Des rivaux se tenaient déjà les côtes de rire en voyant que ce vantard qui prétendait régenter le monde n'était même pas capable de se faire obéir d'une poignée de va-nu-pieds sans domicile fixe.

Colérique, génocidaire, susceptible, orgueilleux, impuissant et mesquin, tel m'apparaissait le souverain auto-proclamé des galaxies et c'était là une bien triste découverte.

Mais ce n'était-là que la première étape de mon douloureux cheminement.

Il paraît qu'un sherpa attendait l'alpiniste et son chargement au camp intermédiaire. Il s'empressa de soulager le messager du Très- Haut de son encombrant fardeau, l'Elu ne conservant par devers lui qu'un petite plaque portant une dizaine d'indications générales et assez banales - une sorte de pense-bête, en somme.

C'est lors du retour de l'Elu au campement de base que se produisit l'événement que beaucoup qualifient de fondateur parce qu'il révéla aux fils d'Adam les souterrains et les labyrinthes de leurs cervelles et de leurs cœurs.

5 - Le grand ébranlement

Voici comment furent dévoilées les choses demeurées cachées depuis le surgissement de la voie lactée. Auprès d'elles, l'épisode de la pomme n'est guère plus qu'un pépin dans une marmite de compote. Les archives en rapportent les péripéties, mais qui lit aujourd'hui les archives? D'ailleurs n'est-il pas écrit que les fils d'Adam ont des oreilles pour ne pas entendre et des yeux pour ne pas voir?

Une liesse bruyante régnait au camp, mais le retour et l'exploit de l'athlète céleste n'y étaient pour rien. Une bacchanale battait son plein autour d'une statue de bovidé que l'un d'entre eux avait bricolée. Des fidèles de tous âges gambadaient à qui mieux mieux, riaient, sautaient, hurlaient, chantaient, se livraient à des gestes obscènes, s'invectivaient, ironisaient sur l'impuissance des chefs et se moquaient comme de leur première auréole du prétentieux escaladeur.

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Nicolas Poussin (1594-1660) L’Adoration du Veau d’Or (vers 1635)Huile sur toile - 153,4 x 211,8 cm Londres, National Gallery

 Le sang monta au cerveau de l'alpiniste divin. Sa vue et sa cervelle se brouillèrent. Il vit rouge, perdit la notion du temps, du lieu et des réalités et…

Dans un hurlement dont l'écho résonna trois fois sur les pentes rocheuses toutes proches, l'Elu assuma la fureur du Créateur. Y ajoutant la sienne propre, il ordonna un massacre général. Tuez, tuez, tuez, vociférait-il. Il lui fallait du sang, beaucoup de sang, le sang d'un frère, le sang d'un fils, le sang d'un ami.

Il lui avait donc suffi d'une absence de quarante jours pour être oublié! Sa vexation, sa déception et sa colère criaient vengeance. Chef et guide de la tribu, le messager du Tout-Puissant n'en avait pas moins été supplanté en quelques jours par un démagogue qui faisait sautiller toute la tribu autour de la piteuse statue d'un jeune bœuf barbouillé de dorures. Honte et malédiction! Tuez, hurlait-il, encourageant les assassins de la voix et du geste!

Tous obéirent, car tous avaient reconnu le chef à sa colère. Sans l'ombre d'une hésitation, chacun quitta la danse, se précipita dans sa tente et se saisit du grand coutelas qui servait à découper le petit bétail. Au milieu des cris, des pleurs, des gémissements, des appels à la miséricorde, des supplications, des ahanements, des piétinements, une gigantesque tuerie se déclencha. Une tuerie indistincte. Chacun avait tous les autres pour ennemis.

Pitié, amour, compassion, fraternité, famille, plus rien n'existait. Pulvérisées les inhibitions. Evaporée la mince pellicule d'angélique nature! La bête tapie en chacun d'eux pointa son museau gourmand. Le soleil aiguisa sa fringale et sa cruauté. La bête s'en donnait à cœur joie, la bête plantait les crocs dans les poitrines, la bête coupait des membres, tranchait des gorges, estropiait tout ce qui passait à sa portée. La bête obéissante et carnassière jouissait de la vue et de l'odeur du sang répandu.

La tuerie ne prit fin qu'avec l'épuisement des tueurs et aboutit à plus de trois mille victimes égorgées, transpercées, décapitées, piétinées. Des générations d'enfants auraient pu construire une ville entière avec les pâtés de sable imbibé du sang qui ruisselait autour des tentes.

Pendant ce temps-là, le vénérable chef à l'ego transformé en cocotte de papier et devenu fou furieux, retourna sa rage contre les blocs qu'il avait si péniblement transportés et les fracassa les uns contre les autres.

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Domenico di Pace Beccafumi (1486 - 1551) , Moïse et le veau d'or

 L'ébullition de sa cervelle apaisée, l'ordonnateur du carnage s'était retiré à l'écart du campement. On l'avait vu méditer, méditer longtemps, la poitrine soulevée de profondes inspirations comme s'il voulait expulser de ses poumons l'odeur écœurante du massacre et de la sueur des tueurs.

Puis il s'était assis, s'était pris la tête à deux mains, l'avait posée sur ses genoux. Accablé. Anéanti. Après de longues minutes, il s'était levé et s'était dirigé vers le campement, lentement, très lentement, la tête toujours baissée.

Osant enfin lever les yeux, le chef avait contemplé le résultat de son commandement. Sa bouche s'était crispée, son front s'était plissé et une grande pitié avait envahi son cœur. Pitié pour les morts, pitié pour les blessés, pitié pour les survivants. Et surtout, pitié pour lui-même, qui avait été capable de donner un ordre aussi insensé.

Et horreur de constater qu'il avait été si bien exécuté.

6 - La bête cachée sous les ailes des anges

Alors qu'il avait réussi à éloigner le génocide du Tout-Puissant, l'Elu se découvrait un assassin sanguinaire. Seul responsable de sa colère, seul responsable de sa décision, seul responsable du massacre, l'Elu se révélait un Adam habité par le meurtre.

Mais son remords ne dura que le temps d'un clignement de paupières. En Tartuffe habile, il secoua la poussière sur ses sandales et s'empressa de maquiller sa pulsion criminelle en offrande au Très-Haut. Imitateur et bras séculier de son génocidaire divin, responsable de l'obéissance de ses troupes, son objectif était atteint.

Quant à l'obéissance des masses à l'autorité d'un chef, je compris qu'elle est au fondement de toutes les tyrannies et de tous les génocides. C'est pourquoi je me disais que l'Elu est l'archétype de la cohorte de tous les génocidaires qui défileront à sa suite dans l'histoire.

Plongée dans ces tristes réflexions, je fus ravie en esprit et j'entendis pleurer le clairon de la sonnerie aux morts.

Je vis l'Elu dans l'éclat éblouissant de sept lampadaires d'or, je vis sa fureur et les cadavres ruisselants du sang de la tuerie qu'il venait d'ordonner.

Je fermais les yeux. La lumière se voila doucement et un gnome gesticulant à petite moustache sous le nez apparut. Je ne comprenais pas ses paroles, mais je vis une foule innombrable d'une nation autrefois chevaleresque lever le bras en signe d'acquiescement. Obéissante, elle acceptait de participer à une industrie de la mort.

Les images se précipitèrent. Je vis de grands massacres tribaux, des corps décapités, éventrés à coups de machette avec une allégresse de carnassiers. Du sang, encore du sang et dans les villes et les campagnes se répandait la fétide odeur de la mort. Des cris, les mêmes que ceux l'Elu "Tuez, tuez, tuez", vociféraient des voix venant de nulle part et de partout. La foule obéissait et les tueurs s'activaient.

Je vis les meurtres, les spoliations, les humiliations, les tortures, infligées aux occupés par les occupants dans les sordides geôles d'anciennes victimes devenues bourreaux. Je vis des immeubles pulvérisés avec tous leurs habitants. Une pluie de bombes et de missiles déchiraient, carbonisaient, lacéraient les chairs d'une population captive. Je tue, je tue, je tue, criait une voix. Je torture et je tue parce que je suis une éternelle victime. J'offre mes supplices, mes meurtres et mes turpitudes à ma divinité la plus secrète : mon MOI de peuple élu.

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Enfant palestinien martyrisé, Torture as official Israeli policy

Je vis le virus du sadisme et de la sauvagerie contaminer si gravement les collaborateurs qu'ils ajoutaient l'ignominie de la trahison à leur lâcheté et rivalisaient de cruauté avec l'occupant dans les sévices qu'ils ingligeaient aux résistants.

Et toujours les meurtriers et les tortionnaires obéissaient, riaient et dansaient.

Je vis avancer les colonnes vrombissantes de chenilles monstrueuses. Les modernes Attila messianisés et mécanisés étaient en marche. Ils criaient: "Nous sommes la civilisation et la démocratie", mais leurs chenilles meurtrières écrasaient la civilisation et broyaient les hommes. Ils criaient : "Nous sommes des libérateurs, nous sommes purs et innocents" et je les vis dans leurs œuvres de sinistres fonctionnaires du crime se livrer aux tortures les plus répugnantes dans les abjects culs de basse fosse d'Abou Ghraib, de Bagram, de Guantanamo et dans la cinquantaine d'Etats qu'ils étaient parvenus à corrompre et à contaminer.

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Abou Ghraib, GI femelle de l'armée américaine en Irak. La torture corrompt le tortionnaire

C'était donc si facile de tuer, de piétiner, d'humilier!

La fascination pour la force et la volupté de la soumission pouvaient-elles faire de chaque fils d'Adam un tueur et un tortionnaire capable de plonger un couteau dans le cœur de son voisin, dans celui de son père ou dans celui de son fils?

Plus ces pensées tournoyaient dans ma cervelle, plus je me disais que le véritable couteau, c'est le pouvoir et c'est l'obéissance aveugle aux ordres du chef, à n'importe quel ordre issu de la bouche de la "hiérarchie". Le pouvoir rend fou et la soumission aux autorités ainsi que l'abandon de toute responsabilité individuellepeuvent transformer en un instant un paisible père de famille en assassin de son fils, un fils ordinaire en parricide et n'importe quel Adamien obéissant aveuglément aux ordres de son "chef" en bête immonde.

7 - Lendemains de carnage

Je m'attendais à lire le récit d'une cérémonie de funérailles, ou du moins à des pleurs de familles endeuillées, à des scènes de repentir collectif. Mais non, rien. Effacée, la tuerie collective, occulté, gommé, nié le carnage. L'important, disait le récit, c'était d'avoir désobéi aux ordres du Tout-Puissant qui interdisait de danser autour d'un veau. C'était sur cet acte-là que devaient porter les regrets de la horde.

Je vis que le Très-Haut se déclarant solidaire de son fidèle intendant dans l'offense et dans le massacre, lui avait fait connaître les conditions de son pardon: recoller les morceaux de rochers fracassés et apprendre par cœur la liste les directives qui y avaient été consignées. Je compris à quel point le Créateur jugeait capital d'enseigner au peuple l'art et la manière de coudre les brides sur les bords des toiles de tente.

Les survivants ne se le firent pas dire deux fois. Ils applaudirent bruyamment et se mirent au travail. Bannies les frivolités et les gambades autour d'un bovidé. Place à la discipline, à la sélection des poils de chèvre et à la couture des brides.

Une autre question me tourmentait. Je me demandais ce qu'on avait fait de tous les cadavres. Est-ce qu'on avait creusé une fosse commune? Si oui, est-ce que, dans le charnier, on avait soigneusement empilé les corps après les avoir comptés? Les avait-on jetés pêle-mêle, rapidement et honteusement? Chaque famille avait-elle enterré les siens? On avait peut-être entassé les corps sur un gigantesque bûcher. Quelqu'un avait-il eu l'idée de construire un four afin d'assurer une crémation plus complète et transformer plus rapidement les cadavres en cendres et en fumée afin que les narines du Très Haut fussent délicieusement chatouillées par les volutes de ce gigantesque holocauste?

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Lendemain du carnage des "élus" à Gaza, janvier 2009

 Le sable avait bu le sang, mais trois mille cadavres en un seul endroit, c'est une masse encombrante. Sous un climat chaud, les corps se décomposent rapidement et sentent mauvais! Je me surprenais à calculer le volume que représentaient trois mille corps et le cubage de terre déplacée pour les enfouir. Combien de stères de bois aurait-il fallu entasser afin de les carboniser? Mais le massacre s'est déroulé en plein désert, si bien que pas la moindre branchouille n'était visible à l'horizon. Le récit passait ces questions, pourtant capitales, sous silence. Seules étaient fustigées la danse et la désobéissance.

J'en conclus que les cadavres furent purement et simplement abandonnés sur place et qu'avec la bénédiction de l'Elu et du Très-Haut ils servirent à améliorer le repas quotidien des charognards du désert.

Je vis que le plus soulagé de tous était le colérique messager. Les blocs recollés, les cadavres disparus par magie, la vie des survivants reprenait benoîtement son cours. Tout allait de nouveau pour le mieux dans le meilleur des paradis sous le commandement avisé d'un messager du Tout-Puissant d'autant plus vénéré qu'il était redouté.

Le projet de construction de la monumentale bâtisse à la gloire du Créateur occupait désormais des esprits et des corps solidement attachés au piquet de la soumission et étroitement ficelés à un réseau serré de rites, de prières et d'obligations. Le groupe enfin devenu une pâte homogène et obéissante allait avec enthousiasme retrousser les manches d'une tunique de lin toute neuve et immaculée.

Tout en glorifiant le Tout-Puissant, les descendants d'Adam, soumis, domptés et enfin devenus aussi malléables entre les mains de leurs chefsque la cire chauffée, mirent en chantier le gros œuvre de l'édifice selon les plans révélés au sommet de la montagne, le porteur de blocs faisant office de chef de chantier et de gardien de la LOI.

*

Je compris que le Très-Haut et son Elu bien-aimé sont de grands précurseurs de la gestion politique des masses et que le mythe est un théâtre.

 

*

NOTES

Jahvé dit à Moïse : " Monte vers moi à la montagne et restes-y ; je veux te donner les tables de pierre, la loi et le commandement que j'ai écrits pour les instruire ". (Ex 24,12-13).

La nuée le couvrit pendant six jours. Exode, 24,16 Moïse entra au milieu de la nuée et gravit la montagne. Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits. (Exode, 24,18)

" Maintenant, laisse-moi faire, je vais me mettre en colère et je les détruirai " (32.10) Et c'est Moïse qui dissuade Dieu de se laisser emporter" (32.11 à 13), "Exode 34-40

Exode 20-31 Josué entendit la rumeur du peuple avec ses acclamations , et il dit à Moïse : Rumeur de guerre au camp ! Moïse dit : Ce n'est pas une rumeur de chants de victoire, ce n'est pas une rumeur de chants de défaite, c'est une rumeur de chants alternés que j'entends ! Lors donc qu'il approchait du camp , il vit le veau et les danses. La colère de Moïse s'enflamma . " (Ex, 32, 16-19)

" Il (Moïse ) leur dit : Mettez chacun le glaive à la hanche. Passez et repassez dans le camp de porte en porte , et tuez, qui son frère, qui son ami, qui son proche. Les fils de Lévi agirent selon la parole de Moïse ; " (Exode, 32, 27-28)

" et du peuple, il tomba ce jour-là environ trois mille hommes. "

" il jeta de sa main les tables et les brisa au pied de la montagne "

" Moïse dit : Recevez aujourd'hui l'investiture pour Jahvé , qui au prix de son fils, qui au prix de son frère, pour qu'il vous donne aujourd'hui sa bénédiction. " (Exode, 32,29 ; traduction Osty)

Epître de Saint Paul à Tite : " …nous étions , nous aussi, insensés, indociles, égarés, asservis à des convoitises, vivant dans la méchanceté et l'envie, odieux, nous haïssant les uns les autres. " 3,3

Epître de Saint Paul aux Romains : " … remplis qu'ils sont de toute espèce d'injustice, de perversité, de cupidité, de méchanceté ; pleins d'envie, de meurtre, de querelle, de ruse, de perfidie ; rapporteurs, calomniateurs, ennemis de Dieu, insolents, orgueilleux, fanfarons, ingénieux au mal, indociles aux parents, sans intelligence, sans loyauté, sans cœur, sans pitié. " (1-28-31)

Moïse dit au peuple : " Vous avez commis , vous, un grand péché , mais maintenant je vais monter vers Jahvé ; peut-être pourrai-je faire l'expiation pour votre péché. " (ex 32,30)

Que toute personne soit soumise aux pouvoirs établis ; car il n'est de pouvoir que de Dieu. Ainsi, celui qui s'oppose au pouvoir résiste à l'ordre voulu par Dieu, et ceux qui résistent s'attireront la condamnation. Saint Paul, Lettre aux Romains, 13,1-2

Le 4 mars 2013


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BELGIQUE

 

Visite de Shimon Peres à Bruxelles

Le député Laurent Louis interpelle le Premier Ministre Elio di Rupo

 


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SUR UN ENTERREMENT QUI N’EN FUT PAS UN

ET QUI N’AURA PEUT-ÊTRE PAS LIEU

 

Puisque, en effet, le corps embaumé de leur président, sera peut-être exposé par les Vénézuéliens comme le fut celui de Lénine par les Russes.

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« Si vous voulez savoir qui était Chávez, regardez qui pleure sa disparition, et regardez ceux qui s’en réjouissent, là vous aurez votre réponse ! »

Fidel Castro


 

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Feu Hugo Chavez vient de nous rendre post mortem un signalé service, un de plus et sans doute pas le dernier : celui de mettre à nu comme jamais elle ne le fut la guerre des classes.

Quand on pratique avec notre talent l’art d’échapper au déplaisant, c’est-à-dire quand on n’a pas d’étrange lucarne, qu’on n’écoute pas les radios et qu’on ne lit pas les journaux, on ne se rend pas compte des transformations à la Dorian Gray du monde qui nous entoure ; encore moins est-on capable de mesurer le degré de stridence atteint par la cacophonie qui peut monter quelquefois de la meute des chiens de garde occupés à étaler sans vergogne leur ignorance crasse, leur bassesse que plus bas il y a du pétrole, et à gagner leur beefsteak de clabaudeurs mercenaires.

Sans Internet, nous n’en aurions rien su. Mais trop nombreux sont ceux qui, des deux côtés de l’Atlantique, s’en sont émus pour que le plus timide internaute puisse ignorer le phénomène.

Cette basse-cour en folie (pardon les poules !), paniquée à l’idée que les Vénézuéliens pourraient faire école et finir par faire bien voir aux autres canidés (de Pavlov) à quel point les « élites » - c’est-à-dire elle-même – sont à poil et sentent la charogne pas fraîche, nous a remis en mémoire ce que disait, il n’y a pas si longtemps, feu Henri Guillemin, à propos de la métaphore de Victor Hugo, qui comparait le peuple à une cariatide.

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Ah, s’écriait le bouillant H.G., si la cariatide connaissait sa position et sa force !… Ah, si elle avait seulement pour deux sous de jugeote, de volonté d’être libre et de détermination !... comme elle aurait vite fait de mettre à bas tous les puissants de ce monde, qui se gobergent d’ortolans sur sa tête, à qui elle passe les plats fumants à la montée et qu’elle débarrasse des plats sales à la descente, pour les leur laver… Il suffirait qu’elle plie un peu le cou, qu’elle remue un rien les épaules, non, même pas les deux, une seule, qu’elle se dérobe, sans même recourir à la violence – pour quoi faire ? - … S’incliner légèrement pour se gratter le genou suffirait.

C’est ce qu’ont fait Chavez et son peuple. Sans recourir à la moindre violence en effet. Les voyez-vous, tous les parasites tombés du toit, qui gigotent et criaillent dans la poussière ? Le spectacle n’est-il pas ravissant ? Le son a-t-il quelque chose à envier à l’image ?

Les Vénézuéliens et d’autres peuples du continent sud-américain ont fait quelque chose de très simple, de très jeune, de très énergique et courageux, quelque chose digne des chansons de geste de notre passé, dont nous ne voulons plus rien savoir. Ils n’ont pas volé leur liberté, ils ont payé le prix de leur dignité. On a les gouvernements qu’on mérite.

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De la vague d’articles qui déferlent sur le net, nous ne vous en proposons que deux – du même auteur – parce que vous aurez certainement déjà vu les autres et que ceux-ci disent des choses intéressantes sur les "pour" et les "contre", et tentent d'entrouvrir les portes de l'avenir.


Notes sur notre après-Chavez

Philippe Grasset – DeDefensa.org

8 mars 2013 – D’une façon générale, les réactions à la mort d’Hugo Chavez ont été considérables et assez diversifiées. Il ne fait nul doute que, dans cette époque de communication, cet homme simple devenu président et affirmant une forte capacité de communication, est devenu ce qu’on nommerait un “homme d’État” correspondant effectivement à ces temps étranges, lui-même cultivant l’art de la parole nette, de la franchise enjouée, de l’éloquence populaire et du discours interminable et festoyant. (Ne disons pas “populiste” pour qualifier l’éloquence, de crainte de “déraper” dans les salons où l’on veille à débusquer la bête brune au “ventre toujours fécond”.)

Nous sommes également d’un jugement que le comportement de Chavez sur la fin de sa maladie n’a pas été sans témoigner d’une force d’âme remarquable, qui a marqué et marquera les esprits durablement et profondément, même si d’une façon inconsciente. Un homme dans son état de santé, connaissant sans aucun doute l’issue fatale proche pour lui après deux années de soins intensifs et d’une dégradation continue, avec l'épuisement qui va avec, l'affaiblissement de la psychologie, et se lançant dans une campagne présidentielle, et la gagnant comme il l’a fait, pose un acte décisif qui a sans doute accéléré sa fin, qui est aussi un acte politique héroïque de responsabilité qui le dépasse dans la mesure où il assure à ses successeurs une base renouvelée de popularité pour le régime, qui n’a plus rien à voir avec ses propres ambitions. Les réactions soulevées, ainsi que la ferveur populaire accompagnant ce décès n’auraient pas été aussi intenses et aussi “politiques” dans le sens de la ferveur pour son parti, pensons-nous, s’il n’y avait pas eu l’épisode de l’automne dernier.

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 Voir aussi celui qui l’a immédiatement précédé :

L’ultime bataille de Chavez : un “deuil mobilisateur”

Philippe Grasset – DeDefensa.org

 6 mars 2013 - La mort du président vénézuélien Hugo Chavez se place aussitôt sous les auspices d’une crise majeure : non pas seulement une crise intérieure du pays, qui va de soi pour un tel événement et dans les circonstances générales qu’on sait, mais essentiellement une crise également générale opposant le Système aux forces nécessairement antiSystème et se plaçant complètement dans un contexte international. Le gouvernement et d’une façon générale, le “groupe Chavez” mené pour l’instant par le vice-président Maduro, ont immédiatement et exclusivement placé l’événement dans ce contexte, et avec tous les arguments pour le faire.

Deux axes ont aussitôt été choisis pour développer ce contexte de l’agression du Système, essentiellement représenté par les USA et leur processus immémorial d’interférences et d’intervention illégales dans les pays d’Amérique latine. D’une part, les interférences directes des USA, notamment par le biais de fonctionnaires ou militaires de l’ambassade US, avec l’expulsion immédiate de deux officiers de l’USAF travaillant à l’ambassade et qui sont accusés d’avoir proposé à des militaire vénézuéliens des actions subversives ; d’autre part, des doutes sur les causes du cancer dont Chavez est mort. On trouve des détails de ces deux axes dans l’intervention de Maduro, dénonçant un plan de déstabilisation, sur Venezuelanalysis.com, le 5 mars 2013.

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Mis en ligne par Théroigne, le 10 mars2013

 

[Et s’ils s’étaient aperçus que le Companero Chavez nous a quittés le jour du 60e anniversaire de la mort du camarade Staline, que n’aurions-nous pas entendu, que n’auraient-ils pas éructé les bons apôtres ! Heureusement qu’ils sont ignares. ]


17:49 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/03/2013

Ce n'était pas une vraie bonne nouvelle, finalement.

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Ce n’était pas une vraie bonne nouvelle, finalement.


 HUGO CHAVEZ EST MORT

 

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Depuis quand n’a-t-on plus vu un homme qui sera aussi universellement pleuré ?

Nos condoléances au Vénézuela

 à l’Amérique Latine,

et nos vœux d’invincible courage au président (bien sûr que oui !) Maduro et à tous, pour continuer dans la même voie, sans faiblir et sans se laisser diviser jamais, par rien ni par personne.

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*

« Tout finit sous six pieds de terre. »

Bonaparte

 

« Bonaparte avait raison. Pour le héros, pour le soldat, pour l’homme du fait et de la matière, tout finit sous six pieds de terre; pour l’homme de l’idée, tout commence là.

La mort est une force.

Pour qui n’a eu d’autre action que celle de l’esprit, la tombe est l’élimination de l’obstacle. Être mort, c’est être tout-puissant.

L’homme de guerre est un vivant redoutable; il est debout, la terre se tait, siluit; il a de l’extermination dans le geste, des millions d’hommes hagards se ruent à sa suite, cohue farouche, quelquefois scélérate; ce n’est plus une tête humaine, c’est un conquérant, c’est un capitaine, c’est un roi des rois, c’est un empereur, c’est une éblouissante couronne de lauriers qui passe jetant des éclairs, et laissant entrevoir sous elle dans une clarté sidérale un vague profil de César; toute cette vision est splendide et foudroyante : vienne un gravier dans le foie ou une écorchure au pylore, six pieds de terre, tout est dit. Ce spectre solaire s’efface. Cette vie en tumulte tombe dans un trou; le genre humain poursuit sa route, laissant derrière lui ce néant. Si cet homme d’orage a fait quelque fracture heureuse, comme Alexandre de l’Inde, Charlemagne de la Scandinavie, et Bonaparte de la vieille Europe, il ne reste de lui que cela. Mais qu’un passant quelconque qui a en lui l’idéal, qu’un pauvre misérable comme Homère laisse tomber dans l’obscurité une parole, et meure, cette parole s’allume dans cette ombre, et devient une étoile.

Ce vaincu chassé d’une ville à l’autre se nomme Dante Alighieri; prenez garde. Cet exilé s’appelle Eschyle, ce prisonnier s’appelle Ezéchiel. Faites attention. Ce manchot est ailé, c’est Michel Cervantès. Savez-vous qui vous voyez cheminer là devant vous ? C’est un infirme, Tyrtée; c’est un esclave, Plaute; c’est un homme de peine, Spinoza; c’est un valet, Rousseau. Eh bien, cet abaissement, cette peine, cette servitude, cette infirmité, c’est la force. La force suprême, l’Esprit.

Sur le fumier comme Job, sous le bâton comme Epictète, sous le mépris comme Molière, l’esprit reste l’esprit. C’est lui qui dira le dernier mot. Le calife Almanzor fait cracher le peuple sur Averroès à la porte de la mosquée de Cordoue, le duc d’York crache en personne sur Milton, un Rohan, quasi prince, duc ne daigne, Rohan suis, essaye d’assassiner Voltaire à coups de bâton, Descartes est chassé de France de par Aristote, Tasse paye un baiser à une princesse de vingt ans de cabanon, Louis XV met Diderot à Vincennes, ce sont là des incidents, ne faut-il pas qu’il y ait des nuages ? Ces apparences qu’on prenait pour des réalités, ces princes, ces rois, se dissipent; il ne demeure que ce qui doit demeurer : l’esprit humain d’un côté, les esprits divins de l’autre; la vraie œuvre et les vrais ouvriers; la sociabilité à compléter et à féconder, la science cherchant le vrai, l’art créant le beau, la soif de pensée, tourment et bonheur de l’homme, la vie inférieure aspirant à la vie supérieure. On a affaire aux questions réelles; au progrès dans l’intelligence et par l’intelligence. On appelle à l’aide les poètes, les prophètes, les philosophes, les inspirés, les penseurs. On s’aperçoit que la philosophie est une nourriture et que la poésie est un besoin. Il faut un autre pain que le pain. Si vous renoncez aux poètes, renoncez à la civilisation. Il vient une heure où le genre humain est tenu de compter avec cet histrion de Shakespeare et ce mendiant d’Isaïe.

Ils sont d’autant plus présents qu’on ne les voit plus. Une fois morts, ces êtres-là vivent.

Comment ont-ils vécu ? Quels hommes étaient-ils ? Que savons-nous d’eux ? Quelquefois peu de chose, comme de Shakespeare; souvent rien, comme de ceux des vieux âges. Job a-t-il existé ? Homère est-il un, ou plusieurs ? Méziriac fait droit Ésope, que Planude fait bossu. Est-il vrai que le prophète Osée, pour montrer son amour de sa patrie, même tombée en opprobre et devenue infâme, ait épousé une prostituée, et ait nommé ses enfants Deuil, Famine, Honte, Peste, et Misère ? Est-il vrai qu’Hésiode doive être partagé entre Cumes en Eolide où il était né et Ascra en Béotie où il aurait été élevé ? Velleius Paterculus le fait postérieur de cent vingt ans à Homère dont Quintilien le fait contemporain; lequel des deux a raison ? Qu’importe ! les poètes sont morts, leur pensée règne. Ayant été, ils sont.

Ils font plus de besogne aujourd’hui parmi nous que lorsqu’ils étaient vivants. Les autres trépassés se reposent, les morts de génie travaillent.

Ils travaillent à quoi ? A nos esprits. Ils font de la civilisation.

Tout finit sous six pieds de terre ! Non, tout y commence. Non, tout y germe. Non, tout y éclôt, et tout y croît, et tout en jaillit, et tout en sort ! C’est bon pour vous autres, gens d’épée, ces maximes-là !

Couchez-vous, disparaissez, gisez, pourrissez. Soit.

Pendant la vie, les dorures, les caparaçons, les tambours et les trompettes, les panoplies, les bannières au vent, les vacarmes, font illusion. La foule admire du côté où est cela. Elle s’imagine voir du grand. Qui a le casque ? qui a la cuirasse ? qui a le ceinturon ? qui est éperonné, morionné, empanaché, armé ? le triomphe à celui-là ! A la mort, les différences éclatent. Juvénal prend Annibal dans le creux de sa main.

(…)

Tels sont les effets de la tombe sur les grands esprits. Cette mystérieuse entrée ailleurs laisse derrière elle de la lumière. Leur disparition resplendit. Leur mort dégage de l’autorité.

Victor Hugo

 

 

 

*

Mis en ligne par Catherine le 6 mars 2013

17:10 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/03/2013

RIFIFI - SUITES

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RIFIFI - SUITES

 

L’auteur nous avait promis quelques lignes supplémentaires pour accompagner son article. Nous pensions à tout sauf à… une suite non moins mouvementée. C’est pourtant de cela qu’il s’agit. D’où notre léger retard, puisqu’il nous a fallu traduire ces  aventures nouvelles, qui ne sont peut-être pas les dernières.



Des oligarques se castagnent en direct!

 

Un divertissement

 

par Israel Shamir

 

Qui a dit que les riches n'étaient bons à rien ? Leurs frasques sont follement divertissantes !  Les nouveaux riches ont de tout temps fourni de quoi alimenter la une des journaux, et la nouvelle moisson d'oligarques russes fait passer la génération précédente des requins de la finance pour de pâles amateurs. Les vieilles fortunes s'anémient, divisées et subdivisées par de scrupuleux juristes en un dédale de sociétés. Tandis que les fortunes toutes fraîches, elles, sont beaucoup plus drôles : elles font leurs cascades en public et n'y vont pas de main morte ! Ces nouveaux héros nationaux comblent le vide laissé par les cheikhs et les maharajas, d'une façon jamais atteinte par nos ternes bureaucrates ; ils paradent au volant de leurs jeeps Humvee à travers la foule moscovite, aussi fiers et sûrs d'eux que les rois indiens à l'époque où ils parcouraient la jungle, juchés sur leurs éléphants de guerre.

 

 

Ils sont plus puissants et moins réservés dans leurs actes que ne le furent jamais les parrains de mafias à la Scorsese . Brutaux, sans scrupules ni limites, de vrais personnages pour drames shakespeariens. Ils sont sans lois et piétinent allègrement les autres, jusqu'à ce que quelqu’un les piétine à leur tour. Un jour bandits sanguinaires, l'autre mécènes généreux ou les deux à la fois, le fait d'avoir choisi Londres pour terrain de règlement de leurs différends leur a donné une audience internationale.

Récemment, deux puissants magnats, Berezovsky et Abramovich, se sont affrontés dans un tribunal londonien pour des milliards – dévoilant ainsi au passage la façon dont ils ont dérobé au peuple russe ses biens les plus précieux sous le régime des privatisations de Boris Yelstine. Ces guerriers de salles d'audience n'ont d'ailleurs aucun scrupule à révéler l'origine de leurs crimes pour parvenir à la victoire; dans ce cas précis, un des mythes du néolibéralisme est tombé, et la lumière a été faite sur un des sombres chapitres de l'histoire russe.

Mais le pillage d'un pays, c’est du lourd, et le public avait plutôt envie d’une farce légère. C'est là que l’affaire Polonsky contre Lebedev a déboulé sous les feux de la rampe, bénéficiant d'une médiatisation internationale grâce au système judiciaire londonien. C'est l'histoire hilarante d'un nabab des médias et d'un baron de l'immobilier, qui se sont bigornés au cours d'une émission de télévision en direct. Seule la plume puissante de Nicolas Gogol, l'auteur russe du 19ème siècle qui a écrit La brouille des deux Ivan (voyez le texte ici) aurait pu rendre justice à l’incident. Il aurait pu l'intituler Comment Alexander Lebedevich tomba à bras raccourcis sur Sergei Polonovich, mais vous devrez vous contenter de mes humbles efforts.

 

BelleNews nous livre un compte-rendu coup par coup de la dérouillée à l'antenne.

 

1.  Devant un public médusé, Alexander Lebedev (le nabab russe) assène une série de coups sur la tête de Sergei Polonsky (le baron de l'immobilier), le faisant tomber de sa chaise. Ceci lors d'un débat télévisé sur la crise économique mondiale. 

2.  Les images de la scène postées sur Youtube montrent Lebedev hors de lui, dans une attitude menaçante à l'égard de Polonsky.

3.  Polonsky tente apparemment de le calmer et Lebedev retourne s'asseoir à nouveau. 

4.  Après quelques secondes, sans crier gare, alors que Polonsky lui tapote gentiment le bras, Lebedev sort à nouveau les poings.

5.  Lebedev frappe Polonsky plusieurs fois sur la tête, l'envoyant à terre.

6. Polonsky recule, sans moyen de se défendre, et les deux hommes se regardent rageusement dans les yeux tandis que les larbins du studio tentent de calmer le jeu. 

 

Note :  Alexander Lebedev est l'un des hommes les plus riches du monde; on estime sa fortune aux alentours de 3,1 milliards de dollars.


En fait, Polonsky et Lebedev sont deux magnats russes d'envergure moyenne; aucun d'eux ne pourrait acheter le Minnesota rubis sur l'ongle. Ils auraient pu devenir de super potes, se félicitant mutuellement de leurs succès respectifs, car tous deux sont des promoteurs immobiliers fiers de l’être, tous deux aiment nager, tous deux aiment s'habiller de façon décontractée plutôt que formelle, tous deux sont assez vains et tous deux sont confrontés à un brusque déclin de leur fortune. Mais, au lieu de cela, ils en sont venus aux coups, car leur destin est d’être des personnages qui s’opposent. Qui est le protagoniste? Qui est l’antagoniste ? Aucun des deux.

 

Sergei Polonsky a 40 ans et fait figure de jeune homme parmi les magnats de la première génération post-soviétique d’hommes d’affaires russes. Il est toujours grand et balaise, à l’image du commando de Bérets Bleus qu’il fut jadis, mais la vie tranquille qu’il mène depuis plusieurs années l’a privé de sa ceinture abdominale d’antan; aujourd’hui, il ressemble davantage à un dauphin joyeux et bien nourri. Sa compagne est elle-même une femme d’affaires connue et une championne de natation.

 

Alexander Lebedev a 12 ans de plus. Sa génération à lui est celle qui a privatisé l’URSS. C’est un caméléon; en quelques années, il est passé du look ex-homme du KGB, strict, ultra-musclé et portant des costumes, à celui de joueur de guitare métrosexuel à la séduisante coupe de cheveux, portant des jeans et des chemises légères. Il a troqué sa femme datant de l’ère soviétique contre une nouvelle qui passe beaucoup mieux devant les caméras.


2 - Lebedev.jpgLebedev a élu domicile, au centre-ville de Moscou, dans un ancien club de scouts bâti dans le plus pur style stalinien, avec colonnes et portiques, qu’il a transformé – après sa privatisation – en modeste manoir doté d’une piscine olympique dans laquelle il passe beaucoup de son temps. Chaque automne, il fuit la morosité moscovite pour sa villa de la Côte d’Azur ou son hôtel particulier de Londres.

 

Polonsky vit dans un luxueux appartement, perché comme le pont supérieur d’un bateau sur le toit avec vue à 360° d’un gratte-ciel surplombant Moscou. Architecte de formation et de profession, il a lui-même conçu et fait construire ledit gratte-ciel et son appartement. Il passe ses week-ends sur une péniche reconvertie, amarrée aux confins de la ville, en compagnie d’un raton laveur domestique, pratiquant le qi gong – technique de méditation chinoise - et dévorant des livres choisis au pif. En hiver, il conduit un traîneau high-tech tiré par des huskies blancs aux yeux bleus ; l’été, il parcourt les profondeurs marines en scooter des mers, ou bien pratique le deltaplane au-dessus de magnifiques paysages de collines.

  

Lebedev a bâti une station balnéaire en Crimée. Il a déversé sa générosité sur la ville en restaurant l’hitorique théâtre Tchekov), mais il préfère passer son temps à Londres, où il fraye avec la créatrice de Harry Potter, Mme Rowling, Sir Elton John et autres gens de qualité. Il joue de la guitare, et soutient DDT, un groupe de rock russe. Il possède également le journal britannique The Independentainsi qu’un tabloïd, l’Evening Standard, et la Novaya Gazetaen Russie.

 

3 - Polonsky.jpg

Polonsky, à l’inverse, s’est construit une forteresse de solitude, un palais de verre émergeant des vagues, sur une île au large des côtes de Sihanoukville, non loin de la maison d’Alain Delon, au Cambodge. Il y rencontre des professeurs de soufi, et reçoit l’enseignement de moines zen et d’adeptes du qi gong. Il est également épris d’ésotérisme et d’expériences mystiques.

 

Les deux hommes ont des origines très différentes. Lebedev a eu une enfance privilégiée; son père était professeur au sein de la prestigieuse Ecole des Services Diplomatiques. Jeune homme, il est entré au KGB et au Parti Communiste. Diplômé de l’école où enseignait son père, il a poursuivi ses études au collège du KGB,  puis est entré dans les services diplomatiques. Affecté à l’ambassade soviétique de Kensington, Londres , il avait pour mission d’endiguer les fuites de capitaux russes. En huit ans, il a eu le temps de bien apprendre les ficelles du métier, et avec la chute de l’URSS, le garde-chasse est devenu braconnier. 

 

Le lieutenant-colonel (KGB) Lebedev a quitté ses fonctions en 1992 et utilisé ses connaissances approfondies en matière de dettes soviétiques pour faire fortune et diriger l’argent fugitif vers des lieux sûrs. Peu de russes connaissaient le système bancaire aussi bien que lui. Et il y avait en effet beaucoup d’argent à se faire pour quelqu’un doté d’un bon réseau : il achetait des prêts à taux réduit pour se les faire rembourser à taux plein grâce à un ami employé au Trésor. Il a passé, avec Gazprom, un accord qui a rendu l’État russe plus pauvre de 200 millions et lui-même et ses collaborateurs plus riches d’autant. Il s’est lié d’amitié avec Victor Chernomyrdin, alors Premier ministre, et Chernomyrdin a obligeamment fait transiter les fonds d’Etat vers la banque que Lebedev venait de créer à Londres. Lebedev a usé de ses relations pour se faire adjuger des postes importants dans des entreprises subventionnées par l’état telles qu’Ilyushinet Aeroflot : les profits sont allés à Lebedev et les dépenses à l’Etat.

 

D’origine modeste Polonsky vient de Saint Petersbourg. Il  a grandi alors que l’URSS s’effondrait autour de lui. Il a étudié l’architecture, a travaillé dans le bâtiment et  la construction, a embauché des ouvriers ukrainiens à  l’époque où ils étaient encore peu chers, et est devenu un promoteur immobilier en bonne et due forme. Il est fier d’être un « self-made man » ; il n’a rien obtenu de l’État, et n’a jamais rien demandé à personne dit-il. Il n’a pas non plus privatisé d’usine d’État, préférant établir de bons rapports avec l’Hôtel de Ville de Moscou satisfaire les nouveaux riches moscovites. Il a l’air assez honnête pour qu’on lui achète une voiture d’occasion, bien que ceux qui sont à ce point dignes de confiance ne deviennent jamais milliardaires. Des sources bien informées disent qu’il a dû magouiller avec Mme Baturina, épouse du maire de Moscou et une des femmes les plus riches du monde : pas un seul bâtiment n’a été construit à Moscou sans un signe d’approbation de sa part.

 

Polonsky a essayé de se tenir à l’écart de la politique; il professe ne rien y connaître et ne pas s’y intéresser. Il se dit bâtisseur, pas plus. Il s’investit corps et âme dans d’énormes projets qui vont de Moscou à la Suisse, et de Londres à la Croatie. Il est démocrate à la russe, c'est à dire qu'il peut se mêler à des gens très ordinaires, mais il vaut mieux pour eux qu’ils obéissent à ses ordres, sinon… C’est un tyran au petit pied disent les employés qu’il a licenciés : il interdit l’envoi de textos pendant les réunions du conseil d’administration ! Les contrevenants voient leurs précieux iPhones fracassés contre un mur (fantasme que je n’ai pu moi-même jamais réaliser qu’en rêve...). Ses ambitions se situent dans la sphère spirituelle, et les affaires doivent souvent s'effacer devant sa quête de Dieu.

 

Lebedev a un penchant pour la politique. Il a essayé plusieurs factions, passant de l’ultra-nationaliste Rodina(Mère-Patrie) au socialiste SRet du SR au  parti actuellement au pouvoir Russie Unie, déchiré qu'il est entre ses ambitions politiques et l’envie se faire un dollar rapido-presto.  Parfois il fait les deux en même temps.

 

En 1996, pendant la période précédant les fatidiques élections présidentielles, Lebedev a soutenu Boris Yeltsin, président en exercice, mais surtout un alcoolique débauché qui a volé la richesse nationale russe pour engraisser les oligarques. Sous Yeltsin, la banque de Lebedev a été utilisée par le Trésor pour acheminer les fonds de l’État, en rouleaux de billets verts bien serrés, vers ceux qu’il fallait acheter. Ce sont des liquidités de Lebedev  qui ont été saisies par la Sécurité dans la tristement célèbre affaire de la Boîte Xerox, cette boîte à papier dans laquelle un militant a été pris en train d’emporter des millions de dollars pour la caisse à pots-de-vin de Yeltsin. Lebedev n’a pas nié les faits ; il en était assez fier, et a même payé le magazine à scandales Kompromat (« Affaires compromettantes ») pour qu’il sorte un numéro spécial contenant une version aseptisée de l’affaire, ainsi que d’autres exploits du même genre.

 

Les audacieux méfaits de Lebedev ont forcément attiré sur lui l’attention des autorités judiciaires, au point qu’en fin de compte, un acte d’accusation a été rédigé contre lui par le Procureur Général de l’Etat. Lebedev – c’est lui-même qui s’en vante - s’est débrouillé pour que le Procureur Général se retrouve avec deux filles faciles dans un sauna et que leurs ébats y soient filmés. Le film n’a plus eu alors qu’à être diffusé sur la chaîne de télévision privée d’un autre oligarque et le Procureur Général qu’à se démettre de ses fonctions.

 

Certains prétendent que Lebedev n’était pas le responsable de ce coup monté. Si c’est vrai, cela en dit long : M. Lebedev penserait-il qu’une mauvaise publicité vaut mieux que pas de publicité du tout ?  Les faits soutiennent la théorie. Lebedev a publié un livre sinistrement intitulé 666 ou La Bête est née, rempli d’attaques grossières contre presque toutes les personnalités publiques de Russie. Il s’y décrit modestement comme « le capitaliste idéal » et  il y revendique non seulement ces exploits criminels mais beaucoup d’autres.

 

Lebedev est toujours prompt à expliquer comment chacun de ses crimes était en fait une bonne action : c’était soit pour sauver la Russie des griffes des cocos – (il escamote ainsi commodément les titres de créance de son propre parti), soit pour sauver le monde du KGB. (là-encore, il se garde bien de rien dire de son propre passé au sein de cette organisation). Il n’a que mépris pour les origines prolétaires de Poutine et son accession au pouvoir. Cela l’irrite au plus haut point qu’ils aient eu tous deux le même grade au sein du KGB. Mais la vraie raison qui se cache derrière l’antagonisme de Lebedev, c’est que Poutine poursuit obstinément les oligarques. Ou devrait-on dire « les persécute » ?

 

Les oligarques souffrent en effet d’un complexe de persécution : à leurs yeux, toute interférence, si faible soit-elle, est profondément injuste. Ils se considèrent comme tout-puissants, alors qu’ils ne sont que puissants, et se hérissent à la moindre tentative de limitation de leur pouvoir.  Certes, leur argent leur a donné un pouvoir de vie et de mort, mais ce pouvoir compromet leur santé mentale. Ils se mettent à prendre au sérieux les flagorneries de leurs sycophantes. Ils rejettent les avis  de leurs conseillers les plus éprouvés. Ils finissent seuls et désacés, poursuivis par les lois. Trop de pouvoir corrompt, et les oligarques russes ont bien plus de pouvoir que n’en eut jamais aucun des satrapes du temps de Staline.

 

M. Poutine n’approuve pas que les oligarques se mêlent de politique. Il ne les punit pas de façon arbitraire ; il ne réécrit pas non plus les lois pour les viser directement. La Russie de Poutine permet à ces magnats de passer sans dommage au travers de beaucoup de choses, mais elle tire un trait devant la criminalité - parfois. C’est le grand sacrilège de Poutine de considérer que les oligarques sont comptables de leurs actes devant la loi. Un tel niveau d’indépendance à leur égard leur a causé un grand choc. Ils ont beaucoup de mal à se remettre de ce coup du lapin et à se faire à la nouvelle réalité, si différente de leur vie de bichons gâtés des années Yeltsine.

 

Les oligarques se souviennent avec mélancolie du temps où ils jouissaient impunément du droit de vie et de mort sur tout ce qui respire, tels les vice-rois des Indes au temps de Clive.

 

4 - Clive.jpg

Hélas, les ambitions politiques de M. Lebedev sont restées insatisfaites. Il a ramené ses hautes visées à un niveau plus accessible, et a décidé de devenir le maire de Moscou. Et a subi un échec. Inquiet, il s’est rabattu sur la mairie de Sochi (la Miami russe). Nouvel échec. Les squales, reniflant l’odeur du sang, se sont mis à tourner autour de lui et ses brillants exploits ont fini, quoique tardivement, par attirer sur lui l’attention des autorités.  En particulier, les 300 millions de $ de fonds publics de sauvetage qui lui ont été attribués pour, censément, renflouer sa banque. Il a accepté l’argent, mais il est très vite devenu évident que les coffres de ladite banque étaient vides, ou plutôt truffés de billets à ordres fictifs. Ses affaires dans l’industrie aéronautique ont également fait l’objet d’enquêtes et il semble que l’Etat, actionnaire principal, s’y soit fait escroquer de  main de maître.


En réponse à ces poursuites, l’astucieux Lebedev a fait marcher sa « police d’assurance » à long terme. S’il avait été juif, il aurait clamé être victime d’antisémites russes autoritaires, mais M. Lebedev n’est pas juif russe. Alors, il a prétendu être persécuté par des voyous du KGB, comme M. Poutine. Cette assurance l'a certes couvert mais lui a coûté très cher : pendant des années, il a été  obligé de financer plus que généreusement le journal anti-Poutine Novaya Gazeta, très lu dans le centre de Moscou et inconnu ailleurs. Pour influencer aussi le gratin international, il a acheté deux journaux britanniques, au moyen desquels il s’est ingénié à promouvoir une nouvelle image de lui comme d’une sorte de Khodorkovsky, autre pauvre homme riche victime des voyous poutiniens du KGB. Il a dit avoir été empoisonné comme Litvinenko, mais il a miraculeusement survécu... Les Britanniques n’ont été que trop contents de coopérer aux campagnes de propagande de Lebedev ; leur establishment était (et est toujours) prêt à soutenir tout et n’importe quoi qui s’en prenne à Poutine, y compris le mouvement des séparatistes tchétchènes.

 

C’est au cours de sa campagne pour la mairie de Moscou que M. Lebedev s’est aperçu de l’existence de M. Polonsky, lequel était en bons termes avec le maire en place. A cette époque, Polonsky était occupé à ériger les deux plus hauts gratte-ciel d’Europe : les Tours Fédération, joyaux de la ville de Moscou. Polonsky est donc devenu le nouvel objet de la haine de Lebedev : encore un de ces self-made men d’origine prolétaire; non, certainement rien d’un pukka sahib ! Or, c’était le moment opportun pour une mise à mort rapide et facile, car l’étoile de Polonsky était en train de dégringoler à toute vitesse.

 

En effet, Polonsky avait fini, lui aussi, par se retrouver dans les ennuis, comme c’est le cas, tôt ou tard, de tous les oligarques. Il n’avait pas été assez consciencieux, ni assez prudent. Il avait rejeté ses fidèles conseillers pour s’entourer de bénis oui-oui. Il s’était fié à ses intuition au lieu de calculer objectivement ses chances, et s’était ainsi engagé dans des affaires impliquant des millions sur une simple tape dans le dos. Ses partenaires ont pris le large avec des morceaux entiers de son empire et ses rêves d’honneur samouraï ont été mis en pièces par le pragmatisme de la nouvelle Russie des affaires.

 

Il a fait confiance à ses collaborateurs, qui l’ont volé comme dans un bois. Plus il leur a donné de pouvoir, plus vite ils se sont esbignés avec son argent. Son capital (estimé à plus de 3 milliards de dollars au sommet de sa prospérité) a commencé à rétrécir à vue d’oeil; il a eu des problèmes de liquidités et des difficultés à mener à terme ses projets les plus ambitieux. Les petites gens qui y avaient investi leurs économies en ont ressenti une colère justifiée.

 

C’est à ce moment-là que l’ingénieux Lebedev a dévoilé le tour qu’il avait imaginé pour détruire Polonsky. Le nabab des médias s’est tout simplement mis à propager la rumeur maligne (et apparemment fausse) que les fondations des Tours Fédération étaient fissurées. Polonsky était déjà sur la défensive, il avait le dos au mur. Il a eu beau inviter des journalistes de Moscou à venir vérifier par eux-mêmes, les laisser déambuler librement à 36 mètres sous terre pour essayer de localiser les fameuses fissures : ils ont refusé d’admettre qu’il n’y en avait pas. Il a même offert un million de roubles à quiconque pourrait en trouver une et personne n’a rien trouvé, mais la rumeur a persisté, alimentée par M. Lebedev et ses journaux.

 

Désormais seul et vacillant, Polonsky s’est mis à dire qu’il avait lui-même inventé cette histoire de fissures pour attirer l’attention du public sur son projet. Personne n’a gobé cette histoire. Ses projets ont continué à péricliter, les prédateurs ont continué à s’emparer de ses lotissements, ses amis ont continué à le piller. Cette histoire de fissures a fini par fissurer son empire.

 

Voici donc l’histoire qui se cache derrière la scène des coups de poings à la télévision. La rencontre devait avoir pour sujet l’économie mondiale. Ils n’avaient encore échangé que quelques mots lorsque M. Polonsky n’a pu s’empêcher d’évoquer le douloureux sujet des fissures. Le monde entier attendait la réponse de Lebedev. Il a regardé sa victime dans les yeux. Que pouvait-il ressentir à ce moment précis ? De l'orgueil ? De la haine ? Quoi qu’il en soit, seul et désaxé, il a envoyé quelques directs bien ajustés sur la mâchoire de Polonsky.  L’ex-commando assis s’est retrouvé par terre, prouvant ainsi la supériorité des méthodes d’entraînement du KGB sur celles des Parachutistes. Le programme télévisé a eu beaucoup de succès. Et après avoir ravi les spectateurs qui s’étaient préparés à un morne exposé sur la crise mondiale, il a fait un buzz sur YouTube

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Face à des millions de téléspectateurs qui venaient de voir l’agression en direct, Lebedev a nié avoir frappé Polonsky. Debout à l’extérieur des studios, il a répété avec entêtement, aux journalistes qui l'interrogeaient : « Je ne l’ai pas touché. C’est lui qui m’a attaqué, parce que je suis opposé à Poutine ! » Oui, Lebedev est incroyable ; il est prêt à nier n’importe quoi. Il y a des années, il s’est démené pour faire interdire les jeux de hasard à Saint-Petersbourg. Noble but s’il en fut. Quand il est devenu de notoriété publique que sa banque avait massivement investi dans les jeux de loterie (le principal concurrent des machines à sous), Lebedev a nié mordicus toute implication personnelle. Même après que le dirigeant de sa banque ait prouvé, sans l’ombre d’un doute, que cette stratégie était l’idée de Lebedev en personne,  il a continué à nier être au courant, sans battre un cil. Je me demande si James Bond serait capable d’en faire autant.   

 

Pendant la course à la mairie de Moscou, Lebedev a acheté un journal (le Moscow Correspondent). Il en a fait une machine de guerre. Laquelle a aussitôt fait courir une rumeur diffamatoire selon laquelle M. Poutine serait impliqué dans une affaire extra-conjugale. Lebedev ne s’attendait pas à la réaction de Poutine. D’ordinaire assez tolérant à l’égard des rumeurs, accusations et attaques diverses, le président russe a piqué une colère mémorable. Effrayé, Lebedev a fermé le journal, viré le rédacteur en chef et déclaré à l’antenne que cet article sans fondement était l’œuvre du maire de Moscou qui avait obtenu sa publication contre un pot-de-vin versé au rédacteur en chef. Ce mensonge éhonté a coûté au malheureux journaliste sa carrière : Lebedev ne s’est jamais rétracté.

 

Depuis l’agression télévisée, on a très souvent demandé à Lebedev pourquoi il s’était conduit de la sorte. Certaines de ses explications sont tellement délirantes qu’on a du mal à croire qu’il ait voulu les faire passer pour vraies. La palme revient certainement à : « Je pensais que j’allais devenir un héros populaire parce que j’avais mis à terre ce détestable oligarque. ».  N’est-ce pas merveilleux, venant de sa part ! Polonsky semble quant à lui sincèrement en peine d’explications. Non seulement Lebedev a refusé de s’excuser, mais il continue de nier ce qu’il a fait. Réclame-t-il l’irresponsabilité pénale pour troubles psychiques ? Il est plus probable qu’il réclame le droit primordial de son pouvoir oligarchique : l’impunité.

 

Polonsky n’a retiré aucun avantage de son humiliation publique. En réalité, cette affaire n’a fait que mettre encore plus à mal sa réputation d’homme d’affaires, déjà fragilisée, et un projet qu’il avait à Londres a capoté peu de temps après C’est pour cette raison qu’il a décidé de poursuivre Lebedev au civil devant un tribunal londonien, avant de se retirer dans son île cambodgienne, d’où il poste chaque jour sur Facebook ses prises de barracudas.

 

Presque une année s’est passée avant que les meules extrêmement lentes de la justice criminelle russe se mettent en branle à l 'encontre de M. Lebedev, mais en fin de compte, elle poursuit le baron des médias sous les inculpations de « hooliganisme » et de « voies de fait ». Les avocats de Lebedev prétendent que leur client s’est senti menacé et qu’il a dû se défendre. Lebedev (sans battre un cil) clame qu’il est persécuté par le foutu régime de Poutine à cause de son « amour pour la liberté ». Quelqu’un qui ment comme un arracheur de dents est toujours plus amusant qu’une ingénue, même de talent, et nous ne serons donc pas surpris si M. Lebedev s’en tire avec une petite tape sur les doigts. Tout ça pour dire que le régime de Poutine est bien clément avec les oligarques. Toutefois, cette affaire n’est pas terminée. Nous attendons l’élévation de M. Lebedev au rang de voix de laconscience russe. Avec l’aide de ses pisse-copies britanniques, cela ne devrait pas poser de problème.

 

L'auteur se trouve à Moscou. On peut lui écrire à l’adresse adam@israelshamir.net


 Traduction de Kahem

pour Les Grosses Orchades

Source :

http://www.israelshamir.net/English/Oligarch.htm

 

 

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Post Scriptum :  Polonsky en prison

 

Le protagoniste de cette histoire, Sergei Polonsky, est aujourd’hui dans une prison cambodgienne, dans la petite station balnéaire de Sihanoukville, où je suis allé lui rendre visite.

Le 30 décembre 2012, juste avant les fêtes de Nouvel An, sa vedette rapide a été arraisonnée après une course-poursuite et quelques salves de mitrailleuses en guise d’avertissement, par la Marine Royale Cambodgienne, et un remorquage jusqu’à une base navale, Polonsky a été arrêté et mis en garde à vue.

C’était la conclusion d’une assez terrible dizaine de jours de sa vie, qui venaient de couronner une année misérable. Après l’agression de Lebedev, Polonsky s’était mis à régresser. Cette correction publique n’avait pas déchiré que ses jeans mais quelque chose de plus important dans son âme. Il est reparti pour le Cambodge et sa demeure offshore, mais il n’a pas pu retrouver la paix de l’esprit, même sur son île minuscule – aussi minuscule que la planète du Petit Prince – en compagnie de deux gibbons et deux chats sauvages. Son entreprise, sans surveillance, a marché de travers ; les contrats qu’il avait signés n’ont pas été complètement respectés ; ses partenaires ne l’ont pas payé. Il a essayé de redémarrer à la manivelle son empire défaillant : il a loué au gouvernement un chapelet de petites îles et parlé avec éclat des plans qu’il avait d’y créer un super-refuge, pour la  fin des temps qui allait suivre l’effondrement de la civilisation. Dans les eaux du Golfe de Siam, grouillant de vie sous-marine, les réfugiés de Russie et de New-York trouveraient énergie et nourriture disait-il.

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Pendant ce temps, il vagabondait à travers l’archipel sur sa rapide et spacieuse vedette ex-de la Marine, séjournait et dormait sur les plages de ses îles inhabitées, jouant au marin abandonné. Vêtu seulement d’un sarong et un couteau sanglé à l’une de ses jambes, grand et pieds nus, bronzé et les cheveux décolorés par le soleil tropical, cet ex-commando ne manquait pas d’allure exotique, fin prêt pour tourner sans maquillage dans un film de pirates. Cette existence ne lui réussissait pas trop mal : il avait perdu du poids, retrouvé sa taille mince et ne faisait plus du tout ses quarante ans, l’air bien plus jeune, en fait, qu’un an auparavant. Mais il se conduisait bizarrement :

De personnage de Jack London, il était rapidement en train de devenir un personnage de Joseph Conrad, une espèce de Kurtz, d’Au cœur des ténèbres. Il ne pouvait plus se reposer, restait éveillé des jours et des nuits d’affilée, se précipitait sans cesse d’une île à l’autre ; ses manières – qui n’avaient jamais été très distinguées – devenaient grossières, même pour un Russe parvenu. Il en usait de façon carrément dictatoriale avec ses employés, leur donnant les ordres les plus délirants et exigeant d’eux une absolue docilité. Ainsi, il leur fit jeter ses chemises par-dessus bord, en offrande au dieu de la mer, et il leur fallut aussi tapisser le fond de cette mer de bouteilles du meilleur champagne.

Il est également devenu très soupçonneux ; s’alarmant du moindre bateau croisé, du moindre indigène, se mettant à dormir avec son couteau à la main, prêt à vendre chèrement sa vie. Un beau jour, il a décidé de déménager tout ce qu’il possédait sur une île solitaire et inhabitée : son personnel a reçu l’ordre de charger meubles, ordinateurs, vaisselle, argenterie, livres et peintures sur sa puissante vedette et de prendre la mer. Que comptait-il faire de tout cela sur une plage sauvage et déserte ? Il se conduisait exactement comme Mohammed ben Tughluq, le souverain indien du XIVe siècle qui avait ordonné à tous les habitants de Delhi d’aller à pied jusqu’à sa capitale Daulatabad, puis de refaire la même route en sens inverse.

Quoi qu’il en soit, ses gens n’ont jamais pu décharger sa cargaison : Polonsky n’arrivait pas à décider quelle île choisir. Ses ordres changeaient à chaque minute : tous devaient naviguer avec lui ; un peu plus tard, tous devaient s’en retourner. La nuit, il pensait qu’un bateau s’approchait d’eux – des pirates, sûrement ! – et il ordonnait à son équipage de lever l’ancre et de foncer en avant toutes.

L’équipage ne comprenait pas  ce qu’il voulait ni pourquoi il leur criait dessus. Les Khmers n’ont pas l’habitude qu’on leur crie dessus. Ils ne voyaient pas le vaisseau que leur patron redoutait, ou peut-être ne le pensaient-ils pas une source de danger. Le capitaine et le propriétaire n’avaient aucune langue en commun. Ils n’avaient pas d’interprète. Polonsky était dans un état de pure frénésie, convaincu que son bateau allait être capturé par des pirates. Enfin, il a ordonné à son équipage de sauter par-dessus bord et de nager jusqu’au rivage, distant de 20 à 50 mètres. Après quoi, il a mis les gaz avec deux de ses employés russes.

Le capitaine, pas content de cette éjection cavalière, a appelé la Marine. Après une chaude poursuite, Polonsky a été intercepté et arrêté. Il ne comprenait pas où était le problème : c’était son bateau ; son équipage refusait d’exécuter ses ordres ; il les avait virés sans mettre leur vie en danger et continué sa route. Il les avait soupçonnés de vouloir le braquer en haute mer. C’était un comportement anormal, certes, mais le milliardaire était loin d’être dans un état normal : la terrible tension des semaines précédentes l’avait rendu incontrôlable.

A première vue, il ne faisait que se conduire comme tant de riches Russes qui mettent à sac des restaurants parisiens ou cassent tout à bord de jets des Emirats. Mais ici, on a quelqu’un de plus grand que nature, un personnage sombre et tourmenté, qui transcende les normes de la civilisation. Je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver de la pitié pour un homme qui traversait une crise aussi terrible. Il est fait de la même étoffe que les souverains et les dictateurs, et on se sent rarement à l’aise en présence de cette sorte de gens.

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En prison, il s’est calmé. Pas tout de suite pourtant : il a d’abord refusé de s’excuser auprès de son équipage et a failli mettre la prison en pièces. Mais, en fin de compte, il a accepté de faire la paix. Il a pris les autres prisonniers sous son aile, dépensant sans compter ses ressources désormais limitées pour aider ceux qui sont dans le besoin. Il leur achète des médicaments et soudoie les gardiens pour alléger leur condition. Ses compagnons de détention le révèrent. En dépit des promesses, il est toujours sous les verrous plus de deux mois après les faits. Il s’est sans aucun doute mal conduit, mais n’a-t-il pas été assez puni ? C’est ce qu’on pense à Sihanoukville, où les gens espèrent qu’il sortira bientôt et qu’il viendra en aide aux habitants, après avoir reçu une leçon aussi dure.

Israël Adam Shamir

Traduction Catherine L.

 

 

 

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LIVRES


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Nikolaï GOGOL

La brouille des deux Ivan

Paris, Mille et une nuits, 1999

110 pages - Poche

 

 

 

 

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Nikolaï GOGOL

Comment Ivan Ivanovitch se brouilla avec Ivan Nikiforovitch

Préface de Dominique Fernandez

Paris, André Versailles, 2010

96 pages

 



LA BROUILLE DES DEUX IVAN, par Nicolas Vassilievitch Gogol Texte complet on-line.

http://www.livres-online.net/nouvelles-contes/865-la-brou...

 


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Photographies

 

Russie partout, même chez les photographes : Serguei P. Iron

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Twiggy revisited ? Allez, elles sont maigres mais elles ne manquent pas d’allure.

 

Source :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2013/02/voiles-de-...


 

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Astéroïdes

 

Les Japonais simulateurs de collision n’avaient pas tout faux finalement :

sur

 

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VIDÉO-PHOTOS.  Russie :  Une météorite crée la panique dans l’Oural (500 blessés, 6 villes atteintes)

 

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http://allainjules.com/2013/02/15/video-photos-russie-une...

Autres sources :

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossie...

Voir aussi :

http://zebrastationpolaire.over-blog.com/article-russie-m...

 

 

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En prime

Scandale à Londres : un hôpital responsable de la mort de 1.200 patients

http://www.legrandsoir.info/scandale-a-londres-un-hopital...

http://www.20minutes.fr/ledirect/1095599/scandale-hospita...

 

Mais qu’est-ce que font la City et M. Cameron de tous les milliards chouravés aux Russes ?

 

 

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CINEMA

En  cette période où les Oscars volent bas, il ne nous a pas semblé déplacé de dire tout le mal qu’on peut penser de deux films qui vont pourtant cartonner au box-office. Le premier a eu l’Oscar du meilleur film U.S., prix annoncé par dame Michelle Obama soi-même, depuis la Maison-Blanche ; le second ne l’a pas eu mais y a été cité cinq fois. La mission du premier est de fabriquer le consentement des foules yankees à une guerre d’invasion de l’Iran, comme d’habitude. Rosa Llorens, notre critique-fétiche, dit ce qu’il y a à en dire. Le second se veut, si nous avons bien compris, une dénonciation de l’esclavage. Il a provoqué l’enthousiasme de M. Georges Stanechy sur son blog ( http://stanechy.over-blog.com/article-mali-afrique-tarent... ) et de M. Claude Ribbe sur le sien ( http://www.claude-ribbe.com/index.php?option=com_content&... ), mais il est très loin de faire l’unanimité, y compris dans son pays d’origine où d’aucuns se sont même mis à le boycotter, à commencer par Spike Lee, qui trouve que l’esclavage de ses ancêtres fut une tragédie et non un sujet de western spaghetti. Par ailleurs, ledit western a fait faire à Madame Aline de Dieguez quelques réflexions pratiques, dont nous nous faisons ici l’écho.

 

 

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Argo ou Dark Tchador.

Rosa LLORENS

Argo vient une nouvelle fois illustrer la stratégie élaborée par Hollywood pour traiter l’histoire récente des Etats-Unis : certes, elle n’est pas occultée (les Etats-Unis ont plus souvent traité de la guerre du Viet-Nam que les Français de la guerre d’Algérie), mais ils la réécrivent à leur façon (selon Apocalypse now, les Américains n’ont perdu la guerre que parce qu’ils ont refusé de se montrer aussi cruels que les Viet-Namiens !).

Le but, ici, était de cicatriser les blessures laissées, sous le mandat du président Carter, par la crise des otages américains de Téhéran, faits prisonniers lors de l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis : comment faire oublier cette longue humiliation de plus d’un an (de novembre 1979 à janvier 1981) ? D’une part par le choix d’un épisode bien ciblé, d’autre part en profitant du prestige de Hollywood.

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Hollywood et la politique américaine

A propos de "Django Unchained" de Quentin Tarantino.

Aline de Dieguez

 

Je ne voudrais pas trop doucher l'enthousiasme des cinéphiles, mais il me semble important de rappeler quelques vérités. Comme disait Malraux, "le cinéma est (aussi) une industrie". J'ajouterai que le cinéma est non seulement une industrie et un commerce, mais qu'il est surtout une arme politique plus efficace que le missile le plus meurtrier.

Avant de tourner le premier plan de son film, M. Tarantino s'est donc assuré de son financement par la Weinstein Company (TWC), fondée par MM. Robert et Harvey Weinstein. Une rapide recherche sur le capital de cette société vous fait rencontrer Colony Capital, Tutor-Saliba Corporation , Morgan Stanley , Qatar Investment Authority et notre grand ami le Sheikh Hamad bin Jassim bin Jaber Al Thani. Du beau monde, n'est-ce pas, pour lequel la valeur d'un film se mesure à la recette qu'il produit. (Petite parenthèse hors sujet, mais amusante: la vente des gladiateurs footballistiques parisiens par Colony Capital à Qatar Investment Authority est donc une petite opération entre amis.)

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Mis en ligne le1er mars 2013 par Catherine

20:25 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/02/2013

DU RIFIFI CHEZ LES OLIGARQUES - I.

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DU RIFIFI CHEZ LES OLIGARQUES


Aucun texte d’Israël Shamir à se mettre sous la dent depuis Noël, c’est long ! Revoici notre analyste globe-trotter à Moscou, et avec deux histoires russes. Une assez drôle, qu’il intitule d’ailleurs « divertissement », et une qui l’est beaucoup moins. Nous commencerons par celle qui l’est moins. Les choses sérieuses d’abord.

 

*

Dans la guerre prétendue froide qui oppose les USA à la Russie, on se bat aussi à coups de lois.

Loi Yakovlev - loi Magnitsky – 1 point partout.

 

Poutine contre les bébés

par Israël Adam Shamir

Après tellement d'autres crimes, voilà que Poutine a rempilé le mois dernier: il s'attaque aux innocents petits bébés, par pure méchanceté ! On nous a bassinés avec ça jusqu'au jour où Thomas Friedman en personne y a mis un point final dans le New York Times en ces termes: « Le premier réflexe de Poutine, confronté aux mauvaises manières de son régime, a été d'empêcher les parents américains d'adopter des orphelins russes, alors même qu'ils ont si cruellement besoin d'un foyer ». Curieusement, en Russie, les récriminations contre la nouvelle loi sont encore plus stridentes. Lorsque Poutine a donné une grande conférence de presse pour les media russes, pas moins de huit journalistes différents ont remis l'affaire sur le tapis, avec des insinuations malveillantes. L'opposition « blanche » a foncé sur les « gredins », comme ils appellent les partisans de la loi en question, et ont comparé Poutine au légendaire Hérode.

2. Dima.jpgLe porte-parole anti-Poutine des oligarques, Constantin Eggert, dans leur  quotidien Kommersant, a malaxé du Dickens avec de la mort aux rats pour compatir au malheur des orphelins russes privés de la chance unique de grandir à l'abri de la bannière étoilée: « et parmi eux il y en aura qui ne liront jamais Winnie l'Ourson, qui ne souffleront jamais leurs bougies sur le gâteau, qui n'iront ni à l'école, ni au collège, qui ne connaîtront jamais le chaud soutien de leur nouvelle famille au Texas ou en Californie... Leur destin hantera à jamais la conscience des députés de la Douma et du président qui les a privés de tout cela...! »

C'était à prévoir, les grands media russes sont pro-occidentaux et propriété de l'oligarchie. Mais il faut bien dire cependant que la grande majorité des Russes soutient cette loi (76%), selon un sondage indépendant financé par la société américaine WCIOM. Le parti communiste, dans l'opposition, l'a votée. La démocrate libérale et féministe célèbre Maria Arbatova, ex-dirigeante politique et écrivain, qui s'investit beaucoup dans les orphelinats et les problèmes d'adoption, à qui on demandait pourquoi l'opposition était si déchaînée, estime qu'il s'agit d'une position tactique: « il leur faut du carburant pour leurs manifestations. Les Pussy Riots c'est du passé, les orphelins, c'est de la chair fraîche. » Le poète radical Edouard Limonov, dirigeant du parti interdit NBP  a également soutenu la loi et raillé l'opposition en soulignant qu'elle défend les intérêts US plutôt que les enfants russes.

Non pas que les Russes aient soudain découvert que l'adoption aux USA fait du tort aux enfants. La loi a été assénée pour des raisons politiques, tout le monde le reconnaît, et le vote a longuement été retardé. Au départ, c'était simplement une clause additionnelle à un projet de loi qui était une façon de manifester le déplaisir russe face au décret Magnitsky. Ce décret constitue une  initiative  législative très contestable, puisqu'il autorise les USA à rafler, geler et confisquer les avoirs russes s'ils appartiennent à des gens qui figurent sur une certaine liste secrète toujours susceptible de s'allonger. Théoriquement, c'est la liste des responsables de la mort d'un avocat russe, Sergueï Magnitsky, qui représentait un fonds US, avait été arrêté pour évasion fiscale supposée, et avait fini par mourir en taule dans des circonstances suspectes. Personne ne tenait spécialement à défendre deux gardiens de prison et un ou deux enquêteurs qui correspondent au signalement. Le problème c'est que pratiquement n'importe quel citoyen russe pourrait se retrouver sur la liste noire et secrète, au motif qu'il tomberait dans la catégorie élastique des gens qui "ne respectent pas les droits humains".

Comme les USA sont fort généreux pour défendre les droits humains d'autres nationalités, cela englobe tout le monde. Pierre, Jean ou Jacques pourraient ainsi passer à la trappe. Les Russes avaient donc d'excellentes raisons de s'en faire, parce qu'ils détiennent quelque 500 milliards de dollars, au moins, en placements dans des banques occidentales. L'Occident a encouragé les investissements russes dans les banques occidentales et en propriétés foncières, comme un moyen de pression contre les élites russes. Le mot de Zbigniew Brzezinski est resté célèbre, car il avait proclamé: « Dans la mesure où 500 milliards de dollars appartenant à la soi-disant élite russe sont gardés dans nos banques, il n'est pas difficile de comprendre de quel pays c'est l'élite! » Le décret Magnitsky a créé une machinerie légale pour mettre la main sur leurs placements sans l'ombre d'un processus judiciaire. Et comme le président US a le pouvoir d'exécuter quiconque, sur la terre entière, grâce à ses drones omniprésents, rien ne l'empêche d'ajouter tel ou tel nom dans sa liste Magnitsky.

Les Russes fort marris ont préparé toute une série de mesures pour contrecarrer le décret. Ils ont d'abord essayé de copier la législation US et ont autorisé l'État à interdire l'entrée dans le pays aux Américains qui violeraient les droits humains, et ceux des citoyens russes; ils ont également autorisé l'État à s'emparer de leurs biens. Une telle loi pourrait servir contre les agents de la  DEA américaine gens qui ont enlevé, condamné à mort et séquestré Viktor Bout ou contre des gens susceptibles d'appliquer le décret Magnitsky, ou contre les flics américains qui avaient brutalisé des Indignés de Wall Street. Malheureusement, les relations Russie - US sont loin d'être symétriques. Il y a très peu d'Américains qui possèdent quoi que ce soit en Russie, et ils sont rares à y mettre les pieds. 

Voilà pourquoi les Russes ont ajouté un second point à leur projet; ils ont pris des mesures de rétorsion contre les ONG soutenues par les USA, et ont pris soin d'interdire à des citoyens américains d'être membres ou dirigeants d'ONG russes dont le programme serait politique. Cela devait arriver de toute façon: les Russes, comme tous les pays au monde à part l'Europe, détestent les ONG financées et cornaquées par le Département d'État US et les considèrent comme la cinquième colonne de l'Amérique. Cela s'est concrétisé dans une loi, obligeant les ONG à se faire enregistrer comme agents de l'étranger, comme cela se pratique aux USA. Mais, olympiquement bafouée par les ONG et par le procureur général de l'État russe, la loi restait lettre morte, le parquet refusait de la faire appliquer; car le système judiciaire russe est très attentif aux signaux qui émanent de Washington, bien plus qu'il n'obéit au Kremlin, ce que dénoncent vivement les nationalistes russes.

Toujours à la recherche d'une façon supplémentaire d'exprimer leur agacement face au décret Magnitsky, les politiciens russes ont choisi de  concert une proposition additionnelle  défendue par Catherine Lakhova, depuis longtemps  membre de la Douma, et responsable de la commission chargée des femmes, des enfants et de la famille, qui se battait presque toute seule contre les adoptions à l'étranger, avec de bien maigres résultats, jusqu'à ce mois de décembre, quand son projet a été adopté par la Douma. 

Les adoptions à l'étranger sont un héritage de l'ère Yeltsine. Au temps de l'Union soviétique, c'est l'Etat qui prenait en charge les orphelins, il n'était pas question de les refiler à d'autres pays. Au contraire, souvent des enfants d'ailleurs étaient amenés en Russie, et ce fut le cas pour bien des fils d'Espagnols, orphelins après que les combattants anti-fascistes espagnols eussent été abattus par Franco dans les années 1930. Dans les années 1990, après l'effondrement de l'URSS, avec des millions de gens au chômage, et d'autres entièrement occupés à désosser et à revendre tout ce qui pouvait être échangé contre du liquide, quelques petits malins découvrirent un gisement encore inexploité: les bambins. Il y a une forte demande, et cela ne fait que croître et embellir, de la part de couples stériles, de gays et de célibataires, sans parler des réseaux de pédophiles et des trafiquants d'organes. Ils étaient prêts à payer cent mille dollars par enfant et plus, des sommes considérables pour la Russie de Yeltsine. Des agents de l'État furent achetés, des médecins firent de faux certificats,  et les enfants russes firent l'objet d'un juteux trafic à l'étranger. 

Il y eut le cas de Masha Allen, que les media US appellent la « fille de Disneyworld ». Elle avait cinq ans en 1998 lorsqu'elle fut embarquée de sa Russie natale pour atterrir chez un millionnaire américain et pédophile, Matthew Mancuso, âgé de 41 ans. « Il l'avait adoptée légalement dans un orphelinat russe, et l'emmena chez lui dans le hameau de Plum en Pennsylvanie. Pendant les cinq années suivantes, Mancuso abusa d'elle à loisir, prenant moult photos et vidéos d'elle subissant des outrages divers, et envoyant sur internet son butin pour le partager avec d'autres membres d'un réseau de pédophiles on line et de fans de pornographie enfantine », comme l'a écrit Julian Assange. Elle finit par être sauvée par le FBI, son violeur se retrouva en taule, l'affaire fit scandale, et pourtant, les responsables qui avaient permis qu'une telle adoption se produise, tant en Russie qu'aux US, n'ont jamais été inquiétés, poursuivis ni punis.

L'histoire récente et choquante de Dima Yakovlev, alias Chase Harrison, de son nom américain, a donné son titre au texte de Katherine Lakhova, et son nom à la loi qui en est sortie.  Dima Yakovlev, c'est ce petit garçon oublié dans la voiture par son père adoptif, et qui y périt asphyxié au bout de neuf heures. Gene Weingarten a reçu le Prix Pulitzer pour son reportage sur l'affaire. Les Russes ont été particulièrement horrifiés parce que le père étourdi a été relaxé par le tribunal US. Plus tard, on a découvert que l'enfant avait été retiré sous la menace à sa grand-mère et à sa sœur à peine plus âgée; les responsables avaient été achetés, et son certificat médical falsifié.

Maria Arbatova et Catherine Lakhova citent bien d'autres affaires comparables: des histoires d'enfants exportés pour du trafic d'organes, d'enfants disparus après une adoption bidon, d'enfants revendus à d'autres après adoption, d'enfants renvoyés en Russie se retrouvant lâchés dans un aéroport sans billet de retour... Ces deux femmes qui viennent d'horizons très différents sont d'accord: il faut en finir avec les adoptions à l'étranger. Mais l'industrie de l'adoption rapporte près de cinquante millions de dollars par an aux agences... Il y a 80 agences US implantées en Russie, et leurs profits garantissent l'approvisionnement en chair fraîche. Catherine Lakhova dénonce le fait que les agences internationales pour l'adoption n'ont pas eu de mal à financer avec leurs marges l'organisation de manifestations ainsi que les manifestants. Catherine Lakhova et Maria Arbatova sont ravies que c'en soit fini des adoptions aux USA; elle se battent pour la fin de l'adoption dans tous les autres pays.

Il y a certaines bonnes raisons non politiques pour montrer du doigt les USA : ils raflent un tiers de toutes les adoptions à l'étranger; et ils n'ont jamais signé la Convention pour la protection des enfants ! Les autorités US refusent de permettre aux employés russes des consulats de rencontrer les enfants adoptés; et elles permettent l'adoption à l'étranger à des gens qui ne reçoivent pas l'agrément pour l'adoption d'enfants américains, ainsi que la ré-adoption et le libre transfert des enfants. Cependant, il vaudrait mieux en finir complètement avec l'envoi d'enfants adoptables à l'étranger. Je connais personnellement des enfants russes adoptés par des Israéliens; ils ont été convertis malgré eux et au mépris de la loi à la foi juive, tout a été fait pour leur faire oublier leur patrie, leur langue, et le christianisme.

Les virulents opposants à la loi russe prétendent que les Américains adoptent les enfants handicapés dont les Russes ne veulent pas. Cela serait une excellente raison, n'était la corruption russe: apparemment rien n'est plus facile que de faire plier un fonctionnaire russe, un travailleur social, un directeur d'orphelinat ou un médecin, pour leur faire produire les papiers qui feront d'un enfant sain un  handicapé. Sur plus d'un millier de petits Russes adoptés aux US l'année dernière, moins de cinquante sont considérés comme handicapés, mais une inspection récente a prouvé que presque tous avaient été annotés comme tels contre un pot-de-vin. Impossible autrement de comprendre comment les parents adoptifs étrangers réussissent à contourner la bureaucrate russe, ô combien réputée, en un jour, alors que cela prend plusieurs semaines pour un adoptant russe... dans le meilleur des cas.

Au début, on contrôla de nombreux cas qui s'avéraient bien troubles. La loi russe n'autorise l'adoption d'enfants à l'étranger que s'il n'y a pas d'adoptants russes éventuels. Les fonctionnaires ripoux mentaient aux adoptants russes, leur disant que les enfants qu'ils expédiaient à l'étranger avaient le SIDA ou d'autres maladies incurables. Ils séparaient les frères et les sœurs, les envoyant dans des pays différents. Bref, la nouvelle loi révélait d'horribles brèches dans la loi antérieure.

D'ailleurs, même les adoptions à l'intérieur d'un même pays sont souvent problématiques: si un couple (ou des célibataires ou des homosexuels) n'a pas d'enfant, peut-être ne devraient-ils pas en avoir; car il n'existe pas de droit à avoir des enfants: c'est un privilège que nous recevons du Tout-Puissant. Mais les enfants ont un droit naturel à avoir des parents naturels, et c'est ce droit qu'on bafoue avec l'aide de nantis qui louent des ventres ou achètent des nourrissons. Les adoptions par-dessus les frontières sont encore plus discutables, parce qu'il s'agit de priver l'enfant de son milieu, de sa langue et de sa foi. 

Peut-être que dans un monde idéal, les adoptions hors frontières pourraient être permises dans certains cas. Mais dans le monde réel, c'est l'expression des rapports impérialistes inégaux. C'est la misère des uns qui constitue le gisement pour les autres. Il y a des Américains qui adoptent des enfants en Russie ou au Malawi, mais point de gamins américains donnés à des parents adoptants russes ou malawis. Les Suédois importent des enfants de Corée, mais on n'a pas encore vu de Coréen recevoir la garde d'un enfant suédois. Les adoptants crient sur les toits que l'intérêt supérieur de l'enfant est leur seul mobile, mais de fait ils volent à un pays économiquement faible sa richesse, ses prochaines générations.

Pour la Russie, cette loi aurait pu arriver plus tôt, car après tout la Russie est un pays fort riche et prospère. Moscou est une ville aussi chic que Paris, et beaucoup plus chère. Les revenus moyens sont au niveau d'autres pays développés. L'ère Yeltsine est révolue. La Russie n'est plus une colonie, et cette façon de s'accrocher aux années 1990 quasi-coloniales n'a pas lieu d'être. Il est bon d'en finir avec le trafic d'enfants. L'argent ne doit pas servir à acheter des gosses à Moscou. Et si les adoptants potentiels se souciaient vraiment du bien des enfants, les US ont tout ce qu'il faut en matière d'orphelins, d'enfants abandonnés et affamés. Aux Américains de s'en occuper, et laissons les enfants russes pousser chez eux aussi heureusement que possible.

Traduction: Maria Poumier

Illustration : photo de Dima Yakovlev

Israel Shamir se trouve à Moscou. On peut lui écrire à l’adresse  adam@israelshamir.net

Sources :

http://www.israelshamir.net/French/Putin-Babies-Fr.htm

http://www.counterpunch.org/2013/01/29/putins-baby-crime/ 

 

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3. masha allen.jpg

 

L’histoire de Masha Allen, née Mariya Nikolaevna Yachenkova est une histoire abominable. Non seulement cette petite fille, adoptée à l’âge de 5 ans sans l’accord de sa famille a été abusée pendant des années par son père adoptif US (célibataire), mais après la découverte du délit, elle a été utilisée de toutes les manières possibles par les successeurs de son abuseur (autorités fédérales, travailleurs sociaux, mère adoptive de rechange, politiciens, journalistes, scénaristes hollywoodiens et romanciers douteux spécialisés dans les scandales rentables, qui ont fait courir sur elle les pires inventions.   

Rien n’existe en français sur la question, hormis des déclarations d’illustres inconnus, dont on ne connaît ni les sources ni les fantasmes.

Seuls Julian Assange et Christopher Witkowsky, pour WIKILEAKS, se sont intéressés avec rigueur à l'odyssée de l'enfant devenue adolescente, quand un avocat a déposé plainte en son nom contre la mère adoptive dont elle porte le nom (Allen)… pour les mêmes délits exactement qui étaient reprochés au « père » premier adoptant. Wikileaks est la source qu’a retenue Israël Shamir, qui la connaît bien. Les francophones (Français, Suisses, Belges et Canadiens) ne s’intéressant pas à ces choses, on ne trouve le texte d’Assange et Witkowsky qu’en anglais.


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Cette sombre histoire nous a remis en mémoire la croisade entreprise, il y a quelques années, par un chauffeur de taxi de nuit new-yorkais.

Cet homme, Eugene WEIXEL, juif US, dont les parents avaient fui, comme tant d’autres, l’Allemagne nazie, était communiste (eh bien, oui, il en reste, même si pas beaucoup) et ne se gênait pas pour le dire (ce qui est encore bien plus rare). Il avait épousé une Vénézuélienne et rêvait d’aller passer sa retraite dans la patrie de sa femme. Jusqu’alors, il n’avait jamais pu obtenir des Etats-Unis de visa l'autorisant à s’y rendre.

Comme cela doit arriver dans ces professions, il avait sympathisé avec un client véhiculé plusieurs fois, un journaliste free lance, qui avait fini par lui raconter sur quoi il travaillait : une affaire d’abus d’enfants par les autorités new-yorkaises… de protection de l’enfance, qui en avaient vendu (ou donné ?) à un centre de recherche sur le sida. Comme cobayes. Des enfants pauvres, évidemment, petits Latinos et  petits Noirs. Certains en étaient morts, d’autres en restaient handicapés à vie. Leurs familles, ne survivant que par l’assistance publique,  avaient bien essayé de s’unir pour dénoncer ces pratiques et récupérer leurs mouflets. On les avait menacés de leur enlever les autres au prétexte qu’ils n’étaient « pas aptes à les élever ». Chantage ? Oui. Terrorisme ? Oui. Eugene avait vu rouge (vous me direz…) et s’était embarqué, avec son copain journaliste, dans l’entreprise donquichottesque de mettre les enfants à l’abri en faisant cesser la chose et d’amener les autorités coupables devant la justice. Counterpunch leur avait ouvert ses colonnes, photos glaçantes à l’appui.

Il est toujours dangereux de s’attaquer, quand on n’est rien ou presque rien, à des gens puissants, maire de New York en tête. Nous nous demandions quand le taxi sexagénaire aurait un accident. Cela finit par arriver. Par quel miracle il s’en sortit vivant ? Nous ne savons. Le fait est qu’au bout de plusieurs mois de convalescence, il reprit ses activités et qu’il les exerce toujours.

4 . eugene weixel .jpgIl animait, à l’époque, un blog peu ordinaire appelé Fat-old-jewish-guy-who-lives-in-the-projects (« Vieux gros Juif qui vit dans les logements sociaux »). Nous y avons suivi pendant plus de deux ans sa croisade contre les magnats, les mafieux et les scientifiques à la conscience élastique, mais aussi, et simultanément, ses joutes avec les trolls de l’AIPAC, très désireux de lui voir faire son aliyah et aller exercer ses talents de chauffeur du côté de Tel Aviv. Nous n’avons pas oublié la dernière réponse par laquelle il les congédia : « Je ne vais pas m’installer chez des gens qui ont la clé de la maison et qui y reviendront un jour ou l’autre. »

Nous n’avons pas oublié non plus sa longue polémique avec une internaute Anglaise de gauche, qui lui reprochait de ne pas faire son devoir de juif en soutenant Israël. Il s’était tout fait traduire : des articles du Monde aux textes de Faurisson. Il s’était aussi rendu en Allemagne, pour aller voir, dans les différents camps,  ce qu’il en était de ces fours qui existaient ou qui n’existaient pas. Bref, Eugene WEIXEL est cette chose rarissime : un homme qui pense par lui-même.

Son blog a changé une ou deux fois de nom depuis lors. Il s’appelle aujourd’hui Please, don’t vomit in the taxi (est-il besoin de traduire ?). Eugene, sûrement septuagénaire, y met en ligne des petites videos bricolées à la maison, où il s’en prend (quelquefois en chantant) aux influents qui l’énervent - les Attali, Minc, Joffrin, BHL des USA, chaque pays a les siens – ici, Michael Bloomberg et Thomas Friedman, mais aussi Chuck Hagel, qu'il nous promet comme prochain président des Etats-Unis. 

Si le cœur vous en dit :

http://pleasedontvomitinthetaxi.blogspot.be/2013/01/videos-of-eugene-weixel-singing.html

 

 

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Quant à la pièce maîtresse de notre Rififi…

 

Des oligarques se castagnent en direct !

 

…c’est pour presque tout de suite, dans notre traduction (merci Kahem) avec un mot d’encouragement de l’auteur en prime.

Vous aurez donc droit, deux fois de suite, à la Nef des fous de Vyacheslav Vasilievitch KALININE en guise de bateau.

Les blogs bricolés par des autodidactes, c’est comme ça.

 

 

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Urgences !

 

Parmi ceux qui ont la clé de la maison, mais qui n’y rentreront jamais si on les laisse mourir …

 

SAUVONS SAMER ISSAWI : RASSEMBLEMENT MARDI SOIR À PARIS !

5. Issawi fauteuil roulant .jpg

Samir Issawi, prisonnier palestinien détenu par Israël, a dépassé les 200 jours de grève de la faim pour protester contre sa détention sans inculpation ni procès par Israël. Sa vie ne tient plus qu’à un fil. Elle dépend de nous.

TOUS AU RASSEMBLEMENT CE MARDI 19 FEVRIER A PARTIR DE 18 H

A LA SORTIE DU METRO SOLFERINO (LIGNE 12)

EN FACE DU SIEGE DU PS, A PROXIMITÉ DU PARLEMENT ET DU QUAI D’ORSAY


Source :

samedi 16 février 2013

http://www.europalestine.com/spip.php?article8073


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PRIX

 

 

7 février 2013

Julian Assange reçoit le Premier Prix Yoko Ono Lennon

imaginepeace.com

6. Prix Ono-Lennon à Assange -19241-e7a9f.jpg

photo : Allen Tannenbaum Polaris

3 février 2013 : New York, États-Unis. Yoko Ono a décerné (in abstentia) son Prix du courage pour les arts », pour l’année 2013, à Julian Assange de Wikileaks. Michael Ratner (deuxième à partir de la gauche sur la photo) et Balthasar Garzon Real ont reçu la récompense à la place de Julian Assange. Daniel Ellsberg (à gauche) et le ministre des Affaires étrangères équatorien Ricardo Patiño Aroca ont également pris la parole lors de cette cérémonie.

Lire la suite…

Source :

http://www.legrandsoir.info/etats-unis-julian-assange-rec...

 

 

 

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Pour mémoire

(et pour ne pas mourir idiots)

 

QUAND LA CIA INFILTRAIT LA CULTURE EN EUROPE

Documentaire Arte – mai 2011

 

Fruit de trois ans de recherches, ce documentaire montre comment les services secrets américains ont manipulé les milieux artistiques et intellectuels européens pendant la guerre froide. Beaucoup d’écrivains travaillèrent ainsi pour la CIA.

Dans les années de l’après-guerre, les services secrets américains lancent une vaste opération d’infiltration des milieux européens de la culture. Ils lui consacrent plusieurs millions de dollars et s’appuient sur un organisme, le “Congrès pour la liberté de la culture”, dont le siège se trouve à Paris. La capitale française est un lieu stratégique pour publier des revues lues jusqu’en Afrique, en Amérique latine et dans les pays arabes. Le Congrès pour la liberté de la culture s’intéresse aux artistes et intellectuels de gauche, qu’il essaie de soustraire à l’influence marxiste et de gagner à la cause américaine. En France, la revue Preuves dirigée par Raymond Aron constitue le fer de lance de cette diffusion de la pensée anticommuniste.

En Allemagne, le “Kongress für kulturelle Freiheit” naît en juin 1950 à Berlin, en zone d’occupation américaine. La revue Der Monat reçoit les premiers subsides de la CIA vers 1958. Elle compte parmi ses collaborateurs d’éminents journalistes et les principaux représentants des maisons d’édition en Allemagne fédérale. Le Congrès dispose ainsi de relais à Berlin, Munich et Francfort. Il s’établit aussi à Cologne où il développe des relations privilégiées avec les rédactions de la presse écrite et de la télévision. Heinrich Böll, futur Prix Nobel de littérature (en 1972), est approché et travaillera – plusieurs documents le confirment – pendant plus de dix ans pour le Congrès et ses différentes organisations. Sans savoir qu’il œuvre en fait pour la CIA ?

C’est ce que pense Günter Grass, autre cible de l’agence américaine. Au-delà de ces deux personnalités, toute la fine fleur des arts et des lettres a été approchée par les services secrets américains et leur a apporté son soutien, le plus souvent sans le savoir. C’est ce que montre très bien ce documentaire, fruit de trois ans de minutieuses recherches.

Sources :

http://honneur-a-l-armee-rouge.over-blog.com/article-quan...

:http://guerre.libreinfo.org/manipulations/manipulations/564-cia-culture.html


sans oublier  :

La CIA mécène de l’expressionnisme abstrait

7. Pollock - The She-Wolf - 1943.jpg

(Un article publié en 2010 par Le Grand Soir)

http://www.voltairenet.org/article167497.html


 

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Dernière minute.

Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises. Cela dépend d’où elles viennent.

 

La Havane,

Encore intubé, suite aux complications respiratoires survenues pendant sa dernière opération, mais avec des cheveux tout neufs et ses deux filles, Maria Gabriela et Rosa Virginia, Hugo Chavez fait la nique aux trolls d’El Païs.

8. CHAVEZ & SES filles -166CUBA-VENEZUELA-CHAVEZ-HEALTH-REPORT-G56HKOK5_1.jpg

Que se mejore Presidente ! Larga, muy larga remisión…

 

 

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Mis  en ligne le 17 février 2013 par Catherine

18:58 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/02/2013

Pseudo-antiterrorisme à l'européenne

1. Exterminateurs .jpg.png

 

Pseudo-antiterrorisme à l’européenne

 France

(avec un peu d’Angleterre dedans)


Pourquoi j'ai refusé de livrer mon ADN

05 février 2013 Par Les invités de Mediapart

2. Einstein langue tirée.jpgLe 6 février 2013, Charles Torres comparaît au tribunal de Rouen pour avoir refusé le prélèvement de son ADN lors d'une garde à vue de 35 heures début 2012. Forgeron, on le soupçonnait de complicité dans l'affaire de Tarnac et d'avoir fabriqué les crochets qui servirent à bloquer des TGV en 2008. 

Les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire n'ont pas peur de la contradiction. Le 24 février 2012, à 11 h 15, ils ont recueilli l'ADN de Charles Torrès, 28 ans, à son insu. Puis, à 11 h 35, ils ont lancé une procédure contre le jeune homme gardé à vue dans le cadre de l'affaire de Tarnac pour... refus de prélèvement génétique.Forgeron, on le soupçonnait  de complicité dans l’affaire de Tarnac et d’avoir fabriqué les crochets qui servirent à bloquer des TGV en 2008.

Témoignage :

Le 23 février 2012, je fis bien malgré moi une entrée fracassante dans l’affaire dite « de Tarnac ».

Lire la suite…

 

Voir également :


Mark Kennedy: la taupe de Tarnac

Tarnac : les étranges écoutes posées par France Télécom

Fichage ADN : ce que les flics savent sur vous


 

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Un avant-goût du procès de Tarnac : le procès du forgeron

28 janvier 2013 Par Benjamin épicier-terroriste

3. cetautomatix-le-forgeron.1260725959.gifBientôt un nouvel acte dans la folle épopée entamée le 11 novembre 2008 dans les collines corréziennes, aux alentours de la petite commune de Tarnac. Les lecteurs avertis se souviendront du dernier épisode, au mois d'avril 2012, qui avait poussé les effets narratifs à leur paroxisme. Episode au cours duquel nous avions assisté à la dramatique disparition d'un des personnages principaux, le juge Fragnoli, que le bon sens avait poussé à demander son dessaisissement, avant qu'il ne lui tombe dessus.

Lire la suite…

 

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Il est si facile de falsifier de l'ADN

4. falsification.jpgDes scientifiques israéliens ont découvert qu'il est aisé de contrefaire de l'ADN humain dans un but frauduleux de substitution d'identité génétique, notamment dans le cadre de relevés de scènes de crime.

Dans le numéro de juin de la revue scientifique trimestrielle FSI Genetics, le chercheur Dan Frumkin et ses collègues publient les résultats d'une étude au cours de laquelle ils ont produit des échantillons de sang à partir d'ADN falsifié. Ils ont ensuite fait tester ce sang par les laboratoires de pointe de la police scientifique, qui n'ont rien décelé d'anormal.

Lire la suite…


Voir également :

Surveillez moi, oh oui, surveillez moi !

 

 

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5. ADN CHIENS . jpg.jpg

 

Crottes à Capri… c’est bientôt fini !

 ADN, la solution-miracle.

 

Les autorités de l’ile de Capri en Italie, devant le peu d’empressement des maîtres à éduquer leur compagnon (…et eux-mêmes) et lasses de devoir faire la chasse aux crottes de chiens plusieurs fois par jour, ont décidé du fichage de tous les chiens de l’ile avec prélèvement d’ADN. A l’avenir, chaque crotte trouvée dans la rue fera l’objet d’une analyse génétique qui permettra d’identifier le chien et donc son propriétaire qui se verra infliger une amende… en plus bien sûr du prix de l’analyse ADN (environ 200 €)…!! 

 


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Belgique

Juge Fragnoli par-ci, procureur monomaniaque par là… On prend presque les mêmes et on agite la boîte à fabriquer des « terroristes ». La boîte, en l’occurrence, s’appelle Parlement belge, et vient de voter – entre autres décisions déshonorantes comme l’entrée en guerre de la Belgique contre le Mali -  une extension de la loi scélérate du 13 janvier 2003, visant à conformer un pays prétendu souverain aux caprices de l’inénarrable Gerges W. Bush et de ses complices dans le crime. Comment pourrait-on leur refuser ce petit plaisir ?

Un meeting co-organisé par par le Collectif No-Procès, Bruxelles-Laïque, la Ligue des Droits de l'Homme, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et le Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association aura lieu ce lundi 18 février dans les locaux de Bruxelles-Laïque à 19h30.  Le thème, à la veille de l'ultime audience dans l'affaire des quatre du Secours Rouge : De l’anti-terrorisme au terrorisme d’état ?

Le lendemain matin se déroulera l'audience qui doit définitivement trancher s'il y a lieu ou non d'appliquer la loi anti-terroriste aux quatre militants du Secours Rouge.  Dès lors, un rassemblement de solidarité se tiendra sur les marches du Palais de Justice entre 9h et 10h.  Il y aura des boissons chaudes pour affronter les intempéries.

 

De l’anti-terrorisme au terrorisme d’état ?

 La loi du 19 décembre 2003 sur l’infraction terroriste a déterminé qu'une infraction serait punie beaucoup plus sévèrement lorsqu’elle sera qualifiée de « terroriste » que lorsqu’elle échappera à cette qualification. Cette loi a été contestée dès l’origine en raison de la débauche de moyens répressifs hors véritable contrôle qu’elle prévoyait (méthodes de recherche, détention préventive, etc.) et en raison du flou extrême de sa définition du « terrorisme ». Et donc de son application possible à des mouvements sociaux et politiques.

Les premières applications de la loi (affaire de la prétendue "filière kamikaze", affaire DHKP-C) ont donné raison à ceux qui critiquaient son flou. Les tribunaux l'ont interprété de manière radicalement différente : ce qui était jugé "terroriste" par un tribunal ne l'était pas pour un autre.

Ce flou est encore au cœur des tours et détours de la procédure contre le Secours Rouge, l’accusation ayant fait appel contre une décision de justice de ne pas appliquer cette loi.

Loin de réévaluer cette législation, le parlement l'a... étendue ce 7 février, et criminalise désormais ce qu'il appelle « l’incitation indirecte », (même non suivie d’effet) à une « infraction terroriste ». Le flou s’ajoute au flou, les défauts et dangers de la législation anti-terroriste augmentent de manière exponentielle.

 

Quelques sources :

CLEA

http://www.leclea.be/pdf/moratoire-loi-antiterroriste.pdf

Progress Lawyers Network

http://www.iadllaw.org/files/LOI%20ANTI%20TERRORISTE%20OU...

Ligue des droits de l’homme

http://www.liguedh.be/2004/468-la-lutte-contre-le-terrorisme-ne-peut-se-faire-au-detriment-des-droits-fondamentaux

CESEP

http://www.cesep.be/SERVICES/PERIODIQUES/ARCHIVES/articu_...

JOC - OJIM

http://www.lejim.info/spip/spip.php?breve1233

Jean-Claude Paye : « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire »

http://www.voltairenet.org/article151318.html

6. mééééttinque - 2013-02-18.jpg

 


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Et rendez-vous au Palais de Justice de Bruxelles

le lendemain mardi 19 février, à 8 h 50’

pour l’audience contre les quatre militants de

Secours Rouge

dans le cadre (enfin, enfin, enfin !) de cette loi tant attendue.

 

 

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 Mis en ligne le 16 février 2013 par Marie Mouillé.

15:31 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

07/02/2013

AVEC LES CARABINIERS

1. Carabiniers napolitains .jpg

AVEC LES CARABINIERS

Notre matos nous joue quelquefois des tours. Le dernier en date : nous n’avions plus de son. Disparu. De façon abrupte et inexplicable. Nous voyions circuler partout une video « belge » : intervention du député fédéral Laurent Louis sur le Mali. Fichtre. Que racontait-il ? Nous n’en savions rien. Et voilà que, simultanément, le Réseau Voltaire publie sur son site non seulement la vidéo, mais aussi le texte intégral de l’intervention en français, en espagnol et en anglais, et que le site d’information U.S. Information Clearing House prend le relais. Nous ne pouvions pas faire moins que la mettre, nous aussi, en ligne. (Et voilà que- ô comble de bonheur - notre son est revenu, aussi inexplicablement qu’il était parti !)

Avec les carabiniers, donc :


Condamnation de la guerre au Mali et dénonciation du complot néocolonial de l’Occident

2. Laurent Louis - portrait .jpg

Réseau Voltaire –

Bruxelles, Belgique – 3 février 2013

Le 11 janvier 2013, la France déclenche une intervention militaire au Mali, pays africain où près de la moitié de la population vit avec moins de 1,25 dollars par jour. Les raisons que Paris invoque pour justifier cette opération reprennent en fait la rhétorique de la « guerre au terrorisme », chère à l’administration de Bush Jr. Le 17 janvier, le député indépendant Laurent Louis dénonce devant le Parlement belge les véritables objectifs de l’intervention. Seul député belge à s’opposer au soutien de la France à l’opération française, Laurent Louis rappelle aussi que les pays occidentaux – y compris la France – ont soutenu en Libye et soutiennent toujours, en Syrie, les djihadistes que Paris affirme vouloir combattre aujourd’hui au Mali.

Lire la suite…

 

 

Version US :

 

Information Clearing House

Preventive War Has Become The Rule

Belgian MP Laurent Louis stands against war in Mali and exposes the international neo-colonial plot :

« Preventative war has become the rule. And today in the name of democracy and the fight against terrorism, our states grant themselves the right to violate the sovereignty of independent countries and to overthrow legitimate leaders »



Video



On January the 17th, Belgian MP Laurent Louis, explained why he voted against the Belgian support for war in Mali. He expressed his disgust and wrath against the criminal foreign policies of the Belgian elite and its submission to foreign financial and interests groups.

Posted January 27, 2013

Click on the CC icon for english translation

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Un des commentaires : « Here is one decent Western politician saying what needs to be said ! »

Source :

http://www.informationclearinghouse.info/article33733.htm

 

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Allons-y de notre propre commentaire.

Premièrement, il importe de dire à quel point nous sommes d’accord avec chacun des termes employés par le député Louis, ainsi qu’avec leur sens général.

Deuxièmement, nous n’avons pas remarqué sans dégoût les efforts faits par quelques zozos (dont une femme) pour tenter, par diverses gesticulations, de désamorcer des paroles qu’ils auraient bien fait d’écouter avec respect. Nous avons espéré voir exploser l’apoplectique grimaçant dans le dos de l’orateur. Hélas…

Troisièmement, vous aurez apprécié comme nous le silence de mort qui a accueilli cette péroraison. Pas un seul qui ait eu le courage de se déclarer à haute voix pour ou contre. La meute, accoutumée à ramper sous la schlague, a de ces silences-là.

Quatrièmement, il est toujours bon de savoir par quoi on est « représentés » : on a les représentations qu’on mérite, et, depuis les honteuses sorties en masse des assemblées de l’ONU, à chaque fois que le Président Ahmadinejad y a pris la parole, nous sommes fixés.

Cinquièmement, la seule conclusion à tirer de tout ceci est qu’il y a en Belgique au moins un homme et qu’il fait de la politique. Si un trop grand nombre de Belges faisaient savoir de façon indiscutable qu’ils partagent ses vues (nous ne nous faisons aucune illusion là-dessus), le député Louis aurait vite un accident. Nous ne le lui souhaitons pas. Tant pis pour les Belges.

 

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ARCELOR-MITTAL arrête les hauts-fourneaux liégeois, licencie tout le monde : la routine depuis 40 ans.

 

3. caricature-arcelormittal-bis.jpg

 

LAKHSMI MITTAL BELGIUM ou la pierre philosophale

Patrick LEDENT

Liège, 5 février 2013

J’aime bien les chiffres. Ceux qui suivent sont glanés sur le net et constituent une moyenne des différents sites consultés, de gauche comme de droite, y compris le très modéré « Trends », c’est vous dire ! Nos politiques ne contestent pas ces chiffres.

Entre 2008 et 2011, ARCELORMITTAL a réalisé en Belgique 5,8 milliards d’euros de profit, soit 1,45 milliard d’euros par an. Grâce aux intérêts notionnels et à diverses entourloupes fiscales, le groupe a été imposé à hauteur de 1,4%. Il a donc acquitté, pour l’exercice 2012, un impôt d’environ deux millions d’euros (1,45 milliard x 0,014).

4. mittal - portrait - _5534772.jpg

Si l’entrepreneur avait été imposé équitablement, c’est-à-dire à hauteur du taux moyen d’imposition des travailleurs et entreprises belges, soit +/- 35%, il aurait acquitté un impôt de plus de 507 millions d’euros (1,45 milliard x 0,35). Réduisons à 502 millions, par facilité.

Un rapide calcul (502 M€ - 2 M€) nous apprend que l’Etat belge a accordé à M. Lakhsmi MITTAL, pour l’exercice 2012, une réduction d’impôt d’un demi-milliard. Ce qui correspond, grosso modo, à 50 euros par habitant, soit près de 150 par travailleur.

MITTAL compte environ 12.000 travailleurs en Belgique. Accordons à chacun d’entre eux un salaire moyen confortable de 2.000 à 2.500 euros net par mois, ce qui représente une charge brute pour l’employeur de 5.000 € par travailleur et par mois, soit une masse salariale annuelle de 720 millions d’euros (12.000 travailleurs x 5.000€ x 12 mois).

Notre État a donc pris en charge, par le biais des intérêts notionnels, septante pourcent de cette masse salariale (500/720)*100. Ce qui revient à dire que Lakhsmi MITTAL a bénéficié, pour faire tourner sa boîte, de 8.400 (12.000*0,7) esclaves (c’est ainsi qu’il convient d’appeler les travailleurs non rémunérés par leur patron).

Décompte tenu des esclaves, le groupe MITTAL a constaté qu’il avait rémunéré, contre toute attente, 3.600 profiteurs ! Voilà qui dépassait l’entendement ! Payer la main d’œuvre, et puis quoi encore ? Il convenait de mettre un terme à l’hémorragie. Dont acte : 800 suppressions d’emplois voici quelques mois pour la phase à chaud, 1.300 aujourd’hui pour la phase à froid, et 1.500 demain pour la phase tempérée, attendez voir ! Objectif fin 2013 : masse salariale = zéro.

Voilà pour la comptabilité. Pour les modalités d’application, c’est à peine plus compliqué. Il s’agit de jongler avec les diverses niches fiscales, à les détourner de leur esprit et à contourner les éventuels garde-fous : rien qui soit sorcier. Quand on a laissé sa conscience au vestiaire, l’issue du match ne fait pas un pli.

Aujourd’hui, devant l’énormité du camouflet, nos politiques font mine de s’étonner : « Ah ben ça alors, on ne l’aurait jamais cru ! Notre montage financier reposait sur une confiance mutuelle, et voici que cette confiance est rompue. On nous avait promis de nombreux investissements en échange de notre flexibilité, et voici que l’on se rétracte ! Pire, que l’on sabote notre travail ! Pouvions-nous imaginer un seul instant que nous avions affaire à un escroc ? « Non, peut-être ! », répondrons nous pour affirmer, en bons surréalistes que nous sommes : « Oui, absolument ! ».

Placez un marmot dans une cuisine, posez un pot de confiture en haut d’une armoire et donnez la consigne : « Pas touche ! ». Là-dessus, abandonnez sur place deux tabourets, une table, quatre chaises, une échelle, un élévateur hydraulique et huit mille quatre cents assistants. Revenez vingt minutes plus tard. Vous attendez-vous à trouver le pot de confiture intact ? La réponse semble évidente. Sauf pour notre gouvernement qui s’exclame, mains sur les hanches : « Ah ben, ça alors ! »

Il ne vous reste plus qu’à pleurer et à gronder le gosse pour n’avoir pas respecté vos injonctions. Le gronder mais pas trop, parce que, réflexion faite, vous aviez un peu tenté le diable, non ? Simplement, à l’avenir, vous serez plus circonspect : l’élévateur hydraulique, pas question, trop facile !

C’est ce qu’il va se passer, c’est déjà ce qu’il se passe ! Déjà ce qu’il se dit : « Bien sûr, on peut nationaliser, mais sur le long terme, c’est intenable. Il ne faut pas se voiler la face, MITTAL est incontournable. Si on ne fait pas de concession, tel qu’on le connaît maintenant, il est capable de mettre la clé sous le paillasson sans même passer la serpillière. Alors, le carottage en profondeur et la décontamination des sols et sous-sols, je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais ce n’est pas dans la poche. On marche sur des œufs, messieurs. Faut faire gaffe, drôlement gaffe, agir avec prudence, plus que jamais ! Donc, voilà ce que je propose : on retire l’élévateur hydraulique, faut pas exagérer, mais en contrepartie et en gage de notre bonne volonté, on indemnise nous-mêmes les travailleurs licenciés. Après tout, c’est de notre faute, s’ils sont sur le carreau. Si nous les avions payés tout de suite, comme les autres, nous n’en serions pas là. Alors ? Ça marche ? Il est adopté, mon plan ?»

Il le sera. On parie ?

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« …on indemnise nous-mêmes les travailleurs licenciés : il en a de bonnes, Patrick Ledent ! « On », c’est qui ? Les contribuables, non ? Donc, les travailleurs licenciés… Nous sommes bien d’accord ?

Et si on enfermait nos gouvernants avec Arundhati Roy jusqu’à ce qu’elle en ait fait du dal ou qu’ils sachent au moins épeler leur nom ?

 

*

Dans le même ordre d’idées que l’article de Philippe Grasset sur la Grande Muraille Souterraine de Chine,  les valeureux du Cercle des Volontaires viennent de mettre en ligne une interview, qui nous avait échappé lorsque Center Blog, Alterinfo et Le Grand Soir l’avaient publiée en septembre dernier, honte sur nous et notre frivolité ! 

Cette interview est si importante à nos yeux qu’au lieu de vous y envoyer par un lien, nous nous sentons obligés de vous la balancer in extenso. La démonstration du Pr. Fursov est si magistrale et si limpide qu’un enfant de quatorze ans la comprendrait. Et on se fourrerait le doigt dans l’œil jusqu’aux clavicules si on pensait qu’elle ne nous concerne pas directement. Amis lecteurs, ne la zappez pas, sous peine de mourir idiots !

 

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Frappe contre la Syrie – cible : la Russie

Cercle des volontaires – 5 février 2013

L’interview de Andrej Iljitsch Fursov ci-après a été publiée le 9 août 2012 sur le site KP.ru et traduit par le site Horizons et Débats.

« Il n’y a qu’une chose qui puisse être pire que l’hostilité avec les Anglo-Saxons : c’est l’amitié avec eux » (Alexej Jedrichin-Wandam)

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Andrej Fursov est directeur du Centre d’études russes à l’Université des sciences humaines de Moscou et membre de l’Académie internationale des sciences (Munich). Compte tenu de l’orientation des questions au départ, il embrasse un large spectre imprévu de sujets abordés. Partant de la situation actuelle en Syrie et du «Printemps arabe», l’historien russe tente des prévisions et des réflexions sur les développements à venir, allant du concret au global. Dernière remarque liminaire: en russe, le terme de «régime» n’a pas forcément de connotation négative.

KP.ru : Pourquoi l’Occident est-il si pressé d’enfoncer les clous dans le cercueil du régime d’Assad ?

Andrej Fursov : Ce pays de taille moyenne au Proche-Orient est tout à coup devenu le point le plus névralgique de la planète. L’ONU siège en permanence à son sujet. La Russie et la Chine y adoptent une attitude inflexible. Une flotte russe de bâtiments de guerre avec de l’infanterie de marine à bord a mis le cap sur la Méditerranée et fera aussi escale en Syrie. Les USA mettent 15 millions de dollars supplémentaires à disposition des «rebelles». Est-il possible que ça sente la grande guerre ?

KP : En quoi la petite Syrie a-t-elle gâché la soupe au puissant Occident ?

A.F. : En tout, simplement. Procédons par ordre – allant du plus petit au plus grand, du régional au global. Dans les constellations proche-orientales et en général dans le conflit des Américains et des monarchies sunnites (Arabie saoudite et Qatar) contre l’Iran chiite, ce pays n’est pas seulement un allié de Téhéran, mais le membre d’une chaîne qui relie celui-ci avec les groupements chiites du monde arabe. Sans cet intermédiaire, l’influence de l’Iran dans le monde arabe serait passablement moins importante. Je ne veux même pas parler de l’oléoduc qui, provenant de l’Iran, traverse la Syrie. Sans solution de la question syrienne, les Anglo-Saxons, c’est-à-dire les Britanniques et les Américains, ne pourront pas prendre le risque de s’attaquer à l’Iran.

Le régime syrien est de fait le seul régime fort et laïc du monde arabe. Le fait qu’il soit fort dérange les Atlantistes dans leurs plans de transformation du Proche-Orient et du monde entier. Qu’il soit laïc et en même temps économiquement couronné de succès dérange les dirigeants de l’Arabie saoudite et du Qatar.

KP : Bien des gens disent qu’il s’agit de la première guerre pour le gaz naturel.

A.F. : On a détecté des gisements de gaz naturel dans le Sud de la Méditerranée – autant en mer que sur terre en Syrie (Kara). C’est difficile de connaître leur dimension, mais ils existent. Le Qatar exporte du gaz naturel liquéfié à l’aide d’une flotte de tankers. Si le régime d’Assad s’effondre, le Qatar aura la possibilité de transporter directement le « combustible bleu » via le territoire syrien sur la côte de la Méditerranée. Cela doublerait au moins son volume d’exportations et gênerait simultanément les exportations de l’Iran. Le renforcement du Qatar sur le marché du gaz naturel affaiblit la position de la Russie. Si les Américains réussissent simultanément à prendre le contrôle du gaz naturel algérien, cela ressemblera bien à un blocage des exportations de gaz naturel pour la Russie. Ce qui signifie que les intérêts économiques du Qatar sont identiques aux intérêts géopolitiques des Etats-Unis, et à leurs efforts d’affaiblir la Russie autant que possible, car la Russie ne doit pas de nouveau se renforcer.

KP : Cela signifie au fond qu’en Syrie, les Yankees attaquent indirectement le Gazprom aimé des Russes ?

A.F. : Les Anglo-Saxons sont des joueurs de billard au niveau mondial, ils travaillent selon le principe de tirer simultanément plusieurs balles d’un coup (ce qu’on devrait apprendre d’eux). Le chaos orchestré se déroulant au grand Proche-Orient sépare la Chine des sources de pétrole et de gaz naturel dont elle a besoin, ce qui entraîne en même temps une rupture entre la partie chinoise de l’Eurasie et celle de l’Europe occidentale. Le contrôle du pétrole et du gaz provenant du Proche-Orient signifie en première ligne le contrôle des Etats-Unis sur l’Europe, notamment sur l’Europe occidentale, ce qui serait favorable à un affaiblissement de la Russie et de ses positions. Et si un jour cela devait déplaire à l’Europe, on pourrait là aussi provoquer pour un oui pour un non quelques troubles arabo-africains – de telle manière que les citoyens rassasiés désireraient que ça prenne fin.

Cette logique (bien que ce ne soit pas la seule chose) détermine la poussée vers l’Est des élites de l’Atlantique nord à travers le monde arabe : la Tunisie, l’Egypte, la Libye. Actuellement, ils sont arrivés en Syrie. Cependant, les Atlantistes se voient confrontés dans ce coin de terre syrienne à une autre puissance mondiale, qui peut se mesurer à eux du point de vue économique et même militaire, mais qui représente une civilisation totalement différente. C’est la Chine avec sa poussée vers l’Ouest. La poussée de la Chine est une espèce de croisade pour gagner des ressources. Le Pakistan se trouve déjà sous l’influence de la Chine. Les Chinois ont depuis longtemps des relations avec les talibans d’Afghanistan. L’Iran est aussi un allié, bien que très spécial. Le sud de l’Irak est déjà de facto contrôlé par les alliés chiites d’Iran. Du point de vue géostratégique et géoéconomique, la Chine parvient ici pas seulement jusqu’à la côte de l’océan Indien, mais, vu sous cet angle, jusqu’à l’Atlantique (à savoir jusqu’à la côte syrienne de la Méditerranée). Pour le dire objectivement, en Syrie, les croisés occidentaux sont parvenus à la Grande Muraille de Chine.

Pour la première fois, l’élite anglo-américano-juive, qui s’était formée au cours des derniers siècles et est devenue une conquête organisationnelle historique de l’Occident, a été confrontée ici à un adversaire mondial d’un genre non-occidental (car la direction de l’URSS était la transposition d’un projet de gauche de l’Occident, d’un jacobinisme de l’époque moderne). Par ailleurs, le segment européen de l’élite occidentale se trouve en face d’un segment chinois pas moins ancien et peut-être même plus ancien, d’où il reçoit aussi l’expérience historique. Orienté tout autant vers les valeurs matérielles, le commerce et l’argent. Mais ayant encore l’esprit très aventureux, car à l’évidence les Chinois ont leur propre système criminel mondial.

KP : La mafia chinoise est probablement encore un peu plus violente que l’italienne…

A.F. : Oui, et ne parlons même pas des réserves d’or chinoises comme arme financière menaçante.

Pékin a très bien compris que la Syrie n’est qu’une étape de la poussée principale des Atlantistes du Nord – et le but est de voir tomber la Chine, de la renvoyer à l’intérieur de ses frontières nationales, de la séparer des sources d’approvisionnement en matières premières et de l’étouffer technologiquement. C’est ce qui explique la position si dure de la Chine à l’ONU en ce qui concerne la Syrie.

KP : Qu’en est-il de la position de Moscou ? Pourquoi est-elle si différente que dans le cas de la Libye ?

A.F. : Premièrement, nous avons à présent un autre président. Deuxièmement, je pense que l’affaire avec Kadhafi a appris pas mal de choses aux dirigeants russes. Troisièmement, la Russie entretient une base navale en Syrie. Quatrièmement, l’industrie d’armement russe a des intérêts importants en Syrie, et les intérêts économiques sont une chose sacrée pour les dirigeants russes. Cinquièmement, la Syrie est bien plus proche des frontières de la Russie et de l’espace postsoviétique que la Libye. Tout ceci détermine la position de Moscou, une position qui par son potentiel nucléaire et diplomatique renforce la position chinoise. Ni la Russie ni la Chine ne parviendraient à affronter seuls la communauté internationale.

Les Anglo-Saxons peuvent sûrement se ficher du veto de la Russie et de la Chine, de l’ONU et du droit international en général, qu’ils ont de toute façon l’intention d’abroger. Mais jusqu’ici, ce ne sont que des intentions. Car comme Staline a dit une fois, la logique des circonstances est toujours plus forte que la logique des intentions. Ces circonstances sont la Russie et la Chine qui provoquent une furieuse rage chez les Atlantistes du Nord – il n’y qu’à écouter quelques fois Madame Clinton et observer sa mimique.

KP : En dépit des positions intransigeantes de Moscou et de Pékin, l’Occident ne se retire pas. Pourquoi donc?

A.F. : Premièrement, cela ne fait pas partie des traditions des Anglo-Saxons de lâcher prise après avoir planté leurs crocs dans une proie comme un pitbull. Ils feront pression à fond jusqu’à ce qu’ils aient imposé leur projet ou jusqu’à ce que l’adversaire leur brise les reins. Deuxièmement, au cours des 25 à 30 dernières années, après avoir vaincu l’élite soviétique (il s’agit exactement de l’élite soviétique – elle a capitulé), ils sont simplement devenus arrogants. Ils se sont habitués à ce que la Russie abandonne tout et ils comptent sur le fait qu’ils peuvent faire pression sur l’élite russe, déjà rien que parce celle-ci a déposé son argent dans des banques occidentales. Troisièmement, et c’est la raison principale qui l’emporte sur toutes les autres : les mises sont beaucoup trop élevées, c’est le destin des élites de l’Atlantique nord elles-mêmes qui est en jeu, il ne s’agit pas du tout seulement de réserves d’hydrocarbures ou du Proche-Orient. L’Occident n’a pas d’autre possibilité que de foncer en avant. L’affaire se présente ainsi : en dépit de l’énorme potentiel matériel et d’information de cette machinerie gigantesque qui est dirigée par des géo-constructeurs et géo-ingénieurs supranationaux extrêmement expérimentés, les Etats-Unis font actuellement l’expérience d’une surtension des forces. « Nihil dat fortuna mancipio » – le destin n’accorde rien pour l’éternité ! Le temps de l’Amérique est en train de passer. Afin de retarder la chute définitive ou même de l’éviter, l’Amérique a besoin de faire une pause pour souffler.

Ce n’est pas un hasard si dans la nouvelle doctrine militaire qu’Obama a proclamée le 5 janvier 2012, il ne s’agit plus maintenant que les USA – comme jusqu’ici – soient armés pour mener deux guerres parallèles, mais plus que pour une, plus des actions indirectes dans plusieurs régions. Il faut par ailleurs tenir compte du fait que les Américains regroupent jusqu’à 60% de leur puissance militaire dans l’océan Pacifique, l’espace du Pacifique oriental, et qu’ils se préparent ainsi à des confrontations avec la Chine. Ce n’est pas un hasard si la revue Foreign Affairs, une publication du Council on Foreign Relations (CFO) – une des structures américaines les plus influentes en matière de relations internationales – ne cesse de publier depuis peu des articles qui disent ouvertement : les Etats-Unis ont besoin de faire une pause « pour se concentrer sur la reconstruction des bases de la prospérité nationale ». Aujourd’hui, l’Amérique rappelle l’Empire romain du temps de l’empereur Trajan (début du IIe siècle de notre ère). A cette époque, Rome a passé des offensives stratégiques à la défense stratégique ; Rome a commencé à bâtir le limes et à abandonner quelques régions conquises, avant tout au Proche Orient.

KP : C’est une analogie directe. Les Etats-Unis ont l’intention de quitter l’Afghanistan, et ils se sont déjà retirés de l’Irak…

A.F. : Les résultats du Sommet de l’OTAN de Chicago, les 20 et 21 mai 2012, en ont apporté la démonstration : ni les États-Unis ni l’OTAN ne quitteront réellement le Proche-Orient et l’Afghanistan. Ce n’est pas pour cela qu’ils s’y étaient rendus. Il est toutefois vrai qu’ils doivent en « sortir » mais avant tout pour y installer un nouveau modèle de commandement. Et cela, tout simplement pour éviter que la place ne soit prise par les concurrents, c’est-à-dire par l’UE et surtout par la Chine. Voilà la vraie raison de ce nouveau modèle de domination de la région : un chaos orchestré. On ne peut imaginer de meilleur candidat pour installer ce modèle et le maintenir que les Islamistes, « les chiens de garde de la mondialisation à la mode américaine ».

On voit donc au Proche-Orient – notamment dans le pays-clé qu’est l’Égypte – que le « Printemps arabe » a porté au pouvoir les Islamistes. En réalité, on leur a aplani le chemin. Mais, les Anglo-Saxons ont buté sur deux pays dans leur marche en avant, dans lesquels les Islamistes étaient faibles ou inactifs. Il s’agit de la Libye et de la Syrie. La Libye a déjà été écrasée par l’atroce attaque de l’OTAN, la Syrie est actuellement assiégée. L’armée syrienne se bat contre le terrorisme international, qui est, comme il se doit, dirigé par les manipulateurs des dirigeants anglo-américains.

KP : Permettez, Andrej Iljitsch ! Les médias occidentaux prétendent que le peuple s’est révolté contre le régime d’Assad. Les insurgés sont des Syriens qui ont déserté l’armée.

A.F. : En sont responsables les médias occidentaux, ou autrement dit : les moyens de propagande de masse, d’agitation et de désinformation. Leur tâche est purement militaire, soit de mener une campagne de désinformation et de guerre psychologique. Les « rebelles syriens » sont dotés d’armes de précision, de canons antichars, d’appareils de détection à infrarouge, d’excellents fusils pour tireurs d’élite, et de bien des autres armes, de production turque pour l’essentiel. N’est-ce pas un peu beaucoup pour des déserteurs et des réfugiés ? L’essentiel est, toutefois, l’organisation de ces combats. Depuis juin, la situation en Syrie a complètement changé. Assad se heurte à une culture d’état-major hautement qualifiée, de ceux qui planifient les diversions militaires dont seraient bien incapables les déserteurs, même au rang de capitaine ou de major. Les « insurgés » ont passé de la tactique d’usure et de harassement de l’armée syrienne à celle d’attaques massives, soutenues par des contingents comportant 25 000 à 30 000 hommes. Ces hommes armés viennent de Libye, de Tunisie, d’Afghanistan et d’autres pays islamiques. De les envoyer en Syrie permet aux Occidentaux et aux monarchies sunnites de résoudre un problème crucial. Car ces énergies meurtrières doivent être occupées quelque part. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’elles se mettent à travailler sérieusement, et un chien enragé peut aussi mordre son maître.

Une partie des clans criminels syriens combattent avec les mercenaires professionnels et les terroristes internationaux contre les troupes gouvernementales ; ils assassinent leurs propres voisins et accusent le régime Assad d’avoir commis ces horreurs. La situation en Syrie a mis au jour une réalité : Le terrorisme international, contre lequel les États-Unis prétendent lutter, est en réalité leur arme, créée par eux-mêmes. En Libye, c’est Al-Qaïda qui a accompli la tâche ordonnée par les Atlantistes. En Syrie, on a introduit les hommes d’armes de l’Islamiste Abd al-Hakim Balhadsch, qui fut commandant des « insurgés » libyens. Il est le militaire le plus influent de Tripoli et lié à Al-Qaïda depuis longtemps. Cette organisation est un instrument parfaitement adapté pour les services secrets américains et britanniques. En cas de besoin, on peut les utiliser pour faire exploser ses propres Twin-Towers, puis rendre responsable l’organisation de Ben Laden. Et, si le besoin s’en fait sentir, on peut s’allier à cette organisation pour se lancer contre Kadhafi ou contre Assad. Al-Qaïda peut reprendre du service ; comme le déclara en son temps notre patriarche Avvakoum « hier encore fils de pute, aujourd’hui déjà un prêtre ».

Il doivent cesser de nous raconter des stupidités : les Syriens ne se battent pas contre les Syriens, mais contre l’élite anglo-saxonne qui mène sa guerre au travers des terroristes internationaux. Leur façon d’agir ressemble fort à celle des escadrons de la mort de John Negroponte au Guatemala. Les « amis de la Syrie » (qui furent auparavant les « amis de la Yougoslavie, de l’Irak, de la Libye ») voudraient, de leur point de vue, aussi devenir les « amis de la Russie », alors qu’ils sont le principal pouvoir terroriste international. J’espère bien qu’ils se retrouveront un jour, avec leurs complices (y compris ceux de La Haye), à « leur Nuremberg ». Nombreux sont ceux, à l’ouest aussi, qui comparent l’invasion de l’Irak par Bush jr. à celle de la Pologne, des Pays-Bas et de la France par Hitler. La question qui se pose est de savoir si la Syrie sera la dernière ligne avant une nouvelle guerre, non seulement mondiale, mais globale ? La criminalisation de la politique par les dirigeants occidentaux y conduira finalement, tôt ou tard.

KP : Les États-Unis ont de fait justifié les derniers actes terroristes à Damas qui ont coûté la vie à plusieurs membres du gouvernement syrien.

A.F. : Oui, parmi les victimes se trouvent le ministre de la Défense Daud Radschha, le chef des services secrets militaires Assef Schawkat et le chef du comité anticrise Hassan Turkmani. Des personnes très proches d’Assad, ses soutiens. Il fallait s’attendre à une pareille action, et je ne pense pas qu’elle ait été possible sans l’aide de services secrets occidentaux. Mais Bachar el-Assad tient bon, on n’a pas pu le briser au cours des 15 derniers mois, c’est pourquoi on vise maintenant à l’éliminer physiquement, lui et ses proches. On espère qu’une fois disparu, son régime s’effondrera. Y arrivera-t-on ? C’est une autre question. Mais dans ce contexte, il y a autre chose qui est important : l’élite occidentale s’est, après l’assassinat de Kadhafi, engagée ouvertement et sans scrupule sur la voie de l’assassinat de ces dirigeants, qui s’opposent à leurs projets, c’est-à-dire : sur la voie du terrorisme. Alors qu’avec Milosevic et Saddam Hussein on s’était donné la peine d’ouvrir un procès bidon, on a assassiné Kadhafi d’après des méthodes « concrètes » de grand banditisme et on n’a pas même caché sa satisfaction. Qu’on se souvienne de la scène présentant les dirigeants américains réunis à la Maison-Blanche devant le téléviseur pour assister à la mise à mort de « Ben Laden ». Quand on tombe pareillement dans l’abrutissement et dans la dégénérescence morale on se retrouve au niveau de la populace moyenâgeuse qui trouvait plaisir à assister aux exécutions. Les dirigeants occidentaux se comportent comme une organisation mondiale de criminels et ne s’en cache même pas. Selon le principe : « Tu es déclaré coupable uniquement parce que j’ai faim ! »

Ainsi, l’ancien président français pro-américain, Sarkozy, avait directement menacé les chrétiens syriens (environ 10% de la population syrienne) que, s’ils continuaient à soutenir Assad, ils pourraient se trouver victimes d’attentats. Et c’est bien ce qui se passe actuellement. Mais on ne se contente pas d’assassiner des chrétiens, mais aussi des Druzes, des Alaouites, des membres du parti Baath au pouvoir depuis 1963. Mais les grands massacres commenceront, dans la mesure où l’Occident réussira à faire tomber le régime d’Assad. Ce qui ne sera possible que par une intervention militaire venant de l’extérieur.

KP : Pensez-vous que l’Occident ira aussi loin ?

A.F. : Il vaut mieux poser cette question à cette organisation criminelle qui a ses « actions » à Washington, New York, Londres et Bruxelles. Nous ne pouvons qu’imaginer des variantes. La seule puissance militaire sur laquelle s’appuie l’OTAN est la Turquie, laquelle rêve de voir la Syrie divisée en quatre ou six parties, d’obtenir le contrôle de la moitié, ce qui commencerait à lui donner l’image de ce que nous avons connu comme l’Empire ottoman. Toutefois, une telle guerre serait un vrai risque pour la Turquie, du fait des positions de la Russie, de la Chine et de l’Iran, sans compter la question kurde, cela même avec l’aide de la technique militaire de l’OTAN. Et la Syrie elle-même n’est pas dénuée de force. On peut donc plutôt s’imaginer que la guerre actuelle continuera de la même manière, l’Occident s’efforçant d’écraser la Syrie au moyen des mercenaires, en combinant la tactique de désorganisation et d’attaques massives, tout en cherchant à liquider physiquement Assad. Les États-Unis et la Grande Bretagne ont déjà trop investi pour la destruction du régime syrien et ne reculeront que si le prix d’une victoire est trop élevé.

KP : Ont-ils vraiment autant investi ?

A.F. : Oui. Tant en ce qui concerne la finance que l’organisation. Déjà en 2006, on a mis en place le programme « Démocratie en Syrie », avec un financement prévu de 5 millions de dollars. En 2009, le « Conseil pour la démocratie », qui répartissait cet argent entre les acteurs qui voulaient « démocratiser » de l’intérieur les pays qui devaient être affaiblis par les États-Unis, reçut du Département d’Etat la somme de 6,3 millions de dollars pour le programme, lié à la Syrie, intitulé « Initiative pour le renforcement de la société civile » (il faut croire que les Anglo-Saxons s’imaginent qu’on met en place une société civile en faisant assassiner des femmes et des enfants par des mercenaires).

Le « Syrian Business Forum » administre actuellement un budget d’au moins 300 millions de dollars. La moitié de ce montant sert à financer l’« Armée syrienne libre ». L’Arabie saoudite et le Qatar, qui ont signé un accord secret à ce sujet, jouent un rôle important dans le financement des forces anti-Assad. Les positions des Saoudiens et du Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Dschassem Al Thani, démontrent parfaitement la collusion entre l’Occident et les Salafistes. C’est au Qatar que furent tournés des films sur de prétendus combats à Tripoli et à Damas, alors que ces combats n’avaient pas encore commencé. L’émir finança l’assaut de Tripoli et y envoya une troupe arabe de 6000 hommes qui portaient l’uniforme militaire du Qatar. D’ailleurs, c’était aussi Ben Dschassem qui ordonna l’attaque contre le diplomate russe Titorenko au Qatar.

KP : Certains politiciens occidentaux pensent que la Russie accueillera Assad et sa famille. Partant de l’idée que le peuple syrien en sera reconnaissant à la Russie. Quelles peuvent être les répercussions pour la Russie de la chute du régime Assad ?

A.F. : La Syrie est notre seul allié dans le monde arabe. S’il chute, nous perdrions nos dernières positions dans la région. Mais il ne s’agit pas seulement du monde arabe. La Russie peut facilement disparaître de la carte. Après la Syrie et l’Iran (car il est plus que probable qu’après la Syrie, les Atlantistes envahiront l’Iran – les analystes émettent déjà le nom de cette opération militaire « La grande tempête », qui devrait commencer par une attaque américano-israélienne contre le Hizbollah) ce sera probablement notre tour. On peut donc affirmer qu’on vainc la Syrie (et l’Iran), mais ce qu’on vise finalement c’est la Russie. Les préparatifs sont déjà en route dans toutes les directions : la situation au Proche-Orient, le « bouclier anti-missiles », l’élargissement de l’OTAN vers l’Est, etc.

KP : Les affaires concernant le bouclier anti-missiles et l’extension vers l’Est de l’OTAN sont claires. Mais quels sont les liens entre la Syrie et l’Iran et notre sécurité ?

A.F. : Ils sont très proches de nos frontières et de nos zones d’influence – la Transcaucasie et l’Asie centrale. Si les régimes actuels de Damas et de Téhéran tombent, alors la zone du « chaos orchestré » par les Atlantistes s’étendra de la Mauritanie et du Maghreb, jusqu’en Kirghizie et au Cachemire. L’arc d’instabilité s’enfoncera comme un coin dans l’Eurasie centrale, d’où les Atlantistes menacent déjà directement la Russie et la Chine. Mais avant tout la Russie.

Tout cela pour la folie du pouvoir – au lieu d’acheter les matières premières.

KP : Pourquoi avant tout la Russie ?

A.F. : La crise du système mondial attendue augmente l’importance du contrôle des ressources de manière incommensurable. L’importance est encore potentialisée en prenant en compte les conditions de la catastrophe géo-climatique et géophysique pronostiquée. Je ne parle pas ici du « réchauffement global » mythique. Mais du recul prosaïque du courant du Golfe, du changement de la chaîne alimentaire dans les océans mondiaux (cela arrive une fois tous les 11 millénaires et demi à douze millénaires et demi) – ce sont là des bouleversements d’une dimension planétaire qui ont commencé environ au début du XXe siècle et se termineront environ dans le premier tiers du XXIIe siècle. Dans de telles conditions de crise et après une telle crise, la seule région stable avec suffisamment de ressources dans le monde est l’Eurasie du Nord, donc principalement le territoire géographique de la Russie. C’est pourquoi notre territoire devient l’une des plus importantes proies géo-historique du XXIe siècle et des siècles suivants. Les russophobes célèbres Brzezinski, Albright et d’autres Occidentaux ont déclaré à plusieurs reprises, qu’il était injuste que la Russie dispose d’un tel territoire et de telles ressources. Cela devrait appartenir à la communauté mondiale – c’est-à-dire aux élites atlantistes, qui sont organisées en loges, clubs, commissions, ordres et autres structures exceptionnelles.

Toutefois, pour cela, il est nécessaire d’obtenir le contrôle sur l’Eurasie du Nord, et le territoire pour déployer ses troupes est – l’Asie centrale. Les Américains sont déjà sur place. Bien qu’ils contrôlent déjà le Proche-Orient, ils sont néanmoins encore séparés de l’Asie centrale par la Syrie et l’Iran. Ici, la mèche qu’on a allumée en Afrique du Nord, reste jusqu’à présent interrompue et s’est éteinte. Sans la destruction de ces deux pays, les Atlantistes ne peuvent pas entamer leur combat pour l’Eurasie du Nord. Ils considèrent la Russie comme source de matières premières, la Chine comme source de main-d’œuvre, c’est-à-dire comme quelque chose de secondaire. Et si cette entité secondaire contrarie leurs plans, cela les rend fou. La solution pour la question russe et chinoise est abordée par l’Occident justement avec l’aide de l’Islam, des Arabes. Peu importe si cela se passe sous la forme d’un chaos orchestré, d’une nouvelle conquête arabe ou d’une guerre entre le Califat et les incroyants.

Fidèles à leur tradition, les Anglo-Saxons s’efforceront de monter de grands Etats et des peuples les uns contre les autres, de les affaiblir, voire de les exterminer (deux fois au cours du XXe siècle, la Russie et l’Allemagne ont été montés l’une contre l’autre), toutefois, ils s’efforceront aussi d’éliminer l’Islam. Cela se fait par sa radicalisation maximale avec le wahhabisme, le sevrage de sa force économique interne et démographique au cours des guerres eurasiennes, après quoi le monde islamique sera transformé plus tard en une sorte de Ghetto d’une nouvelle tradition, qui ne possèdera pas de propres ressources et technologies. Ceux qui ont joué dans leur enfance à « Donjons et Dragons » [un des tous premiers jeux de rôle médiéval-fantastique créé aux Etats-Unis dans les années 1970, ndt.], se souviennent probablement d’une variante d’un « Monde du soleil noir ». Les mondialistes tenteront de briser le monde islamique en une quantité de petites unités, avec lesquelles des entreprises militaires privées ou des mercenaires de multinationales arriveront facilement à extraire de ceux-ci les restes de ressources pour ensuite s’en débarrasser sur la décharge de l’histoire. L’Occident n’exercera son contrôle que ponctuellement dans des endroits avec grande concentration de ressources (par exemple, aujourd’hui déjà, le contrôle de la côte méditerranéenne de la Libye longue de presque 1800 km); le reste, on le met à libre disposition de tribus, de clans et de syndicats criminels, parmi lesquels chacun contrôlera son petit morceau. Des parties de l’Arabie saoudite, du Pakistan (séparé du Béloutchistan), de l’Iran pourront aussi devenir de tels « morceaux » – une véritable mosaïque islamique. En même temps, l’Occident a besoin de surveillants dans la région et ce rôle peut aller au Grand Kurdistan. Un seul Etat, à qui il sera permis d’être grand.

KP : Pourquoi ?

A.F. : Sur le territoire du Grand Kurdistan, si celui-ci est créé un jour, se situeront les sources de tous les grands fleuves de la région. Cela veut dire que l’époque prochaine, pauvre en eau, et suite à cela, époque de guerres pour l’eau en tant que ressource, les plus importants leviers de l’influence dans la région – comme au temps de l’Empire assyrien – seront dans les mains du peuple séculaire des Kurdes. Le Kurdistan pourrait devenir le chien de garde le plus important de la région et remplacer Israël dans ce rôle.

KP : Pourriez-vous être plus explicite concernant Israël ?

A.F. : Les perspectives d’Israël sont, dans un Proche-Orient changeant, assez diffuses. Très probablement, l’Occident démontera Israël, parce que Israël ne sera plus nécessaire, comme l’a prédit Arnold J. Toynbee encore en 1957. Certes seulement après l’évacuation du «tiers supérieur» de la po pulation. La variante de la création d’un Grand Kurdistan et du démantèlement d’Israël n’est pas certaine à 100%, mais très probable. C’est sûr que ce n’est pas l’affaire des prochaines années.

KP : Que doit donc entreprendre la Russie dans la situation dramatique, qui se développe autour de la Syrie ?

A.F. : Ce que fait la Russie actuellement – c’est-à-dire soutenir la Syrie jusqu’à l’extrême, ne pas permettre qu’on l’écrase. Nous avons déjà envoyé des unités de marine de guerre, pas de grands contingents, mais mieux que rien. Si l’on doit conduire une guerre, alors on ne doit pas le faire par la quantité, mais par la qualité. De plus, le 7 juin, il y a eu des tests sur deux missiles balistiques intercontinentaux : un « Topol » (nous l’avons confirmé) et un « Bulawa » (nous ne l’avons pas confirmé, mais les Américains insistent du moins sur le fait qu’il y a eu un tel lancement). C’est un certain signe. Car la Russie est malgré toutes les réformes encore une puissance nucléaire et c’est nous, pas trop les Chinois, qui sommes considérés comme le principal adversaire par les Américains, et ils continuent et continueront à nous considérer comme tel. Nos diplomates font leur travail. La manière dont Vitali Tschurkin a parlé avec l’ambassadeur du Qatar m’a plu, je constate avec un certain plaisir l’impuissance dans la méchanceté de Madame Clinton et de quelques personnes officielles de rang inférieur du Département d’Etat, impuissance démontrée à l’égard de nos dirigeants. Il faut saluer le fait que la défense aérienne syrienne a déjà obtenu 18 unités de nos systèmes de missiles « Buk-M2 » et 36 unités de nos systèmes de missiles anti-aériens du type « Pantsir S-1 »; bientôt, il y aura encore des livraisons de systèmes S-300 et d’hélicoptères Mi-25.

Je compte beaucoup sur l’impulsion de survie des dirigeants russes et sur le fait qu’on ait tiré les vraies conséquences des destins tragiques de Milosevic, Saddam Hussein et Kadhafi. Ceux-ci ont fait d’abord confiance à l’Occident et l’ont payé de leur vie. Hamlet de Shakespeare dit à propos de « Rosencrantz et Guildenstern », «… les deux, auxquels je fais confiance comme aux vipères.» On ne doit pas faire confiance aux vipères – elles mordent mortellement, dans le sens littéral du mot. Ou elles tentent de mordre et utilisent pour cela des problèmes internes ; la Russie en a à revendre. Est-ce donc un hasard que les attroupements des « Boucles blanches » fin 2011/début 2012 coïncident avec la déclaration des dirigeants russes relative à l’affaire syrienne, de poursuivre une position dure ? Certainement pas. Ici, surgit de pleine force le problème de la « cinquième colonne » qui s’est formée chez nous au cours du dernier quart de siècle. Nous vivons dans une époque de guerre, qui a commencé avec l’attaque de l’OTAN contre la Yougoslavie et qui maintenant donne des coups de pieds à la porte de la Syrie avec les mêmes bottes de l’OTAN. Dans des temps pareils, il faut agir selon les directives des temps de guerre. Jamais personne n’a réussi à vaincre un adversaire extérieur ou à s’y opposer sans en même temps ou auparavant avoir mis sous contrôle la « cinquième colonne » ; bien entendu avec des moyens légaux, uniquement légaux. Finalement, une alliance politique et militaire internationale est nécessaire, qui est capable de maîtriser l’agresseur et de créer de la sécurité ou du moins une pause pour respirer de huit à dix ans. Pendant ce temps, la Russie peut arriver à remonter la pente et à se préparer pour la grande guerre du XXIe siècle – à la dernière grande chasse de l’époque du capitalisme, qui malheureusement est presque inévitable. A s’y préparer et à la surmonter.

Pour l’instant, il s’agit de tenir l’adversaire potentiel à l’écart et de soutenir les faibles, pour qu’ils repoussent cet adversaire qui vient de loin – ce n’est pas seulement stratégiquement, mais aussi moralement juste.

KP : Quelles sont les leçons à tirer de la Libye et de la Syrie pour la Russie ?

A.F. : Tout d’abord : n’aie jamais confiance, en aucun cas, en les dirigeants occidentaux. Ils nous considéreront toujours comme leur adversaire principal et au moment de notre faiblesse maximale, qu’ils essaient eux-mêmes de produire, ils frapperont de toute leur force et tenteront de régler la « question russe ». Un jour, Leonid Schebarschin s’est exprimé ainsi : « L’Occident ne veut qu’une chose de la Russie : qu’elle disparaisse. » La manière dont on supprime les faibles, on l’a vu à l’exemple de la Libye. La manière dont on se casse les dents sur les plus forts, on le voit à l’exemple de la Syrie.

Deuxièmement : les variantes libyenne et syrienne de l’attaque de l’OTAN montrent, comment les évènements se développeront chez nous dans le cas d’actions militaires : la guerre est menée par des mercenaires, avant tout des Arabes, mais aussi par des entreprises militaires privées. Selon le modèle syrien, on tentera de déstabiliser le Caucase et la région de la Volga : on occupe une ville ou une partie de celle-ci, on perpètre des massacres, on en appelle à l’« opinion mondiale », qui exigera des sanctions, des contrôles, des bases militaires, (nous en avons déjà une dans l’arrière pays, c’est-à-dire la base de renfort de l’OTAN à Uljanovsk).

Troisièmement : Malgré tout le rôle décisif du facteur extérieur, l’état de l’« objet », que vise ce facteur, joue dans la situation en Syrie un rôle extrêmement significatif : un système de gouvernement inefficient, la corruption etc., tout cela agrandit la cible. De ce point de vue, la Russie est aussi très vulnérable. Nous avons des dirigeants tout aussi inefficaces, de la corruption, une économie criminalisée, une étroite imbrication entre nos dirigeants économiques et l’économie mondiale, par conséquent aussi une couche de Compradores pro-occidentaux, en même temps une couche supérieure de niveau professionnel et moral très bas, la prédominance des intérêts de certains clans avant l’intérêt du pays. Sans parler de la décadence de l’armée, de la crise intellectuelle et morale, ainsi que de l’« usure » du potentiel humain d’une partie importante de la population.

Il est certainement vrai qu’une menace extérieure peut souder et mobiliser la population, car il en a toujours été ainsi avec la Russie, que ce soit en 1612, 1812 ou 1941. L’adversaire ne le sait que trop bien. Dans ce sens, l’article de Henry Kissinger sur la situation de la Syrie paru récemment est très intéressant : Contrairement à ses habitudes de tout exprimer clairement, il existe là une quantité d’explications diffuses, y compris des allusions au Saint Empire romain et à la manière dont il a finalement été détruit. Pourtant, si l’on suit uniquement la pure logique de ce texte et qu’on exprime exactement ce que l’un des plus grands « instigateurs » de ce monde a insinué, on obtient ceci : Le « vieil Henry » met en garde l’Occident d’exercer trop de pression sur la Syrie, car cela pourrait avoir comme conséquence une position intransigeante de la Russie qui la pousserait à une confrontation avec l’Occident. Et cela cache le risque de perdre tout ce qu’on a récolté au cours des vingt dernières années à la suite de l’affaiblissement de la Russie. Ces résultats sont plus importants que la Syrie.

En effet, une confrontation avec l’Occident peut modifier fondamentalement la situation de la Russie et ceci dans toutes les couches sociales, mais avant tout dans la couche supérieure, qui non seulement comprendra mais aussi éprouvera à ses dépens que l’élite occidentale ne l’accueillera jamais dans son milieu, mais qu’au contraire tôt ou tard celle-ci la mangera. S’il en est ainsi, alors un changement de cours radical est nécessaire, au moins pour préserver les richesses, son statut et la vie. Les exemples de dirigeants arabes pro-occidentaux comme Ben Ali ou Moubarak montre donc la teneur en vérité de la thèse de l’excellent géopoliticien russe Alexej Jedrichin-Wandam qu’« il n’y a qu’une chose qui puisse être pire que l’hostilité avec les Anglo-Saxons : c’est l’amitié avec eux ». L’Occident, en particulier les Anglo-Saxons, ne garantissent jamais rien à personne et encore moins à quelqu’un qui a trahi son pays et son peuple. Les anciens aimaient à dire : « Roma traditoribus non premia » (Rome ne paie pas les traîtres). A vrai dire, elle les payait bien, mais seulement jusqu’à un certain moment. Ensuite, on prend des chemins différents. Cela aussi, c’est une leçon à tirer du Proche-Orient par Moscou.

KP : Quand pourra-t-on, à votre avis, s’attendre à des changements significatifs de la situation ?

A.F. : Suis-je donc un prophète ? C’est difficile dans le monde actuel, qui se situe à la croisée des chemins, d’émettre quelques pronostics. Mais si l’on part de l’état de l’économie des États-Unis, dont la rémission (dans le sens médical) sera terminée selon certaines prévisions au printemps 2013, et si l’on pense qu’on ne peut probablement pas s’attendre à des actions de grande envergure avant les élections présidentielles américaines, alors on arrive à la période entre environ décembre 2012 et février 2013.

KP : Ciel, vous nommez des dates véritablement mystiques : la fin du monde selon le calendrier des Mayas, la venue du meurtrier céleste Nibiru…

A.F. : Ce n’est pas du mysticisme, mais de la manipulation de la conscience publique, dont le détachement des problèmes réels et l’effarement jusqu’à un état dans lequel l’être humain appelle lui-même : « Je suis pour un gouvernement mondial, lui seul peut me sauver de la catastrophe, du gigantesque astéroïde, des extraterrestres …! » Encore bien plus dangereux que les extraterrestres sont ces « boys », qui vivent au-delà du Bien et du Mal et emportent l’humanité avec la cruauté impitoyable des reptiles. Ce sont eux qui s’attaquent à la Syrie et ce sont eux qu’il faut stopper maintenant à la « frontière de la Syrie ». Comme le disait Voltaire : « Ecraser les vipères » !

(Traduction : Horizons et Débats)

KP.ru, c’est La Pravda (Komsomolskaia Pravda). Pas la peine de ricaner d’un air entendu. Achetons un miroir et regardons-nous.

Horizons et Débats est un quotidien suisse de réflexion et d’analyse dont on n’a plus à vanter la probité morale.

Notre source :

http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/02/05/frappe-cont...

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La télévision française s’éclate !


france5

Lettre ouverte du Réseau Voltaire France au Directeur Général de France Télévisions

par Alain Benajam

Caroline Fourest 
ou le discrédit par diffamation 
au service de la politique des Etats-Unis

Lettre ouverte à M. Rémy Pflimlin, Directeur Général de France Télévisions

Saint Denis, le 3 février 2013

M. Le Directeur Général,

Je vous rappelle que juridiquement une diffamation est une imputation erronée visant à porter atteinte à l’honneur et à la considération.

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FR3

« Robespierre, bourreau de la Vendée ? » : une splendide leçon d’anti-méthode historique

Marc Belissa, Yannick Bosc

3 février 2013

Alors que sévit une crise engendrée par la cupidité et le délitement des valeurs républicaines, la mobilisation de milliers de personnes pour l’achat des manuscrits de Robespierre au printemps 2011 a surpris. Elle a surpris à gauche ceux qui ont laissé l’héritage républicain en déshérence et à droite le ban et l’arrière-ban des dénonciateurs du « totalitarisme » robespierriste. Des décennies de « communication » n’ayant donc pas suffi il fallait dans l’urgence faire face au retour de « l’incorruptible ». En septembre dernier, la revue Historia a donc consacré un dossier à « Robespierre le psychopathe légaliste ». Le service public conscient de sa mission ne pouvant être en reste, France 3 a diffusé le mercredi 7 mars 2012 un documentaire « réalisé par Richard Vargas et raconté par Franck Ferrand » intitulé « Robespierre : bourreau de la Vendée ? ».

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STALINGRAD : CE N’ETAIT PAS FINI

Je ne les nommerai ni martyrs ni héros

Jacques Richaud

http://www.legrandsoir.info/stalingrad-je-ne-les-nommerai...

Nouveau chant d’amour à Stalingrad

Poème composé après la victoire soviétique à Stalingrad, le 2 février 1943

Pablo Neruda

http://www.communcommune.com/article-nouveau-chant-d-amou...

De Stalingrad A Damas…

Blog de

SUN TZU - COMAGUER

Il y a 70 ans l’URSS infligeait à l’Allemagne nazie à Stalingrad une défaite magistrale qui allait changer le cours de la guerre et allait la conduire deux ans plus tard à terrasser et à faire capituler le régime hitlérien à Berlin.

Cette liquidation d’un régime raciste ouvertement barbare dont le programme écrit et proclamé visait à l’extermination : des slaves, des tziganes, des juifs, et autres  « sous-hommes », au nom d’une « race supérieure » a changé le cours de l’histoire mondiale.

Elle le fut au prix d’un effort collectif gigantesque : plus de 25 millions de morts, une économie dévastée, des destructions estimées à 100 milliards de dollars de l’époque,

Cet effort se fit sous la conduite d’un homme : Joseph Staline qui a été depuis systématiquement diabolisé par tous ceux qui ne veulent pas admettre que ce rapport étroit entre un dirigeant (et son équipe) et un peuple entier sont le fruit d’une situation politique exceptionnelle, d’une adhésion de masse à un combat et à un projet. La traduction française, attendue pour cette année, de l’ouvrage fondamental de l’historien irlandais Geoffrey Roberts  « STALIN’S WARS » devrait permettre à une opinion publique française, souvent privée par les éditeurs nationaux de l’accès à de grands travaux d’historiens étrangers, de resituer l’homme à sa juste place.

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Petites nouvelles sans importance…

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Le Canada, les Etats-Unis et les îles Marshall refusent de condamner la glorification du nazisme.

Publié le 1 février 2013 

par le Comité pour une Nouvelle Résistance

Vers la fin de 2012, un événement assez important s’est produit à l’ONU, sans que nous en soyons informés d’une quelconque manière par notre « presse libre » occidentale autoproclamée.

En effet, je viens tout juste d’apprendre que vers la fin de l’année dernière, soit le 27 novembre dernier, pour être plus précis, une certaine résolution a été adoptée à l’ONU.

Cette résolution, présentée par la Russie, consistait à réaffirmer l’importance de la lutte contre le racisme, l’intolérance et la xénophobie, ainsi qu’à condamner la glorification du nazisme.

La raison pour laquelle j’évoque cela à la fin de janvier 2013, mis à part le fait que je viens tout juste de l’apprendre, est le fait que trois pays ont osé voter contre cette résolution : les États-Unis, le Canada et les Îles Marshall. Vous avez bien lu. La raison invoquée par les États-Unis pour justifier l’indéfendable ? «La liberté d’expression et l’esprit démocratique».

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Le Comité pour une Nouvelle Résistance oublie le Qatar. Du moins si nous en croyons le site http://justice.be où on se réclame pourtant de quelqu’un qui n’était pas contre le IIIe Reich.

 

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TUNISIE : Assassinat de Chokri Belaïd, l'un des responsables de l'opposition communiste laïque en Tunisie

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Tunis, 6 février 2013

Chokri Belaïd, a été assassiné par balles ce mercredi matin, a indiqué son frère à l'AFP, alors que les violences politiques s'aggravent deux ans après la révolution.

Selon l’épouse de l’opposant, s’exprimant à la radio Mosaïque, il a été touché par plusieurs balles alors qu’il sortait de chez lui, à El Menzah 6 à Tunis, pour rejoindre son lieu de travail. Selon la radio tunisienne Shems, Chokri Belaïd a été atteint au niveau du cou et de la tête. Il a été transféré à une clinique à Ennasr, où il a succombé à ses blessures. «Chokri Belaïd a été assassiné de quatre balles tirées dans la tête et dans la poitrine devant son domicile», a pour sa part déclaré à Reuters Ziad Lakhder, l’un des responsables du Front populaire. «C’est un triste jour pour la Tunisie», a-t-il ajouté.

Son frère accuse le parti islamiste Ennahda d’être responsable du meurtre.

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10. CINEMA -salles-de-cinema-le-film-prend-son-envol-a-partir-de-l-39-ecran-rendu-3d-vue-sur-l-39-ecran.jpg

CINEMA

Rosa Llorens est normalienne, agrégée de lettres classiques et professeur de lettres en classe préparatoire. Fille d’immigrés espagnols républicains, Elle a la double nationalité française et espagnole. Elle est aussi, elle est surtout, un des meilleurs critiques de cinéma qu’il nous ait été donné de lire depuis longtemps.

Que ses articles sur le cinématographe soient aussi des leçons en science politique n’a rien que de légitime. Oserions-nous dire que de nécessaire ?

Amis lecteurs des Grosses Orchades, jugez-en par vous-mêmes.

 

Blanche-Neige et les six millions de chômeurs

Rosa Llorens

http://www.legrandsoir.info/blanche-neige-et-les-6-millions-de-chomeurs.html

 

Comme un lion : quand les lions du Sénégal rencontrent le lion de Peugeot

Rosa Llorens

http://www.legrandsoir.info/comme-un-lion-quand-les-lions-du-senegal-rencontrent-le-lion-de-peugeot.html

 

Paradis amour : les ex-soixante-huitardes font du tourisme sexuel

Rosa Llorens

http://www.legrandsoir.info/paradis-amour-ou-les-ex-soixante-huitardes-font-du-tourisme-sexuel.html

 

Royal affair : un film en costumes, reflet fidèle de l'Europe du XXIe siècle.

Rosa Llorens

http://www.legrandsoir.info/royal-affair-un-film-en-costumes-reflet-fidele-de-l-039-europe-du-xxie-siecle.html

 

La meilleure et la pire Italie.

Rosa Llorens

http://www.legrandsoir.info/la-meilleure-et-la-pire-italie.html

 

Zindeeq, de Michel Khleifi, ou : L'Etranger.

(Un film palestinien collabo)

Rosa Llorens

http://www.alterinfo.net/un-film-palestinien-collabo_a82459.html

 

Mais quand elle parle peinture, ce n’est pas mal non plus. La preuve  :

Edward Hopper ou l’inhabitable capital.

Rosa Llorens

http://www.legrandsoir.info/edward-hopper-ou-l-inhabitable-capital.html

 

Et parce que Leonardo Sciascia est un de nos écrivains préférés, nous vous offrons aussi Rosa Llorens critique littéraire :

Sciascia et les techniques de la manipulation

Rosa Llorens

http://www.legrandsoir.info/sciascia-et-les-techniques-de-la-manipulation.html

 

Experte ès-manifs enfin : on peut être critique de cinoche, savoir lire entre les lignes et avoir les yeux assez en face des trous pour dépister les manipulations in vivo d’où qu’elles viennent.

Palestiniens massacrés là-bas, Palestiniens manipulés ici.

Rosa Llorens

http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFVuEZkuluKSoQDkwc.shtml

 

 

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Mis en ligne par Marie Mouillé, le 7 février 2013

12:02 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/02/2013

STALINGRAD - 2 Février 1943

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STALINGRAD

2 février 1943

 

Lorsqu'il y a un an nous rappelions le Bicentenaire de la Berezina, en souhaitant que ceux qu'elle attire la trouvent, nous ne doutions pas que les Russes, dans un avenir plus ou moins proche, ne dussent une fois de plus faire face à une invasion de leur territoire, car il y a des gens qui n'apprennent jamais rien.

Si l'invasion est toujours, pour l'instant, feutrée (Ô les inventions sémantiques ! Ô les « soft power » et autres dénominations new look !), elle est, d'intention et de fait, aussi réelle qu'était en puissance celle d'Adolf Hitler, quand il signa avec Joseph Staline un pacte de non-agression qui n'allait pas tarder à voler en éclats. Aujourd'hui, MM. Obama et Poutine en sont au même point. Signeront ? Signeront pas ? Respecteront ? L'histoire a une fâcheuse propension à se répéter.

La Berezina d'Hitler, c'est-à-dire la mort assurée du Reich, s'appela Stalingrad, même si, après cette défaite décisive, la Wehrmacht allait poursuivre le siège de Leningrad pendant un an encore, à un prix démentiel en vies humaines. Il y a 70 ans aujourd'hui que ce qui restait d'Allemands en vie autour de Stalingrad se rendait aux Russes, 130 ans après que la Grande Armée eût repassé la célèbre rivière. La Russie est un vagin denté.

Comment s'appellera et où se passera la défaite de « Tout l'Occident » d'aujourd'hui ? Difficile à dire. Car l'invasion projetée de la Russie par les USA, l'U.E., l'Australie, la Nouvelle Zélande, les Canadas, Israël, les pétromonarchies du Golfe et peut-être la Turquie et le Japon, s'arrondit aujourd'hui de l'invasion projetée, pour l'instant appelée « contention », de la Chine. A quoi bon lésiner ?

Les jeunes générations – sabotage des éducations nationales obligeant – ignorent sans doute même le nom de cette « mère des batailles », la plus légendaire depuis celle de Troie. Les Troyens vaincus furent immortalisé  par Homère. Les Soviétiques (Russes et autres) vainqueurs ont eu droit, du moins sous nos latitudes, à la mise sous le boisseau, au black out occidental.

Pour l'épopée de la ville qu'on s'est donné l'immense ridicule – et la bassesse – de débaptiser, nous n'allons pas raconter ici le déroulement des opérations militaires. D'autres beaucoup plus qualifiés que nous l'ont fait, avec cartes à l'appui, vers lesquels nous vous donnerons plus loin quelques liens. Pour ce modeste blog, nous nous contenterons d'emprunter à Madame Annie Lacroix-Riz son résumé (très résumé) des causes et des effets historiques.

2. Victoire Stalingrad  -Kourgane Marmaev.jpg

 « L'appel de la Mère Patrie »

statue de 82 mètres de haut, oeuvre d'Evgueni Koutchetich,

symbolisant la Victoire de Stalingrad,

érigée au sommet du Kourgane Mamaïev

 

Un kourgane est une colline artificielle abritant des tombeaux préhistoriques (équivalent septentrional des pyramides d'Egypte). Celui-ci fut un enjeu terriblement disputé pendant la bataille de Stalingrad. À la fin, le sol gorgé de sang contenait entre cinq cents et mille deux cent cinquante éclats métalliques au mètre carré. La colline était restée noire tout l'hiver, la neige fondant sous les explosions et les feux. Au printemps suivant, elle le resta, car aucune végétation ne put repousser sur le sol dévasté.

Vassili Tchouikov, qui a commandé les troupes russes pendant toute la bataille, y est inhumé par-dessus ses ancêtres scythes. C'est le premier maréchal de l'URSS à n'être pas enterré à Moscou, au pied des murs du Kremlin.

 

70e Anniversaire de la victoire soviétique de Stalingrad – 2 février 1943 :

un article d'Annie Lacroix-Riz
 

La capitulation de l’armée de von Paulus à Stalingrad, le 2 février 1943, marqua, pour l’opinion publique mondiale, un tournant militaire décisif, mais qui ne fut pas le premier. Cette victoire trouve son origine dans les préparatifs de l’URSS à la guerre allemande jugée inévitable : le dernier attaché militaire français en URSS, Palasse les estima à leur juste valeur. Contre son ministère (de la Guerre), acharné à faire barrage aux alliances francosoviétique et tripartite (Moscou, Paris, Londres) qui eussent contraint le Reich à une guerre sur deux fronts, cet observateur de l’économie de guerre soviétique, de l’armée rouge et de l’état d’esprit de la population affirma dès 1938 que l’URSS, dotée d’« une confiance inébranlable dans sa force défensive », infligerait une sévère défaite à tout agresseur. Les revers japonais dans les affrontements à la frontière URSS-Chine-Corée en 1938-1939 (où Joukov se fit déjà remarquer) confirmèrent Palasse dans son avis : ils expliquent que Tokyo ait prudemment signé à Moscou le 13 avril 1941 le « pacte de neutralité » qui épargna à l’URSS la guerre sur deux fronts.

Après l’attaque allemande du 22 juin 1941, le premier tournant militaire de la guerre fut la mort immédiate du Blitzkrieg. Le général Paul Doyen, délégué de Vichy à la commission d’armistice, l’annonça ainsi à Pétain le 16 juillet 1941 : « Si le IIIème Reich remporte en Russie des succès stratégiques certains, le tour pris par les opérations ne répond pas néanmoins à l’idée que s’étaient faite ses dirigeants. Ceux-ci n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications. Sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations ». 

Ce général vichyste jugea la guerre allemande si gravement compromise qu’il prôna ce jour-là une transition de la France du tuteur allemand (jugé encore nécessaire) au tuteur américain, puisque, écrivit-il, « quoi qu’il arrive, le monde devra, dans les prochaines décades, se soumettre à la volonté des États-Unis. » Le Vatican, meilleure agence de renseignement du monde, s’alarma début septembre 1941 des difficultés « des Allemands » et d’une issue « telle que Staline serait appelé à organiser la paix de concert avec Churchill et Roosevelt ».

Le second tournant militaire de la guerre fut l’arrêt de la Wehrmacht devant Moscou, en novembre-décembre 1941, qui consacra la capacité politique et militaire de l’URSS, symbolisée par Staline et Joukov. Les États-Unis n’étaient pas encore officiellement entrés en guerre. Le Reich mena contre l’URSS une guerre d’extermination, inexpiable jusqu’à sa retraite générale à l’Est, mais l’armée rouge se montra capable de faire échouer les offensives de la Wehrmacht, en particulier celle de l’été 1942 qui prétendait gagner le pétrole (caucasien). Les historiens militaires sérieux, anglo-américains notamment, jamais traduits et donc ignorés en France, travaillent plus que jamais aujourd’hui sur ce qui a conduit à la victoire soviétique, au terme de l’affrontement commencé en juillet 1942, entre « deux armées de plus d’un million d’hommes ». Contre la Wehrmacht, l’Armée rouge gagna cette « bataille acharnée », suivie au jour le jour par les peuples de l’Europe occupée et du monde, qui « dépassa en violence toutes celles de la Première Guerre mondiale, pour chaque maison, chaque château d’eau, chaque cave, chaque morceau de ruine ». Cette victoire qui, a écrit l’historien britannique John Erickson, « mit l’URSS sur la voie de la puissance mondiale », comme celle « de Poltava en 1709 [contre la Suède] avait transformé la Russie en puissance européenne ».

La victoire soviétique de Stalingrad, troisième tournant militaire soviétique, fut comprise par les populations comme le tournant de la guerre, si flagrant que la propagande nazie ne parvint plus à le dissimuler. L’événement posa surtout directement la question de l’après-guerre, préparé par les États-Unis enrichis par le conflit, contre l’URSS dont les pertes furent considérables jusqu’au 8 mai 1945. La statistique générale des morts de la Deuxième Guerre mondiale témoigne de sa contribution à l’effort militaire général et de la part qu’elle représenta dans les souffrances de cette guerre d’attrition : de 26 à 28 millions de morts soviétiques (les chiffres ne cessent d’être réévalués) sur environ 50, dont plus de la moitié de civils. Il y eut moins de 300 000 morts américains, tous militaires, sur les fronts japonais et européen. Ce n’est pas faire injure à l’histoire que de noter que les États-Unis, riches et puissants, maîtres des lendemains de guerre, ne purent vaincre l’Allemagne et gagner la paix que parce que l’URSS avait infligé une défaite écrasante à la Wehrmacht. Ce n’est pas « le général Hiver » qui l’avait vaincue, lui qui n’avait pas empêché la Reichswehr de rester en 1917-1918 victorieuse à l’Est.

La France a confirmé la russophobie, obsessionnelle depuis 1917, qui lui a valu, entre autres, la Débâcle de mai-juin 1940, en omettant d’honorer la Russie lors du 60e anniversaire du débarquement en Normandie du 6 juin 1944. Le thème du sauvetage américain de « l’Europe » s’est imposé au fil des années de célébration dudit débarquement. Les plus vieux d’entre nous savent, même quand ils ne sont pas historiens, que Stalingrad a donné aux peuples l’espoir de sortir de la barbarie hitlérienne. À compter de cette victoire, « l’espoir changea de camp, le combat changea d’âme. » Ce n’est qu’en raison d’un matraquage idéologique obsédant que les jeunes générations l’ignorent.

Annie Lacroix-Riz - professeur émérite, université Paris

 

Bibliographie :

- John Erickson, 2 vol., The Road to Stalingrad: Stalin’s War with Germany; The Road to Berlin: Stalin’ War with Germany, 1e édition 1983, Londres; réédition, New Haven & London, Yale University Press, 1999 ;

- Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars: From World War to Cold War, 1939-1953. NewHaven & London,Yale University Press, 2006 (qui devrait être traduit dans la période à venir);

Stalin’s general : the life of Georgy Zhukov, London, Icon Books, 2012 ;-

- David Glantz et Jonathan M. House, Armageddon in Stalingrad: September-November 1942 (The Stalingrad Trilogy, vol. 2, Modern War Studies, Lawrence, Kansas, University Press of Kansas, 2009 ;

- Alexander Werth, La Russie en guerre, Paris, Stock, 1964, reste fondamental.

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La bataille de Stalingrad – URSS

La guerre du millénaire

http://www.histoire-pour-tous.fr/batailles/729-la-bataille-de-stalingrad.html

La bataille de Stalingrad (août 1942 – janvier 1943)

Histoire pour tous

http://www.histoire-pour-tous.fr/batailles/729-la-bataille-de-stalingrad.html

Bataille de Stalingrad

Une brochure de 60 pages en pdf, bourrée d'images et de citations.

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/32/46/53/textes02/Stalingrad-brochure.pdf

Un site que nous n'avons pas eu le temps d'explorer avant vous :

Les mensonges sur l'URSS du temps de Staline (1924-1953)

http://www.communisme

-bolchevisme.net/joseph_staline_et_les_mensonges_de_la_bo...

Un autre, consacré à l'Armée Rouge :

Blog Tchapaiev – Honneur à l'Armée Rouge

http://honneur-a-l-armee-rouge.over-blog.com/article-frec...

 


*

Discours radiodiffusé de Staline

du 3 juillet 1941

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Camarades ! Citoyens ! Frères et Soeurs ! Combattants de notre armée et de notre flotte !

Je m’adresse a vous, mes amis !

La perfide agression militaire de l’Allemagne hitlérienne, commencée le 22 juin, se poursuit contre notre Patrie.

Malgré la résistance héroïque de l’Armée rouge, et bien que les meilleures divisions de l’ennemi et les unités les meilleures de son aviation aient déjà été défaites et aient trouvé la mort sur les champs de bataille, l’ennemi continue a se ruer en avant, jetant sur le front des forces nouvelles.

Les troupes hitlériennes ont pu s’emparer de la Lituanie, d’une grande partie de la Lettonie, de la partie ouest de la Biélorussie, d’une partie de l’Ukraine occidentale.

L’aviation fasciste étend l’action de ses bombardiers, en soumettant au bombardement Mourmansk, Orcha, Moguilev, Smolensk, Kiev, Odessa, Sebastopol.

Un grave danger pèse sur notre Patrie.

Comment a-t-il pu se faire que notre glorieuse Armée rouge ait abandonné aux troupes fascistes une série de nos villes et régions ?

Les troupes fascistes allemandes sont-elles vraiment invincibles comme le proclament sans cesse a cor et a cri les propagandistes fascistes fanfarons ? Non, bien sûr.

L’histoire montre qu’il n’a jamais existé et qu’il n’existe pas d’armées invincibles.

On estimait que l’armée de Napoléon était invincible.

Mais elle a été battue successivement par les troupes russes, anglaises, allemandes.

L’armée allemande de Guillaume, au cours de la première guerre impérialiste, était également considérée comme une armée invincible ; mais elle s’est vu infliger mainte défaite par les troupes russes et anglo-françaises, et elle a été finalement battue par les troupes anglo-françaises.

Il faut en dire autant de l’actuelle armée allemande fasciste de Hitler.

Elle n’avait pas encore rencontré de sérieuse résistance sur le continent européen.

C’est seulement sur notre territoire qu’elle a rencontré une résistance sérieuse.

Et si a la suite de cette résistance les meilleures divisions de l’armée fasciste allemande ont été battues par notre Armée rouge, c’est que l’armée fasciste hitlérienne peut également être battue et le sera comme le furent les armées de Napoléon et de Guillaume.

Qu’une partie de notre territoire se soit néanmoins trouvée envahie par les troupes fascistes allemandes, cela s’explique surtout par le fait que la guerre de l’Allemagne fasciste contre l’URSS a été déclenchée dans des conditions avantageuses pour les troupes allemandes et désavantageuses pour les troupes soviétiques.

En effet, les troupes de l’Allemagne, comme pays menant la guerre, avaient été entièrement mobilisées.

170 divisions lancées par l’Allemagne contre l’UPSS et amenées aux frontières de ce pays se tenaient entièrement prêtes, n’attendant que le signal pour se mettre en marche.

Tandis que, pour les troupes soviétiques, il fallait encore les mobiliser et les amener aux frontières.

Chose très importante encore, c’est que l’Allemagne fasciste a violé perfidement et inopinément le pacte de non-agression conclu, en 1939, entre elle et l’URSS sans vouloir tenir compte qu’elle serait regardée par le monde entier comme l’agresseur.

On conçoit que notre pays pacifique, qui ne voulait pas assumer l’initiative de la violation du pacte, ne pouvait s’engager sur ce chemin de la félonie.

On peut nous demander : comment a-t-il pu se faire que le Gouvernement soviétique ait accepté de conclure un pacte de non-agression avec des félons de cette espèce et des monstres tels que Hitler en Ribbentrop ?

Le Gouvernement soviétique n’a-t-il pas en l’occurrence commis une erreur ?

Non, bien sûr.

Le pacte de non-agression est un pacte de paix entre deux Etats.

Et c’est un pacte de ce genre que l’Allemagne nous avait proposé en 1939.

Le Gouvernement soviétique pouvait-il repousser cette proposition ?

Je pense qu’aucun Etat pacifique ne peut refuser un accord de paix avec une Puissance voisine, même si a la tête de cette dernière se trouvent des monstres et des cannibales comme Hitler et Ribbentrop.

Cela, bien entendu, a une condition expresse : que l’accord de paix ne porte atteinte, ni directement ni indirectement, a l’intégrité territoriale, a l’indépendance et a l’honneur de l’Etat pacifique.

On sait que le pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’URSS était justement un pacte de ce genre.

Qu’avons-nous gagné en concluant avec l’Allemagne un pacte de non-agression ?

Nous avons assuré a notre pays la paix pendant un an et demi et la possibilité de préparer nos forces a la riposte au cas où l’Allemagne fasciste se serait hasardée a attaquer notre pays en dépit du pacte.

C’est la un gain certain pour nous et une perte pour l’Allemagne fasciste.

Qu’est-ce que l’Allemagne fasciste a gagné et qu’est-ce qu’elle a perdu, en rompant perfidement le pacte et en attaquant l’URSS ?

Elle a obtenu ainsi un certain avantage pour ses troupes pendant un court laps de temps, mais elle a perdu au point de vue politique, en se démasquant aux yeux du monde comme un agresseur sanglant.

Il est hors de doute que cet avantage militaire de courte durée n’est pour l’Allemagne qu’un épisode, tandis que l’immense avantage politique de l’URSS est un facteur sérieux et durable, appelé a favoriser les succès militaires décisifs de l’Armée rouge dans la guerre contre l’Allemagne fasciste.

Voila pourquoi toute notre vaillante armée, toute notre vaillante flotte navale, tous nos aviateurs intrépides, tous les peuples de notre pays, tous les meilleurs hommes d’Europe, d’Amérique et d’Asie, enfin tous les meilleurs hommes de l’Allemagne flétrissent l’action perfide des fascistes allemands et sympathisent avec le Gouvernement soviétique, approuvent la conduite du Gouvernement soviétique et se rendent compte que notre cause est juste, que l’ennemi sera écrasé, et que nous vaincrons.

La guerre nous ayant été imposée, notre pays est entré dans un combat a mort avec son pire et perfide ennemi, le fascisme allemand. Nos troupes se battent héroïquement contre un ennemi abondamment pourvu de chars et d’aviation.

L’Armée et la Flotte rouges, surmontant de nombreuses difficultés, se battent avec abnégation pour chaque pouce de terre soviétique.

Les forces principales de l’Armée rouge, pourvues de milliers de chars et d’avions, entrent en action. La vaillance des guerriers de l’Armée rouge est sans exemple. La riposte que nous infligeons a l’ennemi s’accentue et se développe. Aux côtés de l’Armée rouge le peuple soviétique tout entier se dresse pour la défense de la Patrie.

Que faut-il pour supprimer le danger qui pèse sur notre Patrie et quelles mesures faut-il prendre pour écraser l’ennemi ?

Il faut tout d’abord que nos hommes, les hommes soviétiques, comprennent toute la gravité du danger qui menace notre pays et renoncent a la quiétude et a l’insouciance, a l’état d’esprit qui est celui du temps de la construction pacifique, état d’esprit parfaitement compréhensible avant la guerre, mais funeste aujourd’hui que la guerre a radicalement changé la situation.

L’ennemi est cruel, inexorable.

Il s’assigne pour but de s’emparer de nos terres arrosées de notre sueur, de s’emparer de notre blé et de notre pétrole, fruits de notre labeur.

Il s’assigne pour but de rétablir le pouvoir des grands propriétaires fonciers, de restaurer le tsarisme, d’anéantir la culture et l’indépendance nationales des Russes, Ukrainiens, Bièlorussiens, Lituaniens, Lettons, Estoniens, Ouzbeks, Tatars, Moldaves, Géorgiens, Arméniens, Azerbaidjans et autres peuples libres de l’Union soviétique ; de les germaniser, d’en faire les esclaves des princes et des barons allemands.

Il s’agit ainsi de la vie ou de la mort de l’Etat soviétique, de la vie ou de la mort des peuples de l’URSS ; il s’agit de la liberté ou de la servitude des peuples de l’Union soviétique.

Il faut que les hommes soviétiques le comprennent et cessent d’être insouciants ; qu’ils se mobilisent et réorganisent tout leur travail selon un mode nouveau, le mode militaire, qui ne ferait pas quartier a l’ennemi.

Il faut aussi qu’il n’y ait point de place dans nos rangs pour les pleurnicheurs et les poltrons, les semeurs de panique et les déserteurs ; que nos hommes soient exempts de peur dans la lutte et marchent avec abnégation dans notre guerre libératrice pour le salut de la Patrie, contre les asservisseurs fascistes.

Le grand Lénine, qui a créé notre Etat, a dit que la qualité essentielle des hommes soviétiques doit être le courage, la vaillance, l’intrépidité dans la lutte, la volonté de se battre aux côtés du peuple contre les ennemis de notre Patrie.

Il faut que cette excellente qualité bolchevique devienne celle des millions et des millions d’hommes de l’Armée rouge, de notre Flotte rouge et de tous les peuples de l’Union soviétique.

Il faut immédiatement réorganiser tout notre travail sur le pied de guerre, en subordonnant toutes choses aux intérêts du front et a l’organisation de l’écrasement de l’ennemi.

Les peuples de l’Union soviétique voient maintenant que le fascisme allemand est inexorable dans sa rage furieuse et dans sa haine contre notre Patrie qui assure a tous les travailleurs le travail libre et le bien-être.

Les peuples de l’Union soviétique doivent se dresser pour la défense de leurs droits, de leur terre, contre l’ennemi.

L’Armée et la Flotte rouges ainsi que tous les citoyens de l’Union soviétique doivent défendre chaque pouce de la terre soviétique, se battre jusqu’à la dernière goutte de leur sang pour nos villes et nos villages, faire preuve de courage, d’initiative et de présence d’esprit, - toutes qualités propres a notre peuple.

Il nous faut organiser une aide multiple a l’Armée rouge, pourvoir a son recrutement intense, lui assurer le ravitaillement nécessaire, organiser le transport rapide des troupes et des matériels de guerre, prêter un large secours aux blessés.

Il nous faut affermir l’arrière de l’Armée rouge, en subordonnant a cette oeuvre tout notre travail ; assurer l’intense fonctionnement de toutes les entreprises ; fabriquer en plus grand nombre fusils, mitrailleuses, canons, cartouches, obus, avions ; organiser la protection des usines, des centrales électriques, des communications téléphoniques et télégraphiques ; organiser sur place la défense antiaérienne.

II nous faut organiser une lutte implacable contre les desorganisateurs de I’arrière, les déserteurs, les semeurs de panique, les propagateurs de bruits de toutes sortes, anéantir les espions, les agents de diversion, les parachutistes ennemis en apportant ainsi un concours rapide a nos bataillons de chasse.

Il ne faut pas oublier que l’ennemi est perfide, rusé, expert en l’art de tromper et de répandre de faux bruits.

De tout cela il faut tenir compte et ne pas se laisser prendre a la provocation.

Il faut immédiatement traduire devant le Tribunal militaire, sans égard aux personnalités, tous ceux qui, semant la panique et faisant preuve de poltronnerie, entravent l’oeuvre de la défense.

En cas de retraite forcée des unités de l’Armée rouge, il faut emmener tout le matériel roulant des chemins de fer, ne pas laisser a l’ennemi une seule locomotive ni un seul wagon ; ne pas laisser a l’ennemi un seul kilogramme de blé, ni un litre de carburant.

Les kolkhoziens doivent emmener tout leur bétail, verser leur blé en dépôt aux organismes d’Etat qui l’achemineront vers les régions de l’arrière.

Toutes les matières de valeur, y compris les métaux non ferreux, le blé et le carburant qui ne peuvent être évacués doivent être absolument détruites.

Dans les régions occupées par l’ennemi il faut former des détachements de partisans a cheval et a pied, des groupes de destruction pour lutter contre les unités de l’armée ennemie, pour attiser la guérilla en tous lieux, pour faire sauter les ponts et les routes, détériorer les communications téléphoniques et télégraphiques, incendier les forêts, les dépôts, les convois.

Dans les régions envahies il faut créer des conditions insupportables pour l’ennemi et tous ses auxiliaires, les poursuivre et les détruire a chaque pas, faire échouer toutes les mesures prises par l’ennemi.

On ne peut considérer la guerre contre l’Allemagne fasciste comme une guerre ordinaire.

Ce n’est pas seulement une guerre qui se livre entre deux armées. C’est aussi la grande guerre du peuple soviétique tout entier contre les troupes fascistes allemandes.

Cette guerre du peuple pour le salut de la Patrie, contre les oppresseurs fascistes, n’a pas seulement pour objet de supprimer le danger qui pèse sur notre pays, mais encore d’aider tous les peuples d’Europe qui gémissent sous le joug du fascisme allemand.

Nous ne serons pas seuls dans cette guerre libératrice.

Nos fidèles alliés dans cette grande guerre, ce sont les peuples de l’Europe et de l’Amérique y compris le peuple allemand qui est asservi par les meneurs hitlériens.

Notre guerre pour la liberté de notre Patrie se confondra avec la lutte des peuples d’Europe et d’Amérique pour leur indépendance, pour les libertés démocratiques.

Ce sera le front unique des peuples qui s’affirment pour la liberté contre l’asservissement et la menace d’asservissement de la part des armées fascistes de Hitler.

Ceci étant, le discours historique prononcé par le Premier ministre de Grande-Bretagne, Monsieur Churchill, sur l’aide a prêter a l’Union soviétique et la déclaration du gouvernement des Etats-Unis se disant prêt a accorder toute assistance a notre pays ne peuvent susciter qu’un sentiment de reconnaissance dans le coeur des peuples de l’Union soviétique ; ce discours et cette déclaration sont parfaitement compréhensibles et significatifs.

Camarades, nos forces sont incalculables.

L’ennemi présomptueux s’en convaincra bientôt.

Aux côtés de l’Armée rouge se lèvent des milliers d’ouvriers, de kolkhoziens et d’intellectuels pour la guerre contre l’agresseur.

On verra se lever les masses innombrables de notre peuple.

Déjà les travailleurs de Moscou et de Leningrad, pour appuyer l’Armée rouge, ont entrepris d’organiser une milice populaire forte de milliers et de milliers d’hommes.

Cette milice populaire, il faut la créer dans chaque ville que menace le danger d’une invasion ennemie ; il faut dresser pour la lutte tous les travailleurs qui offriront leurs poitrines pour défendre leur liberté, leur honneur, leur pays, dans notre guerre contre le fascisme allemand, pour le salut de la Patrie.

Afin de mobiliser rapidement toutes les forces des peuples de l’URSS, en vue d’organiser la riposte a l’ennemi qui a attaqué perfidement notre Patrie, il a été formé un Comité d’Etat pour la Défense, qui détient maintenant la plénitude du pouvoir dans le pays.

Le Comité d’Etat pour la Défense a commencé son travail, il appelle le peuple entier a se rallier autour du Parti de Lénine et de Staline, autour du Gouvernement soviétique, pour soutenir avec abnégation l’Armée et la Flotte rouges, pour écraser l’ennemi, pour remporter la victoire.

Toutes nos forces pour le soutien de notre héroïque Armée rouge, de notre glorieuse Flotte rouge !

Toutes les forces du peuple pour écraser l’ennemi !

En avant vers notre victoire !

*

Discours obligé d’un homme d’état, qui, dans ce genre de circonstances, ne pouvait pas dire autre chose. Nous avons choisi de le reproduire néanmoins pour deux raisons :

Parce que c’est un document d’archives qui ne courra jamais les merdias dominants.

Pour le passage où il est question de « Monsieur Churchill », appréciant l’ironie qui veut qu’au moment où ces paroles étaient prononcées, « Monsieur Churchill », que personne n’a jamais songé à qualifier de « dictateur » ni de sanguinaire,  n’avait déjà qu’une idée en tête : l’écraser comme un pou et son peuple avec lui.

Parce que la naïveté (la bonne foi qui sait ?) est une facette qui manquait à la personnalité du Petit Père des Peuples.

 

Le STALINE d’Henri Guillemin


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8 mai 2010 – 65e Anniversaire de la Victoire sur le Reich

Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine fleurissent la tombe de Staline au pied des murs du Kremlin

 

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18 décembre 2010 – 131e anniversaire de la naissance de Staline

4000 œillets rouges sont déposés sur sa tombe

 

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5 mars 2011 –58e anniversaire de la mort de Staline


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Quand on a été battu à plate couture par des Vietnamiens à bicyclette, on pourrait y regarder à deux fois avant de s'en prendre à la Russie et à la Chine ensemble, non ? Mais ceux que Zeus veut perdre...

Sur les Stalingrad du futur – au nucléaire, évidemment – nous vous transcrivons/résumons ci-dessous le long mais essentiel article de M. Philippe Grasset, dont vous pouvez trouver la version intégrale sur son site DeDefensa.org. (Traduction des citations en anglais par Catherine. L. pour Les grosses orchades.)

 

 

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«John, si nous lançons une attaque nucléaire contre la Chine, nous en liquiderons plusieurs centaines de millions, pas un seul million ! »

 

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« Grande Muraille Souterraine » en Chine et Red Scare(peur bleue ou péril rouge, au choix)U.S.

Philippe GRASSET

DeDefensa - 16 janvier 2013

La grande annonce faite d’un « transfert » important de la capacité et de la vigilance stratégiques des USA de la sphère Europe/Atlantique vers la sphère Asie/Pacifique s’accompagne d’une mobilisation de la communication stratégique vers (contre) la Chine. On a vu (le 28 décembre 2012) que, du point de vue de la réalité stratégique (la réalité des forces stratégiques), ce « transfert » est une illusion destinée à dissimuler le fait que les forces armées US ne sont plus capables de mener simultanément deux grandes guerres conventionnelle, et qu’au contraire ce « transfert» mrettra en évidence ce fait. Mais la communication, elle, la communication des milieux stratégiques et du complexe militaro-industriel autour du Pentagone, a de tout autres ambitions et entend d’abord substantiver une alarme considérable.

Un point très précis retient l’attention, mentionné dans la dernière loi de programme (budgétaire) du Pentagone, année fiscale 2013 (National Defense Authorization Act, ou NDAA). Il s’agit de l’instruction donnée au STRATCOM (Strategic Command, ou commandement opérationnel des forces stratégiques) d’évaluer la « Grande Muraille Souterraine » de la Chine, d’après le titre d’un rapport de la Georgetown University du 11 septembre 2011 (date prémonitoire), dirigé par Philip A. Karber et intitulé « Strategic Implications of China’s Underground Great Wall » (Implications stratégiques de la Grande Muraille Souterraine de la Chine).

D’une façon générale, experts, chercheurs, bureaucrates et idéologues washingtoniens observent qu’une grande unité chinoise chargée des missions spéciales du domaine, le Deuxième Corps d’Artillerie qui a la charge de l’entretien et de la protection des forces de missiles stratégiques nucléaires chinois, a construit un gigantesque réseau de tunnels souterrains, d’une longueur générale évaluée à 3.000 miles (près de 5.000 kilomètres) ; nombre des mêmes (experts, etc.), constatant que ce réseau permet le stockage d’au moins 3.000 têtes nucléaires, estiment que ce serait effectivement réalisé… Cela revient à affirmer que les forces nucléaires chinoises disposent d’un ensemble de têtes nucléaires dix fois supérieur à l’évaluation que donnent les services de renseignement US.

STRATCOM a donc pour mission d’évaluer tout cela, de considérer si cela peut être détruit par forces conventionnelles ou nucléaires au cas où il deviendrait urgent de détruire la chose, de faire un rapport et de le communiquer dans le courant de l’année 2013. Le point de l’« urgence de la destruction » serait considéré, si l’analyse des diverses caractéristiques de la « Grande Muraille Souterraine » et de l’arsenal nucléaire chinois selon la tendance Karber impliquaient que la Chine développe et dispose d’une capacité de « première frappe stratégique » (malgré l’affirmation constante d’une politique nucléaire de non-emploi en premier de la Chine).

Russia Today a interviewé (le 14 janvier 2013) l’expert James Corbett, qui réside au Japon où il édite un site, le Corbett Report. James Corbett est notamment excellent connaisseur des affaires asiatiques et des relations entre le Japon et la Chine, aussi bien que de la stratégiue US dans la région.

Russia Today : « Le gouvernement U.S. opère d'après la supposition qu'un réseau de 3.000 kms de tunnels quadrille la Chine. Est-ce là quelque chose que vous croyez possible ? »

James Corbett : « En fait, je ne suis même pas sûr que le gouvernement U.S. le croit vraiment. On trouve ceci, en réalité, au verso d'une étude qui a été commandée  l'an dernier ou l'année précédente à l'Université de Georgetown, qui a trouvé que dans ce réseau de tunnels, que nous savons réels et pouvons voir par télémétrie satellitaire... et ce qui s'y trouve pour l'instant n'est que spéculation pure. L'espionnage U.S. évalue cet arsenal nucléaire à 300 têtes, mais l'étude de Georgetown de 2011 estime que les tunnels pourraient en abriter 3.000. Si bien que, selon le NDAA (National Defense Authorization Act) pour 2013, ils disent en substance que le STRATCOM (Commandement Opérationnel des Forces Stratégiques) va devoir pondre un rapport pour identifier les problèmes potentiels qu'implique cette possibilité et dire si oui ou non ils seront capables d'y faire face avec des forces conventionnelles ou nucléaires, au cas où ils seraient amenés à passer à l'action. »

Russia Today : « Voyons... nous avons la plupart des sous-marins balistiques U.S.... nous avons aussi beaucoup d'autres bâtiments US en route vers le Pacifique et le Pentagone entrain de parler de « contenir » la Chine et se préparant maintenant à une éventuelle frappe nucléaire. Tout ça ne va certainement pas améliorer des relations déjà tendues, n'est-ce pas ? »

James Corbett : « Bien sûr que non. Je ne crois pas que nous devions considérer ce rapport dans le contexte d'une frappe nucléaire à court terme. Il faut le voir comme une extension de la politique nucléaire U.S., qui se poursuit depuis de décennies, et qui s'amène ici avec des explications pour justifier l'existence de l'arsenal nucléaire existant et par la même occasion, la création de nouvelles armes. Ainsi, par exemple, nous avons les bombes à charge pénétrante (bunker buster) B 61-11, avec un rendement de 400 kilotonnes, dont ils font tout un plat depuis près d'une décennie à propos de l'Iran et qu'ils rêvent d'enfoncer dans les installations nucléaires souterraines iraniennes supposées. Ce qu'ils sont en train de faire, c'est déplacer cette rhétorique vers l'Asie et le Pacifique. Je pense que, dans une certaine mesure, c'est uniquement pour justifier l'arsenal nucléaire U.S. Et pour s'assurer que des choses comme le nouveau START (Strategic Arms Reduction Treaty ou « Traité sur la Réduction des Armes Stratégiques ») échoue pour l'essentiel avant même de décoller. Et il y a beaucoup de choses, dans ce nouveau NDAA qui s'efforce de saboter les efforts du Président, si jamais il lui venait l'idée de vouloir réduire vraiment le stock nucléaire. Je crois donc que le Congrès est véritablement en train de mettre son pied dans la porte, pour empêcher toute espèce de réduction des armes avant qu'elle puisse être effectivement mise en oeuvre. »

Russia Today : « Il y en a qui disent, assurément, que le président américain est impuissant, face au complexe industriel militaire. Nous avons reçu des rapports disant qu'il y a eu quelques curieuses incursions de jets en haute altitude entre la Chine et le Japon, certains jets japonais poursuivant des jets chinois, jouant en quelque corte au chat et à la souris à haute altitude, qui réallument peut-être une quelconque dispute territoriale. Est-il possible que ces deux-là puissent en arriver à des affrontements plus sérieux ? »

James Corbett : « Ce l'est certainement, et, bien sûr, plus les U.S. deviennent belliqueux à l'égard de la Chine, plus le Japon sentira qu'il peut, en toute sécurité, menacer la Chine ou répondre à ces agressions. C'est pourquoi j'estime que cela ne sert en fait qu'à mettre une allumette à côté du baril de poudre qu'est la région Asie-Pacifique, surtout maintenant que tout s'échauffe et que l'Américain s'amène, nous allons voir surgir de plus en plus de ces situations susceptibles de justifier une intervention militaire. Il nous faut donc regarder la rhétorique nucléaire actuelle pas nécessairement comme une intention de frapper dans l'immédiat, mais comme une menace que nous ne devons pas perdre de vue tant qu'elle continue d'enfler. »

Si on comprend bien, – et que peut-on comprendre d’autre, en vérité ? – on retrouve l’une de ces grandioses échappées alarmistes du complexe militaro-industriel, et des myriades d’experts et de commentateurs qui satellisent autour de lui (l’étude de la très prestigieuse université Georgetown, comme exemple-phare de notre propos). On voit aussitôt l’hypothèse Kraber retranscrite en processus bureaucratique, dont la finalité extrême, en cas de conclusion extrême et d’appréciations à mesure, devrait être la planification d’une attaque nucléaire de première frappe à partir du constat que « la Grande Muraille Souterraine » aurait été évaluée comme un dispositif impliquant une possible intention de première frappe, côté chinois… C’est en effet bien ceci qui est in fine dans l’esprit de ceux qui réclament une planification de STRATCOM : mettre en évidence, s’il le faut, les intentions de « première frappe stratégique » des Chinois, à l’aide d’un arsenal secret et dissimulé. (Même si l’intention est de protéger ou renforcer le programme nucléaire stratégique US, bloquer les prétendues intentions de réduction du président Obama, etc., on n’en aboutit pas moins à une évaluation présentée comme fondée. On ne manquera pas de l'apprécier comme telle.)

Cette occurrence, qui pourrait aisément se transformer en une « Red Scare, modèle 2013 », nous rappelle ce que nous qualifiions, dans notre Lettre d’analyse (papier) dd&e du 10 mai 2001, de « Red Scare, modèle 2001 ». (En langage codé, pavlovien, langage-Système par excellence, la Chine reste toujours « rouge » dans ces cas-là.) Cela se passait à la suite d’une mission d’espionnage d’un EP-3E de l’U.S. Navy, qui avait pénétré dans l’espace aérien chinois, puis avait été obligé de se poser sur l’île chinoise de Hainan. (L’incident eut lieu le 1er avril 2001 ; après quelques semaines de négociations et de montée de la tension, l’équipage, puis l’avion furent rendus aux USA.) Le déchaînement fut, à Washington, absolument extraordinaire, – contre la Chine, bien entendu, qui semblait refuser de se laisser espionner sans broncher, – signe indubitable qu'elle avait quelque chose à cacher et qu'elle devait être punie pour cela. Le 19 avril 2001, John Laughland, du Spectator de Londres, assistait à un séminaire sur la Chine au cours duquel il entendit, de la part d’un expert de haut niveau, directeur d’un des instituts les plus fameux de Washington et notoirement impliqué dans des équipes de planification travaillant en consultance du Pentagone, une plaidoirie pour une attaque préventive en première frappe (first strike) de la Chine. Laughland qui l'entretenait en tête-à-tête après son intervention, faisant remarquer qu’une telle attaque serait risquée et disant, en matière de plaisanterie qu’il voulait lugubre : «…Elle pourrait perdre un, deux millions d’hommes avec votre attaque, il lui en resterait toujours 998 ou 999», s’était attiré cette réponse : «John, si nous lançons une attaque nucléaire contre la Chine, nous en liquiderons plusieurs centaines de millions, pas un seul million». Puis il y eut le 9/11 et l’on rangea la Chine sur une étagère intitulée « Red Scare de réserve ».

Tout de même, il y eut une piqure de rappel… Cette fois, à destination des Russes, mais l’on sent bien que c’est le même tableau, la même Red Scare qui resurgit. On veut parler d’un article de Foreign Affairs de mars 2006 qui plaidait pour une supériorité nucléaire des USA, dont on devinait in fine qu’elle permettrait une attaque de première frappe (de la Russie cette fois), – et bon débarras. Cela nous valut un échange rapide mais très vif (voir le 31 mars 2006). Puis l’on oublia l’affaire et l’on rangea la Russie… etc.

Il semble tout de même que ni la Chine ni la Russie n’aient oublié ces rapides passes d’arme, et que l’affaire de l’étude de « la Grande Muraille Souterraine » confiée aux bons soins de la planification de STRATCOM ne soit passé inaperçue ni de l’une ni de l’autre. Même si cette affaire précise ne concerne que la Chine, la Russie, elle aussi, se sent absolument concernée. Le constat est d’autant plus évident qu’existe toujours cette crise de la défense stratégique antimissile développée par les USA, qui touche de plus en plus à l’équilibre stratégique nucléaire général en favorisant les hypothèses de première frappe stratégique dans le chef des planificateurs US. Ainsi Chine et Russie resserrent-elles leurs liens stratégiques au plus haut niveau de danger, qui est une éventuelle position commune face à la puissance militaire US. On le voit à l’occasion de la huitième réunion Chine-Russie sur les relations stratégiques entre les deux pays, dont Russia Today rapporte ceci, ce 9 janvier 2013 :

« Au moment où les deux pays voisins commencent à sentir sur leur cou le souffle de l'armée U.S., il n'est que trop naturel que Moscou et Pékin commencent à semer les graines d'une relation stratégique à long terme. Xi Jinping, le secrétaire général du Parti Communiste chinois a soulignél'engagement de son pays envers la Russie, quand il a noté que le président russe Vladimir Poutine et lui-même “étaient arrivés unanimement à la conclusion” qu'une “alliance stratégique globale” entre Moscou et Pékin, reste “la priorité absolue de leur politique étrangère”.

Ces commentaires ont été faits mardi, au cours d'une visite à Pékin du secrétaire du Conseil de Sécurité russe, M. Nikolay Patruchev, qui participait au 8e tour des consultations russo-chinoises en matière de sécurité stratégique. Xi Jinping, 59 ans, élu au poste le plus élevé de la hiérarchie communiste chinoise en novembre, faisait écho aux sentiments du président russe, qui avait répondu, au cours d'une récente rencontre avec les médias internationaux, que les relations russo-chinoises “sont devenues un des facteurs les plus importants dans le domaine des affaires internationales”. »

Les deux termes de l’alternative catastrophique.

Le même article qui présente cette rencontre observe que ces commentaires chinois sont inhabituels, sinon assez exceptionnels, si l’on tient compte de l’isolationnisme traditionnel de la Chine, de sa position en retrait des engagements stratégiques fondamentaux, etc. Russes et Chinois sont, de ce point de vue fondamental de l’équilibre stratégique (nucléaire), et de l’appréciation autant psychologique qu’opérationnelle de l’attitude et des intentions des USA, notamment en cette matière, d’un avis similaire et dans le sentiment de l’urgence de la situation. Pour ces deux pays, les USA sont devenus un véritable « danger international », et ce, d’autant plus qu’ils n’ont plus une direction politique assurée. Une remarque contenue dans l’une des questions posées à Corbett reflète sans aucun doute une préoccupation qui n’a cessé de grandir, particulièrement chez les Russes, et tenant à l’autonomie de décision du président des USA : «Il y en a qui disent, assurément, que le président américain est impuissant, face au complexe industriel militaire..» (On sait, d’une façon générale, que les Russes ont une perception aigüe de l’irrationalité profonde de la politique US, de son éclatement en divers pouvoirs, de sa paralysie dans l’extrémisme, – bref, de tout ce qui la rapproche jusqu’à l’identité de la politique-Système. Bien entendu, la Chine partage cette analyse d’une façon de plus en plus évidente.)

La question de la « Grande Muraille Souterraine » a déjà été débattue par divers experts, depuis la publication du rapport. On pouvait lire une argumentation à ce propos, il y a un an exactement (le 16 janvier 2012) dans The Bulletin of Atomics Scientists, écrite par le scientifique (physicien) Hui Zhang. (Cet expert et universitaire d’origine chinoise conduit, aux USA, des études sur les programmes et la force nucléaire chinoises. Il travaillait à l’université de Harvard au moment de la publication de son article.) Son appréciation est que la « Grande Muraille Souterraine » et notamment l’importance du réseau de tunnels souterrains, constituent une mesure purement défensive, justement contre des attaques surprises et « préventives » de première frappe. («… L'argument-clé de Karber se focalise sur la croissance du système des tunnels chinois ; il soutient que davantage de tunnels signifient davantage de têtes nucléaires [...]. Mais il y a une autre explication, infiniment plus plausible, à la taille de la Grande Muraille Souterraine. D'après les principaux médias chinois et d'autres publications en langue chinoise, la Grande Muraille Souterraine n'est pas un endroit spécialement destiné à entreposer des armes. La Chine a déplacé ses missiles sous terre pour les protéger d'une frappe nucléaire préemptive... ») Cette évaluation est complètement en accord avec la politique et la doctrine de la direction politique chinoise, autant que par l’historique de l’état d’esprit général et de l’attitude chinoises vis-à-vis de l’armement nucléaire, depuis que la Chine est une puissance nucléaire (1964). Cela conduit à renforcer la perception que le véritable problème se trouve du côté américaniste, et du côté de la forme qu’a prise le développement de la politique US, notamment et essentiellement son identification sans cesse grandissante avec la politique-Système.

La Russie et la Chine sont d’accord pour apprécier que le développement du réseau antimissile stratégique (BMD et BMDE)* est désormais quasiment hors du contrôle des autorités politiques. Les relations entre les Russes et Obama, et même les relations personnelles entre Poutine et Obama, ont largement montré l’impuissance d’Obama, même s’il lui est fait crédit (dans le chef de Poutine, notamment) d’intentions honnêtes pour tenter de faire évoluer la situation vers l’apaisement. Les prochaines semaines seront absolument décisives à cet égard, notamment avec la visite probable à Moscou du conseiller de sécurité nationale du président Obama, Tom Donilon, à la fin du mois (voir Robert Bridge, de Russia Today, le 11 janvier 2013). Si cette visite n’apporte aucune initiative concrète d’Obama sur les antimissiles, la conclusion sur son incapacité d’effectivement agir (notamment) sur cette question sera inévitable, puisqu’on se trouve dans des conditions idéales pour une action éventuelle. Rien, absolument rien ne laisse penser que Donilon apportera des éléments décisifs, et c’est plutôt le contraire qu’on peut attendre.

C’est dans ce cadre qu’intervient l’affaire de « la Grande Muraille Souterraine » à ce stade actuel, en faisant coïncider peut-être décisivement les appréciations stratégiques chinoise et russe. Même si, comme l’affirme sans doute assez justement Corbett, le gouvernement US ne croit pas à la thèse de Karber (« En fait, je ne suis même pas sûr que le gouvernement U.S. le croit vraiment... »), la position de ce même gouvernement, illustrée par la remarque de l’intervieweur signalée plus haut sur les pressions du complexe militaro-industriel, n’a pas une importance décisive. Le fait fondamental est bien qu’Obama a signé la loi de programme et budgétaire du Pentagone le 1er janvier 2013, et que cette loi confie à STRATCOM le dossier de la « Grande Muraille Souterraine », dans les termes polémiques et déstabilisants de l’étude Karber. Cela signifie que ce dossier, comme celui du réseau antimissile stratégique, est complètement dans les mécanismes de la bureaucratie militaire (militaro-industrielle), et notamment dans les processus de sa planification, – toutes choses qui échappent non seulement au pouvoir politique, mais même au jugement stratégique des chefs militaires et à l’évaluation qu’on peut espérer parfois pondérée par des facteurs politiques des services de renseignement.

Il s’agit d’une intégration directe de cette question dans un processus technique de guerre. Selon notre interprétation, on peut juger que la question de la désignation de la « Grande Muraille Souterraine » comme une menace directe de la Chine contre les USA, toute infondée qu’elle soit et toute absurde qu’elle puisse politiquement sembler, est complètement dans les mains de ce que nous nommons la politique-Système : une « politique » quasiment autonome, hors de tout contrôle réel du pouvoir politique, dont le dessein avéré est la déstructuration et la dissolution. Dans ce cadre, et selon ce qui sera fait du rapport STRATCOM notamment au niveau de la communication (avec les « fuites » éventuelles et très probables commentaires collatéraux qu’on peut attendre), selon la très possible sinon probable relance, ou tentative de relance, d’une « Red Scare » à l’image de celle que nous rappelions du printemps 2001, dans un climat infiniment plus détérioré dans le sens de l’idéologie extrémiste, enfin dans un cadre stratégique où la programmation autant que l’état d’esprit de la communauté de sécurité nationale US implique l’idée sans mesure développée après 9/11 de l’emploi « préventif » de toutes les catégories de forces US, on imagine facilement sur quels extrêmes pourrait déboucher la situation.

Il nous paraît évident que c’est cette sorte de problème que réalisent pleinement aujourd’hui les directions russe et chinoise, devant des faits tels que l’attribution du dossier « Grande Muraille Souterraine » à STRATCOM. Les perspectives sont celles de tensions extrêmes et de dangers d’attaques préventives, dans le climat général en détérioration rapide, particulièrement aux USA… Dans ce dernier cas, qui est le pivot de notre réflexion, cette détérioration est de deux ordres : détérioration de la situation « objective » du pays (économique, sociale, infrastructurelle, etc.), détérioration de la situation institutionnelle de la direction du pays (blocage du gouvernement et de la direction, éclatement des pouvoirs, radicalisation policière de tous les types par les autorités, etc.). Cette détérioration aux USA est accentuée par un état catastrophique de la psychologie profonde, avec une atmosphère de guerre civile régnant au niveau de la communication, et qui n’attend qu’un point de concrétisation pour se développer (par exemple, aujourd’hui, la querelle sur le contrôle des ventes et de la propriété d’armes par les citoyens). Cette situation elle-même, vue de Chine et de Russie, constitue un sujet supplémentaire de préoccupation urgente, jusqu’à ce niveau de la possibilité d’une menace de conflit nucléaire dans des conditions d’agression.

La réalité de cette situation catastrophique revient, selon nous, à estimer une fois de plus que l’affaissement, ou plutôt l’effondrement de la puissance US, ne peut pas et ne pourra pas se faire dans des conditions autres, effectivement, que catastrophiques. L’idée effrayante d’une attaque nucléaire préventive impliquée par l’affaire « Grande Muraille Souterraine »/SRATCOM illustre l’un des termes, porté au plus haut niveau de la spéculation, de l’alternative de cette perspective catastrophique. L’autre terme de l’alternative est que l’aspect intérieur (le climat de « guerre civile ») prenne le dessus, par son éventuelle rapidité rendue possible par son aspect psychologique volatile, et mobilise toute l’attention de tous les pouvoirs, imposant par son désordre une sorte de paralysie par manque d’« opportunité » des processus de planification militaire (lesquels sont déjà naturellement lents, comme tous les processus bureaucratiques). Dans ce dernier cas, même la mobilisation de la communication, type « Red Scare », serait impossible, puisque la tension intérieure mobiliserait tous les processus de mobilisation de la communication. Quoi qu'il en soit, le tableau reste catastrophique mais il va sans dire qu'on peut préférer un aspect catastrophique (le second, certes) à l'autre.

____________

* Qui encercle la Russie sous prétexte de protéger l'Europe Occidentale d'une hypothétique attaque iranienne. (NdCL)

 

 

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La honte absolue

 

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Georges Ibrahim Abdallah reste au trou.

Enfoncé, le cardinal de La Balue !

Il a suffi qu'une pétasse employée par une des factions au pouvoir chez les U.S. claque des doigts, et la France, queue entre les jambes et ventre par terre, s'est précipitée en couinant de soumission enthousiaste.

Valls ? Mais non. Toute la clique. Et qui le savait d'avance : société du spectacle oblige. La torture par l'espoir et la déception alternés est vieille comme le monde, ou au moins comme les mémoires de Casanova. Si on permettait que cet homme de 62 ans, qui vient d'en passer 29 enfermé, aille mourir dans son pays, il pourrait « recommencer à nuire », osent-ils dire. Ces nuisibles professionnels le savent bien, n'est-ce pas, que les exécutions de leurs deux collègues en nuisances – extrémité à laquelle les peuples ne se résolvent que lorsque ceux dont c'était le devoir ont failli – ce n'est pas lui qui les a commises. Tout le monde le sait, et que son enterrement vivant jusqu'à ce que mort s'ensuive n'est pas une rétribution ni même une vengeance, mais une sordide manoeuvre d'intimidation maffieuse. Et pourquoi s'en priveraient les maffieux, puisque ça marche ? Certes, à côté de cette bande de tueurs drôadelommistes démocrasseux nobels, Tartufe vous a des airs de premier communiant à brassard blanc, raie sur le côté, épi bien aplati et tout. Et après ?

Bien sûr, le peuple est censé n'être pas content. On pouvait même - mais il fallait être très naïf - penser qu'il allait réagir. Vous savez « Liberté, Egalité, Fraternité », ce genre de choses. De fait, il y a même eu une manif à Lille. De deux pelés et trois tondus, en comptant les beurettes pro-Palestine et les Belges venus de Bruxelles en voisins.

On le sait pourtant, qu'à une grève générale nationale au finish, rien ne résiste... A défaut de ce remède radical, une grève corporatiste de la magistrature, histoire de rappeler les chiens de garde au respect des institutions et à la séparation des pouvoirs eût quelque peu sauvé l'honneur... Mais non, RIEN. Nada de nada.

L'histoire des Liégeois nous apprend que dès le tout début du XIVe siècle (1316 exactement) les délégués des métiers (« corporations ») savaient déjà comment se vendre aux banquiers lombards, au prix d'hectolitres de sang de leurs affiliés, tirés par les soudards soldés par lesdits hommes de banque. « Corporations », aujourd'hui, se dit « syndicats ». Quant à « la gôôôche »... R.I.P.

Georges, on a honte. Honte de manger le matin devant la fenêtre ouverte comme si de rien n'était, honte de sortir vaquer à des choses – boulot, même, pour certains – pendant que tu croupis, honte de rentrer remanger, baiser, aller au cinoche, boire un coup avant de se coucher, bref vivre, pendant qu'on te vole ta vie avec notre complicité. Tu vois, on descend bien de ceux qui, en 1936, au lieu de courir au secours des frères d'Espagne sont partis en vacances.

En revanche, ce que les Libanais doivent être fiers d'avoir deux héros à la fois : toi et Nasrallah, un communiste et un musulman pour faire bon poids. C'est peut-être qu'ils vous méritent.

Il y a quatre siècles et demi, alors que la France avait déjà une des premières civilisations au monde, un jeune homme de dix-huit ans écrivait :

« Il n'est pas croyable de voir à quel point le peuple, dès lors qu'il est assujetti, tombe si soudain en un si profond oubli de la liberté, qu'il n'est pas possible qu'il se réveille pour la ravoir : servant si librement et si volontiers qu'on dirait à le voir qu'il a non pas perdu sa liberté, mais gagné sa servitude. »

Deux siècles et demi plus tard, alors que cette civilisation était à son apogée, un jeune homme de même pas vingt-six ans et qui ne les aurait jamais, écrivait :

« Un État qui fut libre d’abord, comme la Grèce avant Philippe de Macédoine, qui perd ensuite sa liberté, comme la Grèce la perdit sous ce prince, fera de vains efforts pour la reconquérir ; le principe n’est plus ; la lui rendît-on même comme la politique romaine la rendit aux Grecs, l’offrit à Cappadoce pour affaiblir Mithridate, et comme la politique de Sylla la voulut rendre à Rome elle-même, c’est inutilement ; les âmes ont perdu leur moelle, si je puis ainsi parler, et ne sont plus assez vigoureuses pour se nourrir de liberté ; elles en aiment encore le nom, la souhaitent comme l’aisance et l’impunité, et n’en connaissent plus la vertu.

« Au contraire, un peuple esclave qui sort soudain de la tyrannie n’y rentre point de longtemps ; parce que la liberté a trouvé des âmes neuves, incultes, violentes, qu’elle les élève par des maximes qu’elles n’ont jamais senties, qui les transportent, et qui, quand on en a perdu l’aiguillon, laissent le cœur lâche, orgueilleux, indifférent, au lieu que l’esclavage le rendait seulement timide.

« Le calme est l’âme de la tyrannie, la passion est l’âme de la liberté ; le premier est un feu qui couve, le second un feu qui se consume, l’un s’échappe au moindre mouvement, l’autre ne s’affaiblit qu’à la longue et s’éteint pour toujours ; on n’est vertueux qu’une fois. »

On lui a coupé la tête pour lui prouver à quel point il avait raison.

Bon. Mais ce n'est pas tout ça. « First things first », comme disent nos vertueux occupants. On nous attend à la manif pour ou contre le mariage gay.

Ciào, Georges.

 

*

 

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Les USA envisagent l'installation d'une nouvelle base de drones en Afrique

 

Liste des enfants tués par drones au Pakistan et au Yemen

(Le terroriste Georges Ibrahim Abdallah a un alibi)

Liste établie au 20 janvier 2013 , d'après les rapports du Bureau of Investigative Journalism

Par Jadaliyya Reports

 

PAKISTAN



Nom |  Age  |  Sexe

Noor Aziz | 8 | masc


Abdul Wasit | 17 | masc.


Noor Syed | 8 | masc.


Wajid Noor | 9 | masc.


Syed Wali Shah | 7 | masc.


Ayeesha | 3 | fem.


Qari Alamzeb | 14| masc.


Shoaib | 8 | masc.


Hayatullah KhaMohammad | 16 | masc.


Tariq Aziz | 16 | masc.


Sanaullah Jan | 17 | masc.


Maezol Khan | 8 | fem.


Nasir Khan | masc.


Naeem Khan | masc.


Naeemullah | masc.


Mohammad Tahir | 16 | masc.


Azizul Wahab | 15 | masc.


Fazal Wahab | 16 | masc.


Ziauddin | 16 | masc.


Mohammad Yunus | 16 | masc.


Fazal Hakim | 19 | masc.


Ilyas | 13 | masc.


Sohail | 7 | masc.


Asadullah | 9 | masc.


Khalilullah | 9 | masc.


Noor Mohammad | 8 | masc.


Khalid | 12 | masc.


Saifullah | 9 | masc.


Mashooq Jan | 15 | masc.


Nawab | 17 | masc.


Sultanat Khan | 16 | masc.


Ziaur Rahman | 13 | masc.


Noor Mohammad | 15 | masc.


Mohammad Yaas Khan | 16 | masc.


Qari Alamzeb | 14 | masc.


Ziaur Rahman | 17 | masc.


Abdullah | 18 | masc.


Ikramullah Zada | 17 | masc.


Inayatur Rehman | 16 | masc.


Shahbuddin | 15 | masc.


Yahya Khan | 16 |masc.


Rahatullah |17 | masc.


Mohammad Salim | 11 | masc.


Shahjehan | 15 | masc.


Gul Sher Khan | 15 | masc.


Bakht Muneer | 14 | masc.


Numair | 14 | masc.


Mashooq Khan | 16 | masc.


Ihsanullah | 16 | masc.


Luqman | 12 | masc.


Jannatullah | 13 | masc.


Ismail | 12 | masc.

Taseel Khan | 18 | masc.


Zaheeruddin | 16 | masc.


Qari Ishaq | 19 | masc.


Jamshed Khan | 14 | masc.


Alam Nabi | 11 | masc.


Qari Abdul Karim | 19 | masc.


Rahmatullah | 14 | masc.


Abdus Samad | 17 | masc.


Siraj | 16 | masc.


Saeedullah | 17 | masc.


Abdul Waris | 16 | masc.


Darvesh | 13 | masc.


Ameer Said | 15 | masc.


Shaukat | 14 | masc.


Inayatur Rahman | 17 | masc.


Salman | 12 | masc.


Fazal Wahab | 18 | masc.


Baacha Rahman | 13 | masc.


Wali-ur-Rahman | 17 | masc.


Iftikhar | 17 | masc.


Inayatullah | 15 | masc.


Mashooq Khan | 16 | masc.


Ihsanullah | 16 | masc.

Luqman | 12 | masc.

Jannatullah | 13 | masc.


Ismail | 12 | masc.


Abdul Waris | 16 | masc.


Darvesh | 13 | masc.


Ameer Said | 15 | masc.


Shaukat | 14 | masc.

Inayatur Rahman | 17 | masc.


Adnan | 16 | masc.


Najibullah | 13 | masc.


Naeemullah | 17 | masc.


Hizbullah | 10 | masc.


Kitab Gul | 12 | masc.

Wilayat Khan | 11 | masc.


Zabihullah | 16 | masc.


Shehzad Gul | 11 | masc.


Shabir | 15 | masc.


Qari Sharifullah | 17 | masc.


Shafiullah | 16 | masc.


Nimatullah | 14 | masc.


Shakirullah | 16 | masc.


Talha | 8 | masc.


 

YEMEN


 

Afrah Ali Mohammed Nasser | 9 | fem.


Zayda Ali Mohammed Nasser | 7 | fem.


Hoda Ali Mohammed Nasser | 5 | fem.


Sheikha Ali Mohammed Nasser | 4 | fem.


Ibrahim Abdullah Mokbel Salem Louqye | 13 | masc.


Asmaa Abdullah Mokbel Salem Louqye | 9 | masc.


Salma Abdullah Mokbel Salem Louqye | 4 | fem.


Fatima Abdullah Mokbel Salem Louqye | 3 | fem.


Khadije Ali Mokbel Louqye | 1 | fem.


Hanaa Ali Mokbel Louqye | 6 | fem.


Mohammed Ali Mokbel Salem Louqye | 4 | masc.


Jawass Mokbel Salem Louqye | 15 | fem.


Maryam Hussein Abdullah Awad | 2 | fem.


Shafiq Hussein Abdullah Awad | 1 | fem.


Sheikha Nasser Mahdi Ahmad Bouh | 3 | fem.


Maha Mohammed Saleh Mohammed | 12 | masc.


Soumaya Mohammed Saleh Mohammed | 9 | fem.


Shafika Mohammed Saleh Mohammed | 4 | fem.

Shafiq Mohammed Saleh Mohammed | 2 | masc.


Mabrook Mouqbal Al Qadari | 13 | masc.


Daolah Nasser 10 years | 10 | fem.


AbedalGhani Mohammed Mabkhout | 12 | masc.


Abdel- Rahman Anwar al Awlaki | 16 | msc.


Abdel-Rahman al-Awlaki | 17 | masc.


Nasser Salim | 19
 masc.

Source :

http://www.informationclearinghouse.info/article33706.htm

 

22. BLOG - STALINGRAD - dreamdrone .jpg


*

LIVRES

 

23. Servitude - la Boetie - Folio -9782070357710.jpg 




Etienne de La Boëtie

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE

Paris, Gallimard, 2008

Coll. FolioPlus Philosophie

 





Edition en ligne pdf :

http://philo-online.com/TEXTES/TEXTES%20ETAT/LA%20BOETIE%20-%20Le%20discours%20de%20la%20servitude%20volontaire.pdf

 

 24. Esprit de la Rév.jpg

 




Saint-Just

L'ESPRIT DE LA REVOLUTION

suivi de FRAGMENTS SUR LES

INSTITUTIONS REVOLUTIONNAIRES

Paris, 10/18, 2003

 

 



Editions en ligne 

Saint-Just – L'esprit de la Révolution

http://fr.wikisource.org/wiki/L’Esprit_de_la_Révolution_et_de_la_Constitution_de_France

Saint Just –Fragments sur les institutions

http://classiques.uqac.ca/classiques/saint_just/fragments/fragments_institu_republ.pdf

 

 25. saint-just champ libre - 31SFEPP9XJL._SL500_AA300_.jpg

 

 



Saint-Just

OEUVRES COMPLETES

1017 pages

Paris, Champ Libre (réédition) 2003

 

 




26. Saint-Just Oeuvres complètes - 757637_9241710.jpg






Saint-Just

OEUVRES COMPLETES

1248 pages

Paris, Gallimard, 2004

Coll. Folio-Histoire

 

 

 


*

 

 Mis en ligne le 2 février 2013 par Catherine

 


 

 

17:58 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/01/2013

France - La déglingue

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France : La déglingue

 

(La Belgique se sent moins seule)

 

Le plus important d’abord :

 

Les dindons se rebiffent.

Et ils ont bien raison.

 

Après tant d’autres, mettant et remettant sur le métier la destruction systématique de l’Education Nationale entamée (pas qu’en France) dans les années 50, le ministre Vincent Peillon vient d’y aller de sa Xième réforme, lucidement baptisée PET. Les enseignants en ont marre. Qu’ils considèrent cependant, si cela peut les consoler, qu’on ne massacre pas encore leurs élèves par 82 à la fois et que peu d’entre eux se sont, jusqu’à présent, retrouvés sur des tas d’ordures, éventrés à la perceuse électrique, comme l’ont été presque tous leurs collègues irakiens et, la semaine dernière, des douzaines d’étudiants syriens. Le but est strictement le même. La méthode, pour l’instant, diffère.

 

Lettre d’une enseignante en colère au ministre Vincent Peillon.

Cher Monsieur Peillon,

L’illettrisme ? C’est ma faute. Ma méthode de lecture était sans doute trop globale. Le décrochage scolaire ? C’est ma faute. Je ne suis pas capable d’intéresser mes élèves et rendre l’école attrayante. J’assume. La délinquance juvénile ? C’est ma faute. Je n’insiste pas suffisamment sur l’Instruction civique et morale. J’assume. L’obésité ? C’est ma faute. A cause du biscuit à la récré. J’assume. Les caries ? C’est ma faute. Je devrais fournir le matériel nécessaire à mes élèves afin qu’ils puissent se brosser les dents sur le temps de classe. J’assume. Théo a 12 ans et porte encore des baskets à scratch ? C’est ma faute. J’aurais dû lui apprendre à faire ses lacets. J’assume. Arthur s’est fait renverser par une voiture ? C’est ma faute. Je ne lui ai pas fait passer son permis piéton. J’assume. Zoé ne connait ni ses tables de multiplication, ni sa poésie, ni Jules César, ni Vercingétorix, ni les départements français, ni…. Encore ma faute. J’aurais dû lui faire apprendre ses leçons pendant qu’elle se brossait les dents d’une main et nouait ses lacets de l’autre, avant de traverser la rue en courant pour éliminer les calories du biscuit que je l’avais forcée à ingurgiter à 10 heures ! Bref, j’assume tout. Même la crise économique. Il faut bien avouer que l’Etat me paie grassement pour finir mes journées à 16 h 30 et passer le plus clair de mon temps en vacances…. Et j’allais oublier la sécurité de l’emploi…

Alors vous avez raison, Monsieur le Ministre. Il est grand temps de réformer tout ça.

Le changement, c’est maintenant ! Vous avez enfin dévoilé votre plan pour une grande Refondation de l’École. Grandiose ! Magnifique ! Courageux ! Audacieux ! Mes collègues et moi-même sommes enfin investis d’une véritable mission d’intérêt général : supporter et soulager tous les maux de notre société. Alors, méprisez-nous, insultez-nous, frappez- nous, instrumentalisez les familles au nom du bien être et de l’avenir de leurs enfants… C’est tout ce que nous méritons ! En plus, la FCPE se gausse et certains de nos syndicats applaudissent. Franchement, vous auriez tort de vous en priver.

Toutefois, bien qu’irresponsable, paresseuse, incompétente et quelque peu limitée intellectuellement comparée aux cols blancs de la rue de Grenelle, j’ose vous dire, Monsieur le Ministre, que votre projet est une hérésie voire même une involution.

1) Bon nombre d’enseignants ne veulent pas de votre semaine de 4 jours et demi. Quel salarié accepterait de travailler plus pour gagner moins ? Sarkozy en a rêvé, vous l’avez fait !

2) Vous brandissez l’étendard des rythmes de l’enfant. Il est en effet d’une logique implacable qu’ils seront moins fatigués en travaillant une demi-journée supplémentaire. Vous êtes le Ministre de l’Éducation nationale et vous ne vous adressez qu’aux enseignants. Pourquoi n’expliqueriez-vous pas à moult parents qu’il est déraisonnable de coucher son enfant à 23h ?...

3) La journée d’école écourtée, bonne idée ! Expliquez à nos concitoyens que leurs impôts vont financer l’accueil périscolaire (par ailleurs totalement inégalitaire sur le territoire) et que leurs frais de garde vont augmenter. Je suis sûre qu’ils apprécieront! Les maires qui doivent supporter le coût de votre réforme aussi !

4) Savez-vous que le mercredi est une journée de coupure nécessaire à la santé mentale des enseignants qui gèrent une trentaine d’enfants chaque jour ?! Ignorez-vous que nous consacrons déjà la majeure partie de notre mercredi à l’école (formation, corrections, préparations…) ? Savez-vous que beaucoup de parents apprécient de travailler à 80 % pour passer le mercredi avec leurs enfants ? Ah oui ! Suis-je bête ! C’est vrai qu’ils sont mieux à l’école que chez eux …

5) Pensez-vous sérieusement qu’en supprimant les devoirs vous lutterez contre les inégalités sociales ? Venez dans nos classes et montrez-nous comment faire apprendre une leçon à 30 élèves en même temps ! Les parents investis continueront le suivi de leur enfant à la maison. Pour les autres, vous cautionnez leur manque d’intérêt pour l’école et les encouragez à se déresponsabiliser encore un peu plus. Les enseignants ne sont pas omnipotents et ne pourront jamais se substituer aux familles ! Leur faire croire le contraire est un mensonge éhonté et dangereux ! Dans notre métier, le temps consacré à l’éducation tend déjà à prendre le pas sur celui consacré à l’instruction (tant pis pour l’orthographe, Vercingétorix et Jules César !). Il est donc grand temps de redéfinir les missions de chacun !

6) Après les MDPH, les PPRE, les PPMS, les DUERP nouvelle révolution : vous tentez de nous enfumer avec vos PET ! Jamais un sigle n’aura aussi bien porté son nom !

7) Et les enfants dans tout ça ? On continue de les asphyxier sous le poids de programmes surchargés et inadaptés. A quand un vrai retour aux fondamentaux ? On continue de les accabler sous le poids d’évaluations toujours plus normatives et dévorantes. Quand va-t-on leur rendre le temps d’apprendre ? On continue le bricolage avec les élèves en difficulté. Quid des RASED dans votre réforme. A quand une véritable égalité sur le territoire des prises en charge en orthophonie, psychomotricité, psychothérapie…. ? (Jusqu’à un an d’attente dans le Cher !) On continue d’intégrer les enfants handicapés dans des classes surchargées avec, dans le meilleur des cas, la présence d’AVS sous- payés, plein de bonne volonté mais pas formés ! La négligence confine parfois à la maltraitance ! Et les collégiens qui décrochent ? On continue de briser des talents sous prétexte qu’on a raté sa vie si on ne finit pas col blanc ? Pas de manuels, pas de pâtissiers, pas de boulangers, pas de plombiers... Au nom de l’égalité, tous bacheliers ! Et tant pis pour ceux qui craquent avant : ils ne pourront plus être orientés à temps !

Je pourrais continuer ainsi bien longtemps. Vous l’aurez compris, Monsieur le Ministre, il va falloir réviser votre copie ! Les enseignants ne sont pas hostiles à toute réforme. Au contraire, nous voulons redresser notre école. La refondation doit se faire avec nous. Nous sommes les premiers acteurs du système éducatif. Qui peut prétendre mieux le connaître que nous ? Nous débordons d’idées, de suggestions alors écoutez-nous ! Je n’appartiens plus à aucun syndicat, je ne suis membre d’aucun parti politique, mes propos ne feront sans doute pas l’unanimité, c’est pourquoi je vous invite à consulter le blog du collectif des Dindons. Vous constaterez alors qu’il y a au moins deux points sur lesquels nous sommes tous d’accord : votre projet en l’état actuel des choses est inacceptable (aussi bien pour les élèves que leurs enseignants) et nous ne nous laisserons pas déplumer !

J’appelle maintenant les deux premiers syndicats enseignants de France à ne plus rester sourds aux glouglous de leur base. J’appelle tous les enseignants dépités, découragés, résignés à rester en colère. J’appelle tous les parents qui veulent pour leurs enfants une école publique, républicaine et laïque digne de ce nom à nous rejoindre. J’appelle tous les maires de France qui refusent d’assumer le poids de cette réforme à faire entendre leur voix. J’appelle tous ceux qui se considèrent comme les dindons de cette farce à la mobilisation ! Soyons la nouvelle grippe aviaire de cet hiver !

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Afin de faciliter les choses au ministre, qui doit être exténué d’un tel effort, voici le lien du blog collectif Les Dindons :

 

2. BLOG - dindons-affiche-300x273.png

 

http://paroleauxdindons.canalblog.com/

 

 *

La France, le Qatar et le Nouveau Désordre Mondial

Par Gearóid Ó Colmáin

Dissident Voice & Information Clearing House – 26 janvier 2013

Selon la journalitse d’investigation Silvia Cattori, le barbare bombardement de l’université d’Alep, le 15 janvier, a été officiellement revendiqué par le groupe terroriste Front Al-Nousra. Cette confirmation ne sera pas une surprise pour ceux qui ont suivi de près les événements du Levant depuis le 17 mars 2011, lorsque des snipers inconnus ont ouvert le feu, dans la ville de Deraa, en Syrie du Sud, tuant plusieurs policiers et d’innocents manifestants.

Depuis lors, snipers et escadrons de la mort jihadistes venus de Libye, de Tchétchénie, du Bangladesh, d’Indonésie, de Turquie, d’Arabie Saoudite, du Qatar, de Jordanie et même de France et du Royaume Uni, entre autres, soutenus par les services de « renseignements militaires » de l’OTAN et financés par les pétromonarchies du Golfe, font au peuple syrien une guerre non conventionnelle génocidaire, massivement appuyée par une campagne de désinformation internationale sophistiquée de la presse sous contrôle des grands groupes supranationaux, dont le rôle est d’attribuer systématiquement au gouvernement syrien tous les crimes commis par les terroristes.

Quatre-vingt deux étudiants de l’Université d’Alep ont été massacrés, mardi 15 janvier, par un missile lancé par les bien-aimés « rebelles » des médias occidentaux, ces gangs d’évadés du bagne, de trafiquants de drogue, de violeurs, d’abuseurs d’enfants et de bandits de tous ordres, présentés au crédule public occidental comme des « révolutionnaires ».

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Depuis 2011, plus de 2000 écoles et centres d’éducation en Syrie ont été détruits par les jihadistes à la solde de l’Occident, cet Occident qui veut anéantir l’Etat syrien pour mettre sur pied un Nouveau Moyen-Orient conforme aux objectifs géopolitiques de l’OTAN et des monarchies du Golfe. Quand ce cauchemar de terrorisme prendra-t-il fin ?

Silence de glace à Paris, à Londres et à Washington : pas un mot pour condamner l’atrocité d’Alep de la semaine dernière.

Contrairement à ce qui s’était passé lors du massacre de Houla, commis par les « rebelles » mais imputé au gouvernement syrien, il n’y a pas eu d’appels de Paris, de Londres et de Washington pour réclamer une expertise internationale sur le bombardement d’Alep. Tout le monde sait qui sont les coupables : donc, silence. Les lâches, cela se cache. Les lâches, cela s’attaque aux faibles et aux sans défense. Cela dissimule et cela tue indirectement, par procuration. Les services de renseignements militaires occidentaux sont de méprisables lâches. Ils se cachent derrière leur pompeuse novlangue à base de droits de l’homme et de démocratie, tout en commettant les crimes les plus odieux et les plus atroces connus du genre humain. En appuyant sur des boutons ou des touches d’ordinateurs, ils bombardent des pays situés à des milliers de kilomètres de distance. Ils y envoient des psychopathes drogués pour tuer, voler et détruire les peuples qui ont le malheur d’être dans leur chemin.

Le silence calleux des gouvernements occidentaux devant le massacre d’Alep offre un contraste tranchant avec les condamnations sans équivoque exprimées par le Brésil, le Venezuela, la Russie et la Chine. Les puissances émergentes du monde portent témoignage de l’autodestruction de la civilisation occidentale, par excès de hubris, de rapacité et de mégalomanie.

Il n’y a pas de mots, dans aucune langue, pour décrire les atrocités que les contras de l’OTAN commettent contre le peuple syrien. Mais le reste du monde est là, qui regarde, plein d’horreur et d’indignation. De grandes parties de l’Amérique Latine savent ce qui se passe. De grandes parties de l’Asie et de la Russie aussi savent qui est derrière la violence déchaînée en Syrie. La vérité finira par sortir du puits.

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Laurent Fabius et François Hollande accueillant la « Coalition syrienne » dans l’espoir de « relancer l’opposition ».

L’équilibre des pouvoirs est en train de changer dans le monde et, tôt ou tard, les criminels responsables de ces guerres néo-coloniales et leur vaste réseau d’affidés seront traînés devant la justice. Il y a des signes indiquant que la Jordanie pourrait se réaligner sur l’Irak, l’Iran et la Syrie, à la faveur d’un nouveau contrat énergétique signé ce mois-ci avec l’Irak. Cela pourrait être fatal aux terroristes de l’Ouest de la Syrie, qui ont, jusqu’ici, utilisé la Jordanie comme base de lancement de leurs campagnes de terreur. L’état syrien est assez fort pour survivre. L’esprit du peuple syrien est indomptable. Les illusions du printemps Arabe se sont évanouies. Personne ne peut plus prétendre aujourd’hui que le Printemps Arabe avait quelque chose à voir avec les droits de l’homme et la démocratie. Les Frères Musulmans ont pris le pouvoir en Tunisie, en Egypte et en Lybie, grâce au soutien de l’Occident. Personne ne peut plus prétendre que le conflit qui ravage la Syrie a quelque chose à voir avec la démocratie.

Le complexe militaro-industrialo-médiatique français bourdonne d’une joie orgiaque au spectacle des troupes françaises en train de reconquérir le Mali si riche en gaz et en minerais, sous le prétexte d’y combattre le terrorisme, dans le même instant que les Forces Spéciales Françaises entraînent et aident les terroristes d’Al Qaeda en Syrie – théâtre de l’absurde digne d’Ionesco !

La France a une des civilisations culturellement et politiquement les plus avancées au monde, et elle a une longue et militante tradition de gauche. Et pourtant, la seule cause qui rallie aujourd’hui l’intelligentsia officielle « de gauche » à Paris est le mariage gay :  la « gauche » française prépare une grande manifestation dans les rues de la capitale, en faveur d’une loi qui devrait autoriser les mariages homosexuels. Le gouvernement français a bombardé et détruit deux pays d’Afrique en 2011. La France est engagée dans une guerre coloniale sans fin en Afghanistan, la « patrie des droits de l’homme »* fait une guerre indirecte à la Syrie depuis l’an dernier et est présentement occupée à s’emparer du Mali, dans le but de détruire l’Algérie. Le Niger riche en uranium sera sa proie suivante. Pour abréger, les agressions néo-coloniales du gouvernement français ont causé la mort de milliers d’innocents et ruiné la vie de millions d’autres, il est complice de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et fait tout pour nous rapprocher d’une guerre mondiale, et la « gauche » française n’est préoccupée, à l’unanimité, que du droit au mariage des gays ! Par ailleurs, la répression sur le plan intérieur est en augmentation, avec de plus en plus de troupes dans les rues de Paris, pour « protéger » la population des « islamistes » potentiels, que financent les monarques du Golfe, grands amis du gouvernement français, pendant que les minorités immigrées, africaines et maghrébines, ne cessent de se faire arrêter et harceler sans raison par la police. Mais qui s’en soucie, du moment que les homosexuels ont le droit de se marier !

De manière un peu plus positive, on note quelques signes encourageants de contestation politique, émanant des officiels les plus modérés de l’impérialisme français. Il semble que la stratégie du chaos U.S. et la politique nihiliste consistant à soutenir des terroristes islamistes pour détruire un état en prétendant les combattre dans un autre soient devenues impossible à ignorer. L’ancien ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin, a déclaré le 18 janvier à France Inter, que la guerre faite par l’OTAN à la Libye en 2011 était la cause de la déstabilisation du Mali aujourd’hui. De Villepin a reconnu aussi que la Libye était à présent complètement au pouvoir des milices jihadistes.

Répondant à la question d’un auditeur qui l’interrogeait sur le financement de groupes islamistes par le Qatar, De Villepin semble avoir répondu qu’il était possible que « certains états du Golfe » financent des groupes extrémistes au Mali et en Syrie. Malheureusement, France Inter a supprimé ce passage de sa version podcast. La station a également supprimé le passage hautement significatif où Dominique de Villepin disait que la France devrait entamer des négociations avec la Russie pour tâcher de résoudre l’impasse géopolitique en Syrie. Bref, les trois passages les plus importants de l’intervention de l’ex-ministre des Affaires étrangères sur leur antenne ont été censurés par les propagandistes à la tête de France Inter. Dans ces étranges temps bellicistes, même les voix de l’impérialisme modéré sont anathèmes pour les aboyants chiens de guerre.

Le financement par le Qatar de la terreur islamiste au Mali, en Libye, en Syrie et ailleurs, et la relation incestueuse entre l’émirat absolutiste du Golfe et le Quai d’Orsay ne sont plus un secret pour la partie la plus informée du public français. Marine Le Pen, présidente du parti d’extrême-droite Front National a dit à France Info le 18 janvier : « Je voudrais souligner ici une incohérence. Nous sommes alliés au Qatar, un pays qui arme des terroristes dans le monde entier. » Comme je l’ai fait remarquer dans de précédents articles, l’absence d’une vraie gauche anti-impérialiste en France y ouvre la porte à l’opportunisme de l’extrême-droite. Marine Le Pen est une manipulatrice habile. Elle a compris qu’une partie non négligeable du public français est déconcertée par la lune de miel du Quai d’Orsay et des despotes du Golfe. Elle relève le fait mais se garde bien d’en expliquer les raisons. Or; les vraies raisons de l’histoire d’amour des « élites » françaises avec le despotisme du Golfe sont à chercher dans la convergence de leurs intérêts de classe. Les despotes du Golfe soutiennent le capitalisme néo-libéral. Ils sont autoritaires et néo-féodaux. Il n’y a rien que les capitalistes occidentaux aiment davantage que les régimes autoritaires, qui respectent les intérêts économiques occidentaux et broient, écrasent, étouffent toute velléité de contestation. Par exemple : le poète Qatari Mohammed Al-Ajami, qui vient d’être condamné à la prison à vie pour avoir osé critiquer l’émir du Qatar.

L’extrême droite n’expliquera jamais la base de classe de l’alliance des Occidentaux avec le terrorisme wahhabite. Et ceci, parce que l’extrême droite représente la même classe que ses adversaires de la droite modérée et du centre  « gauche ». Pour cette raison, Le Pen utilise son accès aux médias de masse dominants pour faire des clins d’yeux aguicheurs aux citoyens français mécontents, afin d’obtenir qu’ils soutiennent sa candidature à la prochaine élection présidentielle. D’ici là, le chaos provoqué par le gouvernement Hollande au Moyen-Orient et dans la plupart des pays d’Afrique aura préparé la scène pour que le programme fasciste de Le Pen vienne y « restaurer l’ordre ». Une fois au pouvoir, la vraie nature de la tyrannie du front National pourra se déchaîner sans entraves sur ce qui restera d’opposants de gauche en France.

Comme dans les années 30, une démocratie sociale faible aplanit la route à la droite extrême. La différence est que, cette fois, il n’y a pas de parti communiste pour la combattre.

A la place, il y a des personnages burlesques tels que Jean-Luc Mélenchon, leader de la coalition « de gauche » connue sous le nom de Front de Gauche. Mélenchon s’est lui aussi exprimé au micro de France Inter le 18 janvier, formulant de simples réserves sur la légitimité de l’intervention française. Cependant, interrogé sur le point de savoir s’il était d’accord avec le commentaire de l’ultra-conservateur Giscard d’Estaing, selon qui l’intervention est du néo-colonialisme, Mélenchon a répondu que, pour sa part, il n’utiliserait pas ce terme. N’oublions pas que Mélenchon a soutenu le bombardement du peuple libyen par la France en 2011 et soutient la guerre par procuration que fait la France à la Syrie. Et c’est là un homme qui se dit « de gauche » et prétend admirer les authentiques leaders anti-impérialistes comme Hugo Chavez, du Venezuela ! Cherchez l’erreur.*

Ce n’est pas la première fois que les medias français aux ordres admettent le financement du terrorisme islamiste par le Qatar. Le très lu journal satirique Le Canard enchaîné a publié, en juin 2012, un article confirmant le fait, déjà largement rendu public par les medias alternatifs, que le « partenaire » le plus proche de la France au Moyen-Orient était un état-sponsor du terrorisme islamiste. Alain Chouet, ancien chef du bureau de coordination des recherches et opérations anti-terroristes, a également confirmé le rôle joué par le Qatar dans le financement du terrorisme islamiste en Syrie et au Mali. Il est devenu impossible d’ignorer l’horrible réalité qui se cache derrière les guerres de la France, à mesure que des officiels et même des journalistes « mainstream » dévoilent la complicité du gouvernement avec le terrorisme.

L’Etat français se sert de ses Forces Spéciales et des groupes terroristes des pétro-monarchies pour déstabiliser l’une après l’autre les nations riches en ressources naturelles, pour atteindre ses objectifs géopolitiques. Seuls des imbéciles de mauvaise foi ou des niais peuvent ne pas voir la réalité dévastatrice de cette course insane à l’hégémonie globale.

Après l’écrasement de la Commune de Paris, en 1871, le gouvernement réactionnaire d’Adolphe Thiers a prôné la religion catholique dans l’enseignement, comme moyen de faire dévier les désirs de la classe ouvrière française de ses aspirations à la justice sociale vers la piété et l’obéissance à l’ordre bourgeois. Une politique similaire avait été adoptée en Irlande par l’état impérial britannique après l’écrasement du soulèvement Young Irelander de 1848. Les séminaires catholiques s’étaient mis à proliférer et les ouvriers irlandais s’étaient vus conseiller de se résigner à leur sort dans cette vie, afin d’assurer leur délivrance dans l’autre. C’est la politique actuelle de beaucoup de gouvernements européens, qui permettent aux monarchies du Golfe de prendre le contrôle de leurs banlieues peuplées de prolétaires musulmans. Ainsi, le Qatar est maintenant le principal investisseur dans les banlieues populaires françaises, où les jeunes musulmans ignorants sont endoctrinés par son obscurantisme néo-féodal, qui les détourne du chemin de la lutte des classes et de leur libération sociale.

L’absurdité de la politique étrangère française actuelle crève d’autant plus les yeux, si on considère le fait que la Syrie baasiste a, plus que n’importe quel autre pays du Moyen Orient, des liens culturels avec la France. Jusqu’à l’année dernière, les touristes français y affluaient en masse pour admirer des centaines de sites historiques et archéologiques à couper le souffle. Le gouvernement syrien a toujours fait grand cas de la culture française. La Syrie est un des très rares pays arabes où des livres d’auteurs athées sont lus par un large public. La laïcité est aussi fondamentale à la Syrie qu’elle l’est à la France.

En ce sens, la Syrie de Bachar Al-Assad est, ironiquement, le pays le plus pro-occidental du Moyen Orient, et la France ne saurait avoir de plus grand allié contre le terrorisme islamiste que la République Arabe de Syrie. Pourtant, Paris soutient les islamistes. Le président syrien et l’ambassadeur de Syrie aux Nations-Unies, le Dr. Bachar Ja’afari, parlent tous deux le français. En dépit de cela, jamais le Dr. Ja’afari n’a été invité à s’exprimer à la télévision ou à la radio françaises. Pas une seule fois le gouvernement syrien n’a été autorisé à présenter sa version des faits au public français. Les élites parisiennes corrompues ne s’intéressent qu’aux bandits quasi-illettrés des états du Golfe, qui maintiennent leurs populations dans l’ignorance en se faisant les hérauts de la forme la plus barbare d’anti-islam qu’il y ait au monde. Après tout, l’état d’asservissement qu’endurent les sujets de ces pays représente une société modèle pour les dégénérés oligarques transatlantiques.

En dépit des efforts de certains des arabisants les plus autorisés de France - comme, par exemple,  l’érudit franco-syrien renommé dans le monde entier Bassam Tahhan -, qui font tous leurs efforts pour informer le public français sur la vraie nature des événements de Syrie, la classe dominante française continue à maquiller ses crimes d’une bouillie de « droits de l’homme » et de « démocratie » à soulever le coeur. Le blogueur Allain Jules l’exprime à merveille quand il écrit :

« Mais derrière cette façade triturée du bien se cache en fait le bruit et la fureur. Le refus permanent de tendre la main, le diktat, la violence et le perpétuel logos morbide et mortifère. »

Décrivant la scène politique française dans les années 30, Micheal Jabara Carley l'a rappelé : « C’était "la République des copains’’ où "des hommes rigoureusement honnêtes" étaient en bons termes avec des gens plus ou moins honnêtes, qui étaient en bons termes avec des gens louches, qui l’étaient, eux, avec des escrocs méprisables’’»(1).

Les escrocs méprisables dirigent toujours ce monde, et, comme Malcolm X l’a si bien compris, leurs domestiques médiatiques, dans toutes les langues, font des heures supplémentaires pour nous faire aimer les escrocs et haïr leurs victimes.

_______________   

* En français dans le texte.                                           

(1) Carley, Micheal Jabara, 1939, the alliance that never was and the coming of world war II, Chicago, Ivan R. Dee, 1999, p. 15

 Traduit par Catherine L. pour

http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be

Sources :

http://dissidentvoice.org/2013/01/france-qatar-and-the-new-world-disorder/

http://www.informationclearinghouse.info/article33716.htm

 

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Légionnaire français au Mali – Le masque à tête de mort, c’est pourquoi ? Bof ! Pour faire peur aux bougnoules, tiens !

 

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 Sur la situation réelle de la France et de ses victimes, l’essentiel avait bien sûr été dit, comme d’habitude, par Thierry Meyssan qui, rappelons-le, se trouve à Damas. Ceux qui ont déjà lu ce qu’il annonce à la fin de son premier billet peuvent le relire. C’est pour maintenant ou pour dans pas longtemps. L’arroseur arrosé, L’apprenti-sorcier, tout ça… ce sont des classiques, non ?

 

MALI : une guerre peut en cacher une autre

Thierry Meyssan

Réseau Voltaire – 21 janvier 2013

Préparée de longue date et annoncée par François Hollande six mois à l’avance, l’intervention française au Mali a été présentée comme une décision prise en urgence en réponse à des développements dramatiques. Cette mise en scène ne vise pas seulement à s’emparer de l’or et de l’uranium maliens, elle ouvre surtout la voie à une déstabilisation de l’Algérie.

« L’appétit vient en mangeant », dit le proverbe. Après avoir recolonisé la Côte d’Ivoire et la Libye, puis tenté de s’emparer de la Syrie, la France lorgne à nouveau sur le Mali pour prendre l’Algérie à revers.

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Hollande a peur de ses armées

Thierry Meyssan

Réseau Voltaire – 27 janvier 2013

Nicolas Sarkozy et François Hollande utilisent les armées françaises pour satisfaire des intérêts privés ou étrangers. Ils ont envoyé des hommes à la mort pour voler le cacao de Côte d’Ivoire, les réserves d’or de Libye, le gaz de Syrie, et l’uranium du Mali. La confiance est brisée entre le chef des armées et des soldats qui se sont engagés pour défendre la patrie.

Les aventures militaires de Nicolas Sarkozy et François Hollande en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye, en Syrie et maintenant au Mali sont très vivement discutées au sein des armées françaises. Et l’opposition qu’elles rencontrent est arrivée à un point critique. Quelques exemples 

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Mis en ligne par Théroigne le 28 janvier 2013

 

 



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24/01/2013

L'usure, axe central de l'histoire de l'Occident

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L’usure, axe central de l’histoire de l’Occident


Après « la mère de toutes les batailles », dont nous avons bien l’intention de célébrer l’anniversaire d’ici un jour ou deux, et bien des mois encore de guerre acharnée, le nazisme militaire (l’allemand en tout cas) fut vaincu.  Et le fut, croyait-on, définitivement, ou du moins pour longtemps. Mais le nazisme bancaire, lui, était intact, et les héros soviétiques eux-mêmes n’y purent rien.

C’est ce qu’a entrepris de nous rappeler – oh, si judicieusement ! – Aline de Dieguez, dans le dernier chapitre en date de sa somme A l’origine du chaos mondial actuel. Elle le fait en remontant assez loin dans le temps pour que nous nous remémorions (ou découvrions) que les pratiques bancaires crapuleuses ne datent pas d’aujourd’hui, ni d’hier, ni de la Renaissance, et sont même d’une très grande antiquité. Elle nous démontre par la même occasion que L’usure (fut et reste l’) axe central de l’histoire de l’Occident.

Des marchands du Temple de Jérusalem, chassés par Qui-vous-savez, au piratage de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal après tant d’autres pays et même continents, en passant par les assassinats des présidents Lincoln et Kennedy, entre autres, l’Argent thésaurisé à usage usuraire a vraiment beaucoup de sang sur ses coffres.

Henri Guillemin nous avait déjà révélé bien des turpitudes, lorsqu’il nous racontait la création de la Banque (dite) de France. On ne sera pas vraiment surpris d’apprendre que la création de la FED aux USA fut – comment dire ? – conforme aux usages.

Si la chronique d’Aline de Dieguez se lit comme un roman – policier ou d’aventures - , ce n’est pas que l’histoire des méfaits du « fric » soit gaie ni passionnante en soi, c’est que l’auteur a beaucoup de talent, une documentation à toute épreuve et les idées claires.

Il ne nous reste qu’ à vouloir savoir.

Et tirer les conclusions pratiques qui s’imposent.

 

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Aline de Diéguez

 

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

 

«  La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n’importe quelle idée jusqu’à sa source. «  ( Edward Mandell HOUSE )

Première Partie

1ère Partie : Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza

 

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L’usure, axe central de l’histoire de l’Occident

 

« Que peuvent les lois, là où seul l’argent est roi ? »

Pétrone

« Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin . »

L’industriel Henry Ford.

 

1 – La colère de Jésus contre les usuriers du temple de Jérusalem

2 – A mort, le contestataire du système usuraire du temple !

3 – Le Talmud traduit en anglais : l’édition Soncino

4 – Le déroulement des sacrifices dans le temple de Jérusalem

5 – L’alliance du sang et de l’argent

6 – Petite généalogie du mot « juif »

7 – Le mot « juif » entre officiellement dans le vocabulaire français

8 – Les juifs et la spécialisation financière

9 – L’Eglise catholique et l’usure

10 – Les modernes « changeurs du temple » et leur système usuraire

11- Les « changeurs du temple » et la nouvelle crucifixion du prophète galiléen

12 – Apothéose des usuriers

13 – Mécanismes par lesquels les nouveaux « changeurs du temple » pillent la richesse des nations

14 – Modus operandi des « changeurs du temple » : d’une crise à la suivante

15 – Ils l’ont tué…

16 – Ultime tentative de balayer la poussière sous le tapis

 

1 – La colère de Jésus contre les usuriers du temple de Jérusalem

Un épisode unique, révélateur et particulièrement détaillé est rapporté par les quatre évangélistes-biographes de Jésus avec une unanimité et une précision qui attestent de son authenticité. Je veux parler de la violente colère qui a envahi le prophète dans le temple de Jérusalem et qui l’a conduit à provoquer un tohu-bohu scandaleux. Il s’est saisi de cordes – qui devaient traîner dans un coin et qui servaient à amener les bestiaux destinés au sacrifice, ou alors il s’en était muni et avait prémédité son acte – et, les repliant de manière à en faire une sorte de fouet, s’est servi de cette arme improvisée pour se lancer à l’assaut des « changeurs » – c’est-à-dire les banquiers-usuriers de l’époque – qui officiaient sur place et qui y tenaient boutique, ainsi que de la populace qui amenait, gardait et vendait les bêtes à sacrifier et toutes sortes d’autres produits destinés à l’offrande.

Il faut se représenter la scène d’un justicier en fureur qui pénètre dans l’enceinte d’un édifice religieux grouillant de pèlerins, de marchands et de bestiaux. Faisant tournoyer au-dessus de sa tête un fouet bricolé avec des cordes : il renverse les tables recouvertes de pièces de monnaie des traficoteurs, les traite de voleurs et de brigands, frappe les hommes et les animaux afin de les pousser vers la sortie. Il doit avoir avoir présenté un aspect suffisamment effrayant pour que la population de changeurs, de maquignons et de vendeurs de blé et de farine destinés aux sacrifices végétaux, et qui se livraient à qui mieux mieux à une simonie éhontée, préfèrent ramasser ce qu’ils pouvaient de pièces de monnaie et de marchandises avant prendre la poudre d’escampette. Mais il fallait le faire promptement car le justicier au fouet « ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple » précise l’évangéliste Marc.

Les bêtes couraient, les taureaux, les boucs, les béliers mugissaient, bêlaient, ruaient, urinaient, les volières tombaient à terre et s’ouvraient, les pigeons piaillaient, impossible d’éviter de patauger dans les excréments et l’urine. Il régnait un bruit infernal d’animaux entassés, terrorisés, que l’odeur du sang rendait fous. Pour un scandale, ce fut un beau scandale !

Ce vacarme attira « les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables et les sacrificateurs ».

Au spectacle de ce sacrilège, qui portait une atteinte décisive à leurs propres finances, « ils cherchèrent les moyens de le faire périr » .

 

3. Usure- purification-du-temple2.jpg

 “Jésus chassant les marchands du Temple” (1635) Gravure de Rembrandt (1606-1669)

 

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Mais il n’y a pas que l’argent, dans la vie, il y a aussi l’information et ce que certains en font, c’est-à-dire n’en font pas.

Julian Assange se rappelle ici au bon souvenir des autruches et met, lui aussi, les points sur les i.

 

4 - Usure - autruche-02.jpg


C’était le 29 décembre, avec ses vœux, du balcon de l’Ambassade d’Equateur à Londres.

(Nous ne sommes pas en avance, mais on n’est pas aux pièces.)

Le voilà :

 



 Site : http://justice4assange.com/

Contact :  contactsva@fastmail.fm


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Pendant qu’on y est :

Les nostalgiques de la monarchie, fiers de leur servitude volontaire, font grand cas, tous les 31 janvier, de l’anniversaire de la décollation de Louis Capet.

A cette occasion, la chaîne immensément (et si démocratiquement) cultivée, surtout en histoire, euh… Arte, a ressorti son artefact de propagande mercenaire à la louche sur la Vendée et (pourquoi diable ?) Robespierre. Le mieux est de les laisser se masturber entre eux.

Rappelons quand même que le 21 janvier n’est pas seulement le jour anniversaire du passage à trépas d’un homme qui avait du sang français sur les mains jusqu’aux cheveux, mais celui, aussi, de la naissance d’Augustin Robespierre et celui, également, de l’assassinat de Michel Lepeletier de Saint-Fargeau (pour venger d’avance le « régicide »), dont nous n’avons vu trace ni allusion sur aucun site « de gôche », pas plus cette année-ci que les autres. Bof ! Personne n’est parfait.

 

5. USURE -Louis-Michel_Lepeletier_de_Saint-Fargeau_IMG_2288.jpg 

Louis-Michel Lepeletier, marquis de Saint-Fargeau

M. 21 janvier 1793



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 Mis en ligne par Catherine le 24 janvier 2013.

 

19:29 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |