20/06/2012

Une leçon de politique étrangère sur la toile

 

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UNE LEÇON DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE

 SUR LA TOILE

 

« Rabelais voulait que son peuple fût éduqué en politique »

John Cowper POWYS

 

Qui peut « éduquer en politique » sinon ceux qui gouvernent, ceux qui mesurent chaque jour la difficulté qu'il y a à maintenir le cap vers ces deux horizons si souvent divergents : l'efficacité et les principes ? En d’autres mots : les classes politiques. Heureux les peuples qui en ont une, et malheureux ceux qui n’ont, en guise de gouvernants, que du « personnel » sans convictions ni principes, gens de maison voués au plus offrant.

Qu’on ne s’y trompe pas : éduquer en gouvernant, autrement dit gouverner par la persuasion, est l’activité la plus périlleuse et la plus ardue qui soit, cela revient presque à résoudre la quadrature du cercle.

Nous l’avons déjà dit et ne nous lasserons pas de le répéter : le premier et le plus grand représentant de cette espèce rare fut Robespierre. Un autre, nous l’avons dit aussi et ne le répéterons jamais assez , est présentement Castro, qui a réussi, lui, le tour de force de durer. Ils seraient deux si Guevara n’était pas mort à la tâche. De cette espèce aussi furent bien entendu Lénine, Gandhi, Mao Tse Toung, Jaurès, Mendès et même Charles De Gaulle, aujourd’hui rejoints par Chavez, Nasrallah, Ahmadinejad, Correa… Les principes ont pu ne pas être les mêmes chez tous ces éducateurs de peuples, ni les convictions semblables. Mais les peuples ne sont pas non plus obligés d’aveuglément les épouser : assimiler une leçon n’implique pas la servilité. Il y a peu, Vladimir Poutine a fait une remarquable percée dans cette auguste cohorte, avec son grand discours de Munich sur la multipolarité et ses offres d’association pacifique à l’Europe, si criminellement snobées par nos « personnels » salariés. Aujourd’hui, il y a Lavrov.

Qui, en Europe et en Amérique du Nord, continents surinformés s’il en est, connaît même le nom de Sergueï Lavrov ? Bien peu, assurément, grâce aux médias de pacotille, dont la mission est de garder le troupeau bien serré des moutons bêlants en route vers l’abattoir sans qu’un seul s’égaille et se mette à penser tout seul. Et pourtant, tout fait augurer que Sergueï Lavrov restera, pour l'Histoire, un des plus grands ministres des Affaires étrangères du XXIe siècle. Le comparer aux Metternich et aux Talleyrand serait l’injurier, car leurs buts - leurs convictions et leurs principes - ne furent en rien les siens. Bref, si la Guerre de Troie, version définitive, ne devait pas, contre toute attente, avoir lieu, c’est assurément à lui qu’en partie on le devrait.

La Syrie n’est – ne devrait être – pour ceux que servent nos « personnels », q’une étape dans leur marche triomphale vers le pouvoir absolu, si possible éternel. Mais on peut, en touchant très fort du bois, souhaiter qu’elle soit au contraire le caillou qui les fera trébucher, en se répétant pour se réconforter la phrase de William Blum : « Le Grand Reich d’Hitler devait durer mille ans. Il en a quand même duré douze. ».

Ce préambule longuet (pardon !) pour dire que M. Lavrov vient de remettre – et pas seulement sur la Syrie – un grand nombre de pendules à l’heure, et remettre du même coup à leur place – « c’est-à-dire dans la boue » - ceux qui s'obstinent à ignorer la signification fatale du mot hubris. Que Madame Hillary Clinton par exemple ne soit pas sourde et sache lire, personne n’en doute. Qu’elle comprenne ce qu’est en train de lui faire savoir M. Lavrov et en fasse son profit est beaucoup moins sûr. Car ceux que Jupiter veut perdre… Mais « ce n’est pas à vous s’il vous plaît que ce discours s’adresse », c’est au peuple russe et aux autres, amis ou ennemis.

 

 

Du bon côté de l’Histoire

 

par Sergueï Lavrov

La propagande occidentale ne cesse de caricaturer la position de la Russie face à la crise syrienne. Elle reproche à Moscou de soutenir Damas pour des motifs mercantiles, voire par solidarité criminelle. Sergeï Lavrov ne traite pas ici des choix stratégiques russes, mais des principes auxquels s’astreint sa diplomatie. Il répond patiemment aux inepties des médias occidentaux, rappelant l’attachement de Moscou au droit international et sa préoccupation de soutenir les peuples. M. Lavrov oppose d’une part le soutien populaire massif dont dispose le président el-Assad et, d’autre part, l’illégitimité d’une opposition armée à caractère sectaire, soutenue de l’étranger.

RÉSEAU VOLTAIRE | MOSCOU (RUSSIE) | 17 JUIN 2012


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Au cours de l’année ou de l’année et demie passée, les événements qui se sont enchaînés en Afrique du Nord et au Proche-Orient ont pris une place prépondérante parmi les questions politiques à l’ordre du jour au niveau mondial. Ils sont fréquemment qualifiés d’épisode le plus saillant dans la vie internationale de ce jeune 21e siècle. Des experts évoquent depuis longtemps déjà la fragilité des régimes autoritaires des pays arabes, ainsi que les confrontations sociales et politiques potentielles.

Il était cependant difficile de prédire l’ampleur et la vitesse de la vague de changement qui a déferlé sur la région. En corollaire de la crise qui se fait sentir dans l’économie mondiale, ces événements ont clairement démontré que le processus menant à l’émergence d’un nouveau système international est entré dans une période de turbulences.

Lire (et méditer chaque phrase de) la suite…

 

Source : Réseau Voltaire



***


 Désinformation tous azimuts.

Deux « niouzes » parmi cent autres illustrant ce qui précède :

 

 

L’Angleterre arrête un bateau russe en route vers la Syrie

 

La compagnie d'assurances maritimes Standard Club (Royaume Uni) vient de retirer sa couverture à tous les navires de la Femco, un armateur russe, après avoir appris que ses bateaux pourraient transporter des hélicoptères et des missiles à destination de la Syrie. La compagnie d'assurances a été alertée par le gouvernement britannique, agissant sur requête des États-Unis.

L'embargo en cours sur les armes à destination de la Syrie, imposé par l'Union Européenne en mai 2011, n'interdit pas seulement l'exportation d'armes à destination de ce pays, mais aussi tous les services qui y sont liés, tels que les assurances.

Le M.V. Alaed faisait route vers la Syrie par la mer du Nord, après avoir embarqué des hélicoptères dans le port russe de Kaliningrad.

La requête des États-Unis aux autorités britanniques fait suite à une affirmation de la Secrétaire d'État Hillary Clinton, selon qui la Russie aurait violé l'embargo.

Selon le Telegraph, les autorités russes réfutent cette accusation et disent que les hélicoptères transportés sont propriété syrienne, vendus à ce pays à la fin de l'ère soviétique, matériel usagé que les ingénieurs russes sont tenus de réparer à Kaliningrad en fonction d'un contrat en vigueur.

Entretemps, la Russie a annoncé son intention d'envoyer deux navires transportant des troupes d'élite vers le port de Tartus, base navale russe en Syrie, pour sécuriser cette base face à une violence en pleine escalade et, si nécessaire, aider à l'évacuation de citoyens russes de Syrie.

Les medias russes rapportent que chacun de ces navires peut transporter 300 marines  et 12 tanks, ce qui constituerait le plus grand déploiement de troupes russes vers la Syrie depuis le début des troubles, il y a plus de quinze mois.

 

 Source : Security & Defence Agenda

 

Traduction : C.L.

pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

               


CNN annonce un envoi de troupes et d’armes russes vers la Syrie

 

Entretemps, CNN se donne beaucoup de mal pour faire monter la mayonnaise (de la guerre) en annonçant un envoi d’armes et de troupes russes en Syrie. Qu’en est-il au juste ?

En fait, les Russes, préoccupés par la spirale de la violence déchaînée sur le pays par les bons soins de l’Occident et qui semble devoir sous peu échapper à tout contrôle, envoient en Syrie suffisamment d’hommes et de matériel pour protéger la base navale qu’ils y possèdent. (Déclaration du Pentagone à CNN, vendredi 15.6.12)

 

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 Le cargo Nikolay Filchenkov, qui mouillait le 7 juin dans le port de Sébastopol, fait actuellement route vers la Syrie avec, à son bord, des militaires en petit nombre et du matériel indéterminé.

 

Par ailleurs, M. Andranik Migranyan, qui dirige à New York  l’Institut pour la Démocratie et la Coopération (« une ONG soutenue par le Kremlin », couine CNN. Échange de bons procédés ?), répondant aux questions de cette chaîne, lui a rappelé que la Russie s’est justement opposée avec force à l’envoi de troupes en Syrie, dans la conviction que cela ne ferait qu’augmenter la violence et qu’en envoyer elle-même serait inviter d’autres pays à l’imiter, ce qui n’aurait ni sens ni logique.

Les choses paraissent claires pour tout le monde, et même, apparemment, pour le Pentagone. Mais cela ne saurait empêcher CNN de lancer ses canards alarmistes.

 

De l’art de fomenter des guerres sans les déclarer, en essayant d’en faire porter la responsabilité à d’autres.

 ou

Principe premier du nazisme : toujours accuser l’autre de ce qu’on a l’intention de lui faire, qu’on est en train de lui faire ou qu’on lui a déjà fait.

 

Source :

http://security.blogs.cnn.com/2012/06/15/us-believes-russ...

 

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Le port de Tartus, en Syrie

 

 

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Et la Chine dans tout ça ?

 

Georges Stanechy, qui n’est pas ministre, mais qui s’évertue à éduquer lui aussi et qui lit les journaux chinois, nous livre cette semaine, sur son blog À contre-courant un billet très court, que nous nous faisons un plaisir de lui emprunter :

 

Syrie : Une Analyse Chinoise …

par Georges Stanechy

 

Comment ramener la Paix en Syrie ?...

… alors que la “Communauté Internationale”, c’est-à-dire la "Bande des Quatre" (US, Israël, GB, France) et ses seconds couteaux (pétromonarchies et autocraties de la région), n’arrêtent pas depuis des mois d’y organiser, armer, manipuler, le chaos et la guerre civile. Avec envoi de mercenaires et d’armes de tous calibres, pluies de dollars et d’euros en tous sens, trompettes et tambours de la propagande à rendre sourd…

C’est vouloir “faire passer un chameau par le chas d’une aiguille”.

Métaphore reprise par le caricaturiste Pang Li, dans le China Daily du 9 juin 2012.

La colombe de la Paix et le chameau Syrien formulant, déroutés ou angoissés, la même interrogation.

 

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Oui. Comment procéder ?...

Très simple, hurle, hystérise, la "Communauté Internationale" !

Exhibant ses récentes et nombreuses réalisations en ce domaine. Plastronnant, à son habitude, de fierté et de Bonne Conscience, jusqu’au Festival de Cannes :

Réduire le chameau en cendres ou en bouillie !…

 

Source : À contre-courant http://stanechy.over-blog.com/

 

Ne manquez pas de cliquer sur les liens et en particulier sur « Festival de Cannes ». Vous y découvrirez, outre l’excellent blog de Hédi Dhoukar, un texte remarquable et peu connu de Georges Simenon. Sur le Festival de Cannes. Si, si.

 

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Festival de Cannes 2012

Au secours !



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Contre-désinformation, non mais !

(L’Ambassade de Cuba proteste contre un « reportage » anticubain sur M6)


Propagande anticubaine sur M6

 

Communiqué officiel de

l’Ambassade de Cuba en France.

L’Ambassade de Cuba en France, en tant que représentante légitime du gouvernement cubain, élu majoritairement selon la Constitution de notre pays, refuse le reportage « Cuba, fiesta, débrouille et interdits », du journaliste Bernard de La Villardière, diffusé dimanche, le 17 juin à l’émission «Enquête Exclusive» de M6.

Nous regrettons qu'un matériel avec de nombreuses imprécisions sur notre histoire récente ait été transmis. Il manquait, à notre avis, des références importantes sur les causes des problèmes qui affectent aujourd'hui la vie quotidienne des Cubains.

Il n’y avait pas un mot sur le blocus économique, commercial et financier auquel notre pays est soumis depuis un demi-siècle imposé par la plus grande puissance du monde. Pas de référence objective à propos de la mise à jour du model économique cubain en cours.

Quiconque voit le reportage et perçoit que nos manques découlent exclusivement de l'échec de notre projet. Cependant, grâce à lui, Cuba construit une œuvre sociale et culturelle d'un humanisme profond et de solidarité, dans des conditions d'une vraie guerre économique.

Par ailleurs, des références négatives et irrespectueuses sur Fidel Castro et d’autres dirigeants ont été faites. Fidel, comme le peuple l’appelle, est le leader indiscutable de la Révolution cubaine, le dirigeant qui avec son exemple personnel a guidé l'un des processus révolutionnaires les plus radicaux et humanistes du 20ème siècle, à seulement 90 milles de son plus grand adversaire.

Nous pensons que les journalistes et les médias qui prétendent être considérés sérieux et professionnels, doivent aller au cœur des problèmes, contraster les sources, faire des recherches. À moins qu’il n’existe que l'intention de montrer Cuba dans une décadence, sans avenir.

Bref, le journaliste n’a mentionné que le côté imparfait de l’œuvre.

Serait-t-il juste de montrer l’autre partie?

Ce reportage, répond-t-il à la ligne éditoriale de M6 ou est-il une publicité payée par ceux qui ont toujours prétendu discréditer le processus révolutionnaire cubain?

Vraiment, nous ne pouvons pas faire la différence.

Ce n’est pas la première fois que M. Bernard de La Villardière voyage à Cuba « caché », sans un visa de presse comme les lois souveraines de notre pays l’exigent. De manière contradictoire à ce qu’on mentionne, le journaliste a pu se promener par tout le territoire national sans « être arrêté ou surveillé ». De manière contradictoire à ce qu’on mentionne, les Cubains ont exprimé leurs avis avec totale liberté.

Malheureusement les téléspectateurs de M6 ont perçu une histoire incomplète de la réalité cubaine. De nombreuses personnes nous ont appelés, indignées de la distorsion montrée dans ce reportage, bien loin de ce que des dizaines de milliers de Français constatent chaque année dans leurs voyages, leurs parcours et ce qui est plus important, le contact direct avec la population cubaine, dont ils partagent des problèmes et des joies.

Paris, le 18 juin 2012.

Source : http://eldiablo.over-blog.org/article-propagande-anticuba...

 

Il nous souvient avoir vu un jour un superbe carnet de voyage illustré, de quelques touristes français qui avaient fait le tour de Cuba à bicyclette. Nous ne l’avons pas retrouvé. En voici d’autres. On se cotise pour offrir un vélo à M6 ?

 

Cuba à bicyclette.jpg

Cuba sur deux roues

(Cliquer)

 

 

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Alex & Laurence à Cuba

(Cliquer)


 

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HÉROS 


Défoncez-vous pour la sauvegarde de l’humanité, vous en serez.

À quoi cela vous servira-t-il ?

À rien : l’humanité s’en fout.

Les deux qui font aujourd’hui l’actualité : Assange – Vanunu.

 

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 « Julian Assange a provoqué un nouveau coup de théâtre en se réfugiant mardi à Londres à l'ambassade d'Equateur, pays à qui il demande l'asile politique après avoir épuisé en 18 mois de bataille juridique tous ses recours au Royaume-Uni pour échapper à une extradition en Suède. »

(Le Nouvel Obs, Libération, Le Monde, Le Figaro, Le Point, etc.)

 

19 juin 2012

Julian Assange : Ce que ça coûte d’être dissident en Occident

Wei Ling Chua, pour Dissident Voice

 

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Julian Assange a rendu service à l’humanité en publiant les dépêches diplomatiques étasuniennes qui révélaient que "les décisions politiques étasuniennes étaient plus motivées par le pétrole que par la lutte contre le terrorisme" et que les meurtres et la torture de dizaines de milliers de civils par les forces des Etats-Unis et de l’OTAN en Irak et en Afghanistan dont font état les journaux de guerre respectifs étaient des preuves de crime de guerre.

Cependant, à son grand désarroi, Assange, en tant que dissident occidental ne jouit pas de la mansuétude dont jouissent les dissidents chinois. Les politiciens du monde "libre" ne veulent pas reconnaître qu’il a agit noblement en révélant les violations des droits humains et les crimes de guerre commis par l’OTAN et les Etats-Unis. Le président Obama a parlé d’une "déplorable fuite de documents" ; l’ancien président de la Chambre des Députés, Newt Gingrich, pense qu’Assange doit être traité comme un "combattant ennemi" ; le leader du groupe GOP (Grand Old Party : Parti Républicain, ndt), Mitch McConnell, l’a qualifié de "terroriste high-tech" ; et Sarah Palin veut qu’il soit pourchassé comme al-Qaeda.". D’autres politiciens dont des dirigeants de médias alignés "ont ouvertement demandé qu’il soit mis à mort."

Lire la suite…

Source :

http://www.legrandsoir.info/julian-assange-ce-que-ca-cout...

 

Belle occasion de comparer les médias non alignés aux autres. (On n’a pas le temps de vous les traduire. Nos excuses.) Rien qu’aux Etats-Unis :

http://www.informationclearinghouse.info/article31644.htm

http://www.informationclearinghouse.info/article31662.htm

http://www.informationclearinghouse.info/article31645.htm

 

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Dix-huit ans de prison… Interdiction de quitter Israël… Interdiction de parler…

 

 

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Mordechaï Vanunu est toujours «israélien»

La Cour suprême d’Israël a rejeté, le 6 juin 2012, le recours introduit par Mordechaï Vanunu pour l’annulation de sa nationalité israélienne. La Cour a estimé que la demande n’avait pas été déposée selon la procédure adéquate. Il aura fallu une année au système judiciaire israélien pour informer le demandeur et ses avocats qu’il n’avaient pas usé des « canaux appropriés ».

M. Vanunu est le premier citoyen israélien à demander à bénéficier de la nouvelle loi dite de « révocation de la citoyenneté israélienne ». Celle-ci autorise les tribunaux à libérer des Israéliens de leur citoyenneté s’ils ont été condamnés pour « espionnage » ou « trahison ».

Alors ingénieur au centre de Dimona, Mordechaï Vanunu est l’homme qui révéla en 1986 l’existence du programme nucléaire militaire israélien. Il avait à l’époque permis de confondre l’État Israélien dont les dirigeants déclaraient publiquement qu’ils souhaitaient un Proche-Orient « libre du nucléaire ». Enlevé en Europe par le Mossad après avoir parlé avec des journalistes, il fut jugé à huis clos et emprisonné pendant dix-huit ans.

Lire la suite...

Source :

http://www.voltairenet.org/Mordechai-Vanunu-est-toujours

 

Pour en savoir plus :

http://eplume.wordpress.com/2011/06/11/affaire-jonathan-p...

http://lesogres.info/spip.php?article3371

 

 

***

 

Dernière minute :

 

La censure selon Google

 

Si vous essayez de vous connecter au blog du Québécois Serge Adam, Google vous prévient dès la barre d'accès :


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Avertissement fourni par  GOOGLE


Encore bravo à Google et à Overblog, pour leur respect du droit des gens, leur éthique commerciale et autres fariboles.


À quand la fine équipe en escadron de la mort ?


Pour atteindre Serge Adam quand même, à partir du 19 juin, puisque tout le reste a disparu :

http://devilprof.blogspot.be/2012/06/le-quebec-en-marche-...


 

Mis en ligne par C.L. le 20 juin 2012

 

 

 

 

 

 

 

13/06/2012

Est-il bien utile de rouvrir juste avant la troisième guerre mondiale ?

 

 

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EST-IL BIEN UTILE DE ROUVRIR

JUSTE AVANT

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?


 

Oui, Théroigne a déménagé. On vous en parle après. Mais qu’est-ce qu’un changement de pénates, même forcé, quand les risques d’un conflit planétaire, atomique bien entendu, n’ont jamais été aussi grands ni aussi proches ?... quand l’effondrement planifié de l’Europe s’accélère sans recours ?

 

Apocalypse (substantif féminin) : dévoilement.

 

C’est pourquoi nous rouvrons sur la Syrie.

Vous avez aimé Katyn, Oradour, Sabra et Chatila, Fallujah, Abou Ghraib, voire Timisoara ? Vous adorerez Houla.

De quoi s’agit-il ? D’un massacre. Perpétré froidement, avec préméditation, par des tueurs d’Al Qaeda, oeuvrant pour le compte de l’oligarchie dite « occidentale », dans le but d’en faire accuser le président élu (M. Bachar el-Assad) d’un pays (la Syrie) que l’on veut conquérir ou à tout le moins détruire, si on n’y arrive pas. Et pourquoi n’y arriverait-on pas ? Parce que la Russie et la Chine s’y opposent. Et – mais, chut – parce qu’aucun jour ne se passe sans qu’au moins un jeune soldat U.S. ne se suicide. Les suicides aux armées, c’est comme un robinet qui fuit goutte à goutte, cela finit par faire monter la facture. Et c’est malsain pour le moral de (ce qui reste de) la nation. Bref, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour gagner des guerres.

On ne vous le rappelle ici que pour mémoire : les joyeux drilles  aux commandes du Titanic dont nous sommes les passagers ont jeté leur dévolu sur l’Asie Centrale (théorie de Zbigniew Brzeziński, v/son livre Le grand échiquier). Ils ont depuis lurette passé par profits et pertes le territoire des États-Unis, citron ultra-pressé qu’ils abandonnent aux hordes immigrées ou descendantes d’esclaves laissées à pourrir sur ce qui ne sera bientôt plus qu’une décharge, et, dans leur irrésistible ruée vers le Far-Est, « remodèlent » le Moyen-Orient, en avalant - démembrant et réduisant à néant - un pays après l’autre : Palestine, Afghanistan, Liban, Irak, Libye, Égypte et, maintenant, Syrie. On vous passe l’Afrique, maître-pion.

Conjointement, le même sort a été infligé à la Yougoslavie. En attendant mieux, car il faut bien entendu que l’Europe y passe. Pas question, n’est-ce pas, de laisser debout, dans son dos, un allié capable de vous faire défaut – ou même des misères – quand on sera aux prises avec le gros morceau qu’on a décidé de gober : Russie, Inde, Chine. Tout l’art dans ces sortes de choses est de se faire aider par quelques-unes de ses futures victimes : « Union européenne», Arabie saoudite, Qatar, Turquie, Israël-en-Palestine, etc. Cela, c’est l'état présent de l’échiquier de Monsieur B. tel que le voient ceux qui ne ferment pas les yeux exprès.

Qu’y a-t-il en face ? Vladimir Poutine, grand joueur d’échecs il est vrai, Madame Arundhati Roy et quelques Chinois aux noms imprononçables mais qu’importe, rappelez-vous juste «Tien’anmen» c’est tout ce qu’on vous demande.

Qu’y a-t-il ailleurs, en guise de frein ou, si on veut d’épine, dans le pied de Frankenstein ? Une Amérique Latine qui, à force d’héroïsme, lui échappe, dont il ne sait que l’affamer et assassiner ses hommes politiques d’envergure, faute d’oser l’affronter à la loyale. Course de vitesse et d'endurance dont on ne sait pas encore qui la gagnera.

Puisque la Syrie semble devoir jouer demain, à son corps défendant, le rôle de dépêche d’Ems, d’éventail d’Abd el-Kader, d’archiduc de Sarajevo pour déclencher la der des der, voyons où en sont les choses au moment où nous rebranchons.

Dans la cohorte des merdias qui lobotomisent les foules aux gages des pirates du Titanic, y a-t-il encore des journalistes capables d’autre chose que de propagande mercenaire ? Grâces en soient rendues aux dieux ou au diable, il en reste quelques-uns. Pas beaucoup. À tout seigneur tout honneur :

 

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LE CONFLIT SYRIEN RISQUE DE DÉGÉNÉRER EN GUERRE MONDIALE

 

Coups de semonce russes

 

par Thierry Meyssan

 

La crise syrienne a changé de nature. Le processus de déstabilisation qui devait ouvrir la voie à une intervention militaire légale de l’Alliance atlantique a échoué. Ôtant leur masque, les États-Unis ont publiquement évoqué la possibilité d’attaquer la Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité, comme ils le firent au Kosovo. C’était feindre d’ignorer que la Russie de Vladimir Poutine n’est pas celle de Boris Eltsine. Après s’être assuré du soutien chinois, Moscou a tiré deux coups de semonce en direction de Washington. La continuation des violations du droit international par l’OTAN et le CCG risque désormais d’ouvrir un conflit mondial.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 9 JUIN 2012

 

 

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Lors de la célébration de la victoire contre le nazisme, le 9 juin dernier, le président Vladimir Poutine a insisté sur la nécessité pour la Russie de se tenir prête à un nouveau sacrifice.

 

Le président Vladimir Poutine a placé son troisième mandat sous le signe de l’affirmation de la souveraineté de son pays face aux menaces directement lancées contre la Fédération de Russie par les États-Unis et l’OTAN. Moscou a maintes fois dénoncé l’élargissement de l’OTAN, l’installation de bases militaires à ses frontières et le déploiement du bouclier antimissile, la destruction de la Libye et la déstabilisation de la Syrie.

Les jours suivant son intronisation, M. Poutine a passé en revue l’industrie militaire russe, ses forces armées, et son dispositif d’alliance [1]. Il a poursuivi cette mobilisation en choisissant de faire de la Syrie la ligne rouge à ne pas franchir. Pour lui, l’invasion de la Libye par l’OTAN est comparable à celle de la Tchécoslovaquie par le IIIe Reich, et celle de la Syrie —si elle devait avoir lieu— serait comparable à celle de la Pologne qui déclencha la Deuxième Guerre mondiale.

Toute interprétation de ce qui se passe actuellement au Levant en termes intérieurs syriens de révolution/répression est non seulement faux, mais dérisoire au regard des vrais enjeux et relève de la simple communication politique. La crise syrienne est avant tout une étape du « remodelage du Moyen-Orient élargi », une nouvelle tentative de détruire « l’Axe de la Résistance », et la première guerre de «  la géopolitique du gaz » [2]. Ce qui se joue actuellement en Syrie, ce n’est pas de savoir si Bachar el-Assad parviendra à démocratiser les institutions qu’il a reçues en héritage ou si les monarchies wahhabites du Golfe parviendront à détruire le dernier régime laïque de la région et à imposer leur sectarisme, mais quelles frontières séparent les nouveaux blocs, OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai) [3].

Certains de nos lecteurs ont probablement sursauté à la lecture de la phrase précédente. En effet, depuis des mois, les médias occidentaux et du Golfe leur martèlent à longueur de journées que le président el-Assad incarne une dictature sectaire au profit de la minorité alaouite, tandis que son opposition armée incarne la démocratie pluraliste. Un simple regard sur les événements suffit à discréditer cette présentation mensongère. Bachar el-Assad a convoqué successivement des élections municipales, un référendum et des élections législatives. Tous les observateurs se sont accordés à dire que les scrutins se sont déroulés de manière sincère. La participation populaire a atteint plus de 60 % alors même que les Occidentaux les ont qualifiés de « farces » et que l’opposition armée qu’ils soutiennent a empêché les citoyens de se rendre aux urnes dans les quatre districts qu’ils contrôlent. Dans le même temps, l’opposition armée a multiplié les actions non seulement contre les forces de sécurité, mais contre les civils et tous les symboles de la culture et du multi-confessionnalisme. Ils ont assassiné les sunnites progressistes, puis tué au hasard alaouites et chrétiens pour contraindre leurs familles à fuir. Ils ont brulé plus de mille cinq cents écoles et églises. Ils ont proclamé un éphémère Emirat islamique indépendant à Baba Amr où ils ont institué un Tribunal révolutionnaire qui a condamné à mort plus de 150 mécréants, égorgés un à un en public par leur bourreau. Et ce n’est pas le pitoyable spectacle de quelques politiciens dévoyés, réunis au sein d’un Conseil national syrien en exil, affichant un projet démocratique de façade sans rapport avec la réalité de terrain des crimes de l’Armée « syrienne » libre, qui masquera plus longtemps la vérité. Au demeurant, qui peut croire que le régime laïque syrien, dont l’exemplarité était célébrée il y a peu, serait devenu une dictature confessionnelle, tandis que l’Armée « syrienne » libre, soutenue par les dictatures wahhabites du Golfe et obéissant aux injonctions de prédicateurs takfiristes serait un parangon du pluralisme démocratique ?

L’évocation par des dirigeants US d’une possible intervention internationale hors mandat de l’ONU, à la manière dont l’OTAN avait démembré la Yougoslavie, a suscité inquiétude et colère à Moscou. La Fédération de Russie, qui jusqu’ici se tenait en position défensive, a décidé de prendre l’initiative. Ce changement stratégique est dû à l’urgence de la situation du point de vue russe, et à l’évolution favorable sur le terrain en Syrie [4].

Moscou a proposé de créer un Groupe de contact sur la Syrie qui réunirait l’ensemble des États concernés, c’est-à-dire à la fois les Etats voisins, les puissances régionales et internationales. Il s’agit de substituer un forum de dialogue à l’actuel dispositif belliqueux mis en place par les Occidentaux sous le vocable orwellien de « Conférence des Amis de la Syrie ».

La Russie continue à soutenir le Plan Annan —qui est en fait la reprise à peine modifiée du plan présenté par Sergey Lavrov à la Ligue arabe—. Elle déplore que ce plan ne soit pas appliqué, mais rejette la culpabilité sur la faction de l’opposition qui a pris les armes. Selon A.K. Lukashevich, un des porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l’Armée « syrienne » libre est une organisation illégale au regard du droit international. Bien qu’elle assassine chaque jour 20 à 30 soldats syriens, elle est publiquement soutenue par les États de l’OTAN et du CCG en violation du Plan Annan [5].

Se posant en faiseur de paix face à une OTAN faiseur de guerre, Vladimir Poutine a demandé à l’OTSC de se préparer à déployer des « chapkas bleues » en Syrie, à la fois pour séparer les belligérants syriens et pour combattre les forces étrangères. Nicolai Bordyuzha, secrétaire général de l’OTSC, a confirmé qu’il dispose de 20 000 hommes formés pour ce type de mission et immédiatement disponibles [6]

Ce serait la première fois que l’OTSC déploierait une force de paix hors de l’ancien espace soviétique. Piqué au vif, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a tenté de saboter cette initiative en proposant soudainement d’organiser lui aussi un Groupe de contact.

Réunissant à Washington le groupe de travail sur les sanctions de la Conférence des Amis de la Syrie, la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton a fait fi de la proposition russe et a surenchéri en faveur d’un changement de régime [7].

En Turquie, des parlementaires d’opposition ont visité les camps de réfugiés syriens. Ils ont constaté l’absence de plus d’un millier de réfugiés enregistrés par les Nations Unies dans le principal camp et, au contraire, la présence d’un arsenal dans le camp. Ils ont alors interrogé à l’Assemblée le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan exigeant qu’il révèle le montant de l’aide humanitaire accordée aux réfugiés fantômes. Les députés considèrent que le camp de réfugiés est une couverture pour une opération militaire secrète. Il abrite en réalité des combattants, principalement libyens, qui l’utilisent comme base arrière. Les députés ont émis l’hypothèse que ces combattants sont ceux qui se sont introduits dans le district de Houla lorsque le massacre a été perpétré.

Ces informations confirment les accusations de l’ambassadeur russe au Conseil de sécurité, Vitaly Churkin, selon lesquelles, le représentant spécial de Ban Ki-moon en Libye, Ian Martin, a utilisé des moyens de l’ONU destinés aux réfugiés pour acheminer en Turquie des combattants d’Al Qaeda [8].

En Arabie saoudite, la fracture entre le roi Abdallah et le clan des Sudeiris s’est à nouveau manifestée. À l’invitation d’Abdallah Ier, le Conseil des oulémas a publié une fatwa stipulant que la Syrie n’est pas une terre de jihad. Mais, dans le même temps, le prince Fayçal, ministre des Affaires étrangères appelait à armer l’opposition contre « l’usurpateur alaouite ».

La journée du jeudi 7 juin a été riche en événements. Alors que Ban Ki-moon et Navi Pillay, respectivement secrétaire général et Haut-commissaire aux Droits de l’homme, dressaient leur réquisitoire contre la Syrie devant l’Assemblée générale de l’ONU, Moscou a procédé à deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux.

 

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Le missile Boulava tire son nom d’une antique masse d’arme slave faisant office de bâton de maréchal des armées cosaques.

 

Le colonel Vadim Koval, porte-parole du RSVN, a admis le test d’un Topol —lancé depuis un silo près de la Caspienne—, mais n’a pas confirmé celui d’un Boulava depuis un sous-marin en Méditerranée. Cependant, le tir a été observé dans tout le Proche-Orient, d’Israël à l’Arménie, et il n’existe aucune autre arme connue qui puisse laisser de telles traces dans le ciel [9].

Le message est clair : Moscou est prêt à la guerre mondiale, si l’OTAN et le CCG ne se plient pas aux obligations internationales telles que définies par le Plan Annan, et persistent à alimenter le terrorisme.

Selon nos informations, ce coup de semonce avait été coordonné avec les autorités syriennes. De même que Moscou avait encouragé Damas à liquider l’Émirat islamique de Baba Amr sitôt l’autorité du président el-Assad confirmée par le référendum constitutionnel, de même il a encouragé le président à liquider les groupes de mercenaires présents dans le pays sitôt le nouveau Parlement et le nouveau Premier ministre installés. L’ordre a été donné de passer d’une stratégie défensive à une action offensive pour protéger la population du terrorisme. L’armée nationale est donc passée à l’attaque des bastions de l’Armée « syrienne » libre. Les combats des prochains jours s’annoncent difficiles, d’autant que les mercenaires disposent de mortiers, de missiles anti-chars et désormais de missiles sol-air.

Pour faire baisser la tension, la France a immédiatement accepté la proposition russe de participation à un Groupe de contact ad hoc. Washington a dépêché en urgence Frederic C. Hof à Moscou. Contredisant les propos tenus la veille par la secrétaire d’État, Hillary Clinton, M. Hof a à son tour accepté l’invitation russe.

Il n’est plus temps de se lamenter sur l’extension des combats au Liban, ni de pérorer sur une possible régionalisation du conflit. Depuis 16 mois qu’ils déstabilisent la Syrie, l’OTAN et le CCG ont créé une situation sans issue qui peut désormais dégénérer en guerre mondiale.

Thierry Meyssan

 

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[1] Agenda du président Poutine : 
7 mai : investiture du président Vladimir Poutine 
8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre 
9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie 
10 mai : visite du complexe militaro industriel russe 
11 mai : réception du président abkhaze 
12 mai : réception du président sud-ossète 
14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC. 
18 mai : visite de l’institut de recherche de défense Cyclone 
25 mai : revue des sous-marins atomiques 
30 mai : réunion avec les principaux responsables de la Défense 
31 mai : réunion du Conseil de sécurité russe 
4-7 juin : visite en Chine, sommet de l’OCS 
7 juin : visite au Kazakhstan durant le tir de missile Topol

[2] « La Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient », par Imad Fawzi Shueibi, Réseau Voltaire, 8 mai 2012.

[3] « Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial », par Imad Fawzi Shueibi, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 13 mars 2012.

[4] « L’affaire de Houla illustre le retard du renseignement occidental en Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juin 2012.

[5] « Comment of Official Representative of the Ministry of Foreign Affairs of Russia A.K. Lukashevich on the Question of Interfax related to the statement made by Representative of so-called Free Syrian Army S.Al-Kurdi », Ministère russe des Affaires étrangères, 5 juin 2012.

[6] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

[7] « Friends of the Syrian People Sanctions Working Group », déclaration à la presse d’Hillary Clinton, Département d’État, 6 juin 2012.

[8] « La Libye, les bandits-révolutionnaires et l’ONU », par Alexander Mezyaev, Traduction Julia, Strategic Culture Foundation (Russia), Réseau Voltaire, 17 avril 2012.

[9] « 7 juin 2012 : la Russie manifeste sa supériorité balistique nucléaire intercontinentale », Réseau Voltaire, 8 juin 2012.

 

 Source : http://www.voltairenet.org/Coups-de-semonce-russes



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De l'autre côté de l'Atlantique, ils sont quelques-uns aussi. Tony Cartalucci, par exemple :


PRESSIONS SUR LA RUSSIE :

LES ÉTATS-UNIS SE FRAYENT UN CHEMIN VERS LA VICTOIRE EN SYRIE À COUPS DE MEURTRES EN MASSE.

 

Les USA à la Russie : « Laissez tomber » ou nagez dans notre mer de sang syrien.

 

Par Tony Cartalucci

 

Global Research, le 6 juin 2012

landdestroyer.blogspot.com

 

Alors qu'il s'avère indubitable que la violence qui se déchaîne de plus en plus en Syrie a été préméditée par les planificateurs occidentaux plusieurs années avant que ne se déroule le printemps arabe, et alors que la façade des prétendues « aspirations démocratiques » s'effondre dans le bain de sang perpétré par les extrémistes sectaires qu’ils ont eux-mêmes armés, les officiels US et les gourous des think tanks politiques occidentaux, se confiant à Bloomberg1 ont déclaré que le dernier message adressé à la Russie en vue d’obtenir un changement de régime en Syrie est essentiellement celui-ci : L’escalade de la violence va délibérément continuer, jusqu’à ce qu’un changement de régime ait lieu.  La Russie peut capituler maintenant et participer au changement, ou capituler plus tard et s’en voir exclure comme cela a été le cas en Libye. Bloomberg cite « des officiels US » qui prétendent avoir des contacts avec les Russes pour chercher ensemble une « transition ordonnée ».

 

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Le mémo n°21 sur le Moyen Orient de la Brookings Institution « Assessing Options for Regime Change » ne fait pas mystère de ce que la « responsabilité de protéger » (R2P) humanitaire n’est qu’un prétexte pour imposer un changement de régime projeté depuis longtemps.

 

À quel point les Etats-Unis sont ou croient être près de réussir à renverser le gouvernement syrien est sujet à des estimations diverses. Ce qui n’est pas affaire d’opinion, en revanche, est le fait que les Etats-Unis se sont ouvertement engagés dans une conspiration visant à « saigner à blanc » la Syrie, soit pour au moins limiter de manière définitive son influence géopolitique au Moyen-Orient, soit pour entraîner la chute de son gouvernement. Ceci a été exprimé très clairement dans le susdit Mémo n°21 sur le M.-O. de Brookings Institution2 « Assessing Options for Regime Change ».

« Il reste une alternative : que les efforts de la diplomatie se concentrent d’abord sur la possibilité d’un accès humanitaire, comme cela tente de se faire sous la direction d’Annan. Un tel choix pourrait conduire à l’établissement de havres de paix et de corridors humanitaires, qui seraient étayés par des actions militaires limitées. Ceci, bien etendu, ne remplirait pas les buts poursuivis par les Etats-Unis et pourrait même laisser Assad au pouvoir. De ce point de départ, cependant, il serait possible qu’une large coalition disposant d’un mandat international approprié, soit en mesure d’ajouter davantage d’action corercitive à ces efforts initiaux » (page 4, « Assessing Options for Regime Change », Brookings Institution.)

En pages 8 et 9, le mémo précise :

« Les «Etats-Unis pourraient encore armer l’opposition, tout en sachant qu’elle n’aura jamais assez de puissance pour déloger du pouvoir, à elle seule, Assad et son réseau. Washington pourrait néanmoins choisir de le faire en arguant de ce que fournir à un peuple opprimé une possibilité de résister à ses oppresseurs vaut mieux que ne rien faire du tout, quand bien même le soutien fourni aurait peu de chances de transformer la défaite en victoire »3. Pages 8 et 9, « Assessing Options for Regime Change ».

Pour ceux qui croient en la rhétorique « humanitaire » invoquée par l’Occident pour justifier son ingérence en Syrie, il est clairement hors de question de perpétuer délibérément la violence, et particulièrement la brutale violence sectaire actuellement à l’œuvre, juste pour « garder un ennemi régional en état de faiblesse ». C’est pourtant à partir de cette position d’une totale dépravation morale que l’Occident prétend négocier avec la Russie une « transition ordonnée » en Syrie.

L’Occident s’imagine qu’en continuant à verser le sang à flots et en manipulant l’opinion publique pour lui faire croire que c’est là « l’œuvre du gouvernement syrien », « soutenu par les Russes, les Chinois et les Iraniens », il réussira à culpabiliser ceux qui s’opposent à sa campagne de déstabilisation au point de les faire consentir à son crime contre la paix du monde. Mais la propagande occidentale commence à s'essouffler, face aux medias alternatifs. En outre, le public, fatigué de la guerre sans fin, nourrit de plus en plus de soupçons quant aux motifs de l’engagement occidental en Syrie. L’impact espéré de ce qui se révèle être une atrocité orchestrée par l'Occident en Syrien’a été visible que dans les gros titres de la presse occidentale, pas même dans le corps des paragraphes qui les suivaient. Autrement dit, la manœuvre a fait long feu. Personne n’a été dupe.


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Jamais plus ? Temporiser avec la tyrannie ne marche jamais. En 1939, Hitler a signé un pacte de non agression avec l’URSS, qu’il n’a jamais eu l’intention d’honorer. Jusqu’au jour où il a envahi l’URSS en 1941, il a nié son intention d’aller jusqu’à Moscou, prétendant qu’il ne déployait ses troupes aux frontières du pays que « pour les protéger des bombardements anglais ». Aujourd’hui, nous voyons l’OTAN refaire exactement le même chose avec ses boucliers anti-missiles censés protéger la Russie de l’Iran, tout en sapant et en envahissant un allié de la Russie après l’autre. L’apathie et la complicité tacite vis à vis des guerres d’agression peuvent sembler une solution « facile »… aussi longtemps qu’on ne pense pas au prix que les Allemands ont dû payer quand leur chance a fini par tourner.


Ce que les Russes vont décider de faire vis à vis de la Syrie déterminera la forme du champ de bataille sur lequel ils devront combattre lorsqu’ils seront inévitablement forcés d’affronter les machinations croissantes de Wall Street et de Londres.

Une idée fausse dont il faut se garder est que temporiser avec l’Ouest en abandonnant la Syrie comme on l’a fait avec la Libye calmera les ambitions hégémoniques de ceux qui ont inscrit ce programme d’invasions à leur agenda. Comme Hitler niant vouloir envahir l’URSS jusqu’au jour où il l’envahit bel et bien, Wall Street et Londres ont bel et bien l’intention d’aller jusqu’à Moscou et jusqu’à Pékin, quelles que soient les myriades d’excuses qui continueront à être prodiguées, d’ici au jour où les forces occidentales et leurs sous-fifres commenceront à envahir la Russie ET la Chine.

La Chine, elle aussi, est confrontée à l’encerclement et à l’endiguement, en ce moment même où le Pentagone déclare ouvertement diriger son attention et ses flottes vers le Pacifique. Tandis que le Secrétaire à la Défense Léon Panetta s’efforce de dissiper les craintes que suscitent ces mouvements et de dire que mais non, mais non, les USA ne sont pas en train de rassembler leurs forces pour attaquer la Chine, ses paroles verbales sans aucune crédibilité contredisent près de 20 ans de documents politiques US, qui préconisent justement l’isolement et la destruction de la Chine par cette méthode de renforcement de l’hégémonie américaine dans le Pacifique.

L’affrontement aura lieu tôt ou tard, et ceux qui se demandent encore pourquoi le monde est resté aussi apathique face aux nazis – menace si évidente pour la paix du monde quand on y repense – sont aujourd’hui assis aux premières loges pour voir Wall Street, Londres et tous leurs satellites violer progressivement la souveraineté et le destin d’une nation après l’autre, soutenus par l’apathie et l’ignorance apparemment infinies de leurs propres populations. Comme ce fut le cas pour l’Allemagne, ce seront en fin de compte ces populations qui paieront au prix fort leur complaisance et leur passivité face aux ambitions hégémoniques effrénées de leurs gouvernements.

Source : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...

 Traduction : C.L. pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

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1 Bloomberg LP est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l'information économique et financière aussi bien en tant qu'agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite. (Wikipedia)

 

2 La Brookings Institution est souvent présentée comme le principal think tank des démocrates. Il s’agit plutôt d’un organisme représentatif des élites modérées, favorables à une régulation économique limitée, par opposition au patronat libertarien de l’American Enterprise Institute. Désormais active en politique étrangère, elle préconise - comme les néo-conservateurs et dans les mêmes circonstances - l’usage de la force, mais pour motifs humanitaires et non par évangélisme démocratique, par devoir et non par enthousiasme conquérant. La moitié de ses chercheurs a travaillé dans le passé pour le Conseil de sécurité national ou la Maison-Blanche. ( Réseau Voltaire)

 

3 Budapest 1956 ?


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Dresde 1945

Pipi de sansonnet, comparé à ce qui nous attend si Vladimir Poutine est forcé d’envoyer un seul missile sur le Quartier Général de l’OTAN pour défendre son pays.



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Dernière minute :



URGENT

 

L’OTAN prépare une vaste opération d’intoxication

 

par Thierry Meyssan

 

Des États membres de l’OTAN et du CCG préparent un coup d’État et un génocide sectaire en Syrie. Si vous voulez vous opposer à ces crimes, agissez dès maintenant : faites circuler cet article sur le Net et alertez vos élus.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 10 JUIN 2012
 

 

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Dans quelques jours, peut-être dès vendredi 15 juin à midi, les Syriens qui voudront regarder les chaînes nationales verront celles-ci remplacées sur leurs écrans par des télévisions créées par la CIA. Des images réalisées en studio montreront des massacres imputés au gouvernement, des manifestations populaires, des ministres et des généraux donnant leur démission, le président el-Assad prenant la fuite, les rebelles se rassemblant au cœur des grandes villes, et un nouveau gouvernement s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement pilotée depuis Washington par Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale des États-Unis, vise à démoraliser les Syriens et à permettre un coup d’État. L’OTAN, qui se heurte au double veto de la Russie et de la Chine, parviendrait ainsi à conquérir la Syrie sans avoir à l’attaquer illégalement. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les événements actuels en Syrie, un coup d’État mettrait fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue arabe a demandé aux opérateurs satellitaires Arabsat et Nilesat de cesser la retransmission des médias syriens, publics et privés (Syria TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia, Cham TV etc.). Il existe un précédent, puisque la Ligue avait déjà œuvré à la censure de la télévision libyenne pour empêcher les dirigeants de la Jamahiriya de communiquer avec leur peuple. Il n’y a pas de réseau hertzien en Syrie où les télévisions sont exclusivement captées par satellite. Mais cette coupure ne laissera pas les écrans noirs.

En effet, cette décision publique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos informations plusieurs réunions internationales ont été organisées cette semaine pour coordonner l’opération d’intoxication. Les deux premières, d’ordre technique, se sont tenues à Doha (Qatar), la troisième, politique, s’est tenue à Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé les officiers de guerre psychologique « embedded » dans quelques chaînes satellitaires, dont Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV — On sait que depuis 1998 des officiers de l’United States Army’s Psychological Operations Unit (PSYOP) ont été incorporés dans la rédaction de CNN ; depuis, cette pratique a été étendue par l’OTAN à d’autres stations stratégiques—. Ils ont rédigé à l’avance de fausses informations, selon un « storytelling » élaboré par l’équipe de Ben Rhodes à la Maison-Blanche. Une procédure de validation réciproque a été mise au point, chaque média devant citer les mensonges des autres pour les rendre crédibles aux yeux des téléspectateurs. Les participants ont également décidé de ne pas uniquement réquisitionner les chaînes de la CIA pour la Syrie et le Liban (Barada, Future TV, MTV, Orient News, Syria Chaab, Syria Alghad), mais aussi une quarantaine de chaînes religieuses wahhabites qui appelleront au massacre confessionnel au cri de « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait des ingénieurs et des réalisateurs pour planifier la fabrication d’images de fiction, mêlant une partie en studio à ciel ouvert et une partie d’images de synthèse. Des studios ont été aménagés durant les dernières semaines en Arabie saoudite pour reconstituer les deux palais présidentiels syriens et les principales places de Damas, Alep et Homs. Il existait déjà des studios de ce type à Doha, mais ils étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait le général James B. Smith, ambassadeur des États-Unis, un représentant du Royaume-Uni, et le prince Bandar Bin Sultan (que le président George Bush père désignait comme son fils adoptif, au point que la presse états-unienne l’a surnommé « Bandar Bush »). Il s’agissait de coordonner l’action des médias et celle de « l’Armée syrienne libre » dont les mercenaires du prince Bandar forment le gros des effectifs.

L’opération qui était en gestation depuis des mois a été précipitée par le Conseil de sécurité nationale des États-Unis après que le président Poutine ait notifié à la Maison-Blanche que la Russie s’opposerait par la force à toute intervention militaire illégale de l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend deux volets simultanés : d’une part déverser de fausses informations et d’autre part censurer toute possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires pour conduire une guerre n’est pas nouveau. Ainsi, sous la pression d’Israël, les États-Unis et l’Union européenne ont successivement interdit des chaînes libanaise, palestiniennes, irakiennes, libyennes, et iraniennes. Aucune censure n’a été effectuée envers des chaînes satellitaires provenant d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles, n’est pas non plus une première. Cependant, quatre pas significatifs ont été franchis dans l’art de la propagande au cours de la dernière décennie. 
• En 1994, une station de musique pop, la Radio libre des Mille Collines (RTML) a donné le signal du génocide rwandais en appelant à « Tuer les cafards !  ». 
• En 2001, l’OTAN a utilisé des médias pour imposer une interprétation des attentats du 11-Septembre et justifier les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben Rhodes qui avait été chargé par l’administration Bush de rédiger le rapport de la Commission Kean/Hamilton sur les attentats. 
• En 2002, la CIA a utilisé cinq chaînes, Televen, Globovision, Meridiano, ValeTV et CMT, pour faire accroire que des manifestations monstres avaient contraint le président élu du Venezuela, Hugo Chavez, à démissionner, alors qu’il venait d’être victime d’un coup d’État militaire. 
• En 2011, France 24 faisait de facto office de ministère de l’Information du Conseil national libyen, avec qui il était lié par contrat. Lors de la bataille de Tripoli, l’OTAN a fait réaliser en studio et diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya des images des rebelles libyens entrant sur la place centrale de la capitale, alors qu’ils étaient encore loin de la ville, de sorte que les habitants, persuadés que la guerre était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne se contentent plus de soutenir la guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes de base du droit international, à commencer par l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme relatif au fait « de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Surtout, il viole les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies, adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les guerres. Les résolutions 110, 381 et 819 interdisent « les obstacles au libre-échange des informations et des idées » (en l’occurrence la coupures des chaînes syriennes) et «  la propagande de nature à provoquer ou encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». En droit, la propagande de guerre est un crime contre la paix, le plus grave des crimes, puisqu’il rend possible les crimes de guerre et les génocides.

Thierry Meyssan

 

Source :   http://www.voltairenet.org/L-OTAN-prepare-une-vaste-operation



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Nous ne voudrions pas fermer ce premier post sans féliciter le tout nouveau Président de la République Française, qui, d’ores et déjà, est assuré de laisser un nom dans l’Histoire pour sa lucidité politique, son courage et son talent de raconteur d’histoires drôles.

 

 

 Cliquer pour Hymne syrien

 

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Pénates

 

Oui, oui, Théroigne a déménagé… si on peut dire.

Situation banalissime : Elle aura, l’an prochain, 80 balais. (Nous sommes des dames aux chapeaux cloche, ici.) Le logement qu’elle occupait depuis un quart de siècle  a été vendu. Dans ce cas : expulsion du locataire, qui a six mois pour déguerpir (loi récente, merci Madame Onckelinks).

 Comment peut-on se reloger quand on vit d’une retraite plancher – bloquée - de salarié et que l’immobilier – loyers en tête – monte au ciel sans entraves ? On ne peut pas. Le moindre taudis double ou triple vos possibilités. Que faire ? Demander un logement social. Sept à neuf ans d’attente (Prière de faire suivre les clés au cimetière, svpl.). Il ne reste plus alors qu’à mettre ce qu’on a dans un garde-meubles et se chercher un pont sans trop de courants d’air.

 Notre valeureuse expulsée s’est donc retrouvée, à l’échéance, avec un bras cassé, entre des déménageurs pieds nickelés, qui l’ont dépouillée jusqu’à l’os (on vous épargne Les deux orphelines de La porteuse de pain) et des acquéreurs à qui les dents ont poussé en quelques minutes (le temps de saisir les clés avec et de se déguiser en Thénardiers).

 Cependant, il y a encore ici et là des gens pas du tout à la mode, des espèces de dinosaures, pour qui les mots « fraternité » et « solidarité » ne sont pas simples paroles verbales dont il convient de se gausser. Des qui ont dit, non, Madame T, on ne va pas sous les ponts à votre âge, ni dans les maisons Marie-Louise, venez chez nous, venez avec votre matos, et, oui, avec vos chats, on s’arrangera.

 

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MERCI, pour leur hospitalité, à Louis et Marie, à cause de qui on ne peut pas – eh merde ! - totalement désespérer de l'espèce humaine. (Je parle au nom de l’intéressée et de ses greffiers.) Merci à Francine et à Madame sa mère, qui ont offert un havre sec à sa bibliothèque. Merci aussi à Michel et Véronique : eux, ils ont envoyé des sous pour payer les pieds nickelés. Et merci à Andrée et Yellow, Patrick et Geneviève, Minok et Christmac, Édouard et Karine, qui ont fait de même, car il en a fallu beaucoup. La voilà endettée jusqu’aux yeux, Théroigne, mais pleine de gratitude jusqu’aux cheveux, on a les richesses qu’on mérite. Merci aussi à Françoise, Ian, Philippe et Johnny, qui ont réussi à sauver quelques bricoles, dont l’ordi, arraché de justesse aux ferrailleurs.

 Il fallait une ligne téléphonique, pour qu’il soit reconnecté à l’Internet. Marie et Louis en ont demandé une. On l’a attendue deux mois. Mais ça y est, elle est là. Ouf !... Notre webmaîtresse is back. Cabossée, mais toute hargne intacte.

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« Tu vois, » dit Théroigne, « ça, c'est à peu près moi  au Parvis de Saint-Gilles, sauf que je ne fume plus. »

 

Rendez-vous bientôt pour la suite de nos aventures et la chronique de tous ceux qui couchent vraiment sous les ponts, ou pire.


***

 

 Mis en ligne le 13.6.2012 par C.L.

 


07/02/2012

Billet ouvert à la Rédaction d'Historia

Ceci est une brève interruption de notre mise en sommeil. Il reste à notre webmaîtresse quelques semaines pour déménager. Reprise de nos activités régulières  à la fin de ses tribulations.



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Dans un de ses récents numéros, le magazine Historia s’en est pris, par le biais de Robespierre, à la Révolution Française, bête noire de ses commanditaires de Langley. Les fantasmes américano-vendéens-style-Puy-du-Fou ont volé un peu plus bas encore que d’habitude. Au point que les universitaires de haut vol du site Révolution Française.net s’en sont émus et que Madame Jacqueline Grimault vient d’adresser à ces nouveaux muscadins, une lettre ouverte que nous nous empressons de reproduire ici. Mais comme il n’y avait pas de raison pour que nous n’y allions pas, nous aussi, de notre modeste bafouille, voici d’abord la nôtre, que nous appelons « billet » par obligatoire modestie. Billet d’humeur. Pour les spécialistes, c’est juste après.

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À la Rédaction d’Historia



Nous ne lisons jamais Historia ni aucune des publications de même sorte réputées « populaires », parce que nous savons à quoi elles servent et qu’il ne nous sied pas de gaspiller nos faibles ressources à soutenir des entreprises de décervelage.

Mais enfin, votre n°666 777 a fait si fort dans la propagande mercenaire, qu’il en est résulté quelque bruit, jusque chez les vrais historiens. Mieux eût valu peut-être vous contenir un peu qu’en remettre dix-huit couches sur des fariboles déjà bien chargées, au risque d’être « contreproductifs » (votre terminologie), compte même tenu de la jobardise de vos abonnés. Votre entreprise imite à ravir la flèche de Macbeth, vous savez, celle qui, tirée trop mal et trop fort, « dépasse son but et retombe de l’autre côté », l’air plutôt bête.

Vous avez réussi quand même à susciter l’indignation de Madame Jacqueline Grimault et à lui mettre la plume à la main. Bravo. Sa lettre, que vous avez eu l’élégance et le courage de mettre sous le boisseau, nous est néanmoins tombée devant les yeux. Surprises de l’Internet. Merveilles de Google.

Qu’en dire ? Que cette dame est bien gentille de vous opposer des arguments, dont vous n’avez que faire car il ne suffit pas de se proclamer historien pour l’être, et bien naïve de vous avoir écrit tout court, puisqu’il était assuré que vous la censureriez. A moins que, comme Robespierre, elle n’ait voulu parler à d’autres qu’à vous par-dessus vos têtes.

Ce qu’à sa place nous aurions fait et que, pour cette raison nous allons faire, n’est pas justifier Robespierre et la Révolution, qui à nos yeux n’ont pas à l’être, mais vous dire que, n’en déplaise à vos dupes, vous vous déshonorez – ni la France, ni la République : vous seuls ! - en intoxiquant les plus vulnérables de vos compatriotes au service d’une faction de l’étranger, à savoir la pègre au pouvoir aux États-Unis, qui ne représente pas plus son pays que votre méprisable servilité ne saurait être confondue avec le vôtre.

Oui, servilité, et oui, méprisable, car vos libelles calomnieux ne représentent nullement des convictions, même ultra-réactionnaires, qui seraient encore défendables, comme l’est toute opinion, si délirante soit-elle. Ce que vous répandez, et nul d’informé ne l’ignore, n’a d’autre origine et d’autre finalité que la volonté de salir, c’est-à-dire de neutraliser ce qui déplaît ou porte ombrage (fait peur ?) à vos bailleurs de fonds mal acquis. Lesquels brillent, d’un côté, par une ignorance crasse en matière d’histoire, de politique, de géographie, etc., de l’autre par une haine pathologique de tout ce qui tend vers quelque égalité entre les hommes et entre les peuples.

Qu’avons-nous à voir là-dedans, nous qui sommes Belges ?
C’est que, voyez-vous, nos ancêtres Liégeois ont voté, à 93% des voix, leur rattachement à la France... de Robespierre et combattu dans ses rangs, pour être ensuite colonisés jusqu'à l'os par ses vainqueurs. Aux premières loges, n’est-il pas vrai, pour juger de l’une et des autres ! Non moins qu’eux, nous aussi savons, aujourd’hui, qui parle légitimement au nom de la République. Une et Indivisible, que cela vous plaise ou non. Et, que cela vous plaise ou non, Robespierre et la Révolution appartiennent à tous les peuples de la terre bien plus qu’à vous qui en êtes indignes.

Vous continuerez à sévir, à vous rendre coupables de haute trahison, car les assignats verts coulent à flots et vous détenez la totalité des moyens de communication, ou plutôt ce sont vos maîtres qui la détiennent, mais vous êtes d’obéissants serviteurs, qui avez docilement appris comment faire un maximum de tapage pour couvrir la voix de la vérité qui dérange. Bof ! À la guerre comme à la guerre.

Cependant, puisque Madame Grimault vous a gratifiés d’une citation, nous ne voulons pas être en reste. En voici une qu’on croirait faite à propos pour vous. Elle date pourtant d’août 1794 (pas de calendrier républicain pour les Suisses de l’An II) :

« On ne sait si l’on doit rire ou pleurer de pitié en voyant ce concert universel de malédictions vomies par des vociféraeurs à gages sur le cadavre d’un homme, dont ils font à leur manière et sans s’en douter le plus bel éloge en le déchirant. Le plus plat gredin croit s’honorer aujourd’hui en lui donnant un coup de pied. Je connais tel de ces misérables qu’un regard seul de Robespierre vivant aurait replongé dans son élément : c’est-à-dire dans la boue... En général, c’est l’usage à Paris. Dès qu’on y tue un homme, on le calomnie après l’avoir assassiné. »


Louis-François CASSAT
Tableau de la dernière quinzaine
Lausanne, 16 août 1794



Civilités superflues, n’est-ce pas ?

La Thalamège, éditeurs.
Liège
http://www.robespierreoulamort.com/

 



*** 

  

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Révolution Française.net
L'esprit des Lumières et de la Révolution

 


Sur Robespierre. Lettre ouverte à la rédaction d'Historia. 

Par Jacqueline Grimault

Réponse au numéro 777 de la revue Historia de septembre 2011, consacré à "Robespierre, le psychopathe légaliste", et en particulier à l’éditorial de M. Pierre Baron, intitulé « Un cas d’école » et à l’article de Madame Anne Bernet : « Comment il a déshonoré la République ». Cette lettre a été envoyée à Pierre Baron, directeur de la rédaction d’Historia. Il n'y a pas répondu.

Ayant appris que la cellule psychologique d’Historia avait diagnostiqué chez Robespierre une « psychopathie légaliste », j’ai acheté le n°777 de votre revue pour savoir de quoi il retournait : je me suis demandée d’abord s’il fallait en rire ou en pleurer et finalement j’ai pris le parti de vous envoyer ces quelques réflexions. Elles concernent surtout l’éditorial qui donne le ton de quelques articles et celui de tous leurs titres.


Lire la suite...


Source :
http://revolution-francaise.net/2012/01/31/469-sur-robesp...

 

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01/01/2012

2012 - Bicentenaire de la Berezina

 

 

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Vladimir Ashkenazy - Choeurs et Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg

 

Leopold Stokowski - New York Stadium Symphony Orchestra -  années 1940







00:28 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2011

Un long chemin vers la mer

 

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Un long chemin vers la mer

 


« J’ai envie d’ailleurs »
Marcel Pagnol

 


Qui n’a rêvé de voyager ?

Qui, reprenant à son compte la célébrissime réplique de Marius, ne se croit aujourd’hui le droit d’aller s’il le veut au bout du monde ? Qui ne trouve normal de brûler des lacs de kérosène pour arriver plus vite dans l’endroit, quel qu’il soit, de son désir ?

Pourtant, se rendre d’un lieu à un autre, quitter sa glèbe et son travail, a été, pendant de longs siècles, interdit à la plupart des humains (il n’est pas question, ici, de migrations, ni de commerce ni de Tziganes). Depuis au moins la fin de l’empire romain pour ceux d’Europe.

À l’exception des marins, peu encouragés à quitter leurs navires-souvent-prisons, se déplacer fut longtemps le privilège des castes dominantes. Ah, les chevaliers errants de la cour du roi Artur... qui se trouvent avoir été nos premiers féodaux ! Si l’on s’en tient à l’Europe (balayons devant notre seuil), les premières grandes migrations avec retour prévu à la maison, furent les Croisades. Bien sûr, à côté des nobles il y eut des ignobles : il fallait bien des manants pour porter les paquets, panser les chevaux, faire la tambouille, fourbir les heaumes, remmailler les hauberts... Ceux-là y allèrent à pied. Mais quand d’irréfléchis pastoureaux s’improvisèrent croisés-enfants, voulurent aller, eux aussi, libérer le tombeau du Christ, cela déplut en hauts lieux. Il leur arriva des bricoles. De l’espèce définitive. Atteignirent-ils seulement Venise ? Est-ce dans la lagune qu’ils disparurent ?

Oh, il y eut bien, de temps à autres, une exception pour confirmer la règle. On se souvient ici d’un ouvrier foulon qui s’en alla, vers le dernier quart du XVIIIe siècle, jusqu’en Carinthie en passant par Rome, vendant en route son travail. On le sait parce que, comme Ulysse, il est revenu chez lui, plein d’usage et raison ou pas ; on le sait parce qu’il avait appris tout seul à écrire et qu’il a tenu un journal.

Avant cela, il y avait eu quelques étudiants gyrovagues, se déplaçant d’une école à l’autre et même de France en Italie. Ainsi d’Étienne Dolet, phénomène surdoué autant qu’esprit sans entraves. Ainsi de Rabelais, moinillon de même tonneau, en rupture de cloître. Encore fallait-il, pour aller voir le pape à Rome, être attaché à la maison d’un Grand. Et on y allait à pied. Quelquefois à mule, si votre seigneur avait intérêt à vous ménager.

Le XVIIIe siècle, qui vit et fit tant de choses, vit enfin la classe bourgeoise se mettre à regarder autour d’elle, et, là aussi, marcher sur les brisées des aristocrates. Un des premiers grands voyageurs non nobles de l’époque fut sans conteste Casanova. Il y eut aussi Mozart qui dut prendre bien souvent la poste (les voyages professionnels ne comptent pas).  Mais c’est encore à pied qu’André-Modeste Grétry s’en alla – par deux fois – de Liège à Rome, le corps tout entortillé de dentelles, pour n’avoir pas su dire non à ceux qui le priaient de les passer pour eux aux douanes. À pied aussi qu’il remonta de Rome à Paris, avec arrêt à Ferney, pour saluer l’ancêtre.

Privilège d’aristocrates encore le « Grand Tour » des jeunes Anglo-Saxons du XIXe siècle. Il en fallait de l’argent, et des relations puissantes aux étapes, pour inventer le tourisme !

Quant à la génération des jeunes bourgeois nés trop tard et frustrés du grand rêve sur lequel venait de retomber un couvercle de plomb, dont la meilleure part se suicida, se pendit, se révolvérisa, se noya dans l’alcool et les drogues, elle s’en alla chercher un dérivatif dans le gothique et dans les forêts profondes. Elle s’intéressa aux indigènes des villages les plus reculés, les étudia, les fit parler. De cette forme d’évasion sont nés l’étude de plus en plus sérieuse du folklore, des religions comparées, l’anthropologie et l’ethnologie. Les voyages, pour beaucoup, se firent alors «d’étude». Toutes choses interdites, cependant, aux damnés de la terre attachés à la meule, voués au voyage en rond, qui n’y échappèrent que de temps en temps, pour sillonner, c’est vrai, l’Europe, dans tous les sens, viande à canon de l’une ou l’autre armée.

Privilège de bourgeois encore le voyage de Leigh Fermor, de Rotterdam à Istanboul, en 1933-34, à pied la plupart du temps, mais souvent d’un château l’autre...

En 1936, alors que s’accumulait l’orage, la plèbe enfin arracha le droit d’aller voir, elle aussi, là-bas si elle y était. « Là-bas », n’exagérons pas. Ici et là. À bicyclette. Et dans des auberges de jeunesse en guise de cinq étoiles. Commettant néanmoins par là le péché d’indifférence - le plus grave de tous - d’abandonner l’Espagne à son sort.

La plèbe n’a pas droit au péché. Elle ne se doutait pas et découvrirait trop tard qu’elle se condamnait ainsi à subir le sort qu’elle n’avait pas voulu partager. Funeste changement de priorités. Mais l’habitude était prise, et une centaine de millions de morts plus tard, les vacances seraient devenues plus sacrées que n’importe quoi, plus sacrées même que les révolutions. On vivrait celles des autres par procuration. En spectateurs. En touristes. Et le bonheur n’est plus une idée neuve en Europe. C’est une idée oubliée.

Au début des années cinquante, ce qui restait du continent, hébété, léchait ses plaies. Les premiers voyageurs à se remettre en route ne pouvaient être que suisses. Ce furent Nicolas Bouvier et Thierry Vernet. Et une increvable petite voiture.

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Poussés par l’envie de se soustraire pour un temps au confortable pays que venait de brocarder Orson Welles dans un film inoubliable et de voir le vaste monde avec, pour tout viatique, leurs talents respectifs et leur aptitude à survivre, ils s’en allèrent vers l’Est, en offrant qui sa prose, qui son dessin, aux populations traversées, en échange du gîte et du couvert. Cette première aventure de l’après-guerre devait conduire l’un au Japon et l’autre aux Indes, et les faire se rejoindre ensuite, quelque part en Asie.

Comme toujours, les Balkans léchaient leurs plaies plus vite et mieux que les autres. Qui, ayant lu L’usage du monde, pourra jamais oublier ce chant d’amour à une Yougoslavie naissante, dans une Europe aujourd’hui à jamais disparue, dont la nostalgie est si poignante qu’on en vient à se dire qu’il est heureux pour Nicolas Bouvier et Thierry Vernet d’être morts avant 1999.


L’Usage du monde
Court extrait pour se faire plaisir


Vernet 1.jpgFainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations. Entre la grande arche du pont de la Save et la jonction du Danube, la banlieue poudroyait sous les feux de l'été. Elle devait son nom Saïmichte (la foire) aux reliefs d'une exposition agricole transformée par les nazis en camp de concentration. Pendant quatre ans, juifs, résistants et tziganes y étaient morts par centaines. La paix revenue, la municipalité avait sommairement recrépi ces lugubres « folies » pour les artistes boursiers de l'État. La nôtre - portes qui jouent, fenêtres crevées, chasse d'eau rétive - comptait cinq ateliers allant du dénuement complet à une bohème cossue. Les plus démunis des locataires, ceux du premier étage, se retrouvaient chaque matin, blaireau en main, devant le lavabo du palier, en compagnie du concierge - un mutilé de guerre, la casquette vissée au crâne - auquel il fallait pincer la peau du menton pendant que de sa main unique il y passait prudemment le rasoir. C'était un homme souffreteux, plus méfiant qu'une loutre, sans rien d'autre à faire que surveiller une fille en âge de fauter, et glaner dans les toilettes - des latrines à la turque où l'on vide ses poches avant de s'accroupir - les bricoles : mouchoirs, briquets, stylos, que les usagers distraits avaient pu oublier. Milovan le critique littéraire, Anastase le céramiste, et Vlada, un peintre paysan, occupaient les ateliers du rez-de-chaussée. Toujours prêts à nous aider, à nous servir d'interprètes, à nous prêter une machine à écrire, un morceau de miroir, une poignée de gros sel, ou à convier la maisonnée entière, lorsqu'ils avaient vendu une aquarelle ou un article, à un banquet vociférant - vin blanc, poivrons, fromage - suivi d'une sieste collective sur le plancher ensoleillé et nu. Dieu sait pourtant qu'ils vivaient chichement, mais les années noires de l'occupation et de la guerre civile leur avaient enseigné le prix de la douceur, et Saïmichte, à défaut de confort, avait une bonhomie bien à elle. C'était une jungle de pavots, de bluets, d'herbes folles qui montait à l'assaut de ces bâtiments dégradés, et noyait dans son vert silence les cambuses et les campements de fortune qui avaient poussé tout autour. Un sculpteur habitait le pavillon voisin du nôtre. Le menton sali de barbe, ses marteaux à la ceinture comme des colts, il dormait sur une paillasse au pied de la statue qu'il était en train d'achever : un partisan torse nu, le poing fermé sur une mitraillette. C'était l'homme le plus riche de la zone. L'époque lui était clémente ; en monuments aux morts, en étoiles de granit rouge, en effigies de maquisards aux prises avec un vent de deux cents kilomètres, il avait pour quatre ans de commandes au moins. C'était naturel ; après avoir été l'affaire des Comités secrets, les révolutions s'installent, se pétrifient et deviennent rapidement celles des sculpteurs. Dans un pays qui, comme la Serbie, n'a cessé de se soulever et de se battre, ils disposent déjà d'un large répertoire héroïque - chevaux cabrés, sabres au clair, comitadjis - dans lequel il suffit de puiser. Mais cette fois, c'était plus difficile. Les libérateurs avaient changé de style ; ils étaient à pied, tondus, soucieux, rébarbatifs, et la cuillère de confiture que le sculpteur nous offrait, selon la coutume serbe, lorsqu'on lui rendait visite, suggérait un univers moins martial et plus doux.

A l'autre bout du terrain vague, une glacière flanquée d'un débit d'alcool servait de boîte postale et de rendez-vous à ceux qui vivaient ici entre ciel et broussaille avec leurs poules et leurs chau- drons. On en emportait de lourds blocs terreux d'une glace à gros grains et des sorbets au lait de chèvre dont le goût suri restait jusqu'au soir dans la bouche. Le bistrot n'avait que deux tables autour desquelles les chiffonniers de la zone - des vieux, les yeux rouges et mobiles, qui à force de flairer l'ordure ensemble avaient pris l'air de furets grandis dans le même sac - s'installaient aux heures chaudes pour dormir ou trier leur récolte.

Derrière la glacière s'étendait le domaine d'un brocanteur ukrainien qui logeait dans une niche très propre au milieu de ses trésors ; un homme de poids, coiffé d'une casquette à oreilles, qui possédait une colline de chaussures hors d'usage. une autre d'ampoules fusées ou éclatées, et menait son affaire en grand. Un monceau de bidons percés et de chambres à air cuites complétait son fonds de commerce. L'étonnant, c'était le nombre de clients qui quittaient son dépôt, leurs « emplettes » sous le bras. Passé un certain degré de pénurie, il n'est rien qui ne se négocie. A Saïmichte, UN soulier - même percé - pouvait constituer une affaire, et la colline de l'Ukrainien était souvent gravie par des pieds nus, sondée par des regards brillants.

Vers l'ouest, le long de la route de Zemoun, Novi-Beograd élevait au-dessus d'une mer de chardons les fondations d'une cité satellite que le gouvernement avait voulu bâtir, malgré l'avis des géologues, sur un sol mal drainé. Mais une autorité - même auguste - ne prévaut pas contre un terrain spongieux et Novi-Beograd, au lieu de sortir de terre, persistait à s'y enfoncer. Abandonnée depuis deux ans, elle dressait entre la grande campagne et nous ses fausses fenêtres et ses poutrelles tordues où perchaient les hiboux. C'était une frontière.

A cinq heures du matin, le soleil d'août nous trouait les paupières et nous allions nous baigner dans la Save de l'autre côté du pont de Saïmichte. Sable doux aux pieds, quelques vaches dans les vernes, une gamine en fichu qui gardait des oisons, et dans un trou d'obus un mendiant endormi recouvert de journaux. Le jour levé, les mariniers des chalands et les gens de la zone y venaient laver leur linge. En bonne compagnie nous frottions nos chemises, accroupis dans l'eau terreuse, et tout le long de la berge, face à la ville endormie, ce n'étaient qu'essorages, bruits de brosses et chansons soupirées pendant que de grandes banquises de mousse descendaient au fil de l'eau vers la Bulgarie.

L'été, Belgrade est une ville matinale ; à six heures l'arroseuse municipale balaie le crottin des charrettes maraîchères et les volets de bois claquent devant les boutiques ; à sept, tous les bistrots sont bondés. L'exposition ouvrait à huit. Un jour sur deux j'allais la tenir pendant que Thierry relançait jusque chez eux les acheteurs rétifs ou dessinait dans la ville. Vingt dinars l'entrée, pour ceux qui les avaient. La caisse ne contenait qu'une poignée de monnaie et, oublié par le dernier exposant, Variétés V de Valéry, dont le style maniéré prenait ici une allure exotique qui ajoutait au plaisir de lire. Sous le pupitre, une demi-pastèque et une fiasque de vin attendaient les amis d' ULUS qui venaient en fin d'après-midi proposer un plongeon dans la Save ou traduire un brin de critique paru dans un journal du soir.

- ... M. Verrrnettt'e... a certes bien vu nos campagnes et ses croquis sont amusants... mais, il est trop sarcastique et manque encore de... manque encore de - comment dites-vous donc, faisait le traducteur en claquant ses doigts -... ah ! j'y suis, de sérieux !

Vernet 2.jpgLa vérité, c'est que le sérieux est la denrée préférée des démocraties populaires. Les journalistes de la presse communiste qui venaient de bonne heure le matin faire leur papier en avaient à revendre. C'étaient de jeunes officiels aux chaussures craquantes, sortis pour la plupart des maquis titistes et qui tiraient de leur importance nouvelle une satisfaction bien légitime, encore qu'elle les rendît un peu rogues et incertains. Ils passaient, le front barré, d'un dessin à l'autre, censeurs sévères mais perplexes, car comment savoir si l'ironie est rétrograde ou progressiste ?

Entre onze heures et midi, l'affiche de la porte - soleil jaune sur fond bleu - attirait tous les mioches de l'avenue Terazié, retour de l'école. Une exposition de tartines n'aurait pas eu plus de succès; des gamines aux sourires ébréchés longeaient les cimaises à cloche-pied ; des gosses tziganes empoussiérés payaient d'une grimace, se coursaient d'une salle à l'autre avec des cris stridents et laissaient sur le parquet ciré l'empreinte de minuscules pieds nus.

Cinq à six, l'heure creuse, nous amenait quelques revenants des beaux quartiers. Pitoyables et doux « ci-devant » dont le français léger et les visages d'un effacement plein d'égards trahissaient l'origine bourgeoise : vieillards aux moustaches tremblantes chargés d'énormes cabas et matrones en chaussures de tennis, bronzées comme des paysannes, qui tiraient leur chaise jusqu'à la caisse, nous tendaient une main sèche et sondaient prudemment pour trouver l'écho de leurs ruminations mélancoliques. Beaucoup d'entre eux, revenus au pays après l'amnistie d'octobre 1951, occupaient la plus petite pièce de leur ancien logis et les situations les plus imprévues. Un vieil avocat mélomane copiait des partitions pour un orchestre de jazz, une muse des salons d'autrefois pédalait au point du jour vers de lointaines casernes pour y enseigner le solfège ou l'anglais. Ils ne jetaient aux murs qu'un regard distrait mais, trop seuls pour s'en aller tout de suite et trop fiers pour le dire, ils se lançaient - de façon à tenir jusqu'à la fermeture - dans de harassants monologues sur le tombeau du roi Alexandre ou sur les couvents désaffectés de Macédoine que nous qui pouvions comprendre devions voir absolument. Et ils restaient là, pressants, lassés, confidentiels, multipliant les conseils. Mais le coeur n'y était plus. Pour le courage on se force, pas pour l'entrain.

A la tombée du jour c'était toute la rue qui passait par l'exposition. Les Belgradois avaient trop peu de distractions pour en négliger aucune. La vie était encore assez frugale pour que chacun fût affamé de tout et cet appétit suscitait bien des découvertes. Des théologiens suivaient les courses de motos, des paysans - après une journée d'emplettes dans l' Ulitza Marshala Tita - venaient ici découvrir l'aquarelle. Ils déposaient contre la porte un sac d'engrais, un licou neuf, une serpe au tranchant graissé, lorgnaient les billets d'un oeil perçant et sortaient l'argent de leur ceinture ou de leur calot. Puis ils croisaient d'un dessin à l'autre à larges enjambées, mains dans le dos, et regardaient posément, bien résolus à en avoir pour leurs dinars. Leur oeil, formé par les clichés pâteux du « Journal de Mostar » ou de « L'Écho de Cettigné », avait du mal à saisir d'emblée ce dessin linéaire. A partir d'un détail familier - dindon, minaret, guidon de bicyclette - ils démêlaient le sujet, se mettaient soudain à rire ou à soliloquer et tendaient le cou pour voir s'ils reconnaissaient leur gare, leur bossu, leur rivière. Devant un personnage débraillé ils vérifiaient leur braguette. J'aimais cette manière de rapporter les choses à soi, de les examiner lentement, patiemment, en pesant le travail. D'ordinaire ils restaient là jusqu'à la dernière, à l'aise dans leurs larges braies et leur fumet campagnard. puis passaient courtoisement à la caisse pour serrer la main de l'artiste ou lui rouler une cigarette qu'ils collaient d'un grand coup de langue. A sept heures, Prvan, le manager d'ULUS, venait aux nouvelles. Non, les acheteurs de l'État qui constituaient sa principale clientèle ne s'étaient pas encore décidés.

- Eh bien, disait-il, nous irons les chercher demain par l'oreille - et il nous emmenait manger la tarte aux épinards chez sa mère.


A défaut de clients, les amis sortaient de terre sous nos pieds. Il y a en Serbie des trésors de générosité personnelle, et malgré tout ce qui y manque encore, il y fait chaud. La France peut bien être - comme les Serbes se plaisaient à nous le répéter - le cerveau de l'Europe, mais les Balkans en sont le coeur, dont on ne se servira jamais trop.

Vernet 3.jpgOn nous invitait dans de sombres cuisines, dans de petits salons d'une laideur fraternelle pour d'énormes ventrées d'aubergines, de brochettes, de melons qui s'ouvraient en chuintant sous les couteaux de poche. Des nièces, des ancêtres aux genoux craquants - car trois générations au moins se partageaient ces logis exigus - avaient déjà préparé la table avec excitation. Présentations, courbettes, phrases de bienvenue dans un français désuet et charmant, conversations avec ces vieux bourgeois férus de littérature, qui tuaient leur temps à relire Balzac ou Zola, et pour qui J'accuse était encore le dernier scandale du Pans littéraire. Les eaux de Spa, « L'Exposition coloniale »... quand ils avaient atteint le bout de leurs souvenirs, quelques anges passaient et l'ami peintre allait quérir, en déplaçant force vaisselle, un livre sur Vlaminck ou Matisse que nous regardions pendant que la famille observait le silence comme si un culte respectable auquel elle n'avait pas part venait de commencer. Cette gravité me touchait. Pendant mes années d'études, j'avais honnêtement fait de la « culture » en pot, du jardinage intellectuel, des analyses, des gloses et des boutures ; j'avais décortiqué quelques chefs-d'oeuvre sans saisir la valeur d'exorcisme de ces modèles, parce que chez nous l'étoffe de la vie est si bien taillée, distribuée, cousue par l' habitude et les institutions que, faute d'espace. l'invention s'y confine en des fonctions décoratives et ne songe plus qu'à faire « plaisant », c'est-à-dire : n'importe quoi. Il en allait différemment ici ; être privé du nécessaire stimule, dans certaines limites, l'appétit de l'essentiel. La vie. encore indigente, n'avait que trop besoin de formes et les artistes - j'inclus dans ce terme tous les paysans qui savent tenir une flûte, ou peinturlurer leur charrette de somptueux entrelacs de couleurs - étaient respectés comme des intercesseurs ou des rebouteux.


*

La révolution de 1968, dite fort justement « événements de mai-juin », ne dansa qu’un seul printemps. Et partit en vacances. Vaincue, non par un vieux général, mais par sa propre impuissance. Déclin de l’Occident ?

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Les héritiers de 93 et de 48 s’évadèrent dans la musique, les fleurs et les religions exotiques. Il y eut Woodstock et Wight... Au lieu de remonter des barricades, on fuma des joints – justement, les squales qu’on s’était flattés de combattre en avaient à vendre – et on partit sur les routes. Vers l’Eldorado Katmandou. On y alla par tous les moyens : en train-tarif-étudiants, en stop, dans des guimbardes achetées en commun d’occase, etc. On explora tout, de préférence l’Asie, mais aussi l’Amérique, du Sud et du Nord. On fit des crochets par l’Afrique, mais moins.

Bref on noya sa frustration dans l’évasion géographique autant que dans l’évasion toxique. Les bêtes de somme, cette fois encore, n’en furent pas, plus que jamais attachées à leur meule, en attendant qu’on les dételle pour la leur passer au cou et les noyer avec, dans le chômage.

Les jeunes bourgeois, soyons justes, ne fuyaient pas toujours qu’une société figée, d’ailleurs elle ne l’était plus tant que cela, mais aussi, pour certains, des rigidités familiales devenues insupportables.

Notre ami Édouard Lecèdre est de la génération qui entra dans l’adolescence alors. Comme tant d’autres, il succomba à l’appel de l’ailleurs et des peuples qui n’étaient pas le sien. Il s’en emplit autant que faire se pouvait les yeux, le coeur et la mémoire. Pourtant, il fallut bien revenir un jour, gagner son pain à la sueur de son front, tout le monde n’est pas doué pour devenir colon.

Des décennies plus tard, le virus ne l’a pas lâché. À chaque fois qu’il peut quitter sa chaîne, il y retourne, loin ou près. Mais le monde a changé. Beaucoup des endroits qui l’avaient enchanté ne sont plus que ruines. Ou villages Potemkine dissimulant des prisons, quand ce n’est pire. Malaise, à l’idée d’aller partager leurs paysages avec les écrasés, sans partager leur sort - « Touristes ! » était l’injure de prédilection de feu Jean Krajewski, un autre ami à nous, que vous ne connaissez pas - ; le voyageur Lecèdre ne se supporte pas touriste. Interrogations... Désirs... Doutes... Examen de conscience, ou autocritique si vous préférez... Il a tout mis par écrit, en vers, et nous l’a envoyé.

 

 

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Quelqu’un me demanda, d’un ton curieux, mon âge
 En voyant mon poil blanc et ma tête chenue
 Je répondis : une heure au plus, pas davantage,
 Si j’en crois ma raison et me fie à ma vue
 Tu viens de proférer une chose insensée
 Je lui dis : la maîtresse à qui mon cœur se lia
 M’a laissé, un beau jour, lui voler un baiser
 J’aurais beau prolonger mes années ici-bas
 Je ne compte pour vrai que cette heure passée

Ali Ibn Hazm
Poésie omeyyade
Chants d’Al Andalus


                   Le chemin de l’excès mène au palais de la Sagesse
Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque
chose apparaîtrait à l’homme comme elle est, infinie

William Blake


La poésie est ce qu'il y a de plus réel,
ce qui n'est complètement vrai que dans un autre monde.

Charles Baudelaire


Je préfère le flux héraclitéen des choses
à la sphère parménidienne de l’état de choses

Edouard Lecèdre
Aphorismes – Œuvres complètes – Tome V




*



Soleil caché survient
Rêves surpris vite s’enfuient
Ecoute le matin


Ton cri au loin
Je m’en vais vite
Souffle de la course


Un œil liquide
Offre un mouchoir
L’éclat du rire


Muses est-ce vous ?
Muses, êtes-vous là
M’entendez-vous ?
Muses, m’entendez-vous ?


Ainsi notre chant t’est parvenu
Comme un arôme poétique.
Serais-tu si ému
Par nos exhalaisons orphiques ?


Sachez que mes projets de parcourir la Terre
Telles des boules de bourgeons longtemps pelotonnés
Eclosent aujourd’hui, se déploient dans les airs.
Un jour nouveau se lève
Un état de partance synonyme d’harmonie
Fait circuler en moi une nouvelle sève,
Une furieuse envie d’apprendre les pays,
Un désir ardent d’embrasser le monde,
Le mordre à pleine dent :
Découvrir les fruits inconnus des lointains
Tricoter la maille des méridiens
Couvrir de mes mains, de mes pieds
Les quatre points cardinaux
Parcourir le monde, m’instruire aux nouveautés
Recevoir, donner, l’amour et l’amitié
Surprendre les beautés intangibles
Ecouter la poésie secrète des Chants de cette Terre !
Comment, que dites-vous ?

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Oter le manteau de plomb d’une année de béton. Difficile !
Affaires pressées, bousculées. Fuir. Tout en vrac. Tic tac
Vertige de la vacance. Délivrance. Grand trac ?
Ivresse du départ, frisson des découvertes. Crédible ?


Je prépare ce départ, enfiévré, affairé.
Vers d’autres horizons, ouvrir mes connaissances
Intrigues des différences, nouer d’autres alliances
Parcourir ce monde, joyeux et affamé
Muses, suivez-moi mes Amies
Comment, que dites-vous ?

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Vivre le monde ses peuples sa géographie
En liberté conditionnelle ?
Quelle vérité, quelles sensations, charivari
Sempiternelle ritournelle ?
Eviter l’Indigène, étaler sa richesse
Ivre jouir de fruits exotiques ?
Sourd, aveugle, enfiévré d’une morne paresse,
Sauf aux crédits photographiques ?
Retour exalté un jour, hâlé quelques autres
Pauvres récits sans lendemain !
Et recommencer encore encore, vieil apôtre
Religion des mirages lointains !

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Mais de cela je me départis mes Amies

Nul artifice ?

Découvertes et curiosités sont ici rassemblées

Havresac ?

Hasarder le dormir, plaines sauvages, villes lumière

Bivouac ?

Vaincre la peur, accueillir l’inconnu

Amitiés complices ?


Je prépare ce départ, enfiévré, affairé.
Vers d’autres horizons, ouvrir mes connaissances
Intrigues des différences, nouer d’autres alliances
Parcourir ce monde, joyeux et affamé
Muses, suivez-moi mes Amies
Comment, que dites-vous ?

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Il faut avant toute chose pour embrasser le monde
Connaître d’autres bulletins
Avant que vainement tu ne vagabondes.
Sont tous devenus incertains
Les pays de cette Terre qui forment le vaste Tiers Monde :
Torturés triturés, éteints.

Foulant les sols allongés des landes lointaines
Où ciel et terre à l’horizon
Joignaient leur ligne claire sans que ne survienne
Ni le bruit ni la confusion,
Tu parcourais encore le magique Orient
Sans industrie, à cœur ouvert.

Au sein des curieuses tribus de l’Afghanistan
Qui sillonnent les sentiers déserts
Accueilli, pauvre ami, parmi les démunis
Tu recevais de leurs simples gestes
La leçon que l’espoir n’est peut être pas fini
Espaces séparés, même sagesse.

Tous les peuples de l’Inde et de l’entière Asie
A présent dos courbés de détresse
Ont oublié leurs chants pour fixer du regard
L’aigle royal ivre de rage
Accomplir les desseins de ses maitres barbares
Cette horreur, tu l’envisages ?

L’ordre impérial né de l’hybris des nouveaux tzars
Rêve de peuples sages en cage
Sais-tu où se trouve aujourd’hui la Palestine ?
En Judée dis-tu, que nenni
Archipel de terres massacrées, tout n’est que ruine
Brasier de colère infinie.

Vois-tu les palais de Bosnie Herzégovine ?
Havre où gisaient les anciens bruits
Tes yeux ne t’égarent pas, ils sont couverts de cendres
A disparu Sarajevo
Une paix règne dans les cœurs où il gèle à pierre fendre
Dure la guerre au Kosovo.


Partir à tire d’aile et de moi vous vous moquez.
Foin des pensées d’ici-bas compressées en ballots embourbés
L’attirance vers l’ailleurs est mon rêve sublimé
Ses contours enchanteurs, où les brises, alizées,
Poussent en larges courbes, en droites lignes
De fraîches et nouvelles pensées.
Elles se déploient  là-bas en arabesques multiples
Dessinant dans les ciels des figures géométriques
Retrouvant la joie qu’on croyait perdue :
La merveille de l’éveil devant l’inconnu.
Volent et s’envolent, elles s’élèvent dans l’azur
Cerfs volants impétueux, libres et indociles.
Trop longtemps confinées dans des malles oubliées
Elles se baignent dans le rire et l’extase
Des rencontres singulières qu’accompagnent tous voyages.
Partir loin d’ici, oui dis-je, en courants ascendants
Pour m’élever, découvrir des scènes différentes
Où les hommes aux membres longs et chauds
S’inscrivent dans la vie par d’autres dispositions,
Content des histoires avec une autre grammaire
Où les femmes aux enveloppes enivrantes
Jouent la surprenante musique d’autres compositions,
Utilisent un nouveau vocabulaire
Pour faire voler haut leurs chants
Firmament de l’extase
J’ai rêvé traverser les contrées sauvages, les villes illuminées
Rechercher, rencontrer la multiplicité
Des histoires parallèles, des routes croisées
Qui tel un filin forment l’entrelac de nos destinées – Un filet ?
Plutôt une gaze légère et néanmoins serrée
Immense rhizome de contacts immanents
Sur lequel le hasard, papillon liberté
Favorise les esprits qui y sont préparés
Tout cela n’est-il donc plus possible ?

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Naviguant sur les mers aux reflets argentés
Où les flots mêlés au zéphyr
Offraient la transparence des abysses inviolés
Bleu profond d’un liquide saphir
Tu plongeais dans l’océan, nu et innocent
Sans craindre ni mort ni maladie.

Sur le sable de la grève soulevé par le vent
La pluie de chaleur du midi
Faisait briller tels des diamants les coquillages
Perles nacrées de porcelaine
Là où maintenant les immondices nagent
Ton regard se brouille avec peine.

Les riches foules abouliques vautrées aux rivages
Epuisées à en perdre haleine
S’étirent à l’infini sur les côtes tropicales
Guirlandes d’algues d’une autre espèce
Pourras-tu voir une bonne fortune occidentale
Sous l’obscène du vil commerce ?

Aux pays éclairés d’aurores boréales
Où les poignards du froid transpercent
Les robustes carapaces, les épaisses cuirasses
Des monstres et mammifères marins
Ne restera plus trace du grand désert de glace
L’Océan Arctique défunt.

La mer du commencement que tu admires en face
Regard poète porté au loin
Au jour de tes rencontres solennelles avec elle
Aura perdu l’éclat magique
Te laissant seul et reclus, moine sans chapelle
Triste comme Caspar David Friedrich.


Je veux partir loin d’ici
Muses, s’il vous plait suivez-moi mes Amies
Le monde que vous me chantez porte un drôle de masque
Sa musique est vacarme, son odeur nauséeuse
Je devrais vous croire et pourtant j’entends là-bas au loin
Les mélopées rêvées, imaginées
Au secret de mes nuits à passer dessiner
Les plans savamment étudiés de mes évasions
Déjà je vois les habitants de ces contrées lointaines
M’accueillir avec rire et sourire
Voyant juste que je suis musicien – Une guitare ?
Par exemple, quelque chose de gracieux, pas un tintamarre
Trois accords majeurs, une première mélodie
Ils m’entourent aussitôt
Forment des quatuors d’étranges instruments
D’où sort une musique de fêtes et de grandes occasions.
Parfois c’est une ode que je me vois chanter
Près de l’âtre d’une cheminée
Rondins de bois en cabane dans les bois
Refuge bienvenu isolé dans la plaine.
La musique dans ce cas est notre langue commune
Je déplie mes cartes et montre mes papiers
Là je suis né et là j’habite, eux sont d’ici
Depuis toujours, plusieurs générations.
L’œil scrutateur et interrogatif, un moment
Me demande pourquoi
Pourquoi ? Oui pourquoi suis-je ici sans lendemain
Avec eux, ici, pourquoi
Que dire ? Immensité des réponses imparfaites
Et pourtant attendues
Temps suspendu
La magie d’un instant apparait là soudainement
Fragilité qu’il faut bien protéger
Les cœurs parlent, les vérités s’éveillent,
On se met à nu et dans un balbutiement
On formule maladroits des émotions sincères.
Des Etres humains jusqu’ici inconnus
Découvrent leur commun cœur à nu.
Des Hommes se connaissent et se reconnaissent
Debout, solennels, un peu gauches et muets
Par les regards seulement rattachés,
Nous comprenons notre lutte commune
L’arrachement, le labeur de la condition humaine
Nous nous découvrons frères et sœurs
Lancés dans la quête sans fin d’un amour incertain
Cette rencontre éphémère marque nos cœurs
Donne une leçon de philosophie
Allume un sémaphore dans la nuit de l’oubli
Croyez-vous mes Amies, qu’une telle alchimie
N’aie plus cours nulle part aujourd’hui

 

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Comment se portent-ils nos colonisateurs
Nos maîtres d’Outre Atlantique
Théocrates financiers et moralisateurs
Croisés d’une nouvelle casuistique ?
Caliban, libéré de Prospero, guide
Les tumultes de la Tempête.

Fort du succès de leur premier génocide
Amérindiens tristes spectres
L’Amérique déchaînée, ce Moloch cupide
Sur la nouvelle Baal Bek
Dévore les dissidents qui osent la voir en face
N’est-ce pas déjà un ancien monde ?

De fameux charognards et de furieux rapaces
Volent sans fin en une ronde
A mille lieues des idéaux de l’Antique Hellas
Financiers, pilleurs du monde
Où sont leurs nids d’acier dans cette Babylone ?
Dans la célèbre rue « Vole Street ».

Si le réalisme de cette peinture te questionne
Suis les conseils de Démocrite
Nourris ta conscience d’utiles oxymorons’
Comme : Liberté/Terre d’Amérique !
Prends garde aux mythes de ce pseudo Eldorado
Vrai poison, dangereuses toxines.

Ne tarde pas ! - John Muir, Henri David Thoreau
Flammes absentes de leur hymne
Gisent en pathétiques héros, perdus, oubliés
Caves du Temps, noires et souterraines
La nature là-bas est une prostituée
Généreuse d’amours puritaines.


Un peintre amateur a sur sa palette
Mélangé l’encre noire au sombre des fumées,
L’ardoise monastique au profond anthracite
A déguisé les cieux d’une robe de pluie
Aux reflets d’eau sale et d’étain dépoli.
Une ombre diluée se répand dans la plaine
Sang gris s’écoulant doucement d’une mélancolie
Blessée au flan, d’une pâleur extrême
Tel est devenu le tableau de mon esprit
La couleur d’un loup gris
Qui surplombe le pays
Assis, le regard flottant sur un vaste écran
Je regarde muet un spectacle présenté anciennement
Où le noir et le blanc, couple uni fusionnel
Racontaient en dansant des histoires éternelles
Pensez-vous que la vie, d’une maladie atteinte
Ne reflète aujourd’hui que ces deux pauvres teintes ?
Puis-je encore m’éblouir à l’éclat de souvenirs – Multicolores ?
Oui, irradiants de substances, de nuances, de pigments
Il existe des souvenirs aux couleurs éternelles
Eblouissants de lumières qui crépitent de mille feux
Fête foraine de l’esprit
Méandres de la cervelle, de dancing en zinzin
Sautillant toute la nuit
Quitter la torride Assouan à la proue d’un navire
Face au soleil, dans le vent du désert
Là où seuls les éléments primordiaux dominent
Est une des portes d’entrée pour venir admirer
L’intimité secrète de la beauté terrestre
Qui se dévoile ici en toute allégresse.
La splendeur magnifique de ce moment de grâce
La puissante évidence de sa simplicité
Immuable comme un pur cristal
Est la preuve, je le veux croire encore
De la possible transmutation des matières
Où on peut être projeté, particule atomique
Au cœur d’une œuvre d’art elle aussi éternelle
Equilibre parfait de masse et de couleur
D’un tableau de Matisse ou de Joan Miro
Le Nil à cet endroit est une grosse veine bleue
Un flux de cobalt, un flot d’encre marine
Un courant puissant et silencieux
Qui s’écoule lentement comme une coulée de lave
Fraîche et profonde, mystérieuse, abyssale
Langue de guimauve transparente
Bleue comme la nuit
Les deux rives ont enfilé pour cette occasion
Une mince ceinture végétale offerte par le fleuve
D’un émeraude éclatant presqu’artificiel,
Le vert des feuilles scintille d’une fraîcheur éternelle.
Conflit d’intérêt entre les sens en éveil
Regard supplanté par la gourmandise
Brouter cette herbe magique est le début de la folie
Savez-vous que le sable est un étrange dessert ?
Deux langues de pain grillé enserrent le lit du fleuve
Beurrées de confiture d’abricot.
Les dunes se dressent de part et d’autre en tartines orangées
Limon ambré qu’un drôle d’alchimiste
A transformé en poudre de cuivre et d’or
Prêtes à se fermer sur cette masse liquide
La vallée du  Nil est un sandwich cosmique
 Relief oublié d’un festin antique
Pensez-vous mes amies que la nature écœurée
Des outrages que vous me chantez
S’est vraiment retirée dans ses appartements privés ?

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L’Humanité jadis a quitté son berceau
Enfoui dans les crevasses du Rift
En Ethiopie prés d’un impétueux cours d’eau
Où reposait l’ancêtre Lucy
L’Humanité comme nourrisson – Des millénaires
Longtemps unie avec le monde.

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Depuis elle s’est levée a parcouru la Terre
Marche, court, titube et tombe.
Malgré son indéniable génie philosophique,
L’enfant s’impose devant l’adulte
Dominée par ses pulsions psychologiques
Prête à toutes les culbutes.

Tout sans vergogne tout d’suite, est le fait historique
Le pouvoir, véritable culte
Un adulte infantile règne sur le monde
Barbare insouciant et cynique
Sais-tu où est sa cour de jeu, basse cour immonde ?
Le Continent Noir – L’Afrique.

Cette vaste étendue, cette première scène du monde
Est devenue une mosaïque
Rouge écarlate du sang des damnés de la terre
Palette de carmins, vermillons
Prairies, savanes, déserts, changés en cimetières
Le reste laissé à l’abandon.

Ghana, Guinée, Tchad, Libéria, Congo, Niger,
Gambie, Zambie, Gabon
Le ballet des colons au long cou déplumés
Arpente comme des marabouts
Pourrais-tu sagement ces pays contempler
L’œil sec et sans crier au fou ?


Allongé sur le dos, je regarde le ciel
Une perle de verre, refoulée d’une pichenette
D’un aquarium géant affichant complet
S’en retourne vexée et tombe en chute libre
Droit dans le lac de mon œil
Plongeon audacieux affolant les larmes tranquilles
Qui s’enfuient en ruisselant le long de ma joue
Bientôt des piquetis claquètent et crépitent
Sous l’attaque en piqué
De minuscules polygones de bakélite
Tombant de çi de là
S’accélèrent, s’amplifient, tacataquent
Solo de percussions qui devient cataracte
Il est clair qu’une fuite est apparue
Dans l’emmêlé des canalisations célestes
Et que le ciel est sérieusement percé de part en part
La pluie – D’été ?
Oui, lourde et tiède - Aucun vent
Toilette du matin, éveil
La tignasse des champs, l’herbage des prairies
Les grasses pâtures, les gazons de jade
Les arbres aux larges feuilles croquantes
Les buissons ramassés au feuillage touffu,
Les charmilles discrètes et fragiles, les hautes futaies,
 Toutes les frondaisons embrassent la grande averse
La pluie drue et épaisse lave la forêt
Qui élargit son souffle
Extase !
Bacchanale végétale !
Bientôt la terre détrempée exhalera son haleine
En un hammam géant qui couvrira la plaine
Une clochette dans les bois - Un oiseau ?
Un moineau certainement
Lance une note aigüe qui pétille comme une bulle
Un merle là-bas répond à son appel
Un troisième plus près à son tour vocalise.
Les notes se règlent, les chants s’harmonisent
Pour réunir la parfaite chorale
De cette rhapsodie pastorale.  

 

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Humus et champignons ouvriront le cortège
Des effluves champêtres, des parfums mouillés
Odeurs de mousse et de terreau
Délicates invitées de cette fête dionysiaque,
Suivies des piquantes fragrances
Des pins, des sapins, de tous les résineux
Qui monteront hardiment à l’assaut des narines,
Poursuivies par le musc captivant des racines exotiques
Des bois tropicaux et des angéliques.
Très vite des arômes de tabac et de pain grillé
Mélangés au parfum de vanille et d’eucalyptus
Traverseront la scène pour rejoindre la danse
Exhalaisons de ce bal olfactif.
Mais de quelle opiacée me suis-je enivré ?
Ce bouquet que je viens de rêver est un conte de fée
Un paradis caché, un monde imaginaire !
A des milliards d’années lumière
Du pays que vous me décrivez
Où la puanteur règne en maîtresse mégère
Où l’âcre odeur du caoutchouc brûlé
Est un fumet plaisant à coté des remugles dégoutants
Des composts de cette terre pourrie.
Le monde que vous me chantez est-il un amas de chairs
D’où sort en fumée la charogne pesteuse ?
Rassurez-moi mes Amies
Se peut-il que le monde ressemble à ce point
Au portrait monstrueux de Dorian Gray ?

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Tu pouvais traverser Bohême, Moravie
Naviguer sur le Danube bleu
Embrasser la forêt de Transylvanie
Te baigner, eau douce, temps radieux
Un jour des boues rouges étouffèrent le grand fleuve
Pollution pourpre de l’alumine

Déesses magyares, sirènes hongroises sont mortes veuves
Dont tu verras les tristes mines
Blessure des Balkans sans que personne ne s’émeuve
Rives fleuries orphelines
Pauvreté de ces contrées rend les randonnées
Incertaines et dangereuses

Comme celles que tu ferais chez l’autre infortunée
L’exaltée et malheureuse
L’immense cône du Sud, la belle Amérique Latine
La cousine de l’Afrique
Se tuer pour un peso au fond de l’Argentine
Une rondelle métallique

Combien de vies pour traverser la Chaîne Andine ?
Comme on l’a dit, tristes tropiques
Il reste encore dans la forêt amazonienne
Quelques majestueux arbres
Il faut te dépêcher il en reste une douzaine
Qui te laisseront de marbre

La sylve exterminée par l’ordure humaine
N’a reçu que des coups de sabre
Les œuvres des nantis comme prédateurs souverains
Donnent le vertige, donnent des frissons
Crois-tu qu’ils puissent encore chanter les lendemains ?
Vas-tu partir cher compagnon ?


Je voulais partir loin d’ici.
Le trouble me saisit, vous m’avez abîmé.
Le château de mes rêves que j’ai bâti Renaissance
Se mue en un sombre ergastule médiéval
Mon esprit se difracte comme la bûche
Sous les coups de la hache
Entendez-vous ce grondement sourd
Qui enfle dans la vallée ?
Une avalanche a lieu à deux pas d’ici
Des blocs de vérités s’écroulent en cataracte
Des rocs de certitude déboulent et chutent en vrac
S’effondre ma Tour de Babel
Désirs édifiés, voyages construits.
Mes pensées après ce carnage ?
Un jardin révolutionnaire
Conçu par des paysagistes
Ayant connu des jours meilleurs
Un long mugissement monte des sols
Enserre ma tête dans un étau de fer
Je ne sais plus où je suis et ce qu’il en est
Du présent, de l’avenir et de la destinée
Ma bouche s’assèche, mon corps se vide
Un pas de plus et je perds l’équilibre
Un genou à terre, haletant, l’œil humide
Je m’affale comme un vieux sac sur la grève
Dans le désir d’une dernière pose languide
Touché au flan, allongé sur le sable
Immobile et hagard
Au-dessus de l’incommensurable
Un mouvement et un seul
Et je tombe dans le gouffre du néant
Tentation de l’oubli, du sommeil permanent.
Hérodote est bien mort, les Grands Voyageurs aussi
Les forces m’abandonnent, bientôt s’installera la nuit
Mon théâtre se vide et Vous seules restez
Constatez avec moi, la lutte fut inégale
Je ne m’avoue pas vaincu
Simplement abattu
Oui abattu par le sempiternel recommencement,
La permanence des choses
Qui aiment à croupir dans les mêmes bassins.
L’idée d’enfermement, cette exécrable vermine
L’image de la cage, de l’Etat, de l’état des choses
L’idée du cercle, le cercle lui-même
Le dessin du cercle devrait être banni
Des mathématiques, des cours de géométrie
Le cercle, voilà l’ennemi
Que ne l’ai-je combattu tout au long de ma vie !
Sous des milliers de formes, la bataille fut coriace
Casser l’encerclement, pousser les limites
Libérer la pensée de cette épaisse cuirasse
Détruire à tout jamais ce funeste graphique
Comme le poète l’a dit, faire bouger les lignes
Telle fut mon aventure, ma course perpétuelle.
Vos chants dévoilent hélas
L’immensité de la circonférence
L’ennemi serait-il vaillant ?
Serais-je donc battu ?

Je reste là vidé, allongé sur le sable
Le regard vers l’ailleurs, mystérieux insondable
Je compte le nombre de grains qu’un œil ainsi posé
Peut voir dans la dune qui me sert d’oreiller

Etes-vous toujours là ?

Savez-vous que l’éternel féminin est une mathématique ?
Je ris à cette idée, car elle est sympathique
La géométrie est une femme superbe
Elancée, svelte, mince et gracieuse
C'est-à-dire aujourd’hui, une femme moderne.
Sylphide, sa beauté naît de ses lignes fines
De ses courbes et de ses sinusoïdes
Ah ! La ligne droite de la fonction affine
Dressée comme une flèche, élancée vers l’infini
Ah ! Les courbes asymptotiques
S’approchant lentement pour le baiser final
Que dire des gros seins des courbes de Gauss
Ou de l’érotisme des lignes paraboliques
Qui taillent de guêpes et de belles silhouettes ?
Sans être sentimental, comment ne pas s’émouvoir
A la passion amoureuse
Des droites parallèles, amantes chastes et timides
Qui ne se touchent jamais en public
Mais se joignent, s’enlacent et s’étreignent
S’unissent s’embrassent et copulent
Pour ne faire qu’une, là-bas au bout de l’horizon
Cachées dans le Grand Lit de l’Imaginaire
D’où naissent les théories, les interrogations ?

Je délire diriez-vous ?
La fin est donc si proche ?

Muses êtes-vous toujours là ?

Blessé, vidé, allongé sur la plage
Je laisse les crevettes
Danser la rumba sur mon dos
Ravies de voir un cousin
Amphipode sauteur
Sans doute un petit voleur
S’échapper des pinces de robot
Qu’un char d’assaut de police
En forme de crabe lourdaud
S’évertue à poursuivre. Consciencieuse milice

Je respire
Je regarde
Le temps passe et je dors

Ressemble au gros rocher
Tout près à demi enfoncé
Gros dos
Scarabée
Doit se demander
De force ou de gré ?

Le ressac me berce
Les vagues
A tour de rôle
Viennent rendre
Leur visite amicale
Caressent ma nuque
Cajolent mon front
Papouilles
Je m’endors.

Lucioles de pensées
Papillonnent
N’ont pas le temps de se poser
Tourbillonnent

Et s’en vont

Regard ras du gravier
Soleil en ligne de mire
Et surtout la mer

La mer
La mer où tout peut recommencer

Le soleil
Le matin
Le chant des flots

 La mer

Tu étais déjà là
A mes anciens combats
Quand je ne voyais plus rien
Et doutais de tout
Sois donc la bienvenue

Comme tu le vois, je suis en mauvaise passe
Admettre le monde désenchanté
Est un sérieux coup de masse

Que faire ? Triste panorama :
Dans tous les pays les peuples sont à la peine
Forcés d’avaler de funestes marchandises.
A bien y regarder, ce devrait être un jeu d’enfant
De pouvoir se soustraire
Aux industries manufacturières
Qui dit-on fabriquent des biens et services
Fresques en trompe l’œil du jardin des délices
Offerts dents brillantes tout sourire
Par leurs terribles thuriféraires.
En réalité, dans une logique de fer
Ils gavent les malheureux des riens et sévices.

S’empiffrer de luxe dans les faux paradis
S’acheter bonne conscience dans le kiosque à journaux
Voler aux crocodiles ce qui leur reste de larmes
Et partir rassuré visiter les damnés de la Terre,
S’offrir une beauté naturelle
Le temps d’une rapide passe,
Tout l’équipement standard du voyageur moderne
Globe trotter d’une mappemonde palimpseste.
En rire ou pleurer, difficile de choisir.

Un bon psychanalyste pourrait-il guérir
Le monde des affaires ?
Le cas est complexe, il faut y réfléchir.
Il a dans son thalamus
Du stade anal gardé un vieux fantasme :
Un monde de moutons suit docilement
Les panneaux d’indication de leur chemin de vie
Où travailler, quoi penser, comment s’amuser
Sont les grandes étapes de leur chemin de mort.

Oui, je le constate et en suis aigri
Car il s’agit bien de tous les pays
Aussi l’Empire Amérique et l’Europe son vassal
Où malgré les apparences, plus profond est le mal
Dans tous les pays les nantis néantisent
Interdire, empêcher, limiter, imposer
Inventer, apeurer, suggérer
Endoctriner
Forment l’hymne halluciné de leur croisade maudite

Moloch mâche
Machinerie crache
Abjecte machinerie

Que faire ? Quelle liberté ?

Pourquoi devrais-je voir mes ailes rognées ?
Etre contraint de saupoudrer
Avec parcimonie et sans entrain
Guère plus qu’une poignée de jours
Dans cette contrée ci, dans cette contrée là ?
Comment pourrais-je alors oser me voir
En alouette face au miroir
Sans rire à ce spectacle noir ?
Parcourir le monde dans ces conditions
N’est-ce pas alimenter
Cette infernale machinerie ?

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Moloch mâche
Machinerie crache
Abjecte machinerie

Comment pourrais-je conserver dans mes mains
Même dans les plus beaux écrins
Les bulles de savon de souvenirs éphémères
Pauvres artefacts des beaux fruits des lointains
Disparaissant au contact de la vie ordinaire ?
Que resterait-il à mon retour
De mes voyages si riches une fois là-bas,
Si pauvres une fois revenu ?

Comment éviter la fausseté des échanges
Des rencontres et des situations
Puisque la Machine Infernale
Change le cristal en verre dépoli
Réduit la beauté magique des rencontres
En commerce trivial, qui plus est inéquitable
Où tout se monnaye, où rien n’est gratuit
Où le toc est un succès damné ?
Cette Machine n’est-elle pas haïssable ?

Et pourtant - Et pour le temps
Que faire et comment faire ?
Faut-il se résigner ?

Si cette réalité est une forteresse
La refuser est une question de sagesse
L’abattre est une affaire d’adresse
Pour secouer le joug de cette fatalité
Que ne devrais-je craindre
De nouveau ou de différent
De mes batailles passées dont certaines furent pires
Me laissant seul dans un pays en ruine
Désarticulé, sans espoir aucun ?

A cet instant une prime question se pose :
Quel est ce terreau d’où pousse l’ordre maudit des choses
Cette fatalité collante, cet état de fait ?
Muses, vous m’avez chanté le monde tel qu’il est
Souffrez que je m’écarte de votre dictée
Car je veux encore croire que l’on peut faire mieux
Que jouer à la marelle sur le globe terrestre.

N’y aurait-il pas d’autres façons de rencontrer le monde ?
Il suffit de s’abreuver à d’autres fontaines
Rechercher les sources souterraines
Se laver l’esprit avec une eau pure et claire.
Et comme dans les mythes antiques
Riches de mutations morphologiques,
Le mouton de Panurge
Par la geste du thaumaturge
Redeviendrait un Homme libre
Une intelligence sensible
Un Homme simple, inscrit dans la nature
L’égal du monde environnant.
Un Homme face à Moloch avecque le bonheur
Libérateur de lui offrir un bras d’honneur.

Je vous le dis, l’oppression appelle la résistance
Et c’est de ce coté que penche ma bienveillance
La Machine Infernale, colossale, sans pitié
Est une Bête immonde dominante et coriace.
 Son talon d’Achille ?
Un rhizome planétaire entièrement déployé
Tissu de solidarités humaines
De relations amicales
Forgées par les rencontres citoyennes et sincères
Frappées du sceau du combat partagé
Contre l’ennemi commun, contre l’ennemi juré
Ce Moloch cupide.
Un rhizome planétaire comme un jardin fertile
D’où pointeraient les pousses d’une conscience commune,
D’une attitude nouvelle, imparable et certaine
Cela fera périr la Bête.

L’oppression a partout le même visage
Et tous les conseils sont sages
Je souhaite parcourir le monde pour livrer témoignage
De mes propres combats, mes victoires, mes échecs
Et m’inspirer des façons de faire
Des peuples de là-bas face aux autres têtes
De cette Hydre de l’Herne
Rapporter au pays un nouvel art militaire
Et continuer la lutte contre l’esprit des cavernes
Tout cela fera périr la Bête.

Pourquoi le voyage, plus qu’une philosophie
Ne serait-il pas alors rébellion
Ferment de révolution
Contre la domination ?

Oserais-je vous avouer mes Amies
Que parfois mes pensées
Font une sacrée sarabande
Au siège de mon esprit ?
Comme des abeilles téméraires
Elles parcourent les lointaines prairies
Butinent des fleurs improbables
Boivent des nectars inconnus.
Le miel s’amasse alors
En coulée d’ambroisie.
Ecoutez les principes qu’elles viennent de m’apporter
Qui feront grimper l’art du voyage
De plusieurs étages :
J’imagine par exemple
Pour, de mes pérégrinations, une empreinte garder,
Devront dans mon corps, s’inscrire émotions véritables,
Affects puissants et sentiments durables
Bref, de riches traces profondes
Dans la région du cœur
Obligeant l’esprit à changer ses valeurs.
C’est une première condition
D’une saine élaboration
Propre à nourrir une philosophie
Conduisant Ethique et Connaissance
Sur des chemins plus sûrs tournés vers l’espérance.
Je devrai ensuite dresser ma vigilance
A ne point courir le monde à saute mouton,
M’immerger dans un pays comme dans un bain trop froid
En sortir rapidement, choisir un autre bassin
Trop chaud cette fois-ci, en prendre un troisième.
Car faute de durée, d’immersion pleine et entière,
Des vrais enseignements, je reviendrai bredouille
Seulement sonné d’une débauche financière
Jocrisse devant l’or illusoire ainsi changé en rouille.

J’imagine aussi qu’il faudra longue durée
Pour que les affects recherchés
Correctement agissent
Et que mon corps frémisse.
Pour que le voyage dans mon cœur et mon esprit reste
Il me faudra rester plus d’un mois ou moins d’une année
Dans les différents pays, les diverses contrées
Tombeau de la visite expresse.

Je devrais ensuite donner de mon corps, offrir de mon temps
Aussi bien dans les villes que dans les champs
Offrir mes facultés, proposer mes services
Travailler, aider ou participer
A quelque tâche qui soit, peu importe laquelle
Du moment qu’elle ouvre la porte d’entrée
D’une relation équitable à l’ami indigène.
Bref, mieux que consommer, donner de soi-même
Malgré les difficultés,
Entrer de plain pied dans la réalité.

Et si à défaut de séjours longs et féconds
Une répétition de voyages dans une même contrée
Peut apporter la vertu d’une construction durable
Le concéder alors je le puis
Pour l’esprit cela en sera tout autant profitable.

Pensez-vous qu’à ce prix, voyager est une peine ?
Des rencontres authentiques,
Des échanges pérennes
Ne puissent malgré tout advenir ?
Mes Amies, je le pense et je le veux.

Suivre ces idées est un premier combat
Mourir résigné ou l’honneur du duel
Est le choix décisif
La liberté ou la mort
Est l’ultime dilemme. 

Alors, hissons-nous et faisons face !
Frayons ce nouveau chemin certes un peu coriace
Qui malgré les embûches est la voie du lendemain.
Un nouveau jour se lève radieusement nu.
Un flamboyant rubis posé sur l’horizon,
Magnifique joyau de l’aube
Illumine l’Orient d’un brasier rouge sang.

Puisqu’il faut rompre le cercle des idées toutes faites
Terrasser l’ordre des choses soi disant immuable
Opaque religion, joug insupportable,
Mercenaire de la vie, je reprends l’épée
Je retrouve la scène familière
Du théâtre des opérations
Où l’ennemi est debout prêt à porter le feu
Je retrouve déployée l’armée ordinaire :
Fatalité et découragement
Résignation et renoncement
Acceptation et consentement
Corps constitués de cette « invincible » armada
Qui forment les escadrons de la chère doxa.
Faire plier le réel à ses propres conceptions
Est une rude bataille
J’en connais les mouvements
Mes souvenirs sont légions

Feu

Je me vois déjà  dans la furie des coups
Arrivant de toutes parts
La Bête n’est plus féroce, elle est enragée
Un premier coup me frappe, un autre de coté
Me transperce le flanc, me fait chavirer
Bouquets de lames qui lacèrent les chairs
Je plie sous les assauts mais je n’abandonne pas

Feu

Continuer d’avancer -  Je le sais, il le faut.
Des cendres moribondes d’hier
Le feu de la passion redevient brasier.
Le métal et la chair font un curieux ménage
Sur mes bras, sur mes jambes.
Mes os déjà touchés supportent encore la charge
La douleur est ivresse, la géhenne une rage
Je ne lâche rien et je n’abandonne pas.

C’est un furieux combat, une force absolue
Dans un temps suspendu.

Bientôt la Bête tombe et les cœurs se libèrent.
J’accueille les nouvelles vagues
Douces, de l’horizon doucement ondulantes
Apportant le souffle révolutionnaire
De cette Humanité naissante.
Je ris au bonheur du nouvel agencement
Des rapports humains jusqu’ici bâillonnés
Un décor neuf disposé autrement.
Ce qui était à l’envers se remet à l’endroit.
La vie reprend ses droits sur le monde des affaires
Bientôt des rencontres improbables surgissent en éclats
Les murs de la honte s’écroulent en fracas
Trouvailles et retrouvailles font des étincelles
Des nœuds de problème chutent en ficelles
J’exulte aux situations imprévues,
Aux amours ingénus, à l’humour farfelu
 Flots d’émotions sur les langues déliées
Petits soleils des cœurs irradiés de clins d’œil.

Des univers littéraires timidement se dévoilent
Rarissimes invités sur la scène du monde.
L’imaginaire touche ici le réel
La fiction caresse la nature.
Magnifique entrée de la littérature
Sur le champ de manœuvre
Irradiant la réalité d’une inédite lumière :
 Aurais-je déjà lu cette scène quelque part ?
Le poète a-t-il emprunté à ce lieu son art ?
Magie de l’instant
Flottement du Temps et de l’Espace,
Incroyable harmonie
Du Temple de l’Homme et de son Univers
Qu’on croira faute de mieux être le fruit du hasard.


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La Bête n’est plus. La victoire est totale.
Libéré, plein d’une vigueur nouvelle
J’embrasse un vaste paysage redevenu vierge
Aux dimensions géantes des peintures sublimes
Une toile d’Edwin Church ou de Thomas Cole
Par exemple « Crépuscule dans le monde sauvage »
Une huile magnifique sans doute une des meilleures
Où l’espace et le mouvement
Sont deux ensembles cardinaux d’égale importance
Lequel des deux choisir ?
L’immensité de la vallée qui reflète mon cœur ?
Le torrent d’énergie qui irrigue mon sang ?

Projeté en une course folle
Dans les plaines de l’Ouest, les immensités de l’Est
Je deviens un cheval fou qui hurle sa liberté.
Les chevaux de la Terre sont tous mes compagnons
Nous déboulons au triple galop
Du lever au coucher du soleil
Fendant l’air, déferlant dans les herbes
Dans un roulement de tambour.
La horde cavale dans ce déluge de pattes, de sabots
De crins et de naseaux,
Cavalerie en furie d’une course infinie
Je suis un Appaloosa indompté et sauvage
Parmi de fiers coursiers
Tous de nobles races
Tapis multicolore des robes isabelle
Noire et blanche et cuivre
Grises et poivre et sel
Qui traverse les plaines
Jusqu’au bout de la nuit.

Mes Amies, voilà mon cap
Mes principes, mes idées
Mes bagages, mes sacs
Sont pleins et bouclés.
Je vais partir loin d’ici mes Amies,
Ne transformez pas l’ode en élégie
Et si par-dessus tout voyager ainsi je ne puis,
Je déploierai alors mes forces le mieux que je pourrai
Pour éviter les pièges parmi les plus enfouis.
Et si cette Terre est un morceau d’enfer
Je sais que dans un lieu caché
A l’abri des fournaises
Là où s’aiment Maître et Marguerite
Les poètes ont une vie éternelle.
Je pars loin d’ici
Muses, suivez-moi mes Amies.

Muses, où êtes-vous ?
Muses m’entendez-vous ?
Muses ?

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Là-bas où nous vivons est un inter monde
Depuis des années nous sommes les Belles Endormies
Tournées vers l’écoute des musiques du monde
Où des lieux de mystères font bouger l’infini.

Nous sommes liées à toi par un pacte cosmique
Ton appel lancé du profond puits de ta nuit
Fit danser des éclairs dans notre champ atomique.
Un vif faisceau de lumière du néant surgit
Disposant ses caresses aux portes de nos esprits.

Comme une goutte de lait
Dans notre vide éthéré
Un merveilleux souffle chaud
Perça notre horizon
Chargé de musc
Arôme de bière,
Amandes amères
Saveurs mélangées
Oh ! Cette houle
Pleine, lourde et profonde
Monte et descend
Des cimes cristallines
Aux abysses infinis
Vague après vague
Spasmes après spasmes
Tourbillon somptueux
Ivresse d’un manège magique
Vertige d’un voyage stellaire
Nuit irradiée
Eclair extatique
Chute verticale
Relâchement languide
Dilution
Chaleur, frissons
Mol abandon.

Tes anciens combats ne cesseront d’émouvoir
Celles qui découvrirent les courbes de ton odyssée
Nous faisant partager la rage de ton désespoir
Tes luttes éperdues contre les calamités.

Nous ne t’abandonnerons pas
Oui à tes cotés resterons
Averti du triste spectacle du monde
Tu partiras sur les terres, les mers
Et t’accompagnerons en fières sentinelles.

Au ciel nous pleurerons
Qu’il soit ton aquarelle
Au vent nous parlerons
Qu’il soit ta ritournelle
       
Et dis-nous maintenant vers où pointe ta boussole
Qu’on s’élance avec toi dans cette farandole.


Droit sur l’Orient et ses mille et une nuits. Oui ?


Oui !


Alors oui partons.

 

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Soleil caché survient
Rêves surpris vite s’enfuient
Ecoute le matin

Ton cri au loin
Je m’en vais vite
Souffle de la course

Un œil liquide
Offre un mouchoir
L’éclat du rire

La mer étale
Des êtres plongent
Le bruit de l’eau



*




Édouard Lecèdre, c’est, on l’aura compris, le voyageur à scrupules.  Il en est d’autres, d’autre sorte. Le tourisme – de masse, élitiste, sexuel, voire néocolonial – est devenu la deuxième industrie planétaire, après celle des armes. Tellement différente ? Et si tourisme il faut qu’il y ait... tourisme arrogant ou tourisme équitable ? Et, d’ailleurs... équitable comment ?

Dans son n°1 d’avril 2007, l’excellente revue Le Tigre mettait la question sur le tapis. Les bons textes, comme les bons vins, vieillissent bien. La preuve :



Tourisme équitable
Par Patrick Bernard

INTRODUCTION GÉNÉRALE DU TIGRE. Le point de vue de ces articles pourra prendre le lecteur à rebrousse-poil : tant mieux. Un journal n’est pas fait pour aller dans le sens du vent, dans une époque où il est de bon ton d’être ouvert aux autres cultures tout en les méprisant, et où acheter du café « commerce équitable » permet de se donner bonne conscience sur tout le reste. La démocratisation du voyage a mis des hommes « dépaysants » à portée de main. Tout le monde aurait envie de les voir « pour de vrai ». C’est une pulsion naturelle, de l’ordre de la sensation, de la fascination pour un « paradis perdu ». Mais une envie se réprime. La responsabilité de chacun est engagée. Voyager est un acte individuel. Décider de ne pas aller en certains lieux est un acte individuel. On ne s’improvise pas ethnologue en une semaine et avec une carte bleue.

Tout d’abord apanage d’individus qui souvent partaient sac à dos après avoir mûrement préparé leur voyage, le tourisme a été peu à peu récupéré par des agences spécialisées qui, à force de communication habile, ont réussi à se rendre incontournables. On a inventé dans la foulée l’écotourisme, puis l’ethnotourisme. On parle même aujourd’hui de tourisme équitable. Ces tours opérateurs et ces agences spécialisées qui s’attachent à entretenir une image d’originalité, à défendre une éthique voire une vraie vocation, se voient presque toujours bon gré mal gré entraînés dans la spirale de la rentabilité aux conséquences très souvent néfastes pour les communautés autochtones touchées par ce phénomène.

Quand l’écotourisme, l’ethnotourisme ou le tourisme équitable deviennent des affaires juteuses, alors les raisons s’égarent. Il ne faut pas se faire d’illusions, les circuits « discrets » d’aujourd’hui seront les autoroutes de demain. S’il s’agit au départ de commercer de façon minimaliste, en association ou en petite société, avec un nombre relativement réduit de touristes peu ou prou concernés et sensibilisés, l’objectif sera finalement d’exploiter au maximum le filon s’il paraît prometteur. Alors on se met à vendre de l’insolite, de l’inédit ou de l’aventure sans risque, de la femme girafe ou du Bushmen, du Massaï ou du monastère tibétain comme on proposerait n’importe quel produit de consommation.

L’éclat finissant de ces ultimes touches de couleurs exotiques attire la convoitise du voyagiste qui trouve là une nouvelle manne pour une clientèle qui a un jour rêvé de jouer à l’explorateur, et qui, comme par miracle, en échange d’un simple chèque, se retrouve prête à vivre son rêve clés en main, en toute sécurité, sans souci et en étant même assuré du steak-frites, de sa douche chaude et de son ballon de rouge quotidien.

Il y a les visiteurs, les peuples du Nord, et les visités, les peuples du Sud, ceux qui vendent, ceux dont on attend qu’ils donnent leur image, leur culture, leur âme. On effleure, on fait trop souvent le voyeur faute de n’être jamais voyageur, on vole des images, on viole des identités qu’on transforme en personnages folkloriques pour au bout du compte pouvoir dire : « J’ai fait l’Inde ou la Birmanie », et pourquoi pas « J’ai fait le pays Massaï ou les femmes girafes ». Les meutes de touristes remplacent peu à peu le voyageur solitaire. Les voyagistes ne s’en plaindront pas et encore moins les pays autoritaires ou totalitaires qui peuvent ainsi garder l’œil sur le touriste désormais bien canalisé derrière son guide officiel, tout en faisant main basse sur les devises générées au passage.

Ce tourisme-là s’introduit de façon de plus en plus brutale et massive dans les sociétés indigènes très fragilisées, et dont les traditions et la relation à l’autre sont aux antipodes des pratiques touristiques. Le concept de voyage organisé, autrefois limité à une clientèle de retraités attirés par le confort, un accompagnement culturel et surtout une sécurité maximale, est aujourd’hui en train de s’étendre à l’original, l’insolite ou l’inédit à tout prix. Les séjours organisés pour voir les derniers Bushmen sont malheureusement devenus presque banals.

Ces touristes-là ne voient pourtant généralement que l’apparence des peuples qu’ils visitent, leur manteau extérieur. Ils ne prennent conscience que très superficiellement des fondements de leur patrimoine culturel, de leur spiritualité, du sens profond des symboles et de l’âme collective qui régit toute société autochtone. Ils ne sont ni prêts, ni dans des conditions suffisamment favorables pour percevoir les signes qui s’offrent à eux.

Nos sociétés ont occupé les territoires des peuples autochtones, elles les ont dépossédés de leurs ressources naturelles, de leurs terres, les ont poussés à la conversion et réduit à néant leur spiritualité millénaire ; et voilà qu’en guise de coup de grâce nous envoyons nos touristes nourrir leur curiosité des couleurs finissantes d’un monde à l’agonie, comme s’il fallait se hâter de contempler les collections de ce musée à ciel ouvert avant qu’il ne soit remplacé par une galerie marchande. L’étape ultime avant la fin annoncée consiste à s’offrir des villages modèles, sortes de zoos humains où des figurants rémunérés reconstituent pour les touristes la vie rêvée d’autrefois. Ainsi ces villages Massaïs dédiés aux clients des safaris qui attendent l’explorateur en herbe aux portes des grandes réserves animalières, ou encore ce village Yagua du rio Napo qui, à la demande, n’hésite pas à se travestir en « yagua d’hier » mais peut tout aussi bien livrer du « Jivaro réducteur de tête ». Il suffit de remplacer les parures et de répéter les danses rituelles transformées pour l’occasion en piètres démonstrations folkloriques. Quand la tradition cède la place au folklore, alors on peut sans doute considérer que l’œuvre d’acculturation est arrivée à son terme. Ceci dit, on se demande parfois s’il ne vaut pas mieux encore que les touristes se précipitent dans ce genre d’endroits, plutôt que de les voir déferler dans les vrais villages qui ne sont jamais très loin. Malheureusement, avec le développement de l’ethnotourisme, il en restera toujours assez, grâce à ces agences bon ton, à s’aventurer en dehors des sentiers battus sur des chemins perdus qui, par voie de conséquence, deviendront très fréquentés eux aussi.

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Touristes visitant un village Ndébélé, en Afrique du Sud.
PHOTO Patrick Bernard, 2003



VILLAGES ZOO POUR LES KAYAN DE BIRMANIE
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Depuis plus de cinquante ans, les ethnies minoritaires de Birmanie, principalement constituées par les peuples montagnards qui représentent près de la moitié de la population totale du pays, sont les victimes de la dictature militaire qui contraint l’ensemble de la population à la soumission et au silence. Depuis quelques années, le régime birman semble vouloir profiter de la bienveillance des multinationales étrangères, et notamment de la compagnie pétrolière française Total, et des pays voisins comme la Thaïlande, pour développer le secteur touristique au mépris des droits les plus fondamentaux des peuples concernés.

Les investissements occidentaux en Birmanie dans les domaines énergétique et touristique contribuent à assurer la pérennité de la dictature en lui fournissant les moyens nécessaires à ses achats massifs d’armement qui lui permettent de maintenir la répression contre les populations civiles.

La politique d’ouverture au tourisme de la junte use sans scrupule de la contrainte sur la population, contrainte à des travaux forcés sur l’ensemble du territoire. Il s’agit là d’un véritable système d’esclavage mis en place par l’armée au service de la construction des infrastructures et au nettoyage du pays afin de le rendre « présentable ». La Birmanie et son régime militaire honni se doivent de montrer une façade lisse et respectable à ces hordes attendues de touristes avides des beautés de ce pays d’or et de lumière qui leur a été vendu comme l’un des plus beaux pays du monde.

Selon le nombre d’habitants que compte chaque village, les autorités décident du nombre de travailleurs forcés que celuici doit fournir pour une période donnée. Dans les villages des ethnies minoritaires, même les plus isolées, l’armée vient tous les mois ou tous les trimestres prendre des jeunes femmes et hommes. Ils sont emmenés sans ménagement comme porteurs sur les lignes de front ou utilisés à la construction des routes et des pistes dans les régions les plus hostiles.

La Birmanie est actuellement l’un des pays au monde où se pose de la façon la plus aiguë la question du tourisme et de ses effets inquiétants pour les populations subissant travaux, déplacements, et exploitation commerciale forcés.

Dans la région frontalière qui s’étire entre Thaïlande et Birmanie, non loin des camps où s’entassent des dizaines de milliers de réfugiés Karen, Shan ou Karenni qui fuient l’oppression de la junte militaire birmane, des acteurs peu scrupuleux de l’industrie touristique dans le Nord et l’Ouest de la Thaïlande ont multiplié les villages zoo. L’on y exhibe aux touristes pressés des tours opérateurs et des agences de trekking, contre un droit de visite, des familles entières issues des tribus les plus spectaculaires. Aux premiers rangs de ces tribus prises en otages, les familles Kayanes dont les femmes ont pour tradition — pour protéger l’âme de leur peuple — d’enserrer leur cou dans une longue spirale de laiton. Le chantage est sans ambiguïté : c’est accepter cette exhibition ou repartir en Birmanie à la merci des soldats de la junte.

Ces villages-zoos sont aujourd’hui répandus dans les régions de Mae Hong Sorn jusqu’à Thaton sur la rivière Kok, point de départ des nombreux trekking organisés dans les tribus montagnardes par les agences de Chiang Mai et des principales villes du nord de la Thaïlande. La plupart des touristes qui déferlent dans ces villages-zoos où sont exhibées les femmes au long cou ignorent tout du drame qui se joue à quelques kilomètres seulement, de l’autre côté de la frontière. Certains officiels thaïlandais se sont pourtant inquiétés de cette situation ambiguë. Poonsak Sunthornpanitkit, président de la chambre de commerce de Mae Hong Sorn, déclarait récemment dans un quotidien de Singapour : « L’exposition des Karen au long cou pour le plaisir des touristes pourrait nuire à la campagne de promotion du tourisme thaïlandais en cours, car la communauté internationale pourrait y voir une violation des droits de l’homme. » Certaines de ces femmes girafes sont aujourd’hui emmenées et exhibées dans les complexes hôteliers des principaux pôles d’attraction touristique du nord du pays, et jusqu’aux cités balnéaires de Pukhet ou Pattaya. Nous nous trouvons là face à l’un des excès les plus criants d’une forme d’ethnotourisme affligeante.

[  Articles parus dans la revue éditée par ICRA International : Ikewan (n°60, printemps 2006). ]

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Village Padaug – Thaïlande
      

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Ah, se faire photographier avec des femmes girafes !

 

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Safari ethnique en Thaïlande

 

Ces moeurs désinvoltes ne datent évidemment pas d’aujourd’hui. Ah, parlez-nous des expositions coloniales et du bon vieux temps...

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1901 – Amiens – Un village-zoo à l’exposition coloniale

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 1903 – Un autre, à Reims.

      

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         Quoi de mieux qu’un tour au zoo en famille,
                       les dimanches après-midi ?


Aujourd’hui que les expositions coloniales sont devenues politiquement incorrectes, on va voir ces drôles d’animaux humains sur place, chez eux. Dans leur élément naturel en somme, comme on s’en va en 4x4 dans les réserves d’animaux. Ainsi, en Afrique du Sud et malgré la fin de l’apartheid, les Township tours font fureur. Pittoresque de la misère colorée :


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Mais ne croyez pas que l’impériale Amérique soit en reste. Les réserves d’Amérindiens plaisent aussi beaucoup. Surtout depuis qu’une loi particulièrement bienvenue permet aux maffias des jeux d’y ouvrir des casinos affranchis des règlements qui énervent tant Las Vegas. Tourisme ethnique dans réserves-tripots... d’une pierre deux coups :

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Casino en réserve seminole

 

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Casino osage à Tulsa

 

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Un autre casino seminole


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À Pojoaque, Nouveau Mexique



*


Mais le casino des casinos, c’est le coeur de la finance :


New York
Septembre-octobre 2011



Édouard Lecèdre a connu le New York des folles années 70 et des années 80. Il a voulu y retourner, en voyage de noces, il y a quelque six ou sept ans. Quelle serait son impression, que ressentirait-il, si un petit génie l’y transportait aujourd’hui, en pleine occupation de « Vole Street » ? Il faudra qu’on le lui demande.



« On ne nous fera pas bouger » (1) :
Répression policière, mensonges officiels et pourquoi les « Occupons Wall Street » ont déjà triomphé. (2)

 

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Par Phil Rockstroh

Le 27 octobre 2011 – Information Clearing House


Jusqu’à ce que les récents événements aient prouvé le contraire, la surface hypercommercialisée de l’Amérique des affaires donnait l’impression d’être trop diffuse, trop privée de centre, pour constituer une menace d’excès totalitaires. Ces temps derniers, par la réponse violente qu’ont apportée aux protestataires d’O.W.S. les départements de police d’Oakland, d’Atlanta, de Chicago et d’autres villes des États-Unis, la nature répressive de notre fausse république commence à se révéler.

Derrière le visage paterne de l’establishment politique (acheté par les profits hypertrophiés de la classe pillarde), il y a les flics anti-émeutes, équipés et armés de tout l’attirail de l’oppression, qui sont prêts à appliquer sans états d’âme les diktats des bénéficiaires élitistes du statu quo. Depuis quelque temps, en fait comme en actes, l’état policier, acoquiné avec l’oligarchie économique néo-libérale, laisse voir au monde sa nature archi-autoritaire.

En général, exister dans la structure sociétale actuelle inflige à l’individu un fort sentiment d’atomisation, et les impressions d’aliénation, de vague malaise, d’anxiété flottante et d’anomie qui en découlent. La coercition est implicite et intériorisée.

Par sa nature banale et omniprésente, le système s’appuie, pour se perpétuer, sur le sens d’isolation de l’individu (et même sur son ignorance de l’existence de la structure). Bref, le système exploiteur continue d’exister, parce que ceux qui l’habitent sont privés d’autres modèles auxquels le comparer.

La pratique de la commune propre au mouvement O.W.S. fournit un modèle de comparaison. C’est précisément  pourquoi nous commençons à recevoir des informations comme celle-ci :

« Mardi 25 octobre 2011, l’Oakland Tribune rapporte que la police a fait une descente sur un campement local d’O.W.S. et l’a entièrement saccagé, après l’avoir déclaré “lieu de crime”. »

Ceci est révélateur du caractère des gens qui appliquent l’ordre actuel. Aux yeux des ceux qui détiennent le pouvoir dans un état policier, la liberté de s’assembler et la liberté d’expression sont des délits punissables.

C’est un fait que les personnalités autoritaires se vexent quand des citoyens expriment leur désapprobation des abus de pouvoir officiels et commencent à le faire savoir de manière efficace.

Trop de gens, aux États-Unis, se sont fait vendre la fiction que la nation était, est et restera une république démocratique. En laissant apparaître ses brutes et ses apologistes menteurs au grand jour, l’État est en train de se révéler dans toute sa hideur. C’est par là que tous ceux qui sont concernés pourront constater la vraie nature de l’état policier oligarchique, en place aux États-Unis.

Il est à souhaiter qu’il persiste le moins possible d’illusions sur la nature brutale, impitoyable, des forces contre lesquelles nous nous battons.

En outre, les actions policières qui répriment les protestations publiques sont des tactiques préméditées, dont le but est la suppression des droits de libre assemblée. L’objectif des agents du pouvoir, des politiques et de leurs hommes de main de la police est de prohiber le droit de contestation (théoriquement) garanti par la Constitution au point qu’il ne puisse être pratiqué.

Les dépossédés économiques et les membres des communautés minoritaires savent depuis fort longtemps ce que les O.W.S. endurent aujourd’hui aux mains du pouvoir et de ses sbires.

De leur côté, les policiers savent parfaitement qui sont ceux qu’ils sont chargés de protéger (et ce ne sont pas ceux qui désirent exercer leur droit de s’assembler et leur liberté de s’exprimer). Dans la plupart des cas, un policier ou une policière qui refuserait d’obéir à un ordre d’arrestation anticonstitutionnel commettrait un carrièricide, il/elle pourrait ramasser ses chances d’avancement sur le trottoir et les porter à la morgue sans passer par l’hôpital.

Êtes-vous prêts à  quitter les rives de votre zone de confort et à vous retrouver en prison pour la justice ?

Il est très rare que des réformes se produisent sans que les agitateurs des premières lignes soient arrêtés. Aucun pouvoir ne recule sans livrer bataille, sans essayer de réduire l’opposition par des brutalités et des emprisonnements arbitraires. Les puissants exigent que ceux d’entre nous qui attirent l’attention sur leurs excès et leurs crimes soient mis incontinent loin des yeux, loin du coeur.

De là vient qu’à Oakland, les medias commerciaux ont, à leur grande honte, détourné leurs caméras dès qu’ont débuté les violentes attaques policières et les arrestations de masse.

Êtes-vous pêts à risquer des blessures graves à votre corps et à votre réputation pour porter témoignage ? Le mouvement des O.W.S. survivra selon qu’il y aura ou non des corps par terre et des yeux fixés sur les voyous en uniforme.

Fidèles à eux-mêmes, les médias serviles proclameront à quel point les contestataires sont laids, en inféreront que les gens sensés, par simple bon goût et bienséance, doivent ignorer les appels des manifestants, qu’il faut que ces mécontents et ces excités se voient interdire l’accès au royaume du discours légitime, que ces intrus débraillés se cassent le nez sur des murs de silence.

Exister dans le monde, c’est se  mesurer à des murs. La manière dont on répond à ces barrières s’appelle caractère et art.

Beaucoup d’âmes courageuses ont affronté ce genre de murs.

Souvent, en jetant les yeux sur le mur bleu d’obtuse répression qui encercle le Parc Zuccotti, et en pensant aux autres sites O.W.S. du pays, je songe avec tristesse et nostalgie à tous les réprimés de la terre, à ceux qui, au cours du temps, ont dû faire face à des murs de haine aveugle, d’exploitation économique, de répression institutionnelle...

Je sympathise de tout mon être avec ceux qui ont dû affronter tant de murs d’indifférence suffisante, de honte intériorisée et de mensonges officiels, avec ceux qui se sont tenus, impuissants, devant l’âpre réalité de circonstances apparemment implacables. Je repense aux vies et aux oeuvres des musiciens de blues itinérants du Sud Profond des États-Unis et à la manière dont ils se sont colletés avec ces murailles à la fois de répression officielle et d’aveuglement collectif, de peur ignare et de haine, et comment ils ont fait, de ces murs de prison, l’architecture numineuse du Blues... comment ils ont, par leur alchimie, transmué les barrières qu’on leur opposait en technique de la guitare.

Les instruments de musique, tout comme le mot rencontrant le mètre chez un poète, sont à la fois une barrière et une sauvegarde, les limites du moi sont mises à l’épreuve, explorées, et, à travers efforts, échecs et moments d’allégresse, deviennent oeuvre d’ar, par leur confrontation et leur union avec l’instrument, les circonstances personnelles et le public.

Comme ceux qui sont en première ligne dans les campements d’O.W.S., des millions de gens dans l’histoire se sont trouvés face à des barrières apparemment infranchissables, à des murs de brutalité humaine, comme, par exemple, les lois Jim Crow (3), les brigades de tarés casseurs de syndicalistes, le mur d’apartheid sioniste, diverses polices secrètes et brutes publiques, mais il n’a jamais été, pour eux, question de laisser les salauds « leur faire faire demi-tour... »

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Si vous choisissez de résister à un pouvoir établi, lorsque vous vous retrouverez en face d’une autorité obtuse, votre coeur reconnaîtra du premier coup l’exercice, il vous guidera : sa trajectoire naturelle le porte vers la liberté. Soyez sans crainte, vous saurez quoi faire quand le moment arrivera, et vous acquerrez le savoir que tous vos prédécesseurs ont acquis avant vous dans leur lutte pour la justice...  ce savoir qui a fait monter dans leurs gorges, du plus profond de leur être, le cri « On ne nous fera pas bouger ».

Ceux qui pratiquaient le Delta Blues se sont heurtés à des murs d’oppression... à des murs de haine rageuse, et ils y ont répondu en passant au travers... pour habiter un paysage plus vivant, plus sonore, plus doté d’âme que leurs oppresseurs ne pourront jamais le croire possible. Ils ont occupé leurs propres coeurs et nous entraînent dans l’instantanéité du monde par leur victoire sur les circonstances pourries de leurs vies, en s’appropriant les barrières mêmes placées sur leur chemin par leurs tyrans et en transformant les critères de ces tyrans en architecture de l’âme.

Ceux qui savent cela ont déjà gagné... ils ont déjà triomphé.

Lorca a décrit la situation (qui se reproduit dans le mouvement O.W.S.) par sa théorie du «duende» (4). Son concept de duende révèle pourquoi les gens, confrontés à l’ordre ossifié d’un système inhumain, sont pris de la nécessité – on peut même dire mis au défi  – de refaire le monde sur de nouvelles bases, tandis que d’autres n’éprouvent que mortification, indifférence, résignation et hostilité.

Dans quelle direction vous entraîne votre âme ? « L’arrivée du duende suppose toujours un changement radical des formes sur de vieux schémas, elle apporte des sensations de fraîcheur totalement inédites, comme la qualité d’une rose soudain créée, par miracle, produit d’un enthousiasme presque religieux. » (Les Conférences de La Havane, Federico Garcia Lorca.)

Quand je vois la police harasser, arrêter et brutaliser ceux qui exercent leur droit de s’assembler, je suis pris d’un accès de rage... La rage monte en moi avec une fureur animale, me pousse à me battre avec bec et ongles, à saisir à la gorge ces intrus vicieux, venus violer le territoire du discours public authentique.

Ces temps derniers, au lieu de refouler la fureur qui montait en moi ou d’agir, porté par elle, je l’ai laissée inonder mon être. Le résultat est qu’alors ce flux de rage se transforme en une force puissante et pénétrante – une force qui enveloppe et démarque la géographie de mes convictions... jusqu’à me faire accepter, définir et défendre les contours de mon véritable moi.

Nous pouvons considérer la rage comme un ange de l’auto-définition, comme le protecteur de notre vraie nature et comme la source d’un pouvoir personnel : « je ne vais laisser personne me faire faire demi-tour... » (5).

Notre colère est vitale à notre existence ; c’est un cadeau précieux, c’est pourquoi il ne faut pas la gaspiller... pas la peine de la gâcher sur des tarés.

Quand la rage vous viendra, invitez-la à entrer, sa présence emplira votre chambre d’alacrité, et la hausse soudaine de vitalité qu’elle vous apportera vous permettra de pénétrer plus loin et plus profondément dans les régions inexplorées de votre âme.

À l’opposé, le monde des oligarques néolibéraux, de  la classe politique biface et des flics, a été remis en question. Ces gens sont habitués à n’en faire qu’à leur guise sur des masses complaisantes et complices. En cela, ils ne sont pas une exception, ce qu’ils sont et ce qu’ils font est universel. Le monde que nous connaissons (ou que nous croyons connaître) et que nous nous ingénions à maintenir, peut, de temps en temps, révéler un aspect de lui-même surprenant et difficile à contrôler, comme par exemple la contestation qui enfle à travers le pays, peut-être trop vaste et trop puissante pour être encerclée, parquée, gazée, menottée et emprisonnée en entier. L’altérité du monde semble tout à coup trop grande... elle est devenue une armée d’anges mécontents.

Un jour, j’ai vu un grand danois, sur la Seconde Avenue, qui tentait d’entrer en communion canine avec ses congénères. Pour montrer que ses intentions étaient bienveillantes, amicales, il s’aplatissait sur le trottoir, s’efforçant de rendre sa massive carcasse aussi petite que possible, allant même jusqu’à poser sa tête sur le béton... faisant tout ce qu’il pouvait pour donner l’impression de la soumission, même au plus petit des chiens qui l’approchait. En d’autres termes, pour agrandir son monde, il produisait l’illusion de la petitesse. Il ne réduisait pas son essence, il créait l’artifice de la petitesse, afin de pouvoir devenir plus grand que lui-même en élargissant son univers par son union avec l’altérité du monde.

Nous ne demandons pas que les flics s’aplatissent devant nous. Ce serait déjà bien qu’ils ne se hérissent pas autant. Pour grandir en présence les uns des autres, il nous faut nous rencontrer à hauteur d’yeux, même si l’un de nous doit descendre un peu de sa position habituelle de puissance et d’autorité.

Policiers, vos flingues, vos balles en caoutchouc, vos matraques, vos jets de poivre ... le menaçant mur bleu d’intimidation que vous dressez devant nous ne crée que l’illusion de la force. Si vous voulez vraiment devenir forts, rencontrez-nous sur ces trottoirs, sans étalage de pouvoir vide.


Traduit par Catherine L. pour
http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be



Source : http://www.informationclearinghouse.info/article29539.htm


___________________  

1. Allusion, évidemment, au célèbre We shall overcome (« Nous triompherons »).

2. We shall not be moved, est un ancien negro spiritual repris par le mouvement syndical américain des années 30 : chant de piquet de grève.
   
3. Lois racistes du Sud des États-Unis, appliquées de 1876 à 1964.

4. Un « duende », en espagnol, est un lutin, mais aussi un enfant malicieux, farceur, méchant ou capricieux. Rapporté au flamenco, « el duende » (littéralement "el dueño de casa") est cet état de transe, de génie, où l'inspiration vient facilement et où tout réussit avec virtuosité à l'interprète musicien, chanteur ou danseur ...

5. Ain't Gonna Let Nobody Turn Me Around, air traditionnel, chanté notamment par Joan Baez



Phil Rockstroh est un poète, parolier et barde philosophe qui vit à New York City. On peut le contacter à l’adresse phil@philrockstroh.com. Voir aussi son blog : http://philrockstroh.com/ .



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Entre Zuccoti Park et Foley Square

 

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Au coin de Wall Street et Broadway

 

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De l'herbe, oui, la rapacité, non !

 

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Un vétéran de la IIe Guerre Mondiale manifestant en déambulateur.

 

 

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Freedom Plaza : Nous sommes les 99 %.

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Occupy L.A. !  Une manifestante de 85 ans : Julia Botello

 

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Occupy Washington - Maison Blanche

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Occupy Oakland

 

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Délogement nocturne des protestataires d'Oakland

 

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Carte des occupations


VIDEOS


Délogement nocturne des OWS d’Oakland aux gaz lacrymogènes :
http://www.youtube.com/watch?v=bytMNoKNeRA&feature=related

25 octobre – manifestation pacifique dans les rues d’Oakland :
http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=47OO4Kl4pIY

Oakland : Violences policières et jets de poivre :
http://www.youtube.com/watch?v=C3YKjEkSjUU

Oakland : Violences policières contre foule pacifique
http://www.youtube.com/watch?v=y7apJx7TbRs

Tabassage d’une femme par la police d’Oakland :
http://www.youtube.com/watch?v=NwL7jCL88Tw&feature=related

27 octobre - Scott Olsen, vétéran de la guerre d’Irak gravement blessé à la tête par une bombe lacrymogène tirée à bout portant – la population d’Oakland réclame la démission du maire  :
http://www.informationclearinghouse.info/article29543.htm


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Envie d’ailleurs
                      et d’autres temps

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Mais savez-vous que - n’en déplaise aux globe-trotters et autres gens à bougeotte - on peut aussi voyager dans le temps ? (Ah, si on vous racontait nos virées dans la préhistoire !...)  C’est précisément ce que fait Aline de Diéguez, qui, elle, ne s’en tient pas là, car le temps est non seulement relatif mais élastique. Bref, elle poursuit son opus majeur Aux sources du chaos mondial actuel (IIe partie), dont le chapitre huit : «La légende dorée du sionisme » vient d'être mis en ligne, n’attendant que votre visite pour vous transporter à travers les siècles sur le tapis volant de l’Histoire explorée savamment, mais surtout avec conscience.

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

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19:32 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

LIVRES

LIVRES



Notre premier auteur-maison, d’aucuns s’en souviendront sûrement, fut Patrick Ledent, « écrivain liégeois ».

Un bonheur n’arrivant jamais seul, voilà que vient de sortir – c’est tout chaud - son deuxième recueil de nouvelles. Et vous savez quoi ? La nouvelle qui donne son titre au livre est précisément celle dont nous vous avions offert ici la primeur. C’est dire si nous sommes fiers.

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Patrick Ledent
À vos caddies !

Paris, Calliopées, 2011
252 pages






C’est tellement chaud que nous ne l’avons pas encore lu : il vient juste d’arriver. Qu’à cela ne tienne, les quatrièmes de couverture ne sont pas faites pour les chiens mais pour éclairer le lecteur et lui donner un avant-goût de ce qu’il y a à l’intérieur. Quand elles sont bien faites, elles vous collent une furieuse envie d’acheter le livre – pas le temps d’attendre les bibliothèques publiques ! - et de vous y plonger séance tenante, quitte à vous faire porter pâle à votre boulot .

Voilà ce que dit Calliopées :

Une balade dans un cimetière, un pamphlet au supermarché, des petites puces meurtrières, un ouvrier amoureux d’un poinçon, un restaurant fantastique, de la chimie un peu trop appliquée, un faubourg industriel, les tendres échos d’un bistrot, une tulipe pas comme les autres, un veuf radical, une nymphomane perverse, un tueur crépusculaire, une jeune recrue, un assassin dans la force du doute, le désespoir au lac Saint-Jean, un tour au casino, et pour finir… retour au cimetière et du boulot pour tout le monde !


À part ça, on peut vous dire, parce qu’on en est sûrs, que derrière le masque du cynisme, il y a de la fureur, voire du désespoir, mais qu’il y a aussi du fantastique, de la poésie, de l’imagination – ô oui ! -, un humour très particulier, de la tendresse, qu’il faut bien chercher parce qu’elle se cache, le désarroi de tout honnête homme par les temps qui courent, et beaucoup de générosité, dissimulée sous le ricanement de celui à qui on ne la fait pas.

Pour nous faire pardonner de vous parler d’un livre avant de l’avoir lu, nous allons – une fois n’est pas coutume - faucher ses quelques mots de critique à André Stas.
[ Stas, pour ceux qui l’ignorent, est un écrivain aussi (mais pas que), liégeois aussi, mais de Spa, et sa chronique des livres à l’emporte pièce, appelée Stas Academy, tient à la fois de celle du Cavanna mythique - celui de Charlie d’avant l’OTAN, Val et Parkinson – et de celle du Godin de Siné Hebdo. C’est dire si on a intérêt à la lire.]


« Il faut bien causer un peu de littérature. On appréciera d’abord, et vivement, À vos caddies !, un très époustouflant recueil de nouvelles de Patrick LEDENT (chez Calliopées). C’est mieux que bien de bout en bout et ça donnerait envie de voir cet écrivain liégeois plutôt doué oser s’attaquer pour de bon à un roman. Toutes ces histoires bien torchées, excellemment servies par un style qui en est un, vont longtemps vous trotter en tête, croyez-moi. C’est bien simple : je n’échangerais pas un Patrick Ledent contre dix Beigbeder ! » ( C4, Octobre 2011 )


Eh bien, là, on a une longueur d’avance, car non seulement Patrick Ledent s’est attaqué pour de bon à un roman, mais nous l’avons lu en tapuscrit, et sans rien dévoiler pour ne pas nous fâcher avec son éditrice, nous pouvons dire que cet essai est un (joli) coup de maître et qu’il y a intérêt à ce qu’il sorte le plus rapidement possible et à ce qu’on le trouve dans toutes les bonnes librairies. Les auteurs, vous savez ce que c’est : certes ils écrivent surtout pour le plaisir d’écrire, mais ils aiment aussi être lus, savoir si le public s’intéresse, comprend ce qu’ils ont voulu dire, tout ça. Tant qu’ils ne sont pas sûrs, ils se rongent, il y en a même qui s’arrêtent d’écrire (style « à quoi bon ? »). Là, ce serait vraiment dommage. Oui, c’est un polar. Liégeois à n’en plus pouvoir. À la croisée d’improbables chemins entre Pieter Aspe et Frédéric Dard, avec un zeste de Harry Matthews et, mais oui, un chouia de Desproges. Mais surtout, c’est très personnel, l’écoeurement toujours tapi sous le joyeux sarcasme, écrit sur un ton qu’il est très difficile de tenir de bout en bout et qu’il tient. Pourvu qu’il en écrive d’autres avant que les plus décatis d’entre nous déménagent dans la prairie Marie-Jeanne !



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L’auteur, grand voyageur lui aussi,
À pied, jamais à cheval, peu en voiture,
énormément en train, et tous les autres
jours à moto.

 



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Puisqu’on est dans les voyages – voire le Voyage – et bien que ces deux auteurs soient morts, leurs livres sont plus verts et plus vifs que jamais. Pour rappel :


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Nicolas Bouvier
L’Oeil du voyageur
Paris, Hoëbeke, 2008
120 pages





 

En 1953, Nicolas Bouvier quitte l’université et part pour un long voyage sans idée de retour : destination Ceylan. Accompagné d’un ami, le peintre Thierry Vernet, il s’embarque à bord d'une Fiat Topolino; dans le coffre de la minuscule voiture : un magnétophone, les Essais de Montaigne, une machine à écrire et un appareil photo.
Trois ans de voyage qui le conduiront en Yougoslavie, Turquie, Iran, Kurdistan, Pakistan, Afghanistan pour s’achever en Inde et à Ceylan. De ce voyage, il ramènera un livre L'Usage du monde, un livre-clé diront certains, culte diront d’autres. Un livre initiateur en tout cas qui conduit le lecteur au coeur d’une dérive personnelle autant qu’au centre des pays parcourus.
Nicolas Bouvier découvre par les hasards de la vie le métier de «chercheur d'images» qu’il épouse aussitôt ; il fera ainsi ses débuts de photographe dans ce voyage entre les Balkans et l’Inde. C’est au cours de ce périple que son oeil s'aiguise et qu’il confirme sa maîtrise de cet art.
Cet album regroupe l’ensemble de ses photographies prises pendant le voyage de L’Usage du monde, entre 1953 et 1955, photographies accompagnées de textes souvent inédits.
Nicolas Bouvier est considéré comme le plus grand écrivain-voyageur de notre temps, et fait l'objet d’un véritable culte. Beaucoup de jeunes écrivains se revendiquent de lui et certains ont refait le voyage mythique de L'Usage du monde sur sa trace.
En 2008, pour le dixième anniversaire de sa mort, de nombreux hommages lui ont été rendus, et notamment au festival des Étonnants voyageurs, du 10 au 12 mai, à Saint-Malo.


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Nicolas Bouvier
L’Usage du monde
Dessins de Thierry Vernet

Paris, Payot, 2001
Collection : Petite bibliothèque Payot – Voyageurs
418 pages

 

 

 

"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."

Sa lente et heureuse dérive dans les années 1953-1954 entre Genève et le Khyber Pass en compagnie du peintre Thierry Vernet a inspiré ce livre d'un flâneur émerveillé à Nicolas Bouvier (1929-1998), « un voyageur d'une espèce rare, comme Segalen et Michaux » (Jacques Meunier).


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Nicolas Bouvier – Thierry Vernet
Correspondance des routes croisées – 1945-1964

Genève, Zoé, 2010
1800 pages


 

 

" La vie est tellement incandescente. Ici comme là-bas. Vieux frère je te lance un grand pont. " Ces propos de Vernet à Bouvier du 17 août 1955 traduisent l'intensité d'une relation faite de passion et de fraternité. Depuis l'âge du collège, Nicolas Bouvier (1929-1998) et Thierry Vernet (1927-1993) ont rêvé ensemble d'accords majeurs avec le monde, par le voyage et par la création. L'un devient écrivain, l'autre peintre : en mots et en images, ils diront ce que l'on ne peut connaître qu'une fois. De Cologny à Paris, de Kaboul à Colombo, de Tokyo à Genève, leur correspondance est un fil tendu entre deux vies mises en commun. Nourrie de l'expérience de la route, elle exprime aussi la beauté d'une aventure humaine, celle d'une amitié indéfectible.
__________________ 


La Correspondance des routes croisées réunit en cinq parties l’ensemble des lettres que s’écrivent Nicolas Bouvier et Thierry Vernet dès l’âge de 16 et 18 ans jusqu’au moment de la parution de L’Usage du monde chez Julliard en 1964.
« Viendras-tu aux Indes avec moi ? », « Par des chemins différents », « Est-ce toi ou moi qui suis loin ? », « Un petit peu de courant dans ce fil qui nous lie», « Comme un conte le livre du monde » désignent cinq temps de l’échange, depuis les années au Collège de Genève jusqu’à la publication de l’œuvre commune à Paris.
Les connaisseurs de l’œuvre de Bouvier vont retrouver dans ses lettres l’humour, la finesse et l’élégance qui le caractérisent. Ils découvriront aussi le « compagnon voyageur » si présent dans L’Usage du monde : la plume de Vernet, exubérante, communique l’intensité du désir de la route.
Si ce livre est l’histoire d’une amitié, il est aussi celui des sentiers de la création puisque Bouvier et Vernet, dès l’adolescence, ont choisi sans réserve de vivre pour les mots et les couleurs. Les fervents de Nicolas Bouvier pourront, grâce à cette correspondance, entrer de plain-pied dans l’atelier de l’écrivain au cours des grandes années de ses voyages en Orient. (« Etonnants voyageurs »)



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On s’en voudrait de le passer sous silence, ce Festival des Étonnants voyageurs, fondé en 1990 par Michel Le Bris et quelques autres, qui se déroule tous les ans, au mois de mai, à Saint-Malo. Le prochain se tiendra, qu'on se le dise, du 26 au 28 mai 2012.

Une visite à leur site s’impose :
Etonnants-Voyageurs
www.etonnants-voyageurs.com/
Festival international du livre et du film à Saint-Malo.

 


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Quelques-uns de nos canards de chevet...


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Le magazine C4, né en 92, à Liège, au sein de l’asbl « Cirque Divers », est aujourd’hui un bimestriel tiré à 3500 exemplaires et distribué dans toute la Communauté francophone de Belgique. Il est publié par l’asbl « D’une certaine gaieté », association d’éducation permanente et pluridisciplinaire pour qui la culture est non seulement un champ d’action mais un matériau à partir duquel se questionner et (faire) réfléchir.

(Pour les étrangers qui ne sont pas d’ici, C4 est le n° du formulaire que reçoivent les gens qui se font lourder. À remettre à l’ONEM (Office National de l’Emploi) qui est l’ANPE belge.  N.d.CL)

Qui collabore à C4 ? Des chômeurs/ses. Des intérimaires. Des CDT*D (* très ). Des étudiants/tes. Des journalistes fraîchement diplômé/e/s. Des photographes. Des licencié/e/s en commu’. Des bédéistes. Des touche-à-tout. Un pêle-mêle de gens entre 20 et 40 ans ayant en commun, au-delà de la nécessité de boucler les fins de mois avec des piges, le désir d’un espace de sociabilité et d’expression. Une zone ouverte où l’on puisse échanger des points de vue, inventer et expérimenter de nouvelles façons de regarder et de dire le monde.

On le trouve ici : http://c4.certaine-gaite.org/

Oui, bon, nous avons un faible pour la rubrique Stas-Academy, mais on lit aussi les autres pour ne pas mourir idiots. Quant aux recettes d’Antoine Pichault... ah, la la.


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Le Galopin est publié à Spa (Belgique). Ce sont les Éditions Galopin qui ont créé cette revue (ne se sont pas foulés pour trouver un titre), qu’anime principalement le Stas mentionné au moins deux fois plus haut parce qu’il a presque tous les talents (et encore, vous n’avez pas entendu chanter sa femme). Comme si ce n’était pas suffisant, il n’y a là-dedans que du beau monde.

Le Galopin existe en version papier, à laquelle on peut s’abonner, et en version électronique, qu’on peut télécharger.

Allez-y donc voir. C’est là : http://www.galopin.info/home/journal.php


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Ne sont pas des inconnus pour vous : nous vous en avons déjà parlé sur ce blog. Ils sont toujours et même plus que jamais d’attaque. Et leur n° 6 est déjà vieux d’un mois, car nous sommes en dessous de tout.

Là aussi, vous pouvez vous abonner ou tout lire en ligne. Il y a des gens qui ne sauront jamais comment s’enrichir...

Courez-y, c’est là :

Quatre mensonges, une seule solution !


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Le Tigre
74 rue du chateau d'eau
75018 Paris
Tél. 01 44 75 00 17
tigre@le-tigre.net

Magazine en couleurs, de 84 pages, sans publicité.

 

Le Tigre a été hebdomadaire en 2006, mensuel en 2007, bimestriel en 2008-2009, quinzomadaire en 2010. Après un numéro intitulé « Pourquoi faire un journal ? » publié en septembre 2010, Le Tigre a suspendu sa parution. Quelques péripéties plus loin (racontées sur son site), Le Tigre redevient mensuel. C’est le cinquième. Comme la République.

Ils en sont au n° 11 (celui du 20 octobre)

Sachez que deux jours avant la sortie de chaque numéro, les animateurs de ce «curieux journal curieux » se retrouvent avec leurs lecteurs, autour d’un pot. Pour y être conviés, il faut vous abonner à leur lettre d’information.

Et pour voir à quoi il ressemble, c’est ici : http://www.le-tigre.net/



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RdL - La Revue des Livres
31, rue Paul Fort
75014 Paris
Tél. 01.45.41.23.33
www.revuedeslivres.fr

Rédaction :
info@revuedeslivres.net

RdL, la Revue des Livres est un magazine bimestriel de critique politique, sociale et culturelle, ancré à gauche, qui entend discuter et diffuser les nouvelles pensées critiques et les recherches les plus innovantes – en rupture avec le prêt-à-penser des imaginaires sociaux et politiques établis –, notamment en philosophie, sciences sociales et histoire.

RdL, la Revue des Livres est lancée par l’équipe élargie de l’ancienne RILI, Revue internationale des livres et des idées.

Ils en sont au n°1 (septembre-octobre 2011). Tout ce qu’on peut vous dire, c’est qu’il donne envie de lire les autres.


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LANGUE


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À propos des premiers « euh...euh... » du probable prochain Président de la République, Monsieur Manuel de Dieguez vient de mettre en ligne un très savoureux dialogue entre un bien improbable étudiant et Monsieur Alain Rey. Ne nous privons pas de ce plaisir de choix :



Le retour du fléau des e e e e e e e - Un dialogue imaginaire avec M. Alain Rey

Manuel de Dieguez
Dimanche 30 octobre 2011

Les linguistes s'interrogent sur l'origine du fléau mystérieux qui, aux environs de 1980, avait frappé soudainement et de plein fouet la langue française à l'exclusion de toute autre dans le monde et l'avait ravagée un quart de siècle durant. Pourquoi la maladie avait-elle non moins inexplicablement disparu aux alentours de 2008 pour redoubler ses assauts aujourd'hui ?

( Lire la suite... )


Pour (tout) le reste, voir son site  :  http://www.dieguez-philosophe.com/

Et puis, pendant qu’on y est : http://www.blogg.org/blog-11989.html Blog de Jean-Luc Pujo.


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Du coup, nous avons (votre servante a) relu ceci, qui date d’un an, mais dont on ne se lasse pas.


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Marc VAILLANCOURT
L’honneur manque de bras

Sens, Obsidiane, Novembre 2010
Collection « Les placets invectifs »
http://perso.numericable.com/editions-obsidiane/

82 pages


Né en 1952 au Québec où il vit, Marc Vaillancourt est astro-physicien de formation. Il pratique les mathématiques, le grec et le latin avec la même passion que la littérature qu'il connaît sur le bout des doigts, tant comme lecteur que comme écrivain (il a publié une vingtaine d'ouvrages dans différents genres : poésie, romans, essais et pamphlets). C'est ce genre qu'il illustre ici dans L'honneur manque de bras, ouvrage qui fait écho aux Feuilles de la sybille (2002) et Au poil et à la plume (2004) - livres qui lui valurent à la fois l'admiration et la détestation de ses contemporains ! Vaillancourt fustige sans relâche et avec beaucoup d'ironie les travers de l'époque et, principalement ceux du monde littéraire qu'il juge inculte, compromis et couard ! Mais, et c'est peut-être l'exilé en terre majoritairement anglophone qui parle, il s'insurge contre le mauvais sort fait à la langue française ; raison pour laquelle ses aphorismes et autres réflexions sont enrichies de références classiques, de rappel à la règle et même de propositions lexicographiques qui permettent d'échapper à l'anglomanie courante... Sa posture est d'autant plus imparable qu'il connaît l'histoire et les ressorts de sa langue, et qu'il se tient à l'écart des modes...

Bribes :

Et au train où vont les choses, le vocable gihaille, du Yankee G.I. va désigner avant longtemps, dans toutes les langues civilisées, une brute cupide et sanguinaire, un violeur, un assassin à gages, un ennemi acharné du genre humain.

Je francise, j’affranchis, je franchis, je m’affranchis
Voltaire écrit spline pour spleen, Jules Romains stiple pour steeple, Queneau vinquande pour week-end. (Audiberti, qui fait tout mieux : findesem.) Imitons-les.

Tres linguae
À l’époque de Rabelais on étudiait dans les collèges les tres linguae : l’hébreu, le grec et le latin. C’est ainsi que le nom, si on peut dire propre de la Dive Bouteille est Bacbuc ; de l’hébreu baqbouc, bouteille, flacon. On était sorti du Moyen Âge, où nous rentrons la queue entre les jambes, en attendant l’hégémonie finale du Basic English et la paix des cimetières.


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Et pour finir, un


Petit glossaire de charabia moderne


Trouvé sur un blog merveilleux, à visiter absolument par ceux qui ont l’âme voyageuse.

 

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À consommer, ici, sans modération :
http://mosalyo.wordpress.com/2011/09/19/petit-glossaire-de-charabia-moderne/


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Fermé temporairement pour cause de déménagement de notre webmaîtresse.

 

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À bientôt !



 

Mis en ligne par Catherine
pour tout l’équipage, le 7 novembre 2011



15:17 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/10/2011

La curée

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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervelle sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler ;
(CHOEUR) :
Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !



LA CURÉE

Résumé de ce qui précède...
... et conclusions tirées par quelques personnes honnêtes



Aujourd’hui que le but véritable de ces 216 jours de boucherie est atteint, tous se vantent d’avoir – eux et personne d’autre – occis Kadhafi. Les Français d’abord, qui claironnent leur part de « responsabilité » dans la (fermons les yeux et essayons de visualiser... la République Française imposant par le meurtre de masse la monarchie à une république et la shar’ia à un état laïc... waw !) liquidation d’un chef d’état prisonnier de guerre, suivis de près par les Américains, antériorité dans le génocide obligeant, eux-mêmes suivis par les Anglais, qui se targuent du rôle joué par leurs forces spéciales – vous savez, les fameux SAS -  qui ont, maintenant on peut le dire, « encadré sur place, à Syrte, les forces du Conseil National de Transition et organisé la coupure des voies de retraite possibles pour Kadhafi et ses hommes ». Pourquoi en douter ? Depuis la révolte des Cipayes et même avant, on les savait capables de tout. Bien placé aussi le Qatar, état arabe comme on sait, et démocrate à n’en plus pouvoir. Il n’y a pas jusqu’à l’Allemagne, qui ne revendique sa part du meurtre Mais pourquoi diantre l’Allemagne s’accuse-t-elle d’un crime qu’elle ne peut pas avoir commis ? Eh, c’est que l’heure de la curée est venue et qu’il importe d’avoir les mains tachées de sang si possible jusqu’aux aisselles, pour pouvoir revendiquer une part conséquente du gâteau. Sans oublier la cerise qui le surmonte : ces fameux 1.700.000 Euros promis à qui capturerait le gibier mort ou vif, car il n’y a pas de petits profits.

Et c’est bien « mort » qu’il le fallait. Claude Angeli explique pourquoi et comment en page 3 du Canard enchaîné de cette semaine :

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KADHAFI CONDAMNÉ À MORT PAR WASHINGTON ET PARIS
Claude Angeli.
Mercredi 26 octobre 2011

Obama et Sarkozy ne voulaient pas qu’il s’en sorte vivant. De crainte qu’il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale.

Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.

Depuis quelques jours d’ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.

Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisée par un officier du CPCO, « traiter le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n’échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard? ».

Hypocrisie internationale.

À l’Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l’un de ses fils s’étaient réfugiés à Syrte, avec gardes corps et mercenaires (ou résistants Libyens). Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur. Ce qu’il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l’étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d’ailleurs pour évoquer l’« élimination physique » du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l’Élysée, s’il faut en croire un conseiller du Président.

« La peine de mort n’était pas prévue dans les résolutions de l’ONU qui ont permis à l’OTAN d’intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d’un procès devant la Cour pénale internationale, « ce nouvel ami de l’Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres. Voir plus grave, ne sait-on jamais? ».

Le 20 octobre à 8 h 30 du matin, l’objectif allait être atteint. Trois avions de l’OTAN s’approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui large deux bombesGBU-12 de 225 kilos guidés au laser. Bilan : 21 véhicules détruits et Kadhafi seulement blessé.

Soupirs de satisfaction.

Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L’histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande, Allah Akbar, à pleins poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d’autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».

On connait la suite, quelques images de ce lynchage suivi d’une exécution par balle sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n’est pas la fin de l’histoire, car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man’s land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction que Kadhafi ne serait jamais la vedette d’un procès international.


*


Or donc, puisque nous avons tous tué Muammar Kadhafi un peu plus et un peu mieux que les autres, comment avons-nous fait et qui nous départagera dans la course au butin ? Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire, non ? Et les vainqueurs, c’est nous. Alors, allons-y Folleville.

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À vaincre sans péril,
On triomphe sans gloire.





Qui a vraiment tué Kadhafi ?
Ce « killer » de Las Vegas venu de Sicile.
par Manlio Dinucci
Il Manifesto – 22 octobre 2011


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The Telegraph : 

« Comment l’OTAN a poussé le raïs dans les mains des militaires islamistes de Misrata. »



Les images de Kadhafi lynché et tué par une foule féroce de miliciens ont été diffusées à l’échelle mondiale, pour démontrer qu’en Libye il s’est agi d’une rébellion populaire qui s’est terminée par le renversement de l’odieux dictateur. Version simpliste, appartenant aux puissantes « armes de distraction de masse » utilisées dans l’opération Protecteur Unifié.  Toute autre est la réalité qui vient au jour, comme le montre la reconstruction documentée des événements faite le 21 octobre par le quotidien britannique The Telegraph.

Après avoir joué un rôle clé dans la conquête de Tripoli, les agents de la Cia et du service secret britannique MI6, qui opèrent sur le terrain en Libye, se sont concentrés sur la chasse à Kadhafi, qui avait échappé aux bombardements massifs de l’OTAN. Tandis que les drones et autres avions espions, dotés des appareils les plus sophistiqués, survolaient jour et nuit la Libye, des forces spéciales étatsuniennes et britanniques passaient au crible la zone de Syrte, probable refuge de Kadhafi. Celui-ci a été obligé, ces dernières semaines, de rompre le silence téléphonique, en utilisant un portable peut-être de type satellitaire. La communication a été interceptée, confirmant sa présence dans la zone.

Quand un convoi de plusieurs dizaines de véhicules est sorti de la ville, il a immédiatement été repéré par les avions espions : un Rivet Joint étasunien (qui peut repérer l’objectif à 250 Kms de distance), un C160 Gabriel français et un Tornado Gr4 britannique. A ce moment là, un drone Predator étasunien, qui avait décollé de Sicile et télécommandé via satellite depuis une base proche de Las Vegas, a attaqué le convoi avec de nombreux missiles Hellfire. Même si cela n’est pas spécifié, il s’agit d’un des Predator MQ-9 Reaper déployés à Sigonella (Sicile), où se trouve le personnel affecté à l’approvisionnement et à la manutention, et conduits par un pilote et un spécialiste des senseurs, tous deux assis à leur console aux Etats-Unis, à plus de 10mille Kms de distance. Le Reaper, en mesure de transporter une charge guerrière d’une tonne et demi, est armé de 14 missiles Hellfire (« feu d’enfer ») à tête antichar, explosive à fragmentation ou thermobarique. Immédiatement après, le convoi a été frappé aussi par des chasseurs bombardiers français Mirage-2000 avec des bombes Paveway de 500 libbres et des munitions de précision Aasm (Armement Air-Sol Modulaire), elles aussi à guidage laser. Cette attaque a été décisive pour la capture de Kadhafi.

Ces faits démontrent que, en réalité, c’est l’OTAN qui a capturé Kadhafi, en le poussant dans les mains de miliciens musulmans de Misrata, animés d’une particulière haine à son égard. Et que c’est l’OTAN qui a vaincu cette guerre non seulement en larguant sur la Libye 40-50mille bombes en plus de 10mille missions d’attaque, afin d’ouvrir la voie aux « rebelles », mais en infiltrant en territoire libyen services secrets et forces spéciales pour réaliser et diriger les opérations de guerre. Le plan  -décidé à Washington, Londres et Paris- était d’éliminer Kadhafi, qui dans un procès public aurait pu révéler des vérités incommodes pour les gouvernements occidentaux. Il n’est donc pas exclu que parmi la foule de miliciens hurlants, derrière le « jeune homme au pistolet en or » à qui on attribue le meurtre de Kadhafi, il y avait bien plus d’experts killers de profession.


 Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Sources :

Il Manifesto :
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20111022/manip2pg/02/manip2pz/312006/

AlterInfo :
http://www.alterinfo.net/Le-killer-de-Las-Vegas-venu-de-Sicile-Qui-a-vraiment-tue-Kadhafi_a65500.html


*

Tout le monde y va de son commentaire : triomphalisme d’une indécence rare, même par les temps qui courent, chez les médiaputes, indignation nauséeuse chez les autres... Dans cette dernière catégorie, tous les grands noms sont au rendez-vous. Nous n’en cueillerons que quelques-uns, il vous faudra, chers internautes, aller chercher ceux que nous n'avons pas pu embarquer, dans leurs endroits habituels. Commençons par une jeune femme qui a bien des choses à dire :





Lizzie Phelan : «La guerre contre la Libye est une guerre contre l'Afrique»

 

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De retour au Royaume-Uni, après plusieurs mois passés en Libye où elle a couvert les crimes de guerre de l’OTAN et les mensonges des médias atlantistes, la journaliste Lizzie Phelan continue de se battre pour la vérité et la justice, et pour le peuple libyen. Son témoignage ci-dessous est un exemple saisissant de son engagement.

Lizzie Phelan a passé ses derniers jours en Libye - où elle était correspondante de PressTV - prise au piège dans l’Hôtel Rixos avec Thierry Meyssan, Mahdi Nazemroaya et deux autres membres de l’équipe du Réseau Voltaire.

Wikipedia lui fait l’honneur de la censurer.


*


Sur la déchéance de l’Occident, Thierry Meyssan pose, à son habitude, le diagnostic sobre et précis qui s’imposait. Les faiblesses et les erreurs du bouc émissaire n’y sont pas omises. C’est ce qui ressemblera jamais le plus à la justice qui lui est due.


Le lynchage de Mouammar Kadhafi


par Thierry Meyssan

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La mort de Mouammar el-Kadhafi a été saluée par une explosion de joie dans les palais gouvernementaux occidentaux à défaut de l’être par le peuple libyen. Pour Thierry Meyssan, cet assassinat militairement inutile n’a pas été perpétré par l’Empire uniquement pour l’exemple, mais aussi pour déstructurer la société tribale libyenne.

Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 20 octobre 2011

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Durant 42 ans, Mouammar el-Kadhafi a protégé son pays du
 colonialisme occidental. Il rejoint aujourd’hui Omar al-Mokhtar
 au panthéon des héros nationaux libyens.



Jeudi 20 octobre 2011, vers 13 h 30 GMT, le Conseil national de transition libyen a annoncé la mort de Mouammar el-Kadhafi. Bien que confus, les premiers éléments laissent à penser qu’un convoi de voitures a tenté de quitter Syrte assiégée et a été bloqué et partiellement détruit par un bombardement de l’OTAN. Des survivants se seraient mis à l’abri dans des canalisations. M. Kadhafi, blessé, aurait été fait prisonnier par la brigade Tigre de la tribu des Misrata qui l’aurait lynché.

Le corps du « Guide » de la Grande Jamahiriya arabe socialiste n’a pas été conservé dans sa ville natale de Syrte, ni transporté à Tripoli, mais acheminé comme trophée par les Misrata dans la ville éponyme.

La tribu des Misrata, qui a longtemps hésité à choisir son camp et est quasi absente du CNT, aura finalement investi Tripoli après son bombardement par l’OTAN, et aura lynché Mouammar el-Kadhafi après le bombardement de son convoi par l’OTAN. Elle aura même transféré son corps dans sa ville pour marquer son triomphe. En juillet, le « Guide » aura maudit les Misrata, leur enjoignant de partir à Istanbul et Tel-Aviv, faisant allusion au fait que leur tribu est issue de juifs turcs convertis à l’islam.

Un flot de commentaires préparés à l’avance a été déversé instantanément par les médias atlantistes visant à diaboliser Mouammar el-Kadhafi et, de la sorte, à faire oublier les conditions barbares de sa mort.

Les principaux dirigeants de la Coalition ont salué la mort de leur ennemi comme marquant la fin de l’opération « Protecteur unifié ». Ce faisant, ils admettent implicitement que celle-ci ne visait pas à mettre en œuvre la Résolution 1973 du Conseil de sécurité, mais à renverser un régime politique et à en tuer le leader, alors même que l’assassinat d’un chef d’État en exercice est interdit en droit états-unien et universellement condamné.

De plus, le lynchage de Mouammar el-Kadhafi montre la volonté de l’OTAN de ne pas le déférer à la Cour pénale internationale qui n’aurait pas été plus en mesure de le condamner pour crime contre l’humanité que le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie ne put prouver la culpabilité de Slobodan Milosevic malgré deux ans de procès.

Dans le torrent de boue déversé par les médias atlantistes pour salir sa mémoire, reviennent en boucle des accusations mensongères, ce qui montre a contrario que ces médias disposent de peu d’éléments authentiques utilisables à charge.

Ainsi revient l’affaire de l’attentat contre la discothèque La Belle à Berlin (5 avril 1986, 3 morts), jadis utilisée comme prétexte par l’administration Reagan pour bombarder son palais et tuer sa fille (14 avril 1986, au moins 50 morts). À l’époque, le procureur allemand Detlev Mehlis (celui qui truquera deux décennies plus tard l’enquête sur l’assassinat de Rafik el-Hariri) s’appuya sur le témoignage de Mushad Eter pour accuser un diplomate libyen et son complice Mohammed Amairi. Cependant, la télévision allemande ZDF découvrira plus tard que Mushad Eter est un faux témoin et un vrai agent de la CIA, tandis que le poseur de bombe Mahammed Aamiri est un agent du Mossad [1].

Ou encore, l’affaire de l’attentat de Lockerbie (21 décembre 1988, 270 morts) : les enquêteurs identifièrent le propriétaire de la valise contenant la bombe et son retardateur sur la foi du témoignage d’un commerçant maltais qui avait vendu un pantalon se trouvant également dans la valise piégée. La justice écossaise mit alors en accusation deux agents libyens Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Al Amin Khalifa Fhimah et le Conseil de sécurité prit des sanctions contre la Libye. En définitive, pour obtenir la levée des sanctions, la Libye accepta d’extrader ses deux agents (le premier fut condamné à la prison à vie, le second fut innocenté) et de payer 2,7 milliards de dollars d’indemnités, tout en persistant à proclamer sa complète innocence. En définitive, en août 2005, un des chefs d’enquête écossais déclara que la pièce à conviction principale, le retardateur, avait été déposé sur les lieux par un agent de la CIA. Puis l’expert qui avait analysé le retardateur pour le tribunal admit l’avoir lui-même fabriqué avant que la CIA ne le dépose sur les lieux. Enfin, le commerçant maltais reconnu avoir été payé 2 millions de dollars pour porter un faux témoignage. Les autorités écossaises décidèrent de réviser le procès, mais l’état de santé d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi ne le permit pas.

L’actuelle campagne de désinformation comprend aussi un volet sur le train de vie décrit comme somptueux du défunt et sur le montant pharaonique de sa fortune cachée. Or, tous ceux qui ont approché Mouammar el-Kadhafi, ou simplement ceux qui ont visité sa maison familiale et sa résidence après leur bombardement peuvent attester qu’il vivait dans un environnement comparable à celui de la bourgeoisie de son pays, bien loin du bling bling de son ministre du Plan, Mahmoud Jibril. De même, aucun des États qui traquent la fortune cachée des Kadhafi depuis des mois n’a été en mesure de la trouver. Toutes les sommes significatives saisies appartenaient à l’État libyen et non à son « Guide ».

À l’inverse, les médias atlantistes n’évoquent pas le seul mandat d’arrêt international émis par Interpol contre Mouammar el-Kadhafi avant l’offensive de l’OTAN. Il était accusé par la Justice libanaise d’avoir fait disparaître l’imam Moussa Sadr et de ses accompagnateurs (1978). Cet oubli s’explique par le fait que l’enlèvement aurait été commandité par les États-Unis qui voulaient éliminer l’imam chiite avant de laisser l’ayatollah Rouhollah Khomeiny rentrer en Iran, de peur que Sadr n’étende au Liban l’influence du révolutionnaire iranien.

Les médias atlantistes n’évoquent pas non plus les critiques que des organisations de la Résistance anti-impérialiste et nous-mêmes avions formulées contre Mouammar el-Kadhafi : ses compromis récurrents avec Israël.

Pour ma part, je peux attester que, jusqu’à la bataille de Tripoli, le « Guide » a négocié avec des émissaires israéliens, espérant parvenir à acheter la protection de Tel-Aviv. Je dois aussi attester que, malgré mes critiques sur sa politique internationale, et le dossier complet à ce sujet que la DCRI française lui a aimablement communiqué à mon sujet en juillet dans l’espoir de me faire arrêter, Mouammar el-Kadhafi m’a accordé sa confiance et m’a demandé d’aider son pays à faire valoir ses droits aux Nations Unies [2] ; un comportement bien éloigné de celui d’un tyran.

Les médias atlantistes n’ont pas non plus cité les ingérences que j’ai condamnées de la Libye dans la vie politique française, notamment le financement illégal des campagnes électorales présidentielles de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Le « Guide » avait en effet autorisé son beau-frère Abdallah Senoussi à corrompre les deux principaux candidats en échange de la promesse de l’amnistier ou de faire pression sur la Justice française pour clore son dossier pénal [3].

Surtout, les médias atlantistes n’évoquent pas l’œuvre principale du « Guide » : le renversement de la monarchie fantoche imposée par les anglo-saxons, le renvoi des troupes étrangères, la nationalisation des hydrocarbures, la construction de la Man Made River (les plus importants travaux d’irrigation au monde), la redistribution de la rente pétrolière (il fit d’une des populations les plus pauvres du monde, la plus riche d’Afrique), l’asile généreux aux réfugiés Palestiniens et l’aide sans équivalent au développement du Tiers-monde (l’aide libyenne au développement était plus importante que celle de tous les États du G20 réunis).

La mort de Mouammar el-Kadhafi ne changera rien au plan international. L’événement important était la chute de Tripoli, bombardée et conquise par l’OTAN —certainement le pire crime de guerre de ce siècle—, suivie de l’entrée de la tribu des Misrata pour contrôler la capitale. Dans les semaines précédant la bataille de Tripoli, l’écrasante majorité des Libyens ont participé, vendredi après vendredi, à des manifestations anti-OTAN, anti-CNT et pro-Kadhafi. Désormais, leur pays est détruit et ils sont gouvernés par l’OTAN et ses fantoches du CNT.

La mort du Guide aura par contre un effet traumatique durable sur la société tribale libyenne. En faisant tuer le leader, l’OTAN a détruit l’incarnation du principe d’autorité. Il faudra des années et beaucoup de violences avant qu’un nouveau leader soit reconnu par l’ensemble des tribus, ou que le système tribal soit remplacé par un autre mode d’organisation sociale. En ce sens, la mort de Mouammar el-Kadhafi ouvre une période d’irakisation ou de somalisation de la Libye.

Thierry Meyssan


[1] Enquête du magazine Frontal, diffusée par la ZDF le 28 août 1998.

[2] Ce que j’ai fait à titre militant, sans rémunération aucune. Ndla

[3] Abdallah Senoussi avait été condamné par contumace en France pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA (19 septembre 1989, 170 morts) durant la guerre du Tchad.


*

 

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URUBU : nom africain du vautour américain




Le site Alter Info met en ligne un article à l’ironie grinçante du journaliste brésilien Pepe Escobar, paru dans l’Asia Times, et vous offre même, en prime, une chanson de Bernard Lavilliers. N.B. : Le sarcasme est quelquefois dans l'absence de guillemets.

Comment l’Occident a vaincu
en Libye


par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong), 22 octobre 2011
traduit de l’anglais par Djazaïri

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Les textes de Pepe Escobar sont souvent très intéressants, mais aussi difficiles à traduire, du moins pour moi. J’ai renoncé à plusieurs reprises à la traduction d’articles écrits par ce journaliste brésilien. Je me suis quand même décidé à traduire un se ses récents papiers parus dans Asia Times. Je suis pas vraiment satisfait du résultat, mais bon…

Dans cet article, Pepe Escobar revient sur la victoire de l’OTAN en Libye, une victoire que le président des Etats-Unis a d’ailleurs revendiquée comme telle, balayant ainsi toute idée saugrenue selon laquelle des «rebelles» auraient mis à bas le régime du colonel Kadhafi.

L’action de l’OTAN en Libye correspond en fait à un nouveau concept stratégique des Etats-Unis qui consiste à faire faire la partie visible du job par d’autres, en l’espèce les alliés incorporés dans l’OTAN et, dans des cas comme celui de la Libye, les monarchies démocratiques arabes.


(Lire la suite...)



Pour les vrais amateurs...

...un autre article de Pepe Escobar, où il réclame la mise en accusation de Nicolas Sarkozy et de David Cameron pour crimes contre l’humanité. (Repris par Planète Non Violence)  :
http://www.planetenonviolence.org/L-Iran-Le-Sun-Tzu-Et-La-Dominatrice-Pepe-Escobar_a2195.html




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USA - Chicago (Illinois)

Rick Rozoff est diplomé en littérature européenne, journaliste et directeur de STOP NATO INTERNATIONAL. Il collabore aussi, régulièrement, comme auteur, à Global Research, à Voice of Russia  (émissions en anglais de Voix de la Russie) et au Réseau Voltaire .
 
Ceci est la transcription d’une interview donnée à Press TV

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Libye :  Un meurtre brutal, gratuit –  Le Nouvel Ordre Mondial dans toute son évidente barbarie

Rick Rozoff

Le 22 octobre 2011.


« Un meurtre brutal, gratuit » John, Robles*

 

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Comment allez-vous M. Rozoff ?

Je suis assez bouleversé par les nouvelles de ce matin – d’hier matin en ce qui vous concerne.

Ok, quelle est votre première impression ?

Celle du meurtre brutal et gratuit d’un homme de près de 70 ans, tué après avoir été capturé. Et si le but des 216 jours de bombardements était avant tout de le tuer, ce qui est manifestement le cas, avec les multiples bombardements de sa résidence à Tripoli, dont un seul a tué un de ses fils et trois de ses petits-enfants, il s’agit sans aucun doute d’un assassinat ciblé et je suppose que l’OTAN peut maintenant en revendiquer le succès. Ils ont eu ce qu’ils voulaient.

Le président Barak Obama a dit qu’il allait y avoir un retrait de Libye très bientôt, à votre avis, cela signifie-t-il que l’objectif a été atteint ?

Oui, il l’a été totalement. Changement de régime, prise de contrôle des plus importantes réserves de pétrole d’Afrique, incorporation de la Libye, jusque là seul pays nord-africain à n’être pas membre du soi-disant « Dialogue méditerranéen »  de l’OTAN dans ce qui est à présent, selon le secrétaire général Fogh Rasmussen, un partenariat militaire avec l’Alliance de l’Atlantique Nord...  Oui, dans tous les sens, leur objectif a été atteint. Et ce n’est certainement là rien qui soit susceptible de bénéficier au peuple libyen.

Vous ne voyez pas cela comme un acte de justice envers le peuple libyen opprimé ? Je veux dire qu’il y a des gens pour qui Kadhafi était un type terrible : il a tué des milliers de gens, donc il méritait de mourir.

Il y a juste tellement – comment dire – de bassesse, de délectation gratuite dans le meurtre de cet homme, né il y a 70 ans dans la ville même où il a été assassiné le 216e jour des bombardements de son pays par l’OTAN.

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Il est né sous l’occupation fasciste italienne et il est mort sous l’occupation de l’OTAN. On ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle, d’autant que l’Italie a fourni certains des avions qui dévastent son pays depuis la mi-mars... depuis le 19 mars. S’il était le monstre qu’ils nous dépeignent, et j’invite vos auditeurs à aller voir sur le site de l’OTAN, les caricatures innommables qu’ils ont postées tous ces derniers jours, graffiti muraux et autres, qui le représentent de manière avilissante et diffamatoire, pour le déshumaniser au maximum avant de l’assassiner...

D’accord, j’ai vu à la télévision son corps nu traîné comme un morceau de barbaque, pardonnez-moi l’expression.

Oui. Après qu’ils l’aient amené à Misrata. C’est à vomir, un traitement barbare, et même pire que barbare, et qui prend place dans une longue série d’outrages similaires. Il en a été de même avec Slobodan Milosevic en Yougoslavie et avec Saddam Hussein en Irak, et il en va de même avec tout dirigeant d’un pays, qui refuse de s’aplatir. Je ne mets pas tous ces hommes dans le même panier. Reformulons la chose autrement. Tout dirigeant dont « le temps est venu », de l’avis des États-Unis et de l’OTAN, doit s’attendre à mourir. Hussein a été pendu. Kadhafi a été flingué. Considérant que Kadhafi était censé être – il ne l’était que nominalement, mais peu importe – le chef de l’état et même le chef des armées – et le bombardement de ses résidences privées, au prétexte qu’elles étaient des centres de commandement, prouve que l’OTAN le considérait bien comme dirigeant les forces armées – lorsqu’ils l’ont capturé jeudi, il était un prisonnier de guerre et, à ce titre, sous la protection de la Convention de Genève, au lieu de quoi on lui a tiré dans la tête et on l’a massacré. C’est là le nouveau régime qui vient d’être implanté en Libye, et quel que soit le verbiage de l’Occident à propos d’état de droit et de préoccupations humanitaires, ceci est l’image brute et nue de ses intentions véritables. Comme l'a été la mort de Slobodan Milosevic dans un cul-de-basse-fosse des Pays-Bas, où on lui a refusé les soins médicaux en Russie, et comme la grotesque pendaison de Saddam Hussein. C’est là l’image véridique du nouvel ordre mondial, un ordre mondial dans toute son évidente barbarie.

Que voulez-vous dire « on lui a refusé les soins médicaux en Russie » ?

La Russie a offert au TPIY (Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, NdT) de faire venir Slobodan Milosevic à Moscou pour y suivre un traitement médical, mais son offre a été refusée et Milosevic est mort très peu de temps après. Il est même possible que les choses se soient passées de façon encore pire**.  Quoi qu’il en soit, l’image est très claire.

Est-ce que vous voyez un schéma, excusez-moi de vous interrompre. Est-ce que vous voyez un schéma répétitif - je suis sûr que oui - entre les cas Hussein, Ben Laden et maintenant Kadhafi ? Je veux dire, vous avez des pays, Hussein et Kadhafi par exemple, qui ont pratiquement stoppé leurs programmes d’armement. C’est à peu près sûr, Kadhafi coopérait avec les États-Unis dans la guerre contre le terrorisme, en permettant les vols de restitutions extraordinaires (« extraordinary renditions »)  vers la Libye. Et il avait arrêté ses programmes d’armement. Vous voyez là un schéma récurrent ?

Oui. Il y a très clairement un schéma, un mode opératoire, par lequel les États-Unis et l’OTAN se servent de quelqu’un à leurs propres fins, puis s’en débarrassent et le tuent. Slobodan Milosevic, à grand risque politique pour lui-même à l’intérieur de ce qui était à l’époque la République Fédérale de Yougoslavie, a joué un rôle actif dans les négociations visant à mettre fin aux hostilités armées en Bosnie, en remerciement de quoi son pays a été bombardé pendant 78 jours en 1999 par les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, et lui-même ensuite jeté aux oubliettes pour y mourir.

Il avait passé un accord avec la CIA, je pense, on l’a su plus tard, et c’est assez de notoriété publique qu’il s’attendait à être protégé.

Je ne connais pas tous les détails là-dessus, mais au bout du compte, on se retrouve toujours avec des tas de cadavres et des chefs d’état assassinés. Rappelons-nous bien ceci : quoique n’étant que nominalement chef de l’État, Muammar Kadhafi a eu la carrière de dirigeant la plus longue au monde. Il a été le dernier lien personnel – depuis que Fidel Castro s’est retiré de la présidence de Cuba – entre les luttes de libération nationales d’après la Deuxième Guerre Mondiale et l’émergence de nouvelles nations pendant la Guerre Froide et l’après-Guerre Froide, dont l’issue a été l’OTAN, force de frappe militaire capable de renverser les gouvernements à volonté n’importe où dans le monde. L’OTAN se vante, sur son site web, d’avoir accompli, à ce jour, 26.000 missions aériennes au-dessus d’un pays de 6 millions d’habitants, dont plus de 9.000 étaient des « sorties de combat ». Ce monstre est déchaîné depuis vingt ans sur le monde, et la Libye ne sera pas le dernier pays à lui servir de cible. Vous pouvez en  être sûr.

Que croyez-vous qu’il va arriver maintenant ?

Je ne sais pas si la Libye sera en état de se relever. Les puissances occidentales ont poussé à des affrontements tribaux pour pouvoir renverser le gouvernement de Kadhafi, et croire qu’on peut, après cela, faire rentrer le génie dans la bouteille, est faire preuve de vraiment beaucoup d’optimisme ou de faux-culterie. Avec le chef militaire du CNT (Abdel Hakim Belhadj) qui est quelqu’un que les États-Unis ont incarcéré et interrogé (= torturé, NdT) dans le cadre de leur programme de « restitutions extraordinaires », ex-combattant en Afghanistan et ex-leader du soi-disant Groupe de Lutte Islamique de Libye, vous avez des éléments d’Al Qaeda et des séparatistes... ils ont semé dans le pays un véritable pandemonium, et maintenant ils prétendent qu’ils veulent stabiliser la Libye. Je ne vois rien se produire de ce genre. Tous comptes faits, avec sa prétendue « no-fly zone » et son intervention humanitaire, l’OTAN a clairement fait la guerre à un gouvernement pour le compte d’une faction insurgée. Point. C’était l'intention de départ, et l'entreprise a réussi.


Traduction Catherine L. pour
http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be

Source : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27224


___________  

* Né en 1966 à Rio Piedras, Porto Rico, John Robles est, à ce jour, le seul citoyen US à qui ait été accordé l’asile politique en Russie. Il est journaliste et présente, sur La Voix de la Russie, le célèbre programme en langue anglaise Moscow Mailbox, qui répond aux questions des auditeurs du monde entier sur tout ce qui concerne l’URSS et la Russie.
 
** Me Vergès a déposé plainte pour meurtre par empoisonnement (NdT).


*


Et qu’en disent les gens honnêtes qui ne sont pas journalistes ?

Hugo Chavez :


Hugo Chavez réagit à la mort de Kadhafi ! par tawba2_974



*



L'OTAN est l'outil de répression "le plus perfide
de l'histoire" (Castro)

Dossier : Kadhafi annoncé mort

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LA HAVANE, 24 octobre - RIA Novosti

  
L'OTAN est l'outil de répression "le plus perfide de l'histoire de l'humanité" a déclaré le leader de la révolution cubaine Fidel Castro dans un article de la série "Réflexions" publié dans la presse officielle cubaine.

L'OTAN est devenu un instrument de répression "après que l'URSS, prétexte à la création de cette Alliance par les Etats-Unis, a cessé d'exister", a ajouté le leader cubain.

Le leader cubain a estimé que les objectifs criminels de l'Alliance se sont révélés en Serbie en 1999, lorsque "les pays de cette funeste organisation ont dépêché leurs troupes pour soutenir les séparatistes kosovars".

Le leader libyen déchu Mouammar Kadhafi "a été grièvement blessé par l'un des chasseurs-bombardiers les plus performants de l'OTAN", il "a été capturé vivant avant d'être tué par des gens armés par cette organisation militaire", a indiqué Fidel Castro, commentant les récents événements en Libye.

Le fait que le corps de Kadhafi ait été exposé "comme un trophée de guerre constitue une violation des principes les plus élémentaires de l'islam ainsi que des autres croyances religieuses de par le monde", a ajouté Fidel Castro.


Source : Ria Novosti (http://fr.rian.ru/world/20111024/191649593.html


 

OTAN.jpg


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Mort de Kadhafi : des images "dégoûtantes"
(Poutine)

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Lors d'une intervention devant les membres du Front populaire, le premier ministre russe Vladimir Poutine s'est déclaré "révolté" par les images de la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, diffusées par les médias, et par le traitement réservé à sa dépouille mortelle.


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Ces braves gens ne savent pas de quoi ils parlent, et combien il est doux de renouer avec son passé mérovingien. Vous savez, celui de la reine Frédégonde et des écartèlements à quatre chevaux...


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Kadhafi sodomisé par des rebelles
soutenus par l’OTAN

La vidéo montre le viol image par image (BRUTAL)



Une analyse semble confirmer qu’un combattant rebelle a sodomisé Kadhafi avec un couteau.

par Tracey Shelton


http://www.informationclearinghouse.info/article29508.htm


Traduction (C.L.) :

Global Post, 25 octobre 2011 – Syrte, Libye.

Une analyse de la vidéo obtenue par Global Post d’un combattant rebelle qui a filmé le moment où le colonel Kadhafi a été capturé, confirme qu’un autre combattant rebelle dont l’identité n’est pas connue a sodomisé l’ex-leader alors qu’on le traînaît hors de la canalisation où il avait trouvé refuge.

Une analyse image par image de cette vidéo exclusive de Global Post montre clairement le rebelle tentant d’introduire une espèce de bâton dans le rectum de Kadhafi.


Mise en garde

Ces images et ces vidéos ne doivent être vues
que par un public mature.

Mise en garde

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petite libyenne.jpg
Une petite libyenne qui, on l’espère pour elle,
n’a au moins pas été sodomisée au couteau



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Veni, vidi, etc. (suite et non fin) :

We came, we saw, he died, haha. (Hillary Clinton)

Traduction :
« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ».


Ils se prennent tous pour Jules César. Z'ont oublié comment il a fini ?


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Kill the poys and the luggage ! 'tis expressly
against the law of arms: 'tis as arrant a piece of
knavery, mark you now, as can be offer't; in your
conscience, now, is it not?

Shakespeare, Henry V


La vidéo qui suit ne prouve rien. Les pires dictateurs ont eu, eux aussi, une vie de famille. Même Franco, même Pinochet ont dû jouer avec leurs petits-enfants. Mais, outre qu’on n’a jamais vu aucun dictateur mourir les armes à la main en défendant ce qui restait de son peuple, la particularité de cette scène de famille-ci, c’est qu’aujourd’hui tous sont morts : les grands, les petits, les femmes, les chiens et les bagages.







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À propos de vie de famille ( chacun la sienne) :

Sarko 2e bébé.jpg

Marine Le Pen a trouvé regrettable que Nicolas Sarkozy n’ait pas
donné à sa fille un prénom français



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Ainsi, au nom du prophète pour les uns, de la  démocratie pour les autres, un homme de 70 ans, la moitié de sa famille et un bon paquet de leurs compatriotes ont été abattus comme des animaux de boucherie (je veux dire, avec la même sauvagerie routinière). C’était ce que voulait le capo Obama (dont l’assassinat ciblé semble être devenu un des passe-temps favoris) et qu’étaient prêts à faire pour lui ses féaux porte-flingues.

Dans la mesure où une seule personne était visée, c’est un assassinat qui a coûté cher (aux Libyens surtout, et aux contribuables d’un peu partout), aussi cher qu’écraser une mouche au marteau-pilon sur le nez de la Joconde. Mais le plaisir est sans prix, et le butin, d’ailleurs, vaut sans doute bien plus cher que la Joconde. À l’aune des valeurs de ces gens.

La pègre planétaire a été fidèle à elle-même. On n’en attendait rien d‘autre. Reste à savoir s’il est admissible de l’endurer sans la combattre et quand l’impuissance trop aisément acceptée devient de la complicité.

Que dire des exécuteurs ? Ce sont des prétendus croyants. De l’espèce de ceux qui ont ravagé l’Europe pendant plus de deux siècles, sans grandes différences de forme. Avec leurs cerveaux reptiliens d’infantiles fanatiques, ils ne pouvaient que haïr aveuglément un homme qui avait tenté, pendant plusieurs décennies, de rassembler sur la tête des siens le meilleur de deux mondes en train de s’affronter, s’imaginant avec raison qu’il était possible de les faire cohabiter. L’exécution en elle-même est d’une affligeante mais sempiternelle banalité : ils l’ont tourmenté pour se faire plaisir, l’ont achevé pour toucher leur salaire, et ont profané sa dépouille pour qu’il ne puisse « aller au ciel » (c’est vieux comme l’imbécillité humaine, demandez à Molière). Parce qu’il n’y a pas de petits profits (voir plus haut), certains ont filmé leur propre insurpassable dégradation, sûrs de trouver des acheteurs pour leurs immondices. Ils ne se sont pas trompés.

Quant au colonel Kadhafi, quelles qu’aient pu être ses erreurs – d’appréciation, de tactique ou de stratégie -  quelles qu’aient pu être même ses fautes, certaines apparemment graves, en matière de morale publique, il s’est, par la manière dont il a fait face à l’invasion de son pays et par sa fin, hissé au niveau des plus grands hommes d’état : de ceux qui remplissent jusqu’au bout le mandat que leur peuple leur a donné ou consenti, en mettant leur vie dans la balance.

 

kadhafi poster.jpg

Qu’il repose en paix.


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C.L.

 

 

 

Post Scriptum : Ceci est notre avant-dernier post avant mise en sommeil temporaire de ce blog. Notre webmaîtresse Théroigne doit déménager - elle ne sait encore où ni quand, mais vite - et va avoir les bras pleins de caisses et de meubles démontés jusqu'à... on vous dira.