09/12/2017

ANNEXE (à JERUSALEM ET FEU D'ORMESSON)

 

ANNEXE

à Jérusalem et feu d’Ormesson

 

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SODOME et GOMORRHE

(sans oublier Jéricho)

 

 

 … et Déclaration Balfour

 

En guise d’anniversaire…

(Extraits)

Les revisitations littéraires des Grosses Orchades

 

 

Guillemets anglais.pngUne fois au moins au cours de la vie, les trompettes de Jéricho sonnent haut et de bon matin, dans le cœur de tous les hommes. Lorsque j’étais enfant, en Toscane, il m’arrivait souvent de me réveiller brusquement, dans les nuits de printemps, entendant, en rêve, un bruit de trompettes dans la vallée du Bisenzio. La nuit était douce, et le silence était profond et clair comme un lac.

Récemment, à Paris, salle Gaveau, deux nègres d’Amérique, brillants et protestants, chantaient un spiritual devant un public malade de spleen et de regrets érotiques : l’un d’eux, le plus noir, avait une voix de basse, noyée dans le ventre, profonde et vindicative, l’autre, une voix de contralto, passionnée et mourante, la voix d’Andromède enchaînée à son récif.

Les paroles du spiritual célébraient les vertus de Josué et de ses trompettes sous les murs de Jéricho. Les deux nègres chantaient les yeux au ciel et les mains jointes, comme les bergers de Bethléem, agenouillés sous la queue de la comète ; leurs ongles pâles, au bout de leurs doigts de charbon, semblaient des flammèches de gaz, des feux de Saint-Elme. Quand elles priaient, sainte Thérèse et sainte Catherine devaient avoir ces mêmes flammèches au bout des doigts. Les deux chanteurs suivaient, sans aucun doute, de leurs yeux blancs, un vol d’anges noirs aux cheveux crépus et aux lèvres saillantes, planant sur le nuage de poussière qui montait de la chute des murs de Jéricho. Les nègres voient les anges à leur façon : la madone des nègres est comme la vierge polonaise de Czestochowa, enfumée par les incendies du siège suédois.

L’écho de ce spiritual m’accompagne ce matin, tandis que je chevauche sur la route de Jérusalem, vers les rives de la mer Morte. Le ciel de mars, inquiet sur le mont des Oliviers, et strié de courants clairs, comme le miroir d’un golfe marin, devient d’un bleu profond au sommet de l’arc, là-bas, où le cercle de l’horizon s’incline sinueux sur les montagnes de Moab, des nuages gonflés de vent et de pollen réfléchissent le ton jaune des prés brûlés et des solitudes pierreuses de la terre de Loth. Tout autour, le paysage varie avec ses cyprès et ses oliviers : par moments, la ligne douce d’une colline fait penser au paysage toscan peint par Giotto. C’est ainsi que je regarde et que je pense, ayant lâché les rênes, quand un bruit de trompettes vient me surprendre par-derrière.

 

J’avais passé la nuit à l’auberge du Bon Samaritain, sur une natte étendue par terre, dans une chambre encombrée de selles et de corbeilles vides, amoncelées, pêle-mêle, le long des murs. J’étais parti de Jérusalem, à l’aube, remontant à cheval les coteaux herbeux qui se brisent tout à coup et tombent rapidement dans la vallée profonde du Jourdain. La saison était chaude, le vent de printemps apportait au désert le présage des premiers nuages de sauterelles. Après avoir parcouru pendant le jour les collines et les vallées qui, à l’est du mont des Oliviers, se prolongent jusqu’au mont de la Quarantaine, dominant Jéricho, où Jésus fit pénitence et fut tenté par le démon, et après m’être reposé quelques heures au couvent grec de Koziba, suspendu comme une cage au flanc rocheux de la montagne au-dessus de l’abîme d’El Kelt, je m’étais acheminé vers le Nébi Musa, où les musulmans prétendent que Moïse est enseveli.. Il faisait déjà sombre, le cheval était fatigué, et il me sembla prudent de m’arrêter à mi-route pour passer la nuit à l’auberge du Bon Samaritain. Devant la porte de l’auberge, célèbre dans les chroniques par le geste de miséricorde que tout le monde connaît, une petite Ford était arrêtée, toute grise de poussière et chargée de valises en cuir. Pendant que je descendais de selle, voici sortir de l’auberge et venir à ma rencontre, avec l’air de quelqu’un déjà las de m’attendre, un petit vieillard, maigre et agile, aux jambes courtes, à la tête petite, et aux lèvres minces et souriants dans un visage spirituel, nu et ridé. Il me serra la main avec la cordialité d’un vieil ami et, prenant mon bras :

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­ Excusez-moi, dit-il, si je me présente de cette façon : je suis François-Marie Arouet, seigneur de Voltaire.

– En personne, m’écriai-je.

– En personne, le Patriarche de Ferney, le Voltaire de Candide, du Sottisier, des Lettres philosophiques et de bien d’autres choses.

– C’est une véritable chance, dis-je, que je dois certainement beaucoup plus au hasard qu’à ma prévoyance ; et j’ajoutai les phrases habituelles de courtoisie qui sont d’usage lors de pareilles rencontres. Rencontres extraordinaires, qui auraient l’air de miracles dans n’importe quel pays, sauf en Palestine, sur les bords du Jourdain, où les miracles, conformément à une tradition ancienne, sont des faits qui ne sortent pas de l’ordinaire et auxquels personne ne prête attention. Cependant, un Arabe s’était occupé de mon cheval et le débarrassait de la selle et du mors.

– Je suis vraiment content, répondit Voltaire en m’accompagnant bras dessus, bras dessous, vers l’entrée de l’auberge, de rencontrer un homme civilisé qui ne soit ni Juif, ni Arabe, ni Anglais. Et il eut un geste de joyeux étonnement quand il apprit que j’étais italien, que je voyageais pour mon plaisir, et surtout, que je n’étais pas un pèlerin. Je suis désormais persuadé, poursuivit-il, qu’il faut préférer la foi qui déplace les montagnes à celle qui déplace les hommes. Et il ajouta qu’après une expérience de tant d’années, après toutes les déceptions auxquelles sa philosophie l’avait conduit, surtout en ce début de siècle, après toutes les désillusions dont il était redevable à la morale européenne, à cette morale moderne dont il se considérait justement, non sans un orgueil paternel, comme l’unique juge et l’unique responsable (et là, il me dit à voix basse qu’il ne savait pas toutefois renoncer à la fierté des erreurs du prochain pas plus qu’à celles de ses propres raisons), il avait choisi, pour vivre, une profession que le préjugé des temps lui faisait apparaître beaucoup plus noble que celle de philosophe. De mes amis d’Amérique, conclut-il, auprès desquels mon ancienne bienveillance pour le bon Huron de l’Ingénu me permet de jouir d’encore un peu de crédit, j’ai accepté la représentation générale, pour la France et pour les colonies, mandats et protectorats français, des voitures Ford, dont j’espère réussir à deviner un jour le fonctionnement un peu mieux qu’Algarotti n’a réussi à deviner le mécanisme de ma philosophie.

­ Personne à Paris, l’interrompis-je, ne peut certes se vanter d’avoir eu un destin meilleur que le vôtre ; n’êtes-vous donc pas devenu, en quelque sorte, le représentant de la philosophie américaine, c’est-à-dire de la philosophie la moins voltairienne du monde, dans le pays le plus voltairien de la terre ?

– Et qui vous dit, répliqua le Patriarche de Ferney, que l’Amérique de Ford est moins voltairienne que la France ? Comment pensez-vous donc que c’est justement à Ford qu’est revenu d’accomplir le miracle de conduite Voltaire en terre Sainte ?

– Voilà un miracle, dis-je, que Moïse lui-même n’eût point rêvé d’accomplir, même s’il avait reçu une éducation bourgeoise.

À ces mots, Voltaire se retourna, me regardant en souriant et :

– Quant à Moïse…, commença-t-il à dire.

Mais à ce moment-là, l’aubergiste, un Arabe barbu en galabia courte et jambes nues, s’approcha de la table qui était au milieu de la pièce, attendit que nous fussions assis, posa assiettes et verres, un carafon de vin, des victuailles dans une sorte de plateau en terre cuite, et sortit en nous regardant de travers.

– Maintenant, je comprends, dit Voltaire en riant, pourquoi l’auberge du Bon Samaritain s’appelle aussi Khan el Hatrour, ce qui signifie Auberge des Voleurs. Et il me raconta qu’il avait rencontré de nombreuses auberges de ce genre, sinon du même nom, dans toute la Syrie, que pendant près d’un mois il n’avait fait que parcourir, de long en large, pour étudier les conditions de ce marché et se rendre compte de près des possibilités de conciliation entre la philosophie de Ford et la paresse des Syriens. Un bon marché, ajouta-t-il, pour les voitures à bas prix : mais la politique française en Syrie n’est certes pas favorable à la bonne marche des affaires. Et là, me voyant sourire : qui aurait pu s’imaginer, s’écria-t-il, que l’on pourrait un jour, rencontrer l’auteur de Candide, au volant d’une Ford, sur le chemin de Damas ?

De la politique des Français en Syrie, la conversation passa à celle des Anglais en Palestine. Voltaire ne pouvait se résigner à la pensée que c’était justement aux Anglais qu’on avait confié la garde des lieux saints et l’administration d’un territoire si fertile en miracles.

– Le peuple britannique ne sait pas administrer les miracles ; dans toute l’histoire de l’Angleterre, il ne s’en trouve pas un seul. Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de gens qui essaient d’en faire de temps à autre et, qu’éventuellement, ils ne sauraient en faire ; mais pour l’instant, je n’en connais pas, et les saints anglais, bien rares, dont les noms se transmettent dans les calendriers, sont trop gentlemen pour être saints et pour faire des miracles. Quant à moi… – il voulait peut-être ajouter que lui-même ne croyait pas aux miracles – mais je le prévins par un sourire discret :

– Il est évident, dis-je que vous ne croyez pas aux miracles parce que vous ne savez pas en faire.

– Je n’ai jamais essayé, répliqua Voltaire, mais je ne crois pas à la nature, comme Rousseau, ou aux machines, comme Ford, au point de me juger absolument incapable pour cet art. Un Français de notre temps ne peut pas faire des miracles. Et nous nous mîmes à parler de toutes sortes de choses miraculeuses, des mystères de la magie, des anciens Égyptiens et des légendes qui entourent la civilisation de ce peuple. J’étais venu à Jérusalem après un long séjour dans la vallée du Nil, que j’avais parcourue en tout sens, d’Alexandrie à Assouan, et la désillusion dont je garderai toujours à l’Égypte la plus noire ingratitude était en moi encore très vive. Voilà un pays qui, à mes yeux, n’a rien de mystérieux ni de magique ; une civilisation dont les tombes sont l’unique témoignage ne peut susciter qu’une impression de sombre ennui. Heureusement, mon esprit s’égayait au souvenir des momies, que les anciens Égyptiens bourraient d’oignons, pour les conserver. Voltaire était de mon avis. N’avait-il pas écrit dans la Princesse de Babylone, que les Égyptiens « si fameux par des monceaux de pierres, se sont abrutis et déshonorés par leurs superstitions barbares » ? L’auteur de Candide ne se lassait pas de rire, à la pensée que les momies de ces reines, au visage serein, aux yeux doux, aux lèvres fines et souriantes, de ces rois, à l’aspect noble et fier, gisaient dans des sarcophages d’or, l’estomac et le ventre remplis d’oignons. Et que dire des crocodiles, des rats, des chiens, des serpents, des chats embaumés, qui tenaient compagnie dans leurs tombes, aux reines et aux rois.

Le vin était clair et doux, et le sang en bouillonnait agréablement. Nous parlâmes ainsi longuement des Égyptiens et de leurs « monceaux de pierres » (même les pyramides n’étaient pour Voltaire que des monceaux de pierres), des Anglais modernes, de leur patience devant l’immortalité et de leur liberté devant le ciel. (Voltaire n’avait-il pas écrit, dans ses lettres sur les Quakers, que tout Anglais, « comme homme libre, va au ciel par le chemin qu’il lui plaît » ?) Et petit à petit, la conversation glissant sur les raisons de mon voyage en Terre sainte, l’auteur du Sottisier me demanda si je comptais m’arrêter à Jéricho, ou si j’avais l’intention de poursuivre au-delà du Jourdain, et il me proposa de m’accompagner en voiture jusqu’à Sodome.

– Le patriarche latin de Jérusalem, qui est Italien, ajouta-t-il, m’a appris que l’on a découvert les ruines de cette ville, si importante dans l’histoire des peuples civilisés ; Je ne voudrais pas rentrer à Paris sans pouvoir dire que j’ai passé une nuit à Sodome.

Je lui répondis que je tenais à terminer mon voyage en Palestine comme je l’avais commencé, c’est-à-dire à cheval, que j’acceptais volontiers sa compagnie, mais que nous nous donnerions rendez-vous à Jéricho et à Sodome où je le rejoindrais au plus tôt.

– Je vous préviens cependant, dis-je pour conclure, qu’il n’est pas prudent de passer la nuit à Sodome : c’est une ville où il convient de garder l’œil ouvert.

Les autorités anglaises de Jérusalem m’avaient, en effet, conseillé de ne pas me fier aux Arabes qui campaient sur les rives de la mer Morte. La vallée du Jourdain était encore en effervescence et le danger d’une nouvelle révolte contre le Juifs ne pouvait être considéré comme conjuré.

– Nous surveillerons réciproquement nos épaules, dit Voltaire en riant. Et après bien d’autres propos du même goût, nous nous quittâmes pour aller nous coucher. Je devais partir dès l’aube, à cheval, et l’auteur du Dictionnaire philosophique devait, avec sa Ford, me rejoindre à Jéricho.

[…]

Voltaire arrêta la voiture :

– Si je ne me trompe pas, s’écria-t-il, nous sommes presque arrivés.

Pas tout à fait arrivés mais pas très loin : là-bas, Jéricho, à deux milles environ, avec ses maisons blanches, ses jardins, ses bosquets de palmiers et de sycomores.

– Qui sait, dis-je, si le sycomore, auquel grimpa Zachée le publicain pour voir passer Jésus , n’est pas encore vivant et vert.

– Et qui sait, ajouta le patriarche de Ferney, si, à la fenêtre de Rahab la Courtisane, n’est pas toujours suspendu le chiffon rouge qui la sauva du massacre.

Je mis mon cheval au pas près de la Ford, qui avançait lentement, et devisant ainsi, nous poursuivîmes vers Jéricho.

Il fut question d’anges et de miracles. Tout est possible à Jéricho, et l’on peut croire que les miracles sont toujours la seule monnaie qui ait cours légal dans l’histoire de cette contrée. Ce n’est plus l’époque de Josué et d’Élisée, où les anges se promenaient à travers le pays, vêtus de lin blanc, anges aux longs cheveux dénoués sur les épaules et aux mains lumineuses, argentées et frétillantes comme de poissons. Mais certes, cette espèce rare d’hommes ailés ne s‘est point perdue et survit aujourd’hui, cachée dans les vallées et dans les cavernes, descend de temps en temps frapper à la porte des couvents et des maisons de paysans, se désaltérer à la fontaine d’Élisée, se baigner dans le Jourdain, échanger quelques mots avec les mendiants et les pèlerins qui, à certaines époques, se rencontrent en foule sur la route de Jérusalem. Voir un ange, lui parler, a toujours été mon rêve, depuis mon enfance. Je me rappelle avoir lu un jour, quelques mois avant la guerre, qu’un ange était apparu soudain sur la petite place d’un village de Russie, pour avertir les paysans qu’ils devraient se garder de manger les pigeons, par respect pour le Saint Esprit. Les moujiks avaient été étonnés de cet avertissement car, de mémoire d’homme, dans toute la Russie et surtout dans ce village, on n’avait jamais mangé de chair de pigeon, justement pour éviter de mordre dans le Saint Esprit. Mais il semble que l’ange était mieux informé qu’eux, tant il est vrai qu’il en parla, entre quatre yeux, avec le starosta, sur un ton plutôt brusque, et il s’en alla à pied, remuant tout doucement les ailes et secouant la tête en signe de menace. Quelques mois plus tard, en effet, la guerre éclata comme punition de ce sacrilège. J’ai toujours cru à la réalité de cette apparition de l’ange dans le village russe, et très souvent, depuis, je me suis trouvé sur le point de reconnaître, en telle ou telle personne, parmi toutes celles que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans ma vie, un ange, oui, un ange avec des ailes ; mais, chaque fois, j’ai cru m’être trompé.

[…]

 

Mes fantaisies faisaient sourire Voltaire. Les anges ne lui inspiraient pas confiance, et il n’estimait que les prophètes pour leur rude humanité et leurs humeurs implacables.

- Voilà des hommes ! disait-il. Et cependant, il admettait que l’époque des prophètes est passée, et qu’aujourd’hui, pour notre bonheur, il est plus facile de rencontrer un ange qu’un prophète. Des hommes qui gouvernaient les peuples par la menace, et la nature par le miracle.

[…]

Cependant, nous étions arrivés à Jéricho, et nous nous arrêtâmes près de la fontaine d’Élisée, au pied de ce petit coteau où l’on voit affleurer, ça et là, les restes des murs que Josué fit crouler au son de ses trompettes. Ce coteau est une sorte de Testaccio, et les tessons y abondent ; mais comme ruines véritables, seules apparaissent les fondations du double cercle de murs, dont la base est faite de pierres grossièrement équarries. Cité minuscule que cette fameuse Jéricho d’il y a trois mille ans, grande comme l’Acropole d’Alatri en Ciociaria, ou comme la piazza Colonna. Le géant Goliath l’aurait tenue dans sa main. En voyant ces petits morceaux de brique, ce terreau rouge, ces pavés de terre battue, pavés de masures et non de palais, on comprend que quelque trompettes aient pu provoquer un tel désastre : une flûte aurait suffi. L’endroit est triste, et ces restes de murs semblent plus misérables encore si l’on contemple le décor biblique des montagnes de Moab, la vallée du Jourdain, le mont de la Quarantaine, l’étendue bleue de la mer Morte et l’arc immense du lointain horizon.

Le jeune archéologue américain au nez crochu et aux oreilles saillantes, qui fouille parmi les ruines de l’antique Jéricho pour le compte d’un comité sioniste de Philadelphie, ne pardonnera jamais aux soldats turcs campant en 1917 près de la fontaine d’Élisée, d’avoir fait crouler les quelques murs que Josué n’avait pas réussi à abattre tout à fait, et que le professeur Sellin, de Vienne, avait découverts en 1909, il est plein d’admiration pour le sérieux historique de la Bible.

– Pensez, dit-il, que cette fontaine est précisément celle qu’Élisée purifia par le sel ; les potagers, les vignes, les jardins fleuris de roses, les célèbres roses de Jéricho, se désaltèrent depuis des milliers d’années à cette fontaine qui, aujourd’hui encore, comme au temps d’Élisée, arrose les champs autour de la ville maudite. À propos de malédictions, je vous dirai que la Bible est d’une exactitude miraculeuse. Quand Josué eut accompli avec les trompettes les prouesses dont nous voyons les signes, il réunit le peuple et fit faire un serment, disant : Maudit soit quiconque essayera de reconstruire Jéricho ; il la bâtira sur son fils aîné et posera ses portes sur son fils cadet ; voulant indiquer par là que les enfants mourraient et qu’il reconstruirait la ville sur leurs tombes. Quelques temps après, raconte le livre des Rois, un certain Hiel, de Betel, reconstruisit Jéricho et la bâtit sur Abiram, son fils aîné, et posa les portes sur Segub, son fils cadet. Eh bien ! conclut l’archéologue, les fouilles du professeur Sellin ont mis en lumière, sous les pavements des maisons, un grand nombre de tombes d’enfants. Cette impressionnante découverte a été illustrée par Sellin lui-même, dans la Revue biblique de juillet 1910.

– Et les anges ? demandai-je, en rencontre-t-on encore ?

– Selon les époques, répondit l’archéologue, les Anglais font aux anges une chasse impitoyable, et ce derniers temps, ils en ont tué un grand nombre. Désormais, ils se sont faits plus rares, mais cette année, peut-être, en raison de l’exceptionnelle douceur de l’hiver, il s’en trouve beaucoup dans toute la région.

Cependant, nous avions fait le tour des murs et rejoint la route près de la fontaine d’Élisée :

– Je vous conseille, dit l’archéologue à Voltaire, après nous avoir salués et souhaité un bon voyage, de ne pas passer la nuit à Sodome ; ce n’est pas prudent. Vous pourriez rencontrer… – mais le bruit du moteur couvrit ses paroles.

M’étant tourné sur la selle pour mieux entendre (j’étais déjà monté à cheval, précédant la Ford), je vis l’archéologue américain se mettre à courir en direction d’une bande de gamins qui venaient en gambadant à notre rencontre : c’étaient des petits Juifs polonais et hongrois de la colonie sioniste de Jéricho, aux yeux noirs, aux cheveux brillante et crépus, aux visages cuits par le soleil.

En tête marchait un marmot haut comme trois pommes, fier et raide comme un Josué, soufflant à pleines joues dans une trompette en fer blanc, dont le son était fort et strident au point de crever les tympans. En quelques bonds, l’archéologue rejoignit ce Jéricho inattendu, lui arracha la trompette de la bouche et la jeta dans la fontaine d’Élisée.

– Sage précaution, observa Voltaire, on ne peut jamais savoir le mal que peut encore faire une trompette.

Désormais, il n’est pas besoin de miracles pour passer le Jourdain.

– Je ne comprends pas, dit Voltaire quand nous fûmes au milieu du pont, pourquoi dans toute la Bible, il n’y a aucune trace du moindre petit pont en bois. Le Dieu de Moïse recourait plus volontiers aux miracle qu’aux ingénieurs. Pour le passage de la mer Rouge, ou pour le premier gué du Jourdain, il est clair que le miracle fut réalisé à bon escient, puisqu’il s’agissait de transporter sur l’autre rive une multitude immense de gens et de chars ; mais pour le prophète Élie et pour son disciple Élisée, une passerelle aurait suffi. Il est bien vrai que les miracles ne coûtent rien à celui qui sait les faire.

Moi, je ne partageais pas l’avis de l’auteur de Candide. Dans un pays comme celui-là, il est plus facile de faire un miracle que de construire un pont, et il n’est pas dit qu’il déplaise au Dieu de Moïse d’épargner temps et fatigue. Et puis, si nous avions tenté nous aussi de passer à gué le Jourdain, qui sait si l’eau ne se serait pas retirée devant nous, comme devant les prophètes Élie et Élisée.

­- Si vous voulez, proposa Voltaire, nous pouvons essayer.

Mais nous étions déjà sur l’autre rive, et nous fumes d’accord pour faire l’essai au retour.

- Je ne veux pas vous donner tort, poursuivit le Patriarche de Ferney, mais il me semble que vous faites trop confiance aux miracles. Vous êtes Italien et ceci explique cela. Vous autres Italiens, vous croyez aisément aux choses miraculeuses, l’histoire de vos faits et de vos fortunes en souffre. Grâce à Dieu, nous, Français, nous sommes plus prudents, plus attachés au solide, au concret. Nous sommes habitués nous aussi à être trahis, mais nous nous appuyons sur la raison plutôt que sur la fantaisie. Il s’interrompît et tourna les yeux vers la mer Morte, qui s’étendit maintenant devant nous, opaque et bleue sous le soleil oblique. La route tournait sur notre gauche, vers l’orient, entre la mer et le bord d’une plaine désolée, couverte de broussailles, et parsemée ça et là de plaques sablonneuses et de pierres blanches, pareille à une immense tête teigneuse.

– Seriez-vous fâché, reprit Voltaire, si je vous disais que les Italiens sont tous comme le capitaine de la mer Morte ?

Peu de temps avant d’emprunter le pont sur le Jourdain, dans l’auberge de Spîriotikès, cafetier grec aux grosses moustaches noires cosmétiquées et aux yeux de pierre à fusil, d’où le soleil faisait jaillir des étincelles à chaque mouvement de la tête, nous avions rencontré un personnage à l’air important, pansu et barbu, occupé à déguster un café dans une minuscule tasse de cuivre. C’était le célèbre capitaine de la mer Morte, le Christophe Colomb du paquebot rouillé qui fait le service régulier entre l’embouchure du Jourdain et la côte de Kerak, où un château construit par les croisés rappelle les exploits de Renaud de Châtillon : depuis des siècles, les ronces et le sable assiègent les murs garnis de tours, et les rats les rongent. Assis près du loup de mer, sous la tonnelle, Spiriotikès nous écoutait sans ciller. L’ombre de la tonnelle se brisait à quelques pas de nous, sur la berge du Jourdain, en une frange bleue et or qui jouait avec l’eau boueuse. C’est là le lieu précis où Jean baptisa Jésus-Christ : le cafetier grec y fait bonne garde, et aucun Josué, aucun Élie ne pourrait passer à gué sans lui donner un pourboire.

Quand Spiriotikès nous avait conseillé de revenir en arrière, ou de passer la nuit chez lui, si nous ne voulions pas aller au-devant de l’orage qui s’annonçait sur les montagnes de Moab, du côté de Sodome, « eau, feu, ou cendre, à Sodome il pleut toujours quelque chose », le capitaine de la mer Morte avait levé la tête brusquement, criant d’une voix tonitruante :

– Il ne pleut jamais, ici, il ne pleut jamais ! Et se calmant soudain : il ne faut pas, ajouta-t-il d’une voix douce, effrayer ces messieurs. On le sait bien, les orages sont des orages : mais il m’appartient de vous dire qu’il est inutile de redouter les tempêtes. Moi, je n’ai peur de rien, et il y a quarante ans que je flotte sur cette mer. Il n’est pas de meilleur marin que moi dans toute la mer Morte.

– D’autant plus, avait interrompu Voltaire, qu’il ne doit pas y en avoir d’autres : n’êtes-vous pas le seul marin des environs ?

– Le seul et le meilleur ! avait répondu le capitaine, que toute la terre se noie, je ne me noierai pas ! Puis d’une voix plus douce : pourtant, c’est un miracle, un vrai miracle, si je flotte encore, pensez donc, en quarante années, il ne m’est jamais arrivé de couler.

Et c’est à ce loup de mer que Voltaire comparait les Italiens.

– Pourquoi devrais-je m’offenser ? répondis-je, ce brave capitaine m’a tout l’air d’un galant homme.

– Sans aucun doute, repartit l’auteur du Sottisier, mais d’un galant homme qui croit aux miracles. Sa foi est si aveugle et sa conscience si tranquille qu’il fait beaucoup plus confiance aux vertus miraculeuses de son navire, qu’à la composition chimique de l’eau de la mer Morte. Le fait que son navire ne puisse pas couler ne doit pas être attribué à un miracle, mais à l’extraordinaire densité de cette eau. L’analyse du docteur Lortet nous révèle la présence d’une telle quantité de chlorures et de bromures de magnésium, qu’aucun organisme ne peut y vivre. Pensez que dans soixante parties d’eau se trouvent dissoutes au moins trente parties de chlorure de sodium, de calcium, de magnésium, de potasse, de bromure de magnésium et de sulfate de calcium. Essayez d’y jeter un enfant de quelques mois : il ne pourra pas couler. C’est une mer sur laquelle tout flotte, où un naufrage est impossible. Le capitaine de la mer Morte, malgré tous ses efforts, ne peut pas couler à pic ; son paquebot ne peut pas faire naufrage. Voilà un marin qui ne doit pas crier au miracle parce qu’il flotte, le miracle serait qu’il coulât.

– Je ne comprends pas, dis-je en souriant, pourquoi les Italiens ressembleraient à ce brave capitaine…

Mais un grand vent se leva, un nuage vert, suspendu au-dessus de nos têtes et dans lequel le soleil allumait par moments d’étranges reflets d’argent tout comme s’il était plein de poissons frétillants, s’abaissa tout à coup et il se mit à pleuvoir d’innombrables sauterelles crépitantes. Aussitôt un tourbillon de poussière rougeâtre monta de la plaine teigneuse, et nous nous trouvâmes rapidement comme dans un ouragan ; la tempête de sauterelles s’abattait sur les broussailles, sur les taches de sable et sur la mer avec un bruit de feuilles sèches frappée par la grêle. Ces terribles dévoreuses s’accrochaient à nos cheveux, à nos visages, à nos vêtements, le sol en était couvert sur plusieurs milles à l’entour, l’air scintillait et bruissait d’ailes d’argent que le soleil oblique frappait de ses glaives poudreux, et la mer sombre bouillonnait. Je ne pouvais plus respirer, mes yeux brûlaient ; sur la croupe de mon cheval grouillaient de petits monstres jaunes et verts aux mandibules féroces, un relent de sueur, une odeur âcre de fourmis, pleuvaient de ce nuage vivant et bourdonnant.

J’éperonnai mon cheval, qui se mit à galoper, suivi de la Ford.

– Arrête ! Arrête ! criait Voltaire, agrippé à son volant, la tête basse, et aveuglé par cette pluie extraordinaire qui frappait violemment son visage en le piquant jusqu’au sang : une sorte de roi Lear dévoré par les remords et par les sauterelles. Enfin, nous réussîmes à sortir de ce nuage, et revenus à l’air libre, nous regardâmes autour de nous essoufflés et contents. Assis sur le bord de la route, deux hommes, vêtus à la façon des Arabes, semblaient attendre quelqu’un. Ils levèrent la tête et nous saluèrent en anglais.

– Bonjour, dit Voltaire, et il demanda si Sodome était encore loin.

– Sodome est là, dit un des deux hommes, tendant le bras d’un geste solennel en direction d’une colline qio surgissait à peu de distance : au pied de la colline, on voyait des tentes, quelques masures, et un peu de fumée qui montait d’un repli du terrain.

 

Les deux hommes ne semblaient pas dépasser la trentaine, et quoique grands et forts, avec des épaules larges et un cou musclé, ils avaient des mains petites et blanches et des visages d’enfants, presque de fillettes, encadrés par deux bandeaux de cheveux blonds qui, partagés sur le milieu du front, retombaient sur leurs épaules comme chez les anges de Benozzo Gozzoli.

– Si vous allez aussi dans cette direction, poursuivit l’inconnu après nous avoir fixés longuement dans les yeux, nous pouvons faire ce dernier bout de chemin ensemble.

– Montez donc, proposa gentiment Voltaire, je ne sais si vous serez à votre aise, mais je ne puis vous offrir mieux.

– Cela suffit, dit celui des deux qui n’avait pas encore ouvert la bouche, pour vous faire considérer comme un galant homme, même à un mille de Sodome.

Chemin faisant, les inconnus demandèrent au Patriarche de Ferney si nous n’avions pas rencontré, un peu avant le pont sur le Jourdain, les ingénieurs du Commissariat anglais de Jérusalem ; et ils ajoutèrent qu’ils appartenaient à la police de la route, qu’ils avaient reçu l’ordre de se rendre à Sodome pour y faire une enquête sur les douloureux événements de la veille, et qu’ils s’étonnaient de nous voir seuls et désarmés, dans un pays aussi peu sûr. Le soir précédent, à Sodome, un archéologue américain, venu de Boston pour rechercher les ruines de la maison de Loth, avait été assailli, par quelques Arabes, qui campaient dans les environs, et soigneusement rossé : il s’était sauvé par miracle, et justement comme Loth.

–Je n’ai aucune intention, dit Voltaire, de subir le sort de cet archéologue, et j’espère qu’à l’occasion, vous défendrez mes arrières contre les Sodomites. Et il se mit à fredonner entre les dents, avec un malicieux sourire, ces vers à la mémoire de Loth :

 

Loth but

Et devint tendre

Et puis il fut

Son gendre

 

– Vous autres, Anglais, dit-il, lorsqu’il eut terminé le quatrain, vous n’êtes pas très forts en histoire ancienne, et pour l’histoire sainte, votre ignorance est plus classique que celle de Rousseau.

– Je vous approuverais, repartit celui des deux inconnus qui semblait avoir le plus d’autorité, si nous étions Anglais comme vous dites ; mais nous sommes d’ici, et l’histoire sainte est un peu la chronique de notre famille.

– Vous êtes donc Juifs ? demanda le Patriarche de Ferney.

– Ni Juifs , ni Arabes, répondit l’autre, nous sommes des anges.

– Je m’y attendais, dit Voltaire d’un air pacifique, quoique, jusqu’à ce jour, j’aie toujours douté de votre existence. Mais dans ce pays, tout est possible, et votre Dieu a toujours été un faiseur d’anges. Toutefois, j’espère que pour me convaincre de votre existence, vous ne voudrez pas me contraindre à lutter avec vous, comme fit certain ange avec Jacob.

– Nous ne sommes pas ici pour attaquer les gens, répondit l’autre, mais pour les protéger, et soulevant les pans de son grand manteau blanc, il nous montra son uniforme anglais couleur tabac. Puis il se mit à nous raconter son histoire et celle de son camarade, qui est un peu celle de tous les anges de Palestine. Après avoir chassé les Turcs, les Anglais s’étaient établis en maîtres dans tout le pays et ils avaient commencé, dès les derniers mois de 1918, à recruter des soldats et des employés parmi les gens de l’endroit : Arabes, Grecs, Juifs, Anges, soit moyennant argent et promesses, soit par la force. Un véritable racolage. Ces quelques anges échappés aux guerres, aux persécutions religieuses, aux famines et aux épidémies, qui ont affligé pendant plusieurs siècles la Terre sainte, s’étaient vus tout à coup contraints d’abandonner, en toute hâte, leur champs et leurs maisons, pour faire place aux Juifs, que la politique de Balfour acheminait de tous les coins du monde vers la Palestine, ou de subir la volonté des nouveaux maîtres. Mais ils n’avaient pas tous réussi à passer la frontière en temps voulu, pour chercher refuge en Syrie et en Turquie : plusieurs d’entre eux avaient été saisis par les plumes à mi-route ; ou rejoints en vol par les escadrilles du camp d’aviation de Jérusalem, ou bien encore, dénichés dans les grottes des montagnes du Moab et, pour les empêcher de s’enfuir, on avait rogné les ailes aux anges prisonniers. Nos deux compères avaient dû subir le sort commun, et s’étaient vus obligés d’endosser l’uniforme anglais, d’accepter une solde, et de prendre du service dans la police de la route de Sa Majesté britannique. Tout le monde sait que, dans l’administration coloniale anglaise, les anges abondent depuis l’époque de Gladstone, qui se disait inspiré par Dieu.

– Il est vraiment dommage, dit Voltaire, que nous ne puissions plus vous voir planer avec vos grandes ailes d’argent ouvertes. Mais je suis sûr qu’à Paris, vous auriez du succès même comme cela.

– Si au moins on nous avait laissé un petit bout d’aile, s’écria l’ange, ne fût-ce que pour nous élever d’une palme au-dessus de la terre.

– Les Anglais, remarquai-je, n’admettent pas que les hommes et les peuples assujettis puissent se consoler, d’une certaine façon, de la politique britannique.

– C’est à juste titre qu’ils se vantent d’être philanthropes, dit l’ange en souriant, seule la philanthropie peut conserver les empires.

Nous étions arrivés au pied de la colline. Quelques Arabes sommeillaient, couchés devant les tentes et les masures de roseaux et de boue, éparpillés sur la pente herbeuse où broutait un troupeau de brebis décharnées. Plus loin, vers la mer Morte, on découvrait, à ras de terre, quelques restes de murs, étouffés par le sable et par les broussailles.

– Voici les ruines de Sodome, dit l’ange, et plus loin celles de Gomorrhe. La colline devant nous, que les Arabes d’ici appellent Djebel Usdum ou Montagne de Sel, est la statue de l’épouse de Loth.

– Si je ne craignais pas de devenir moi aussi une statue de sel, observa l’auteur de Candide, je reviendrais en arrière avant qu’il ne fasse nuit. En y pensant bien, il ne me semble pas prudent de passer la nuit dans ces lieux.

– Et qui pourrait donc vous toucher, si vous restez avec nous ? dit l’ange. Je m’appelle Artaxerxes, et dans la vallée du Jourdain, même les pierres me connaissent. Tout le monde sait qu’avec moi on ne plaisante pas. Puis, regardant autour de lui : À quelques pas d’ici, ajouta-t-il, se trouve une vieille tour en ruines, où les Turcs, pendant la guerre, avaient installé un poste de garde : nous y serons à l’abri et en sécurité. Craignez-vous peut-être que les habitants de Sodome soient aujourd’hui comme ceux d’autrefois ?

– On ne sait jamais, répondit Voltaire, en tout cas, il vaut mieux avoir les épaules contre le mur.

– Si vous avez peur de rester à Sodome, proposa Artaxerxes, nous pouvons aller à Gomorrhe, qui se trouve à deux milles d’ici.

– Je préfère passer la nuit parmi les Sodomites, dit Voltaire, je connais leurs habitudes et je peux me défendre, car nous savons ce que l’on faisait à Sodome, mais à Gomorrhe ? Que diable faisait-on à Gomorrhe ?

– C’est ce que je me demande, moi aussi, répondit Artaxerxes.

Entre-temps, nus étions arrivés à la tour, et l’ange n’ajouta rien.

 

Assis, les bras autour des genoux, dans la tour en ruine, deux anges chantaient : les voix étaient lasses et douces, les paroles suaves, l’air triste et monotone, comme les airs des forçats de Volterra. Ils chantaient dans une langue inconnue, harmonieuse comme le frôlement d’une aile. J’ai essayé ensuite, avec l’aide d’Artaxerxes, de traduire ces paroles si bleues, si aérienne, mais le bleu est devenu gris et sombre, tout plein d’ombres terrestres :

 

L’ange Anadyomène

à la bouche douce encore

de sommeil, sort au-devant de l’aurore.

Son aile à peine le soutient.

 

Artaxerxes chantait les yeux fermés, la tête renversée : l’autre semblait dormir, le visage sur la poitrine, et chantait du bout des lèvres comme dans un rêve.

 

Il remue chastement les hanches

L’ange hermaphrodite

Au regard assoupi,

Vidage candide, mains blanches.

 

Attaché par le licou à un piquet derrière la tour, près de la Ford, mon cheval hennissait de temps en temps et frappait le sol de son sabot, inquiet et impatient. Un vent chaud et lourd soufflait de la mer, le vent huileux de la mer Morte qui sent l’eau saumâtre et le bitume.

– Si les Anglais comprenaient le langage des anges, dit Voltaire quand Artaxerxes et son compagnon eurent cessé de chanter, je pense qu’ils pourraient dormir en Palestine, les yeux fermés.

– Et pas seulement en Palestine, remarquai-je, la raison de la crise, dont souffre depuis quelque temps la politique impériale britannique, réside dans le fait que les Anglais, comme les anciens Romains, n’arrivent pas à comprendre le langage des anges.

– L’Angleterre, dit Artaxerxes, est tombée dans la même erreur que les historiens reprochent à Rome : il ne suffit pas de s’approprier la Palestine, ombilic de la terre et du ciel, pour pouvoir dominer le monde, il faut apprendre le langage des anges pour comprendre celui des hommes et pour connaître leurs secrets, c’est-à-dire pour dominer les peuples. À Rome aussi, comme on ne parvenait pas à comprendre le sens de nos paroles, on se vengeait en rognant les ailes des anges , on les asservissait à la politique nationale, en les réduisant à l’état d’esclaves et en les utilisant comme instruments pour les plus bas services. Ce Judas qui trahit Jésus était un ange abruti par l’esclavage et son métier : en effet, Judas faisait partie de l’Intelligence Service d’alors, un agent provocateur, comme on dirait aujourd’hui. Mais tout cela a porté malheur aux Romains, et ne peut, certes, porter bonheur aux Anglais.

– Maigre consolation, s’écria le compagnon d’Artaxerxes.

– Toi, Lucie, il est inutile que tu parles de consolation, répondit Artaxerxes, tu as un caractère trop fier, et tu ne te consolerais même pas si tes ailes repoussaient et si Londres était rongée par les rats.

– Votre compagnon, demanda Voltaire, est donc une ange puisqu’il s’appelle Lucie ?

– Pour nous, répondit Artaxerxes, les noms ne comptent pas = mon compagnon a un nom féminin, mais c’est un ange.

– La question n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire, dit Lucie, tous les anges sont hermaphrodites, mais ont soin de cacher, peut-être par pudeur, leur sexe féminin. En effet, les peintres les représentent toujours comme des êtres appartenant au sexe masculin : pourtant, à Rome, dans une église, exception unique, une fresque célèbre les représente comme des êtres appartenant au sexe féminin. Ce sont là les seuls anges féminins dont les profanes aient connaissance.

[…]

 Source : Curzio Malaparte, Sodoma e Gomorra, Milano, Treves, 1931.

[Ce texte a probablement paru, au cours des années 1920, dans Strapaese, organe du fascio des campagnes, ou dans Stracitta, son mortel adversaire des villes (Malaparte écrivait dans les deux). NdGO]

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Ah, le sexe des anges !...

Nous ne vous dirons pas comment se termine, pour l’illustre François-Marie, cette édifiante histoire, d’abord pour l’amour du suspense, mais aussi pour ne pas nous attirer les foudres de ses éditeurs. Il existe plusieurs publications de Sodome et Gomorrhe en français. Libre à vous d’y aller voir :

- in Sang (avec d’autres nouvelles), aux éditions du Rocher, Monaco, 1982 ; puis en édition de Poche séparée, collection Alphée (160 pages) 1989.

- en Presse-Pocket, collection Blanche (138 pages) 1992

- avec La tête en fuite, aux Belles Lettres (302 pages) 2014

 

 

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Mis en ligne le 9 décembre 2017.

 

 

 

 

23:43 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/12/2017

Comment le crétinisme politique est devenu un personnage d el'histoire

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Psychobiologie et politique

Comment le crétinisme politique est devenu un personnage de l’histoire

 

On appelle crétinisme politique l'art de se mettre un bandeau sur les yeux et de se remplir les oreilles de cire, tellement la politique des démocraties évangélisatrices est devenue une illustration et une mise en scène planétaire du tartuffisme politique chargé de remplacer celui du Tartuffe de Molière. (…)

Mme Merkel a géré la conduite de deux générations écrasées par les conséquences de la défaite militaire en leur infligeant une politique de la repentance et de l'acceptation d'une occupation humiliante de la nation…

Les Romains jugeaient bien naturel de faire payer aux Gaulois les frais d'occupation de leur territoire par leurs légions victorieuses ; mais, depuis lors, le mythe démocratique n'avait pas seulement délégitimé à bon escient les conquêtes territoriales mais également honni et cloué au pilori d'une indignation universelle le principe même de frapper d'une redevance le coût de "l'éducation" des pays conquis.

En ce temps-là, un certain Donald Trump, immigré allemand de la troisième génération et dont le père, puis lui-même, étaient devenus milliardaires dans le bâtiment, avait imaginé de faire payer à l'Europe les frais qu'entraînait pour l'Europe l'occupation militaire de tout son territoire: désormais, disait-il, vous ne serez plus occupés gratuitement, désormais, c'en sera fait du luxe de vous trouver mis en tutelle gratuitement et pour votre plus grand bien, désormais vous verserez votre obole dans le tronc de notre Eglise que nous appelons la démocratie.

Nos historiens ne savent pas encore si la France a payé un lourd tribut afin de jouir du privilège de faire défiler les troupes américaines sur les Champs Elysées le 14 juillet 2017, mais nous avons compris le mécanisme psychique qui régit les démocraties apostoliques, donc salvatrices à l'échelle de l'universalité du Beau, du Juste et du Bien. Même Mme Merkel qui, depuis ses trois législatures précédentes, jouait le rôle de faire-valoir de la victoire des Etats-Unis d'Amérique sur le Vieux Monde, avait refusé tout net d'accéder aux prétentions de M. Trump. Quant à la France, elle avait rappelé qu'elle demeurait gaulliste dans l'âme, comme le XVIIe siècle s'était voulu gallican.

Depuis lors, on appelle crétinisme politique l'art de se mettre un bandeau sur les yeux et de se remplir les oreilles de cire, tellement la politique des démocraties évangélisatrices est devenue une illustration et une mise en scène planétaire du tartuffisme politique chargé de remplacer celui du Tartuffe de Molière.

Ne nous laissons pas tromper par les faux-fuyants et les subterfuges selon lesquels Mme Angela Merkel n'aurait pas été mise durablement sur la touche et qu'elle repartirait d'un pied allègre afin d'accomplir son quatrième mandat de prééminence absolue dans la gouvernance de son pays.

Les Romains, puis le christianisme divisaient la vie publique entre des âges bien délimités. Le premier s'étendait du berceau jusqu'au dernier mois de la seizième année ou jusqu'au premier de la dix-septième selon la date de naissance de l'enfant. Pendant tout ce temps-là, sa vie sociale ressortissait aux lois de la biologie, parce qu'il se trouvait étroitement surveillé, guidé et contrôlé par ses géniteurs. Puis à l'âge souvent baptisé d'ingrat, il s'émancipait d'un contrôle suivi et méticuleux pour accéder au statut d'adulte que symbolisait la remise de la "toge virile".

Or, au début de novembre 2017, tout le monde éprouvait le sentiment d'assister à la mise à l'écart de Mme Merkel, et cela sur le modèle classique de la poussée vers la sortie de la classe parentale, comme s'il ne s'agissait plus de rejeter la chancelière réelle, mais la génération qui avait achevé de jouer son rôle psychophysiologique naturel.

Du coup il apparaissait clairement que la chancelière au pouvoir n'avait été que le témoin de l'âge nourricier d'une génération et que c'était cette étape biologique de sa carrière qui s'achevait sous nos yeux. La preuve en était précisément dans l'extension de l'omnipotence politique et militaire de l'OTAN : puisque cette stratégie-là s'était placée au cœur de la politique de l'Allemagne, c'était pour le motif qu'elle répondait à une incubation naturelle de l'avenir propre aux nations vaincues et quasiment expulsées de l'histoire. Aujourd'hui, elle ne répond plus à un début de renaissance de la fierté nationale, de la prise de conscience de son identité réelle et de la floraison d'une nation en route vers sa résurrection.

Or ce flottement entre deux eaux de l'Allemagne permettait précisément à l'OTAN de renforcer sans cesse son emprise militaire et politique sur l'Europe tout entière. Les manœuvres américaines s'étendaient désormais jusqu'aux frontières de la Russie sans qu'on vît encore paraître un patriotisme allemand et européen résolu, tellement l'heure de prendre la toge virile n'avait pas encore sonné pour la jeunesse allemande. Pis encore : vendredi 27 octobre, l'OTAN avait tenu, dans un communiqué intrusif, à donner son appui solennel à la politique de fermeté de l'Europe à l'égard de tout soutien à l'indépendance catalane. Pour la première fois, on aura vu les cinq cents bases militaires américaines qui mettent l'Europe en tutelle depuis soixante-douze ans s'ingérer directement dans la politique intérieure du continent.

Dans le même temps, cette organisation militaire, soutenue par les grands médias allemands, appelle désormais à cor et à cri la création d'un "espace Schengen militarisé" afin de permettre aux troupes d'occupation de se déplacer à leur guise dans tout l'espace européen. On voit comment une civilisation déclinante produit à son propre détriment une intelligentsia politique et médiatique crétinisée, ainsi que les anneaux de Gigès qui rendent invisible à ses yeux son propre assujettissement rampant.  

Profitons de cet interreigne allemand pour nous livrer à quelques observations anthropologiques sur les relations entre la politique et la langue des Germains. Comme d'habitude, l'année 2017 s'achèvera dans toutes les églises et dans toutes les familles sur les chants qui nous rappellent les liens particuliers que le peuple allemand entretient avec ses forêts. On aura chanté "O Tannenbaum, wie grün sind deine Bletter" (O sapin, combien tes feuilles sont vertes). Mais depuis quand les sapins ont-ils des feuilles? Nous imaginions qu'ils ont des aiguilles. Mais il y a plus étrange encore : on chantera "Stille acht, heilige Nacht, Nuit de silence, sainte nuit". Mais l'adjectif heilige qui signifie sacré, renvoie au verbe heilen, qui signifie guérir, au sens d'un sacré guérisseur. Le même sens se retrouve dans Heil Hitler, qui souligne dans l'inconscient théologique et politique de la langue que le Führer, le guide suprême, est articulé avec un salut sauveur et guérisseur. Le verbe heilen se retrouve dans Heiligkeit, sainteté, die Heiligen, les saints, ces guérisseurs du péché originel, der Heiland, le pays de la guérison, ou plus simplement, Dieu.

J'ai relevé plus haut comment Mme Merkel a géré la conduite de deux générations écrasées par les conséquences de la défaite militaire en leur infligeant une politique de la repentance et de l'acceptation d'une occupation humiliante de la nation, désormais quadrillée sur toute l'étendue de son territoire, par les deux cents bases de la puissance étrangère victorieuse. Désormais, cette Allemagne de transition, et après deux générations de sa mise sous tutelle, ne se reconnaît plus dans l'oubli de sa face héroïque.

La nation qui se complaisait dans une apologie de son asservissement et de sa capitulation est précisément illustrée par les trois législatures de Mme Merkel et le traité de Lisbonne qui soumet l'Europe tout entière à ce même régime. Il faut souligner que l'empire américain a besoin de plus de mille garnisons pour occuper la surface entière de notre astéroïde, mais qu'il lui en faut pas moins cinq cents pour seulement couvrir une Europe en lambeaux. Ce seul fait suffit à démontrer que dans les imaginations, l'Allemagne demeure un guerrier de légende qu'il convient de neutraliser.

Déjà la renaissance politique de l'Europe s'appuie sur une jeunesse majoritairement russophile, tandis que les classes dirigeantes politiques et médiatiques européennes demeurent, elles, majoritairement placées sous la tutelle d'un atlantisme héritier de Vichy et puérilement soumis aux seuls intérêts de l'empire de Washington. A-t-on jamais vu une civilisation s'installer durablement dans l'enfance !

7 décembre 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

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« Pour la première fois » l’ingérence ouverte ? Ouh, la la… Manuel de Diéguez ne doit pas connaître l’histoire de l’Italie dans les coins. Il est vrai qu’ « elle » ne s’est peut-être pas toujours ingérée ouvertement, en son nom propre. Quoi qu’il en soit, tiens, en voilà un bout. C’est tout chaud :

 

L’art de la guerre

Grands travaux du Pentagone à nos frais

Manlio Dinucci – Il Manifesto5 décembre 2017

Traduction : Marie-Ange Patrizio

 

Grands travaux sur notre territoire, du nord au sud. Ce ne sont pas ceux du Ministère des infrastructures et des transports, dont tout le monde parle, mais ceux du Pentagone dont personne ne parle. Et pourtant ils sont en grande partie payés avec nos sous et comportent, pour nous Italiens, des risques croissants. 

À l’aéroport militaire de Ghedi (Brescia) démarre le projet de plus de 60 millions d’euros, à la charge de l’Italie, pour la construction d’infrastructures pour 30 chasseurs USA F-35, achetés par l’Italie, et pour 60 bombes nucléaires USA B61-12

À la base d’Aviano (Pordenone), où sont en garnison environ 5000 militaires étasuniens avec des chasseurs F-16 armés de bombes nucléaires (sept d’entre eux sont actuellement en Israël pour l’exercice Blue Flag 2017), ont été effectués d’autres coûteux travaux à la charge de l’Italie et de l’Otan.

À Vicence sont dépensés 8 millions d’euros, à la charge de l’Italie, pour la “requalification” des casernes Ederle et Del Din, qui abritent le quartier général de l’Armée USA en Italie et la 173ème Brigade aéroportée (engagée en Europe orientale, Afghanistan et Afrique), et pour agrandir le “Village de la Paix” où résident des militaires étasuniens avec leurs familles. 

À la base étasunienne de Camp Darby (Pise/Livourne) commence en décembre la construction d’une infrastructure ferroviaire, d’un coût de 45 millions de dollars à la charge des USA plus d’autres dépenses à la charge de l’Italie, pour développer la liaison de la base avec le port de Livourne et l’aéroport de Pise : oeuvre qui implique l’abattement de 1000 arbres dans le parc naturel. Camp Darby est un des cinq sites que l’Armée USA a dans le monde pour le “stockage pré-positionné” d’armements (contenant des millions de missiles et projectiles, des milliers de chars d’assaut et de véhicules blindés) : de là ils sont envoyés aux forces USA en Europe, Moyen-Orient et Afrique, par de grands navires militarisés et des avions cargos. 

À Lago Patria (Naples) le nouveau quartier général de l’Otan, qui a coûté environ 200 millions d’euros dont environ un quart à la charge de l’Italie, comporte des coûts ultérieurs pour l’Italie, comme celui de 10 millions d’euros pour la nouvelle viabilité autour du quartier général Otan. 

À la base d’Amendola (Foggia) ont été effectués des travaux, d’un coût non quantifié, pour rendre les pistes aptes aux F-35 et aux drones Predator étasuniens, achetés par l’Italie.

À la Naval Air Station Sigonella, en Sicile, ont été effectués des travaux pour plus de 100 millions de dollars à la charge des Etats-Unis et de l’Otan, donc de l’Italie aussi. En plus de fournir un appui logistique à la Sixième Flotte, la base sert à des opérations au Moyen-Orient, Afrique et Europe orientale, avec des avions et drones de tous types et des forces spéciales. A ces missions s’ajoute maintenant celle de base avancée du “bouclier anti-missiles” USA, dans une fonction non pas défensive mais offensive surtout à l’égard de la Russie : s’ils étaient en mesure d’intercepter les missiles, les USA pourraient lancer la première frappe nucléaire en neutralisant les représailles. À Sigonella est sur le point d’être installée la Jtags, station de réception et transmission satellitaire du “bouclier” et ce n’est évidemment pas par hasard : avec le lancement du cinquième satellite, est en train de devenir pleinement opérationnel le Muos, système satellitaire étasunien dont une des quatre stations terrestres se trouve non loin de là, à Niscemi. 

Le général James Dickinson, chef du Commandement stratégique USA, dans une audition au Congrès le 7 juin 2017 a déclaré : “Cette année nous avons obtenu l’appui du gouvernement italien pour redéployer, en Europe, la Jtags à la Naval Air Station Sigonella”. 

Le Parlement italien était-il au courant d’une décision d’une telle portée stratégique, qui met notre pays en première ligne dans la toujours plus dangereuse confrontation nucléaire ? En a-t-on au moins parlé dans les commissions Défense ?

Édition de mardi 5 décembre 2017 de il manifesto

 

 

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Pendant qu’on y est…

Se croirait-on pas revenus au temps du Duce et d’Italo Balbo ?

 

Gentiloni “l’Africain” à la conquête de néo-colonies

Manlio Dinucci – Il Manifesto3 décembre 2017

Traduction : Marie-Ange Patrizio

 

“Que l’avenir de l’Europe se joue aussi en Afrique est, je crois, très clair surtout pour nous Italiens, pour des raisons historiques et géographiques” : c’est ce qu’a déclaré le président du Conseil Paolo Gentiloni dans son tour africain, du 24 au 29 novembre, à travers Tunisie, Angola, Ghana et Côte d’Ivoire.

De cette façon, sans le vouloir, il a dit la vérité : l’Italie et l’Europe considèrent aujourd’hui l’Afrique comme très importante pour les mêmes “raisons historiques et géographiques” que dans le passé, c’est-à-dire quand elle était sous leur domination coloniale.

L’Afrique est très riche en matières premières : or, diamants, uranium, coltan, cuivre, pétrole, gaz naturel, manganèse, phosphates, bois précieux, cacao, café, coton et beaucoup d’autres. Ces précieuses ressources, exploitées par le vieux colonialisme européen avec des méthodes de type esclavagiste, sont aujourd’hui exploitées par le néocolonialisme européen s’appuyant sur des groupes de pouvoir et gouvernants africains corrompus, une main d’oeuvre locale à bas coût et un contrôle des marchés internes et internationaux.

C’est ce que confirme le voyage d’affaires du premier ministre Gentiloni, en habit de voyageur de commerce de l’Eni (Société nationale des Hydrocarbures), multinationale qui en Afrique opère en Algérie, Libye, Tunisie, Egypte, Kenya, Liberia, Côte d’Ivoire, Nigeria, Ghana, République du Congo, Angola, Mozambique et Afrique du Sud. La Tunisie, première étape du voyage de Gentiloni, est une importante base de l’Eni pas seulement pour le gisement de El Borma, mais aussi comme voie de transit du gazoduc Transmed qui apporte en Italie le gaz algérien. En Angola Gentiloni a assisté, avec le président Lourenço, à la signature d’un lucratif accord qui assigne à l’Eni 48% des droits sur le grand gisement Cabinda North. Au Ghana il a visité la maxi plate-forme flottante Eni de production et stockage, pour l’exploitation de gisements offshore de plus de 40 milliards de m3 de gaz et 500 millions de barils de pétrole.

En Côte d’Ivoire -où l’Eni a acheté 30% d’une grande aire offshore riche en hydrocarbures, par l’intermédiaire de sa Eni Côte d’Ivoire Limited, qu’elle contrôle, et dont le siège est à Londres- Gentiloni a participé au cinquième sommet Union européenne-Union africaine, avec Mogherini, représentante des affaires étrangères de l’Ue, le président français Macron et la chancelière allemande Merkel. Au centre du sommet, de nouveaux investissements européens en Afrique avec le noble but de “donner de nouveaux espoirs aux jeunes Africains”. Ces investissements sont cependant, en général, finalisés dans la formation d’élites africaines servant aux intérêts néo-coloniaux.

Même dans les pays ayant les plus grands revenus grâce à l’export de matières premières, la majorité des habitants vit dans la pauvreté. Selon des données de l’Onu, plus des deux tiers de la population de l’Afrique sub-saharienne vivent dans ces conditions et plus de 40% vit dans une pauvreté extrême.

L’exemple de la Côte d’Ivoire et du Ghana, visités par Gentiloni, est emblématique : non seulement ils ont de grandes ressources énergétiques, mais ils sont les deux premiers producteurs mondiaux de cacao (avec presque 60% de la production totale). Celui-ci est cultivé pour la plus grande partie par de petits paysans, qui vivent dans la pauvreté parce qu’ils sont obligés de vendre à des prix très bas les les grains de cacao, dont les multinationales du chocolat tirent des profits élevés. Ainsi, comme l’a dit aussi Renzi, “on aide les Africains chez eux”.

Dans les cinq années 2010-2015, les plus grands investissements en Afrique ont été effectués par Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Afrique du Sud et Italie. Mais en 2016 la Chine est passée en tête, suivie par les Emirats Arabes Unis et l’Italie qui, a déclaré fièrement Gentiloni, a été l’an dernier le plus grand investisseur européen en Afrique avec environ 12 milliards.

États-Unis et Union européenne voient leur rôle dominant dans les économies africaines mis de plus en plus en danger par la Chine, dont les sociétés offrent aux pays africains des conditions beaucoup plus favorables et construisent les infrastructures dont ces pays ont besoin : jusqu’à présent environ 2300 km de voies ferrées et 3300 km de routes. En même temps, États-Unis et Union européenne voient leurs intérêts menacés par des mouvements armés, comme celui des “Niger Delta Avengers” qui attaquent les sites de l’étasunienne Shell et d’autres compagnies pétrolières dont l’Eni, responsables du désastre environnemental et social dans le delta du Niger.

Comme ils perdent du terrain sur le plan économique, les États-Unis et les plus grandes puissances européennes jettent leur épée sur le plateau de la balance. Le Commandement Africa des États-Unis, avec la motivation officielle de lutter contre le terrorisme, est en train d’étendre et de faire monter en puissance son réseau militaire sur le continent, avec des opérations des forces spéciales, l’utilisation de drones armés, l’entraînement et l’armement de forces spéciales africaines. La France, qui dans les cinquante dernières années a accompli dans le continent plus de cinquante interventions militaires officielles plus de nombreuses autres secrètes, est en train d’intensifier les opérations en Afrique occidentale, centrale et orientale, où elle maintient environ 7 mille soldats et diverses bases militaires surtout au Mali, Sénégal, Gabon et Côte d’Ivoire. L’Italie -qui a une présence militaire en Libye, Mali, Somalie et Djibouti- sollicite l’intervention de l’Otan en Afrique. “L’Otan -souligne le premier ministre Gentiloni- doit regarder vers le Sud. Si la plus grande alliance militaire de l’histoire ne le fait pas, elle risque aujourd’hui de ne pas être à la hauteur des défis contemporains”. L’Otan se prépare à regarder encore vers le Sud, comme quand en 2011 elle a démoli l’État libyen par la guerre.

Edition de dimanche 3 décembre 2017 de il manifesto

 

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À propos d’un débat Collon-Soral qui aura ou n’aura pas lieu...

À la suite de la publication du livre de Michel Collon Pourquoi Soral séduit, l’auteur avait proposé à son objet, Alain Soral, un débat public sur le fond. Il semble que celui-ci ne le désire pas, au risque de laisser croire qu’il « se dégonfle » ou qu’il craint la contradiction. Dommage, quand bien même les deux auraient tort.

Le duel « ira-ira pas » agite le Landerneau du web qui nous intéresse…

 

Alain Soral continuera-t-il à refuser le débat ?

Michel Collon – Investig’action1er décembre 2017

 

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J’ai proposé à Alain Soral un débat public. Je lui ai envoyé mon nouveau livre Pourquoi Soral séduit qui critique le sien Comprendre l’Empire. Soral semble répondre qu’il refuse de débattre car il n’a pas de temps à perdre avec moi.

Pour justifier sa dérobade, Soral avance trois arguments :

  1. Avant même d’avoir reçu mon livre, il « devine déjà » ce qu’il y a dedans. Trop fort !
  2. Il se cache derrière plusieurs auteurs qui, soi-disant, « ont déjà répondu pour moi à ses critiques » (Atzmon, Clouscard, Mearsheimer & Walt, Faurisson, Sombart). Désolé, mon livre ne parle pas de ces questions !
  3. Débattre serait, dit-il, « affaiblir un peu plus le combat anti-impérialiste par d’inutiles polémiques ». Mais pas du tout ! Pourquoi aurions-nous peur de permettre aux gens de se faire leur opinion afin de mieux lutter contre l’impérialisme ?

Toujours sans avoir lu mon livre qui le critique, Soral prétend : « Pour le reste, Michel Collon et moi sommes à peu près d’accord ». Faux. Ceux qui ont déjà pu lire mon livre ont compris que nos visions de la société et de l’alternative divergent considérablement.

Mon but avec ce livre ? Expliquer de manière rigoureuse et pédagogique le fonctionnement du système capitaliste. Ne pas se contenter d’un coup de gueule « Tout ça, c’est un complot des banques, des illuminati et des juifs ». Ces idées complotistes peuvent exprimer un sentiment de révolte mais passent à côté des mécanismes profonds du capitalisme.

Une véritable analyse des règles économiques et politiques fondamentales est indispensable pour préparer la contre-attaque et changer de système. Voilà l’enjeu. Un mouvement populaire large, solidaire, anti-impérialiste, antiraciste, antisexiste, pour l’égalité, l’amitié entre les peuples et la justice sociale. Or, je montre dans mon livre qu’au fond, Alain Soral défend le capitalisme à condition d’en changer les dirigeants. Illusion !

Je pense qu’il craint la confrontation. Car, au contraire de ce qu’il affirme, elle démontrera que Alain Soral et Michel Collon, ce n’est pas le même combat.

Soral n’a « pas de temps à perdre avec moi » ? Mais il ne s’agit pas de moi, il s’agit de tous ces gens qui se posent beaucoup de questions ! Je n’ai pas écrit un livre contre Soral. Mais pour les gens. Clarifier le débat et nous armer tous pour la résistance.

« J’ai plus important à faire, », écrit Soral. Qu’y a-t-il donc de plus important que de permettre aux gens de confronter les visions sur ces problèmes et décider comment ils souhaitent lutter ?

Je renouvelle mon appel au débat public. Calme, objectif et respectueux.

Source : https://www.investigaction.net/fr/alain-soral-continuera-...    

 

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Réaction de Maria Poumier (Entre la plume et l’enclume)

Arrêtons de faire plaisir à nos ennemis en nous étripant les uns les autres ! il y a la place pour Michel Collon et pour Soral, et pour bien d'autres ! Nous stérilisons la réflexion de la jeunesse si nous l'obligeons à choisir une chapelle plutôt qu'une autre ! Quel gâchis... Investissons nos énergies dans la recherche de sources primaires qu'on nous cache; il faut chercher l'info ailleurs que dans la pâtée qu'on nous donne. Ce sera sûrement plus utile. C'est l'immense mérite de Faurisson-le-grand-frisson, qui ne s'est mis à taper sur certains historiens qu'après être arrivé au coeur de la pyramide, en être revenu avec une découverte unique, fondamentale : il n'y avait rien, que du blabla. C'est la démarche féconde. On est tous d'accord là-dessus ? Eh bien y’a qu'à !

 

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Premier commentaire de Bruno Drweski :

Il faudrait commencer par lire le livre de Michel Collon pour voir qui, selon lui, est réellement en lutte contre le système et qui joue le rôle du chiffon rouge manipulé par le toréador, lui-même au service du propriétaire de cirque qui s'enrichit grâce à l'abrutissement du public, lequel déserte du coup le terrain réel de la lutte qui oppose les propriétaires des moyens de production et d'échange aux travailleurs (et surendettés) dépossédés de tout.

 

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Second commentaire de Bruno Drweski :

Chers Amis,

La question à laquelle nous ne pouvons échapper et qu'il faudra donc aborder tôt ou tard qu'on le veuille ou non me semble non pas celle de faire ou de ne pas faire plaisir à nos ennemis, mais celle de proposer une réponse efficace et non incantatoire à leurs agressions, pour pouvoir passer à la contre-offensive, idéologique, politique et donc économique aussi. D'où la nécessité de clarifier les choses entre Soral, Collon, la gauche sociale (je dis bien sociale et pas sociétale ou « morale » !!!!) et la droite des valeurs*. Je peux donc tout à fait comprendre le conservatisme moral mais je ne pourrai jamais comprendre « la droite des valeurs » qui ne pose pas la question de la propriété des moyens de production et d'échange… Des banques, donc, mais aussi de la production réelle.

Bref voilà pourquoi un débat entre Soral et Collon serait utile, pour aider à répondre à ces questions :

Economie et finance : les 7 points où l'on attend une réponse claire d'Alain Soral… et de tous ceux qui se réclament de l'anticonformisme. Si l'on peut faire mûrir sur ces points Soral ou l'amener à clarifier ses choix, pourquoi pas ? Mais il faut commencer par un débat sur :

  1. Où se trouve la (et les quelques) plus grande(s) fortune(s) ? 
  2. Tout est-il vraiment de la faute des banques ?
  3. Qui est responsable de la crise ?
  4. Y aurait-il un bon et un mauvais colonialisme ?
  5. La guerre, est-ce le résultat d'un complot d'élites, d'idéologies fumeuses, ou la conséquence de la crise sociale et économique due à la baisse tendancielle des taux de profits des grosses entreprises devenues mondiales et transnationales ?
  6. Sur quelles classes sociales pouvons-nous compter pour renverser les choses (et celles sur lesquelles nous ne pourrons jamais compter) ?
  7. Est-il possible de résister, d'oser lutter et finalement d'oser vaincre ?   

        Amitiés

        Bruno

________________

     *PS. Moi, je ne connais que des principes, car les valeurs seront toujours tôt ou tard cotées en bourse, c'est un terme qui vient de l'économie ! C'est donc déjà un terme menant à la soumission idéologique, que ces « valeurs » soient dites conservatrices, chrétiennes, islamiques ou socialistes, c'est un terme produit par l'idéologie libérale du dominant dont le but est de se tirer une balle dans le pied. Et mon opinion, à la lecture de Soral, est qu'il développe des idées qui sont un leurre… un peu comme Mahmoud Abbas est un leurre pour les Palestiniens, comme les sionistes  Mitterrand ou Le Pen étaient et sont un leurre pour les forces populaires et de libération nationale. Ce sont « des oppositions de sa majesté », qui le prouvent dès qu'elles reçoivent une bribe partielle de pouvoir. Qu'on me démontre le contraire !!!

 

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« Propagande, faits et fausses nouvelles »

avec J. Assange, J. Pilger & J. Heawood

Arrêt sur Info 6 décembre 2017

 

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Au « Débat Holberg 2017 », Julian Assange, John Pilger et Jonathan Heawood ont discuté de la présence de la propagande dans les nouvelles et dan les média sociaux, et ses implications démocratiques.

Une guerre de l’information en pleine escalade est-elle en train de menacer notre démocratie et notre capacité à prendre des décisions informées ?

L’événement s’est déroulé à l’Université de Bergen, en Norvège, le 2 décembre 2017

Les intervenants :

Julien Assange participe à la discussion par connection vidéo. Assange est un journaliste couronné de nombreux prix, fondateur et rédacteur en chef de WIKILEAKS. Il est aussi programmeur, cryptographe, auteur et militant. Fondé en 2006, WIKILEAKS a divulgué des millions de documents et plusieurs vidéos, y compris des journaux de bord ayant trait aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, la vidéo controversée « meurtre collatéral » sur l’Irak, des télégrammes diplomatiques US et des e-mails se rapportant à la campagne électorale du Comité Démocrate National et au directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta.

Jonathan Haewood est le PDG et le fondateur d’IMPRESS, seul régulateur de presse reconnu comme indépendant et efficace par la Charte Royale de Royaume Uni. Avant cela, il a travaillé comme journaliste et a milité pour les droits de l’homme. Il est aussi l’ex-directeur du PEN CLUB anglais. Haewood a écrit sur la liberté d’expression et sa régulation pour divers organes, dont The Encyclopedia of Twentieth-Century Fiction («Encyclopédie de la fiction du XXe siècle ») , Critical Quarterly (« Le trimestriel critique »), Journal of Media Law, (« Journal du droit des médias »), Ethical Space and Communications Law (« Droit pour un espace et des communications éthiques »).

John Pilger est un journaliste australien, un auteur et un cinéaste documentaire. Il couvre les conflits militaires, politiques et culturels tout autour du monde depuis plus de cinq décennies et sa vision critique des politiques étrangères australienne et britannique apparaît fortement dans ses documentaires et dans ses écrits. Il a travaillé pour le Daily Mirror, de 1963 à 1986, et tenu une chronique régulière dans The New Statesman, de 1991 à 2014. Pilger a remporté de nombreux prix comme journaliste et comme cinéaste, et il est un des deux seuls à avoir reçu deux fois la plus haute récompense du journalisme britannique.

 

 

Le Débat Holberg 2017 est le fruit d’une collaboration entre le Prix Holberg, la Fondation Fritt Ord et le PEN CLUB de Norvège (Norvège occidentale).

Voir les commentaires ici : https://www.youtube.com/watch?v=LqEtKyuyngs&feature=y...

HolbergPrize

Source : http://arretsurinfo.ch/propaganda-facts-and-fake-news-wit...

 Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Pendant qu’on y est…

Il nous avait semblé qu’Olivier Berruyer (Les Crises) avait déclaré vouloir poursuivre personnellement en justice le « Décodex » qui s’était permis de le prendre à partie en même temps que d’autres. On dirait qu’il n’en est rien, même s’il a déposé des plaintes individuelles contre certains des membres de la clique.

Quoi qu’il en soit, l’article qui suit a le mérite d’épingler et d’étaler quelques-uns de ces messieurs-dames dans leurs œuvres. Toujours instructif.

 

(Les copains du blog) Point sur les plaintes en cours

Olivier Berruyer — Les Crises 6 décembre 2017

 

Comme je l’avais indiqué au printemps dernier, je porte désormais plainte systématiquement en cas de diffamation à mon encontre.

Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu à l’époque.

Nous avons parlé la semaine dernière du renvoi au tribunal de celle qui a ouvert le bal en 2016 : Cécile Vaissié, dont “l’ouvrage” est d’ailleurs visé par plusieurs autres plaintes en diffamation.

 

  1. Rudy Reichstadt et L’Observatoire du conspirationnisme
  2. Adrien Sénécat et Les Décodeurs du Monde
  3. Samuel Laurent, des Décodeurs du Monde
  4. Nicolas Tenzer
  5. Jean Quatremer
  6. Raphaël Glucksmann
  7. Laurent Joffrin et Désintox de Libération
  8. (Pour mémoire) Les autres “copains du blog
  9. Épilogue

 

I. Rudy Reichstadt et L’Observatoire du conspirationnisme

J’ai donc porté plainte contre “l’Inspirateur” Rudy Reichstadt et contre le Président de L’Observatoire du conspirationnisme :

 

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Comme nous avons parlé plusieurs fois, je développe peu. Face à la récurrence des diffamations, plusieurs plaintes ont ainsi été déposées au fil des mois.

Lire la suite…

Source : https://www.les-crises.fr/les-copains-du-blog-point-sur-l...

 

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Mais puisqu’on est dans la guerre de l’information, restons-y :

 

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Encore avec les carabiniers !

Le 27 novembre dernier – honte sur nous ! – le Saker avait envoyé urbi et orbi ce qui suit, demandant à ses assidus lecteurs de « rendre un peu visible » un livre de Phil Butler récemment sorti. Tout vient à point à qui sait attendre :

 

Les prétoriens de Poutine :

Les principaux trolls du Kremlin passent aux aveux

The Saker.is27 novembre 2017

 

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Chers amis,

Aujourd’hui, avec l’aimable permission de Phil Butler, je mets en ligne le texte de ma contribution à son livre Putin’s Praetorians: Confessions of the Top Kremlin Trolls. Il y a à cela deux ou trois raisons. La principale est que j’estime que ce livre mérite une bien plus grande visibilité que celle qu’il a reçue (c’et aussi pourquoi, exceptionnellement, je place ce post dans la catégorie « analyses importantes » de mon site et pas ailleurs). Je vous prie de lire mon compte-rendu, pour voir pourquoi je m’attache aussi fortement à ce livre. Franchement, je suis scandalisé du petit nombre de critiques suscitées par ce livre. Je ne sais même pas si quelqu’un, mis à part Russia Insider, s’est donné la peine d’en faire un compte-rendu, mais quand bien même quelqu’un d’autre l’aurait-il fait, c’est une honte absolue que ce volume si intéressant soit aussi totalement ignoré des médias alternatifs, y compris de ceux qui sont les plus amicaux envers la Russie. C’est donc pour remettre ce livre « à la Une » pour ainsi dire, de notre communauté, que je poste ici ma contribution personnelle. La deuxième (raison) est que je veux vous demander votre aide. Jusqu’à présent, la version Kindle du livre a reçu quinze (15) appréciations sur Amazon et la version papier une seule ! Ce n’est pas suffisant ! Je vous demande donc par la présente 1) d’acheter le livre (Amazon réclame l’opînion des acheteurs), 2) d’écrire vous-mêmes une critique-compte-rendu sur Amazon. Allez, les gars, c’est là quelque chose que la plupart d’entre vous sont capables de faire les doigts dans le nez, donc, s’il vous plaît, faites-le ! Il nous faut montrer au monde qu’il existe ce que j’appelle « un autre Occident », qui, loin d’être russophobique, est capable d’aligner de vrais amis et même des défenseurs de la Russie. Donc, s’il vous plaît, jouez votre rôle et aidez Phil dans son héroïque entreprise : procurez-vous la version papier et écrivez ce que vous en pensez sur Amazon.

Mille mercis pour votre aide. Santé ! Et bises à tous !

Le Saker

 

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Comment je suis devenu un troll du Kremlin

par Le Saker

 

Par ma naissance, mon expérience et ma formation, j’avais tout ce qu’il fallait pour haïr Poutine. Je suis né dans une famille de « Russes blancs » dont l’anti-communisme était total et viscéral.

Mon enfance a été remplie d’histoires (presque entièrement vraies) d’atrocités et de massacres commis par les bolcheviques pendant la Révolution et la guerre civile qui l’a suivie. Comme mon père m’avait abandonné, j’ai eu pour père spirituel un archevêque russe orthodoxe en exil, et, par lui, j’ai appris toutes les persécutions génocidaires que les bolcheviques ont déchaînées sur l’Église orthodoxe.

À l’âge de 16 ans, j’avais déjà lu les trois volumes de L’Archipel du goulag et très sérieusement étudié l’histoire de la IIe Guerre mondiale. À 18 ans, je me suis impliqué dans de nombreuses activités anti-soviétiques telles que distribuer de la propagande anti-soviétique dans les boîtes aux lettres des diplomates de l’URSS ou qu’organiser l’importation illégale de livres interdits en Union Soviétique par le canal de sa marine marchande et de sa flotte de pêche (principalement via leur point de stationnement des îles Canaries). J’ai aussi travaillé avec un groupe clandestin de chrétiens orthodoxes qui envoyaient de l’aide, surtout en argent, aux familles des dissidents emprisonnés. Et comme je parlais couramment le russe, ma carrière militaire m’a fait passer d’un entraînement de base en matière de guerre électronique à une unité spéciale de linguistes au Quartier Général de l’Armée suisse, et, de là, à la fonction d’analyste militaire pour les services secrets suisses.

Les autorités soviétiques nous ont longtemps, ma famille et moi-même, mis sur leur liste de dangereux activistes anti-URSS et je n’ai, par conséquent, jamais pu voyager en Russie jusqu’à la chute du communisme en 1991, où j’ai pu prendre un avion pour Moscou, alors que les barricades élevées contre le coup d’État du GKChP (Comité d'État sur l'État d'Urgence) étaient encore debout.. Vraiment, jusqu’en ce fatal mois d’août 1991, j’étais un parfait militant anti-communiste pur et dur. J’ai même pris une photo de moi debout à côté de la statue déboulonnée de Felix Dzerjinski (le fondateur de la Tchéka, première des polices secrètes soviétiques), avec ma botte sur sa gorge de fer. Ce jour-là, j’ai senti que ma victoire était totale. Elle ne devait pas durer longtemps.

Au lieu d’apporter au peuple russe, qui souffrait depuis si longtemps, la liberté, la paix et la prospérité, la fin du communisme en Russie ne lui a apporté que le chaos, la pauvreté, la violence et une exploitation abjecte par la pire classe d’ordures qu’ait produite la défunte Union soviétique. Je fus horrifié. Contrairement à tant d’autres activistes anti-soviétiques, qui étaient également russophobes, je n’ai jamais confondu mon peuple avec le régime qui l’avait opprimé. Ainsi, tandis que je me réjouissais de la fin d’une horreu, je me désespérais de voir qu’une autre avait pris sa place. Pire même : il était indéniable que l’Occident jouait un rôle actif dans toutes et dans chacune des formes d’activités anti-russes : de la protection totale des gangsters russes au soutien de la subversion wahhabite de Tchétchénie, en passant par le financement de la machine de propagande qui tentait de faire du peuple russe un tas de consommateurs décervelés et par la présence de « conseillers » occidentaux (oui, c'est ainsi !) dans tous les ministères-clés. Les oligarques se sont alors mis à piller la Russie, causant des souffrances sans nom et sans mesure, pendant que tout l’Occident, le soi-disant Monde Libre, non seulement ne faisait rien pour aider les Russes, mais employait toutes ses ressources à aider ses ennemis. Bientôt, les forces de l’OTAN allaient attaquer la Serbie, alliée historiique de la Russie, en totale violation des principes les plus sacrés des lois interationales. L’Allemagne de l’Est fut instantanément réunie, c’est-à-dire incorporée, à l’Allemagne de l’Ouest, et l’OTAN entama sa poussée vers l’Est aussi loin que possible. Je ne pouvais pas me faire croire que tout ceci s’expliquait par une quelconque peur de l’Armée soviétique ou par une réaction à la théorie communiste de la révolution mondiale. À la vérité, il devint clair à mes yeux que les élites occidentales ne haïssaient pas le système ou l’idéologie soviétique, mais qu’elles haïssaient le peuple russe en personne, avec la culture et la civilisation qu’il avait créé.

Au moment où éclata la guerre contre la nation serbe en Croatie, en Bosnie et au Kosovo, je me trouvaiis dans une situation unique : toute la journée, je pouvais lire les rapports militaires secrets et ceux de l’UNPROFOR sur ce qui était en train de se passer dans la région, et, après ma journée de travail, je pouvais lire la propagande contrefactuelle anti-serbe crachée jour après jour par les Ziomédias de masse occidentaux. J’étais horrifié de voir que littéralement TOUT ce que disaient ces médias était mensonger jusqu’à l’os. Après quoi vinrent les opérations sous faux drapeau (« false flags »), d’abord à Sarajevo, mais aussi, plus tard, au Kosovo. Mes illusions au sujet du « Monde Libre » et de l’« Occident » s’écroulaient. À grande vitesse.

Le sort me ramena en Russie en 1993, où je pus voir le carnage infligé, à Moscou, par le régime « démocratique » d’Eltsine à des milliers de Russes (beaucoup plus que ce que la presse officielle prétendit). J’ai aussi vu les drapeaux rouges et les portraits de Staline autour du Parlement. Une fois arrivé là, mon dégoût était devenu total. Et quand le régime d’Eltsine décida de mettre au pas la Tchétchénie de Dudaev en déclenchant un autre bain de sang inutile, il set tourna eu désespoir. Puis vinrent les élections volées de 1996 et le meurtre du général Lebed. Quand le choses en furent là, je me souviens avoir pensé : « la Russie est morte ».

Par conséqent, lorsque l’entourage d’Eltsine nomma tout à coup un parfait inconnu Président de Russie, je fus fameusement sceptique, pour dire les choses poliment. Le nouveau venu n’était ni un ivrogne ni un oligarque arrogant, mais on ne pouvait pas dire qu’il fût impressionnant. Il était aussi ex-membre du KGB, ce qui, d’une part, était intéressant, le KGB ayant été l’ennemi de toute ma vie, alors que, d’autre part, je savais que le KGB qui s’occupait des services secrets étrangers était composé des plus brillants d'entre les meilleurs et qu’ils n’avaient eu rien à voir avec la répression politique. Les goulags et tout le reste des horreurs avaient été l’affaire d’une autre branche du KGB (la 5e) et elle avait été abolie en 1989. Poutine venait de la Première Direction Principale du KGB , le « PGU KGB ». Néanmoins, mes sympathies allaient plutôt au (beaucoup moins politique) service secret militaire GRU qu’au très politisé PGU, qui, j’en étais alors tout à fait sûr, disposait d’un très épais dossier sur ma famille et moi-même.

C’est alors que deux choses d’importance cruciale se produisirent en même temps ; le « Monde libre » et Poutine révélèrent simultanément leur vrai visage : le « Monde libre », celui d’un empire anglo-sioniste voué avec acharnement à l’agression et à l’oppression tous azimuts, et Vladimir Poutine, celui d’un vrai patriote russe. De fait, Poutine commença à prendre à mes yeux l’allure d’un héros. D’abord lentement, graduellement, petit pas à petit pas, il commença à faire faire demi-tour à la Russie, particulièrement dans deux domaines : il essayait de re-souverainiser le pays (de le rendre à nouveau souverain et indépendant) et il osa même l’impossible : dire à l’Empire non seulement qu’il avait tort, mais que ce qu’il faisait était illégitime (lisez donc la transcription de l’étonnant « Discours de Munich » de 2007 !)

Poutine m’a amené à faire un choix dramatique : allais-je me cramponner à mes préjudices de toute une vie ou laisser la réalité me prouver que mes préjudices de toute une vie étaient faux ? La première branche de l’alternative était pour moi la plus confortable et tous mes amis m’auraient approuvé. La seconde était beaucoup plus problématique et me coûterait l’amitié de beaucoup de gens. Mais quelle était la meilleure option pour la Russie ? Se pouvait-il que joindre ses forces à celles d’un ancien officier du KGB fût la chose à faire pour un Russe blanc ?

J’ai trouvé la réponse dans une photo d’Alexandre Soljénitzine et de Vladimir Poutine :

 

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Si cet anti-communiste pur et dur de la vieille génération qui, contrairement à moi avait passé des années au goulag, pouvait serrer la main de Poutine, alors, moi aussi je pouvais !

En fait, la réponse avait été tout du long évidente : alors que les principes et les idéologies « blancs » et « rouges » étaient incompatibles et mutuellement exclusifs, il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui, les vrais patriotes russes se trouvent à la fois dans le camp des « Blancs » et dans le camp des « Rouges ». Pour dire les choses différemment, je ne crois pas que « Blancs » et « Rouges » seront jamais d’accord sur le passé, mais nous pouvons et nous devons nous mettre d’accord sur le futur. En outre, l’Empire se fout que nous soyons « Bancs » ou « Rouges ». L’Empire nous veut tous esclaves ou morts.

Entretemps, Poutine est toujours le seul dirigeant au monde qui ait assez de couilles pour dire à l’Empire à quel point il est hideux, stupide et irresponsable (lisez son Discours à l’ONU de 2015). Et moi, quand je l’écoute, je me rends compte qu’il n’est ni « Rouge » ni « Blanc ». Il est tout simplement russe.

Et c’est ainsi que je suis devenu troll du Kremlin et fan de Poutine.

Le Saker

Source : http://thesaker.is/book-excerpt-how-i-became-a-kremlin-tr...

 

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Phil BUTLER

Putin’s Praetorians : The Top Kremlin Trolls Confess

Langue : anglais

Éd. Pamil Visions, Octobre 2017

Illustrations de Patricia Revita & Préface de Pepe Escobar

211 pages

 

 

Ohé, La Fabrique ! Ça ne vous dirait pas de le publier en français ?

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

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Mis en ligne le 7 décembre 2017

 

 

 

 

 

 

23:45 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/12/2017

ET PENDANT LE "BLACK FRIDAY"...

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« Ce qu’on appelle le plan de paix de Trump, discuté et mis en forme par Jared Kushner et MBS, comporte la reddition de la Palestine, l’abandon du droit au retour pour les réfugiés de 1948, le renoncement à la souveraineté palestinienne et le renoncement à Jérusalem. »

 

 

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Le chien qui n’a pas aboyé

Emprisonnement et torture d’oligarques milliardaires

Israël Adam Shamir – 2 décembre 2017

Entre la plume et l’enclume

 

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La meilleure solution pour un problème compliqué est toujours simple. L’œuf de Colomb, le nœud gordien, le lit de Procuste. Tant de gens s’étaient échinés à tenter de desserrer le sac de nœuds, avant qu’Alexandre arrive et en finisse d’un seul coup magistral de sa puissante épée. Des sages avaient essayé en vain de faire tenir l’œuf debout sur une table, jusqu’au jour où Christophe Colomb en a écrasé un des bouts. Et Procuste avait réglé le problème de l’extrême diversité des tailles dans la  population, en coupant les jambes aux trop grands et en étirant les jambes aux courts sur pattes.

Et maintenant, le glorieux quoique trop long nom du  prince de la couronne des Saoud Muhammad bin Salmna (pour faire court MBS) devrait rejoindre la liste des grands découvreurs de solutions. Il a affronté le problème d’avoir à gérer un pays en faillite, un trésor vide, et toute sorte de citoyens extrêmement riches, aux coffres débordants.

Trump se retrouve face à un problème semblable ; aux US, les chiens dominants tiennent toute la bonne viandedans leur gueule, tandis que l’État croule sous une dette multimilliardaire. On a trois gentelmen de belle allure : Jeff Bezos, Bill Gates et Marck Zuckerberg, qui ont dans leurs coffres-forts autant que la totalité des gens ordinaires. Le déficit annuel avoisine les 400 milliards de dollars, autrement dit un chiffre à douze zéros.

Les Grecs sont dans une situation encore pire : ils sont endettés et ils crèvent la dalle sous les plans d’austérité, tandis que l’argent que l’État grec a emprunté déborde des poches des riches. 

Le problème est universel. Partout, du Royaume Uni à la Russie, du Brésil à la Grèce, c’est la même chose : les coffres de l’État sont vides, les politiques prescrivent l’austérité pour tous, mais une poignée de riches contemplent la croissance rapide de leur capital non imposable.

Bon, d’accord, on est au courant, et qu’est-ce que tu veux qu’on y fasse, petit malin ? Tu vas t’en mordre la moustache, et alors ? Geindre ou vociférer, ou te contenter d’une bière bien fraîche pour oublier toutes ces saletés ? Tu le savais déjà, quand même, que tu n’as pas la permission de taxer les riches, que tu ne peux pas les empêcher de déménager leur capital dans des paradis fiscaux, que tu ne devrais même pas prononcer des mots aussi chargés de haine, où d’aucuns pourraient trouver des relents antisémites. Trump a connu ça : quand il a attaqué des banquiers dans sa campagne électorale, il a immédiatement été traité d’antisémite.

L’héritier de la couronne MBS a trouvé la solution. Il a coincé des centaines de gens parmi les plus riches de son royaume, les a parqués dans le Ritz Carlton cinq étoiles de sa capitale Riyad, et il leur a dit de cracher au bassinet. Quand ils lui ont ri au nez, il a fait appel à des sicaires pour mettre en place la ponction, style mafia.

 

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The Daily Mail, dans un reportage en exclusivité nous dit que “les princes saoudiens et les hommes d’affaires milliardaires arrêtés lors d’une rafle plus tôt ce mois se retrouvent suspendus par les pieds et frappés par des agents de sociétés privées de sécurité américains. Les détentions ont été suivies d’interrogatoires menés, selon certaines sources, par des « mercenaires américains ». « Ils les frappent, les torturent, les giflent, les insultent. Ils veulent les briser », dit la source du Dail Mail.

(La firme Blackwater a été mentionnée, et les réseaux sociaux arabes parlent aussi de sa présence en Arabie saoudite, de même que le président du Liban. Les successeurs de cette firme, Academi, nient énergiquement avoir jamais mis les pieds en Arabie saoudite, et disent qu'ils ne font pas dans la torture.)

N’empêche que la torture dans le somptueux hôtel a été confirmée par  l’un des meilleurs journalistes de la vieille école pour le Moyen Orient, David Hearst. D’après lui, plusieurs détenus ont été amenés à l’hôpital avec des  blessures, suite à des séances de torture.

Le plus riche Arabe parmi tous, le prince al-Walid bin al-Talal, dix-huit fois milliardaire, « partenaire important » de Bill Gates, copropriétaire de la 21 Century Fox et de Twitter, de l’hôtel George V à Paris et du Savoy à Londres, entre autres, s'est retrouvé accroché la tête en bas, à la manière de Mussolini.

Des centaines d’autres princes et gentlemen ont été torturés aussi, jusqu’à ce qu’ils consentent à livrer leurs biens mal acquis, soit 70% de toutes leurs possessions. Tandis que j’écris ceci, tandis que vous lisez ces lignes, la torture continue, de sorte que MBS a déjà essoré ces victimes de milliards de dollars, en cash et placements divers. 

« C’est du racket ! » direz-vous. Peut-être que MBS a vu Le Parrain dans son âge tendre, et qu’il a été impressionné par l’efficacité de certaines méthodes. En tout cas, il a réglé, ou plutôt est en train de régler, son problème de trésorerie.

C’est peut-être la méthode qu’il faudrait  conseiller à Trump et à Poutine, ainsi qu’à d’autres dirigeants. Si le dogme néolibéral interdit de les taxer, si les fonds offshore sont sacrés, qu’est ce qui reste à un dirigeant diligent, à part jeter son dévolu sur un hôtel cinq étoiles douillet puis embaucher une bande de tortionnaires expérimentés ?

Oui mais le tortionnaire en chef se retrouverait condamné et ostracisé par les défenseurs des droits de l’homme, direz-vous. Et pourtant, pas une voix, ni du côté de la gauche libérale ni d’une droite autoritaire n’a fait la moindre objection à l’exploit de MBS en matière d’extorsion de fonds et de tortures. Le copropriétaire de Twitter a été soumis à des bastonnades journalières au moment même où la voix la plus haute de la conscience libérale, Tom Friedland du New York Times, faisait l’éloge de MBS comme d’un héraut du progrès, dans un article qui relève du panégyrique, intitulé « Enfin, le printemps arabe arrive pour l’Arabie saoudite », qui a pour sous-titre « L’héritier de la couronne a de grands projets pour sa société ».

Tom Friedman n’utilise pas le terme d’extorsion en disant que « le gouvernement de MBS a fait arrêter un nombre record de princes et d’hommes d’affaires suite à des plaintes pour corruption et les a jetés dans des cellules de fortune - le Riyadh Ritz-Carlton en l’occurrence- jusqu’à ce qu’ils acceptent de restituer leurs biens mal acquis ». Pas l’ombre d’une condamnation ! Imaginez ce qu’il dirait si Poutine devait arrêter ses oligarques « jusqu’à ce qu’ils restituent leurs biens mal acquis ».

Il y a une ligne dans l’éloge de Friedman à laquelle j’accorde foi, c’est quand il dit que les Saoudiens sont satisfaits de l’opération racket : « les Saoudiens avec qui j’en ai parlé m’ont répondu sur ce ton : « il faudrait les pendre tous la tête en bas et bien les secouer pour faire tomber toute la monnaie de leurs proches, les malmener jusqu’à ce qu’ils aient tout recraché ». D’ailleurs, je suis sûr que les Américains applaudiraient si leurs milliardaires subissaient le traitement MBS. Les Russes ont été ravis lorsque Poutine a enfermé l’oligarque Khodorkovski, et se sont plaints qu’il n’y en ait qu’un sous les verrous. Ils adoreraient voir le lot complet des oligarques, qui ont pillé la Russie par des actes manifestement frauduleux, planifiés selon les instructions de conseillers américains à l’époque de Boris Eltsine, proprement essorrés « jusqu’à la dernière goutte ».

Mais les médias ne sont pas les seuls à soutenir le schéma extorsioniste. Le secrétaire au Trésor US Steven Mnuchin a dit sur CNBC : « je pense que le prince héritier [MBS] est en train de faire un excellent travail pour transformer son pays ». Le président Trump a félicité MBS aussi en des termes semblables ; pas un mot de condamnation n’a échappé non plus au président Poutine. Même Al Jazeera, tout en rapportant l’opération de siphonement de fonds en des termes précis, n’en a pas fait vraiment tout un plat.

Il y a une véritable conspiration du silence autour des initiatives de MBS, un complot qui englobe les médias et les gouvernements. Il a fait enlever le premier ministre libanais, l’a mis en état d’arrestation, lui a retiré son téléphone et sa montre, l’a forcé à lire à la télé une lettre de démission rédigée par ses propres hommes de main, et la réponse du monde a été tout à fait pondérée. Il a bombardé le Yémen, causant des centaines de milliers de morts entre le choléra et la famine, et le monde n’a pas bronché. Vous vous souvenez de la réaction, quand les Russes ont bombardé Alep ? Eh bien, la guerre de MBS contre le Yémen ne suscite pas la moindre indignation.

Mais cette chape de silence retombe sur tous. D’habitude, le système des médias globalisés propage et amplifie les nouvelles dans un petit jeu d’agences qui se font écho, et qui débouche indirectement sur des ventes exceptionnelles, a écrit le journaliste Claudio Resta. Mais dans ce cas, la nouvelle, importante et spectaculaire, n’a pas fait un seul gros titre. Dans notre société du spectacle, ne pas exploiter quelque chose d’aussi spectaculaire, c’est gâcher la ressource la plus rentable des médias.

Tout le potentiel pour un grand spectacle se trouve concentré là : l’arrestation  des dignitaires et des princes du sang, y compris le célèbre al-Walid bin al-Talal, investisseur bien connu, et de Bakr bin Laden, frère du mondialement connu Oussama, tout cela devrait nourrir les médias pour des jours et des jours. Ajoutons le décor de rêve du glorieux hôtel au bord du désert. Ajoutez à l’intensité dramatique le tir de roquettes sur l’hélicoptère dans lequel tentait de fuir le prince Mansour bin Muqrin, descendu en flammes, qui a mis fin aux jours du susdit et d’autres dignitaires qui tentaient en vain d’en réchapper.

Quelle histoire haletante, haute en couleurs et en costumes authentiques, sur une monarchie du Moyen Orient ! Cela aurait fait vendre les journaux pendant au moins une semaine. Mais c’est un silence assourdissant qui a suivi.

Les mêmes médias qui nous submergent sous les détails et les opinions dans le cas de violation des droits de l’homme en Russie ou en Chine manifestent à cette occasion une indifférence olympienne pour le sort qui attend des princes et des milliardaires injustement et arbitrairement coffrés et torturés, dans un pays qui n’a pas la moindre constitution ni rien qui ressemble à un Habeas Corpus. Et les Nations unies se joignent à la conspiration du silence.

C’est probablement le trait le plus inhabituel de l’affaire, qui rappelle le récit de sir Arthur Conan Doyle Le chien qui n’a pas aboyé (« Flamme d’argent »). Dans cette aventure de Sherlock Holmes, un chien n’avait pas aboyé alors qu’on sortait un cheval de courses de son écurie, et cela revenait à montrer du doigt le voleur: c'était le maître du chien.

Dans le cas de MBS, le roquet médiatique aussi garde le silence. Cela signifie que le méga patron du système, l’ensemble de ceux que j’appelle les Maîtres du Discours, a permis et autorisé l’opération racket. Nous sommes témoins d’un évènement médiatique unique, à la limite de la révélation. Comment se peut-il qu’un prince d’un État de troisième rang ait été autorisé à séquestrer des premiers ministres, à descendre des princes à coup de missiles terre-air, à garder sous clé et à torturer de puissants hommes d’affaires et dignitaires, en toute impunité, et sans que les médias réagissent ?

Est-ce que c’est par peur, du côté des voleurs en chef, que l’exemple de MBS soit suivi, et qu’on leur applique chez eux le même traitement pour leur soutirer quelques milliards ? 

Ou bien est-il plus probable que l’Axe du bien –- soit Trump, Netanyahou et MBS, avec la force qui est derrière eux – ait décidé de laisser le champ libre au prince volontaire qui leur a promis de leur livrer Jérusalem et d’offrir la Palestine en concession à perpétuité aux Juifs ? C’était cela, l’offre des vieux Saoudiens, qui sont devenus les seigneurs de toute l’Arabie à cause de leur volonté de satisfaire les désirs des juifs. Parce qu’il y avait d’autres seigneurs arabes et d’autres dynasties, encore plus éminentes, qui pouvaient prétendre régner sur la péninsule. Mais les Saoud étaient les seuls à être prêts à laisser choir la Palestine. Et ils avaient fait leurs preuves comme traîtres, car ils avaient déjà trahi leurs maîtres ottomans pendant la révolte arabe du colonel Lawrence.

Ce qu’on appelle le plan de paix de Trump, discuté et mis en forme par Jared Kushner et MBS, comporte la reddition de la Palestine, l’abandon du droit au retour pour les réfugiés de 1948, le renoncement à la souveraineté palestinienne et le renoncement à Jérusalem. Les Palestiniens paieront, Juifs et Saoudiens se partageront les dépouilles.

Pour cela, il suffit que MBS graisse la patte à Mahmoud Abbas et à l’Autorité palestinienne, ce qui n’est pas une mission impossible. Abbas n’a pas de mandat, et il ne gouverne que sur autorisation israélienne. Mais il va falloir qu’à son tour il achète le Hamas, sans quoi Gaza  restera une épine plantée dans la chair des gestionnaires. Elle est là, la raison des efforts de réconciliation entre Gaza et la Cisjordanie, entre le Hamas et le Fatah, avec l’Egypte à la manœuvre. Pour le moment ces efforts ne rencontrent pas un succès spectaculaire.

Le Hamas avait accepté une réconciliation, en espérant améliorer les conditions d’existence des habitants souffrant à Gaza. Le Fatah était censé faire lever les sanctions, permettre la réalimentation en électricité, permettre aux gens d’entrer et de sortir par le point de passage de Rafah. Mais les sanctions sont toujours en place, les gens vivent misérablement comme toujours, et maintenant  l’Autorité palestinienne demande à ce que des milliers de gens chassés en 2007 puissent se réinstaller à Gaza. Ce qui signifierait mettre au chômage des milliers de gens qui vivent du Hamas. Pire encore, l’Autorité appelle au désarmement de la branche militaire du Hamas, les brigades Izz ad-Din al-Qassam. C’est tout simplement impossible.

Au lieu d’obtenir la levée des sanctions, l’Autorité exige la reddition, et reproche à l’Iran l’intransigeance du Hamas. Azzam al-Ahmad, qui est à la tête de la délégation du Fatah pour la réconciliation palestinienne, a déclaré que l’Iran « est le sponsor numéro un »  de la division entre factions palestiniennes. Il l’a dit sur la chaîne saoudienne al-Arabiya.

L’Iran est le principal obstacle, sinon le seul, en travers du plan Kushner-MBS. Cela explique en partie la fureur saoudienne. Le dirigeant suprême de l’Iran est le « nouvel Hitler du Moyen Orient », a annoncé MBS à Tom Friedman. « Mais nous avons appris de l’Europe que l’apaisement, ça ne marche pas. Nous ne voulons pas que le nouvel Hitler en Iran nous refasse au Moyen Orient le coup de ce qui s’est passé en Europe ». MBS a emprunté ces termes à un discours de Netanyahou, mais il s’est abstenu de citer sa source.

C’est donc l’Iran qui bloque le plan de MBS pour brader la Palestine, l’Iran qui bloque la guerre de MBS contre le Yémen, qui bloque l’invasion de la Syrie. Un nouvel Hitler, assurément ! Mais les Russes, alors, alliés de l’Iran dans la guerre de Syrie ?

Eh bien les Russes ont décidé de rester à l’écart de ces événements. Pendant la visite historique du roi Salman et de son fils MBS récemment à Moscou, apparemment les invités ont exposé leurs idées à leur hôte. Ils ont promis de maintenir les prix du pétrole élevés, et c’est important pour la Russie. Quand l’Arabie saoudite a fait chuter le prix du pétrole dans les années 1980, l’URSS s’est effondrée. Maintenant, avec des prix élevés, Poutine a décidé de payer 10.000 roubles (soit 150 dollars) par mois à chaque famille, pour la naissance de son premier enfant. Apparemment, de leur côté, les Saoudiens ont accepté la présence russe en Syrie.

Poutine est un homme raisonnable; il se contente de sa part du gâteau, il ne fait pas monter les enchères. Il a appris la leçon de l’Iliade : les princes grecs et troyens  auraient pu obtenir presque tout ce qu’ils voulaient, les Grecs Hélène et une rançon substantielle, les Troyens auraient laissé les Grecs s’enfuir sains et saufs, mais ces derniers en voulaient encore plus, ils visaient la destruction totale de l’ennemi, et ils ont tout perdu. Simone Weil a écrit : « Un usage modéré de la force, qui seul permettrait d'échapper à l'engrenage, demanderait une vertu plus qu'humaine, aussi rare qu'une constante dignité dans la faiblesse. » Poutine c’est cela, à la fois dans son usage tempéré de la force et dans sa dignité entêtée en situation de faiblesse.

Cependant, tandis que les politiques russes diffèrent de celles de l’Occident, les médias russes ont été intégrés au domaine des Maîtres du Discours il y a des années. Poutine est parvenu à sauver partiellement quelques chaînes de télévision de leurs griffes, mais en général, les médias russes suivent le même canevas que les médias occidentaux. Un article antisioniste, une critique de la domination juive en Palestine a aussi peu de chances, ou même moins, de paraître dans les Izvestia que dans le NY Times. Une couverture honnête du blocus de Gaza est tout aussi impossible sur la première chaîne et sur Russia Today que sur CNN.

La critique et la discussion des événements du royaume des Saoud ont été bloquées en Russie. Les mêmes personnes qui bloquent le débat sur les affaires israélo-palestiniennes bloquent maintenant le débat sur la crise au royaume des Saoud.

Par conséquent, l’Iran et la Syrie affaiblie par la guerre sont tout ce qui reste pour faire obstacle à une victoire juive décisive au Moyen Orient. Si une centaine d’années auparavant, les juifs avaient su jeter les US dans la première guerre mondiale en guise de remerciement pour la Déclaration Balfour, maintenant ils peuvent remettre ça sur le boulevard ouvert par le plan de paix Kushner-MBS, par-dessus la tête des Palestiniens. Car pendant ces cent dernières années, les positions juives dans le contrôle mental du monde n’ont fait que progresser, à travers Facebook et Google. 

Pourtant leurs plans peuvent encore échouer, comme tous les plans de MBS. Ils n’ont toujours rien réussi à mettre en place, à part faire pression sur le Qatar au Yémen en voie de disparition. Beaucoup de sang et beaucoup d’argent vont encore couler, ajoutant au malheur du Moyen Orient et d’ailleurs.

Seule satisfaction : maintenant on sait à qui appartient le chien qui n’a pas aboyé.

 

Joindre Israel Shamir :   adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Article original publié sur The Unz Review.

Source : http://plumenclume.org/blog/303-quand-le-chien-n-aboie-pas

 

 

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M. Mélenchon se réclame - abusivement - de Robespierre, dont il ne sait rien.

M. Mélenchon a tapé dans le dos d’Hugo Chavez avant de revenir soutenir l’invasion de la Libye qu’il défendait.

Il continue à faire de même avec les autres gouvernants révolutionnaires sud-américains.

Il se respecte assez peu pour aller se commettre « avec « ces gens-là » (ceux que Le Grand Soir appelle « les éléments de la meute »). Tant pis pour lui.

M. Mélenchon n’est pas notre tasse de lait.

Mais le croquis à la Daumier du personnel médiatique de service public que dresse à cette occasion Paul-Marie Bourget mérite amplement qu’on y jette un coup d’œil… même quand on n’a pas la télé..

 

Balles tragiques à France 2 : Mélenchon même pas mort.

 

Jacques-Marie Bourget – Le Grand Soir 3 décembre 2017

 

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Après l'indigne guet-apens tendu par France Télévision à Jean-Luc Mélenchon lors de "L'Emission Politique" un coup de loupe afin de savoir qui était qui au sein de cette troupe de vilains petits soldats... Tous des hommes blancs comme le coton puisque "journalistes".

Bien normal, c’est sous un camouflage très Bigeard que « L’Emission politique », sur France 2 a, le jeudi 30 novembre, dressé une embuscade à Jean-Luc Mélenchon. Les tenues léopard étaient tendues à l’intérieur des têtes, et les petits doigts bien collés sur les coutures des pantalons, pour flinguer l’insoumis sorte de néo fellagha. Je suis content de vieillir : plus le temps s’écoule plus je regrette le vieil ORTF. Ses méthodes étaient de qualité plus grande, plus affichées donc moins hypocrites, avec un fond de culture façon Radio Londres où les Français devaient continuer de parler aux Français.

Les Français ? Ceux que l’on croise et qui ne sont rien, les illettrés, les sans dents, les sans costard, les sans Rolex : on s’en fout. France 2 ne parle pas aux Gens. Ce jeudi soir la chaîne est mobilisée, si chic et propre, culotte de soie et culottée de soi, pour flinguer l’ennemi du Président, le Mélenchon. Hélas pour les comploteurs, comme le canard de Robert Lamoureux, à la fin du sketch il restera vivant.

La courageuse section de grenadiers voltigeurs, celle qui s’est attaquée à la bête si dérangeante, mérite d’être citée à l’ordre de la Nation, portée aux honneurs. « Genoux à terre », puis « Debout les hommes » : que le premier s’avance.

Ce premier n’est pas un homme comme les autres, il tient Léa pour prénom et Salamé pour la ville. Fille d’un ministre libanais et nièce d’un diamantaire, Léa a très tôt vécu dans le brillant Collège de curés à Paris, puis l’indispensable Ecole Alsacienne qui est l’escalier de service vers l’altitude sociale. Léa n’a manqué d’aucune échelle, même courte. La preuve c’est Elkabbach, grand maître en déontologie, qui la porte sur les fonds-baptismaux du « journalisme », un métier qui ne s’apprend pas. La suite, vous l’avez vue hier soir.

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Source : https://www.legrandsoir.info/balles-tragiques-a-france-2-...

 

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Après le traquenard de Léa Salamé et de ses complices

Maxime Vivas – Le Grand Soir4 décembre 2017

 

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J’ai choisi d’envoyer par courrier postal au CSA ce texte documenté et étayé. J’y reprends, en les ordonnant, des éléments d’informations déjà publiés dans des articles du GS. J’y ajoute des informations et des questions précises.

Je vous ferai part de leur réponse.


Vous pouvez envoyer vous aussi un texte au CSA par Internet (nombre de mots limités) à http://www.csa.fr/Services-en-ligne/Vos-remarques-au-CSA

Toulouse, le 4 décembre 2017-12-0

Maxime Vivas

XXXXXX@orange.fr
à
CSA
Tour Mirabeau

39-43 quai André Citroën. 75739 Paris cedex 15

 

Mesdames et messieurs les membres du Conseil,

J’ai plusieurs remarques à faire et une demande au sujet de « L’émission politique » du jeudi 30 novembre 2017 avec Jean-Luc Mélenchon.

Y ont été présentées comme des Françaises lambdas, deux contradictrices de l’invité, en vérité politiquement marquées.

Lire la suite…


Source : https://www.legrandsoir.info/apres-le-traquenard-de-lea-s...

  

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Ah, mais, c’est qu’on est le 4 décembre !

THANKSGIVING…

 

« Thanskgiving », la célébration US d’un génocide

 

Andre VLTCHEK – New Eastern Outlook 4.12.2017

Via Le Grand Soir

 

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« Thanksgiving au Royal Angkor Café » puis je lire sur un tract. Puis, « 23 novembre, joignez-vous à nous pour la traditionnelle célébration de Thanksgiving ». Il s’agit d’un des hôtels internationaux de Siem Reap, une cité cambodgienne proche des trésors architecturaux d’Angkor Vat et de l’ancienne capitale Khmer, Angkor Thom

Le même jour je reçois un E-mail qui m’est adressé des USA par mes amis et compatriotes américains, avec un lien vers un essai publié par "NPM News", et intitulé "Thanksgiving Guide : Ou comment célébrer une histoire sordide".

Cela commence par ce résumé :

"Alors que des Américains se préparent à une semaine de vacances spirituelles, débutant par Thanksgiving, (Les Actions de Grâce – NdT),combien sont-ils prêts à la regarder à travers une vision bien plus critique ? Alors que de nombreux Américains considèrent comme un devoir de mémoire de se rappeler de remercier (Le Seigneur – NdT), ce jour est considéré comme un jour de deuil par un grand nombre d’autres. La vérité est que ce jour-là des émigrants européens ont brutalement assassiné des indigènes autochtones, ont volé leurs terres, et continuent de le faire aujourd’hui".

Lire la suite…


Source : https://www.legrandsoir.info/thanskgiving-la-celebration-...

Source d’origine  : https://journal-neo.org/2017/12/01/genocidal-u-s-thanksgiving-celebrat...

 

 

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Mis en ligne le 4 décembre 2017

 

 

 

 

20:41 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

DU SAKER À POUTINE EN PASSANT PAE JUPITERPAN

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Du Saker à Poutine en passant par JupiterPan

 

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Une attaque sio-wahhabite contre le Hezbollah et l’Iran ?

Israël et l’Arabie Saoudite établissent les conditions préalables d’une guerre contre le Hezbollah – une analyse critique.

The Saker.is – Réseau International 17 novembre 2017

8. Attaque sio-wéahhabite GIF.gif

SouthFront vient de publier une analyse très intéressante dans la vidéo ci-dessous, qui avertit de la possibilité d’une guerre impliquant le Liban, l’Arabie Saoudite et, éventuellement, la Syrie, l’Iran et Israël. Cela signifie bien sûr que la Russie et les États-Unis y seraient également entraînés. Commencez par regarder la vidéo.

Ce que je propose est de passer en revue les implications d’un tel scénario.

Le contexte : un échec anglosioniste sur tous les fronts

Pour comprendre le contexte de ces développements, nous devons d’abord résumer brièvement ce qui s’est passé en Syrie et dans tout le Moyen-Orient ces dernières années.

Le plan anglosioniste initial était de renverser Assad et de le remplacer par les fous takfiris (Daech, al-Qaïda, al-Nusra, ISIS – appelez-les comme vous voulez). Y parvenir atteindrait les objectifs suivants :

  1. Détruire un État arabe laïque fort en même temps que sa structure politique, son armée et ses services de sécurité ;
  2. Provoquer total chaos et horreur en Syrie, pour justifier la création par Israël d’une « zone de sécurité », non seulement dans le Golan mais plus loin au nord ;
  3. Déclencher une guerre civile au Liban en lançant les fous takfiris contre le Hezbollah ;
  4. Faire en sorte que les takfiris et le Hezbollah se saignent mutuellement à mort, puis créer une « zone de sécurité », mais cette fois au Liban ;
  5. Empêcher la création d’un axe chiite Iran–Iraq–Syrie–Liban ;
  6. Diviser la Syrie le long de lignes ethniques et religieuses ;
  7. Créer un Kurdistan qui pourrait être utilisé contre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran ;
  8. Permettre à Israël de devenir la puissance incontestable du Moyen-Orient et obliger le Royaume d’Arabie Saoudite, le Qatar, Oman, le Koweït et tous les autres de s’adresser à Israël pour tout projet de gazoduc ou d’oléoduc ;
  9. Progressivement, isoler, menacer et finalement attaquer l’Iran avec une large coalition de forces ;
  10. Éliminer tout centre de pouvoir chiite au Moyen-Orient.

C’était un plan ambitieux, mais les Israéliens avaient assez confiance que leur État vassal étasunien leur fourniraient les ressources nécessaires pour le réaliser. Et maintenant, tout le plan s’est effondré à cause de la très grande efficacité d’une alliance informelle mais redoutable entre la Russie, l’Iran, la Syrie et le Hezbollah.

Dire que les Israéliens bouillonnent de rage et sont dans un état de panique totale serait un euphémisme. Vous croyez que j’exagère ? Alors regardez cela du point de vue israélien :

Lire la suite...


Source : http://reseauinternational.net/une-attaque-sio-wahhabite-contre-le-hezbollah-et-liran/#OUkIRT9boJKv5ggO.99

 

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C’était donc pour ça que CNN s’indignait du trafic d’esclaves en Libye !

On se disait bien aussi…

 

Macron s’en va-t-en guerre, pour de vrai ou pour de faux ?

 

PAR WILL SUMMER le 2 DÉCEMBRE 2017 • ( 2 )

Par Franck Pucciarelli et Lawrence Desforges, le 1 décembre 2017

 

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Le Président français a tout récemment attiré l’attention des médias internationaux en déclarant que face aux crimes esclavagistes se déroulant en Libye, il convenait d’intervenir militairement.

Une telle déclaration belliciste a de quoi retenir l’attention car elle engage des troupes au sol et la vie des soldats sur le terrain, surtout quand elle vient de la part de la France sur les traces de la destruction dont celle-ci s’est largement rendue responsable voici six ans, en 2011.

L’occupation militaire occidentale de la Libye n’aurait aujourd’hui pour effet que d’en prolonger les inutiles souffrances, aux mains mêmes de ses tortionnaires qui, face aux défaites de leurs armées de mercenaires par procuration au Moyen-Orient et de leur repli en Libye elle-même, s’apprêtent à envoyer des troupes sur le terrain non pas pour protéger les migrants de trafiquants d’esclaves, mais pour sécuriser et consolider leurs intérêts en cours de pillage en plein jour devant les Libyens, et devant le nez de la « communauté internationale » qui en ignore la réalité soit par impuissance soit par aveuglement.Franck Pucciarelli est le correspondant pour l’Europe du Comité Révolutionnaire International et spécialiste de la situation libyenne

 


 

Source : https://globalepresse.net/2017/12/02/macron-s-en-va-t-en-...

 

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Toujours la Libye…

 

Nous vous avons annoncé récemment une conférence qui devait se tenir au Théâtre de la Main d’Or. Elle a eu lieu. La voilà in extenso, en deux vidéos

 

 

 

 

 

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Conversations avec Poutine

d’Oliver Stone

Le livre

 

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Voici le livre extrait du documentaire que diffusa, il y a quelques mois, la télévision française. On y lit la retranscription, très bien traduite de la version anglaise (elle-même traduite du russe, induisant un risque de « perte en ligne » qui semble avoir été évité ici), des entretiens du cinéaste Oliver Stone avec Vladimir Poutine entre 2015 et 2017. Qu’en retenir ?

D’abord quelques points de forme et de mise en scène, qui ne sont pas des détails dans ce qui fut au départ filmé, et que le livre matérialise par de nombreuses didascalies. On est d’abord frappé par la grande liberté de ton et la grande courtoisie mutuelle de ces échanges, qui sont rythmés par des anecdotes personnelles ou des moments de détente : Poutine parle du judo (mais pas seulement), Stone parle des rêves qu’il fait, les deux hommes s’arrêtent en plein milieu d’une discussion pour jouer au ping-pong ou visiter une église.

Ensuite, cet aplomb calme et implacable qui est la marque de Poutine : « Si vous élevez la voix, rappelle-t-il, les gens ont semble-t-il du mal à comprendre ce que vous dites. » Face à lui, Oliver Stone se force à jouer, avec malice, à l’Américain typique, ce qui fait naître de sacrées formules. Exemples. Au sujet de l’intérêt récent de Poutine pour le patin à glace : « N’avez-vous jamais peur de vous blesser ? » Réponse : « Si l’on pense ainsi, il vaut probablement mieux rester chez soi. » Clin d’œil à Monluc ou au prince de Ligne, inimaginable pour un cerveau en marche.

Autre échange à la volée : « N’avez-vous jamais de mauvais jours ? » « Je ne suis pas une femme, donc je n’ai pas de mauvais jours. » J’entends claquer d’ici les nerfs optiques des lectrices féministes… Pour faire bonne mesure, et provoquer des AVC chez les LGBT, il y a cette passe d’armes à la fin d’un match de hockey auquel Poutine vient de participer. Taquiné par Stone sur l’homophobie supposée des Russes, il répond tranquillement : « Mon devoir consiste à défendre les valeurs familiales et traditionnelles. Pourquoi ? Parce que les mariages entre individus de même sexe ne produiront aucun enfant. C’est Dieu qui en a décidé ainsi, et nous accordons une grande importance à notre taux de natalité. » Et puis voilà.

Sur le fond, ensuite. Poutine n’esquive quasiment rien. On parle de l’Ukraine ? Mais bien sûr. Et Snowden, on peut ? Oui, sans problème. Et la Syrie, et l’Afghanistan ? Évidemment. Et à chaque fois, ce n’est peut-être pas la vérité chimiquement pure, mais c’est un exercice de décrassage mental particulièrement salutaire. Tous les mensonges américains sont passés au Kärcher, toutes les indignations de l’Occident se dégonflent comme des baudruches. Et quand on ne peut pas en parler, la réponse est toute simple. Des chiffres sur le budget des systèmes de surveillance ? « Non, c’est un secret. » Et puis voilà (bis).

Une grande sérénité et une grande sincérité se dégagent de ces entretiens, qui vont dans le détail de l’analyse des crises et défis auxquels le monde et la Russie font face. Vladimir Poutine a sans doute beaucoup de défauts (Oliver Stone aussi), mais tous deux ont des qualités qui ne se rencontrent guère dans les interviews du temps : Stone est plutôt humble et souriant (impensable chez un réalisateur français), Poutine assertif, univoque et précis (impensable chez un mâle occidental 2.0). Quand on se demandera, en 2040, à quoi ressemblait une discussion avant l’écriture inclusive, les Fouquier-Tinville de Twitter et les discours algorithmiques macroniques de viol des foules, on relira ce livre. Mais rien n’empêche de l’ouvrir dès maintenant.

 

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Oliver Stone

Conversations avec Poutine

Traduction : Aurélien Blanchard

Paris, Albin Michel, Novembre 2017

432 pages

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Jamais Vladimir Poutine ne s'était livré aussi librement que lors de ces cinquante heures d'entretiens avec le grand cinéaste Oliver Stone. Un huis clos absolument fascinant. Voici l'interview complète, où le maître du Kremlin aborde sa vie personnelle, revenant sur son parcours, son enfance et sa vie de famille, mais où il nous révèle également sa vision sur des sujets aussi variés et brûlants que les relations russo-américaines, le conflit syrien, la liberté de la presse ou le traitement des homosexuels dans son pays. Au-delà des questions de société ou des enjeux géopolitiques, ce sont les secrets d'une personnalité surprenante que Vladimir Poutine dévoile pour la première fois au réalisateur de Platoon. Un document unique.

Biographie de l'auteur

Oliver Stone est l'un des réalisateurs américains les plus talentueux. De nombreuses fois oscarisés, ses films sont tous des succès mondiaux (Midnight Express, Né un 4 juillet, Wall Street ou encore Platoon). Oliver Stone a signé aussi des documentaires qui sont de véritables chefs d'oeuvres : « JFK », « Nixon », ou encore « Comandante » sur Fidel Castro. Son dernier, « Conversations avec Monsieur Poutine »  restera l'un de ses films incontournables.

 

Source : http://www.bvoltaire.com/livre-conversations-poutine-doli...

 

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On n’a pas vu le film, on a trouvé ça  sur Internet :

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DIANE A LES ÉPAULES :

La GPA s’invite au cinéma !

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On se demande ce que le pauvre Fabrizio Rongione, comédien remarquable et fidèle des frères Dardenne, est allé faire dans cette galère.

L’insistance avec laquelle on nous reparle, en ce moment, de la GPA pour mieux nous dire qu’elle n’est pas à l’ordre du jour – contrairement à la procréation médicalement assistée – est déjà suspecte en soi, mais il y a tout lieu, également, de s’inquiéter de son écho dans la « culture » du moment. La culture préfigurant bien souvent les évolutions sociétales comme nous le confirme largement l’histoire occidentale contemporaine. Le film de Fabien Gorgeart, Diane a les épaules, ne sera donc pas de nature à nous rassurer.

L’intrigue suit les neuf mois de grossesse de Diane, jeune femme immature, désinvolte et inconséquente, ayant accepté de porter l’enfant d’un couple d’amis homosexuels comme s’il s’agissait d’un service des plus classiques, assimilant le bébé en question à un objet dont il serait tout à fait généreux, après tout, de faire don à autrui. Devant composer avec la santé du fœtus, qu’elle ne cesse de mettre en péril de par ses excès physiques personnels, et avec les attentes sentimentales de son nouveau compagnon Fabrizio, Diane devra assumer ses choix jusqu’au bout et contenter tout son petit monde.

Portant de prime abord un regard critique et distancié sur les frasques d’une héroïne « adulescente » et irresponsable, le réalisateur cherche malgré tout au fil du récit, par le biais de l’humour, l’adhésion du spectateur au personnage principal, et se complaît allègrement dans la mise en scène de ses coups d’éclat.

Tout est mis en œuvre pour nous rendre sympathiques la mère porteuse et, par ricochet, le sujet du film…

Endoctrinée par son époque, gavée jusqu’à la rétine de discours politiquement corrects entendus à la télévision autour du « droit à l’enfant », Diane s’emporte, vocifère et va jusqu’à feindre de ne pas comprendre les questionnements de Fabrizio (le seul personnage à peu près sain du scénario) lorsque celui-ci émet la moindre réserve sur cette affaire : « Cela ne te concerne pas ! », lui dit-elle sèchement. Celui-ci n’a même pas le droit de toucher son ventre, l’objet qui s’y trouve ne lui appartenant pas. Et lorsque l’accouchement aura lieu autour du schéma classique entre un homme et une femme, Diane chassera Fabrizio de la salle d’opération pour qu’il aille chercher les deux pères « légitimes »…

 


 

Point d’illusion, cependant, si Fabien Gorgeart fait mine de s’attarder longuement sur « la beauté du don », tout en tenant compte (sincèrement) du désarroi de Fabrizio : c’est pour masquer en vérité la cruauté de l’abandon d’une mère et l’irresponsabilité de ces apprentis sorciers, enfants pourris-gâtés et capricieux de la génération 68, qui jouent avec les repères d’un nouveau-né et ne veulent pas assumer les contraintes naturelles de leur homosexualité. Le beurre, l’argent du beurre et la compote du bébé… Un tableau lamentable.

On se demande ce que le pauvre Fabrizio Rongione, comédien remarquable et fidèle des frères Dardenne, est allé faire dans cette galère.

1 étoile sur 5 (pour l’efficacité des procédés de manipulation).

Source : http://www.bvoltaire.com/cinema-diane-a-epaules-gpa-sinvi... 

 

*

Et pendant qu’on y est :

Un nobélisable sur la liste rouge des décodeurs

 

Un médecin français candidat au prix Nobel de Médecine – par Doctorix

 

jo Busta Lally - jbl1960 28 novembre 2017

 

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L’article initial ayant été supprimé par AGORAVOX suite à un signalement avec menace de plainte au CONSEIL DE L’ORDRE, que Doctorix a pu récupérer ;

Bonjour,

Un médecin français candidat au prix Nobel de Médecine…

Peu connu du grand public, jamais médiatisé, ne bénéficiant d’aucune subvention de l’industrie pharmaceutique, honni par nombre de ses pairs, ce médecin a pourtant découvert un procédé révolutionnaire simple et peu coûteux pour éliminer, par exemple, 87,11% des asthmes de l’enfant.

On sait que ce mal, qui naguère n’affectait que 1 à 2% de nos enfants, en touche aujourd’hui 10%, ce qui en fait un des plus grands fléaux du siècle.

Sa quasi élimination devrait donc valoir à ce chercheur solitaire les plus grands hommages de l’humanité.

Et cela d’autant plus que son procédé présente de nombreux autres avantages, proprement inespérés.

Il élimine en effet la quasi totalité des autismes, ce mal qui touche aujourd’hui un enfant américain sur 50.

Il élimine aussi 95% des sinusites, 53,71% des allergies, 74,18% des hyperactivités de l’enfant, 65% des diabètes de type 1, 94,12% des affections thyroïdiennes, 90,84% des épilepsies de l’enfance, 90,75% des scolioses, 94,72% des maladies auto-immunes, 82,6% des otites, 97,9% des herpes, 70,5% des rhumes des foins, 56,4% des migraines chez l »enfant. Et bien d’autres fléaux modernes encore, cette liste n’étant pas exhaustive.

Lire la suite…

Source : https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/11/28/un-medecin-f...

 

*

 

Mis en ligne le 4 décembre 2017

 

 

 

 

 

 

20:40 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/11/2017

QUAND LA YOUGOSLAVIE...

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Quand la Yougoslavie démembrée se réunifie dans les supplices

 

Hier, au machin qui sert de bras pseudo-judiciaire à l’OTAN, sous l’appellation effrontée de TPIY (Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie), c’était le tour du général croate Slobodan Praljak d’être jugé « pour crimes de guerre » par les plus grands criminels de guerre de toute l’histoire de l’humanité, qui s’étaient, comme on sait, déjà fait les dents sur un certain nombre d’Allemands à Nuremberg, juste après Hiroshima, Dresde et Nagasaki. Et qui continuent tandis que les foules européennes hébétées continuent, elles, de regarder passer les trains en mâchonnant le foin qu’on leur jette.

Cette fois, l’accusé s’est soustrait au verdict illégitime de la seule façon qui lui était laissée : en avalant une fiole de poison. Aussitôt les fantoches de s’agiter, de « suspendre l’audience », d’appeler l’ambulance et même de déclarer – enfin ! – leur tribunal « scène de crime ».

 

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Regardez : Un criminel de guerre croate de Bosnie boit du poison en plein tribunal et meurt

 Le Tribunal pénal International pour l’ex-Yougoslavie de plus en plus bordélique et discrédité

Adam Garrie – The Duran 29 novembre 2017

 

Slobodan Praljak était un des rares non-Serbes à avoir été traîné devant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, une institution qui s’est largement discréditée en refusant de prendre en compte le fait que les patriotes serbes de Yougoslavie comme Ratko Mladic avaient combattu des djihadistes armés qui menaçaient de tuer davantage encore de civils serbes s’ils n’étaient pas affrontés sur le champ de bataille.

Peu après la condamnation de Mladic, qui a accusé cette cour d’être un OTAN politique, Praljak, se voyant condamner pour avoir ordonné à ses troupes croates d’ouvrir le feu sur des musulmans bosniaques, a avalé une fiole de poison après avoir dénoncé la légitimité du tribunal. Il est mort quelques heures plus tard.

On peut voir ici cet instant dramatique :

 


 

Source : http://theduran.com/watch-bosnian-croat-war-criminal-drin...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Accusé de crime de guerre, un ex-militaire croate se suicide en plein procès avec du poison

 

RT en français – 29 novembre 2017

 

L'ancien chef militaire des Croates de Bosnie, Slobodan Praljak, accusé de crimes de guerre, a ingéré une substance alors que le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye lui lisait son verdict. Il est décédé peu de temps après.

Slobodan Praljak, ancien chef militaire des Croates de Bosnie âgé de 72 ans a bu une substance liquide alors que Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui le jugeait à La Haye, lui lisait son verdict le 29 novembre.

Son avocat a alors fait savoir à la cour que son client venait « d'avaler du poison ». Le juge a immédiatement suspendu la séance et appelé les secours en urgence, selon Reuters. Pris en charge par les secours, il est ensuite décédé, selon l'agence de presse croate HINA.

 

« Scène de crime » : une enquête ouverte

« La salle d'audience 1 est une scène de crime » a déclaré le juge président Carmel Agius après l'annonce de la mort de l'accusé. Une enquête a par ailleurs été ouverte par la police néerlandaise.

Avant de boire la substance, Slobodan Praljak, qui avait fait appel, s'est vu dire que sa peine de prison de 20 ans pour de présumés crimes de guerre dans la ville bosnienne de Mostar était maintenue. Pour sa part, il clame son innocence.

Il est accusé d'avoir ordonné la destruction d'un pont en novembre 1993, un acte qui a « causé des dommages disproportionnés à la population civile Musulmane » selon le juge.

La séance était retransmise en direct depuis l'intérieur du tribunal.

 

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Ratko Mladic, condamné le 22 novembre à la réclusion perpétuelle

 

La semaine précédente, le même tribunal a condamné à perpétuité l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Peu avant l'énoncé du verdict, le prévenu, qui plaidait non-coupable, avait été évacué de la salle d'audience du tribunal pénal international de La Haye après s'être levé et avoir crié, énervé, aux juges, qu'ils mentaient. « Ce n'est pas une cour de justice, c’est l'OTAN », avait-il notamment lancé.

 

 

5. Mladic.jpg

 

Certains observateurs remettent  en cause l'impartialité des jugements internationaux pour des crimes de guerre commis durant la guerre des Balkans. Parmi les 161 individus poursuivis par le TPIY, 94 sont serbes, tandis que 29 sont croates. Le tribunal se défend toutefois de tout déséquilibre et soutient que les inculpations reflètent la réalité du conflit. [Lequel conflit a été déclenché dans leur seul intérêt et perpétré de toutes les façons possibles par les puissances jugeantes…ndGO]

Il y a deux ans, la Russie avait utilisé son droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU pour bloquer une résolution sur le vingtième anniversaire de la tragédie de Srebrenica, estimant que le projet de résolution présentait les Serbes comme la seule partie coupable d'un conflit armé complexe en Yougoslavie dans lequel l'OTAN est intervenue.

Source : https://francais.rt.com/international/46051-accuse-crime-guerre-ex-militaire-croate-avale-poison-proces

 

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Réactions :

« Dans lequel l’OTAN est intervenue !!! »

« Il est accusé d'avoir “ordonné la destruction d'un pont en novembre 1993”. 20 ans de taule pour avoir détruit un pont (même avec des conséquences pour la population), et bé ! Le jour où nos dirigeants seront jugés (OK ils ne le seront jamais) pour leurs crimes de guerre et contre l'humanité en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, ils vont prendre combien ? 15 fois perpétuité ? »

« Pendant la débâcle de 40, nos soldats ont fait exploser des ponts pour ralentir l’avancée des Allemands, alors que des civils étaient encore dessus. Des mères ont même tué leurs propres bambins... tellement elles furent prises de folie (nous raconta un militaire témoin) »

« C’est tout à son honneur d’avoir refusé d’être Jugé par ces clowns. »

« Mon Général, allez en paix. »

« C'était un soldat, mon général. »

« Quel que soit le grade, un militaire est automatiquement un soldat ! »

« En 1991, lorsque la guerre de Croatie éclate, il s'engage dans l'armée croate et dirige une unité formée d'artistes et d'intellectuels, avec laquelle il défend victorieusement la ville de Sunja  “contre les forces yougoslaves”. Il est alors fait général, entre au ministère de la Défense et devient l'un des 14 membres du Conseil de défense croate (HVO), dont il prend le commandement du 24 juin au 8 septembre 1993. »

_______________  

« Truly Shakespearean...! »

« The mind truly "boggles" trying to imagine how future historians, dramatists, recorders, will write of these times; of the rulers of the AngloEuro Empire and their many injustices and pure Evils. These people have no idea or concern, not only for how hated, despised and loathed their memory will be - but how much their descendants will have to pay for their deeds. Anglos and Euros the world over are going to be known as traitorous liars, murderers, hypocrites, greedy grasping immoral materialists, born without a soul. Damned indeed. »

« Shakespeare already did it. Macbeth comes to mind »

« Yes, true, but I dont think he was dealing with insanity and evil on the same scale. He was examining the effects of greed and ambition on a weak mind. Here we have so many evils on so many scales, in so many places - it's hard to get a grip on all of it I suspect. At least, must admit I find it so. Trying to fit its immensity into my head - I just can't. »

« I respect him for doing this, It will hurt the legitimacy of this court even more. »

« What did he say ? You'd think that would be important enough to quote or translate verbatim. »

« He say : Slobodan Praljak is not war criminal. I despize your judgement. »

« The West, and its Bedlam of a Victor's Justice System degenerates into grand guignole. »

« a man of convictions, or total despair... »

« I am briefly, but mercifully only slightly, tempted to drink poison myself. »

« Brave man, and a martyr who shall be remembered ! »

 

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Le général Praljak a donc rejoint Philippe Le Bas au cimetière des Errancis.

 

En guise de bouquet de fleurs sur une tombe qui n’existe pas…

 


 
Rhapsodie pour contralto, chœur d’hommes et orchestre n°53 de Brahms sur le poème de Goethe « Harzreise im Winter »

`(Soutitres All/Angl/Esp)

 [Sara Mingardo et l’Orchestre du Festival de Lucerne 2015 dirigé par Andris Nelsons]

 

 

 

6. Drapeau YOUGO-fusil.jpeg

 

 

 

 

Mis en ligne le 30 novembre 2017

 

 

 

 

20:11 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/11/2017

ET MAINTENANT ?

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Et maintenant ?

 

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3 bis. Manuel de Diéguez xxx.jpg

 

Que dirait le Général de Gaulle aux Français d'aujourd'hui ?

 

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Français, Françaises, nous avons deux voisins. L'un se trouve à portée de voix: la Russie; l'autre habite un continent d'au-delà des mers, distant de six mille kilomètres de nos rivages, mais qui, depuis soixante douze ans, a planté cinq cents garnisons armées jusqu'aux dents sur nos terres et qui manifeste la ferme intention de ne jamais repartir.

Notre tâche est donc aussi claire qu'évidente: il nous faut retrouver la souveraineté de notre patrie et celle du continent de Copernic, de Descartes et de Voltaire. La question n'est plus de savoir quel rôle la Russie jouera dans la configuration nouvelle du globe terrestre qui s'ouvre devant nous, mais de tracer clairement les premiers contours d'une civilisation dont le centre de gravité serait franco-russe.

Le premier devoir d'un chef d'État informé de l'histoire réelle des nations est de réfuter la prédéfinition de la nature même des relations internationales que l'on tente de faire triompher. Qu'en est-il du concept "d'ingérence" si artificiellement contrefait ? Imaginons une France du XVIIe siècle qui n'aurait pas consacré toutes les forces de sa diplomatie afin de tenter de faire élire un pape favorable à ses intérêts nationaux par le cénacle des cardinaux, à l'heure où l'Église traçait les lignes de force du gallicanisme. Certes, le pape élu était censé se trouver expressément choisi par la volonté souveraine de la divinité en personne, mais il fallait lui prêter une main vigoureuse, comme il faudra trois siècles plus tard, prêter non moins énergiquement la main au fameux "processus historique" du marxisme afin qu'il voulût bien porter au pouvoir une classe dirigeante issue de la sainte volonté du prolétariat mondial.

Or, la Russie n'est pas seule : à ses côtés, la Chine et l'Inde dressent déjà leur immense silhouette. Il nous faut donc nous demander de la manière la plus pressante comment nous ferons du monde de demain une civilisation de la pesée des âmes vives et de la pesée des âmes mortes de Gogol.

 

Il apparaît de plus en plus clairement que la Chine entend exercer une souveraineté pleine et entière sur l'Asie centrale et que l'heure sonnera donc inévitablement où la Russie aura besoin de l'Europe pour fonder avec elle un duumvirat à l'échelle planétaire. Si, entre temps, nous n'avions pas clairement pris conscience de cette situation et si nous ne l'avions pas théorisée dans tous ses détails, comment pourrions-nous seulement rêver d'un réembarquement pour les États-Unis des cinq cents bases militaires qui occupent l'Europe depuis 1945 et, avec plus de fermeté encore, depuis 1949, date du déclenchement de la guerre froide ?

Nous nous trouvons donc d'ores et déjà placés à un tout autre carrefour de l'histoire du monde, celui d'une mutation du regard du genre humain sur lui-même et sur son destin. Cette situation n'est pas nouvelle: au IVe siècle, un ancien préteur romain, saint Ambroise, avait tenté d'apposer le sceau du christianisme sur l'histoire du monde - mais la langue de l'empire romain était empreinte de la lourdeur, de la lenteur et des solennités du temporel. Elle n'était pas en mesure de christianiser l'univers. Il a fallu attendre sa mutation interne pour que saint Augustin pût entrer dans le combat de christianiser la langue de Cicéron. Avec Les Confessions de cet évêque, le latin a acquis une sensibilité, une douceur, un souffle spirituel, une aura inaccessibles aux Salluste, aux Pétrone ou aux Quintilien.

C'est ce nouveau diapason de la langue française qu'il s'agit de conquérir. De nos jours, on voit des auteurs briser le rythme du français classique, afin de semer partout des surprises et de l'inattendu. Andocide pour les Grecs, Pétrone pour les Romains ont tenté de comprimer et de donner un pas hyper-pressé à l'éloquence latine; mais celle-ci n'y était nullement préparée. C'est l'âme et la tonalité du français qu'il faut donc porter à un autre niveau, et cela ne se fera que dans la continuation de la métamorphose du latin sous la plume de l'auteur des Confessions.

Rousseau avait compris cela d'instinct: il était allé porter de nuit ses propres Confessions sur l'autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais les temps n'étaient pas mûrs et son génie était trop épris d'un spectaculaire superficiel pour qu'il pût porter le génie français à une nouvelle souveraineté intérieure de la pensée occidentale et étendre le champ de son regard à une lucidité transcendante aux grigris collectifs planétaires qu'on appelle des théologies.

 

Dès les jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014, il était devenu bien évident que la Russie entendait placer cette compétition internationale sous le signe de relations prospectives entre l'internationalisme de la culture française et l'internationalisme immanent à la culture russe. Depuis lors, il est devenu encore plus évident que l'espèce humaine ressortit à une animalité cérébralisée et prospective et que seules la Russie et la France bénéficient d'une disposition innée à faire entrer une anthropologie critique en mesure de forger une intelligentsia scientifique capable de comprendre la signification d'une religion chrétienne construite sur le mythe d'une divinité censée se subdiviser en trois "personnes", un "Père", un "Fils" et un "Saint Esprit".

Cette construction familiale de l'origine, de la finalité et des intentions du cosmos ne devient intelligible au sens psychophysiologique du terme que si l'une ou l'autre civilisation dispose de moyens virtuels de comprendre la Trinité sur le terrain psychogénétique, donc anthropologique. Car toute divinité repose évidemment sur une symbolique et un Dieu symbolique ne saurait se donner une progéniture physique, ce qui signifie que le Père et le Fils sont tous deux des personnages symboliques et que le Saint Esprit qui les soutient ou les chapeaute se révèle symbolique à son tour.

Pour préciser la nature et l'avenir d'une civilisation franco-russe, il nous faut donc une réflexion capable de décrypter les fondements anthropologiques de ce mythe de la trinité, puisque c'est du vêtement de ce mythe-là que le christianisme s'enveloppe depuis vingt siècles. Quand deux civilisations s'entendent sur un cadrage aussi fondamental, elles ne peuvent que s'approfondir ensemble. Or, si l'Occident catholique attelle le Père et le Fils à la charrue de l'histoire, l'orthodoxie russe les subordonne tous deux à un personnage insaisissable, réputé les chapeauter de haut et censée avoir débarqué sur la terre avec la Pentecôte.

Fonder une anthropologie critique capable de radiographier ce mythe, c'est se donner l'arène d'une réflexion fidèle à la fois au "connais-toi" socratique et aux Confessions d'Augustin qui, pour la première fois, a élevé le genre humain au rang d'un interlocuteur de lui-même et de personne d'autre.

 

L'approfondissement de la connaissance scientifique sur l'anthropologie d'une divinité trinitaire, met donc nécessairement la France et la Russie en dialogue sur le mode le plus originel possible, celui de la définition de la hauteur et de la bassesse, de la grandeur et de la petitesse, d'un aristocratisme des sommets et des ruptures de l'ignoble.

Qu'on le veuille ou non, il faudra donc forger des âmes capables de féconder la civilisation franco-russe à partir de l'évidence qu'aucun démiurge ne s'est attardé à créer des plaines, des montagnes, des mers et des fleuves. Il faudra bien forger une humanité qui acceptera qu'il n'y ait personne dans son dos, qui acceptera comme une évidence qu'il existe des milliards de soleils en feu et des vermisseaux acharnés à ramper sur une petite boule instable. Une civilisation du néant est à nos portes - à nous d'apprendre à féconder le vide et le silence de l'éternité. Pour cela, il nous faudra, comme l'écrivait Balzac, à "arracher des mots au silence et des idées à la nuit".

Mais ne sommes-nous pas déjà en route sur ce chemin-là, puisque nous retrouvons, à ce carrefour l'homme qui savait qu'il ne savait rien et qui avait fait de la science de son ignorance, l'objet même de la philosophie occidentale ? Déjà nous observons comment l'étau de l'OTAN se referme sur elle.

24 novembre 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

 

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Sotchi

Bachar al-Assad embrasse chaleureusement Vladimir Poutine et le remercie

Le Saker.is – 21 novembre 2017

 

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Bachar al-Assad de Syrie a rendu une visite surprise à la Russie pour la remercier de l’aide qu’il a reçue de Moscou dans la lutte contre le terrorisme.

[Une fois encore – prudence élémentaire - cette visite à Sotchi n’a été révélée qu’après son retour à Damas. NdGO]

 

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La rencontre Poutine-Al Assad cimente la fin de la domination US au Moyen-Orient

Quoi qu’il puisse arriver après cela, les États-Unis ont perdu toute crédibilité dans la région, sauf à Riyad et à Tel Aviv

Tom Luongo – Russia Insider 21.11.2017

 


 

Je ne suis pas un homme terriblement religieux. Mais j’aimerais croire qu’un coin spécial de l'enfer est réservé à ceux qui ont fomenté la guerre de Syrie.

Depuis ses débuts en Libye et les premiers acheminement d’armes via l’ambassade US à Benghazi jusqu’à la rencontre d’hier entre le président russe Vladimir Poutine et le président syrien Bachar al-Assad, on se souviendra de cette affaire tout entière comme d’un des épisodes les plus cyniques et les plus violents de l’histoire.

La « guerre civile » syrienne aurait dû constituer le couronnement de la politique US-israélo-saoudienne au Moyen-Orient, l’apothéose du néo-conservatisme.

Si l’entreprise avait réussi, elle aurait transformé le monde en un enfer sur la terre, gouverné par les Hillary Clinton, George Soros, Angela Merkel, cartel des banques US/UK et tutti quanti.

La Syrie devait être le coin qui allait permettre de faire sauter non seulement le Moyen-Orient mais également l’Asie Centrale. Sa défaite aurait mis fin à la renaissance de la Russie en tant que puissance mondiale, aurait soumis l’Europe à un cauchemar sans fin d’assimilation culturelle forcée et achevé de mettre en faillite les États-Unis, pour les aligner sur un projet raté d’intégration européenne.

Des traités internationaux tels que le TPP, le TTIP et les Accords de Paris ont été conçus pour créer une superstructure qui devait supplanter les souverainetés nationales, sans aucune intervention des peuples qui en auraient été les plus affectés.

 

Le tournant Poutine

Avec le discours-charnière de Vladimir Poutine aux Nations Unies, le 28 septembre 2015, une opposition à ce plan s’est exprimée de la manière la plus énergique et dans les termes les plus humanistes qu’il fût possible d’imaginer. Je me permets de vous en rappeler le passage le plus important, puisqu’il se rapporte à la Syrie.

 

« Dans ces circonstances, il est hypocrite et irresponsable de faire de bruyantes déclarations sur le danger que représente le terrorisme international, en même temps qu’on ferme les yeux sur les canaux par lesquels sont financés et équipés les terroristes, en ce compris le trafic illicite des armes et du pétrole. Il serait tout aussi irresponsable d’essayer de manipuler des groupes extrémistes et de les prendre à son service, avec l’intention d’atteindre par là ses propres buts politiques, en espérant pouvoir s’occuper d’eux plus tard, autrement dit les liquider.

À ceux qui font cela, je voudrais dire : Messieurs, vous avez affaire sans aucun doute à des gens brutaux et cruels, mais aucunement à des primitifs ou des idiots. Ils sont tout aussi malins que vous l’êtes et on ne sait jamais qui manipule qui. Les récentes informations sur les armes transférées à cette opposition « des plus modérées » en sont la preuve.

Nous croyons que toute tentative de se livrer à des jeux avec les terroristes, pour ne rien dire de les armer, n'est pas seulement à courte vue mais joue carrément avec le feu. Cela pourrait avoir pour conséquence l’augmentation dramatique d’une menace terroriste mondiale qui submergerait de nouvelles régions du globe, surtout si l’on considère que l’« État islamique » entraîne dans ses camps des militants venus de nombreux pays, y compris des pays d’Europe. »

 

À la vérité, ce discours tout entier mérite d’être relu et médité.  Il rappelle de façon frappante comment Poutine, généralement très réservé dans ses paroles, a mis toutes ses cartes sur la table et accusé directement les États-Unis d’avoir déclaré la guerre au monde.

Et dans les 48 heures qui ont suivi, les Sukhois ont commencé à survoler la Syrie et à bombarder tout ce qui s’opposait au gouvernement syrien, permettant ainsi à l’Armée Arabe Syrienne assiégée de remporter victoire après victoire. Peu de temps après, une coalition devait se former autour du gouvernement Assad, comprenant la Garde Républicaine iranienne, l’aile militaire du Hezbollah et le soutien tacite, moral et financier, de la Chine.

À l’ONU, Poutine a dit à tout le monde « Ça commence à bien faire ! ». Puis, il a soutenu ses paroles par des actes. La guerre est toujours regrettable. Elle n’est presque jamais justifiée. Mais, quand on se trouve face à un ennemi implacable, il n’y a vraiment pas d’autre solution.

Et je prétends que les forces néo-conservatrices qui ont décidé de la politique anti-Assad sont cet implacable ennemi.

 

La fin d’« Assad doit partir »

Cette action a déclenché le processus de détricotage de la fable soigneusement ourdie qu’a été la prétendue guerre civile syrienne.

Mais laissons là l’histoire.

Hier, Poutine a présenté les uns aux autres Assad et les commandants militaires qui sont au premier chef responsables de la stabilisation du pays. La Syrie en tant qu’unité politique a survécu.

 

 

 

La vieille garde de l’Arabie Saoudite est emprisonnée, dépouillée de ses biens et elle perd, à chaque minute, davantage de son influence dans le monde. Le gouvernement néoconservateur d’Israël, avec à sa tête le dément Benjamin Netanyahou, fulmine d’impuissance devant le tour qu’ont pris les événements, et, bien entendu, l’ISIS a été rien moins que balayé tant en Syrie qu’en Irak.

Les États-Unis continuent à parler « des deux coins de la bouche », permettant à certains membres de l’ISIS de s’échapper pour pouvoir les réutiliser plus tard, probablement contre l’Iran et/ou le Liban, tout en s’attribuant le mérite de l’effondrement de l’« État islamique » et de la prise de Raqqa.

Ceci donne une image des profondes questions qui agitent les vastes communautés US – diplomatique, militaire et du renseignement –, et les difficultés qu’affronte le président Trump pour mettre au pas ces groupes disparates sans paraître faible et inefficace.

Il n’y a qu’à voir le curieux événement de ce week-end, avec son ballet d’hélicoptères militaires atterrissant au Quartier Général de la CIA à Quantico, pour savoir que, au minimum, une guerre intestine se déroule au sein du gouvernement US.

La meilleure explication que j’aie entendue (mais ce n’est aucunement un fait corroboré) est que l’Armée US se livre à une démonstration de force contre les reliquats de l’administration Obama, qui s’accrochent à l’intérieur de la CIA et continuent à manipuler leurs mandataires en Syrie. Et que ces opérations sont directement en conflit avec les buts qu’y poursuit l’Armée US.

Si c’était bien le cas, Poutine a raison de tout simplement ignorer les Américains et de poursuivre ses pourparlers politiques à un rythme accéléré, en faisant fi de ceux de Genève et en apportant à Assad tout le soutien dont il a besoin pour continuer à diriger la Syrie, du moment que c’est ce que les Syriens veulent.

Étant donné le soutien évident que son armée apporte à Assad et la manière dont elle a mené sur le terrain la guerre contre ISIS et les autres forces séparatistes, il n'est guère douteux qu’Assad obtiendra leur adhésion lors de toute élection à venir.

 

Poutine ne pavoisera pas

La grosse question, en attendant, est de savoir quel prix sera exigé des USA pour le rôle qu’ils ont joué dans cette affaire. Poutine ne mettra pas Trump dans une position intenable. Les USA ont déjà perdu la face au plan international.

La complicité de l’administration Obama dans ce triste chapitre de l’histoire du Moyen-Orient a été mise à nu pour quiconque a des yeux pour voir.

Poutine offrira à Trump un moyen, pour les États-Unis, de sauver la face en faisant porter le blâme par les Obama, Clinton, McCain et le reste de la clique. Si vous ne pensez pas que ceci a quelque chose à voir avec le fait que l’enquête de Robert Mueller sur le Russia-gate  soit devenue incontrôlable, c’est que vous ne faites pas assez attention.

Mueller est désespérément en train d’essayer de faire échapper tous ceux qui ont trempé dans cette affaire à des poursuites pour haute trahison. Mais, à mon avis, tout ce qui se rapporte à la scène politique américaine est sur le point de changer radicalement. Une fois que le juge Roy Moore sera entré au Sénat (et les chance pour que cela n’arrive pas sont proches de zéro) Trump aura une majorité inaccessible aux manoeuvres de destitution, tant à la Chambre qu’au Sénat, et pourra réduire Mueller au silence ou l’envoyer se faire voir.

Trump a ici la possibilité de jouer les pacificateurs. Il peut affermir sa position en se faisant le manieur des pires acteurs d’Arabie Saoudite et d’Israël, et en les tenant au bout d'une courte laisse.

En fait, on pourrait arguer de façon crédible que c’est à cela que rime réellement la purge en train en Arabie Saoudite. Le contre-coup de Mohammed ben Salmane s’est fait avec la bénédiction de Trump.

Poutine peut agir de même pour dissiper les soupçons quant aux intentions de l’Iran et du Hezbollah. Il peut aussi empêcher Assad, s'il en est besoin, d’exercer sur ses ennemis des représailles pourtant richement méritées, de manière à construire une paix durable. Et une fois les pourparlers terminés et la menace d’indépendance Kurde écartée, la Turquie retirera ses troupes de Syrie.

Poutine doit appeler Trump ce soir pour le mettre au courant du suivi. Il est évident que les deux hommes ont été en contact sur la manière dont les choses progressent en Syrie. Et Trump a, pour sa part, très intelligemment laissé le nettoyage final aux soins de Poutine, pour ne s’occuper que de ses problèmes néoconservateurs internes.

Quoi qu’il puisse arriver après cela – mise en place d’une structure pour une paix durable ou cessez-le feu précaire avec la Russie jouant temporairement les médiateurs – les USA ont perdu toute crédibilité dans la région, sauf à Riyad et à Tel Aviv.

Et nous n’avons personne à blâmer que nous-mêmes.

 

0. Tom Luongo.jpgTom Luongo est un analyste économique et politique indépendant. Sans détours et intransigeants, on peut trouver ses travaux sur Seeking Alpha pour ce qui touche à l’économie, sur Halsey News pour les questions culturelles et géopolitiques, ainsi que sur son blog personnel Gold, Goats ‘n Guns (« De l’or, des chèvres et des flingues »). Tom est aussi l’ex-rédacteur de Resolute Wealth Letter et il contribue couramment à Newsmax Media’s Financial Intelligence Report. Il vit au nord de la Floride avec sa femme, sa fille, son troupeau de chèvres laitières et ses chiens.

On peut le suivre sur Twitter @TFL1728

Source : http://russia-insider.com/en/putin-assad-meeting-cements-...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Discours de Vladimir Poutine aux Nations Unies – 28 septembre 2015

(sous-titré en français)

 


 

 

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Voici qui va s’ajouter aux 500 bases que déplore tant Manuel de Diéguez :

 

Lart de la guerre

 

Naissance de la PESCO, fille de lOTAN

 

Manlio Dinucci - Il Manifesto - 21.11.2017

Traduction : Marie-Ange Patrizio

 

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Après 60 années d’attente, annonce la ministre de la Défense Roberta Pinotti, va naître en décembre la PESCO, “Coopération structurée permanente” de l’Union européenne, dans le secteur militaire, initialement entre 23 des 27 États membres.

C’est le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, qui explique ce que c’est. Participant au Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, il souligne “l’importance, mise en évidence par de nombreux leaders européens, que la Défense européenne soit développée de manière à ne pas être compétitive mais complémentaire à l’OTAN”.

La première façon de le faire est que le pays européens accroissent leur propre dépense militaire : la PESCO stipule que, parmi “les ambitieux et les plus contraignants engagements communs” il y a “l’augmentation périodique en termes réels des budgets pour la Défense afin d’atteindre les objectifs convenus”. Au budget en continuelle augmentation de l’OTAN, dont font partie 21 des 27 États de l’UE, s’ajoute maintenant le Fonds européen de la Défense à travers lequel l’UE accordera 1,5 milliards d’euros annuels pour financer des projets de recherche en technologies militaires et acheter des systèmes d’armes communs. Ce chiffre sera celui de départ, destiné à augmenter au cours des années.

En plus de l’augmentation de la dépense militaire, parmi les engagements fondamentaux de la PESCO se trouvent “le développement de nouvelles capacités et la préparation pour participer ensemble à des opérations militaires”. Capacités complémentaires aux exigences de l’OTAN qui, dans le Conseil Atlantique Nord du 8 novembre, a décidé l’adaptation de la structure de commandement pour accroître, en Europe, “la capacité de renforcer les Alliés de façon rapide et efficace”.

À cet effet deux nouveaux commandements sont institués. Un Commandement pour l’Atlantique, avec la mission de garder “libres et sûres les lignes maritimes de communication entre Europe et États-Unis, vitaux pour notre Alliance transatlantique”. Un Commandement pour la mobilité, avec la mission d’”améliorer la capacité de mouvement des forces militaires OTAN à travers l’Europe”.

Pour que les forces et armements puissent se déplacer rapidement sur le territoire européen, explique le secrétaire général de l’OTAN, il faut que les pays européens “éliminent de nombreux obstacles bureaucratiques”. On a beaucoup fait depuis 2014, mais il reste encore beaucoup à faire pour que soient “pleinement appliquées les législations nationales qui facilitent le passage de forces militaires à travers les frontières”. L’OTAN, ajoute Stoltenberg, a en outre besoin d’avoir à disposition, en Europe, une capacité suffisante de transport de soldats et armements, fournie en grande partie par le secteur privé.

Plus important encore : qu’en Europe soient “améliorées les infrastructures civiles - comme routes, ponts, voies ferrées, aéroports et ports - de façon à être adaptées aux exigences militaires de l’OTAN”. En d’autres termes, les pays européens doivent effectuer à leurs frais des travaux de conformité des infrastructures civiles pour un usage militaire : par exemple, un pont suffisant pour la circulation des cars et poids lourds devra être renforcé pour permettre le passage des chars d’assaut.

Voilà la stratégie dans laquelle s’insère la PESCO, expression des cercles dominants européens qui, bien qu’ayant des conflits d’intérêts avec les cercles étasuniens, se re-compactent dans l’OTAN sous commandement USA quand entrent en jeu les intérêts fondamentaux de l’Occident mis en danger par un monde qui change. Voilà alors que pointe la “menace russe”, face à laquelle se lève cette “Europe unie” qui, alors qu’elle fait des coupes dans les dépenses sociales et ferme ses frontières intérieures aux migrants, augmente les dépenses militaires et ouvre les frontières intérieures pour faire circuler librement soldats et chars d’assaut.

Édition de mardi 21 novembre 2017 de il manifesto

 

 

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0vation debout de 8.000 personnes pour Dieudonné à Marseille

 

Malgré l’interdiction tentée par le Maire de la ville Jean-Luc Gaudin, le résistant N°1 de France a été gratifié d’une ovation debout par les 8.000 spectateurs (aspirants résistants peut-être) venus rire à son spectacle du Dôme de Marseille, plein à craquer.

 

Dieudonné : LA GUERRE

à Marseille

 


 

Même l’im-Monde a été obligé d’en rendre compte, en dépit des efforts (surhumains) de son Décodex et de Manuel Valls réunis ! (Ceux qui traînent leurs guêtres sur Facebook n’ont qu’à y aller voir.)

 

 

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Mis en ligne le 23 novembre 2017.

 

 

 

 

 

 

 

19:50 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/11/2017

NE PAS CONFONDRE "ÉGALITARISME US" AVEC "ÉGALITÉ" PLÎÎÎÎZE

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Ne pas confondre « égalitarisme US » avec « égalité » plîîîîze !

 

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Ceci est plus ou moins la continuation de l’article de Charles Sannat repris dans notre post précédent (« Pourquoi nos enfants deviennent des crétins ! »)

 

« Il faut euthanasier tous les grand-parents car ils sont nuisibles pour les enfants ! »

 

Charles Sannat ­ Insolentiae17 novembre 2017

 

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Il était un’ Dame Tartine

Dans un palais de beurre frais.

La muraille était de praline

Et le parquet de croquets.

 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Oui, vous avez bien lu, j’espère déjà que ce simple titre vous fait vous pincer, en vous disant, non, je rêve ! Qu’est-ce qu’il lui prend au père Sannat de vouloir euthanasier tous les grands-parents de France, et du monde entier d’ailleurs tant qu’on y est ?

Il veut un « géronticide » ? Il est devenu fou !

Eh bien non, fou, certainement pas, je vous concéderais tout juste un petit côté un brin provocateur ! Mais il s’agit d’une provocation pour la bonne cause et vous allez très vite comprendre pourquoi !

« Les grands-parents auraient un impact négatif sur la santé des enfants »

Les grands-parents auraient donc un impact négatif sur la santé des enfants, et cela n’est pas mon titre un poil outrancier mais celui d’un article fort sérieux de BFM TV qui relaie une étude non moins sérieuse de nos amis anglais sur la dangerosité désormais scientifiquement établie des grands-parents qui nuisent grandement à la santé de leurs petits-enfants.

Et, oui, disons-le, cette étude me fait hurler.

Cet article me fait crier ma détestation de cette folie qui n’est pas la mienne mais bien celle d’une société toute entière devenant entièrement tarée.

Et ce qui arrive n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat des coups de boutoir du système totalitaire marchand qui a besoin de détruire tous les liens familiaux et sentimentaux comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer dans mon édito consacré à nos enfants qui deviennent tous crétins.

Les grands-parents sont un danger… Puis les parents aussi seront dangereux !

Je reste ébahi et sidéré par ce genre de campagne qui ne peut qu’aboutir à la déstructuration des liens entre les individus, des liens ancestraux et des différences évidentes, et des différences ne signifient pas des supériorités, ou des infériorités mais simplement que c’est différent. Et vous savez quoi ?

On peut même affirmer, que dis-je, clamer que quand c’est différent, c’est que ce n’est pas pareil !

Et je clame haut et fort que ma fille est différente de mon fils.
Je clame haut et fort qu’être un homme et une femme c’est être profondément différent.
Je clame haut et fort qu’être parents ou grands-parents c’est aussi différent.
Je clame que ces différences sont essentielles, importantes, indispensables.

Nous ne pouvons pas d’un côté encenser la « différence » et vomir à chaque instant un égalitarisme insupportable qui devient un simple fascisme tant il est un dogme absurde.

Un égalitarisme absurde auquel on rajoute une déstructuration de tous les liens, où l’on massacre l’idée de cellule familiale.

Derrière le prélèvement à la source, c’est cela qui se cache. Un jour, avoir des enfants vous coûtera de l’argent. Il n’y aura plus de part ou de demi-part, ce sera la fin de la politique fiscale de la famille.

La famille et la nation, les seuls remparts au totalitarisme marchand.

Éradiquez les nations et vous supprimez l’essentiel des entraves au libre-échange.

Éradiquez la famille et son idée, et vous rendez marchand tout ce qui relevait de l’amour et des solidarités familiales.

Tout s’achète sauf certaines choses… pourtant ces choses représentent des marchés colossaux.

Vous savez combien les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants font perdre en milliards de service d’aide à la personne ?

« Suralimentation et tabagisme »

Si l’on en croit cet article brillant de BFM TV donc, les pépés et mémés de France ne sont qu’un ramassis de fumeurs obèses méprisables et sans doute en plus sans-dents !

Ainsi donc, les « grands-parents favoriseraient notamment la prise de poids des petits, en raison d’une suralimentation et d’un manque d’activité physique. Ils tendent par exemple à récompenser ou à exprimer leur amour à leurs petits-enfants en leur offrant des friandises de façon régulière »…

Mon dieu… Des scientifiques sérieux qui ont été payés par on ne sait trop qui viennent de se rendre compte que « Mamie Gâteau » faisait des gâteaux à ses petits-enfants le mercredi… ou le samedi ! Mais c’est totalement inouï une telle découverte.

On ne peut pas laisser des grands-parents faire un gâteau… Pire, imaginez-vous les dégâts occasionnés par ce rôti de bœuf dominical et son jus… Son jus avec du beurre et un peu d’échalote… Mmmmh quel délice, et ses petites pommes de terre sautées dans la graisse d’oie avec un poil d’ail et de persil… Mmmmmh ! Non ! On ne peut pas laisser les pépés et mémés de France faire ce genre de choses. Le dimanche, c’est tellement mieux chez Ronald McDonald.

En plus, et c’est une circonstance terriblement aggravante, les grands-parents ne font pas assez de sport avec les petits enfants… Voyons voir, ce n’est pas parce que vous avez 80 ans que vous ne devez pas emmener vos petits-enfants faire un footing de 20 kilomètres… Soyons sérieux…

 

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Ce n’est évidemment pas aux grands-parents de surveiller le régime alimentaire des petits-enfants ou de faire du sport ! L’apanage des anciens c’est d’avoir justement une relation différente avec les plus jeunes et qui est beaucoup plus une notion de relation sans l’enjeu de l’éducation du quotidien qui est le rôle qui incombe aux parents, car, là encore, n’en déplaise aux bien-pensants, à chacun son rôle.

En plus les vieux… fument !

« L’étude fait également état du tabagisme passif subi par les enfants lorsqu’ils se retrouvent avec leurs grands-parents qui fument à la maison et qui, en plus d’exposer les petits à la fumée, leur donnent un mauvais exemple. Le tabagisme, la mauvaise alimentation, l’excès de poids et le manque d’activité physique favorisés inconsciemment par les grands-parents augmenteraient ainsi le risque de cancer pour leurs descendants »…

Ouaaah… N’en jetez plus, la coupe est pleine !!

Bon, sauf que j’ai quand même des gros doutes, parce que des vieux qui fument vraiment, je n’en connais pas beaucoup. Des vieux morts qui fumaient oui, mais des vieux vivants qui fument comme des pompiers c’est rare vu qu’on a une fâcheuse tendance à mourir jeune et prématurément quand on fume… C’est tellement vrai que l’on vous l’écrit sur les paquets de cigarettes !

Bref, cet article est un tissu d’insanités hallucinantes à l’égard de nos anciens, ou de nos jeunes et vieux seniors, qui, loin d’être parfaits, ne sont certainement pas plus imparfaits que les générations suivantes !

Posez-vous surtout la question pourquoi ?

Pourquoi vouloir à ce point détruire l’image tellement belle qu’une grand-mère ou un grand-père peut avoir dans l’esprit des plus jeunes ? Pourquoi ? Car c’est bien l’objectif qui est poursuivi.

Pourtant, il faudra défendre coûte que coûte l’importance de la tendresse et de l’amour donnés par les aînés aux plus jeunes, car le lien entre grands-parents et petits-enfants est certainement l’un des plus importants et des plus constructeurs qui soit. Il n’y a rien de plus beau et de plus gratuit que l’amour. C’est cela qu’il faut défendre. Il suffit de ne pas accepter toutes ces inepties et les dénoncer comme telles quand elles se présentent ou que l’on vous le dit !!

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Source : https://insolentiae.com/il-faut-euthanasier-tous-les-gran...

Source BFMTV lire ici pour le croire de vos yeux vus… 

 

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Égalité entre les sexes

Sexquisition

Israel A. ShamirEntre la plume et l’enclume20.11 2017

Traduction : Maria Poumier

 

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L’inquisition sexuelle

Une moche baraquée, la cinquantaine ou plus, le cheveu mort, trois rangs de perles sous bajoues, racontant à gros sanglots une histoire d’attouchements non désirés, qui a peut-être eu lieu il y a des lustres, voilà qui constitue un spectacle pénible. Peut-être que Beverly Young Nelson a autrefois été jeune et belle, et capable de réveiller la passion au creux des reins d’un costaud, mais c’est loin, très loin. Et pourtant cette improbable créature a bel et bien empêché Roy Moore, le suspect, de gagner une élection en Alabama.

Si cette vieille chouette prétendait avoir prêté à Moore cent dollars trente ans plus tôt, et qu’elle les lui réclamait, intérêts et principal, le tribunal lui aurait ri au nez. Qu’est-ce qu’elle faisait donc, tout ce temps-là, où sont les preuves, lui dirait-on. Pourquoi personne ne lui pose la question aujourd’hui, alors que la carrière du bonhomme est fichue ? Comment se fait-il que des revendications aussi douteuses puissent anéantir un individu ?

 D’autant plus que cette personne a un nom et un visage, même s’il n’est pas ragoûtant, alors que dans bien des cas, l’accusatrice reste anonyme, cachée derrière une lettre, tandis que l’accusé se retrouve nommé, montré du doigt, et en perd son boulot. Il n’y a que l’Inquisition qui ait agi de la sorte, à base de sources anonymes et de griefs opaques. Nous voilà aux prises avec la sexquisition.

Est-ce que c’est un phénomène purement américain ? La vengeance de Salem, où un spasme semblable de paranoïa massive avait amené une petite ville de la Nouvelle Angleterre à pendre une vingtaine de femmes accusées de sorcellerie ? 

A Salem, les hommes faisaient la chasse aux sorcières ; trois cents ans plus tard, ce sont les sorcières qui pourchassent les hommes.

 Et c’est une épidémie mondiale. Les US sont le modèle de tout l’espace de la Pax Americana, où l’on imite la musique et les films américains, et maintenant cet accès de démence. De tous les hommes, de tout âge, de toute confession, nul n’est à l’abri de poursuites.

 

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Un peloteur célèbre

 

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...qui ne s’en prend pas qu’aux femmes, mais aussi aux enfants et aux hommes. Dont les victimes cependant ne se sont jamais plaintes

 

En Israël, la petite âme sœur de l’Amérique, un rabbin a été inculpé pour une histoire de viol avec sodomisation sur une gamine il y a sept ans. C’est une policière féministe qui a géré l’affaire. Le rabbin a passé un mois en taule et presque une année en assignation à résidence ; il a perdu son travail, et son nom est maudit à jamais. Et puis on a découvert que la fille ne pouvait même pas se souvenir de ses propres mensonges et les répéter correctement. Le procureur a décrété l’annulation de la procédure  et le rabbin David Harrison a été remis en liberté. Qui lui rendra son année gâchée, sa réputation, son travail ? Est-ce que l’accusatrice et la policière vont le dédommager ? Eh bien non.

Et encore, il a eu de la chance. Le président israélien Mosché Katsav en a eu moins. Sa première accusatrice, cachée derrière la lettre A, s’est avérée être une menteuse, et ses griefs n’ont pas été entendus. Mais à mesure que son histoire circulait bien des femmes s’étaient  jointes à la chasse à courre, et Katsav s’était retrouvé derrière les barreaux. Maintenant, la plupart des juges sont des femmes, en Israël, et les hommes sont cuits.

L’Europe marche benoîtement dans les pas des US. Là, c’est un universitaire d’Oxford, né suisse et musulman, Tarik Ramadan, l’homme qui a fait tout ce qu’il pouvait pour que les musulmans d’Europe se sentent européens. Une colonne de bonnes femmes est arrivée pour dire qu’il les avait violées ou approchées avec des avances non sollicitées il y a quelques années. Il a été obligé de se mettre en congé à l’université.

 Bref pas un chrétien, pas un juif, pas un musulman ne saurait échapper à une semblable accusation, à partir du moment où il a un nom, une position et quelque argent sur son compte en banque. Pour une raison mystérieuse, les trimeurs, les chauffeurs de taxi, les ascensoristes ou encore ouvriers sur les tapis d’assemblage  n’ont jamais fait partie des souvenirs des copines de Beverly Young Nelson au bout de vingt ans. Est-il plausible que les représentants de la classe ouvrière ne se montrent jamais entreprenants ? Il n’y aurait que les riches et célèbres qui aient la main leste ?

Cet assaut sur les hommes se produit au moment de la campagne Balance-ton-porc sur les réseaux sociaux. Bien des femmes ont été obligées de se joindre à la meute : si vous ne faites rien, c’est probablement que personne ne vous a jamais trouvée assez attrayante pour tenter le coup. Elles ont foncé, en masse. Les hommes aussi sont réceptifs à l’hystérie de masse, mais les femmes battent tous les records. Et les réseaux sociaux sont un riche terreau pour ces campagnes.

 

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À quand l’ouverture de la chasse aux peloteuses ?

 

Et s’il y avait un noyau de vérité au fond de tout ce grabuge? Jusqu’à un certain point, oui, quand on crie au loup, il n’y a pas de fumée sans feu. Les actes les plus courants peuvent être évoqués en des termes extrêmement sensationnalistes. Au lieu de dire « il m’a serrée dans ses bras et il m’a embrassée » dites plutôt « il a introduit de force sa langue dans ma bouche tout en m’immobilisant, puis « il m’a clouée sur un lit sous son poids ». Le  sexe, il y a des gens pour vous en parler, des puritains, des viragos, du gibier de psy, de manière à ce que vous soyez prêt à réclamer la peine de mort pour le perpétrateur de la chose.

Le terme viol ne veut plus dire la même chose qu’à l’origine. Mon ami Julian Assange a passé des années sous les verrous, et son aventure parfaitement consentie avec deux de ses groupies a été qualifiée de viol pour de menus aspects techniques (une capote déchirée, un état de demi-sommeil ou d’éveil incomplet). Dans les deux cas, cela partait d’un remords  d’acheteur, ces dames regrettaient, deux jours après l’évènement, leur enthousiasme passager parce qu’il ne les avait point rappelées. Une femme détestant les hommes de toutes ses forces, la procureuse, se proclamant lesbienne, avait insisté pour envoyer Julian en taule. De son point de vue, un homme est à sa place quand il est enfermé, même si la requête est sans fondement. Et même après cette déclaration parfaitement discriminatoire, elle n’a pas été destituée.

La Suède connaît une avalanche de plaintes pour viol, ces temps-ci.  Certains lecteurs ont fait le rapprochement avec l’immigration de masse en provenance du Moyen Orient. Et certes un homme de ces régions peut facilement se tromper dans l’interprétation des paroles ou des gestes d’une jeune Européenne. Mais non mais non, disent les féministes ! Pourtant jusque dans les années 1950, les Européens se méprenaient régulièrement sur l’usage des « allumettes suédoises ». La fille devait souligner son « non », sans quoi ils croyaient vraiment que c’était la façon féminine normale d’être timides. Et il y a tant de gestes courants qu’on appelle des viols en Suède maintenant, que le terme est complètement dévalué.

Tout peut être décrit de façon répugnante. Manger de la viande c’est du cannibalisme, un compliment c’est un viol. Et en même temps, des choses qui révulsent les gens normaux   peuvent être décrites comme la normalité, voire la norme. Les hommes normaux sont révoltés par la description ou la présentation qu’on fait des relations sexuelles entre hommes. Et  on les force à accepter tout cela tout en considérant les gestes habituels entre homme et femme comme quasi criminels.

Les Américains ont voté pour Donald Trump dans l’espoir qu’il en finirait avec la rage émasculatrice dans leur société. Cela peut encore se faire en appliquant deux règles simples qui étaient tenues pour des garanties de justice, jusqu’au jour où la Cour suprême des US les a déclarées nulles et non avenues.

Premièrement, on en finit avec les réminiscences. La Bible, grande source de sens commun, nous dit ce qui relève du viol et comment  le gérer. Si l’agression a lieu en ville, la fille devrait ameuter le quartier, hurler et pleurer. Si cela ne suffit pas, ou si l’agression a eu lieu hors les murs, elle devrait se précipiter à la gendarmerie. Pas   au bout de vingt ans, pas une semaine plus tard, pas le surlendemain, mais sur le moment. Si elle n’a rien dit, c’est son problème.

Cette attitude règlerait la question de savoir si la femme veut dire oui ou non quand elle dit non. Si elle appelle au secours, c’est que c’est non.

Et c’est sera fini des mines dormantes prêtes à vous sauter à la figure à tout bout d champ.

 Deuxièmement, plus d’anonymat pour les accusatrices. Si vous accusez un homme, soyez prêtes à faire face, ne vous cachez pas derrière le voile de l’anonymat. 

Ces deux règles simples restaureront la santé de tous, et remettront le viol à sa vraie place horrible de jadis et de tous les temps.

 Et pour le harcèlement, c’est le plus souvent une invention de la rancœur féminine. Cela ne devrait pas relever de la loi ni des tâches de la police. Si une dame est gênée par un regard insistant, qu’elle déclenche un procès, ou qu’elle appelle un policier si cela va plus loin. Les gendarmes savent ce qu’il faut faire avec ce genre de vice.

Les souvenirs tardifs de harcèlement ne sont pas valables, même s’ils sont vrais. Si la femme n’a pas réagi sur le moment, c’est trop tard.

Autrement, bientôt les US n’auront plus un politicien mâle et normal, juste des femmes et des efféminés. Et la maladie se répandra dans toute l’Europe, jusqu’au jour où le vieux Monde et l’Amérique du Nord seront prêts au repeuplement par des Africains virils.

La Russie reste un territoire libre pour les mâles. Bien des modes américaines envahissent Moscou, mais l’émasculation n’en fait pas partie. Les Russes ont interdit la propagande homosexualiste en direction des mineurs, et ils ont réglé le problème. De fait, les femmes russes préfèrent grandement le style russe. Ce sont les hommes qui règlent l’addition au restaurant, qui leur tiennent la porte, qui les aident à enfiler leur manteau ; bref, les hommes qui continuent à faire ce que faisaient les hommes bien élevés en Amérique et en Europe, il y a un demi-siècle.

La Russie a connu sa campagne « Balance-ton-porc »   (en russe je dirais #янебоюсьсказать) l’année dernière. Et un tas de femmes ont récité ou inventé des histoires de harcèlement. Mais c’est resté au niveau de facebook, car la loi ne permet pas de porter plainte des années après les faits allégués.

Et surtout, les Russes considèrent le sexe entre homme et femme comme une chose normale. Ils ne sont pas horrifiés par une relation entre prof et élève, ou entre patron et assistante. Les reportages sur les châtiments sévères imposés par les juges américains dans le cas d’une professeuse couchant avec des jeunes gens rencontrent l’incrédulité et la stupéfaction.  Sur cinquante histoires récentes de ce genre, aucune n’aurait été sanctionnée en Russie. Je ne comprendrais pas d’ailleurs en quoi un gamin de 17 ans séduit par sa prof de 23 ans aurait subi un tort.

 On envierait plutôt le gosse, en tout cas. Mais c’est cette attitude traditionnelle en matière de sexe qui est la raison principale des attaques médiatiques contre la Russie, bien plus que les histoires de « hacqueurs russes ».

Il est très difficile de défendre Weinstein, avec son obsession pour l’Holocauste et sa soif de revanche sur les blondes. Mais c’est son cas qui a ouvert les portes de l’Enfer. Refermons-les vite avant que l’équilibre de l’univers entre le yin et le yang, entre les pôles mâle et femelle, ne soit rompu.

Pourquoi est-ce que les US se retrouvent frappés de cet étrange fléau? Je serais tenté de l’expliquer comme une réaction contre la révolution de 1968, y compris la révolution sexuelle qui en faisait partie. Pour nous, les gosses des Sixties’, vivre c’était facile, le sexe c’était un domaine de liberté et de plénitude, en Californie ou en Crimée comme sur la Côte d’Azur. Nous en avions à profusion, du sexe sans capote, souvent avec des étrangères. C’était ça, le communisme. Redouter l’amour libre et le sexe à la portée de chacun, c’est avoir peur du communisme.

Les riches garçons et filles qui sont arrivés au pouvoir ensuite ont tout transformé en source de gains, et c’est avec ce schéma en tête qu’ils ont créé la pénurie, y compris la pénurie de sexe ; il s’agit d’une contre-révolution sexuelle. Les plaignantes pour harcèlement sont les petits soldats de la contre-révolution sexuelle, elles font monter les tarifs de leurs charmes en organisant la pénurie.

C’est elles qui y perdront, les malheureuses ; espérons qu’elles n’auront pas dézingué la planète avant de s’en apercevoir.

 Source : http://plumenclume.org/blog/302-sexquisition

[Notons que tout le monde n’est pas du même avis qu’Israel Shamir sur le cas de Frère Tariq Ramadan (voir, notamment, l’ANTIPRESSE N° 103, « La mauvaise chute de Tariq Al-Capone », par Slobodan Despot), mais ceci est une réflexion générale, non l’étude d’un cas particulier. NdGO]

 

 

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Pour rappel…

 

Des lois nuptiales

Saint-Just – Fragmens – 1792/3

 

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« Pour être heureux avec les femmes, il faut les rendre heureuses sans le leur faire sentir… »

[…]

Quiconque ose dire qu’un sexe est sujet de l’autre ment à son propre cœur, si tu le dis à ton épouse bien-aimée, oseras-tu le dire à la mère qui t’as nourri ?

Dans l’état social, l’homme et la femme sont également souverains et indépendants, dans l’état civil, certaines considérations peuvent bien donner à l’un et à l’autre une règle particulière par rapport à la possession, mais une règle qui ne touche point à la propriété sociale.

Parce qu’un sexe est différent de l’autre n’est point à dire que l’un soit dans la dépendance de l’autre, parce qu’un sexe est plus faible n’est point à dire qu’il doive obéir, aussi bien l’orgueil de l’homme se dément, partout il obéit à sa propre faiblesse.

Le principe de nos sociétés étant la force, elle devait se glisser dans toutes les ramifications de l’état-civil.

L’homme peut enfreindre sa convention, la loi ne menace que le sein délicat de son épouse vendue par la loi. Malheureux que nous sommes, nous ressemblons à ces architectes sans génie qui, méconnaissant l’art des proportions, ne soutiennent leur ouvrage que par le fer. La nature avait pourvu par les affections aux différents liens de la société, et n’avait pas besoin de tant de crimes pour nous unir.

Une femme ne peut s’unir à ce qu’elle aime sans se donner un maître, c’est là le moindre de ses maux, mais si on l’unit à ce qu’elle n’aime point, ou si elle n’aime plus ce qu’elle ne doit plus aimer, et si dans cet esclavage une main tendre essuie ses larmes, cette femme est coupable, elle est adultère, mais la loi l’est plus qu’elle, de quel droit a-t-elle disposé de sa propriété ?

Le contrat par lequel une femme est donnée ne viole point seulement la nature, elle viole sa pudeur et son repos. Une vierge innocente entend parler de ses enfants, de sa mort même, la loi se rend témoin de ses faveurs, de ses caresses et lui marque déjà son tombeau.

Un passager fit naufrage sur les côtes du nouveau monde, il se sauve dans les forêts et après quelques jours passés sans nourriture, et sans espérance, une fille sauvage le rencontre et le conduit par la main à sa cabane, elle partage avec lui sa couche et son malheur ; à quelque temps de là ils découvrent un navire, le malheureux vendit sa bienfaitrice, et comme elle lui criait fondant en larmes qu’il prît pitié de son enfant, il dit au capitaine : « l’entendez-vous, elle est grosse, tant de plus. »

La loi politique, plus cruelle, vend la femme et son fruit qui n’est pas elle, la vend sans retour, la première pouvait inspirer de la compassion. Nous sommes tous malheureux, nous nous plaignons tous de notre sort, mais nous ne voulons rien perdre de notre empire, et c’est cet empire qui nous rend malheureux.

Nul ne doit commander sur la terre, toute puissance est illégitime, aucun sexe ne doit être au-dessus de l’autre. […]

Œuvres complètes, Gérard Lebovici, pp. 942-3

 

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D’un précurseur

Du viol

Jean-Paul Marat – Plan de législation criminelle – 1790

 

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Presque partout la peine en est capitale, parce qu’on range ce crime parmi ceux qui attaquent la sûreté des citoyens.

Ne cherchons point à le pallier. Il est très-grave sans doute : mais il l’est plus ou moins selon le prix que les femmes attachent à leur honneur : or, si quelques-unes le préfèrent à la vie, les autres ne sont pas des Lucrèce. Il importe donc de commuer la peine de mort ; et d’après ce principe, que la peine doit toujours tendre à réparer le délit, le ravisseur sera condamné à épouser celle qu’il a violée, s’ils ne sont point liés ni l’un ni l’autre. Mais s’ils sont déjà liés, ou si elle refuse de lui appartenir, il sera déclaré infâme, et on saisira la moitié de ses biens au profit de l’enfant, en cas de grossesse, & sur cette moitié, on assignera à la mère une pension alimentaire durant sa vie.

Si le délinquant n’a point de fortune, il sera détenu toute sa vie dans une maison de force, & la moitié du produit de son travail sera assignée à la mère et à l’enfant.

Marat n’a pas connu les tournantes… ni la prostitution des enfants des deux sexes… Pendant qu’on y est :

 

De la pédérastie et de la bestialité

Idem

La possession d’une femme ne prévient pas toujours les désirs pour celle d’un autre : et souvent leur trop facile jouissance mène à se passer d’elles. Delà cet amour déshonnête que la nature réprouve : crime révoltant qui paroît ne devoir inspirer que de l’horreur !

Il en est un néanmoins encore plus révoltant : et pourrait-on le croire si l’expérience ne l’eût appris ? Quelquefois l’homme délaisse sa compagne pour une brute. Heureusement, ces crimes sont peu communs, à moins qu’ils ne soient favorisés par certains usages, et alors il faut bien se garder de les tirer des ténèbres dont ils se couvrent : sévir contre certains crimes fort rares, c’est toujours faire naître l’idée.

Il me paroît d’ailleurs que c’est sur de bien fausses idées que l’on s’est déterminé à les punir du plus affreux supplice. On redoute les suites d’un commerce monstrueux. Hé ! comment ne voit-on pas que la nature oppose à la confusion des genres des barrières insurmontables ? Tout animal provenu d’accouplement hétérogène ne peut faire race. Que s’il faut néanmoins punir ces crimes, lorsqu’ils sont connus, qu’on se rappelle que l’homme qui se méprise assez pour oublier la dignité de son espèce, doit être regardé comme un insensé, et ne mérite à cet égard que d’être condamné aux petites-maisons.

 

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Pour aucune raison précise, sinon que ce n’est pas en France qu’on verrait des gens donner ce prénom à leurs mômes 

 

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Marat Safin

 

Marat Safin est un homme politique et un athlète soviétique, né à Moscou en 1980 de parents Tatars. Il a remporté deux fois le grand chelem de tennis et est, depuis 2011, membre de la Douma (pour Russie Unie).

Sa sœur Dinara Safina est, elle aussi, une championne de tennis de classe internationale.

 

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D’un qui a quelquefois oublié de se relire.

 

L’Italie en forme de femme

Curzio Malaparte – Ces chers Italiens – Années 1930

 

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[…]

Et en fait, nombreux sont ceux pour qui l’Italie est « en forme de femme ». Je me souviens, quand j’étais gamin, que pour la foire de septembre, sur le Mercatale de Prato, venaient de la Romagne, pays oriental, byzantin, qui a le goût des choses à la fois salaces et corrompues, venaient, dis-je, des conteurs ambulants qui vendaient et chantaient des histoires étonnantes de femmes et de leurs amants, non certes attendrissantes comme celle de la Pia dei Tolomei1 ou de la Ginevra degli Almieri1, que chantaient les baladins toscans, mais pleines de convoitise, de chair, de lait, de désirs défendus. Et ils vendaient des « cartes d’amour » où l’Italie apparaissait sous forme d’une très belle femme nue, un grand chapeau en tête. Le Piémont, la Lombardie, la Vénétie, tout ce qui se trouve au nord du Pô faisaient la tête ou ce qui, chez une femme, tient lieu de tête, c’est-à-dire le chapeau – et cette partie de l’Italie a vraiment l’air d’un grand chapeau garni de tous les fruits de Cérès, de fleurs, de plumes, d’oiseaux, de nœuds de rubans de soie découpés comme la crête des Alpes, des voiles transparents telles les vapeurs d’où sort le soleil levant à Val di Prado. La côte Adriatique, de Comacchio à Ravella jusqu’aux Marches et aux Abruzzes était le dos, le Latium le ventre ; Naples le pubis ; le Gargano, le derrière – et ce n’est pas de ma faute si l’Italie, comme toutes les femmes italiennes2, a le derrière bas – la Toscane, le torse, avec les deux promontoires de Piombino et de l’Argentario formant les bouts des seins qui s’offraient à nourrir les peuples de la Méditerranée et de l’Occident ; mais je ne veux pas dire ce que ombres et clairs-obscurs dessinaient sur cette Italie nue, sous les aisselles, au pli du coude, au nombril, aux aines et entre les cuisses, en sorte que l’Italie ressemblait à une Romagnole dans toute la puissance de sa chair. Et les histoires des conteurs, dans ce langage que Dante dit « bon pour les femmes », tournaient autour de cette chose comme si n’en dérivait pas seulement le prix de la femme, mais bien toute l’histoire de l’Italie. Et c’étaient des mots affectueux, ceux-là mêmes que, en force de nos régions, les gens ont pour parler de cette chose, à quoi ils donnent le nom de bonnes choses à manger : praline, crème, papillote, rayon de miel et autres gentillesses. Les premières à en rire dans la foule, c’étaient les femmes, tête renversée et regardant autour d’elles sans en avoir l’air, sous les yeux fixes des hommes tout rouges ou tout pâles.

 

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Les femmes sont convaincues qu’elles possèdent là un très doux fruit à attirer les hommes comme la fleur les abeilles, mais aussi une arme non moins perfide et traîtresse que mortelle et infaillible. Elles savent que les hommes en ont à la fois envie et peur et qu’ils vont aux rendez-vous d’amour blancs et blêmes comme un voleur va à son trésor ou la victime à son assassin. Il n’y a donc pas à s’étonner si les poètes décrivent comme l’Arioste, une réunion d’amoureux ainsi qu’une réunion de conjurés, chantent la nuit « douce, béate, bienheureuse », les étoiles qui favorisent les doux fruits d’amour de leur faible lumière, la porte qui ne grince pas sur ses gonds, le sommeil qui rend aveugles et sourds les voisins. Qui voit un Italien sortir d’un rendez-vous d’amour, le voit pâle, mal sûr de soi, titubant comme s’il se retirait blessé à mort par cette arme traîtresse. C’est ainsi qu’apparaît l’amant italien chez Stendhal et chez Byron. Et Byron lui-même aux yeux des gens de Ravenne, quand il sortait de chez la Guiccioli, enveloppé de son grand manteau noir. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il avait le pas mal assuré, boiteux comme il l’était ; tous les Italiens le sont quand ils sortent des bras d’une femme. De qui les baisers passent pour être si avides, violents, impitoyables, mortels que les Français de François Ier rendaient responsables de la déroute de Pavie les femmes italiennes qui leur avaient rompu les genoux. Renommée qui me semble, à moi, injustifiée, car si nos femmes ont une vertu, c’est bien celle d’être douces, soumises, patientes et, dans les choses de l’amour, timides et pudiques bien plus certes que les étrangères. Toute leur superbe si grande en face de l’homme, tombe en présence du mâle. C’est ce qui rend l’Italien si fier, si plein de soi et avec les femmes, dominateur, et le fait se croire non seulement l’unique, le prédestiné, mais le seul capable d’accorder une chose merveilleuse, un don incomparable et que lui seul peut donner. De la sorte, un entretien amoureux a chez nous le ton, l’air d’une « scène d’amour » où l’homme joue le rôle du héros et la femme, celui de l’implorante et soumise victime désarmée. Jusque dans sa façon de se déshabiller, l’homme joue ce rôle de héros. Tout d’abord il retire d’un geste impétueux son veston, puis, avec violence, sa chemise. Le voilà en cet arroi sur la scène le temps, pour la femme, d’admirer chez lui le torse, les muscles du bras, son port de tête, fier et sans égal. Tandis qu’elle se cache pour se dévêtir, tourne le dos, se pelotonne sur le bord du lit, se couvre la gorge de sa chemise ou de l’oreiller, baisse les yeux, se plaint doucement qu’il y a trop de lumière, retire ses bas lentement en les roulant, s’attarde un peu à la cheville, l’homme va et vient dans la pièce, chante ses propres louanges, déclame la haute valeur de son amour, autant dire, en réalité, sa beauté virile. Jusqu’à ce que, d’un mouvement brusque, il retire caleçon et chaussettes et se montre dans sa splendeur de statue. Et alors commence la grande torture, la cruelle inquisition en quoi consiste, en Italie, tout ébat amoureux.

L’homme, même le plus épris de liberté, le plus libre devient à ce moment non pas un tyran, mais un bourreau, un tortionnaire, un familier du Saint Office. Il veut savoir si la femme a aimé quelqu’un avant lui, si elle a été éprise, pourquoi, hier, en promenade, ou à l’église, ou au théâtre, elle a regardé untel, pourquoi elle a rougi quand elle est passée devant telle boutique, tel café ; à quoi elle pense, pourquoi elle ne parle pas, pourquoi elle parle, pourquoi elle est gaie, pourquoi elle est triste. Et la femme de gémir, de prier, de supplier, de nier, de se désespérer, de crier, de plier devant cette idole ridicule qui fait sur elle, ne pouvant ou ne voulant par prudence le faire sur d’autres, l’essai de sa propre force, de son autorité de mâle, de sa prédominance virile. Il daigne enfin en venir au fait, s’apaise dans l’étreinte. Et la femme oublie les soupçons injustifiés, les insultes, le questionnaire cruel, l’inquisition sans pitié et les baisers, après tant de mal, lui semblent plus doux.

O grande pitié des femmes italiennes, forcées d’applaudir cette comédie ridicule de l’homme en chaleur et donner à celui-ci toujours raison, dire oui à tout, plier devant lui comme la servante devant le patron, le fidèle devant l’idole ; lui cacher que les femmes aussi, même en Italie, ont une âme, un esprit, une volonté, qu’elles ont des droits, sont des êtres humains, des êtres libres, non des esclaves. Je dirai même que la femme, en Italie, est plus libre que l’homme, qu’elle a plus de courage, face aux puissants, sait dire non, se bat sur la place publique mieux que l’homme, se laisse plus difficilement asservir en politique ; là où l’homme calcule, tâte le terrain, ne sait quel parti prendre, ne se décide pas, la femme ne calcule pas, est plus spontanée, plus indépendante, plus hardie, sait dire leur fait en face aux puissants, beaucoup mieux que l’homme. Si l’Italie est encore un pays féodal, une nation sans ordre et corrompue, où celui qui peut peut tout, celui qui a plus est plus, cela est le fait des hommes, non des femmes. Les femmes sont en Italie un élément de progrès et de liberté.

[…]

Ces chers Italiens, Les Belles Lettres, pp. 150-154

Traduction Mathilde Pomès

____________  

  1. L’histoire de Pia dei Tolomei, que son mari fait périr, est contée par Dante dans sa Divine Comédie, Purgatoire. V. Celle de Ginevra degli Almieri, morte vivante que le sien repousse, a fait l’objet d’un poème anonyme du XVe siècle qui a gardé une grande popularité.
  2. Et lui-même, s’il faut en croire une de ses maîtresses.

 

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Où l’on reparle d’un livre de 2008… dont on ne connaît pas l’auteur parce qu’on n’a pas la télé.

 

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Natacha Polony

 

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Natacha Polony

L'Homme est l'avenir de la femme : Autopsie du féminisme contemporain

Paris, JC. Lattès - 2008

247 pages

 

 

 

 

Le livre :

Depuis la parution du Deuxième Sexe et les années de militantisme flamboyant qui suivirent, l'image de la femme oscille aujourd'hui entre la victime forcément innocente et la figure héroïque prête à renouveler la politique, l'entreprise, et l'humanité dans son ensemble. Que s'est-il donc passé ? Notre époque peine à penser conjointement l'égalité et la différence. La démocratie, qui établit l'égalité tout en favorisant les revendications identitaires, complique les rapports hommes-femmes, et ignore la possibilité de jouer la différence sur le mode du plaisir et du jeu. D'autant que les évolutions de la science d'un côté, du capitalisme de l'autre ont radicalement modifié la donne : les femmes, autrefois victimes de leur corps, maîtrisent à présent la procréation et se retrouvent parallèlement enfermées au sein d'un système de maternage commercial. À l'ancienne morale contraignante s'est substituée une vulgate psy qui ne l'est pas moins, et l'émancipation rêvée s'est abîmée en injonction d'être une mère parfaite et en liberté de consommer sans fin... Il est urgent de renouer avec la tradition française unique des rapports entre hommes et femmes pacifiés et complémentaires, humanistes en somme - c'est-à-dire fondés sur une haute idée de l'humanité et de son destin. C'est ce à quoi nous invite ce livre, état des lieux iconoclaste et lucide, plaidoyer pour un féminisme humaniste.

L’auteur :

Natacha Polony a quarante-deux ans. Agrégée de Lettres, elle enseigne la littérature et a la responsabilité des pages « éducation » de l'hebdomadaire Marianne. Elle est l'auteur de Nos enfants gâchés, petit traité sur la fracture générationnelle (Lattès, 2005) et M(me) le président, si vous osiez... : 15 mesures pour sauver l'école (Mille et Une nuits, 2007).

Extrait :

 

« (…)

Ces lignes, messieurs, vous sont donc dédiées. Elles sont un hommage à tout ce que peut être un homme. Elles sont un hommage à la virilité, cette qualité tant décriée, et qui n’est rien d’autre que la confiance qu’un homme peut avoir dans son appartenance à son sexe. Une sorte de certitude rassurante car sereine. Et si rien n’est plus difficile à définir que cette appartenance, que chacun développe à son gré, elle est le miroir dans lequel les femmes se contemplent avec volupté. La virilité est une forme de confiance, de force tranquille ; ce qui signifie que l’époque actuelle, dans sa volonté de criminaliser toute résurgence du patriarcat honni, a rompu le charme et fait des hommes des êtres en doute perpétuel.

Pas question pour autant de regretter le temps où « être un homme » semblait avoir un sens immédiat qu’il n’était même pas nécessaire d’interroger. Car la notion n’était pas moins problématique. Elle relevait, non de la confiance, mais de l’injonction. Considérons l’actuelle remise en cause comme une occasion de dissiper le vieux malentendu : vous n’êtes pas, messieurs, d’affreuses brutes épaisses qu’il faut réprimer ou contrôler. La violence n’est pas une fatalité masculine. Et en vous construisant face aux femmes, vous apprendrez peut-être que votre grandeur est d’investir votre force et votre audace dans la défense et le respect de l’autre, de la femme ; et non dans la peur et le rejet, ou bien au contraire dans l’indifférenciation.

J’ai moi-même choisi, je le confesse, de vivre avec un spécimen en voie de disparition, un de ces authentiques machos que la modernité féministe voue aux gémonies et condamne aux oubliettes de l’histoire. Un être qui ne repasse pas ses chemises, qui paie l’addition au restaurant et propose de m’accompagner dès que je fais un pas dehors, de peur qu’il ne m’arrive quelque chose. Un être qui pique des colères noires et veut toujours avoir raison, et qui fait tout à ma place parce qu’il estime que, par principe, il le fait mieux que moi. Un homme, dans toute son horreur. Un homme, sensuel et râleur, si différent de ce que je peux être et si proche de ce en quoi je crois. Un homme dans le regard duquel je lis que je suis une femme.

Je l’avoue, j’aime l’altérité. J’aime cette différence essentielle qui fait que lui et moi sommes humains sans être semblables. J’aime ces jeux de domination qui nous font nous provoquer et nous affronter, chacun cédant tour à tour devant l’autre, chacun confrontant ce qu’il est à l’inconnu de l’autre. J’aime enfin découvrir à travers notre altérité ce qui nous unit et nous rend l’un à l’autre indispensables. Rien n’est plus destructeur du désir que l’abolition des frontières, le lissage minutieux des aspérités au nom de notre incapacité millénaire à penser la dualité.

 Messieurs, ne soyez pas dupes des injonctions contradictoires des femmes. Elles vous parlent d’égalité, de partage des tâches, elles se veulent libres et indépendantes. Et c’est en effet ce dont elles ont besoin. Comme elles ont besoin de cette figure rassurante de l’homme protecteur, autoritaire, assumant ses devoirs et symbolisant la loi ; l’homme qu’on vous a sommés de ne plus être. Ne soyez pas dupes des discours ambiants qui vous intiment l’ordre de vous renier au nom du métissage du féminin et du masculin dont on veut vous faire croire qu’il constitue le stade ultime de l’humanité, comme la seule chance d’abolition des souffrances de tant de femmes. Il n’est sans doute pas de pire ennui pour une femme que de se trouver face à cet homme insipide et morne qui a si bien appris sa leçon de féminisme et demande respectueusement l’autorisation pour tenter quelque trace de séduction, cet homme un peu ridicule qui use de crèmes antirides et d’autobronzant, cet homme pathétique qui n’éprouve pas le besoin de se lever pour une femme enceinte ou d’offrir sa veste à une belle en robe légère. Car quel geste plus beau que cet enveloppement tendre et puissant de celui qui dépose sur des épaules un peu de chaleur et de protection ?

Et j’adresse ces lignes à mon fils, aujourd’hui si petit, à peine sorti du statut de l’ange, comme un message d’amour et d’espoir. Puisse-t-il à son tour être fier d’être un homme. Un homme, c’est-à-dire un être imprégné des valeurs chevaleresques qui ont fondé la civilisation occidentale. Un homme, c’est-à-dire un être jouant à être le plus fort pour mieux servir, pour mieux protéger, car telle est la vraie grandeur (que les femmes devraient également cultiver), celle qui consiste à ne jamais abuser de son pouvoir. Un homme, sûr de ce qu’il veut être et se promenant dans les modèles anciens et les grandes figures. Même s’il garde à l’esprit que tout cela n’est qu’une fiction, et qu’il ne doit pas être prisonnier des codes mais se les approprier, pour mieux parfois les renverser.

Puisse-t-il apprendre à regarder les femmes dans leur complexité, leurs contradictions et leurs incertitudes. Puisse-t-il les aimer fières et fragiles, pudiques et passionnées, telles qu’elles seraient si notre triste époque ne leur enseignait l’infantile niaiserie qui les empoisonne, et que les bons génies du marketing tentent à tout prix d’inoculer aux hommes. Et en puisant dans la mémoire aujourd’hui délaissée de l’Occident, en s’en retournant aux racines d’une civilisation qui, peut-être plus qu’aucune autre, même si c’est bien imparfaitement, a su marier féminin et masculin, il découvrira que les vertus chevaleresques portées par nos vieux récits sont ce qu’il a de plus grand et de plus respectueux à offrir aux femmes.

Petit homme futur, apprends à marcher dans la vie, te composant et te recomposant au gré de tes rencontres et de tes expériences, au gré des livres et des êtres que tu croiseras. Et quelle que soit la façon dont tu choisisses d’entendre ces mots, tu seras un homme, mon fils. Mais pour cela, tâche tout simplement et pleinement, à travers tes valeurs et ta morale, de devenir un Homme. »

[On sait au moins quel est l’idéal masculin de Mme Polony. Une espèce quand même un peu en voie de disparition par chez nous. Et chez vous ?. Cela nous change en tout cas des Femen. NdGO]

 

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Sans rapport avec notre sujet d’aujourd’hui, mais parce qu’ils viennent de sortir :

 

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Frédéric Delorca

Les régimes populistes face au mondialisme

Du coup d’État égyptien au soulèvement catalan

Éd. Du Cygne, 2017-

140 pages

 

 

 

 

Le projet de globalisation économique (mondialisation) lancé par Bill Clinton dans les années 1990 et ouvertement promu aujourd’hui par des puissances économiques proches des démocrates américains comme l’Open Society Foundations de George Soros, s’accompagne de plus en plus d’un programme de gouvernance mondiale qui vise à limiter, voire à annuler, la souveraineté des États. En réaction à cette tendance, les dernières années ont été marquées par un sursaut des défenseurs des États comme meilleurs garants de la souveraineté et des droits sociaux des peuples, mouvements qui ont revêtu une tournure souvent populiste, de droite ou de gauche, et qui ont pris le pouvoir dans des pays aussi différents que la Hongrie, l’Inde… ou les États-Unis avec Donald Trump.

À partir de matériaux principalement publiés sur Internet dans leur version anglosaxonne et donc souvent peu accessibles au public français ou rarement mis en perspective d’une façon équilibrée, cet essai se propose de décrire les dynamiques de cet affrontement planétaire, en fournissant des éléments factuels, pour autant qu’ils soient connaissables, éléments qui éclairent sous un jour différent de celui qu’offrent habituellement les grands médias, les croyances et les enjeux qui s’y profilent autour de thèmes comme la Cop21, la crise des migrants, les révolutions de couleur, le libre-échange ou la défense des minorités sexuelles.

Se trouve sur Fnac.com, et chez l’éditeur .

Source : Atlas Alternatif.overblog.com


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Michel Collon

Pourquoi Soral séduit

Investig’Action, 2017

500 pages

 

 

 

 

Que cela plaise ou non, Alain Soral est aujourd’hui l’intellectuel français le plus influent auprès des jeunes. Son livre Comprendre l’Empire, son site Egalité & Réconciliation, ses longues vidéos battent tous les records. Son alliance avec Dieudonné lui a apporté un public très large où l’extrême droite côtoie la jeunesse des quartiers populaires.

Étonnant ? Normal, pense Alain Soral qui se décrit comme « un cerveau qui vaut beaucoup beaucoup d’argent ». Michel Collon a décidé de vérifier. Que vaut cette pensée Soral ? Permet-elle de comprendre le « système » : inégalités, finance, crise, racisme, guerres ? Est-ce une solution d’avenir ou un dangereux retour vers un passé autoritaire ? Peut-on à la fois se réclamer de Che Guevara et d’Adolf Hitler ?

L’enjeu dépasse Soral. Aujourd’hui, le complotisme est partout. Favorisé par une info sous influence refusant le débat contradictoire. D’où l’importance de cette analyse globale du capitalisme par Michel Collon. Rigoureuse, pénétrante et, comme à son habitude, très claire.

« Je vous promets un débat » a-t-il annoncé. On l’attend avec intérêt.

 

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Il ne publie qu’une douzaine de livres par an et pourtant sa maison d’édition « La Fabrique » est une référence et une influence dans la guerre des idées. À travers les lignes, qui vient de sortir, regroupe quinze ans de ses textes politiques.

 

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Eric Hazan

À travers les lignes – Textes politiques

Paris, La Fabrique, 2017

161 pages

 

 

 

 

Le livre

Des textes ici rassemblés le ton et le sujet varient au gré des batailles : celles du présent, de Gaza, Tarnac, Belleville, et celles du passé, de la Commune de Paris ou d'Octobre 1917. On y croise des personnages qui deviennent familiers au fil des pages, Blanqui et Victor Serge, Kafka, Maspero ou la figure anonyme du chiffonnier. Ce qui réunit ces lignes, en dehors de la chronologie qu'imposent les événements, c'est la position politique depuis laquelle elles ont été écrites au long des quinze dernières années : depuis les tranchées d'une guerre civile où les livres aussi sont des armes - et autant de pièces à verser au dossier de la subversion.

L’auteur

Eric Hazan est éditeur et écrivain. Derniers ouvrages parus : Pour aboutir à un livre et Une traversée de Paris. Mais aussi La dynamique de la révolte, Maintenant (par le Comité invisible), En quel temps vivons-nous ? Sans oublier l’incontournable L’Invention de Paris. Il n’y a pas de pas perdus.

 

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« Comment se fait-il, nous écrit quelqu’un, que Napoléon n’ait pas mis la main dessus ? ». Eh, mais parce qu’il ne les a pas trouvés. Les Russes les avaient trop bien planqués… N’en déplaise à M. Malaparte, qui s’est moqué de Rostopchine et de Koutouzov, au motif qu’ils n’avaient pas « le génie militaire » de son idole. Le battre n’était pas suffisant ?


Fonds des diamants :

l’écrin principal de la Russie

Sputnik.fr21 novembre 2017

 

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Voir ici :

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https://fr.sputniknews.com/russie/201711201033963744-russ...

 

 

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Mis en ligne le 21 novembre 2017

 

 

 

 

 

 

19:49 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2017

MISCELLANÉES DE PRESQUE RÉOUVERTURE

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Miscellanées de presque réouverture

(Engrangé pour vous pendant notre pause forcée)

Encore avec les moyens du bord et nos excuses renouvelées à la majorité de nos abonnés dont les adresses sont restées coincées dans le matos absent.

 

 

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Revirements tectoniques en Arabie Saoudite,
sur fond de purge politique radicale

Lawrence Delforges – Comité Valmy11 novembre 2017

 

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Le roman-feuilleton géopolitique moyen-oriental ne cesse de surprendre par ses changements soudains et inattendus, si bien qu’en dépit de certains signes avant-coureurs décelés par les meilleurs analystes les gens peuvent, comme pris de court, se laisser embarquer par le discours le plus dominant, c’est-à-dire le plus relayé par la presse occidentale.

Au cours de ces derniers jours Mohammed ben Salmane, Prince héritier du trône saoudien, a procédé à une violente et radicale purge politique au sein de certaines des institutions les plus puissantes du Royaume. Au cours de celle-ci, un Prince saoudien est mort dans un accident d’hélicoptère, tandis qu’un autre était abattu parmi ses gardes du corps, alors qu’il « résistait à son arrestation ». Le Premier Ministre du Liban Saad Hariri, qui possède la double nationalité libanaise et saoudienne, a été contraint à la démission tandis que rien, extérieurement, ne semblait présager d’un tel événement.

Que se passe-t-il donc en Arabie Saoudite ? Certains avancent que Riyadh répond aux exigences de son allié secret israélien qui, en désarroi face à l’échec patent de sa stratégie de balkanisation de la Syrie (le « plan Oded Yinon »), chercherait à ouvrir un nouveau front par le Liban, en oeuvrant à déstabiliser ce pays. Cependant le Liban, tout comme la Syrie, a su résister aux tentatives de déstabilisation israéliennes par l’entremise des divers groupes « djihadistes » ou « révolutionnaires » de la région, et Riyadh sait très bien que l’Arabie Saoudite figurait aussi dans les cibles du plan Oded Yinon tandis que la monarchie a des raisons de craindre que son protecteur étasunien, inquiet des rapprochements saoudo-chinois et du tarissement inévitable de la manne pétrolière saoudienne, ne cherche à la renverser pour installer un régime encore plus fantoche à sa place.

Ainsi donc, à la roulette du pouvoir les tables tournent et avec, des changements géopolitiques d’ordre tectonique deviennent envisageables, tandis que la monarchie saoudienne lutte pour sa survie en pariant sur des projets pharaoniques dans sa « Vision 2030 », et en abjurant de se défaire de ses traditions wahhabites enfin reconnues comme d’un autre âge.

Adam Garrie, directeur de la rédaction de site TheDuran.com, devenu ces derniers temps une référence en la matière, nous en livre son analyse à Londres, le 6 novembre 2017.

 

 

 

Lawrence Desforges,
le 11 novembre 2017

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9208

Source d’origine : GLOBAL RELAY NETWORK

 

 

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Dans la foulée…

Ça baigne, en Palestine comme en Israël

Israël Adam Shamir – 15 novembre 2017

Entre la plume et l’enclume

 

Cent ans après la Déclaration Balfour, où en est-on, en Palestine ?

J’aimerais pouvoir dire que la Palestine est en flammes et qu’Israël souffre intensément, mais il faut dire la vérité. Sous Netanyahou, l’Israël et la Palestine prospèrent.

Jamais ça n’a mieux marché. Le salaire minimum du côté israélien est à plus de 1500 dollars; en deux ans, il est passé de 4000 shekels à 5300 shekels. L’inflation n’a pas suivi, en dépit des prédictions les plus lugubres. Les pauvres ne sont plus si pauvres, même si certains ne connaissent pas vraiment la prospérité. Les prix en monnaie locale sont stables. Sur la scène internationale, le shekel est haut, très haut (sans atteindre les records fulgurants de 2014), et le Trésor se bat pour l’empêcher de monter encore. C’est pourquoi les prix paraissent plutôt chers aux étrangers. Un sandwich, le modeste falafel, aussi  israélien  que palestinien, avec une boisson, vous coûteront au moins 10 dollars, et à Tel Aviv cela vous sera probablement préparé et servi par un réfugié africain. Un menu à midi coûte environ 20 dollars, un bon dîner beaucoup plus, et il faut s’y prendre bien à l’avance pour trouver une table. Voilà pour le côté israélien. Du côté palestinien, le même déjeuner vous coûtera un peu moins, environ 15 dollars. Les restaurants sont bondés, les Israéliens adorent la bouffe et ils bouffent tout le temps, s’empiffrant à tout bout de champ.

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Source : http://plumenclume.org/blog/298-ca-baigne-en-palestine-co...

 

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SOMMET DE l’APEC :

Le centre névralgique de l’impérialisme se déplace

Bibeau.robert@videotron.cahttp://www.les7duquebec.com

15 novembre 2017

 

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Le Sommet de l’APEC 2017 au Vietnam.

 

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La semaine dernière, grand rassemblement capitaliste au Vietnam ex-socialiste et ex-anti-impérialiste sous le haut patronage des ex-vietminh « libérateurs », mutés en marchands libre-échangistes. Le communiqué d’invitation était ainsi libellé : « Le Sommet annuel des dirigeants de l’APEC est le principal évènement d’économie politique dans la région Asie-Pacifique. Ce sommet réunit les dirigeants des 21 économies du pourtour du Pacifique, ainsi que des chefs d’entreprises qui vont discuter de la voie à suivre pour la croissance, les investissements et le libre‑échange »(1).

 Comme nous le répétons inlassablement, le centre névralgique de l’économie politique impérialiste se déplace vers l’Asie-Pacifique, où sont concentrés des centaines de millions d’ouvriers surexploités, menés à la cravache par d’ex-mercenaires « libérateurs » devenus investisseurs pour le « développement » des forces productives et la « croissance » des profits. Deux invités d’honneur, parmi la fine fleur des caciques nationalistes, l’aspirant Xi Jinping, chef suprême du Politburo « communiste » chinois (déjà 350 millions de prolétaires asservis), a fait face au trouble-fête Donald Trump, défenseur du titre, ex-champion aujourd’hui moribond (moins de 150 millions de prolétaires dans ses cartons).

 Tout au long de son parcours asiatique de combattant Donald Trump a mis à mal la légende isolationniste et anti-libre-échangiste inventée par les plumitifs alors que systématiquement ce marchand de canons a offert sa camelote à chacun de ses « potes » nationalistes. Chaque fois que Donald dénonce les traités de « libre-échange » c’est pour mieux les renégocier de gré à gré au bénéfice de ses alliés de Wall Street.

 Donald le commis voyageur.

 Quels furent les enjeux de ce voyage largement médiatisé ? Sans fausse honte, le Président américain, en transit au Japon et en Corée, a vanté les mérites des armes américaines de destruction massive, indiquant ainsi le vrai motif de son agressivité patentée vis-à-vis la petite Corée du Nord, qui ne s’en laisse pas imposer par le criminel yankee, seul pays ayant utilisé deux fois la bombe atomique et moult fois des munitions à l’uranium appauvri. En Chine, Donald le colporteur, n’y tenant plus, se transforma en laudateur à l’endroit de son hôte, client privilégié, acquéreur de 230 milliards de dollars de marchandises (2). En effet, la Chine prépare soigneusement son désengagement du dollar US, la première étape étant de se débarrasser des 3500 milliards de liquidités ($) stockées dans ses banques plombées.

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Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-sommet-de-lapec...

 

Note des Grosses Orchades :

Nous avons, dans un post précédent, rendu compte du grand discours de Xi Jinping au 19e Congrès du PCC, analysé par Adam Garrie. Cela ne veut pas dire que nous partageons l’enthousiasme ou, si on veut, l’optimisme de Garrie quant aux buts annoncés et poursuivis. Considérant cependant ce que notre camarade Saint-Just appelait « la force des choses », reste à savoir quelles chances ils (aur)ont de pouvoir faire autrement, quand bien même ils le voudraient. Ces choses-là, hélas, ne se font pas in vitro.


 

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L'euronouillerie dans toute sa splendeur

Observatus geopoliticus – Chroniques du Grand jeu 14 novembre 2017

 

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Si la vassalité eurocratique n'existait pas, il faudrait l'inventer... Une info délicieusement navrante quoique hilarante a paru, évidemment soigneusement cachée par la presstituée.

Les Paradise Papers nous révèlent qu'une société américaine a acheté du gaz russe, l'a liquéfié puis l'a revendu bien plus cher à l'Union européenne, en le faisant peut-être passer pour du gaz de schiste américain ! Ô tempora ô mores.

Moscou vend de toute façon son or bleu et doit bien se marrer. L'empire US se moque éperdument de ses vassaux, les obligeant à torpiller leur relation énergétique avec la Russie tandis que ses compagnies font leurs petits profits avec ce même gaz russe. Quant à l'euronouillerie, heu... Comment dit-on « dindon de la farce » à Bruxelles ?

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/11/l-euronouille...

 

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Hexagone

 

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[RussEurope en exil]

75e anniversaire de Normandie-Niémen

Jacques Sapir – Les Crises12 novembre 2017

 

Le 12 novembre 1942 arrivèrent sur la base de Rayack, en Syrie, trois C-47 (appellation militaire du DC-3) qui devaient transporter les pilotes et mécaniciens français, désignés pour constituer le GC-3 (3ème Groupe de Chasse) « Normandie » vers Bagdad, d’où ces personnels rejoindraient Téhéran puis Ivanovo, à 250 km de Moscou. Ainsi débutait ce qui allait devenir l’épopée du Groupe de Chasse le plus connu des Forces aériennes françaises libres (FAFL), le célèbre « Normandie-Niémen ».

 

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Le capitaine Alfred Littolff et le commandant Jean Tulasne en juillet 1943, sur le front russe, avec des pilotes français et russes

 

Cette date du 12 novembre est symbolique des difficultés rencontrées des deux côtés, que ce soit du côté des Français Libres ou des Soviétiques. Pour ces derniers, on est en plein dans la bataille de Stalingrad[1]. Si les troupes allemandes de Paulus, le commandant de la 6ème armée, ne progressent plus dans une ville qu’elles ont conquise à 90%, la contre-offensive, que les soviétiques appellent l’opération « Uranus », n’a pas encore débuté. Elle ne commencera que le 19 novembre 1942. La contribution française, pour symbolique qu’elle soit, est venue non pas dans les temps plus faciles de 1943 et 1944, mais au moment ou tout était en suspens, où se décidait le sort de la guerre.

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Source : https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-75eme-annive...

 

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Pourquoi nos enfants deviennent des crétins !

Charles Sannat – Insolentiae14 novembre 2017

 

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Tout d’abord, je tiens tout de suite à préciser que ce titre un peu violent n’est pas une insulte à l’égard de nos enfants, mais bien une inquiétude profonde de notre avenir à commencer par le monde qu’en tant qu’adultes nous préparons, et avons d’ailleurs déjà préparé, à nos enfants.

Le crétinisme est une maladie liée au manque d’iode et qui touchait particulièrement les zones éloignées des côtes où l’apport en poissons et produits de la mer permet de fournir nos organismes en iode. C’est dans les Alpes et dans l’Eure que la prévalence de crétinisme était la plus forte.

Puis, avec des régimes alimentaires meilleurs, nous avons su faire reculer cette maladie terrible. Pourtant, le crétinisme revient, mais il n’est pas le seul.

Baisse du QI, du comportement et autisme en hausse, la santé mentale et les capacités cognitives de nos enfants, là, maintenant, sous nos yeux effarés, sont en train de s’effondrer.

La réponse à titre collectif tarde ? Prenez les devant à titre individuel.

 

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Source : https://insolentiae.com/pourquoi-nos-enfants-deviennent-d...  

 

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Procès Merah

Clash BHL/Dupond-Moretti : « obscénités » contre « vieille pompe à merde »

RT en français 15 novembre 2017

 

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Deux figures médiatiques s’écharpent par tribunes interposées. Bernard-Henri Lévy taxe l’avocat d'Abdelkader Merah d’« obscénité » et de « vanité », quand Eric Dupond-Moretti n’hésite pas à dégainer contre le philosophe une « vieille pompe à merde ».

C’est le choc de deux robustes égos. Le philosophe Bernard-Henri Lévy n’a goûté ni la défense et les interventions de l’avocat Eric Dupont-Moretti lors du procès d'Abdelkader Merah, qui s'est achevé le 2 novembre, ni ses interventions dans les médias. Il a exprimé son émoi dans un édito paru le 13 novembre sur le site de sa revue, La règle du jeu. La réponse du ténor du barreau n’a point tardé, en un bref exercice rhétorique assez convenu mais dans lequel il ridiculise son accusateur, concluant sa lettre par une formule empruntée qui a réjoui nombre d'internautes : «Vieille pompe à merde».

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Source : https://francais.rt.com/france/45618-clash-bhl-dupont-mor...

 

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Pour ce que rire est le propre de l’homme et qu’on voudrait l’avoir écrit :

Relancer le christianisme par la pub ? Chiche !

Tous les chemins mènent à Rome

Jean-Paul Brighelli – Causeur10 novembre 2017

 

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Nous recevons toutes sortes de visiteurs improbables, chez Havas. Mais quand celui-ci a franchi le seuil de notre siège, à Puteaux…

C’était un homme tout en longueur, le visage osseux, tourmenté, d’un être en proie à bien des doutes et des démons, victorieusement vaincus. « Il y avait sur sa figure la lutte de deux principes opposés, une nature mauvaise domptée par la volonté, peut-être par le repentir » dit justement Dumas. Les yeux enfoncés, le regard sombrement lumineux, les cheveux gris en brosse, il tenait à la fois de l’ancien parachutiste et du prédicateur d’apocalypses. Savonarole ressuscité !

Nous l’avons fait patienter dans l’un des canapés Boca qui agrémentent la réception. Dans ces lèvres de polyuréthane inspirées à Dali par celles de Mae West (mais les nôtres appartiennent au remodelage de l’objet par le Studio 65 sur celles de Marilyn), il avait l’air aussi à l’aise qu’une truite saisie au bleu dans une poêle chaude. Quand je l’ai reçu enfin, il paraissait à point — comme la truite susdite. Plus écarlate que le lycra rouge baiser du canapé.

Fidèle, fidèle, dis-moi qui est la plus belle

Il s’est présenté. Il était prêtre (ce qui ne m’étonna point : même en civil, il avait l’air d’être en soutane), et était mandaté discrètement par le Vatican pour explorer la possibilité (la faisabilité, dit-on désormais en français global) d’une campagne visant à relancer le catholicisme.

« Nous perdons des fidèles chaque jour, depuis des années », a-t-il expliqué. « Une hémorragie que nous ne nous expliquons pas. »

J’ai discrètement consulté ma Bible — je veux bien entendu parler du Net. Qui m’a révélé, si je puis dire, que près de 65% des Français ne se reconnaissent dans aucune religion, et que la plupart d’entre eux s’affirment athées. « Quel magnifique marché potentiel ! », me suis-je exclamé en lui communiquant ces chiffres — qu’il connaissait, hélas… Après tout, nous avons fait boire Evian, il y a quelques années, à un bon nombre de vieux qui se sont identifiés à nos plongeurs (tous des ex-champions recrutés pour la circonstance).

 


 

Et à une quantité de jeunes femmes convaincues qu’elles y trouveraient l’eau de Jouvence et de résurrection de leurs petits capitons.

 


 

Sans parler de celles qui ont réellement cru, sans que nous l’ayons dit, que c’était l’eau-miracle des biberons — alors qu’elle a plutôt un effet laxatif, mais chut !…

Nos chrétiens ont du talent !

Mon visiteur m’a avoué que cette vieille campagne — « We Will Rock You » remixé par KCPK avec des intonations enfantines — avait décidé la hiérarchie catholique à oser cette démarche quelque peu iconoclaste sur laquelle il nous demandait, bien sûr, la plus grande discrétion.

 


 

« Nous avons eu une grande concertation, à Rome, et le Saint Père (j’appartiens à la même congrégation que lui — il n’y a que des jésuites pour oser la modernité) s’est enthousiasmé de nos propositions. « Ce serait formidable, a-t-il dit, si dans toutes les églises, les fidèles pouvaient…

 

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Lisez la suite de l’article ici sur le blog de Jean-Paul Brighelli

 

Source : https://www.causeur.fr/catholicisme-combat-publicite-egli...

 

 

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Hommage à Mouammar Kadhafi – Sam. 18 nov. – Théâtre de la Main d’Or, avec Dieudonné.

 

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Le 20 octobre dernier datait le sixième anniversaire de l’assassinat du dirigeant Libyen et Africain. Nous rendrons hommage ce samedi 18 novembre au combattant pour l’indépendance de son pays et du continent africain, tombé dans les champs de bataille orchestrés par les criminels Sarkozy et Bernard-Henri Levy, la haineuse Clinton et le fourbe Cameron avec le soutien matériel du Qatar et la complicité de la presse arabe.

Hommage au grand héros africain : Mouammar Kadhafi, guide de la Jamahiriya !

Tout ce qui est arrivé après l’assassinat du Guide, le renversement de la Jamahiriya, la situation chaotique dans laquelle se trouvent la Libye et le Sahel, le flot de migrants généré par cette situation confirment les constats qui suivent.

Kadhafi avait un projet de civilisation que les ennemis de l’humanité ont fait échouer.

Kadhafi avait un projet humanitaire qui a été confisqué afin de faire tomber la Libye et les régions voisines dans un conflit permanent.

Kadhafi avait un projet de liberté qui a été liquidé en faveur de la domination des forces de l’injustice, de l’oppression et de l’asservissement religieux, social et économique.

Kadhafi avait un projet de justice sociale et économique ciblant le capitalisme mondial qui met la main sur tous les moyens d’existence de tous les peuples.

 

Où est le corps du leader Kadhafi ? Pourquoi a-t-il été caché ?

Pourquoi n’a-t-il pas été rendu à sa famille ou à sa tribu, comme le veut la tradition ?

Pourquoi les Instances internationales n’ont elles jamais enquêté sur le meurtre de Mouammar Kadhafi ?

Nous avons créé une commission d’enquête en mars 2011 afin de faire connaître la vérité sur les mensonges et les accusations de la presse nationale et internationale.

Nous allons créer un Comité de Soutien à Saïf Al Islam Kadhafi dans son combat pour rassembler les Libyens épris de Justice, de Liberté et de Solidarité.

Hommage à Mouammar Kadhafi – Sam. 18 nov. – 15 h. à 18 h.
Théâtre de la Main d’Or, avec Dieudonné.
Signataires :

La Voix de la Libye.com

Dieudonné et le Théâtre de la Main d’Or.

Le CRI, Comité Révolutionnaire International.

Comité de Soutien à Saïf Al Islam Kadhafi.

L’Association   Entre la Plume et l’Enclume.

 

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Libye : CNN filme une enchère aux migrants vendus comme esclaves pour 400 dollars (VIDEO CHOC)

RT en français15 novembre 2017

 

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Un migrant dans un centre de rétention à Gharyan, ville côtière en Libye, en octobre 2017

 

Une équipe de journalistes de CNN a pu filmer une scène témoignant de la réalité de l’esclavage en Libye. La vidéo atteste de l'enfer humain qu'est devenu le pays depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011.

En août 2017, CNN recevait une vidéo tournée clandestinement, attestant de la tenue de marchés aux esclaves en Libye. En octobre dernier, une équipe de la chaîne s'est rendue sur place et a pu filmer une mise aux enchères similaire, dans un lieu qui n'a pas été précisé. « Un homme grand et fort pour les travaux fermiers », vante la voix d'une personne hors-champ, vraisemblablement un vendeur. Le  jeune homme noir en question sera finalement vendu pour sa force de travail pour 1 200 dinars libyens, soit environ 740 euros. D'autres sont vendus pour l'équivalent de 400 euros.

 

 

 

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Source ; https://francais.rt.com/international/45629-libye-cnn-fil...

 

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Mis en ligne le 16 novembre 2017

 

 

 

16:52 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2017

LA BÉNÉDICTION SYRIENNE & LA RÉVOLUTION D'OCTOBRE

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Michel Raimbaud :

La bénédiction syrienne

Institut Tunisien des Relations Internationales 7 novembre 2017

 

Grand ami de la Syrie et de son peuple, du droit et de la justice, Michel Raimbaud était aux côtés de la Syrie depuis le début de cette guerre. Ce faisant il a sauvé l’honneur de la diplomatie française. Merci Excellence.

 

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Durant ces interminables années de brouillard et d’enfer qu’a traversées la Syrie, qu’aurait été la vie sans l’espoir ? Pensons ici d’abord au peuple syrien martyrisé et exposé à un ethnocide, à son armée nationale qui aura payé un si lourd tribut à l’agression barbare lancée par le groupe de ses « amis », et aux responsables qui face à la « communauté internationale » ont dû porter à bout de bras l’État visé par un politicide…

La bénédiction syrienne Durant ces interminables années de brouillard et d’enfer qu’a traversées la Syrie, qu’aurait été la vie sans l’espoir ? Pensons ici d’abord au peuple syrien martyrisé et exposé à un ethnocide, à son armée nationale qui aura payé un si lourd tribut à l’agression barbare lancée par le groupe de ses « amis », et aux responsables qui face à la « communauté internationale » ont dû porter à bout de bras l’État visé par un politicide…

On pensera aussi aux amis, défenseurs et partisans de la Syrie légale, tous ceux qui aimaient cette société plurielle, tolérante, aimable et hautement civilisée, et craignaient qu’elle ne disparaisse à jamais.

Certes, la flamme ne s’est jamais éteinte, mais il était permis aux plus optimistes de s’interroger parfois ou de douter de l’avenir face aux assauts d’une coalition islamo-israélooccidentale abreuvée de centaines de milliards de pétrodollars et puisant ses combattants dans un vivier inépuisable de mercenaires venus de cent horizons. La Syrie tiendrait-elle, face à la meute féroce des puissances impériales – grandes, petites ou moyennes – de « l’Axe du Bien », contre la horde sauvage des djihadistes démocrates, des terroristes modérés, des révolutionnaires en peau de lapin ? Résisterait-elle aux cohortes de déserteurs, de transfuges qui se donnaient rendez-vous au sein d’une « armée libre » téléguidée par ses pires ennemis, aux ordres et à la botte des islamistes et de leurs parrains, faisant la roue pour séduire le ci-devant « ennemi sioniste »?

Comme tous les pays plongés dans des situations troubles, la Syrie a connu la fatalité des infidélités, des lâchetés, des compromissions, des corruptions petites ou grandes, mais son peuple, au sens noble du terme, a résisté vigoureusement, ses institutions sont restées debout et ses gouvernants ont tenu bon. Grâce à sa résilience étonnante, l’État syrien s’est fait des alliés solides qu’il a su fidéliser : la Russie et la Chine d’une part, l’Iran, le Hezbollah et ses alliés d’autre part. Une réalité qui allait interdire la répétition au « Pays de Cham » d’un scénario irakien, libyen ou yéménite.

Néanmoins, les « grandes démocraties » ne pouvaient que rester aveugles et sourdes à ces réalités dérangeantes et déplaisantes, la Syrie étant depuis la fin de la guerre froide un pays à détruire et à abattre. Les élites désormais acquises au néoconservatisme n’ont rien trouvé de mieux que de soumettre les « opinions » à un tapage médiatique sans précédent allant de pair avec une omerta sans faille et un lavage de cervelle ahurissant. En brèves de comptoir de « sciences-po » ou de « France désinfo », la doxa occidentale sur le conflit de Syrie s’est trouvée résumée dans une ou deux sentences lapidaires, symboles assez désolants de la subtilité réduite de nos dirigeants, de nos analystes et de nos penseurs, expressions de l’arrogance indécrottable des Occidentaux. « Bachar doit partir », « Pas de place pour Bachar dans l’avenir de la Syrie »…

C’est alors qu’intervient la « malédiction syrienne » qui aura sanctionné les décideurs, les faiseurs d’opinion, tous ceux qui avaient perdu une occasion de se taire. La liste est longue de ces imprécateurs qui expédiaient avec morgue Bachar Al Assad à La Haye, à Moscou, à six pieds sous terre, ou ailleurs, et qui concoctaient des plans sur la comète Syrie, en écrivant un avenir qu’ils ne verraient jamais. Combien ont répété la rengaine comme des perroquets des années durant avant d’être expédiés par les électeurs, par la providence ou par la justice immanente vers les poubelles ou les oubliettes de l’Histoire. Exit donc les innombrables bouffons et imposteurs « amis de la Syrie ».

Pour sa part, Bachar Al Assad est toujours là, incontournable, populaire chez lui comme bien d’autres en rêveraient…La Syrie, qui s’achemine vers une victoire décrétée « impensable » face à tant d’ennemis si puissants, est debout, alors que la discorde, fruit de la défaite, s’est installée dans le camp des agresseurs et que le chaos y règne en maître…

Pas besoin à la rigueur de croire au ciel pour admettre qu’il y a une « malédiction syrienne » qui a frappé et frappe les ennemis de cette « terre sainte » que « Dieu protège » (Allah hami-ha), mais il faut bien en tout cas parler d’une bénédiction syrienne. Ce qui est en train d’arriver est logique et juste, mais l’issue désormais attendue de cette guerre universelle constitue une sorte de miracle, même et notamment pour ceux qui ont eu foi en l’avenir.

Cette victoire, la Syrie l’aura amplement méritée ! Malgré tout ce que diront les esprits chagrins, quel peuple admirable, quelle armée d’exception ! Et on cèdera à la tentation de dire : s’il y a bien un homme d’État qui mérite d’être sur terre, c’est ce Président qui aura su incarner l’espoir, rester fidèle à ses alliances et conduire son pays vers la victoire.

La Syrie a, selon tous les augures, gagné la guerre. Il lui reste à gagner la paix. Mais le vaillant pays qui a combattu pour nous a certainement toutes les capacités requises pour relever avec succès ce nouveau défi afin que cette guerre n’ait pas été « une guerre pour rien ». Ce qu’à Dieu ne plaise ! Ce sera une rétribution qui, bien mieux que la vengeance, paiera le sacrifice des innombrables victimes, les morts comme les vivants.

Michel Raimbaud

Ancien ambassadeur

Source : https://tunisitri.wordpress.com/2017/11/07/michel-raimbau...

 

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Annie Lacroix-Riz :

La Révolution d’Octobre, normale ou monstrueuse ?

 

1917 2017 c’est le centenaire de la révolution d’Octobre : Annie Lacroix Riz revient sur les causes, le contexte, le déroulé de la révolution soviétique, dans un article publié par la revue belge Le Drapeau Rouge, et en France par Initiative Communiste.

Annie Lacroix-Riz (née en 1947) est une historienne française, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII – Denis Diderot, notamment connue pour son engagement communiste de sensibilité marxiste-léniniste.

 

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La révolution d’Octobre est aussi logique que la Révolution française, qu’on ne peut expliquer qu’en décrivant, à l’exemple des grands historiens Albert Mathiez, Georges Lefebvre et Albert Soboul, la crise, de long et de court termes, de l’Ancien Régime féodal qui précéda et provoqua ce séisme.

 

Une longue situation prérévolutionnaire

Un pays arriéré, jeté dans le capitalisme entre l’oukase de 1861 abolissant le servage et la mise en coupe réglée de cette Caverne d’Ali Baba, depuis les années 1890, par les puissances impérialistes développées. La masse des paysans, plus de 80% de la population, fut soit privée de terre, soit enfoncée, plus gravement au fil des générations, dans la dette du rachat obligatoire des terres devenues « libres », à la superficie réduite à quasi rien (les paysans français avaient, eux, arraché en juillet 1793, au terme d’une lutte ininterrompue de quatre ans, l’abolition des droits seigneuriaux sans indemnité). La classe ouvrière issue de ce monde paysan misérable fut surexploitée par la grande bourgeoisie nationale et plus encore par les tuteurs de cette dernière, les grands groupes bancaires et industriels étrangers (français, britanniques, allemands, suisses, américains), qui, depuis l’ère du ministre de Witte, contrôlaient toute l’économie moderne.

Concentrée plus qu’en tout autre pays dans les grandes villes, avec sa capitale politique, Saint-Pétersbourg–Petrograd, en tête, avec l’énorme usine d’armement Poutilov, elle était combative : 40% des 3 millions d’ouvriers d’avant 1914 travaillaient dans des usines de plus de 1 000 ouvriers, et « la courbe des grèves » enfla sans répit du second semestre 1914 à février 1917, passant de 30 000 à 700 000 grévistes.

 

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Les manifestations de femmes ouvrières qui se déroulent à Petrograd en 1917 amorcent la révolution russe

 

La guerre russo-japonaise de 1904, insigne manifestation des appétits des grands impérialismes rivaux pour le pactole russe, s’était achevée, vu l’ineptie militaire du régime tsariste, sur un fiasco aussi cuisant que celui qui avait mis fin à la guerre de Crimée. Avec pour conséquence la révolution de 1905, dans laquelle Lénine, chef de la fraction « bolchevique » (majoritaire au congrès de Londres de 1903) du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), vit, après coup, « le plus grand mouvement du prolétariat après la Commune » et « la répétition générale » de celle de 1917. L’échec du mouvement fondateur des « conseils » (soviets), nouveau mode d’expression et de pouvoir populaires, fut suivi d’une terrible et durable répression : plus que jamais, l’empire fut une prison des peuples, chérie absolue du grand capital français prêteur de crédits garantis par l’État français et « tondeuse de coupons » 1. Cet échec retarderait de cinquante ans l’échéance d’une nouvelle révolution, à moins, pensait Lénine, d’une crise ou d’une guerre. La suite raccourcit les délais en conjuguant les deux.

Le système tsariste s’avéra aussi inepte qu’habituellement dans la conduite de la guerre générale. Sa chair à canon ne disposa même pas du minimum de munitions, la Russie fabriquant de 1914 à 1917 neuf fois moins de cartouches et fusils que nécessaire. Baisse de la production agricole de près du quart, gabegie des réquisitions, récoltes pourrissant sur les lieux de production, insurmontables problèmes de transport, catastrophe du ravitaillement : début 1917, même sur le front, la ration de pain ne dépassait pas la journée et les soldats-paysans (95% de l’armée) rentraient à pied chez eux. C’était pire en ville, à Moscou et Petrograd notamment. La faim fut « la cause immédiate de la révolution » de février 2. Celle-ci aboutit à l’abdication de Nicolas II, qui « avait fait l’unanimité contre lui ».

Une révolution logique

Les bolcheviques, exilés, comme Lénine (en Finlande), ou clandestins en Russie, étaient certes alors ultra-minoritaires. Mais ils cessèrent vite de l’être car le peuple russe, avide de réformes profondes, dut constater que son sort ne changeait pas. Il fut au fil des mois amèrement déçu par ceux auxquels il avait accordé sa confiance, tels les socialistes-révolutionnaires qui avaient depuis longtemps promis la terre à ceux qui la travaillaient. Même les paysans finirent par admettre, au tournant d’octobre 1917, qu’aucun autre parti que celui de Lénine, seul à démontrer depuis février sa capacité à tenir ses engagements, ne leur donnerait la terre et ne les libérerait de droit de la boucherie à laquelle ils avaient d’ailleurs commencé à se soustraire de fait depuis 1916.

Les historiens français des années 1970 montraient comment l’évolution de la conjoncture et des rapports sociaux avait en un temps record, entre août et octobre 1917 surtout, érigé les minoritaires de février en délégués exclusifs des « aspirations populaires ». L’universitaire René Girault a décrit ce processus dominé par deux questions, la terre et la paix. « À partir du putsch manqué du général Kornilov (fin août), l’évolution accélérée des soviets vers les bolcheviks, marquée par le passage de bon nombre de soviets urbains, de soldats et même de paysans à des majorités bolcheviques, montre que la constante opposition des bolcheviks à l’égard du gouvernement provisoire (et envers son “incarnation” Kerensky) remporte l’adhésion populaire ».

Le parti bolchevique réalisa dès la prise du pouvoir les réformes promises en « faisa[n]t basculer de son côté la grande masse de la paysannerie », sachant que « la confiance [que lui accordaient] les masses urbaines était beaucoup plus forte » que celle des paysans. L’analyse de l’historien socialiste rejoignait, soixante ans plus tard 3, celle du grand journaliste communiste américain John Reed, auteur des « Dix jours qui ébranlèrent le monde », chef-d’œuvre d’« histoire immédiate » de la révolution d’Octobre et de ses enjeux de classe qu’il faut lire et relire 4.

La coalition impérialiste contre les Soviets

Ce sont ces transformations effectuées avec autant de pragmatisme que de fidélité aux principes, selon Girault, qui assurèrent aux bolcheviques seuls (solitude qu’ils n’avaient pas voulue) la victoire finale dans une « guerre civile » qui, comme pour la Révolution française et toutes les « guerres civiles » depuis lors, fut d’origine et de financement surtout étrangers (comme l’atteste l’actuel cas vénézuélien). Ce n’est pas parce que les bolcheviques étaient des dictateurs sanguinaires haïs de leur peuple que, depuis 1918, « les forces armées de quatorze États envahirent la Russie soviétique sans déclaration de guerre », avec en tête « la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, les États-Unis », tuèrent plus de Russes que la guerre même, 7 millions d’« hommes, femmes et enfants », et causèrent des « pertes matérielles estimées par le gouvernement soviétique à 60 milliards de dollars », montant très supérieur aux « dettes tsaristes aux Alliés » et qui ne donna lieu à « aucune réparation » des envahisseurs, selon « le bilan » de Michael Sayers et Albert Kahn 5. Comme les aristocrates d’Europe coalisés en 1792 pour rétablir en France l’Ancien Régime et assurer chez eux la survie des privilèges féodaux, les groupes étrangers qui avaient fait main basse sur l’empire russe et les États à leur service plongèrent à nouveau la Russie dans trois ans de chaos pour conserver leurs trésors et s’en tailler de nouveaux, telle la Royal Dutch Shell, qui comptait à l’occasion rafler la totalité du pétrole caucasien. Comme en France, la Terreur révolutionnaire ne fut que la réplique obligée aux assauts extérieurs.

L’étape actuelle de la démonisation de la Russie soviétique (ou non)

En comparant les révolutions française et russe, le grand historien américain Arno Mayer, professeur à Princeton, a confirmé ces analyses de Sayers et Kahn, futures victimes du maccarthysme 6. Si la France, a-t-il conclu, avait été une « forteresse assiégée » avant que la nouvelle classe dominante pût « s’arranger » avec les privilégiés contre-révolutionnaires de France et d’ailleurs, la Russie soviétique demeura un paria assailli de sa naissance à sa mort, et pour des motifs indépendants du caractère et des façons de Lénine ou de Staline 7. Exception, heureusement traduite, dans le paysage historiographique.

 

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Car les historiens « reconnus » présentent aujourd’hui la révolution d’Octobre comme le coup d’État d’un groupuscule anti-démocratique et assoiffé de sang, ou, au mieux, comme une entreprise initiale sympathique, confisquée par une « minorité politique agissant dans le vide institutionnel ambiant » et débouchant, ô horreur, sur « des décennies de dictature » et sur « l’échec soviétique [marquant] l’échec et la défaite de toutes les formes historiques d’émancipation du XXe siècle liées au mouvement ouvrier » : ces jugements respectifs de Nicolas Werth et Frédérick Genevée, dans « Que reste-t-il de la révolution d’Octobre? », hors-série de L’Humanité publié à l’été 2017, confirment les regrets officiels du PCF sur son passé « stalinien » dès la publication du « Livre noir du communisme » de 1997 du tandem Stéphane Courtois (successeur de feu François Furet)–Nicolas Werth.

Écho significatif du tournant antisoviétique et pro-américain des manuels français d’histoire du secondaire négocié dès 1983, qui frappa l’URSS 8 puis la Révolution française : c’était la double obsession de Furet, historien sans archives dont « ceux d’en haut », en France, aux États-Unis et dans l’Union européenne, Allemagne au premier chef, usèrent tant des services 9. Après la chute de l’URSS et ses suites, l’extension considérable de la sphère d’influence américaine en Europe, la criminalisation de l’URSS s’imposa d’autant plus aisément que presque tous les anciens partis communistes avaient cessé d’y résister.

L’historiographie dominante est alignée sur la propagande anti-bolchevique et russophobe déversée depuis la fin de 1917. Mais on peut encore confronter la litanie des grands médias et de leurs historiens fétiches aux nombreux travaux scientifiques qui ont décrit correctement la révolution d’Octobre. Les lire sur l’événement majeur du XXe siècle permet d’aspirer une grande bouffée d’air frais. N’hésitez pas…

 

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Note du Saker Francophone : Cet article permet d'introduire l'interview à suivre de Mme Lacroix-Riz. Il est publié sur notre site dans la suite des textes parus en septembre, 100 ans après le coup d’État bolchevique, présentant la vision de différents auteurs sur cette révolution, Emmanuel Leroy, Valérie Bugault, Youssef Hindi et Lucien Cerise. Enfin, Mme Lacroix-Riz a accepté aimablement de répondre à quelques questions.

 

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Annie Lacroix-Riz : Révolution d’octobre et Révolution française : mythes et réalité historique.

 


 

Interview d’Annie Lacroix-Riz

par Le Saker Francophone  - 30 octobre 2017

 

Le Saker francophone : – Est-ce que cet anniversaire de la révolution russe n’est pas finalement une excellente occasion de remettre l’Histoire sur le devant de la scène ? On a l’impression que l’Histoire cachée sous le tapis du confort matérialiste ressurgit de tous les côtés comme celle de la création de l’UE à l’occasion des dernières élections présidentielles ?

Annie Lacroix-Riz : – L’Histoire n’a en France pas si souvent été « cachée », elle est plutôt sur le devant de la scène, et tout ou presque est l’occasion d’en faire ou de faire semblant d’en faire : bicentenaire de la Révolution française, « mémoire » de la colonisation, centenaire de la Première Guerre mondiale, anniversaires de 1944, de 1945. On peut noter cependant la discrétion de violette sur l’anniversaire, en 2008, de la conférence de Munich de septembre 1938, silence d’autant plus singulier que toute campagne de propagande contre un « ennemi » présenté comme égal à Hitler ou pire, depuis plus de 60 ans (Nasser en 1956, Milosevic dans les années 1990, les Russes à toute occasion, la Syrie depuis 2011, etc.) offre l’occasion de tonner contre « l’esprit de Munich » supposé animer un Occident naïf et «faible » face aux menaces des « États voyous » (les Rogue States chers à la présidence des États-Unis).

Mais cette histoire est maniée par la grande presse et ses « experts » historiques à une sauce qui en masque le plus souvent l’essentiel ou qui transforme en son contraire la réalité historique pourtant établie par le travail sur les sources originales. La nouveauté des dernières décennies, en France, est que l’Histoire, qui a été et demeure un enjeu politique décisif, et qui si elle est diffusée au grand public davantage qu’autrefois, ne l’est plus guère que sous une forme qui correspond aux intérêts des puissants. Elle est présentée avec la collaboration permanente d’historiens bien-pensants, régulièrement invités, seuls admis aux « débats » dont tous les protagonistes sont toujours d’accord (les absents étant régulièrement qualifiés de « complotistes »), aux présentations de documentaires et d’émissions télévisées ou radiophoniques : les historiens officiels ou officieux jouent aujourd’hui le rôle dans la propagande des classes dirigeantes que jouaient avant-guerre les universitaires des facultés de droit et de sciences économiques, qui se mettaient souvent au service direct du grand capital. Lequel, en juillet 1936, dans une phase de propagande patronale intense à destination du public, plaça même l’un d’entre eux, le cagoulard Claude-Joseph Gignoux, à la tête (apparente) de la Confédération générale du patronat français.

Les effets de cette mise en avant sont d’autant plus graves que notre enseignement historique a été simultanément cassé, par une politique d’ailleurs conduite à l’échelle de l’Union européenne, très bien analysée par mes collègues, professeurs de l’enseignement secondaire, Gisèle Jamet et Joëlle Fontaine, dans leur ouvrage « Enseignement de l’histoire. Enjeux, controverses autour de la question du fascisme », 10. Une historienne américaine qui a depuis abandonné ce métier, Diana Pinto, avait relevé il y a plus de 30 ans la brutalité de l’offensive antisoviétique et pro-américaine dans l’historiographie française : elle avait été surprise par le « zèle de surenchère » d’une « conversion intellectuelle à l’anti-soviétisme » et au « pro-américanisme » en cours dans les manuels de fin d’enseignement secondaire, qui depuis l’après-guerre s’étaient en général montrés bienveillants pour les Soviets vainqueurs militaires du IIIe Reich et tièdes envers l’impérialisme américain 11. Certes, Diana Pinto était heureusement surprise de cette soudaine détestation de l’URSS par les historiens français (et fâchée contre les géographes qui restaient trop russophiles). Mais à mon avis, un tel article est impubliable aujourd’hui : sa franchise ferait scandale dans le Landerneau du conformisme, dont l’APHG (l’association des professeurs d’histoire géographie) est devenue une sorte de porte-parole.

La croisade n’est donc pas nouvelle mais elle a été rendue plus efficace par le succès de cette classe « européenne » de l’enseignement historique et par l’utilisation directe de l’histoire et des historiens académiques, à l’échelle européenne voire internationale : pensons aux énormes moyens dont a été dotée la campagne politique de lancement et de diffusion du « Livre noir du communisme », événement suivi depuis lors par d’autres lancements tapageurs centrés sur le caractère monstrueux de Staline et du socialisme soviétique, et accréditant le thème de l’identité nazisme–communisme. Et surtout, cette offensive ne rencontre quasiment plus de résistance. Le mouvement progressiste, et singulièrement le parti communiste, avait depuis sa naissance, et plus encore après la Deuxième Guerre mondiale, permis l’accès à un public limité mais non négligeable d’un courant historique scientifique marxiste, par différents canaux, sa propagande courante via sa presse, la formation de ses militants, la production de ses éditions, notamment les Éditions sociales.

Ce courant a disparu, non seulement parce que les éditions du PCF ont subi les conséquences de son considérable affaiblissement politique et de sa ruine consécutive, mais aussi parce que ce parti a accepté de se situer seul du point de vue de l’historiographie dominante (ou de la propagande historique dominante) : il s’est battu la coulpe à l’époque de la publication du « Livre noir du communisme » (1997) et n’a jamais cessé depuis. Il n’est que de lire l’ahurissant « hors-série » de L’Humanité de l’été 2017 sur le centenaire de la Révolution d’Octobre (évoqué dans l’article que vous avez reproduit), au titre très en vogue mais absolument a-historique (« Que reste-t-il de la révolution d’Octobre ? », mots soulignés par moi). Il n’a été fait appel qu’aux historiens partageant cette hostilité envers l’URSS et le passé communiste, qu’ils soient membres ou sympathisants du PCF ou anticommunistes et antisoviétiques notoires.

Il est piquant de noter que les historiens de la première catégorie sont parfois, tel le responsable des archives du PCF, Frédérick Genevée, beaucoup plus négatifs que ceux de la seconde catégorie, telle la collègue qui m’a succédé à Paris 7, Sophie Cœuré, auteur d’un texte plus modéré que sa production habituelle. L’article « Ces Français de Russie qui firent le choix de la révolution » est plutôt factuel, différent du ton des travaux habituels de l’intéressée, qui portent, non pas sur la réalité de l’URSS mais sur la littérature d’entre-deux-guerres des Français durablement séduits par le bolchevisme ou (surtout) transfuges du bolchevisme devenus croisés antisoviétiques. Car les travaux de Sophie Cœuré et leur affichage médiatique (systématique, notamment sur Mediapart) révèlent une vraie détestation du bolchevisme, des bolcheviques et de l’URSS.

Son principal ouvrage, « La grande lueur à l’Est », Paris, Seuil, 1999 (dont elle a confirmé l’orientation en présentant avec Rachel Mazuy, « Cousu de fil rouge. Voyage des intellectuels français en Union soviétique. 150 documents inédits des Archives russes » 12, manifeste une immense admiration pour les « témoins lucides, Victor Serge, Boris Souvarine, Pierre Pascal » : ceux qui ont rompu avec l’URSS (et dont elle ne décrit pas les modalités de l’exploitation systématique par le grand patronat français dès leur rupture) ; il professe en revanche un grand mépris pour les intellectuels restés pro-soviétiques, érigés en benêts. Sa bibliographie est idéologique, politique extérieure comprise 13. Mme Cœuré va jusqu’à reprocher à l’État français d’avoir entretenu des relations diplomatiques avec un État criminel qu’il aurait laissé libre d’organiser sa propagande en France sans mettre en place contre lui la « contre-information » indispensable (remarque hautement comique dans un pays où l’anti-soviétisme a tout submergé depuis 1918 au plus tard).

Je laisse vos lecteurs réfléchir sur le sérieux de cet extrait de sa conclusion qui atteste au moins autant d’ignorance sur les réalités françaises que soviétiques (je vous renvoie à mon ouvrage « Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930″ 14 : « Les gouvernements de la IIIe République acceptent l’instauration de rapports inégaux dans les domaines de la presse ou de la présence diplomatique. Aucune contre-information systématique n’est organisée. Car, jusqu’au Front populaire peut-être, la France ne semble pas menacée directement. La primauté de l’enjeu intérieur explique largement l’indifférence aux souffrances des peuples soviétiques. Concevoir et comprendre cette violence massive, inédite, sans justification militaire aucune, aurait demandé aux hommes et aux femmes de l’époque, imprégnés des logiques de la guerre mondiale, un effort qu’ils n’étaient pas prêts à faire, ou qu’ils n’étaient pas en mesure de réaliser. » (op. cit., p. 294).

Mme Cœuré est régulièrement appelée à montrer avec quelle précocité les méchants bolcheviques martyrisèrent un peuple si avide de démocratie : dans le « débat » de Médiapart du 4 octobre 2017 15, le malheureux Christian Salmon doit rappeler, vers 55 minutes (sur une heure) – alors que l’animateur (François Bonnet) a tonné contre le délire massacreur de Lénine en 1918 et que Sophie Cœuré a dit son désespoir que les bolcheviques eussent si vite étouffé les « ébullitions démocratiques » nées de la si prometteuse révolution de février –, que la Russie soviétique est alors envahie par 18 pays étrangers (en fait, c’est 14, dont notamment la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, les États-Unis), ce qui perturbe le fonctionnement « normal » de la démocratie. L’Humanité a évincé tout historien non antisoviétique (pour un motif ou un autre), et sollicite des intellectuels au rôle essentiel dans la croisade antisoviétique, mais dont l’autocensure pour l’occasion interdit aux lecteurs de L’Humanité de soupçonner la véritable problématique sur les Soviets.

Certes subsiste un courant historiographique critique, qu’on trouve disséminé parmi de vaillants petits éditeurs, parmi lesquels Le Temps des cerises, Delga, et tel grand éditeur accepte de publier, çà et là, un ouvrage qui détonne (j’ai eu la chance de bénéficier de telles exceptions depuis les années 1990). Mais c’est un minuscule ruisseau en regard des machines de guerre déployées tous les jours par la grande presse écrite, par la radio et la télévision, en compagnie des « historiens du consensus » (expression d’un excellent spécialiste américain du fascisme français, Robert Soucy). Ce qui vaut pour les Soviets vaut aussi pour l’histoire de Vichy, de la Résistance, de l’épuration, qui ont fait l’objet depuis une vingtaine d’années d’une droitisation radicale : certains grands éditeurs, tels Perrin et Tallandier, s’en sont fait une véritable spécialité 16. Ce courant « révisionniste » droitier, très respectueux envers nos élites, qui brocarde le « résistancialisme » (sic) ne cesse de grandir : pourvu d’un écho éditorial et journalistique considérable, il seconde efficacement des carrières universitaires difficiles dans la terrible conjoncture actuelle des sciences sociales.

– Vous postulez que l’on ne peut comprendre l’histoire qu’à travers la lutte des classes. Peut-on avoir aussi une autre grille de lecture, par exemple avec l’énergie ? N’est-ce pas la quantité, la densité et la fluidité de l’énergie qui façonne le monde ? La lutte des classes venue avec l’industrialisation n’est-elle pas qu’une construction sociale éphémère qui disparaitra avec le début de la fin des ressources fossiles ?

– La lutte des classes n’exclut en aucun cas d’autres aspects constitutifs de l’histoire, tel le développement des forces productives, auquel elle est étroitement liée et qu’elle infléchit. C’est aussi sous l’effet des luttes de classes que les forces productives et les modes de production ont évolué, et ce bien avant l’apparition du capitalisme. Pourquoi croyez-vous qu’un beau jour l’esclavage, qui avait donné lieu à de terribles révoltes, dont nous ne connaissons qu’une petite partie (Spartacus n’est évidemment pas un exemple unique des troubles provoqués par l’esclavage antique), est devenu impossible ? Pourquoi le système russe, qui s’était si longtemps accommodé du servage, a-t-il dû y renoncer et s’aligner en 1861 sur le modèle capitaliste de calcul des prix de revient ?

Il faut en finir avec les décennies d’ignorance qui nous ont fait oublier le sens exact du terme de classe, concept qui se définit par des sources de revenu objectivement antagoniques : le salaire et le profit varient objectivement en sens inverse, réalité qui oppose objectivement le prolétaire et le capitaliste, comme cela avait été le cas dans le mode de production féodal entre la rente seigneuriale et le revenu du paysan. Il faut relire Marx et Engels, notamment « L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État » (1884) : les luttes de classes ont commencé avec l’apparition des classes, c’est-à-dire quand une minorité s’est appropriée un produit qui avait été commun à l’ère du « communisme primitif » ; la différenciation entre classes est établie dans les civilisations les plus anciennes connues par l’écriture et les fouilles archéologiques, Mésopotamie, Égypte, etc.

Les luttes des classes ne sont pas « éphémères » et elles ne datent pas de l’apparition du capitalisme ou de son triomphe comme mode de production dominant. Qu’on produise au bois, au charbon ou à l’énergie nucléaire, la question de la propriété de ces moyens de production demeure fondamentale. À quel titre pourrait-on considérer la propriété de l’énergie aujourd’hui comme une question secondaire ? Celle de l’accès à la santé publique et aux médicaments serait-elle indépendante du statut des groupes pharmaceutiques ?

– À 47’40, vous parlez très justement de guerre civile extérieure. Un peu plus tôt, vous critiquez la position des Chouans d’avoir été le parti de l’étranger, comme les nobles d’ailleurs, avec le complot des prisons. Ne peut-on pas aussi dire que d’une certaine manière, les révolutionnaires eux-mêmes représentant la bourgeoisie l’ont été directement et indirectement par des courants maçonniques anglo-saxons notamment ? Ou par l’idée de l’enrichissement par le commerce international ? Les Syriens ont par ailleurs aussi fait appel à l’étranger avec bonheur à cette heure. Finalement n’est-ce pas la qualité de l’étranger qui pose question plutôt que le principe même ?

– Le dirigeant radical Camille Chautemps, président du Conseil et pronazi notoire, définit devant les Anglais, fin novembre 1937, avec un cynisme parfait, l’excellente « guerre civile extérieure » déclenchée en Espagne contre le régime républicain par l’Axe, tuteur de Franco, qui allait triompher grâce à l’aide multiforme, pas seulement passive, des « démocraties » (France, Angleterre, mais aussi États-Unis). La France était d’ailleurs prête à recommencer, en compagnie de Londres, la même opération à propos de la Tchécoslovaquie alliée. On trouvera des précisions dans « Le Choix de la défaite », qui traite surtout du cas de la France, aux chap. 7 et 8, et dans l’ouvrage, malheureusement non traduit, de Douglas Little, « Malevolent Neutrality : The United States, Great Britain and the origins of the Spanish Civil War » 17, qui est très précis sur les responsabilités écrasantes des deux grandes puissances anglophones dans la victoire de l’Axe Rome–Berlin et de Franco.

J’ai traité de l’aide apportée par des privilégiés étrangers à des homologues menacés dans leur pays par une révolution qui venait de les déloger du monopole du pouvoir et de la propriété, en citant l’exemple de la Révolution française et celui de la Révolution d’Octobre. Il s’agit donc d’autre chose que de la question des influences extérieures exercées sur un mouvement, telles les influences mutuelles exercées par les classes bourgeoises de divers pays aux XVIIIe et XIXe siècles ; et d’autre chose que l’aide extérieure apportée par les dirigeants d’un pays étranger à des alliés, majoritaires dans leur pays, qui se trouvent en butte aux assauts d’alliés étrangers des anciennes classes dirigeantes chassées de leurs positions dominantes par la volonté populaire. La mise de tout sur le même plan (Rouges et Blancs, résistants et collaborateurs, nazis et communistes, etc.) ne saurait gommer l’essentiel : le contenu de classe des pratiques respectives.

Ce qu’on demande à un historien, c’est d’exposer le plus honnêtement possible, et sur la base des sources originales, ce qui s’est passé, c’est-à-dire d’établir les faits, leur cheminement, leurs causes. Ses préférences personnelles relèvent de sa responsabilité politique, et elles sont le fruit, elles aussi, de choix de classe : le soutien de ceux d’en haut ou celui de ceux d’en bas. Moi, et c’est actuellement rare dans le monde académique français en raison de la forte droitisation évoquée ci-dessus, je revendique plus de sympathie pour le peuple qui se défend, éventuellement avec l’aide d’amis étrangers, que pour les privilégiés qui tentent d’échapper à l’éviction que leur a infligée la majorité de leur population. Tout le monde réagit ainsi chez les historiens, souvent sans le dire ou en le niant.

Un prestigieux collègue, grand ami des banques et spécialiste des banques du XIXe siècle, un des créateurs dans les années 1990 de la « Mission historique de la Banque de France », a osé un jour me dire que je ne pouvais pas décemment être recrutée dans sa grande université de la banlieue Ouest où je souhaitais candidater, parce que j’étais « très » ou « vraiment engagée ». Je lui ai répondu courtoisement que je ne l’étais pas plus que lui, mais pas au service des mêmes, et que mon engagement ne mettait pas en cause ma complète indépendance à l’égard de mes sujets d’étude (ce qui n’était pas le cas de son « Histoire de la Banque de France » faite sur financement de la Banque de France).

J’ai assurément plus d’empathie

  • Pour les Soviétiques qui aidaient avant 1949 les Chinois à se débarrasser de leurs tuteurs vernaculaires (la clique Tchang-Kai-Chek et Song qui ruinait et affamait la population) et étrangers (les Américains, qui avouaient dans leur correspondance que cette clique était définitivement condamnée par un mouvement de libération des terres, disposant d’une majorité écrasante, général Marshall compris). Il avait été chargé de la question chinoise jusqu’à la fin 1946, avant de s’occuper de gérer l’Europe américaine, priorité immédiate car l’issue du dossier chinois était connue de tous les responsables américains dès 1945-1946 : la thèse « maccarthyste » des « taupes » du Département d’État responsables de la « perte » de la Chine relève de la pure propagande mensongère ;
  • Pour les Soviétiques aidant les Vietnamiens, qui avaient déjà, avec leur soutien politique et en armes, chassé le colonialisme français, à affronter l’épouvantable attaque américaine, projetée bien avant la signature des accords de Genève de 1954 que les États-Unis ont aussitôt violés ;

Pour les Russes, qui aident depuis plusieurs années les Syriens à résister à des assauts que les Américains avaient via le général Wesley Clark, dès 2007, annoncés contre les pays gaziers et pétroliers dont ils ne contrôlaient pas encore le produit. Après lecture du lien 18, chacun reconnaîtra que les plans affichés là ont été mis en œuvre.

Sur les interventions systématiques des États-Unis au service de leurs intérêts économiques et au mépris des intérêts économiques et sociaux de tous les peuples qu’ils assaillent, je recommande les excellents travaux, faciles d’accès et souvent traduits, du politiste américain William Blum. Il a d’ailleurs écrit une suite sur l’intervention américaine au Venezuela, dont les groupes pétroliers américains contrôlaient jusqu’à Chavez tout le pétrole : « Les Guerres scélérates » 19.

Notes

  1. Lénine, chap. 8 de « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme »
  2. Michel Laran, « Russie-URSS 1870-1970, Paris, Masson, 1973
  3. « Les révolutions russes », t. 5 de l’ »Histoire économique et sociale du monde », Léon Pierre, éd., Paris, Armand Colin, 1977, p. 125-142
  4. Paris, 10-18, réédition, 1963
  5. « The Great Conspiracy : The Secret War Against Soviet Russia », Little, Boni & Gaer, New York, 1946, traduit en 1947
  6. Liens : http://www.independent.co.uk/news/obituaries/michael-saye...; https://en.wikipedia.org/wiki/Albert_E._Kahn
  7. Les Furies, 1789, 1917, « Violence vengeance terreur aux temps de la révolution française et de la révolution russe », Paris, Fayard, 2002
  8. Diana Pinto, « L’Amérique dans les livres d’histoire et de géographie des classes terminales françaises », Historiens et Géographes, n° 303, mars 1985, p. 611-620
  9. « L’histoire contemporaine toujours sous influence », Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012
  10. Adapt-Snes éditions, Millau, 2016 (voir aussi mon ouvrage « L’histoire contemporaine toujours sous influence », Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012)
  11. « L’Amérique dans les livres d’histoire et de géographie des classes terminales françaises », Historiens et Géographes, n° 303, mars 1985, p. 611-620
  12. Paris, CNRS Editions, 2012
  13. Le pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939 est réduit au pamphlet d’Yves Santamaria « Le pacte germano-soviétique », Bruxelles, Complexe, 1998, modèle d’histoire de combat idéologique, sans source aucune
  14. Paris, Armand Colin, 2010, passim
  15. https://www.youtube.com/watch?v=4rQlXw49xIA
  16. voir notamment « Troublante indulgence envers la Collaboration », feuilleton de 4 ouvrages : Denis Peschanski et Thomas Fontaine, « La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945, Bénédicte Vergez-Chaignon, « Pétain », Bernard Costagliola, « Darlan. La collaboration à tout prix », Claude Barbier, « Le maquis des Glières. Mythe et réalité », juillet 2015, p. 25, https://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/LACROIX_RIZ/53208
  17. Ithaca, Cornell University Press, 1985
  18. https://www.youtube.com/watch?v=zXcu29fFs2M
  19. Lyon, Parangon, 2004 (Killing Hope : « U.S. Military and CIA interventions since World War II », Monroe, Maine, Common Courage Press, 2003, édition complétée de son ouvrage essentiel, « The CIA : A forgotten history », Londres et New Jersey, Zed Books, 1986) ; « Freeing the World to Death : Essays on the American Empire » (Common Courage Press) , 2004 ; « America’s deadliest export : Democracy – The truth about US Foreign Policy and everything else » (Zed Books), 2013

Ajoutons que William Blum publie, à peu près mensuellement, en anglais, un « Rapport Anti-Empire », que l’on peut recevoir en s’abonnant à sa newsletter ou en le suivant ici : https://williamblum.org/aer/read/147 [NdGO]

_________  

Source d’origine : https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-deb...

Source : http://lesakerfrancophone.fr/annie-lacroix-riz-la-revolut...

 

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Annie LACROIX-RIZ

Le choix de la défaite : Les élites françaises dans les années 30

(2e édition revue et augmentée)

Paris, Armand Colin, 2010

688 pages

 

 

Quelles sont les causes de la Défaite de 1940 ? Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. » 

Annie Lacroix-Riz analyse l’histoire des années 1930 pour éclairer les causes de la défaite de 1940. Selon elle, les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich. Cette affirmation incroyable paraît moins audacieuse à la lecture des archives, françaises et étrangères, relatives à une décennie d’actions des élites : militaires ; politiciens ; journalistes ; hommes d’affaires surtout, qui régnaient sur tous les autres, avec à leur tête la Banque de France et le Comité des Forges.

 L’autonomie des politiciens ou des journalistes relève ainsi du mythe, celle des militaires aussi. C’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l’Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l’alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914. Aujourd'hui, l’accès aux archives éclaire les causes intérieures et extérieures de la Défaite et permet « l’instruction du procès de la vaste entreprise de trahison » que réclamait Marc Bloch. 

La présente édition de l’ouvrage a été systématiquement revue et complétée à la lumière des nombreux fonds d’archives, ouvrages et articles consultés depuis 2006.

 

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John REED

Dix jours qui ébranlèrent le monde

Paris, Seuil, 1996

469 pages

 

 

 

Le livre

À Petrograd, l'état de siège vient d'être proclamé. Dans les salles du palais Marie, le Conseil de la république débat de la politique étrangère de la Russie, engagée aux côtés des Alliés dans la Première Guerre mondiale. Dehors, deux compagnies de junkers remontent la rue Morskaïa en chantant un refrain datant de l'époque des tsars, et de petits groupes s'efforcent de déchiffrer les innombrables proclamations collées sur la moindre surface plane : Tsik, soviets paysans, partis socialistes " modérés ", comités d'armée...

Au cours des grandes journées d'octobre 1917, John Reed a parcouru en toute liberté la "Capitale Rouge ", recueilli les analyses des principaux acteurs politiques, et écouté le peuple de Petrograd dans les cercles qui se formaient, dès l'aube, sur les places publiques, à la porte des boulangeries, à l'intérieur des casernes. De retour aux Etats-Unis, il rassembla dans ce livre l'essentiel de ses observations er revécut, dans l'urgence, cette " aventure " humaine dont il apparaît toujours, aujourd'hui, comme l'un des témoins les plus proches.

L’auteur

John Reed (1887-1920) américain, aventurier, reporter, observateur et ardent révolutionnaire communiste, a fourni un témoignage, documentaire et reportage sur la Révolution russe de 1917 qui confine au roman historique tant sa prose est prenante de vie et d'humanité.

 

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Réédition Tribord, 2012

624 pages

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

John Silas Reed est un militant et écrivain américain né à Portland aux États-Unis en 1887 qui mourut à Moscou en 1920 en pleine révolution bolchevique à laquelle il était partie prenante. Journaliste et socialiste, il est connu comme l'auteur de deux reportages sur des révolutions : Le Mexique insurgé (1914) et le présent livre : Dix Jours qui ébranlèrent le monde (1919), ainsi que d'un reportage de guerre (La guerre dans les Balkans - 1916). Il y raconte la prise du pouvoir en Russie par les Bolcheviks sous la direction de Lénine. John Reed suivit ainsi les premiers temps de la révolution russe décrivant le parcours de plusieurs leaders bolcheviks, Grigory Zinoviev et Karl Radek principalement. John Reed meurt en 1920, après la publication de son livre. Seul Américain à être enterré au Kremlin auprès des plus éminents leaders soviétiques. Lénine en recommanda la lecture, écrivant en 1920 : « Voici un ouvrage que j'aimerais voir imprimé à des millions d'exemplaires et traduit en toutes langues, car il décrit de manière véridique et extraordinairement vivante des événements d'une importance considérable pour l'intelligence de ce qu'est la révolution prolétarienne, de ce qu'est la dictature du prolétariat. » Par contre Joseph Staline n'exprimera pas pareil enthousiasme. Son désaccord porte particulièrement sur Léon Trotski qui est magnifié comme un héros révolutionnaire, tandis que Staline lui-même est réduit à une silhouette secondaire et mentionné une seule fois dans une liste de noms. Inacceptable pour Staline : Le livre de Reed fut donc banni. Le livre de John Silas Reed est aujourd'hui un grand classique des événements survenus lors des premiers temps de la révolution russe de 1917.

Biographie de l’auteur ;

John Reed (1887-1920) américain, aventurier, reporter, observateur et ardent révolutionnaire communiste, a fourni un témoignage, documentaire et reportage sur la Révolution russe de 1917 qui confine au roman historique tant sa prose est prenante de vie et d'humanité.

 

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Arnold J. MAYER

Les furies : 1789 – 1917 Violence Vengeance Terreur

Paris, Fayard, 2002

650 pages

 

 

 

Présentation de l’éditeur

S'interroger sur la nécessaire violence d'une révolution n'est pas une réflexion neuve mais les réponses sont ici originales. Longtemps le modèle des révolutions fut français, puis vint la russe qui relégua la révolution française au rang de péripétie. Pourtant leurs points communs sont plus nombreux qu'on ne pourrait le croire et leur comparaison se révèle d'une grande richesse réflexive. Appuyée sur une documentation impressionnante, cette étude révèle à nouveau l'importance de la violence dans l'Histoire.

Biographie de l’auteur

Professeur à l'université de Princeton, Arno Mayer a publié plusieurs ouvrages de réflexion historique (« Persistance de l'Ancien Régime »; « La solution finale dans l'histoire »).

 

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100 ans avant la révolution Vélib, Lénine circulait à bicyclette à Paris…

Herboris – 6 novembre 2017

 

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Devant les trois appartements qu'il a occupés dans le 14ème arrondissement (c'est toujours émouvant pour des croyants comme nous d'y faire un pèlerinage, même une fois par an), on pouvait, il y a plus de 100 ans, voir Lénine entretenir ou réparer sa bicyclette sur le trottoir.

La préparation était nécessaire avant de se rendre ici ou là dans la capitale ou en banlieue pour étudier l'histoire de la révolution française à la bibliothèque, améliorer son français avec une amie, ou discuter dans les cafés du quartier dans lequel se tapissaient aussi des espions du Tsar…  

Voilà donc, non pas un médecin maoïste aux pieds nus, mais, un des rares philosophes au monde qui osait mettre ses mains dans le cambouis…  

Lénine ne se déplaçait qu'à bicyclette, parfois très loin dans l'Essonne où il a également vécu et travaillé (école des futurs cadres du Parti). Quand nous sommes allés faire un petit pèlerinage à Longjumeau, nous avons retrouvé sous son appartement un restaurant turc… aux employés duquel nous fîmes l'honneur de partager le pain quotidien. Très peu francophones, ils ne comprirent pas bien nos questions et remarques sur l'appartement :

-"Il y a un vieux monsieur là haut", nous dirent-ils

-"Pouvons-nous monter le visiter ?"

-"Non, non, ce n'est pas possible…"

Alors un client bien francophone s'immisça dans notre discussion et nous demanda de la manière la plus stupide au monde:

-"Vous cherchez un hôtel ?"

Alors, ayant soudain la question kurde à l'esprit, sans savoir très bien pourquoi, nous répondîmes:

-"Non, Monsieur. Nous disions simplement que dans l'appartement du dessus, avait vécu un grand révolutionnaire"….

ET comment ne l'aurait-il pas été. Il y a quand même une plaque commémorative sur le mur extérieur qui dit: "Ici a vécu et travaillé en 1911 V. Lénine, théoricien et guide du mouvement communiste universel, fondateur de l'Union Soviétique""

IMAGE (d'un film soviétique des années 80 sur son séjour à Paris): En revenant de Juvisy, et peut-être à Longjumeau (à vérifier), Lénine descendait à toute vitesse la rue de droite quand arriva une voiture en bas à gauche, au pied de l'établissement nommé "Le Singe Violet". Elle le heurta et cassa sa bicyclette. On peut le voir tenant la roue arrière à la main et maudissant le propriétaire; en fait un vicomte: "Que le diable l'emporte", écrivit-il par la suie à sa sœur à qui il a raconta cet accident historique. Il aurait même porté plainte avec un avocat. Il serait intéressant, en cette veille ô c combien sacrée d'anniversaire de la Grande Révolution d'Octobre, si Lénine obtint effectivement des réparations de la justice bourgeoise de l'époque ou ce que cette affaire est devenue…

 

 

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Mis en ligne le 8 novembre 2017

 

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22:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

UN DRONE LARGUE LES AMARRES

 

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Un Drone largue les amarres

L’ANTIPRESSE, que nos lecteurs connaissent bien, s’adjoint, début janvier, une version papier à laquelle il vous est loisible de vous abonner. Pour savoir de quoi il retourne et comment faire, c’est ici :

http://www.antipresse.net/

Cliquer sur « Le Drone ? ».

En guise d’avant-première, voici l’essentiel du n° 101 de l’ANTIPRESSE, qui est aussi le n° 0 du DRONE

 

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NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

 

POURQUOI IL NE SE PASSE RIEN

 

Nous nous sentons dépossédés comme citoyens, trompés comme électeurs, exploités comme consommateurs, empoisonnés comme patients. Notre environnement est tissé de faux-semblants. Malgré les catastrophes qui menacent et les révélations fracassantes sur la corruption du système, rien ne change, personne ne bouge. Pourquoi ? Sommes-nous tous paranos, ou notre monde se serait-il mis à marcher selon d’autres règles?

Voici un an déjà, un film documentaire essayait de donner un sens à cette suspicion que chacun rumine sans oser l’exprimer ouvertement. Hypernormalisation d’Adam Curtis est produit par la BBC et cela constitue un utile sauf-conduit. S’il provenait d’une petite production «alternative», il eût vraisemblablement fini au purgatoire du conspirationnisme.

Curtis est un reporter audiovisuel original, connu et primé. Souvent taxé de gauchisme, lui-même se reconnaît plutôt des penchants conservateurs-libertariens. Son dernier opus témoigne d’une ambition vertigineuse de compréhension du monde actuel, tant par sa thèse que par sa longueur (2h45). Il dépeint une «grande rupture» qui serait survenue, selon lui, à l’orée des années 1970, lorsque la société industrielle est devenue trop complexe et menaçait d’échapper à tout contrôle.

Le film s’ouvre sur une tempête d’images incohérentes. Entre absurde et horreur, le narrateur pose la question unique qui sera le fil rouge de son itinéraire à travers la postmodernité. Pourquoi ne se passe-t-il rien? Comment se fait-il que nous n’ayons plus aucune vision d’un avenir différent ou meilleur? Il livre d’emblée sa thèse, qu’il illustrera au cours de neuf chapitres en apparence éclatés:

« Politiques, financiers et utopistes technologiques, plutôt que de faire face aux complexités du monde, ont battu en retraite. Au lieu d’affronter la réalité, ils ont construit une version plus simple du monde. »

Pour les élites, c’était une manière de préserver et de conforter leur pouvoir. Pour les gens ordinaires, un oreiller de paresse:

« Nous les avons tous suivis, parce que la simplicité était rassurante. »

L’idée générale qui a germé dans les têtes de la technocratie anglosaxonne et de ses ramifications globales était qu’« on pouvait gérer le monde comme un système stable ».

Cette stabilisation impliquait la mise au rebut de la politique, trop aléatoire. Les structures de gouvernement devaient s’effacer devant les structures de gestion. Celles-ci consistaient, dans le monde occidental, en une alliance entre la haute finance et la révolution informatique, offrant d’emblée des moyens de surveillance et de contrôle inouïs à des conglomérats de puissance totalement opaques. Les ex-hippies régnant dans la Silicon Valley ont habillé cette main de fer d’un psychédélique gant de velours.

Résultat observable par tous: le remplacement global des produits universellement accessibles et organiques par des produits d’ingéniérie calibrés, brevetés et élevés hors-sol, qu’il s’agisse de tomates ou de gouvernants de synthèse du modèle Macron®. (1)

 

La réalité ? On n’en a plus besoin

La neutralisation des pouvoirs publics par les structures invisibles supposait donc la construction d’un univers de façade où les rites et les valeurs de la société «ancienne» apparaîtraient préservés, mais seraient désactivés comme des armes d’exposition. La gestion de la perception allait devenir une discipline ayant pignon sur rue, hautement lucrative pour les entreprises de relations publiques. La frontière entre finance et politique, politique et médias, science et fiction, manipulation et recherche, allait peu à peu s’estomper. Bref, au mensonge de circonstance allait succéder un mensonge structurel. Et, par-delà l’appareil de cerveaulavage médiatique, l’ensemble des élites allait y contribuer.

« Les militants, les artistes, les musiciens et toute notre contreculture devinrent parties intégrantes de la manipulation, parce qu’eux aussi s’étaient retirés dans un monde de faux-semblants. C’est pourquoi cette opposition n’avait aucun effet et n’induisait aucun changement. Mais ce repli dans le rêve allait permettre à des forces obscures et destructives de croître et de prospérer dans le monde extérieur. »

Comme dans l’URSS en phase terminale, la plupart des Occidentaux avisés savaient ou sentaient que le système courait à sa perte, mais se pliaient faute d’alternative à une version virtuelle et lénifiante de leur propre modèle. En Union soviétique, cette fiction gestionnaire (jusqu’à l’effondrement final) fut appelée, justement, l’hypernormalisation.

« Vous étiez tellement un rouage du système qu’il était impossible de voir au-delà. »

Lorsque les représentations médiatiques (au sens large, comprenant la formation, la recherche et les faiseurs d’opinion) sont calquées sur la réalité objective, elles sont variées et conflictuelles. Lorsqu’elles visent à entretenir un simulacre sur lequel tout le monde s’entend tacitement, elles vont nécessairement toutes dans le même sens.

D’où le remplacement du discours réaliste par un discours politiquement correct. D’où l’appauvrissement et l’abêtissement spectaculaires des programmes culturels, médiatiques et scolaires. Un effondrement qui se chiffre aujourd’hui en pertes sèches de quotient intellectuel dans les populations occidentales. La mutilation délibérée des capacités de mémoire et de discernement est compensée et masquée par une hypermoralisation générale et la multiplication de tabous de pensée et de langage. En quelques années, nous avons annihilé le travail de plusieurs siècles d’éducation à la raison.

Curtis illustre de manière saisissante l’emprise des fictions moralisantes sur la conscience commune. Il narre entre autres la montée en épingle d’un «méchant à notre goût» qu’on aimait à détester: Mouammar el-Kadhafi — bad boy narcissique et donc consentant à son rôle —, puis sa «rédemption» opportune au profit de l’Occident à la veille de l’invasion de l’Irak. Pour être subitement reconnu comme chef d’Etat honorable, et même comme philosophe, il lui avait suffi de revendiquer à la face du monde l’attentat de Lockerbie, dont tout le monde, à commencer par lui-même, savait qu’il n’était sans doute pas coupable !

On comprend pourquoi un « ennemi utile » aussi encombrant devait absolument être éliminé. Ce fut la mission, en l’occurrence, des services français, sous le couvert de lynchage par les milices locales. De même que — ceci n’est pas dans le film —, l’asset de la CIA Oussama Ben Laden devait disparaître sans laisser ni témoignage ni trace. Du coup, le seul «document» attestant de sa traque et de sa mort demeure le film de Kathryn Bigelow, Zero Dark Thirty. Un bon film… de fiction.

Dans le sillage de ces jeux d’ombres, l’actualité internationale ressemble de plus en plus à des numéros de prestidigitateurs ou de marionnettes, où d’épouvantables méchants occupent toute la scène avant d’être remplacés par d’autres une fois leur partition accomplie… et de disparaître (pour de bon) dans le néant. Ceausescu fusillé, Saddam pendu, Kadhafi empalé, Milošević sans doute empoisonné, Ben Laden jeté dans l’océan… pour que son Al Qaïda puisse redevenir un allié officiel de l’Occident!

A suivre au prochain numéro: *Une expérience personnelle: Guerre de Bosnie, 1992.

NOTE

  1. Savourer à ce propos la dernière bouffonnade «hors sol» du Conseil fédéral sur l’«ouverture» ultralibérale du marché agricole suisse.

 

HYPERNORMALISATION

Alan Curtis


 

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ANGLE MORT par Fernand Le Pic

 

LES ANTIFAS SANS CAGOULE

 

Ils frappent partout, mais semblent venir de nulle part. Ils dénoncent un «fascisme» omniprésent et fantasmé. Ils n’ont aucune existence juridique mais bénéficient d’incroyables indulgences judiciaires. Qui sont-ils ?

 

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Les Antifas se plaisent à revêtir le noir, toujours encapuchonnés et masqués comme les Black Blocks, dont ils sont l’avatar. Comme on le sait, la dénomination Schwarzer Block fut imaginée dans les années 1980 par la police de Berlin-Ouest pour désigner les Autonomes de Kreuzberg. Ce quartier jouxtant le «Mur» faisait encore partie du secteur d’occupation US jusqu’en 1990. Autrement dit, les Black Blocks sont nés dans un territoire sous contrôle militaire américain.

C’est important, car au même moment apparaissait aux États-Unis, plus exactement à Minneapolis (Minnesota) l’Anti-Racist Action Network (ARA). Ce groupe recrutait dans les mêmes éprouvettes punk et squat qu’au sein du laboratoire de Berlin Ouest. Entre scientifiques de l’agitprop, on collabore. Dissous en 2013 pour ressusciter sous le nom de Torch Antifa Network, le but de ce mouvement était, dès l’origine, de combattre le sexisme, l'homophobie, les idées anti-immigrationnistes, le nativisme, l'antisémitisme ou encore l'anti-avortement. Bref, quelques-uns des leviers de démantèlement d’une société traditionnelle bordée d’ignobles frontières, que l’on retrouve aussi bien dans les programmes officiels de la Commission de Bruxelles et de ses ONG-écrans que dans les feuilles de route de la galaxie Soros.

 

Les étranges filières de l’argent « humanitaire »

Mais on a beau se faire appeler du doux nom d’Anti-Racist Action Network, cela ne suffit pas : il faut des sous. En cherchant un peu, on les trouve en Alabama, du côté du SPLC (Southern Poverty Law Center), une ONG qui se targue, sur son propre site web, d’être la matrice de l’ARA. Autrement dit, la genèse des Antifas américains n’a évidemment rien de spontané. C’est à ce richissime SPLC qu’a incombé la tâche de créer cet ARA de laboratoire. Il est vrai qu’avec une dotation de financement de plus de 300 millions de dollars, le SPLC a de quoi voir venir, même si on retranche le salaire net de son président, qui émarge à plus de 300'000 dollars par an. C’est beau le « non-profit » politique au pays de l’oncle Sam !

Mais si ces gens-là ont les moyens, ils ne jouent pas pour autant la transparence sur l’origine des fonds. Il est vrai qu’on n’aime jamais trop raconter pourquoi ces fonds devraient transiter par les Iles Caïmans ni comment ils ont connu la tirelire d’un certain Bernard Madoff.

Mais pourquoi le SPLC? Très simple, en dehors de la défense de ses minorités préférées, la spécialité du SPLC est de ficher ses adversaires politiques, systématiquement qualifiés de « fascistes », qu’ils le soient ou non, puis de publier ses listes noires très élaborées et constamment mises à jour. Un travail de pro qui est devenu une référence du genre.

 

Et les barbouzes qui s’en mêlent

Ce modèle d’activisme et de fichage très professionnel ne vient évidemment pas de nulle part. Il est notamment issu du modèle imaginé par le mouvement Friends of Democracy qui était en réalité une antenne américaine des services secrets britanniques durant la Seconde Guerre mondiale. Son but officiel était de pousser les Américains à entrer en guerre, tout en fichant les récalcitrants, ce qu’il a continué à faire jusqu’à la fin du conflit.

Son organe de communication avait pour titre Propaganda Battlefront dont on peut encore trouver des copies en ligne.

 

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Georges Soros – Jared Kushner

 

On notera, juste en passant, que ce nom a été ranimé en 2012 par Jonathan Soros, fils de George Soros. Ce choix n’est évidemment pas un hasard.

Pour revenir à nos Britanniques, ces derniers furent également très actifs à domicile, puisque, toujours dans les années 1980, ils fondaient à Londres L'Anti-Fascist Action (AFA), recrutant là encore dans les mêmes milieux punk et squat. Le label «action antifasciste» avait quant à lui été inventé par les communistes européens des années trente. Une contrefaçon de marque politique non déposée qui présentait l’avantage de donner l’illusion d’une filiation légitime. (Il paraît que question détournement d’image, on sait très bien faire dans les services.)

A la veille de la chute du Mur, on voit donc bourgeonner aux États-Unis et partout en Europe les mêmes affiliations à un antifascisme « Canada Dry », qui a le goût et l’odeur de l’antifascisme communiste historique, mais pas une goutte de communisme dans sa composition chimique. Une façon de monopoliser l’usage de l’infamante étiquette « fasciste » contre tout adversaire d’un postcommunisme 100 % américanisé, tel qu’il apparaîtra dès 1989, avec la chute du Mur.

 

Une galaxie hors la loi

Il existe donc une raison objective à la simultanéité de l’apparition des Antifas ces années-là. Mais comme c’est encore le cas aujourd’hui, on se garda bien de créer la moindre structure juridique qui permettrait de remonter jusqu’aux organisateurs et financeurs avérés. Il vaut toujours mieux, surtout lorsqu’on travaille avec le grand banditisme. Un nom fut en effet exposé au grand jour pour ses liens avec la mafia de Manchester. Il s’agissait de Desmond « Dessie » Noonan, grand Antifa devant l’éternel mais surtout braqueur professionnel et chef de gang, soupçonné d’une centaine de meurtres (1). Outre ses responsabilités directes dans l’AFA, il fut également l’un des exécuteurs attitrés des basses œuvres de l’IRA. Il mourut finalement poignardé devant chez lui à Chorlton (sud de Manchester), en 2005.

Son frère Dominic Noonan prit le relais. Outre ses activités mafieuses, on le filma en train de diriger les graves émeutes de Manchester de 2011, dont le déclencheur fut la mort de son neveu, Mark Duggan. Ce dernier, soupçonné d’être impliqué dans un trafic de cocaïne, s’était fait abattre par la police le 4 août 2011, ayant résisté à son arrestation dans le quartier de Tottenham. Il s’ensuivit une semaine d’insurrection qui s’étendit jusqu’à Liverpool, Birmingham, Leicester ou encore le Grand Londres, faisant 5 morts et près de 200 blessés parmi les seuls policiers.

La porosité des services de renseignement, de la mafia et des activistes d’extrême gauche n’est pas sans nous rappeler le rôle des Brigades rouges dans le réseau Gladio, piloté par l’OTAN. Il se trouve que justement les Autonomes Ouest-berlinois de la guerre froide finissante étaient eux-mêmes affiliés au mouvement italien Autonomia Operaia (« Autonomie ouvrière »), très proche des Brigades rouges. Le monde est si petit !

 

Tout ce que la police n’ose pas faire

Mais le point commun le plus spécifique à tous ces Antifas du monde demeure le fichage. Derrière leurs épais écrans de fumée lacrymogène, leurs capuches noires et leurs casses de vitrines qui font toujours les gros titres, il leur incombe essentiellement de ficher en masse leurs adversaires politiques et d’en exposer publiquement les identités et les occupations, exclusivement sur la base de leurs opinions politiques ou religieuses. Une tâche qui est précisément interdite aux autorités, en démocratie.

Ces mouvements sont donc objectivement, à cet égard, des supplétifs des services de police et de renseignement. Ce qui explique notamment leur proximité, voire la facilité de leur noyautage, leur impunité ou encore l’extrême difficulté qu’on peut avoir à les identifier.

 

Le cas Joachim Landwehr

C’est par exemple le cas de Joachim Landwehr (28 ans), citoyen helvétique, condamné à 7 ans de prison le 11 octobre dernier par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir, le 18 mai 2016, bouté le feu à l’habitacle d’une voiture de police grâce à un engin pyrotechnique, avec ses deux occupants encore coincés à bord. Une peine plutôt légère pour une atteinte à la vie de policiers.

On sait que Landwehr est lié au groupe suisse « Action Autonome », dont les mots d’ordre passent notamment par le site <rage.noblogs.org/>, dont 90 % du contenu relève du fichage, avec un degré de précision qui dépasse très largement les capacités d’une équipe d’amateurs, même à temps plein. On se demande d’ailleurs ce qu’attend le Préposé cantonal à la protection de données pour se saisir du dossier.

On sait également qu’il était présent lors de la manif antifa de Lausanne de mai 2011, et que c’est sans doute lui aussi qui a mis en ligne une petite vidéo de propagande à la gloire de sa promenade.

On sait enfin qu’il fut acquitté en août 2017 par le tribunal de police de Genève, alors qu’il y avait participé à une manifestation interdite.

 

Des agitateurs venus de la « haute »

En revanche, on connaît mieux les profils de ces complices parisiens. Par exemple, Antonin Bernanos, condamné à 5 ans de prison dont 2 avec sursis, est l’arrière petit-fils du grand écrivain Georges Bernanos. On reste issu d’un milieu plutôt cultivé et protégé chez les Antifas. On imagine que l’œuvre de l’illustre aïeul avait encore sa place dans les discussions familiales. Yves, le père du délinquant et réalisateur sans succès de courts-métrages, le confirmait lors d’une interview pour KTO, l’organe cathodique de l’archevêché de Paris, lequel diffusa d’ailleurs l’un de ces courts-métrages, par charité chrétienne sans doute. Mais on n’a pas trop de mal à comprendre que c’est sa femme, Geneviève, qui fait bouillir la marmite. Elle a la sécurité de l’emploi comme fonctionnaire. Elle est en effet directrice de l’aménagement et du développement à la mairie de Nanterre. Côté convictions, elle est fière de n’avoir pas raté une seule fête de l’Huma depuis ses 15 ans.

Dès l’arrestation de leurs deux fils (Angel, le plus jeune, sera mis hors de cause), Monsieur et Madame Bernanos ont arpenté les radios, les salles de rédaction, les collectifs et manifs en tous genres, pour dénoncer l’ignominie policière montée de toutes pièces par l’État fasciste contre leur digne rejeton. Ils ont reçu le meilleur accueil, notamment chez Médiapart. Ils ont même réussi à enrôler le vieux Me Henri Leclerc, qui osa comparer l’arrestation du jeune Bernanos aux fameux morts du métro Charonne, durant la guerre d’Algérie. Il arrive que les fins de carrières soient pathétiques…

Ce qui frappe, c’est la facilité avec laquelle les relais d’opinions se sont mobilisés en faveur d’un délinquant, dont on omet par ailleurs complètement de dénoncer le racisme, sachant que l’un des policiers qu’il attaqua était noir. Dans les réseaux deep-state, on assure donc autant le service après-vente que l’anesthésie morale.

Même milieu BCBG pour Ari Runtenholz, condamné aussi à 5 ans de prison assorti de sursis, pour avoir défoncé l’arrière de la voiture de police à l’aide d’un plot métallique. Lui, on le trouve classé 34ème de l’épreuve d’épée aux championnats de la fédération française d’escrime de 2013. Il pratique aussi la voile à Granville (Normandie) et participe à des régates officielles. Sports très popu, comme chacun sait.

Nicolas Fensch, informaticien sans emploi, détonne quant à lui par son âge (40 ans). Il prétend être arrivé là par hasard, alors que les vidéos le montrent s’acharnant à frapper le policier noir avec une tige, très semblable à un nerf de bœuf. La parfaite maîtrise du geste trahit néanmoins un entraînement certain. Qui est-il vraiment? Les policiers qui ont gaffé à l’audience sur le noyautage de la bande n’en diront pas plus. Il écopera aussi de 5 ans dont 2 avec sursis.

Il y a enfin le LGBT de service: David Brault, 28 ans, devenu mademoiselle Kara, sans adresse en France. Ce(tte) citoyen(ne) américain(e) a traversé tout spécialement l’Atlantique pour la petite fête improvisée. On se demande tout de même si ce n’est pas le SLPC qui lui aurait payé son billet et ses faux frais? Verdict : 4 ans de prison dont 2 avec sursis pour avoir lancé un plot métallique à travers le pare-brise dans le but d’atteindre les passagers. Pas très doux, le trans. Pendant les audiences, à l’extérieur du Palais de justice, plusieurs centaines d’Antifas viendront, comme il se doit, provoquer violemment la police, en soutien à leurs camarades de promotion. Il faut savoir garder la forme et les écrans de fumée.

 

Les confluences profondes

Mais casser de la vitrine ou du flic n’est pas tout. L’idéologie est là. A y regarder de près, elle n’a certes pas grand-chose à voir avec le marxisme, le trotskysme ou l’anarchisme, ni même avec les Gardes rouges de Mao.

Elle égrène en revanche tous les mots d’ordre qu’on lit ouvertement sur tous les sites des ONG-Ecrans du deep-state euro-atlantique et sorosien : défense des LGBT, de la théorie du genre, des migrants, du multiculturalisme, de l’ineptie des frontières, du voile islamique, et même du Kurdistan libre. Et l’inévitable complément : attaques contre Trump, Vladimir Poutine, le « régime » syrien alaouite, etc.

Dans les quincailleries en ligne des antifas, on trouve évidemment toute la panoplie du parfait émeutier connecté et tous les conseils pratiques qui vont avec. Un mode de propagation qui a très largement fait ses preuves depuis les révolutions de couleur. Une routine du « sans limite », car il faut quand même bien les motiver ces jeunes !

Et justement, c’est l’abolition des limites qui est la première condition à la jouissance de la grande casserie. Mais là n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est que, sous couvert de combattre un fascisme fantasmé pour les besoins de la cause, on fiche à tour de bras et on rend tout cela public. Et cela ne scandalise évidemment personne. L’agit-prop manipulée et noyautée par les «services» est donc un leurre. Pendant qu’on s’interroge sur les excuses sociales de leur violence urbaine, ou la qualification juridique de leurs crimes téléguidés, les soutiers de l’antifascisme constituent, là, sous nos yeux, une branche administrative de la police politique du deep-state, qui n’a rien à envier aux recrues de la Stasi.

 

NOTES

  • Sean Birchall, Beating The Fascists, Freedom Press, Londres, 2010.

 

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CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

 

TOTALITARISME ET DIVERTISSEMENT

 

Le roman policier allemand – ou Krimi – fut prolifique sous le Troisième Reich. Participant à la politique de « divertissement » voulue par le régime, il pouvait être outil de propagande ou refuge de la résistance au régime.

Contrairement à ce que l’on peut imaginer, les loisirs et le divertissement se sont multipliés sous le Troisième Reich. Considéré par le régime à la fois comme nécessaire pour divertir le peuple et comme potentiel outil de « propagande douce », le divertissement populaire échappa dans une certaine mesure à la censure. C’est particulièrement vrai d’un genre littéraire: le livre policier.

 

15. Platini Lire s'vader résister.jpgVincent Platini, spécialiste de littérature et du cinéma, est enseignant-chercheur à la Freie Universität de Berlin. Au printemps 2014, il a publié deux livres (1): Lire s’évader, résister. Essai sur la culture de masse sous le IIIe Reich (Éditions La Découverte), dans lequel il offre une lecture totalement inédite du régime nazi. Si la «haute culture» a bel et bien été mise au pas dès 1933 – le point culminant de cette mise au pas étant atteint dès le 10 mai 1933, avec l’autodafé organisé par des étudiants, enseignants et dignitaires du régime nazi de dizaines de milliers de livres –, le divertissement « populaire », considéré comme peu digne d’intérêt, a quant à lui joui d’une certaine liberté. Au grand dam des idéologues, la littérature populaire fut épargnée par les autodafés de 1933, qui visèrent principalement les opposants politiques, la littérature « dégénérée » ou « obscène » de Weimar.

16. KRIMI 1.jpgSecond livre: Krimi. Une anthologie du récit policier sous le Troisième Reich (Éditions Anacharsis). Accompagnée d’une longue introduction de Vincent Platini qui met parfaitement son sujet en perspective, cette anthologie propose des textes (extraits de romans ou nouvelles) inédits en français avec une présentation de chaque auteur et publiés dans l’ordre chronologique. L’ouvrage se termine par un « dossier critique » constitué de trois articles publiés entre 1937 et 1940 par des spécialistes du livre: deux bibliothécaires et un écrivain de roman policier.

Le profond mépris dans lequel les tenants de la culture institutionnelle, la « haute culture », tenaient le roman policier apparaît clairement dans le premier article du dossier critique, signé par le bibliothécaire Arnold Eichberg et consacré à la «psychologie du lecteur de roman policier». Il écrit en préambule qu’il ne s’agit pas là d’une véritable « lecture », mais d’une « occupation ». Déplorant que les lecteurs de roman policier se recrutent dans toutes les couches de la société, il considère que ce sont tous des « natures faibles et pessimistes », et que « […] tout homme doté d’un esprit vif et d’une profonde sensibilité repoussera ce remède bon marché, ou du moins il refusera d’en être un lecteur assidu […] ». S’il trouve encore quelques excuses aux lecteurs masculins de roman policier, il n’en va pas de même pour les femmes, sur lesquelles son jugement est sans appel : « […] nous pouvons affirmer que celle qui prend un "plaisir durable" à ces romans est une femme dégénérée. » Rien que ça !

Rien d’étonnant donc à ce que peu de traces subsistent des quelque 3'000 Krimis publiés entre 1933 et 1945, avec un pic en 1937-1938, avec respectivement 385 et 447 nouveaux romans mis sur le marché. Car après la Seconde Guerre mondiale, au mépris pour le genre lui-même s’ajouta, dans les quelques rares études qui lui furent consacrées, le soupçon – infondé – que les romans policiers publiés durant le nazisme étaient un outil de propagande et quoi qu’il en soit un produit culturel empreint de l’idéologie nazie, ayant par conséquent plus valeur de document que de littérature. D’ailleurs la seule bibliothèque publique spécialisée – la Kriminalbibliothek, fondée à Brême en 1999 – ne contient que des romans policiers publiés après 1965.

De plus, en Allemagne comme ailleurs, avant 1933 ce pan de la littérature était dominé par la production anglo-saxonne. Cette influence se poursuivra d’ailleurs durant la période 1933-1945: avec plus de 600 traductions publiées, le livre policier constitua ainsi le genre littéraire le plus traduit du Troisième Reich. C’est donc, pour beaucoup, un produit de l’étranger, avatar de la société bourgeoise et capitaliste et inconciliable avec le « véritable esprit allemand ». Entre 1933 et 1935, près de 60 % des Krimis publiés sont des traductions d’œuvres anglo-américaines (Agatha Christie et Arthur Conan Dyle, par exemple, sont plébiscités par les lecteurs). Pour limiter cette « entreprise étrangère », des mesures de censure et de restrictions sont prises. Dès 1938, la part des traductions s’amenuise d’année en année.

La littérature étant particulièrement surveillée par la censure, le roman policier (et le livre pour enfant) devient un refuge pour certains écrivains en délicatesse avec le régime, comme par exemple Erich Kästner (2).

Le livre le plus emblématique de cette résistance tapie dans le Krimi est sans doute Strogany und die Vermißten (3) d’Adam Kuckhoff (1887-1943) et Peter Tarin (pseudonyme d’Edwin Tietjens, 1894-1944), publié en 1941 par les éditions Universitas Verlag (Berlin). Tous deux membres du groupe de résistance allemand « L’Orchestre rouge », ces deux écrivains ont continué à publier jusqu’à ce que leur réseau clandestin soit démantelé par la Gestapo en 1942. Kuckhoff fut arrêté et exécuté par les nazis en août 1943. S’il en réchappa, Tietjens mourut peu après d’une crise cardiaque. Kuckhoff compte parmi les rares écrivains allemands à avoir opposé aux nazis une résistance politique et littéraire au sein même du Troisième Reich.

Le dernier texte de l’anthologie Krimi, coécrit par Adam Kuckhoff et John Sieg (4) (1903-1942), s’intitule Lettre ouverte au front de l’Est. Jamais éditée sous le Troisième Reich (5), cette lettre, probablement écrite vers le milieu de 1941, est la huitième d’une série de missives dactylographiées, imprimées en grand nombre et envoyées anonymement aux soldats sur le front de l’Est. On sort ici du genre «roman policier» au sens strict, avec un texte de combat, s’appuyant sur des faits historiques précis, mais au style littéraire très ciselé, qui en fait un objet à double tranchant, à la fois politique et poétique.

Krimi est un livre unique en son genre: il n’a pas d’équivalent, même en allemand. Et plus qu’une simple « curiosité », par un choix des textes basé sur des critères multiples offrant à l’arrivée une grande diversité, il fait émerger au fil des pages les divergences politiques exprimées de façon ambiguë, ce qui renforce encore l’intérêt du livre, le lecteur gardant sa liberté d’interprétation.

 NOTES

  • 17. L'EXTASE TOTALE.jpg

    Plus récemment, il fut le traducteur du passionnant livre de Norman Ohler L’extase totale. Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue (Éditions La Découverte, 2016), préfacé par l’historien allemand Hans Mommsen.
  • Dont le roman Vers l’abîme, publié en 1932, fut brûlé en 1933, faisant passer l’auteur du célébrissime Émile et le détective (1929) du statut d’auteur adulé à celui d’écrivain honni. Resté longtemps inédit en français, nous avions salué la parution en français en 2016 de Vers l’abîme (Éditions Anne Carrière) dans le numéro 40 d’Antipresse (4 septembre 2016). Il est sorti depuis en poche (coll. « 10/18 »).
  • Les disparus de Strogany, jamais traduit en français, pour lequel Vincent Platini cherche un éditeur qui pourrait en financer la traduction et en assurer la publication… À bon entendeur…

Également arrêté par la Gestapo peu après Kuckhoff, John Sieg se pend le 13 octobre 1942 dans sa cellule de la Prinz-Albert-Straße à Berlin pour échapper aux interrogatoires de la Gestap

 

Elle fut publiée en 1963 dans un ouvrage d’études sur l’histoire et les effets des guerres de libération (Straube, Fritz [dir.], Das Jahr 1813, Studien zur Geschichte une Wirkung der Befreienkriege, Berlin, Akademie-Verlag).

 

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Le désinvité de la semaine

 

WALTER HABICHT : CONVOQUER LE MÉDECIN INTÉRIEUR

 

Le Dr Walter Habicht est un interlocuteur hors du commun. Ce médecin atypique ne nous préconise pas de «vivre avec la maladie», mais de retrouver les conditions de la santé.

Psychiatre, érudit, polyglotte, il a eu une destinée atypique qui l’a conduit à remettre en question nombre de dogmes de la médecine moderne. C’est grâce à lui et à ses contacts que j’ai pu réaliser mon mois de jeûne sur les rives du lac Baïkal, en mars-avril derniers.

Cet entretien passionnant fut réalisé dans son chalet d’Arolla, au fin fond des Alpes valaisannes, où il organise régulièrement des semaines de jeûne. Il y revient sur ses expériences de médecin de la Croix-Rouge en ex-URSS, les limites de la médecine traditionnelle face aux «maladies de civilisation», l’agressivité du système face à la pratique du jeûne, les ravages de la chimie...

Mais il nous rappelle surtout les vertus oubliées du «médecin intérieur» d’Hippocrate que nous portons tous en nous, que la médecine commerciale s’efforce d’étouffer — mais que le jeûne réactive.

Entretien audio réalisé par Slobodan Despot. A écouter sur Soundcloud.

 

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LA POIRE D’ANGOISSE par Slobodan Despot

 

ENTRE DIFFÉRENCE SEXUELLE ET ISLAM, LA FACULTÉ A TRANCHÉ

 

Ne dites plus que certains États musulmans punissent de mort la déviance sexuelle : vous risqueriez d’avoir affaire à l’Équipe d’intervention comportementale !

Le jeune Alfred MacDonald est de toute évidence un sujet turbulent. A l’université du Texas à San Antonio, on ne compte plus ses absences de classe. Et il semble aussi avoir la langue bien pendue. Face à une collègue étudiante qui lui annonçait ses fiançailles avec un musulman, il n’a pas trouvé d’autre mot de félicitation que de lui exprimer de vives réserves sur l’islam. Au motif somme toute futile et narcissique que dans dix pays musulmans, les bisexuels comme lui sont condamnés à mort et exécutés.

La discussion est arrivée aux oreilles du chef (pardon : de la cheffe) du département de philosophie, Eve Browning, qui l’a convoqué illico pour lui remonter les bretelles à cause de cette « offense », l’avertissant que son mauvais penchant à raconter tout ce qu’il pense pourrait « faire crouler tout le programme ». Enfin, elle a menacé de le faire traiter par l’Équipe d’intervention comportementale (sic) de l’université. On se croirait dans un cauchemar à l’héroïne de Philip K. Dick ! Mais il y a mieux.

Car le sournois MacDonald a enregistré en douce la conversation. La transcription est parue dans Gay Star News, et elle est fascinante. On la croirait tout droit sortie d’une antiutopie d’Orwell ou de Zamiatine. L’intimidation s’y allie à l’attaque ad personam et à l’argument d’autorité sans qu’un seul instant la « philosophe » ne concède le droit à son étudiant en philosophie, de critiquer l’obscurantisme islamique.

BROWNING : Ce sont des choses qui vous feraient renvoyer si vous travailliez dans mon bureau. Le commentaire sur l’islam vous ferait virer.

MACDONALD : … Serais-je vraiment renvoyé pour avoir dit qu’on pourrait me tuer quelque part ?

BROWNING : Dans cette situation telle que vous l’avez décrite, absolument oui.

MACDONALD : Comment ?

BROWNING : Ne posez même pas la question (…)

Ainsi donc, il est de plus en plus difficile — pour reprendre l’expression du professeur Steven Pinker —, de voir la différence entre une université et une madrassa. L’étudiant a eu le malheur de persévérer et a fini par quitter l’université du Texas (cet État progressiste où règnent par ailleurs les red necks et le Ku Klux Klan).

Nous sommes donc avertis désormais: si la cause LGBT est une vache sacrée dans le milieu académique, il en est une plus sacrée encore.

 

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SUISSE | Le ministre était un comique déguisé

 

Le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann est (bien involontairement) le plus célèbre des sinistres — pardon : ministres — suisses à l’étranger depuis que son allocution sur les vertus du rire est devenue virale... par le sérieux morbide avec laquelle elle fut prononcée.

Le Droopy national s’illustre encore une fois dans l’humour à rebrousse-poil en prônant la libéralisation du secteur agricole, en particulier par l’abaissement des barrières douanières.

C’est qu’il a sans doute omis de regarder par la fenêtre de son bureau. Le monde entier, à commencer par l’ONU, comptabilise désormais les ravages de l’agriculture industrielle globalisée. Les pays qui le peuvent renforcent les mesures protectionnistes. Sans compter un tout petit détail : le fait que ses compatriotes eux-mêmes viennent de voter en septembre dernier à près de 80% pour la sécurité (et donc l’autonomie) alimentaire !

Ach, petit oubli ! Cette démocratie directe, quelle poisse! Le geek Schneider-Ammann avait pourtant une panacée idéale à la concurrence débridée des géants agro-industriels qu’il s’apprête à relancer : la révolution numérique !

Paysans suisses, qui arrachez encore un peu de terre arable aux terrains à bâtir les plus chers du monde, numérisez-vous !

Encore une fois, il l’a énoncé sans le moindre clin d’œil, le plus infime sourire !

Avec ses faux airs de croque-mort recueilli, M. Schneider-Ammann incarne en réalité le bouffon idéal pour les puissances qui gouvernent le monde sans rendre compte à personne. Il ne nous écoute pas, mais au moins il nous amuse.

 

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Mis en ligne le 8 novembre 2017

 

 

 

 

 

22:49 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |