06/11/2016

DE LA MYTHOLOGIE SIONISTE À LA TRAGÉDIE PALESTINIENNE

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Gaza. Bateau de pêche palestinien fait de bouteilles recyclées.

 

De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne

À propos de la sortie d’un livre…

 

L’écrivain algérien Chérif Abdedaïm sort un livre consacré au long martyre du peuple palestinien. Un de plus ? Oui. Et en nombre encore insuffisant puisque sainte Communauté Internationale continue de saintement s’en foutre. Tant que ce n’est pas à elle qu’« on » s’en prend, n’est-ce pas…

 

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De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne est, donc, un ouvrage algérien écrit en français et consacré à la question palestinienne, que publient les éditions de l'Agence Nationale de communication d'Édition et de Publicité (ANEP), avec une double préface : d’une part, celle de l’écrivain et poète palestinien Ziad Medoukh, d’autre part, celle de l’historienne française Aline de Diéguez.

L’auteur Chérif Abdedaïm, interrogé par l'APS, a déclaré que « La création de l'État sioniste s'est basée sur la propagation de mythes et de mensonges fabriqués de toutes pièces et présentés au monde comme vérités historiques, parmi lesquels celui d’une Palestine “ terre sans peuple pour un peuple sans terre” ou encore ceux qualifiant Israël de “démocratie”. »

Pour sa préfacière Aline de Diéguez, De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne dévoile comment une poignée de colons venus des quatre coins du monde ont invoqué un héritage mythologique pour s’emparer de terres habitées par un peuple depuis des millénaires.

Chérif Abdedaïm, qui était présent le 30 octobre au Salon International du Livre d’Alger, a publié auparavant, entre autres ouvrages : Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours et Constantine : la saga des beys, ainsi qu'un recueil de poèmes en arabe dialectal Toufat El Memhoun min Djawahar El Melhoun.

 

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Chérif Abdedaïm est un artiste, écrivain, journaliste et enseignant algérien. Il tient une chronique d’actualités internationales dans La Nouvelle République d’Alger.

 

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Nous reproduisons ci-dessous la préface française, qu’Aline de Diéguez a eu l’excellente idée de publier sur son site.

 

Aline de Diéguez

Chroniques de la Palestine occupée

« Si vous n'êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et à aimer ceux qui les oppriment. »
Malcolm X

 

L'enfer du peuple palestinien

« Lasciate ogni speranza, voi ch'intrate »  (Vous qui entrez, abandonnez toute espérance)
Dante, La divine comédie, l'Enfer)

 

Dante se représentait l'Enfer comme une sorte d'abîme en forme d'entonnoir sans fond que Lucifer aurait creusé lors de sa chute sous la ville de Jérusalem et dans lequel glissaient les damnés avant de déboucher dans les salles des tortures éternelles. Étonnante prémonition de l'auteur de la Divine comédie d'avoir situé son enfer en Palestine et plus précisément, à Jérusalem !

Aujourd'hui, Lucifer a fait surface et règne en maître au grand jour non seulement à Jérusalem, mais sur la Palestine tout entière. Il s'active frénétiquement à enfourner un peuple crucifié depuis trois-quarts de siècle dans l'entonnoir sans fond du désespoir et de l'annihilation.

 

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La bouche de l’Enfer

Sculpture du XVIe siècle, in Jardins de Bomarzo, province de Viterbe, cœur de la civilisation étrusque. Sur la lèvre supérieure est écrit : « Ogni pensiero vola », (Toute pensée s'envole).

 

C'est l'histoire de cette tragédie que le monde regarde d'un oeil vide et morne et que, courageusement, Chérif Abdedaïm décrit avec une précision chirurgicale dans son ouvrage De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne.

Écrire aujourd'hui sur le sort des Palestiniens, qu'ils soient de Cisjordanie, de Gaza ou des camps de l'exil, c'est d'abord essayer de maîtriser une colère impuissante et une indignation qui ne peuvent manquer d'envahir toute personne dotée de sens moral et de respect de la dignité humaine. C'est pourquoi il faut admirer le ton retenu de Chérif Abdedaïm lors de sa recension sans concessions des étapes du drame enduré par le peuple palestinien.

Car la tragédie a commencé depuis si longtemps qu'un monde futile a fini par oublier les funestes exploits quotidiens de Lucifer, le démon qui met cyniquement la corde au cou à tout un peuple et cherche à l'étrangler avant de le précipiter dans le néant.

Rappelons comment il le terrorise, l'affame, l'assoiffe, le pilonne, l'empêche de se soigner, de se déplacer, martyrise , terrorise, emprisonne sans jugement et torture même ses enfants qu'il empêche d'étudier, l'emmure, vole l'argent de ses impôts, le soumet à l'arbitraire de colons féroces et armés ainsi que de policiers brutaux et sadiques aux checkpoints où il blesse, humilie et assassine en toute impunité. Il laisse son armée caillasser les enfants sur le chemin de l'école et au besoin, les utilise comme boucliers humains. Il bombarde centrale électrique et réserves d'eau potable, déracine les merveilleux oliviers centenaires, dresse des murailles au milieu des villages. Animé d'une rage dévastatrice il réduit en cendres les vergers et les cultures d'un peuple colonisé et emprisonné, vole ses terres, son eau, ses ressources naturelles, poursuit sa colonisation, détruit les maisons, empêche les agriculteurs de travailler, défonce les routes, ruine les infrastructures, les récoltes, ravage le port et l'aéroport de Gaza, bombarde sa plage, les bateaux de pêche, pilonne même les hôpitaux, les écoles et les ambulances, laisse le champ libre à ses snipers assassins, empoisonne la population de Cisjordanie à petit feu en se débarrassant de ses déchets toxiques dans les territoires palestiniens au mépris de la protection de l'environnement et des nappes phréatiques, asperge les maisons des villages de déjections puantes, invente chaque jour de nouvelles brimades et de nouvelles humiliations.

 

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Lucifer, tableau de Dali

 

N'est-ce pas là une description saisissante de l'Enfer sur la terre? Et c'est de ce peuple courageux que la résistance héroïque est qualifiée de "terrorisme" par les bourreaux et les complices occidentaux du Lucifer local!

C'est bien dans le toboggan en forme d'entonnoir que glisse inexorablement le peuple palestinien poussé par le Lucifer sioniste. Jusqu'à quelle profondeur lui faudra-t-il sombrer dans les abysses de l'humiliation et de la souffrance avant que ses pieds se posent sur un sol assez dur pour lui permettre de rebondir et de remonter à la lumière?

Mais aujourd'hui, Lucifer est toujours dans le dos de sa victime et il s'active, année après année, à le précipiter toujours plus profondément dans l'amertume et le désespoir. S'il fallait attribuer le prix Nobel du malheur aux victimes de l'ignominie de leurs Lucifers respectifs, il serait attribué conjointement aux nations indiennes exterminées vicieusement par les troupes sans honneur, sans foi ni loi des colons européens fraîchement établis dans le Nouveau Monde, ainsi qu'au peuple palestinien en voie de subir un sort analogue de la part - ô ironie de l'histoire - d'une armée de colons se prétendant les descendants des plus grands persécutés de la planète - et formant aujourd'hui l'État d'Israël.

Or, il faut bien comprendre que les comportements cruels et sadiques de l'État sioniste ne sont pas le résultat d'actes isolés et circonstanciels. Ils sont voulus, théorisés et planifiés. C'est ce que démontre avec une rigueur implacable l'ouvrage de Chérif Abdedaïm. Après avoir lu De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne, personne ne pourra prétendre qu'il ne savait pas ce qui était en train de se tramer dans le petit mouchoir de terre sur lequel une poignée d'immigrants issus du monde entier revendique, au nom d'un vieux mythe, la possession du territoire habité depuis la nuit des temps par un autre peuple.

Le parallélisme est saisissant entre ceux qui se déclarent fièrement une nation "exceptionnelle et indispensable" et qui ont réussi le prodige d'exterminer par la ruse, les pièges et la violence la quasi totalité des nations indiennes, et ceux qui se proclament un "peuple élu" et dont le rêve est d'éliminer aussi parfaitement la population autochtone du territoire qui est le sien. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, sévices, assassinats, déportations. Ah, s'ils pouvaient expédier tous ces "arabes" sur la lune!

La politique actuellement menée en Palestine et que décrit si justement M. Abdedaïm démontre que les principes d'humanité et d'éthique ne sont pas universels et que seule la fâcheuse publicité internationale que permettent les moyens de communication modernes empêche aujourd'hui les massacres à moyenne et grande échelle tels qu'ils furent accomplis dans les années cinquante à Deir Yassine, Haïfa, Jaffa, Acre, Oum Al Fahem et AL-Ramla, Al-Daouayma, Abou Shousha, Qazaza, Jaffa à plusieurs reprises, Tannoura, Tireh, Kfar Husseinia, Haïfa encore et encore, Sarafand, Kolonia, Saris, Biddu, Lod, Bayt Surik, Sasa, Balad al-Cheikh, hier Jenine et Gaza tant et tant de fois. La litanie des villes et villages-martyrs s'étire, interminable.

C'est pourquoi Lucifer recourt dorénavant à un artisanat du crime et de la terreur plus cachés et donc plus pervers. Nos droits-de-l'hommistes ne se mobilisent pas pour les enfants palestiniens assassinés de sang froid, mais goutte à goutte et leurs couinements sont modestes et rapidement réduits au silence au moment des grands carnages à Gaza.

Ne pas oublier ces martyrs est notre devoir et l'immense mérite de Chérif Abdedaïm est de démontrer que ces crimes prennent place dans la stricte logique du sinistre projet politique sioniste.

Car l'Etat hébreu, conduit par les machinistes du sionisme poursuit inlassablement un seul et unique but: conquérir mètre carré par mètre carré, et par tous les moyens, la totalité de la terre de sa géographie mythique. L'actuelle guerre de Syrie à laquelle Israël participe activement en sous-main fait partie des plans de conquête de l'État sioniste.

L'ouvrage de Chérif Abdedaïm démontre pas à pas et preuves à l'appui, que le projet d'extermination sournoise du peuple palestinien a été poursuivi avec une farouche détermination par tous les gouvernements sionistes qui se sont succédé depuis que l'existence d'Israël a été acceptée par l'ONU, et même avant cette reconnaissance de fait, lorsque les groupes terroristes sionistes - Irgoun, Lehi, Ha Sommer, Haganah - se sont heurtés au mandat anglais et massacraient à la fois des Anglais et des Palestiniens.

Dans la longue et très importante citation d'une déclaration de l'un des principaux théoriciens du sionisme, Vladimir Jabotinski, une phrase résume parfaitement ce projet : "Toute colonisation, même la plus réduite, doit se poursuivre au mépris de la volonté de la population indigène. Et donc, elle ne peut se poursuivre et se développer qu'à l'abri du bouclier de la force, ce qui veut dire un Mur d'acier que la population locale ne pourra jamais briser. Telle est notre politique arabe. (…). La force doit jouer son rôle - brutalement et sans indulgence (…) et cela jusqu'à ce qu'il ne reste aucun espoir, jusqu'à ce que nous ayons supprimé toute ouverture visible dans le Mur d'acier."

Voilà exprimé noir sur blanc le mode d'emploi du projet luciférien.

Tous les gouvernements sionistes ont collé à la lettre à ce plan. Les interminables négociations et autres accords, de camp David, d'Oslo ou d'ailleurs, n'étaient que poudre aux yeux et avaient d'autant moins pour finalité d'être mis en œuvre honnêtement que les exactions du pouvoir sioniste jouissent depuis les origines d'une impunité absolue de la part de son protecteur d'Outre-Altlantique. En témoignent plus de soixante vétos opposés par les USA aux résolutions de l'ONU qui condamnaient l'État sioniste.

Mais on ne peut cacher que le plan du Mur d'acier n'a pu se concrétiser que grâce à la complicité et à la collaboration tantôt tacite, tantôt officielle des dirigeants des ghettos palestiniens eux-mêmes, ces "Présidents" d'opérette trop heureux de bénéficier pour eux-mêmes et pour leurs proches des miettes de pouvoir et de richesses que l'occupant dédaigneux leur jette de temps en temps, en échange de leur soumission et de la création d'une milice chargée d'espionner, de réprimer, d'arrêter et même de torturer les résistants.

Lucifer en rit encore.

Grâce à l'ouvrage de Chérif Abdedaïm nous pouvons suivre pas à pas la progression de la mise en œuvre du sinistre plan d'élimination du peuple palestinien. La lucidité et la rigueur de son auteur auront rendu un immense service à la cause de la Palestine et surtout à la cause de la vérité.

Malgré le Mur d'acier, malgré les trahisons viendra un jour où Lucifer rendra les armes.

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/palestine/lucifer/lucifer.html

 

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Pas d’interview pendant huit ans et, maintenant, deux d’un coup ! Ce n’est pas nous qui nous en plaindrons. Ce dont nous nous plaignons, c’est que ces passionnants entretiens de Madame Asma al-Assad soient sous-titrés en anglais et non en français. Colonisés provinciaux que nous sommes, de quoi nous plaignons-nous ? Les quelque 80 millions de francophones d’Europe ne s’intéressent pas à ces choses, voilà tout.

 

Entre la guerre et la paix

 


 

Vidéo tirée d’un film documentaire russe.

Source :  https://syrianfreepress.wordpress.com/2016/11/03/asma-al-...

 

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Paris - Chiens écrasés

Une princesse saoudienne ordonne de « frapper » et « tuer » un artisan parisien

Olivier Berruyer – Les crises 4 novembre 2016

 

8. Guillemets anglais.gifUn simple fait divers – mais tellement illustratif de notre époque… Vous imaginez si ça avait été la belle-fille de Poutine ?

 

Une plainte a été déposée contre la fille de l’ex-roi Salman qui a fait rouer de coups un homme qui effectuait des travaux dans son appartement.

7. Paris - Les Crises.jpg

 

« Il faut le tuer, ce chien, il ne mérite pas de vivre », s’est emportée la descendante des fondateurs du royaume d'Arabie Saoudite à l’encontre d’un artisan parisien venu effectuer des travaux dans son appartement de l’avenue Foch à Paris, dans le 16e arrondissement. Selon le récit circonstancié de la victime, établi devant les gardiens de la paix, alors qu’il prenait une photo de la pièce où il devait intervenir, la princesse a fait héler son garde du corps armé.

Les gorilles étrangers sont en effet autorisés à porter une arme par le ministère de l’Intérieur, alors que cela est interdit aux professionnels de la sécurité privée de nationalité française, sauf rares exceptions.

En dépit des explications de l’artisan – il a l’habitude de prendre des clichés avant travaux, afin de remettre les objets et les meubles à leur place après –, le cerbère l’empoigne. Il est accusé de réaliser des photos pour les revendre à des journalistes.

 

Tenu en joue

L’homme de main de la princesse lui assène un coup de poing sur la tempe avant de lui ligoter les mains. Zélé, le garde du corps ordonne à l’artisan de s’agenouiller et de baiser les pieds de la princesse. Récalcitrant, il est alors mis en joue. Selon les policiers qui ont recueilli le témoignage de la victime, les traces de coups étaient encore visibles au moment où il se confiait aux forces de l’ordre. L’artisan affirme que son calvaire a duré près de quatre heures, avant qu’un troisième larron n’intervienne : il réalise une photocopie de sa carte d’identité et lui enjoint de partir en lui interdisant « l’accès au 16e arrondissement à jamais » !

Obstiné dans l’adversité, l’artisan a demandé à être payé et a présenté sa facture de 20.000 euros. En vain. Et les Saoudiens ont conservé son matériel.

Les mauvais traitements au personnel sont réguliers parmi les riches familles du Golfe, certaines d’entre elles bénéficiant en plus de l’immunité diplomatique. Cela rend aléatoire toute tentative de poursuite judiciaire. À ce stade, le parquet de Paris n’a pas fait connaître la suite qu’il entendait donner à cette plainte.

Source :  https://www.les-crises.fr/une-princesse-saoudienne-ordonn...

 

Trois commentaires parmi d’autres :

1) Nous rappelons que le marché aux esclaves de Ryad, Abu Dhabi, et Muscat n’ont fermé leurs portes qu’en 1962, 1964 et 1970.

Durant l’enfance des princes et princesses du golfe on pouvait encore acheter de l’esclave sexuelle circassienne, du soldat chrétien, de l’eunuque du Soudan et de l’artisan perse en allant au Souk.

Maintenant on se fournit à la source, ils ont raison la filière courte pour le bétail c’est le mieux.

2) L’essentiel est bien que l’Arabie saoudite siège dans les conseils des droits humains, contrairement à la Russie. On voit l’expertise qu’ils détiennent dans ce domaine.

3) Heureusement pour elle, la France a un président humaniste et universellement respecté. « Homme d’État de l’année 2016 » même.

 

Les artisans parisiens devraient savoir qu’en vendant leurs services dans le XVIe, ils risquent de tomber sur des gens vulgaires.

 

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Mis en ligne le 6 novembre 2016.

 

 

 

 

 

 

11:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/11/2016

Où l'en en apprend de belles...

1. Flotte chinoise à Tartous.JPG

Tartous. Pas encore la flotte égyptienne, juste la flotte chinoise…

 

Où l’on en apprend de belles

 

À la suite d’un de nos récents posts, en réaction à un article de M. Israël Shamir (« Erdogan consolide son emprise »), une de nos lectrices qui signe Sémimi, s’était insurgée en ces termes contre une affirmation de M. Shamir :

 

Avec M. Shamir, dont le ton condescendant met les nerfs en pelote, il y a toujours à boire et à manger. Ainsi lorsqu’il écrit benoîtement que le président de l’époque, Morsi, était « modérément islamiste », il faut l’entendre, je suppose, au sens où les coupeurs de tête dont parle si justement Bruno Guigue, sont, eux aussi, qualifiés de « modérés » - c’est-à-dire qu’ils décapitent lentement et avec des canifs !

Je rappelle à M. Shamir et à ceux qui l’ont oublié que l'ancien Président de la République d'Égypte, M. Morsi, sur lequel le peuple palestinien fondait d'immenses espoirs, rapidement déçus, hélas, a, dans son dernier discours de chef d'État dit "démocratique", prôné le "djihad", c'est-à-dire rien de moins que la "guerre sainte" ... mais, mais pas contre l’État sioniste, contre la Syrie, donc contre un autre État à majorité musulmane.

Aucune guerre n'est sainte et tout "djihad" politique n'est qu'une monstruosité barbare. Ainsi, M. Morsi venait ex abrupto de déclarer la guerre à un État avec lequel il n'avait aucun différend politique, et cela pour le plus grand bonheur et jubilation de l'axe otano-qataro-saoudo-sioniste qui manipule à son profit les faibles esprits religieux fanatisés et les politiciens corrompus de la région, mais à la grande fureur d'une partie importante de la société égyptienne, violemment hostile à une dictature religieuse.

La lettre personnelle d'allégeance adressée au Président Peres, par laquelle le Président égyptien fraîchement élu avait souhaité à l'État d'Israël "bonheur et prospérité" demeure dans toutes les mémoires et a pris tout son sens à la lumière des événements qui ont suivi.

Trois jours après le prêche religieux sectaire de M. Morsi, qui aurait envoyé des dizaines de milliers d'Égyptiens grossir les rangs des hordes internationales d'égorgeurs et de décapiteurs de civils syriens sous prétexte qu'ils ne priaient pas leur Dieu de la même manière qu'eux, une junte militaire en a profité pour reprendre le pouvoir - avec le soutien d'une importante proportion de la société civile, il faut bien le constater. Peut-être subsistait-il chez les généraux égyptiens quelques traces de l'authentique patriotisme égyptien qu'avait incarné le Colonel Nasser. Peut-être se souvenaient-ils qu'il n'y a pas si longtemps, l'Égypte et la Syrie ne formaient qu'un seul État. Les deux étoiles qui ornent encore le drapeau syrien en sont les vestiges. […]

 

 L’analyse de notre lectrice semble se trouver aujourd’hui confirmée par les faits, à savoir :

 

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Le grand tournant d'al-Sissi : l’Égypte envoie ses forces en Syrie pour soutenir l’armée

Al Manar - Réseau International4 novembre 2016

 

3. Le-président-égyptien-Abdel-Fattah-al-Sissi.jpg

Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi

 

Selon une source militaire de haut rang,  cité par le  site « Iran Today »,  le gouvernement égyptien aurait envoyé des forces militaires en Syrie dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la coopération militaire et la coordination avec l’État syrien, a rapporté le site d’informations Syria-scop.com.

La source a affirmé que  « l’Égypte est  désireuse de fournir une aide militaire et d’envoyer des forces en Syrie pour participer aux batailles du gouvernement syrien contre les terroristes, surtout  après avoir constaté que ses différends avec l’Arabie Saoudite sont profonds concernant l’aide que fournit cette dernière aux terroristes en Irak et en  Syrie sans compter la guerre qu’elle mène contre le Yémen ».

La source a poursuivi que « les gouvernements syrien et égyptien comptent annoncer cette coopération dans la  lutte contre le terrorisme officiellement et très prochainement ».

Toujours selon la même source, « l’Égypte a également envoyé des armes à la Syrie pour soutenir le régime du président Bachar al-Assad dans la purification de la terre syrienne de la présence des terroristes ».

Il convient de noter, que la semaine dernière, le général Ali Mammlouk, chef du Bureau de la sécurité nationale syrienne a visité l’Égypte et a tenu des réunions avec de hauts responsables égyptiens.

Dans le même contexte, un groupe d’officiers de l’armée égyptienne s’est rendu mardi dans la ville portuaire syrienne de Tartous pour s’entraîner avec des conseillers militaires russes, près de la ligne de front de l’État islamique, a rapporté ce jeudi Mehrnews.

Selon plusieurs rapports d’activistes locaux, les officiers égyptiens étaient accompagnés par des militaires russes à leur arrivée à Tartous, mardi.

Les armées égyptienne, russe et syrienne n’ont pas confirmé ces informations.

Source : http://french.almanar.com.lb/80243

Via : http://reseauinternational.net/le-grand-tournant-de-sissi...

 

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La mère de l’une et l’épouse de l’autre…

 

On ne peut que rapprocher ce qui précède de l’article ci-dessous du Réseau Voltaire, qui apporte pour sa part un assez joli bouquet d’informations. On ne sera pas surpris d’y trouver Mme Huma Abedin, hier inconnue à nos bataillons d’Européens lambda, qui fait la une de presque tous les organes de presse internationaux depuis quelques jours.

 

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Les e-mails d’Hillary Clinton et la Confrérie

Thierry MeyssanRéseau Voltaire

1er novembreDamas (Syrie)

 

L’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte pas sur une négligence face aux règles de sécurité, mais sur un complot visant à distraire toute trace de ses correspondances qui auraient dû être archivées sur des serveurs de l’État fédéral. Il pourrait comprendre des échanges sur des financements illégaux ou de la corruption, d’autres sur les liens des époux Clinton avec les Frères musulmans et les jihadistes.

 

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Hillary Clinton et sa directrice de cabinet Huma Abedin

 

La relance de l’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte plus sur les questions de sécurité, mais sur des trafics qui pourraient aller jusqu’à la haute trahison.

Techniquement, au lieu d’utiliser un serveur sécurisé de l’État fédéral, la secrétaire d’État avait fait installer à son domicile un serveur privé, de manière à pouvoir utiliser Internet sans laisser de traces sur une machine de l’État fédéral. Le technicien privé de Mme Clinton avait nettoyé son serveur avant l’arrivée du FBI, de sorte qu’il n’était pas possible de savoir pourquoi elle avait mis en place ce dispositif.

Dans un premier temps, le FBI a observé que le serveur privé n’avait pas la sécurisation du serveur du département d’État. Mme Clinton n’avait donc commis qu’une faute de sécurité. Dans un second temps, le FBI a saisi l’ordinateur de l’ancien membre du Congrès, Anthony Weiner. Celui-ci est l’ancien époux d’Huma Abedin, directrice de cabinet d’Hillary. Des e-mails provenant de la secrétaire d’État y ont été retrouvés.

Anthony Weiner est un homme politique juif, très proche des Clinton, qui ambitionnait de devenir maire de New York. Il dut démissionner à la suite d’un scandale très puritain : il avait envoyé des SMS érotiques à une jeune femme autre que son épouse. Huma Abedin se sépara officiellement de lui durant cette tourmente, mais en réalité ne le quitta pas.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article193919.html

 

Bref, si la moitié seulement des choses énoncées dans cet article – sujettes à confirmation comme toujours - étaient vraies, il y aurait là de quoi faire pendre (ou électrocuter) deux ou trois personnes, puisque la peine de mort n’est pas abolie aux USA.

 

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Mis en ligne le 4 novembre 2016

 

 

 

 

22:46 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/11/2016

HA HA HA !

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Ha ha ha ! (jaune)

Ha ha ha ! (Tout court)

 

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Cirque électoral hexagonal

 

2. Cirque US.GIF

Montebourg, the young leader

Théophraste R. – Le Grand Soir 2 novembre 2016

 

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La French American Fondation (sponsorisée entre autres par la banque Lazard) est connue pour sa formation de « Young leaders » appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines. Ils auront à réfléchir sur des thèmes majeurs communs aux deux pays et à approfondir leur compréhension mutuelle. Ah, qu’en termes galants ces choses-là sont dites !

Entre 1997 et 2001, John Negroponte présida la French American Fondation, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (DNI), dirigeant l’US States Intelligence Community (qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA).

Pour devenir young leader, il faut postuler et être parrainé. Parmi les Français qui ont été sélectionnés on a pu remarquer : François Hollande, Bernard Guetta, Laurent Joffrin, François Léotard, Christine Ockrent, Jacques Toubon, Valérie Pécresse, Eric Raoult, Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Najat Vallaud-Belkacem, Matthieu Pigasse, Pascal Riché (Rue 89), Emmanuel Chain, Jean-Marie Colombani, Nathalie Kosciusko-Morizet, Alain Minc, Pierre Moscovici, Laurent Wauquiez et même (amis communistes, fermez les yeux)… Arnaud Montebourg.

Vous pensez bien que, dès que Pierre Laurent et Olivier Dartigolles auront lu ce billet, ils vont (après avoir vérifié) abandonner la carte Montebourg et en sortir une autre, moins suspecte d’allégeance envers l’Oncle Sam. Je suis sûr qu’on doit pouvoir trouver ça dans les alentours.

Théophraste R. (Yankee no !).

Pour en savoir plus, lire ma source : http://www.legrandsoir.info/les-socialistes-americains.html

Notre source : http://www.legrandsoir.info/montebourg-the-young-leader.h...

 

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Cirque électoral US (suite)

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Obama va-t-il faire tuer Hillary Clinton ?

Ariane WALTER – Le Grand Soir 2 novembre 2016

 

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Les racines des démocrates plongent dans le tumulte chicagoan.

Je conseille à ceux qui ignorent tout de la mafia locale, la lecture du livre d’Éric Laurent La face cachée des banques. Ils y apprendront ce qu’est la dynastie Daley qui règne sur Chicago depuis des décades, ayant tout dernièrement cédé la place à Emmanuel Rahm. Ce même Rahm dont le père travaillait pour l’Irgoun, bonne famille donc, et qu’on appelle Rahm Bo dans le milieu car il est assez nerveux quand on le contrarie. Ce fut ce nom que prononça en priorité Obama après sa première élection. Le premier homme qu’il appela auprès de lui pour l’aider à être honnête.

(C’est alors que j’aperçus, moi qui avais pleuré lors de la victoire d’Obama, si mignon avec ses pitchounettes, que je m’étais fait baiser et des millions avec moi dans les grandes largeurs.)

Le jeune Obama, quelques années auparavant, vivait à Chicago quand il avait été remarqué par une charmante brunette, miss Michelle Robinson et présenté à une docte dame du clan, voyant ainsi sa carrière de marionnette élégante toute tracée.
Belle ville que Chicago avec sa bourse pimpante ! (Oui c’est à la bourse de Chicago, quelques jours avant le 11 septembre, qu’eurent lieu de gros délits d’initiés.) Mais passons. Le hasard.

Or figurez-vous que tout ce beau monde, un peu comme nos socialistes, c’est-à-dire la gauche frauduleuse, la démoncratie, est très mal aujourd’hui.

Ils tentaient le tiercé qui n’a jamais existé : Obama 1, Obama 2 et Clinton 3 ; ils avaient avec eux les médias et les banques ; et soudain, patatras, le chef du FBI, qui avait pourtant été mis en place par Obama (il y a quand même des ingrats) vient de trouver dans les mails d’un ex-élu démocrate pédophile des mails de son ex-femme Uma Abedin, très pote avec Killary et les frères musulmans !

(Oui, je sais, c’est plus compliqué que le Da Vinci Code, mais c’est de la politique contemporaine avec ses gros plugs comme l’Art du même nom !)

Que va-t-on à nouveau découvrir dans ces mails ?

J’imagine le pire :

Clinton prenait-elle conseil auprès de Kim Kardashian pour sa politqiue du Moyen-Orient ?

A-t-on d’elle une sex-tape avec Ben Laden ?

On sait certes que sa fondation offrait aux grosses boîtes qui avaient des problèmes d’impôts de régler tout ça contre un bon 10 %. Mais tout ceci est tellement banal en politique ...

Il n’empêche que notre merveilleuse Killary, élue ou pas, sous le coup d’une procédure dite RICOE, risque tout bonnement un SCUD « d’impeachement » et de finir en prison sous les coups de boutoir du diabolique Trump !!

Qui est responsable de tout ce foutoir ?

Pas de mystère.Tout le monde le sait : POUTINE !

Il a déjà hacké le serveur des démocrates, il a sûrement fourré de fadaises la correspondance de la dite Clinton, il embête Daech, il a séduit Trump qui lui mange dans la main ! Ça commence à faire, là !!

Que faire ?

L’Obamaboulerie et la Clintonerie sont encore plus bas que la Hollanderie pour vous montrer le niveau du désastre !

Il faut donc une action d’éclat. que je propose aux services secrets les plus tip-top de ce temps, la CIA, le Mossad, le M16, entre autres, qui ont quand même la responsabilité de garder en équilibre un monde où le petit peuple commence à la ramener un peu trop !

De récents sondages donnant Trump vainqueur, Obama doit agir sans plus attendre !

Voici donc le scénario que je suppute :

1- Clinton deux jours avant les élections va se prendre un pruneau en pleine poire.

2- Le jour même le tireur d’élite va être arrêté dans un cinéma où il regarde le dernier film sur Snowden.

3- Ce tireur d’élite sera un ex du KGB que l’on aura vu à la terrasse d’une pizzeria avec Trump, portant sur lui un T-Shirt de Poutine.

4) Poutine sera déclaré responsable de ce meurtre, l’état d’urgence programmé et la guerre déclarée à la Russie. (Ce qui s’appelle faire d’une pierre trois coups, Trump étant aussi arrêté pour haute trahison.)

5) Une dizaine de bombes nucléaires seront tirées vers la Russie.

6) Qui seront détournées grâce à la technique supérieure des Russes et renvoyées sur la Maison Blanche, la statue de la Liberté, les bureaux de Monsanto et de Raythorn, le FMI, Wall Street et les grandes banques qui seront pulvérisées.

7) Obama sera arrêté par le FBI.

8) Poutine et Trump se rencontreront au sommet de l’Empire State building et signeront une paix universelle.

Certains me diront que la fin de l’Histoire est inquiétante...

Ah ! Écoutez, il faut quand même être conscients que nous appartenons à une espèce cruelle, sadique, dominatrice, dégénérée, psychopathe qui offre à travers l’histoire des cortèges de monstruosités et que si nous ne nous décidons pas, une bonne fois pour toutes, à cracher à la gueule des dieux et des héros pour devenir de braves paysans sympas, nous sommes tous morts !!!

Est-ce clair ?

http://www.le-veilleur.com/article/etats-unis-coup-de-ton...

Eric Laurent, La face cachée des banques, Pocket 2011.


Source : http://www.legrandsoir.info/obama-va-t-il-faire-tuer-hill...

On aimerait savoir ce que Le Veilleur  entend par cette phrase : « Quid de l’image de l’Amérique, un nouveau Vénézuéla ? »  En quoi, d‘après lui, l’Amérique et le Vénézuéla sont-ils comparables ? [LGO]

 

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Mis en ligne le 3 novembre 2016

 

 

 

 

 

20:18 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/10/2016

LES COUPEURS DE TÊTES À L'ONU

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Mais pourquoi diantre les Russes posent-ils leur candidature à ce Machin ?

 

 

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LES COUPEURS DE TÊTES À L'ONU !

Bruno Guigue – Oumma.com 30 octobre 2016

 

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Élire l'Arabie saoudite au conseil des droits de l'homme, c'est comme nommer un pédophile directeur d'école. Mais ça y est, c'est fait. Cette monarchie est esclavagiste et corrompue. Pudibonde et obscène, elle se prosterne devant le dieu-dollar et vomit tout ce qui n'est pas wahhabite. Elle diffuse à l'échelle planétaire une idéologie débile et sectaire. Elle invoque le Créateur à chaque virement bancaire, mais elle décapite comme d'autres font un barbecue. Seulement voilà, elle a beaucoup d'amis. Et ils trouvent qu'elle a un excellent pedigree pour se voir confier la promotion des droits de l'homme. Remarquez, on a échappé au pire. On a failli lui confier les droits de la femme.

Voilà donc l'Arabie saoudite chargée, avec notre bénédiction, de soutenir les droits de l'homme comme la corde soutient le pendu. Car les Occidentaux ont voté comme un seul homme pour la candidature de Riyad. Avec une bienveillance de marchands de canons soucieux de la réputation du client, ils ont arrosé d'eau bénite cette fosse à purin. Vus de Paris, les dix milliards de contrats d'armements valent bien cette petite mascarade dont personne ne parlera plus dans 48 heures. On leur a vendu des armes, distribué des médailles, bradé l'honneur national. Tant qu'on y est, on peut aussi leur permettre de parader au sein de ce conseil qui de toutes façons ne sert à rien. Puisqu'ils y tiennent !

On pourrait craindre, bien sûr, que l'ONU y perde de sa crédibilité. L'organisation internationale s'en remettra-t-elle ? En réalité, aucun risque. L'ONU est une avaleuse de couleuvres professionnelle. Elle n'est pas à un paradoxe près. Elle tente de donner une apparence de réalité à cette fiction qu'est la communauté internationale, mais personne n'est dupe. Le conseil des droits de l'homme a des attributions ronflantes, mais ce machin onusien est devenu la bonne-à-tout-faire des ploutocrates. L'arène internationale est un champ de forces où les alliances se font et se défont. Richissime, la monarchie wahhabite a des moyens de persuasion que n'a pas le Burkina Faso.

Que cette élection au CDH (28 octobre) ait eu lieu trois semaines après le massacre perpétré à Sanaa par l'aviation saoudienne (8 octobre) ne manque pas de sel. Quel symbole ! L'admission en grande pompe au conseil des droits de l'homme, c'est la prime à l'assassin. On a heureusement échappé au Prix Nobel de Laurent Fabius, l'apologiste alcoolique des psychopathes d'Al-Nosra. On a frôlé celui des Casques blancs "auto-reverse", brancardiers le jour et tortionnaires la nuit. Mais c'était plus fort que tout. On n'a pas pu éviter l'élection des coupeurs de tête saoudiens au conseil des droits de l'homme de l'ONU.

On aurait dû surtout demander ce qu'il en pense au peuple yéménite. Il subit tous les jours des bombardements qui ont fait 10 000 morts et provoqué une crise humanitaire sans précédent. Mais on s'est bien gardé de lui demander son avis, à ce peuple arabe martyr, avant de coller ce nouveau fion de hamster au revers du veston wahhabite. Car les droits de l'homme, en fait, c'est bon pour justifier les bombardements, pas pour les interdire. Sauf s'ils sont russes. Et même lorsqu'il n'y a pas de bombardement !

Comme par hasard, deux jours avant le scrutin onusien, une école a été attaquée à Idlib (Syrie). Selon l'ONU, il y a eu 28 morts dont 22 enfants. L'ONU n'a accusé personne, faute de preuves. Mais les officines de propagande et les médias occidentaux ont accusé la Russie. Niant toute implication, le ministère russe de la Défense a fourni les preuves qu'il n'y avait pas eu de bombardement aérien. Aucune importance ! L'essentiel, c'est le vacarme organisé contre Moscou avant l'élection des membres du conseil des droits de l'homme. Résultat : la Russie a obtenu moins de voix que la Croatie. Contrairement à l'Arabie saoudite, elle ne fait plus partie du CDH. Mission accomplie.

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Bruno Guigue : Normalien, énarque, aujourd'hui professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, l'invisible remords de l'Occident (L'Harmattan, 2002).

Source : http://oumma.com/223856/coupeurs-de-tete-a-l-onu

 

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Retour sur le putsch turc

Israël Shamir rentre de Turquie et Thierry Meyssan a reçu des informations nouvelles.

 

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Erdogan consolide son emprise

Israël Adam Shamir – Entre la plume et l’enclume 30.10.2016

Traduction : Maria Poumier

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La Turquie est infatigable. Le président Erdogan consolide son pouvoir, en essayant de se débarrasser des interférences irritantes du Parlement. Il tente de réformer la Turquie dans le sens d’une république présidentielle, en assumant les pouvoirs d’un président américain. Il se voit calife, plaisante le peuple à Istanbu, et on l’appelle le sultan Erdogan. Et le putsch éventé de juillet a été mis à profit comme mettre en route une grande purge dans la structure du pouvoir. Cependant, le résultat pourrait s’avérer encore plus positif que ce qu’en attendent de nombreux observateurs.

Voilà ce que j’ai appris pendant ma visite en Turquie, où j’ai eu l’occasion de rencontrer des membres turcs du Parlement, des ministres et des chefs de rédaction des plus grands médias. Je m’attendais à ce que le putsch raté appartienne  déjà à l’histoire, mais je me trompais.

L’ombre du putsch pèse lourdement sur les évènements quotidiens, dans le pays. On m’en a montré des traces au siège du Parlement, où une bombe lancée par les putchistes était tombée. Il y a aussi une exposition de photos montrant d’autres  coups d’Etat militaires victorieux, avec un horrible portrait président Adnan Menderes pendu en 1960. Les putschs turcs, ce n’est pas de la petite bière. L’armée voulait prendre le pouvoir et le garder, pour elle, et pour ses alliés de l’Otan.

Le putsch de juillet a causé la mort de 240 personnes, pour moitié tués sur le pont du Bosphore dans une confrontation avec l’armée. Ce n’est pas grand-chose par rapport au putsch égyptien, où les victimes se sont comptées par milliers, et où l’armée a éjecté le président Morsi, modérément islamiste, et élu en toute légitimité.

Après le putsch, Erdogan a entrepris la purge des Gulenistes ou Fethullistes comme on appelle les partisans de Fethullah Gülen, le père de l’islam politique turc modéré et le créateur d’un vaste réseau d’écoles qui s’étend sur 160 pays. Ils étaient censés être les initiateurs du coup d’Etat. Ce n’est en fait pas très clair, si Gülen et ses partisans étaient bien derrière l’opération, mais il ne fait pas de doute que ce sont des ennemis d’Erdogan.

La purge n’est pas sanglante, mais douloureuse : les proscrits ne sont pas abattus, mais perdent leur travail et atterrissent souvent en prison. Quelque soixante-dix ou quatre-vingt mille personnages sont passées à la trappe, 35 000 sont à l’ombre. Ils sont juges, officiers de l’armée, fonctionnaires, et souvent enseignants. 500 personnes ont été chassées du ministère des Affaires étrangères, certains avaient refusé de rentrer chez eux quand l’ordre de se replier avait été donné. L’état d’urgence a été déclaré juste après le putsch, et vient d’être prolongé pour trois mois de plus.

Une telle justice d’exception est notoirement aveugle : un juge est mort trois mois avant les évènements, mais était toujours sur les listes des proscrits pour sa participation au putsch. Certaines sociétés appartenant à des gülenistes ont vu leurs biens confisqués, tandis que leurs obligations et dettes restaient bien à la charge des propriétaires dépossédés. Il est difficile de se défendre contre des accusations quelque peu rhétoriques de gulenisme..

Les Turcs répondent par une saine plaisanterie, aux tâtonnements de cette “justice aveugle” : « un aveugle, ça s’agrippe à tout ce qu’il peut attraper”.

Le gouvernement argue que lesgulenistes constituaient une organisation de comploteurs, appelée FETO, et la décrivent comme « organisation terroriste ». Ils la comparent à Daesch, au Cartel de Medellín, et, plus surprenant, aux jésuites.

Mais il reste difficile de comprendre en quel sens les gulenistes étaient des terroristes. La pire chose dont ils sont accusés, c’est d’avoir fraudé pour obtenir des certificats permettant à leurs  membres d’accomplir un service civil, et ce faisant, de leur avoir assuré des positions confortables. Ce n’est pas conforme aux principes des joueurs de cricket, mais peut difficilement être qualifié d’opération terroriste.

Comment fait-on pour démasquer un guleniste ? La tâche n’est pas simple, mais il y a certains marqueurs qui révèlent le crypto-guleniste.

Les gens qui utilisent la messagerie ByLock sont suspects. Cette messagerie d’amateurs avait été populaire parmi les gens de Gülen et certaines personnes impliquées dans le putsch. 150 000 utilisateurs de ByLock ont fait l’objet d’une enquête. Le système avait été piraté par les services de sécurité de l’Etat il y a quelque temps, parce que c’était très léger du point de vue sécurité. Après quoi, les conspirateurs s’étaient reportés sur le système de messagerie professionnelle WhatsApp. Il offrait une bonne sécurité, mais il suffisait de mettre la main sur le smartphone d’un seul comploteur pour avoir accès à tous les autres.

Autre moyen pour débusquer un crypto-guleniste : localiser le billet d’un dollar que les gulenistes reçoivent de leur gourou. Un membre du Parlement m’a dit qu’un vrai guleniste coud souvent ce billet sur l’envers d’un sous-vêtement, au contact de sa peau.

Cette idée avait été mise en service par le rabbin fondateur des Loubavitch : en effet, feu Menachem Mendel Schneersohn répandait aussi des billets d’un dollar et bénissait même de la vodka pour la consommation des juifs hassidiques. Il conversait avec Dieu, et Gülen de même, selon ses troupes, et selon ses adversaires également. Les juifs ultra-orthodoxes essayaient eux aussi d’accroître leur influence, avec un succès considérable.., mais ils n’avaient jamais été qualifiés de terroristes.

Gülen avait été - et il le reste – un personnage très puissant dans le monde turcophone, particulièrement en ex-URSS et en Chine, depuis le Tatarstan et la Yakoutie jusqu’au Xinjiang. Les jeunes du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan sont passés par ses écoles. Le mouvement Gülen était considéré comme la branche dominante dans l’islam politique modéré pro-occidental. Pratiquement tous les islamistes modernes de la Turquie sont passés par ses écoles. Il était l’allié le plus important d’Erdogan dans son combat ascendant contre les kémalistes violemment laïques qui gouvernaient la Turquie jusqu’en 2002.

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Source : http://plumenclume.org/blog/173-erdogan-consolide-son-emp...

 

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Journal du changement d’ordre mondial #12

À la recherche du bouc émissaire

Thierry Meyssan – Réseau Voltaire 20 ctobre 2016

Damas (Syrie)

 

À Berlin, l’Allemagne, la France, la Russie et l’Ukraine ont tenté de débloquer les conflits ukrainien et syrien. Cependant, d’un point de vue russe, ces blocages n’existent que parce que l’objectif des États-Unis n’est pas la défense de la démocratie dont ils se prévalent, mais la prévention du développement de la Russie et de la Chine à travers l’interruption des routes de la soie. Disposant de la supériorité conventionnelle, Moscou a donc tout fait pour lier le Moyen-Orient et l’Europe orientale. Ce à quoi il est parvenu en échangeant l’allongement de la trêve en Syrie contre l’arrêt du blocage des accords de Minsk. De son côté, Washington cherche toujours à se décharger de sa culpabilité sur un de ses alliés. Après avoir échoué en Turquie, la CIA se tourne vers l’Arabie saoudite.

 

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Le conflit opposant les États-Unis à la Russie et à la Chine évolue sur deux fronts : d’un côté, Washington cherche un éventuel bouc émissaire à qui faire porter la responsabilité de la guerre contre la Syrie, de l’autre Moscou qui a déjà relié les dossiers syrien et yéménite, tente de les lier à la question ukrainienne.

Washington à la recherche du bouc émissaire

Pour se désengager la tête haute, les États-Unis doivent faire porter la responsabilité de leurs crimes à un de leurs alliés. Ils ont trois possibilités : soit faire porter le chapeau à la Turquie, soit à l’Arabie saoudite, soit aux deux. La Turquie est présente en Syrie et en Ukraine, mais pas au Yémen, tandis que l’Arabie est présente en Syrie et au Yémen, mais pas en Ukraine.

La Turquie

Nous disposons désormais d’informations vérifiées sur ce qui s’est réellement passé le 15 juillet dernier en Turquie ; des informations qui nous contraignent à réviser notre jugement initial.

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Source : http://www.voltairenet.org/article193805.html

 

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Chats

« Faites pas attention quand mon humaine pète les plombs. »

Mimi Makhno

 

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L’assassinat d’Arsen Pavlov, dit « Motorola », un des chefs militaires de la Résistance du Donbass, venant après plusieurs autres non élucidés, nous avait incités à consacrer, à ces dérangeantes morts en série, un  post assez conséquent, dans lequel nous nous efforcions de faire entendre le plus possible des voix qui comptent.

C’était un travail long et ardu, parce que presque tous s’expriment en russe, sont traduits en anglais mais pas en français.

Nous terminions par celui du Chat Mathieu (Kat Motja) parce qu’à tort ou à raison, il allait à contre-courant des autres, l’opinion d’un Russe sous les armes, dans un pays assailli de toutes parts, fût-elle erronée, délirante ou bourrée de préjugés, n’étant pas à nos yeux à écarter d’une pichenette par ceux qui ne sont que spectateurs.

C’est malheureusement ce qui s’est produit, puisque le Saker – sur le blog duquel la prise de position du Chat avait paru en anglais – l’a supprimé purement et simplement, avec, bien entendu, les commentaires de lecteurs qu’il avait générés, alors que nous étions occupés à le traduire en français.

Bâillonner quelqu’un – même quelqu’un qui a tort – est un acte arbitraire inexcusable. Pas seulement d’un  point de vue moral : les actes arbitraires sont des raccourcis. Mais tous les raccourcis finissent dans des culs-de-sac et, donc, ne servent en définitive jamais à rien. Ce sont des actes essentiellement inintelligents.

Nous n’aimons pas faire preuve d’inintelligence ni nous laisser censurer, fût-ce indirectement. Nous avons donc décidé de ne rien publier de ce qui était prêt à l’être sur cette affaire et à nous tenir à l’écart désormais du blog du Saker, jusqu’à ce que nous soyons sur une longueur d’ondes moins éloignée du point de vue des principes.

Nous ne revenons pas sur cette décision, mais nous mettons en ligne le Nouvelleaks paru aujourd’hui sur ANTIPRESSE parce que Slobodan Despot y résume de façon exemplaire les faits relatifs à cette mort, pour l’information de ceux qui ne sont pas au courant des derniers assassinats ciblés en cours dans cette partie du globe. LGO.

 

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Zakhar et ses chats

NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

ANTIPRESSE30 octobre 2016

 

Zakhar Prilepine est l’auteur le plus célèbre et le plus lu parmi les «enragés de la jeune littérature russe». Il a été officier dans les OMON, les troupes spéciales, dans l’épouvantable guerre de Tchétchénie. Il est membre du Parti National-Bolchevique d’Edouard Limonov. Il ne s’en cache pas, loin de là. À rebours de la plupart des écrivains en vogue, il ne se prétend pas apolitique, ni ne revendique le point de vue de Sirius. Il relève que la grande majorité des œuvres importantes de sa propre tradition traitent d’événements politiques et/ou sont l’œuvre de militaires.

 

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Zakhar et le chat

 

Cela ne l’empêche pas d’être lu, traduit et adulé dans le monde entier comme une grande voix littéraire de notre temps. C’est le miracle de la littérature et la force pacificatrice du vrai talent. À l’heure actuelle, la prose de Zakhar Prilepine est l’une des rares denrées russes qui échappent au boycott occidental, particulièrement en France, où l’essentiel son œuvre est traduite aux éditions Actes Sud, à la Différence ou aux Syrtes.

Le lundi 24 octobre, Zakhar Prilepine était à Belgrade pour le lancement de son nouveau livre. Ses Lettres du Donbass, datant de juillet dernier, sont déjà traduites en serbe, avant même d’être parues en langue originale. C’est d’elles qu’il est venu parler en un lieu adorable, la maison-musée d’un vieux poète bohême sise au beau milieu de la Skadarlija, la rue joyeuse des tavernes, des orchestres tziganes et des pavés assassins qui brisent les talons des dames élégantes et les chevilles des messieurs éméchés.

Je me trouvais là, au premier rang du public, tandis que mon ami Dragoslav Bokan devait animer la soirée en compagnie de Zakhar et de sa traductrice. Derrière moi, assis ou debout, attendaient cent ou cent cinquante spectateurs fervents et inclassables. Retraités, étudiants, jeunes militants nationalistes, professeurs de littérature, starlettes, poivrots, provocateurs, philosophes de rue. L’apparition de Zakhar en hoodie noir — silhouette de moine rappeur — a été bruyamment saluée, et suivie immédiatement d’une minute de silence. C’est cette minute d’un silence lourd et pénétrant, incrustée comme une bille de plomb dans le brouhaha d’un quartier de fêtards, qui m’a décidé à relater cette rencontre.

 

Arsen

Zakhar venait d’enterrer un camarade de combat et un ami proche.

Arsen Pavlov dit Motorola, le commandant légendaire de la défense du Donbass, était tué huit jours plus tôt par une bombe placée dans l’ascenseur de son immeuble à Donetsk alors qu’il rentrait dans son petit appartement où l’attendait sa femme avec ses deux enfants, dont un bébé nouveau-né. La première des Lettres du Donbass, du 6 juillet 2016, lui était justement consacrée. A ses côtés dans l’ascenseur se trouvait son garde du corps, le tranquille géant géorgien Taïmouraz, dont le portrait nuancé fait l’objet de la troisième lettre, datée du 12 juillet.

Par-delà le chagrin récent, qui chez lui semblait se traduire par un surplus de colère froide et résolue, j’ai cru sentir chez Prilepine l’ombre d’une appréhension. Lui-même pouvait à tout moment être le prochain sur la liste d’exécution des commandos ukrainiens. Comme il nous l’a expliqué, il vit désormais dans le Donbass, parmi les insurgés, et ne retourne en Russie que pour chercher de l’argent et revoir sa famille. Il est heureusement marié depuis vingt ans et il a quatre enfants.

Qu’avait-il besoin de cela? Il a survécu par miracle à sa première guerre, en Tchétchénie, et en a tiré des récits à vous couper le souffle. Un côté baroudeur, à la Hemingway ? Ce serait encore trop simple. Comme beaucoup d’écrivains et de poètes russes, Prilepine identifie son destin à celui de sa nation. Or c’est là qu’il se joue, selon lui, dans les provinces rebelles de l’est de l’Ukraine. C’est là, autant et peut-être plus qu’en Syrie, que les deux superpuissances se livrent une guerre par procuration.

A l’ouest, l’Ukraine de l’Euromaïdan, issue du putsch de février 2014 à Kiev. Derrière elle, sans dissimulation, le pouvoir américain. Qui nomme les ministres, fait les lois, accapare les ressources. Le fils du vice-président américain Joe Biden préside la principale compagnie énergétique du pays. Avocat de formation, Hunter Biden est surtout un crétin cocaïnomane que même l’U. S. Navy a viré de ses rangs malgré ses hautes protections. Son sourire vide et exorbité s’intègre harmonieusement à la galerie tim-burtonienne de sycophantes loufoques qui incarnent désormais l’Ukraine « européenne » à la suite du chocolatier inepte Petro Porochenko. Leur propre peuple, désormais, les abhorre.

A l’est, des régions ouvrières de culture et de langue russes dont le crime est d’avoir rejeté le putsch de 2014 contre un président élu. Avec la bénédiction de l’UE, le nouveau pouvoir de Kiev a lancé au printemps 2014 une « opération antiterroriste » pour balayer en quelques semaines cette méprisable agitation. Mal lui en a pris. Son armée sans motivation s’est enlisée et a été remplacée en première ligne par des troupes ouvertement nazies. Et Kiev — relayé aveuglément par les médias occidentaux — n’a trouvé d’autre alibi à son fiasco que d’incriminer depuis deux ans une introuvable présence militaire russe sur son territoire.

On comprend beaucoup mieux ce mystère en découvrant des figures comme « Motorola » et son entourage. Laveur de voitures, tailleur de stèles funéraires, vétéran de Tchétchénie, Arsen Pavlov était retourné se battre dans le Donbass par vocation, comme nombre de volontaires russes. Il y est rapidement devenu légendaire, notamment en chassant les forces ukrainiennes de l’aéroport de Donetsk avec un effectif incomparablement moindre et des pertes négligeables. Le régiment qu’il commandait porte le nom de Sparte. Son insigne combine les couleurs traditionnelles avec les symboles de l’heroic fantasy à la russe.

Prilepine livre un instantané saisissant de « Motorola » dans son environnement domestique. Son appartement exigu, modeste, de deux pièces. Son refus de vivre dans une résidence protégée. Ses multiples blessures. Ses digressions soudaines sur la langue ukrainienne et russe, sur les gens qu’il a connus, sur la fabrication de la haine. Sa confiance en la vie… et même en la mort. Et toujours ce batifolage surprenant des Russes entre le pathos et la dérision, entre les zakouskis, les détails domestiques et la grande histoire…

« Il y a des gens qui ne comprennent absolument pas ce que je fais ici, dit-il. J’ai toujours la possibilité de m’en aller. Moi, je n’ai pas besoin de “comm”. Je tricoterais des chaussettes — parce que je sais tricoter les chaussettes — et je les vendrais pour de l’argent normal. “Les chaussettes Motorola”. Et puis je vivrais normalement… »

Les obsèques d’Arsen Pavlov ont drainé des dizaines de milliers de personnes à Donetsk. En Russie, seul le grand barde Vladimir Vissotsky avait eu droit à un aussi imposant cortège funéraire. Des milliers de jeunes gens du cru, mais également venus de Russie, d’Ossétie, de Serbie ou de France, sont prêts à prendre sa place. Cette guerre a même resserré les liens avec les Tchétchènes, qui fournissent le troisième contingent de volontaires par ordre d’importance. Aux yeux de toute la Russie, mais aussi d’une certaine Europe, le Donbass est une nouvelle guerre d’Espagne.

Dans l’autre camp, celui de l’Euromaïdan, les tentatives de recrutement et de mobilisation pour l’armée se soldent par des rébellions populaires, voire par le lynchage des recruteurs. Au Donbass, plus que le soutien de la Russie, c’est la motivation passionnelle qui est la clef de voûte. Le sens du sacrifice et l’acceptation, si peu «moderne», de la mort comme prix d’une vraie vie.

 

Anna

Prilepine est porté lui aussi par cet élan. La conscience d’une destinée se lit sur son visage, dans ses gestes, dans ses absences même. Durant la soirée, il a été tour à tour sarcastique, cordial, exalté, arrogant. Il a tourné en dérision des questions bienveillantes et répondu avec patience à des interventions imbéciles. Il a parlé d’empire et de géopolitique, de cuisine, de la nécessité de jeter les téléviseurs par la fenêtre pour protéger les enfants. Tout comme « Motorola », lui aussi a des portes de sortie. Il n’aurait pas besoin d’être là-bas, ni de faire de la politique. Il est, dit-on, l’écrivain préféré du président Poutine. Ses tirages atteignent le demi-million. Et pourtant…

La deuxième lettre du Donbass, datée du 8 juillet 2016, nous conte le personnage d’Anna Dolgareva, très jeune poétesse toute de noir vêtue. Anna est née en Ukraine. Son frère est un ardent militant ukrainien (il milite surtout sur Instagram, précise-t-elle). Elle, elle venait du milieu des jeux de rôle « grandeur nature », du monde de Tolkien et des chevaliers. Son fiancé aussi, qui était ingénieur. Un jour, il a quitté son travail et il est parti combattre dans le Donbass. Elle l’a perdu. Depuis lors, elle a renoncé à la vie. Cette renonciation, elle l’a écrite en des vers arrimés au sol et déchirants.

Ici c’est un pays de renégats, nous n’avons déjà plus d’autre retraite / le vent de steppe sent la mort, la menthe et le miel. / Nous buvons pour l’amour, la vérité, pour l’enfance heureuse, / nous buvons, sans trinquer, dans des douilles d’obus.

Après la mort de « son Liochka », Anna était tombée en dépression. En sortant de l’hôpital, elle a couru à la SPA récupérer un chaton du nom de Félix. « Pourquoi êtes-vous si pressée », lui a-t-on demandé, « c’est pour un cadeau ? ». « Non, c’est pour moi. Vite ! » Félix est aujourd’hui l’être le plus important de sa vie. A part lui et ses vers, elle n’a rien. Elle vit dans un petit appartement, à Donetsk, et travaille comme journaliste. Elle ne croit en rien, mais reste trop orthodoxe pour se suicider. Aussi monte-t-elle chaque jour vers les villages de la première ligne.

« Il ne peut m’arriver rien de pire que ce que j’ai déjà vécu. En principe, je suis agnostique. Mais tout le monde me dit que le suicide n’amène rien de bon. Or je veux retrouver mon Liochka. »

En attendant les retrouvailles avec Liochka, c’est le chat Félix qui lui sert de compagnon dans cette vallée de larmes.

 

Félix

Aux pieds de Zakhar, pendant toute la soirée, veillait un chat. Un simple rôdeur tigré. Peut-être celui de la maison ou d’un voisin. Il allait et venait comme une sentinelle, s’immobilisait en sphinx ou en cariatide, indifférent au public, aux exclamations et aux flots d’émotion. Dans ce dandy de gouttière balkanique, j’ai vu soudain le porte-drapeau de tous les chats de la littérature russe. Des chats de Gogol au compagnon madré du Diable dans Le Maître et Marguerite, ils sont là pour rappeler l’étrangeté impénétrable et la permanence de la vie, de la simple vie animale qui nous observe avec une tranquille ironie quand nous croyons, nous humains, tenir l’univers entier sous nos microscopes, en fronçant le sourcil.

Il y avait en Zakhar, comme dans tous ces chats, comme dans la goguenardise du « tsar » Poutine, une distante sérénité comme venue de l’au-delà ou de l’inconscient collectif. S’il fallait décoder le message inscrit en filigrane dans cette humeur si particulière, dans cet humour si noir qu’il en est imperceptible, il donnerait à peu près ceci : « Advienne que pourra ! Il ne peut rien nous arriver de pire que la mort, or nous l’avons traversée et nous savons qu’elle n’est rien. Nous luttons non pour la survie, ni même pour la victoire, mais pour le salut de notre âme en attendant la résurrection. » Aucune arme n’est assez pénétrante pour percer cette assurance-là.

 

Zurich Airport

Après la soirée, Zakhar est allé rencontrer Emir Kusturica, qu’il admire. Ils sont revenus tous deux dans la rue bohême et nous avons fait la fermeture d’un vieux café. Je suis rentré chez moi à trois heures du matin. A six heures, je montais dans un avion pour la Suisse. Dans le couloir du débarquement, après l’enfilade des publicités géantes pour les montres, m’attendait Roger Federer. Non pas lui, mais son hologramme. Qui, toutes les minutes, s’adressait aux voyageurs dans son petit pull cachemire, avec un geste d’invitation très poli.

« You, yes you! Comme here with me… » disait-il en anglais. Ou en allemand. Je ne sais plus. Le savait-il d’ailleurs lui-même? Pour le compte d’une assurance, ou d’une banque, le grand tennisman proposait aux consommateurs de faire un selfie avec lui. Enfin, avec son hologramme. Ou était-ce vraiment lui? Des enfants arrêtaient leurs parents, intrigués.

« A-t-il besoin de ça ? » me suis-je demandé. « N’a-t-il pas de moyen plus élégant de justifier sa vie ? » Puis je n’y ai plus pensé.

PS Les lettres du Donbass de Zakhar Prilepine seraient en cours de traduction aux éditions des Syrtes. Nous attendons avec impatience la traduction de son immense roman Обитель (La Communauté), au souffle tolstoïen, une saga consacrée au camp de concentration des Solovki.

 

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Mis en ligne le 30 octobre 2016.

 

 

 

 

22:56 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

28/10/2016

IL Y A 51 ANS

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Il y a 51 ans

 

À la fin des années 1960, la mal nommée guerre froide battait son plein. En toile de fond, les luttes de libération nationale au Viêt Nam et au Mozambique, la résistance à l’apartheid en Afrique du Sud, le coup d’Etat au Brésil puis en Indonésie… Pour renverser la tendance favorable à l’ordre néocolonial, trois grands leaders, Che Guevara, Mehdi Ben Barka et Amilcar Cabral imaginèrent une convergence de luttes à l’échelle  tricontinentale. Des mouvements, des partis politiques ou encore des guérillas d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie devaient échanger sur leurs expériences et leurs stratégies de résistance face à l’impérialisme. Ces trois révolutionnaires, penseurs et hommes d’action, payèrent de leur vie l’un après l’autre, leur lutte aux côtés des « damnés de la terre ». Un demi-siècle après leur disparition, leurs idées en faveur d’un monde moins inégalitaire restent plus que jamais d’actualité. 

 

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« Affaire Ben Barka » : 51 années après les faits, la vérité fait toujours peur

Alex Anfruns, Philippe Stroot –Investig’Action

 28 octobre 2016

 

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Pour mieux comprendre quelle était la lutte de son père, nous avons interviewé Bachir Ben Barka qui œuvre pour que la lumière soit faite sur toutes les responsabilités dans « l’affaire Ben Barka ».

 

Monsieur Ben Barka, 51 ans après, que sait-on exactement de l’enlèvement de votre père, Medhi Ben Barka, le 29 octobre 1965 à Paris ?

Peu de choses. On sait qu’il a été interpelé par deux policiers devant la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain à Paris, qu’il est monté dans une voiture de service, que dans cette voiture il y avait un agent des services français et un truand qui accompagnaient les deux policiers. Il a été amené dans une villa aux environs de Paris, à côté d’Orly, à Fontenay-le-Vicomte, qui appartient à un gangster notoire et là sa trace disparaît, on ne sait pas ce qui lui est arrivé.

Beaucoup d’histoires ont été racontées, beaucoup d’hypothèses avancées, mais pour nous il a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à midi trente. Bien sûr on ne peut pas douter de sa mort, de son assassinat, mais il y a des questions qui restent sans réponse depuis 50 ans. Comment a-t-il été assassiné ? Qui sont ses assassins ? Où est son corps ?

Nous n’avons pas de lieu où aller nous recueillir. Et puis aussi il y a la question qui nous intéresse et qui nous interpelle en tant que citoyens : toutes les responsabilités ont-elles été établies ? Certaines l’ont été. Mais toutes les responsabilités pénales – et même politiques – sont encore loin de l’être. Au bout de 51 ans, le but de nos recherches, ma famille avec son avocat Me Butin, est toujours de connaître la vérité sur le sort de mon père.

 

Qui avait intérêt à faire taire le militant internationaliste marocain qu’il était ?

Votre question contient sa réponse. Parce qu’il était militant internationaliste, il gênait un certain nombre d’intérêts. Ce que nous savons c’est que la décision politique première d’organiser sa disparition émane du sommet de l’État marocain, au plus haut niveau. L’exécution de cette besogne a été confiée au ministre de l’intérieur Oufkir, au chef de la sûreté nationale Dlimi et à leurs agents.

Des complicités qui éclairent les convergences d’intérêts de ceux qui voulaient faire disparaître Mehdi Ben Barka ont été sollicitées. Les services secrets français, les services secrets israéliens et aussi, sans aucun doute, les services secrets des États-Unis d’Amérique, ont d’une manière ou une autre contribué à organiser le piège dans lequel est tombé mon père puis et qui a causé son enlèvement et sa disparition.

 

Commentant l’enlèvement de Ben Barka, le Général de Gaulle a dit : « Rien, absolument rien, n’indique que le contre-espionnage et la police, en tant que tels et dans leur ensemble, aient connu l’opération, a fortiori qu’ils l’aient couverte ». S’agit-il de mauvaise foi de la part du Général ?

Il y a dans ces propos beaucoup de mauvaise foi, beaucoup de comédie, mais surtout la volonté de protéger l’État. Le Général s’est rendu compte de l’ampleur du scandale, de l’ampleur des dysfonctionnements qui gangrénaient les services secrets et certains rouages de l’État français qui ont permis à des services secrets étrangers, en l’occurrence marocains, de commettre un crime sur le sol français.

Ces mêmes dysfonctionnements ont favorisé la protection et la fuite des criminels. Nous sommes certains que De Gaulle a été mis devant le fait accompli. Il était prévu qu’une rencontre ait lieu ce week-end de fin octobre 1965 entre mon père et des proches du général de Gaulle, sinon le général lui-même, intéressé par cette Tricontinentale qui était en train de se mettre en place, lui qui voulait avoir une certaine autonomie vis-à-vis des États-Unis d’Amérique.

Il a donc été mis devant le fait accompli et l’enlèvement de mon père a montré l’ampleur des problèmes que lui-même rencontrait au sein de son régime, aussi bien au sein de ses services secrets, que de sa police et même de ses proches collaborateurs politiques. Il a été dit à un moment donné que le ministre de l’intérieur français de l’époque, Roger Frey, aurait été au courant des préparatifs de la disparition de mon père ; il était très proche du général Oufkir avec qui il passait ses vacances en famille au Maroc.

Mais toutes les enquêtes et les recherches qui ont été menées depuis, aussi bien les enquêtes journalistiques que celles des historiens, et même l’enquête judiciaire, a montré que cette affaire était tout sauf « vulgaire et subalterne ». Les implications et responsabilités, aussi bien françaises que marocaines, israéliennes ou étasuniennes étaient d’un haut niveau, contrairement à ce que le Général de Gaulle a voulu faire croire. Malheureusement, depuis cette phrase, la chape de la raison d’Etat s’est posée sur le dossier judiciaire.

Aujourd’hui, 51 ans après, il y a encore une instruction qui reste ouverte en France et le dossier de l’« affaire Ben Barka » est le plus vieux dossier instruit devant le Tribunal de grande instance à Paris ; on en est au dixième juge d’instruction qui planche sur le dossier. L’impossibilité d’établir à la vérité provient essentiellement de la raison d’État ; « raisons » devant être mis au pluriel car ce sont les raisons de l’État marocain, de l’État français, de l’État américain, de l’État israélien qui empêchent l’action de la justice d’aller jusqu’au bout.

Des éléments matériels existent pour connaître la vérité sur la disparition de mon père, des témoins sont encore vivants. Quand je dis témoins, c’est gentil, car ce sont des acteurs, essentiellement des agents marocains, dont l’identité est connue et qui étaient présents à Paris. Certains ont été condamnés par un tribunal français pour enlèvement. Ils connaissent une grande part de la vérité.
Les dossiers des services secrets existent, mais qui sont toujours couverts par le « secret-défense ». Cela concerne aussi bien les documents des services secrets français, qu’israéliens, qu’américains.

On parle aussi d’un lieu où serait enterré au moins une partie du corps de mon père, dans la banlieue de Rabat, à quelques dizaines de mètres de la nouvelle ambassade des États Unis. Seulement, les autorités marocaines refusent d’aller creuser et de faire des fouilles à cet endroit-là.

Donc les éléments pour arriver à la vérité existent, qu’ils soient matériels ou sous forme de documents ; il est donc possible de savoir ce qui s’est passé. Mais cinquante années après les faits, la vérité fait toujours peur. Aucun de ces États ne veut assumer ses responsabilités, ni assumer les dérapages de ses services dans cet assassinat qui est un crime d’État.

 

Vous avez dit tout à l’heure que la procédure se poursuivait, mais se poursuit-elle activement ou est-elle purement formelle ?

Cela dépend des juges et des périodes. Il y a des juges qui sont plus actifs que d’autres, qui font vraiment progresser l’instruction et d’autres qui n’ont rien fait. Le juge actuel s’active mais il est confronté au blocage dû à la mauvaise volonté des États. Par exemple, quand le juge français envoie une commission rogatoire au Maroc pour interroger les témoins marocains, on lui répond que les autorités ne connaissent pas l’adresse du chef de la gendarmerie marocaine…

Quand le juge demande que des fouilles soient entreprises à un certain endroit, les autorités marocaines répondent qu’elles ne connaissent pas cet endroit, alors qu’il a été filmé. A la suite de quoi le mur d’enceinte a été surélevé de deux mètres pour que plus personne ne puisse le filmer à nouveau mais les images satellite sont encore là… Ce lieu est toujours dans l’état où il a été laissé il y a 10, 20 ou 30 ans. C’était un lieu de détention secret qui s’appelle le PF3 (point fixe 3) et où des opposants au régime ont été séquestrés et certains même assassinés d’après des témoins oculaires. Les autorités marocaines refusent d’aller y faire des fouilles.

Le ministère français de la défense refuse encore aujourd’hui de lever le secret sur des dizaines de documents concernant mon père et l’affaire. Donc, malgré la bonne volonté des juges, il y a à un moment donné un blocage matériel qui est dû à des décisions politiques, ou plutôt à un manque de courage pour prendre la décision politique de débloquer le dossier. Et nous nous demandons ce qui fait encore peur dans ce dossier pour que la vérité reste occultée.

 

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Photo de la Brasserie Lipp, avec une plaque en souvenir de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka

 

Vous avez évoqué l’enquête médiatique. Pensez-vous que la presse a réellement contribué à faire avancer la recherche de la vérité dans cette affaire ?

Oui et non. Oui, car il y a toujours de l’intérêt pour l’affaire, pour le mystère d’une affaire non résolue depuis 50 ans, le mystère d’un crime sans cadavre. Chaque fois qu’un élément nouveau apparaît, la presse l’amplifie et essaie d’aller plus loin.

Mais en même temps, la presse a été souvent un moyen d’enfumage. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est le grand titre en première page de l’hebdomadaire l’Express, en 1966, qui disait en gros caractères « J’ai vu tuer Ben Barka, un témoin parle ». Et en fait, quand on lit l’article, on s’aperçoit que le prétendu témoin qui a parlé n’est pas celui qui a donné l’interview et que la personne censée avoir vu quelque chose ne pouvait pas se trouver là où les faits se sont passés. Et ce fameux témoin c’était Georges Figon, l’un des truands impliqués dans l’enlèvement de mon père, qui a été trouvé « suicidé », d’après la thèse officielle, juste au moment où la police allait l’arrêter trois mois après les faits.

On sait maintenant que ce titre qui ne correspondait en rien au contenu de l’article a été totalement fabriqué par le responsable de l’Express de l’époque, Jean-Jacques Servan-Schreiber, ce qui a « boosté » ses ventes. Et malheureusement cette thèse développée par ce soi-disant interview a été à la base de beaucoup d’hypothèses sur la disparition de mon père.

C’est pour cela que je dis que la presse nous a beaucoup aidés, car grâce à la presse l’affaire n’est pas enterrée et on en reparle régulièrement, mais aussi parfois la presse a été utilisée, je ne dirais pas manipulée mais instrumentalisée pour faire passer de fausses pistes.

L’autre exemple qui me vient à l’esprit ce sont les déclarations d’un ancien agent marocain Boukhari qui, il y a une quinzaine d’années, a lui aussi fait des « révélations fracassantes » au journal Le Monde et à un hebdomadaire marocain, Le Journal de Casablanca, où il racontait comment le corps de mon père aurait été rapatrié au Maroc et aurait été dissout dans une cuve d’acide, tout en mettant toute la responsabilité sur le dos d’Oufkir et de Dlimi, en oubliant totalement le commanditaire, à savoir le roi du Maroc.

Là aussi, ces fameuses « révélations » de Boukhari, dont par la suite on a montré qu’il avait lui-même été instrumentalisé et qui a toujours refusé de venir témoigner devant un juge français, ont contribué à orienter le public vers des fausses pistes. Les conclusions voulues aussi bien du témoignage de Figon que de celui de Boukhari sont : d’abord que les responsables de la mort de mon père sont Oufkir et Dlimi ; ensuite que le corps a disparu.

Ce qui veut dire qu’il n’y a plus rien à chercher. Oufkir et Dlimi sont morts dans des circonstances très troublantes, le premier de deux balles dans le dos après la tentative de coup d’État contre Hassan II et le second dans un accident de la circulation avec un camion militaire juste après avoir quitté le palais royal. Les deux personnages clés sécuritaires marocains ayant disparu, il ne reste plus qu’à clore le dossier…

 

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Bachir Ben Barka

 

Vous êtes manifestement très actif pour contribuer à chercher la vérité sur ce qui est arrivé à votre père. Sur un plan plus personnel, qu’avez-vous hérité de Mehdi Ben Barka ? Avez-vous le sentiment de poursuivre son combat politique ?

Je pense que personne n’a actuellement l’envergure pour poursuivre son combat politique. Ce que j’essaie de faire c’est de mener le combat pour sa mémoire, pour qu’elle ne disparaisse pas avec lui. On l’a fait disparaître physiquement et, pendant de longues années, on a essayé de faire disparaître jusqu’à son nom de la mémoire collective marocaine ; mais en vain. Son nom est toujours présent. Ses idées sont toujours présentes même pour la jeunesse marocaine qui ne l’a pas connu. Tout ce qu’il a pu ou voulu proposer pour le Maroc et au-delà reste encore d’actualité.

Bien sûr, 51 ans ont passé, il y a des idées à actualiser, mais tous ceux qui ont lu ses écrits sur la période des années 60, la période de la décolonisation de la reconstruction des pays nouvellement indépendants, les risques et les dangers du néo-colonialisme, le combat pour la fraternité internationale, l’édification de sociétés nouvelles, la démocratie de base …, tous indiquent que ses propositions restent des pistes pour la jeunesse d’aujourd’hui, qui se réfère beaucoup à lui. Si j’arrive déjà à perpétuer cette mémoire et à la rendre disponible pour les nouvelles générations, cela serait déjà un grand travail accompli pour défendre cette mémoire et faire en sorte que ses idées soient reprises par d’autres.

 

Pour revenir brièvement au contexte géopolitique de l’époque, on se rappelle qu’en octobre 1963, le roi Hassan II avait déclenché la « guerre des sables » contre l’Algérie. Mehdi Ben Barka soutenait l’Algérie contre son pays le Maroc, disait-on. Est-il vrai que jusqu’aujourd’hui, certains assimilent encore cet acte à de la trahison ?

Permettez-moi d’apporter une correction : vous avez dit qu’il avait soutenu l’Algérie contre son pays ; or ce qu’il a fait fut de condamner la guerre. Il était contre cette guerre qu’il a qualifié d’agression contre la jeune Révolution algérienne qui était devenue une référence pour les mouvements de libération africains et latino-américains. Il est vrai que c’était un soutien à l’Algérie et une condamnation non pas de son pays mais du régime qui menait cette agression pour affaiblir l’Algérie.

Il est vrai qu’aujourd’hui encore, beaucoup n’ont pas compris cette position, mais pour lui elle allait dans le sens de tout son combat. Un combat qui allait au-delà des frontières. Car il avait eu la chance très tôt d’élargir sa vision politique. Il avait fait des études universitaires en Algérie : sa licence de mathématiques à l’Université d’Alger entre 1940 et 1942. Au moment où il aurait dû aller en France pour faire ses études universitaires, la France était occupée. Il a donc fait ses études à Alger ; ensuite il est rentré au Maroc en 1943 pour poursuivre sur le sol marocain son combat pour l’indépendance du Maroc.

Durant son séjour algérien, il a pu prendre contact avec les futurs dirigeants maghrébins – tunisiens et algériens – mais aussi participer aux débats qu’il y avait à Alger, notamment sur la lutte antifasciste. Cette question a fait débat à un moment donné parmi les peuples colonisés par la France : fallait-il soutenir l’Allemagne nazie, qui combattait la France, ou fallait-il se battre contre le nazisme ?

Pour la majorité des intellectuels et des militants politique de l’époque à Alger le combat contre le fascisme et le nazisme était prioritaire. Il ne s’agissait pas de dire que les ennemis de nos ennemis étaient nos amis… La logique politique et militante n’est pas exactement la logique mathématique. Il a participé à ce débat qui a conclu qu’il s’agissait donc de lutter contre le fascisme mais sans oublier, bien sûr, le combat pour l’indépendance des trois peuples du Maghreb.

Les liens noués par mon père en 1942-43 se sont développés par la suite entre les dirigeants du FNL en Algérie, du Néo-Destour en Tunisie et l’Istiqlal au Maroc. Cette vision internationaliste a ensuite toujours guidé sa vision politique. Bien sûr, chaque peuple a sa spécificité, chaque pays a son évolution à mener, mais c’est grâce à la solidarité entre eux que les peuples vont pouvoir progresser ensemble. Et mon père n’a jamais abandonné l’idée de rendre effective une solidarité, aussi bien au niveau du Maghreb, qu’au niveau de l’Afrique, et beaucoup plus tard, de la Tricontinentale.

 

Depuis l’indépendance du Maroc les rois se sont succédé. Tous se sont caractérisés par une « ouverture fermée » ou une « fermeture ouverte » du Royaume, comme il a pu être dit. L’assassinat de Mehdi Ben Barka a-t-il scellé le sort de l’ouverture démocratique du Maroc ? 

Je crois que l’espoir était mort bien avant. C’est vrai qu’au lendemain de l’indépendance, avec l’euphorie qui s’en est suivie, il y avait une dynamique alimentée par cette jeune génération de militants qu’étaient Mehdi Ben Barka, Bouabid, Basri, qui était issue des classes populaires et qui avait milité au sein du parti de l’Istiqlal et parfois également dans la résistance armée contre la France…

Au lendemain de l’indépendance cette génération avait voulu construire un Maroc nouveau, avec la revendication de l’Assemblée Constituante, avec la mobilisation des énergies populaires, tout en essayant de ne pas tomber dans le piège du néo-colonialisme. Pour que l’indépendance ait un contenu social et progressiste, cette génération s’est lancée dans ce combat.

 

Justement, comment le rapport de forces a-t-il évolué ?

Au moment de l’indépendance, le rapport de forces était tel, qu’il était possible d’arriver à un compromis avec le Palais Royal, et d’arriver à imposer un certain nombre de réformes et d’actions qui allaient dans le sens de la construction de cette nouvelle société. Mais petit à petit, les rapports de forces se sont inversés, et à la fin des années 50, il y a eu l’affaiblissement de cette nouvelle force qui émergeait et une reprise en main totale par le Palais, grâce aux alliances politiques et stratégiques entre la féodalité marocaine et les intérêts néocoloniaux et impérialistes, plus particulièrement français.

L’affaiblissement du mouvement populaire a été rendu possible par la répression, mais aussi par un certain nombre de problèmes internes, un manque d’organisation, qui ont fait que dès la fin des années 50, et principalement depuis le règne de Hassan II en 1961, on assiste à une rupture totale entre le Palais Royal et les forces politiques progressistes au Maroc. Et, plus qu’une rupture, on a assisté à un combat acharné pour éliminer ces forces progressistes par tous les moyens et essentiellement par la répression.

Quand on parle des années de plomb au Maroc, elles n’ont pas commencé en 1970, mais bien dans les années 60. A ce moment-là, l’espoir de l’Assemblée Constituante a disparu. Mohamed V s’était engagé à ce qu’une Constituante soit mise en place pour élaborer la constitution d’une monarchie constitutionnelle et démocratique, mais en 1962 Hassan II a imposé une Constitution à sa taille, sur mesure, qui n’allait pas du tout dans ce sens-là.

Les années de plomb ont vraiment commencé dès ce moment-là, avec des vagues de répression, des enlèvements, des procès politiques, des éliminations, et bien sûr l’assassinat de mon père en est l’exemple le plus symbolique, le plus symptomatique.

 

Est-ce que vous avez saisi des instruments internationaux par rapport à la disparition ?

Pas encore, car le l’instruction du dossier est toujours en cours en France. On nous a souvent encouragés à saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme, mais nous sommes toujours en attente. Comme le dossier est encore ouvert en France, cela veut dire que nous n’avons pas épuisé tous les recours judiciaires français. Par contre, nous sommes en train de réfléchir pour saisir le groupe des disparus des Nations Unies qui est très qualifié pour discuter de ces problèmes-là. A l’occasion du 50ème anniversaire, un nouveau Comité pour la vérité s’est créé en 2015, après le premier Comité qui s’était créé en 1965. Il est présidé par Louis Joinet, un juriste qui est également le rédacteur de la Charte du groupe de travail des disparitions forcées.

 

Qu’aurait-il pensé, selon vous, de ce qui se passe actuellement au Maghreb et au proche Orient?

Le contexte n’est pas le même. L’espoir a existé en 1954-55 et duré jusqu’en 1958 par la fameuse conférence de Tanger qui regroupait les trois partis leader du Maghreb, le Néo-Destour, le FLN et l’Istiqlal qui avaient une vision maghrébine, oeuvraient dans cette perspective-là, étaient conscients du problème du néocolonialisme, et étaient dans une perspective de construction d’un Maghreb des peuples.

Cette perspective n’est plus à l’ordre du jour aujourd’hui. Dès la fin des années 60, c’est le Maghreb des états qui s’est imposé, le Maghreb des polices avec un certain nombre d’opérations où il y avait beaucoup plus de solidarité policière et sécuritaire entre les trois, quatre ou cinq états du Maghreb, qu’une volonté politique de libération et de progrès.

C’est pourquoi aujourd’hui c’est très délicat de faire un parallèle. Le problème qui existe aujourd’hui n’est pas le même que celui qui existait dans les années 60. Il était admis que tous les différends soient réglés sur une base de coopération politique et économique entre les pays du Maghreb. Le problème est totalement différent. C’est pourquoi il est très difficile de dire ce qu’il aurait pensé aujourd’hui.

Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, cinquante ans après, l’état du Maghreb, du Moyen Orient et de l’Afrique, aurait été différent si les personnalités comme Mehdi Ben Barka, Lumumba, Amilcar Cabral, Che Guevara, étaient encore vivants. Ces assassinats n’ont pas été le fruit du hasard. Je ne vais pas dans le sens de la « complotite », mais il est indéniable qu’un certain nombre d’assassinats ciblés ont visé les figures qui étaient des catalyseurs de l’action de leurs peuples et de leurs régions.

Avec ces disparitions, un certain nombre de projets n’ont pas abouti. Par exemple, la perspective de la Tricontinentale était un grand espoir pour les peuples des trois continents. Il est indéniable que par la disparition de Mehdi Ben Barka, par l’isolement du Che Guevara en Afrique, par le coup d’État qui a renversé Ahmed Ben Bella en Algérie, les perspectives de cette Tricontinentale ont complètement changé, et ce qui était prévu n’a pas pu se réaliser totalement.

Sans oublier le coup d’État en Indonésie et ses millions de morts. Un certain nombre de leaders ont été éliminés à des moments-clé où il était possible que le rapport de forces se renverse en faveur des forces progressistes.

 

Parmi les nombreuses et variées origines des membres de Daech, il semblerait qu’il y ait également pas mal de Marocains. Quelle est votre réaction face à ce constat ? 

La situation au Maroc est particulière, c’est une situation de dérive sécuritaire. L’un des effets de cette présence sécuritaire est qu’elle empêche l’information de sortir. On ne sait pas tout ce qui se passe au Maroc : les mouvements de droits de l’homme se font l’écho d’un certain nombre de violations de plus en plus importantes et graves qui touchent le milieu de l’information, mais aussi le monde des avocats, le mouvement social.

Ce n’est pas un secret que les mouvements sociaux sont opprimés, mais on n’en parle pas. Il y a une certaine complaisance d’une certaine presse occidentale à l’égard du régime marocain, ce qui explique pourquoi les informations ne circulent pas. Et dans le rapport de forces actuel, peut être que le régime marocain joue un rôle clé dans cette stratégie contre le développement de forces islamistes dans la région, en liaison avec ce qui se passe en Europe.

Mais je crois que le Maroc, comme c’est le cas d’autres états méditerranéens, est parcouru par des tentations « criminalo-islamistes » – le mot jihadiste n’est pas exact. Et malheureusement, la jeunesse au Maroc n’échappe pas à cette réalité. Il faut mettre en parallèle l’état auquel est arrivée la situation économique et démocratique du Maroc avec l’état du développement d’une idéologie rétrograde, réactionnaire, obscurantiste…

Il y a un parallèle à faire et le Maroc n’échappe pas à ce parallèle. 60 ans après son indépendance, d’après mêmes les statistiques officielles, le Maroc se trouve encore à construire un système de santé, un système de scolarité et de sécurité sociale digne de ce nom. Le Maroc est à la queue du peloton des pays dans l’indice du développement humain. Et je crois que cette situation-là explique aussi que le Maroc n’ait pas échappé au développement des mouvements intégristes.

 

Pourriez-vous nous parler des activités que déroule l’Institut Mehdi Ben Barka ?

Il y a une quinzaine d’années nous avons fondé cette Institut Mehdi Ben Barka – Mémoire vivante, qui a un statut d’association 1901 en France, dont le but est d’oeuvrer précisément à faire connaître la pensée de mon père par tous les moyens : par des activités culturelles, des éditions, des conférences… La première action de l’Institut a été de rééditer ses écrits, en regroupant tous ceux qui avaient été édités de manière éparpillée : une partie en 1966 par François Maspero ; d’autres en arabe…

On a donc tout regroupé dans un livre paru aux éditions Syllepse : « Écrits de Mehdi Ben Barka ». L’action de l’Institut s’est poursuivie dans cette optique de travail de mémoire, mais aussi un travail d’histoire et de recherche, par l’organisation et la participation à des colloques et conférences.

Il y a eu par exemple un colloque à Paris, en 2005, sur la transition entre la tricontinentale et l’altermondialisme, dont les travaux ont donné lieu à publication chez Syllepse : « Mehdi Ben Barka en héritage – De la Tricontinentale à l’altermondialisme ». Il y a eu ensuite le livre consacré à « Mehdi Ben Barka », dans la collection « Pensée d’hier pour demain » paru au CETIM (Centre Europe-Tiers Monde) ; enfin, aux Éditions Les petits matins, dans la collection « sortir du colonialisme », un ouvrage intitulé « Mehdi Ben Barka, cinquante ans après ».

Mais défendre la mémoire de Mehdi Ben Barka ne réside pas uniquement dans la publication de ses écrits. On a organisé aussi des manifestations d’ordre culturel : il y a eu 2 grandes expositions qui ont eu lieu, une en France et l’autre au Maroc, à l’occasion du 40ème anniversaire de sa disparition en 2007 et 2008. A Paris, avec 41 artistes de différentes nationalités, où chacun a contribué avec une œuvre. Ensuite, à Rabat, des artistes marocains, espagnols, palestiniens, français, ont participé à une autre exposition-hommage qui a duré près d’un mois.

L’action de l’Institut consiste également à collaborer avec d’autres structures à des manifestations autour de la pensée et de l’action de Mehdi Ben Barka, comme nous l’avons fait lors de la semaine consacrée à la Tricontinentale à Genève.

 

Selon vous, qu’est-ce qu’il faudrait garder de sa pensée pour comprendre les événements actuels, 51 ans après ?

Sur la question du développement au Maroc, il avait essayé de mobiliser les potentialités populaires qui existaient dans le pays. A plusieurs occasions il a montré qu’il était possible d’organiser et de faire des actions d’ampleur dans le cadre local, régional marocain.

Et c’est aussi la tâche qu’il s’est donnée dans le cadre de son action internationale : quand il parle de solidarité, elle ne peut se faire que par la mise en commun des potentialités populaires de chaque pays ; surtout dans la perspective d’éparpiller les forces de l’adversaire : quand Che Guevara écrivait « il faut créer deux, trois Vietnam », c’est dans cet esprit-là.

Créer une organisation de solidarité des trois continents, cela veut dire organiser partout des luttes pour affaiblir l’adversaire principal. Ce qu’il a fait c’est mobiliser la jeunesse, mais en même temps mettre en commun les potentialités de chaque pays pour modifier le rapport de forces en leur faveur.

 

Source: Investig’Action

Pour aller plus loin : La Tricontinentale. Les peuples du tiers-monde à l’assaut du ciel, par Said Bouamama (octobre 2016, Editions CETIM)

 

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COMMÉMORATION DU 51ème ANNIVERSAIRE
DE L’ENLÈVEMENT ET DE LA DISPARITION DE MEHDI BEN BARKA

 

POUR LA VÉRITE ET LA JUSTICE

RASSEMBLEMENT LE 29 OCTOBRE 2016

À L’APPEL DE L’INSTITUT MEHDI BEN BARKA ET DU SNES-FSU

 

SAMEDI 29 OCTOBRE - À PARTIR DE 18 H
DEVANT LA BRASSERIE LIPP
BD SAINT-GERMAIN – PARIS

 

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Contact : institut.benbarka@aliceadsl.fr

 

 

 

Mis en ligne le 28 octobre 2016.

 

 

 

 

 

 

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26/10/2016

LE LOBBY BELGO-FRANCO-SUISSE

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Le lobby belgo-franco-suisse des qui ne pensent pas en file indienne

 

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Le dernier qui dit la vérité !

Jean Bricmont – Arrêt sur Info 24 octobre 2016

 

« Où sont les intellectuels qui se “mobilisent” pour toutes les causes possibles et imaginables, pourvu qu’elles concernent des droits autres que ceux de leur propre peuple ? Où sont les Onfray, Debray, Polony, Badiou, Plenel, Sapir, Todd, Lordon, Ruffin ? Comment les Zemmour, Finkielkraut, E. Lévy, Fourest, Causeur, Valeurs actuelles, Marianne, osent-ils encore prétendre que ce sont les islamistes qui limitent nos libertés ? » [Jean Bricmont]

 

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Interventions de Jean-Frédéric Poisson à l’Assemblée

 

Jean-François Poisson a dit des choses évidentes : Hillary Clinton est liée à Wall Street et aux groupes de pressions (aussi connus sous le nom de lobby) pro-israéliens. Et face à des groupes aussi puissants, la différence entre lié et soumis n’est pas très grande. Plus juste encore, M. Poisson a souligné que cette situation était mauvaise pour la France.

Pour se convaincre de la justesse des propos de M. Poisson, il suffit de lire les révélations de Wikileaks, ou d’écouter les discours de Mme Clinton devant l’AIPAC, ou de lire Hillary Clinton, la reine du chaos de Diana Johnstone (qui cite entre autre Haim Saban, un milliardaire sioniste, disant qu’il donnera tout l’argent nécessaire pour qu’Hillary Clinton soit élue) ou le livre de J. Mearsheimer et S Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine  qui démontre l’influence déterminante de ce lobby sur la politique américaine au Moyen-Orient.

Immédiatement, comme dans toutes les « affaires » précédentes (en vrac : Faurisson, Chomsky, Le Pen, Gollnish, Mermet, Morin, Siné, Garaudy, l’abbé Pierre, Dieudonné, Soral,…)[1] c’est l’hallali : le coupable est cloué au pilori, mis dans l’incapacité de se défendre, et sommé de s’excuser. Et ses excuses ne serviront à rien. En matière de délit d’opinion en France, c’est « ni oubli, ni pardon ».

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Source : http://arretsurinfo.ch/le-dernier-qui-dit-la-verite/

 

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Jean Bricmont est un physicien et essayiste belge qui enseigne la physique théorique à l’Université Catholique de Louvain.

Il a codirigé le Cahier Noam Chomsky aux Éditions de L’Herne. Il est aussi l’auteur d’Impostures intellectuelles, en collaboration avec Alan Sokal.

 

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Hillary et les lobbies : Monsieur Poisson, taisez-vous !

Bruno Guigue – Arrêt sur Info 23 octobre 2016

 

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Jean-Frédéric Poisson (PCD), candidat à la primaire à droite, à Ajaccio, le 21 octobre.

 

« Complotisme, antisémitisme, propos abjects ». Pour condamner les récentes déclarations de Jean-Frédéric Poisson, on n’y va pas avec le dos de la cuillère. Quelles horreurs le député français a-t-il bien pu proférer pour susciter une telle avalanche d’insultes ? Incitation à la haine raciale ? Accusation de meurtre rituel ? Apologie des SS ? Heureusement, rien de tout cela. En fait, il a déclaré que « la soumission de Mme Clinton aux super-financiers de Wall Street et aux lobbies sionistes représentent un danger pour la France et l’Europe ». Bigre. On frémit.

Les super-financiers de Wall Street ? Mme Clinton les aime et ils le lui rendent bien. Lors d’une conférence à 650.000 dollars rémunérée par Goldman Sachs, elle avouait qu’elle se sentait plus proche de son auditoire de banquiers que de la classe moyenne américaine. Il est vrai, confessait-elle ingénument, qu’elle et son mari ont amassé une fortune de plusieurs millions de dollars. Les péquenots qui se lèvent tôt le matin et bossent dur pour rembourser leurs prêts et payer les études de leurs enfants apprécieront.

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Source : http://arretsurinfo.ch/hillary-et-les-lobbies-m-poisson-t...

 

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Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

 

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Michel Raimbaud manie la schlague avec énergie et talent. On regrettera seulement que les clavistes (ou le web-master) d’Afrique-Asie ne se relisent pas pour éditer ce genre de texte aussi impeccablment qu’il le mérite. [L.G.O.]

 

Panne de courant au pays des lumières ! Sont-ils tombés sur la tête ?

Michel Raimbaud – Afrique-Asie 23 octobre 2016

 

En ces temps troublés, la « communauté internationale » - nom de scène des trois Occidentaux qui se piquent d’être les maîtres de droit divin de notre planète - semble perdre les pédales. Voilà donc nos larrons en quête de nouvelles aventures. 

 

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François Hollande remettant la légion d’honneur au prince-héritier saoudien

 

Comme d’habitude, l’Amérique, cette nation qui se croit indispensable et dispense aux quatre coins de l’univers ses leçons de morale, de démocratie et de droits de l’homme en faisant oublier qu’elle doit son existence au génocide des Amérindiens et sa prospérité actuelle au pillage du monde considéré comme une arrière-cour, donne le ton. Ses sbires, les ci-devant « grandes puissances européennes », qui se plaisent à jouer aux gros poissons dans les petites mares, ne sont pas en reste… Ayant remis les pendules à l’heure avec son Brexit et lancée dans le compte à rebours d’un Scotxit, la perfide Albion peut s’investir à fond dans son rôle traditionnel de cheval de Troie de l’Amérique. Pour sa part, notre « grande nation », qui fait tout pour ne plus l’être, se distingue par son arrogance ordinaire, sa prétention anachronique et le naufrage de sa diplomatie.

Nos fanfan-la-tulipe, nos malbroughs-mironton-mirontaine, nos lafayette-nous-voilà, prennent de grands airs de chefs de guerre qui nous feraient rire si leurs desseins n’étaient pas aussi sinistres : appeler à envoyer « à six pieds sous terre » Bachar Al Assad, s’acharner à peaufiner la mise à mort du peuple syrien et à détruire la vieille terre qui fut la matrice de notre civilisation, de nos religions et de notre alphabet ne sont pas des objectifs dignes d’un pays à l’histoire prestigieuse, qui se réclame si volontiers des « lumières ». Enchaîner les provocations et les incidents diplomatiques en pensant humilier ou braver ce Vladimir Poutine qui tient tête à l’Amérique, divinité révérée par nos élites, est du plus haut ridicule.

 

La diplomatie française est disqualifiée, marginalisée, ignorée, y compris par ses maîtres de Washington

Dans la posture qui est la sienne depuis son retour au « bercail atlantique », la France a perdu sa crédibilité, son prestige et le respect des pays qui jadis la trouvaient « juste même lorsqu’elle est injuste ». La diplomatie française est disqualifiée, marginalisée, ignorée, y compris par ses maîtres de Washington, au point d’être tenue à l’écart des grands dossiers et évincée des négociations décisives, tant est évidente sa capacité de nuisance. 

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Source : http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/75-a...

 

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Michel Raimbaud est un ancien ambassadeur français, écrivain et essayiste.  Son dernier livre paru : Tempête sur le Grand Moyen-Orient, chez Ellipse, Paris

 

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La spirale de l’impuissance

Slobodan Despot – ANTIPRESSE 23 octobre 2016

« Nouvelleaks »

 

L’Europe s’est anesthésiée dans sa procrastination. Elle est devenue la Belle au Bois dormant. Elle se réveillera comme Euramérique ou Eurasie, à moins qu’elle devienne Eurabie.

 

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Les travaux inutiles

 

C’est un roman de Georges Simenon, La fuite de monsieur Monde, qui dépeint le plus profondément la situation de l’Européen moderne. Arrivé au bord de la cinquantaine, M. Monde, petit industriel prospère, disparaît un matin sans crier gare. Alors que sa femme, personne froide et sans États-Unis, envoie la police à ses trousses, il prend un faux nom et se refait une vie au bas de l’échelle sociale, dans le Midi, avec une entraîneuse qu’il a sauvée du suicide. Dans un lieu sordide, il rencontrera la femme avec qui il était marié dans une vie antérieure, épave humaine ravagée par la drogue. Il remonte à Paris avec elle et la fait soigner à ses frais. Puis, tout aussi soudainement, il rentre chez lui et reprend son ancienne vie comme si rien ne s’était passé. Ne lui reste de son escapade qu’une énigmatique sérénité qui ressemble à de la résignation.

Norbert Monde avait explosé. Ou implosé. Son quotidien sans élans, sans tragédie, sans destinée, lui était devenu insupportable. En sortir était devenu une question de vie et de mort. M. Monde était un homme bon, voire héroïque, mais son univers ne laissait aucune place à la bonté et à l’héroïsme. Bien pire : de telles vertus y étaient vues comme des tares. Toute son éducation lui enjoignait de lutter contre elles. Retourné — socialement — à l’« état sauvage », il était comme un animal de zoo rendu à la nature. La laisse qu’il traînait encore derrière lui s’accrochait aux ronces, s’entortillait autour de ses pieds et le faisait trébucher. Il n’a pas eu la force de s’en défaire.

Je me suis reconnu dans cet homme entravé. Son gâchis, je l’ai pris à mon compte. Jeter tous ses acquis par-dessus bord dans l’espoir d’accomplir sa vie, arriver au seuil de cet accomplissement, et rater pour une vétille, un instant de gêne. Pour avoir été trop éduqué. Par crainte de causer du tort à quelqu’un. Par peur d’être mal vu…

Il m’arrive de faire un rêve, que j’appelle « le cauchemar de M. Monde ». La scène figure peut-être telle quelle dans le roman, je ne m’en souviens plus — à moins que ce soit dans le Docteur Jivago. Assis à la terrasse d’un café, je vois passer de l’autre côté de la rue une personne que j’aime et que je n’espérais plus retrouver. Elle avance sans me voir, elle va bientôt se fondre dans la foule. Je voudrais la héler, mais n’arrive pas à émettre le moindre son. Crier d’un trottoir à l’autre, cela ne se fait pas. Je devrais bondir pour la prendre par le bras mais je ne peux pas : je n’ai pas réglé ma consommation. Je me retourne, me tâte les poches, cherche le garçon des yeux, mais entretemps la silhouette a disparu…

La question du prix

Nous sommes sur le point de payer cher, très cher, le prix de notre hyper-civilisation. Cette idée m’a envahi l’esprit comme un refrain voici quelques années, lorsqu’un ami m’a demandé de l’aider à tuer un canard. Il n’était pas paysan, il en était très loin, mais il tenait quelques animaux dans sa propriété. Il n’avait pas la main assez sûre pour décapiter le volatile sans le faire souffrir. Personne dans son entourage n’avait le cœur de l’assister, même s’ils avaient tous l’appétit de goûter au rôti. J’ai donc tué le canard avec lui. Mes grands-mères le faisaient toutes seules, sans histoires.

Même si le véganisme est très à la mode, la grande majorité des Occidentaux mangent de la viande. Bien plus de viande que leurs ancêtres, qui étaient bien moins nombreux. Pour remplir tous ces ventres, il faut des montagnes de viande. L’élevage n’a plus rien de pastoral. C’est une industrie du gavage et de l’extermination. Périodiquement, des vidéos qui « fuitent » des abattoirs mettent en émoi les réseaux sociaux.

On pointe du doigt des entreprises « inhumaines » qui ne respectent pas les normes, qui écorchent des bêtes à peine étourdies. Mais que dire de celles qui sont « en règle » ? À l’occasion de l’Aïd, avec un humour satanique, Daech a mis en scène l’exécution de « traîtres » en les suspendant à une chaîne d’équarrissage. Clameurs universelles ! La mécanisation du rituel en décuple l’horreur, les camps du XXe siècle nous l’ont suffisamment montré. La trajectoire d’un cochon ou d’un poulet d’élevage industriel, depuis sa naissance — sa fabrication, devrait-on dire — à sa mort, n’est qu’une chaîne de torture optimisée dont l’ingénierie concentrationnaire de l’ère ouvertement anti-humaine qui nous attend s’inspirera sans doute.

Je ne suis pas végétarien ni un enragé de la cause animale. Je me rappelle seulement que notre alimentation et notre survie impliquent une quantité inévitable de souffrance animale et que la souffrance, par ailleurs, est à la conscience ce que l’embryon est au bébé. Coupez la souffrance de la conscience, l’embryon du bébé, et vous pourrez disposer de tout ce qui n’est pas nous, autrement dit moi, comme d’une chose, sans plus y penser qu’à la coquille de noix que vous venez d’écraser. Le sort épouvantable que notre civilisation de mort réserve au règne animal est le produit direct de cet araisonnement de l’ensemble du monde créé (le Gestell de Heidegger) qui est à la base de notre philosophie scientiste et athée. Le crime est si massif que nous avons dû échafauder des murs de faux-semblants pour ne pas le voir.

Encore une fois : je ne milite pas pour la soupe d’orties (d’ailleurs les orties souffrent aussi !) et je ne cotise pas à une milice anti-avortement. Je m’efforce de garder toujours à l’esprit que notre bien-être implique la souffrance et la mort. Si je mange du canard ou de l’agneau, je dois savoir ce que cela coûte, et donc être à même de tuer ma proie de mes mains. Leur souffrance et leur mort sont le prix à payer pour mon contentement. Une conscience éveillée et réaliste négociera le montant de ce prix en essayant de ne pas susciter plus de mal qu’il n’est nécessaire : c’est un des principes fondateurs du Dharma, de la Voie, qui fonde la morale de toute civilisation. Une conscience abstraite, idéologisée, niera l’existence même de la transaction ou décidera qu’elle doit être abolie.

Notre problème est que c’est cette conscience-là, une conscience de pharisiens, qui nous éduque depuis une ou deux générations, qui élabore nos lois et guide nos politiques. Sous son empire, le mal nécessaire est nié. On le revêt d’une cape d’invisibilité : il aura donc carte blanche !

Les nouvelles Antigones

Cette perversion est commune à toutes les sociétés avancées, mais elle n’a pas atteint partout la même emprise. Les États-Unis d’Amérique ont plusieurs longueurs de « retard » sur notre évolution et c’est pourquoi ils nous dominent et nous fascinent. Lorsqu’on a fait valoir à Mme Albright, la secrétaire d’État de M. Clinton, que la destitution de Saddam Hussein avait entraîné la mort d’un demi-million de personnes en Irak, elle a répondu que « cela en valait la peine ». Un tel cynisme serait impensable de la part d’un ministre européen.

Si monstrueuse qu’elle soit, cette appréciation montre que les Américains ne sont pas sortis de l’univers du Dharma. Ils ne nient pas que leur domination a un prix, ils estiment seulement que ce prix n’a pas de plafond. Leur échelle de valeurs est exactement l’inverse de celle des Européens, pour qui toute concession est bonne pourvu qu’ils ne fassent de tort à personne (sauf sur dérogation de leurs maîtres). C’est pourquoi les garde-côtes américains mitraillent les radeaux de migrants quand les européens font tout pour les sauver.

Dans toute son horreur, cette confiance en soi mégalomaniaque a un avantage. Elle laisse une place aux vertus individuelles et à la foi dans une destinée. Elle permet encore, au XXIe siècle, l’éclosion de véritables héros, sacrificiels et désintéressés, qui laisseront leur nom dans l’histoire. Ainsi les sonneurs d’alerte issus du système militaro-industriel sont les vrais héritiers des résistants antinazis et des dissidents soviétiques.

« Pensez-vous que les États-Unis sont la plus grande nation du monde ? » : c’est l’une des questions que l’on pose, sous détecteur de mensonges, lors du test d’embauche à la CIA. Elle est évidemment éliminatoire. Le jeune Edward Snowden y avait répondu « oui » sans ciller lors de son recrutement. Il était conservateur de conviction et croyait sincèrement à la mission de son pays. Lors de son deuxième test sous polygraphe, il a également répondu « oui » — mais il mentait. Entre deux, il avait découvert l’immense manipulation de la « guerre contre le terrorisme » et l’étendue de l’espionnage auquel se livraient les agences américaines, y compris sur leur propre population. Sans son patriotisme ardent, Snowden n’aurait jamais eu le courage de mettre sa carrière et sa vie en jeu pour révéler au monde le vrai visage du système qu’il servait. Son pays, ses valeurs, sa démocratie, ce n’étaient pas les assassinats ciblés, les tribunaux secrets et l’abolition de toute vie privée. Son pays était un État, non un régime.

Le film qu’Oliver Stone vient de consacrer à Snowden est remarquable et factuel. Il s’attaque directement au cas de conscience qu’il nous pose. On y apprend (mais on s’en doutait) que la guerre au terrorisme n’est qu’une « affaire de domination économique et sociale de tout ». Face à l’ampleur du mal, le jeune Ed finit par s’interroger sur son propre rôle dans les rouages, même s’il n’est qu’un technicien. À la consternation de ses collègues geeks, il rappelle qu’à Nuremberg on n’avait pas jugé que les chefs nazis, mais également des exécutants. Que chacun, à son niveau, est comptable des conséquences de ses actes.

Le cinéma engagé américain a un rôle semblable à celui du confessionnal dans le catholicisme baroque. À bonne confession, bonne absolution — et la vie continue ! Il n’empêche. Dans un contexte technologique très difficile à faire vibrer au cinéma, Stone et Snowden réussissent à reposer, dans toute son actualité, l’éternelle question d’Antigone. Ils éveillent les consciences et rendent aux actes leur vrai nom en rappelant que le système américain, malgré tous les alibis qu’on lui prête, reste le criminel majeur de notre temps. Loin au-delà de tous les « États voyous » et de toutes les organisations terroristes qu’il fait mine de combattre.

Europurgatoire

Une épopée de cette envergure peut être américaine. Ou russe. Mais on ne l’imagine pas un instant prendre place dans l’Europe d’aujourd’hui. L’Europe, c’est le domaine de monsieur Monde : le lieu des destinées inabouties, des vertus réprimées et des loyautés sans objet. Un entre-deux. Un théâtre de l’absurde où l’on ferme les yeux sur la violence déchaînée et l’impudeur mais où les simples infractions sont férocement réprimées. Un lieu où l’on n’ose même pas reconnaître au Mal sa qualité première : d’être mauvais. Bref, un véritable purgatoire, salle de transit entre le ciel et l’enfer.

Par sa révolte aux bras trop courts, monsieur Monde a tout de même fait du chemin. De l’anesthésie, il est passé à la résignation. Il a ouvert les yeux sur le monde (sur lui-même, donc !), pour comprendre qu’il n’y pouvait rien. Ainsi l’Europe s’indigne, s’agite et se « mobilise », par réseaux sociaux interposés, comme s’agitent et s’indignent les spectateurs d’un combat, mais elle n’a pas la force de descendre dans l’arène. Elle n’a même pas la force de faire barrage à la violence, au mensonge et au chaos dans leur expression la plus brute. Elle attend que quelqu’un, ou quelque chose, le fasse à sa place. Ou alors, demain…

Dans sa phase procrastinante, celle que nous vivons aujourd’hui, monsieur Monde s’est dépouillé de son entreprise, de son statut social, de son chapeau et de ses projets. Il s’est dépouillé de tout, sauf de son attente. Il est devenu Vladimir ou Estragon, l’un ou l’autre des clochards de Beckett. Ou les deux, vu l’habitude qu’il a prise de se parler et de se convaincre lui-même. Tout le temps qu’il lui reste à vivre, il l’a voué à l’attente de Godot. Ce Godot est peut-être l’Amérique, peut-être la sharia, peut-être l’effondrement économique ou la nouvelle peste qu’il appelle secrètement de ses vœux. Ou tout simplement, la mort, à laquelle nous ne proposons plus d’alternatives crédibles.

 

10. Slobodan Despot.JPGSlobodan Despot est un éditeur et un auteur suisse natif de Yougoslavie. Il a collaboreé pendant des années aux éditions de l’Âge d’homme et dirige désormais sa propre maison : Xénia.

Site des éditions Xénia : http://www.editions-xenia.com/

Il a fondé, le 6 décembre 2015, ANTIPRESSE, une lettre de réflexion en ligne, accessible uniquement par abonnement (gratuit) : http://www.antipresse.net/

Son blog, Despotica : http://blog.despot.ch/

 

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Réflexion oiseuse

Pour mesurer la profondeur et la pérennité de l’infranchissable fossé qui sépare le vulgum pecus des zélites, il faut lire, du même Simenon-Shéhérazade, L’oranger des îles Marquises, petit chef d’œuvre de six pages qui a paru, en février 1936, dans le magazine Marianne (rééditions Omnibus, 1992 et 2014). Les faits qu’il y rapporte dataient de 1916. Rien n’a changé en cent ans. Rien. [N.d.GO]

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Principaux ouvrages de ces auteurs

Jean Bricmont

Avec Alan Sokal, Impostures intellectuelles, [ voir le détail des éditions], 1997.

Avec Régis Debray, À l'ombre des lumières : Débat entre un philosophe et un scientifique, Paris, Odile Jacob, coll. « Sciences », 2003.

Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?, Bruxelles, Aden, 2005, 2009 (2e édition), 304 p.

Avec Julie Franck, Chomsky, Paris, dans « les cahiers de l'Herne », 2007.

Avec Hervé Zwirn, Philosophie de la mécanique quantique, Vuibert, 2009

Avec Noam Chomsky, Raison contre pouvoir. Le pari de Pascal, Paris, L’Herne, Carnets, 2010.

La République des censeurs, Paris, L'Herne, 2014.

Noam Chomsky, activiste, Paris, Aux forges de Vulcain, 2014, 128 p.

Making Sense of Quantum Mechanics, Springer, 2016.

Avec Diana Johnstone, « Les deux faces de la politique américaine », in : L'empire en guerre, Paris, le Temps des Cerises, 2001.

« La fin de “La fin de l’histoire” » et « Questions aux “défenseurs des droits de l'homme” » in 11 septembre 2001, La fin de la « fin de l'histoire, Bruxelles, Aden, 2001, 65 p.

« L'espoir change-t-il de camp ? » in Mourir pour McDo en Irak, Bruxelles, Aden, 2004, 148 p.

Du bon usage de la laïcité, sous la direction de Marc Jacquemain et Nadine Rosa-Rosso, Bruxelles, Aden, 2008, 240 p.

« Déterminisme, chaos et mécaniques quantiques », in Les Matérialismes (et leurs détracteurs), Paris, Syllepses, coll. "Métériologiques", 2004, 86 p.

 

Bruno Guigue

Aux origines du conflit israélo-arabe : l'invisible remords de l'Occident, L'Harmattan, coll. « Questions contemporaines », Paris et Montréal, 1999, 145 p.,– Réédition, revue et augmentée : L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, Budapest et Turin, 2002, 190 p.

Faut-il brûler Lénine ?, L'Harmattan, Paris, Montréal et Budapest, 2001, 144 p.

Économie solidaire : alternative ou palliatif  ?, L'Harmattan, coll. « Économie et innovation », Paris et Montréal, 2002, 79 p.

Les raisons de l'esclavage, L'Harmattan, coll. « Économie et innovation. Krisis », Paris, Budapest et Turin, 2002, 125 p.

Proche-Orient : la guerre des mots, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, Budapest et Turin, 2003, 110 p.

 

Michel Raimbaud

Le Soudan dans tous ses états, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », 2012, 396 p.

Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Paris, Ellipses Marketing, 2015, 576 p.

Les relations internationales en 80 fiches, Ellipses Marketing, coll. « Optimum », 2015, 320 p.

 

Slobodan Despot

Avec Pavie Ivic, Nikola Samardzic, Anne Yelen et Pierre Maurer, De l'imprécision à la falsification : Analyses de Vie et mort de la Yougoslavie de Paul Garde, Lausanne, L’Âge d’homme et Institut serbe de Lausanne, 1992.

La Signification du Kosovo dans l’histoire du peuple serbe, Lausanne, L’Âge d’homme, coll. « Atlantide-Europe » (no 1), 1999, 22 p.

Balles perdues : interventions, 1990-2002, Lausanne, L’Âge d’homme, coll. « Mobiles. Essais », 2002, 119 p.

Valais mystique, Vevey, Xenia, 2009, 112 p.

Valais mystique, Vevey, Xénia, 2014   

Version audio, lue par l'auteur, comportant des textes inédits dans la précédente édition imprimée. Durée non connue. La couverture comporte la mention « 24 itinéraires spirituels ».

Oskar et les Minarets, Lausanne et Paris, Favre, 2010, 187 p.

Despotica : Modes d'emploi, (préf. Michel Maffesoli), Vevey, Xénia, coll. « Franchises » 2010, 174 p.

i-Mages [Slobodan Despot (« iPhonages ») et Oskar Freysinger (poèmes) (préf. Pierre Toutain-Dorbec)] Vevey, Xénia, 2011, 123 p.

Nouvelleaks : les chroniques du nouvelliste : 2010-2013, (préf. Bernie Constantin), Sion, Xénia, 2014, 141 p.

Le Miel : roman, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2014, 126 p.

 

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Le 5e n’est pas de la bande, puisqu’il est palestinien et habite à Cambridge. Mais il répond à tous les autres critères. Lobbyiste d’honneur, donc…

 

La guerre en Syrie et la dislocation du monde arabe

Makram Khoury-Machool Arrêt sur Info 24 octobre 2012

 

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« Israël a la Syrie en ligne de mire. C’est donc elle, la Syrie, qui est actuellement punie, jusqu’à ce que dislocation s’ensuive. »

Le texte que nous vous présentons ici, rédigé en 2012 par l’éminent intellectuel Makram Khoury-Machool, demeure très utile. Nous avons décidé de le traduire. Khoury-Machool indique clairement, dès cette époque, les véritables raisons qui sont à l’origine de la guerre en Syrie. Il désigne, parmi les initiateurs, des agents d’influence œuvrant pour les intérêts d’Israël, comme Bernard-Henri Levy. Il désigne la France, qui a assumé cette politique pro israélienne agressive en s’alliant avec les monarchies du Golfe pour financer les groupes terroristes les plus hostiles à Damas. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, la position de la France demeure inchangée. Sa diplomatie se répand en appels incessants au renversement d’Assad tout en sachant que sa chute reviendrait à porter au pouvoir les coupeurs de têtes. [Silvia Cattori]

 

Les agissements du bloc anti-syrien aligné sur l’OTAN sont maintenant assez parlants pour nous permettre d’y voir plus clair dans ce qui se joue en Syrie. Nous avons d’un côté les acteurs politiques tels que le groupe « Friends of Syria ». (Amis de la Syrie) et, de l’autre, deux personnalités arabes, toutes deux ministres d’émirats du Golfe.

 

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BHL, Laurent Fabius, Bernard Kouchner.

 

Le premier groupe comprend les chefs d’État des pays de l’OTAN, avec un projet israélien à peine déguisé porté par des personnalités telles que Bernard Henri-Lévy. Ce sont des gens qui, plutôt que d’être des amis de la Syrie, travaillent incontestablement à la consolidation de leurs propres intérêts financiers en Syrie, autour d’elle, et à travers elle. Les deux politiciens arabes sont tous deux ministres des affaires étrangères, respectivement de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Ils ont déclaré que les groupes radicaux qui combattent l’État syrien doivent être armés et financés. En résumé, ces réunions rassemblant des soi-disant « amis de la Syrie » ne sont sans doute pas autre chose qu’une « version moderne » des rassemblements organisés par le vice-roi Lord Curzon qui, en 1903, depuis son navire de la flotte royale anglaise, s’adressait aux « Chefs de la Côte arabe » à Sharjah.

 

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Le président Nicolas Sarkozy reçoit l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al-Thani, le 1er septembre 2011 à l’Elysée. 

 

L’aide apportée aux « rebelles » par les Qataris et les Saoudiens consiste en armement, en argent utilisé pour payer soldats et mercenaires, et en une supervision logistique des attaques menées en Syrie. S’y ajoutent des services de télécommunications et des conseils militaires en tactique de combat et en stratégie. Bien entendu, les consultants militaires occidentaux qui opèrent en sous-main pour les groupes armés ne sont pas mentionnés par les médias. Des États voisins fournissent également une assistance géographique aux groupes armés : c’est le cas de la Jordanie, qui laisse passer les mercenaires arrivant de Libye, et de la Turquie qui sert de base d’opérations militaires au nord.

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Source : http://arretsurinfo.ch/la-guerre-en-syrie-et-la-dislocati...

15. Makram-Khoury-Machool.jpgLe Dr Makram Khoury-Machool, est né et a grandi dans l’ancienne ville portuaire de Jaffa, où il a vécu jusqu’en septembre 1999, date à laquelle il a émigré vers le Royaume Uni. En Angleterre, il a enseigné à la School of Oriental and African Studies (SOAS) à l’Université de Londres, à l’Université du Bedfordshire et à l’Université Anglia-Ruskin, de Cambridge. Il est professeur et  directeur de thèses  à l’Université de Cambridge (Churchill College) depuis 2003. Ceci n’est pas exhaustif. Wikipedia, qui est très loin d’être neutre, l’ignore totalement.

 

 2. Petite chouette.gif

 

 

Mis en ligne le 26 octobre 2016

 

 

 

 

18:31 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

24/10/2016

BELGIQUE ENCORE... ET SUISSE

1. Le Montreux.jpg

 

Belgique encore… et Suisse

 

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Ghislain Dubois : Le premier procès contre l’OTAN affole la justice belge

 

Sur l’ANTIPRESSE n°47 de ce dimanche 23 octobre

 

En juin 2011, une frappe de l’OTAN vise la propriété du général El Hamidi, un allié de la première heure du colonel Kadhafi. Les huit missiles tirés ne parviennent pas à tuer le militaire retraité, mais massacrent sa famille. 17 personnes, dont trois enfants, sont tuées dans le raid. S’ensuivra une cascade de dénégations et de justifications plus invraisemblables les unes que les autres.

 

6. Legalny Terroryzm.jpg

 

Me Ghislain Dubois, à Bruxelles, est l’avocat des victimes de cette attaque criminelle et délibérée contre des civils. Il mène aujourd’hui le seul procès en cours visant l’OTAN en tant qu’institution. S’il existe des crimes de guerre caractérisés, cet assassinat politique ciblé en est indiscutablement un. Cela ne veut pas dire pour autant que la justice belge soit prête à le reconnaître. Me Dubois nous livre le récit d’un combat révoltant contre le déni de justice et de ses implications. Il rappelle aussi l’ignorance dans laquelle ont été tenues les opinions sur les motifs et les circonstances de l’élimination du leader libyen.

 

 

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Pour rappel :

Libye : « J’ai tout perdu. Ma femme. Mes enfants. Mon pays »

Christophe Lamfalussy – Mondialisation.ca 7 novembre 2011

 

4. Hamidi.jpg

 

Le Libyen Khaled Hamidi a déposé plainte en Belgique contre l’Otan. Désormais recherché par Interpol, il s’explique dans une interview au Caire.

C’est un homme en état de choc que “La Libre” a longuement rencontré dans un hôtel du Caire. Un homme dont le destin a basculé en quelques minutes en juin dernier et qui se raccroche à quelques photos de famille. Un homme que le nouveau pouvoir libyen recherche à travers une notice rouge d’Interpol, et qui accuse, dans le même temps, l’Otan d’avoir décimé sa famille.

Khaled El Hamidi, 37 ans, fils d’un général libyen à la retraite, a perdu sa femme enceinte et ses deux enfants dans une frappe de l’Otan. Il a déposé plainte dans les mains de la justice belge.

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Source : http://www.mondialisation.ca/libye-j-ai-tout-perdu-ma-fem...

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Ne perdons jamais de vue la lutte que poursuit, en Italie, contre l’Organisation Terroriste, Manlio Dinucci :

 

IL COMITATO NO GUERRA NO NATO RIPRENDE IL SUO PERCORSO DA FIRENZE

3. freccia nera piccola.gif

https://www.change.org/p/3169656/u/18240284?recruiter=265...

 

dont les articles paraissent régulièrement, en traduction française, sur le Réseau Voltaire.

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Ni celle que mène, en France, le Comité Valmy :

Pour la dénonciation par la France du traité de l’Atlantique Nord et le retrait de ses Armées du commandement intégré
Appel pluraliste (pétition)

3. freccia nera piccola.gif

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6031

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Ce n’est pas pour dire, mais, il a bien de la patience, le président Assad

(à sa place, il y a longtemps qu’on aurait cogné)

 

Assad à une télévision suisse allemande : « Je n'attaque pas le peuple, je le défends ».

 

L’entretien du président Assad par la télévision suisse allemande SRF1 s’est déroulé le 19 octobre à Damas. Le ministère syrien de l’information a exigé qu’il soit diffusé en Suisse dans son intégralité. [ASI] 

 

5. Assad-tv-suisse.jpg

 

Interview du Président syrien Bachar al-Assad par la télévision suisse SRF1 – 19 octobre 2016

Journaliste : Monsieur le Président, nous vous sommes très reconnaissants d’avoir accueilli la télévision suisse et notre émission Rundschau ici à Damas.

Président Assad : Vous êtes les bienvenus en Syrie.

Question : Tout d’abord, permettez-moi de clarifier une chose : je peux vous poser n’importe quelle question ?

Président Assad : N’importe laquelle, sans exception.

Question : Je vous le demande parce que l’une de vos conditions était que cette interview soit diffusée dans son intégralité. Avez-vous peur que nous manipulions vos déclarations ?

Président Assad : Vous devriez répondre vous-même à cette question, mais je pense que nous devons construire cette relation sur la confiance, et je présume que vous vous préoccupez de la confiance de votre audience, donc je ne pense pas. Il me semble que vous avez la réputation d’être honnêtes dans tous les sujets que vous essayez de couvrir.

Question : Le monde vous considère comme un criminel de guerre. Considérez-vous que ce soit une accusation mensongère ?

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Source : http://arretsurinfo.ch/video-assad-a-une-television-suiss...

 

Question : Ce journaliste se fait-il l’avocat du diable ou est-il con à bouffer du foin ?

 

10. AL KI NDI HOSPITAL.JPG

Source du document : le très remarquable (2e) site de Ziad Fadel : https://syrianfreepress.wordpress.com/ hélas réservé aux anglophones.

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Ajoutons-y un commentaire du trop rare entrefilets.com :

 

Un aberrant désir de guerre

 

0. dark-vador.jpg

 

Le pire n’est jamais garanti dit-on. Certes. Sauf que c’est exactement ce que l’on devait dire avant le déclenchement de la Première, puis de la Deuxième guerre mondiale. Et persiste pourtant cette sorte de naïveté qui fait penser à beaucoup que non, finalement non, «plus jamais ça», plus jamais 20 puis 60 millions de morts au nom de la Patrie, c’est-à-dire pour le profit des industriels et des banksters. Or depuis le coup d’Etat perpétré en Ukraine par les barbouzes de l’OTAN, l’Empire US et ses laquais européens n’ont eu de cesse de créer toutes les conditions d’une guerre majeure contre la Russie (et donc la Chine), utilisant parallèlement toute la vermine médiatique aux ordres de part et d’autre de l’Atlantique pour préparer les peuples à l’inéluctable, à l’indicible, en leur assénant quotidiennement leur dose de haine antirusse. Et les menaces ne cessent de gagner en intensité. Sans parler de l'épisode dérisoire d'un Flanby voulant traîner le Président russe devant la CPI, le Général Mark Milley, chef d’état-major de l’US Army, vient ainsi de déclarer à l'adresse de Moscou: « Je veux être clair pour ceux qui, dans le monde entier, veulent détruire notre façon de vivre, nous vous détruirons » [“We will beat you harder than you have ever been beaten before”] (1). Plus que jamais, le Bloc atlantiste sous commandement US est ainsi saturé d’un aberrant désir de guerre que renforce en lui l’évidence de son déclin.

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3. freccia nera piccola.gif

http://www.entrefilets.com/un_aberrant_desir_de_guerre.html

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Et même France

 

400 manifestants se sont rassemblés pour Georges Ibrahim Abdallah

 

Quelques 400 manifestants ont défilé comme chaque année de la gare à la prison de Lannemezan en solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah. Cette manifestation marque le début de sa 33eme année de détention. Notre section belge du Secours Rouge International a décidé cette année de manifester sur place aux côtes de l’OCML Voie Prolétarienne dans un bloc commun "De la Palestine au Kurdistan, Vive la Résistance des peuples", en soutien au Bataillon International de Libération au Rojava, ainsi qu’à Georges. Les sections italienne et turque du SRI étaient également présentes ainsi que Coup pour Coup 31 et le Secours Rouge Arabe. Plusieurs bus de manifestants sont venus de toute la France : Toulouse, Paris, Grenay, Saint-Denis, Bordeaux.

 

7. Manig Georges.jpg

 

Quatre cents. Sur 77,2 millions. Bonne moyenne.

Rojava ? Ils en pensent quoi les Syriens de cette base américaine sur leur sol, cadeau des Kurdes ? Ou alors, on n’a pas bien suivi tout.

Jamais contents !

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Voire Canada…

 

Puisqu’on était chez les autres francophones, restons-y, et relayons, de l’excellent site jbl1960blog (on ne sait même pas s’il est canadien ou français), les dernières nouvelles des licenciements en cours tous azimuts :

 

 

8. Taxes.gif

 

L’indécence programmée…

Elle est partout !

Jusqu’à quand ? Jusqu’où ? Ici

L’indécence des pouvoirs politiques d’abord parce qu’elle est partout aujourd’hui :

Le blog de Jbl1960 24 octobre 2016

 

La majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s’intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir.

Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l’ignorance, qu’ils vivent dans l’ignorance de la vérité, jusqu’à la vérité de leur propre vie.

Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.

– Harold Pinter

 

Et moi ce qui m’intéresse c’est la vérité car je pense qu’elle seule nous libèrera, nous les peuples, et à tout jamais…

Les pouvoirs politiques aujourd’hui, comme hier, commandent nos vies, et notre façon de penser, surtout notre façon de penser… Comme eux !

Et pour nous rendre obéissants, notre mise en esclavage passe par notre soumission totale et c’est en cela que la liste des licenciements mondiaux tenue à jour dans la RDPI par Pierre Jovanovic est intéressante, car elle nous démontre la volonté des pouvoirs politiques de nous asservir, totalement, et pour le seul profit du 0.0001% qui lui s’en met plein les fouilles !

 

LA LISTE DES LICENCIEMENTS DE LA MI-OCTOBRE 2016 du 24 au 28 octobre 2016 :

Le bombardement de chômeurs continue sans interruption… Un tapis de chômeurs comme si des B-52 spécialisés ne cessaient de parcourir les cieux et justement, c’est le Canadien Bombardier qui a déversé, A NOUVEAU, 7.500 bombes à retardement, ie, chômeurs qui ne rembourseront pas l’emprunt à leur banque. Coca-Cola continue à dégraisser en toute discrétion. Très belles pointes à 600 salariés dans la liste, merci à Myriam, à Aurélie, et à tous les lecteurs et lectrices qui m’envoient ce qu’ils ont repéré. Partagez, envoyez cette liste à tous vos contacts.

PS : Mr Le Flem nous signale que l’activité d’IBM a continué à se contracter pour le 18e trimestre consécutif !!!!

  • Allia France, sanitaire en céramique lavabos et wc va délocaliser en Pologne et au Portugal et du coup jette à la rue 275 salariés en France, merci à Mr Fertelle.

 

  • AIG a vendu toutes ses opérations en Europe et en Amérique Latine : licenciements massifs en préparation, merci à Michel

 

  • AFPA cette association de formation pour adultes à Fort de France est en faillite avec une dette de 10 millions d’euros, 130 salariés risquent d’aller à Paul Emploi, merci à Joël

 

  • Apple arrête sa voiture sans conducteur et licencie 100 ingénieurs, merci aux lecteurs.

 

  • Banco Popular Espagne vire 1.000 personnes entre 50 et 54 ans et licencie 2.000 personnes de plus : total 3.000 personnes, merci à Yvan.

 

  • Bombardier licencie encore et encore ( au moins le 8e licenciement ), la semaine passée ce sont 7.500 salariés DE PLUS qui sont jetés à la rue, merci aux lecteurs canadiens.L

 

  • Coca-Cola Belgique la firme américaine jette à la rue 30 cadres supérieurs, les ventes sont en berne, merci à Mme Rennerson.

 

  • Coca-Cola Europe en plus de la Belgique 120 autres emplois sont supprimés en Europe, merci à Thomas.

 

  • Courlancy Santé France> envoie 20 salariés chez Paul Emploi, merci à mon lecteur.

 

  • Darmouth Hitchcock jette à la rue 90 salariés de plus, merci à DJC.

 

  • DB Cargo UK transport de marchandises sur rails jette à la rue 900 ouvriers (il n’y a plus de charbon et d’acier à transporter) merci à Cédric.

 

  • Delmas France 17 salariés ont étés envoyés chez Paul Emploi, merci à Alexandre.

 

  • Enbridge Canada fabricant de pipelines jette à la rue 530 salariés (370 au Canada, 160 aux USA) merci à Mr Kerzabi et aux lecteurs canadiens.

 

  • Equatorial Congo Airlines la compagnie aérienne est en faillite, et a été immobilisée pour dettes par un créancier, au moins 200 pilotes, hôtesses et POS seront virés merci à Goyave.

 

  • Ford USA a mis au chômage technique 27.000 ouvriers et ingénieurs, merci à Myriam.

 

  • Godefroy Textile France à Beaucamps-le-Vieux, a fermé sa filature 31 salariés ont filé chez Pôle Emploi, merci à Mr Dufrenoy.

 

  • Harley – Davidson US jette à la rue 225 mécaniciens de plus, merci à John.

 

  • Honeywell Aerospace licencie pour la 3e fois de l’année : au mois 100 ingénieurs, merci à DJC.

 

  • Hôtel Crans-Embassador en Suisse établissement 5 étoiles a fait faillite: les 40 salariés ont été sacrifiés, merci aux lecteurs suisses.

 

  • Hsinchu Science Park le centre taiwanais high-tech a licencié 611 ingénieurs au 3e trimestre 2016, merci à Mme Lefumeux.

 

  • International Automotive Components a jeté à la rue 500 ouvriers (ils vont tous voter pour Trump) merci à DJC/

 

  • Kaiser France basée en Lorraine a été liquidée : 100 salariés chez Paul Emploi, merci à Mme De Lavadan.

 

  • Keppel, pétrole, jette à la rue 3.000 ingénieurs et salariés, merci à Mr Ballerand.

 

  • Luminant a licencié 132 mineurs de charbon, merci à Mme Lefumeux.

 

  • Manitowoc qui fabrique des grues a licencié 85 salariés DE PLUS, merci à DJC.

 

  • PSA la direction de Peugeot a rajouté 2.000 ouvriers de plus, merci aux lecteurs.

 

  • Redhook Brewery le brasseur licencie 20 buveurs de bières, merci à Mme Lefumeux.

 

  • Rexnord Electronics ferme une usine aux US et délocalise 300 emplois au Mexique, les licenciés vont tous voter Trump, merci à DJC.

 

  • Samsung a déjà licencié 5.000 ingénieurs au premier semestre 2016 et Samsung SDI envisage de virer 12.000 salariés de plus, merci à Myriam.

 

  • Siemens France verdict final : 106 ouvriers seront jetés à la rue, merci aux lecteurs.

 

  • Suez France la société va envoyer 600 salariés chez Paul Emploi (annonce faite la veille des vacances !!), merci à tous les lecteurs.

 

  • Technip jette à la rue 110 salariés de plus !!!! En Finlande 476 salariés ont été licenciés, merci à Ed.

 

  • Travis Perkins UK la grande chaîne de distribution de bois et charpentes anglaise ferme 30 centres et vire 600 salariés, merci à Myriam.

 

  • UFC l’organisateur de combats sportifs pour les chaînes de télés vire 60 salariés, merci à Mme Lefumeux.

 

  • United Methodist Publishing House même les bibles ne se vendent plus chez les protestants : l’éditeur a licencié 40 salariés !!! merci à Myriam.

 

 Vous pouvez aider Jo à la tenir à jour.

 

*

Alors que même les bibles ne se vendent plus chez les protestants, là on va pas pleurer. Car ici on sait que l’indécence est programmée dans nos cortex, depuis au moins 2000 ans avec ce dernier billet → Au pied du Mur…  qui essaie de mettre au jour une vérité bien cachée et que Benjamin Netanyahou ne veut absolument pas voir révélée. Tout comme cette vérité qui n’est pas bonne à dire → Ni Terre promise, ni Peuple élu… non plus et que l’Empire sioniste et l’Empire Américain s’efforcent de cacher au reste du monde c’est à dire, nous tous, les Superflus notoires.

Et en cela je vous recommande le dernier billet de Georges Stanechy sur son blog « À contre-courant » et précisément parce qu’il décortique une société, un pays, la Corée du Nord [« Corée du Nord : Surf sur la désinformation » NdE], que l’Exceptionnalistan a dans sa ligne de mire nous ordonnant d’en faire autant. Et parce que ce billet est vraiment à contre courant du flot ininterrompu d’injonctions à haïr, à avoir peur, à mépriser, à vouloir éliminer et surtout à se sentir supérieur à ceux qu’on vous désignera comme inférieur… Ici et .

http://stanechy.over-blog.com/2016/10/coree-du-nord-surf-...

Aujourd’hui, ordre est donné aux Zuniens de papier de choisir entre la peste et le choléra. En fait ordre leur est donné de désigner la peste Killary ou le choléra Killary… Et là il faut bien reconnaitre que les Zélites mettent le paquet :

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2016/10/22/hill...

 

*

Alors contrairement à Pierre Jovanovic, qui souvent affirme que les nouveaux virés ne pourront plus consommer et acheter des produits de luxe (quand ce sont des banquiers par exemple) et donc entretenir ce cycle infernal, consumériste et mortifère.

J’appelle a profiter de cette infortune pour se remettre sérieusement en cause et réfléchir à quelle société nous voulons vraiment appartenir.

Parce qu’il n’y a pas de solution au sein du Système actuel. Ce système pyramidal doit être déconstruit pierre par pierre et puisque la majorité n’est pas à convaincre, tant elle moutonne, pire elle mougeonne. À nous d’organiser la minorité en associations libres œuvrant solidairement, lorsqu’une société organique parallèle fonctionnera, la masse suivra, comme elle suit le système institutionnalisé maintenant, cette masse allant toujours dans le sens du meilleur courant comme un banc de poissons…

Ces associations libres et volontaires pourraient passer par la Commune par exemple : Tous pour La Commune !

Et en dépossession volontaireDÉPOSSESSION VOLONTAIRE

Parce que chaque lundi, ou presque depuis 2008 au moins, les gens qui sont giclés du Système, au lieu d’y revenir ou de rêver d’y revenir, pourraient s’unir et s’organiser, prendre la tangente et créer la société la plus égalitaire qui soit dans un futur proche et simple !

Parce que ça urge, un peu, quand même, non ?

JBL1960

*

Lisez aussi, sur ce blog, pendant que vous y serez :

 

9. lunesurgizeh.jpg

Le Syndrome Messianique

L’impossible retour d’un Messie inventé

Et donc jamais venu !

3. freccia nera piccola.gif

https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/10/22/le-syndrome-...

 

2. OTAN MORT x.gif

 

Post Scriptum

Quand l’un au moins des 77,2 millions de francophones qui nous entourent aura trouvé le temps de la sous-titrer en français, nous nous ferons un plaisir de publier la vidéo de l’interview accordée le 17 octobre dernier par Mme Asma al-Assad à Rossiya 24 (la première en huit ans). En attendant, la voici en anglais, sous-titrée en arabe.

 


 

2. OTAN MORT x.gif

 

 

 

Mis en ligne le 24 octobre 2016.

 

 

 

 

15:45 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |