01/11/2017

EN PAUSE

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                                 Forcée

 

 

À bientôt !

 

 

 

21:11 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/10/2017

LA PARTIE D'ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS -

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« LA PARTIE D’ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS »

 

(1)

 

Théroigne – L.G.O. 25 octobre 2017

 

Dans leur dernier chef d’œuvre en date, consacré à l’écrivain italien Curzio Malaparte (Morte come me, on vous en parle en fin de post), Rita Monaldi et Francesco Sorti évoquent la partie d’échecs qui a opposé pendant plusieurs jours de 1908, dans l’île de Capri, Vladimir Ilitch Lénine et Aleksandr Aleksandrovitch Bogdanov, sous l’œil attentif de Maxime Gorki.

Il nous a semblé que vous offrir cette page était une façon comme une autre de célébrer, avec nos très modestes moyens, ce que Malaparte – précisément – a qualifié de « fait de nature », semblable à l’« éruption d’un volcan ».

Dans ce livre du célèbre duo, une jeune poétesse anglaise a été trouvée morte au pied d’une falaise, après une brève rencontre avec Malaparte et un duel qui a opposé l’écrivain au Sturmbannführer SS Helmut Aichinger à propos de la jeune femme. Meurtre ? Suicide ? Accident ? On ne le sait toujours pas aujourd’hui. C’était en 1935. En 1939, certains ont accusé Malaparte de l’avoir tuée. La trame anecdotique de ce roman extraordinaire, fondé sur des événements historiques réels, raconte les efforts du « suspect », poursuivi par l’OVRA (police secrète de Mussolini) qui veut l’embastiller discrètement, dans le but de découvrir la vérité et se sauver ainsi d’une arrestation qu’il redoute définitive. Dans le chapitre ci-dessous, il va interroger Axel Munthe, médecin et romancier suédois, qui vit en solitaire à Capri, réputé aveugle, mais Malaparte sait que, derrière ses lunettes noires, le vieil homme y voit très bien. Malaparte a trouvé, dan sa « Maison comme moi » en construction - celle-là même où Jean-Luc Godard a tourné Le Mépris – un mystérieux échiquier sur lequel sont gravés les mots « Qui est comme Dieu » et « PAM ». Le Febo (Phoebus en français), dont il est ici question, est le célèbre chien de l’écrivain toscan.]


9. CASA COME ME - PUNTA MASSULLO.jpg

« Casa come me » - Cap Massullo, Capri,

léguée à la République Populaire de Chine mais captée par les héritiers de l’écrivain, à la suite d’un procès qui ne grandit ni la famille Suckert-Perelli ni les tribunaux italiens.

 

[…]

10. Axel Munthe.jpgMais, dites-moi, Malaparte, que puis-je faire pour vous ?

– Il y a quelques années, ici, à Anacapri, est morte une jeune fille anglaise, Pam Reynolds. Il semble qu’elle se soit suicidée en se jetant dans un précipice.

– Je m’en souviens. Ce fut une bien triste chose. On dit qu’elle s’est jetée de la falaise d’Orrico.

– Je voudrais vous confier quelque chose de très délicat, docteur Munthe. Mais j’aimerais avoir votre parole que vous n’en soufflerez mot à personne.

– Vous avez ma parole, Malaparte. N’oubliez pas que je suis un médecin. J’ai l’habitude du secret.

– Eh bien, quelqu’un essaie de monter un coup contre moi. On dit que j’ai quelque chose à voir dans la mort de Pam. Que peut-être même c’est moi qui l’ai tuée.

– Vous n’êtes pas sérieux ? Mais c’est horrible ! Comment puis-je vous aider ?

Je pris, sur une petite table octogonale, un des livres poussiéreux qui s’y trouvaient. C’était la traduction anglaise des mémoires de Munthe, intitulé Le livre de San Michele, parce qu’elles racontaient l’histoire de la construction de la villa San Michele.

– La villa San Michele… Que voulez-vous savoir ? C’est un morceau de ma vie. Je l’ai construite de mes propres mains, mais je n’y habite plus. Même les domestiques, maintenant, je les fais dormir ici. J’y vais de temps en temps.

Je lui montrai l’échiquier avec ses graffiti, que, jusqu’à présent, j’avais laissé emballé dans du papier. Je lui expliquai l’équivalence « Qui est comme Dieu = saint Michel ».

– Je ne comprends pas qui a voulu m’envoyer cet étrange message, dis-je pour conclure. Vous, qu’est-ce que vous en dites ? Peut-être la mort de Pam Reynolds a-t-elle quelque chose à voir avec la villa San Michele ?

Munthe se tut quelques instants. Je l’entendis frémir un peu, comme pour réprimer un éternuement. Puis, je me rendis compte qu’il riait. Nous étions tous les deux assis dans l’obscurité en train de parler d’un homicide dont j’étais accusé, et Munthe riait poliment, gentiment, comme seul peut le faire un cher, vieux médecin suédois.

– Mon pauvre Malaparte, mais vous ne comprenez pas ! L’allusion contenue dans cet échiquier est des plus claires et n’a rien à voir avec la villa San Michele.

– Et qu’est-ce qu’elle signifie, alors ?

– Vous savez ce qu’est la Construction de Dieu ?

 

Le bonhomme Lénine

Sans attendre ma réponse, il me conduisit dehors.

– C’est l’heure où les oiseaux chantent. Mes oiseaux, dit Munthe, d’une voix extatique, de prophète.

Nous sortîmes de la tour, dans la propriété de Munthe. La clarté du jour me blessa les yeux. Munthe, en revanche, passa de l’obscurité à la lumière comme si de rien n’était ; il était entraîné à rester des après-midi entiers dans l’obscurité, à recevoir ses visiteurs dans l’ombre, à percevoir courants et vibrations comme une chauve-souris, puis à sortir tout à coup avec ses chiens et ses oiseaux. Le parfum de la mer et de la résine des pins m’ôta des narines l’odeur douce et grasse du médecin suédois et de son faux musée. Nous fîmes quatre pas dans les pins et les arbustes, Munthe s’appuyant sur son bâton. Febo nous suivait en remuant la queue.

– Malaparte, vous êtes jeune. Vous ne connaissez pas Capri comme le petit vieux que vous avez devant vous. Ceux de mon âge ont vécu une période entre 1908 et 1910, quand vous étiez encore un enfant, où l’Europe était pleine de Russes. C’étaient des errants clandestins, qui avaient pris le maquis depuis des années, qui s’étaient enfuis de la mère patrie parce que la révolution de 1905, par laquelle ils avaient tenté de renverser le tsar, avait échoué. Ils cherchaient à tirer, depuis l’étranger, les fils d’une nouvelle révolution qui n’allait se réaliser que dix ou douze ans plus tard. Un de leurs chefs spirituels, pour ainsi dire, était le grand écrivain Maxime Gorki. Et Gorki, comme vous devez le savoir, vivait ici, à Capri.

Naples et l’Italie, à cette époque, grouillaient d’exilés russes, dit Munthe, et aussi de socialistes italiens, de nature plus ou moins subversive. La police italienne les contrôlait tous, mais ne pouvait avoir la main trop lourde, parce que les socialistes étaient fortement représentés au Parlement et dans la presse. Quand Gorki était arrivé à Capri, en novembre 1906, on avait vu, sur le mole, des centaines de Napolitains et de Caprais venus l’applaudir.

– J’ai rencontré Gorki. À Moscou, il y a sept ans, dis-je.

– Alors, il vous aura peut-être parlé de l’École de Capri, ou peut-être pas. Ce sont là des choses, cher Malaparte, que, dans le fond, tout le monde connaît, mais dont personne aujourd’hui ne bavarde volontiers. Et un jour viendra où on ne s’en souviendra plus. Ce n’est pas sans raison que Staline a fait tuer Gorki, comme tant d’autres.

À Capri, poursuivit Munthe, Gorki et d’autres exilés avaient fondé une véritable école révolutionnaire. Ils voulaient former les cadres dirigeants du parti qui organiseraient la révolution, celle qui devait être définitive, qui a fini par éclater en 1917. L’île devait servir de base stratégique, de centre de sélection du personnel politique et d’école de formation idéologique. Elle s’appelait, justement, École de Capri.

– Et excusez-moi, cher Malaparte, si je vous raconte encore des choses que vous savez peut-être déjà, mais un souvenir en amène un autre. Qu’est-ce qui reste à un pauvre aveugle comme moi ? Des souvenirs, rien d’autre que des souvenirs.

L’École de Capri n’était pas qu’un point de ralliement organisationnel. Gorki voulait créer une nouvelle culture, un nouveau savoir ouvrier et prolétaire, une idée du monde, de l’art, de la littérature, de la musique faite sur mesure pour les ouvriers, les paysans, les pauvres et les exploités. Il ne s’agissait pas seulement de les faire se rebeller, de les faire s’emparer des richesses des bourgeois et des aristocrates, il fallait créer une nouvelle idée du monde, de sorte que les révolutionnaires se voient, eux et les autres hommes et tout l’univers, de façon très différente et inédite.

– Cette opération s’appelait en russe bogostroitel’stvo, « Construction de Dieu ». Une idée perverse, mais très russe. Les hommes modernes, les constructeurs du futur, étaient destinés à avoir une religion de l’avant-garde, mais une religion terrestre, une religion athée qui ne se réalisât pas par la connaissance de Dieu mais par la formation de la société communiste. Vous comprenez ce que je dis quand je parle de religion athée, mon bon ami ?

– Oui, je le comprends, dis-je.

Je le comprenais parce que, à Moscou, j’avais connu des communistes comme Demyian Bedny, l’Ennemi de Dieu, le chef de la Ligue des besbojniki, les Sansdieu, qui écrivait des évangiles blasphématoires pour complaire à Staline.

– Gorki était le premier inspirateur de cette théorie, poursuivit Munthe, mais il y en avait d’autres avec lui. Le plus important était Alekzandr Bogdanov.

– Bogdanov était un grand cerveau. Scélérat peut-être, mais grand, dis-je.

– Oui, c’était un grand cerveau, répéta Munthe, le cerveau théorique de l’École de Capri. C’était un ennemi de la religion évidemment, parce qu’il restait toujours un communiste, donc un athée, un mécréant. Mais il voulait introduire la Construction de Dieu, l’Antireligion. C’était le moment exact pour le faire. Les Russes étaient affamés de révélations extraordinaires, le pouvoir les y avait habitués. En 1914, pour annoncer au peuple naïf qu’il allait y avoir la guerre, les militaires russes envoyaient tous azimuts des soldats habillés en archanges, avec des ailes en plumes et en carton attachées aux épaules, sur des chevaux blancs, attifés eux aussi de fausses ailes. Les Russes sont ainsi, à mi-chemin entre la morbidité, l’exaltation et le calcul politique.

Gorki était galvanisé par les idées de Bogdanov, dit Munthe. Il l’appela à Capri pour fonder l’École et lancer le nouveau marxisme, antiautoritaire, humanitaire, nourri par la littérature, par la philosophie et par la science. C’étaient des idées confuses mais proches de celles de la fameuse Fabian Society* anglaise, qui avait prospéré justement à cette époque. Petit à petit arrivèrent de Russie des douzaines de peintres, d’écrivains, de musiciens, de sculpteurs, d’hommes de sciences, mais aussi de simples ouvriers. Sur l’île, ils étaient accueillis, logés, nourris, soignés. Ils disposaient même d’une cantine et d’une infirmerie à eux.

– Ils se réunissaient chez Gorki, à la villa Behring, mais aussi à l’extérieur, au grand air, sur les plages, dans les grottes. Ils étaient souriants, détendus, enchantés par la beauté de l’île, de la mer, de Capri. Ils avaient presque l’air d’un groupe de joyeux touristes. Ils montaient des comédies dans les grottes de Capri, sur les plages, ils chantaient des chansons, composaient des bouts rimés et des charades en russe, en italien et même en anglais. Mais, bien à l’abri de leurs chambres, ils préparaient le bain de sang de la révolution, les attentats, les pillages, les vols à main armée, les mutineries, les massacres. Je sais que vous, Malaparte, avez écrit des livres sur Lénine et sur la révolution russe.

– J’en ai écrit trois, et plusieurs articles de Russie. Je connais aussi assez bien le russe.

– Donc, vous savez parfaitement que Gorki et Bogdanov faisaient partie des bolcheviques, majoritaires dans le parti, où montait depuis peu l’astre de Lénine. Mais, entre eux, il y avait une inimitié puissante. Et cette inimitié était aussi causée par l’École de Capri. Lénine s’inquiétait du projet de Bogdanov. Sa ligne politique avait un bien autre but que la Construction de Dieu. Pour lui, c’était une sottise bourgeoise, une déviation du projet révolutionnaire.

Munthe s’interrompit, regarda vers le haut et commença à siffloter, d’une façon inimitable qui lui était propre, à mi-chemin entre un ocarina, une flûte et une pendule à coucou. J’allais presque me mettre à rire quand, des arbres, s’éleva un chœur qui lui répondait. Les oiseaux répondaient à Munthe et non par deux ou trois, mais par douzaines. Lui les appelait, eux répondaient. L’incroyable dialogue se poursuivit pendant quelques minutes, puis Munthe me demanda : « J’adore parler avec les oiseaux. Vous ne parlez jamais avec les animaux, Malaparte ? »

– Parfois, oui. Je parle avec Febo.

Febo remua la queue, me regardant tout fier, il montra qu’il avait compris.

– Ah, bien, dit Munthe, un peu vexé de ne pas être le seul homme de Capri à communiquer avec les bêtes, et il poursuivit son récit.

Bogdanov était plein d’imagination et ardent, un feu de joie purificateur. Lénine, en revanche, était froid et coupant comme le nom de son journal clandestin, Iskra, « L’Étincelle ». Lénine méprisait Bogdanov. Il le prenait pour un utopiste et un hérétique. Il lui rappelait les socialistes anglais de la Fabian Society, qui disaient vouloir secourir les pauvres par esprit humanitaire et qui, pour Lénine, étaient des opportunistes, des espions de la bourgeoisie. Bogdanov, pour sa part, jugeait Lénine froid et incapable de soulever les foules, de les entraîner dans la lutte, de faire véritablement la révolution.

Puis, il y avait le problème de l’argent. Pour financer la révolution, Lénine manœuvrait des gangsters, des proxénètes, des trafiquants d’armes, des assassins, dont Staline lui-même, et l’argent affluait en abondance, au point que Lénine se permettait des voitures, des appartements de luxe à Paris, des hôtels et des vacances. Il pouvait se payer ses maîtresses et se rattraper ainsi de sa femme, très fidèles au parti mais froide et pédante.

– Tout de même, le groupe concurrent, de Bogdanov, dit Munthe, réussissait à accumuler lui aussi un beau paquet d’argent. Gorki, ici, à Capri, recevait de riches mécènes, des artistes, des armateurs. Des sommes énormes passaient par ses mains.

On ne pouvait pas continuer ainsi. Il fallait résoudre la fracture et se mettre d’accord sur l’avenir de la révolution, y compris sur la question essentielle des fonds, de la caisse commune. Gorki invita Lénine à Capri, où l’avait rejoint depuis un moment déjà Bogdanov, qui s’était installé à la villa Monacone, une des plus belles et panoramiques de l’île. Lénine tout d’abord hésita, puis accepta. L’objectif de Gorki était de réconcilier les deux âmes du parti, la léniniste et la bogdanoviste, en vue de la révolution. Mais comment s’y prendre ? Lénine était privé de sens de l’humour, rigide, pointilleux et méfiant. Bogdanov était un animal à sang chaud, impulsif, ardent. Dans une discussion face à face, on risquait l’irréparable. Gorki, alors, eut une idée : ne les faisons pas se parler mais jouer.

Lénine aimait les échecs Il se considérait comme un excellent joueur. Il avait appris les échecs en famille et continuait d’y jouer parce que cela le détendait. Dans la maison de Bogdanov, la villa Monacone, il y avait un échiquier (et quelle maison de villégiature n’en a pas ?), un bel échiquier de bois avec toutes les pièces prêtes pour la bataille. À vrai dire, il n’existe pas de sport plus agressif que les échecs. Bogdanov et Lénine pourraient se déchaîner à leur guise sans pour autant se déclarer ennemis et faire capoter la médiation de Gorki.

 

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Sur la terrasse de la villa Blaesus, de gauche à droite : Aleksandr Bogdanov, Maxime Gorki et Vladimir Lénine

 

La partie se tint en présence d’un grand nombre de révolutionnaires russes, élèves de l’École de Capri. Qui, pendant des jours, assistèrent à l’interminable rencontre entre les deux âmes du parti, sur la terrasse de la villa. De nombreuses photos en furent prises, pour célébrer l’importance de l’événement.

 

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Bogdanov (à droite) jouant avec Lénine (à gauche) sous le regard de Gorki (chapeau de travers) et de Lounatcharski (assis à côté de Lénine).

 

– Et comment a-t-elle fini, demandai-je ?

– Lénine a gagné.

– Et la médiation de Gorki

– Il n’avait pas été explicitement prévu que la partie d’échecs déciderait aussi de la partie politique, mais, de fait, il en fut ainsi. Dans le mouvement marxiste, c’est la ligne de Lénine qui prévalut, et Gorki s’aligna. L’École de Capri, lentement, se dépeupla. En 1913, Bogdanov retourna en Russie, profitant de l’amnistie accordée par le tsar. En 1917 éclata la révolution, et le tsar fut renversé. Mais Bogdanov n’adhéra pas à la révolte, parce qu’il était opposé aux crimes commis par les léninistes. Après la chute du régime tsariste, il fut mis à l’écart pour un certain temps et finit même en prison. En 1924, Lénine mourut et le pouvoir passa à Staline. Gorki se vendit au régime, dont il justifia tous les crimes. Pour toute récompense, Staline le fit tuer avec une bactérie fournie par les services secrets. Et nous en arrivons ainsi à trois ans d’ici à peine : 1936.

– Comment pouvez-vous dire que c’est Staline qui a tué Gorki ?

– Gorki est mort d’une étrange pneumonie et, étrangement, son fils aussi, que Staline détestait, est mort de pneumonie. Deux semaines auparavant, tous les domestiques de Gorki, jeunes et sains, avaient été frappés de pneumonie. Curieux, vous ne trouvez pas ? Je suis médecin, et je me méfie des situations aussi anormales. En outre, Lénine est venu à Capri deux fois, la première, en 1909, la seconde en 1910. La seconde fois, il y est venu avec Staline, qui était incognito, sûrement pour prendre quelque accord secret avec Gorki aux dépens de Bogdanov.

 

13. Staline en 1910 - Dossier criminel après arrestation à Bakou, Azerbaïdjan.jpg

Staline en 1910… prisonnier – Dossier criminel établi lors de son arrestation à Bakou, Azerbaïdjan.

 

– Alors, c’est vrai ce qu’ont écrit les journaux, même Staline est venu ici ?

– Bien sûr. Il savait que, pour mettre fin à l’École de Capri, il fallait venir sur les lieux, parler avec Gorki.

Mais Gorki, vieux, était désormais inutile. C’était devenu un romancier frustré et fatigué, célébré par le régime mais sans liberté et, tous comptes faits, malheureux. Il avait fini par approuver publiquement la haine de classe, la répression, les massacres.

– Il avait été le spectateur incommode de trop de choses. Un héros mort leur convenait mieux qu’un témoin vivant. Et ils l’ont fait éliminer, dit Munthe.

– Il y a sept ans, à Moscou, outre Gorki, j’ai rencontré un grand nombre de gros bonnets, Lounatcharski, Maïakovski…, j’ai côtoyé des agitateurs et des bureaucrates, je suis allé au théâtre avec Karakhan, avec Florenski, avec Kalinine… Mais personne ne m’a jamais rien dit de cette histoire de partie d’échecs.

– Évidemment. Elle ne devait pas arriver à trop d’oreilles. Vous doutez de ma parole, Malaparte, Allez, allez le demander aux Caprais. Et vous verrez qu’ils vous confirmeront tout.

– Donc, l’inscription « Qui est comme Dieu » se rapporte aux discussions qui ont eu lieu à Capri entre Lénine et Bogdanov : la révolution froide et impitoyable de Lénine contre celle, humanisée, chaude, de la Construction de Dieu de Bogdanov et de Lounatcharski ? C’est ainsi, docteur Munthe ?

– Cette phrase, à mon avis, n’est qu’une simple remarque écrite par quelque bon à rien. Ou peut-être, qui sait, par Gorki lui-même. Mais elle a été écrite sur l’échiquier du grand défi Lénine-Bogdanov. Votre échiquier, cher Malaparte.

– Un moment. Vous, comment expliquez-vous la présence du nom de Pam Reynolds sur l’échiquier ?

– Malaparte, vous me décevez. Vous savez le russe et vous vous noyez dans un verre d’eau ! Ce mot PAM confirme précisément ma conjecture. N’oubliez pas que ces révolutionnaires étaient russes, qu’ils parlaient russe et qu’ils écrivaient en russe, c’est-à-dire en alphabet cyrillique. Donc, PAM ne signifie pas Pamela. Parce que, en cyrillique, le r majuscule s’écrit P.

Je sursautai. Je retirai l’échiquier de son enveloppe de papier.

– Votre homme mystérieux, cher Malaparte, n’a pas écrit pam, mais ram. Mot anglais, certes, mais qui équivaut à l’italien capro. Au pluriel Capri. Par conséquent notre mystérieux scribe a tout simplement écrit Capri en anglais, mais en caractères russes. Cela confirme bien que celui qui écrivait était un Russe, pas un Italien ou un Anglais. Il s’agit d’une plaisanterie, d’un jeu de mots. Je ne vous l’ai pas dit que ceux de l’École de Capri s’amusaient à faire des chansons et des charades dans toutes les langues ? C’était un groupe bariolé et plutôt gai qui n’avait pas eu trop de mal à remplacer la vodka par le vin de Capri. Demandez confirmation à qui vous voulez : beaucoup, ici, s’en souviennent. Au milieu des jeux de mots, et entre deux verres, il sera venu à l’esprit de l’un ou l’autre d’entre eux ce stupide petit jeu de mots RAM/Capri. Et il l’a gravé sur l’échiquier. Voilà tout.

Munthe dut lire la déception sur mon visage, parce qu’il se dépêcha d’ajouter : « Je vais vous confier un secret que je dois à ma longue expérience de médecin : ne posez jamais de diagnostic compliqué si ce n’est pas absolument nécessaire ».

– Et alors, qui m’a mis cet échiquier dans la maison ? dis-je.

– Peut-être un de vos ouvriers qui ne s’attendait pas à vous voir débarquer de Rome, qui croit que vous aurez envie de l’acheter comme objet d’antiquité et qui l’a déposé là en attendant. Peut-être même que, dans les jours qui viennent, il va vous le proposer. Ou peut-être l’échiquier a-t-il été volé par quelque ouvrier à la villa Monacone où habitait Bogdanov, et pour un moment cachée dans un lieu très isolé comme l’est la pointe Massullo. Il peut y avoir diverses explications toutes valides. Vous, Malaparte, vous êtes un écrivain, et vous êtes habitué à vous servir de votre imagination. Mais, d’après ce que vous m’avez dit, vous êtes aussi dans un sérieux pétrin. Ne perdez pas de temps avec cette histoire d’échiquier, croyez-moi. Et si vous avez encore besoin de moi, je suis à votre disposition.

Je retournai l’échiquier entre mes doigts.

­– Et puis, consolez-vous, dit Munthe. Vous avez en mains un objet qui a fait l’histoire. Vous vous rendez compte ? L’échiquier de la fameuse partie entre Lénine et Bogdanov… Si Bogdanov l’avait gagnée, il n’y aurait peut-être pas eu de révolution russe … aujourd’hui, le tsar serait encore là et toute l’histoire du monde aurait été différente. Moi, à votre place, je ne montrerais cet échiquier qu’à des amis très sûrs, qui soient capables d’en comprendre l’énorme valeur historique. Mais maintenant, excusez-moi, il faut que j’aille donner à manger à mes chiens, ils doivent avoir une faim du diable. Vous reviendrez me voir, promis ?

_______________

* On se rappellera peut-être que c’est après avoir assisté, sur l’invitation de Bernard Shaw, à une séance de cette Fabian Society, qu’Oscar Wilde a écrit son texte trop peu connu : L’âme de l’homme sous le socialisme.

 

Monaldi et Sorti, Malaparte : Morte come meMilan, Baldini & Castaldi 2016 - pp. 138-147.

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

Bien entendu, Malaparte se fait ici somptueusement mener en bateau par un Munthe qui saupoudre allègrement des détails et des faits historiques indiscutables de carabistouilles de son cru, tels que les béliers qui deviennent des boucs en passant de l’anglais à l’italien via le russe, alors que Capri, comme on le sait, ne vient même pas du bouc latin mais du sanglier grec.

Malaparte, pourtant un monstre de lucidité dans la vraie vie, sauf quand il se plantait en politique, avale l’hameçon et la ligne avec, car, s’il savait que Munthe était un faux aveugle, il ne savait pas – l’a-t-il jamais su ? - que le bon docteur a été, du début du siècle jusqu’à son retour définitif en Suède (1942) l’agent du MI6 dans ce repaire du fascisme, du nazisme et de la jet set internationale qu’était son île d’élection.

 

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Avant que Capri ne devienne une colonie grecque…

Ajax et Achille jouant aux échecs sous les murs de Troie – Amphore attique à figures noires attribuée à Exchias (v. 540-530 av. J.-C.) – Musée du Vatican

 

Quant à savoir ce qui serait arrivé si Bogdanov avait gagné la partie ? Ce qui est arrivé dans la réalité. Bogdanov était un esprit encyclopédique. Lénine aussi, mais assujetti à un but unique dont il ne dévia jamais, alors que Bogdanov n’a cessé de se démultiplier dans tous les sens. Quand a-t-on vu, dans un duel entre un éventail et un fer de lance, gagner l’éventail ?

Il n’en reste pas moins que Bogdanov (ce n’est là qu’un de ses trente pseudos) est un des pères de la culture soviétique et même de la révolution qu’il n’a pas faite (parce que Lénine, s’apercevant que les menchéviques se servaient de la philosophie de Bogdanov pour marginaliser les bolcheviques, l’a fait exclure du parti). En Italie, il avait aussi fondé et animé l’École de Bologne, où enseigna Trotski. Son apport culturel est immense. Ses livres théoriques d’économie, de politique et de science, ont été lus et discutés dans les soviets à l’égal du « Que faire ? » de Lénine. Il a traduit Le Capital en russe, mais il est aussi – entre autres choses - le plus important auteur de science fiction d’avant 1917 (cf. L’étoile rouge et L’ingénieur Menni). Philosophe d’inspiration nietzschéenne, il voulait intégrer la philosophie dans la science et eût préféré sans doute faire la révolution « par la culture », en évitant les affrontements à sang coulant. Il a aussi été médecin psychiatre et s’est enfin jeté à corps perdu dans les recherches sur la transfusion sanguine. En 1926, c’est sous sa direction que fut fondé le premier institut soviétique spécialisé dans la transfusion du sang (qui porte d’ailleurs son nom depuis sa mort). En mars 1928, Bogdanov fit l’expérience de se transfuser le sang d’un étudiant atteint de malaria et d’une forme bénigne de tuberculose. Quinze jours plus tard, au terme d’une longue agonie, qu’il observa et décrivit lui-même avec lucidité et le plus grand scrupule professionnel, il mourut.

Sur le plan des coïncidences, il est étrange de constater l’importance du sang dans l’œuvre de Malaparte, qui eut, sur ce fluide vital, des idées si arrêtées qu’au cours de son agonie à lui (en 1957, à Rome) il refusa farouchement toute transfusion, comme allant à l’encontre de la notion quasi magique qu’il en avait.

La fiche Wikipedia la plus complète et objective sur Aleksandr Bodganov est, de loin, celle en italien  : https://it.wikipedia.org/wiki/Aleksandr_Aleksandrovi%C4%8...

 

2. russep.gif

 

0. Rita e Francesco.jpg

 

Note des auteurs

(Extrait)

 

La partie d’échecs entre Lénine et Bogdanov s’est déroulée en 1908, à Capri, sur la terrasse de la villa Blaesus [Aujourd’hui villa Krupp, ben oui, ndt]. Beaucoup de gens seraient aujourd’hui intéressés à retrouver l’échiquier sur lequel se joua la partie d’échecs la plus importante de tous les temps. Malheureusement, on en a perdu la trace.

Sur la confrontation Bogdanov-Lénine, il y a la brillante analyse de Vittorio Strada, L’altra rivoluzione, Gorki, Lunacharski, Bogdanov [« L’autre révolution : Gorki, Lounatcharski, Bogdanov »], La Conchiglia, Capri, 1994. En 1909 ou 1910, suivant les témoignages, se situerait la visite de Staline à Capri en compagnie de Lénine. Elle a été excellemment traitée dans le bel essai de Gennaro Sangiuliano, Scacco allo tsar 1908-1910 : Lenin a Capri, genesi della rivoluzione [« Échec au tsar 1908-1910 : Lénine à Capri, genèse de la révolution »], Milan, Mondadori, 2012.

Le rôle d’organisateur du défi Lénine-Bogdanov et de fondateur de l’École de Capri n’a pas porté chance à Maxime Gorki : d’après certains historiens, l’écrivain fut tué par Staline en 1936, au moyen d’une arme bactériologique fournie par les services secrets de la Loubianka.

Ibid, p. 493

 

Reste à savoir quel intérêt Staline pouvait avoir à liquider Gorki en 1936, même s’il « ne lui servait plus à rien ». D’autres historiens éclaireront peut-être ce point d’histoire, grâce aux archives de la Loubianka par exemple, en même temps que celui de l’assassinat de Trotski sur un autre continent.

Quant à l’opposition Lénine-Bogdanov, la copie est si conforme à l’opposition Robespierre-Danton que c'est à se demander si les historiens-propagandistes ne trouvent pas leur imagination dans des pochettes-surprise.

Comme dit pertinemment le Pr Faurisson : « Vos preuves ! »

 

2. russep.gif

 

En attendant, les habitants de Capri ont organisé, l’an dernier, leur deuxième tournoi international d’échecs « en souvenir de Lénine ».

 


 

Dont les vainqueurs ont été :

         Dans la catégorie OPEN A :

1er prix : le GM serbe Miroljub Lazic

2e prix : l’IM philippin Virgilio Vuelban

3e prix : la VG italo-russe Olga Zimina

4e prix ex-aequo : le FM italien Maurizio Caposciutti et l’IM serbe Gojko Laketic

         Dans la catégorie OPEN B :

1er prix : le petit Claudio Paduano, de Boscotrecase, âgé de 10 ans, qui est déjà vice-champion européen.

 

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Ils avaient inauguré leur nouvelle vocation de capitale mondiale des échecs en octobre 2015, sur le lieu même de la partie historique :

http://napoli.repubblica.it/cronaca/2015/09/22/news/capri...

 

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Et ils récidivent cette année

 

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Du 26 au 29 octobre 2017 se déroulera, tous les jours, le :

 

TOURNOI D’ÉCHECS INTERNATIONAL « ÎLE DE CAPRI – VLADIMIR LÉNINE »

 

Hotel la Residenza, Capri – Participation : 50 €

 

Torneo valido per variazioni ELO Italia/Fide e per il conseguimento della norma di maestro FSI

Info, costi e iscrizioni: Club Scacchi Capri
Tel. 388 909 1730 - 331 379 6095
www.clubscacchicapri.it

 

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Un des soviétiques avec qui Malaparte est allé au théâtre à Moscou est Pavel Florensky. Théologien, mathématicien, électro-technicien et philosophe russe, mort en 1937, il y a juste 80 ans (devenu saint Pavel Florensky). Il se trouve que ses œuvres ont été largement publiées en français. Il serait dommage de les passer sous silence.

 

 

Publications de Florensky en français :

La colonne et le fondement de la vérité, Lausanne, Suisse, Éditions L’Âge d’Homme, 1994, 508 p.

Le Sel de la terre, Lausanne, Suisse. Éditions l’Âge d’Homme, coll. « Petite bibliothèque slave », 2003.

Souvenirs d’une enfance au Caucase, Lausanne, Suisse, Éditions de L’Âge d’Homme, coll. « Au cœur du monde ».

La Géhenne, Lausanne, Suisse, Éditions de L’Âge d’Homme, coll. « Archipel slave », 2010. Ceci est en fait la lettre VIII de La Colonne.

Stupeur et dialectique, Paris, France, Éditions Payot et Rivages, coll. « Bibliothèque Rivages », 2012, 94 p.

Perspective inversée, iconostase, Lausanne, Suisse, L’Âge d’Homme, 1992

La Perspective inversée, Paris, Éditions Allia, 2013, 111 p.

Lettres de Solovki, Lausanne, Suisse, Éditions de L’Âge d’Homme, coll. « Classiques slaves », 2012, dont la traduction en français par Françoise Lhoest a été récompensée par le Prix Russophonie 2014

Les Imaginaires en géométrie, Bruxelles, Belgique, Éditions Zones sensibles, 2016, traduction de Françoise Lhoest et Pierre Vanhove. Préface de Cédric Villani

 

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Chose promise chose due…

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Rita MONALDI et Francesco SORTI

MALAPARTE – Morte Come Me

Milan, Baldini & Castoldi, 7 juillet 2016

Langue : italien

Couverture rigide

494 pages

 

 

Ce titre fait évidemment référence à la maison que s’était fait construire Malaparte à l’extrême pointe de Capri et qu’il avait baptisée « Maison comme moi », après avoir renvoyé l’architecte et décidé de la finir seul avec de simples maçons de l’île. Mais La Mort comme moi se réfère aussi à un autre livre de l’auteur (« Une femme comme moi », recueil de nouvelles consacrées aux femmes que se rêvait Malaparte)

C’est la première infidélité de Rita et Francesco à leur cher baroque et c’est une infidélité qui s’affiche en fanfare. Leurs raisons nous sont inconnues ­­– il doit y en avoir plusieurs, à commencer par le 60e anniversaire de la mort de Malaparte qui arrivait – mais je parierais qu’il y a aussi le fait qu’ils semblent partager un de ses sentiments les plus forts sur l’Europe, à savoir que le destin de notre continent post-romain catholique est devenu, depuis Luther, un destin anglo-saxon protestant et que cela n’a peut-être pas été pour notre bien.

La « justification » du roman est limpide :

Malaparte, tombé amoureux de la Chine, a dû être rapatrié pour mourir dans son pays d’un cancer des poumons en phase terminale, qu’il voulait, lui, se faire soigner en Chine, car il n’entendait pas mourir et se croyait capable de remporter cette ultime guerre.

Engagé à seize ans dans la légion Garibaldi pour voler au secours de la France, que son pays abandonnait dans la première des deux grandes boucheries du siècle, il avait été gazé au Chemin des Dames et il a jusqu’au bout prétendu mourir de la tuberculose causée par l’ipérite et non du cancer. De l’ipérite, de la tuberculose, du cancer et des cigarettes, comme mon grand père est mort d’un cancer du foie agrémenté d’une cirrhose.

Héros, donc, de ce roman, Curzio Malaparte est un des deux plus grands écrivains italiens du XXe siècle, mais c’est un écrivain maudit – aujourd’hui encore – parce que le choix qu’il a fait, à un certain moment, du fascisme, a sufi à plonger dans le néant tout le reste, comme Louis-Ferdinand Destouches est toujours Céline l’antisémite et non Céline l’écrivain de génie. Dans un pays comme dans l’autre, les médiocres n’en finissent pas de les juger sans essayer de les comprendre. Je ne vais pas le faire ici aujourd’hui, parce qu’il s’agit de vous parler d’abord d’un roman tout neuf assuré de faire date (que vous aurez peut-être la chance de lire en français dans dix ans) et parce qu’on a déjà d’autres maudits sur les bras : Lénine, Staline, etc.

Un peu à la fois !

Kurt Erich Suckert est né à Prato, d’un père allemand (saxon) et d’une mère milanaise. Il se voudra toscan – et pourquoi pas – et changera son nom, y compris pour l’état-civil, en celui de Malaparte, parce que, héritier de Machiavel, il a pris Napoléon pour César Borgia. Première erreur historico-politique et première admiration mal placée.

« Il s’appelait Bonaparte et il a mal fini. Je m’appellerai Malaparte et je finirai bien. »

(Vous le saviez, vous, que la tribu s’appelait en réalité Malaparte et qu’elle avait obtenu d’un pape l’autorisation de s ‘appeler Buonaparte ?)

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a réussi sa sortie.

Ayant légué par testament sa célèbre maison à la République Populaire de Chine, pour qu’y soient accueillis des artistes chinois et que des liens se tissent entre l’Italie et le pays de Mao, il redemanda sa carte du PCI, qui lui avait toujours été refusée. Cette fois, c’est Palmiro lui-même qui la lui apporta sur son lit d’agonie. Et qui dut, en partant, croiser dans les couloirs le père Rotondi, jésuite, venu entendre la confession du mourant et le recevoir dans l’Église, non sans qu’il ait d’abord abjuré La Peau, qu’elle avait mise à l’Index. L’Autre devra de même abjurer sa Trilogie de la vie, et pour les mêmes raisons, puisqu’ils sont partis tous les deux catholico-communistes. À mon avis, ils s’en sont tirés à bon compte. Watteau, lui, avait dû laisser brûler tous ses dessins érotiques, pour ne pas finir en enfer.

L’idée de Monaldi et Sorti est simple, on est le 19 juillet 1957 à Rome, à la clinique Sanatrix. Malaparte va mourir, veillé par une petite Sœur Carmelita qui s’assoupit. La mort arrive sous l’apparence d’une très belle femme qu’il a jadis connue à Capri, escortée de deux assistants. Des anges, évidemment. Elle révèle au moribond qu’elle est « la Justice du ciel » et que, oui, l’Enfer existe – si, si – et le Paradis et tout le reste, et que s’il ne veut pas, lui, Malaparte, finir dans les flammes éternelles, il a intérêt à se repentir avant qu’il ne soit trop tard. Mais comment faire ? « Je suis écrivain, je ne sais rien faire d’autre qu’écrire. » Qu’il fasse comme il veut, un roman s’il veut, mais que son repentir soit sincère, sinon, il sait ce qui l’attend. « Écrire un roman dans un poumon d’acier ? » Qu’à cela ne tienne, il n’a qu’à le dicter. Un des anges installe une Remington et s’assied. L’autre déballe une rame de papier, entrouvre un peu la fenêtre, change l’eau des fleurs, Sœur Carmelita ronflote doucement, et c’est parti. Malaparte n’a plus mal, ses jambes se réchauffent, sa respiration redevient normale, il peut même s’asseoir. N’est-on pas censé voir défiler sa vie quand on meurt ?

Cet examen de conscience in articulo mortis – on peut dire autocritique si on préfère – est écrit à la première personne. C’est Malaparte lui-même qui raconte et qui passe en revue sa vie, ses sentiments, ses opinions, ses jugements et ses choix. Plaidoirie ? Exposé candide ? Demandez à la Justice du ciel. Il faut saluer au passage l’idée de génie des auteurs d’avoir donné à la Mort le visage de cette Mona Williams – la femme la mieux habillée du monde et une des plus belles – qui finira par épouser le neveu homosexuel du Chancelier de Fer et deviendra ainsi Mona von Bismarck. Il n’y a pas une photo de la dame qui ne justifie ce choix.

L’anecdote qui, elle, justifie le roman se situe à Capri, où l’écrivain a rencontré, en 1935, une jeune poétesse anglaise, fille d’un des fondateurs de la Fabian Society (socialiste) et néanmoins courtisée par un Sturmbannführer SS. La rencontre est brève : Malaparte ne faisait que passer. Aussitôt après, la jeune fille trouve une mort tragique au pied d’une falaise.

L’histoire est vraie. Elle n’a jamais été élucidée. Il est vrai aussi qu’en 1939, des bruits ont couru accusant Malaparte d’assassinat et que la police secrète de Mussolini, l’OVRA, a tenté de l’arrêter. Discrètement, vu la société huppée dans laquelle il évoluait. Mais à cause de cette mort de quatre ans plus tôt ou pour une autre raison ? Malaparte n’a jamais eu la langue dans sa poche et il a toujours cru qu’il pouvait tout dire à n’importe qui. C’est ainsi qu’on se fait de nombreux et puissants ennemis.

On n’est pas à proprement parler dans un roman policier (même si les flics y circulent comme chez eux) mais dans un roman à énigme sans aucun doute. Pour échapper à une arrestation secrète et à un plongeon définitif dans les oubliettes, l’écrivain prend le maquis, dort à la belle étoile et essaie en même temps de faire la lumière sur la mort de la jeune fille.

Le grand art des deux sorciers est de mêler à ce qu’ils inventent tant de faits et de détails historiquement indiscutables qu’on a le plus grand mal à démêler ce qui relève de la chronique de ce qui appartient au roman. On passe ainsi, au fil des souvenirs de Malaparte, des tranchées de l’Argonne aux îles Lipari (où il a été deux fois relégué) et des villas de quelques originaux comme Axel Munthe à celles des successeurs de Tibère : milliardaires américains, nobles décadents d’Europe, hiérarques fascisto-nazis étroitement mêlés comme toujours. Malaparte, réputé bourreau des cœurs croise, dans cette histoire, principalement quatre femmes ; la jeune fille, qui disparaît trop tôt pour compter, Edda Ciano, fille du Duce, épouse bafouée du vrai tombeur, et Mona Williams, richissime américaine, qui le traitent toutes les deux fort mal, ainsi qu’une jeune femme qu’il prend pour une institutrice, dont il semble sincèrement s’éprendre, et qui est en réalité une agente de l’OVRA chargée de le faire tomber sans trop d’histoires. Pour Don Juan, on repassera.

J’ai dit ailleurs que les auteurs sont peut-être en train de ré-écrire l’histoire de l’Europe.

Il y a, dans ce roman, une habituelle mais toujours surprenante richesse d’informations (qui n’empêchent nullement l’art) sur de nombreux moments-clés de notre histoire, généralement mal ou pas connus. Sur la vie à Capri au début du siècle, puis sous le fascisme, sur sa population locale incroyablement pauvre et sa population cosmopolite incroyablement riche (remarquable portrait d’Edda Ciano en passant). Sur la guerre 14-18 du jeune caporal Adolf Hitler… et ses suites psychiatriques. Sur celle de Malaparte (la mort du jeune boulanger « de la classe 99 » à Bligny est une des plus grandes pages de roman jamais écrites sur la première guerre mondiale). Sur les autres guerres de Malaparte, en Éthiopie, dans les Balkans, en Ukraine, au siège de Léningrad (côté assiégeants), à la libération de Naples (côté alliés).

Il est dit dans les traditionnelles notes de fin de volume : « La prose de ce roman se réclame intentionnellement des particularités du style de Malaparte (parmi lesquels un goût musical pour la répétition) qui continue à trouver des admirateurs même en dehors d’Italie ». Il ne faudrait quand même pas oublier qu’un des deux auteurs est musicologue. Mais il n’y a pas que le style et pas que les répétitions. On peut, dans ce cas particulier, parler de véritable osmose (rien à voir avec le pastiche !) et pas seulement dans la forme.

Je mentionnerai un autre passage pour finir : s’agissant d’un auteur qui est dans l’enfer des lettres depuis soixante ans, Rita et Francesco se sont payé le luxe de le lui faire promettre et montrer par la mort. Pas celui des lettres : l’autre. Ce vers quoi se sent aspiré le mourant dépasse les visions – un peu enfantines, du coup – de Dante. D’autant plus impressionnant pour le lecteur d’aujourd’hui qu’il court un certain risque de le rencontrer lui-même.

 

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Un des nombreux ouvrages du héros de leur livre :

 

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Curzio Malaparte

Ces chers Italiens

Paris, Les Belles Lettres, 2013

Coll. Le goût des idées

192 pages

 

 

 

Extrait

[ …] Cette liberté tout italienne, on la retrouve, non seulement dans les coutumes, mais dans l’art, en particulier dans la peinture et la sculpture, pleines de madones seins à l’air (les têtes des chérubins volant autour des bouts dorés comme des oiseaux autour de grains de raisin), de saints, de prophètes, d’apôtres les pudenda à découvert, d’anges blonds avec leur petit derrière rosé et leur petite bouche suce-miel, d’hommes et de femmes vêtus de leur seul poil, tout occupés à regarder les grands personnages de la Bible et leurs faits et gestes, de sorte qu’on ne sait s’ils contemplent le couteau d’Abraham ou les fesses d’Isaac, la verge d’Holopherne ou la chute de reins de Judith. Et ce n’est pas seulement la peinture sacrée, mais aussi la profane qui apparaît aux yeux des Italiens, comme une occasion d’étaler chairs nues, membres virils, héros le derrière en l’ air, héroïnes séchant leur sein au soleil ; sans compter les papes bénissant des foules de pèlerins nus ; des rois, des empereurs, des reines tout nus sur leurs trônes dorés ; des cardinaux à genoux dans de magnifiques églises peuplées de statues nues ; des ambassadeurs, tyrans, courtisans, tribuns du peuple, plébéiens, olives pendantes sous le nombril, haranguer, tenir conseil, pendre les pauvres diables, tramer et ameuter conjurations et séditions, brûler les demeures des seigneurs. Les trompettes sonnent et c’est une confusion d’étendards et de testicules, d’épées et de seins nus ; ce sont Marius et Sylla, César et Brutus, Pompée, Antoine, Auguste, Titus, Constantin qui montent au Capitole les fesses ouvertes ; des guerriers nus à cheval bataillant bourses au vent et jetant bas des ennemis nus, ou poursuivant des bandes nues de fuyards, on ne sait si c’est pour leur trancher la tête ou le sifflet.

Ce n’est pas là impudicité ; c’est une façon de mêler la nature à l’histoire, la chronique des faits naturels à celle des faits politiques ou militaires ; d’entendre l’histoire des hommes et des peuples comme une histoire de la nature. Et cela me semble, à moi, une façon juste et vraie, l’histoire n’étant, en Italie du moins, que l’histoire des faits humains en tant que faits de la nature, alors que l’histoire des Anglais, des Allemands, des Français, des Espagnols n’est que l’histoire des faits humains en tant que faits politiques, étrangers à la nature.

Vouloir tirer de l’histoire d’Italie, à commencer par celle de Rome, des principes d’éthique, une règle morale comme le firent, par exemple, Montaigne et Montesquieu, c’est commettre une erreur. Autant vouloir tirer une règle morale de l’histoire de la nature. Quel principe moral peut-on déduire, mettons, de l’apparition des mammifères sur la terre ? L’histoire de Rome n’est qu’un chapitre de l’histoire naturelle : le chapitre qui rapporte l’origine d’une espèce d’hommes et leur façon de l’emporter sur d’autres espèces d’hommes et non de la supériorité d’un principe moral sur d’autres principes moraux. Et cela est si vrai que, avec le triomphe du christianisme, qui est un fait moral et non un fait de la nature, l’histoire de Rome en tant que chapitre de l’histoire naturelle s’achève.

Voilà la raison pour laquelle les Italiens sont vis-à-vis de l’histoire comme vis-à-vis de la nature et en face des faits historiques comme en face des faits naturels. Ils considèrent l’histoire des hommes comme celle des arbres, des fleuves, des bêtes, des saisons. Ils regardent les peuples naître, croître en âge, en force, en richesse ; combattre, fonder des villes, envoyer des hommes à la mort ; les villes s’effondrer dans les flammes, les royaumes s’écrouler, d’autres nations surgir, d’autres cités, d’autres empires ; la terre se repeupler d’autres hommes, de murs, de palais, de temples et, tout à coup, n’être plus que désert.

Pareillement, ils regardent naître les arbres, les plantes, les herbes ; les fleuves couler et déborder ; le ciel s’abattre sur les champs, les moissons, les troupeaux ; la mer engloutir les vaisseaux ; la terre trembler, s’ouvrir et les villes s’y abîmer, et d’autres arbres, d’autres plantes, d’autres herbes naître, d’autres moissons murir. Les faits historiques se succèdent comme les saisons et se confondent avec les faits naturels au point de nous sembler des faits de la nature. La mort de César équivaut à une crue de fleuve, à un incendie de forêt, au fléau d’une épidémie ; une bataille est comme une tempête ; une invasion est une façon d’inondation ; une révolte évoque l’éruption d’un volcan ; la chute d’un règne rappelle une ville détruite par un tremblement de terre.

C’est la raison pourquoi les Italiens, plus proches de la nature que toute autre espèce d’hommes, ont une si grande familiarité avec les choses du sexe. Ce n’est pas là de l’impudicité, mais simplement une façon de prendre la nature comme elle est, c’est-à-dire comme un fait, non moral, mais physique. Cette familiarité date de leurs plus tendres années. Dès ce moment, ils voient statues et fresques avec hommes et femmes nus, Apollon, Vénus, Madones, Madeleines, martyrs peuplant les places et les églises d’Italie.

C’est chose commune que de voir de petits garçons et petites filles jouer avec les parties viriles d’Hercule, de Cacus, de David, de Goliath, d’Hector et d’Achille, de saint Jean-Baptiste et de saint Georges. Allez après cela plaquer le feuille de vigne sur le David de Michel Ange, ou les Dioscures du Quirinal, ou le Ménélas et le Patrocle de la loge des Lanzi ou sur le Neptune de la Seigneurie à Florence. Tous les gosses, garçons et filles, savent ce qu’il y a dessous, comment c’est fait, combien ça pèse, et à quoi ça sert. Inutile de leur dire que ça ne sert à rien ; ils savent. Et que serait-ce s’ils ne le savaient pas ou croyaient que ça ne sert à rien ? Ils finiraient par croire que ce que les Vénus ont sous la feuille, ça non plus ne sert à rien.

Par bonheur, en Italie, nul ne rougit en regardant ces statues. Et si je dis « par bonheur », c’est que, tout au moins en Italie, les yeux sont faits pour regarder.

J’allai un jour, encore gamin, au Dôme de Prato, voir danser Salomé, avec quelques camarades. Ô grâce de Filippo Lippi, quelle bonne leçon tu m’as donnée en m’apprenant que le nu est chaste ! Pour nous, gamins, assis en silence dans les stalles du chœur, derrière le maître-autel, il n’y avait rien d’étrange à ce que Hérode, Hérodiade, les courtisans, les pages, autour de la longue table luisante de lin candide et scintillante de cristaux, et les serviteurs avec les plateaux chargés de mets et les jarres de vin, rien d’étrange à ce que tous regardassent d’un œil tranquille la jeune danseuse sous ses voiles transparents qui laissaient à nu les tendres chairs, le duvet blond, les ombres secrètes. Que faisaient là de mal Hérode, Hérodiade et les commensaux et les serviteurs ? Ils regardaient cette jeune fille nue, si pudique, avec son pied levé, sa tête légèrement penchée en arrière, ses menus seins rosés et fermes, visibles sous la transparence des voiles. Il n’est pas jusqu’à la tête du baptiste, servie sur un plat d’argent qui n’ouvrît des yeux extasiés, où il n’y avait pas l’ombre de pudeur offensée, ni de désir, ni de reproche, mais uniquement le plaisir que donnent les choses belles et pures. Jusqu’à ce qu’enfin, du haut du beau campanile en pierre grise et marbre vert de Figline, les cloches laissaient tomber leurs appels graves et profonds ; l’onde sonore dérange les voiles de Salomé qui, un instant, dans la pénombre du chœur nous apparaît jusqu’à l’aine. En entendant les voix des chanoines, sortis un à un de la sacristie pour venir chanter les vêpres, nous courions nous blottir au fond du chœur, sous le grand vitrail. Les chanoines s‘asseyaient dans les stalles, fermaient les paupières et se mettaient à chanter, les yeux clos, pour ne pas voir Salomé.

Non, ils ne fermaient pas les yeux, ils faisaient semblant. Ils regardaient Salomé d’en dessous, à travers leurs cils baissés et chantaient. »

Curzio MALAPARTE, Benedetti Italiani [« Bienheureux Italiens », Ces chers Italiens dans l’édition française des Belles Lettres, 2003. Traduction : Mathilde Pomès. Chapitre 3.]

 

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Oh, que les souvenirs sont trompeurs ou l’imagination puissante !

 

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Pour le luxe :

 

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Abbé Atto MELANI

Manuscrit retrouvé et publié par MONALDI & SORTI

Gli intrighi dei Cardinali

Langue : italien

Milan, Baldini & Castoldi, 27 octobre 2016

127 pages

 

 

Ce texte, écrit en français Louis Quatorzième par le célèbre castrat italien Atto Melani (offert par sa noble famille à l’Église) qui fut pendant quarante ans l’agent secret du Roi-Soleil, s’intitulait en réalité Les secrets du conclave et racontait comment Melani, en qualité d’assistant du cardinal Rospigliosi, avait pu participer au conclave qui a porté son protecteur au pontificat sous le nom de Clément IX. Autrement dit que la cour de France avait fait un pape de plus à la barbe de quelques autres puissances.

Rita et Francesco ont découvert l’original autographe – rapport destiné à Louis XIV – dans les archives du Palais Bourbon, où il dormait depuis près de quatre siècles. Atto Melani étant le personnage principal de leur célèbre série baroque, ils ont eu à cœur de le publier.

C’est donc seulement traduit en italien qu’on le trouve, car, en français, il n’a semblé intéressant à personne de le faire imprimer.

 

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Curzio MALAPARTE

Technique du coup d’État

Paris, Grasset, (revu et corrigé, 2008)

Les Cahiers Rouges

224 pages

 

 

 

« Je vous connais bien, M. Malaparte. Et depuis longtemps. Votre Technique du coup d’État est mon livre de chevet. »

Mao Tse Toung

Présentation de l'éditeur

Comment on s’empare d’un État moderne et comment on le défend : à l’aide d’exemples pris dans l’histoire (le 18 Brumaire de Bonaparte) ou dans l’actualité plus proche (le coup d’Etat bolchévique de 1917, la marche sur Rome de Mussolini, l’inexorable montée de Hitler), Malaparte analyse les diverses méthodes d’insurrection moderne. Le Duce lui fit payer la justesse de ses réflexions de plusieurs mois de prison et de cinq ans d’assignation à résidence… À sa sortie en 1931, Technique du coup d’Etat fut salué dans le monde entier comme un « traité de l’art de défendre la liberté ». La fiévreuse clarté de ses théories tactiques, l’art du portrait et la finesse psychologique de l’auteur appliqués au personnel politique et militaire n’ont pas vieilli. Et font de ce livre un classique.

[Notons quand même que Malaparte s’est planté en attribuant à Napoléon le coup du 18 Brumaire, qui fut en réalité l’œuvre de Sieyès assisté de Lucien, tandis que Napoléon se contentait de s’évanouir ou de faire semblant, jusqu’à ce que l’on sût de quel côté le sort avait penché, comme le rapporte avec sa sécheresse de ton coutumière Paul Léautaud (Journal), qui n’aimait pas qu’on raconte n’importe quoi. N.d.GO]

Biographie de l'auteur

Curzio Malaparte (1898-1957) a été journaliste, reporter de guerre sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre Mondiale et écrivain. Il est l’auteur des romans Kaputt (1944) et La Peau (1949), de biographies, comme Le Bonhomme Lénine (Grasset, 1932) et du célèbre Technique du coup d’État (Grasset -1931). Il est considéré comme un des plus grands écrivains italiens du XXe siècle.

 

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Mais pourquoi a-t-il tenu leurs manteaux aux bourreaux qui lapidaient saint Étienne ?

 

Le Malaparte qui s’est engagé à seize ans et a risqué sa vie pendant quatre ans pour défendre une France qu’il adorait, qui a été gazé au Chemin des Dames, qui a été relégué par deux fois aux îles Lipari par un régime qu’il servait pourtant, est le même que celui qui a trouvé la campagne de Russie « romantique » (et pour cela, il faut avoir un grain dans le cerveau qui n’est pas à sa place), qui a tremblé de timidité impressionnée devant Benito Mussolini, assisté de sa plume les assassins de Matteotti, applaudi aux massacres des Baléares et dîné avec Frank, le bourreau de Varsovie. Pour l’interviewer peut-être, mais bon. C’est difficile à concevoir, mais c’est ainsi. C’est lui aussi que les Allemands ont fait réexpédier du front de l’Est, parce que ce qu’il en écrivait dans le Corriere della Sera outrageait le Reich.

Entretemps, il avait fait, en correspondant de guerre mais avec la grade de capitaine, la campagne des Balkans, raté les combattants, Tito et Mikhailovitch, qui tenaient le maquis, mais interviewé Pavelich, l’ogre croate. L’histoire du panier plein d’yeux humains, c’est lui. Histoire dont s’est amèrement plaint l’intéressé dans son exil sud-américain : il se souvenait très bien que, quand Malaparte était venu le voir, on venait de lui faire cadeau d’un panier de groseilles. « Qu’est-ce qu’il voulait que je fasse avec un panier de groseille ?! » s’est exclamé l’auteur de génie à celui qui lui posa la question. « On ne frappe pas l’imagination avec des groseilles.»

On croit presque entendre Jules Michelet, venu questionner Élisabeth Duplay sur ce qu’elle savait des suppliciés de Thermidor, lui promettre : « Vous verrez, Madame, ce sera bien plus beau comme je vais le raconter. »

C’est que l’écrivain français qu’a le plus admiré Malaparte était Chateaubriand, hélas. Pas qu’il écrivît mal, mais enfin, c’était le roi des menteurs dont Michelet était le prince, à moins que ce soit l’inverse. Tous les Bretons sont des virtuoses ès-mensonge. Pardon. Mais si. À commencer par Céline, qui s’est prétendu normand. Mais ceci nous entraînerait vraiment trop loin… Alors, basta pour l’instant.

Il y a cent ans ce jour, un volcan s’éveillait et commençait à cracher des flammes.

 

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Mis en ligne le 25 octobre 2017

 

 

 

21:25 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

LA PARTIE D'ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS - II.

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« LA PARTIE D’ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS »

 

(2)

 

Le discours de 3h1/2 de Xi Jinping devant le 19e Congrès National du PCC était en fait une introduction succincte à la feuille de route de la Chine pour le futur.

Le discours de Xi Jinping était à longue portée mais, ce qui est beaucoup plus important, absolument faisable, si on se fonde sur l’impressionnant bilan de la Chine

Adam Garrie – TheDuran18 octobre 2017.

 

Le président chinois Xi Jinping a pris la parole à la séance d’ouverture du 19e Congrès du Parti Communiste. Jusqu’ici, les principaux commentaires sur ce discours parlent de sa longueur monumentale, puisqu’il a duré plus de trois heures et demie.

 

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Le président chinois Xi Jinping

 

Bien qu’endurer un discours d’une telle longueur ne soit pas spécialement facile, avec le recul, le discours de Xi constitue un résumé remarquablement succinct des réalisations de la Chine, tout en offrant une feuille de route aisée à comprendre de la Chine et d’ailleurs aussi de ses partenaires, pour le reste du XXIe siècle. Si on essaie de condenser et de synthétiser plus de cent ans de succès passés et de programmation future, écouter trois heures et demie d’un discours est en réalité plus court que les copieux documents et analyses politiques qu’on pourrait avoir à lire autrement pour engranger une information aussi essentielle.

À cause de cela, beaucoup des médias dominants occidentaux ont décidé d’occulter le discours complet en invoquant sa longueur, alors qu’en réalité ces « journalistes » ne tiennent pas à affronter l’ascension de la Chine à sa place de superpuissance du monde moderne.

Vous pouvez voir ici le discours en entier. Sous la vidéo, je vais essayer d’expliquer ce que j’ai ressenti comme en étant les points les plus importants.

 


 

L’intervention de Xi Jinping fut tout entière enchâssée dans le thème principal de sa présidence : le développement continué du marxisme dans sa particularité chinoise. Ceci signifie essentiellement l’engagement de conserver les habitudes culturelles et socio-économiques chinoises dans le contexte de l’économie de marché socialiste, dont Deng Xiaoping, qui fut le leader primordial de la Chine de 1978 à 1989, a été le pionnier.

L’aspect le plus révolutionnaire du discours comprenait un engagement à construire le progrès industriel, infrastructurel et financier de la Chine, pour en faire, à l’intérieur, un pays toujours plus prospère. Alors que des mots comme « luxe » charrient encore une certaine stigmatisation dans le contexte d’un parti communiste, ce qu’a promis Xi est en réalité exactement ça.

Alors que les travailleurs chinois ont travaillé inlassablement pour faire passer la Chine d’une économie agraire à une économie prospère qui va bientôt dépasser les USA en termes de puissance économique totale (dans beaucoup d’autres domaines, la Chine a dépassé les USA depuis quelque temps déjà), Xi a fait comprendre que le temps était venu, pour les Chinois et les Chinoises de jouir davantage des bénéfices de la richesse qu’ils ont créée.

Pour que ceci se réalise, Xi a parlé de plusieurs stades de développement du « grand socialisme moderne », excroissance naturelle du socialisme de marché de Deng.

Dans la pratique, cela exigera deux choses. Avant tout, Une Ceinture-Une Route aidera à raccorder le modèle chinois de croissance économique à d’autres économies dynamiques et croissantes à travers de multiples régions du monde. La Chine est en train de créer un monde où les pays en développement pourront augmenter leur productivité tout en maintenant fondamentalement une totale indépendance politique. Deuxièmement, Xi a un vaste programme destiné à faire pivoter les investissements intérieurs de la Chine de projets basés primordialement sur l’infrastructure vers des projets qui amélioreront la micro-direction de la vie quotidienne. De beaucoup de manières, des programmes de ce genre, au niveau des villes, sont déjà en très bonne voie.

La réticence de la Chine à intervenir dans les questions politiques des autres pays a constitué un thème récurrent du discours de Xi. Ceci avait pour but de rassurer les nouveaux partenaires de la Chine, mais faisait aussi partie d’une déclaration plus large, selon laquelle, dans un XXIe siècle dominé par la Chine, la domination serait organiquement économique en termes de ressources accessibles et non une domination politiquement ou idéologiquement impérialiste. De multiples façons, il n’y a pas de meilleur endroit pour rassurer ses partenaires du manque d’intérêt de la Chine à exporter une idéologie qu’un congrès du Parti Communiste. Dans ce sens il a été exprimé clairement que la dialectique idéologique de la Chine est réservée à la Chine et non à ses partenaires. On pourrait résumer cela en une seule phrase de la façon suivante : « Le grand socialisme moderne dans un seul État et Une Ceinture-Une Route pour tous les partenaires indépendants ». Pour le dire autrement : « Beaucoup de systèmes politiques, un but de prospérité commun ».

Entre aujourd’hui et l’année 2020, la Chine travaillera a solidifier les gains économiques et sociaux de la dernière décennie, chose qui sera couronnée par l’achèvement du projet de modernisation de l’Armée de Libération Populaire en 2020, en même temps que des efforts seront poursuivis pour éliminer totalement la pauvreté rurale et développer les secteurs de l’agriculture moderne et de l’industrie en dehors des régions urbaines modernes de la Chine.

Entre 2020 et 2035, la Chine travaillera à bâtir un pays « prospère, fort, démocratique, culturellement avancé, harmonieux et beau ». En termes plus pratiques, cela signifie un pays où les standards de vie réels des Chinois continueront de croître, tandis que les conditions de vie resteront à l’abri des pics et des effondrements qui ont été le fléau des sociétés occidentales au cours des dernières décennies.

Tandis que les capitalistes critiquent souvent les pays socialistes pour leur pauvreté en objets de luxe et en activités de loisirs et qu’à l’inverse beaucoup de socialistes critiquent les pays capitalistes parce qu’ils rendent la culture inaccessible et une stabilité de vie impossible, le programme de Xi ambitionne d’offrir à la fois la stabilité, des environnements résidentiels et de travail constants et satisfaisants, tout en augmentant également la capacité des citoyens de base d’enrichir leurs vies par des activités culturelles et que les nouvelles avenues de l’amélioration sociale seront rendues possibles par les technologies modernes auxquelles la Chine s’est à la fois préparée mentalement et a fait œuvre pionnière.

Dans ce sens, la Chine se prépare à la réalité économique et sociale de l’âge de la mécanisation industrielle. Là où beaucoup d’entrepreneurs occidentaux tels qu’Elon Musk ont préconisé un salaire vital fixe pour tous les citoyens, de façon à pouvoir affronter une mécanisation accrue, les propositions de Xi veulent garantir effectivement le partage et la distribution de l’immense richesse de la Chine par un programme d’investissements directs au bénéfice des gens et de leur environnement social. Ainsi, plutôt que de payer aux gens un salaire arbitraire, la Chine, après 2035, fera de plus en plus en sorte que se développe une société où la richesse sera transférée à l’ensemble des citoyens sous forme d’investissements diversifiés, chose qui pourra être harmonieusement réalisée grâce à l’entrée dans l’âge de la méga-mécanisation.

Une partie des recommandations de Xi pour améliorer la qualité de la vie des Chinois est de veiller à toujours équilibrer le développement infrastructurel et la protection écologique. Étant le pays qui s’est plus rapidement industrialisé que n’importe quel autre dans l’histoire, la Chine a déjà commencé à s’engager dans la technologie verte, particulièrement dans le domaine de la création d’énergies plus complètement que n'importe où ailleurs. Quand la Chine commencera à exporter ses technologies vertes, Pékin sera presque devenue un leader mondial dans ce domaine.

Xi Jinping a aussi parlé de la nécessité de s’assurer davantage encore que la corruption ne s’implante pas en Chine malgré la diversification économique et la croissance. Il a encouragé les fidèles du parti à rester attachés aux valeurs traditionnelles en préparant le développement des nouvelles manières de penser et des nouvelles manières de résoudre les problèmes.

 

Cela marchera-t-il ?

Prises au pied de la lettre, toutes les propositions de Xi sont impressionnantes. Il serait difficile pour quiconque autre qu’un idéologue de ne pas être d’accord avec le champ d’application global de ce long discours.

C’est pourquoi la plus grosse question qui reste à poser est : la Chine sera-t-elle capable d’accomplir ces exploits ?

La simple réponse, fondée sur le bilan moderne de la Chine est un OUI retentissant.

La Chine a été capable de créer et de bénéficier d’une révolution industrielle moderne, une révolution dans l’organisation et la vie dans les villes, une révolution de la consommation, une révolution des standards de vie et une révolution technologique, tout cela en une période de 30 à 40 ans.

Ce qui reste à faire à la Chine, c’est bâtir, sur ces fondations qu’elle a posées à une vitesse phénoménale, si on considère le volume de sa population et la masse de son territoire.

Parce que toutes les propositions de Xi comprennent une combinaison d’investissement intérieur et de partenariats extérieurs qui comprennent à leur tour de nouvelles opportunités d’investissements multilatéraux en même temps qu’un engagement déterminé envers la paix, la seule manière dont le progrès de la Chine puisse être compromis serait par l’intervention d’une puissance étrangère.

Quoi qu’il soit clair que les USA ont l’intention de compromettre le développement extérieur de la Chine par le moyen d'Une Ceinture-Une Route, il est également clair que les indubitables tentatives US de le faire se sont traditionnellement soldées par des échecs. Le pivotement de Washington vers l’Inde, tentative évidente de faire échouer l’alliance sino-pakistanaise, est devenu honte publique lorsque Washington a en quelque sorte pris diplomatiquement ses distances d’avec New Delhi, après qu’il fût devenu clair que l’Inde ne croit pas qu’il soit bien prudent de sauter dans le train du nouveau désastre afghan de l’Amérique. Ceci limite d’autant les options de l’Inde à long terme, si New Delhi ne réussit pas à rejoindre la Russie et le Pakistan sur le parcours d’Une Ceinture-Une Route. Bien que les USA aient pris soin de sortir quelques déclarations pro-Inde le jour du discours de Xi, le timing et la nature des remarques montrent qu’il peut s’agir là du dernier hoquet d’une politique en plein cul-de-sac plutôt que d’une réelle revitalisation.

Pour ce qui est de l’Asie du Sud-Est, la crise prolongée au Myanmar semble devoir être maîtrisée de l’intérieur. Le danger, c’est que les États-Unis pourraient encore internationaliser les conflits dans l’espoir de faire barrage aux partenariats de la Chine en Asie du Sud-Est. Ailleurs dans l’Asie du Sud-Est cependant, les Philippines pourraient bientôt devenir une double « success story », à la fois pour Manille et pour Pékin, puisque, dès cette année, Xi Jinping a salué « une ère dorée » des relations entre l’ex-colonie US et la Chine, chose qui a été rendue possible par le pivotement du président Rodrigo Duterte, qui s’est détourné de Washington pour se rapprocher à la fois de la Russie et de la Chine. La Chine se prépare aussi à construire tout un nouveau quartier à Manille, qui servira de vitrine aux Philippines pour le reste du XXIe siècle et au-delà.

En ce qui concerne le Moyen Orient, alors que les États-Unis y ont causé une dévastation majeure, il y a désormais davantage de pays disposés à (et capables de) travailler avec la Chine qu’il n’y en a jamais eu auparavant, en ce compris des pays comme l’Iran et l’Arabie Saoudite, le Qatar et l’Égypte, le Liban et l’Irak, la Syrie et la Turquie.

L’ouverture récente, par la Chine, d’une base militaire logistique à Djibouti, semble devoir aussi lui assurer de futurs partenariats en Afrique. De plus, la chaleur des relations de la Chine avec la Russie signifie que deux des trois superpuissances du monde sont sur la même longueur d’ondes, et c’est quelque chose de très différent de ce qui a caractérisé l’époque de la Guerre Froide, quand l’URSS, la Chine et les USA avaient trois ordres du jour très différents, dont chacun rendait possible à une des trois puissances d’exploiter les deux autres.

Par-dessus tout, sur le point de savoir si Xi Jinping et ses successeurs seront capables de concrétiser les monumentales promesses faites dans le discours d’aujourd’hui, les pronostics paraissent réalisables à un point surprenant. La Chine a montré au monde qu’elle peut faire se produire ce qui est difficile à une vitesse qui choque beaucoup de sceptiques et avec une exactitude qui laisse confondus les observateurs ou les précédents géants économiques émergents

Dans ce sens, il n’est pas du tout hors les bornes du réel qu’un discours de 3h1/2 puisse façonner les cent ans à venir de l’histoire de la Chine et du monde.

Source : http://theduran.com/xi-jinpings-3-5-hour-speech-before-th...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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J’y reviens parce que j’en ai marre d’entendre caqueter de fascisme et d’antifascisme par des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent.

 

 

Déjà Caméléon perçait sous Malaparte

 

Théroigne – L.G.O.25 octobre 2017

 

C’était trop tentant pour qu’on y résiste et il ne faut jamais résister aux tentations.

Cela dit… est-ce juste ? Ou ses retournements vrais ou apparents, voire opportunistes, ont-ils eu une logique interne et des causes qui ont échappé à tous, y compris peut-être à lui-même ?

Il y a tout juste 60 ans qu’il est mort (juillet 1957) et il est toujours en enfer. Celui de la bien-pensance évidemment, mais celui de l’ignorance qui en découle n’est pas mal non plus. Je propose qu’on y revienne un peu plus tard, non pas pour vider l’abcès – que les italiens se débrouillent avec leur histoire ! ­–, mais pour essayer d’y voir clair, de « comprendre » comme le suggérait Simenon.

Dans l’immédiat, oubliez s’il vous plaît les petits maoïstes franchouillards à qui José Artur disait « À 40 ans, vous serez tous notaires » en ne se trompant pas. Oubliez Sollers, July et tutti quanti.

Le dernier très grand amour de Malaparte fut la Chine. Coup de foudre instantané.

 

Extraits de Io, in Russia e in Cina [Moi, en Russie et en Chine]

Publication posthume de 1958

(En français : « En Russie et en Chine » parce que les éditeurs français sont incapables de respecter un titre original)

 

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Malaparte à l'hôpital Sanatrix - Rome - Juillet 1957

 

« Oui, c’est sûr, je suis encore très fatigué. Le voyage de Pékin à Rome a été long, fatigant, bien que toutes les précautions aient été prises pour m’épargner l’excès de fatigue du vol de dix mille kilomètres de la Chine à l’Italie. Et peut-être la raison de ma fatigue n’est-elle pas tant physique que la douleur de la séparation d’avec mes amis chinois.

Je le savais même avant d’aller en Chine, ce que signifiait le mot frère, mais la vraie, profonde, éternelle signification de l’expression amour fraternel, je ne l’ai apprise que pendant mon séjour et ma maladie en Chine. Et si j’insiste sur mon expérience en affection, gentillesse et solidarité humaine, ce n’est pas par esprit à la De Amicis*, mais parce que c’est un fait rare et merveilleux qu’un peuple engagé dans une lutte aussi dure contre l’héritage de misère et de souffrance du passé, pour la construction d’un grand pays moderne, libre, juste et humain, sache tourner une si grande partie de son esprit vers la bonté, la générosité et la fraternité.

La faim, la souffrance, l’esclavage, l’injustice rendent souvent les peuples durs et méchants. Le peuple chinois, nonobstant des siècles d’esclavage, de faim, d’humiliation, de terreur, est resté bon. Et la grande leçon qu’on apprend en Chine, dans la Chine Populaire de Mao Tse Toung, ce n’est pas seulement une leçon de courage, de sacrifice, de ténacité dans la lutte et dans le travail, mais c’est aussi, surtout, une leçon de modestie, de bonté, d’honnêteté. Pendant mon voyage à travers la Chine, du Shaanxi du nord à l’extrémité nord-occidentale du Turkestan, du Gansu au Hubei, j’ai vu de près un peuple de paysans et d’ouvriers uni et compact dans la construction d’une patrie neuve, libre et juste, d’une Chine socialiste.

Ce que j’avais vu à Ta Tun, dans le Shaanxi, à Urumçi, au Turkestan, à Langchou, au Hangzhou, à Xi’an, dans le Shenxi, à Tchoungking, au Setchouan, c’était une armée engagée dans une bataille contre les misères héritées du féodalisme, contre toute une histoire millénaire de tyrannie et de faim. Mais ce que j’ai vu pendant le cours de ma maladie, pendant les trois mois et demi passés dans les hôpitaux de Tchounking, de Hankou, de Pékin, c’est un spectacle encore plus extraordinaire et plus émouvant : celui d’un peuple entier engagé dans une bataille colossale contre la tuberculose, le rachitisme, l’anémie, la malaria, la dénutrition, c’est-à-dire contre les cent et cent maux qui, siècle après siècle de féodalisme, ont laissé un héritage épouvantable dans le sang de la population chinoise. […] Qu’on ne croie pas que les médecins des hôpitaux soient des médecins quelconques : ce sont en général des spécialistes de grande réputation, d’un niveau sûrement pas inférieur, et souvent même supérieur à celui des médecins américains et allemands. Le département psychiatrique de l’hôpital de Hankou est sans doute celui qui est équipé de façon la plus moderne de tout ce que j’ai pu voir, et il n’arrive pas, en Chine, comme c’est malheureusement le cas ailleurs, que les enfants qui peuvent y être hospitalisés soient seulement les enfants des riches. Ce sont les enfants d’ouvriers, de paysans, de pauvres gens. […] La directrice du département pédiatrique, le professeur Tao, m’a dit : « Les enfants ont une importance décisive pour l’avenir du monde, bien plus grande que beaucoup d’entre nous ne le croient ». Cette phrase du professeur Tao m’a fait ressouvenir de ce que m’avait dit un paysan chinois dans une coopérative agricole du Shaanxi: « Il n’y aura pas la guerre, parce que les enfants ne la veulent pas ».

Ce que j’ai télégraphié au président Mao Tse Toung en quittant la Chine est vrai : « Je suis venu en Chine en ami, j’en pars amoureux de la Chine ». Je ne pourrai jamais oublier ce que les autorités et le peuple chinois ont fait pour moi, et ce sentiment de gratitude et d’affection s’ajoute à mon sentiment d’admiration, de solidarité pour la grande œuvre de construction socialiste de ce peuple.

Comme je l’ai dit l’autre jour dans une interview à la Pravda, celui qui a vécu, de près, l’expérience chinoise, peut mieux que quiconque estimer sereinement et objectivement les douloureux épisodes survenus en Europe ces derniers mois. Ce sont des événements tragiques, pénibles, qui font de la peine à toute âme juste et honnête, mais qui ne peuvent toutefois, en aucune façon, ébranler la foi en l’avenir d’un monde de liberté, de justice et de bien-être, qui est le monde dont la Chine Populaire nous offre une image encore un peu verte, mais sûre et définitive.

Moi aussi, j’ai souffert de lire dans les journaux les nouvelles de Budapest, mais cette souffrance n’a jamais été accompagnée du moindre doute. La grande et positive expérience chinoise absout toutes les erreurs quelles qu’elles soient, parce qu’elle est la preuve manifeste et indiscutable que la somme des faits positifs, dans le mouvement du progrès, est supérieure toujours à la somme des erreurs. […]

J’aime les Chinois. Et je serai toujours à leurs côtés dans tous les cas, quoi qu’il puisse arriver dans le monde. J’aime les Chinois non seulement pour la raison personnelle du bien qu’ils m’ont fait, mais pour la raison plus valable et plus vraie du bien qu’ils font à tous les hommes et à tous les peuples. L’autre matin, à l’aéroport de Pékin, quand j’ai commencé à monter la raide passerelle d’embarquement du turboréacteur soviétique mis à ma disposition par le gouvernement chinois pour me ramener en Italie, la petite foule des autorités, de journalistes, de médecins, d’infirmières, d’employés de l’aéroport, d’écrivains, de diplomates, qui était venue me saluer – il y avait dans cette foule le ministre de la Culture de la République Populaire chinoise – est devenue tout à coup silencieuse. Je n’arrivais pas à monter les marches trop raides et je me suis affalé, à moitié évanoui. Le commandant du turboréacteur soviétique, un Russe blond aux mains énormes, est descendu en courant et m’a soulevé, presque porté, me hissant marche à marche vers la cabine de l’avion. La foule, frappée de ce spectacle pénible, se taisait. Arrivé en haut de la passerelle avec le souffle coupé (depuis plus de trois mois, je respire avec un seul poumon) je me suis arrêté pour reprendre des forces. C’est alors que je me suis rendu compte du silence de la foule. Je voulais dire quelque chose pour saluer mes amis, pour remercier, et me sont venus spontanément aux lèvres trois mots chinois, que j’ai prononcé lentement avec grande difficulté : « Uò ai zungkuojen », qui veulent dire « J’aime les Chinois ». Et ils se sont mis à pleurer.

_______________

* Edmondo de Amicis est un auteur italien mort en 1908, qui a écrit des livres pédagogiques, dont Cuore et Les deux amis, classiques de la littérature enfantine, exaltant l’amitié entre camarades d’école, le courage, le patriotisme, etc.

Io, in Russia e in Cina – La Feltrinelli

Source : « Fu la Cina l’ultimo amore di Malaparte » https://www.agi.it/cultura/curzio_malaparte_60_anni_cina_...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

(de l’italien parce que pas l’édition française sous la main)

 

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[Si je ne me trompe, c’était pendant les Cent Fleurs. Vladimir Vladimirovitch avait cinq ans, Xi Jinping en avait quatre. Malaparte n’a donc pas connu le « Grand bond en avant » ni la Révolution culturelle. Tant mieux pour lui.

Il n’aura pas connu non plus la Révolution cubaine, ses soixante et quelques années de blocus meurtrier, la Révolution des œillets portugaise, le Chili, l’Angola, la victoire des Sud-Africains, les petits Gazaouis vitrifiés au lance-flamme… Il n’aura pas connu les années Eltsine, Beslan, la guerre de Tchétchénie, la Russie de Poutine, la « libération verticale » qu’il avait pourtant annoncée (par les bombes) de la Yougoslavie, les années de plomb de son pays, Aldo Moro dans son coffre de voiture, le retour des nazis en Ukraine, les destructions systématiques de l’Irak, de la Syrie, de la Libye, du Yémen et j’en passe.

Il n’y a rien à répondre à ce qu’il dit, sinon le croire de toutes nos forces :

« …absout toutes les erreurs quelles qu’elles soient, parce qu’elle est la preuve manifeste et indiscutable que la somme des faits positifs, dans le mouvement du progrès, est supérieure toujours à la somme des erreurs ». ]

 

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Curzio Malaparte

En Russie et en Chine

Paris, Les Belles Lettres, 2014

Coll. Le goût des idées

272 pages

 

 

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Malaparte et les croix chinoises

Un récit d’Igor Man – La Stampa.it - 2002

 

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« Curzio Malaparte in hora mortis », par Luca del Baldo

 

Sur la poche de poitrine du pyjama (de soie) de Malaparte, il y avait une petite broderie, un dessin simple et pourtant complexe. « C’est le signe de la longévité – expliquait Curzio – un dessin de mes amis chinois. Ce n’est pas juste pour conjurer le sort, c’est un réconfort. Une aide pour le cas où il faille s’en aller. On peut continuer à vivre aussi de l’autre côté, dans le nouveau territoire qui nous est assigné par le créateur. Ce sera une vie plus difficile, mais peut-être moins pénible. Parce que, comme on le sait, vivre bien est assez facile, ils ne sont que trop nombreux à y réussir. Mais ça ne m’a jamais été possible. Ce qu’il y a, c’est que les choses difficiles me plaisent trop. Et que ça fatigue, parfois. Tant.

Curzio Malaparte préférait la lumière tamisée. Il avait appris à l’apprécier en Chine et ainsi désirait que dans sa chambre n’entrât jamais une trop forte clarté. Un après-midi pourtant, il voulut que j’ouvre la fenêtre en grand. C’était l’après-midi du 13 avril 1957. Il disait, content : « On est en avril, on ouvre la fenêtre et c’est le printemps. Laissons-le entrer, il ne lui faut qu’un moment. Maintenant, referme, s’il te plaît, Igor. Merci. Même si on ferme la fenêtre, c’est toujours le printemps. Il est entré. Désormais, si je touche quelque chose, c’est le printemps : le printemps est dans l’air, partout. Dans l’eau que je verse dans mon verre. Je bois le printemps dans l’eau. Dans une gorgée d’eau à peine. C’est comme ça. »

Quand il était là-bas, en Chine, dans cet hôpital près du Fleuve Bleu, il lui arrivait souvent de penser au printemps. Il y avait dans l’air une suave couleur de rose, racontait Curzio. C’étaient les persiennes de la fenêtre qui rendaient rose la lumière. Et verte aussi. Ou grise. Ou d’un bleu voilé d’argent. Comme le bleu de la Montagnola ou l’argent des oliviers de Poggiboni et des collines du Val d’Elsa. De Spazzavento. Fermant à moitié les yeux, Malaparte disait : « Alors, je me trouvais tout d’un coup au milieu d’un pays toscan. En Chine, la lumière fait de ces miracles ».

Les Chinois disent que la lumière est bonne et qu’on doit être gentils avec elle, qu’il faut la traiter bien, la lumière, ne pas s’en emparer avidement. Si on est gentils avec la lumière, la lumière te fait cadeau de plein de couleurs. Comme cela se passait là-bas, quand Malaparte était dans un hôpital voisin du Fleuve Bleu. Novembre finissait, et pourtant la lumière avait les tons délicats du printemps. La même chose se produisait en approchant de Noël. Curzio, toutefois, n’était plus soulevé par celle lumière gentille. Le directeur de l’hôpital lui demanda ce qu’il avait : « Vous avez perdu votre sérénité » dit-il. « J’avais promis, m'expliqua Curzio, aux enfants des phares, aux gamins des gardiens des phares qui toutes les nuits s’allument en Italie, que je leur ferais faire une belle fête de Noël. Pauvres petits, si loin et si perdus, toujours au milieu des vipères et sans jouets. J’avais espéré pouvoir être rentré à la maison pour Noël. Mais j’étais encore à l’hôpital. Je regrettais pour les enfants des phares. J’allais les décevoir. » C’est pourquoi Malaparte était triste, de mauvaise humeur. Même la lumière qui filtrait de la fenêtre ne réussissait pas à le soulager. Mais le directeur sourit. Comme seuls les Chinois le font et on ne peut pas comprendre s’ils sont émus ou indifférents, s’ils t’aiment ou s’ils te haïssent. On ne comprend pas. Jamais. Il sourit, le directeur, et dit : « Ici aussi il y a des enfants comme ceux que vous dites. Ils sont quatre, les enfants du gardien du phare qui se trouve au milieu du grand fleuve. Quelle différence y a-t-il entre un enfant et un autre, entre un enfant italien ou chinois ou russe ou américain ? Ce sont tous des enfants ». Ainsi, les enfants du gardien de phare chinois ont eu des cadeaux inattendus. « Et Noël a aussi été bon pour moi – disait Curzio – : j’ai reçu un très beau télégramme. Le ministre Tambroni avait débloqué un million pour le Noël des phares, pour les enfants italiens qui vivent isolés. J’ai eu un beau Noël, même si j’étais à l’hôpital et si l’Italie se trouvait de l’autre côté du monde. Même si les douleurs me rongeaient les os et m’ôtaient le sommeil. Un Noël avec les enfants des phares ».

Les enfants du gardien de phare chinois voulurent remercier Malaparte. Ils vinrent à l’hôpital avec un cadeau pour lui. « Oh, comme le cœur me battait, disait Malaparte, leur cadeau, c’était deux bocaux dans lesquels frétillaient deux petits poissons. Ils les avaient pêchés dans le grand fleuve qui va très loin, expliqèrent-ils. Curzio devait plonger les doigts d’abord dans l’un, puis dans l’autre des bocaux et effleurer les poissons. Comme ça son mal, la mauvaise maladie, passerait aux petits poissons. Une fois retournés au phare, les enfants les rendraient au grand fleuve et le fleuve les emporterait, eux et la maladie appelée cancer, quoique Curzio refusasse d’avoir le cancer : « J’ai la tuberculose, moi. Je l’ai attrapée avec les gaz d’ipérite quand je jouais aux cartes avec les morts de Bligny » disait-il au mépris de la vérité.

Une fois arrivés à la mer, les petits poissons eux-mêmes perdraient la maladie et elle disparaîtrait pour toujours. « J’ai fait comme ils disaient – racontait Malaparte – j’ai agité les doigts dans les bocaux, et les petits ont murmuré, satisfaits. Ils se sont inclinés, ils ont repris leurs bocaux, et après s’être encore inclinés, ils s’en sont allés. Ils marchaient tout doucement, en faisant bien attention que les poissons ne s’échappent pas, parce qu’il fallait les reverser dans le grand fleuve bleu qui devait les porter loin. Eux et la maladie. Oh, comme le cœur me battait, maintenant que je t’en parle, Igor, je me rends compte que j’ai été heureux ». […]

Source : http://www.farodihan.it/2002/11/30/malaparte-e-la-croce-c...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

 

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Curzio Malaparte

La Volga naît en Europe

Paris, Les Belles Lettres, 2012

Collection « Mémoires de guerre »

304 pages

 

 

 

 

Pourquoi la Volga est un fleuve européen et pourquoi la Seine, la Tamise, le Tibre (et le Potomac aussi) sont ses affluents.

Pendant la guerre contre la Russie, dès le début de la campagne, au cours de l'été 1941, ma connaissance de la Russie soviétique et de ses problèmes m'aida beaucoup à juger de la nature des événements, et à prévoir leur inévitable évolution.

Il ne faut pas oublier que j'étais un correspondant de guerre de l'Italie, pays de l'Axe, au même titre que les trois cents correspondants de guerre affectés aux troupes italiennes sur tous les fronts, en Libye, dans les Balkans et même en Russie : que l'on ne s'étonne pas, par conséquent, que je fusse avec les troupes de l'Axe et non point avec les Anglais ou les Russes. Ce n'est pas ma faute personnelle si j'étais un citoyen de l'Axe et si les citoyens russes, anglais et américains étaient des citoyens des pays alliés. Ce que j'observais sur les champs de bataille n'était autre chose que la confirmation, la preuve de ce que j'écrivais sur la Russie communiste depuis plus de vingt ans. Dans toute mon expérience personnelle des choses russes, je me suis toujours refusé à juger la Russie soviétique du point de vue qu'on pourrait appeler « bourgeois », c'est-à-dire d'un point de vue nécessairement subjectif.

[…]

Il faut rappeler cette vérité, à la veille de la grande lutte qui pourrait se terminer par l’effondrement de la Russie soviétique. Car beaucoup de gens s’abandonnent au préjugé trop simpliste que la guerre contre la Russie soviétique, celle d’hier comme celle de demain, est tout bonnement une lutte de l’Europe contre l’Asie, contre des idéologies asiatiques. C’est contre des idéologies européennes que l’Allemagne dans sa guerre contre l’URSS a combattu hier : c’est contre des idéologies européennes que l’Amérique combattra demain, dans sa guerre inévitable contre l’autre Europe.

[…]

L’Europe bourgeoise ne peut plus rien désormais ­ – et je crois ne pas me tromper – contre la Russie prolétarienne. Elle a passé les cartes de son jeu à la grande démocratie « bourgeoise » américaine.

Il y aura peut-être, et elle me paraît inévitable et hélas prochaine, une tentative américaine pour s’opposer au communisme russe. Même si l’Amérique réussissait dans son intention d’abattre la puissance soviétique (ce qui est probable), sa victoire laisserait sans solution, en Europe, les problèmes qui agitent profondément l’esprit des masses prolétariennes.

Extraits de la préface écrite en français par Malaparte, pour l’édition de 1948.

 

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Malaparte jouant au samourai pour rire devant un public chinois bon enfant.

(Oui, je sais que les samourais c’est japonais !)

 

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CATALOGNE

 

Réponse de Bruno Drweski

à Do, de Mai 68 (http://mai68.org/spip2/spip. php?article843) :

 

« Si nous soutenons le gouvernement bourgeois indépendantiste de Catalogne, alors il faut être logique, il faut soutenir l'indépendance "kouchnérienne" du Kurdistan irakien, le combat kurdo-israélo-usano-antisyrien pour le Rojava, l'indépendance néo-fasciste du Vlaams Blok flamand ou de la Padanie nord-italienne et du Xinjiang/Turkestan chinois ainsi que de la Tchétchénie russe, sans pour autant faire le bilan des résultats concrets qu'ont apporté aux peuples concernés et, plus largement, à l'humanité progressiste, le démantèlement déjà réalisé de l'URSS, de la Yougoslavie, de la Tchécoslovaquie, du Soudan, etc. »

 

On ne saurait mieux dire.


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Mis en ligne le 25 octobre 2015.

 

 

 

21:24 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/10/2017

LE DÉCLIN DE L'OCCIDENT

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Le Déclin de l’Occident

13 octobre   2017

 

1 - L'Occident éjecté de l'Histoire
2 - Qu'est-ce qu'une langue ?
3 - La postérité d'Oswald Spengler

 

1 - L'Occident éjecté de l'Histoire

Que signifie le verbe exister appliqué à la géopolitique? Une Europe politique peut-elle exister?

Pour tenter de comprendre la question, remontons au latin, notre langue-mère, dans laquelle le verbe exister renvoie à ex-sistere, sortir de l'immobilité debout, assise ou couchée et se mettre en mouvement dans une direction déterminée.

En ce sens, l'humanité, à l'instar des gastéropodes, se trouve pourvue d'une sorte de coquille existentielle chargée de protéger une espèce en déplacement. En 1818, Louis XVIII revenu au pouvoir en 1814, avait fait bénéficier le peuple français d'une Charte qui lui garantissait les apanages et les privilèges que la nation en mouvement avait déjà conquis à l'écoute de sa propre volonté en 1789. Tout le XIXe siècle a été scandé par le combat du peuple français pour la reconquête et la défense des droits d'une espèce auto-propulsive à laquelle son statut interdisait de jamais s'arrêter et de tomber dans la stagnation des troupeaux que leur position "courbée vers la terre", dit Salluste, condamne à "obéir à leur ventre".

Cette disposition universelle de notre espèce, Bergson l'a exprimée par les concepts de société ouverte et de société fermée, Sartre par la distinction entre l'en soi et le pour soi, le christianisme par la distinction entre le sacré et le profane, Pascal, par la distinction entre les "grandeurs d'établissement" et les "grandeurs spirituelles", les religions dans leur ensemble par la ligne de démarcation qu'elles tracent entre la matière et l'esprit. Il en résulte, en bonne et saine logique anthropologique, qu'une nation sort de l'arène de l'histoire quand elle cesse d'avancer - donc d'exister - conformément à sa nature.

Dans ce contexte, l'Espagne sortirait de l'histoire si elle perdait la Catalogne. Or la péninsule ibérique est composée de deux espèces de conquistadors, les Ibères proprement dits et les Portugais. Les premiers ont conquis l'Amérique, les seconds ont longé pendant des années, avec une patience tenace, tout le continent africain jusqu'au jour où, à force d'avoir le vent en poupe, ils ont dépassé la pointe sud de l'Afrique et ont réussi à garder le cap de leur bonne espérance. Or, la Catalogne s'est révélée la gigantesque plateforme de l'immobilité d'une civilisation ibérique en mouvement, mais qui avait besoin d'un magasinier. Depuis lors, comme disait Valéry, "le temps du monde fini a commencé".

Comment demeurer en chemin, comment persévérer à se rendre quelque part, comment seulement tracer une route dans une immensité connue s'il n'y a plus d'étendue à conquérir, à moins de se chercher une voie hors du système solaire?

 

2 - Qu'est-ce qu'une langue ?

Observons les rapports que les langues entretiennent avec la vocation auto-propulsive de l'espèce.

Il existe un dictionnaire du français classique. Mais le français du XVIIe siècle ne se réduit pas à un lexique cadenassé par un dictionnaire, lequel ferait d'un catalogue une forteresse. Il implique une pré-sélection des mots et des tournures chargés de donner leur élan, leur tonalité et leur âme une civilisation. Les mots ne sont pas inertes: quand le Général de Gaulle impose sa cadence et son pas à la politique de la France, il s'exprime dans une langue énergique et fermement rythmée, dont le flux naturel ne saurait se trouver entrecoupé des ânonnements et des bégaiements du français des dirigeants d'aujourd'hui. Leur langage traduit une infirmité de la volonté et une instabilité intellectuelle propres à toutes les décadences. A ce titre, François Hollande s'est révélé le premier Président de la Vè République que Régis Debray a pu qualifier d'illettré.

Cependant, méfions-nous également des pièges que nous tend le terme de décadence, lequel nous renvoie à cadere ou decadere, tomber. L'immaturité politique de la Catalogne, par exemple, est si grande qu'elle refuse la protection indispensable de Madrid pour se ruer les yeux fermés sous la tutelle rapace de Washington. Comment se fait-il qu'il aura suffi à la Tunisie visionnaire d'Habib Bourguiba de deux générations pour se rendre à nouveau massivement à la Mecque et pour y lapider un Lucifer censé s'y trouver en chair et en os? Comment se fait-il que la riche Algérie en soit venue, en un demi-siècle seulement, à acheter son pain à Paris? C'est que, sitôt ces nations devenues indépendantes, la sottise et l'ignorance scellent à nouveau le pacte avec un mécanisme bien connu, celui de la corruption avec l'incompétence. La presse algérienne d'aujourd'hui retentit de lamentations de ce que M. Bouteflika n'ait pas su diversifier l'industrie et le commerce algériens.

Considérons maintenant les apories qui étranglent l'Europe politique. Comment une bigarrure européenne de vingt-huit nations privées d'un passé commun, donc sans racines, et une polychromie désordonnée de vingt et une langues et de plusieurs religions radicalement incompatibles les unes avec les autres, changeraient-elles de rythme et de cadence et avanceraient-elles d'un seul et même pas? Ce peloton de pseudo nations n'a ni centre, ni frontières. Il ne peut que tomber dans le néant dont il est habité, puisqu'il n'a jamais réellement existé.

Une civilisation militairement occupée par cinq cents forteresses étrangères et qui n'a donc pas d'armée, n'a pas de souveraineté. Or, depuis soixante ans aucun journaliste n'a publié le plus innocent reportage sur la vie au jour le jour des troupes américaines incrustées sur le sol du Vieux Monde. Dans son interminable discours à la Sorbonne du 26 septembre 2017, parmi les réalisations urgentes auxquelles l'actuelle Union européenne doit se livrer afin de conquérir une "souveraineté active", la seule condition que le Président Macron a sciemment omise - et avec le plus grand soin - d'évoquer, est celle de l'expulsion des troupes d'occupation de l'empire américain camouflées sous l'habillage de l'OTAN.

Il existe une fable de l'antiquité grecque, inspirée d'Hérodote et racontée par Platon au début du deuxième livre de La République - celle de l'Anneau de Gygès. Le mythe décrit l'histoire d'un personnage de ce nom qui avait trouvé par hasard, lors d'un violent orage, une bague qui lui permettait de se rendre invisible. Gygès avait découvert qu'en tournant vers l'intérieur de sa paume le chaton de cette bague, il disparaissait aux regards, ce qui lui avait permis de séduire la reine de l'endroit, puis d'assassiner impunément le roi.

Aujourd'hui, le territoire de l'Europe est occupé par des régiments sur lesquels, non seulement personne n'ouvre les yeux, mais qui exigent maintenant que l'espace Schengen se change en champ de manœuvre de leur stratégie. Le continent est quadrillé du nord au sud et de l'est à l'ouest par cinq cents bases de l'étranger, mais M. Emmanuel Macron n'a pas cité leur démantèlement comme condition évidemment première d'un recouvrement par l'Europe de sa souveraineté. Puisque ni lui, ni aucun autre dirigeant européen ne voient ces troupes venues d'ailleurs, nous devons en conclure que les soldats de l'OTAN portent tous au doigt la fameuse bague qui les rend invisibles.

Un territoire occupé se situe en deça de toute possibilité de seulement évoquer sa souveraineté. Même la Suisse n'est souveraine que parce qu'elle s'est armée jusqu'aux dents en temps de paix. Or, privée de souveraineté, l'Europe occupée se trouve privée de toute existence politique, donc de destin. En vérité, le nouvel horizon qui servira de finalité à une espèce en mouvement ne pourra être autre qu'une plongée dans l'infini d'une vraie connaissance de soi. Seul ce désert nouveau ouvert au mouvement intérieur, que Socrate a placé sous nos pas il y a deux millénaires et demi, nourrira une résurrection

 

3 -La postérité d'Oswald Spengler

Nous approchons du centième anniversaire de la parution en 1918 à Vienne et en 1922 à Munich de l'ouvrage d'Oswald Spengler portant le titre prémonitoire Le Déclin de l'Occident et qui n'a été traduit en français que trente ans plus tard, chez Gallimard, en 1948. Cet ouvrage a marqué de son empreinte les Arnold Toynbee et même les Raymond Aron.

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C'est pourquoi une grande nation ne saurait se donner deux grammaires et deux syntaxes pour langues officielles et qui exprimeraient son identité à parts égales. Car les langues génératrices d'une haute culture philosophique, littéraire et scientifique servent de pilotes cérébraux aux empires. Leur logique interne et leur message jouent le rôle d'ordinateurs et de têtes chercheuses de l'humanité. On ne raisonne pas en allemand comme en français, en anglais comme en espagnol, en russe comme en chinois ou en portugais.

Certes, dit Descartes, j'existe puisque je pense. Mais puisque penser, c'est avancer, je ne sais qui je suis si j'ignore les signifiants qui font de moi un itinérant. Comment saurions-nous que nous marchons si nous ne savons pas comment notre langue nous fait progresser. Pour cela, il faudrait que nos universités se rendent capables de décoder la progression de la rédaction des vingt-neuf étapes de la Jeune Parque de Valéry. On a vu récemment un candidat au prix Goncourt présenter un roman mécaniquement fabriqué sur une imitation automatique du style de Céline. Mais quand Balzac écrit à Mme Hanska qu'il a réécrit treize fois César Birotteau, marchand parfumeur "les pieds dans la moutarde", c'est une bien mystérieuse moutarde que celle dont la vocation obéit au commandement intérieur qui fait dire à Balzac: "J'ai arraché des mots à la nuit et des idées au silence".

Notre enseignement universitaire ignore tout des secrets de la création littéraire. Quant aux célèbres universités américaines, dont la réputation est si surfaite en Europe, elles sont encore plus loin que les nôtres de savoir le premier mot du génie littéraire. Elles ont bien tenté d'enseigner l'art d'écrire. Mais sitôt qu'elles ont voulu préciser le rôle de l'individu unique dans une création unique, elles sont demeurées muettes.

Quant à nos élites politiques et à notre intelligentsia, elles n'ont les yeux fixés que sur des emplois à sauver, alors que seul le sauvetage des fleurons de notre industrie aurait permis de sauver d'un même mouvement le prestige de la nation et les emplois. Pour la première fois, M. Montebourg évoque la comparution future à la barre d'un tribunal approprié de l'ancien et de l'actuel Président de la République pour haute trahison, en raison des conditions suspectes de la vente des turbines à gaz d'Alstom à l'Amérique, puis du TGV à l'Allemagne.

Malheureusement, le patriotisme du peuple français n'est pas près de se réveiller sur un échiquier moteur, celui des industries de l'avenir. Une classe dirigeante bégayante et balbutiante témoigne à chaque instant que les langues vivantes sont le propulseur de l'histoire du monde et qu'un groupe de nations scindées entre une foultitude de syntaxes et de grammaires ne dispose pas et ne disposera jamais de la cohérence cérébrale qui seule peut assurer une cohésion politique.

Aujourd'hui, l'implosion d'une civilisation se révèle parallèle à la dispersion et à la dissolution de son langage, à la disparition de son souffle critique, à la mort de sa lucidité et à la complaisance à son auto-domestication.

Le 13 octobre 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

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Il y en a pourtant qui résistent…

 

NORVÈGE

 

Ça fait mal quand les empires tombent

Pål Steigan – Information Clearing House8 octobre 2017

 

Il y a un genre de peinture de paysages des XVIIe et XVIIIe siècles qui devrait nous faire réfléchir. Peintures de paysages italiens, où on voit des chevriers et leurs troupeaux errer parmi les ruines d’aqueducs, de ponts et de temples romains. Ce qu’ils ont de fascinant, c’est qu’ils dépeignent une société européenne qui, plus de 1.200 ans après la chute de l’Empire romain, n’avait toujours pas regagné le niveau de production et d’infrastructure qu’avait eu cet empire à son zénith. Ce n'est pas avant la révolution industrielle du XVIIIe siècle que la production et l’infrastructure, en Europe, ont réussi à surpasser l’Empire romain à l’apogée de sa gloire.

 

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Jan Asslyn – Paysage italien avec les ruines d’un pont et d’un aqueduc romains (détail)

 

Les peintures de chevriers dans les ruines d’infrastructures et de temples de la Rome antique sont comme des images de gens qui se déplaceraient dans les restes d’une civilisation high-tech à la hauteur de laquelle ils ne pourraient plus être. La ville de Rome, à son apogée, a eu un million d’habitants. Ils avaient besoin d’une infrastructure très développée pour satisfaire leurs besoins en eau, en nourriture, pour le transport et la livraison des marchandises, pour les besoins du commerce, etc. La ville offrait, à l’époque, le principal exemple d’une industrie de matériaux de construction ayant la capacité et le niveau de compétences requis pour fournir l’énorme quantité de ces matériaux qu’exigeait une telle ville.

Quand l’empire s’est effondré, l’infrastructure a cessé d’être entretenue. Les aqueducs se sont peu à peu brisés et les villes petites et grandes ont cessé d’être alimentées en eau. Les routes et les ponts se sont détériorés et n’ont plus été réparés. Le transport des marchandises est passé de l’état de fleuve débordant à celui de paisible ruisseau. 1.200 ans après ses jours de gloire, Rome était une ville de province ruinée, avec une population de 10.000 âmes.

Les Étrusques, et plus tard les Romains, avaient asséché les marais pour pouvoir augmenter leur production de denrées alimentaires. Ils avaient par la même occasion éradiqué la malaria. Mais quand l’empire s’est écroulé, les fossés de drainage ont cessé d’être entretenus et la malaria a réapparu. Ce n’est que dans les années 1930, après l’arrivée au pouvoir des fascistes, que les marais ont été ré-asséchés et que la malaria a redisparu d’Italie.

 

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L’empire d’aujourd’hui est extrêmement vulnérable

Nous, qui vivons en un temps où un autre empire montre beaucoup des mêmes tendances à la désintégration que l’empire romain connut sur sa fin, avons toutes les raisons d’y réfléchir sérieusement.

À partir d’un certain moment, les empereurs romains se sont mis à mélanger de plus en plus de plomb à leur monnaie d’argent (denarius), au point qu’à la fin, elle ne contenait presque plus d’argent. Ce fut l’hyperinflation de l’époque. Les citoyens romains ne souhaitaient plus se battre dans l’armée, si bien que l’armée ne fut plus composée que de mercenaires. C’est de là que vient le mot soldat : un soldat était quelqu’un qui recevait de l’argent pour se battre (solidus – monnaie d’or). Pour pouvoir payer les soldats, il fallut frapper davantage de monnaie. Les guerres de l’empire coûtaient cher et l’empire était vaste. Le problème fut donc résolu en frappant de plus en plus de monnaie dont la valeur devenait de plus en plus faible.

Le monde est dominé aujourd’hui par l’empire américain. Il influence tout ce qui concerne la production mondiale, le système monétaire, le commerce, l’agriculture, le système énergétique, etc. de la planète.

 

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Source : Texas Precious Metals

 

L’empire a atteint son niveau le plus haut vers 1971, quand les USA ont abandonné l’étalon-or. Après cela, la croissance de l’empire a dépendu de l’impression de plus en plus de papier-monnaie, et maintenant, de monnaie digitale. Mais l’empire est aussi tributaire du fait que le reste du monde accepte ces symboles en remplacement de la chose réelle. Les guerres US, au XXIe siècle, sont largement financées par la vente d’obligations du gouvernement US à la Chine. Autrement dit, la Chine prête de l’argent à l’État américain.

 

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Croissance de la dette des USA

 

Le système mondialisé de la production et du commerce est réglé avec précision pour fournir des marchandises et des éléments composants juste-à-temps. La production de viande norvégienne par exemple, dépend de l’arrivée à Fredrikstad d’un bateau y apportant du soja du Brésil une fois par mois. Si le bateau n’arrivait pas, il y aurait une crise généralisée dans la production de viande norvégienne.

Quand ce qu’on a appelé le scandale de la viande de cheval a éclaté en 2013, le Financial Times a bien montré comment fonctionne le système du commerce et du transport de la viande en Europe.

Les abattoirs exigent beaucoup de capitaux et d’énergie, et c’est pourquoi il y a de moins en moins d’abattoirs pour alimenter un marché de plus en plus globalisé. Leurs marges bénéficiaires sont d’une minceur extrême, raison pour laquelle ils rognent sur les coûts partout où ils le peuvent.

De leur côté, les grandes chaînes de supermarchés veulent à tout moment pouvoir acheter les produits de base alimentaires aux prix les plus justes. Leurs courtiers passent les journées pendus au téléphone pour faire leurs achats en gros aux meilleures conditions possibles. Le Financial Times cite le professeur Karel Williams, de la Manchester Business School, qui explique comment les camions réfrigérés font la queue devant les abattoirs de Hollande à la fin de chaque semaine, les conducteurs n’ayant, jusqu’à la dernière minute, aucune idée de l’endroit où il devront livrer. Dès que les marchés sont conclus, le conducteur reçoit son ordre de mission et il se met en route pour l’endroit désigné. « Le commerce européen est une noria qui fait continuellement circuler des parties d’animaux dans des camions de 40 tonnes ».

La FAO (Food and Agriculture Organization = ONU) dit qu’il y a quelque chose comme un quart de million de plantes comestibles qui pourraient être cultivées. Mais l’humanité s’est rendue dépendante de 3% seulement d’entre elles.

L’approvisionnement en nourriture du monde dépend de 150 espèces de plantes. Les ¾ de toute l’énergie que nous recevons sous forme d’aliments végétaux proviennent de seulement 12 d’entre elles. La concurrence et le besoin d’augmenter la production ont eu pour résultat une réduction drastique de la diversité génétique. Le système exige de plus en plus d’énergie, de minéraux et de matières premières rares, à un taux de croissance exponentiel.

Cela rend l’empire d’aujourd’hui extrêmement vulnérable. L’agriculture pourrait très bien se retrouver face à une expérience similaire à la crise de la pomme de terre, qui a frappé l’Irlande en 1847, causant la mort par famine d’un million de personnes. Il est facile d’imaginer combien elle sera dévastatrice et dramatique. [L’auteur emploie bien le futur, pas le conditionnel. ndt].

En bref, quand le système s’effondrera, ce sera exactement comme dans l’Empire romain : par l’effondrement de l’infrastructure critique. Il ne sera tout simplement plus possible de nourrir autant de monde qu’avant. Cela pourra se traduire par des famines à grande échelle plus ou moins généralisées, à un degré que l’humanité n’a jamais connu. Il y a aujourd’hui 37 méga-cités dans le monde, et les plus grandes ont plus de 30 millions d’habitants. S’il y a rupture dans l’approvisionnement en eau, en énergie ou en nourriture, ces villes deviendront inhabitables.

La nourriture et l’eau sont essentielles. Sans nourriture et sans eau, nous ne pouvons pas vivre. Mais beaucoup de nos systèmes sont aussi extrêmement dépendants du pétrole et de rares minéraux terrestres, qui se raréfient chaque jour davantage. Quand ce système s’effondrera, cela pourrait avoir des conséquences très dramatiques. L’exemple de l’empire romain montre qu’il pourrait se passer vraiment beaucoup de temps avant que quoi que ce soit d’autre prenne sa place.

Il n'est pas difficile de montrer que le capitalisme d’aujourd’hui, basé sur la croissance, est en sursis. Car il est loin d’être robuste et durable. Il est, au contraire, très vulnérable et instable. C’est une des raisons pour lesquelles il est nécessaire de travailler à remplacer ce système aussitôt que possible par autre chose et d’apprendre comment on organise une société d’une façon plus saine et plus durable.

 

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La chute de Rome

 

Les mondialistes de droite et de gauche déplorent le fait que les peuples tournent le dos à cette mondialisation qu’ils prêchent, eux, depuis des décennies. Les peuples, en effet, se tournent de plus en plus vers des politiques populistes et sont devenus si « réactionnaires » qu’ils entendent préserver leurs états nationaux, leurs productions locales et pire encore. Mais ce sont les mondialistes, pas les peuples, qui jouent à la roulette russe. C’est leur système qui nous a rendus si totalement vulnérables. Assurer la sécurité alimentaire et des communautés locales/nationales viables, restaurer le métabolisme détruit entre société et nature, c’est cela qui est véritablement progressiste. C’est cela qui est l’avenir, et nous avons grand besoin de nous débarrasser d’urgence de l’empire et de son économie de parasites et de profiteurs.

Si nous ne le faisons pas, il se pourrait que les peintres de paysages, dans quelques centaines d’années, peignent des chevriers en train de faire paître leurs troupeaux dans les restes déglingués de gratte-ciels et de ponts d’autoroutes.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/47972.htm

Source d’origine : https://steigan.no/2017/10/07/it-hurts-when-empires-fall/

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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FRANCE

 

Liberté d’expression ? Ha ha ha !

Après Jacques Sapir, dernier en date : jusqu’à très récemment, pour se rendre sur le site du Comité Valmy, il suffisait de taper « Comité Valmy » dans Google et divers liens s’offraient. Il suffisait de cliquer sur l’un d’eux. Essayez à présent ! Les maîtres à penser de Google sont passés par là. Ceux qui nous ont lus jusqu’ici n’en seront pas surpris. Contrattaquez : mettez-le dans vos favoris !!!

 

Comment Valmy est censuré ?

Comme le sont bien d’autres (le World Socialist Web Site par exemple) depuis que Google joue les Torquemada

par Comité Valmy –­­ 12 octobre 2017

 

Le site du Comité Valmy est actuellement censuré, apparemment de la même façon et dans des proportions comparables à ce qui est dénoncé par WSWS, pour ce qui le concerne, dans l’article qui suit.

Nous reviendrons dans les meilleurs délais et avec plus de détails, sur cette grave question. Nous invitons nos amis et toute personne hostile à ce type de sabotage, à réagir en diffusant nos textes auprès de leurs correspondants pour tenter de le contrecarrer.

 

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Un nouvel algorithme de Google
limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche

Andre Damon et Niles NiemuthWSWS 28 juillet 2017

 

Un nouvel algorithme de Google
limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche

Au cours des trois mois écoulés depuis que le monopole des moteurs de recherches sur Internet, Google, a annoncé qu’il fallait empêcher les utilisateurs d’accéder à de « fausses nouvelles » (fake news), le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques a considérablement diminué.

Le 25 avril 2017, Google a annoncé qu’il avait mis en place des modifications de son service de recherche pour rendre plus difficile pour les usagers d’accéder à ce qu’il appelait des informations « de mauvaise qualité » telles que les « théories du complot » et les « fausses nouvelles ».

La société a déclaré dans un article de blogue que l’objectif central de la modification de son algorithme de recherche était de donner au géant des recherches un plus grand contrôle dans l’identification du contenu jugé répréhensible par ses directives. Il a déclaré qu’il avait « amélioré nos méthodes d’évaluation et effectué des mises à jour algorithmiques » afin de « contenir un contenu plus autorisé ».

Google a poursuivi : « Le mois dernier, nous avons mis à jour nos lignes directrices sur la qualité de la recherche (Search Quality Rater Guidelines) pour fournir des exemples plus détaillés de pages Web de mauvaise qualité pour que les évaluateurs puissent les signaler de manière appropriée ». Ces modérateurs sont invités à signaler « les expériences qui pourraient perturber des usagers », y compris les pages qui présentent de « théories du complot », sauf si « la requête indique clairement que l’usager recherche un autre point de vue ».

Google n’explique pas précisément ce qu’il entend par le terme « théorie du complot ». En utilisant la catégorie large et amorphe des « fausses nouvelles », l’objectif du changement dans le système de recherche de Google est de restreindre l’accès à des sites Web présentant des opinions différentes, dont la couverture et l’interprétation des événements s’opposent à celles des médias de l’establishment tels que le New York Times et le Washington Post.

Lire la suite…

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9102

 

 

 

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Mis en ligne le 14 octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

19:52 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/10/2017

AUX DEUX EXTRÉMITÉS DU MONDE

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AUX DEUX EXTRÉMITÉS DU MONDE

 

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Anniversaire de Vladimir Poutine

Le Saker – The Saker.is ­ 7 octobre 2017

 

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Nous tombions dans l’abîme.

Ils avaient découpé la Russie et lui avaient enlevé ses territoires historiques, ceux qui avaient formé la nation. Ils avaient divisé et séparé ses peuples et ils se préparaient à mettre en pièces jusqu’à son cœur même.

Tout était prêt. Ils avaient préfabriqué des territoires ethniques, avec leurs drapeaux, leurs hymnes nationaux et les gouvernements qu’ils leur avaient sélectionnés. Ils avaient imprimé et livré les monnaies de ces pays inventés, comme par exemple « la République de l’Oural ».

Les Khasavyurt, menés par les fantoches liquidateurs de la Russie avaient donné le signal du commencement de la fin de la Russie elle-même.

Les républiques ethniques attendaient sur la ligne de départ. Le Tatarstan devait être le premier à partir. L’Occident satanique était prêt à s’emparer de Kazan et d’autres territoires.

Sans tanks, sans invasions d’armées étrangères, sans bombardements ni attaques chimiques, la Russie rétrécissait à vue d’œil. D’après leurs plans, elle devait rétrécir jusqu’à devenir le Grand Duché de Moscou et ils auraient préparé une monarchie pour nous gouverner.

Abjecte pauvreté, désolation, ruines, meurtres dans les rues des villes, guerres mafieuses, rackets, « politiciens » et « hommes d’affaires » portant ouvertement assistance aux terroristes islamistes et aux mercenaires internationaux venus déchaîner la guerre dans le Caucase. Clubs du centre de Moscou où venaient se goberger ceux qui faisaient tuer des soldats russes.

Les postes de gouvernement, au Kremlin et au Parlement, occupés par ceux qui envoyaient les soldats russes se faire tuer dans le Caucase, tout en informant de leurs positions les djihadistes, les forces spéciales étrangères et les autres assassins qui fondaient sur le Caucase de tous les coins du monde, pour participer à la chasse aux Russes.

Les seules choses qui croissaient et augmentaient en nombre sur le territoire de la Russie étaient les cimetières et les fosses communes. Proportionnellement, les comptes bancaires des équipes de liquidation n’en finissaient pas de gonfler.

 

*

Dans les clubs de luxe du centre de Moscou et à l’étranger, ils célébraient leur interminable carnaval de vainqueurs. Ils célébraient nos funérailles.

Ils nous déshumanisaient. Ils nous dépeignaient comme des porcs squelettiques promis à l’équarrissage. Ils nous représentaient comme des ivrognes nus à colliers de chiens, couchés en rond aux pieds de leurs maîtres. C’étaient nous les sales bâtards qu’ils dépouillaient, violaient et enchaînaient. Ils étaient sûrs que nous resterions là, enchainés, à les servir, eux les vainqueurs, pour un os.

Leur classe créative n’en finissait pas de célébrer notre défaite. Elle se chargeait avec enthousiasme de nous insulter et de nous cracher au visage. Quand ils étaient fatigués, ils mangeaient et ils buvaient du vin à nos frais, et une fois rassasiés, ils continuaient à cracher sur nous, sur notre histoire, sur notre caractère, sur notre foi. Des États-Unis, ils nous envoyaient des os de poulets. En échange desquels ils s’emparaient sans payer de notre pétrole, de notre gaz, de notre or, de nos diamants, de nos fourrures, de notre uranium, de notre bois, de nos œuvres d’art, de nos découvertes scientifiques, de nos inventions, de notre savoir-faire, de nos technologies secrètes et de nos hommes de science, dont ils faisaient leurs esclaves, de nos organes humains, de nos filles et de nos garçons impubères, pour les faire travailler dans leurs réseaux de prostitution d’Europe et de Turquie, du Moyen-Orient, des USA et même d’Afrique.

Les territoires des anciennes républiques furent confisqués, avec les peuples qui y vivaient. Ils commencèrent à les dévorer lentement, en attendant la complète liquidation de la Russie pour continuer à les détruire complètement. Ils digérèrent des parties de notre nation brisée et en firent de l’engrais humain, et ils se mirent à élever de nouveaux « managers » pour diriger cette nouvelle société multinationale avec ses industries et ses infrastructures prêtes à servir entièrement volées.

Ils avaient pré-imprimé des cartes géographiques selon le nouvel ordre du monde et de nouvelles frontières, la Chine recevant sa part du butin avec les territoires du Tadjikistan, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan et la Turquie recevant l’Azerbaïdjan et l’Arménie. La Pologne, l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Espagne, le Danemark et les autres auraient aussi reçu leurs parts d’esclaves, de territoires et de prostituées russes pas chères. Les citoyens d’Israël se voyaient dans le rôle d’administrateurs de ces territoires. Les USA ne voulaient qu’une seule chose : la propriété pleine et entière de tout ce qu’il y avait sous nos pieds, de toutes nos ressources minérales.

 

*

 

Quand Poutine vint, personne ne crut qu’il serait capable d’arrêter ce qui paraissait inéluctable.

*

Il fit des guerres. Personne n’y prêta attention et personne ne vit rien. Son activité fut phénoménale, comme le vent, invisible, mais assez fort pour que chacun ressente les effets de son passage, surtout ceux qui recevaient des branches directement sur la tête. Ses guerres furent, comme les radiations, indétectables par les sens, mais, avec une concentration toujours croissante, elles tuaient les ennemis lentement et sûrement.

 

*

Les années passèrent, et tout changea comme de soi-même.

 

*

Avant la dernière guerre - juste au cas où - il se prépara à mourir.

Il se distancia des gens auxquels il tenait le plus, pour qu’ils ne meurent pas avec lui. Et il partit en guerre.

 *

Il a voué sa vie à nous sauver tous.

Il s’est sacrifié et il a arraché des nations entières aux mâchoires de l’abîme.

Il a changé le monde pour toujours.

 

Source http://thesaker.is/vladimir-putins-birthday/

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

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Le jour de son anniversaire, Vladimir Poutine a présidé, au Kremlin, une réunion des membres permanents du Conseil de Sécurité

 

VOEUX

Du président de l’Ingouchie Iounous-bek Bamatgireyevich Evkourov

« Heureux anniversaire, Président. Merci pour tout ce que vous faites pour l’Ingouchie »

 

Des syriens

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Il y a 40 ans

 

Le 9 octobre 1965 (Vladimir Poutine avait 13 ans et deux jours) Ernesto Guevara dit à un jeune soldat bolivien, dont les docteurs cubains soigneraient plus tard gratuitement le père : « Courage, tu vas juste tuer un homme. »

 

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Lettre d’adieux du martyr Ernesto « Che » Guevara, lue par Fidel Castro

Sayed Hasan

 

La lettre d’adieux du Commandant Ernesto Che Guevara a été lue par Fidel Castro le 3 octobre 1965 à La Havane, face aux Comité Central du Parti Communiste cubain et devant les caméras. Après son retour d’Afrique en février 1965, le Che avait disparu de la scène publique sans explication officielle. A Cuba et surtout à l’étranger, des rumeurs faisaient notamment état de prétendues dissensions entre Fidel et le Che, voire d’une véritable purge. Cette lettre écrite de la main du Che a prouvé le caractère infondé de ces calomnies, que les réactionnaires (et pseudo-révolutionnaires) continuent à propager jusqu’à ce jour pour discréditer Cuba.

Avant même le commencement de la Révolution cubaine, le Che, internationaliste convaincu, ne s’était engagé aux côtés de Fidel Castro qu’à la condition d'être libre de poursuivre son action révolutionnaire et anti-impérialiste sous d'autres cieux après la victoire à Cuba. Ses expériences au Congo et en Bolivie n’ont été révélées qu’après sa mort avec la publication de ses Journaux de guerre par le gouvernement cubain. 

 

Adresse du Commandant Fidel Castro Ruz, Premier Secrétaire du Parti communiste de Cuba et Premier ministre du gouvernement révolutionnaire, lors de la présentation du Comité central du Parti communiste de Cuba à La Havane, le 3 octobre 1965

Traduite en français pour la première fois à l'occasion du cinquantenaire de l'assassinat du Che par la CIA, le 9 octobre 1967

 

 

Transcription :

[…] Il y a une absence dans notre Comité Central, (l’absence d’une personne) qui possède tous les mérites et toutes les vertus nécessaires, au plus haut degré, pour en faire partie, mais qui malgré cela n’est pas présent parmi les membres de notre Comité Central.

Autour de cette absence, l’ennemi a pu tisser mille conjectures; l’ennemi a essayé de duper et de semer l’ivraie et le doute, et patiemment, car il fallait attendre, nous avons attendu.

Et c’est ce qui différencie le révolutionnaire du contre-révolutionnaire, le révolutionnaire de l’impérialiste : nous les révolutionnaires, nous savons attendre, nous savons être patients, nous ne désespérons jamais, et les réactionnaires, les contre-révolutionnaires, les impérialistes, vivent dans le désespoir permanent, ils vivent dans l’angoisse perpétuelle, dans le mensonge perpétuel, de la manière la plus ridicule, de la manière la plus infantile.

Quand on lit les choses que disent certains de ces fonctionnaires, certains de ces sénateurs Yankees, on se demande : « Mais comment est-il possible que cet homme ne soit pas dans une étable au lieu d’appartenir à ce qu’on appelle un Congrès ? » (Applaudissements) Certains profèrent de véritables outrages. Et ils ont une habitude de mentir colossale et irrépressible, ils ne peuvent pas vivre sans mentir. Ils vivent dans la détresse.

Si le gouvernement révolutionnaire déclare une chose – c’est ce qu’il a toujours fait – comme ce fut le cas pour la question que j’ai mentionnée au début de mon propos, ils y voient des choses horribles, effroyables, ils imaginent tout un plan derrière cela !

Quel ridicule ! Avec quelle peur ils vivent ! Et on se demande : le croient-ils vraiment ? Y croient-ils vraiment ? Est-ce qu’ils croient tout ce qu’ils disent ? Ou ont-ils besoin de croire tout ce qu’ils disent ? Ou ne peuvent-ils vivre sans croire tout ce qu’ils disent ? Ou disent-ils tout ce qu’ils ne croient pas ?

C’est difficile à dire, il faudrait le demander à des médecins et des psychologues. Qu’est-ce qu’ils ont dans la tête, quelle est donc cette angoisse qui les amène à voir partout une manœuvre, un plan effroyable, maléfique, terrible ? Et ils ne savent pas qu’il n’y a pas de meilleure tactique, pas de meilleure stratégie que de lutter avec des armes propres, de se battre avec la vérité, car ce sont les seules armes qui inspirent la confiance, ce sont les seules armes qui inspirent la foi, ce sont les seules armes qui inspirent la sécurité, la dignité, le moral. Et ce sont les armes avec lesquelles nous les révolutionnaires avons vaincu et écrasé nos ennemis.

 

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Le mensonge. Qui a déjà entendu un mensonge dans la bouche d’un révolutionnaire ? Parce que ce sont des armes qui ne profitent à aucun révolutionnaire, et aucun révolutionnaire authentique n’a jamais besoin de recourir à un mensonge ; ses armes sont la raison, la moralité, la vérité, la capacité de défendre une idée, une proposition, une prise de position.

Et en fin de compte, le spectacle moral offert par nos adversaires est vraiment lamentable. Ainsi, les augures, les interprètes, les spécialistes des questions cubaines et les machines électroniques ont travaillé sans cesse à démêler ce mystère. Est-ce qu’Ernesto Guevara a été victime d’une purge, est-ce qu’Ernesto Guevara est malade, est-ce qu’Ernesto Guevara a eu des divergences (avec Fidel), et autres insanités du même genre.

Naturellement, le peuple a confiance, le peuple a la foi. Mais les ennemis profitent de ces choses, surtout à l’étranger, pour calomnier : voyez donc ce régime communiste ténébreux et terrible, les hommes y disparaissent, ils ne laissent aucune trace, aucun vestige, aucune explication n’est fournie ; alors que lorsqu’il le fallait, nous avons dit au peuple, lorsque les gens ont commencé à constater cette absence, que nous en parlerions au moment opportun, et que nous avions des raisons d’attendre (avant de dévoiler ce qu’il en était).

Nous évoluons dans un milieu cerné par les forces de l’impérialisme. Le monde ne vit pas dans des conditions normales ; tandis que les bombes criminelles des impérialistes yankees tombent sur un peuple comme celui du Vietnam, nous ne pouvons pas dire que nous vivons dans des conditions normales (Applaudissements) ; lorsque plus de 100. 000 soldats yankees y débarquent pour essayer d’écraser le mouvement de libération national ; quand les soldats de l’impérialisme débarquent dans une République qui jouit légalement des mêmes droits que toutes les autres Républiques du monde, ce qui est le cas de Saint-Domingue, pour piétiner sa souveraineté (Applaudissements), le monde ne vit pas dans des conditions normales. Lorsque, autour de notre pays, les impérialistes forment des mercenaires et organisent des attaques terroristes de la manière la plus impunie, comme dans le cas de la Sierra Aránzazu ; lorsque les impérialistes menacent d’intervenir dans n’importe quel pays d’Amérique latine et du monde, on ne vit pas dans des conditions normales. Et quand nous nous sommes battus dans la clandestinité contre la tyrannie de Batista, nous les révolutionnaires ne vivions pas dans des conditions de normalité, nous devions respecter les règles de la lutte ; de la même manière, bien que le pouvoir révolutionnaire existe dans notre pays, en ce qui concerne les réalités du monde, nous ne vivons pas dans des conditions normales et nous devons respecter les règles de cette situation.

Et pour expliquer cela, nous allons lire une lettre manuscrite que j’ai ici entre les mains, et qui a été retranscrite par machine à écrire, du camarade Ernesto Guevara (Applaudissements), qui s’explique lui-même (sur les raisons de son absence). Je m’étais demandé si je devais retracer l’histoire de notre amitié et de notre fraternité, comment cela a commencé, dans quelles conditions et comment cela s’est développé. Mais ce n’est pas nécessaire. Je vais simplement lire la lettre. 

 Il dit : « La Havane... » 

 La date n’a pas été définie, puisque cette lettre devait être lue au moment que nous jugerions le plus opportun, mais pour coller à la stricte réalité, elle m’a été remise le 1er avril de cette année, il y a exactement six mois et deux jours.

 Voilà ce qu’elle dit :

 

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« La Havane, année de l'Agriculture [1965].


Fidel,
Je me souviens en ce moment de beaucoup de choses : du jour où j’ai fait ta connaissance dans la maison de Maria Antonia, du moment où tu m’as proposé de venir avec vous [pour participer à la Révolution cubaine] et de toute la tension des préparatifs.
Un jour, on est venu nous demander qui devait être prévenu en cas de décès, et la possibilité réelle de ce fait (la mort) nous a tous saisis. Par la suite, nous avons su que c'était vrai, et que dans une Révolution, on triomphe ou on meurt – si elle est véritable. De nombreux camarades sont tombés sur le chemin de la victoire.

Aujourd’hui, tout a un ton moins dramatique, parce que nous sommes plus mûrs ; mais les faits se répètent. J’ai l’impression d’avoir accompli la part de mon devoir qui me liait à la Révolution cubaine sur son territoire, et je prends congé de toi, des compagnons, de ton peuple qui est maintenant aussi le mien.

Je démissionne formellement de mes fonctions à la Direction du Parti et de mon poste de ministre, et je renonce à mon grade de Commandant et à ma nationalité cubaine. Rien de légal ne me lie plus aujourd’hui à Cuba, à l'exception des liens d’une autre nature qu’on ne peut briser, contrairement aux titres.

En passant ma vie en revue, je crois avoir travaillé avec suffisamment d’honnêteté et de dévouement à la consolidation du triomphe révolutionnaire. Ma seule faute de quelque gravité, c’est de ne pas avoir eu plus confiance en toi dès les premiers moments dans la Sierra Maestra et de ne pas avoir su discerner plus rapidement tes qualités de dirigeant, d’homme et de révolutionnaire. J’ai vécu des jours magnifiques et j’ai éprouvé à tes côtés la fierté d’appartenir à notre peuple en ces journées lumineuses et tristes de la Crise des Caraïbes. Rarement, un chef d’État ne fut aussi brillant que tu le fus dans ces circonstances, et je me félicite aussi de t’avoir suivi sans hésiter, d’avoir adhéré pleinement à ta façon de penser, et d'avoir su voir et apprécier les dangers et les principes comme tu le fis.

D’autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t’est refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l’heure est venue de nous séparer.
Sache que je le fais avec un mélange de joie et de douleur. Je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j’aime. Et je laisse un peuple qui m’a adopté comme un fils. Cela déchire toute une partie de mon âme. Sur les nouveaux champs de bataille, j'apporterai la foi que tu m’as inculquée, l’esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d’accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l’impérialisme où qu’il se trouve. Cela réconforte et guérit avantageusement les blessures les plus profondes.

Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité, sauf de celle qui émane de son exemple. Si un jour, sous d’autres cieux, survient pour moi l’heure fatidique (du martyre), ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple envers lesquels j’essaierai de rester fidèle jusqu’à la dernière conséquence de mes actes. J’ai toujours été en accord total avec la politique extérieure de notre Révolution et je le suis toujours. Partout où je me trouverai, je sentirai toujours peser sur moi la responsabilité d’être un révolutionnaire cubain, et je me comporterai comme tel. Je ne laisse aucun bien matériel à mes enfants et à ma femme, et cela ne me chagrine pas. Je suis heureux qu’il en soit ainsi. Je ne demande rien pour eux, car je sais que l’État leur donnera ce qu’il faut pour vivre et s’instruire.

J’aurais encore beaucoup à te dire, à toi et à notre peuple, mais je sens que c’est inutile, car les mots ne peuvent exprimer ce que je voudrais dire, et ce n’est pas la peine de noircir davantage de papier.

Jusqu’à la victoire, toujours.

La Patrie ou la Mort !

Je t’embrasse avec toute ma ferveur révolutionnaire.

(Signé :) Che. »

Source : http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1965/esp/f031065e.h...

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

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Soutenez la justice en répondant à l'Appel au secours de Norman Finkelstein et en signant sa pétition

 

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Les États-Unis ont un problème d’empathie qui nourrit leur culture de la violence à l’étranger, l’ignorance chez eux et la tragédie partout.

 

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Le 20 octobre 2011

 

Tandis que le monde pleure les victimes de Las Vegas, l’absence d’empathie de l’Amérique pour ses victimes à l’étranger est sidérante.

Adam Garrie – TheDuran 7 octobre 2017

 

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À chaque fois que des fusillades ou d’autres événements terroristes (sur leur sol ou autrement) frappent les États-Unis, le flot de sympathie en provenance de la Russie et, en fait, du monde entier, est toujours palpable, en dépit de l’état actuel des relations politiques. La culture russe, en particulier, est une culture où exprimer de la sympathie à un moment de tragédie et de douleur objectif, prend un relief certain, à la fois sur le plan humanitaire et sur le plan spirituel..

Mais il y a un autre élément de la réaction susmentionnée aux tragédies si uniquement américaines chez les peuples extérieurs aux États-Unis, qui est moins directe. Dans ce pays immensément riche, exerçant une politique extérieure exceptionnaliste qui surprend encore certains adversaires politiques des États-Unis, beaucoup trouvent choquant que tant de citoyens américains décident de s’entretuer en grands nombres, dans un pays qui est présenté comme entièrement idyllique par la machine de propagande de Washington.

Dans ce sens, il y a un élément de dissonance cognitive de la part du reste du monde, à voir des tragédies se dérouler dans un pays où ce genre de choses n’est pas supposé se produire, et se produit néanmoins très souvent.

Chez beaucoup d’Américains et certainement chez ceux dont les récits fictifs sont couverts par les médias de masses, la dissonance cognitive du monde extérieur est plus ou moins noyée dans une attitude exceptionnaliste généralisée, par laquelle les Américains élèvent leurs tragédies nationales au rand de cataclysmes cosmiques, alors que les morts causés par les États-Unis au reste du monde se voient réduits, au mieux, au rang de statistiques, au pire à celui de succès macabres.

Prenez par exemple le populaire spectacle télévisé « Tonight Show », de Jimmy Fallon. Au cours d’une récente transmission, des auteurs comique de sexe féminin et le célèbre Miley Cyrus, ont accueilli Hillary Clinton par la lecture de lettres d’adulation assortie d’embrassades physiques. Beaucoup de pontes U.S. de l’analyse politique, y compris ceux qui sont opposés à Hillary Clinton, n'ont pas saisi les connotations politiques de cet étalage.

 

 

Beaucoup ont critiqué ce coup télévisé comme un exercice de propagande en politique identitaire. Essayant de dresser les Américaines contre les Américains, le message subliminal disait que la plupart des hommes, en Amérique, ont été les supporters du « gros méchant » Donald Trump, alors que les femmes américaines, bien entendu supérieurement cognitives, se sont prononcées pour la « gentille et douce » Hillary Clinton. Au pays du 1er Amendement, la politique identitaire ne peut pas être censurée, mais elle devrait être tranquillement contrée par ceux qui se servent de la liberté d’expression pour défendre une politique basée sur de  la véritable politique et non sur des fictions identitaires.

Mais le plus gros problème géopolitique, dans un étalage aussi vulgaire, c’est que Hillary Clinton n’est ni gentille ni douce. Elle a été l’architecte des plus dévastatrices de toutes les guerres post-11 septembre dirigées par les États-Unis contre des pays étrangers. L' « enfant chéri » personnel de Hillary Clinton a été la guerre de Libye, qui a fait d’un des pays les plus riches dans l’histoire de l’Afrique ­ – où les gens étaient logés et nourris gratuitement, et où l’éducation et les vocations étaient largement subventionnés – un État ruiné de fond en comble et noyé dans son sang. La Libye, qui avait été laïque et indépendante, est maintenant le plus vaste camp d’entraînement terroriste du monde, où plusieurs factions politiques se combattent et où groupes terroristes et factions pirates se disputent les ressources qu’ils volent tous de concert à la Libye. Alors que la Syrie est en train de gagner la guerre contre le terrorisme et que l’Irak même commence à se remettre lentement, avec l’aide de l’Iran et d’autres, la Libye montre peu de signes d’un changement quel qu’il soit de son statu quo post-2011, dont Hillary Clinton est directement responsable.

 

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Ce n’est là qu’une des désastreuses décisions politiques de Hillary Clinton, mais c’est la plus profondément terrifiante. Alors que même Barack Obama, qui avait contresigné ses plans, a fini par plus ou moins « regretter » le désastre, Hillary Clinton s’est pour sa part complaisamment laissé filmer en train de rire de la mort du leader révolutionnaire libyen Muammar Kadhafi, et elle continue à se vanter de la mort barbare de l’homme qui dirigeait la nation qu’elle a oblitérée.

 

 

Alors que Hillary Clinton est l’auteur de la tragédie libyenne, elle n’est pas l’auteur de la plus grande tragédie psychologique de l’Amérique. Ce qu’elle est, c’est le symptôme profondément grotesque de l’incapacité de l’Amérique à éprouver de l’empathie pour ce qui se trouve en dehors de ses frontières, au moment même où des pays comme la Russie éprouvent et témoignent de la compassion pour les Américains massacrés chez eux, et dans le cas de la tuerie de Las Vegas, apparemment massacrés par un des leurs.

Les États-Unis ont tué des millions de gens en dehors de leurs frontières par des guerres dévastatrices et surtout illégales, dont aucune n’a eu rien à voir avec la sécurité du peuple américain. Un projet de recherche récent de James A. Lucas est arrivé à la conclusion que, depuis 1945, les USA ont tué plus de 20 millions de personnes, et ce, non compris les morts causées par les deux bombes atomiques jetées sur le Japon en 1945, seul exemple d’une nation ayant fait usage de telles armes contre des civils. Quand on fait le compte du nombre de familles détruites, de vies ruinées, de famines créées et de mutilations physiques infligées par l’action des militaires US, les chiffres sont beaucoup plus élevés.

La culture de la violence à l’intérieur des États-Unis en vient à être nanifiée par la culture de la violence promulguée par l’armée US envers le reste du monde. Dans certaines parties de ce monde, toute sympathie que les gens pourraient autrement ressentir pour les Américains tués dans des spectacles d’horreur domestique finit par s’épuiser, à cause de la violence continuelle que les Américains exercent partout ailleurs.

La partie la plus effrayante de ce spectre de possibilités est qu’innombrables sont ceux qui, aux États-Unis, ne sont pas conscients de ce que leur pays fait à l’étranger. La faute en revient à la fiction que la plupart des politiciens et des médias US font proliférer, laquelle prétend que les Américains sont haïs à l’étranger à cause de leur supposée liberté intérieure et non à cause de leurs actes de brigandage et d’agression éhontée commis par les forces armées US, de l’Asie Orientale à l’Europe et de l’Amérique du Sud à l’Afrique du Nord.

De plus en plus, alors que les USA ne font rien pour changer leur réputation d’agresseur planétaire n°1 de l’ère moderne, beaucoup de gens, au spectacle des événements tragiques répétés à l’intérieur de la soi-disant « libre » Amérique, trouvent que cette « liberté » n’a pas un air particulièrement engageant.

Les États-Unis sont en train de devenir un lieu où personne n’a envie de vivre. Certains accusent la politique US de ce désastre, et c’est vrai qu’elle en est responsable. D’autres – et j’en suis – en rendent responsable la culture américaine de la drogue, qui n’a cessé d’attiser les flammes de la violence, tout en rendant les citoyens US confortablement insensibles aux réalités blafardes qui les entourent. D’autres encore mettent en cause les lois US sur les armes, bien que je n’en fasse personnellement pas partie. Beaucoup de pays connaissent une très haute prolifération d’armes, légales ou non, mais très peu sont devenus des répliques de ces aspects les plus sinistres de la vie moderne.

Le problème, avec les États-Unis, est un problème d’attitude, qui donne la priorité à une arrogance exceptionnelle, avec une exposition exceptionnellement mauvaise aux faits qui concernent le reste du monde. Tant que cette attitude ne changera pas, les Américains ne connaîtront jamais ce que signifie une réelle empathie et un réel chagrin pour autrui, quand bien même les tragédies continueraient à se dérouler sous leurs yeux. Une nation constamment en guerre ne peut pas espérer trouver la paix intérieure. Dans ce sens, le fait que des célébrités embrassent une criminelle de guerre telle que Hillary Clinton, démontre on ne peut plus clairement que les Américains devront vivre avec la violence qu’ils ont répandue sur le monde, jusqu’à ce que les gens, dans leur pays, trouvent le courage de condamner TOUTE violence, quelles que puissent en être les victimes.

Source : http://theduran.com/while-the-world-weeps-for-the-las-veg...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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L’adolescence éternelle aux USA : diagnostic…

(Nous, on aurait dit « infantilisme » et « pervers », mais qui sommes-nous ?)

Il est clair que l’Amérique souffre d’une épidémie d’arrêt du développement émotionnel, qui la détruira.

Dr. Paul Kindlon – Russia Insider 28 août 2017

 

J’ai eu l’occasion d’enseigner la psychologie et la socio-psychologie depuis plus de vingt ans. Parfois, les connaissances obtenues dans ces domaines me permettent d’analyser et de comprendre le comportement social et certaines tendances culturelles. En voici une occasion.

 

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Si l’on est capable d’observer la société américaine d’une manière objective – tâche assurément difficile – il apparaît clairement que le pays souffre d’une épidémie d’arrêt du développement émotionnel (AED). Cette maladie particulière se caractérise par une combinaison de nombreux facteurs : la dépendance, la cupidité, l’immaturité, la peur, le blâme, la honte, le ressentiment, la colère, la confusion et la souffrance. Cela signifie que la grande majorité des Américains est bloquée à l’adolescence, présentant des comportements tels que le mensonge, les attitudes négatives, la désobéissance et le manque de respect, l’abus de drogues et d’alcool, la dépression et les questions de sexualité.

Il suffit de regarder des films américains ou des émissions de télévision pour obtenir un instantané des caractéristique fondamentales de la comédie de l’humour adolescent, juvénile et puéril. Ce n’est pas par hasard que Jimmy Fallon, âgé de 42 ans, est pour l’essentiel « un ado éternel » jouant des comédies truffées humour et de gags de salle de bain faisant appel à un niveau stupide d’immaturité. L’autre chéri des spectacles de fin de soirée en Amérique est Stephen Colbert qui se spécialise dans l’insulte aux personnages publics, par une manifestation ouvertement adolescente d’attitude négative et de manque de respect.

Une autre caractéristique de l’AED est d’échapper à la responsabilité et de blâmer les autres pour ses échecs. Il suffit d’observer les millions de supporters de Hillary pour comprendre ce phénomène. Un autre symptôme, également fréquent pour les personnes atteintes d’AED, s’exprime par le manque de respect à des fins sophomoriques, généralement en endommageant les biens comme nous le voyons, les monuments étant défigurés et détruits.

Les adolescents, bien sûr, ont tendance à avoir des problèmes d’identité concernant souvent leur sexualité, ce qui est un autre phénomène tout à fait évident dans l’Amérique contemporaine. Il n’est pas « cool » de ne pas être LGBT ou de ne pas se sentir confus avec son genre aujourd’hui. Bientôt il y aura autant de genres que de saveurs de sorbets, car tout est une question de goût !

En termes d’activité cognitive, l’AED se caractérise par une exagération et une simplification excessive. Par exemple, si vous êtes en colère contre l’un de vos parents, vous pouvez le cataloguer comme nazi ou fasciste.

Cette attitude négative est maintenant étendue à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous et peut être constatée dans des slogans tels que « No Trump, No KKK, No Fascist USA ». Les adultes sont une espèce en voie de disparition. L’effet cognitif de l’exagération et de la simplification excessive entraîne l'irrationalité et la confusion. En témoignent les millions de personnes qui croient être antiracistes en s’opposant à « la suprématie blanche ». Aucun anthropologue sur terre ne prétend que « blanc » est une race – bien qu’un néo-nazi puisse le prétendre. Ce n’est même pas une couleur primaire. Les Irlandais ont été victimes de discrimination pendant plus de cent ans en Amérique en raison du racisme anglo-saxon, mais les Irlandais sont considérés comme « blancs ». Il y a des millions d’Américains d’origine allemande, polonaise et scandinave qui appartiennent à la classe ouvrière ou même au sous-prolétariat depuis très longtemps. Ces « blancs » sont-ils coupables de suprématisme ? Contre qui ? Eux-mêmes ?

Bien sûr, ce sur quoi les manifestants devraient se concentrer, c’est la classe sociale et non la race, qui est vraiment une désignation arbitraire. Malheureusement, le mouvement progressiste en Amérique est passé de « Occupy Wall Street » à « Occupons les chiottes publiques ». Lénine se retournerait dans sa tombe… s’il en avait une. En ce qui concerne l’alcoolisme et la toxicomanie en Amérique, les statistiques sont stupéfiantes [sans jeu de mot, NdT]. La dépendance aux opioïdes, à elle seule, devient un problème national de santé publique, tout comme la dépression. L’abus d’alcool, bien sûr, est également assez élevé. Mentir devient également monnaie courante. Il s’agissait simplement autrefois d’une habitude propre aux politiciens et aux avocats qui savaient « jouer avec la vérité ». De nos jours, les médias traditionnels sont largement considérés comme un courant dominant de mensonges, avec CNN affublé maintenant du sobriquet FAKE NEWS.

La caractéristique, propre à l’adolescence, de se révolter et de désobéir, se manifeste souvent par l’usage de blasphèmes destinés à choquer l’ancienne génération. La profanation gratuite est omniprésente dans la culture américaine et a remplacé l’imagination comme une des formes de la créativité. Ce n’est pas par accident que Pussy Riot – un groupe d’artistes « performants » qui utilise le blasphème dans une cathédrale, considérée comme sacrée pour « choquer » le public russe et « désobéir » aux autorités – s’est retrouvé chez lui aux États-Unis et a été pris en amitié par Madonna, elle-même autre symbole de l’adolescence éternelle. Son AED s’est manifesté en pleine lumière l’année dernière quand elle a offert publiquement une fellation à tous les hommes qui voteraient pour Hillary Clinton. Et comme n’importe quel adolescent rebelle essayant de choquer la « génération plus âgée », elle a cru devoir préciser qu’elle « avale ». Restez chic, Madonna. Rappelez-vous que vous êtes une mère de 59 ans avec six enfants.

Alors, voyez-vous… Si tout le monde est adolescent, il n’y a plus de supervision adulte. Voilà le problème. Depuis des années qu’une autopsie est en cours pour déterminer comment et pourquoi l’empire américain a expiré, la nécrologie évoquera de multiples causes de décès et l’AED sera classé en bonne place.

Peut-être un adolescent précoce sera-t-il autorisé à écrire l’épitaphe qui se lirait ainsi :

« Lorsqu’il est prolongé, le pont entre l’adolescence et l’âge adulte peut coûter très cher. »

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Dr Paul Kindlon

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Source : http://lesakerfrancophone.fr/ladolescence-eternelle-aux-u...

 

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Dernière minute :

 

Le gouvernement quoi ? « belge »...

 

Une école palestinienne financée par la Belgique baptisée du nom d'une terroriste

RT en français10 octobre 2017

 

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Ecolières palestiniennes devant une école de l'ONU à Gaza

 

Le gouvernement belge s'est vivement désolidarisé de l'initiative par laquelle une école en Palestine, financée par la Belgique, a été renommée en hommage à Dalal Mughrabi, militante du Fatah ayant participé au massacre de 38 Israéliens en 1978.

La Belgique a découvert qu'une école qu'elle avait contribué à financer en Palestine avait été renommée du nom d'une terroriste impliquée dans une attaque en 1978 près de Tel Aviv, en Israël. Cette révélation, comme le rapporte La Libre Belgique, a provoqué une vive réaction du gouvernement.

Décidé en 2013, le financement par l'État belge d'une école pour filles sur la rive occidentale du Jourdain, en zone palestinienne, avait permis la construction rapide de l'établissement. Initialement appelée Beit Awwa, l'école a néanmoins été rebaptisée quelques temps plus tard au nom de Dalal Mughrabi.

Or, Dalal Mughrabi, militante du Fatah dans les années 1970, était impliquée dans le massacre dit « de la route côtière » survenu le 11 mars 1978. Sur la route menant de Tel Aviv à Haïfa, en compagnie de douze autres militants du Fatah, elle avait participé à cette attaque armée ayant coûté la vie à 38 civils dont 13 enfants. De nombreux Palestiniens la considèrent encore aujourd'hui comme une martyre de la libération de la Palestine.

Ce changement de nom passe néanmoins très mal en Belgique. « Le gouvernement condamne sans équivoque tout hommage aux auteurs d'attaques terroristes », ont déclaré les cabinets de Dider Reynders et Alexander De Croo, respectivement ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre. Ils assurent par ailleurs ne pas avoir été mis au courant de ce changement de nom décidé par les autorités palestiniennes locales.

Source : https://francais.rt.com/international/44401-ecole-palesti... 

 

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Non, elle n’est pas morte en octobre (mais un 11 mars). On s’en fout, on pleure quand on veut.

 

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Aline de Diéguez

Chroniques de la Palestine occupée

 

In Memoriam Dalal al Mughrabi

Cinquième anniversaire du carnage israélien dans le camp de Gaza
(27 décembre 2008 - 21 janvier 2009)

« Si vous n'êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et à aimer ceux qui les oppriment. »

Malcolm X

 

À la lecture de la nouvelle dérangeante pour les amis de la Palestine, selon laquelle trois mille Palestiniens, principalement membres du Hamas, combattent en Syrie aux côtés des égorgeurs et des cannibales wahhabites on ne peut qu'évoquer avec tristesse la mémoire des résistants qui ont donné leur vie afin que la Palestine ne sombre pas dans l'oubli et constater avec chagrin les dérives suicidaires de dirigeants qui envoient leurs combattants se faire tuer pour le double bénéfice et l'extrême jubilation de leur oppresseur.

Voir des Palestiniens tourner le dos à des États et à des groupes politiques qui ont soutenu leur résistance à l'occupation sioniste et qui les ont nourris et armés pendant des décennies, puis découvrir comment ils trahissent leurs seuls véritables soutiens en se rangeant dans le camp de leurs propres oppresseurs, laisse sans voix tout être normalement doué d'une étincelle de raison et de sens moral. [1]

En effet, il est clair pour tous ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, que les hordes de fanatiques, qualifiés "rebelles", "opposants" ou "djihadistes", mais jamais "terroristes", et qui se ruent en rangs serrés sur la Syrie ne sont que des mercenaires sponsorisés par les riches et rétrogrades Étaticules pétroliers et gaziers du Golfe, armés et entraînés par les services secrets de l'OTAN et ceux du Mossad israélien. Les illusions d'un "printemps arabe" en Syrie n'ont duré que ce que durent les roses.

D'importants groupes de mercenaires palestiniens, principalement affiliés au Hamas, recrutés par l'inénarrable Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani lors de sa visite à Gaza en octobre 2012, combattent donc dans le même camp qu'Israël et se font tuer pour le plus grand bénéfice de leur occupant !

 

Lire la suite…

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/pales... 

 

 

2. russep.gif

 

 

 

Mis en ligne le 10 octobre 2017

 

 

 

 

18:36 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/10/2017

D'ABORD, ILS SONT VENUS POUR LES NAZIS ET LES PEDOPHILES... - I.

1. Bateau Saker.jpg

 

Sapir viré de Russeurope

 

Suspension de la publication sur ce carnet

Marin Dacos – Russeurope 28 septembre 2017

 

Chères lectrices,
Chers lecteurs,

Le carnet que vous consultez est désormais une archive et ne sera plus alimenté. Les droits d’accès en écriture ont été retirés à son auteur par l’équipe d’OpenEdition.

À de nombreuses reprises, l’auteur du carnet y a publié des textes s’inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses et constituant une condition indispensable pour publier sur la plateforme.

L’équipe d’OpenEdition a informé l’auteur que des billets de ce type n’avaient pas leur place sur la plateforme, en précisant que des mesures seraient prises en cas de poursuite de ce type d’usage du carnet de recherche..

Suite à la publication de nouveaux contenus dépassant le périmètre éditorial de la plateforme, l’équipe d’OpenEdition a procédé à la suspension des droits en écriture de l’auteur. Aucun contenu n’a été supprimé. Aucun nouveau contenu ne pourra être publié. Une archive de l’ensemble des billets a été transmise à l’auteur.

Marin Dacos
Directeur du Centre pour l’édition électronique ouverte

Lire le communiqué des Conseils scientifiques d’OpenEdition et d’Hypothèses

Source : http://russeurope.hypotheses.org/6303

 

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Lettre de Claude et François Roddier au représentant d’Hypothèses et OpenEdition

 

Monsieur le Directeur,

C’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissance de votre texte et de celui des conseils scientifiques d’Hypothèses et OpenEdition suspendant la publication de contenus sur le carnet Russeurope alimenté par Jacques Sapir.

Nous sommes un couple d’astronomes ayant travaillé 16 ans aux États Unis, revenus en France pour notre retraite. En tant qu’universitaires scientifiques nous n’arrivons pas à comprendre comment vous pouvez affirmer que les billets de Jacques Sapir sont déconnectés d’un contexte académique et scientifique. Nous soutenons, au contraire, que l’ensemble des textes du carnet de Jacques Sapir sont parfaitement à leur place dans un portail d’édition académique.

Les textes des carnets sont le plus souvent des textes mettant l’économie à la portée de non-économistes, ce qui est notre cas. Nous avons découverts le carnet il y a plusieurs années, en avons été des lecteurs réguliers et avons beaucoup appris en le lisant.

Jacques Sapir prend ouvertement position sur quelques sujets-clés pour lui : l’euro, la laïcité, la souveraineté et explique très clairement les enjeux liés aux choix faits dans ces domaines.

Pour Jacques Sapir, fils de l’un des responsables de la Résistance dans les Alpes-Maritimes, la laïcité et la souveraineté de la France sont des piliers pour lesquels il a décidé de se battre. C’est cette position qu’il défend systématiquement depuis le commencement de son carnet. Pourquoi donc les conseils scientifiques d’Hypothèses et OpenEdition n’ont-ils pas suspendu la publication de contenu depuis cinq ans maintenant ?

Est ce parce que notre président désire remplacer la souveraineté française par la souveraineté européenne et trouve naturel de brader Alstom-Energie à l’américain General Electric et Alstom-Transport à Siemens que votre portail d’édition s’inquiète brusquement de «démarche «démarche de tribune politique partisane» ? Votre démarche n’est-elle pas simplement de bloquer une voix dissidente ? N’avons nous pas affaire à un procès d’opinion ?

En tant que citoyens français attachés aux valeurs fondamentales de notre République, nous vous demandons, Monsieur le Directeur, d’annuler la mesure de suspension de publication de contenus sur le carnet Russeurope.

 

Claude et François Roddier,

Professeurs retraités des universités de Aix-Marseille, Nice, Institute for Astronomy de l’Université de Hawaii (USA).

 

 

2. François Demassieux.GIF

 

 

Cette prise de position leur a valu la lettre suivante de Jacques Sapir :

 

Chers amis,

Chers collègues,

Ce courriel pour vous informer que le mouvement de protestation contre la suspension de mon carnet de recherches est en train de s'amplifier.

M. Dacos, sur Twitter, a eu le front de se plaindre et de se dire "fatigué" des 600 messages (!) qu'il aurait reçus concernant mon carnet.

C'est ce que l'on appelle un magnifique "effet Streisand". J'ai reçu le soutien de la communauté scientifique, que ce soit en France, mais aussi en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne et en Russie.

Une note de protestation a été mise sur le blog de la World Economic Association.

Je remercie de tout mon coeur ceux qui se sont joints à ce mouvement.

Je me suis "exilé" provisoirement chez Olivier Berruyer, d'où j'ai repris mon travail.

Avec toutes mes amitiés,

Jacques Sapir

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Nous y ajoutons la mise au point générale de l’intéressé, publiée ce-jour par Les Crises :

 

[Invité] – Russeurope en exil (forcé), par Jacques Sapir

 

10. sapir_russeurope-296.jpg

 

Mon carnet scientifique, ouvert en septembre 2012 sur Hypotheses.org vient d’être suspendu. Je ne puis plus installer de notes ni faire des modifications sur les textes publiés. Le communiqué, signé par Marin Dacos, directeur d’OpenEdition dit :

 

« Le carnet que vous consultez est désormais une archive et ne sera plus alimenté. Les droits d’accès en écriture ont été retirés à son auteur par l’équipe d’OpenEdition.

À de nombreuses reprises, l’auteur du carnet y a publié des textes s’inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses et constituant une condition indispensable pour publier sur la plateforme ».

 

Je conteste formellement cette affirmation et cette procédure, dont on peut s’étonner qu’elle survienne maintenant alors que je publie tout type de textes depuis l’ouverture du carnet, fin septembre 2012. Mais, tous les textes publiés sont en relation avec mes recherches, qu’il s’agisse d’articles scientifiques, de notes de travail, ou d’articles de réaction à l’actualité. Tous ces textes s’inscrivent dans le contexte de mes recherches. De plus, et il faut l’ajouter, de nombreux carnets réagissent eux-aussi à l’actualité.

Parme les textes qui me sont reprochés il y a les textes suivants qui servent de prétextes à ce blocage sont les suivants :

Lire la suite…

Source : https://www.les-crises.fr/invite-russeurope-en-exil-force...

 

2. François Demassieux.GIF

 

Félicitons-nous au passage de cette solidarité entre résistants « alternatifs », et souhaitons qu’elle se généralise.

Si serrer les rangs face à l’ennemi est la seule arme qui nous reste, qu’au moins il soit bien sûr qu’il lui faudra l’affronter à ses risques et périls.

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Ce n’est pas la première fois que quelqu’un se fait bâillonner pour ses idées par un site privé. On se rappelle ici, par exemple, les démêlés de Serge Uleski avec L’Obs, mais il y en a eu bien d’autres avant l’inénarrable offensive de l’imMonde et de son « Décodex ». Il semble que les droits du commerce passent de plus en plus les droits des sociétés civiles : celles des citoyens et des États, que garantissent pourtant les lois.

En août dernier, un (très long) article du Saker sur ce sujet nous avait frappés et nous avions commencé à le traduire, pour finir par jeter l’éponge par manque de temps et d’énergie. Cette affaire-ci nous pousse à le reprendre avec quelque retard. Comme toujours, le Saker réfléchit à voix haute et va jusqu’au tréfonds d’une question de principe, en finissant, comme toujours, par y chercher des solutions pratiques. Il faut le lire, fût-ce en plusieurs jours.

Grand merci à Anna S. pour les corrections !

 

2. François Demassieux.GIF

 

« D’abord, ils sont venus pour les nazis et les pédophiles »

Le Saker – The Unz Review30 août 2017

 

11. saker-falcon-drawing-small.jpg


D’abord, ils sont venus pour les communistes

Je n’ai rien dit parce que je n’étais pas communiste.

Après, ils sont venus pour les socialistes.

Je n’ai rien dit parce que je n’étais pas socialiste.

Ensuite, ils sont venus pour les syndicalistes

Je n’ai rien dit : je n’étais pas syndicaliste.

Après, ils sont venus pour les Juifs.

Je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus pour moi,

Il n’y avait plus personne pour dire quelque chose.

Martin Niemöller (1892–1984)

 

Je dois commencer cette analyse en vous demandant votre compréhension pour le fait qu’elle inclura beaucoup de citations. Dans des circonstances normales, je me serais contenté de donner des liens, mais, étant donné le sujet dont je veux discuter et la manière dont les choses « disparaissent » brusquement sur Internet, vous donner les citations en entier est probablement une meilleure idée. Le sujet que je veux traiter aujourd’hui est la répression brutale de la liberté d’expression par l’empire anglo-sioniste, au moyen de ses « loyales sociétés » [corporations].

 

D’abord ils sont venus pour le Daily Stormer

Je commencerai cette discussion par un résumé de ce qui est arrivé récemment au site web nazi The Daily Stormer tel qu’il est décrit par Wikipedia. La raison pour laquelle je m’en sers est que Wikipedia est clairement hostile au Daily Stormer et ne peut donc être accusé de sympathie ou de rapporter avec exagération ce qui est arrivé. Voici ce compte-rendu (c’est moi qui souligne) :

 

« Le Daily Stormer a aidé à organiser « Unissez les droites », une manifestation d’extrême-droite qui s’est déroulée à Charlotteville, Virginie, les 11 et 12 août 2017, au cours de laquelle une contre-manifestante Heather Heyer, a été tuée par un véhicule entré dans la foule. Weev a aussi appelé les lecteurs du Daily Stormer à localiser l’endroit où allaient se tenir les funérailles de Heyer et à y assister en la traitant de “grosse pouffiasse”.

Le 13 août, le site a été avisé par son enregistreur de domaines GoDaddy qu’il avait violé les conditions du service en se moquant de Heyer, et a donné à Anglin [l’éditeur du Daily Stormer, ndt] 24 heures pour se trouver un autre enregistreur pour son site. Le jour suivant, celui-ci a déménagé chez Google, qui a presque immédiatement annulé son enregistrement pour violation des termes du contrat, mettant également fin au compte Youtube du site web. Le jour suivant, le site s’est enregistré chez Tucows, qui a annulé le contrat quelques heures plus tard pour incitation régulière à la violence. Le 15 août, il a été annoncé par Weev que le site avait déménagé dans le « dark web », et qu’il était désormais accessible via Tor, tandis que Facebook censurait les liens conduisant au site et que Discord interdisait son canal. Le 16 août, Cloudflare, le fournisseur de DNS [Domain Name System] et de services par procuration, qui protégeait habituellement le Daily Stormer, mettait également fin à ses services. Cloudflare avait eu pour règle dans le passé de refuser de mettre fin à des sites sur base de leur contenu, mais son PDG, Matthew Prince, a fait une exception en postant une annonce et explication publique sur le blog de sa société. Le 17 août, après qu’il se soit délocalisé en dailystormer.ru, le chien de garde russe des médias Roskomnadzor a exigé la fermeture du domaine.

Le Daily Stormer est revenu brièvement sur le clearnet avec un .lol gTLD, dailystormer.lol, administré par Namecheap, mais, au bout de deux jours, Namecheap a annulé le domaine. Le PDG de la compagnie, Richard Kirkendall, a fait savoir que “la qualité et le contexte du matériel, en plus d’un soutien à des groupes et à des causes violents, le faisaient passer du statut de liberté d’expression protégée à celui d’incitateur” en citant spécifiquement une déclaration publiée par le Daily Stormer : “Il n’y a pas besoin d’avoir un doctorat en mathématiques pour comprendre que Blancs + fierté + organisation = Juifs fourrés dans des fours”. Le site a réapparu sur le net sous le nom de punishedstormer.com le 24 août, hébergé par DreamHost, dont les autres clients d’extrême-droite comprennent National Vanguard et le North-West Front. Dreamhost déclarait agir pour “défendre la liberté et la démocratie” ; des dénis de service d’Anonymous ont provoqué la disparition de tous ses sites du net . »

 

Ensuite, et plus consternant encore, c’est le fournisseur suisse d’e-mails cryptés ProtonMail (oui, celui que j’ai récemment recommandé à notre communauté) qui a fermé le compte du Daily Stormer. Voici comment Lee Rogers, membre du Daily Stormer, a décrit ce qui s’est passé :

 

Je viens d’être viré de ProtonMail
Lee Rogers
Daily Stormer
August 23, 2017

 

3. DisabledAccount.jpg

 

ProtonMail vient de m’interdire l’accès à son service e-mail en m’accusant de fraude et de pratiques abusives.

Effacez ProtonMail de la liste des sociétés avec lesquelles faire des affaires.

J’ai signé avec eux pour un service d’e-mails quand l’ostracisme a commencé. J’avais besoin d’un mécanisme pour que les gens puissent me contacter. Quelques personnes ont suggéré ProtonMail, donc j’ai décidé de tenter le coup.

« Avance rapide » : quelques jours plus tard, je me suis retrouvé verrouillé hors du compte, au prétexte qu’il y avait eu pratiques abusives ou fraude. Comment peut-on établir une chose pareille au bout de si peu de jours ? Il est évident qu’ils m’ont jeté parce qu’une bande de gens haineux sont allés se plaindre chez eux.

Comme beaucoup de gens le savent déjà, j’aime bien poster des photos de chatons et des blagues marrantes sur Internet. En même temps, je trouve grand plaisir à apporter mon soutien financier aux enfants juifs d’Israël qui meurent de faim. C’est quelque chose qui me passionne. Maintenant qu’ils m’ont viré de leur service mail, j’aurai beaucoup plus de mal à aider ces pauvres enfants juifs. J’en suis très contrarié, parce que je ne pourrai plus envoyer d’e-mails à tous les chrétiens charitables susceptibles d’apporter leur soutien à cette cause méritoire dont j’avais dressé la liste.

En m’interdisant leur service e-mails, les gens de ProtonMail ont prouvé que leurs cœurs sont pleins de haine envers les enfants juifs. À eux de s’en expliquer ! Qu’est-ce que je vais dire, moi, à ces pauvres petits enfants juifs qui vont aller se coucher tous les jours l’estomac vide ?

Curieusement, ils ont posté ce tweet au moment où mon compte était interdit. J’ignore si ça signifie quelque chose, mais je n’ai jamais appelé à la violence contre personne. Je suis tout à fait opposé à ce genre de choses.

Mis à part Andrew Anglin, je crois avoir été interdit par plus de services Internet que n’importe qui dans l’Histoire. La seule chose que ces sociétés technologiques ne m’ont pas encore faite est de refuser de me servir sur mes noms de domaine enregistrés. Mais je suis sûr que c’est le stade suivant.

 

Avant de continuer, débarrassons-nous tout de suite de quelque chose : je n’ai rien à faire des nazis (ni d’aucune autre espèce de racistes ou de racialistes) et je ne m’intéresse absolument pas à ce que le Daily Stormer peut bien publier ou pas. À vrai dire, jusqu’à tout récemment, je n’avais jamais entendu parler de ces gens ni de leur site web.

 

Trois questions qui doivent être posées sur les nazis

Cela étant, il y a de très bonnes raisons d’être horrifié par ce qui est en train de se passer :

Premièrement, pourquoi le Daily Stormer a-t-il été sélectionné entre tous pour faire l’objet de ces persécutions démentes ? Okay-okay, ils sont racistes et nazis. Bon. Et alors ? Cela fait-il d’eux des gens à ce point pires que les autres ? La dernière fois que j’ai vérifié, aucune des personnes impliquées ou travaillant pour le Daily Stormer n’avait commis le moindre délit personnel. D’ailleurs, s’ils avaient commis de tels crimes, pourquoi ne pas les poursuivre personnellement au lieu de s’en prendre à leur site web ? Pourquoi les « loyales corporations » essaient-elles de faire interdire la libre expression de certains individus ? Parce qu’ils « incitent » à la violence ? Quelle foutaise. Le corps tout entier de l’idéologie marxiste est une interminable incitation à la violence (révolutionnaire). Et personne n’a jamais essayé de fermer tous les sites marxistes ! Mince ! L’hymne national français est une incitation à la violence. Depuis quand la liberté d’expression exclut-elle l’incitation à la violence ? Tous les présidents US ont fait d’innombrables appels à la violence (Trump tout récemment encore contre la RPDC), pourtant, personne ne les censure ! Se pourrait-il que la seule raison pour laquelle le Daily Stormer ait été choisi à cet effet soit sa relative faiblesse (et sa relative incapacité à se défendre) ?

Bon. Maintenant, voyons la notion idiote selon laquelle les nazis allemands auraient été « l’horreur des horreurs », quelque phénomène superlativement mauvais dans l’Histoire humaine et que, pour cette raison, ils méritent une forme unique et spéciale de persécution politique. Ici aussi, permettez-moi tout de suite de me débarrasser de quelque chose : je considère que les nazis ont été une affreuse bande de racistes arrogants, génocidaires et maniaques. Oui, je trouve vraiment. Je n’ai « rien » de bon à dire à leur propos. Mais ce que je rejette catégoriquement, c’est la notion qu’ils aient été en quelque manière pires que tous les autres participants à la IIe guerre mondiale. Pensez-y. Les Soviétiques ? Pllîîîze ! Lisez Terrorisme et communisme de Trotsky ou Les enseignements de l’insurrection de Moscou, de Lénine, s’il vous reste des doutes sur le fait que les bolcheviques étaient des maniaques génocidaires. Les Anglais ? Dois-je rappeler à tout le monde que les Anglais ont commis une boucherie unique dans l’Histoire du monde : l’extermination génocidaire des groupes ethniques d’un continent entier (j’appelle ça un « pan-génocide ») ? Et Hiroshima, Nagasaki ou les bombardements génocidaires des civils allemands ? Ouais, je sais, le génocide allemand n’a pas seulement un nom spécial – l’Holocauste – en l’occurrence un terme impropre, mais leur génocide est le seul qui se soit vu attacher un chiffre de morts obligatoire : 6 millions (connaissez-vous UN SEUL autre génocide qui soit toujours mentionné avec un nombre des morts obligatoire ? que dire de tous les autres génocides – n’importe lesquels – dont le nombre de victimes ne puisse être légalement discuté ?). Depuis sept décennies désormais (moins, en fait, mais n’importe) on nous répète ce mantra « Holocauste 6 millions. Holocauste 6 millions. Holocauste 6 millions ». Pourquoi ? Se pourrait-il que le vrai crime des nazis n’ait pas été d’être de vrais maniaques génocidaires mais d’avoir perdu la IIe guerre mondiale ? Et que ce soient leurs (non moins génocidaires) ennemis qui aient écrit l’histoire de cette guerre ?

Alors, c’est vrai qu’aujourd’hui tout le monde hait les nazis. Certains pour les bonnes raisons (ce furent de malfaisants maniaques génocidaires), d’autres pour les mauvaises (parce qu’ils avalent la propagande anti-nazie des Ziomédias). Mais que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons, maintenant, tout le monde hait les nazis. Et pas seulement ça, mais la simple utilisation du mot « nazi » ou « Hitler » suffit à déconnecter la déjà très pauvre capacité d’analyse de la vaste majorité des gens, et elle fait des nazis le « traître de mélodrame » idéal. Se pourrait-il que les nazis aient été choisis entre tous pour exercer sa répression, par l’empire anglo-sioniste, parce qu’ils sont le scélérat idéal, le « scélérat consensuel » si vous préférez ?

Je tiens à ajouter ici que, même si nous concluons que le Daily Stormer a été choisi parce qu’il était faible et incapable de se défendre, et si nous concluons de même que le crime principal des nazis est d’avoir perdu la IIe guerre mondiale, et même si nous concluons que les nazis représentent le parfait « scélérat consensuel », cela ne veut en aucun cas dire que les nazis n’ont pas été tout ce que la propagande impériale leur reproche d’avoir été. Si je dis qu’un assassin n’est pas un violeur, je ne veux pas dire que cet assassin est un brave citoyen, puisque c’est quand même un assassin. Dans le cas des nazis, cet exemple est parfaitement d’application. Par exemple, même si les nazis n’ont pas tué 6 millions de juifs dans des chambres à gaz, il est établi au-delà de tout doute raisonnable, et pas seulement par les propagandistes, que les Einzatsguppen nazis ont assassiné un nombre considérable de civils. En fait, Raul Hillberg, qui est probablement le principal expert sur les atrocités nazies, estime que ces unités ont tué plus de 2 millions de gens. Si bien que, même si quelqu’un pouvait prouver que les chambres à gaz et les fours crématoires n’ont jamais servi à tuer personne, cela ne blanchirait pas les nazis de leurs atrocités..

 

[Parenthèse : il y a ici un paradoxe. Les propagandistes juifs ont très inconsidérément utilisé le chiffre de 6 millions et les chambres à gaz et les fours crématoires pour montrer que les nazis étaient des monstres. Maintenant, les propagandistes nazis retournent l’argument et disent que, puisqu’il y a des preuves sérieuses que 6 millions de personnes ne sont pas mortes et que les chambres à gaz et les fours crématoires n’ont jamais été utilisés pour tuer les gens en masse, les nazis étaient de blanches colombes qui n’ont jamais commis d’atrocités d’aucune sorte. Les uns et les autres mentent, naturellement. Il n’y a en réalité pas besoin de s’accrocher obstinément à la fable des 6 millions, des chambres à gaz et des fours crématoires, qui est une histoire très douteuse, pour établir que les nazis ont été des monstres génocidaires. Après tout, même si les nazis n’ont tué « que » 2 à 3 millions de civils, par balles, maladies, famine et tortures, cela les placerait encore au même rang que Pol Pot. Mais c’est quelque chose que ni les juifs ni les nazis ne veulent même envisager, et ils se cramponnent à leurs mythes en dépit de toutes les preuves matérielles.]

 

Je voudrais noter qu’il y a un autre « scélérat consensuel » que l’empire adore sélectionner pour provoquer la peur et la haine : les pédophiles. Okay. Avant que quelqu’un ne pète une artère coronaire, je m’empresse de dire tout de suite que je n’éprouve que du dégoût pour la pédophilie. La question n’est pas là.

La question, c’est que l’empire anglo-sioniste désigne, à l’exécration de tous, des « scélérats consensuels », pour pouvoir développer les instruments d’une répression judiciaire, technologique, politique et sociale, qui puissent être utilisés contre tout le monde et n’importe qui.

 

Création de « scélérats consensuels »

Regardez le petit collage que j’ai fait pour représenter un « pédophile nazi ».

 

4. Nazi-Pedophiles-768x310.jpg

Le nazi pédophile, « scélérat consensuel » idéal.

 

Ce que j’essaie de montrer avec cette image, c’est la puissance des réactions émotionnelles chez chacun de nous, devant une image qui combine un enfant en détresse et des svastikas nazies. Ce que fait cette image, c’est créer un tsunami émotionnel qui n’a aucun mal à démolir toute barrière critique rationnelle, sceptique ou analytique, dans le cerveau de la personne qui y est exposée. Quoi qu’une image soit probablement plus forte, les mots « nazis » et « pédophiles » ont souvent le même effet : nous faire arrêter de penser et accepter n’importe quoi qui soit susceptible d’arrêter les supposés nazis et/ou pédophiles. Tout ce qu’il reste à faire, c’est donner à la chose un nom comme « Loi protégeant nos enfants des nazis et des pédophiles », et vous pouvez ainsi faire passer n’importe quoi, même des lois justifiant la torture, les arrestations arbitraires ou des fouilles quotidiennes au corps et à l’intérieur du corps pour la population tout entière.

Vous doutez toujours ? Okay.

Posez-vous alors les questions suivantes : comment se fait-il que, dans une société saturée de pornographie et dans laquelle l’homosexualité est tranquillement en train de s’acquérir ce qui ne peut être appelé qu’un statut héroïque, comment il se fait que tout le monde soit SI préoccupé par la pornographie enfantine ? Sérieusement, croyez-vous « réellement » que quelqu’un, dans nos élites, se préoccupe des enfants ? Si oui, j’ai une collection de ponts à vous vendre à des prix imbattables !

C’est évident que nos dirigeants se fichent éperdument de nos gosses : la seule utilisation qu’ils envisagent pour nos gosses, c’est de les faire entrer dans leurs réseaux sexuels pédophiles (oh oui, alors que la pédophilie est un crime pour le citoyen lambda, c’est un symbole universel de statut social pour nos maîtres et seigneurs ; quelqu’un reveut du Pizzagate ?). Idem pour la pornographie (l’industrie du porno US est bien plus importante que Hollywood) ou la morale (nous vivons dans une société post-chrétienne du « Dieu est mort » n’est-ce pas ?).

Non, le pédophile a été sélectionné pour les mêmes raisons que le nazi : pas parce qu’ils sont malfaisants (ce qu’ils sont, évidemment !) mais parce qu’ils sont des cibles faciles, presque sans défense, des « scélérats consensuels » parfaits. Laissez-moi répéter ceci : pour les anglo-sionistes, la fonction des pédophiles et des nazis est de fournir un scélérat idéal sans défense et leur utilité est qu’ils permettent de créer les outils qui doivent servir à nous opprimer tous.

 

[Parenthèse : Pour comprendre à quel point les nazis ont été démonisés, jetez juste un coup d’œil à cette liste Wikipedia d’organisations qui font du lobbying pour la pédophilie (cette fois, j’ai laissé les notes de bas de page, pour que vous puissiez vérifier les sources).

 

International

  • Ipce (ex-International Pedophile and Child Emancipation, qui a changé son nom en 1998 pour se dissocier de l’appellation entière). Fondée au début des années 1990; en 2005, elle avait 79 membres dans 20 pays. [1][2][3] L’organisation a des sites web en anglais [4] français [5] allemand [6] et espagnol[7] .

 

Australie

  • Australian Man/Boy Love Association (AMBLA).[8]
  • Australian Paedophile Support Group (APSG). Fondée en 1980 ou 1983 suivant d’autres sources. Lui ont succédé les Boy Lovers and Zucchini Eaters (BLAZE), un autre groupe démantelé par la police.[9]

 

Belgique

  • Dokumentatiedienst Pedofilie.[10]
  • Centre de recherche et d’information sur l’enfance et la sexualité (fr), 1982–1986. Fondée par Philippe Charpentier. Ce groupe publie le magazine L’Espoir.[11]
  • Fach Und Selbsthilfegruppe Paedophilie. Fondée au début des années 1970..[10]
  • Stiekum.[10]
  • Studiegroep Pedofilie.[10] Défunte.

 

Canada

  • Coalition Pédophile Québécoise.[8]
  • Fondation Nouvelle. Defunte.[1]

 

Danemark

 

France

  • Groupe de Recherche pour une Enfance Différente (GRED), 1979–1987. Ce groupe publiait le bulletin Le Petit Gredin.[10]

 

Allemagne

Voir aussi : 1970s and 1980s pedophilia debate (in German)

  • AG-Pädo. Fondée en 1991 par l’association Arbeitsgruppe des Bundesverbandes Homosexualität.[8][13]
  • Aktion Freis Leben (AFL).[8]
  • Arbeitskreis Päderastie-Pädophilie (APF). Active au début des années 1980s.[10]
  • Arbeitsgemeinschaft Humane Sexualität (de) (AHS).
  • Arbeitsgemeinschaft “Schwule, Päderasten und Transsexuelle” (“groupe de travail ‘gays, péderastes et transsexuels’”). Faction du German Green Party (Parti des Verts) impliqué dans l’activisme pro-pédophile.[14][15][16][17] Voir de:Pädophilie-Debatte (Bündnis 90/Die Grünen) (“Débat pédophilie - Alliance ’90/Les Verts”)
  • Deutsche Studien- und Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (DSAP). 1979–1983.[8]
  • Fach und Selbsthilfegruppe Paedophilie.[8]
  • Indianerkommune. Active des années 1970 jusque dans la moitié des année 1980.[10] Autodéfinie “commune de libération des enfants”, s’identifiant fortement comme pédophile, active de la fin des années 1970 à la fin des années 1980; selon les mêmes auteurs, il y a plusieurs groupes locaux indépendants actifs en Allemagne aujourd’hui.[18]
  • Kanalratten. Rejeton de l’Indianerkommune mais pour les pédophiles femelles.[19]
  • Kinderfrühling.[20]
  • Krumme 13 (K13), 1993– aktuell bis heute und im Internet präsent.[21][22]
  • Pädoguppe, Rat und Tat-Zentrum.[8]
  • Pädophile Selbsthilfe- und Emanzipationsgruppe München (SHG).[23] Fondée en 1979.[24] A partir de 2003, la police a commencé à faire des descentes chez ses membres, qui se sont soldées par la saisie de plus d’un demi million de pièces de pornographie enfantine et de multiples arrestations.[25]
  • Verein für sexuelle Gleichberechtigung. Fondée à Munich. 1973–1988[26]
  • Werkgruppe Pedophilie.[27]

 

Italie

  • Gruppo P. Foundé en 1989 par Francesco Vallini.[28] Malgré son statut légal, Vallini a passé trois ans en prison pour association criminelle. En dépit de quoi le magazine bien connu Babilonia continue d’employer Vallini et de soutenir ses idées, même si le groupe P en tant que tel n’existe plus. Le groupe publiait le bulletin Corriere dei pedofili.[29]

 

Hollande

  • Enclave Kring. Fondée dans les années 1950s par le psychologue Frits Bernard.[30]
  • Jon. Fondée en 1979 par la Dutch Society for Sexual Reform.[8]
  • Party for Neighbourly Love, Freedom, and Diversity, 2006–2008. Parti politique néerlandais qui milite pour l’abaissement de l’âge légal du “consentement” à 12 ans et pour la légalisation de la pornographie infantile.[31]
  • Vereniging Martijn. Fondée en 1982. L’association pédophile la plus importante en Europe. Le 27 juin 2012, une cour néerlandaise a déclaré le groupe illégal et ordonné sa dissolution immédiate.[32] Cependant, cette décision a été annulée par une cour d’appel en avril 2013, le ou la juge ayant motivé sa décision en disant que le groupe ne commettait pas de crimes et devait bénéficier du droit d’association.[33]. Cette décision fut elle-même annulée par la Cour Suprême de Hollande le 18 Avril 2014, qui interdit définitivement l’association. L’association a fait appel de cette sentence auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, mais son appel a été rejeté. Le groupe publiait le bulletin OK Magazine.[34]

 

Norvège

  • Norwegian Pedophile Group.[27]
  • Amnesty for Child Sexuality.[27]

 

Suisse

  • Schweizerische Arbeitsgemeinschaft Pädophile.[10]

 

Royaume-Uni

 

USA

  • Childhood Sensuality Circle (CSC). Fondée en 1971 à San Diego (Californie) par un étudiant de Wilhelm Reich.[10]
  • North American Man/Boy Love Association (NAMBLA). Active de 1978 à aujourd’hui. Considérée comme largement éteinte.[37][38]
  • Pedophile Information Society.[39]
  • Project Truth. Une des organisations expulsées de l’ILGA in 1994 comme organisation pédophile.[3]; éteinte.
  • René Guyon Society. Peut-être fictive. Son slogan était “sexe avant 8 ans; après c’est trop tard”.[27]

     

    Vous avez remarqué quelque chose d’intéressant ? Toutes ces organisations pédophiles, TOUTES, ont leur site web. Et pourtant, personne, dans la communauté des archibienpensants n’a même essayé de les faire fermer, moins encore de les persécuter systématiquement comme le Daily Stormer. Et pourquoi ça ? Est-ce que les nazis sont pires que même les pédophiles ?]

 

Il y a aussi un autre effet secondaire particulièrement toxique généré par cette création de « scélérats consensuels » : il permet aux scélérats non-consensuels de se dissimuler très facilement. Prenons un exemple très simple. Le soi-disant «Holocauste». On entend souvent dire qu’il est absolument nécessaire qu’il y ait (je ne vous mens pas) une «éducation à l’Holocauste», pour bien s’assurer «qu’une telle abomination ne puisse plus se produire». Plus se produire ? Mais ça n’a jamais arrêté ! La décolonisation de l’Afrique a été un bain de sang. Les guerres US en Corée et au Vietnam ont tué des millions de gens, tout comme la guerre civile patronnée par les USA en Indonésie. Le génocide cambodgien, la guerre d’indépendance du Bangladesh, la guerre civile du Mozambique – toutes ont vu des millions de personnes assassinées. Plus récemment, l’invasion soviétique en Afghanistan, le génocide au Rwanda, l’occupation US de l’Irak, la deuxième guerre du Congo, toutes ont tué plusieurs millions de personnes. Il est obscène, grotesque et scandaleux de dire «plus jamais ça», alors qu’en réalité, ça n’a jamais arrêté. Ou prenons l’exemple de la pédophilie. Je suis absolument convaincu que l’empire ne persécute publiquement les pédophiles que parce qu’il refuse de voir les horreurs que génère l’industrie de la pornographie, pas seulement parmi ceux qui y tiennent un rôle actif mais chez les millions d’individus et de familles qu’elle affecte (et si vous pensez que ce ne sont là que les divagations paranoïaques d’un chrétien fondamentaliste bégueule, lisez donc cet article et réveillez-vous au monde réel qui vous entoure ! Je recommande aussi très fortement la lecture du 2e chapitre de  « L’illusion de l’amour », dans le merveilleux livre de Chris Hedges Empire de l’illusion : La mort de la culture et le triomphe du spectacle que je considère comme incontournable si on veut comprendre la société des États-Unis).

L’horrible vérité est que ni les nazis ni les pédophiles ne sont en aucune manière exceptionnels. Ils ne sont que le produit-type d’un monde devenu fou d’arrogance, de haine et de perversité maniaque. On ne se débarrasse pas ainsi de toutes les formes de spiritualité, non plus que de tout sens du sacré et de l’absolu, sans payer les conséquences de cette sorte de folie. La condamnation des nazis et des pédophiles n’est qu’une forme particulièrement hypocrite d’affectation ostentatoire de vertu par des forces et des individus qui ne sont en rien moins pervers et malfaisants que les nazis et les pédophiles qu’ils dénoncent et condamnent avec tant de véhémence. Nous ne devons pas laisser l’arbre nous cacher la forêt et ne devrions pas non plus permettre à un seul fils de pute de nous cacher une multitude d’autres fils de putes.

 

Comment on sous-traite la répression de la liberté de s’exprimer à des entreprises privées.

Ce qui est en train de se passer sous nos yeux, c’est que les néocons ont trouvé un truc très malin pour contourner les garanties assurées aux citoyens par la Constitution (dans son 1er Amendement par exemple) en privatisant la répression de la liberté de s’exprimer. Ceci n’est en réalité pas nouveau : le Pentagone livre des guerres illégales en se servant d’« entrepreneurs privés » tout comme les agences à « 3 lettres » nous espionnent en se servant elles aussi de sociétés privées spécialisées dans l’espionnage.. Maintenant, les néocons se servent du secteur privé pour réprimer nos libertés : c’est pas merveilleux le capitalisme ?!

Reprenons l’exemple du Daily Stormer : si le gouvernement US avait interdit au Daily Stormer d’avoir un site web à lui ou d’échanger des e-mails, l’ACLU [American Civil Liberties Union = Union Américaine pour les Libertés Civiles »] se serait levée en armes. Mais, puisque c’est fait par le secteur privé et non par le gouvernement, l’ACLU n’y trouve absolument rien à redire. Pourquoi ? Parce que les « conditions d’utilisation » en petits caractères que personne ne lit jamais, donnent aux sociétés d’IT [identité informatique, ndt] le pouvoir pratiquement illimité de faire ce qu’elles veulent de vos données et le pouvoir de vous refuser n’importe lequel de leurs services. Utiliser les services de Google (ou de n’importe quelle autre société de services) n’est pas un droit. C’est aussi simple que ça.

Le problème-clé, ici, c’est que, pour prendre une fois encore l’exemple du Daily Stormer, GoDaddy + Google + Youtube + Facebook, C’EST pratiquement tout l’Internet. Oh, oui, bon, en ce moment, le Daily Stormer se cache dans le « dark web » (à l’adresse http://dstormer6em3i4km.onion/ ) et n’est accessible qu’en passant par un routeur Tor, où il n’est pas indexé par des moteurs de recherche (au moment où j’écris, il est aussi localisé ici : https://dailystormer.al/ mais Dieu seul sait pour combien de temps). Mais tout cela n’a rien à voir. L’empire se fout impérialement de ce qui se passe dans quelques recoins d’Internet, tout ce qu’il veut, c’est être en mesure de contrôler tout ce qui se passe sur les 90% de l’Internet, et que ces 90% soient contrôlés par une liste relativement courte de sociétés loyales, qui soient susceptibles de faire ce que veut l’empire sans avoir à s’embarrasser de mandats de justice.

Il apparaît aussi à présent que, si l’on en croit l’article Wikipedia ci-dessus, Anonymous est partant pour servir d’exécuteur à l’empire. Bien entendu, ce pourrait juste être la NSA se faisant passer pour Anonymous. Nous ne le saurons jamais.

Puis-je ajouter que ceci était inévitable ? Les Pères Fondateurs ont fabriqué la Constitution US (et d’autres instruments juridiques) pour protéger le peuple des abus du gouvernement. Ils ne pouvaient imaginer que les classes dirigeantes démantèleraient autant que possible du gouvernement (surtout ses parties les plus utiles) et les remplaceraient par des sociétés privées. Les leaders des mouvements des droits civiques étaient si obsédés par l’Oncle Sam qu’ils n’ont même jamais remarqué comment le monde des « corporates » les a tranquillement et légalement réduits en esclavage pour le plus grand bénéfice du « Deep State », essentiellement composé aujourd’hui de néocons.

Que pouvons-nous y faire ?

 

Libérer nos esprits et nous affranchir des technologies que nous utilisons.

Je pense que nous devons accepter le défi conceptuel des néocons : ils nous mettent littéralement au défi de nous opposer à la persécution des nazis et des pédophiles. Nous, par conséquent, devons faire exactement ça : tout ce que nous pouvons pour qu’il soit impossible aux néocons de persécuter les nazis et les pédophiles. Pas pour leurs beaux yeux, pour les nôtres. Parce que si on laisse l’empire faire ça aux nazis, il pourra le faire ensuite à n’importe qui. En vérité « D’abord ils sont venus pour les nazis et les pédophiles ».

 

[Parenthèse : Soixante-douze ans après la fin de la IIe guerre mondiale, la situation a été complètement retournée et, aujourd’hui, les vers célèbres du pasteur Niemöller devraient commencer par « D’abord, ils sont venus pour les nazis et les pédophiles ». Je peux imaginer à quel point le pasteur Niemöller serait consterné de voir que ses fameux vers anti-nazis sont aujourd’hui utilisés pour défendre la liberté des nazis et des pédophiles. Il serait consterné, oui, et affreusement triste, mais je suis sûr qu’il comprendrait et qu’il serait d’accord.]

 

Je soumets qu’il est grand temps pour nous tous de refuser d’être traités comme des rats de laboratoire, conditionnés à vénérer X (Barack Obama) et à vomir Y (les nazis). Les nazis et les pédophiles méritent amplement notre dégoût et notre rejet, non pas parce que nous avons été dressés à les haïr, et non parce qu’ils représentent un « super mal », mais tout simplement parce qu’ils sont odieux. Ceux qui veulent nous laver le cerveau pour nous les faire haïr ne nous font pas confiance pour arriver à cette conclusion sans leur aide manipulatrice, et c’est cela, selon moi, qui est particulièrement offensant et dégradant à notre égard. Nous devons dire à ceux qui nous voudraient incurablement subjugués que nous sommes capables de tirer nos propres conclusions, merci bien, et qu’ils peuvent se garder leurs endoctrinements.

Outre la nécessité de nous débarrasser du joug idéologique de la machine de propagande impériale, il est également nécessaire que nous nous intéressions d’un peu près à certaines questions technologiques, comme, par exemple, avoir un site web et pouvoir utiliser des e-mails cryptés. C’est quelque chose dont nous avons tous besoin, non ? Sauf qu’aujourd’hui, c’est devenu quelque chose de très difficile à trouver. Imaginons une société qui déclarerait ouvertement que ses services ne peuvent en aucun cas être refusés à quiconque pour quelque raison que ce soit… Si une telle société déclarait par exemple que les comptes des nazis, des pédophiles et des terroristes ne seront jamais fermés ou lésés d’aucune façon… Ne serait-ce pas là le genre de société où vous aimeriez ouvrir un compte ?

Pour commencer, soyons réalistes et ne demandons pas à un fournisseur de services d’ignorer un mandat judiciaire. Dans l’abstrait, ce pourrait être très noble, mais pas très réaliste. Toutefois, notre première condition pourrait être que le fournisseur de services s’engagerait à ne fermer notre compte ou à le limiter que pour obéir à un mandat judiciaire. Des conditions contractuelles de services qui incluraient cette disposition feraient, en théorie, des États-Unis, une juridiction raisonnablement sûre. La Suisse ou l’Islande seraient encore mieux.

Je ne sais pas si ceci est techniquement faisable, mais ce serait encore mieux si le fournisseur de services rendait techniquement impossible pour lui-même de fermer ses comptes. Des mesures ont été prises dans ce sens. Par exemple, ProtonMail crypte la boîte entrante de ses utilisateurs de façon telle que, même si un tribunal suisse ordonnait à ProtonMail de lui livrer le contenu de la boîte entrante d’un de ses utilisateurs, ProtonMail ne serait capable de lui livrer que des fichiers hautement cryptés, mais pas le texte en clair. Du coup, je me demande s’il serait possible qu’il y ait une autorité (le fournisseur de services) capable de créer un compte, mais que ce compte, une fois créé, soit techniquement impossible à fermer par le dit fournisseur de services. Si ce compte, par exemple, était hébergé sur un réseau P2P [Peer to Peer] ou si les références nécessaires pour créer ce compte étaient insuffisantes pour pouvoir le fermer ? Je ne sais pas, je suis juste en train de réfléchir à haute voix. Quelqu’un a une opinion ?

Deuxièmement, le siège social de la société, ses avoirs financiers et ses serveurs devraient être localisés dans une juridiction raisonnablement sûre. ProtonMail a son siège social et ses comptes bancaires en Suisse (ses serveurs sont répartis un peu partout, certains sont même en Israël, soupir…). Peut-être vaudrait-il mieux les répartir dans plusieurs juridictions ? Des juridictions éparpillées peut-être ?

 

[Parenthèse : Ici, je dois admettre à mon grand regret et à ma grande honte que la Russie de Poutine ne vaut pas mieux que les USA et, franchement, que la Russie est même pire à certains points de vue. La triste réalité est que le gouvernement russe, sous le pieux prétexte d’anti-terrorisme, a passé pas mal de lois terribles contre la liberté et la vie privée, et que les garanties légales de liberté d’expression en Russie avoisinent le zéro. Ouais ! Pour l’instant, il y a un brave gars au pouvoir, mais si, demain, à Dieu ne plaise, une espèce d’« Eltsinoïde » y arrive, au pouvoir, il n’y a rien qui pourra empêcher le gouvernement russe d’interdire totalement le cryptage, de fermer les sites « politiquement incorrects », etc. Incidemment, c’est la même chose en Iran et en Chine. J’ai personnellement la chance que mon blog ne soit pas interdit en Iran – oui, je l’ai fait vérifier – mais beaucoup d’autres le sont. La Chine pourrait bien être le pire des contrevenants : on y a maintenant rendu obligatoire l’introduction des données de leur passeport aux utilisateurs de médias sociaux ! C’est paradoxal, mais les pays qui sont en première ligne de la résistance à l’empire anglo-sioniste ont encore moins de culture de la liberté – du moins sur Internet – que les USA ou la plupart des pays de l’Union Européenne. Très mauvaise nouvelle pour nous, parce que nous avons probablement plus de chance de trouver une solution à nos problèmes en Occident que dans des pays comme la Russie, l’Iran ou la Chine. C’est tout à fait révélateur (voir plus haut) que Roskomnadzor, au lieu d’offrir un havre en Russie au Daily Stormer, ait effectivement demandé (et obtenu) que son domaine russe soit fermé. Honte à la Russie ! C’est tout ce que je peux dire.]

 

Un tel fournisseur de services sera-t-il jamais créé ? Je veux espérer que oui. J’ai été formidablement encouragé par la réaction de l’Electronic Frontier Foundation (EFF = Fondation pour la Frontière Électronique, voir le texte complet ici), qui a fortement condamné les actions des « loyales corporations » et qui a dit clairement que :

 

« Protéger la liberté d’expression n’est pas quelque chose que nous faisons parce que nous sommes d’accord avec l’expression que nous protégeons. Nous le faisons parce que nous croyons que personne – ni les gouvernements ni les entreprises privées – ne doit décider de qui a le droit de parler et de qui ne l’a pas. »

.

Que Dieu les bénisse ! Je suis fier d’être membre de l’EFF.

La Free Software Foundation (FSF = Fondation pour le Logiciel Libre), dont je suis membre aussi, pourrait avoir à se creuser les méninges pour trouver la technologie qui garantirait que personne, y compris les « scélérats consensuels » ne puisse être dépouillé de son droit à exposer des idées ou à communiquer en toute sécurité.

J’entends d’ici l’objection : « et les terroristes, alors ? ». À ceci, je répondrais deux choses :

 

1°) Pour autant que je sache, tous les terroristes sont patronnés par des états.

2°) Les terroristes peuvent très facilement esquiver toute forme de contrôle étatique (principalement en ne révélant pas de quel compte mail ils se servent).

 

Ainsi ce « nous allons donner aux terroristes les moyens de communiquer » est un canard de la plus belle eau.

Comme outil de liberté, l’Internet a été véritablement fantastique. Mais il nous faut aussi reconnaître qu’il a ses points faibles, qui sont surtout ses « points d’accès » (les Network Access Points ou NAPs) et son mécanisme d’enregistrement des noms de domaines (via ICANN). Les gouvernements ne peuvent pas fermer l’Internet. Mais les gouvernements et le secteur privé, ensemble, le peuvent probablement.

Et enfin, il y a le problème des moteurs de recherche. À l’heure qu’il est, Google règne sans partage, l’autre finaliste (Yandex) se focalise surtout sur l’Internet russe. Il y a beaucoup d’autres moteurs de recherche, mais aucun d’entre eux n’offre des garanties quant à son a-politisme. Encore une fois, ceci est un défi à relever par la communauté du logiciel libre, qui devra s’amener avec une solution, mais ça prendra du temps.

 

En prévision de quelques accusations inévitables

Avez-vous remarqué combien de fois, au cours de cet article, j’ai dû sortir de mon chemin pour prévenir l’accusation de sympathie envers les nazis ? Je suis bien sûr que l’une ou l’autre andouille va essayer de poster un commentaire [voir les commentaires à l’article d’origine, ndt] qui m’accusera d’en être un moi-même. Quand ça se produira, je vous prie de considérer que c’est un exemple de la facilité avec laquelle le mot « nazisme » transforme certains cerveaux en bouillie. D’autres m’accuseront certainement d’être un cryptonazi (ou quelque chose du même genre), non parce qu’ils le croiront réellement mais parce qu’ils n’auront pas un seul argument logique basé sur des faits à m’opposer. Ils espèreront que l’étiquette « nazi » suffira à empêcher mes arguments d’atteindre les lecteurs « bien conditionnés ». Enfin, ne manqueront pas non plus les inévitables « nazis offensés », qui seront absolument scandalisés qu’un type qui ose remettre en question les 6 millions + les chambres à gaz + les fours crématoires traite AUSSI les nazis de racistes malfaisants et de génocidaires maniaques (ils ne détestent pas moins entendre parler d’Ukronazis – car, apparemment, le fait qu’il y ait de tas de juifs dans la direction ukrainienne est pour eux la preuve que les ukronazis ne sont pas des nazis). Je me demande si ces zigotos réalisent à quel point les nazis et les sionistes sont pareils, ou s’ils ne comprennent pas que le gouvernement israélien n’est autre, idéologiquement parlant, qu’une version juive des idées national-socialistes. Ce genre d’interventions commence généralement par « on dirait que… » ou « en d’autres termes… » ou « donc, ce que vous êtes en train de dire… », etc. Ma réponse est simple : j’ai écrit ce que j’ai écrit. Si j’avais voulu écrire autre chose, je l’aurais fait. Par conséquent, soyez gentils de m’épargner les « paraphrases créatives » de ce que j’ai vraiment voulu dire.

 

Conclusion : les derniers groupes de résistance

L’hystérie actuelle autour de l’Alt Right, du Daily Stormer ou de Trump «candidat du KKK» ne résulte pas seulement du fait que les medias de masses sont contrôlés par des crétins sensationnalistes. Ceci est une campagne de psy-op [= guerre psychologique] stratégique délibérée dont le but est de renverser Trump et de réprimer brutalement les aspirations légitimes de millions d’Américains qui veulent seulement récupérer leur pays. Tout a commencé par une révolution colorée contre Trump, suivie d’un coup d’État réussi, et maintenant, c’est sur nous que se porte l’attention des néocons. Dans leurs esprits malades, si nous ne sommes pas des Clintonbots [marionnettes robotisées des Clintons] au cerveau lavé, nous sommes tous des variétés de néo-nazis. Pour eux, le Daily Stormer ou l’Alt Right sont juste la preuve et le prétexte dont ils ont besoin pour pouvoir abattre leur brutale répression sur nos libertés civiles et nos droits humains. Pour rendre les choses pires encore, la soi-disant gauche (je dis « soi-disant » parce que permettez-moi de vous le dire, il n’y a pas de gauche réelle aux USA, seuls des crétins de naissance prétendraient qu’Obama est socialiste) a été totalement incapable de comprendre que « D’abord, ils sont venus pour l’Alt Right ». Mieux même : elle a participé à la campagne « Trump est raciste ». Franchement, je trouve les libéraux US au-delà de toute forme d'espoir, encéphalogramme incurablement plat, et politiquement, ce ne sont que des idiots au service des néo-cons. Nous savons tous où les néocons se placent. Cela nous laisse avec seulement deux groupes encore capables de penser : les paléoconservateurs et les libertariens. Ils ne sont pas vraiment ma tasse de thé avec leurs idées économiques et leurs mythes, mais c’est réellement sans importance à ce stade. Ce qui compte, c’est qu’ils sont les seuls à défendre les principes de base suivants :

 

1°) Soutien aux libertés et aux droits civiques constitutionnels

2°) Opposition à l’empire et aux guerres étrangères.

3°) Résistance au programme social et politique de la « coalition des minorités ».

 

Je pense qu’au point où nous en sommes, la plupart des paléoconservateurs et des libertariens ont compris que « la présidence Trump a vécu », comme l’a dit Bannon. Trump est un nain intellectuel complètement neutralisé. Mais ce que Trump a défendu pendant sa campagne électorale mérite toujours qu’on se batte pour l’obtenir. Oubliez l’homme, mais rappelez-vous les valeurs, les idées, les principes qui l’ont fait élire. Ces valeurs sont tout ce qui reste debout entre nous et une vie entière de servitude sous les néo-cons et leur empire anglo-sioniste. C’est aussi tout ce qui reste entre l’humanité et une guerre planétaire.

 

[Parenthèse : à mes amis (vraiment) de gauche : non, je ne suis pas en train d’adopter les idées politiques des paléoconservateurs et des libertariens. Mais je dis que dans le contexte US, ce sont les deux seules forces politiques qui soient encore mentalement capables de résistance. Comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas de gauche réellement organisée au nord du Rio Grande, désolé. Et avant que vous posiez la question, les Antifas ne sont rien d’autre qu’un outil imbécile entre les mains des néocons. Oui, il reste quelques individus réellement de gauche aux USA, et même, ô surprise, il en reste pas mal, mais rien d’organisé, pas de mouvement. C’est un désastre et une tragédie, mais c’est la triste réalité.]

 

Ce que la machine à propagande des néocons essaie de faire, c’est ranger les paléoconservateurs et les libertariens soit dans la catégorie « agents de Poutine » (Ron Paul) soit dans « nazis » (Pat Buchanan). S’ils y arrivent, alors ce sera vraiment la fin, bonnes gens. Mais ils n’y réussiront probablement pas parce que, en réponse dialectique au défi des néocons, les paléocons et les libertariens sont en train de se transformer lentement en une espèce de mouvement (par opposition à « parti ») dont les vues sont partagées par la plupart de ceux qui avaient nourri l’espoir que Trump allait « assécher le marais ». Ce n’est pas là le but des néocons ni de la minuscule minorité des néonazis US ou des pédophiles fondamentalement sans pertinence. Une fois que leurs capacités juridiques, techniques et organisationnelles auront été développées au maximum, les néocons « viendront pour les patriotes US » parce que ce sera la dernière chose qui se dressera entre eux et leur contrôle total des États-Unis.

Source : http://thesaker.is/first-they-came-for-the-nazis-and-pedo...

Via : http://www.unz.com/tsaker/first-they-came-for-the-nazis-a...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Mis en ligne le 5 octobre 2017.

 

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20:21 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

D'ABORD ILS SONT VENUS POUR LES NAZIS ET LES PEDOPHILES - ADDENDA

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« D’abord, ils sont venus pour les nazis et les pédophiles »

 

ADDENDA

 

Autre exemple de censure exercée par le secteur privé : Philip Giraldi, licencié en un quart d’heure sur simple coup de fil suite à un article mettant en cause Israël dans les guerres américaines, principalement au Moyen Orient. Ce n’est pas le premier. On se souvient de Stephen Walt, doyen de Harvard, licencié dans les mêmes conditions en 2006 lors de la parution de Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [éd. traduite : La découverte (2007)].

Israël Shamir analyse ici la solution préconisée par Giraldi : interdire l’accès à la politique étrangère US aux juifs américains. Bien entendu, les juifs américains ont tous au moins deux nationalités, et ceux qui pèsent sur la politique US sont tous des néoconservateurs.

Du temps que l’Europe était constituée d’états souverains, quiconque était binational était tenu d’opter pour l’une de ses deux patries au moment de faire son service militaire. C’était logique : imaginez un binational franco-allemand en 1940… Mais beaucoup d’Israéliens son bi-tri ou quadrinationaux. Le problème est peut-être d’abord là. Et aussi dans le fait qu’ils prétendent en outre parler pour « tous les juifs » quels et où qu’ils soient.

Nous avons laissé les articles de Giraldi (ci-dessous) en anglais, par manque de temps et d’effectifs. Shamir, dans le sien (merci Maria Poumier), remet quelques pendules à l’heure. Sinon, où nos jeunes générations apprendraient-elles qui furent Ethel et Julius Rosenberg ? À l’école ?

Ajoutons que Shamir développe ici une idée bien intéressante, sans se douter sans doute qu’il l’emprunte à Robespierre : celle de la limitation des fortunes. Jeremy Corbyn songerait paraît-il à limiter… les salaires. C’est toujours ça. Et bien anglais.

 

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Les juifs et la guerre

Israël Adam Shamir 27 septembre 2017

Entre la plume et l’enclume

 

De temps à autre, on a un observateur qui remarque une action juive concertée, et qui en fait part pro bono publico. Soit c’est le fait que les Juifs soutiennent l’immigration du Tiers monde, soit que les Juifs combattent les monuments mémoriels, ou encore, plus récemment, que les Juifs font la promotion de la guerre contre l’Iran. Aussitôt ceux-ci ripostent avec une contre-attaque massive et véhémente, et rendent la vie très difficile à l’observateur trop bavard. Puis le sujet passe à un second plan, parce que chacun est échaudé, ou ne sait pas comment faire avancer le débat, mais le problème reste entier.

Voici un exemple récent de cette séquence, un article de Philip Giraldi paru sur Unz.com qui fait encore des vagues sur le web. Il a déroulé une liste de Juifs qui soutenaient l’invasion de l’Irak, et qui poussent maintenant les US à attaquer l’Iran :

« David Frum, Max Boot, Bill Kristol et Bret Stephens, Mark Dubowitz, Michael Ledeen… eh bien, euh, ils sont tous juifs, et la plupart d’entre eux se qualifieraient de néo-conservateurs. » [Le 21 septembre, Giraldi a été congédié par un simple coup de fil du American Conservative, organe où il écrivait depuis 14 ans, ndt].

Giraldi a proposé de tenir les Juifs hors des positions d’influence en matière de politique étrangère, de façon à préserver les US des guerres dont ils n’ont aucun besoin. Giraldi écrivait :

« Nous n’avons pas besoin d’une guerre avec l’Iran simplement parce que c’est Israël qui en veut une, et que quelques riches et puissant juifs américains sont heureux de nous la fournir clés en mains ».

De fait, le journal Ha aretz avait publié à l’époque, en avril 2003 :

« La guerre en Irak a été conçue par 23 intellectuels néo-conservateurs, la plupart juifs, qui poussent maintenant le président Bush à changer le cours de l’histoire. Deux d’entre eux, les journalistes William Kristol et Charles Krauthammer, disent que c’est possible. »

Moi aussi j’avais publié dans la même veine lors de l’invasion de l’Irak, et c’est une bonne chose de voir que cette thèse n’est pas morte mais ressurgit de temps à autre. On pourrait ajouter que ce sont les mêmes personnes qui poussent à un conflit avec la Russie, qui diabolisent Poutine et qui attaquent Trump, malgré le fait que notre bonhomme orange tente de combler leurs moindres désirs comme un vrai père Noël.

Tout à fait d’accord avec Giraldi sur la maladie, venons-en à la question du remède. Cela servirait-il à quelque chose de maintenir les Juifs à l’écart de la politique étrangère ? Les US avaient ils échappé aux guerres avant l’ascension des Juifs à la fin des années 1960 ? Avant cette époque-là, les Juifs n’étaient guère à des postes en vue, et n’étaient certainement pas sur-représentés dans l’establishment. Ethel et Julius Rosenberg, couple de juifs, avaient été grillés sur la chaise électrique en 1953, ce qui n’avait pas soulevé d’objections particulières. Mcarthy terrifiait les juifs. Le mot Holocauste n’était pas encore apparu, avant 1968. On tenait encore les juifs hors des clubs et des hautes strates de la politique. L’État d’Israël avait été menacé en 1956 par les US plutôt qu’assisté.

 

8. Rosenberg 4.jpg

Ethel et Julius Rosenberg, exécutés le 19 juin 1953 pour avoir prétendument livré à la Russie (déjà !) des secrets atomiques que l’espion Jonathan Pollard livra vraiment, plus tard, à Israël, et qui, lui, s’en tira, puisque, condamné à une peine d’emprisonnement à vie, il fut relâché le 20 novembre 2015.

 

Et pourtant, les US libres de Juifs avaient livré en Corée une terrible guerre de trois ans (1950-1953), au Viet-Nam (jusqu’en 1974), avaient envahi et provoqué le changement de régime au Guatemala et en Iran, avaient violemment interféré dans les élections en France et en Italie, et avaient livré la féroce Guerre froide contre l’URSS. Dans toutes ces campagnes, les juifs des US étaient dans le camp de la paix, et contre la guerre. Ils n’étaient nulle part au pouvoir lorsque les US avaient livré leurs guerres contre l’Espagne et le Mexique. Les US non juifs avaient organisé un coup d’État en Iran, et c’est le président Carter, ni juif ni pro-Israël, qui avait tenté d’envahir l’Iran. Les Juifs n’étaient pas impliqués dans la conquête de Panama, dans l’intervention au Nicaragua, dans l’opération sur l’île de la Grenade.

Peut-être parce que les juifs avaient quitté les théâtres de guerre d’Amérique latine pour le Moyen Orient. Une Amérique moins influencée par les juifs envahirait plutôt le Venezuela que l’Iran. Mais faut-il vraiment s’en réjouir ?

L’idée de corriger ou de canaliser une influence juive excessive est raisonnable, mais y parviendrait-on en maintenant Kristol et Krauthammer loin des médias (une excellente idée au demeurant) ?

La prééminence juive aux US est intrinsèque à la culture US et à ses traditions. C’est Karl Marx qui écrivait (dans La Question juive, en 1844) qu’en Amérique du Nord, « la domination pratique du judaïsme sur le monde chrétien s’est installée comme l’expression même de ce pays, son expression sans ambiguïté et normale. »

Il disait que tous les Yankees étaient des juifs, se conduisent comme des juifs, aspirent à être des juifs et se faisaient même circoncire comme les juifs. De sorte qu’il était naturel que les juifs pour de vrai réussissent mieux à se conduire en juifs que leurs voisins gentils. Werner Sombart ajoutait que les juifs étaient à la pointe de ce pays depuis le début de la conquête européenne, et qu’ils avaient créé le capitalisme de style américain avec la tournure qui leur convenait. Les juifs occupent les cimes en ce moment parce que l’Amérique est un produit construit et modelé pour les juifs, sur mesure, disait-il.

C’est cela qu’il faudrait corriger, et alors les scribes juifistes comme Krauthamers ne pourront plus s’en donner à cœur joie en nous précipitant dans les guerres. Cessez de souscrire au modèle de la réussite juive, et les juifs ne pourront plus peser sur le Sénat. Rendez chrétiens les US, selon l’enseignement du Christ, partagez le travail et la richesse, aspirez à servir Dieu et non Mammon, que les premiers soient les derniers et les derniers les premiers, aimez votre prochain et donc votre voisin : là le problème sera résolu.

Si c’est un commandement trop ambitieux, changeons de niveau. Chasser de leur piédestal les Ledeens et les Frum (et j’estime qu’ils méritent largement le goudron et les plumes) ne servira à rien tant que les juifs riches ne sont pas délestés de leur butin mal acquis. Sans la richesse juive excessive, il n’y aura plus d’incitation excessive des juifs à la guerre. Et dans la mesure où plus de la moitié de toute la richesse des US se trouve entre les mains de quelques juifs, libérer cette force aura un effet colossal pour améliorer l’existence de chaque Américain, et même de chaque personne sur terre.

Et pourquoi s’arrêter là ? Les super riches non juifs sont aussi juifs que n’importe quel juif. Ils partagent les mêmes aspirations. Arrachez-leur donc leurs avoirs. Qu’est-ce que ça peut nous faire, que Jeff Bezos soit juif par le sang ou par ses croyances, ou qu’il ne le soit pas ? Il se conduit comme un juif, et c’est suffisant. Etablissez un plafond pour la fortune, en contrepartie du salaire minimum. L’idée a fait son chemin : Jeremy Corbyn a déjà appelé à l’implantation du salaire maximum. Les impôts peuvent contribuer facilement en ce sens, dans la merveilleuse Suède des années 1950, la tranche d’impôt supérieure était taxée à 102%. On peut atteindre le même but d’une façon plus réjouissante en mettant « à poi » en place publique à Washington les hommes les plus riches pour le Mardi-Gras. Il ne faut pas que cela apparaisse comme une punition pour leurs excès de zèle, au contraire, c’est une assistance sur la voie de leur progrès spirituel. Trop de richesses emprisonnent l’esprit !

Ce serait excellent pour les juifs et pour tous ceux qui sont concernés par le problème : tant que la richesse juive moyenne aux US stagnait en dessous de la moyenne (c’est-à-dire aussi longtemps que les Juifs ont été moins riches que les Gentils), les juifs agissaient dans l’intérêt du peuple. Vers 1968-1970, ils ont commencé à devenir plus riches que tous les Américains, et voilà : ils ont cessé de se battre pour le bien commun.

Les juifs pourraient devenir une force positive à condition que leur tendance excessive à amasser des biens matériels soit verrouillée. C’est ce qui s'est passé en URSS : comme les juifs ne pouvaient pas faire d’argent, ils se sont mis à faire des sciences et ont travaillé au bien commun. Même les oligarques pourraient devenir de bons managers au lieu d’être un châtiment pesant sur la nuque de toute la société.

Ce n’est pas plus compliqué que de chasser Max Boot du business de l’écriture. Alors pourquoi se contenter d’un palliatif quand on peut viser la jugulaire ?

adam@israelshamir.net

Traduction: Maria POUMIER

Première publication : The Unz Review.

Source : http://plumenclume.org/blog/287-les-juifs-et-la-guerre

 

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America's Jews Are Driving America's Wars

Shouldn't they recuse themselves when dealing with the Middle East ?

Philip Giraldi – The Unz Review – September 19, 2017

 

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UPDATE : On the morning of September 21st Phil Giraldi was fired over the phone by The American Conservative, where he had been a regular contributor for fourteen years. He was told that “America’s Jews Are Driving America’s Wars” was unacceptable. The TAC management and board appear to have forgotten that the magazine was launched with an article by founder Pat Buchanan entitled “Whose War ?” which largely made the same claims that Giraldi made about the Jewish push for another war, in that case with Iraq. Buchanan was vilified and denounced as an anti-Semite by many of the same people who are now similarly attacking Giraldi.

I spoke recently at a conference on America’s war party where afterwards an elderly gentleman came up to me and asked, “Why doesn’t anyone ever speak honestly about the six-hundred-pound gorilla in the room? Nobody has mentioned Israel in this conference and we all know it’s American Jews with all their money and power who are supporting every war in the Middle East for Netanyahu? Shouldn’t we start calling them out and not letting them get away with it?”

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Source : http://www.unz.com/pgiraldi/americas-jews-are-driving-americas-wars/

 

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How I got fired

Exposing Jewish power in America has real consequences

Philip GiraldiThe Unz Review ­– October 3, 2017

 

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Two weeks ago, I wrote for Unz.com an article entitled “America’s Jews Are Driving America’s Wars.” It sought to make several points concerning the consequences of Jewish political power vis-à-vis some aspects of U.S. foreign policy. It noted that some individual American Jews and organizations with close ties to Israel, whom I named and identified, are greatly disproportionately represented in the government, media, foundations, think tanks and lobbying that is part and parcel of the deliberations that lead to formulation of U.S. foreign policy in the Middle East. Inevitably, those policies are skewed to represent Israeli interests and do serious damage to genuine American equities in the region. This tilt should not necessarily surprise anyone who has been paying attention and was noted by Norman Glazer, among others, as long ago as 1976.

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Source : http://www.unz.com/pgiraldi/how-i-got-fired/

 

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Pendant qu’on y est, pourquoi se priver ?

 

A Crash Course on the True Causes of “Anti-Semitism”

The SakerThe Unz ReviewSeptember 28, 2017

 

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This is a topic which has had so much written about it that you could fill an entire city library with books entirely dedicated to this topic. Marx took a shot at it. As did Sartre. There were, of course, also plenty of good books written on this topic, but rather than list them all, I want to suggest a few simple common sense points and then go to what I consider an authoritative explanation of this thing we call “antisemitism” and which, of course, has nothing to do with Semites.

So first, let’s dump this silly term and replace it by a simple and straightforward one : judeophobia. Just like any other phobia (say, for example, russophobia) the phobia of X is the 1) fear and/or hatred of X. Some people hate Jews, others fear them (think of the “fear of the Jews” in the Scripture), some do both. So judeophobia seems both logical and uncontroversial to me.

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Source : http://www.unz.com/tsaker/a-crash-course-on-the-true-causes-of-anti-semitism/

Vous devriez trouver cet article en français d’ici quelques jours sur le site du Saker Francophone.

 

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Mis en ligne le 5 octobre 2017

 

 

 

 

 

20:19 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/09/2017

LA BARBARIE COMMENCE SEULEMENT

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La barbarie commence seulement

 

C’est sous le titre La Barbarie commence seulement que j’ai publié en 1948 mon premier essai. J’avais vingt-six ans, mais la rédaction hâtive de cet ouvrage remontait à 1946. Qu’est-il arrivé soixante-dix ans plus tard de mon pessimisme juvénile ? Il est devenu évident, hélas, que, depuis les temps les plus reculés, c’est en caractères indélébiles que le sang grave au jour le jour le destin du monde.

 

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Mais l’image n’avait pas encore conquis l’ubiquité et l’instantanéité. Jamais on n’avait vu un Ministre des affaires étrangères et ancien Général brandir à la face du monde une fiole magique, dont le contenu était censé anéantir le globe terrestre. On n’avait pas encore vu un chef de la diplomatie de la plus puissante démocratie de la planète se féliciter de l’extermination, par une famine délibérément provoquée, d’un demi-million d’enfants irakiens. On n’avait pas encore vu un Premier ministre anglais, avocat de profession, entraîner sa patrie à se ruer sur l’Irak et sur la Libye, au nom des idéaux d’une démocratie universelle.

On n’avait pas encore vu le Président de l’État dominant, devenu un empire militaire, menacer officiellement un autre État – la Corée du Nord – d’une dévastation complète et de l’extermination de vingt-cinq millions d’habitants, prôner une guerre contre la Perse, instaurer une asphyxie totale du Venezuela et de Cuba, travailler tantôt secrètement, tantôt officiellement à un changement de régime en Syrie, en Russie et dans tous les États qui ne se soumettent pas à ses volontés et menacer de sanctions économiques la moitié de la planète.

Et maintenant, on s’étonne que la Corée du Nord, une vieille civilisation de plus de trois millénaires, constamment menacée par une démocratie de sauvages née il y a moins de trois siècles, redécouvre l’évidence que la bombe atomique permet à de petits États de tenir à distance des grandes puissances belliqueuses et jette à bas toute la mythologie classique de la dissuasion fondée sur « l’équilibre de la terreur » entre des Titans.

Qu’en est-il aujourd’hui d’une encre qui se révèle plus écarlate que jamais ? Le désarroi règne désormais parmi nos humanistes chevronnés, nos anthropologues patentés, notre classe dirigeante affolée. Comment persévérer à diriger un monde qui se révèle plus divisé que jamais entre les puissantes musculatures et les minuscules ossatures ? Comment retrouver l’humilité d’une raison qui va son chemin avec la rigueur du cogito cartésien et qui ferait à nouveau des audaces de la pensée logique le vrai maître de l’histoire et de la politique ?

M. Vladimir Poutine lui-même se voit contraint de feindre qu’il refuse fermement de jamais accorder le statut d’État nucléaire à la Corée du Nord, sinon il se verrait mis tacitement au ban du Comité des cinq membres du Conseil de sécurité de l’Onu, qui seuls disposent du droit de veto; mais dans le même temps, il se déclare persuadé que la Corée du Nord mangera de l’herbe plutôt que de se retrouver livrée aux exactions de la prétendue civilisation du Général Colin Powell, de Mme Madeleine Albright, de Tony Blair et des présidents Bush, Obama et Trump.

Déjà la France, la Russie et la Chine affichent leur accord sur ces fondements, déjà Emmanuel Macron s’est vu contraint d’accepter l’invitation de se rendre à Moscou à la barbe de Washington, déjà le courage solitaire de la pensée logique n’est autre que celui de la Corée du Nord, qui rappelle simplement de quel côté se trouve la barbarie moderne, celle des fétiches et des grigris de Washington. Le 20 septembre 2017, M. Macron n’a-t-il pas prononcé un discours énergique d’apparence et dans lequel il semblait dire crûment ses quatre vérités à l’empire américain. Mais pour l’instant aucun gouvernement français n’ose expliquer à la nation le sens et la portée des clauses du traité de Lisbonne. Un tel État échouera nécessairement à convaincre ses citoyens de la légitimité des États-Unis quand ils exigent de leurs vassaux une domestication perpétuelle.

C’est pourquoi vingt-quatre heures après son discours officiel à la tribune de l’ONU, le monde entier a vu le même Emmanuel Macron se pelotonner à nouveau piteusement au sein du troupeau des vassaux de l’empire et attaquer bille en tête les États que l’empire qualifie « d’ennemis de la démocratie« : la Corée du Nord, l’Iran, le Venezuela et la Syrie.

Remontons plus haut afin de mieux comprendre le véritable enjeu du conflit entre le vénal et le sacré. Pour cela, souvenons-nous du mythe du suaire de Turin que certains cardinaux eux-mêmes croyaient authentique. Et maintenant, imaginons qu’une Église romaine, forte d’une assurance de ce genre, déciderait de mettre cette relique aux enchères afin d’en retirer la somme la plus vertigineuse possible.

Un événement de même nature s’est produit avec le cambriolage de certains consulats et de propriétés diplomatiques de la Fédération de Russie aux États-Unis. Sous le couvert d’une opération politique, cette capitale des barbares de notre temps prétend maintenant réaliser une juteuse affaire immobilière: elle demande à la Russie de lui vendre à bas prix les biens sur lesquels elle a fait main basse. Le conflit entre le prétexte idéologique proclamé et la réalité vénale sous-jacente crève les yeux.

Une nation qui se veut au-dessus du droit international prétend aujourd’hui « sanctionner » tous les pays de la planète qui oseraient maintenir leurs liens commerciaux avec une Corée pestiférée, tout en se livrant au grotesque de demander aux deux principaux « sanctionnés » – la Chine et la Russie – de l’aider à affamer la nation rebelle. Sans parler des « sanctions » infligées au nom des « principes démocratiques » et qui se révèlent une forme maffieuse d’extorsion de fonds.

Telle est la fresque de l’histoire des sorciers et des sauvages qui s’étale aux yeux de Pyongyang. Quel panorama pour cette nation de voir se dérouler sous ses yeux le tapis rouge de la honte que devrait éprouver la civilisation occidentale dans laquelle Mme Madeleine Albright détient la palme d’or du cynisme et de la cruauté. Dans son essai intitulé Dieu, l’Amérique et le monde (2008) cette ancienne secrétaire d’État de l’empire américain avait obtenu de M. Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères de la France, une Introduction à la traduction française de cet essai monstrueux.

M. Védrine avait émis quelques réserves concernant la théologie globale des États-Unis, mais il s’était bien gardé d’évoquer, même en passant, le titanesque holocauste du demi-million d’enfants qui a fait définitivement de l’empire américain le Moloch de l’alliance de la barbarie avec la folie et de la stupidité avec la démence, comme le prouve la récente menace d’un Donald Trump déchaîné, d’exterminer vingt-cinq millions de Coréens, lors de son discours du 19 septembre 2017 à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU.

Voilà le spectacle de la simonie démocratique internationale que Pyongyang a sous les yeux et qu’il ne quitte pas un instant du regard. Lisons l’ouvrage de René Pommier intitulé Roland Barthes, grotesque de notre temps, grotesque de tous les temps (éd. Kimé 2017) qui vient de paraître. Il met en scène l’ouragan et le calme plat alternés de la raison qui rend existentiels les embarras de la raison en situation.

Nous sommes à un tournant crucial de la conscience d’elle-même d’une humanité appelée à devenir un peu plus pensante et qui, depuis vingt-cinq siècles, se pose la question: « Qui suis-je ? », tellement elle découvre que le sommet de la sagesse à conquérir serait une science de l’immensité de son ignorance d’elle-même. L’oracle de Delphes nous répète qu’il existe une différence immense entre la connaissance de notre ignorance à l’école tantôt de Socrate, tantôt de Descartes – car il n’est pas difficile de savoir si un arbre est planté à tel endroit ou non – mais c’est une tout autre affaire de savoir à partir de quel observatoire l’humanité parvient à se regarder elle-même de loin.

La Russie, la Chine et la France de demain conquerront-elles un regard de l’extérieur sur une espèce contrainte de se livrer à une mutation cérébrale inouïe – une mutation qui cherche désespérément son ancrage dans la postérité d’un oracle de Delphes prononcé il y a deux millénaires et demi ?

Source: http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/decodage/barbarie_commence_seulement.htm

 

5. François Demassieux.GIF

 

Le résultat des élections allemandes est un désastre pour le président français Macron. Voici pourquoi.

Il est maintenant certain que l’Allemagne rejettera son plan de réformes de l’Union Européenne

Alexander Mercouris – TheDuran 25 septembre 2017

 

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Les élections allemandes, dont Merkel vient de sortir mortellement blessée, ont fait voler en éclats le consensus du soutien inconditionnel à la politique étrangère atlantiste de l’Allemagne et, pour l’Union Européenne, c’est un tremblement de terre politique. Il y a quelqu’un qui est enseveli sous les décombres : le nouveau président français Emmanuel Macron.

Macron s’est battu pour l’élection à la présidence de la République à un moment de désillusion grandissant en France envers l’U.E. Il a néanmoins mené campagne et l’a emporté, sur une plateforme paradoxale : « davantage d’Europe ». C’était admettre que les institutions de l’U.E. sont dysfonctionnelles et que la zone euro travaille contre les intérêts économiques de la France. C’était prétendre, cependant, que la solution du problème ne réside pas dans un retrait de la France de la zone euro ou de l’U.E., mais dans une réforme des institutions de l’U.E. et de l’eurozone, pour qu’elles soient rééquilibrées dans le sens de l’intérêt national de la France

À cette fin, Macron, au cours de sa campagne, a proposé quelques changements très ambitieux à la manière dont l’UE et la zone euro sont dirigées, bien qu’il soit resté vague sur les détails. Voici comment Reuters les résume :

 

« Macron a dit qu’il ferait des propositions sur une dizaine de questions incluant le renforcement de l’union économique et monétaire, l’augmentation de la défense européenne, le raffermissement de la politique migratoire et l’intensification d’une convergence sociale et fiscale à l’intérieur du bloc. »

 

De tout ceci, le plus important est sans conteste « le renforcement de l’union économique et budgétaire », la supposition la plus largement répandue étant que ce vers  quoi tend Macron, c’est l’établissement d’un ministère des Finances et d’un département du Trésor européens destinés à compléter la Banque Centrale Européenne sur le front fiscal.

Ce n’est évidemment pas là une simple politique de « plus d’Europe ». C’est l’expression très nette d’une volonté d’intégration accrue à l’UE, pour en faire davantage encore un « super État ».

Macron a toujours compris que ce très ambitieux projet exigeait le soutien de l’Allemagne et, après son accession à la présidence, la politique qu’il a poursuivie en France a eu pour but de gagner ce soutien.  En particulier, il a cherché à impressionner les conservateurs fiscaux en agissant pour réduire drastiquement le déficit budgétaire, et il a essayé aussi d’établir des réformes sur le marché du travail en s’alignant sur l’Allemagne, dans l’intention de rendre la main d’œuvre française, à l’instar de la main d’œuvre allemande, plus flexible.

Cette politique s’est avérée d’un coût politique élevé en France, où la popularité de Macron a plongé à une plus grande vitesse que celle d’aucun président depuis la création de la Ve République.

Outre l’impopularité prévisible des réformes du marché du travail sur la main d’œuvre française, il y a aussi la critique des experts, selon laquelle l’accent mis par Macron sur la réduction du déficit budgétaire retarde les réformes essentielles en matière d’impôts, ce qui est de la plus grande importance pour l’économie française. De plus, certains de ces experts mettent en garde contre le fait que l’insistance de Macron sur les coupures budgétaires et la réforme du marché du travail aura pour résultat, au moins à court terme, de réduire le taux de croissance de l’économie et pourrait aggraver les effets d’une future récession, ce qui ferait aussitôt s’envoler un taux de chômage déjà très élevé.

Du point de vue de Macron, ces risques valent la peine d’être pris si, sur la base de ses réformes intérieures, il arrive à persuader les Allemands d’accepter les réformes des institutions européennes et de la zone euro qu’il souhaite. Comme l’a expliqué de façon lapidaire un article de Politico publié le 17 septembre 2017 (c’est-à-dire avant les élections en Allemagne) :

 

« […] La priorité de Macron, c’est d’aider Merkel à l’aider. Le président français sait que ses propositions d’augmenter l’intégration dans la zone euro ne peuvent progresser que si le public allemand est persuadé que Merkel traite avec un partenaire sérieux, capable de gérer son propre budget. »

 

Toute cette stratégie, cependant, reposait sur la supposition que Merkel n’allait pas manquer de gagner les élections de dimanche de manière convaincante.

C’était là, bien sûr, une supposition partagée dans beaucoup d’endroits. La croyance néolibérale quasi universelle en Europe et en Amérique du Nord, avant les élections, était que le succès économique de l’Allemagne et le poids de l’histoire allemande rendraient impossible à un parti comme l’AfD d’opérer des percées significatives, et que la seule question en suspens de ces élections allemandes était la taille de la majorité de Merkel.

La confiance de Macron en cette issue se voit bien à sa décision de dérouler ses propositions de réformes de l’U.E. et de l’eurozone dans un discours du 26 septembre 2017*, deux jours après ce qui serait – il n’en doutait pas – la triomphante réélection de Merkel. À l’évidence, il comptait sur une Merkel en pleine popularité renouvelée, pour pouvoir rapidement faire progresser avec elle après les élections les réformes des institutions de l’U.E. et de l’eurozone qu’il voulait.

Ceci a toujours été une mauvaise stratégie. Comme Tsipras en Grèce, Macron faisait à mon avis l’erreur de prendre le langage conciliant de Merkel sur ses idées pour une assurance qu’elle finirait par s’y rallier. Dans la réalité, Merkel s’est toujours arrangée pour bloquer tout changement aux institutions de l’eurozone ou de l’U.E. qui ne servirait pas les intérêts les plus étroits de l’Allemagne ou qui pourrait prêter à controverse de la part de l’électorat conservateur allemand qui votait pour elle.

La question fondamentale est celle des transferts budgétaires d’Allemagne vers les autres membres de la zone euro. L’opinion des conservateurs allemands y a toujours été fortement opposée et, par conséquent Merkel.

Dans la pratique, les transferts budgétaires de l’Allemagne vers les autres membres de la zone euro ont toujours eu lieu en secret, pendant un certain temps sous la forme de renflouements des membres les plus faibles (d’abord et avant tout la Grèce), d’achats d’obligations de la Banque Centrale Européenne et de programmes d’injections monétaires [quantitative easing programmes, ndt].

Ces transferts ont déjà été controversés en Allemagne (les renflouements de la Grèce ont eu pour conséquence directe la création de l’AfD), mais ils y ont toujours été à contrecoeur comme étant le prix à payer pour maintenir l’eurozone en état de marche et parce qu’ils ont toujours été effectués d’une manière informelle et non avouée. À l’opposé, les réformes proposées par Macron – impliquant la création d’un ministère des Finances et d’un département du Trésor européens – menacent de rendre les transferts non seulement formels mais institutionnels. Tels quels, il a toujours été certain à mon avis que l’opinion conservatrice allemande s’y opposerait, comme s’y serait opposée en dernier ressort Merkel elle-même.

Quoi qu’il en soit la question est à présent purement théorique, parce que dans l’état de sévère affaiblissement où elle se trouve à ola suite des élections, Merkel ne serait pas, le voulût-elle, en mesure d’adhérer à la sorte de réformes qu’appelle Macron. L’AfD, qui a été créé pour s’opposer  aux renflouements, s’y opposerait avec véhémence, comme le fait apparemment le partenaire de coalition le plus probable de Merkel, le FDP, dont le leader, Christian Lindner, a déjà couvert de sarcasmes les propositions de Macron et fait savoir clairement que les transferts budgétaires sont, pour son parti, une « ligne dans le sable ».

En plus et au-delà des objections de l’AfD et du FDP, il est impensable que de nombreux membres conservateurs du CDU et du CSU soient prêts à accepter une institutionnalisation des transferts budgétaires qui les exposerait à une compétition accrue de l’AfD. 

Bien que Macron se prépare sans aucun doute à avancer et à annoncer ses propositions demain, il n’y a désormais plus aucune possibilité qu’elles soient jamais mises en œuvre, du moins dans la forme qu’il souhaite.

Inutile de dire que cela remet en question toute la logique du programme des réformes de Macron sur le plan intérieur, et , en fait, sa victoire à l’élection présidentielle sur la promesse de « plus d’Europe ». Puisque cela ne va pas arriver, du moins dans la forme qu’il voulait, il est difficile, maintenant, de voir à quoi lui-même rime.

Le système français rend pratiquement impossible la destitution d’un président en cours de mandat et Macron restera certainement en place jusqu’à son terme, quoique privé de sens et de but.

Entretemps, il semble que la France soit appelée à vivre avec une présidence faillie de plus, après celles de Sarkozy et de Hollande, et à une autre période de dérive.

_____________ 

* Nous n’avons pas le texte de ce discours prononcé à la Sorbonne.

Source : http://theduran.com/german-election-disaster-frances-macr...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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« L’art de la guerre »

L’Otan rejette le désarmement nucléaire

Manlio DinucciRéseau Voltaire26 septembre 2017

Traduction Marie-Ange Patrizio

 

Aucune des puissances nucléaires n’a accepté de signer le nouveau Traité prohibant ce type d’armes. On peut évidemment comprendre l’inquiétude d’un désarmement unilatéral. Mais l’Otan, qui viole chaque jour le Traité précédent – celui sur la non-prolifération de ces armes – est allé beaucoup plus loin en affirmant que, sous sa responsabilité, les bombes atomiques sont un facteur de paix et qu’il n’est pas question qu’elle envisage de s’en priver.

 

6. L'OTAN rejette.jpg

 

Le lendemain du jour où le président Trump exposait aux Nations Unies un scénario de guerre nucléaire, menaçant de « détruire totalement la Corée du Nord », s’est ouverte aux Nations Unies, le 20 septembre, la signature du Traité sur la prohibition des armes nucléaires. Voté par une majorité de 122 États, il engage à ne pas produire ni posséder des armes nucléaires, à ne pas les utiliser ni menacer de les utiliser, à ne pas les transférer ni à les recevoir directement ou indirectement, avec l’objectif de leur totale élimination.

Lire la suite…

 

Source : http://www.voltairenet.org/article198085.htm

 

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Le « Kurdistan », dernière enceinte de protection pour l’impérialisme (les Peshmergas instrumentalisés)

Robert Bibeau – Les 7 du Québec 27 septembre 2017

 

7. Peshmergas-sinjar.jpg

 

La phase ascendante de l’impérialisme moderne.

Pendant la phase ascendante de l’impérialisme moderne (1776-1975), la plupart des luttes de « libération nationale » ont eu un caractère progressiste. Nous ne disons pas un caractère prolétarien révolutionnaire, mais bien un caractère « progressiste bourgeois », en ce sens que ces luttes d’émancipation des bourgeoisies nationales de leur tutelle politique colonialiste constituaient la plupart du temps des avancées pour ces bourgeoisies nationalistes qui, se « libérant » des reliquats des rapports de production féodaux en abolissant le servage paysan qui l’accompagne permettaient l’émergence du capitalisme commercial, parfois aussi la mécanisation de la production agricole et la prolétarisation des paysans, l’expansion urbaine, et l’industrialisation de l’exploitation des ressources naturelles au bénéfice du capital national et international dont ces bourgeoisies nationalistes ne cherchaient nullement à se libérer, même quand elles se prétendaient socialistes ou communistes.

Lire la suite…

Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-peshmergas-der...

 

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Mis en ligne le 28 septembre 2017.

 

 

 

 

 

20:48 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/09/2017

Moi pas vouloir « speaker » globish

1. Bottle women in a boat x.JPG

« Veuillez avoir l’obligeance de tirer sur la chaînette après usage » – «  Please flush ».

Avis bilingue dans les toilettes de Montreal

 

Moi pas vouloir « speaker » globish

Ingrid Riocreux –  Causeur 11 septembre 2017

 

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Jean-Paul Brighelli

 

Si l’on m’avait dit qu’un jour je rédigerais la recension d’un livre signé Brighelli, moi qui appartiens à la génération des « crétins »…

C’est le français qu’on assassine se lit avec plaisir : le souvenir de Du Bellay (Deffence et illustration de la langue françoyse, 1549) et de Rivarol (Discours sur l’universalité de la langue française, 1784) irrigue un texte qui allie le sérieux didactique de l’essai avec le mordant du pamphlet. Brighelli s’efface parfois pour donner à entendre ici un poème, là un extrait de roman ou une tirade, qu’il commente, qu’il dissèque, qu’il étudie avec autant de rigueur que d’humour, à vous donner le goût de la littérature. Son style est chatoyant et varié, ne répugnant pas à employer, où il s’impose, le subjonctif imparfait, ni le mot bas où il est sûr de faire effet, ni tel autre signe d’oralité bienvenu qui vient conférer au texte sa force expressive et confirme ce que l’on sent tellement : que l’auteur a mis tout son cœur dans cette défense du français qui est aussi (la casse du titre, intégralement en majuscules, autorise cette lecture), une défense du Français, le vrai, celui qui sait « affiner les mots comme on affine un fromage, et les offrir à déguster à ses amis ».

 

« Démissions scolaires »

C’est ma vie que raconte Brighelli quand il parle de ces « quelques millions d’enfants nés entre 1985 et 2017 », victimes de l’« effet Meirieu » et de l’idéologisation croissante de l’école. J’ai sans doute été plus épargnée que d’autres, parce que j’ai dû tomber sur quelques profs qui « continuaient à appliquer ce qu’ils savaient faire ».

Tout de même, j’ai subi un nombre considérable de « projets pédagogiques » débiles assortis de leurs heures perdues au CDI (perdues pour les apprentissages, pas pour les bons moments entre copines, cela va de soi). Le programme d’histoire-géo du CM2 qui allait « jusqu’à nos jours » s’est achevé pour moi avec Louis XIV, notre classe ayant été choisie pour participer au Parlement des Enfants (renseignez-vous sur cette ineptie chronophage), ce qui fut aussi l’occasion de mon premier passage à la radio et de ma première rencontre avec des journalistes. Je n’ai jamais entendu parler de Napoléon durant ma scolarité puisqu’il était au programme de quatrième et que je me trouvais dans cette classe en 1999, année de naissance de l’Euro. Toute l’année fut donc consacrée à des exposés, films, projets, rencontres, recherches au CDI, visites et interventions diverses en mode glorification enthousiaste, sur le thème de la monnaie unique. Napoléon était aussi au programme de seconde mais dans une perspective « problématisée et non narrative, reposant sur l’étude de documents », aussi n’en ai-je évidemment rien retenu. À un mois du bac de français, je confondais encore Voltaire et Verlaine, Malraux et Marot et n’avais, de manière générale, aucune notion d’histoire littéraire, les grands auteurs flottant en complet désordre dans un passé brumeux ; ce qui ne m’empêchait pas d’être abonnée aux félicitations du conseil de classe. « Ce n’est pas le niveau qui a baissé, ce sont les ambitions », dit fort bien Brighelli. Et cela oblige à des prouesses : l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle fut pour moi une divine surprise puisque l’arrêt momentané des cours, justifié par l’impératif de la lutte antifasciste, me permit de me plonger dans le Lagarde et Michard de mon père et d’ingurgiter en deux semaines ce que les enfants de son temps apprenaient en sept ans ! Ce Lagmich dont Brighelli dit qu’il lui paraissait naguère « franchement un peu limité » est, comme il le constate, devenu « un monument de résistance à la paupérisation culturelle ».

Mais j’ai eu une chance, énorme, outre celle d’avoir appris à lire dès la grande section de maternelle avec la plus pure méthode syllabique : c’est d’avoir des institutrices qui, sans échapper aux vogues et défauts de notre temps, étaient restées très attachées à l’enseignement de la langue, à l’ancienne. Je me souviens des exercices d’analyse (nature-genre-nombre-fonction, pour chaque mot d’une longue phrase) occupant des après-midis entiers ; j’aimais cela follement. Et les verbes à conjuguer à tous les temps de tous les modes, y compris le conditionnel passé deuxième forme. J’en redemandais. C’est de cela que sont privés les élèves d’aujourd’hui, et Brighelli donne à voir la triste condition de ces crétins fabriqués à la chaîne, et le sombre sort qui en découle pour notre pays et même, notre humanité.

C’est dramatique et grotesque à la fois : on rit en lisant les aberrations débitées par les IPR (inspecteurs pédagogiques régionaux) afin de convaincre les professeurs d’appliquer la réforme Belkacem. Et, malin, Brighelli signale qu’il peut « identifier nommément les auteurs de ces calembredaines ». Que quiconque mettrait en doute l’authenticité des citations se le tienne pour dit !

 

« Je plaide pour le français, mais je plaide aussi pour l’anglais »

Brighelli dénonce ce qu’il appelle la « trahison linguistique », qu’une citation de Valérie Pécresse, en épigraphe de chapitre donne à entendre sans ambiguïté : « oui, l’anglais nous a envahis, alors cessons de le considérer comme une langue étrangère ! » Mais, démontre Brighelli, ce n’est pas l’anglais qui nous a envahis, plutôt une espèce de sabir bâtard qui, combiné à la dégradation de l’orthographe et de la syntaxe, est en passe de faire ressembler notre langage à celui de Salvatore dans le Nom de la rose d’Umberto Eco !

Il fustige la tendance actuelle des distributeurs de films à ne plus traduire les titres, ou bien, ce qui est peut-être pire, à substituer au titre anglais original un titre en globish. Ainsi The Hangover devint-il Very Bad Trip et Wild Things, Sexcrimes. Il dénonce la réécriture simplifiée des romans d’Enyd Blyton, non seulement dans leur traduction française mais également dans leur version originale. Défense du français, le livre de Brighelli est aussi une déclaration d’amour à la langue de Shakespeare : dans ses pages, Corneille, Mallarmé et Flaubert côtoient James Joyce et Virginia Woolf.

 

Les patries en danger

Quelle agaçante schizophrénie que celle dont s’offusque Brighelli : l’hypocrisie de cette Europe obsédée par le retour à l’unité linguistique d’avant Babel, et qui prône dans le même temps le développement des langues régionales. Tout particularisme linguistique, des patois locaux au parler banlieue, devient ainsi digne d’être valorisé, pour peu qu’il ne soit pas national, pour peu, en réalité, que sa valorisation contribue à démembrer la nation. Diviser pour faire régner le globish. La tâche d’unification linguistique que s’était assignée la Révolution française est ainsi méthodiquement ruinée. J’ai récemment appris que j’avais quelques gènes en commun avec l’un des grammairiens qui ont collaboré à cette mission révolutionnaire. Je ne sais ce qui ferait le plus de peine à Etienne Molard, petit instituteur parti en croisade contre les régionalismes : découvrir que mon mari emploie « déprofiter », un « lyonnoissisme » par lui condamné dans son ouvrage de 1792, que mon père utilise « beurziller », un verbe qu’il n’aurait pas manqué de proscrire s’il eût été breton plutôt que lyonnais, ou bien s’apercevoir que tous les Français ont délaissé « stationnement » au profit de « parking », un mot qui n’est pas même anglais, rappelle Brighelli.

La langue de l’Europe, la langue de la paix, ce ne peut être le globish qui n’est la langue de personne. C’est la polyglossie (ou multilinguisme) qui suppose l’effort du mouvement vers l’autre.

 

L’humanité en péril

Rien n’est dispensable ni inutile dans le fonctionnement d’une langue, des combinaisons phoniques aux compositions syntaxiques en passant par son lexique. Elle a son génie propre : ce que la plupart des gens se contentent de dire sans trop y croire ni le comprendre, Brighelli le démontre, exemples à l’appui. Or, les programmes reposent sur l’idée que les enfants d’aujourd’hui sont nés plus stupides que ceux d’hier et ne seraient, par conséquent, plus en mesure d’apprendre ni de comprendre les subtilités de leur langue. Brighelli aurait pu dire un mot de la pénible atteinte à l’estime de soi qui en résulte : on vit mal quand on a l’impression d’avoir volé son bac et j’avoue éprouver des difficultés à donner du « cher collègue » à des professeurs qui disposaient sans doute, avant même de commencer à enseigner, d’une culture bien plus vaste que la mienne le sera jamais.

Parce que la langue articulée, conceptuelle et subtile est ce qui arrache l’homme à son animalité, négliger son enseignement est une catastrophe pour l’humanité. Brighelli prononce deux grands mots :

« Racisme ». « Pourquoi l’indigène n’aurait-il pas le droit d’apprend la langue qu’ont maîtrisée Senghor, Hampâté Bâ, Césaire ou Ben Jelloun, sinon parce qu’on le méprise foncièrement ? » Notre auteur va plus loin et accuse les pédagos de complicité objective dans la résurgence du djihad

« On comprend mieux, écrit-il, comment l’islam rigoriste, qui exige de connaître l’arabe classique, a développé ses arguments. Face à une langue française en lambeaux, l’islam wahhabite impose une langue rigoriste, donnée de surcroît comme divine », quand la nôtre est réduite à des « compétences langagières qui appartiennent davantage au verbiage incontrôlé qu’au bon usage ».

Et ce professeur de s’offusquer que l’on valorise la propension des élèves à « s’exprimer », fût-ce par le bavardage (un IPR fait l’éloge du « papotis » !), alors qu’il faudrait « se taire pour apprendre ».

« Fascisme ». Brighelli exhume la réforme de l’éducation accomplie par Mussolini en 1923, dont les principes rappellent furieusement ceux qui ont dicté nos récentes réformes :

« en finir avec l’austérité des enseignements traditionnels, expurger l’école de ses éléments dogmatiques et livresques, valoriser les activités récréatives pour laisser s’épanouir l’expression spontanée de chacun, privilégier l’enseignement fonctionnel destiné à faciliter l’insertion professionnelle ».

Déjà, « la haine de l’intelligence ». Et ce fut le philosophe communiste Gramsci qui protesta du caractère libérateur de l’école « désintéressée » et exigeante qui seule rend l’enfant capable d’apprendre à réfléchir afin de diriger sa vie de manière responsable et autonome.

 

« L’UMP condamne cet acte de barbarisme sans nom »

Cette phrase, placée en tête d’un chapitre, a été prononcée par Jean-François Copé après un attentat suicide en Afghanistan, qui a fait quatre morts et cinq blessés parmi les soldats français. Il faut croire que cet acte n’avait pas de nom, en effet, puisqu’on le réduit à une faute de langue. Mais la confusion lexicale de Jean-François Copé est intéressante car, de fait, l’appauvrissement du lexique, l’assèchement de la syntaxe, l’accumulation des barbarismes, des impropriétés et des trahisons linguistiques sont bien les signes d’un glissement vers la barbarie. Mais la nôtre. Et l’on pense au mot de Sternberger à propos des nazis : « Leur langue est leur barbarie et leur barbarie est leur barbarisme, car parler et penser ne font qu’un ». Tant il est vrai que la dégradation de la langue constitue un coup porté à la civilisation.

Qui osera dire que Brighelli exagère ? Conséquence directe de l’incapacité à mener le combat par les mots, la violence gangrène notre société. L’illettrisme galopant engendre des comportements agressifs. La loi du plus fort reprend ses droits. L’illettrisme n’est pas l’analphabétisme : est illettrée une personne qui, bien qu’ayant été scolarisée, demeure incapable de lire et d’écrire avec aisance. Obtiennent donc leur bac aujourd’hui, et parfois même avec mention, des gens qui sont, à proprement parler, des illettrés. L’illettrisme est une frustration. L’école qui le produit trahit sa mission, son engagement, la confiance des parents, la soif d’apprendre des petits. Elle engendre de la bestialité et, loin de permettre la fermeture des prisons comme le voulait Hugo, cette école causera bien des guerres. Freud disait que la civilisation avait commencé le jour où l’on avait substitué l’insulte à la pierre. Brighelli propose bien quelques solutions et semble fonder quelques espoirs dans la nomination de Jean-Michel Blanquer. N’étaient ces lueurs dans la nuit, son livre apparaîtrait fort comme la chronique d’un retour à l’âge de pierre.

Publié sur La voix de nos maîtres, sous le titre « Je voglio nicht speaker globish »

Source : http://blog.causeur.fr/lavoixdenosmaitres/je-voglio-nicht...

Via : https://www.causeur.fr/francais-assassine-jean-paul-brigh...

 

Les très nombreux commentaires suscités par cet article – et la question qu’il traite – non seulement méritent d’être lus mais de susciter un débat aussi vaste et approfondi que possible. C’est une question de survie.

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Pendant qu’on y était, on a lu aussi, à propos du livre de l’auteur La langue des médias qu’on avait raté quand il est sorti :

Un décryptage acerbe de la presse et de son langage

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http ://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2...

 

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M. Brighelli, également cinéphile, vient d’aggraver son cas avec ceci, qui ne traite qu’en apparence d’un autre sujet :

 

Sofia Coppola is a fraud

Jean-Paul Brighelli – « Bonnet d’âne » 9 septembre 2017

 

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Disons-le tout net pour commencer — et en finir : les Proies, le film de Sofia Coppola, est d’une nullité absolue. Pas un navet (ça peut être drôle, un navet, il y en a même pour lesquels on a une sorte de tendresse), mais un film de degré zéro, à partir duquel nous étalonnerons désormais le cinéma contemporain. Un zéro qui malheureusement multiplie parce que le réalisateur est une femme : c’est devenu un gage de qualité pour certains médias abonnés au politiquement correct — d’autant que pour se dédouaner devant de grotesques accusations de racisme, elle a déclaré avoir voulu faire un film sur les « genres ». Un zéro multiplicateur parce qu’elle est la fille d’un homme de génie, auquel je ne reprocherai pas d’avoir contribué à la naissance d’une buse : on n’est jamais trop responsable de ses enfants, et la mode actuelle consistant à promouvoir les « fils et filles de » n’est qu’une perversion typique de ces temps de crise où l’état-civil sert de passeport bien davantage que le talent. Curieux, quand on y pense, que tous ces progressistes qui exaltent la fille de son père croient au fond à une fatalité génétique à l’ancienne.

Alors, nul ?

Nul.

Savez-vous ce qu’est un chromo ? C’est une reproduction lithographique d’un paysage de carte postale. Le genre dont Flaubert se moque quand, se mettant dans le regard post-coïtal d’Emma, il écrit : « Les ombres du soir descendaient ; le soleil horizontal, passant entre les branches, lui éblouissait les yeux. Çà et là, tout autour d’elle, dans les feuilles ou par terre, des taches lumineuses tremblaient, comme si des colibris, en volant, eussent éparpillé leurs plumes. Le silence était partout ; quelque chose de doux semblait sortir des arbres ». Vous voyez le genre — mauvais genre. Pour y arriver, on est allé chercher un directeur photo français, Philippe Le Sourd — le même qui a filmé Gordes et Cucuron comme une collection de chromos dans l’un des plus mauvais films de Ridley Scott, Une grande année. Pour bobos du Luberon only.

Eh bien, le film de Sofia C*** (on est bien obligé de lui donner un prénom, puisque Coppola tout court, c’est son génie de père) est bourré de ces cartes postales à épingler sur le buffet de votre arrière-grand-mère. La réalisatrice s’est dit que son film se passant pendant la guerre de Sécession, elle devait copier les tableaux de Corot de cette période, style Mortefontaine, jeunes filles et bouquets d’arbres traversés de lumière.

Lire la suite…

Source : http://blog.causeur.fr/bonnetdane/sofia-coppola-is-a-frau...

 

N.B. On le savait depuis Marie-Antoinette.

 

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Et la guerre de l’art, on la livre quand ?

 

Est-il nécessaire de dire que les différents fléaux que déplore M. Brighelli font partie d’un tout ? Que l’anéantissement – je parle ici pour la France et la Belgique mais pas que – de toute forme d’éducation, que le meurtre de notre langue et notre gavage à coups de sucreries hollywoodiennes au cyanure ne sont que les diverses formes de ce que l’on nous a fait, que nous nous sommes laissé faire.

Sans remonter au déluge ni se prendre pompeusement au sérieux, on peut dire que la guerre froide, la vraie, a été bien plus une guerre à la sensibilité et à l’intelligence qu’à n’importe quoi d’autre, bombe atomique incluse. Que le but était de faire de tout un continent un animal docile, sans volonté, ni réactions, ni pulsions.

Si on veut introduire une chronologie, on peut dire que « Kennedy-Berlin-1963 » a été le pivotement vers l’irrémédiable, la pente savonneuse au bas de laquelle nous sommes, en même temps qu’un péan de victoire de nos vainqueurs des deux côtés de l'Atlantique. Mais la défaite avait commencé bien avant.

Votre servante n’a vu que deux films pendant la guerre (la IIe mondiale). Le premier était Les aventures du baron de Munchausen, merveilleux film de propagande nazie à la gloire de von Braun. L’autre s’appelait Petite princesse. Starring : Shirley Temple. À la gloire d’un héros du Transvaal je crois. Britannique. En Belgique occupée et en provenance directe de Hollywood. Dont trois grands vaincus allaient bientôt débarquer : Von Stroheim, Chaplin, Welles.

 

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Mais suis-je la seule à me souvenir aussi douloureusement de l’extraordinaire floraison du cinéma italien de l’immédiat après-guerre ? Et du français d’ailleurs ? Pendant dix ans, on a cru que cela allait durer toujours… Peu se souviennent encore de Nikolaï Tcherkassov en visite au TNP et du discours qu’il y fit en russe d’une des plus belles voix du monde*, Gérard Philippe alors au sommet de sa jeune gloire traduisant au fur et à mesure chacune des phrases du député de la Baltique. Et de Chaplin reçu à l’Opéra et au Théâtre-Français avec plus de faste que la reine d’Angleterre. Où est-il le temps où, entre deux cuites avec Dash Hammett, Lilian Hellman mettait Candide en opéra ? Nous n’avons pas, alors, manqué de nous indigner comme il se devait des méfaits du MacCarthysme, tout en absorbant avec délices ses bourdes sur la nullité de l’art soviétique, le ridicule du réalisme socialiste, le Bolchoi resté ringardement XIXe et la supériorité si évidente – si, si – du non figuratif, des Pollock, Warhol et consorts, sans parler de la musique « pop », « rock » and so on – Ah,Woodstock !... Ah, Wight !... L’avons-nous avalée avec assez d’enthousiasme la potion empoisonnée… Et l’ombre s’est étendue sur l’Europe. Voulue. Planifiée. Inexorable. Grâce à nous.

Dans les commentaires suscités par l’article d’Ingrid Riocreux ci-dessus, une internaute  écrit notamment :

 

«  Moi qui ai enseigné longtemps et vu beaucoup de réformes, je peux vous assurer qu’il a toujours été possible, quelle que fût « la réforme » en cours, d’enseigner la nature des mots et des propositions ainsi que leur fonction… ainsi que les grands classiques et qu’aucun inspecteur ne vous aurait sanctionné. C’étaient les professeurs les premiers à s’engouffrer dans des « réformes » ineptes. L’absence de bon sens et de culture fut toujours, dans l’E.N, la chose du monde la mieux partagée. (…) »

 

C’est maintenant que ceux qui dérangent se font arracher des rangs, comme nous avons pu le voir il y a peu avec l’affaire Salah Lamrani. Et pas même par le Pouvoir, qui n’a aucun besoin d’y mettre les mains, mais par des sous-fifres, soucieux de leur propre confort comme toujours. Reconnaissons-le : quand les « maths modernes » et le « français rénové » ont entamé leur progression de métastases, ils l’ont fait avec l’adhésion enthousiaste de ceux qui auraient dû savoir mieux et jouer les anticorps au risque de leur vie.

La vérité n’est pas toujours gaie à considérer. Tout de même, elle vaut mieux que n’importe quoi d’autre.

C’est alors qu’on a vu, au théâtre surtout mais aussi dans les films et dans la littérature, surgir la bien-pensance du politiquement correct. On a vu Théophile de Viau mis plus bas que terre par des « critiques » qui ne voulaient entendre parler que du Vietnam, partout et à toutes les sauces. Le propre des malfaisants est de savoir se servir des sentiments les plus sincères de leurs proies contre elles-mêmes. Se branler sur les souffrances des autres est alors devenu, et pour longtemps, le sport européen n°1. Même à l’Opéra ! Ça tombe bien. C’est là que je voulais en venir.

Sans autre raison qu’une Xième crise d’urticaire à la vue d’une vidéo de 2012 – ben, oui – celle de Jules César en Égypte, version Festival de Salzbourg, qui m’a rappelé une crise de foie de 2005 causée par David McVicar à Glyndebourne. Minces prétextes que des états d’âme personnels, mais c’est comme ça. L’actualité nous sortant par les trous de nez et par les oreilles, pourquoi pas ?

_______________  

* Les autres étant selon moi celle du polonais Mieczyslaw Voit et de Richard Burton dans ses bons jours.

 

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Haendel chez les freaks

ou

qui nous délivrera des metteurs en scène à ch… qui se prennent pour des innovateurs audacieux ?

Théroigne

 

Giulio Cesare in Egitto

Version Antonini – Festival de Salzbourg  2012

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On entend une symphonie. Le Parnasse s’ouvre et l’on voit la Vertu, sur son trône, entourée des neuf muses. – César : « Que vois-je ? Quand donc les dieux, dans un torrent de lumière, sont-ils descendus sur terre ? »

 

 

Tu l’as vu, mon gros symbole phallique ? Mieux vaut écouter sans regarder, mais si vous voulez regarder, c’est là :

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https://www.youtube.com/watch?v=Nu9i5ExXazE

 

Quelques réactions d’internautes :

~ « Los regisseurs están arruinando lo más sagrado del drama musical ! »

~ « Registi imbelli e narcisi ....studiatevi il Torelli i Galli Bibbiena e lo Juvarra .... avete rotto con queste egocentriche regie del CAZZO !!!! » 

~ « La musique est superbe et les chanteurs si talentueux malgré une mise en scène à la con. Ecouter sans regarder est l'idéal. »

~ « Absolutely awful sets, an insult to Handel's music. Singing and orchestra good. »

~ « Beautiful music,beautiful singing, ugly dreadful production. I don't like to see opera taken out of context. »

~ « Jaroussky is dreadful in this. »

[Il n’est pas dreadful, il est victime de ses metteurs en scène. Imaginez un beau grand jeune homme, plutôt baraqué, d’une tête plus grand que sa mère (qui n’est pas petite) déguisé en écolier des années 20 : culottes courtes, chaussettes aux genoux et sandales à pattes. Histoire de l’achever, on lui fait jouer son Sesto craintif et velléitaire…]

 

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Sesto-Jaroussky jouant à se faire peur avec un serpent

 

C’est cette version qui m’a fait piquer une crise d’urticaire et de ras-le-bol à la fois. Celle où on voit Cécilia Bartoli s’élever dans les airs à cheval sur une fusée à la Tintin, pendant que le maître du monde lui tourne le dos mais la voit quand même grâce à des lunettes en 3 D.

Imaginez-vous Scholl, un peu ridicule mais touchant en soldat d’opérette chez les Danois ci-dessous, ici en costume trois-pièces bleu Union Européenne, avec, dans le fond, promis au dépeçage, un mannequin le représentant plus grand que nature, vêtu pareil, avec une chaîne d’huissier à étoiles autour du cou.

Mme Bartoli est petite et fut peut-être mince un jour. On l’a donc sanglée dans du cuir, assez pour la faire précéder d’un demi mètre par une poitrine en obusiers et suivre d’un autre demi-mètre par une croupe à l’avenant, qui s’agite beaucoup car on la fait se tortiller au petit bonheur la chance sur des cuissardes à talons aiguilles. Mais, dans sa première scène de séduction (où elle est censée s’être déguisée en Vertu entourée des Neuf Muses), elle est en balayeuse de rues du Caire, enfin, d’Alexandrie, voilée cela va sans dire et flanquée d’une vieille romanichelle plus mère maquerelle que nature : Nireno, joué par un homme bien sûr (Jochen Kowalski), qui s‘amuse comme un petit fou. Au moins lui, si pas nous. On dirait Michou à la fin de sa carrière.

Christophe Dumaux – en dreadlocks et tatoué des pieds à la tête – quoique bien mal dirigé se révèle acteur doué. Son Tolomeo existe. C’est le vrai sale gamin caractériel et immature, sexuellement indécis, mal dans sa peau, qui veut pour lui seul les joujoux de sa sœur-épouse. Quand il se déculotte pour la première fois, on n’est pas surpris par l’audace – on les a toutes vues - et c’est même en situation. Mais quand il le fait pour la quatrième fois et se masturbe avec un coussin, on finit par se lasser. Dommage qu’il n’ait pas eu le von Stroheim de La veuve joyeuse pour lui donner quelques indications…]

 

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Tolomeo s’efforçant de provoquer sexuellement Cornélia

 

C’est dans ce lit où tout le monde passe que s’introduit, en liquette, au bout d’un strip-tease plus Feydau que nature, Scholl-César, pour y rejoindre sa technicienne de surface, laquelle s’est voilée d’un torchon pour l’occasion. Voir l’époux si discret de Tamara Halperin, en slip, tirer nerveusement sur son marcel – orné d’une couronne de lauriers il est vrai – est un spectacle trop triste pour qu’on ait le coeur d'en rire.

C’est de sous le matelas de ce même lit que Ruben Drole-Achilla, sort ensuite un fusil d’époque, baïonnette au canon, pour s’y coucher botté en le serrant dans ses bras, avant d’aller trahir le tyran qui l’a vexé.

Cornelia, ajoutée à son harem par Tolomeo, vient faire du ménage elle aussi, en tablier vert et gants de caoutchouc, également poursuivie comme on sait par les assiduités d’Achilla qui, ô surprise, a plus ou moins l’air d’un Égyptien, quoique suisse, et se révèle grand acteur dans le trio Cornelia-Achilla-Sesto du IIe acte (moment sublime au milieu d’une mer d’immondices).

Un des sommets de cette représentation si délicate est atteint lorsque Tolomeo, en pleine crise d’infantilisme pervers, finit par étriper le mannequin de son ennemi, en sort les tripes en guirlande, se les passe autour du cou et finit par en manger le cœur à belles dents. Cru of course. En se mettant de l'hémoglobine partout.

Pourtant, le meilleur est pour la fin, je veux dire pour la presqu'indécente caresse sonore du fameux duo « Caro » - « Bella ». Imaginez un piano demi-queue plus ou moins couleur bois de rose, autour duquel viennent s’agglutiner les personnages survivants (César et Curio en frac et nœud pap, Cleopâtre en combinaison courte noire, Louboutins et manteau doré à traîne, etc, etc., tous cotillons en tête, se repassant un joint et tirant sur des langues de belle-mère, la reine d’Égypte et la veuve éplorée du décapité se déhanchant sur des rythmes intérieurs (bamba ?) dont Haendel n’a jamais rien su. Bientôt rejoints par les morts relevés. Extase !

Tout le monde n’est pas Jérome Bosch, hélas.

Bref, MM. Patrice Caurier et Moshe Leiser sont des malfaiteurs de l’humanité, non moins que M. David McVicar avant eux. Et l’ovation que le public leur réserve à la fin ne fait qu’accroître leur culpabilité : faire applaudir la laideur et la vulgarité par un public sans méfiance est même le premier et le plus grand de leurs méfaits.

Pour la symbolique Occident-Moyen Orient-Pétrole, je passe la main.

 

Si vous voulez voir la version McVicar de Glyndebourne dont celle-ci n’est que le pâle remake (définition Brighelli), c’est là :

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https://www.digitaltheatreplus.com/education/collections/...=

 

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« À regarder », je vous en ai quand même trouvé une (les actes 2 et 3) qui n’est pas exempte de l’insupportable militarisation à la mode depuis plus de soixante ans, mais croyez-le ou pas, c’est la moins pire de toutes.

 

On passera sur le premier acte, où Livia-Cléopâtre navigue entre Carmen et Bardot de La vérité. On a droit aussi, bien sûr, aux rangers et aux battle-dress, le contraire eût été trop beau.

Il faut voir l’immense Andreas Scholl en trouffion pataud, avec des épaulettes que même la grande–duchesse de Gérolstein n’en aurait pas voulu pour ses gardes ! Al Sissi avec une voix d’ange !… Cléopâtre, pour sa part, quoique nordique (Inger Dam Jensen), est une des meilleures qui se puissent concevoir : non seulement jolie, dotée d’un irrésistible sourire à fossettes, elle passe sans broncher d’une perruque à l’autre et finit par chanter chauve. À ravir. C’est aussi une comédienne accomplie, à l’aise dans tous les registres, de la commedia dell’arte à la tragédie en passant par Marivaux. Que demande le peuple ?

Bon. Certains aficionados n’ont pas apprécié que le metteur en scène (Francisco Negrin) fasse du jeune frère de Cléopâtre un Levantin libidineux en âge d’être son père, voire son grand-père. Cela donne certes à l’inceste ptolémaïque une saveur inattendue, mais une fois le parti pris avalé, il faut reconnaître que Christofer Robson s’amuse beaucoup et fignole son avatar aux petits oignons. Randi Stene est une Cornelia belle et racée. On ne comprend pas trop que Palle Knudsen-Achilla avec son physique impressionnant de héros wagnérien, ne réussisse pas à lui faire oublier son Pompée qui, si mes souvenirs sont exacts, n’était pas aussi sexy qu’elle le chante. Michael Maniaci est, comme le dit son admirateur ci-dessous, vocalement époustouflant et très crédible en Nireno, même chauve. La jeune Tuva Semmingen est d’une grande fraîcheur en Sesto, ce qui par les temps qui courent n’est vraiment pas à dédaigner. Et John Lundgren arrive à se faire remarquer en Curio, chose rare, surtout dans la scène très réussie du basculement d’Achilla.

Ce qui caractérise avant tout cette production, c’est son admirable direction d’acteurs. L’inverse absolu de Salzbourg. Et quelques heureuses trouvailles de mise en scène : ainsi, quand César, ivre d’admiration, titube devant le Parnasse qui se referme, c’est en compagnie d’un premier violon monté de la fosse (une dame à la chevelure pré-raphaélite en plus)  qu’il chante son fameux aria « Se in fiorito ameno prato ». Match au finish, pour violon et rossignol.

Enfin, il n’y a pas dans tout cela une once de vulgarité. Si je vous dis que c’est le moins pire.

 

Giulio Cesare in Egitto

Version danoise de Lars Ulrik Mortensen

Actes II & III


 

Les internautes :

~ « Excellent, great singing sets better in this part except the naff modern military outfits. »

~ « Of course Andras Scholl is amazing as Gulio Cesare...but what about Michael Maniaci with his incredible voice (Nireno) ? He isn't countertenor but natural castrato voice, perfect for this role. »

~ « Espléndido A. Schol en el rol de G. Cesare e igualando su nivel, el resto del elenco. Gran duelo entre el violin y la voz, de A. Schol. »

 

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Au diable l’avarice ! Sans raison particulière.

Pour le plaisir de partager avec ceux qui voudront : ma version préférée entre toutes.

 

César est ici la grande contralto serbe Marijana Mijanović, accessoirement un des plus beaux visages qui existent, mais vous ne le verrez pas car c’est une version audio, enregistrée en concert. Dans le rôle de Cléopâtre, lady Rattle soi-même, la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kožená. Dans celui de Tolomeo, le contre-ténor US d’origine indienne Bejun Mehta, plus ou moins élève de papa pianiste, de maman violoniste et de tonton Zubin, chef. Tranquillement devenu, depuis, le meilleur contre-ténor du monde. Anne Sofie von Otter, ici bien plus convaincante en Sesto qu’en Cornélie à ramassette dans l’horreur de Salzbourg. C’est Charlotte Hellekant qui rend justice – et quelle ! - à la veuve de Pompée. Dans les quatre autres rôles, Alan Ewing, Pascal Bertin et Jean-Michel Ankaoua ne pourraient pas être meilleurs.

Quinze ans et pas une ride.

 

Giulio Cesare in Egitto

Version Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre

Enregistrée au Wiener Konzerthaus, Grosser Saal

Novembre 2002


 

Les internautes :

~ « Amazing »! »

~ « In my opinion, some of the most beautiful music on God's green earth... thank you maestro Handel... »

~ « Handel y unas buenas voces, la compañía ideal. GRACIAS. »

  

 

Parenthèse

Dans un roman de 1966 [Le masque d’Apollon], l’auteur anglais Mme Mary Renault raconte l’histoire d’un acteur tragique athénien du IVe siècle avant notre ère appelé Nikostratès.

Comme on le sait, les tragédiens jouaient masqués : montrer leur vrai visage en scène eût été pour eux comme se prostituer dans la rue. Ils étaient toujours trois ou quatre à se partager tous les rôles, changeant à chaque fois de masque, de voix et de costume, soutenus par un chœur et des figurants.

Au cours d’une tournée pas très fortunée, un vieux masque d’Apollon échoit à Nikostratès, merveilleusement sculpté dans du bois d’olivier, mais de facture archaïque : sévère, démodé, sa peinture écaillée. L’acteur s’y attache. Il sent dans les yeux vides une présence, quelque chose qui le pousse à révérer, à dresser à l’objet un autel sur sa table de chevet, entre une branche de laurier frais et une petite lampe.

 

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Un jour, sa troupe est invitée à jouer pour une conférence de paix qui se tient à Delphes. Les envoyés perses qui la financent optent pour Les Myrmidons, d’Eschyle. Nikostratès, « protagoniste », jouera donc Achille, mais il s’adjuge aussi le rôle d’Apollon qui, dans le prologue, apparaît dans les airs et prophétise. « On n’est pas à Delphes tous les jours », dit-il à son associé qui s’étonne. « Appelle ça mon service au dieu. » Et il fait venir un peintre pour lui demander de raviver son masque. L’autre, qui est un artiste aussi, tombe en arrêt devant ce qu’on lui présente et murmure, après un long silence : « À quoi devait ressembler le monde, quand les hommes avaient de pareilles certitudes ? ». Bon, d’accord, il le repeindra.

L’anecdote est celle-ci :

Nikostratès, sanglé d’un harnais, est hissé dans les airs au bout d’un filin. Un acteur déchu qui lui en veut et qu’il n’a pas vu depuis des lunes a trafiqué le filin pour « se venger » peu importe de quoi. Comme il commence à parler, sa cithare à la main gauche, pour mille huit cents personnes qui ne peuvent perdre un seul de ses soupirs, il sent que quelque chose d’anormal se passe. Une secousse. C’est l’un des quatre brins du filin qui vient de lâcher. Il comprend que, s’il ne fait rien, dans un instant il s’écrasera sur les dalles, trente pieds en contrebas. Mais, incapable de ridiculiser le dieu qu’il incarne en appelant à l’aide, il s’abandonne à sa volonté et continue. Un spectateur qui a vu s’écrie. Il lève la main droite pour le faire taire et dit « Nous sommes tous dans les mains des dieux ». L‘assistance retient son souffle, des petits chevriers du tout dernier rang à Dion de Syracuse et Platon assis au premier. Le silence est si énorme qu’on entend le vent agiter les oliviers en contrebas. Et quand, au bout d’une éternité d’angoisse, il achève son monologue, il sent le sol sous son pied : le machiniste, ruisselant de sueur, l’a fait descendre aussi doucement qu’il pouvait sans casser le dernier brin. Nikostratès a juste la présence d’esprit de couper son dernier vers « Et maintenant je m’envole vers l’Olympe » et tout est fini. On s’empare de lui. Il endosse le costume d’Achille et – heureusement qu’Achille boude ostensiblement pendant une bonne partie de l’acte – sort peu à peu de sa transe.

Quand le visiteur sicilien le félicite pour son courage et lui dit qu’il ne jouera plus jamais aussi bien, il répond, hébété : « C’est le dieu, pas moi. » Et est frappé par la foudre. Parce que c’est aussi un roman d’amour. Grec. Mais ceci est une autre histoire.

 

C’est comme ça que chante Marijana Mijanović : en danger de mort. À chaque fois. Que ce soit en représentation ou en concert, voire même en séance de travail, sans rien voir, ni personne, ni les instruments ni les murs. Seule avec son dieu. Comme le jaune et le blanc dans un œuf.

 

 

« Svena, uccidi, abbatti, atterra piaghe, morte, strage, guerra sempre in vita incontrerò. e tu padre, in me riposa, dietro, all'ombra generosa a momenti volerò »

Bajazet, Vivaldi


 

La voici, pour finir, dans la scène de la folie du Roland furieux, se ruant sur les notes assassines sans en esquiver une seule si meurtrières soient-elles, quand d’autres s’accorderaient le répit d’un parlando.

La mise en scène est nulle et la prise de son pas terrible, mais l’artiste est unique, incomparable.

 

« Ah, Medoro, Medoro… Ah ! Stigie larve »

Orlando, Haendel, Opera de Zurich, 2007

Martina Jankova (Angelica), Marijana Mijanović (Orlando)


 

Pour cette hébétude, je donnerais toutes les Bartoli du monde, en dépit de leur beau nez, de leur art du chant et de leurs performances d’athlète.

 

 

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L’Apollon de Gaza [Statue en bronze d’1,70 m découverte par un pêcheur en 2014.]

Ce sosie de Mme Mijanović a 2500 ans.

 

 

 

Mis en ligne le 25 septembre 2017

 

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22:12 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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ADDENDUM

 

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Ah, c’est malin !

 

Le gang de Lucy Stein est entré dans Moscou

Israël Adam Shamir – 18 septembre 2017

Entre la plume et l’enclume

3. Khodor 1.gif

Est-ce que la Ligue des fans de Poutine peut gagner les élections municipales à New York? Pas de danger, marmonnerez-vous, à raison probablement. Et pourtant, la semaine dernière, aux élections municipales, les forces pro-US ont mis le grappin sur un tiers des sièges à Moscou. C’est un choc, étouffé par le silence des médias tant sur l’élection que sur ses résultats.

Normalement, je ne me mêle pas trop de la politique intérieure russe (tout le contraire pour ce qui relève des affaires  étrangères). C’est de la cuisine de clocher, opaque et nullement démocratique. Ceci est valable dans chaque pays que je connais, mais en Russie, il n’y a même pas de compétition. Les conseillers du Kremlin tentent de figer les résultats avec autant de subtilité que pour les primaires démocratiques sous le règne de Debbie Wasserman Schultz. Cette fois ils ont eu une idée brillante au premier abord ; ce serait super si très  peu de gens allaient voter, disons, seulement ceux qui seraient nécessaires pour valider l’élection. De la sorte, pas de frais de publicité, de publication de programmes, de couverture par la télé. Les gens étaient vaguement au courant qu’il y avait des élections municipales, mais l’affaire était si insignifiante que très peu de gens se sont dérangés pour voter : à peine plus de 10% des inscrits. Mais le subterfuge cynique a lamentablement échoué.

 À Moscou (la seule partie de la Russie qui compte) les trois grands partis d’opposition, les communistes, les nationalistes et les socialistes proches du Kremlin, ont été décimés. Leurs votes avaient été raflés par les libéraux pro-occidentaux, qui se décrivent eux-mêmes comme ceux qui « ont les bons gènes », « les bonnes têtes », à la « poignée de main franche », une série d’épithètes qui ont à voir, dans l’esprit des Russes, avec la judéité prospère, en quelque sorte, ou avec la nomenclature soviétique juivifiée. Les noms les plus connus  comportent Lucy Stein, une jeune journaliste juive relativement connue, qui montre des moulages de sa poitrine dans ses campagnes d’opinion et qui a filmé un montage ou l’on voit un petit garçon brutalisé par la police de Poutine. Autre personnage, Maxim Katz, jeune activiste juif qui a organisé la livraison bruyante des fleurs à l’endroit où Nemstov avait été assassiné, en touchant une commission juteuse, dit la rumeur.

Ces jeunes gens  (ils n’ont pas trente ans) étaient cornaqués par Dmitry Gudkov, membre  du parlement russe et fils d’un membre du parlement russe. Ça rappelle la chambre des Lords, mais Gudkov senior est un ex-colonel du KGB, un oligarque et le propriétaire d’une entreprise d’huissiers, tout à la fois, pedigree plutôt trivial. Les troupes de Gudkov avaient constitué une coalition avec Yabloko (la pomme, en russe) un parti libéral de quelque visibilité pendant les années Eltsine. Ils sont contre la politique de Poutine, pour la restitution de la Crimée à l’Ukraine et pour une alliance avec l’Ouest libéral. 

Les autres partis n’ont pas fait attention, tandis que les libéraux prenaient soin de se préparer pour ces élections négligées, et ils ont envoyé leurs votants aux urnes. Pour cela, ils avaient importé une technologie américaine, et l’un des assistants de Sanders, né en Russie, Vitali Shklyravor, qui était venu mettre au point ce qu’ils appelaient une « Uber politique », une application web pour que leurs candidats occupent le terrain et gagnent des votes. Et ils ont déployé des moyens bien plus importants que leurs concurrents.

C’était donc ça, la démocratie en action ? Voyons, c’était un exemple éclatant d’ingérence réelle dans des élections à l’étranger! Alors que les enquêtes du FBI n’ont toujours pas produit la moindre preuve tangible d’une interférence russe dans les élections US, et que l’audit de Facebook a révélé qu’il y avait eu injection de 150 000 dollars en campagnes publicitaires pour des entités pro-Kremlin entre 2015 et 2017, l’interférence US dans les récentes élections de Moscou a été vaste, puissante, et efficace. Les forces pro-US ont dépensé plus de soixante millions de dollars à Moscou seulement, selon les estimations les plus conservatrices, et probablement bien plus. Et ces fonds venaient de l’étranger.

L’idée d’une ingérence russe dans les élections US était flatteuse mais sotte. Les Russes ne jouent pas dans la même ligue en matière d'ingénierie politique. Les Américains maîtrisent la chose, s’étant entraînés dans un environnement concurrentiel. La seule chance pour les Russes d’avoir des élections honnêtes  était d’adopter une autre technologie américaine, autrement dit de livrer bataille contre l’interférence étrangère. Le Kremlin pouvait et aurait dû contrôler les voies d’accès de chaque opération du gang Stein-Katz, et agir avec la même rudesse que les Américains avec l'interférence russe imaginaire. Mais est-ce qu’ils auraient voulu le faire ? J’en doute. Ceux qui ont mal manœuvré dans les élections feront tout ce qu’ils peuvent pour étouffer la chose. Pas un média russe important ne s’en est fait l’écho, sur ordre direct du Kremlin.

 Nous avons des preuves de l’interférence US dans les élections russes : un aveu du coordinateur de Russie ouverte, une entité politique créée par Michael Khodorkovsky. Cet oligarque, jadis l’homme le plus riche de la Russie, a passé neuf ans derrière les barreaux en Russie pour évasion fiscale massive, escroqueries, crimes en bande organisée et complot pour commettre des meurtres, un vrai requin dans les eaux fangeuses des affaires et de la politique russe.

 M Khodokovsky était un agent d’influence américain depuis des années. Après avoir été pardonné par Poutine, il s’est installé à l’étranger et il est devenu le centre de la campagne clandestine pour un changement de régime en Russie. Avec d’autres oligarques exilés et recherchés, Nevzline, basé à Tel Aviv, et Chichvarkine, basé à Londres, Khodorkovsky achemine des fonds pour l’opposition pro occidentale en Russie. 

Sa coordinatrice Maria Baronova était jadis très proche de Khodorkovsky mais s’en est séparée il y a quelque temps. Sur sa page Facebook elle admet que « Gudkov et Katz sont le projet secret de Khodorkovsky » tandis que d’autres éléments de l’opposition constituent le projet public de Khodorkovsky. En d’autres termes, toute la campagne avait été organisée depuis Washnington, ou depuis Langley. 

Comme nous l’avons appris par les câbles du Département d’État publiés par Wikileaks, c’est dans les habitudes de la CIA pour orchestrer des changements de régime: au lieu d’envoyer de l’argent directement à l’opposition, ils emploient les oligarques comme intermédiaires. C’est le canal utilisé en Syrie depuis 2006, tout comme au Liban, et maintenant  cela s’applique à la Russie. 

Les gagnants des récentes élections municipales à Moscou n’étaient pas simplement les « bonnes têtes »  de la nomenclature, mais des agents stipendiés de l’État profond US. Ils ont mis en œuvre l’expérience US, et l’argent US. Elle est là, la vraie interférence, pleinement victorieuse, et les organisateurs s’en sont très bien tirés.

Le système politique post soviétique tel qu’organisé par les conseillers de Poutine devrait partager la responsabilité du désastre. Communistes, nationalistes de Zhirinovsky et socialistes de Mironov ont été domestiqués si efficacement qu’ils ont perdu toute espèce de culot, de volonté de pouvoir, de désir de victoire, et leurs électeurs de même. Les gens ne s’intéressent plus à eux. Le parti au pouvoir Russie Unie n’est guère en meilleur état : c’est un clone du CRSU inoffensif, le dernier   parti communiste soviétique qui avait été démantelé par Gorbatchev et Eltsine sans la moindre objection de la part de leurs millions d’affiliés. C’est un parti de gens qui veulent avoir le pouvoir et les privilèges afférents, c’est tout.

L’Ukraine avait été dirigée par un parti semblable, le Parti des régions. Dirigé par Victor Yanoukovitch, ce parti s’est effondré après le coup d’Etat, ses membres ont quitté le bateau qui sombrait aussi vite que possible. Russie unie prendra la fuite aussi, en cas de problème ; ils assisteront impuissants à l’entrée de Khodorkovsky au Kremlin, et ils applaudiront probablement. Les 70% de voix pour Russie Unie ne garantissent en rien leur soutien à la démarche indépendante de Poutine. Il vaudrait mieux pour Poutine s’appuyer sur des cadres en nombre plus réduit, mais fiables et dévoués à sa personne. Lénine disait : « un petit anchois vaut mieux qu’un gros cancrelat ». Cela vaut aussi pour d’autres pays, comme l’ont découvert Trump et Corbyn : ils ne peuvent absolument pas compter sur leurs grands partis. Ils feraient mieux de parier sur un petit parti solide constitué par leurs soutiens les plus fidèles. 

Les porte-paroles du Kremlin se veulent rassurants en soulignant les pouvoirs très limités des députés élus. Selon la loi, ils ne peuvent gérer que les affaires strictement municipales. Cependant, il n’est pas rare que des entités de ce genre accroissent leur pouvoir dans une situation révolutionnaire. En France, en 1789, le parlement élu devait être simplement un organe de conseil pour le monarque, mais il a rapidement confisqué tous les pouvoirs et tranché la tête au roi. En URSS, en 1991, le parlement de la Fédération russe avait très peu de droits, et il était sous la coupe du parlement soviétique, mais il s’est attribué tous les droits, et c’est lui qui a brisé l’URSS.

Oubliez Navalny. Il va peut-être falloir nous habituer à l’idée que le prochain président de la Russie s’appelle Maxime Katz, et que Lucy Stein soit son Premier ministre. À moins que Poutine gagne des points lors des prochaines

 

Pour joindre l'auteur: adam@israelshamir.net

Traduction : Maria Poumier

Première publication en anglais: The Unz Review.

Source : http://plumenclume.org/blog/284-le-gang-de-lucy-stein-est...

 

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Justice civile à l’américaine

Ou des proportions que peut prendre un procès en divorce dans un pays où tous les moyens sont bons pour atteindre n’importe quelles fins

 

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Vous l’a-t-on assez dit qu’on ne croit pas à la vertu des pétitions… Mais allez voir sur le site de Sayed et faites ce que vous pouvez, ce que votre conscience vous dicte. C’est Norman Finkelstein qui le demande.

 

Pétition en soutien à Norman Finkelstein contre des avocats-vautours

SIGNEZ CETTE PÉTITION MAINTENANT SVP !

FAITES RADIER MICHAEL CHETKOF ET ALLYSON BURGER DU BARREAU POUR PARJURE ET CHANTAGE !

 

Articles explicatifs de Norman Finkelstein :

Michael Chetkof, Allyson Burger : Arrêtez le chantage !

Michael Chetkof : Le déjeuner à 30 000 dollars (1)

Tract distribué par le Professeur Norman Finkelstein devant le bureau des « avocats-vautours », pour lequel il a été arrêté et a passé une nuit en prison

Lettre de Norman Finkelstein après sa libération

 

A venir :

 

Allyson Burger : l’outrecuidance monstrueuse d’une ânesse bâtée (2)

Michael Chetkof, Allyson Burger : nouveau rebondissement (3) 

Michael Chetkof et Allyson Burger : le duo draculéen de sangsues frappe encore

 

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Lettre de Norman Finkelstein après sa remise en liberté

Suite à son action de tractage devant le bureau des avocats Michael Chetkof et Allyson Burger

 

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Mille remerciements à tous ceux qui m’ont écrit et ont appelé la prison.

J’ai dû passer la nuit en prison mais je suis libre maintenant.

Une chose que j’ai découverte est que peu importe combien de fois vous êtes allé en prison, vous ne vous y habituez jamais.

Ce ne sont pas les menottes serrées ou le sol froid de la prison.

C’est l’humiliation et la dégradation, car les gardiens de prison vous traitent vraiment avec moins d’égards que si vous étiez des ordures sans valeur.

« Tourne-toi », « Penche-toi », « Écarte les jambes », « Ferme ta gueule, putain ».

Le système de justice américain dit que Vous êtes innocent jusqu’à ce que votre culpabilité soit prouvée.

Mais lorsque vous considérez le monde de bas en haut, c’est tout le contraire :

À partir du moment de l’arrestation, vous êtes traité comme si vous étiez coupable jusqu’à preuve de votre innocence.

Si vous êtes innocent jusqu’à ce que votre culpabilité ait été démontrée, pourquoi êtes-vous enfermés dans une cellule de prison infecte souvent pendant plus d’un jour avant même de voir un juge ?

En ce qui me concerne, A luta continua (La lutte continue).

Je n’abandonnerai pas mon ancien étudiant et ami proche, le docteur Baldeo.

Il est la proie d’un couple d’avocats matrimoniaux de Long Island (Michael Chetkof et Allyson Burger), qui piègent et soumettent au chantage les immigrants musulmans qui ont réussi.

A présent, une ordonnance de la Cour a été rendue contre moi, ce qui veut dire que je risque une longue peine de prison.

Mais si je le trahis à son heure de grand besoin, je trahirai tout ce que j’ai défendu durant ma vie.

Faites une petite prière pour le Dr Baldeo et moi.

Norman Finkelstein, le 8 septembre 2017

 

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Pendant un an et quatre mois, j’ai été témoin de la crucifixion d’un homme.

C’était un ancien étudiant.

Un quart de siècle plus tard, c’est maintenant un ami de confiance.

Immigrant pauvre d’Amérique du Sud, il était commis d’entrepôt en journée et assistait à mes cours du soir.

Grâce à ses dons innés, et à force de travail acharné et d’une discipline surhumaine, il est finalement devenu pédiatre.

Mais il n’a jamais oublié d’où il venait.

Chaque année, il a mis de côté plusieurs semaines pour voyager dans le monde et se mettre bénévolement au service des pauvres et des démunis, les Damnés de la Terre.

Il m’a accompagné en Afrique du Sud, où il a traité des enfants orphelins atteints du Sida.

 

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Il m’a accompagné en Cisjordanie, où il a traité des enfants palestiniens blessés par balle par des soldats israéliens.

Il travaillait de 60 à 80 heures par semaine – oui, 60 à 80 heures ! – afin d’économiser de l’argent pour ses trois enfants.

Il voulait le meilleur pour eux : une vie libre des difficultés qu’il a dû supporter, car eux aussi, par la Grâce de D.eu, devinrent des médecins.

Il était sur le point d’atteindre les objectifs de sa vie : Guérir les malades et Nourrir ses enfants.

Mais en avril 2016, la catastrophe a frappé.

Il est tombé entre les griffes de deux avocats sans scrupules nommés Allyson Burger et Michael Chetkof.

Ils avaient tourné en cercle au-dessus de leur proie : de carrure chétive, il a la peau sombre, il est moitié musulman, et son anglais n’est pas parfait. La cible parfaite.

Ils ont ensuite fondu sur lui pour l’achever.

Ils ont inventé le Grand mensonge, selon lequel il aurait commis « d’innombrables » actes de « violence indescriptible » [contre son ex-épouse, prétendument révélés après 27 ans de mariage].

La preuve de cela ?

Aucune.

Aucune preuve photographique ou physique, aucune trace de plainte, aucun certificat médical, aucun affidavit de témoins oculaires.

Littéralement rien.

La peur et la douleur l’avaient mis hors de lui.

Cela m’a brisé le cœur.

J’ai promis de ne pas l’abandonner.

Comment aurais-je pu déserter un ami, un véritable saint, à son heure de grand besoin ?

Jour après jour, je me suis assis avec lui et ses avocats.

Jour après jour, je me suis rendu avec lui à la Cour.

Nuit après nuit, j’ai lu et relu le dossier de la Cour.

Mais je fus impuissant face au crime qui se déroulait.

Le duo de vautours assermentés ne cessait de s’évertuer à le compromettre et à le salir en trifouillant dans son passé.

Ils l’ont intimidé. Ils l’ont rudoyé. Ils l’ont harcelé. Ils l’ont secoué. 

Ils l’ont humilié. Ils l’ont dégradé. Et ils l’ont rabaissé plus bas que terre.

Sans relâche, sans merci, ils ont lacéré sa chair.

Le vendredi 4 août, il a succombé.

« Je n’en peux plus », murmura-t-il avec le sourire mortifié de la défaite.

Il a perdu sa maison et les économies de toute sa vie.

Cette nuit-là, il m’a appelé, sanglotant avec hystérie, brisé.

Je lui ai fait une promesse solennelle : cette horreur ne sera ni pardonnée, ni oubliée.

La vérité sera faite et les auteurs seront punis.

Advienne que pourra, je révélerai au monde comment il a été crucifié.

Étiez-vous là quand ils ont crucifié mon Seigneur ? Tremblez, tremblez, tremblez. [Gospel de Paul Robeson]

Maintenant, les Vautours le soumettent à un odieux chantage pour me faire taire.

Ils ont envoyé une lettre indiquant :

« Si votre ami continue sur cette voie, la boîte de Pandore sera ouverte et la publication du dossier de la Cour ne sera pas bénéfique au Dr Baldeo sur les plans personnel et professionnel » (voir ci-dessous).

Si vous êtes aussi scandalisé que moi par ces tactiques de chantage, je vous invite instamment à SIGNER ET PARTAGER CETTE PETITION et à contacter Allyson Burger et Michael Chetkof pour leur dire d’ARRETER LE CHANTAGE !

Voici leurs coordonnées :

Saltzman Chetkof et Rosenberg LLP

1-516-873-7200

mchetkof@scrllp.com

adburger@scrllp.com

 

Lire la lettre de chantage n° 1

Lire la lettre de chantage n° 2

 

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/

 

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France

 

On a reçu ça, et on s’en voudrait de ne pas relayer :

 

La « Fête de l'Huma » est devenue une fête « communiste » pour riches (et félons en tout genre) !

 

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Nous y sommes allés le samedi 16 parce que nous voulions assister au débat organisé par VIKTOR DEDAJ (de Le Grand Soir) autour de Cuba. Il recevait l'Ambassadeur du Venezuela et celui de Cuba et, à notre surprise, avait invité un Tunisien faisant de l'anthropologie politique à Tunis.

Nous avions flairé une fois de plus la méta-hypocrisie de ce dernier en suspectant qu'à coup sûr, il allait venir chanter la « révolution du Jasmin » et sa mal-supposée convergence avec celle de Cuba…

Or, c'est dans ce « panneau » que sont tombés tant les BESANCENOT que les FAUSTO GIUDICE et tant d'autres « marxistes » de l'ancienne métropole de la Tutelle tunisienne.

Bref, nous voulions intervenir pour que l'Ambassadeur de Cuba comprenne qu'il allait être roulé dans la farine (1) par ces « révolutionnaires » tunisiens qui, en fait ont soutenu l'OTAN contre la Jamahiriya Libyenne à l'époque même où les FIDEL CASTRO, HUGO CHAVEZ et autres DANIEL ORTEGA leur donnaient des leçons de clairvoyance politique en dénonçant sans fard l'agression.

La Fête de l'Huma n'avait pas lieu à La Courneuve mais au Bourget. Nous avons donc marché à pied, beaucoup. Le lieu avait apparemment changé. Il y avait des policiers partout… Le public aussi avait changé et confirmait que cette fête de "communistes" est bien devenue une fête pour riches quand nous avons vu des hordes de jeunes gens plutôt "bobos" s'orienter vers le lieu de la fête.

Les seuls blousons noirs que nous avons aperçus étaient ceux qui vendaient des billets à la sauvette et ils avaient raison comme on s'en est vite rendu compte. En effet, ô surprise devant la Caisse, on nous annonça que l'entrée est à 40 EUROS ! « Forfait » ! Même pour une courte après-midi, comme nous en avions l'intention : 40 EUROS !

Résultat: on ne sait pas ce qui s'est passé mais on a économisé beaucoup d'argent...

L'Argent ne fait pas le Bonheur. Et, si le Plaisir dépend lui des choses, ce n'est pas le cas du Bonheur.

 

« Soyons réalistes. Exigeons l'impossible! » (Che).

 

____________  

 

 (1) Le Binôme MICHEL COLLON et LGS avaient, il y a 2 ans, organisé une conférence tripartite à Tunis qui était, à leur insu, sponsorisée par la racaille pro-OTAN, laquelle avait soutenu l'agression contre la Jamahiriya Libyenne. N'est-ce pas de l'hypocrisie politique, au sens anthropologique de l'invité tunisien à la Fête de l'Huma, que de chercher à se blanchir en venant dire qu'ils soutiennent la Révolution Cubaine ?

Ils ont même le culot de critiquer le "bourbier syrien" alors qu'ils avaient chanté sur le Mode Majeur sous la direction de l'intellectuel de l'OTAN IGNACIO RAMONET.

Note (bon à savoir) : Le journal « L'IMMONDE DIPLOMATIQUE », organe officieux de l'OTAN, est traduit officiellement en arabe à Tunis même.    

Référence citée : https://www.legrandsoir.info/paris-ce-que-l-039-experienc...

Source : Herboris. On aura compris qu’ils sont tunisiens.

 

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USA

Non, ce n’est plus Salzbourg et ce n’est pas Haendel ! C’est du Kabuki, et encore Israel Shamir, qui s’est défoncé cette semaine, ou alors, c’est l’actualité…

 

Trump en acteur de Kabuki

Israël Shamir24 septembre 2017

Entre la plume et l’enclume

Ici via Arrêt sur Info

 

9. Trump + Kim.gif

Donald Trump s’est trompé, dans sa carrière. Son style flamboyant en aurait fait un acteur de Kabuki populaire et très aimé. Les Japonais aiment ce qu’ils appellent aragoto, littéralement un style de drame héroïque “business à la sauvage”, mettant en scène un énorme guerrier terrifiant maquillé en rouge et noir, avec un grand sabre. Le guerrier fait irruption sur la scène avec des cris stridents et tonitruants et il lance jusqu’au ciel son Shibaraku (« Attends un peu », ou mieux encore « Bas les armes, rends-toi ». Les fervents du Kabuki se souviendraient avec délices de la prestation de Trump à l’Assemblée générale de l’Onu, et cela pendant des années, si seulement il s’était produit au théâtre Kkabukiza de Tokyo.

Dans l’art japonais, il y aurait un rôle pour Kim, son adversaire, dans la pièce intitulée Tora-no-O, « La queue du tigre ». Il serait celui qui pose le pied sur la queue du tigre.

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/trump-en-acteur-de-kabuki/

 

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Dernière minute :

Russie

 

Nicolas Maduro sera à Moscou début octobre pour participer à la semaine russe de l’énergie.

 

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Est-ce en avant-garde de sa visite que l’Amérique Latine a envoyé à Moscou d’époustouflants danseurs ?

Il faudrait demander à Georges Stanechy :

 

Retour au Tango

http://stanechy.over-blog.com/2017/09/retour-en-tango.html

 

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Mis en ligne le 25 septembre 2017

 

 

 

 

20:39 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |