08/11/2015

MISES À JOUR

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Lesbos cette semaine

 

Mises à jour

 

Non de tout ce qui se passe dans le monde (on n’est pas des titans) mais de quelques points de focalisation.

 

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Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie

Réseau Voltaire| 1er novembre 2015

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La colonisation du Nord de la Syrie est un vieux projet israélien lié au développement des missiles. Il s’agit de créer un État indépendant au Nord du pays de manière à contrôler la Syrie par l’arrière, à la manière dont les Israéliens ont créé l’État du Soudan du Sud, en 2011, pour contrôler l’Égypte par l’arrière.

Ce projet israélien avait été repris par la France et a donné lieu, en 2011, à un traité secret signé par Alain Juppé et Ahmet Davutoglu.

La Turquie était convenue que cet État serait dirigé par sa minorité kurde et qu’Ankara pourrait y expulser le PKK et affirmer le suprémacisme turc dans son pays.

En septembre 2013, le Pentagone faisait publier par Robin Wright une nouvelle carte de redécoupage de la région, incluant la création de l’Émirat islamique de Daesh et celle d’un nouveau « Kurdistan » dans les territoires arabes de Syrie.

À la mi-octobre 2015, en réaction à la campagne russe contre les jihadistes, la CIA a créé les « Forces démocratiques syriennes », présentées comme une alliance des Kurdes syriens et de « rebelles ». En réalité, les FDS sont une nouvelle étiquette du YPG (les forces kurdes jusqu’ici fidèles à Damas) auquel on a ajouté quelques alibis arabes.

Immédiatement, les Kurdes de Syrie ont décidé de kurdiser les territoires du Nord de la Syrie. Ils ont donc commencé à occuper les maisons des non-Kurdes et envoyé une lettre comminatoire aux écoles leur enjoignant de licencier leurs professeurs arabes et de prendre des professeurs kurdes pour un enseignement exclusivement en kurde.

Les nouveaux enseignants, venus d’Irak et de Turquie, transcrivent souvent la langue kurde en alphabet latin, que les arabes et les Kurdes de Syrie ne savent pas lire.

Les arabes, qui sont majoritaires dans ces territoires depuis plusieurs millénaires, et les autres minorités ont vivement protesté. En deux semaines, le mouvement s’est étendu, de nombreuses écoles ont été contraintes d’obéir, sauf celles de la minorité chrétienne assyrienne qui a déployé sa propre milice pour les défendre.

Historiquement, seul un tout petit territoire situé au Nord-Est de la Syrie est kurde. Contrairement à la Turquie, la République arabe syrienne accorde les mêmes droits à tous ses citoyens indépendamment de leur origine ethnique, de leur religion ou de leur appartenance politique. Il n’y a donc aucune raison de créer un Kurdistan indépendant en Syrie. Si tel devait cependant être le cas sous la pression états-unienne et israélienne, alors cela ouvrirait droit à des revendications identiques de la part de dizaines d’autres groupes ethniques et religieux dans l’ensemble de la région.

Si elle devait avoir lieu, la création d’un Kurdistan dans une terre arabe ouvrirait un nouveau conflit comparable à celui de la Palestine.

Source :  http://www.voltairenet.org/article189138.html

 

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Vers un renversement de situation au Proche-Orient

par Thierry Meyssan

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 2 novembre 2015

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La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

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Source : http://www.voltairenet.org/article189137.html

 

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L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien

par Thierry Meyssan

L’Allemagne tente de sortir du rôle qui lui a été assigné durant le conflit syrien. Le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, cherche à organiser une réunion au sommet entre grandes puissances pour négocier la paix. Mais ce projet sera très difficile à réaliser, à la fois parce que l’Allemagne a une lourde responsabilité dans la guerre et parce que la France persiste à vouloir détruire la République arabe syrienne.

 

Réseau Voltaire | Berlin (Allemagne) | 29 octobre 2015

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Lorsque les États-Unis passèrent à l’attaque de la Syrie, en 2003, ils sollicitèrent l’Allemagne et Israël avant de confier l’opération au Royaume-Uni et à la France. À l’époque, les services secrets allemands participèrent aux côtés du Mossad à l’assassinat de Rafic Hariri en fournissant une arme qu’ils étaient les seuls à détenir [1]. L’idée était de provoquer une réaction populaire anti-syrienne, puis de faire débarquer les Marines pour repousser l’« occupant », conformément au plan de l’US Committee for a Free Lebanon et du Middle East Forum de Daniel Pipes exposé dans Mettre fin à l’occupation syrienne du Liban : le rôle des États-Unis (Ending Syria’s Occupation of Lebanon : The U.S. Role) [2]. Cependant l’opération échoua puisque la Syrie, soulignant qu’elle était militairement présente au Liban à la requête de la communauté internationale (Accords de Taef [3]), évacua le pays lorsque la rue en fit la demande.

L’Allemagne joua encore un rôle décisif avec Israël lorsque l’ambassadeur US, Jeffrey Feltman, organisa la Commission d’enquête internationale chargée par Ban Ki-moon de faire la vérité. Berlin fournit l’ancien procureur Detlev Mehlis, qui avait déjà rendu d’invraisemblables services à la CIA en attribuant un attentat du Mossad à Berlin à Mouamar el-Khadafi, et l’ancien commissaire de police Gerhard Lehmann et agent du BND, qui se trouva par la suite impliqué dans les crimes commis par la CIA dans des prisons secrètes [4]. Mais, là encore l’opération échoua puisque, après avoir accusé les présidents Émile Lahoud et Bachar el-Assad d’avoir commandité l’assassinat de Rafic Hariri, la Commission Mehlis s’effondra dans le scandale des faux témoins [5].

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Source : http://www.voltairenet.org/article189104.html

 

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Cours magistral d’une des historiennes les plus respectées de France (à l’étranger).

 

Propagande

Les sources d’« Apocalypse Staline » sur France2

par Annie Lacroix-Riz

France2 a diffusé, le 3 novembre 2015, un documentaire remarquable à la fois par la qualité de sa réalisation et par sa malhonnêteté intellectuelle. Sous le titre Apocalypse Staline, il s’agissait d’accuser le « petit père des Peuples » de tous les crimes et de l’assimiler à Hitler. Le professeur émérite Annie Lacroix-Riz, historienne du XXe siècle de réputation internationale, réagit à cet incroyable bourrage de crâne.

 

Réseau Voltaire | Paris (France) | 6 novembre 2015 

 

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(On sature sur leur affiche. NdGO)

 

L’Histoire de la Guerre froide entre Göbbels et l’ère états-unienne

Les trois heures de diffusion de la série Apocalypse Staline diffusée le 3 novembre 2015 sur France 2 battent des records de contrevérité historique, rapidement résumés ci-dessous.

Une bande de sauvages ivres de représailles (on ignore pour quel motif) ont ravagé la Russie, dont la famille régnante, qui se baignait vaillamment, avant 1914, dans les eaux glacées de la Baltique, était pourtant si sympathique. « Tels les cavaliers de l’apocalypse, les bolcheviques sèment la mort et la désolation pour se maintenir au pouvoir. Ils vont continuer pendant 20 ans, jusqu’à ce que les Allemands soient aux portes de Moscou. […] Lénine et une poignée d’hommes ont plongé Russie dans le chaos » (1er épisode, Le possédé).

Ces fous sanguinaires ont inventé une « guerre civile » (on ignore entre qui et qui, dans cette riante Russie tsariste). L’enfer s’étend sous la houlette du barbare Lénine, quasi dément qui prétend changer la nature humaine, et de ses acolytes monstrueux dont Staline, pire que tous les autres réunis, « ni juif ni russe », géorgien, élevé dans l’orthodoxie mais « de mentalité proche des tyrans du Moyen-Orient » (la barbarie, comprend-on, est incompatible avec le christianisme). Fils d’alcoolique, taré, contrefait, boiteux et bourré de complexes (surtout face au si brillant Trotski, intelligent et populaire), dépourvu de sens de l’honneur et de tout sentiment, hypocrite, obsédé sexuel, honteux de sa pitoyable famille, Staline hait et rackette les riches, pille les banques, etc. (j’arrête l’énumération). On reconnaît dans le tableau de cet « asiate » les poncifs de classe ou racistes auxquels le colonialisme « occidental » recourt depuis ses origines.

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Source : http://www.voltairenet.org/article189199.html

 

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L’« Opération Carlota » de Cuba 40 ans après

Matt Pepe – ICH5 novembre 2015

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Au bout de 40 ans, le Guinéen Alpha Diallo se souvient encore de son émotion lorsque, étudiant de 20 ans à Cuba, il a pris une décision qui devait changer sa vie. Le gouvernement cubain venait de décider d’envoyer des troupes en Angola pour y combattre l’armée sud-africaine, qui avait franchi la frontière du pays quelques semaines plus tôt, le 23 octobre 1975. Diallo, qui était venu d’Afrique Occidentale à la Havane deux ans auparavant grâce à une bourse, pour devenir ingénieur agronome, était allé, avec 800.000 autres personnes, sur la Place de la Révolution, écouter le discours où Fidel Castro annonça la décision d’envoyer une mission militaire en Afrique, pour soutenir le mouvement anti-colonialiste angolais et combattre l’apartheid.

« J’ai suivi le discours de Fidel et il était irrésistible. Entre Guinéens, nous fûmes quinze à décider d’abandonner nos études pour aller nous battre. » se rappelle-t-il à l’occasion de l’interview téléphonique qu’il nous a accordée, de chez lui à Washington D.C. « Nous étions très impressionnés et nous avions hâte d’y aller. »

Il nous dit qu’en tant qu’Africains, lui et les autres étudiants se sentaient spécialement obligés d’aller soutenir la lutte des Cubains pour la libération de pays d’Afrique. Depuis le début des années 60, Cuba avait apporté une aide décisive aux mouvements qui, sur le continent africain, s’efforçaient de se libérer de la colonisation.

En Guinée Bissau, Cuba avait ainsi envoyé des instructeurs militaires et des médecins, qui, deux ans plus tôt, avaient aidé les rebelles à arracher leur indépendance au Portugal. Après la chute de la dictature portugaise en 1974, alors que le Portugal se préparait à donner, le 11 novembre 1975, son indépendance à l’Angola, trois mouvements nationaux s’affrontaient pour y prendre le pouvoir.

Le groupe rebelle le plus important, celui qui jouissait du plus fort soutien populaire, était le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l’Angola). Ses membres avaient conquis, à l’intérieur, un avantage déterminant et se préparaient à prendre le contrôle du gouvernement. Le MPLA fournissait aussi un entraînement et un refuge sûr à d’autres groupes rebelles, opposés eux aussi à la domination des minorités coloniales dans leurs pays, tels que l’ANC de Nelson Mandela en Afrique du Sud, le SWAPO en Namibie et le FRELIMO au Mozambique.

Au début du mois de novembre, l’armée sud-africaine (SADF ou South African Defence Force) progressait de 75 kms par jour en direction de Luanda, la capitale. Cette invasion sud-africaine mettait en péril non seulement la révolution angolaise, mais les luttes de libération de tout le continent. Car, s’ils étaient victorieux, les racistes n’auraient rien de plus pressé que d’imposer à l’Angola un gouvernement fantoche dirigé par l’ex-collabo des Portugais Jonas Savimbi, lequel serait tout disposé à obéir aux Sud-Africains et à leur apporter son concours pour écraser les mouvements de libération. La situation, en Angola, était sombre.

« Les dirigeants du MPLA, qui s’étaient préparés à une guerre de guérilla plutôt qu’à une guerre à grande échelle en rase campagne, comprirent alors que, seul, un appel à la solidarité internationale leur permettrait de vaincre cette attaque concertée d’états voisins, soutenus par les ressources les plus rapaces et les plus destructrices de l’impérialisme. » a écrit en 1977 l’écrivain colombien Gabriel García Márquez.

Les Angolais n’avaient qu’un seul improbable pays vers lequel se tourner : Cuba. La pauvre île caribéenne, affligée d’une violente guerre économique, que lui faisait depuis 15 ans la plus grande surpuissance du monde, avait déjà envoyé des instructeurs militaires au MPLA. Mais cette assistance serait hélas loin d’être suffisante. Le dirigeant du MPLA, Agostinho Neto lança son appel à Fidel Castro le 3 novembre, lui demandant des renforts contre l’état raciste.

La réponse vint moins de 48 heures plus tard (le 5 novembre) : oui. « Le parti communiste de Cuba avait pris la décision sans hésiter. » a écrit Gabriel García Márquez. Qui a aussi noté que la date avait, pour les Cubains, une signification particulière : « Lors d’un autre 5 novembre, en 1843, une esclave yoruba appelée Carlota Lukumi, qui travaillait sur la plantation Triumvirato, dans la région de Matanzas, avait empoigné sa machete et pris la tête d’une rébellion d’esclaves, dans laquelle elle avait perdu la vie. C’est en son honneur que l’action de solidarité avec l’Angola fut appelée “Opération Carlota” ».

Le 7 novembre, les 82 premiers soldats, en vêtements civils et transportant de l’artillerie légère, décollèrent sur un vol des Cuban Airlines en direction de Luanda.  Au cours des semaines et des mois suivants, des troupes cubaines allaient  arriver en Angola par air et par mer. À la fin de l’année, elles seraient de presque 10.000 hommes. Une décennie plus tard, avant la fin de l’apartheid, il n’y en aurait pas moins de 36.000 déployés dans le pays.

 

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Fidel Castro, commandant de la Révolution cubaine s’immergea totalement dans la bataille.

« Il n’y avait pas un seul petit point sur la carte d’Angola qu’il fût incapable d’identifier, pas une particularité du terrain qu’il ne connût par cœur. Il était si totalement et si méticuleusement absorbé par la guerre qu’il pouvait citer n’importe quelle statistique relative à l’Angola comme s’il se fût agi de Cuba elle-même, et il parlait de ses villes, de ses coutumes et de ses habitants, comme s’il y eût vécu toute sa vie » écrit encore Gabriel García Márquez. « Dans les premières phases de la guerre, quand la situation était critique, Fidel Castro pouvait passer jusqu’à 14 heures d’affilée dans la pièce qui servait de quartier général à distance, quelquefois sans manger et sans boire, comme s’il était vraiment sur le champ de bataille. Il suivait le cours des engagements avec des épingles sur des cartes murales très détaillées, se tenant en contact permanent avec le haut commandement du MPLA sur place, malgré les six heures de décalage horaire. »

Après leur atterrissage en Angola, les troupes gagnèrent directement le front et se révélèrent décisives pour tenir en respect les racistes sud-africains. Le 10 novembre, ils tendirent une embuscade à la colonne zouloue de la SADF, lui infligeant de lourdes pertes.

Selon l’historien Piero Gleijeses, lors de la bataille d’EBO, le 23 novembre, les Cubains attaquèrent à nouveau la colonne zouloue alors qu'elle progressait vers un pont. Ils tuèrent et blessèrent non moins de 90 hommes des troupes racistes et mirent hors de combat sept ou huit blindés. Cette victoire offrit quelque répit à Cuba, dont les renforts eurent ainsi le temps d’arriver, en même temps qu’une cargaison d’armes en provenance d’Union Soviétique. L’armée d’apartheid essaya bien de poursuivre sa progression, mais elle fut massivement repoussée par la résistance. Le 27 décembre, elle reçut l’ordre de se retirer.

« Comme 1975 touchait à sa fin, le flux avait tourné contre Washington et Pretoria. Il avait tourné sur le champ de bataille et il avait tourné sur le front de la propagande : la presse occidentale s’était enfin aperçue que l’Afrique du Sud avait envahi l’Angola. » écrit Gleijeses dans Missions en conflit : La Havane, Washington et l’Afrique – 1959-1976. [1].

L’impérialisme et l’apartheid conspirent contre l’auto-détermination africaine.

L’Afrique du Sud avait essayé de déguiser son implication dans l’invasion de l’Angola en prétendant que c’étaient des mercenaires et non son armée qui en étaient responsables. Les Américains, dans le même temps, avaient eux aussi essayé de prendre leurs distances, prétendant n’avoir été pour rien dans les opérations militaires de l’Afrique du Sud. Mais le dossier documentaire ne laisse aucun doute : les empreintes digitales de Washington sont partout dans l’action de l’Afrique du Sud.

Lors d’un meeting au Conseil National de Sécurité US, en juin 1975, le secrétaire d’État Henry Kissinger dit au président Ford qu’il n’était pas « follement d’accord » avec les options proposées par les forces d’intervention interarmées : « La première est la neutralité – se tenir en dehors et laisser la nature suivre son cours… Quant à la seconde, mon département est d’accord, mais pas moi. On nous recommande de lancer une offensive diplomatique… et d’encourager la collaboration entre les groupes. » Or, l’absence d’une intervention américaine, admit Kissinger, conduirait à une victoire du MPLA et de Neto, qui « gagneraient progressivement le soutien d’autres pays africains. » [2]

Le Secrétaire à la Défense James Schlesinger proposa : « Nous pourrions tenter d’encourager une désintégration de l’Angola. Cabinda aux mains de Mobutu (dictateur militaire du Congo ex-belge) serait le garant d’une beaucoup plus grande sécurité pour les ressources pétrolières. » Ford était d’accord pour que les États-Unis empêchent l’auto-détermination de l’Angola : « Il me semble que ne rien faire serait inacceptable. »

Mais la preuve qui tue fut l’admission publique du Premier ministre du régime d’apartheid d’Afrique du Sud, P.W. Botha, qui déclara, en 1978, devant l’Assemblée Nationale, à propos de l’invasion de l’Angola par la SADF : « nous l’avons faite avec l’approbation, en pleine connaissance de cause, des Américains. » [4]

Fin 1975, les troupes cubaines avaient mis en déroute l’armée d’apartheid et empêché qu'elle prenne le contrôle du pays. Il ne fait pas de doute que, si Castro et le gouvernement cubain avaient refusé d’affronter le régime de Pretoria sur le champ de bataille, le MPLA aurait été défait. Or, une victoire de l’Afrique du Sud aurait eu pour conséquence de renforcer le régime d’apartheid et de dévaster les mouvements de décolonisation dans toute l’Afrique.

« Sans l’intervention des Cubains, l’Afrique du Sud se serait emparée de Luanda avant même qu’on s’aperçoive que ses troupes avaient passé la frontière. L’opération secrète de la CIA en Angola aurait réussi. » a écrit Gleijeses. [5]

Finalement, Diallo et ses compatriotes ne rejoignirent pas la lutte contre l’apartheid. Quand le gouvernement cubain apprit que les étudiants africains voulaient participer à la mission militaire, il leur fit savoir par le canal de leur université qu’ils devaient rester à Cuba.

Même s’il n’avait jamais mis le pied en Afrique du Sud, Diallo dit qu’il se rendait compte de ce que les Sud-Africains noirs enduraient sous le système d’apartheid. « J’étais bien conscient de ce qu’ils ressentaient quand on leur faisait savoir qu’ils valaient moins que rien, qu’on leur disait où ils devaient habiter et où ils pouvaient ou ne pouvaient pas aller » se rappelle-t-il. Débarrasser l’Afrique de l’apartheid, ce que Castro appelait “la plus belle des causes” valait la peine qu’on aille se battre. [6].

Pourtant, Diallo est content, aujourd’hui, que les Cubains aient insisté pour que les étudiants servent dans le civil plutôt que militairement. « Ils nous ont dit “Votre pays a besoin de vous. Nous apprécions votre offre, mais laissez-nous régler cette affaire-là. Restez ici, terminez vos études, et alors, rentrez et aidez vos propres pays.” »

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Références

[1] Gleijeses, Piero. Conflicting Missions: Havana, Washington, and Africa, 1959-1976. The University of North Carolina Press, 2002. Kindle edition.

[2] 27 juin 1975, Procès-verbaux du Conseil de Sécurité National (NSC), “Angola” (Document obtenu de la Gerald Ford Library, classeur Meetings NSC, boîte 2) http://nsarchive.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB67/gleijeses6.pdf  (pg. 3-4)

[3] Ibid. (pg. 7)

[4] cité par Gleijeses, 2002

[5] Gleijeses, op. cit.

[6] Instructions à la délégation cubaine à la Conférencee de Londres, “Indicaciones concretas del Comandante en Jefe que guiarán la actuación de la delegación cubana a las conversaciones de Luanda y las negociaciones de Londres (23-4-88)”, 23 avril, 1988, Archives d’Histoire et du Programme de Politique Publique, Archives des Forces Armées Cubaines. Obtenues et transmises au CWIHP (Cold War International History Project) par Piero Gleijeses, et incorporées au e-dossier N°44 http://digitalarchive.wilsoncenter.org/document/118134  (pg. 5)

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article43336.htm

Traduit par c.l. pour Les Grosses Orchades

9. matt peppe.jpg

Matt Peppe écrit sur la politique en général, sur la politique étrangère US en particulier et sur l’Amérique Latine. On peut le suivre  sur son blog Just the facts  http://mattpeppe.blogspot.be/,

sur Truthout http://www.truth-out.org/author/itemlist/user/50423,

sur Mint Press News http://www.mintpressnews.com/MyMPN/author/mpeppe/ 

sur counterpunch http://www.counterpunch.org/2015/10/19/the-imaginary-cuba... 

sur Latino Rebels http://www.latinorebels.com/author/mattpeppe/

et aussi sur Twitter https://twitter.com/peppematt?lang=fr .

 

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Le livre

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Piero GLEIJESES

Missions en conflit : La Havane, Washington et l’Afrique – 1959-1976

Paris, DELGA, 2015

(Pas de couverture disponible)

Note de lecture : http://www.recherches-internationales.fr/RI103/RI103_CR_G...

Pour en savoir plus sur l’« Opération Carlota ».

http://fr.granma.cu/cuba/2015-11-06/la-mission-internatio...

http://lautrecotedelacolline.blogspot.be/2015/06/loperati...

https://www.monde-diplomatique.fr/1979/01/MARTINIERE/34974

https://www.facebook.com/keminfos/posts/567043446776137

 

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Apartheid

Israël en Palestine

20 octobre 2015

Boycott, désinvestissement et sanctions. Viiiite !

 

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Ils dépouillent les habitants de leurs biens, ils bombardent leur villes et les enfants dans leurs écoles, dans leurs maisons ou sur la plage, ils créent des ghettos, ils arrachent les oliviers, ils font brûler vif une famille dans sa maison, ils partagent des villages en deux par un mur de la Honte, ils tirent sur les bateaux humanitaires, sur les barques de pêcheurs, ils maltraitent les journalistes, ils cassent leur caméras, ils les canardent et, si ça leur chante, ils empêchent qu’ils soient évacués (http://www.legrandsoir.info/on-peut-frapper-chef-on-peut-...), ils humilient, ils enferment par milliers les opposants dans leurs prisons, ils tuent sur une simple apparence, ils criblent de balles des hommes à terre, ils répondent par le canon à des jets de pierre, ils annexent, ils colonisent, ils s’emparent des terres et de l’eau, ils assèchent les lacs, ils déroulent des kilomètres de barbelés, ils multiplient les barrages baptisés checkpoints, ils méprisent le monde entier parce que la puissance des armes les rend supérieurs, ils s’assoient sur les résolutions de l’ONU et sur la réprobation universelle, ils rêvent de bombarder l’Iran, ils sont retenus par les USA qui craignent une troisième guerre mondiale, ils gouvernent avec leur extrême droite, ils acceptent une religion qui ne tolère pas les mariages mixtes, ils utilisent leurs fanatiques religieux comme avant-garde des brigands et des tueurs, ils prétendent que leur théocratie est une démocratie, ils arrivent d’Ukraine, du Canada, d’Afrique du Sud ou du Mexique pour dire que la Palestine est terre de leurs ancêtres, que Dieu la leur a donnée, que c’est écrit sur un parchemin qui fait force de loi, que Jésus (le messie, me souffle-t-on de toutes parts) va revenir incessamment pour le confirmer, que le peuple qui y vit et y travaille depuis des dizaines de siècles est un intrus (un intrus par sa « race »), ils prétendent que la vie d’un autochtone ne vaut pas celle d’un usurpateur fraîchement débarqué, ils se vautrent dans la consanguinité religieuse, dans l’intégrisme religieux, dans la guerre de religions, dans l’Inquisition, dans la création de fanatiques religieux comme moyen de voler un pays à son peuple.

Bref, ils colonisent, attaquent, pillent, brûlent, détruisent, expulsent, affament, enferment, assassinent des civils de tous âges par milliers et baptisent ces crimes « Le droit de se défendre ».

Qui alertera sur les drames, encore évitables, que les dirigeants israéliens et leurs soutiens étrangers préparent aux juifs ? Qui et quand ?

Ça urge, dans l’intérêt commun de deux peuples.

Théophraste R.

Source : http://www.legrandsoir.info/boycott-desinvestissement-et-...

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1er novembre 2015

Israël : ça commence à sentir le gaz (lisez la suite avant de ricaner)

 

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Dans une vidéo (*) filmée dans le camp de réfugiés d’Aïda, près de Bethléem, l’armée israélienne menace par haut-parleur de gazer les Palestiniens :

« Habitants d’Aïda, nous sommes l’armée d’occupation [sic, et CQFD donc]. Vous lancez des pierres, nous vous enverrons des gaz jusqu’à ce que vous en mourriez. Les enfants, les jeunes, les personnes âgées, vous allez tous mourir, nous ne laisserons aucun d’entre vous vivant. Nous avons arrêté l’un d’entre vous, il est entre nos mains à présent. Nous l’avons arrêté chez lui et nous allons le massacrer et le tuer sous vos yeux si vous continuez à lancer des pierres. Rentrez chez vous ou nous vous gazerons jusqu’à ce que vous en mourriez. Vos familles, vos enfants, nous tuerons chacun d’entre vous. Écoutez-moi, et rentrez tous chez vous, c’est le mieux pour vous ».

Théophraste R.
Comment commenter l’incommentable ?

(*) https://www.youtube.com/watch?v=QC5_W_zUzHc (sous-titré en anglais)


Source : http://www.legrandsoir.info/israel-ca-commence-a-sentir-l...

 

 

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L’appel au boycott d’Israël officiellement interdit en France

 

14. Latuff Boycott France.GIF

 

6 novembre 2015 

C’est officiel : la France est la seule démocratie au monde où l’appel au boycott afin de lutter contre la politique d’un État est interdit. Et des militants pro-palestiniens de l'organisation BDS l’ont appris à leurs dépens.

Le 20 octobre, la Cour de cassation a confirmé la condamnation de 14 militants du groupe Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) pour des actions menées dans un supermarché en 2009 et 2010, où ils incitaient, à l'aide de tracts, les consommateurs à boycotter les produits en provenance d’Israël, en raison de la politique menée par ce gouvernement. Ceux-ci ont écopé collectivement de 28.000 euros de dommages et intérêts à verser aux parties civiles, et d'une amende de 1.000 euros chacun.

Lire la suite…

Source : https://francais.rt.com/france/9868-boycott-israel-interd...

 

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Israël vole les organes d(e s)es victimes palestiniennes

 

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Il y a quelques jours, nous avions reçu un témoignage de Palestine sur l’assassinat d’Houmman Saïd, à Hébron. Selon ce témoignage visuel, il n’y avait pas de couteau au moment où le jeune homme a été abattu. Ce même témoin nous a affirmé que les corps des victimes ne sont pas rendus immédiatement aux familles. On comprend maintenant pourquoi. En supposant même que les accusations de prélèvement d’organes ne soient pas fondées (Israël est passé maître dans l’art de nier), le fait de séquestrer les corps montre qu’Israël ne cherche en aucun cas l’apaisement, bien au contraire. Rien n’empêche le régime de rendre immédiatement les corps aux parents pour que ces derniers puissent, au moins, enterrer dignement leurs enfants disparus si brutalement. Ne pas les disposer des corps de leurs proches défunts est pour eux une double perte que rien ne justifie, sinon un éventuel trafic d’organes ou une politique délibérée d’escalade dans la violence. RI

 

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L’Ambassadeur palestinien aux Nations Unies dit que le régime de Tel-Aviv prélève les organes des Palestiniens tués lors des affrontements avec les forces israéliennes dans les territoires occupés.

Mercredi, dans une lettre écrite au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, Riyad Mansour dévoile que les corps des Palestiniens tués par les forces israéliennes sont « rendus avec les cornées et d’autres organes manquants, ce qui confirme les anciens rapports sur les prélèvements d’organes par le pouvoir occupant ».

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Source : http://reseauinternational.net/israel-vole-les-organes-des-victimes-palestiniennes/

 

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Norman Finkelstein

De la culpabilité en politique, de la loi Gayssot, etc.

 

Pour avoir dénoncé l’instrumentalisation de la Shoah à des fins politiques (soutenir Israël) ou mercantiles (obtenir des réparations financières), le politologue états-unien, fils de survivants du ghetto de Varsovie, Norman G. Finkelstein, s’est fait interdire d’enseignement à l’Université DePaul de Chicago.

Dans un entretien réalisé le 11 janvier 2011 par Sylvia Page et Béatrice Pignède pour Clap36, l’auteur de « L’Industrie de l’Holocauste » revient avec humour sur les fondements d’un usage politique de la culpabilité. Il égratigne au passage la « stupidité française » qui a émis une loi punissant la négation de la Shoah et érigé BHL au rang de philosophe… Il n’épargne pas non plus Obama dont il définit « le grand art » d’avoir cyniquement manipulé « les Blancs » en leur donnant bonne conscience de soutenir « un Noir » afin de ne « déranger aucun de leurs intérêts principaux ».

 

 

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16. street art palestinien sud bande Gaza.jpg

Street art – Gaza

 

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Il n’y a pas qu’Israël au Moyen Orient :

 

Hassan Nasrallah : Mort à l’Amérique, à Israël et aux Saoud

dimanche 1 novembre 2015

Discours de Sayed Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah, le 24 octobre 2015, à l'occasion de 'Ashura, commémoration du martyre de l'Imam Hussein b. 'Ali b. Abi Talib, petit-fils du Prophète, troisième Imam du chiisme duodécimain.



Traduction et sous-titres : Salah Lamrani (Sayed Hasan)

 



Transcription : [Les propos entre guillemets reprennent des déclarations de l’Imam Hussein]

« […] Au nom de ce rassemblement massif en faveur de [l’Imam] Hussein, nous renouvelons haut et fort notre dénonciation véhémente de l’agression américano-saoudienne contre le peuple opprimé du Yémen et nous condamnons ces violations saoudiennes perpétrées contre toutes les saintetés au Yémen, sous les yeux et à portée de voix du monde entier qui reste silencieux face aux plus grands massacres actuellement perpétrés devant les caméras des médias du monde entier. [Audience : « Mort à la dynastie des Saoud ! »]

Je confirme notre prise de position aux côtés de la Résistance du peuple yéménite, de son armée, de ses comités populaires et de ses forces islamiques et nationalistes, et nous sommes fiers de leur Résistance héroïque et sommes convaincus de leur victoire prochaine, quelles que soient les capacités et moyens déployés contre eux, car leur sang pur triomphera des épées des tyrans et des envahisseurs.

De même, nous condamnons la répression par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe du peuple du Bahreïn, révolté, opprimé, croyant et endurant, et, en même temps, déterminé à obtenir ses droits en termes de liberté, de souveraineté et d’honneur, quels que soient la répression et le terrorisme déployés contre lui.

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Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2015/11/hassan-nasrallah-mo...

 

 

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U.S.A.

Science sans conscience…

Les Etats-Unis viennent de dépenser 150 millions de dollars pour tester des « drogues de récréation » sur des animaux.

 

17. monkeys drugs.jpg

 

C’est en anglais, sur RT, et il y a une vidéo.

https://www.rt.com/usa/321177-animal-testing-study-resear...

 

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De l’art à base de dents, de cheveux, et d’os humains

Exposé à Saint Louis

18. APEX.jpg

C’est aussi en anglais, aussi sur RT, avec des images et  une video.

Source : https://www.rt.com/usa/321170-teeth-hair-art-predator/

 

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France

(mise à part l’interdiction de boycott)

 

Vous avez dit indécent ? Ooooh…

La Russie reçoit avec écœurement les caricatures de Charlie Hebdo sur le crash de l’A321

6 novembre 2015

C’est avec beaucoup de colère et d’amertume que les Russes ont réagi à la publication dans la revue satirique Charlie Hebdo de caricatures tournant en dérision l’accident de l’A321 qui a fait perdre la vie à 224 personnes.

Une caricature intitulée « Daesh: l'aviation russe intensifie ses bombardements » montre des débris de l’avion et des fragments de corps humains tombant sur un combattant de Daesh. Charlie Hebdo fait ainsi référence aux frappes aériennes russes contre Daesh en Syrie. Un autre dessin nommé « Les dangers du low-cost russe. J'aurais dû prendre Air Cocaïne »représente un crâne avec des lunettes de soleil, un avion russe carbonisé en arrière-plan. On fait ici référence aux deux pilotes français qui ont fui la République dominicaine afin d’échapper à leur condamnation à 20 ans de prison pour trafic de stupéfiants.

Lire la suite…

Source : https://francais.rt.com/international/9872-russie-recoit-...

 

20. Siné.jpg

 

21. GUCCI.jpeg

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« D’où vient le mal ? Des bourgeois. »

Robespierre

« La borghesia è il diavolo. »

Pasolini

 

22. arielle dombasle à Pékin.JPG

http://www.vincentniclo.com/pekin-50e-anniversaire-des-re...

 

Vous savez ce que c’est, à nos âges, pas question de faire les commissions en une fois. Entre emphysème, arthrose et caddie à tirer, il faut s’arrêter au moins une fois pour boire un café entre le supermarché et l’arrêt du bus. Mais boire un café sans lire, c’est chiant. Cap sur un  « press-shop », c’est ce qu’il y a de bien dans les galeries marchandes. Et acheter quel merdia ? Sous Pan et Charlie Hebdo, aussi pires l’un que l’autre, tiens : La Décroissance. Banco. 2,50 € (3,50 € en Belgique, l’Europe, l’Europe, l’Europe !). On s’assied, on sort notre loupe (vous avez remarqué qu’il n’y a plus que des éclairages tamisés dans les bistrots de nos jours ?) et on jette un œil.

On tombe tout de suite sur un article qui nous plaît bien. Au point que vous allez y avoir droit ci-dessous. Un peu plus loin, manque de bol : une BD. « Elle voit des nazis partout », sous-titre : « Pour un monde meilleur, traquons le confusionazisme. » Dessin pas terrible, mais, bon. Histoire pas terrible non plus. Euh… nous, on dirait simpliste. Une gamine (Fourest ? Ornella Guyet ? lesdeuxmongénéral ?) fan de Val, Ferrire (haha), Nathalie Saint-Cricq, BHL, qui dénonce tout le monde aux flics de Hollandie, pas seulement les nazis mais aussi les rouges-bruns, en commençant par ses parents, sa prof, etc.

On a compris.  Sauf que… du berceau à la fin de la bande, elle se trimbale en chapeau. Bolcho (la pointe, l’étoile et les oreilles). Ça rime à quoi ? Si c’est pour dénoncer le confusionnisme ou ceux qui, abusivement, l’invoquent, c’est raté. Ça y ajouterait, plutôt. Du confusodécroissantisme ?

Quelque part, à un coin de page, on a l’œil attiré : Socrate, Rousseau, Thoreau, Tolstoï, Ellul. Quoi ?! Et on apprend que « Le Point publie cette rentrée un hors série : « Éloge de la vie simple, textes fondamentaux commentés de… » (voir plus haut). Et de s’étonner (La Décroissance) et de trouver que c’est quand même rigolo pour un sac de pub atlantiste. Et de donner sans sourciller les coordonnées du n° et son prix : 7,50 €. Achetez le Point ! (c’est le titre de l’articulet).

Que Le Point se fasse du fric sur le dos des ascètes et prêche l’austérité volontaire aux pauvres, c’est on ne peut plus logique. Ce ne sont pas ses abonnés qui vont suivre de pareils conseils, mais peu importe, s’pas ?

Quant à La Décroissance, sous prétexte qu’on prêche son catéchisme dans les mauvais lieux, c’est tout ce qu’elle trouve à faire (leur pub) ? Il n’y a plus de bibliothèques publiques en France ? Et les auteurs utilisés ne sont plus accessibles en éditions de poches. Apologie de Socrate (2 €), Le contrat social (3,65 €), De la marche (3 €), La désobéissance civile (2,50 €), La vie sans principe (2,60 €), Guerre et paix (16 € les deux tomes, mais c’est un des romans les plus longs qui existent), La mort d’Ivan Ilitch + Maître et serviteur +Trois morts (4,10 €), L’esclavage moderne (pas en poche : 9 €), Pour qui, pour quoi travaillons-nous ? (8,70 €). Au format kindle c’est encore moins cher. Un seul numéro du Point : 7,50 € (8,90 € en Belgique), pour avoir droit à Val et Botul grâce à Socrate, Rousseau & C°… De par ma chandelle verte et décroissante ! Merdre.

Mais on vous avait promis quelque chose de bien. Voilà.

 

Pour un regroupement des groupies ?

La démocratie sans le peuple

 

Alain Accardo – La DécroissanceOctobre 2015

23. bobos branchés.gif

Jean-Luc Mélenchon a déclaré, dans une de ses dernières interventions publiques, sa volonté d’« élargir » le Front de gauche aux frondeurs du PS et aux écologistes. Je ne vois aucune objection de principe à opposer à l’idée de « rassembler » le plus largement possible les forces capables d’imposer un changement politique véritablement démocratique en France. Même si cette intention de « rassemblement » ne me paraît pas dénuée de visées électoralistes, je veux la prendre au sérieux et dire ce qu’elle m’inspire.

Puisque l’attachement du Front de gauche et de son principal animateur aux principes démocratiques ne me paraît pas contestable, et puisque la démocratie, c’est la souveraineté populaire, c’est-à-dire le pouvoir de tout le peuple, y compris de ce qu’on appelle en sociologie des « classes populaires » (très nombreuses mais périphériques, banlieusardes, rurales, laborieuses, smicardes, sous-payées, sous-diplômées et dépolitisées), et puisque, parmi les électeurs du Front de gauche, comme d’ailleurs ceux de toutes les autres formations politiques, il ne semble pas y avoir pléthore de petites gens, je ne vois qu’une seule interprétation possible de la déclaration de Jean-Luc Mélenchon : ayant pris conscience de la désaffection grandissante des classes populaires pour les partis prétendument démocratiques et républicains et leur politique de gestion de l’ordre établi, le Front de gauche a décidé de s’adresser expressément aux classes populaires, comme le faisait naguère, mais ne sait plus le faire, le Parti communiste, pour qui les classes populaires se sont dissoutes dans un magma indifférencié, « les gens ».

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Sources : http://www.ladecroissance.net/

Texte en ligne piqué à : http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=5215

 

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Pendant qu’on y est, en voici une autre à découvrir :

24. Silence.jpg

http ://www.revuesilence.net/

(Ils en sont déjà à décembre 2015)

Voir, par exemple, en pdf, ce n°356 d’avril 2008 :

Comment les armées détruisent la planète

(car le réchauffement a bon dos)

http ://www.revuesilence.net/epuises/300_399/silence...

 

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Pour une fois que le Sénat français fait son devoir, saluons-le :

 

Langues régionales : une Charte antirépublicaine

Le Sénat dit non aux langues officielles multiples

Xavier Théry – Causeur 2 novembre 2015

 

25. langues-regionales-senat.jpg

 

Le Sénat de la République a heureusement rejeté le projet de loi de ratification de la Charte européenne des langues régionales. Nous avons sans doute échappé à un processus de désintégration politique et d’éthnification culturelle de l’espace public.

L’adoption de ce texte aurait ouvert la voie à la « reconnaissance officielle » de langues encore pratiquées par quelques centaines de milliers de locuteurs dans certaines de nos régions, c’est-à-dire à la légalisation de certaines langues comme administratives et de pratique commune.

Il ne s’agissait absolument pas, à travers cette reconnaissance officielle, de mettre fin à une oppression quelconque des locuteurs. Ceux qui veulent pratiquer « l’u corsu » en Corse, le « brezhoneg » en Bretagne, ou « l’arpitan » en Savoie  peuvent le faire en toute liberté dans leur espace privé, au café ou même l’apprendre à l’école. Ils sont moins de 70.000 en Corse, moins de 180.000 en Bretagne, moins de 600.000 en terre occitane, moins de 50.000 au Pays Basque, près de 80.000 en Savoie et 600.000 en Alsace, sans oublier 30.000 flamingants dans le Nord. En tout 1,6 millions de personnes pratiquant régulièrement et maîtrisant la langue de leurs ancêtres. Cela représente moins de 3% de la population française, 9% si on y ajoute les Français qui pratiquent occasionnellement ces langues ou en maîtrisent quelques notions.

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Source : http://www.causeur.fr/charte-europeenne-langues-regionale...

 

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CHINE

Des scientifiques chinois décodent le langage des pandas.

 

26. Panda.jpg

 

Des pandas géants bêlent comme des moutons pour dire « je t'aime » et gazouillent un joyeux « je fais » quand ils sont courtisés, selon les membres du personnel du Centre de reproduction des pandas de la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine).

Lire la suite…

Source : http://wang888.skynetblogs.be/archive/2015/11/06/des-scie...

 

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Vous avez de quoi lire pour au moins jusqu’à la Saint-Nicolas.

 

 

Mis en ligne le 8 novembre 2015.

 

 

 

 

23:56 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/11/2015

BOURRAGES DE CRÂNES ? À VOUS DE VOIR - II

1. Ulysse.jpeg

 

Bourrages de crânes ?

À vous de voir

II.

Mais avant tout :

2. Mimi.JPG

 

Les mêmes vœux à William BLUM ! Les Grosses Orchades et le chat du bord M. Mimi Makhno se réjouissent de le retrouver, lui aussi, sur la barricade, après quelques mois d’interruption pour cause de découragement passager et de gros ennuis de santé. On souhaite que ces ennuis soient derrière lui et que son moral regrimpe. Hier, en tout cas, on a reçu son

140e Rapport Anti-empire

 

qu’on vous met ici en V.O., en attendant que quelqu’un veuille bien le traduire. Il ne faut pas s’attendre, de la part de Bill Blum, à des raisonnements alambiqués-tortueux : simple répétition de FAITS connus mais jamais assez répétés : LA VÉRITÉ NUE.

Bravo et merci.

 

3. sabre-a-champagne-massena.jpg

Santé !

 

4. russep.GIF

 

« Tout ce que vous savez faire, c’est prendre et garder. Et rire en prenant et prêcher en gardant. »

John Cowper POWYS

(Si au moins ils s’arrêtaient de prêcher, ça nous ferait des vacances.)

 

« Comment éradiquer le marxisme culturel en une seule génération ? »

se demande gravement ces jours-ci un certain Brandon Smith (homme d’affaires et politicien US) qui ne se prend pour rien de moins que le Tom Paine des temps post-modernes.)

 

4. russep.GIF

Comment éradiquer la crétinisation de masse d’origine US en moins d’un demi-millénaire ?

 

[soit le temps qu’il a fallu à l’empire romain pour s’effondrer gentiment quoique non sans laisser bien des séquelles alors qu’il n’était pas crétin.]

 

6. Comment éradiquer.jpg

Membres du Mouvement Liberté se demandant comment ils vont pouvoir éradiquer les marxistes culturels sans se prendre les pieds dans leurs électrodes.

 

Au premier salmigondis que nous avons vu passer sous ce nom, nous avons haussé les épaules en nous disant tiens encore un, ils sont si nombreux, on aurait beau faire. Mais quand on en arrive à douze manifestes quasi coup sur coup (Luther, c’était combien en un seul ?), on se dit qu’il faut faire quelque chose, que la balance commence à pencher un peu trop du côté de l’agression contre les cerveaux sans défense de gamins qui ne vont jamais se méfier et qu’il est peut-être temps de gueuler au charron.

Car ceci se passe sur un site qu’on estime fort, à savoir le Saker Francophone, et s’étend à d’autres, qu’on estime aussi (et qu’on ne dénoncera donc pas).

On sait que la politique du Saker F. est de laisser ses collaborateurs exprimer librement leurs convictions, souci de démocratie interne qui l’honore grandement. Mais l’exercice de la démocratie n’interdit pas à ceux qui les trouvent dangereuses de mettre les pieds dans le plat. Ce que nous faisons ici en toute amitié.

Quelles peuvent être, d’ailleurs, les convictions de ceux (celles ?) que le néo-champion de la liberté à l’américaine a séduits au point qu’ils (elles ?) le traduisent avec ferveur presque systématiquement ? Impossible à dire, car la lecture des articles publiés jusqu’ici ne permet guère de décider si l’auteur est un pâle crétin qui ferait passer l’écolier limousin pour Pic de la Mirandole ou un bourreur de crânes à gages qui se bat les flancs pour justifier son chèque de fin de mois. À moins qu’un clone de Joseph McCarthy ?… Qu’importe, d’ailleurs, puisque le résultat est le même.

Pièces à conviction en vrac :

- http://lesakerfrancophone.net/un-dernier-regard-sur-leconomie-reelle-avant-quelle-nimplose-partie-1/

- http://lesakerfrancophone.net/un-dernier-regard-sur-leconomie-reelle-avant-quelle-nimplose-partie-2/

- http://lesakerfrancophone.net/un-dernier-regard-sur-leconomie-reelle-avant-quelle-nimplose-partie-3/

- http://lesakerfrancophone.net/un-dernier-regard-sur-leconomie-reelle-avant-quelle-nimplose-partie-4/

- http://lesakerfrancophone.net/un-dernier-regard-sur-leconomie-reelle-avant-quelle-nimplose-partie-5/

- http://lesakerfrancophone.net/un-dernier-regard-sur-leconome-reelle-avant-quelle-nimplose-partie-6-solutions/

- http://lesakerfrancophone.net/la-loi-martiale-est-elle-justifiee-si-isis-attaque/n

- http://lesakerfrancophone.net/le-gouvernement-mondial-a-venir/

- http://lesakerfrancophone.net/soyez-sur-vos-gardes/

- http://lesakerfrancophone.net/crise-syrienne-que-va-il-se-passer-ensuite/ 

- http://lesakerfrancophone.net/le-faux-paradigme-estouest-et-la-fin-de-la-liberte/

- http://lesakerfrancophone.net/comment-eradiquer-le-marxisme-culturel-en-une-seule-generation/

Et sans doute on en a sauté.

Il vous revient donc, avant de croire ce qu’on vous dit, de vous faire une opinion par vous-mêmes.

Notre choix, à nous, est vite fait : entre Pasolini et Blum (tout marxistes culturels qu’ils soient) et Brandon Smith (politicien républicain US anti-collectiviste) : pas d’hésitation.

Même si on n’est pas marxistes ? Oui, même.

Et pourquoi n’est-on pas marxistes ? Parce qu’on n’a pas vraiment compris grand-chose à Marx, qui est d’une lecture difficile pour les QI moyens que nous sommes. Et parce qu’on n’a jamais vraiment su dans quelle mesure ceux qui s’en sont réclamés dans le passé ont été ses fidèles interprètes ou l’ont trahi. Vous le savez, vous ?

Pour simplifier, on dira qu’on n’en est pas mais qu’on n’est pas contre : on est incompétents. Avec une tendance à prendre au sérieux des cerveaux (et des consciences) à la Pasolini, et d’avoir des doutes sur la science marxienne des sénateurs républicains du Kentucky.

Notre sentiment (on se limitera plus ou moins au dernier « manifestes », celui du titre) et un peu au précédent :

Quel sens tirer de ces ergotages ? Aucun. Parce que celui qui les a pondus est un Américain type (au sens péjoratif du terme). C'est-à-dire ? C'est-à-dire :

- ignare en politique

- ignare en histoire

- ignare en morale publique.

Mais pourquoi dire que ces trois particularités sont propres aux représentants les plus nombreux des États-Unis ?

Parce que, depuis leur fondation, chaque petit Américain s’est fait tripatouiller les neurones depuis l’école maternelle et peut-être même avant, s’est fait inoculer des notions à 100% fallacieuses alors qu’il ne pouvait pas résister.

On ne compte plus les chroniqueurs US - y compris chez ceux qui sont ou se croient progressistes et s’indignent ponctuellement de tel ou tel scandale - qui se répandent en lamentations sur le viol de leur sacro-sainte constitution et la trahison de leurs si vertueux pères fondateurs, viol et trahison qui seraient la cause des malheurs actuels (entendez l’effondrement de l’empire, pas la destruction de l’Irak et d’une vingtaine d’autres états).

Puisqu’il faut bien que quelqu’un le fasse, disons-leur ce qu’il en est vraiment :

Leur empire s’effondre PARCE QUE leurs pères fondateurs étaient des brigands et PARCE QUE leur Constitution n’a jamais été qu’une légalisation du meurtre et de la rapine. Leurs malheurs actuels et ceux bien plus graves du reste du monde ne sont que le résultat logique et inévitable de la création de leur pays par ceux qui l’ont fait. Mais il ne faudrait pas nous pousser beaucoup pour nous faire dire que la course à l’abîme n’a pas réellement commencé avec la déclaration d’indépendance, mais le jour où le premier européen – Anglais, Espagnol, Français, Hollandais ou autre – a posé le pied sur n’importe lequel des deux sous-continents, celui du nord ou celui du sud.

Seulement, c’est la déclaration d’indépendance et la constitution des nouveaux états qui a déclaré modèles à suivre les crimes perpétrés jusque là.
 

7. Houdon 7.jpg

George Washington, grand homme pour ses sculpteurs (onze copies en bronze de Houdon, six de Hubard), « tueur de villages » pour les Amérindiens.

 

Comment le savons-nous ? Parce que Robespierre nous l’a dit, expliqué, prouvé, lorsque les Girondins ont tenté d’en coiffer la France, et parce que nous avons appris à lire et à satisfaire nos curiosités avant que nos éducations nationales soient réduites en bouillie. On peut dire que la chose était déjà bien entamée quand le général De Gaulle est revenu aux affaires (1958). Sans doute a-t-il tenté de redresser la barre dans le sens de ses propres valeurs bourgeoises et catholiques de droite, ce qui eût été moindre mal, mais il n’y a pas réussi. Ni lui ni personne. En France ou ailleurs. Il appelait ça comment, Pasolini ? « Génocide culturel. »

Donc, les générations qui nous suivent ont été formatées pour avaler n’importe quel hameçon si pourri soit-il et ne pas savoir distinguer leur main gauche de leur main droite.

Mais c'est de Smith qu'on voulait vous parler.

Laissons de côté le « dernier regard » (en six parties) « sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose », parce que nous ne sommes pas au fait de ces finasseries capitalistes et vous non plus, et qu’il y a M. Frédéric Lordon pour ça. En français en plus (et quel !). Mais nous parierions notre dernière chemise que M. Brandon Smith annonce là tout bonnement ce que Karl Marx nous a promis il y a un siècle et demi (sans entrer dans les détails, on a lu au moins jusque là). Certes, sa prophétie a mis du temps à se réaliser. La raison en est simple : c’est que le capital à l’américaine, avant de condescendre à s’effondrer sous ses propres contradictions, a mis la planète entière à sac, dans une sorte de baroud d’honneur en somme. Seulement, elle n’est pas extensible à l’infini, la planète. Ne restent plus que la Russie et la Chine à achever de piller. Et voilà qu’elles n’ont pas l’air de vouloir se laisser faire. D’où la mauvaise humeur des Zuniens qui n’aiment pas beaucoup qu’on brime leurs appétits.

C’est cette mauvaise humeur qu’expriment les derniers billets du sénateur adepte de la liberté par les bombes.

Par exemple, une chose qui l’exaspère au dernier degré, c’est cette (fausse d’après lui) opposition gauche-droite :

« … L’argument de deux partis qui représenteraient des idées et des politiques opposées, disons l’un de droite et l’autre de gauche, est une idée stupide, acceptable seulement pour des penseurs doctrinaires et académiques [et les sots, NdT]. Au lieu de cela, les deux partis devraient être à peu près identiques, de sorte que le peuple américain puisse « renvoyer les canailles » à une élection sans conduire à des changements politique profonds ou étendus. Les politiques qui sont essentielles et nécessaires pour l’Amérique ne sont plus sujettes à d’importants désaccords, et ne se différencient plus que par des détails de procédure, de priorité, ou de méthode ».

Un conseil en passant à T, reçu par nous-mêmes il y a peu (merci Maria) : mieux vaut toujours s’abstenir de truffer ses traductions de NdT, premièrement parce que les gens qui lisent n’aiment pas qu’on leur dise ce qu’ils doivent comprendre, estimant qu’ils en sont capables tout seuls, deuxièmement parce qu’on risque toujours d’ajouter une sottise à celles de l’auteur, ce qui n’est pas vraiment nécessaire.

Que l’auteur renvoie dos à dos les deux partis US, on le comprend si bien que tout le monde l’a fait avant lui, mais sa négation du gauche-droite ne s’en tient pas là, car le reste du monde ne peut qu’être calqué sur les States :

« Je savais ce qui allait se passer en Syrie seulement parce que j’avais compris une chose importante, fondamentale, c’est qu’il n’y a pas de côtés dans un conflit moderne. »

Les classes et leur lutte ancestrale ? Foutaise, voyons, billevesées. Les homeless qui dorment dans la rue par tous temps, les noirs qui se font flinguer à vue comme lapins ou se retrouvent pour des années en taule sans savoir pourquoi (mais c’est si économique le travail des prisonniers), ne sont pas d’un côté et les sénateurs friqués adeptes de la liberté d’un autre : tous Américains.

Et, donc, en Syrie, si vous croyez qu’il y a des Syriens qui voudraient tellement qu’on leur fiche la paix et leur président élu (l’abominable Assad), une armée qui essaie de les défendre, des bandits recrutés dans tous les bas-fonds par devinez qui, drogués à mort par devinez qui d’autre et des Russes qui essaient de venir donner un coup de main aux assaillis, sinon, une fois la Syrie exsangue, les bandits viendront chez eux (ils y sont même un peu déjà), vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’aux clavicules. Tout ça, pour Brandon Smith le visionnaire, n’est que poudre aux yeux, et n’allez pas croire qu’il y a un Est et un Ouest qui s’affrontent (quid du Sud ?) :

 

« J’ai écrit sur la réalité que les intérêts politiques de l’Est sont tout autant contrôlés par les mondialistes que les intérêts politiques occidentaux depuis des années. Les lecteurs peuvent examiner la quantité considérable de données et de preuves que j’ai recueillies sur la Russie et Vladimir Poutine en particulier, et les liens entre l’Orient et les financiers internationaux et mondialistes bien connus dans des articles récents (…) En fait, j’avais prédit presque chaque aspect de la crise syrienne actuelle basée sur la connaissance que la dynamique Est / Ouest, était purement un conflit pré-fabriqué conçu pour diminuer la puissance américaine et son influence économique grâce à l’utilisation du chaos planifié, et je l’ai fait des années avant que les événements ne soient même déclenchés dans la région. »

 

Intéressants fantasmes, mais enfin, le public n’est pas psychiatre. On n’en finirait pas de citer, mais à ce compte, autant vous dire de tout lire et aller nous coucher.

Il faut pourtant qu’on relève, parce que le malheureux se gratte vraiment beaucoup, le mal qu’il faut penser de Vladimir Poutine, qui est cul et chemise avec le FMI, qui a pour conseillers les Goldman Sachs, qui va même jusqu’à serrer la main à Kissinger – on en passe et des pires – et qui, bref, n’est pas le héros que vous vous imaginez, bande de ploucs.

Les peuples, regrette M. Brandon  Smith

 

« … cherchent désespérément des leaders et des héros. Ceci est une condition indéniable de la vie humaine et d’une civilisation humaine. (…) »

« Pourquoi les gens sont-ils si souvent demandeurs de leaders et de figures héroïques ? Quels sont les moteurs de l’institutionnalisation de la hiérarchie, de la célébrité et de l’idolâtrie géopolitique ? Je crois que cette condition est causée par trois facteurs, la peur, l’ignorance et l’apathie. »

« Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des personnes au cours de l’histoire qui valent qu’on s’y attarde, ou qu’admirer un  héros particulier soit une erreur. Les héros et parfois les dirigeants peuvent agir comme des références, nous aidant à aspirer à un plus grand accomplissement personnel et à une réussite extraordinaire. Le problème est que beaucoup de personnages historiques étiquetés comme héroïques, sont en fait des monstres grimés en sauveurs par des historiographes intéressés. Les héros réels (ces cent dernières années en particulier) sont le plus souvent peu encensés, et restent méconnus. »

 

8. poing mythique.jpg

« Personne ou presque ne fait attention à lui, l'homme qui ne lève pas le poing sur cette photo mythique. Et pourtant... C'est peut être bien lui le plus grand héros de cette scène ! »

 

Finalement, ayez les héros que vous voudrez, mais pas Poutine ! Et, de préférence, pas des blacks.

Mais non, cher animateur du Mouvement Liberté, « les peuples » n’ont pas désespérément besoin de héros, même si, quelquefois, ils en produisent. C’est l’Amérique (du Nord, la vôtre) qui a désespérément besoin de croquemitaines, besoin de cristalliser « le mal » sur une personnification « facile à identifier et facile à haïr » (J.C. Powys encore). L’ennemi ainsi désigné à l’exécration des foules mesmérisées, on peut espérer qu’elles se jetteront sur lui ou vous laisseront le faire, sans jamais songer à jeter plutôt un  œil sur vous et sur vos crimes.

Est-ce à dire qu’il n’y a pas d’intellectuel qui vaille aux États-Unis, personne qui soit capable de rendre compte des réalités et de penser juste ? N'exagérons pas : il n’y a pas une seule phrase à jeter chez William Blum cité plus haut. Et découvrir Yu Shan sur le site de Dmitry Orlov (« La rage des élites culturelles ») a été pour nous une surprise parfaitement jubilatoire. Ils ne sont pas les seuls, mais ils ne sont pas nombreux, et, souvent, sont venus d’ailleurs, avec, déjà, une histoire assez terrible sur le dos ou héritée de leurs parents. Une histoire qui les a désinfantilisés, contrairement à l'immense majorité de leurs compatriotes.

Mais, bon sang, nous qui parlions de prose d’anthologie à propos de celle de M. Malachenko.… Pipi de sansonnet, comparée à celle-ci !

Ce qui nous sidère, c’est qu’elle arrive à manipuler des gens dotés de leur cinq sens, sachant lire et écrire, et même traduire. Pourquoi vont-ils si loin se chercher des gourous-homoncules, alors qu’ils ont toutes sortes de géants chez eux ? Eh bien, ils préfèrent les homoncules, et les géants ne les intéressent pas. Pauvre Gulliver ! Pauvre Pantagruel ! En somme, c’est comme si on leur avait donné à manger de la merde depuis leur premier biberon et que, malgré cela, ils soient quand même arrivés à survivre jusqu’à dix, vingt, trente, et même peut-être quarante ans. Vous leur offririez des truffes et du caviar... On parie qu’ils vous les refuseraient. Les truffes et le caviar ne sentent pas assez la merde. Ce n’est pas leur faute, certes. Mais qu’est-ce qu’on leur a fait !

Conclusion

Lire Brandon Smith est perdre son temps.

Le traduire est gaspiller des énergies qui font cruellement défaut ailleurs.

Le faire lire n’est pas qu’une erreur, c’est une mauvaise action.

 

C’était notre contribution – non sollicitée – au débat démocratique.

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Brandon Smith, homme d’affaires et politicien US, né le 14 juin 1967 à Hazard (Kentucky), a été membre du Congrès des États-Unis de 2001 à 2008. Il est sénateur (républicain) depuis 2008. Il anime une petite faction appelée Mouvement liberté et s’exprime principalement sur le site  http://www.alt-market.com/

http://www.lrc.ky.gov/legislator/s030.htm

https://en.wikipedia.org/wiki/Brandon_Smith_%28politician...

 

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Tiens, revoilà le serpent de mer, le monstre du Loch Ness, bref Robespierre !

Cette fois, c’est Zemmour qui s’y colle. Dans le Figaro ?

Ouiiiii.

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Avant-Première : Robespierre est-il indéfendable ?

LA CHRONIQUE D'ÉRIC ZEMMOUR - La Revue des Deux Mondes a la bonne idée de faire le point sur Robespierre. Un sujet toujours controversé et passionné. Qui apprend autant sur nous que sur l'Incorruptible.

C'est une querelle française, inimaginable ailleurs, avec son cortège d'hystérie, de mauvaise foi, d'arrière-pensées. Robespierre continue d'agiter les passions françaises. Et de les révéler aussi. La Revue des Deux Mondes le prouve s'il en était besoin, dans son excellente livraison de ce mois-ci. Mélenchon et Onfray continuent de s'étriper par Robespierre interposé. On relit avec délectation, pour le style, le réquisitoire de Taine contre Robespierre, incarnation à ses yeux d'une Révolution maléfique. Robespierre est bien pratique ; il sert à tout, incarne tout: l'esprit révolutionnaire, la Terreur, la Révolution française, mais aussi la soviétique, chinoise, cambodgienne, etc., la gauche, Rousseau, l'État, la virilité ostentatoire mais aussi le refus rigoriste et poudré du débraillé, les dangers de la vertu et du fanatisme religieux et politique.

« Robespierre n'eut jamais de ...

Pour lire la suite, il faut payer. On ne peut rien pour vous.

Peut-être que Brandon Smih, bientôt… On vous tient au courant.

 

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On y ajoute ceci, qu’on vient de recevoir (Zemmour y est aussi, en posture d’accusé, car l’appel vient de Libé) :

 

Dossier : Les « migrants » et le lobby « aristocrate » (1/2)

 

À l’occasion de la publication par Libé d’un « Appel des 800 », l’OJIM revient sur les coups de pression médiatiques exercés par le lobby très élargi de ceux que Philippe Muray appelait les « artistocrates »…

Lire la suite…

 

Source : http://arretsurinfo.ch/dossier-les-migrants-et-le-lobby-a...

 

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Ha ha ha ha !

(Pardon, c’est nerveux.)

 

http://actualite.meteoconsult.fr/actualite-meteo/2015-10-...

 

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STALINE

 

Attention !

 

Début d’une offensive de grande envergure.

Le clairon sonne et les tambours battent dans les merdias.

Pourquoi ? Il n’est pas mort, Staline, depuis 1953 ? Si, mais malgré le mal qu’ils se sont donné pour dézinguer Poutine, ça ne marche pas [90% de soutien à l’intérieur, et mieux vaut ne pas trop chercher à savoir combien à l’extérieur].Que le petit père Joseph numérote ses abattis et que les Russes ramassent leurs morts en fermant leurs gueules, ça va saigner.

Ils auront vraiment tout essayé, non ?

TOUT.

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« Apocalypse Staline » : itinéraire d'un tyran au microscope

Documentaire en trois parties d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle, réalisé pour France2.

(Furet est mort, mais la relève est assurée. Ouf !)

 

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Au choix :

http://www.parismatch.com/Culture/Medias/Paris-Match-et-Staline-des-pages-d-histoire-858291

http://www.franceinter.fr/emission-l-instant-m-clarke-et-costelle-maitres-des-archives

http://www.lesinrocks.com/2015/11/03/actualite/la-polemique-autour-dapocalypse-staline-est-elle-justifiee-11785198/

http://www.causeur.fr/evenement-staline-invite-de-causeur-35222.html

http://www.parismatch.com/Culture/Cinema/Isabelle-Clarke-et-Daniel-Costelle-l-histoire-d-une-passion-581982

http://www.la-croix.com/Culture/Television/Apocalypse-Staline-se-souvenir-du-Petit-pere-des-peuples-pour-le-pire-2015-10-31-1374867

http://www.causeur.fr/apocalypse-staline-documentaire-35237.html

http://www.causeur.fr/apocalypse-staline-daniel-costelle-isabelle-clarke-35249.html# [« Sans Staline, la Russie serait devenue les États-Unis ». On dit merci qui ?]

À compléter au fil des salves…

 

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Le tsunami de crimes français qui roule depuis des décennies en Afrique ? Bof. Staline on vous dit !

 

QUAND MÊME…

Un site à consulter et à suivre :

http://survie.org/

 

Et un message qu’on a reçu, parmi tant d’autres :

 

« Sujet : Criminalité africaine de la France. Après l'Angola, voilà le Soudan.

Nous le savons tous, en Angola, la France a armé les deux clans d'une guerre civile qui a duré 25 ans et qui a fait 500.000 morts.  Ces 500.000 morts étaient le prix à payer pour nous permettre de mettre la main sur le pétrole de ce pays.  Sans le pétrole de l'Angola et de bien d'autres dictatures africaines, pas de croissance.  Pas de dictatures, pas de croissance.

Comme notre barbarie est sans limite, nous avons trouvé un nouveau terrain, le Soudan.  Le Monde en date 1 novembre nous donne quelques détails sur les atrocités en cours dans ce pays, viols, torture, massacre....

À Calais, en décembre 2014  j'avais rencontré beaucoup de Soudanais qui avaient fui l'enfer de ce pays.  L'enfer de Calais est tout de même moins pire que l'enfer de Juba.

 

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Pas de doute, nous sommes dans un monde de barbares...

Info www.survie.org   

À  lire “France Afrique, diplomatie, business et dictatures”.

À bientôt.

Clément Wittmann.fr »

 

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Juste comme ça, en passant :

 

On ne parle plus français au Congo-Brazzaville

____________________________________________________

Une langue apparue sur les chantiers de la République du Congo

WALA WALA

Louise Culot – Le TigreN°s 48-49

 

15. babel_minia_002.jpgImaginez un chantier où les ouvriers sont des poètes sonores. Leurs inventions langagières donnent lieu à une bretelle d’autoroute, un port, un aéroport que vous pourriez un jour emprunter. Serait-ce le rêve d’un ingénieur civil perché, le scénario d’un film dada, un tableau surréaliste sur les grands travaux inutiles ? Non! Cette histoire, c’est celle d’un langage né sur les chantiers chinois de la République du Congo. Bienvenue en Afrique, là où de l’impossible à l’oeuvre surgit le wala-wala, un créole sinobantou poseur de fibre optique et échafaudeur de lotissements urbains. « Kesmaha ? » (« Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu ne comprends pas ? »)

Ici, le français, c’est fini, gaspillé, gâté, comme ils disent. Ce n’est même plus la langue des patrons. Les patrons, ils sont chinois. Les ingénieurs, chinois. Les fournisseurs,chinois. Les ouvriers, chinois !D’ailleurs, pour les enfants des quartiers populaires, tout ce qui n’est pas noir est chinois. «Chi-nois, Chi-nois, Chi-nois ! »  scandent-ils en choeur à la vue d’un blond,d’un brun, d’un Russe, d’un Belge ou d’un Français qui croise leur chemin.Tout le monde y passe, sauf les Libanais,peut-être. Contrairement aux coopérants occidentaux historiquement retranchés dans des périmètres bien gardés, les Chinois vivent dans tous les quartiers de la ville, pourvu qu’ils se réveillent proches de leur lieu de travail.Si vous ouvrez le Guide du Routard consacré au Congo, vous lirez sûrement que la Mecque de la sapologie s’est un jour affublée du sobriquet bucolique de « Brazza-la-Verte ». Vous lirez sur ses manguiers monumentaux et sur son zoo impérial à la renommée jadis continentale. La Verte a ainsi répliqué à son éternelle rivale Kinshasa, aka « Kin-la-Belle » et à sa plus lointaine voisine, « Bangui-la-Coquette ». En somme, les capitales bantoues jouent de la métaphore toponymique pour incarner leurs rivalités ancestrales. Pour autant, Brazza est aujourd’hui aussi verte que Bangui coquette. Nommée d’après le bien-aimé explorateur franco-italien Pierre Savorgnan de Brazza, la capitale grisonnante croule désormais sous des remblais de gravats et de béton armé.

 

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Depuis que la Chine s’est imposée comme premier partenaire économique du Congo, la politique des grands travaux amis le grand braquet. Les entreprises françaises ont vu la manne passer demains. Les casques et les pelleteuses aux sinogrammes ont déjà mené à bien des constructions éloquentes à Brazzaville : le palais des congrès, la bibliothèque universitaire de l’université Marien-Ngouabi, le Centre de démonstration des techniques agricoles, l’hôpital de l’Amitié sinocongolaise de M’Filou, le grand stade Massamba-Débat, l’académie militaire Marien-Ngouabi, le barrage de Moukoukoulou et l’aéroport international Maya-Maya. Depuis février 2014, l’entreprise China Road and Bridge Corporation (CRBC) a initié le gros oeuvre de la prolongation du boulevard de la Corniche, un axe urbain bordant le fleuve du nord au sud de la capitale, avec à la clé la construction d’un viaduc le long de la présidence. L’entreprise pharaonique changera le visage de plusieurs quartiers de la capitale. L’amitié sino-congolaise imposant son quota d’employés locaux, la main d’oeuvre sur le chantier de la Corniche est mixte.

C’est précisément là, au bord du fleuve et non loin de l’illustre « Case de Gaulle »,la résidence de l’ambassade de France,que j’ai vécu ma première expérience du wala-wala, aussi nommé miso-miso. La première expression vient du français« voilà », la deuxième du lingala miso, qui signifie « œil ». L’expérience est d’abord visuelle, sous la forme d’une ribambelle d’ouvriers congolais et chinois surgissant bras dessus, bras dessous, dans l’entr’ouverture d’une palissade de tôle ondulée.Le pas alourdi par une journée d’ouvrage et de soleil, ils s’éparpillent au passage des joggers à la foulée engourdie par une journée de bureau et d’air conditionné.Cette rencontre se déroule toujours à dix-huit heures, juste avant la tombée de la nuit, la seule demi-heure de clémence en termes de chaleur. La convivialité qui émane de cet ensemble iconoclaste tempère les railleries ressassées dans les soirées d’expat’ ou au grand marché. Que les Congolais détestent les Chinois, que toute cette main d’oeuvre est un trafic de bagnards, qu’ensemble ils ne font rien de bon, que les grosses pluies au village, ce sont les Chinois qui jettent des sorts, que ceux-ci exploitent ceux-là, que les Français payaient mieux, etc. Soit. Là n’est pas la question. Une question plus pressante apparaît: comment communiquent-ils ?

« “Moi ni wolo wolo paler avec toi.” [« On va parler. »] Le miso-miso est un moyen de communication. Un peu comme l’anglais », dit Coconde, un jeune Congolais connaisseur du wala-wala. Lui-même n’est pas ouvrier et n’a pas été instruit sur le terrain mais par l’intermédiaire d’amis. Il a ensuite été amené à le pratiquer à l’occasion de transactions commerciales avec des Chinois.

17. Meister_der_Weltenchronik_001.gif

À part quelques rares diplomates et commerçants implantés en Afrique francophone depuis plusieurs années, les ingénieurs et patrons chinois s’intéressent peu à la langue française. Les entreprises payant des interprètes pour communiquer avec les clients et les partenaires locaux,ils emmènent leur interprète partout,au restau, à l’aéroport, à la douane,au marché, au casino, comme un vademecum vivant. Certains Chinois parlent le lingala. Sur le chantier de la Corniche,un militaire amusé d’être interpellé raisonne tout haut : « C’est vrai que plus de Chinois que de Français maîtrisent le lingala. En fait, ils ont tout intérêt, puisqu’ils ne travaillent qu’avec des Congolais. En revanche, les Français n’ont jamais eu besoin d’apprendre. » Du côté congolais, l’accès à la langue chinoise a été démocratisé avec la récente inauguration d’un Institut Confucius au sein de la fringante bibliothèque de l’université Marien-Ngouabi. Des cours y sont dispensés quotidiennement selon un tarif dégressif allant de30.000 CFA (45 euros) par mois à 5.000CFA (7 euros) par mois. Le directeur de l’Institut, M. Wang (qui, lui, parle très bien le français) et son équipe mixte de professeurs (deux Congolais, deux Chinois)se font un plaisir d’accueillir tout le monde. Roudy, l’un des élèves de l’Institut,confie qu’il s’absente du collège deux fois par semaine pour assister aux leçons. Il compte bien apprendre le chinois et est fier d’avoir déjà atteint le niveau 2, le plus haut de l’école.

De retour sur le chantier de la Corniche,tout le monde convient que les Congolais sont des polyglottes-nés, mais de là à apprendre le chinois pour une poignée de CFA de salaire journalier, plutôt chanter Malbrouck. Quant aux ouvriers chinois,contrairement aux patrons, ils ne sont jamais flanqués d’un traducteur. Cela ferait trop de monde sous les grues — surtout qu’il en arrive sans arrêt des nouveaux.Du coup, pour communiquer entre collègues,c’est la bricole.

« Les origines du miso-miso remontent à une petite dizaine d’années, quand les Chinois ont commencé la réhabilitation du barrage de Moukoukoulou dans la Bouenza. Ils étaient de nombreux ouvriers à venir travailler. Petit à petit, ils se sont mis à employer des mots en lingala pour se faire comprendre. Après le barrage, ils se sont installés dans tout le pays, dans la construction, le commerce, le transport. Progressivement, le wala-wala s’est répandu, de plus en plus de mots l’ont intégré et les Congolais ont commencé à le pratiquer aussi. C’est un peu comme le verlan, ça évolue tout le temps », explique Coconde.

Le wala-wala est un lexique en devenir qui s’étend au fur et à mesure que des ponts et des villas sont érigées. Selon Frey, un manoeuvre Congolais, « c’est un langage coupé cloué qui ne nécessite aucun apprentissage,ce n’est qu’une question d’habitude ». Si les mots en lingala et en français dominent, certains termes sont issus du chinois, comme le primordial « kesmaha ? » (« qu’est-ce qui t’arrive ? »). Le créole sinobantou compose ainsi avec des expressions idiomatiques empruntées aux parlers des uns et des autres, une syntaxe syncrétiste et de mots-valises associant français, mandarin, cantonais, lingala, lari ou munukutuba (les langues bantoues les plus répandues au Congo). Et ça fonctionne. Peut-être parce que les langues chinoises et bantoues, apparemment si éloignées, convergent en certains points, tant sur les plans de la syntaxe que de la morphologie ou de la phonologie.

Le lingala, comme le mandarin, le cantonais et la plupart des autres langues du monde à l’exclusion des langues européennes,est une langue tonale. La mélodie du lingala varie sur deux tons, un bas et un haut, alors que les langues chinoises utilisent trois tons (bas, haut et neutre). Les deux cultures font toutes deux également usage du procédé de redoublement. Par exemple, le mot « doucement » est l’objet d’un redoublement tant en mandarin (màn-màn) qu’en lingala (malembe-malembe). Le redoublement du nom en chinois peut servir à la construction du pluriel. Par exemple, rén, « homme », devient rén rén, « les gens ». Le redoublement du verbe d’action permet quant à lui d’en apaiser l’intensité ou d’en limiter la durée dans le temps : ainsi kàn, « voir » devient « jeter un coup d’œil » avec kànkàn. En lingala, le même procédé est employé pour exprimer la progressivité, ou simplement moduler l’intensité du sens d’un mot. Par exemple, à la question« Comment ça va ? », le Congolais (qui ne dira jamais « tout va bien », pour toutes sortes de raisons) répond « un peu, un peu », comme si « un peu » ne suffisait pas. Autre exemple, pour désigner 100 francs ou 1.000 francs CFA, les unités de valeur les plus communes dans l’économie locale [100 CFA = un pain ou une course en bus, 1.000 CFA = une portion de poulet rôti ou une course de taxi], les Congolais ne diront pas « cent » ou « mille » mais « cent, cent » ou « mille, mille », « deux cents, deux cents » ou « deux mille, deux mille », et ainsi de suite. Même si le procédé de redoublement n’exerce pas toujours la même fonction sémantique dans l’une et l’autre famille linguistique, le wala-wala, alias miso-miso, en a fait l’une de ses caractéristiques essentielles.

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Un autre trait qui rapproche le lingala du chinois autant qu’il l’éloigne du français est son recours à des classificateurs nominaux. En linguistique, le classificateur,ou spécificateur, correspond à un petit mot (préfixe ou suffixe greffé au mot ou groupe de mots dont il dépend) servant à qualifier un nom, à l’inscrire dans une classe selon un système de catégories sémantiques. Ainsi le lingala, où l’opposition de genre féminin/masculin n’existe pas, est assorti de plusieurs affixes indiquant la catégorie à laquelle appartient le mot ou la notion exprimée. Par exemple,le préfixe ma- désigne souvent des liquides : mafouta, « l’huile », mai, « l’eau », makila, « le sang ». Or le Chinois a un usage analogue de classificateurs, sous la forme de petits mots placés entre le déterminant et le nom. Ils organisent les noms selon leur forme ou leur quantité.

Apparu à la fois comme une nécessité de désigner et de classifier le réel, mais aussi comme un sésame pour résoudre et éviter des conflits dans des espaces polyglottes en construction, le wala-wala est une langue de l’action. « Aujourd’hui, quand les patrons chinois viennent sur le chantier, il ya toujours un ouvrier chinois qui traduit enmiso-miso pour que les Congolais comprennent aussi », explique Coconde. La fonction symbolique du wala-wala est neutre — là où le français incarne toujours la domination aux yeux des Congolais. Le wala-wala, à l’inverse, crée un lieu de convivialité entre deux cultures éloignées. Concrètement, ça donne des conversations du genre : « Chef aujourd’hui toi et moi pati casino ! — Hahaha ! Miso miso madamo,nikou ! » [« Chef, ce soir on va au casino ! — Hahaha, on va rencontrer des dames et passer du bon temps ! »]

Et c’est ainsi que le wala-wala est devenu l’étendard d’une mutation culturelle, d’un processus d’émancipation sociale passant par cette alliance inattendue. Le walawala permettrait même de bousculer le rapport de force patron-ouvrier en dotant les travailleurs d’une arme qu’ils inventent eux-mêmes. Depuis sa diffusion sur les chantiers de la capitale, les chefs chinois ne peuvent plus feindre l’incompréhension quand la petite main locale leur adresse des revendications salariales.

 

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Illustrations :

- La construction de la tour de Babel. Folio 89 verso de la Bible de San-Pere de Roda. Xè-XIè. MS Latin 6. Paris, Bibliothèque nationale de France.

- Construction de la Tour de Babel - Gravure tirée de la Bible de Louvain - XVI° siècle.

- La construction de la tour de Babel. Enluminure des Chroniques du Monde, XIVe siècle.

- Construction de la tour de Babel - Enluminure médiévale – 1475.

- Idem. Enluminure postmoderne.

Edité par Catherine, pour Les Grosses Orchades

 

Source : Le Tigre (momentanément en sommeil, on espère pas pour trop longtemps).


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Dernière minute :

 

COMAGUER SUR RADIO GALÈRE

 

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   http://www.radiogalere.org  

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Le 11 Juin 2014 COMAGUER avait réalisé en direct un long entretien téléphonique sur la situation internationale  avec PIERRE CHARASSE.

Ambassadeur de France, à la retraite depuis 2009, Pierre Charasse s’était installé au Mexique à l’issue d’une carrière brillante de diplomate.

Passionné par le vaste monde qu’il avait sillonné pendant quatre décennies, il partageait ses réflexions sur son blog « LA TOUR DE BABEL » (toujours accessible) et il n’avait pas craint, lui très haut fonctionnaire, ancien membre des cabinets ministériels de Claude Cheysson et Pierre Joxe, d’adresser au Chef de l’État une lettre ouverte très critique sur la politique de la France en Syrie (lisible sur son blog).

Pierre Charasse est décédé d’une longue maladie en Mars 2015.

 

La rediffusion de son interview du 11 Juin 2014 est un hommage modeste à cet homme de qualité et à son engagement.

 

11 NOVEMBRE 2015 A 20H

 

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Ultime dernière minute :

Raphaël Berland, journaliste et fondateur du Cercle des Volontaires, parti de Paris dimanche 1er novembre, est arrivé à Damas après une escale de 2 jours à Beyrouth. Il explique dans cet entretien, filmé le samedi 31 octobre (et non le 30 octobre comme annoncé dans la vidéo), ses motivations ainsi que le cadre dans lequel il effectue son voyage.

 

La voici telle qu’on l’a reçue et pas encore regardée. Et, bien sûr, on vous tient au courant de la suite.

 

 

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Mis en ligne le 5 novembre 2015.

 

 

 

 

23:04 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/11/2015

BOURRAGES DE CRÂNES ? À VOUS DE VOIR - I.

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Bourrages de crânes ?

À vous de voir

I.

 

C’est la Toussaint…

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On commencera donc par une brève de Théophraste R., parce qu’il vaut toujours mieux annoncer la couleur.

 

L’évêque méprisa le FMI et Dieu vit que cela était bon.

 

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Pour la « tous saints », je cède mon temps de parole à Dom Helder Camara, évêque brésilien (1909/1999).

1 - « Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » (1)

2 - « Je nourris un pauvre et l’on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n’a pas de quoi se nourrir et l’on me traite de communiste. »

Saint-Théophraste R.

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(1) Mais qui vous parle de chemise, d’Air France, de Valls et des médias ? Allons !

Photo : la croix singulière offerte au pape par Evo Morales a été sculptée par le père jésuite Luis Espinal, assassiné en 1980 par des paramilitaires.

 

Source : http://www.legrandsoir.info/l-eveque-meprisa-le-fmi-et-di...

 

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Une fois n’est pas coutume :

5. Chat lisant xx.gif

 

 

 

 

 

 

On a lu le journal

et on vous recommande le n° 740 du Monde Diplomatique, celui de novembre, parce qu’il n’est pas en libre accès et que c’est de celui-là qu’on va vous parler.

 

Il y a pourtant des années que, nous-mêmes, on ne le lit plus, ou plus guère, saturés qu’on est d’analyses souvent pertinentes qui ne débouchent jamais sur rien. L’action directe n’est pas son truc au Monde Diplo. L’indirecte non plus. Le jour où quelqu’un s’y écriera « Moteur, on tourne ! », le canard ne finira pas la semaine, noyé comme un chat par ses bailleurs de fonds. Pas tout à fait sa faute, mais pas la nôtre non plus. À force de sautiller sur le tremplin sans jamais plonger, on fatigue.

Mais, bon, quelqu’un qui nous connaît nous a signalé ce n° « à cause d’un article sur Robespierre ». On se l’est acheté et on y a trouvé des choses intéressantes. Dans plusieurs sens, dont quelques contradictoires.

Nos impressions pour ce qu’elles valent :

 

PASOLINI

 

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Il y a quarante ans - ce 2 novembre, jour des morts - qu’il a été liquidé avec la sauvagerie qu’on sait sur une plage d’Ostie. Le grand mort lui-même, sinon l’événement, méritait un numéro spécial. Il a droit à une quasi-page (quatre colonnes sur cinq) d’hommage. Mieux que rien. Et occasion de se mettre à jour sur ce qui a été publié sur son compte en français entre 2013 et 2015.

L’auteur, Sébastien Lapaque, fait de son mieux pour exprimer sa vénération – qu’on partage – mais n’apprend rien de nouveau à ceux qui connaissent PPP et pas grand-chose à ceux qui ne le connaissent pas. Comment le pourrait-il ? Quatre colonnes ! Comme si faire découvrir Pasolini aux jeunes couches barattées par les malfaisants formatages n’était pas d’une urgence absolue pour la survie de l’espèce !

Il y a donc intérêt à lire cet article, à lire les ouvrages repris en notes et surtout à lire Pier Paolo Pasolini lui-même. TOUT. Et à voir ses films. Peut-être tous aussi, même si on n’a jamais osé affronter Salò (ou les 120 journées de Sodome). Cela dit, avec ce qu’on a vu depuis en vrai, on devrait (vous devriez) être blindés.

Parmi les livres de Pasolini qu’il recense, l’auteur ne mentionne pas un de nos préférés (et même un de nos livres de chevet, avec l’Organt et L’invention de Paris, vous pouvez sauter ceci). Va voir qu’ils ne l’auront jamais publié en français ! Ils en sont bien capables. Traduit littéralement, cela s’appelle « Descriptions de descriptions » et ce sont, réunis en un volume, tous les articles écrits pendant plus de deux ans (du 26 novembre 1972 au 24 janvier 1975) pour les lecteurs de l’hebdomadaire Tempo. Une espèce de rubrique littéraire en somme, mais plutôt les réflexions que lui inspiraient ses lectures du moment, au fur et à mesure de la sortie et de la ressortie d’œuvres contemporaines ou classiques, nationales ou étrangères, publiées alors par les éditeurs italiens. Sa somptueuse indifférence aux lois du marché est restée un de nos profonds plaisirs.

Mais si, le voilà ! Descriptions de descriptions, Rivages 1984 (Rivages Pochothèque n°168). Nos excuses à la maison Payot.

Euh… pour le cas où quelqu’innocent se poserait la question… Pasolini et les Bergé-LGBT : ça n’a rien à voir. Ni de près ni de loin.

 

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ROBESPIERRE

 

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a droit, lui, à une page entière et à une image en couleurs de Gérard Formanger. L’article au titre ambigu – « Robespierre sans masque » - est surtitré « Deux siècles de calomnies ». L’auteur, un doctorant en sciences sociales, a choisi de l’écrire sous le pseudonyme transparent de Maxime Carvin. (Serait-ce qu’il y aurait quelque danger, pour l’issue d’études supérieures, aujourd’hui, en France, à se reconnaître robespierriste ? On le craint fort, pour ne pas dire qu’on en est sûrs.)

Donc, « M. Carvin » dresse une liste, loin d'être exhaustive, des calomnies en question. Il ne dit pas trop le pourquoi de leur persistance. Faisons-le pour lui : Robespierre est la terreur des parasites, le fléaudedieu des possédants abusifs, la trouille verte du parti de l’égoïsme qui n’a jamais cessé d’être au pouvoir dans son pays depuis sa mort. Tout cela, il l’a été de son vivant et continue de l’être - car « les morts de génie travaillent » - au point que si une classe d’âge, en France, disons de 15 à 30 ans, savait exactement de quoi il retourne, ceux qui ont le toupet de se faire passer pour une élite – gauche-droite, à voile et à vapeur – fuiraient en se bousculant et en emportant ce qu’ils pourraient de leurs rapines vers les îles Caïman et autres lieux accessibles à eux seuls, y changeraient dare dare d’identité, s’y feraient refaire le portrait par le premier chirurgien plastique disponible et s’y terreraient, comme des cloportes sous une pierre ! (Pardon les cloportes.) Leur seule trouvaille, en 225 ans, a été de vous faire croire à n’importe quel prix que vous devez en avoir peur aussi.

Quand on dit « à n’importe quel prix », c’est qu’on ignore, par exemple, combien l’extrême-droite US a dû débourser pour s’attacher les services de calomniateur à plein temps du suave Furet en prévision des dangers du bicentenaire, mais soyez sûrs qu’il ne s’est pas vendu pour des clopinettes et ses affidés non plus. Ni les autres organisateurs du machin, Président et ministres de la République en tête, qui ont trouvé spirituel d’offrir à bouffer du homard thermidor à Thatcher et à Bush père. Il disait comment, Robespierre ? « Gredins avec bienséance… »

Bon. Bref. Vous pouvez lire, c’est lisible. Et ce n’est pas déshonorant, mais pas glorieux non plus. Car l’auteur, en discipliné collaborateur du Monde Diplomatique, va aussi loin qu’il peut sans trop s’approcher des sujets qui fâchent. Une fois de plus, faisons-le pour lui : il est honteux, il est infâme, qu’il ne se soit pas trouvé en deux siècles un seul gouvernement de la République pour faire son devoir envers la Nation en mettant Robespierre au programme des écoles, en commençant par les primaires. Apprendre aux enfants qui il fut, ce qu'il a fait, pourquoi et comment. Son occultation volontaire, persévérante et, bien sûr, arbitraire, est la preuve qu’ils en ont peur, ce qui suffirait à les qualifier.

Or, un pays qui détourne, pour des raisons inavouables, le patrimoine - fût-il immatériel - de ses nationaux, n’est pas un état de droit, c’est une dictature.

 

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On n’a pas tout lu du reste, loin de là. Pas le temps et pas envie non plus (on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif). Donc on n’a pas même effleuré – sorry – les 9 à 10 pages consacrées au réchauffement climatique, aux océans, tout ça… Pas lu non plus les deux pleines pages sur la Chine : « Paysans chinois entre cueillette et internet » et « Les limites de la décollectivisation ». Là, on aurait dû (avec notre post Spécial Chine qui traîne depuis Noël de l’an dernier). On va peut-être. Plus tard. Sauté aussi les deux pages sur le Brésil : « Au Brésil, trois cents voleurs avec des titres de docteurs » et « Des collectionneurs d’art très courtisés ». On ne sait pas s’il y est question de la guerre acharnée que fait l’oligarchie mondiale à cet immense pays ni du rôle qu’il joue dans les BRICS. Pour plus tard aussi. Il semble par ailleurs qu’avec une démographie très élevée, aussitôt massacrée par tous les moyens possibles, l’Afrique pose un problème aux doctes statisticiens. Vous m’étonnez, René. Enfin, on a aussi sauté « La presse égyptienne mise au pas » parce que, où ne l’est-elle pas ? Dans les endroits où il n’y a pas d’Al-Sissi, elle s’y met toute seule.

 

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Côté Hexagone, on a lu la demi-page consacrée par M. Pierre Rimbert à

 

La guerre des bougons

Sur-titre : « Controverse intellectuelle ou cirque médiatique ? ». Disons cirque merdiatique et n’en parlons plus. Il s’agit, bien entendu des abonnés des plateaux télé, des couvertures de magazines et des déclarations fracassantes aussi choquantes que possible. M. Rimbert s’amuse des empoignades à fleurets mouchetés des pantins de service (Onfray, Finkielkraut, Zemmour, Kahn, Julliard, Debray, Plenel, Ruquier, etc. etc.) dont la tâche est de détourner l’attention des badauds de tout ce qui devrait les préoccuper. C’est bien troussé et amusant. Cela dit, on croit se souvenir d’un débat entre Régis Debray et on ne sait plus qui, sur un sujet bidon (Dieu ?) qui occupa jadis plusieurs pages du Monde Diplo. Mais c’est peut-être Debray qui a changé. On apprend également sans surprise que les zintellectuels préférés des directeurs de chaînes ou de journaux sont ceux qui se vendent le mieux et peu importe ce qu’ils disent.

 

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Dans

 

La dégringolade de la France

M. Serge Halimi, égal à lui-même, ne nous dit rien qu’on ne sache, mais le dit beaucoup mieux que n’importe qui, terminant son édito sur un tweet de Manuel Valls retour de Riyad, le 13 octobre dernier : « France-Arabie saoudite : 10 milliards d’euros de contrats ! Le gouvernement mobilisé pour nos entreprises et l’emploi. »

Voilà qui va te vous combler le trou de prestige des mistraux !

En note – in cauda venenum – une autre citation :

« Ce que j’entends, et je ne voudrais pas, bien sûr, faire preuve d’arrogance, c’est que la politique extérieure de la France est appréciée presque partout dans le monde – et par les Français. »

(Laurent Fabius, BFM-RMC, 2 mars 2015).

 

Dans

 

Quelques îlots résistent…

 

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Serge Halimi remet le couvert sur l’irruption fracassante, dans l’univers des médias français, de MM. Vincent Bolloré et Patrick Drahi, entre autres milliardaires désintéressés. Il n’a pas grand mal à se donner : il suffit qu’il énumère. La plus enragée des philippiques ferait pâle figure en comparaison de cet énoncé.

 

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Le Monde Diplo nous parle encore (page 9)  de la fronde en cours des industriels européens contre Google, qui serait une entreprise à visées totalitaires. Ah ?

Sous le titre

 

Joyeuse colonisation numérique

 

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Marie Benilde compare de façon assez réjouissante les affairistes hexagonaux d’aujourd’hui à ceux du début du XIXe siècle.

« Héritiers du capitalisme classique contre capitalistes numériques : le clivage rappelle l’affrontement qui opposa au XIXe siècle deux fractions de l’ordre aristocratique, les Bourbon de la Restauration, conservateurs et légitimistes, et les orléanistes, plus libéraux et ouverts sur le monde des affaires. »

On relève au passage une phrase de Mme Fleur Pellerin, qui vaut son pesant de cacahuètes :

« Tout le monde a bien conscience qu’il y a un problème, mais on n’arrive pas à le résoudre parce qu’il y a trop de complexité. »

Et cinq minutes avant sa mort, M. de la Palice vivait encore. Mais que fait dans un gouvernement cette dame ?

Bref, si vous voulez savoir à quelle sauce vous serez mangés et par qui, lisez. Vous pouvez aussi ouvrir des paris.

[Parenthèse à propos des orléanistes : M. Jean-François Parot, dans son dernier opus La pyramide de glace, s’en prend assez sévèrement au duc de Chartres, futur Philippe-Égalité. On espère qu’il ne va pas profiter de ce que son Le Floch y croise l’héritier enfant et le trouve bien élevé pour exonérer de ses méfaits le futur Louis-Philippe, protégé de Danton ou pas. Sinon, on divorce. ]

 

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Deux pages sur les Pays-Bas qui ferment leurs prisons :

 

Esprit de tolérance ou souci d’intendance ?

se demandent les auteuses Léa Ducré et Margot Hemmerich. La réponse est dans la question. C’est qu’enfermer les gens coûte cher…

On suggérerait bien aux Hollandais d’en revenir aux bons vieux pélerinages judiciaires, qui ont fait faire de si substantielles économies aux féodaux tout au long du Moyen-Âge. Sur les frais de construction d’inutiles prisons, sur les montagnes de pain sec et d’eau pour les condamnés et sur les pichets de rouge pour les matons, sans compter les défraiements des fossoyeurs, les aumônes aux curés, etc. Ça et les oubliettes : meilleur rapport qualité-prix.

Mais où mettront-ils, s’ils ferment, les prisonniers belges qu’on leur refile en sous-traitance ? Car la Belgique, elle, est carrément à court de geôles.

 

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FÉMINISME

 

Guerrières du verbe et de l’action

(1/5e de page à vue de nez) nous parle de Louise Michel, de Rosa Luxembourg, de Mika Etchebéhère (cherchez pas, c’est une Argentine) et de Monique Piton (des Lip). Z’ont oublié Emma Goldman, Flora Tristan, Séverine et quelques douzaines d’autres. Femmes d’action quasi toutes, ou peut-être même toutes. Les quatre, en tout cas, c’est sûr. Donc pas vraiment intéressantes pour la réflexion de référence.

L’auteur, Christophe Goby, nous apprend que viennent de sortir, chez La Découverte, des mémoires inédits de Louise la Rouge. Merci à lui pour l’info, on se précipite.

 

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LITTÉRATURE

À propos de plusieurs livres, dont une importante biographie qui vient de sortir et sur 1/5e de page aussi :

 

Les voix de l’empire évanoui

C’est de l’austro-hongrois qu’il s’agit. Et les voix sont celles de Stefan Zweig et de Robert Musil, autrichiens et contemporains, morts en 1942 l’un et l’autre. Le parallèle s’arrête là. On ne crache pas sur Zweig mais ce n’est pas vraiment la même pointure.

M. Pierre Deshusses nous apprend que, sollicité en 1927 par Romain Rolland pour signer un appel contre le fascisme, lancé par Henri Barbusse, Zweig a refusé. Sous prétexte que Barbusse fréquentait des communistes. Il voulait qu’on fasse aussi un appel contre le bolchevisme. Musil, lui, a signé. Qu’importe après tout puisque les pétitions ne servent jamais à rien qu’à donner bonne conscience pour pas cher à ceux qui les signent.

Conclusion, appuyez-vous les 2204 pages de L’homme sans qualités. Vous n’en sortirez peut-être pas intacts, mais ça vaut le coup. Sans compter que c’est traduit par Philippe Jaccottet. Un double monument. En deux volumes.

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La biographie dont il est question est la sienne :

Félix Joly – Robert Musil. Tout réinventer – Seuil 2015 – 578 pages.

 

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Et c’est là qu’on en arrive au kinder-surprise de ce numéro.

 

« Vladimir Poutine à la rescousse de Bachar Al-Assad »

Le pari syrien de Moscou

 

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Titres tellement rabâchés qu’on a d’abord cru avoir déjà lu. Ailleurs. Dans les habituels merdias. Mais non.

D’abord, « pari »… C’est quoi ce vocabulaire ? Et c’est qui, l’auteur ?

 

Par Alexei Malachenko*. Vous connaissez ? Nous non plus. Dieu bénisse les astérisques :

 

*Politiste, directeur du programme Religion, société et sécurité au bureau moscovite de la Fondation Carnegie pour la paix internationale. Dernier ouvrage publié : The Fight for Influence : Russia in Central Asia. Carnegie Endowment for International Peace, Moscou 2014.

 

« Aaaahhh » dit la vache en voyant le fromage. « Je comprends... »

On aurait dû vous laisser le plaisir de découvrir par vous-mêmes cette prose d’anthologie. Mais puisqu’on y était, on a lu. Et picoré à votre intention :

 

« Avant  sa mort en 2000, le président hafez Al-Assad avait enjoint à son fils Bachar’ de préserver ce lien [ avec la Russie] essentiel pour le maintien de son clan à la tête de l’État. »

(…)

« Plusieurs dirigeants politiques et officiers arabes nous ont fait part de leur nostalgie pour l’époque du président égyptien Gamal Abdel Nasser, c’est-à-dire les années 1950-1960, quand la concurrence idéologique entre l’URSS et l’Occident laissait aux Arabes une marge de manœuvre.

(…)

« La Russie espère consolider son influence tout en s’abritant derrière le droit international…. »

(…)

« D’un côté, M. Al-Assad ne jouit pas d’une grande popularité dans beaucoup de pays arabes. »

(…)

« Mais d’e l’autre côté, si M. Poutine veut démontrer tant à l’opinion russe qu’à ses partenaires régionaux sa puissance et sa capacité à venir en aide à ses amis, il ne peut faire preuve de faiblesse en “livrant” M. Al-Assad. »

(…)

« Peut-on imaginer résoudre le conflit par un accord ? Vu de Moscou, ce serait possible si les pays occidentaux acceptaient que M. Al-Assad demeure au pouvoir au moins pendant une période qu’il faudrait définir. » [Ils vont tomber sur un os, les Russkof : Fabius ne voudra pas.]

(…)

« Mais la partie d’échecs se déroule sur un terrain plus vaste que celui de la région. Apparaît en effet en arrière-plan l’hypothèse d’un “échange” de la Syrie contre le Donbass, région d’Ukraine déchirée entre les partisans d’un rattachement à la Russie et les fidèles au gouvernement de Kiev. En d’autres termes, si les États-Unis et leurs alliés prenaient davantage en compte les intérêts russes en Syrie, Moscou pourrait se montrer plus compréhensif vis-à-vis de l’Ukraine. »

(…)

[À propos de soldats russes en Syrie] « Les sources officielles  évoquent la mobilisation de deux mille hommes, les militaires estimant ce nombre “suffisant”. Mais tout cela pourrait n’être qu’un écran de fumée, car on a mesuré en Crimée la difficulté à connaître le nombre réel de soldats russes impliqués. »

(…)

« Selon les responsables occidentaux, l’objectif du Kremlin ne serait pas d’écraser l’OEI, mais de maintenir au pouvoir M. Al-Assad. »

(…)

« En un sens, l’OEI a servi les intérêts de la Russie, lui permettant de montrer à ses amis dans la région qu’elle pouvait encore jouer un rôle décisif. Moscou peut ainsi s’affirmer comme le protecteur des pays musulmans d’Asie centrale à travers l’“OTAN russe” que constitue l’OTSC. »

(…)

[ À propos de la crise des missiles de Cuba de 1962 et de Khrouchtchev, qui, se conduisant comme un vulgaire Poutine, avait décidé tout seul de les implanter à la porte de derrière des États-Unis.]  « La réaction très vive de Washington, qui décréta un blocus de l’île et menaça de l’envahir, obligea Moscou à faire machine arrière. »  [La réaction fut même si vive qu’elle dure encore, cinquante trois ans plus tard. Et si on se souvient bien, Washington ne menaça pas, mais essaya d’envahir Cuba, en y prenant la dégelée dont les jaloux parlent encore.]

 

Mais brisons là. Ceux qui veulent savourer comme il se doit ce texte fondamental le peuvent. Il leur suffit de débourser 5,40  € (6,50 en Belgique).

Entendons-nous bien : on ne prend pas le gouvernement russe pour une colonie d’enfants de chœur. On sait, au moins depuis Saint-Just, que personne, jamais, n’a gouverné innocemment. Même avec 90% d’approbation nationale. On sait qu’il y a une opposition en Russie (10% en ce moment, toutes tendances confondues) et que cette opposition ne se laisse pas oublier. Voir par exemple, rien que sur RT, les fréquentes interpellations à la Douma des partis minoritaires, les mises en gardes et/ou exigences formulées par des voies diverses, les initiatives extra-parlementaires, etc.

M. Malachenko exprime-t-il ici le désaccord, les critiques d’une partie au moins de l’opposition russe ? NON. MILLE FOIS NON !

Cette pseudo-analyse est un tract. De la propagande de guerre directement issue du Département d’État. C’est Washington qui, a son habitude, sous-traite ses bourrages de crânes à des kapos indigènes.

On peut, on doit détester la propagande de guerre, de quelque bord qu’elle soit. Parce que c’est toujours de la caricature, de la sur-simplification, qui offense ceux à qui elle s’adresse et les avilit. M. Malachenko prend les Russes pour des andouilles, et les Français dans la foulée.

Soit dit en passant, ce pathétique mélange de diffamation faux-cul et de méthode Coué en dit long sur l'état d’esprit qui règne chez les Zuniens. Ah, messeigneurs, sont-ils aux abois pour espérer pouvoir encore s’en tirer avec ça ! Pas plus M. Malachenko que ses employeurs ne soupçonnent un seul instant qu’il existe des gens – oui, même chez les politiques ! – pour qui gouverner n’est pas qu’un jeu où le plus habile et le moins scrupuleux écrase l’autre, mais un jeu qui a des règles appelées principes de morale publique, sans le respect desquelles il n’y a pas de vie possible sur la terre entre les hommes.

Pour tout vous dire, on n’aurait pas gaspillé sur ce machin le quart d’heure qu’on a mis à le lire si on l’avait trouvé n’importe où ailleurs. Mais, malheureusement, ce n’est pas ailleurs qu’il est, c’est dans le Monde Diplomatique.

Alors quoi ? Que signifient l’éloge de Pasolini et la défense de Robespierre à un bout du journal et ce déshonorant machin à l’autre ? À quoi servent au juste Louise Michel, la stigmatisation des milliardaires de l’Hexagone et la mise en boîte des abonnés au PAF, si c’est pour insulter les lecteurs en leur fourguant, juste en face, les prêches malodorants des Nuland, McCain et Clinton, par 5e colonne russe interposée ?

Les deux questions qu’on est forcés de se poser dès lors sont relativement simples :

Soit les responsables du Monde Diplomatique sont obligés, par contrat, d’ouvrir une partie de leurs colonnes à n’importe quoi échappant à leur contrôle, en échange de l’autorisation d’imprimer ailleurs ce qui correspond – peut-être – à leurs convictions, et à condition de ne jamais exprimer certaines vérités qui déplaisent.

Soit, ce qui paraît correspondre à des convictions n’est là qu’à titre de poudre aux yeux ou, si on veut, de lubrifiant chargé de faire passer l’enculage en douceur.

Dans un cas comme dans l’autre, il est spécieux de parler d’indépendance.

 

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Reste la question de savoir si, dans la seconde hypothèse, il faut considérer le clystère comme correspondant aux convictions réelles du Monde Diplomatique.

Voilà.

Pour ce qui nous importe à nous (« la chose même ») on attendra la renaissance de l’Ami du peuple ou de Combat.

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Mis en ligne le 2 novembre 2015

 

 

 

 

22:57 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/10/2015

SERGUEÏ GLAZYEV - LA SUITE

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Sergueï Glazyev la suite

(Il y a des pays où on parle vraiment politique.)

 

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Vladimir Pozner interviewe Sergueï Glazyev

Re-merci à Diane et à jj du Saker Francophone

 

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Propos recueillis par Vladimir Pozner – Le 20 octobre 2015 – Source thesaker.is

 

Préambule du Saker original

 

Vladimir Pozner est l’équivalent à Moscou du célèbre Savik Shuster à Kiev : l’un des pires parmi les pires journalistes libéraux démocratiques (dans l’acception russe de ces mots) là-bas. Vous verrez que la plupart de ses questions sont tendancieuses – il procède par sous-entendu, suggestion, en faisant appel aux émotions et aux amalgames. Si Shuster est une ordure idiote, alors Pozner en est une habile (ni l’un ni l’autre ne peut être qualifié de futé ou intelligent). Donc ne vous méprenez pas, Glaziev est là en territoire très hostile.  Et pourtant il détourne superbement chaque inanité et chaque tentative de Pozner de lui faire dire quelque chose à quoi il ne croit pas. Lorsqu’un homme habile en affronte un autre, vraiment intelligent, celui-ci gagne haut la main et c’est ce que nous voyons aujourd’hui : un maître qui réfute les affirmations d’un élève médiocre, mais arrogant. Cela donne une très intéressante interview avec l’homme qui veut faire pour l’économie russe ce que Poutine a fait pour l’État russe : la libérer du contrôle extérieur et la rendre véritablement souveraine. C’est aussi le cauchemar de tous les souverainistes atlantistes : voir la Banque centrale de Russie nationalisée et Glaziev nommé à sa direction.

 

Un grand merci à Eugenia pour sa superbe traduction [du russe, NdT]

Le Saker

________________ 

 

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Vladimir Pozner

Vladimir Pozner : – Voici l’émission Pozner. L’invité de cette émission est Sergei Glaziev. Je ne le présente pas, je ne fais pas la liste de ses prix et autres – il y en a trop. Vous êtes une personne très connue, Sergei Yurievich. Merci d’être venu.

Voici ce que dit Wikipédia à votre propos :

Profession : économiste. Activité : politicien.

Êtes-vous d’accord avec cette description ?

 

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Sergei Glaziev

Sergei Glaziev :  – Si nous nous rappelons, comme l’a dit un jour un classique, que la politique, c’est de l’économie concentrée, je suis en partie d’accord. Si nous prenons le mot dans son sens courant, que la politique est l’activité publique de l’exercice du pouvoir, alors non, du moins pour aujourd’hui.

V.P. :  – OK. Votre mentor, l’académicien Lvov, a dit ceci à votre propos : « En tant que scientifique, Sergei Glaziev est l’un des économistes les plus éminents en Russie depuis les années 1970. C’est dommage qu’il se soit lancé en politique. » Votre implication dans la politique – vous la regrettez ?

S.G. :  – Je regrette d’avoir été incapable de mettre en pratique les idées et les projets que nous avions développés à l’Académie des sciences et proposés maintes fois au gouvernement. Je vous assure, la situation dans le pays aurait été bien meilleure aujourd’hui, et nous aurions tous mieux vécu si les réformes et la politique économiques avaient suivi les recommandations scientifiques.

V.P. :  – Vous ne considérez pas le temps consacré à votre activité politique comme perdu ?

S.G. :  – Je ne le pense pas, parce qu’après tout, la science, c’est l’expérience. Considérant que nous vivons dans une période de transition si complexe, en tant que scientifiques participant au développement de ces idées et de ces projets, même si 90% de nos propositions sont rejetées, nous disposons déjà d’un immense champ expérimental. Il y a l’expérience russe, la chinoise, celle de nos voisins d’Europe de l’Est, et être un scientifique immergé dans ces processus est extrêmement intéressant. La combinaison de la science et de la pratique, bien que ce ne soit pas toujours possible en économie, conduit toujours à un enrichissement mutuel.

V.P. :  – En dépit de ce que vous venez de dire, je continue à vous présenter à nos téléspectateurs comme une personne à deux visages : Glaziev l’économiste et Glaziev le politicien – parce que dans les deux domaines, vous avez laissé et vous laissez une trace très particulière. Je partirai de ceci. Egor Gaidar, dans le gouvernement duquel vous avez travaillé, vous disait dirigiste, c’est-à-dire un promoteur du rôle régulateur de l’État dans l’économie. Il se trompait ?

S.G. :  – Dirigisme est une interprétation très commune de la manière dont l’État devrait réguler le développement économique. Le terme est dérivé du mot français. Non seulement en Union soviétique, mais aussi en Europe et en Amérique, et d’autant plus en Chine, au Japon, en Corée, dans d’autres pays, l’État est impliqué très activement dans les processus économiques. Parce que si l’État ne régule pas le marché, celui-ci est occupé par les monopoles, les spéculateurs et Dieu sait qui. Le rôle de l’État est de créer les conditions les plus avantageuses pour la croissance de l’investissement et de l’activité économique.

V.P. :  – Donc vous êtes favorable à une telle approche ?

S.G. :  – Je pense que les gens qui disent que l’État devrait rester en dehors de l’économie travaillent pour les intérêts de ceux qui veulent contrôler le marché. L’économie, ce n’est pas le chaos ; dans l’économie, il y a toujours quelqu’un qui dicte les règles.

V.P. :  – Sergei Yurievich, je vous ai posé une question simple : oui ou non.

S.G. :  – Oui, largement.

V.P. :  – Bien. En 2003, parlant de votre programme de développement de la Russie –  vous aviez proposé un programme à cette époque – le journal Profile a écrit qu’il consistait en quelques slogans simples et sans originalité : retirer le profit du secteur pétrolier, introduire un monopole d’État sur la vente de la vodka, transférer les bénéfices de la Banque centrale au budget de l’État, augmenter la taxe d’importation pour affecter l’argent au soutien de ce qui restait des industries de haute technologies soviétiques. C’était en 2003, je le répète.

Ces mesures impliquent une interférence directe de l’État, n’est-ce pas ?

S.G. :  – Vladimir Vladimirovich, ce ne sont que quelques éléments, et cités de manière déformée.

V.P. :  – Non, ils ne sont pas déformés.

S.G. :  – Oui, ils sont mal cités, considérablement. Un programme économique doit être systémique, incorporant la monnaie, le crédit, les taxes, les politiques budgétaires ainsi que les rapports de propriété entre le capital et le travail, etc. Ce programme proposé par mes collègues et moi-même était le programme de la croissance économique et de la hausse du niveau de vie. Il incluait le mécanisme de la planification stratégique, les mécanismes de la régulation étatique de l’économie dans l’intérêt d’accroître les investissements, et la création de conditions telles que notre potentiel économique tout entier puisse fonctionner. Ce que Profile disait à ce propos ne concernait que quelques petits fragments et, j’aimerais le souligner, il est vrai qu’ils ne contiennent rien de nouveau. Le bénéfice excédentaire est exproprié, comme ils le font en Amérique, en Australie, en Norvège. Le taux d’imposition dans le secteur pétrolier est beaucoup plus élevé que dans d’autres secteurs et pourrait atteindre 80% des bénéfices. En Angleterre, on l’appelle impôt sur le revenu excédentaire ; en Australie, il est appelé impôt sur la rente, l’impôt spécial qu’ils ont introduit lorsque les champs pétroliers ont été découverts ; en Norvège, l’industrie pétrolière est intégralement contrôlée par l’État.

Donc ils disent prendre, mais en réalité une régulation économique raisonnable devrait créer des conditions favorables pour les gens, de façon à ce qu’ils travaillent plus efficacement en utilisant leur potentiel créatif pour produire quelque chose de nouveau. Tandis que la ressource naturelle est quelque chose que Dieu a donné et elle appartient à tout le monde. Donc si nous permettons de privatiser les ressources naturelles, pourquoi les gens travailleraient-ils ?

V.P. :  – Je doute que cela soit vrai, en quelque sorte.

S.G. :  – Quoi qu’il en soit, dans tous les pays, l’État tente de s’approprier la rente des ressources naturelles, parce que cette partie du profit n’est pas due à un effort du travail, et le terme classique pour une telle action de l’État est « impôt sur le bénéfice excédentaire ». Nous l’avons effectivement introduit en 1992 : simultanément à la transition au marché, la taxe à l’exportation avait été introduite, qui a assuré un tiers du budget de l’État. J’étais alors responsable de ce domaine des régulations et je peux dire que ni le FMI ni d’autres experts qui sont arrivés en Russie de l’étranger ne s’y sont opposés. C’est parce que le but était de rompre avec la distribution administrative directe pour passer à une distribution indirecte au moyen de taxes sur la rente à l’exportation de ressources naturelles. Nous avons financé un tiers du budget avec cette taxe à l’exportation. C’est essentiel, le défaut de 1998 est survenu précisément lorsque l’État a supprimé cette taxe à l’exportation sous la pression de l’OMC et du FMI. Le gouvernement Primakov l’a réintroduite ; les revenus ont recommencé à rentrer. Actuellement, elle est en place, et dans notre programme nous ne proposons rien d’autre.

Second point. Les bénéfices de la Banque centrale ou, plutôt, les bénéfices excessifs de la Banque centrale, provenant de son droit à émettre de la monnaie, sont aussi transférés, dans tous les pays, au budget de l’État. Aux États-Unis, pratiquement toute émission d’argent par la Réserve fédérale va financer…

V.P. :  – Êtes-vous en train de dire que nous ne nous différencions d’eux pratiquement en rien ?

S.G. :  – En d’autres termes, il y a une politique économique raisonnable, et nous l’avons proposée, et il y en a une autre, qui sert des intérêts particuliers. Lorsque des gens disent qu’il n’est pas nécessaire d’imposer la rente naturelle, cela signifie qu’ils expriment l’intérêt de ceux qui profitent de cette rente, très probablement.

V.P. :  – Donc votre proposition de 2003 comprenait ces mesures dont vous avez parlé, et ensuite, en 2008, vous avez préparé une nouvelle proposition – je me souviens très bien, elle était en 10 points – je ne veux pas discuter des détails, nous n’avons pas le temps. Selon la presse, vous avez récemment préparé un nouveau rapport que vous étiez censé présenter à la Commission interdépartementale du Conseil de sécurité, le 15 septembre, je crois. L’avez-vous fait ?

S.G. :  – Oui, bien sûr. Il y a eu une réunion.

V.P. :  – Donc vous l’avez fait. Vous me corrigerez si je me trompe, mais les objectifs définis dans ce rapport sont tout à fait attrayants : 5% de croissance du PIB, augmentation de la production industrielle de 20% à 35%, augmentation des dépenses sociales, qui passent des 6.5% actuels à 40%, et tout cela en seulement 5 ans. Je n’ai mentionné que quelques éléments, mais ils sont tout à fait impressionnants. Pour une raison quelconque, je me rappelle – et je ne suis pas le seul – les plans quinquennaux de Staline. Cinq ans, et nous avons un puissant boom économique. Mais je me rappelle aussi que les plans quinquennaux de Staline incluaient, comme vous vous en souvenez peut-être, l’utilisation d’un grand nombre de prisonniers comme forces de travail. Je ne suis pas en train de dire que vous proposez la création du goulag [le système des camps de prisonniers en Union soviétique, entre 1930 et 1960, Note de la traductrice du russe], mais pensez-vous réellement qu’il est possible de parvenir en 5 ans à tout cela, étant données les conditions actuelles en Russie, la taille de la main d’œuvre, etc. ?

S.G. :  – Alors, commençons par les conditions actuelles. La croissance dont vous avez parlé – 5% par an –, la croissance potentielle, existe en théorie, mais elle ne peut naturellement pas être atteinte en un an. L’utilisation de notre potentiel industriel est en moyenne de 60% aujourd’hui. Donc nous pourrions avoir augmenté la production industrielle avec les bases existantes de 40%. Dans les secteurs de haute technologie comme la fabrication high-tech, l’aviation, la construction navale, l’utilisation de la capacité de production est même plus basse, entre 30% et 35%. Par conséquent, il y a des structures de base. Concernant la main d’œuvre dont vous avez parlé, bien que nous n’ayons officiellement que 5% de chômage, tout patron dans l’industrie vous dira qu’il pourrait augmenter la production avec les outils et la main d’œuvre existants à condition qu’il y ait plus de demande. De nombreuses études rapportent que le chômage caché dans l’industrie atteint 20%. Donc il est possible d’augmenter de quelque 20%. 

V.P. :  Mais comment ?

S.G. :Si l’industrie utilise ses ressources à 60%…

V.P. :  – Mais pourquoi seulement 60% ? Pourquoi pas plus ? Qu’est-ce qui l’empêche ?

S.G. :De nombreux facteurs. Le principal est la démonétisation de notre économie.

V.P. :  – Qu’est-ce que cela signifie en russe ?

S.G. : Une masse monétaire insuffisante pour la reproduction normale du capital.

V.P. :  – L’argent est nécessaire pour faire quoi ?

S.G. :  L’argent est comme le sang dans le corps, il est nécessaire pour que tout fonctionne. Les prêts sont nécessaires. Le capital est subdivisé en actifs immobilisés et capital d’exploitation. Le capital d’exploitation est celui dont vous avez besoin tous les jours pour gérer vos affaires. Par exemple, la proportion des prêts dans le capital d’exploitation de l’industrie est de 50% environ. Cela signifie que lorsque la Banque centrale augmente les taux d’intérêt, les emprunts deviennent plus chers et, compte tenu du fait que la rentabilité n’est que de 5% à 6%, si le taux d’intérêt est plus élevé, cela n’a aucun sens de faire un emprunt.

Voilà pourquoi, lorsque les taux d’intérêt deviennent trop élevés, cela conduit à une situation où les entreprises doivent soit rembourser leurs emprunts, soit renoncer à emprunter, c’est-à-dire réduire leur capital d’exploitation et, par conséquent, leur production industrielle. Ou augmenter leurs prix, si elles peuvent. Pour cette raison, lorsque l’économie dispose d’un volume de prêts insuffisant, cela a toujours un impact sur la dynamique de la production industrielle – elle se contracte. C’est une relation stricte observée dans tous les pays et en tous temps.

Et encore plus dans notre pays. Il y a une forte relation entre le volume de la masse monétaire et les dynamiques industrielles. Lorsque la production industrielle augmente, cette augmentation est toujours accompagnée par la croissance de la masse monétaire. Lorsque la masse monétaire est réduite, cela entraîne toujours la réduction de la production industrielle. C’est observé sur de nombreuses décennies. Par conséquent, la sous-utilisation actuelle de la capacité industrielle est liée en premier lieu à la cherté du crédit. En outre, en raison de la rareté de la monnaie, de nombreuses entreprises sont incapables d’obtenir des crédits à cause des conditions difficiles telles que les exigences de garanties, l’évaluation des garanties, parfois la valeur de ces garanties est insuffisante, etc.

Donc d’une manière ou d’une autre, l’actuel déclin de notre production industrielle est relié au coût croissant de l’argent. Tous les pays dans le monde, dans le but de stimuler l’économie pour la faire sortir de la crise, qui était mondiale en 2008, choisissent la voie des intérêts bas et du crédit illimité. En Amérique, en Europe, en Chine, au Japon, il n’y a aucun problème aujourd’hui pour obtenir des crédits à des taux d’intérêts pratiquement à zéro pour cent, c’est-à-dire même en-dessous du niveau de l’inflation. Tout ce qui importe est que vous ayez l’idée d’un projet, la capacité de production et les ressources.

V.P. :  – Mais nous ne le faisons pas, pour quelle raison ?

S.G. :  – Nous ne le faisons pas parce que, suivant les recommandations du FMI, nous, comme des étudiants A+ en économie politique de l’école du socialisme en première année d’université, nous faisons comme on nous l’a dit. Le FMI nous a recommandé de réduire le volume de notre monnaie afin de freiner l’inflation et nous, avec une obstination qui pourrait être mieux utilisée ailleurs, nous continuons à faire la même erreur. Nous essayons de combattre l’inflation en haussant les taux d’intérêts, en réduisant la quantité de monnaie dans l’économie, mais avec pour résultat une baisse des investissements.

V.P. :  – Ils nous donnent des conseils qu’ils ne donnent pas aux autres ?

S.G. :  – Toujours est-il que le FMI a récemment recommandé aux Américains de ne PAS monter les taux d’intérêts, parce que cela pourrait exacerber les problèmes structurels dans l’économie.

V.P. :  – Mais ils nous ont conseillé de les hausser ?

S.G. :  – Oui, ils nous ont conseillé de les monter.

V.P. :  – Et nous obéissons ?

S.G. :  – Malheureusement, nous obéissons. Comme vous savez, Einstein a dit un jour que si l’expérimentateur tente de faire la même expérience pour la troisième ou la quatrième fois dans les mêmes conditions en espérant obtenir un résultat différent, sa logique est inversée.

V.P. :  – Vous pensez que c’est une sorte de sabotage de la part du FMI ?

S.G. :  – Le FMI donne le même conseil à tout le monde.

V.P. :  – Y compris à ceux qui obéissent ?

S.G. :  – Ceux qui obéissent se trouvent en général dans une situation difficile, comme nous. C’est à cause de l’objectif du FMI, tel qu’il est décrit dans l’article 8 de sa Charte : offrir les conditions nécessaires à la libre circulation des capitaux. Autrement dit, tout ce dont le FMI se soucie, c’est qu’il y ait une libre circulation des capitaux, que les pays ne se protègent pas des mouvements de capitaux, mais que ces pays connaissent une croissance économique ou comment fait la population pour vivre – le FMI s’en fiche totalement. Le but du FMI, comme son nom l’indique – Fonds monétaire – est que la monnaie émise aujourd’hui pour le monde par les États-Unis et l’Union européenne… [il est interrompu, il allait probablement dire, …que la monnaie circule librement afin d’enrichir les émetteurs de ces monnaies par la taxation des flux, NdT]

V.P. :  – Je peine encore à comprendre pourquoi nous sommes les seules victimes.

S.G. :  – Nous ne sommes pas les seuls. L’Ukraine en est une autre.

V.P. :  – Laissons l’Ukraine en dehors de ça. L’Ukraine est une autre histoire.

S.G. :  – L’Asie du Sud-Est était une victime au cours des années précédentes. L’image était exactement la même : les pays qui suivaient les recommandations du FMI étaient en crise, ceux qui ne les ont pas suivies ne l’étaient pas.

V.P. :  – Pourquoi suivons-nous ces recommandations ? Par bêtise ? Il doit y avoir des raisons, ne pensez-vous pas ?

S.G. :  – La raison, ce sont les intérêts particuliers. Nous avons commencé notre entretien en parlant des relations entre l’économie et la politique. Malheureusement, l’économie, c’est-à-dire la politique économique, est lourdement influencée par des intérêts. C’est la science, dans sa forme vulgaire, qui sert des intérêts particuliers. C’est pourquoi l’application pratique de l’économie réelle est souvent rejetée, parce que la politique concrète sert les intérêts économiques de quelqu’un. Les intérêts servis par le FMI, comme nous le voyons aux conditions de notre marché des devises, sont les intérêts de la monnaie et des spéculateurs financiers. Nous avons laissé le rouble flotter librement, la Banque centrale s’est retirée elle-même du marché des devises – et donc maintenant, le marché des devises est intégralement aux mains des spéculateurs.

V.P. :  – Nos spéculateurs ?

S.G. :  – Eh bien, 75% de l’argent sur notre marché appartient à des non-résidents – ils vivent à l’étranger. Par conséquent, notre marché financier, dans la mesure où la circulation financière est concernée, est dominé par l’étranger. C’est en premier lieu de l’argent américain, quoique le nôtre participe aussi.

V.P. :  – La Banque centrale promeut cela ?

S.G. :  – Elle est de connivence en ne prenant aucune mesure pour protéger notre marché financier des attaques des spéculateurs. De quoi a besoin un spéculateur ? Il a besoin d’avoir des conditions où il n’y a pas de restrictions à son action et personne pour contrôler le marché. Ensuite, des spéculateurs sur les devises s’accordant entre-eux manipulent le marché à nos dépens. Parce qu’ils poussent le rouble à la baisse, des gens comme vous et moi perdent des revenus, mais eux en tirent des profits excessifs. Pourquoi le spéculateur est-il mauvais ? Parce que lui, contrairement à l’opérateur ou à l’investisseur normal qui entrent sur le marché à long terme, il tire son profit excessif en déstabilisant le marché aux frais de tous les autres participants. Voilà pourquoi c’est mal, et tous les pays sans exception luttent contre ça. Mais cette idée nous a été imposée que le marché régulera tout très bien de lui-même, même si 95% des opérations…

V.P. :  – Imposée par qui ?

S.G. :  – Par le même FMI.

V.P. :  – Ah bon, et nous sommes comme ça. Ou bien y a-t-il des intérêts économiques dans notre pays qui correspondent à l’idée qui nous a été imposée ?

S.G. :  – Évidemment. Le plus grand centre de profit aujourd’hui est la Bourse de Moscou. Parce que l’économie a chuté de presque 19% [c’est une erreur de traduction, Glaziev a dit « a chuté de près de 10% », Note du Saker], mais la Bourse a doublé. A la Bourse, la marge de bénéfice est de 80% à 90% de l’argent investi. Tout se contracte, tandis que la Bourse gonfle. Avec de tels sauts dans le taux de change du rouble, tout l’argent disponible s’écoule vers la Bourse. Les entreprises se lancent dans la spéculation au lieu de développer la production. Une question très importante est : d’où vient l’argent ?

V.P. :  – Est-ce que le président comprend cela ?

S.G. :  – Le président compte sur le fait que les gens se comportent décemment.

V.P. :  – Pourquoi ?

S.G. :  – Parce qu’apparemment il croit au patriotisme de nos entreprises. Quand il a dit que nous avions besoin de stabiliser le marché, de grandes sociétés ont répondu en plaçant de l’argent sur le marché.

V.P. :  – Donc notre président est très naïf ?

S.G. :  – Non, il tient seulement parole. Il a dit qu’il n’introduirait pas de restrictions monétaires, en comptant que toutes les parties sur le marché se conduiraient correctement. Et il n’en introduit aucune.

V.P. :  – Parmi les mesures que vous proposez et, apparemment, que vous avez proposées dans votre rapport, il y a des choses comme entreprises du peuple, quelque chose qui me rappelle, personnellement, l’émission de 20 mille milliards de roubles, pour des objectifs spécifiques, et aussi des expressions comme stopper l’ouragan de la spéculation sur le marché des devises, la vente obligataire des devises, la justification de l’exportation de capital fondée sur des avantages pour la Russie, la réduction de la marge entre les coûts de production et le prix de vente au détail à 25% et un gel provisoire des prix de détail sur les biens communs.

Encore une fois, ces choses ne sont pas neuves. Je voudrais cependant attirer votre attention sur un article de la Pravda (elle existe encore, ce que vous savez ou ne savez pas, mais elle paraît toujours) qui appréciait vos propositions : « De nombreux analystes considèrent que la proposition du conseiller du président de la Fédération de Russie, l’académicien Glaziev, comme un retour au système économique soviétique. En effet, il y a certaines similitudes qui vont jusqu’à la création d’un Gosplan. »

LaPravda [quisignifie la vérité, en russe, NdT] dit-elle vrai ?

S.G. :  – Vladimir Vladimirovich, où avez-vous lu des informations sur mon programme, si ce n’est pas inavouable ?

V.P. :  – Dans les journaux.

S.G. :  – S’il vous plaît, ne lisez pas Kommersant, je vous en prie.

V.P. :  – Mais c’est laPravda, pas Kommersant !

S.G. :  – Mais la Pravda a probablement repris cela de Kommersant.

V.P. :  – C’est peu probable.

S.G. :  – Je n’ai pas envoyé mon programme à la Pravda. Et j’ajoute qu’il n’a pas encore été publié. Donc ce qui est écrit dans Kommersant, ou dans la Pravda – disons, dans la presse – c’est comme l’a dit le classique : « Ne lisez pas les journaux soviétiques le matin » [phrase célèbre du roman de Mikhaïl Boulgakov, Cœur de chien, NdT]. Bien qu’ils ne soient plus du tout soviétiques, enfin pas tous, ils ont néanmoins présenté une bouillie de divers éléments sortis de leur contexte et cités de manière déformée.

Pour parler des mesures que vous avez évoquées : certaines d’entre elles ne sont pas dans le programme. Celui-ci ne contient rien sur le gel des marges à 25% – je vous enverrai le texte, ainsi vous pourrez vérifier par vous-même. Le programme dit que nous avons besoin d’un système pour réguler les prix, donc nous voulons comprendre précisément la règle régissant la fixation des prix sur notre marché. Si le chaos règne sur le marché, nous pourrions tout aussi bien attendre que l’État gèle les prix si les choses se gâtent. C’est arrivé auparavant. C’est pourquoi nous avons besoin d’un système de contrôle des prix qui garantisse une concurrence loyale et prévienne le recours abusif à une position de monopole. Notez qu’en Allemagne, où personne ne parle de construire le socialisme, l’État a le droit…

V.P. :  – Donc vous dites que l’affirmation de la Pravda, selon laquelle il y a des éléments ressemblant au système soviétique n’est pas vraie ? Il n’y a pas de tels éléments ?

S.G. :  – Attendez, de tels éléments sont présents dans les régulations de l’UE, des États-Unis, et je ne parle même pas de la Chine.

V.P. :  – Évidemment, la Chine est quelque chose de totalement différent.

S.G. :  – Donc ce que nous disons ne devrait pas être peint avec des couleurs idéologiques. Cela fonctionne dans l’économie de marché et nous vivons aujourd’hui dans une économie de marché, et c’est de là que nous partons, en aucun cas nous ne proposons d’abolir les mécanismes du marché. Nous disons que les lois de l’économie de marché pourraient être utilisées d’une manière qui profite à tous et assure une production maximum.

La question clé est la quantité de monnaie dont nous manquons. Vous avez mentionné le chiffre de 20 mille milliards de roubles, ce qui est exagéré. Ce qui est proposé dans le programme est la création du mécanisme d’émission de crédits orientée sur un objectif, destiné à résoudre des problèmes spécifiques en utilisant les fonds à des fins spécifiques.

V.P. :  – Quelle est la somme ?

S.G. :  – Cela dépend – elle est différente selon les divers canaux.

V.P. :  – La somme est-elle définie ?

S.G. :  – Oui, bien sûr. La masse monétaire ne doit pas dépasser ce que la Banque centrale a déjà injecté dans l’économie. La Banque centrale a émis et accordé 8 mille milliards de roubles aux banques commerciales pour leur refinancement. Les banques ont utilisé la plus grande partie de ces 8 mille milliards de roubles pour faire de la spéculation sur les devises, ce qui ressort de manière évidente de l’examen de l’évolution des actifs des banques. Donc elles ont pris nos prêts de la Banque centrale et ont augmenté leurs actifs en devises étrangères. C’est mal. Nous n’avons pas émis de la monnaie pour permettre aux spéculateurs de mettre à mal le rouble. C’est ce qui s’est passé en réalité. Voilà pourquoi, si nous voulons donner à l’économie la quantité nécessaire de monnaie, nous devons garantir que l’argent sera utilisé pour le développement industriel et les investissements. Selon qu’il s’agit de l’industrie militaire, du remplacement des importations, du petit commerce ou des prêts hypothécaires, le taux d’intérêt devrait se situer entre 0% et 2% à la Banque centrale, avec une marge de 2% pour la banque. Lorsque la banque commerciale reçoit un crédit bon marché, elle ne devrait pas en profiter indument. Elle devrait utiliser l’argent pour ses services, et contrôler l’utilisation faite de l’argent. D’où la marge de 2%, parce que si elle n’est pas restreinte, alors…

V.P. :  – Je ne sais pas quelle marge nous avons, mais nous avons maintenant une pause publicitaire. Mais avant de nous interrompre, je dois vous dire que la presse a répondu, comme je comprends, sans avoir accès au document, mais elle a néanmoins répondu d’une façon très définie.

Quelques titres en guise d’exemples :
– « Le conseiller de Poutine a proposé de restreindre l’achat de devises étrangères et de geler les prix » – RBK

– « Sergei Glaziev présente la mobilisation de l’économie » – Financial Gazeta

– et même « Comment voir la Russie d’un mauvais œil » [en russe, jeu de mot sur le nom de Glaziev, puisque le mot sglazit, voir d’un mauvais œil, est dérivé de glaz, ou œil, NdT].

Si vous étiez le rédacteur en chef d’un journal, quel titre donneriez-vous à votre proposition ?

S.G. :  – Tout d’abord, je ne l’aurais pas fondé sur des rumeurs, mais j’aurais présenté le vrai texte. Tout ce que vous avez décrit est arrivé parce que les gens n’ont pas lu le texte, ils ont sorti des éléments du contexte pour les utiliser comme épouvantail.

V.P. :  – Mais pourquoi ? Pourquoi des opinions si, disons, unanimes ? Un chœur ? Sont-ils contre vous personnellement, ou comment pouvez-vous expliquer cela ?

S.G. :  – D’abord, le chœur n’est pas unanime du tout. Le Forum économique de Moscou a soutenu le programme pratiquement à l’unanimité. Le Conseil scientifique du Conseil de sécurité l’a soutenu aussi.

V.P. :  – Mais la presse ?

S.G. :  – La presse ne travaille pas gratuitement. Quelqu’un a commandé ces articles.

V.P. :  – Elle est ce qu’elle est !

S.G. :  – Voulez-vous trouver un journaliste indépendant dans notre pays ?

V.P. :  Je peux vous dire que je suis payé pour mon travail, mais qu’ils ne m’achètent pas. Je n’appuierai plus mes arguments sur la presse, puisque vous l’avez totalement rejetée, parce qu’elle est achetée ou payée (c’est une accusation très sérieuse, d’ailleurs) ou ne comprend tout simplement pas ce qui est dit.

Je me référerai donc plutôt à quelques personnes. Tout le monde n’était pas fasciné. En particulier, le chef du Conseil consultatif de l’Institut pour la démographie, la migration et le développement régional, Yuri Krupnov, vous a dit : « Si vous, Sergei Yurievich Glaziev, êtes nommé directeur de la Banque centrale, alors dans une année il y aura une catastrophe ou bien vous ferez exactement la même chose que la Banque centrale aujourd’hui. »

Le vice-ministre des Finances Storchak : « Du point de vue de la liberté économique, je ne suis pas d’accord avec les propositions de Sergei. J’ai vécu dans l’économie socialiste, et j’en ai eu assez. Si quelqu’un veut y retourner, ce sera sans moi. »

Et enfin le secrétaire de presse du président Dmitrii Peskov : « Glaziev est un économiste et il se réfère parfois à son parcours universitaire lorsqu’il exprime son opinion de spécialiste sur un sujet ou un autre. Mais cette opinion ne reflète pas toujours la position officielle du président ou de l’administration du président. »

N’êtes-vous pas troublé par de telles opinions ?

S.G. :  – Je connais personnellement tous ces gens. Premièrement, pas un, je vous l’assure, n’a lu le texte (de la proposition).

V.P. :  – Comment est-ce possible ? Ils émettent des opinions sans avoir lu le texte ?

S.G. :  – Invitez-les ici et peut-être que je pourrais leur fournir le texte.

V.P. :  – Mais vous avez présenté vos propositions ?

S.G. :  – Oui, mais ne vous en déplaise, aucune des personnes que vous avez citées n’était présente à la réunion du Conseil scientifique du Conseil de sécurité ou à la Commission interdépartementale ; le texte n’a été envoyé à personne. Ils se réfèrent, comme vous l’avez fait tout à l’heure, à l’article de Kommersant paru alors, et certains, peut-être, à la Pravda. Néanmoins, aucun de ces commentateurs ne comprend de quoi il s’agit. C’est exactement ce qu’a dit Peskov : il ne commente pas le programme lui-même. Tout le monde a le droit d’avoir son opinion.

Je peux seulement dire que ce que je présente n’est pas seulement mon opinion personnelle, mais le résultat d’une recherche scientifique. C’est le reflet de la connaissance objective du comportement de l’économie. Le problème est que la politique économique est toujours la somme d’intérêts, et ces intérêts ont toujours une justification idéologique en même temps que quasi scientifique. Qui n’aime pas mon programme et pourquoi ne l’aime-t-il pas ? Je vais l’expliquer. Tout le monde a besoin d’argent bon marché. Mais pour nous, injecter de l’argent bon marché dans l’économie…

V.P. :  – Attendez une minute. Comment pouvez-vous dire que votre programme est apprécié ou pas s’il n’a pas été lu ?

S.G. :  – En ce moment, nous parlons des fragments qui ont été commentés auparavant.

V.P. :  – Est-ce qu’ils reproduisent fidèlement votre programme ? Vous avez dit qu’ils avaient été cités de manière déformée.

S.G. :  – Certains sont mal cités, mais je parlerai de ceux qui le sont correctement. Oui, nous proposons un flux d’argent pour développer l’économie. Qui est contre ? L’industrie est partante ; l’agriculture crie : « Donnez-nous l’argent ! » ; le petit commerce meurt pour cause de manque de crédit ; le système hypothécaire est en perte de vitesse – tout le monde a besoin d’argent bon marché à long terme, comme en Amérique, en Europe, au Japon ou en Chine. Tous soupirent, donc tout le monde soutient…

V.P. :  – Alors qui est contre ? Storchak [vice-ministre des Finances, NdT] ?

S.G. :  – Je vais vous dire. Pour que nous donnions de l’argent bon marché pour l’économie, nous avons besoin d’être sûrs que cet argent ne finira pas sur le marché des devises parce que, comme je l’ai dit, nous avons imprimé pour 8 mille milliards, qui ont tous fini précisément là. La même chose s’est passée en 2007 : nous avons imprimé 2 mille milliards de roubles, dont 1,5 mille milliards ont été liquidés sur le marché des devises.

V.P. :  – Donc les banquiers sont contre, si je comprends bien ?

S.G. :  – Les banquiers ne veulent pas être responsables de l’usage prévu pour l’argent. S’ils reçoivent l’argent, ils pensent qu’ils ont le droit d’en user comme bon leur semble. Donc les grandes banques, en particulier les banques propriétés de l’État, ne sont pas angoissées par le programme, parce qu’elles obtiennent l’argent de la Banque centrale dans tous les cas. Alors nous leur disons : « Pardon, mais vous devez contrôler l’usage prévu pour l’argent ; vous devez garantir que l’argent… »

V.P. :  – Ce que vous dites sonne comme si le programme avait pour but une nette amélioration de la situation dans le pays, du niveau de vie, de tout. Et vous dites que ces gens y sont opposés. Donc ils pensent exclusivement à leur intérêt personnel et se fichent du pays. Voilà à quoi ça ressemble.

S.G. :  – Vladimir Vladimirovich, analysons ce qui se passe effectivement ici. Nous avons simplement besoin de changer radicalement tout le système de gestion de l’argent, parce qu’en ce moment nous avons une situation économique où deux tiers de la masse monétaire sont constitués de prêts étrangers. Pourquoi pensez-vous que nous souffrons autant des sanctions ? Parce que le crédit étranger est arrêté, et que trois quarts de l’argent est basé sur le crédit étranger. C’est pourquoi lorsque 150 milliards ont fui l’an dernier, et que la Banque centrale n’a pas remplacé cet argent avec du crédit intérieur, la base monétaire a commencé à se rétracter.

V.P. :  – À propos, vous proposez de donner le droit de ne pas rembourser leurs prêts aux pays qui ont imposé des sanctions à la Russie, dans certains cas, n’est pas ?

S.G. :  – Je crois que nous devons nous défendre.

V.P. :  – Mais vous ne comprenez pas où vous pourriez nous mener ensuite ? Des procédures judiciaires et tout ? Comme on dit, c’est le remboursement qui rend la dette belle. Nos propres actifs à l’étranger pourraient être saisis, et tout ça.

S.G. :  – Mais c’est précisément la réponse au cas où ils bloquent les actifs. Les sanctions comprennent la possibilité de saisir les actifs. Certaines de nos banques ont perdu leurs actifs étrangers. Pour quelle raison ? Ainsi, ma proposition est une mesure de rétorsion au cas où les actifs de sociétés et de personnes russes seraient saisis pour des motifs politiques. C’est un problème très sérieux pour notre système, d’ailleurs, parce que plus de la moitié de nos investissements viennent de l’étranger. L’argent passe de la Russie à l’étranger, la moitié se disperse, mais l’autre moitié revient. Soixante-quinze pour cent des investissements et des capitaux que nous avons rapatriés avaient été expatriés auparavant. En outre, si tout cela est gelé là-bas, nous devrons lutter pendant des années devant les tribunaux pour récupérer notre argent, alors je pense que nos entreprises, dans le cas d’une telle agression financière, devraient avoir un moyen de se défendre en ne remboursant pas l’argent si leurs actifs sont gelés.

Le second point de mon système est l’arrêt de l’expatriation du capital. Si nous voulons avoir des sources de crédit internes, nous ne devrions pas permettre que l’argent soit utilisé pour spéculer sur les devises ou laisser l’argent filer à l’étranger, mais au contraire qu’il serve de source interne de crédit.

V.P. :  – Et comment pourrions-nous y parvenir ?

S.G. :  – Par des régulations.

V.P. :  – Ce n’est pas un joli mot, régulations. Ce mot signifie mesures de police rudes, et même sévères, apparemment.

S.G. :  – Les mesures policières sont nécessaires contre le vol. Tous les pays punissent le vol. Si quelqu’un manipule le marché du rouble, disons, c’est aussi punissable. Aux États-Unis, les manipulations du marché des devises sont punissables de l’emprisonnement à vie, vous le savez. Donc là encore, je ne suis pas en train de réinventer la roue.

Une des mesures – créer une taxe sur l’exportation des capitaux. Elle est déjà utilisée dans certains pays européens, la France par exemple. L’Union Européenne a débattu de ce sujet il y a longtemps, comme la taxe Tobin. Tobin, d’ailleurs, est considéré comme le fondateur de l’ensemble de la théorie de la circulation de la monnaie et a toujours soutenu que le rôle de la Banque centrale est de créer les conditions les plus avantageuses pour la hausse des investissements. Pour augmenter les investissements, nous avons besoin de protéger notre système monétaire des attaques des spéculateurs. S’il est vulnérable à de telles attaques, nous ne stabiliserons jamais le taux de change du rouble.

V.P. :  A propos du taux de change du rouble. Vous avez dit une fois que la chute du taux de change du rouble est le résultat de la politique incompétente de la Banque centrale et des autorités monétaires en général. La direction de la Banque centrale n’a pas pour but de stabiliser la monnaie nationale. Vous l’avez dit l’an dernier – ce sont vos mots dans Kultur.

Lors de la réunion avec la directrice de la Banque centrale, Nabiullina, le président Poutine a dit : « La Banque centrale fait beaucoup pour soutenir la monnaie nationale, du moins pour qu’elle se sente stable et pour faire que l’ensemble de notre système financier se sente tout aussi stable. » Il semble que le conseiller du président et le président lui-même évaluent différemment la Banque centrale.

S.G. :  – La Banque centrale fait beaucoup au sein du système de règles qu’elle a créé d’elle-même et pour elle-même. Ces règles postulent que la Banque centrale n’est pas sur le marché, qu’elle ne fait aucune tentative pour stabiliser le taux de change du rouble dans une certaine fourchette, et maintenant elle essaie en quelque sorte d’influencer le marché par des manipulations ponctuelles. Le problème est que le marché financier russe est seulement un petit segment du marché financier mondial, donc nous sommes contrés par les spéculateurs qui ont les ressources pour déstabiliser notre marché d’un claquement de doigt.

V.P. :  – De la manière dont vous expliquez cela maintenant – je n’aurais aucune question. Cependant, vous dites que c’est dû à « la politique incompétente de la Banque centrale et des autorités monétaires en général. La direction de la Banque centrale n’a pas en ce moment le but de stabiliser la monnaie nationale ». C’est une déclaration très directe et dure. Le président Poutine dit que la Banque centrale fait beaucoup pour soutenir la monnaie nationale, au moins, pour qu’elle se sente stable, et pour faire en sorte que l’ensemble de notre système financier se sente tout aussi stable. Ce sont deux opinions différentes, vous ne trouvez pas ?

S.G. :  – J’essaie d’expliquer. J’ai prononcé ces mots il y a trois ans.

V.P. :  – En 2014.

S.G. :  – J’ai dit exactement la même chose en 2013 lorsque j’ai averti que viser l’inflation conduirait au chaos sur le marché financier, à une chute du taux de change du rouble, une forte inflation et la diminution de la production industrielle. Tout cela s’est réalisé. Je l’ai dit il y a trois ans – vous pouvez vérifier. Toutes les prédictions que j’ai émises il y a beaucoup, beaucoup d’années se sont révélées exactes, malheureusement. Elles se révèlent vraies parce que je fonde mon jugement non pas sur le dogme du FMI mais sur les lois empiriques de l’économie, qui ont des explications théoriques.

Par conséquent, je soutiens que la politique consistant à cibler l’inflation, qui est comprise comme exigeant de la Banque centrale qu’elle renonce à un taux de change stable du rouble et à tous les instruments de régulation ou de restriction monétaire pour ne recourir qu’à un seul instrument de régulation financière – le taux directeur… Je soutiens que si nous renonçons à toutes ces mesures et n’utilisons que le taux directeur, nous ne gagnerons pas sur l’inflation, nous ne stabiliserons pas le taux de change ni n’atteindrons quoi que ce soit dans l’économie, parce que notre marché deviendra chaotique. Cette condition ressemble approximativement à ça. Disons que vous naviguez sur un yacht. La tempête se lève. Vous devriez descendre les voiles et mettre en marche le moteur. Au lieu de cela, vous arrêtez le moteur et livrez votre yacht à la puissance des vagues. Nous pourrions essayer d’utiliser les voiles pour stabiliser le bateau mais nous ne réussirons pas si le moteur est éteint.

Oui, la Banque centrale fait beaucoup pour stabiliser le taux de change du rouble après avoir refusé d’utiliser les instruments les plus importants pour cette stabilisation. Lorsque la Banque centrale déclare que nous vaincrons l’inflation en manipulant le taux directeur sans viser un taux de change stable du rouble – c’est utopique, parce que la moitié des prix sur notre marché dépend du taux de change. Si le taux de change baisse, cela conduit immédiatement à une hausse de l’inflation. Donc, résultat, nous atteignons un but différent. L’objectif était fixé de réduire l’inflation, de la faire passer de 8% à 4%…

V.P. :  – Je ne parle pas de ça. Je parle des évaluations différentes (à propos de la Banque centrale) exprimées par vous et par le président. Ces opinions sont très différentes, je pense.

S.G. :  – La décision a été prise concernant la politique de ciblage de l’inflation, contre les recommandations scientifiques, mais elle a été prise. Je peux affirmer qu’au sein de cette politique, quoi que fasse la Banque centrale, peu importe à quel point les gens sont formidables, ils ne seront pas en mesure d’accomplir quoi que ce soit tant que nous n’introduirons pas de restrictions monétaires, parce que, à leur summum, 90% des spéculations sur les devises dans notre pays sont pratiquées avec des monnaies étrangères. La situation est celle-ci : alors que le volume de notre marché financier représente seulement 0.5% du marché financier mondial, garder le marché complètement ouvert est suicidaire.

V.P. :  – Je comprends. Je vais maintenant passer à la politique, parce que j’aimerais dire au moins quelques mots à ce sujet. Vous avez écrit un jour un livre intitulé Génocide. Vous vous souvenez ? Vous vous souvenez de ce livre ? Vous y souteniez l’idée que les démocrates exterminaient délibérément la population.

S.G. :  – C’est une déclaration trop forte. Il n’y a aucune chose de ce genre dans le livre.

V.P. :  – Oui, elle y est.

S.G. :  – C’est exactement le contraire, Vladimir Vladimirovich. J’ai soutenu qu’en 1993, la démocratie dans le pays était finie. Après l’exécution du Soviet suprême, il n’y avait plus de démocratie dans le pays.

V.P. :  – Mais ceux que vous appelez démocrates ? Les démocrates et la démocratie sont des choses différentes.

S.G. :  – Démocrates entre guillemets, dirais-je. En 1993, le Soviet suprême a été révoqué, c’était un coup d’État…

V.P. :  Génocide – qui a fait ça ?

S.G. :  – Les oligarques. Avec leurs collaborateurs dans les structures du pouvoir.

V.P. :  – Donc ils doivent aller en prison ?

S.G. :  – Seul un tribunal peut en décider.

V.P. :  – Si ça c’est un génocide, eh bien… OK. Il y a un peu moins d’un an, vous avez publié un nouvel ouvrage, Catastrophe ukrainienne : de l’agression américaine à la guerre mondiale ? Une citation tirée de ce livre : « Suivant leur voie habituelle, les Américains subventionnent les nazis ukrainiens et établissent en Ukraine un régime terroriste antirusse. »

S.G. :  – C’est un fait clinique établi.

V.P. :  C’est la Pravda dans ses pires moments.

S.G. :  – C’est un fait clinique établi.

V.P. :  – Comment se fait-il que les Américains forment des nazis ?

S.G. :  – Alors d’où sont-ils venus ? J’ai vécu toute mon enfance en Ukraine et nous n’avons jamais eu un seul nazi.

V.P. :  – Qu’en est-il de l’Allemagne qui les a formés là-bas ?

S.G. :  – Les Américains ont investi deux mille milliards de dollars au prix de l’époque dans l’industrie allemande.

V.P. :  Par conséquent, « le but est d’utiliser les nazis ukrainiens comme bélier contre l’État russe, d’organiser une série de “révolutions oranges” sur notre territoire, de diviser et de contrôler la Russie et l’Asie centrale. L’oligarchie américaine a désespérément besoin d’une guerre et, afin de conserver sa domination mondiale, elle utilise ses méthodes typiques pour provoquer une guerre en Europe. C’est le sujet de mon livre. Il met en évidence les forces objectives, les mécanismes et les motifs derrière la catastrophe ukrainienne. » Êtes-vous tout à fait sérieux en écrivant cela ? Les Américains veulent diviser la Russie ? Vraiment ?

S.G. :  – Ils ne s’en cachent même pas.

V.P. :  – Qui ne le cache pas ?

S.G. :  – Allez discuter avec les députés du Congrès américain.

V.P. :  – Je communique avec eux, et je sais seulement que l’un d’entre eux dirait probablement : Oui, nous aimerions cela. Seulement un. Il y a plus de 400 députés, et même plus de 500 si nous comptons les deux Chambres. Une telle déclaration dépeint simplement l’Amérique comme l’ennemi. Vous dites : les Américains veulent cela.

S.G. :  – Parlons des faits.

V.P. :  – Quels faits ?

S.G. :  – Les nazis ukrainiens ont été mis en avant par les Américains.

V.P. :  – Je veux dire l’éclatement de la Russie.

S.G. :  – Rappelez-vous la guerre de Tchétchénie. Qui l’a subventionnée ?

V.P. :  – Les Tchétchènes n’avaient rien à voir avec elle ?

S.G. :  – Rappelez-vous ce qui se passait dans le Caucase avant Vladimir Vladimirovich Poutine. Ce qui se passait dans les Républiques de la Volga. Qu’y faisaient les ONG américaines ?

V.P. :  – Donc vous êtes en train de dire que les événements dans ces régions étaient le résultat de l’influence américaine, des subventions américaines, de l’argent américain ?

S.G. :  – En Ukraine : à 100%.

V.P. :  – Je veux dire en Russie. Mais même en Ukraine, lorsque les gens sont descendus sur le Maïdan, ce sont les Américains qui les y ont amenés ?

S.G. :  – Les Américains ont provoqué et aidé à le faire. Ils ont armé et entraîné les nazis. Même avant que les gens sortent sur le Maïdan, comme vos collègues l’ont découvert, ils ont mis des caméras sur la place pour filmer comment la police disperserait les malheureux étudiants. Parmi ces étudiants, il y avait des centaines de militants spécialement entraînés qui créaient des provocations obligeant la police à faire usage de la force, puis partaient en courant, ne laissant sur place que des étudiants, à leur insu – manipulation classique, ce n’est pas si difficile à faire. Invitez Azarov [ancien Premier ministre d’Ukraine sous le président Ianoukovitch, NdT] dans votre émission et il vous dira tout à ce sujet.

V.P. :  – Qui ?

S.G. :  – Azarov, Nikolai Yanovich Azarov.

V.P. :  – Vous savez, j’ai fait une interview avec lui – c’était après le commencement du Maïdan mais avant les autres événements. Vous savez, accuser les Américains est très facile.

S.G. :  – Il ne s’agit pas d’accuser mais de simples faits.

V.P. :  – Pardon, ce ne sont pas des faits, mais l’interprétation que vous en faites.

S.G. :  – Dommage que vous n’ayez pas lu le livre.

V.P. :  – Non, je n’ai pas lu le livre. Je n’utilise que des citations.

S.G. :  – Je vous le donnerai. Il y a beaucoup de faits dans ce livre.

V.P. :  Merci. Je connais beaucoup de gens qui seraient heureux de le lire aussi. Donc revenons à vous – je veux seulement comprendre, pour moi-même…

S.G. :  – Je vais expliquer comment procèdent les Américains. Il ne le font pas parce qu’ils nous haïssent tellement, bien qu’il y ait des gens là-bas qui nous haïssent. Ils font ces choses parce que, objectivement, l’Amérique est en train de perdre la compétition avec la Chine. Mon champ scientifique concerne les cycles longs du développement économique, technique et institutionnel. Les États-Unis ont aujourd’hui une énorme disproportion [entre leurs objectifs et leurs moyens, NdT] qui les empêche de conserver leur leadership mondial. Les cercles influents en Amérique ne veulent pas perdre ce leadership.

V.P. :  – Naturellement. De même que nous ne voulons pas le perdre, mais nous l’avons déjà perdu. Mais la Chine veut l’avoir.

S.G. :  – La Chine veut avoir le leadership.

V.P. :  – Et ensuite elle fera ce qu’elle veut.

S.G. :  – Malheureusement, quand la Première Guerre mondiale a éclaté en Europe, puis la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques et les Allemands n’ont pas compris que les Américains seraient les bénéficiaires de ces guerres. Les États-Unis sont devenus une superpuissance à la suite de la guerre.

V.P. :  – Les Allemands ont cru qu’ils gagneraient.

S.G. :  – De même, aujourd’hui les Américains nous attaquent, occupent l’Ukraine, organisent un coup d’État…

V.P. :  – Oui, mais il n’y a pas de guerre, ou seulement ce que vous appelez une guerre hybride.

S.G. :  – Ce n’est pas le terme que j’utilise, évidemment. Donc aujourd’hui les Américains tentent, à travers des actions agressives transgressant les limites du droit international – car le soutien au régime nazi criminel en Ukraine transgresse les limites du droit international – d’accroître leur contrôle sur l’Europe, de nous affaiblir, éventuellement même de restaurer leur contrôle sur nous, comme c’était le cas dans les années 1990, ainsi que leur contrôle sur l’Asie centrale, tout cela dans le but de réduire le potentiel de la Chine. Ils ont l’intention d’entraver notre intégration eurasienne, d’empêcher la création de l’espace économique unifié de Lisbonne à Vladivostok dont Poutine a parlé.

Pourquoi les Européens ont-ils rejeté ce programme? L’espace économique unifié de Lisbonne à Vladivostok, notre président l’a promu tout à fait sincèrement et constamment, longtemps avant que le conflit ukrainien n’éclate. Et après cela, il a continué à dire la même chose : le problème de l’Ukraine et celui des relations économiques ne pourrait être résolu que par des négociations tripartites entre l’Union eurasiatique, l’Ukraine et l’Union européenne. Toutes les trois doivent parvenir à un accord. Cette intégration eurasiatique, vous dis-je, est une telle épine dans le flanc des faucons américains.

V.P. :  – Il y a des faucons américains, il y a des faucons russes, mais quand vous vous permettez d’écrire « les Américains » en général, et je vous cite, c’est exactement l’anti-américanisme qui infecte notre société aujourd’hui.

S.G. :  – Nous parlons, naturellement, de l’élite politique et au pouvoir en Amérique.

V.P. :  – Il aurait été bon que vous souligniez ce point vous-même, en quelque sorte. Malheureusement, je n’ai pas le temps de poursuivre cette discussion, même si j’aurais été heureux de le faire. Je veux mentionner ceci – cela m’a un peu amusé. Le 29 novembre 2013, une annonce est parue sur votre site : « Sergei Glaziev a reçu la distinction nationale “Personne de l’année 2013”. » Ensuite, elle continue : « Le 27 novembre, dans la cathédrale du Christ Sauveur la cérémonie de remise du prix “Personne de l’année 2013” a eu lieu, où Sergei Glaziev a été distingué pour son effort pour faire entrer l’Ukraine dans la sphère économique commune avec la Russie. » Vous ne pensez pas que cette distinction était prématurée ?

S.G. :  – Qui aurait pensé qu’un coup d’État aurait lieu en Ukraine, et que les Européens le soutiendraient ? Lorsque les Européens ont soutenu les nazis ukrainiens, pour moi cela a été une tragédie.

V.P. :  – Marcel Proust a quelques questions pour vous. Essayez de répondre de manière succincte.

Quel trait de caractère vous déplaît-il le plus chez vous?

S.G. :  – Je ne suis pas toujours décidé. L’indécision

V.P. :  – Quel trait de caractère aimez-vous le moins chez les autres?

S.G. :  – L’agressivité

V.P. :  – Quelle est la qualité que vous appréciez le plus chez un homme?

S.G. :  – La responsabilité

V.P. :  – Et chez une femme?

S.G. :  – La fidélité

V.P. :  – De quel talent êtes-vous absolument dépourvu?

S.G. :  – La soumission

V.P. :  – Est-ce un talent?

S.G. :  – Oh oui, définitivement.

V.P. :  – Que considérez-vous être votre plus grande erreur ?

S.G. :  – Peut-être ce qu’a dit mon mentor, l’académicien Lvov – que je suis entré en politique

V.P. :  – Que considérez-vous être votre plus grande réussite ?

S.G. :  – La théorie scientifique des cycles technologiques dans l’économie

V.P. :  – Quel est votre principal trait de caractère ?

S.G. :  – La tendance à aller au fond des choses.

V.P. :  – Comment aimeriez-vous mourir?

S.G. :  – Dans mon sommeil

V.P. :  – Si vous étiez devant Dieu, que lui diriez-vous ?

S.G. :  – S’il vous plaît, sauvez notre patrie

V.P. :  – C’était Sergei Glaziev. Merci beaucoup.

Source :https://www.youtube.com/watch?v=hErIW1PZ-sI&feature=youtu.be

Traduit du russe par Eugenia, traduit de l’anglais par Diane, relu par jj pour le Saker francophone

Notre source : http://lesakerfrancophone.net/vladimir-pozner-interviewe-...

 

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Des deux livres cités dans cette interview, un seul a été traduit et publié en anglais. On remarquera sans surprise que l’édition française n’a pas jugé utile de s’y intéresser du tout, alors que le moindre Dan Brown inonde jusqu’aux têtes de gondoles des supermarchés.

Pour les anglophones : 

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Sergei GLAZYEV

Russia and the New World Order

Executive Intelligence Review – 1999

306 pages


 

 

 

Sur l’opinion de Sergueï Glazyev quant aux événements d’Ukraine, on reverra avec intérêt la video mise en ligne par François Asselineau et le Cercle des Volontaires. Elle est de décembre 2014.

 

 

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Dernière minute :

et URGENT

 

Elie Domota à Lille

(de Bruxelles, ce n’est pas loin !)  

 

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La CINPAC (Communauté Ivoirienne du Nord Pas-de-Calais) et les associations partenaires vous invitent à la 3ème édition de VISA POUR LA COTE D’IVOIRE les 30 et 31 octobre à la salle du Gymnase, place Sébastopol de Lille.

VISA POUR LA COTE D’IVOIRE fédère plus d’une dizaine d’associations lilloises et du Nord Pas de Calais autour du thème : « AFRIQUE-CARAÏBES, Histoire et Perspectives Comment franchir les rivages soupçonneux du « non-dit » et bâtir la « mémoire du futur ».

L’invité d’honneur est le leader syndical Élie DOMOTA qui mena la plus longue grève générale en 2009. Il répond à l’invitation de Guillaume OPELY GADJI, président de la CINPAC, d’associations antillaises, mahoraises et de Familles rurales.

Il échangera sur la reconstruction des liens entre l’Afrique et la Caraïbe dans le contexte historique mais aussi social que nous vivons. Une bulle républicaine pour le vivre ensemble : En plus de la conférence débat, différentes prestations artistiques se dérouleront et permettront de constater un nouveau dynamisme des associations caribéennes, africaines et mahoraises dans le Nord Pas de Calais.

 

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Loin des tensions de l’actualité, y compris en Nord Pas de Calais, la CINPAC propose en alliant réflexion et expressions artistiques de reposer les bases du vivre ensemble, en se débarrassant des polémiques.

Vendredi 30

l’accès est libre et gratuit. Une participation libre est laissée à l’appréciation de tous

10h Exposition de l’art Afro-caribéen

19h Conférence débat d’Élie DOMOTA

21h Spectacle

Samedi 31

10h Expositions

13h Table ronde littéraire  “ le long chemin de la littérature afro-caribéenne”

21h Dîner Gala (10€)

Source : http://97land.com/elie-domota-a-llle/

 

 

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Mis en ligne le 29 octobre 2015

 

 

 

 

 

22:15 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/10/2015

LE RAPPORT DE SERGUEÏ GLAZYEV

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Le rapport de Sergueï Glazyev

 

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Quand nous avons vu paraître, il y a quelque temps, en anglais, le Rapport en question, nous avons compris que nous n’étions pas de taille et nous avons baissé les bras devant l’entreprise. Dissuasif sans doute aussi pour les autres, pensions-nous, car il n’était pas question de traduire cet énorme machin à la va-vite, sans connaissances spéciales ni sans grands efforts.

Et pourtant, voilà que le Saker francophone l’a fait. BRAVO et merci à Gabriel et à Ludovic, à jj et à Diane.

 

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Santé !

 

Il arrive que des écrits soient plus que de simples écrits mais des « bornes d’histoire terrestre ». Le Rapport de Sergueï Glazyev en fait peut-être partie. Il ne remet pas en cause les convictions des uns ni des autres. Il ne se veut pas une théorie alternative à quoi que ce soit. C’est la réflexion d’un homme. D’un homme angoissé qui essaie de servir son pays, c’est-à-dire, finalement, aussi, les autres.

Sergueï Glazyev est un des plus proches conseillers de Vladimir Poutine. On espère qu’il l’écoute.

 

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Le rapport de Sergueï Glazyev et ses annexes – Attention, ce document est une somme

« Au sujet des mesures urgentes à prendre pour contrer les menaces sur le devenir de la Russie »

Toutes les annexes sont en fin d’article

 

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Le Saker francophone19 octobre 2015

 

Sergueï Glaziev est né à Zaporojié (Ukraine) en 1961, il a commencé une carrière politique à partir de 1990, tantôt dans les cabinets ministériels, tantôt sur les bancs de la Douma, le parlement russe. Il est passé du camp ultra-libéral aux communistes et à la défense des intérêts du peuple. Allié de Vladimir Poutine, il a été nommé coordinateur des agences travaillant à l’union douanière entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan. Barack Obama l’a placé dans les sept premières personnes sous sanctions, en 2014.

 

Avertissement du Saker le 29 septembre 2015

Chers amis,

J'ai reçu le courriel suivant ce matin et je tiens à le partager avec vous :

« Je vois que vous avez posté une traduction du rapport attribué à Sergei Glaziev. Alors que certaines parties de celui-ci sonnent vrai en raison de formulations semblables de Glazyev dans le passé, vous voudrez peut-être avertir vos lecteurs que ce texte est une fuite. Mon information me dit qu'il s'agit, au mieux, d'un brouillon de ce qu'il peut avoir déclaré devant le Conseil de sécurité russe. Certains soupçonnent que des éléments ont été trafiqués, pour le rendre plus facile à attaquer par la presse financière libérale, comme ils l'ont fait pendant les deux dernières semaines. [...] L'Académicien Glazyev a, cependant, présenté l'ensemble de l'article original aujourd'hui. »

Par conséquent, chers amis, caveat emptor (comme toujours !).

À votre santé, The Saker

Le 28 septembre 2015 – Source thesaker.is        

 

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Business Online publie pour la première fois le texte complet du document analytique largement discuté qui a été présenté aujourd’hui auprès du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie. Le Conseiller présidentiel Sergueï Glazyev a présenté son rapport dans une session à huis-clos de la Commission interdépartementale du Conseil de sécurité, ce rapport a reçu une large reconnaissance en faisant la une du magazine Kommersant [journal des partisans du libéralisme, appelés aussi les atlantistes, NdT] où on le qualifie de « plus complète présentation du programme proposé par les partisans de la rupture vers la modernisation ». Il existe en même temps, à la disposition des critiques et des apologistes de ces concepts, un kit biaisé de fragments, mais pas le texte en lui-même. Business Online a rempli le vide.

 

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Les USA tentent de maintenir leur suprématie par la mise en œuvre d’une guerre mondiale

L’agression US contre la Russie et la prise de contrôle de l’Ukraine font partie intégrante de la guerre mondiale hybride (chaotique) menée par Washington pour garder son leadership dans la compétition montante avec la Chine. La Russie a été désignée comme le but de la principale agression sur la base d’une combinaison de circonstances objectives et subjectives.

Objectivement, l’escalade des tensions internationales militaires et politiques est causée par le changement des situations technologiques et des cycles historiques d’accumulation du capital, qui provoquent de profondes restructurations des économies basées sur de nouvelles technologies fondamentales et de nouveaux mécanismes de reproduction du capital. En même temps, après cinq cents ans d’expérience du capitalisme, il y a une déstabilisation aiguë du système des relations internationales, la destruction de l’ancien ordre mondial et la formation d’un nouveau, qui s’accompagne de guerres entre anciens et nouveaux leaders pour la domination du marché mondial.

 

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L’agression US contre la Russie et sa mainmise sur l’Ukraine sont partie prenante d’une Guerre mondiale hybride.

Quelques exemples de telles périodes dans le passé : la guerre des Pays-Bas pour leur indépendance face à l’Espagne du XVIe au XVIIe siècle, qui eut pour résultat de déplacer le centre du développement capitaliste de l’Italie (Gènes), vers les Pays-Bas. Les guerres napoléoniennes, dont le résultat fut que le Royaume Uni devint un pouvoir dominant. Les Première et Deuxième Guerres mondiales qui donnèrent la domination du monde capitaliste aux USA, et la Guerre froide entre les USA et l’URSS, qui donna aux USA l’accès au leadership mondial en raison de leur supériorité dans le développement des nouvelles technologies et la mise en place du monopole de l’émission de la monnaie mondiale.

Dans l’actuelle période de croissance, et dans le domaine des nouvelles technologies avancées, la Chine prend la tête, et l’accumulation du capital au Japon crée des opportunités pour déplacer le centre d’accumulation de ce dernier vers l’Asie du Sud-Est. Confrontés à cette sur-concentration de capital dans des pyramides financières et des systèmes de production obsolètes aussi bien qu’à la perte de marchés pour leurs productions et à une baisse dans le niveau des transactions internationales en dollars, les USA tentent de garder leur leadership en fomentant une guerre mondiale hybride [militaire, médiatique et commerciale] de façon à briser leurs concurrents et partenaires. Dans une tentative d’établir leur domination sur la Russie, l’Asie centrale et le Moyen Orient, les USA voient un avantage stratégique dans le contrôle des fournitures d’hydrocarbures et autres ressources essentielles. Le contrôle des USA sur l’Europe, le Japon et la Corée assure leur domination dans la création des nouvelles connaissances et le développement des technologies avancées.

Subjectivement, l’agression anti-russe est causée par l’irritation des géopoliticiens américains devant la politique étrangère indépendante du président de la Russie et sa focalisation sur une pleine intégration eurasienne, par la création de l’EAEC, de la SCO et les tentatives de créer un espace économique commun de Lisbonne jusqu’à Vladivostok. Les USA craignent la formation d’une centre mondial indépendant, et en premier lieu les pays des BRICS. Le rôle historique de la Russie dans l’organisation de ces projets d’intégration mondiale a déclenché une vague de russophobie américaine hystérique. En plus, le président russe est diabolisé, Washington le voit comme le grand responsable de la perte de contrôle des USA sur la Russie et l’Asie centrale. La politique étrangère indépendante de Poutine est ressentie comme une menace existentielle pour la dominance américaine mondiale.

Washington met en place une guerre mondiale qui diffère des précédentes par une absence de ligne de front où les armées s’opposent. Elle est basée sur l’utilisation moderne des informations et des technologies cognitives, en liaison avec le soft power et l’usage limité des forces militaires sous forme d’opérations punitives quand l’ennemi est dépourvu de possibilités de résistance. Le but est de déstabiliser la situation interne du pays victime, au moyen de la subornation de sa conscience sociale par des idées subversives, en provoquant une détérioration socio-économique qui encourage les diverses forces d’opposition, en soudoyant les élites productives pour infiltrer les institutions gouvernementales et renverser le gouvernement légitime et, pour finir, transférer le pouvoir à un gouvernement fantoche – technique bien rodée du régime change [à l’aide de la cinquième colonne].

 

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La Secrétaire assistante au Département d’État des USA, Victoria Nuland, distribue des cookies sur le Maidan.

 

Lire la suite…

Source : http://lesakerfrancophone.net/le-rapport-de-serguei-glazy...

 

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Annexes à l’article de Sergueï Glazyev

ANNEXE 1

Comment les pays des BRICS peuvent acquérir un système international de paiement qui leur soit propre.

(Cette partie du document a été élaborée rapidement avant le sommet des BRICS à Oufa – Note de l’éditeur).

 

L'insatisfaction envers le système actuel mondial, avec la dominance non partagée des USA, est caractéristique de tous les pays des BRICS et peut servir de ciment pour former la base d'une union monétaire basée sur une libération progressive de la dépendance au système égocentrique du dollar.

1. La formation d'un système conjoint monétaire des pays des BRICS dans le but de créer un système national monétaire russe.

Parallèlement, un système monétaire national existe dans chaque pays des BRICS, et le système monétaire national de paiement chinois, Union Pay, est devenu international.

Référence :

L'Union Pay (CUP) chinoise a été mise en place en 2002 en tant que système national de paiement de la Chine. Ses soutiens sont plus de 200 institutions financières chinoises, dont la plus grande possède environ 6% des actions. Les cartes de paiement Union Pay (UP) sont admises dans plus de 150 pays et sont délivrée dans 30 pays. Le nombre d'ATM qui les acceptent a dépassé 1 million et quand on regarde la totalité des cartes, (plus de 3,5 milliards, ou 34% de toute la production mondiale), Union Pay est le leader mondial (VISA représente environ 25% de la production mondiale de cartes de paiement, et MasterCard19%). CUP a été introduit en Russie en 2008 après un accord conjoint signé par la Russian Eurofinance Mosnarbank pour fournir des cartes aux usagers russes.

 

L’un des problèmes actuels à résoudre en Russie pour mettre en place un système national propre est de s’adapter aux systèmes monétaires internationaux déjà existants. Il est possible de le faire en coopération avec les Chinois, ce qui demandera de mettre au point un accord-cadre approprié. En prenant en compte l’évolution des autres BRICS, l’installation d’un nouveau système international de cartes bancaires est possible sur le marché mondial (avec des pays représentant ensemble environ 3 milliards d’habitants); ce système sera compatible avec tous les systèmes monétaires des BRICS. La Russie a joué un rôle pionnier pour les procédures de mise en place de ce type de carte pendant qu’elle installait son système monétaire national.

Si ce thème d’une carte de paiement commune aux BRICS est évoqué au sommet d’Oufa, il pourrait être décidé dans le document final que les banques centrales et les ministres des Finances réfléchissent de concert avec le BRICS Business Council et présentent les suggestions pratiques retenues pour le prochain sommet des BRICS.

2. La mise en place d’une agence commune de garantie des investissements multilatéraux (comme la MIGA au sein de la Banque mondiale) se consacrera à l’évaluation des risques par des agences de notation des BRICS pour la détermination du montant des primes d’assurances.

3. Le développement des normes internationales pour déterminer les notations et les prestations de cette agence, dans le but de réduire les biais dans l’évaluation des risques sur les actifs mis sur les marchés – évaluations biaisées pour favoriser tel ou tel pays –, ainsi que la création d’un règlement international unifié pour les agences de notation. Ces normes doivent aussi déterminer les procédures appropriées au niveau des BRICS, pour certifier et accorder des licences aux agences de notation, dont les notes doivent être reconnues au niveau international. La Banque des BRICS peut s’occuper de toutes ces tâches. L’adoption d’une approche semblable est possible pour les compagnies d’audit de conseils juridiques.

4. Le développement de son propre système de comptes internationaux, qui est une alternative au système SWIFT actuellement dominant, ce qui donnera l’élan pour étendre l’utilisation du système satellitaire GLONASS et développer un réseau de fibres optiques.

5. Un accord sur les règles encadrant les actions des autorités monétaires nationales, s’il devient nécessaire de protéger les systèmes monétaires et financiers contre les attaques des spéculateurs et éliminer les perturbations qu’ils causent. En dépit de la position des États-Unis et du FMI, il sera judicieux d’arriver un accord admettant la nécessité de systèmes nationaux de protection contre les risques mondiaux de déstabilisation financière, incluant : a) un institut de réserve qui se chargera des mouvements de fonds utilisés lors des transactions monétaires ; b) une taxe sur les bénéfices des ventes d’actifs par les non-résidents ; c) la taxe Tobin (incluant, pour les opérations en devises étrangères, une taxe sur les fonds exportés) ; d) la latitude pour chaque pays d’imposer des restrictions aux mouvements de fonds transfrontaliers sur des opérations menaçant sa sécurité nationale.

6. La discussion d’une initiative conjointe pour créer un système international de régulation des infrastructures d’informations mondiales. Vu l’importance mondiale d’Internet, des systèmes monétaires, des implantations des banques internationales, des systèmes de calcul opérationnel et des autres outils de communication pour assurer la paix et l’ordre, il est logique d’aborder les questions de leur administration, d’un niveau national à un niveau global et d’accepter – à l’instar de ce qui est devenu indispensable sur d’autres sujets comme le climat, les transports maritimes… – des règles et des accords internationaux, excluant les discriminations d’accès à ces infrastructures mondiales.

7. La création, par les instituts scientifiques des BRICS, d’un réseau intelligent de pronostics, pour étudier une architecture nouvelle du système mondial financier et monétaire, mettre en œuvre des plans conjoints de développement, identifier les intérêts communs et les mesures communes à prendre pour cette mise en place, et pour les recommandations dans le domaine des politiques d’intégration – pour le distinguer du consensus de Washington, le nouveau paradigme des politiques économiques pourrait être appelé consensus des BRICS.

 

ANNEXE 2

Comment éviter de perdre $60 Mds par an en arrêtant la délocalisation et la fuite des capitaux ?

La crise financière de 2008 a rendu le marché russe hautement vulnérable aux perturbations du marché mondial, dont la régulation s’est faite au détriment de la Russie par l’abaissement des taux de crédit, l’ouverture inopportune du marché intérieur sans respect des contraintes financières, l’imposition de mécanismes inéquitables dans les échanges internationaux, qui font perdre à la Russie pas loin de 100 milliards de dollars chaque année. Cela inclut près de 60 milliards de dollars qui quittent le pays en remboursements des prêts étrangers et en revenus des investissements, et pas loin de 50 milliards dus aux fuites illégales des capitaux. Le volume cumulé de ces derniers atteint 500 milliards de dollars, qui représentent même 1 000 milliards de capitaux délocalisés, quand vous y ajoutez les investissements directs à l’étranger des résidents russes. La perte des revenus fiscaux qui en résulte est de 839 milliards de roubles (1,3% du PNB). On a évalué à 5 000 milliards de roubles en 2012 le montant total des pertes dans le budget dues aux délocalisations des capitaux, à leur fuite et aux autres opérations pour éviter les impôts.

Lire la suite…

Source : http://lesakerfrancophone.net/jannexes-a-larticle-de-serguei-glaziev/

 

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Mais où sont les Glazyev d’Europe ? Il n’y en a point. La preuve :

[Et s’il y en avait, QUI pourraient-ils conseiller ?]

 

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Une communauté européenne si démocratique

 


« Je ne pensais pas que le TTIP aurait pu être plus effrayant, mais j’ai parlé à la responsable de l’UE en charge de celui-ci. Avec seulement huit mots elle a dévoilé ce qui ne colle pas avec cet accord et pourquoi il doit être combattu »


 

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Par John Hilary – Le 16 octobre 2015 – The Independent

J’ai eu récemment la chance rare de pouvoir jeter un œil derrière la façade officielle de l’Union européenne lorsque j’ai rencontré la commissaire au commerce dans son bureau à Bruxelles. J’y étais pour parler du Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement [TTIP, Transatlantic Trade and Investment Partnership NdT], cet accord commercial si controversé, en cours de négociations entre l’Union européenne et les États Unis.

 

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Devant l’évidence, Cecilia Malmsröm reconnaît que jamais un accord commercial n’a soulevé autant d’opposition populaire. Mais ses réponses rendent claires les priorités de l’UE.  

 

En tant que commissaire au commerce, Cecilia Malmström occupe une position importante dans la bureaucratie européenne. Elle dirige le département commerce de la Commission européenne, poste occupé auparavant par Peter Mandelson jusqu’à ce qu’il soit forcé d’abandonner la politique en Grande-Bretagne. Elle est donc en charge de la stratégie commerciale pour les 28 membres de la communauté et ce sont ses fonctionnaires qui sont en train de finaliser le TTIP avec leurs homologues américains.

Lors de notre rencontre, j’ai mis Malmström face au problème de l’opposition populaire massive au TTIP, dans toute l’Europe. Durant l’année précédente, un record de 3 250 000 Européens ont signé la pétition contre cet accord. Des milliers de manifestations se sont déroulées dans les 28 pays européens, dont la plus spectaculaire s’est tenue le week-end dernier à Berlin, réunissant 250 000 personnes. [Toutes choses – pétitions et manifs – qui ne serviront évidemment à rien. Quand donc le people européen va-t-il en tirer les conclusions qui s’imposent ?NdGO.]

Face a cela, Malmström a reconnu que jamais un accord commercial n’avait inspiré une telle opposition, si large et si déterminée. Mais quand j’ai demandé à la commissaire comment elle pouvait continuer à faire la promotion de l’accord face à une opposition si forte du public, elle a eu cette réponse glaçante : «Je ne suis pas mandatée par le peuple européen.»

 

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Protestataires à Londres le 7 octobre 2015

 

Mais alors par qui est mandatée Cecilia Malsmtröm ? Officiellement, les commissaires européens sont censés suivre les instructions des gouvernements européens élus. Pourtant la Commission européenne mène les négociations concernant le TTIP à huis clos, sans la légitime intervention des gouvernements européens, encore moins des députés ou du public. Les fonctionnaires britanniques nous ont avoué être complètement laissés dans l’ignorance des négociations sur le TTIP, ce qui rend leur travail impossible.

Dans les faits, comme le rapport de War on Want vient de le révéler, Malsmtröm reçoit directement ses ordres des lobbyistes qui arpentent Bruxelles. Ce n’est plus un secret que la Commission européenne prend ses consignes auprès des lobbys de l’industrie tels que BusinessEurope et l’European Services Forum, comme une assistante de direction auprès de son patron. Il n’est donc pas étonnant que les négociations du TTIP soient plus faites pour servir les intérêts des compagnies que les besoins de la population.

D’ici deux ans, le peuple britannique devra décider s’il veut quitter l’Union européenne ou y rester. Je suis fier d’être européen et n’ai aucune affinité avec la xénophobie alarmiste de ces petits Anglais voulant fermer nos frontières. Je crois en une Europe populaire, une Europe sociale ou l’on puisse travailler ensemble, avec les autres Européens, à l’intérieur comme a l’extérieur du continent, et construire un futur commun dépassant les intérêts financiers d’une élite restreinte.

 

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Des activistes à Berlin le 9 octobre 2015, Merkel allume la bombe du TTIP

 

Mais la question du référendum ne sera pas de savoir si l’on veut rester européen, cette question n’aurait d’ailleurs aucun sens. Elle portera plutôt sur le fait de rester assujetti aux institutions européennes, dont cette Commission qui n’est pas élue. Comme la population grecque en a fait l’amère expérience, ces institutions ne toléreront aucune réforme ou changement de cap face à l’austérité permanente et aux lois commerciales qu’ils cherchent à nous imposer.

Ce TTIP nous donne donc un aperçu du cauchemar que la Commission européenne a en réserve pour chacun de nous. Cecilia Malmström et ses collègues commissaires ont montré le peu de considération qu’ils portaient au peuple européen. Nous sommes avertis.

Pour ajouter votre signature à la pétition du peuple européen contre le TTIP, allez sur waronwant.org/ttip.

John Hilari est Directeur de War on Want. Suivez le sur Twitter : @JHilary

Traduit par Wayan, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Source : http://lesakerfrancophone.net/une-communaute-europeenne-s...

 

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Xxxxxième Manifestation pour réclamer la libération de Georges Ibrahim Abdallah

 

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http://www.secoursrouge.org/Bruxelles-Rassemblement-le-24...

 

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Hommage à Mouammar Kadhafi
 

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Dimanche 25 Octobre à 17h

au Café Le Miyanis

132 boulevard de Ménilmontant

75020 PARIS

Métro Ménilmontant

 

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https://www.facebook.com/events/1653465404910627/

 

 

 

Mis en ligne le 22 octobre 2015.

 

 

 

 

18:53 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/10/2015

HISTOIRES BELGES

1. Press ship.jpg

Une fois n’est pas coutume

 

Histoires belges

I.

Ubu sur la Batte

 

En mars 2012, Dieudonné, à la demande générale d’une partie de la population, est venu donner son spectacle La Bête immonde, à Herstal, petite ville des environs de Liège surtout connue pour sa fabrique d’armes de guerre.

Trois ans plus tard

 

2. Dieudonné La bête immonde.jpg

 

Le parquet de Liège a requis mercredi devant le tribunal correctionnel une peine de 6 mois de prison ferme, une amende de 5.000 euros et une interdiction de droits « contre Dieudonné M’Bala M’Bala », qualifié d’« humoriste » avec des guillemets ou de polémiste sans guillemets par la presse bien-pensante.

« Dieudonné avait été invité à présenter son spectacle à «La Fabrik» de Herstal le 14 mars 2012, à la demande du comité des jeunes de Bressoux-Droixhe. L’assemblée avait rassemblé quelque 1.100 personnes. Lors de ce spectacle, l’humoriste avait tenu des propos radicaux, xénophobes, discriminatoires et antisémites.

« Plusieurs préventions ont été retenues pour qualifier les faits. Il s’agit de préventions d’incitation à la haine, de tenue de propos antisémites et discriminatoires, de diffusion d’idées à caractère raciste, de négationnisme et de révisionnisme

Oufti ! Que ça…

« Le Centre interfédéral pour l’égalité des chances [sauf celles des Palestiniens, NdGO], l’Asbl Foyer culturel juif de Liège et le Comité de coordination des organisations juives de Belgique se sont constitués parties civiles. Le Centre interfédéral pour l’égalité des chances a réclamé un dommage définitif d’un euro mais les deux autres parties ont chacune réclamé un dommage de 2.500 euros.

« Les différents propos tenus lors de ce spectacle public ont été épinglés lors de l’audience. Selon les avocats des parties civiles, Me Lemmens et Me Berbuto, ils représentent le prototype de propos qui constituent une incitation à la haine et à la violence.

(…)

« D’après les plaignants, Dieudonné cherche à stigmatiser une communauté. Connu pour ses positions antisémites, il vise essentiellement la jeunesse musulmane au sein de son public.

« Le Procureur Damien Leboutte a également épinglé les propos tenus par Dieudonné, qu’il ne qualifie plus d’humoriste.

« Le spectacle qu’il donne est rempli de propos diffamants et insultants qui donnent envie de vomir », a-t-il indiqué lors de son réquisitoire.

Il est clair qu’entre le vertueux Joseph McCarthy et l’« humoriste » Charlie Chaplin, les chats-fourrés liégeois ont choisi leur camp. Ah, mais !

« Le parquet a réclamé une peine de 6 mois de prison qui tient déjà compte de l’ancienneté des fait [défense de rire], une amende portée du maximum de 5.000 euros et une interdiction des droits sur le territoire belge, pour le cas où Dieudonné M’Bala M’Bala aurait un jour l’idée de venir se domicilier en Belgique. » [Des fois qu’il voudrait imiter Depardieu et venir planquer ses euros là où on ne paie pas d’impôts dessus quand on en a suffisamment.]

Mais pourquoi a-t-il fallu trois ans à M. Leboutte pour découvrir toutes ces horreurs que n’avait pas vues le public de Herstal, essentiellement jeune et musulman il est vrai (et que les mauvais esprits s’abstiennent de parler de discrimination).

Pourquoi l’avoir fait aujourd’hui alors que nul n’en avait eu l’idée dans l’instant ? À notre avis, c’est que, premièrement, il est toujours prudent d’obéir aux injonctions de la puissance occupante, qui a ses raisons pour les faire connaître à retardement, et que, deuxièmement, il n’y en a aucune pour cracher sur la réclame peu coûteuse qu’on peut se faire en s’en prenant à une célébrité de passage. Ou passée un peu avant.

 

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« Vous remarquerez, écrit sur son blog Allain Jules, que, chaque fois que l’humoriste prépare sa tournée internationale, [qui doit débuter] le 26 décembre au Zénith de Nantes, il a toujours maille à partir avec les autorités juridico-politiques. Ce sont ces dernières qui le pourchassent toujours… Est-ce le hasard ? Que nenni. Ils veulent sa peau. Heureusement que son public le sait, et que son talent le sauve. »

 

3 bis. Tournée 2016.JPG

Et d’ajouter :

« Dieudonné devait également comparaître mercredi à Paris en correctionnelle pour « provocation à la haine raciale » et « injure raciale » pour des passages de son avant-dernier spectacle, La Bête immonde, mais le procès a été renvoyé au 24 février 2016, à la demande de son avocat, Me Sanjay Mirabeau, empêché. »

Et, en effet, l’offensive liégeoise est simultanée et parallèle à cette Nième de France. Il s’agit donc bien, au moment où commence la Troisième Intifada, de museler préventivement toute critique explicite des ignominies passées ou en cours.

Ah les braves gens !

Que Dieudonné, dans sa vie privée, aille se fourvoyer chez les Blancs de sa Vendée plus ou moins natale, on est les premiers à le regretter, et on espère qu’il en reviendra. Mais qu’il dénonce, en faisant rire, les horreurs les plus abominables, les plus dégradantes et les plus persistantes de son temps, comme l’ont fait avant lui les Swift, les Molière, les Dac, les Coluche, les Yanne et les Desproges, c’est son droit le plus absolu, et merci à lui.

Jugement (à Liège) le 25 novembre.

Ceux d’entre vous qui désirent apporter leur soutien moral  à M. le Procureur du Roi sont (encore) libres de le faire. C’est là : Damien.Leboutte@just.fgov.be

 

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Sources :

http://www.lavenir.net/cnt/DMF20151014_00719375

http://allainjules.com/la-blague-belge-dieudonne-condamne...  

 

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II.

Zoïle sur la Butte

 

Faute de pouvoir s’en prendre à Homère et à Platon, un qui se dit écrivain, d’origine belge mais sévissant à Paris, s’en prend à Georges Simenon. Son  nom : Patrick Roegiers. Prononcez Roû-jota-îrs (pour la jota, voyez Devos), bien qu’il insiste pour qu’on le prononce « à la française ». Dans le temps, parler pointu (voyez Pagnol) se disait par ici « fransquillonner ». Maintenant, ils parlent tous comme à la télé.

Donc,  M. Roegiers, après avoir pompé un de ses titres à Blavier - ce qui est à toi est à moi et personne n’a eu le mauvais goût de le lui reprocher - a naguère commis un livre qu’il a modestement intitulé Le bonheur des Belges, titre et personnage principal pompés à Claus, car à quoi bon lésiner. Où irait-on, si les gloires nationales ne pouvaient pas servir à quelque chose ? D’aucuns qui croient savoir lire en avaient même dit du bien. Des goûts et des couleurs…

Pourquoi changer une recette qui gagne ? Le même « homme de lettres » (bien notre tour d’user des guillemets) vient de récidiver, avec un L’autre Simenon, qu’on dit sur les rangs pour le Renaudot. Inutile d’ergoter sur ce qu’on pense des prix, puisqu’aussi bien Simenon lui-même l’a fait à propos de Festival de Cannes. Allez-y voir.

Le hic, cette fois, c’est que non content de se parer des plumes du paon, l’auteur se laisse aller à le diffamer, voire à un petit peu quand même le calomnier. En se servant d’un frère cadet mauvais sujet comme prétexte et, bien entendu, comme tremplin.

Ce n’est un secret pour personne que Christian Simenon, nullité pathétique et néanmoins favori de sa mère a aboyé avec les (très nombreuses partout) meutes de chiens de son époque et fricoté avec les pro-nazis. Ce dont se prévaut notre Zoïle pour tenter de diminuer autant qu’il est en lui la gloire de l’aîné. S’il était anglais, il reprocherait à Shakespeare les frasques (nazillonnes aussi) du duc de Windsor. Shakespeare l’a échappé belle.

Remarquez que… lui-même – William – en son temps a calomnié des gens. Pour complaire à ses puissants protecteurs, certes, mais quand même. La différence, c’est qu’il avait du talent. Certains disent même du génie. Quand il brosse le portrait d’un usurpateur sanguinaire, ce n’est pas juste un personnage qu’il crée, c’est un type. Sa faute, c’est de l’avoir appelé Macbeth. Pour les mêmes raisons, Molière a, de son côté, peu glorieusement ridiculisé des femmes qui le valaient bien. Ce sont là des choses dont Simenon ne s’est jamais rendu coupable.

On ne peut pas classer Patrick Roegiers parmi les fous littéraires : puisqu’il a trouvé des Grasset pour le publier, il ne répond pas aux critères. Mais comment ne pas le classer parmi les malades ? Car ne pouvoir écrire qu’en se parant des dépouilles de qui vous porte ombrage, tout en se donnant un mal de chien pour le diminuer, est une maladie. L’artiste véritable, occupé à créer, n’a pas de temps pour ces pathologies.

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Cela dit, pourquoi cette tempête dans une jatte de café fait-elle tant de vagues ? Parce que les éditeurs habitués des prix littéraires s’y entendent à les provoquer et n’hésitent pas à en rajouter une couche dans les merdias si cela peut leur être utile. Astuce mercantile vieille comme l’imprimerie.

Résultat : dès les premières complaisantes attaques, le sang de M. Jean-Baptiste Baronian n’a fait qu’un tour. Et de foncer comme on l'espérait sur la muleta.

Jean-Baptiste Baronian est un écrivain belge de langue française, d’origine arménienne par ses parents, auteur prolifique à multiples facettes, ex- directeur de collections dans plusieurs maisons prestigieuses et membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, mais aussi Président des Amis de Georges Simenon. Pas pour occuper un créneau honorifique de plus, mais par conviction.

M. Baronian, donc, a estimé que trop c’était trop, et il l’a fait savoir dans les colonnes du quotidien Le Soir. Qui a fait paraître sa « Carte blanche »…  face à la réponse de M. Roegiers. On ne saurait trop conseiller au Swar de continuer dans cette voie pionnière et de publier désormais les droits de réponse avant les réquisitoires. M. Roegiers, égal à lui-même, y traite élégamment son critique de divers noms d'oiseaux (il a du goût pour le calembourbeux).

Du coup, M. Jacques De Decker, pourtant son admirateur mais président de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique citée plus haut et, soit dit entre parenthèses, seul auteur belge à écrire dans les trois langues nationales, a cru de son devoir de rompre une lance en défense de son co-académicien en remettant quelque peu M. Roegiers à sa place. Gros raffût dans Landerneau, qui n’est pourtant pas en Belgique.

On entend d’ici l’attachée de presse du tiers de galligrasseuil : « Mission accomplished. »

Nous eussions aimé vous distraire avec les argumentations diverses mais… nous n’achetons pas les merdias, qui, par ailleurs, ne pratiquent pas la gratuité même sur Internet. Vous devrez donc vous contenter (façon de parler) du commentaire ô combien éclairé de M. Pierre Assouline. Que voilà.

 

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Sale temps pour Simenon

 

Pierre Assouline – La République des livres 24 septembre 2015

 

« Le récit est bourré non d'erreurs mais de contre-vérités. Toutes volontaires, mises en scène à dessein dans l'intention de nuire. »

 

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Que peut faire un écrivain de son héros lorsque celui-ci est un anti-héros ? Une crapule de génie, comme y réussit magnifiquement Javier Cercas dans L’Imposteur. Ou juste une crapule comme y parvient médiocrement Patrick Roegiers. Car le risque avec de tels personnages, c’est qu’ils tirent l’auteur vers le bas et emportent le lecteur dans leur élan. Le cas de L’autre Simenon (Grasset).

Quelle idée de consacrer un livre à un personnage aussi médiocre ! Faut-il être à court d’inspiration. Encore qu’il en est auxquels on peut trouver un certain panache dans l’insignifiance. Mais celui-ci était juste minable. Une vie sans éclat, celle d’un employé de l’administration portuaire à Matadi au Congo Belge dans l’entre-deux-guerres complexé par la réussite de son frère, puis aspiré dans la spirale de l’activisme fasciste du parti Rex en Belgique. Sa seule heure de gloire, selon Patrick Roegiers, est d’avoir pris la tête d’un escadron de la mort pour assassiner froidement à bout portant vingt-sept civils choisis comme otages parmi les notables de la région de Charleroi. Manifestement, il y en a que cela fait encore saliver. Grand bien leur fasse. Ce serait juste sans intérêt si l’on n’en profitait pas pour salir un homme par contre coup : le vrai Simenon, le romancier.

Lire la suite…

Source : http://larepubliquedeslivres.com/simenon-versus-simenon/

 

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Tirez sur Simenon !

dit-on chez Causeur, où on reproduit – mais, oh, tiens, le voilà – le texte de M. Baronian :

http://www.causeur.fr/tirez-sur-simenon-34748.html

 

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On vous a fait grâce de Baudelaire, dont le Pauvre Belgique ! a été lui aussi pillé et n’en doutons pas corrigé. Par l’« homme de théâtre » cette fois, qui mit naguère en scène un Pauvre B…. « d’après Baudelaire, texte de Patrick Roegiers ».

À qui le « surdoué » va-t-il s’en prendre après cela ? Magritte ? Mais sait-il peindre ? Ah, zut, c’est déjà fait : Magritte et la photographie. Eddy Merckxs ? Encore faut-il savoir couvrir de longues distances à vélo, avaler des amphés sans se faire poisser et arriver avant les autres. N’y comptons pas trop... Verhaeren ? Mais il faut savoir faire des vers… Maeterlinck ?... Ghelderode ?... On sèche.

Intolérable suspense.

 

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Ne quittons pas tout de suite Simenon puisqu’on y est (et nos excuses pour les langues laissées d’origine) :

 

Louanges d’orfèvres

John Cowper Powys, Henry Miller

 

« I hope your Book, this autobiography one, will be a long book… Do you know for whose stories (and they are all long short ones like Henry James’ & Theodore’s) I have got now an absolute mania ? The so-called Detective Stories translated from the French of Georges Simenon. Do ask Maurice [Browne] if he knows them. They have given me extraordinary pleasure. The crime part is far the worst part in them. It is badly done – even I who never read detective stories can see that, but for the Milieus (is that the right plural ?) and the neurotic criminals he is better than – well, I’d sooner meet him than any other living writer. And his women are perfect. I do pray Simenon is alive – ask Maurice if he knows anything about him. »

Lettre de JCP à Louis Wilkinson, 5 février 1945.

(Letters to Louis Wilkinson 1935-1956, Villlage Press)

Powys a souvent parlé de Simenon dans sa correspondance. Là, c’était la toute première fois.

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Extrait du livre de Maurizio Testa : Maigret e il caso Simenon

 

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Les treize Maigret de Simenon

 

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Devant sa maison d’Épalinges, l’artiste entouré par treize autres, qui ont incarné, chacun avec talent, sa créature. De gauche à droite, en effigies de carton grandeur nature : Albert Préjean, Gino Cervi, Michel Simon, Abel Tarride, Jean Gabin, Rupert Davies, Charles Laughton, Boris Ténine, Pierre Renoir, Harry Baur, Jean Richard, Heinz Ruhmann, Jan Teuling.


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Moralité :

L’envie est un vilain défaut.

C’est même un des sept péchés capitaux.

On espère seulement que MM. Leboutte et Roegiers ne sont pas en train de lancer une mode.

Coluche, reviens ! La réalité dépasse ta fiction.

 

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Tout Simenon, bien sûr, dont

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Georges Simenon

PEDIGREE

Presses de la Cité, 1948

Édition originale

 

 

 

 

 Liste des rééditions :

http ://www.association-jacques-riviere-alain-fourni...

11. Pedigree Simenon Omnibus.jpeg

 

 

Georges Simenon

Pedigree – Romans durs

Place des Éditeurs – 2012

489 pages

 

 

 

Mais aussi

12. Simenon pierre assouline.JPG 

 

 

Pierre Assouline

SIMENON

Julliard, 1992

756 pages

 

 

 

13. carissimo simenon mon cher fellini.jpg

 

 

Federico Fellini & Georges Simenon

Carissimo Simenon – Mon cher Fellini

Cahiers du Cinéma, 2003

96 pages

 

 

 

 

14. mal du pays.JPG

 

 

André Blavier

Le mal du pays ou les travaux forc(en)és

Yellow Now, 1986

136 pages

 

 

 

 

15. Claus Le chagrin 1985.jpg

 

 

 

Hugo Claus

Le chagrin des Belges

Julliard, 1985

606 pages

 

 

 

Actualité

 

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Maurizio DE GIOVANNI

L’automne du commissaire Ricciardi

Payot – Rivages Noir, Septembre 2015

416 pages

 

 

 

 

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49

[Naples] Dimanche 1er novembre [1931]

 

Le dimanche sous la pluie est une chose particulière.

Il te met dans une situation que tu n’attendais pas, que tu n’avais pas souhaitée. Il t’empêche, dans la rue, de plonger dans la foule, de te rassasier de lumières et de couleurs, de te faire bousculer dans les jardins publics, par des nourrices, ou dans les cafés de la Galleria, par de jeunes couples. Il t’empêche d’aller respirer le parfum de la mer et d’entendre les cris des pêcheurs te proposant leur pêche de nuit.

Le dimanche sous la pluie ferme les portes. Il pénètre par les interstices des volets, inonde les murs et le sol, il remonte jusqu’à ton âme, et serre ton cœur dans son poing. Le dimanche sous la pluie est habile à jouer avec l’espérance et la solitude.

Le dimanche sous la pluie te fait désirer autre chose que ce que tu as. Il attire ton regard sur les fenêtres ruisselantes, déformant tout ce que tu vois au travers. Il ne te laisse même pas voir les images de l’extérieur, durant les heures que tu ne peux consacrer à la promenade et aux rencontres.

Si tu es un vieux médecin portant en lui tant de blessures de guerre, le dimanche sous la pluie te trouvera déjà réveillé à l’aube. Tu te lèveras en traînant les pieds dans une maison trop grande pour toi, la chemise de nuit flottant autour de toi, les bas en tire-bouchon. Tu fumeras beaucoup en regardant sans honte mais avec crainte ta solitude et le futur sombre que tu n’auras peut-être pas. Tu penseras aux brouillards lointains et aux pluies de ton adolescence, pleins de jeux et dépourvus de frustrations ; et tu décideras peut-être de t’habiller et de te rendre à l’hôpital, même si tu n’es pas de garde. Parce que les malades et leur souffrance sont tout ce qui te reste.

Le dimanche sous la pluie a ses armes.

Si tu es une jeune fille amoureuse, tu ne verras pas le moment où il pourrait se passer quelque chose ; au contraire, le dimanche sous la pluie suspendra le temps dans une immobilité qui te semblera infinie. Tu liras et reliras une lettre, tu la compareras avec ce que tu espérais et la lumière glacée des fenêtres striées par la pluie te fera craindre le pire. Tu prépareras le déjeûner avec des gestes distants et ta famille ressentira, sans la comprendre, ton agitation, et te regardera inquiète et agacée. Tu ne t’en apercevras pas, tandis que tu t’approcheras sans cesse de la fenêtre, comme le fait un poisson avec les parois de son aquarium, en pensant à un monde dans lequel tu craindrais de ne pas pouvoir respirer.

Le dimanche sous la pluie est rempli de peurs.

Si tu es un homme qui aurait voulu être une femme, tu passeras peut-être la journée à te vernir les ongles et à t’épiler. Tu enrageras de ne pas pouvoir sortir avec une robe à fleurs, pour hurler au monde que tu es belle et forte, en dépit de la nature qui n’a pas voulu t’écouter. Il te reviendra peut-être en mémoire l’enfant que tu étais, dans la rue, rejeté et moqué, maltraité par ceux-là même qui aujourd’hui viennent te chercher, faméliques. Quelqu’un viendra peut-être te trouver en cachette, trempé et essoufflé, et regardera autour de lui dans la crainte d’être vu et reconnu ; mais cela t’est bien égal, parce que même cela c’est de l’amour, et que s’il te prend quelques instants, tôt ou tard il te les rendra.

Le dimanche sous la pluie fait de bien étranges cadeaux.

Si tu es une jolie femme qui vient de t’installer en ces lieux, ta nouvelle vie t’apparaîtra étrange à travers la pluie. Tu penseras que, malgré sa réputation de pays du soleil, il y pleut beaucoup. Mais que la pluie n’y est pas comme ailleurs et que les ondées alternent avec les rayons de soleil pleins de chansons. Tu décideras de sortir tout de même, et tu te promèneras en voiture dans les rues désertes. Tu admireras les immeubles muets du front de mer, l’écume des vagues bondissant jusque sur la chaussée, l’air chargé d’électricité. Tu penseras au seul homme que tu as envie de voir, quand au café une centaine de mains se proposeront pour allumer ta cigarette, faisant pâlir de jalousie les autres femmes ; mais tu as besoin de cet homme-là, pas des autres, et ton esprit cultive une seule espérance à la fois.

Le dimanche sous la pluie limite les possibilités.

Si tu es un brigadier un jour de fête, tu feras pour une fois la grasse matinée, tandis que la pluie frappe aux volets. Tu feras l’amour de bon matin, calmement, en te perdant dans les cheveux blonds, les yeux bleus et la peau douce de la femme que tu as aimée, que tu aimes encore et que tu aimeras toujours, tant que tu verras clair. Et puis tu accueilleras cinq lutins dans ton lit, tandis qu’elle préparera le petit déjeûner, et tu raconteras à ces yeux écarquillés les fabuleuses aventures de l’héroïque policier qui arrête les bandits. Et tu penseras peut-être à celui qui n’est plus là et tu lui adresseras une larme et un sourire, en lui rappelant que dans ton cœur de père, il y a une grande, belle et lumineuse place pour lui, et qu’il en sera toujours ainsi.

Le dimanche de pluie a ses invités.

Si tu es une vieille nourrice rhumatisante, tu regarderas ton signorino s’habiller pour sortir, même si aujourd’hui c’est dimanche, même si aujourd’hui c’est la fête de tous les saints, même si aujourd’hui il pleut à verse. Tu protesteras, tu te lamenteras mais il ne t’écoutera pas. Il ne t’écoute jamais. Tu observeras ses yeux brillants de fièvre, tu surveilleras sa toux. Ta maladresse te pèsera autant que la crainte de le voir souffrir. Tu nourriras un fol espoir pour l’avoir vu écrire en cachette et garder une feuille froissée dans une poche de sa veste. Sur son cœur, précisément.

Le dimanche sous la pluie glisse tout de même quelques espoirs au fond des pires solitudes.

[…]

ce quatriÈme volume clÔt le cycle des « saisons » du commissaire ricciardi.

Il faudra qu’on vous parle un jour du polar italien, territoire somptueux, le plus souvent très contemporain

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Dernière minute

Notre post devait s’arrêter là. Et puis nous est arrivé d’Italie en passant  par la Suisse – merci à Silvia Cattori ! – la

 

Réflexion d’un

Prix Nobel de littérature

 

Pas d’un qui l’a reçu pour avoir dénigré Poutine ; d’un à qui on l’a donné pour se redorer le blason.

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Dario Fo :

Nos intellectuels ineptes, tristes et asservis à la pensée unique

 

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J’ai bien connu Dario Fo à Rome. C’était en 1974. Des affichettes placardées sur la Piazza Navona annonçaient son spectacle le soir même. Fo était un artiste déjà fort célèbre ; sa critique politique et sa défense des militants accusés de terrorisme, dérangeaient le système. Après un long et tortueux périple, où j’ai cru ne jamais arriver, j’ai fini par trouver le quartier pauvre de la banlieue romaine où Dario Fo se produisait. La salle, était bondée, en délire. Son spectacle comique, enthousiasmant, tenait de la Commedia dell’Arte et du meeting politique. Il y avait un climat de radicalisation gauche droite de quasi guerre civile en Italie. C’était les sombres « années de plomb ». Les années Gladio pour ceux qui connaissent l’histoire. A la sortie de ce spectacle si revigorant, le cercle qui entourait Fo m’a approchée. Stupéfait d’apprendre que je venais de Suisse pour atterrir en ce lieu perdu, Fo m’invita à me joindre aux acteurs de sa troupe et amis. Assise à l’arrière du véhicule je découvris que les amis qui accompagnaient Dario Fo assuraient sa protection armés de bâtons. Son épouse, l’actrice Franca Rame avait été séquestrée et violentée pour son engagement politique quelques mois plus tôt par un groupe néo-fasciste. Le souvenir de cette nuit romaine d’un Dario Fo accueillant, généreux, exubérant, préparant lui-même le diner en riant, est resté gravé dans ma mémoire. [Silvia Cattori

 

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Dario Fo et Franca Rame en d’autres temps

 

Remettons les choses à plat : la loi [pour limiter] les écoutes téléphoniques, la réforme du Sénat, les interventions sur la RAI, l’article 18 [du statut du Travailleur] annulé par le Jobs Act* (que c’est moche cette expression, Jobs Act), autant de choses qui, si elles étaient arrivées il y a quinze ans sous le règne du Seigneur d’Arcore (Silvio Berlusconi, NdT) auraient – et ont effectivement – rempli les rues de manifestants, et les pages des journaux. Mais alors, que s’est-il passé, que nous est-il arrivé, pour que s’abatte un silence aussi effrayant ? Pour que se produisent cet assoupissement paradoxal, cette anesthésie générale. Vous rappelez-vous cette vieille fable, « Le joueur de flûte » ? Un joueur de flûte enchante les rats de la ville et les conduit au fleuve où ils se noient, libérant ainsi la cité. Mais comme les gens de la ville … ne tiennent pas parole et ne le paient pas, lui se venge et avec sa flûte il enchante cette fois les enfants de la cité et les emmène avec lui. Voilà, la même chose s’est produite avec les journalistes qui  devraient être les premiers à avoir conscience de l’importance de l’information : à force de jouer de la flûte, ils ont endormi trop de gens ! Mais ce n’est pas seulement le problème de la presse écrite. Nous avons aujourd’hui une classe d’intellectuels qui a en grande partie oublié d’utiliser le tambour, un instrument formidable pour réveiller les enfants ahuris. La plupart se taisent, ils n’ont plus de dignité et donc ne s’indignent plus. C’est cela qui est terrible et incroyable : le manque d’indignation. Cela dépasse de loin la trahison du clergé ! Tous pensent la même chose : mais pourquoi donc devrais-je m’exposer ? Peut-être qu’un jour j’aurai besoin de quelque chose, d’une faveur, d’un coup de main de celui que je suis en train de critiquer.

Tout se joue sur la peur du chantage, sur la possibilité d’en tirer un avantage pour soi. Ceux qui font l’information et l’opinion ont compris cela : il faut rester dans le jeu. Si tu te mets à critiquer, ou même à faire des remarques ou des réflexions gênantes, tu es purement et simplement  éliminé. Désormais le pli est pris : on aligne sur le tableau le nom de ceux qui se sont « mal comportés ». Celui dont la tête dépasse des rangs est jeté dehors. Et par « dehors » j’entends, mis totalement hors-jeu.

Les conséquences de cette pensée, non pas « unique » mais asservie, conformiste, et opportuniste sont terribles : les anticorps disparaissent peu à peu. Cela crée potentiellement une société d’ineptes, de lèches-culs. Il suffit de regarder les parlementaires qui expliquent leur volte-face par la vieille excuse « J’ai une famille moi », un refrain si souvent entendu au temps du Fascisme. Je vois clairement aujourd’hui un encerclement de la liberté d’expression, et les personnes qui ont le courage de s’exprimer sont marginalisées. Depuis toujours le pouvoir veut faire taire les voix dissidentes : mais dans un système sain, d’habitude il trouve une limite en ceux qui s’opposent à lui. Les intellectuels, un temps, guidaient l’opinion publique. Mais aujourd’hui, qui ose relever la tête ?

Dario Fo, Prix Nobel de littérature
26 sept. 2015 (version imprimée)           

Traduction : Christophe/Fatto Quotidiano

Notes de traduction :

(*) Jobs Act : Loi italienne mise en place par le gouvernement de Matteo Renzi réformant en profondeur le marché du travail.

Sources :

http://arretsurinfo.ch/dario-fo-nos-intellectuels-ineptes...

http://ilfattoquotidiano.fr/

Hiver

20. Il neige à Moscou.jpg

Il neige à Moscou depuis le 7 octobre.

 

 

 

Mis en ligne le 18 octobre 2015.

 

 

 

18:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/10/2015

LISEZ-LES TOUS...

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Lisez-les tous. On vous promet qu’ils en valent la peine.

 

Syrie : Panique chez les égorgeurs de l’OTAN…

Georges Stanechy – À contre courant12 octobre 2015

 

2. Latuff_dessin_russie_syrie_cia_daesh-07654-d2916.png

 

Pour une poignée de dollars…

Fuyant la Syrie où ils s’étaient incrustés. Chancres, métastases d’un chaos ne cessant de se répandre. 

Un des plus beaux pays du monde, aux multiples vestiges historiques. Héritages des civilisations fusionnant le long des siècles et millénaires dans ce creuset de la pensée, de l’art et de la spiritualité.

Des rats abandonnant le naufrage colonial de l’Occident dans la région, tel un navire coulant à grande vitesse… Courant, éperdus de frayeur, de leurs jambes et de leurs Toyota rutilantes, loin de leurs camps, abris bétonnés, salles de torture et postes de tir, de leur encadrement et commandement des "forces spéciales" des pays de l’OTAN. 

Sous le pilonnage assourdissant des bombes et missiles, de haute précision, des forces armées russes. Largués, de nuit, par des avions silencieux et invisibles à plus de 5000 mètres d’altitude. Le plus angoissant, ces missiles de croisière supersoniques dont on ne perçoit le bruit du propulseur qu’après son explosion… Trop tard…

Lire la suite…

Source : http://stanechy.over-blog.com/2015/10/syrie-panique-chez-...

 

*

Quand CNN pose des questions idiotes à M. Peskov* :

 

3. Dmitry Peskov 1.jpg

 

Comment différenciez-vous, lors des bombardements en Syrie, les terroristes normaux des rebelles modérés ?

« Depuis le début des opérations militaires en Syrie, nous avons pris cela en considération. Contre les terroristes normaux, nous utilisons des bombes normales, et contre les terroristes modérés, nous avons recours seulement à des bombes modérées. Nous nous sommes orientés dans ce sens, autrement dit, dans le sens de la Justice. »

Excusez-moi, mais pouvez-vous me dire en quoi les bombes modérées sont différentes des bombes normales ?

« Nos bombes normales se différencient des bombes modérées, exactement comme les terroristes normaux se différencient des terroristes modérés. Les secondes sont en fait peintes avec d’autres couleurs, aux tons décidément plus doux et plaisants. »

__________________ 

* Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin.

Sources : http://www.legrandsoir.info/le-porte-parole-du-kremlin-se...

http://rusvesna.su/recent_opinions/1444118247 / http://www.vz.ru/news/2015/10/6/770887.html

Traduction Kevin Queral

 

*

Un peu d’histoire n’a jamais fait de mal à personne, remet souvent l’église au milieu du village, les pendules à l’heure, etc.

 

Rétro-colonisation

Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ?

par Thierry Meyssan

 

Revenant sur l’histoire de la colonisation française de la Syrie et la comparant avec l’action des présidents Sarkozy et Hollande, Thierry Meyssan met en évidence la volonté de certains dirigeants français actuels de recoloniser ce pays. Une position anachronique et criminelle qui fait de la France actuelle un État de plus en plus haï dans le monde.

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Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 12 octobre 2015

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La France est aujourd’hui la principale puissance qui appelle au renversement de la République arabe syrienne. Alors que la Maison-Blanche et le Kremlin négocient en secret la manière de se débarrasser des jihadistes, Paris persiste à accuser le « régime de Bachar » (sic) d’avoir créé Daesh et à déclarer qu’après avoir éliminé l’Émirat islamique, il conviendra de renverser la « dictature alaouite » (re-sic). La France est publiquement soutenue par la Turquie et l’Arabie saoudite, et en sous-main par Israël.

 

4. Sarkozy Cameron.jpg

Nicolas Sarkozy et David Cameron signent les Accords de Lancaster House. Ils réitèrent, un siécle plus tard, l’entente cordiale des Accords Sykes-Picot.

 

Comment expliquer ce positionnement de perdant alors que la France n’a aucun intérêt économique ou politique dans cette croisade, que les États-Unis ont cessé de former des combattants contre la République, et que la Russie est en train de réduire en cendre les groupes jihadistes ?

La plupart des commentateurs ont souligné à juste titre les liens personnels du président Nicolas Sarkozy avec le Qatar, sponsor des Frères musulmans, et ceux du président François Hollande, également avec le Qatar, puis avec l’Arabie saoudite. Les deux présidents ont fait financer illégalement une partie de leurs campagnes électorales par ces États et ont bénéficié de toutes sortes de facilités offertes par ces mêmes États. En outre, l’Arabie saoudite détient désormais une partie non-négligeable des entreprises du CAC40, de sorte que son désinvestissement brutal causerait de graves dommages économiques à la France.

Je voudrais évoquer ici une autre hypothèse explicative : les intérêts coloniaux de certains dirigeants français. Pour cela, un retour en arrière est nécessaire.

Lire la suite…

(Sans sauter les interventions in vivo de Roland Dumas et d’Hugo Chavez !)

 

Source : http://www.voltairenet.org/article189002.html

 

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Le gouvernement russe achète la maison où vécut Rachmaninov, à Vevey.

Que fait la presse suisse ?

 

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Russie = Poutine, ou le cerveaulavage à jet continu

Slobodan Despot13 octobre 2015

 

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Si l'État français (par un improbable miracle) cherchait à racheter le château de l’Aile à Vevey où vécut Paul Morand, la presse locale écrirait-elle: « La villa suisse que HOLLANDE convoite » ? Non, car un tel titre exprimerait une initiative strictement personnelle du président de la République.

En revanche, lorsque l’État russe souhaite racheter la propriété d’un compositeur faisant partie du patrimoine musical mondial – et russe en particulier —, il ne peut s’agir — encore — que d’une lubie de Vladimir Poutine. Surlignage rouge et photo en médaillon: l’article ne laisse aucun doute sur le caractère autocratique de la démarche. Le titre et la mise en page laissent entendre que M. Poutine, comme tant de potentats avant lui, convoite une villa suisse pour un usage personnel. Il serait intéressant de vérifier combien de lecteurs auront lu plus loin.

Les Russes sont un peuple bourré de défauts horripilants, mais il faut leur laisser une chose : ils n’ont besoin de personne pour leur expliquer ce qu’est un patrimoine culturel. Ils y ont toujours investi des moyens sans proportion avec le niveau de vie moyen. Ce goût ne tient ni au régime en place ni à la personne du chef de l’État. Le nom de Rachmaninov, comme ceux de Prokofiev, Riépine, Pouchkine ou Akhmatova, n’est pas qu’une entrée d’encyclopédie, mais une présence réelle dans l’âme et le coeur d’une grande majorité des Russes. Le rachat de la maison Rachmaninov leur semblerait aussi naturel que l’eût été le rachat de l’hôtel Gibbon à Lausanne par la Couronne britannique, si ses sujets savaient encore qui était Gibbon, et si les Lausannois n’avaient pas démoli sans état d’âme cette maison historique.

On ne se rend pas en Russie, du reste, pour des parcs d'attractions ni des shopping malls, mais pour le théâtre Bolchoï, la galerie Tretiakov ou le musée de l’Ermitage.

Les Russes sont aussi, soit dit en passant (car vos médias ne vous le diront pas), le peuple le plus instruit au monde selon les critères académiques, devant le Japon et le Canada. Réduire la politique de leur État à la volonté arbitraire de leur président, c’est les ravaler à un troupeau de bovins menés par l’anneau nasal. C’est un a priori inepte qui trahit, de la part des médias occidentaux – suisses en l’occurrence — une méconnaissance profonde du sujet et une volonté systématique d’enfermer le sujet « Russie » dans des stéréotypes confinant à l’idiotie.

Cet article paru en double page dans le Matin du 12 octobre 2015, qui n’a en principe aucun enjeu politique, trahit bien mieux que les commentaires politiques le fond de la pensée des journalistes. Enfin, pensée… le terme est exagéré. Nulle pensée ne se manifeste ici, pas même une intention malveillante. Il ne s’agit plus que de réflexes pavloviens1, inculqués par cerveaulavage et donc inconscients. Des journalistes ayant atteint un tel niveau de mécanisation peuvent sans délai être remplacés par des logiciels. Les éditeurs de presse feront des économies substantielles et personne ne verra la différence.


1.      Tiens, encore un Russe qui a révolutionné la science! En étudiant le salivage chez les chiens, Pavlov ne se doutait pas qu’il décrivait en visionnaire le fonctionnement de la « pensée » occidentale au début du troisième millénaire.

 

Source : http://blog.despot.ch/post/russie-poutine-ou-le-cerveaula...

 

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Alibi : c’est bientôt la Toussaint.

En vérité : On vous le balance pour se faire plaisir.

 

Rachmaninov : L’Île des Morts

Poème symphonique, op. 29

Sir Andrew Davis, Royal Stockholm Philharmonic Orchestra

 

 

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Folie des grandeurs ?

Presse ignare ?

Les deux mon général ?

 

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Obsession

Benoît Hamon ou le retour du Robespierre de l’Éducation nationale

L’ancien ministre s'en prend à nouveau aux rémunérations des professeurs de classes préparatoires

Lire la suite…

Source : http://www.lopinion.fr/13-octobre-2015/benoit-hamon-retou...

 

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En marge du synode sur la famille, Israël, procréatique et GPA

 

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Retour du marché - Aéroport de Tel Aviv – Avril 2015

 

La société israélienne fait le choix de l’eugénisme déclaré : aussi, avec le dépistage prénatal le plus sophistiqué, voire prénuptial, l’avortement thérapeutique est pratiqué à une échelle bien plus vaste qu’ailleurs de par le monde, en particulier dans la communauté ashkénaze.

Les instances supranationales privilégient toujours le modèle israélo-américain, en matière d’accompagnement juridique des évolutions sociétales. On le constate à l’occasion des litiges autour de la GPA qui arrivent devant la Cour européenne des droits de l’homme, par exemple ; la sensibilité populaire et les législations nationales y sont systématiquement désavouées.

Le synode sur la famille cherche, de son côté, à orienter les chrétiens, mais aussi plus largement la société désemparée face aux cas de figure inédits que nous imposent légalisation du pseudo-mariage homosexuel et business de la reproduction humaine. Les catholiques sont le bastion de la résistance mondiale au nouveau dogme de l’égalité poussée jusqu’à l’absurde, aux sophismes autour de la notion de genre, visant à déposséder chaque sexe de ses prérogatives, et chaque enfant de son équilibre par référence à ses aïeux, et enfin résistance à l’anesthésie de la conscience face aux nouvelles possibilités vertigineuses de procréation artificielle.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’Israël est le pays pionnier qui adopte avec enthousiasme le « baby business », et le « pink washing » qui va de pair : non seulement c’est le pays le plus performant en biotechnologie d’avant-garde, mais la promotion de l’homosexualisme y permet, grâce au dynamisme des start-up israéliennes prospectant des marchés dans le monde entier, d’envisager le contrôle de la procréation dans chaque pays, en retirant toute autorité aux parents s’adonnant aux engendrements naturels, puis toute primauté à la famille traditionnelle.

Rappelons les principales personnalités se faisant, en France, le relais de ces prétendus progrès, reposant sur un néo-esclavagisme des femmes à exploiter comme de simples gisements d’ovocytes et d’enfants à naître : Mmes Taubira, Marcela Iacub, Esther Benbassa, MM. Louis-Georges Tin (président du CRAN) et Pierre Bergé.

La société israélienne fait le choix de l’eugénisme déclaré : aussi, avec le dépistage prénatal le plus sophistiqué, voire prénuptial, l’avortement thérapeutique est pratiqué à une échelle bien plus vaste qu’ailleurs de par le monde, en particulier dans la communauté ashkénaze. Comme dans toute société riche, les femmes israéliennes retardent l’âge de leur maternité, si bien qu’au final, un couple sur quatre souffre de stérilité (en France, un couple sur six). On comprend pourquoi Israël a été le premier pays au monde à légaliser la gestation pour autrui, en 1996. Le 27 octobre 2014, la Knesset a voté en première lecture une loi ouvrant la GPA aux couples homosexuels, loi reconnaissant une pratique déjà fort répandue, en particulier par l’agence Tammuz, qui a fait parler d’elle lors du séisme au Népal et qui a été pionnière en Inde, comme en témoigne le film Bébés en kit, diffusé par Arte en 2011.

 

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Liquidation d’enfants bêtement nés d’un père et d’une mère. Même endroit. Juillet 2014

 

La sociologue israélienne Yael Ashiloni-Dolev explique, dans son livre Qu’est-ce qu’une vie « méritant d’être vécue » ?, l’ampleur du consensus, y compris au niveau du rabbinat, sur ces questions. Elle précise : « Tandis que la plupart des enseignements chrétiens insistent sur la subordination des humains à Dieu dans le processus de la création, dans le judaïsme, l’accusation de “se prendre pour Dieu” est hors sujet. » Les résultats de ses enquêtes la surprennent elle-même, parce qu’ils sont à l’opposé de ce qu’elle constate dans la société allemande, qui est à la pointe du combat contre la Grossesse Pour Argent, à l’instar de la société française.

 

 

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Maria Poumier

http://plumenclume.org/

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On ne peut pas rire de tout mais on peut quand même essayer

 

La petite chaperonne rouge LGBT

Ariane WALTER – Le Grand Soir11 octobre 2015

 

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Najat Valaud-Belkacem est à la gauche ce que Nadine Morano est à la droite : la nouvelle race des Limited Girls Brain Tartiflette. La brune étant plus dangereuse que la blonde puisqu’elle s’occupe de nos enfants, la blonde régnant sur les croisiéristes Costa.

A ce propos je parlais avec la responsable de ma mairie, mais ce sera un autre sujet, des NAP (Non pas les nouveaux animaux de compagnie (NAC), mais des nouvelles activités périscolaires.) Cela coûte 140 000 euros par an à mon bled qui rage mais est obligé de se soumettre. Les intervenants sont payés au smic. L’autre jour, ma petite fille ayant vomi, elle est restée à la maison. « Ce n’est pas grave, m’a dit ma fille, c’est le jour où elle fait du tricot avec une dame de la mairie (j’espère que les garçons font aussi du tricot sinon je porte plainte !).

Mais passons aux contes de fée qui, d’après Valaud-Belkacem sont sexistes. Ah bon...Oui Cendrillon et Blanche Neige font le ménage sans être aidées par les princes charmants. Le méchant est UNE sorcière et non UN sorcier. Et l’idéal de tout ce petit monde est de faire des enfants et de rester au château. Par dessus le marché, scandale total, ces histoires ne véhiculent que le couple lambda homme-femme. Aucun prince n’est homosexuel ou Bi ou trans et aucune princesse ne veut coucher avec Miley Cyrus. Là, pour nos égéries du Nouveau monde, c’est trop...

Il faut donc changer la société, l’Histoire et les contes de fée... Rude chantier...Il faut faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on lit. Car il y a du sexisme partout : l’Histoire déborde de généraux, de savants, de héros, d’amants, de chevaliers, de génies pendant que, chez les femmes, il n’y a que Jeanne d’Arc et Mata Hari. Dans la religion, il n’y a que les filles vierges qui peuvent être enceintes et :

"LE vierge, le vivace et le bel aujourd’hui "

ne se trouve que chez Mallarmé .

J’ajouterai que même Dieu est un mec. Les prophètes sont des mecs. Les anges sont des mecs. Ça commence très mal pour Valaud-Belkacem !

Il y a même du sexisme dans l’espace car LA terre, LA lune, L(A)étoile sont quand même bien plus modestes que LE soleil ! Je propose qu’on l’appelle désormais LA « BOULE »

Bref, il faut tout reprendre.

Personnellement je pensais que nous vivions une époque d’égalité car les hommes, comme les femmes, sont promis au chômage et à la ruine. Mais non. Je m’abuse.

J’ai donc décidé de cesser de faire la rebelle et je propose à Valaud-Belkacem une nouvelle version du petit chaperon rouge afin de me faire un peu de fric avec ma plume.

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La petite chaperonne LGBT.

(J’ai changé « petit chaperon » au masculin car on se demande pourquoi une fille serait « petit ».

J’ai mis LGTB pour que l’enfant s’habitue à cet acronyme. Que cela fasse partie de son paysage habituel.

J’ai supprimé « rouge » qui a une couleur politique liée à Poutine, le maudit (l’armée rouge).

« Il était une fois, une petite chaperonne LGTB qui rêvassait sous la douce chaleur de la boule . Et soudain elle se dit : « Quand j’aurais fini de me masturber avec les jouets qu’on m’a donnés à l’école, si je portais une tartine de Nutella (sponsor) à ma Mère Grand qui vit dans la forêt ? Son frère gay (ou gai selon le niveau de la classe) y était allé la veille car la petite chaperonne exigeait un partage égal des tâches. Sa mamie était une ancienne prostituée trans et elle vivait dans une cabane car Papy l’avait abandonnée pour une Femen. Ils avaient eu un fils qu’ils avaient baptisé Porochenko (ouverture sur l’Histoire et les réalités).

La petite chaperon LGBT ( traduction « La Grande Belkacem T’observe ) avait fait préparer son panier par son frère et était partie dans LE forêt, endroit sombre et dangereux. Son frère lui avait dit : « Attention à la louve ! » (car il appartenait à un mouvement de résistance anti-féministe). Mais la petite chaperonne n’avait peur, comme toutes les femmes, que des araignées et des souris (passage facultatif).

Elle arrive devant LE cabane crasseux de Mère Grande et lui dit :

« Je t’apporte de bonnes choses, Mère Grande ! Ouvre la porte à Coca Cola (sponsor). »

Et la mamie répond :

« Tire la chevillette et la bobinette cherra. » (Ce qui signifie : « Tire sur le zizi et ta bobinette chauffera ! » Anciens souvenirs de sa vie agitée sur un matelas EPSOM).

- Oh ! Mamie grosse cochonne ! Pardon ! Gros cochon ! lui dit la petite chaperonne tout en entrant dans LE cabane crasseux.

Dans le lit, le loup, qui s’était fait faire un lifting dans la clinique du docteur Hanser (13 ème arrondissement. Tel 05 71 87 93 54.) était méconnaissable.

- Mais, Mamie, tu ressembles à Bridget Jones ! (dont le dernier film vient de sortir. Consulte ta page Yahoo). Comme tu as de grands yeux !

- C’est pour mieux porter mes lunettes Afflelou ! (Nouvelle promotion petits enfants ! parlez-en à vos parents !).

- Comme tu as de grandes dents !

- Ce sont des implants ma chérie ! La clinique Duval fait des prix en ce moment et tous les sans dents peuvent y trouver leur bonheur !

- Tu as faim ?

- Oui !!!!

Et là dessus LE loup, saute sur la petite chaperonne et la croque.

Passe un chasseur qui s’en fout. Il va voir un match de foot et n’a pas de temps à perdre.

On sait ce que sont les hommes.

Mais arrive une chasseresse.

Et là, tout change.

Une femme est un être sensible.

Elle baise avec le loup qui lui fait cherrer sa bobinette avec sa chevillette (avec travaux dirigés).

Quant à la petite chaperonne LGBT, elle fut digérée et transformée en gros caca puant.

 

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Car il ne faut pas trop faire rêver les enfants.

La vie est moche (sauf chez Monsanto) et il est bon que les enfants l’apprennent le plus vite possible.

Là, je crois que j’ai tout bon. J’envoie ça demain au ministère de l’Éducation.

Source : http://www.legrandsoir.info/la-petite-chaperonne-rouge-lg...

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Ariane Walter

http://www.agoravox.fr/auteur/ariane-walter

 

*

 

 

Mis en ligne le 15 octobre 2015.

 

 

 

 

15:55 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |