27/08/2011

La barbarie à visage mondain

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La barbarie à visage mondain

 

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Charognards & Vautours Inc.



Tout ce que vous savez faire, c’est prendre et garder,
Et rire en prenant, et prêcher en gardant.
John Cowper POWYS



« Quand a-t-on vu un pays étranger envoyer son aviation soutenir une rébellion ? En 1936, l’Allemagne d’Adolf Hitler soutenant la rébellion du général Franco », vient d’écrire M. Thierry Laronde (c’est ici).


Et Hitler, ce n’était qu’une répétition générale. Maintenant, c’est la pièce. Où Hitler, c’est nous.

Savez-vous, jeunes gens, ce que c’est que d’avoir assisté, enfant, au martyre de l’Espagne, et d’assister avec un pied trois-quarts dans la tombe au martyre identique de la Libye ? Après celui du Congo de Lumumba, celui de la Yougoslavie et de tant d’autres... (dont nous devions justement vous parler aujourd’hui par la voix de William Blum, et voilà que c’est encore une fois remis « pour cause d’actualité sinistre », mais nous finirons bien par y arriver).

Donc, « ils » sont victorieux. L’aviation, les bombes, les hélicoptères Apache, les drones et les gangsters salariés de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord ont fait, d’un pays qui fut prospère et paisible, un champ de ruines et un charnier. Le terrain une fois bien dégagé et sans risque, les « rebelles » à la Franco viennent prendre la pose sur les décombres, avant de se lancer dans la chasse à l’homme (à la femme et à l’enfant) qui bouge encore, laissant derrière eux des corps menottés criblés de balles, des blessés dans des ambulances, tranformés en passoires à même leur civière, le goute à goutte continuant à s’écouler dans leur cadavre (le luxe !) et autres mesures de protection humaniste des populations civiles «menacées par Kadhafi ». Les quelques journalistes non salariés par les tueurs ont pu être évacués de l’hôtel Rixos par la Croix Rouge et conduits dans un autre. Les triomphateurs ont voulu s’emparer d’eux. La Croix-Rouge s’y est opposée. Puis s’est éloignée. Leur insécurité reste entière. Il ne faut pas qu’ils comptent sur leur gouvernement, ni, pour les Français, sur l’opposition politique (Mme Aubry par exemple) pour empêcher qu’on les assassine. Quant à Reporters sans Frontières... C’est quoi votre nom, déjà ? Ménard ? Ah...

Mais qui sont ces « ils » ? Principalement des escadrons de la mort d’Al Qaeda. Oui. Vous avez bien lu. Les ex-ennemis publics N°1. Ceux dont les exploits terroristes ont fourni le prétexte à l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. Ceux qui ont crucifié la Yougoslavie à la solde des US-OTAN et fait de la Bosnie le premier état musulman d’Europe avant de (officiellement) faire sauter trois tours de Manhattan avec deux avions, et qui viennent de rempiler chez leurs anciens employeurs, juste après que ceux-ci aient (officiellement) refroidi leur ancien chef. Vous ne suivez pas ? C’est que vous n’êtes pas suffisamment post-modernes.

Citons M. Justin Raimondo : « Tandis que les rebelles entrent dans Tripoli et qu’on n’arrive toujours pas à mettre la main sur Kadhafi, le Conseil de Transition Nationale non élu (CNT), qui se prétend le seul gouvernement légitime, vient de rédiger et de publier une « constitution », pleine de références à toutes sortes de «droits » : liberté de s’exprimer, de s’assembler, élections démocratiques, etc. etc. Il y a juste une petite réserve – exprimée tout au début, 1ère Partie – Article 1 – qui pourrait faire un peu déraper la campagne de relations publiques du nouveau régime. La voici : “L’Islam est la religon de l’État, et la source principale des lois est la Jurisprudence Islamique (Charia).” »

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Donc, voilà. Trois mois de tueries ininterrompues et un pays renvoyé à l’âge de pierre par nos représentants élus, pour imposer la Charia à un pays laïc et socialiste. Après que la même chose, exactement, ait été faite, par les mêmes, avec les mêmes moyens, en Bosnie, en Irak et en Afghanistan. Et prenons-y bien garde : cette Charia n’est pas la même que celle appliquée en Iran, aujourd’hui pays théocratique s’il en fut, mais celle des Saoud, le plus fanatiquement meurtrier et sanguinaire de tous les régimes oppressifs à prétexte religieux qu’il y eut jamais (et pourtant l’Espagne de la Santa Hermandad et de l’Inquisition, ce ne fut pas mal, et celle de Franco non plus).

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Là, c‘est à Riyad



L’Arabie Saoudite est le seul pays au monde où la clique au pouvoir s’arroge le droit de tuer n’importe qui, de n’importe quelle façon qui lui plaît, pour n’importe quel motif et sans jugement. Ah, non ! Il y a aussi Barak Obama, qui s’est fait voter les mêmes pouvoirs à titre personnel (voir notre post du 22.9.2010) et qui en use.


Mais l’Arabie Saoudite et le lobby militaro-industriel dont Barak Obama est l’homme de paille sont nos alliés ès-rapines et meurtres de masse n’est-ce pas ? Alors, pas un mot de ces broutilles nulle part ! (Voyez vos médias favoris.) Et continuons à nous faire peur avec le milliard et demi de musulmans qui ne demandent qu’à vivre en paix, si seulement nous voulions les y laisser, et qui ne viennent se réfugier chez nous que parce que nous sommes chez eux, à piller leurs richesses, comme l’a très justement rappelé (voir notre post du 5.8.2011) M. Israël Shamir.

Saluons au passage  le sénateur de l’Ohio, M. Dennis Kucinich, qui vient d’appeler un chat un chat, l’OTAN et son propre gouvernement des gangsters, et qui réclame contre eux la tenue d’un autre Nuremberg (Ah, voir Botul, Nagy, Cameron, Boulet et De Crem dans la cage vitrée d’Eichman ! Désespérés, ne vous suicidez pas trop vite. Attendez encore un moment... qui sait.)

À notre infime niveau, tout ce que nous pouvons c’est vous mettre sous les yeux, si ce n’est déjà fait, ce qui s’écrit ou se dit qui en vaille la peine sur des événements qui nous concernent tous, que nous le voulions ou non. Et d’abord, ce texte de M. Pepe Escobar, paru en anglais dans l’Asia Times et repris en français par Alterinfo.net :


Bienvenue dans la « démocratie » libyenne.

Même si tout n’est peut-être pas encore terminé en Libye, on peut dire que dans son combat, le colonel Kadhafi, sa famille  et ceux qui en Libye lui sont restés fidèles n’ont pas manqué de courage et même de panache. Certes Kadhafi est un dictateur au visage boursouflé par le botox mais il a fait preuve d’une classe qui fait défaut à ses adversaires occidentaux, de Sarkozy à Cameron en passant par Obama et le Canadien Harper. Pour tout dire, la France avait fait beaucoup moins bien  avant de demander un armistice au Reich allemand en juin 1940.

(Lire la suite...)


Source :
Pepe Escobar, Welcome to Libya’s « democracy », Asia Times, 24 août 2011.
Voir aussi Asia Times Online – The Best of Pepe Escobar  :
http://www.atimes.com/atimes/others/Escobar.html

 


*

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Quant à celui sur lequel il est chic de crier haro, tout en le traitant de cinglé, de bouffon, de clown et on en oublie, combien d’entre nous ont pris la peine de l’écouter sans préjugé ? Combien d’abord en ont eu la possibilité ?

Passons sur la mise à prix de sa tête : d’autres affiches précisent « dead or alive », c’est-à-dire « dead », car il ne faudrait surtout pas qu’il parle, et dieusait qu’il en pourrait dire des choses... Brrr.

Certes, il a joué double jeu et serré la main des pires fripouilles en même temps que celle d’Hugo Chavez, mais les princes de Machiavel aussi... Certes, il a dirigé pendant quarante ans un état essentiellement laïc et maintenant il en appelle à Allah contre ses envahisseurs, mais Jeanne d’Arc aussi...

Reste que face à la plus puissante coalition armée de tous les temps, il a fait et continue à faire son devoir : défendre le sol de son pays et la souveraineté de sa nation.

À titre documentaire, voici sa dernière proclamation en date, faite après l’entrée des « vainqueurs » dans sa capitale .


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Opprimés du monde entier, la bataille a commencé. Ne perdez pas espoir, l’aide est forte. Est-ce que vous réalisez que c’est la nuit du pouvoir? Qu’est-ce que la nuit du pouvoir? C’est celle qui vaut plus que des milliers d’autres nuits, c’est le destin qui s’accomplit, c’est quand les cieux s’ouvrent pour recevoir vos milliers de prières serrées.

Regardez ce qui se passe en ce moment en Amérique. Les avons-nous frappés avec nos missiles? Non, ils sont venus et nous ont bombardés, 64 missiles sur Bab Al-Aziziya, qui est maintenant en ruines, et j’ai finalement été obligé de quitter ma maison, où ils ont tué bien des innocents. Mais je ne quitterai pas la Libye et cette bataille sera celle de la victoire ou la mort.


(Lire la suite...)



*


Oublions pour l’instant, si nous pouvons, ceci :

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Cy n’entrez pas, maschefains, practiciens,
Clers, basauchiens, mangeurs du populaire,
Officiaulx, scribes et pharisiens,
Juges anciens, qui les bons parroiciens
Ainsi que chiens mettez au capulaire ;
Vostre salaire est au patibulaire.

Cy n’entrez pas, vous, usuriers chichars,
Briffaulx, leschars, qui tousjours amassez,
Grippeminaulx, avalleurs de frimars,
Courbez, camars, qui en vous coquemars
De mille marcs, jà n’auriez assez
Point esguassez n’estes, quand cabassez
Et entassez, poiltrons à chiche face,
La male mort en ce pas vous déface.

Cy n’entrez pas, vous, rassotez mastins,
Soirs ny matins, vieux, chagrins et jaloux ;
Ny vous aussi, séditieux, mutins,
Larves, lutins, de Dangier palatins,
Grecz ou Latins, plus à craindre que loups ;
Ny vous, gualous, vérolléz jusqu’à l’ous ;
Portez vos loups ailleurs paistre en bonheur,
Croustelevez, remplis de déshonner.


Jamais ne puissiez-vous fianter que à sanglades d’estrivières, jamais pisser que à l’estrapade, jamais eschauffer que à coups de baston !

*

Pour nous rafraîchir les yeux et l’esprit, suivons le conseil avisé de Serge Charbonneau (c’est ici : http://www.legrandsoir.info/les-fatwas.html ) et regardons bien, pour nous rappeler ce que c’est qu’un homme; pour nous rappeler, surtout, que ces paroles ont été prononcées avant le début de la croisade et que la multitude des morts serait en vie, s’il n’avait tenu qu’à lui :



 



*

Maintenant, que faire, dans la nuit où nous venons d’entrer ?

En tout premier lieu fermer la télé, fermer la radio, jeter les journaux.

Ensuite, consulter les vraies sources d’information :

http://www.michelcollon.info/Actualite-sur-l-invasion-de.... (heure par heure)
http://www.voltairenet.org/fr dans plusieurs langues
http://www.legrandsoir.info/
http://www.silviacattori.net/
http://www.alterinfo.net/DERNIERE-HEURE-La-vie-des-journalistes-independants-a-Tripoli-est-en-situation-tres-critique_a62890.html
http://sergeadam.blogspot.com/
http://www.mecanopolis.org/?p=24209
http://www.planetenonviolence.org/
http://comaguer.over-blog.com
dans le désordre...
Il y en a d’autres. Apprendre à les repérer est un excellent exercice.

En anglais :

http://www.informationclearinghouse.info/
http://original.antiwar.com/justin/2011/08/23/libya-obamas-pyrrhic-victory/
http://globalresearch.ca/
http://www.counterpunch.org/
http://www.thepeoplesvoice.org/TPV3/Voices.php/2011/08/26/nato-s-libya-war-a-nuremberg-level-crime-1
http://www.atimes.com/

Deux télévisions d’exception :
http://rt.com/
http://www.telesurtv.net/

Ils ne sont pas tous du même bord, ou si du même bord, pas de même nuance. Leur point commun : ils ne sont vendus à personne.
 
Et enfin, aller voir ceci sur le site de Michel Collon :

 

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http://www.michelcollon.info/Anti-guerre-manif-a-Paris-petition.html



1) Manifestation à Paris le 3 septembre.

2) Pétition.

(Je l’ai signée telle quelle et je le regrette. On ne s’adresse pas avec respect à ces gens-là. On les convoque et on les démet.)


*

• Ceux qui font la guerre à un peuple pour arrêter les progrès de la liberté et anéantir les droits de l’homme doivent être poursuivis par tous, non comme des ennemis ordinaires mais comme des assassins et des brigands rebelles.

 Les rois, les aristocrates, les tyrans, quels qu’ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre qui est le genre humain, et contre le législateur de l’univers qui est la nature


 
  C.L.

 

 

 

 






23:22 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/08/2011

TRIPOLI 23 août 2011

Frégate de l'OTAN.jpg

 

TRIPOLI

Barak Obama va-t-il faire assassiner un journaliste français
par des soldats français
(et britanniques et belges, bien entendu)


?

 

 

Thierry Meyssan et Mahdi Darius Nazemroaya
menacés de mort à Tripoli

22 août 2011

À Tripoli, les bombardements ont repris vers 10h20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l’OTAN s’acharne.

Les combats ont repris autour de l’hôtel Rixos où sont toujours retranchés des dirigeants libyens et la presse étrangère.

Au Rixos, l’ordre a été donné d’abattre Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan.

Trois États ont offert leur protection diplomatique aux collaborateurs du Réseau Voltaire.

Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n’ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades.




*

 

University of Ottawa student, independent journalist
trapped in Tripoli
August 22, 2011 — Admin

… fears for his life

Contributor: “YYC”

Press release just received from the Director, Student Appeal Centre
(SFUO) at the University of Ottawa:

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Ottawa – August 22, 2011 : At 11:27am today, Mireille Gervais, Director of the Student Appeal Centre (Student Federation of the University of Ottawa) received a phone call from Mahdi Darius Nazemroaya, a Canadian citizen and independent journalist who indicated that he was currently hiding in the Tripoli hotel Rixos Al Nasr, fearing for his life.

Mahdi Darius Nazemroaya

Mr. Nazemroaya, a client of the Student Appeal Centre, asked Mrs. Gervais to do everything in her power to “get me out of here”. He feared that he may be dead at any moment and asked that Canadian Foreign Affairs intervene to save his life.

Mr. Nazemroaya further indicated that he had not slept in three days and was hiding in the hotel with other journalists.

The Student Appeal Centre calls on federal authorities to do everything in their power to obtain the safety of the un-imbedded journalists and humanitarian observers who have sought refuge in the Rixos Al Nasr hotel in Tripoli.

Mahdi Darius Nazemroaya studies political science and anthropology. He is a past Ombudsman of the University of Ottawa English-language student newspaper. He has been a dedicated contributor to student and alternative media for many years.

—–

Ed Note: Readers, if you feel it might help to email or call the Prime Minister and/or your Member of Parliament on Mr. Nazemroaya’s behalf, now’s the time to do it.

Images provided by Ottawa University

 


[ En bref :  Mahdi Darius Nazemroaya, de nationalité canadienne, est un étudiant en sciences politiques et en anthropologie de l’Université d’Ottawa. Il est également journaliste « un-embedded » - ce qui veut dire sans laisse au cou -, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, travaillant pour différents sites d’information alternatifs tels que Réseau Voltaire et Global Research.ca

Le 12 mai dernier, Michel Collon a mis en ligne une interview de Mahdi Darius Nazemroaya, réalisée le 26 avril précédent par Xu Jingjing pour le magazine chinois Life Week Magazine, que voici :

http://www.michelcollon.info/La-balkanisation-de-la-Libye-les.html

La Fédération des Étudiants de l’Université d’Ottawa en appelle aux autorités fédérales canadiennes afin qu’elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir la sauvegarde de M. Nazemroaya et des autres journalistes non-alignés sur l’OTAN présents en Libye.

L’auteur de l’article informe ses lecteurs qu’il est temps pour eux d’envoyer un courrier électronique ou de téléphoner au Premier Ministre et aux membres du Parlement, pour qu’ils interviennent en faveur de leur compatriote formellement menacé d’assassinat. ]

 

*

 

Video : LATEST REPORT FROM TRIPOLI : NATO's Mainstream Media: "Killing The Truth"


Global Research report from Rixos Hotel
by Mahdi Darius Nazemroaya

   
Global Research, August 22, 2011

Global Research correspondent Mahdi Nazemroaya, who is stationed in a central Tripoli hotel with the international press, says the journalists are being targeted by the rebels and the NATO forces that support them. While he is speaking to RT, shooting can be heard. “They are specifically targeting the areas where international journalists are, to sow panic here,” he argued. “NATO has done all the heavy work. This is a NATO war. They heavily bombed cities west of [Tripoli], they’ve bombed all night, without even 10 seconds of stopping. They have bombed this entire city and NATO landed the insurgents on the coast of Tripoli.”

But the city’s defenders are not pessimistic, continues Nazemroaya.

“The situation has gone tenser,” said Nazemroaya. “More members of the hotel staff have returned with guns. Obviously they have been fighting. These are volunteers, not soldiers. They returned with a picture which is not a picture of loss and they are confident.”

 

Dans cette video, où Mahdi Darius Nazemroaya parle à Russia Today, on peut entendre la fusillade. Le journaliste canadien et son collègue français Thierry Meyssan sont la cible des « rebelles » et des soldats de l’OTAN, qui veulent aussi,  en attaquant l’hôtel où se trouve la presse étrangère, semer la panique et, sans doute, obtenir son départ. «C’est l’OTAN qui fait le gros du travail, dit-il. Ceci est une guerre de l’OTAN (autrement dit : pas une guerre civile). L’OTAN bombarde des villes à l’ouest de Tripoli. Ils ont bombardé toute la nuit, sans même dix secondes d’interruption. Ils ont aussi bombardé cette ville, et l’OTAN a débarqué des soi-disant insurgés sur la côte de Tripoli.»
« Mais, ajoute Nazemroaya, les défenseurs ne sont pas pessimistes. La situation s’est tendue. Des membres du personnel de l’hôtel sont rentrés avec des fusils. Il est clair qu’ils se sont battus. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont revenus avec des informations et le tableau qu'ils ont brossé n’est pas celui d'une défaite. Ils sont confiants.» ]                        



Madhi Nazemroaya / Tripoli le 22 août 2011 par Bonzou

 

De ces propos de Madhi Nazemroaya, il ressort clairement que les journalistes qui ont proféré à leur encontre des menaces de mort sont de faux journalistes et de vrais agents de l'OTAN, attendant, pour les abattre, de pouvoir le faire sans risque.

 

 

*

 

Communiqué de presse du Réseau Voltaire

Tripoli : le Réseau Voltaire s'inquiète des menaces de mort qui pèsent sur Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan


Réseau Voltaire, lundi 22 août 2011, 13h20 GMT - Le Réseau Voltaire s’inquiète des menaces qui pèsent sur deux de ses collaborateurs à Tripoli. Mahdi Darius Nazemroaya, chercheur associé du Centre for Research on Globalization, et Thierry Meyssan, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace, sont retranchés dans l’hôtel Rixos autour duquel d’importants combats ont lieu. L’ordre aurait été donné de les abattre.

Thierry Meyssan est à Tripoli depuis le 23 juin dernier. Il y a d’abord dirigé une équipe d’enquêteurs du Réseau Voltaire. Il mène depuis deux mois un travail d’information journalistique sur le conflit. Ses positions se distinguent de celles de ses confrères : il décrit la rébellion comme étant minoritaire et permettant de justifier aux yeux de l’opinion publique internationale une classique opération militaire.

Quelles que soient les positions défendues par Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan, leur assassinat serait inacceptable. Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan ne sont pas des combattants, mais des journalistes. Les personnes qui soutiennent cette guerre en pensant qu’elle est menée pour la démocratie et la liberté ne peuvent accepter qu’on assassine des journalistes.

À l’heure actuelle, cinq États leur ont offert leur protection diplomatique. Mais les combats autour de l’hôtel les empêchent de sortir et plusieurs de ces ambassades ont été encerclées afin de rendre tout accès impossible.

Sachant les menaces qui pèsent sur eux, Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan ne s’exposent pas à des « balles perdues ».

Le Réseau Voltaire appelle les citoyens des pays impliqués dans la guerre à faire pression sur leurs gouvernements afin d’assurer la sécurité de ces journalistes. Il demande à chacun de jouer son rôle de citoyen et de faire circuler cette info.

 

*

 

Entretien avec Thierry Meyssan le dimanche 21 août 2011

« C'est l'OTAN qui fait tout le travail militaire,
pas les rebelles »

par Silvia Cattori



En pleine attaque de l’OTAN sur Tripoli, Silvia Cattori a pu s’entretenir avec Thierry Meyssan, dimanche 21 août 2011 à 23 heures. Le président du Réseau Voltaire a aussi pu s’exprimer par vidéo à 2 heures du matin. Les communications sont depuis lors extrêmement difficiles. Alors que l’OTAN, le CNT et les médias qui les soutiennent parlaient déjà de la chute de Tripoli, la situation semble avoir radicalement changé. Le dernier message de Thierry Meyssan, daté de 4h30 ce mardi 23 août, parle de grande «victoire» des loyalistes. Selon lui, les assaillants ont été écrasés, « des missiles sol-air ont été apportés en ville », tandis que «l’OTAN a dû stopper les bombardements». « Saïf al-Islam que l’on assurait arrêté a surgi du Rixos et a été acclamé par la foule à Bab Al Azizia. » La réalité paraît une nouvelle fois très éloignée de sa représentation médiatique.

Réseau Voltaire | 23 août 2011

 

 

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Silvia Cattori : D’ici on a le sentiment que Tripoli est en train de s’effondrer. Quel est votre avis ?

Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l’hôtel Rixos. On ne peut pas dire si tout va s’effondrer ou pas. Mais la situation est très tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé l’appel à l’insurrection. À ce moment là des groupes armés ont commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous avons appris que l’OTAN a amené un bateau, juste à proximité de Tripoli, d’où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales. Depuis les choses vont de pire en pire.

Silvia Cattori : S’agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ?

Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de Libyens tout leur encadrement est étranger.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?

Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le début, c’est eux qui font tout.

Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?

Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l’abri des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans l’hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je me trouve.

Depuis ce moment là l’hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les sens à l’entour de l’hôtel.

Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n’ont pris aucun bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains endroits en se déplaçant. Il n’y à en ce moment aucun bâtiment occupé. L’OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu’il y paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé chez soi.

Nous, on est prisonniers dans l’hôtel. Cela dit on a l’électricité, l’eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux morts et blessés en quelques heures. Mais, nous, on est préservés. Nous sommes tous regroupés dans la mosquée de l’hôtel. Vous entendez des tirs en ce moment.

Silvia Cattori : Combien d’assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?

Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C’est un périmètre qui est assez grand parce qu’il y a un parc tout autour de l’hôtel. Je pense que s’il n’y avait que les assaillants ce ne serait pas si simple de prendre Tripoli. Mais s’il y a d’autres troupes de l’OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.

Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les télévisions ici ce que l’on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent en l’air, et qui ne paraissent pas des professionnels…

Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s’agitent et qui ne sont pas militairement formées. C’est de la pure mise en scène, ce n’est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont menés par l’OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de l’OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent - on voit à chaque fois une vingtaine de personnes - mais on ne les voit jamais en action en réalité. L’action ce sont les forces de l’OTAN.

C’est ainsi que cela s’est toujours passé dans les villes qui ont été prises, perdues, reprises, reperdues, etc. À chaque fois ce sont les Forces de l’OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c’est impossible. Donc ce ne sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c’est de la blague ça ! C’est l’OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis « les rebelles » viennent qui font de la figuration. C’est cela que vous voyez diffusé en boucle.

Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là ?

Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans Tripoli ; c’est une ville d’un million et demi d’habitants. Qu’il y ait des cellules combattantes à l’intérieur c’est tout-à-fait probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas quelle est la proportion de l’encadrement par les forces l’OTAN. La vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà déployées.

Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l’extérieur. Les assaillants encerclent l’hôtel. Je pense qu’il est impossible cette nuit de tenter un assaut contre l’hôtel.

Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l’hôtel ?

Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l’hôtel Rixos sont complètement paniqués. C’est une panique générale.

Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?

Thierry Meyssan : Moi j’essaie de rester zen dans ces situations !

Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés dans l’hôtel ?

Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.

Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d’entre eux qui font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions…

Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu’ils ne savent pas tout.

Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est prêt. Ils vont donc pouvoir sortir…

Thierry Meyssan : L’Organisation internationale pour les migrations a un bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.

Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ?

Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il n’est pas rentré dans le port. C’est l’OTAN qui l’empêche d’accoster. Quand l’OTAN l’autorisera l’évacuation se fera.

Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?

Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de l’OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces spéciales de l’OTAN qui sont ici au sol c’est évident que tout peut tomber rapidement…

Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l’a dit ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.

Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en mesure de sortir manifester contre les forces de l’OTAN ?

Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de partout ; et en plus on bombarde.

Silvia Cattori : Votre position n’est pas facile. Parmi les journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour avoir contredit leurs versions des faits !

Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des « journalistes » US qui ont dit qu’ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs excuses… Je n’ai aucun doute sur leur intention.

Silvia Cattori : L’ont-ils proférée cette menace devant témoin ?

Thierry Meyssan : Oui en présence de [...].

Cet entretien a été réalisé par Silvia Cattori le dimanche 21 août 2011, à 23 heures. Il a été retranscrit par les soins de Marie-Ange Patrizio.

Silvia Cattori 

 

*

 

Voir les articles de Thierry Meyssan sur  http://www.voltairenet.org/

Les deux interviews qui suivent, en direct du Rixos, ont éyé mises en ligne par http://www.mecanopolis.org/

 


Thierry Meyssan et Julien Teil en direct de... par Mecanopolis

 

La suite : ni sur CNN, ni sur Fox News, ni sur Al Jazeera, ni sur la BBC, ni sur TFI, ni sur France Inter, ni sur la RTBF, ni dans Le Monde, ni dans Libé, ni...., ni...., ni....

Ce qui est sûr, c'est : beaucoup de morts (1300 en une seule nuit, et plus de 5000 blessés). Civils. Enfants compris.

 

 

*

 

« Ceci est une guerre de l’information » disent les Américains anti-guerre. Oui. Une guerre de l’intoxe à sang coulant. Comme en Irak. Et comme à Haïti, où, après le séisme, CNN arrivait avec des scènes de pilllages que personne d’autre n’a jamais vues, à passer en boucle pendant deux jours. Tournées à Hollywood. Ici, ce n’est pas Hollywood qui s’y est collé, c’est le Qatar. Ce que cette vidéo ne dit pas, c'est qu'y a été construit, en plein air, un gigantesque décor représentant la Place Verte de Tripoli. Où ont sans doute été déjà tournées les scènes de liesse populaire à l'arrivée des "libérateurs".

 

 

On peut aussi s'amuser au jeu des sept erreurs :

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6155&mode=thread&order=0&thold=0

 

 

*

 

Dernière nouvelle d'Ubuland :

(car un gâteau, même libyen, sans cerise, ne serait pas drôle)

 

EU members line up for early Libyan victory march

 

 
La France a l’intention de tenir une conférence au sommet la semaine prochaine pour discuter de l'avenir politique de la Libye. AFP

(Et c’est en prévision de cette grandiose marche de la victoire que les membres de l’Union Européenne prennent ici - préemptivement - la pose.)

 

 

Marie Mouillé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17:33 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/08/2011

Feliz Cumpleaños Comandante !

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13 de Agosto 2011
Feliz cumpleaños, comandante !



Moncada.jpeg

Fidel Castro prisonnier, au lendemain de Moncada,
quand personne n’aurait parié un sou sur son avenir.

 

CASTRO-CORREA.jpg

                      Avec Raphael Correa




Né le 13 août 1926, Fidel Castro Ruz a aujourd’hui 85 ans.
Si quelqu’un, au cours de ce trop long et maudit XXe siècle a vécu, jour après jour, selon ses principes, et si ces principes sont résumés dans la formule


Liberté – Égalité – Fraternité


c’est bien Fidel Castro. N’en déplaise à ceux que Robespierre appelait «propagandistes mercenaires». Et quand on voit ses ennemis les plus acharnés sombrer les uns derrière les autres dans l’Alzheimer (adieu Reagan, bye bye Thatcher...) on se dit qu’il y a parfois quelque justice dans la Nature.

Depuis ses premières manifs d’étudiant, en 1948 à Bogota, jusqu’à aujourd’hui, quel parcours ! Depuis la victoire de la Révolution en 1959, combien de complots contre sa vie déjoués ou évités (plus de 650) ! Depuis ses études de droit, jusqu’à ces billets réguliers à travers lesquels il continue à la fois de réfléchir et d’éduquer, quelle maîtrise de son cerveau et de sa conscience ! Soixante-trois ans sur la brèche...

Bon anniversaire, Monsieur, et comme ne vous diront pas ceux que vous faites grincer des dents :  Many Happy Returns !


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« Nous vivons le meilleur moment de l’histoire d’Amérique latine, un moment durant lequel le rêve de Bolivar, de Morazán et de Martí n’est plus un simple rêve, mais s’est transformé en un projet réalisable dans lequel nous pouvons nous engager. Pourquoi ce moment-ci ? Je crois que nous sommes en train de voir les fruits de l’exemple et de la lutte de Fidel, diabolisé par l’Occident pour avoir prêché la solidarité. Fidel ne l’a pas seulement prêchée, il a prêché par l’exemple. Pour moi, et cela je le dis aux Nations unies, il est le héros mondial de la solidarité. »

  
Miguel d’Escoto Brockmann
Président de l’Assemblée Générale des Nations Unies
2008-2009

 




 

 

 

Mis en ligne par Marie et Catherine
le 13.8.2011... après minuit
(ça va dans quel sens le décalage horaire ?)

 

 

 

 

 

 

16:15 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/08/2011

Arriver à faire du bien commun autre chose qu’un poncif

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« Arriver à faire du bien commun
autre chose qu’un poncif »


Scutenaire



Parce que nous croulons sous les rébus domestiques et que nous avons contre nous une intendance qui s’obstine à ne pas suivre, ce blog devait rester au repos tout l’été.

Or, les blogueurs proposent et l’actualité la plus hideuse dispose... Il nous a fallu rompre notre voeu dimanche.

Parce que, quand on perd un chat, on n’a pas envie d’entendre la radio vous abrutir de ses éhontées bourdes quotidiennes et que, pour la musique, on n’est pas vraiment dans le coup, on apprend à retardement que « le terrorisme capitaliste » (Scutenaire) vient une fois de plus de frapper. Ce coup-ci, c’est en Norvège. Vous le saviez sûrement. Pas nous. Qu’à cela ne tienne. Nous allons nous rattraper en vous balançant quelques :



Nouvelles horribles d’un peu partout,
pour ceux qui ne sont pas en vacances.



Ou plutôt, quelques réflexions sur icelles, puisque avec les carabiniers.

Commençons par un rappel en forme d’incidente :

 

mains enfant-adulte.jpg

Somalie :  au cours des trois derniers mois, 29.000 enfants de moins de 5 ans sont morts de faim.

640.000 autres, honteusement sous-alimentés, sont à toute extrémité.

D’ici fin août, la famine se sera étendue à toute la Somalie du Sud.
Des dizaines de milliers de réfugiés essaient de fuir vers la capitale, Mogadiscio, où les camps sont déjà saturés et où les réserves ont fondu.
Les bombardements sur la Libye continuent.
Ceux sur l’Afghanistan aussi.
On (nos protecteurs et nous) tue dans des dizaines de pays, de façon ouverte ou masquée.
Cela coûte (rapporte à certains) des centaines de milliards d’euros.
La guerre non déclarée fait rage sur le territoire de la Syrie, de la Russie et de l’Iran. Entre autres.
On n’en finit pas d’étriper l’Irak.
La Grèce garrotée achète pour des milliards d’euros d’armes dont elle n’a que faire à ses bourreaux.
La Belgique n’a toujours pas de gouvernement, mais ça ne fait rien, elle a des parrains qui lui disent où bombarder. Et à qui vendre les armes qu'elle produit.

Les enfants somaliens et leurs parents mourront.
Cela fera de la place pour les contractants et les mercenaires venus exploiter leur pays.
Il y a toujours eu des malchanceux partout. Pourquoi déranger la fatalité ?



*


Remontons vers les fjords.

 

cérémonie de deuil.jpg


Donc, vendredi dernier, 22 juillet, à Oslo, Norvège, un attentat « à la voiture piégée » a détruit le quartier des ministères. Il semble que ce soit le bâtiment abritant les services du Premier ministre qui ait été visé.

Presque dans la foulée, sur la petite île d’Utøya, proche de la capitale, quatre-vingt cinq personnes au moins sont abattues, pour la plupart des enfants et de jeunes adolescents.

Dès le lendemain, la police arrête un suspect... qui avoue, se vante et affirme avoir agi seul.

Comment a-t-il fait ? 

 

la voiture piégée.jpg

 Une voiture explose en bas... 

 

Attentat-Oslo-Norvege.jpg

Le feu se déclare en haut.
Un peu comme à Manhattan en somme.

 

ile d'Utoyea.jpg

L’île d’Utøya,
Camp de vacances des membres de la Ligue des Jeunes Travailleurs (affiliée au Parti Travailliste).

AndersBreivik_en action.jpg

Le tireur en action.
Déguisé en policier, il achève, paraît-il, ses victimes.
Comment s’y est-il pris pour atteindre, d’une seule main, 85 cibles mouvantes, juste après avoir lancé une voiture pleine d’explosifs contre un bâtiment officiel ?
Mettons qu’il soit ambidextre.
Tout de même...

C’est peu dire que le web crépite de questions.
Une simple recherche d’informations de base vous fait atterrir sur plus de blogs identitaires, d’extrême-droite et bouffeurs de musus (pléonasme) qu’on ne pensait qu’il pût en exister. Et là, les questions sont quasi stéréotypées (ils se les repassent peut-être) : zones d’ombres... et je dirais plus (les Dupont-Dupond) : tout ça n’est pas clair... une voiture explosée et pas de cratère.... une voiture piégée et ses pneus sont intacts... et pourquoi, sur son compte Twitter, son profil a-t-il disparu ?... et pourquoi, juste avant qu’il disparaisse, quelqu’un a-t-il ajouté «chrétien conservateur» qui n’y était pas avant?... ben, tiens, quand c’est des intégristes musulmans qui font des attentats, c. à d. tout le temps, partout, on ne trafique pas leur compte Twitter... etc. Passons.

Quelqu’un a résumé le sentiment général de ces endroits :

 

caricature -attentat-oslo-norvege.jpg



Ailleurs, une question pertinente : « D’ou vient cette photo (Breivik tirant) ? Comment a-t-elle été prise et par qui ? ».
Réponse: « … de la chaine de TV norvégienne NRK, prise par hélicoptère…
Visiblement la chaine de TV fut plus rapide à intervenir que la Police qui elle est venue… en bateau. ».

Mais les questions de fond, ce sont des intellectuels qui les posent, et surtout des journalistes. Des journalistes alternatifs, bien sûr, tout le monde avait compris.

Passons sur le site sioniste crethi pethi, qui « ne va pas dire qu’ils l’ont bien cherché en fréquentant les terroristes palestiniens, mais enfin... ». Chacun sa pathologie.

Parmi les commentateurs qui nous ont paru intéressants, nous en avons glané quelques-uns pour vous. Les voici in extenso. C’est un peu long, mais la circonstance est exceptionnelle.



*

 

 

UNE POSSIBLE CONNECTION ISRAÉLIENNE
DANS LES ATTENTATS D’OSLO

 

Stephen-Lendman 2.jpg


26.7.2011
par Stephen Lendman

Le 24 juillet, le journaliste d’investigation Wayne Madsen a émis l’hypothèse d’un lien avec le Mossad, disant qu’il existe de larges preuves («ample evidence») de son implication.

Anders Breivik, le supposé auteur des deux attentats se dit chrétien conservateur, adepte de la chasse, du body building et de la franc-maçonnerie. Il a aussi exprimé des opinions fortement pro-israéliennes, hostiles aux Palestiniens et aux musulmans.

Les registres commerciaux officiels de son pays le disent administrateur de Breivik Geofarm, ce quie les médias norvégiens traduisent par «fermier propriétaire, cultivant des légumes, des melons, des carottes et des pommes de terre ».

Le journal norvégien Verdens Gang a cité un de ses amis, disant qu’il était devenu un extrémiste « wing-wing » à l’approche de la trentaine. Il a maintenant 32 ans. Ce journal révèle aussi qu’il a participé à des forums en ligne, où il exprimait des vues fortement nationalistes et hostiles au multiculturalisme.

Le 24 juillet, le Daily Mail anglais disait :

« Selon les témoignages recueillis par les médias norvégiens, des gens ont mentionné deux sortes de tirs dans l’île d’Utøya, les uns au pistolet, les autres au fusil à lunette. Cependant, on ignore si les deux armes ont été maniées par deux tireurs différents ou par un seul.

La confusion était telle que personne n’a de certitude, mais la possibilité existe, étant donnée l’invraisemblance d’un seul tireur abattant 90 personnes d’une seule main. Il peut y avoir eu plusieurs tireurs non détectés. La police a déclaré qu’elle n’excluait pas cette possibilité. »

Anders_Breivik 1.jpg


Madsen a pu relier Breivik à Pam Geller(1) et à Richard Pipes(2), «synonymes de services secrets israéliens et agents de propagande... ce qui permet d’établir un lien sans équivoque entre Breivik et le Mossad, dont une des tâches est d’organiser des attaques sous faux drapeau, dans le but de susciter du soutien à Israël contre la Palestine, Chypre et la Norvège étant les deux théâtres les plus récents d’attentats mis en scène par cet organisme. ».

Ler 19 juillet, la Voix de la Russie a intitulé un de ses communiqués « La Norvège soutiendra les Palestiniens, déclare le ministre des Affaires étrangères norvégien », poursuivant :

« “La Norvège soutiendra les Palestiniens qui sont déterminés à réclamer la reconnaissance de leur indépendance par les Nations Unies” a dit le ministre des Affaires étrangères norvégien Jonas Gahr Støre. »

En janvier, Støre avait dit :

« La Norvège sera un des premiers états (européens) à reconnaître une Palestine (indépendante) aussitôt qu’une instance internationale agira dans ce sens. »

Il a dit encore :

« Nous travaillons à développer l’économie de la Palestine », et il croit que « le processus politique en direction de la paix peut réussir ».

À la tête d’un comité chargé de récolter des fonds d’aide à la Palestine, il a déclaré aussi que la Norvège s’efforçait d’obtenir toute l’aide possible pour mettre sur pied des institutions palestiniennes.

Son commentaire de juillet faisait suite à des entretiens avec le président Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Nationale Palestinienne. Il disait être persuadé que l’indépendance de ce pays n’était nullement un obstacle à la paix au Moyen-Orient.

Un peu plus tôt en juillet, le journal norvégien Dagbladet avait cité Eskil Pedersen, chef de la Ligue des Jeunes Travailleurs (affiliée au Parti Travailliste), qui avait déclaré :

Eskil Pedersen 4.jpg


« Il est temps de prendre des mesures plus drastiques à l’égard d’Israël » et «(la ligue) veut que le ministre des Affaires étrangères applique un boycott économique à ce pays », ajoutant :

« Le processus de paix n’arrive nulle part, et bien que le monde entier attende des Israéliens qu’ils s’exécutent, ils n’en font rien. Nous, jeunes travaillistes, voulons un embargo économique unilatéral de la part de la Norvège. »

Dagbladet a écrit :

« L’AUF (Ligue des Jeunes Travailleurs) est depuis longtemps partisane d’un boycott international d’Israël et a pris la décision, lors de son dernier Congrès, d’exiger que la Norvège impose un embargo économique unilatéral, et que cet embargo soit plus strict que jamais auparavant. »

Le 24 août (2010) le chroniqueur Shuki Sadeh (de Reuters et de Haaretz) titrait: « La caisse nationale des pensions norvégienne désinvestit du groupe Africa Israël », écrivant :

« Le retrait de la caisse nationale des pensions norvégienne (GPFG), qui pèse 450 milliards d’euros, de deux firmes israéliennes engagées dans le développement de colonies en Cisjordanie et d’une firme forestière de Malaisie, sur des bases éthiques, a été annoncé lundi par le ministre des Finances de Norvège. »

Les firmes israéliennes exclues sont Africa Israël Investments Ltd et une de ses filiales, la société d’ingénierie Danya Cebus Ltd. Toutes deux sont contrôlées par Lev Leviev, un milliardaire israélien impliqué, entre autres choses, dans la construction de colonies.

La CFPG, qui est gérée par la Banque Centrale de Norvège, a adopté des principes moraux qui excluent tout investissement dans des société qui produisent des armes nucléaires, des bombes à fragmentation, des produits nocifs pour l’environnement, implantent des colonies illégales ou maltraitent leurs salariés.

La caisse a spécifié que la Danya Cebus de Leviev était bien engagée dans la construction de la colonie du quartier de Har Homa à Jérusalem Est, ainsi que dans celles de Ma’ale Adumim et de Modi’in Illit en Cisjordanie.

Elle a précisé que « (son) Conseil en éthique met l’accent sur le fait que l'implantation de colonies dans des zones occupées est une violation de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre ».

Le ministre des Finances, Sigbjørn Johnsen a pour sa part ajouté :

Sigbjørn_Johnsen_2010.jpg

« Plusieurs résolutions du Conseil de Sécurité des Nations unies et avis de la Cour de Justice internationale concluent que la construction des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés est interdite par cette Convention.»

Africa Israël Investments a réagi en disant que ni elle-même ni sa filiale n’étaient plus engagées depuis un certain temps dans l’établissement de colonies en Cisjordanie, que cela soit vrai ou pas. Toutefois, elle a omis de mentionner les projets dans lesquels elle est impliquée à Jérusalem-Est, où Israël est en train de voler des terrains palestiniens pour y développer des quartiers coloniaux nouveaux.

En 2009, la CFPG a désinvesti d’Elbit Systems, une firme israélienne spécialisée en électronique militaire, parce qu’elle participait à la construction par Israël du Mur de Séparation, également illégal.

Le 29 mars 2011, EuropeNews titrait : « Norvège : Le Parti Socialiste de Gauche votera la motion appelant à bombarder Israël en cas d’intervention armée contre le Hamas à Gaza », et l’article disait notamment :

L’ancienne ministre des Finances, aujourd’hui ministre de l’Éducation, Kristin Halvorsen, du Parti Socialiste de Gauche (SV), un des trois partis de la coalition qui gouverne la Norvège, avec le Parti du Centre et le Parti Travailliste, soutient une mesure visant à entreprendre une action militaire contre Israël, si Israël attaque le Hamas. Le texte dit notamment :

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« La crédibilité de la Communauté Internationale (dans sa confrontation avec le colonel Kadhafi), est nulle par le fait qu’elle ne réagit pas contre d’autres états de la région qui commettent des injustices contre leur population civile. La Communauté Internationale au sens large se doit de réagir contre les attaques aériennes d’Israël sur la bande de Gaza. »

La proposition n’a pas obtenu le soutien d’une majorité des voix, mais elle montre la préoccupation des Norvégiens pour les droits de la Palestine. Et elle indique assez pourquoi Breivik a pris pour cibles des enfants du Parti Travailliste sur l’île d’Utøya. La veille, ceux-ci avaient participé à une manifestation pro-palestinienne. Le ministre des Affaires étrangères, Jonas Garh Støre les avait, à cette occasion, rencontrés, et les enfants lui avaient dit qu’il fallait que la Norvège reconnaisse la Palestine.

Store boycott israel.jpg


En réponse, il leur avait dit :

« Les Palestiniens doivent avoir leur propre état. L’occupation doit finir. Le mur doit être démoli, et cela doit se faire maintenant. »

Breivik a exprimé une forte haine à l’égard des musulmans et de ceux qui professent des opinions de centre-gauche. Son compte Twitter, ouvert récemment, a posté un seul commentaire le 17 juillet, dans lequel il citait John Stuart Mill :

« Une seule personne qui a une croyance en vaut 100.000 qui n’ont que des intérêts. »

Cependant, ce qui importe ici, ce n’est pas lui ni ses croyances. Ce qui importe, c’est de savoir qui a planifié ces attaques, qui l’a peut-être utilisé (avec d’autres sans doute) pour les commettre, et pourquoi.

Faire dérailler l’indépendance palestinienne et, de jure, son adhésion à l’ONU, de même que riposter à la Norvège parce qu’elle soutient les deux, désinvestit ses actifs d’Israël et critique sa politique, est un faisceau de trois raisons qui pourraient bien être derrière les attentats d’Oslo.

On retrouve de plus en plus et partout les empreintes du Mossad, peut-être en coopération avec la CIA et/ou le MI6. L’attentat à la voiture massivement piégée est une de leurs spécialités. Ils sont experts en ces sortes d’opérations, où ils utilisent des comparses, parfois à leur insu, pour la plausibilité de leurs démentis.

Faites passer le message et maintenez la pression sur Israël et sur son partenaire/bailleur de fonds de Washington, tous deux maîtres ès meurtres de masse.

 

 

Source : thepeoplesvoice.org

Traduction C. L.
pour : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

______________________   

(1) Pam Geller – de son vrai nom Pamela Reuben - est une journaliste américaine, qui a co-fondé, avec Robert Spencer (animateur de Jihad Watch (http://www.jihadwatch.org/) la Freedom Defense Initiative (FDI). Son weblog, Atlas shrugs (http://atlasshrugs2000.typepad.com) a été fortement critiqué par la presse progressiste américaine (comme ici ou ici) et Chris McGreal, du Guardian, l’a qualifié d’extrémiste. Caroline Glick, en revanche, l’a loué dans le Jerusalem Post. (NdT)


(2) Richard Pipes est un historien juif américain né en Pologne en 1923. Il a été brièvement conseiller de Ronald Reagan pour l’Europe de l’Est, période au cours de laquelle il a prêché une ligne dure à l’égard de l’URSS. Il est membre du Conseil de Sécurité Nationale. Il a aussi été membre du groupe de lobbying Committee on Present Danger, de 1977 à 1992, et il l’est toujours du think tank Council on Foreign Relations (CFR ou Conseil en relations étrangères), dont les liens avec  la CIA ne sont plus à démontrer. Il sera plus loin question de Daniel Pipes. Ce n’est pas le même, mais il ne vaut pas mieux. (NdT)


Stephen Lendman vit à Chicago, et on peut le joindre à l’adresse suivante :
Lendmanstephen@sbcglobal.net

Lecteurs anglophones, ne manquez pas de visiter son blog :
http://sjlendman.blogspot.com/ et d’écouter ses entretiens avec les hôtes distingués qu’il reçoit sur Progressive Radio Network les jeudis à 10h du matin (heure centrale US) et les samedis et dimanche à midi. Tous les programmes sont archivés pour rendre leur écoute aisée.


wayne madsen 1.jpgWayne Madsen, dont il a déjà été question dans un de nos posts prédédents, est un journaliste d’investigation américain très consulté par ses pairs. Le résultat de ses activités dérange si fort en haut lieu qu’au temps de l’administration Bush, il lui est arrivé – fait quand même assez rare – d’être averti par « quelqu’un » des services secrets US de ce que le gouvernement de son pays avait mis un contrat sur sa tête pour le faire assassiner. Comme on le sait, la même chose est arrivée, dans la France de Nicolas Sarkozy, à Richard Labévière et à Thierry Meyssan, lesquels ont choisi l’exil pour sauver leur vie. Madsen a choisi, lui, avant de prendre le maquis à l’intérieur des frontières, d’alerter un ou deux confrères, qui se sont mis en devoir de faire un maximum de publicité à la chose, avertissant les autorités que si un accident arrivait à M. Madsen, on saurait qui en accuser.

Sans rapport direct avec les événements d’Oslo – mais allez savoir... – voici deux vidéos consacrées à son travail de recherche sur la société de mercenaires Blackwater (qui a changé de nom depuis), omniprésente en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

 

 


1/2 Wayne Madsen: Blackwater Xe , ITRR S/T par hussardelamort

 

 


2/2 Wayne Madsen: Blackwater Xe , ITRR S/T par hussardelamort

 
Après tout, si les tueurs de Blackwater peuvent se déguiser en chi’ites pour massacrer des sunnites, et vice versa, dans le but de provoquer des guerres civiles, qui pourrait les empêcher de se déguiser, par exemple, en immigrés musulmans pour commettre de semblables méfaits en Europe ?

 



*

 

 

Tueur isolé ou battue au gibier humain du genre partie de chasse pour tueurs du Brabant ? Quelques témoignages des enfants de l’île :



« Lorsque j’ai vu des bateaux arriver je n’étais pas sûre de pouvoir leur faire confiance. »  (Propos de Lenita Jones, rapportés par NRK)

 « On nous tire dessus ici. Un homme qui est habillé en policier. Nous ne savons pas combien ils sont. Tous les membres de l’AUF sont dispersés pour se cacher. Love you. » (SMS envoyé par Emma Martinovic à ses parents à 17h53, rapporté par FVN)

« Après avoir nagé pendant 10 minutes, nous étions à 500 mètres du rivage. Nous nous somme fait tirer dessus. Ce fut la panique complète. L’un de nous a été touché, j’ai vu du sang dans l’eau, mais je ne sais pas comment c’est arrivé. ». (Propos de Emma Martinovic rapportés par FVN)


« Nous nous sommes cachés quand nous avons entendu des tirs provenant de différentes directions. » (Propos de Kaltenborn rapportés par NRK)

Source : Mécanopolis.org

 

 

*

 

certains ne font évidemment pas le détail.jpg


  Certains n’ont évidemment pas fait dans la dentelle.
Lui non plus.


 

*

 



La réaction norvégienne aux attentats terroristes et les gageures qui nous attendent

1er août 2011
Salim Nazzal

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La Norvège vient indubitablement de prouver son intégrité, par la manière impressionnante dont elle a répondu aux deux attentats récents. C'est d'une seule voix qu'y ont parlé les politiques : la Norvège ne va pas cesser d’être un  pays démocratique. Si l’on compare, dans des circonstances analogues, la réaction US et la réaction norvégienne, on est frappé par les différences criantes entre les deux pays.

Celles-ci vont bien plus loin que les différences de comportement entre un George Bush de droite et un Jens Stoltenberg de gauche. Bush a trouvé dans les attaques terroristes du 11 septembre l’occasion opportune de déchaîner une terreur d’état bien pire, de semer plus de mort et de destruction que n’en avaient causé les attaques, jusque dans des pays situés à des milliers de kilomètres de l’Amerikaca. Jens Stoltenberg, lui, a grandi, au sein du Parti Travailliste, dans une culture démocratique humaniste fortement liée aux forces du maintien de la paix dans diverses parties du monde. C’est cette culture qui explique assurément sa façon responsable de traiter la situation créée par la récente offensive terroriste.

Élargissons la comparaison et rappelons que la Norvège, dans cette tradition démocratique humaniste, est, parmi les nations du monde, celle qui contribue le plus aux missions de maintien de la paix des Nations Unies, alors que les États-Unis détiennent le triste record des agressions, des invasions et du soutien aux pires dictatures.

Le caractère de la Norvège l’a amenée à transformer sa tragédie du 22 juillet en une manifestation d’amour et de solidarité. Les USA ont fait du 11 septembre un jour de haine et de vengeance. Cette attitude a conduit à l’occupation d’autres pays, au meurtre de plus d’un million de personnes rien qu’en Irak, et à la destruction des vies, des infrastructures et du moral en Afghanistan et au Pakistan.

La culture démocratique de la Norvège a été mise en évidence demanière éclatante par la manifestation des 250.000 roses à Oslo, dont le but a été de marquer l’adhésion de la population aux valeurs humanistes revendiquées et maintenues par ses politiques.

Si on compare une telle attitude aux vociférations amérikaines, appelant au meurtre, à l’agression et à l’invasion, on se persuade aisément que là est le vrai choc des civilisations : dans cette opposition entre la culture de haine et de brutalité américaine et la culture de tolérance et de solidarité norvégienne. Le monde entier vient de voir, dans les rues de la capitale, à quoi ressemble une nation vraiment démocrate.

Confronter les réactions norvégienne et américaine n’est pas un vain exercice : le réflexe hystérique et revanchard qui a suivi les événements du 11 septembre, attisé et entretenu par l’ensemble des médias US, n’est pas éteint. Cette politique agressive  a, selon une très large opinion, mis le vent en poupe aux partis populistes dans l’Europe entière et leur a fourni le combustible idéologique dont ils avaient besoin pour lancer les campagnes de haine dont provient l’actuelle islamophobie.

Ceci est patent dans le discours de différents partis populistes tels que le Front National en France, le Parti de la Liberté en Hollande, le Parti Républicain en Allemagne et le Parti National britannique. Leur propagande a suscité une vague de haine et de suspicion à l’encontre des boucs-émissaires « venus d’ailleurs », qui a sans aucun doute réussi à empoisonner la culture politique de l’Europe.

Ces partis prétendent que leur but est de conserver à l’Europe sa culture chrétienne, par opposition à ce qu’ils décrivent comme l’islamisation de l’Europe, même si l'origine du christianisme est en Palestine et non en Europe.

 

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En Norvège, le Parti Populiste du Progrès détient 41 sièges au Parlement, ce qui en fait le deuxième parti de cette assemblée. Il a conduit une campagne contre les immigrants en général et les musulmans en particulier qui, de l’avis de nombreux analystes, a créé l’atmosphère dans laquelle des gens comme Anders Breivik finissent par passer à l’acte.

Dans un article critique de Petter Nome, intitulé « Qui a nourri le meurtrier ? », Nome fait endosser une partie de la responsabilité au P.P.P. pour avoir créé le climat propice au surgissement d’idéologies comme celle de Breivik.

On peut en dire autant des nombreux sites anti-musulmans tels que (honestdefinition) et (jihadwatch), qui se livrent couramment à des campagnes de haine contre les musulmans.(1)

Scott Shane a relevé l’influence des sites américains pro-Israël et anti-Islam sur le manifeste de Breivik(2), dans lequel on ne trouve pas moins de 64 citations de sites anti-musulmans US et quelques autres (3), où les immigrants et les musulmans sont présentés comme un danger pour l’Europe. Bien sûr, si le rôle joué dans cette affaire par les sites américains et pro-israéliens est évident, l’apparition d’un phénomène de ce genre doit être étudié sous tous les angles.

Il n’est pas surprenant que l’Europe commence à s’atteler au problème de la terreur auto-générée, mais elle ne le fait hélas qu’après des décennies de focalisation sur ce qu’elle a qualifié de « terrorisme islamique ».

C’est dans ce sens qu’une réunion vient d’avoir lieu à Bruxelles, où des experts en mouvements d’extrême-droite ont examiné la menace posée par ces individus « left behind » (laissés à la traîne ou déposés exprès ? NdMM) par la société, qu’ils caractérisent comme des «loups solitaires». Cependant, aucune personne de bon  sens ne peut s’attendre à ce qu’une poignée d'experts soit capable de faire surgir un remède miracle susceptible de guérir un mal aussi complexe. Mais c’est un début, et un premier pas dans la direction d’une thérapie qui a mobilisé jusqu’ici beaucoup moins d’énergies universitaires et de publicité que, par exemple, les mouvements extrémistes islamiques.

Ainsi, de même que les attentats de Norvège ont conduit à un  énorme débat dans la société norvégienne sur de nombreuses questions relatives à l’immigration, à l’intégration, etc., les nations d’Europe doivent ouvrir un vaste débat sur les racines idéologiques et sur les influences extérieures qui suscitent et nourrissent l’islamophobie, avant que celle-ci ne devienne un mouvement politique armé, capable de menacer la stabilité de l’Europe.

 

Source : thepeoplesvoice.org

Traduction C. L.
pour : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

______________________  

(1) Pour se faire très froid dans le dos, il suffit de consulter la liste des 185 sites recommandés par Jihad Watch rien qu’en langue anglaise et de cliquer au hasard.

(2)  http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110726.O...

(3) Dont le Vlaams Belang :
  http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1296...



(3)

 
Le Dr. Nazzal est un historien norvégien d’origine palestinienne. Spécialisé dans le Moyen Orient, il est l’auteur de nombreuses contributions à l’histoire sociale et politique de la région. Il collabore à des sites tels que Countercurrents, SabbahReport, The Arab Washingtonian, thepeoplesvoice, etc. On peut le joindre à l’adresse e-mail snazzal@ymail.com .

 

*

 

M. Nazzal n’a pas tort : la piste « islamiste intégriste » a été d'abord indiquée, selon sa décomplexée habitude, par la presse trash anglaise, même s’il lui a fallu faire ensuite machine arrière :

 

THE SUN.jpg



Et même si Al Qaeda fait désormais partie des effectifs otano-usrahellesques dans leur lutte humanitaire contre les civils libyens, irakiens, afghans, pakistanais et autres foules à mater.

Cette « chose » se vend à plus de 3 millions d’exemplaires.




*

 

Icestationzebra-copie-1.jpg

 

Attentats à Oslo : quand l’OTAN et les USA
visaient Jens Stoltenberg et le Parti Travailliste

23.7.2011

Tant le modus operandi que les cibles et le timing laissent penser que l'attentat commis hier à Oslo ne relève pas de l'attentat terroriste [islamiste] sui generis mais bien de l'attentat politique et même de l'assassinat politique - de tentative - avec pour cibles le Premier Ministre Jens Stoltenberg et le Parti Travailliste - Arbeiderpartiet .

Cet attentat a été commis avec la volonté évidente de minimiser les dégâts collatéraux à ces deux cibles, en particulier en choisissant une période de la semaine où l'espace urbain autour des bâtiments gouvernementaux était quasi-désert, tandis que la fusillade sur l'île d'Utøya ne pouvait que frapper des militants du Parti Travailliste ou des sympathisants, puisque celle-ci est la propriété d'une association de jeunes travailleurs lièe au Parti Travailliste. On est en effet bien loin de la stratégie du "terrorisme international" [islamiste] qui vise à frapper de manière anonyme les foules afin que celles-ci se retournent contre leurs chefs politiques. Les moyens déployés lors de cet attentat politique, la simultanéité des attaques montrent qu'il n' a pas pu être commis par un groupe. Ces attentats ont bénéficié d'une sérieuse préparation, tant sur le plan du renseignement - Jens Stoltenbeg se trouvait bien a proximité de l'explosion et son bureau a été détruit - que de la logistique .

En partant de l'hypothèse de l'attentat politique dans un état Scandinave, on pense immédiatement à celui qui a visé Olof Palme le 18 février 1986. À la fois pragmatique et homme de conviction, Olof Palme mena une politique internationale courageuse pour certains, risquée pour d'autres [notamment contre la guerre du Viêt-Nam, l'apartheid et la prolifération des armes nucléaires]. Il provoqua la rupture des relations diplomatiques entre la Suède et les États-Unis pour avoir participé personnellement, en tant que ministre, à une manifestation d'opposants à la guerre du Viêt-Nam. Durant la crise des missiles, il prit fermement position contre le déploiement des missiles Pershing  américains en Europe, ce qui le rapprochait de l'URSS.

 Or, si l'on prend tant les prises de position en matière de politique internationale que les personnalités, Olof Palme et Jens Stoltenberg, le Parti Travailliste et le Parti Social Démocrate présentent des similarités beaucoup plus grandes qu'il n'y paraît. Bien sûr, la principale différence entre la Norvège et la Suède est que la première est un des piliers de l'OTAN tandis que la seconde ne fait pas partie de l’alliance. Mais une politique étrangère pro-active et indépendante sur plusieurs dossiers semble avoir provoqué des irritations du côté de la diplomatie Étasunienne et Atlantiste .

Cette grille permet non pas de désigner les coupables ou les commanditaires mais permet de s'affranchir de la traditionelle "analyse" Norvége-Islam- Afghanistan-Libye aussitôt mise en avant par les "experts", aprés l'annonce de l'attentat. J'ai donc choisi la grille Norvège-Russie-Défense anti-missiles-OTAN et j'ai utilisé les cablegates en provenance de l'ambassade d'Oslo.




(Nous n’avons pas eu le temps ni la force de traduire ces longs cables.
Acceptez-en notre parole : leur arrogante outrecuidance n’a d’égale que leur cynisme.
L’auteur en résume l’essentiel.
Et merci à Julian Assange. NdMM.)



1- Il est reproché à Jens Stoltenberg, au Parti Travailliste et à la MD Anne-Grete Strom-Erichsen de s'opposer au projet de bouclier anti-missiles tout comme Olof Palme s'était opposé au déploiement des missiles Pershing.



ID : 08OSLO72
SUBJECT : NORWAY STANDING ALONE AGAINST MISSILE DEFENSE
DATE : 2008-02-12 09:02:001. (C)

Summary: Norway remains opposed to U.S. plans for missile defenses and was the only NATO ally to publicly express skepticism over these plans during the recent Defense Ministerial in Vilnius. Defense Minister Anne-Grete Strom-Erichsen told the media that Norway doubts the need for missile defense and believes it could lead to an arms race. Responding to Ambassador Whitneys observation that it is unusual for Norway to block consensus in NATO, Strom-Erichsen stated that the GON has not yet decided on its approach to this issue (including whether to use its veto) at the Foreign Ministerial or the NATO summit in Bucharest. In a February 11 meeting with Ambassador Whitney, MFA State Secretary Raymond Johansen said that the GON is constrained on this issue but wants to frame the issue in such a way that they can keep from having to block it in NATO. The USG should point out that GON persistant and public support for Russias line on missile defense is troubling even if Norway eventually allows U.S. and NATO goals. End Summary

Alone in NATO: Public Opposition to Missile Defense
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2. (SBU) The Norwegian Defense Minister, Anne-Grete Strom-Erichsen, was the only Defense Minister to publicly oppose the U.S. plans for missile defenses against long-range missiles during the Vilnius Defense Ministerial. Repeating oft stated doubts over the threat and claiming that this system would create an arms race, Strom-Erichsen appeared surprised that the GON was alone in this public skepticism.

3. (SBU) Missile defense has been a hot issue for the GON, primarily because of the Socialist Lefts (SV) presence in the governing coalition. SV succeeded in inserting a commitment to oppose missile defense plans in the coalitions government platform (the Soria Moria document). Reluctant to break this commitment (and risk splitting the coalition) and generally skeptical of U.S. policies and goals (reftel A), the GON has been vocally opposed to missile defense plans, despite strong USG efforts to present information on the threat and the system, including visits by Ambassador Nuland, General Obering, journalist tours, and extensive outreach by Ambassador Whitney and other embassy officials

8. (C) Ref A noted the need to counter negative trends in bilateral relations. Missile defense is a good place for us to continue to stress the potential cost of Norways policies. Even if Norway eventually accomodates U.S. and NATO priorities on missile defense, the long, public campaign parroting Russias arguments has been damaging, something increasingly noted in Norway and the U.S



2 - Il est reproché à Jens Stoltenberg de favoriser une politique de rapprochement avec la Russie, qui prend trop en compte les intérets norvégiens face à ceux de l’Alliance. De la même manière, on avait reproché à Olof Palme sa proximité avec l'URSS.



ID : 07OSLO658
SUBJECT : PM STOLTENBERG´S RUSSIA TRIP: GRADUAL GAINS IN THE
DATE : 2007-06-18 11:39:001.

(SBU) Prime Minister Jens STOLTENBERG,s June 7-10 visit to Russia produced progress on Norwegian priorities in the Barents region. Despite some controversial statements on missile defense and some public criticism of Russia,s human rights record, STOLTENBERG,s visit was primarily characterized by some successes for Norway,s High North priorities, including resolution of a small part of Norway,s disputed sea-border with Russia and new Russian commitments on safety and economic development of the Barents Sea region. This result will likely encourage the government to continue Norway’s enthusiastically positive approach to Russia, downplaying tensions over security matters within NATO and other negative aspects.4. (C) Perhaps the most controversy of the visit was generated by a quote on missile defense STOLTENBERG made while in Murmansk. STOLTENBERG called on the U.S. and Russia to discuss missile defense, and said it was important for both sides to reduce harsh rhetoric and to avoid a new arms race. He continued to say that Norway has all along been skeptical of missile defense plans and would not allow missile defenses in Norway. Russian suspicions of the Vardoe radar site in northern Norway and false complaints about its supposed use in U.S. missile defense plans were a staple of past meetings of Norwegian and Russian leaders and continue to be a sub theme of Russian complaints about U.S. missile defense plans at NATO. However, during this visit the radar was not directly raised by either side.

And Gets Criticized
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5. (U) Norwegian media reaction to STOLTENBERG,s statement was critical, with editorials in Norway,s largest paper castigating STOLTENBERG for expressing his criticism of U.S. missile defense plans while in Russia, while not even mentioning Putin,s strong threats against NATO. The paper stated that the PM,s criticism of the U.S. on such a sensitive issue, without any balancing criticism of Russia, creates an impression of Norwegian servility towards Russia and shows that Norway is intimidated. The paper called for the PM to speak out against Putin,s harsh rhetoric, and make clear that Russia does not have veto power over missile defense plans in NATO countries. The editorial also stated that U.S. plans are no threat to Russia and that if the PM needs to criticize missile defense because of internal governmental reasons he should do so in another place than Russia. The Prime Minister,s office and the MFA have claimed that the PM,s comments reported in international media were taken out of context and that he intended to promote dialogue and make clear that Norway would not be used for any missile defense systems. See ref a for more the GON approach to Missile Defense.

Likely Results: Confirmation of Norways Current Russia Policy
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6. (C) In a summary to the press before he returned to Norway, STOLTENBERG highlighted his satisfaction with reaching an agreement over the border in Varangerfjord. He also called for more frequent contacts with Russian leadership and invited President Putin to Norway. The border agreement, Statoil,s meeting with Putin and the positive developments on nuclear safety in the Barents were all key successes for Norway,s High North priorities. These successful results will likely encourage the GON,s natural inclination to avoid criticism of Russia and to stress their interest in co-operative projects in the North. This does not mean that the GON is unaware or unconcerned about the developments in Russia. We hear frequent private expressions of concern from lower-level members of the Defense Department and the Ministry of Foreign Affairs over Russia,s new aggressiveness and Russia is a topic which will continue to generate media and public interest. However, the GON appears determined to continue its course of downplaying disagreements in order to focus on its goal of close cooperation with Russia in the Barents region and make progress in its high priority High North policy. Elite opinion, including in the MFA, also includes sympathy for the worn argument that Russian misdeeds are often reactions to mistakes by the west, and in particular the U.S. Whitney.

ID : 09OSLO399
SUBJECT
DATE : 2009-06-18 07:44:00

 RUSSIA: Public Positivism and a Focus on the Bilateral
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3. (C) The GONs official RUSSIA policy has been characterized by a consistent stress on the positive and a reluctance to publicly criticize RUSSIA actions (the Georgia war was one exception but the GON shows little public solidarity when RUSSIA pressures the Baltics, Poland or other allies). Norway has chosen to prioritize the bilateral aspects of its relations to RUSSIA, working to achieve greater cooperation in the Barents, defending its interests in a quiet manner and stressing the benefits of greater RUSSIAn integration into the European economic and political regimes. The GON works to maintain steady and positive contacts with RUSSIA as evidenced by the recent meetings of PM STOLTENBERG with President Medvedev and PM Putin, FM Stoeres meetings with FM Lavrov and other meetings between Ministers of Energy and Industry. (Reftel A and D)

4. (C) As a member of the wider European community, Norway has been much more passive, at times criticizing RUSSIAn actions, but primarily arguing for dialogue and inclusion. Norways focus on the bilateral relationship has resulted in cooperative and well-functioning relationships in environmental cleanup, nuclear safety, fisheries management and people-to-people exchanges. It also has led to a greater potential for cooperation in the development of energy resources in the Barents (StatoilHydros share of the Shtockman Development Company is the prime example).

5. (C) These achievements impact the wider relationship as the GON does not want to throw away the hard earned progress in bilateral relations (or damage the potential future cooperation on energy development or agreement on a maritime border) for events elsewhere. GON priorities were illustrated by a recent meeting between the Deputy Foreign Minister and a high-ranking USG official. When speaking about RUSSIA the Deputy Minister choose to focus on a recently concluded fishing agreement with RUSSIA, ignoring any other wider concerns.Comment -------

13. (C) Norway has succeeded in creating a low tension relationship with RUSSIA with real and functioning cooperative agreements in the Barents. This is positive but it is unclear that this is a result of GON policy or simply of RUSSIAn disinterest. Some are wondering if this is worth the price of GON reluctance to show solidarity when RUSSIA pushes allies or other states. Despite GON claims that other nations should follow their lead, it appears to us that Norways relationship is unique and a model RUSSIA might favor, but not other allies.

14. (C) Norways underlying concerns over RUSSIA will however continue to be an important piece of the continued close U.S.-Norway bilateral relationship. Close intelligence and military connections have continued despite the end of the cold war, and Norway had maintained its RUSSIAn expertise when others scaled back. Norways desire for increased attention to the High North is a healthy impulse and one which should compliment increasing U.S. interest in the Arctic. Norway has expressed a desire to re-start the dormant U.S.-Norway High North talks and discussing ways to combine our RUSSIAn expertise may be a topic of mutual interest for this initiative. Norway strongly supports U.S. determination to increase engagement with RUSSIA and "reset" the relationship. We should ask Norway to also support the firm U.S. and NATO positions on RUSSIA when necessary, rather than relying on others to do so.



3 - Cette politique indépendante, le gouvernement norvégien l'a aussi developpée au Proche-Orient, en s'opposant à la politique belliciste de l'Entité Sioniste aka "Israël". De la même manière que les brutales attaques contre le Liban et Gaza ont contribué à la détestation du sionisme en Norvège, les massacres de Sabra et Chatila avaient provoqué la détestation de ce sionisme dans la Suède d'Olof Palme . 

• En 2006, une crise diplomatique a éclaté entre les deux pays suite à des propos tenus par l'ambassadrice d'Israël.

• En juin 2010, la Norvège a exigé une enquête internationale sur l'abordage par Israël de la flotille turque.

• En aout 2010, la Norvège s’est désengagée de deux investissements israéliens, jugeant ces sociétés moralement condamnables.

• En octobre 2010, la Norvège a interdit des exercices de submersibles  israéliens construits en Allemagne dans ses eaux territoriales. Jonas Gahr Støre, le ministre des Affaires étrangères norvégien, a déclaré, pour l'occasion, que la Norvège n'exportait pas de «matériel ou de services dans le domaine de la défense vers des pays où la guerre menace».

• En 2007 la Norvége a reconnu le Hamas.

• Le Gouvernement Norvégien vient de se pronnoncer en faveur de l'admission de la Palestine à l' ONU.



ID : 09OSLO739
SUBJECT : SCENESETTER FOR YOUR VISIT TO OSLO
DATE : 2009-11-30 15:25:00

Mid-East Peace Process
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9. (S) During the Oslo Peace Process of the 1990s, NORWAY
hosted Israeli-Palestinian peace talks, and the Nobel
Committee awarded the Nobel Peace Prize in 1994 to Yasser
Arafat, Shimon Peres, and Yitzhak Rabin. Tragically, Rabin
was assassinated a year later by a figure opposed to his
peace overtures. Subsequently, NORWAY has played a
diminishing, often independent, and sometimes unhelpful role
in the Middle East. NORWAY strongly believes it should
engage everyone, including HAMAS, which it has not designated
as a terrorist organization, unlike the United States and the
European Union. In a break with the international Quartet,
NORWAY recognized the HAMAS-Fatah Unity Government in 2007.
NORWAY more helpfully serves as a highly effective Co-Chair
of the Ad-Hoc Liaison Committee (AHLC), the main
international donor group for coordinating economic
assistance to the Palestinian Authority, and works to keep
AHLC activities in concert with the political track of
negotiations led by the U.S. NORWAY's relations with Israel
have been strained in recent years due to its contact with
HAMAS, Norwegian disapproval of Israeli actions during the
fighting in Gaza last winter, and periodic, privately-led
boycott campaigns against Israeli businesses and
universities. The Norwegian Government fully supports your
intensive efforts to restart direct Israeli-Palestinian
negotiations. Norwegian and Israeli officials told us this
fall that NORWAY has now initiated steps to improve the
bilateral relationship with Israel, including through
scientific or other exchanges and other activities. In early
November, the government publicly condemned a private effort
at a university in Trondheim to boycott Israeli academics,
defining the effort as contrary to academic freedom. The
university's board ultimately unanimously rejected the
boycott proposal a few days later on November 12.



 4- Il est reproché à Jens Stoltenberg d'avoir fait une alliance avec un parti «Anti-OTAN», la Gauche Socialiste ( SV ).

ID : 07OSLO1161
SUBJECT : NORWAY'S DEFENSE POLICY AT A CROSSROADS: CLARITY
DATE : 2007-12-18 13:17:00

What ? Soldiers Actually Shoot ?
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2. (SBU) Background to this debate includes a government
which rhetorically affirms NATO as NORWAY,s primary security
provider but which is at heart skeptical of the use of
military power in all but the most benign ways, tempted by
the idea of closer Nordic defense cooperation and includes an
ANTI-NATO party, the Socialist Left (SV) as a member of the
governing coalition. The vigorous internal governmental
debate over NORWAY,s contributions to ISAF, as well as
repeated public negative comments concerning NATO and U.S.
missile defense plans are illustrative of the general impulse
of this government (see reftels for details).    

 Conclusion: Looking for Security and Ideological Comfort.
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15. (C) Comment: FM Stoere realizes the need for continued
close security ties to NATO and the U.S. but at the same time
is uncomfortable with the direction of U.S. and NATO security
policy. His evolving public comments indicate the GON is not
looking to replace NATO but seeks additional partners in
security which are a better ideological match with the GON
and can balance the U.S. heavy NATO alliance. One example is
NORWAY's increased defense ties with the EU and its
participation in the EU Nordic Battle Group, despite being a
non-EU member. Cooperation with Sweden and Finland offers
both the possibility of savings on equipment purchases and
the chance to work with likeminded nations who prioritize UN
involvement, favor peacekeeping over peacemaking and who are
concerned about Russia. Stoere's coalition partners from SV,
of course, are unabashedly ANTI-NATO and anti-defense.

Implications for U.S. Policy
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16. (C) The decisions made by the GON on the Defense
Studies, recommendations on funding, the purchase of new
aircraft and on its relations to its neighbors will have a
significant impact on NORWAY,s ability and desire to meet
NATO commitments and spark a reassessment of NORWAY's defense
policies. We expect NORWAY's move toward Nordic cooperation
and preference for UN mandated peacekeeping missions to
remain, even if the current government does not win the 2009
election. This tend combined with a general antipathy to
missile defense, efforts to ban cluster munitions, focus on
disarmament instead of non-proliferation and reluctance to
use its vast energy wealth to fund defense spending open
questions regarding NORWAY's commitment to be a serious and
dependable ally. Thus, despite continued close and
productive military to military relations, the GON,s actions
and long-term trends bear watching in NATO and bilaterally.
In this atmosphere it is more vital than ever that we speak
and act clearly and at senior levels when NORWAY is an
outlier on key issues. Eager to act more independently but
loathe to be seen as weakening trans-Atlantic ties, the GON
will listen and respond when confronted. Assuming generally
common interests and policies, however, would be a mistake. 


5 - Rechercherchait-on un successeur à Jens Stoltenberg au sein du Parti Travailliste ? Un Carl Bildt norvégien ?

 

ID : 08OSLO406
SUBJECT : NORWAY'S DEPUTY MINISTER OF DEFENSE, ESPEN BARTH EIDE, POWER IN NORWAY'S MOD AND RISING STAR IN THE LABOR PARTY
DATE : 2008-07-21 09:09:00

 1. (C) Summary. Ministry of Defense State Secretary, Espen Barth Eide is one of the more powerful politicians in the current GON despite his deputy minister portfolio. His ties to the Ministry of Foreign Affairs, think tanks, NGOs and the UN as well as his influential current position likely will result in either a ministerial position in a future Labor government or a high ranking UN or EU position. Barth Eide is particularly interested in UN peacekeeping operations and may be interested in a future UN position. End Summary.

--Power Behind the Throne--

2. (C) Ideologically on the more conservative side of the Labor Party, Barth Eide is one of the most experienced and influential government figures. After the 2005 national election many observers thought that PM Jens STOLTENBERG meant to appoint Barth Eide as a State Secretary in the MFA, but after being forced to appoint a weak defense minister, STOLTENBERG moved Barth Eide to the MOD. Barth Eide is regarded as the force which steers the defense ministry and is an eloquent and knowledgeable speaker and writer on defense and security matters. He is often quoted in the press, more so than the Defense Minister, Anne-Grete Strom-Erichsen. Strom-Erichsen was appointed minister without any background in defense matters and has relied on Barth Eide to be her subject matter and policy expert while she deals with political issues. Barth Eide has wide leeway in determining what areas to focus on and is self-confident in determining priorities.

--Past Positions--
3. (C) His current position as deputy minister (or state secretary in the Norwegian term) is the second time he has held that rank. The first was in the MFA from 2000-2001 under then Foreign Minister Thorbjorn Jagland (now President of Parliament). Interspersed between government posts, Barth Eide led the Norwegian Institute of International Affairs (NUPI) 2002-2005, focusing on UN issues and peacekeeping, particularly the Balkans. He also has been a long time supporter of Norwegian membership in the EU, acting as the general secretary for the European Movement from 1991-1993, prior to the failed 1994 referendum on EU membership in Norway. Barth Eide has also been involved in several UN projects, serving as a senior consultant on the UN reform process and on the UN Panel on Threats, Challenges and Change from 2003-2004. Barth Eide has been co-editor of the London Based journal International Peacekeeping and was nominated a "Global Leader of Tomorrow" by the World Economic Forum in 2003.

--Interactions with the USG--
4. (C) In his relations with the Embassy, Barth Eide has been difficult to characterize. Barth Eide is a skilled and subtle interagency player who is largely pro-U.S. but should not be trusted to reliably uphold U.S. interests. On several important issues Barth Eide has been helpful, such as missile defense (where he helped prevent a Norwegian veto of NATO plans), the sale of land to the USG for construction of a new embassy building (intervening on touchy real estate issues affecting the U.S. purchase of land for the new embassy) and pushing for Norwegian deployments to Afghanistan. On other issues, such as the decision process on the purchase of new fighter aircraft and the Norwegian approach on cluster munitions, he has hedged his bets. Barth Eide has avoided the gratuitous negative comments about the Bush Administration that other GON figures have made. Barth Eide also takes pains to stress NATO as the cornerstone of GON security policy and the importance of the Norwegian-U.S. relationship. He has given the Embassy good advice on how to approach the GON on several occasions. However, some very senior U.S. officials have felt that he has been hard to pin down on several issues of concern and characterized Barth Eide as "weasily". Senior Norwegian officials, with strong pro-U.S. instincts, have also told the Embassy in private that Barth Eide is not to be relied upon to promote U.S. priorities. One key test of Barth Eide's inclinations will be the MOD recommendation on which fighter plane to purchase, the Joint Strike Fighter or the Saab Gripen.

Stoltenberg et Pedersen.jpg

 


Source : Ice Station Zebra


Ice Station Zebra, qui officie à Marseille,  se décrit comme suit :

« Blog sur la géopolitique de l'Arctique. Il traite de l'actualité politique, économique, socio-culturelle, historique et militaire de la région et présente des analyses non conformistes. Il ne prétend pas à l’"objectivité" mais présente un point de vue alternatif et russophile, en opposition avec les prétendues "analyses" syndiquées des "mediats" des "démocrassies occidentales" ».

 

*

 

En voici un quatrième, où il est question de... la Belgique :


Anders Breivik : tous les chemins mènent à Londres

 

28 juillet 2011 (Nouvelle Solidarité) – On sait que le Londonistan est une planque confortable pour bon nombre de fondamentalistes islamiques déployés aux quatre coins de la planète.

Cependant, avec l’affaire Breivik, le Norvégien à l’origine du carnage qui vient de frapper la Norvège, Londres émerge également comme le laboratoire d’une nouvelle version de fondamentalisme chrétien capable d’activer des jeunes kamikazes dans des nouvelles croisades et autres contre-djihads.

Alors que la presse mondiale s’acharne à vouloir nous démontrer que Breivik est un «psychopathe isolé», l’auteur des attentats a confessé aux interrogateurs qu’au moins deux autres «cellules» sont prêtes à passer à l’action.

Ce qui est sûr, c’est que certains indices pointent fortement en direction de Londres.


1. Le Daily Telegraph affirme que Breivik a participé en Mars 2010 à la manifestation organisée par la English Defense League (EDL) lors de la visite du parlementaire de la «droite populiste» néerlandaise, Geert Wilders. Wilders, lui-même en croisade contre un Islam qu’il traite d’idéologie fasciste, était l’invité de la Baronne Caroline Cox pour s’adresser à des parlementaires britanniques. La baronne Cox est la patronne de Christian Solidarity Worldwide, une ONG qui a été instrumentale dans la partition du Soudan. L’EDL fut créé en 2009 et prétend être un simple mouvement de citoyens irrités par le fondamentalisme islamique qui envahi la société britannique. Son dirigeant s’appelle Stephen Lennon, mieux connu sous le nom de Tommy Robinson, un jeune de 28 ans qui, selon la presse britannique, vient d’être condamné à une peine de 12 mois de travaux d’intérêt général et se trouve interdit de stade.

2. Daryl Hobson, la responsable de l’EDL pour l’organisation des manifestations, avoue que lors de sa visite en Angleterre, Breivik s’est entretenu avec des membres de son organisation. Un autre responsable admet que Breivik nourrissait un contact régulier avec des sympathisants de l’EDL via Facebook et exerçait un «effet hypnotique» sur eux. «Sur ma page Facebook, j’avais plus de 600 membres d’EDL comme ami et j’ai parlé avec des dizaines de membres et dirigeants», écrit Breivik dans son manifeste de 1518 pages. «En fait, j’étais une des personnes qui leur fournissait au tout début du matériel idéologique choisi (y compris des stratégies de rhétorique)».

3. Le 24 juillet, Lauren Collens, du New Yorker Magazine, a contacté Tommy Robinson, le patron de l’EDL, qui disait que les politiciens européens risquaient de voir des atrocités similaires s’ils continuaient à ne pas vouloir regarder «le putain d’éléphant qui est dans la pièce». «Je pense que c’était prévisible», a dit Robinson du carnage de Breivik. «Je pense que c’est répugnant et mes pensées et prières vont à toutes les victimes. Nous ne voulons pas que des jeunes Britanniques se fassent exploser sur notre territoire, mais cela arrivera si on ne nous offre pas une plateforme». Et il poursuivait : «Je pense que personne ne comprend la colère qui bouillonne en-dessous. C’est simplement un individu malade et isolé, mais il existe un tas de gens en colère. Et si les politiciens britanniques n’apprennent rien de cela, Dieu me pardonne, cela pourrait se reproduire. »

4. Le quotidien l’Independant rapporte que Breivik cherchait à mettre sur pied une Ligue de défense norvégienne (NDL), bien qu’elle existât déjà dans le pays.

5. La couverture du manifeste de Breivik, il le signe 2011, Londres, Andrew Berwick, une version anglicisée de son nom. Sur la même couverture figure la croix de l’Ordre des Templiers (croix rouge sur fond blanc) qui fut, tout comme la Croix de Saint-Georges du drapeau de l’Angleterre, la bannière des croisés à partir du XIe siècle. La croix de Saint-Georges figure également au centre de l’emblème de la City de Londres.

 

 

manifeste breivik.PNG

6. Lorsque Breivik exhibe tout son folklore autour des croisés et sa croix de l’ordre des templiers, on nous dit qu’il est un malade mental et isolé. N’empêche que les photos des manifestations de l’EDL qu’on trouve aisément sur internet montrent leurs militants exhibant les mêmes emblèmes y compris peints sur leurs visages. Très anglais ? En France, à Lyon, le bloc identitaire de Fabrice Robert vient d’organiser le 15 mai une «Marche des cochons» [les musulmans ne doivent pas en manger], une manifestation d’un millier de personnes. Venus pour l’occasion, une délégation de l’EDL dirigée par Tommy Robinson en personne, y exhibait les mêmes drapeaux. Croisés de tous les pays, unissez-vous !

7. Dans son manifeste, Breivik décrit sa participation à Londres en 2002 à la refondation de l’ordre des Templiers tout en précisant que son «mentor» s’appelait «Richard» (comme Cœur de Lion). Alors que les services de renseignement ignoraient l’existence de ce groupe, un certain Paul Ray, un ancien de l’EDL qui, suite à quelques ennuis avec la police, s’est installé à Malte, est l’animateur du site islamophobe Lionheart, la source d’inspiration de Breivik. Le nom de Ray fut communiqué par Tommy Robinson à l’agence Associated Press qui est allée l’interroger. Ray, dont le nom d’origine est Paul Sonato, a pris ses distances avec l’EDL et nie toute relation avec Breivik, tout en reconnaissant que ce groupe existe, non pas comme une structure, mais comme «une croyance». Une vidéo d’AP le montre se baladant en costume de croisé sur l’Ile de Malte. Pour les enquêteurs, Breivik n’avait pas qu’un seul mentor, mais plusieurs.

8. Si l’EDL repousse un certain nombre de néonazis qui tentent de la rejoindre, c’est notamment parce que, tout comme Geert Wilders et Anders Breivik, l’EDL donne un soutien inconditionnel à l’État d’Israël, peu importe l’orientation politique de l’État hébreu. Encore récemment, l’EDL, dans une haine commune de l’Islam, fut rejoint dans certaines manifestations par la Ligue de défense juive (JDL). Certaines sources n’excluent pas que la Norvège ait été «punie», pour ses condamnations répétées des brutalités de la part d’Israël envers les Palestiniens. Depuis les accords d’Oslo, la Norvège et son premier ministre, le socialiste Jens Stoltenberg, ont vivement critiqué les violations des accords d’Oslo par Israël.

9. En Belgique, les services de sécurité ont transmis au Ministre de la Justice un dossier sur le belge Paul Beliën, un journaliste conservateur qui anime le site The Brussels Journal. Beliën est le mari d’Alexandra Colen, une députée fédérale belge du parti séparatiste Vlaams Belang. Contributeur au Wall Street Journal et au Washington Times, Beliën est depuis septembre 2010 le principal conseiller de Wilders. Beliën travaille depuis 2006 pour les néo-conservateurs américains Daniel Pipes et David Horowitz, les mêmes qui, via leurs correspondants au Danemark, avaient provoqué des fortes tensions entre chrétiens et musulmans en publiant les caricatures de Mohammed.(1)

C’est par un jeu de provocations et de contre-provocations à répétition, que l’oligarchie financière veut noyer le monde dans le chaos, le sang et la guerre. Cela aidera à détourner l’attention de la faillite gravissime de leur système et à museler toute remise en cause qui changerait la donne.

________________________   

(1) Lesquelles se trouvent toujours affichées sur le site Jihad Watch


Source :

Solidarité & Progrès
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Le site Solidarité & Progrès est animé
par Jacques Cheminade, ex-candidat à la présidence de République française et adepte des théories économiques de l’américain Lyndon LaRouche.

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Où il est dit que le Vlaams Belang serait plus ou moins « parraîné » par Israël et comme cul et chemise avec le B’nai Brith.
(Source : Résistance, feuille d’extrême droite française). NdMM.

Tout en réclamant la réhabilitation des collabos du nazisme ?

Allons, soyez postmodernes !  (NdMM.)

 

 

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Dernière minute (parce que c’est du Shamir des grands jours, surtout la deuxième partie) :



Le massacre du vendredi 22 : un coup de pub.

par Israël Adam Shamir

 

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Quand les larmes auront séché et que le silence sera revenu, nous reconnaîtrons la qualité cinématographique du Massacre d'Utøya, sorti tout droit des films d'horreur les plus trash. Dans le genre Scream ou Vendredi 13 ou Cauchemar à Elm Street, nous avons vu souvent un serial killer s'introduire dans un paisible camp d'ados, l'été, pour assassiner des jeunes vacanciers. Le tueur du vendredi 22 a transposé la pellicule dans la vie, approfondissant ainsi l'interpénétration de l'art et de la réalité, depuis les films gore, les jeux de massacre en ligne, des attaques de drones sans nom dans des pays lointains, pour finir en beauté avec la longue tuerie sur l'île au milieu du fjord.

Tirer sur des gens qui ne peuvent pas riposter est le dernier degré de bassesse des assassins de masse, des bourreaux, et des soldats de l'OTAN. Pendant deux heures, le tueur a traqué sans risque, professionnellement, en toute confiance, froidement, les jeunes désarmés, les descendant un par un comme des pigeons. Breivik détestait les musulmans, les socialistes, probablement Kadhafi aussi, puisqu'il est musulman et socialiste, et son exploit devrait rappeler aux peuples d'Europe que les guerres hors de nos frontières amèneront la guerre sur notre sol en retour, bien mieux qu'un millier de terroristes que pourrait envoyer Kadhafi. Trop de permis de tuer ont été mis en circulation.

Pourquoi l'a-t-il fait ? Nous pouvons répondre à la question : ce massacre a été essentiellement un coup de pub pour le grand œuvre du tueur, les 1500 pages de son manifeste qui a pour titre 2083. Ce n'est pas vraiment un monument de l'esprit humain, plutôt un fatras copié-collé des écrits néoconservateurs sur l'Islam, violemment anticommunistes. Néanmoins cela nous est utile, précisément parce que la quantité de gens abattus se voulait une incitation à le lire. Si ce Breivik était atteint du syndrome d'Érostrate, voyons pourquoi il a fait feu sur le temple de tant de vies. Et surtout, voyons où il s'est trompé.

2083 révèle un nouveau virus politique vicieux, mis au point dans les laboratoires des think-tanks néoconservateurs, section génie génétique. Pendant des années on pensait qu'un nazi pouvait détester les juifs et être ami avec les musulmans, parce que c'était le cas sous le nazisme d'Hitler. Un nazi n'était pas censé détester les rouges, puisque le communisme était également une idéologie totalitaire pour Karl Popper et George Bush. Donc, un néo-nazi devrait aimer Adolf Hitler et brandir l'étendard du  racisme.

Or le travail prolongé des idéologues juifs liés aux néoconservateurs a réussi à renverser les positions. Aujourd'hui nous avons une kyrielle de partis et de mouvements qui allient des idées d'extrême droite à la sympathie pour les juifs, à la tolérance envers les gays et à la haine de l'Islam. L'auteur de 2083 est pro-juifs, pro-gays, mais violemment antimusulman et anticommuniste. Il est plus proche de Pym Fortuyn, l'homme politique hollandais d'extrême droite assassiné, qui était judéophile et gay. Il manifestait avec EDL, une mouvance anglaise vivement judéophile et antimusulmane.

Le 2083 de Breivik est lourdement influencé par les écrits juifs néocons d'extrême droite. Comme c'est souvent le cas avec les compilateurs qui font du copié-collé, il est difficile de séparer complètement les mots du compilateur et ceux des auteurs dont il est parti. Si cela devait être publié un jour, le copyright en reviendrait probablement à David Horowitz et à Bat Yeor, et Daniel Pipes et Andrew Bostom auraient les honneurs de la page trois. Ce sont ces auteurs-là qui luin ont inspiré son meurtre de masse.

Quelques heures à peine avant le massacre, écrit Gilad Atzmon, Joseph Klein avait publié un article intitulé "Les Quisling de Norvège" dans le magazine FrontPage, en y rajoutant un appel au meurtre. Klein écrivait: « l'infâme Norvégien Vidkun Quisling, qui avait prêté main forte à l'Allemagne nazie alors qu'elle conquérait son propre pays, doit être en train d'applaudir dans sa tombe... La Norvège est effectivement sous l'occupation de la gauche antisémite et des musulmans radicaux, et se révèle disposée à contribuer à la destruction effective de l'État juif d'Israël. »

Ce sont là des termes batailleurs, et Breitvik les reprenait en armant ses flingues. 2083 apporte la preuve de ces sources. Les citations du FrontPage de David Horowitz et de ses auteurs prennent des centaines de pages. Bernard Lewis y est à l'honneur. La célèbre Bat Yeor, une dame juive égyptienne qui réside en Suisse, qui a implanté le terme d'« Eurabie » (une prétendue conspiration pour soumettre l'Europe au joug arabe) et qui a beaucoup fait pour promouvoir la peur de l'Islam, était en correspondance avec le tueur, et elle l'avait « gentiment » conseillé, lui adressant des textes inédits de sa main. C'est la seule personne nommément mentionnée dans sa « Déclaration d'Indépendance Européenne », et elle devrait bientôt adresser ses conseils aux nouveaux Européens indépendants, selon Bat Yeor en personne.

Robert Spencer, un acolyte de David Horowitz du Jihad Watch, est une autre des idoles du tueur, de même que le sioniste américain Andrew G. Bostom, qui s'est auto-proclamé expert en « antisémitisme islamique ». Daniel Pipes est présenté avec sa thèse selon laquelle « le phénomène palestinien a été créé dans le but de justifier le Jihad ». Quant à Melanie Phillips, la sioniste anglaise d'extrême-droite, amie du dirigeant du BNP, elle est bien là aussi, avec d'autres pro-fascistes qui détestent l'Islam. Ce sont ces gens-là, d'ailleurs, qui m'ont plusieurs fois condamné pour mon « anti-sémitisme », ce qui est assez cocasse.

Politiquement, les sympathies du tueur vont aux USA et à Israël : « les créateurs de l'Eurabie ont mené avec succès une campagne de propagande contre ces deux pays dans les media européens. Ce montage a été facilité par les courants préexistants, antisémites et antiaméricains, dans certaines régions de l'Europe». Pour ce qui est de l'économie, il préférait Milton Friedman, n'aimait pas les impôts, et il était contre les systèmes de sécurité sociale.

Il détestait les Palestiniens, et parle d'un « Jihad terroriste palestinien ». Comme tout bon sioniste, il répétait avec des trémolos la rengaine: «Muhammad Amin al-Hussein, le grand Mufti de Jérusalem, et dirigeant nationaliste arabe, qui était derrière la création de la Ligue Arabe et qui a été le père spirituel de l'OLP, était un collaborateur proche de l'Allemagne nazie, et il avait rencontré Hitler en personne. Dans un appel à la radio depuis Berlin, il avait appelé les musulmans à abattre les juifs partout où ils en trouveraient... il avait visité incognito les chambres à gaz d'Auschwitz ». Bref, parmi les premières choses que les Européens indépendants devraient faire, il faudrait couper toute aide aux Palestiniens.

Pour Breivik, comme pour ses maîtres juifs, Adolf Hitler est l'incarnation du mal. Il a accepté et soutenu l'antiracisme, au moins pour des raisons tactiques. Sa haine pour le multiculturalisme est culturelle, et non pas basée sur la race : il a abattu des Norvégiens aux yeux bleus tout comme leurs hôtes basanés. Il détestait même David Duke, parce qu'il est contre les juifs. Sa haine pour l'Islam ne s'arrête pas aux frontières de la Norvège ou de l'Europe; comme les néocons, il haïssait les musulmans partout où il pouvait en dénicher.

Il consacre plusieurs pages à la description des crimes turcs, qui incluent les massacres d'Arméniens, de Grecs, et de Kurdes. Il y a un long chapitre sur l'histoire moderne du Liban, d'où, curieusement les guerres israéliennes sont absentes, et tous les problèmes de ce pays sont présentés en termes de division entre chrétiens et musulmans. Son héros historique favori est Vlad l'Empaleur, le prince roumain mieux connu sous le nom de comte Dracula.

Sa logique est primitive et défectueuse: « Si tous les groupes ethniques étaient égaux et toutes les cultures aussi, pourquoi donc les Africains noirs, les Afro-caribéens, les Pakistanais, les Indiens, les Chinois, et les Européens de l'Est veulent-ils quitter leurs pays en masse, pour s'en venir vivre en Occident? ». La réponse toute simple, « parce que l'Occident a constamment pillé leurs pays et continue à le faire », ne vient pas à l'esprit de Breivik.

Il se demande : « Si nous sommes vraiment égaux, pourquoi le reste du monde veut-il vivre à l' occidentale, ce style de vie créé principalement par les blancs ? De même, pourquoi donc veulent-ils prendre part au capitalisme, diriger des affaires, travailler pour l'industrie des blancs, aspirer au bien-être des blancs, et acheter et utiliser des biens issus de la créativité et de la naïveté des blancs occidentaux ? »

La réponse correcte est : « mais non, il n'en est rien; seulement ils reçoivent des bombes sur la figure ou subissent des blocus, dès qu'ils entendent suivre leur propre mode de vie, comme dans la Cuba socialiste, la Corée du Nord ou la Libye ».

On ne saurait caractériser Breivik comme un fondamentaliste chrétien, ni même comme un chrétien tout court, ou un chrétien sioniste. Ses sentiments envers le christianisme sont au mieux des sentiments tièdes. Il ne parvient même pas à décider s'il est chrétien, il en est encore à « peser le pour et le contre. Certaines des critiques contre le christianisme... sont légitimes. » Comme les militants juifs, il approuve le « Concile Vatican II des années 1960, qui a tendu la main aux juifs », alors que la droite conservatrice déteste habituellement cela, précisément.

Breivik est livide face à l'immigration musulmane. Quoique ses arguments vaillent pour l'immigration en général; il insiste toujours pour souligner l'élément « musulman ». Mais il n'appelle pas son pays à cesser de tourmenter les États musulmans, alors que c'est pourtant la principale raison de l'immigration musulmane.

Pourtant, le débat sur l'immigration est pratiquement réglé en Europe. La compréhension des coûts sociaux élevés de l'immigration a pénétré toutes les strates de la société européenne. L'immigration constitue un grand problème pour l'Europe, avec, en toile de fond, la dénatalité. Personne n'en veut, sauf les riches privilégiés. Si, à une époque, l'immigration apparaissait comme une baguette magique pour éviter aux citoyens l'ennui des corvées, quelque chose de comparable aux esclaves dans la Grèce antique, ou des machines, les peuples ne voient plus les choses de cette façon, dans la mesure où les immigrants se sont affranchis, quoique non intégrés. S'ils choisissent de travailler, ils provoquent certainement plus de chômage et de baisse des salaires, et dans le cas contraire, ils alourdissent les comptes de la sécurité sociale. C'est peut-être un peu tard, mais en tout cas maintenant le débat est clos en Europe. Aujourd'hui, un Norvégien n'a pas besoin de flinguer ses concitoyens pour exprimer son désaccord avec l'immigration : c'est devenu un lieu commun.

L'essayiste de Counterpunch Vijay Prashad a écrit: « les jeunes socialistes assassinés avaient dans leurs rangs des enfants d'immigrés du Sri Lanka et de l'Afrique du Nord. Leur Norvège n'était pas celle de Breivik. C'est probablement pour cela que Breivik ne les aimait pas: il n'avait pas envie que leur Norvège déplace sa Norvège ». Prashad a condamné les conservateurs européens qui «sont incapables de concevoir que des êtres humains puissent  partager leur existence avec des gens différents », mais l'histoire du Sri Lanka n'est pas la meilleure recommandation pour la coexistence pacifique. Si pourtant les habitants du Sri Lanka veulent « partager leur existence avec des gens différents », il va falloir qu'ils s'entraînent chez eux, pas en Norvège. Prashad peut bien qualifier Merkel et Sarkozy de nazis parce qu'ils refusent une immigration supplémentaire, mais le massacre d'Utøya a adressé un signal fort: c'est vrai que la plupart des gens en ont assez de l'immigration et veulent qu'on y mette un terme.

En fait, l'immigration a beaucoup ralenti en Norvège. Le gouvernement norvégien, comme beaucoup d'autres gouvernements d'Europe occidentale, a rendu l'immigration pratiquement impossible. On se souvient du cas d'une jeune femme du Caucase qui, après avoir vécu une dizaine d'années en Norvège, y avoir achevé ses études universitaires et y avoir écrit un roman en norvégien, s'est malgré cela trouvée déportée comme une vulgaire étrangère en situation irrégulière. Le multiculturalisme est un slogan dépassé, et Breivik est aussi périmé que Prashad.

 

Source : Israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier


 

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Le massacre du vendredi 22

Deuxième partie, Breivik l'anticommuniste

par Israël Adam Shamir

 

(passages en gras : c’est nous qui soulignons)

Un aspect bizarre dans la vision du monde de l'assassin de masse Breivik, c'est son extraordinaire anticommunisme. En tant qu'idéologie, l'anticommunisme est mort au moins depuis 1991, mais probablement même plus tôt. Aujourd'hui c'est quelque chose qui peut mobiliser quelques ringards à Washington DC, et encore.

Alors qu'il est admis que l'URSS a perdu la Guerre froide et a été brisée, Breivik écrit:

« Les USA mais plus particulièrement l'Europe occidentale ont perdu la Guerre froide parce que nous n'avons pas pourchassé les marxistes après la Seconde Guerre mondiale. Si nous avions exécuté chaque marxiste, un par un, et banni les doctrines marxistes (pas seulement en matière économique, mais aussi culturelle, l'internationalisme, le féminisme extrême, l'égalitarisme extrême, l'anti-élitisme, l'anti-nationalisme) nous ne serions pas dans la situation actuelle. Mais nos dirigeants traîtres et faibles d'esprit ont permis aux marxistes d'infiltrer graduellement bien des strates de la société après la guerre, particulièrement nos universités et nos media (voir le début de mon livre pour la description complète de ce processus). Les premiers pionniers marxistes léninistes ont eu le feu vert pour endoctriner la génération de 68, ceux-là mêmes qui sont aux commandes aujourd'hui. »

Le recueil de Breivik débouche sur la conclusion inattendue que tant l'Union Européenne que les USA sont désormais des États « socialistes », voire même «communistes», l'EURSS et l'URSS, organisés selon les enseignements de Marx. Je ne savais pas que Marx envisageait une société avec des centaines de milliardaires et des millions de pauvres. Il faut être fou pour décrire les USA et l'UE en termes de « dictatures communistes », car ces sociétés sont extrêmement inégalitaires, les travailleurs sont tout en bas de l'échelle, alors que les super riches ont un style de vie ostentatoire inouï, même par comparaison avec le temps de la splendeur des Medici à Florence.

La raison de cette conclusion démente c'est que Breivik choisit ses mots pour leur faire dire ce qu'il veut, comme dirait Lewis Carroll. Pour lui, le marxisme léninisme nest pas l'idéologie dominante de l'Union soviétique et de la Chine, mais l'idéologie occidentale néo-marxiste de Fromm et Adorno, Marcuse et  Lukacs. Sans vouloir vexer quiconque, rappelons que la Guerre froide n'avait rien contre eux, mais que c'était une guerre contre l'URSS et ses alliés, une guerre avec ses facettes géopolitiques et idéologiques. Les néo-marxistes occidentaux se sont conduits plutôt en alliés de l'Occident capitaliste dans cette guerre, et leur contribution à la chute de la citadelle orientale du communisme a été considérable, puisqu'ils ont réussi à miner la foi des élites russes dans leur propre idéologie. Les marxistes occidentaux qualifiaient leurs frères de l'Est de « staliniens » et ce sont eux qui ont bricolé la dénonciation de Staline à courte vue par Kroutchev en 1956.

Breivik souligne les origines communistes des fondateurs de l'Ecole de Francfort, de Theodor Adorno et de Georg Lukacs, mais les néo-conservateurs aussi étaient des rejetons plus ou moins rouges à l'époque, ou des trotzkystes actifs, avant de virer de bord. Gramsci rêvait bien de l'hégémonie culturelle comme d’un moyen pour parvenir au socialisme. Il pensait qu'un nouvel « homme communiste » pouvait être façonné avant toute révolution politique. Mais il se trompait. La théorie de Gramsci a été utilisée pour prêcher la voie non-révolutionnaire, pour éviter la prise violente des banques et des usines. L'idée a été mise en œuvre par les Eurocommunistes, et après l'effondrement de l'Union soviétique, elle a disparu aussi vite que les partis eurocommunistes.

Lénine avait raison, et Gramsci avait tort : il faut retirer aux capitalistes à la fois leurs carnets de chèques et leurs usines, leurs armes et leurs journaux, leur parlement et leur gouvernement, sans quoi ils retourneront n'importe lequel de vos mots d'ordre à leur profit. Un communiste peut être d'accord avec la critique de l'école de Francfort, mais il faut être un doux rêveur pour s'imaginer que c'était le vivier des ennemis de l'Occident pendant la Guerre froide.

Les néo-marxistes de l'Ouest se sont comportés comme cet homme proverbial qui cherchait sa pièce de monnaie sous le lampadaire. Il l'avait perdue ailleurs, mais on y voyait mieux au pied du lampadaire. Ils ne savaient pas interagir avec les travailleurs et préféraient travailler avec les minorités, les étudiants, les féministes. C'était plus facile, mais cela ne conduisait nulle part, comme nous le constatons aujourd'hui. Les travailleurs d'Espagne et de Grèce se sont soulevés le mois dernier, mais les néo-marxistes se sont fait remarquer par leur invisibilité. Ils n'ont pas pris la tête d'une véritable révolte populaire, parce qu'ils ont servi à faire de la révolution un joujou sémantique.

Les dirigeants de l'école de Francfort et leurs compagnons ont renoncé à la révolution, au socialisme, aux travailleurs, et en échange, ils ont préféré travailler à ce qu'aucun « nouvel Holocauste ne puisse avoir lieu ». Kevin McDonald de l'université d'État de Californie a écrit qu'ils avaient choisi de s'en tenir à leur agenda juif plutôt qu’à celui du communisme. Breivik n'a pas lu McDonald le terrible, ou en tout cas n'en a jamais fait mention, parce que c'est un bon élève des mandarins juifs. L'explication KMD lui était interdite. Il a juste entonné la ritournelle selon laquelle ce que ces gens-là avaient fait est à proprement parler le communisme.

Il faudrait rappeler au lecteur que ce n'est pas ça, le communisme. Nous n'avons pas avancé d'un pas vers le communisme en faisant avancer le mariage gay et le multiculturalisme. Combattre le christianisme et la famille ne fait rien avancer non plus. Toutes ces dynamiques, le capitalisme se les est appropriées, et les a utilisées contre les travailleurs. En fait, les objectifs d'une révolution socialiste et le slogan « plus jamais d'Holocauste à aucun prix » s'excluent mutuellement. Pour le premier objectif, il nous faut des hommes braves et audacieux, et pour le deuxième, ne mentionnons aucun type d'homme, car les hommes sont imprévisibles.

Une preuve que Breivik dit des absurdités (même selon ses propres critères) se trouve dans sa compilation, où il range les États européens selon leur degré d'acceptation du politiquement correct et d'autres éléments de ce qu'il appelle «marxisme culturel». Sans surprise, la Russie et d'autres pays du bloc communiste sont les plus affranchis de ce dogme, alors que l'Allemagne, la Suède et la Norvège y sont les plus soumis.

 

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Certes, les théories occidentales néo-marxistes destructives n'ont jamais été populaires à l'Est, où le capitalisme a été démantelé au sens propre, et où on n'éprouvait aucun besoin d'une pseudo-idéologie soi-disant communiste pour couronner une économie capitaliste.

Et pour ce qui est de 68, ce n'était pas, comme le dit Breivik, le jour de la victoire pour le marxisme, mais le début du virage vers le talon d'acier. Nos libertés ont connu leur zénith juste après cette lointaine année 1968. 1968 a été un point de non-retour pour l'Amérique. En 1968, les Américains les plus riches contribuaient à hauteur de 90% de leurs revenus à soutenir l'État, alors que maintenant cela ne dépasse pas 30%. Et n'en tenez même pas compte, puisqu'il y a les boucliers fiscaux, fonds de placement et autres astuces. C'est en 1968 que le salaire minimum de l'ouvrier américain a connu son point culminant, en termes réels. Si l'on regarde en arrière, 1968 est le moment historique où l'humanité a été le plus près du firmament.

Nous les enfants de la révolution vaincue de 1968 étions libres de fumer, d'aimer, de penser et d'agir. Nous pouvions voyager et prendre l'avion sans nous retrouver à poil dans chaque aéroport, et on ne nous confisquait pas nos petites ribotes. Nous pouvions faire l'amour et fumer dans les bistrots. Depuis lors, c'est la chute libre : plus le droit de fumer, et la libre pensée a été incarcérée par le politiquement correct, tandis que l'action politique se limite maintenant à rejoindre un groupe sur facebook.

Aux USA, comme me le disait Noam Chomsky, le virage avait eu lieu juste au moment de la grève des enseignants à New York, qui a rappelé aux juifs que leurs intérêts bien compris n'étaient pas forcément servis au mieux par les tactiques progressistes et révolutionnaires. En conséquence, les idéologues révolutionnaires de 68 acceptèrent d'apaiser les masses, et les chances d'un nouvel holocauste ou simplement d'une perte d'influence ont certainement diminué.

Pour Breivik et ses mentors juifs, c'était quelque chose d'impossible à comprendre. Il préférait appeler à une nouvelle croisade contre les marxistes.

 

Source : Israelshamir.net

Traduction : Maria Poumier

 

 


Qu’ajouter à cette page d’anthologie ?

 



« Staline vous dit merde ».
Scutenaire

 

 

île d'Utoya fillette.jpg

 

 

 

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LIVRE


Les livres dont il est question sur ce blog sont tous importants à nos yeux. Celui-ci est capital. Il faut l’avoir lu pour ne pas mourir idiot.

 


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Daniele GANSER

Les Armées Secrètes de l’OTAN
Réseaux Stay-Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest

Editions Demi Lune
Collection : Résistances
416 pages
Titre original : NATO’s Secret Armies : Operation Gladio and Terrorism in Western Europe
Traduction : Thomas JAMET
ISBN : 978-2-917112-00-7
Parution : Septembre 2007
Prix : 22,00 €





Il n’est pas sans intérêt de savoir comment il est né.

Son auteur, Daniele Ganser, est suisse. Historien, il s’est spécialisé dans l’histoire contemporaine et plus particulièrement dans celle des relations internationales depuis 1945.

Au moment de s’atteler à sa thèse de doctorat, il a traversé l’Atlantique pour aller demander à William Blum quel sujet celui-ci lui conseillerait de traiter. Blum a répondu sans hésiter : les agissements secrets de l’OTAN en Europe de l’Ouest depuis la fin de la guerre. Et Ganser l’a écouté. Le résultat, c’est ce livre, qui a valu d’emblée à son auteur une réputation internationale

 Le Dr. Pr. Ganser enseigne à l’Université de Bâle. Ses travaux actuels portent sur la prétendue « guerre contre la terreur » et le pic pétrolier.

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[Fruit du travail de 4 années de recherches, ce livre courageux d'un brillant spécialiste suisse rompt enfin le silence qui a longtemps prévalu sur les armées secrètes de l'OTAN.]
-Professeur Georg Kreis, directeur de l'Institut des études européennes de Bâle

[Avec l'intensification de la menace terroriste en Europe, les événements choquants relatés dans le livre remarquable de Ganser pourraient se répéter à notre époque.]
-Professeur Rohan Gunaratna, de l'Institut des études stratégiques et de défense, (IDSS) à Singapour

[Ganser ouvre un ensemble de questions inexplorées sur l'OTAN et la partie cachée de la guerre froide.]
-Professeur Andréas Wenger, directeur du Centre d'études sur la sécurité (CSS) de l'Institut fédéral suisse de technologie à Bâle

[Une page jusqu'ici inconnue de l'histoire secrète de la guerre froide est maintenant révélée.]
-Nigel West, World Intelligence Review

[Les découvertes du Dr Ganser posent des questions fondamentales sur la nature de la guerre froide et le rôle des services de renseignement dans les sociétés démocratiques.]
-Professeur Jussi Hanhimaki, de l'Institut des études internationales (GIIS) de Genève

[Cette étude méticuleuse et soignée, incisive, révèle pour la première fois l'ampleur, la noirceur et les implications menaçantes des armées secrètes créées par l'OTAN. La lecture de ce livre important de Ganser s'avère une urgence, particulièrement dans la période que nous traversons.]
-Noam Chomsky, professeur de linguistique au MIT

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Le Réseau Voltaire met en ligne le texte intégral de ce livre. Lien :   http://www.voltairenet.org/_Daniele-Ganser_?lang=fr

 

 

Autres, pour rappel :



René HAQUIN :

• Des taupes dans l’extrême-droite : la sûreté de l’État et le W.N.P., Bruxelles, EPO, 1984.

• (Avec Jean Mottard) Les tueries du Brabant : enquête parlementaire sur la manière dont la lutte contre le banditisme et le terrorisme est organisée,  Bruxelles Complexe, 1992.


Hugo GHIJSELS :

• L’Enquête : 20 années de déstabilisation en Belgique, Bruxelles, La Longue Vue, 1990.


Irène KAUFER :

• Fausses pistes, Bruxelles, Luc Pire, 1996.

 

 

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Marie Mouillé








 

 

 

 

 

18:09 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/07/2011

Nef des fous (suite et toujours pas fin)

 

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 Nef des fous (suite et toujours pas fin)




 

« Que maudits soient à jamais
les Grecs qui détruisirent Ilion ! »
Louis Scutenaire

 



Un record mondial vient d’être largement battu : celui des 78 jours consécutifs de bombardements subis par la Yougoslavie en 1999.

Aujourd’hui 31 juillet 2011, il y a 133 jours que les bombes écologiques et humanitaires de Mme Juliette Boulet et de M. Pieter De Crem - à l’uranium appauvri, à l’uranium enrichi, au phosphore et à fragmentation - tuent des enfants libyens, des adolescents libyens et des adultes libyens qui, quoiqu’adultes, n’avaient qu’une seule vie, unique et irremplaçable.

Ce cambriolage à main armée de tout un peuple et de ses richesses, perpétré par nos représentants élus, ne peut l’être – démocratie oblige - qu’avec l’argent de nos impôts et notre assentiment.

Nous, Belges, sommes tous individuellement et collectivement coupables de ce crime contre l’humanité. Ni plus ni moins que feu Adolf Hitler et l’Allemagne, nazie ou non, qui l’a laissé faire.

C’est la toute première fois dans son Histoire que notre pays n’est pas agressé mais agresseur.

Il ne faudra pas pleurer quand la rétribution viendra.

Car elle viendra.



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bombardement-libye-2.jpg

 

 

ONE THIRD OF LIBYA TURNS OUT
TO SUPPORT QADDAFI
IN WORLD’S LARGEST MARCH EVER :

 



« La plus grande manif de tous les temps » : un million sept cent mille personnes dans la rue, soit 95% de la population de Tripoli, affirmant sans équivoque leur soutien au gouvernement de leur pays et le mépris que leur inspirent les envahisseurs (copieusement hués et sifflés).

 

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VIDEO OF HUGE WEAPONS ARSENAL 'FOR LIBYA REBELS' SEIZED ON QATAR BOATS :

 

 





LIBYAN OFFICIALS SAY THEY HAVE INTERCEPTED TWO BOATS FROM QATAR CARRYING A CACHE OF WEAPONS FOR REBEL FORCES IN THE COUNTRY. IT'S SAID THE LOAD INCLUDED ABOUT A HUNDRED BELGIAN-MADE ASSAULT RIFLES, ALONG WITH THOUSANDS OF ROUNDS OF AMMUNITION. SO FAR, ONLY THE FRENCH ADMIT TO SUPPLYING WEAPONS TO LIBYAN ANTI-GOVERNMENT FORCES. BRIAN JOHNSON-THOMAS, A FORMER ARMS TRAFFICKING EXPERT FOR THE UN SECURITY COUNCIL, SAYS IT'S A DANGEROUS VIOLATION OF THE ARMS EMBARGO.

 

bombe-alumette.jpgCela dit que les autorités libyennes ont intercepté deux navires du Qatar transportant un énorme arsenal d’armes à destination des «rebelles libyens», dont une centaine de fusils d’assaut de fabrication belge, avec des milliers de cartouches.

Cela dit aussi que, jusqu’à présent, seuls les Français avaient reconnu fournir des armes aux forces anti-gouvernementales, et que Brian Johnson-Thomas, expert en trafic d’armement pour les Nations Unies, estime que c’est là une violation dangereuse de l’embargo sur les armes.
« Dangereuse » ?

 

 

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Marmite.jpg



Famine apocalyptique
annoncée pour la Corne de l’Afrique.
Cinq cent mille enfants vont mourir, rien qu’en Somalie.


L'arrêt d’un seul jour des bombardements belges sur la Libye suffirait à nourrir la Corne de l’Afrique pendant un an*. Cela ne sera pas, car à quoi bon lésiner et se priver de génocides quand on peut en avoir deux pour le prix d’un ?



C.L. et M.M.

 

 

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*  D'autant plus aisément que la Libye a toujours généreusement aidé les autres pays d'Afrique en difficulté, ce qu'elle ne pourra faire cette fois pour cause de crapuleux blocus et de "no fly zone".

 

 

 

 

 

 

 



23:17 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/06/2011

Au bal des faux-culs on se dispute les places !

 

Le Vengeur du peuple.jpg

 

Au bal des faux-culs
on se dispute les places !



À propos d’une attaque récente contre le site non-aligné d’information LE GRAND SOIR, dont nous nous étions fait l’écho dans notre post du 17 avril dernier, il apparaît indubitablement aujourd’hui qu’elle émanait bien de faux anarchistes (ARTICLE XI) et vrais propagandistes salariés par une des nombreuses officines entretenues à cet effet  par les États-Unis, ou plutôt, par leur lobby militaro-industriel, puisque les vrais journalistes indépendants US sont eux aussi victimes de ces campagnes de calomnies, quand ce n’est pas carrément de descentes avec effraction dans leurs cuisines, par des gros bras du FBI, venus les prévenir de ce qui pourrait arriver à leurs femmes et à leurs enfants s’ils s’obstinaient à ne pas fermer leur clapet, comme c’est arrivé, il n’y a guère, à Tom Feeley, du site INFORMATION CLEARING HOUSE.

LE GRAND SOIR partage l’honneur d’avoir été pris pour cible par ces nanarchistes d’extrême-oligarchie avec rien de moins que Mme Silvia CATTORI, journaliste suisse dont l’engagement n’est plus à démontrer et la réputation d’intégrité plus à faire.

Les lecteurs de notre blog trouveront ci-dessous,  c’est la moindre des choses, la lettre ouverte que Silvia CATTORI vient d’adresser à ces professionnels de l’intoxe, faute d’avoir pu obtenir dans leurs colonnes un droit de réponse.

Ils trouveront aussi les édifiantes découvertes faites par LE GRAND SOIR, sur les identités si diverses et si variées de leurs corbeaux. Dans le forum qui suit l’article, un de ses lecteurs en recense beaucoup d’autres (voir à l'entrée Diogène, le 20 juin, 23h50). Ce forum est particulièrement long, mais doublement intéressant du fait que vient s’y greffer, sur le sujet proprement dit de la (sale) guerre médiatique, un débat sur la notion de «nationalisme». Ceci, grâce à une imprudente intervention de Serge CHARBONNEAU, du Québec, qui se refuse à participer à «la diabolisation de Front National, sous prétexte qu’il a le grave défaut d’être trop nationaliste. Défaut des Kadhafi, al-Assad, Mugabe, El-Béchir, Kim Jon Il, Zuma, Chávez et cette bande de socialistes latinos, Gbagbo, Zelaya ... ». N’en jetez plus ! Ah, il provoque un beau tollé, CHARBONNEAU, sur un sujet qui fait actuellement couler tant d’encre et de salive...

C’est le moment peut-être de rappeler qu’il y a nationalisme et nationalisme.

Dans une préface de 1981, l’éminent historien que fut Albert SOBOUL, rappelait à ce propos deux ou trois choses qui nous paraissent, ici, plus que jamais d’actualité. C’est pourquoi nous avons eu l’idée de la reproduire à l’intention des familiers de nos Grosses Orchades.

Les jeunes gens des pays en remous et ceux qui,  chez nous, « s’indignent », feraient bien de lire et de méditer ce genre de discours, ne fût-ce que pour prendre conscience de l’abîme qu’il y a de la coupe aux lèvres, quand on voudrait que tout change mais qu’on ne sait pas par où commencer ni comment s’y prendre, c’est-à-dire quand on est une proie rêvée pour d’innombrables manipulateurs, autrement dit pour tous les gambilleurs faux-culs de ce monde. Devient-on chanteur d’opéra sans maîtriser le solfège, l’art du chant et cinq ou six langues ? Ceux qui le croient se préparent des lendemains qui déchantent.



Catherine L.



Refus de publication
d’une demande de « Droit de réponse » par Article XI

Marie-Anne Boutoleau,
une bien étrange journaliste !


Ayant fait l’objet d’accusations extrêmement graves de la part de «Marie-Anne Boutoleau», prétendue « journaliste indépendante », dont le nom est un pseudonyme, dans un texte du 28 mars 2011 publié par Article XI, Silvia Cattori leur a adressé sa demande de publication d’un « Droit de réponse ».


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17 juin 2011

Article XI, Marie-Anne Boutoleau, Ornella Guyet, Judas,
tous dans le même sac.

Quand Le Grand Soir recevait le baiser de Judas
(une histoire croustillante, incroyable mais vraie).


Le Grand Soir


De quoi s’agit-il ci-dessous ?

D’une polémique entre des sites Internet concurrents ? De la queue de comète d’une querelle entre LGS et un site qui l’a agressé et diffamé ? D’un règlement de comptes personnel ? D’un Clochemerle modernisé par transposition sur la Toile ? De l’expression d’un vil ressentiment occupant la place de nos articles d’information et d’analyse ?

Si c’était le cas, chacun perdrait son temps.

Il s’agit en vérité de répondre à des questions fondamentales qui sont :


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« Lorsque tout tremble devant le tyran, l’historien paraît,
chargé de la vengeance des peuples »




Préface d’Albert SOBOUL à

Joseph BARA (1779-1793) - Pour le deuxième centenaire de sa naissance




À PROPOS DU BICENTENAIRE
DE LA NAISSANCE DE BARA


PRÉSENCE
DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE


Le massacre du jeune Bara, menant deux chevaux, par un parti de Vendéens, aux environs de Cholet, le 17 frimaire an II (7 décembre 1793) : simple épisode en temps de guerre civile. Mais à travers lequel, à condition de pousser l'analyse au-delà de l'événement comme au-delà de la transposition légendaire à laquelle il donna lieu, transpercent, comme à l'ordinaire, les motivations profondes qui en constituèrent le ressort essentiel.



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- 1 -


C'est en criant Vive la République ! que Bara tomba sous les coups des Vendéens.

Puissance mots !  Dans les bouleversements de la Révolution, dans ce vent formidable des passions qui a soulevé les coeurs, les mots ont pris un sens nouveau, emportés par une sorte de mystique, mystique de haine ou mystique d'amour. Ils ont pris une valeur affective qu'ils n'avaient jamais eue jusqu'alors. Certains ont été comme déifiés et sont devenus comme des forces vivantes, dont l'action se fait sentir jusque dans les événements eux-mêmes. « Liberté, liberté chérie, combats avec tes défenseurs ! » La liberté a combattu avec les volontaires, elle a vaincu avec eux à Valmy, à Jemappes.

La République, pour laquelle meurt le jeune Bara, revêtait la même valeur « mythique », le mythe se définissant comme un complexe d'idées sur l'avenir, idées génératrices d'initiative et d'énergie. Le mythe, comme Georges Sorel l'a défini, concerne l'avenir qu'il présente sous une forme propre à séduire l’imagination, et dont il promet la réalisation par une action concertée.

Le mythe séduit les imaginations, il exalte les cours, il soulève les masses dont il enrichit la capacité d'action. La République pour les plus humbles, c'était l'annonce de la transformation de la société et du sort des hommes; c'était l'espoir, éclatant et nébuleux à la fois, d'un avenir où tous seraient plus heureux. La République, chez les révolutionnaires pétris de culture classique et de philosophie des Lumières à la fois, c'était la cité idéale où règne la Raison, et donc la Justice. La République, pour les uns et les autres, c'était la Nation maîtresse de son destin, c'était la Patrie reconquise.

Le jeune Bara eut aussi bien pu crier Vive la Nation ! Nation, République, c'était tout un. Dès 1789, Etes-vous de la Nation ? avait été donné comme mot de passe. C'était là en effet la question fondamentale, et la réponse classait un homme. En juin 1791, à Varennes, quand les hussards chargés de protéger la fuite du roi passèrent au peuple, ce fut au cri de Vive la Nation ! A Valmy, le 20 septembre 1792, les soldats de Kellermann lancèrent ces trois mêmes mots aux Prussiens stupéfaits et à Goethe pensif. On a gravé sur le monument de Valmy cette phrase de Goethe rapportée par Eckermann : « D'aujourd'hui et de ce lieu, date une ère nouvelle dans l'histoire du monde ».

Dans son rapport à la Convention du 8 nivôse an II (28 décembre 1793), Robespierre exalta en Bara l'amour de la patrie. Le patriotisme était depuis 1789, aux yeux des révolutionnaires, la vertu suprême. Le patriotisme, entendons selon le Dictionnaire de la Constitution, non plus «la haine des hommes qui ne sont point nés nos compatriotes », mais « l'attachement à un pays règnent les lois de la justice et de l'humanité». Nation, patrie: notions d'autant plus révolutionnaires, à l'aube de 1789, qu'elles paraissaient renfermer tous les possibles, qu'elles étaient chargées de tout l'avenir. « La patrie, écrit le girondin Roland au roi, dans sa célèbre lettre du 10 juin 1792, ce n'est point un mot que l'imagination se soit complue à embellir; c'est un être auquel on a fait des sacrifices, à qui l'on s'attache chaque jour davantage par les sollicitudes qu'il cause ; qu'on a créé par de grands efforts, qui s'élève milieu des inquiétudes, et qu'on aime autant par ce qu'il coûte que par ce qu'on en espère ».

C'était cela, sa nul doute, la patrie pour le jeune Bara : ce que le peuple avait souffert pour elle depuis la prise de la Bastille au 14 juillet 1789, jusqu'au renversement du trône au 10 août 1792, plus encore ce qu'il en espérait.

Mais quelle espérance pour le peuple en cette fin du XVIIIe siècle ?

On connaît les origines du jeune Bara, né le 31 juillet 1779, fils d'un garde-chasse de la seigneurie de Palaiseau, neuvième d'une famille de dix enfants. Bara fut tenu sur les fonds baptismaux par le receveur général et procureur fiscal de son Altesse sérénissime, le prince de Condé, seigneur du lieu, qui, pour l'ensemble de ses terres de la région parisienne dont celles de Palaiseau et de Villegenis, percevait, d'après un état de 1726-1727, plus de 72.000 livres, sans compter les redevances en nature. Par son expérience familiale, le jeune Bara savait à quoi s'en tenir sur l'exploitation féodale, et la dureté de l'existence populaire. Le père mort en 1784, comment cette mère de dix enfants assurait-elle l'existence de sa famille, sans doute aux limites de la misère ? Dès l'enfance, Bara dut partager l'angoisse maternelle du pain quotidien. De là, le trait de piété filiale souligné par le lieutenant général Desmarres dans sa lettre à la Convention du 18 frimaire an 11 (8 décembre 1793) « ... se bornant à sa nourriture et à son habillement, il faisait passer à mère tout ce qu'il pouvait se procurer... J'implore la Convention de ne pas laisser cette malheureuse mère dans l'horreur de l'indigence ». On touche ici les motivations profondes des masses populaires dans l'engagement révolutionnaire, et sans doute celles du jeune Bara : la misère et la faim, et l'espoir d'un sort meilleur.

Le XVIIIe siècle a bien été le siècle de la prospérité bour-geoise, comme l'a souligné Jaurès dans son Histoire socialiste de la Révolution française, l'apogée se situant à la fin des années Soixante et au début des années Soixante Dix : «la splendeur de Louis XV ». Après 1778 commença « le déclin de Louis XVI », période de régression, puis de contraction que vint couronner en 1787 une crise cyclique génératrice de misère et de troubles. Jaurès n'a sans doute pas nié le rôle de la faim dans le déclenchement de la Révolution, mais il ne lui reconnaissait qu'un rôle épisodique : la crise, en éprouvant douloureusement les masses populaires, les a mobilisées au service de la bourgeoisie, mais elle n'aurait été qu'un accident. En fait, le mal était plus profond.

Les masses populaires des villes et des campagnes n'ont pas été mises en mouvement en 1789 par les menées séditieuses de la bourgeoisie : thèse du complot dont la franc-maçonnerie aurait été l'artisan essentiel. Esquissée dès 1792 par l'abbé Lefranc, amplifiée en 1798 par l'abbé Barruel dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, cette thèse a été inlassablement reprise jusqu'à Augustin Cochin dans son enquête sur Les sociétés de pensée et la Révolution en Bretagne (1925), ouvrage aujourd'hui étrangement remis à l'ordre du jour par François Furet dans Penser la Revolution (1978).

Les masses populaires ne se sont pas non plus levées mues par leurs instincts sanguinaires, comme le voudrait Taine dans ses Origines de la France contemporaine (1875), oeuvre de déni-grement et de colère, Taine qui venait de vivre la Commune de 1871, reportant sa peur et sa haine sur le peuple de Quatre-vingt-treize, cette bête vautrée sur un tapis de pourpre ». La Révolution ne serait plus qu'un accès de délire alcoolique...

Les masses populaires ne se sont pas non plus levées sous le seul poids de leurs mythes et de leurs fantasmes, « le monde de l'inconscient sans-culotte » : l'intervention des masses populaires ne tiendrait qu'au mythe du complot aristocratique ; quant à la guerre, elle serait due, en dernière analyse, à l'expansionnisme passionnel des Français.

Du pain quotidien, motivation essentielle des masses populaires de 1789 à 1795, nulle question. C'est pourtant bien la faim qui les a soulevées en 1789,  « la sainte faim » dira bientôt Babeuf. Vérité d'évidence, sentie avec force par Michelet, à laquelle les travaux d'Ernest Labrousse ont donné une large base statistique. « Venez voir, je vous prie, ce peuple couché par terre, pauvre Job. La famine est un fait d'ordre civil. On a faim de par le roi ». De là, le comportement des masses populaires, la possession d'un minimum de sécurité sociale apparaissant comme la condition nécessaire à la rationalisation effective de leur comportement politique.

Prisonnier d'un horizon économique borné, vivant au jour le jour parce que payé à la journée ou à la tâche (le tarif), quand il a du travail, le travailleur n'avait pas de prise sur son futur : ce mode de paiement excluait tout calcul économique, le futur ne s'articulait pas au présent dans une relation rationnelle. Enfermé dans le quotidien, attaché à la satisfaction immédiate de besoins qui ne peuvent être différés, l'individu était dépassé par un monde qu'il ne pouvait comprendre et qu'il comprenait d'autant moins qu'il lui paraissait aberrant. Aberrante, l'exploitation seigneuriale que le paysan ne pouvait s'expliquer, et pour cause. Aberrante, la disette et la cherté qui persistaient à l'automne, alors que la récolte de 1789 avait été bonne. Pourquoi ces queues aux portes des boulangers ?... Ne pouvant intégrer cette contradiction dans une analyse cohérente de la conjoncture économique et sociale, le menu peuple la ressentait comme le résultat d'un complot, d'une volonté maléfique attachée à sa perte.

On ne peut cependant assurer que la rise économique et sociale aurait dressé le peuple contre l'Ancien Régime, si la convocation des Etats généraux ne l'avait profondément ému. Cette convocation fut accueillie comme la bonne nouvelle annonciatrice de temps nouveaux. L'espérance marcha dès lors de pair avec la peur.

L'espérance, tout au cours de la Révolution, souleva les masses populaires, souda même un moment les éléments hétéro-gènes du Tiers, soutint longtemps encore l'énergie révolutionnaire des plus purs. Le roi consultait son peuple : c'est qu'il le prenait en pitié, qu'il s'apprêtait à améliorer son sort, à alléger ses charges. Un avenir meilleur s'ouvrait, répondant à l'attente millénaire des hommes. Espérance quasi religieuse, génératrice d'énergie et de dévouement, qui nourrit l'idéalisme révolutionnaire et l'exalta jusqu'au sacrifice suprême. Cette grande espérance enflamma les volontaires, elle soutint jusqu'à l'échafaud « les martyrs de prairial » comme les héros du procès de Vendôme. Nul doute qu'elle n'ait nourri aussi l'engagement du jeune Bara et son courage exemplaire.

La peur accompagna l'espérance, elle fut à sa mesure. Les privilégiés consentiront-ils à se laisser dépouiller ? Dans la mentalité populaire, le noble ne peut qu'être égoïstement attaché à ses droits et à la supériorité sociale qui les lui garantit. Le comportement de la noblesse ne put que fortifier cette conviction et l'ancrer définitivement : que, dans sa majorité, elle repoussait toute concession  et se refusait à l'espérance populaire, elle le démontra de l'émigration à la contre-révolution. Mais les masses populaires surent opposer à la peur un vigoureuse réaction défensive. Il s'agit de sauvegarder l'acquit révolutionnaire de 1789, l'abolition de la féodalité et du privilège, l'égalité civile en attendant l'égalité sociale. Cette réaction défensive fit surgir les volontaires, puis décréter la levée en masse. C'est à la lumière de ce contexte que nous devons sans doute expliquer et comprendre le geste exemplaire
du jeune Bara.


- II  -



Dans l'Introduction à son Histoire de la Révolution française (1847), Michelet définit la Révolution comme « l'avènement de la Loi, la résurrection du Droit, la réaction de l'équité, l'avènement tardif de la justice éternelle». Définition admirable, mais qui se rapporte plutôt à une interprétation mythique de la Révolution.

Interrogeons les contemporains. A ses débuts, ils s'imaginèrent volontiers que la Révolution était un événement unique, une explosion spontanée menant promptement le peuple de l'esclavage à la liberté. Cette foi en un succès facile et subit, nul ne l'a mieux exprimée que La Fayette: «Un peuple est libre aussitôt qu'il veut l'être ». Dans son Offrande à la patrie, au seuil de la Révolu-tion, Marat présentait ce même tableau d'une transformation immédiate de la France au lendemain d'une victoire de la liberté. Cette même idée se retrouve dans La France libre de Camille Desmoulins. Foi naïve que traduit aussi en un sens, le Ça ira. « Un jour plus pur est près d'éclore », selon un cahier de doléances de paysans do Nivernais.

Dès l'été 1789 cependant, les plus clairvoyants hésitent. « Serons-nous libres ? » interroge Robespierre dans une lettre à son ami Buissart. « Je croix qu'il est permis de faire encore cette question ». Et Loustalot, plus pessimiste encore, dans Les Révolutions de Paris, à le fin d'août 1789 : « Nous avons rapidement passé de l'esclavage à la liberté, nous marchons plus rapidement encore de la liberté à l'esclavage ». Il apparaît maintenant que la révolution n'est pas une explosion unique entraînant création immédiate d'un système parfait et immuable parce que conforme aux lois de la raison, mais un processus évolutif, un long chemin vers la terre promise. «Carthage n'est point détruite», écrit Mirabeau dans sa XIXe Lettre à ses commettants. Le résistance de l'Ancien Régime non seulement s’affirme, mais elle s'accroît à mesure que la révolution progresse. Le 26 mars 1793, au plus fort de la crise - vie chère et poussée populaire, défaite de Neerwinden et tahison de Dumouriez, insurrection de la Vendée - Jean Bon Saint-André écrivait à Barère : « L'expérience prouve maintenant que la révolution n'est point faite. Nous devons conduire au port le vaisseau de l'Etat ou périr avec lui ».

Ainsi, le règne de la liberté, un moment entrevu dans l'éclair de Juillet, s'était-il éloigné dans un avenir dramatique. Rêve de liberté, plutôt, dans cette grande espérance de Quatre-ving-neuf, que les événements, la guerre et la terreur ne parvinrent pas à entamer chez les plus optimistes. Les plus optimistes ou les plus naïfs. Lançant l'offensive indulgente au début de l'hiver de l'an II, Camille Desmoulins écrivait dans le numéro 4 du 30 frimaire (20 décembre 1794) de son Vieux Cordelier : « La liberté, c'est le bonheur, c'est la raison, c'est l'égalité, c'est la justice, c'est la Déclaration des droits. Admirable définition, mais qui tenait pour nulles quatre années de luttes révolutionnaires. « Il est de la nature de la liberté que, pour en jouir, il suffit de la désirer, poursuit Camille Desmoulins. Un peuple est libre du moment qu'il veut l'être : il entre dans la plénitude de ses droits dès le 14 juillet. La liberté n’a ni vieillesse, ni enfance. Elle n'a qu'un âge, celui de la force et de le vigueur »... Vision idéaliste démentie par tout le cours de l'histoire, plus simplement par le sacrifice même du jeune Bara.

Il ne suffit pas de désirer la liberté pour en jouir, un peuple n'est pas libre du moment qu'il veut l'être, les Français n'étaient pas entrés dans la plénitude de leurs droits dès le 14 juillet. Tout démontrait au contraire, depuis le 14 juillet, que la liberté n'est jamais donnée une fois pour toutes, mais qu'elle est une conquête de chaque jour. Et sans doute est-ce là le sens profond du principe de liberté affirmé par la Déclaration des droits : l'exercice de la liberté suppose chez tous les citoyens le sens de leurs responsa-bilités, le patriotisme au sens propre du terme, c'est-à-dire le dévouement raisonné à la communauté, le respect des droits des autres, la vertu, comme l'avaient affirmé Montesquieu et Rousseau. « L'âme de la République, devait redire Robespierre en l'an II, c'est la vertu, l'amour de la patrie, le dévouement magnanime qui confond tous les intérêts dans l'intérêt général ». La liberté, ce n'est pas la promesse d'un bonheur tranquille, comme l'affirmait Camille Desmoulins, d'un bien-être facile sans effort ni contrainte. Elle suppose au contraire rigueur et contrôle de soi, vertu civique, éventuellement résistance. « Quand l'autorité devient arbitraire et oppressive, la résistance est le devoir, selon Mirabeau, et ne peut s'appeler révolte ». Résistance, mais aussi à l'occasion sacrifice.

La liberté est invitation à vivre courageusement, parfois héroïquement. Et c'est sans doute ce que ressentait confu-sément le jeune Bara, refusant de crier Vive le roi ! Certains penseront peut-être qu'il eût mieux valu qu'il vive, fût-ce au prix d'un reniement. A ceux-là, Robespierre avait par avance répondu dans son rapport sur la situation de la République du 27 brumaire an II (18 novembre 1793) : « La mort même des fondateurs de la République n’est-elle pas un triomphe ? Tout meurt, et les héros de l'humanité et les tyrans qui l'oppriment; mais à des conditions différentes ».


Mais Quatre-vingt-neuf ne fut pas seulement l'avènement de la liberté. Ce fut aussi l'avènement de l'égalité devant la loi, sans laquelle la liberté ne serait qu'un privilège de plus au profit des notables de l'argent. Pour les Français de 1789, entendons la masse de la nation, la liberté et l'égalité étaient inséparables, et comme deux mots pour désigner la même chose. S'il leur eût fallu choisir, nul doute : c'est à l'égalité qu'ils eussent tenu par dessus tout. Lorsque les paysans, l'immense majorité d'entre eux, acclamaient la liberté, ce qu'ils acclamaient c'était la disparition de l'autorité du seigneur réduit au rang de simple citoyen, c'est-à--dire l'égalité. Aussi lorsque l'égalité fut menacée par la contre-révolution intérieure et la coalition étrangère, les plus conscients parmi les patriotes n'hésitèrent pas à instaurer « le despotisme de la liberté ». Encore fallut- il, pour ce faire, donner au principe d'égalité un sens nouveau qui répondît au voeu de la nation entière. « La force des choses, déclara Sain-Just le 8 ventôse an II (26 février 1794), nous conduit peut-être à des résultats auxquels nous n 'avions point pensé ». Et plus explicitement encore : « Concevez--vous qu'un empire puisse exister si les rapports civils [entendons sociaux] aboutissent a ceux qui sont contraires à la forme de gouvernement ?» «Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que creuser un tombeau». Vue prémonitoire.

Ce problème de l'égalité fut clairement posé dàs le 24 juin 1792, par l'adresse à l'Assemblée législative d'un certain Athenas, notable de la ville de Nantes. «Tous les hommes sont égaux en droits et inégauxen moyens ; mais si cette inégalité civile est inévitable, les excès en sont dangereux et nuisibles. Les droits de l'homme n’ont jamais été si méconnus que lorsque la disproportion des moyens a été extrême entre eux, Les soins d'une bonne administration doivent donc tendre sans cesse à rapprocher l'égalité civile de l'égalité naturelle, et l'égalité des moyens de l'égalité des droits, à atténuer les causes qui favorisent l'énorme accumulation des richesses dans les mains de quelques particuliers au préjudice de la multitude qui reste dénuée de tout : ce sont les individus de cette dernière classe que j'ai spécialement en vue ; la Révolution en a fait des hommes libres ; il reste à en faire des citoyens en les attachant à la patrie par ses bienfaits ». On ne pouvait mieux poser le problème des droits et des moyens de ces droits.

Pour les masses populaires, desquelles relevait sans conteste possible le milieu familial du jeune Bara, l'égalité ne pouvait être que celle des moyens, l'égalité des jouissances, mot d'ordre lancé à la tribune de la Convention par Félix Lepeletier, le 20 août 1793. « Il ne suffit pas que la République soit fondée sur l'égalité ; il faut encore que les lois, que les moeurs tendent par un heureux accord, à faire disparaître l'inégalité des jouissances ».

Qu'est-ce en effet que la liberté sans l'égalité, si ce n'est le privilège de quelques-uns ? Et qu'est-ce que l'égalité politique sans l'égalité sociale ? La revendication de l'égalité constitua le levier révolutionnaire par excellence de 1792 à 1794. Non plus l'égalité formelle de la Déclaration de 1789, mais l'égalité pratique, l'égalité de fait selon l'expression de Babeuf dans Le Tribun du peuple du 9 frimaire an IV (30 novembre 1795). Qu'importe la liberté à qui n'a pas son pain quotidien ? Nul mieux que le curé Jacques Roux, l'enragé de la section parisienne des Gravilliers, n'a formulé cette exigence, le 26 juin 1793, à la tribune de la Convention. « La liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément. L'égalité n'est qu'un vain fantôme quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable ». Selon l'Instruction de la Commission tempo-raite de surveillance républicaine établie à Commune affranchie (Lyon) en brumaire an II, « c’eût été une dérision insultante à l'humanité que de réclamer sans cesse le nom de l'égalité, quand des intervalles immenses de bonheur eussent toujours séparé l'homme de l'homme, et qu'on eût vu étouffée sous les distinctions de l'opulence et de la pauvreté, de la félicité et de la misère, la déclaration des droits qui ne reconnaissait d'autres distinctions que celles des talents et de la vertu ».

Il s'agit dès lors de donner un contenu nouveau au principe d'égalité. Egalité : non plus le mot, mais la chose, comme le déclara à la Convention, le 16 messidor an III (4 juillet 1795), Dubois--Crancé. « La chose » pour le peuple: entendons le pain quotidien, le nécessaire assuré, la certitude enfin acquise d'un minimum vital. Alors disparaîtra, comme devait l'écrire Babeuf dans le Manifeste des plébéiens, le 9 frimaire an IV (30 novembre 1795), « le ver rougeur de l'inquiétude générale, particulière, perpétuelle de chacun de nous, sur notre sort du lendemain, du mois, de l'année suivante, de notre vieillesse, de nos enfants et de leurs enfants ».

Alors, pour suivre encore le texte de Babeuf, le sort sera enchaîné. Alors s'instaurera dans l'égalité parfaite «un bonheur universel, inaltérable, sans mélange : le bonheur commun, but de la société », comme l'avait déclaré le Préambule de la Constitution montagnarde du 24 juin 1793. «Que l'Europe apprenne que vous ne voulez plus un malheureux ni un oppresseur sur le territoire français, avait déclaré Saint-Just dans son rapport à la Convention du 13 ventôse an II (3 mars 1794) ; que cet exemple fructifie sur la terre ; qu'il y propage l'amour des vertus et le bonheur. Le bonheur est une idée neuve en Europe! »

 

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Ces réflexions, pensera-t-on peut-être, ont entraîné le lecteur bien loin du jeune Bara. Il est évident que tout ne devait pas être clair dans la conscience de ce garçon de quatorze ans. Mais la tâche de l'historien n'est-elle pas de clarifier les rapports entre le social, l'économique et le politique, d'établir des catégories qui facilitent son analyse, en se gardant naturellement de supposer que de telles distinctions, claires pour lui, l'étaient aussi pour qui vivait la Révolution et combattait pour elle. Si l'on avait demandé ses raisons au jeune Bara, qu'aurait-il répondu?... Ses motivations furent sans doute inextricablement mêlées, et sans doute n'aurait-il pu les exprimer. Mais si la tâche de l'historien est de comprendre et ici de comprendre la Révolution, plus précisément encore de comprendre le sacrifice du jeune Bara, force est bien de recourir à quelque théorie rattachant les mentalités et les comportements des hommes aux besoins et aux pressions de la société.

Mais l'historien, s'il doit s'efforcer à l'explication d'après les causes et les effets, ne doit pas pour cela mépriser le récit : comprendre le geste du jeune Bara, mais aussi le raconter, par souci de vérité historique, mais aussi par exigence civique et pour sa valeur pédagogique. Mais au récit traditionnel qui place sur le devant de la scène les politiques et les conquérants, l'historien se devra de substituer un récit qui prenne soin de sauver de l'oubli la mémoire de ceux que Georges Lefebvre appelait « la lumière de l'histoire » : la foule des travailleurs qui peinent de leurs mains, mais aussi « les indépendants qui rompant avec le conformisme du monde où ils vivaient, osèrent en critiquer les tares et les abus », plus encore les audacieux qui encoururent le risque de se lever contre l'autorité et qui tombèrent sous les coups de l'ennemi ou sur la barricade révolutionnaire. «A condition que le récit prenne soin de sauver leur mémoire de l'oubli, je ne l'abandonnerai jamais ; car, à mes yeux, ces hommes sont la lumière de l'histoire ».

A tous ces hommes, une fraternité nous unit par delà les siècles, à ceux qui prirent la Bastille, à ceux qui renversèrent le trône au 10 août 1792, à ce jeune Bara mort lui aussi pour la liberté et l'égalité. En leur souvenir, en hommage à leur mémoire, et comme un serment que nous nous prêtons à nous-mêmes, nous reprenons le vieux mot d'ordre révolutionnaire, toujours actuel Vive la Nation !



Albert SOBOUL




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LIVRES



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Ville de Palaiseau
Société des Études Robespierristes

Joseph BARA
(1779-1793)
Pour le deuxième centenaire de sa naissance

Préface d’Albert Soboul

Paris, 1981.

 

 

  

« Albert Soboul, qui travaille si bien ! » (Henri Guillemin)

Albert Soboul (1914-1982), historien français. Professeur d’histoire à Montpellier puis au Lycée Henri-IV. Titulaire de la chaire d’Histoire de la Révolution Française à la Sorbonne. Il fut secrétaire, puis président de la Société des Études Robespierristes et dirigea la publication des Annales Historiques de la Révolution Française, jusqu’à sa mort.

Dans les années 70-80, Soboul dut affronter – et le fit avec une exemplaire pugnacité – les attaques virulentes autant que richement financées par l’ultra-réactionnaire fondation Olin (USA), par la Fondation Rockefeller (USA) et par qui sait combien d’autres, de l’école révisionniste en pleine offensive néo-restauratrice - sous la houlette de François Furet - des Mona Ozouf, Denis Richet, William Boyle et autres Luc Ferry, disciples de Raymond Aron, de William Burke, de Joseph de Maistre, d’Albert Cobban and C°, attaques préfigurant, sur le plan des études historiques, la guerre en cours sur le plan de l’information. Soboul s’y est tué, mais le vent a déjà tourné, y compris, par un juste retour des choses, dans les pays anglo-saxons.



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Claude Mazauric.

Albert SOBOUL
Un historien en son  temps

Nérac, Albret, 2003 - 256 pages




 

 

 Et, bien entendu, tous les écrits d’Albert Soboul
(classés selon l'année de première parution) :

  • La Naissance de l'Armée nationale. 1789-1794, Éditions Sociales Internationales, 1939. (sous le pseudonyme de Jules Leverrier)
  • L'Armée nationale sous la Révolution, 1789-1794, Éditions France d'abord, 1945.
  • La Révolution française, 1789-1799, Éditions sociales, 1948.
  • Les Sans-culottes parisiens en l'an II. Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire (1793-1794), La Roche-sur-Yon, 1958 (réédité Seuil, 2004, 248 p.).
  • Histoire de la Révolution française, 2 tomes, Éditions sociales, 1962.
  • Le Procès de Louis XVI, Paris, Julliard, 1966, 267 p.
  • Le Directoire et le consulat, PUF, coll. Que sais-je ?, 1967, 126 p.
  • La Première République : 1792-1804, Paris, Calmann-Lévy, 1968, 365 p.
  • La Civilisation et la Révolution française. La crise de l'Ancien Régime, Arthaud, 1970 (réédité Arthaud, 1993, 471 p.).
  • Précis d'histoire de la Révolution française, Paris, Éditions Sociales, 1972, 530 p.
  • 1789, l'an un de la liberté, Éditions sociales, 1973, 351 p.
  • Comprendre la révolution, recueil d’articles, Paris, Maspero, 1981.
  • Problèmes paysans de la Révolution (1789-1848), Paris, Maspero, 1983 (réédité La Découverte, 2001, 442 p.).
  • La Révolution française, Gallimard, 1984 (réédité PUF, Quadrige, 2005, 121 p.).
  • Portraits de révolutionnaires, Messidor, 1986, 312 p.
  • Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, 1989 (réédité PUF, Quadrige, 2005, 1132 p.).
  • La France napoléonienne, Arthaud, 1990, 419 p.
  • La Maison rurale française, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques, 1995, 171 p.




*

 

P.S.

Notre bateau d’aujourd’hui :


Le Vengeur du peuple
peint par Nicolas-Antoine Taunay
(Musée National du Château de Versailles)

Un peu d’histoire complémentaire :

Au printemps de 1794, la situation de la République était la suivante : les Coalisés avaient décrété l’embargo contre la France et, de leur nid de vipères de Coblence, les émigrés revenaient en catimini mettre le feu aux récoltes sur le point d'être moissonnées. Seuls les États-Unis et la Suisse acceptaient de vendre du blé à la Convention. Encore fallait-il que leurs envois lui parviennent.

Le 13 prairial an II (1er juin 1794) l’escadre de Brest, commandée par l’amiral Villaret de Joyeuse, se déploya pour escorter un précieux chargement en provenance d’Amérique. Au large d’Ouessant, elle dut livrer bataille à la flotte anglaise, infiniment supérieure en nombre et en puissance de feu.  Elle parvint à assurer le passage du convoi, mais perdit sept vaisseaux, dont Le Vengeur du Peuple. Celui-ci sombra aux cris de « Vive la Nation ! Vive la République ! », les marins hissant à bout de bras jusqu'au dernier instant les couleurs et leurs bonnets rouges. Le tableau s’appelle Héroïsme des marins du Vengeur. On aperçoit, à l’arrière-plan, le drapeau anglais.

 


*

 

 Les deux tableaux représentant la mort de Bara sont respectivement :

La mort de Bara
par Jean-Joseph WEERTZ, 1880
( Musée d’Orsay)

et

Mort de Joseph Bara
par Charles Moreau-Vauthier, 1880,
(Musée municipal de Nérac)

 

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18:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

13/06/2011

10e Anniversaire de l'occultation du T.S. André BLAVIER (1922-2001 vulg.)

 

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10e ANNIVERSAIRE DE L'OCCULTATION DU T.S. ANDRÉ BLAVIER (1922-2001 vulg.)

 

Déjà dix ans que le transcendant satrape a cassé sa pipe et rejoint ses chats Bicot, Suzy et Barbara, là où on ne trouve plus, en guise de Saint-Claude, que des asphodèles séchées.

On avait fini par le croire insubmersible. Et puis, non. Mais ses amis, qui avaient encore des choses à lui dire, ont décidé de lui offrir, pour ces dix ans d’absence, une fête de deuil qui va durer trois mois (à quoi bon lésiner) : du 11 juin au 11 septembre.

Si vous souhaitez savoir de quoi il retournera et – qui sait – vous y associer, cliquez sur Alfred et sur Ubu pour ouvrir les pdf.


Pages from PataStasComptoirWeb.png

 

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Ubu.Archéoforum_Page_2.png


 

 Ah, c’est qu’il s’en est passé des choses en un demi siècle.

pirenne blavier 1950.jpgQui est aujourd’hui assez vieux pour se souvenir de la « bibli d'avant », sans libre-accès et sans fichier, où il fallait dire ce qu’on voulait sans avoir jamais rien lu ? Qui se souvient encore du grand registre où Silvestre et Blavier inscrivaient vos emprunts à la plume sergent-major ? Qui se souvient (c'était en 1950) de la cave de temps mêlés - sous le bâtiment des pompiers, derrière le Conservatoire - où l’on entrait par un « tape-cul » à fleur de rue ? Qui se souvient d’y avoir découvert Le Messie de Haëndel sur le Teppaz d’un mélomane friqué? Qui se souvient d’y avoir vu projeter Le sang d’un poète sur un drap de lit, au milieu des Magritte pour la première fois exposés ? Qui se souvient avoir vu Blavier fermer le tape-cul sur ces dizaines de millions d’euros potentiels avec un loquet de cage à poules et s’en aller en curant sa pipe avec la clé ?

Qui se souvient lui avoir vu faire « en moins de quinze minutes » les mots croisés du Canard sur son lit d’hôpital, quelques heures avant de passer l'arme à gauche ? .

Souvenirs-souvenirs...

Pour nous associer dans nos modestes moyens aux festivités en cours, voici, en guise de bouquet de fleurs, un petit chapitre du livre inédit de Catherine sur la Bête de Staneux : il contient un poème peu connu du Commandeur requis de l'Ordre la grande gidouille, écrit pour le 25e anniversaire de renaissance d’une marionnette.

La marionnette était celle de Tchantchès, le héros en bois des Liégeois, ressuscitée par Jacques Ancion, animateur du théâtre Al Botroûle (« Au Nombril »), qui l’avait trouvée en piteux état dans une brocante et en avait fait la star indiscutée de sa glorieuse troupe.

 

*

 



Tchantchès

logo marionnettes2.jpg



Il convient de dire en passant quelques mots d'une autre personnification du dieu phallique des Éburons (Virvir le "vert-et-vieux" à Verviers, Verpum à Anvers). Je veux parler ici de la marionnette aussi chère au coeur des Liégeois que le fut jamais Guignol à celui des Lyonnais.

Né «entre deux pavés», de père et de mère inconnus, il ne se reconnaît, comme génitrice, que «la terre wallonne». Son premier cri n'est pas, comme celui de Gargantua, «À boire ! À boire !», car il ne crie pas en naissant, il chante :



    «Allons, la mère Gaspard,
    «Encore un verre, encore un verre…
    «Allons, la mère Gaspard,
    «Encore un verre, il n'est pas tard !»



Recueilli aussitôt par un brave couple de D'la l'Mouse (habitants du quartier d'Outremeuse), il refuse le pichet d'eau que lui présente sa mère adoptive, mais se régale du «biscuit trempé dans le pékèt» que lui tend son ivrogne de simili-père.

Lors de son baptême, la sage-femme chargée de le porter lui confectionne un biberon également au pékèt, «en prévision de la soif que lui causera le sel sur la langue». Il en boit le quart, elle écluse le reste. En conséquence de quoi elle le laisse choir sur le bord des fonts baptismaux. Le traumatisme est cause que le nez lui pousse et forcit anormalement. Il a «la tête dure» et le nez itou. Celui-ci sera en outre toujours «plus grand que nature». N'insistons pas sur l'implication métaphorique du nez dans l'érotisme populaire.

Du jour où son père adoptif lui donne à manger un hareng saur, sa soif devient inextinguible et sa potion magique de prédilection reste, pour toujours aussi, cette eau-de-vie de grain appelée «genièvre» (gin, de l'autre côté de la Manche) ou pékèt.

Une rougeole enfantine est soignée par sa brave femme de mère à coups d'eau ferrugineuse, obtenue en faisant macérer dans de la flotte ordinaire un fer à cheval. Le Tout-Assoiffé (cela se dit aussi Pantagruel) avale si goulûment son remède, que le fer cornu lui reste pour toujours en travers du gosier. Il en garde une raideur dans le cou, qui ne lui permet de tourner la tête que de droite à gauche ou de gauche à droite, mais jamais de haut en bas. Pour voir le sol, il est obligé de se coucher à plat ventre.

Saint Macrawe.jpgLa veille de l'Assomption de la Sainte Vierge, c'est toujours lui qui «fait saint Macrawe», promené par les garnements, en chaise à porteurs, le visage barbouillé de suie.

Comme tout Liégeois qui se respecte, Tchantchès (diminutif de François, autant dire Fanfan, mais aussi factotum1) est un soukeû : son arme favorite est «le coup de tête empoisonné», et soukî veut dire «cosser», «donner des coups, de la tête, comme font les bêtes à cornes, principalement les béliers et les boucs»2.

Son cô d'tièse èpwèsoné n'est efficace, malgré la légendaire dureté de son chef, que s'il s'est au préalable craché dans les mains. Ceci implique, dans les bagarres importantes, une consommation accrue de pékèt, garantie de l'approvisionnement en salive.

Une des nombreuses aventures qu'on lui prête l'amène au pied des Pyrénées, en compagnie de Roland et de Charlemagne. L'empereur à la barbe en fleurs, voulant le féliciter d'avoir occis trois cent mille Sarrazins en moins d'une heure «sans autres armes que son sarreau bleu, sa casquette en soie et sa tête en bois», lui dit qu'il s'est «battu comme un lion». «Sire empereur, vous vous trompez, c'est comme un bélier !» répond le Pinocchio de la Meuse. Et à l'évêque Turpin voulant savoir s'il n'est pas blessé, il se plaint de «juste une petite migraine».

Un autre épisode - peu clair - le fait entrer sans s'annoncer sous la tente de Charlemagne, provoquant cette exclamation : «Que veux-tu, Tchantchès ? Laisse-moi manger mes moules!»

À la suite de quels excès Tchantchès est-il pris, en pleine bataille de Roncevaux, de baîllements incoercibles ? On l'ignore. Ce qui est certain, c'est que Roland, l'apercevant, lui crie : «Si tu t'ennuies, va te coucher, je finirai bien tout seul !» et qu'il y va. On connaît la suite.

Devant le corps du preux mort, l'oraison funèbre qu'il prononce est courte et bonne : «Il a eu sa daye.». L'expression signifie aujourd'hui : «il a attrapé une maladie fatale», mais, à l'origine, «avoir sa daye» était «recevoir un coup violent», principalement dans un guet-apens.

Le traître Ganelon est, on le sait, condamné par Charlemagne à être écartelé, mais Tchantchès s'y oppose : il veut que le méchant soit noyé dans une cuve d'eau claire. Les snobs, mal au fait des moeurs populaires, prétendent que c'est parce qu'il aurait entendu chanter souvent dans les rues de Liège :



                «Lâche, va-t-en, je te renie.
                «À toi l'opprobre et le mépris !»



en comprenant «À toi l'eau propre…», car la sottise du peuple est proverbiale chez les ignorantins instruits. Mais nous savons, nous, pourquoi on plongeait, quand on le faisait, les gens la tête la première dans un chaudron plein d'eau claire. Nous savons aussi que le héros tenait à la main, avant son exécution, ce serpent de bois à tête de bélier qui était l'essentiel de lui-même, et que les Égyptiens appelaient kametef. Les Italiens l'appelaient, nous le savons, Hermès ou Priape, et chez eux aussi, il était en bois, au point de n'être parfois qu'un tronc d'arbre, dont une seule branche, saillante, formait le «nez d'en-dessous», branche que le vent pouvait agiter de gauche à droite ou de droite à gauche, mais jamais courber de haut en bas.

Cela tombe bien car, en dépit de sa présence à Roncevaux Tchantchès ne serait pas né «vers l'an 700» comme le prétendent certains, mais au milieu du XIXe siècle, des oeuvres d'un marionnettiste italien émigré sur les bords de la Meuse, qui l'y tailla (voulons-nous parier dans du bois de saule ?) et se mit à le montrer aux Liégeois petits et grands, dans son «théâtre» de la rue des Écoliers.

Il semble bien, en effet, que la vogue des théâtres de marionnettes se soit fortement répandue en Europe, vers cette époque. Mais, au XVIIIe siècle déjà, le passage de montreurs de marionnettes et de joueurs de pantomimes nomades est attesté à Liège (Bourguet en 1736, Blanzy en 1775, Perico en 1776) et à Verviers (X en 1810). À ne pas oublier : Augustin L.J. Soyer, natif d'Arras (vers 1766), mort à Liège le 15 avril 1822, dont l'acte de décès porte «joueur de marionnettes».

Rodolphe de Warsage (Histoire du célèbre théâtre liégeois de marionnettes, Bruxelles, 1905) et Alexis Deitz («Les marionnettes liégeoises et leur théâtre», in L'Actualité illustrée, n° de Noël 1910, et in Wallonia, t. XIXI, Liège, 1911, pp. 357-420) penchent pour une existence beaucoup plus ancienne de Tchantchès.

Si Tchantchès apparaît pour la première fois sous ce nom dans les souvenirs des spectateurs d'Amon Conti («Chez Conti»), il semble tout de même qu'il soit la version définitive d'un héros liégeois type beaucoup plus ancien, dont plusieurs variantes ou brouillons se retrouvent sous les noms de Bètchou («Pointu»), Hène-è-cwèsse («Darde en biais»), Djôsèf («Joseph»), Li Flamin («Le Flamand»), Gnouf-gnouf («Nasard»), Trènoupèt («?»), Fwèt'bîh («Forte bise»). On rencontre aussi un Lafleur, mais celui-là est originaire d'Amiens.


«Né à Barga, sur le territoire de Castel-Vecchio (Toscane) en 1830, CONTI (Alexandre, Ferdinand, Pompée) vint s'établir à Liège en 1854, et avant de se fixer sur la rive gauche, habita quelque temps le quartier d'Outremeuse (rue des Écoliers). Il mourut à Liège en 1903. Son fils aîné, Ferdinand-Pierre, né à Liège en 1857, était mouleur en plâtre et habitait rue Saint-Séverin.»
«(...) le souvenir de la famille Conti n'est pas perdu à Barga, où subsiste notamment leur demeure, appelée Ai Conti.» (Selon un bourgmestre de Barga :) «Il Conti Alessandro, da giovane, come tanti altri Bargei, emigrò, sia all'estero che nelle citta d'Italia, facendo solo ritorno al paese natio per brevi periodi» - i. e.  «Alexandre Conti, dans sa jeunesse, comme tant d'autres natifs de Barga, émigra aussi bien à l'étranger que dans les villes d'Italie, ne revenant à son endroit natal que pour de brèves périodes.»

v. Maurice Piron, Tchantchès, histoire d'un type populaire, Éditions Libro-Sciences, Bruxelles, 1988, p. 22.

 

Un type populaire répondant aux particularités d'une communauté naît rarement de la seule invention d'un artiste, et d'autant moins si l'artiste n'appartient pas à la communauté qui se reconnaît dans le «type».

On peut en inférer que Tchantchès, malgré sa concrétisation tardive en marionnette, est bien l'Hermès, le Priape, le Panurge des Liégeois, factotum des dieux (Roland, Turpin, Charlemagne), mais irrémédiablement «fils de la terre», c'est-à-dire plébéien. Et, sans aller chercher la petite bête dans les tonsures, on ne peut laisser passer l'étrange volonté de ressusciter le traître Ganelon sans rappeler la thèse de M. Henri Dontenville, selon qui la Geste des Quatre Fils Aymon serait l'expression de la résistance populaire à l'impérialisme carolingien et de la résistance païenne au christianisme obligatoire imposé par les féodaux.

Je sais que Tchantchès se vante précisément d'avoir «réduit» les Quatre Fils Aymon (Dj'a rézou lès qwate fis Rêmon), mais… c'est dans un poème de 1923, dont l'auteur, V. Carpentier, a peut-être oublié de le consulter.

Après tout, La Véridique histoire des Quatre Fils Aymon a bien été, elle aussi, victime d'une interpolation (cléricale) tardive, Renaud de Montauban finissant par y faire sa soumission à Charlemagne et par laisser noyer dans la Meuse, une pierre au cou, son fidèle Bayard. La version d'origine, assure M. Dontenville, était très différente, et nous savons bien que «ce sont les vainqueurs qui écrivent les Chansons de Roland».

L'histoire de la cuve serait la manière qu'aurait trouvée Tchantchès de nous faire savoir qu'il était, lui aussi, du camp des païens agricoles. Et ne serait-ce pas à rapprocher de ce qu'il chante, chaque fois que l'Ampéreur le houspille :



        « Quand je gardais les vaches
            «J'étais bien plus heureux,
                Tra-la !
        «J'étais bien plus heureux…»  ?



Une telle éventualité ferait sans conteste pencher la balance du côté du Tchantchès d'origine ancienne de MM. de Warsage et Deitz, même si revient à l'artiste Conti l'honneur d'avoir cristallisé et logé dans un pupo de bois, l'âme indestructible des Liégeois. Cela est d'autant plus possible que ce petit dieu existe, sous des myriades d'autres noms, chez tous les peuples de la terre.



*


Cependant… Tchantchès n'est pas mort avec la disparition des castelets Conti. Après une éclipse due sans nul doute aux deux guerres mondiales, ce petit phénix de bois a rejailli de ses propres cendres, et voici comment :

Par un «doux après-midi d'automne» de 1964, alors que les Anglais célébraient le quatre centième anniversaire de la naissance de Shakespeare, Jacques Ancion, le barbu que nous avons vu dans un précédent chapitre animateur de la Botroûle, a rencontré la marionnette de sa vie, ainsi qu'il le raconte lui-même : 


«…à la brocante du vieux Gaston Motte, dans les rècoulis' du vieux Pont des Arches. Tu étais seul, oublié, perdu dans ton coin. Toute la troupe d'un ancien montreur, sans doute Pierre Wislet, s'offrait comme au marché d'esclaves, à des prix de bourgeois».


C'est vingt-cinq ans plus tard, dans un Éloge publié à l'occasion de leurs noces d'argent, qu'il évoque ce coup de foudre.


«Toi, heureusement, tu ne jouais pas les vedettes, ce qui me permit de te décrocher et de t'emporter sous mon bras, roulé - ironie ! - dans une Meuse, édition Bourse. Première vraie marionnette liégeoise et longtemps seule pour raison d'impécuniosité chronique.
«C'est ton grand sourire sculpté qui me conquit. Et surtout, tu étais un Tchantchès ! Ton nom? Il était taillé également : Ta bonète, avec sa floche, crâne sur ton oreille. Bonète tu avais, Bonète tu serais.»



Et voilà, pour celui de mes lecteurs qui ne saurait pas ce qu'est une bonète :


Bonète.jpgC'est le chapeau des Amazones, celui des paysans et des esclaves pendant des siècles, ce-lui aussi, pointu, du petit dieu Virvir snobé par les Apollon de ce monde, celui, obligatoirement rouge, des galériens naguère, et c'est le glorieux bonnet (phrygien) des sansculottes : couvre-chef de la plèbe depuis dix-mille ans au moins.


Notre marionnette-père-des-hommes s'est donc acquis chez les Ancion - Françoise et Jacques - un nom de famille : Tchantchès Bonète. Et une épouse, qu'il avait déjà : Nanesse (une «Anne», cela va de soi), «tirée d'un vieux houlé bois, comme si ce fût l'une de tes côtes». Et des copleûs, ou si on veut des plankèts, autrement dit des potes, des chums, des amici per la pelle : Tchofile Grofils (de tringle), Råbosse, Houbert, Lèyon l'cåbartî, sans compter les autres.


«Et si je te demandais ton avis ?» dit le montreur à son tringlot tringleur, «Je sais ce que tu me répondrais : c'est la marionnette qui, de par son crochet impitoyable, tire, guide et régit souverainement le bras séculier qui s'imagine naïvement le gouverner.»


Il ne faudrait même pas pousser loin, je pense, pour découvrir que Tchantchès a probablement tiré, guidé et régi la main de Karl Marx, lorsque cet autre barbu s'est mis à vaticiner de prolétariat dictateur.

 

 


*

 

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[ Chers amis, dans ce monde brumeux, c'est ici une des dernières réserves du plaisir humain, de la joie et de l'espoir. Ces marionnettes de bois nous rappellent comment nous, les hommes, nous devrions nous conduire. Et moi, Kasparek tchèque, je te remercie de tout mon coeur, cher Tchantchès, pour cette foi commune. Moi, on m'a attaché avec des fils - toi, tu pends par la tête à ta tringle. Tous les deux, on devrait faire ce que ceux de «là-haut» souhaitent. Mais on fera tout de même ce que nous voulons - c'est ce dont notre public a besoin et ce dont il rêve. ]


Écrit sous la dictée par Jan Dvorák «Artiste émérite» à Hradec Králové.

Kasparek tchèque.jpg

La période de gloire de Tchantchès avait coïncidé avec le long et accidenté XIXe (siècle), qui avait vu l'insolente prospérité des armes liégeoises et des draps verviétois, fournisseurs de Grande Armée, et le dégoût correspondant d'une intelligentsia et d'un populo tchièsse di hoye, pas d'accord pour s'en aller avec les bourgeois baiser les bottes des empéreurs nouveau style.

Entre les deux soi-disant dernières mondiales, Tchantchès s'était, comme dit Albert Maquet3 , «institué en tradition». Il se produisait encore Amon nos ôtes, mais en fait il ne faisait plus que se survivre. Pas empaillé mais presque, dans un folklore assez convenu, un peu ringard. à la manière de ces îlots sacrés des vieilles villes, devenus pièges piétonniers à touristes.

Mais n'est-ce pas quand la nuit est la plus noire que l'aube est la plus proche ?
Après, donc, une éclipse d'un demi-siècle au moins, revoilà notre Punch-Pierke-Uilenspiegel-Pulcinella-Guignol de Liège qui, à la faveur des golden sixties, refait «une entrée fracassante sur les planches d'un théâtricule où l'on mûrit des projets de renaissance4» .

Son premier home va être un Centre Culturel du quartier Sainte Marguerite, qui s'appelle (en grec)  «Panta réi - tout s'écoule… avec comme devise désopilante : Å Panta rèi, tot l'monde rèye.5 ». Puis, quand le vrai théâtre s'ouvrira enfin, rue Hocheporte, si le nom glissera du grec au wallon Botroûle, la devise ne changera guère : Al Botroûle, n'a nouk qui tchoûle.6 Car «plus les poètes sont pauvres, plus les rimes sont riches»7 .

Rue Hocheporte, «Voilà déjà un nom prédestiné de rue»8. Et quelle rue ! Résolument XVIIIe siècle, dégringolant de tous ses pavés, à deux pas mais sans s'y mêler, de l'épiscopale et princière place Saint Lambert.

Et les spectateurs, ravis, de redécouvrir leur ancien petit dieu tel qu'en lui-même, et qui pourtant a changé. Comme eux et en même temps qu'eux. Moins ènocints, plus avisés ? Le peuple de Liège a perdu ses enthousiasmes et sa candeur d'antan. Il ne danse plus en sabots. Mais il fronde toujours, plus que jamais tchièsse di hoye. Il sardonise, il sarcastise et se reconnaît dans ce Bonète (sur l'oreille) qui s'exprime désormais en wallon d'lîdje et en français régional, fustige les clientéleux démagos, les incompétents satisfaits et les corrompus de tout poil, attachés comme sangsues à la carcasse de sa ville. Et qui fraie désormais avec Ubu autant qu'avec Charlemagne.

Tchantchès Kroll.jpg


Bref, la tradition est à la fois respectée et dépassée - il était temps - tandis que «Frantiska, l'éternelle jeune fille vend les billets et dirige les spectateurs à travers cour et petit jardin vers le mini-foyer; c'est là que l'on se débarrasse de son manteau, que l'on s'assied en buvant une bière, que l'on achète un souvenir et qu'ensuite on attaque les marches raides jusqu'à la salle avec ses 42 spectateurs9».

Et tout cela entre dans la composition du filtre de réussite. Jusqu'à ce vingt-cinquième anniversaire de 1989, à l'occasion duquel un quarteron d'admirateurs de nationalités et de disciplines diverses, va rendre hommage à Tchantchès désormais Bonète et à ses nouveaux parents d'adoption, Jacques et Françoise Ancion.  C'est bien entendu le jour de la saint François que paraîtra l'Éloge de la tringle, où se retrouvent une cinquantaine de contributions en prose, en vers et en dessins.

En voici deux, en vers.



*

 

La première est d'André Blavier :


Donc, Bonète Tchantchès, toi, champion de la tringle
    (Et le prenne qui veut pour allusion salingle!
    «Promoteurs, managers sont les vrais pornographes»
    Stigmatisait jadis un osscur ethnographe
    Qui, pour n'être de bois - comme toi - s'aigrissa
    D'un mal à son pays; d'une qu'il malbaisa :
    «Tu rêvas de grand schlem et ne fis que l'impasse»,
    Et tel un chien battu, délayas ta rimasse,
    Qu'on n'est pas encor près d'en augurer le bout
    Et d'ingérer enfin autre chose que mou
    De veau, vache, cochon, couvée ou sapajou);
Donc, Bonète Tchantchès, représentant du peuple
    (Pas député ni sénateur : on cause du bon peuple
    Qui me pardonnera ce faux alexandringle),
Toi dont le bonnet n'est une tête d'épingle
Non plus qu'un remoudou au fumet de métingle
    (Ah! fromages juteux qui dégouttent des urnes,
    Remangeant les serments, tels ses enfants Saturne),
Mais caboche prolo, entêtée et frondeuse,
Carrée et pourquoi pas ? mais dure et rouspéteuse,
D'un coup empoisonné rèvoyant-st-ås pèlotes



Les chefs, les margoulins, les barons de parlote,
Les empéreurs; sauf çui de l'Empire Impérial
Qui fit de Père Ubu paire pontificale;
Donc, honnête Tchantchès, citoyen d'Hocheporte,
Qui, de ton castelet, brocarde ces cloportes,
Tu fêtes vingt-cinq ans, bien sonnés, de Botroûle,
Scala engradinée ousqu'i n'a nouk qui tchoûle
A la Nonne sanglante ou la Vache à Pelou,
Au mort qui vike ou les Mèhins d'un marcatchou,
Tåtî le Figaro ou la Nativité;
Tu fêtes tes vingt-cinq ans, et plus, de dignité :
C'est pas toi qui vendrais des Gauguins à gogo,
Ni «l'art dégénéré», la Famille Soler,
Pour renflouer le trou de la place à Lambert!
Et dire que c'est toi que l'on traite in petto
De marionnette ou de guignol, ou de pantin!
Guignol vaudrait-il pas commissaire rossai ?
Ha ha! ho ho! dihez-m', avez-v'vèyou l'Torai ?
Alfred Jarry, Queneau les aimaient ces pantins,
Et Paul Fournel itou, qui fut leur historien.

 

 

*




La deuxième est de Jacques van de Weerdt :



SAINT BONÈTE, SOURIS
POUR NOUS !

Debout dans son théâtre,
Presque immobile,
Bonète regarde Liège
Et sourit !

Sa bonne bouille de bois
Regarde la cité
En train de devenir Dallas
Ou Lille-Roubaix-Tourcoing
Ou Manhattan
Ou n’importe quoi

Comme le Sphinx regarde le Nil,
Comme Notre-Dame regarde la Seine,
Et comme la Tour regarde l’Yser,
Bonète regarde la Meuse
Et sourit

Autour de lui
La bataille fait rage
Les Liégeois font des concours
Du plus ignoble,
Du plus irresponsable,
Du plus vénal.
On s’arrache les mandats.

Pendant qu’en scène, à la Botroûle
Tenu par la main de Jacques
Bonète a mal à sa ville
Mais sourit !

Tu seras bientôt le seul,
Bonète,
À regarder Liège
Et à pouvoir sourire encore

À regarder les Liégeois
Continuer à détruire leur cathédrale,
À détruire leur place,
À détruire leurs rues,
Bref continuer à détruire !

Alors tu risques fort,
Bonète,
De rester le seul
Avec ton bon sourire

Mais très bientôt peut-être
Ne nous restera-t-il plus que cela,
Ton sourire,
Pour nous accrocher,
Pour y croire encore,
À travers nos larmes et nos ruines,
Pour avoir la force d’y croire encore
À cette nom-de-Dieu de Liège !

Saint Bonète, souris pour nous !

 

*

 

Le dernier mot pourtant restera au marionnettiste polonais Miélek Abramovicz, qui a, lui, contribué à l'occasion par une BD, parce que Tchantchès, bouclant la boucle, y retrouve son originelle «raison d'être» :

Création 1.jpg

Création 2.jpg

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Aujourd'hui, Tchantchès a sa statue au milieu du quartier d'Outremeuse, dressée au bout de la rue Puits-en-Sock, endroit d'où il peut surveiller d'un oeil la maison natale de Georges Simenon, et de l'autre (en tournant un rien la tête latéralement), celle d'André-Modeste Grétry.

Les citoyens de la République de d'là l'Mouse font ainsi son portrait : «Mauvaise tête, mais bon coeur». «Grand gosier». «Toujours prêt». «Farouchement indépendant». «Frondeur de tous les pouvoirs et contempteur sarcastique de leurs pompes».

À propos de pompes… c'est autour de lui et à ses pieds que se conclut, chaque année, à la Mi-Août, l'enterrement solennel de Mathî l'Ohê («Mathieu l'Os»), cérémonie immuable qui, en ce dimanche d'août 1993, parce qu'on enterrait justement à Bruxelles feu le roi Baudoin et que les médias français s'y entendent à hystériser les foules, dut se dérouler sous la protection de la maréchaussée.

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1 Jules Feller, Le bethléem verviétois, 2e éd., Verviers, 1931, p. 94 - Pour Alexandre Dumas, François fait partie des prénoms qui évoquent ordinairement les domestiques (cf. Georges Doutrepont, Les prénoms français à sens péjoratif, Bruxelles, 1929, p. 81)

2 L. Remacle, Dictionnaire wallon-français, op cit.

3 in Éloge de la tringle, collectif, Éditions de la Botroûle, Liège, 1989.

4 Albert Maquet, Éloge de la tringle, op cit.

5 Au Panta réi, tout le monde rit.

6 Au Nombril, personne ne pleure.

7 Jacques Ancion, Éloge, op cit.

8 Julos Beaucarne, Éloge, op cit.

9 Jan Dvorak, Éloge, op cit.

  
Extrait de :
Catherine Lieutenant
Arduinna
ou La bête du Staneux fut-elle
 pour quelque chose dans le Congrès de Polleur ?
(vol. II)

 

 

LIVRE

 

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Alfred Jarry
L’UBU RWÈ

traduit en wallon de Liège
par André Blavier

préface de Jacques Ancion
illustrations d’André Stas

Liège, 2011 (sortie imminente), 96 pages,
co-édité par les éditions Yellow Now
et l’Institut du Patrimoine wallon.


 

 

Bibliographie d'André Blavier :

Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de la ville de Verviers, Verviers, 1950-1960
    Sept graphismes colorés, Verviers, temps mêlés, 1954 (sous le nom d'André Dodet)
    Maurice Pirenne le peintre, Malvaux, 1954
    La Roupie de cent sonnets, Verviers, temps mêlés,1955
    Catalogue du Fonds Weber, Verviers, Administration, 1959
    De quelques inventions belges utiles et « tolérables », Verviers, temps mêlés, 1960
    L’Ubu rwè mètou è lidgwès, illustrations d'Aline Gagnaire, Liège, Aa Editions, 1970
    Occupe-toi d'homélies, Paris, Cheval d'attaque, 1976 Réédition au format de poche avec une préface de Jacques Bens et une lecture de Claude Debon, Bruxelles, Labor (collection Espace Nord), 1991
    Écrits complets de René Magritte, Paris, Flammarion, 1979
    Les Fous littéraires, Paris, Veyrier, 1982. Réédition : Paris, Édition des Cendres, 2000
    Le Mal du pays ou Les travaux for(ce)nés, La Pierre d'Alun, 1983; Éditions Yellow Now, 1986, 1993.
    Cinémas de quartier, suivi de La Cantilène de la Mal-baisée avec les remembrances du vieux barde idiot, et d'une Conclusion provisoire, Plein Chant, 1985
    Lettres croisées, 1949-1976. André Blavier, Raymond Queneau, correspondance présentée et annotée par Jean-Marie Klinkenberg, 1988
    Le Don d’Ubuquité, Didier Devillez Éditeur, 1997
    À propos des Fous Littéraires, Éditions des Cendres, 2001
    La Nuit du 6 au 7, avec Patrice Bauduinet, Éditions Yellow Now / PBC pictures, 2003

 

Bibliographie d'André Stas

Le grand karmaval, fable, Galopin, Spa, 2005, 108 p.
Sur les autres mondes, portfolio, Galopin, Spa, 15 pl. couleurs
Les cent nouvelles pas neuves, passe-temps livresque, Galopin, Spa, 2005, 108 p.
« Carte blanche à André Stas » (oui, déjà), in revue Les Amis de l’Ardenne,
Charleville–Mézières, n°8-9, printemps-été, 5 mars 2005
24 Heures dûment, passe-temps livresque, Galopin, Spa, 108 p.
Les Bornes reculées, aphorismes, etc. , Galopin, Spa, 2006, 128 p. 14 ill.
Stas André Collages, chez l'artiste, 118 p., 152 ill. couleurs.
Entre les poires et les faux mages, préface de Jean-Bernard Pouy, Paris, Éditions des Cendres, 2008, Grand Prix de l'humour noir 2009.
Ubu roi ou La Disparition du tyran polonais, Alfred Jarry et André Stas, Au crayon qui tue, éditeur, Paris, 2010

 

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Post ni fait ni à faire,
mis en ligne par Marie Mouillé
le 13 juin 2011

 





 

21:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |