18/10/2016

LIVRES ENCORE... ET POURQUOI PAS

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Livres encore… et pourquoi pas.

ou

Du bon usage des personnages historiques dans la littérature policière

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par Théroigne

 

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Doit-on se justifier de consacrer un post – plusieurs, au train où vont les choses… – à des livres, quand tout va si mal dans le monde ? Question oiseuse : cela fait partie de nos obligations. Voyez notre en-tête et « Qui nous sommes ».

Mais surtout…

Essayez d’imaginer un monde sans livres. Cela vaudrait-il encore la peine de se battre pour l’aménager ? De temps en temps, nous avons besoin de nous en persuader, voilà.

 

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« …que de livres il a cessé de lire voire jetés au loin, parce qu’il y avait trouvé des noms trop vrais ou trop faux… »

Alberto Ongaro 

La taverne du doge Loredan

 

 

Où les Grands-Bretons, malgré le Brexit, la décadence de l’empire, la crise et le carnaval de Notting Hill, trouvent le moyen de se payer une mini-bataille d’Hernani

 

Peut-on faire parler un personnage historique dans une œuvre de fiction ? Shakespeare a, pour sa part, depuis longtemps tranché la question. Il a même abusé de cette liberté en en faisant mentir certains dans des œuvres de propagande. Après lui les mouches, Alexandre Dumas et beaucoup d’autres.

Pourtant, la question a été récemment re-posée et débattue en Angleterre, avec des conclusions antagoniques et des adversaires qui ne se sont pas réconciliés. Disons que les « contre » étaient surtout historiens et les « pour » surtout auteurs de fiction. Dans l’ensemble.

À propos de quoi ?

À propos de Mrs. Hilary Mantel et de ses récents romans historiques tournant autour de la personne du roi Henry VIII. D’aucuns ont estimé qu’elle avait pris, avec le Barbe-Bleue roux des Tudors, des libertés qui ont choqué.

Paraphrasant sans le savoir Coluche (« Comment veux-tu qu’un con sache qu’il est con, puisque c’ est avec son esprit qu’il juge »), leur argument principal, pas si faux que cela, est qu’on ne peut pas faire parler juste quelqu’un qu’on n’est pas, qu’on n’a pas inventé puisqu’il a existé, et qu’on n’est probablement même pas capable de comprendre, car si on l’était, on ferait comme lui (ou elle) une grande carrière au sommet – politique, artistique, philosophique ou autre – au lieu de scribouiller des romans pour distraire ses contemporains.

C’est déjà le reproche que faisait Robert Graves à ceux qui ont usé de la matière sacrée de nos ancêtres comme d’un matériau anodin – prosaïque - pour en faire, au Moyen-Âge, les tout premiers romans de notre littérature.

Et le nœud de l’affaire est bien là : par « personnages historiques », on sous-entend « personnages sacrés ». Mais le sont-ils tous ? Dans quelle mesure ? À quel titre ? Aux yeux de qui ? C’est dire si la question est loin d’être vidée.

Il n’en fallait pas plus pour nous persuader qu’il n’était peut-être pas inutile, et, qui sait, peut-être même opportun, de jeter un coup d’œil sur ceux qui n’ont pas craint de relever le défi. Et de les chercher plus particulièrement dans le roman à énigme, dit « policier » ou polar.

Pourquoi ?

Parce qu’il sera impossible à notre descendance (à supposer que nous en ayons une) de connaître l’histoire des XXe et XXIe siècles sans passer par cette frange de la littérature, et parce qu’en se jetant avec un tel enthousiasme sur ce matériau – l’Histoire – les auteurs de polars se sont volontairement ou non donné pour tâche de combler le vide énorme provoqué par les (dés)éducations nationales, quand elles ont supprimé l’enseignement, si biaisé fût-il, de l’Histoire aux jeunes couches ignorantes de tout ce qui les a précédées Que les imposteurs se faisant passer pour des responsables de l’enseignement public voient leurs efforts de lobotomisation des masses battues en brèche par ce qui se vend le mieux en matière de chose écrite nous paraît relever d’une justice immanente particulièrement morale. Ce post en quatre parties va donc se vautrer sans vergogne dans le « polar historique ».

La pomme de discorde

 Et seulement au titre d’objets du litige, puisque simples romans historiques sans assassins ni voleurs particuliers qu’un limier rechercherait pour les punir.

Hilary Mantel

Vie et autres œuvres

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 Hilary Mantel

Dans l’ombre des Tudors – Le conseiller

Paris – Sonatine – 2013

816 pages

 

 

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 Hilary Mantel

Dans l’ombre des Tudors – Le pouvoir

Paris – Sonatine – 2014

480 pages

 

 


Un 3e tome est prévu.

À noter que l’auteur est la seule femme à avoir reçu deux fois le Booker Prize : précisément pour ces deux livres.

 

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Curieuse, d’ailleurs, cette levée de boucliers contre Mrs. Mantel, parce que, des années avant elle, un autre écrivain anglais avait mis les pieds dans le plat non pas à propos de la vie du monarque en général mais de ses principaux crimes, qui ne furent pas quelques épouses décapitées.

Il avait même fait observer en outre qu’il ne s’était pas trouvé, jusqu’à lui, un seul historien pour aborder ce sujet (en gros depuis la fin de la dernière guerre, soit pendant un bon demi-siècle). Se sentant morveux sans doute, les doctes n’avaient pas relevé. Ils se sont rattrapé sur Mrs. Mantel.

Je ne vais pas m’étendre ici sur ses deux best sellers – c’est peut-être aussi cela qu’« on » ne lui pardonne pas – puisqu’ils ne relèvent pas du genre policier, étant bien entendu que, comme l’a écrit Simenon, il n’existe pas à proprement parler de « romans policiers », de « romans à énigme », de « thrillers » ou de « romans populaires », mais des  bons et des mauvais romans.

Qu’est-ce alors que j’appelle « polar » ? Cette sorte de livre où un auteur, en se servant du parti pris d’un ou de plusieurs crimes à élucider et d’un ou de plusieurs coupables à identifier et quelquefois même à mettre hors d’état de nuire, parle de son époque ou d’une autre qui l’intéresse et de ce qui s’y passe ou s’y est passé, bref, de tout sujet qui lui tient à cœur. Le genre est vaste et les variantes infinies.

 

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C.J. SANSOM 

et le XVIe siècle anglais

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C.J. Sansom, puisque c’est de lui qu’il était question plus haut, est le tout premier, en Angleterre, qui se soit servi d’un roman policier pour mettre sous une lumière crue les énormes crimes du roi Henry VIII. C’était son coup d’essai. Ce fut un coup de maître. Le titre de cette première oeuvre : Dissolution.

Le sujet apparent de son livre, bien entendu, est un crime, commis dans un monastère de province, crime de sang dont il faut découvrir et faire châtier l’auteur. Le sujet réel est un crime de masse commis sur tout le territoire du pays, dont l’auteur ne sera ni recherché ni puni.

L’enquêteur de génie (ils le sont tous) de M. Sansom s’appelle Matthew Shardlake. C’est un avocat londonien, plus ou moins du camp des réformés, et bossu. Il est ici envoyé par le vicaire-général du Royaume et bras droit d’Henry VIII, Thomas Cromwell (l’évêque, pas le chef des Têtes Rondes), au monastère de Scarnsea, pour tenter de découvrir qui y a décapité son prédécesseur et pourquoi. Toutes choses qu’il sait déjà, probablement, et que découvrira Shardlake en même temps que nous.

Ce que découvrira en outre cet avocat intègre, et contre quoi il ne pourra rien, sera l’étendue du crime en train de se commettre à l’encontre de l’Église catholique d’une part, et de la population laborieuse anglaise par ricochet, crime connu sous le nom de « Dissolution des monastères ».

Vais-je vous résumer en trois lignes ce que même Wikipedia ne fait pas ? Essayons :

Les guerres coûtent cher. Elles furent pendant des siècles l’occupation des têtes couronnées d’Europe et le resteront jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus (de têtes à couronnes ou d’équivalentes). Au cours des siècles, l’Église a accumulé de fabuleuses richesses, rien qu’en prélevant l’impôt sur toutes les populations productives de la chrétienté, déjà saignées à blanc par leurs bergers autoproclamés.

Or, quoi de plus naturel, quand on n’a pas de quoi se payer des troupes et des canons pour étendre sa puissance et sa richesse, que de lorgner vers les coffres ruisselants d’or du Vatican et de se demander comment faire pour mettre la main dessus ? C’est humain.

Au XVIIIe siècle par exemple, TOUS les monarques d’Europe en rêvaient. Seule, la République française l’a fait, hélas contrainte et forcée et dans des conditions catastrophiques, parce qu’en prenant le relais de la royauté à la tête de la France, elle s’était (bien inconsidérément) engagée à honorer les dettes de la couronne. Qui étaient immenses. Exorbitantes. Qui ne pouvaient PAS être remboursées.

Ces amateurs (avocats, oui, eux aussi) pensèrent qu’en nationalisant les biens de l’Église, ceux–ci permettraient à « la France » de rembourser les emprunts pharamineux qu’avait faits la famille de Bourbon, pour – entre autres – aller tailler des croupières aux Anglais dans leurs colonies, en soutenant les indépendantistes yankees. Passons.

Pour que les « biens du clergé » remplissent la fonction qu’on entendait leur assigner, il eût fallu pouvoir les exploiter comme lui-même l’avait fait, c’est-à-dire, en faisant par cette voie cracher le peuple au bassinet, chose hélas contraire aux très transitoires principes de ces inconséquents disciples de Rousseau. Paniqués, les nouveaux timoniers du navire les vendirent, et qui plus est dans l’urgence, nourrissant le fol espoir que le produit de la vente calmerait les appétits du FMI d’époque. (en gros : les banques, qui avaient mis le bon Louis XVI en faillite en refusant de lui prêter un sou de plus).

Vendre des propriétés dans l’urgence, c’est les vendre à perte et à n’importe qui. Tout ce qui avait les dents longues et peu de scrupules se jeta sur l’aubaine et s’enrichit en quelques mois de la plus honteuse manière, mais les actes honteux sont ceux qui ont les conséquences les plus durables. De cette horde d’acquéreurs à bon compte, dont allait sortie la grande bourgeoisie française du XIXe siècle, fut Georges Danton, qui, certes ne conserva pas longtemps ses biens mal acquis, mais sa famille oui, merci. Petit exemple entre tant d’autres. Fermons la parenthèse.

Tous les couronnés d’Europe regardèrent avec envie cette jeune république qui venait d’oser. Pourtant, deux siècles et demi avant elle, un des leurs l’avait fait, bien plus efficacement et plus brutalement qu’elle. Vous l’avez deviné : Henry VIII

On a, pendant des siècles, enseigné aux enfants des écoles (et pas qu’en Angleterre) que le pauvre roi était marié à une sœur du roi d’Espagne, laquelle, hélas pour lui, n’avait pas été capable de lui donner d’enfant mâle, dont il lui fallait absolument un pour lui succéder sur le trône. Las, la reine, et surtout son puissant frère, étaient catholiques (Henry VIII aussi, remarquez) et l’Église catholique n’admettait pas qu’on divorce. Si votre épouse ne pondait que des filles, c’est que Dieu l’avait voulu et il vous fallait la garder. Henry, indigné (nous apprit-on) avait préféré sortir de l’Église et la remplacer par une à lui : l’anglicane, répudier sa reine espagnole et en épouser d’autres, qu’il se mit à décapiter jusqu’à ce qu’il y en eût une qui réussît à lui donner un fils.

Mais tout cela bien sûr n’était que fariboles de forme. La preuve, c’est que ses deux filles lui ont succédé et que la seconde a gouverné l’Angleterre pendant presque un demi-siècle.

Alors, pourquoi ?

Henry VIII voulait faire la guerre. À son beau-frère d’abord, qui croulait sous les richesses venues du continent sud-américain, si riche que le pillage n’en est même pas terminé comme on va le voir dans les mois qui viennent. À la France ensuite, s’il pouvait, et à n’importe qui d’autre qui lui eût permis d’accroître sa puissance et ses richesses. Mais comment faire pour solder ses soudards ? En mettant la main sur les biens de l’Église dans son pays, certes, mais comment ? À ces choses-là, il faut des prétextes. Il en trouva. Comme cela se fait encore couramment de nos jours, il lança une campagne de calomnies contre les membres du clergé rétifs à ses racketteurs. Les abbés, prêtres, évêques et moines-en-chef furent accusés de tout et de n’importe quoi : de sodomie, de pédérastie, de simonie, de sorcellerie, de pactes avec le diable, etc. La condamnation était toujours à mort et les biens des condamnés évidemment saisis par la couronne. Thomas Cromwell, nommé « justicier » suprême, fut chargé de débarrasser son maître de tout ce qui faisait obstacle à ses besoins. L’Église d’Angleterre fut décimée, ses biens séquestrés jusqu’au dernier penny et ses immeubles – églises, monastères, abbayes – rasés jusqu’au sol. C’est une des plus grandes catastrophes architecturales de l’Histoire.

Cependant, il y avait, autour de ces gras établissements qui rapportaient tant à Rome, un nombre infini de villages remplis de paysans et d’artisans qui, certes, payaient la dîme au clergé, mais que celui-ci, en retour, faisait vivre en leur procurant du travail. Ces populations – on peut employer le mot au pluriel – se retrouvèrent, du jour au lendemain, non seulement ruinées mais sans la moindre possibilité de gagner leur vie. Taux de chômage : 100%. Des centaines de milliers de paysans, d’ouvriers agricoles et d’artisans furent sans pitié jetés sur les routes avec la chemise qu’ils avaient sur le dos et affluèrent naturellement dans les grands centres urbains – pas nombreux - où, justement, on allait avoir besoin de main d’œuvre à bon marché, gratuite si possible, pour s’enrichir.

L’Angleterre bourgeoise et commerçante - qui avait, en 1400, rayé de la carte l’Angleterre agricole, lorsque Henry IV Bolingbroke avait fait assassiner Richard II pour lui ravir sa couronne et changer le cours des choses – passait tout simplement, avec Henry VIII, à la vitesse supérieure. Avec une brutalité inouïe mais souvent égalée par la suite et ce n’est pas fini. Ce sont ces populations « déplacées » par la dissolution, qui allaient faire de Londres la ville terrible que décriraient au XIXe siècle Charles Dickens et Gustave Doré.

Le roi Henry VIII remercierait son complice Thomas Cromwell des crimes commis à son bénéfice en lui faisant couper la tête, comme il est de règle dans ces milieux.

C’est ce que rappelle, sans en avoir l'air, le « petit polar » de M. Sansom. Et c’est sur cette infamie que les historiens patentés font si complaisamment silence depuis si longtemps. On ne perd donc pas toujours son temps à lire des romans policiers historiques.

 

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C.J. Sansom

Dissolution

Belfond, 2004   Pocket, 2005.

544 pages

 

 

 

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Autres titres du même auteur :

Les larmes du diable, Belfond, 2005

Sang royal, Belfond, 2007

Prophétie, Belfond, 2009

Corruption, Belfond, 20011

Lamentation, Belfond, 2016

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Site officiel de C.J. Sansom (en anglais)

http://www.cjsansom.com/Homepage

 

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Fred VARGAS

Telle qu’en elle-même

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Fred Vargas

Temps glaciaires

Editions 84 – 2016-08-14

475 pages

 

 

 

À l’inverse, Temps glaciaires de Fred Vargas est loin d’être un coup d’essai, et plus loin encore d’être un coup de maître. Disons-le tout net : c’est un coup raté. Mais raté pourquoi et comment ?

 

Commençons par le « comment ».

Ce livre ni fait ni à faire (mais presque aussi massivement marchandisé que le Da Vinci Code, pas de souci à se faire pour l’auteur) n’a pas de véritable sujet, pas de véritable intrigue, pas d’énigme, pas de suspense et aucun personnage consistant, en ce compris les membres récurrents de la pittoresque brigade criminelle du XVIIIe arrondissement, auxquels on s’était pourtant habitués, contents de retrouver en eux le sentiment de sécurité que procurent à tout aficionado les moustaches et la manie du rangement d’Hercule Poirot ou le pardessus à col de velours et les pipes de Maigret, voire le fricandeau à l’oseille de Madame. Cette fois, les absences d’Adamsberg, la marmaille et le QI de Danglard et la grâce mastodontique du lieutenant Violette sonnent creux. Pire : ils pédalent dans le vide.

 

 « Pourquoi » ?

C’est que Fred Vargas a voulu se mêler de quelque chose qui n’était pas à sa portée et qu’elle a ainsi imprudemment révélé ses limites. C’est que s’attaquer à un personnage réel, historique, c’est s’attaquer à l’Histoire et que, dans ces matières, l’aplomb décomplexé de l’ignorance ne remplace pas tout.

Fred Vargas, polardeuse historique sans expérience et ne doutant de rien a tout de suite visé à la tête : Robespierre. Pas au point d’oser en faire un personnage actif – l’action est contemporaine – mais en y allant par la bande, en crabe, par un tour de passe-passe qui, justement, ne passe pas. En outre, Temps glaciaires, hélas, se prend au sérieux – pas la peine d’y chercher la joyeuse iconoclastie de Liberté, Égalité, Choucroute…– et c’est le plantage en beauté. Car si c’est raté du point de vue historique, ce l’est aussi du point de vue « roman policier » qui aurait pu être dissocié.

Excès d’ambition ? Elle nous vend même deux « intrigues » pour le prix d’une, les deux étant inexistantes et leur addition ne faisant quand même que zéro.

L’« action », commencée à Paris par une mort suspecte, se poursuit en Islande, avec un tueur en série (dont on ne connaîtra jamais ni les motivations ni l’hypothétique trauma) qui fait des témoins forcés de ses forfaits des cannibales pour les empêcher de le dénoncer, et continue, rentré à Paris, de les tenir à sa merci pendant 25 ans au moyen d’une secte de son invention, à laquelle il les force d’appartenir. Secte qui communie dans le culte (version Vargas) de Robespierre, c’est-à-dire qui passe son temps à rejouer, régulièrement, les moindres événements de la Révolution, chacun incarnant, costumé et maquillé, l’un ou l’autre de ses nombreux participants. Jeu de rôles à durée illimitée en somme.

Ainsi, le mystérieux tueur du froid a dû, pour continuer à couvrir ses crimes, recruter quelque six cents personnes, les réunir ad vitam aeternam à dates fixes, les persuader de se ruiner en costumes d’époque pointilleusement reconstitués, et d’apprendre par cœur les tirades, généralement longues, de ceux qu’ils sont censés réincarner – La Fayette, Mirabeau, Pétion, Louvet, Roland, Brissot, Louis XVI, etc. – tous y passent, y compris les presque lampistes. Astuce suprême : le suspect n°1 est celui qui se prend pour Robespierre et qui, même, en descend peut-être, car Fred Vargas, à l’instar des plus atteints de ses prédécesseurs, fait de l’Incorruptible un impuissant qui sème des bâtards partout, n’ayant pas réussi à se décider entre les deux vices, duquel était le plus infamant.

Qu’est-ce qui a poussé un honnête – jusqu’à présent – auteur de romans policiers à se lancer dans cette bizarre entreprise ? On dirait qu’elle a commencé une histoire – le voyage en Islande – qu’elle n’a pas su comment la continuer, qu’à ce moment, l’actualité merdiatique (des particuliers se cotisant pour racheter des documents historiques d’importance nationale à la place de l’État français déficient) lui a donné l’idée – eurêka ! - de sauter à pieds joints dans une autre histoire, au prix de faire admettre par ses enquêteurs qu’ils se sont plantés et qu’ils ont tout faux – retour à la case départ – sans toutefois se résigner à flanquer à la poubelle ce qu’elle avait déjà écrit. Raccrocher ensuite les wagons des deux trains exigeait, c’est évident, quelque virtuosité dans la cabriole qui a fait défaut. Car essayer de fondre, en fin de parcours, deux histoires qui, déjà séparément, n’ont ni queue ni tête, est mission carrément impossible. Personne n’aurait pu la mener à bien. Personne d’ailleurs ne s’y est essayé. Si : Vargas.

Il est clair que l’(absence d’)intrigue policière n’est là que pour la frime et que le but réel de l’entreprise était de flinguer Robespierre, qu’il s’agit ici non pas même d’un règlement de comptes idéologiques qu’aurait pu assumer un honnête pamphlet osant dire son nom, mais d’un lynchage. On dirait du Michel Onfray, mâtiné de BHL.

C’en est. La dame est de la bande. On se rend compte alors – bon sang, mais c’est bien sûr ! – que Temps glaciaires est une caricature. À la Charlie. Avec Robespierre dans le rôle du Prophète et la guillotine en sautoir en guise de bombe dans le turban.

Seulement… un crobar de 580 pages, c’est un peu lourd à digérer.

Impossible de croire une seconde, même en y mettant du sien, à cette histoire-qui-n’en-est-pas-une, car la forme littéraire, outrée d’être ainsi utilisée comme faire-valoir, se venge. On doit relire plusieurs fois les mêmes passages pour essayer de s’y retrouver, d’avancer un peu… Quand Adamsberg retire de sa poche de poitrine, pour la sixième fois en quelques pages, une cigarette pliée fauchée à son fils, on fatigue. Et tout le reste est à l’avenant. Le dernier personnage intéressant imaginé par Vargas était un pigeon. Elle retente le coup avec, cette fois, un sanglier, qu’elle fait sauver, lui aussi, in extremis par sa fine équipe, mais c’est raté. Marc le sanglier couineur ne passe pas. Il n’arrive pas à exister.

Ceux qui ont lu quelques-uns des centaines de livres de tous bords consacrés au Conventionnel croiront reconnaître, dans les évocations fantasmées de Vargas, des copié-collé de Ratineau. Banzaï ! C’est lui qu’elle cite en tête de ses (très peu nombreuses) sources. Bref, le lynchage dont bénéficie actuellement Vladimir Poutine est pipi de sansonnet comparé à ce qu’il promet d’être dans deux siècles, pour peu qu’il suive les traces de Robespierre.

Pourquoi tant de haine ?

N’est-ce pas déjà la question qui se posait à propos des caricatures de naguère ?

Un des personnages de Vargas dit d’un autre « il est schizophrène ». Hélas, non. C’est l’auteur qui l’est. Comment cela se soigne-t-il ? De plus savants que moi le savent peut-être. Une chose dont je suis sûre, c’est que schizophrènes aussi sont ceux qui gavent de force le bon peuple à Dan Brown et à Vargas par matraquage commercial jusque dans les épiceries.

Bref, si vous tenez absolument à lire du Vargas, lisez des vieux.

Pauvre Ava Gardner si belle ! Finir comme ça…

 

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Autres titres de cet auteur :

Série Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg :

L’Homme aux cercles bleus, Hermé, 1991

L’Homme à l’envers, Viviane Hamy, 1999

Pars vite et reviens tard, Viviane Hamy, 2001

Sous les vents de Neptune, Viviane Hamy, 2004

Dans les bois éternels, Viviane Hamy, 2006

Un lieu incertain, Viviane Hamy, 2008

L’Armée furieuse, Viviane Hamy, 2011

Série Les Évangélistes

Debout les morts, Viviane Hamy, 1995

Un peu plus loin sur la droite, Viviane Hamy, 1996

Sans feu ni lieu, Viviane Hamy, 1997

 

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Nicholas MEYER

Présentation

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M. Meyer se donne beaucoup de mal pour nous convaincre de l’existence de manuscrits inconnus du Dr. Watson et nous apprendre comment il se fait qu’ils soient demeurés cachés pendant si longtemps. Témoignage écrit de Watson… Témoignages écrits de ses héritiers… etc. C’est la seule partie un peu laborieuse de ses livres : quelques pages d’avant-propos qu’on peut parfaitement sauter.

Il nous offre ensuite trois aventures de Sherlock Holmes et Watson, qu’il aurait pu prétendre sorties de la plume de Conan Doyle sans que personne s’enhardisse à le contredire.

Il a la coquetterie, cependant, de mêler aux personnages littéraires, quelques personnages historiques, peut-être croisés dans la vie réelle par Doyle, qu’il met, lui, en présence de Holmes et Watson.

 

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Nicholas MEYER

L’horreur du West End

Archipoche 2015

240 pages

 

 

À Londres, en mars 1895, des événements plus étranges les uns que les autres se succèdent : le critique théâtral Jonathan McCarthy est assassiné ; on intente un procès pour diffamation à la marquise de Queensberry ; une jeune ingénue est découverte la gorge tranchée ; enfin, un médecin de la police disparaît, emportant deux corps avec lui. Plusieurs personnalités influentes du milieu dramatique se trouvent impliquées : les auteurs d’opérettes à succès Gilbert & Sullivan, un écrivain-critique sans le sou et végétarien nommé George Bernard Shaw ; Ellen Terry, célèbre actrice admirée tant pour sa beauté que pour son talent ; un guichetier suspect du nom de Bram Stoker, qui se cache dans une mansarde pour écrire des choses bizarres ; le grand acteur Sir Henry Irving; un éditeur sans scrupule qui se fait appeler Frank Harris ; ainsi qu’un homme d’esprit, provocateur et controversé : Oscar Wilde.

Scotland Yard, dérouté, ne sait à quel saint se vouer. Pour Sherlock Holmes, c’est élémentaire : un maniaque rôde. Et son nom est Jack.

 

Contrairement à Fred Vargas, Meyer connaît admirablement et même intimement l’œuvre du personnage historique qu’il a choisi de ressusciter. Il n’est pas exagéré de parler d’identification. On pourrait presque dire d’osmose. Mais il ne s’en tient pas là, car le lecteur un peu averti s’aperçoit vite qu’il connaît aussi profondément la vie et l’œuvre des autres… ceux, contemporains de l’auteur, qu’il introduit dans le canon des aventures Watson-Holmes. Les esquisses de Shaw et Wilde pour être brèves, n’en sont pas moins frappantes. Ils ne font que passer, mais tout entiers.

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Extrait. C’est évidemment Watson qui raconte :

Holmes resta un moment à contempler Wilde, le visage dépourvu de toute expression, puis se leva brusquement. Je l’imitai.

– Merci de nous avoir accordé votre temps, monsieur Wilde, dit-il. Vous êtes assurément une mine de renseignements.

Le poète leva les yeux vers lui. Il y avait quelque chose de si ingénu, de si plaisant dans son expression, que je me sentis charmé malgré tout ce qu’il venait de dire.

– Nous sommes ce que Dieu nous a faits, monsieur Holmes, et, pour beaucoup, pires que cela.

­– Est-ce de vous ? demandai-je.

– Non, docteur…

Il eut un léger sourire.

– … Mais ce le sera.

Il se retourna vers le détective.

– Je crains de ne pas avoir gagné votre estime.

– Pas entièrement.

Wilde riva son regard dans celui du détective.

– Je le regrette… Profondément.

– Un jour peut-être, monsieur Wilde. » (p. 80)

Facile, quand on connaît la suite…

 

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Nicholas MEYER

Sherlock Holmes et le Fantôme de l’Opéra

Archipoche, 2010

248 pages

 

 

 

1891. Alors que toute l'Angleterre le croit mort à Reichenbach, Sherlock Holmes, fin mélomane, vivote à Paris en donnant des cours de musique sous un nom d'emprunt. Apprenant que le prestigieux orchestre de l'Opéra recrute un violoniste, il parvient à se faire engager. Or, qui est le directeur de l’Opéra ? Un certain Gaston Leroux. Et Sherlock ne tarde pas à découvrir que le Palais Garnier abrite un fantôme qui lui donne du fil à retordre.

Ce ne sont pas des personnages historiques qui sont ici ranimés, ce sont des personnages littéraires non moins historiques : Christine Daaé, Raoul de Chagny, Mme Giry et le compositeur fantôme reprennent du service. Meyer, lui, s’amuse beaucoup à conjuguer deux auteurs mythiques

 

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Nicholas MEYER

La solution à 7%

Archipoche 2014

300 pages

 

 

Un beau jour, l’agitation de Holmes, ses propos incohérents font redouter le pire à Watson : le détective s’est drogué au-delà de toute mesure. Sa vie est en danger. Avec le concours de Mycroft Holmes - le frère - Watson décide d’emmener Sherlock se faire soigner à Vienne par un certain Sigmund Freud, qui s’y connaît en drogues… Ils devront se faire aider par le Pr. Moriarty.

Ce « manuscrit retrouvé du Dr Watson », La Solution à 7 % (adapté au cinéma en 1976, avec Laurence Olivier dans le rôle de Freud) présente la théorie d’un « Napoléon du crime » inexistant, pur produit du cerveau drogué de Holmes, cause de sa névrose, et d’un Pr. Moriarty, bénin professeur de Sherlock et Mycroft enfants…

 

Dans La solution à 7%, l’auteur enrichit donc d’une autre enquête l’opus de Conan Doyle, et bien malin serait celui qui pourrait prouver qu’elle n’est pas de sa plume. Meyer y ajoute cependant sa marque en donnant à Holmes d’excellentes raisons de rencontrer un ou plusieurs de ses contemporains célèbres… qu’il s’agit de faire vivre de façon crédible sans altérer le caractère du personnage littéraire. Et ce n’est ici rien moins que Sigmund Freud.

La « trouvaille » de Meyer, c’est que Moriarty… n’existe pas. Ou plutôt qu’il existe mais n’est autre qu’un paisible enseignant que les deux frères Holmes ont eu pour prof de maths dans leur enfance. C’est la cocaïne, que Sherlock s’injecte à la dose mortelle de solution à 7% et dont il est devenu dépendant, qui fait de leur ancien tuteur « le Napoléon du crime » (pléonasme s’il en fut).

Sur les traces de son implacable ennemi, à qui on a demandé son aide pour l’amener jusque là, Holmes arrive à Vienne, où l’attend un jeune médecin, lui-même ex-cocaïnomane, qui l’admire et a accepté de le soigner.

Mais la psychanalyse mise en roman se double évidemment d’une véritable enquête de Sherlock, le cahier des charges l’exige, et M. Meyer de plonger son lecteur dans une sombre histoire austro-allemande, avec secret de famille à implications politiques, détournement d’héritage, enlèvement, séquestration à rebondissements et haletante course-poursuite entre deux trains (sur la même voie !) dans la plus pure tradition 1900, Holmes et Freud pelletant à tour de bras le charbon dans la locomotive, à la suite de quoi Holmes prédira la Grande Guerre mais ne pourra l’éviter, car à l’impossible nul n’est tenu et même les plus fiers génies parfois…

 

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Extrait (Watson encore, comme il se doit) :

– Je vais vous dire ce que j’aimerais, dit enfin le docteur Freud en posant son cigare et en regardant Holmes droit dans les yeux. J’aimerais vous hypnotiser une fois de plus.

Je n’avais aucune idée de ce qu’il souhaitait demander (j’avais plus ou moins cru qu’il repousserait entièrement la proposition de Holmes), mais je ne m’attendais certes pas à cela. Non plus que Holmes, qui cligna des yeux sous l’effet de la surprise et qui toussota avant de répondre :

– Vous souhaitez m’hypnotiser ? Dans quel but ?

Freud haussa les épaules et continua de le regarder avec un sourire tranquille :

– Vous venez de parler de l’affliction humaine, dit-il. J’avoue que c’est pour moi un sujet d’intérêt primordial. Et comme on a remarqué que la meilleure façon d’étudier l’humanité consiste à étudier l’homme, j’ai pensé que vous m’autoriseriez peut-être à examiner une fois encore votre cerveau.

Holmes réfléchit un instant à cette requête.

– Très bien. Je suis à votre disposition.

– Voulez-vous que je sorte ? demandai-je en me levant, prêt à quitter la pièce si Freud estimait que ma présence risquait d’entraver le déroulement de l’expérience.

– Je préférerais que vous restiez, dit-il en allant fermer les rideaux, puis en sortant sa chaîne de montre.

Il était plus facile d’hypnotiser le détective à présent que par le passé où nous avions placé nos derniers espoirs dans le système de Freud pour l’amener à se délivrer de la cocaïne. Maintenant que des rapports normaux s’étaient établis entre eux, il n’y avait plus rien pour troubler leur esprit, plus rien pour nous presser. Holmes ferma les yeux en moins de trois minutes et resta immobile en attendant les instructions du docteur Freud.

– Je vais vous poser des questions, déclara celui-ci d’une voix basse et douce, et vous y répondrez. Quand nous aurons terminé, je ferai claquer mes doigts et vous vous réveillerez. À ce moment-là, vous ne vous rappellerez rien de ce qui s’est passé pendant que vous dormiez. Vous comprenez ?

– Parfaitement.

– Très bien. (Freud respira profondément.) À quand remonte votre première prise de cocaïne ?

– À l’âge de vingt ans.

– Où l’avez-vous fait ?

– À l’université.

– Pourquoi ?

– Parce que j’étais malheureux.

– Pourquoi êtes-vous devenu détective ?

– Pour punir les méchants et m’assurer que justice était faite.

– Avez-vous été témoin d’une injustice ?

Il y eut un silence.

– Avez-vous été témoin d’une injustice ? répéta Freud en humectant ses lèvres avec sa langue et en me jetant un rapide coup d’œil.

– Oui.

Je m’étais rassi et j’écoutais cette conversation avec une fascination et une attention extrêmes, les mains posées sur les genoux, le buste penché en avant pour ne rien perdre des réponses faites d’une voix faible.

– Avez-vous personnellement connu la méchanceté ?

– Oui.

– En quoi consistait cette méchanceté ?

À nouveau, le sujet de l’interrogatoire hésita et, à nouveau, il fut encouragé à répondre.

– En quoi consistai(t cette méchanceté ?

– Ma mère trompait mon père.

– Elle avait un amant ?

– Oui.

– Et en quoi consistait l’injustice ?

– Mon père l’a tuée.

Sigmund Freud sursauta et se redressa ; un instant, son regard égaré parcourut la pièce ; il était tout aussi bouleversé que moi qui avais automatiquement réagi en me mettant debout, puis m’étais pétrifié, les membres paralysés, bien que mes yeux et mes oreilles continuassent à fonctionner. Freud se remit cependant plus vite que moi et se pencha de nouveau vers Holmes.

– Votre père a assassiné votre mère ?

– Oui.

La voix refoula un sanglot qui me fendit le cœur. Freud insista, mais ses yeux s’étaient mis à ciller.

– Et son amant ? demanda-t-il.

– Oui.

Freud marqua une pause afin de se ressaisir avant de poursuivre.

– Qui était…

Je lui coupai la parole :

– Docteur !

Il me regarda.

– Qu’y a-t-il ?

– Ne le… ne lui demandez pas de révéler le nom de cet homme, je vous en supplie. Cela n’a désormais plus de sens pour quiconque.

Freud hésita un instant, puis il hocha la tête.

– Merci.

À nouveau, il hocha la tête, puis il reporta son attention sur Holmes qui était resté assis là, immobile, les yeux fermés, pendant toute la durée de cette digression. Seule l’apparition de gouttes de transpiration sur son front indiquait son tourment intérieur.

– Dites-moi, reprit Freud, comment avez-vous appris ce que votre père avait fait ?

– Mon tuteur m’en a informé.

– Le professeur Moriarty ?

– Oui.

– Je vois. (Freud sortit sa chaîne de montre, la regarda un instant fixement, puis la remit en place.) Très bien, dormez maintenant, Herr Holmes. Dormez. Dormez. Je vous réveillerai dans un moment et vous ne vous rappellerez rien, rien de cet interrogatoire. Avez-vous compris ?

– Je vous ai déjà dit que oui.

Très bien. Dormez maintenant.

Après avoir surveillé Holmes et s’être assuré qu’il ne bougeait pas, Freud à nouveau se leva, traversa la pièce et attira un siège près du mien. Son regard était encore plus triste que d’habitude. Il ne dit rien pendant qu’il coupait, puis allumait, un autre cigare. Je m’étais quant à moi rencogné dans mon fauteuil car j’avais reçu un tel choc que la tête me tournait et mes oreilles bourdonnaient.

– Un homme ne s’adonne pas aux stupéfiants sous prétexte que c’est la mode ou qu’il aime ça, déclara-t-il enfin en plissant les yeux pour me regarder à travers la fumée de son cigare. Souvenez-vous : je vous ai un jour demandé si vous saviez comment il en était venu à user de la cocaïne et, non content d’être incapable de me fournir une réponse, vous n’avez pas compris l’importance de ma question. Pourtant, dès le début, j’ai compris que quelque chose avait provoqué cette dangereuse manie.

– Mais… (Je tournai les yeux vers Holmes.)… auriez-vous pu imaginer… ?

– Non, certes pas. Je n’aurais jamais pu imaginer ce que nous venons d’entendre. Cependant, comme il le ferait lui-même remarquer, voyez tous ce que ces faits expliquent. Maintenant, nous connaissons l’origine de sa toxicomanie et la raison pour laquelle il a choisi sa profession ; nous savons d’où vient son antipathie pour les femmes et la difficulté qu’il a de communiquer avec elles. Cela explique en outre son aversion pour Moriarty. Comme les messagers perses qui, jadis, apportaient les mauvaises nouvelles, Moriarty est puni pour son rôle dans cette affaire, bien que ce rôle paraisse avoir été insignifiant. Dans l’esprit de votre ami, sous l’influence enivrante de la cocaïne, Moriarty devient un participant à cette liaison illicite, et coupable par association. Non seulement coupable (là, il se pencha en avant et brandit son cigare pour souligner ses paroles), mais suprêmement coupable ! Ne disposant pas d’un véritable bouc émissaire sur qui décharger sa douleur, Herr Holmes attribue le forfait à l’homme qui l’a révélé. Bien sûr, il enfouit toutes ces conclusions dans le plus profond de son âme – dans une zone que j’ai, pour le moment, appelée « inconscient » – sans jamais s’avouer à lui-même ces pensées, qu’il extériorise néanmoins par le choix de sa profession, par son indifférence envers les femmes (que vous avez si bien relatée, docteur !) et, finalement, par ses recours à la drogue sous l’influence de laquelle ses sentiments profonds et véritables sur le sujet sont enfin révélés.

En moins de temps qu’il ne faut pour le rapporter, je compris la justesse stupéfiante de l’affirmation de Freud. Son raisonnement expliquait également le comportement tout aussi excentrique de Mycroft Holmes, qui se retirait du monde en un lieu où même la parole était interdite, et le fait que les deux frères s’étaient définitivement voués au célibat. De toute évidence, le professeur Moriarty avait, dans cette affaire, joué un rôle plus important que celui que lui attribuait Holmes (ce qui expliquait que Mycroft Holmes eût prise sur lui), mais je savais que, dans l’ensemble, le docteur Freud avait raison.

– Vous êtes le plus grand de tous les détectives.

Ce fut tout ce que je trouvai à lui dire.

– Je ne suis pas un détective, dit Freud en secouant la tête et en souriant de son air sage et triste. Je suis un médecin spécialiste des esprits tourmentés.

Je songeai qu’il n’y avait pas beaucoup de différence.

– Et que pourrons-nous faire pour mon ami ?

Il soupira et à nouveau secoua la tête :

– Rien.

– Rien ?

J’étais abasourdi. M’avait-il fait parcourir tout ce chemin pour refuser d’aller plus loin ?

– Rien. Je ne sais comment atteindre ces sentiments autrement que par le moyen maladroit et inefficace de l’hypnose.

Je protestai en le saisissant par la manche.

– Pourquoi dites-vous qui’il est inefficace ? Il est sûr que…

– Parce que, dans le cas présent, le malade à l’état conscient ne voudrait pas – ne pourrait pas – accepter le témoignage fourni sous hypnose. Il refuserait de me croire. Il refuserait de nous croire. Il nous accuserait de mentir.

– Mais…

– Voyons, Docteur. Si vous n’aviez pas été là et si vous ne l’aviez pas entendu de vos propres oreilles, est-ce que vous l’auriez cru ?

Je lui avouai que je ne l’aurais pas cru.

– Eh bien, tout le problème est là. De toute façon, il n’est guère probable qu’il accepterait de rester ici le temps qu’il nous faudrait pour nous frayer, autrement, un chemin jusqu’au tréfonds de son être.

Nous discutâmes ainsi pendant plusieurs minutes mais, dès l’abord, je savais qu’il avait raison. Quels que fussent les procédés qui permettraient de secourir Holmes, ils n’avaient pas encore été inventés.

– Prenez courage, m’enjoignit Freud. Après tout, votre ami est un être humain qui accomplit de nobles tâches et les accomplit à merveille. Son malheur ne l’empêche pas de réussir et même d’être aimé.

- Un jour, peut-être, la science parviendra-t-elle à pénétrer les mystères de l’esprit humain, conclut-il, et quand ce jour viendra, je ne doute point que Sherlock Holmes aura contribué à le faire arriver – même si son propre esprit n’est jamais soulagé de son fardeau terrible.» (pp. 257-263).

 

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Mis en ligne le 18 octobre 2016.

 

 

 

 

 

14:35 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

16/10/2016

JOURNAL DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

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Journal du changement d’ordre mondial

et quelques autres choses qu’il est intéressant de savoir

 

Si le Réseau Voltaire se trompe, quelqu’un se lèvera pour le dire. En attendant, nous l’avons pillé, tous azimuts.

 

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Journal du changement d’ordre mondial #7

Veto croisés au Conseil de sécurité

Thierry MeyssanRéseau Voltaire 9 octobre 2016

 

Pour la première fois au Conseil de sécurité, le bloc atlantiste et le bloc russe se sont opposés et ont censuré la proposition de résolution de l’autre camp. En outre, le représentant de la Russie est sorti de sa réserve diplomatique habituelle et a directement accusé le camp US de soutenir les terroristes en Syrie et ailleurs dans le monde ; une affirmation largement démontrée, mais jusque là jamais explicitée.

 

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Le Conseil de sécurité s’est réuni le 8 octobre 2016 pour débattre non seulement de la proposition de résolution franco-espagnole sur la Syrie, mais aussi d’une contre-proposition russe. Sans surprise, les deux textes ont été rejetés par les vetos de la Russie pour le premier, du bloc atlantiste pour le second.

C’est la première fois dans l’histoire du Conseil qu’une telle situation se présente.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article193589.html

 

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Journal du changement d’ordre mondial #8

Washington et Paris relancent la propagande contre le « régime de Bachar »

Thierry MeyssanRéseau Voltaire 10 octobre 2016

 

Les Tribunaux de Nuremberg et de Tokyo permirent aux Alliés d’exposer les crimes commis par l’Axe durant la Seconde Guerre mondiale et de justifier à la fois le prix de leur victoire et leur domination sur le monde. Sur ce modèle, Washington a cru pouvoir juger et condamner 120 dirigeants syriens, dont le président Bachar el-Assad, de manière à justifier la guerre et le renversement de la République arabe syrienne. Restait à inventer leurs crimes

 

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Jean-Marc Ayrault – Sergueï Lavrov

 

En avril 2012 —c’est-à-dire après le retrait français de la guerre (qui reprit en juillet) et avant l’accord de partage russo-états-unien (du 30 juin à Genève)—, les « Amis de la Syrie » avaient décidé de juger le président Bachar el-Assad devant une juridiction internationale. Il s’agissait de mettre en scène a posteriori la Pax Americana, après l’assassinat de Slobodan Milošević dans sa prison à La Haye, la pendaison de Saddam Hussein et le lynchage de Mouamar Kadhafi.

Pour ce faire, les États-Unis avaient créé une association à La Haye, le Syria Justice and Accountability Centre (SJAC). Durant deux ans, des juristes accumulèrent des témoignages sur « les tortures pratiquées par le régime ».

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article193601.html

 

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Journal du changement d’ordre mondial #9

Faut-il juger Vladimir Poutine ?

Thierry MeyssanRéseau Voltaire 12 octobre 2016

 

Considérant Vladimir Poutine comme le responsable du relèvement de la Russie, les néo-conservateurs états-uniens et israéliens tentent depuis 2011 de l’arrêter, de le juger et de le condamner devant une juridiction internationale. Fidèle serviteur de leur stratégie, le président français François Hollande a publiquement suggéré de le rendre responsable des crimes des jihadistes en Syrie.

 

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François Hollande et Vladimir Poutine, il y a un an.

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, le chef de l’État français qui avait aboli la République, Philippe Pétain, fit juger et condamner à mort son ancien dauphin devenu le chef de la France libre, Charles De Gaulle.

Sur ce modèle, l’actuel président de la République française, François Hollande, a évoqué la possibilité d’ouvrir une procédure judiciaire internationale pour les crimes de guerre commis en Syrie et de juger non seulement le président de la République arabe syrienne, Bachar el-Assad, mais aussi celui de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine [1] ; des propos repris en demi-teinte par le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon.

Ces déclarations interviennent alors que le Canada, les États-Unis, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni soutiennent les jihadistes d’Alep-Est contre le Hezbollah, l’Iran, la Russie et le Syrie [2].

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article193653.html

 

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Journal du changement d’ordre mondial #10

Les « sanctions économiques » ou la guerre en col blanc

 Thierry MeyssanRéseau Voltaire 14 octobre 2016

 

Les États-Unis et l’Union européenne ont lancé une guerre qui ne dit pas son nom contre la Syrie, l’Iran et la Russie, celle des « sanctions économiques ». Cette tactique redoutable a tué plus d’un million d’Irakiens dans les années 90, sans éveiller les soupçons des opinions publiques occidentales. Elle est aujourd’hui patiemment mise en place contre les États qui refusent d’être dominés par l’Ordre mondial unipolaire.

 

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Par le passé, la stratégie des guerres conventionnelles comprenait le siège d’une ville ou d’un État. Il s’agissait d’isoler l’ennemi, de l’empêcher d’utiliser ses ressources, de le soumettre à la famine, et en définitive de le vaincre. En Europe, l’Église catholique a fermement condamné cette tactique comme criminelle en ce qu’elle tue d’abord les civils, et seulement ensuite les belligérants.

Aujourd’hui, les guerres conventionnelles comprennent les « sanctions économiques », qui visent aux mêmes buts. De 1990 à 2003, les sanctions décrétées contre l’Irak par le Conseil de sécurité des Nations unies tuèrent plus d’un million de civils. De fait, il s’agissait bien d’une guerre menée par des banquiers au nom de l’institution chargée de promouvoir la paix.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article193702.html

 

Document joint :

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Humanitarian Impact of Syria-Related Unilateral Restrictive Measures, United Nations (UN) Economic & Social Commission for Western Asia (ESCWA).
(PDF - 596 ko)

 

 

 

 

 

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Communiqué du ministère russe des Affaires étrangères relatif au projet français de résolution sur la situation à Alep

Réseau Voltaire –  Moscou (Russie) 9 octobre 2016

 

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Maria Zakharova, porte-parole du ministrère russe des Affaires étrangères

 

Samedi 8 octobre, la Fédération de Russie a voté contre le projet de résolution du Conseil de sécurité de l’Onu sur la situation en Syrie rédigé par la France.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article193668.html

 

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Washington ne combat pas Daesh, il le déplace

par Hassan Nasrallah

Réseau VoltaireBerne (Suisse) 14 octobre 2016

 

Au cours des dernières semaines, Washington a multiplié les déclarations contre Daesh, sans jamais le frapper. Au contraire, ce sont les forces de la République arabe syrienne qu’il a bombardées lorsqu’elles luttaient contre l’organisation terroriste. Il suffit de placer Daesh sur une carte et de l’observer dans le temps pour comprendre la stratégie états-unienne.

 

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À l’occasion d’une cérémonie de commémoration du martyre du prophète Hussein (Achoura), le secrétaire général du Hezbollah libanais a prononcé un discours, dont voici des extraits.

 


 

Source
AxedelaRésistance.com

 

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« L’art de la guerre »

Afghanistan, occupation immuable

par Manlio Dinucci

Réseau VoltaireRome (Italie) 11 octobre 2016

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Malgré les très nombreux éléments attestant que les États-Unis et le Royaume-Uni avaient planifié la guerre contre l’Afghanistan dès la rupture des négociations de Berlin avec les Taliban (juillet 2001), l’excuse des attentats du 11-Septembre prévaut toujours. Une guerre dont l’objectif affiché était de renverser l’Émirat islamique que les États-Unis eux-mêmes avaient installé et qui, pourtant, se poursuit 15 ans plus tard.

 

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Le quinzième anniversaire du 11-Septembre a occupé pendant des jours les premières pages des journaux. Blackout médiatique, par contre, sur le quinzième anniversaire de la guerre en Afghanistan, commencée le 7 octobre 2001 avec l’opération « Liberté immuable » (Enduring Freedom).

Motif officiel : la chasse à Ossama Ben Laden, organisateur [désigné] des attaques du 11-Septembre, caché dans une caverne afghane sous protection des talibans. En réalité, on le saura ensuite, le plan de l’opération était déjà sur la table du président Bush avant le 11-Septembre. Ce qu’était ses objectifs stratégiques émergeait clairement du rapport Quadriennal Defense Review, diffusé par le Pentagone le 30 septembre 2001, une semaine avant le début de la guerre en Afghanistan.

Lire la suite…

Source : Il Manifesto

Via : http://www.voltairenet.org/article193625.html

 

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Vladimir Poutine explique ce qui s’est réellement passé entre la France et la Russie

Parti Anti Sioniste – 13 octobre 2016

 

Au lendemain de l’annulation par Moscou d’une rencontre prévue à Paris entre François Hollande et Vladimir Poutine, le président russe a expliqué chronologiquement ce qui n’avait pas fonctionné dans les relations diplomatique entre les deux pays.

 

 

Source : http://www.partiantisioniste.com/?p=14006

 

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Pendant que la France se couvre à la fois de honte et de ridicule en prétendant traîner rien de moins que Bachar el-Assad et Vladimir Poutine devant un tribunal « made in USA », comme ce fut trop souvent le cas depuis Nuremberg, des voix s’élèvent en France, dans les milieux du droit, contre un président qui se prend peut-être à tort pour Barack Obama…

 

Hollande, mis en cause pour des assassinats, en route vers le CPI

Gilles Devers – Les actualités du droit 14 octobre 2016.

 

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Le Président de la République a ordonné l'exécution de quatre personnes. Avec cette information, ce qui reste de la Gauche s'écroule… et le silence qui accueille cette information confirme que la Gauche est en état de mort clinique.

Au micro de Jean-Jacques Bourdin, les deux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont expliqué que le Président de la République avait décidé « au moins quatre assassinats ciblés », décisions mises en œuvre par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Aucun démenti n’a été publié.

Cela se trouve en phase avec des informations parues en 2014. A la suite d’un accord passé dès 2012 entre Obama – le maître des assassinats ciblés, trois par jour – et Hollande, celui-ci avait donné pour ordre à la DGSE de « dégommer » Ahmed Godane, le leader des shebabs. La DGSE s’était occupée de la localisation, et l’assassinat avait été le fait des drônes US, informations données par Jean Guisnel et confirmées par les militaires US.

Avec les révélations de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, nous passons à autre chose, à savoir l’ordre donné par Hollande et l’exécution par la DGSE.

Lire la suite…

Source : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/20...

 

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Voir aussi, sur le même sujet – et datant déjà de 2013 !

http://reseauinternational.net/francois-hollande-devant-l...

Ainsi que – juillet de cette année :

http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2016/07/centraf...

 

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Pour la liste des chefs d’État « condamnés » à mort par les USA depuis Nuremberg, voyez William Blum. Il tient la liste à jour.

http://www.thirdworldtraveler.com/Blum/William_Blum.html

http://www.mondialisation.ca/entretien-avec-william-blum/... 

http://www.legrandsoir.info/_BLUM-William_.html

 

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Mis en ligne le 16 octobre 2016.

 

 

 

 

 

 

17:36 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

13/10/2016

SUR LE FRONT DES COUPS TORDUS

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Saker.Is : Scott’s Corner

 

Sur le front des coups tordus USRAELIENS…

 

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Quelques secrets militaires à mettre dans votre pipe et à fumer

Scott Humor – The Saker.Is 10 octobre 2016

 

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Les États-Unis et l'Ukraine sont peut être en train de planifier une provocation de type MH17 en Syrie.

À Washington, on veut peut-être si désespérément discréditer Poutine et Assad, sur le point d’anéantir les terroristes à Alep, qu’on est prêt à rééditer le coup honteux du Donbass.

Anna S.


Depuis le 17 Septembre, où l'US Air Force a bombardé les troupes syriennes assiégées par les troupes terroristes US dans la ville de Deir Ezzor, et le bombardement qui a suivi du convoi humanitaire de l'ONU, on guette la prochaine provocation du Pentagone et de la CIA. Les spécialistes en PSYOP militaires sont payés des millions de dollars pour inventer ces provocations, et nous, collectivement, nous essayons de les empêcher de se produire et, aussi, de les démêler après qu'elles aient eu lieu. Nous rendons ces services à titre bénévole.

 

N’oubliez pas de contribuer au Saker pour que nous puissions continuer !

 

En attendant, voici quelques bribes d'information qui pourront vous donner à réfléchir.

Le 6 octobre 2016, Christian Borys, journaliste canadien qui opère en Europe de l’Est et Centrale et qui collabore à VICE, The Guardian, RFERL, The Daily Beast, MacleansMag, The EIU, Global Television, Al Jazeera, a posté le tweet suivant :

Les États-Unis sont en train de repeindre leurs F/A-18 pour leur donner l’apparence des jets russes qui sont en Syrie. Formation courante mais néanmoins intéressante.

 

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Le 9 Octobre, certains traceurs de vol ont remarqué une incohérence dans l’itinéraire d'un avion appartenant à une compagnie aérienne ukrainienne.

Un vol civil [de passagers, NdT] d'Ukraine vers Israël, a pris une route plutôt inhabituelle et dangereuse.

État des vols de la Mediterranean Airlines ukrainienne de Kiev à Amman (Code UF781)

 

Tweet de Julian Röpcke :

Cet avion de ligne ukrainien qui va de Kiev à Amman prend une route plutôt inhabituelle et tout à fait dangeureuse.

 

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Tweet de Dmitry Tarasof à KatMotja :

Les Ukrainiens envoient leurs avions civils survoler la zone des hostilités. Je me fiche de cette entourloupe - mais un accident leur fournirait l’occasion d'accuser la Russie.

 

Informations générales de vol : Vol UF781 des Mediterranean Airlines ukrainiennes – informations et statut de vol.

Le vol UF 781 relie l'aéroport Borispol de Kiev à l'aéroport International Queen Alia d'Amman. Le vol est assuré par la compagnie aérienne ukrainienne Mediterranean Airlines (code IATA : UF ; code OACI : UKM). La distance entre les deux aéroports est d'environ 2,085 km et le temps de vol d'environ 3h 18m (le temps de vol est approximatif et peut varier en fonction de la route suivie et du type d'avion utilisé). Pour les vols de certaines compagnies (et vers les principaux aéroports), on peut aussi trouver des informations en temps réel sur l'arrivée ou le départ du vol, des informations sur les retards ou les annulations, et l'état du vol.

 

Tweet de KatMotja à Tarasof :

Les Ukrainiens pourraient l’abattre ou le faire tomber et en accuser les S-300 mais le faire tomber sur le territoire de l’IG ilikourdaf.


Tweet de Tarasof à KatMotja :

Aller-retour par dessus un territoire contrôlé par Al-Nosra et sécurisé par Israël.

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Aller

 

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Retour

 

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Comme vous pouvez le voir, le vol UF-781 a brusquement tourné à gauche et fait une boucle au-dessus du territoire syrien, au lieu de suivre une route sûre et directe vers Israël. Au retour, il a fait la même chose.

Si on considère que les troupes terroristes américaines qui combattent en Syrie viennent de recevoir des MANPADS [Man-portable Air-defense System, NdT] du Pentagone, survoler la zone de guerre syrienne n’est pas une idée particulièrement brillante. On pourrait peut-être essayer de savoir qui était le pilote ? Intéressant aussi de savoir ce que les passagers pensent de tout ça ? Parce que plusieurs choses pourraient se produire… dont je vais vous faire la liste ci-dessous.

Le 9 octobre aussi, un traceur de vols israélien a tweeté une curieuse capture d'écran.

Au moins 4 plans USN (P8A & TEX2), 1 de la NASA, 1 BE20 de l’armée US et des AZAZ909 c/s généralement utilisés par les Forces Aériennes Russes @planesonthenet ?? https://twitter.com/yanivschwartz/status/785166223134851072

On dirait que les P8 pourraient avoir été des avions qui retournaient en Floride après l’évacuation consécutive à l’ouragan. Mais pourquoi le radar a-t-il vu deux avions russes AZAZ909 et AWACS ?

Yaniv Schwartz a également tweeté :

« si vous relisez cet écran vous pouvez voir que les 2 Azazs ont exactement le même hex et le même reg ... peut-être un pépin ou quelque autre mystère ».

 Ce qui signifie que le radar a vu deux avions avec le même code hexadécimal, et le même numéro d'enregistrement. Et ça, ce n’est possible que s’il s’agit d’une falsification.

Complément d’information ici :

En résumé…

Nous avons été informés de ce qu’au moins la semaine dernière, avec sueur, sang et larmes, la force aérienne des États-Unis a repeint ses F/A-18 aux couleurs bleu ciel et blanc de la Fédération de Russie.

Au cours de cette semaine mouvementée, le Pentagone est sorti de sa réserve pour déclarer que, par l’entremise de ses suppléants ou directement, il allait tuer toujours plus de soldats russes en Syrie et plus de citoyens russes dans les villes russes. [Ce qui semblerait impliquer qu’il l’a déjà fait… dans les villes russes. NdEd.]

La Russie a répondu en promettant d’abattre les « objets volants non identifiés » et tout ce que la force aérienne russe pourrait percevoir comme une menace.

La Russie a aussi installé, bien sûr, ses lanceurs de missiles anti-aériens S-300.

Nous possédons donc la preuve que des avions de combat américains ont été repeints aux couleurs de la Russie. Et nous possédons la preuve que des avions de combat américains volent avec des transpondeurs capables de tromper les radars, imitant le code hexadécimal et l'enregistrement des avions de reconnaissance russes. On ne possède cette preuve que pour deux avions, mais deux avions suffisent pour une provocation.

Et nous avons enfin un jet civil ukrainien plein de passagers, en route pour Amman en Jordanie, qui survole la zone d’interdiction de vol en Syrie.


Développements possibles ...

 

  • Le camouflage des avions de combat américains aux couleurs russes n’était pas un « entraînement régulier ».

 

  • Le régime ukrainien envoie son avion de ligne plein de passagers survoler une zone de guerre pour qu’il y soit abattu par un avion de chasse américain camouflé en jet russe, de façon que la Russie soit accusée de l’avoir fait.

 

  • Variante : les États-Unis font abattre un avion de ligne ukrainien sur le territoire occupé par leurs troupes terroristes (ISIS, DAECH, Al-NOSRA, Kurdes) et clament qu’il l’a été par les S-300 russes. Le territoire étant contrôlé par eux, il serait impossible de prouver le contraire, comme dans le Donbass avec le MH17.

 

  • Au cours des deux dernières semaines, des jets de reconnaissance américains ont effectué plusieurs vols le long de la côte de Crimée pour pouvoir y lire les paramètres des radars russes, parce qu’ils avaient besoin de connaître les paramètres exacts des radars pour être en mesure de calculer ce que ceux-ci voient, de façon à pouvoir produire les signaux de transpondeurs russes AZAZ 909 et ADS-B.

 

  • Il n'y a pas eu de jets imitant l’AZAZ au-dessus du Maryland, mais c’était une tentative de tromper les radars civils et d’utiliser les traceurs de vol pour falsifier les informations de vol, c’est-à-dire en substance, pour poster sur les radars civils de faux renseignements concernant des avions inexistants, que le Pentagone veut que les services publics trouvent sur les traceurs de vol. Dans ce cas précis, le Pentagone voulait que les gens pensent que deux avions de reconnaissance russes avaient survolé Washington.

 

  • Habituellement, il arrive que d’autres traceurs de vol confirment certaines informations intéressantes. Dans ce cas-ci, ils sont tous restés muets. Sont-ils restés muets parce qu’ils savaient qu’il s’agissait d’un trucage ? Il se pourrait que « Yaniv Schwartz » fasse partie d'une sorte de complot et qu’il/ils ne répandent ces informations que dans le but de provoquer une panique au sein du crédule public américain.

 

C’est tout ce que j’ai pour l’instant.

Qu’est-ce que vous pensez de tout ça ?

Bien des choses.

Scott

Suivez-moi sur Twitter pour d’autres mises à jour.

 

Source : http://thesaker.is/a-few-military-secrets-to-put-in-your-...

(La source d’origine est KatMotja – le chat Mathieu – qui est, comme nos lecteurs le savent désormais, un analyste militaire russe, mais plus vraisemblablement un groupe de ces Messieurs.)

 

Traduction du russe : Scott Humor

Traduction de l’anglais : Anna S. pour A.S.I. et Les Grosses Orchades.

 

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Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire

Rédaction – Sputniknews 13 octobre 2016

 

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Dans un entretien attendu à la chaîne TF1, le président russe Vladimir Poutine a donné franchement son avis sur un nombre de sujets, mais le choix des journalistes de la chaîne surprend, beaucoup de points chauds importants sur le plan international ayant été omis. Qu'est-ce que TF1 a passé sous silence ? Sputnik publie les parties qui manquent.

Le nom du président russe Vladimir Poutine a été évoqué durant cette dernière semaine en France un nombre assez impressionnant de fois en raison de sa visite annulée à Paris et ce qui a précédé : le désaccord concernant la situation dans la ville syrienne d'Alep et la résolution française sur Alep qui s'est heurtée au veto russe. M. Poutine ne vient toujours pas en France, mais il accepte de parler aux journalistes français de TF1 et leur parle franchement et sans éviter les questions délicates.

Lire la suite…

Source : https://fr.sputniknews.com/international/2016101310281809...

 

 

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Le prix Nobel de littérature à Robert Zimmermann (Bob Dylan)

 

11. Bob Dylan.jpg

 

Te dégonfle pas, Johnny, t’as tes chances !

Victor Hugo ayant dit : « J’interdis qu’on dépose de la musique au pied de mes vers »… on ne va pas s'y risquer

 

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Mis en ligne le 13 octobre 2016.

 

 

 

 

21:32 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

12/10/2016

UN COLLOQUE CHEZ LES AMIS D'HENRI GUILLEMIN

1. La déportation des Communards.jpg

Embarquement des Communards pour le bagne (œuvre anonyme)

 

La Commune

chez

Les Amis d'Henri Guillemin

 

L’association Les Amis d’Henri Guillemin, de fondation récente, a organisé, en 2013, son premier colloque (« Le moment Robespierre »). Elle récidive avec, cette fois, un nouveau colloque consacré à « Henri Guillemin et La Commune », qui se tiendra à Paris le 19 novembre prochain.

Au programme, huit intervenants d’importance – quoi ? huit intellectuels dignes de ce nom en France ? aujourd’hui ? oui, oui, il suffit de savoir où aller les dénicher – au nombre desquels Mme Annie Lacroix-Riz, que les internautes les plus avisés commencent à bien connaître. En avant-première, en quelque sorte, de la rencontre, l’association a voulu l’interroger.

 

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Interview exclusive d'Annie Lacroix-Riz

 

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Annie LACROIX-RIZ, est historienne, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé d’histoire, docteur-ès-Lettres, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot. Parmi ses très nombreux écrits, elle a notamment publié :

  • chez Armand Colin : Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), nouvelle édition augmentée, 2010; De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, 2008; Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, nouvelle édition augmentée, 2010; Industriels et banquiers français sous l’Occupation, nouvelle édition entièrement refondue, 2013; Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Dunod-Armand Colin, avril 2016
  • chez Delga-Le Temps des cerises, L’histoire contemporaine toujours sous influence, 2012, et Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2015, nouvelle édition 2016
  • Au Temps des cerises, Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015

Son site internet regroupe l'ensemble des ses activités (publications, interventions, articles, colloques, etc...) pour le consulter, cliquez ici.

Annie Lacroix-Riz interviendra à notre colloque le 19 novembre prochain.

Edouard Mangin : Vous avez accepté d’intervenir au colloque que nous organisons le 19 novembre prochain sur le thème « Henri Guillemin et la Commune - le moment du peuple ? », alors que vous n’êtes pas spécialiste de cette période. Qu’est-ce qui a motivé votre décision ? Quel est votre thème d’intervention ?

Annie Lacroix-Riz : J’apprécie de longue date Henri Guillemin, témoin sincère et courageux qui a consacré beaucoup de temps et d’attention à la Défaite de la France de mai-juin 1940. Il a fait partie du groupe des observateurs « bien informés » dans le cadre de leurs fonctions qui, soit pendant l’Occupation soit après la Libération, se sont efforcés d’analyser les causes de « l’étrange défaite », comme Marc Bloch avait commencé à le faire à l’été 1940 (L’étrange défaite, 1re édition, 1946 Paris, Gallimard, 1990, avec des articles passionnants rédigés clandestinement jusqu’à son assassinat par l’occupant en juin 1944).

Avec son ouvrage paru en 1945 sous le pseudonyme de Cassius, La vérité sur l’affaire Pétain (Genève, Milieu du Monde, 1945, rééd., éditions d’Utovie, 1996), Guillemin compte parmi ceux qui ont sérieusement anticipé sur ce que les sources intérieures nous ont appris ou confirmé depuis leur ouverture de 1999, qui mettait fin à soixante ans de verrouillage : il a pris rang parmi ses pairs, tels le grand journaliste de politique extérieure Pertinax (André Géraud), un des rarissimes hommes de droite que les haines de classe n’avaient pas aveuglés au point de leur faire choisir le camp de l’ennemi national et de préparer avec ardeur son invasion (Les fossoyeurs : défaite militaire de la France, armistice, contre-révolution, New York, éditions de la Maison française, 1943, 2 vol.) ; le grand diplomate patriote Raymond Brugère, ambassadeur à Belgrade de novembre 1938 à juin 1940 (Veni, vidi, Vichy, Paris, Calmann-Lévy, 1944) ; et le sincère républicain Pierre Cot (Le procès de la République, éditions de la maison française, New York, 1944, 2 vol.).

Je rends hommage à tous dans mes ouvrages sur les années 1930, Le choix de la défaite et De Munich à Vichy, et sur l’Occupation, Industriels et banquiers français sous l’Occupation et le dernier en date, Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine ‑ où je distingue Brugère, seul de nos diplomates à avoir démissionné le 17 juin 1940 en protestation contre une capitulation grimée en « demande des conditions d’un armistice ». Cette capitulation scellait l’alliance entre la « gauche » de gouvernement faussement républicaine, représentée par le radical Chautemps, et les putschistes groupés autour de Pétain, « dessus de cheminée » (selon la formule de son complice Laval) dont le grand capital synarchique avait besoin contre le peuple français.

Dans ses conférences de l’après-guerre, Guillemin a précisé ses analyses et les a, surtout dans les années 1960, diffusées dans le public, en France et dans le monde francophone. Il était logique qu’il s’intéressât à la Commune, dont les circonstances de la création sont proches de celles de la Débâcle de 1940 : réaction ou résistance de classe et patriotique à la ligne des dirigeants de la société et de l’économie, c’est-à-dire à leur choix du tuteur étranger déguisé en « guide de la civilisation », contre un peuple redouté et haï. Guillemin avait côtoyé ces élites avant-guerre, et il a beaucoup insisté, dans ses conférences, sur cette ressemblance entre 1940 et 1870-1871 que le diplomate et fils de général Brugère, qui vivait parmi les privilégiés, a si précisément décrite dans Veni, vidi, Vichy. C’est ce dont je traiterai au colloque du 19 novembre 2016.

Nos bien-pensants, qui ne veulent rien savoir du complot des élites françaises contre le régime républicain démontré par des milliers de documents originaux des années 1930 et 1940, le qualifieraient volontiers de « conspirationniste ». Il est aussi logique que, dans une période aussi troublée que la nôtre, la renaissance, indéniable, de l’esprit critique, la conscience d’être dupés sur à peu près toutes choses par ceux qui nous gouvernent et nous guident et la méfiance consécutive grandissante pour leur usage tous azimuts du concept de « conspirationnisme » relancent l’intérêt public pour Guillemin.

Mon intervention pourra s'intituler : "1940, une défaite choisie comme en 1870".

E.M. - Comment vous inscrivez-vous par rapport à Henri Guillemin ? Que représente pour vous son engagement ou sa façon de présenter l’Histoire ?

A.L.-R. - Ce littéraire, non-historien, a fait avec curiosité et vaillance, avant l’ouverture des fonds originaux, ce que « les historiens du consensus » (pour reprendre l’expression de l’historien américain du fascisme français, Robert Soucy) devraient faire systématiquement depuis 1999, date à laquelle est tombée la limite des 60 ans cadenassant l’histoire intérieure de la France.

Or, sous l’autorité, quasi unanimement reconnue par le monde académique, d’Olivier Dard, et de son ouvrage, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, 1998, réédité en 2012, mes collègues se refusent à dépouiller les sources de l’avant-guerre et de l’Occupation au motif allégué que le résultat en serait « conspirationniste ». Allende est-il tombé tout seul, par caprice personnel, du Palais de la Moneda le 11 septembre 1973, ou sous les coups d’une coalition entre classes dirigeantes chiliennes et tuteur américain, attestée par les archives américaines déclassifiées ? Le régime républicain n’est pas mort par hasard non plus en juillet 1940 (ou plus exactement entre le printemps 1938 et l’été 1940).

Guillemin s’est employé à présenter une vision critique et honnête des faits, alors qu’il ne disposait pas de toutes les ressources qui nous sont accessibles aujourd’hui. Et ce, contre les idées dominantes diffusées par les élites qui avaient, presque sans exception, conservé leurs positions après la Libération. Avec, à l’évidence, à la clé, et bien qu’on ne puisse le compter parmi les parias, une promotion moins éclatante que celle que lui aurait assurée le conformisme consistant à respecter scrupuleusement les élites restaurées.

E.M. - Quand on étudie l’histoire de la Révolution française, et notamment le moment Robespierre, on ne peut manquer de remarquer de grandes distorsions dans la présentation de la vérité historique, d’origine souvent idéologique. La Commune n’échappant pas à ce phénomène, quels sont les points particulièrement déformés, ou carrément passés sous silence dans son histoire ? Ou, plus amplement, pourquoi d’après vous, la Commune est mal connue encore aujourd’hui ?

A.L.-R. - Pour les mêmes raisons qui nous empêchent aujourd’hui de faire connaître l’histoire vraie des années 1930 et 1940, sans la connaissance de laquelle nous ne pouvons comprendre ce qui nous arrive aujourd’hui. Je recommande vivement à cet égard à vos lecteurs la lecture de l’ouvrage court et très précis de mes collègues Gisèle Jamet et Joëlle Fontaine, Enseignement de l’histoire. Enjeux, controverses autour de la question du fascisme, Adapt-Snes éditions, Millau, 2016. Ils verront le même mécanisme à l’œuvre à propos de la présentation actuelle de l’entre-deux-guerres aux élèves français.

La Commune était déjà sacrifiée quand une formation sérieuse était assurée, jusqu’aux années 1980, aux élèves français de l’enseignement secondaire général. Elle a purement et simplement disparu, victime, parmi bien d’autres sujets, de la liquidation de la formation historique en cours depuis plusieurs décennies. Liquidation dont j’ai traité dans l’ouvrage L’histoire contemporaine toujours sous influence (Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012) et que mes deux collègues étudient en décortiquant les instructions du ministère de l’éducation nationale à l’ère « européenne » du remplacement des connaissances scientifiques précises par les prétendues « compétences » jugées amplement suffisantes pour la masse des futurs exécutants de la stratégie du capital financier mondialisé.

E.M. - Votre dernier livre « Les élites françaises entre 1940 et 1944 - De la collaboration avec l'Allemagne à l'alliance américaine » est sorti en avril de cette année. Est-il pour vous comme un parachèvement de vos recherches et ouvrages antérieurs, travaillés en profondeur sur ce qu’on doit bien appeler la trahison des élites ? Ou pensez-vous qu’il y a encore à creuser pour faire éclater la vérité sur cette question centrale ?

 

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A.L.-R. - Chaque ouvrage repose sur des années de recherche spécifique et sur l’exploitation de recherches plus anciennes, qui représentent aussi un long travail. Tant que je pourrai faire de l’histoire, je continuerai à en faire avec le souci de dépouiller le maximum possible de sources, et la conscience ou la conviction que toute recherche peut et doit être complétée. C’est ce qui explique l’intérêt que je porte aux rééditions que mes éditeurs me demandent, voire à la réécriture très approfondie : c’est ce qui s’est produit pour l’édition d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation publiée en 2013.

Sur la route de la vérité historique, il y a naturellement des noyaux de « vérité absolue », mais rien n’est définitif, et la poursuite des recherches permet toujours de faire mieux. Ce n’est pas décourageant mais enthousiasmant : c’est cette pratique qui m’a inspiré une passion pour les sources originales inentamée depuis 1970, date à laquelle j’ai entamé ma thèse d’État.

E.M. - Ce livre mérite la plus grande audience et diffusion possible. Mais par rapport à la doxa, voire à cette forme de (auto) censure qui règne dans les milieux économiques, universitaires et médiatiques, comment se déroule la promotion de ce livre salutaire ? Avec votre éditeur ?

A.L.-R. - Pour l’heure, Les élites françaises, 1940-1944, se heurte à un mur de silence. Mon éditeur l’a envoyé à tous les journalistes qui l’ont réclamé, mais ils demeurent pour l’heure muets. L’ouvrage, fondé sur des sources très abondantes et le plus souvent non exploitées jusqu’alors, n’a fait l’objet d’aucune recension dans la presse écrite, mais seulement d’une, en ligne, dans le Grand Soir, sous la plume de Jacques-Marie Bourget, Il est vrai que le silence sur mes travaux est globalement de règle depuis la parution de la première édition du Choix de la défaite (2006), qui avait précisément attiré l’attention de ce journaliste, qui a l’audace de s’intéresser à nombre de sujets mal venus, dont le Qatar (J.-M. Bourget et Nicolas Beau, Le Vilain Petit Qatar. Cet ami qui nous veut du mal, Paris, Fayard, 2013). Ce n’est pas ce que je révèle en 2016 sur Eugène Schueller (voir l’index), le fondateur de L’Oréal, groupe depuis un certain temps principal annonceur de la grande presse française, qui risquait de me valoir l’intérêt de cette dernière dans les pages culturelles (ou ailleurs).

J’espère donc que la recension du Grand Soir et la présentation vidéo de mon ouvrage chez Armand Colin donneront aux lecteurs de votre site l’envie de me lire.

E.M. - Peut-on connaître les thèmes de vos futurs projets ?

A.L.-R.- Deux, notamment (j’en ai d’autres) :

1° Premier projet, la suite de mon travail, échelonné sur plusieurs décennies, consacré aux élites françaises de l’entre-deux-guerres à la Deuxième Guerre mondiale, c’est-à-dire l’étude du retour en gloire de nos élites, après la farce grandiose de la non-épuration des plus grands coupables. Des élites désormais résolument atlantiques, mais toujours germanophiles : dans le second après-guerre, les deux tutorats n’ont cessé de se conjuguer.

2° Deuxième projet, l’analyse du thème « occidental » des « atrocités soviétiques de 1944-1945 en Allemagne », relancé récemment, y compris en France : il constitue un cas d’école de l’intoxication systématique dont la Seconde Guerre mondiale fait désormais l’objet aux Etats-Unis et dans l’ensemble de leur sphère d’influence, si agrandie depuis la chute de l’URSS.

La chose était impossible chez nous tant que les contemporains de la guerre et de ses lendemains pesaient très lourd dans la population : l’ignorance historique mentionnée plus haut, si répandue dans les jeunes générations, rend désormais les choses plus aisées…

Interview réalisée en juin 2016

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Programme de la rencontre

9h00 : Accueil du public

9h45 : Introduction 
Edouard Mangin, Président de l'association Les Ami(e)s d'Henri Guillemin (LAHG)

10h00 : Petit inventaire des écrits de Guillemin sur la Commune
Patrick Berthier, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (ENS), agrégé ès lettres, docteur d'Etat, co-fondateur de LAHG,

10h30 : Le Vallès de Guillemin : une figure atypique
Cécile Robelin, 
professeur de lettres modernes, agrégée de lettres, docteur d'Etat,
En duo avec : 

La Commune de Paris, drame de Vallès (1872) : une « fédération des douleurs » ?
Céline Léger, 
professeur de lettres modernes, agrégée de lettres modernes, doctorante en littérature française du XIXe,

11h30 : Les "72 Immortelles" ou la Commune, révolution de la fraternité
Jean Chérasse,
 ancien élève de l’ENS, agrégé d'Histoire, ancien élève de l'IDHEC, auteur-réalisateur, scénariste et producteur 

12h00 : Déjeuner libre

14h30 : La Commune de Paris. La démocratie communale et son système de souveraineté populaire effective
Florence Gauthier, 
historienne, Maître de conférences en Histoire moderne - Université Paris VII-Denis Diderot 

15h00 : Guillemin, la Commune, et au delà - la victoire des vaincus
Edwy Plenel,
journalistedirecteur de Médiapart 

15h30 : 1940, une défaite choisie comme en 1870
Annie Lacroix-Riz,
historienne, ancienne élève de l'ENS, agrégée d’histoire, docteur d'Etat, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot 

16h00 : La Commune : Guillemin et Marx, lectures croisées
Patrick Rödel, 
ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, co-fondateur de LAHG

16h30 : Discussion générale avec le public.
Le colloque se clôturera par une large discussion entre le public et les intervenants sur l'ensemble des thèmes abordés pendant la journée.

18h00 : Fin du colloque

Le colloque sera entièrement filmé et enregistré et les vidéos seront mises en ligne sur notre site et sur celui de notre partenaire Médiapart.

Les actes du colloque seront publiés en 2017 par Utovie, co-fondateur de LAHG, éditeur exclusif de l’œuvre d’Henri Guillemin.

 

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Colloque : « Henri Guillemin et la Commune – le moment du peuple ? »

Samedi 19 novembre 2016 de 9h00 à 18h00
Université Paris 3 Sorbonne nouvelle – Censier – 13 rue Santeuil 75005 Paris

Inscrivez-vous dès à présent pour bénéficier du tarif préférentiel de 12€ (au lieu de 25€ sur place le jour du colloque)

Pour vous incrire, cliquez ici

 

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Source : http://www.henriguillemin.org/

 

 

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Pour accompagner les livres indispensables d’Annie Lacroix-Riz et ceux, ne l’oublions pas, d’Henri Guillemin :

 

 15. cridupeuple.jpgTardi et Vautrin

Le cri du peuple

(édition intégrale : 4 volumes.)

Casterman – 2011

 

Deux sites à visiter :

http://www.bagnedeguyane.fr/archives/p80-20.html

http://thierry.jamard.over-blog.com/article-expositions-a...

 

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Offensé par les gesticulations de François Hollande, Vladimir Poutine annule sa visite à Paris.

86% des Français souhaitaient qu’elle ait lieu.

 

La cote de popularité de « l’Homme d’État de l’Année » va encore grimper.

 

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Le prix Nobel de la Paix à la Colombie ?

 Mieux vaut à la Colombie qu’à… [censuré]… mais quelque chose nous dit que les FARC n’en verront pas la couleur. Ni le peuple. Timeo Danaos… quand on sait que 5 jurés du Nobel sur 6 siègent à Washington… si on était les Colombiens, on fermerait quand même soigneusement les portes.

 

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 Le 11 octobre, à 19h56, SÉMIMI a écrit :

 

Fini de rigoler, les Chinois arrivent

Pentagon Stunned As Thousand Chinese Troops Enter ISIS War

 

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The Kremlin have announced that China are to send 5,000 of its most elite military forces into the Levant War Zone to help Russia in the fight against ISIS, which has left the Obama administration and the Pentagon “horrified”. 

The “Siberian Tiger” Special Forces and “Night Tiger” Special Forces Units were given authorization to be deployed by China’s People’s Congress (NPC) on Sunday, after China passed its first anti-terrorism law allowing their army to take part in anti-terror missions abroad.

On n’a même pas le temps de vous traduire l’article !

Sachez en résumé que, de source sûre – le Kremlin – on apprend que 5.000 militaires chinois d’élite sont en route pour la Syrie, afin d’y aider les Russes à combattre Al Qaïda-Daech-ISIS-ISIL-EIL-Al Nosra etc. (la liste de tous ses noms est trop longue) et que cette annonce a « horrifié » l’administration Obama et le Pentagone.

Les unités spéciales chinoises « Tigres de Sibérie » et « Tigres de la Nuit » ont donc reçu dimanche, du Congrès de la République Populaire de Chine (et, on le présume, de M. Bachar El-Assad) l’autorisation de se déployer dans la zone de guerre du Levant. Ceci a immédiatement suivi le vote, par la Chine, de sa première loi anti-terroriste, qui permet à l’Armée du Peuple de prendre part à des missions d’anti-terrorisme à l’étranger.

Lire la suite en anglais…

(N.B. Le lien sur les lois a-t renvoie à l’article Wikipédia en anglais parce que rien d’équivalent n’existe pas en français.)

Source : http://dailyoccupation.com/2016/10/07/pentagon-stunned-thousands-chinese-troops-enter-isis-war/ 

c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Et pourquoi cette nouvelle a-t-elle « horrifié » l’Administration Obama et le Pentagone ? Parce que celles-ci pouvaient encore, jusqu’à hier, croire avoir atteint leur but : déclencher une guerre entre la Russie et l’Europe sans y tremper un seul orteil ou si peu : juste de quoi relancer de temps en temps le jeu en bombardant quelques soldats syriens.

Il n’est pas difficile d’imaginer que, dans l’esprit (hélas aliéné) de ces fins stratèges, le temps serait alors venu, pour eux, de s’attaquer à la Chine, privée de son allié moscovite occupé ailleurs…

Cela, c’était dans les rêves. Dans la réalité, les bons joueurs d’échecs ont toujours un coup d’avance. Apparemment, les joueurs de Go aussi. Ne parlons même pas des adeptes du jiu jitsu, qui savent comment utiliser contre lui les forces supérieures de l’adversaire…

 

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Mis en ligne le 12 octobre 2016.

 

Suite :

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18:34 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

""INTELLECTUELS SYRIENS""... SUITE

 

1. chinese fleety on the march.JPG

(On ne sait pas s’ils arrivent en avion ou en bateau)

 

« « Intellectuels syriens » »

(suite)

 

Notre dernier post a provoqué quelques réactions intéressantes, dans et hors commentaires. Nous avons ainsi appris – ce que Théroigne ne savait pas – que la « Lettre d’intellectuels syriens » était en réalité une lettre de Syriens traîtres à leur pays, vivant aux États-Unis depuis 30 ou 40 ans, collaborateurs – évidemment rémunérés - des envahisseurs. Il ne nous semble pas inutile, pour une fois, de partager avec vous certaines de ces réactions.

Dans notre rubrique « Commentaires » (c’est en si petit qu’il faut savoir qu’il y en a …)

Sémimi a écrit :

« Ils sont fous au Saker français de publier une monstruosité pareille signée par une bande d'exilés pro-US sponsorisés par l'Occident. Galioun, le type que les Français avaient, au début, bombardé à la tête du pseudo “gouvernement” en exil. C'est scandaleux de mettre les Russes, qui combattent les terroristes, sur le même plan que les USA, créateurs et sponsors des terroristes. Une vraie honte et une trahison, surtout de la part d'un site qui se présente sous la “couverture” Saker francophone. »

D’autres réactions, écrites ou verbales, s’indignent elles aussi, ou au mieux s’étonnent, de voir un site qui affiche vouloir « rendre accessible la pensée dissidente où qu’elle se trouve » s’aligner aussi précisément sur la ligne éditoriale (sic) des pires merdias mainstream, de Libération au Monde en passant par Le Point, L’Express et Politis déjà nommé, reportez-vous à votre papier hygiénique préféré.

C’est pourtant simple. Tout assassin a un modus operandi qui permet de l’identifier. Il s’en écarte rarement, c’est bizarre mais c’est ainsi. Parfois il décime des populations entières, parfois il s’en prend à un seul homme, qu’il lui arrive de rater, mais toujours il s’y prend de la même manière.

Étant donné le Saker – le vrai, celui d’origine – le succès qu’il rencontre et l’audience qu’il a réussi à captiver sur plusieurs continents… le voilà, de simple blogueur, devenu emmerdeur en chef, épine dans le pied, obstacle à la quiète perpétration des crimes de ceux qui n’ont pas l’habitude qu’on leur résiste.

Comment faire pour s’en débarrasser ? À part le tuer ? Le discréditer. Pas si fastoche qu’on pourrait croire. Sur son site : mission impossible. Il est aux commandes et veille au grain. Trolls et saboteurs y sont passés au crible et refoulés par de bénévoles mais motivés modérateurs. Mais, ô chic, ne s’est-il pas mis en tête de laisser des sympathisants mettre sur pied des filiales dans plusieurs pays ? Il suffit dès lors d’en infiltrer une ou plusieurs, mais une au moins – le maillon faible – d’où on pourra le faire passer à loisir pour ce qu’il n’est pas.

Il ne fallait pas espérer éviter ce genre d’attaque, qui n’est rien d’autre, en petit, que ce qu’« on » est passé maîtres à déchaîner contre tous ceux qui gênent – Afghans, Saddam, Milosevic, Kadhafi, Bachar… Il suffit de leur lancer dans les pattes une Ve colonne à l’échelle, et de toujours garder ses écuelles bien pleines. Voilà le Saker hissé, par Ve colonne interposée, au rang de chef d’État.

Ainsi la lettre des « intellectuels syriens » publiée par le Saker Francophone faisait-elle d’une pierre deux coups. Mais nous avons dit que nous ne parlerions plus du problème posé par ce site. C’est une affaire à régler ailleurs, par d’autres.

Restent les signataires et le contenu de la lettre en soi. Et le modus operandi à très grande échelle. Opposition – intellectuelle ou pas – à Bachar el-Assad ? Encor fallait-il qu’il y en eût une et, s’il n’y en avait pas, trouver le moyen de la créer. Mais la décision, la volonté d’envahir la Syrie a précédé de beaucoup les efforts réellement surhumains déployés pour essayer à toute force d’en fabriquer une.

Dans l’article qui suit, Georges Stanechy rappelle, ou plutôt laisse rappeler  viva voce par Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, qu’en 2009 – notez bien la date : 2009 ! – il fut invité par les Anglais à participer à l’entreprise de conquête de la Syrie déjà programmée. Il refusa. D’autres, on ne le sait que trop, acceptèrent. En 2013, dans une émission télévisée de la petite chaîne LCP, il lâcha cette bombe… qui fit long feu et passa frénétiquement inaperçue. Vous m’étonnez René.

Est-il utile d’ajouter qu’on ne perd jamais son temps à lire le trop rare Stanechy ? C’est du 5 octobre. Nos excuses, on est à la bourre.

 

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400 traités signés avec un seul peuple. Tous violés. Qui dit mieux ?

 

Syrie : La Praxis du Prédateur…

Georges Stanechy – À contre-courant 5 octobre 2016

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Traité de confiance de Seneca, Onondaga et Cayuga, sachems, au roi George 1er – 13 décembre 1726 (Papiers de George Clinton, gouverneur colonial de New York.)

 

« Ils doivent être fous. Ils ont agi comme s’ils n’avaient ni cervelle ni cœur …
Ils doivent être assoiffés de sang.

Ces gens écrivent dans les journaux et racontent leur propre version de l’histoire.
Les Apaches n’ont personne pour raconter la leur. »

Eskiminzin  (1)

 

"The resolution of the Syrian crisis will only be possible through war" : la solution de "la crise" en Syrie ne sera possible qu'à l'issue d'une guerre...

Je partage cette conclusion, ou prémonition, formulée par Semen Bagdasarov, directeur du  "Center for Middle Eastern and Central Asian Studies" ; lors des dernières négociations Lavrov-Kerry à Genève. (2)

Des heures de discussions sur l’organisation d’une période de trêve en Syrie, entre le représentant du gouvernement légitime et celui d’une myriade de milices mercenaires déguisées en "rebelles" ou "opposants au régime".

Qui n'a même pas tenu une journée...

Chacun de nous savait qu’aucun accord n’était possible. Tout autant que les négociateurs eux-mêmes. Malheureusement pour la Nation Syrienne...

 

La Praxis du Prédateur

Deux évidences :

  1. i) A aucun moment les USA et l’OTAN n’allaient abandonner sur le terrain les mercenaires qu’ils recrutent, entraînent, arment, équipent, soignent, et financent (directement, ou indirectement, en puisant dans les caisses de leurs colonies du Golfe). Depuis plus de 5 ans…

Notre ancien ministre des Affaires Etrangères (1984 - 1993), Roland Dumas, confirme que dès 2009 des responsables britanniques  lui avaient annoncé "l’invasion de la Syrie". Le sollicitant de participer à cette opération d’envergure pour le "Bloc Occidental".

Avec de gros moyens : financiers, militaires, logistiques, sur fond de "sanctions économiques" pour ceux qui s'y opposeraient et d'une colossale campagne de désinformation couvrant des dizaines de pays.

En comparaison, la destruction de la Libye représenterait des manœuvres militaires de dimensions modestes... (3)

 


 

ii)  Non pas par scrupules quant au respect de contrats avec des voyous et des tueurs venus de tous les horizons. Selon une récente étude effectuée par le centre de recherche allemand Center for German Studies "Firil", il y en aurait eu, depuis le début de "l'invasion" : 360.000 issus de 93 pays.

La majorité en provenance d'Europe et d'Amérique : 215.000. L'Arabie Saoudite en fournissant 25.000. A ce jour 90.000 auraient été tués, et autant blessés plus ou moins grièvement ; avec évacuation et traitement dans les Etats limitrophes de la Syrie, y compris en Israël. (4)

Encore moins, par scrupules quant au respect d’engagements à l’égard d’une "coalition" de pays asservis pour lesquels la caste dirigeante des USA n'éprouve que le plus complet mépris ; la France, dans le même sac que les satrapes corrompus du Golfe...

Mais, tout simplement, par stricte application d’une géopolitique idéologiquement coloniale qui est de démanteler et contrôler tous les Etats de la région, en pillant leurs immenses ressources énergétiques (s’arrogeant, de fait, un rôle dominant sur ce marché à l'encontre, plus particulièrement, de la Russie et de la Chine) et les maintenant dans le sous-développement.

Le tristement célèbre "plan" Oded Yinon, dès 1982 - 34 ans déjà…, annonçait la volonté des occidentaux de dépecer, entre autres pays du Moyen-Orient, la Syrie. Le démembrement de l’Irak et de la Syrie étant considéré comme des priorités. Opération minutieusement exposée dans l’ouvrage : A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (ISBN 0-937694-56-8). (5)

Alors, pourquoi ce cirque diplomatique ?...

Lire la suite…

Source : http://stanechy.over-blog.com/2016/10/syrie-la-praxis-du-...

 

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Enfin, quelqu’un d’autre nous a signalé un article déjà ancien, mais qui n’en est que plus éclairant, de Marie-Ange Patrizio, qui a rencontré au MUCEM, à Marseille, il y a plus de deux ans et demi, quelqes-uns des signataires-la-main-sur-le-cœur de la lettre humanitaire, déjà grands résistants – d’assez loin – au « régime fasciste » syrien. Voici son reportage, tel que l’a publié en son temps Palestine-Solidarité :

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem

par Marie-Ange Patrizio

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Jeudi 27 février 2014

L’information sur les pays en « révolution » (hors zone Otan où il n’y a pas de révolution) est généralement étayée, dans nos médias, par des analyses de journalistes spécifiés pour l’occasion indépendants, et de chercheurs, le plus souvent politologues, tenant le rôle du spécialiste dont le savoir scientifique rigoureux viendrait garantir l’impartialité.

Ces feuilletons quotidiens doivent parfois être complétés par un Temps Fort, où des artistes et écrivains, plus ou moins clandestins dans leur pays d’origine et réfugiés officiels ici, apportent leur contribution au récit.

« Visages de Syrie. La vie qui résiste »[1] au Mucem de Marseille, en a donné un exemple récemment avec « quelques figures emblématiques de Syrie, des artistes et personnalités culturelles au coeur du questionnement pour la liberté de pensée et de création. Des hommes et des femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille, et pensent et créent en dépit de l’explosion des violences. […] En partenariat avec Le Monde », et Christophe Ayad dans le rôle du journaliste indépendant.

En bref : redire « les manipulations du régime et l'inconstance des États démocratiques, dont la faiblesse du soutien a contribué à renforcer la présence et la légitimité d'organisations islamistes, comme... le Front de Soutien » [2]

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Les Amis de la Syrie

 

Extraits d’échanges informels dans l’auditorium et de propos à la tribune ; et commentaires et questions y afférents.

Samar Yazbek, écrivain « réfugiée à Paris depuis l’été 2011 » était ici une des « femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille ». Sa vitalité n’arrivera pas ce jour-là à retenir la salle, qui se vide discrètement au fur et à mesure du documentaire puis de l’interview où elle explique sa passion pour l’écriture et la liberté ; la lecture de son roman Un parfum de cannelle[3] va m’aider ensuite à appréhender sa démarche.

Extrait de la 4ème de couverture :

« Hanan al-Hachimi, bourgeoise oisive et aisée» découvre « la jeune Alya, sa servante, en pleins ébats avec [son vieux mari honni] ! Si le jour, l’une exerce son pouvoir sur la domestique […], le soir venu, les rapports s’inversent, et les deux femmes s’adonnent secrètement aux plaisirs saphiques avec une étrange volupté […]. Ce roman sulfureux d’un écriture réaliste bouleverse l’ordre établi de la société syrienne en y dénonçant les conditions réservées aux femmes ».

 
  Au bout des 122 pages, si on se demande où est la censure d’un régime qui a laissé S. Yazbek écrire et publier 4 romans « dénonçant l’ordre établi » etc., on comprend vite par contre pourquoi ça n’est pas dans les monarchies du Golfe, dénonçant pourtant elles aussi l’ordre établi d’Assad, que l’auteur a cherché asile.

Yassin Al-Hadj Saleh est, lui, présenté – et traduit – par le politologue libanais Ziad Majed : « médecin et écrivain, engagé de gauche dans une fraction du PC qui était opposée à Assad (père) » il a été pour cela emprisonné pendant 16 ans. À sa libération, « par défi », il a repris des études de médecine interrompues par son arrestation, et passé ses examens ; « mais n’a jamais exercé ensuite, et a opté pour l’écriture ; il était devenu un des meilleurs écrivains syriens et même arabes » ; « les plus grands journaux se disputent ses contributions »[4] « Il a vécu dans la ghouta de Damas quand elle a été libérée par des jeunes combattants de la région [entendre : pas les fous furieux décrits et manipulés par le régime, nda] et encerclée ensuite par l’armée ; puis a quitté la ghouta pour aller à Raqqa, tenue par l’EIIL (État Islamique en Irak et au Levant), où se trouve aussi notre ami (sic) le Père Paolo retenu (re-sic) par l’EIIL. ». C’est donc possible de quitter la ghouta encerclée par l’armée, puis Raqqa tenue par l’EIIL, quand on est un écrivain et opposant « de gauche » «  très connu en Syrie et dans l'ensemble des pays arabes ».

Majed (traduisant longuement Saleh) explique en plusieurs points le fascisme du régime syrien, et évoque « des photos qui commencent (sic) à sortir des prisons, photos de 11000 détenus soumis à la torture »[5].

 Mais ces horreurs non plus n’arrivent pas à saisir l’attention de toute l’assistance ; une dame devant moi fait des mots croisés sur son Ipad, un homme dort au bout de ma rangée, quelques personnes, dont certains intervenants aux séances précédentes, entrent et sortent ; Mr. Burgat, en haut de l’auditorium, a remis son chapeau : c’est vrai qu’on sent un courant d’air.

En bas, à la tribune, lapsus sur le Golan : « Le régime a utilisé cet argument là, en fait cette réalité-là » : mais oui, le Golan est occupé, ce n’est pas qu’un argument du régime. Majed-Saleh démonte longuement les thèses conspirationnistes d’un régime qui est arrivé à endormir sa population en détruisant ses propres monuments historiques, tirant sur ses propres soldats, conscrits et officiers, et sur les gens qui manifestent pour lui, ou contre lui, en torturant (puis photographiant), terrorisant, privant de médicaments, affamant, gazant et bombardant sa propre population, etc. Dans l’indifférence de la communauté internationale.

 
Entracte.

 

J’avais entendu l’ex-directeur de l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), François Burgat, aux Matins de France Culture le 26 décembre 2013, sur le thème « Et pendant ce temps en Syrie… »[6],  puis sur France Inter[7] la veille ; noté aussi le lancement, grâce à un financement européen, du projet Wafaw[8] par un “Kick-off meeting” à Amman les 5-6 Octobre 2013[9].

Pendant l’entracte, je vais poser quelques questions à Mr. Burgat :

1) Quand avait-il été au camp de Zaatari en Jordanie, pour l’interview du « capitaine déserteur de la Garde Républicaine » ?

          Réponse immédiate : « 22 novembre, c’est pour ça que l’entretien n’est pas dans le livre »[10].

2) Quand avait-il quitté Damas ?

          « Janvier 2012 ».

3) Était-il à Damas le 13 novembre 2011 ? 

          « …oui sans doute ».

4) Se souvient-il du dimanche 13 novembre à Damas ?

          Apparemment non.


Rappel : énorme manifestation après la suspension de la Syrie, le 12 novembre, de sa qualité de membre, par la Ligue arabe [11]. Je dis combien cette manif était impressionnante.

          « Ah oui ! c’étaient des fonctionnaires et des scolaires, on les avait amenés en bus de toute la Syrie, j’étais au Qassioun, on s’est amusé à compter les centaines de cars, et d’ailleurs je n’ai pas pu repartir [en voiture], j’étais bloqué par les bus ».

Je raconte brièvement ce que j’ai vu, en ville, à pied : des manifestants de tous âges, avec, en effet, une majorité de jeunes, joyeux, chaleureux ; j’étais avec une vidéaste algérienne qui filmait et traduisait ce que les gens venaient nous dire ; j’ai fait des photos… 

          « Moi aussi j’ai beaucoup de photos, elles sont sur mon site ».

Pas trouvé de site, peut-être un compte Facebook ?

          « Mais les gens étaient embrigadés, vous savez, c’est ça la dictature ».

Sur l’embrigadement par la dictature, je parle des chiffres donnés par la CIA, en mai 2013 : 70% de votes en faveur d’Assad en cas d’élections.

          « Oh, la CIA, vous savez… »

Mon interlocuteur tourne les talons et descend à la tribune, pourtant vide à ce moment-là. Mais je me suis trompée, ce n’est pas la CIA qui a publié ces chiffres ; c’est l’OTAN, où Mr. Burgat, d’après wikipedia, est conférencier.

C. Ayad, venu se mêler à notre conversation, me dit « je serais curieux de savoir où vous avez trouvé ces chiffres » mais rejoint son ami sans attendre la réponse[12].

Nous reviendrons sur les propos tenus hors micro par l’ex-directeur de l’Ifpo, propos impromptus dont je le remercie.

Dans une mise à jour du 21/10/2011 du site de l’Institut, on apprend que « Le site de Jisr al-Abyad (Damas) est définitivement fermé depuis septembre 2011 » puis, dans la mise à jour du 27/10/2011, que « le site de l’Ifpo Abou Roumaneh est provisoirement fermé au public (depuis juillet 2011) »[13].


   Un site peut être « définitivement fermé » pour des raisons banalement financières, et on se félicite de la bonne gestion de notre administration. Et l’autre « provisoirement fermé » pour des raisons politiques, datant de la deuxième guerre mondiale, paraît-il : tout changement important dans l’Institut doit avoir la signature des deux présidences, syrienne et française. Même pendant la crise de Suez, en 1956, l'Institut (alors Ifead) avait suspendu ses activités mais gardé le personnel syrien dans les locaux. Actuellement, le personnel syrien devrait donc toujours être en poste (à domicile), disponible pour toute réquisition y compris à Beyrouth où l’administration a été transférée[14]. Mais depuis le début de la crise en mars 2011, l'administration avait interdit à ses employés syriens de manifester : que ce soit pour ou contre le régime. Démocratie à la française, qu’on veut apporter – pas en bus – aux Syriens.

 

Mais même avec un Institut fermé, le directeur peut avoir fait quelque séjour dans la capitale syrienne jusqu’en « janvier 2012 ». Soit officiellement, et on ne manquera pas de remarquer la tolérance du « régime » qui laisse un fonctionnaire notoire des Affaires étrangères d’un pays qui a rappelé son ambassadeur et fermé toutes ses installations, aller « s’amuser à compter les bus » les jours de manif. Soit discrètement, et on notera alors l’incompétence des forces sécuritaires, pourtant décrites comme redoutables, qui ne voient pas nos agents même quand ils sont bloqués dans les embouteillages du Qassioun, ou ailleurs.

Soit Mr. Burgat n’était tout simplement pas à Damas le 13 novembre 2011. Et qui le lui reprocherait ?

 

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Damas

 

Revenons sur les éléments rapportés par celui qui a dirigé pendant 4 ans des « chercheurs [qui] ont développé un savoir scientifique rigoureux »[15].
Des « centaines de cars » ont amené les « fonctionnaires et scolaires» :

- sachant que le nombre des manifestants a été estimé entre 1 et 1,5 million de personnes ; si, prudemment, on retient le chiffre le plus bas (genre OSDH) et qu’on le divise, mettons, par deux pour ne garder que la moitié des manifestants comme ayant été « amenée », cela ferait dans les 500.000 personnes dans des bus.

- sachant qu’un car – grand modèle – a environ 70 places mais que dans une dictature on n’ira pas se gêner pour y entasser 100 personnes, il aurait donc fallu, estimation minimale, 5000 cars pour amener les gens, « de toute la Syrie », manifester à 10h du matin à Damas.

Admettons que le parc des bus syriens possédait au moins 5000 véhicules en novembre 2011, avant que le régime (selon la logique de tous les intervenants du Mucem ce jour-là) ou les terroristes (selon la propagande complotiste du régime) n’en fassent sauter pas mal dans des attentats, de préférence avec ses occupants.

 - Sachant par ailleurs qu’un autobus est long d’environ 12 à 15 mètres et qu’avec les dégagements pour se garer, il faut 13 à 16 mètres de stationnement minimum disponibles par bus, on peut garer 62 à 76 bus par kilomètre. Pour garer 5000 bus, il faut de 65 à 80 kilomètres de route

 - Sachant que le bout de l’unique route du Mont Qassioun est à 8 Kms environ (estimation large) de Damas, sans espace qui puisse servir de parking en dehors du bas-côté (d’un seul côté et pas partout), on peut s’interroger sur la rigueur scientifique des observations et du raisonnement apportés ici, quoique hors micro, par un de nos éminents spécialistes. Je ne dis pas l’exactitude ou la vérité ; seulement la plausibilité des propos.

Les manifestants, d’après Mr. Burgat, étaient majoritairement des fonctionnaires et scolaires : beaucoup d'administrations avaient fermé ce jour-là et donc « libéré » le personnel en donnant, du même coup, congé aux écoliers et étudiants. D’après mes observations tout à fait empiriques, il y avait en effet plutôt une majorité de jeunes, et, pour le reste, des hommes et des femmes de tous âges, qui  ne défilaient pas en groupes encadrés et organisés, loin de là : les gens manifestaient avec enthousiasme, gaieté, parfois ferveur et détermination, mais en tous cas dans un grand désordre. Le Baas et la mairie (dit-on) distribuant des bouteilles d'eau car ça a duré longtemps.

Des jeunes manifestaient encore en fin d’après-midi près des Omeyyades : j’en ai photographié parcourant le souk avec le portrait du président et chahutant… en faisant des bulles de savon. Comportement peut-être typique en Syrie de ces gens embrigadés par un « régime fasciste », ou bien forcés de manifester (et faire des bulles de savon) contre leur gré. Les chercheurs sociologues et politologues du Wafaw[16] nous expliqueront peut-être ces comportements dans des séminaires et publications scientifiques (donc impartiaux) que nous finançons via l’UE.

Précisons à propos du 13 XI que l’appel à descendre dans la rue avait été lancé la veille au soir, notamment par le parti Baas et des organisations étudiantes. Une efficience étonnante malgré la désorganisation constatée ensuite sur le terrain. On imagine le temps qu’il aura fallu pour faire remonter ces centaines de milliers de gens dans les bus…

Les chercheurs et politologues avertis diront, à juste titre, que quand on débarque à Damas, comme moi, la veille de ce genre de manif, on n’a pas forcément, pour observer et analyser les événements, cette base de la rigueur scientifique que sont le recul, la distance ; qu’ont par contre les chercheurs sur le terrain. Notamment du haut du Qassioun ; mais au risque de ne pas entendre et voir les manifestants chanter, danser, faire des bulles, manger des sucettes, puis s’immobiliser au son de l’hymne national et scander « Souria ! », ou nous demander d’où on vient et nous dire alors en riant « Sarkozy, Joupé…[et geste de ce qu’on écrase sous le talon] ! ». Tous embrigadés.

Et moi avec, parmi ces « intellectuels subissant les ravages de la propagande » comme l’a ensuite déploré Mr. Burgat dans son intervention à la table ronde géopolitique, sachant qu’au moins une personne dans l’assemblée était perplexe sur ses observations.

Perplexe aussi face aux témoignages trouvés par le chercheur. Comme celui de ce « capitaine de la Garde Républicaine », réfugié depuis 2 ans et demi au Camp de Zaatari[17], à la frontière jordanienne où F. Burgat me dit qu’il repart « dans quelques jours, car on ne peut plus aller en Syrie, mais en Jordanie, on peut y aller facilement » ; surtout avec un financement du Conseil Européen de la Recherche[18].

 
Questions après lecture du témoignage :

- Pourquoi le pouvoir envoie-t-il un capitaine de la Garde Républicaine désarmé se faire tirer dessus par les « hommes du colonel Hafez Makhlouf, de la sécurité d’État » alors que l’armée syrienne est une armée de conscription et qu’on pouvait envoyer de pauvres bidasses plus faciles à berner, à tuer et dont le sacrifice coûte bien moins cher ? Parce que dans l’armée syrienne, les capitaines des unités d’élite sont toujours en première ligne ?

- Pourquoi avoir ensuite laissé les militaires – capitaines ou pas, loyaux ou pas mais armés, cette fois – tuer « les hommes de Makhlouf » afin – ou au risque – de découvrir « ce que faisait exactement le régime » ? Pour tester leur loyauté ? Pour provoquer des désertions ? Pour faire le ménage chez Makhlouf ? Le régime a donc beaucoup d’officiers en réserve pour faire de tels paris.

- Sachant que nos journalistes et même notre ministre des Affaires Etrangères[19] étaient allés à Zaatari, comment donc notre capitaine a-t-il dû attendre du printemps 2011 au 22 novembre 2013 qu’un « advanced grant » arabophone vienne enfin l’interviewer sur ce qui lui est arrivé ? À temps, pour Genève II.

 

   Quels récits aurons-nous maintenant ? Les journalistes non arabisants se chargent d’interviewer (par téléphone) des jeunes de nos banlieues partis faire une croisade inversée ; on arrivera même à en faire passer quelques uns pour des Brigades Internationales. Les spécialistes arabophones vont, sur le terrain, se charger des « témoignages » plus recherchés : quelques combattants islamistes plus présentables que ceux que nous montre, voire manipule (cf. Majed et Burgat) le régime ? Des démocrates pacifiques des classes moyennes ? Si possible quelques « communistes » (maintenant appréciés par nos médias, surtout quand ils s’opposent à Assad en Syrie).

Tous, devant notre inaction, ayant dû prendre les armes : où ? « La communauté internationale ne leur a pas fourni un seul stinger, même pas au marché noir (sic) » (Majed). Tous Syriens ; que « le régime [avait] montés les uns contre les autres », enfin unis si ce n’est à Paris ou à Genève, au moins dans les camps de réfugiés (jordaniens de préférence, pour ne pas avoir le Hezbollah dans les pattes).

De quoi justifier qu’il faut armer les  « rebelles », puisque jusqu’à présent « la communauté internationale n’a rien fait » : ah bon ? Rien, l’embargo économique étasunien depuis 2003 et européen depuis septembre 2011 ? Pour ne parler que de ce que nos gouvernants et leurs spécialistes assument au grand jour.

Dernier acte : « Que se passe-t-il sous nos yeux en Syrie ? » que nous persistons à ne pas voir. Ayad présente : Basma Kodmani « chercheur engagée en sciences sociales, fondatrice et directrice de l'Initiative de Réforme Arabe[20], fondé avant la révolution », « revenue [maintenant] à sa recherche » ; François Burgat « que j’ai rencontré il y a 20 ans déjà » (petit échange de coquetteries avec l’ami de 20 ans qui fait rire la salle), «  qui a produit énormément de travail en sciences sociales » ; Ziad Majed, « politologue libanais, enseignant à l’Université Américaine de Paris, qui a eu des responsabilités politiques au Liban » mais on ne nous dira pas lesquelles. Et Y. Al-Haj Saleh, « écrivain, médecin etc. ».

La tribune, où tout le monde se tutoie, revient une dernière fois sur une clé de la rencontre, « le récit fait par le régime » : « son effort de propagande est à la mesure de son manque de légitimité » (Kodmani). Proposition qu’une logique scientifique interrogerait pour toutes les parties, y compris celle, unanime et univoque, représentée ici.

En quittant la séance vers 20h, je m’enquiers auprès du vigile du nombre d’auditeurs : 113 personnes (tribune comprise), dans une salle de 300 places. Petite audience malgré une entrée « libre » dans un des plus beaux (et très médiatisé) lieux de la ville. Mais les bus sont rares le samedi soir dans notre Marseille démocratique et si peu corrompue. Et personne n’était obligé de venir. D’autant qu’on trouve le même récit en boucle dans tous nos médias.

Et il pleuvait.

m-a patrizio
Marseille, 27 février 2014

_____________________

[1] http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2007411/Visagesde...

[2] Blog de « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2013/12/03/syrie-temoignage-... .

[3] Disponible à la BMVR de Marseille.

[4] Cf. Ziad Majed : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=73&a... ; et, non mentionné par Majed, son troisième livre a été récompensé par la Fondation Prince Claus des Pays-Bas, voir (encore) « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/09/09/un-opposant-syrie... .

[5] « [Le photographe] aurait fait sortir les images du pays en les transmettant à un contact au sein d'un groupe d'opposition soutenu par le Qatar. Après l'avoir rencontré à trois reprises lors des dix derniers jours, les experts l'ont jugé « crédible »  et « sincère ». » http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/20/sy.... Selon d’autres sources, non démenties, le rapport a été commandé au « cabinet Carter-Ruck [qui] a admis travailler pour le Qatar. Surtout, le cabinet Carter-Ruck ne rend accessibles que 10 des 55 000 photographies qu’il décrit » http://www.voltairenet.org/article181850.html .

[6] http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-...

[7] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?article2252

[8]  « Wafaw, Un programme financé sur quatre ans (2013-2017) par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) – advanced grant. » http://www.wafaw.org/about/french/

[9] http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-...

[10] « Pas de printemps pour la Syrie : les clés pour comprendre les acteurs et les défis de la crise » : ouvrage collectif, sous la direction de F. Burgat avec Bruno Paoli, décembre 2013.

[11 Dont elle est un des 7 pays fondateurs.

[12] Voir http://www.worldtribune.com/2013/05/31/nato-data-assad-wi... (31 mai 2013) repris sans modification jusqu’en décembre 2013: “The data, relayed to NATO over the last month, asserted that 70 percent of Syrians support the Assad regime. Another 20 percent were deemed neutral and the remaining 10 percent expressed support for the rebels”.

[13] http://www.ifporient.org/node/134 .

[14 ] Mais quand l’ambassade de France à Damas avait fait l’objet de quelques actes de vandalisme, le 11 juillet 2011, l’administration de l’Ifpo avait refusé la protection de l’armée syrienne…

[15] http://www.ifporient.org/node/1

[16] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?rubrique400

[17]  Supra note 3.

[18] Supra note 7, et Kick-off meeting in Amman (5-6 October, 2013)  http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-6-october-2013/ 

[19] Voir la visite de L. Fabius en août 2012 : http://www.youtube.com/watch?v=OQ_fs_YO0cs

[20] Voir détail : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bassma_Kodmani

 

Source : http://palestine-solidarite.org/analyses.marie-ange_patri...

2. BI-LOGO.gif

Où Israël Shamir nous reparle du fameux « game of chicken »

 

Et c’est un Shamir des grands jours.

[« … mais ce sont quand même, à la base, toujours les bons vieux membres d’Al Qaïda, ceux qui ont pas mal secoué New York le 11 septembre, et qu’on a bombardés en retour en Afghanistan, en Libye et en Syrie »…  ??? Ne chipotons pas.]

C’est long, mais n’en perdez pas une miette. Si le président V.P. doit nous renvoyer nos missiles sur la figure, nous mourrons intelligents.

 

Poker nucléaire

Israël Adam Shamir – 10 octobre 2016

Entre la plume et l’enclume – Traduction Maria Poumier

 

11. Paris bombardé.jpg

 

Si la plus grande partie de poker de tous les temps devait se terminer par une grandiose claque nucléaire, et si les survivants passaient en revue les causes de la Troisième Guerre mondiale, ils en mourraient de rire. La Troisième Guerre mondiale, ils l’auront  déclenchée pour sauver al Qaida. Oui, mon cher lecteur, l’oncle Sam a envahi l’Afghanistan pour punir al Qaida, et maintenant nous avons déclaré la guerre mondiale pour sauver al Qaida. Ce n’était qu’une histoire d’amour/haine entre le gentleman américain et la jeune fille arabe, avec des ambivalences et de la passion, depuis le 11 septembre jusqu’à Alep : la belle affaire ! 

Pour les historiens à venir, la Troisième Guerre mondiale aura commencé avec la décision US de mettre fin aux discussions bilatérales avec la Russie à propos de la Syrie. Laissons parler les armes, pour trancher le débat, disaient-ils. Voici une révélation en exclusivité :

Les US ont décidé de suspendre les pourparlers après que la Russie a appelé au  retrait des combattants d’al Qaida (Front al Nosra etc) hors d’Alep. Il était là, le casus belli.

J’ai en ma possession deux documents qui en font foi.

Lire la suite…

Source : http://plumenclume.org/blog/167-poker-nucleaire-par-israe...

 

2. BI-LOGO.gif

 

 

Mis en ligne le 12 octobre 2016.

 

 

 

 

18:33 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/10/2016

AH, SI LES FLORENTINS ÉTAIENT DES HOMMES !

1. Combat naval.JPG

 

« Ah, si les Florentins étaient des hommes ! »

Musset, Lorenzaccio

 

Coup de gueule individuel à deux baffes de quelqu’un aux Grosses Orchades.

NON ! NON ! NON ! TROP C’EST TROP.

 

2. Spew.GIF

 

On a reçu ça, d’un  site qu’on a imprudemment recommandé à nos lecteurs :

 

Peuples d’Europe, Debout !

EditeurRusReinfo 8 octobre 2016

 

3. Bastille.jpg

 

Votre résistance, européens, est admirable: Envahis par des centaines de milliers de personnes ne partageant ni ne respectant ni votre mode de vie ni votre culture, chaque jour agressés, violés, bafoués, humiliés, tués, aveuglés au point de ne pas voir que vos gouvernements non seulement ne vous défendent pas mais défendent ceux qui vous envahissent, vous restez passifs, ne pensant qu’à profiter des quelques restes de ce que fût votre confortable mode de vie d’il y a quelques dizaines d’années.

Tout comme pour les « sanctions » contre la Russie qui en fait largement profitent aux entreprises américaines alors que vos entreprises européennes en sont lourdement pénalisées, vous allez participer à une guerre qui n’est faite que dans l’intérêt des américains! La propagande anti-Russe qui vous est servie par chacun de vos media ne sert qu’à vous endormir et à vous faire accepter l’inacceptable.

Vos gouvernements pour la plupart ne sont soutenus que par une infime minorité de citoyens, alors que vos pays sont censés être des « démocraties » !...

Lire la suite…

Source : https://rusreinfo.ru/fr/2016/10/peuples-deurope-debout/

 

 

2. Spew.GIF

 

Ouak ! Beurk ! Blurps ! Pitié ! N’en jetez plus.

Que l’auteur soit M. Frakov, M. Fouché ou les deux, leur appel est à vomir.

D’abord, les peuples d’Europe ne sont pas admirables et ne résistent à rien.

Ensuite, si le ou les auteurs croient provoquer chez ces peuples un quelconque sursaut en les flattant sous la ceinture dans ce qu’ils ont de plus bas, ils se trompent et méritent des baffes.

« Votre résistance, européens, est admirable: Envahis par des centaines de milliers de personnes ne partageant ni ne respectant ni votre mode de vie ni votre culture, chaque jour agressés, violés, bafoués, humiliés, tués, aveuglés… »

est une honte. C’est une infamie.

Et où diable sont-ils allés chercher que nos gouvernements ne sont soutenus « que par une infime minorité », alors qu’ils le sont, au contraire, par l’immense majorité de ceux qui sont prêts à reconnaître tout ce qu’on veut pour le passé – oui, Robespierre avait raison, blablabla, oui, Garibaldi, oui, les Communards, gnagnagna – mais qui, pour le présent, sont trop contents d’avoir des François Hollande (et consorts) pour se charger des crimes nécessaires au maintien de leur niveau de vie, si médiocre soit-il, à n’importe quel prix payable par d’autres.

Les hordes au mode de vie spécial qui nous envahissent ne viennent chez nous que parce que nous sommes chez eux, à semer la mort et la désolation (et si nous n’étions pas chez eux à les piller, nous payerions davantage d’impôts, s’pas ?). Voir son pays rasé jusqu’au sol et rendu radioactif pour des millénaires est quand même un peu plus ennuyeux que se faire envahir par des gens qui ne mangent pas de cochon. Mais peut-être chez RusReinfo voit-on les choses autrement.

Qu’il me soit quand même permis de leur dire une chose : s’ils croient rendre service aux Russes qui se battent à notre place en prenant tous les Européens pour des clients de la fille au Pen, ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule. La Russie n’a nul besoin d’un allié mussolinien, eût-il la taille d’un continent. Allah, protège-les de leurs amis, leurs ennemis, ils s’en chargent !

Que dans les centaines de milliers de malheureux qui fuient sous nos bombes, il se glisse non seulement des gens qui n’ont pas de savoir-vivre mais aussi quelques douzaines de terroristes capables du pire, c’est indéniable. C’est même inévitable. Quand nos gouvernements n’auront plus besoin d’attentats terroristes, il n’y en aura plus. Quand on veut réinformer au nom de la Russie, c’est quelque chose qu’on devrait savoir.

Et lâchez-nous la grappe avec l’héroïsme bidon des peuples qui n’en ont rien à foutre ni de l’héroïsme ni de leurs semblables, pourvu qu’ils puissent continuer à aller se trémousser au Bataclan pendant que la moitié du monde baigne dans le sang ou crame vivant.  En attendant que le ciel leur tombe sur la tête.

Assez.

Et si vous continuez, je me désabonne.

 

2. Spew.GIF

 

Et comme si ça ne suffisait pas, au même courrier, que vois-je ? Ceci, sorti tout droit des officines nauséabondes de la propagande pentagonale :

 

La lettre d’écrivains, d’artistes et de journalistes syriens dénonçant les politiques étasunienne et russe.

Wayan - Le Saker Francophone 8 octobre 2016

Ils y dénoncent le fait que les deux puissances se soient débrouillées pour récupérer le combat de libération syrien sous l’alibi de la guerre contre le terrorisme.

Par des écrivains, artistes et journaliste syriens contre les politiques étasunienne et russe – Le 21 septembre 2016 – Source The Nation

4. Siege soup.jpg

 

Un groupe de 150 intellectuels syriens, composé principalement d’écrivains, d’artistes, d’universitaires et des journalistes, tous s’identifiant comme des opposants démocratiques laïques au régime syrien, ont publié la déclaration ci-dessous pour exprimer leur condamnation du rôle joué par Washington et Moscou dans leur pays. Parmi les signataires, on trouve des personnes mondialement connues tels que le professeur à Paris Sorbonne, Burhan Ghalioun, qui fut le premier président du Conseil national syrien en 2011-2012 ; le romancier primé Samar Yazbek, dont les travaux sont publiés dans de nombreuses langues ; le célèbre intellectuel syrien, Sadik Jalal Al-Azm ; Farouk Mardam-Bey, un écrivain qui édite la plus importante collection dédiée au monde arabe en France ; le dramaturge Mohammad Al-Attar ; et Yassin al-Haj Saleh, une voix indépendante de premier plan dans l’opposition syrienne. Voici cette lettre.

Lire la suite (si on veut)…

Source : http://lesakerfrancophone.fr/la-lettre-decrivains-dartist...

 

2. Spew.GIF

 

Les élites intellectuelles syriennes qui écrivent dans The Nation, maintenant… Youpiii. Quel courage !

Et s’ils allaient se battre un peu, ces bons apôtres ? Les jeunes gens qui se font trouer la peau pour protéger leur farniente de kollabos planqués pourraient aller lire des livres à la place et, qui sait, peut-être même survivre.

Si au lieu d’avoir en face d’eux Bachar el-Assad ils avaient eu affaire à Saint-Just, c’était le mur et douze balles tout de suite, et avec raison. [Les Chinois, peuple sage, se contentent désormais d’une seule. On les comprend. Au prix où elles sont, et quand on sait qui elles engraissent.]

Quant à Wayan, il est regrettable que l’idée ne lui soit même pas venue de demander au Saker ce qu’il pense de ce genre d’immondice avant d’utiliser son nom et sa réputation à tort et à travers. Ceci vaut pour tout le Saker Francophone et en général. Il y avait longtemps que j’avais envie de le dire et je n’y reviendrai plus.

Quant on est nul à ce point-là, on ne se mêle pas de vouloir informer les autres, on va faire ses classes d’abord.

Ouak ! Beurk ! Blurps !

Oui, je m’énerve. Depuis trop longtemps le SakerF publie, sur un pied d’égalité, le pire mélangé au meilleur, comme si c’était sans importance.

Il est consternant qu’il n’y ait pas, dans toute cette équipe, une seule personne en possession de quelques notions de base et d’une poignée de principes moraux. qui seraient pourtant un strict minimum.

On me rétorquera qu’« on ne censure personne par souci de démocratie ».

Démocratie, mon cul !

La confusion et l’irresponsabilité n’ont rien à voir avec la démocratie. Elles sont juste ce qu’il faut pour la rendre impossible.

 

2. Spew.GIF

 

« Sparte brille comme un éclair dans des ténèbres immenses. »

Robespierre

 

Sparte.

Les écoles de Staline.

Celles de Fidel Castro.

 

Pour nous, trop tard, rideau.

 

Théroigne.

 

 

 

Mise en ligne le 9 octobre 2016.

Jour des citations amères.

 

 

 

 

15:17 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

07/10/2016

ULTIMATUM

1. SS. Hangover.JPG

 

La barre des enjeux monte

En réponse à leurs menaces nucléaires, Vladimir Poutine jette le gant aux USA :

Ultimatum

Rostislav IshchenkoRIA Novosti 5 octobre 2016

Traduit du russe par J. Arnoldski pour Fort-Russ

 

2. Ultimatum.jpg

 

Suite au décret du président de la Fédération de Russie de suspendre le respect des accords avec les États-Unis sur l'élimination du plutonium de qualité militaire par la Russie et la présentation du projet de loi correspondant à la Douma d'État, les controverses ont commencé dans les médias aux fins de savoir si cette décision est liée à la rupture de l'accord sur la Syrie. La seconde pierre d'achoppement est une question : Pourquoi la Russie, après avoir su que les États-Unis ne remplissaient pas leur part de l'accord [sur le plutonium, NdE], ne réagit-elle que maintenant, après plusieurs années ?

Certains experts nucléaires affirment que l'accord était objectivement bénéfique pour la Russie. Peut être. Je ne suis pas un expert dans ce domaine et il est difficile pour moi de juger de leur objectivité. En outre, ce qui est bénéfique du point de vue de l'industrie nucléaire peut être désavantageux du point de vue de la sécurité.

En principe, je pense qu'il n'y avait pas de problèmes de sécurité particuliers. La Russie dispose d'un arsenal nucléaire suffisant, capable d'infliger un coup mortel aux États-Unis. Washington le reconnaît d’ailleurs. Il y avait aussi plus que suffisamment de matériel pour la production de nouvelles têtes d’ogives. Dans le cas d’échange de frappes nucléaires à grande échelle, la production d'un autre lot d'armes serait déjà redondant et, en effet, physiquement impossible. Le vrai problème serait de préserver physiquement les vestiges de la civilisation au moins au niveau de l'âge de pierre.

Quant à la Syrie, ce n'est pas la première fois, et ce n’est pas seulement en Syrie, que les États-Unis ne concluent des accords que pour perturber leur application et ensuite les conclure à nouveau. La forme de la réaction russe n’est évidemment pas comparable au rejet public de coopération de Washington qui, en réalité, reste encore à faire.

Je pense que pour comprendre l'ampleur de cet incident, il est nécessaire de prêter attention au fait que Poutine n'a pas résilié purement et simplement un contrat signé par la Russie, il a annoncé la possibilité d’y revenir, mais il a fourni certaines conditions.

Regardons ces conditions: (1) les États-Unis doivent lever toutes les sanctions contre la Russie; (2) une compensation devrait être accordée, non seulement pour les pertes dues aux sanctions américaines, mais aussi pour les pertes subies à cause des contre-sanctions russes; (3) la Loi Magnitski devrait être abrogée; (4) la présence militaire des États-Unis en Europe de l'Est devrait être fortement réduite; et (5) les États-Unis devraient abandonner leur politique de confrontation avec Moscou. Un seul mot convient pour déterminer l'essence de la demande de Poutine : « ultimatum ».

Pour autant que je m’en souvienne, la dernière fois que Washington a reçu un ultimatum, c’était de la part du Royaume-Uni, à cause de l'incident du navire Trent. Et ce fut en 1861 pendant la guerre civile américaine. Même alors, dans des conditions extrêmement difficiles, l'Amérique a accepté de répondre partiellement aux demandes britanniques.

Il convient de noter que les demandes britanniques en 1861 ne contenaient rien d’humiliant pour les États-Unis. Le capitaine d'un navire de la marine américaine avait en effet violé la loi internationale, arrêté des gens sur un navire neutre (britannique), et ainsi empiété sur la souveraineté du Royaume-Uni, provoquant presque une guerre. Ensuite, l'Amérique a désavoué les actions de son capitaine et libéré les prisonniers, tout en refusant de présenter des excuses.

Mais Poutine ne demande pas des excuses ou la libération de quelques prisonniers, il exige le changement de l'ensemble de la politique américaine, et plus encore, le versement de compensations à la Russie pour les pertes dues aux sanctions infligées par les États-Unis. Ceci est une demande taboue, humiliante. Cette demande signifie essentiellement l’abandon complet et inconditionnel de la guerre hybride que Washington ne se résigne pas encore à considérer comme irrémédiablement perdue. Et il y a aussi tous les paiements des indemnités et des réparations.

Quelque chose de semblable a été, certes, demandé aux États-Unis par la Couronne britannique avant la fin de la guerre d'indépendance, quand les Américains étaient encore les sujets rebelles du roi George III. Mais au cours des 100 dernières années, personne n'a même imaginé parler à Washington sur un tel ton.

Et, donc, la première conclusion est : Poutine a délibérément et démonstrativement humilié les États-Unis. Il a montré qu'il est possible d’employer un ton dur avec les États-Unis, encore plus dur que celui que les États-Unis eux-même ont pris l'habitude d’utiliser envers le reste du monde.

Comment cela se fait-il ? À quoi Poutine a-t-il réellement réagi ? Avait-il pensé que les États-Unis réaliseraient l’accord Kerry-Lavrov et est-il maintenant bouleversé par ce qui est arrivé ? La Russie savait aussi que Washington n'avait pas observé l'accord du plutonium pendant des années, mais Moscou en a tiré un grand profit pour son industrie nucléaire en devenant presque un monopole mondial et n’est manifestement pas perturbé par le retard technologique des États-Unis les empêchant de disposer d'armes au plutonium tel que stipulé dans l'accord.

La réaction dure et presque immédiate de la Russie a suivi les déclarations du porte-parole du secrétaire d'État annonçant que la Russie va devoir commencer à renvoyer chez elle dans des sacs mortuaires ses troupes en Syrie, va commencer à perdre des avions, et que les attaques terroristes vont commencer à empoisonner les villes russes.

En outre, la déclaration du Département d'État a été immédiatement suivie par l'annonce du Pentagone disant qu'il est prêt à lancer une frappe nucléaire préventive sur la Russie. Le ministère russe des Affaires étrangères a, de son côté, indiqué que Moscou connaît l'intention des États-Unis de lancer une guerre aérienne contre les forces gouvernementales syriennes, ce qui signifie aussi, bien sûr, contre le contingent russe stationné légalement en Syrie.

Que trouve-t-on d’autre à l'arrière-plan de l'ultimatum de Poutine ? Les exercices d’il y a six mois impliquant la défense aérienne et antimissile et les systèmes de missiles stratégiques qui se sont entrainés à repousser une attaque nucléaire contre la Russie, puis à lancer une contre-attaque correspondante. Ajoutez à ceci les exercices d’urgence des jours derniers, qui ont impliqué jusqu'à 40 millions de citoyens russes pour vérifier l’état de préparation des infrastructures et de la défense civile en cas de guerre nucléaire, et qui leur ont fourni des informations supplémentaires sur le plan d'action à suivre en cas d’« heure X ». 

Si nous prenons tout cela ensemble, nous pouvons voir que les États-Unis essaient depuis longtemps, officieusement, d’effrayer la Russie avec un conflit nucléaire, et que Moscou a régulièrement laissé entendre qu'il est prêt à une telle éventualité et ne va pas reculer.

Toutefois, compte tenu de la fin du règne d'Obama et du manque de confiance absolue dans une victoire d’Hillary Clinton à l'élection présidentielle, les faucons de Washington ont décidé, une fois de plus, de parier plus gros. Aujourd’hui, les choses ont atteint une limite extrêmement dangereuse où le conflit en est arrivé au point où il peut se développer de façon indépendante. À ce stade, l'Armageddon nucléaire pourrait s’autodéclencher, à la faveur de n’importe quel incident résultant, par exemple, de l'incompétence de certains hauts responsables du Pentagone ou des administrateurs de la Maison Blanche.

À ce moment précis, Moscou a pris l'initiative de faire, de son côté, monter les enchères, mais en déplaçant la confrontation sur un autre plan. Contrairement à l'Amérique, la Russie ne menace pas de la guerre. Elle démontre tout simplement sa capacité à donner une réponse politique et économique dure qui en outre, en cas de comportement inapproprié des États-Unis, peut réaliser tout le contraire du rêve d'Obama : mettre en pièces l'économie et le système financier de Washington.

Par ces actions, la Russie compromet gravement le prestige international des États-Unis, en montrant au monde entier que l'Amérique peut être battue avec ses propres armes. Que le boomerang lui est revenu. Compte tenu de cette dynamique et de la tournure des événements, nous pourrions bien voir des centaines de représentants de l'élite américaine débarquer à La Haye, non seulement pendant notre vie, mais avant même que le prochain président américain ait servi son premier mandat de quatre ans à la Maison Blanche.

Les États-Unis sont face à un choix. Soit ils continueront leurs menaces et déclencheront une guerre nucléaire, soit ils accepteront le fait que le monde n’est plus unipolaire et commenceront à s’insérer dans le nouveau format.

Nous ne savons pas quel choix Washington va faire. L'establishment politique américain a un nombre suffisant de membres idéologiquement aussi aveugles qu’incompétents, prêts à brûler dans un feu nucléaire avec le reste de l’humanité, plutôt que de reconnaître la fin de l'hégémonie mondiale des États-Unis, qui s’est avérée être de courte durée, insensée et criminelle. Mais ils doivent faire un choix, parce que plus Washington prétend que rien ne s’est passé, plus le nombre de ses vassaux (qui sont appelés ses alliés, mais sont depuis longtemps enlisés dans la dépendance) vont ouvertement et explicitement ignorer les ambitions américaines et passer du côté des nouvelles perspectives d'arrangement du pouvoir mondial.

En fin de compte, les États-Unis pourraient se retrouver n’être plus qu’un des centres du monde multipolaire et en outre ne plus être en état d’assumer même ce rôle. Non seulement les Africains, les Asiatiques et les Latino-Américains, mais aussi les Européens ne seront que trop heureux de se venger sur l'ancien hégémon de leur ancienne humiliation. Et ils ne sont pas aussi humains ni épris de paix que la Russie.

Enfin, l'ultimatum de Poutine est une réponse à tous ceux qui ont été outrés que les chars russes n’aient pas pris Kiev, Lvov, Varsovie et Paris en 2014 et qui se demandaient ce que véritablement Poutine a dans la tête.

Je ne peux que répéter ce que j'ai écrit à l'époque. Si vous devez affronter l’hégémon mondial, il vous faut être sûr que vous serez capable de répliquer à n’importe laquelle de ses actions. L'économie, l'armée, la société, de même que l'État et les structures administratives devraient toutes être prêtes. Et si tout n’est pas entièrement prêt, il faut gagner du temps tout en se renforçant.

Maintenant, les choses sont claires et les cartes ont été mises sur la table. Voyons ce que les États-Unis vont répondre. Mais la réalité géopolitique ne sera plus jamais la même. Le monde a déjà changé. Les États Unis se sont vu publiquement jeter le gant et ils n’ont pas encore osé le ramasser.

Source : http://www.fort-russ.com/2016/10/raising-stakes-putin-sla...

Traduction : Anna S. pour A.S.I. et Les Grosses Orchades

 

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La Russie met en garde les États-Unis contre des frappes qui viseraient l'armée syrienne

Rédaction – RT Intl - 6 octobre 2016

 

4. US Air force.jpg

U.S. Air Force

 

Le ministère russe de la Défense a mis en garde la coalition dirigée par Washington contre des frappes aériennes contre l'armée syrienne, ajoutant que la Syrie avait sur son territoire des systèmes S-300 et S-400 de défense aérienne prêts à l'emploi.

Selon le ministère russe de la Défense, des frappes aériennes ou tirs de missiles contre les territoires contrôlés par le gouvernement syrien mettraient directement en danger le personnel russe.

 «Le personnel russe des systèmes de défense aérienne a peu de chances d'avoir le temps de déterminer les trajectoires exactes d'éventuels missiles et qui les a tirés. De plus, toutes les illusions d'amateurs sur l'existence d'avions "furtifs" feront face à une réalité décevante», a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov.

Il a également rappelé que la Syrie elle-même possédait des missiles S-200, ainsi que des systèmes BUK et que leurs capacités techniques avaient été mises à jour au cours de l'année écoulée.

Cette déclaration du ministère russe de la Défense répond aux «fuites» publiées par des médias occidentaux et selon lesquelles Washington envisagerait de procéder à des frappes aériennes contre les forces gouvernementales syriennes.

« Les informations selon lesquelles les initiateurs de ces provocations sont des représentants de la CIA et du Pentagone sont particulièrement préoccupantes », a ajouté Igor Konachenkov, invitant Washington à procéder à un «calcul approfondi des conséquences possibles de ces projets». 

Les avions de la coalition sous commandement américain ont bombardé les positions des forces gouvernementales syriennes le 17 septembre dernier, entraînant la mort de 83 militaires. 

Washington a déclaré que le raid aérien était une « erreur ». Damas a pour sa part condamné une « agression flagrante ».

 

5. S-300 en Syrie.jpg

 

Récemment, une batterie de missiles anti-aériens S-300 a été déployée en Syrie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères russe. L'objectif de cette batterie est de protéger une base navale et ses navires de guerre.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense a assuré que le système S-300 était un « système purement défensif » qui ne constituait « aucune menace ». La Russie a aussi des systèmes de défense antimissile S-400 sur la base de Khmeimim à Lattaquié dans l'ouest de la Syrie, à proximité de la frontière turque. Ils y ont été placés après que la Turquie abattu un avion bombardier russe SU-24 en novembre 2015.

Source : https://francais.rt.com/international/27271-russie-met-ga...

 

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Bon anniversaire !

Le président russe fête aujourd’hui ses 64 ans.

Gageons qu’il recevra beaucoup de cadeaux.

 

5. Poutine-Medvedev casual.jpg

 

Un insolite…

 

6. POUTINE DRESDE.jpg

 

Un graffiti illustrant M. Poutine, avec l’inscription « PACIFICATEUR » est apparu sur l’immeuble où le dirigeant russe a habité de 1985 à 1990, à Dresde, en Allemagne.

 

 

Une suggestion...

 


Pourquoi pas le Kremlin ? Il y a de la place.

Sans compter qu’ils auraient des festins à tous leurs anniversaires.

 

3. Mère Patrie-federation-100850860.gif

 

Ne croyez pas qu’il ne se passe rien en Belgique …

 

7. Affiche Fanchon.png

 

8 ter. FANCHON.GIF

 

J’ai entendu Fanchon chanter bien avant qu’elle devienne une amie. Depuis lors, sa voix n’a cessé d’évoquer pour moi ces chanteuses de barricades auxquelles Delacroix a rendu hommage. Oui, ce Delacroix dont les médiocres et les assis de notre siècle raillent la grandiloquence comme ils se gaussent du romantisme révolutionnaire. Je sais bien que le chant de combat n’est pas le combat lui-même mais quand sa rage et sa lucidité ne tombent pas dans le triomphalisme ou les nénies célébrant les victimes, il conforte aisément cette résolution de lutter contre la tyrannie du profit qui désertifie la terre et pollue la joie de vivre.

Que les chants renaissent du cœur en révolte contre un monde sans cœur, n’est-ce-pas à quoi aspirent secrètement des millions d’êtres colonisés par le désespoir, cette arme de tous les despotismes, et résignés à crever à genoux au lieu de se lever pour vivre debout ?

D’une vague apparemment anodine peut naître un tsunami. Nous ne voulons être ni guerriers ni martyrs. Nous voulons seulement une existence où l’être l’emporte sur l’avoir, où les libertés de la vie annulent les prétendues libertés du commerce (car il n’y a pas de liberté de tuer et d’exploiter). La conscience a ses marées. Elle est aujourd’hui au plus bas et l’on voit le pays des Droits de l’homme, entre deux ridicules d’État, rafistoler le cadavre du patriarcat et patauger dans les égouts sanglants du nationalisme. Ce n’est pas prophétiser que d’affirmer que cette conscience si proprement délabrée par la colonisation consumériste va se restaurer et réveiller les somnambules. Ne dit-on pas que parfois tout commence par des chansons ?

                                                                                     Raoul VANEIGEM

 

Qu’est-ce que fichtre peut bien être une oreille de trottoir ?.

N’importe, Fanchon Daemers est une artiste incomparable !

Si vous êtes à Bruxelles, allez l’écouter. VOUS NE LE REGRETTEREZ PAS.

 

 

Oui, bon, il n’y a pas assez de place à l’intérieur de la Borgne Agasse, mais notre petit doigt nous a dit que le trottoir sera chauffé.

 

3. Mère Patrie-federation-100850860.gif

 

Dernière minute :

La France est-elle menacée
par les choix militaires de François Hollande ?

Par Chantal Dupille (dite eva R-sistons)

A lire ici : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7682

 

 

3. Mère Patrie-federation-100850860.gif

 

 

Mis en ligne le 7 octobre 2016

 

 

 

 

19:09 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |