15/02/2016

BREAKING NEWS

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La Turquie attaque. Qui fait quoi ?

Allain Jules MamAfrika TV – 14 février 2016

La Turquie d’Erdogan et son armée, mettant en application ses menaces, a bombardé samedi des secteurs du nord de la Syrie contrôlés par les forces kurdes, désormais alliées au gouvernement syrien. Le drame dans cette affaire c’est que ce sont bel et bien des Kurdes de nationalité…syrienne. Voilà une vraie violation non seulement de la souveraineté syrienne, mais aussi du droit international. Quand on sait que ce pays a bombardé un avion russe qui n’était pas un danger pour lui, il y a de quoi se poser des questions. A quoi joue la Turquie ?

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Source : http://www.mamafrika.tv/blog/alerte-info-syrie-larmee-der...

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La Syrie et son État national : une victoire certaine

Par Émile Lahoud

Président de la République du Liban

de 1998 à 2007

Comité Valmy14 février 2016

 

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Malgré la férocité de la conspiration et de la guerre contre la Syrie, laquelle approche de sa cinquième année, je suis resté absolument certain que la victoire sera l’alliée de l’État national syrien. Et voici que les développements sur le terrain confirment mon attente.

J’ai appréhendé les signes de la conspiration contre la Syrie dès ma prise de fonction de Président de la république quand, au cours de ma première tournée arabe fin 1998, l’émir de Bahreïn, non encore déclaré royaume, me surprit en m’annonçant que le président Hafez al-Assad n’en avait plus que pour quelques semaines avant de rejoindre le Seigneur et que son successeur serait Abdel Halim Khaddam, non son fils Bachar ; ceci, en présence du chef de son gouvernement placé à ma gauche. Je lui avais assuré qu’Al-Assad allait bien et que ses informations étaient totalement fausses.

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Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6854

Voir les autres articles ici : http://www.comite-valmy.org/

Notamment celui-ci (notre soutien total à l’Académie !) : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6852

 

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63 ans après sa mort, et sans les mains, Staline plombe un candidat à la présidentielle US !

Le camarade Carson, candidat du Parti Républicain avait pêché sa « citation » de Staline sur un compte facebook d’extrême-droite

RT 14 février 2016

 

Ben Carson est un (excellent, paraît-il) neuro-chirurgien. Qui aurait peut-être mieux fait de se tenir éloigné de l’arène politique, ou alors de mieux choisir les membres de son équipe de campagne.

 

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C’est à Greensville, en Caroline du Sud, qu’il a commis cette bourde (pour lui) fâcheuse.

Citer des propos « anti-américains » de Staline peut être une bonne tactique, si vous êtes en train de perdre dans une campagne politique et que vous devez trouver dare-dare un autre appât à faire gober, mais… pas si la citation est fausse.

Le candidat à la présidence Ben Carson a oublié de réviser ses leçons avant d’aller prendre la parole au débat de samedi soir du GOP, où il a conclu ainsi sa dernière envolée : « Joseph Staline a dit si vous voulez vaincre l’Amérique vous devez y saper trois choses : Notre vie spirituelle, notre patriotisme et notre sens moral. »

 

 

 

Or, en voulant vérifier la citation, plusieurs medias ont fini par la retrouver sur… un compte facebook d’extrême-droite spécialisé dans ce genre de canards.

Aussitôt, les internautes de se déchaîner et les illustrations humoristiques de « la citation de Staline » de se mettre à pleuvoir. Vous pouvez en découvrir quelques-unes sur l’article d’origine.

Et le « camarade Carson » est éliminé. Déjà qu’il n’avait que 2.3 % de voix de soutien prévues…

« Il n’y avait pas besoin de vérifier pour savoir que la citation était bidon. » a tweeté l’internaute Ramesh Ponnuru.

Source : https://www.rt.com/usa/332421-carson-stalin-quote-debate/

 

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Vous n’aviez pas le droit de savoir que les banquiers peuvent aller en prison

Joe Clifford – Information Clearing House - 4 février 2016

 

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La crise et l’effondrement de 2008 se sont produits parce que de très grandes banques avaient spéculé sur des prêts frauduleux et risqués, qui se sont cassé la figure. Quand l’effondrement s’est produit, les banques se sont tournées vers le gouvernement fédéral, qui a aussitôt adhéré à l’idée que les banques sont bien trop grosses pour faire faillite, et les contribuables ont subventionné les banques pour des trillions de dollars. Personne ne sait combien au juste a coûté ce renflouement, mais voici une liste partielle des banques que vous avez généreusement tirées d’affaire :

 

Citigroup - $ 2.513 trillions   (1 trillion = 1 million de millions)
Morgan Stanley - $ 2.041 trillions
Merrill Lynch - $ 1.949 trillions
Bank of America - $ 1.344 trillions
Barclays PLC - $ 868 milliards
Bear Sterns - $ 853 milliards
Goldman Sachs - $ 814 milliards
Royal Bank of Scotland - $ 541 milliards
JP Morgan Chase - $ 391 milliards
Deutsche Bank - $ 354 milliards
UBS - $ 287 milliards
Crédit Suisse - $ 262 milliards
Lehman Brothers - $ 183 milliards
Bank of Scotland - $ 181 milliards
BNP Paribas - $ 175 billion
Wells Fargo - $ 159 milliards

Dexia - $ 159 milliards
Wachovia - $ 142 milliards
Dresdner Bank - $ 135 milliards

Société Générale - $ 124 milliards
« Tous les autres emprunteurs » - $ 2.639 trillions (voir plus haut)

Les contribuables n’ont pas été consultés et n’ont même pas été autorisés à donner leur avis, et ceci n’est qu’un exemple de la célérité avec laquelle les gouvernements peuvent répondre aux desiderata de la classe riche. Bien qu’il ait été de notoriété publique que les banques avaient menti, spéculé sur des prêts frauduleux et blanchi l’argent des cartels de drogue, personne n’a été poursuivi ni inculpé de rien, alors que des millions de citoyens se voyaient ruinés. Les banques, qui avaient commis toute une variété de forfaits, se sont juste adressées au gouvernement et lui ont demandé, le carnet de chèque à la main : combien voulez-vous pour éviter la prison à nos responsables ? Et le gouvernement leur a répondu en les condamnant à une amende, ce qui revient à rien puisque les banques se contentent de repasser l’amende aux consommateurs, lesquels paient ainsi une seconde fois.

Les « corporate medias » ont délibérément omis d’informer le public de la façon dont d’autres pays, notamment l’Islande, ont fait face à leurs crises. Si on vous l’avait dit, vous auriez pu exiger que nous nous conduisions comme les Islandais, mais quand on ne sait pas, on n’exige rien. L’Islande est un des pays qui ont été le plus durement touchés par l’effondrement des banques, mais là, ils ont affronté le problème tout autrement que nous. La première différence importante est que l’Islande a décidé que si les banques avaient spéculé et consenti des prêts dangereux et stupides, ce n’était pas la responsabilité des contribuables de renflouer des banques irresponsables pour leur stupidité, et par conséquent, elle les a laissées faire faillite.

Le monde de la finance a prédit que cela causerait à l’Islande des difficultés irréversibles, et les financiers lui ont annoncé qu’elle ne se relèverait jamais de ce défi, mais les citoyens ont persisté. Malgré toutes les mises en garde, les Islandais ont été, à deux reprises, invités à voter et à dire s’ils voulaient sauver les banques ou les laisser faillir. De très fortes pressions ont été exercées sur les votants par le secteur financier, mais les citoyens ont tenu bon et voté démocratiquement qu’il fallait laisser déclarer les banques en faillite. À nous, en revanche, on n’a pas offert le luxe d’un vote démocratique. L’argent a simplement été pris dans la poche des contribuables et donné aux banques. Les Américains, qui croient naïvement vivre en démocratie, n’ont pas eu l’autorisation de voter pour dire s’ils voulaient faire ce cadeau aux grandes banques ou pas. On les a mis devant le fait accompli.

Donc, quand l’Islande a refusé de renflouer gracieusement les banques, elles ont fait faillite. Assurément, l’Islande a eu à faire face à des problèmes économiques, mais si on compare leur économie avec celle du reste du monde, on s’aperçoit par exemple qu’ils ont l’économie la plus forte d’Europe. En outre, pendant les temps difficiles, l’Islande a évité de recourir à un programme d’austérité et maintenu tous ses programmes sociaux, permettant ainsi aux citoyens de dépenser, ce qui a, évidemment, stimulé l’économie. Les prophéties apocalyptiques ne se sont pas réalisées et, aujourd’hui, l’Islande est plus forte que jamais.

Mais les Islandais ne se sont pas contentés de cela : ils ont pris une mesure plus audacieuse encore. Ils ont décidé de poursuivre en justice les dirigeants des banques qui étaient responsables de l’effondrement de 2008, ce qui, à ce jour, a conduit 26 banquiers en prison. Un concept franchement nouveau que celui de tenir des banquiers pour responsables de ce qu’ils font, comme le sont les citoyens ordinaires ! C’est un genre de choses qui n’arrive pas ici. Les banques se contentent d’acheter leur impunité. Mais la petite Islande a adopté un autre comportement et elle a trouvé 26 banquiers coupables de fraude, qui vont passer un total de 74 ans en prison. Et elle n’en a pas fini avec les inculpations.

Ah, que les USA seraient démocratiques, s’ils mettaient les banquiers sur le même plan que le reste des citoyens, et, ah, qu’il aurait été démocratique de laisser les citoyens US voter et décider s’ils voulaient payer les dettes des banques à leur place ! Mais, malheureusement, dans ce pays, les banquiers sont nos supérieurs, et ils n’ont pas de comptes à rendre. Donc, les USA sont, en réalité, bien moins démocratiques que l’Islande. La petite Islande offre une grande leçon aux gros États-Unis, mais qui se préoccupe ici d’égalité devant la loi et du droit à voter pour se faire entendre ? Pas le gouvernement fédéral, c’est certain. Nous n’avons même pas le droit de savoir ce que font d’autres gens ailleurs, comme par exemple en Islande. Quelles andouilles nous sommes !

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article44139.htm

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Les grands esprits se rencontrent ?

 

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Évidemment, les Islandais avaient un gouvernement…

 

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La guerre sur le front de l’enseignement

 

En France

Un « terroriste » islamiste dans l’École de la République : Jour 1

 

Salah Lamrani – Sayed Hasan 14 février 2016

 

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Ceci est un cas particulier. Avec ce qui se prépare dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme », entendez par là contre les citoyens français, les enseignants sont et seront de plus en plus en première ligne, car leur position les rend particulièrement vulnérables, d’autant plus lorsqu’ils sont affligés d’une conscience. Or, comme le disait Robespierre, un enseignant qui fait bien son travail est aussi précieux à la Nation qu’un général qui gagne des batailles. Redonner à la France une éducation nationale digne d’elle devrait être la priorité des priorités. Ne pas laisser les enseignants se battre seuls contre le terrorisme intellectuel venu d’en haut est un devoir de temps de guerre. Le devoir de tous à l’égard de tous.

 

Comme je l’expliquais dans mon article précédent, suite à une campagne acharnée de harcèlement moral, d’incitation et de dénonciations calomnieuses menée par la direction particulièrement autoritaire de mon établissement (Khadidja BOT, principale, et Abdelkader SAOUDI, principal adjoint du Collège Romain Rolland de Tremblay-en-France) du seul fait de mon activisme syndical et de mon activité de blogueur, avec la complicité active de parents d’élèves de la FCPE et de collègues du Conseil d’Administration, j’ai été suspendu à titre conservatoire de mes fonctions de Professeur de Lettres pour une durée de 4 mois, par décision de la DRH du Rectorat de Créteil. J’avais pourtant adressé une plainte circonstanciée à mon Inspecteur le 27 janvier, restée sans réponse. C’est là une décision absolument inacceptable qui met en péril mon honneur et ma réputation (car disparaitre après des accusations si graves – violences envers les enfants, propagande et endoctrinement djihadiste, terrorisme, etc. – pourrait être considéré comme un indice probant de culpabilité), m’entrave dans la constitution de mon dossier pour les procédures hiérarchiques et pénales en cours, et pourrait même ébranler ma santé mentale, car cela me replonge dans les affres de mon expérience traumatisante avec la Mission laïque française en Egypte. La direction de mon établissement a du reste explicitement fait référence à celle-ci le 25 janvier, ravivant sciemment cette plaie pour me faire craquer ou me pousser à la faute afin de m’empêcher de parler aux parents d’élèves réunis à mon sujet, mais en vain. J’ai tenu bon, les parents sont massivement venus me voir après cette réunion pour me faire part de leur confiance et de leur soutien, et la direction a été publiquement prise à partie et mise en cause pour ses procédés indignes. 

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Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2016/02/un-terroriste-islam...

 

Au moment où nous mettons en ligne :

Première réaction internationale

Bravo RT !

«Il n’y a plus de liberté d’expression» : professeur de français suspendu à cause de son blog

 

Salah Lamrani, professeur de français dans un collège à Saint-Denis suspendu d'après lui pour ses activités de blogging, a confié à RT les circonstances de cette décision, en les jugeant inqualifiables.

Dès son embauche au collège Romain Rolland en septembre 2015, le jeune professeur a fait face à des pressions, comme il l’a souligné dans son interview. «J’ai rapidement été confronté à des problèmes avec ma direction qui ne tolérait pas mon activisme syndical au sein de l’établissement et j’ai été franchement soumis à un harcèlement moral qui m’a amené à me faire prescrire cinq semaines d’arrêt maladie», a-t-il expliqué.

Durant son absence, la direction a, selon Salah Lamrani, instrumentalisé son activité de bloggeur qui tourne autour du Moyen-Orient. Durant son temps libre il traduit en effet des discours de différents hommes politiques, tels qu’un général du Hezbollah, Bachar el-Assad ou encore Vladimir Poutine, des personnalités qui se trouvent « en première ligne dans la lutte contre Daesh ». Son expérience avec la Mission laïque française en Égypte, contre laquelle il est actuellement en procès, n’a pas non plus plu ni à la direction, ni à certains parents.

«Ainsi, tout ce que je publie sur Internet a été instrumentalisé contre moi, on a voulu me faire passer pour un danger pour les élèves, pour un terroriste qui endoctrinait les élèves. Ces accusations ont été portées contre moi par la direction de l’établissement en présence de parents d’élèves», a-t-il noté ajoutant que c’est de cette façon que tout le collège a pris connaissance de ses activités.

Il est ensuite revenu au collège où une atmosphère insidieuse régnait et à force d’explications, aurait réussi à renverser la situation en sa faveur. Cependant, Salah Lamrani a rapidement reçu un arrêté lui signifiant la suspension de son poste pour une durée de quatre mois sans aucune explication.

En dénonçant cette action qui instrumentalise son activité de bloggeur qui n’a aucune incidence sur son activité d’enseignant, il a condamné l’état d’urgence, dans le cadre duquel selon lui, «tout musulman, activiste syndical, toute personne est suspectée, réprimée et bafouée». «Nous n’avons plus de liberté d’expression», a-t-il conclu.

Source : https://francais.rt.com/france/15747-liberte-france-profe...

 

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Ailleurs :

Robin des Bois est russe…

et c’est une femme

 

La spécialiste en neuro-sciences qui a inventé le site de recherche pirate Sci-Hub, raconte son aventure à RT

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Sci-Hub

 

Le 14 février 2016.

Véritable bénédiction pour les étudiants du monde entier, le portail d’Alexandra Elbakyan, Sci-Hub, met gratuitement en commun des millions de coûteux articles scientifiques publiés par des journaux en ligne. Devenue le centre d’une bataille juridique pouvant impliquer de nombreux milliards de dollars devant les tribunaux US, elle a juré de continuer son travail.

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« Il ne devrait pas y avoir d’obstacles à l’accès aux connaissances, je trouve », dit-elle à RT dans une interview par e-mail, en invoquant l’article 27 de la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU : « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. ».

Que vous soyez un jeune étudiant en Master, un chercheur post-doctorant ou un professeur d’université chevronné, vous dépendez des recherches des autres pour compléter les vôtres. Mais les choses en sont arrivées au point où les scientifiques auteurs des articles sont payés des broutilles, alors que les riches intermédiaires qui les publient en ligne se font des couilles en or avec le produit de leur travail, où, sur leurs plateformes, pour télécharger un seul article, on peut avoir à payer jusqu’à 30 $. Imaginez que vous ayez besoin, pour votre travail, de télécharger 10 à 20 de ces articles – et cela, pour un sujet peu prisé. Pour d’autres, il peut vous en falloir des douzaines.

Elbakyan, jeune neuro-scientifique russe du Kazakhstan, a été une des nombreuses victimes de ce monopole capitaliste sur le savoir universitaire. Alors qu’elle rédigeait sa thèse sur les secteurs les moins explorés de l’identification biométrique de l’électronique grand public, elle s’est retrouvée devoir engager une dépense d’au moins 300 $, rien que pour pouvoir consulter des articles dont elle n’aurait jamais plus besoin par la suite.

« Pour moi, l’achat de même un seul de ces articles posait un sérieux problème financier. J’ai bien dû m’y prendre autrement, c’est-à-dire essayer de les acquérir en les piratant. »

Un an ou deux après 2009, alors qu’elle participait à un grand forum en ligne sur la biologie moléculaire, Alexandra a fait la connaissance de Fulltext – une plateforme où les chercheurs peuvent introduire des demandes d’articles dont ils ont besoin pour leurs recherches. Déjà experte en programmation informatique, Alexandra n’a pas mis longtemps à élaborer un autre programme, nettement amélioré.

Il s’appelle Sci-Hub et il contourne les serveurs sécurisés des universités en utilisant des codes d’accès fournis par des sympathisants, chercheurs eux aussi, qu’il trouve dans ces universités. À chaque recherche, Sci Hub déniche le travail désiré et le met dans sa base de données pour toujours.

À l’heure qu’il est, le portail peut se vanter d’offrir 50 millions d’articles, et ce nombre ne cesse de croître. S’il n’a été d’abord qu’un simple outil de recherche et d’extraction d’articles, il traque à présent, automatiquement, ceux qui manquent sur certains sujets importants et les télécharge. « Finalement, le système s’est mis à marcher tout seul et va maintenant chercher un million d’articles par mois », dit Alexandra.

Comme les sites d’anonymisation, il va à la chasse au lien et, en se servant d’intermédiaires universitaires, l’envoie déverrouillé à l’étudiant. « Le fait que les codes d’anonymisation aient été des sources ouvertes a été une énorme bénédiction », dit-elle, « mais les intermédiaires universitaires fonctionnent un peu différemment ; j’ai donc dû changer le code source. »

« Le développement complet, tests compris, n’a demandé que trois jours. J’ai été moi-même surprise de voir que ça marchait et que des gens s’en servaient… le bouton “MERCI” a cliqué 316 fois dès que le système a été mis en route. » D’autres scientifiques qui participaient au forum ont été ses tout premiers utilisateurs.

Il existait déjà un ou deux autres portails qui répondaient à ce genre de demandes (Library Genesis ou Lib-Gen étant le seul similaire à Sci-Hub) mais avec seulement une centaine de demandes par jour au départ, alors que Sci-Hub en sert actuellement jusqu’à plusieurs milliers. Après quelques corrections et ajustements mineurs et majeurs, en quatre ans, le site d’Alexandra est réellement devenu la meilleure alternative qui existe aux sources payantes.

La guerre avec l’establishment

Il n’est pas surprenant que ceci ait rapidement augmenté sa capacité à mettre des bâtons dans les roues aux énormes bénéfices que font les éditeurs scientifiques en ligne, qui obligent en fait les chercheurs à racheter leurs propres travaux.

Cette « infamie » a poussé l’éditeur scientifique Elsevier à engager une action en justice, qui a réussi, l’année dernière, à obtenir une injonction temporaire contre les activités de Sci Hub. La chose s’est produite après qu’en 2012, une importante communauté de scientifiques ait décidé de boycotter Elsevier, l’université de Harvard elle-même se plaignant de ne pas avoir les moyens de continuer à le payer.

 

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Selon les attendus de la Cour, l’éditeur a estimé que ses pertes tournaient autour de 75.000 à 150.000 $ par document. C’est la somme qu’Elsevier réclame pour chaque article piraté. Il y en a des centaines de milliers. L’argument qu’il invoque est que faire payer l’accès au savoir universitaire aide à financer la recherche universitaire. Mais Elbakyan et d’autres disent que la plupart des auteurs des articles commercialisés ne sont eux-mêmes pas payés pour leur travail publié, et c’est pourquoi Sci-Hub est si différent de certains services de téléchargement illégal de musique ou de cinéma.

Pour l’instant, Elbakyan dit qu’elle a reçu une injonction temporaire. Les choses pourraient encore aller dans n’importe quel sens pour Sci-Hub, mais il y a peu de chances pour qu’une Cour US émette un jugement en faveur de la gratuité, se dit-elle.

Quoi qu’il en soit, lancer une injonction temporaire en faveur d’Elsevier est tout le mal que les Cours américaines peuvent faire à Sci-Hub, parce que ses serveurs sont en Russie, pas aux États-Unis. Les tribunaux de New York ne peuvent pas poursuivre Elbakyan, premièrement, parce qu’elle ne possède rien aux USA, deuxièmement, parce qu’en nombre de plus en plus grand, des scientifiques soutiennent réellement l’initiative et se prononcent de plus en plus contre les éditeurs capitalistes, et troisièmement, parce que si quelqu’un tentait de prendre Sci-Hub pour cible, ce serait impossible, du fait que ses serveurs ont déménagé dans le coin sombre du net, ce coin caché, habituellement réservé au trafic de drogues, au lancement de contrats sur des gens à éliminer et au commerce de la pédopornographie.

« Même si l’accès légal [à Sci-Hub] est bloqué, les usagers peuvent continuer à l’atteindre via le réseau TOR et se procurer ainsi tous les articles dont ils ont besoin. Néanmoins, nous avons l’intention de nous battre pour le principe du libre accès à toute information. Après tout, même en passant par TOR, il y a des obstacles. Et je trouve qu’il ne devrait pas y avoir d’obstacles du tout sur le chemin de la connaissance scientifique. »

Après la victoire d’Elsevier devant les tribunaux l’année dernière, de nombreux scientifiques qui le boycottaient déjà ont écrit une lettre ouverte pour exprimer leur soutien à Sci-Hub et au portail hollandais Library Genesis.

« Beaucoup d’hommes d’affaires sont aujourd’hui propriétaires de la connaissance. Regardez Elsevier, le plus grand éditeur scientifique, et comparez sa marge de profit de 37% avec les prix en constante hausse des droits de scolarité, l’endettement toujours croissant des étudiants et les salaires au seuil de la pauvreté qu’ils obtiennent une fois universitaires eux-mêmes. Elsevier possède une des plus importantes bases de données résultant du travail universitaire, qu’il fait payer à des prix si scandaleusement hauts que même Harvard, l’université la plus riche de tout l’hémisphère nord, se plaint de ne pas pouvoir le payer », dit, entre autres choses, cette lettre.

Les scientifiques y qualifient l’action en justice d’Elsevier de « coup dur » et rappellent que les forums en ligne, les canaux IRC et les chat-rooms « sont pleins des messages de détresse [des universitaires] désespérément à la recherche d’articles et de publications qu’ils puissent se payer ».

Elbakyan quant à elle refuse d’abandonner, malgré les risques grandissants de se retrouver en guerre avec l’establishment. Elle dit que tant qu’un soutien aussi écrasant des scientifiques lui sera acquis, elle a une chance de la gagner. Elle a déjà réussi à changer toute l’approche de la collecte du savoir et à lancer un défi à la rapacité capitaliste qui veut le privatiser.

Source : https://www.rt.com/news/332412-scihub-scientific-articles...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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On avait dit qu’on n’en parlerait plus, mais ceci vient de loin…

Andre Vltchek, qui est athée, nos dit pourquoi il n’est pas Charlie.
Et c’est
Veterans Today qui le relaie, en passant par le Cercle des Volontaires.

Que du beau monde !

 

« Pourquoi je ne suis pas Charlie »

André Vltchek – Cercle des Volontaires 13 février 2016

 

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Note de la rédaction du C. des V. : nous vous livrons ci-après un nouvel extrait du livre dirigé par le Dr. Kevin Barrett, rédacteur sur le site d’informations citoyennes « Veterans Today » aux USA (regroupant une soixantaine de sites web diffusant des informations alternatives et à caractère social, par et pour le bénéfice des vétérans des forces armées US) intitulé « We Are NOT Charlie Hebdo! »,  qui sera prochainement publié en langue française pour une diffusion nationale (disponible sur Amazon.fr et certaines librairies). Dans la période actuelle où le gouvernement français part en campagne néo-maccarthyste contre les sources d’informations qui offrent une alternative à la sempiternelle doxa consumériste et matérialiste, ainsi que pour vous appâter vers l’achat (faute de pouvoir vous l’offrir) de ce livre dont la lecture ne pourra que vous édifier, nous nous faisons un délicieux plaisir, dans le cadre d’une volonté inflexible, à vous faire part des idées et des vérités incluses dans ce livre, notamment dans l’esprit de l’auteur de l’extrait qui suit.

D’ailleurs, dans l’intérêt de cette traduction toujours en cours de réalisation comme dans celui des auteurs qui sont contraints de faire appel au « crowdfunding » pour rentabiliser l’opération (ce qui ne les empêchera pas de la réaliser, mais reviendra moins lourd sur leur budget quotidien), nous nous permettons de vous communiquer le lien vers celui-ci: https://www.gofundme.com/e7fg2bws -

Excellente lecture. – Lawrence Desforges

 

Je suis un athée, mais je ne suis pas Charlie!

Mon dégoût de l’impérialisme et du fascisme occidentaux est beaucoup plus prononcé que mon aversion pour les religions. Et je ne pense pas que « toutes les religions sont mauvaises » à part égale. Je tiens principalement le Christianisme pour responsable de la plupart des crimes commis dans l’histoire humaine moderne. Je le tiens responsable d’avoir « fait dérailler » et d’avoir radicalisé des religions traditionnellement beaucoup plus pacifiques comme le Bouddhisme et oui, comme l’Islam.

Par conséquent, il est certain que je ne suis pas Charlie!

Je ne veux pas me quereller avec des morts. Les journalistes de Charlie Hebdo n’auraient jamais dû mourir d’une façon aussi terrible. Je ne sais pas vraiment qui est responsable de leur ruine, bien que je sois conscient du fait qu’il existe beaucoup de théories solides, et pas seulement celle qui est officielle.

Ce qui est clair et d’une certitude absolue, c’est que ces morts ont été politisées par le régime occidental, par l’Empire. Politisées à outrance, de manière nauséabonde.

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Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/02/13/pourquoi-je...

 

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Quelque chose de beau pour oublier les horreurs ?

Fantaisie en noir et blanc pour patineurs et voitures

 

 

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Mis en ligne le 15 février 2016

 

 

 

 

 

16:46 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/02/2016

POTUS 2016

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Potus 2016: un casting au potentiel dévastateur

Entrefilets.com1er février 2016

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« They came, they saw, she died ? »

 

Après les huit ans bling bling du libidineux Clinton, les huit ans de sang du corporate-pantin Doobleyou, nous achevons donc les huit ans de vide absolu de Barak Hussein Obama, premier Président «noir» des Etats-Unis, mais uniquement cela. Huit ans durant, le bonhomme se sera en effet contenté de paraître, de cultiver dans un même élan son image, ses abdos et sa famille-potiche pour survendre la fiction hollywoodienne de son personnage. Huit ans durant, il aura ainsi été sublime et martial jusqu’au grotesque dans chacune de ses apparitions, parfaitement dressé par une armée de communicants-nounous à jouer comme personne du rythme, des intonations et des silences de ses récitations, à s’indigner ici, ou à pleurnicher là, pour émouvoir la ménagère et humidifier la groupie de rédaction avec sa «human touch» de papier glacé. Huit ans de communication pure donc, huit ans de simulacre, de vide, huit ans pour rien. Barak Hussein Obama n’aura même pas été un mauvais président. Il n’aura rien été du tout. Et c’est sur ce vide sidéral que s’engage désormais le casting pour le prochain Potus (President of the United States), avec un potentiel cette fois réellement dévastateur pour l'Empire.

Ciao pantin

Comme de coutume depuis Clinton, l’ère d’Obama se terminera donc par l’obligatoire petite farce filmée sensée nous prouver que l’homme était bel et bien un être humain «comme vous et moi», avec un cœur et de l’humour. La pantalonnade donnera ensuite le coup d’envoi à l’avalanche de bobo-analyses où les plumitifs de la presse-Système tenteront le «bilan» de huit ans de vide pourtant seulement rempli par une mesurette sociale, d’ailleurs promise au démontage républicain, et des discours, des postures et encore des discours.
Evidemment, il s’en trouvera qui mettront à l’actif de la speakerine US sortante la réintégration de l’Iran dans le grand concert des nations (rions un peu), alors même qu’elle répondait à une évidente nécessité stratégique de la machinerie de l’Empire dans sa guerre contre l’Asie pour le contrôle du « pipelineistan », et qui donc serait survenue même avec Pluto dans le bureau ovale.

En réalité, la sortie d’Obama des écrans cathodiques-Systèmes sera un non-évènement conforme à l’essence même de sa Présidence.

Ce qui nous intéresse en revanche, ce qui nous intéresse beaucoup, c’est la suite bien sûr.

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Source : http://www.entrefilets.com/potus_2016_un_casting_au_poten...

 

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Puisqu’on en parle…

 

Psychologie des masses

Ted Cruz PsyOp

par Thierry Meyssan

Pour la première fois dans l’Histoire, une équipe spécialisée dans les opérations psychologiques tente de fabriquer un candidat à l’élection présidentielle états-unienne et de le porter à la Maison-Blanche. Sa victoire, si elle y parvenait, attesterait de la possibilité de falsifier le processus électoral lui-même. En outre, elle poserait la question du pouvoir des militaires sur les institutions civiles.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 8 février 2016

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Ted Cruz

 

Les « opérations psychologiques » (Psy Ops) sont des « ruses de guerre » à l’image du Cheval de Troie. Sous l’influence du général Edward Lansdale, les États-Unis ont doté leurs armées et la CIA d’unités spécialisées, d’abord aux Philippines, au Vietnam et contre Cuba, puis de manière permanente [1].

Les opérations psychologiques sont beaucoup plus complexes que la propagande qui ne vise qu’à déformer la perception de la réalité. Par exemple, durant la guerre contre la Syrie en 2011, la propagande alliée consistait à convaincre la population que le président el-Assad allait fuir, comme le président Ben Ali l’avait fait avant lui en Tunisie. Les Syriens devaient donc se préparer à un nouveau régime. Tandis que, début 2012, une opération psychologique prévoyait de substituer aux chaînes de télévision nationale de faux programmes mettant en scène la chute de la République arabe syrienne de sorte que la population n’oppose plus aucune résistance [2].

De même qu’il existe aujourd’hui des armées de mercenaires, tel que Blackwater-Academi, DynCorp ou CACI, il existe pareillement des compagnies privées spécialisées dans les opérations psychologiques dont la britannique SCL (Strategic Communications Laboratories) et sa filiale états-unienne Cambridge Analytica. Dans le plus grand secret, elles aident la CIA à l’organisation de « révolutions colorées » et s’essaient désormais à la manipulation des électeurs. Depuis 2005, elles participent au salon britannique Defense Systems & Equipment International (DSEi) et vendent leurs services au plus offrant [3]. Dans l’exemple syrien, SCL a travaillé début 2011 au Liban où elle a étudié les possibilités de manipulation de la population communauté par communauté.

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Source : http://www.voltairenet.org/article190139.html

 

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Dieu te bénisse, Amérique

Israel Adam Shamir – Entre la plume et l’enclume 10 février 2016

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Excellente nouvelle du New Hampshire ! Après des années de frustration, nous entrevoyons l’Amérique que nous voulons voir bénie, celle qui rejette la machine à fric de Wall Street et sa machine à cadavres du Pentagone. Les deux candidats en tête pour la présidence sont bons, Sanders pour la gauche et Trump pour la droite, exactement ce qu’il faut, et laissons maintenant le meilleur gagner, pour nous étrangers ils feront l’affaire tous les deux. Ils sont non-interventionnistes, tous les deux veulent stabiliser l’Amérique, sans aller s’ingérer ailleurs. Le peuple a rejeté les candidats va-t’en guerre de l’establishment, et c’est ce qui compte.

Excellent, que droite et gauche rivalisent pour le bien du pays au lieu de former un centre informe et de s’y tenir. La société a besoin d’une gauche et d’une droite, on ne saurait tenir debout sans sa jambe gauche et sa jambe droite. La droite est la force conservatrice, de la nature et de la tradition. La gauche est celle qui fait avancer la société, la garantie de sa vitalité, de sa capacité de changement, de sa mobilité sociale. Une société sans sa gauche pourrirait sur pied, une société sans droite s’effondrerait. La gauche apporte le mouvement, la droite garantit la stabilité.

Dans le New Hampshire, le peuple américain a vaincu la pseudo gauche et la pseudo droite, elle donne sa chance au réel. Mme Clinton battue par le vieux socialiste, et Mr Bush  par le tonitruant Trump : ils se sentaient puissants et tout en haut de la pyramide, comme des aristocrates nés pour commander, mais la République a des instincts démocratiques sains. Nos deux nouvelles figures de proue rejettent les diktats des banquiers, veulent tous les deux  offrir aux Américains un bon système sécurité sociale, et sont mécontents de la tournure de l’Amérique ces dernières années.

Les Démocrates ont rejeté les politiques identitaires, les femmes ont dit non aux sorcières féministes qui voulaient enfourcher le cheval de bataille de la solidarité sororale. Et les Républicains n’ont pas été effrayés par la machine médiatique qui faisait déjà de Trump le « nouvel Hitler ». Parfait !

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Source : http://plumenclume.org/blog/88-dieu-te-benisse-amerique-p...

 

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Et si on commençait par se débarrasser des zélus et des magistrats infidèles, ne le sauverait-on pas plus sûrement ?

 

Il faut sauver le soldat Bourget

Étienne Pellot - Proche&Moyen-Orient.ch8 février 2016

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Jacques-Marie Bourget

 

Le 21 octobre 2000, armé d’un fusil d’assaut M-16, un tireur israélien répond aux ordres de sa hiérarchie, loge une balle à haute vitesse dans la poitrine d’un journaliste français alors en reportage à Ramallah, en Palestine occupée. Jacques-Marie Bourget, à cet instant envoyé spécial de Paris-Match, échappe par miracle à la mort. Le projectile est passé près du cœur avant de s’écraser dans l’omoplate. Cohérents dans leur choix, celui de détruire cet « homme-cible », les autorités israéliennes refusent de relever le blessé, de le soigner. Ce sont les sauveteurs et chirurgiens palestiniens qui opèrent et gardent le journaliste à la vie.

Après quarante-huit heures passées à l’hôpital du Croissant rouge, l’évacuation du reporter vers Paris par avion spécial est refusée par Israël. Et c’est le président Jacques Chirac qui se met en colère et exige la liberté pour l’envoyé spécial blessé. Aujourd’hui, après toutes ces années où les mois de soins et les nouvelles opérations se sont additionnés, notre confrère reste victime d’un handicap évalué à 42%.

Le reporter a déposé une plainte contre X pour « tentative d’assassinat » devant le TGI de Paris. Après une longue paresse, la justice envoyait une Commission rogatoire internationale (CRI) en Israël et sollicitait l’application du traité bilatéral d’assistance judiciaire signé en 1959. Puis le silence a recouvert le dossier. Plus de trois années plus tard, le gouvernement de Tel-Aviv répond enfin. Une réplique très curieuse et contradictoire. « L’armée israélienne a fait une enquête sur le cas Bourget ». « Mais elle est frappée du secret ». Pis « elle a été perdue ». Pour conclure les autorités israéliennes précisent : « de toutes façons le journaliste a été atteint par un tir palestinien »… Voilà pour la coopération et la cohérence.

Abandonné par l’ensemble des pouvoirs publics français et tous autres, syndicats ou ONG du type Reporters Sans Frontières, notre confrère n’a d’autre choix que de se retourner devant la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI). Laquelle est accouplée à un Fonds de Garantie (FGTI) qui doit, le cas échéant, indemniser les victimes.

Dans un premier temps – écoutez bien ! – le TGI de Paris déclare que Jacques-Marie Bourget n’est pas une victime puisque son statut est celui d’un soldat… Et les magistrats ajoutent que « se prononcer sur l’origine de la blessure du journaliste serait s’immiscer dans la politique d’un état étranger et démocratique ». Autrement dit, si un agent israélien a tiré sur le reporter français, c’est qu’il avait de bonnes raisons ! Fermez le ban.

En appel les juges du TGI lisent les faits et le droit tout autrement. William Bourdon – l’avocat du reporter – glisse la Convention de Genève et celle d’Athènes sous le nez de la cour : un journaliste en zone de conflit reste un civil qu’il faut protéger, ou pour le moins épargner. Que d’efforts pour atteindre le pic du bon sens. L’envoyé de Paris-Match, (abandonné par sa rédaction), est donc une victime qu’il faut indemniser. Patatras, cette décision – qui par sa jurisprudence est une très bonne nouvelle pour tous les « reporters de guerre » – est frappée d’un recours devant la Cour de cassation !

Résumons. Un journaliste français est tiré comme un gibier par un soldat israélien. Personne ne bouge pour demander des comptes à Tel-Aviv, ni pour soutenir le rescapé. Puis, quinze années après le drame, un tribunal reconnait enfin que l’homme de plume est une « victime ». Très bien ! Et là, subitement un Fonds de Garantie, placé sous l’autorité du gouvernement français, conteste cette qualité, à la fois à Jacques-Marie Bourget et, au-delà, à tous les confrères tués ou blessés en  « zone de conflit ». On atteint les sommets de l’indicible !

Voilà une histoire bien exemplaire à l’heure même où, selon la doxa, les journalistes doivent être protégés par l’increvable parapluie de « Je suis Charlie ». Finalement, quelle drôle d’idée pour notre confrère de s’être fait blesser par un tireur ami de la France et de la démocratie ?

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Source : http://reseauinternational.net/il-faut-sauver-le-soldat-bourget/

 

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Alors que l’édition française les boycotte honteusement (en achetant les droits de leurs livres pour pouvoir les mettre sous le boisseau), les deux romanciers italiens en exil à Vienne publient dans le monde entier et donnent des interviews… y compris au Vatican.

 

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(La Cour des Gentils – Dialogue entre croyants et incroyants)

 

La religion fait de la politique. Et la politique fait-elle de la religion ? L’Islam politique dans l’histoire de l’Europe moderne.

Interview de Rita Monaldi et Francesco Sorti

par La Cour des Gentils

 

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Rita Monaldi et Francesco Sorti, époux dans la vie, nés respectivement en 1966 et 1964, sont un célèbre couple d’historiens et de romanciers de niveau international. Ils vivent à Vienne. Ils ont à leur actif neuf livres, tous bestsellers internationaux, traduits en 26 langues, dans 60 pays, et ils ont suscité l’attention du monde universitaire par les découvertes historiques, étayées par une documentation inédite, qui caractérisent leurs œuvres. Les deux auteurs, absents du panorama littéraire italien depuis treize ans, par suite des démêlés politico-éditoriaux que leur a valu leur premier roman, sont désormais publiés par Baldini & Castoldi. Suite à leurs longues recherches dans les archives et les bibliothèques de l’Europe, Monaldi et Sorti ont exhumé les plus de cent volumes de la correspondance de l’abbé Atto Melani (Pistoia 1626-Paris 1714), agent secret du cardinal Mazarin et de Louis XIV et protagoniste de leurs propres romans. Ils ont en outre préparé pour la publication les Mémoires secrets sur les quatre derniers conclaves* écrits par Melani pour le Roi Soleil et, découverts par eux à la Bibliothèque du Sénat, à Paris. Rita Monaldi est diplômée en lettres anciennes de l’Université La Sapienza de Rome, et elle a publié sa thèse en littérature grecque sur les Parthénées d’Alcman, dans la Revue Studi e materiali di storia della religione (SMSR, 1991, n.s. XV. 2), se consacrant ensuite à l’étude de la personnification du Poros de Platon (SMSR, 1992, n.s. XVI, 2). Après une bourse d’études post-universitaires en Autriche, elle a fait un stage de journalisme à la rédaction romaine du quotidien L’Indipendente de Vittorio Feltri, où elle a connu Francesco Sorti, lui aussi entré en journalisme (Radio Vatican, Paese Sera, Il Mondo) après avoir obtenu son diplôme d’histoire de la musique à l’Université La Sapienza de Rome, avec une thèse sur les origines du mélodrame baroque et la famille Melani, suivie d’un master en journalisme à la LUISS (Libera Università Internazionale degli Studi Sociali).

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« L’Histoire doit nous instruire » : avec ce titre, l’hebdomadaire Famiglia Cristiana a relayé, dans une interview publiée en octobre 2015, l’appel lancé par vous, qui est en même temps tout un programme créatif : mettre à nu, sous les espèces d’un roman historique mais en réalité par un véritable Bildungsroman, la continuité cachée entre passé et présent dans les points nodaux de l’Histoire, pour chercher, en parcourant bras dessus bras dessous avec le lecteur un chemin commun de compréhension et de découverte, une voie de sortie. Quel est le point de rencontre entre ce manifeste littéraire et la dialectique entre la foi chrétienne et la foi musulmane ?

La confrontation dramatique entre la Chrétienté et l’Islam, entre l’Occident démocratique et ISIS est un whodunit tragique en train de se dérouler sur la scène politique mondiale. Pour en trouver la clé, l’auteur de fiction dispose d’un arsenal non moins sophistiqué que le politologue ou l’historien des religions. Pour citer Pasolini, le romancier peut découvrir intuitivement ou par déduction, tout ce qui n’est pas connu ou qui est tu, raccorder des faits même très anciens, réassembler les morceaux désorganisés d’un tableau politique cohérent et rétablir la logique là où semble régner l’arbitraire, la folie et le mystère. Avec les armes du narrateur, nous avons essayé de remettre en ordre les morceaux de ce puzzle millénaire.

Il est bien connu que la religion, au cours des siècles, s’est servie de la politique. Dans une interview accordée au Cortile dei Gentili, le théologien et critique littéraire Brunetto Salvarani a fait allusion à la proposition inverse, en affirmant : « La religion, dans l’Histoire, a été elle aussi un détonateur très fort pour des intérêts, des calculs, des conflits, des guerres et des violences ». On dirait la synthèse parfaite des recherches historiques sur l’Occident et l’Islam, du XVIe au XVIIIe siècles, dont vous avez alimenté vos trois romans Veritas, Mysterium et Dissimulatio, qui vont enfin sortir en Italie au mois d’avril prochain, chez Baldini et Castoldi. Je cite deux passages de Veritas : « Les Ottomans en eux-mêmes ne seraient rien. Au cours des siècles, ils ont toujours été le bras armé de l’Occident, brandi contre l’Occident. » Et encore : « La puissance destructrice de Mahomet en réalité n’existe pas. C’est une création de l’Occident dressée contre lui-même. » La politique a donc toujours instrumentalisé la religion ?

Assurément. Rien que pour vous donner quelques exemples pris dans les siècles dont nous nous occupons dans nos livres : l’assaut turc sur Vienne de 1683, dernière grande tentative musulmane d’envahir l’Europe, s’est fait avec l’appui du Roi Soleil ou Roi Très Chrétien comme on l’appelait alors. Comme on le sait, Louis XIV voulait affaiblir l’empire des Habsbourg pour imposer son hégémonie à l’Europe. Les Français fournirent donc aux Turcs leur savoir-faire militaire, en particulier l’usage des tranchées dans les sièges, et ils firent obstacle à la création d’une coalition anti-turque. Les situations de cette espèce sont innombrables, et il ne s’agit pas de simple Realpolitik, mais de réelles embuscades organisées par les règnes occidentaux aux dépens des peuples frères ou voisins. En 1536, le souverain français François Ier a signé avec le sultan Soliman le Magnifique un traité devenu célèbre sous le nom d’« alliance impie », qui resta en vigueur plus de 250 ans, presque jusqu’aux guerres napoléoniennes. Ce pacte eut beaucoup de très graves retombées : par exemple, l’appui aux soulèvements des protestants en Hollande et diverses agressions militaires contre l’Espagne catholique par d’autres royaumes musulmans tels que celui du Maroc. À l’« alliance impie » entre la France et la Turquie a correspondu une autre alliance christiano-musulmane, bien entendu anti-française : celle qui a lié les Habsbourg et la Perse des Safavides, cette dynastie qui a façonné ce qui allait devenir l’Iran chi’ite actuel. Les Perses étaient en âpre concurrence avec les Ottomans, en dépit du fait que les deux royaumes avaient en commun la religion musulmane et la langue turque. Les royaumes d’Espagne et de Portugal n’ont pas hésité de leur côté à signer une alliance avec les Perses, précisément pour affaiblir la Turquie sunnite. Et c’est grâce aux agents diplomatiques anglais que la Perse a pu moderniser son armée et la rendre compétitive.

On dirait que le jeu des grandes puissances aux XVIe-XVIIIe siècles a adopté des mécaniques semblables à celles d’aujourd’hui : puissances occidentales rivales alimentant le conflit entre factions musulmanes chi’ites et sunnites et les instrumentalisant contre l’adversaire de service.

C’est exact. L’Histoire enseigne que l’Occident, ou en tout cas le monde évolué et industrialisé non-musulman, donc Russie comprise, a toujours soufflé sur le feu des conflits ethniques locaux à son propre bénéfice. Il y a trois siècles, le champ de bataille, outre le militaire, était celui du commerce maritime. Toutes les puissances, y compris les chrétiennes, pour frapper l’adversaire à ses ressources économiques, pratiquaient la piraterie. Aujourd’hui, le second front, c’est l’énergie, le pétrole et le jeu des grands gazoducs. Il est arrivé qu’il se forme, entre l’Occident et des États musulmans des coalitions purement occasionnelles, comme quand Napoléon s’est allié à la Perse contre la Russie. Carl Schmitt aurait souri et approuvé. Ce qui fait problème, c’est quand la politique ne fait plus son métier, fût-il cynique, mais se travestit en religion et devient de la traîtrise. L’Italie a assumé un rôle qui n’a pas été secondaire dans cette partie géopolitique séculaire. En 1480, Mehmed II a attaqué Otrante, déportant, violentant et massacrant une foule énorme de civils sans défense, dont huit cents martyrs qui ont refusé de se convertir à l’Islam et ont tous été décapités sur place, par groupes de cinquante à la fois. Tout cela, cependant, s’est produisit à cause des autres états italiens. Andrea Gritti, ambassadeur de la République de Venise, avait encouragé l’action de Mehmed II, en lui faisant savoir qu’il verrait d’un bon oeil un coup de main sur Otrante : la présence ottomane au sud de la péninsule aurait été une très grosse épine dans le flanc de Ferrante d’Aragon, roi de Naples et rival des Vénitiens. Florence elle-même avait envoyé au sultan beaucoup de signes positifs (et peut-être même plus), parce qu’elle était, à son tour, en conflit avec Ferrante. Beaucoup d’ingénieurs militaires toscans, Léonard de Vinci inclus, offraient leurs services au sultan pourvu qu’ils fussent bien payés. Autrement dit, les envahisseurs musulmans sanguinaires d’Otrante ont été l’instrument d’un impitoyable règlement de comptes entre les principautés italiennes.

Dans un de vos romans, vous avez écrit : « Les Ottomans sont l’instrument idéal. » Pourquoi l’étaient-ils ?

Avant tout, il faut distinguer entre l’échelon haut et l’échelon bas. Les Ottomans étaient l’instrument idéal aux deux niveaux. À l’échelon haut, parce que les finances, l’administration, le gouvernement et le commerce de l’Empire ottoman étaient essentiellement aux mains d’Occidentaux. Soliman le Magnifique, comme ses prédécesseurs, choisissait les hauts fonctionnaires de son administration grâce au devşirme, la célèbre « récolte » : le vivier de quinze mille enfants chrétiens qu’il faisait, chaque année, enlever en Roumélie, partie européenne de l’Empire ottoman, par exemple en Hongrie, et ensuite élever à Constantinople, parce qu’il croyait en secret que leur intelligence était supérieure à celle des Turcs. Les kidnappés devaient être rigoureusement chrétiens ; il était interdit d’enlever des enfants de musulmans ou de juifs. Dans le vivier de la « récolte », on choisissait ceux qui feraient ensuite partie des janissaires, le corps choisi et hautement spécialisé qui se retrouvait au sommet de l’armée. Les janissaires étaient donc tous chrétiens de naissance et n’avaient rien à voir avec le sang turc, puisque, dès le départ, le célibat leur était imposé et qu’ils ne risquaient pas d’avoir de descendance. Année après année, les vieilles victimes du devşirme étaient remplacées par le rapt de nouveaux enfants. À leur arrivée sur le territoire de l’empire musulman, les petits étaient très attentivement étudiés d’un point de vue physionomique : selon que les traits de leurs visages révélaient telle ou telle inclination, ils étaient envoyés servir dans le palais privé du sultan, dans l’administration de l’État ou dans l’armée, au sein des janissaires. Même les dignitaires du plus haut grade n’étaient pas turcs. Le grand vizir, c’est-à-dire le premier ministre, qui n’avait à répondre qu’au sultan, n’a presque jamais été turc, ni même musulman. Des quarante-sept grands vizirs qui se sont succédé à la Sublime Porte entre 1453 et 1623, seuls cinq ont été d’origine turque : les autres comprenaient des Albanais, des Chaldéens, des Grecs, des Arméniens, des Géorgiens, des Italiens et ainsi de suite. Ibrahim Pacha, le fameux grand vizir de Soliman le Magnifique, n’était pas turc mais vénitien. Et Sokollu, grand vizir du sultan Selim II, fils de Soliman, était un juif bosniaque converti au christianisme. Déjà un demi-millénaire avant eux, le grand vizir de Grenade, Samuel ibn Nagrela avait été juif.

Une autre citation de vos livres : « Ceux qui financèrent l’attaque de Vienne par Soliman en 1529 étaient des gens de Constantinople mais provenaient d’Europe. » Et encore : « Des patrimoines de familles entières, accumulés pendant des générations et des générations, affluaient dans les caisses du sultan pour financer sa campagne contre les chrétiens ». Qui étaient-ils exactement ?

Des familles de marchands et de banquiers européens, qui s’étaient installées à Constantinople, précisément pour la très grande liberté du commerce dont on y jouissait. Le cas de l’attaque de 1529 n’est qu’un parmi tant d’autres ; le financement occidental aux sultans a été constant. Les témoignages d’époque sont très nombreux. Un des plus intéressants remonte à 1625 et c’est celui d’un drogman, autrement dit d’un interprète en langues orientales, le Vénitien Giovan Battista Salvago, qui a écrit au doge de Venise un rapport secret sur les royaumes barbaresques d’Algérie et de Tunisie. Les états barbaresques d’Afrique du Nord n’étaient que des républiques maritimes vivant de la piraterie, de confession musulmane et tributaires du sultan de Constantinople. Quand on lit le compte-rendu du drogman Salvago, il n’apparaît que trop clairement que les Ottomans et leurs vassaux, dans le secret des accords, étaient soutenus commercialement et logistiquement par ces mêmes puissances européennes qu’ils allaient ensuite combattre au grand jour dans les eaux de la Méditerranée. À qui pouvaient-ils acheter, en fait, tous les précieux produits manufacturés (armes, pièces de rechange pour les navires, ustensiles) indispensables à la navigation et à la guerre, sinon aux Européens ? N’est-ce pas aux marchands de Livourne qu’ils revendaient les esclaves dont ils n’avaient pas réussi à se défaire sur les autres places ? Et surtout, n’est-ce pas d’Italie qu’affluaient volontairement les milliers d’enrôlés qui, chaque année, abjuraient la religion chrétienne pour venir grossir les rangs des corsaires musulmans ? C’étaient eux qui indiquaient à leurs rais, les capitaines des impitoyables navires corsaires musulmans, comment pénétrer de nuit dans leurs villages d’origine, pour y surprendre dans leur sommeil et livrer à l’esclavage, leurs anciens concitoyens. Les plus grands corsaires musulmans ont été des Italiens : Occhiali, Cicala, Ali Ferrarese, Mami Ferrarese, pour n’en citer que quelques-uns. Pour se faire une idée de la politique à deux visages des États européens dans l’histoire militaire et commerciale de la Méditerranée, on peut lire la précieuse contribution de l’historienne Mirella Mafrici, Mezzogiorno e pirateria nell’età moderna (Edizioni Scientifiche Italiane, 1995)**

Donc, le phénomène de l’adhésion spontanée de jeunes occidentaux aux milices islamiques, qui touche aujourd’hui tant d’États européens, a d’importants précédents historiques. On passe ainsi de la haute politique aux vicissitudes personnelles et familiales. Vos livres contiennent quelques évocations biographiques réellement hors du commun, qui s’entrelacent continuellement avec l’histoire d’Italie.

Effectivement, nous sommes tombés sur des histoires qui paraissent conçues pour un livre d’aventures ou d’espionnage, et qui pourtant sont non seulement réelles mais sont même exemplaires. Un nom qui vient tout de suite à l’esprit est celui de Giuseppe Nassi***, qui a non seulement financé généreusement les sultans pour qu’ils anéantissent l’Occident chrétien, mais qui a aussi organisé et subventionné des opérations de déstabilisation en Europe, au bénéfice des Ottomans. C’était un banquier marrane qui avait vécu à Venise, où il se faisait appeler Giovanni Miches. Il prêtait de l’argent aux gouvernements et aux monarques de la moitié de l’Europe. Mais il avait été expulsé de la Sérénissime République parce qu’on l’y soupçonnait de tramer des complots contre les Vénitiens et d’avoir fait incendier et exploser, dans un attentat d’une très grande audace, l’arsenal de la Sérénissime. Les Vénitiens lui avaient donc interdit de mettre le pied dans aucune de leurs possessions en Méditerranée, sous peine d’être pendu comme infâme sur la place Saint Marc, devant le palais du Doge. Exilé de Venise, Nassi s’était établi à Constantinople avec sa très puissante tante Gracia Nassi, héritière de la famille Mendes, une des plus riches dynasties de banquiers du continent. Nassi avait ainsi apporté en dot aux Turcs un immense patrimoine, sans parler du réseau d’affaires et de contacts de sa banque, pour laquelle travaillait une véritable armée de comptables, d’employés, de laquais, de parents et de serviteurs. À Constantinople, grâce son immense fortune, il lui avait été facile de se concilier les faveurs du sultan, grâce aussi à l’aide du médecin de ce dernier, le rabbin Moshe Hamou. Nassi s’est très vite servi de toute son influence pour attiser des guerres entre les États européens, ainsi qu’entre eux et la Sublime Porte, mais par-dessus tout pour préparer la guerre contre Venise. Du reste, il était passé maître dans l’art d’allumer des conflits quand il avait à régler des comptes personnels. Lorsque le roi Henri II de France a un jour tardé à lui rembourser un prêt, Nassi, en guise de rétorsion, s’est arrangé pour faire saisir par les Turcs les navires français qui relâchaient dans les ports du sultan. Pour déstabiliser l’Espagne, grand adversaire du sultan, il a fomenté la Guerre de Quatre-Vingts Ans. Depuis Constantinople, Nassi préparait soigneusement sa revanche contre Venise. C’est ainsi qu’il a conseillé au sultan Selim de faire la guerre à la Sérénissime pour prendre le contrôle de Chypre, précieux joyau des Vénitiens face aux côtes turques. Puis, par l’intermédiaire de ses correspondants secrets à Venise, il a manœuvré pour que la Sérénissime n’envoie pas les renforts promis à Chypre, alors qu’ils étaient stationnés non loin de là, sur l’île de Crète. C’est de cette façon que, grâce à Nassi, Chypre est tombée aux mains des musulmans. Tout cela a été reconstitué avec une précision remarquable par l’historien Cecil Roth.

Dans votre troisième roman, Veritas, le lecteur apprend que ceux qui ont allumé le feu de l’agression musulmane contre l’Empire des Habsbourg dans la seconde moitié du XVIe siècle, en particulier contre l’empereur Maximilien II de Habsbourg, étaient les princes protestants allemands et quelques-uns de leurs émissaires secrets, qui entouraient Maximilien en qualité de ministres et de conseillers. Vous dites qu’après avoir essayé sans succès de le convertir au luthérianisme, ils se sont vengés en déchaînant contre lui les armées turques. Comment les choses se sont-elles réellement passées ? Peut-on parler d’une convergence historique des intérêts de l’Islam et du luthérianisme ?

Dans la mésaventure de Maximilien, on ne peut pas ne pas être ébahi par l’œuvre de pollution politique et financière qu’ont déployé autour de lui quelques protestants purs et durs en faveur des forces ottomanes, et ce avec des conséquences incalculables. Maximilien II, neveu de Charles Quint, n’était pas destiné à la couronne impériale, qui aurait dû revenir à son cousin Philippe II, fils de l’illustre empereur. Mais les princes-électeurs allemands ne voyaient pas d’un bon œil Philippe, qui était un catholique déclaré, et ils avaient réclamé à grands cris le trône pour le jeune Maximilien, autour duquel, depuis plus d’une décennie, avec patience et minutie, ils avaient réussi à introduire des instructeurs au protestantisme plus ou moins dissimulé. Et Maximilien, comme on pouvait s’y attendre, une fois arrivé à l’âge adulte, avait laissé se multiplier autour de lui prédicateurs, conseillers, médecins et hommes de science luthériens, si bien qu’on donnait pour certain qu’une fois sur le trône, il passerait dans les rangs des réformés. Mais Maximilien, après son élection à l’empire (en juillet 1564) a choisi une voie différente : il s’est déclaré simplement chrétien, sans soutenir ni la Contre-Réforme ni le luthérianisme. Choix difficile, orienté vers une recherche de la paix et de la tolérance. Quelques mois plus tard est arrivée la vengeance. En 1565, l’agent diplomatique impérial David Ungnad, fervent protestant, a communiqué, de Constantinople, la nouvelle alarmante que Soliman le Magnifique était en train de mettre en place une armée puissante et très efficace de cent mille hommes, avec laquelle il s’apprêtait à marcher sur Vienne. Maximilien a aussitôt ordonné la mise sur pied d’une armée d’égale importance. Quelque temps après, le vice-payeur impérial, c’est-à-dire le collecteur-adjoint des ressources financières, Georg Ilsung s’est présenté en personne devant Maximilien avec l’annonce surprenante que, grâce à ses contacts étroits avec les banquiers allemands les plus puissants tels que les Fugger (ils étaient d’Augusta, comme Illsung lui-même) et en ajoutant ce qu’il avait puisé dans son patrimoine personnel, il était arrivé à réunir une armée de quatre-vingts mille soldats, avec promesse de renforts ultérieurs. Maximilien, radieux, a aussitôt promu Illsung payeur impérial en chef, faisant ainsi de lui l’homme-clé des finances impériales. Mais quand l’empereur s’est retrouvé en Hongrie, sur le point de lancer ses troupes contre celles commandées par Soliman, on l’a vu hésiter et choisir inexplicablement de se retirer, tandis que les Ottomans lui arrachaient les importantes forteresses de Szigetvár et de Gyula. C’est alors que rompant avec tous les usages, Maximilien a décidé de se justifier publiquement et donné l’explication du mystère : quand il avait voulu passer personnellement en revue les forces dont il disposait, il s’était aperçu que les soldats enrôlés dans son armée n’étaient pas quatre-vingts mille mais moins de vingt-cinq mille. Illsung lui avait menti. En outre, leurs équipements étaient exécrables, et, des renforts promis, il n’y avait pas trace. Pour ces motifs, Maximilien II avait décidé de se retirer. Vingt-cinq mille contre cent mille : ç’eût été un massacre, avec, par-dessus le marché, le risque que les Ottomans, une fois exterminée l’armée chrétienne, poussent jusqu’à Vienne et, la trouvant dégarnie, la prennent d’un seul coup.

Que s’est-il passé ensuite ?

Les surprises n’étaient pas finies. L’empereur avait découvert, mais trop tard, alors que l’armée était déjà sur le chemin du retour, qu’Ungnad aussi lui avait menti : des soldats ottomans faits prisonniers par les forces impériales sur le chemin de Vienne, avaient révélé que l’armée ottomane était loin d’être considérable et fortement armée. Parmi les Turcs, il y avait beaucoup de soldats sans armes et, surtout, il y avait énormément de très jeunes garçons que terrorisait l’ennemi chrétien. Mais surtout, on avait caché à Maximilien le fait le plus sensationnel, à savoir qu’au cours de la campagne militaire, Soliman le Magnifique était mort. Depuis au moins deux mois et l’empereur n’en avait rien su. C’est par un étranger - l’ambassadeur de la République de Venise - qu’il a été informé de la mort de Soliman. La nouvelle était arrivée dans la lointaine Innsbrück trois jours avant d’atteindre le camp de l’empereur, qui se trouvait à deux pas du camp ottoman. Et cela, en dépit du fait qu’Ungnad n’avait cessé de faire la navette entre les deux armées. Ainsi, l’armée de Maximilien n’avait pas pu exploiter le bouleversement de l’armée ottomane, lorsqu’elle s’était tout à coup trouvée sans chef. En réalité, quand il avait quitté Constantinople, Soliman était déjà moribond, mais de cela non plus Ungnad n’avait rien dit. Par ailleurs, qu’est-ce qui avait poussé le sultan à risquer une opération militaire à l’article de la mort ? Avait-il reçu l’information mensongère que Maximilien II était sur le point d’envahir ses territoires ? L’Histoire nous enseigne que, quelquefois, quand deux parties se combattent, c’est une troisième qui ramasse la mise. On a vu trop souvent décider du sort des guerres celui qui faisait la navette entre les combattants, que ce soit pour transmettre des nouvelles, pour s’occuper du ravitaillement ou des fournitures militaires.

Mais même après la justification publique de sa défaite militaire, Maximilien n’a pas pu se libérer de ses conseillers infidèles, dont il dépendait toujours pour trouver rapidement des capitaux frais, pour obtenir l’échelonnement de dettes encore dues ou pour solliciter de nouveaux prêts des Fugger, non sans leur abandonner en garantie les rentrées des douanes et les recettes des mines impériales de mercure d’Idrija. L’argent, cependant, arrivait toujours au compte-gouttes, maintenant l’administration et l’armée impériales dans un état constant de pénurie. Quant à la cassette personnelle de l’empereur, Illsung l’avait confiée à un élève d’Ungnad, David Hag, payeur de la Cour, qui a géré les fonds du souverain de manière extrêmement suspecte. À sa mort, survenue en 1599, plus de vingt ans après la disparition de Maximilien, on s’est aperçu que Hag s’était contenté d’enregistrer dans les registres comptables, les seules dépenses de l’empereur et jamais ses rentrées : il est plus que probable qu’ont été ainsi soustraites à Maximilien d’énormes sommes d’argent. Il est facile de comprendre qu’en l’absence de personnages aussi déloyaux qu’ Ungnad, Illsung et Hag, l’Empire des Habsbourg se serait acquitté bien différemment de son rôle de rempart contre les Ottomans.

Tout ceci cependant concerne encore ce que vous avez appelé « l’échelon supérieur» de l’instrumentalisation des Ottomans par les Occidentaux. Que peut-on dire de « l’échelon inférieur » ?

À l’échelon inférieur, il suffit de lire les observations des voyageurs européens en Turquie du XVIIe au XIXe siècles. La princesse Cristina de Belgioioso, a assisté à des procès faits à des délinquants de droit commun, et elle disait avoir eu l’impression que, parmi les Ottomans, le criminel n’était pas un homme d’une trempe différente de celle du sage. Les bandits turcs avaient un regard plus sûr qu’elle-même, qui les observait lorsqu’ils étaient à la barre. Cristina n’a par conséquent pas pu manquer de voir, dans ces gens, des « hommes d’une nature différente de la nôtre, qui ignoraient réellement la signification des mots chrétiens de vice et de vertu ».Ayant eu affaire aux Ottomans, dit la princesse de Belgioioso, « je me rendis compte, hélas, qu’au sein d’une civilisation presque aussi vieille que la civilisation chrétienne, mais fondée sur des bases complètement différentes, on rencontrait ce phénomène : l’homme sans conscience ! ». Voilà. Il est certain que l’homme sans conscience est un excellent instrument, facilement manipulable. C’est pourquoi il a été si commode à l’Occident d’aller le cultiver dans les populations exotiques et puis de le lancer aux frontières de l’Europe, pour y poursuivre ses fins perverses d’(auto) destruction. Cette instrumentalisation est évidente jusqu’à dans la politique intérieure de l’Empire ottoman, qui était en contradiction stridente avec sa politique extérieure. Comme tout empire, d’ailleurs, l’Empire ottoman n’était qu’un immense creuset à filtration basé sur un système féodal. Le sultan, souverain absolu, était représenté dans les provinces par un réseau de régisseurs, qui étaient loin d’être loyaux : les derebey, petits hobereaux agités et féroces, perpétuellement en révolte contre lui. Ils s’emparaient de la collecte des impôts qui auraient dû lui être versés, refusaient d’obtempérer aux demandes de recrutement du gouvernement central, enrôlant au contraire des troupes pour leurs armées personnelles ; ils avaient leurs propres étendards et des uniformes à eux, et il leur arrivait souvent de partir en guerre contre le sultan lui-même. Presque toute l’Asie Mineure est divisée en un petit nombre de ces derebey. Pour ne rien dire des territoires de montagne, où on ne répondait même pas aux appels aux armes. Dans la région du Ghiaour-Dagh, à la frontière entre la Turquie et la Syrie actuelle, pas un seul montagnard n’endossait l’uniforme et ne daignait payer un seul para - la quarantième partie d’une piastre - au trésor impérial. Quand le sultan essayait de les ramener à l’obéissance, les habitants des hauteurs se repliaient vers les sommets, laissant l’armée régulière errer sur leurs terres abandonnées. Ou bien ils se déchaînaient en masse contre les armées du sultan, dans la proportion de vingt-cinq mille montagnards pour un millier de soldats, ce qui suffisait habituellement à mettre fin aux hostilités et à rétablir la paix avec Constantinople. Le calme durait jusqu’au recrutement suivant ou à la prochaine échéance des taxes qui faisait inévitablement recommencer la guerre. L’Empire ottoman comptait de nombreuses populations de ce genre, ce qui suffit à faire comprendre à quel point il est absurde de prétendre que les Ottomans étaient prêts à envahir les nations voisines. C’est le contraire, en fait, qui est vrai : la Sublime Porte avait d’énormes problèmes intérieurs qui auraient dû lui déconseiller toute action de guerre vers l’extérieur. S’étendre à tout prix en Europe, comme l’ont pourtant fait les sultans, en menaçant Vienne, Venise et la Hongrie, alors qu’à peu de lieues de Constantinople, leur empire était totalement ingouvernable, signifie que le but principal n’était pas la conservation de l’Empire ottoman mais la destruction, ou mieux, la déstabilisation de l’Europe chrétienne.

Le terme « déstabilisation » nous ramène encore une fois avec force au présent…

C’est précisément pour cela que nous avons lancé notre appel : l’Histoire doit nous instruire ! Pendant la guerre de Succession d’Espagne, entre 1700 et 1714, lorsqu’est morte l’Europe d’ancien régime et qu’est née celle d’aujourd’hui, les puissances maritimes et commerciales, in primis l’Angleterre, avaient intérêt à déstabiliser les deux adversaires majeurs du conflit, l’Empire des Habsbourg et la France, pour empêcher que le vainqueur, quel qu’il fût, puisse conquérir une position dominante. Le pouvoir anglais se fondait sur le commerce, sur le libre-échange, qui réalise ses gains les plus importants justement par la guerre et par l’affaiblissement des voisins, lesquels peuvent être, bien sûr, envahis militairement, mais qui peuvent l’être aussi au moyen du soft power du commerce et de la culture, sans qu’il soit jamais en mesure de rendre la pareille. La guerre pulvérise les rapports économiques, toutefois, il est bien connu qu’il existe des trafics à grand rayon d’action qui rentabilisent au maximum l’affaiblissement des Nations. Karl Kraus a traité avec une maestria épique, dans Les derniers jours de l’humanité (Agone, 2005), les flopées de « larves, hyènes et lémures » (comme il les appelle) qui se sont enrichis, pendant la Grande Guerre, grâce à la pénurie, au marché noir et aux commandes militaires. Nos grands-parents savaient bien que quand les champs sont rendus stériles par les incursions, les incendies et les dévastations belliqueuses, les peuples tombent dans la toile d’araignée des spéculateurs et des usuriers, qui font payer les marchandises à cinquante fois leur valeur. Et quand les dettes étaient contractées par des rois, il n’était pas rare que des financiers reçoivent, en récompense, des titres nobiliaires. Après une décennie de guerre, les puissances mercantiles sorties victorieuses de la Guerre de Succession d’Espagne, c’est-à-dire surtout l’Angleterre, ont réussi à mettre la France économiquement à genoux, avec l’aide diabolique du terrible hiver de 1709. Et dire qu’à l’époque, on ne connaissait pas les guerres climatiques ! Il a suffi d’ajouter au tableau quelque assassinat de souverain, et les puissances commerciales ont acquis une domination planétaire, qui, sous des formes diverses, dure encore.

Un de vos romans qui doit sortir prochainement, Dissimulatio, est consacré au coup d’État. Rita Monaldi et Francesco Sorti, qu’est-ce que c’est, pour vous, la politique ?

C’est plus un éclair qu’un discours. Le cardinal Mazarin disait que la politique tient tout entière dans deux mots : simula et dissimula.

Interview réalisée par Gabriele Palasciano.

_________________  

*        Traduits dans une demi douzaine de langues mais toujours inédits dans leur français d’origine (NdT)

**       Inédit en français.

***     Considéré comme le précurseur des sionistes.

Source : http://www.cortiledeigentili.com/intervista-a-rita-monald...

 Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Pour en savoir plus sur Rita Monaldi et Francesco Sorti, voir notre post du 1er janvier 2014 : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

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« La Cour des Gentils » est une structure du Conseil Pontifical de la culture, qui l’a créée à Paris les 24 et 25 mars 2011, sous les auspices de l’UNESCO, pour favoriser les rencontres et le dialogue entre croyants et non croyants.

L’idée vient du pape Benoît XVI, qui s’est inspiré d’une cour du temple de Jérusalem où, il y a 2000 ans, les non-juifs (Gentils) pouvaient suivre la liturgie du culte, écouter les chants et interroger les docteurs de la Loi. Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil Pontifical de la culture a été chargé de développer cette structure, dont les activités consistent à faire se rencontrer des personnes de convictions diverses.

Les thèmes proposés aux discussions sont liés aux grands défis posés par la société actuelle et aux aspirations que partage l’humanité.

 

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Mis en ligne le 11 février 2016.

 

 

 

 

 

23:32 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/02/2016

Viktor Orban « Chavez de l’Europe » ?

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Viktor Orban « Chavez de l’Europe » ?

 

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Migrations coercitives orchestrées : guerre du sionisme à l’Europe

(Premier d’une série de onze articles)

Gearóid Ó Colmáin – Dissident Voice – ICH 1er février 2016

 

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« Si une agression contre un pays étranger soumet à contrainte sa structure sociale, ruine ses finances et le force à abandonner une partie de son territoire pour servir d’asile à des réfugiés, quelle est la différence entre cette forme d’agression et la déclaration de guerre suivie d’invasion classique ? »

Sawer Sen, Ambassadeur de l’Inde aux Nations Unies

 

Dans une conférence de presse donnée à l’Union Européenne le 3 septembre 2015, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a déclaré sans ambages, parlant de l’actuelle crise des réfugiés en Europe, que c’était « le problème de l’Allemagne ». Il voulait dire par là que les réfugiés en train de s’amasser à la frontière de la Hongrie se rendaient en fait, pour la plupart, en Allemagne. Il soulignait ainsi le fait que la très grande majorité des réfugiés n’avaient aucune intention de rester en Hongrie. Orbán a été fortement critiqué pour sa décision d’ériger une barrière de sécurité sur la frontière entre son pays et la Serbie, afin de contenir le flot des migrants en train de pénétrer illégalement sur le territoire hongrois.

Alors que les médias de masse dominants de l’Union Européenne brossent d’Orbán le portrait d’un dictateur de droite xénophobe, la décision d’ériger cette barrière a pourtant été prise en rigoureux accord avec les règlementations de l’U.E., qui exigent que tout immigrant désireux de pénétrer dans la zone Schengen soit enregistré à la frontière d’entrée par la police du pays concerné. Il est quand même assez paradoxal que Bruxelles fasse grief au Premier ministre hongrois de vouloir respecter les règles européennes !

 

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Le quotidien français Le Monde présente le PM hongrois comme quelqu’un qui essaie de criminaliser les immigrants illégaux. Quel étrange pays en effet que celui qui criminalise ceux qui violent ses lois !

Pourquoi donc Orbán se retrouve-t-il sous un feu de critiques aussi nourri ? Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Orbán a mis en œuvre, dans la politique intérieure et sociale de son pays, des mesures qui vont à l’encontre de celles dictées par la Commission européenne. En 2013, la Hongrie a fermé le bureau du FMI sur son territoire et remis les finances du pays sous le contrôle de l’État.

Le Fonds Monétaire International est une institution-clé de la gouvernance mondiale américano-sioniste, et il y a peu de pays qui aient réussi à échapper à ses griffes, c’est-à-dire à un endettement permanent. C’est pourquoi la décision de la Hongrie de montrer la porte au FMI a été considérée comme rien moins qu’un acte de téméraire insubordination à l’égard de l’impérialisme US.

La Hongrie s’est aussi attiré des critiques par sa législation sur les médias, qui a mis hors la loi l’ingérence des canaux de propagande US tels que La Voix de l’Amérique, estimées contraires à l’intérêt public. En conséquence de quoi l’Union Européenne, qui n’a aucun scrupule à interdire les stations de télévision iraniennes, a vertement reproché à la Hongrie ses « violations de la liberté d’expression ».

Orbán avait exprimé en 2013 à Chatham House sa conviction qu’il existait une « conspiration gauche-verte » contre les « valeurs traditionnelles ». Il faisait sans aucun doute allusion aux sempiternelles tirades des va-t-en-guerre sionistes de gauche comme celles du parlementaire européen Daniel Cohn-Bendit contre la Hongrie. C’est Cohn Bendit d’ailleurs, qui a sarcastiquement qualifié Orbán de « Chavez de l’Europe », cette sorte d’injures idéologiques illustrant bien la vacuité du paradigme gauche-droite de l’ère post-soviétique.

Le « nationalisme » d’Orbán n’a rien d’impérial. C’est plutôt une philosophie nationale qui combat et qui affaiblit l’impérialisme. En fait, c’est un nationalisme au sens de libération nationale d’une oppression néo-coloniale qui a pris la forme des institutions financières internationales et de l’Union Européenne.

La défense des « valeurs traditionnelles » par Orbán l’a rapproché idéologiquement du programme du président russe Vladimir Poutine, qui a rendu visite à la Hongrie en 2014. Pendant cette visite, Orbán a loué le rôle du dirigeant russe dans les efforts faits pour trouver une solution pacifique à la guerre de Syrie. En 2014 encore, il a déclaré aux médias hongrois que la guerre d’Ukraine avait pour cause la volonté des États-Unis de contrôler toute l’Europe de l’Est. Il a également souligné qu’ils voulaient attirer la Hongrie dans cette crise.

 

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Le Premier ministre hongrois ne fait pas mystère de sa volonté de poursuivre une politique intérieure et extérieure indépendante. Ainsi, la Hongrie entretient également des liens étroits avec la Chine et l’Iran. C’est pourquoi tenter de présenter Viktor Orbán comme faisant partie de la droite réactionnaire impérialiste et xénophobe est simplifier à outrance le jeu complexe des forces géopolitiques qui s’affrontent dans l’arène politique actuelle, et c’est ignorer surtout les forces profondes qui sont à l’origine de la crise des réfugiés/migrants et qui la dirigent. Ainsi, comparer l’opposition d’Orbán à l’immigration à celle du Premier ministre anglais David Cameron est aussi simplifier abusivement la question.

Le Premier ministre David Cameron fait grand cas de son opposition à l’immigration, mais elle n’a rien à voir avec le programme réel du gouvernement britannique. La politique anti-immigration de Cameron n’est que le simple appel à la xénophobie dont les Tories ont besoin pour maintenir leur niveau de voix aux élections. Le régime de Cameron sert le capitalisme financier international sous sa forme la plus brutale et le capitalisme financier a besoin d’une immigration constante. Les objectifs d’Orbán, au contraire, sont déterminés par son conflit avec le capitalisme financier et avec l’idéologie libérale qui conduit à la mondialisation.

Viktor Orbán a proposé que les migrants/réfugiés soient renvoyés en Turquie jusqu’à la fin de la guerre de Syrie. C’est une proposition raisonnable. Le slogan « Bienvenue aux réfugiés » et les manifestations en faveur de l’immigration qui le soutiennent servent les objectifs géostratégiques américano-israéliens. Peu de gens ont l’air de s’en rendre compte, et, actuellement comme lors du « Printemps Arabe » de 2011, la caravane du cirque de l’impérialisme US ne manque pas de passagers enthousiastes.

Dans ce sens-là, Viktor Orbán de Hongrie mérite, d’une façon très limitée, d’être appelé le « Hugo Chavez d’Europe ». Alors que, dans l’ensemble, sa politique est loin d’être de gauche (interdire les symboles du communisme, par exemple, ne l’est certainement pas), son adoption d’une forme traditionnelle, dirigiste, de capitalisme, assortie d’une politique sociale fortement pro-famille et d’une politique extérieure à multiples vecteurs, rapprochent réellement la Hongrie de pays comme le Vénézuéla, la Biélorussie, l’Érythrée et d’autres qui s’efforcent, eux aussi, de maintenir leur souveraineté face à l’impérialisme.

Un article profondément tendancieux et hostile du journal Le Monde décrit néanmoins assez précisément la politique d’Orbán comme étant « économiquement de gauche et culturellement de droite ». Une réserve s’impose cependant. Sa politique est « de gauche » du point de vue de la finance corporatiste mondialisée, mais, dans la mesure où elle favorise surtout la bourgeoisie patriote nationale, elle est « de droite » du point de vue des classes laborieuses.

La politique étrangère multi-vectorielle de la Hongrie a été bénéfique au pays et elle l’a été aussi pour d’autres pays partenaires de l’hémisphère Sud tels que le Vénézuéla. Pour ne prendre qu’un exemple : un produit technologique en matière d’énergie photovoltaïque, développé en Hongrie et financé par la Chine, a été exporté en 2013 au Vénézuéla. On croit que la nouvelle technologie hongroise pourrait non seulement permettre au Vénézuéla d’être autonome en matière d’électricité, mais pourrait même en faire un pays exportateur d’électricité. La coopération du Vénézuéla avec la Hongrie est vitale pour l’industrialisation du pays.

Ce que les pays évoqués ci-dessus ont en commun, c’est qu’ils s’efforcent tous de construire un volontarisme national, dans le but d’endiguer la marée de la « mondialisation » et tous les maux économiques et sociaux qui en découlent. Cela implique une bourgeoisie nationale patriote alliée aux classes laborieuses contre la bourgeoisie compradore « internationaliste » et le « Nouvel Ordre Mondial ». C’est, à maints égards, un renversement de la dynamique des classes de la Deuxième Guerre mondiale, où l’Union Soviétique a conduit une classe ouvrière internationale organisée, en association avec ce qui restait de la bourgeoisie démocratique, contre le fascisme international.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est arrivé au pouvoir dans un pays ravagé par le FMI et par un parti « socialiste » profondément corrompu, qui avait émergé des décennies de l’état-providence capitaliste de Janos Kadar, un libéral qui avait remplacé le communiste Rákosi au cours de la contre-révolution qui s’est déroulée en Europe dans les années 1950, lorsque le capitalisme « à caractéristiques socialistes » a remplacé le socialisme du Kominform. Par euphémisme, on a qualifié de « dé-Stalinisation » ce qui n’était, en fait, qu’une tentative de rétablir les modes de production capitalistes.

La crise idéologique hongroise a culminé avec la tentative de coup d’État de 1956, quand la CIA, opérant depuis Vienne, a essayé de renverser le régime assiégé avec l’aide d’anciens collaborateurs du nazisme. La « Révolution hongroise » de 1956 fut, à maints égards, l’intelligent prototype de bien des opérations de changement de régime orchestrées par les USA qui allaient suivre des décennies plus tard.

Bien qu’Orbán soit réputé avoir « combattu le communisme » lorsqu’il était étudiant, il a surtout, comme beaucoup d’autres de sa génération, combattu un type particulier de capitalisme, par lui perçu comme une « conspiration de gauche » contre le peuple. Les Marxistes-Léninistes ont toujours considéré le triomphe du révisionnisme khrouchtchévien de 1956 en URSS et la dé-Stalinisation subséquente de l’URSS et des démocraties populaires d’Europe de l’Est, comme une contre-révolution opposée à la dictature du prolétariat. 

Les réformes de Khrouchtchev impliquaient l’abandon de toute planification nationale centralisée, la réintroduction du profit comme régulateur de production, le tout combiné à une politique étrangère cynique et anti-marxiste de « coexistence pacifique » entre capitalisme et socialisme. Pour justifier cette politique, Khrouchtchev a écrit un long discours fallacieux calomniant Staline. Toutes les accusations portées contre Staline dans ce discours de Khrouchtchev se sont, depuis, avérées mensongères. Le révisionnisme soviétique n’a pas tué le socialisme qu’en URSS, mais – à la notable exception de l’Albanie – il a aussi tué l’espoir de socialisme dans le monde. Cette destruction du marxisme-léninisme par les révisionnistes soviétiques et, plus tard, chinois, a conduit à une résurgence du trotskisme dans les pays impérialistes occidentaux. Et c’est cette « Nouvelle Gauche » qui constitue l’avant-garde de l’impérialisme occidental contemporain.

 

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« En tuant Trotski, les États-Unis faisaient coup double » (Louis Scutenaire)

 

Dans ce sens-là, Orbán a raison de parler de conspiration « de gauche » contre la civilisation, car ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le triomphe de l’idéologie trotskiste, sous la forme du sionisme et du néo-conservatisme, où l’internationalisme prolétarien a été remplacé par les « droits humains » internationaux d’une part, et le « djihad islamiste » de l’autre, nouvelle alliance révolutionnaire en guerre contre les classes laborieuses.

Il n’y a qu’à voir le poing tendu des révolutions colorées US et l’appel permanent aux rébellions juvéniles pour comprendre à quel point le capitalisme est en train de resserrer sa prise sur l’humanité en s’appropriant les symboles révolutionnaires de la gauche. De fait, le capitalisme US contemporain, c’est, pour employer une expression de Trotski, la « révolution permanente ». Ou, pour employer celle du Grand Stratège US qu’est le général Thomas Barnett, « la mondialisation à la mode US est une révolution socio-économique pure ».

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Mais c’est une révolution qui est en guerre contre la classe ouvrière. Un des résultats du « Printemps Arabe » en Égypte fut l’abrogation des lois sur le travail qui faisaient obligation aux sociétés de payer leurs ouvriers, lorsqu’elles fermaient leurs usines pour cause de moindre demande. Un grand nombre des grèves qui finirent par renverser le régime de Moubarak ont été dirigées par des syndicats « indépendants » financés par les États-Unis.

Étant donné l’intransigeance d’Orbán sur la question des réfugiés, il y a de fortes chances pour qu’il soit bientôt confronté à un « mouvement de protestation populaire » soutenu par les USA et Israël, dans le but de provoquer un changement de régime en Hongrie. Les révolutions colorées impliquent souvent le transport de milliers d’étrangers sur le lieu des manifestations par les services d’espionnage US opérant sous couvert d’Organisations Non Gouvernementales (ONG). C’est arrivé en Biélorussie en 2010. Beaucoup des jeunes gens qui essaient aujourd’hui d’entrer en Hongrie pourraient dans un proche avenir être utilisés comme bélier pour déstabiliser l’État hongrois.

Depuis le « Printemps Arabe » fomenté par la CIA et ses multiples ONG en 2011, depuis la destruction totale de la Libye par l’OTAN et sa guerre par procuration contre la Syrie, des millions de gens sont devenus des réfugiés. C’est à cause de tout cela qu’ils fuient vers l’Europe. Mais ils ne sont pas la cause principale de la « crise en cours » ou plutôt, de la phase actuelle d’une crise longue et profonde en cours de déroulement.

L’invasion et la destruction de la Libye en 2011 a poussé des millions de désespérés à tenter de traverser la Méditerranée. Cette crise toujours en cours a été diversement « couverte » par les médias occidentaux de masse. Par exemple, le naufrage d’un bateau en Méditerranée en juillet 2015 a eu droit à exactement 4 lignes dans le quotidien français Le Figaro, quoique plus de cent personnes y aient trouvé la mort.

Cependant, depuis qu’un enfant noyé a été trouvé sur la côte de Turquie en 2015, la crise des réfugiés est entrée dans une phase nouvelle, la photo de l’enfant étant utilisée pour battre le rappel d’un soutien public aux bombardements de l’OTAN contre la Syrie pour « arrêter les massacres ».

Alors que personne ne sait au juste combien il y a de Syriens parmi les migrants qui fuient vers l’Europe, les médias de masse font une véritable fixation sur ceux-là, en dépit du fait qu’ils ne représentent qu’une minorité des migrants actuellement massés à la frontière hongroise.

Le débat sur ce qu’il convient de faire pour résoudre la crise des réfugiés/migrants tourne à présent autour de la question de savoir s’il faut les accueillir dans les pays d’Europe ou pas. Ce faux débat pour ou contre les migrants sert évidemment à masquer une nouvelle et très destructive phase dans la stratégie géopolitique USA/OTAN. Un grand nombre des réfugiés qui assiègent aujourd’hui la frontière de la Hongrie viennent de camps de réfugiés en Turquie. Or, les services secrets autrichiens ont révélé que des agences gouvernementales US financent le transfert de ces réfugiés en Europe afin de déstabiliser tout le continent. Cette nouvelle initiative géostratégique consiste à utiliser des réfugiés désespérés, dans le but constamment poursuivi par les États-Unis et Israël de diviser le continent européen pour y régner.

En France, Radio Internationale a révélé que 95% des migrants de la vague actuelle en train de déferler sur l’Europe sont des jeunes hommes de 25 à 30 ans. On dit que beaucoup d’entre eux veulent échapper à la mobilisation dans l’armée syrienne, qui a perdu des milliers d’hommes et de femmes courageux depuis le début de la guerre que le sionisme fait à leur pays. La prépondérance de jeunes mâles en bonne santé parmi les soi-disant réfugiés m’a été également confirmée par des enquêteurs de la chaîne russe RT. Interrogé sur la question des réfugiés par BMTV, l’ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov a répondu : « Tout ce que je peux voir, ce sont des jeunes gens qui fuient la guerre au lieu de défendre leur pays ». Oui, pourquoi y a-t-il si peu de femmes et d’enfants vulnérables parmi les réfugiés qui fuient la guerre de Syrie ?

La traversée de la Méditerranée vers l’Europe peut coûter normalement jusqu’à 11.000 dollars, soit bien plus d’argent que ce que la plupart des ouvriers européens pourraient économiser sur des années de dur labeur, et pourtant, on nous dit que des millions d’Irakiens et de Syriens ravagés par la guerre se retrouvent capables de dépenser ces sommes colossales pour faire le voyage. Comment cela est-il possible ?

La glorification des jeunes hommes qui fuient la conscription en Syrie en même temps que la démonisation des jeunes hommes et des jeunes femmes héroïques qui se battent en Syrie pour libérer leur pays, sont profondément significatives de la turpitude morale de nos propres classes dominantes, dont la déloyauté et la lâcheté sont les caractéristiques principales.

En septembre, une camerawoman hongroise a été filmée en train de faire trébucher un réfugié qui portait un enfant au passage de la frontière. La vidéo a aussitôt fait le buzz. Cette femme poursuit aujourd’hui l’homme en justice parce qu’il a changé sa déclaration des faits à la police. La version de Petra Laszlo est qu’elle a paniqué quand les réfugiés se sont précipités sur elle. L’incident a provoqué beaucoup d’indignation dans les médias politiquement corrects. Mais, depuis, des patriotes syriens se sont livrés à quelques recherches sur la « victime » de Laszlo. Il semble que l’homme s’appelle Osama Abdel-Muhsen Alghadab et qu’il soit membre de Japhat al-Nosra, le groupe terroriste affilié à Al-Qaïda qui a massacré des milliers d’innocents en Syrie. [Voir notre post du 5 octobre dernier. N.d.T.]      

 

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L’incident a provoqué beaucoup d’indignation dans les médias politiquement corrects

 

Ceci ne signifie absolument pas que tous les réfugiés qui essaient d’entrer en Hongrie soient des terroristes. Mais, dans un contexte de guerre totale, où sont engagés plusieurs réseaux internationaux de terroristes opérant sous l’égide des services secrets américains, israéliens et européens, cet incident est un argument de plus en faveur de la politique de stricte observance des procédures d’immigration normales d’Orbán.

En février 2011, le leader libyen Mouammar al-Khadafi avait mis l’Europe en garde contre le danger d’une invasion par des migrants et en particulier par des terroristes d’Al Qaïda s’il était renversé. Le président syrien Bachar al-Assad a, lui aussi, mis l’Europe en garde contre le danger d’invasion par des milliers de terroristes d’Al Qaïda et de l’« État islamique » déguisés en réfugiés. Il est tout à fait possible que ce scénario soit en train de se concrétiser.

 

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Gearóid Ó Colmáin est un journaliste et analyste politique irlandais. Il vit à Paris. Il s’intéresse principalement à la mondialisation, à la géopolitique et à la lutte des classes. Il collabore régulièrement à Dissident Voice, Global Research, Russia Today International, Press TV, Sputnik Radio France, Sputnik English, Al Etijah TV et Sahar TV. Il a aussi fait des apparitions sur Al Jazeera et Al Mayadeen. Il écrit en anglais, en gaélique et en français.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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« La plupart des malheurs des hommes viennent de ce qu’ils ne donnent pas aux mêmes mots le même sens. »

Diderot

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. »

Albert Camus

 

À la suite d’un de nos posts récents, il nous a été conseillé de lire Béla Hamvas, ce que, idiots mais disciplinés, nous avons fait dans la très faible mesure de nos moyens, puisqu’un seul des livres de cet auteur a jamais été publié en français. Ses œuvres ne sont hélas, pour l’instant, accessibles que dans sa langue d’origine et en serbo-croate.

Précisons toutefois qu’un extrait de ce qui est qualifié de « roman-culte » - Carnaval - a été traduit en français (mais non publié, pas trop demander non plus !). On le trouvera ICI.

Tout ce que nous savon de Hamvas, c’est que Georg Lucáks et lui avaient une conception différente de l’art moderne et que le gouvernement hongrois (communiste depuis peu) le mit, en 1948, sur une liste « b » (impropre à la publication).

L’intelligentsia française post-moderne, qui n’est pourtant pas communiste, est à ce point hermétique à tout ce qui n’est pas hexagonal (ou yankee) qu’on ne trouve aucune fiche Wikipedia qui lui soit consacrée en français. En anglais, il en a une.

 

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Béla HAMVAS

Un livre de prières pour les athées. Philosophie du vin.

Éditions du Rocher – 2005

244 pages

 

 

 

« Un livre d’une drôlerie irrésistible écrit par l’un des écrivains hongrois les plus remarquables du vingtième siècle. Un livre de prières pour les athées est à la fois un pamphlet contre les bigots de tout poil (athéistes et piétistes) en même temps qu’une formidable exhortation à la vie. » dit la 4e de couverture.

 

Nous n’y avons pas trouvé la drôlerie irrésistible annoncée par l’éditeur, à moins qu’on ne la voie dans la manière de manger, de boire et d’embrasser les femmes que préconise l’auteur avec le sérieux d’un pape qui aurait décidé de jouer les provocateurs pour se calmer de l’agacement que lui procurent les si prévisibles pécheurs.

Pour commencer, il ne faut pas longtemps (deux pages) pour comprendre que Béla Hamvas ne sait pas ce que c’est qu’un athée, non plus qu’un matérialiste. À sa décharge, reconnaissons que ceux qui se sont vantés de l’être et qui l’ont fait souffrir ne le savaient pas non plus, ce qu’ils ont embrassé sous les noms d’athéisme matérialiste n’étant autre chose que leur nouvelle religion. Il convient donc de lire ce livre en remplaçant « athées » par « hostiles aux religions traditionnelles » et « matérialistes » par « prosaïques ».

C’est un peu comme, lorsqu’on lit Céline… il vaut mieux faire abstraction des mots juif, youpin, youtre, etc., et se concentrer sur le reste, si on veut savoir ce qui l’a tant fait grincer des dents. Car ces deux écrivains ont beaucoup souffert du monde qui les entourait, c’est indéniable.

 

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Béla Hamvas a vécu, en Hongrie, une vie d’artiste et sans doute aussi de penseur, sous la férule déléguée (en pidgin à la mode, on dit « proxy ») de compatriotes appliquant les volontés d’évadés du Talmud, qui croyaient avoir entendu Karl Marx leur parler d’entre les nuages. Rien n’est pire, hélas, qu’une bureaucratie imposant aveuglément les règles d’une religion, inévitablement intolérante – elles le sont toutes –, qu’elle ne comprend pas.

Pour son malheur, Hamvas semble avoir été un sensualiste et peut-être même un contemplatif (on le saurait si on en avait lu davantage). Or, quoi de plus odieux, de plus insupportable qu’une société pas vraiment sortie de l’infantilisme, qui se sert des moyens de la domination ordinaire pour imposer sa loi à des esprits spéculatifs allergiques aux entraves ?

Ayant ainsi décidé que ses tourmenteurs étaient des « enfants arriérés, voire des débiles mentaux » – oublieux du cas que faisait des simples d’esprit son Sauveur – il entreprend de les remettre à leur place en leur décrivant par le menu ce qu’ils ratent. Et pendant qu’il y est, il règle leur compte aussi aux puritains, aux bigots et autres piétistes, aussi pires que les autres si c’est possible.

 

« Le piétiste est homme à exiger que tout le monde vive de son et d’eau pure ; il voudrait voir les plus belles femmes vêtues d’oripeaux informes, il aimerait pouvoir interdire le rire et couvrir le soleil d’un voile noir. Le piétiste est partisan de l’abstinence. Je sais fort bien que ma seule devise a éveillé son indignation. Le piétiste est partisan de l’abstinence. Je sais fort bien que ma seule devise a éveillé son indignation, qu’il a demandé sur un ton sinistre et courroucé : “Allons donc, qu’est-ce encore que ce blasphème ? ” Il a été choqué parce que j’ai eu l’outrecuidance de dire que Dieu se trouvait aussi dans le jambon cuit. Eh bien, il aurait intérêt à se calmer. Il va entendre des propos encore plus osés. Je promets de montrer une considération toute particulière à son égard et de ne manquer aucune occasion de le scandaliser dans toute la mesure du possible. On doit ménager l’athée parce qu’il est sot, ignorant, étroit d’esprit et simpliste. Le piétiste, lui, ne saurait espérer autant d’indulgence. Qu’il sache donc que je le guette du coin de l’œil et que plus il prendra l’air grave, plus je me rirai de lui. Plus il épanchera son indignation, plus je me délecterai et je ne lui dirai même pas pourquoi. »

 

L’auteur est, soit dit en passant, né dans un presbytère, comme tant de grands brimés de la littérature.

Deux mots, pendant qu’on y est, sur cette accusation de « matérialisme » si libéralement distribuée aux mécréants par tant de croyants par ailleurs grands prosaïques sous le soleil.

Mis à part les anciens Étrusques, profondément conscients de ce que vie et mort ne sont que des transformations de la matière et en même temps si obsédés par le religieux et ses rites que le mot « cérémonie » vient de Caeré, nous ne connaissons qu’un seul vrai matérialiste parmi nos contemporains. Il s’appelait John Cowper Powys. Comme Béla Hamvas, il était sensualiste, et le mot « contemplatif », pour le qualifier, paraît ridiculement faible, au point que, ayant divinisé la matière (qu’il appelait Déméter, allez savoir pourquoi) il pouvait tomber en extase à la seule vue d’un lichen sur un vieux mur. On veut dire en extase comme sainte Thérèse d’Avila ou saint Jean de la Croix, et qui plus est, à volonté, car il ne devait pas, lui, attendre que sa déesse se manifeste ou lui apparaisse : il la convoquait. Son œuvre est pleine d’évocations de ce genre qu’on aurait tort de ne pas prendre au sérieux.

« Extase pour vieux monsieur devant un vieux mur »… ce sont là des mystères que les prosaïques ne sauraient se figurer.

Mais puisque nous avons eu la désinvolture de faire dévier notre compte-rendu de lecture vers un autre auteur, rappelons que l’Angleterre, dans l’ostracisme de ses grands hommes, n’a rien à envier à quiconque. John Cowper Powys n’a jamais réussi à gagner vraiment sa vie qu’en Amérique (en y donnant plus de 10.000 conférences populaires) et, rentré dans son pays d’origine, il y a passé les trente dernières années de son existence dans une gêne proche de la misère, en lutte perpétuelle avec des éditeurs dont la préoccupation principale fut toujours de lui faire, à force de chantage, couper la moitié de ses manuscrits. Tant il est vrai que, comparées avec la censure économique, celles de l’Inquisition du Moyen Âge ou du communisme le plus sévère ne furent et ne sont toujours que bluettes. Elle seule est totale et irrémédiable. La Grande Bretagne continue, plus d’un demi-siècle après sa mort, de traiter avec un dédain condescendant un de ses plus grands artistes et penseurs, davantage révéré – et publié – en France ou aux États-Unis que dans son impécunieux pays, où l’on manque toujours de moyens pour le publier comme il le mérite. « Trop de pages, Monsieur Powys ! ». « Trop de notes, Monsieur Mozart ! ».

14.  Eszencia_2.jpgBéla Hamvas, qui ne va pas jusqu’à diviniser la matière, passe cependant en revue avec le plus grand sérieux ce qu’elle peut offrir d’irrésistible aux croyants. Tout y passe : la nourriture, la peau des femmes (savez-vous qu’elle n’a pas le même goût sur la lèvre supérieure qu’à la base du cou ?) et, bien sûr, le vin. Surtout hongrois. À ce propos, et sans vouloir minimiser ses qualités assurément rares, on regrette que des règles commerciales européennes (ah, Bruxelles ! plaie pire qu’athéistes et piétistes réunis) aient interdit à certain pinot gris d’Alsace de se prétendre de Tokay. C’est vrai que le légendaire vin de ce nom est hongrois et rien d’autre, mais ils auraient pu lui permettre de s’appeler « Tokay non autorisé » ou quelque chose de ce genre, parce qu’il était très bon et qu’à présent, perdu qu’il est parmi tous les autres vins d’Alsace, comment le retrouver ? Quant au vrai… on n’est pas Crésus.

Que faut-il faire pour que d’autres livres de Bela Hamvas soient publiés en français ? Des manifs ? Pétitionner ?

On ne voudrait pas avoir l’air de rabâcher sur la grande misère de l’édition française (ah, Jane Ellen Harrison toujours pas publiée au bout de plus d’un siècle !), mais avouez qu’il y a de quoi. Pourtant, dans les années qui ont suivi la guerre de Yougoslavie, la Croatie finançait carrément la publication dans l’Hexagone de ses auteurs nationaux, le Ministère de la Culture finançant leur traduction. Mais sans doute la Croatie a-t-elle, avec la France, des accords que les autres pays de l’Est n’ont pas (l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !). Cela dit, quelqu’un ne pourrait-il avoir l’oreille de M. Orban ? Et celle de… c’est qui, maintenant ? ah, oui, bon… Sinon, qui sait si, un de ces jours, un petit éditeur suicidaire ne va pas se mettre à publier Hamvas à retardement, comme les éditions Gallmeister se sont mises à publier systématiquement, quoiqu’avec 25 ans de retard, le plus grand romancier américain vivant. Tout arrive.

En attendant, bouffez votre Dan Brown et taisez-vous.

 

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Un peu d’art véritable pour finir…

 

Pussy Riots : le retour

 

Après un passage obligé par Hollywood et coachées par Madonna…

 

il était impensable qu’elles ne participent pas à la campagne de haine « sans précédent même dans l’Allemagne nazie » en cours contre la Russie.

On n’en attendait pas moins d’elle et d’elles.

 

 

Démence ? Bof ! Conception zunienne de la propagande.

 

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Mis en ligne le 6 février 2016.

 

 

18:19 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/02/2016

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Suite Annoncée - 2/1

 

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Que ferait-on sans lui ?

 

Lettre ouverte de Roger Waters aux citoyens français

Cercle des Volontaires28 janvier 2016

 

Note de la rédaction : cet article est la traduction d’un billet paru le 28 janvier 2016 sur le site Mondoweiss, site géré depuis les USA offrant une vision alternative des relations israélo-palestiniennes. Il s’agit ici d’une lettre adressée par Roger Waters, ex-Pink Floyd, au peuple de France à la suite des procédures judiciaires engagées contre des personnes soutenant le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) dirigé contre l’état d’Israël, afin que celui-ci cesse de persécuter les Palestiniens. La lettre fut envoyée à une agence de presse française, mais ne fut jamais publiée. Comme il est de notre avis que la liberté d’expression de M. Waters mérite tout notre respect et que celle du peuple français à l’entendre le réclame, nous vous la publions donc ici, traduite en français – Lawrence Desforges.

 

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Mes chers citoyens,

De concert avec la plupart des membres raisonnables, sensibles et doués de compassion de la société civile mondiale, je déplore l’occupation de la Palestine et la soumission de tous ses habitants non-juifs. La discrimination anti-palestinienne de l’état d’Israël depuis 1947/8 est inacceptable.

Je suis anti-raciste, anti-colonialiste, anti-oppression et anti-discrimination.

Nous, les peuples du reste de la société civile mondiale vous avons toujours tiré notre chapeau, à vous les Français, pour votre adhésion à la « Déclaration des Droits de l’Homme » en 1789. Il demeurait toujours, pensions-nous, dans votre cœur battant collectif nourri de votre dévotion aux principes de Liberté, Égalité et Fraternité, un attachement à la défense des opprimés partout, et même hors de France !

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/01/29/roger-water...

Source originale : http://mondoweiss.net/2016/01/roger-waters-tells-france-s...

 

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Robert Badinter, ou la peine de mort pour le Code du travail

FLOREAL 31 janvier 2016

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Il est juste de le rappeler, l’avocat socialiste Robert Badinter a joué un rôle majeur dans l’abolition de la peine de mort en France ; il n’en est que plus injuste d’oublier que le premier homme d’Etat à exiger l’abolition fut... Maximilien Robespierre. Prenant de loin le relais de l’Incorruptible assassiné, la Commune de Paris décida en 1871 d’envoyer la guillotine à la casse.

Hélas, dans les deux cas, l’abolition, décidée en son principe, ne put avoir de suite effective et immédiate : en 1793, l’invasion étrangère conjuguée à l’insurrection vendéenne contraignit le Comité de salut public à mettre en pratique dans toute sa rigueur la devise révolutionnaire aujourd’hui bien édulcorée « liberté, égalité, fraternité ou la mort ». Quant aux généreux Communards, assiégés par Bismarck et promis au par Thiers à l’extermination (laquelle fut mise en pratique lors de la « Semaine sanglante »), ils n’eurent d’autre choix que de prendre les armes face aux affameurs et aux massacreurs de Versailles...

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/badinter-ou-la-peine-de-mort-...

 

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La peur des Rouges ? Ça ne marche plus !

Finian Cunningham – Sputniknews 20 janvier 2016

 

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Les gouvernements américain et britannique lancent une nouvelle campagne de presse pour diaboliser la Russie, avec de grandes déclarations selon lesquelles le Kremlin infiltre des partis politiques et des médias d’information. L’ignoble but des Russes, nous dit-on, est de détruire l’Union européenne.

Nous avons déjà vu des versions de cette tactique de la peur à propos de l’Ukraine et de Poutine-le-nouvel-Hitler. Mais ce qu’illustre cet exercice à faire bâiller d’ennui est que le vieux sortilège agité par ses dirigeants n’agit plus sur le public occidental. L’opium de la propagande occidentale est périmé.

Lire la suite…

Source : http://lesakerfrancophone.fr/la-peur-des-rouges-ca-marche...

 

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Quant aux Russes,

Pas question qu’ils paient plus d’un rouble pour un dollar, et qu’on leur rende l’Alaska, nom de Zeus !

 

 

 

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Riss et Banksy dessinent les migrants.

Théophraste R. – LGS 26 janvier 2016

 

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Banksy, le mystérieux et talentueux artiste de rue (street-artist), soutient les migrants. Plusieurs de ses œuvres ont fait leur apparition sur des murs ou sur des panneaux, à Calais, à Londres. Il faut désormais les protéger sous du plexiglas pour éviter qu’un imbécile les tague, ou les vole si elles sont sur bois. Elles peuvent valoir plusieurs centaines de milliers d’euros.

Bansky crée une œuvre généreuse et gratuite qu’il expose dans le musée des pauvres : les murs de leur quartier.

Comparer Bansky à Riss, c’est comprendre la différence entre un artiste et un gribouilleur, un coeur et un portefeuille (1).

Théophraste R. (Anti-Riss, « L’homme qui rit dans les cimetières d’enfants »).

(1) Riss, qui a racheté une partie des parts détenues par la famille de Charb, est actionnaire à 70 % de Charlie Hebdo. C’est le vrai patron.

Source : http://www.legrandsoir.info/riss-et-banksy-dessinent-les-...

 

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Quand Charlie Hebdo persiste et signe

Serge Uleski – Liberté, liberté chérie 21 janvier 2016

 

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Dessin de Riss, salarié de Charlie Hebdo

 

Un problème néanmoins : le journal d'extrême droite « Minute », celui des années 70 en particulier, n'aurait pas fait pire.     

 *

                A propos de Aylan, âgé de 5 ans, cet enfant de réfugiés syriens rejeté par la mer, échoué sur une plage de Bodrum, en Turquie, le 2 septembre 2015, après un naufrage et une noyade, Charlie Hebdo, ce nid de vipères islamophobes irresponsables et racistes, en a remis une couche suite aux agressions sexuelles « en bande organisée » à Cologne le soir du Nouvel an ; agressions attribuées à des migrants et des réfugiés accueillis récemment par l'Allemagne.

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Riss ou le courage des lâches

              

  Aussi, qu'il soit permis de rappeler ceci à propos du dessin de Riss :

              Jamais Charlie Hebdo ne se serait permis un tel propos, si cet enfant de 5 ans n'avait pas été arabe et musulman car, à ce sujet, tout est permis : dénigrements, instrumentalisation, diffamation, insultes et mépris.

                 D'où la nécessité de dénoncer sans relâche une complaisance inouïe à l'endroit de cet hebdo.

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Riss ou la bêtise dans le mépris

 

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Et pourquoi ne pas se payer quelques Banksy, puisque, à l’opposé des crobars de Charlie Hebdo, ils sont gratuits

 

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Sur un mur de Clacton-on-Sea le 1er octobre 2014, effacé depuis par la municipalité.

« Les migrants ne sont pas bienvenus ! », « Retourne en Afrique ! », « Pas touche à mes vers ! »

 

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 Los Angeles

 

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Bar-code escape

 

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Consumer Jesus

 

Avec le temps, son humour est devenu de plus en plus politique.

 

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Post « Hurricane Katrina » – (New Orleans)

 

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No future (Londres)

 

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Traite des esclaves (Londres)

Depuis détaché et vendu pour 1.1 million de dollars… pas par l’artiste.

 

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Calais jungle

 

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Refugees (Londres 25.1.2016)

 

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Refugees at sea

 

Sur la Palestine, à Gaza et ailleurs :

 

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En 2007, Banksy s’est rendu à Bethleem pour Noël et a peint six œuvres sur les murs de la ville, « pour remonter un peu le moral aux habitants et essayer de stimuler le tourisme ».

 

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Ce que vous cache le mur

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22. Beit Hanou Gaza maisons détruites Juillet 2014.jpg Sur ceux restés debout de maisons détruites à Beit Hanoun (Gaza - Juillet 2014)

« Partant du théorème bien connu selon lequel Internet ne parle que de chatons et de lolcats, le street-artist Banksy est allé peindre sur un mur de Gaza un chaton, justement, pour que les media soient forcés de parler du drame politique et humanitaire qui se joue là-bas. Amer décalage, étrange télescopage, entre l’image et son contexte : une bisounourserie post-apocalyptique. Et vous savez quoi ? Ça a failli marcher. On a beaucoup parlé du chaton, de Banksy et de sa démarche. On a parlé un peu de Gaza. Parce que bon, quand le doigt montre le ciel, l’imbécile a plutôt tendance à regarder le doigt. Enfin la patte. » (M.N. Grison, Aux arts, citoyens !)


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Le sourire de la Joconde

 

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Gaza

 

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L’amour est dans l’air

 

26. L'amour est dans l'air - repro stencil 248.000 $ en 2013.jpg

Dont une reproduction sur stencil a été vendue 248.000 $ en 2013

 

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Beit Hanoun (Gaza) – Carrousel suspendu à un mirador israélien

 

 

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Mis en ligne le 3 février 2016.

 

 

 

 

21:24 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

SUITE ANNONCÉE - 2/2

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Suite Annoncée - 2/2

 

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« La seconde grande différence entre Juifs occidentaux et Juifs russes, c’est que plus ou moins entre 1917 et 1939, un sous-groupe particulier de Juifs (les bolcheviques) a eu le contrôle quasi-total de la Russie. Pendant cette période, les Juifs bolcheviques ont persécuté les Russes, en particulier les chrétiens orthodoxes, avec une haine véritablement génocidaire. Ceci est un fait historique dont la plupart des Russes sont très conscients, même si c’est encore considéré dans la plupart des cercles occidentaux comme un “crime de la pensée ”. Il est important aussi de souligner que les Juifs bolcheviques n’ont pas persécuté que les chrétiens orthodoxes mais tous les groupes religieux, y compris, soit dit en passant, les judaïques. »

Le Saker, « Poutine et Israël » 

 

Ceci mérite qu’on y revienne. Mais, quand on fait quelques recherches pour savoir, par exemple, dans quelle proportion les « juifs bolcheviques » ont eu le contrôle quasi-total de la Russie, on tombe sur les chiffres les plus fantaisistes. Pour les uns, c’est « plus de la moitié », pour les autres, c’est 4 sur 5, et pour d’autres encore, toutes ces allégations ne sont qu’inventions diffamatoires et antisémitisme bon teint.

Voici le genre de choses qu’on trouve :

En 1920 (le 8 février), Winston Churchill écrivait, pour l’Illustrated Sunday Herald, un long article consacré à la prise du pouvoir par les Bolcheviks en Russie.

En 1918 (le 5 juillet), un document du Département d’État US (N°861.00/2205) envoyé de Vladivostok par le Consul des États-Unis Caldwell disait : « Cinquante pour cent du gouvernement soviétique de chaque ville sont des Juifs de la pire espèce. »

En 1919 (le 1er mars), du Quartier Général des Forces expéditionnaires américaines en Sibérie, on trouvait ce télégramme du Chief of Staff, Capt. Montgomery Shuyler : « Il est sans doute imprudent de dire ceci à voix haute aux États-Unis, mais le mouvement bolchevique est et a été depuis ses débuts guidé et contrôlé par des Juifs russes de la plus graisseuse espèce ».

Un second télégramme du même Schuyler, daté du 9 juin 1919, expédié de Vladivostok, rendait compte de la constitution du présidium du Soviet dirigeant : « …Il y avait là 384 “commissars”, dont 2 Nègres, 13 Russes, 15 Chinois, 22 Arméniens ET PLUS DE 300 JUIFS. De ces derniers, 264 étaient venus des États-Unis en Russie, après la chute du gouvernement impérial ».

A la distance où nous sommes, une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Concluons qu’ils ont été assez largement majoritaires dans tout ce qui a touché la révolution bolchevique. L’intéressant serait de savoir pourquoi, et surtout, quelle relation il peut y avoir eu entre la révolution bolchevique et la colonisation, brutale jusqu’au génocide, de la Palestine par le sionisme.

Ceux qui se sont penchés de façon critique sur ce dernier phénomène, l’attribuent à une plus ou moins grande intériorisation du Talmud. C’est le cas par exemple d’Aline de Diéguez, dans son incontournable somme « Aux sources du chaos mondial actuel ». Mais d’autres aussi. Qui l’ont lu, eux, ce fameux Talmud, alors que nous n’avons jamais eu ce courage. (Maxima Culpa !)

Et pourtant, du haut de notre ignorance et au risque de nous faire taper sur les doigts, nous nous permettons de formuler une autre hypothèse. Car enfin, ce qui caractérise avant tout les révolutionnaires de 1917, c’est qu’ils n’étaient plus juifs. (Le Saker dirait « judaïques »). En d’autres termes, ils avaient depuis belle lurette abandonné les croyances de leurs pères, et ce sont eux, d’ailleurs, qui ont imposé à l’URSS ce qu’ils ont appelé, erronément selon nous, le « matérialisme dialectique » comme philosophie d’état obligatoire. (Erronément parce que le matérialisme et le prosaïsme ne sont pas la même chose.)

C’est qu’entretemps, ils avaient lu Karl Marx, lequel avait posé le diagnostic, certes, mais pas, autant qu’on le sache, rédigé l’ordonnance pour le pharmacien. Est-ce Marx qui les a persuadés d’emboîter le pas à Babeuf plutôt qu’à Robespierre ? On n’a pas lu Das Kapital non plus, ce qui fait qu’on l’ignore. Ce qu’on n’ignore pas, c’est qu’ils se sont, ce faisant, fourrés le doigt dans l’œil jusqu’aux clavicules. L’idée qu’une avant-garde éclairée devait prendre à main armée la tête des masses ignorantes ne pouvait germer que dans des cerveaux infantiles, juifs ou autres. C’est même pire. Car quelle différence y a-t-il entre le despotisme éclairé de Joseph II et celui d’une avant-garde auto-proclamée ?

Ce n’est pas ici le lieu ni le moment de faire la critique du collectivisme. La seule chose qui nous importe est de savoir quel rôle pourraient y avoir joué des restes d’intériorisation du Talmud. Parce qu’on n’y croit pas vraiment.

Mais, alors, quoi ?

Et si la principale caractéristique des Juifs russes d’époque révolutionnaire, comme d’ailleurs des Israéliens de 1948 à nos jours, était leur nomadisme ? Soljénitsyne a prouvé qu’il fut quasi invétéré pendant les deux siècles qu’il a scrutés (quoique pas tout à fait, on le verra).

Supposons que les Bolcheviks ex-Juifs aient été en grande partie responsables des drames causés par la collectivisation forcée de l’agriculture… Certes, on a mis tout le barda sur les épaules de Staline, qui les avait larges. Mettons même que les responsabilités aient été partagées et les drames inévitables…

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Le tableau brossé par Soljénitsyne est terrible. Nous voulons parler de celui de la résistance à la sédentarisation tant souhaitée par les gouvernements tsaristes, puis par Staline lui-même. Il s’agit bien de deux siècles d’opposition opiniâtre à toutes les formes de séduction ou du moins d’une persuasion qu’on peut qualifier de généreuse… au détriment de la paysannerie russe, et ce, dans des proportions qui sont difficilement imaginables. Dons de terres cultivables, d’isbas neuves construites exprès pour eux, dons d’outils, dons de graines, dons de têtes de bétail, exemptions d’impôts pour des périodes de longue durée, exemption systématique de service militaire et on en passe. Alors que les moujiks n’étaient, eux, exemptés de rien et surtout pas du service militaire obligatoire, qui pouvait aller jusqu’à 25 ans sans solde. Et pourtant, rien n’y a fait. Toujours, les Juifs russes, généralement venus en masse de Pologne, préféraient fabriquer du tord-boyaux et aller le vendre de village en village, faire crédit à ceux qui n’avaient pas de quoi les payer, c’est-à-dire pratiquer l’usure, et accepter la dernière chemise de leurs débiteurs quand ils n’avaient plus rien d’autre pour payer de quoi oublier quelques heures une misère sans limites ni fin.

 

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Qu’est-ce qui les y poussait, sinon de longs siècles d’habitude et une répugnance extrême à « gagner leur pain à la sueur de leur front » en travaillant la terre ?

Nous avons dit « nomadisme invétéré », mais en réalité l’était-il tant que cela ? C’est l’honneur de Soljénitsyne d’avoir gratté avec bec et ongles pour découvrir « comment les choses s’étaient réellement passées ».

Et ce qu’il a découvert, c’est que jamais, les tsars, de Catherine II à Nicolas II, n’ont su à deux ou trois millions près combien ils avaient de sujets juifs. C’est que, jamais, ils n’ont eu affaire qu’à une frange de 1% au maximum de cette population qu’ils connaissaient si mal. Frange de 1% qui s’était, d’autorité, instaurée « go-between » entre ses co-religionnaires et les gouvernements successifs. Ce qu’il a découvert encore c’est que, chargés de lever l’impôt pour le compte de l’État, ces industrieux 1% ont roulé le gouvernement et roulé simultanément les autres membres de leur communauté, autrement dit saboté autant qu’il était en eux toute tentative de recensement sérieux, pressuré les uns à merci et trompé les autres sans vergogne sur le nombre des imposables, ce qui avait pour résultat d’arrondir de façon exponentielle un trésor de guerre qui leur permettait de disposer toujours des moyens requis pour acheter (lisez corrompre) les fonctionnaires les plus stratégiquement placés.

Pour que la grande masse de ces immigrés ou « nouveaux Russes », se laisse ainsi tondre jusqu’à l’os et maintenir dans des activités suicidaires pour eux-mêmes et meurtrières pour les autres, il importait qu’ils fussent tenus dans un bien pratique état de dépendance autrement dit d’obscurantisme. La religion (entendez des rabbins dociles) était là pour cela. Est-ce le Talmud qui leur interdisait de travailler la terre sous peine de damnation éternelle ? Oui, sans doute. Mais quelle version revue et corrigée et par qui ?

Est-ce à dire que les fameux 1% furent responsables de tout ce qui tourna mal, y compris des pogroms quand il y en eut ? Oui, certes, mais pas seuls. Car les tsars portent une grande part de responsabilité dans cet état des choses : s’ils avaient rempli avec conscience leur devoir d’état, justifié un tant soit peu leurs privilèges, ils eussent recensé eux-mêmes envers et contre tout les populations qu’ils avaient en charge, Juifs compris, établi des taux d’imposition supportables par tous et réparti équitablement les devoirs entre tous les Russes, sans considérer les uns comme des bêtes de somme dénuées d’âme et les autres comme des hétaïres qu’il faut se concilier.

Remplaçons le terme « go-between » juifs par « fermiers généraux » et nous avons la pente savonneuse qui a conduit les couronnés français à l’échafaud comme le couronné russe à sa cave de Tsarskoié Selo. N’avons-nous même pas vu, car l’Histoire adore se répéter, Nicolas Sarkozy éconduire un citoyen Français d’origine arabe d’un désinvolte « Voyez votre imam, il a mon numéro de téléphone ! », sans s’attarder à envisager que le plaignant pût ne pas être musulman ? Pour quoi faire ? Qu’ils mangent de la brioche !

Donc, si responsabilité juive il y a eu dans les excès meurtriers qui ont marqué les premières années de la Révolution russe, leur multiséculaire répugnance au sédentarisme y fut sans doute pour beaucoup, mais il faut compter avec les circonstances atténuantes que leur a trouvé Soljénitsyne.

Qu’en est-il des Israéliens d’aujourd’hui ? Que ceux-là aussi soient restés nomades crève les yeux. Le moindre des citoyens israéliens a au minimum deux passeports. Souvent trois ou quatre. Les gros bras au pouvoir en ont autant qu’ils veulent : quand ils en ont besoin, ils se les fabriquent. Et aucun, du plus humble citoyen de gauche à l’extrême droite du Likoud, ne se sent la moindre obligation envers ses autres « patries ». L’appartenance n’est pas leur truc.

Ceux qui ont vu, il y a huit ou neuf ans La visite de la fanfare, joli film israélien, se rappelleront peut-être le paysage désolé qui lui sert de cadre. Ce lotissement pour colons est une véritable antichambre de l’enfer : des tentes en béton.

 

 

C’est donc pour les remplacer par « cela » qu’ils ont arraché tant d’oliviers millénaires et massacré tant de gens : pour fabriquer un peuple d’occupants neurasthéniques. Est-il besoin d’autre rétribution ?

 

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Sans doute, mais… et la malédiction divine, le « Juif errant » et tout ça ?

Ne concerne que les Hébreux, pas les Khazars. Même si eux aussi semblent avoir été affligés de la même bougeotte invétérée. Au point qu’on ne serait pas du tout surpris d’apprendre qu’en choisissant d’imposer à ses hordes la religion des rabbins plutôt que celle des imams ou celle des prêtres du christianisme, le khan des Khazars l’ait fait parce que le judaïsme est avant tout une religion de nomades et que c’est ce qu’ils étaient.

Ces Hébreux véritables – on parle ici de ceux qui ne sont pas restés à planter des oliviers et à devenir musulmans – croira qui veut qu’ils ont été « dispersés » par un vilain empereur ou que la colère de leur dieu jaloux les a condamnés à errer sans fin.

Disperser totalement un peuple (et qui plus est à l’arme blanche) est une impossibilité matérielle. Il n’y a qu’à voir le mal que se donnent, depuis soixante ans, les Israéliens, pour se débarrasser de ce qui reste de la population palestinienne sans y parvenir, malgré les centaines de milliards de dollars d’armement meurtrier dont leur ont fait cadeau les USA et malgré même leurs arsenal atomique. Les Hébreux qui ont circulé dans tout le monde connu depuis vingt siècles l’ont fait parce qu’ils ne savaient ou ne voulaient rien faire d’autre. Ceux qui ont choisi de se sédentariser sont devenus des nationaux de leur pays d’ancrage et ont disparu en tant que juifs, quand bien même ils continueraient à pratiquer la religion de leurs pères.

Certes, ceux qui sont restés nomades ont, à certaines époques et à certains endroits, souffert de persécutions qu’ils ont partagées avec d’autres minorités (lépreux et paysans restés rétifs au christianisme jadis, Arabes et immigrés de toutes sortes aujourd’hui). Et toujours – même dans l’Allemagne hitlérienne et n’en déplaise aux alibis raciaux – les persécutions n’ont eu pour causes que la volonté de puissance et la rapacité.

 

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Pourquoi nous attardons-nous autant sur le problème du nomadisme des Juifs ? Parce que c’est l’antagonisme le plus ancien et le plus constant qui ait fracturé l’humanité. S’il faut en croire l’Ancien Testament, il a opposé les deux premiers fils d’Adam et Ève.

Cette histoire des deux frères – Abel et Caïn – est le scénario vieux comme le monde de la tribu « libertaire », non fixée, de chasseurs ou de pasteurs, arrivant en suppliante sur le territoire de la tribu « sédentaire » attachée à la glèbe, et qui finit par prendre sa place. Les suppliants peuvent fuir des désastres naturels ou sociaux, être des pasteurs privés d’eau par une sécheresse, des chasseurs ayant épuisé toutes les ressources d’un territoire, ou constituer tout simplement un excédent démographique, si la situation est vieille elle est toujours neuve.

 

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Dans le mythe d’Abel et Caïn, c’est parce que les offrandes sanglantes de l’arrivant Abel plaisent davantage à la divinité (et à ses prêtres) que les offrandes végétariennes du bouseux Caïn, que ce dernier se voyant évincé par celui qui avait reçu son hospitalité après avoir peut-être piétiné ses récoltes, le tue. Il le tue parce que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire et que, l’histoire étant juive, il fallait légitimer après coup son éviction, la justifier moralement.

 

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Byron a commis, sur le sujet, en 1821, un superbe mistère en vers, précisément intitulé Caïn, dont le personnage principal est Lucifer et le responsable du meurtre Yahwé lui-même.

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 Curieusement, on trouve, deux siècles et demi plus tôt, un sentiment d’identique fraternité avec Caïn chez un des plus grands visionnaires qui aient jamais foulé la terre : Giordano Bruno. Le fait est qu’aux mains de l’Inquisition de Rome et au quasi terme d’un procès qui durait depuis huit ans sans que jamais on en fût arrivé à dresser contre lui un acte d’accusation valable, un ancien compagnon de cellule (repenti d’époque ?) le dénonça pour lui avoir dit qu’il ne croyait pas à l’enfer et prenait le parti de Caïn contre Abel. Le reste était passé ou il s’en était rétracté, mais arrivé là, il préféra se laisser brûler vif plutôt qu’en démordre. Ainsi périt (le 17 février 1600) celui qui, avec sa pluralité et même son infinité des mondes avait dépassé Copernic et Galilée et avec sa théorie des atomes, précédé Einstein.

 

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Cependant, le récit vétérotestamentaire est loin d’être original et d’appartenir aux Hébreux. L’histoire, comme l’a écrit S.N. Kramer dans un grand classique « commence à Sumer », c'est-à-dire dans les environs de Bagdad. Et, comme à peu près toute les mythologies, qu’elles soient sémitique, perse, phénicienne, grecque, égyptienne ou autres du Monde Connu au début de notre ère, le mythe d’Abel et Caïn en provient. Ainsi, deux à trois mille ans avant que les premiers pasteurs de Judée commencent à se raconter ce qui deviendrait des siècles plus tard la Bible, l’histoire du nomade et du sédentaire se trouvait gravée en caractères cunéiformes sur des tablettes d’argile cuites au feu d’Uruk.

Certes, dans cette histoire d’origine, il ne s’agit pas de deux frères, mais de deux dieux – le dieu berger Dumuzi et le dieu fermier Enkimdu – et ce n’est pas à un dieu père qu’ils veulent plaire, c’est à une déesse fille, la vierge Inanna. Mais la situation est rigoureusement la même. Ce qui est différent, c’est que la jeune déesse courtisée par des présents ne veut pas entendre parler du dieu berger. Elle préfère l’autre. Entre alors en scène son frère, le jeune dieu soleil Utu, qui la presse d’accepter son champion, qu’elle devra finir par se laisser imposer. [L’explication, sur laquelle nous ne nous étendrons pas, est que nous assistons là à un moment de l’irrésistible ascension du patriarcat, face à la résistance vouée à l’échec d’un matriarcat déjà très affaibli, la vierge Inanna n’étant rien d'autre que ce qui reste de l’ancienne « Mère des dieux et des hommes ». On y voit, dans le resplendissant Utu, l’ébauche du futur Apollon, qui finira par avaler, l’un après l’autre, tous les autres dieux, même mâles, pour devenir à son tour l’ébauche du dieu unique.]

Allez, c’est notre semaine de bonté. La voilà :

 

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Écrite, il y a quelque 6000 ans, sur une tablette identique à celle-ci, à laquelle il manque quelques morceaux.

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Inanna :

« Moi, la femme, je ne serai pas, je ne serai pas celle-là.

[...] ... je ne [serai] pas [...],

[...] je ne serai pas l’épouse d’un berger ! »

 

Son frère, le jeune héros Utu, adressa la parole à la splendide Inanna.

36. UTU SIGN.JPG

Utu :

« Inanna, ma soeur, c’est le berger qui doit t’épouser !

Jeune fille Inanna, toi, pourquoi ne consens-tu pas?

Sa crème est bonne, son lait est bon.

Tout ce que sa main touche resplendit,

Ô Inanna, laisse le berger Dumuzi t’épouser !

Ô toi qui portes des colliers, qui portes des colliers de coquillages,

Pourquoi n’y consens-tu pas?

Sa crème est bonne, son lait est bon !

Ce qu’il produit est magnifique !

Sa bonne crème, n’en mangeras- tu pas avec lui ?

Ô protection des rois, toi, pourquoi ne consens-tu pas? »

 

Inanna :

« Moi, le berger ne m’épousera pas !

Dans son manteau neuf il ne m’enveloppera pas,

Sa belle laine ne me couvrira pas !

Moi, jeune fille, moi, c’est le fermier qui m’épousera !

Le fermier qui fait croître le lin chatoyant,

Le fermier qui fait pousser l’orge en abondance … »

[...] ... [...]

(lacune d’environ six lignes) »

(…)

37. Dumuzi.gif

Dumuzi :

« Le fermier, de plus que moi, le fermier, de plus que moi, qu’a-t-il donc de plus que moi ?

Enkimdu, l’homme du fossé, de la digue et de la charrue,

De plus que moi, le fermier, qu’a-t-il de plus que moi ?

S’il me donnait son vêtement noir

Je lui donnerais, à lui, le fermier, ma brebis noire en échange.

S’il me versait sa bière forte,

Je verserais pour lui, le fermier, mon lait crémeux en échange.

S’il me versait sa bière la plus enivrante,

Je verserais pour lui, le fermier mon lait kisima en échange.

S’il me versait sa bière diluée,

Je verserais pour lui, le fermier, mon lait-de-plante en échange

S’il me donnait sa bonne drèche,

Je lui donnerais, à lui, le fermier, mon babeurre.

S’il me donnait son bon pain,

Je lui donnerais, à lui, le fermier, mon fromage au miel en échange

S’’il me donnait ses petites fèves,

Je lui donnerais, à lui, le fermier, mes petits fromages en échange.

Quand j’aurais mangé, quand j’aurais bu,

Je lui laisserais ma crème de reste,

Je lui laisserais mon lait superflu !

De plus que moi, le fermier, qu’a-t-il de plus que moi ? »

(…)

« Elle est en ivresse, elle est en ivresse, la surface du sol humide est en

Ivresse ».

(…)

Le berger —,c’est un sol humide, c’est un sol humide —, le berger — c’est un sol humide —, y fit paître ses moutons.

(…)

Du berger qui avait fait paître ses moutons sur le sol humide,

Du berger, le paysan s’approcha, le paysan Enkimdu s’approcha.

Alors, le berger Dumuzi, dans sa steppe, voulut se quereller avec lui.

(Mais…)

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Enkimdu :

« Moi avec toi, berger, moi avec toi, pourquoi rivaliserais-je ?

Pourquoi lutterais-je ?

Certes, tu as fait manger l’herbe du sol humide à tes moutons,

Tu as fait brouter tes moutons parmi mes épis,

Tu leur as fait manger l’orge qui croissait dans le splendide champ d’Uruk,

Certes, tu as fait boire à tes chevreaux et à tes agneaux

L’eau de mon canal Iturungal, mais n’en parlons plus ! »

 

Dumuzi

« Moi, berger, est-ce parce que je suis l’époux que l’on a fait du paysan mon ami ?

Que l’on a fait du paysan Enkimdu mon ami ? »

 

Enkimdu (à Inanna) :

« Je veux t’apporter du froment, je veux t’apporter des pois, je veux t’apporter des lentilles gunida..

À toi, jeune fille, quelque chose digne de toi,

Je t’apporterai de la glu et des gu-MUNUS ».

[Ce passage est à double-sens érotique.]

« Ô vierge Inanna, il est doux de te louer ! »

 

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On aura remarqué que la fin, dans les deux traditions, n’est pas la même. Dans la version d’origine, les rivaux ne s’entretuent pas.

C’est que la société sumérienne était hautement civilisée. Elle avait de riches villes entourées de murs, une architecture évoluée, des temples, des champs cultivés, des canaux d’irrigation, une administration inventive, une écriture – la première au monde –, des écoles… Il importait donc, dans l’intérêt général, que nomades et sédentaires s’entendent, au prix de nécessaires compromis.

Celle des anciens Hébreux au contraire était une société ne connaissant que l’élevage de ses troupeaux, encore entièrement nomade, c’est-à-dire habituée à prendre où elle le trouvait ce qui lui convenait et à passer outre, sans plus d’intérêt pour les travaux des champs que n’en auraient, des millénaires plus tard, les Turco-Mongols venus de la steppe, qui n'en auraient rien à cirer de la meilleure manière de satisfaire les besoins alimentaires d’un empire de 182 millions d’habitants.

C’est pourquoi Abel ne pouvait que tuer son frère, pour ensuite écrire, dans son livre saint, « Caïn m’a tuer ».

 

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Mis en ligne le 3 février 2016.

 

 

 

20:03 Écrit par Theroigne dans Actualité, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/01/2016

DE L'HISTOIRE

1. boy-book-boat-installation-style_p.JPG Qu’on nous pardonne cette nouvelle parenthèse dans le cours normal de nos posts. Priorités obligent.

 

DE L’HISTOIRE

 

Manuel de Diéguez sort de ses gonds et

Schlomo Sand sort un livre,

à propos de la même chose : L’Histoire.

(L’Histoire en général, celle de France en particulier et ce que lui ont fait et lui font subir les nains au pouvoir).

 

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L’euthanasie de la France

 

1 – Les ignorants qui nous gouvernent
2 – Les esclaves des esclaves
3 – Le Président Hollande et l’euthanasie de la France
4 – A quand le retour des bases américaines, baptisées bases de l’OTAN ?
 

1 – Les ignorants qui nous gouvernent

Les lecteurs habituels de mon site sont suffisamment initiés à l’anthropologie fondamentale pour savoir qu’en vertu des droits nouveaux que la loi française accorde aux citoyens, je ne demande pas, mais j’ordonne au corps médical de cesser de m’administrer des soins qui ne seraient plus curatifs, mais palliatifs, dans le cas où j’aurais perdu mes facultés cérébrales. Je souhaite également que, par une accélération d’une législation plus permissive actuellement en préparation, la loi impose au corps médical l’obligation d’accéder à la demande du malade lucide et bien informé de cesser de lui infliger des soins appelés seulement à prolonger son agonie.

Mais, dans le même temps, je ne qualifie pas d’euthanasie cérébrale le meurtre pur et simple de la France par la décision de deux ignorants, la ministre de l’éducation nationale et le Président de la République, d’interdire l’enseignement du siècle phare de l’intelligence du monde, qu’on appelle le Siècle des Lumières et qui a donné à notre nation deux siècles d’avance sur l’intelligence et la raison critique de notre astéroïde. Socrate accusait moins les Athéniens de faiblesse cérébrale que d’une immense ignorance qu’il appelait le pire des maux dont souffre le genre humain, parce que ce type d’ignorance s’exprime toujours dans les termes du savoir le plus affiché et le plus arrogant.

N’est-ce pas sous la forme du savoir le plus arrogant que M. Hollande et une ministre de l’éducation nationale dont l’ignorance linguistique et historique provoquerait l’hilarité d’un bachelier de 1905, que ces deux simples d’esprit prétendent rayer de la mémoire du monde le Siècle le plus glorieux de la France ? N’est-ce pas avec l’assurance d’une ignorance sûre de son savoir que ces deux simples d’esprit ne savent pas que sans le Siècle des Lumières, ni Darwin, ni Einstein, ni l’empire immense d’un inconscient encore à décrypter, n’auraient trouvé leur assise ? N’est-ce pas avec toute l’assurance et toute l’arrogance d’une ignorance qui s’imagine armée de savoir que nos deux faibles d’esprit susnommés prétendent interdire aux générations futures le seul siècle qui ait osé s’inscrire dans la postérité de toute philosophie véritable, celle qui sait, depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ, que les mythes religieux sont des rêves primitifs et cruels et qu’il appartient aux évadés de la zoologie de civiliser peu à peu leur cosmologie mythologique.

Mais un chef d’Etat et une ministre de l’éducation nationale qui se vante de son identité marocaine et qui prétendent savoir ce qu’ils disent et ce qu’ils pensent, alors qu’ils privent le genre humain de son moteur intellectuel de Platon à nos jours, ignorent qu’ils sont coupables d’amputer l’humanité de l’audace qui caractérise notre espèce depuis les origines, l’audace de tenter de penser.

2 – Les esclaves des esclaves

Pourquoi toute la presse et les médias ont-ils soigneusement caché au public français que l’Italie demande que soit tournée la page de Bruxelles et de Berlin ? Croyez-vous que si le Président de la République et la ministre de l’éducation nationale n’étaient pas des ignorants sûrs du faux savoir dont leur ignorance les habille, ils seraient informés qu’il y avait deux espèces d’esclaves à Rome, les servi et les servi vicarii, les esclaves des esclaves. Le servus vicarius servait de domestique au servus attitré.

Or, jamais les pays vassalisés par l’OTAN n’accepteront le rôle de servi vicarii de deux esclaves en titre, la Commission de Bruxelles et Berlin. L’Italie, l’Autriche, la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Grèce et la Slovaquie se présentent d’ores et déjà en Guillaume Tell d’une Europe qui se délite et s’effrite sous nos yeux, mais aucun de ces arbalétriers n’ose encore s’en prendre au maître en personne et au chef du traité d’auto-vassalisation qu’on appelle l’OTAN. Aucun de ces servi vicarii n’ose encore attaquer de front et à visage découvert le maître dont deux cents bases militaires occupent l’Allemagne. Cent trente sept font de l’Italie, de Bologne à Syracuse, un porte-avion américain au milieu de la Méditerranée et cent quarante quadrillent le reste de l’Europe.

Mes successeurs diront que, depuis trois générations, on enseigne aux enfants une histoire falsifiée de l’Occident, on leur raconte un film de Hollywood, mâtiné d’un dessin animé de Walt Disney. Leur tâche sera immense d’enseigner la vérité historique à un Continent d’hallucinés. Mais puisque cette question n’est autre que celle de l’euthanasie de l’Europe, vous vous souviendrez, comme je l’ai déjà dit, que mon texte du 5 février a été dicté le 4 janvier 2016 et que vous aurez des obstacles nouveaux à franchir, des difficultés nouvelles à surmonter, des pièges nouveaux à déjouer, parce que nous sommes entrés dans une étape nouvelle, cruciale et considérablement accélérée de l’agonie d’une civilisation, celle de son euthanasie involontaire ou hypocritement consentie. Je demande à mes successeurs d’aider ma postérité à réapprendre l’essentiel à l’Europe – lui réapprendre à marcher.

3 – Le Président Hollande et l’euthanasie de la France

Le 5 février, je demandais à mes successeurs de tenter de remettre la France en marche. Une semaine plus tard, votre tâche se trouve miraculeusement clarifiée et providentiellement confirmée. Le Président de la République vient de décider, en solitaire purement et simplement d’euthanasier la France.

Le même chef de l’État qui, le 11 juin 2014, tentait de récrire l’histoire de l’Europe en redonnant à la Russie tout son poids dans la victoire de 1945 sur le IIIe Reich, le même chef de l’État qui, en 2008 s’écriait à l’Assemblée Nationale : « Dans toute démocratie digne de ce nom, de tels arbitrages auraient été rendus après un vaste débat dans le pays », le même Président qui tentait de réfuter Hollywood et Walt Disney, a décidé, sans seulement consulter le peuple français de priver notre patrie des lambeaux subsistants de sa souveraineté.

L’actuel locataire et hôte de passage de l’Élysée pleure de ce que le personnel de l’OTAN – à savoir les agents des États-Unis – qu’il accueille dans ses quartiers généraux militaires « ne bénéficient toutefois d’aucun statut international », il gémit de ce que « seuls des arrangements de circonstance ont permis jusqu’ici l’accueil de personnels de l’Otan dans les QG situés sur le sol français », il se lamente de ce que « l’attractivité du territoire français s’en trouve affectée ».

4 – A quand le retour des bases américaines, baptisées bases de l’OTAN ?

Paradoxalement, votre tâche, qu’il faut désormais appeler votre vocation, s’est prodigieusement simplifiée et miraculeusement consolidée de s’être à ce point clarifiée.
Comment voulez-vous qu’un candidat à la présidence de la République ose se présenter demain en assassin de la souveraineté nationale, comment voulez-vous qu’un Alain Juppé, ancien young leader tout tremblant, se présente ouvertement devant les Français en fossoyeur de la souveraineté nationale, comment voulez-vous qu’un Nicolas Sarkozy, qui tentait de se rapprocher de la Russie, mais qui s’est précipité à Tel-Aviv quarante huit heures seulement après que M. Juppé s’y fût rué, une kippa sur le sommet du crâne, persévère aujourd’hui dans une forme d’euthanasie de la France, qui serait plus proche de l’assassinat, que des ruses de chattemite de l’euthanasie en douce dûment programmée par M. Hollande et comment voulez-vous qu’ils espèrent conquérir l’Élysée à imiter des démissionnaires de la nation qui ne seraient que des copistes de leur propre démission ?

Vendredi 29 janvier 2016

Source : http ://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagi... 

 

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Parce que nous sommes nuls et que ce blog n’est ni fait ni à faire, nous avons sauté plusieurs des dernières réflexions de Manuel de Diéguez. Les voici :

 

Religion et civilisation

La laïcité face aux mythes religieux

22 janvier 2016

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http ://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagi... 

 

 

L’Europe du naufrage de sa mémoire politique

Europolitique

15 janvier 2016

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http ://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagi...

 

 

Qui attachera un grelot à la queue du chat ?

Les défis de l’Europe

8 janvier 2016

6. freccia nera piccola.gif

http ://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagi...

 

 

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Crépuscule de l’Histoire

« Quand je lis Finkielkraut ou Zemmour… leur lecture de l’Histoire… je suis effrayé »

Shlomo Sand – L’Humanité.fr – 24 janvier 2016

 

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Entretien réalisé par Pierre Barbancey

 

Professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand ne cesse d’interroger l’Histoire. C’est la fonction même de cette discipline, qu’il dénonce. Pour lui, l’Histoire a servi à la création d’un récit national, utile aux élites. Un mythe chaud qui n’aurait plus lieu d’être et qui empêche toute avancée ; comme en Israël où il fait croire que Hébron ou Jérusalem sont la patrie des juifs.

 

Votre dernier ouvrage s’intitule Crépuscule de l’Histoire  (1). Un titre qui fait peur. Il s’apparente à la fin de l’Histoire ?

SHLOMO SAND – Je parle du métier. Il y a quelque chose, concernant le métier d’historien, qui est en train de changer. La discipline est en train de changer. Pendant des siècles, dans toutes les civilisations, l’Histoire avait pour tâche de fournir des modèles pour les élites politiques. L’Histoire était toujours écrite à côté de la force. Parce que ce ne sont pas les masses qui ont pu lire l’Histoire à travers les siècles. C’était une sorte de genre littéraire qui a fourni une certaine vision du monde pour les élites. Avec la naissance des États-nations au XIXe siècle, ce métier devient principal dans la pédagogie de l’État. Des écoles à l’université, on commence à apprendre l’Histoire. D’Augustin Thierry à travers Michelet jusqu’aux historiens du XXe siècle, Ernest Lavisse en tête, on a formé l’Histoire comme métier principal parallèlement aux métiers scientifiques. Ma question de départ est : pourquoi apprendre l’Histoire ? Pourquoi pense-t-on que c’est naturel ? J’ai donc analysé les développements de ce métier. L’ossature, les vibrations les plus importantes dans le métier étaient l’histoire nationale. C’est pour cela qu’elle est devenue non seulement une discipline universitaire comme la sociologie mais aussi un métier principal dans l’éducation. L’État-nation a construit des nations. Pour construire des nations, il faut plusieurs paramètres : une langue commune, un ennemi commun, mais aussi il faut une mémoire collective. C’est-à-dire ne pas penser que nous sommes un collectif seulement aujourd’hui, mais que cela a toujours existé. Pour le prouver, l’Histoire a été mise à contribution. On savait que le principe de base de ce métier était de former des nations. Il faut cela pour un passé commun, pour partir en guerre ensemble. Donner l’impression qu’on a toujours eu cette identité collective.

Cela diffère-t-il selon les nations ?

SHLOMO SAND – Le mythe national, tel qu’il existe en France avec par exemple « nos ancêtres les Gaulois », n’est pas un mythe chaud. Il s’est refroidi. S’il ne faut pas tant étudier l’histoire nationale, qu’est-ce qu’il reste ? Faut-il étudier le colonialisme, le siècle des Lumières ? Enseigner plutôt l’histoire culturelle que politique ? Personne n’a la réponse. Le métier d’historien recule. Même Régis Debray a récemment écrit un livre de deuil en ce sens. Moi, je ne suis pas en deuil. Je ne suis pas contre l’Histoire. Je crois que l’Histoire peut jouer un rôle important dans la formation de l’esprit, mais peut-être une autre Histoire. Faut-il continuer à enseigner l’Histoire au lycée ? Oui, mais pas comme aujourd’hui. Il faut armer les élèves avec des métiers qui ne sont pas moins importants que la fonction de l’Histoire dans leur imaginaire et dans leur éducation. Par exemple, est-ce qu’apprendre la communication pour s’armer contre les médias dominants ce n’est pas une tâche principale de l’école et du lycée ? Est-ce qu’apprendre l’économie politique pour créer des salariés qui ont conscience de leurs intérêts n’est pas important ? On apprend le droit seulement à l’université, pourquoi pas à l’école et devenir un citoyen d’un autre type qui sait lutter pour les droits civiques ? Pourquoi l’Histoire est-elle obligatoire et pas l’économie politique ou la communication ? En France, on apprend un peu la philosophie. Mais c’est rare dans le monde. En Israël, par exemple, elle ne fait pas partie d’un corpus d’éducation des élèves. Mais si la philosophie apprend aux gens comment penser, l’Histoire leur enseigne quoi penser. Il faut donc commencer par « comment penser » dans toutes les écoles du monde. Mais je n’ai pas d’illusions. L’école moderne ne peut pas être son propre fossoyeur ! L’Histoire ne doit pas être plus importante. C’était un métier majeur pour la création des nations. Ce n’est plus le cas. Malheureusement la plupart des historiens ne sont pas de mon avis. Il faut enseigner l’Histoire avec le même état d’esprit que le tableau de Magritte où était inscrit « Ceci n’est pas une pipe ». On n’admet pas que la plupart des histoires de l’Histoire sont des mythes. Et pourtant… Ça va continuer. Il y a des mythes nouveaux sur le capitalisme. Quand je lis Finkielkraut ou Zemmour, leur lecture de l’Histoire, je suis effrayé. Avec l’Histoire on peut faire n’importe quoi. Or l’Histoire n’est pas la vérité. Ce ne sera jamais une pipe mais toujours le dessin d’une pipe. Et l’Histoire devrait être enseignée comme ça, de façon critique, en dévoilant le bagage idéologique que chacun possède. Moi, je ne l’ai jamais caché. C’est une partie de mon livre.

Dans vos travaux, vous vous êtes attaqué à la théologie, puis au mythe chaud sioniste. Et cette fois ?

SHLOMO SAND – Je commence à décomposer le mythe d’une Europe qui commencerait avec Athènes et se termine avec Nadine Morano. Je ne rigole pas. Cette vision est fausse. J’ai une méthode qui s’apparente au matérialisme historique. Je montre que les bases du travail en Méditerranée étaient complètement différentes de celles de l’Europe. Le bagage scientifique gréco-romain, par exemple, est passé par les Arabes. Il y a mille ans d’écart entre la fin de la gloire gréco-romaine au Ve siècle et la naissance au XVe siècle de ce qu’on appelle la Renaissance ! Ce n’est qu’avec la conquête de Tolède et de Cordoue qu’on commence à injecter une partie de cette culture gréco-romaine en Europe. Donc il n’y a pas de continuité. Dans le deuxième chapitre, pour la première fois, je développe une critique très sévère en face de mes maîtres de l’École des Annales, qui m’ont permis d’avoir un autre rapport avec l’idéologie, la culture… Avec ce livre, je fais une sorte de bilan, plutôt négatif. Parce que je suis arrivé à la conclusion qu’une partie de la découverte de cette histoire culturelle était basée sur une fuite de la politique. Si presque toute l’Histoire, jusqu’à Voltaire, était histoire politique, de même qu’au XIXe siècle ce n’était pas le cas de l’École des Annales, née dans les années 1920 pour ne pas se confronter à l’histoire politique qui devenait une histoire de masse. Ce périodique qui s’appelait Annales, base de toutes les études historiographies dans les années 1950, 1960, 1970, ne proposait pas une page sur la Première Guerre mondiale. Vous imaginez un tel périodique qui ne se confronte pas avec la Grande Guerre, ni avec le taylorisme, ni avec les grèves de 1936, ni avec la guerre d’Espagne, ni avec l’antisémitisme, ni avec les massacres staliniens ? Je suis arrivé à Paris en 1975, comme étudiant. Quelques mois auparavant étaient publiés les trois grands livres de Jacques Le Goff et Pierre Nora, Faire de l’histoire. C’était le sommet de l’historiographie française. Aucun article sur Vichy, aucun article sur la guerre d’Algérie. Pourtant, pratiquement la même année, Joseph Losey réalise Monsieur Klein, sur la rafle du Vél’d’Hiv. Mais les historiens, eux, ne touchent pas à ça !

Est-ce que cette problématique que vous soulevez touche les milieux des historiens partout dans le monde ? Est-ce qu’un débat existe auquel vous participez avec ce livre ou, au contraire, lancez-vous un débat ?

SHLOMO SAND – Je dis dans mon livre que je suis privilégié. Comme j’ai grandi ici, en Israël, où le mythe est chaud, j’ai eu l’avantage de pouvoir regarder de l’extérieur le mythe qui s’est refroidi en France. Les mythes nationaux ne se sont pas refroidis seulement en France, mais aussi aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne. Il y avait un groupe à la Sorbonne après 1945, composé de personnalités comme Albert Soboul, Georges Lefebvre, occupant une place hégémonique et proche des marxistes, qui se cristallise à cause des conditions de la Libération. À ce moment-là, Lucien Febvre, de l’École des Annales et fondateur de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a reçu une forte somme de la Fondation Rockefeller. Dans le cadre de la guerre froide, il fallait arrêter le marxisme en Europe. Si les marxistes ou les ex-marxistes en Grande-Bretagne gardent une hégémonie dans l’Histoire, en France, Soboul et ses amis reculent devant la puissance de l’EHESS. Le phénomène des Annales, qui réunit beaucoup de gens intelligents comme Furet, Le Goff… fait l’histoire moins conflictuelle même si très matérialiste. Il y aura ainsi beaucoup de thèses sur la vie des paysans d’autrefois, beaucoup moins sur les luttes sociales. Si les historiens britanniques, à la même époque, publient de plus en plus de livres sur l’apparition de la classe ouvrière au XIXe siècle, il n’y a pas d’équivalent en France de cet élan d’analyses socio-économiques de formation des luttes sociales. Les historiens des Annales, qui deviennent hégémoniques, préfèrent le Moyen Âge et les luttes sociales deviennent mineures. Il n’y a pas non plus, en France, de livre comme celui de Howard Zinn aux États-Unis.

L’Histoire s’écrit en permanence au Proche-Orient peut-être plus qu’ailleurs ? Comment les peuples écrivent cette histoire ici où se trouvent des Israéliens et des Palestiniens ?

SHLOMO SAND Celui qui a traduit le livre Une histoire populaire américaine, de Howard Zinn, en hébreu l’a fait en prison parce qu’il avait refusé de partir à l’armée. Il a rencontré Zinn et lui a demandé s’il pensait qu’un tel livre pourrait être écrit en Israël. Zinn, juif américain, a répondu qu’il ne le pensait pas, parce qu’il n’y a pas de tradition universaliste en Israël. En France cela existe, c’est pour cela que je n’ai pas perdu espoir. L’affrontement entre de Gaulle le conservateur et Sartre l’universaliste a, par exemple, créé une possibilité de se détacher de cette guerre atroce en Algérie. Ici, il n’y a presque pas de tradition universaliste. Ceux qui s’en réclamaient sont partis. Il faut analyser la situation actuelle à partir de la colonisation sioniste qui a commencé au XIXe siècle. La colonisation ne s’est jamais arrêtée. Même entre 1949 et 1967. C’était une colonisation interne. Droite et gauche, sauf les communistes, ont accepté le slogan « Judaïser la Galilée ». C’est pour cela qu’aucun homme politique israélien ne fait une démarche sérieuse pour un compromis avec les Palestiniens. Je ne juge pas chaque phase de la colonisation moralement et politiquement au même niveau. Je reconnais les acquis du sionisme avec la création de l’État d’Israël (et non pas d’un État juif). Mais je reconnais les frontières de 1967. D’un côté il y a cette continuité, de l’autre, il y a mon jugement politique différent. Parce que je suis politiquement modéré. J’ai fait une erreur en soutenant les accords d’Oslo, pensant que c’était une ouverture. Tous mes amis gauchistes m’ont dit que c’était encore un leurre. Je me suis trompé. Parce qu’Oslo n’a pas amené la gauche à décoloniser. Parce que le mythe chaud en Israël fait croire que Hébron, Jérusalem, Jéricho sont la vraie patrie des juifs. Chaque élève en Israël, à partir de 7 ans jusqu’à 18 ans (il y a une matière au bac), apprend la Bible comme on apprend un livre d’Histoire. Pour créer un attachement à la terre mythique d’autrefois. Personne ne peut s’en libérer. Heureusement que j’ai été viré de l’école lorsque j’avais 16 ans. Peut-être que cela a contribué au fait que je puisse penser, parler. Et aussi parce que j’avais un père communiste. Mais aucun facteur n’est, en soi, suffisant. Pendant des années j’ai refusé la campagne Boycott-désinvestissement-sanctions (BDS). Mais aujourd’hui je pense qu’il n’y a aucune force politique capable de changer le cap, de changer cette radicalisation droitière et pseudo-religieuse de la société. J’accepte maintenant chaque pression sur l’État d’Israël, qu’elle soit diplomatique, politique, économique. Sauf la terreur. Si quelqu’un ne soutient pas le BDS aujourd’hui, il doit savoir qu’il aide à la continuation de ce désespoir tragique des Palestiniens qui, sans arme, résistent à ce statu quo.

(1) Crépuscule de l’Histoire. Éditions Flammarion, 320 pages, 23,90 euros.

 

Déconstruction et peuple juif. Malgré les difficultés, morales et politiques, Shlomo Sand, historien israélien, n’a cessé de poursuivre ses recherches basées sur la déconstruction des mythes historiques. Ses récents ouvrages ont ainsi été retentissants. Une sorte d’iconoclaste qui ne se plierait pas au grand mensonge national. Pas plus en Israël qu’en France où il a étudié. Avec Crépuscule de l’Histoire, il termine une trilogie commencée par Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), suivi de Comment la terre d’Israël fut inventée : De la Terre sainte à la mère patrie (Flammarion, 2012).

Source : http ://www.humanite.fr/shlomo-sand-quand-je-lis-fin...

 

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Shlomo SAND

Crépuscule de l’Histoire

Paris, Flammarion, 2015

308 pages

 

 

 

 

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De Gaulle l’appelait « le Machin ».

C’était peut-être lui faire bien de l’honneur.

Voyons-la au moment où vont s’ouvrir sous son égide les « pourparlers de paix » pour la Syrie.

Quand les historiens qu’appellent de leurs vœux Manuel de Diéguez et Shlomo Sand se mettront enfin à enseigner l’histoire réelle (comme le fait déjà Annie Lacroix Riz), ils ne pourront pas se passer de Thierry Meyssan. De son exil, il leur prépare des fiches où ils n’auront qu’à puiser.

 

 Exclusif

L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie

par Thierry Meyssan

Les néo-conservateurs et les faucons libéraux qui ont longuement préparé, depuis 2001, la guerre contre la Syrie, se sont appuyés à partir de 2005 sur plusieurs États de l’Otan et du Conseil de coopération du Golfe. Si l’on connaît le rôle joué par le général David Petraeus pour lancer et poursuivre la guerre jusqu’à aujourd’hui, deux personnalités — Jeffrey Feltman (numéro 2 de l’Onu) et Volker Perthes (directeur du principal think tank allemand) — sont restées dans l’ombre. Ensemble, avec le soutien de Berlin, ils ont utilisé et continuent de manipuler les Nations unies pour détruire la Syrie.

 

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 28 janvier 2016

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Depuis 2005, l’universitaire allemand Volker Perthes participe aux côtés de la CIA à la préparation de la guerre contre la Syrie. Il dirige le plus puissant think tank européen, la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP).

En 2005, lorsque Jeffrey Feltman — alors ambassadeur US à Beyrouth — supervisa l’assassinat de Rafic Hariri, il s’appuya sur l’Allemagne, à la fois pour l’assassinat lui-même (Berlin fournit l’arme) [1] et pour la Commission de l’Onu chargée d’accuser les présidents el-Assad et Lahoud (le procureur Detlev Mehlis, le commissaire de police Gerhard Lehmann et leur équipe). La campagne internationale contre les deux présidents fut notamment animée par le politologue allemand Volker Perthes [2].

Volker Perthes a étudié la Syrie, dans le cadre d’une bourse de recherche allemande, à Damas, en 1986-87. Puis, il a mené une carrière de professeur de sciences politiques en Allemagne, à l’exception de la période 1991-93 au cours de laquelle il a enseigné à l’université américaine de Beyrouth. Depuis 2005, il est le directeur du Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP), le principal think tank public allemand, employant plus de 130 spécialistes, dont moitié d’universitaires.

Par contre, lorsque Feltman organisa l’attaque israélienne contre le Liban, en 2006, il n’impliqua que les États-Unis, espérant que le Hezbollah vaincu, la Syrie viendrait au secours de Beyrouth et que cela fournirait un prétexte à une intervention US. En définitive Berlin se contenta d’envoyer sa marine participer à la Force des Nations unies (Finul).

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article190041.html

 

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Mis en ligne le 29 janvier 2016

 

 

 

 

 

19:23 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/01/2016

SUITE ANNONCÉE - 1.

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Suite Annoncée / 1

 

Dans notre post du 11/1, nous en annoncions au moins deux où on vous parlerait de Juifs. Mais les blogueurs proposent et l’actualité dispose. En outre, le récent article du Saker (« Poutine et Israël ») a élargi le sujet. Deux mises en ligne ne suffiront pas. Ce sera donc au petit bonheur la chance et en plusieurs fois.

Pourquoi tenons-nous tant à vous en parler alors que c’est interdit ? Parce qu’il s’agit d’un tabou et que les tabous sont faits pour être brisés. Et aussi parce que tout ce qui se passe sous nos yeux ne se conçoit pas sans le rôle qu’y jouent les Khazars (eux principalement), que ce soit pour le pire ou pour le meilleur. Donc, vogue la galère et Inch’Allah !

 

Clin d’œil aux croyants : On ne se rappelle plus quel savant français en histoire comparée des religions a dit un jour que - contrairement à ce qu’ont cru les anti-cléricaux du XVIIIe siècle - dans pratiquement toutes les religions, les prêtres, sorciers, chamans, visionnaires et autres intermédiaires entre les divinités et nous ont été des héros sans qui l’humanité aurait depuis longtemps disparu, étouffée sous le poids, le nombre et l’inextricabilité de ses propres tabous. En prétendant avoir vu ou entendu la divinité redoutée et en avoir reçu la permission de faire du ménage, ils ont déclaré nuls, c’est-à-dire ont pris sur eux qui y croyaient peut-être, la plupart des tabous ligoteurs, n’en laissant que juste ce qu’il fallait pour servir de… de quoi ?... de corset ?... de colonne vertébrale ?... aux terrifiées multitudes.

 

Un cas extrême de Chutzpah

 

Dans l’article susmentionné, le Saker évoque à juste titre l’émigration massive des Juifs russes vers la Palestine, sans s’étendre sur les conditions dans lesquelles elle advint, puisque c’était sans rapport direct avec Vladimir Poutine, qui n’a fait qu’hériter de la situation.

Elle vaut pourtant la peine qu’on la rappelle.

Au début des années 1980, un Américain du nom de Jonathan Pollard, né en 1954 au Texas d’une famille juive, officier dans les services de renseignements de la marine US, vole plus de mille documents liés au « secret défense » pour le compte d’Israël.

En 1985, il est interrogé par le FBI, car ses chefs ont eu l’attention attirée par des piles de documents confidentiels sans rapport avec son travail qui se retrouvent régulièrement dans son bureau. Le pot aux roses est découvert quand une secrétaire, qui a distraitement visionné les films de surveillance intérieure, le voit en pleine action « prendre » et emporter dans une serviette qu’il a du mal à fermer des paquets de documents.

 


Inculpé d’espionnage « au bénéfice d’un pays allié », il est condamné en 1987 à la réclusion à perpétuité. Soit dit en passant, il y a tous les ans, aux États-Unis, quantité de malheureux qu’on exécute pour des crimes infiniment moindres, voire pour pas de crimes du tout. Mais Pollard s’en tire avec la vie sauve.

On sait, sans pouvoir le prouver, qu’il n’était que la partie émergée d’un iceberg et qu’il était l’agent d’« officiers traitants » beaucoup plus haut placés que lui. On parle même de quelqu’un à la Maison Blanche.

 

« Ses informations auraient aussi aidé Israël à bombarder en 1985 le QG de l’Organisation de libération de la Palestine, alors exilée en Tunisie, et à assassiner le numéro deux de l’OLP, à Tunis, lors de l’opération Jambe de Bois en 1988. Pollard aurait livré des copies sur les livraisons d’armes de l’URSS à la Syrie et à d’autres nations arabes, ainsi que des cartes satellites des arsenaux irakiens, syriens et iraniens. Jonathan Pollard aurait notamment approché les gouvernements du Pakistan, d’Australie et d’Afrique du Sud. » (Wikipedia)

 

Au nombre des documents volés : les codes d’accès et de chiffrement des écoutes de la NSA dans le monde entier.

Que voulait faire Israël de tous ces secrets ? Les vendre aux Soviétiques. C’est-à-dire les échanger contre le permis d’émigration vers la Palestine d’un million de Juifs russes. Ce qui fut fait. C’est ce qu’évoque le Saker.

Or, depuis la condamnation de leur agent, jamais les Israéliens non seulement n’ont jamais exprimé le moindre regret ou proféré la moindre excuse, mais ils n’ont au contraire jamais cessé de le réclamer à cor et à cris, comme si c’étaient les États-Unis qui avaient commis quelque crime à son encontre et non l’inverse. Ils ont, pendant qu’ils y étaient, donné son nom à une place de Jérusalem et fait de lui un héros national. Vous avez dit chutzpah ?  

 

2. pollard-protest-kotel.jpg

 

Cependant, avoir acheté tout le Congrès ne sert de rien à « la puissance alliée » dans ce cas précis, car il y a aussi l’Armée, qui ne veut pas entendre parler de libération. Au fil des ans, les pressions pleuvent de partout pour tenter de faire libérer l’espion : Henry Kissinger écrit en 2011 une lettre à Obama ; le député français (et vice-président du CRIF) Meyer Habib, pas gêné, s’en mêle ; de même que l’ancien directeur de la CIA Seymour Reich, qui est certes aussi président du B’nai B’rith ; Abraham Foxman, président de l’Anti Defamation league trouve, lui, que cette obstination à appliquer la sentence d’un jugement légitime n’est que « de l’intimidation basée sur des stéréotypes antisémites ».

 

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Obama assimilé à Pharaon et Pollard aux « Juifs esclaves en Égypte » ?

À quoi bon lésiner.

 

En face, George Tenet, chef de la CIA, menace de démissionner si Pollard est libéré et Joe Biden lui-même, oui, le Vice-Président, affirme que Pollard ne sera libéré que « si on marche sur mon cadavre ! ». Le 14 mai 2008, George W. Bush est attendu à Tel Aviv pour participer aux célébrations du 60e anniversaire de la fondation d’Israël. Il s’est laissé arracher la promesse d’apporter Pollard, en guise de birthday gift. Pourtant, à la grande fureur des Israéliens, il arrive les mains vides. C’est qu’en nombre impressionnant, des officiers des trois armes ont promis de démissionner si Pollard était libéré. Le scandale eût été trop grand, trop visible. Bush n’a pas osé.

Pour Bret Stephens, ancien éditeur en chef du Jerusalem Post et journaliste au Wall Street Journal :

 

« Ça n’aide vraiment pas Israël de faire passer pour un héros un menteur compulsif, arrogant, cocaïnomane, violant ses propres serments, espionnant son propre pays, infligeant pour des milliards de dégâts, touchant de l’argent, ne montrant aucun remord au moment de sa condamnation, se montrant un véritable exemple pour tout complotiste antisémite, et qui plus est, a la chutzpah de se déclarer martyr du peuple juif. »

 

Et pourtant… le 20 novembre dernier, Pollard a été libéré, avec interdiction de quitter le territoire des États-Unis pendant cinq ans, certes, mais quand même.

Que s’est-il passé ?

Doit-on en conclure qu’entre 2008 et 2015, les trois armées US ont été purgées de leurs éléments patriotes par leurs éléments corrompus ? Que leurs éléments patriotes se sont laissé corrompre ? Ou quoi ?

En 1998-99, Benjamin Netanyahou, lors de l’affaire Lewinski, s’était servi de vidéos qu’il détenait pour faire chanter le président d’alors, Bill Clinton, et tenter de lui arracher la grâce de Pollard. Pure peine perdue.

 

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En 2004, la veuve de Pollard (pardon, sa femme, la 2e, épousée en prison) écrivait au Jerusalem Post :

 

« L’affaire n’a pas progressé d’un pouce en 21 ans. Même s’il (Pollard) ne fera jamais rien qui puisse nuire à Israël, il n’a pas l’intention de tenir sa langue plus longtemps et, s’il n’est pas bientôt libéré, il est prêt à révéler des informations sur le rôle de Rafi Eitan dans le réseau d’espionnage et sur les mensonges qu’il a proférés, des révélations qui pourraient éclabousser tout le monde, notamment des Premiers ministres et surtout Shimon Pérès. »

 

Bref, Netanyahou faisait chanter Clinton et Pollard faisait chanter Netanyahou… entre autres.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Qui tient qui par la barbichette ? Dans quel sens ? Dans quel but ?

Tout cela sent délicieusement bon. Et les citoyens lambda que nous sommes ne peuvent que regarder ce théâtre d’ombres en faisant des suppositions si le courage leur en reste.

Les Palestiniens dans tout ça ? Pffft !

 

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Un cas extrême de totale soumission

 

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Ça dépend pour qui…

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10 janvier 2016

USA/France : Un mail d’Hillary Clinton à Laurent Fabius pour bloquer la libération de Georges Abdallah

 

Les États-Unis viennent de déclassifier un ensemble d’e-mails d’Hillary Clinton, (hrod17@clintonemail.com) alors Secrétaire d’État. Sur le site officiel du département d’État US on peut trouver la retranscription d’un « call » du 11 janvier 2013 de Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères à Hillary Clinton son équivalent aux USA. La veille, le 10 janvier 2013, des juges français avaient décidé de la libération de Georges Abdallah sous réserve qu’il soit expulsé au Liban. Le mail de Clinton demande à Laurent Fabius de trouver un moyen pour empêcher que cette décision de justice soit appliquée. Trente ans auparavant, Reagan était déjà intervenu directement auprès de Mitterrand pour que Georges Abdallah ne sorte pas de prison.

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Assez c’est assez, vraiment ?

 

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Chutzpah, suite :

Une officine liée au Mossad crée sur Facebook une page antisémite

Et poursuit Facebook en justice pour l’avoir publiée…

L’officine israélienne connue sous le nom de « Shurat HaDin », vient d’être prise la main dans le sac, après avoir créé une page Facebook prétendument pro-palestinienne, appelant au « meurtre de tous les juifs ».

Notoirement liée au Mossad, l’agence d’espionnage israélienne, Shurat HaDin a été obligée de reconnaître son forfait, prétendant, pour se justifier, qu’il « s’agissait d’une expérience » .

Drôle d’expérience, mais à moitié étonnante seulement quand on voit comment dans tous les pays, dont la France, les officines israéliennes inventent de toutes pièces des accusations d’antisémitisme contre des groupes qui défendent la cause palestinienne.

Lire la suite…

Source : http://www.pourlapalestine.be/une-officine-liee-au-mossad...

 

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D’autres petites nouvelles en provenance de Secours rouge :

 

16 janvier 2016

Belgique/France : 5.400€ d’amende pour s’être opposée à une expulsion

 

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Une passagère française a écopé de 5.400€ d’amende pour s’être opposée à l’expulsion d’une femme sans-papiers algérienne qui était embarquée dans le même vol qu’elle. Elle risque trois mois de prison si elle ne s’acquitte pas de cette somme. Le secrétaire d’état à l’asile et à la migration, Théo Francken, s’est réjoui de cette nouvelle sur sa page Facebook, espérant que cette condamnation effrayera ceux qui voudraient agir de la sorte dans le futur. C’est la première fois qu’une telle condamnation est prononcée.

Dans le passé, de nombreuses expulsions ont pu être empêchées parce que des passagers ou des membres du personnel de bord s’y opposaient.

Source : http://secoursrouge.org/Belgique-France-5-400EUR-d-amende...

 

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13 janvier 2016

France/Internet : Wikipédia bloque le Ministère de l’Intérieur pour « vandalisme » et « foutage de gueule »

 

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L’ultimatum reçu par le Ministère de l’Intérieur

 

L’encyclopédie en ligne Wikipédia peut être éditée par n’importe qui. Elle est toutefois conçue de façon à ce qu’un article mensonger ou modifié à la faveur/défaveur subjective d’une page soit rapidement détecté par la communauté. Si une personne « vandalise » donc trop souvent des articles en les modifiant à ses fins propres, elle peut être bannie pour une certaine durée.

C’est la mésaventure qui vient d’arriver au Ministère de l’Intérieur français. Le compte qui en émanait a apporté 4.000 modifications à des pages depuis 2007 dont une bonne partie contenait des grossièretés ou des irrégularités. Le compte a déjà été bloqué huit fois depuis 2008 pour des durées allant de trois jours à un mois. On sait par exemple que la page concernant le préfet de police Bernard Boucault avait été raccourcie, que la page concernant « Wikipédia » lui-même avait été recouverte d’insultes. Une liste non-exhaustive est disponible sur la page de discussion qui a abouti à l’expulsion du « vandale ».

L’adresse IP utilisée étant celle du Ministère, plus aucune modification ne pourra avoir lieu depuis ce lieu pendant un an. Le cas se présente habituellement pour des collèges où les élèves s’amusent à modifier les pages Wikipédia, la sanction concerne dans ce cas également l’établissement entier. C’est l’administrateur « Jules78120 » qui a posé le geste final pour bloquer l’adresse IP 212.234.218.196, en soulignant que le Ministère se permettait en plus de pister ceux qui lui faisaient des remarques et d’inventer des règles fantaisistes alors même qu’il était découvert... Le Ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir à la polémique pour l’instant.

Source : http://secoursrouge.org/France-Internet-Wikipedia-bloque-...

 

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Sur le blog de Serge Uleski

 

Rony Brauman : « La kippa est un signe politique d’affiliation à la politique de l’État d’Israël »

 

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      L’ancien président de Médecins sans frontières et professeur à l’université de Manchester, Rony Brauman, un des rares en France parmi les Français juifs ou les Juifs français (on ne sait plus à la fin !), sinon le seul, à dire la vérité à et sur Israël, a dénoncé samedi un « deux poids, deux mesures » des autorités françaises entre la kippa et le port du voile :

Lire la suite…

Source : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/archive/2016/01/17...

 

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Sur le même blog :

Calais, terminus de tous les terminus

 

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     Le plus grand bidonville d'Europe aux portes de Calais... terminus humanitaire et humaniste, terminus politique, terminus social... tout le monde descend, en bas, tout en bas, si bas, si profond... mais jusqu'où encore ?

Lire la suite…

Source : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/archive/2016/01/14...

 

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Homs un peu abîmée par des barbus au couteau entre les dents

(Vue aérienne filmée par drone)

Certes, comparé au Bataclan, ce n’est rien du tout. Mais mettez-vous à leur place. Pour eux, c’est important quand même.

 

 

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Un des 139 commentaires générés par l’article du Saker (« Poutine et Israël ») sur le site Réseau International :

 

« Amira 17 janvier 2016

« Un grand merci au Saker d’avoir mis noir sur blanc ce que nous, Syriens, avons très bien compris… Pas une seule émission des Pays du Levant ayant pour invités des têtes bien pleines, et non des vendus, qui n’ait adopté cette même analyse concernant les relations russo-israéliennes… On ne peut ni ne doit attendre d’un allié plus qu’il ne peut donner et tant mieux si, malgré ses priorités légitimes, il a réussi à nous venir en aide dans la mesure de ses moyens et de ses intérêts nationaux. Que l’auteur de cet article apparemment rédigé avec le cœur et l’esprit se rassure : son message est reçu 5/5. »


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Et en Belgique où nous sommes, il se passe quoi ?

 

L’état des centrales nucléaires belges inquiète ses voisins

Sputnik.fr18 janvier 2016

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L'inquiétude des pays voisins de la Belgique au sujet des réacteurs nucléaires belges vieillissants va croissante. Certains réacteurs ont été prolongés pour dix ans tandis que d'autres viennent péniblement de redémarrer malgré la découverte de fissures dans leurs cuves.

Les Pays-Bas, l'Allemagne et le Luxembourg sont préoccupés par l'état des réacteurs nucléaires belges qui se trouvent près de la frontière, rapporte le journal luxembourgeois le Quotidien.

Lundi, le ministre belge de l'Intérieur Jan Jambon a reçu le secrétaire d'État luxembourgeois au Développement durable, Camille Gira. Ce dernier a estimé que la centrale nucléaire de Tihange, située à 70 km du Grand-Duché, ne devait pas redémarrer.

« D'après nos connaissances actuelles, nous trouvons irresponsable de remettre en route cette centrale nucléaire », a affirmé M. Gira.

Lire la suite…

Source : http://fr.sputniknews.com/economie/20160118/1021032132/nu...

 

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Ailleurs ?

Nous avions jadis (mars 2014) consacré un bout de notre post à Lucien Cerise, à l’occasion de la sortie de son livre Oliganarchy (c’est tout à la fin). Le voilà qui revient aujourd’hui, interviewé cette fois par ANTIPRESSE. « Faites-vous rares et on vous aimera » disait volontiers le père Simon (René) à ses apprentis saltimbanques. Lucien Cerise doit avoir envie qu’on l’aime…


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Le désinvité de la semaine :

Lucien Cerise et la stratégie du pompier pyromane

Lucien Cerise est un personnage énigmatique. En peu de temps, il s’est fait connaître pour un ouvrage qu’il n’a même pas daigné signer : Gouverner par le Chaos. Hormis les vidéos, remarquables, qu’on trouve de lui sur l’internet, ses apparitions sont rares et nous sommes d’autant plus heureux d’avoir pu lui poser quelques questions simples et directes.

 

Qui êtes-vous, Lucien Cerise ?

Je suis un « rat de bibliothèque », pour qui la bibliothèque est le monde entier. Mon activité principale est la recherche et le traitement de l’information, sur documents ou en faisant des terrains, puisque je possède une formation en sciences humaines et sociales.

 

À quoi sert le terrorisme ?

Le terrorisme d’État sert à faire avancer des changements politiques qui, sinon, n’auraient aucune chance d’être acceptés. Il sert donc à fabriquer le consentement des populations touchées aux solutions apportées, selon le principe du pompier pyromane, sachant que ces solutions ne sont pas faites pour régler le problème mais pour conduire le changement social par la peur. Concrètement, depuis les attentats du 11 septembre 2001 et jusqu’à ceux du 13 novembre 2015 à Paris, il s’agit de faire accepter la fin de la démocratie et de la république en concentrant les pouvoirs toujours davantage dans un « exécutif unitaire », concept de Carl Schmitt, qui permette le contournement des contre-pouvoirs législatifs et judiciaires. Tel est le sens des lois sur le renseignement et de l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution soutenu par Manuel Valls et sa fratrie.

 

À qui sert le terrorisme ?

Le terrorisme sert à ceux qu’il ne frappe jamais. Par exemple, le terrorisme islamiste sert à Israël et aux intérêts israéliens. Daech sert à construire le Grand Israël, conformément au programme exposé par Oded Yinon et au rapport A Clean Break évoquant les « Israeli proxy forces », c’est-à-dire les forces de procuration israéliennes à utiliser contre la Syrie. Plus largement, le terrorisme fait des victimes en bas de la pyramide sociale mais jamais au sommet.

 

Comment définir le(s) maîtres de la terreur ? Individuellement ? Sociologiquement ? « Métapolitiquement » ?

« Individuellement, ce sont des sociopathes animés de fortes pulsions sadomasochistes. Sociologiquement, ces individus se retrouvent naturellement dans les mafias financières, le monde des opérations clandestines et certaines sectes ésotériques très puissantes. Métapolitiquement : leur philosophie consiste à donner un supplément d’âme à leurs pulsions de mort en valorisant la notion de « destruction créatrice ».

 

Pourquoi n’avez-vous pas signé Gouverner par le chaos ?

Au début, je voulais signer Comité invisible, pour essayer de lancer un effet de contamination virale dans le sillage de L’insurrection qui vient, mais l’éditeur n’a pas eu l’autorisation. La personnalisation d’un texte avec un nom d’auteur a du sens dans certains cas, mais ce n’est pas le cas pour ce livre. J’y ai synthétisé tellement d’influences extérieures que j’ai à peine l’impression de l’avoir écrit. J’ai plus le sentiment d’avoir fait de l’échantillonnage, au sens du sampling, ce qui me conduit à partager la philosophie de l’auteur anonyme que l’on rencontre dans la musique techno, par exemple.

 

Vos idées sont novatrices dans le domaine francophone. De quand date votre dernière apparition dans les médias de grand chemin?

Je ne crois pas y être apparu une seule fois.

 

Votre langage est plutôt complexe. À qui vous adressez-vous?

Je m’adresse aux gens qui ont envie de comprendre comment le pouvoir s’exerce dans la sphère occidentale. Le caractère scientifique des méthodologies de contrôle social qui nous sont appliquées exige un minimum de formation mais sur le fond c’est très facile à comprendre : le pouvoir veut parvenir à une prévisibilité totale de tous les comportements, afin d’anticiper l’émergence des comportements à risque pour lui, ceux qui pourraient le contester, et réussir ainsi à les tuer dans l’œuf. Pour cela, rien de tel que d’instaurer un climat de panique permanent.

Comment fait-on pour réfléchir avec sa propre tête dans une ère d’ « enseignement de l’ignorance » et de lavage de cerveau?

Le lavage de cerveau passe essentiellement par les images. La première mesure consiste donc à ne jamais regarder la télévision. Ensuite, il faut laisser les idées et les théories de côté pour se concentrer sur les faits. Cela suppose de ne pas s’enfermer dans un communautarisme où les mêmes idées et théories sont répétées en boucle, mais d’aller voir ailleurs, si on y est.

 

Quelles sont vos influences littéraires, philosophiques, existentielles?

Mes influences littéraires et philosophiques sont très classiques et ne méritent pas de mentions spéciales. Mes influences existentielles prêtent davantage au commentaire. Disons qu’en 2016, j’essaye simplement de ne pas être pucé comme du bétail, puis euthanasié parce que je coûte trop cher à la sécu, puis “remplacé” par des migrants ou des robots. Je suis en mode survie, tout simplement. Au niveau existentiel, je suis dans une sorte de survivalisme, au sens où mon espèce est menacée de génocide par le transhumanisme et que j’espère que nous y échapperons.

 

Comment voyez-vous l’Europe dans dix ans ? Russie comprise ou non ?

L’Union européenne aura été démantelée, la monnaie unique sera abandonnée et les peuples d’Europe auront repris leur souveraineté politique et économique, ainsi que le contrôle de leurs frontières et de leurs démographies. L’axe du chaos – Washington/Bruxelles/Tel-Aviv/Riyad – sera devenu impuissant à dicter ses caprices et n’aura pas réussi à nous entraîner dans un conflit apocalyptique terminal plutôt que de s’avouer vaincu. La Russie aura tenu bon dans la tempête et nous aura donné au passage un sacré coup de main, de même que les autres puissances eurasiatiques.

 

Amen !

 

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C’était le 21 janvier

 

Certes, notre webmaîtresse a la main droite hors d’usage et vous a livré le dernier post uniquement de la main gauche (si, si), mais ce n’était pas une raison pour laisser passer l’anniversaire d’Augustin sans le lui souhaiter.

Rattrapons :

 

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Bon 253e anniversaire, citoyen !

 

Et profitons-en pour signaler un livre qui lui est consacré, à défaut de la réédition de ses écrits pourtant si intéressants :

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Alexandre COUSIN

Philippe Lebas & Augustin Robespierre - Deux météores dans la Révolution française

Paris – Éditions Bérénice - 2012

editions.berenice@gmail.com

 

 

 

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Deux autres événements célébrés ailleurs à la même date…

 

Quoi, sur le machin d’Elisabeth Levy ? Oui. On ne va pas en faire une habitude, mais quand on tombe sur quelque chose d’intelligent à lire, on ne l’évite pas sous prétexte qu’on n’aime pas d’où ça vient.

 

21 janvier : Louis XVI est mort, Vive la Nation !

Regis de Castelnau – Causeur21 janvier 2016$

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L’Histoire est un récit, mais elle n’est pas qu’un récit : elle est un “récit vrai”  écrit Paul Veyne, et cela change tout. Histoire et droit aspirent tous deux au récit vrai. Mais le droit se distingue par l’étendue de son contenu normatif: il cerne lui-même les contours de la vérité qu’il recherche, et conditionne à la forme procédurale l’élaboration du récit vrai qui s’imposera à tous. L’Histoire n’a pas cette chance.

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Source : http://www.causeur.fr/21-janvier-revolution-republique-ro...

 

 

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Ettore Scola : nous l’avons tant aimé

Le cinéaste du temps est mort à 84 ans

Jérôme Leroy – Causeur 21 janvier 2016

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Ettore Scola est mort une journée après Michel Tournier. Comment se fait-il que nous soyons infiniment plus touché par la mort du cinéaste italien que par celle du « grantécrivain » français ? Peut-être justement parce ce qu’il n’était pas un si grand écrivain que ça.

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Source : http://www.causeur.fr/ettore-scola-communisme-36350.html

Avec un monologue de Gassman en prime !

 

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S’il vous reste des yeux pour lire…

 

Deux « armes du crime » encore fumantes : le FBI et l’affaire Hillary

Andrew P. Napolitano – ICH 15 janvier 2016

 

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L’enquête fédérale diligentée contre l’ex-Secrétaire d’État Hillary Clinton pour n’avoir pas protégé des secrets d’État vient de mettre le grand braquet au début de cette semaine, en même temps qu’était rendue publique une enquête parallèle, toujours au criminel, concernant un autre aspect de son comportement. C’est la seconde extension des enquêtes du FBI divulguée en deux mois.

Je soutiens depuis deux mois que les ennuis judiciaires de Clinton sont soit graves soit pires que graves. Ma conviction est fondée sur les preuves indiscutables, aujourd’hui rendues publiques, de son incapacité à préserver des secrets d’État regardant la sécurité nationale et sur la manière bien connue dont le Ministère de la Justice règle ce genre d’inefficacités.

L’incapacité à sauvegarder des secrets d’État est un secteur du Droit au sujet desquels le gouvernement fédéral s’est montré jusqu’ici agressif jusqu’à l’implacabilité. C’est que, pour obtenir les informations qui deviennent des secrets d’État, les membres de la communauté du renseignement risquent couramment leurs vies.

Avant de se voir confier quelque secret que ce soit, à vrai dire le jour même de son entrée en fonctions comme Secrétaire d’État, Clinton a reçu, d’agents du FBI, toutes les instructions nécessaires quant à la manière de les préserver, et elle a fait le serment – qu’elle a contresigné – de se conformer aux lois exigeant la protection de ces secrets. Elle a été prévenue du fait que l’incapacité à préserver ces secrets – qu’on appelle espionnage – ne pourrait que lui valoir des poursuites agressives.

Pour d’autres avant elle, ces mises en gardes menaçantes se sont transformées en actes. Le ministère de la Justice d’Obama a inculpé un jeune marin d’espionnage, rien que pour avoir envoyé un selfie à sa petite amie, parce qu’à l’arrière-plan de sa photo, on voyait l’écran sonar d’un sous-marin. Il a poursuivi, également pour espionnage, un héroïque Marine, qui a signalé à ses chefs la présence d’un agent d’Al Qaïda déguisé en policier à l’intérieur d’une base américaine d’Afghanistan, parce qu’il l’a fait par e-mail.

Il a aussi poursuivi le général David Petraeus pour espionnage, parce qu’il a conservé des documents classés « secret» et « top-secret », dans un tiroir non fermé à clé de son bureau, à l’intérieur de sa résidence pourtant gardée. Le ministère a allégué qu’il partageait ainsi ses secrets avec un ami, lequel jouissait pourtant, lui aussi, d’une habilitation de sécurité. Pour finir, la charge a été abandonnée.

L’obligation de protéger les secrets d’État qui leur sont confiés est, pour ceux qui les ont en dépôt, une matière où des poursuites au criminel peuvent être intentées pour simple négligence. Autrement dit, pour inculper Clinton d’espionnage, le gouvernement n’a pas besoin de prouver qu’elle avait l’intention de les révéler à quiconque.

Les preuves de la négligence de Clinton sont accablantes. Le FBI est aujourd’hui en possession de 1300 e-mails « protégés » qu’elle a reçus sur son serveur insécurisé et envoyés à d’autres, certains sur leurs serveurs insécurisés. Ces e-mails contenaient des informations confidentielles, secrètes et/ou top-secrètes dont l’exposition par négligence constitue un acte criminel.

Un des e-mails top-secrets qu’elle a reçus et réexpédiés contenait une photo prise par satellite de l’installation nucléaire nord-coréenne qui a fait exploser un engin la semaine dernière. En négligeant de sécuriser cet e-mail, Clinton a fait savoir à des hackers éventuels et, bien entendu, aux Nord-Coréens eux-mêmes, le moment, l’endroit et la manière dont l’Amérique les surveille. Ce genre de données entre dans la plus haute catégorie des secrets protégés.

Le week-end dernier, le Département d’État a produit deux armes du crime encore fumantes, chacune d’elles sous forme d’un e-mail de Clinton à un(e) de ses subordonné(e)s au Département d’État. Le premier ordonnait à la personne en question, qui ne réussissait pas à faire parvenir à Clinton un document qu’elle n’avait pas encore vu en utilisant un Fax sécurisé du D.E., de le faire via un Fax non sécurisé. Le second ordonnait à une autre personne d’enlever la mention « confidentiel » ou « secret » sur un document que Clinton n’avait pas vu, avant de le lui envoyer. Ces deux e-mails révèlent un mode de comportement totalement indifférent aux profondes responsabilités d’un Secrétaire d’État, inconciliable avec le serment prêté de sauvegarder les secrets de l’État. Ils sont donc criminels par essence.

Également le week-end dernier, mes collègues de FOX News Katherine Herridge et Pamela Browne ont appris, de sources gouvernementales, que le FBI enquête aussi sur le fait de savoir si Clinton a pris quelque décision que ce soit, en sa qualité de Secrétaire d’État, qui puisse bénéficier à la Fondation Clinton ou fournir à son mari des invitations à donner des conférences rémunérées. Dans l’affirmative, il s’agirait de cas graves de corruption publique.

Cette dernière enquête a probablement été déclenchée par plusieurs équipes d’enquêteurs indépendants, dont certains sont des experts financiers avec des travaux publiés, occupés à enquêter depuis quelques années sur la Fondation Clinton. Ils ont amassé une véritable mine de documents démontrant fraudes et irrégularités tant dans la collecte de fonds que dans les dépenses, et démontré un favoritisme du Département d’État à l’égard d’entités étrangères coïncidant avec des donations de ces entités à la Fondation Clinton et avec des engagements de l’ex-Président Clinton à y donner des conférences.

Actuellement, plus de cent agents du FBI sont occupés à enquêter sur Hillary Clinton. Qu’elle nie être l’objet de leur mission n’est que bla-bla politicien sans rapport avec la réalité. Il est tout simplement inconcevable que le FBI consacre d’aussi vastes ressources, par les temps dangereux qui courent, à une chasse au dahu.

L’opinion qui domine chez beaucoup d’entre nous, qui suivons de près ce qui se passe au gouvernement, est que le FBI recommandera la mise en accusation. Cette recommandation ira à l’Attorney General Loretta Lynch, qui, étant donné l’ex-fonction de Clinton au gouvernement et sa position actuelle au Parti Démocrate, devra sans aucun doute consulter la Maison Blanche.

Si un Grand Jury fédéral devait inculper Clinton pour espionnage ou corruption, ce serait la fin de sa carrière politique.

Si le FBI recommande l’inculpation et que l’Attorney General s’y refuse, attendez-vous à des fuites d’actes d’accusation du niveau Massacres du Samedi Soir, à des révélations de lanceurs d’alertes et à une série de démissions au FBI, conduites par le farouchement indépendant et intellectuellement honnête Directeur du FBI, James Comey lui-même.

 

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Andrew Peter Napoletano est juge à la Haute-Cour du New Jersey. Il enseigne actuellement le Droit constitutionnel à la Brooklyn Law School. Il est aussi l’auteur de neuf livres ayant pour sujets la constitution, le droit et la politique. Il assure de nombreuses chroniques pour des médias tels que FOX News, The Washington Times et Reason.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article43947.htm

 

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Et le commentaire à chaud de Paul Craig Roberts…

L’enquête à deux volets du FBI sur Hillary Clinton

Paul Craig Roberts – ICH 16 janvier 2016

 

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Le juge Napoletano, dans l’article ci-dessus, explique l’enquête du FBI sur Hillary Clinton. Cette enquête revêt deux aspects. Ses ennuis, à l’origine, viennent de ce qu’elle s’est montrée incapable de sauvegarder des secrets d’État relatifs à la sécurité nationale.

Comme l’explique le juge : pour qu’il y ait crime dans ces matières, il n’est pas nécessaire qu’il y ait eu intention de nuire. La négligence est suffisante ou la simple ignorance qu’un secret est exposé, comme dans le cas qu’il prend pour exemple du marin inculpé d’espionnage pour avoir envoyé un selfie à sa petite amie sans se rendre compte qu’on voyait un écran sonar à l’arrière-plan de la photo. Un cas encore plus extrême est celui du Marine, qui est poursuivi parce qu’il s’est servi d’un e-mail pour avertir ses chefs de la présence d’un agent d’Al Qaïda à l’intérieur d’un camp militaire US. Un e-mail est considéré comme « non sûr » et le Marine est accusé d’avoir ainsi révélé un secret qu’il était seul à connaître.

Compte tenu de ces poursuites injustifiées contre des militaires US, le FBI n’a pas d’alternative : il lui faut inculper Hillary.

Mais le sera-t-elle ? Cela dépend manifestement du ministère de la Justice (sic) et de la Maison Blanche. En fait, il y a peu de chances pour que Wall Street et le Complexe Militaro-industriel souhaitent voir Hillary inculpée, étant donnés les millions de dollars qu’ils ont l’un et l’autre investis dans sa candidature. Or, ces deux groupes d’intérêts sont plus puissants que le ministère de la Justice (sic) et que la Maison Blanche…

Je ne pense pas que Hillary ait été un bon Secrétaire d’État et je ne pense pas qu’elle soit qualifiée pour être Président des États-Unis. Toutefois, je me demande quelle pouvait être l’importance des secrets pour lesquels on l’accuse de négligence. Même la seule divulgation éventuellement sérieuse, qui a consisté à envoyer à découvert une photo prise par satellite des installations nucléaires nord-coréennes ne me paraît pas d’une importance énorme. Les Nord-Coréens savent, comme le reste du monde, que les satellites US les espionnent 24 heures par jour, sept jours par semaine.

En réalité, beaucoup de choses intitulées « secrets » ne sont pas des secrets du tout. Dans ma carrière, j’ai eu beaucoup d’habilitations de sécurité. Comme membre du personnel de la Sous-commission des acquisitions de la Défense, et comme membre du Comité des finances de la Chambre, j’ai disposé d’habilitations de sécurité top-secrètes parce que des systèmes d’armements secrets étaient en cause. C’était une plaisanterie courante parmi nous que n’importe qui pouvait se procurer les secrets en question dans les prospectus de la Défense.

Quand j’étais Sous-secrétaire au trésor, je recevais les informations quotidiennes adressées par la CIA au Président. C’était une lecture très ennuyeuse. J’en étais arrivé à la conclusion que la CIA n’informerait jamais le Président de choses dont les conséquences risquaient d’être mauvaises.

Plus tard, en tant que membre du Comité présidentiel secret chargé d’enquêter sur l’opinion de la CIA, quant à la capacité de l’Union Soviétique à soutenir une course aux armements, je fus titulaire de très importantes habilitations de sécurité, puisque le Comité avait le pouvoir d’assigner la CIA à comparaître. Si le Kremlin avait eu accès à nos documents top-secrets, tout ce qu’il aurait appris, c’est que la CIA avait une opinion bien plus haute des capacités économiques de l’URSS que n’en avait le Kremlin lui-même.

De très distingués professeurs de droit sont arrivés à la conclusion que le gouvernement des États-Unis classe des documents « top-secret » premièrement et avant tout pour dissimuler ses propres erreurs et ses crimes. On voit cela tout le temps. Le Gouvernement US, pour éviter d’avoir à rendre des comptes sur ses erreurs les plus incroyables et ses crimes les plus impardonnables contre la Constitution et l’Humanité, n’a qu’à dire « secret défense ».

À mon avis, c’est en rapport avec la seconde enquête du FBI que Hillary devrait être poursuivie. Le délit éventuel dont traite celle-là est infiniment plus sérieux, car Bill et Hillary sont soupçonnés d’avoir utilisé – en quelque sorte « privatisé » - leurs fonctions, en en faisant des robinets à phynance pour leur enrichissement personnel.

C’est un problème très sérieux n’importe où en Occident. Leurs prestations publiques à peine terminées, et les voilà en mesure de claquer 3 millions de dollars pour le mariage de leur fille. Un an à peine après la fin de ses fonctions, et voilà Tony Blair valant 50 millions de dollars. Comme me l’a dit un jour un Sous-secrétaire à la Défense : « Les gouvernements européens sont à nos ordres. Nous les payons et nous en sommes propriétaires. »

Dans l’histoire du Droit anglo-américain, un des fondements de la liberté est que, pour qu’il y ait crime, il faut qu’il y ait intention. Je ne crois pas que Hillary ait intentionnellement révélé des secrets d’État. Si elle a fait preuve de négligence, la chose doit être rendue publique et c’est suffisant pour l’empêcher d’occuper la Maison Blanche. Ce qui est clair à mes yeux, c’est que le principe légal selon lequel, pour qu’il y ait crime, il faut qu’il y ait eu intention, est beaucoup plus important que d’« avoir » Hillary. Le fondement d’un principe de liberté doit être protégé, même au prix de « laisser courir » Hillary.

Et très certainement, Obama doit relaxer le marin et le Marine.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article43969.htm

 

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

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– Est-ce que Bernie Sanders nous talonne toujours ?

– Euh… difficile à dire.

 

Tapez « Hillary for prison 2016 » dans Google et voyez ce qui se passe. Certes, le GOP s’en donne à cœur-joie, mais pas seul…

 

 

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Mis en ligne le 24 janvier 2016

 

 

 

 

 

22:40 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |