05/11/2014

Qui prétend que Nadine de Rothschild n’a jamais servi à rien ?

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Qui prétend que Nadine de Rothschild n’a jamais servi à rien ?

Elle fait même des émules…

Vous souvenez-vous de quand le Palais Royal et l’Avenue de l’Opéra sont devenus japonais ? De quand Trafalgar Square et le West End sont passés aux mains des émirs du Golfe ? Eh bien, c’est le tour de Manhattan et de Miami de devenir propriété d’oligarques russes.

Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que ces milliardaires en biens mal acquis ont des filles, qui se lancent, elles, principalement, dans le business de l’art et s’achètent des pied-à-terre new-yorkais de 88 millions de dollars comme vous vous payez une toile aux Champs le samedi soir.

Ces oligarchettes parvenues, même pas trentenaires, ont presque toutes fait leurs études « à l’Ouest » et veulent aussi y jouer leur rôle d’« élite » (Eleanor Roosevelt n’est pas loin). Une d’entre elles s’est même mise à théoriser sur la manière de régenter ses domestiques, et ce n’est pas triste.

Visite guidée.

Baibakova (Maria), 29 ans, fille d’Oleg Baibakov, magnat du métal devenu milliardaire en deux (mettons trois) coups de cuillère à pot sous Eltsine, aujourd’hui « diversifié » dans l’immobilier international.

Elle a fait ses études supérieures à Harvard, à Barnard, et quand elle s’est mise à l’art (moderne !), elle a fait des stages chez Sotheby‘s, à la Mike Weiss Gallery de Chelsea et s’est même payé un master’s degree au Courtauld Institute of Art, toujours de Londres, qu’elle décrit comme « une académie de gauche très anti-marché ». Elle se défend d’être une fille-à-papa élevée au caviar et rappelle même volontiers avoir fait une fois, quand elle avait trois ans, la queue pour du pain avec sa mère. Les deux orphelines de La porteuse de pain, Merci pour ce moment ne sont rien en comparaison, c’était sous Gorbatchev. Heureusement, papa a su assez vite mettre la main sur Norilsk Nickel, un gigantesque complexe métallurgique du nord de la Sibérie, construit par les esclaves du goulag, et envoyer femme et fille – de dix ans – résider dans le New Jersey.

À peine terminées ses études d’art, Maria, par le biais d’une société qu’elle a fondée, « Baibakov Art Project », s’est acheté, fin 2008, une ancienne chocolaterie moscovite, dont elle a fait un « espace d’art à but non lucratif » (voir Arundhati Roy pour les explications techniques), et l’a baptisé Octobre rouge (où y’a de la gêne…). Elle y a aussitôt organisé quelques expositions tape-à-l’œil, qui ont fait écrire au New Yorker que si quelqu’un devait devenir un jour la Peggy Guggenheim de Russie, ce serait Baibakova.

De ce tremplin, l’héritière-mécène s’est diversifiée dans le business artistique, pour le coup plutôt lucratif, tous azimuts. C’est ainsi que c’est par une indiscrétion de http://baibakovartprojects.wordpress.com/ qu’on a su qu’à la FIAC de Moscou, qui s’appelle COSMOSCOW, a été vendu, fin septembre, par la galerie Michael Werner de New York et Londres, « à un collectionneur russe dont le nom n’a pas été divulgué », le Portemanteau aux coquilles d’oeufs, de l’artiste belge Marcel Broodthaers, pour la somme de 2 millions de dollars,  S’il n’était mort en 1976, Broodthaers serait épaté lui-même de la vogue post mortem de ses fines plaisanteries.

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Broodthaers : Portemanteau aux coquilles de moules.

 

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Son œuvre la plus célèbre : Casserole de moules rouge.

 

Ah oui : Maria siège aussi aux conseils d’administration du Lincoln Center, de la Tate, du Guggenheim et de son alma mater, Barnard. Elle a collecté des fonds pour contribuer à l'élection de Barak Obama et fait partie évidemment, dans son  pays d'origine, du peloton de tête des «résistants à la tyrannie de Vladimir Poutine». Elle est à la tête de cinq résidences (elle dit trois par modestie) - à New York, Londres, Moscou, Cannes et Miami – où elle s’escrime à diriger une « armée » de domestiques (entre 50 et 60), dont vous n’imaginez pas les soucis qu’elle lui donne. Altruiste, la nouvelle Peggy Gugenheim-Nadine de Rothschild a tenu à faire profiter les autres maîtresses de maison de son savoir-faire. Mais – attention ! - en s’adressant uniquement « aux femmes qui travaillent, pas aux ménagères lambda ».

 

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Elle a résumé tout cela dans un article de 2000 mots, qui a paru le 29 septembre dans le Tatlers en russe (oui, ça existe), article qui a fait et qui fait encore des vagues chez les légions d’aspirants milliardaires de l’Internet russe et qui commence, grâce à Buzzfeed, à en faire sur l’Internet U.S.

 

Treize tuyaux sur la manière de bien diriger sa domesticité.

par Maria Baibakova – The Tatler’s de Moscou29.9.2014

(Pour la manière de bien voler ses maîtres, la valetaille se reportera aux conseils de feu M. Jonathan Swift)

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    ● Ne leur permettez pas de s’asseoir à la table du dîner

● Pour les diriger, assurez-vous les services d’un maître d’hôtel hors de prix (200.000 $ par an minimum).

●  Ne les laissez pas porter des vêtements de couturiers.

●  Il vaut mieux qu’ils aient une porte d’entrée séparée.

●  N’engagez pas de Philippines.

● … pour résumer : faites en sorte qu’ils sachent se tenir à leur place.

 

1. – Procurez-vous une dizaine de catégories de domestiques.

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La bonne tenue d’une maison repose sur des administrateurs, des gouvernantes, des cuisiniers (ou cuisinières), des agents de sécurité, des jardiniers, des chauffeurs, des nounous, des préposé(e)s à l’entretien, des organisateurs de soirées, et des responsables de votre garde-robe. (Ma camériste gère ma garde-robe sur Pinterest, parce que je vis dans trois foyers différents).

 

2. – Engagez un maître d’hôtel à 200.000 $ par an pour les diriger tous.

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Si vous n’avez pas de maître d’hôtel, il vous faudra faire vous-même tout ce qu’ils font d’habitude. Quand vous aurez vécu cette expérience, vous ne vous demanderez plus pourquoi ce genre de spécialiste est si bien payé. Soit dit en passant, si vous avez une entrée principale et une entrée de service, comme c’est le cas dans toute maisonnée importante qui se respecte, les deux seuls membres de votre personnel qui aient le droit de passer par la porte principale sont le maître d’hôtel et la gouvernante.

 

3. – Instaurez un code déontologique pour diriger votre « armée » de serviteurs.

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La véritable direction d’une maisonnée doit toujours obéir à une étiquette, d’une part parce que c’est efficace et confortable, d’autre part parce qu’il ne faut pas que cela empiète sur vos prérogatives et qu’il ne faut pas non plus que cela rende les choses difficiles pour personne. L’étiquette est l’arme d’une maîtresse de maison expérimentée et la domesticité est son armée.

 

4. – N’engagez surtout pas de Philippines. Ce serait une grossière erreur.

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C’est, j’en suis sûre, la chose à ne pas faire. Nous avons tendance à oublier trop facilement que, bien qu’ils ne parlent pas russe, ils ne sont quand même ni sourds, ni sots ni aveugles. Ils comprennent tout et sont particulièrement à l’écoute de mes disputes avec mon mari ou mes amies. Et leur incapacité à s’exprimer dans votre langue veut dire que vous devrez leur servir de bonniche ou de traductrice. Par exemple, une Philippine n’ira pas,  elle-même, s’acheter des provisions de bouche au magasin. C’est votre chauffeur qui devra y aller pour elle et les mettre dans son frigo. Et c’est vous-même qui devrez décrire ses fréquentes migraines au docteur.

 

5. – Débarrassez-vous des domestiques indésirables de façon aussi expéditive que possible.

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Puisqu’on parle de licencier : la chose doit être faite sans tarder, par une expression claire des raisons du renvoi, sans excuses ni larmes, en se conformant aux lois et contrats en vigueur (en payant deux semaines de salaire par exemple), et – ceci est important – en présence de témoins. Attention : le ou les témoins doivent être du même sexe que la personne licenciée. C’est ainsi que les connotations sexuelles sont légalement exclues du processus dans certains pays.

 

6. – Si vous licenciez différemment (de la mauvaise manière), assurez-vous que ceux que vous renvoyez ne sont pas sans papiers.

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Une famille arabe aisée de Londres a engagé une servante indonésienne. Elle a travaillé pour eux pendant quinze ans et les a volés tout le temps. Ils l’ont virée sur le champ mais pas de la bonne manière : sans témoins, par une conversation avec la maîtresse de maison. L’Indonésienne les a poursuivis en justice, ce qui a fort compliqué les choses pour eux, parce que l’ex-servante avait été engagée illégalement. La famille arabe a dû trouver des moyens de se justifier quand la Cour  a voulu savoir s’ils lui avaient bien pris son passeport et l’avaient gardée toutes ces années à Londres contre son gré, comme elle le prétendait. Comment pouvez-vous poursuivre – et commencer par trouver - une femme de chambre moldave qui vous a dérobé les boucles d’oreilles en diamants de votre grand-mère ? Comment pouvez-vous, en Amérique, poursuivre une nounou russe qui menace de vous dénoncer parce que vous engagez des illégaux ?

 

7 – Si vous avez accusé à tort une domestique de vous avoir volée, excusez-vous pour la forme.

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Si vous vous rendez compte que vous avez mal traité votre personnel, disons en accusant votre bonne de choses terribles (puis retrouvé les cuillères que vous croyiez qu’elle avait volées), vous pouvez et devez vous excuser.Mais ne versez pas de larmes de repentir sur son épaule - « Ah, Olenka, pardonnez-moi pour l’amour de Dieu ! » -. Dites plutôt : « Olga, il y a eu un malentendu. Je vous prie de m’en excuser. » Point barre.

 

8 – Ne traitez pas vos domestiques comme des membres de votre famille.

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Maria ici en compagnie de la mezzo-soprano Margarita Zimmerman, aujourd'hui gouvernante chez les Vuitton.

Rien de bon n’en sortira jamais. En faisant cela, vous perdez une bonne servante et vous ne gagnez ni une sœur ni une amie. Et cela, bien que la tentation soit grande, parfois, de faire de votre soubrette une confidente ou une sorte de parente pauvre mais gentille.

 

9 – Vos domestiques ne sont pas dignes de votre colère.

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Ce n’est pas seulement parce que ce n’est pas éthique (bien que ce le soit, évidemment), c’est que nous ne devons exprimer nos plus fortes émotions qu’en présence de nos égaux. Si vous réagissez trop violemment à un grain de poussière sur le pied d’un verre en Baccara, bien sûr, un peu plus tard, votre conscience vous le reprochera. De là à capituler, il n’y a qu’un pas. Et vous voilà en train de pleurer dans les bras l’une de l’autre, et votre servante devient presque une amie, mais personne ne sait toujours comment bien essuyer la poussière sur les verres.

 

10 – Ne laissez pas vos domestiques s’asseoir avec vous à la table du dîner.

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La seule personne qui doive être autorisée à s’asseoir à table avec vous est le précepteur de votre fils. Un garçon doit être élevé par un homme et, à l’évidence, il faut qu’il le respecte, sinon il ne l’écoutera pas. Si votre fils ne sent pas que vous respectez son maître, il vous sera impossible de l’exiger de lui. Cette règle ne s’applique pas à la femme qui élève votre fille.

 

11 – Ne laissez pas votre servante porter vos toilettes de grands couturiers : elle oubliera qui est la patronne.

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Qu’y a-t-il de mal à cela ? penserez-vous. Vos pantalons Prada sont vieux de deux saisons et Lusya serait si contente de les avoir. À première vue, ceci paraît logique, mais en fait, vous avez franchi une ligne qu’il ne fallait pas franchir. Votre servante se déplace dans votre maison, seule, dans vos vêtements ? Il vous faudra faire un effort pour vous rappeler qui commande. Vous pouvez faire une exception pour une nounou qui a travaillé des années pour vous et qui a une fille. Si sa fille fait un malheur au bal de son collège avec vos vieilles Louboutin, pas de problème. L’essentiel est que ça ne se passe pas dans votre maison.

 

12 – Ne fréquentez pas vos domestiques. Il faut qu’ils sachent où est leur place.

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Le soir, vous éprouvez le désir insurmontable de partager les petits événements du jour avec votre servante… vous lui envoyez des textos de votre yacht pour lui dire à quel poin,t votre belle-mère vous tape sur les nerfs… ou quand vous revenez de la Semaine de la Mode, vous ne pouvez vous empêcher de lui raconter que Riccardo Tucci vient une fois de plus d’épater tout le monde… À force de recevoir tant de confidences à faire tourner la tête, votre servante finira par avoir l’impression qu’elle fait partie de votre monde et pas du sien. Dans ce monde, prendre les poussières et aspirer les tapis est impensable.

 

13 – Apprenez à tout faire vous-même. Ainsi, vos domestiques ne pourront pas vous soumettre au chantage en menaçant de vous quitter.

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Vous ne savez pas quoi utiliser pour nettoyer le four, comment faire le lit, comment servir à table. Pour que cela n’arrive pas, apprenez à tout faire vous-même. Ainsi, vous ne vous sentirez pas perdue, si une de vos servantes s’essaie au chantage en menaçant de s’en aller.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

*

Moralité : Si vous envoyez vos enfants dans des écoles chic et chères où s’éduquent les milliardaires, vous risquez de ne pas en avoir pour votre argent.

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Devant le tollé qu’elle a soulevé Outre-Atlantique, l’imprudente a dû s’excuser. Ce qu’elle a fait sans élégance excessive en chargeant la barque de ses traducteurs : « Je suis horrifiée de voir ce que sont devenus mes propos en anglais». Ceux qui les ont lus en russe disent que, dans la langue d’origine, c’est pire…

 Brèves de comptoir Internet à l’américaine :

1.  Pourquoi est-ce qu’en lisant ça, je pense à Robespierre ?

2. Il faudrait qu’on reprenne toute son éducation à zéro, qu’on lui fasse faire un stage comme servante.

3. Pour quoi faire ? Filez-lui 3 mètres de corde et une chaise. Pas besoin de l’éduquer pour ça !

4. Voilà un museau qui cherche une brique.

5. Une balle dans la tête à cette garce !

6. Quand elle se fera mitrailler au fond d’une cave, il y en aura encore qui se demanderont pourquoi.

7. Il est où, Lénine, quand on a besoin de lui ?!

8. Et les bolcheviques, où ils sont passés ?

9. Elle en a oublié un : 14. – S’ils se plaignent de ne pas avoir assez de pain, qu’ils bouffent du gâteau !

Etc. etc. Bien sûr, il y en a une aussi qui dit :

10. Je la comprends. C’est vrai que du personnel de maison, ça se dirige comme une société. Moi, si j’étais à leur place, j’aimerais être dirigée de cette façon-là. Au moins, on sait où on va.

On trouve de tout sur Internet.

 

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Au club de l’élite spatiale

(suite en quelque sorte)

Il y a un mois d’ici, le New York Times a publié une caricature, qui tournait en dérision le programme spatial de l’Inde, dont la navette Mars Orbiter Mission, venait d’être capturée avec succès par la gravité de la planète rouge.

 

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Les habitants de ce troisième membre des BRICS ont estimé, non sans raison, que le petit mickey du New York Times était ouvertement raciste. Au point que le canard US a dû s’en excuser. (Sur sa page Facebook, il ne faut pas exagérer.)

Or, voici que le 30 octobre – mardi dernier – est arrivée, au décollage de la fusée US Antarès, la mésaventure que l’on sait.

Et l’Hindustani Times a pu déguster, même pas froid, le plat délicieux de la vengeance :

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Ce n’est pas très charitable de se moquer des malheurs des autres, mais personne ne prétend l’être :

NASA - Un petit pas avec l’Ukraine, un grand pas vers la catastrophe.

 

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Ce qui devait arriver est arrivé. Après des années de coopération dans les technologies de l’Espace, la NASA s’est retrouvée, à cause des sanctions, contrainte du jour au lendemain de se passer de la Fédération de Russie. L’heure est à la recherche de moyens de ne plus dépendre de « l’ennemi ». Or, pour ce qui concerne l’espace, plus que partout ailleurs, la dépendance est énorme, et apparemment, les décideurs de Wasgington n’en ont pas réellement conscience.

 

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Source : http://reseauinternational.net/nasa-petit-pas-lukraine-gr...

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À part ça…

5e colonnes

ou

Pendant les guerres, les petites magouilles de l’Empire continuent

En Russie

Nous sommes abonnés – personne n’est parfait – à une lettre d’information qui se dit anarchiste. Hier,  nous avons, de Pologne, reçu cet émile :

 

L’aube de la liberté ?

 

Le 30 octobre, Jour des Prisonniers Politiques en Russie, six personnes se sont rendues place Loubianka, à Moscou. Elles ont déroulé une grande banderole qui disait « Liberté pour les prisonniers politiques » et ont scandé des slogans tels que « Nous voulons une Russie sans Poutine ! », « Longue vie à Maidan ! », « Russie prison du Peuple ! » et «  À mort l’empire fasciste de Poutine ! ».

 

Personne n’a été arrêté. Peut-être est-ce la raison pour laquelle www.grani.ru a donné à la manifestation le titre d’Aube de la liberté. Je ne suis pas aussi optimiste, à moins que le visage  bouffi de Poutine, ces temps derniers, ne soit la conséquence d’un traitement contre le cancer qui ne lui laisserait plus que quelques années à vivre.

 

Vidéo de la manifestation : http://grani.ru/Politics/Russia/activism/m.234537.html
1er novembre 2014

Kuba Waskowski

 

Des anars à gages à c’t’heure ? On n’arrête pas le progrès.

Mais « six personnes » pour une manif… on dirait que les fonds baissent.

Quant aux deux pandores moscovites, ce n’est pas à Sivens qu’on verrait des mollassons pareils.

 

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 Restons dans les parages :


Voici pourquoi les Russes veulent réglementer sévèrement les ONG étrangères

Jeudi 30 octobre 2014 – Vineyard of the Saker

Qu’est-ce que vous dites de cette « surveillance » des droits humains ?

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« Une nouvelle tyrannie s’installe. Signez pour prendre position contre la politique répressive de PoutineHuman Rights Watch.»

Le fait est que les organisations occidentales de droits de l’homme sont au-delà du mépris. Certaines ne sont rien d’autre que des instruments politiques aux mains de l’Empire (Human Rights Watch), certaines grouillent d’espions occidentaux (Médecins sans frontières, les contrôleurs de l’OSCE), certaines sont dirigées par de cyniques bureaucrates, qui se servent de jeunes délégués idéalistes comme chair à canon (La Croix Rouge), certaines sont utilisées, à ses propres fins, par le big business (Greenpeace), alors que d’autres ne sont que des instruments quasi officiels de la CIA (NED, Freedom House, Open Society Foundation, etc.).

Ce qu’il y a de drôle ici, c’est que la photo n’a pas été prise en Russie, mais en Ukraine, et que les flics anti-émeute qu’on y voit portent des insignes d’unités du régime de Kiev. Mais qui s’en préoccupe de toute façon ? Ce n’est pas comme si « la vérité » était un sujet qui intéresse Human Rights Watch.

Le Saker

Traduction cl, pour Les Grosses Orchades

Source : http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/10/this-is-why-russ...

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Au Brésil

Manifestation anti-Roussef à Sao Paulo

 

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Aux cris de « Dilma dehors », quelque 2.500 personnes ont manifesté samedi à Sao Paulo pour exiger le départ de la présidente Dilma Rousseff, réélue dimanche dernier pour un second mandat, a constaté l’AFP.

Les manifestants brandissaient de grandes pancartes contestant la transparence du scrutin, critiquant les politiques du gouvernement et jugeant « corrompu » et « voleur » le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir ainsi que l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, auquel Mme Rousseff a succédé.

Munis de drapeaux brésiliens, certains d’entre eux criaient des slogans contre Cuba ou agitaient des pancartes « contre le communisme ». D’autres demandaient même une « intervention de l’armée maintenant ». « Ce n’est pas la même chose qu’un coup d’Etat. Avec une intervention, les militaires mettraient de l’ordre », déclarait Carlos Cabala, un entrepreneur âgé de 50 ans.

« Nous demandons l’impeachment (destitution) de Dilma, nous sommes ici pour montrer notre rejet du PT », a expliqué à l’AFP Maria Lucia Monteiro, 61 ans, professeur.

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Vidéo :

 http://rt.com/in-motion/201643-brazil-election-protest-ro...

Sources :

http://reunion.orange.fr/news/monde/bresil-des-manifestan...

http://rt.com/in-motion/201643-brazil-election-protest-ro...

 

Comme pour Ahmadinejad et Poutine, comme pour Maduro.

Bref, que du courant.

Il est vrai que le Brésil maintenu dans les BRICS ne doit pas donner à Washington l’envie de beaucoup rire.

 

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On n’ose pas s’en réjouir tant ils vont le payer cher :

La troisième Intifada a commencé

 

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Les médias occidentaux osent à peine prononcer le mot, les «Israéliens» le nient obstinément, les Arabes l’ignorent, mais les faits sont là : la troisième intifada palestinienne, celle d’al-Qods, a déjà commencé.

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Source : http://reseauinternational.net/troisieme-intifada-eclate-al-qods/

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Les lanceurs de pierre palestiniens risquent d’encourir 20 ans de prison en Israël

 

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Un jeune Palestinien lance une pierre lors d’une manifestation de protestation contre le vol de terres palestiniennes du village d’An Nabi Saleh pour agrandir la colonie sioniste de Hallamish (en arrière-plan).

 

04.10.2014 – Dimanche, le cabinet israélien a approuvé un amendement au code pénal israélien pour permettre que des sanctions plus sévères soient prises contre les Palestiniens accusés d’être impliqués dans des jets de pierre contre des cibles israéliennes.

Les nouvelles sections, qui seront ajoutées au code pénal israélien, permettront d’imposer une condamnation allant jusqu’à 20 ans de prison pour ceux qui seront accusés de jets de pierre ou autres objets sur des véhicules israéliens.

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Source : http://reseauinternational.net/les-lanceurs-pierre-palest...

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À propos des récentes élections de Kiev, dont nous n’avons pas à nous gausser, elles valent bien les nôtres.

Coup de gueule

des Grosses Orchades

 

Vu que même les internautes US se mettent à invoquer Robespierre, parlons-en, tiens, puisqu’aussi bien M. Philippe Grasset vient de le faire sur dedefensa.org, avec un article intitulé « La nouvelle RADA de Kiev, une foule de petits Robespierre camouflés » sans que personne saute au plafond devant tant d’ignorance, d’inconscience et d’irresponsabilité (quand on se pique d’informer les foules en leur parlant politique, un minimum de connaissances de base et de probité intellectuelle s’impose).

Or, non seulement personne – nous voulons dire aucun site – n’a réagi avec indignation, mais nombreux – hélas très nombreux - sont ceux qui ont reproduit l’insanité la bouche en cœur, sans sourciller. Entre autres :

niooze.fr

seenthis.net

scoop.it  (c.àd. koter, la gazette des étudiants de Louvain-la- Neuve, nos futures élites belgeoises. Joie ! Joie ! Pleurs de Joie !)

gagarinetimes.ch

oulala.net

praxion.org

zorgol.fr

réseaudepresse altermondialiste

le citoyen.org (front de « gauche » ?)

le blogue noir de Brocéliande, etc. etc. etc.

plus, hélas, Le Saker francophone

Un jour, on leur rebalancera Mein Kampf, et ils le feront avaler, fiers comme des petits bancs.

C’est à eux que ce coup de gueule s’adresse.

Que vous soyez ignares au-delà du supportable ne vous autorise pas, Messieurs les censeurs bien-pensants à la file indienne, à vous essuyer les pieds sur la figure du plus grand homme d’État de l’histoire – resté seul jusqu’à Fidel Castro, et seulement rejoint, non dépassé, par lui. Qui êtes-vous pour ériger votre ignorance crasse en étalon-or de ce qu’il convient de penser de ceux qui ont donné leur vie pour que vous soyez moins nuls. Est-ce leur faute s’ils ont raté leur coup ? On ne fait pas ce genre de choses in vitro. On les fait au milieu d’une foule – là pour le coup – de cellules cancéreuses voraces, vos semblables, vos frères (ou sœurs, soyons transgenre, c’est la mode).

Que le lynchage actuel de Vladimir Poutine par la tourbe du monde ne soit rien, mais alors vraiment RIEN, comparé au lynchage de Robespierre, qui dure depuis plus de deux siècles, car il a commencé de son vivant, ne frappe en rien votre manque absolu d’imagination et de conscience. Non, Robespierre-Poutine-même-combat, l’histoire-qui-se-répète et de façon si hallucinante, ne vous dit absolument rien. Curieux, non ? Vous ne voyez pas le rapport…

Nous avons fait part aussi poliment que possible à M. Grasset de notre surprise d’un tel faux-pas venant de lui. Pour bien faire, il devrait s’excuser. (La petite Baibakova l’a bien fait, elle, même si uniquement pour la forme et du bout des dents.) Car la vérité historique n’est pas seulement révolutionnaire, elle EST. Il n’est tout simplement plus acceptable qu’elle soit, à notre époque, ignorée à ce point-là. Il l’est encore moins que quiconque se permette de la piétiner, car c’est une agression meurtrière envers tous les humiliés et les offensés, quels et où qu’ils soient.

Nous ne dirons rien des Vendéens d’opérette qui n’en finissent pas, ne sachant quoi faire de leur cerveau reptilien, de geindre sur leur Shoah bicentenaire. Quand Dieudonné en aura fini avec l’autre, peut-être voudra-t-il s’y coller. Après tout, il est breton. Même si naître à Fontenay vous rapproche plus de Léautaud que de Charrette.

Bravo en tout cas au Cercle des Volontaires, au Grand Soir, à Moadab, à Réseau International, à Sayed7Asan, à Serge Uleski et à ceux qui se sont abstenus de tremper dans cette mauvaise action, preuve qu’ils regardent où ils mettent les pieds et qu’ils réfléchissent à ce qu’ils font !

Pour ce qui est du Saker Francophone, il faut bien sûr continuer d’y lire les traductions du Saker… et trier sérieusement le reste. Après tout, le libre examen n’a pas été inventé pour les chiens. TRIER, donc, car il est inadmissible d’utiliser, derrière son dos, la caution morale du Saker, pour faire passer des notions indéfendables dont il n’a même pas connaissance, qui seraient pardonnables venant de lui, étant données les distances géographiques et autres, mais dont il se garde bien, justement.

En attendant que vous ayez les couilles de faire enfin à Robespierre le procès qu’il n’a jamais eu – pas une farce à la Hossein : en vrai ! – jetez un œil à votre portrait et essayez de nous étonner en faisant votre examen de conscience ou votre autocritique, selon vos goûts respectifs.

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En-dehors de ces deux camps, et les tenant tous deux en respect, se dressait un homme, Robespierre.

Au-dessous se courbaient l’épouvante, qui peut êre noble, et la peur, qui est basse. Sous les passions, sous les héroïsmes, sous les dévouements, sous les rages, la morne cohue des anonymes. Les bas-fonds de l’Assemblée s’appelaient la Plaine. Il y avait là tout ce qui flotte ; les hommes qui doutent, qui hésitent, qui reculent, qui ajournent, qui épient, chacun craignant quelqu’un. La Montagne, c’était une élite, la Gironde, c’était une élite ; la Plaine, c’était la foule. La Plaine se résumait et se condensait en Sieyès.

Sieyès, homme profond qui était devenu creux. Il s’était arrêté au tiers-état et n’avait pu monter jusqu’au peuple. De certains esprits sont faits pour monter à mi-côte. Sieyès appelait tigre Robespierre qui l’appelait taupe. Ce métaphysicien avait abouti, non à la sagesse, mais à la prudence. Il était courtisan et non serviteur de la Révolution. Il prenait une pelle et allait, avec le peuple, travailler au Champ de Mars, attelé à la même charrette qu’Alexandre de Beauharnais. Il conseillait l’énergie dont il n’usait point. Il disait aux Girondins : Mettez le canon de votre parti. Il y a les penseurs qui sont les lutteurs ; ceux-là étaient, comme Condorcet, avec Vergniaud, ou, comme Camille Desmoulins, avec Danton. Il y a les penseurs qui veulent vivre. Ceux-là étaient avec Sieyès.

Les cuves les plus généreuses ont leur lie. Au-dessous même de la Plaine, il y avait le Marais. Stagnation hideuse laissant voir les transparences de l’égoïsme. Là grelottait l’attente muette des trembleurs. Rien de plus misérable. Tous les opprobres, et aucune honte ; la colère latente ; la révolte sous la servitude. Ils étaient cyniquement effrayés ; ils avaient tous les courages de la lâcheté ; ils préféraient la Gironde et choisissaient la Montagne ; le dénoûment dépendait d’eux ; ils versaient du côté qui réussissait ; ils livraient Louis XVI à Vergniaud, Vergniaud à Danton, Danton à Robespierre, Robespierre à Tallien. Ils piloriaient Marat vivant et divinisaient Marat mort. Ils soutenaient tout jusqu’au jour où ils renversaient tout. Ils avaient l’instinct de la poussée décisive à donner à tout ce qui chancelle. À leurs yeux, comme ils s’étaient mis en service à la condition qu’on fût solide, chanceler c’était les trahir. Ils étaient le nombre, ils étaient la force, ils étaient la peur. De là l’audace des turpitudes.

De là le 31 mai, le 11 germinal, le 9 thermidor, tragédies nouées par les géants et dénouées par les nains.

Victor Hugo, Quatre-Vingt Treize

 

Peu importe qu’il se plante sur à peu près tous ceux qu’il nomme. C’était inévitable à son époque, et son tableau d’ensemble est juste.

Quelques rappels de jugements, non pas à l’intention de ceux qui se bousculent pour jeter avant les autres leur pierre au bouc-émissaire, mais pour les jeunes à qui l’Éducation Nationale (on sait ce qu’elle est devenue) n’apprend rien de ce qu’ils devraient savoir :

 

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« Vous lui reprochez d’avoir gouverné par la persuasion »

Saint-Just

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« On a tant calomnié cet illustre martyr de l'égalité, qu'il est du devoir de tout écrivain honnête de consacrer sa plume à en venger la mémoire. »

Philippe Buonarroti

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« Ils l'ont noyé dans le sang qu'ils avaient tiré pour le perdre. »

Lamartine

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« De tous les terroristes, Robespierre fut le plus humain, le plus ennemi par nature et par conviction des apparentes nécessités de la Terreur. Cela est assez prouvé aujourd'hui, et on ne peut pas récuser à cet égard le témoignage de M. de Lamartine. La réaction thermidorienne est une des plus lâches que l'histoire ait produites. À quelques exceptions près, les thermidoriens n'obéirent à aucune conviction, à aucun cri de la conscience, en immolant Robespierre. La plupart d'entre eux le trouvaient trop faible et trop miséricordieux. La veille de sa mort et le lendemain, ils lui attribuèrent leurs propres forfaits pour se rendre populaires. Soyons justes enfin, Robespierre est le plus grand homme de la Révolution et un des plus grands hommes de l'histoire. »

Georges Sand

31. Louis_XVIII_Rt.jpg

«Votre opinion sur Robespierre est au moins fort hasardée si elle n’est pas fausse ; les hommes d’État ne doivent pas être jugés d’après les règles ordinaires de morale. En 1793 et 1794, il s’agissait de sauver le corps social et s’il était prouvé que le chef des Jacobins n’eût fait dresser les échafauds de la Terreur que pour abattre les factions [et rétablir ensuite ce gouvernement royal que la France entière désirait], il serait injuste de regarder Robespierre comme un homme cruel et de l’appeler tyran ; il faudrait au contraire, voir en lui, comme dans Sylla, une forte tête, un grand homme d’État. Richelieu aurait fait plus que Robespierre s’il se fût trouvé dans une position semblable. »

Louis XVIII, en 1797 et en 1814.

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« Le plus grand homme de la Révolution n’a pas encore en France sa statue : c’est un monument expiatoire qu’il faudrait ! Il ne s’est pas trouvé un seul gouvernement républicain pour oser revendiquer sa mémoire. Plus clairvoyante, la haine des ennemis de la République n’a jamais désarmé. J’ai toujours pensé que la grandeur exceptionnelle est désignée à l’avenir par le flair acharné de l’ennemi, bien avant que les amis ne l’aient reconnue.»

Romain Rolland

[Les « amis » ?]

33. JeanJaures01.gif

« C’est une erreur de croire que Robespierre était une sorte de rhéteur épris d’idées générales et capable seulement de phrases et de théories. La forme de ses discours où il procède souvent par allusions, où il enveloppe volontiers de formules générales un exposé très substantiel et des indications ou des accusations très précises, a contribué à ce malentendu. En fait, il se tenait au courant de tous les détails de l’action révolutionnaire dans le pays tout entier et aux armées ; et avec une tension d’esprit incroyable, avec un souci minutieux du réel, il essayait de se représenter l’exacte valeur des hommes que la Révolution employait. Toujours aux Jacobins, il est prêt à redresser, par les renseignements les plus précis, les vagues allégations et accusations d’une démagogie querelleuse… Quelle âpre et dure vie d’aller presque tous les soirs, dans une assemblée populaire souvent houleuse et défiante, rendre compte du travail de la journée, dissiper les préventions, animer les courages, calmer les impatiences, désarmer les calomnies !... »

Jean Jaurès

 

« On ne sait si l'on doit rire ou pleurer de pitié en voyant ce concert universel de malédictions vomies par des vociférateurs à gages sur le cadavre d'un homme, dont ils font à leur manière et sans s'en douter, le plus bel éloge en le déchirant. Le plus plat gredin croit s'honorer aujourd'hui en lui donnant un coup de pied. Je connais tel de ces misérables qu'un regard seul de Robespierre vivant aurait replongé dans son élément : c'est-à-dire dans la boue... En général, c'est l'usage à Paris. Dès qu'on y tue un homme... on le calomnie après l'avoir assassiné.

Louis-François CASSAT

Tableau de la dernière quinzaine.

Lausanne, 16 août 1794.

 

Faut-il préciser que ces propos pourraient s’appliquer à Vladimir Poutine, qui se tient, nous semble-t-il, à mi-chemin entre Richelieu et Robespierre, à ceci près que Richelieu, pour le roi son maître, a envahi des pays et en a colonisé d’autres, ce que Robespierre n’eût jamais fait, c’était contraire à ses principes, et que Vladimir Poutine n’a pas fait non plus, quoi qu’en disent les clabaudeurs salariés. On peut dire en schématisant qu’il s’apparente au premier par sa politique intérieure et au second par sa politique étrangère, mais pas que.

Ces trois chefs d’état ont encore en commun leur amour des bêtes, qui n’est pas si courant, même ailleurs. Robespierre élevait des pigeons, Richelieu adorait les chats (il en avait 14 à sa mort, dont l’histoire a retenu les noms : Félimare, Lucifer, Ludovic-le-Cruel, Ludoviska, Mimi-Piaillon, Mounard-Le-Fougueux, Perruque, Rubis-sur-l'ongle, Serpolet, Pyrame, Thisbe, Racan, Soumise et Gazette). Outre fonder l’Académie, il a donné le goût des chats de compagnie aux Français. Vladimir Poutine aime les (très gros) chats, les chiens, les élans, les grues, les dauphins, les ours…  et les bébés-phoques. Au moins.

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Armand Duplessis, ses chats et le père Joseph

«  La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire. »

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« Je ne suis pas le défenseur du peuple. Je n'ai jamais prétendu à ce titre fastueux ; je suis du peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela; je méprise quiconque a la prétention d'être quelque chose de plus. »

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 « Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction de Dieu, nous ne devons pas oublier qu’il nous a créés tous égaux. »

 

Bref, quiconque essaie de regarder l’Histoire avec un peu de recul comprend que l’URSS a été le leg de Babeuf et Cuba celui de Robespierre. Il appartient à Vladimir Poutine, à Hassan Nasrallah, à Nicolas Maduro, à Evo Moralès, à Dilma Roussef, à Cristina Kirchner, à Rafael Correa et à d’autres, encore inconnus, de poursuivre dans cette voie, la seule qui ne soit pas de garage : aider leurs compatriotes et nous tous à sortir d’enfance avant qu’il soit trop tard.

 

*

 

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Livres

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Jonathan Swift

L’Art de voler ses maîtres

Bruxelles, Cosmopolis, 1946

123 pages

 

 

 

 

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Jonathan Swift

Instructions aux domestiques

Paris – Livre de Poche, 1959

287 pages

 

 

 

 

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Henri Guillemin

Silence aux pauvres

Paris – Arléa – 1989

119 pages

 

 

 

 

 

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Michèle Fogel

Marie de Gournay, itinéraires d’une femme savante

Paris - Fayard – 2004

420 pages

 

 

 

 

À propos de ce livre :

Comme François Furet, Shakespeare et Molière ont été des propagandistes à gages (et c’est Céline qu’on vitupère !) : ils ont calomnié pour des sous. Le premier : Macbeth, Richard III, Jeanne d’Arc. Le second : les femmes savantes et les précieuses, qu’il a décrétées ridicules pour amuser des puissants d’alors.

Marie de Gournay fut une de ces femmes savantes. Qui plus est : autodidacte.

À dix-sept ans, elle a lu les Essais de Montaigne et les a compris. Elle a aussi compris qu’elle préférait étudier, lire, écrire, traduire, éditer et rester célibataire (pour les femmes, on dit « vieille fille »). Montaigne fit d’elle sa « fille d’alliance », titre qu’elle porta toute sa vie avec fierté.

Elle ne fut pas seulement littéraire mais aussi politique. Elle soutint les jésuites, jusqu’au père Garasse, exclusivement, qui eut la mort de Cyrano de Bergerac et de Théophile de Viau sur la conscience. Car les poètes lui importaient davantage que les politiques, et elle fut fidèle à Théophile persécuté, comme à Ronsard dédaigné. Son amour des mots était si grand, qu’elle eut l’idée d’une assemblée d’hommes de lettres qui veilleraient à leur préservation et maintiendraient en vie les vieux mots, quelles que fussent les modes. C’est chez elle que l’Académie Française est née, même si c’est le Cardinal qui l’a fondée.

En 1626 – elle avait 61 ans - elle publia son dernier livre L’ombre de la damoiselle de Gournay, qu’elle envoya à Richelieu. Il la reçut :

 

Boisrobert la mena au cardinal de Richelieu, qui lui fit un compliment tout de vieux mots qu’il avait pris dans son Ombre. Elle vit bien que le Cardinal voulait rire : « Vous riez de la pauvre vieille », dit-elle, « Mais riez, grand génie ; il faut bien que tout le monde contribue à votre divertissement ». Le cardinal, surpris de la présence d’esprit de cette vieille fille, lui en demanda pardon, et dit à Boisrobert : « Il faut faire quelque chose pour Mademoiselle de Gournay. Je lui donne deux cents écus de pension. » - « Mais elle a des domestiques », dit Boisrobert. – « Et quels ? », reprit le cardinal. – « Mlle Jamin », répliqua Boisrobert, « bâtarde d’Amadis Jamin, page de Ronsard. » - « Je lui donne cinquante livres par an », dit le Cardinal. – « Il y a encore ma mie Piaillon », ajouta Boisrobert, « c’est sa chatte ». – « Je lui donne vingt livres de pension », répondit l’Éminentissime, « à condition qu’elle aurait des tripes ». – « Mais, Monseigneur, elle a chatonné »,  dit Boisrobert. Le cardinal ajouta une pistole pour les chatons.

Tallemant des Réaux, Historiettes

 

Ma mie Piaillon chez l’une, Mimi Piaillon chez l’autre… Allez savoir si la Mimi Piaillon du Cardinal n’est pas un des chatons à une pistole de la mie Piaillon de la demoiselle de Gournay, dont elle lui aurait fait cadeau en témoignage de sa gratitude ? L’énigme ne vaut-elle pas bien celle de Louis XVII au Temple, pauvre gosse chargé de nourrir les fantasmes de générations de zinzins ?

 

 

*

Mis en ligne le 5 novembre 2014

 

 

 

 

14:10 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/10/2014

LA RUSSIE FAIT LA UNE

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C’est le plus vieux sauveteur de sous-marins du monde – Il a 102 ans – Toujours en service – Il s’appelle « La Commune »

 

La Russie fait la Une. Normal, non ?

*

Affrontement - Strelkov

Khodorkovski

 (Il était temps !)

Tout le monde, depuis lurette, connaît Mikhail Khodorkovski, son  ascension vertigineuse de l’ère Eltsine et sa chute, son procès, son incarcératon, pour finir par la grâce lui accordée par le Président. Mais parions que vos merdias favoris ne vous ont guère parlé d’Igor Strelkov jusqu’ici. Or, si 87% des Russes en âge de voter apprécient Vladimir Poutine (instituts de sondage US dixeunt), ils idolâtrent Strelkov, rejoints en cela par la plupart des Ukrainiens anti-nazis. D’aucuns (en Occident) l’ont comparé à Lawrence d’Arabie. C’est l’insulter : il n’est au service d’aucun empire. Disons qu’il est quelque chose comme le Che Guevara des Slaves. Certes, avec des nuances…

Que l’empire anglo-sioniste rêve de renverser voire de tuer Poutine et de le remplacer par Khodorkovski est un secret de polichinelle.

 

Le Saker explique :

 Chers amis,

Aujourd’hui, je soumets à votre attention deux documents intéressants. Un discours de Mikhaïl Khodorkovski, « l’ex-oligarque et mafieux à présent devenu activiste démocratique », et une réponse d’Igor Strelkov à ce discours.

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Khodorkovsky et Strelkov

Ne vous méprenez pas : une guerre est en cours. Certes, elle ne s’est pas encore transformée en guerre ouverte, avec, de chaque côté, deux armées déchaînant leur puissance, mais c’est une guerre quand même. Cette guerre oppose, d’une part, les 1 % qui constituent les élites dirigeantes de l’Empire anglo-sioniste et leurs alliés en Russie – que nous pouvons appeler la « 5ème colonne » ou les « intégrationnistes atlantistes » – et, d’autre part, les « souverainistes eurasiens russes » et leurs alliés dans le reste du monde, y compris les nombreux partisans, en Occident, d’une Russie souveraine et indépendante. Cette guerre se livre sur de nombreux « fronts » : celui qui sépare la Novorossia du Banderastan, bien sûr, mais aussi bien d’autres fronts. Il y en a un en Syrie, en Iran et en Irak. Il en est un autre à l’intérieur même de l’Union européenne. Il en est un en Extrême-Orient, le long du détroit de Taiwan, et une autre encore en Amérique latine. Dans un passé récent, on trouvait également de tels fronts en Krajina serbe de Croatie, à la frontière entre Israël et le Liban, et en Tchétchénie. En fait, il s’agit là de la première véritable *guerre planétaire* et ses « fronts » sont partout. Même la « oumma » [1] musulmane est profondément divisée entre ceux qui soutiennent le wahhabisme saoudien (lequel a l’appui des USA) et ceux qui s’y opposent (ils sont dirigés par l’Iran).

À l’heure actuelle, le plus important de ces fronts traverse le Donbass, mais cela peut changer demain.

L’un de ces fronts traverse la société russe. Khodorkovski est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « intégrationniste atlantiste », tandis que Strelkov est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « souverainiste eurasien ». S’il vous plaît, lisez à la fois leurs deux manifestes et comparez-les : vous constaterez que les différences entre ces deux visions du monde ne sont pas seulement profondes, elles sont inconciliables.

Un grand « merci !! » à « A » qui a traduit (en anglais) le manifeste de Strelkov pour ce blog.

J’espère que vous apprécierez cette lecture fascinante.

Cordialement,

Le Saker

*

Discours de M. Khodorkovski, prononcé à Washington, au dîner d’attribution des prix de « Freedom House »

Ce qui suit est le texte préparé du discours prononcé par Mikhaïl Khodorkovski le 1er octobre au dîner d’attribution des prix 2014 de la Maison de la liberté. L’original de ce texte a été publié ici.

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Mikhaïl Khodorkovski

Le choix europÉen, la justice sociale et la mobilisation nationale

1. Il est une légende sur la façon dont, il y a près de 200 ans, les émigrés politiques russes de l’époque demandèrent à Karamzine, historien de la cour de Russie, des nouvelles de ce qui se passait dans la mère patrie. Karamzine réfléchit un moment et répondit d’un seul mot : « Vol ». Peu de choses ont changé en Russie depuis cette époque. Sauf peut-être que le vol est devenu encore plus sophistiqué. Tout est volé en Russie, mais le principal – et c’est, je pense, unique –, c’est qu’en Russie, on vole même le temps.

Lire la suite…

Source : http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/23/lire-absolument-re...

 

*

Réponse d’I. Strelkov à Khodorkovski

Avant-propos, par le colonel CASSAD : Après un long silence, Strelkov parle. Il parle avec une critique programmatique du manifeste de Khodorkovski. Cette transition vers une controverse publique, où Strelkov oppose, à la vision de cet éloquent oligarque, diffusée depuis les États-Unis, sa vision de l’avenir de la Russie, définit dans une large mesure la vision que Strelkov a de l’avenir du pays. En général, la réponse de Strelkov à Khodorkovski reflète son point de vue que le printemps de Crimée est le début d’une « révolution depuis le sommet », qui est l’œuvre de Poutine.

 

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Igor Strelkov

 

LA DÉCENNIE POUTINE A RENDU À LA RUSSIE L’ESPOIR D’UNE RENAISSANCE

Au début d’octobre, au siège de l’organisation internationale des droits de l’homme Freedom House (Maison de la liberté) à Washington, l’ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, a prononcé un discours condamnant l’État russe et le président russe. Un discours qui a constitué la base du manifeste publié par la suite. Ayant obtenu le soutien de l’oligarchie financière mondiale, Khodorkovski a présenté quelques thèses théoriques, usant de la comparaison, de l’analogie et de l’association, lesquelles sont familières aux Russes, copiant même parfois les méthodes de la rhétorique patriotique. Avec un pathos enviable et la demande du statut d’instance ultime, l’ex-oligarque tente de combiner les incompatibles. Il « ajoute » des « valeurs » libérales, étrangères à la Russie et au peuple russe, aux notions de fierté et de justice nationales, chères au cœur russe, créant ainsi l’illusion dangereuse de leur compatibilité biologique. Khodorkovski essaie d’habituer la partie active de la société aux futures transformations libérales initiées par l’oligarchie mondiale et, plus encore, déclare qu’elles seules sont possibles et utiles. Malheureusement, il est tout simplement impossible d’ignorer cette combinaison de « chaud et de doux » et de la laisser sans réponse. Des discours par trop dangereux sont tombés déjà des lèvres de cet ennemi évident de la Russie, et la simple tentative de mettre en œuvre les scénarios qu’il propose peut s’avérer bien trop destructrice. Il nous faut donner la réponse patriotique russe au scénario libéral mondialiste imposé par Khodorkovski sous le couvert d’un nouveau cycle de « réformes ». Après tout, il ne s’agit pas simplement de raisonnements de loisirs émanant de ce criminel riche et peu commun, qui s’est enfui de la patrie, il s’agit du programme idéologique d’une nouvelle révolution en Russie, de la « feuille de route » de la révolte oligarchique dirigée, comme toujours dans l’histoire de la Russie, contre le gouvernant, contre le peuple et contre le pouvoir. Eh bien, nous allons faire le tri de tout cela point par point.

Le choix russe, la justice sociale et la mobilisation nationale

1. Il y a 100 ans, le dernier tsar-martyr de Russie, Nicolas II, a écrit : « Tout autour, trahison, lâcheté et tromperie ». Il ne parlait pas du tout du peuple, ni des « imbéciles ou gens des routes », mais de l’élite politique, militaire et économique qui l’entourait pendant cette période. La trahison de l’élite a fini en effondrement de ce qui était la plus grande puissance mondiale, l’Empire russe. Il y a 200 ans, l’élite politique a, sous la direction de l’envoyé britannique, participé au régicide de l’empereur Pavel, ce qui a conduit à l’invasion par Napoléon et à la guerre patriotique de 1812 qui s’en est suivie. Il y a 400 ans, pendant la Période des Troubles, l’élite politique de la Russie prêta serment à des imposteurs et au roi de Pologne, commettant une trahison, tant envers la patrie qu’envers la foi, et seule la révolte de la milice russe sauva à la fois la Russie et l’orthodoxie, au cours de cette période difficile, en jetant les bases d’une nouvelle dynastie de tsars de Russie. Depuis lors, en Russie, peu de choses ont changé. Les gouvernants de la Russie, avec le soutien du peuple russe, apportent leur vie sur l’autel de la patrie, tandis que les élites de compradores engraissés et corrompus ne dédaignent pas de trahir la patrie, d’aucune manière, se faisant lâchement traîtres au souverain, volant le peuple et le tenant en état de subordination, au nom de leur seul profit personnel instantané. C’est alors, toujours, qu’est venue la pacification, après de longues et pénibles années de désarroi : ayant laissé derrière elle la crise et des guerres sanglantes, la Russie a commencé à se développer progressivement à nouveau. L’histoire s’est répétée il y a 23 ans (sous nos yeux), une fois de plus. « L’empire rouge » avait rendu nécessaire une réforme sérieuse et extrêmement prudente. Au lieu de cela, il fut pillé, volé et détruit par le racket de hauts fonctionnaires du parti, simplement « repeints » pour l’occasion. Il fut vendu aux « ennemis idéologiques » récents, et avec eux à des nouveaux riches sans scrupules. L’histoire s’est accélérée… Ses cycles deviennent plus courts. Et, aujourd’hui encore (pour la deuxième fois au cours de notre petit siècle), il apparaît que le pays, qui commence à peine à connaître une restauration, après le dernier « désordre », est sous la menace d’une ruée cupide. Ceux qui, en fin de compte, n’avaient pas été autorisés à piller notre patrie en détresse dans les années 1990, sont aujourd’hui avides de revanche.

2. Dix ans d’emprisonnement pour vous, M. Khodorkovski, c’est une véritable tragédie. Après tout, combien vous aurait-il été possible de voler pendant cette période ! Votre seule tâche est maintenant de rattraper le temps perdu. Regardons les dix dernières années de votre activité. Depuis 1991, avant votre arrestation, vous, M. Khodorkovski, « en partant de rien » (sans investir un rouble, mais en vous étant approprié des dizaines de milliards de dollars de bien national), vous avez créé cet énorme empire financier et industriel, et vous êtes devenu l’un des hommes les plus riches du pays. De la même façon, vous avez, en outre, comme d’ailleurs tous les oligarques de l’époque, généreusement « marché sur des cadavres », vous ne vous êtes embarrassé d’aucune restriction morale, et vous avez pillé et ruiné le gigantesque patrimoine industriel soviétique. Vous vous êtes roulé dans l’argent et dans « l’élitisme », sans vous refuser quoi que ce soit. Pendant ces mêmes années, moi ainsi que beaucoup de mes amis et camarades, nous étions presque en permanence à la guerre, pour le peuple russe et pour la Russie, contre les ennemis de la patrie. Tout d’abord en Transnistrie, puis en Bosnie, puis en Tchétchénie. Tandis que nous subissions défaite sur défaite, à cause de la trahison de celle qui se disait la « nouvelle élite », que nous reculions, en serrant les dents, accompagnés de commentaires méprisants et pleins de haine de la part des prétendus médias « démocratiques », vous, M. Khodorkovski, et vos semblables, ne vous êtes pas même souvenu des besoins du pays et de ses habitants. Par conséquent, nos expériences sont de nature entièrement différente. Vous avez appris à voler, à piller et à mentir, et nous à protéger la Russie et le peuple. Alors même que nul ne l’exigeait de nous. La prison change toujours les gens, parfois en mieux. Vous, hélas, n’avez rien retenu de cette expérience. Après tout, vous n’avez pas plaidé coupable de quoi que ce soit, même après votre retour à la liberté. De surcroît, vous avez alors fait votre apparition immédiatement dans le camp des ennemis, à nouveau, confirmant par là même que c’était pour une bonne raison, que vous vous trouviez en prison.

3. De quoi parlez-vous donc lorsque vous utilisez le mot « volé » ? Vous, dont le credo était de « voler, voler et encore voler » ? Avez-vous jamais construit ou fabriqué quelque chose dans votre vie, quelque chose qu’il serait possible à un autre de vous voler personnellement à vous ? Non. Parce que vous n’étiez pas engagé dans quoi que ce soit, si ce n’est dans le vol, la fraude et le brigandage, avant qu’on ne vous mette en prison. De tous vos accomplissements, le seul que je sois personnellement prêt à reconnaître comme un résultat socialement utile, ce sont les « bottes » que vous avez « cousues » en prison. Du point de vue moral, c’est là également votre seule œuvre digne, dans cette vie passablement sale (pour user d’un euphémisme) de voleur hautement professionnel et d’escroc talentueux qui est la vôtre. Mais le pire de tout, c’est que cette activité manuelle ne vous a fait aucun bien du tout, à en juger par ceux en compagnie desquels vous agissez aujourd’hui ; elle ne vous a en rien conduit à la compréhension de vos erreurs et de vos crimes. Quand les vrais patriotes de la Russie et les Russes s’engageaient en Novorossia, vous, après avoir reçu le pardon du président Poutine, vous avez immédiatement pris le parti de ses ennemis et des ennemis de la Russie. Vous étiez sur place, au sein d’un Maïdan russophobe, et vous rassembliez sur le territoire de l’ennemi toutes les « couleurs » de traîtres russes, sur un forum destiné à lutter contre le Printemps russe. Vous dites que « la Russie a cessé de croître » ? C’est là le résultat direct de votre activité, de votre privatisation, de votre politique de comprador. Maintenant, vous appelez à des réformes capitales ? En vous associant avec qui ?? Avec d’évidents ennemis de tous les Russes ? Et cela pour des motifs patriotiques ?

4. De manière particulièrement brillante, vous démontrez votre « patriotisme », Mikhaïl Borissovitch, par votre répétition d’un véritable « film d’horreur » à propos de la Russie, que vous présentez comme une « menace pour l’Europe et pour le monde entier ». Jadis, Goebbels, et bien avant lui, Napoléon et les Britanniques Lord Palmerston et Disraeli, ont eux aussi vociféré haut et fort (et de manière bien plus talentueuse) à propos de cette « menace ». Puis ce fut le tour de Winston Churchill et du président américain Ronald Reagan, lequel, sans le moindre temps d’hésitation, donna à l’Union soviétique le nom d’« Empire du mal ». Ainsi, Mikhaïl Borissovitch, vous vous êtes engagé sur un chemin déjà largement frayé. Il semble que vous ayez cette pleine confiance d’être, vous seul, « le plus intelligent », et le seul à connaître l’histoire, tandis que tous les Russes seraient des crétins profonds et de complets ignares. Et, en vérité, des lâches aussi, qu’il serait facile de tromper et d’intimider en agitant un fantôme de « troisième guerre mondiale », pour leur faire accepter facilement de renoncer à la Patrie et de renoncer à aider leurs frères, qui périssent en Novorossia, au nom de ce fameux « tout sauf la guerre ». Cependant, le principal destinataire de cette adresse n’est pas du tout en Russie. Il s’agit bien plutôt, de votre part, d’une sorte de « serment » fait à ceux, qui, durant toute l’histoire de la Russie, ont rêvé de la liquider. À mon avis, il s’agit là d’un accueil « shulersky » typique, par lequel, lorsqu’il comprend qu’il est sur le point d’être démasqué, le joueur qui se sert lui-même de cartes marquées accuse immédiatement ses partenaires de tromperie. Le monde occidental, dirigé par l’oligarchie financière mondiale dont vous êtes partie intégrante, Mikhaïl Borissovitch, s’efforce de nous présenter, nous les Russes, comme nous apprêtant à détruire ou à conquérir nos voisins. Toujours et partout, c’est ainsi qu’on commence à accuser les futurs adversaires, en leur attribuant précisément ses propres intentions. Alors il est possible d’affirmer que la Russie constitue vraiment une menace de guerre. Dans l’espoir qu’elle en sera effrayée et capitulera, qu’elle se désarmera elle-même. Dans l’espoir d’en terminer une bonne fois pour toutes. Qu’y a-t-il à dire ici ? La tâche des vrais patriotes russes (mais pas des habitués de la « Maison de la liberté » de Washington) consiste à préparer la réflexion sur l’agression de l’Occident, parce que c’est seulement comme cela que la Russie pourra avoir l’occasion de prévenir ladite agression et de défendre sa souveraineté.

Le retour à la Russie

5. Lorsque vous parlez de « valeurs européennes », vous, M. Khodorkovski, soit vous ne comprenez pas, soit vous faites simplement semblant de ne pas comprendre qu’elles n’ont aucun rapport avec les véritables valeurs, les valeurs traditionnelles de l’Europe. Ces valeurs revivent aujourd’hui en Russie, grâce au président Poutine. Et ces « valeurs », qui sont imposées par l’oligarchie financière mondiale sous le nom d’« européennes », suscitent aujourd’hui des actions de protestation de la part de centaines de milliers de personnes en Europe. Il y a plus de vingt ans de cela, la dernière fois que la direction de l’URSS a décidé de « se tourner » vers ces prétendues « valeurs », cela n’a eu d’autre résultat que de diviser le pays, qui s’est trouvé pillé et humilié : le peuple russe est soudainement apparu comme étant la plus grande nation divisée du monde. Depuis le moment où il est arrivé au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la catastrophe des années 1990, en maîtrisant le pouvoir absolu de l’oligarchie, en nationalisant les possessions de l’élite, en restaurant l’économie détruite. Tandis qu’il s’efforçait de rétablir un certain ordre, le président a jugé possible de montrer de la miséricorde, même à l’égard d’un salaud tel que vous, puisque c’est ainsi que vous vous montriez au monde, M. Khodorkovski, avant la prison. Mais vous n’avez pas su apprécier. Probablement parce que vous avez considéré la faveur qui vous était faite comme une manifestation de faiblesse. Après tout, vous, M. Khodorkovski, vous ne vous embarrasseriez pas bien sûr d’un semblable sentiment, n’est-ce pas ? Et maintenant, après avoir trompé le président par de faux remords, avez-vous l’intention de vous venger de tout ce qu’il a fait ? De ce qu’il se soit appuyé sur le renforcement de l’État et la protection des intérêts nationaux, au détriment de l’élite des compradores ? De ce qu’il n’ait pas permis de vendre pour une bouchée de pain les plus grands stocks de ressources naturelles à des « Rothschild », ce qui aurait voué la Russie à une gestion depuis l’extérieur ? De ce qu’il vous ait puni pour vos intentions ouvertement déclarées de le démettre de ses pouvoirs par des moyens inconstitutionnels ? D’après vos propres paroles : tandis que vous étiez en prison, vous avez « réévalué beaucoup de choses ». Pourtant, à peine aviez-vous été libéré que vous êtes apparu du côté opposé de ce front sur lequel le peuple russe se bat pour le monde russe, en opposition directe et inflexible sur la question du Donbass, à nouveau. Votre haine de Poutine vous a amené dans le camp des ennemis, non seulement du président personnellement, mais dans le camp des ennemis de l’État russe et de tous les Russes. Comment osez-vous reprocher à Poutine de s’être levé pour la défense du peuple de la Crimée et de la Novorossia, de n’avoir pas permis aux nazis ukrainiens soutenus par l’Occident de mettre en place sur la Crimée et le Donbass une dictature sanglante ? N’était-ce pas là, après tout, les Russes se protégeant eux-mêmes et protégeant leurs vies ? Vous accusez les victimes de ce qu’elles auraient eu le courage de se défendre. Une troisième guerre mondiale est exclue, tant que la Russie sera assez forte et assez puissante pour garantir une parité, certes asymétrique, mais en tout cas stratégique, et tant qu’il y aura aux responsabilités des gens qui ne sont pas prêts à troquer leur pays et le peuple contre la promesse de faire partie de l’élite financière supranationale. À votre aspiration à vendre ce qui ne vous appartient pas, aspiration persistante et qui ne s’est pas infléchie durant les années de votre emprisonnement, nous ne donnerons d’autre réponse que celle du dégoût mérité qu’elle nous inspire. Et nous ne nous laisserons pas emporter une fois de plus par les faux slogans, comme ce fut le cas il y a vingt-trois ans.

6. Ces choses dont vous nous parlez, telles que « les valeurs européennes et la civilisation euro-atlantique », non seulement sont sans relation avec la Russie, mais contredisent directement notre histoire, notre psychologie et notre destin, en tant que nation. L’Europe s’est détournée de ses propres valeurs chrétiennes depuis longtemps, après avoir plongé dans l’abîme des défauts les plus vils, et l’« euro-atlantisme » tant vanté n’est guère plus que la doctrine géopolitique de la domination mondiale des États-Unis, dirigée contre les peuples du monde entier qui gardent encore leur religion propre, leur souveraineté et leurs traditions nationales. À deux reprises déjà, ces derniers temps, la Russie a été touchée par la lèpre des « idées progressistes européennes », et sévèrement endommagée par les passe-temps insensés de ses propres élites et de ses intellectuels. Devant elle s’ouvrent aujourd’hui deux routes : soit revenir à elle-même, en retrouvant sa foi, sa tradition, ses valeurs, sa souveraineté, soit être dissoute dans l’Occident mondial, entrer en esclavage et disparaître en tant que civilisation, une fois qu’elle aura tout perdu. Je soulignerai une fois encore de quelle hypocrisie exceptionnelle vous êtes doté, M. Khodorkovski, quand vous déplorez la perte de l’art, de la littérature, de la science, de l’aventure spatiale et d’autres réalisations de notre « passé totalitaire » impérial et soviétique. En vérité, vous êtes comme « le loup qui se sent désolé pour un cheval à qui ne restent que la crinière et la queue » ! Mais, même en supposant que, dans ce que vous dites, quelque chose soit vrai, même de loin, je vous demanderais de bien vouloir apprendre un peu d’histoire : ce n’est pas de l’Occident catholique, mais de l’Orient orthodoxe que la Russie a reçu la foi chrétienne, directement de cet Empire romain d’Orient de Byzance, qui est resté le gardien du vrai christianisme tout au long du millénaire tout entier. Mais comment pourriez-vous débattre de la foi chrétienne ?

7. Tout ce que la Russie est aujourd’hui, tout cela a été créé par notre peuple et par notre État, au cours d’une lutte désespérée pour la préservation de notre originalité propre, de notre liberté et de notre souveraineté. Au cours d’une lutte, à la fois contre les ennemis de l’Occident et de l’Orient. La Russie s’est développée, d’abord comme un État national, qui a grandi jusqu’à devenir un grand empire, parce qu’il était suffisamment souple dans sa capacité à discerner les expériences positives de ses voisins. Rien là qui soit, ni honteux, ni outre-mesure honorable : c’est la façon de faire de toutes les nations qui ont des dirigeants sensés, des dirigeants qui bâtissent et développent leur propre État. Emprunter ne signifie pas copier aveuglément. Trop c’est trop, et copier à ce point… Seul le marxisme a importé d’Europe à l’identique, et à quel coût pour le pays ! Chaque nation et chaque État sont uniques. Comme une prairie herbeuse est belle des différentes herbes qui la composent et de l’éparpillement des diverses fleurs qui en parsèment l’étendue, ainsi l’humanité est belle dans la floraison de peuples dont chacun est unique, dans la lutte entre les uns et les autres, à celui qui aura « la meilleure place sous le soleil », mais pas dans ce qui rappelle cette « pelouse publique et plate », en laquelle « les hommes universels euro-atlantiques » veulent tout changer.

8. Les valeurs euro-atlantiques seraient les « valeurs d’un État fort et juste » ? Bien joué, Mikhaïl Borissovitch ! En ce moment même, ces valeurs conduisent cette grande Europe, dont nos libéraux brassés maison aiment tant à parler, à l’extinction de ces peuples de l’Europe qui les ont suivies, et qui jadis même les ont créées. Est-ce en cela que consiste votre prétendue « justice » ? Vous-même, cependant, pour des raisons évidentes, ne vous souciez en rien des destinées historiques d’aucun de ces Allemands, Français ou Britanniques. Non plus que des Russes, des Bachkirs, des Tatars, des Lezguiens et ainsi de suite. À moins que « l’État fort », puisque c’est ainsi que vous en parlez, ne signifie les États-Unis ? Après tout, il ne reste plus d’État « fort » (c’est-à-dire relativement souverain et indépendant) en Europe. Le dernier État souverain d’Europe, en dehors de l’ancienne URSS, qui ait osé défendre les intérêts de ses citoyens, était la Yougoslavie, qui a été écrasée et soumise il y a quinze ans de cela. Elle fut incitée à faire « le choix euro-atlantiste », par des bombes et des roquettes, par le blocus et la mutinerie de l’étranger. Maintenant, c’est le tour de la Biélorussie et de la Russie, n’est-ce pas ? La base en était déjà créée en Ukraine : il ne reste plus que la percée finale. Les valeurs propagées par l’oligarchie financière mondiale (« européenne », « euro-atlantiste », « universelle », etc.), ce sont des valeurs d’élimination des États nationaux et d’annulation radicale de tout ce qui ressemble un tant soit peu à la justice sociale. Ici, M. Khodorkovski, vous êtes, soit un ignorant, soit consciemment un menteur. Il va de soi que je ne fais mention d’« ignorance » que pour conserver à mon propos l’apparence d’une « boutade », n’ayant pas d’illusion sur la qualité de l’éducation que vous avez reçue. Le libéralisme que vous défendez a pour objectif ultime la mondialisation totale, le nivellement de toutes les personnes et de toutes les communautés religieuses, tous et toutes coiffés par le même « peigne » du consommateur, et tous assujettis à la déclaration de puissance de l’oligarchie financière mondiale, laquelle est en train de mener à bien l’abolition de tous les États historiquement développés (le projet de l’Union européenne, qui fut la première étape dans cette direction). Dans le domaine de l’économie, les politiques libérales nient de manière inflexible la justice sociale, non seulement en pratique, mais même en théorie. La liberté du marché, à propos de laquelle les libéraux sont intarissables, est incompatible avec la redistribution des bénéfices que réclament avec insistance les partisans de la justice sociale. Plus la Russie sera impliquée dans les processus de mondialisation, plus vite elle perdra sa souveraineté et la possibilité de poursuivre une politique sociale. Venons en maintenant à la « mobilisation ». Nous avons, bien sûr, besoin d’une puissante mobilisation nationale contre l’agression des « euro-atlantistes », qui ne visent que le pillage accéléré et définitif de la Russie, sous le prétexte de son « intégration dans la communauté internationale » et dans l’« économie mondiale ». Mobilisation à la fois de l’État et du public. Parce que la menace est suspendue, non seulement au-dessus de la souveraineté de l’État russe, mais également au-dessus de l’identité culturelle et morale de son peuple, identité décomposée sans relâche par ces tares de l’« euro-atlantisme », que la propagande nous assène et voudrait introduire chez nous : débauche sodomite, pédophilie, meurtre d’enfants et de personnes âgées (avortements et euthanasies), toxicomanie, terrorisme, etc., tous bienfaits de ce « nouvel ordre mondial humain ».

9. « Celui qui veut être fort ne peut pas se permettre de rester en arrière ». C’est là une thèse tout à fait exacte. Pour cette raison, la décision prise par le président Poutine d’entreprendre la modernisation complète de l’armée d’ici à 2020 est une réponse parfaitement appropriée à l’hystérie russophobe de l’Occident. L’armée russe, des chefs de complexes de l’industrie de la défense, des industriels et des hommes d’affaires régionaux doivent prendre la place de l’élite des compradores des années 1990, ceux que l’on dénomme « oligarques », dont vous êtes un représentant typique, M. Khodorkovski. Les oligarques sont étrangers à la Russie, leurs capitaux et leur famille sont à l’Ouest, alors même qu’ils ont bâti leur fortune en exploitant le peuple russe. Ils représentent les intérêts de l’oligarchie financière mondiale, pensent selon les catégories de l’ultra-libéralisme et, de fait, se considèrent eux-mêmes comme une sorte d’administration coloniale. Il est donc logique que ce soit depuis Washington D. C. qu’ils préfèrent faire part de leurs « révélations », par vos lèvres « prophétiques ».

10. Aujourd’hui, ce n’est pas l’Europe qui importe, mais la Russie. Notre voie est un retour à nous-mêmes. Il est nécessaire de revenir à la Russie, à notre histoire, à notre culture, à notre mission. Cette mission a toujours été, et reste de porter la lumière de la foi du Christ, les idéaux du bien et de la justice sociale pour les peuples du monde, d’être des « gardiens » contre le mal, comme a dit l’apôtre Paul. Nous avons eu un passé très lourd. La Russie a été secouée durant tout le 20ème siècle dans les fièvres de révolutions sanglantes et de guerres destructrices. Mais, grâce à ces lourds tests que nous avons passés, la Russie a réussi à sauver beaucoup de choses, que l’Europe a perdues de façon quasi irrévocable. Si l’Europe veut revenir à ses propres traditions et aux principes chrétiens, c’est avec nous que sera son chemin, pas avec l’oligarchie financière des États-Unis, qui amène aux peuples du monde une civilisation athée de la décadence morale, leur transformation en zombies idéologiques, leur mort spirituelle et physique.

La création d’une société juste

11. « La société russe moderne est structurée de façon injuste », dites-vous. Je suis entièrement d’accord avec cela. Mais je dois répéter ce que j’ai écrit précédemment : c’est par vous et par vos semblables que cela a été fait. Profitant de la crise que connaissait l’URSS, vous avez commencé à piller et à tuer, vous appropriant les biens nationaux. Vous et vos complices avez, par conséquent, posé les bases de la « société russe moderne », où la couche [sociale] la plus cynique et la plus vicieuse, qui œuvre d’après les plans et selon les instructions d’administrateurs d’outre-Atlantique, a entre les mains tous les leviers du développement économique, et pour partie le pouvoir politique. Juste après son arrivée au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la situation, mais l’injustice, qui était devenue le principe dans les années 1990, a des racines profondes. C’est pourquoi un retour à notre société de justice sociale sera un long et difficile processus. Mais je crois que nous saurons y faire face sans les conseils d’un éloquent ex-oligarque, qui s’est constitué une fortune par le pillage de la richesse nationale, autrefois créée par le travail acharné de générations du peuple russe.

12. En lisant votre critique de la privatisation (soit dit en passant, tout à fait raisonnable), j’ai été surpris par votre cynisme : ce sont vous et vos semblables qui, par cet accaparement criminel de la propriété publique, avez acquis ces énormes capitaux. Et voici que vous tentez à présent d’en accuser celui-ci ou celle-là, en évitant soigneusement de viser ceux qui sont en fait les véritables coupables. La privatisation, du moins telle qu’elle s’est produite, n’était pas une « distorsion », mais un crime. Sa conséquence, c’est que les propriétés en question tombèrent aux mains, non de gens ordinaires, mais d’une minorité aussi prompte que sans scrupules. Et les plus gros « morceaux » furent acquis avec le soutien direct du capital financier étranger, qui a littéralement marché « sur des cadavres ». Qui sait cela mieux que vous ? Poutine a commencé à rétablir les bonnes proportions, rendant à l’État les domaines stratégiques les plus importants de l’économie. Ce faisant, il essaie simplement de corriger les conséquences catastrophiques d’une privatisation criminelle. Sans éradication de l’oligarchie qui s’est constituée à la suite de cette privatisation criminelle, il n’y aura ni justice sociale, ni plein développement de l’entreprise privée.

13. En affirmant que les ressources naturelles doivent appartenir au peuple, vous avez entièrement raison. J’ai déjà dit que, parfois (même si c’est rare), la prison corrige en bien. Sur ce point, le changement est sans aucun doute positif. C’est exactement ce qui vous est arrivé : les actifs de vos compagnies d’énergie, créés de façon criminelle, sont passés sous la gestion de l’État, donc de son peuple. Comment est-il possible, autrement, de faire des ressources naturelles un bien national, si ce n’est par leur nationalisation et par la redistribution des profits en faveur de tous les citoyens ? Cela exclut la propriété privée des grandes structures d’extraction des hydrocarbures. L’histoire de Ioukos est un exemple de la façon dont les ressources naturelles reviennent au peuple. L’efficacité de leur utilisation est une autre question. Pour commencer, il y a lieu de les soustraire aux gens tels que vous et vos semblables, et, alors seulement, il faudra les utiliser le plus efficacement possible. Il est difficile d’argumenter contre le fait que l’utilisation du revenu généré par une ressource donnée est loin d’être idéale. Le principal, cependant, est de ne pas laisser quelque ressource naturelle que ce soit à la propriété privée d’une oligarchie.

14. Un barème d’imposition proportionnel, c’est une façon de faire absolument correcte. C’est aussi aller dans le sens de la justice sociale. En revanche, il n’est pas correct pour vous, M. Khodorkovski, qui êtes devenu riche en spoliant la population, et qui avez emmené votre fortune à l’étranger, de faire valoir quoi que ce soit à ce sujet. Dans quel pays avez-vous payé vos impôts ? En Suisse ? En Angleterre ? Aux États-Unis ? Pourquoi ne pas rendre à ceux que vous avez volés ? Commencez par vous-même : payez des impôts en Russie. Ou vous faut-il pour ce faire devenir d’abord président ? Un oligarque qui vous ressemble a tout récemment prodigué à l’électorat du pays voisin le même genre de serment. Son nom est Petro Porochenko. Il a juré de donner à la population de l’Ukraine le produit de tout ce qu’elle avait semé par son labeur éreintant ! Mais il n’est pas pressé. Commencez donc par vous-même ! Montrez au monde une image de ce « contribuable responsable » ! Alors, peut-être quelqu’un (s’il est vraiment naïf) sera-t-il également porté à vous croire.

15. Le libéralisme comme vous le comprenez, M. Khodorkovski, est une illusion absolue. C’est une fausse doctrine, qui ignore complètement Dieu, l’esprit, la culture, l’humanité, la société, et, s’agissant de l’individu, n’attache d’importance qu’à ses intérêts privés matériels et au domaine financier, une importance primordiale. Le libéralisme, compris de cette manière, est absolument incompatible avec la liberté d’origine : comment quelqu’un peut-il être libre, si la société dans laquelle il vit est un esclavage du taux d’intérêt, une servitude de la dette à l’égard de l’oligarchie financière internationale et de ses superviseurs locaux ? Si toute vie humaine est subordonnée à la recherche et au renforcement de ses avantages matériels, et si le relevé du compte bancaire est seul un critère ? Aujourd’hui, le libéralisme est une idéologie totalitaire, et c’est par sa diffusion que les États-Unis construisent leur hégémonie mondiale. Il est inacceptable pour la Russie, sous quelque forme que ce soit : ni acceptable en politique, ni sur le plan économique, ni sur le plan juridique. Cela est extrêmement important. Pour vous, M. Khodorkovski, le libéralisme est la vérité ultime, et le développement national, comme la justice sociale, sont bons pour le populisme. Mais en Russie, le libéralisme est condamné, il n’est acceptable, ni pour la droite, ni pour la gauche. C’est une idéologie coloniale, qui va à l’encontre de notre identité russe. En essayant de détruire cette identité, au nom de la célébration de l’idéologie libérale, vous détruisez aussi la Russie. J’en suis venu à penser que c’est là votre but ultime.

16. Un État à orientation sociale, fondé sur des valeurs chrétiennes, c’est le but, un point de référence, et la stratégie des vrais patriotes russes. Dans la réalisation de cet objectif, la « droite » comme la « gauche », les partisans de la monarchie comme ceux du socialisme, peuvent s’unir en toute liberté. Et, bien sûr, cet État doit être fondé sur un strict respect des préceptes de la loi. Mais vous, quelle relation avez-vous avec tout cela ? Après tout, il ne vous est besoin que de tenter les gens pour qu’ils soient maintenant enclins à écouter des mots d’ordre tels que création « d’un État national à vocation sociale » (sans qu’ils comprennent comment il sera possible de construire cet État « national » à la place de l’Empire russe vieux de plusieurs siècles, au sein duquel des centaines de nations vivaient en paix et se développaient). Vous nous jetez cet os, à nous le peuple russe. Mais les Russes ne sont plus le troupeau confiant qui, au cours du siècle passé, a, par deux fois « tâté du bec » des promesses « de lait et de miel », et, pour résultat, n’a fait que répandre des océans de sang. J’espère sincèrement que nous avons appris quelque chose et que nous réussirons à distinguer le vrai de ce faux enveloppé dans un bel emballage. L’État national à vocation sociale, c’est tout sauf vous, les oligarques, valets de pied des Rothschild. Laissez cela, M. Khodorkovski, laissez les questions nationales et sociales : ce sont là des concepts qui exigent des mains propres et une biographie irréprochable.

La guerre est la tragédie qu’il est parfois impossible d’éviter

17. Les États-Unis et l’hégémonie américaine sont en guerre. Nous le voyons en Libye, en Syrie, en Irak et en Afghanistan, en Ukraine. Partout, les États-Unis contribuent à mener à bien des « révolutions de couleur ». Des fascistes, des extrémistes, des fondamentalistes arrivent au pouvoir. Être le défenseur des États-Unis, de l’Occident et de l’OTAN signifie se faire l’assistant des fascistes, l’avocat de la guerre. Cette guerre, c’est contre toute l’humanité qu’elle est menée, cette humanité qui ne souhaite pas vivre selon les règles américaines et servir docilement et servilement les intérêts de l’oligarchie financière mondiale.

18. Cette guerre est menée contre la Russie, contre l’Ukraine. Ces héros, qui se lèvent pour la défense du monde russe qui se bat en Novorossia, ils ne voulaient pas de cette guerre. Ils voulaient la paix. Mais la paix ne peut pas être acquise au prix de la liberté et de la dignité. Selon les conditions imposées par la junte néo-nazie portée au pouvoir à Kiev par vos maîtres, M. Khodorkovski, et que vous soutenez vous-même personnellement, la vie n’est pas une vie, et la paix n’est pas la paix. Des Russes, en Crimée comme en Novorossia, se sont levés pour la liberté et la justice, pour le droit à un développement national, pour la langue et la culture. C’était la guerre contre la guerre. Vos appels à la paix ne sont pas de la simple hypocrisie, ils sont de la traîtrise. Comme tout le reste, au demeurant. Nous sommes tout simplement d’un côté différent de la ligne de front, et, pour moi, qui ai pris une part active dans les opérations militaires en Novorossia, vos paroles sonnent comme des appels de l’autre côté : « Russe, abandonne. Il y aura une paix ! Tu as été trompé ! ». En conditions de combat, il ne peut y avoir qu’une seule réponse à un tel appel. Devinez laquelle. Le problème de la Russie d’aujourd’hui n’est pas qu’une guerre serait (comme vous dites) le « pilote » du régime. Au contraire, Poutine a fait tout son possible et fait tout son possible pour éviter une « grande » guerre (la petite, les USA l’ont déjà lancée par les mains de Kiev, et elle se poursuit en prélevant chaque jour son lot de vies humaines). Reprocher aux autorités de la Russie de ne pas laisser le monde russe à la merci du destin, c’est parler de manière blasphématoire. À défendre cette thèse, vous trouvez certes l’appui de l’élite compradore occidentalisée qui, régulièrement, convie à des « marches pour la paix » anti-russes, mais vous devez dire au revoir pour toujours à ceux qui se tiennent du côté de la Russie historique et de la justice sociale, ce qui est le cas d’une grande majorité des gens. S’agissant de la Crimée et de la Novorossia, vous êtes dans l’autre camp : l’une comme l’autre, maintenant plus que jamais, se rallient aux Russes, en soutenant inconditionnellement les pas décisifs que Poutine fait dans cette direction.

La mobilisation nationale

19. Les autorités agissantes ont amené la Russie au seuil d’une percée décisive vers l’indépendance, un pouvoir et une liberté qui sont capables de la faire sortir de la zone d’influence directe de l’hégémonie américaine. Malheureusement, c’est là mon jugement privé, la percée en question se trouve manifestement ralentie (je soupçonne vos partisans, secrets et manifestes, d’en être la cause, eux qui ont encore un énorme ascendant, grâce aux richesses volées et à l’influence dans les hautes sphères de la politique interne qu’ils ont achetée grâce à ces richesses). Certaines hésitations, quant à la nécessité d’avancer plus avant, sont visibles également. Mais les gens du pays, eux, y sont tout à fait prêts, et cela vous fait peur. C’est là qu’intervient cette hystérie concernant la menace d’un « protectorat chinois ». La « menace chinoise » n’est à ce jour qu’une théorie. À l’inverse d’un protectorat à visage découvert des États-Unis, tel qu’il a été établi sur la Russie en raison de la trahison de Gorbatchev et d’Eltsine. Ce protectorat est une réalité de la vie. La principale menace pour la souveraineté de la Russie, c’est l’impact agressif que pourrait avoir l’oligarchie financière mondiale, effrayée par la possibilité de perdre la Russie du fait d’un simple creux de décantation de « l’économie coloniale ». La menace pour la Russie est aussi dans sa cinquième colonne, dont vous êtes l’un des idéologues.

20. L’oligarchie financière mondiale se bat désespérément et frénétiquement contre une renaissance de la Russie. Si la Russie résiste, elle a de l’avenir, elle fera retour à l’histoire, et elle gagnera. Mais si l’agent commercial de l’oligarchie financière mondiale, qui hait tous les Russes (comme vous le faites), arrive au pouvoir en Russie, nous échouerons dans un gouffre, en comparaison duquel l’ère des gangsters des années 1990 semblera un jeu d’enfants. Ce sera la désintégration du pays, avec tout ce que cela implique, sous forme de guerres, de pauvreté généralisée, de faim, d’épidémies et de catastrophes d’origine technologique à grande échelle. Voilà ce qui nous attend dans cette boîte. Comment de telles choses se passent, à ce jour, j’ai eu l’occasion de l’observer personnellement sur une échelle beaucoup plus petite, plus d’une fois, et pas seulement deux. Tout récemment, en Ukraine, où les « cerises » sont encore à venir. Après tout, M. Khodorkovski, votre intention est d’aider l’Occident à détruire à nouveau ce que Poutine, dans les années 2000, a commencé à restaurer. Mais vous n’y parviendrez pas, parce que nous sommes russes, et que Dieu est avec nous ! L’oligarchie financière mondiale, les prêtres de Mammon, s’étant mis à la place de Dieu et entendant diriger pour leur propre compte les destinées du monde, sont allés trop loin. L’hégémonie américaine s’effondre, comme un colosse aux pieds d’argile. L’Occident s’effondre. Ses populations autochtones s’éteignent. Les pays européens deviendront musulmans d’ici vingt ans. La culture chrétienne y est reléguée à la périphérie de la vie publique. La Chine est devenue officiellement la plus grande économie du monde. Les États-Unis ne sont pas en mesure de payer leur énorme dette nationale, ils sont eux-mêmes secoués par des troubles sur les terrains racial et social. Dans son agonie, l’Ouest ne sème sur le monde que chaos et destructions, sang et souffrances. C’est dans un autre sens que nous devons aller, vers une renaissance de la Grande Russie, envers et contre toutes les menaces et tous les appels. Un gigantesque virage a déjà été opéré à cet égard : Poutine a de nouveau assemblé la Crimée et la Russie, et personne ne sera en mesure de nous la prendre !

21. Vous avez commencé à parler des exploits russes, mais vous les avez réduits à la sobriété et au travail. Probablement croyez-vous que le bonheur futur du peuple russe serait dans un travail d’esclave pour un bol de skilly [2], au seul profit de l’oligarchie financière mondiale que vous représentez. Pour un bol de skilly et pour le genre de « spectacles » de bas niveau que vous offrirez en plus d’une skilly, de ceux qui garantissent le retour de la personne à la condition d’un animal suivant ses instincts les plus simples. Eh bien, dans ce cas, ce sera « seulement en passant sur nos cadavres » ! Les Russes ont de tout autres horizons et de tout autres desseins qu’une soumission muette aux élites occidentales corrompues. Ici, je vais laisser de côté vos thèses, et je vais formuler brièvement notre réponse russe, laquelle est exprimée par une formule simple : « Pour la foi, le tsar et la patrie ». Pour ces concepts sacrés, depuis des temps immémoriaux, les Russes sont allés mourir, comprenant parfaitement que se battre pour ces concepts, c’est se battre pour eux-mêmes et pour l’avenir. Aujourd’hui, cela signifie une loyauté très concrète : à l’Église orthodoxe russe, et au commandant suprême de l’État russe, Vladimir Vladimirovitch Poutine.

22. Au cours des quinze dernières années, la Russie s’est préparée à une percée dans le grand avenir russe. À présent, il est temps de la faire.

Igor Strelkov

Traduit par Goklayeh pour vineyardsaker.fr

Notes de traduction

[1] La « oumma » (Ummat islamiyya, « la Nation Islamique ») est la communauté des musulmans, indépendamment de leur nationalité, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent.

[2] Nourriture légère présentée sous forme de bouillie liquide, de gruau ou de soupe, communément fabriquée à partir de farine d’avoine, et traditionnellement servie dans les prisons et les hospices.

Sources : Igor Strelkov replies to Mikhail Khodorkovsky 

http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/23/lire-absolument-re...

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Un commentaire trouvé sur le site de Saker francophone :

kad

Merci Saker pour cet article, je veux juste vous dire que vous avez oublié le front le plus important et le plus courageux, celui qui combat pour toute l’humanité depuis 70 ans, à savoir la Palestine.

 

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Vous l’aurez vu sans doute ailleurs (les temps changent), mais le voici quand même pour le principe (merci à Salah, de http://sayed7asan.blogspot.fr qui l’a traduit) :

 

5. Valdai.jpg

Vladimir Poutine a pris part à la dernière séance plénière de la XIe session du Club International de Discussion Valdaï. Le thème de la réunion était : L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ?

Cette année, 108 experts, historiens et analystes politiques originaires de 25 pays, dont 62 participants étrangers, ont pris part aux travaux du Club.

La réunion plénière a présenté une synthèse des travaux du Club au cours des trois journées précédentes, qui ont été consacrées à l’analyse des facteurs d’érosion du système actuel des institutions et des normes du droit international.

Discours du Président Vladimir Poutine durant la dernière séance plénière de la XIe session du Club Valdaï

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2014/10/vladimir-poutine-su...

 

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Journalistes achetés, journaux achetés : l’exemple de la campagne de dénigrement menée par George Soros contre la Russie.

Début octobre 2014, Udo Ulfkotte, ancien journaliste au sein du grand média allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, a publié un livre intitulé Journalistes achetés – Comment les politiciens, les services secrets et la haute finance dirigent les médias de masse allemands [1].

Dans ce livre, il révèle que pendant toute sa carrière de journaliste d’investigation, dont il ne renie pas par ailleurs l’essentiel (notamment des enquêtes sur le poids acquis par l’islamisme en Allemagne), il a publié, sous son nom et sans changements, des articles écrits par des agents de la CIA ou d’autres agences américaines. Ces articles visaient à soutenir les interventions des États-Unis sur la politique allemande ou européenne, et à discréditer toutes réactions politiques poussant l’Allemagne à s’affranchir de ces influences.

6. Ulfkotte.png

Lire la suite…

Source : http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/25/journalistes-achet... 

 

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Mais ne croyez pas qu’il n’y en ait que pour la Russie. La France aussi nous intéresse (barrage de Sivens : un mort) et il serait triste que vous ratiez ce délicieux « état des lieux fabiusiens » que vient de publier Jacques-Marie Bourget. Il n’y en a pas si souvent de cette qualité-là.

 

Pour l’instant Fabius a raté sa troisième Guerre mondiale.

Jacques-Marie Bourget – Le Grand Soir

24 octobre 2014

7. Fabius.jpeg

Heureusement que, dans le monde occidental, personne n’écoute Laurent Fabius, et guère plus son employeur, François Hollande. Sinon, en plus d’être en guerre au Mali, en Centrafrique et en Irak et en Syrie, nous aurions déjà bombardé Moscou, afin de punir Poutine pour son soutien à Assad et aux indépendantistes ukrainiens. Et bombardé aussi, en amuse-Bush, les villes de Téhéran et de Damas. Avouons que si le ministre des Affaires étrangères de la France était plus entendu, la planète aurait une autre gueule et nous serions au cœur d’une troisième guerre mondiale ce qui donnerait du travail à Dassault et aux correspondants de guerre.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/pour-l-instant-fabius-a-rate-...

 

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Et, bien sûr, il y a la victoire de Dilma ! Qui ne s’en réjouirait ? Euh… les enfumeurs de service par exemple. Le Grand Soir nous met au parfum. Les commentaires sont bien aussi.

 

Brésil : les médias nous ont enfumés, nous enfument et nous enfumeront encore

Vladimir Marciac – Le Grand Soir

27 octobre 2014

 8. François-Dilma.jpgHier, dimanche 26 octobre 2014, Dilma Rousseff a été réélue présidente du Brésil avec avec 51,64% des suffrages contre 48,36% à son concurrent Aecio Neves (chiffres donnés ce matin, lundi 27 octobre, par nos « grands » médias en ligne. Ils peuvent varier à la marge dans la journée).

Les Echos : « Dilma Rousseff, réélue de justesse »… « score étriqué »…

Le Monde nous parle d’un « résultat serré ». « La candidate du Parti des travailleurs a battu d’une courte tête son adversaire de centre droit, Aecio Neve ».

La Dépêche : « Brésil : Dilma Rousseff réélue présidente de justesse avec une courte avance… ».

L’Obs : « La présidente sortante a devancé avec une courte avance… » (passons sur la beauté de la phrase où l’on apprend que si la candidate devance c’est qu’elle est devant).

L’Express : « Dilma Rousseff, réélue de peu… ».

La plupart ont repris une dépêche de l’AFP, qui donne l’information ET son avis.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/bresil-les-medias-nous-ont-en...

 

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C’est Halloween. Les pensionnaires du Zoo de Saint-Pétersbourg ont eu droit à leurs citrouilles.

9. Ours Halloween.jpeg

Vidéo :

http://rt.com/in-motion/199624-russia-zoo-halloween-pumpk...

 

 

 

 

Mis en ligne le 28 octobre 2014.

 

 

 

 

 

13:21 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/10/2014

SANS COMMENTAIRE

1. navy seal stealth ship.jpg

 

Sans commentaire

 

2. jacob appelbaum.jpg

Jacob Appelbaum : le temps de la Révolution (Exberliner)

Nadja VANCAUWENBERGHE – Ex-berliner - LGS

 

Jacob Appelbaum : nouvellement berlinois, hacktiviste exilé, idéaliste passionné

Collaborateur de longue date de Julian Assange, ami proche des confidents d’Edward Snowden, Laura Poitras et Glenn Greenwald, et désormais lui-même un allié de confiance du dénonciateur de la NSA, c’est un homme d’une crédibilité sérieuse sur la scène Snowden.

Jacob Appelbaum est un dissident-né doté d’un esprit combatif et de compétences oratoires certaines. Débutant comme militant pour la marijuana médicale en Californie à 15 ans, Appelbaum a passé plus de temps à s’inquiéter de la planète Terre (plus tard avec Greenpeace et Rain Forest Action Network) et de l’écosystème de son ordinateur que de sa scolarité. Au début de la vingtaine, il était occupé à aider des amis à apporter la technologie à l’Irak (installation de satellites Internet au Kurdistan) ou la déconstruction du système de stockage sur disque chiffré d’Apple. Sa participation au projet Tor (depuis 2004) et WikiLeaks allaient bientôt suivre. En 2010, Rolling Stone l’a étiqueté "l’homme le plus dangereux du cyberespace", une étiquette qui l’agace encore aujourd’hui.

Il déteste l’idée, mais l’affaire Snowden a relancé sa carrière – en tant que pigiste avec un accès aux fichiers de la NSA, et comme un orateur public qui a été à la fois un expert sur et victime de la surveillance électronique. Appelbaum était parmi les rares cerveaux de la cyber-sécurité qui ont conçu le logiciel d’anonymat Tor. Ceci et ses liens avec WikiLeaks lui ont valu le harcèlement des agences de renseignement des États-Unis - une pression constante qui a abouti à l’espionnage de sa petite amie dans sa chambre. En juin de l’année dernière, il a décidé de vendre sa maison aux enchères et de faire ses adieux à ses amis et de rejoindre ses congénères Laura Poitras et Sarah Harrison de WikiLeaks auto-exilés à Berlin.

 

3. sarah-harrison-snowden.jpg

Sarah Harrison, ici avec Edward Snowden

 

Appelbaum – un homme avec plus de 76.000 abonnés Twitter - est discret au sujet de sa nouvelle célébrité sur la scène numérique. Pourtant, aujourd’hui, il est difficile de concevoir une conférence avec les mots "surveillance" ou "Snowden" dans le titre sans sa participation. Comme beaucoup de ses pairs techno, il chiffre son e-mail, et s’il possède un smartphone, la batterie voyage séparément dans son sac.

"Je suis un journaliste, un chercheur/programmeur de la sécurité informatique, ainsi qu’un artiste – toutes ces trois dénominations figurent sur mon visa," un visa allemand pour travailleur indépendant qui vient tout juste d’être renouvelé pour deux ans.

Il est aussi un peu agitateur – comme lorsque cette année, après avoir remporté le prix respecté Henri Nannen pour le journalisme, Appelbaum a publiquement exprimé sa honte d’avoir remporté un prix issu d’une époque nazie (le célèbre fondateur Stern était un propagandiste de la Waffen-SS en Italie), et s’est engagé à faire fondre son prix avec ceux des autres lauréats, pour créer une nouvelle œuvre d’art.

En personne, "Jake", comme l’appellent ses amis, apparaît comme quelqu’un de réservé, plutôt timide. Mais revenons au sujet et à ce trentenaire (31 ans) tatoué, produit de la « génération so-what » [et-alors ? – NDT] qui s’est métamorphosé en un idéaliste intransigeant mais attachant.

L’année dernière, vous avez décidé de vous installer à Berlin après des années de harcèlement par le gouvernement américain. Pourquoi ?

J’en avais assez. Pendant des années, j’ai eu de terribles expériences avec la police, le contrôle des frontières, avec le FBI. Toutes sortes de rencontres que ma famille avait vécues, que ma partenaire avait connues, et qui n’est plus ma partenaire aujourd’hui partiellement en raison de ce stress. Vraiment des choses incroyables.

Pouvez-vous en dire plus sur ces choses incroyables ?

Bien sûr. Il y a quelques années, ma mère a été arrêtée dans une petite ville de Californie. Ce qui n’est pas forcément inhabituel pour elle, car c’est une personne dérangée. Mais la police a défoncé la porte et l’a arrêtée alors qu’elle était aux toilettes et l’a traînée hors de l’appartement tout en enregistrant la totalité de l’événement sur un enregistreur audio. J’ai pris l’avion pour la Californie pour tenter de la faire sortir de prison en payant une caution. Je pensais que c’était tout à fait le genre de choses qui peut arriver à la mère de n’importe qui dans ce genre de circonstances.

Mais il est devenu de plus en plus clair pour moi qu’il y avait quelque chose d’autre en jeu par la façon dont ils l’ont traitée. Elle a été menottée et attachée ; ses poignets et ses chevilles et sa taille ont tous été enchaînés ensemble. A un moment, elle a été interrogée au sujet de mon rôle dans WikiLeaks. Je n’avais jamais parlé à ma mère de Julian Assange ou de WikiLeaks. Elle n’utilise pas Internet.

Pour finir, ils l’ont transférée dans un hôpital psychiatrique. Je l’ai rencontrée là-bas et elle m’a dit qu’ils l’ont droguée contre sa volonté. Ils avaient reçu un ordre du juge de la droguer de force. Ils l’ont interrogée à nouveau sur mon rôle dans WikiLeaks. Elle a passé 18 mois en prison sans procès. Elle a été en liberté surveillée pendant trois ans et parce que j’ai quitté les États-Unis, je ne l’ai pas vue pendant toute cette période. C’est une situation très triste.

Vous avez également été suivi, harcelé ...

Quand j’étais en Islande, j’ai reçu un message de panique. Ma désormais ex-fiancée s’était réveillée chez elle avec des hommes qui portaient des lunettes de vision nocturne et qui la regardaient dormir. Lorsque nous voyagions ensemble, je passais la douane avec elle et ils m’emmenaient littéralement devant ses yeux et lui niaient ensuite que j’existais. J’ai vécu ça pendant des années.

Quand cela a-t-il commencé ?

Cela a vraiment commencé en 2009, mais j’avais été très calme à ce sujet. Cela a vraiment commencé à s’intensifier en 2010 et 2011 et a progressivement empiré. En mai 2013, je dînais avec l’ex-petite amie que j’évoquais à l’instant, et à ce dîner nous étions physiquement suivis par au moins deux agents dont nous pensions qu’ils étaient du FBI. On avait réservé sur Internet dans un restaurant précis à une heure précise et elle est venue me chercher et on est partis. Le courriel avait été chiffré et nous avons utilisé toutes sortes de choses, mais il est clair que nos deux ordinateurs avaient probablement été piratiés et ils savaient tout. Ce qui est bizarre, c’est que nous ne sommes pas allés au restaurant où nous avions prévu d’aller dîner.

A la dernière seconde, j’ai eu une inspiration soudaine et je lui ai dit, prenons à gauche ici et allons dans ce restaurant. Moins de 10 minutes plus tard, un gars aux cheveux ras s’assoit à côté de nous, pose son portable sur la table, le micro de son téléphone directement pointé sur moi. Vingt minutes plus tard, une femme vient s’asseoir à côté de lui. Et elle met aussi son téléphone portable sur la table. Ils prétendaient avoir un premier rendez-vous, mais ils n’ont jamais parlé de ce qu’ils faisaient, de pourquoi elle était en retard ... À un moment donné, ma fiancée s’est vraiment effondrée en larmes à cause de la pression. La veille, Laura Poitras était venue nous rendre visite à Seattle. Il est donc clair que cette surveillance était liée, ils voulaient savoir ce qui s’était passé avec Laura. Et bien sûr, ce n’était pas le sujet de notre conversation au dîner.

 

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Laura Poitras, ici avec Glenn Greenwald

 

Était-ce au cours des révélations Snowden ?

Non, Laura me rendait simplement visite. Laura et moi sommes de bons amis depuis longtemps. Ce genre de harcèlement a commencé bien avant Snowden. Et ce qui m’a amené à réaliser que lorsque ces fuites ont commencé à sortir, il se produisait quelque chose de grand. Lorsque nous avons eu des informations sur Edward Snowden et Glenn Greenwald et Laura Poitras, je me trouvais à Munich – en route pour Seattle de retour d’un voyage en Inde. Un ami du Chaos Computer Club s’est approché de moi pendant que je dînais et m’a dit : "T’as entendu la source des fuites ?" Je voyageais avec le producteur de Laura, Caity, et nous filmions ensemble ... Je pense qu’elle m’a même filmé en train de télécharger la page du Guardian, en découvrant le nom d’Edward Snowden et apprenant pourquoi nous ne pouvions pas joindre Laura depuis tout ce temps. J’ai recoupé le tout et j’ai réalisé que si je rentrais, toutes ces années de harcèlement avec Wikileaks ne seraient rien comparées à ce qui allait suivre. J’ai donc annulé mon vol de retour et je ne suis jamais rentré au pays. C’était au début de juin 2013.

Toutes ces années de harcèlement - c’était en raison de votre participation à WikiLeaks ?

La piste des données que vous laissez derrière vous raconte une histoire sur vous, mais pas nécessairement la vérité. Même si elle est composée de faits. Pendant des années, le gouvernement américain m’a harcelé parce qu’ils pensaient que Bradley Manning, maintenant Chelsea Manning, m’avait donné des documents. Mais c’est faux.

Comment savez-vous qu’ils pensaient cela ?

Parce qu’ils ont traîné certains de mes amis devant un grand jury de Virginie et les ont menacés de détention illimitée s’ils ne témoignaient pas contre moi, s’ils ne renonçaient pas à leurs libertés constitutionnelles et s’ils ne parlaient pas de moi en particulier. Quand j’ai réalisé qu’ils avaient une théorie tout à fait fausse et qu’ils ont essayé de détruire ma vie pendant des années, je me suis dit qu’il n’y aura pas de fin leur harcèlement et tentative de destruction. Je sentais donc que je ne devais pas revenir.

Alors pourquoi Berlin ?

Berlin a une incroyable culture de la résistance. Je viens à Berlin depuis de nombreuses années en raison du Chaos Computer Club, et j’ai travaillé avec le Spiegel dans le cadre de WikiLeaks. J’ai beaucoup d’amis proches ici dans le monde de l’art, du piratage informatique et du journalisme. Je me trouve à l’intersection de ces trois mondes et Berlin me rend très heureux.

Nous plaisantons souvent qu’il s’agit d’une sorte de combat ultime pour la démocratie. Où les gens ont vraiment de véritables dialogues. Les gens au Chaos Computer Club, du Spiegel, Taz, Exberliner, etc, m’ont dit qu’ils étaient avec moi, et je suis donc ici depuis un an et j’ai demandé un visa de résident temporaire, comme tout le monde, et je l’ai reçu. Franchement, je me sens plus en sécurité à Berlin-Est comme immigrant que je ne l’ai jamais été comme citoyen des États-Unis.

Vous n’avez jamais eu envie de demander l’asile ?

Je ne me réjouis pas à l’idée d’être un réfugié. J’espère ne jamais en arriver là. D’autres pays m’ont offert l’asile politique. Je ne veux pas dire lesquels. Le gouvernement américain est déterminé et prêt à tout pour mettre la main sur tous ceux qui sont associés à WikiLeaks et à Snowden. C’est de la persécution politique. Je pense que l’Allemagne a bien fait de me laisser rester. Je veux la même chose pour tous ceux qui en ont besoin.

C’est une belle ironie d’être en exil ici. Berlin a une histoire folle de surveillance, de la guerre froide à nos jours. Nous savons à partir des fichiers de Snowden que l’Allemagne est la plus proche alliée de la NSA en Europe.

Même avec l’histoire de Berlin, même avec l’ironie profonde que Berlin-Est soit l’endroit où nous travaillons maintenant, cela ne signifie pas que nous pensons que Berlin est parfait. Il y a un niveau d’espionnage immense ici par le gouvernement allemand et la NSA. Nous savons maintenant à quel point ils travaillent ensemble. Par exemple, d’après ce que nous savons, tous les assassinats par drones étasuniens sont relayés via l’Allemagne ...

 

5. cybersecurity.jpg

 

Vous et Laura avez travaillé tous les deux avec le Spiegel – comment est-ce arrivé ?

Eh bien, Andy Müller-Maguhn et moi avions travaillé avec le Spiegel à divers titres au fil des ans et nous l’avons tous deux convaincue de venir travailler avec nous. Marcel Rosenbach et Holger Stark sont deux des plus grands journalistes vivants ; ils sont enjoués, ont une bonne éthique et j’ai confiance en eux.

Avez-vous déjà tenté de rejoindre Glenn Greenwald et le Guardian ?

Eh bien, je travaillais avec Glenn, et j’ai demandé au Guardian une lettre pour être couvert par leurs privilèges sur la confidentialité des sources, et ils ont refusé. Je pense que c’est parce qu’ils sont un petit journal de merde dirigé par des gens comme Luke Harding, Alan Rusbridger et David Leigh qui font une fixation sur WikiLeaks et Julian Assange, et ils ont décidé que c’était plus important que tout le reste y compris de me protéger. Lorsqu’en septembre 2013, Leigh et Harding sont venus ici à la librairie Hundt Hammer Stein pour une conférence sur leur livre sur WikiLeaks, ils n’ont pas cessé de mentir à propos de Julian. Savez-vous que lorsque Julian est allé à la ambassade [équatorienne], le Guardian lui a envoyé un panier avec des chaussettes propres et du savon ? Voilà l’attitude du Guardian a l’égard des journalistes sérieux !

Vous ne pensez pas qu’ils ont fait un bon travail avec les fuites de Snowden ? Ils ont sorti l’histoire en dépit de pressions considérables ...

Oui, si on fait abstraction du fait qu’ils ont dit qu’ils ne toucheraient à rien qui touche à l’Afghanistan ou à l’Irak, par exemple. Je veux dire, c’est incroyable ... Ils ont fait un bon travail dans certains reportages, mais pour moi, c’est très triste qu’ils considèrent ça comme une compétition entre les agences de presse ou entre egos, par opposition à une compréhension globale. Vous le constatez avec le livre de Harding sur les fichiers Snowden.

Que sait-il de Snowden ? Il n’a aucun contact avec Snowden, aucune idée de tout ce genre de choses, et il écrit ce livre totalement exploiteur pour essayer de nous présenter l’histoire complète et c’est complètement absurde - c’est le Guardian. Le fait qu’ils possèdent tous ces documents mais ont cessé tout reportage – pour moi c’est encore un exemple de leur incroyable irresponsabilité en tant que publication. Nous n’avons pas besoin d’organisations comme celles-ci qui servent l’État, nous en avons suffisamment. Nous avons besoin d’organisations qui servent l’intérêt public, et c’est ce que la presse est censée faire.

Pourquoi n’avez-vous pas suivi Laura et Glenn à The Intercept ?

J’aime vraiment The Intercept, et je pense que les gens qui y travaillent sont constauds. Je suis content que Pierre [Omidyar] le finance, mais il faut se demander pourquoi. C’est uniquement pour faire de l’argent. Mon intérêt à moi, c’est d’accroître la justice dans le monde, d’essayer d’améliorer les questions des droits de l’homme. Je m’intéresse donc beaucoup aux écrits de Jeremy Scahill dans The Intercept sur les frappes de drones. Je m’intéresse à ce que fait Glenn, je m’intéresse à ce que fait Laura. J’ai le plus grand respect pour les publications qui cherchent la vérité dans l’intérêt public. Mais chacun a des limites et des objectifs différents.

Vous maniez la langue de bois, maintenant.

Mais non ! Les gens qui travaillent efficacement comme journalistes aux États-Unis sont harcelés, ils sont gênés ... Ils sont arrêtés et ils vivent avec de sérieuses craintes de répercussions, même s’ils ne l’admettent pas.

Alors, diriez-vous que c’est la raison pour laquelle The Intercept n’a pas publié le fait que l’Afghanistan était sous surveillance totale de la NSA dans leur exposition de l’histoire dite des Bahamas – à cause de la pression ?

Je pense qu’il est tout à fait clair que des organisations comme The Intercept sont explicitement sous pression. Et le Washington Post est également explicitement sous pression – ils avaient l’histoire et n’ont pas publié les noms des pays ... Quand vous parlez à des gens qui travaillent dans ces organisations, ils ont tous très peur.

Mais regardez, Glenn et Laura sont deux héros du journalisme courageux. Ils ont prouvé leur intégrité à plusieurs reprises et à présent ils sont allés rejoindre un nouveau support... vous vous attendiez à ce que l’organisation soit plus « indépendante » ?

Et qu’est-ce que ça dit, sur les possibilités ?

Ça me dit que, apparemment, ce n’est pas possible.

Vous avez donc la réponse à la question. Qu’est-ce qui est possible pour The Intercept, le Washington Post ou le Guardian ? Chacun a des possibilités. The Intercept pourrait-il publier n’importe quoi ? En théorie, mais il y a des conséquences qui vont avec. Des conséquences politiques, juridiques et peut-être même techniques. La réalité de la situation est qu’il y a une raison pour laquelle WikiLeaks existe. WikiLeaks est l’éditeur du dernier recours.

Donc, sans WikiLeaks, le peuple afghan n’aurait pas été informé ...

Je suis heureux que WikiLeaks existe, car ils servent comme un facteur d’équilibre. D’accord ? Quand des publications comme The Intercept craignent de publier quelque chose comme ça ou craignent que cela puisse être préjudiciable, WikiLeaks est capable d’intervenir et d’en parler. Il appartient vraiment aux gouvernements de ne pas faire pression sur des journaux comme The Intercept ou le Washington Post, car cela crée un espace où Wikileaks devient une évidente nécessité, même maintenant. Je pense que c’est triste qu’il y ait un environnement dans lequel les nouvelles publications ne sont pas autorisées à vous révéler certaines choses, mais c’est aussi la réalité de la situation que nous vivons.

Par rapport aux fichiers de Snowden, qu’est-ce qui est le plus important, selon vous ?

Je pense qu’il est important de comprendre que Snowden sert d’exemple, que non seulement il est possible de résister, mais qu’il est possible de résister et de survivre. Ce que Snowden a fait est un acte de dénonciation courageux. Il a payé cher pour cela, et beaucoup de gens travaillent pour qu’il ne le paie pas de sa vie. Bien sûr, l’impact des documents est important, mais l’impact de survivre seul était tout aussi important dans un certain sens pour inspirer d’autres personnes. Je pense à [NSA dénonciateur William] Binney qui n’a plus de jambes. Il a subi une double amputation due au diabète et au stress de sa vie. La vie de Thomas Drake a été en quelque sorte complètement ruinée. Chelsea Manning a terminé avec une peine de 35 ans de prison.

 

6. Binney.jpg

Berlin - William Binney, ancien agent de renseignement de l’Agence Nationale de Sécurité US (NSA) devenu lanceur d’alerte (à dr.) quitte le Bundestag le 3 juillet dernier, après y avoir témoigné devant la Commission chargée d’enquêter sur le rôle joué par la NSA en Allemagne. La commission a été convoquée suite aux révélations de l’année dernière, selon lesquelles la NSA a mis sur écoute, pendant des années, le téléphone portable de la chancelière allemande Angela Merkel et d’autres éminents politiciens d’Allemagne et d’Europe. Des documents récents, publiés par l’ex-employé de la NSA Edward Snowden, révèlent l'activité très importante de la NSA en Allemagne, ainsi qu’une étroite collaboration entre la même NSA et les services secrets allemands.


Mais être coincé en Russie sous la tutelle de Poutine, est-ce vraiment une option enviable ?

C’est une affirmation très biaisée ; comment savez-vous que Poutine a quoi que ce soit à voir avec Edward Snowden ? Permettez-moi de dire qu’il vaut mieux être en vie et coincé dans un des plus grands pays au monde que d’être emprisonné ou mort. Mais certaines personnes le nient et laissent entendre qu’il est un pion ou une marionnette. Ils critiquent le choix de son asile. Mais il a demandé l’asile dans autant de pays que possible, et presque tous ont refusé pour des questions de procédure. Sarah Harrison et Julian Assange lui ont sauvé la vie parce que WikiLeaks prend la protection des sources au sérieux. Imaginez, ces trois personnes ont réussi à embarrasser toute la communauté du renseignement. C’est très fort.

Ensuite, il y a ceux qui disent des choses comme : « Eh bien, qu’est-ce que nous apprenons de Snowden que nous ne savions pas déjà ? »

Il y a une différence entre soupçonner et savoir quelque chose, comme le fait que les Bahamas sont sous surveillance totale. Il y a une différence entre comprendre que les programmes de métadonnées sont utilisés pour tuer les gens avec les frappes de drones et spéculer à ce sujet. Il y a une différence entre supputer que la chancelière Merkel est espionnée comme chef d’État et de découvrir que c’est tout à fait le cas. En raison de mon expérience, j’en sais quelque chose sur de la différence entre une possibilité et une certitude, entre ce qui est légal et ce qui se passe. Pour le restant de mes jours, je ne me coucherai plus jamais dans un lit avec la certitude que ma maison n’est pas surveillée. Je ne serai plus jamais capable d’avoir une conversation libre dans ma maison aussi longtemps que je vivrai ...

Avant, on appelait ça de la paranoïa. Vous êtes donc en train de dire que tout ceci conforte ceux d’entre nous qui sont paranoïaques ?

 

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Julian Assange à l’ambassade d’Équateur à Londres

 

Quand Julian Assange et moi avons écrit Cypherpunks, beaucoup ont dit que nous étions fous, paranoïaques, etc. Eh bien désormais, grâce à Snowden, nous savons qu’il est plus raisonnable de penser que nos téléphones sont sur écoute ou que l’Internet est surveillé. C’est un fait. C’est peut-être oppressant dans un sens, mais on est encore dans une phase de libération, car la question ne se pose plus. Toute personne qui ne travaille pas pour changer les choses est complice. C’est ça la différence. Il y a un énorme clivage entre un tas de gens cyniques qui disent qu’ils savaient déjà et n’ont pas besoin de réfléchir davantage à ce sujet, et un certain nombre de personnes pas si cyniques qui disent que c’est ce que nous soupçonnions et ce que nous craignions, changeons les choses maintenant.

Avez-vous été personnellement choqué par ces révélations ?

J’étais au-delà du choc. Je suis horrifié et je veux que les choses changent. Une façon de changer les choses est de les faire connaître afin que les gens soient informés, et une autre façon est de construire des solutions alternatives. Et c’est ce que nous faisons avec le Projet Tor, par exemple, et de nombreuses autres personnes y travaillent.

Alors, comment faire passer les gens à l’étape suivante - de la sensibilisation à l’action ?

Il faut beaucoup plus que simplement des actions individuelles. Mon recyclage ne sauvera pas l’environnement. C’est un acte utile au sein d’un problème beaucoup plus vaste. Nous avons besoin d’une action collective à l’échelle planétaire. Par exemple, nous devons repenser la façon dont les systèmes de télécommunications fonctionnent. Pourquoi la NSA peut-elle mettre sur écoute des pays entiers ? Parce que l’infrastructure est conçue pour être sur écoute et ils l’exploitent. Il faut changer ça. La réalité est que la plupart des gens font confiance aux défauts de leurs appareils électroniques. Jusqu’à ce que l’architecture soit « privacy by design » [conçue pour assurer la confidentialité – ndt], la vie privée sera régulée par la politique. La confidentialité par la politique sera toujours violée par des gens qui ne se sentent pas concernées par les limites imposées par la politique. Nous devons travailler à changer la façon dont fonctionne notre infrastructure. Pour la rendre réellement sécurisée.

Mais beaucoup ne se sentent pas concernés – comme utilisateurs d’Internet, ils veulent seulement accomplir certaines tâches et ne sont pas gênés que des entreprises ou des politiques utilisent leurs données personnelles....

Se dire « Oh, ça ne m’intéresse pas, personne ne voudra me surveiller » comme un moyen de faire face à ce stress est compréhensible. Ce à quoi je répondrai ceci « les services de renseignement sont des gens normaux ». Les capacités nécessaires à l’exploitation d’un téléphone cellulaire coûtent 1000 € ou moins. Les méthodes sont disponibles pour tout le monde - un ex-amant, un journaliste concurrent ... C’est donc une question de choix, pas de savoir si oui ou non vous avez quelque chose à cacher. Il y a des entreprises qui exploitent le manque de connaissance des gens, et, oui, nous devrions remettre en cause la centralisation des entreprises comme Facebook et Twitter. Nous devons faire face à la surveillance des entreprises et celle des gouvernements et les liens entre eux. C’est un gros problème. Mais un problème que nous pouvons résoudre.

Vous avez appelé Facebook « Stasibook » ...

 

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Oui, en raison de son étroite collaboration avec l’État. Ils ont tout un département qui ne fait rien à part livrer les données à la police, aux gouvernements et aux autres parties requérantes. Je suis sûr que le FBI s’est rendu sur Facebook pour toutes les données qu’ils avaient sur moi. Le ministère de la Justice est allé sur Twitter et Google pour moi. Je pense que la grosse erreur est de penser que parce que les gens utilisent Facebook, ils ne se soucient pas de la vie privée. Mais quelle est l’alternative pour la plupart des gens ? La réalité est que si vous vivez à Londres, lorsque vous marchez dans la rue, vous subissez une violation constante de votre vie privée. Mais que pouvez-vous faire ? Vous ne pouvez pas vous enfermer chez vous, ce qui ne signifie pas que vous devez ignorez les caméras. Nous devons donc construire des alternatives afin que les gens puissent choisir. Et nous pouvons le faire.

Vous semblez étonnamment confiant, optimiste même.

Je ne pense plus qu’il y ait un fossé entre le monde physique et numérique, et l’histoire nous montre qu’il est possible de résister et qu’il est nécessaire de le faire. Avec les fichiers WikiLeaks et Snowden, nous sommes entrés dans des temps révolutionnaires, de grands changements sont à venir.

Pensez-vous que Snowden a provoqué une révolution ?

Oui. Je pense que Julian Assange, Edward Snowden, Laura Poitras, Chelsea Manning, Glenn Greenwald et d’autres ont tous beaucoup contribué à l’histoire. Nous vivons une époque d’extrêmes bouleversements. Je vois que nous avons déjà construit un début de structures alternatives, qui existent déjà. Comme le réseau Tor. Des millions de personnes l’utilisent tous les jours. Des lanceurs d’alerte, des journalistes, des médecins ... Ce n’est pas une promesse de l’avenir, c’est une réalité optimiste. Je dirais que la lutte sera longue, et nous sommes au milieu. Nous ne pouvons pas gagner tous les combats et nous ne pouvons pas arrêter la surveillance de masse, mais il la possibilité existe, et avec ces outils beaucoup de gens ne sont pas aussi vulnérables à la surveillance comme l’est le reste de la planète en ce moment.

Donc, il s’agit de nous responsabiliser nous-mêmes en tant que citoyens de l’ère numérique ?

La question est de savoir si vous voulez défendre les principes fondamentaux d’une société démocratique. Si oui, alors vous devriez utiliser ces types de programmes. Le plus important est de penser au contexte global afin de rétablir l’équilibre en faveur de beaucoup de choses qui ont été perdues. Nous devons fondamentalement réaffirmer des choses et repenser leur conception, il faut que nos politiques et nos technologies s’alignent, nous avons besoin de réaffirmer les principes fondamentaux des droits humains. Quand je suis allé à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, j’ai pleuré.

J’ai pensé que vous apparteniez à la «  génération so-what ». Vous êtes en passe de devenir très idéaliste !

La Cour de Strasbourg est l’une des visions les plus utopiques. Cette notion que toute personne peut déposer une plainte ou une réclamation, que toute personne a le droit d’obtenir réparation d’injustices commises par les Etats de cette manière, et pour les États d’avoir à répondre ... eh bien, pour moi c’est quelque chose de pratiquement incroyable. Mais du coup je pense à des gens comme Assange, Snowden et Poitras et je pense que, bien sûr, nous devons réaffirmer ces valeurs qui ont été durement acquises après la Seconde Guerre mondiale. Ce problème ne sera pas résolu avec du cynisme. Nous pouvons y mettre fin et nous devons le faire. Il n’y a jamais eu un moment de l’histoire où autant de gens pouvaient être surveillés. C’est nouveau et c’est inacceptable.

Des initiatives comme les cryptoparties font partie d’une riposte populaire au niveau individuel et c’est très bien. Il faut aussi des gens qui interviennent sur les lois, il faut des entreprises qui prennent une position ferme sur la sécurisation de ces types de communications, pour garder la possibilité de l’anonymat, d’une société libre de récoltes de données. Ce genre de choses est essentiel. Je pense que nous avons maintenant les connaissances pour y arriver. Nous pouvons utiliser une partie des appareils existants pour changer le monde. Et c’est déjà le cas. Chaque fois que vous anonymisez, chaque fois que vous cryptez, chaque fois que vous affirmez vos droits et refusez la soumission, nous gagnons.

Traduction : Romane

avec des corrections/ajustements par LGS

Sources : http://www.legrandsoir.info/jacob-appelbaum-le-temps-de-l... 

http://www.exberliner.com/features/people/jacob-appelbaum...

 

Naja Van Cauwenberghe est une journaliste française, rédacteur en chef du magazine EXBERLINER – Berlin en anglais, qui s’adresse aux expatriés de la capitale allemande.  

 

9. Wikileaks_-logo.jpg


 

On peut relire, à cette occasion :

 

Sur Les Grosses Orchades : « To leak or not to leak » 

I. Shamir : «Snowden à Moscou»

I. Shamir : «Wikileaks trace sa route à l’Est»

 

Voir aussi – c’est tout frais :

 

Guillaume ChampeauNumerama 16 octobre 2014

La police dira à Google les sites qu'il doit censurer ! http://www.numerama.com/magazine/30956-la-police-dira-a-google-les-sites-qu-il-doit-censurer.html

 

Mickael – News 360 – 24 octobre 2014

La censure de Google sur ordre de la police n’a même pas fait débat

http://croah.fr/revue-de-presse/la-censure-de-google-sur-ordre-de-la-police-na-meme-pas-fait-debat/

 

Guillaume Champeau – Numerama – 24 octobre 2014

Le rôle diplomatique secret de Google dénoncé par Julian Assange

http://www.numerama.com/magazine/31048-le-role-diplomatique-secret-de-google-denonce-par-julian-assange.html

 

 

9. Wikileaks_-logo.jpg

 

 

Livre

        

En anglais :

10. Cyberpunks.jpg

 

 

Cypherpunks : Freedom and the Future of the Internet

OR Book, 2012

186 pages

 

 

 

 

 

En français :

11. Lafont.jpeg

 

 

 

Julian ASSANGE (avec Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn et Jérémie Zimmermann).

Menace sur nos libertés : Comment Internet nous espionne. Comment résister

Robert Laffont,‎ 2013 – 245 pages

 

 

 

 

(Cyberpunks, c’était un trop bon titre pour l’édition française… elle n’aime pas la facilité.)

 

 

9. Wikileaks_-logo.jpg

 

 

 

 

Mis en ligne le 26 octobre 2014.

 

 

 

 

12:05 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/10/2014

PLUG !

1. Ship-of-Fools.JPG

 

PLUG !

Voilà bien du bruit pour un suppositoire. Même vert.

Mais comment passer sous silence une illustration aussi parfaite de l’ère où nous sommes, tant il est vrai que les zartistes sont le miroir de la société où ils vivent, qui les adule ou leur fait manger de la vache enragée, c’est selon.

Une image, à ce propos, nous hante : Dans une édition des œuvres de Rabelais publiée sous le Consulat, Gargantua est à table. C’est un large bourgeois peu amène, gras plutôt que gigantesque, en chapeau claque évasé, serviette au cou, autour de qui s’affairent, pliés en deux, des larbins en gilets rayés. Le géant est censé manger des pèlerins en salade. Mais le saladier est un pot de chambre et, dans les assiettes, en guise de pieux homoncules, fument des étrons bien moulés. Jamais on n’a, par une seule image, rendu à ce point la quintessence d’une époque.

Jamais ? Bien sûr que si. Chacune a les siennes, qui la glorifient ou la dénoncent. La nôtre vient de télescoper celle qui restera peut-être pour l’immortaliser dans l’histoire. On a les obélisques et les Courbet qu’on peut.

Bref, nous arrachons une fois de plus Théroigne à ses drogues. Allez, quoi, le travail est déjà plus qu’à moitié mâché ! N’y a plus qu’à mettre en ligne. Rien que du piqué ailleurs : à Raphaël Berland, du Cercle des Volontaires et à Olivier Berruyer, des Crises. Merci à eux.

 

2. le-bon-la-brute-et-le-plug-anal-600.jpg

 

Avez-vous suivi l’affaire du « plug-anal », cette sculpture gonflable énorme en forme de godemiché vert ? Il était exposé la semaine dernière place Vendôme, avant d’être vandalisé par quelques citoyens. Cet acte, que d’aucuns jugeront civique, d’utilité voire de salubrité publique, d’autres s’en sont scandalisés, au nom de la défense de l’Art (notamment l’ultra-bobo classe médiatico-politique parisienne). Mais en matière d’art, chacun ses goûts, vous me direz. M’enfin j’estime avoir tout-à-fait le droit de trouver ceux de l’artiste en question, Paul McCarthy, plutôt d’un goût douteux… Pour vous faire un avis éclairé, je vous recommande cet article d’Olivier Berruyer, exhaustif, pertinent et drôle. Mais jusque-là, je n’avais pas l’intention d’écrire une tribune sur le sujet.

Non, ce qui m’a donné envie de dégainer mon clavier, c’est la lecture de cet article du Nouvel Obs, où l’on apprend que notre président François Hollande s’est joint lui-aussi au chœur des vierges effarouchées par le « plug-anal » géant détruit : « La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son oeuvre, quel que soit le regard que l’on pouvait porter sur elle . [...] Nous devons toujours respecter le travail des artistes ». Trop, c’est trop !

Car c’est ce même président, aidé de son plus fidèle lieutenant (j’ai nommé Manuel Valls, alias « El Blancos »), qui a bel et bien pourri la vie d’un autre artiste, un vrai celui-là, et qui fait rire – volontairement ! - des millions de Français. Vous avez bien sûr deviné que je parle de Dieudonné. Rappelons que l’actuel premier ministre voulait interdire les spectacles de Dieudonné qu’il qualifiait de « réunions publiques » qui « n’appartiennent plus à la dimension créative mais contribuent à accroître les risques de troubles à l’ordre public ». Il avait également déclaré « Je sais faire la différence entre les génies de l’humour et les petits entrepreneurs de la haine ». Le président français avait totalement soutenu la position de son premier ministre sur cette affaire ; il avait notamment demandé aux préfets « d’être vigilants et inflexibles ».

Alors, résumons. Nous avons le Bon Dieudonné, qui essaie d’exercer son art dans une France qui exerce une justice d’exception à son encontre (voir le livre « Interdit de Rire », sorti aux éditions Xenia). Et puis en face, nous avons la Brute, le président Hollande. Je souris en écrivant ces lignes, en devinant que certains parmi vous se demanderont sûrement pourquoi je n’ai pas intitulé ma tribune « Le Bon, Le Mou… ». D’abord parce que ça sonne moins bien.

Mais surtout parce que je trouve brutal, violent mentalement et spirituellement, de prendre en pleine figure les déclarations et autres gesticulations de notre président et de son premier ministre sur des questions d’Art, alors que notre pays va mal. Très mal. Oh ! Bien sûr… Pas pour tout le monde !

Donc la France d’en bas souffre, et nous sommes obligés de regarder celui qui est censé nous représenter (et accessoirement résoudre certains de nos problèmes essentiels comme le chômage) faire la guerre totale à un humoriste, et défendre mordicus un godemiché géant gonflable. Une « oeuvre d’art » qui, ne lui en déplaise, ne restera pas dans les anales. :-)  Parce qu’il nous reste au moins l’humour. Enfin ça, c’était avant.

Raphaël Berland

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/10/21/bon-brute-p...

4. Ananas_comosus.JPG

Quant à Berruyer…

Vous souvenez-vous de son dépiautage de l’interview de Vladimir Poutine charcutée par TF1 ? Eh bien, il vient de faire aussi fort en réunissant, pour les soumettre à vos regards de fins connaisseurs sinon de riches collectionneurs, à peu près toutes les œuvres connues de Paul McCarthy, en ce moment même exposées à la Monnaie de Paris, par les soins de MM. Pinault et LVMH réunis, grands mécènes.

Voyage au pays des fantasmes d’un brave homme avec qui on ne voudrait quand même pas se trouver coincés trop longtemps dans un ascenseur.

[Néolibéraux vs. Common Decency] “L’affaire” du Godemiché place Vendôme (+ Expo rien que pour vous, +18)

 

Billet en hommage à Orwell et à sa common decency – si quelqu’un peut faire suivre à Michéa, ça l’intéressera j’en suis sûr, je n’ai hélas pas son mail…

 

J’avais failli en dire un mot rapide samedi, et puis je suis passé à autre chose de moins insignifiant.

 

Mais vu les rebondissements, le jeu des médias et les réactions, je me dis que c’est finalement intéressant de développer…

 

C’est toujours éloquent de comparer ce qu’on nous sert dans les médias (avec des journalistes qui ont 30 min pour creuser le sujet) avec ce qu’on peut trouver après des heures de recherche…

 

Surtout qu’on ne parle pas beaucoup de culture ici en général – remontons donc le niveau ! :-)

 

ATTENTION, comme ce billet parle d’art contemporain, il est interdit aux mineurs…

 

La “sculpture”

À l’occasion de la Foire internationale d’art contemporain, ”l’artiste” d’art contemporain américain Paul McCarthy avait installé temporairement jeudi une statue gonflable de 24 mètres sur la place Vendôme :

 

3. plug.jpg

 

Sujet ? – euh, pas clair pour certains, comme L’Express, FranceTVinfo ou Libération :

Lire la suite…

Et surtout ne pas rater la visite guidée qui vient au bout. Véritable musée en ligne.

Source : http://www.les-crises.fr/godemiche-vendome/

 

4. Ananas_comosus.JPG

 

Post Scriptum

Les jours derniers, le (vrai) philosophe M. Manuel de Dieguez, qui n’a pas renoncé à faire entrer un peu de raison raisonnante dans le cerveau des foules, avait mis en ligne, sur son site, un ensemble de trois textes censément de la plume d’un ex-président de la République, supposé avoir, loin du pouvoir, pris conscience d’un certain nombre de choses et en avoir tiré des conclusions plutôt réconfortantes pour le cas où il « reviendrait aux affaires » à la faveur de la législature suivante.

 

5. Manuel de Dieguez.jpg

Cela s’appelait

Discours de campagne d'un revenant qui aurait changé de tête

et

Deuxième discours de campagne d'un revenant qui aurait changé de tête

Le troisième l’imaginait prononçant un discours final devant l’Académie des Sciences morales et politique pour, à la fois, annoncer sa prochaine candidature et s’expliquer sur ses intentions.

Séance extraordinaire de l'Académie des sciences morales et politiques

Intervention remarquée d'un revenant qui aurait changé de tête

Cela se trouve ici (cliquez sur « Sommaire ») :

http://www.dieguez-philosophe.com/

Comme d’habitude, les textes de Manuel de Dieguez avaient été repris par un certain nombre de sites ou blogs, qui témoignent, par leur constance, de l’intérêt que porte à la philosophie le « public » lambda (qu’il convient de ne pas confondre avec les zélites).

Et qu’arriva-t-il ?

M. de Dieguez reçut, du Secrétaire général de ladite Académie, le poulet qui suit :

 

« Monsieur,

Le 17 octobre dernier, vous avez publié sur votre site internet (http://www.dieguez-philosophe.com), un article intitulé "Séance extraordinaire de l'Académie des Sciences morales et politiques - Intervention remarquée d'un revenant qui aurait changé de tête".

Dans cet article, vous vous mettez en scène comme étant invité à vous exprimer devant l'Académie (?), ce qui n'a jamais été, à ma connaissance, le cas.

Vous êtes libre - jusqu'à un certain point - d'utiliser un tel procédé littéraire, à la condition toutefois qu'il n'y ait aucune ambiguïté concernant la réalité - ce qui rendrait votre texte mensonger - et que vous ne vous arrogiez pas le droit d'engager l'Académie dans le soutien apporté à telle ou telle prise de position, quelle que celle-ci puisse être.

Je vous demande donc

- soit de retirer ce billet de la Toile,

- soit de le modifier et de ne pas y mentionner l'Académie des Sciences morales et politiques,

- soit d'indiquer de la manière la plus claire possible (en gras et en début d'article) qu'il s'agit d'une fiction qui n'engage en rien l'Académie des Sciences morales et politiques.

Si vous choisissez la 3e solution, je vous demande de bien vouloir me soumettre au préalable le texte de l'Avertissement que vous placerez en tête de votre article.

Chacun de ces choix doit entraîner des modifications non seulement sur votre site, mais également sur les sites qui reprennent vos billets (voir la liste en PJ des sites ayant relayé à ce jour votre texte)

En espérant une réaction adéquate de votre part pour un règlement amiable de ce problème.

Pierre Kerbrat Secrétaire général Académie des Sciences morales et politiques »

 

Auquel il a répondu en ces termes :

 

« Monsieur le Secrétaire général de l’Académie des sciences morales et politiques,

Je croyais que l’Académie des sciences morales et politiques se trouvait tellement proche de l’Académie française qu’elle aurait connaissance du règne de la fiction littéraire de Rabelais ou Villon à nos jours.

Je me permets de vous signaler que le lion devenu vieux de La Fontaine ne se cache pas dans la brousse, que les moutons de Panurge pâturent dans toutes les têtes, que les Yahous de Swift sont plus réels que nature précisément de camper dans l’imaginaire et que si les âmes mortes de Gogol trottaient dans les rues de Paris, elles y perdraient toute leur réalité.

C’est pourquoi je fais dire à un ancien Président de la République transporté dans l’imaginaire que les vrais personnages sont mythologiques et que seul un Abraham imaginaire a voulu retirer un Isaac en chair et en os d’un ciel sacrificateur.

Je formule l’espoir qu’une Académie des sciences morales et politiques élevée par la plume dans le monde ascensionnel qu’elle devrait habiter et où je l’ai colloquée un instant, s’initie au double langage des signes et des symboles.

De toute façon le double personnage que l’Académie des sciences morales et politiques met en scène se révèle un acteur divisé entre son corps et son effigie, comme tout le monde. Cet Hamlet à la fois naturel et surnaturel est bien à l’image du réel, celui d’une République qui se demande où se cache son esprit.

En espérant que ma réponse représente une réaction adéquate à votre missive , je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Secrétaire général de l’Académie des sciences morales et politiques, l’expression de ma considération très distinguée.

Le 21 octobre 2014 »

 

Un suppositoire à la sauce verte au milieu de la place Vendôme et le retour de M. Homais, la même semaine vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup ?

On nous gâte.

 

6. Ananas.jpg

 

7. Interdit de rire.jpeg

 

 

 

David de Stefano & Sanjay Mirabeau

Interdit de rire

Vevey - Éditions Xenia – Septembre 2014

160 pages

 

 

 

  Note de l’éditeur

Pour faire taire Dieudonné en février 2014, Manuel Valls, alors ministre de l Intérieur, a mobilisé tous les moyens de répression légale de la République. Le futur premier ministre a transformé sa lutte personnelle contre l humoriste en affaire d’État.

Ainsi, le jugement précipité du Conseil d’État interdisant le spectacle Le Mur a créé un précédent inquiétant dans la jurisprudence française, laissant magistrats et politiques dicter l’humour, le comique et le bon goût.

La patrie des droits de l homme et de la liberté de pensée va-t-elle basculer dans la censure à cause d’une quenelle ?

Dans cet ouvrage de témoignage et d’analyse, les avocats de Dieudonné reviennent sur cette ahurissante campagne et ses conséquences sur la loi, les libertés et le vivre-ensemble français en tant que tel.

Interdit de rire offre ainsi un récit circonstancié des persécutions dont Dieudonné et son entourage ont fait l’objet, mais également une analyse symbolique et historique du fameux geste de la quenelle, dont les conclusions ont de quoi surprendre !

On y évoque aussi la nature du rire, la fonction du comique dans une société, mais également des affaires plus concrètes et passées sous silence, tel l’incroyable et somptueux cadeau fiscal offert à Dieudonné par le ministre Cahuzac en février 2013.

Fortement argumenté, magnifiquement écrit, cet essai est un réquisitoire saisissant contre un pouvoir en proie à l’incohérence et à la dérive autoritaire.

Les auteurs :

Me David de Stefano, fiscaliste, et Me Sanjay Mirabeau, spécialiste de droit pénal, sont les avocats de Dieudonné M’Bala M’Bala

 

4. Ananas_comosus.JPG

 

 

 

Mis en ligne le 22 octobre 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

11:55 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/10/2014

L'EMPIRE ANGLO-SIONISTE EST EN GUERRE AVEC LA RUSSIE

1. Tall ship sazils unfurl'ed.jpg

 

Ce blog est en pause

 involontaire pour cause de maladie de notre webmaîtresse.

MAIS

 

Nous sommes le 2 octobre 2014. Les 27, 28 et 29 septembre, le site Vineyard of the Saker a mis en ligne plusieurs textes et vidéos de première importance, dont nous ne voyons pas trace dans les pages du « French Saker ». Pas la peine de demander s’ils sont occupés à traduire : ils ne répondent pas.

Nous avons donc traduit ce que nous avons pu et tiré Théroigne du lit.

Nous laissons en anglais ce que nous n’avons pas eu le temps ou les moyens de traduire. Particulièrement désolés pour l’interview de Dmitry Rogozine, ici sous-titrée en anglais par les soins conjugués des Sakers russe et océanien.

 

*

« Et présente donc à votre Majesté les éclats du Sac de Troie : afin que voyant en autrui l’effet piteux des imprudents conseils et des Guerres, elle épanouisse son cœur d’aise, des conseils prudents et de la Paix, qui la font régner avec tant d’heur et de gloire. Et se souvienne que la Paix est le souverain geste et triomphe d’un Roi, puisqu’elle est la souveraine béatitude des Peuples que Dieu met en sa protection. Outre qu’il n’appartient qui est vraiment Souverain et Roi des armées, qu’à celui, Sire, que la guerre redoute ; de faire dignement comme vous la paix dedans et dehors de son Royaume, quand il lui plaît. Dieu veulle continuer ses bénédictions à votre Majesté, de laquelle je resterai pour jamais,

Très-humble et très-obéissante sujette et servante. gournay

Lettre de Marie de Gournay au roi Louis XIII, 1619.

 

L’empire anglo-sioniste est en guerre avec la Russie

2. Poutine-Obama X-Rays.jpg

La réponse russe à une double déclaration de guerre

par Le Saker27 septembre 2014

Le discours de Porochenko, il y a quelques jours, au Congrès US, et celui d’Obama à l’Assemblée Générale des Nations Unies ne peuvent laisser aucun doute : l’empire anglo-sioniste est en guerre avec la Russie. À la suite de quoi beaucoup de gens trouvent que la réaction russe à cette réalité est inadéquate. De même, on constate un courant permanent d’accusations dirigées contre Poutine, sur la politique russe dans la crise ukrainienne. Ce que je me propose de faire ici, c’est offrir quelques rappels de base à propos de Poutine, de ses obligations et de ses options.

Premièrement et principalement, Poutine n’a pas été élu pour être le policier ou le sauveur du monde, il a été élu pour être le président de Russie. Ceci paraît évident, et pourtant, il y en a beaucoup qui ont l’air de croire que, d’une façon ou d’une autre,  Poutine est moralement obligé de faire quelque chose pour protéger la Syrie, la Novorossia, voire d’autres parties de notre monde harcelé. Ce n’est pas le cas. Oui, la Russie est de facto à la tête des BRICS et des [14] pays de l’OCS [Organisation de Coopération de Shanghaï, NdT], et la Russie l’accepte. Mais Poutine a l’obligation morale et légale de se préoccuper de son peuple d’abord.

Deuxièmement, la Russie est maintenant officiellement dans la ligne de mire de l’empire anglo-sioniste, qui comprend non seulement trois puissances nucléaires (les USA, le Royaume Uni et la France) , mais aussi la coalition militaire la plus puissante de monde (les USA + l’OTAN) et les deux plus puissantes économies du monde (les USA et l’Union Européenne). Je crois que nous sommes tous d’accord pour reconnaître que la menace posée par un tel empire n’est pas insignifiante et que la Russie a raison de la traiter avec la plus extrême prudence.

 

Tirer sur Poutine en douce et rater son but.

Curieusement, beaucoup de ceux qui accusent Poutine d’être un froussard, un retourneur de veste ou un optimiste béat prétendent, en même temps que l’Occident se prépare à attaquer la Russie au nucléaire. Si c’est réellement le cas, une question se pose : si c’est exact, s’il y a bien un risque de guerre nucléaire, Poutine n’est-il pas en train de faire exactement ce qui s’impose en ne roulant pas des mécaniques et en ne recourant pas aux menaces ? Certains vont même jusqu’à dire que l’Occident veut la guerre, quoique fasse ou dise Poutine. O.K. D’accord. Mais dans ce cas, gagner autant de temps que possible jusqu’à ce que l’inévitable arrive, n’est-ce pas justement la chose à faire ?

Troisièmement, sur la question des USA et de l’ISIL, certains commentateurs, ici même, ont accusé Poutine de poignarder Assad dans la dos, au motif que la Russie a soutenu la résolution US au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Et qu’est-ce que Poutine était censé faire ? Envoyer la Force Aérienne Russe en Syrie pour protéger la frontière syrienne ?  Et Assad ? A-t-il fait décoller d’urgence sa propre Force Aérienne pour essayer d’arrêter les États-Unis ou a-t-il calmement passé un accord : bombardez-« les », pas nous, et je protesterai mais je ne ferai rien contre ? À l’évidence, il a choisi cette dernière solution.

En fait, Poutine et Assad ont adopté exactement la même attitude : ils ont protesté contre la nature unilatérale des frappes, exigé une résolution des Nations Unies, et regardé tranquillement l’Oncle Sam se retourner contre sa propre progéniture et essayer de la détruire.

J’ai envie d’ajouter que Lavrov a très logiquement fait savoir qu’il n’y a pas de « bons terroristes ». Il sait que l’ISIL n’est rien d’autre que le prolongement de l’insurrection syrienne créée par les États-Unis, qui elle-même n’était que le prolongement de l’Al Qaeda créée par les États-Unis. Du point de vue russe, le choix est simple : vaut-il mieux que les USA usent leurs forces et leurs hommes à tuer des cinglés wahabites ou que ce soit Assad qui le fasse ? Et si l’ISIL réussit en Irak, combien lui faudra-t-il de temps pour revenir en Tchétchénie ? Ou en Crimée ? Ou au Tatarstan ? Pourquoi les soldats russes ou syriens risqueraient-ils leur vie, alors que l’armée US est volontaire pour le faire à leur place ?

Tant que les États-Unis veulent se livrer à la douce ironie de bombarder leur propre créature, qu’ils le fassent. Même Assad en a été clairement prévenu, et il est clair qu’il en est très heureux.

Finalement, Nations Unies ou pas, il est clair que les USA avaient déjà pris la décision de bombarder l’ISIL. À quoi bon, dès lors, bloquer une décision de l’ONU qui convient à tout le monde ? Ce serait contre-productif. En fait, cette résolution peut même être utilisée par la Russie pour empêcher les États-Unis et l’Angleterre de servir de base de repli à des extrémistes wahabites (cette résolution l’interdit, et nous parlons ici d’une résolution obligatoire – chapitre VII – du Conseil de Sécurité de l’ONU).

Et cependant, il y en a quand même qui disent que Poutine à jeté Assad aux chiens. Comment peut-on être assez stupide pour raisonner de la sorte en matière de guerre ou de politique ? D’ailleurs, si Poutine avait envie de jeter Assad aux chiens, pourquoi ne l’a-t-il pas fait l’an dernier ?

 

Sentiment de frustration sincère ou malhonnêteté intellectuelle ?

Mais ce genre de sottise à propos de la Syrie est littéralement réduite à du pipi de sansonnet par les effarantes crétineries que postent certains à propos de la Novorossia. Voici quelques-unes de mes préférées. L’auteur, ici, commence par me citer :

« Cette guerre n’a jamais été une guerre à propos de la Novorossia ou à propos de l’Ukraine… »

Sur quoi il enchaîne :

« Cette déclaration est une échappatoire trop creuse et trop commode.  Est-ce que vous voulez réellement dire que les milliers de gens assassinés par les tirs d’obus, que les milliers de jeunes conscrits ukrainiens passés à la moulinette, que les milliers de foyers détruits, les plus d’un million de réfugiés… que RIEN de tout ça n’a quoi que ce soit à voir avec la Novorossia et l’Ukraine ? Qu’il s’agit seulement de la Russie ? Vraiment, on aimerait que vous vous absteniez de faire ce genre de déclarations idiotes. »

Le seul problème étant, bien entendu, que je n’ai jamais rien dit de ce genre pour commencer.

En effet, il est assez évident que je voulais dire que le but poursuivi par L’EMPIRE ANGLO-SIONISTE n’a jamais été l’Ukraine ou la Novorossia, mais une guerre contre la Russie. Tout ce qu’a fait la Russie a été d’admettre cette réalité. Une fois encore, les mots « est-ce que vous voulez réellement dire » montrent clairement que l’auteur va déformer ce que j’ai dit, fabriquer un épouvantail à moineaux, et me dénoncer avec indignation comme un monstre sans cœur qui se fout de l’Uklraine et de la Novorossia (tout le reste du commentaire était de la même veine : des dénonciations indignées de déclarations que je n’ai jamais faites et de conclusions que je n’ai jamais tirées). Je suis habitué désormais au remarquable niveau de malhonnêteté de la foule des lyncheurs-de-Poutine et je considère maintenant que ça fait partie du voyage. Mais je tenais à l’illustrer encore une fois, juste pour démontrer que, dans certains cas, une honnête discussion n’est pas le but recherché du tout. Mais je ne veux pas tout réduire à quelques vociférateurs de mauvaise foi. Il y en a aussi pas mal qui sont sincèrement déconcertés, frustrés et même déçus par la passivité apparente de la Russie. Voici, par exemple, l’extrait d’un e-mail que j’ai reçu ce matin :

« Je suppose que j’espérais, en fait, que peut-être la Russie, la Chine, les BRICS agiraient comme une contre-force. Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est pourquoi, après toutes les démonisations des USA  et de l’Europe, la Russie ne riposte pas. Les sanctions imposées par l’Occident font du mal à la Russie, et pourtant les Russes continuent à lui vendre du pétrole en euros/dollars et continuent à se mettre en quatre pour satisfaire l’Europe. Je ne comprends pas pourquoi ils ne disent pas “pas de sanctions, sinon pas de gaz”. Les Chinois non plus ne disent pas grand-chose contre les États-Unis,même s’ils comprennent parfaitement que si la Russie est affaiblie, ils sont les suivants sur la liste. Et quant au blabla sur la levée des sanctions contre l’Iran, c’est grotesque. Tout le monde sait bien qu’Israël ne le permettra jamais. Alors, pourquoi la Chine et la Russie soutiennent-elles cette mascarade ? Parfois, je me demande si tout ça n’est pas qu’un jeu à nos dépens, une farce programmée où rien ne changera jamais. »

Dans ce cas, l’auteur voit très justement que la Russie et la Chine suivent une seule et même politique, et que cette politique a l’air d’une simple tentative de se concilier les USA. Contrairement au commentateur précédent, l’auteur est, ici, à la fois sincère et vraiment malheureux.

En fait, ce que je crois reconnaître, ce sont trois phénomènes différents , qui se manifestent simultanément.

1) Une campagne de lynchage de Poutine, à l’origine de laquelle se trouvent des agences gouvernementales US et UK, qui ont pour tâche de manipuler les médias sociaux.

2) Une campagne spontanée de diffamation de Poutine, conduite par certains cercles nationaux-bolcheviques russes (Limonov, Douguine & C°).

3) L’expression de la perplexité, de la détresse et de la frustration sincère de gens bien-intentionnés, pour qui l’attitude actuelle de la Russie n’a pas de sens.

Tout ce post va être entièrement consacré à tenter d’expliquer cette attitude à ceux du troisième groupe (toute tentative de dialoguer avec les deux autres serait insensée).

 

Essayons de comprendre une politique apparemment illogique

Dans mon introduction ci-dessus, j’ai dit que ce à quoi on assiste est une guerre contre la Russie, pas (encore ?) une guerre chaude et pas tout à fait une guerre froide ancienne manière. En réalité, ce que les Anglo-Sionistes sont en train de faire est assez clair et beaucoup de commentateurs russes l’ont déjà très bien compris : les États-Unis sont engagés dans une guerre contre la Russie, qu’ils ont l’intention de livrer jusqu’au dernier Ukrainien. Raison pour laquelle un « succès », pour l’empire, ne peut en aucun cas être une issue ukrainienne, puisque, comme je l’ai dit, cette guerre ne concerne pas l’Ukraine. Pour l’empire, un succès, dans cette guerre, ne peut signifier qu’un changement de régime en Russie. Voyons comment il a l’intention d’atteindre ce but.

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Le plan d’origine était simpliste, d’une manière typiquement US Néo-conne : renverser Ianoukovitch, embarquer l’Ukraine dans l’Union Européenne et dans l’OTAN, déplacer ainsi politiquement l’OTAN jusqu’à la frontière russe et l’installer militairement en Crimée. Ce plan s’est cassé la figure. La Russie a accepté le retour de la Crimée et l’Ukraine a sombré dans une violente guerre civile combinée avec une crise économique en phase terminale. Les Néo-cons US se sont alors rabattus sur un plan B.

Le plan B était également très simple : amener la Russie à intervenir militairement dans le Donbass et se servir de cela comme prétexte pour lancer une « guerre froide-version 2 » à pleins tubes, qui aurait créé des tensions style années 50 entre l’Est et l’Ouest, justifié une politique induite par la peur à l’Ouest et complètement tranché les liens en train de se tisser entre la Russie et l’Europe. Sauf que ce plan-là aussi s’est cassé la figure : la Russie n’a pas saisi l’appât et, au lieu d’intervenir directement dans le Donbass, elle a entamé des opérations secrètes massives en soutien des forces anti-nazies de Novorossia. Le plan russe, lui, a marché, et les Forces de Répression de la June (FRJ) ont été bel et bien battues par les Forces Armées Novorossiennes (FAN), en dépit du fait que ces dernières souffraient d’un fort déficit en puissance de feu, en armement, en spécialistes et en hommes (petit à petit, l’aide secrète russe les a aidées à surmonter ce handicap).

Arrivée à ce point, la ploutocratie anglo-sioniste a réellement commencé à paniquer en se rendant compte, d’une part, que son plan s’effondrait, d’autre part, qu’il n’y avait absolument rien qu’elle puisse faire pour le rabibocher (une option militaire était exclue, comme je l’ai expliqué dans le passé). Elle a bien essayé les sanctions économiques, mais avec pour seul résultat d’inciter Poutine à entamer des réformes économiques qui auraient dû l’être depuis longtemps. Et le pire de tout, c’est qu’à chaque fois que l’Occident s’est attendu à ce que Poutine fasse quelque chose, il a fait exactement le contraire

  • Personne ne s’attendait à ce que Poutine fasse usage de la force ùmilitare en Crimée, dans une opération de récupération-éclair qui restera dans l’histoire comme au moins aussi étonnante que Chtorm 333.
  •  Tout le monde, y compris moi, s’attendait à ce que Poutine envoie des forces armées en Novorossia. Il ne l’a pas fait.
  • Personne ne s’attendait à ce que des contre-sanctions russes frappent le secteur agricole européen.
  • Tout le monde s’attendait à ce que Poutine riposte à la deuxième volée de sanctions. Il ne l’a pas fait.

Il y a un schéma ici, un patron qui est la base même de tous les arts martiaux : premièrement, ne jamais faire connaître ses intentions ; deuxièmement,  pratiquer la feinte ; troisièmement, frapper quand et où l’adversaire ne s’y attend pas.

À l’inverse, il y a deux choses qui sont profondément enracinées dans la mentalité occidentale, auxquelles Poutine ne se livre jamais : il ne menace jamais et il n’adopte jamais de pose. Par exemple, alors que les USA sont littéralement en guerre avec la Russie, la Russie va volontiers soutenir une résolution US sur l’ISIL, si elle y voit un avantage  pour elle-même. Et les diplomates russes parleront volontiers de « nos partenaires américains » ou de « nos amis américains », alors que la Russie fait à elle seule davantage que tout le reste de la planète pour amener la chute de l’empire.

 

Rapide coup d’œil au palmarès de Poutine

Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le dire : contrairement à d’autres blogueurs ou commentateurs, je ne suis ni un psy ni un prophète, et je ne saurais  vous dire ce que pense Poutine ni ce qu’il va faire. Mais ce que je peux vous dire, c’est ce qu’il a fait jusqu’ici (sans ordre particulier).

  • cassé les reins, en Russie, à l’oligarchie soutenue par les Anglo-Sionistes.
  • mis fin de façon quasi miraculeuse à la guerre en Tchétchénie (ce que personne, prophètes inclus, n’avait prévu).
  •  littéralement ressuscité l’économie russe.
  • reconstruit l’Armée Russe, les Forces de Sécurité et de Police ;
  • mis des obstacles sévères aux activités subversives des ONG étrangères en Russie.
  • fait plus pour la dé-dollarisation de la planète que n’importe qui avant lui ;
  • fait de la Russie le dirigeant incontesté des BRICS et de l’OCS ;
  • défié ouvertement le monopole informationnel de la machine propagandiste occidentale (avec des projets comme celui de RT-Russia Today)
  • empêché une attaque imminente de la Syrie par les USA/OTAN, en envoyant une Force expéditionnaire de la Marine Russe (qui a fourni à la Syrie une couverture-radar de la région entière) ;
  • rendu possible la victoire d’Assad dans la guerre civile syrienne ;
  • ouvertement rejeté le « modèle civilisationnel global » occidental et déclaré son soutien à un autre, à base religieuse et traditionnelle ;
  • ouvertement rejeté un Nouvel Ordre Mondial unipolaire sous la domination des Anglo-Sionistes et déclaré son soutien à un ordre mondial multipolaire ;
  • soutenu Assange (par le biais de Russia Today) et protégé Snowden ;
  • créé et promu un nouveau modèle d’alliance entre la Chrétienté et l’Islam, sapant ainsi le paradigme du « choc des civilisations » ;
  • bouté les Anglo-Sionistes hors d’endroits-clés dans le Caucase (Tchétchénie, Ossétie) ;
  • bouté les Anglo-Sionistes hors d’endroits-clés d’Asie Centrale (base de Manas au Kirghizistan) ;
  • donné à la Russie les moyens - y compris militaires - de défendre ses intérêts dans la région arctique;
  • établi une alliance stratégique tous azimuts avec la Chine, qui est au cœur même des BRICS et de l’OCS ;
  • fait voter des lois (processus en train) empêchant des intérêts étrangers de prendre le contrôle des médias russes ;
  • donné à l’Iran les moyens de développer un programme de nucléaire civil dont ce pays avait grandement besoin ;
  • travaillé avec la Chine à créer un système financier totalement séparé du système actuellement contrôlé par les Anglo-Sionistes (y compris les transactions en roubles et en renminbi) ;
  • rétabli le soutien politique et économique de la Russie à Cuba, au Vénézuéla, à la Bolivie, à l’Équateur, au Brésil, au Nicaragua et à l’Argentine ;
  • très efficacement deballonné la « révolution de couleur » pro-US en Russie ;
  • organisé le « Voentorg » qui a armé les FAN 
  • offert l’asile à des centaines de milliers de réfugiés ukrainiens ;
  •  envoyé en Novorossia une aide humanitaire vitalement urgente ;
  • fourni un appui-feu direct et peut-être une couverture aérienne aux FAN, dans des endroits-clés (les « chaudrons sud » par exemple) ;
  • enfin et pas des moindres, il a parlé ouvertement de la nécessité, pour la Russie, de redevenir « souveraine » chez elle et de prévaloir sur la 5e colonne pro-US.

et cette liste s’allonge presque à l’infini. Tout ce que je suis en train de démontrer, c’est qu’il y a d’excellentes raisons à la haine qu’éprouvent les Anglo-Sionistes pour Poutine : le très long palmarès des luttes qu’il a menées contre eux. Si bien qu’à moins de lui supposer un changement subit de cœur, de mentalité ou de courage, on peut partir du principe qu’un changement d’attitude à 180° est hors de question. Sa politique actuelle est, au contraire, pleine de sens, et je vais essayer de l’expliquer un peu.

Si vous êtes du genre « Poutine a trahi la Novorossia », laissez un moment votre hypothèse de côté, juste pour les besoins de ma démonstration, et supposons que Poutine a, à la fois, des principes et de la logique. Que pourrait-il être en train de faire en Ukraine ? Quel sens attribuer à ce que nous voyons ?

 

Des impératifs que la Russie ne peut pas ignorer

Premièrement, je considère les impératifs suivants comme incontestables :

Un : la Russie doit l’emporter dans la guerre que lui imposent les Anglo-Sionistes. Ce que veut l’empire, en Russie, c’est un changement de régime, suivi d’une absorption complète dans la sphère d’influence occidentale, avec un très probable démembrement de la Russie à la clé.

Deux : la Russie ne sera jamais en sécurité tant qu’il y aura un régime néo-nazi à sa porte, c’est-à-dire au pouvoir à Kiev. Les freaks nationalistes Ukies ont prouvé » qu’il était vain de négocier avec eux (ils ont littéralement violé tous les accords qu’ils avaient signés jusqu’ici) ; leur haine pour la Russie est totale (comme le montrent leurs constantes références à l’utilisation – hypothétique – d’armes nucléaires contre la Russie. Par conséquent :

Trois : un changement de régime à Kiev, suivi d’une dénazification complète est la seule façon, pour la Russie, d’atteindre ses objectifs vitaux.

Une fois encore, et au risque de voir mes propos déformés et trahis, il me faut répéter que la Novorossia n’est pas l’enjeu de cette guerre. Ce n’est même pas non plus l’avenir de l’Ukraine. Ce qui est en jeu, c’est une confrontation planétaire (seule thèse de Douguine avec laquelle je sois d’accord). L’avenir de la planète dépend de la capacité des pays des BRICS et de L’OCS de remplacer l’empire anglo-sioniste par un ordre international très différent : multipolaire. Dans cet effort, le rôle de la Russie est crucial et indispensable. (tout effort dans ce sens sans la Russie serait voué à l’échec), et l’avenir de la Russie est en train de se décider selon ce que la Russie fera en Ukraine. Quant à l’avenir de l’Ukraine, il dépendra largement de ce qui arrivera en Novorossia, mais pas exclusivement. Paradoxalement, la Novorossia est plus importante pour la Russie que pour l’Ukraine. Voici pourquoi :

Pour le reste de l’Ukraine, la Novorossia est perdue. Pour toujours. Même un effort conjoint d’Obama et de Poutine ne pourrait empêcher cela. Les Ukies le savent, et c’est la raison pour laquelle ils ne font pas d’effort pour se gagner les cœurs et les esprits de la population novorossienne. En fait, je suis sûr que la destruction soi-disant « aléatoire » et « à l’aveugle » des infrastructures industrielles, économiques, scientifiques et culturelles novorossiennes a été un acte de vengeance haineuse identique à la manière dont les Anglo-Sionistes se mettent toujours à tuer des civils quand il échouent à battre des forces militaires (les exemples de la Yougoslavie et du Liban viennent tout de suite à l’esprit). Bien sûr, Moscou pourra probablement forcer les dirigeants politiques novorossiens à signer une espèce de document reconnaissant la souveraineté de Kiev, mais ce ne sera qu’une fiction. Il est beaucoup trop tard pour cela. Sinon de jure, du moins de facto, la Novorossia n’acceptera plus jamais d’être gouvernée par Kiev, et tout le monde le sait, à Kiev, en Novorossia et en Russie.

À quoi pourrait ressembler une indépendance de facto et non de jure ?

Pas d’armée ukrainienne, de garde nationale, de bataillons oligarchiques ni de SBU ; pleine indépendance économique, culturelle, religieuse, linguistique et éducationnelle ; des dirigeants élus localement et des médias locaux, mais tout cela avec des drapeaux ukrainiens et pas de statut indépendant officiel, pas de Forces Armées Novorossiennes (remplacées par quelque chose comme des « Forces de Sécurité régionales » ou des « Forces de Police ») et pas de monnaie novorossienne (mais avec usage du rouble, du dollar et de l’euro au quotidien). Les hauts fonctionnaires devant être officiellement approuvés par Kiev (sans que Kiev puisse les refuser sous peine de laisser voir son impuissance).  Ce sera un arrangement temporaire, transitoire et instable, mais qui sera assez bon pour fournir une porte de sortie à Kiev en lui évitant de perdre la face.

Cela dit, je voudrais défendre le point de vue que Kiev et Moscou ont intérêt à maintenir la fiction d’une Ukraine unitaire. Pour Kiev, ce serait le moyen de ne pas apparaître comme complètement vaincue par les maudits Moskals. Mais pour la Russie ?

 

Que feriez-vous si vous étiez à la place de Poutine ?

Posez-vous la question suivante : si vous étiez Poutine et si votre but était de changer le régime de Kiev, préféreriez-vous que la Novorossia fasse partie de l’Ukraine ou pas ? Je m’avance à dire que garder la Novorossia à l’intérieur de l’Ukraine est préférable, pour les raisons suivantes :

1.   elle ferait partie, même à un macro-niveau, de tous les processus ukrainiens tels qu’élections nationales, médias nationaux, etc. ;

2.   elle provoquerait des comparaisons avec les conditions de vie dans le reste de l’Ukraine ;

3.   il lui serait plus facile d'influencer le commerce, les affaires, les transports, etc.

4.     elle créerait un centre politique alternatif (non-nazi) à Kiev ;

5.     elle faciliterait la pénétration en Ukraine des intérêts russes de toutes sortes ;

6.   elle ôterait ainsi à Kiev la possibilité d’ériger un « mur » ou autre marqueur géographique de type Guerre Froide ;

7.     elle désarmerait l’accusation selon laquelle la Russie veut le morcèlement de l’Ukraine.

Autrement dit, garder la Novorossia en Ukraine serait la meilleure façon de paraître céder aux exigences anglo-sionistes, tout en subvertissant la junte néo-nazie au pouvoir. Dans un récent article, j’ai souligné ce que la Russie pourrait faire sans encourir aucune conséquence majeure :

  1. s’opposer au régime partout : à l’ONU, dans les médias, dans l’opinion publique, etc
  2. exprimer son soutien politique à la Novorossia, ainsi qu’à toute opposition ukrainienne et continuer la guerre de l’information (les médias russes font un travail formidable) ;
  3. empêcher la Novorossia de tomber (aide militaire secrète) ;  
  4. maintenir impitoyablement la pression économique sur l’Ukraine ;
  5. perturber autant que possible « l’axe du bien » US-UE ;
  6. aider la Crimée et la Novorossia à prospérer, économiquement et financièrement.

En d’autres termes : avoir l’air de se tenir en-dehors tout en étant très fort au-dedans.

 

Quelle est, de toute façon, l’alternative ?

J’entends d’ici le chœur indigné des « patriotes-hourra » (c’est ainsi qu’on les appelle en Russie) m’accuser de ne voir dans la Novorossia qu’un outil devant servir aux buts politiques russes et de faire l’impasse sur les morts et les souffrances du peuple novorossien.

4. Hooray-patriots Russia.jpg

À cela, je répondrai très simplement :

Quelqu’un croit-il sérieusement qu’une Novorossia indépendante puisse vivre en état de paix, même minimale, sans un changement de régime à Kiev ? Si la Russie ne peut pas se permettre une junte nazie au pouvoir à Kiev, comment la Novorossia le pourrait-elle ?

En général, les « patriotes-hourra » sont très prolixe sur ce qu’il convient de faire tout de suite, et quasiment muets sur tout ce qui requiert une vision à long et même à moyen terme. Tout comme ceux qui croient qu’on pourrait sauver la Syrie en y envoyant la Force Aérienne Russe, les « patriotes-hourra » croient qu’on peut résoudre la crise de l’Ukraine en y envoyant des tanks. Ils offrent le parfait exemple de la mentalité dont parlait H.E. Mencken, lorsqu’il écrivait : « À tout problème complexe, il y a une solution qui est claire, simple et fausse ».

La triste réalité, c’est que la mentalité qui sous-tend les solutions « simples » est toujours la même : ne pas négocier, ne jamais faire de compromis, ne jamais se préoccuper du long terme mais uniquement de l’avenir immédiat, et user de la force dans tous les cas.

Mais les faits sont là : le bloc US/OTAN est puissant militairement, économiquement et politiquement, et il peut faire du mal à la Russie, particulièrement au fil du temps. En outre, quoique la Russie puisse facilement vaincre la force militaire ukrainienne, une telle victoire n’aurait guère de signification. À l’extérieur, elle déclencherait une détérioration massive du climat politique international, tandis qu’à l’intérieur, la Russie devrait supprimer par la force les nationalistes ukrainiens (qui ne sont pas tous nazis). La Russie peut-elle faire cela ? Une fois encore, la réponse est oui. Mais à quel prix ? Un bon ami à moi a été colonel d’une unité des Forces Spéciales du KGB appelée « Kaskad » (et plus tard rebaptisée « Vympel »). Un jour, il m’a raconté comment son père, lui-même et un opérateur spécial du GRU ont combattu les insurgés ukrainiens depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale – en 1945 – jusqu’en 1958 ; c’est-à-dire pendant treize ans ! Il a fallu à Staline puis à Krouchtchev treize ans pour venir à bout des insurgés nationalistes ukrainiens. Est-ce que quelqu’un à peu près sain d’esprit va sincèrement croire que la Russie moderne devrait reproduire cette politique et passer des années à refaire la chasse aux insurgés ukrainiens ?

À propos, si les nationalistes ukrainiens ont pu combattre le gouvernement soviétique sous Staline et sous Krouchtchev pendant treize ans après la fin de la guerre, comment se fait-il qu’il n’y ait eu personne pour combattre les Nazis de Kiev à Zaporojié, à Dniepropetrovsk ou à Kharkov ? Oui, Lougansk et Donetsk se sont soulevées et ont pris les armes, avec grand succès, mais le reste de l’Ukraine ? Si vous étiez Poutine, seriez-vous persuadés que les Forces Russes, libérant ces villes, y recevraient le même accueil qu’elles ont reçu en Crimée ?

Et pourtant les « patriotes hourra » continuent de pousser à la roue pour réclamer plus d’intervention russe et davantage d’opérations militaires novorossiennes contre les forces Ukies. Ne serait-ce pas le moment de nous demander qui bénéficierait de cette politique ?

C’est un vieux truc de la CIA/US que d’utiliser les médias sociaux et la blogosphère pour manipuler l’extrémisme nationaliste en Russie. Un journaliste bien connu et patriote russe respecté – Maksim Chevchenko – a formé un groupe de personnes organisées pour repérer les adresses IP [Internet Protocol Address, NdT] de certaines des organisations nationalistes les plus radicales, de leurs sites web, de leurs blogs et de leurs intervenants individuels sur le Net russe. Il s’est avéré que la plupart étaient enregistrés aux États-Unis, au Canada et en Israël. Surpise-surprise ! Ou, peut-être, pas de surprise du tout ?

Pour les Anglo-Sionistes, apporter leur soutien à des extrémistes et à des nationalistes rabiques en Russie est tout à fait cohérent. Soit ils peuvent influencer l’opinion publique, soit on peut les utiliser pour vilipender le régime au pouvoir. Personnellement, je ne vois aucune différence entre un Udaltsov ou un Navalny d’une part,un Limonov ou un Douguine d’autre part.

Leur seule influence se borne à mettre les gens en colère contre le Kremlin. Le prétexte qui leur sert à susciter cette colère importe peu : pour Navalny, ce sont les « élections truquées » ; pour Douguine, c’est la Novorossia poignardée dans le dos. Et il n’importe guère non plus de savoir lesquels d’entre eux sont effectivement des agents payés ou des idiots utiles – que Dieu les juge – mais ce qui importe, c’est que les solutions qu’ils préconisent ne sont pas des solutions du tout, juste de pieux prétextes pour vilipender le régime au pouvoir.

Entretemps, non seulement Poutine n’a pas vendu, poignardé dans le dos ni laissé tomber en aucune manière la Novorossia, c’est Porochencko qui ne tient plus que par un fil au pouvoir et le Banderastan qui glisse au fond de la cuvette. Il y a aussi pas mal de gens qui voient clair dans les clabauderies diffamatoires des oiseaux de mauvais augure, tant en Russie (Yuri Baranchik) et à l’étranger (M.K. Bhadrakumar).[ Il y en a d’autres, beaucoup d’autres, diables merci ! Philippe Grasset, par exemple, ou AVIC, rien qu’en francophonie, Alexandre Prokanov en Russie, et on pourrait allonger la liste. NdT]

 

Mais, et les oligarques ?

J’ai déjà traité de cette question dans un post récent, mais je crois qu’il est important de revenir sur ce sujet, et la première chose qu’il importe de comprendre, dans le contexte russe et ukrainien, c’est que les oligarques sont une réalité de la vie. Cela ne veut pas dire que leur existence soit une bonne chose, mais que Poutine et Porochenko, et d’ailleurs n’importe qui essayant d’arriver à quelque chose dans ces deux pays doivent en tenir compte. La grande différence, c’est qu’alors qu’à Kiev un régime contrôlé par les oligarques a été remplacé par un régime d’oligarques, en Russie, l’oligarchie peut seulement influencer mais non contrôler le Kremlin. Les exemples de Khodorkovski et d’Evtouchenkov montrent bien que le Kremlin peut mettre un oligarque au tapis quand c’est nécessaire et qu’il ne s’en prive pas.

Cependant, mettre un ou deux oligarques K.O. est une chose, mais retirer l’oligarchie de l’équation ukrainienne en est une autre. Très différente. Cette alternative n’est pas à l’ordre du jour. Cela veut donc dire que, pour Poutine, toute stratégie ukrainienne doit prendre en compte la présence, et, franchement, le pouvoir des oligarques ukrainiens et de leurs homologues russes.

Poutine sait que la seule loyauté des oligarques est envers eux-mêmes et que leur seule vraie patrie est là où se trouvent leurs avoirs. Pour Poutine, ancien officier de renseignement du KGB, c’est un atout évident, parce que cette mentalité lui permet de les manipuler suivant un nombre défini de voies d’accès : l’idéologie, l’ego, le ressentiment, le sexe, un squelette dans le placard et, bien sûr, l’argent. Du point de vue de Poutine, Rinat Akhmetov, par exemple, est un type qui employait quelque chose comme 200.000 personnes dans le Donbass, qui peut, à l’évidence, faire en sorte que des choses se réalisent concrètement, et dont la loyauté officielle envers Kiev et l’Ukraine est juste un camouflage recouvrant sa loyauté réelle envers son fric. Or, Poutine n’a pas besoin d’aimer ni de respecter Akhmetov – la plupart des officiers de renseignement méprisent cordialement ce genre de personnes – mais il est certain que, pour Poutine, il est absolument crucial de pouvoir parler avec Akhmetov, d’explorer les potentialités qu’il offre et, si possible, de s’en servir pour atteindre l’un ou l’autre objectif national russe dans le Donbass.

J’ai déjà écrit ceci pas mal de fois : les Russes parlent à leurs ennemis. Avec un sourire amical. C’est encore plus vrai chez un ancien officier des services de renseignement, qui a été formé à toujours communiquer, sourire, avoir l’air engageant et compréhensif. Pour Poutine, Akhmetov n’est pas un ami ou un allié, mais c’est un personnage puissant qu’il convient de savoir manipuler à l’avantage de la Russie. Ce que j’essaie de vous expliquer, c’est ceci :

Il court de nombreuses rumeurs de négociations secrètes entre Rinat Akhmetov et des officiels russes. Il y en a qui disent que Khodakovski y est impliqué. D’autres mentionnent Sourkov. Il ne fait aucun doute pour moi que de telles négociations sont en cours. En fait, je suis sûr que toutes les parties intéressées parlent à toutes les parties impliquées. Y compris avec une créature répugnante, malfaisante et vile comme Kolomoïski. Le signal certain que quelqu’un a finalement décidé de le sortir du jeu serait que plus personne ne lui parle. Cela se produira sans doute, avec le temps, mais assurément pas avant que la base de son pouvoir ne soit suffisamment érodée.

Un blogueur russe [Yuri Baranchik, NdT] croit qu’Akhmetov a déjà été « persuadé » (lisez : acheté) par Poutine et qu’il est d’accord pour jouer selon les nouvelles règles, celles qui disent « Poutine est le chef ». Peut-être. Peut-être pas encore mais bientôt. Peut-être jamais. Tout ce que j’essaie de dire, c’est que des négociations entre le Kremlin et les oligarques Ukies sont aussi logiques et inévitables que l’ont été les contacts US avec la mafia italienne avant l’entrée des Forces US en Italie.

 

Mais y a-t-il une 5e colonne en Russie ?

Oui, absolument. D’abord et principalement, on la trouve à l’intérieur du gouvernement Medvedev, et même à l’intérieur de l’administration présidentielle. Rappelez-vous toujours que Poutine a été mis au pouvoir par deux forces concurrentes : les services secrets et les puissances d’argent (ce que j’appelle les « Atlantistes intégrationnistes »). Elles sont toujours considérablement présentes, quoi qu’elles soient plus effacées, plus prudentes et moins arrogantes qu’à l’époque où Medvedev était encore officiellement en charge. Le grand changement survenu ces dernières années, c’est que la lutte entre les patriotes (les « Souverainistes eurasiens ») et la 5e colonne apparaît maintenant au grand jour, mais elle est loin d’avoir cessé. Et nous ne devons jamais sous-estimer ces gens : ils ont beaucoup de pouvoir, beaucoup d’argent et une capacité fantastique à corrompre, menacer, discréditer, saboter, espionner, salir, etc. Ils sont aussi très à la page : capables d’engager les meilleurs professionnels de la subversion sur le terrain, et ils sont très très forts pour organiser de vilaines campagnes politiques. Par exemple, ils se donnent beaucoup de mal pour donner un forum à l’opposition nationale-bolchevique (Limonov et Douguine apparaissent très souvent à la télévision russe) et la rumeur court qu’elle (c'est toujours de la 5e colonne qu'on parle) finance beaucoup des médias nationaux-bolcheviques (exactement comme les frères Koch financent le Tea Party aux USA).

Un autre problème vient de ce que, quoique ces gens exécutent objectivement les ordres de la CIA, il n’y en a pas de preuve. Comme me l’a souvent répété un ami très averti : la plupart des conspirations sont en réalité des collusions, et les collusions sont très difficiles à prouver. Mais la communauté d’intérêts entre les USA/CIA et les oligarchies russe et ukrainienne est si évidente qu’il serait vain de vouloir la nier.

 

Le vrai danger pour la Russie

Nous avons donc à présent le tableau complet. Poutine doit simultanément affronter :

1) une campagne stratégique de guerre psychologique menée par les US/UK & C°, qui combine la démonisation de Poutine par tous les médias aux ordres ET une campagne dans tous les médias sociaux, visant à le discréditer pour son manque d’agressivité envers l’Ouest.

2) un groupe – petit mais bruyant – de (pour la plupart) nationaux-bolcheviques (Limovov, Douguine & C°), qui ont trouvé, dans la cause novorossienne, une parfaite occasion de lyncher Poutine, lequel a le tort de ne pas partager leur idéologie et leurs « claires, simples et fausses » solutions.

3) un réseau d’oligarques très puissants, désireux d’utiliser l’opportunité offerte par les deux groupes sus-nommés pour faire avancer leurs propres intérêts.

4) une 5e colonne pour laquelle tout ce qui précède offre une possibilité merveilleuse d’affaiblir les Souverainistes eurasiens.

6) une écrasante majorité de gens, en Novorossia, qui veulent une indépendance totale (de facto et de jure) vis-à-vis de Kiev, et qui sont sincèrement convaincus que toute négociation avec Kiev est le prélude à une trahison, par la Russie, des intérêts novorossiens.

7) la réalité objective, selon laquelle les intérêts russes et novorossiens ne sont pas les mêmes.

8) l’autre réalité objective, selon laquelle l’empire anglo-sioniste est toujours très puissant et, bien sûr, potentiellement dangereux.

C’est très très dur pour Poutine d’essayer d’équilibrer ces forces, de manière à ce que le vecteur résultant aille dans le sens des intérêts stratégiques de la Russie. Je dirais même qu’il n’y a simplement pas d’autre solution à ce casse-tête que de séparer la politique officielle russe (déclarée) des actions russes réelles. L’aide secrète à la Novorossia – le Voentorg – en est un exemple, quoiqu’un exemple limité, parce que ce que la Russie doit faire maintenant va bien au-delà des actions secrètes. Elle doit avoir l’air de faire une chose tout en faisant exactement – quadrature du cercle - le contraire. Au point où en sont arrivées les choses, il est de l’intérêt stratégique de la Russie de sembler :

1) défendre une solution négociée dans le sens d’une Ukraine unitaire non-alignée avec d’importants droits régionaux pour toutes les régions, tout en s’opposant partout au régime en place : à l’ONU, dans les médias, dans l’opinion publique, etc., et en soutenant l’opposition non seulement en Novorossia mais aussi dans le reste de l’Ukraine.

2) donner aux oligarques russes et ukrainiens des raisons de - sinon soutenir - du moins ne pas s’opposer à une telle solution (par exemple en ne nationalisant pas les avoirs d’Akhmetov dans le Donbass), tout en s’assurant qu’il y ait assez de « puissance de feu » pour les tenir sous contrôle

3) négocier avec l’Union Européenne sur la mise en œuvre de l’accord Ukraine-UE, tout en aidant l’Ukraine à se suicider économiquement en s’assurant qu’il y ait assez de strangulation économique pour empêcher le régime de rebondir ;

4) négocier avec l’Union Européenne et la junte de Kiev sur la livraison du gaz, tout en s’assurant que le régime ait suffisamment à payer pour rester fauché.

5) refuser la confrontation avec les USA, en s’appliquant de toutes ses forces à créer des tensions entre les USA et l’UE.

6) être disponible et prêt à faire des affaires avec l’empire  anglo-sioniste, tout en construisant un système international alternatif non centré sur les USA et sur le dollar.

Comme vous voyez, ceci va bien plus loin qu’un programme d’actions secrètes. Ce que nous avons là est un programme très complexe, multi-couches, en vue d’atteindre un but importantissime en Ukraine (changement de régime et dénazification), tout en court-circuitant le plus possible les tentatives des Anglo-Sionistes pour recréer une crise Est-Ouest sévère et de longue durée, à la (dé)faveur de laquelle l’Union Européenne serait immanquablement amenée à fusionner avec les États-Unis.

 

Conclusion : clé de la politique russe ?

La plupart d’entre nous avons l’habitude de penser en termes de super-puissances. Après tout, les présidents US, de Reagan à Obama, nous ont mis au régime hautes calories de déclarations formidables,  d’opérations militaires sans fin toujours suivies de déclarations martiales du pentagone, de menaces, de sanctions, de boycotts, etc. Je me permettrai de dire que ceci a toujours été la marque distinctive de la « diplomatie » occidentale, des Croisades aux dernières frappes contre l’ISIL. La Russie et la Chine ont une tradition diamétralement opposée. Par exemple, en termes de méthodologie, Lavrov répète toujours le même principe : « nous voulons faire de nos ennemis des neutres, des neutres nos partenaires et de nos partenaires des amis ». Le rôle de la diplomatie russe n’est pas de faire la guerre mais de l’éviter. Oui, la Russie se battra, mais seulement quand la diplomatie aura échoué. Si, pour les États-Unis, la diplomatie n’est qu’un moyen de lancer des menaces, pour la Russie, c’est le principal moyen de les désamorcer. Ce n’est donc pas étonnant que la diplomatie US soit primitive au point d’en être comique. Après tout, de quelle sophistication a-t-on besoin pour dire « écrase-toi, sinon ! » ? Le premier petit voyou des rues venu sait comment faire cela. Les diplomates russes, pour leur part, sont plutôt du genre spécialistes en explosifs ou officiers démineurs : ils sont très patients, très prudents et très concentrés. Mais, par-dessus tout, ils ne peuvent autoriser personne à les bousculer, sous peine de faire exploser tout le bazar.

La Russie est parfaitement consciente de ce que l’empire anglo-sioniste est en guerre contre elle et que lui céder n’est plus une option (si tant est que cela l’ait jamais été). La Russie sait aussi qu’elle n’est pas une super-puissance et encore moins un empire. La Russie n’est qu’un pays très puissant, en train d’essayer d’enlever à l’empire ses crochets à venin sans déclencher une confrontation frontale avec lui. En Ukraine, la Russie ne voit pas d’autre solution qu’un changement de régime à Kiev. Pour atteindre ce but, la Russie préférera toujours une solution négociée à un résultat obtenu par la force, même si, en l’absence de toute autre possibilité, elle emploiera la force. En d’autres termes :

5. Dollar gutter.jpg

Dollar dans le caniveau – Josetxo Ezcurra

 

Le but à long terme de la Russie est de faire tomber l’empire anglo-sioniste. Son but à moyen terme est de créer les conditions nécessaires à un changement de régime à Kiev. Son but à court terme est d’empêcher la junte d’envahir et de soumettre la Novorossia. La méthode préférée de la Russie pour atteindre ces buts est de négocier avec toutes les parties impliquées. Un préalable, pour y arriver par la négociation, est d’empêcher que l’empire réussisse à créer une crise continentale aiguë (pour sa part, « l’état profond » impérial a parfaitement compris tout cela, d’où la double déclaration de guerre d’Obama et de Porochencko).

Si vous gardez à l’esprit ces principes de base en tête, le sens des apparents zig-zags, contradictions et passivité de la politique russe commence à vous apparaître.

Est-ce que la Russie réussira à atteindre ses buts ? Cela reste à savoir. Théoriquement, une attaque heureuse de la junte en Novorossia pourrait obliger la Russie à intervenir. De même, la possibilité d’une « fausse bannière » de plus n’est pas exclue, peut-être même au nucléaire. Je pense que la politique russe est saine et rationnellement la plus susceptible de réussir dans les circonstances actuelles. Mais en définitive, seul le temps le dira.

Je suis désolé qu’il m’ait fallu 6400 mots pour expliquer tout cela, mais, dans une société où la plupart des « pensées » s’expriment en tweets et la plupart des analyses en posts sur Facebook, c’est une tâche ardue que d’essayer de mettre un peu de clarté dans ce qui est en train de devenir un déluge de malentendus et d’idées fausses, le tout envenimé par les médias sociaux. Je trouve que 6.000 mots conviennent mieux à ce genre d’entreprise, dans la mesure où il est bien plus facile de lancer un slogan simpliste que de réfuter ses postulats et ses implications.

Ce  que j’espère, c’est que ceux d’entre vous qui étaient sincèrement désorientés par la démarche apparemment illogique de la Russie peuvent maintenant mieux relier les petits points entre eux et voir apparaître une image plus cohérente.

Meilleures salutations à tous.

Le Saker

Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

Sources :  http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/09/the-russian-resp...

http://uprootedpalestinians.wordpress.com/2014/09/29/angl...

http://www.informationclearinghouse.info/article39801.htm

(ce texte a généré près de 200 commentaires sur le site d’origine, plus des douzaines d’autres sur ceux d’I.C.H. et d’Uprooted Palestinians)

*

Comme on vous le disait…

Dvorkovitch : un exemple de 5e colonne à l’œuvre en Russie

Arkady-Dvorkovich.jpg

Ces derniers jours, les mauvaises nouvelles concernant l’économie russe furent nombreuses : les prix du pain, du fromage, des médicaments de la viande et de nombreux autres produits ont augmenté, certains de manière considérable. En même temps, le rouble a atteint un nouveau seuil à la baisse face au dollar, forçant la Banque centrale russe à intervenir pour contrer cette baisse.

Aucun doute qu’Obama va en profiter pour dire que les sanctions démontrent leurs effets.

Il y a juste un petit problème : aucun économiste n’a pu établir un lien direct entre les sanctions occidentales et ce que l’on observe. La réalité est bien plus simple.

Lire la suite…

Source : http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/03/dvorkovitch-exempl...

 

*

 

En anglais, hélas. Si nous en découvrons une traduction, nous l’insérerons ici même.

The Threat of War and the Russian Response

How to Lead a Coalition and Avoid a Global Conflict

By Sergey Glazyev

The world needs a coalition of sound forces advocating stability – a global anti-war coalition with a positive plan for rearranging the international financial and economic architecture on the principles of mutual benefit, fairness, and respect for national sovereignty.

6. glazyev.jpg

September 29, 2014 « ICH » – « Global Affairs » – U.S. actions in Ukraine should be classified not only as hostile with regard to Russia, but also as pursuing a process of  global destabilization. The U.S. is essentially provoking an international conflict to salvage its geopolitical, financial, and economic authority.

The response must be systemic and comprehensive, aimed at exposing and ending U.S. political domination, and, most importantly, at undermining U.S. military-political power based on the printing of dollars as a global currency.

The world needs a coalition of sound forces advocating stability —in essence, a global anti-war coalition with a positive plan for rearranging the international financial and economic architecture on the principles of mutual benefit, fairness, and respect for national sovereignty.

Read more…

Source : http ://www.informationclearinghouse.info/article398...

 

Le voilà !

La menace de guerre et la réponse russe

Sergey Glazyev - 28 septembre 2014

Comment mener une coalition et éviter un conflit mondial

Sergei Glaziev est un des conseillers du Président de la Fédération de Russie et membre de l’Académie des Sciences russe.

Résumé : Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

Lire la suite…

Source : http://www.les-crises.fr/la-menace-de-guerre-et-la-repons...

 

*

 

Sous-titré en anglais, grâce à la communauté des correspondants du Saker en Russie et en Océanie, et bien entendu pas en français… (Decline of the francophonie).

 

Dmitry Rogozine, Vice-Ministre de la Défense de Russie, interviewé par Vladimir Soloviev

L’avis du Saker :

Cette interview est importante, parce qu’elle montre ce que la Russie est réellement en train de faire tout en entretenant l’impression de poursuivre un « partenariat » avec l’empire anglo-sioniste : se préparer à la guerre en espérant qu’elle pourra être évitée. Dans cette interview, Rogozine s’adresse à une audience nationale, dans une des émissions les plus populaires de la télévision russe.

Il ajoute :

Rogozine est Vice-Premier ministre de Russie, Chef de la Commission Militaro-Industrielle et un des représentants les plus intéressants et les plus influents des « Souverainistes eurasiens. C’est aussi l’homme qui pourrait, un jour, succéder à Vladimir Poutine. Il est absolument haï par les « Atlantistes » de Russie et par l’empire anglo-sioniste.

 

 

*

Merci à Réseau international !

Ajout, ce dimanche  5 octobre

de l’interview de Dmitry Rogozine sous-titrée en français et de sa transcription.

Cette passionnante interview  de Rogozine, réalisée par Vladimir Soloviev, est passée le 21 septembre 2014 sur la chaine russe Rossia 1, dans le journal télévisé (Vesti). Le Vice-Premier ministre de la Fédération de Russie y expose sans retenue la position de la Russie face aux sanctions de l’Occident (notamment face à la France), et les investissements que mène le pays pour développer son industrie de l’armement.

À regarder avec sous-titres (36 mn) ou à lire en intégral sous forme d’un article, en dessous de la vidéo.

 

 

Télécharger les fichiers des sous-titres français et anglais au format .txt
(si vous voulez par exemple le traduire dans une autre langue, nous envoyer le fichier traduit
 à cette adresse).

Transcription : Marina (Saker russe), Katya (Saker Océanie) & CG (Saker russe). Traductions et édition : Katya & Daniel (Saker français). Production : Marina, Katya & Augmented Ether. Editing & Production: Augmented Ether (Oceania Saker)

Retrouvez toutes nos vidéos sous-titrées en français (et en d’autres langues) sur notre chaine Youtube TheFrenchSaker TV

 

TEXTE INTÉGRAL DE L’INTERVIEW

Vladimir Soloviev (VS) : Bonsoir et bienvenue à Une soirée avec Vladimir Soloviev. Du lundi au jeudi, après l’émission Vesti [le Journal télévisé], nous discuterons de l’actualité du jour avec ceux qui font de la politique, qui influencent la politique et qui ont un point de vue particulier sur ce qui se passe. Avec nous en studio, nous avons le Vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, M. Dmitri Olegovitch Rogozine. Nous verrons comment le complexe militaro-industriel de la Russie répond aux sanctions, pourquoi les Français craignent de briser le contrat Mistral et ce que l’ancien représentant auprès de l’OTAN pense de ses collègues de l’Alliance de l’Atlantique Nord.

Lire la suite…

Sources : http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/04/video-dmitri-rogoz...

Via :  http://reseauinternational.net/video-dmitri-rogozine-vice...

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Un Post-Scriptum d’I.C.H.

Fact or fiction ? Russia threatens to retaliate against U.S. military: Warns airspace over Syria under protection of Moscow. Russia has delivered a behind-the-scenes threat to retaliate if airstrikes carried out by the U.S. or its allies target the regime of Syrian President Bashar al-Assad, Middle Eastern security officials told WND.

7. No, you can't.jpg

 

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Frasques de l’empire

(Une pincée)

 

Sayed Hassan Nasrallah sur la coalition contre l’État Islamique : « L’Amérique est la mère du terrorisme ».

 

Discours du 23 septembre 2014

Dans cet extrai sous-titré en françaist, Sayed Hassan Nasrallah explique pourquoi le Hezbollah est opposé à la participation du Liban à la coalition internationale contre l’État Islamique menée par les États-Unis, qu'il considère comme la source du terrorisme et accuse de vouloir s’implanter à nouveau au Moyen-Orient au prétexte de cette coalition. Le Liban fait face à des agressions répétées de la part de l’EI et du Front Al-Nosra, qui ont capturé 22 soldats libanais et exécuté trois d’entre eux, mais Hassan Nasrallah considère que le Liban est tout à fait capable de faire face à ce danger, et qu’il n’est pas dans son intérêt de s’allier aux États-Unis.

 

 

Transcription :

Le deuxième point concerne les développements de la région et notre position vis-à-vis de ce qui a été appelé la coalition internationale contre l'Etat Islamique. Nous souhaitons bien évidemment préciser notre position vis-à-vis de cette coalition, notre position en tant que mouvement, notre position en tant que Résistance, notre position à travers nos ministres dans le gouvernement libanais, et nous voulons également par là répondre aux distorsions et mensonges dont nous avons été l'objet à ce sujet. Maintenant, s'il y a des gens qui sont incapables de savoir et de comprendre, c'est leur problème, pas le nôtre. Quoi qu'il en soit, nous exposons et expliquons notre position car il s'agit d'un moment historique et crucial.

Lire la suite :

Source : http://www.sayed7asan.blogspot.fr/

 

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« Washington est en train de planifier mon assassinat » (Christina Kirchner)

 

8. Cristina.jpg

IRIB et RT -  2 octobre 2014.

Cristina Fernandez de Kirchner a reçu des menaces de Daech (Isil-Isis), à cause de ses liens avec le pape François. Mais ce n’est pas la seule menace qui pèse sur elle. Elle accuse les États-Unis d’être en train de planifier la chute de son gouvernement et d’envisager même son assassinat.

« Si, un jour, il m'arrive quelque chose, ne regardez pas vers le Moyen-Orient, mais vers le Nord, cherchez ce qui se trafique dans les ambassades » a-t-elle déclaré dans un discours prononcé à la télévision nationale.

Le peso est en chute libre et les relations de la présidence avec les États-Unis sont au plancher

« Les États-Unis sont en train de bombarder le Moyen-Orient, et même s'ils ne mènent aucune attaque militaire contre l'Argentine, ils mènent des attaques économiques, pour faire retourner le pays en arrière, au temps où l'Argentine était à genoux et forcée de solliciter des prêts à des taux d'intérêt pharamineux », a-t-elle ajouté.

Pour plus de détails (en anglais) sur la manière dont l’empire prélève sa livre de chair,

Lire ici…

http://rt.com/news/192468-argentina-kirchner-economy-plot/

 

Pour la mise à mort de Dilma Roussef, par les urnes ou autrement, c’est

« à suivre ».

 

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Humour allemand

(C’est sérieux)

 


Source :  http://reseauinternational.net/satire-guerre-linformation...

 

 

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Démocratie à l’anglaise

 

9. winston-churchill.jpg

 

L'imam de Srebrenica et la vraie discrimination

24 septembre 2014

La Grande-Bretagne ayant refusé le visa au prêtre orthodoxe serbe de sa commune, l'imam de Srebrenica a renoncé à son voyage, par solidarité ! Comble d'ironie, la délégation mixte devait présenter un projet de coopération intercommunautaire.

Voici bientôt vingt ans qu'on exploite la tragédie de Srebrenica comme facteur de division entre bosniaques orthodoxes et musulmans. Le geste de l'imam Peštalić, qui ne lui aura pas valu que des félicitations dans son camp, mériterait d'être claironné comme un rayon d'espoir et une preuve d'entente possible, surtout au moment où l'Occident repart en guerre dans les terres d'islam.

Cette histoire est particulièrement révoltante et éloquente. Elle flanque par terre tout le prêchi-prêcha sur la tolérance dont se gargarisent, notamment, les apparatchiks anglais. Elle montre qui, derrière un hypocrite langage humaniste, sème vraiment la discorde en ex-Yougoslavie, et qui pratique vraiment la discrimination.

Ayant la preuve que beaucoup de journalistes lisent attentivement mon blog, je traduis ci-dessous l'article de Večernje Novosti qui relate l'affaire. On verra bien qui saisira l'occasion de raconter une belle histoire à contre-courant. Ou pas. À diffuser largement!

(NB Les soulignés sont de moi. SD.)

10. Imam Srebrenica.png

L'imam de Srebrenica a refusé de partir en Angleterre parce que les prêtres orthodoxes serbes n'avaient pas eu leur visa.

Lire la suite…

Source : http://blog.despot.ch/limam-de-srebrenica-et-la-vraie-dis...

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Marqués comme du bétail

11. human-trafficking-uk-report2.si.jpg

Un article de RT-Russia Today, sur l’esclavage à l’anglaise. Enfants et adultes. Gens de l’Est surtout (l’Empire britannique rétrécit).

Voir ici… en anglais

Source :  http://rt.com/uk/191864-human-trafficking-uk-report/

 

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Du coup :

À lire ou à relire !

12. SKIRDA.jpeg

 

 

 

Alexandre SKIRDA

La traite des Slaves – L’esclavage des Blancs du VIIIe au XVIIIe siècle

Les éditions de Paris – Max Chaleil – 2010

230 pages

 

 

 

 

Où le trouver :

À la Librairie Quilombo

Contact : quilombo@globenet.org

Pour visiter son site :  quilombo@globenet.org

 
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 Mis en ligne le 2 octobre 2014

 



 

19:59 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/09/2014

VOUS LE SAVIEZ ?...

1. Le bateau fou - Alexandr Mikushev.jpg

 

Vous le saviez, qu’à deux pas de chez vous, on faisait des trucs pareils ?

 

Le vol MH17 de Malaysia Airlines rempli de cadavres plastinés ?

Olivier Renault – La voix de la Russie

9 septembre 2014-09-14

Un rapport intermédiaire du Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité sur le crash du MH17 a été publié ce mardi 9 septembre à 10 heures, mais n'apporte rien sur les détails concernant les corps car c'est le document final qui devrait en faire cas. Comme l'explique Alain Benajam du comité France-Donbass pendant la conférence de presse donnée à Paris samedi 6 septembre « la Hollande est sous la domination américaine et rien ne sortira ! ».

 

2. Vol MH17.jpg


Une secouriste ukrainienne arrivée sur le lieu du crash de l'avion de la Malaysia Airlines a apporté un témoignage inédit en expliquant que les corps sentaient la chimie de manière très forte à en brûler les yeux et que les cadavres n'étaient pas des Occidentaux mais surtout des Asiatiques et que la majorité des corps étaient sans vêtement (seuls 20 avaient des habits). Cette odeur de chimie à en brûler les yeux est ce phénomène qu'on ressent en approchant les corps de la plastination, la grosse usine de recyclage de cadavres basé en Allemagne dans la ville de Guben mais aussi en Chine à Dalian avec l'immense filiale de la société allemande. Au delà de Plastinarium, une autre société allemande, Tutogen, commande entre autres, comme le montre un livre de 2008 et un reportage de 2011, ses cadavres en Ukraine par Kiev pour alimenter le marché lucratif mondial en pièces détachées humaines qui passe par l'Allemagne en direction des États-Unis.

Lire la suite…

Source : http://french.ruvr.ru/2014_09_09/Le-vol-MH17-de-Malaysia-...

 

Grain de sel des Grosses Orchades

 

En voilà des choses à vérifier ! En voilà une matière à enquête pour une commission internationale (qui comprendrait si possible des Cubains pour nous rassurer personnellement). Cela dit, M. Renault devrait se relire. Il écrit comme un petit cochon.

Supposons – hypothèse de travail – qu’il y ait du vrai dans ce qu’avaient aussi déclaré, ébahis, les sauveteurs locaux (non spécialistes de ces choses) arrivés les premiers sur le lieu du drame (« les passagers étaient déjà morts, c’étaient des cadavres »… « pas de sang », sauf dans la cabine,  où « il y en avait partout »…). Dans ce cas,

 

OÙ sont les victimes réclamÉes à grands cris par les Hollandais et par les canards anglais ?

 

Où est l’enfant réclamé par son père à Poutine ?

3. Putin's killed my son.jpeg

Si vous lisiez cela en passant vite devant un kiosque à journaux, vous pouviez penser qu’il avait perdu un bébé, le père éploré. Mais non, le bébé c’était le prince George qui venait de fêter (déjà !) son premier anniversaire. Le fils était « un brillant étudiant britannique », mais, ppfftt, un peu d’entourloupe ne mange pas de pain n’est-ce pas, et le Daily Mail est un vieux de la vieille.

 

Où sont les « êtres chers » réclamés aux « gangsters russes » par les « familles britanniques » interviewées – c’est sûr ! – par le Daily Telegraph avec photos à l’appui ?

4. daily telegraph - Russian gangsters.jpeg

Où les 10 « from UK » et les « 80 enfants qui ont péri » ? Où le malheureux « Brit » pickpocketté post mortem par les pillards de Poutine ? Est-ce qu’on les a rattrapés au moins, et embastillés, ou ont-ils eu le temps de refiler leur larcin à l’affreux du Kremlin pour son petty cash ?

5. SUN - Putin's looters.jpeg

Où sont les 193 Hollandais dont les corps ont été « rapatriés par deux avions militaires » et publiquement pleurés – leurs photos présentes dans les fleurs – par tant de familles en deuil ?

 


 

De deux ou trois choses l’une : si les corps étaient bien ceux d’Asiatiques emplastifiés et enformolisés, soit les familles éplorées ont participé à un entubage de l’ordre de deux avions descendant trois tours construites pour résister aux tremblements de terre, ce qui ferait d’elles une horde de délinquants internationaux, soit elles ont vraiment perdu des êtres chers, et dans ce cas oÙ ? quand ? comment ? et oÙ sont-ils, morts ou vifs, leurs chers disparus ?

 

À quand la publication officielle de la liste des endeuillés, avec leurs coordonnées précises et les minutes de leurs dépositions ? À quand la publication de la liste officielle des disparus, avec preuve de l’achat des billets et des formalités d’embarquement, individu par individu, enregistrées par les caméras de surveillance de l’aéroport de départ, etc, etc, etc. (La NSA doit bien avoir ça quelque part.)

 

Resterait quand même à savoir QUI sont les Asiatiques supposément formolitraités en Allemagne (pas à Auschwitz quand même ?) où et dans quelles circonstances ils sont morts. De mort naturelle ? Sinon… ?

 

Nous, on dit ça, hein… c’est parce qu’on est des fans de saint Thomas, apôtre bien trop négligé si vous voulez notre avis.

 

À condition qu’il y ait le moindre fondement dans ce que rapporte l’article (et cela doit pouvoir se vérifier), une chose est sûre : si cramés du bulbe qu’ils soient, si monstres de Frankenstein de la troisième génération, et même si shootés au crack, les nazis de Kiev ne peuvent pas être à l’origine de ce neo-Reichstag en folie. Ils ont pu y participer – par exemple en flinguant les pilotes à l’Uzzi ou au bazooka – mais c’est de l’amont que vient l’Eurêka de la chose, et d’un amont à complicités multiples. Principalement européennes. Joie ! Joie ! Pleurs de joie !

 

6. à suivre fin dessin animé.jpg

 

Déjà une suite !  :  Après notre mise en ligne, il semble que La Voix de la Russie ait retiré de son site l'article d'Olivier Renault. Il y était question, en détail, de trafic de corps humains « traités » en Allemagne et expédiés, principalement vers les États-Unis. Pour en faire quoi ? Pas de la transplantation d'organes, les « donneurs » étant déjà morts, mais, semble-t-il, des greffes de tissus et d'os. On ne peut que supposer que, sans preuves matérielles à faire valoir, puisque les restes sont aux mains des enquêteurs occidentaux, La Voix de la Russie ait préféré supprimer l'article de son collaborateur et les commentaires qu'il suscitait.

CEPENDANT...

Le Plastinarium existe bien, à Guben. C'est là (en allemand) : http://www.plastinarium.de/index.html .

Même TripAdvisor en parle : http://www.tripadvisor.fr/ShowUserReviews-g1597377-d2554338-r127060710-Plastinarium-Guben_Brandenburg.html

Tutogen aussi existe. C'est ici (en anglais) : http://www.rtix.com/about/tutogen-medical-gmbh/

Et a même ce qui ressemble à une filiale en France : http://www.tutogen.fr/ 

 

 

*

 

Justement, puisqu’on en parle… 

 

Foin du respect des dates en matière d’anniversaires, on n’est pas à quelques jours près :

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11 Septembre,
Journée officielle des «merdias» et du mensonge d’État

(il faudra peut-être lui trouver un saint patron, un qui ne soit pas dégoûté)

11/09/2014 - Histoire de marquer le 13ème anniversaire de la plus formidable opération d’enfumage jamais réalisée, entrefilets.com propose d’instituer désormais la date du 11 Septembre comme «Journée officielle des «merdias» et du mensonge d’État». Après le fascinant montage du 11 Septembre 2001 et les fausses ADM irakiennes ; après la vraie-fausse révolution syrienne et la fameuse attaque chimique bidon;  après les faux bombardements de Kadhafi sur sa population ; après la fausse révolution ukrainienne et la manipulation autour du crash du MH17: franchement, il était injuste que face à tant d’efforts pour créer cette réalité virtuelle, aucune journée ne soit dédiée aux merdias pourvoyeurs du mensonge d’État. Injustice réparée donc.

Lire la suite…

Source :  http://www.entrefilets.com/11%20Septembre%20journee%20off... 

 

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Quoi qu’il en soit, le 11 septembre, c’est la saint Adolphe.

Quant au patron des journaleux, c’est saint François de Sales, mais, nous sommes nuls en calembours lacano-freudiens !

 

*

Pour en finir une fois pour toutes, avec les discussions sur « les tours ».

Treize ans après le 11-Septembre, l’aveuglement persiste

par Thierry Meyssan

 

Thierry Meyssan fut le premier à démontrer l’impossibilité de la version officielle des attentats du 11-Septembre et à en conclure à une modification profonde de la nature et de la politique du régime états-unien. Alors que la plupart de ses lecteurs continuent à se passionner pour cette journée, il a poursuivi son chemin et s’est engagé contre l’impérialisme au Liban, en Libye, et aujourd’hui en Syrie. Il revient ici sur cette folle journée.

 

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 11 septembre 2014

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Les évènements du 11-Septembre restent gravés dans la mémoire collective sous la forme planifiée par les médias : des attentats gigantesques ont frappé New York et Washington. Mais l’enjeu de pouvoir qui a profondément changé le monde ce jour-là est toujours occulté.

Vers 10 h le matin, alors que les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone avaient déjà eu lieu, le conseiller anti-terroriste de la Maison-Blanche, Richard Clarke, a enclenché le programme de « continuité du gouvernement ». Ce programme vise à remplacer l’Exécutif et le Législatif en cas de destruction lors d’une guerre nucléaire. Il n’avait aucune raison d’être mis en œuvre ce jour-là. Dès lors, le président George W. Bush a été démis de ses fonctions au profit d’un gouvernement militaire.

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Source : http://www.voltairenet.org/article185303.html

 

*

Les Slaves se rebiffent

 

Le factum d’Andreï Nikitine ayant plu autour de nous (à des Occidentaux lucides ou masos) et puisqu’il n’est pas le seul à nous balancer nos quatre vérités, nous vous en avons trouvé un autre, que voilà (c’est un Serbe, mais c’est bien des Russes qu’il parle) :

 

Le syndrome Tolstoïevsky

Slobodan Despot

Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.

 

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Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a bâti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l’utilise encore (à la différence des USA où les rails légendaires finissent en rouille), qui a minutieusement exploré et cartographié les terres, usages, ethnies et langues de l’espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins géants, qui a reconstitué une classe moyenne en moins de quinze ans après la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixième des terres émergées, est soudain traitée, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation !

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Source : http://blog.despot.ch/le-syndrome-tolstoievsky

 

Slobodan Despot, est écrivain, mais aussi éditeur. Le canton de Vaud aura eu ainsi deux éditeurs serbes : Slobodan Despot, donc, qui anime les éditions Xénia (http://www.editions-xenia.com/library) et feu Vladimir Dimitrijević, qui a dirigé les éditions L’Âge d’Homme jusqu’à sa mort en 2011.

 

Mais à quoi bon lésiner ?

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POUCHKINE :

Aux calomniateurs de la Russie

«Vous menacez, rhéteurs : agissez donc, de grâce.

Mais agir est douteux : plus sûre est la menace.»

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Aleksandr Sergueevitch Pouchkine, Œuvres poétiques, Volume 1 (éd. L'Âge d'Homme)

 

 

*

Et puisqu’on est à la fois chez les Slaves et en plein centenaire de la Première der des der :

 

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28 juin 1914.

In memoriam Gavrilo Princip

Gavrilo Princip, dont le nom et le prénom sont à eux seuls un destin et une prophétie, n'avait pas encore vingt ans le 28 juin 1914 lorsqu'il abattit le prince héritier d'Autriche-Hongrie François-Ferdinand et son épouse la comtesse Chotek. Lors de son procès à l'automne 14, l'Empire, qui exterminait déjà en masse les populations civiles dans la Serbie voisine, avait tenu à persuader le monde de son respect minutieux du droit. Au lieu de le pendre à l'instar de ses camarades révolutionnaires, il condamna cet étudiant mineur à vingt années de bagne.

Mais c'était la pendaison qui était une grâce !

Lire la suite…

Source : http://www.despot.ch/blog/index.php?id=8465862883970686266

 

*

L’Occident ne s’intéressant pas à ce qu’on ne lui met pas sous le nez dans ses merdias ne sait pas qu’Emir Kusturica s’est lancé dans une entreprise difficile et de longue haleine : obtenir la révision du procès qui a condamné, « par grâce impériale », le justicier mineur d’âge à vingt ans de forteresse « pour trahison » (« pour trahison » = condamnation à mort assurée) et non pour meurtre (dix à vingt ans de réclusion). Son procès, semble-t-il, relevait de la justice du Sultan, non de celle de l’Empereur d’Autriche, car comment peut-on trahir un pays qui occupe le vôtre ? Bien sûr, les trois autres membres de Jeune Bosnie ont été pendus et Princip est mort quatre ans plus tard – dans les pires conditions qui soient –, une révision ne changera rien à leur sort. Pourquoi la vouloir, alors ? Pour le principe. Pour avoir la satisfaction morale d’exposer la dépravation de l’empire, qui a violé le droit pour obtenir vengeance. Les empires n’en font jamais d’autres.

 

À propos, que devient Aafia Siddiqui ? (Soit dit en passant, c’est prophétiquement qu’Yvonne Ridley a écrit, en 2010,  “Aujourd'hui Aafia, les citoyens américains demain”). Que deviennent Léonard Peltier,  Mumia Abou Jamal, Georges Ibrahim Abdallah, eux aussi enterrés vifs jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Les empires se succèdent et se ressemblent.

 

Aux dernières nouvelles et pour le centenaire de cet « Attentat de Sarajevo », qui serait responsable, ha-ha, de la Guerre de 14-18, le bouillant Emir devrait même faire un film (ATTENTION : Rien à voir avec Botul et son infâme Bosna !) :

 

Sarajevo 1914 : Emir Kusturica monte au créneau pour défendre Gavrilo Princip

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« Montrer l’histoire telle qu’elle est. » Emir Kusturica vient de se voir confier par un comité d’historiens russes et britanniques la réalisation d’un film documentaire sur l’attentat de Sarajevo. Son credo : « rétablir la vérité contre les historiens occidentaux » et innocenter Gavrilo Princip.

Lire la suite…

Source : http://balkans.courriers.info/article23789.html

 

Ce ne sera pas un luxe, parce que déjà « terroriste » et responsable des morts de la Grande Guerre pour la légende officielle, le pauvre Princip se fait aussi traiter de faux nationaliste et de vrai sioniste franc-maçon par un lecteur d’E&R. Méfaits de l’instruction obligatoire mal digérée ?…

Enfin, comme il serait vain d’attendre un hommage du Monde ou du Canard Enchaîné, allons voir au Québec, où Le Devoir en a publié un :

 

Gavrilo Princip, l’homme qui annonça la liberté

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Qualifier de « terroriste » l’homme qui a tiré sur Ferdinand en juin 1914 est une forme de négationnisme

par Mihailo Papazoglu - Ambassadeur de la République de Serbie au Canada - 28 juillet 2014 |

Lire ici : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/414509/premiere-guerre-mondiale-le-point-de-vue-serbe-gavrilo-princip-l-homme-qui-annonca-la-liberte

 

Radotons :

« Je suis historien avant d’être chrétien. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits, la manière dont les choses se sont réellement passées. »

Leopold von Ranke, Histoire de l’empire ottoman

 

 

*

Dernière minute :

 

Guerre des nerfs

Qu’est-ce qui a tant effrayé l’USS Donald Cook en mer Noire ?

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Le Département d’État a reconnu que l’équipage du destroyer USS Donald Cook est gravement démoralisé depuis qu’il a été survolé en mer Noire par un avion russe de combat Sukhoï-24 (Su-24) qui ne portait ni bombes ni missiles mais uniquement un dispositif de guerre électronique.

 

Lire la suite…

Source : http://croah.fr/revue-de-presse/quest-ce-qui-a-tant-effra...

Dirait-on pas un remake de l’atterrissage du drone US en Iran ?

 

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Vie des bêtes

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Ce n’est pas la première fois, mais ils persistent !

Madrid : des dizaines de milliers de manifestants se sont déversés dans les rues de Madrid, pour protester contre le Toro de la Vega, une fête d’été qui se déroule dans la ville de Tordesillas, à 200 kms au nord de la capitale. Les manifestants ont symboliquement cassé des lances de bois, pour protester contre la coutume de frapper des taureaux à coups de lances jusqu’à ce qu’ils meurent.

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La manifestation était organisée par l’Association de Défense des Animaux PACMA, qui en a appelé aux élus des deux formations au pouvoir : le Parti Socialiste Ouvrier d’Espagne (PSOE) et le Parti Populaire (PP), pour qu’ils condamnent cette coutume. En outre, ils ont présenté, au Comité des Pétitions de la Communauté Européenne, une pétition dans le même sens, qui avait récolté 70.000 signatures.

 

 

 

*

 

 
 

Mis en ligne le 16 septembre 2014.

(Le bateau fou, Aleksandr Mikuchev)

 

 

17:40 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/09/2014

CHEMINS DE DAMES

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Chemins de dames

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Une femme, un livre.

Arundhati Roy n’est pas seulement une des plus belles femmes du monde, c’est aussi un des cerveaux les plus lucides et les plus intrépides qui soient, et une conscience comme il y en a peu. Elle est indienne, mais quand un nouvel écrit d’elle paraît, c’est un événement mondial, pas indien.

Aujourd’hui, elle sort, après plusieurs années de silence, un livre au titre trompeusement aride : Capitalism, A Ghost Story

En espérant que l’édition française n’attendra pas trois ans pour le publier, nous vous en proposons ici un passage, reproduit par ICH avec la permission de l’éditeur.

 

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Arundhati Roy – 53 ans dont vingt de lutte à plein temps, grâce à la sécurité financière que lui a valu le prestigieux Booker Prize pour son roman Le dieu des petites choses

 

Comment le pouvoir des grandes entreprises a transformé la richesse en philanthropie pour prendre le contrôle de la société

 

Arundhati Roy

Son nouveau livre Capitalisme : une histoire de fantômes explore la relation astucieusement brouillée entre les grands groupes d’intérêts et les fondations qu’ils dotent.

Août 2014 - I.C.H. 

Ce qui suit est un extrait du nouveau livre d’Arundhati Roy, Capitalism : A Ghost Story (Haymarket Books 2014), ici reproduit avec autorisation.

Ce qui est dit dans cet essai pourrait apparaître à certains comme une critique plutôt corrosive. Par ailleurs, dans la tradition qui consiste à honorer l’adversaire, on pourrait y voir une reconnaissance de la vision, de la flexibilité, de la sophistication et de l’inébranlable détermination de ceux qui ont voué leur existence à préserver la sécurité du capitalisme dans le monde.

Leur fascinante histoire, qui s’est effacée de la mémoire contemporaine, a commencé aux États-Unis, dans les premières années du XXe siècle, lorsque, armée en toute légalité de fondations dotées, la philanthropie des grandes entreprises a commencé à remplacer l’activité missionnaire, non seulement pour ouvrir la route, mais pour entretenir et contrôler le système propre au maintien du capitalisme (et de l’impérialisme).

Parmi les premières fondations mises en place aux États-Unis il y eut la Carnegie Corporation, dotée en 1911 grâce par les bénéfices de la Carnegie Steel Company, et la Fondation Rockefeller, dotée en 1914 par J.D. Rockefeller, fondateur de la Standard Oil Company. Les Tata et les Ambanis de leur temps.

Au nombre des institutions qui ont été financées, qui ont reçu des capitaux de démarrage ou qui sont couramment subventionnées par la Fondation Rockefeller, on trouve les Nations Unies, la CIA, le Conseil des Relations Étrangères U.S. (CFR), le fabuleux Musée d’Art Moderne de New York et, bien sûr, le Rockefeller Center, également à New York (où la gigantesque peinture murale de Diego Rivera dut être décollée du mur, parce qu’elle montrait avec trop d’espièglerie des capitalistes réprouvés face à un vaillant Lénine ; la liberté d’expression avait pris un jour de congé).

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El hombre en el Cruce de Caminos

 

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L’homme à la croisée des chemins – détail.

 

Rockefeller fut le premier milliardaire de l’Amérique et l’homme le plus riche du monde. Il était abolitionniste, soutint Abraham Lincoln et était abstinent. Il croyait que son argent lui avait été donné par Dieu, ce qui a dû être bien agréable pour lui.

Quand les fondations dotées par les grandes entreprises ont fait leur apparition aux États-Unis, il y eut un débat acharné sur leur provenance, leur légalité et leur absence de responsabilité. Des gens suggérèrent que, si les compagnies avaient tant d’argent excédentaire, ils n’avaient qu’à augmenter le salaire de leurs ouvriers. (Les gens faisaient ce genre de suggestions scandaleuses en ce temps-là, même en Amérique). L’idée de ces fondations, si communément admise aujourd’hui, fut, en fait, un bond que fit le commerce dans l’imaginaire. Des entités légales non soumises à impôt, avec des ressources massives pour un rayon d’action illimité – complètement opaques et n’ayant pas à répondre de leurs actes – quelle meilleure façon de métamorphoser la richesse économique en capital politique, social et culturel, de transformer de l’argent en pouvoir ? Quelle meilleure trouvaille, pour des usuriers, que d’utiliser un infime pourcentage de leurs profits pour diriger le monde ? Comment, sinon, Bill Gates, qui, il faut le reconnaître, connaît deux ou trois choses sur les ordinateurs, se retrouverait-il en train de planifier des politiques d’éducation, de santé et d’agriculture, pas seulement pour le gouvernement des États-Unis mais pour des gouvernements du monde entier ?

Au fil des années, tandis qu’on assistait à l’excellent travail réel que faisaient les fondations (comme diriger des bibliothèques publiques, éradiquer des maladies, etc.), la relation directe entre les grandes entreprises et les fondations qu’elles dotaient est devenue floue. Elle a même fini par disparaître. Aujourd’hui, même ceux qui se considèrent comme des gens de gauche n’éprouvent pas de gêne à accepter leurs largesses.

Dès les années 1920, le capitalisme US avait commencé à lorgner vers l’extérieur, en quête de matières premières et de marchés d’outremer. Les fondations commencèrent à formuler l’idée de gouvernance mondiale par les entrreprises. En 1924, les Fondations Rockefeller et Carnegie créèrent, de concert, ce qui est aujourd’hui le groupe de pression en matière de politique étrangère le plus puissant au monde : le Conseil en Relations Extérieures (Council on Foreign Relations ou CFR), qui devait, plus tard, être également dotée par la Fondation Ford. Dès 1947, la CIA, qui venait d’être créée, était financée par et travaillait en étroite collaboration avec le CFR. Au fil des années, le CFR a compté parmi ses membres vingt-deux secrétaires d’État US (ministres des Affaires étrangères, NdT). Il y avait cinq membres du CFR dans le comité dirigeant de 1943 qui conçut les Nations Unies, et c’est par un don de 8,5 millions de dollars de J.D. Rockefeller qu’a  été payé le terrain sur lequel se trouve le quartier général de l’ONU à New York.

Tous les (onze) présidents de la Banque Mondiale, depuis 1946 – des hommes qui se sont présentés aux pauvres comme des missionnaires – ont été des membres du CFR (à l’exception de George Woods, qui était le fondé de pouvoir de la Fondation Rockefeller et le vice-président de la Chase Manhattan Bank).

À Bretton Woods, la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI) ont décidé que le dollar US serait la monnaie de réserve de la planète, et que, pour faciliter sa pénétration du capital global, il serait nécessaire d’universaliser et de standardiser les pratiques commerciales au moyen d’un marché complètement ouvert. C’est dans ce but qu’ils dépensent de très importantes sommes d’argent à promouvoir la Bonne Gouvernance  (aussi longtemps qu’ils en tiennent les fils). Deux des plus opaques et irresponsables organisations au monde se répandent partout en admonestations, exigeant de la transparence et de la responsabilité de la part des gouvernements des pays les plus pauvres.

Si on tient compte du fait que la Banque Mondiale a plus ou moins dirigé les politiques économiques du Tiers-Monde par la contrainte et l’effraction du marché d’un pays après l’autre pour y imposer la loi de la finance mondiale, on peut dire que la philanthropie commerciale s’est avérée être l’affaire la plus visionnaire de tous les temps.

Les fondations alimentées par les grands groupes administrent, canalisent et exploitent leur pouvoir,  ils placent leurs pions sur l’échiquier du monde par un système de clubs élitistes et de boîtes de réflexion, dont les membres se superposent, entrent et sortent par des portes tournantes. Contrairement aux diverses théories conspirationnistes qui circulent, surtout dans les milieux de gauche, il n’y a rien de secret, de satanique ni de maçonnique dans cet arrangement. Il n’est pas très différent de la manière dont les groupes d’affaires utilisent des sociétés fictives et des comptes off-shore pour transférer et administrer leur argent, à ceci près que sa devise, c’est du pouvoir, pas de l’argent.

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L’équivalent transnational du CFR est la Commission Trilatérale, créée en 1973 par David Rockefeller, l’ex-conseiller en sécurité nationale Zbigniew Brzezinski (membre fondateur des Moudjahidines Afghans, prédécesseurs des Talibans), la Chase Manhattan Bank et quelques autres éminences privées. Son but était de créer un lien d’amitié et de coopération durable entre les élites américaines, européennes et japonaises. Elle est devenue aujourd’hui une Commission pentalatérale, depuis qu’elle s’est adjoint des membres de la Chine et de l’Inde (Pour l’Inde : Tarun Das du CII; N. R. Narayana Murthy, ex-directeur général d’Infosys; Jamsheyd N. Godrej, administrateur général de Godrej; Jamshed J. Irani, administrateur de Tata Sons; et Gautam Thapar, directeur général du groupe Avantha).

L’Institut Aspen est un club international de membres de l’élite, d’hommes d’affaires, de bureaucrates et de politiciens locaux [on ne dit plus « nationaux », vous avez remarqué ? NdT] avec des franchises dans plusieurs pays. Tarun Das est le président de l’Institut Aspen en Inde et Gautam Thapar préside son conseil d’administration. Plusieurs cadres supérieurs du McKinsey Global Institute (qui parraine le Corridor Industriel Mumbai de Delhi) sont membres du CFR, de la Commission Trilatérale et de l’Institut Aspen.

La Fondation Ford (faire-valoir libéral de la plus conservatrice Fondation Rockefeller, bien que les deux travaillent constamment main dans la main) a été créée en 1936. Même si la chose est souvent minimisée, la Fondation Ford a une idéologie très claire et bien définie, et elle travaille en très étroite collaboraton avec le Département d’État US. Le projet d’approfondissement de la démocratie et la « bonne gouvernance » sont partie intégrante du schéma de Bretton Woods, visant à standardiser les pratiques commerciales et à promouvoir l’efficacité dans le marché libre.

Après la Deuxième guerre mondiale, quand les communistes ont remplacé les fascistes comme ennemi n°1 du gouvernement US*, il a eu besoin de nouvelles institutions pour s’occuper de la Guerre Froide. Ford a alors fondé RAND (Research and Development Corporation, « Société de Recherche et de Développement »), une boîte de réflexion militaire qui s’est lancée dans la recherche en armements pour les services « de défense » US. En 1952, dans le but de mettre en échec « les efforts persistants du communisme pour pénétrer et perturber les nations libres », elle établit le Fonds pour la République, qui se transforma ensuite en Centre pour l’Étude des Institutions Démocratiques (CSDI), dont la mission consistait à faire la Guerre Froide intelligemment, sans les excès voyants du McCarthysme. C’est à travers cette lunette que nous devons observer le travail que la Fondation Ford accomplit, grâce aux millions de dollars qu’elle a investi en Inde : son financement d’artistes, de cinéastes et de militants, ses généreuses subventions aux universités et ses bourses d’études.

Les « buts pour l’avenir de l’humanité » que déclare poursuivre la Fondation Ford comprennent des interventions en faveur de mouvements politiques locaux, tant localement qu'internationalement. Aux États-Unis, elle fournit des millions, en dons et prêts, pour soutenir le mouvement des coopératives de crédit, dont le propriétaire de chaînes de supermarchés Edward Filene avait été le promoteur en 1919. Filene croyait en la création d’une société de consommation de masse, par l’octroi aux ouvriers d’un crédit accessible – idée révolutionnaire pour l’époque. Mais c'était seulement la moitié d’une idée révolutionnaire, en fait, parce que l’autre moitié de ce que voulait Filene, c'était une redistribution plus équitable du Produit National. Les capitalistes se sont emparés de la première moitié de l’idée de Filene et, en déboursant  pour des dizaines de millions de dollars en prêts « abordables » aux ouvriers, ont fait de la classe laborieuse US une masse de gens endettés en permanence, qui s’essouffle à essayer de rattraper – sans jamais y arriver - les standards de vie qu’on lui fait miroiter.

Bien des années plus tard, cette idée a ruisselé jusque dans les campagnes appauvries du Bengladesh, où Mohammed Yunus et la banque Grameen ont apporté le micro-crédit à des paysans affamés, avec des conséquences désastreuses. Les pauvres du sub-continent ont toujours vécu endettés, dans la poigne impitoyable de l’usurier du village : le Baniya. Mais la micro-finance a fait, de cela aussi, une entreprise à grande échelle. Les sociétés qui, en Inde, pratiquent le micro-financement, sont responsables de centaines de suicides – 200 personnes dans l’Andra Pradesh, rien qu’en 2010.

 

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Suicide d’un fermier – 26 mars 2012

 

Un quotidien national a publié récemment le billet laissé par une jeune fille de dix-huit ans, qui s’est suicidée après avoir été forcée de donner ses 150 dernières roupies – ses droits d’inscription scolaire – aux employés harceleurs de la société de micro-financement. Son billet disait : « Travaillez dur et gagnez de l’argent. N’empruntez jamais ».

Il y a beaucoup d’argent à se faire chez les pauvres, et quelques prix Nobel aussi.

__________________  

* On ne peut suivre, ici, A.R. : les fascistes n’ont jamais été l’ennemi public n°1 des forces d’argent en général ni des États-Unis en particulier, mais le bras armé de leur guerre au communisme. Les unes et les autres n’ont fait semblant de combattre le fascisme que lorsqu’il est devenu patent qu’il serait défait par l’URSS. Mettons qu’elle ait voulu dire « quand les communistes, d’alliés, sont devenus ennemi public n°1… ».

[Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades.]

 

Ses œuvres traduites en français :

  • Fiction
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli), Le Dieu des Petits Riens[« The God of Small Things »], Gallimard, 1997, 438 p. Essais
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli),Le Coût de la vie, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 1999, 163 p.)
    • Arundhati Roy (trad. Frédéric Maurin), Ben Laden, secret de famille de l'Amérique, Gallimard, coll. « Hors série Connaissance », 2001, 32 p.
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli), L'Écrivain-militant, intégralité des essais et articles politiques écrits depuis 1998, 2003
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli), La Démocratie : notes de campagne, Paris, Gallimard, coll. « Du Monde Entier », 350 p.

(Merci Wikipedia)

 

*

Ce qui est arrivé à Ferguson

par Nora

 

De la Vigne du Saker

Samedi 30 août 2014

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[Ce papier date du 30 août. Notre demande au Saker français (« allez-vous  le traduire ou pas ? ») étant restée sans écho, nous l'avons fait nous-mêmes. Nos excuses pour le retard, mais à quinze jours près, la condition des Noirs aux États-Unis ne va pas se sauver. Hélas.]

 

Préambule

Je suis tellement pris par les événements d’Ukraine, que j’ai à peine eu le temps de suivre les événements de Ferguson, c’est pourquoi je reconnais volontiers que je n’ai pas d’opinion à leur sujet. Cependant, j’ai quelques opinions sur les relations inter-raciales aux USA, y compris quelques incorrectes (je ne considère pas les Noirs US comme soit des Africains soit des Américains par exemple). Quand je vivais à Washington DC (de 1986 à 1991), au temps de Marion Barry… je me suis souvent retrouvé être la cible du racisme noir. Malgré quoi je considère Malcolm X comme le plus grand « Américain » (entre guillemets, parce qu’il ne s’est jamais considéré comme un « Américain » et que je suis d’accord avec lui) de l’histoire des États-Unis et qu’il est un de mes héros personnels. Je vis maintenant dans le Sud (quoiqu’on pourrait dire que la Floride est culturellement au nord des Carolines), où certains de mes amis africains et compatriotes noirs me racontent des histoires intéressantes sur ce que cela fait d’être noir et de voir votre voiture arrêtée par un flic. Je trouve la question des relations inter-raciales aux USA absolument fascinante, mais ce n’est, en ce moment, pas le moment pour moi de m’en occuper. Toutefois, un jour, si ça intéresse quelqu’un, je pourrais le faire. Pour l’instant présent, l’équipe russe a demandé des articles sur les événements de Ferguson et un des meilleurs a été écrit par Nora. Attention ! Divulgation complète et mise en garde : je considère Nora comme une amie et comme une dame à la fois sage et bienveillante. Ne pensez même pas à poster quelque chose de laid si vous n’êtes pas d’accord avec elle ! Libre à vous de critiquer et d’être en désaccord, mais faites foutrement attention que vos critiques soient fondées et qu’elles soient formulées respectueusement envers Nora. Deuxièmement : s’il est vrai que la question raciale est une réalité aux États-Unis, tout commentaire raciste ira directement à la poubelle. Critiquez les Noirs ou les Blancs tant que vous voudrez, en tant que groupes sociaux ou organisations, mais n’utilisez aucun argument impliquant que le libre-arbitre de tel ou tel membre de la race X est affecté par son origine ethnique, ou assimilant tous les individus à un seul. D'accord ?

Le Saker

 

Ce qui est arrivé à Ferguson

 

Plantons le décor

9. Jimcrow.jpgPour planter le décor de ce qui est arrivé à Ferguson, il serait sans doute utile de savoir deux ou trois choses sur la façon dont les dés ont été pipés contre les gens de couleur aux États-Unis. Bien que l’esclavage ait été officiellement aboli en 1863, il a été en fin de compte remplacé, dans le Sud, non seulement par le terrorisme d’état « Jim Crow » mais même par un rétablissement officieux de l’esclavage, par le double moyen du système de métayage (ou privatisation des prisons, NdT) et des arrestations sur base d’accusations fabriquées conduisant au travail forcé non rémunéré, dans des chaînes de forçats. L’époque des Droits Civiques a mis fin à ce que ces pratiques avaient de pire, mais la Lutte Anti-Drogues a su faire en sorte que les Afro-Américains continuent à être arrêtés et emprisonnés dans une proportions plus que double des Blancs, pour les mêmes délits, bien que l’utilisation de drogues soit la même dans les deux groupes. Une main d’œuvre scandaleusement sous-payée dans les prisons – qui sont des prisons privées à but lucratif – a remplacé le peu qui restait de la manufacture en Amérique.

Richard Nixon a fait croître l'antagonisme blanc par la manière dont il a « résolu » la mise en œuvre de Brown vs. Board of Education, la décision de la Cour Suprême de 1954 sur la déségrégation de l’école qui a fait jurisprudence, parce qu’il s’est astucieusement rendu compte que les « Démocrates » de la classe laborieuse blanche, du Nord comme du Sud, seraient trop heureux de devenir « Républicains », si le Parti républicain « prenait leur parti » dans cette affaire. Le résultat final de tout cela est une re-ségrégation non-avouée, qui fait que les écoles noires sont de nouveau sous-financées, pourvues d’installations misérables, de livres dépassés - souvent pas de livres du tout (!) - et d’un corps enseignant de qualité très inférieure à celle des autres écoles. Ce qui veut dire que pas grand-chose n’a changé non plus en termes d’éducation.

 

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Ruby Bridges, la première petite fille noire de l'histoire des États-Unis à avoir posé le pied dans une école pour Blancs, en 1960, sous la protection du FBI. Peinture de Norman Rockwell

 

Pire encore : bien que les Noirs aient, dans le passé, vécu dans toutes les régions de ce pays depuis le troisième quart du XIXe siècle, ils ont été maintenant refoulés dans les grandes villes, et littéralement interdits de circulation après la tombée du jour dans les villes de moindre importance. Et les parties des endroits où ils vivent ont généralement de bien plus mauvais services publics que les autres – collectes de déchets et déneigements moins fréquents, éclairage public mal entretenu, etc. – mais des loyers toujours très élevés, surtout si on considère la qualité inférieure des logements. Théoriquement, ces problèmes auraient dû disparaître avec l’application de diverses lois sur les Droits Civiques, mais, une fois encore, cela n’a pas été le cas. La discriminatuion raciale financière est un  procédé toujours en vigueur, au moyen duquel on empêche les Noirs d’acheter des maisons dans certains quartiers, en leur rendant plus difficile qu’aux autres l’accès aux emprunts immobiliers et en leur appliquant des taux d’intérêts plus élevés qu’aux Blancs, pour les mêmes critères. Étant donné qu’être propriétaire de son logement est la première source de patrimoine pour la plupart des familles américaines, cette arène-là aussi a été fermée à la majorité des Afro-Américains. Et, enfin, les emplois : sur deux candidats également qualifiés pour un poste, l’Afro-Américain a toujours beaucoup moins de chances de l’obtenir que le Blanc.

Pendant ce temps-là, les attitudes blanches n’ont guère fait de progrès non plus. C’est en partie dû à la stratégie de Nixon pour remettre le Parti Républicain en selle, et, en partie, aux stratégies délibérées de dénigrement de certaines collectivités ethniques pour engranger le plus de votes possible, adoptées par Ronald Reagan et George H.W. Bush, qui n’ont pas hésité à fabriquer de toutes pièces des peurs blanches de violences noires et à mentir éhontément quant à l’étendue des fraudes noires à l’assistance sociale. Mais les Démocrates, effrayés de leurs pertes en votes blancs, ne se sont pas mieux conduits : la Réforme de la Sécurité Sociale de Bill Clinton a frappé de plein fouet beaucoup de victimes innocentes, blanches et noires, parce que lui aussi a tenu à se donner l’air intransigeant sur « la criminalité noire », alors qu’elle était en régression, tout en fermant benoîtement les yeux sur la criminalité infiniment plus coûteuse des Blancs riches. Un autre facteur, ici, résulte de la relative isolation des Blancs par rapport aux Noirs : il est beaucoup plus facile de continuer à avoir peur des gens que vous ne connaissez pas, surtout si les commentateurs des médias n’arrêtent pas de vous bombarder de stéréotypes au lieu de vous dire la vérité. Et ne vous y trompez pas : les Blancs qui ont le plus de préjugés sont ceux qui ont le plus peur. Hélas, leur maintien dans cet état ne se fait pas qu’au bénéfice du Parti républicain, car peu de Noirs votent « républicain » : le Parti démocrate n’a pas à se donner beaucoup de mal pour obtenir malgré tout les votes noirs, raison pour laquelle il se fiche complètement de leur plaire ou de leur déplaire. C’est donc, là encore, du perdant-perdant pour les Noirs.

11. i-am-a-man.jpg

 

Au tour de la police, à présent.

Le profilage racial et la brutalité policière sont, depuis toujours, une réalité quotidienne pour les gens de couleur dans ce pays. Cela vient en partie du fait que, traditionnellement, les gens recrutés par la police ont grandes chances de l’être parmi ceux qui considèrent les Noirs comme des inférieurs et des criminels très probables. L’usage des armes à feu est profondément enraciné dans la culture américaine, et ceux qui entretiennent ces sentiments racistes risquent fort de voir, dans leurs armes, un élément essentiel de leur sécurité et la seule manière envisageable de maintenir l’ordre public. Il faut noter aussi que les peurs d’une insurrection noire, en même temps que le désir de conserver ses biens, a conduit très tôt, dans le Sud, à la formation de patrouilles paramilitaires anti-esclaves, raison principale de l’inclusion dans la Constitution et de la formulation particulière du IIe amendement  (http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_amendement_de_... ) La croissance du lobby américain des armes au cours des 25 dernières années à la fois s’est nourrie de ces façons de voir et les a renforcées, tandis que, dans la vie réelle, les parents de la communauté noire ont dû traditionnellement faire asseoir leurs pré-adolescents, lors d’une espèce de rite de passage connu sous le nom de « La Conversation», au cours duquel ils leur donnent des instructions très spécifiques sur la manière dont ils doivent se comporter, c’est-à-dire avec suffisamment d’humilité et de soumission, s’ils veulent avoir une chance de rester en vie.

Cependant, la sur-militarisation des polices locales – qui va jusqu’aux instructions officielles de considérer et de traiter les protestataires non-violents comme des terroristes – est une nouvelle tendance très préoccupante. Le Département de la Sécurité Intérieure (DHS) est une entreprise extrêmement lucrative pour le Complexe Militaro Industriel, tant en termes de subventions aux frais des contribuables, accordées aux différentes polices et services d’incendie, théoriquement pour nous protéger des attaques terroristes, mais en réalité pour faire en sorte que tout ce qui ne sert plus dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak puisse être vendu ailleurs. C’est ainsi que, maintenant, la plus minuscule des casernes de pompiers rurale possède des véhicules blindés qu’elle a à peine les moyens d’alimenter en carburant et que les polices locales sont dotées du dernier cri en matière d’équipement militaire et entraînées par le MOSSAD, qui leur inculque une véritable terreur des populations civiles – c’est-à-dire de nous – qu’ils sont payés pour protéger avec les dollars de nos impôts.

Un internaute, sur la version anglophone de ce blog (celle du vrai Saker, NdT) qui habite un faubourg de Washington D.C. a récemment fait appel à la police pour un cas de fraude qui aurait dû nornalement être traité par un simple policier. Au lieu de quoi, un SWAT team* au complet, de cinq hommes armés jusqu’aux dents, a déboulé, prêt à faire feu… à une mauvaise adresse. Ce genre d’incident devient de plus en plus fréquent, des gens de tous âges et de toutes couleurs, et jusqu’à leurs animaux de compagnie, se voyant brutaliser et/ou tuer à des feux de signalisation ou à leurs propres domiciles, dans des situations à l’évidence non-violentes, quand une simple assistance, médicale ou autre, avait été demandée, sans compter les fois où la police débarque à la mauvaise adresse et/ou celles où un policier estime que les ordres (souvent autoritaires et illégaux) qu’il a donnés n’ont pas été suffisamment bien ou vite obéis. Il y a aussi de nombreuses preuves démontrant un contrôle insuffisant en matière de dépistage des excès de violence ou des comportements inacceptables, des infractions de cette sorte précédemment commises et/ou d’abus d’alcool et de drogues, chez les candidats policiers.

 

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Ajoutez-y une quantité « normale » de racisme sudiste (très présent dans le Nord aussi, bien entendu, récemment revigoré par Sarah Palin et délibérément amplifié par divers médias de droite occupés à pousser un maximum de gens à voter à droite), un groupe important d’Afro-Américains récemment déplacés du centre de la ville vers un des rares quartiers où on leur a, de mauvaise grâce, permis de résider, et un faubourg où la 2e source des revenus publics vient des amendes et des taxes disproportionnées qui frappent les Afro-Américains, tels que feux grillés ou autres délits mineurs (http://www.democracynow.org/2014/8/27/is_ferguson_feeding...  ) et, oui, Ferguson avait tout pour aller au désastre. L’événement en lui-même, cependant, à peine atypique, est d’une certaine façon moins intéressant que ses conséquences, qui fournissent presque un test de Rorschach du peuple, des médias et de la manière dont l’Amérique est gouvernée en ce moment précis.

 

L’événement

13. Michael Brown.png

Les faits sur lesquels toutes les parties sont d’accord disent que Michael Brown était un garçon de 18 ans non armé, tenu en haute estime par ses professeurs, qui souhaitait créer sa propre affaire et n’avait pas de casier judiciaire. Il a été tué à coups de fusil par le policier M.O. de Ferguson Darren Wilson alors qu’il se rendait avec un ami chez sa grand-mère, aux environs de midi, le dimanche 9 août 2014, juste deux jours avant sa rentrée au collège. Il n’existe pas de vidéo policière de la fusillade, bien qu’un enregistrement audio de plusieurs coups de feu paraisse recevable, ainsi que plusieurs tweets de témoins oculaires et une vidéo ultérieure du corps de Brown, en dépit de quoi plusieurs détails de l’incident restent peu clairs. Ce qu’on peut affirmer sans équivoque, c’est que Wilson a arrêté les deux adolescents et leur a ordonné assez peu légalement de ne pas marcher dans la rue, mais sur les trottoirs ; les témoignages diffèrent sur le degré d’hostilité de cette confrontation et sur la question de savoir si Brown est ou non resté dans la rue, a été ou non traîné par Wilson dans la voiture de police, ou s’il a, à un certain moment, étant dans la voiture, agressé Wilson comme l’a plus tard prétendu la police. Il est assez précisément établi cependant que Wilson était assis dans sa voiture quand il a tiré sur Brown et sur son ami pour la première fois à travers la fenêtre ouverte de la voiture, mais les a manqués tandis qu’ils s’enfuyaient. Il est alors sorti de sa voiture, a tiré de nouveau sur Brown et a continué à tirer de multiples rafales, après que le jeune homme se soit retourné et ait mis les mains en l’air, pour finir par l’achever d’une balle dans la tête alors qu’il tombait. Ce qui s’est passé ensuite relève de la tectonique des plaques et de la tragédie grecque.

 

Les conséquences

Ne faisant pas confiance à la structure de pouvoir presque entièrement blanche de Ferguson, la famille de Brown a demandé qu’une autopsie privée soit faite par un ex-médecin légiste de New York ; ses résultats ont mis en évidence neuf blessures par balles (quatre au bras droit, trois dans la tête et deux dans la poitrine), estimant qu’on lui a tiré dessus au moins six fois, quoique pas à bout portant, puisqu’il n’y avait pas de résidus de poudre sur le corps. (http://www.nytimes.com/2014/08/18/us/michael-brown-autops...  ) Cela dit, la totalité des constatations de l’autopsie officielle, par l’expert médical du Comté de Saint-Louis n’a pas été rendue publique, si bien que la présence éventuelle de résidus sur les vêtements de Brown ou dans la voiture de Wilson reste incertaine. Le Ministère de la Justice a été également requis de se livrer à une autopsie, mais il est très peu probable qu’il découvre des indices nouveaux.

Le corps de Michael Brown est resté dans la rue pendant quatre heures sur l’insistance de la police ; le nom de Wilson n’a été révélé qu’au bout d’une semaine et, bien que le département de police de Ferguson ait enregistré un rapport d’incident à la date du 8 août, rapport qui prétend que Brown et son ami avaient commis un vol juste avant qu’il soit tué, il a fallu toute une autre semaine au même département pour enregistrer un autre rapport, même très abrégé, sur son meurtre. Il est admis aussi que Wilson n’avait pas connaissance du vol allégué au moment où il a donné l’ordre à Brown de quitter la rue pour le trottoir.

Lorsque la police a finalement autorisé l’approche du lieu de sa mort, la famille de Brown et d’autre habitants de l’endroit ont déposé des fleurs et des bougies sur les flaques de sang. C’est alors que, dans un geste de mépris bien connu de ceux qui ont vécu à l’époque de Jim Crow, un policier a laissé son chien uriner sur le mémorial improvisé et que d’autres ont derechef interdit la rue aux véhicules et roulé, avec les leurs, dans les fleurs, éparpillant les pétales et les bougies écrasées, au grand scandale des gens déjà sous le choc de leur deuil. (http://www.motherjones.com/politics/2014/08/ferguson-st-l... ).

 

14. Michael Brown RIP.jpeg

 

Tout au long des nuits suivantes, la foule des proches et des protestataires non armés venus d’un peu partout est devenue de plus en plus nerveuse, et il semble qu’une douzaine d’entre eux ait commencé à saccager et même à piller, jusqu’à mettre le feu à un commerce. Habitués à se faire obéir par la force, mais à ce moment-là craignant véritablement de se retrouver avec une émeute sur les bras, la police a refusé d’admettre la moindre culpabilité, a essayé, avec une bonne foi discutable, de faire porter le blâme par le seul Brown pour tout ce qui était arrivé, et a réagi aux protestations selon les instructions reçues du MOSSAD par leur chef. Ce qui a signifié équipement anti-émeutes, hélicoptères et interventions de SWAT teams la première nuit, puis, les suivantes, tirs à pellets en bois, à balles en caoutchouc, bombes fumigènes, grenades aveuglantes et lacrymogènes. Les résultats étaient prévisibles. Le gouverneur intervint, des mesures furent tentées pour calmer les choses, il y eut de plus en plus de protestataires, la police, une fois de plus, sur-réagit, l’intensité des manifestations subit des flux et des reflux, on fit appel à la Garde Nationale, beaucoup de gens se firent malmener, menacer et arrêter, y compris plusieurs journalistes, et, des déclarations de l’administration Obama, on put tirer la conclusion qu’elle se préoccupait davantage des violences protestataires que de celles qui avaient été exercées sur Michael Brown. Les choses finirent par se calmer peu à peu après les funérailles.

 

Les lignes de rupture

Chaque composante de cette tragédie, jusqu’à et y compris l’absence de formation, le jugement malsain et le comportement violent de certains  policiers, était entièrement prévisible, comme l’étaient la couverture sensationnaliste et hautement calomniatrice des médias, la localisation, le contenu et l’intensité des protestations publiques des deux côtés de la division politique gauche-droite, ainsi que la calleuse indifférence du centre et la très grande disparité des sommes collectées pour soutenir la cause de Michael Brown et celle de Darren Wilson ( http://www.ksdk.com/story/homepage/2014/08/23/cash-raised... ). Hautement prévisible aussi était l’intensité de la réaction populaire, peu surprenante au vu de la destruction d’un simple mémorial à la mémoire d’un adolescent assassiné, dont le corps n’était pas encore froid, profanation commise en outre par l’organisme auquel appartient l’homme qui l’a tué dans des circonstances hautement suspectes.

Il est également important de reconnaître que ce qui est arrivé à Ferguson ne constitue en rien une anomalie : pas une seule chose ne s’y est produite qui ne se soit produite dans beaucoup d’endroits de ce pays et de nombreuses fois. En fait, si on envisage les choses de loin, la plus grosse question qu’on se pose est de savoir pourquoi les médias ont choisi d’accorder tant d’importance à cette affaire. Et la réponse réside sans doute dans leurs finances de plus en plus précaires, dans l’état de nos affaires étrangères et dans la conclusion qu’une fois de plus ils en tirent, à savoir que le public a besoin d’une forte diversion et qu’il convient de lui inculquer encore un peu plus de peur si possible.

Cependant, tout comme les peuples du reste du monde prennent de plus en plus conscience de ce que le vrai rôle de l’empire anglo-sioniste est de dominer et/ou de détruire une quantité croissante de pays, la hideuse différence entre mythe et réalité à propos de la vie en Amérique – pratiquement inchangée depuis sa fondation – commence à apparaître aux yeux de tous. La triste vérité, hélas, est que, dans leur grande majorité, les Américains restent enfermés à double tour dans les préjugés que leur ont inculqués les propagandes, et alors que tant d’efforts sont faits pour mettre en évidence les questions sous-jacentes à la militarisation de la police, à sa brutalité et au traitement inégal devant la loi réservé aux uns et aux autres, la probabilité d’une véritable amélioration dans ces divers secteurs reste extrêmement faible.

 

15. USA team raids homes etc.gif

 

Un mot sur les sources

N’hésitez pas à poser des questions si vous en avez. Et si vous souhaitez davantage d’informations sur tout ceci, je vous transmettrai volontiers toutes sortes d’URLs, mais pour une vue approfondie et nuancée de l’expérience afro-américaine, je ne puis trop chaudement recommander un écrivain et blogueur nommé Ta-Nehisi Coates. Il est d'une grande lucidité, il va remarquablement au fond des choses et il écrit de façon superbe :  http://www.theatlantic.com/ta-nehisi-coates/ . Une autre bonne source, sur cette question et d’autres concernant les Afro-Américains est le Professeur Gerald Horne, interviewé ici dans une série en six parties, avec les transcriptions : http://therealnews.com/t2/index.php?option=com_content&am...  Alexander Reid Ross fournit aussi, de son côté, une vision intéressante et instructive d’autres développements survenus à Ferguson, qui ont un impact sur cette affaire : http://www.counterpunch.org/2014/08/28/notes-on-ferguson/ . Enfin, The Color of Change : http://colorofchange.org/ et Black is Back Coalition : http://www.blackisbackcoalition.org/2014/08/27/national-m... sont deux sources excellentes, pour qui s’intéresse à la réaction volontairement mesurée de la communauté afro-américaine et de ceux qui la soutiennent dans sa recherche d’une solution à ces problèmes.

______________  

* Les SWAT teams (Special Weapons And Tactics) sont des groupes d’intervention tactique, équivalant aux GIGN en France. NdT.

Source : http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/08/what-happened-in...

 Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

 

*

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Strange Fruit – Billie Holiday

 

Pour mémoire : Abel Meeropol, l’auteur de Strange Fruit, était un  enseignant juif russe, membre du Parti Communiste américain, qui a écrit cette chanson en une nuit, bouleversé d’avoir vu dans les journaux la photo du lynchage de deux noirs – Thomas Shipp et Abraham Smith. C’est lui aussi qui a adopté les petits Ethel et Julius Rosenberg, après l’exécution de leurs parents, condamnés, comme on sait, pour « intelligence avec l’URSS ».

 

*

On croyait Silvia Cattori « en pause », goûtant quelques semaines d’un repos bien mérité. Mais pas du tout, car…

Le 6 août, on pouvait lire l’annonce qui suit sur son blog :

 

17. Silvia Cattori .jpg.jpg

 

 

 

Chers lecteurs

Notre site a subi plusieurs attaques informatiques et a été mis hors ligne plusieurs fois ces derniers mois. Nous avons connu également de nombreux problèmes techniques. Sa refonte et son amélioration nécessite un investissement qui dépasse nos moyens.

Arrêt sur Info prend le relais

http://arretsurinfo.ch/

En attendant nous avons ouvert un nouveau blog plus ergonomique et simple à gérer.

Merci de votre compréhension.

Silvia Cattori

 

 

 

Cet acharnement à vouloir la faire taire est l’hommage involontaire le plus éclatant que pouvait rendre le vice à la vertu de la Dame suisse. Nous empruntons à son nouveau blog ce pamphlet pas volé, sur « les Russes et nous ».

 

Vous l’aurez voulu !

par Andreï Nikitine

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Sputnik & Pogrom est la voix la plus intelligente de la blogosphère russe. Le cynisme de ce pamphlet est à prendre avec un grain de sel. Il n’exprime évidemment pas une intention belliqueuse, mais l’écœurement ô combien justifié d’une grande majorité de Russes face au mépris que leur témoigne l’Occident. La provocation qu’il leur adresse – « Et si cela arrivait près de chez vous ? » – est particulièrement insoutenable.

Slobodan Despot

 

 

19. Slobodan Despot.jpg


La crise ukrainienne a donné lieu à un phénomène singulier. Un sentiment de supériorité morale absolue est né au sein du peuple russe, sentiment d’ailleurs tout à fait justifié. Ceci alors que toute la propagande ennemie vise à soustraire aux Russes ce sentiment d’être dans le juste, de défendre la vérité.

 

Notre belle opposition humaniste

Les premiers à se mettre dans l’ornière ont été les membres de «l’opposition » russe, autoproclamés « démocrates », « combattants de la liberté » et autres expressions grandiloquentes. « La marche de la Paix » sous les drapeaux ukrainiens (qui s’est déroulée à Moscou librement et sans aucun incident) a été encore tolérée par la population, qui leur cherchait des excuses : ce n’est pas si simple, ces gars-là ne veulent tout simplement pas la guerre, ils aiment tout le monde, etc. etc.

Cependant, ces gars-là n’ont pas eu le bon sens de s’arrêter là et de regarder autour d’eux. Ils ont continué de chanter leur ritournelle sur le thème « Honte d’être Russe », « Russie – pays agresseur » et « Touche pas à la Grande-Ukraine » après les événements d’Odessa du 2 mai(1), puis après les attaques aériennes des villes et villages paisibles est-ukrainiens, et aussi après les bombardements de ces cités par l’artillerie lourde, et même après la chute des obus sur le territoire russe. Ils n’ont été interpellés ni par la mort des civils, ni par la réaction de l’opinion publique ukrainienne à la mort de leurs compatriotes à Odessa(2), et lorsque a surgi l’info (qui s’est plus tard révélée fausse) selon laquelle les brûlés de la Chambre des syndicats d’Odessa étaient pour la plupart des citoyens russes, ils ont justifié sans aucun scrupule les opérations de l’armée ukrainienne.

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/

Via : http://reseauinternational.net/vous-laurez-voulu/

 

*

On lui refait le coup du Venezuela et du Honduras à Dilma ? Comme d’hab. Vous espériez autre chose ?

 

Brésil : Marina Silva, joker « apolitique » contre Dilma Roussef

Frédéric Delorca – Atlas Alternatif

 

Jeudi 11 septembre 2014

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On se trompe ou elle a un faux air de Condoleeza Rice ?

Évangéliste, écologiste fervente mais aussi adepte d'une politique économique néolibérale et censeur de l'actuel processus d'intégration régionale (Unasur), l'ex-ministre Marina Silva, une amazonienne descendante de Noirs et d'Indiens, candidate du "Parti socialiste du Brésil" (après la mort accidentelle du précédent candidat de ce parti le 13 août dernier, mais Marina Silva, elle, se dit "apolitique") vient perturber pour les élections présidentielles du 5 octobre le jeu politique entre le parti des travailleurs (PT) et sa candidate, la présidente sortante Dilma Rousseff et le Parti social-démocrate (PSDB), de droite, dont le candidat est facilement identifiable aux échecs  du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso dans les années 2000.  

En 2012 le gouvernement britannique a invité Silva à être l'un des huit porteurs de la torche lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, ce qui avait souligné ses liens avec la monarchie britannique (rappelons qu'en juillet 2014 la banque de Santander, filiale du groupe du baron anglais Rothschild avait émis à l'intention de ses adhérants un bulletin hostile à la réélection de Dilma Rousseff). Lors de la présidentielle de 2010 le président de l'ONG de protection de la nature World Wildlife Fund-Brésil (WWF Brésil) Alvaro de Souza était devenu président du Comité des finances de campagne de Silva. En échange Silva, ministre de l'écologie, a accordé de nombreuses zones à gérer au WWF. Le WWF est présidé par la reine d'Angleterre.

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Alvaro de Souza

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Jacob, baron  Rothschild, philanthrope mais opposé à la réélection de Dilma Roussef. À quel titre ?  La famille Rothschild a une « branche brésilienne » ?

Les sondages d'opinion jusqu'à présent indiquent que Dilma Rousseff a sa principale base de soutien parmi les plus humbles qui vivent avec jusqu'à deux fois le salaire minimum (1 448 reais, d'environ 650 $), un groupe qui représente 40 % de l'électorat brésilien. Parmi ceux qui gagnent entre 3 et 5 salaires minimum (la «nouvelle classe moyenne») les soutiens sont divisés à parts égales entre les deux candidates, tandis que Marina Silva s'impose parmi ceux qui gagnent plus de 5 fois le salaire minimum (El Economista). Sa percée dans les sondages était mise à l'honneur par le Wall Street Journal le 26 août.

 

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Les deux dames ne fréquentent pas le même genre d’hommes

 

Le Brésil, membre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) est un pivot de l'unification de l'Amérique du Sud. Il a mené des batailles récemment contre l'espionnage américain, contre la tutelle des États-Unis sur le Net, mais aussi contre le colonialisme française au Mali. La victoire de Silva impliquerait la sortie immédiate du pays des BRICS.

Source : http://atlasalternatif.over-blog.com/article-bresil-marin...

 

En marge, quelques liens amusants :

http://www.lalibre.be/light/societe/et-l-homme-le-plus-ri...

http://forum.prisonplanet.com/index.php?topic=201825.msg1...

http://www.memoiresdeguerre.com/tag/banques%20et%20banqui...

Un journaliste français exilé au Brésil, c’est qui ça ?

http://capitaineenzo.over-blog.com/2014/05/il-faut-rendre...

et une méchanceté anglaise :

24. poster anglais.jpg

Salut vous autres…

Mon nom est Jacob Rothschild

Ma famille vaut 500 trillions de dollars

Nous possédons pratiquement toutes les banques centrales du monde.

Nous avons financé les deux côtés de toutes les guerres depuis Napoléon.

 Nous possédons tout ce que vous avez, vous, vos médias, vos carburants et votre gouvernement.

Vous n’avez probablement jamais entendu parler de moi.

 

(Il y en a beaucoup d’autres de cette sorte. Pas seulement d’origine anglaise. Vous pouvez les chercher si le jeu vous amuse. Ah, oui : les Rothschild sont en guerre contre Poutine, mais les articles qui en parlent disparaissent curieusement du web….

http://www.paroleaupeuple.com/archives/2014/07/04/3018187...

… nous en avons quand même trouvé deux :

http://stopmensonges.com/affrontement-juif-entre-rothschi...

http://www.chaos-controle.com/archives/2014/06/26/3014640...

Diable, vous voilà avec de la lecture pour plus d’une semaine !)

 

*

La vie exaltante des Liégeois(e)s

(suite)

 

Cette fois, ce ne sont pas les LilithS, mais des militantes de l’Association Belgo-Palestinienne qui sont montées aux créneaux d’un château-fort israélien de l’hyper-centre de la ville : le Carrefour de la place Saint-Lambert, qui fait face au Palais des Princes-Évêques. Leur but : attirer l’attention sur le réétiquetage frauduleux de produits « made in Sionistan » pour pallier les ravages du mouvement BDS. Faux-drapeaux-étiquettes-fallacieuses,  comme pour les armes et les fleurs, mais là, c’est pour les pommes de terre et autres toutes sortes de denrées food et non-food. Le gérant n’a pas l’air content. Dame, il va falloir qu’il trouve une autre astuce. Après le pseudo-rachat des Carrefour par Mestdagh et les embrouilles à la petite semaine…  la vie devient dure dans l’épicerie.

Après, nos dames de choc pourront s’en prendre - à peu près tous réunis sous la même verrière - à Héma,  à H & M (oui, c’est suédois et néanmoins sionisto-nazi, la morale, ce n’est pas fait pour les tiroirs-caisses) et autres boutiques de fringues du genre Victoria’s Secret, Lola & Liza, etc. etc. la liste est longue. (Et chère si vous voulez notre avis).

 

 

La suite au prochain happening.

 

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Mais puisqu’on était en Inde…

 

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Siddarth : un néo-réalisme à l’indienne.

Rosa LLORENS

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Certes la rentrée n’a pas encore eu lieu, et la minceur de l’Officiel des Spectacles relève encore du régime d’été ; mais on se demande si, il y a 10 ou 15 ans encore, les programmes d’été au cinéma étaient aussi désolants. Toutefois, dans ce désert culturel, il y a (presque) toujours une surprise, voire un miracle : cette semaine, c’est Siddarth, de l’Indo-Canadien Richie Mehta.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/siddarth-un-neo-realisme-a-l-...

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Les dernières critiques en date de Rosa Llorens :

29/08 Jimmy’s Hall : une petite musique à contre-temps.

10/06 Adieu au langage ou : le système technique contre le bonheur.

24/05 Deux Jours, une nuit, ou le prix d’un être humain.

12/04 El Impenetrable : une enquête sur l’histoire du Paraguay.

 

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Qu’on ne croie cependant pas Les Grosses Orchades sexistes. Les hommes aussi peuvent écrire d’excellentes choses. La preuve :

Ukraine : Les dislocations du front européen (II)

Chercheur du Temps

Les chroniques de Rorschach

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7 septembre 2014

La Russie est notamment confrontée à deux ennemis qui, pour l’essentiel, se recoupent largement : l’UE (pour la partie politico-diplomatique et économique) et l’OTAN (pour l’aspect militaire). Un des principes fondamentaux de l’art de la guerre est celui de la dislocation du front ennemi en provoquant sa rupture aux points les plus faibles pour, à partir de là, enfoncer en profondeur son dispositif afin de lui interdire toute action coordonnée.

C’est un art auquel excelle Vladimir Poutine qui va s’efforcer de provoquer l’éclatement de l’UE et de l’OTAN. Les membres de ces deux organisations étant pratiquement les mêmes, la désagrégation de l’une entrainerait celle de l’autre. Mais il ne s’agira en rien de la guerre que prévoyait l’OTAN…

Un grand nombre d’États de l’ancien COMECON, mais aussi de petits pays (Malte, Chypre, Slovénie…) n’ont adhéré à l’UE et à l’OTAN que par pur opportunisme et faute d’alternative viable. Ces intégrations leur offraient l’ouverture d’un vaste marché, l’effet de levier des aides et prêts européens, et la restructuration de leur appareil militaire dans le cadre d’un système de défense autrement inenvisageable avec leurs faibles moyens.

Lire la suite…

Source : http://leschroniquesderorschach.blogspot.be/2014/09/ukrai...

 

Il va sans dire que, sous couvert de lutte contre l’EIIL/ISIS, la marionnette de l’Empire se prépare à bombarder en réalité Bachar el-Assad, malgré le veto formel de la Russie et de la Chine. Reste à voir comment elles prendront la chose.

 

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Et pour terminer dans la joie :

Il y a longtemps qu’on la voyait venir, celle-là, et pas que dans les mégapoles… Les habitants de Boston sortis de chez eux avec autant de ménagements que des Afghans ou des Irakiens par des SWAT teams déjà armés jusqu’aux dents sous prétexte de « chasse au terroriste »... vous en souvenez-vous ? Un gamin de 18 ans, lui aussi. Pas noir. Tchétchène. De ceux qu’on tue ou condamne à mort sans indigner personne. Pour commencer. Histoire de faire bien peur à tout le monde et que personne n’ose bouger…

Cela s’appelle tester la capacité de réaction des foules ahuries. Et aussi «terrorisme» mais, chut…

Répétition générale ? Cela ne vous crève pas les yeux ?

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Quelle différence avec Pinochet ?

 

États-Unis : un rapport de l’armée appelle à préparer une occupation des mégalopoles américaines

Le rapport, intitulé Megacities and the United States Army (Les mégalopoles et l’armée des États-Unis, disponible en PDF en anglais), a été publié par le secrétaire général du groupe d’études stratégiques de l’armée.

Faisant état d’un avertissement concernant la capacité « décroissante » des gouvernements nationaux à gérer les problèmes causés par une urbanisation croissante et par la croissance des mégalopoles, le rapport indique qu’il est « inévitable qu’à un moment donné, l’armée des États-Unis soit appelée à opérer dans une mégalopole, et qu’elle souffre actuellement d’un manque de préparation total dans cette optique ».

Lire la suite…

Source : http://croah.fr/corbeau-dechaine/etats-unis-un-rapport-de...

 

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Pas de panique ! Il y a plein d’autres façons de vous tuer, et elles sont au programme pour une partie au moins des 99% dont vous êtes, qui ne servent plus à rien et qui continuent à bouffer. C’est comme dans les cancers,  tout ça : au début, on ne sent rien.

Paranos, les Grosses Orchades ? Meuh noooon…

 

 

 

Mis en ligne le 13 septembre 2014.

 

 

 

 

23:47 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/09/2014

CESSEZ-LE-FEU, ET PUIS QUOI ?

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Cessez-le-feu, et puis quoi ?

Deux réflexions

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CESSEZ-LE-FEU EN UKRAINE

De la Vigne du Saker

Samedi 6 septembre 2014

Il y a tant de rumeurs et d’opinions, concernant le dernier cessez-le-feu entre la Novorossia et la junte de Kiev, que j’ai décidé de rédiger une petite vue d’ensemble, sous forme de questions et réponses. Je vous écrirai une véritable analyse la semaine prochaine. Et, pendant que j’y suis, je vais profiter de l’occasion pour expliquer un certain nombre de choses sur ma position personnelle à cet égard. Voilà :

Q – Est-ce que vous soutenez le plan de paix, ou est-ce que vous vous y opposez ?

R – Ni l’un ni l’autre. D’abord, je n’ai toujours pas vu les 14 points sur lesquels ils se sont mis d’accord, et, plus important, je ne crois pas que cet accord tiendra.

Q – Pourquoi pas ?

R – Parce quie les groupes suivants y sont tous opposés : les USA, l’OTAN, les Nazis Ukies, la plupart des commandants novorossiens sur le terrain et les idéologues nationalistes de Russie. En plus de cela, Porochenko est tellement faible qu’il n’a pas les moyens d’imposer sa volonté à qui que ce soit. Enfin, les Ukies et leurs supporters occidentaux sont toujours revenus sur tous les accords qu’ils ont signés.

Q – Donc, vous croyez que cet accord n’avait pas lieu d’être ?

R – Non, pas du tout. D’abord parce que son parfait timing a pas mal coupé l’herbe sous le pied aux anti-Russes du sommet de l’OTAN qui, en fin de compte, vient de se terminer sur des menaces creuses.

Q – Êtes-vous en train de dire que c’est une victoire pour la Russie ?

R – À peine, mais cet accord a été une manière efficace de désamorcer temporairement une situation potentiellement dangereuse. De plus, le simple fait que ni l’Union Européenne, ni l’OTAN, ni les USA n’aient été même présents à Minsk est un symbole très puissant du fait que la « nation indispensable » et ses instruments de domination coloniale ne sont pas indispensables après tout.

Q – Mais, un cessez-le-feu ne va-t-il pas permettre aux Forces de Répression de la Junte (FRJ) de se regrouper ?

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R – Si, mais ce n’est pas vraiment la question, parce que, vu la taille de sa profondeur stratégique, la Junte a les moyens de se réorganiser et de se regrouper de toute façon. La plupart des unités de la Junte sont si déglinguées, qu’un « regroupement » ne les aidera pas beaucoup. Au mieux (au mieux pour les JRF, naturellement), ce cessez-le-feu fera d’une vraie débandade une retraite plus ou moins en bon ordre, suivie d’une pause plus que nécessaire. Mais l’élément-clé dont il faut toujours se souvenir ici, c’est que les guerres se gagnent toujours par la volonté, la force morale et l’esprit combatif. À l’opposé des Russes, l’esprit combatif des Ukies a été complètement brisé par les FAN (Forces Armées Novorossiennes). Regardez ces deux photos, qui circulent sur RU/NET. On voit un soldat russe blessé (du 08.08.08 iirc) dans la guerre contre la Géorgie et un de ces soldats ukrainiens rendus célèbre par les vidéos néo-nazies et militaristes qui ont inondé les réseaux sociaux, capturé en Novorossia. Ce montage fait voir quelque chose de crucial. Comparez l’expression déterminée et invaincue du simple soldat russe, pourtant sévèrement blessé, avec l’expression complètement hagarde et terrifiée du parachutiste ukrainien. La différence, ici, n’est pas «Russe » contre « Ukrainien » au sens ethnique (il n’existe pas de « Russe ethnique » ni d’« Ukrainien ethnique » - ils sont tous ethniquement mélangés), la différence est dans l’esprit combatif du soldat russe et du soldat ukrainien. Et il n’y a pas d’aide US/OTAN, quel qu’en soit le volume, qui puisse changer ça. Contrairement à l’Ukrainien, le Russe sait pourquoi il se bat, et il est déterminé.

Q – Et qu’en est-il de Mariupol ?

R – Qu’en est-il ? La ville est toujours encerclée et les Forces Armées Novorossiennes ne se retireront pas. Tout ce que le cessez-le-feu va faire, c’est « geler » la situation autour de la ville. Ce que pourront éventuellement tenter les Ukies, c’est briser l’encerclement et prendre leurs jambes à leur cou.

Q – Les FAN retireront-elles un bénéfice du cessez-le-feu ?

R – Oui. Il y a plusieurs « chaudrons » à l’arrière des FAN, qui sont une vraie merde. Et cette v. m., avec un peu de chance, sera évacuée par la chasse d’eau d’un accord mutuel qui devrait permettre aux unités de la Junte de sortir de leurs trous en laissant leurs armes derrière elles. Sinon, rappelez-vous que les FAN contrôlent toutes les frontières de la Novorossia et que le « voentorg » (livraison secrète d’armes et de spécialistes) va continuer de plus belle.

Q – Êtes-vous en train de dire que tout va bien et qu’il n’y a qu’à se réjouir ?

R – Pas du tout. Premièrement, il y a des signes indubitables de querelles en Novorossia. Non seulement, il semble qu’on ait fait perdre le contrôle de la situation à Strelkov en exerçant sur lui un chantage, mais il y a même eu des rumeurs d’une tentative de coup, hier, par Antiufeev. Les Novorossiens démentent l’information, d’autres disent que le coup n’a pas réussi, mais il n’est pas douteux qu’il y ait actuellement des tensions en Novorossia et que, tandis que certains soutiennent la stratégie en cours des négociations (on peut les appeler le « clan Zakharchenko »), d’autre s’y opposent clairement (appelons-les le « clan Mozgovoï »). De même, en Russie, il y a ceux qui sont favorables à cette stratégie (en gros, les cercles proches du Kremlin) […] et ceux qui y sont opposés (Douguine, le colonel Cassad, el-Miurid et beaucoup d’autres, des blogueurs et des activistes para-marxistes).

Q – Donc, vous admettez que ceci est mauvais pour la Novorossia ?

R – Non, je n’ai pas dit ça non plus. Je pense qu’on assiste probablement à une phase temporaire inévitable et peut-être indispensable de ce conflit, phase qui n’est ni un triomphe ni un désastre, mais une conséquence naturelle de la situation sur le terrain.

Q – Que voulez-vous dire ?

R – Contrairement à la plupart des commentateurs qui s’expriment ici, je ne crois pas que les FAN aient été « traîtreusement stoppées » dans ce qui aurait été leur marche triomphale sur Kiev. Les étonnants succès obtenus dans le Sud ont totalement occulté, dans l’esprit de beaucoup, le fait que les forces de la Junte, au nord de Lugansk sont toujours importantes, puissantes, qu’elles tiennent bon, que les Ukies ont même tenté une (petite et inutile) contre-offensive dans la région de Dukuchaevsk, et que, contrairement aux rapports initiaux, l’aéroport de Donetsk n’est toujours pas sous complet contrôle des FAN. Ceux qui se sont imaginé que les FAN allaient bientôt prendre Odessa, Kharkov, Dniepropetrovsk et même Kiev, ne se rendent tout simplement pas compte de la situation militaire. Pour l’instant, les FAN ne peuvent même pas reprendre Slavyansk, encore moins reconquérir toute la Novorossia.

Q – Que pensez-vous de l’idée que les oligarques sont la force réelle derrière ce deal ?

R – Quels oligarques ? Akhmetov n’a pas seulement perdu Donetsk pour toujours, même les infrastructures matérielles de ses avoirs sont maintenant en ruines. Kolomoïski a vu ses biens de Crimée nationalisés, et il est pour l’instant, engagé dans un bras de fer avec Akhmetov et Porochenko. Quant aux oligarques russes, ils ont exactement zéro besoins en Novorossia, et ils sont bien trop malins pour aller investir quoi que ce soit dans une région aussi dangereuse, instable et ravagée. Au moins à court terme, seul l’État russe fournira de l’aide, pour des raisons politiques, mais les oligarques russes ont beaucoup d’options bien plus sûres et plus lucratives que le Donbass dévasté.

Q – O.K., alors, qu’en est-il des accusations qui disent que, plutôt que permettre la création d’une Novorossia viable et indépendante, Poutine n’a fait que créer une autre Transnistrie ?

R – Sur quoi se fonde cette thèse ? Sur un plan en 14 points dont personne ne sait rien et qui sera bientôt brisé de toute façon ?

Q – Non, sur le fait qu’au lieu de combattre Porochenko et les nazis, les Novorossiens ont été forcés de négocier avec eux.

R – Oh, allons ! Combien de fois devrai-je répéter qu’à l’inverse des Occidentaux, les Russes n’ont pas de problème du tout à parler avec leurs ennemis ? Étudiez l’histoire des invasions tatares-mongoles de la Russie, quand les princes russes étaient toujours en train de parler et de « négocier » avec les khans de la Horde d’Or, ce qui ne les empêchait pas de se soulever et de les combattre avec régularité. Les Russes sont beaucoup plus asiatiques qu’européens. Pour eux, parler à un ennemi est normal, cela fait partie de la guerre. Si,  en Occident, parler à son ennemi ou négocier avec lui est un signe de faiblesse, en Asie, ce n’est pas parler ou négocier avec son ennemi qui est un signe de faiblesse.

Q – Alors, qu’est-ce que vous croyez que Poutine veut, dans cette guerre ?

R – Ce qu’il a toujours dit qu’il voulait : une Ukraine unie, indépendante, neutre, prospère et amicale, en d’autres termes, un « changement de régime » à Kiev.

Q – Alors, est-ce qu’il va « vendre » la Novorossia pour atteindre son but ?

R – Je n’en sais rien. Contrairement à tant de généraux en chambre, qui travaillent au noir comme télépathes et prophètes, je ne suis pas capable de lire dans les pensées de Poutine ou de prédire l’avenir. Ce que je puis dire, c’est que jusqu’à présent, je ne vois aucun signe que Poutine ait trahi ou « vendu » qui que ce soit. En fait, il faut être doté d’un degré stupéfiant d’aveuglement ou de malhonnêteté intellectuelle pour ne pas voir que la première conséquence de ce que tant de gens prennent pour un changement de direction ordonné par le Kremlin s’est soldé par une offensive énorme et réussie, qui a laminé les forces répressives de la Junte. Si Poutine avait voulu « vendre » la Novorossia aux nazis, il aurait pu aisément le faire avant que la contre-offensive soit lancée.

Q – Alors, vous avez réellement confiance en Poutine et vous l’aimez, c’est ça ?

R – Non, mais j’admets que ce que j’ai vu cet homme faire pour la Russie et pour le monde m’emplit de sincère admiration, une admiration qui va même jusqu’au respect, et que je ne vois absolument aucun signe permettant de penser qu’il a changé son fusil d’épaule. Ce que je vois, c’est un dirigeant dont les méthodes et les stratégies sont simplement trop subtiles et complexes pour que la plupart des « chefs d’état en chambre » les comprennent. Cette foule des contempteurs de Poutine qui, en ce moment, hurlent hystériquement à la trahison, est celle qui disait déjà exactement la même chose à propos de la Syrie, quand Poutine a, d’une seule main, stoppé net l’invasion de ce pays par les États-Unis. Et quand les Russes ont dit aux Syriens de se débarrasser de leurs (dangereuses et inutiles) armes chimiques, n’étaient-ce pas les mêmes dénigreurs de Poutine qui glapissaient à « la preuve indéniable » qu’il les poignardait dans le dos. Aujourd’hui, Assad a, sinon gagné la guerre civile, du moins été brillamment réélu, et l‘Occident, ravalant ses prétentions, est obligé de solliciter son aide en Irak. Alors, même si je n’« aime » pas Poutine, je méprise profondément les éreinteurs de Poutine, non seulement pour leur jugement à courte-vue et leur manque de compétences, mais pour leur hallucinante malhonnêteté intellectuelle. Ils sont comme un disque rayé, à toujours répéter « Poutine a trahi, Poutine a trahi, Poutine a trahi ». En Russie, cette espèce de patriotes est appelée « горе патриоты » ou « patriotes chagrins ». Ils sont de l’espèce qui ne fait, en réalité, jamais rien d‘utile, mais qui est toujours la plus prompte à vociférer ce qui devrait être fait. Je tiens à préciser que je ne parle pas ici de Strelkov, de Mozgovoï ni d’aucun vrai patriote qui se trouve ne pas être d’accord avec Poutine. Je parle de ceux pour qui se farcir Poutine est une fin en soi et qui, en fait, n’en ont rien à f… pourvu qu’ils puissent dénigrer Poutine.

Q – C’est bien beau, mais la Novorossia veut son indépendance, alors que Poutine veut une Ukraine unie. Est-ce que vous ne voyez pas la contradiction, là ?

R – Bien sûr que je la vois. Et alors ? Ça ne veut pas dire qu’un côté est « mauvais » et l’autre « bon ».Ça veut juste dire à quel point est vraie l’expression américaine « où je suis, c’est là que j’en suis ». La vraie question est de savoir comment cette contradiction sera résolue. En ce moment, je ne sais pas et je réserve mon jugement, précisément parce que, contrairement aux « diffamateurs de Poutine à plein temps », j’aime fonder mes opinions sur des faits, pas sur de la télépathie ni sur des visions prophétiques.

Q – Vous parlez tout le temps de « tabasseurs ou de dénigreurs de Poutine » - beaucoup jugent ça offensant.

R – Vous savez quoi ? Je ne suis pas un brave type. Je suis un type qui appelle un  chat un chat, et si ce que je dis offense quelqu’un, il peut prendre ses cliques et ses claques et aller pleurer dans sa cour. Mon message à ces gens est le suivant : démerdez-vous pour grandir et rappelez-vous que je ne vous dois rien. Ceci est mon blog, et je l’écris pour des adultes qui préfèrent la véracité et l’honnêteté aux affirmations sur mesure.

Q - Qu’en est-il de Porochenko ? N’a-t-il pas réussi à gagner un énorme répit, sinon la victoire ?

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R – Hier, j’ai regardé la dernière édition du super-show propagandiste ukie  « Shuster Live » et j’ai eu l’impression d’assister à un enterrement. L’hôte et les invités avaient l’air triste et déprimé de gens assistant à une veillée mortuaire. Quoique ne voulant pas admettre l’amplitude de la râclée que leur « invincible armée ukrainienne » venait de se faire infliger, il était aussi clair que possible que l’esprit n’était pas à l’agitation de petits drapeaux. Un officiel ukie a même dit « quand il est question de 30 à 40.000 hommes en armes, alors, nous “devons” parler à ces “terroristes” ». C’était hilarant, franchement. Donc, non, Porochenko, n’a pas gagné quoi que ce soit, loin de là, il est au contraire dans les ennuis jusqu’au cou. Pour commencer, son propre Premier ministre, Iatseniouk, est absolument furieux de l’accord et n’en fait pas mystère. Idem pour Timochenko. Pas la peine de même mentionner les phénomènes de foire nazis. Le fait est que protéger Porochenko est devenu une source de migraine pour l’équipe de la CIA en poste à Kiev : ce type est ÉNORMÉMENT dans la panade et son seul espoir est d’avoir l’air, aux prochaines élections, un peu moins affreux ou cinglé que les autres. En supposant, bien sûr, que ces élections aient lieu et que Yaroch ou Tiagnibok ne s’emparent pas purement et simplement du pouvoir en exécutant Porochenko pour « haute trahison, crimes variés ou comme agent de la FSB » (il ne l’est évidemment pas mais qui s’en soucie ?!). Le régime est tellement sur la défensive que, bien que tout le monde sache parfaitement que ce plan est celui de Poutine, la Junte a dû s’embarquer dans une  massive opération de communication destinée à convaincre le public que c’est  en réalité le plan de Porochenko. Typiquement, les Russes se contentent de sourire et de lui en laisser le bénéfice moral (rappelez-vous, ceci est l’Asie – les règles sont différentes).

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Q – Alors, que va-t-il se passer maintenant ?

R – Comme je l’ai dit, je ne suis pas un prophète. Mais je suis sûr d’une chose : il est clair que Poutine contrôle parfaitement la Russie et la Novorossia. Ce qu’il dit arrive. Il peut tenir ses promesses. Porochenko n’a aucun contrôle sur rien, même pas sur sa propre coalition gouvernementale. Il n’existe aucun pouvoir réel au Banderastan, pas même celui de l’antenne locale de la CIA. C’est pourquoi je ne crois pas que l’accord de cessez-le-feu tiendra. Je ne vois pas non plus grand changement dans l’équilibre militaire. Les FAN sont beaucoup plus capables que les FRJ, dont le seul avantage est la profondeur stratégique de leur territoire. Les FRJ avaient (au passé !) un énorme avantage en hommes et en matériel lourd, mais cela même a changé. En terme d’armement lourd, le principal de ce qu’elles avaient est désormais perdu ou aux mains des FAN. Oui, la Junte  a encore d’énormes réserves, mais d’un équipement vieux et terriblement mal entretenu. Pour ce qui est des troupes, elle a de plus en plus de mal à enrôler assez d’hommes pour compenser ses terribles pertes. Posez-vous une simple question : si vous étiez ukie, même nationaliste, est-ce que vous iriez vous engager dans les FRJ pour aller combattre les FAN ? Exactement. Et, oui, c’est vrai, l’OTAN a promis 15 millions de dollars. Cette somme pourrait permettre aux Ukies d’acheter peut-être 10 T-72 vieux et usés ou 3 T-80… C’est une plaisanterie. Mais supposons même que les États-Unis fournissent une aide secrète de 150 millions – ils ne feront pas pencher la balance, et encore moins ne la renverseront. Quant aux FAN, elles se portent bien et vont probablement recevoir davantage d’hommes et d’armement moderne via le « voentorg », même si elles ne peuvent pas pousser les choses trop loin. Comme l’a dit un des commandants des FAN « jusqu’ici, nous avons été des libérateurs, mais nous ne voulons pas devenir des occupants ». L’équation est simple : plus les FAN avanceront, moins elles recevront de soutien et plus elles seront exposées à une guerre de guerilla de la part d’une insurrection locale. Une stratégie beaucoup plus intelligente est de s’asseoir et d’attendre patiemment, en regardant les Ukies s’empoigner entre eux.

Q – Pourquoi pensez-vous que ça se produira ?

R – Parce que, et peu importe ce qu’il y a encore de vrai là-dedans, l’Ukraine a toujours été un pays artificiel, et le Banderastan est encore pire. Aucun pouvoir réel n’exerce aucun contrôle, même la Junte est juste « plus ou moins » au pouvoir. Le pays est économiquement mort-mort-mort. La crise économique en est à son tout premier stade et elle ne peut désormais qu’empirer. Du point de vue social, les gens sont de plus en plus furieux, déçus, certains qu’on leur ment et, en même temps, de moins en moins effrayés de dire ce qu’ils pensent. Les nazis sont, de loin, le groupe le plus uni et le mieux armé du pays, si on excepte une « Armée ukrainienne » plutôt théorique, et, en tout cas jusqu’à présent, sans chef et donc désunie. (Ceci pourrait-il changer à l’avenir ? Peut-être.) Toute personne qui a choisi « sciences sociales » au collège pourra vous dire que les Ukies vont maintenant se dresser les uns contre les autres. Dieu veuille que ce soit seulement avec des mots et des idées, mais la violence est beaucoup plus probable. Quant aux FAN, il vaut beaucoup mieux qu’elles attendent jusqu’à ce que Zaporozhye, Dniepropetrovsk, Kharkov et même Odessa se changent en cités sans loi que personne ne contrôle plus vraiment, pour essayer de les prendre. Il est même très possible qu'elles soient dans ce cas perçues en libératrices, pour peu que le chaos y ait atteint un niveau « Mad Max ».

Q – Et si l’OTAN envoie des forces pour appuyer la Junte ?

R – LOL ! Premièrement, je recommanderais fortement à nos « partenaires » (comme ils disent en Russie) anglo-sionistes de demander à leurs collègues allemands, français et polonais si ces derniers, qui ont été en charge de l’Ukraine, en ont gardé d’agréables souvenirs. Deuxièmement, je rappellerais à nos partenaires anglo-sionistes leur entrée en Irak et en Afghnistan, qui devaient être des lunes de miel riches en dividendes. Troisièmement, je suggérerais que s’ils n’aiment pas Maliki, il se pourrait qu’ils n’aiment pas non plus Yaroch. Bien sûr, envoyer une force symbolique manœuvrer avec ce qui reste de l’armée ukie est une bonne idée – on appelle ça « montrer le drapeau » - mais essayer de faire quelque chose de significatif en utilisant les forces militaires de l’OTAN à l’intérieur de l’Ukraine pourrait s’avérer très, très dangereux, même si la Russie ne faisait rien du tout pour compliquer les choses.

Q – Et l’Union Européenne dans tout ça ?

R –Je pense qu’elle a perdu toute volonté (non qu’elle en ait jamais eu beaucoup). La ridicule prestation de Hollande s’est déjà dégonflée d’elle-même : il s’avère que la sonore déclaration [ sur le Mistral, NdT] ne représentait que « son opinion personnelle » et n’avait pas de force légale. Maintenant, c’est sûr, le jardin d’enfants de l’Europe (Pologne, Lituanie, etc.) restera ce qu’il est, mais les adultes (Allemagne, France, etc.) donnent des signes d’exaspération. Je ne m’attends pas à ce qu’ils fassent une volte-face à 180° du jour au lendemain, mais je m’attends à ce qu’ils arrêtent d’envenimer activement les choses. Un des signes de cette tendance pourrait être la diminution du rôle de l’U.E. et l’augmentation de celui de l’OSCE.

Q – Et l’Oncle Sam ?

R – Il est complètement coincé dans son unique modus operandi : exigences, menaces, condamnations, exigences, menaces, condamnations, etc. etc. Normalement, « agression » fait partie de ce mantra, à ceci près que ni les USA ni l’OTAN n’ont ce qu’il faut pour attaquer militairement la Russie. Pour ce qui est de l’État profond anglo-sioniste, il continuera à essayer de subvertir et de handicaper économiquement la Russie, mais tant que Poutine sera au Kremlin, je ne vois pas cette stratégie réussir non plus.

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Q – On dirait que vous êtes optimiste.

R – Si oui, alors, je le suis très très prudemment. Je ne vois pas un gros drame, moins encore un désastre, dans ce qui vient de se produire. Je pense que la Russie détient toutes les bonnes cartes dans ce jeu, et je ne vois pas de danger pour les peuples de Novorossia. À ceux qui voulaient rouler tout le long du chemin jusqu’à Maidan debout sur un tank, je peux seulement dire que, même si je partage leurs espoirs et leurs rêves, la politique est l’art du possible, et les politiques intelligentes sont souvent lentes et à longue échéance. Le maximalisme, c’est bon pour les adolescents, pas pour des chefs d’État dont les décisions affectent les vies de millions de gens. C’est pourquoi ma conclusion provisoire est la suivante : jusqu’ici, les choses se présentent mieux qu’il y a deux mois, et je ne vois pas de raison valable de m’attendre à un revirement majeur dans un avenir prévisible.

Q – À votre avis, quel peut être le plus grand danger pour la Novorossia à l’heure actuelle ?

R – Les luttes politiques intestines. Je ne sais pas si la chose est actuellement possible, mais j’aimerais voir émerger un dirigeant novorossien indiscuté, qui jouirait du soutien officiel et sans faille de Strelkov, de Zakharchenko, de Borodaï, de Mozgovoï, de Kononov, de Khodakovski, de Tsarev, de Bolotov, de Gubarev et de tous les dirigeants politiques et militaires. Ce devrait être un vrai dirigeant novorossien, pas juste un « proconsul de Poutine », une personnalité capable de négocier avec Poutine dans l’intérêt des gens de Novorossia. Je ne veux pas dire que ces négiociations ne pourraient pas être amicales, rien que parce que’il ne peut y avoir de Novorossia opposée à la Russie, mais un tel dirigeant doit représenter vraiment les intérêts de tout le peuple novorossien et non pas des Russes, dont les intérêts sont (très bien) représentés par Poutine lui-même. En ce moment, la principale raison pour laquelle Poutine a tant de pouvoir en Novorossia est qu’il n’y a toujours pas de vraie direction novorossienne. Il y a une direction militaire novorossienne, et même elle doit probablement faire plus ou moins ce que l’Armée russe lui dit de faire. Loin d’être affaiblie par l’émergence d’un dirigeant véritablement indépendant, je pense que l’alliance Russie-Novorossia en serait fortement renforcée. La Novorossia ne doit pas et ne peut pas être micro-dirigée par le Kremlin. Autrement dit, ce que j’espère, c’est un « Nasrallah novorossien », qui serait un allié loyal et fidèle - mais souverain et indépendant - de Poutine (comme l’est Nasrallah vis-à-vis de l’Ayatollah Ali Khamenei), mais en aucune façon un caniche comme Blair ou Hollande. La Novorossia a besoin d’un porte-parole qui soit un négociateur doté d’un vrai mandat pour parler au nom du peuple de Novorossia. Jusqu’à ce qu’une telle chose arrive, je serai toujours inquiet pour l’avenir du peuple novorossien.

Salut et bien à vous !

Le Saker

Source : http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/09/ukrainian-ceasef...

Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

 

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Dimanche 7 septembre, 19h52’

L’OSCE rend public le Protocole de Minsk

L'OSCE a publié le protocole sur le cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, signé par Kiev et les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk (DNR et LNR) le 5 septembre dernier à Minsk, en Biélorussie.

Le protocole adopté par le Groupe de contact tripartite prévoit les 12 mesures suivantes destinées à rétablir la paix dans les régions de Donetsk et de Lougansk :

Lire la suite…

Source : http://french.ruvr.ru/2014_09_07/Ukraine-cessez-le-feu-lO...

 

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Ukraine : vers la dislocation des fronts

Chercheur du Temps

Les chroniques de Rorschach – 5 septembre 2014

2. Save Ukie army.jpg

Il faut avoir clairement conscience que la Russie est engagée dans une lutte à mort pour assurer sa survie. Tous les coups bas lui seront assénés. Elle le sait et y répondra à sa façon : inattendue, asymétrique, décalée dans le temps et l’espace. Au-delà de l’évolution de la situation du front, ou plutôt des fronts, dans le sud-est de l’Ukraine c’est à un ensemble d’autres fronts, plus lointains et de natures différentes, qu’il convient également de prêter attention. La dislocation des fronts dans le Donbass va entraîner la dislocation d’autres fronts et permettre des recombinaisons inattendues dont les répercussions dépasseront largement les berges du Dniepr.

Le front du Donbass

L’effondrement systémique de l’armée ukrainienne que nous pronostiquions comme probable il y a quelques semaines est désormais engagé. L’étau se desserre largement autour des villes martyres de Donetsk et Lougansk, de larges secteurs de la frontière avec la Russie sont désormais sous contrôle, des brigades entières de l’armée ukrainienne agonisent dans des chaudrons, les autres se replient en panique et en désordre. Il n’y a plus réellement de front au sens classique du terme, mais des unités de plus en plus éparpillées et sans coordination entre elles, incapables de la moindre action réellement efficace.

L’initiative est désormais l’apanage unique des forces armées novorossiennes qui obligent l’armée ukrainienne, les escadrons de la mort nazis et les mercenaires de l’OTAN à se retirer en hâte vers des positions tenables pour tenter de constituer d’hypothétiques fronts défensifs.

Lire la suite…

Source : http://leschroniquesderorschach.blogspot.fr/2014/09/ukrai...

 

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Le Tattoo militaire de la Tour Spasskaya impressionne Moscou

5. Moscou Military music festival.jpg

Du 30 août au 7 septembre, plus de 50.000 personnes auront assisté au festival traditionnel de musique militaire, folklorique et populaire dit « de la Tour Spasskaya » sur la Place Rouge.

Avec la participation, cette année, de dix pays : l’Arménie, l’Irlande, l’Italie, le Kazakhstan, la Chine, le Mexique, la Serbie, la Turquie, la Suisse et la Russie.

Ce festival, mélange de musique militaire, de classique, de folk, de pop et de rock, comprend des défilés d’ensembles orchestraux, accompagnés d’une débauche d’effets laser et pyrotechniques.

Le thème retenu cette année est « La Première guerre mondiale ».

La garde d’honneur nationale participe traditionnellement à ce festival, ainsi que diverses fanfares des armées russe et étrangères.

Pour l’étranger, la Chine est représentée par le groupe des arts martiaux de Wudang, l’Irlande par « Le Cheile SaCheol » (« Ensemble en musique »), l’Italie par un groupe de « sbandieratori » (jongleurs de drapeaux), le Mexique par la Banda Monumental et la Folk Dance Company de Teochtitlan et la Turquie par le « Mehter Band » d’Iznik.

6. kremlin drapeaux.jpg

 

Pour conclure le festival en apothéose, la légendaire chanteuse française Mireille Mathieu chantera pour le public de la Place Rouge, avant le feu d’artifice final.

Diaporama : http://rt.com/in-vision/spasskaya-tower-festival-moscow/m...

Source : RT

À l’heure de Moscou, c’est fait :

 


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7. RogerWaters.jpg

Et Bon Anniversaire à Roger WATERS !

(qui a eu 71 ans hier)

 

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Mis en ligne le 7 septembre 2014.

 

 

 

 

 

23:05 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

03/09/2014

DES NOUVELLES DE L'APOCALYPSE AU QUOTIDIEN

1. tiepolo1-  Ship disorder.jpg

 

Des nouvelles de l’Apocaplypse au quotidien

 

2. Dangerous times.JPG


Prix Nobel de la Paix 2014

(Il sera décerné en octobre prochain)

M. François Asselineau s’intéresse aux membres du jury de ce prix, et révèle les noms de ceux qui ne l’obtiendront jamais.

 

Qui sont les jurés du Prix Nobel de la Paix ?

François Asselineau, homme politique français, anime l’UPR  (Union Populaire Républicaine) : https://www.upr.fr/

 

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On n’est pas obligés de partager leurs valeurs, à tout le moins certaines d’entre elles, pour s’intéresser à ce que pensent et disent les politiques d’Outre-Quiévrain qui s’écartent sans ambiguité du troupeau des dociles bien ou mal payés.

De leur nombre est M. Jacques Cheminade

à qui nous empruntons une information qui a déjà circulé ailleurs. D’accord, ce n’est pas une nouvelle toute fraîche, puisque d’autres l’ont relayée et commentée, notamment croah.frNous la reprenons à notre tour, parce qu’elle nous permet une incursion sur son site Solidarité et Progrès,

Adonc : un dénommé Meyer, ex de la CIA, explique urbi et orbi et même ailleurs, que la solution à tous nos problèmes (ou du moins aux siens) serait l’élimination de Vladimir Poutine et qu’est-ce qu’on attend pour lui faire avaler son bulletin de naissance ? M. Karel Vereycken, pour M. Cheminade, commente.

Allons-y pour la modeste proposition de Herbert E. Meyer, avant de nous promener sur le site de cet autre candidat malheureux à la présidence de la République française (oui, M. Asselineau le fut aussi).

2 bis. Karel Vereycken.JPG

Karel Vereycken 

 

Ils rêvent d’assassiner Poutine...

 

3. Propagande anti-Poutine.jpg

 

L’idée d’assassiner le président russe Vladimir Poutine est devenue la norme d’une certaine propagande de guerre. A la télévision ukrainienne, l’ancien ministre de la défense de Timochenko, Anatoly Hrytsenko, n’a-t-il pas affirmé qu’un « patriote » ukrainien se chargerait d’assassiner Poutine si ce dernier se rendait en Ukraine ?

Lire la suite…

Source : http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/ils-rev...

 

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Ce qu’en pensent les Américains non alignés…

Alex Jones :

http://www.infowars.com/ex-cia-official-proposes-assassin...

Wikispooks :

https://wikispooks.com/wiki/Ex-CIA_man_%22kill_Putin%22

SGT report

http://sgtreport.com/2014/08/ex-cia-official-proposes-ass...

RINF.com

http://rinf.com/alt-news/war-terrorism/ex-cia-official-pr...

(avec, parfois, des commentaires bizarroïdes ; le soleil tape dur en Floride)

TOPIX.com

http://www.topix.com/forum/chicago/TB1HJ04OQUP1I3J2F

The Daily Sheeple

http://www.thedailysheeple.com/ex-cia-official-proposes-a...

etc. etc.

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À côté de cet article, on peut voir - dans la colonne de droite - un « Colère et espérance » sur lequel il n’est pas superflu de cliquer. (Si vous ne trouvez pas, c’est ici : http://www.jacquescheminade.fr/Colere-et-esperance_01100 )

« Rejoignons les BRICS », dit par ailleurs M. Cheminade. À condition, évidemment, que les BRICS veuillent bien de la France, surtout maintenant… Là encore, si vos clics ne donnent rien, ceci fera l’affaire : http://www.solidariteetprogres.org/nos-actions-20/brics.h...

Et « La caravane Mission Jaurès qui sillonne la France », c’est quoi ? À vous de voir : http://www.solidariteetprogres.org/jaures2014.html

 

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Ukraine, ex-Ukraine, Russie

L’Ukraine bombarde ceux de ses citoyens qui mettent des bâtons dans les branches de ses svastikas.

 

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De nombreux mercenaires polonais faits prisonniers par la milice de Novorossia

1er septembre

Source : http://civilwarineurope.com/2014/08/31/breaking-news-de-n...

 

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En revanche, des Français sont partis soutenir la Résistance des Novorossiens, et ils disent pourquoi

Quatre volontaires français, qui sont arrivés à Donetsk à la mi-août, ont déclaré dans une interview accordée à agence RTRuptly qu'ils voulaient informer leurs compatriotes de ce qui se passe réellement dans la région.


 Source : http://french.ruvr.ru/2014_08_30/276627089/

 

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Les « invasions Russes » en Ukraine. Ouftiii !

 

 

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Et voilà que, maintenant, David Bowie s’en mêle :

3 bis. David Bowie.jpg

« je m’incline à genoux devant le courage et la volonté des habitants de l’est de l’Ukraine d’être des citoyens libres. En fait, ils se battent pour leur indépendance contre ce que l’Occident appelle “la démocratie” ».

 

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Poutine aux Championnats du Monde de judo à Chelyabinsk

 

 

 Lien url vidéo actif :

http://rt.com/in-motion/184104-putin-chelyabinsk-judo-cha...

(RT couve ses vidéos comme une poule ses œufs)

 

Le président Vladimir Poutine a assisté, ce dimanche 31 août, à la dernière épreuve du Championnat du Monde de judo, qui s’est déroulée à Chelyabinsk (sud de l’Oural). Grand amateur et pratiquant de judo lui-même, Poutine a félicité l’équipe masculine russe pour sa médaille d’argent. Ceinture noire, il a atteint le grade de neuvième DAN en novembre 2013, et il a gagné un championnat de judo, à Léningrad, dans sa jeunesse.

Regardez bien cette vidéo et cherchez-y les gardes du corps présidentiels. Vous n’en voyez pas ? C’est sans doute qu’il n’y en a pas. Rien à voir, n’est-ce pas, avec les tondus baraqués, vêtus de noir des pieds aux lunettes, qui courent à côté des carosses blindés de l’empereur d’Occident et de ses caniches…. C’est que Vladimir Poutine, sans doute, a fait le même pari que Fidel Castro : confiance à son peuple.

À notre avis, Herbert E. Meyer vient de rater l’occasion de sa vie.

 

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Pour ceux qui veulent suivre les événements d’Ukraine,

Il y a, bien  sûr, et avant tout

The Vineyard of the Saker

vineyardsaker.blogspot.com/

en anglais, en français, en allemand, en russe et en Océanie.

Mais aussi les sites suivants :

 

COLONEL CASSAD  (en anglais et en russe)

http://cassad-eng.livejournal.com/

 

LA VOIX DE SÉBASTOPOL, en anglais et en russe :

http://en.voicesevas.ru/index.php

 

SLAVYANGRAD.org (en anglais, ah, on n’est plus rien, même si le rédac'chef est un G. Babeuf !)

http://slavyangrad.org/

 

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Belgique

La Cité Ardente devient, pour un jour, Cité Sanglante

par Catherine

4. Cité sanglante.jpg

Une marée de sang pour dénoncer la complicité de l’aéroport de Liège dans le massacre des Palestiniens

Liège, aéroport de Bierset. En pidgin : « LIEGE AIRPORT ».

Mardi dernier (26 août), un groupe de jeunes femmes appelé les LilithS, s’est rendu dans le hall de cet aéroport pour y déverser une centaine de litres de faux sang, en guise de protestation contre le transit, par ces lieux, d’armes US destinées à Israël.

Elles y ont en outre déployé une banderole qui disait : « How many tons of weapons for so many litres of blood ? » (Combien de tonnes d’armes pour autant de litres de sang ?) et elles ont scandé, le poing levé, « Euro collabo, Free Palestine ! ».

Sur leur blog, on peut lire, à côté de leur profession de foi générale : « 26 organisations et partis politiques dénoncent le manque de transparence de l’aéroport de Liège par lequel transiteraient des armes venant des États-Unis et destinées à réapprovisionner Israël. Les LilithS se joignent à eux pour dénoncer la collaboration du gouvernement wallon et de l’Union Européenne qui, en fermant les yeux sur la nature de tels transports, participent au massacre. L’oppression du peuple palestinien n’est possible que parce que la communauté internationale, menée par les puissants pays d’Europe et d’Amérique du Nord, le permet. »

Bien sûr, le porte-parole de l’aéroport se met la main sur le cœur et dit que ce n’est pas vrai.

Il vaut quand même mieux savoir que la Belgique ferme les yeux sur le transport de matériel militaire, si celui-ci « ne subit pas un transbordement vers un autre moyen de transport ». Pratique comme tout ! « Cachez ce sein…etc. »

Depuis quand et pourquoi ? Depuis que l’aéroport de Schipol (Amsterdam), qui assurait auparavant ce service, a dû y renoncer sous la pression de citoyens et d’organismes des Pays-Bas, lesquels ont exigé de leurs autorités – et obtenu – un minimum de transparence.

Rafraîchissons la mémoire à ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas savoir que, depuis le 8 Juillet dernier qu’Israël a lancé l’opération « Bordure protectrice » sur Gaza (c’est l’ONU qui le dit), 2210 Palestiniens, dont 577 enfants, sont morts ; plus de 10.000 personnes ont été blessées, souvent très gravement, et près de 520.000 Palestiniens (ça fait plus d’un demi million en une fois, après toutes les autres) ont dû fuir leurs foyers détruits, autrement dit leur pays. Ajoutons au lourd bilan humain les 17.200 maisons totalement détruites ainsi que 138 écoles (dont une ou deux de l’ONU), mais également les hôpitaux et les refuges qui ont été ciblés exprès, en parfaite connaissance de cause, par Tsahal, la vertueuse armée « de défense » de « la seule démocratie » du Moyen Orient.. 

L’unique centrale électrique de Gaza (pour une population de 1,8 millions d’habitants) a, elle aussi, été détruite : elle est à l’arrêt depuis le 29 Juillet, provoquant une très grave (dans ces régions) pénurie en eau potable. Cette opération aurait déjà causé pour 5 milliards d’euros de dégâts dans la bande de Gaza, en plus des pertes humaines et de la santé publique bafouée.

5. shot in the head.jpg

Un des 577

La complicité hollando-belge au service des méfaits d’Israël ne date pas d’hier et ne se limite pas aux armes.

Ceux qui préfèrent croire les paroles verbales de M. Christian Delcourt et dauber de confiance sur les « féministes » (beurk !) ne peuvent pas ignorer, pourtant, que l’Association Belgo-Palestinienne manifeste depuis des années pour que cesse le trafic qui consiste, via ce même aéroport de Bierset, à faire transiter des tonnes de fleurs, qui ont poussé sur des terres volées, qui ont été engraissées au sang, et qui vont faire un petit tour aux Pays-Bas (Schipol ?), pour revenir se vendre sous l’étiquette « made in Holland ». Chaque année, des femmes valeureuses, que personne n’attaque parce que personne à l’extérieur n’en parle et que mieux vaut ne pas faire de vagues, se rendent exactement au même endroit pour protester contre la même crapulerie. Nous suggérons modestement aux médias dignes de ce nom de venir y faire un petit reportage, enfin international, juste avant la Saint-Valentin prochaine (moment pic de cet odorant trafic).

Que les Belges, Français et Allemands qui achètent, en bottes, des roses prétendument hollandaises, sachent qu’ils peuvent – et doivent – les boycotter. Elles sont le produit d’un pillage et de nombreux massacres.

 

6. Valentines, Valentins.jpg

Une feuille de chou locale, qui se dit satirique et à laquelle nous nous sommes abonnés pour voir, consacre à l’événement de la semaine dernière, sous l’élégant titre « Aéroporcs », sept lignes dont celle-ci : « Elles ont déversé un liquide rouge sur le sol (selon l’extrême-droite, il s’agirait de sang menstruel contaminé par Ebola) ». Elle a aussi (la feuille de chou) qualifié sans preuve les LilitthS d’« anciennes militantes des femen », et conclu ses sept lignes par cette citation d’une folle indépendance : « “Elles auraient au moins pu faire le ménage avant de partir”, aurait déclaré le directeur de l’aéroport ». Ah, qu’on aime ces conditionnels. Et qu’on apprécie le tour de passe passe (se dit « tourciverie » en liégeois), qui consiste à amalgamer n’importe quelle femme qui vous gêne aux Femen, histoire de la discréditer sans risque. (Notre religion à nous est faite : Jamais les Femen ne s’en sont prises à Israël. JAMAIS !)

Voilà. C’est là : http ://lepoiscaille.be/ , et c’est signé Julien Antoine.

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Notre source pour l’événement et les photos :

http ://rt.com/news/183932-protest-airport-blood-bel...

Pour comparer une véritable agence d’information avec les medias « mainstream », c’est ici :

http ://www.lameuse.be/1087641/article/2014-08-26/de...

http ://www.dhnet.be/actu/monde/gaza-des-activistes-...

On observera – sans surprise – que les deux quotidiens belgeois publient le même article, à la virgule près, et on comprend sans peine que, dans cette optique, ils aient de moins en moins besoin de « journalistes ».

 

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Mais il n’y a pas qu’en Belgique…

 

Israël supervise les programmes de l’Éducation (Nationale, euh…) Française

7. republique_israelienne-f2eae-48df5.JPG

Le Crif et le BNVCA ont fait – apparemment avec succès – pression sur Hachette pour que cet éditeur modifie ses manuels d’Histoire.

Tiens, on croyait que le contenu des manuels scolaires était la responsabilité de l’Éducation Nationale… Natio-quoi ?

Bref : Avant leur distribution aux étudiants de première L, S et ES, les manuels vont être imprimés avec des modifications.

8. Manuel scolaire Hachette.jpg

Lire la suite…

(qui ne manque pas de chutzpah)

Source : http ://croah.fr/revue-de-presse/des-associations-ju...

 

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Bolivie

(Ce n’est pas en France qu’on verrait des atrocités pareilles !)

 

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme :

 

Visa obligatoire pour les citoyens israéliens désirant entrer en Bolivie.

9. evo-morales-.jpg

 

LA PAZ — Les autorités boliviennes exigeront désormais un visa de la part des citoyens israéliens désireux de se rendre dans cette nation sud-américaine, une mesure promulguée suite à l’agression qu’Israël a commise en juillet dernier contre la Palestine.

À compter de ce samedi (30 août 2014), tous les citoyens israéliens qui entrent en Bolivie devront être porteurs d’un passeport avec visa d’entrée, lequel devra être approuvé par la Direction générale de l’Immigration de cette nation sud-américaine.

Lire la suite…

Source : http ://www.sinembargo.mx/30-08-2014/1102768

Via : http ://croah.fr/corbeau-dechaine/bolivie-lutte-cont...

 

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Honduras

Assassinat de Margarita Murillo

 

10. Margarita Murillo.jpg

Communiqué de Via Campesina Honduras

La Vía Campesina Honduras (LVC) informe l’opinion publique nationale et internationale que notre chère camarade de luttes Margarita Murillo a été assassinée pendant la nuit du 26 août 2014, dans la communauté de la montagne El Planon, jurisdiction du village El Venado, dans la municipalité de Villanueva Cortes, où elle cultivait une petite parcelle de terre.

Lire la suite…

Source : http ://www.legrandsoir.info/assassinat-de-margarita...

Encore un pays envahi par les colonnes de blindés russes !...

 

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CARLOS

Audience en appel :

 

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Mercredi 24 septembre 13h30, Pôle 2 chambre correctionnelle, Palais de Justice de Paris : le commandant « Carlos » Ilich Ramirez Sanchez sera entendu en appel, pour l’affaire d’insultes racistes supposées envers une fonctionnaire de police. Cette année, il aura accompli entièrement les 20 ans de réclusion criminelle qui devraient, normalement, déboucher sur sa remise en liberté « pour excellente conduite ».

Les autorités françaises, aux ordres de la CIA, font tout ce qu’elles peuvent pour le garder sous clé ad vitam aeternam. Manifestons notre indignation contre cette typique vengeance israélienne contre l’héroïque et talentueux combattant pour la Palestine libre.

Source : http ://www.plumenclume.net/  (Spécial).

 

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Tout à côté :

Août 14

par Israel Adam Shamir

 

12. russia_us_fists-.jpg

 

Sur la place Pouchkine, dans le centre de Moscou, le MacDo, tout un symbole de la Pax Americana, a été fermé cette semaine. Il avait ouvert il y a 23 ans, quand l’URSS s’est effondrée, et que voyait le jour le monde unipolaire avec son unique superpuissance. Le peuple soviétique faisait la queue pendant des heures pour entrer et goûter à cette divine pâture étrangère. Ils étaient si innocents, si dépourvus d’expérience, ces Russes d’hier… Pendant 23 longues années, les US ont régi le monde seuls, tandis que McDonald servait ses burgers. Mais la Russie a bien changé depuis lors. Le Macdo n’est plus une attraction pour les Moscovites blasés. De l’autre côté de la place Pouchkine, il y a maintenant un autre restaurant à la mode, le Café Pouchkine, qui sert la meilleure haute cuisine russe. Et les joyeux Russes ont renvoyé la balle, ouvrant un autre Café Pouchkine à Paris, sur le Boulevard Saint-Germain, pour faire découvrir aux Français les joies de leur gastronomie.

Lire la suite…

Sur le site de sa traductrice, Maria Poumier :

http://www.plumenclume.net/articles.php ?pg=art1622

 

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Et pendant qu’on y est ( un Stanechy et un Shamir en même temps, c’est Byzance ! ) :

Russophobie : Analphabétisme Géopolitique

par Georges Stanechy – À contre-courant

31 août 2014

« … Tu lègueras ce pays … une classe abâtardie, une puissance sans grandeur, une sottise consacrée, une ambition naine, un engagement bouffon, une rhétorique pourrie, une lâcheté institutionnelle, un égoïsme grossier … ses députés serviles, ses ministres flagorneurs … ses travailleurs au chômage… »

Carlos Fuentes (1)

Béatitude de la veulerie

Sur son coursier, tel un mythique chevalier sans peur et sans reproche, brandissant l’épée de La Justice notre vaillant président s’est écrié, d’une voix ferme, le ton martial : « assez c’est trop » !..

Lire la suite….

Source : http ://stanechy.over-blog.com/2014/08/russophobie-a...


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Dernière minute :

 

13. Mistral 2.jpg

 

La France refuse de livrer le premier Mistral à la Russie

Nouveau rebondissement dans l’affaire des navires Mistral. Selon un communiqué de l’Élysée, la France se refuse à assurer la livraison du premier exemplaire du bâtiment commandé par la Russie :

« Le président de la République a constaté que, malgré la perspective d’un cessez-le-feu (en Ukraine) qui reste à confirmer et à être mis en œuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC (Bâtiment de projection et de commandement) ne sont pas à ce jour réunies. »

Pitre complice de la russophobie délirante de Washington et Londres, François Hollande se soumet et compromet un accord commercial de 1,2 milliard d’euros (hors indemnités pour rupture de contrat), les 1.000 emplois créés, la réputation de la France et l’image des chantiers navals de Saint-Nazaire.

Une décision qui devrait réjouir aussi « nos amis d’outre-Rhin », notamment Manfred Weber, le président du Parti populaire européen (PPE) qui, hier, dictait à Paris sa ligne de conduite :

« Dans le contexte de tension sans précédent avec la Russie, alors que l’Union européenne tente de faire front et de parler d’une seule voix, il est totalement impensable que la France poursuive la livraison de ses porte-hélicoptères Mistral à la Russie et forme des soldats russes au maniement de ceux-ci. »

Le premier navire devait être livré en octobre. La Russie a prévenu qu’elle ne procéderait au paiement de la totalité de sa commande qu’à la livraison du deuxième exemplaire en novembre 2015.

Source : http://www.egaliteetreconciliation.fr/La-France-refuse-de...

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Soumis aux USA, soumis à Israël, soumis à l'Angleterre, soumis à l’Allemagne… et à qui encore ? Qu’est-ce que les Français attendent pour obliger leur gouvernement à respecter ses engagements internationaux si telle est leur volonté et pour le révoquer s’il n’obéit pas ? Ils en ont peur ?

On ne nous fera pas croire qu’une grève générale de ceux qui travaillent encore assortie d’une consigne d’abstention en masse aux prochaines élections resteraient tout à fait sans effet.

 

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Mis en ligne le 3 septembre 2014

 

 

 

 

23:20 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

IN MEMORIAM

1. lusitania_sinking.jpg

 

In memoriam

Jaurès flingué au café du Croissant : c’était il y a eu dimanche cent ans.

(Notre post est à la bourre)

« Celui qui commence la guerre est dans son  tort : il n’est que juste qu’il soit vaincu et puni d’avoir tiré l’épée le premier… Deus dissipat gentes qui bella volunt » (Psaume lxviii, 31)

Martin Luther

 

Dernier discours de Jaurès, trois jours avant son assassinat


Donc, Jaurès était opposé à la guerre. Aussi désespérément que Vladimir Poutine aujourd’hui, et pour les mêmes raisons. Son idée était de faire s’y opposer – ensemble – les classes ouvrières française et allemande, par des grèves conjointes.

L’assassin le prit de court.

Tout le monde – son parti en tête, qui n’attendait que cela – s’engouffra tête baissée dans l’« Union Sacrée » et, trois jours plus tard, la France mobilisable partit, la fleur au fusil.

Cinq ans et dix-neuf millions de morts plus tard,  dont un et demi de Français (en mars 1919), eut lieu le procès de son assassin. Il s’appelait Jacques Villain. Il fut acquitté, et Madame Jaurès fut condamnée à payer les frais du procès.

Cinq autres années plus tard, « ils » eurent le front de le mettre au Panthéon.

La fin de Villain dut beaucoup à la déesse Némésis : il mourut en 1936, à Ibiza, fusillé par des anarchistes. On retrouva son cadavre sur une plage, dévoré par les fourmis.

Un livre

 

Charles Sylvestre

Le deuxième assassinat de Jean Jaurès – Le procès de l’assassin de Jaurès

Editions Pagala – 450 pages

(Pas d’image de couverture disponible).

 

Et quelques autres :

http://jaures2014.org/comment-bibliographie.php

[Vous allez rire : il y en a même un co-signé par Manuel Valls.]

« Ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils mouraient. Il en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l'ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels ».

Anatole France

 

C‘est à Craonne, sur le plateau…

http://www.lafeuillecharbinoise.com/?p=9949

 

Quand au bout d´huit jours, le r´pos terminé,
On va r´prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c´est bien fini, on en a assez,
Personn´ ne veut plus marcher,
Et le coeur bien gros, comm´ dans un sanglot
On dit adieu aux civ´lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s´en va là haut en baissant la tête.

Adieu la vie, adieu l´amour,
Adieu toutes les femmes.
C´est bien fini, c´est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C´est à Craonne, sur le plateau,
Qu´on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C´est nous les sacrifiés!

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l´espérance
Que ce soir viendra la r´lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu´un qui s´avance,
C´est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l´ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Adieu la vie, adieu l´amour,
Adieu toutes les femmes.
C´est bien fini, c´est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C´est à Craonne, sur le plateau,
Qu´on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C´est nous les sacrifiés!

C´est malheureux d´voir sur les grands boul´vards
Tous ces gros qui font leur foire;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c´est pas la mêm´ chose.
Au lieu de s´cacher, tous ces embusqués,
F´raient mieux d´monter aux tranchées
Pour défendr´ leurs biens, car nous n´avons rien,
Nous autr´s, les pauvr´s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr´ les biens de ces messieurs-là.

Adieu la vie, adieu l´amour,
Adieu toutes les femmes.
C´est bien fini, c´est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C´est à Craonne, sur le plateau,
Qu´on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C´est nous les sacrifiés!

Ceux qu´ont l´pognon, ceux-là r´viendront,
Car c´est pour eux qu´on crève.
Mais c´est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s´ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l´plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau!

 

Et un autre livre :

 

2. Adieu à tout cela.jpg

 

 Robert GRAVES

Adieu à tout cela

Paris, Stock, 1965

387 pages

 

 

De père irlandais et de mère allemande, c’est sur la Somme qu’il a fait, dans l’armée anglaise, cette guerre monstrueuse, qu’il décrit comme personne.

C’est en défendant devant un conseil de guerre son ami Siegfried Sassoon - qui avait mis la crosse en l’air d’indignation -, qu’il craqua et fut interné pour un temps dans un asile d’aliénés, puis renvoyé au front.

C’est dans ce livre qu’on apprend que, dès 1917, l’Allemagne demandait un armistice. Qui fut refusé, car il restait pour un an d’armes a écouler, avant de passer à celles de la génération suivante.

Par un des plus grands poètes du XXe siècle.

3. poet-graves.jpg

Graves pendant la guerre

Et, bien entendu :

Centenaire

1914 – 2014

Des livres – des films – des sites

http://lettres-histoire-geo.ac-amiens.fr/sites/lettres-hi...

 

Mais surtout :

4. Voyage  DENOEL.jpeg   

 

Louis-Ferdinand CÉLINE

Voyage au bout de la  nuit

Denoël, 1932

623 pages

 

  

 

5. Voyage TARDI -.jpg

 

Louis-Ferdinand CÉLINE

Voyage au bout de la nuit

Illustré par Tardi

Gallimard-Futuropolis, 2006

216x294 mm – 384 pages

 

6. TARDI - Putain de guerre.png 

7. CASSE-PIPE - FOLIO xxx.jpg

 

 

 

Louis-Ferdinand CÉLINE

Casse-pipe

Gallimard - Folio – 1997

123 pages

 

 

 8. Casse-Pipe illustré par Tardi.JPG

Louis-Ferdinand Céline

Casse-pipe

Illustré par Tardi

Gallimard-Futuropolis, 2007

210x285 mm – 96 pages

 

 

*

 

 

Mis en ligne le 3 septembre 2014.

 

 

 

 

22:32 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |