26/12/2014

L'ENVERS DU RÊVE - 3e Partie

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L’ENVERS DU RÊVE

(3e partie)

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Noël ! Noël ! Paix aux hommes de bonne volonté !

Mais armez-vous quand même, c’est plus sûr.

 

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On avait prévu autre chose. L’Amérique d’avant 1940, les vagues d'immigration, les luttes sociales, les quotas de réfugiés, etc… Tant pis.

Si on revient sur la torture, ce n’est pas pour le plaisir, mais parce que le Rapport du Sénat a donné la gueule de bois aux Américains, qui étaient sans doute les seuls à l’ignorer ou à se voiler la face pour ne pas la voir. Elle est pourtant directement liée à l’essence de leur pays, et à ce qu’ils appellent leur « exceptionnalisme ».

Et le Rapport (mensuel) Anti-Empire de William Blum, qui en parle aujourd’hui, est toujours, en soi, un événement. L’Histoire écrite au présent, à garder précieusement pour les générations futures.

 

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Exceptionnalisme américain et torture américaine.

William BLUM – Le Grand Soir 22 décembre 2014

En 1964, l’armée brésilienne, par un coup d’état de conception américaine, renversa un gouvernement libéral (pas plus à gauche que ça) et gouverna avec une poigne de fer pendant les 21 années qui ont suivi. En 1979, le régime militaire adopta une loi d’amnistie bloquant toute poursuite de ses membres pour torture et d’autres crimes. L’amnistie tient toujours. (1)

C’est ainsi qu’ils règlent ce genre de problème, dans ce que l’on appelle le tiers monde. Mais dans le premier monde, de telles subtilités juridiques sont inutiles. Aux États-Unis, les militaires tortionnaires et leurs parrains politiques sont amnistiés automatiquement, simplement pour être américains, uniquement pour leur appartenance au « Club des Gentils ».

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Voilà maintenant, avec la publication du rapport du Comité du renseignement du Sénat sur la torture de la CIA, de nouvelles révélations encore plus déprimantes sur la politique étrangère américaine. Mais est-ce que les Américains et le monde ont encore besoin d’un rappel que les Etats-Unis sont un pays tortionnaire de premier plan ? Oui. Le message ne saurait être trop répété parce que l’endoctrinement du peuple américain et des Americonophiles partout dans le monde est si profond qu’il faut des chocs réitérés au système de le déloger. Personne ne réussit à laver les cerveaux mieux que les bons vieux Yankees inventeurs de la publicité et des relations publiques. Et il y a toujours une nouvelle génération qui arrive avec des bannières étoilées plein les yeux.

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Source : http ://www.legrandsoir.info/exceptionnalisme-americ...

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William Blum parle de Tiers Monde. L’Europe en fait désormais partie.

La preuve.

La dictature de l'empire américain « Young Leaders » - Comment secouer ce joug ?

 

Manuel de Diéguez –20 décembre 2014

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1 - L'horloge de la mort
2 - Les flatteurs des puissants
3 - La corruption de la classe dirigeante de la France
4 - Les nouveaux «  jeunes chefs »
5 - Que de ruse et de candeur mêlées !
6 - Le mode de recrutement et son extension à l'Europe
7 - Un cas paradigmatique, M. Alain Juppé
8 - Le double jeu des agents d'influence
9 - Une démocratie militaire
10 - Attrape-nigauds, simulacres, contrefaçons et tutti quanti
11 - La sotériologie démocratique
12 - Les ensorcelés
13 - Pour une métazoologie de la géopolitique
Post-scriptum

 

1 - L'horloge de la mort

Il est des heures où le fleuve du temps semble ralentir sa coulée, tellement la légèreté des jours paraît prendre le pas sur le train plus pesant de l'histoire. Alors le ralentissement des horloges paraît donner de l'éclat à un monde immobile. Mais la fixité soudaine des écrans donne également le signal du basculement d'une civilisation dans le vide. Il en est ainsi de l'Europe au souffle coupé : son vol dans un ciel déserté souligne l'effacement du continent de la pensée.

Jamais encore les nations du Vieux Monde n'avaient quitté l'arène de leur propre histoire, jamais encore la patrie de la raison, jamais encore le coin de terre qui a servi de berceau aux mathématiques et à la musique, à la philosophie et à la géométrie, à l'histoire et à la politique raisonnées n'avaient déclaré une guerre des ventres à un membre glorieux de la famille, tellement la géographie imposait un voisinage naturel des têtes et des cœurs.

Mais les circonstances de cette dislocation des âmes et des cervelles éclairent l'évènement en retour et le placent dans la lumière de nos retrouvailles avec le tragique grec : c’est sur l’ordre d’un tyran étranger que Paris, Rome, Madrid, Berlin ont tenté d’affamer la patrie de Tolstoï et de Dostoïevski, c’est une Europe vassalisée qui n’a mis un terme à sa trahison d’elle-même qu’en raison du tarissement brutal de ses profits commerciaux avec sa victime, c’est une Europe opprimée par un mythe de la Liberté dont son délivreur de 1945 brandit trompeusement le drapeau sur sa tête, c’est une Europe domestiquée par un empire en expansion messianique qui a jugulé une civilisation de la lucidité et de la mesure. Quelle honte que ce ne soient pas sa tête et son cœur qui aient contraint l’Europe à battre en retraite, mais seulement l’amaigrissement de son gousset. Le temps de l’histoire s’accélère dans les siècles de la volonté et du courage, il traîne la patte quand la lâcheté et la honte retardent l’horloge de la mort.

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Source : http://www.dieguez-philosophe.com/

 

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« Et en Belgique ? » nous sommes-nous dit, en cherchant une liste équivalente à celle de M. de Diéguez. Mais nous n’avons pas trouvé lesquels de nos ministres, magistrats et journaleux furent des YOUNG LEADERS avant de s’abattre sur le pays (tous ? Elio ? Laurette ? Bart ? les autres ?)

En revanche, les « 40 UNDER 40 » sont des Young European LEADERS. (« L’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! »)

Et là, nous avons déniché cinq « Belges », qu’en d’autres temps on eût qualifiés de kollabos, et fusillés ou tondues, mais ne soyons pas rabat-joie, surtout en ces temps de réveillons, ce serait de si mauvais goût.

On vous conseille, d’ici la Fête des Rois, de visiter ce petit portail qui ne manquera pas de susciter des vocations chez les jeunes loups aux dents longues et à la conscience élastique. On les y voit tous, les heureux élus, avec CV et médaillons à leurs couleurs nationales qui ne veulent plus rien dire mais qui font joli.

Voici donc les nôtres, par ordre d’ancienneté (promotions 2012, 2013, 2014). On vous résume leurs cartes de visite naturellement rédigées en anglais. N’oubliez pas que tous ces gens-là ont moins de 40 ans.

Emily Hoyos

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Emily est présidente du Parlement Wallon, poste qu’elle occupe depuis 2009. Elle fait partie des Verts belges. Très tôt dans sa carrière, elle a été élue présidente de la Fédération des étudiants francophones (courroie de transmission favorite des Yankees, les étudiants ! Voir les révolutions colorées.). En sortant de l’école elle est devenue secrétaire politique ( ?) d’un Ministre de l’Enfance, etc. En 2009 elle a été élue représentante au Parlement Wallon et, six semaines plus tard, en est devenue la présidente. Rapide, non, comme carrière ? Mais n’oubliez pas que ce sont des élites.

Jan Goossens

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Jan est directeur artistique du KVS, le Théâtre Royal Flamand à Bruxelles, depuis 2001. Il est l’initiateur d’un programme d’échanges culturels entre la Belgique, le Congo et le Monde arabe (Gaza, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, tout ça). Il est « fellow » de la Fondation Eisenhower,  ce qui ne mange pas de pain. Jan a aussi écrit plusieurs livres et articles sur des sujets tels que la culture, les médias, le futur de la Belgique et de l’Europe. Que demande le peuple ?

Zakia Khattabi

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Zakia est la présidente du groupe des Verts au Sénat. Elle est sénatrice auprès du Parlement ( ?) pour la Communauté Française (oui, ils s’appellent comme ça, car on ne peut pas à la fois faire des carrières politiques-éclair et maîtriser sa langue). Elle est membre des partis PRB et PCF (alors, là ! On croyait qu’elle était chez les Verts… on donne notre langue au chat. Pour ceux que cela amuse, les voilà tous, dans les trois idiomes officiels : http://www.ecoles.cfwb.be/argattidegamond/Bo%EEte%20%E0%2... )

On vous passe ses occupations de moindre importance. Elle est membre fondatrice de l’AWSA  (Arab Women's Solidarity Association-Belgium, qui n’a pas de titre dans aucune des trois langues nationales, ni d’ailleurs en arabe, mais c’est tellement pratique l’anglais – ah, qu’elles ont de la chance les femmes arabes !) et membre du Conseil des Femmes Françaises de Belgique (toujours pour « francophones » bien sûr… mais ce n’est pas elle qui a haussé l’ignorance crasse au rang des beaux-arts belges).

Leendert de Voogd

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Leendert est donc un flamand et on vous donne ses titres en anglais, puisque c’est ça qu’il aime : « Global Head of the Political and Social Practice of TNS, one of the world’s largest market research companies ». Avant cela, il avait été aussi « Joint Managing Director of TNS Opinion, a co-ordination centre for multi-country studies based in Brussels » (Ah, « opinion » ! Ah, « multi-country studies ! Ah, « based in Brussels !). Et là, on se lance dans le résumé : au cours des 15 dernières années, il a assumé la coordination des enquêtes sociales à grande échelle dans tous les pays du monde pour un nombre important d’institutions internationales telles que la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne, le Parlement Européen et le FMI, car à quoi bon lésiner. Il a étudié les sciences politiques à la KUL (aile flamande de l’Université catholique de Louvain) et à Sciences Po (Paris).

Wouter Verschelden

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Wouter, autre flamand, est journaliste. Il a fondé Newsmonkey.be « a social media tailor-made news website », bref, un des innombrables merdias alignés, mais, attention, « partiellement financé par du crowd-funding ». Il est l’auteur d’un documentaire et d’un livre sur le « news business » (maintenant on ne dit plus journalisme, car, en effet, ce n’en est plus), qui s’appelle Stop The Presses : the Golden Age of Journalism starts now. On ne sait pas s’il l’a traduit dans sa langue maternelle, mais ce serait basé sur son expérience de deux ans comme rédac-chef du De Morgen. Il se passionne tellement pour la politique et l’intérieur du Système qu’il a co-écrit une série pour la télévision belge, on ne sait pas laquelle (il y en a trois). Il est diplômé de la Columbia School of Journalism, de New York, et détient aussi deux autres diplômes en business d’une université de Gand et d’une autre en Bretagne Occidentale (si, si, ça existe, c’est à Brest).

Bref, tous les champs sont couverts et à quoi peut encore bien servir la NSA après cela ? Pour faire bonne mesure, n'oublions pas que tout Belge a une carte d'identité rédigée dans deux langues : la sienne et l'anglais.

Ne ratez pas non plus l’onglet « Nos partenaires ». Cela va des institutionnels (Fabius) aux NGOs (Soros) en passant par toutes sortes de gens très bien, vous verrez.

C’est là : http://40under40.eu/

 

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Pour faire suite aux leçons de français de Manuel de Dieguez (quelle chance ils ont ces deux-là, Valls et Hollande) :

Et parce que, nous non plus, on ne supporte pas « Beijing » en supposé français, ni auteure, ni écrivaine, ni les gens qui prennent des passés simples pour des imparfaits et lycée de Versailles, ni… ni… !

 

Z’avez pas vu mon Beijinois ?

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Bernard GENSANE

Jacques Drillon est linguiste, stylisticien, musicien, écrivain. Un homme de culture au sens parfait du terme. Il a publié récemment un texte aussi savoureux qu’argumenté : “ Non, défendre la langue Française n’est pas réac.

J’ai adoré. En particulier, ce passage : « La soif d’anglais, c’est le syndrome du crocodile, cousu sur les polos des banlieusards ou les chemisettes des bourgeois, et qui signifie seulement : vêtement cher. En être ou ne pas en être, là est la question. Voyez la hâte piteuse avec laquelle nous avons dit Beijing pour Pékin. Comme nous aimons perdre ! Comme nous aimons notre servitude ! Quelle fierté nous tirons de notre propre abaissement ! Comme elle était heureuse, Christine Ockrent, de pouvoir interroger en anglais Shimon Peres, qui parle parfaitement le français ! Quelle impatience dans l’humiliation !  »

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Source : http://www.legrandsoir.info/z-avez-pas-vu-mon-beijinois.html 


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Chine

Connaissez-vous les douze étapes suivies par les USA pour changer un régime ? Les Chinois, eux, les ont parfaitement assimilées et ont réalisé une vidéo pour tout bien vous expliquer. Elle se trouve dans cet article… sous-titrée en anglais, car personne en France… (air connu).

 

La Chine face à la tactique américaine du changement de régime

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Même si elle a un nom sympa, la récente révolution à Hong Kong suit assez bien le schéma standard de changement de régime et de déstabilisations politiques formatées par les USA. Et les Chinois n’ont pas besoin de sous-titres !

Désormais, nous savons que la Russie connaît bien les méthodes des changements de régime, dont l’empire du Chaos use et abuse afin de maintenir sa suprématie. C’était apparu très clairement dans l’allocution de Poutine au Club Valdaï :

« De fait, depuis un bout de temps, nos collègues (les USA) ont tenté de gérer les dynamiques politiques, en utilisant les conflits régionaux et en concevant des “révolutions de couleur” correspondant à leurs intérêts, mais… le génie aux trois vœux s’est échappé de la bouteille. Il semble que les pères de la théorie du “chaos sous contrôle” ne savent plus eux-mêmes qu’en faire ; c’est une complète débandade dans leurs rangs. »

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Source : http://reseauinternational.net/la-chine-face-la-tactique-americaine-du-changement-de-regime/

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France

Stakhanovistes de la servilité, des « young » et des vieux leaders, qui n’en  finissent pas de ne savoir que faire pour complaire à leurs maîtres, continuent à débaptiser avec enthousiasme les endroits de leur pays qui déplaisent aux néo-cons de l’étranger, empressés, anxieux de s’aligner sur ce qui fait gerber – s’ils savaient combien ! - les gens normaux du cœur de l’Empire.

Toute honte bue. L’absolu du minable, de l’abject, du sordide. Ni Balzac ni Daumier ne se seraient permis, pour la vraisemblance, quoique les restaurations nauséabondes n’aient pas manqué au siècle avant-dernier.

 

Villejuif : Le parvis Georges Marchais débaptisé

La nouvelle majorité UMP-écologiste de Villejuif a décidé de débaptiser la place Georges Marchais. Elle portera désormais le nom de Georges Mathé, un célèbre cancérologue de l'hôpital Paul-Brousse décédé en 2010.

 

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Georges Marchais et Louis Aragon, au début des années 70

On peut n’avoir jamais été communiste ni spécialement fan de Marchais, qu’on n’a connu que de très loin, et trouver profondément méprisables ces coups de pieds aux morts pour se faire bien voir des chefs de meutes.

En robespierristes chevronnés blanchis sous le crachat, nous devrions être blasés et maintes fois vaccinés. Eh bien, on ne s’y  fait pas. Comme on n’a jamais pu avaler, à l’inverse, l’Esplanade Ben Gourion, parce qu’il y a des limites à tout et qu’on n’aime pas que les gens qui ont du sang sur les mains jusqu’aux épaules s’affichent dans les endroits où on vit. Quant au Parvis Notre-Dame devenu Place Jean-Paul II, on a beau être mécréants, on n’est pas près de l’avaler non plus. Vous vous rendez compte ? La Sainte Vierge virée pour faire place à un McCain en soutane ?

Cela dit, ce débaptême, c’est une espèce d’honneur, une sorte de consécration post mortem pour Marchais, qui se retrouve ainsi en compagnie de tout ce que la France a compté de plus honorable. Que sa veuve et ses camarades voient les choses ainsi : nous sommes en guerre, et pendant les guerres, l’occupant impose sa loi, fait mettre les panneaux indicateurs dans sa langue, exige que l’on fasse sauter les statues des héros – blancs et noirs - qui les ont vaincus dans la guerre d’avant parce que l’un d’eux doit passer devant et décrète terroristes ceux qui lui résistent. L’histoire est décidément un éternel recommencement.

Bref rappel pour ceux qui n’étaient pas nés

Georges Marchais fut un homme politique français, communiste, secrétaire général du PCF de 1972 à sa mort en 1997. Élu député de la 1re circonscription du Val-de-Marne en 1973, puis de la 11e (Arcueil-Cachan-Villejuif) à partir du redécoupage électoral de 1986, il sera régulièrement réélu à chaque scrutin jusqu'en 1997.

En 2013, la ville de Villejuif, dont il avait donc été le dévoué député pendant 24 ans, donne son nom à un parvis.  Mais en mars 2014, la municipalité, qui avait été un fief communiste pendant près d’un  siècle, passe à une coalition qui va de l’UMP aux Verts. Aussitôt, des mesures sont prises pour débaptiser triomphalement le Parvis Georges Marchais. Le « ventre » a parlé.

Quant au cancérologue à qui on n’a pas demandé son avis, le voilà acoquiné, post mortem lui aussi, avec des êtres qu’il n’eût peut-être pas touché sans gants de son vivant. (On ne le connaît pas, mais dans un pays qui est depuis les années soixante la proie de promoteurs jamais rassasiés ni complexés, on peut supposer que les endroits sans nom ne doivent pas manquer, même aux alentours des hôpitaux en voie de fermeture.)

Liens :

http://www.humanite.fr/villejuif-debaptise-le-parvis-georges-marchais-560797

http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-franc...

http://malakoffantilberalunitaire.over-blog.org/2014/12/villejuif-debaptise-le-parvis-georges-marchais.html

Dernière minute :

La famille Mathé remercie et décline.

Dans un communiqué, la fille du médecin gaulliste, Catherine Gaston-Mathé, a d’abord remercié la municipalité d’avoir pensé à honorer la mémoire de son père, « précurseur de la cancérologie moderne, pionnier de la greffe de moelle, de l’immunothérapie et de la chimiothérapie des années 1950 aux années 1980, à Villejuif ». Avant de rappeler sa coopération « active » avec Georges Marchais, député de cette circonscription pendant 24 ans. Pour la famille, un seul souhait : « qu’une solution soit trouvée pour honorer les deux Georges et rassembler ainsi toutes les sensibilités françaises ».

Gifle morale amplement méritée.

 

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Belgique

On a raté la sortie d’un film :

 

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http ://mich-silence-on-tourne.skynetblogs.be/archive/2014/12/01/iranien-sortie-belge-8337528.html

 

Et celle de Van Rompuy :

http ://www.lesoir.be/723077/article/actualite/fil-info/fil-info-monde/2014-12-02/presse-britannique-denonce-prime-depart-van-rompuy?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obinsource

 

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Paraguay

Si la devise de feu John Cowper POWYS était « Endurer ou s’échapper », et si on peut être sûrs que les Russes vont appliquer celle qui fut depuis des siècles, la leur « Endurer et se battre », un (ex)-Américain, a choisi, pour sa part, de s’échapper, et même de brûler ses vaisseaux sans espoir de retour.

Comment renoncer à votre citoyenneté US et devenir apatride

Par Jeff Berwick – I.C.H.Décembre 2014

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Glen Lee Roberts

J’ai eu récemment le plaisir de parler avec Glen Roberts, qui se décrit comme techno-geek [« crack ou bidouilleur en informatique »], blogueur et auteur de Comment renoncer à votre citoyenneté US en deux étapes faciles. Le livre a été écrit pour couper court aux objections et décrire quelles exigences doivent être remplies et en quoi consiste la procédure d’abandon de la citoyenneté, pour lequel il semble qu’il y ait une forte demande depuis quelque temps. Glen a renoncé à sa nationalité US après avoir vécu dans divers pays d’Amérique Centrale et du Sud pendant plus de dix ans, et il réside actuellement, en apatride, au Paraguay.

Son histoire est une des plus intéressantes qu’il nous ait été donné d’entendre, dans la lutte sans fin pour échapper à l’Amérike. Voici quelle a été notre conversation.

The Dollar Vigilante (TDV) – Pouvez-vous nous parler un peu de vous-même, de vos antécédents, et nous apprendre comment vous avez fini par atterrir au Paraguay ?

Glen Roberts (GR) – Je suis né en 1962 et j’ai vécu dans le Mid-West des États-Unis jusqu’à la fin de 2002. Je travaillais dans le secteur de la programmation d’ordinateurs, tout en publiant un journal alternatif qui s’appelait Full Disclosure [« Divulgation totale »]. Un mémo secret du FBI - dont j’ai reçu une copie censurée en 1988 en vertu sur la Loi de Liberté de l’Information - le décrivait ainsi : « Full Disclosure professe être un journal alternatif ayant pour vocation d’attirer l’attention sur les abus d’autorité, et qui fournit des informations sur les droits des citoyens, afin que ses lecteurs soient intelligemment préparés à affronter les intrusions du gouvernement dans leurs vies. Une des principales préoccupations de Full Disclosure est l’incidence de la technlogie sur la vie privée. »

TDVWaw ! Ils en étaient déjà là en 1988 ! Je suis sûr que notre dossier chez eux emplit plusieurs disques durs.

GR – Je pense que la question sous-jacente, ici, est que le FBI est à la fois une agence d’enquêtes criminelles et un service de renseignements. Je pense qu’à l’évidence, leur mandat en matière d’espionnage, indépendamment de toutes les activités légales auxquelles ils s’adonnent, comprend aussi la tâche d’enquêter et d’engranger un maximum d’informations sur les citoyens US qui veulent exercer les droits que leur garantit la Constitution. Ces informations, bien sûr, sont alors disponibles pour tous les besoins politiques qui peuvent survenir un jour ou l’autre. Je crois aussi qu’à cause de leur rôle apparent de service de mise en application des lois, une grande partie de leurs activités d’espionnage prennent l’apparence de cette mise en application, donc se déroulent à la vue de tous, sans préoccuper personne.

TDV – Quelle agence du gouvernement US n’est pas une agence « de renseignement » aujourd’hui ! Mais, je vous en prie, continuez.

GR – En 2002, je suis allé plusieurs fois en vacances au Costa Rica, en y restant chaque fois un peu plus longtemps. Je n’avais cependant aucun projet de déménagement. Au début de 2003, je suis rentré aux États-Unis, et, en retournant la fois suivante au Costa Rica, mon idée était de faire plus ou moins régulièrement ces allers-retours, mais j’ai trouvé la vie plus enrichissante en dehors des USA, et je n’y suis plus retourné depuis.

Le Costa Rica n’était pas, en définitive, l’endroit qui me convenait le mieux et j’ai alors passé cinq ans et demi en Uruguay. Il y a presque quatre ans, j’ai déménagé au Paraguay et trouvé que c’était l’endroit où je me sentais le plus à mon aise.

TDV – Nous trouvons aussi que l’Amérique Latine est un des endroits où il est le plus agréable de vivre. Quand, comment et pourquoi avez-vous renoncé à votre citoyenneté US ?

GR – J’ai formellement renoncé à ma citoyenneté US le 21 juin 2013. La cérémonie de renoncement s’est déroulée au consulat d’Asuncion ce jour-là. J’avais auparavant rencontré le consul US, et il m’avait lu un document en 12 points sur les conséquences de la renonciation. La cérémonie en elle-même est très rapide. J’ai fait une vidéo Youtube où je l’ai rejouée, et la partie essentielle de la cérémonie prend à peu près 90 secondes.

Cette brièveté, cependant, ne doit pas en diminuer la signification. Je crois qu’elle est réellement profonde, non seulement sur le plan légal, mais également sur le plan spirituel. Quand je me remémore les choses, je dirais que, métaphoriquement, j’étais un aigle attaché à un mât et que ma renonciation m’a libéré de mes entraves. Je suis entré dans l’ambassade des États-Unis ce jour-là comme un pauvre humain avec le poids des États-Unis et de tout ce qu’ils font sur mes épaules, et j’en suis sorti comme un aigle, prêt à explorer de nouvelles altitudes.

TDV – Un aigle… jolie métaphore !

GR – J’avais fait des recherches sur le sujet de la renonciation de nationalité un certain nombre de fois au cours des années, alors que je vivais encore aux États-Unis, mais ça n’avait jamais fait tilt. Je pense que cela venait en partie de ce que je n’avais pas d’autre passeport et qu’en partie j’étais toujours « américain ».

Au cours des 11 ans que j’ai passés en dehors des États-Unis, j’ai changé de manière significative. Une grande partie des craintes et de la colère que j’avais quotidiennement ressenties s’était évanouie. J’étais en meilleure santé, plus content de vivre, plus en paix avec moi-même. À mesure que je me déconnectais de la culture américaine et que je me voyais de moins en moins « américain », cette marque avait fini par devenir un fardeau.

Sans parler du sentiment d’avoir vécu à l’intérieur d’un mensonge quand j’y exerçais mes activités d’éditeur de Full Disclosure, je veux parler du mensonge qu’on m’avait enseigné quand j’étais enfant, que je vivais dans un « pays libre », alors que, dès que je voulais exercer mes libertés, je me retrouvais humilié et méprisé, si pas même harcelé et menacé.

Le fardeau quotidien d’être un Américain fait que chacun déambule avec un gros nuage noir au-dessus de la tête. Les gens semblent culturellement programmés pour être dans un état permanent de mécontentement, et les choix qu’ils font, les solutions qu’ils trouvent et les occasions qui leur sont offertes ne font que les conduire à davantage de désillusion.

TDV – Beaucoup de gens croient que, pour pouvoir renoncer à votre nationalité, vous avez dû devenir citoyen d’un autre pays. Ce n’est visiblement pas le cas. Cela a-t-il été évoqué au cours du processus de renonciation ?

GR – Il y a beaucoup de conceptions erronées quant aux critères et au processus de la renonciation. Beaucoup de gens qui ne sont pas passés par là croient aussi qu’il s’agit d’une démarche hostile.

D’abord, pour s’assurer qu’il n’est pas nécessaire d’adopter la nationalité d’un autre pays, il suffit de lire le Guide fourni par le Département d’État, qui s’appelle Manuel en Affaires Étrangères (FAM) et qui indique la procédure à suivre et les conditions à remplir à l’égard du consulat US. Ce guide explique très clairement qu’il n’est pas nécessaire d’adopter une autre nationalité pour renoncer à sa citoyenneté US. Il indique seulement que la personne doit être informée des conséquences de sa renonciation, et, si elle veut persévérer, quelle marche elle doit suivre.

Dans mon livre, j’ai inséré une copie complète de la partie « renonciation » du FAM, ainsi qu’une copie de tous les formulaires que j’ai dû remplir et signer, mes réponses y comprises. On peut y voir exactement quelles informations on doit fournir : pas beaucoup ni de très détaillées.

On peut y voir aussi les 12 points qui vous sont lus sur les conséquences. Un de ces points concerne l’état d’apatridie. Dans mon cas, le consul US et moi avons eu une brève discussion sur le sujet, et il m’a remis, en plus, copie d’une page du FAM qui n’est pas, généralement, accessible au public.

À aucun moment, le Consul n’a exprimé d’opinion ni de préoccupation personnelle quant à ma décision de renoncer ou de devenir apatride. Je dirais même que ma décision n’a eu aucune incidence sur les renseignements qu’on m’a demandé de fournir.

Une autre idée fausse très répandue est qu’il faut « payer les formulaires ». Les formulaires sont gratuits et les honoraires administratifs (2.350 $ US, soit une augmentation de 400% récemment instituée) ne sont perçus que juste avant la cérémonie de renonciation.

TDV – Pouvez-vous voyager en dehors du Paraguay sans avoir aucun passeport ?

GR – C’est là une question à laquelle je ne suis pas prêt à répondre directement. Je préfère partager mes expériences réelles et ne pas spéculer sur les possibilités. Il existe un traité des Nations Unies, qui date de 1954. Son titre est « Convention relative au statut des personnes apatrides ».

L'article 28 de ce traité y répond en partie : « Documents de voyage. Les États Contractants fourniront aux personnes apatrides séjournant légalement sur leur territoire les documents nécessaires à tout voyage en dehors de leur territoire, à moins que des raisons évidentes de sécurité nationale ou d’ordre public n’exigent d’y déroger, et les dispositions relatives au Programme de cette Convention s’appliqueront aux dits documents ». Le programme décrit alors le document essentiel, et, à toutes fins pratiques, il ressemble à un passeport et fonctionne comme un  passeport. La couverture, cependant, parle de document relatif à la Convention de 1954 et exclut toute relation avec la nationalité du détenteur : « Ce document est établi dans le seul but de délivrer au détenteur un document de voyage qui puisse tenir lieu de passeport national. Il est établi sans préjudice de la nationalité du détenteur et ne peut en tenir lieu. »

Le Paraguay a signé ce traité le 2 juillet 2014 (voir ici une liste des pays qui ont cosigné ce traité) et a donc l’obligation de me fournir ce document de voyage. J’ai rencontré récemment les gens du Département des Droits de l’Homme du Paraguay, et ils sont conscients de leurs obligations eu égard à cette Convention. Ils m’ont également expliqué – et je comprends bien – que non seulement je suis leur premier apatride, mais qu’ils doivent aussi, parce qu’ils n’ont que depuis peu adopté ce traité, développer un processus, en établir les formulaires et tout ce qui est nécessaire à sa mise en œuvre.

TDV – C’est un des problèmes qu’on rencontre dans beaucoup de pays « sous-développés », un manque complet de taille de gouvernement, de la capacité ou de l’expérience qu’il faut pour mettre au point beaucoup de ces choses. Mais, je vous en prie, continuez.

GR – Ils ont accepté ma demande d’être reconnu comme apatride. Ils travaillent aussi avec moi pour m’aider à mettre à jour mes documents d’immigration, pour qu’ils reflètent ce statut. Auparavant, j’avais sollicité et obtenu un statut de résident permanent.

J’ai décidé d’attendre que le Paraguay me reconnaisse comme apatride et non comme américain avant d’essayer d’utiliser ma Cédule paraguayenne pour voyager internationalement. Je crois que, lorsqu’ils auront créé une structure en fonction du traité, je recevrai un document de voyage.

Quand j’ai renoncé à ma nationalité US, je l’ai fait en me rendant bien compte qu’il pourrait m’être difficile de voyager à l’étranger pendant un certain temps, voire toujours.

TDV – C’est une façon unique d’envisager les choses. La plupart des gens auraient demandé un droit de résidence paraguayenne (et, donc, d’abord une Cédule) et un passeport paraguayen, avant de renoncer. Il semble que vous ayez totalement inversé la procédure. Nous ne voulons pas jouer les trouillards négatifs, mais nous sommes prêts à parier que ce ne sera pas in parcours facile. Nous serons vraiment curieux de le suivre et nos lecteurs aussi. Quels autres droits vous offre la Convention de 1954 ?

GR – Je pense, après avoir jeté un coup d’œil d’ensemble au traité, qu’on peut le décrire en disant qu’il garantit que la personne apatride sera traitée à l’égal de tout autre résident légitime ; que les apatrides ne pourront pas faire l’objet de discrimination sous prétexte qu’ils n’ont pas de nationalité. Cependant, il fait une réserve qui peut présenter un intérêt particulier aux yeux de ceux qui veulent échanger leur nationalité US contre une autre.

L’article 32, en effet, prévoit : « Naturalisations. Les États Contractants devront, autant que possible faciliter l’assimilation et la naturalisation aux personnes apatrides. Ils feront, en particulier, tous leurs efforts pour accélérer les procédures de naturalisation et réduiront autant qu’il sera possible les charges et coûts de ces procédures ».

Mais il ne fait aucune obligation à un pays signataire d’accorder la naturalisation. Il demande seulement que le processus en soit facilité. Dépendant du pays en cause, il se peut qu’il soit plus facile d’en obtenir la nationalité si on devient d’abord apatride. Le risque, évidemment, est que, selon le Département d’État US, renoncer à sa citoyenneté est le moyen le plus sûr de la perdre, et que « cette action est finale et irrévocable ».

TDV – Quels ont été, pour vous, les aspects positifs et négatifs du renoncement à votre citoyenneté US ?

GR – Quoique la plupart des gens soulèvent la question de la faculté de voyager internationalement, je ne la considère pas comme particulièrement négative. J’ai passé des décennies de ma vie sans voyager internationalement. Donc, que ce soit pour un an, pour deux ou plus, avant que je sois libre de voyager internationalement si j’en ai envie, je suis content de la vie que je mène ici au Paraguay.

Un autre aspect négatif, évidemment, est d’avoir à remplir pendant un an la paperasserie plus compliquée de l’IRS (Internal Revenue Service ou « Impôt sur le Revenu ») relative à l’année de renonciation, mais je trouve que c’est plus que compensé par le fait d’être ensuite définitivement libéré de cette obligation.

(Note du Rédacteur en Chef : Pour ceux qui envisagent de renoncer à la citoyenneté US, qui possèdent des biens substantiels et qui pourraient se voir réclamer une « taxe de sortie » anormalement élevée par le gouvernement US, TDV Wealth Management a des solutions pour rendre la procédure pour ainsi dire moins « taxante » .)

À l’époque où j’ai renoncé, j’ai pensé que, peut-être, certains de mes vieux amis aux USA m’« attaqueraient » comme antipatriote, idiot, etc. Eh bien, j’ai été surpris de ne provoquer aucune réaction de ce genre, ni de la part de mes amis, ni de la part d’étrangers. Bien sûr, tout le monde n’a pas été d’accord avec ma décision, mais tout le monde semble la soutenir.

TDV – Nous n’en sommes pas tellement surpris. Il y a une masse de gens, aux États-Unis, qui se rendent compte que les USA ne sont pas « le pays des libres » du tout, et beaucoup vous envient si vous arrivez à vous en tirer.

GR – J’y inclurais, jusqu’à un certain point, le personnel de l’Ambassade des États-Unis lors de mon renoncement. Je ne puis décrire leur attitude à mon égard que comme professionnelle et, dans certains cas, amicale. Tout autre chose que ce que je lis souvent dans des articles, des blogs, des commentaires de gens qui ne sont pas, personnellement, passés par là.

Pour ce qui est des aspects positifs, ce fut, en tout état de cause, un processus de mort et de renaissance. J’ai enfin pu jeter par-dessus bord les absurdités du passé et recommencer à neuf. Je ne sens plus sur moi le fardeau de l’étiquette « américain ».

TDV – À vous entendre, on vous prendrait pour un anarchiste. L’êtes-vous ?

GR – Je ne tiens pas à m’appliquer cette étiquette-là ni aucune autre. Même l’étiquette « apatride » empêche les gens de me voir comme l’individu que je suis et les pousse à m’assimiler à d’autres qui peuvent refléter ou non ma personnalité.

Quand j’ai porté mon Certificat de Renonciation de Nationalité chez un traducteur, il a jeté un coup d’œil au document, puis nous avons parlé d’autres choses. Il m’a demandé si j’étais libertaire. Je lui ai répondu que je n’aimais pas étiqueter les gens, mais que le mot était plus approprié que « démocrate » ou « républicain ». Alors, il est revenu au document et a observé « ça a l’air vraiment important ». Je lui ai dit que oui, et j’ai suggéré qu’il le lise.

Nous avons alors eu une assez longue conversation sur le sujet. Aux USA, il avait étudié à l’université et il était donc assez au courant de la politique et de la culture du pays. Comme nous arrivions au bout de notre conversation, il me dit : « Excusez-moi d’avoir demandé si vous étiez libertaire. Je vois que vous êtes un terrien ».

Je crois que l’impression que crée le mot « anarchiste » est celle d’une société en état de chaos permanent. Je pense aussi que, si vous regardez autour de vous, ou, plus particulièrement, si vous lisez les journaux ou regardez les nouvelles à la télévision, vous ne pouvez qu’en conclure que nous vivons à présent dans un état de chaos permanent !

Je crois que notre culture de la citoyenneté, surtout basée sur la naissance et la géographie, crée un système qui dépend intrinsèquement de la peur et du conflit. S’il n’y avait pas cet état permanent de peur et de conflit, il n’y aurait aucune raison pour que nos « leaders » existent.

TDV – Ou pour des leaders quels qu’ils soient. Hum, continuez s’il vous plaît.

GR – Et pourtant, dès les premiers moments de notre vie, nous sommes verrouillés là-dedans, et on nous apprend qu’à cause de notre citoyenneté, nous sommes tenus, attachés, soumis à  nos leaders. C’est évidemment à l’opposé de ce qu’on nous enseigne à propos de notre libre-arbitre et de notre liberté. Nous sommes émotionnellement si emberlificotés dans nos engagements patriotiques que nous cessons de voir la réalité ou que, si nous la voyons, ne sommes pas en mesure d’évaluer la différence.

Ma question est comment pouvons-nous passer de ce genre de système à un autre où nous puissions vivre dans le respect mutuel des uns et des autres. Non que nous vivrions dans une situation de chaos sans lois, mais plutôt où la loi serait là pour protéger tout le monde, et non pour assurer, contre tous, le pouvoir politique de « leaders ».

TDV – Nous aimons votre façon de voir les choses, et nous sommes d’accord ! Une grande partie de ce que nous écrivons ici, à TDV, a pour objectif d’opérer une transition vers un nouveau et meilleur système. Un a-système en fait. Évidemment, les gouvernements (et leur bras armé, les médias dominants) ont usé et abusé du mot « anarchie », pour faire croire  que l’existence, dans un tel régime, serait terrible. Elle le serait, au moins pendant un temps, pour lesdits gouvernements et leurs créatures, puisqu’il leur faudrait réellement se mettre en quête d’un vrai boulot productif.

Soit dit en passant, TDV a un vaste réseau de même sensibilité que vous de par le monde, et nous en avons même un certain nombre au Paraguay. Je vais faire en sorte que vous puissiez entrer en contact avec ce réseau. (Note du rédacteur en chef : vous pouvez avoir accès aux groupes TDV en souscrivant à The Dollar Vigilante.)

Avez-vous un commentaire final à faire ou y a-t-il des choses que vous voudriez que nos lecteurs sachent ?

GR Pour ce qui concerne la renonciation, sachez juste que c’est une procédure toute simple. Pour quelle raison elle l’est n’a pas d’importance. C’est une question qui ne se trouve pas sur les formulaires. Il n’y a nul besoin de vous mettre martel en têteà propos de FACTA  [« Fair and Accurate Credit Transactions Act », loi de G.W. Bush sur les transactions par cartes de crédit]  ou d’aucune des autres mauvaises actions des États-Unis. Vous pouvez êtres sûrs et certains que le personnel des ambassades est parfaitement au courant des conséquences de FACTA et de toutes les autres activités malfaisantes dans le pays. Leur boulot consiste à s’occuper de vos paperasses, pas de s’intéresser à ces choses. Votre renonciation est une affirmation suffisamment politique, et dès qu’elle est avérée, vous êtes libérés de tout le drame et de toute l’insanité de ce pays. Il n’est pas nécessaire de faire de votre sortie définitive une manifestation d’hostilité. Vous n’avez qu’à passer la porte et entrer dans votre nouvelle vie.

La décision est importante, que vous ayez ou non une seconde nationalité. Comme je l’ai dit tout à l’heure, ceci est « final et irrévocable ». Vous ne pouvez pas retourner le mois suivant dire que vous avez changé d’avis et récupérer votre citoyenneté.

Dans mon livre, je n’aborde la question de l’apatridie que dans la mesure (aucune) où elle affecterait la procédure de renonciation. J‘aborderai cette question quand j’aurai une expérience suffisante pour en faire un compte-rendu valable.

Le premier endroit où étudier cette question est la Convention de 1954 et la liste des pays qui l’ont signée.

Je pense aussi que, comme quand vous vous expatriez, le point le plus important est l’endroit où vous vous rendez, pas celui d’où vous venez. J’ai vu beaucoup d’expats qui, bien que physiquement éloignés des États-Unis, semblaient en être restés, émotionnellement, au même point qu’avant. Il y a beaucoup de grandes expériences nouvelles qui n’attendent que vous et elles sont beaucoup plus enrichissantes et satisfaisantes que de rester pris au piège des drames émotionnels US. Bien entendu, si vous êtes un expat, vous avez toujours la possibilité de simplement retourner.

Il sera toujours très difficile, pour un ex-Américain, de retourner vivre aux États-Unis, et dans certains cas, il peut même s’avérer très difficile d’y aller ne fût-ce qu’en visite. J’ai fait mon choix après être resté en dehors des USA pendant onze ans. Récemment, j’ai entendu parler d’un autre Américain qui a, lui aussi, renoncé à sa nationalité après avoir, lui aussi, vécu onze ans hors du pays.

TDV – Oui, nous avons entendu plusieurs récits, à propos du degré de facilité à retourner aux USA en visite, une fois que vous avez renoncé à votre nationalité. Comme tout ce qui a un rapport avec le gouvernement, c’est une zone assez grise, et tout dépend principalement de quel nouveau passeport vous disposez et de s’il vous faut un visa ou non. Si vous en avez besoin, votre chance d’obtenir un visa touristique pour pouvoir entrer aux États-Unis est dans la main d’un bureaucrate qui peut être de bonne ou de mauvaise humeur ce jour-là.

Quoi qu’il en soit, tout ceci est absolument fascinant, et nous nous tiendrons au courant de la suite en ce qui vous concerne. Merci, et s’il vous plaît, restons en contact.

GR – Merci.

CONCLUSION

Il n’y a pas beaucoup de cas d’Américains qui ont renoncé à leur nationalité sans en avoir d’abord acquis une autre. Un des seuls cas que nous connaissions est celui de Jeff Knaebel, un Américain qui a brûlé son passeport en Inde, et lui-même peu de temps après. Glen semble avoir choisi une trajectoire beaucoup plus plaisante et décidé de vivre heureux au Paraguay. Il a écrit un livre consacré à son expérience Comment renoncer à votre citoyenneté US en deux étapes faciles (vous pouvez acheter ce livre ici).

Glen est incontestablement un pionnier en la matière, mais nous tenons à vous mettre en garde si vous voulez suivre ses traces. S’aventurer en terrain inconnu peut s’avérer inconfortable… Mais, si vous envisagez d’acquérir une seconde nationalité et/ou de renoncer à la vôtre, nous vous conseillons de consulter le livre de Glen et de contacter TDV-Passeports, où l’on pourra vous donner quelques tuyaux sur les options qui s’offrent à vous.

Espérons qu’un jour viendra où aucune carte d’esclave (passeport) ne sera plus nécessaire pour voyager ou pour vivre librement. D’ici là, les gens comme Glen sont d’éclatant précurseurs, qui ouvrent des voies nouvelles.

Tous nos souhaits l’accompagnent !

 

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Jeff Berwick est le fondateur de The Dollar Vigilante. Il est le directeur de TDV Media & Services et le présentateur du populaire podcast en video Anarchast. Jeff intervient dans beaucoup de conférences un peu partout dans le monde, sur les sujets de la liberté, des investissements et de l’or, y compris, bien entendu, dans la sienne, Anarchapulco. Il apparaît fréquemment dans les médias, y compris CNBC, CNN et FOX Business.

 

url de cet article : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2014/12/26/l-envers-du-reve-3e-partie-8353403.html   (traduction c.l.)

Source :http://www.informationclearinghouse.info/article40469.htm

 

Glen Lee Roberts, plutôt bien accueilli par deux naturels de son nouveau pays

Son site :

http://about.glr.com/

 

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11 . Logo Brussels Trubunal.gif

 

TORTURE – Responsabilité légale : OUI – Impunité : NON

par Hans Christof von Sponeck  et Denis Halliday  - 13 .12. 2014

 

12. Hans & Denis art.png

 

Cette pétition est lancée par deux anciens Secrétaires Généraux adjoints de l’ONU et Coordinateurs humanitaires de l’ONU pour l’Irak : Hans von Sponeck et Denis Halliday.

S’il vous plaît, faites-la circuler dans votre réseau d’amis

 

 Vous pouvez signer cette pétition ici

Pour en savoir plus :

http ://www.brussellstribunal.org/article_view.asp&n...

 

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Il est (presque) sauvé le divin enfant !

13. israel-shot-palestinian-child11.si.jpg

 

al-Issawiya (Jérusalem Est) - mercredi 24 décembre 2014

La police israélienne a tiré une balle « en caoutchouc », quasiment à bout portant, au visage d’un petit Palestinien de 5 ans qui descendait de l’autobus, à son retour de l’école. L’enfant n’avait ni arme, ni téléphone portable, ni pierre. Un cartable ? Juste sous l’œil. Fracture du crâne.

Si on ne peut plus s’amuser à Noël !

On ne vous traduit pas l’article de Haaretz. Voyez les images.

 

http://rt.com/news/217559-israel-shot-palestinian-child/

 

Et Benjamin Netanyahou n’est pas content du « rapprochement » USA-Cuba. Allons, bon !...

Pourquoi ?

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14. Livres- Books.jpg

 

En anglais

 

15. Roberts How To.jpg

 

 

Glen Lee ROBERTS

How to Renounce your US Citizenship in Two Easy Steps

Earthling – September 2014

170 pages

 

 

 

16. Total Uruguay.jpg

 

 

Glen Lee ROBERTS

Total Uruguay : Expat eBook

Kindle – 353 KB

Édition imprimée : 169 pages

 

 

 

À lire ou à relire en français

17. zinnportrait.png

Howard Zinn

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Howard ZINN

Une histoire populaire des États-Unis

De 1492 à nos jours

Agone - 2002

812 pages

 

 

 

Titre original : A People’s History of the United-States : 1492-Present (Harper Collins, 1999). Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton.

Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d’histoire parlent habituellement peu. L’auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle.

Une histoire populaire des États-Unis a reçu le prix des « Amis du Monde diplomatique » en 2003.

Auteur de « Une histoire populaire des États-Unis » et d’une vingtaine d’ouvrages consacrés à l’incidence des mouvements populaires sur la société américaine, Howard Zinn (1922–2010) a été tour à tour docker, bombardier, cantonnier et manutentionnaire avant d’enseigner à la Boston University. Militant de la première heure pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, il a conçu son métier d’historien comme indissociable d’un engagement dans les luttes sociales.

Lien :http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Zinn

Howard ZINN à Là-Bas si j’y suis

Interview du 14 septembre 2004, par Daniel Mermet et Giv Anquetil :

http://la-bas.org/howard-zinn-1

Howard Zinn - Une histoire populaire américaine (le film)

Par Olivier Azam et Daniel Mermet :

http://pierrebourdieuunhommage.blogspot.be/2011/12/howard...

 

0. London.jpg

Jack London

19. London -Le peuple.jpeg

 

 

 

Jack LONDON

Le peuple de l’abîme

10/18 – 1984

Hors collection

 

 

 

 

 20. London -Peuple d'en bas.jpeg

 

Republié sous le titre :

Le Peuple d’en bas

Phebus (Libretto) 1999

256 pages

 

 

 

Non, ce n’est pas l’Amérique, c’est l’Angleterre… matrice de l’Empire.

En 1902, London accepte la proposition d’un éditeur new-yorkais qui l’envoie comme reporter en Europe. Lui a une autre idée derrière la tête : se déguiser en clochard pour aller explorer les quartiers interdits de Londres – la face cachée, soigneusement cachée, du plus puissant empire de la terre. Nippé de hardes, méconnaissable, il s’immerge dans les bas-fonds de l’East End et mène plusieurs semaines durant la vie d’un sans-logis, nourri de soupe, dans les jours fastes, par l’Armée du Salut, marchant toute la nuit d’un trou d’ombre à l’autre, car il est interdit de dormir dans les lieux publics… Le livre qu’il en rapporte (1903) est terrifiant. Ce n’est certes pas la première fois qu’un écrivain évoque la misère crasse de la capitale du monde, l’exploitation des enfants, la mendicité et la crapulerie organisées, la prostitution au rabais, le tord-boyaux des assommoirs qui vous tue comme à bout portant… Jamais pourtant avant lui on n’avait donné cela à toucher du doigt – et le lecteur d’aujourd’hui, le souffle coupé, peine à imaginer que toute cette horreur est à moins d’un siècle de nous. Voyant ses compagnons de rue se baisser sans cesse, London découvre que c’est ainsi qu’ils se nourrissent : de miettes, de pépins de fruits, de trognons de chou noirs de suie échappés au balai de l’éboueur. Quant à ceux qui ont un chez soi où l’on s’entasse à douze dans une chambre sans fenêtre, leur sort n’est pas forcément plus enviable (hallucinant épisode de cette famille logée dans une pièce unique et qui trimballe plusieurs jours durant un enfant mort du lit à la table et de la table au lit, selon les heures, en attendant de pouvoir trouver l’argent des obsèques)… L’auteur est un militant, certes, mais d’abord un homme qui a vécu, qui sait que les idées générales et généreuses ne valent rien au regard de la crudité des faits. Il se borne à dire ce qu’il voit, sans pathos inutile : observateur impitoyable – et raconteur hors pair. Sa marche d’un cercle à l’autre de l’enfer est ponctuée de portraits fouillés avec rage, sordides ou touchants, inoubliables.

 

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Jack LONDON

Le Talon de fer

Traduit par Louis Postif

Préfaces de Raymond Jean et de Leon Trotski

Phebus (Libretto) 2003

320 pages

 

 

Trotski considérait Le Talon de fer (1908) comme le seul roman politique réussi de la littérature. Un roman d’anticipation politique, pour être précis : qui prévoyait une guerre mondiale mettant aux prises l’Allemagne et les États-Unis, une révolution d’Octobre (mais à Chicago)… et l’avènement d’une dictature d’un genre nouveau (disons fasciste)… pour les trois siècles à venir !

C’est le grand roman « politique » de London. Un genre qui ferait bâiller d’ennui – ou de commisération (l’utopie presque toujours étant prétexte au pénible étalage des fadaises que l’on sait) – si London ne s’y lançait avec le culot qu’on lui connaît. Son pari : imaginer une politique-fiction qui anticipe à peine sur la réalité historique. Le livre paraît en 1908 (l’heure de sa plus grande gloire) et évoque – pour tout à l’heure – une menace de guerre entre les États-Unis et l’Allemagne, alors les deux puissances montantes du capitalisme conquérant… Guerre qui ne sera stoppée (en 1912 !) que par la grève générale des travailleurs des deux pays. La Commune est proclamée à Chicago le 27 octobre 1917 (ah! ce pressentiment des dates !), mais cette révolution d’Octobre devra elle-même céder devant l’avènement d’une moderne dictature… dont il nous est dit qu’elle perdurera pendant trois siècles ! Ce chant de révolte soulevé par un âcre pessimisme (c’est sa force) est à la fois un brûlot lancé contre les tiédeurs du socialisme « réformiste », un appel au soulèvement armé – et l’anticipation de tous les fascismes, de tous les totalitarismes à venir. Lisant en 1937 ce classique de la pensée insurrectionnelle, Trotski devait faire justice du « défaitisme » dont on a parfois accusé London (son pessimisme – un mot que conteste au reste Trotski – n’était que lucide: une vertu qui ne se pardonne pas) : « Dès 1907, London avait prévu le régime fasciste comme l’inévitable résultat de la défaite de la révolution prolétarienne. Nous ne pouvons que nous incliner devant la puissante intuition de l’artiste révolutionnaire. »

 

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Jack LONDON

Révolution – suivi de – Guerre des classes

Phebus (Libretto) 2008

368 pages

 

 

 

Ces deux recueils inédits, parus en volumes aux États-Unis, le premier en 1910, le second en 1905, étaient restés jusque ici dispersés en France. L’essentiel de l’idéal révolutionnaire de London s’exprime dans ces 21 articles, que ce soit sous la forme d’hommages à Gorki et à Kipling, d’un récit d’anticipation décrivant la naissance d’un monde utopique (« Goliath »), d’une parabole sur les méfaits de la propriété (« Les Pavots d’or »), ou de plusieurs textes critiquant de manière virulente la loi du profit et prônant l’avènement d’une société égalitaire et réconciliée, en Amérique comme dans le monde entier (« Révolution », « Le Clochard », « Pour une nouvelle loi du développement »). Rien de froid ni de dogmatique ici, et les analyses de l’auteur, qui datent pourtant d’un siècle, paraissent plus actuelles que jamais: celle du « rétrécissement de la planète » évoque irrésistiblement l’actuelle mondialisation, et l’idéalisme lucide qu’il manifeste en célébrant la fraternité et la solidarité ne peut laisser personne indifférent.

 

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Jack LONDON

Quiconque nourrit un homme est son maître

traduction de Moea Durieux, préface de Jean-Marie Dallet

Les éditions du Sonneur – 2009

43 pages

 

 

On connaît le Jack London aventurier du grand Nord, marin des mers du Sud, chercheur d’or, vagabond du rail. On connaît aussi le London chantre de la nature sauvage, militant politique, défenseur des déshérités. Mais on ignore souvent le London polémiste qui, prenant ici prétexte de la condition de l’écrivain obligé de prostituer son talent pour vivre, fustige une société où l’argent est roi.

La Petite Collection - Les Éditions du Sonneur ont décidé de créer La Petite Collection pour que puissent exister des textes trop courts pour être publiés dans un grand format mais trop grands pour ne pas être édités. Notre mot d’ordre reste le même depuis la création de notre maison : publier des textes inédits et des textes oubliés ou méconnus dignes de vivre ou de revivre, d’être découverts ou retrouvés. Grâce à cette nouvelle collection, nous pouvons ajouter aujourd’hui : quelle que soit leur longueur.

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Il aurait eu aujourd’hui 123 ans

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Henry MILLER

Le cauchemar climatisé

Gallimard – Folio- 1988

 

 

En 1940, la guerre oblige l'expatrié Henry Miller, qui vit en France, à regagner les États-Unis. Il se lance alors dans un grand périple, pour tenter de renouer connaissance avec son pays. De sa déception profonde est né Le cauchemar climatisé, publié en 1945. Faubourgs industriels, folies hollywoodiennes, Sud qui perd son charme, contaminé par l'esprit technocratique du Nord... Restent quelques phares, des artistes, dont Miller trace des portraits enthousiastes, comme, par exemple, celui du compositeur Edgar Varèse.

 

 

*

 

 

 

Mis en ligne le 26 décembre 2014.

23:10 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/12/2014

L'ENVERS DU RÊVE - 2me Partie

1. A British Ambush.JPG

L’ENVERS DU « RÊVE »

(2me partie)

Et Dorian Gray n’en finit pas de regarder son portrait sans comprendre…

*

Machinations…

Le nouvel « arc d’instabilité » en Europe

par Pepe Escobar – RTtraduit par tlaxcala – 10 décembre 2014

2. Pepe.jpg

Le Conseil européen des relations étrangères (ECFR), un groupe de réflexion, et la Fondation Friedrich-Ebert (liée au SPD, le Parti social-démocrate) de Berlin, en arrivent plus ou moins à la même conclusion. Si l’impasse dangereuse persiste entre l’Union européenne et la Russie à propos de l’Ukraine, l’Union européenne pourrait être confrontée, d’ici 2030, à une militarisation en Europe de l’Est, à une nouvelle course aux armements avec l’Otan comme protagoniste et à une zone d’instabilité semi-permanente s’étendant de la mer Baltique aux Balkans et à la mer Noire.

3. Abats le taureau.jpg

« Bravo ! Maintenant abats le taureau ! Ça va sûrement atteindre l'ours. »
Auto-sanctions, parMarkusSzy, Autriche

 Mais ce que ces deux groupes de réflexion ne disent (et ne diront) pas, contrairement à moi et à d’autres analystes indépendants, c’est que l’Empire du Chaos [1] et son bras armé (l’Otan) s’emploient justement à créer un nouvel arc d’instabilité en Europe allant de la mer Baltique à la mer Noire, afin d’empêcher une intégration eurasiatique plus étroite.

Lire la suite…

Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=14135

 

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4. Dilma.jpg

« Ils » ont essayé de se farcir Dilma selon une de leurs recettes éprouvées et se sont plantés. Récit en deux épisodes par Luis Nassif

 

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Brésil : Le coup d’état sans « impeachment » ou les révolutions de couleur ne réussissent pas toujours. – Partie 1.

 

5. Cour Suprême Brésil.jpg

(Cour Suprême)

Par Luis Nassif

La procédure de destitution (Impeachment) requiert l’approbation des 2/3 du Congrès. Mais la non-approbation des comptes de campagne empêche le vainqueur des élections d’assumer la présidence. La décision appartient au pouvoir judiciaire. C’est ce qu’on appelle le coup d’État Paraguayen.

Le coup d’état sans «impeachment» a déjà été mis sur les rails par le ministre du STF (Supremo Tribunal Federal - Cour suprême) et président du TSE (Tribunal Superior Eleitoral - Cour Suprême Électorale) Antonio Dias Toffoli, en collusion avec son collègue Gilmar Mendes. Nous en verrons la conclusion dans quelques semaines.
Les étapes du coup d’état sont les suivantes:

Lire la suite…

Source : http://lebresilentraduction.tumblr.com/post/103185656087/le-coup-detat-sans-impeachment-mode-

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Brésil : le coup d’état sans « impeachment», mode d’emploi – suite et fin.

6. 2 + 2.jpg

Par Lulu

C’est raté,

après la mystérieuse rencontre de l’un des propriétaires de la TV Globo avec la présidente Dilma, qui eut pour résultat significatif un ton (un tout petit peu) moins acerbe au Jornal Nacional (JT du soir), et l’énorme répercussion de l’article du journaliste indépendant Luis Nassif (1) sur la possibilité d’un golpe préparé par le président du TSE (Cour Suprême Électorale) qui avait (par un miraculeux tirage au sort, défiant toutes les lois de la probabilité) attribué l’analyse des comptes de campagne de la présidente à l’un de ses plus féroces ennemis, Gilmar Mendes (et sans doute pour d’autres raisons) …

… les comptes de campagne de la présidente récemment élue ont été… approuvés (et le spectre d’une procédure «d’impeachment» s’est éloigné).

Lire la suite…

Source : http://lebresilentraduction.tumblr.com/post/104987755042/bresil-le-coup-detat-sans-impeachment-mode

7. Luis Nassif.png

 

 

 

Luis Nassif est un journaliste brésilien né en 1950.

Voir son blog on line : OJORNAL DE TODOS OS BRASIS.


 

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La Zone d’Exclusion Aérienne en Syrie : une tentative de sauver Al-Qaeda


par Tony Cartalucci

I.C.H – N.E.O.– 14 décembre 2014

 

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On a dit que les frappes aériennes récentes de l’aviation israélienne sur la Syrie font partie d’un plan régional des États-Unis, de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et d’Israël pour établir une « No-Fly-Zone » (Zone d’Exclusion Aérienne ou ZEA) au-dessus de la Syrie, exactement comme l’OTAN l’a fait en Libye en 2011, avec comme résultat effectif de livrer la nation entière à Al Qaeda et, maintenant, aux terroristes de l’« État Islamique ». DEBKA Files a suggéré, dans son article  « Les frappes aériennes d’Israël ont anéanti le matériel russe destiné à contrecarrer la No-Fly-Zone au-dessus de la Syrie » que :

Des sources militaires US de haut rang ont révélé, lundi 8 décembre, que les frappes aériennes d’Israël près de Damas des jours précédents ont anéanti le matériel russe qui venait d’arriver, y compris les missiles qui avaient été envoyés en hâte pour aider la Syrie et le Hezbollah à faire échouer un plan US d’établissement d’une Zone d’Exclusion Aérienne sur la Syrie du Nord.

Quelle que soit la véracité de ce rapport, des tentatives pour justifier et imposer une ZEA au-dessus de la Syrie ont été un objectif affiché des décideurs politiques occidentaux depuis 2011, où un stratagème identique a été utilisé, sous le prétexte d’ « interventions humanitaires » en Libye.

 

Une No-Fly-Zone pour protéger les terroristes, et non pas les « civils » ni des « rebelles »

Les décideurs politiques financés par les entreprises mondialistes de l’Institut des Entreprises Américaines (IEA) ont publié en 2013 un article intitulé « Jack Keane et Danielle Pletka : Comment arrêter les massacres d’Assad », où ils affirmaient que :

La Syrie n’est pas la Libye. Les troupes de Bachar al-Assad sont bien armées et ses forces sur le terrain mènent des campagnes victorieuses contre les forces rebelles partout dans le pays.

Mais, éliminer la capacité d’Assad à utiliser sa force aérienne et faire ainsi pencher la balance en faveur des rebelles anti-Assad – comme les USA et leurs alliés l’ont fait pour aider les combattants qui ont fini par renverser Muammar Kadhafi – est non seulement réalisable mais souhaitable.

Cependant, en Libye, la ZEA « humanitaire » de l’OTAN a très clairement été mise en œuvre non pour protéger des civils innocents mais pour fournir une couverture aérienne à des mercenaires terroristes armés et dirigés par l’OTAN elle-même. Ces terroristes sont aujourd’hui reconnus pour être Al Qaeda et le soi-disant « État Islamique » (ISIS). Il est donc clair que « les massacres d’Assad » étaient en réalité une guerre de défense contre les rangs dépravés d’Al Qaeda, qui vont de son Front Al Nusra à l’ISIS.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, le Département d’État US lui-même a révélé que le Front Al Nusra d’Al Qaeda n’avait pas seulement été impliqué dans les premiers combats, mais avait déjà, bien avant cela, manifesté sa présence dans tout le pays, en se livrant à des centaines d’attaques dans la plupart des villes syriennes. Dans un rapport officiel du Département d’État désignant Al Nusra comme organisation terroriste étrangère et comme un faux-nom d’Al Qaeda en Irak, il était dit que :

Depuis novembre 2011, le Front Al Nusra a revendiqué près de 600 attaques – allant de plus de 40 attentats-suicides à des petites opérations à l’explosif ou à l’armement léger – dans les centres urbains principaux, dont Damas, Alep, Hamah, Dara, Homs, Idlib et Dayr al-Zawr. Au cours de ces attaques, de très nombreux Syriens innocents ont été tués.

La présence généralisée d’Al Qaeda, si tôt dans le conflit, est due au fait que les USA, Israël et l’Arabie Saoudite conspirent ouvertement, depuis au moins 2007, pour utiliser une organisation terroriste chargée de mener à leur place, par procuration en somme, une guerre contre l’Iran et ses alliés, y compris la Syrie et le Hezbollah au Liban.

La guerre de Damas n’est donc en rien une guerre contre son propre peuple ni contre des « rebelles démocrates », mais au contraire une guerre de défense contre un front lourdement armé de militants sectaires soutenus par l’étranger, dans le but d’envahir et d’occuper la Syrie après avoir renversé son gouvernement.

Ce front terroriste, suscité par l’étranger avec l’aide inestimable des médias occidentaux, n’arrive même pas à se cacher derrière la façade évanescente d’une « rébellion ».

Un exemple précis illustre bien cette réalité – le fait qu’il n’y a jamais eu de « rebelles modérés », mais le fait aussi que l’intervention occidentale, prétendant se fonder sur une assistance à des « rebelles  modérés » inexistants et à des «civils », est une conspiration criminelle qui n’a d’autre but que de manigancer un changement de régime et d’imposer la volonté de l’Occident à la nation, c’est-à-dire au peuple syrien :

Le mois dernier, il a été révélé que des terroristes, dépeints par l’Ouest comme des « rebelles modérés » et adoubés par les États-Unis avant d’être dotés d’un armement lourd incluant des missiles anti-tanks, ont officiellement fusionné avec Al Qaeda. L’International Business Times déclarait dans son article intitulé « Syrie les djihadistes d’Al Nusra capturent des missiles anti-tanks US “TOW” aux rebelles modérés » :

On craint que l’armement fourni par les USA aux rebelles modérés syriens soit tombé aux mains de militants djihadistes affiliés à Al Qaeda, après des affrontements entre groupes rivaux.

Des combattants islamiques de Jabal al-Nusra ont pris le contrôle de larges bandes de territoire, à Jabal al-Zawiya, dans la province d’Idlib, ce week-end, mettant en déroute les groupes du Front Révolutionnaire Syrien (FRS), soutenu par les États-Unis et Harakat Hazm.

Washington comptait sur le FRS pour contrer les militants islamiques d’ISIS sur le terrain, en complément de ses frappes aériennes.

Un groupe rebelle soutenu dans le passé par les États-Unis a condamné mardi les frappes aériennes. Harakat Hazm, un groupe rebelle qui avait reçu une cargaison d’armes US anti-tanks au printemps, a dit des attaques aériennes qu’elles étaient « une attaque contre la souveraineté nationale » et déclaré que les attaques dirigées par l’étranger ne font que renforcer le régime d’Assad. Cette déclaration provient d’un document émanant prétendument de ce groupe, qui a circulé sur Internet, où il avait été posté, en « traduction anglaise », sur un compte Twitter appelé Moniteur du conflit syrien. Plusieurs experts de la Syrie, y compris Charles Lister, du Centre Brooking de Doha, croient que le document est authentique.

En dépit des efforts faits pour prétendre que Harakat Hazm aurait été « battu » par Al Qaeda, on sait que ce groupe avait déjà, ouvertement, prêté allégeance à Al Qaeda plus d’un mois auparavant. En septembre, le Daily Beast rapportait, dans son article « Les comploteurs d’Al Qaeda en Syrie “déconnectés” dit un espion US » que Harakat Hazm condamnait les frappes aériennes US sur ISIS et Al Nusra. Le Daily Beast écrivait (c’est moi qui souligne) :

Avant la déclaration officielle, des signes montraient que Harakat Hazm s’engageait, en Syrie, dans des alliances qui pourraient être incompatibles avec son rôle de partenaire des USA. Au début de septembre, un  porte-parole officiel de Harakat Hazm a dit à un reporter du Los Angeles Times : « En Syrie, on nous a catalogués comme laïcistes, et nous avons craint qu’Al Nusra ne se mette à nous combattre. Mais Nusra ne nous a pas combattus. En fait, nous nous battons à leurs côtés. Nous aimons Nusra. »

 

Les États-Unis, l’OTAN et Israël sont la force aérienne de l’« État Islamique »

Ayant ceci présent à l’esprit, les alliés de la Syrie doivent prendre toutes les mesures qui s’imposent pour qu’une Zone d’Exclusion Aérienne ne soit pas seulement politiquement irréalisable, mais pour qu’elle soit aussi tactiquement et stratégiquement irréalisable.

Un échec en Syrie ouvrira les vannes à des flots accrus de terrorisme, autrement dit à une vaste guerre par procuration à l’Iran, puis à la Russie, et ensuite à la Chine.

Le monde ne peut pas se permettre d’accepter la prééminence continue d’un pouvoir hégémonique prêt à user de telles tactiques pour atteindre son objectif, en soi odieux et intolérable, de conquête mondiale. Tout comme en Libye, où des extrémistes sectaires génocidaires agissant en sous-traitants régionaux d’Al Qaeda (en ce compris le Groupe de Combat Islamique Libyen et Al Qaeda au Maghreb), et se battant maintenant ouvertement sous la bannière de l’ISIS, ont été propulsés au pouvoir par l’OTAN, de même, cette fois encore, le plan de l’OTAN est d’installer partout des extrémistes en Syrie et de les y mettre au pouvoir. Le but poursuivi n’est pas seulement la destruction totale de la Syrie, mais l’utilisation de la Syrie comme tremplin pour porter la guerre en Iran, contre le Hezbollah au Liban, puis pour diriger ensuite ces forces mercenaires de l’OTAN vers le nord-est, c’est-à-dire vers la Russie et, finalement, vers la Chine.

Dans ce but, les USA et l’OTAN – principalement la Turquie – aussi bien qu’Israël, ont tout au long de ce conflit syrien fourni des armes, de l’assistance et même une couverture aérienne à Al Qaeda, dans leur volonté de renverser violemment le gouvernement syrien. Comme ils l’avaient fait en Libye, ils ont dissimulé le rôle d’Al Qaeda sous la fable des « rebelles modérés » et des « manifestants pacifiques » soucieux de « démocratie ». Tandis que la façade s’écroule, un récit de plus en plus embrouillé et incohérent est propagé pour tenter d’expliquer comment l’Occident a injecté des milliards de dollars d’aide militaire dans la région, avec pour résultat qu’Al Qaeda, et non les pseudo-rebelles modérés, surnage comme force combattante dominante.

La seule explication, et le plan ourdi dès le départ, c’est que les USA, l’OTAN, Israël et leurs autres alliés ont intentionnellement construit et déployé les différentes factions d’Al Qaeda dans la région, pour qu’elles y mènent, à leur place, une atroce et coûteuse guerre par procuration.

La « Zone d’Exclusion Aérienne » que l’Occident essaie de vendre au monde n’est qu’un camouflage rhétorique pour pouvoir fournir une couverture aérienne aux assassins d’Al Qaeda, tout en interdisant à la seule force militaire de la région qui combatte effectivement Al Qaeda, c’est-à-dire l’Armée Syrienne, d’expulser ce fléau de ses frontières, afin de pouvoir rétablir l’ordre dans le pays, et, partant, dans la région.

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Tony Cartalucci est, rappelons-le, un écrivain, journaliste et chercheur en géopolitique US qui vit en Thaïlande (Bangkok) et qui collabore principalement au magazine New Eastern Outlook, NEO.

Son blog : http://landdestroyer.blogspot.be/

Son adresse e-mail : cartalucci@gmail.com

url de cet article :  http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2014/12/19/l-envers-du-reve-2me-partie-8349101.html (traduction c.l.)

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article40466.htm

 

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Tortures…

 

Le rapport du Congrès sur la torture confirme qu’al-Qaïda n’est pas impliqué dans les attentats du 11-Septembre

par Thierry Meyssan

Les extraits rendus publics du rapport de la Commission sénatoriale sur le programme secret de torture de la CIA font apparaître une vaste organisation criminelle. Thierry Meyssan a lu pour vous les 525 pages de ce document. Il y a trouvé la preuve de ce qu’il avance depuis des années.

Réseau Voltaire – Damas (Syrie) – 15 décembre 2014

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Dianne Feinstein, présidente de la Commission sénatoriale du Renseignement, a rendu public, le 9 décembre 2014, un extrait de son rapport classifié sur le programme secret de torture par la CIA [1].

Présentation du rapport

La partie déclassifiée ne correspond qu’à un douzième du rapport initial.

Le rapport lui-même ne porte pas sur le vaste système d’enlèvement et de séquestration que l’US Navy a mis en place durant les mandats du président George W. Bush ; un programme qui a conduit à enlever partout dans le monde et à séquestrer plus de 80 000 personnes sur 17 bateaux à fond plat stationnés en eaux internationales (ces navires sont : USS Bataan, USS Peleliu, USS Ashland, USNS Stockham, USNS Watson, USNS Watkins, USNS Sister, USNS Charlton, USNS Pomeroy, USNS Red Cloud, USNS Soderman, USNS Dahl, MV PFC William B Baugh, MV Alex Bonnyman, MV Franklin J Phillips, MV Louis J Huage Jr, MV James Anderson Jr.). Il se contente d’étudier 119 cas de cobayes humains soumis à des expérimentations psychologiques à Guantánamo et dans une cinquantaine de prisons secrètes, de 2002 à fin 2009, soit un an après l’élection de Barack Obama.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article186182.html

 

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Les « deux côtés » ont tort : la torture a marché, puisqu’elle a permis de fabriquer les mensonges qu’il fallait pour imposer la guerre.

(Voir la Note de bas de page 857 du Rapport)

par Sam Husseini – I.C.H. –12 décembre 2014

Rien ne raffermit l’establishment comme un débat qui a l’air d’opposer deux de ses ailes, qui ont l’une et l’autre « tout faux ». Et non seulement tout faux, mais à qui leur fourvoiement permet de dissimuler leurs iniquités communes, tout en ayant l’air de s’empoigner et de pointer des doigts accusateurs, pour susciter l’illusion qu’il y a débat et qu’il y a choix.

Tel est bien le cas avec le « débat » qui fait rage sur la question de savoir si la torture « a marché », depuis qu’a été rendu public le Rapport de la Commission du Sénat sur le Renseignement, relatif au « Programme de détention et d’interrogatoire » de la CIA.

D’une part, nous avons, entre autres, Dianne Feinstein : « La découverte importante, c’est que la torture ne marche pas et ne devrait pas être utilisée par notre pays » (déclaration à PBS)

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Dans la même veine, un gros titre du Hill nous dit : « McCain : Je sais, par expérience personnelle, que la torture ne marche pas ».

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D’autre part, nous avons six ex-directeurs et sous-directeurs de la CIA qui prétendent que : « le programme d’interrogatoires » (…) « a sauvé des milliers de vies » (en permettant la capture de membres d’Al Qaeda). Pour ce qui est de ces résultats, le rapport de la Commission sur le Renseignement étale ses cartes : « KSM (Khalid Sheik Mohammed) nous a conduits à Riduan Isnamuddin, alias Hambali, allié du chef d’Al Qaeda pour l’Asie orientale et responsable des attentats à la bombe de Bali, Indonésie, en 2002, dans lesquels plus de 200 personnes avaient trouvé la mort ». Mais il cite aussi des e-mails internes de la CIA : « Pour être francs, nous sommes tombés sur Hambali par hasard ».

Cela ne veut pas dire, cependant, que Feinstein et McCain ont raison, et ce n’est pas la fin de l’histoire. La vérité, c’est que la torture a marché, mais pas de la façon dont ses avocats le prétendent. Elle a marché pour produire des justifications à la politique voulue par l’establishment, comme la guerre à l’Irak. C’est, en fait, tacitement admis par le rapport, ou, pour mieux dire, enseveli dans le rapport. La note de bas de page 857 du rapport concerne Ibn al Cheikh al Libi, qui fut capturé en Afghanistan peu après l’invasion US et qui y fut interrogé par le FBI. Il leur dit tout ce qu’il savait, mais ensuite, la CIA le livra au brutal régime de Moubarak, en Égypte, pour qu’il y soit torturé en sous-traitance. Extrait de la note de bas de page :

« Ibn al-Cheik al-Libi a avoué, alors qu’il était dans une prison [censuré : “égyptienne”] que l’Irak soutenait Al Qaeda et lui fournissait des armes chimiques et biologiques. Une partie de ce renseignement a été fourni par le Secrétaire d’État Powell, lors de son intervention aux Nations Unies, et a servi de justification pour envahir l’Irak en 2003. Ibn al-Cheik al-Libi s’est rétracté dès qu’il a été remis à la CIA, le [censuré] février 2003, disant qu’il avait été torturé par [censuré, vraisemblablement “les Égyptiens”] et ne leur avait dit cela que parce qu’il avait supposé que c’était ce qu’ils voulaient entendre. Pour plus de détails, voir le Volume III. »

Mais, bien sûr, le Volume III n’a pas été rendu public.

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Si bien que, lorsque le chef de la CIA John Brennan nous dit à présent qu’on « ne sait pas » si la torture a permis d’obtenir des informations qui aient réellement sauvé des vies, il est en revanche prouvé que la torture a permis de fabriquer des informations, lesquelles ont permis de déclencher une guerre et de détruire des quantités de vies.

Al-Libi n’a pas été le seul à subir des tortures pour permettre de fabriquer de quoi déclencher une guerre. Beaucoup de témoins ont rapporté que les interrogateurs de la CIA ont fait subir le supplice de l’eau (waterboarding) de façon répétée à deux détenus, prétendus chefs d’Al Qaeda – Abou Zubaydah, au moins 83 fois et Khalid Cheik Mohammed, 183 fois –, mais peu ont donné le moment exact et le contexte : ils ont été ainsi torturés en août 2002 et en mars 2003 - respectivement au commencement et à la fin du coup de collier donné par l’administration Bush pour obtenir le feu vert à l’invasion de l’Irak.

Cela a été plus ou moins reconnu par l’autre rapport sénatorial, celui de la Commission des Forces Armées de 2008. Il citait le major Paul Burney, qui travaillait comme psychiatre à la prison de Guantanamo Bay :

« La plupart du temps, nous avions essentiellement pour tâche d’obtenir l’aveu d’un lien entre Al Qaeda et l’Irak et nous n’y arrivions pas. Plus les gens se sentaient frustrés de ce que nous ne soyons pas capables de leur fournir ce lien, plus les pressions augmentaient pour que nous recourions à des mesures susceptibles d’obtenir des résultats immédiats ».

Le chef des Éléments de Contrôle des Interrogatoires de Guantanamo, David Becker, a dit à la Commission des Armées qu’on avait fait pression sur lui pour qu’il utilise des techniques plus agressives, lui disant même à un certain moment que : « le bureau du Sous-secrétaire à la Défense Paul Wolfowitz avait téléphoné pour faire part de sa préoccupation quant à l’insuffisance des résultats d’interrogatoires à Guantanamo »

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McClatchy a rapporté que le sénateur Carl Levin, président de la Commission des Forces Armées avait dit à l’époque : « Il me semble évident que l’Administration se donnait beaucoup de mal pour essayer de trouver un lien (entre Al Qaeda et l’Irak)… Ils ont fabriqué des liens là où il n’y en avait pas. » Mais aujourd’hui, Levin est plus boutonné, se contentant de remarquer, à propos de la divulgation du présent rapport, que les fausses informations mènent à « des chasses au dahu qui font perdre un temps fou », ce qui est vraiment le moins qu’on puisse dire, quand on pense aux horreurs qui ont résulté de la guerre d’Irak.

Ainsi, contrairement aux allégations selon lesquelles la torture aurait aidé à sauver des vies, la torture a aidé à fabriquer les mensonges qui ont servi de prétexte à la guerre et coûté des milliers de vies US et des centaines de milliers de vies irakiennes ; elle a aidé à plonger toute la région dans une violence effarante et introduit Al Qaeda en Irak, ce qui a conduit à l’ascension d’ISIS et à d’autres guerres non moins sanglantes. Comme Arianna Huffington l’a constaté : « Un cercle parfait. La torture a permis de commencer la guerre d’Irak, qui, à son tour, a fourni davantage de gens à torturer, et ainsi de suite… Bonne fête des Droits Humains ! »

Cette découverte ne constitue pas le choc de l’année, quand on sait qui mène la danse à Washington : Feinstein et McCain ont tous les deux voté l’autorisation de la guerre d’Irak en 2002, comme l’ont fait à peu près tous ceux qui s’occupent de politique étrangère au sommet de l’Administration Obama : le Vice-président Joe Bidden, les chefs du Pentagone Bill Gates et Chuck Hagel, et les Secrétaires d’État Hillary Clinton et John Kerry.

Certains ont fait grand cas de ce que les vidéos des tortures aient été détruites, et on en a généralement déduit qu’elles l’avaient été à cause de la violence choquante des tortures infligées. Mais il y a une autre possibilité : Elles ont été détruites à cause des questions qu’elles révélaient avoir été posées. Les bourreaux demandaient-ils « Est-ce qu’une attaque terroriste va se produire ? » ou ordonnaient-ils « Dis-nous que l’Irak et Al Qaeda travaillent ensemble ! » ? Les preuves par vidéo qui répondraient à cette question ont été détruites, et personne n’a même pensé à suggérer qu’elles aient pu l’être pour cette raison-là.

L’exploitation d’informations fausses a été bien assimilée à l’intérieur du gouvernement. Voici un mémo de 2002 du Joint Personnel Recovery Agency de l’Armée à l’avocat du Pentagone. Il démystifie le scénario « bombe à retardement » et reconnaît que les fausses informations obtenues sous la torture peuvent être utiles :

« Le besoin d’obtenir des informations aussi rapidement que possible, d’une source qui ne coopère pas, c’est-à-dire à temps pour prévenir par exemple une attaque terroriste imminente susceptible de coûter des vies, a été avancé comme argument impératif pour utiliser la torture… L’erreur inhérente à cette façon de penser vient de la conviction que, par la torture, celui qui interroge peut obtenir de l’interrogé des informations exactes et fiables. L’histoire et l’observation du comportement humain réfutent cette supposition. »

Le document conclut :

« L’application d’une coercition physique ou psychologique extrême [torture] produit des déficits opérationnels, et notamment le risque d’obtenir des renseignements sujets à caution. Cela ne veut pas dire que la manipulation de l’environnement du sujet, pour tenter de l’ébranler et d’induire des réactions émotionnelles, ne soit pas efficace. Au contraire, la manipulation systématique de l’environnement du sujet aura pour résultat probable que le sujet pourra être exploité, soit pour obtenir de lui des renseignements soit pour d’autres préoccupations stratégiques nationales. » [PDF]

Ainsi donc, le résultat de la torture peut aboutir à l’« exploitation » du sujet, pour répondre à des préoccupations diverses de propagande ou de stratégie. Ce mémo devrait être archi-connu mais ne l’est pas, en grande partie parce que les deux reporters du Washington post, Peter Finn et Joby Warrick, qui ont écrit là-dessus en 2009, se sont débrouillés pour en sauter le passage le plus significatif dans leur article, comme l’a fort justement fait remarquer Jeff Kaye, un psychologue engagé dans le mouvement contre la torture.

Une journaliste-reporter a attiré l’attention sur les questions qui se posent en ces domaines. C’est Marcy Wheeler, qui a écrit, lors de la divulgation du présent rapport : « Le débat auquel nous n’avons pas eu droit à propos de la torture : celui sur son exploitation », article dans lequel elle dit :

« Au nombre des choses, en vue desquelles l’exploitation a été utilisée - ces choses-là mêmes pour lesquelles nous avons inversé le processus de notre programme de torture – il faut compter le recrutement d’agents doubles et la production de propagande. »

Son reportage soulève également la question de savoir comment la torture a été utilisée pour promouvoir tout un tas de buts politiques inavoués, qui font de nous une véritable torturocratie. Le directeur de la CIA, John Brennan, a reconnu avoir utilisé des informations obtenues sous la torture pour faire peur à [la juge FISA] Colleen Kollar-Kotelly et lui faire ainsi approuver la rafle Internet de 2004.

(Révélation : Wheeler a une chronique régulière dans ExposeFacts.org, un projet de l’Institut pour la Vérité Publique, où je travaille.)

Beaucoup de présumés critiques, s’exprimant sur la torture, se sont tus, intentionnellement ou non, sur son rapport avec le déclenchement de guerres et autres finalités du même ordre. Teju Cole fait observer à ce propos, dans une interview au New York Times du 10 décembre :

« Les fabrications du journal et son soutien à la guerre d’Irak sont la honte d’une génération et ne devront pas être oubliés trop vite. Elles devront nous hanter longtemps. »

Mais ses commentaires à propos du rapport sur la torture trahissent un manque total de compréhension des liens directs entre la torture et l’invasion de l’Irak, l’attribuant aux très humaines émotions de la soif de vengeance et non au  machiavélisme d’une real-politik belliciste :

« Prenons la torture pour ce qu’elle est. C’est une punition, une vengeance, c’est l’espèce de violence que vous déchaînez sur un ennemi ou un passant, parce que votre rage a besoin d’un exutoire. Cela a vraiment très peu à voir avec l’obtention de renseignements. Elle répand le chagrin et, quoi qu’elle ait l’intention de faire, elle cause beaucoup plus que ce qu’elle voulait causer. Elle détruit également celui qui l’inflige. La rage n’est pas une arme de précision. »

Mais la rage du public en général – provoquée et attisée dans une large mesure par les médias dominants – peu, certes, avoir été utile pour faire accepter la torture dans l’immédiat après-11 Septembre, mais ce n’est pas là ce qui fait les décisions aux États-Unis. Ce qui est décidé résulte des machinations d’une petite minorité, d’une « élite », qui agit en fonction de ses seuls intérêts, comme le montre l’utilisation qui a été faite de la torture. Les contorsions pour dissimuler de quelle manière on en est arrivés à la guerre sont devenues si complexes, que des critiques comme Teju Cole s’y sont laissé engluer.

Des chercheurs travaillant pour Human Rights Watch ont fait quelque bon travail en récoltant des renseignements sur le cas al-Libi, mais Ken Roth, le chef du groupe, ne semble pas en avoir appris les leçons, lorsqu’il écrit que la CIA « a oublié sa propre conclusion de 1989, que les interrogatoires inhumains étaient “contre-productifs”et fournissaient des informations fausses », se référant à un article récent du New York Times : « Le Rapport montre une CIA détraquée qui a échoué dans sa tâche ». Mais il n’est pas question que la CIA ait oublié quoi que ce soit – puisque le régime de torture est précisément calculé pour obtenir des renseignements faux mais utiles, dans le but de justifier des fins politiques hideuses. Prétendre qu’elle a échoué dans sa tâche revient à dissimuler la vérité sur le programme des tortures, tout en se vantant abusivement de dire la vérité, comme tout le monde est en train de le faire.

Et on peut soutenir que la torture permet encore bien d’autres falsifications aux fauteurs de guerres, comme, par exemple, de la présenter uniquement comme une source de dépenses à charge de la société dans son ensemble. Elle est profitable à certains : très utile pour étouffer la contestation et ainsi contrôler la société. Elle a été ainsi particulièrement efficace pour réduire au silence la communauté arabo-musulmane US, au moment où les États-Unis se préparaient à passer la surmultipliée pour envahir l’Afghanistan.

Le récent rapport met en évidence un mémo de la CIA relayant des instructions de la Maison Blanche, qui semble avoir voulu cacher le programme de celui qui était alors le Secrétaire d’État Colin Powell. Powell était capable de « faire tout foirer s’il était interrogé sur ce qui se passait » disait l’e-mail. Mais, quand j’ai interrogé Powell sur les liens entre la torture et la guerre, il s’est remarquablement mis sur la défensive. Son ex-Chef de cabinet, Larry Wilkerson, a écrit en 2009 que « la priorité des priorités, pour l’Administration Bush, n’était pas de prévenir une autre attaque terroriste éventuelle contre les États-Unis, mais de découvrir un fusil encore fumant reliant l’Irak à Al Qaeda ». Peu de temps après qu’il eût écrit cela, j’ai demandé à Colin Powell, lors d’une « rencontre avec la presse », alors qu'il quittait les studios de CBS à DC :

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Colin Powell et, dans son dos, George Tenet

Sam Husseini – Général, pouvez-vous me parler du cas al-Libi et du lien entre la torture et l’obtention de renseignements par la torture pour la guerre ?

Colin Powell – Je n’ai pas de détails sur le cas al-Libi.

S.H. – Pouvez-vous me dire quand vous avez appris qu’une partie des preuves que vous avez produites à l’ONU provenaient de la torture ? Quand avez-vous appris cela ?

C.P. – Je ne sais pas cela. Je ne sais pas de quelles informations vous parlez. Je ne peux donc pas répondre.

S.H. – Votre Chef de cabinet, Larry Wilkerson, a écrit là-dessus.

C.P. – Et alors ? [inaudible].

S.H. – C’est pourquoi on peut penser que vous saviez.

C.P. – Les informations que j’ai présentées à l’ONU étaient approuvées par la CIA. Chaque mot provenait de la CIA, qui était derrière toutes ces informations. Je ne sache pas qu’aucun d’entre eux ait cru qu’il y avait un lien avec la torture. Un  tas de spéculations, venant de gens qui n’ont jamais assisté à ces rencontres, mais je ne suis pas au courant de tout cela.

Mes questions, bien entendu, se fondaient sur des déclarations faites par Wilkerson, qui se trouvait dans la pièce. Il nous faut croire que Powell a attendu que la CIA l’appelle et lui dise expressément qu’on s’était servi de la torture pour arracher une partie des informations dont il s’est servi ! Voir mon article « Comment Colin Powell a montré que la torture marchait » et la vidéo.

Ce problème de la torture fournissant des informations utiles quoique fausses n’était pas imprévisible. Le professeur As’ad Abou Khalil est déclaré dans une émission d’information de l’Institut pour la Vérité Publique, où je travaille, le jour après la fameuse déclaration de Powell à l’ONU :

« Les médias arabes rapportent que l’histoire Zakawi a été fournie par l’espionnage jordanien, qui a un lourd bilan de tortures et de falsifications à son actif. »

De fait, l’utilité de la torture pourrait aussi expliquer davantage encore les liens qu’entretient le gouvernement des États-Unis avec les régimes les plus brutaux. Une partie de ce qu’en retirent les États-Unis est leur capacité à torturer et à tuer. Comme le professeur Lisa Hajjar l’a fait remarquer, c’est le « bourreau en chef » égyptien Omar Suleiman, qui a obtenu d’al-Libi qu’il parle d’un lien entre l’Irak et Al Qaeda, les bourreaux de Guantanamo n’y ayant apparemment pas réussi. Bob Woodward cite l’ex-patron de la CIA George Tenet :

« Nous avons créé les services de renseignements jordaniens, et maintenant ils sont à nous ». 

Évidemment, il arrive que de tels régimes tombent en défaveur, car il y a peu d’honneur entre voleurs. Al-Libi, avait en fin de compte, été livré à Muammar Khadafi, à une époque où – à la grande surprise de certains, sans doute – le gouvernement des États-Unis se montrait plutôt cordial envers le feu dictateur. En 2009, un journal que dirigeait un des fils de Kadhafi publia qu’al-Libi s’était suicidé dans sa cellule. Juan Cole écrivit à l’époque :

« La meilleure réfutation de l’insistance avec laquelle Dick Cheney prétendait que la torture était nécessaire et utile pour faire face aux menaces d’Al Qaeda vient juste de mourir dans une prison libyenne. »

Oui. Mais seulement si nous insistons pour oublier son histoire et la preuve que la torture et les « renseignements » nécessaires  aux  guerres sont soudés par la hanche.

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 Osama (Sam) Husseini est directeur de communications à l’Institut pour la Vérité Publique. Il a aussi fondé VotePact.org, qui encourage les Démocrates et les Républicains écoeurés à s’unir.

Son site web est : http ://husseini.posthaven.com/

Il est sur Twitter : https ://twitter.com/samhusseini  

 

 url de cet article  :  http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2014/12/19/l-envers-du-reve-2me-partie-8349101.html     (traduction c.l.)

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article40451.htm

 

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16. -Sabrina-Harmon + cadavre d'un irakien mort.jpg

La soldate US Sabrina Harmon s’amusant  du cadavre d’un Irakien torturé à mort.

 

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Si votre estomac est bien accroché :

 

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Dante n’avait rien vu !

Les tortures d’al-Libi

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Entre sa capture en Afghanistan (décembre 2001) et sa mort en Libye (mai 2009), cet homme a été torturé un nombre incalculable de fois, dans au moins huit pays et en mer. Pour lui faire dire des choses qu’il ne savait pas. Des choses qui n’existaient pas.

Torturé en Afghanistan, par le FBI, puis, par la CIA à Kandahar, à Bagram, sur le porte-hélicoptère d’assaut USS Bataan, en Égypte, sans doute en Pologne et en Roumanie, puis, après révélation des camps polonais, en Mauritanie, au Maroc, en Jordanie, à nouveau en Afghanistan (dans trois prisons différentes de la CIA) et enfin, en Libye.

Lire ici :

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7953&lg=fr

 

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Et loin des USA ?

 

On vient de célébrer en grandes pompes le Centenaire de la Première guerre mondiale.

 

Mais si on parlait un peu de la Deuxième ?

Nous vous invitons à réviser votre histoire, ou plutôt à l’apprendre, car… notre tête à couper qu’à l’école, on vous a surtout appris que Napoléon était un grand homme.

Des Russes de Novorossia vous parlent ici de ce qui a conduit à la guerre, et ce qu’il en fut du fameux « pacte de non-agression » signé en 1939 par MM. Molotov et von Ribbentrop. Gageons que leur récit vous surprendra. À moins que vous n'ayez été attentifs à ce que racontait là-dessus Henri Guillemin…

Courage, c’est plein de noms russes que vous ne connaissez pas. Mieux vaut vous habituer, vous n’avez pas fini d’en voir et d’en entendre.

 

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25 août 2014

L'Europe n'a, une fois de plus, rien retenu de l'Histoire

On se croirait revenu dans les années 35 ... Une récapitulation historique de ce qui a déclenché la 2e guerre mondiale et la tendance actuelle d'ignorer les mises en garde de la Russie quant au danger de laisser faire le régime fasciste de Kiev

Falsificateurs de l’histoire sur un air nouveau

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Les raisons de ce qui vient de se passer en Ukraine martyre, il y en a plus qu’assez. Certaines d’entre elles sont immédiates, d’autres, au contraire, sont de nature très profonde. Mais, certes, une de ces raisons est devenue un événement très remarquable qui a eu lieu  pile il y a cinq ans : le 23 août 2009,  lorsque le Parlement européen a voté à la majorité l’instauration de la nouvelle « fête » européenne – la « Journée de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme », en la faisant coïncider à bon escient avec la proclamation du 70e anniversaire du célèbre « Pacte de non agression » germano-soviétique, mieux connu sous l’appellation de « Pacte Molotov-Ribbentrop ».

En d’autres termes, toute « l’élite » européenne pourrie et puante non seulement a mis sur le même pied l’Union soviétiquequi a sauvé le monde de la peste brune du fascisme, et l’Allemagne nazie, a conféré la même responsabilité dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale aux deux terribles tyrans  Joseph Staline et Adolf Hitler - qui ont dirigé les régimes les plus inhumains de l’histoire de l’humanité.

Lire la suite…

Source : http://bendeko.blogspot.fr/p/leurope-na-finalement-rien-compris.html

 

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Ne ratez pas non plus la suite :

 

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Et pour récompenser ceux qui seront arrivés jusqu’ici : visite chez les chats pétersbourgeois de Vladimir Roumiantsev.

http://lizotchka-russie.over-blog.com/page/14

 

22. vladimir-roumiantsev-petersbourg-12.jpg

 

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Chine. 

23. CHINE-N°1-ETATS-UNIS-SUR-LE-DECLIN-prophe´tie-de-Charles-de-Gaulle.jpg

La dernière phrase peut faire rire… ceux qui ne savent pas que la France est peut-être le seul pays au monde où un homme d’État a écrit un jour à un autre « je désire joindre mon patrimoine à celui de la Nation ». Qui n’a pas été le seul à lui offrir son héritage. Et qui a même fait plus, puisqu’il lui a donné sa tête.

Non, ce n’était pas risible.

En 1964.

 

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Mis en ligne le 17 décembre 2014

 

 

 

 

15:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/12/2014

L'ENVERS DU RÊVE - 1ère Partie

1. Mayflower in Plymouth Harbor William Halsall 1882.jpg

 

L’ENVERS DU « RÊVE »

(1ère partie)

Deux meurtres presque consécutifs viennent de mettre, aux USA le feu aux poudres et nul ne sait comment cela va finir.

Le premier est celui, en octobre dernier, du jeune Michael Brown, adolescent noir tué de six balles dans le dos, alors qu’il avait les mains en l’air, par un policier blanc. L’autre est celui d’un autre jeune noir, Eric Garner, également non armé, étouffé à mort, à New York, par un autre policier blanc, à proximité de passants qui l’ont entendu gémir « je ne peux pas respirer » avant de mourir sous leurs yeux.

De nombreuses manifestations se sont déroulées, d’abord pacifiquement, d’un bout de l’Amérique à l’autre, dans un cas les mains en l’air comme Brown, dans l’autre, en brandissant des pancartes « Je ne peux pas respirer », pour protester contre les meurtres.

Dans les deux cas, le Grand Jury, garant des libertés publiques, a relaxé les coupables sans examen. Dès lors, les manifestations sont devenues de plus en plus violentes et sont de plus en plus violemment réprimées. Comme si on n’avait attendu que cela…

Sur les meurtres Brown/Garner et sur un État de terreur officielle empirant

par Harvey Wasserman – ICH6 décembre 2014

 

Quand ils sont venus pour les socialistes, je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas socialiste.

Quand ils sont venus pour les syndicalistes, je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus pour les juifs, je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas juif.

Alors, ils sont venus pour moi, mais il ne restait plus personne pour dire quelque chose.

Le pasteur Martin Niemöller, à propos de l’Allemagne nazie.

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Ils sont d’abord venus pour les gens de couleur.

Les forces de police américaines servent de plus en plus d’armée privée aux grands groupes d’entreprises, hors d’atteinte des lois. Mais on détourne l’attention de notre nation vers l’explication raciale. Et des millions d’Américains blancs vivent dans l’illusion que ce qu’on a fait à Mike Brown et à Eric Garner ne peut pas leur arriver. Ces meurtres même pas poursuivis de jeunes hommes afro-américains vont bien au-delà des préjugés de race. Ils sont la carte de visite d’un État orwellien :

Les fondateurs des États-Unis avaient instauré des Grands Jurys pour protéger les citoyens de poursuites frivoles. Mais l’État-Entreprise d’aujourd’hui a déformé le système pour protéger une police assassine de tout examen public en la mettant au-dessus des lois.

Le message est clair et définitif : la police américaine peut tuer des citoyens américains sans la moindre cause et sans avoir à affronter un procès public. (Steven Rosenfeld en expose les détails sur Alternet)

On prend actuellement la couleur de la peau pour point de mire. Heureusement, les Américains, d’un bout à l’autre des États-Unis, se sont levés pour protester, exigeant une vraie justice et la fin du racisme.

Mais la question qui va bien au-delà, c’est qu’un appareil policier répand maintenant la terreur tous azimuts, au service d’un État-Entreprises qui a muté au point d’échapper au moindre contrôle public. Nous vivons sous l’agression permanente d’une cynique guerre de 40 ans « contre la drogue », utilisée pour priver, de droit de vote et des droits les plus élémentaires, des millions d’Américains, et cela sans le moindre recours.

Au nom de cette guerre contre la drogue, et au nom de celle contre la terreur, la police confisque (vole), au hasard, des milliards en espèces aux citoyens de toutes les races, en violation directe de la Déclaration des Droits et de tout sens d’un système légal. Les départements de police se servent de ces vols à main armée officiellement autorisés pour financer leur équipement en armement de guerre lourd, qui leur est vendu comme « surplus » par l’Armée fédérale.

Les citoyens de couleur, les jeunes, les pauvres et les gens âgés sont systématiquement dépouillés de leur droit de vote par un Jim Crow électronique moderne, et la domination d’un système unipartite d’entreprises est assurée par l’utilisation de machines à voter privées, faciles à trafiquer.

La NSA et d’autres agences officielles nous espionnent sans retenue.

Notre capacité de communiquer par le moyen d’un Internet neutre subit aussi des assauts. Pendant ce temps-là, un rapper de San Diego, sans le moindre casier judiciaire, est accusé de multiples « crimes », sur base des paroles de ses chansons. Et alors que la colère croît contre l’«élite » milliardaire américaine, nous pouvons nous attendre à une escalade dans la guerre à notre liberté de parole par la contre-révolution.

Que les victimes de ces derniers assassinats policiers soient des jeunes gens de couleur est tragique. Sans compter qu’ils offrent aux médias alignés le parfait écran derrière lequel camoufler les racines véritables du mal.

Tout au long de notre histoire, la race a servi de façade létale à toutes sortes de répressions. C’est le poison plein de haine parfaitement calculé pour nous diviser et nous égarer.

La maladie n’est que trop réelle. Mais le cancer en phase terminale auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est l’ascension d’un État-Entreprises tout-puissant et la main de fer dans laquelle il tient une armée privée violente, qui n’a pas à répondre de ses actes et qui a la permission de tuer – quelle que soit la race ou la cause – en sachant que la règle, jadis sacrée, d’un procès public en cas de méfait, ne s’applique pas à elle. Si les attaques sur Internet réussissent, nous en entendrons en outre de moins en moins parler.

Nous sommes donc tous dans la peau de Michael Brown et d’Eric Garner. Ceux qui se croient plus ou moins à l’abri du danger en vertu de leur race ou de leur classe n’ont tout simplement rien vu et rien compris.

Si nous ne nous soulevons pas pour obtenir une véritable justice et nos droits les plus fondamentaux, nous ne sommes qu’à un flic de distance d’être aussi morts que la dernière victime en date de la violence officielle. À n’importe quel moment, sans raison et sans recours.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Source http://www.informationclearinghouse.info/article40398.htm

 

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Harvey Wasserman en visite chez Pete et Toshi Seeger.

Harvey Wasserman, né le 31 décembre 1945, est un écrivain et journaliste américain. Il milite au sein du mouvement anti-nucléaire, pour les énergies renouvelables, contre le fracking et pour les droits démocratiques réels. Il est conseiller de Greenpeace pour les USA, rédacteur en chef de Columbus Free Press et l’auteur d’une douzaine de livresnon traduits en français.

Ses sites : http://solartopia.org/  et  http://freepress.org/

Son adresse e-mail :  solartopia@me.com

Vous pouvez lui souhaiter un bon 69e anniversaire si vous voulez. C’est dans trois semaines.

*

THANKSGIVING, « Action de grâces » est une des principales fêtes nord-américaines. Comme souvent, peu d’Américains savent ce qu’ils célèbrent au juste, le quatrième jeudi de novembre de tous les ans. On a raté celui de 2014 ; on est en avance pour celui de 2015. 

À la fin du mois dernier, S. Brian Willson a pris sa plume (ou son clavier) pour donner un petit cours d’histoire à ses compatriotes.

 

Génocide et LE MYTHE DE THANKSGIVING

S. Brian Willson – thepeoplesvoice - 28 novembre 2014.

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Guerre éclairée et chrétienne au 19e siècle – Massacre de femmes et d’enfants indiens dans l’Idaho, Frank Leslie’s Illustrated, Août 1868

 

Définition et mise en pratique de notre « Civilisation ».

Tandis que nous nous préparons à célébrer une fois de plus ce que les « Américains » US appellent Thanksgiving [« Action de grâces »], accordons-nous un moment de réflexion. Reconnaissons que les récits du premier Thanksgiving sont mythologiques, et que cette fête est en réalité la grotesque célébration de notre arrogant ethnocentrisme, bâti sur le génocide.

Les indigènes américains des Caraïbes ont accueilli leurs envahisseurs de 1492, avec une chaude hospitalité. Ils étaient tellement innocents que le Génois Christophe Colomb a écrit, dans son livre de bord : « Ils nous ont vendu de bonne grâce tout ce qu’ils possédaient… Ils ne portent pas d’armes… Ils feraient d’excellents domestiques… On pourrait aisément en faire des chrétiens… Avec cinquante hommes, on pourrait les soumettre et leur faire faire tout ce que l’on voudrait. » Cette rencontre venait de déclencher plus de 500 ans de pillage de l’hémisphère occidental, qui allait s’étendre ensuite au reste de la planète. Et qui dure encore !

 

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Christophe Colomb donne des indigènes à manger à ses chiens.

 

L’historien Hans Köning en conclut que ce qui caractérise l’Occident, c’est sa persistance, sa capacité à ne s’arrêter à rien. L’historien des cultures Lewis Mumford a déclaré « Là où est allé l’homme occidental, l’esclavage, le vol de terres, le non-droit, le saccage des cultures et l’extermination pure et simple des bêtes sauvages et des hommes paisibles ont marché sur ses pas. »

Sautons 129 ans : nous sommes en 1621, année du premier Thanksgiving supposé. L’événement n’est pas très documenté. Apparemment, une fête de trois jours, mais les Indiens qui y ont survécu ne croient pas au mythe. Les indigènes, alors, mouraient déjà comme des mouches, grâce aux maladies apportées par les Européens. La tribu des Pequot, dans ce qui est aujourd’hui le Connecticut, comptait, selon les comptes-rendus de l’époque, 8.000 âmes, quand les Pèlerins arrivèrent sur leur territoire, mais les maladies d’importation en avaient déjà tué 1.500 en 1637, quand eut lieu le premier Thanksgiging officiellement proclamé. Lors de cette fête, les Blancs de la Nouvelle Angleterre célébrèrent leur massacre des Pequots, dans la vallée du Connecticut où la rivière Mystic se jette dans la mer.

 

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[ Mystic (la rivière et le village) vient du pequot « missi-tuk », qui nomme ainsi une large rivière dont les eaux font des vagues, à cause des marées ou du vent. NdGO. ]

 

Les Indiens étaient en train d’y célébrer, par des danses, leur fête annuelle du printemps, celle du blé en herbe. Ce devait être la dernière de leur histoire.

 

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Massacre de la Mystique : l’assaut sur le village fortifié des indiens Pequot. Gravure de 1638. Source : Nation Mashantucket - http://en.wikipedia.org/wiki/Mystic_massacre

 

William Bradford, ex-gouverneur de Plymouth et un des chroniqueurs de la supposée fête de 1621, était sur place lors de l’indescriptible massacre de 1637. Il l’a décrit comme suit dans son Histoire de la Plantation Plymouth (ca 1647) : « Ceux qui échappèrent au feu furent massacrés à l’épée, certains taillés en pièces, d’autres transpercés à la rapière, de sorte qu’ils furent rapidement expédiés et que peu s’échappèrent. Ce fut un spectacle effrayant que de les voir ainsi rôtir dans le feu… Horrible en était l’odeur, la puanteur… mais la victoire leur parut un doux sacrifice, et ils en rendirent grâce à l’œuvre de Dieu, qui leur avait été si merveilleusement favorable, en permettant que leurs ennemis tombent, ainsi encerclés, dans leurs mains, et en leur assurant une victoire aussi rapide. »

Les autres Blancs pensaient de même. «Ce jour sera désormais un jour d’action de grâces pour marquer la victoire sur les Pequots», disait la proclamation du gouverneur du Massachusets, John Winthrop. Le jour du Thanksgiving authentique et proclamé était né. Très peu de Pequots survécurent.

 

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Le commandant anglais John Mason a déclaré que l’attaque contre les Pequots était l’acte d’un Dieu qui « s’est moqué de Ses ennemis et des ennemis de Son peuple en faisant (des Pequots) une fournaise ardente… Ainsi, le Seigneur a-t-Il jugé les païens, en emplissant (la Mystic) de leurs corps morts». Les guerriers Narangansett et Mohicans qui accompagnaient les Anglais furent horrifiés par ces actes et par « la manière dont les Anglais combattent… parce qu’elle est trop furieuse et qu’il y a trop de morts». Ces Narangansett retournèrent chez eux et ne participèrent plus à la guerre. Mes remerciements à http://forquignon.com/ pour les images.

 

La plupart des historiens pensent qu’à peu près 700 Pequots furent massacrés à la Mystic. Beaucoup des prisonniers furent exécutés, et les femmes et les enfants qui survécurent furent vendus en esclavage dans les Indes occidentales. Les Pequots prisonniers qui ne furent  pas tués furent répartis entre les tribus alliées aux Anglais. On considéra le peuple Pequot comme éteint.

Mais l’épitaphe était prématurée. Il en survécut juste assez pour qu’aujourd’hui des Pequots soient propriétaires du Casino et Hôtels Foxwood à Ledyard, dans le Connecticut, d’une superficie supérieure à celle du Pentagone, où le jeu leur rapporte des milliards.

[Une loi fédérale de 1988 donnant le droit aux réserves indiennes d'ouvrir des casinos a révolutionné la vie des Indiens… et celle des Yankees adonnés au jeu. NdGO.] 

En avançant encore de 158 ans, nous découvrons une impitoyable campagne, menée au centre de New York en 1779, pendant notre « noble » Guerre Révolutionnaire. Le Congrès Continental était furieux de ce que la majorité des Indiens Iroquois (ceux qui ont inventé la Philosophie de la Septième génération) prenaient le parti des Anglais contre les colonialistes, qui s’établissaient à grande vitesse sur leurs terres. La capitale en pleine expansion de la nation Seneca était Kanadesaga, à la tête du Lac Seneca, dans la région des lacs Finger. Pendant l’été de 1779, le Congrès Continental donna ordre au commandant général de son armée de régler le problème indien. George Washington obtempéra. Il donna ordre au général John Sullivan de tout dévaster… que le pays… soit détruit… que les Iroquois du centre de New York soient réduits par la terreur ; le général Sullivan affirma que « les Indiens verraient qu’il y a assez de méchanceté dans nos cœurs pour détruire tout ce qui contribue à leur subsistance ». Washington déclara : « Notre sécurité future dépendra de leur incapacité à nous nuire et de la terreur que leur inspirera la sévérité du châtiment qu’ils recevront.» (Richard Drinnon, Facing West. The Metaphysics of Indian Hating  & Empire Building, New York, Schocken Books, 1990, pp. 331-332). Le général Sullivan avait été sélectionné par George Washington  pour s’occuper des tribus qui avaient pris le parti des Anglais pendant la Guerre révolutionnaire. Ceci incluait les tribus Mohawks, les Cayugas, les Onondagas et les Senecas. Cela fut appelé la Campagne Sullivan, et le général Sullivan ne fit preuve d’aucune miséricorde, détruisant au moins 40 villages,  dont il incendia les récoltes et les habitations. Cette destructions provoqua l’exode de plus de 5.000 Iroquois, dont beaucoup périrent de faim et de froid pendant les mois d’hiver.

 

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Le général Sullivan avait été sélectionné par George Washington  pour s’occuper des tribus qui avaient pris le parti des Anglais pendant la Guerre révolutionnaire. Ceci incluait les tribus Mohawks, les Cayugas, les Onondagas et les Senecas. Cela fut appelé la Campagne Sullivan, et le général Sullivan ne fit preuve d’aucune miséricorde, détruisant au moins 40 villages,  dont il incendia les récoltes et les habitations. Cette destructions provoqua l’exode de plus de 5.000 Iroquois, dont beaucoup périrent de faim et de froid pendant les mois d’hiver.

 

La « victoire » culmina le 7 septembre 1779. La destruction de Kanadesaga et de 40 autres villes [towns] Senecas fut l’œuvre d’une armée de 4.500 hommes, soit presque un tiers des forces totales de l’Armée Continentale. Seule campagne de cette année-là, ce fut une des campagnes de la terre brûlée les plus sauvages de l’Histoire. Tous les vergers et les champs de blé furent détruits, tous les bâtiments furent pillés puis brûlés. Beaucoup des Senecas en fuite furent scalpés puis massacrés. « Après la bataille… les guerriers Indiens… furent scalpés ; le lieutenant William Barton s’amusa même à écorcher deux Indiens à partir des hanches pour en faire deux paires de jambières, une pour lui et une pour son major. » (Morris Bishop, The End of the Iroquois, American Heritage, Octobre 1969, p.78.)

Sautons 162 ans, pour arriver en 1941, année de ma naissance à Kanadesaga, rebaptisée Genève [Geneva] par nos ancêtres européens. Gamin, j’ai collectionné avec délices des centaines de pointes de flèches Senecas que je conservais amoureusement dans une boîte, rangée bien à l’abri dans ma chambre. Un chapitre, dans mon livre d’histoire de cinquième, nous apprenait que « Les Iroquois étaient les Indiens maîtres de l’état, mais qu’à cause de leurs attaques destructrices sur les colonies des frontières, George Washington avait décidé d’envoyer une armée pour écraser les Indiens… ». Les six Nations ne se remirent jamais de ce coup. Les Européens en avant et au sommet, toutes !

La Nouvelle République fut fondée en 1789, sa Convention constitutionnelle de 1787 ayant été adoptée dans le plus grand secret, sans jamais avoir été soumise à un vote populaire. Le troisième président US, Thomas Jefferson (de 1801 à 1809) a décrit sa vision d’un « empire de liberté » d’entreprises commerciales et de territoires en expansion. Et, sans aucune autorisation constitutionnelle, il doubla rapidement la surface du jeune pays en achetant la vaste Louisiane à Napoléon Bonaparte pour 15 millions de dollars.

En 1807, il préconisa une guerre préventive. « Si les Anglais ne nous donnent pas ce que nous exigeons, nous prendrons le Canada, qui souhaite entrer dans l’Union, et quand, avec le Canada, nous aurons les Florides,  nous n’aurons plus de difficultés avec nos voisins, et c’est la seule façon de les éviter. (William Appleman Williams, The Contours of American History, Cleveland, The World Publishing Company, 1961. P. 192.) D’autres parlèrent ouvertement d’expansion en Amérique hispanique et au Canada, pour la prospérité des planteurs et des marchands, par l’ouverture de nouveaux marchés, disant que les « sages fermiers » patriotes et vertueux, auteurs de la Constitution, étaient « trop avisés pour avoir restreint les pouvoirs du Congrès à la guerre défensive » (ibid. p.194).

Vingt-et-une missions furent construites entre San Diego et Sonoma, sur les terres les plus fertiles, par les esclaves des missionnaires catholiques. Les soldats, aidés par des frères capturèrent des Chumaches et les attachèrent aux missions, sous l’autorité des frères, qui ne leur donnèrent que de quoi se nourrir et se couvrir. Beaucoup souffraient de malnutrition, et il y avait plus de décès que de naissances.

 

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Vingt-et-une missions furent construites entre San Diego et Sonoma, sur les terres les plus fertiles, par les esclaves des missionnaires catholiques. Les soldats, aidés par des frères capturèrent des Chumaches et les attachèrent aux missions, sous l’autorité des frères, qui ne leur donnèrent que de quoi se nourrir et se couvrir. Beaucoup souffraient de malnutrition, et il y avait plus de décès que de naissances.

 

Après avoir déménagé dans le comté de Humboldt, en Californie du Sud, au début des années 2000, j’en ai également étudié l’histoire avec soin. La ruée vers l’or de 1849 y a provoqué un afflux massif de mineurs et de colons blancs, qui a conduit à la quasi extinction des Indiens de Californie vers 1865-70. Entre 1853 et 1861, il y a eu au moins quatorze guerres contre les Indiens de Californie, à coups de campagnes paramilitaires, qui se sont poursuivies jusque tard dans les années 1860. La population, qui avait été estimée à ± 700.000 personnes était tombée à 100.000 en 1849, en partie à cause de l’esclavage dans les missions catholiques, commencé en 1769. Entre 1849 et 1860, la population a décru de 65% pour arriver à 35.000 personnes, par suite des massacres systématiques. (Russell Thornton, American Indian Holocaust and Survival : A Population History since 1492, Norman University of Oklahoma Press, 1987. p. 109). On peut trouver une liste des atrocités commises contre les Indiens en Californie, y compris un  grand nombre dans ce qui est aujourd’hui le comté de Humboldt, dans Sherburne F. Cook, The Conflict between the California Indian and White Civilization (Berkeley University of California Press, 1976.)

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Famille d’Indiens Wiyot

 

De 1857 à 1860, l’auteur-poète Bret Harte a écrit pour le Northern Californian et le Humboldt Time. Bret a été au courant du massacre de 188 Indiens Wiyot, sur l’Île Indienne, dans la baie de Humboldt, près d’Eureka, le 25 février 1860, massacre auquel ne survécut qu’un seul enfant Wiyot. Dans l’histoire qu'il a rapportée, sous le titre « Massacre aveugle d’Indiens. Une boucherie de femmes et d‘enfants », on trouve ceci : « Les petits enfants et les vieilles femmes ont été tués sans pitié, à l’arme blanche, et leurs têtes éclatées à coups de haches. Quand les corps ont été débarqués à Union (aujourd’hui Arcata), jamais un spectacle aussi scandaleux et révoltant n’a frappé les yeux d’un chrétien civilisé. Des vieilles femmes, toutes ridées et décrépites, baignant dans leur sang, leur cervelle sortie et mélangée à leurs longs cheveux gris. Des enfants d’à peine un empan de long, leurs visages lardés de coups de haches et leurs corps laissant voir des blessures atroces » (Northen Californian, vol.2, n° 9 – 29 février 1960 – p.1.). Harte dut s’enfuir pour échapper aux Blancs qui voulaient le lyncher.

En Californie comme ailleurs, des hordes de colons blancs de la frontière, de spéculateurs, d’arpenteurs et de toutes sortes d’opportunistes, établissaient des colonies permanentes au fur et à mesure de leur progression vers l’ouest, depuis leur départ des colonies atlantiques, surtout après la fin de la Guerre de Sept ans, en 1763. Des milliers de meurtres d’indigènes furent fièrement revendiqués par colons, investisseurs et spéculateurs, engagés dans des activités équivalentes à celles des escadrons de la mort paramilitaires d’aujourd’hui, opérant en  dehors des canaux « officiels », c’est-à-dire agissant en parallèle ou en-dehors des juridictions des troupes fédérales.

Lorsque l’Empire s’étendit au-delà de la « Destinée Manifeste du Continent », les Philippines furent une des premières victimes de la guerre US. L’ordre infâme donné, en 1901, par le général Jacob H. Smith « Tuez tout ce qui a plus de dix ans ! » servit de titre à l’image publiée par le New York Journal, le 5 mai 1902. La « Vieille Gloire », drapée autour d’un bouclier américain, était surmontée d’un vautour en guise d’aigle, et la légende, sous l’image, disait  « Criminels parce que nés dix ans avant que nous prenions les Philippines ». Le général Smith avait ordonné « Je ne veux pas de prisonniers. Je veux que vous tuiez et que vous brûliez. Plus vous tuerez et plus vous brûlerez, plus vous me plairez ! Je veux que vous fassiez de Samar un désert absolu.» On a évalué le nombre des victimes de ce massacre entre 2.000 et 50.000…

 

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Lorsque l’Empire s’étendit au-delà de la « Destinée Manifeste du Continent », les Philippines furent une des premières victimes de la guerre US. L’ordre infâme donné, en 1901, par le général Jacob H. Smith « Tuez tout ce qui a plus de dix ans ! » servit de titre à l’image publiée par le New York Journal, le 5 mai 1902. La « Vieille Gloire », drapée autour d’un bouclier américain, était surmontée d’un vautour en guise d’aigle, et la légende, sous l’image, disait  « Criminels pour être nés dix ans avant que nous prenions les Philippines ». Le général Smith avait ordonné « Je ne veux pas de prisonniers. Je veux que vous tuiez et que vous brûliez. Plus vous tuerez et plus vous brûlerez, plus vous me plairez ! Je veux que vous fassiez de Samar un désert absolu.» On a évalué le nombre des victimes de ce massacre entre 2.000 et 50.000…

 

La guerre préventive sous forme de terrorisme à l’encontre de populations civiles ordonné »e par le gouvernement et menée par une armée de jeunes mâles ou des forces paramilitaires est une particularité à 100% américaine. Cette politique s’est manifestée de tout temps dans l’histoire des États-Unis, rationalisée par notre conviction d’être un peuple « exceptionnel ». Nous sommes dans le déni le plus total de nos origines arrogantes, racistes et génocidaires. Des valeurs plus rédemptrices se sont parfois manifestées, telles que la désobéissance civile et des vagues de manifestations politiquement progressistes. Mais les structures politiques et économiques restent oligarchiques avec intransigeance. En termes simples, nous restons une société impérialiste de ploutocrates mâles, soutenue par des masses obéissantes de consommateurs et de travailleurs.

En mettant à nu les secrets de notre société (une oligarchie vouée à l’exploitation égoïste) et en nous rendant compte que ces secrets ont servi de masque à notre mythe social (une démocratie vouée à la justice et à l’égalité) nous pouvons aider à catalyser une révolution des consciences. En reconnaissant qu’obéir à notre système nous tue et tue la capacité de la planète à nous héberger, est un premier pas vers le déclenchement des forces nécessaire, pour nous permettre de nous diriger rapidement vers une société basée sur l’entraide, dans laquelle des communautés durables puissent être construites et nourries au niveau local.

Il nous reste encore à nous colleter avec l’holocauste d’origine, qui continue à servir de définition et de pratique à notre « civilisation ». Embrasser ce fantôme pourrait provoquer un changement soudain et radical, en nous libérant de la nécessité de dépenser inconsciemment d’incroyables sommes d’énergie pour cacher notre honte. Partager le chagrin de ce que nous avons fait aux autres et à nous-mêmes pourrait nous apporter un soulagement infini.

-###-

https://www.popularresistance.org/genocide-and-the-thanks...

Source : http://www.thepeoplesvoice.org/TPV3/Voices.php/2014/11/28...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

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S. Brian Wilson

Exceptionnellement, nous traduisons l’essentiel de sa fiche Wikipedia, qui n’existe pas en français.

S. Brian Willson, né le 4 juillet 1941, est un vétéran de la guerre du Vietnam, un militant pour la paix et un avocat.

Il a servi dans l’US Air Force de 1966 à 1970 à 1970, y compris plusieurs mois comme agent de sécurité au combat. Après cela, il est devenu membre de Vétérans du Vietnam contre la guerre et de Vétérans pour la Paix. Après avoir terminé ses études de droit à l’Université Américaine de Washington D.C., il s’est inscrit au barreau du district de Columbia. Willson a été consultant pénal, défenseur des droits des prisonniers, producteur laitier, collaborateur législatif, évaluateur cadastral et inspecteur des bâtiments, défenseur des vétérans et petit homme d’affaire (PME).

En sa qualité d’avocat et d’écrivain, il a étudié la politique US dans près de deux douzaines de pays. Depuis 1986, il a observé cette politique sur le terrain dans de nombreux pays dont le Nicaragua, le Salvador, le Honduras, Panama, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Colombie, l’Équateur, Cuba, Haïti, l’Irak, Israël (et les Territoires palestiniens), le Japon et les deux Corées, celle du Nord et celle du Sud. Il a étudié la politique dont il dit qu’elle viole la Constitution US et les lois internationales, qui interdisent les guerres d’agression et les crimes de guerre. Willson a aussi travaillé comme éducateur, et, militant, il a enseigné les dangers de cette politique. Il a participé à de longues grèves de la faim, à des actions non-violentes de désobéissance civile et à des refus de payer l’impôt, tout en vivant avec une simplicité volontaire.

Assistant sénatorial

Il a été assistant aux droits des prisonniers pour le sénateur du Massachusets Jack Backman et a fait partie du groupe de travail pour les vétérans sans abri ou victimes de l’agent orange du gouverneur du Masachusets Michael Dukakis, et il a travaillé avec le Lt.gouverneur du Massachusets John Kerry, sur les problèmes liés à l’agent orange et les autres questions concernant les vétérans, se portant ensuite volontaire pour soutenir la première campagne sénatoriale de Kerry en 1984. Après la victoire de Kerry, Willson a été fait membre de son comité consultatif sur les problèmes des vétérans.

Manifestation de Concord et blessures

Le 1er septembre 1987, alors qu’il militait contre l’embarquement d’armes US vers l’Amérique Centrale, dans le cadre de la guerre des Contras, Willson et d’autres membres de Vétérans pour la Paix ont bloqué les rails dans la gare des Chantiers Navals d’Armement de Californie, à Concord. Le train qu’ils voulaient bloquer ne s’est pas arrêté et a roulé sur eux. Willson y a perdu les deux jambes jusqu’à hauteur des genoux et a subi en outre une sévère fracture du crâne, avec perte du lobe frontal droit. Plus tard, il devait découvrir qu’il avait été, depuis plus d’un an, mis, par le FBI, sur une liste de suspects de « terrorisme intérieur » , à la requête du groupe de travail anti-terroriste du président Reagan, et que les mécaniciens du train avaient reçu, ce jour-là, l’ordre de ne pas s’arrêter.

En 1989, un concert au bénéfice de Wilsson a été donné à San Francisco, auquel a participé Joan Baez. Les artistes sont allés jouer aussi, plus tard, pour les manifestants qui tenaient une veille de 24 heures devant  les barbelés qui entourant la base. La police a tout filmé, artistes et manifestants, du haut d’un mirador situé dans la base.

Pendant des années ensuite, des militants contre la guerre devaient tenir, régulièrement, des veilles de 24 heures autour du dépôt d’armes, d’où furent néanmoins embarquées, chaque année, de 60.000 à 120.000 tonnes de munitions, à destination des forces US à l’étranger et des armées vassales. (Information donnée par un porte-parole de la Marine.)

Wilsson attaqua en justice la Marine US et les responsables locaux, qui avaient été dûment et longtemps à l’avance prévenus de la volonté des manifestants de bloquer les rails, insistant sur le fait que les mécaniciens avaient eu largement le temps d’arrêter le train s’ils l’avaient voulu, ce qui fut confirmé plus tard par le rapport officiel de la Marine. L’équipe des mécaniciens déposa une plainte contre Wilsson, lui réclamant des dommages et intérêts pour leur avoir causé, par son action, « humiliation, détresse mentale et stress ». Leur plainte fut rejetée par le Juge Robert Peckham, qui estima que Wilsson n’avait pas eu l’intention de leur causer quoi que ce soit, puisqu’il avait cru que le train s’arrêterait.

Wilsson accepta plus tard un règlement de l’affaire intentée au gouvernement et à l’équipe des mécaniciens contre une somme de 920.000 $. Il marche avec des prothèses.

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Organisations

Wilsson a concouru à créer le VEP (Projet pour l’Éducation des Vétérans) au Massachusetts ; le VVPEN ( Réseau d’Éducation des Vétérans du Vietnam pour la Paix) en Nouvelle Angleterre ; la NFVFP (Fédération Nationale des Vétérans pour la Paix) en 1986, à Washington D.C. ; le VFFL (Veterans Fast For Life) une grève de la faim « pour la vie », d’ex-militaires, sur les marches du Capitole, qui dura 47 jours - du 1er septembre au 17 octobre  1986 – et qui eut pour résultat de faire mettre les quatre jeûneurs sur une liste de « terroristes de l’intérieur » à surveiller ;  les VPAT (Équipes d’Action de Vétérans pour la Paix) en 1987, qui ont entraîné et envoyé des équipes en mission d’observation au Nicaragua et au Salvador, action qui a duré trois ans ; les actions « Nuremberg » à Concord, CA, en 1987 ; l’Institut pour la Pratique de la Non-Violence, en 1988, à San Francisco, et la Grève de la Faim du Peuple pour la Justice et la Paix dans les Amériques, qui a duré 42 jours, à nouveau sur les marches du Capitole, en 1992. Wilsson a été un des tout premiers membres de Vétérans pour la Paix.

Écrits et films

Pendant qu’il travaillait pour le sénateur du Massachusetts Jack Backman, il a enquêté pendant plus d’un an sur les brutalités à la prison d’État de Walpole, concluant dans son rapport final que la vie à Walpole était « Un exercice en torture ».

Son premier livre, autobiographique, On Third World Legs (« Sur des jambes du Tiers-Monde ») a été publié en 1992. Il est producteur exécutif de Santa Cruz Film Foundation, qui travaille en ce moment sur un documentaire consacré à l’histoire de l’intervention US en  Corée, qui a conduit en droite ligne à la Guerre de Corée et qu’il considère comme « un  des crimes internationaux du XXe siècles toujours non résolus ». 

En 2011 a été publié son livre Blood on the Tracks (« Du sang sur les rails »)

Vie privée

Willson vit actuellement à Portland, dans l’Oregon

Depuis plusieurs années, avec sa compagne Becky Luening, il s’adonne à la permaculture. Ils utilisent l’énergie solaire pour les besoins de leur maison et pour leurs transports. Becky a été l’organisatrice et la coordinatrice de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, branche de Humboldt.

Dans la ville qu’il habite, Willson est membre d’une communauté locale appelée Post Oil Action Group (« Groupe d’Action pour l’Après Pétrole ») et d’une Commission pour la Paix. Il se définit comme pacifiste. Il est Docteur en Droit et a reçu deux titres honorifiques (LL.D et Ph.D).

Son site : http://www.brianwillson.com/

        

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S. Brian Willson

Blood on the Tracks : The Life And Times of S. Brian Willson
Préface de Daniel Ellsberg

PM Press – Juillet 2011

536 pages

non traduit en français

 

 

*

Pendant qu’on y est :

On sait peu que des vaincus de la Révolution de 1848 en France ont émigré aux États-Unis et se sont faits chercheurs d’or


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Michel Le Bris

Quand la Californie était française

Le Pré aux Clercs, 1999.

429 pages

 

 

 

 

*

Turc Stream (suite)

 

Notre traduction de l’article de Nébojsa Malic « Alimentations coupées » se trouve à sa place (sous M. Bachar al-Assad) dans notre post du 4 décembre.

Les questions qu’y soulève l’auteur ne sont pas frivoles, une des plus importantes à nos yeux étant : les principales victimes du deal du siècle seront-elles slaves et innocentes ?

Que les Russes aient dû, poussés par la force des choses et l’imbécilité des guignols UE, se tourner vers la Turquie et donner ainsi, à un pays dangereux, le ballon d’oxygène dont il avait besoin pour persévérer, est un de ces impondérables qu’on n’évite pas toujours en géopolitique. Cela relève de la tectonique des plaques, et on sait bien que lorsqu’elles bougent, il y a danger de tremblements de terre. Alors, les petits pays en général et les Balkans en particulier se retrouvent, hélas, presque toujours sur l’échelle du trop fameux Richter ou, si on préfère, entre l’enclume et le marteau.

Les Grecs, déjà une des nations les plus éprouvées d’Europe – et depuis 1945 ! -, les Hongrois, qui ont fait preuve à eux seuls de plus de fermeté que toute l’UE mise ensemble, la population bulgare trahie par ses élus, mais surtout les Serbes, déjà victimes d’une guerre meurtrière*, vont-ils faire les frais de l’opération ? Il y a malheureusement de fortes chances pour que la dictature turque (appelons les choses par leur nom) sorte renforcée de l’affaire, au détriment de ses nationaux persécutés d’abord, des Kurdes et des Slaves ensuite, avec peut-être, dans le cas de ces derniers, quelque chose qui ressemblerait à une reconquête ottomane, moins les cimeterres et les chevaux.

On peut sérieusement le craindre. La Russie voudra-t-elle et pourra-t-elle compenser le tort ainsi fait à ses peuples frères ? Laisser sombrer la Serbie, après l’avoir laissé détruire sans intervenir (au temps d’Eltsine il est vrai) serait encore plus désespérant qu’injuste.

Quant à l’association de malfaiteurs appelée Union européenne, elle n’a pas encore commencé à payer pour s’être aussi honteusement associée au démembrement sauvage de la Yougoslavie, mais patience… Némésis endormie met quelquefois du temps à se réveiller. Elle finit toujours par le faire.

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_________________  

* La proportion des enfants qui naissent monstrueusement mal formés est en train de rattraper, dans l’ex-Yougoslavie, celle de l’Irak.

*

De Russie…

Cela va sans dire, mais mieux encore en le disant :

Terrorisme : Moscou soutient militairement Damas et Bagdad

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PARIS, 15 septembre - RIA Novosti/La Voix de la Russie.

La Russie apporte une assistance militaire à la Syrie, à l'Irak et à d'autres pays de la région pour les aider à lutter contre la menace terroriste, a déclaré lundi à Paris le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« Nous avons parlé de notre contribution au soutien du gouvernement irakien, qui vise à diversifier ses possibilités de combattre les terroristes et d'assurer la sécurité de l'État. Nous apportons à l'Irak une assistance, y compris militaire, en vue d'accroître la sécurité dans le pays. Nous agissons de la même façon dans le cas de la Syrie et d'autres pays de la région », a fait savoir M. Lavrov en marge de la conférence internationale sur la situation en Irak, tenue dans la capitale française.

Source : http ://french.ruvr.ru/news/2014_09_15/Terrorisme-Mo...

*

Allez, ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir un son-et-lumière sur l’Ermitage.

http://rt.com/news/212255-hermitage-museum-anniversary-250/

En regardant bien, vous verrez même passer, prêté par les Anglais, le très fameux marbre représentant le dieu-fleuve Ilissos, volé aux Grecs par lord Elgin, et que ceux-ci réclament en vain depuis une bonne centaine d’années.

*

Moscou sous la neige

(C’et tout frais)

Diaporama

http://french.ruvr.ru/2014_12_11/photo-Moscou-sous-la-nei...

 

*

D’Ukraine

Un espion russe arrêté à Kiev

 

Source : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

*

D’Allemagne…

Nous venons de recevoir ceci. Qui date de 2012. Bonne occasion de voir si c’est toujours d’actualité. Le Dr. Matthias Rath est « une personnalité controversée », s’il faut en croire Wikipedia, et nous ne pensons pas comme lui que tous nos malheurs soient dûs au seul cartel chimico-pharmaceutique, qui n’est tout au plus qu’une des têtes de l’hydre, même si c’est une des plus grosses. Ce n’est pas une raison pour rester sourd à ce qu’il nous dit. À vous de voir ce que vous en pensez.


Appel du Dr Rath

 

*

Mais on peut aussi parler de ses malheurs avec humour :

La transition énergétique allemande vue par la télévision ZDF (avril 2014)

Vidéo :

http://revue-progressistes.org/2014/12/04/quand-la-zdf-ridiculise-le-modele-energetique-allemand/

 

*

Bouquet final

 

C’était le 28 août dernier, à Dresde. Angela Merkel était venue tenir un meeting pour soutenir son parti.

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On ne peut pas dire qu’elle fut la bienvenue : « Fauteuse de guerre ! » - « Yankee go home ! » - « Pas de guerre avec la Russie ! –  « Liberté ! » - « Justice sociale ! » - « Obama, ton Prix Nobel à Poutine ! ». Pour les cris, les huées et les sifflets,  la traduction nous paraît superflue.

 


Source : http://www.lesobservateurs.ch/2014/08/30/manifestations-p...

 

*

De France…

On pique des choses à Maria Poumier

L’intelligence étant est la seule chose qui s’use si on ne s’en sert pas…

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« La mort est naturelle et le grand Pan est mort »

par Le Poitevin – 28 novembre 2014

« Seulement voilà, la conjoncture ne leur est, pour l’instant, pas favorable. Pour des raisons que tout le monde ignore, 2014 est, jusque-là, une annus horribilis. À la fin août, le « retard » atteint dix-huit mille morts . « Et notre activité est directement impactée… » Ces propos sont tirés d’un article paru en première page du journal local 7 à Poitiers daté du 27 octobre 2014. L’article « La mort au tournant » fait le point sur le marché du funéraire ; un domaine qui n’échappe pas plus que les autres, à la privatisation et au business sauvage. Les exploitants de la filière auraient tort de se priver; les affaires s’y révèlent florissantes: « Le secteur pèse 3457 entreprises, 25 000 salariés et 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires ». L’article nous apprend cependant que l’activité connaît elle aussi la crise: « On le ressent sur le choix des fleurs, des couronnes… Les gens font attention. ». Pour remédier au manque à gagner engendré par cette crise, les professionnels démultiplient les services (entretien de sépultures, avec publicité à l’entrée des cimetières…), « l’hyper personnalisation » des monuments et s’efforcent de « tisser une vraie relation de confiance avec les familles ». Nous voilà rassurés ! Qui n’a jamais rêvé de tisser une authentique relation d’amitié facturée 3000€ avec le fossoyeur du coin, employé par un multimillionnaire de la famille Leclerc, dans les circonstances du décès d’un être cher ? On croit rêver …

Lire la suite…

Source : http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1647

 

*

Les sexes et la plume, par La voix du Citoyen

 

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LES SEXES ET LA PLUME

Manuel de littératures transgenres,

pour classes de Seconde et de Première.

Ouvrage Préfacé par Madame Vallaud-Belkacem,

Ministre du Droit des Femmes.

-2014

I. Biographies

Comme l’a dit Madame Vallaud Belkacem, Ministre du Droit des Femmes, l’«orientation sexuelle» d’un écrivain explique «son génie». Dès lors, toute biographie littéraire doit s’appuyer sur une connaissance précise de la vie sexuelle des auteurs dans le but d’éclairer l’œuvre de ceux-ci. Bien évidemment, les informations qui suivent peuvent être utilisées, avec le discernement qui convient, en explication de textes comme en dissertation.

Lire l’extrait…

(Et, croyez-nous, ce n’est pas triste.)

 

Source : http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1650

 

*

Pendant ce temps, à l’autre bout du monde…

 

Les manifestations se multiplient, à Port-au-Prince, pour réclamer diverses choses,  à commencer par le départ du Président.

Haïti : les manifestants demandent l’aide de Poutine

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Les participants à une manifestation antigouvernementale à Port-au-Prince, en Haïti, ont appelé vendredi le président russe Vladimir Poutine à les protéger, rapportent les médias internationaux.

La chaîne de télévision britannique BBC a diffusé des images de manifestants portant des portraits de M. Poutine et des pancartes avec les mots : « Vladimir Poutine, aide-nous ! ».

Les manifestants ont protesté contre la misère, le chômage et l’exclusion sociale en Haïti, réclamé la libération de tous les manifestants et « prisonniers politiques » incarcérés depuis fin octobre. Ils ont exigé le départ du président Michel Martelly et du premier ministre Laurent Lamothe et accusé les États-Unis de soutenir les autorités haïtiennes. La manifestation a dégénéré en affrontements avec la police.

Il s’agit de la troisième action de protestation organisée à Port-au-Prince en un mois.

Source : http ://fr.ria.ru/world/20141206/203167142.html

Et s’ils commençaient par demander aux cinq pays des BRICS – et pourquoi pas à l’UNASUR ! - d’exiger de l’ONU, voire d’organiser, le retour du Président Aristide ? (Et à M. Lavrov de le soutenir militairement…)

 

*

De Chine…

Le saviez-vous ? La Chine a un prix de la Paix, pas Nobel pour un sou, qui s’appelle « Prix Confucius ».

 

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Ils viennent de le donner à Fidel Castro.

 

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Bravo ! À lui et à eux.

*

 

Notre bateau du jour :

Arrivée du Mayflower au port de Plymouth,

par William Halsall, 1882.

 

 

Mis en ligne le 12 décembre 2014.

 

 

 

 

 

00:38 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/12/2014

L'ALLEMAGNE CONTRE LA GUERRE

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L’Allemagne contre la guerre

 

Le Gotha de l’Allemagne responsable vient d’envoyer une pétition au Bundestag. C’est un appel contre la guerre. Et une condamnation de la politique d’Angela Merkel envers la Russie. Soixante signataires, dont des politiques de très haut rang.

 

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Ukraine-Krise

« Wieder Krieg in Europa ? Nicht in unserem Namen ! »

Roman Herzog, Antje Vollmer, Wim Wenders, Gerhard Schröder und viele weitere fordern in einem Appell zum Dialog mit Russland auf. ZEIT ONLINE dokumentiert den Aufruf.

 

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Amerikanische und polnische Soldaten bei einer Übung in Polen im Mai 2014  |  © Kacper Pempel/Reuters

 

Mehr als 60 Persönlichkeiten aus Politik, Wirtschaft, Kultur und Medien warnen in einem Aufruf eindringlich vor einem Krieg mit Russland und fordern eine neue Entspannungspolitik für Europa. Ihren Appell richten sie an die Bundesregierung, die Bundestagsabgeordneten und die Medien.

Initiiert wurde der Aufruf vom früheren Kanzlerberater Horst Teltschik (CDU), dem ehemaligen Verteidigungsstaatssekretär Walther Stützle (SPD) und der früheren Bundestagsvizepräsidentin Antje Vollmer (Grüne). "Uns geht es um ein politisches Signal, dass die berechtigte Kritik an der russischen Ukraine-Politik nicht dazu führt, dass die Fortschritte, die wir in den vergangenen 25 Jahren in den Beziehungen mit Russland erreicht haben, aufgekündigt werden", sagt Teltschik zur Motivation für den Appell.

Unterzeichnet haben den Text unter anderem die ehemaligen Regierungschefs von Hamburg, Berlin und Brandenburg, Klaus von Dohnanyi, Eberhard Diepgen und  Manfred Stolpe, der ehemalige SPD-Vorsitzende Hans-Jochen Vogel, Alt-Bundeskanzler Gerhard Schröder, Alt-Bundespräsident Roman Herzog und der Schauspieler Mario Adorf.

Der Aufruf im Wortlaut: 

Wieder Krieg in Europa ? Nicht in unserem Namen !

Niemand will Krieg. Aber Nordamerika, die Europäische Union und Russland treiben unausweichlich auf ihn zu, wenn sie der unheilvollen Spirale aus Drohung und Gegendrohung nicht endlich Einhalt gebieten. Alle Europäer, Russland eingeschlossen, tragen gemeinsam die Verantwortung für Frieden und Sicherheit. Nur wer dieses Ziel nicht aus den Augen verliert, vermeidet Irrwege.

Der Ukraine-Konflikt zeigt: Die Sucht nach Macht und Vorherrschaft ist nicht überwunden. 1990, am Ende des Kalten Krieges, durften wir alle darauf hoffen. Aber die Erfolge der Entspannungspolitik und der friedlichen Revolutionen haben schläfrig und unvorsichtig gemacht. In Ost und West gleichermaßen. Bei Amerikanern, Europäern und Russen ist der Leitgedanke, Krieg aus ihrem Verhältnis dauerhaft zu verbannen, verloren gegangen. Anders ist die für Russland bedrohlich wirkende Ausdehnung des Westens nach Osten ohne gleichzeitige Vertiefung der Zusammenarbeit mit Moskau, wie auch die völkerrechtswidrige Annexion der Krim durch Putin, nicht zu erklären.

In diesem Moment großer Gefahr für den Kontinent trägt Deutschland besondere Verantwortung für die Bewahrung des Friedens. Ohne die Versöhnungsbereitschaft der Menschen Russlands, ohne die Weitsicht von Michael Gorbatschow, ohne die Unterstützung unserer westlichen Verbündeten und ohne das umsichtige Handeln der damaligen Bundesregierung wäre die Spaltung Europas nicht überwunden worden. Die deutsche Einheit friedlich zu ermöglichen, war eine große, von Vernunft geprägte Geste der Siegermächte. Eine Entscheidung von historischer Dimension. Aus der überwundenen Teilung sollte eine tragfähige europäische Friedens- und Sicherheitsordnung von Vancouver bis Wladiwostok erwachsen, wie sie von allen 35 Staats- und Regierungschefs der KSZE-Mitgliedsstaaten im November 1990 in der "Pariser Charta für ein neues Europa" vereinbart worden war. Auf der Grundlage gemeinsam festgelegter Prinzipien und erster konkreter Maßnahmen sollte ein "Gemeinsames Europäisches Haus" errichtet werden, in dem alle beteiligten Staaten gleiche Sicherheit erfahren sollten. Dieses Ziel der Nachkriegspolitik ist bis heute nicht eingelöst. Die Menschen in Europa müssen wieder Angst haben.

Wir, die Unterzeichner, appellieren an die Bundesregierung, ihrer Verantwortung für den Frieden in Europa gerecht zu werden. Wir brauchen eine neue Entspannungspolitik für Europa. Das geht nur auf der Grundlage gleicher Sicherheit für alle und mit gleichberechtigten, gegenseitig geachteten Partnern. Die deutsche Regierung geht keinen Sonderweg, wenn sie in dieser verfahrenen Situation auch weiterhin zur Besonnenheit und zum Dialog mit Russland aufruft. Das Sicherheitsbedürfnis der Russen ist so legitim und ausgeprägt wie das der Deutschen, der Polen, der Balten und der Ukrainer.

Wir dürfen Russland nicht aus Europa hinausdrängen. Das wäre unhistorisch, unvernünftig und gefährlich für den Frieden. Seit dem Wiener Kongress 1814 gehört Russland zu den anerkannten Gestaltungsmächten Europas. Alle, die versucht haben, das gewaltsam zu ändern, sind blutig gescheitert – zuletzt das größenwahnsinnige Hitler-Deutschland, das 1941 mordend auszog, auch Russland zu unterwerfen.

Wir appellieren an die Abgeordneten des Deutschen Bundestages, als vom Volk beauftragte Politiker, dem Ernst der Situation gerecht zu werden und aufmerksam auch über die Friedenspflicht der Bundesregierung zu wachen. Wer nur Feindbilder aufbaut und mit einseitigen Schuldzuweisungen hantiert, verschärft die Spannungen in einer Zeit, in der die Signale auf Entspannung stehen müssten. Einbinden statt ausschließen muss das Leitmotiv deutscher Politiker sein.

Wir appellieren an die Medien, ihrer Pflicht zur vorurteilsfreien Berichterstattung überzeugender nachzukommen als bisher. Leitartikler und Kommentatoren dämonisieren ganze Völker, ohne deren Geschichte ausreichend zu würdigen. Jeder außenpolitisch versierte Journalist wird die Furcht der Russen verstehen, seit NATO-Mitglieder 2008 Georgien und die Ukraine einluden, Mitglieder im Bündnis zu werden. Es geht nicht um Putin. Staatenlenker kommen und gehen. Es geht um Europa. Es geht darum, den Menschen wieder die Angst vor Krieg zu nehmen. Dazu kann eine verantwortungsvolle, auf soliden Recherchen basierende Berichterstattung eine Menge beitragen.

Am 3. Oktober 1990, am Tag der Deutschen Einheit, sagte Bundespräsident Richard von Weizsäcker: "Der Kalte Krieg ist überwunden. Freiheit und Demokratie haben sich bald in allen Staaten durchgesetzt. ... Nun können sie ihre Beziehungen so verdichten und institutionell absichern, dass daraus erstmals eine gemeinsame Lebens- und Friedensordnung werden kann. Für die Völker Europas beginnt damit ein grundlegend neues Kapitel in ihrer Geschichte. Sein Ziel ist eine gesamteuropäische Einigung. Es ist ein gewaltiges Ziel. Wir können es erreichen, aber wir können es auch verfehlen. Wir stehen vor der klaren Alternative, Europa zu einigen oder gemäß leidvollen historischen Beispielen wieder in nationalistische Gegensätze zurückzufallen."

Bis zum Ukraine-Konflikt wähnten wir uns in Europa auf dem richtigen Weg. Richard von Weizsäckers Mahnung ist heute, ein Vierteljahrhundert später, aktueller denn je.

Die Unterzeichner

Mario Adorf, Schauspieler
Robert Antretter (Bundestagsabgeordneter a. D.)
Prof. Dr. Wilfried Bergmann (Vize - Präsident der Alma Mater Europaea)
Luitpold Prinz von Bayern (Königliche Holding und Lizenz KG)
Achim von Borries (Regisseur und Drehbuchautor)
Klaus Maria Brandauer (Schauspieler, Regisseur)
Dr. Eckhard Cordes (Vorsitzender Ost-Ausschuss der Deutschen Wirtschaft)
Prof. Dr. Herta Däubler-Gmelin (Bundesministerin der Justiz a.D.)
Eberhard Diepgen (ehemaliger Regierender Bu
̈rgermeister von Berlin)
Dr. Klaus von Dohnanyi (Erster Bu
̈rgermeister der Freien und Hansestadt Hamburg)
Alexander van Dülmen (Vorstand A-Company Filmed Entertainment AG)
Stefan Du
̈rr (Geschäftsführender Gesellschafter und CEO Ekosem-Agrar GmbH)
Dr. Erhard Eppler (Bundesminister fu
̈r Entwicklung und Zusammenarbeit a.D.)
Prof. Dr. Dr. Heino Falcke (Propst i.R.)
Prof. Hans-Joachim Frey (Vorstandsvorsitzender Semper Opernball Dresden)
Pater Anselm Gru
̈n (Pater)
Sibylle Havemann (Berlin)
Dr. Roman Herzog (Bundespräsident a.D.)
Christoph Hein (Schriftsteller)
Dr. Dr. h.c. Burkhard Hirsch (Bundestagsvizepräsident a.D.)
Volker Hörner (Akademiedirektor i.R.)
Josef Jacobi (Biobauer)
Dr. Sigmund Jähn (ehemaliger Raumfahrer)
Uli Jörges (Journalist)
Prof. Dr. Dr. h.c. Margot Käßmann (ehemalige EKD Ratsvorsitzende und Bischöfin)
Dr. Andrea von Knoop (Moskau)
Prof. Dr. Gabriele Krone-Schmalz (ehemalige Korrespondentin der ARD in Moskau)
Friedrich Ku
̈ppersbusch (Journalist)
Vera Gräfin von Lehndorff (Ku
̈nstlerin)
Irina Liebmann (Schriftstellerin)
Dr. h.c. Lothar de Maizière (Ministerpräsident a.D.)
Stephan Märki (Intendant des Theaters Bern)
Prof. Dr. Klaus Mangold (Chairman Mangold Consulting GmbH)
Reinhard und Hella Mey (Liedermacher)
Ruth Misselwitz (evangelische Pfarrerin Pankow)
Klaus Prömpers (Journalist)
Prof. Dr. Konrad Raiser (eh. Generalsekretär des Ökumenischen Weltrates der Kirchen)
Jim Rakete (Fotograf)
Gerhard Rein (Journalist)
Michael Röskau (Ministerialdirigent a.D.)
Eugen Ruge (Schriftsteller)
Dr. h.c. Otto Schily (Bundesminister des Inneren a.D)
Dr. h.c. Friedrich Schorlemmer (ev. Theologe, Bu
̈rgerrechtler)
Georg Schramm (Kabarettist)
Gerhard Schröder (Bundeskanzler a.D.)
Philipp von Schulthess (Schauspieler)
Ingo Schulze (Schriftsteller)
Hanna Schygulla (Schauspielerin, Sängerin)
Dr. Dieter Spöri (Wirtschaftsminister a.D.)
Prof. Dr. Fulbert Steffensky (kath. Theologe)
Dr. Wolf-D. Stelzner (geschäftsfu
̈hrender Gesellschafter: WDS-Institut für Analysen in Kulturen mbH)
Dr. Manfred Stolpe (Ministerpräsident a.D.)
Dr. Ernst-Jörg von Studnitz (Botschafter a.D.)
Prof. Dr. Walther Stu
̈tzle (Staatssekretär der Verteidigung a.D.)
Prof. Dr. Christian R. Supthut (Vorstandsmitglied a.D. )
Prof. Dr. h.c. Horst Teltschik (ehemaliger Berater im Bundeskanzleramt fu
̈r Sicherheit und Außenpolitik)
Andres Veiel (Regisseur)
Dr. Hans-Jochen Vogel (Bundesminister der Justiz a.D.)
Dr. Antje Vollmer (Vizepräsidentin des Deutschen Bundestages a.D.)
Bärbel Wartenberg-Potter (Bischöfin Lu
̈beck a.D.)
Dr. Ernst Ulrich von Weizsäcker (Wissenschaftler)
Wim Wenders (Regisseur)
Hans-Eckardt Wenzel (Liedermacher)
Gerhard Wolf (Schriftsteller, Verleger)

*

Commençons par l’introduction de Russia Insider, puisque ce sont eux qui ont repéré l’article de Die Zeit :

« Ceci n’est pas une petite chose. Et c’est un signe que Merkel a de gros ennuis.

La liste des signataires est truffée de personnalités de premier plan de la politique allemande (maires de Berlin et de Hambourg, chancelier, président, chefs des principaux partis, ministre de la défense, premiers ministres de 16 Bundesländer (états fédéraux), ambassadeur en Russie, chefs religieux, acteurs célèbres, scientifiques, représentants du monde des affaires et journalistes réputés.

Si Merkel est connue pour quelque chose, c’est qu’elle ne représente rien, ne croit en rien, et que ce sont précisément cette flexibilité et ce pragmatisme qui l’ont mise tout en haut de l’échelle depuis un temps fou. Parions qu’elle encaissera la nouvelle réalité allemande et s’y pliera. Sinon, elle sautera.

Faites bien attention.»

3. MERKEL - Obama.jpg

On vous a mise là où vous êtes. Maintenant, vous faites ce qu’on vous dit.

*

Pour les non-germanophones, nous vous avions résumé vaille que vaille le sabir Google, mais voilà que Médiapart met une vraie traduction en ligne. Merci à eux et au traducteur Pino Cabras.

DIE ZEIT5 décembre 2014

Roman Herzog, Antje Vollmer, Wim Wenders, Gerhard Schröder et bien d’autres personnalités appellent au dialogue avec la Russie. ZEIT ONLINE relaie cet appel.

Plus de 60 personnalités issues du monde politique, économique, culturel, ou encore médiatique nous mettent en garde contre une guerre imminente avec la Russie, et exhortent toute l’Europe à une politique de détente.

Leur lettre s’adresse au gouvernement fédéral, aux membres du Parlement et aux médias.

À l’origine, l’appel est parti de l’ancien secrétaire du Chancelier, Horst Teltschik (CDU), de l’ancien secrétaire d’État à la Défense, Walter Stützle (SPD), ainsi que de l’ex-vice-président du Bundestag, Antje Vollmer (Les Verts).

Détaillant les raisons qui les ont poussés à lancer cet appel, Teltschik déclare :

 « Nous voulons d’urgence lancer un signal politique, de façon à empêcher que la critique, par ailleurs légitime, de la politique de Moscou vis-à-vis de l’Ukraine, n’efface tout d’un coup 25 ans de relations avec la Russie. » 

 Sont signataires du texte, entre autres, les anciens chefs des gouvernements régionaux d’Hambourg, Berlin et Brandebourg, Klaus Von Dohnanyi, Eberhard Diepgen et Manfred Stolpe, l’ex-président du SPD, Hans-Jochen Vogel, l’ex-Chancelier fédéral Gerhard Schröder, l’ex-Président de la Republique Roman Herzog et l’acteur Mario Adorf.

Texte de l’appel :

Une autre guerre en Europe ? Pas en notre nom ! 

Personne ne veut la guerre. Mais l’Amérique du Nord, l’Union européenne et la Russie se dirigent tout droit vers une guerre si l’on ne met pas fin à la spirale mortelle des menaces et contre-menaces.

Tous les Européens, y compris la Russie, partagent la responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité. Seuls ceux qui ne perdent pas de vue cet objectif peuvent éviter de nous engager sur la mauvaise voie.

Le conflit en Ukraine montre que la soif de pouvoir et de domination sont des problèmes toujours bien réels. En 1990, à la fin de la Guerre froide, nous avions tous espéré le contraire. Mais le succès de la politique de détente et les révolutions pacifiques nous ont rendus imprudents et nous ont endormis. À l’est comme à l’ouest. Aussi bien les Américains que les Européens et les Russes, ont oublié le principe fondamental de bannir définitivement la guerre des rapports internationaux. Sinon, on ne s’explique pas l’expansion occidentale vers l’Est, menaçante pour la Russie, en l’absence totale d’une collaboration contextuelle plus approfondie avec Moscou ;  ou encore l’annexion de la Crimée par Poutine, contraire au droit international.

Dans un moment de grand danger pour le continent comme celui que nous sommes en train de vivre, l’Allemagne a une responsabilité particulière dans le maintien de la paix.

Sans la volonté de réconciliation du peuple de Russie, sans la clairvoyance d’un Mikhaïl Gorbatchev, sans le soutien de nos alliés occidentaux et l’action prudente du gouvernement fédéral d’alors, nous n’aurions jamais pu surmonter la fracture de l’Europe. Le fait de rendre possible la réunification pacifique de l’Allemagne fut un acte majeur et d’une grande sagesse de la part des puissances sorties victorieuses de la Seconde Guerre mondiale. De la fin de cette fracture devait naitre un ordre européen durable fait de paix et de sécurité, allant de Vancouver à Vladivostok, comme cela fut établi en novembre 1990 par tous les chefs de gouvernement des 35 États membres de l’OSCE signataires de la « Charte de Paris pour une nouvelle Europe. »

Sur la base des principes convenus ensemble et des premières mesures concrètes mises en oeuvre, il fallait construire une « maison européenne commune », dans laquelle chaque État membre pourrait jouir du même niveau de sécurité. Cet objectif fondamental de la politique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui n’a pas été atteint. Les Européens ont encore des raisons d’avoir peur.

Nous, signataires de ce texte, appelons le gouvernement fédéral à agir de façon responsable pour la paix en Europe. Nous avons besoin d’une nouvelle politique de détente en Europe. Celle-ci ne peut exister que sur la base d’une sécurité égale pour tous, et entre partenaires aux droits égaux et au respect réciproque. Le gouvernement allemand serait dans son rôle si compte tenu de la situation de blocage, il lançait un appel au calme et au dialogue avec la Russie. Le besoin de sécurité des Russes est aussi vaste et légitime que celui des Allemands, des Polonais, des Ukrainiens ou des habitants des Pays baltes.

Nous ne pouvons pas chasser la Russie de l’Europe. Ce serait contraire à l’Histoire, irrationnel et dangereux pour la Paix. Jusqu’au congrès de Vienne de 1814, la Russie était reconnue comme une des puissances dirigeante de l’action politique en Europe. Tous ceux qui ont essayé de changer cet état de fait par la violence ont failli et ont généré un immense bain de sang, comme ce fut le cas avec la tentative meurtrière et mégalomane de l’Allemagne d’Hitler qui s’aventura hors de ses frontières pour tenter de soumettre également la Russie à son propre régime.

Nous exhortons tous les députés du Bundestag allemand, en tant que représentants du peuple, à être à la hauteur de la gravité de la situation, et à se faire les gardiens des engagements de Paix du gouvernement fédéral. Ceux qui ne font que construire l’image d’un ennemi, et manipuler les faits en lui attribuant unilatéralement les fautes, exacerbent les tensions à un moment où au contraire devraient prévaloir les signes de détente. Incorporer, intégrer, ne pas exclure, devraient être le leitmotiv des politiques allemands.

Nous en appelons aux médias, afin qu’ils se conforment de façon plus convaincante à leurs obligations de rapporter les faits sans a priori. Les éditorialistes et les commentateurs diabolisent des nations entières, sans donner suffisamment de crédit à leurs récits. N’importe quel journaliste expert en politique étrangère comprendra facilement la crainte des Russes, depuis que fin 2008, les membres de l’OTAN invitent la Géorgie et l’Ukraine à entrer dans l’Alliance atlantique. Il ne s’agit pas de Poutine. Les chefs d'État vont et viennent. Il s’agit de l’Europe. Il s’agit d’ôter aux gens la peur de la guerre. Dans ce contexte, un compte-rendu responsable des faits, basé sur des recherches solides, ne peut qu’être bénéfique.

 Le 3 octobre 1990, le jour de l’Unité allemande, le président Richard von Weizsäcker a dit : « La guerre froide est surmontée. Liberté et démocratie ont été rapidement appliquées à tous les États… Désormais ceux-ci peuvent intensifier leurs rapports et les consolider au niveau institutionnel, au point que pour la première fois, pourra se former un ordre commun de vie et de paix… »

C’est ainsi que commence pour les peuples d’Europe un nouveau chapitre de leur histoire. Son but est une union paneuropéenne. C’est un objectif formidable. Nous pouvons l’atteindre, mais nous pouvons aussi le rater. L’alternative qui se présente à nous est claire : unir l’Europe, ou bien retomber dans des conflits nationalistes dans la lignée d’autres exemples historiques douloureux. »

Jusqu’au conflit ukrainien, nous avions cru, en Europe, que nous étions sur la bonne voie. Aujourd’hui, le discours de Richard von Weizsäcker, prononcé voilà un quart de siècle, n’a jamais été plus actuel.

Les signataires :

Mario Adorf, acteur
Robert Antretter (ex-parlementaire au Bundestag)
Prof. Dr Wilfried Bergmann (Vice-président de l’Alma Mater Europaea)
Luitpold Prinz von Bayern (Königliche Holding und Lizenz KG, manufacture de porcelaine de Nymphenburg)
Achim von Borries (metteur en scène et scénariste)
Klaus Maria Brandauer (acteur, metteur en scène)
Dr Eckhard Cordes (président de la commission pour les relations économiques avec l’Europe de l’Est)
Prof. Dr Herta Däubler-Gmelin (ex-ministre de la Justice)
Eberhard Diepgen (ex-maire de Berlin)
Dr Klaus von Dohnanyi (maire de la Cité libre de Hambourg)
Alexander van Dülmen (Conseiller d’administration de la A-Company Filmed Entertainment AG)
Stefan Dürr (Managing Partner et administrateur délégué de la Ekosem-Agrar GmbH)
Dr Erhard Eppler (ex-ministre fédéral pour le développement et la coopération)
Prof. Dr Heino Falcke (recteur)
Prof. Hans-Joachim Frey (président du Conseil d’Administration de la Semper Opernball de Dresde)
Père Anselm Grün (moine)
Sibylle Havemann (Berlin)
Dr Roman Herzog (ex-Président d’Allemagne)
Christoph Hein (scénariste)
Dr H. C. Burkhard Hirsch (ex-Vice-président du Bundestag)
Volker Hörner (recteur)
Josef Jacobi (agriculteur biologique)
Dr Sigmund Jähn (ex-astronaute)
Uli Jörges (journaliste)
Prof. Dr H. C. Dr Margot Käßmann (ex-présidente du Conseil Protestant allemand et évêque)
Dr Andrea von Knoop (MDZ-Moscou)
Prof. Dr Gabriele Krone-Schmalz (ex-correspondant de la chaine tv ARD à Moscou)
Friedrich Küppersbusch (journaliste)
Vera von Lehndorff Gräfin (artiste)
Irina Liebmann (scénariste)
Dr H. C. Lothar de Maizière (ex-Premier ministre de la RDT, ex-ministre de la RFT)
Stephan Märki (directeur du Théâtre de Bern)
Prof. Dr Klaus Mangold (président de Mangold Consulting GmbH)
Reinhard e Hella Mey (auteur chanteur)
Ruth Misselwitz (pasteur protestant de Pankow)
Klaus Prömpers (journaliste)
Prof. Dr Konrad Raiser (ex-secrétaire général du Conseil oecuménique mondial des Églises)
Jim Rakete (photographe)
Gerhard Rein (journaliste)
Michael Röskau (ex-dirigeant ministeriel)
Eugen Ruge (scénariste)
Dr. H. C. Otto Schily (ex-ministre federal de l’Interieur)
Dr H. C. Friedrich Schorlemmer (spécialiste en théologie, militant des droits civils)
Georg Schramm (comique)
Gerhard Schröder (ex-Chancellier federal d’Allemagne)
Philipp von Schulthess (acteur)
Ingo Schulze (scénariste)
Hanna Schygulla (actrice, chanteuse)
Dr Dieter Spöri (ex-ministre des Affaires économiques)
Prof. Dr. Fulbert Steffensky (théologue catholique)
Dr Wolf-D. Stelzner (Managing Partner : WDS-Institut fu
̈r Analysen in Kulturen mbH)
Dr Manfred Stolpe (ex ministre fédéral, ex-gouverneur du Brandebourg)
Dr Ernst-Jörg von Studnitz (ex-ambassadeur)
Prof. Dr Walther Stützle (ex-secrétaire d’État à la Défense)
Prof. Dr Christian R. Supthut (ex-Conseiller en Droit)
Prof. Dr H. C. Horst Teltschik (ex-conseiller auprès du Bureau fédéral pour la sécurité et la politique étrangère)
Andres Veiel (metteur en scène)
Dr. Hans-Jochen Vogel (ex ministre federal de la Justice)
Dr Antje Vollmer (ex-Vice-président du Bundestag)
Bärbel Wartenberg-Potter (évêque emerite de Lübecq)
Dr Ernst Ulrich von Weizsäcker (scientifique)
Wim Wenders (metteur en scène)
Hans-Eckardt Wenzel (Auteur chanteur)
Gerhard Wolf (écrivain, éditeur)

Nos sources :

http://russia-insider.com/en/military_politics_opinion/20...

http://blogs.mediapart.fr/blog/georges-vital/091214/appel...

http://ilfattoquotidiano.fr/appel-de-personnalites-allema...

 

 

Mis en ligne le 8 décembre 2014.

 

 

 

 

16:15 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/12/2014

C'EST AUJOURD'HUI LA FÊTE DE SAINT-NICOLAS

1. Boy in boat.jpeg

C’est aujourd’hui la fête de Saint Nicolas, patron des écoliers…

(Pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant. Passez votre chemin les autres !)

 

Petit rappel de son histoire, et de pourquoi il l’est devenu :

          

 

2. bande fleurie.gif

 

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

Tant sont allés, tant sont venus,
Que sur le soir se sont perdus;
S'en sont allés chez le boucher :
« Boucher, voudrais-tu nous loger ? »

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

 

« Allez-vous en les garnements,
Nous avons trop d'emp
êchements. »
Mais sa femm’ qu'était derriér’ lui
Bien vite elle le gourmandit.

 

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

 

« Pour sûr, dit-ell’, qu'ils ont d’l’argent.
Nous en serons riches d'autant !
Entrez, entrez, mes beaux enfants,
Y a d'la place assurémment ! »


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

Ils n'étaient pas sitôt entrés,
Que le boucher les a tués !
Les a coupés en p’tits morceaux,
Mis au saloir comme pourceaux.

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.


Saint Nicolas, au bout d’sept ans,
Vint à passer dedans ce champs.
Alla frapper chez le boucher :
« Boucher, voudrais-tu me loger ? »


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.


« Entrez, entrez, Saint Nicolas,
Y a d'la place, y n’en manque pas ! »
Il n'était pas sit
ôt entré,
Qu'il a demandé à souper.


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.


« Voulez-vous un morceau d’ jambon ?
Je n'en veux point, il n'est point bon...
Voulez-vous mieux un’ tranche de veau ?
Tu ris de moi, il n'est point beau ! »


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
.


« Du p’tit salé je veux avoir,
Qu’y a sept ans qu'est au saloir. »
Quand le boucher entendit
ça,
Hors de sa porte il s'enfuya.


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
.


« Boucher, boucher, ne t’enfuis pas
Repens-toi, Dieu t’pardonnera. »
Saint Nicolas alla s’asseoir
Dessus le bord de ce saloir.


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.


« Petits enfants qui dormez là,
Je suis le grand Saint Nicolas ! »
Et le saint étendit trois doigts...
Les p’tits se lèvent tous les trois !


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.


Le premier dit : « J'ai bien dormi ! »
Le second dit : « Et moi aussi ! »
A ajouté le plus petit :
« Je croyais
être en Paradis ! »


Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

 

2. bande fleurie.gif

Pour les pédants…

Le culte de Saint Nicolas serait passé de la Grèce, en Occident.

Le culte de saint Nicolas, d’abord spécial aux Grecs, passa en Occident à l’époque des Croisades. Sur la fin du XIe siècle, les gens de Bari en Sicile feignirent de posséder son corps, premièrement enseveli au mont Sion près de Myre, et dont ils alléguaient une prétendue translation. De Bari, en 1098, un croisé lorrain, seigneur de Varangeville, rapporta chez lui une phalange d’un doigt du corps saint : la relique, déposée dans une chapelle qui devint le sanctuaire de Saint-Nicolas-de-Port, attira un grand concours de pèlerins, et c’est ainsi que le culte du saint se propagea en France, dans les Pays-Bas et dans l’Allemagne.

 

Pour les grandes personnes (catholiques et orthodoxes),

Saint Nicolas, né à Patara, en Asie Mineure, à la fin du IIIe siècle de notre ère, fut archevêque de Myre, en Lycie. C’est là :

 

3. Lycie Carte.png
Il est le patron des écoliers et de la ville de Nancy ; le protecteur des bateliers, des pêcheurs, des marins et mariniers, déchireurs de bateaux et débardeurs, des voyageurs et des pèlerins, des brasseurs, tonneliers, ciriers, etc., et des mal jugés. C’est dire s’il a du travail.

La légende des enfants au saloir

est née de vieux manuscrits datant des XIIe et XIIIe siècle qui relataient un miracle qui aurait concerné non pas des écoliers mais trois clercs qui voyageaient pour leurs études et qui, surpris par la nuit, demandèrent l'hospitalité à un couple de vieillards, contre la promesse que Dieu leur accorderait la naissance d'un fils. La suite est la même : ils sont tués, découpés en morceaux et mis dans un saloir...

Saint Nicolas patron des écoliers.

Depuis le XIIe siècle, Saint Nicolas, en grand costume d’archevêque, avec sa mitre, sa crosse de pasteur et tout, va de maison en maison dans la nuit du 5 au 6 décembre. Les enfants qui ont été sages reçoivent des cadeaux et des friandises, et les méchants reçoivent des coups de martinet, administrés par le compagnon de Saint Nicolas, qu’on appelle par endroits Père Fouettard, dans ces coins-ci Hans Krouft, en Allemagne Knecht Ruprecht, et qui, partout, a la peau noire, qu’il soit habillé en moine à capuchon ou déguisé en page. Saint Nicolas transporte toujours ses cadeaux dans une hotte, et la hotte est coltinée par son petit âne.

4. St. nicolas et l'âne en tournée.JPG

Le 5 décembre au soir, avant d’aller dormir, les enfants déposent, sur l’appui extérieur d’une fenêtre, leur lettre annuelle au saint (liste des cadeaux qu’ils souhaitent et confession des méfaits commis dans l’année) avec un morceau de pain et de l’eau qui seront bénis par le saint, et une carotte pour son âne.

5. Vive S. Nicolas GIF.gif

On vous parle là des traditions de l’Allemagne, des Ardennes (allemande, belge et française), des Flandres (belge et française), de la Hollande, de la Lorraine, de la Picardie et de l’Alsace. Ailleurs, on ne sait pas, mais, à Istanboul, c’est sûr qu’il y en a aussi, car son bateau (ou un que ses fidèles turcs lui ont offert), est même suspendu dans l’exonarthex de l’église patriarcale de Galata (à moins qu’on se trompe de quartier).

6. patriarcat2.jpg

Non contents de lui écrire, les enfants lui chantent (en chœur pour être sûrs qu’il entende) :

 

 

2. bande fleurie.gif

Fait-divers

 

7. Tout va bien, Excellence !.JPG

- Merci, mon ami.

- Ne prenez pas froid, surtout, en faisant votre tournée.

- Ne craignez rien, j’ai l’habitude… Si vous saviez depuis combien de temps… Ils disent que j’ai été archevêque de Myre, mais s’ils savaient… J’ai commencé bien longtemps avant que le christianisme existe…

- Sans charre ?

- Oui, oui. Avant de m’appeler Nicolas, ils m’avaient appelé Zeus Lycaon, figurez-vous, et j’étais dieu alors… C’étaient des gens du pays des loups … la Lycie…  et des éleveurs de moutons, en plus. Pour eux, j’étais tantôt loup, tantôt bélier. Et ils me priaient sous mes deux aspects. Parfois amalgamés en un seul… Vous auriez-vu les statues qu’ils m’élevaient…

- Ah, bah ?

- Oh, oui, et ils m’offraient des sacrifices… en imitant ma façon de tuer leurs moutons quand j’avais faim… et pour être plus sûrs de m’être agréables, ils sont allés jusqu’à m’offrir leurs enfants. Car ils étaient encore un peu cannibales en ce temps-là. Oui, mon cher, j’ai mangé les petits enfants avant de les ressusciter. Mais, attention : aux grandes occasions seulement ! Je me rappelle, il y en a même eu un qui me les a offerts en pâtés, mais c’étaient ceux de son frère. Il s’appelait Tyeste. Il y en a toujours qui trichent…

- Vous me faites marcher ?

- Non, non, pas du tout. C’est que j’étais aussi, figurez-vous, le dieu des morts et des richesses. Pour eux et pour d’autres. Les Grecs m’ont appelé Hermès Trois Fois Grand. Je transportais pour eux les âmes de leurs morts vers l’Autre Monde, celui qui est sous la terre, et j’en ramenais les âmes de leurs enfants encore à naître… Mon assistant noir, c’est moi aussi, évidemment. Et je suis sûr que vous ne savez pas pourquoi je me déplace avec un âne ?

- Ça non, en effet.

- Eh bien, c’est qu’avant d’être tous ces gens-là,  j’avais été un dieu-âne, et que c’est sous cette forme que j’avais, il y a de nombreux milliers d’années, commencé à transporter les âmes, du moins en étaient-ils sûrs. Vous savez pourquoi ?

- Non…

- Parce que les ânes mangent du foin et que le foin les fait péter.

- Et alors ?

- Les pets sont des vents, et pour eux, les vents étaient des âmes. Voilà.

- ………..

- Je vous fais rire ? Croyez-moi, ce n’était pas si drôle… Car la dernière nuit de l’année – celle d’avant ma fête – ils pensaient que l’Autre Monde s’ouvrait et que les âmes des morts essayaient de revenir parmi nous. Or, ils n’aimaient pas ça du tout. Alors, ils me promenaient en grande pompe, pour m’honorer certes, mais en me soufflant dans le derrière avec un instrument qu’ils avaient inventé et qu’ils appelaient souffle-à-cul, pour empêcher les âmes de leurs défunts de sortir si je pétais. Oui, mon cher. Si vous croyez que c’était drôle d’être dieu dans ces temps-là.

- Et ainsi, de loup-bélier, vous êtes devenu âne ?

- Non, âne c’était avant. Et après aussi, mais ailleurs.

- C’est compliqué.

- Humain. Après, ils m’ont vu en homme.

- En archevêque de Myre.

- Oh, non, pas encore. Ils ont voyagé, n’est-ce pas. Migré, si vous voulez. Généralement vers l’Ouest. Certains d’entre eux se sont mis à m’appeler Hell König, et on ne le disait pas trop, mais j’avais la peau noire, parce que mon royaume, Hell - pour vous l’Enfer – était sous la terre. J’étais le plus riche des dieux, en sujets d’abord, car il y avait déjà infiniment plus de morts que de vivants, et en toutes les matières précieuses qui s’y trouvaient, dont j’étais le dispensateur. M’ont-ils prié pour devenir riches ! Vous n’avez pas idée…

- J’imagine.

- En ma qualité de Hell König, j’étais censé faire la chasse aux âmes de ceux qui mouraient, et ils m’entendaient disaient-ils, passer dans le ciel avec ma chevauchée sauvage et ma meute de chiens à oreilles rouges… On nous appelait Mesnie Hellequin. En France. En Italie, avant de devenir Arlequin, je fus connu sous le nom de Phersu. C’est quelqu’un, chez les Étrusques – vous les appelez Toscans aujourd’hui – qui était vêtu d’un vêtement fait de petits losanges multicolores, allez sa voir pourquoi… Remarquez qu’ils venaient, eux aussi, d’Asie Mineure, ces Étrusques. Et ne manquaient pas d’imagination non plus pour s’inventer des dieux ou en inventer aux autres, mais là, je parle trop. Toujours est-il qu’ils se sont mis dans la tête que les âmes de leurs défunts avaient besoin de sang pour voyager, se désaltérer en route, que sais-je. Ils ont organisé, en leur honneur, des jeux funèbres. En l’honneur des riches, s’entend. Et plus leur mort était riche, plus il lui fallait de sang pour partir. Le jeu consistait à faire s’affronter un dogue mangeur d’hommes et un homme armé d’un bâton, la tête entièrement recouverte d’un sac de cuir, c’est-à-dire aveuglé. Et c’est moi, dans mon habit de presque Arlequin, qui devais présider à l’affaire, en les tenant tous les deux en laisse, l’homme et le chien, et en veillant à ce qu’aucun des deux ne puisse prendre l’avantage, car il fallait que le sang des deux coule entièrement pour que le mort soit rassasié.

- Horrible.

- Oh, pas plus qu’Abou Ghraib, mais pas gai, c'est vrai. Comment je suis devenu Arlequin, seul l’esprit des humains… Cela dit, je ne suis pas fâché de m’être un jour retrouvé dans la Commedia dell’Arte. Avec Colombine… Cependant, quand vous verrez Arlequin représenté dans son célèbre costume, avec une hotte sur le dos, vous saurez que c’est ce qu’il a conservé de moi, transporteur et résurrecteur. Ce ne sont pas des petits enfants qu’il y a dans sa hotte, ni d’ailleurs dans les baquets du saloir, ce sont des âmes mortes ou pas encore nées, en forme de petits humains.

- Ce n’est pas pour dire, mais ils vous en ont fait voir !

- Oh, vous ne savez pas tout. Vous ne saurez jamais tout. Ils m’ont même transformé en colonne des fois. Les Ukrainiens, tiens, les Allemands et les Polonais. Ils m’ont sculpté sur les quatre côtés, en chasseur des âmes, avec un chien à mes pieds. J’étais leur dieu de la médecine, en plus des morts, et, chez eux, j’avais des tas de noms, qui se terminaient tous en vit.

- Le… ?

- Oui. Alors, vous comprendrez que plus rien ne m’étonne. Même qu’un imposteur veuille prendre ma place.

- Au fait, heu… Excellence… que doit-on faire de lui ?

- Ma foi… Écoutez… Un jour, au Ciel, Herr Otto von Bismarck m’a dit « Dieu a une Providence particulière pour les fous, les ivrognes et les États-Unis d’Amérique ». Il avait l’air de savoir de quoi il parlait… Ne pourriez-vous le mettre dans un avion pour l’Amérique ? Ils paraît qu'ils ont des églises, là-bas, qu’ils appellent « Grandes Surfaces ». Il pourrait y opérer sans que Dieu s’en formalise, puisque ce sont ses protégés… Il sera peut-être mon dernier avatar. Quel soulagement ce serait pour moi…

- Vendu ! Et… euh… Grand Saint, est-ce que… est-ce qu’on peut vous poser une question ?

- Posez, mon ami.

- C’est comment, le Paradis ?

- Plein de gens devenus inoffensifs. Hue, Cadichon !

 

2. bande fleurie.gif

 

Brève

 

À propos des protégés de la Providence spéciale…

 

Il paraît qu’un jeu US débile, appelé «Assassin's Creed» ou quelque chose d’approchant, a pris pour thème la Révolution Française. Starring : Robespierre, of course.

Pourquoi ? Ils n’ont pas assez d’assassins chez eux ? Ils veulent une liste ?

Suffit de demander (les morts et les en activités mélangés ou séparés ?).

 

2. bande fleurie.gif

 

Digne de la hotte de saint Nicolas

 

Ceux qui connaissent l’exceptionnelle Fanchon Daemers savent avec quel art consommé elle enchaîne, à du médiéval a capella, toutes sortes de musiciens raffinés de plusieurs époques. Qui ne l’a pas vue et entendue chanter les chansons d’UBU accompagnée en chœur par un parterre de pataphysiciens – car ils en savent toutes les paroles - n’a rien vu. Vous aurez compris que nous sommes des inconditionnels de la dame.

 

Depuis 1974 et le mythique « Pour en finir avec le travail », un vinyle produit par Jacques Le Glou qui nous avait offert un inoubliable recueil de « chansons du prolétariat révolutionnaire », on eut beau attendre un cd qui soit de la même trempe mais, à l’instar de sœur Anne, on ne vit rien venir pendant huit lustres. Réjouissons-nous, notre patience est aujourd’hui récompensée grâce à « Contre la résignation » dont nous gratifie l’inimitable Fanchon Daemers, pasionaria de la révolte. Une paire de chansons (La Makhnovstchina et La vie s’écoule) figurent d’ailleurs sur les deux disques. Rien n’est innocent dans cet album assez sublime, dans lequel Jules Jouy « le poète chourineur », Sébastien Faure (à l’initiative duquel on doit l’Encyclopédie anarchiste) ou Zo d’Axa, le splendide individualiste libertaire, voisinent avec Georges Moustaki et sa déclaration d’amour à la « révolution permanente » ou Raoul Vaneigem qui signe ici une Rengaine des résignés inédite qui fait grandement du bien par où elle passe. Je ne pourrais trop vous conseiller d’acquérir cette merveille et de l’écouter en boucle, peu d’enregistrements contemporains me semblant à ce point « nécessaires ». Tout au long de ces douze titres, les ailes rouges et noires de la sédition se déploient avec superbe, les insurrections du passé s’avérant éclairantes pour nous conforter dans la détermination d’être, et plus que jamais, résistants et subversifs. Pour se libérer mentalement de toutes les « pourritures » qui nous oppriment et prétendraient nous museler, à défaut de passer radicalement à l’acte… « Brûlez repaires de curés, nids de marchands, de policiers. Au vent qui sème la tempête, se récoltent les jours de fête. (…) Plus de dirigeants, plus d’État pour profiter de nos combats. »

André Stas, R.

 

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Nouveau disque (autoproduit) de Fanchon DAEMERS !

 

CONTRE LA RÉSIGNATION

CHANTS D'AMOUR ET DE RÉVOLTE

 

Avant-propos de Raoul VANEIGEM dans le livret : 

« PARFOIS TOUT COMMENCE PAR DES CHANSONS »

 

Prix 20 € (frais de port non inclus)

 

Pour commander :

chantlibre.asbl@gmail.com

Tel : 00 32 (0) 479 329 600

 

Saint-Nicolas est l’occasion rêvée de faire intelligemment plaisir à vous-mêmes et aux vôtres ! À vos Phynances, messeigneurs !

 

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Mis en ligne le 6 décembre 2014.

Demain : retour chez les humains offensifs.

 

 

 

 

 

23:41 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/12/2014

COPIÉ-COLLÉ

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Copié-Collé

PARIS-MATCH et BACHAR AL-ASSAD

Une interview comme Paris les aime

On est toujours émerveillés et, malgré soi, malgré tout, incrédules, quand on constate de visu (ou « des aureilles ») la persistance dans l’autisme, dans la condescendance et dans l’inconsciente arrogance des merdias parisiens (qui ont beaucoup d’homologues hors Hexagone, reconnaissons-le). La persistance aussi de leur servilité volontaire dans l’auto-aveuglement.

Au lieu de leur botter les fesses, les chefs d’État les plus éprouvés prennent pourtant la peine de leur répondre, avec patience et civilité (mais où vont-ils les chercher ?)

Bref, Paris-Match a obtenu, d’un  Bachar al-Assad en guerre avec ce qu’il y a de pire au monde (l’État Islamique et ses sponsors anglosionistes), une interview. Que voilà, intégralement rapportée en français par SANA, l’Agence Syrienne d’Information. (Merci au Comité Valmy, qui nous l’a communiqué)


4 novembre 2014

« Les Syriens n’accepteront jamais que leur pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident ! »

 

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Le président Bachar al-Assad a affirmé que la Syrie attaque le terrorisme là où il se trouve, sans prendre en considération ce que font les États-Unis ou la coalition, précisant que les Syriens n’accepteront pas que leur pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident. « C’est un principe fondamental pour nous », a-t-il insisté.

Dans une interview accordée au magazine français Paris Match, le président al-Assad a précisé qu’on ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de résultats réels. « Ce n’est donc pas vrai que les frappes de la coalition nous aident », a-t-il affirmé.

Et le président al-Assad d’ajouter : « Le terrorisme est une idéologie qui ne connaît pas de frontières et non pas des organisations ou des structures. Il y a vingt ans, le terrorisme s’exportait depuis notre région, en particulier depuis les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite. À présent, il nous vient d’Europe, et notamment de France », a-t-il indiqué, précisant que le plus gros contingent de terroristes occidentaux venus en Syrie est français.

Paris Match – Monsieur le président, après trois ans de guerre, au point où nous en sommes aujourd’hui, regrettez-vous de ne pas avoir géré les choses différemment au début, lorsque les premiers signes de révolte sont apparus en mars 2011 ? Vous sentez-vous responsable ?

Le président Al-Assad – Dès les premiers jours, il y avait des martyrs de l’armée et de la police. Nous avons donc, dès cette époque, fait face au terrorisme. Il y avait certe des manifestations, mais pas en grand nombre. Notre seul choix était de défendre le peuple contre les terroristes. Il n’y en avait pas d’autre. Nous ne pouvons pas dire que nous le regrettons car nous luttions contre le terrorisme dès les premiers jours. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’erreurs commises dans la pratique. Il y a toujours des erreurs. Parlons aussi franchement : si le Qatar n’avait pas financé dès le début ces terroristes, si la Turquie ne leur avait pas apporté un soutien logistique et l’Occident un soutien politique, les choses auraient été différentes. La Syrie connaissait des problèmes avant la crise, ce qui est normal, mais cela ne signifie pas qu’il faille trouver aux événements une origine intérieure.

- Durant cette guerre, on reproche à votre armée d’avoir utilisé massivement la force. Pourquoi bombarder des civils ?

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- Lorsqu’un terroriste vous attaque, croyez-vous que vous pouvez vous défendre par le dialogue ? L’armée a eu recours aux armes lorsque l’autre partie en a fait usage. Notre but ne saurait être de frapper les civils. Comment peut-on résister pendant quatre ans en tuant des civils, c’est-à-dire son propre peuple, et en même temps combattre les terroristes et les pays hostiles qui les soutiennent, à savoir ceux du Golfe, la Turquie et l’Occident ? Si nous ne défendions pas notre peuple, nous serions incapables de résister. Par conséquent, il n’est pas logique de dire que nous bombardons les civils.

- Des images satellites de Homs ou de Hama montrent des quartiers oblitérés. L’ONU, une organisation à laquelle adhère votre pays, parle de 190.000 morts au cours de cette guerre. Les habitants de ces quartiers étaient-ils tous des terroristes ?

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- D’abord, il faudrait vérifier les statistiques des Nations Unies. Quelles en sont les sources ? Les chiffres qui circulent aujourd’hui dans le monde, notamment dans les médias, sont exagérés. Ils sont faux. Ensuite les images de destruction ne sont pas seulement des photos satellites, mais des photos prises sur le terrain. Ces destructions sont réelles. Lorsque des terroristes pénètrent dans une région et l’occupent, l’armée doit la libérer. Des combats sont alors engagés. Il est donc normal qu’il y ait destruction. Dans la plupart des cas, lorsque les terroristes s’installent, les civils prennent la fuite. En vérité, le plus grand nombre de victimes en Syrie se compte parmi les partisans de l’État, et non l’inverse. Beaucoup ont été tués lors d’attentats. Quand vous avez la guerre et le terrorisme, il y a hélas des victimes innocentes. Ça arrive n’importe où, d’ailleurs. Mais il n’est pas concevable qu’un État vise ses propres citoyens.

- Toujours selon l’ONU, trois millions de Syriens sont réfugiés dans les pays limitrophes, soit un huitième de la population syrienne. Est-ce que ce sont tous des alliés des terroristes ?

- Non, non. La plupart de ceux qui ont quitté la Syrie l’ont fait à cause du terrorisme. Parmi ces réfugiés, certains soutiennent les terroristes, d’autres l’État. Ces derniers ont quitté le pays pour des raisons de sécurité. Une grande partie des réfugiés ne soutient personne.

- D’un point de vue militaire, avez-vous les moyens de gagner la guerre ?

- A présent, nous combattons des États, pas seulement des bandes. Des milliards de dollars leur sont versés. Des armes leur ont été fournies par des pays comme la Turquie. Il ne s’agit pas d’une guerre facile d’un point de vue militaire. Pourtant, l’armée syrienne progresse dans beaucoup de régions. Personne ne peut encore prévoir quand cette guerre prendra fin, ni comment. Nos adversaires pensaient, au début, gagner le cœur des Syriens. Ils n’y sont pas parvenus. Ils ont perdu le soutien de la population locale. C’est précisément ce qui a permis à l’armée de progresser. Nous devons envisager la guerre d’un point de vue militaire, social et politique.

- Mais ils n’ont pas encore perdu, puisque la moitié de votre pays vous échappe ?

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- L’armée syrienne ne peut être partout à la fois. Là où elle n’est pas présente, les terroristes en profitent pour franchir les frontières et s’infiltrer dans telle ou telle zone. Mais à chaque fois que l’armée décide de reprendre une région, elle y parvient. Il ne s’agit pas d’une guerre entre deux armées, où l’une occupe un territoire et l’autre un autre. Il s’agit d’un autre type de guerre. Nous avons affaire à des groupes terroristes qui s’infiltrent dans une ville ou dans un village. Cette guerre sera donc longue et difficile.

- Beaucoup disent que la solution c’est votre départ. Avez-vous vous-même envisagé que votre départ soit la solution ?

- Partout dans le monde, un chef d’État arrive au pouvoir par un mécanisme constitutionnel, et il le quitte par le même mécanisme. Un président ne peut ni s’imposer ni quitter le pouvoir par le chaos. La preuve tangible, ce sont les conséquences de la politique française en Libye avec la décision d’attaquer Kadhafi. Quel en a été le résultat ? Après son départ, il y a eu le chaos. Son départ était-il la solution ? La situation s’est-elle améliorée ? La Lybie est-elle devenue démocratique ? L’État est comme un navire : dans la tempête, le capitaine ne prend pas la fuite. Il ne quitte pas le bord. Si les passagers doivent s’en aller, alors il sera le dernier à partir.

- Cela veut dire que le capitaine est prêt à mourir. Vous avez évoqué Mouammar Kadhafi, est-ce que vous avez peur de mourir de la même façon que Saddam Hussein ou que Kadhafi ?

- Le capitaine ne pense pas à la mort, ni à la vie, il pense à sauver son navire. S’il fait naufrage, tout le monde mourra. Il vaut donc mieux tout faire pour sauver son pays. Mais je voudrais souligner une chose importante. Mon but n’est pas de rester président, ni avant, ni pendant, ni après la crise. Mais quoiqu’il arrive, nous autres Syriens, n’accepterons jamais que notre pays devienne un jouet entre les mains de l’Occident. C’est un principe fondamental pour nous.

- Parlons du groupe État Islamique. On entend dire parfois qu’au départ, le régime syrien a encouragé la montée des radicaux islamistes pour diviser l’opposition. Que répondez-vous?

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- D’abord, en Syrie, nous avons un État, pas un régime. Soyons clair sur la terminologie. Si nous supposons que cela est vrai, et donc que nous avons soutenu l’État Islamique, cela revient à dire que nous leur avons demandé de nous attaquer, d’attaquer nos aéroports militaires, de tuer des centaines de nos militaires, d’occuper nos villes et nos villages. Où est la logique là-dedans ? Qu’avions-nous à gagner dans tout cela ? Diviser et affaiblir l’opposition, comme vous le dites ? Nous n’avions pas besoin de le faire. L’Occident lui-même reconnaît que cette opposition était fantoche. C’est ce qu’Obama lui-même a dit. L’hypothèse est donc fausse. Mais alors, où est la vérité ? En réalité, l’État Islamique a été créé en Irak en 2006. Ce sont bien les États Unis et non la Syrie qui occupaient l’Irak. Abou Baker al Baghdadi était dans les geôles américaines et non dans les prisons syriennes. Qui a donc créé l’État Islamique ? La Syrie ou les États-Unis ?

- Les Syriens que nous rencontrons à Damas font plus allusion aux cellules dormantes djihadistes en Occident qu’à la guerre contre l’État Islamique. C’est étonnant, non ?

- Le terrorisme est une idéologie et non des organisations ou des structures. Or, l’idéologie ne connaît pas de frontières. Il y a vingt ans, le terrorisme s’exportait depuis notre région, en particulier depuis les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite. A présent, il nous vient d’Europe, et notamment de France. Le plus gros contingent de terroristes occidentaux venus en Syrie est français. Ils commettent des attentats en France. En Belgique, ils ont attaqué le musée juif. Le terrorisme en Europe n’est plus dormant, il s’est réveillé. 

- Les Américains sont aujourd’hui, contre l’État Islamique, des alliés tactiques. Considérez-vous toujours leur intervention comme une violation du territoire syrien ?

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- Vous avez utilisé le mot tactique, et c’est là un point important. Vous savez bien qu’une tactique n’a aucun sens sans une stratégie. Car elle seule n’arrivera pas à venir à bout du terrorisme. Il s’agit d’une intervention illégale, d’abord parce qu’elle n’a pas reçu l’approbation du Conseil de sécurité, ensuite parce qu’elle n’a pas tenu compte de la souveraineté d’un État qui est la Syrie. La réponse est « oui », c’est une intervention illégale, et donc une violation de la souveraineté nationale.

- L’AFP rapporte que votre aviation a effectué 2000 sorties aériennes en moins de 40 jours, ce qui est énorme. Quand vos avions croisent leurs avions, par exemple en allant bombarder Raqqa, existe-t-il un protocole de non agression ?

- Il n’y a pas de coordination directe. Nous attaquons le terrorisme là où il se trouve, sans prendre en considération ce que font les États Unis ou la coalition. Vous seriez sans doute surpris d’apprendre que le nombre quotidien de sorties de l’aviation syrienne pour frapper les terroristes est supérieur à celui de la coalition. Donc, d’abord, il n’y a pas de coordination. Ensuite, les frappes de la coalition ne sont que cosmétiques. 

- Mais ces frappes-là vous aident. La démission du Secrétaire Américain à la Défense Chuck Hagel s’explique en partie parce qu’il pensait qu’elles renforçaient votre gouvernement et vos positions.

- Notez que votre question contredit celle dans laquelle nous sommes accusés de soutenir Daech. Ça veut dire plutôt que nous sommes des ennemis de Daech.

- J’ai dit  qu’on entend qu’au départ, vous avez soutenu Daech pour diviser l’opposition.

- Je ne vous accuse pas, je fais plutôt allusion à ceux qui le pensent. 

- Maintenant, une des conséquences était cette démission, du point de vue américain. Estimez-vous quand même que les frappes de la coalition vous aident ?

- On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de résultats réels après deux mois des campagnes menées par la coalition. Ce n’est donc pas vrai que les frappes de la coalition nous aident. Elles nous auraient certainement aidés si elles étaient sérieuses et efficaces. C’est nous qui menons les combats terrestres contre Daech, et nous n’avons constaté aucun changement, surtout que la Turquie apporte toujours un soutien direct dans ces régions.

- Le 14 juillet 2008, vous étiez à la tribune sur les Champs-Élysées, en marge du sommet de la Méditerranée. Aujourd’hui, le gouvernement français vous considère comme un paria, comment vivez-vous cette situation ?

- Les bonnes relations entre 2008 et 2011 n’étaient pas le résultat d’une initiative française. Il y a eu d’abord les Américains qui ont chargé l’administration française, à l’époque, de faire pression sur la Syrie au sujet de l’Iran. Il y a eu ensuite le Qatar, qui poussait la France à améliorer ses relations avec la Syrie. Entretenir de bonnes relations avec nous n’émanait donc pas d’une volonté indépendante de la France. Aujourd’hui,  les choses n’ont pas changé. Hollande, comme Sarkozy, n’agit pas de son propre gré.

- François Hollande continue de vous considérer comme un adversaire, est-ce que vous pensez qu’à un moment le contact pourra être renoué ?

- Ce n’est pas une question de relations personnelles. D’ailleurs je ne le connais même pas. Il s’agit de relations entre États et institutions, et dans l’intérêt des deux peuples. Nous traiterons avec tout responsable ou gouvernement français dans l’intérêt commun. Mais l’administration actuelle œuvre à l’encontre des intérêts de notre peuple et de ceux du peuple français. Je ne suis ni l’ennemi personnel ni le rival de Hollande. Je pense que c’est plutôt Daech qui est son rival, puisque leurs cotes de popularité sont très proches. 

- Oui ou non, y a-t-il aujourd’hui en Syrie des armes chimiques ?

- Non, nous l’avons très clairement déclaré, et lorsque nous avons décidé de renoncer aux armes chimiques, c’était de manière définitive et totale.

- Pourtant le secrétaire d’État américain John Kerry vous accuse d’avoir violé le traité en faisant usage de chlore. Est-ce vrai ?

- Vous pouvez trouver du chlore dans n’importe quel foyer syrien. N’importe quelle faction peut l’utiliser. Mais nous, nous ne l’avons pas utilisé, car nous avons des armes conventionnelles plus efficaces, que nous employons dans notre guerre contre les terroristes. Nous ne le cachons pas, car c’est notre droit. Ces accusations ne nous surprennent pas. D’ailleurs, depuis quand les Américains disent-ils la vérité à propos de la crise syrienne ?!

- Avez vous utilisé des armes chimiques ?

- Nous n’avons pas utilisé ce genre d’armes, autrement il y aurait eu des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, pas simplement 100 ou 200 personnes, comme on l’a dit l’année dernière, surtout dans des régions peuplées de centaines de milliers, voire de millions de Syriens.

- A l’occasion de votre dernier séjour à Paris en novembre 2010, j’avais interviewé votre femme Asma. Est ce que ça vous manque de ne plus pouvoir voyager hors de vos frontières ?

- Je ne suis pas un amateur de voyage, et mes visites n’étaient pas pour faire du tourisme.  Ce qui me manque vraiment c’est la Syrie  telle quelle était. Ce qui nous manque, bien sûr, c’est un monde différent où règnent des relations logiques et morales. Nous avions, à l’époque, de grands espoirs de développer notre région, de lui assurer une plus grande ouverture intellectuellement. Nous pensions que la France était, par son patrimoine culturel, la mieux placée pour jouer ce rôle avec la Syrie au Moyen-Orient. 

- Votre femme se voyait comme une ambassadrice de la modernité, comment vit-elle cette situation, maintenant qu’elle est recluse en Syrie ?

- Comme tous les Syriens, comme moi, elle éprouve de la douleur en voyant la destruction et le sang versé. Nous avons de la peine de voir notre pays revenir des décennies en arrière, et devenir un foyer de terrorisme après avoir été parmi les cinq premiers pays sur le plan de la sécurité. Tous les deux, nous sommes navrés de voir l’Occident, qu’on croyait capable d’aider à l’ouverture et au développement, prendre la direction inverse. Pire encore, que ses alliés soient des pays moyenâgeux du Golfe, comme l’Arabie Saoudite et le Qatar.

- On vous décrit comme quelqu’un d’extrêmement proche de ses enfants, comment leur expliquez-vous ce qui se passe dans votre pays le soir en rentrant chez vous ?

- Ce dialogue se déroule dans chaque foyer syrien. Le plus difficile est lorsqu’on a affaire avec des enfants dont la conscience sociale s’est formée durant la crise. Les deux principales questions qu’ils posent sont les suivantes : Comment des gens qui croient ou disent défendre Dieu et l’Islam peuvent-ils tuer et décapiter ?  C’est une contradiction difficile à expliquer. Les enfants demandent aussi si ces gens-là savent qu’ils se trompent. La réponse est que certains le savent et exploitent la religion à des fins particulières, d’autres sont des ignorants qui ne savent pas que la religion c’est le bien, et non le meurtre. Ils nous posent une dernière question : « Pourquoi l’Occident nous attaque et soutient les terroristes ? ». Ils ne parlent évidemment pas de l’Occident en tant que tel, mais évoquent des pays précis comme les États-Unis, la France, la Grande Bretagne. « Pourquoi agissent-ils de la sorte ? Est-ce qu’on leur a fait du mal ? ».  Nous leur expliquons alors que les peuples c’est une chose, et les États, c’en est une autre.

Source : http://www.sana.sy/fr/?p=18018

 

٭

Avec raison, Bachar Al-Assad parle, dans cette interview, de la Turquie comme d’un ennemi de son pays.

Mais que va-t-il se passer, maintenant qu’Ankara vient de se livrer à un aussi spectaculaire renversement d’alliances avec l’affaire du South Stream ? Quelle attitude MM. Erdogan et Davutoğlu vont-ils adopter à l’égard de leur voisin ? De l’Iran ?...

Ces questions, et quelques autres, Nebojsa Malic (Antiwar.com) vient de se les poser au bénéfice de Russia Today (RT). 

C’est en anglais (sorry). Si nous trouvons le temps de vous les traduire, nous les mettrons demain ici-même. Sinon, vous devrez demander à vos traducteurs personnels.

Severed Streams

Nebojsa Malicpour RT4 décembre 2014

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Russia's decision to cancel South Stream came as a surprise, though it should not have been. Yet the pipeline's demise creates more questions than it answers – for Turkey and the Balkans more so than Europe and Russia.

A year after the ground-breaking ceremonies in Serbia and Bulgaria, the South Stream gas pipeline is no more. Monday's announcement by President Vladimir Putin – on a state visit to Turkey – that Russia was abandoning the project due to continued obstruction by the EU came as a shock and surprise to many. It shouldn't have been: Brussels has been against the pipeline from the very beginning, and Washington even more so.

Read more…

En français :

Alimentations coupées

par Nebojsa Malic – RT4 décembre 2014

La décision  de la Russie d’annuler la construction du South Stream a été une surprise, bien qu’elle n’eût pas dû en être une. Cela dit, la suppression du pipeline suscite plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, pour la Turquie et les Balkans davantage encore que pour l’Europe et la Russie.

Un an après les cérémonies d’inauguration en Serbie et en Bulgarie, le pipeline South Stream n’est plus. L’annonce qu’a faite lundi le président Vladimir Poutine, en visite officielle en Turquie, que la Russie abandonnait le projet à cause de l’obstruction continue de l’Union Européenne, a été un choc et une surprise pour beaucoup. Cela n’aurait pas dû : Bruxelles a été hostile au projet depuis le début, et Washington plus encore.

South Stream avait été envisagé pour pouvoir approvisionner l’Europe Centrale et Occidentale en gaz, sans courir le risque d’une obstruction ukrainienne. En plusieurs occasions – la dernière date de 2009 – le refus de Kiev de payer son gaz avait provoqué une interruption dans les livraisons à l’Europe. Plutôt que de, mettons, provoquer un « changement de régime » à Kiev ou d’y installer un gouvernement fantoche – solutions préférées de ses « partenaires » occidentaux - Moscou avait décidé de construire des pipelines qui contourneraient ce pays. Le premier, Nord Stream, est devenu opérationnel en septembre 2011, reliant la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique. South Stream était supposé traverser la Mer Noire, la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie, et continuer vers l’ouest à travers l’Autriche.

Washington a tenté de contrer South Stream en proposant un autre pipeline appelé « Nabucco », qui aurait relié l’Autriche, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie à l’Azerbaïdjan via la Turquie. Mais les fonds nécessaires n’ayant pu être réunis, non plus que – détail ennuyeux – une autre source de gaz trouvée, le projet Nabucco fut abandonné à la mi-2013. C’est alors que les officiels US et UE ont commencé à faire pression sur la Hongrie, la Serbie et la Bulgarie, pour que ces pays concourent à faire avorter le projet South Stream. Officiellement, le fait que Gazprom, propriétaire du gaz, allait être aussi celui de South Stream, était contraire aux lois de l’UE, lois passées, figurez-vous, après les accords sur la construction du pipeline.

Les trois pays ont répondu de manières différentes : la Hongrie a refusé de se laisser intimider. La Serbie, qui n’est pas membre de l’UE mais qui est gouvernée par des loyalistes à l’Union, prêts à sauter avec empressement au moindre aboiement de Bruxelles, a eu recours à la langue de bois et s’est mise à traîner les pieds. Après quelques asticotages de Washington, sous les espèces du sénateur John McCain, la Bulgarie s’est couchée et a dit qu’il fallait que le contrat soit modifié pour être mis en conformité avec les lois de l’UE.

Là, Moscou en a eu assez. Lorsqu’il a annoncé l’abandon du projet South Stream, Vladimir Poutine a dit que la Bulgarie « avait été privée de l’opportunité de se conduire en nation souveraine », rendant par là, nettement, Washington et Bruxelles responsables du fiasco.  La Russie allait donc, en conséquence, passer au contrat avec la Turquie. Oui, la Turquie. L’ennemi historique de la Russie et le pays même où la Guerre froide a sans doute commencé, en 1947, avec  l’inauguration de la « Doctrine Truman ».

On ne peut que conjecturer pourquoi la Turquie a choisi de déserter. Peut-être est-ce pour avoir été considérée comme allant de soi par Washington et Bruxelles, ou peut-être à cause des pourparlers d’accession à l’UE, qui traînent depuis des dizaines d’années, visiblement destinées à durer toujours sans issue concrète, ou alors parce que les desseins de Washington laissaient peu de place à ceux d’Ankara en vue d’une domination turque de la région. Quelle qu’en soit la raison, les Turcs ont opté pour un accord avec leurs anciens ennemis, plutôt que continuer à soutenir les diktats de Bruxelles et de Washington.

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Considérant le fait que la Turquie n’a pas été qu’un allié-clé de l’OTAN mais aussi le pivot de tous les efforts américains pour contourner la Russie par des pipelines de rechange tant pour le pétrole que pour le gaz (Nabucco, Bakou-Tbilissi-Ceyhan), le contrat signé par Ankara avec la Russie fait, de la renonciation au South Stream, une défaite cuisante pour Washington. Bruxelles aurait perdu de toutes les façons : l’Europe n’a aucune alternative au gaz russe ; son opposition à South Stream n’a donc jamais été que de la politique d’extorsion sans rapport avec aucune logique économique. La Serbie et la Bulgarie vont avoir à affronter les amères conséquences de leur comportement de républiques bananières ; la Hongrie souffrira aussi, mais la faute en reviendra à l’UE plutôt qu’à Moscou.

La défection de la Turquie pourrait également rebattre les cartes en ce qui concerne la crise syrienne : alors que Moscou a été le soutien principal du gouvernement de Damas, Ankara n’a cessé de seconder les efforts US pour le renverser. Mais, tandis que la rébellion syrienne se métamorphosait en « califat islamique », utilisé comme prétexte par Washington pour lancer une campagne aérienne illégale en territoire syrien, la Turquie s’est montrée réticente à se joindre à l’action, une de ses raisons étant que l’ISIS combattait auparavant les Kurdes, en révolte depuis des dizaines d’années pour obtenir leur autonomie et même l’indépendance pour plusieurs provinces du Sud-Est sous contrôle turc.

Une alliance russo-turque, même si elle n’est qu’économique, pose aussi de nouvelles questions pour les Balkans. Déjà très appauvries et déstabilisées par les intrusions constantes des USA et de l’UE, la Serbie et la Bulgarie vont avoir à affronter la possibilité que la Turquie se mette en tête de faire un come-back dans les Balkans, un siècle après qu’une alliance de la Serbie, du Montenegro, de la Bulgarie et de la Grèce, soutenue par la Russie, y ait mis en pièces les armées de l’Empire ottoman et libéré presque tous les leurs de la domination turque. Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, ne cachait pas*, il y a seulement quelques années, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, sa nostalgie ottomane.

De plus, la possibilité que le nouveau pipeline russo-turc bifurque vers l’Europe du Sud via la Grèce ne résoud pas la question de savoir comment il pourra y arriver, les routes vers l’Italie et la Serbie étant bloquées au passage par les Albanais, clients frénétiques de Washington comme on sait.

Quand la poussière soulevée par l’annonce de l’abandon de South Stream sera retombée, toutes ces questions et bien d’autres seront là, en attente de solutions.

______________________   

* Voir Israël Shamir : « Vue sur le Bosphore » et « Cessez le feu les Turcs ! » dans notre post du 26 décembre 2012

 

Source : http://rt.com/op-edge/211539-pipeline-south-stream-balkan...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

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Nebojsa Malic est un analyste en politique étrangère et un blogueur, qui travaille à Washington DC. Il est chroniqueur pour Antiwar.com et pour  Strategic Culture Foundation. Il apparaît quelquefois sur RT-télévision (qui émet de Washington).

 

 

 

Un lecteur serbe n’a pas aimé qu’on traite son pays de république bananière :

Commentaire de :

Tomislav Jelnic

-         Qu’est-ce qu’il raconte ce type ? Il est saoûl ou seulement si arrogant qu’il n’a aucune idée de ce que sont l’honnêteté, la vérité et les autres valeurs qu’un homme civilisé doit avoir ? La Serbie a toujours voulu la réalisation du projet South Stream et en a même commencé la construction et l’expropriation des terrains nécessaires au placement du pipeline. Oui, il y a eu des pressions de l’UE et des USA, mais la position est restée fermement qu’il était dans l’intérêt national que le South Stream soit construit.  Et non seulement cela, mais la Serbie a aussi vendu 51% de sa Société Nationale d’Essence à Gazprom pour pouvoir accepter le projet au prix très sous-évalué de 400 millions au lieu d’un milliard, et maintenant quoi ? Ce sont justement ces types louches comme l’auteur de l’article, si on peut l’appeler comme ça, qui ont pris position pour l’UE et qui essayent maintenant d’inverser la vérité. C’est insensé, et pourtant, ce type est serbe, pour autant qu’on puisse le savoir, mais c’est le genre de gens qui, il y a très très longtemps, se sont embarqués dans toutes sortes d’ONG, et c’est évident : on peut voir d’où il opère maintenant. Ce qu’un homme peut faire pour une poignée de dollars !

 

Qui a raison ? Qui a tort ? Ce qui est sûr, c’est que les petits pays comme la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et la Hongrie sont trop faibles et trop vulnérables pour pouvoir tenir tête efficacement aux abus de pouvoir de l’Empire et de son appendice européen. Même en s’opposant courageusement et en prenant des risques, ils ne font pas le poids. Il suffit que saute le maillon le plus faible de la chaîne…

Dans cette affaire, le sénateur McCain n’a pas ménagé ses efforts pour intimider les uns et les autres. Il faut dire qu’il a le plus grand grand intérêt à faire suivre à son pays sa détestable politique d’ingérence tous azimuts et de guerres sans fin : à l’instar des Rothschild, il est un des cinq hommes les plus influents de la planète et à la tête d’une partie non révélée du lobby des armes.

 

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Pendant ce temps-là, à New York, autre manif monstre (hier), à propos d’un autre noir, Eric Garner (qui vendait des cigarettes à la sauvette) étranglé par un autre policier, que le Grand Jury a décidé de ne pas poursuivre non plus.

Vidéo

http://rt.com/in-motion/211371-us-protest-jury-chokehold/

 

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Peut-être à demain…

 

 

Mis en ligne le 4 décembre 2014.

 

 

 

 

23:48 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/12/2014

ALLELUIA !

1. Battling the crisis.gif

 

Alléluia !

Sud-Stream est mort. Vive Turc-Stream !

The Red Pill Times2 décembre 2014

L’Europe l’a vraiment fait péter, celle-là ! Suite à ce qui est sûr de rester comme la plus retentissante connerie de l’histoire politique européenne, la Russie se retire du projet South-Stream (« Sud-Alimentation ») et se réoriente vers la Turquie.

C’est une  énorme nouvelle !

D’abord, la Russie se retire de South Stream, comme le rapporte RT :

La Russie est forcée de se retirer du projet South Stream, en conséquence de la volonté de l’Union Européenne de ne pas s’associer à l’entreprise, et le flux de gaz sera redirigé vers d’autres clients, a déclaré Vladimir Poutine, à l’issue des entretiens qu’il a eus avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

« Nous pensons que la position de la Commission européenne a été contre-productive.

En fait, non seulement la Commission européenne n’a en rien contribué à la mise en œuvre [du pipeline South Stream], mais nous avons constaté que des obstacles étaient créés pour l’empêcher.

Eh bien, si l’Europe ne veut pas qu’il soit mis en œuvre, il ne le sera pas. » a dit le Président russe.

« Nous nous tournerons vers d’autres marchés et l’Europe ne sera pas fournie en gaz. Du moins pas en gaz russe. 

Nous estimons que ceci est contraire aux intérêts européens et que cela fait du tort à notre coopération » a-t-il conclu.

Le projet South Stream en est au point où « la construction dans la Mer Noire doit commencer », mais la Russie n’a toujours pas reçu l’accord de la Bulgarie.

Investir des centaines de millions de dollars dans un pipeline qu’il faudrait arrêter en arrivant dans les eaux bulgares serait une complète absurdité, j’espère que tout le monde le comprend, a-t-il encore dit.

Poutine croit que la Bulgarie « n’agit pas en état indépendant » en faisant tout ce qu’elle peut pour retarder le projet South Stream qui lui aurait été si profitable.

Il a conseillé aux dirigeants bulgares de « réclamer des dommages et intérêts à la Commission européenne » puisque leur pays aurait pu recevoir aux alentours de 400 millions d’euros annuels, générés par le transit du gaz sur leur territoire.

2. Fous UE.jpeg

L’Europe vient de se tirer une balle dans la tête… une balle de très fort calibre, et les choses vont encore s’améliorer (c’est-à-dire empirer, pour l’Europe).

Rappelez-vous à quel point la Turquie, ce grand pays musulman, se faisait lanterner, depuis trente ans qu’elle essayait de devenir membre de l’Union européenne… Eh bien, on dirait qu’elle ne fait pas que se réorienter par rapport à l’Europe, mais qu’elle lui enfonce (pardon) bien profond la balayette, parce qu’à dater d’aujourd’hui, étant donnée la débâcle totale de l’Ukraine, le Sud de l’Europe va dépendre de la Turquie pour une très grande partie de son énergie.

Et RT de rapporter la deuxième grande nouvelle :

Le directeur-général de Gazprom, Aleksei Miller, a fait savoir que le géant qu’il représente allait construire un  pipeline qui traversera la Russie, transitera par la Turquie et s’arrêtera à la frontière grecque, donnant ainsi à la Russie accès au marché sud-européen.

Ce pipeline aura une capacité annuelle de 63 milliards de mètres cubes. Un total de 14 milliards de mètres cubes sera fourni à la Turquie, qui deviendra ainsi le deuxième plus gros client de la Russie dans la région, derrière l’Allemagne.

Le nouveau projet comprendra une plateforme de correspondance spéciale, à la frontière turco-grecque, pour les clients du Sud de l’Europe.

Certes, le pipeline sera inscrit au registre du commerce comme entreprise russe, mais Miller a annoncé que Gazprom « prendrait en considération les offres de ses partenaires turcs, s’ils souhaitaient se porter acquéreurs d’une partie du projet ».

«Dans l’immédiat, le volume de gaz russe fourni à la Turquie sera augmenté de 3 milliards de mètres cubes, via le pipeline Blue Stream déjà existant», avait fait savoir un peu plus tôt Vladimir Poutine, au cours d’une conférence de presse commune donnée avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Selon Reuters, 13,7 milliards de mètres cubes de gaz ont été fournis l’an dernier à la Turquie via Blue Stream.

Moscou va également, à partir du 1er janvier 2015, réduire de 6% le prix du gaz vendu à ses clients turcs.

 

Les gagnants de cette mirobolante affaire :

  • L’Amérique : South Stream a vécu. L’Europe va perdre la fourniture du gaz russe et se retrouver à la totale merci des USA pour son énergie. Les citoyens d’Europe vont, bien entendu, payer beaucoup plus cher leur gaz et leur essence aux grosses compagnies américaines ou assimilées.

 

  • La Russie : Les Russes peuvent maintenant foncer, et ils le font déjà. Les contrats chinois sont bouclés. Et à présent, le contrat turc. La Russie peut désormais s’abstenir de traiter avec les perdants qui composent l’Union européenne.

 

  • La Turquie : Snobée et menée en bateau depuis des décennies par l’U.E., elle va devenir une plateforme de transit incontournable vers l’Europe et au-delà. Si le sud de l’Europe a besoin de gaz, il devra traiter avec la Turquie. Avale, Bruxelles !

 

Les perdants :

  • L’Ukraine : On va voir l’Ukraine se transformer en état-croupion. Une fois que le gaz cessera de passer par les pipelines ukrainiens, le pays ne tardera pas à devenir un terrain-vague de néant. Ils ont mordu à l’hameçon du conte de fées US/UE, gobé la ligne et le bouchon. Avec le Turc-Stream deven u réalité, l’Ukraine a perdu toute signification stratégique, et le conte de fées se transforme pour elle en Freak Show de cauchemar.

 

  • La Bulgarie, la Serbie, l’Autriche, l’Italie : Tous ces pays de l’Union européenne auraient retiré, de la chaîne South Stream, d’énormes revenus et fourni du travail à des quantités de gens au chômage. Au lieu de quoi ils vont maintenant devoir payer des droits de douane à la Turquie pour pouvoir assurer leurs propres besoins énergétiques.

 

  • La Grèce : La Turquie et la Grèce ne sont pas exactement sur un pied d’étroite amitié. Mettez en jeu le problème de Chypre et vous pouvez voir comment, dépendre de la Turquie pour votre énergie peut être considéré comme un réel problème de sécurité. Après lui avoir infligé huit ans d’austérité, Bruxelles vient de sodomiser vraiment très profondément la Grèce.

 

  • Bruxelles : Ils ont vendu la prospérité et la sécurité de l’Europe du Sud pour complaire à leurs maîtres US, pour se laisser graisser les pattes et, très probablement, éviter quelques scandales en provenance de la NSA. L’Europe vient de bazarder sa sécurité énergétique, d’importants revenus, des paquets d’emplois et bien d’autres choses encore, pour une Ukraine infestée de nazis. Les dirigeants de Bruxelles devraient avoir à rendre compte de cette trahison.

3. UE -RUSSIE.JPG

 

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C’est 600 millions de dollars au bas mot que la Bulgarie va perdre par l’annulation du projet South Stream, estime l’ex-ministre bulgare de l’énergie Rumen Ovcharov.

Novinite News Agency à Sofia…

 

Car il n’y aura pas que la perte des revenus du transit, estimés par Vladimir Poutine à 400 millions de $, mais aussi perte du capital initialement investi, perte des investissements futurs en provenance de l’étranger, pertes d’emplois, dommages infligés à l’industrie de la construction, etc. Voilà ce que coûteront à la Bulgarie ses virevoltes et sa faiblesse envers Bruxelles.

4. rumen-ovcharov.jpg

Dans une interview acordée ce matin à Nova TV, Ovcharov a commenté l’annonce que 63 milliards de mètres cubes de gaz allaient être redirigés sur la Turquie au lieu de la Bulgarie, suite à la décision de Moscou d’abandonner le projet South Stream.

 

5. south-stream-map-en.jpg

 

Il a souligné que la Bulgarie n’allait pas seulement perdre de l’argent mais également subir des pertes géostratégiques et politiques.

Ovcharov, qui fut ministre de l’énergie dans le gouvernement de coalition tri-partite à dominante socialiste, au pouvoir de 2005 à 2007, soutient que ce n’est qu’une question de temps pour que la Bulgarie soit privée du volume de gaz qui transite actuellement par son territoire.

« Le gouvernement de Boris Borisov entrera dans l’histoire comme celui qui aura fait capoter trois projets infrastructurels d’envergure, qui auraient pu aider la Bulgarie à émerger de la crise économique » a-t-il ajouté, insistant sur le fait que la Bulgarie aurait été un pays très différent, si ces trois projets avaient pu voir le jour.

Bienvenue en Europe !

Pendant ce temps-là, North Stream fonctionne très bien en direction des pays du Nord de l’Europe, fournissant à leurs citoyens du gaz bon marché et sûr en provenance de Russie.

Sources :  http://russia-insider.com/en/politics_business/2014/12/02...

http://redpilltimes.com/600-million-thats-much-bulgaria-j...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

 

Mis en ligne le 3 décembre 2014.

 

 

 

 

15:05 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |