28/09/2012

Aux sources du chaos mondial actuel - 2 - XIII.

 

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Aline de Dieguez

 

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

" La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. " ( Edward Mandell HOUSE )

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2ème Partie

Aux sources du sionisme

Chapitre XIII

XIII - Et les Kazars entrèrent dans l'histoire … 

1 - Un tremblement de terre géopolitique 


2 - Petit rappel démographique


3 - Pourquoi les Juifs se sont détournés de la Palestine entre le IVe et le XXe siècle 


4 - La Palestine avant le sionisme 


5 - Les vagues migratoires successives à partir de la naissance du mouvement sioniste 


6 - Et les Kazars entrèrent dans l'histoire

7 – Comment le Talmud devint le fil d'Ariane qui conduisit au sionisme. 


 

1- Un tremblement de terre géopolitique

Impossible de ne pas voir que la transplantation en plein cœur d'un monde majoritairement arabo-musulman d'une population hétérogène, aussi bien ethniquement que sociologiquement, demeure le pivot autour duquel tourne l'histoire du monde depuis le milieu du XXe siècle.

Unis par un contenu commun des cervelles remplies à ras bords de mythes et de songes élaborés en des temps lointains durant lesquels chaque ethnie se plaçait sous la protection de sa divinité personnelle, des groupes d'immigrants fanatisés issus des quatre coins de la machine ronde, mais se réclamant néanmoins d'ancêtres communs, et soutenus par des Etats aveugles aux conséquences géopolitiques de leurs décisions, se sont déversés en vagues successives sur un territoire déjà abondamment peuplé.

 

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 Arrivée de juifs européens à d'Haifa. 1950

Un tremblement de terre géopolitique d'une intensité telle en est résulté que les répliques qui affectent la politique internationale n'ont plus cessé depuis lors d'ébranler non seulement tous les Etats du bassin de la Méditerranée, mais la quasi-totalité de la planète. En effet, ces humains-là se déclarent eux-mêmes si profondément différents et si allogènes au reste de l'humanité, qu'ils éprouvent un besoin incoercible de ne vivre qu'entre eux et de chasser du territoire qu'ils ont investi les représentants d'autres variétés d'humains lorsqu'ils sont les plus nombreux - et donc, détiennent le pouvoir. Ils refusent vigoureusement toute forme d'assimilation au groupe chez lequel ils se sont installés lorsqu'ils sont minoritaires, tout en exigeant haut et fort de bénéficier des droits universels des sociétés-hôtes.

Comme l'écrit François Fejtö, écrivain juif hongrois, dans son ouvrage Dieu et son Juif : " Ce n'est pas l'antisémitisme qui a crée le Juif. A l'origine se trouve le Juif, peuple élu, prototype des nations nationalistes, expansives, xénophobes, intransigeantes et dont l'orgueil, l'auto-affirmation fervente ont survécu aux désastres de l'Etat et se prolongent à travers les siècles d'exil jusqu'à la résurgence sioniste et à la naissance d'Israël ." (Ed. Grasset 1960, p.32)

Voir - 12 - Petite généalogie du ghetto appelé Israël, 29 juin2012

2 - Petit rappel démographique

La destruction de Jérusalem et de son temple par les légions romaines avait porté un coup très rude à la présence juive en Palestine. La Judée était dépeuplée, mais d'innombrables et prospères communautés juives étaient présentes dans toutes les provinces et les villes de l'empire romain et notamment en son centre, à Rome.

Durant deux millénaires, les communautés juives ont donc prospéré dans la quasi totalité des pays d'Europe occidentale et orientale, ainsi que dans toutes les provinces du bassin de la Méditerranée… sauf en Palestine. La Palestine est le seul endroit de la terre que les Juifs boudaient. Jacques Attali nous en donnera la raison ci-dessous.

En effet, depuis le règne de l'empereur Julien, dit l'Apostat, les Juifs s'étaient détournés de la Palestine et n'avaient plus le moindre désir d'y retourner Cependant, une faible présence juive s'était malgré tout maintenue dans la région depuis l'antiquité. Il semble que cette catégorie, connue sous le nom de Yichouf ancien, ne représente pratiquement plus personne aujourd'hui. Les démographes de l'actuel Etat hébreu n'ont trouvé qu'une seule famille, les Zinati de Pek'in, qui aurait résidé en Palestine sans aucune interruption depuis l'antiquité.

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 Juifs de l'ancien Yichouv, Jérusalem 1895

Jusqu'en 1880, c'est-à-dire jusqu'à la naissance du sionisme, seuls de petits groupes d'étude et de prières, en général sépharades et plutôt pauvres, étaient installés à Tibériade, Safed, Jérusalem ou Hébron et vivaient misérablement de l'argent envoyé par les Juifs de l'étranger. A partir du XVe siècle, quelques communautés exclusivement religieuses composées de groupes expulsés d'Espagne et du Portugal s'étaient également installées en Palestine. Hier comme aujourd'hui, leurs prières étaient censées hâter la venue du Messie et le soutien financier des juifs de la dispersion représentait une sorte de placement commercial dans un système d'échange gagnant gagnant, puisqu'il était prévu que le Messie attendu rétablirait le mythique royaume de David, d'autant plus glorieux qu'il n'a jamais existé que dans l'imagination des rédacteurs de la fiction sacrée. Ce royaume à venir comblerait les Juifs de toutes les richesses de la planète.

3 - Pourquoi les Juifs se sont détournés de la Palestine entre le IVe et le XXe siècle

A partir du moment où, vers le VIIIe siècle, les Etats européens se sont constitués peu à peu en nations régies par la doctrine et la morale du catholicisme, les communautés juives, qui niaient la divinité du Christ, se sont trouvées en situation d'ennemis de l'ordre social né du triomphe de l'Eglise catholique, c'est-à-dire universelle, face à l'étroit particularisme juif.

Mais cette situation de paria social n'avait pas que des inconvénients. Elle produisit des conséquences particulièrement favorables aux Juifs sur le plan économique. En effet, comme je l'ai développé dans le texte précédent les communautés dispersées, unies par un lien religieux puissant et des règles sociales impérieuses, demeuraient en rapports constants avec un centre, dirigé par un exilarque (gaon) dont le lieu de résidence a varié selon l'influence exercée par ce groupe humain dans telle ou telle région du monde. Après avoir été localisé en Babylonie jusqu'à la naissance de l'islam, le centre s'est déplacé en Espagne, puis en Pologne.

Voir - 12 - Petite généalogie du ghetto appelé Israël, 29 juin2012

Devenus d'habiles commerçants dans la prospère province mésopotamienne, leur dispersion, l'unité politique et la solidarité tribale des fidèles du dieu Jahvé leur offrirent d'excellentes opportunités d'échanges de marchandises de pays à pays. Ce commerce d'importation et d'exportation particulièrement lucratif, permit à quelques-uns d'amasser les richesses considérables. L'historien juif de l'antisémitisme, Bernard Lazare, nous apprend qu'avant de diversifier leurs activités, les commerçants jufs s'étaient spécialisés dans la vente d'esclaves . (L'Antisémitisme, chapitre V)

Petit à petit, ils se sont spécialisés dans l'usure et le commerce de l'or. Mais ils n'étaient ni les seuls, ni les premiers à êtres fascinés par le métal jaune. On connaît la cupidité des feneratores romains auxquels la loi des Douze Tables reconnaissait le droit de couper des morceaux de chair sur le corps vivant de l'emprunteur insolvable; les Lombards ont été des usuriers voraces, l'or fut la principale motivation de la conquête de l'Amérique, l'avidité des colons hollandais ou anglais est célèbre et les alchimistes s'épuisaient à essayer de fabriquer de l'or à partir de métaux grossiers. Au Moyen Age, l'or était devenu une véritable divinité...et il l'est resté.

Interdisant le prêt à intérêt et à plus forte raison l'usure, l'Eglise a empêché la formation d'un capitalisme chrétien. Ses interdits n'avaient évidemment aucune prise sur les Juifs qui faisaient commerce de l'argent et qui occupèrent tout naturellement la place laissée vacante par les riches bourgeois chrétiens. Ils se sont donc rendus utiles au développement du commerce et odieux par les abus que leur pouvoir a engendré. C'est ainsi qu'ils sont devenus progressivement les banquiers du monde.

  

 

"Peuple énergique, vivace, d'un orgueil infini, se considérant comme supérieur aux autres nations, le peuple juif voulut être une puissance. Il avait instinctivement le goût de la domination puisque,

Pour exercer cette sorte d'autorité, les Juifs n'eurent pas le choix des moyens. L'or leur donna un pouvoir que toutes les lois politiques et religieuses leur refusaient, et c'était le seul qu'ils pouvaient espérer. Détenteurs de l'or, ils devenaient les maîtres de leurs maîtres, ils les dominaient." (Bernard Lazare, L'antisémitisme)

 

 

Aux causes sociologiques et politico-économiques mises en avant par l'historien du judaïsme, Jacques Attali ajoute des arguments théologico-étymologiques. Dans son ouvrage Les Juifs, le monde et l'argent il analyse longuement les relations étroites entre la religion juive et le commerce à partir de l'étymologie du vocabulaire: "L'argent substitut du sang : on asperge l'autel avec le sang de l'animal sacrifié, acheté avec l'argent de celui qui offre le sacrifice. (p.40, souligné par l'auteur) (…) Le peuple juif fait de la monnaie l'instrument unique et universel d'échange, tout comme il fait de son Dieu l'instrument unique et universel de la transcendance." (p.41) 

Et notre Attali ajoute, en point d'orgue: "La valeur en argent de chaque chose est indissociable de sa valeur éthique." (p.42 )

Il en résulte qu'un lingot d'or est infiniment plus éthique qu'une miche de pain et que la famille Rothschild, M. Jacob Schiff , M. John Pierpont Morgan , M. Paul Warburg et tous leurs acolytes et complices qui sont parvenus à mettre la main sur le système financier américain au moyen de grandes et de petites manœuvres politiciennes et grâce à l'invention de leur monnaie privée - le dollar - sont les humains les plus moraux de la création. La fin justifie les moyens et seule la victoire est jolie. Toujours est-il qu'aujourd'hui, ils sont en mesure de manifester aux yeux du monde entier tout l'éclat de leur éthique en tapissant de lingots d'or les murs de leurs banques et de leurs logis.

La naissance de la Fed (Federal Reserve System) a permis non seulement un enrichissement exponentiel des heureux propriétaires de ces institutions bancaires privées, mais elle témoignait de la sollicitude de Jahvé envers des spécimens particulièrement "pieux" de son "peuple élu". Et M. Attali explique complaisamment que "pour un juif, la pauvreté est intolérable." C'est pourquoi, "pour les Juifs, tirer un intérêt de l'argent n'est pas immoral. (…) L'argent est, comme le bétail, une richesse fertile, et le temps est un espace à valoriser. Pour les chrétiens, au contraire, comme pour Aristote et les Grecs, l'argent - comme le temps - ne produit pas en soi-même de richesse, il est stérile ; aussi faire commerce de l'argent est-il un péché mortel." (p. 120)

Il se délecte à énumérer quelques belles réussites financières: "Peu de gens savent que l'agence Havas et l'agence Reuter au XIXe siècle sont des créations juives, au même titre que la Deutsche Bank, Paribas ou les principales banques d'affaires américaines. Et encore bien d'autres destins fascinants en France, en Allemagne ou en Russie."

Le même ancien conseiller spécial du Président François Mitterrand fournit la clé qui ouvre la porte de ces cavernes d'Ali Baba: "Comme les prêts sont de très courte durée - un an ou moins - et à des taux d'intérêt très élevés, de l'ordre de 50 à 80%, l'accumulation va très vite".

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Le Président François Mitterrand et Jacques Attali

Mais le monde est très méchant, alors notre hagiographe de la haute finance est brusquement saisi par un doute. Il s'inquiète de voir "les Juifs prendre le risque d'être haïs pour services rendus", alors que "les Juifs ont toutes les raisons d'être fiers de cette partie de leur histoire". [1]

D'ailleurs dans la section de son ouvrage consacrée au commerce, notre faux naïf et ancien directeur de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) à la tête de laquelle il a été remercié en raison d'un train de vie pharaonique, ajoute une forte sentence, qui aurait enchanté Alice en son pays des merveilles: "Le commerce n'est pas le résultat d'un calcul de bénéfice, mais la juxtaposition de deux dons équivalents, la simultanéité de deux actes généreux, unilatéraux, où chacun des deux protagonistes est en situation d'égalité."(p.42) (Cette fois, c'est moi qui souligne)

Le marché simoniaque se poursuit de nos jours puisqu'une forte minorité de 20% de juifs ultra orthodoxes passent leur vie à étudier le Talmud et à prier afin d'accélérer l'arrivée d'un Messie pourvoyeur de munificences, tout en étant entretenus par de riches membres de la communauté, notamment américaine, qui ont, comme il se doit et conformément aux principes énoncés par le théoricien du judaïsme financier cité ci-dessus, acquis leur fortune grâce à la "générosité" dont ils font preuve à l'égard de l'humanité dans l'activité bancaire à laquelle ils s'adonnent si brillamment et espèrent un "retour sur investissement" à la hauteur de leur éthique.

Et voilà pourquoi il y eut si peu de candidats durant deux mille ans pour peupler, entretenir et cultiver à la sueur de leur front la terre "promise" par le Dieu Jahvé à son "peuple" bien-aimé, lequel a snobé son cadeau pendant près de deux millénaires, avant de se raviser à la fin du XIXe siècle. Il s'est alors engouffré dans le grand mouvement de colonisation des Etats européens en direction de l'Afrique et de l'Asie.

4 - La Palestine avant le sionisme

Lorsque les populations autochtones de Galiléens honnis, de Cananéens détestés, de Samaritains méprisés et d'autres sous-hommes, tous qualifiés péjorativement d' "arabes", eurent, durant deux mille ans d'un labeur acharné, transformé une Palestine plutôt aride en un jardin florissant et en une serre prospère, le mouvement sioniste des marches de l'Asie s'est souvenu de sa "terre promise".

Il a refusé avec horreur d'aller défricher l'Ouganda ou la Patagonie, comme certains naïfs le lui proposaient. La Thora d'une main et le Talmud de l'autre, il s'est rué sur le lopin qu'il avait sporadiquement et partiellement habité deux millénaires auparavant. Réitérant le vol accompli lors de sa première installation dans une région déjà hautement peuplée et civilisée, il a fait main basse pour la seconde fois sur les propriétés et les richesses des "indigènes" et s'est auto-justifié de ses rapines en brandissant les écrits rédigés in illo tempore par des notables religieux en Babylonie.

 

 

"Lorsque Yahvé ton Dieu t'aura conduit au pays qu'il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de te donner, aux villes grandes et prospères que tu n'as pas bâties, aux maisons pleines de toutes sortes de biens, maisons que tu n'as pas remplies, aux puits que tu n'as pas creusés, aux vignes et aux oliviers que tu n'as pas plantés. Dt 6:11

"Lorsque Jahvé, ton dieu, t'aura amené dans le pays où tu vas entrer pour en prendre possession et qu'il aura délogé devant toi de nombreuses nations (…) alors, Jahvé ton dieu les aura livrées à ta merci et que tu les livreras à l'anathème (à la destruction) . Tu ne concluras pas d'alliance avec elles, tu n'en auras point pitié ! " (Dt 7:1-2)

"Des villes de ces peuples que Jahvé, ton Dieu, te donne en héritage, tu ne laisseras rien vivre de ce qui a souffle de vie. Détruisez-les jusqu'au dernier… comme Jahvé, ton Dieu, vous l'a ordonné. " (Dt 20.16)

 

 

Voir : VI - Le messianisme biblique à l'assaut de la Palestine 

Les images sont souvent plus plus parlantes qu'un long discours. Quelques documents particulièrement représentatifs datant du temps de la Palestine heureuse suffisent à anéantir l'affirmation cynique des sionistes qui prétendaient que la Palestine était une "terre sans peuple" - donc vide depuis deux mille ans - qui attendait un "peuple sans terre" , lequel aurait réfléchi durant deux mille ans avant de se mettre en route. Ces clichés d'un temps paisible et heureux crèveront le coeur de tous ceux qui sont aujourd'hui sensibles à l'irréparable injustice dont le peuple palestinien est la victime innocente.

 

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Brodeuses palestiniennes, Ramallah 1940 (à gauche) 1920 (à droite)

 

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Classe de fillettes, Palestine, Ramallah, 1890

 

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Classe de fillettes, Palestine, XXIe siècle

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Port de Jaffa, 1914

Tous ces clichés viennent du site incontournable http://www.palestineremembered.com/MissionStatement.htm qui, dans sections "images" en présente des centaines.

5 - Les vagues migratoires successives à partir de la naissance du mouvement sioniste

L'immigration de masse n'a vraiment commencé qu'à partir de 1880 avec la première colonie fondée par les Amants de Sion. Cette fois, il s'agissait de juifs originaires d'Europe de l'Est en majorité, ainsi que de quelques groupes de juifs askhenazes allemands.

En 1885, le nombre de résidents auto-déclarés "juifs" en Palestine était de 24 000.

En 1914 leur nombre se montait à 85 000 personnes sur une population totale de 725 000 habitants: soit 12 % de l'ensemble.

Dès l'origine, l'expropriation des Palestiniens s'est installée quasi naturellement. En effet, de riches banquiers comme les barons Edmond de Rothschild et Maurice de Hirsch ont ouvert largement les vannes financières afin d'acheter des terres à n'importe que prix.

 

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Baron Edmond de Rothschild

 

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Baron Maurice de Hirsch

La "Jewish Colonization Association" fondée dès 1891 est à l'origine des premières colonies juives agricoles et son activité ne fera que croître au fil du temps.

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 FONDS NATIONAL

Il faut reconnaître que les "arabes" de Palestine et des Etats environnants ont manifesté un aveuglement et une passivité révélateurs de ce total manque de sens politique dont continuent de faire preuve tous les dirigeants de la région, notamment ceux de la mal nommée "Autorité palestinienne" qui, de l'Arafat signataire des calamiteux "Accords d'Oslo" à Mahmoud Abbas, l'actuel complaisant collaborateur du Jüdenrat de Cisjordanie, ont conduit les Palestiniens dans un gouffre dont ils auront le plus grand mal à sortir - s'ils en sortent un jour.Les actuels dirigeants du Hamas à Gaza semblent tentés à leur tour par les délices à courte vue de la collaboration. Les héros sont fatigués. [2] Les dirigeants palestiniens pelotonnés sous l'aile de l'occupant seraient bien inspirés de méditer sur le sort de Chaim Rumkowski, le "Président" du ghetto de Lodz, dont Primo Levi raconte l'histoire édifiante dans son ouvrage Les naufragés et les rescapés.

Voir :8 - La zone grise. Israël et la Palestine sous le regard de Primo Levi et de Kafka, 4 juin 2007.

En effet, le sionisme n'a rencontré pratiquement aucune résistance de la part des Palestiniens ni même de l'ensemble des Arabes de la région. Comme l'écrit le chercheur égyptien, Mounir Mahmoud, spécialiste de la presse sioniste au sein du Centre d'études politiques et stratégiques : "Les décisions émotionnelles irréfléchies des Arabes ont contribué à la réussite des projets sionistes en Palestine pendant près de cinquante années, avant même la création de l'entité sioniste, avec le prétendu "Yichouv " qui signifie l'implantation juive en Palestine."

Cette passivité des Palestiniens s'explique par une totale absence de racisme anti-juif. Les Palestiniens n'avaient pas compris qu'ils n'avaient plus en face d'eux des juifs, c'est-à-dire des hommes normaux qui honoraient simplement leur dieu d'une autre manière qu'eux-mêmes et avec lesquels ils avaient cohabité tranquillement jusqu'alors, mais une autre catégorie humaine, composée de colons fanatiques et impérialistes pour lesquels tout "arabe" palestinien était un ennemi à chasser ou à tuer.

C'est pourquoi notre anthropologue égyptien précise que "les Juifs qui vivaient dans les pays musulmans jouissaient d'une vie tranquille et stable, avec une liberté religieuse totale sans persécutions, et étaient investis dans les sociétés islamiques tolérantes pendant des centaines d'années jusqu'à l'époque moderne."[3]

Cette naïveté des Palestiniens trouve son expression dans la Charte de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) qui, dans son article 6, prévoie candidement que "les Juifs qui demeuraient en Palestine jusqu'au début de l'invasion sioniste, seront considérés comme Palestiniens".

Les Palestiniens ont été bien mal récompensés de leur générosité. Les sionistes qui ont eu connaissance de cet article ont dû être secoués d'un rire à se décrocher la mâchoire devant une telle ignorance de leur psychologie, de leur projet secret et de leur mentalité messianique de colons.

6 - Et les Kazars entrèrent dans l'histoire

Jahvé s'était installé dans l'exil durant dix-sept siècles et le Dieu local d'une écharpe de terre du bassin oriental de la Méditerranée était devenu une divinité itinérante qui avait pérégriné durant deux millénaires dans le monde entier au gré des déplacements de ses fidèles.

Or, ses fidèles avaient la bougeotte. Tout en le refusant et en le combattant de toutes ses forces, Jahvé avait collé aux talons du Dieu Jésus. Malgré l'inimitié réciproque que les partisans des deux divinités se manifestaient, ses fidèles s'étaient immédiatement installés dans les régions progressivement converties au nouveau Dieu trinitaire. C'est ainsi qu'à la fin du premier millénaire, et alors que le Dieu Jésus régnait en maître sur toute l'Europe occidentale - Jahvé ne l'avait précédé qu'en Espagne - ses fidèles s'étaient attachés aux pas des chrétiens et on les trouvait en France, en Allemagne et jusqu'en Europe centrale, notamment en Bohême et en Pologne.

C'est là que s'était produit l'évènement extraordinaire qui permit au judaïsme de gonfler brusquement sa population, et donc de survivre jusqu'à nos jours en tant que groupe humain spécifique .

En effet, loin de s'épuiser au fur et à mesure qu'il s'éloignait de son camp de base judéen et qu'il expédiait tous azimuts des petits groupes d'éclaireurs, Jahvé avait offert à ses fidèles éberlués la surprise et le cadeau sans prix de découvrir que dans les plaines orientales de l'Europe et jusqu'aux confins de l'Asie vivait une immense population de co-religionnaires dont personne ni en Orient, ni en Occident n'avait entendu parler.

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 L'empire Kazar au moment de sa conversion à la religion du Dieu Jahvé

C'est ainsi que les Kazars judaïsés étaient entrés dans l'histoire. Ils entrèrent dans l'histoire locale par la force des choses, puisqu'ils étaient là. Mais ils ne sont jamais entrés dans la narration officielle car leur existence même contredit le mythe sur lequel se fondent les revendications des colons installés en Palestine. C'est pourquoi la narration mythologique qui tient lieu d'histoire dans l'Etat né en 1947 continue de refuser officiellement leur existence et une filiation dont leurs descendants semblent avoir honte.

7 - Comment le Talmud devint le fil d'Ariane qui conduisit au sionisme

La simple présentation du tableau d'une biographie succincte de tous les Premiers Ministres qui se sont succédés depuis qu'un vote de l'Assemblée générale de l'ONU en date du le 27 novembre 1947 a crucifié les Palestiniens, permet de comprendre au premier coup d'œil pourquoi je dirigerao mes pas en direction des marches de l'Asie plutôt que vers les rives qui auraient semblé plus accueillantes et plus logiques des bords de la Méditerranée, ou vers les paysages verdoyants et cléments de notre Europe occidentale qui ont connu, elles aussi, d'importantes et puissantes implantations juives au cours des siècles.

On sait, en effet, que toutes les grandes vagues migratoires se sont toujours déroulées d'est en ouest. La mythologie judaïque ne s'y est pas trompée, puisque les communautés de nos régions se proclament les descendantes légitimes d'ancêtres "chassés" de la province de Judée par les armées victorieuses de Vespasien et de Titus lors de la deuxième Guerre des Juifs en l'an 70 et qui auraient été "contraints" de se réfugier en direction de l'Occident.

Il est vrai que des groupes ont suivi les conquêtes chrétiennes et musulmanes en direction de l'Ouest européen et méditerranéen, comme je l'ai montré ci-dessus. Mais il s'agit d'une minorité par rapport à l'immense population juive qui résidait déjà en Europe de l'Est et avec laquelle les petits groupes venus de l'ouest ont établi une jonction. Aucun des premiers ministres qui ont dirigé l'Etat créé en 1947 en terre palestiniennene peut exciper de racines méditerranéennes ou occidentales susceptibles de donner une apparence de crédit à cette prétention. Tous, sans exception aucune, sont issus des régions talmudiques de l'Orient européen ou des marches de l'Asie. Il en est de même pour l'immense majorité des immigrants venus s'y installer. Ce fait n'est évidemment pas le fruit du hasard.

Il est hautement significatif et presque comique de voir à quel point cette réalité historique est occultée, quand elle n'est pas farouchement niée par les autorités officielles de l'actuel Etat d'Israël, qui, depuis David Grün, alias Ben Gourion, s'échinent à refuser la vérité historique et à imposer une narration mythologico-théologique de leur passé et de leur présent.

Voir : 20 - David Grün, alias Ben Gourion, et la naissance de l'"Etat juif", 22 mars 2011

 

 

1 - David Ben Gourion (né David Grün) 16 octobre 1886-1er décembre 1973est né à Plonsk en Polognedans une famille sioniste . Son père, professeur d'hébreu, était un membre des Amants de Sion. Il émigre en Palestine britannique en 1906.

2 - Moshé Sharett (né Moshé Shertok), 15 octobre 1894 - 7 juillet 1965) est né à Kherson, dans l'Empire russe, aujourd'hui en Ukraine. Il émigra en Palestine britannique en 1908.

3 - Levi Eshkol( 25 octobre 1895 - 26 février 1969) est né dans un village à proximité de la ville de Kiev , dans l'empire russe, aujourd'hui Ukraine. Il émigre en Palestine ottomane en 1914.

4 - Ygal Allon(né Ygal Païcovitch) 10 octobre 1918- 29 février 1980, est né Kfar Tabor, au pied du Mont Tavor dans l'est de la Basse Galilée d'une famille originaire de Roumaniequi émigre en Palestine en 1901.

5 - Golda Meir ( Golda Meirson, née Golda Mabovitz), 3 mai 1898 -8 décembre 1978, est née à Kiev , au cœur de l'empire russe, aujourd'hui capitale de l'Ukraine. Sa famille émigre aux Etats-Unis en 1903, le couple Meirson arrive en Palestine en 1921.

6 - Yitzhak Rabin(Yitzhak Rubitzov) , 1er mars 1922 - assassiné à Tel Aviv par un colon juif extrémiste le 4 novembre 1995 est né à Jérusalem. Ses parents, Nehemiah et Rosa Rubitzov originaires d'Ukraineémigrèrent d'abord vers les Etats-Unis

7 - Menahem Volfovitz Begin(Mieczyslaw Biegun) , 16 août 1913 -9 mars 1992 . Il est né à Brest-Litovsk, alors ville polonaise à majorité juive, aujourd'hui Biélorussie.Il n'arrive en Palestine qu'en 1942.

8 - Yitzhak Shamir(Yitzhak Jazernicki), 15 octobre 1915( 30 juin 2012, est né à Ruzhany, en Pologne, actuelle Biélorussie. Il émigre en Palestine en 1935.

9 - Shimon Peres(Szymon Perski ) Il est né le 2 août 1923 à Wisniew, Pologne, actuellement Biélorussie. Il émigre en Palestine en 1934.

10 - Benyamin Netanyahou, (nom réel du père: Benzion Mileikowsky) né le 21 octobre 1949 à Tel Aviv, petit-fils d'un rabbin émigré de Lituanieen Palestine en 1920

11 - Ehud Barak (Ehud Brog) , né le 12 février 1942 au kibboutz Mishmar Hasharon, fils d'Israel Brog et d'Esther Godin, immigrés respectivement de Lituanie et de Pologne.

12 - Ariel Sharon (Ariel Scheinermann), né le 26 février 1928 à Kfar Malal en Palestine . Son père Shmouel Scheinerman est originaire de Brest-Litovsk alors en Pologne,actuellement Biélorussie. Sa mère Véra est un médecin originaire de Mohilev en Biélorussie.

13 - Ehud Olmert , né le 30 septembre 1945 à Binyamina en Palestine. Son père Mordechaï - né à Buguruslan en Russie, émigre en Chine en 1919, à Harbin, et arrive en Palestine en 1933

14 - Netanyahou (voir n° 10)

 


Pour comprendre qui sont réellement ces dirigeants originaires de l'Est et imbibés jusqu'à la moelle de messianisme sioniste, il est précieux de jeter un regard sur les circonstances historiques qui ont conduit les communautés juives d'Europe occidentale d'abord, puis orientale, au fil des déplacements et des conversions, à ériger le Talmud
en rempart mental infranchissable derrière lequel elles se sont enfermées à double tour.
 

Le triomphe du talmudisme notamment dans les communautés juives de l'Europe de l'Est largement composées de descendants de Kazars ignorants et frustes, constituait, pour les rabbins et autres notables du judaïsme, une manière d'unifier les esprits, de sauvegarder et de bétonner une identité nationale autonome face à un christianisme qui régnait alors en maître dans l'Europe occidentale tout entière et qui modelait les sociétés des différents Etats. Dans un environnement social et politique chrétiens, les Juifs représentaient un groupe allogène, qui refusait catégoriquement de s'assimiler. Comment l'auraient-ils pu sans renier leur religion?

Mais les conséquences de cet isolement social étaient prévisibles. Les sociétés humaines, tout comme les sociétés animales, sont spontanément hostiles aux intrus et s'emploient à les rejeter avec plus ou moins de brutalité, en fonction du tempérament national et du degré de civilité des autorités politiques, si bien que des persécutions, parfois très violentes, ne manquèrent pas de se produire au fil des siècles dans de nombreux pays. Dans les sociétés intolérantes, comme le furent longtemps les Etats chrétiens, les motifs religieux officiellement brandis cachaient fréquemment, en réalité, des causes financières et économiques. Leurs victimes en voulaient aux prêteurs abusifs ou à aux usuriers, mais une fois déchaînée, la violence populaire ne faisait pas de quartier et s'en prenait également à la foule des besogneux innocents pour la simple raison qu'ils participaient à cette communauté et qu'ils étaient là.

A une situation politique et sociale qui leur fut très défavorable durant les siècles régis par un christianisme triomphant, donc arrogant, qui les tolérait du bout des lèvres, les notables des communautés juives répondirent par le renforcement de l'auto-exclusion, laquelle renforça à son tour l'animosité des sociétés-hôtes. La spirale était enclenchée car toutes les sociétés modelées par la religion aspirent à l'unité des cerveaux.

D'ailleurs l'actuel Etat créé en 1947 en Palestine en est un exemple particulièrement éloquent. Les moyens d'information du monde contemporain et la diffusion des images ne lui permettent plus de se comporter avec la brutalité qui fut celle des sociétés plus anciennes à l'égard des populations autochtones, bien que l'indulgence dont il a été l'objet durant des décennies lui a permis de procéder à des centaines de milliers d'expulsions - la nakba - de raser des milliers de villages, de tuer des milliers d'habitants, d'en emprisonner des centaines de milliers et d'ignorer superbement les recommandations et même les condamnations du Conseil de Sécurité de l'ONU qu'il considère comme des chiffons de papier.

Voir : 7 - Ils ont crucifié Marianne... Les nouveaux exploits de Tartuffe en Palestine, Pâques 2007.

A partir du XIIe siècle environ, le nouveau parti de zélotes bigots, bornés et ignorants, ennemi des sciences profanes qui avaient rayonné du temps de l'Espagne arabe avec Maïmonide et Ibn Gabriol, et qui n'avaient que le Talmud pour tout horizon intellectuel, posa un lourd couvercle sur les cervelles et les enferma avec une férocité incroyable dans l'espace ratatiné de ses ratiocinations.

 

 "Les Juifs (...) persécutèrent leurs coreligionnaires plus âprement, plus durement qu'on ne les avait jamais persécutés. Ceux qu'ils accusaient d'indifférence étaient voués aux pires supplices; les blasphémateurs avaient la langue coupée ; les femmes juives qui avaient des relations avec des chrétiens étaient condamnées à être défigurées : on leur faisait l'ablation du nez. " (Bernard Lazare, L'Antisémitisme)

 

 

Les conséquences intellectuelles, psychologiques et morales de l'enfermement tyrannique des esprits dans le coral du Talmud furent désastreuses pour le monde et pour fidèles de Jahvé. En effet, le Talmud est censé avoir tout prévu et tout décrit. Toute recherche intellectuelle ou scientifique se trouvait ipso facto non seulement délégitimée, mais violemment combattue. Comme seuls les actes extérieurs comptaient, il suffisait de suivre sans états d'âme et à la lettre les règles prescrites. La dictature des talmudistes réussit, certes, à maintenir par la terreur, l'unité du troupeau, mais elle le sépara irrémédiablement de son environnement et développa dans la population un esprit ritualiste, positiviste et pinailleur, ennemi de tout ce qui n'est pas juif, tourné vers les satisfactions matérielles et donc vers la recherche frénétique de la richesse.

On imagine l'effet des ratiocinations de certains des rabbins dont le Talmud a pieusement recueilli les élucubrations sexuelles, immorales et choquantes sur des cervelles uniquement gavées de cette nourriture-là.

Voir dans 12 - Petite généalogie du ghetto appelé Israël, 29 juin2012 , le tableau d'un petit florilège de grossières absurdités .

Une des des victimes les plus célèbres de l'obscurantisme et de la tyrannie des talmudistes hollandais fut le philosophe Baruch Spinoza qui s'était permis de penser par lui-même.

En effet, le 27 juillet 1656, le philosophe fut ostracisé et frappé de l'infamie et de la malédiction du herem, autrement dit, d'une mort sociale et religieuse. Un fanatique juif issu des fidèles de la grande synagogue d'Amsterdam, située sur le quai du Houtgrach, a même tenté de l'assassiner. Blessé, heureusement superficiellement, il a conservé durant de longues années son manteau troué par le poignard afin de garder sous les yeux les preuves des méfaits de tous les fanatismes, y compris et surtout de celui de ses co-religionnaires.

En 1948 David Grün, alias Ben Gourion a tenté de faire lever ce "herem", qui maudit le philosophe, y compris post mortem, mais les rabbins de l'Israel actuel s'y opposèrent. Le philosophe Baruch Spinoza demeure donc, aujourd'hui encore, frappé de pestifération par les rabbins juifs contemporains

Voir : -5 - La théocratie ethnique dans le chaudron de l'histoire, 3 janvier 2011

 

 

Le terme " herem " signifie beaucoup plus qu'une exclusion de la communauté, équivalente à une excommunion dans le christianisme. Il induit la "destruction", l'"anéantissement" du renégat, au point que le philosophe a été réellement frappé d'un coup de poignard.

" Les messieurs du Mahamad vous font savoir qu'ayant eu connaissance depuis quelques temps des mauvaises opinions et de la conduite de Baruch de Spinoza, ils s'efforcèrent par différents moyens et promesses de le détourner de sa mauvaise voie. Ne pouvant porter remède à cela, recevant par contre chaque jour de plus amples informations sur les horribles hérésies qu'il pratiquait et enseignait et sur les actes monstrueux qu'il commettait et ayant de cela de nombreux témoins dignes de foi qui déposèrent et témoignèrent surtout en présence dudit Spinoza qui a été reconnu coupable ; tout cela ayant été examiné en présence de messieurs les Rabbins, les messieurs du Mahamad décidèrent avec l'accord des rabbins que ledit Spinoza serait exclu et retranché de la Nation d'Israël à la suite du herem que nous prononçons maintenant en ces termes:

A l'aide du jugement des saints et des anges, nous excluons, chassons, maudissons et exécrons Baruch de Spinoza avec le consentement de toute la sainte communauté d'Israël en présence de nos saints livres et des 613 commandements qui y sont enfermés.

Nous formulons ce herem comme Josué le formula à l'encontre de Jéricho. Nous le maudissons comme Elie maudit les enfants et avec toutes les malédictions que l'on trouve dans la Torah.

Qu'il soit maudit le jour, qu'il soit maudit la nuit, qu'il soit maudit pendant son sommeil et pendant qu'il veille. Qu'il soit maudit à son entrée et qu'il soit maudit à sa sortie.

Que les fièvres et les purulences les plus malignes infestent son corps. Que son âme soit saisie de la plus vive angoisse au moment où elle quittera son corps, et qu'elle soit égarée dans les ténèbres et le néant.

Que Dieu lui ferme à jamais l'entrée de Sa maison. Veuille l'Eternel ne jamais lui pardonner. Veuille l'Eternel allumer contre cet homme toute Sa colère et déverser sur lui tous les maux mentionnés dans le livre de la Torah.

Que son NOM soit effacé dans ce monde et à tout jamais et qu'il plaise à Dieu de le séparer pour sa ruine de toutes les tribus d'Israël en l'affligeant de toutes les malédictions que contient la Torah.

Et vous qui restez attachés à l'Eternel , votre Dieu, qu'Il vous conserve en vie.

Ce texte a été affiché dans tous les lieux d'Amsterdam où vivaient des juifs et envoyé dans les principales villes d'Europe où il y avait d'importantes communautés juives.

 

 

L'afflux de centaines de milliers de fidèles nés d'une conversion de masse de la population d'un gigantesque territoire de l'Est européen et des marches de l'Asie, dont les ancêtres n'avaient évidemment jamais mis les pieds au Moyen-Orient et qui vivaient sous la poigne de fer de rabbins talmudistes métamorphosa définitivement le judaïsme. Et c'est ce talmudisme-là qui finit par donner naissance au sionisme contemporain.

J'aborderai plus longuement cette question dans le prochain texte.

 

Notes:

[1] Jacques Attali : "Les juifs ont toutes les raisons d'être fiers de cette partie de leur histoire", propos recueillis par Eric Conan http://www.denistouret.fr/ideologues/index.html

[2] Joseph Massad , Hamas et le nouveau/vieux croissant américain http://www.ism-france.org/analyses/Hamas-et-le-nouveau-vieux-croissant-americain-article-17320

[3] Mounir Mahmoud
http://www.wmaker.net/etreinformer/Chercheur-egyptien-les-regimes-arabes-ont-contribue-au-succes-de-la-judaisation-en-Palestine_a3422.html

 

Bibliographie

Professor Abdel-Wahab Elmessiri: 
The function of outsiders : http://weekly.ahram.org.eg/1999/435/op2.htm
The kindness of strangers: http://weekly.ahram.org.eg/1999/436/op2.htm
A chosen community, an exceptional burden : http://weekly.ahram.org.eg/1999/437/op5.htm
A people like any other : http://weekly.ahram.org.eg/1999/438/op5.htm
Learning about Zionism: http://weekly.ahram.org.eg/2000/476/eg6.htm

Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, 2003, trad. Ed. Bayard 2008

Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman,La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie, 2001 ,trad. Ed. Bayard 2002

Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible, trad.Ed.Bayard 2006

Arno J. Mayer, De leurs socs, ils ont forgé des glaives, Histoire critique d'Israël, Fayard 2009

Ernest Renan, Histoire du peuple d'Israël, 5 tomes, Calmann-Lévy 1887

Douglas Reed , La Controverse de Sion

Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard 2008, coll. Champs Flammarion 2010

Avraham Burg, Vaincre Hitler : Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste , Fayard 2008

Ralph Schoenman, L'histoire cachée du sionisme, Selio 1988

Israël Shahak, Le Racisme de l'Etat d'Israël, Guy Authier, 1975

Karl Marx, Sur la question juive

SUN TZU, L'art de la guerre

Claude Klein, La démocratie d'Israël,1997

Jacques Attali: Les Juifs, le monde et l'argent, Histoire économique du peuple juif. Fayard, 2002

18 septembre 2012

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

 

 

*


FILMS

et pourquoi pas ?

Deux mots sur un film qu'on vient de voir :

 

Sept jours à la Havane

 

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Comme la plupart d'entre vous doivent le savoir, « Sept jours à La Havane», c’est donc sept chapitres, sept réalisateurs, sept regards, un pour chaque jour de la semaine. Un film construit en cadavre exquis porté par sept talents du cinéma international chargés de dérouler autant de récits. Des récits indépendants qui, mis bout à bout, rassemblés dans une trame commune constituent au final un instantané inédit de La Havane. Au fil des quartiers, des atmosphères, des générations, des classes sociales et des cultures, les réalisateurs entrecroisent leurs sensibilités, leurs parcours et leurs styles pour offrir un véritable portrait contemporain de la mythique capitale cubaine. » (Grand Ecart).

Et, n'en déplaise aux Inrocks, qui ne l'aiment pas, le résultat n'est ni hirsute, ni de bric et de broc, ni fade, mais atteint à une unité, ou si on préfère à une fusion, qui doit bien être un peu due à la vertu particulière du lieu et de ceux qui l'habitent.

Je mentionnerai juste pour mémoire les sept réalisateurs :

Le lundi revient à Benicio del Toro, avec El Yuma, histoire d'un jeune Américain venu faire un stage à l'école de cinéma de La Havane. On l'appelle ainsi, parce que « Yankee » est une injure. Il est pris en charge par un chauffeur de taxi entre deux âges, qui lui fait faire un tour de la ville by night dont il se souviendra.

Le mardi voit l'arrivée d'Emir Kusturica venu recevoir un prix récompensant sa carrière de cinéaste. Ici, il est acteur, fortement imbibé et tracassé par la colère probablement justifiée d'Anita, son épouse restée en Serbie. Il déteste les mondanités, les soupers de gala et le reste. C'est simple, il refuse de quitter le malheureux chauffeur noir qu'on a chargé de veiller sur lui et de le mener sans faute à bon port. Cette Odyssée – ce n'est pas Leopold Blum mais il y a un peu de ça – passe notamment par une cour d'immeuble, où, au milieu des poules et en présence d'un petit cochon, le chauffeur exténué par ses efforts inutiles joue de la trompette comme un dieu. C'est Jam Session, de Pablo Trapero.

Mercredi, Julio Medem suit le parcours de Cecilia, jeune chanteuse noire, qu'un Espagnol, ébloui par son talent, veut emmener à Madrid. Tentation amoureuse plus tentation de la gloire dans la riche Europe. Or, Cecilia vit avec José, un bronze de Riace noir qui a des ennuis dans sa carrière de champion de base-ball. José est portoricain, et veut prendre la mer en bateau gonflable pour passer à Miami, où il croit qu'il renouera avec le succès . Le film s'appelle La Tentación de Cécilia. Cecilia résistera à la tentation espagnole, mais pas à celle de suivre José dans son mirage américain.

Vendredi, Gaspar Noe raconte, dans Ritual, que les parents d'une jeune fille, ayant découvert qu'elle s'est fait séduire par une jeune gringa, bref, qu'elle est lesbienne, la font désenvoûter ou contre-envoûter, comme on voudra.

Samedi, c'est Dulce Amargo de Juan Carlos Tabio et l'histoire de Mirta Gutierrez, psychologue, animatrice d'un show télévisé où elle donne, une fois par semaine, des conseils aux gens pour mieux vivre. Dans la réalité, elle ne vit pas trop bien elle-même, entre son mari qui boit parce qu'il n'a plus d'emploi et sa fille (Cecilia) qui s'apprête à s'expatrier dans un sens ou dans l'autre. Et avec l'embargo qui n'arrange pas les choses, il faut bien qu'elle ait, comme presque tous, une seconde activité pour arriver à nouer les deux bouts. Un gros client lui commande des gâteaux, beaucoup de gâteaux, pour une occasion spéciale. Et voilà que son mari, rendu maladroit par l'alcool et la déprime, lui casse tous ses oeufs. Comment trouver autant d'oeufs d'un coup, à La Havane ? La débrouille et la solidarité entre petites gens y pourvoient. Comme on dit : la suite à l'écran. L'émission de Ménie Grégoire en direct est un petit morceau d'anthologie.

Dimanche enfin, vient une espèce de feu d'artifice tiré par Laurent Cantet : La Fuente, histoire d'une fontaine. Marta est une Havanaise d'un certain âge, qui habite au premier étage d'un immeuble à locataires multiples. Une statuette de la Vierge Marie trône dans son salon, car elle est très pieuse. Ce dimanche matin, elle réveille à grands cris toute la maison : la Vierge lui est apparue en rêve et a exigé une nouvelle robe – jaune – ainsi qu'une fontaine à ses pieds. Et, bien entendu, une grande fête. Aussitôt, tous de s'activer de gré ou de force. On se croirait au siège de Paris raconté par Rabelais. Maçons, peintres, couturière, tous portent, courent, volent, pédalent, s'échinent. Pas assez de place ? Qu'on abatte un mur. Pas d'eau courante ? Qu'on traverse la route et qu'on ramène de l'eau de mer !

La mer, c'est le domaine d'Ochun, mais Ochun et la Sainte Vierge s'entendent plutôt bien, elle ne dira rien. [ Ochun, déesse de la beauté dans la santeria, et première épouse de Chango, qu'on représente justement vêtue de jaune, un miroir à la main. Oui, vous avez compris, c'est l'Aphrodite de par là. Les Cubains, oecuméniques, l'ont assimilée à la Vierge de la Caridad del Cobre, sainte patronne de Cuba. La voilà. ]

Oshun - 2 .jpgComme de bien entendu, la vision de Marta s'accomplit. La Vierge avait dit : « Et une robe jaune aussi pour toi. » On lui en a fait une. L'apothéose, c'est quand une vieille dame noire très distinguée, chante a capella, en concertiste consommée, un très classique Ave Maria de Gounod, puis, sans transition, des chants africains peu susceptibles de déplaire à Ochun, chants et battements de mains que tous reprennent en choeur jusqu'à l'écroulement. L'histoire de Marta, c'est celle de tous les chefs et de tous les fondateurs de religion.

J'ai sauté le jeudi. Je le gardais pour la fin. C'est Diary of a beginner, d'Elia Suleiman, qu'il a réalisé et où il joue son propre rôle.

Quand les Inrocks disent de Sept jours à La Havane : « Une semaine à Cuba et sans inspiration. Deux jours auraient suffi. », ils se plantent le doigt dans l'oeil jusqu'aux cheveux. Quand ils ajoutent que seuls sauvent le « fade ragout » un « rituel vaudou moite et sensuel » et le film de Suleiman, ils se plantent davantage encore. Le vaudou passe assez mal à l'écran et le rituel du film, d'ailleurs, n'est pas du vaudou, c'est de l'exorcisme. Les rites d'exorcisme sont toujours un peu ridicules, qu'ils se déroulent dans une église ou en plein air. Tous font ample consommation d'eau bénite, celui-ci plus que d'autres : tout le monde est dans l'eau. La séquence de Gaspar Noe m'a fait l'effet d'être la plus faible des sept, même s'il réussit à communiquer la passion du coup de foudre entre les deux gamines, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Quant à ce que nos bobos du VIe ou du VIIe (à vue de nez plutôt des Champs) disent de Suleiman, c'est à se demander s'ils n'ont pas visionné le film au soleil, sur la Croisette :

 

 « En résulte un brillant court-métrage d’une quinzaine de minutes, quintessence du cinéma suleimanien où le réalisateur se filme lui-même, impavide voyageur à la démarche lunaire, face à des situations absurdes dont le sens semble lui échapper [c'est à eux qu'il échappe, NdC]. Il voudrait interviewer Castro, mais n’a accès, depuis sa chambre d’hôtel, qu’à ses (interminables) discours télévisés ; alors il attend, observe le triste ballet des touristes et des jolies cubaines photographiées comme des trophées de chasse… “Il ne s’agit pas de juger le régime, mais de poser un regard politique sur un pays, c’est-à-dire un regard conscient. Tout est politique, même filmer la mer vide” ».

.

Les Inrocks n'aiment pas Cuba, ils n'aiment pas Castro, et parce que Suleiman leur a dit que « tout est politique, même filmer la mer vide », ils s'imaginent avoir vu un film critique à l'égard de Cuba. Comme si un artiste de cette envergure pouvait manquer de savoir-vivre au point d'aller donner des leçons à des gens qui ne lui ont rien demandé. C'est Suleiman qu'il s'appelle, pas Kouchner ou BHL.

 

Elia Suleiman - 1 .jpeg

Voici comment le film est décrit dans Première :

« Elia Suleiman arrive à La Havane et flâne dans les rues de la ville en attendant un rendez-vous organisé par l’ambassade de Palestine. Toute communication étant rendue impossible par son ignorance de l’espagnol, sa supposée solidarité politique avec le peuple cubain se heurte bientôt à son ignorance des codes culturels. Peu à peu, alors qu’il pénètre le cœur de la ville et s’imprègne de ses sons et de ses images, ce qu’il pensait n’être qu’une façon de tuer le temps, devient un test pour redéfinir son identité. »

Que signifie « toute communication étant rendue impossible par son ignorance de l'espagnol » ? Il parle anglais, Suleiman, et les Cubains aussi. Kusturica et le jeune Américain du lundi ne savent pas un traître mot d'espagnol non plus. Et alors ? La communication n'est pas impossible pour eux. Elle l'est pour lui. Y compris avec le fonctionnaire de son ambassade. Mais pourquoi ? Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas nouveau dans son oeuvre.

Qui, ayant vu Le temps qu'il reste, n'est pas hanté par les premiers instants du film, où un ami du réalisateur, au volant d'un camion, par une nuit de tempête, dans un pays d'Europe du Nord, lui crie dans son téléphone cellulaire qu'il est perdu, qu'il fait noir comme en enfer, que les éclairs l'aveuglent, que le tonnerre est assourdissant, qu'il pleut, qu'il n'en peut plus et pourquoi ne répond-il pas ? « Eli Eli ! Lamma Sabachtani ! ».

Silence.

Ce que ces critiques paraissent ignorer, c'est que Suleiman ne parle jamais que de la Palestine, ne filme jamais que l'absence de la Palestine. A la rigueur, le silence de Dieu.

Je vous raconte le film que j'ai vu :

Elia Suleiman arpente les couloirs d'un luxueux hôtel, celui où les Cubains logent leurs hôtes de marque et qui sert de décor à plusieurs des autres films, leur donnant ainsi une sorte d'unité de lieu. Dans ces couloirs, il croise des gens : une femme de chambre noire qui passe un aspirateur, un maître d'hôtel, etc. Aucun ne lui parle ni ne lui adresse le moindre signe car aucun ne le voit. Ce n'est pas Elia Suleiman qui est là, vêtu en touriste et le chapeau de paille sur la tête, c'est la Palestine. Et la Palestine n'existe pas. Comment les gens pourraient-ils la voir ? A plus forte raison lui parler ! Il sort et, apparemment sans but, se rend à son ambassade. Belle villa en bord de mer, élégante, sereine, presque luxueuse elle aussi, avec son buste d'Arafat en marbre dans le hall d'entrée, et la clim, c'est sûr. Quelqu'un - un fonctionnaire ? l'ambassadeur ? - lui annonce que le commandant Fidel Castro est en train de prononcer un discours à l'Université de la Havane et le recevra dès qu'il aura fini. Suleiman l'entend mais ne répond pas, et l'ambassadeur, si c'est lui, n'a pas l'air de s'en formaliser. On dirait qu'il a parlé de derrière une vitre épaisse. Suleiman arpente maintenant les pièces de cette ambassade d'un pays qui n'existe pas, une des seules qu'il ait au monde sans doute. On a même allumé pour lui un téléviseur, où il peut suivre le discours en train de se dérouler. La voix qui en sort est celle d'un très vieil homme, cassée. La rhétorique est toujours la même, les gestes toujours énergiques, les visages attentifs, les applaudissements nourris, mais où cela se passe-t-il ? Sur quelle planète ? Suleiman sort sur le pas de la porte, d'où il domine la route. Une voiture (vintage, années 50) s'arrête pile, en panne. Le chauffeur en sort, soulève son capot et commence à trifouiller. Ses passagers, une jeune femme et un homme, sans s'émouvoir, se mettent, elle à prendre des poses à la manière des magazines hollywoodiens (années 50 aussi), lui, à la mitrailler de son Nikon en sautoir : sur le toit, contre une portière, un pied dans le coffre. Le chauffeur claque son capot et repart, tout le monde rejoint sa place en courant. Routine. Suleiman a peut-être souri, comme un qui comprend les petites misères d'un pays sous embargo. La Palestine, elle, reste impavide. On ne voit que son dos. Une autre voiture arrive en sens inverse et tombe en panne à son tour. Le chauffeur s'encourt armé d'un petit bidon. Panne d'essence. Routine on vous dit. Suleiman traverse la route et gagne le bord de mer. Une femme, sur un rocher, a l'air d'attendre. Suleiman est à quelques pas. Elle ne le voit pas. Il ne la regarde pas. Comme elle, il regarde la mer vide. D'où sort, au bout d'un très long temps, un plongeur – combinaison, palmes,tuba. La femme et lui s'enlacent et s'en vont. Suleiman n'a pas bougé. Ce genre de « bateaux qui se croisent dans la nuit » se répète plusieurs fois. A la fin de la journée, Suleiman repart en taxi pour l'aéroport, comme il en était venu. « Sans avoir vu Castro », disent les critiques. On n'en sait rien. Qu'importe ? Ce n'est pas le sujet du film. La Palestine est sortie de son néant pour venir à Cuba. Elle y rentre. Il ne s'est rien passé, car même les Cubains ne peuvent pas voir les fantômes et même Castro ne peut pas les matérialiser. Elle laisse derrière elle ce seul morceau de son territoire qui ne soit pas souillé par les bombes, les offenses et les humiliations : son ambassade, où vaquent des gens qui ont l'air de poissons dans un bocal, autour d'un buste d'Arafat en marbre.

Le jour du Shock & Awe sur l'Irak, un représentant de l'Algérie dont je n'ai pas retenu le nom est monté à la tribune des Nations Unies et, au lieu d'un discours inutile, il a récité, en français, Le loup et l'agneau. Il y fallait un certain courage et pas mal de désespoir. Ce Jeudi à La Havane est une parabole semblable, dont même le titre est politique en effet : « Journal d'une débutante »... parmi les nations souveraines, et ce n'est sûrement pas pour rien qu'il est en anglais, quand tous les autres sont en espagnol. Ce septième d'un film international et collectif est une épure, une fable de La Fontaine, Le loup et l'agneau. Admirable Elia Suleiman.

Carte d'identité du film, de la part des producteurs :


http://www.7joursalahavane.fr/


Catherine


*

 

 Mis en ligne par Théroigne, le 28 septembre 2012.  

 

 

0ù Koffi Cadjehoun reparle du 9/11 et nous de Charlie-Hebdo


Où Koffi Cadjehoun reparle du 9/11 et nous de Charlie Hebdo

 

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Very tea

 

Koffi Cadjehoun

 

DIMANCHE 23 SEPTEMBRE 2012

 

Depuis plusieurs années, le sénateur Graham, ancien président de la Commission sur le renseignement du Sénat américain à l'époque du 911 et membre de la Commission parlementaire de 2004 ad hoc, dénonçait le caractère mensonger de la VO telle qu'elle fut édictée à l'abri de toute légalité par l'administration W., avec un article de Kissinger paru sur le site Internet du Washington Post et appelant, en réponse au traumatisme, à lancer la guerre contre le terrorisme. La commission de 2004 a commencé par accréditer cette version scabreuse, puis la plupart de ses membres se sont rétractés pour des raisons diverses. 

La plus sérieuse autocritique émane de Graham depuis quelques années, sans qu'on ne la relaye en France, où tout contestataire de la VO se trouve apparenté à un complotiste; mais cette tribune dans le Huffington Post est d'autant plus éclairante qu'elle émane d'un organe de presse démocrate, dont la fondatrice a dénoncé la tiers-mondisation des États-Unis et la politique d'Obama au service de Wall Street et contre les classes moyennes (main street). Pourquoi les médias français ne relayent-ils pas les accusations de Graham, qui ne datent pas de cet article, remontent à plusieurs années et ont été sorties par des centaines de sources variées, abondamment calomniées sous le vocable stupide et incohérent de complotisme/conspirationnisme?

La réponse est évidente : les médias ne servent pas la vérité et ne sont pas un contre-pouvoir dénonçant les mensonges et les complots du pouvoir, mais des services de propagande soutenus par des actionnaires favorables à l'idéologie atlantiste. Que dit Graham? Le point principal de sa critique se résume en une phrase : la VO du 911 est fausse. Certains le savaient depuis plusieurs années, de plus en plus d'Occidentaux dénoncent l'imposture dans les sondages (il est plus attendu que les peuples victimes de l'impérialisme n'y aient adhéré, ce qui permet à certains médias de s'interroger doctement sur le complotisme de la rue arabo-musulmane et de participer à l'islamophobie propre au choc des civilisations des néo-conservateurs et de leurs mentors britanniques).

Mais Graham ne s'arrête pas à dénoncer l'implication des Saoudiens dans le 911. Il ne dit pas : ce sont les Saoudiens qui l'ont perpétré de A à Z, seuls, sans implication américaine sur le sol américain, sans complicité d'autres États - et de factions financières. Graham ne dit pas non plus : les Saoudiens ont fait le coup, comme il dirait : les Russes did it (par ces temps de russophobie complaisamment entretenue par les médias occidentaux, ce serait assez bien accepté, avec la résurgence des théories de l'arc de cercle; notamment propagées par Brzezinski depuis Carter, et avant lui par Lewis, vous savez, celui qui a lancé le choc des civilisations avant son élève Huntington). 

Graham dit : le rapport de la Commission de 2004 a été censuré de 28 pages cruciales qui mettent en lumière l'implication des Saoudiens et qui depuis ont toujours été couverts par les institutions américaines, de W. à Obama, en passant par le FBI et la CIA. La question fondamentale à poser est donc : pourquoi les officiels américains couvrent-ils les crimes saoudiens contre leur propre peuple? La réponse se situe dans l'article de Graham, qui ne se contente pas d'incriminer les Saoudiens.

1) Graham pose la question : "Les pirates de l'air ont-ils agi seuls ou ont-ils bénéficié du soutien d'autres puissances que celles connues des leaders d'Al-Qaïda - un réseau équivalent qui leur aurait fourni fonds, assistance et couverture ?" Si Graham parle au pluriel de "puissances", c'est qu'il n'incrimine pas seulement les Saoudiens, mais des cercles dont les Saoudiens ont fait partie. Par ailleurs, le choix de puissances en lieu et place d'Etats ou d'institutions montre que Graham incrimine des structures autres que des États. Je crains qu'il ne subodore lui-même l'implication de cercles financiers derrière la main saoudienne, comme l'accord al-Yamamah le montre.

2) Graham continue ses questions dévastatrices : "Si les terroristes disposaient alors d'un réseau de soutien, pourquoi devrions-nous penser qu'il a été démantelé ? Il est peut-être toujours actif, capable de soutenir Al-Qaïda ou l'un des nombreux groupes extrémistes haïssant les États-Unis." Le sénateur parle d'un enjeu de sécurité nationale : si le réseau n'a pas été démantelé, c'est qu'il est toujours actif sur le sol américain. Graham ne vise pas seulement des Saoudiens vivant en Arabie saoudite et ayant fomenté le complot du 911 il y a plus de dix ans maintenant. Par ailleurs, l'identité d'al Quaeda se trouve démystifié : il ne s'agit pas d'un groupe indépendant et hiérarchisé, mais de cellules qui furent créées par l'Arabie saoudite pour lutter avec les Afghans et contre les Soviétiques (officieusement, cette base de données servit à alimenter les finances du trafic de drogue dans la région, puis fut recyclé dans les différentes guerres menées par l'OTAN, comme en Yougoslavie, avec de multiples soubresauts stratégiques, al Quaeda servant les intérêts atlantistes, puis servant d'ennemi insaisissable, enfin se trouvant réhabilité dans les Printemps arabes Inc., des récupérations contre-révolutionnaires de colères autochtones contre les régimes dictatoriaux de la région).

3) Puis Graham attaque les accusations principales. A partir de son rappel des évidences de l'implication saoudienne sur le sol américain, il en vient à poser la question sans laquelle ses accusations ressortiraient du déni, voire couvriraient le mensonge islamophobe : sachant les connivences institutionnelles entre les États-Unis et l'Arabie saoudite, comment les agissements criminels des Saoudiens, ayant permis le 911, ont-ils pu demeurer couverts? Graham pointe du doigt la complicité des organes de sécurité des institutions américaines, qui n'ont pas seulement failli, comme s'ingénient à le clamer les béotiens, mais qui ont couvert sciemment le complot. Graham incrimine le FBI, le célèbre bureau de renseignements chargé des affaires intérieures, qui se trouvait en charge de l'enquête sur le 911 : "Quand l'affaire de Sarasota éclata en septembre 2011, le FBI produisit deux communiqués". La question du silence complice du FBI, qui a couvert la complicité active des Saoudiens, comme celle passive des Israéliens, recoupe d'autres collusions de même type : la CIA, d'autres services de renseignements, certains liés aux armées américaines ou au Pentagone.

Je profite de la mention de l'implication israélienne pour rappeler qu'elle se trouve mentionnée par le journal israélien de gauche Haaretz, peu soupçonnable d'antisémitisme (terme impropre de surcroit) et que le fait d'incriminer des factions sionistes et/ou israéliennes dans le 911 ne signifie en rien que l'on accuse les juifs, les Israéliens ou les sionistes d'avoir fomenté le 911, tant s'en faut. Comme de nombreux dénonciateurs de la VO mensongère du 911, j'ai du respect pour les juifs, qui sont pour moi des citoyens normaux, et j'éprouve de l'admiration pour certains aspects de la culture juive, qui recèlent de trésors d'intelligence et d'humanisme. Au lieu de craindre les calomnies, agissons avec les Israéliens comme avec les Saoudiens : si des implications officielles d'éléments saoudiens existent, que les coupables seuls soient condamnés - et que l'on désamalgame les islamistes, les musulmans et les Arabes de certains Saoudiens, comme l'on désamalgame les juifs, les sionistes ou les Israéliens de certains groupes soupçonnables à juste titre. Et qu'on en arrête avec l'accusation amalgamante d'antisémitisme, aussi peu cohérente que le créneau du complotisme/conspirationnisme.

4) Graham va plus loin. Il veut montrer qu'au-delà de l'inanité de la VO et de l'implication saoudienne, il serait réducteur et dangereux d'en rester à l'implication de certaines autorités américaines (minoritaires) contre leur propre population. Pour Graham, le slogan : "911 was an inside job" est terriblement réducteur. S'il est certain qu'au-delà du nominal FBI, les Saoudiens n'ont pu agir sans lien américain sur le sol américain, d'autant que les alliances solides entre Saoudiens et Américains remontent à la Seconde guerre mondiale, le problème est plus profond. Graham évoquait les puissances ayant soutenu al Quaeda et aidé les Saoudiens. Il va en nommer la partie la plus proéminente : "En juillet dernier, le sous-comité permanent aux investigations du Sénat, le Comité de la sécurité intérieure, a publié un rapport reprochant au géant de la banque HSBC d'avoir ignoré les liens de financement avec le terrorisme de Al Rahji Bank, la banque privée la plus importante d'Arabie Saoudite". L'accusation n'est pas innocente : suite au  rapport de la sous-commission d'enquête du Sénat américain, que Graham ne peut que très bien connaître, l'affaire HSBC a éclaté. HSBC se trouve accusée d'être l’une de principales lessiveuses d’argent sale des cartels de la drogue à l’échelle mondiale. En particulier, elle :

- a hérité des comptes en banque de personnalités saoudiennes lorsque fut fermée la banque Riggs de Washington, après les attentats du 911. Se trouve impliqué le prince Bandar "Bush" ben Sultan, qui serait mort dans un attentat en Arabie saoudite fin juillet. Il aurait reversé de l'argent à des agents saoudiens, qui à leur tour auraient aidé certains des présumés pirates de l'air du 911. 

- a entretenu des connexions solides avec l'al Rahji Bank, connue pour soutenir al Qaeda et le terrorisme international avant et après le 911.

5) Graham accuse certains financiers saoudiens de premier plan de collusions via des organisations caritatives wahabbites avec le cerveau présumé des attentats du 911, le complaisant KSM, qui a reconnu sa culpabilité à Guantanamo suite à des pratiques de torture intensives. Le lien entre la HSBC et l'al Rahji Bank n'est pas anodin : de même que les banques saoudiennes sont liées aux banques américaines et britanniques via la City et Wall Street, de même l'implication dans le 911 des Saoudiens, notamment du prince Bandar, n'a pu s'effectuer sans la complicité d'Américains et surtout de Britanniques. A cet égard, il faudrait monter du doigt les factions anglophiles sur le sol américain, dont Wall Street constitue le meilleur terreau (mais les milieux de Chicago, dont Obama est issu, constituent une alternative solide). Le prince Bandar est au centre de l'affaire de financement du terrorisme international al-Yamamah, qui implique la multinationale britannique BAE. La collusion entre l'Empire britannique et l'Arabie saoudite intervient à ce niveau. Londres fut accusé par les services secrets français d'abriter le Londonistan, pépinière complaisante de foyers terroristes multiples, notamment islamistes, et notamment saoudiens. 


Conclusion : l'accusation de Graham visant les Saoudiens implique les Américains à différents niveaux (officiels comme financiers), mais surtout les Britanniques, via la HSBC. Si l'on ne comprend pas ce lien, l'on passe à côté de l'essentiel : le changement de stratégie politique qu'a permis le 911 a débouché sur la guerre contre le terrorisme, dont les effets ont encore gradé depuis l'assassinat ubuesque d'Oussama. Désormais, nous nous trouvons dans une spirale de chaos, dont les Libyens et les Syriens sont les victimes du moment, avec les mêmes mensonges (la promesse démocratique) et les même bailleurs (les Saoudiens & Cie.) L'effort de Graham pour obtenir la vérité derrière l'écran de fumée actuel (entre VO mensongère et dénonciations vagues) est d'autant plus salvateur qu'il intervient pour enrayer le processus de guerre nucléaire, dont le 911 fut l'étincelle symptomatique. Si nous persistons à couvrir les mensonges autour du 911, comme l'ingérence démocratique dans les Printemps arabes au nom de la R2P, l'Occident affrontera d'ici peu la Russie et la Chine dans des conflits dont les répercussions peuvent être dramatiques. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le chef d'Etat-major américain le général Dempsey, qui s'oppose à Obama et aux faucons Israéliens concernant l'intervention contre l'Iran et qui a peur de répercussions nucléaires contre la Russie et la Chine. 

Nous en sommes en train de voir pourquoi la provocation du 911, attentat médiatisé à outrance, fut intentée : pour légitimer le conflit qui survient, possiblement nucléaire, entre l'Occident et l'Asie. L'Occident en faillite, la City et ses paradis fiscaux, n'a d'autre choix pour prolonger sa domination que la guerre. Jamais les populations occidentales n'auraient accepté le choix s'il avait été livré franco (de porc). Par contre, le 911 a légitimé le changement de politique, au point que la plupart des Occidentaux condamnent confusément l'invasion de l'Irak en approuvant celle de l'Afghanistan, pourtant tout aussi illégale (mais oui).

L'intervention de Graham, figure du Parti démocrate, est un camouflet contre Obama, en pleine campagne de réélection. Obama a trahi tous ses idéaux, renflouant les financiers et ruinant encore plus les classes moyennes (prolongeant l'action de son prédécesseur républicain W.). Il avait promis aux familles des victimes du 911, qui pour beaucoup condamnent la VO inepte, de réouvrir l'enquête et de rendre public le rapport classifié de 28 pages sur les implications saoudiennes. Fidèle à ses mensonges éhontés, il a ordonné au procureur Kagan en mai 2009 d'empêcher toute poursuite contre les Saoudiens, comme il a étendu la pratique de la torture, notamment à Guantanamo, comme il a légalisé l'assassinat sans jugement sur décret présidentiel, comme il a autorisé les Etats-Unis à guerroyer contre la Libye sans autorisation démocratique du Congrès, comme il a permis l'assassinat de Kadahfi, chef d'Etat en exercice...

Espérons que l'intervention vertueuse de Graham n'est pas trop tardive. Il ne s'agit pas de limiter les accusations aux Saoudiens, commodes boucs émissaires, ou de couper les liens entre le prétexte du 911 et l'actuelle crise systémique mondiale, qui a poussé les financiers à changer de stratégie, passant des accords de souveraineté entre Etats-nations au chaos impérialiste. Il s'agit de démasquer les multiples rouages de l'Empire britannique. Dans le 911, la principale connexion se situe entre Saoudiens et Britanniques. Elle n'exclut pas l'implication plus lointaine de certains cercles israéliens ou la participation suicidaire de certaines factions américaines sur leur propre sol. Au fond, tous croient tirer profit de leur participation à l'impérialisme dominant, pour des motifs divers et contradictoires, sans se rendre compte qu'ils servent une stratégie qui les dessert et les pousse au suicide. Quand je dis : "les", je pourrais dire : "nous". Car nous sommes tous impliqués, au moins par intérêts mal compris, parfois par lâcheté (la guerre, ça fait peur, le complot, ça sent le roussi).

PUBLIÉ PAR KOFFI CADJEHOUN À L'ADRESSE 04:45

Source : http://aucoursdureel.blogspot.be/2012/09/very-tea.html

 

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Merdias et fabrication du consentement

 

Qu'on nous pardonne de revenir sur un événement récent, qui ne mériterait en fait que le silence. Mini-anecdote qu'on se raconte en passant entre voisins, comme on se parlerait du temps qu'il fait et de l'automne qui revient.

Or donc, dans la foulée du trailer islamophobe mis en ligne, semble-t-il, par quelques amis d'Anders Breivik, Charlie Hebdo a remis ça, ses caisses étant probablement vides, mésaventure qui arrive assez souvent aux feuilles de chou avariées n'intéressant plus grand monde.

Aussitôt les autres merdias de se lancer dans de graves interrogations sur le droit au blasphème, la liberté de ceci-cela.

Et voilà que quelqu'un a l'idée d'envoyer à Robert Bibeau (l'Alceste du Québec) un article du Soir de Bruxelles intitulé « La liberté d'expression instrumentalisée ». Bibeau prend feu (= se met en rogne) et répond à son correspondant avec la verdeur de langage qui le caractérise (+copie aux abonnés de sa Lettre d'infos dont nous sommes. Fin du 1er acte).

Acte II : Serge ULESKI, blogueur sur le site du NouvelObs, se fend à son tour d'un article, qu'il intitule « Hebdo, business et diversion ». (Nous sommes abonnés à sa Lettre aussi.) Il y remarque notamment que « Charlie Hebdo semble avoir la fâcheuse habitude de renflouer ses caisses sur le dos d’une religion qui, certes, a quelques problèmes avec la modernité et le droit au blasphème, mais aussi et surtout… une religion pratiquée par les plus fragiles de notre communauté nationale.». Votre servante a l'idée de lui communiquer la réaction de Bibeau, accompagnée de deux lignes perso, puisque nous le lisons couramment avec intérêt, sans penser qu'il s'agit d'un commentaire en ligne et non d'un émile d'internaute à internaute.

Or, les blogueurs locataires du NouvelObs sont « modérés » par leur proprio. A plus forte raison les internautes qui les visitent. Nous avons donc eu – Acte III - la joie et pas tout à fait la surprise de recevoir du NouvelObs un avis de modération « pour propos haineux ». La rédaction du NouvelObs se serait-elle reconnue dans ceux de Robert Bibeau ? Allez savoir. Voici les objets des trois délits (le nôtre, celui d'opinion non conforme du Canadien et la censure du Nouvel Obs) :

«« D'accord avec vous. J'ai tout de suite pensé "les finances doivent être en-dessous du niveau de la mer" ! Et ça, ce n'est la faute d'aucun intégrisme, mais du manque de talent et de principes (en matière de morale publique) de Charlie Hebdo. Val est parti mais il est toujours là. Et ils ne sont pas masos comme le dit Cohn Bendit, ils sont vendus. Ils ne pourraient pas compter sur la protection dont ils jouissent, s'ils ne l'étaient pas. Tout ça pue le Pussy Riot à plein nez. Incidemment, j'ai reçu ça de Robert Bibeau (Québec), répondant à quelqu'un qui a dû lui envoyer un article du Soir de Bruxelles sur la liberté d'expression :

«« LES BOUTEFEUX CONTRE LES BOBOS DE CHARLIE-HEBDO

FOUTAISE que cette flagornerie de liberté d’expression engoncée, pseudo préoccupation des “bobos” en limousine.

La pensée de gauche n’a pas droit de cité dans vos médias à la solde dirigée par la pensée unique – où tous vos laquais journalistes – éditorialistes – columnistes – commentateurs pseudos-experts entonnent tous en choeur le même refrain aseptisé puis se relancent le micro – la page de journaux - et je te cite pour te complaire mon cher compère et quand moi-même je publierai tu me revaudras cela –

Alors de grâce ne mêlez pas le “privilège” à l’information comme ils l’entendent – et la liberté d’expression – et cette foucade – ce carnaval provocateur raciste – islamophobe – qui fait le jeu des gros capitalistes monopolistes propriétaires des médias français pour démontrer la vindicte arabe et de la rue musulmane contre ces «bobos» planqués à Paris dans leur bureau – grassement payés – et donnant des leçons de liberté à qui ne leur a rien demandé – ces esclaves de leurs propriétaires – subventionnaires – qui ne savent rien faire pour apaiser la misère qui s’étale sur les trottoirs de vos villes amères.

La révolte de la rue arabe a pour prétexte ce torchon de Charlie-Hebdo après ce trouffion de film moron et pour raison réelle la frustration de millions d’ouvriers, de jeunes à qui les impérialistes du Nord ont exproprié leur «printemps arabe»...qu’ils doivent maintenant – tout et tous – recommencer comme nous l’avons écrit il y a longtemps.

L’affaire du vidéo morpion et des saletés de Charlie-Hebdo n’ont rien à voir avec la liberté d’expression – la liberté d’expression c’est celle de manifester encore et encore et de tout casser pour cause de pauvreté, de chômage, de misère, de famine, de maladie, de mal logé, d’esclavage salarié mal payé, pour cause de mort par pollution et par guerre interposées dans tous ces pays de misère où l’on crève brulé dans les «sweet chops» des impérialistes, gérés par les marguillers locaux dominés que les nationaleux voudraient nous faire épouser et aimer. Le harki devra périr comme son maître.

À bas l’apaisement – boutefeux du monde entier «haro sur Charlie Hebdo ce baudet niais et cette vidéo dégénérée et tous ceux qui sont planqués».

Les réactionnaires fascisants n’ont pas le droit à la parole voilà la liberté de pensée.

Robert ML.

(Note de Catherine : Je ne suis pas d'accord pour qu'on insulte les baudets en les comparant à Charlie-Hebdo. Ce sont des animaux pleins de grâce.) »»

 

Réponse du « modérateur nouvelobsien» :

 

Bonjour Catherine Après lecture et analyse attentive de votre article du 21.09.12 14h05 par notre équipe de modération, celui-ci a dû être retiré de la publication en raison de sa non-conformité vis-à-vis de la charte d’utilisation du NouvelObservateur. Nous tenons à vous assurer que nous faisons tout notre possible pour accepter le plus grand nombre de messages et que tous nos modérateurs sont tenus à une stricte obligation d’impartialité. La neutralité de leur analyse est d’ailleurs régulièrement vérifiée par un superviseur. Toutes les opinions sont acceptées dans la limite des règles définies dans la charte éditoriale et sous réserve de les exprimer de manière courtoise, argumentée, et sans agressivité. Le motif de retrait de votre participation est : Propos insultants Les propos insultants ou haineux envers un utilisateur, une personne, une communauté, une entreprise ou une organisation, ne sont pas autorisés par la charte du site. Sont considérés comme injurieux les propos haineux, grossiers ou dégradants, utilisés pour qualifier autrui dans le but prémédité de l’offenser. Cordialement, L’équipe de modération.

 

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Non, ce ne sont pas des billets verts, ce sont des couvertures de Charlie.

Pas insultantes pour une communauté, pas haineuses, pas injurieuses, pas grossières, pas dégradantes, pas utilisées pour qualifier autrui dans le but prémédité de l’offenser, que dis-je, courtoises, argumentées et sans une once d'agressivité.

 

C'est là où nous voulions en venir. Il ne suffit pas de savoir que, dès l'instant où ses caisses sonnent le creux, Charlie Hebdo se rend coupable d'incitation à la haine entre peuples, en s'abaissant au niveau des pires feuilles judéophobes d'avant et de pendant la guerre (on n'a pas changé de moeurs, on a juste changé de bouc émissaire). Il faut bien voir qu'il le fait, surtout, à chaque fois qu'est lancée, contre ces peuples, une meurtrière offensive de ce que Grasset appelle « le bloc BAO ». Disons-le clairement : à chaque fois que Charlie-Hebdo se paie une tranche de rigolade et fait remonter ses ventes, il y a du sang qui coule.

Faire de la provoc pour forcer les gens à réfléchir peut être une chose estimable et même courageuse. Faire de la provoc, dont le but froidement concerté est de déclencher une guerre apocalyptique, mérite la corde.

La feuille de feu Choron est tombée si bas qu'elle a participé, récemment, à une campagne infecte de dénigrement calomnieux d'un des sites d'information alternative les plus recommandables qui soient, je veux parler du Grand Soir. Bien sûr, l'attaque ne s'est pas limitée à la concurrence heureuse qui ne joue pas le jeu de la vénalité ordinaire en fonctionnant gratuitement(1). La fine équipe des Charlie Hebdo, NouvelObs-Rue 89 (ils sont pacsés), Chapitre XI, CQFD, s'en est pris aussi à tout ce qui gêne le fameux Bloc sus-cité (Israël y étant inclus plutôt deux fois qu'une), à savoir les autres sites d'information non alignés tels que le Réseau Voltaire, Eva R-sistons, etc., et les personnalités non conformes à leurs voeux telles que Thierry Meyssan, Silvia Cattori, Jean Bricmont, Michel Collon, Jonathan Moadab, François Asselineau, Dieudonné, Michel Chossudovsky, Annie Lacroix-Riz, Paul-Eric Blanrue, Ginette Skandrani, Israel Shamir, Maria Poumier, et bien d'autres, tous marqués au fer de l'infamant « rouges- bruns ».

Que nous voulions le savoir ou pas, nous sommes en guerre, et la guerre prend aussi ces formes-là. Il serait dangereux de s'en désintéresser ou de prendre à la légère ces apparences d'escarmouches entre folliculaires. Il ne s'agit pas de cela du tout. Et Charlie Hebdo, le Nouvel Obs-Rue 89, Article XI, CQFD, et leurs compères ne sont pas rouges-bruns, ils sont bruns tout court.

On peut voir le déroulement de l'offensive et de la riposte ici-même :

http://www.legrandsoir.info/analyse-de-la-culture-du-mensonge-et-de-la-manipulation-a-la-marie-anne-boutoleau-ornella-guyet-sur-un-site-alter.html

http://www.legrandsoir.info/petits-potins-sur-le-front-national-les-nazis-charlie-hebdo-article-11-ornella-guyet-et-autres.html

http://www.legrandsoir.info/ii-les-potes-de-nos-calomniateurs-infiltres-par-la-dcri.html

http://www.legrandsoir.info/i-les-bidonnages-repetitifs-des-calomniateurs-du-grand-soir.html

http://www.legrandsoir.info/quand-charlie-hebdo-chasse-av...

http://www.legrandsoir.info/de-la-liberte-d-expression-a-la-censure-elevee-au-rang-de-vertu-ou-comment-la-gauche-se-suicide.html

A suivre...

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(1) Ce n'est pas une raison pour ne pas les aider en leur envoyant votre obole, car, à leur tour, ils soutiennent Wikileaks qui a de sacrés frais d'avocats.

Catherine

 

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Et pourquoi pas un petit dernier pour la route :

C'est Sébastien Fontenelle sur Bakchich, avec des images :

Quand Charlie Hebdo fait de l'humour

http://www.bakchich.info/medias/2012/09/20/quand-charlie-hebdo-fait-de-lhumour-61700


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Dernière minute :

Samedi prochain, 29 septembre, des parisiens vont se réunir pour commémorer, avec quelques mois de retard mais on s'en fiche, le 141e anniversaire de la Commune de Paris, du fameux «Printemps 71».

Nous en avons reçu l'annonce d'El Diablo :

 

commune03.jpg

Le 29 septembre 2012 , nous nous retrouverons place de la Commune de Paris pour fêter tous ensemble la révolution du printemps 1871. (Place de la Commune, Paris 13ème, angle des rues de la Butte-aux-cailles et de l’Espérance. M° Place d’Italie ou Corvisart)

De la Commune, reste souvent le souvenir d’une capitale insurgée, d’une ville couverte de barricades et d’une guerre civile qui s’achève par la tragédie de la semaine sanglante, aux lueurs des incendies et aux bruits des fusillades accompagnant une répression massive. Pourtant, une œuvre sociale d’avant-garde est née pendant cette période, une période bien courte : 72 jours pour des mesures très importantes sur le chômage, sur l’autogestion ouvrière, sur l’école, sur la place des femmes dans la société, sur la paix, sur la guerre, sur la justice. Il existe des parallèles avec la situation d’aujourd’hui et les combats menés pour défendre des avancées gagnées de hautes luttes pendant tout le XXe siècle, particulièrement pendant le Front populaire et à la Libération, avec le programme du Conseil national de la Résistance, et qui sont remises en cause par les héritiers et successeurs des versaillais. Nous aurons l’occasion d’en parler lors de l’intervention qui suivra, avec notamment l’actualité de la Commune : la réhabilitation des communards.

P R O G R A M M E

14h30Nag’air

15H30Riton la Manivelle, son orgue de barbarie et ses musiciens

16h30 La Chorale du Chœur Populaire de Seine-St-Denis

17h30 allocution

18H30Serge Utgé-Royo avec son florilège de chansons de la mémoire sociale internationale de 1865 à nos jours

Sur la fête, vous trouverez un stand littérature, des tee-shirts, des objets de mémoire de la Commune et une buvette où nous aurons le plaisir de nous retrouver devant un café, un communard, un rafraîchissement ou un gâteau confectionné par nos adhérents.

Sources :

http://eldiablo.over-blog.org/article-fete-de-la-commune-...

Association des amis de la Commune 1871 : http://www.commune1871.org/

 

 


Et à l'intention de ceux qui sont trop jeunes pour savoir de quoi il a retourné, voici – au diable l'avarice ! – 12 (oui, douze) conférences d'Henri Guillemin (en 13 clips) très heureusement conservées par la Télévision Suisse Romande, ce n'est pas à la RTBF qu'on verrait des choses pareilles.

C'est mieux – et plus court – que deux ans de Sciences Po.


Henri Guillemin – La Commune de Paris

 

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http://www.rts.ch/archives/dossiers/henri-guillemin/34777...

 

 

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Mis en ligne le 28 septembre 2012 par Théroigne




20/09/2012

Liberté de l'art version turque

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Liberté de l'art version turque

 Elles s'apparentent plus à Victor Jara qu'aux Pussy Riot. Elles sont turques et musiciennes. Elles viennent de se faire torturer, menottées dans le dos, par la police, au point que l'une a eu les tympans crevés et l'autre un bras écrasé. C'est la chanteuse qui n'a plus de tympans et la violoniste qui est sans bras droit. Les dictatures se copient sans même faire preuve d'un peu d'imagination. Peut-être Madame Cécile Duflot voudra-t-elle faire quelque chose en leur faveur ? Ou Monsieur Laurent Fabius, récemment l'hôte de leur pays ? Ou, qui sait, même Amnesty International ?

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Selma Altin et Ezgi Dilan Balci,

respectivement chanteuse et violoniste de Grup Yorum, ont été arrêtées vendredi devant l'institut de médecine légale d'Istanbul avec 27 autres manifestants qui demandaient la restitution du corps d'Ibrahim Çuhadar, auteur présumé d'un attentat-suicide contre un poste de police.

Commis le 11 septembre, cet attentat, qui a tué un policier et blessé plusieurs personnes, a été revendiqué par le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), considéré par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne comme une organisation terroriste.

Selon les déclarations de leur avocat, Me Taylan Tanay, les deux musiciennes « ont été victimes de tortures dès les premiers moments de leur arrestation: elles ont été jetées au sol et sévèrement battues ». 
Mais les coups ont redoublé après qu'elles eurent été embarquées
 dans un véhicule de la police anti-émeute. « Ce qui est frappant, c'est que la chanteuse de Grup Yorum Selma Altin a été frappée aux deux oreilles jusqu'à en faire exploser les tympans alors qu'elle avait les mains menottées dans le dos. Et la violoniste du groupe, Ezgi Dilan Balci, a eu le bras broyé parce qu'elle jouait du violon », a ajouté Me Tanay.
 On lui a aussi cassé les doigts.

 Bref, les escadrons de la mort à la turque les ont froidement et délibérément estropiées pour qu'elles ne puissent plus jamais exercer leur art.

Les autres gardés à vue, dont 5 enfants, on tous été, eux aussi, violemment battus.

Erdogan dans les bottes de Pinochet ? Bof, au point où on en est...


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Rappel historique

Le mouvement communiste de Turquie, incarné par le Parti révolutionnaire de libération du peuple (DHKP) et son Front armé (DHKC), se bat depuis trente-cinq ans, pour la libération sociale des peuples turc, kurde, arabe, laze, circassien, bosniaque, géorgien, abkhaze, grec, rom, arménien, chaldéen, assyrien et autres, qui cohabitent en Turquie.

« Le 20 octobre 2000, le DHKP-C lance un mouvement de grève de la faim contre la réforme des prison, laquelle vise à transférer les prisonniers politiques vers des établissements pénitentiaires de haute sécurité (prisons de type F) inspirés du modèle US et répondant officiellement aux normes européennes. Les prisonniers du DHKP-C entrent en « jeûne jusqu’à la mort » pour protester contre leur mise en isolement dans des cellules individuelles où il se plaignent des mauvais traitements. Le 19 décembre 2000, 20 prisons-dortoirs (prisons de type E) sont prises d’assaut par les militaires. Au cours du programme de déportation de plus de 3000 prisonniers politiques insurgés qui s’ensuivit, 28 détenus périront criblés de balles, torturés, asphyxiés par les gaz lacrymogène ou carbonisés par les lance-flammes. Cette résistance s’achève le 22 janvier 2007 et aboutit à une solution négociée avec le ministère de la Justice sous forme de circulaire permettant aux détenus isolés de se rencontrer par groupe de dix à raison de 10 heures par semaine. Mais durant ces sept années de résistance passive, pas moins de 122 militants dont plus de 100 membres du DHKP-C perdent la vie.

Au printemps 2004, une opération conjointe des polices turque, belge, allemande, néerlandaise et italienne, fondée sur 56.000 heures d’écoutes téléphoniques, aboutit à l’arrestation d’une quarantaine de personnes, suspectées de cinq attentats commis en Turquie pendant l’année 2003. » (Wikipedia)

Procès du DHKP-C en Belgique :

En 2006-2010, une série de jugements, en première instance puis trois en appel après deux arrêts de cassation, ont eu lieu à l’encontre de membres présumés du DHKP-C dont Fehriye Erdal et Bahar Kimyongür.

On se rappellera que Bahar Kimyongür, de naissance et de nationalité belges, réclamé par la Turquie pour avoir traduit en français un tract du DHKP, fut naguère attiré - par l'alors ministre de la justice que nous ne nommerons pas pour ne pas faire à cette dame trop de publicité chez les Blackwaters qui risqueraient de nous priver de ses talents en la recrutant car ils en ont les moyens et qu'est-ce que nous ferions sans elle - dans un guet-apens, en Hollande, afin qu'il pût en être extradé, puisque n'étant pas citoyen hollandais. Heureusement, un juge de ce pays lui sauva la vie en refusant de déférer à une réclamation aussi délirante et, faut-il le dire, déshonorante.

Grup Yorum

(Yorum = « commentaire » en turc) est une formation musicale fondée en 1985, à İstanbul, par des étudiants, dans le but de réagir au coup d'Etat militaire de 1980. Le groupe, influencé au début par Ruhi Su, Mahzuni Serif, Inti Illimani, Victorr Jara, Quilapayùn et Theodorakis, a été formé « pour être la voix de la terre et des peuples d'Anatolie, où le groupe est né, avec une infusion de musique révolutionnaire et socialiste ». En peu de temps, Yorum est devenu un nom crucial pour l'opposition et la lutte des droits et des libertés.

Chaque année depuis 1987, le groupe a aussi bien sorti des albums et donné de nombreux concerts en Turquie et en Europe, que participé à des centaines de protestations de masse, manifestations de rue, grèves, et occupations d'usines et d'universités. Les membres du groupe ont fait face à de nombreuses gardes à vue, arrestations et interdictions dus à la nature organisationnelle-révolutionnaire-activiste du groupe et du sens contestataire de leur musique.

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Plusieurs membres de Yorum ont été torturés à maintes occasions et condamnés à de nombreuses années d'emprisonnement; « même les CD et les cassettes du groupe ont été fusillés par les forces de sécurité ».

En dehors du turc, Yorum chante aussi en kurde, arabe ou circassien, militant ainsi pour le droit à l'usage de ces diverses langues.

Yorum utilise des instruments locaux tels que le ney (le petit hautbois de l'Anatolie de l'est), le bağlama (luth à manche long), le kaval (flageolet, flûte de berger), mais aussi beaucoup d'autres instruments non-locaux tels que le violon, le hautbois et surtout la guitare. Leur musique, essentiellement vocale et instrumentale, est basée sur des compositions rythmiques solides et des mélodies fluides. Pouvant être définie comme du folk-rock, elle contient des timbres rappelant les chansons folkloriques locales, les mélodies méditerranéennes, les hymnes latino-américains et le rock.

Pour davantage d'informations sur les activités du groupe et sur l'acharnement dont il est l'objet, voir Wikipédia (discographie complète en prime) et, bien sûr, les articles suivants :

 

entre autres.

 

selma altin,akp,ezgi dilan balci,erdogan,grup yorum,victor jara,syrie,turquie

En mai dernier, Grup Yorum a donné un concert de soutien « à la Syrie réelle », en opposition à la politique d'AKP-Erdogan,

malgré l'arrestation préventive de plusieurs de ses membres.

 

Rien à voir, on en conviendra, avec le casting prétendument moscovite des talent scouts d'Hollywood, ne fût-ce que pour la qualité de la musique.

 

Le groupe, chantant  malgré la censure,

El Aparecido, de Victor Jara,

devant 55.000 personnes au stade Besiktas d'Istanbul.

La chanteuse est Selma Altin.


 

 

Paroles de El Aparecido (« L'Apparu », hommage à Che Guevara)

 

Abre sendas por los cerros, 


Deja su huella en el viento, 


El águila le da el vuelo 


Y lo cobija el silencio.


Nunca se quejó del frío, 


Nunca se quejó del sueño, 


El pobre siente su paso 


Y lo sigue como ciego.





Correlé, correlé, correlá 


Por aquí, por allí, por allá, 


Correlé, correlé, correlá, 


Correlé que te van a matar, 


Correlé, correlé, correlá.





Su cabeza es rematada 


Por cuervos con garra de oro 


Como lo ha crucificado 


La furia del poderoso. 



 

Hijo de la rebeldía 


Lo siguen veinte más veinte, 


Porque regala su vida 


Ellos le quieren dar muerte.

 

Ce qui signifie à peu près :

« Il ouvre des sentiers dans les collines,

Il laisse sa trace dans le vent,

L’aigle lui donne l’envol,

Et le silence le protège.

 

Jamais il ne se plaint du froid

Jamais il ne se plaint d'avoir sommeil,

Le pauvre sent sa présence

Et le suit comme un aveugle.

 

Cours, cours, fuis, sauve-toi,

Cours par ici, cours par là,

Cours, ils vont te tuer !

Cours, cours, fuis, sauve-toi.

 

Sa tête est couronnée

De corbeaux aux serres d’or,

Tel que l'a crucifié

La furie du pouvoir.

 

Fils de la révolte,

Ils le traquent par vingtaines.

Parce qu'il offre sa vie,

Ils veulent lui donner la mort. »

 

 
In memoriam

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Victor JARA

Né le 28 septembre 1932.

Mort le 16 septembre 1973, ses mains de guitariste coupées,

au stade Estadio Cile, Santiago du Chili.



Mis en ligne le 20 septembre 2012

par Catherine.









16/09/2012

Encore un 11 septembre 11

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Encore un 11 septembre !

 

 De quoi est-il question ?

  1. D'un film qu'un givré islamophobe a tourné aux Etats-Unis et qui se balade sur le net : L'Innocence des musulmans.

  2. De l'assassinat d'un ambassadeur U.S. et de trois autres personnes, à Benghazi, en Libye.

Les merdias : « Le film a excité les Arabes, qui s'en sont vengés en lynchant l'ambassadeur. »

C'est de ces deux événements (et des merdias) que traite Ariane Walter.

Quand on tombe sur une nana qui allie un Q.I. de 228 à une si impeccable faculté de raisonner logiquement qu'on croirait presque du Robespierre, et qui, en outre, saupoudre le tout d'une tournure d'esprit à la François-Marie-vous-savez-qui, pas question de la laisser passer sans mettre la main dessus.

On les pique donc, elle et son article, au Grand Soir. Pour votre (on l'espère) délectation.

Notes à benêts :

JSSnews est un webzine d'opinion israélien doublant le magazine papier du même nom. Les initiales sont celles de son animateur  Jonathan-Simon Sellem.

Jeffrey Goldberg est un journaliste US attaché au magazine The Atlantic, dont nous parlâmes naguère sur ce blog à propos d'une interview lui accordée par Fidel Castro.

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Les Pieds Nickelés postmodernes ? Non, les musulmans made in Hollywood.

 

Ariane WALTER
Encore un 11 septembre !

Qui arrange les Américains…

Ca va finir par paraître bizarre. Tous ces 11 septembre…Il y a un numérologue dans la bande ?

Donc un 11 septembre 2012, les US sont attaqués. (Déjà vu.) Par un attentat (Déjà vu.) Qui serait mené par Al Qaida. (Déjà vu aussi.) Obama est ulcéré. (Déjà vu avec son clone.) On ne fait pas ça aux US. (Déjà dit). Ils envoient des troupes (là, très, très souvent vu.)

Je voudrais donc dire au scénariste qui monte ces trucs-là que, non seulement, il manque d’imagination mais encore, c’est la crise, que sa dernière production est assez bigleuse.

Quoi ? A New York 3000 morts américains et à Benghazi 4 ????

C’est la récession…

Interrogeons-nous.

Première question : qu’est-ce que ce film ? « L’innocence des Musulmans » (un peu d’ironie, peut-être ?) Que nous en dit l’ Huma ?

Le film, "Innocence of Muslims", est réalisé par Sam Bacile, promoteur immobilier de sont état. C’est un israélo-américain, qui a tourné en Californie ce poncif de 2 heures, en levant des fonds (5 millions de dollars) auprès d’une centaine de juifs qui ont souhaité rester anonymes. (« sont » tel qu’écrit par le journaliste. Minou, relis-toi.)

Ouch ! La nouvelle ! Les communistes seraient-ils antisémites ! En tout cas l’affirmation est claire. A l’indicatif et non au conditionnel. Le Point la reprend d’ailleurs, exactement, mot pour mot. On connaît l’importance du copier-coller dans les nouvelles écoles de journalisme et le respect de ces deux mamelles US que sont AFP et Reuters.

Ce promoteur immobilier, originaire de Californie, a levé quelque cinq millions de dollars de fonds, grâce à près d’une centaine de donateurs juifs. En seulement trois mois de tournage, il a réalisé, avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes, un film de deux heures. Le résultat est pourtant bien maigre, si ce n’est ridicule.

Là encore indicatif. On suppose qu’ils se sont renseignés.

Un peu plus bas il est dit : "Le film est politique. Pas religieux" Ce qui nous donne une nouvelle définition de « Politique ». De mauvais comédiens, un mauvais scénario, de mauvaises intentions. Beaucoup de fric pour pas grand-chose si ce n’est quelques morts qui ne se relèvent pas.

Sur ce détail important : “mécènes juifs ou non”, certains font l’impasse. Ainsi « The wall street journal » :

The man who claimed to be the film’s writer, director and producer, identified himself as Sam Bacile, a name that was subsequently believed to be a pseudonym. He said that he wanted to showcase his view of Islam as a hateful religion. "Islam is a cancer," he said in a telephone interview from his home. "The movie is a political movie. It’s not a religious movie."He said he worked with about 60 actors and 45 crew members and made the two-hour movie in three months last year in California.

D’autres démentent. Deux medias du web : Emarrakech, placé sous la haute autorité de Mohamed VI, et Alyaexpressnews.

Alyaexpressnews écrit :

Le blogueur Jeffrey Goldberg a signalé que Klein Steve, un consultant pour le film controversé, « L’innocence des musulmans », et qui se décrit comme un activiste militant chrétien à Riverside, en Californie, a déclaré que le réalisateur du film, Sam Bacile, n’est pas israélien et que ce nom est un pseudonyme. Les médias, y compris Alyaexpress-News ont signalé que Bacile était un Israélien qui a travaillé dans l’immobilier en Amérique. Goldberg cite Klein comme disant « Je ne sais pas grand-chose sur lui. Je l’ai rencontré, je lui ai parlé pendant une heure. Il n’est pas israélien, non. Je peux vous le certifier, l’Etat d’Israël n’est pas impliqué . »

J’adore « Je ne sais pas grand-chose sur lui…Il n’est pas Israélien. » Il sait donc l’essentiel. Plus loin Klein ajoute : «  Son nom est un pseudonyme. Tous ces gens du Moyen-Orient avec qui je travaille ont des pseudonymes. Je doute qu’il est juif. J’imagine que c’est une campagne de désinformation. »

« J’imagine que c’est une campagne de désinformation » ne colle pas trop avec le titre : « Désinformation : Sam Bacile n’est ni Juif, ni Israélien. » Mais la plupart des gens ne lisent que les titres. Donc…

Remarquons également l’arrivée à point nommé des « chrétiens » dans l’affaire.

Une question plus grave passe à l’as que je suis la seule à poser : Sam Bacile est-il de la famille de Bachelot ? Prévoit-elle un vaccin ? Parce que vu le prix que ça nous a coûté la dernière fois et vu ses accointances avec les socialistes, on se sent mal ! 
Bien. Qui a fait quoi est donc flou. Peut-être parce que ce n’est qu’une vidéo sortie sur ce maudit internet où n’importe qui dit n’importe quoi.

On nous dit en effet que le film est sorti depuis juin où il n’a eu que 22 000 vues ce qui est peu en effet. « Prends le pouvoir sur moi, Jean-Luc », autre production iconoclaste, avait été vue par deux millions de fans. La sortie de ce film historique, dans tous les sens du terme, (celui sur Mahomet et non celui sur Jean-Luc) était donc passée jusque là inaperçue jusqu’à ce que, d’après le Wall Street journal, Twitter se soit emparé de l’affaire ! Sacré Twitter ! Après avoir coulé à pic la femme du pédalo, ils récidivent en mettant l’Arabie à feu et à sang ! Pas cool Twitter ! Et si on le supprimait ???

The man who claimed to be the filmmaker, said he posted the trailer for his film on YouTube in early July. But it had largely escaped attention until recent days, when activists on Twitter pointed to clips that included actors in anachronistic costumes, near flimsy sets and often stumbling through lines. Egyptian clerics began widely condemning the footage.

En fait, il s’agirait de tout autre chose. Grâce à l’Humanité, l’enquête progresse :
Les premiers extraits du film ont été diffusés dès juin, et il avait alors obtenu le silence retentissant qu’il mérite. Et ce malgré le soutien du Pasteur intégriste Terry Jones, le brûleur de Coran, qui a béni le film et projette de le diffuser à l’office. Mais mardi, une chaîne de télévision égyptienne a choisi de diffuser un large extrait vidéo, déclenchant les émeutes.

Bon, là il suffit de savoir qui a programmé ces extraits sur la télé égyptienne pour voir un peu d’où vient le coup. Mais personne n’en parle. Oh ! Le journalisme d’investigation !! Qu’est-ce que vous faites ! Est-ce donc si difficile à vérifier ? Il s’agit tout de même d’un appel au crime lancé sur une chaîne publique ! Qui a donné l’ordre ? Comment sur un point aussi simple : « Est-ce que c’est passé à la télé ou pas ? » ne peut-il y avoir consensus ? Il n’y a pas TVpoche dans ce pays ? Ou est-ce une façon une nouvelle fois de montrer qu’internet est un media dangereux ? Et si on le supprimait ?

Autre détail qui a son importance rajouté par l’Huma : Ce n’est donc pas un film copte, comme on a pu l’entendre dans un premier temps, notamment de la bouche du grand mufti d’Egypte, ce qui a fait craindre des représailles aux chrétiens du Caire lors des manifestations d’hier.

(Ouf pour les Coptes ! Ils viennent de l’échapper belle là et comme tout le monde se fout de leur massacre…)

Passons maintenant à un autre point délicat : Qui a tué l’ambassadeur américain ? Là encore, on nous balade.

- Première proposition : les Arabes. (Terme vague)

JSSnews écrit :

Bien que les premiers rapports affirment que son véhicule a été touché par une roquette, il semble maintenant beaucoup plus probable que lui et trois employés de l’ambassade (deux d’entre eux des Marines américains) ont été arrachés de leur voiture de l’ambassade et lynchés par les « manifestants ». De la sauvagerie arabe. Et que l’on ne me traite pas de raciste : je n’ai pas vu ça ailleurs que dans les pays arabes. Mais peut-être que je me trompe, après tout.

On ne peut que féliciter l’auteur de ces lignes pour cet effort de bienveillance. Donc JSSnews reste vague : « Ce sont des Arabes sauvages. Les deux termes étant synonymes. »

- 2ème proposition : Al Qaïda.

Libération nous informe :

Selon cette source, les extrémistes se sont servis de manifestants qui protestaient contre le film comme d’un « prétexte » pour s’en prendre au consulat américain avec des armes de petit calibre mais aussi des lance-roquettes. « Il y a des détails encore assez flous, mais clairement on a la signature d’Al-Qaeda », a estimé de son côté Mike Rogers, président républicain de la commission du renseignement au Congrès américain, sur la chaîne CNN.

Il faudra expliquer à Mike Rogers, président républicain de la commission du renseignement au congrès américain, (on tremble) qu’il y a quand même une différence notable de sens entre « assez flou » et « clairement ». Par ailleurs de qui s’agit-il ? D’Al Qaïda , la branche arabe de la CIA ? D’Al Qaïda qui fait sauter des tours avec des cutters ? D’Al Qaïda qui aide les Us en Libye et ensuite, certains étant au chômage va leur filer un coup de main en Syrie ? Quel Al Qaïda ?

- Troisième proposition : les Salafistes.

Pour les ignorants rappelons que les salafs sont les purs antiques de l’Islam, Mahomet et les quatre premiers califes et que le salafisme a toujours existé quand il s’est agi de dire :« C’était mieux avant . Revenons au bon vieux temps. Soyons les plus rétrogrades possible. » Le Fn est donc salafiste et les vieux blancs du Ku-Klux-Klan aussi !

Le Point y va carrément :

Des salafistes libyens ont attaqué l’ambassade des États-Unis à Benghazi, officiellement pour protester contre un film anti-islam. Elle est l’oeuvre de brigades salafistes appartenant au mouvement Ansar el-Charia (les défenseurs de la charia, NDLR).

Très précis en effet. Autre information donnée par le même :

"L’assassinat qui a visé l’ambassadeur américain en Libye a été prémédité", affirme l’islamologue Mathieu Guidère*. "Il répond directement à l’appel du numéro un d’al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, qui a demandé aux salafistes libyens de s’en prendre aux Américains pour venger la mort d’un des grands stratèges de l’organisation, Abou Yahya al-Libi, tué en juin dernier par un drone américain au Pakistan." D’après le chercheur, la diffusion du film de Bacile n’aurait donc rien à voir avec l’incident. "Ce film est passé relativement inaperçu en Libye, assure-t-il. Mais lorsque les salafistes en ont pris connaissance, ils se sont précipités dans la brèche pour mener une action spectaculaire qu’ils allaient politiser." Les salafistes possèdent entre eux de nombreuses interconnexions au Maghreb, explique Mathieu Guidère. Lorsqu’ils sont inexistants en politique, leurs actions provocatrices et spectaculaires plongent le gouvernement en place dans l’embarras, car elles visent le thème sensible du sacré."

Peut-on dire que les salafistes sont les Pussy riot de l’Islam ?? L’assassinat de l’ambassadeur américain était-il une performance ?

Du calme, Le Point ! L’enquête est en cours ! On a arrêté quatre lampistes et personne ne sait quoi !

- Quatrième proposition, toujours dans Libé : des partisans de feu Kadhafi.

Les autorités libyennes ont présenté leurs excuses aux Etats-Unis et pointé du doigt à la fois les partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et Al-Qaeda après cette attaque survenue mardi soir, jour du onzième anniversaire des attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis commis par le réseau islamiste.

Cette accusation s’explique si l’on considère que ce malheureux ambassadeur a été lynché et violé exactement comme l’avait été Kadhafi, abandonné, par les Zuniens, à la vindicte de ses ennemis. Notons au passage qu’ Hillary Clinton, qui avait éclaté de rire quand Kadhafi avait été tué , n’ a pas réagi, là, de la même façon, et que si un chef arabe avait pouffé ,suite à la mort horrible de l’ambassadeur, on l’aurait sans doute traité d’inhumain.

De tout cela retenons qu’Arabes, Al qaidistes, Salafistes, ou ex-Kadhafistes, ce sont quand même toujours des Arabes sauvages dont on nous dit qu’ils sont très violents. Et il vrai qu’à force de les exciter comme des pittbuls on finit quand même par avoir quelques résultats. Leur efficacité n’est pas toujours aussi évidente puisqu’on nous dit :

Au même moment, en Égypte, des milliers de manifestants, en majorité des salafistes, ont attaqué l’ambassade américaine au Caire. Ils sont finalement parvenus à arracher le drapeau américain, avant de le remplacer par un étendard islamique.

Rien que ça ? Félicitations au Point qui a une machine à détecter les salafistes dans la foule. Ceci ne nous étonne pas de la maison Giesbert, grand journaliste contemporain.

Et si l’on cherchait ailleurs ?

Chez les blancs. Chez les républicains Zuniens , par exemple.

Comme vous le savez, cette grand nation démocratique est en période d’élections, les citoyens ayant à choisir entre un fou patenté et un fou dissimulé. (Comme chez nous. Chez nous, en fait, ce n’est pas l’islamisation de nos coutumes qui est à craindre mais l’américanisation de nos mœurs qui est tellement avancée que beaucoup de Français actuellement raisonnent comme des blancs du Mississipi !)

Etudions l’affaire.

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La grande histoire, en ce moment, est la réélection d’Obama. Ce qui intéresse au plus haut point Israël , maître à penser et maître à danser des EU. Israël et ses faucons. Or, y aurait-il de l’eau dans le gaz entre Obama et Netanyahou ? Des bruits ont couru disant qu’Obama avait refusé de recevoir Net lors d’un de ses passages à New-York. Depuis les deux hommes se sont longuement téléphoné (pour se dire quoi ?) et le différend s’est calmé. Tout va bien. (Ca a coûté combien ? A qui ?) Il n’empêche qu’Israël préférerait un Républicain traditionnellement ancré dans le clan des pétroliers et des fabricants d’armes, Obama étant plutôt le petit marquis de la finance. Or ils ont besoin de soudards sans état d’âme. Romney, stupide à souhait, persuadé que Dieu a créé l’Amérique pour qu’elle dirige le monde (au nom d’Israël), leur paraît donc mieux convenir. Ceci n’est pas sans rappeler l’histoire de l’élection de Reagan qui avait éliminé Carter suite à la prise d’otages de 52 Américains prisonniers à Téhéran. Les républicains avaient dit que Carter était incapable de porter haut le drapeau de l’Amérique et c’est ainsi que les Républicains avaient repris les rênes. Sont-ce les républicains de Romney qui ont monté toute cette affaire pour tenter de discréditer Obama ? C’est l’avis de Libération :

La date choisie, le 11 septembre, ne doit rien au hasard. Car si le gouvernement américain s’est montré plutôt discret sur les commémorations des attentats de New York, les milieux néoconservateurs en ont, eux, profité pour relancer leur machine de guerre médiatique anti-musulmane.

Quant à la préférence des faucons Israéliens pour Romney, il suffit de jeter un oeil surJSSnews :

Oui, c’est la faiblesse du président Obama, celui-là même qui a traîné la dignité des Etats-Unis d’Amérique au sol. Un diplomate américain a été assassiné par la foule dans les rues d’un pays qui, par peur d’un Président américain courageux, n’aurait pas touché un cheveu de l’ambassadeur. Tant qu’Obama sera au pouvoir, il n’y aura pas de réponse significative – militaire ou autre.

Glups ! Quoiqu’il en soit nous pouvons tenir pour acquis les points suivants :

- Que cette affaire a été voulue pour produire ce qu’elle a produit.

- Qu’un dessin animé tout aussi irrévérencieux, Ahmed et Salim, et qui passe en Israël depuis des années, se moquant d’une famille de terroristes, n’a eu aucun effet de ce type. Certes, il ne s’agit pas de Mahomet mais les Arabes sont quand même ridiculisés aux petits oignons.)

- Qu’on comprend pourquoi les Pussy Riot ne font pas de performance dans les mosquées.

- Que les Arabes passent pour des sauvages sanguinaires. Et qu’il faut en avoir très peur chez nous. Et voter à droite.

- Que la flotte US débarque en Méditerranée. Ou elle était déjà quand même.

- Bref que le parti de la guerre hard qui en a marre de traîner les pattes a pris une option sur le parti de la guerre soft qui s’apprête à récolter des fruits juteux en Europe. Canons ou banque, il faut choisir.

Quant à l’organisation de cette nouvelle partie de Backgammon, voici ce que je propose. Je mets au conditionnel car je ne suis pas un grand journaliste pour parler à l’indicatif.

Qui est à l’origine du film ?

1) Des potes israéliens qui veulent se payer une partie de rigolade.

2) On commande ce film. Qui ? Le Qatar ! Ahahaha ! C’est la dernière nouvelle. Ca vient de tomber !

Qui l’utilise ?

  1. Des partisans de Romney. Les faucons d’Israël . Ils découvrent le film, voient l’intérêt de la chose et se débrouillent pour attirer l’attention des medias. Ainsi Obama sera décrédibilisé.
  1. Ce sont des partisans d’Obama qui montent le coup. Coup triple : leurs bateaux sont en méditerranée et leurs troupes en Libye. Les Arabes passent encore pour de foutus sauvages. Encore un clou sur la croix de l’Islamophobie. Grâce à leurs medias, ils suggèrent l’histoire du mécénat des Juifs. Il faut qu’ils se calment ceux-là. Romney est décrédibilisé car il a critiqué Obama sans respecter la mort de l’ambassadeur.

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Pendant ce temps un homme est effroyablement massacré. Et trois autres. On a eu beaucoup mieux et sans état d’âme.

He oh ! Les bisounours ! Vous ouvrez les yeux un peu sur tonton Sam suffit jamais et oncle Ben très collant ?

Et Al Qaïda ?

Ahahahahahahaaaaa ! (Echo caverneux.)

Et pour ceux qui ont des doutes, les dernières révélations de The Independant : les Etats-Unis étaient au courant de l’attaque. Si c’est vrai, ça ne vous rappelle rien ?

Ariane Walter

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Source :  http://www.legrandsoir.info/encore-un-11-septembre.html


Mis en ligne le 16.9.2012 par Théroigne








24/08/2012

Pussy Riot vs. Julian Assange

La Nef des fous - Vladimir VERESCHAGIN.jpg

« On n’a pas le droit

de scandaliser les croyants »

Marat

 

Pussy Riot vs. Julian Assange, à chacun son bon et son méchant.

 

par The Saker

17 août 2012 – Information Clearing House

Deux cas très médiatisés de liberté d’expression font l’actualité ces jours-ci : le verdict dans le procès des Pussy Riot à Moscou et l’octroi, par l’Equateur, de l’asile politique à Julian Assange. Je pourrais dire que les deux cas sont, de bien des façons, sinon similaires, du moins comparables. Après tout, nous avons, dans les deux cas des gens qui ont décroché de l’université, qui ont bafoué les lois d’un pouvoir de première grandeur, et dans les deux cas, les protagonistes sont devenus une espèce de symbole de la résistance au pouvoir de l’Etat et au droit à la libre expression. Mais il y a aussi, entre les deux, des différences considérables, je dirais même cruciales, qui justifieraient tout autant qu’on les considère non comme similaires mais comme aux antipodes l’un de l’autre.

 C’est la raison pour laquelle, afin de clarifier la question dans mon esprit, j’ai décidé de dresser un petit tableau, dans lequel je compare les cas Pussy Riot et Julian Assange. Ce n’est évidemment pas une comparaison exhaustive. Il faut plutôt y voir une sorte de rapide évaluation, comme j’aurais pu la griffonner sur une nappe de restaurant.

 

 

Pussy Riot

Assange

 

 

Origine

Russe

Australienne

Protagonistes

Collectif d’anonymes

Personne individuelle

Délit

Appel à la haine prouvé

http://www.youtube.com/watch?y=ALS92big4TY

 

Prétendue relation sexuelle sans protection.

Prétendu espionnage

 

Motif idéologique

Arracher Poutine du pouvoir.

Féminisme de 3e génération.

Homosexualité.

Société ouverte.

Anti-guerre.

Information libre.

Presse libre.

 

Tactique de défense

Déni de responsabilité.

Revendication de responsabilité.

 

Légalité

Aligné sur la loi des medias dominants :

http://mercouris.wordpress.com/2012/08/07/pussy-riot-2/

 

Application de dispositions légales sans précédent.

Soutiens

Gouvernements occidentaux.

Elites occidentales.

Elites russes.

Gouvernement russe.

Opinion publique mondiale.

Elites occidentales.

 

Activités passées

Groupe d’organisation de « happenings » VOINA

 

http://kaifolog.ru/2010/08/27/poshto-pizdili-kuru-22-foto...

 

http://plucer.livejournal.com/281211.html?nojs=1

 

 

Pirate informatique et promoteur de logiciels libres.

Education

Décroché de l’université

 

Décroché de l’université

 

Entre nous soit dit, quand je considère ce tableau, je me demande encore comment un « groupe de jeu collectif » russe (c’est ce qu’ils prétendent être) comme Pussy Riot a pu devenir, en un instant, le méga-héros de tant de personnages publics. Vous pensez que j’exagère ? Jetez donc un œil à cette liste, que j’ai trouvée sur Wikipedia :

Kate Nash, Red Hot Chili Peppers, Sting, Peter Gabriel, Cornershop, Faith No More, Alex Kapranos of Franz Ferdinand, Neil Tennant des Pet Shop Boys, Patti Smith, The Beastie Boys, Refused, Zola Jesus, Die Antwoord, Jarvis Cocker, Pete Townshend, The Joy Formidable, Peaches, Madonna, Genesis, Tegan and Sara, Johnny Marr, Courtney Love, Iiro Rantala, Propagandhi, Anti-Flag, Rise Against, Corinne Bailey Rae, Peter Hammill, Kathleen Hanna, Björk, Paul McCartney, Yoko Ono, l’acteur britannique Stephen Fry, le maire de Reykjavik Jon Gnarr et Warren Kinsella. Une lettre de soutien de 120 membres du parlement allemand, le Bundestag, a été envoyée à l’ambassadeur de Russie en Allemagne, Vladimir Grinin. La lettre qualifie le procès fait à ces femmes de « disproportionné et draconien ». Le 9 août 2012, 400 supporteurs des Pussy Riot ont défilé à Berlin en portant des cagoules colorées, dans un show de soutien au groupe.

A ceci, il faut ajouter la couverture intensive, disons même franchement délirante, du procès des Pussy Riot par les medias dominants occidentaux. Bizarre, non ? Cela pourrait-il être dû à la qualité de l’« interprétation musicale » en elle-même (appelée « prière punk ») ? Eh bien, jugez-en par vous-mêmes :

 


Pour apprécier pleinement leur talent d’artistes, voici la traduction des paroles :


Vierge Marie, Chasse Poutine,

Chasse ! Chasse Poutine !

Soutane noire, épaulettes dorées

Tous les paroissiens rampent et se prosternent

Le fantôme de la liberté est au ciel

La gay-pride est envoyée en Sibérie, dans les chaînes.

Le chef du KGB est leur saint patron

Il conduit les protestataires en prison sous escorte.

Pour ne pas offenser les grenouilles de bénitier

Les femmes doivent enfanter et aimer

Sainte merde, merde, merde du Seigneur !

Sainte merde, merde, merde du Seigneur 

Sainte Vierge Marie, deviens féministe,

Deviens féministe, Deviens féministe

L’Eglise encense les dictateurs pourris

Les porteurs de croix font la procession en limousines noires

A l’école, tu te farciras un  prof prêcheur

Vas-y – apporte lui de l’argent !

Le Patriarche Gundyaev croit en Poutine.

Salope, tu ferais mieux de croire en Dieu.

La ceinture de la Vierge ne remplace pas les manifs

De protestation contre notre Marie-toujours-Vierge !

Vierge Marie, Chasse Poutine,

Chasse ! Chasse Poutine. »


Alors qu’on ne peut pas ne pas être d’accord avec certaines des idées contenues dans cette tirade (le Patriarcat de Moscou est en effet à la fois corrompu et totalement contrôlé par le Kremlin, et le Patriarche Gudyaev est un vaurien et un escroc de la pire espèce), il est évident pour moi que l’intention réelle de cette mascarade n’est pas de dénoncer des abus mais de réussir à provoquer un effet de choc maximal. En fait, le collectif Pussy Riot n’est rien d’autre que le dernier reconditionnement de l’infâme groupe de jeu « Voïna » (« guerre » en russe), qui s’est rendu tristement célèbre par l’organisation de happenings du genre orgies publiques dans des musées, séances de masturbation au poulet surgelé dans des supermarchés, provocations débiles de policiers médusés dans des commissariats, etc. etc. Vous croyez peut-être que je plaisante ? Eh bien, non. Et pour vous le prouver, j’inclus (avec répugnance et dans un format délibérément petit), une ou deux photos de ces «événements » dans le présent post. Et si vous trouvez que j’exagère, vous pouvez cliquer sur les liens qui suivent, montrant ces nauséeuses photos agrandies [Nous allons nous contenter de celles-là. NdCL ].

http://kaifolog.ru/2010/08/27/poshto-pizdili-kuru-22-foto...

http://plucer.livejournal.com/281211.html?nojs=1  *

Si le premier de ces événements prétendait être une forme de déclaration d’opinion sur celui qui était alors le président Medvedev, le second – intitulé « pourquoi le poulet fut foutu » et «histoire de comment le con nourrit la guerre » - ne comportait même pas le plus vague des messages.

Il est plutôt évident que ces dames, qu’on les emballe sous l’étiquette Pussy Riot ou Voïna, n’ont d’autre message et d’autre but que d’offenser, de dégoûter ou de choquer. Leur seul et unique trait de génie a été d’ajouter à leur répertoire habituel centré sur le sexe, un message anti-Poutine et anti-Religion Orthodoxe. Là, elles ont vraiment décroché le canard, puisque cela leur a valu, en l’espace d’une seule nuit, le statut d’héroïnes en Occident. Et ceci, à son tour, en dit bien plus long sur l’Occident que sur ces femmes sexuellement frustrées et pour tout dire détraquées.

En effet, tandis que les élites occidentales s’alignent derrière les Pussy Riot, un pays occidental présumé civilisé - le Royaume Uni pour ne pas le nommer - se comporte comme un régime nazi de bande dessinée en envoyant des lettres de menaces à un pays souverain, l’Equateur.

« Vous devez être conscient qu'il existe un fondement juridique au Royaume-Uni dans la Loi sur les locaux diplomatiques et consulaires qui nous permet de prendre des mesures pour arrêter M. Assange dans les locaux actuels de l'ambassade.

Nous espérons vivement ne pas en arriver là, mais si vous ne pouvez pas résoudre le problème de la présence de M. Assange dans vos locaux, c'est une voie qui nous est ouverte.

Nous devons rappeler que nous considérons que l'utilisation continue des locaux diplomatiques de cette manière est incompatible avec la CVRD (Convention de Vienne sur les relations diplomatiques) et insoutenable, et que nous avons déjà été clairs avec vous sur les conséquences graves pour nos relations diplomatiques. »

N’en déplaise au verbiage diplomatique dans lequel on s’efforce de l’emballer, ce n’est là qu’une vulgaire lettre de chantage digne de truands. De plus, et comme je l’ai déjà mentionné dans mes commentaires d’hier, il n’existe absolument aucun précédent, dans toute l’histoire récente, du genre de comportement adopté par le Royaume-Uni. En fait, TOUT, dans cette affaire, est un exercice sans fin de distorsion et de viol des lois, dans le seul but de persécuter Assange : de la ridicule allégation de sexe non protégé à la Notice Rouge d’Interpol et du refus catégorique des procureurs suédois d’interroger Assange en Angleterre au refus britannique de lui donner des garanties de non-extradition, pour finir par les menaces britanniques d’investir par la force l’ambassade d’Equateur dans leur pays, tout cela est, je le répète, absolument sans précédent.

Une fois encore, comparez cela au procès des Pussy Riot à Moscou, qui se classe tout à fait dans la norme, et même bien moins sévère que ce qui est considéré comme la norme dans la plupart des pays occidentaux (voyez cette excellente et très détaillée analyse juridique d’Alexander Mercouris pour davantage d’information).

Il est vrai que ce qui est au centre du débat, dans les deux cas, est la liberté d’expression.Peu importe que l’expression (le discours) soit politique ou défende un noble idéal, ou qu’il soit utilisé pour offenser, insulter ou choquer. Le discours est du discours malgré tout. Cependant, comment se fait-il que les élites occidentales ne soutiennent pas toutes les formes d’incitation à la haine comme elles soutiennent celle des Pussy Riot ? Est-ce que quelqu’un va sérieusement prétendre que si ces dames avaient organisé leur représentation dans, mettons, une synagogue française, les élites occidentales se seraient mobilisées en leur faveur ? Tout le monde sait bien que non. Alors, à quoi joue-t-on ici ?

En outre, le discours n’est pas la même chose que l’opinion. Si – du moins en théorie - les sociétés occidentales ne limitent pas l’expression d’opinions, elles limitent toutes la liberté de parole, ne fût-ce que pour des raisons de sécurité nationale, de répression d’incitation à la haine, de respect des lois en vigueur, etc.

Alors, finissons-en avec les conneries et dissipons toute confusion : le soutien des Occidentaux aux Pussy Riot n’est pas dû à leur opinion sur Poutine ou sur le Patriarcat de Moscou (de telles opinions peuvent être - et sont - couramment exprimées en Russie), et n’est pas dû non plus à un quelconque soutien de principe à la liberté de parole, que l’Ouest limite tout autant (et même bien plus que ne le fait la Russie à mon avis).

La triste vérité est que le soutien de l’Occident aux Pussy Riot n’est en réalité rien d’autre qu’une expression de plus de sa haine rabique de tout ce qui est russe ou russe orthodoxe. Et si cela implique la transformation d’une bande de femmes dérangées en étendard de la liberté, allons-y ! Et si cela implique aussi qu’on détourne le regard de l’obscène et outrageuse persécution d’un très réel héros comme Julian Assange [pour ne rien dire de Bradley Manning, NdCL ] par l’empire US et ses vassaux, allons-y aussi !

Paradoxalement, les Pussy Riot sont un parfait exemple de ce que l’Ouest représente, de même que Julian Assange est devenu le symbole de ce que la Russie – et toutes les autres nations de la terre qui refusent de se soumettre à l’empire US – représentent.

J’y vois une sorte de justice poétique, une forme de karma pour tout dire. L’Occident moderne, post-chrétien, païen et cupide, avec son arrogance et son hypocrisie sans bornes, a sombré dans l’idéologie guerrière de caniveau, soutenant ouvertement les tordus et les psychopathes et persécutant tout ce qui est noble et courageux. Je trouve aussi parfaitement beau qu’un petit pays comme l’Equateur ait osé ce dont les pays d’Europe si présomptueux et abusivement fiers d’eux-mêmes n’ont jamais été capables : faire preuve de vrai courage, de dignité et de respect de soi.


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En vérité : à chacun ses héros et ses méchants.

En guise d’épilogue provisoire :

Donc, les Pussy Riot se sont pris deux ans de prison. J’aurais préféré qu’on les condamne à cinq ans de travaux d’utilité publique (vous savez, à faire quelque chose de réellement productif pour leurs compatriotes), mais une telle sentence aurait aussitôt donné lieu à un nouveau cirque médiatique. Je suppose donc que le juge a pris la décision qu’il fallait.

Pour ce qui est d’Assange, son avenir dépendra du courage (ou du manque de) des autres pays d’Amérique Latine. L’Equateur ne peut pas, seul, triompher dans un bras de fer avec le Caniche de l’Oncle Sam, mais si cette affaire polarise suffisamment l’opinion publique en Amérique Latine, le sentiment d’outrage qui en résultera pourrait entraîner des conséquences économiques pour le Royaume Uni, qui pourraient bien à leur tour le forcer à trouver quelque solution civilisée et mutuellement acceptable à cette situation embarrassante. Il serait souhaitable aussi que la Russie et la Chine fassent entendre leur voix, mais je ne retiens pas trop mon souffle là-dessus, ces deux-là n’étant pas spécialement connus pour leur altruisme.

Encore une chose :

Je présente mes excuses à quiconque se sentirait offensé par les photos d’une vulgarité rare que j’ai mises en ligne. Premièrement, j’estime que nous sommes tous des adultes, mais plus encore, et tout comme je l’ai fait dans mes deux articles sur le « lobby homo » ( ici et ici ) j’ai le sentiment qu’il est important de montrer les choses comme elles sont dans la réalité et non par rapport à un concept abstrait. Discuter de diversité sexuelle ou de liberté d’expression est une chose, voir un homme à moitié nu ave des plumes dans le derrière ou une femme s’introduisant publiquement un poulet dans le vagin en est une autre. Une réalité obscène, dégoûtante et pathologique doit être montrée pour ce qu’elle est, pas pour ce que d’aucuns veulent qu’elle soit.

The Saker

P.S. Pour rire un bon coup, ne ratez pas la couverture du verdict de Moscou par la BBC.

PPS. Voici, pendant qu’on y est, la version ukrainienne du soutien aux Pussy Riot par le groupe féministe Femen. Vous y verrez la blonde Inna Shevchenko en boxer rouge et seins à l’air, abattre à la tronçonneuse une croix de bois catholique érigée au centre de Kiev.


 

 

[ La police ukrainienne recherche activement la gente Shevchenko pour lui réclamer des comptes. Le tarif, en Ukraine, pour ce genre de plaisanterie, est de cinq ans. Ce qui est bénin, si vous voulez l’avis du chevalier de la Barre. NdCL ]

Source : http://www.vineyardsaker.blogspot.be/2012/08/pussy-riot-v...

Via : http://www.informationclearinghouse.info/article32225.htm

 Traduction Catherine L.

 pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

__________________  

* Comme les Grosses Orchades s’adressent à un public d’adultes - et d’enfants qui passent tous les jours devant des kiosques à journaux, nous y ajoutons les liens-videos de ces manifestations artistiques :

http://www.youtube.com/watch?playnext=1&index=0&feature=&v=796-g_NQobA&list (imaginons les sarkocops à la place du keuf russe)

http://www.viddler.com/v/a2e3854 (vous entendez Tzara et Mouna se retourner dans leurs tombes ?)

http://www.viddler.com/v/f7f0f529  ( ??? )

et, ah, le poulet !

http://nataly-lenskaya.livejournal.com/348825.html


 

*

 

Ne reculant devant aucun sacrifice, nous ajoutons, aux informations de l’auteur sur les personnalités qui se sont mobilisées en soutien aux Pussy Riot, quelques précisions hexagonales et belgeoises.

Commençons par les nôtres, il y en a moins :

« A Bruxelles, une cinquantaine de personnes se sont réunies devant l’ambassade de Russie pour protester contre le verdict du tribunal de Moscou, à l’appel d’Amnesty International. On y remarquait, entre autres, la présence de l’échevin Henri Simons.»

Ali Aarass, tu aurais dû te faire punk et violer ta femme en public avec un balai de chiotte, Amnesty International se serait intéressé à toi !

Autres soutiens francophones:

Pussy Riot reçoit le soutien de Bernard Henri Lévy. Parmi les personnalités politiques françaises, deux ont réagi sur Twitter : Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement français, a déclaré que « l’impertinence ne devrait jamais amener en prison» et Jean-Luc Mélenchon a écrit : «Condamnation aberrante des Pussy Riots… Néocapitalisme & Église orthodoxe : deux faces d'un même obscurantisme funeste à la démocratie» . Par ailleurs, le 17 août 2012, un article de Libération titrait « Les artistes français aphones », regrettant que, « mis à part une pâle pétition, le milieu culturel ne réagit pas à l’affaire ».

Tout ça sur Wikipedia qui n’est pas aussi bien informé qu’on le pense.

Complétons sa fiche :

Du site Zebra Station Polaire :

Kulturkampf - Socialisme et barbarie : Voici ce que soutient Aurélie Filippetti !

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"Je suis consternée, je considère que cette sentence est absolument disproportionnée. C'est un verdict d'un autre âge pour une Russie que l'on croyait sur le chemin d'une évolution démocratique. C'est véritablement la liberté d'expression de ces jeunes femmes et la liberté artistique - qui passe par le droit de chacun d'exercer une dose de provocation et qui est intrinsèquement lié à la création, à la musique et surtout à la jeunesse - qui a été bafouée et piétinée aujourd'hui",

"Je regrette profondément cette décision et cette peine manifestement démesurée, à l'encontre de trois jeunes femmes qui ont l'insolence de leurs vingt ans et le goût de la provocation qui caractérise la musique punk"

 Source : http://zebrastationpolaire.over-blog.com/

 Du même :

Russie - Pussy Riot : la manifestation de soutien tourne court à Marseille – MAJ

Euh, c’est-à-dire qu’ils y furent une trentaine et se firent embarquer par les pandores.

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Christian Poitevin, poète et ancien adjoint à la culture de Robert Vigouroux, n'en revenant pas d'être embarqué au commissariat.

Motif : porter des cagoules sur la voie publique, c’est interdit.

Et pour brailler des vieux tubes d’Eddy Mitchell sur des paroles d’Hillary Clinton à Notre Dame ou dans une synagogue, ce serait combien ?

http://www.laprovence.com/article/a-la-une/a-marseille-le...

Mais à Paris il y avait bien davantage de moyens et… tous les militants du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Nous sommes sauvés !


Pour rappel.

Aux belles âmes pas du tout vénales d’Amnesty International :

Il y a dans les prisons US un jeune homme qui y est entré à 21 ans. Il va en avoir 24 et n’a toujours pas été jugé. Ses crimes ? Avoir transmis à Julian Assange, selon le mouchard qui l’a dénoncé, des cables diplomatiques US dont la publication embarrasse son pays en montrant trop crûment son vrai visage, mais surtout avoir rendu publique une vidéo qui montre des soldats US s’amusant à mitrailler des civils en Irak, dont des enfants et deux journalistes de l’agence Reuters. La vidéo a fait le tour du monde. Elle ne met pas du tout en péril la sécurité des Etats-Unis comme ceux-ci le prétendent, mais seulement leur image.

Ce qu’endure 24 heures sur 24 ce garçon depuis 821 jours ferait pâlir Torquemada, mais n’empêche nullement Amnesty International et les partisans du droit à l’insolence de dormir sur leurs deux oreilles et de digérer leur foie gras.

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Bradley Manning au moment de son arrestation

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Après quelques gâteries Obamaesques

 

Bradley Manning est un idéaliste qu’une indignation trop violente a poussé à prendre des risques. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à se faire punk et surfer comme tout le monde sur les vagues du conformisme.

L’objet du délit :

«Meurtres collatéraux par hélicoptère US en Irak»


 

Pendant que les bobos décadents exhibent leurs miches sur les trottoirs et adoptent la cagoule colorée – du dernier chic ma chère ! -, aux USA, moins d’une semaine après que les Occupy Oakland aient fait voler ses vitres en éclats, des habitants de la ville occupent le bureau de campagne d’Obama au nom de Bradley Manning.

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On voit ici Emma Cape, debout sur le propre bureau du candidat,  réclamer la libération du jeune militaire :

« Les soldats qui s’opposent à ces guerres illégales ont vu  arrêter Bradley Manning et ils le voient maltraiter depuis plus de deux ans. Beaucoup de gens avaient cru qu’Obama président abolirait la torture. Nous sommes là pour lui réclamer des comptes, pour  envoyer des fax à tous ses bureaux de campagne et pour exiger des réponses. »

 

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Bradley Manning-Julian Assange, même combat

 

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Pour ce qui est du soutien latino-américain à l’Equateur, The Saker aurait tort de se faire du souci :

20 août 2012

Affaire Wikileaks / Assange

COMAGUER

Julien Assange, citoyen australien créateur de Wikileaks, est poursuivi par la justice suédoise. Il a en effet été accusé par deux citoyennes suédoises d’avoir eu avec elles des rapports sexuels non protégés et la justice suédoise veut l’interroger à ce sujet avant d’éventuellement l’inculper. Mais il redoute de se rendre en Suède pour subir ces interrogatoires car il craint que la Suède ne le livre aux Etats-Unis (il y a des précédents) où il serait là poursuivi pour trahison en raison de la divulgation de nombreuses dépêches diplomatiques qu’il a piraté sur les sites officiels du Département d’Etat. Il risquerait alors la peine de mort.

Après un long séjour au Royaume Uni, il a senti le filet se resserrer autour de lui et a trouvé refuge à l’ambassade d’Equateur à Londres le 19 Juin 2012.

Lire la suite…

 *

 

Les nations sud-américaines soutiennent le droit souverain de l’Équateur à accorder l'asile à Julian Assange et dénoncent les menaces proférées par le Royaume-Uni

Déclaration de l'UNASUR en soutien à la République d’Équateur


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Ce dimanche, les ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), ont décidé de soutenir le gouvernement souverain de Rafael Correa, dans la décision prise par le pays d'offrir l'asile diplomatique à Julian Assange et ont exprimé leur opposition aux menaces du gouvernement de Royaume-Uni contre l'ambassade d’Équateur à Londres.

Le secrétaire général de l'UNASUR Ali Rodriguez a lu la déclaration du bloc régional qui comprend 7 points :

1 – Une expression de sa solidarité et de son soutien au gouvernement de la République d’Équateur face aux menaces de violation de sa mission diplomatique ;

2 – Une réaffirmation du droit souverain des États à accorder l'asile ;

3 – Une condamnation énergique de la menace d'un recours à la force entre États tout comme la réaffirmation de la validité des principes consacrés dans le droit international, le respect de la souveraineté et l'application à la lettre des traités internationaux ;

4 – La réaffirmation du principe fondamental de l'inviolabilité des locaux des missions diplomatiques et bureaux consulaires et des obligations des États hôtes, conformément à ce qui a été instauré par la Convention de Vienne de 1961 sur les Relations diplomatiques et par la Convention de Vienne de 1963 sur les Relations consulaires ;

5 – La réaffirmation du principe du droit international en vertu duquel il n'est pas possible d'invoquer le droit national afin de ne pas conformer à une obligation de nature internationale, comme cela est inscrit dans l'article 27 de la Convention de Vienne sur le Droit des traités de 1969 ;

6 – La réaffirmation de la validité des concepts de l'asile et du réfugié pour protéger les droits humains des personnes qui considèrent que leur vie ou leur intégrité physique se trouve menacée ;

7 – Un appel aux parties en présence à poursuivre le dialogue et la négociation directe à la recherche d'une solution mutuellement acceptable au regard du droit international ;

Déclaration signée à Guyaquil, en Equateur par les douze pays membres de l'UNASUR : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, Guyana, l'Equateur, l'Uruguay, le Paraguay, le Pérou, le Surinam et le Venezuela.

 

*

Déclaration de soutien de l’ALBA

au droit souverain de l’Équateur d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange

 

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Déclaration du IX ème Conseil politique extraordinaire de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), sur l'inviolabilité de la mission diplomatique de l’Équateur à Londres, et de soutien à son droit souverain d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange.

Les menaces proférées par le gouvernement du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, qui laisse ouverte la possibilité d'une entrée illégale dans l'Ambassade d’Équateur à Londres pour arrêter Julian Assange, constituent des actes d'intimidation qui portent atteinte à l’intégrité territoriale de la République d’ Equateur

Le gouvernement de l'Equateur a exercé son droit souverain en accordant l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange, qui l'a demandé, se sentant menacé dans ses droits humains et civiques.

Le concept d'asile diplomatique est prévu par de nombreuses conventions, traités et autres instruments internationaux, appliqués en conformité avec les principes du Droit international.

L’Équateur a agi dans le plus strict respect des normes du Droit international, et tout acte hostile du Gouvernement du Royaume-Uni signifierait une remise en cause inacceptable de sa souveraineté, par lequel le monde civilisé connaîtrait un recul vers un état de barbarie et d’irrationalité.

Les arguments livrés par le gouvernement du Royaume-Uni, invoquant des normes du Droit interne auxquels les traités internationaux ne peuvent se subordonner, sont en contradiction avec ses obligations internationales, et aux décisions précédentes de ce même gouvernement, ce qui révèle dans ses agissements une politique du deux poids deux mesures.

Conscients de la nécessité d'épuiser tous les recours diplomatiques pour sortir de la situation actuelle, à la lumière de la protection et de l'asile accordé par le gouvernement d’Équateur au citoyen Julian Assange, en faisant en sorte que prévalent la souveraineté, la libre détermination des nations et le respect du droit international:

Déclaration :

1 – Nous rejetons les menaces d'intimidation proférées par les porte-paroles du gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne comme violant les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale des nations, et des principes du Droit international ;

2 – Nous réaffirmons notre soutien catégorique au droit souverain du gouvernement d’Équateur d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange ;

3 – Nous exprimons notre rejet de la position du Royaume-Uni qui cherche à résoudre ses conflits avec les nations du monde entier, en particulier celles d'Amérique latine et des Caraibes, par des méthodes contraires au droit international ;

4 – Nous soutenons l'appel lancé par l'Union sud-américain des nations (UNASUR) à débattre sur la position hostile exprimée par le gouvernement du Royaume-Uni envers le gouvernement de la République d’Équateur, et à fixer une position claire de soutien à l’Équateur ;

5 – Nous estimons qu'il est important de faire avancer l'idée d'un grand débat à l'ONU sur l’inviolabilité des bâtiments diplomatiques et le respect plein et entier de la part de tous les États des principes du droit international ;

6 – Nous mettons en garde le gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne sur les graves répercussions que déclencherait, dans le monde entier, une violation directe de l'intégrité territoriale de la République d’Équateur à Londres ;

7 – Nous lançons un appel à tous les gouvernements du monde, aux mouvements sociaux, aux intellectuels, afin qu'ils s'opposent à cette nouvelle tentative du gouvernement britannique d'imposer par la force sa volonté à des nations souveraines ;

8 – Nous nous engageons à faire le maximum pour accorder à cette déclaration la diffusion et la publicité la plus large possible .

Déclaration signée par les 9 pays membres de l’ALBA :  `

Antigua-et-Barbuda, Cuba, la Bolivie, la Dominique, l’Equateur, le Honduras, le Nicaragua, le Venezuela, Saint-Vincent-et-les-Grenadines,.

L’ALBA compte 4 pays observateurs :

Haïti, L’Iran, la Russie, l’Uruguay.

 

*

 

Déclaration de Julian Assange, à l’Ambassade d’Equateur à Londres.

Julian ASSANGE

 

 

 

Je suis ici parce que je ne peux pas être avec vous. Merci d’être venus. Merci pour votre obstination et votre générosité d’âme.

Mercredi soir, après qu’une menace ait été envoyée à cette ambassade et que la police ait assailli le bâtiment, vous êtes venus en pleine nuit pour veiller sur lui, et vos yeux sont devenus les yeux du monde entier.

Lire la suite…

 

Source du texte :

http://www.legrandsoir.info/declaration-de-julian-assange...

 

Aux dernières nouvelles :

 Le juge Garzon va diriger l’équipe de défense de Julian Assange

 

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LONDRES — Le célèbre juge espagnol Baltasar Garzon va diriger l’équipe de défense du site internet WikiLeaks et de son fondateur Julian Assange, a annoncé mardi le site.

Le juge a récemment rencontré Julian Assange pour définir une nouvelle stratégie de défense, selon un communiqué publié par Wikileaks.

Cette nouvelle stratégie vise à "défendre à la fois Wikileaks et Julian Assange contre les abus de procédure existants et exposer les actions arbitraires, extrajudiciaires du système financier international" contre le site et son fondateur, selon la même source.

Le magistrat espagnol va également s’employer à "montrer comment des procédures secrètes américaines contre Julian Assange et Wikileaks ont compromis et contaminé d’autres procédures légales, dont la procédure d’extradition contre M. Assange", ajoute le texte.

Réfugié depuis le 19 juin à l’ambassade d’Equateur à Londres afin d’échapper à son extradition en Suède pour une affaire de viol présumé, M. Assange, qui clame son innocence, a réclamé l’asile politique au pays latino-américain.

Le fondateur de WikiLeaks redoute d’être transféré dans un second temps aux Etats-Unis et d’y être condamné à la peine capitale pour espionnage après la divulgation par son site de 250.000 télégrammes diplomatiques américains.

Baltasar Garzon a été condamné en février à onze ans d’interdiction d’exercer après avoir ordonné des écoutes, en violation des droits de la défense, dans une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole.

Cette décision a foudroyé la carrière du magistrat, célèbre pour avoir fait arrêter l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres et avoir traqué les atteintes aux droits de l’Homme.

Source :

http://www.legrandsoir.info/+le-juge-garzon-va-diriger-l-equipe-de-defense-de-julian-assange+.html


Pour les hispanophones 

qui veulent en savoir plus sur la politique suivie par l’Equateur :

 

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Blog de Rafael Correa Delgado  http://economiaenbicicleta.informatica.gob.ec/  

 

***

 

 

Posté le 24 août 2012 par Catherine L.

sous La Nef des fous de Vladimir VERESCHAGIN

 

 

 

 

 

 

 

26/07/2012

Incursion au paradis... Interlude estival

 

 

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Héraclès, Thésée, Ulysse y sont allés avant elle... en descendant très très bas.

Elle y est allée malgré elle, en montant très très haut.

Mais ses découvertes valent bien les leurs.


 

 

Aline de Diéguez

 

Incursion au paradis

avant de replonger dans l'enfer du sionisme

 

Interlude estival

 

 

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Le grand départ

 

C'est arrivé au moment où Sémimi, rampant sur le dos, d'un côté de la porte, essayait de saisir avec ses deux pattounes tendues la plume de coq que je glissais à partir de l'autre côté. Impertinente, cette plume, allait et venait. C'était magique, elle avait l'air de bouger toute seule et lui chatouillait tantôt les moustaches, tantôt les pattes, tantôt lui gratouillait le ventre.

Excitée, la chatonne guettait, se précipitait, reculait et émettait chaque fois un petit roucoulement de triomphe lorsqu'elle réussissait à l'immobiliser un instant. Elle se roulait sur le tapis, offrant au regard les bouclettes duveteuses de son ventre et sa somptueuse toison d'oursonne qu'elle refusait obstinément de laisser peigner.

Tout à coup, un gigantesque éclair blanc, un bruit de fin du monde …

L'apocalypse.

Et je vis une nuée blanche et le feu fut partout. Je vis sortir des éclairs et j'entendis des voix et des tonnerres .


 

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Et puis pffftt… le grand départ.

Nous n'étions plus là pour contempler l'horizon blanc, rouge, embrasé. Alors lentement, très lentement, un majestueux champignon s'éleva dans les airs et envahit la nuée.

Sublime scénario! Spectacle enchanteur! In illo tempore, les magiciens de l'atome avaient fait une petite répétition sur deux villes d'un archipel du Pacifique et depuis lors, ils se languissaient de revivre l'extase de la toute-puissance. Orgasme de la folie et désir d'apocalypse intimement mêlés.

Je ne peux même pas dire que nous étions réduites en poussière, car la poussière est encore quelque chose, alors que nous n'étions plus RIEN.

Le néant.

Par la grâce d'Einstein et les vertus de sa célèbre équation, notre masse s'était changée en énergie et, photons au milieu de milliards de photons, nous galopions dans l'azur .


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Résurrection

 

Mais les mystères de l'au-delà sont, comme chacun sait, impénétrables et d'abord à leurs heureux bénéficiaires. C'est pourquoi je ne saurai jamais ni comment, ni quand nous avons atterri, les fesses dans l'herbe pour moi et ventre à terre pour Sémimi, sur une pelouse, devant un immense édifice d'où sortaient de mélancoliques volutes mélodieuses.

J'étais ressuscitée ! La résurrection, c'était donc ça !

Même Sémimi était ressuscitée ! Voilà qui n'était pas prévu, car je savais de science certaine que les animaux sont bannis des champs élyséens depuis l'affaire de la pomme de sinistre mémoire et de la gloutonnerie d'un couple de benêts.


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Ainsi, nos photons avaient fait machine arrière et s'étaient reconcentrés en matière - je touchais mes bras, je tâtais mes jambes, tout fonctionnait, mes muscles, mes articulations, ma tête. Aussi sûr que deux et deux font quatre j'en conclus que j'étais au paradis et je fus ravie en esprit.

Mais dans quel paradis avions-nous atterri ?

Pour l'instant nous étions toutes les deux, Sémimi et moi, plutôt ahuries et désorientées. Ressusciter n'est pas une petite affaire. Assises sur l'herbette verdoyante regardant en haut, à gauche, à droite, cherchant un point de repère, je m'aperçus tout à coup que mon pantalon à fines rayures et ma chemisette rose étaient demeurés dans la stratosphère mais qu'ils avaient été pieusement remplacés par une longue tunique blanche à la coupe rudimentaire dotée d'une grande poche sur le ventre. C'était tout à fait le modèle qu'enfant je taillais à mes poupées.

Je fis donc une première déduction capitale : on ne ressuscite pas tout nu.

Mes fesses endolories m'amenèrent à une seconde conclusion : le sol du paradis n'est ni mou, ni cotonneux, ni vaporeux, mais parfaitement ferme et dur .

Le paradis serait-il désert? me demandai-je, ne voyant personne autour de moi. Mais une mélopée envoûtante et mélancolique bourdonnait dans le lointain et signalait d'autres présences.

A tout hasard et ne sachant si je devais me montrer inquiète ou rassurée, je remisai prestement dans la précieuse poche ventrale une Sémimi encore groggy et pour tout dire, non ressuscitée à cent pour cent. Je vis en la soulevant que tous les poils de sa collerette n'étaient pas au rendez-vous et qu'il en manquait également dans le panache de sa queue. Le Très Haut avait dû se tromper dans ses calculs quand il avait compté les photons nécessaires à sa réincarnation parmi les bienheureux. Il avait des excuses, la fourrure était si touffue, si soyeuse et si longue qu'il n'avait pas repéré les poils masqués par le duvet, et peut-être ne connaissait-il pas toutes les ressources de e=mc².


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 Procession

 

La musique se tut. Je me dressai, les sens en alerte et le souffle court. Une colonne d'ombres encapuchonnées avançait en silence dans notre direction, précédée d'un dignitaire richement paré et portant une croix.

Je compris que nous étions ressuscitées chez les mangeurs de dieu. On les nommait ainsi parce que leurs occupants ne se contentaient pas de capter les paroles de leur Très Haut avec une ouie aiguisée ou de flairer le passage de leur créateur dans le thym et le serpolet. J'avais entendu dire qu'ils le saisissaient carrément avec les dents, tout comme Sémimi attrape une souris et, ni une, ni deux l'avalaient et le déglutissaient. C'est pourquoi ils se nommèrent eux-mêmes les déiphages.

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Je continuais à me sentir à la fois inquiète et rassurée en même temps et sous le même rapport. Inquiète parce que, tout de même, cette pulsion anthropophagique me troublait et je ne savais pas si j'étais ou non appétissante; et rassurée, parce que je ne croyais pas avoir une tête de Dieu et Sémimi encore moins. J'en conclus, tout bien réfléchi, qu'il y avait peu de risques que nous fussions destinées à la consommation .

La procession nous doubla sans un regard. Les fantômes avançaient, les yeux baissés, concentrés sur le miracle dont ils étaient le siège. Avaler un Dieu, ce n'est pas une action ordinaire et je me demandais comment exactement se faisait la digestion et l'assimilation. Les leçons de biologie de mon heureuse scolarité me revenaient en mémoire. Je voyais le passage par l'œsophage, l'estomac, la sortie par le duodénum, la fabuleuse usine du foie et sa fonction glycogénique - un mot que la grande sauterelle d'Andrée n'a jamais réussi à prononcer correctement. Et le bol alimentaire progressait dans le labyrinthe de l'intestin grêle et ses mignonnes ventouses et puis la station d'épuration du gros intestin, et puis … la sortie. Ouh, la la.

 

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A ce moment là, le dignitaire de tête dont le coup d'œil perçant, le crâne aussi lisse qu'un genou et la taille rebondie ne m'avaient pas échappé, fit demi tour. Il se planta devant moi et sans même me demander mon nom et s'enquérir des raisons pour lesquelles je me trouvais là, un peu ahurie, avec un chaton grelottant de peur dans la poche, il leva la croix, écarta les bras et à ma grande stupeur, entama une longue homélie. Je me retournai discrètement, mais pas de doute, Sémimi et moi étions bien les seules auditrices d'un sermon prononcé d'une voix à la fois forte et gémissante qui commençait par ces paroles ailées : " Ah ! si vous saviez… Rien ne peut donner un idée … "


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 Généalogie des « ah si vous saviez… » et des « rien ne peut donner une idée… »

 

- Ah ! si vous saviez comme ces lieux sont enchanteurs ! Rien ne peut donner une idée des merveilles qui s'y produisent. Nous nous nourrissons exclusivement de la chair et du sang de notre dieu. Toute autre nourriture nous est interdite car, comme nous sommes immortels, nous deviendrions rapidement gras et ronds comme des barriques, alors que la chair de notre dieu est une nourriture énergétique mais de très basses calories.

Je souris intérieurement, retrouvant mes réflexes de bonne ménagère: plus de problèmes d'approvisionnement, plus de perte de temps à faire la cuisine et un corps toujours svelte. Ce régime m'allait comme un gant. Mais je me demandais comment mon interlocuteur s'y était pris pour conserver son avenante bedaine.

J'avais d'ailleurs remarqué que dans la procession il n'y avait ni vieux, ni invalides, ni clopinants , ni arthrosiques, ni enfants. Est-ce que mon voisin qui avait perdu une jambe dans un accident d'automobile était ressuscité unijambiste, me demandais-je, ou bien sa deuxième jambe avait-elle repoussé? J'opinais pour la seconde hypothèse. Mais le Très Haut avait vraiment bonne mémoire car cet accident était vieux de quinze ans et la jambe coupée ne devait plus être en très bon état.

Je venais de comprendre que mon interlocuteur ne savait pas parler normalement et que l'homélie était son mode d'expression ordinaire. Mais pourquoi toujours ce ton plaintif et traînard ?

Je profitai d'un moment où l'orateur reprenait son souffle pour lui poser une question qui me tourmentait depuis longtemps, à savoir, quel était l'âge idéal pour faire un bon ressuscité. Je me souvenais de la hantise d'une très vieille dame de mes amies sur le point de fêter son centenaire et obsédée par la crainte de ressusciter dans l'état où elle se trouvait au moment où elle me parlait. Elle se faisait tout un roman sur le sujet et avait décidé elle-même le moment de sa vie qui lui semblait le plus agréable à revivre et surtout à vivre pour l'éternité .

La bouche ouverte, il me regardait sans comprendre. Je mis les points sur i .

- S'il vous plaît, pouvez-vous me dire quel est l'âge idéal pour faire un bon ressuscité?

Je n'avais pas de miroir et je ne savais pas si mon moi ressuscité avait le même âge que le moi qui avait été transformé en photon.

Et puis, il y avait la question de la beauté. Est-ce que l'injustice de l'inégale répartition des grâces et de l'harmonie des traits se perpétuait pour l'éternité lors de la résurrection des corps. Il me semblait que c'étaient là des questions capitales à éclaircir .

- Ah ma fille ! rien ne peut donner une idée des perfections de notre paradis. Vous avez l'âge , la forme et la consistance idéales pour être des nôtres . Ah si vous saviez comme le Très Haut sait mettre en place toutes choses afin que la perfection soit au rendez-vous, car il EST la perfection et nous devons tout accepter de LUI. LUI seul connaît le BIEN.

- Mais justement , je ne le sais pas et je voudrais bien être éclairée, insistai-je.

J'avais l'impression désagréable qu'il cherchait à se défiler.

- Ma fille , c'est un grand mystère et nous devons accepter les mystères avec humilité et d'un cœur ingénu. Heureux les simples d'esprit car le paradis leur appartient. Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.

Je commençais à être agacée par sa familiarité. Pourquoi m'appelait-il sa "fille"? Nous n'étions pas parents. Quant à faire des derniers les premiers, j'étais outrée d'une telle proposition. Je repensais de nouveau à mes années d'école. J'avais été une élève studieuse et appliquée et une telle injustice, véritable prime à la paresse, m'aurait indignée !


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 La diplomatie céleste

 

J'avais entendu parler de plusieurs variétés de paradis. L'inquiétude de n'avoir pas ressuscité dans le bon paradis commençait à me tarauder. J'essayai de sonder mon interlocuteur sur l'existence des paradis concurrents. Je vis son nez s'allonger de contrariété. Il me concéda que ce paradis-là n'est pas, généalogiquement parlant, le premier. Il n'était pas non plus le dernier. Il avoua un peu piteusement qu'il n'avait pas d'informations sur ce dernier rival car il était déjà un locataire de ces lieux enchanteurs lors de la construction du nouveau-venu et n'en avait entendu parler que par ouï-dire et pas en bien si j'en crois sa petite moue de dégoût.

Je vis que ce sujet le tarabustait. Pourquoi ces mécréants avaient-ils construit un nouveau paradis alors que celui que foulaient ses sandales était parfait et qu'il y avait de la place pour tout le monde?

Il changea prestement de sujet et se lança dans un récit enflammé sur la préhistoire de son habitacle. Il m'expliqua que les Déiphages sont les enfants des Elusiens, ainsi nommés parce qu'ils se déclarent eux-mêmes les élus du Très-Haut, c'est-à-dire ses chouchous.

- Nos racines plongent dans leur terreau, mais comme nous sommes d'habiles jardiniers, notre arbre prospère dans un ciel plus bleu et plus pur si bien que la luxuriance de sa chevelure de feuilles et de branchages s'épanouit dans un monde nouveau.

Il s'enflammait de plus en plus et devenait lyrique, accompagnant son discours de grands mouvements des bras. Je reculais un peu pour éviter le va-et-vient intempestif de la croix sous mon nez. La voix geignarde continua sa démonstration ponctuée par de légers balancements de la tête .

- Le climat, la végétation, la qualité de l'air tout concourt à l'épuration de nos âmes et produit des effets bienheureux sur nos corps. Nos nuques ont perdu la raideur que beaucoup dénonçaient chez nos pères. Notre silhouette est devenue souple et gracieuse et nos voix déroulent des arpèges mélodieux à la gloire de notre maître bien aimé.

Il ne put s'empêcher de faire une petite moue d'autosatisfaction . Puis il reprit une mine modeste pour ajouter .

- La discipline s'est assouplie: l'obéissance à la lettre de la loi de sinistre mémoire n'est plus la règle absolue. Nous savons que l'esprit est caché sous la lettre et nous nous exerçons jour après jour à soulever des kilomètres et des kilomètres de voiles de brume afin de tenter de le débusquer. Nous traquons le mystère, le souffle du Très Haut et les manifestations les plus infimes de ses grâces éthérées. Ainsi, les meilleurs de nos athlètes sont en mesure de communier avec les ramifications les plus minuscules de l'abondante frondaison de notre arbre.

Ces exploits me remplissaient d'admiration. Ces sportifs du Très Haut pouvaient donc rivaliser avec Sémimi quand elle s'élançait dans le cerisier à fleurs et galopait jusqu'à l'extrême pointe tout en sachant toujours apprécier le centimètre qu'il ne fallait pas dépasser pour avoir des chances de faire demi tour sur la branche ployante. Je jetai un coup d'œil à ma poche: le chaton avait les yeux fermés et semblait dormir.

Je n'osais pas bouger. Pendant ce temps, la voix monocorde me parlait du respect que les Déiphages éprouvent pour l'antique paradis des ancêtres , mais je sentais comme une réticence dans le ton de sa voix.

- Je reconnais cependant que notre respect pour nos parents est tout frais. C'est vrai que pendant les lustres et des lustres, nous leur avons fait d'aigres reproches et notamment celui d'avoir vilainement occis notre père fondateur. Ah ! les méchants ! Mais maintenant, nous chantons à pleine gorge un hymne à leur gloire et à chaque nouvelle aurore, nos litanies s'ouvrent par l'hommage suivant que nous répétons plusieurs fois: "Quand les Elusiens, nos pères, eurent connu mille et un printemps, ils engendrèrent les déiphages, porteurs de l'ultime accomplissement" - c'est-à-dire nous-mêmes ajouta-t-il avec une petite moue qui se voulait modeste. Mais j'avoue que notre réconciliation est une couche de peinture qui nous colle encore aux doigts et nous n'avons pas réussi à effacer tous les tags et les graphismes insultants qui ornaient - pardon, polluaient - nos murs et nos manuscrits . Nous les traitions alors d'embryons desséchés, de préludes racornis et pire encore, de tueurs du Très Haut.

Il baissa la tête, tout contrit, perdant un instant de sa superbe et de son assurance. Bien que mes lèvres fussent aussi hermétiquement closes qu'une tombe, il devait m'entendre m'étonner de ce que le BIEN et la PERFECTION eussent égaré leurs pères pendant tant de lustres. Comment cela se pouvait-il ? Encore un mystère. Ah ! si nous savions…

Mais il retrouva toute son énergie pour continuer.

- Même si nous n'osons plus le dénoncer à haute et intelligible voix, leur forfait nous reste sur l'estomac. Car c'est bien un forfait, même si nous disons maintenant qu'il a été exécuté sous les ordres d'un intrus, un barbare qui commandait alors la place.

Il s'échauffait.

- C'est tout de même eux qui ont livré le doux pacifiste, notre maître, à ce chef cruel qui l'a fait occire. Incarnation de la bonté et de toutes les vertus, maître des éléments, apaisant les tempêtes, marchant sur les eaux, multipliant les pains et les poissons, guérisssant des aveugles, des paralytiques, des hémoroïsses, redonnant vie à des membres desséchés, ressuscitant une jeune fille par-ci, un jeune homme par-là, il a même réussi à se ressusciter lui-même après avoir passé, dans une sorte de grotte, trois longues journées durant lesquelles nous ignorons de quelles métamorphoses il a été le siège. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il en est ressorti tout frais et rose et, pour notre plus grand bonheur, il s'est élevé dans les airs par ses propres moyens et siège maintenant parmi nous.

Ce discours enflammé m'impressionna. Accomplir tous ces exploits avant d'arriver au paradis, c'était vraiment très fort. Mais je revins timidement au sujet.

- Vous avez donc réussi l'exploit admirable d'avoir signé un traité de paix avec vos ennemis héréditaires. Ainsi, après deux mille ans d'obstination, ces opiniâtres se sont donc enfin ralliés à la Vérité!

- Oui et non répondit-il avec gêne. Et même plutôt non. Ce fut une négociation ardue dans laquelle ils sont restés sur leurs positions et j'avoue que c'est nous qui avons fait un grand pas en arrière dans leur direction. Car notre bureaucratie est ingénieuse et elle a produit une nouvelle doctrine : celle de la supercession par laquelle nous avons reconnu que cette ancienne tribu était déjà sauvée et qu'elle n'avait pas besoin de notre nouveau sauveur. D'où il résulte qu'eux seuls, sur toute la planète, n'avaient pas besoin de notre Maître et Sauveur.

J'étais pleine d'admiration pour ce subtil match nul qui permettait à chacun de camper dans son paradis particulier .

- Quel travail vous allez avoir pour expurger tous les anciens grimoires et récrire l'histoire du monde à partir des lunettes qu'apporte cette nouvelle doctrine, m'exclamai-je. En somme, vous reconnaissez que cette tribu s'était arrogé à bon droit un statut particulier .

- Du calme, ma fille, rien ne presse. Je préfère ne pas chercher à élucider ce mystère. Les mystères sont faits pour demeurer mystérieux.

Il se lança dans une démonstration alambiquée sur l'évolution des mathématiques, une histoire de parallèles qu'Euclide ne pouvait pas réunir et qui, maintenant, se croisent joyeusement.

Je ne voyais pas le rapport entre les perpendiculaires et les parallèles de la géométrie classique et l'histoire du salut, mais je me tus prudemment. D'autant plus qu'il voulait visiblement changer de sujet, puisqu'il conclut:

- D'ailleurs les questions théologiques n'intéressent plus personne.

Soupir…

Il fut un temps où nous levions des armées et traversions la moitié du globe pour défendre un dogme. La moindre déviation, le plus petit déplacement de virgule, un chuchotement de doute nous permettaient d'allumer de beaux feux de camps au cours desquels nous rôtissions aux milieu des prières, des processions et des chants les relaps, les renégats et les douteurs de tous acabits.

Nouveau soupir…

Déicide, enfer, damnation sont maintenant des mots pestiférés. Nous sommes devenus mous, mous, mous.

Et pour souligner cette forte parole, il appuya son poing fermé sur son estomac proéminant, où il s'enfonça comme dans un mol oreiller.

Je protestai véhémentement en affirmant que je connaissais un savant ermite qui avait fait de l'étude de ces questions son lait et son miel. Sa grotte est sise dans les forêts de Walburgis et elle est facilement reconnaissable aux manuscrits, rouleaux et papyrus que le sage a attachés sur les branches de l'arbre qui ombrage l'entrée de son modeste refuge afin que tous les oiseaux du ciel puissent se nourrir, eux aussi, de sa divine science.

D'un grand mouvement de croix, il écarta ma pieuse objection et affirma, toujours sur le même ton plaintif, que les déiphages s'étaient amollis et étaient devenus de grands sentimentaux .

- Le social, ils n'ont plus que ce mot-là à la bouche. Ce ne sont plus d'ardents théologiens et des fermes logiciens, mais de molles assistantes sociales.

J'osai l'interrompre en levant timidement le doigt :

- Justement, est-ce que votre sauveur n'a pas cautionné une grave injustice sociale en prétendant que l'ouvrier de la onzième heure et celui de la première heure auraient le même salaire? Est-ce que ce n'est pas là un encouragement à la paresse et une déstabilisation du tissu social? Récompenser les tire-au-flanc qui n'exécutent qu'un douzième du travail, c'est commettre une grave injustice à l'égard des courageuses masses laborieuses et cet arbitraire n'est-il pas de nature à démotiver les lève-tôt, qui rêvent de travailler plus pour gagner plus?

Un peu gêné, il bafouilla quelques paroles sur les voies du Très Haut qui sont impénétrables et sur une générosité qui devrait plaire aux syndicats, puis il dévia la conversation sur une histoire de chameaux et de riches qui ne pouvaient passer par le chas d'une aiguille - il voulait me faire comprendre que le chas d'une aiguille est la porte d'entrée normale de ce paradis.

Je restai longtemps méditative. Même en faisant de gros efforts de mémoire, je ne parvenais pas à me souvenir à quel moment j'étais passée par un si petit orifice. Même Sémimi a dû avoir du mal à se glisser par un si petit trou. Mais, conciliante, je ne voulus pas le contrarier et je reconnus volontiers que les pauvres sont si maigres qu'ils se glissent aisément à travers le chas de l'aiguille la plus fine.

Mais un doute s'infiltrait dans les circonvolutions de ma cervelle pendant que je regardais sa mine vermeille et son bedon rebondi.

C'est à ce moment-là qu'il aperçut la petite tête de Sémimi. Réveillée par quelques éclats de la voix monocorde, elle s'était risquée à jeter un coup d'œil sur le monde extérieur. Les deux pattounes posées sur le bord de la poche, elle avait l'air d'écouter gravement le sermon. Mais le sermonneur n'était pas d'humeur à apprécier la grâce d'un chaton angora chu d'un astre obscur. Il fit un saut de carpe en arrière, lâcha la croix qu'il tenait dans la main droite en poussant un cri d'horreur. Soulevant à pleines mains la robe de laine blanche qui le couvrait jusqu'aux chevilles et découvrant des mollets de coq, il détala à toutes jambes en levant très haut les genoux.


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 Fuite

 

Je pris la fuite moi aussi, mais en sens inverse . Sémimi toujours blottie dans ma poche, je filai, le nez au vent droit devant moi. Mais où me diriger? J'aurais bien aimé rencontrer le miraculeux fondateur de ce paradis et vérifier de mes yeux son état de conservation après un passage de trois jours dans une grotte obscure. Mais je ne savais pas où ils l'avaient mis.

Nous avons longtemps, longtemps, marché, errant au hasard. Partout le vide et un silence cotonneux troublé de-ci, delà, par les volutes de mélopées mélancoliques et de gracieuses vocalises lorsque nous passions à proximité de grandes bâtisses rectangulaires ornées de croix. Mais ma première rencontre avec le déiphage-qui-n'aimait-pas-les-chats m'avait rendue méfiante. Pourquoi en voulaient-ils à ma petite merveille? J'étais consternée de découvrir que nous évoluions en milieu hostile.

Mes yeux commençaient à s'habituer à la lumière d'un gris bleuâtre, ni jour ni nuit, qui donnait l'impression de nager dans le brouillard .

- Est-ce le soleil ne se lève jamais en ces lieux, me demandai-je? Comme tout a l'air triste !

Je fis une caresse à ma petite chatte et je poursuivis un chemin qui avait l'air de ne mener nulle part. Comme nous étions dans une sorte de désert, je déposai Sémimi sur le gazon. Je sentais qu'elle avait envie de se dégourdir les pattes et de renifler l'herbette du paradis.


 

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Je suivais son errance. Tout à coup elle marqua un temps d'arrêt devant un buisson particulièrement touffu et disparut dans l'herbe haute. Inquiète, je l'appelai d'une manière de plus en plus pressante. Silence et absence.

Nerveusement, j'écartai les branches et je vis qu'elles masquaient l'entrée d'un tunnel. J'appelai ma chattoune, hésitant à entrer. Toujours rien. Alors, rassemblant mon courage, je me lançai dans le tuyau noir .


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 Rencontre

 

Devant moi, un rai de lumière et un spectacle qui me cloua sur place de stupeur.

Un vieil ermite, les cheveux en broussailles, appuyé sur un bâton noueux et vêtu d'une longue robe crasseuse, gratouillait le ventre d'une petite chatte qui se roulait de bonheur sur le dos en jouant avec les poils gris et crépelés d'une barbe qui lui arrivait jusqu'aux genoux. Le vieil homme hoquetait de rire en ouvrant une bouche presque vide dans laquelle un chicot dans la mâchoire du bas avait l'air de danser au rythme de ses éclats de rire.

Interdite, j'appelai doucement ma chatte. Elle vint offrir à la caresse de ma main son petit front têtu avec un léger roucoulement de fond de gorge, puis retourna vivement vers le vieil homme et sa barbe odoriférante qui offrait de si passionnantes ressources à ses gratouillis.

Il me fit un petit signe de la main, accompagné d'un sourire édenté qui se voulait engageant.

J'avançai prudemment, méfiante.

J'avais tort .

Il entra dans une cahute qui me rappela la chaumine enfumée de mon ami le fabuliste et ressortit avec des victuailles: des pommes de terre bouillies pelées et non pelées, en rondelles ou entières, une assiette de purée froide et un petit pot d'un produit blanc que je devinai être du lait caillé .

En levant le nez, je vis une chamelle dont l'état de décrépitude me semblait à peu près égal à celui de son maître, mais qui réussissait l'exploit de produire un peu de lait afin d'accompagner les tubercules qui semblaient faire l'essentiel, sinon la totalité de la nourriture du vieil homme.

Tout corps glorieux que j'étais devenue grâce à ma résurrection, je sentais un petit creux dans l'estomac et j'acceptais avec enthousiasme et mille remerciements l'offrande du vieil ermite, un peu surprise par cette mono nourriture. Sémimi émoustillée par la barbe du vieil homme lapa joyeusement un petit bol de lait caillé .

Pendant que nous nous restaurions, tout heureux de voir sa solitude égayée par des visites, mon ermite me raconta l'histoire de son paradis. Et, comme il se doit, il commença son récit par ces paroles ailées : " Il était une fois…


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L'annexe temporaire des anti-chameliers

 

Il était une fois …

- Nous étions un groupe ardent, composé de frères déiphages et de membres de l'antépénultième paradis. Nous vivions modestement et fraternellement et nous respections tous les codes et toutes les lois de notre paradis. Nous avions tout mis en commun et chaque matin, nous distribuions à chacun le même nombre de spaghettis, de pommes de terre, de noisettes et de cacahouettes, selon l'arrivage. Nous étions solidaires, fraternels et plutôt maigres, parce que le temps passé à compter et à partager équitablement les biens empiétait sur celui qui était réservé à la production.

Mais tout le monde sait que la justice est un poste coûteux et peu rentable.

Mais, très rapidement nous nous aperçûmes avec colère et indignation que les passe-droit, les inégalités et les injustices s'étaient insinués subrepticement et prospéraient comme des orties près d'un tas de fumier. De plus en plus de gros et gras congénères nous narguaient en conduisant dans les pâturages de plantureux troupeaux de chameaux et de chamelles.

A la vue de ces troupeaux, notre sang n'a fait qu'un tour. Nous qui étions toujours aussi maigrichons que le jour où nous sommes passés par le chas de l'aiguille d'entrée, nous avons nourri de gros soupçons : nous avons compris que le chas de l'aiguille n'était pas le seul moyen pour pénétrer dans les espaces azuréens et qu'il devait y avoir quelque part un grand portail qui laissait passer les gros richards et les somptueux troupeaux de chameaux qui leur permettaient d'arrondir les panses et les bourses.

Un barbu issu du paradis des Elusiens a rédigé pour notre usage un nouveau code de conduite qu'il a appelé, pour faire court, un Manifeste .

Il fallait, disait-il tout raser et repartir à zéro avec des volontaires, construire un nouveau paradis et consolider nos frontières. Lorsque le Bien et toutes les Perfections règneraient chez nous, nous pouvions espérer convaincre les autres paradis de se joindre à nous et d'adopter nos règles. Quelques missionnaires particulièrement musclés fourniraient une aide précieuse.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous avons construit un grand mur autour de notre paradis avec un seul portail pour assurer le passage à tous ceux qui acceptaient de mettre en commun les troupeaux, les vêtements, les économies petites et grandes et même les quignons de pain. Tous étaient les bienvenus, sauf les chameliers, ces koulaks malhonnêtes, en représailles de ce qu'ils avaient frauduleusement occupé et perverti le paradis précédent.

 

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Mais c'est plus difficile qu'on ne le croit de vivre harmonieusement dans un paradis. Comme disait un éminent adepte de la secte des déiphages, il y aura toujours des tire-au-flanc, des crasseux, des voleurs et des filous. Beaucoup se sont reconstitué en catimini un petit troupeau de chameaux qu'ils ont introduit nuitamment dans le parc céleste malgré le grand mur qui avait été érigé devant le portail principal.

L'annexe a donc bouillonné, puis fermenté vicieusement. Elle a fini par faner, d'abord discrètement, puis spectaculairement. Les feuilles des arbres se sont recroquevillées, les maisons se sont barricadées, tous volets fermés. Puis l'ensemble a pourri et est tombé en quenouille. La moisissure, la rouille, les mites, les cafards et même les crabes et les méduses ont proliféré. Les termites s'y sont mises et par un beau jour d'automne, le frôlement d'une aile de papillon a fait s'écrouler une Baliverna dans laquelle ne végétaient plus que quelques ivrognes, quelques radoteurs et une poignée de policiers.

Quant au mur, un beau jour il s'est si bien effondré sur lui-même qu'il n'est resté qu'un gros tas de poussière et, se plaignit mon hôte, il n'avait même pas pu récupérer quelques gravas pour construire une niche à son chien afin de lui offrir un abri contre le général Hiver.

Pendant que je finissais les dernières miettes du frugal repas généreusement offert par mon ermite et que Sémimi léchait consciencieusement le fond de la coupelle de lait, j'éprouvai un pincement au cœur lorsqu'il m'annonça la mort de son compagnon et le départ, l'un après l'autre, des derniers résidents du paradis des anti-chameliers qui avaient cru qu'on pouvait construire, à partir de rien et avec beaucoup de vertu et de bonne volonté, un beau petit paradis sur terre.


 

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Interlude estival, 23 juillet 2012

 


 

Quand Héraclès est sorti de son incursion dans l’Autre Monde, ses cheveux avaient tellement blanchi que les feuilles d’un bouleau à peine frôlé par lui en sont restées tout argentées d'un côté.

Sémimi aussi a changé. On grandit vite au Paradis…


*

 

 

        

Mis en ligne par Catherine le 25 juillet 2012














17/07/2012

Coincés dans le cul-de-sac du monde

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Coincés dans le cul-de-sac du monde

 Nous vous avions annoncé un post sur le Cercle des Volontaires… nous voulions vous parler de notre ami Djamal Benmerad, et aussi de l’historien Henri Guillemin, dont une vieille conférence de 1970 fait en ce moment un malheur sur Internet… et nous voilà à les « remettre à plus tard » pour vous entretenir d’autre chose. Pas vraiment d’autre chose, d’ailleurs, car tout est lié à leur réflexion présente ou passée.

C’est que l’actualité a la fièvre. C’est que ce qui se passe en ce moment est lourd de sens et d’implications sinistres..

Ce que nous portons à votre attention aujourd’hui – des articles et informations glanés à plusieurs sources – n’est qu’une infime partie de ce qui s’écrit et se commente, mais devrait offrir, c’est en tout cas notre but, une sorte de grille de décryptage du reste. Des clés, en somme, pour aider à comprendre ce qui se passe par-dessus nos têtes, autour de nous et sous nos pieds, mais à quoi nous n’ échapperons pas : il n’y a plus de jardin à cultiver nulle part, pas de grotte sèche à l’abri des prédateurs, pas d’autre planète à coloniser dare-dare, pas de sable où enfouir la tête sans qu’on vienne enlever à la queue ses plumes pour en faire des costumes aux Folies-Bergères.

Nous allons nous en tenir à la Russie, mais cette grille aurait pu tout aussi bien nous être fournie par la Syrie, l’Extrême-Orient, l’Afrique ou l’Amérique Latine : les méfaits sont partout et suivent partout leur sempiternel schéma.

 

Vladimir Poutine et un ambassadeur US :

 

« Nous sommes tous coincés dans le cul-de-sac du monde et quelqu’un l’a verrouillé. »

 Nous allons nous permettre de rapprocher deux déclarations, fort distantes dans l’esprit et dans la forme, voire dans l’importance qu’on peut leur accorder, en fonction de ceux qui les ont faites. Mais elles ont leur contenu, qui n’est pas rien, et leur portée symbolique. Juxtaposées, presque comme les répliques d’un dialogue, elles nous disent tout de la situation du monde.

 

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Il s’agit d’abord d’un extrait d’une déclaration qu’a faite le président russe Vladimir Poutine, à ses ambassadeurs réunis à Moscou. Russia Today en a rapporté l’essentiel, ce 9 juillet 2012. Il s’agissait, comme toujours dans ce genre de circonstances, d’un tour d’horizon des grandes questions du monde. Poutine, selon le classement de RT, commence par un constat qu’on n’a pas l’habitude d’entendre de la part d’un chef d’État : nous sommes dans une crise considérable, et personne ne sait comment en sortir.

De la bouche d’un dirigeant de cette envergure, qui plus est dans un contexte officiel, c’est un constat d’un énorme poids, et cela confirme surtout que les Russes mesurent la gravité très profonde de la situation, que nous nommons « crise terminale » ou « crise haute », c’est-à-dire allant bien au-delà des contingences iranienne, syrienne, etc. À notre connaissance, c’est la première fois qu’un dirigeant aussi important déclare que la crise actuelle est sans issue…« pour l’instant ». « Pour l’instant » ? L’atténuation s’impose presque dans la bouche d’un dirigeant politique, mais la nuance, pourtant de taille, est si complètement contestable qu’elle en devient dérisoire.

« Discutant la situation économique globale, Poutine a tenu à attirer l’attention de ses auditeurs sur la profondeur de la crise et sur l’absence de stratégie pour y faire face. Il faut reconnaître qu’aucune solution fiable n’est en vue pour venir à bout de la crise économique mondiale a-t-il déclaré. Les problèmes d’endettement de la zone Euro, qui est en train de glisser dans la récession, n’est que la pointe d’un iceberg de problèmes systémiques non résolus de l’économie globale.

« Poutine a alors critiqué de façon cinglante la manière dont l’Ouest gère la crise économique, ce qui a pour conséquence, selon lui d’éroder le leadership en la matière des principales puissances occidentales, États-Unis inclus. L’absence de nouveaux modèles de développement, sur fond d’érosion de leadership des locomotives économiques traditionnelles telles que les États-Unis, l’Union Européenne et le Japon, ralentit la dynamique de l’économie mondiale a-t-il souligné .

« Pendant ce temps, la quête croissante de ressources énergétiques décroissantes conduit au désarroi du marché. La lutte en cours pour l’accès aux ressources s’est intensifiée, provoquant des fluctuations déstabilisantes dans les marchés des matières premières minéralières et de l’énergie. Cette instabilité pousse les gouvernements occidentaux à infliger ce que Poutine appelle la démocratie à coups de bombes et de missiles un  peu partout dans le monde, et particulièrement au Moyen Orient, déjà aux prises avec les répercussions du prétendu Printemps arabe… »


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  La seconde intervention est celle d’un ambassadeur US. Il s’agit d’une interview qu’a donnée, le 8 juin 2012, l’ambassadeur des USA en Suisse, Donald S. Beyer, en poste dans ce pays depuis le printemps 2009, au quotidien Der Bund, de Berne. Déclaration qui a été reprise par le site PressTV.com, le 8 juillet 2012. Le site iranien donnait notamment les précisions suivantes :

« Dans une interview au quotidien suisse Der Bund, Beyer a fait remarquer que la dette générale des États-Unis dépassait les 16.000 milliards de dollars et que le taux de chômage du pays était de 8,2%. Notant que le bas niveau des dépenses dans le budget des États-Unis, ces dernières années, était sans précédent depuis la IIe Guerre Mondiale, le diplomate américain a poursuivi en disant qu’il y avait consensus implicite entre les Démocrates et les Républicains sur la nécessité d’une réduction du budget militaire. Il a rappelé qu’avec 900 bases militaires à l’étranger, les États-Unis ont le budget de dépenses militaires le plus élevé du monde, ajoutant qu’une telle situation n’était plus acceptable. Beyer a affirmé par ailleurs que, dans les circonstances qui prédominent, personne ne considère la guerre avec l’Iran comme une option valable, et a exclu la possibilité d’une autre Guerre Froide à l’avenir. »

La dernière phrase surtout était remarquable : aucun officiel US n’a jamais avancé une telle chose. Quelques heures plus tard, d’ailleurs, soit ce même 8 juillet 2012, un commentateur US, J.G. Caesarea (alias Jeffrey Grossman, sioniste militant, NdT) corrigeait, dans la traduction de PressTV.com, précisément cette dernière phrase. Son texte, en allemand, était le suivant : « Niemand erwartert, dass aus dem Konflikt mit dem Iran ein Krieg wie im Irak wird, und es wird daraus auch kaum einen neuen Kalten Krieg geben. » Sa traduction donnait donc en réalité ceci, notablement différent de la version de PressTV.com : « Personne ne s’attend dans le conflit avec l’Iran à une guerre de type irakien et on imagine mal qu’il en sorte une nouvelle Guerre Froide. » Caesarea assortissait sa rectification d’un commentaire hostile à la déclaration de l’ambassadeur Beyer, estimant que « catégoriser » ainsi d’avance un conflit avec l’Iran revenait à couper l’herbe sous le pied à l’action des USA, ce qui lui semblait infiniment dommageable.

Dire que les États-Unis ont une économie en beaucoup trop mauvais état pour se lancer dans une guerre contre l’Iran n’est pas un argument nouveau. On l’entend chez des experts ou chez certains parlementaires extrêmement rares (Ron Paul, bien sûr), qui sont tous connus pour leur opposition à la politique officielle, expansionniste et belliciste, des USA, dite « le Système ». Mais qu’un diplomate en activité s’exprime dans ce sens (sur l’incapacité de lancer une guerre de la dimension de celle d’Irak) ainsi que sur d’autres aspects de la politique de défense et de sécurité nationale des USA (notamment sur une limitation considérable des dépenses militaires) est plus remarquable et d’une réelle importance. La chose est évidente lorsque Beyer observe que le niveau actuel du budget US de la défense est trop élevé et laisse entendre que le réseau des 900 bases US à l’étranger implique un volume de dépenses qui n’est tout simplement plus soutenable. En revanche, lorsqu’il affirme que ce constat est partagé tant par les Républicains que par les Démocrates, il s’avance sans doute un peu trop dans l’opérationnalité du fait. Ce peut être le cas en théorie, quoi qu’il en soit dit publiquement fort peu de chose, mais en pratique, la démagogie pure qui est de règle à Washington force à reconnaître que les actions parlementaires vont toujours dans le sens des augmentations budgétaires. L’automatisme de la réduction de US$ 500 milliards en dix ans du budget du Pentagone (le fameux processus de séquestration) qui doit théoriquement intervenir à la fin de l’année, est considéré comme une catastrophe - par le Pentagone bien sûr, mais également par nombre de parlementaires, notamment du côté républicain -, et la bataille fait rage pour tenter à tout prix d’empêcher cette réduction. D’une façon plus générale, on observera qu’il s’agit d’une double impasse, que décrivent ces constats, ceux de l’ambassadeur et ceux auxquels force la réalité : d’une part, les USA n’ont plus les moyens économiques de mener une guerre « de basse intensité » normale (type Irak), et cela, malgré les retraits d’Irak et d’Afghanistan ; d’autre part, ils ne parviennent pas, à cause de la crise de leur direction politique, à mettre en place une entente réelle visant à réduire leurs dépenses militaires. La corruption du personnel politique joue son rôle, mais également et surtout la paralysie gestionnaire du Pentagone, qui ne peut envisager de réductions, uniquement parce qu’il lui faut tenter de maintenir son niveau actuel d’activités, sous peine de faillite…

Ainsi, les propos de l’ambassadeur, qui sont effectivement inédits quant à la nécessité de réduction des dépenses militaires, constituent-ils une démonstration politique de la pertinence du constat de Poutine : la crise est profonde et, surtout, il n’y a pas (aujourd’hui…) de « stratégie de sortie » de cette crise. L’ensemble de ces observations confirme évidemment le caractère systémique et fondamental de la crise, dont il est entendu qu’il doit être étendu à tous les domaines des activités du Système dans sa totalité. Ces aveux d’impuissance de deux sources officielles sont de factures différentes ; l’un, de Poutine, est furieux, dans la mesure où il attribue la responsabilité de cette crise à l’ensemble du bloc BAO, et cela le plus légitimement du monde, avec le facteur aggravant de voir ce bloc BAO envenimer encore les conditions de la crise, en développant des politiques déstructurantes et déstabilisatrices (c’est-à-dire en favorisant la dynamique d’autodestruction dans le cours de la dynamique de surpuissance, mais qui s’en étonnera ?) ; l’autre, de source moins impérative et, disons, plutôt par inadvertance, fait un constat assez neutre, mais qui, lorsqu’il est considéré à la lumière de la vérité de la situation que nous connaissons, confirme complètement quoique indirectement, pour la partie US, le propos de Poutine.

Ces deux observations sont de positions et de points de vues très différents, l’une venue d’un dirigeant politique à la fois dans le Système et dans une position anti-Système (Poutine), l’autre, venue de l’intérieur du Système (l’ambassadeur US). On observera qu’elles confirment ce que nous constatons de plus en plus souvent, à savoir que les dirigeants politiques sont obligés, avec plus ou moins d’« entrain » selon les nécessités, de suivre la course du Système, tant est irrésistible son cycle surpuissance-autodestruction ; qu’en même temps, ils prennent conscience, avec plus ou moins d’acuité et de vélocité, que l’on se trouve dans un cul-de-sac. Poutine lui-même, lorsqu’il déclare à ses ambassadeurs, dans un autre passage de son discours, qu’il faut qu’ils se tiennent prêts à toutes les situations, y compris les plus graves, fait implicitement l’aveu de son incapacité, d’ailleurs complètement évidente et compréhensible, à peser de manière décisive sur cette course du Système. Lorsqu’il précise que « la bataille en cours pour l’accès aux ressources s’intensifie », provoquant des fluctuations de la situation et des marchés de ces matières premières, qui aggravent encore la crise de toutes sortes de façons, il constate de facto que la tendance actuelle n’est nullement à la recherche d’une sortie de la crise, mais à son aggravation sans aucune perspective de sortie, en d’autres termes, au resserrement et au verrouillage du cul-de-sac du monde.

C’est ce qu’il y a de plus impressionnant, et qui rejoint évidemment notre analyse générale constante : les remous actuels, souvent chaotiques, qui sèment un désordre général et aggravent la crise psychologique (terrorisation, narrative, etc.), et où nombre de commentateurs veulent distinguer des grands plans hégémoniques ou autres, constituent en vérité, hors de toutes ces spéculatons rationnelles et donc dérisoires, une course nihiliste à l’aggravation des choses, par la surpuissance autodestructrice du Système, vers le but aveugle et automatique de l’entropisation(1) du monde. On comprend évidemment que la consigne de Poutine soit de tenir autant que possible, en protégeant l’indépendance de la russie, mais on comprend également qu’il n’y a aucune réponse possible, ni de la part de Poutine ni de celle d’aucun autre, à la question ultime : tenir, certes, mais pour quelle issue ? Nous en sommes arrivés, même du point de vue des directions politiques, au niveau des interrogations métahistoriques sur le fondement et la validité du Système, et ces interrogations sont toutes marquées de l’adage courant que « poser la question, c’est y répondre ». Nous sommes directement confrontés au néant nihiliste de l’achèvement de la course du Système.

… Et se justifie alors l’autre voie de raisonnement du même constat général : puisque, certes, nous y sommes, autant laisser aller, et même favoriser cette œuvre finalement salutaire d’auto-destruction. Le « il faut tenir » de Poutine devient le conseil habituel du capitaine à ses matelots pendant la tempête : mettons-nous à la cape, pour tenir si possible sans sombrer. Quand à elle, la tempête, on sait bien qu’elle ne dépend en rien du sapiens, ce n’est pas fatalisme anémiant que de le constater, ni une trahison de la si belle « philosophie de l’optimisme » du Système (voyez où elle nous a menés), c’est simple réalisme et lucidité devant l’évidence.

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(1)       Entropie : grandeur qui mesure la dégradation de l’énergie d’un système, ou degré du désordre d’un système par rapport à son état initial probable.

 

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(Un bout du) Cul-de-sac côté Russie

 

 

dimanche 8 juillet 2012

Hillarix à Saint-Petersbourg, ou l’immanence de la potion magique

deDefensa.org


« Arrogant » ?… « En hyper surestimation consciente (ou inconsciente) de son ego » ?… « Gonflé de ses certitudes infinies en sa superpuissance » ?… ou bien « En inconscience totale » ?… « Déconnecté de la réalité du monde » ?…  « En perdition » ?…  «En implosion » ?... comment qualifier le Système BAO (bloc américano-occidental, plus américain qu’occidental d’ailleurs) ? Rayer les mentions inutiles, et/ou en rajouter d’autres s’il le faut... La péan du barde Hillarix à Saint-Pétersbourg a-t-il sonné faux exprès ? Ce serait inquiétant. Inconsciemment ? Ce serait moins grave, cela peut se soigner. [ Ah ??? NdCL]

 gérard

 Le vendredi 29 juin, la Secrétaire d’État Hillary Clinton s’est rendue à Saint-Pétersbourg. Elle y est restée à peu près une dizaine d’heures, avant de partir pour Genève où avait lieu, le lendemain, la conférence sur la Syrie (où elle retrouverait le ministre russe Lavrov). Pendant cette dizaine d’heures, elle a rencontré Lavrov, s’est entretenue et a déjeuné avec lui, a visité quelques sites de la ville de Saint-Petersbourg et, surtout pour notre propos, a trouvé du temps pour rencontrer des représentants de groupes d’opposition russes, qu’on qualifie plus ou moins vaguement mais avec une grande assurance d’« ONG ».

La Douma de la Fédération de Russie prépare des textes de loi qui mettront les ONG, y compris les ONG russes, exerçant des activités politiques en Russie et recevant des fonds de l’étranger, dans la catégorie des « agents étrangers » ; cela les soumettra évidemment à des législations de surveillance et répressives très spécifiques. C’est de cela que la Secrétaire d’État venait parler, principalement de la question du financement dans ces conditions nouvelles, et indiquant clairement qu’elle entendait trouver un autre canal que celui de versement direct du chèque mensuel du département d’État pour financer ces associations. C’est exactement et précisément ce qu’a affirmé l’un des activistes qui a rencontré Clinton, Dimitri Dubrovsky, – avec un sens exceptionnel de l’inconscience de ses propres paroles, puisqu’il venait ainsi dire que Clinton les avait assurés que le gouvernement des États-Unis cherchait un canal dissimulé et/ou illégal pour les financer malgré l’appareil législatif russe, et donc en violation des lois russes qui vont être mises en place…

(Les groupes d’activistes pro-bloc BAO sont ainsi qualifiés par Tim Kirby, le 3 mars sur Russia Today :

« pour parler franchement, les Russes ne sont pas très russes, généralement ils n’aiment rien de leur pays, et ils ressentent un grand complexe d’infériorité vis à vis de l’Ouest, qui représente pour eux le modèle parfait d’existence. Vous seriez abasourdis de savoir combien de personnes avec lesquelles j’ai parlé aimeraient que les USA attaquent et prennent le contrôle de la Russie, car “ils feraient un meilleur job” (...). De par mon expérience personnelle, malgré la haute valeur que ce groupe de gens donne à l’Ouest, ils n’en connaît absolument rien. (...) Son point de vue est fondamentalement une copie naïve et faussée du Libéralisme Occidental ».)

La visite de Clinton, rayon « ONG », et sa rencontre avec les « activistes » russes pro-occidentaux, sont ainsi présentées, sur le site Novinite.com, le 30 juin 2012 :

« Selon les affirmations d’activistes russes, les USA sont résolus à trouver une nouvelle manière de financer les ONG en Russie, afin de réussir à contourner la législation restrictive actuellement à l’étude. Samedi, le quotidien russe Kommersant a rapporté que les ONG représentatives étaient satisfaites de leur rencontre avec Hillary Clinton, qui s’est rendue à St. Petersbourg vendredi pour les rencontrer. Le thème principal de la discussion a été la proposition de loi russe, selon laquelle une ONG impliquée dans des activités politiques et recevant du financement de l’étranger sera considérée comme un “agent de l’étranger “. “Mme Clinton a dit qu’elle était au courant du problème et qu’elle s’occupait de trouver d’autres canaux pour l’acheminement du soutien américain aux organisations, de façon à ne pas les compromettre,” a déclaré l’activiste Dmitry Dubrovsky. »

Pour mieux développer et commenter cette nouvelle, – qui vaut sans aucun doute le commentaire, – on doit notamment rappeler ce que disait l’ambassadeur McFaul, que nous désignions comme « ambassadeur-Système » dans notre texte du 15 juin 2012 : « McFaul a aussi assuré le public que le Département d’État Américain ne soutenait pas l’opposition Russe. “Washington a des programmes pour soutenir la société civile dans beaucoup de Pays”, a précisé McFaul, “et la Russie ne fait pas exception à la règle, ceci ne signifiant pas une ingérence dans les affaires intérieures du pays”. “L’opposition vous regarde, ce sont vos affaires, pas les nôtres, et nous le comprenons parfaitement,” (…) En mai, McFaul avait déjà nié  tout lien entre Washington et le mouvement de protestation russe. Il avait dit que le soutien US aux ONG était un concept global, qui n’avait pas pour but d’influencer les affaires de la Russie.

…Ce que nous commentions de cette façon, notamment en nous attachant aux quelques mots ci-dessus mis en gras par nous-mêmes : « Dans ce cas, la dernière phrase citée de McFaul est encore plus stupéfiante quant au fonctionnement de la chose : “Il dit que le soutien US aux ONG est un concept global, et n’a pas pour but d’influencer les affaires de la Russie…” On comprend donc que ce « concept global » des ONG, qui vit de sa propre vie et de sa propre dynamique, n’est pas dirigé contre la Russie mais « global », – ce qui signifie, si l’on observe les réalités, qu’il n’est pas dirigé contre la Russie spécifiquement mais que la Russie fait partie des objectifs puisque le concept est « global » et, donc, que tout y passe, y compris la Russie… Il n’y a aucune raison de ne pas prendre cette observation à la lettre, alors que tous les événements la confirment. Le « concept global » des ONG est un programme-Système, qui est lancé par l’intermédiaire des ONG et d’ailleurs suscité par ces mêmes ONG, considérées comme regroupées en une entité-Système, contre le principe de la souveraineté nationale, contre le Principe en général, au nom de la communication-Système… »

Nous poursuivions en n’émettant aucun doute sur la bonne foi de ces affirmations de McFaul, – lequel, d’ailleurs, aime à se définir non comme un « diplomate » mais comme un « spécialiste de la révolution de couleur », un spécialiste en relations publiques de l’industry of regime change, par conséquent entièrement orienté sur les « industries » de relations publiques et de la communication en général. Selon cette logique, la question générale du Principe, et spécifiquement celle du principe de souveraineté, ne se posent concrètement en aucun cas. Ces diverses « industries » sont nécessairement « globales » et « globalisées » et ne s’arrêtent évidemment pas à un détail, comme l’est celui de la nationalité russe du territoire dont il est question ici.

 

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Où il y a de la gêne…


C’est selon cette même logique qu’Hillary Clinton intervient comme elle le fait durant sa visite à Saint-Petersbourg, dans des conditions époustouflantes de légèreté et de désinvolture, sinon de mépris indifférent, pour les questions de souveraineté, et tous les autres aspects afférents en général aux conceptions de la diplomatie. Si l’on se réfère aux canons de la diplomatie classique, laquelle n’est pas autre chose que l’art immémorial d’aménager les relations entre les nations et d’établir des équilibres de puissance et d’intérêt, l’attitude de la Secrétaire d’État est d’une impudence et d’une grossièreté à couper le souffle. Mais l’on ne peut s’en tenir à la question de la bonne éducation. Par exemple, Timothy Bancroft-Hinchey, écrivant un billet d’opinion dans la Pravda, ce 2 juillet 2012, observe, sans intentions polémiques particulières, nous semble-il, mais simplement comme un fait : « Clinton est une lobbyiste, pas un diplomate » (Bancroft-Hinchey s’attache à un aspect particulier des activités de la Secrétaire d’État : « Hillary Rodham Clinton est une lobbyiste qui cède aux exigences des fantaisies de la communauté d’affaires entourant Washington, laquelle lui dicte sa politique après avoir financé les campagnes des candidats à la Présidence. Elle n’est pas un diplomate … » La même chose peut être dite de ses activités auprès de l’ «opposition » russe, qui relève effectivement des relations publiques, du lobbying, etc., en faveur de l’industry of regime change, confirmant effectivement l’évolution dans le sens qu’on voit de la fonction diplomatique, de la noblesse de l’art immémorial, au dynamisme du job postmoderniste usuellement rémunéré.)

…Comme McFaul, Hillary Clinton est effectivement pénétrée du même concept impérativement objectivé selon lequel l’action subversive des USA n’est pas de la responsabilité des USA, mais imposé et entraîné par une force supérieure, évidemment de caractère « global », qui est une sorte d’immanence libérale enquêtant partout sur la planète et intervenant là où cela importe, sans nécessité de permis de séjour ni quelque intérêt que ce soit, – puisque l’enquêteur est au service de la démocratie droitsdel’hommiste, qui est la vertu immanente que l’on sait. S’il se trouve que les critères et les « valeurs » véhiculées correspondent aux conceptions exactes et aux intérêts y afférant des USA et du bloc BAO, il n’y a pas lieu de s’étonner puisque USA et bloc BAO sont nés de cette même vertu et immunisés par avance contre tout écart, – au fond, tombés, un jour de leur plus jeune âge dans la marmite où bout la potion magique de la vertu droitsdel’hommière, comme Obélix dans la marmite où bout la potion magique de Panoramix. (« Pas toi, Hillarix, tu sais bien que tu es tombée dans la marmite quand tu étais bébé... »). Sarcasme mis à part, nous n’en sommes pas moins persuadés que ceci reflète précisément le contenu de leurs psychologies à tous. Ainsi la Secrétaire d’État examine, au grand jour, devant les « dissidents » postmodernes applaudissant des deux mains, le moyen de tourner la loi russe, de transférer de l’argent du trésor public des USA à des organisations russes made in CIA, de façon parfaitement illégale, pour alimenter une subversion du pouvoir légal et démocratique (eh oui !) de la Russie.

Contre cette psychologie détraquée et néanmoins enfermée dans des certitudes quasiment immanentes, les Russes ne peuvent et ne pourront rien. Simplement, un jour, quand les choses seront allées trop loin, ils demanderont le rappel de l’ambassadeur McFaul. Nous entrerons alors dans une crise internationale de première grandeur, dont l’enjeu ne sera rien moins, pour le côté du bloc BAO, que l’évidence de la vertu contre les machinations antidémocratiques qu’on sait.

(traductions de quelques passages, avec sûrement des fautes, des coquilles etc) soyez indulgents à mon manque d’entraînement..) gérard

Source :

http://www.dedefensa.org/article-hillarix_saint-petersbou......

via :

http://www.legrandsoir.info/hillarix-a-saint-petersbourg-...  pour la traduction des citations.

 

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 Que les Russes sachent bien que nous ne rigolons pas !

 

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Samedi 7 juillet 2012

Les nerfs florissants d’Hillary l’hallucinée

deDefensa.org

Les nerfs d’Hillary Clinton, – pardon, mais impossible d’écarter ce jugement pseudo-médical, – deviennent bien embarrassants. Ils sont en pelote, incontrôlables, et font ressembler les réunions internationales à des récréations pour établissements psychiatriques. Il faut dire que s’il n’y avait pas ce genre de divertissement (dito, les nerfs d’Hillary), les réunions des « Potes de la Syrie » constitueraient des évènements bien embarrassants par l’ennui que fait naître la vacuité inlassablement alimentée par la répétition de la narrative incantatoire et également hallucinée des répétiteurs du bloc BAO.

 

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Nous disons notre conviction intuitive que « les nerfs d’Hillary », en même temps qu’ils sont bien entendu un cas spécifique et personnel, reflètent également l’état psychologique d’une communauté bureaucratique, celle du département d’État pour ce cas précis, qui semble être ainsi une convaincante illustration de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO.

victoria-nuland_350_032312114235.jpgLa présence à ses côtés, dans le rôle d’influence essentiel de porte-parole, de Victoria Nuland, femme du neocon Robert Kagan et ancienne ambassadrice US à l’OTAN - elle-même pasionaria du néoconservatisme mâtiné d’un libéralisme hyper et convulsivement interventionniste de tendance féministe(1) - est une garantie de la puissance et de l’extension de cet état de la psychologie dans le cabinet de la Secrétaire d’État Clinton. (Nous ne parlons certainement pas d’« état d’esprit », ce qui serait faire bien de l’honneur à toute cette volaille. Pour Hillary et Nuland, ce sont la fermeté perspicace et l'habileté manoeuvrière des femmes en politique remplacées par l’hystérie féministe, éternellement en transit de radicalisation extrême (2).) On n’a pas fini de mesurer les ravages de la pandémie de la psychologie hystérique des liberal hawks (3) dont Hillary est l’emblématique représentante, dans les structures d’un ministère qui, de George Kennan à James Baker et au morne Warren Christopher (Secrétaire d’État de 1993 à 1997), avait su cultiver la mesure et une certaine tenue sans rien sacrifier du cynisme et du pseudo-idéalisme américaniste si efficaces.

Bref, et en attendant plus, ceci pour introduire l’intervention et la pétroleuse activité d’Hillary Clinton à la glorieuse réunion des « Amis du peuple syrien », comme ils disent officiellement, hier à Paris. La diplomatie, qui se veut de tradition et d’un très grand et pompeux sérieux, se trouvant dans tous ses états hypomaniaques, cela constitue un spectacle extraordinaire et gourmand de l’ère postmoderniste. Savourons, par exemple ce qu’en dit Russia Today (on laisse la presse-Système jouer avec ses poussières), ce 6 juillet 2012.

L’intervention d’Hillary a fait surtout sensation pour ses remarques extrêmement agressives, contre la Russie et la Chine :

« Il faut que la Russie et la Chine paient leur opposition à la chute d’Assad »… Certains notent que, même pendant la Guerre froide, aucun Secrétaire d’État n’a jamais tenu de propos aussi agressifs contre la Russie (alors l’URSS). Rien là qui nous étonne.

« Je ne vois pas que la Russie et la Chine soient en train de payer quoi que ce soit pour leur prise de position en faveur du régime d’Assad. La seule condition pour que cela change, c’est que toutes les nations représentées ici, fassent savoir clairement et d’urgence, que la Russie et la Chine auront à payer quelque chose, » a martelé Clinton.

Le ministre des Affaires Étrangères  Adjoint, Sergueï Ryabkov, a dit que le bloc occidental était en train de fonctionner sur un schéma ami-ou-ennemi, qu’il a qualifié de démodé. « Nous refusons  catégoriquement que le problème soit posé de cette façon, à propos de l’actuelle situation en Syrie et d’un prétendu “soutien” du président Bachar el-Assad. Il n’est pas question de soutenir certaines politiques ou certains dirigeants. Il est question de résoudre une situation de crise affectant un pays, et de le faire dans les limites d’un cadre politique. » Ryabkov a ajouté : « Malheureusement, nous n’arrivons pas à obtenir un accord de principe de nos partenaires occidentaux. L’Ouest en est encore à recourir à la vieille alternative ami-ou-ennemi. Nous considérons cette terminologie comme une chose du passé. »

Un autre point remarquable de l’intervention de Clinton, c’est qu’elle a ressorti la fameuse affaire des hélicoptères russes vendus depuis des années à la Syrie, renvoyés en Russie pour entretien et remise à neuf, qui étaient sur le chemin du retour vers la Syrie lorsque la polémique a éclaté il y a trois semaines, du fait d’Hillary Clinton. (Voir le 15 juin 2012, le 21 juin 2012 et le 22 juin 2012.)

« La Secrétaire d’État US a en outre critiqué la Russie pour l’entretien qu’elle a assuré des hélicoptères syriens de fabrication soviétique. Il y a deux semaines, Hillary Clinton a fustigé la Russie pour avoir réparé trois hélicoptères syriens, disant que leur présence “va envenimer le conflit de façon tout à fait dramatique.” Le ministre des Affaires Étrangères russe a aussitôt réfuté ces allégations. “En 2008, ces hélicoptères ont fait l’objet d’un contrat de réparation. Il faut encore qu’ils soient réassemblés, après livraison,” a précisé Lavrov. “Le processus complet prendra au moins trois mois. Par conséquent, parler de quelque chose que nous viendrions de vendre à la Syrie et qui pourrait être utilisé dans les actions en cours, est un mensonge pur et simple,” a-t-il ajouté.

• Dans un autre article, de commentaire celui-là, Russia Today interroge deux commentateurs US. L’ensemble de leurs propos, ajouté au rapport sur l’intervention de Clinton, suffit à compléter la documentation du dossier. (Article du 6 juillet 2012.)

« Mais la réunion de Paris a révélé que les USA peuvent encore s’en tenir à leur propre solution du problème syrien et ne sont pas disposés à accepter un compromis, » a dit Mark Almond, professeur de relations internationales à l’université de Bilkey en Turquie. « Mme Clinton est en train de transformer un problème régional – intérieur à la Syrie - en une crise entre la Syrie et ses voisins, et même en un problème potentiellement planétaire,» a déclaré Almond à RT . « Les pays qui ne sont pas d’accord avec le moindre mot de Mme Clinton doivent être considérés comme des soutiens de tyrans et des ennemis du Bien. C’est propre à susciter une réaction globale beaucoup plus dangereuse. (…) Peut-être les interventions de Mme Clinton sont-elles dues à la frustration de n’avoir pas encore pu atteindre son but de renverser M. Assad, » a estimé le Pr. Almond, ajoutant que Mme Clinton « est connue pour user d’une rhétorique agressive, à l’égard des gens qu’elle n’aime pas. »

« Cette apparentte volte-face serait surprenante, si on avait le sentiment que l’accord atteint la semaine dernière était vraiment la carte que les Amis de la Syrie souhaitaient jouer vis-à-vis des pays arabes. Ceci prouve une fois de plus que, dès le début de cette crise, le but final était bien de renverser Bachar al-Assad et son gouvernement, » a déclaré James Corbett, animateur du site web d’information The Corbett Report, à RT. (…) « (À Paris) Clinton est allée jusqu’à insister pour que 60 autres pays du groupe des Amis de la Syrie se joignent à elle pour faire comprendre à la Russie et à la Chine qu’elles auront à subir un choc en retour pour les punir de leur position à l’égard de la Syrie, » dit Corbett. «Ceci montre que les USA n’ont pas de moyen de pression diplomatique à utiliser directement contre la Russie et la Chine. »

…Ajoutons à toutes ces intéressantes observations et commentaires, la précision que Clinton a aussi « menacé » (est-ce le terme ?) de proposer une troisième résolution à l’ONU, qui autoriserait une No-Fly Zone, ou autre faux-nez du genre, pour déguiser une intervention étrangère. Effectivement, on se trouve en pleine inversion de la logique diplomatique… Après avoir insulté Russes et Chinois, les « menacer » en supplément d’une troisième résolution de l’ONU, qui aurait besoin, pour passer, de leurs votes, alors qu’ils offriront leurs vetos comme bras d’honneur habituel, voilà qui relève d’une nouvelle sorte de diplomatie, disons « une diplomatie hypomaniaque ». Sans doute le très cool président BHO, se souvenant de l’existence du monde entre deux dîners de soutien pour lever quelques centaines de milliers de dollars de plus pour sa réélection, lui conseillera-t-il d’oublier cette « menace » pour éviter de subir une troisième défaite à l’ONU.

Bref, il y a très peu d’enseignements à tirer, à suivre l’intervention d’Hillary Clinton d’un point de vue politique. Celle qui embrasse Lavrov un 29 juin pour l’insulter sept jours plus tard ne présente guère d’intérêt à être soumise au moindre décryptage. Depuis qu’elle menace le monde entier d’une attaque de la Syrie, et considérant que les USA n’ont besoin en général de l’autorisation de personne pour ce genre de sport, on en conclura que le Pentagone prend également très peu au sérieux les « menaces » de Clinton. (Effectivement, on aurait envie de lui conseiller, après tout, d’attaquer la Syrie comme ses associés et acolytes l’ont fait en 2001 en Afghanistan et en 2003 en Irak, et elle-même par l’intermédiaire de son mari Bill au Kosovo en 1999, en se passant de la bénédiction de l’ONU et de l’assentiment des Russes. Mais encore faut-il avoir le poids de la puissance, à défaut d'audace, pour le faire.)

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Aussi est-ce bien l’aspect psychiatrique, – pardon psychologique, qui nous intéresse. Dans ce cas, ce n’est pas l’insulte menaçante lancée aux Russes et aux Chinois qui nous paraît le fait le plus remarquable mais plutôt l’affaire des hélicoptères remise sur le tapis. Cette affaire est assez documentée pour être considérée comme close ; réglée aussi bien par une réaction du Pentagone que par le réaction russe, elle s’est révélée comme une erreur technique de l’équipe du département d’État, emportée par son zèle publicitaire et idéologique ; qu’elle soit pourtant à nouveau utilisée, faisant passer la démarche de l’erreur, à la rigueur compréhensible, au mensonge absolument avéré et utilisé au nom d’une logique implacablement affective et manipulatrice de la raison, nous éclaire fortement sur l’état de la psychologie régnant au département d’État, et chez la Secrétaire d’État elle-même. Il est bienvenu que la contribution de Hédi Dhoukhar , qui paraît ce même 7 juillet 2012, mette l’accent sur l’aspect psychologique, – maniaco-dépression, terrorisation, etc. – que nous développons, pour étudier les comportements des directions politiques du bloc BAO. C’est bien de ce côté qu’il faut s’orienter pour comprendre le comportement d’une Clinton, psychologiquement épuisée, absorbant effectivement le mensonge comme une drogue qui lui permet de maintenir à flot sa narrative, éventuellement avec l’apport de drogues bien réelles, surenchérissant dans l’agressivité à mesure que son impuissance à tordre la réalité à sa volonté ne cesse de s’affirmer.

« Peut-être les interventions de Mme Clinton sont-elles dues à la frustration de n’avoir pas encore pu atteindre son but de renverser M. Assad, » avance le professeur Almond, – indeed, professeur, nous y sommes, pour le principe de la chose, et bien au-delà pour son opérationnalité. Ce qui est remarquable dans le stade d’avancement de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO qu’illustre Clinton – elle n’en est que le cas le  plus extrême - c’est l’affaiblissement considérable qu’on observe, au constat d’un tel éclat, conjuguant l’incapacité de se contrôler et l’indifférence complète de la démonstration publique de l’impuissance qu’on y trouve. Que cet éclat soit assumé d’une façon consciente, mûrement pesée, sous la forme d’un discours préparé, et non pas d’un mouvement d’humeur momentané, ajoute encore au pessimisme du diagnostic. Non seulement ces gens ne se contrôlent plus et laissent voir leur complète impuissance, mais ils procèdent d’une façon construite qui implique l’exposition de cet état, sans plus appréhender les conséquences que cela entraîne ; ils structurent la démonstration de leur effondrement psychologique, atteignant au paroxysme du paradoxe de structurer d’une main de fer leur propre déstructuration. Leur pathologie de la psychologie n’est plus distinguée en tant que telle ; c’est leur psychologie qui est devenue pure pathologie, comme une chose naturelle, avec l’emploi avéré et sans aucune dissimulation de tout l’arsenal de cette pathologie : le mensonge, l’invective, l’irresponsabilité. Ils sont complètement immergés dans la narrative terrorisée, transcrite en termes d’une agressivité sans frein.

Effectivement, ces gens sont capables de tout. En général, ce n’est pas la recette pour la victoire décisive d’une cause, mais plutôt pour l’accélération décisive de la catastrophe résultant de la collision de la narrative en vigueur avec la vérité du monde. Attendons pour voir.

________________________     

(1)         ??? (NdCL)

(2)        Féministes ? En plus de femelles hystériques ? En quoi faisant ? Nous laissons à l’auteur de l’article la responsabilité de ses jugements sur le « féminisme » de Clinton et Nuland, et nous permettons de rappeler que, pour feu José Saramago, les femmes de pouvoir « sont des hommes ». Pour nous : des femmes châtrées.

(3)        Mâles exclus ?

Source :

http://www.dedefensa.org/article-les_nerfs_florissants_d_hillary_l_hallucin_e_07_07_2012.html

 

Traduction des citations : Catherine L. pour

http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be

 

*

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De tout ceci, nous laisserons Annegarn et Arno tirer les conclusions qui s’imposent.


 

                                          


 

*

MEDIAMENSONGES

L’arme absolue du gang occidental ?

 

Non, l’arme absolue du gang occidental, c’est la corruption et la servilité à toute épreuve de son personnel politique et de sa pseudo-intelligentsia.

Les médiamensonges sont les virus qu’il répand, dans sa guerre bactériologique contre l’esprit.

Certains pays, parfois des continents entiers, en sont immunisés. Le microbe est surtout efficace contre les foules du BAO (Bloc Américaniste-Occidentaliste).

Déclin de l’Occident ?

On voit ici les fameuses ONG à l’œuvre sur le front russe.

 

 

***

 

La guerre de la désinformation fait rage

contre la Russie

 

ICE STATION ZEBRA est un site généralement bien informé de tout ce qui se passe en Russie. Il nous offre ici un échantillon de ce que « désinformation » veut dire. Son texte est riche (encombré ?) de liens méritant qu’on s’y attarde. Certains conduisent à des sources en anglais ou en russe. Ceux en français offrent un assez joli florilège ès merdiacratie francophone. La propagande mercenaire y bat son plein. Les pin-ups sont très jolies – complètement pourries en dedans mais très jolies (choisies pour ?).

 

Lundi 9 juillet 2012

Russie - Inondations - Désinformation - AFP - France 24 - RFI - TF1 : Guerre informationnelle et indécence .

Alors que la Russie pleure les morts de la crue cataclysmique qui a frappé la région du Kouban et plus particulièrement la localité de Krymsk , il convient de faire le point sur ce qui constitue une véritable  « guerre informationnelle » contre la Russie et surtout ses chefs politiques .

Comme je l'ai déjà évoqué sur ce blogue, on ne peut pas bien sûr accuser des individus de provoquer une émeute ethnique suite au meurtre d'un supporter d'une équipe de football, pas plus qu'on ne peut les accuser d'avoir provoqué des pluies diluviennes ayant entrainé des crues cataclysmiques. On peut par contre légitimement soupçonner l'existence de cellules et de réseaux prêts à déstabiliser un état à la moindre occasion et au moindre prétexte.

C'est ainsi qu'en janvier 2010 des blogueurs non identifiés mais dont l'adresse IP indiquait qu'ils agissaient depuis l'étranger ont propagé la rumeur que la structure du barrage de Saiano Chouchenskaia  en Sibérie allait s'écrouler sous le poids d'« une masse de glace de 25 000 tonnes ». Cette rumeur avait entraîné un début de panique parmi les populations résidant en aval de la retenue, la destruction d'une turbine en août 2009 ayant provoqué la mort de 79 personnes dans la salle des machines du barrage.

 

Lire la suite…

 

*

 (Un bout du) Cul-de-sac côté U.S.

 

Pas même besoin de lire.

Les images suffisent.

 

Non, ce n’est pas La Double Vie de Théophraste Longuet, c’est Las Vegas, quand on y vit dans les égouts :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2010/11/usa-2010.h...

Le peuple « taupe » :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/09/au-36eme-d...

Detroit - USA ville frantôme…

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/04/detroit-us...

…où même les banques s’écroulent :

http://www.dailymail.co.uk/news/article-1370199/Detroit-H...

St. Louis – USA :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/st-louis-u...

Camden, New Jersey – USA :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/bienvenue-...

Bas-Empire New-Look :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/02/fin-de-civ...

Pour ceux qui n’en ont pas encore assez  :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/effondreme...

Et pour ceux qui n’auraient pas compris :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/09/tiers-mond...

 

Pour en savoir plus :

Résistance 71

Blog hautement recommandé :

http://resistance71.wordpress.com/

 

Évidemment, il y a toujours les petites souris qui nagent dans le bol de lait, des fois que ça deviendrait du beurre :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/societe-po...

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/01/detroit-ja...

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/01/communaute...

Elles auront à s’expliquer avec ça :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/tain.html#...

Bonne chance à la génération qui vient !

 

Mis en ligne par Catherine

Le 17 juillet 2012

 

 

*

 

LIVRES

qu’on peut ne pas lire,

sauf si on a du temps à perdre.

ou

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 Quand l’écolier limousin

se prend pour la Sorbonne


Nous n’avons pas pour habitude ici de critiquer des livres, mais plutôt de recommander ceux qui nous paraissent importants ou que nous aimons particulièrement. Aujourd’hui, nous allons déroger, sans qu’il soit question d’en faire une habitude. Après tout, notre modèle, John Cowper Powys, qui pratiquait exclusivement l’analyse dithyrambique, a quand même - une fois - dit du mal de Chesterton.

L’histoire est banale. Une de nos amies, Parisienne exilée dans son endroit natal, n’arrêtait pas de nous bassiner pour que nous lisions Métronome, de Lorànt Deutsch. Un jour, votre servante, dans une bibliothèque publique, tomba dessus, et lut. Outch ! Elle est gaga, Ginette, ou quoi ? Parce que, bon…

Que je vous conte d’abord une anecdote :

Devenue vieille, Elisabeth Duplay (la fille des hôtes de Robespierre, la veuve du Conventionnel Le Bas, la mère de Philippe Le Bas, membre de l’Institut, précepteur du futur Napoléon III, il n’y a pas que Sénèque dans la vie, et auteur d’une Histoire de l’Univers qui tient encore la route) a raconté à quelqu’un, je ne sais plus qui, ma bibliothèque est dans un garage, qu’au moment où ils écrivaient l’un son Histoire des Girondins, l’autre son Histoire de la Révolution Française, Lamartine et Michelet étaient venus la voir tour à tour. Tous deux voulaient, comme il se doit, solliciter les souvenirs de celle qui était un des derniers témoins des faits, qui avait connu de près plusieurs des acteurs du drame. À l’issue de quoi Lamartine avait eu la rare probité intellectuelle, non de renoncer à ses chers Girondins, mais de rectifier ce qu’il y disait d’injuste et de résumer, en une phrase trop méconnue, ce que son interlocutrice lui avait fait découvrir: « Ils (les thermidoriens) l’ont noyé dans le sang qu’ils avaient tiré pour le perdre. » Il parlait de Robespierre. Je cite de mémoire, voir plus haut.

Et Michelet ?

Ah, Michelet ! Elle le revoyait – non sans attendrissement, car il avait du charme, l’animal – debout, accoudé à sa cheminée, s’écriant, après s’être jeté un coup d’œil satisfait dans la glace : « Madame, vous verrez, ce sera bien plus beau comme je vais le raconter ! » A-t-elle eu le temps de voir ? Nous, oui. Et pas seulement dans l’Histoire de la Révolution Française, mais aussi dans La sorcière,  dans Le peuple, dans La Bible de l’Humanité, etc. etc. Car Michelet, il faut bien se décider à le dire, était un masturbé du cerveau, un qui se branlait d’une main et qui écrivait de l’autre, avec le produit de sa branlette. Lyrique, certes. D’un beau lyrisme. Passant presque toujours avant la vérité. Maître ès fantasmes. « Bien plus beaux », vous comprenez, que l’ennuyeuse exactitude historique. Un peu embêtant, quand on occupe la chaire d’Histoire au Collège de France, toutes ces tares du romantisme rassemblées sur un seul homme ! Bien de l’eau sale allait couler sous le pont Mirabeau avant que paraisse Albert Mathiez, l’historien exemplaire capable de découvrir ses propres erreurs et de recommencer tout son travail à zéro. Mais au moins, l’homme – je parle de Jules – était érudit, à défaut d’être honnête, et il s’exprimait en français, grammaire, syntaxe et orthographe, sans prendre les imparfaits pour des passés simples et lycée de Versailles.

C’est de lui que se réclame Lorànt Deutsch. Et d’Eddy Mitchell. Pauvre Eddy Mitchell qui n’en peut mais. Ce qu’on peut dire, c’est que la masturbation, chez Deutsch, prend des allures de Gay Pride, toute libido dehors étalée sur la place publique. Et se double d’un illettrisme on ne peut plus décomplexé. Ses fantasmes à lui, hélas, ne sont pas lyriques, ils sont cheap. Fantasmes de midinette au QI de 21… 22 à tout casser.

En d’autres temps, ses élucubrations pseudo-historiques n’eussent pas trouvé d’éditeur, et l’alternative alors était simple : soit elles restaient dans son grenier, sous forme de journal intime, soit il s'éditait à compte d’auteur, ce qui lui eût valu un paragraphe dans la somme à Blavier, entre Gagne et Berbiguier. Petit, le paragraphhe, car il y a, chez ces givrés, une forme pathétique de poésie, absente chez l’auteur de Métronome. Mon appréciation est bien entendu subjective, mais ce n’est pas lui qui va me le reprocher, mm ?

Ce qui a changé, depuis l’âge d’or des fous littéraires, ce sont les progrès de la technologie et le consumérisme obligatoire, qui ont mis la publication de ses billevesées à la portée du premier ignare venu (et qu’est-ce que je fais moi-même en ce moment ?). Un ordinateur d’occasion, une imprimante, une cartouche, une rame de papier, un peu de colle, et le tour est joué.

 

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      Oui, mais, Michel Lafon ?

      Question intéressante. Je vous remercie de me l’avoir posée.

C’est là en effet le croquignolet mystère :  le niveau des comités de lecture est-il tombé si bas ou y a-t-il d’autres raisons ?

D’autant qu’il n’a rien écrit lui-même, s’il faut en croire M. Pierre Assouline («Lorànt Deutsch, à moins que ce ne soit sa plume et documentaliste, le polygraphe suisse Emmanuel Haymann, flatte un instinct populaire bien dans l'air du temps qui rejette les experts. ») 

Dans tous les cas, le livre, qu’il soit de Deutsch ou d’Haymann, est nul, irrémédiablement nul.

-  Mais son succès ?

- N’est pas plus étonnant que celui du Da Vinci Code… Je puis vous l’assurer, Childéric bâtisseur du Louvre, Charlemagne en l’an mil, et Notre-Dame, « point d’orgue du gothique, chef-d’oeuvre des hommes du Nord, vainqueurs des hommes du Sud » (de la Loire en passant par Byzance), c’est aussi joyeux que la chapelle de Rosslyn, le prieur de Sion assassiné par l’Opus Dei et l’enfant – bâtard, forcément bâtard - de Jésus et de Marie-Madeleine. Mais lui, ce ne sont pas les Templiers qui l’intéressent, ni les franc-macs chapardeurs de Graal. Il est pour la royauté, Dan Deutsch, républicaine (si, si). Orléaniste, voilà ! Le sait-il que le fondateur de sa branche élue vota la mort de son roi-serrurier, « mettant ainsi fin à la civilisation française » ? (Robespierre, choqué : « Lui seul avait le droit de s’abstenir ») Et la vota non par conviction ni par fanatisme, mais par opportunisme d’ambitieux ? Bof, s’il fallait s’arrêter à ces broutilles. On ne devient pas roi sans manger ses parents en omelette. 

Il est pour la religion, aussi. Non pas celle de saint Augustin (qui c’est ?) ni même celle de Paul Claudel, non : celle de la Légende dorée, où les saints marchent vraiment avec leur tête sous le bras. Concordat ! Concordat !

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Bref, le cher petit nous vend une histoire, une monarchie et une religion grappillées au petit bonheur la chance dans les almanachs de colportage encore tout pleins des temps obscurs et les fascicules-Historia pour bibliothèques de gares de nos temps de plus en plus obscurantistes.

 

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Qu’est-ce qui lui a pris ?

Je parierais ma chemise que je connais l’origine de ce « fait de société » fabriqué au bazooka.

Du temps de ma folle jeunesse, un aspirant comédien qui arrivait à Paris, désargenté et néanmoins décidé à se payer le cours Simon et une chambre de bonne, se voyait offrir deux sortes de petits boulots : vendre des encyclopédies au porte à porte sans passer par les ascenseurs (tuant et pas rentable) ou officier comme guide pour touristes désireux de visiter le « Paris insolite ». Les organisateurs avaient mis en commun les connaissances par eux glanées sur quelques endroits pittoresques et concocté un petit boniment d’accompagnement, qu’ils refilaient aux futurs Talma et Sarah Bernhardt, avec des clopinettes, mais en leur faisant valoir qu’il y avait là, pour eux, une occasion en or de s’exercer à leur futur métier : rôle du guide. Et c’était encore mieux si vous parliez une langue étrangère, puisque vous auriez peut-être un jour l’occasion de faire du cinéma dans une production internationale. Va voir qu’il ait commencé comme ça, Lorànt Brown. Et embrayé sur le non-insolite pour son propre compte. Certes, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Et même plutôt de quoi le rendre touchant. Après tout, ce n’est pas lui qui a supprimé l’enseignement de l’histoire à l’école. À qui la faute s’il ne sait rien ?

Mais pourquoi, alors, est-il si antipathique ? Oh, l’évidence même :

Il raconte l’histoire d’une ville. Mais une ville sans ses habitants, qu’est-ce que c’est ? L’histoire de Paris, c’est donc, surtout, celle des Parisiens. De souche, de passage ou d’importation – précaire quand ils s’accrochent à ses flancs comme des moules, alors qu’ils n’ont même pas de papiers, souvent. Eh bien, les gens en général et les Parisiens en particulier, Lorànt ne les aime pas, il les exècre, il les méprise, il voudrait qu’ils ne soient, qu’ils n’aient jamais été là. Beurk ! Beurk ! La foule, que dis-je, la populace, le troupeau, la tourbe, la racaille, la mob. Vous les avez vus ses pochetrons braillards et revendicateurs, suant des pieds et des dessous de bras, pour ne rien dire de ses femelles, mégères, harengères et haranguières, tricoteuses dans tous les cas, et lécheuses de sang de guillotine même en dehors des repas ? 

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Ah les gueux !

 

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 Ah, les jamais contents !

 

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Jusque dans les cimetières ils se battent !

 

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Et soutenus par les bougnoules en plus !

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L’école laïque et gratuite, mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Et les femmes en chaire, non mais ! AL-img201-677x1024.jpg

Manquait plus que les femmes en chaire !

 

Ce qu’il voudrait, Lorànt, c’est rester seul avec ses rois, et quelques saints pour les servir, rester seul avec son « élite », dont on voit bien qu’il ne doute pas de faire partie, comme ses – pourtant nombreux – pareils, qui ne se voient jamais eux non plus dans le rôle de la piétaille qu’on piétine. Et pourtant…

J’ai dit midinette ? Mais les midinettes écrivent des lettres charmantes à Clark Gable, et dans les cas fastes, les lui chantent. Ce sont midinettes d’une autre espèce.

Donc, Métronome.

Ah, oui : comme si abattre des forêts pour imprimer «ça» ne suffisait pas, il paraît qu’on a fait, de la Parisianade à Lorànt Deutsch un truc télévisé en plusieurs parties, aussi triomphalement bourre-cervelets que le truc imprimé, et que c’est la Mairie de Paris – qui n’a pas de sous pour loger ses SDF et supprime les pansements stériles à ses hôpitaux pour cause d’austérité quel malheur – qui a trouvé un million d’euros dans la poche de ses contribuables pour payer les caméras, les costumes et les sandwiches des figurants. Il paraît même que Robert Hue est sorti de son coma pour recommander le machin aux écoles. - Tiens, on croyait qu’il était mort. Ne vaudrait-il pas mieux qu’il se rendorme ? – Et les moutons de Dindenault de battre des pattes (de devant) au spectacle d’un si beau génie, prêts à sauter en chœur dans la Seine si on leur dit que c’est la mode.

Tous ? Non pas.

M. Alexis Corbière, élu PG, justement indigné par ce qui ressemble de plus en plus à une offensante obscénité, est monté à l’assaut de Dark Vador et de ses troupes, lourdement armé d’un fétu de paille, en l’occurrence sa seule éloquence d’honnête homme, que même Don Quichotte il n’aurait pas osé. Mal lui en a pris. Tollé général des sycophantes – personnels politiques et merdiatiques unis – contre l’envahisseur coco1.

(1Remarquons que quand Robert Hue se joint à la fiesta, on se garde bien de le traiter de stalinien en ex-chef.)

 

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Mais qu’est-ce qu’il croyait, M. Corbière ? Que nous vivons en démocratie parlementaire ? Ne le sait-il pas que, pour parlementer, il faut au moins deux personnes civilisées ? Où a-t-il vu l’autre ?

 

*

Vous pourriez, chers amis internautes, vous dire que j’attige un  brin, à fustiger si méchamment ce qui n’est après tout que de la vulgarité ordinaire, et que si on devait se mettre dans tous ses états à chaque fois qu’on met le pied dans quelque chose, où irait-on ? C’est vrai, mais c’est que je suis en colère. Parce que ce qu’on me raconte là me rappelle un épisode (vécu) exécrable, et vous allez y avoir droit. Après tout, c’est de l’histoire de Paris aussi.

C’était en 1983. On ne parlait pas encore de célébrations de bicentenaire, mais d’aucuns y pensaient déjà. J’étais de passage à Paris. On y projetait le Danton de Wajda. J’y fus. Et compris tout de suite . Premières images : guillotine en gros plan, dégoulinant de peinture à l’huile couleur sang de bœuf un peu caillé, jeunes mères et bébés à la peau bleuâtre, visiblement du frai de Dracula, peuple de Paris vociférant, qu’on eût dit sorti de Lorànt Deutsch mais bien sûr c’est l’inverse. Film de propagande de la plus grossière espèce, financé à coup sûr par la CIA ou autre officine apparentée, à moins que par quelque think tank à milliardaires, préoccupés de ce que les célébrations à venir pourraient inspirer peut-être aux colonisés franchouillards et pas de ça Lisette, l’herbe sous le pied tout de suite, mieux vaut prévenir que guérir. M. Jack Lang avait fait l’appoint de la monnaie avec l’argent des contribuables, comme aujourd’hui son « camarade » maire. Et, bien entendu, le film le plus anti-français de l’histoire du cinéma s’en allait représenter la France dans tous les festivals de cinoche, car à quoi bon lésiner. Ah, il fait rire, Céline, avec son « prestige » capable d’arrêter les Schleuhs !

Me refusant à endurer l’immondice jusqu’au bout, malgré le très grand acteur chargé d’incarner le Robespierre de leur invention (j’ai un faible pour les grands acteurs), je m’étais retrouvée clignant des yeux dans la rue de la Huchette, où une longue file de braves gens descendus de leurs banlieues en traînant leurs moufflets par la main, attendaient patiemment leur tour de voir ce qu’ils prenaient pour de l’histoire de France.

Je n’ai pas décoléré depuis. Oui, c’était une agression. Délibérée. Oui, c’était un sale coup porté « préemptivement » au peuple que ces parasites haïssent tant, et dont ils ont si peur. Lang et Wajda ? Au mur et douze balles ! Que dis-je, douze balles ? Une seule, en enfilade et qu’ils se vident !. Au prix où sont les munitions.

Mais ce n’était pas tout, car l’offensive était d’envergure et de très loin planifiée : chez les marchands de livres du boulevard Saint-Michel, j’en ai vu d’autres, des descendants de sans-culottes, Français ou naturalisés, qui prenaient leur courage à deux mains pour entrer et demander timidement « vous n’avez rien sur la Révolution Française », à qui on répondait (des minettes fraîchement briefées) : « Ah, si, Furet. C’est ce qu’il y a de mieux, de plus récent, le dernier et définitif mot sur le sujet ». « Ah, bon, et à part Furet, qu’est-ce qu’il y a d’autre ? » « Euh, eh bien… il y a Furet ». Et les innocents repartaient avec leur dose de cyanure du peuple et quelques francs de moins dans les poches, ayant engraissé davantage encore un Furet déjà grassement rétribué par la Fondation Olin pour les neutraliser, les empêcher de savoir, les empêcher de penser, les empêcher d’acheter enfin de la Marie-Rose peut-être.

Ce qui se passe aujourd’hui, pas seulement Lorànt Deutsch et la smala qui vient de l’avaler, mais tout ce qui se dit, s’imprime, se caquète dans les talk shows, dans les gazettes, les clips de pub, les chansons des Souchon  salariés pour cracher sur les héros morts, les Béhachelles imposés à coups de masse de forgeron à un public qui le gerbe, c’est la poursuite de cette guerre aux pauvres, car ceux qui la veulent et la font ne renoncent jamais, ne s’arrêtent jamais. Se conduire à leur égard avec civilité, comme a voulu le faire M. Corbière, c’est aller couper des verges pour se faire battre. Au point où nous en sommes, la République n’a rien à échanger avec ses ennemis que du plomb.

*

Mais, Alléluia ! Nous devons quand même à Métronome (et à M. Assouline pour les deux premiers ), la découverte de trois sites d’exception. D’histoire.

Pour rappel :

La vulgarisation, c’est quand quelqu’un de très savant, qui a mis beaucoup de temps et consacré beaucoup d’efforts à acquérir sa science, arrive à en communiquer l’essentiel à ceux qui n’ont ni les moyens ni le temps d’imiter son parcours de combattant. C’est un art très difficile. Celui de la transmission.

 

GOLIARD(S) –

Sous-titre : Les humanités populaires.

C’est là :  http://www.goliards.fr/

La première chose que je fais, quand je tombe sur un site qui paraît intéressant, c’est aller voir à la rubrique « Qui nous sommes »  ou « About us ». Faites comme moi, cliquez sur « Goliard(s) c’est quoi ? ». Vous comprendrez tout de suite que vous allez avoir affaire à du gai savoir.

Quant à ce qui se rapporte à l’affaire Lorànt Deutsch, c’est là :


Oups, j’ai marché dans Lorànt Deutsch

Avec un million cinq cent mille exemplaires vendus, le Métronome de Lorànt Deutsch (LD) est en passe de devenir un des bouquins d’histoire les plus vendus.

-      On dirait que ça vous rend jaloux ?

Qu’on me comprenne bien. Je n’ai rien contre le fait qu’une personne n’ayant aucun diplôme d’histoire écrive un livre d’histoire. De nombreux érudits locaux font de même, et produisent des ouvrages d’excellente qualité. Au contraire, cela peut parfois rafraîchir la recherche, relancer des débat, et puis, après tout, plus on est de fous…

Mais l’ouvrage de LD pose problème. Passons sur les multiples erreurs factuelles qui pullulent dans le livre1 il arrive parfois à des profs de fac d’en faire… (mais peut-être pas autant). Passons aussi sur l’absence de notes, de bibliographie (histoire de savoir d’où LD tire ses infos2). Passons aussi sur l’absence de toute pensée critique dans son livre, et sur sa vision très archaïque, pour ne pas dire conservatrice de l’histoire, centrée sur les grands personnages, les rois, les reines, les saints et les saintes (au passage, LD se dit royaliste3).

Passons… non, en fait, arrêtons nous un instant sur le numéro 148 de Détours en France consacré à Paris au Moyen âge. LD y est invité à intervenir en tant que rédacteur en chef d’honneur. Voilà ce qu’il écrit sur Notre-Dame de Paris page 83.

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Lorànt Deutsch Louvre trop…
… et pourtant, ce n’est pas lui qui parle.

Bon sang de bois de nom de Zeus de mille sabords de WTF ?


Quoi, quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Il y a que je viens de lire le Métronome. Juste après, j’ouvre l’Atlas de Paris au Moyen âge, et voilà que je trouve des informations contradictoires.

 

A propos de quoi ?

À propos du Louvre. Je dois préparer une visite pour des mômes. Deutsch nous raconte que le roi Childéric Ier (le père de Clovis) avait dressé une tour au Ve siècle en assiégeant Paris (page 80 du Métronome non illustré). Il se base pour dire cela sur l’origine du nom « Louvre » qui viendrait, selon lui, du terme loewer, qui aurait voulu dire forteresse en langue franque. Ce donjon avant l’heure aurait été à l’origine du palais royal. Mais j’ai fait des recherches complémentaires. Il n’y a aucune allusion de cela dans l’Atlas de Paris au Moyen âge (édité par Parigramme) dans le chapitre consacré au Louvre (page 88 à 90), ni dans celui consacré à Paris sous la domination mérovingienne (page 19 et 20. Voir notamment la carte page 19 intitulée « le Paris mérovingien », qui ne fait nulle mention d’une tour à l’emplacement du Louvre). Bref, je ne comprends rien.

Je conçois. Vous me laissez cinq minutes pour faire une petite recherche… hum…

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La Révolution version Deutsch, ou l’histoire Yop.

Un royaliste prend la Bastille

 

Le chapitre que consacre Lorànt Deutsch (LD) dans son Métronome vaut son pesant de yaourt liquide.

-     Encore ! Mais vous l’avez déjà étrillé ici et ? Pourquoi recommencer ?

     

Parce qu’un royaliste écrivant l’histoire de la prise de Bastille, c’est aussi flippant que Tino Rossi en train de reprendre du Rammstein.

-     Oui. Présenté comme ça, je ne peux qu’être tout ouïe.
   

Prenez un café, ou une bière, parce que cela va être un peu long.

-     Ayé, je suis prêt (slurp).

Le chapitre (pages 323 à 337 du Métronome (version non-illustrée, et sans bibliographie, bien sûr) commence par une brève balade autour des vestiges de la Bastille. Jusqu’ici tout va bien, sauf que ces mêmes informations étaient déjà en grande partie disponibles ailleurs1. C’est lorsque LD commence à parler des événements qui ont amené à la prise de la prison royale que les choses se corsent.

Une vision biaisée du peuple

La Bastille, selon LD, « n’a pas attendu 1789 pour catalyser les haines populaires, les oppositions bourgeoises et les ambitions princières. » (page 324). L’auteur propose ici un découpage social et émotionnel bien particulier.

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*

 

Le deuxième site indiqué par Pierre Assouline s’appelle :

 

HISTOIRE POUR TOUS

Sous-titre : Histoire de France, et du Monde.

C’est là : http://www.histoire-pour-tous.fr/

 

« Histoire pour Tous est un magazine en ligne consacré à l'histoire de France et de l'humanité, des origines de l'homme jusqu'à l'époque contemporaine. »

Comme il est impossible de copier-coller ses articles, voici les liens qui y conduisent, pour ce qui se rapporte à l’affaire Deutsch :

 

20 mars 2012

Métronome – Lorànt Deutsch

http://www.histoire-pour-tous.fr/livres/67-essais/4031-me...

 

14 avril 2012-07-14

Métronome, épisode 2. France 5.

http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/58-television/...

 

29 avril 2012

Pour en finir avec Lorànt Deutsch

http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/58-television/...

 

*

 

Le troisième, découvert par moi, n’a rien à voir avec Lorànt Deutsch et tout avec le Paris de la Commune (photos, gravures, fac-similés, affiches, dessins de Tardi, etc.).

 

À ne rater sous aucun prétexte :

La commune de Paris

http://www.raspouteam.org/


Mis en ligne par Théroigne

le 17 juillet 2012


 

 

 

 


 

 

 

 

20:30 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/07/2012

Aux sources du chaos mondial actuel

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Notre post d’aujourd’hui ne peut se lire en un seul jour, mais ceux qui ne le liront pas en entier risquent de mourir idiots. Qu’ils ne viennent pas dire, après, qu’on ne les avait pas prévenus.

Catherine

 

 

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL

ACTUEL

AVEC L'EXPLORATRICE ALINE DE DIEGUEZ

ET QUELQUES HARDIS MARINS

 

 L'actualité nous flanque à la face, jour après jour, tant de malfaisances nouvelles - mèche allumée qui va se raccourcissant au Moyen Orient, avec, au bout, un impensable mais très réel baril nucléaire, capable de supprimer toute vie sur la terre ; coups d'État à répétition en Amérique Latine sur le modèle « expulsion de Zelaya » d'il y a trois ans, qui lui-même en répétait beaucoup d'autres ; forcenée mise à sac de la malheureuse Afrique, sous toutes les formes d'agression possibles et imaginables ; manoeuvres d'encerclement de la Chine, excusez du peu, et on en passe – qu'on en viendrait à oublier celles qui ne sont pas nouvelles et qui durent, qui durent...

Car, comme au jeu de bonneteau, ces malfaisances dernier cri servent encore à occulter celle qui, depuis soixante ans, les résume toutes-mais-pourquoi-n'a-t-on-pas-vu-qu'elle-les-annonçait-? Je veux parler du lent génocide à l'oeuvre en Palestine, où il ne s'agit pas d'une colonisation « classique », qui serait déjà pas mal, mais, comme le martèle très justement Gilad Atzmon, de l'effacement programmé et froidement perpétré de tout un peuple.  Non, ils ne veulent pas les asservir, les Palestiniens : ils veulent les anéantir, au moins les jeter à la mer et qu'ils s'y noient.

C'est pourquoi, à l'occasion de la sortie attendue du XIIe chapitre de l'Opus majeur d'Aline de Dieguez, nous avons jugé opportun de réunir ici, dans son sillage, quelques autres manifestations de la lucidité résistante : Gilad Atzmon, interviewé par Silvia Cattori, Eric Hazan et Jacob Cohen interviewés par Jonathan Moadab et Raphaël Berland, et Christophe Oberlin, interrogé par les mêmes et par la même, car les persécutions de l'«état» fasciste devenu nazi d'Israël ne s'exercent pas que sur les Palestiniens sur leur sol, mais sur des Européens, goys ou juifs, un peu partout en Europe. Ainsi en va-t-il des cancers en voie de généralisation.

Si l'édition française n'était devenue la guenille alignée qu'elle est, la somme d'Aline de Dieguez devrait être publiée avec les honneurs et la diffusion maximale dûs à son rang. Elle devra se contenter, j'en ai peur, de l'édition non alignée d'un certain nombre de blogs attentifs, tout comme les vrais journalistes s'expriment aujourd'hui loin des merdias ou pas du tout.

 

 

***

 

 

Aline de Diéguez

 

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

 

" La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. "( Edward Mandell HOUSE )

 

*

 

2ème Partie

 

Aux sources du sionisme

 

XII - Petite généalogie du ghetto appelé "Israël"

 

"La vérité doit être martelée avec constance, parce que le faux continue d'être prêché, non seulement par quelques-uns, mais par une foule de gens. Dans la presse et dans les dictionnaires, dans les écoles et dans les Universités, partout le faux est au pouvoir, parfaitement à l'aise et heureux de savoir qu'il a la majorité pour lui."

Johann Wolfgang von Goethe

 

"Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu'un esprit un peu propre accepte d'être malhonnête."

Le Manifeste censuré d'Albert Camus

 

 

*

 

Afin de comprendre comment s'est formé l' "esprit sioniste" en pleine action aujourd'hui en Israël, il m'a semblé important, à ce stade de l'analyse, de présenter une vue d'ensemble et aussi précise que possible, de la manière dont se sont agglutinées une à une, et au fil du temps, les briques du mur mental qui enferme Israël et ses habitants de l'intérieur et de l'extérieur de leur enclos dans un ghetto politique et psychologique.

Le mur monstrueux érigé en terre palestinienne n'est que le miroir du mur intérieur qui emprisonne ses concepteurs. Au mur qui serpente en Cisjordanie sont venus s'ajouter des murs entre Israël et l'Egypte, des murs entre Israël et la Jordanie et encore des murs entre Israël et le Liban. Le ghetto est en passe d'être hermétiquement clos. Tous ces murs symbolisent une mentalité à la fois arrogante et terrifiée. Pour les adorateurs du dieu Jahvé et pour leurs héritiers politiques contemporains il y a toujours un "nous" et un "eux", le ROW (The Rest of the World) pour reprendre l'expression en usage aux Etats-Unis pour désigner les "non élus".

Lire la suite ici…

 

 

***

 

Mais, parce que l’actualité n’arrête pas de nous rattraper, nous nous voyons obligés d’insérer, entre Aline de Dieguez et nos autres auteurs, une nouvelle qui vient de nous parvenir au moment de mettre en ligne et qui concerne d’ailleurs l’un d’entre eux, puisque Mme Olivia Zemor et M. Jacob Cohen viennent à nouveau d’être victimes d’agressions de la part de la sinistre LDJ.

Qu’on ne s’y méprenne pas, il n’est pas question ici de différends entre communautés ni d’incompatibilités religieuses. Il est question d’un groupe fasciste armé (la LDJ ou Ligue de Défense Juive), qui ne représente que lui-même et qui sème impunément la terreur dans les rues de Paris depuis beaucoup trop longtemps.

Alors, MM. Hollande, Fabius, Valls & Cie, ne disons pas le « changement », mais le minimum de respect des lois républicaines, c’est pour quand ?

 

 

***

 

Message du CAPJPO Euro-Palestine –

6 juillet 2012 :

 

Chères amies, Chers amis,

 

La LDJ ("Ligue de défense Juive") vient d’agresser tour à tour Olivia Zémor et Jacob Cohen à Paris.

 

DANGEREUX ET LÂCHES

 

Fort mécontents de la préparation d’une nouvelle mission internationale "Bienvenue en Palestine" du 24 au 31 août, destinée à aller encourager la rentrée scolaire des enfants palestiniens et à affirmer le droit de circulation en Palestine, les fascistes de la LDJ s’en sont pris à Olivia Zémor le 28 juin dernier.

Courageusement, à leur habitude, c’est en bande qu’ils ont commis leur forfait, contre une femme seule, en l’agressant de dos, qui plus est.

Alors qu’Olivia Zémor était assise à la terrasse d’un café à la Bastille, elle a été attaquée et a reçu sur la tête, le visage et le corps, de la peinture à l’huile, ce qui a nécessité un transport aux urgences de l’Hôtel Dieu par les pompiers, étant donné la toxicité du produit.

Une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte, d’autant que la LDJ a revendiqué cet "exploit" en publiant une vidéo sur internet.

La police prend l’affaire très au sérieux.

 

Reste à savoir ce que feront les autres échelons du pouvoir ?

Quant à Jacob Cohen, écrivain qui dénonce dans ses romans les méthodes de recrutement du Mossad en France, il a fait l’objet d’une attaque jeudi 5 juillet dans le quartier de Saint-Paul où la LDJ fait régner la terreur. La deuxième du genre, puisqu’il avait été agressé juste avant la présentation de son premier roman en mars 2012, par un groupe de fascistes de la LDJ. Un témoin des faits avait formellement reconnu trois d’entre eux. Mais aucune instruction n’a pour autant été ouverte à ce sujet...

 

POURQUOI LA LDJ N’EST-ELLE PAS INTERDITE EN FRANCE ?

Jusqu’à présent, il est clair que les nazillons de la LDJ ont bénéficié en France de protections en haut lieu, qui les ont incités à multiplier les agressions.

Bien qu’ayant grièvement blessé un grand nombre de personnes en France (sans parler des Palestiniens qu’ils ont tués), dont un commissaire de police resté trois semaines en soins intensifs à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris, ainsi qu’un étudiant de Nanterre qui a quasiment perdu la vue, d’un oeil ;

Bien qu’ayant saccagé différents locaux associatifs et librairies, et même commis des agressions au sein de conseils municipaux et de… tribunaux ;

Bien que proférant menaces de mort et insultes racistes à longueur de temps, de manière signée, sur internet et sur le site de la LDJ

Bien qu’étant quasiment tous identifiés par les services de police et ne se gênant pas pour se mettre en scène personnellement en tant que représentants de la LDJ, tels Jason et Steven Tibi, Dylan Halimi, Joseph Ayache, Anthony Attal, ou Gregory Chelli ; (La vidéo de Joseph Ayache, dit "Yossi", "combattant" dans l’armée israélienne est toujours en ligne : http://www.dailymotion.com/video/x1... ainsi que bien d’autres, comme : http://www.dailymotion.com/613camp#...)

Bien qu’ayant été arrêtés par la police en flagrant délit d’agressions et ayant pour la plupart des casiers judiciaires peu reluisants pour trafic de drogues ou violences conjugales ;

 

MlRACLE : PAS UN SEUL N’A JAMAIS ÉTÉ EN PRISON EN FRANCE !

Quand ils se font quand même pincer, ils n’écopent que de peines de sursis... qui s’accumulent ! Un sursis éternel, en quelque sorte !

Et sinon, ils vont faire un petit tour en lsraël, profitant de leur double nationalité, et personne ne les inquiète à leur retour en France, y compris quand ils tuent des Palestiniens.

Forts de cette impunité, ils commettent donc de nouvelles agressions.

Quant aux rares fois où ils ont été contraints de payer des dommages et intérêts à des victimes (comme lors du saccage de la librairie Résistances), ils n’ont pas à se faire de soucis : l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF) appelle publiquement les auditeurs de "RADIO J" à envoyer de l’argent pour payer leurs dettes !

CES DANGEREUX PETITS VOYOUS SONT PROTÉGÉS PAR LE CRIF QUI NE S’EST JAMAIS ÉMU DE LEURS AGRESSIONS RÉPÉTÉES CONTRE DES CINÉMAS, DES THEÂTRES, DE LEURS RATONNADES, DE LEURS INSULTES RACISTES, DE LEURS APPELS AU LYNCHAGE.

 

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UNE SITUATION HALLUCINANTE

LA FRANCE EST LE SEUL PAYS À ACCEPTER QU’ILS AIENT PIGNON SUR RUE, QU’ILS DÉVERSENT DES INSANITÉS SUR UN SITE PUBLIC, QU’ILS S’ENTRAÎNENT MILITAIREMENT, ET QU’ILS RECRUTENT OUVERTEMENT DES JEUNES PAUMÉS POUR ALLER "CASSER DE L’ARABE" OU DU "JUIF TRAÎTRE", EN FRANCE, ET DU PALESTINIEN DANS LES TERRITOIRES ILLÉGALEMENT OCCUPÉS PAR ISRAËL

Leur association est classée terroriste aux États-unis. Elle est interdite en lsraël même. Mais en France ces bandes peuvent agresser et menacer impunément.

Certaines de leurs agressions ont même été classées dans la catégorie des "actes antisémites" (sic), venant grossir les statistiques du fameux BNVCA (Bureau national de Vigilance contre l’antisémitisme).

Nous en avons eu la preuve à plusieurs reprises, à l’occasion de tags de la LDJ sur les portes de nos immeubles ou de nos locaux !

Quand la police les arrête, et ne les relâche pas quelques heures plus tard, la justice fait semblant de gober les histoires de "religions" et de "communautés" qui s’affronteraient.

Mais les juges ne font que suivre les réquisitions des procureurs, qui suivent eux-mêmes les consignes gouvernementales. D’autant que la gauche, pas plus que la droite n’a jamais émis la moindre protestation. Tous ces politiciens qui vont manger la soupe aux dîners du CRlF, toute honte bue, en multipliant les déclarations sur leur "attachement à lsraël" n’ont pas une seule fois demandé au CRlF de retenir ses chiens.

On fait condamner pour "incitation à la haine et à la violence" des militants pacifiques parce qu’ils appellent au boycott d’lsraël, mais on protège de dangereux nervis fascistes, en cheville avec l’extrême-droite française.

 

NOUS APPELONS L’ENSEMBLE DES DÉMOCRATES ET DES CITOYENS PRÉOCCUPÉS PAR CETTE SITUATION À SAISIR MANUEL VALLS POUR EXIGER L’INTERDICTION DE LA LDJ :

 

M. Manuel Valls

Ministère de l’Intérieur

Place Beauvau

75800 Paris cedex 8

FAX : 01 42 66 92 34

E-mail : sp.ministre@interieur.gouv.fr

 

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

 

PS / Rappel : Jacob Cohen présentera son nouveau roman « Dieu ne repasse pas à Bethléem » ce samedi 7 juillet à 17 H 30 à la librairie Résistances à Paris

 

 ***

 

Chers amis internautes, vous avez bien compris qu’il vous faut sans tarder bombarder M. Manuel VALLS (« Socialiste ») de lettres, émiles, fax et appels téléphoniques – plus il y en aura, mieux cela vaudra -, pour lui rappeler qui, dans ce pays, est le Souverain, puisque ni lui ni ses prédécesseurs ne semblent le savoir.

Et nous, revenons à nos citoyens exemplaires.

 

 

***

 

Cet « extrémiste » d’OBERLIN

 

Les anciens lecteurs de (l’ancien) Charlie Hebdo se rappelleront peut-être l’incident survenu lors du départ en fanfare de Siné, expulsé par le sémillant Val pour « antisémitisme » ou autre crime à la mode (rechercher la marque du Diable à coups d’épingles sur les fesses des sorcières étant devenu, au moins pour la forme, une préoccupation obsolète).

Siné, désireux de lancer un hebdo rival mais manquant à peu près de tout, avait été spontanément soutenu par un sympathisant, lequel avait mis à sa disposition maison et matériel, avant de partir en voyage. Pour se découvrir, au retour, exclu du collectif qu’il avait lui-même fondé et viré comme un malpropre, pour cause de candidature aux élections européennes sur la liste Europe-Palestine.

 

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Ce sympathisant, lourdé avec une si élégante gratitude par la bande à Siné, c’était le Dr. Oberlin.

Que revoilà aux prises avec les non-extrémistes du CRIF, pour avoir posé, à ses étudiants, lors de leur examen de médecine humanitaire, une question qui a déplu à ces démocrates.

Jonathan Moadab, du Cercle des Volontaires (on compte bien vous reparler d’eux sous peu) a eu l’idée d’interroger le coupable. Résultat :

 

 

Christophe Oberlin, nouvelle victime du lobby sioniste de France.

par Jonathan Moadab

 

Christophe Oberlin

interviewé par le Cercle des Volontaires

 

« Anti-israélien acharné », « symptôme de l'épidémie anti-israélienne », « haineux », « sujet ahurissant », « antisionisme couplé à de l'antisémitisme », « myopie intellectuelle », « obsessions du militant », « énoncé scélérat », « acte inique », « idéologie », « outrepassé ses fonctions d'enseignant », « contrevient à l'esprit de laïcité de l'enseignement supérieur », « hors sujet », "humaniste obsessionnel qui a fait rire dans le passé », « à la pointe extrême de la haine contre Israël et de la promotion du Hamas », « ignoble question », « questionnaire que le Hamas aurait pu écrire », « incitation à la haine », « neutralité du service public bafouée », « ami de coeur du Hamas », « caractère provocateur et propagandiste », « manipulation » etc.

 

Ce sont là quelques citations issues des articles produits par la nébuleuse sioniste française concernant la question qui fut posée aux étudiants en médecine de Paris VII, lors de leur examen de médecine humanitaire.

 

Voici l'objet du délit :

 

Étude de cas de droit humanitaire – Question longue :

« Vous êtes à l’hôpital de Rafah, situé dans la bande de Gaza lors de la guerre de l’hiver 2008-2009. Des ambulances vous amènent 22 corps portant tous le nom d’Al-Daya. Les ambulanciers et les membres survivants de la famille vous déclarent qu’il s’agissait d’un bombardement classique. Quelle est ou quelles sont les qualifications des crimes perpétrés ? Argumentez votre position en vous basant sur les définitions des différents crimes. » 

Usant de citations tronquées, sortant la question de son contexte, imputant au professeur Oberlin des intentions supposées haineuses et anti-israéliennes, ainsi que d'autres procédés classiques de désinformation, les sionistes ont réussi à faire de cet examen de médecine une affaire publique qui a fait les gros titres de la presse...

À notre connaissance, aucun des individus ayant écrit sur Christophe Oberlin n'a eu la décence de le contacter pour en savoir plus à son sujet, et l’interroger sur le sens réel de cette question. Le Cercle des Volontaires, intrigué par cette polémique, a donc convié le professeur pour un entretien visant à éclairer le public sur cette sombre affaire...


À l'issue de cet entretien, nous n'avons pu que constater le caractère fallacieux des attaques portées contre Christophe Oberlin. Nous avions nous-mêmes, en préparant cette interview, été induits en erreur par ces articles présentant la question posée comme un exercice du type QCM...

(...)

Sources anti-Oberlin :

Christophe Oberlin, anti-israélien acharné, se fait symptôme d’une maladie qui frappe la France

http://www.crif.org/fr/tribune/christophe-oberlin-anti-israélien-acharné-se-fait-symptôme-d’une-maladie-qui-frappe-la-france/31610

Lettre d’un confrère au Dr Christophe Oberlin

http://www.crif.org/fr/actualites/lettre-d’un-confrère-au-dr-christophe-oberlin/31586

J’ai d’autres idées de sujets d’examen pour Christophe Oberlin

http://www.crif.org/fr/tribune/j’ai-d’autres-idées-de-sujets-d’examen-pour-christophe-oberlin/31609

L’université selon Oberlin ( à ne pas confondre avec le collège du même nom)

http://www.crif.org/fr/tribune/l’université-selon-oberlin-à-ne-pas-confondre-avec-le-collège-du-même-nom/31632

Communiqués de l’université Paris 7

http://www.crif.org/fr/communiquedepresse/communiqués-de-l’université-paris-7/31591

Une question particulière

http://www.crif.org/fr/leditorialdupresident/une-question-particulière/31585

Le Dr Oberlin et l’invention du droit humanitaire antisioniste

http://www.europe-israel.org/2012/06/le-dr-oberlin-et-l’invention-du-droit-humanitaire-antisioniste/

Scandale Oberlin à l’Université Paris Diderot, mise au point au regard du Droit International Humanitaire !

http://www.europe-israel.org/2012/06/scandale-oberlin-a-luniversite-paris-d

 

 

*

 

Pour en savoir plus, on lira avec intérêt l’entretien qu’a eu avec le Pr. Oberlin la journaliste suisse Silvia Cattori (Tempête dans un verre d’eau),  d’où il ressort quand même que MM. Vincent Berger, président de l’université Paris-Diderot et Alexandre Steyer, recteur de l’académie de Rennes,  semblent souffrir d’un curieux éloignement pour le courage civil..

Comme annoncé dans le corps de l’entretien et pour les raisons qu’il a dites, Christophe Oberlin a adressé à la Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, Mme Geneviève Fioraso, une « Lettre ouverte » que la même Silvia Cattori publie sur son site.

 

 

***   

 

Eric Hazan, éditeur et auteur subversif

 

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On ne présente plus Eric Hazan : né à Paris, en 1936, d’une mère apatride née en Palestine et d’un père juif né en Égypte. Fondateur et animateur « à gauche de la gauche » des éditions La Fabrique, il est surtout connu pour avoir publié L’insurrection qui vient, livre qui fit un malheur grâce aux persécutions dont son auteur fut l’objet (« L’affaire de Tarnac » vous vous souvenez ?). Mais Éric Hazan est aussi un penseur de la lutte politique, et un combattant qui se considère « en état de guerre civile ». Et il a, bien entendu, ses idées sur l’avenir de la Palestine.

Les jeunes gens du Cercle des Volontaires l’ont rencontré à la librairie Tropiques, où il était venu présenter son livre, écrit à quatre mains avec Eyal Sivan : Un état commun entre le Jourdain et la mer. Car, oui, Eric Hazan est partisan de la solution à un seul état. Et il dit pourquoi.

Interview :

 

 

***

 

Jacob Cohen et

Le printemps des Sayanim

 

 

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Le 12 mars dernier, Jacob Cohen, juif français né au Maroc, était agressé dans un café du boulevard Saint-Germain, par un commando de la LDJ (Ligue de Défense Juive). Pourquoi ? Pour le punir, l’intimider (et en intimider d’autres). C’est que Jacob Cohen est l’auteur d’un livre qui fait quelque bruit : Le printemps des sayanim, paru chez L’Harmattan.

Les Sayanim (en hébreu = assistants) sont des « agents dormants » établis en dehors d’Israël, prêts à aider le Mossad en lui fournissant à la demande une aide logistique. Ils se recrutent principalement parmi les juifs de la Diaspora, mais pas seulement. Le plus célèbre de tous s'appelle Jonathan Pollard.

Video de l’auteur, interrogé par le Cercle des Volontaires.

 


 

Dernière minute :

Suite à la nouvelle agression dont vient d’être victime Jacob Cohen, le Cercle des Volontaires publie la lettre ouverte que M. Cohen vient d’adresser à Manuel Valls.

 

 

***

 

Gilad Atzmon

et les nouveaux inquisiteurs

 

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Les habitués de ce blog ne peuvent plus ignorer Gilad Atzmon. Pour les autres, rappelons brièvement que, né citoyen israélien en 1963, ce très grand musicien de jazz est aussi un homme affligé d’une conscience exigeante. Mettant ses actes en accord avec ses convictions, il a fini par demander l’asile politique à l’Angleterre. S’il croyait par là échapper à la malédiction de sa naissance, il se trompait. Car il n’a plus jamais, depuis son exil, pu se consacrer entièrement et exclusivement à son art. Non seulement il affronte sans répit, au jour le jour, ses anciens compatriotes dont il est devenu la bête noire, mais il ne cesse en même temps d’approfondir sa réflexion sur ce qui a pu pousser un certain nombre de juifs russes, dont il descend, à choisir la voie du fascisme et à envahir une terre qui ne leur appartenait pas, avec le projet d’en supprimer la population, revendiquant, à l’instar d’Adolf Hitler, un Lebensraum de leur choix.

Il a publié, en septembre 2011, The Wandering Who ?, qu’on pourrait traduire par Le QUI errant ?, livre qui vient enfin de paraître en français (La parabole d'Esther) et qui lui vaut, ici comme ailleurs, des attaques sans nombre. Silvia Cattori (dieu que les Suisses ont de la chance !), qui l’avait interviewé lors de la sortie de l’ouvrage en anglais, vient de le réinterviewer. Devinez pourquoi ?

 

UN ENTRETIEN AVEC GILAD ATZMON

Les nouveaux inquisiteurs et leurs campagnes calomnieuses

À la suite de la parution de l’édition française du livre ‘The Wandering Who ?’, nous avons demandé à son auteur, le célèbre jazzman Gilad Atzmon, de répondre aux accusations portées à son encontre par ceux qui tentent en permanence de l’empêcher de s’exprimer et de diffuser ses idées.

Dans son livre, Gilad déconstruit la politique identitaire juive. Il y fustige également la domination de la politique juive au sein des mouvements de gauche et en particulier des mouvements de solidarité avec les Palestiniens. Recueillies par Silvia Cattori ses réponses font apparaître l’inanité des arguments de ceux qui veulent le faire taire.

Lire la suite…

 

***

 

Enfin, pour que notre tour d’horizon soit complet :

 

Le gouvernement israélien assigné en justice par le collectif « Un bateau français pour Gaza »

 

 

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Pour rappel, le Dignité el-Karama, notre bateau d'aujourd'hui, est un de ces bâtiments affrétés par des civils de nationalités diverses, pour porter quelque réconfort et un peu d’aide aux emmurés de Gaza, que la marine israélienne arraisonne couramment dans les eaux internationales et pille après les avoir amenés dans un port. Actes de piratage ordinaire. Le Dignité el-Karama battait pavillon français.

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

L’assignation devant un tribunal français du gouvernement israélien a été déposée par Roland Weyl, avocat du collectif.    


Le Dignité Al Karama, symbole de la solidarité de milliers de citoyens français qui demandent la fin du blocus de la bande de Gaza, doit être rendu.

Le Dignité Al Karama, a été arraisonné par des navires militaires israéliens le 19 juillet 2011 dans les eaux internationales, à environ 40 miles nautiques de la côte de la bande de Gaza. Amené de force par la marine israélienne dans le port d’Ashdod, il n’a pas été restitué depuis. Le préjudice subi pour la perte du bateau est évalué à 226 726 euros. Cet arraisonnement dans les eaux internationales d’un bateau de plaisance battant pavillon français, ramené, sous la menace, sur son territoire où il est depuis séquestré est contraire au droit.

Acquis grâce à la mobilisation de milliers de citoyens en France, ce bateau symbolise la volonté de voir le droit international enfin respecté et qu’Israël cesse le blocus de la Bande de Gaza qui asphyxie plus de 1,6 millions de ses habitants.

Israël ne peut agir en toute impunité. La Campagne « Un bateau français pour Gaza » demande la restitution du Dignité Al Karama dans l’état dans lequel il se trouvait au moment de l’arraisonnement et que soient payés des dommages et intérêts  pour les préjudices causés aussi bien au bateau qu’aux passagers.

Le collectif compte sur la justice française pour que le droit soit appliqué.

 

CONFERENCE DE PRESSE

MARDI 26 JUIN 2012 à 11 heures

SALLE DE LA COMMISSION

DES AFFAIRES ECONOMIQUES DU SENAT - Salle n°263

15 rue de Vaugirard, 75005 PARIS

Métro : Luxembourg

 

Le Mouvement de la Paix,

membre du collectif

Saint-Ouen, le 22 juin 2012

 

 

 

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LIVRES

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Mohammed al-RANTISSI

Survivre à Gaza

Récit écrit avec la collaboration

de Christophe OBERLIN et de Jacques-Marie BOURGET

Éd. Koutoubia, 2009

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.voltairenet.org/achat-en-ligne/fr/livres-en-fr...

 

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Christophe OBERLIN

Chroniques de Gaza

Éd. Demi-Lune, 2011

Collection Résistances

 

Pour en savoir plus :

http://www.google.fr/imgres?q=chroniques+de+gaza+2001-201...

palestine,israël,dignité al-karama,aline de dieguez,silvia cattori,jacob cohen,sayanim,eric hazan,christophe oberlin,olivia zemor,ldj,adolf hitler,cuba,academie de rennes,université paris-diderot,gilad atzmon

 

 

Christophe OBERLIN

Acacia CONDÈS

Bienvenue en Palestine - DESTINATION INTERDITE

éd. Encre d'Orient; 28 juin 2012

 

 

On trouvera "monomaniaque", manquant à la liste relevée par le Cercle des Volontaires, chez un client d'Amazon.

 

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Éric HAZAN

Un État commun entre le Jourdain et la mer

Éd. La Fabrique ; mars 2012

 

 

 

pour en savoir plus : http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=675

 

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Jacob COHEN

Le printemps des Sayanim

Éd. L’Harmattan, 2010

 

 

 

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Jacob COHEN

Dieu ne repasse pas à Bethléem

Éditions Kalimate, Salé, Maroc

 

 

Atzmon - Guide des égarés 9782859409029.jpg

 

 

Gilad ATZMON  

Guide des égarés

Phébus, 2005

 

 

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Gilad ATZMON

The Wandering who ? A study of Jewish Identity Politics

Zero Books, 2011

 

 

 

en  français :

  Atzmon - Parabole 306b35bdfd2f74c4014f14f4a09bd0c9.image.250x384.jpg                                           

Gilad ATZMON

La parabole d’Esther. Anatomie du Peuple Élu

Éditions Demi-Lune, Février 2012

Traduit par Marcel Charbonneau

Préface de Jean Bricmont

 

 

Voir la présentation de ce livre sur le site des éditions Demi-Lune :

http://www.editionsdemilune.com/la-parabole-desther-anato...

 

 

***

 

In cauda

 …pour ce que rire est le propre de l’homme…

 

Rions un peu

La propagande anti-cubaine jusqu’au baccalauréat !

 

Plusieurs enseignants et associations de solidarité avec le peuple cubain dénoncent à juste titre la teneur de l’épreuve d’espagnol, langue vivante 1, du baccalauréat des séries S et ES.

Le texte soumis aux candidats, « El muchacho de Camaguey », de l’obscur écrivain espagnol (donc, même pas cubain), Luisgé Martin, dresse un tableau accablant de la vie dans l’île : un Cubain famélique raconte comment il a été arrêté par des policiers déguisés en touristes pour avoir parlé de sa faim et de son dénuement.

Les intentions de ceux qui ont choisi le sujet éclatent dans leurs consignes de correction :

 « On attendra du candidat qu’il commente à partir du texte : La pauvreté sur l’île : la faim en rapport avec la description physique de Carlos, le manque de biens courants : allusion au savon, l’attitude des Cubains vis-à-vis des touristes, les conditions économiques, la censure : crainte, méfiance et répression ».

Les « bonnes » réponses sont récompensées par 5 points, coefficient 3 !

Rarement la propagande anti-cubaine aura atteint ce niveau caricatural et en même temps ce niveau officiel. (…)

Nous reproduisons ci-dessous la lettre ouverte que viennent d’adresser au ministre de l’Éducation Nationale, quatre résidents cubains.   (…)

 

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE FRANCAIS DE L’ÉDUCATION NATIONALE

 

 À M. Vincent Peillon, ministre de l’Education Nationale

           Objet : Scandale du Bac 2012

 Paris,

Monsieur le Ministre,

Une fois de plus, les calomnies et mensonges contre Cuba sont à l’ordre du jour dans la société française.

En cette occasion, c’est le tour du secteur que vous dirigez, qui a choisi comme sujet d’espagnol au baccalauréat le conte « El muchacho de Camagüey » de l’écrivain espagnol Luisgé Martin. Et ce, après avoir consacré à Cuba tout un chapitre de l’année scolaire, laissant de côté le grand nombre d’excellents écrivains cubains reconnus à l’échelle internationale, qui auraient apporté aux élèves de véritables connaissances concernant la culture et la réalité de l’île.

Nous considérons ce choix du jury comme une subtile agression contre la réalité socio-culturelle de notre pays.

Nous soulignons que malgré les difficultés économiques aggravées par la crise que traverse le monde et le blocus brutal exercé par gouvernement des États-Unis depuis plus de cinquante ans, il n’y a pas eu une seule fermeture d’école à Cuba.

L’UNESCO considère le niveau culturel et de scolarisation des citoyens cubains parmi les plus élevés de la planète.

En tant que résidents cubains en France, fiers des conquêtes de notre Révolution, nous regrettons cette manipulation contre notre pays et souhaitons vivement que le Ministère de l’Éducation, formateur des nouvelles générations, reste fidèle à la vérité.

Avec Cuba dans le coeur et dans la pensée,

Cristobal Danilo Campos Aveillé

Virgilio Ponce

Felina Martínez

Vilma Suárez

Source :

http://eldiablo.over-blog.org/article-la-propagande-anti-cubaine-

 

De son côté, l’association « France-Amérique Latine » a publié le communiqué suivant :

 

Un sujet de bac qui équivaut à un réquisitoire contre le système cubain.

 

L’association France Amérique Latine s’efforce de faire connaître les cultures des peuples d’Amérique Latine, leurs espoirs, leurs élans novateurs, leurs combats et leurs succès dans la défense des droits de l’Homme. Elle a pris connaissance avec stupeur du contenu du sujet de LV1 espagnol pour la session 2012 du baccalauréat L, ES et S, intitulé « El muchacho de Camagüey ».

En effet les candidats sont conduits par un texte tendancieux et un questionnement orienté à présenter Cuba comme un pays misérable où le gouvernement affame le peuple, où règnent la peur et la répression et où des policiers peu scrupuleux montent des pièges visant à châtier toute velléité d’expression.

Ce sujet d’examen national, qui clôturera pour de nombreux adolescents l’étude de la langue, des cultures et des civilisations hispaniques, présente de Cuba une vision caricaturale et mensongère.

Il ne relève en aucun cas de l’information ni de l’analyse mais n’est que propagande et reproduction des stéréotypes véhiculés par une presse et une littérature peu soucieuses de donner à leurs lecteurs les moyens de comprendre des réalités complexes.

La plupart des questions de compréhension et d’expression, auxquelles les élèves doivent répondre, les guident vers une présentation manichéenne de la situation du pays : pauvreté, famine, maigreur des habitants, manque de biens les plus courants, conditions désastreuses imputables aux choix économiques gouvernementaux, censure, sentiment de méfiance et représailles généralisées.

Ces questions conduisent les élèves à énoncer des contrevérités qui s’ancreront dans leurs mémoires. Elles témoignent de la volonté de donner de Cuba une vision unilatérale conforme à la propagande la plus outrancière, la moins renseignée, et ne permettent en aucun cas la réflexion nuancée que nécessite une réalité évolutive et contrastée.

Elles empêchent toute expression divergente puisqu’aucune ouverture, ni dans le texte de Luisgé Martín, ni dans le questionnement qui l’accompagne, n’est laissée aux élèves pour déceler ou présenter des aspects qu’ils ont sans nul doute étudiés au cours de leur scolarité avec leurs professeurs d’espagnol ou d’histoire géographie : les conséquences du blocus économique dont le pays est la cible depuis 50 ans, les progrès sociaux réalisés dans le pays d’Amérique latine où l’espérance de vie et le niveau de santé et de culture sont les plus élevés, le système économique qui assure les biens de base à tous, les débats qui traversent actuellement la société cubaine et amorcent une ouverture politique...

France Amérique Latine déplore le choix d’un sujet partisan et manipulateur qui heurte très certainement la conscience professionnelle des professeurs d’espagnol, soucieux de développer chez leurs élèves la tolérance, l’esprit de recherche, le sens de la nuance ou tout simplement l’acquisition de connaissances fondées sur une étude rigoureuse.

Notre association s’étonne que le ministère de l’Education Nationale et l’Inspection Générale d’espagnol aient pu donner leur aval à un sujet présentant cette vision caricaturale et dénigrante d’un pays qui mérite une approche critique, plurielle, ouverte et républicaine. Notre association sollicite donc une entrevue avec les services responsables de ce choix.

 

pour lire le sujet de bac LV1 L/ES/S espagnol :

http://www.cafepedagogique.net/Documents/bac2012/ES_S_Espagnol-LV1_2012.pdf

http://www.cafepedagogique.net/Documents/bac2012/L_Espagnol-LV1_2012.pdf

pour lire le billet de Jean Ortiz :

http://antifranquisme.hautetfort.com/archive/2012/06/25/sujet-du-bac-

 

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 Non, ce n’est pas un des honorables membres

 de la Commission des sujets du Bac,

 c’est une bibliomule.

 

 Le gouvernement d’Hugo Chavez, soucieux d’émuler (oui, bon) les Cubains (alphabétisation : 98%) a imaginé cet ingénieux moyen d’alimenter en livres les villages les plus reculés du Vénézuela.

 

*

 

Quelle différence entre le sujet proposé aux étudiants en médecine humanitaire et celui proposé, au baccalauréat, aux étudiants en langue espagnole ? C’est que le premier est basé sur des faits rigoureusement exacts et avérés, alors que le second, pris dans un ouvrage de fiction, certes, n’énonce qu’une très tendancieuse série de mensonges (la fiction a bon dos); c'est que le premier laisse libre l'appréciation des élèves et que le second la sollicite, d'une manière qui va jusqu'à l'intimidation.

Nul doute que ces Messieurs du CRIF, groupes de pression de Lannion, Rennes, Paris et autres lieux, et surtout MM. Vincent Berger et Alexandre Steyer, vont enfourcher le quadrupède ailé de leurs grands principes et stigmatiser comme ils le méritent ces propagandistes à gages déguisés en fonctionnaires de l’Éducation Nationale. Que le Pr. Oberlin se sente un peu moins seul...

 

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 6 juillet 2012 par Catherine L.

 

 

 

 

 

 

 

 

07/11/2011

Un long chemin vers la mer

 

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Un long chemin vers la mer

 


« J’ai envie d’ailleurs »
Marcel Pagnol

 


Qui n’a rêvé de voyager ?

Qui, reprenant à son compte la célébrissime réplique de Marius, ne se croit aujourd’hui le droit d’aller s’il le veut au bout du monde ? Qui ne trouve normal de brûler des lacs de kérosène pour arriver plus vite dans l’endroit, quel qu’il soit, de son désir ?

Pourtant, se rendre d’un lieu à un autre, quitter sa glèbe et son travail, a été, pendant de longs siècles, interdit à la plupart des humains (il n’est pas question, ici, de migrations, ni de commerce ni de Tziganes). Depuis au moins la fin de l’empire romain pour ceux d’Europe.

À l’exception des marins, peu encouragés à quitter leurs navires-souvent-prisons, se déplacer fut longtemps le privilège des castes dominantes. Ah, les chevaliers errants de la cour du roi Artur... qui se trouvent avoir été nos premiers féodaux ! Si l’on s’en tient à l’Europe (balayons devant notre seuil), les premières grandes migrations avec retour prévu à la maison, furent les Croisades. Bien sûr, à côté des nobles il y eut des ignobles : il fallait bien des manants pour porter les paquets, panser les chevaux, faire la tambouille, fourbir les heaumes, remmailler les hauberts... Ceux-là y allèrent à pied. Mais quand d’irréfléchis pastoureaux s’improvisèrent croisés-enfants, voulurent aller, eux aussi, libérer le tombeau du Christ, cela déplut en hauts lieux. Il leur arriva des bricoles. De l’espèce définitive. Atteignirent-ils seulement Venise ? Est-ce dans la lagune qu’ils disparurent ?

Oh, il y eut bien, de temps à autres, une exception pour confirmer la règle. On se souvient ici d’un ouvrier foulon qui s’en alla, vers le dernier quart du XVIIIe siècle, jusqu’en Carinthie en passant par Rome, vendant en route son travail. On le sait parce que, comme Ulysse, il est revenu chez lui, plein d’usage et raison ou pas ; on le sait parce qu’il avait appris tout seul à écrire et qu’il a tenu un journal.

Avant cela, il y avait eu quelques étudiants gyrovagues, se déplaçant d’une école à l’autre et même de France en Italie. Ainsi d’Étienne Dolet, phénomène surdoué autant qu’esprit sans entraves. Ainsi de Rabelais, moinillon de même tonneau, en rupture de cloître. Encore fallait-il, pour aller voir le pape à Rome, être attaché à la maison d’un Grand. Et on y allait à pied. Quelquefois à mule, si votre seigneur avait intérêt à vous ménager.

Le XVIIIe siècle, qui vit et fit tant de choses, vit enfin la classe bourgeoise se mettre à regarder autour d’elle, et, là aussi, marcher sur les brisées des aristocrates. Un des premiers grands voyageurs non nobles de l’époque fut sans conteste Casanova. Il y eut aussi Mozart qui dut prendre bien souvent la poste (les voyages professionnels ne comptent pas).  Mais c’est encore à pied qu’André-Modeste Grétry s’en alla – par deux fois – de Liège à Rome, le corps tout entortillé de dentelles, pour n’avoir pas su dire non à ceux qui le priaient de les passer pour eux aux douanes. À pied aussi qu’il remonta de Rome à Paris, avec arrêt à Ferney, pour saluer l’ancêtre.

Privilège d’aristocrates encore le « Grand Tour » des jeunes Anglo-Saxons du XIXe siècle. Il en fallait de l’argent, et des relations puissantes aux étapes, pour inventer le tourisme !

Quant à la génération des jeunes bourgeois nés trop tard et frustrés du grand rêve sur lequel venait de retomber un couvercle de plomb, dont la meilleure part se suicida, se pendit, se révolvérisa, se noya dans l’alcool et les drogues, elle s’en alla chercher un dérivatif dans le gothique et dans les forêts profondes. Elle s’intéressa aux indigènes des villages les plus reculés, les étudia, les fit parler. De cette forme d’évasion sont nés l’étude de plus en plus sérieuse du folklore, des religions comparées, l’anthropologie et l’ethnologie. Les voyages, pour beaucoup, se firent alors «d’étude». Toutes choses interdites, cependant, aux damnés de la terre attachés à la meule, voués au voyage en rond, qui n’y échappèrent que de temps en temps, pour sillonner, c’est vrai, l’Europe, dans tous les sens, viande à canon de l’une ou l’autre armée.

Privilège de bourgeois encore le voyage de Leigh Fermor, de Rotterdam à Istanboul, en 1933-34, à pied la plupart du temps, mais souvent d’un château l’autre...

En 1936, alors que s’accumulait l’orage, la plèbe enfin arracha le droit d’aller voir, elle aussi, là-bas si elle y était. « Là-bas », n’exagérons pas. Ici et là. À bicyclette. Et dans des auberges de jeunesse en guise de cinq étoiles. Commettant néanmoins par là le péché d’indifférence - le plus grave de tous - d’abandonner l’Espagne à son sort.

La plèbe n’a pas droit au péché. Elle ne se doutait pas et découvrirait trop tard qu’elle se condamnait ainsi à subir le sort qu’elle n’avait pas voulu partager. Funeste changement de priorités. Mais l’habitude était prise, et une centaine de millions de morts plus tard, les vacances seraient devenues plus sacrées que n’importe quoi, plus sacrées même que les révolutions. On vivrait celles des autres par procuration. En spectateurs. En touristes. Et le bonheur n’est plus une idée neuve en Europe. C’est une idée oubliée.

Au début des années cinquante, ce qui restait du continent, hébété, léchait ses plaies. Les premiers voyageurs à se remettre en route ne pouvaient être que suisses. Ce furent Nicolas Bouvier et Thierry Vernet. Et une increvable petite voiture.

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Poussés par l’envie de se soustraire pour un temps au confortable pays que venait de brocarder Orson Welles dans un film inoubliable et de voir le vaste monde avec, pour tout viatique, leurs talents respectifs et leur aptitude à survivre, ils s’en allèrent vers l’Est, en offrant qui sa prose, qui son dessin, aux populations traversées, en échange du gîte et du couvert. Cette première aventure de l’après-guerre devait conduire l’un au Japon et l’autre aux Indes, et les faire se rejoindre ensuite, quelque part en Asie.

Comme toujours, les Balkans léchaient leurs plaies plus vite et mieux que les autres. Qui, ayant lu L’usage du monde, pourra jamais oublier ce chant d’amour à une Yougoslavie naissante, dans une Europe aujourd’hui à jamais disparue, dont la nostalgie est si poignante qu’on en vient à se dire qu’il est heureux pour Nicolas Bouvier et Thierry Vernet d’être morts avant 1999.


L’Usage du monde
Court extrait pour se faire plaisir


Vernet 1.jpgFainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations. Entre la grande arche du pont de la Save et la jonction du Danube, la banlieue poudroyait sous les feux de l'été. Elle devait son nom Saïmichte (la foire) aux reliefs d'une exposition agricole transformée par les nazis en camp de concentration. Pendant quatre ans, juifs, résistants et tziganes y étaient morts par centaines. La paix revenue, la municipalité avait sommairement recrépi ces lugubres « folies » pour les artistes boursiers de l'État. La nôtre - portes qui jouent, fenêtres crevées, chasse d'eau rétive - comptait cinq ateliers allant du dénuement complet à une bohème cossue. Les plus démunis des locataires, ceux du premier étage, se retrouvaient chaque matin, blaireau en main, devant le lavabo du palier, en compagnie du concierge - un mutilé de guerre, la casquette vissée au crâne - auquel il fallait pincer la peau du menton pendant que de sa main unique il y passait prudemment le rasoir. C'était un homme souffreteux, plus méfiant qu'une loutre, sans rien d'autre à faire que surveiller une fille en âge de fauter, et glaner dans les toilettes - des latrines à la turque où l'on vide ses poches avant de s'accroupir - les bricoles : mouchoirs, briquets, stylos, que les usagers distraits avaient pu oublier. Milovan le critique littéraire, Anastase le céramiste, et Vlada, un peintre paysan, occupaient les ateliers du rez-de-chaussée. Toujours prêts à nous aider, à nous servir d'interprètes, à nous prêter une machine à écrire, un morceau de miroir, une poignée de gros sel, ou à convier la maisonnée entière, lorsqu'ils avaient vendu une aquarelle ou un article, à un banquet vociférant - vin blanc, poivrons, fromage - suivi d'une sieste collective sur le plancher ensoleillé et nu. Dieu sait pourtant qu'ils vivaient chichement, mais les années noires de l'occupation et de la guerre civile leur avaient enseigné le prix de la douceur, et Saïmichte, à défaut de confort, avait une bonhomie bien à elle. C'était une jungle de pavots, de bluets, d'herbes folles qui montait à l'assaut de ces bâtiments dégradés, et noyait dans son vert silence les cambuses et les campements de fortune qui avaient poussé tout autour. Un sculpteur habitait le pavillon voisin du nôtre. Le menton sali de barbe, ses marteaux à la ceinture comme des colts, il dormait sur une paillasse au pied de la statue qu'il était en train d'achever : un partisan torse nu, le poing fermé sur une mitraillette. C'était l'homme le plus riche de la zone. L'époque lui était clémente ; en monuments aux morts, en étoiles de granit rouge, en effigies de maquisards aux prises avec un vent de deux cents kilomètres, il avait pour quatre ans de commandes au moins. C'était naturel ; après avoir été l'affaire des Comités secrets, les révolutions s'installent, se pétrifient et deviennent rapidement celles des sculpteurs. Dans un pays qui, comme la Serbie, n'a cessé de se soulever et de se battre, ils disposent déjà d'un large répertoire héroïque - chevaux cabrés, sabres au clair, comitadjis - dans lequel il suffit de puiser. Mais cette fois, c'était plus difficile. Les libérateurs avaient changé de style ; ils étaient à pied, tondus, soucieux, rébarbatifs, et la cuillère de confiture que le sculpteur nous offrait, selon la coutume serbe, lorsqu'on lui rendait visite, suggérait un univers moins martial et plus doux.

A l'autre bout du terrain vague, une glacière flanquée d'un débit d'alcool servait de boîte postale et de rendez-vous à ceux qui vivaient ici entre ciel et broussaille avec leurs poules et leurs chau- drons. On en emportait de lourds blocs terreux d'une glace à gros grains et des sorbets au lait de chèvre dont le goût suri restait jusqu'au soir dans la bouche. Le bistrot n'avait que deux tables autour desquelles les chiffonniers de la zone - des vieux, les yeux rouges et mobiles, qui à force de flairer l'ordure ensemble avaient pris l'air de furets grandis dans le même sac - s'installaient aux heures chaudes pour dormir ou trier leur récolte.

Derrière la glacière s'étendait le domaine d'un brocanteur ukrainien qui logeait dans une niche très propre au milieu de ses trésors ; un homme de poids, coiffé d'une casquette à oreilles, qui possédait une colline de chaussures hors d'usage. une autre d'ampoules fusées ou éclatées, et menait son affaire en grand. Un monceau de bidons percés et de chambres à air cuites complétait son fonds de commerce. L'étonnant, c'était le nombre de clients qui quittaient son dépôt, leurs « emplettes » sous le bras. Passé un certain degré de pénurie, il n'est rien qui ne se négocie. A Saïmichte, UN soulier - même percé - pouvait constituer une affaire, et la colline de l'Ukrainien était souvent gravie par des pieds nus, sondée par des regards brillants.

Vers l'ouest, le long de la route de Zemoun, Novi-Beograd élevait au-dessus d'une mer de chardons les fondations d'une cité satellite que le gouvernement avait voulu bâtir, malgré l'avis des géologues, sur un sol mal drainé. Mais une autorité - même auguste - ne prévaut pas contre un terrain spongieux et Novi-Beograd, au lieu de sortir de terre, persistait à s'y enfoncer. Abandonnée depuis deux ans, elle dressait entre la grande campagne et nous ses fausses fenêtres et ses poutrelles tordues où perchaient les hiboux. C'était une frontière.

A cinq heures du matin, le soleil d'août nous trouait les paupières et nous allions nous baigner dans la Save de l'autre côté du pont de Saïmichte. Sable doux aux pieds, quelques vaches dans les vernes, une gamine en fichu qui gardait des oisons, et dans un trou d'obus un mendiant endormi recouvert de journaux. Le jour levé, les mariniers des chalands et les gens de la zone y venaient laver leur linge. En bonne compagnie nous frottions nos chemises, accroupis dans l'eau terreuse, et tout le long de la berge, face à la ville endormie, ce n'étaient qu'essorages, bruits de brosses et chansons soupirées pendant que de grandes banquises de mousse descendaient au fil de l'eau vers la Bulgarie.

L'été, Belgrade est une ville matinale ; à six heures l'arroseuse municipale balaie le crottin des charrettes maraîchères et les volets de bois claquent devant les boutiques ; à sept, tous les bistrots sont bondés. L'exposition ouvrait à huit. Un jour sur deux j'allais la tenir pendant que Thierry relançait jusque chez eux les acheteurs rétifs ou dessinait dans la ville. Vingt dinars l'entrée, pour ceux qui les avaient. La caisse ne contenait qu'une poignée de monnaie et, oublié par le dernier exposant, Variétés V de Valéry, dont le style maniéré prenait ici une allure exotique qui ajoutait au plaisir de lire. Sous le pupitre, une demi-pastèque et une fiasque de vin attendaient les amis d' ULUS qui venaient en fin d'après-midi proposer un plongeon dans la Save ou traduire un brin de critique paru dans un journal du soir.

- ... M. Verrrnettt'e... a certes bien vu nos campagnes et ses croquis sont amusants... mais, il est trop sarcastique et manque encore de... manque encore de - comment dites-vous donc, faisait le traducteur en claquant ses doigts -... ah ! j'y suis, de sérieux !

Vernet 2.jpgLa vérité, c'est que le sérieux est la denrée préférée des démocraties populaires. Les journalistes de la presse communiste qui venaient de bonne heure le matin faire leur papier en avaient à revendre. C'étaient de jeunes officiels aux chaussures craquantes, sortis pour la plupart des maquis titistes et qui tiraient de leur importance nouvelle une satisfaction bien légitime, encore qu'elle les rendît un peu rogues et incertains. Ils passaient, le front barré, d'un dessin à l'autre, censeurs sévères mais perplexes, car comment savoir si l'ironie est rétrograde ou progressiste ?

Entre onze heures et midi, l'affiche de la porte - soleil jaune sur fond bleu - attirait tous les mioches de l'avenue Terazié, retour de l'école. Une exposition de tartines n'aurait pas eu plus de succès; des gamines aux sourires ébréchés longeaient les cimaises à cloche-pied ; des gosses tziganes empoussiérés payaient d'une grimace, se coursaient d'une salle à l'autre avec des cris stridents et laissaient sur le parquet ciré l'empreinte de minuscules pieds nus.

Cinq à six, l'heure creuse, nous amenait quelques revenants des beaux quartiers. Pitoyables et doux « ci-devant » dont le français léger et les visages d'un effacement plein d'égards trahissaient l'origine bourgeoise : vieillards aux moustaches tremblantes chargés d'énormes cabas et matrones en chaussures de tennis, bronzées comme des paysannes, qui tiraient leur chaise jusqu'à la caisse, nous tendaient une main sèche et sondaient prudemment pour trouver l'écho de leurs ruminations mélancoliques. Beaucoup d'entre eux, revenus au pays après l'amnistie d'octobre 1951, occupaient la plus petite pièce de leur ancien logis et les situations les plus imprévues. Un vieil avocat mélomane copiait des partitions pour un orchestre de jazz, une muse des salons d'autrefois pédalait au point du jour vers de lointaines casernes pour y enseigner le solfège ou l'anglais. Ils ne jetaient aux murs qu'un regard distrait mais, trop seuls pour s'en aller tout de suite et trop fiers pour le dire, ils se lançaient - de façon à tenir jusqu'à la fermeture - dans de harassants monologues sur le tombeau du roi Alexandre ou sur les couvents désaffectés de Macédoine que nous qui pouvions comprendre devions voir absolument. Et ils restaient là, pressants, lassés, confidentiels, multipliant les conseils. Mais le coeur n'y était plus. Pour le courage on se force, pas pour l'entrain.

A la tombée du jour c'était toute la rue qui passait par l'exposition. Les Belgradois avaient trop peu de distractions pour en négliger aucune. La vie était encore assez frugale pour que chacun fût affamé de tout et cet appétit suscitait bien des découvertes. Des théologiens suivaient les courses de motos, des paysans - après une journée d'emplettes dans l' Ulitza Marshala Tita - venaient ici découvrir l'aquarelle. Ils déposaient contre la porte un sac d'engrais, un licou neuf, une serpe au tranchant graissé, lorgnaient les billets d'un oeil perçant et sortaient l'argent de leur ceinture ou de leur calot. Puis ils croisaient d'un dessin à l'autre à larges enjambées, mains dans le dos, et regardaient posément, bien résolus à en avoir pour leurs dinars. Leur oeil, formé par les clichés pâteux du « Journal de Mostar » ou de « L'Écho de Cettigné », avait du mal à saisir d'emblée ce dessin linéaire. A partir d'un détail familier - dindon, minaret, guidon de bicyclette - ils démêlaient le sujet, se mettaient soudain à rire ou à soliloquer et tendaient le cou pour voir s'ils reconnaissaient leur gare, leur bossu, leur rivière. Devant un personnage débraillé ils vérifiaient leur braguette. J'aimais cette manière de rapporter les choses à soi, de les examiner lentement, patiemment, en pesant le travail. D'ordinaire ils restaient là jusqu'à la dernière, à l'aise dans leurs larges braies et leur fumet campagnard. puis passaient courtoisement à la caisse pour serrer la main de l'artiste ou lui rouler une cigarette qu'ils collaient d'un grand coup de langue. A sept heures, Prvan, le manager d'ULUS, venait aux nouvelles. Non, les acheteurs de l'État qui constituaient sa principale clientèle ne s'étaient pas encore décidés.

- Eh bien, disait-il, nous irons les chercher demain par l'oreille - et il nous emmenait manger la tarte aux épinards chez sa mère.


A défaut de clients, les amis sortaient de terre sous nos pieds. Il y a en Serbie des trésors de générosité personnelle, et malgré tout ce qui y manque encore, il y fait chaud. La France peut bien être - comme les Serbes se plaisaient à nous le répéter - le cerveau de l'Europe, mais les Balkans en sont le coeur, dont on ne se servira jamais trop.

Vernet 3.jpgOn nous invitait dans de sombres cuisines, dans de petits salons d'une laideur fraternelle pour d'énormes ventrées d'aubergines, de brochettes, de melons qui s'ouvraient en chuintant sous les couteaux de poche. Des nièces, des ancêtres aux genoux craquants - car trois générations au moins se partageaient ces logis exigus - avaient déjà préparé la table avec excitation. Présentations, courbettes, phrases de bienvenue dans un français désuet et charmant, conversations avec ces vieux bourgeois férus de littérature, qui tuaient leur temps à relire Balzac ou Zola, et pour qui J'accuse était encore le dernier scandale du Pans littéraire. Les eaux de Spa, « L'Exposition coloniale »... quand ils avaient atteint le bout de leurs souvenirs, quelques anges passaient et l'ami peintre allait quérir, en déplaçant force vaisselle, un livre sur Vlaminck ou Matisse que nous regardions pendant que la famille observait le silence comme si un culte respectable auquel elle n'avait pas part venait de commencer. Cette gravité me touchait. Pendant mes années d'études, j'avais honnêtement fait de la « culture » en pot, du jardinage intellectuel, des analyses, des gloses et des boutures ; j'avais décortiqué quelques chefs-d'oeuvre sans saisir la valeur d'exorcisme de ces modèles, parce que chez nous l'étoffe de la vie est si bien taillée, distribuée, cousue par l' habitude et les institutions que, faute d'espace. l'invention s'y confine en des fonctions décoratives et ne songe plus qu'à faire « plaisant », c'est-à-dire : n'importe quoi. Il en allait différemment ici ; être privé du nécessaire stimule, dans certaines limites, l'appétit de l'essentiel. La vie. encore indigente, n'avait que trop besoin de formes et les artistes - j'inclus dans ce terme tous les paysans qui savent tenir une flûte, ou peinturlurer leur charrette de somptueux entrelacs de couleurs - étaient respectés comme des intercesseurs ou des rebouteux.


*

La révolution de 1968, dite fort justement « événements de mai-juin », ne dansa qu’un seul printemps. Et partit en vacances. Vaincue, non par un vieux général, mais par sa propre impuissance. Déclin de l’Occident ?

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Les héritiers de 93 et de 48 s’évadèrent dans la musique, les fleurs et les religions exotiques. Il y eut Woodstock et Wight... Au lieu de remonter des barricades, on fuma des joints – justement, les squales qu’on s’était flattés de combattre en avaient à vendre – et on partit sur les routes. Vers l’Eldorado Katmandou. On y alla par tous les moyens : en train-tarif-étudiants, en stop, dans des guimbardes achetées en commun d’occase, etc. On explora tout, de préférence l’Asie, mais aussi l’Amérique, du Sud et du Nord. On fit des crochets par l’Afrique, mais moins.

Bref on noya sa frustration dans l’évasion géographique autant que dans l’évasion toxique. Les bêtes de somme, cette fois encore, n’en furent pas, plus que jamais attachées à leur meule, en attendant qu’on les dételle pour la leur passer au cou et les noyer avec, dans le chômage.

Les jeunes bourgeois, soyons justes, ne fuyaient pas toujours qu’une société figée, d’ailleurs elle ne l’était plus tant que cela, mais aussi, pour certains, des rigidités familiales devenues insupportables.

Notre ami Édouard Lecèdre est de la génération qui entra dans l’adolescence alors. Comme tant d’autres, il succomba à l’appel de l’ailleurs et des peuples qui n’étaient pas le sien. Il s’en emplit autant que faire se pouvait les yeux, le coeur et la mémoire. Pourtant, il fallut bien revenir un jour, gagner son pain à la sueur de son front, tout le monde n’est pas doué pour devenir colon.

Des décennies plus tard, le virus ne l’a pas lâché. À chaque fois qu’il peut quitter sa chaîne, il y retourne, loin ou près. Mais le monde a changé. Beaucoup des endroits qui l’avaient enchanté ne sont plus que ruines. Ou villages Potemkine dissimulant des prisons, quand ce n’est pire. Malaise, à l’idée d’aller partager leurs paysages avec les écrasés, sans partager leur sort - « Touristes ! » était l’injure de prédilection de feu Jean Krajewski, un autre ami à nous, que vous ne connaissez pas - ; le voyageur Lecèdre ne se supporte pas touriste. Interrogations... Désirs... Doutes... Examen de conscience, ou autocritique si vous préférez... Il a tout mis par écrit, en vers, et nous l’a envoyé.

 

 

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Quelqu’un me demanda, d’un ton curieux, mon âge
 En voyant mon poil blanc et ma tête chenue
 Je répondis : une heure au plus, pas davantage,
 Si j’en crois ma raison et me fie à ma vue
 Tu viens de proférer une chose insensée
 Je lui dis : la maîtresse à qui mon cœur se lia
 M’a laissé, un beau jour, lui voler un baiser
 J’aurais beau prolonger mes années ici-bas
 Je ne compte pour vrai que cette heure passée

Ali Ibn Hazm
Poésie omeyyade
Chants d’Al Andalus


                   Le chemin de l’excès mène au palais de la Sagesse
Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque
chose apparaîtrait à l’homme comme elle est, infinie

William Blake


La poésie est ce qu'il y a de plus réel,
ce qui n'est complètement vrai que dans un autre monde.

Charles Baudelaire


Je préfère le flux héraclitéen des choses
à la sphère parménidienne de l’état de choses

Edouard Lecèdre
Aphorismes – Œuvres complètes – Tome V




*



Soleil caché survient
Rêves surpris vite s’enfuient
Ecoute le matin


Ton cri au loin
Je m’en vais vite
Souffle de la course


Un œil liquide
Offre un mouchoir
L’éclat du rire


Muses est-ce vous ?
Muses, êtes-vous là
M’entendez-vous ?
Muses, m’entendez-vous ?


Ainsi notre chant t’est parvenu
Comme un arôme poétique.
Serais-tu si ému
Par nos exhalaisons orphiques ?


Sachez que mes projets de parcourir la Terre
Telles des boules de bourgeons longtemps pelotonnés
Eclosent aujourd’hui, se déploient dans les airs.
Un jour nouveau se lève
Un état de partance synonyme d’harmonie
Fait circuler en moi une nouvelle sève,
Une furieuse envie d’apprendre les pays,
Un désir ardent d’embrasser le monde,
Le mordre à pleine dent :
Découvrir les fruits inconnus des lointains
Tricoter la maille des méridiens
Couvrir de mes mains, de mes pieds
Les quatre points cardinaux
Parcourir le monde, m’instruire aux nouveautés
Recevoir, donner, l’amour et l’amitié
Surprendre les beautés intangibles
Ecouter la poésie secrète des Chants de cette Terre !
Comment, que dites-vous ?

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Oter le manteau de plomb d’une année de béton. Difficile !
Affaires pressées, bousculées. Fuir. Tout en vrac. Tic tac
Vertige de la vacance. Délivrance. Grand trac ?
Ivresse du départ, frisson des découvertes. Crédible ?


Je prépare ce départ, enfiévré, affairé.
Vers d’autres horizons, ouvrir mes connaissances
Intrigues des différences, nouer d’autres alliances
Parcourir ce monde, joyeux et affamé
Muses, suivez-moi mes Amies
Comment, que dites-vous ?

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Vivre le monde ses peuples sa géographie
En liberté conditionnelle ?
Quelle vérité, quelles sensations, charivari
Sempiternelle ritournelle ?
Eviter l’Indigène, étaler sa richesse
Ivre jouir de fruits exotiques ?
Sourd, aveugle, enfiévré d’une morne paresse,
Sauf aux crédits photographiques ?
Retour exalté un jour, hâlé quelques autres
Pauvres récits sans lendemain !
Et recommencer encore encore, vieil apôtre
Religion des mirages lointains !

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Mais de cela je me départis mes Amies

Nul artifice ?

Découvertes et curiosités sont ici rassemblées

Havresac ?

Hasarder le dormir, plaines sauvages, villes lumière

Bivouac ?

Vaincre la peur, accueillir l’inconnu

Amitiés complices ?


Je prépare ce départ, enfiévré, affairé.
Vers d’autres horizons, ouvrir mes connaissances
Intrigues des différences, nouer d’autres alliances
Parcourir ce monde, joyeux et affamé
Muses, suivez-moi mes Amies
Comment, que dites-vous ?

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Il faut avant toute chose pour embrasser le monde
Connaître d’autres bulletins
Avant que vainement tu ne vagabondes.
Sont tous devenus incertains
Les pays de cette Terre qui forment le vaste Tiers Monde :
Torturés triturés, éteints.

Foulant les sols allongés des landes lointaines
Où ciel et terre à l’horizon
Joignaient leur ligne claire sans que ne survienne
Ni le bruit ni la confusion,
Tu parcourais encore le magique Orient
Sans industrie, à cœur ouvert.

Au sein des curieuses tribus de l’Afghanistan
Qui sillonnent les sentiers déserts
Accueilli, pauvre ami, parmi les démunis
Tu recevais de leurs simples gestes
La leçon que l’espoir n’est peut être pas fini
Espaces séparés, même sagesse.

Tous les peuples de l’Inde et de l’entière Asie
A présent dos courbés de détresse
Ont oublié leurs chants pour fixer du regard
L’aigle royal ivre de rage
Accomplir les desseins de ses maitres barbares
Cette horreur, tu l’envisages ?

L’ordre impérial né de l’hybris des nouveaux tzars
Rêve de peuples sages en cage
Sais-tu où se trouve aujourd’hui la Palestine ?
En Judée dis-tu, que nenni
Archipel de terres massacrées, tout n’est que ruine
Brasier de colère infinie.

Vois-tu les palais de Bosnie Herzégovine ?
Havre où gisaient les anciens bruits
Tes yeux ne t’égarent pas, ils sont couverts de cendres
A disparu Sarajevo
Une paix règne dans les cœurs où il gèle à pierre fendre
Dure la guerre au Kosovo.


Partir à tire d’aile et de moi vous vous moquez.
Foin des pensées d’ici-bas compressées en ballots embourbés
L’attirance vers l’ailleurs est mon rêve sublimé
Ses contours enchanteurs, où les brises, alizées,
Poussent en larges courbes, en droites lignes
De fraîches et nouvelles pensées.
Elles se déploient  là-bas en arabesques multiples
Dessinant dans les ciels des figures géométriques
Retrouvant la joie qu’on croyait perdue :
La merveille de l’éveil devant l’inconnu.
Volent et s’envolent, elles s’élèvent dans l’azur
Cerfs volants impétueux, libres et indociles.
Trop longtemps confinées dans des malles oubliées
Elles se baignent dans le rire et l’extase
Des rencontres singulières qu’accompagnent tous voyages.
Partir loin d’ici, oui dis-je, en courants ascendants
Pour m’élever, découvrir des scènes différentes
Où les hommes aux membres longs et chauds
S’inscrivent dans la vie par d’autres dispositions,
Content des histoires avec une autre grammaire
Où les femmes aux enveloppes enivrantes
Jouent la surprenante musique d’autres compositions,
Utilisent un nouveau vocabulaire
Pour faire voler haut leurs chants
Firmament de l’extase
J’ai rêvé traverser les contrées sauvages, les villes illuminées
Rechercher, rencontrer la multiplicité
Des histoires parallèles, des routes croisées
Qui tel un filin forment l’entrelac de nos destinées – Un filet ?
Plutôt une gaze légère et néanmoins serrée
Immense rhizome de contacts immanents
Sur lequel le hasard, papillon liberté
Favorise les esprits qui y sont préparés
Tout cela n’est-il donc plus possible ?

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Naviguant sur les mers aux reflets argentés
Où les flots mêlés au zéphyr
Offraient la transparence des abysses inviolés
Bleu profond d’un liquide saphir
Tu plongeais dans l’océan, nu et innocent
Sans craindre ni mort ni maladie.

Sur le sable de la grève soulevé par le vent
La pluie de chaleur du midi
Faisait briller tels des diamants les coquillages
Perles nacrées de porcelaine
Là où maintenant les immondices nagent
Ton regard se brouille avec peine.

Les riches foules abouliques vautrées aux rivages
Epuisées à en perdre haleine
S’étirent à l’infini sur les côtes tropicales
Guirlandes d’algues d’une autre espèce
Pourras-tu voir une bonne fortune occidentale
Sous l’obscène du vil commerce ?

Aux pays éclairés d’aurores boréales
Où les poignards du froid transpercent
Les robustes carapaces, les épaisses cuirasses
Des monstres et mammifères marins
Ne restera plus trace du grand désert de glace
L’Océan Arctique défunt.

La mer du commencement que tu admires en face
Regard poète porté au loin
Au jour de tes rencontres solennelles avec elle
Aura perdu l’éclat magique
Te laissant seul et reclus, moine sans chapelle
Triste comme Caspar David Friedrich.


Je veux partir loin d’ici
Muses, s’il vous plait suivez-moi mes Amies
Le monde que vous me chantez porte un drôle de masque
Sa musique est vacarme, son odeur nauséeuse
Je devrais vous croire et pourtant j’entends là-bas au loin
Les mélopées rêvées, imaginées
Au secret de mes nuits à passer dessiner
Les plans savamment étudiés de mes évasions
Déjà je vois les habitants de ces contrées lointaines
M’accueillir avec rire et sourire
Voyant juste que je suis musicien – Une guitare ?
Par exemple, quelque chose de gracieux, pas un tintamarre
Trois accords majeurs, une première mélodie
Ils m’entourent aussitôt
Forment des quatuors d’étranges instruments
D’où sort une musique de fêtes et de grandes occasions.
Parfois c’est une ode que je me vois chanter
Près de l’âtre d’une cheminée
Rondins de bois en cabane dans les bois
Refuge bienvenu isolé dans la plaine.
La musique dans ce cas est notre langue commune
Je déplie mes cartes et montre mes papiers
Là je suis né et là j’habite, eux sont d’ici
Depuis toujours, plusieurs générations.
L’œil scrutateur et interrogatif, un moment
Me demande pourquoi
Pourquoi ? Oui pourquoi suis-je ici sans lendemain
Avec eux, ici, pourquoi
Que dire ? Immensité des réponses imparfaites
Et pourtant attendues
Temps suspendu
La magie d’un instant apparait là soudainement
Fragilité qu’il faut bien protéger
Les cœurs parlent, les vérités s’éveillent,
On se met à nu et dans un balbutiement
On formule maladroits des émotions sincères.
Des Etres humains jusqu’ici inconnus
Découvrent leur commun cœur à nu.
Des Hommes se connaissent et se reconnaissent
Debout, solennels, un peu gauches et muets
Par les regards seulement rattachés,
Nous comprenons notre lutte commune
L’arrachement, le labeur de la condition humaine
Nous nous découvrons frères et sœurs
Lancés dans la quête sans fin d’un amour incertain
Cette rencontre éphémère marque nos cœurs
Donne une leçon de philosophie
Allume un sémaphore dans la nuit de l’oubli
Croyez-vous mes Amies, qu’une telle alchimie
N’aie plus cours nulle part aujourd’hui

 

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Comment se portent-ils nos colonisateurs
Nos maîtres d’Outre Atlantique
Théocrates financiers et moralisateurs
Croisés d’une nouvelle casuistique ?
Caliban, libéré de Prospero, guide
Les tumultes de la Tempête.

Fort du succès de leur premier génocide
Amérindiens tristes spectres
L’Amérique déchaînée, ce Moloch cupide
Sur la nouvelle Baal Bek
Dévore les dissidents qui osent la voir en face
N’est-ce pas déjà un ancien monde ?

De fameux charognards et de furieux rapaces
Volent sans fin en une ronde
A mille lieues des idéaux de l’Antique Hellas
Financiers, pilleurs du monde
Où sont leurs nids d’acier dans cette Babylone ?
Dans la célèbre rue « Vole Street ».

Si le réalisme de cette peinture te questionne
Suis les conseils de Démocrite
Nourris ta conscience d’utiles oxymorons’
Comme : Liberté/Terre d’Amérique !
Prends garde aux mythes de ce pseudo Eldorado
Vrai poison, dangereuses toxines.

Ne tarde pas ! - John Muir, Henri David Thoreau
Flammes absentes de leur hymne
Gisent en pathétiques héros, perdus, oubliés
Caves du Temps, noires et souterraines
La nature là-bas est une prostituée
Généreuse d’amours puritaines.


Un peintre amateur a sur sa palette
Mélangé l’encre noire au sombre des fumées,
L’ardoise monastique au profond anthracite
A déguisé les cieux d’une robe de pluie
Aux reflets d’eau sale et d’étain dépoli.
Une ombre diluée se répand dans la plaine
Sang gris s’écoulant doucement d’une mélancolie
Blessée au flan, d’une pâleur extrême
Tel est devenu le tableau de mon esprit
La couleur d’un loup gris
Qui surplombe le pays
Assis, le regard flottant sur un vaste écran
Je regarde muet un spectacle présenté anciennement
Où le noir et le blanc, couple uni fusionnel
Racontaient en dansant des histoires éternelles
Pensez-vous que la vie, d’une maladie atteinte
Ne reflète aujourd’hui que ces deux pauvres teintes ?
Puis-je encore m’éblouir à l’éclat de souvenirs – Multicolores ?
Oui, irradiants de substances, de nuances, de pigments
Il existe des souvenirs aux couleurs éternelles
Eblouissants de lumières qui crépitent de mille feux
Fête foraine de l’esprit
Méandres de la cervelle, de dancing en zinzin
Sautillant toute la nuit
Quitter la torride Assouan à la proue d’un navire
Face au soleil, dans le vent du désert
Là où seuls les éléments primordiaux dominent
Est une des portes d’entrée pour venir admirer
L’intimité secrète de la beauté terrestre
Qui se dévoile ici en toute allégresse.
La splendeur magnifique de ce moment de grâce
La puissante évidence de sa simplicité
Immuable comme un pur cristal
Est la preuve, je le veux croire encore
De la possible transmutation des matières
Où on peut être projeté, particule atomique
Au cœur d’une œuvre d’art elle aussi éternelle
Equilibre parfait de masse et de couleur
D’un tableau de Matisse ou de Joan Miro
Le Nil à cet endroit est une grosse veine bleue
Un flux de cobalt, un flot d’encre marine
Un courant puissant et silencieux
Qui s’écoule lentement comme une coulée de lave
Fraîche et profonde, mystérieuse, abyssale
Langue de guimauve transparente
Bleue comme la nuit
Les deux rives ont enfilé pour cette occasion
Une mince ceinture végétale offerte par le fleuve
D’un émeraude éclatant presqu’artificiel,
Le vert des feuilles scintille d’une fraîcheur éternelle.
Conflit d’intérêt entre les sens en éveil
Regard supplanté par la gourmandise
Brouter cette herbe magique est le début de la folie
Savez-vous que le sable est un étrange dessert ?
Deux langues de pain grillé enserrent le lit du fleuve
Beurrées de confiture d’abricot.
Les dunes se dressent de part et d’autre en tartines orangées
Limon ambré qu’un drôle d’alchimiste
A transformé en poudre de cuivre et d’or
Prêtes à se fermer sur cette masse liquide
La vallée du  Nil est un sandwich cosmique
 Relief oublié d’un festin antique
Pensez-vous mes amies que la nature écœurée
Des outrages que vous me chantez
S’est vraiment retirée dans ses appartements privés ?

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L’Humanité jadis a quitté son berceau
Enfoui dans les crevasses du Rift
En Ethiopie prés d’un impétueux cours d’eau
Où reposait l’ancêtre Lucy
L’Humanité comme nourrisson – Des millénaires
Longtemps unie avec le monde.

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Depuis elle s’est levée a parcouru la Terre
Marche, court, titube et tombe.
Malgré son indéniable génie philosophique,
L’enfant s’impose devant l’adulte
Dominée par ses pulsions psychologiques
Prête à toutes les culbutes.

Tout sans vergogne tout d’suite, est le fait historique
Le pouvoir, véritable culte
Un adulte infantile règne sur le monde
Barbare insouciant et cynique
Sais-tu où est sa cour de jeu, basse cour immonde ?
Le Continent Noir – L’Afrique.

Cette vaste étendue, cette première scène du monde
Est devenue une mosaïque
Rouge écarlate du sang des damnés de la terre
Palette de carmins, vermillons
Prairies, savanes, déserts, changés en cimetières
Le reste laissé à l’abandon.

Ghana, Guinée, Tchad, Libéria, Congo, Niger,
Gambie, Zambie, Gabon
Le ballet des colons au long cou déplumés
Arpente comme des marabouts
Pourrais-tu sagement ces pays contempler
L’œil sec et sans crier au fou ?


Allongé sur le dos, je regarde le ciel
Une perle de verre, refoulée d’une pichenette
D’un aquarium géant affichant complet
S’en retourne vexée et tombe en chute libre
Droit dans le lac de mon œil
Plongeon audacieux affolant les larmes tranquilles
Qui s’enfuient en ruisselant le long de ma joue
Bientôt des piquetis claquètent et crépitent
Sous l’attaque en piqué
De minuscules polygones de bakélite
Tombant de çi de là
S’accélèrent, s’amplifient, tacataquent
Solo de percussions qui devient cataracte
Il est clair qu’une fuite est apparue
Dans l’emmêlé des canalisations célestes
Et que le ciel est sérieusement percé de part en part
La pluie – D’été ?
Oui, lourde et tiède - Aucun vent
Toilette du matin, éveil
La tignasse des champs, l’herbage des prairies
Les grasses pâtures, les gazons de jade
Les arbres aux larges feuilles croquantes
Les buissons ramassés au feuillage touffu,
Les charmilles discrètes et fragiles, les hautes futaies,
 Toutes les frondaisons embrassent la grande averse
La pluie drue et épaisse lave la forêt
Qui élargit son souffle
Extase !
Bacchanale végétale !
Bientôt la terre détrempée exhalera son haleine
En un hammam géant qui couvrira la plaine
Une clochette dans les bois - Un oiseau ?
Un moineau certainement
Lance une note aigüe qui pétille comme une bulle
Un merle là-bas répond à son appel
Un troisième plus près à son tour vocalise.
Les notes se règlent, les chants s’harmonisent
Pour réunir la parfaite chorale
De cette rhapsodie pastorale.  

 

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Humus et champignons ouvriront le cortège
Des effluves champêtres, des parfums mouillés
Odeurs de mousse et de terreau
Délicates invitées de cette fête dionysiaque,
Suivies des piquantes fragrances
Des pins, des sapins, de tous les résineux
Qui monteront hardiment à l’assaut des narines,
Poursuivies par le musc captivant des racines exotiques
Des bois tropicaux et des angéliques.
Très vite des arômes de tabac et de pain grillé
Mélangés au parfum de vanille et d’eucalyptus
Traverseront la scène pour rejoindre la danse
Exhalaisons de ce bal olfactif.
Mais de quelle opiacée me suis-je enivré ?
Ce bouquet que je viens de rêver est un conte de fée
Un paradis caché, un monde imaginaire !
A des milliards d’années lumière
Du pays que vous me décrivez
Où la puanteur règne en maîtresse mégère
Où l’âcre odeur du caoutchouc brûlé
Est un fumet plaisant à coté des remugles dégoutants
Des composts de cette terre pourrie.
Le monde que vous me chantez est-il un amas de chairs
D’où sort en fumée la charogne pesteuse ?
Rassurez-moi mes Amies
Se peut-il que le monde ressemble à ce point
Au portrait monstrueux de Dorian Gray ?

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Tu pouvais traverser Bohême, Moravie
Naviguer sur le Danube bleu
Embrasser la forêt de Transylvanie
Te baigner, eau douce, temps radieux
Un jour des boues rouges étouffèrent le grand fleuve
Pollution pourpre de l’alumine

Déesses magyares, sirènes hongroises sont mortes veuves
Dont tu verras les tristes mines
Blessure des Balkans sans que personne ne s’émeuve
Rives fleuries orphelines
Pauvreté de ces contrées rend les randonnées
Incertaines et dangereuses

Comme celles que tu ferais chez l’autre infortunée
L’exaltée et malheureuse
L’immense cône du Sud, la belle Amérique Latine
La cousine de l’Afrique
Se tuer pour un peso au fond de l’Argentine
Une rondelle métallique

Combien de vies pour traverser la Chaîne Andine ?
Comme on l’a dit, tristes tropiques
Il reste encore dans la forêt amazonienne
Quelques majestueux arbres
Il faut te dépêcher il en reste une douzaine
Qui te laisseront de marbre

La sylve exterminée par l’ordure humaine
N’a reçu que des coups de sabre
Les œuvres des nantis comme prédateurs souverains
Donnent le vertige, donnent des frissons
Crois-tu qu’ils puissent encore chanter les lendemains ?
Vas-tu partir cher compagnon ?


Je voulais partir loin d’ici.
Le trouble me saisit, vous m’avez abîmé.
Le château de mes rêves que j’ai bâti Renaissance
Se mue en un sombre ergastule médiéval
Mon esprit se difracte comme la bûche
Sous les coups de la hache
Entendez-vous ce grondement sourd
Qui enfle dans la vallée ?
Une avalanche a lieu à deux pas d’ici
Des blocs de vérités s’écroulent en cataracte
Des rocs de certitude déboulent et chutent en vrac
S’effondre ma Tour de Babel
Désirs édifiés, voyages construits.
Mes pensées après ce carnage ?
Un jardin révolutionnaire
Conçu par des paysagistes
Ayant connu des jours meilleurs
Un long mugissement monte des sols
Enserre ma tête dans un étau de fer
Je ne sais plus où je suis et ce qu’il en est
Du présent, de l’avenir et de la destinée
Ma bouche s’assèche, mon corps se vide
Un pas de plus et je perds l’équilibre
Un genou à terre, haletant, l’œil humide
Je m’affale comme un vieux sac sur la grève
Dans le désir d’une dernière pose languide
Touché au flan, allongé sur le sable
Immobile et hagard
Au-dessus de l’incommensurable
Un mouvement et un seul
Et je tombe dans le gouffre du néant
Tentation de l’oubli, du sommeil permanent.
Hérodote est bien mort, les Grands Voyageurs aussi
Les forces m’abandonnent, bientôt s’installera la nuit
Mon théâtre se vide et Vous seules restez
Constatez avec moi, la lutte fut inégale
Je ne m’avoue pas vaincu
Simplement abattu
Oui abattu par le sempiternel recommencement,
La permanence des choses
Qui aiment à croupir dans les mêmes bassins.
L’idée d’enfermement, cette exécrable vermine
L’image de la cage, de l’Etat, de l’état des choses
L’idée du cercle, le cercle lui-même
Le dessin du cercle devrait être banni
Des mathématiques, des cours de géométrie
Le cercle, voilà l’ennemi
Que ne l’ai-je combattu tout au long de ma vie !
Sous des milliers de formes, la bataille fut coriace
Casser l’encerclement, pousser les limites
Libérer la pensée de cette épaisse cuirasse
Détruire à tout jamais ce funeste graphique
Comme le poète l’a dit, faire bouger les lignes
Telle fut mon aventure, ma course perpétuelle.
Vos chants dévoilent hélas
L’immensité de la circonférence
L’ennemi serait-il vaillant ?
Serais-je donc battu ?

Je reste là vidé, allongé sur le sable
Le regard vers l’ailleurs, mystérieux insondable
Je compte le nombre de grains qu’un œil ainsi posé
Peut voir dans la dune qui me sert d’oreiller

Etes-vous toujours là ?

Savez-vous que l’éternel féminin est une mathématique ?
Je ris à cette idée, car elle est sympathique
La géométrie est une femme superbe
Elancée, svelte, mince et gracieuse
C'est-à-dire aujourd’hui, une femme moderne.
Sylphide, sa beauté naît de ses lignes fines
De ses courbes et de ses sinusoïdes
Ah ! La ligne droite de la fonction affine
Dressée comme une flèche, élancée vers l’infini
Ah ! Les courbes asymptotiques
S’approchant lentement pour le baiser final
Que dire des gros seins des courbes de Gauss
Ou de l’érotisme des lignes paraboliques
Qui taillent de guêpes et de belles silhouettes ?
Sans être sentimental, comment ne pas s’émouvoir
A la passion amoureuse
Des droites parallèles, amantes chastes et timides
Qui ne se touchent jamais en public
Mais se joignent, s’enlacent et s’étreignent
S’unissent s’embrassent et copulent
Pour ne faire qu’une, là-bas au bout de l’horizon
Cachées dans le Grand Lit de l’Imaginaire
D’où naissent les théories, les interrogations ?

Je délire diriez-vous ?
La fin est donc si proche ?

Muses êtes-vous toujours là ?

Blessé, vidé, allongé sur la plage
Je laisse les crevettes
Danser la rumba sur mon dos
Ravies de voir un cousin
Amphipode sauteur
Sans doute un petit voleur
S’échapper des pinces de robot
Qu’un char d’assaut de police
En forme de crabe lourdaud
S’évertue à poursuivre. Consciencieuse milice

Je respire
Je regarde
Le temps passe et je dors

Ressemble au gros rocher
Tout près à demi enfoncé
Gros dos
Scarabée
Doit se demander
De force ou de gré ?

Le ressac me berce
Les vagues
A tour de rôle
Viennent rendre
Leur visite amicale
Caressent ma nuque
Cajolent mon front
Papouilles
Je m’endors.

Lucioles de pensées
Papillonnent
N’ont pas le temps de se poser
Tourbillonnent

Et s’en vont

Regard ras du gravier
Soleil en ligne de mire
Et surtout la mer

La mer
La mer où tout peut recommencer

Le soleil
Le matin
Le chant des flots

 La mer

Tu étais déjà là
A mes anciens combats
Quand je ne voyais plus rien
Et doutais de tout
Sois donc la bienvenue

Comme tu le vois, je suis en mauvaise passe
Admettre le monde désenchanté
Est un sérieux coup de masse

Que faire ? Triste panorama :
Dans tous les pays les peuples sont à la peine
Forcés d’avaler de funestes marchandises.
A bien y regarder, ce devrait être un jeu d’enfant
De pouvoir se soustraire
Aux industries manufacturières
Qui dit-on fabriquent des biens et services
Fresques en trompe l’œil du jardin des délices
Offerts dents brillantes tout sourire
Par leurs terribles thuriféraires.
En réalité, dans une logique de fer
Ils gavent les malheureux des riens et sévices.

S’empiffrer de luxe dans les faux paradis
S’acheter bonne conscience dans le kiosque à journaux
Voler aux crocodiles ce qui leur reste de larmes
Et partir rassuré visiter les damnés de la Terre,
S’offrir une beauté naturelle
Le temps d’une rapide passe,
Tout l’équipement standard du voyageur moderne
Globe trotter d’une mappemonde palimpseste.
En rire ou pleurer, difficile de choisir.

Un bon psychanalyste pourrait-il guérir
Le monde des affaires ?
Le cas est complexe, il faut y réfléchir.
Il a dans son thalamus
Du stade anal gardé un vieux fantasme :
Un monde de moutons suit docilement
Les panneaux d’indication de leur chemin de vie
Où travailler, quoi penser, comment s’amuser
Sont les grandes étapes de leur chemin de mort.

Oui, je le constate et en suis aigri
Car il s’agit bien de tous les pays
Aussi l’Empire Amérique et l’Europe son vassal
Où malgré les apparences, plus profond est le mal
Dans tous les pays les nantis néantisent
Interdire, empêcher, limiter, imposer
Inventer, apeurer, suggérer
Endoctriner
Forment l’hymne halluciné de leur croisade maudite

Moloch mâche
Machinerie crache
Abjecte machinerie

Que faire ? Quelle liberté ?

Pourquoi devrais-je voir mes ailes rognées ?
Etre contraint de saupoudrer
Avec parcimonie et sans entrain
Guère plus qu’une poignée de jours
Dans cette contrée ci, dans cette contrée là ?
Comment pourrais-je alors oser me voir
En alouette face au miroir
Sans rire à ce spectacle noir ?
Parcourir le monde dans ces conditions
N’est-ce pas alimenter
Cette infernale machinerie ?

MOLOCH.jpg
Moloch mâche
Machinerie crache
Abjecte machinerie

Comment pourrais-je conserver dans mes mains
Même dans les plus beaux écrins
Les bulles de savon de souvenirs éphémères
Pauvres artefacts des beaux fruits des lointains
Disparaissant au contact de la vie ordinaire ?
Que resterait-il à mon retour
De mes voyages si riches une fois là-bas,
Si pauvres une fois revenu ?

Comment éviter la fausseté des échanges
Des rencontres et des situations
Puisque la Machine Infernale
Change le cristal en verre dépoli
Réduit la beauté magique des rencontres
En commerce trivial, qui plus est inéquitable
Où tout se monnaye, où rien n’est gratuit
Où le toc est un succès damné ?
Cette Machine n’est-elle pas haïssable ?

Et pourtant - Et pour le temps
Que faire et comment faire ?
Faut-il se résigner ?

Si cette réalité est une forteresse
La refuser est une question de sagesse
L’abattre est une affaire d’adresse
Pour secouer le joug de cette fatalité
Que ne devrais-je craindre
De nouveau ou de différent
De mes batailles passées dont certaines furent pires
Me laissant seul dans un pays en ruine
Désarticulé, sans espoir aucun ?

A cet instant une prime question se pose :
Quel est ce terreau d’où pousse l’ordre maudit des choses
Cette fatalité collante, cet état de fait ?
Muses, vous m’avez chanté le monde tel qu’il est
Souffrez que je m’écarte de votre dictée
Car je veux encore croire que l’on peut faire mieux
Que jouer à la marelle sur le globe terrestre.

N’y aurait-il pas d’autres façons de rencontrer le monde ?
Il suffit de s’abreuver à d’autres fontaines
Rechercher les sources souterraines
Se laver l’esprit avec une eau pure et claire.
Et comme dans les mythes antiques
Riches de mutations morphologiques,
Le mouton de Panurge
Par la geste du thaumaturge
Redeviendrait un Homme libre
Une intelligence sensible
Un Homme simple, inscrit dans la nature
L’égal du monde environnant.
Un Homme face à Moloch avecque le bonheur
Libérateur de lui offrir un bras d’honneur.

Je vous le dis, l’oppression appelle la résistance
Et c’est de ce coté que penche ma bienveillance
La Machine Infernale, colossale, sans pitié
Est une Bête immonde dominante et coriace.
 Son talon d’Achille ?
Un rhizome planétaire entièrement déployé
Tissu de solidarités humaines
De relations amicales
Forgées par les rencontres citoyennes et sincères
Frappées du sceau du combat partagé
Contre l’ennemi commun, contre l’ennemi juré
Ce Moloch cupide.
Un rhizome planétaire comme un jardin fertile
D’où pointeraient les pousses d’une conscience commune,
D’une attitude nouvelle, imparable et certaine
Cela fera périr la Bête.

L’oppression a partout le même visage
Et tous les conseils sont sages
Je souhaite parcourir le monde pour livrer témoignage
De mes propres combats, mes victoires, mes échecs
Et m’inspirer des façons de faire
Des peuples de là-bas face aux autres têtes
De cette Hydre de l’Herne
Rapporter au pays un nouvel art militaire
Et continuer la lutte contre l’esprit des cavernes
Tout cela fera périr la Bête.

Pourquoi le voyage, plus qu’une philosophie
Ne serait-il pas alors rébellion
Ferment de révolution
Contre la domination ?

Oserais-je vous avouer mes Amies
Que parfois mes pensées
Font une sacrée sarabande
Au siège de mon esprit ?
Comme des abeilles téméraires
Elles parcourent les lointaines prairies
Butinent des fleurs improbables
Boivent des nectars inconnus.
Le miel s’amasse alors
En coulée d’ambroisie.
Ecoutez les principes qu’elles viennent de m’apporter
Qui feront grimper l’art du voyage
De plusieurs étages :
J’imagine par exemple
Pour, de mes pérégrinations, une empreinte garder,
Devront dans mon corps, s’inscrire émotions véritables,
Affects puissants et sentiments durables
Bref, de riches traces profondes
Dans la région du cœur
Obligeant l’esprit à changer ses valeurs.
C’est une première condition
D’une saine élaboration
Propre à nourrir une philosophie
Conduisant Ethique et Connaissance
Sur des chemins plus sûrs tournés vers l’espérance.
Je devrai ensuite dresser ma vigilance
A ne point courir le monde à saute mouton,
M’immerger dans un pays comme dans un bain trop froid
En sortir rapidement, choisir un autre bassin
Trop chaud cette fois-ci, en prendre un troisième.
Car faute de durée, d’immersion pleine et entière,
Des vrais enseignements, je reviendrai bredouille
Seulement sonné d’une débauche financière
Jocrisse devant l’or illusoire ainsi changé en rouille.

J’imagine aussi qu’il faudra longue durée
Pour que les affects recherchés
Correctement agissent
Et que mon corps frémisse.
Pour que le voyage dans mon cœur et mon esprit reste
Il me faudra rester plus d’un mois ou moins d’une année
Dans les différents pays, les diverses contrées
Tombeau de la visite expresse.

Je devrais ensuite donner de mon corps, offrir de mon temps
Aussi bien dans les villes que dans les champs
Offrir mes facultés, proposer mes services
Travailler, aider ou participer
A quelque tâche qui soit, peu importe laquelle
Du moment qu’elle ouvre la porte d’entrée
D’une relation équitable à l’ami indigène.
Bref, mieux que consommer, donner de soi-même
Malgré les difficultés,
Entrer de plain pied dans la réalité.

Et si à défaut de séjours longs et féconds
Une répétition de voyages dans une même contrée
Peut apporter la vertu d’une construction durable
Le concéder alors je le puis
Pour l’esprit cela en sera tout autant profitable.

Pensez-vous qu’à ce prix, voyager est une peine ?
Des rencontres authentiques,
Des échanges pérennes
Ne puissent malgré tout advenir ?
Mes Amies, je le pense et je le veux.

Suivre ces idées est un premier combat
Mourir résigné ou l’honneur du duel
Est le choix décisif
La liberté ou la mort
Est l’ultime dilemme. 

Alors, hissons-nous et faisons face !
Frayons ce nouveau chemin certes un peu coriace
Qui malgré les embûches est la voie du lendemain.
Un nouveau jour se lève radieusement nu.
Un flamboyant rubis posé sur l’horizon,
Magnifique joyau de l’aube
Illumine l’Orient d’un brasier rouge sang.

Puisqu’il faut rompre le cercle des idées toutes faites
Terrasser l’ordre des choses soi disant immuable
Opaque religion, joug insupportable,
Mercenaire de la vie, je reprends l’épée
Je retrouve la scène familière
Du théâtre des opérations
Où l’ennemi est debout prêt à porter le feu
Je retrouve déployée l’armée ordinaire :
Fatalité et découragement
Résignation et renoncement
Acceptation et consentement
Corps constitués de cette « invincible » armada
Qui forment les escadrons de la chère doxa.
Faire plier le réel à ses propres conceptions
Est une rude bataille
J’en connais les mouvements
Mes souvenirs sont légions

Feu

Je me vois déjà  dans la furie des coups
Arrivant de toutes parts
La Bête n’est plus féroce, elle est enragée
Un premier coup me frappe, un autre de coté
Me transperce le flanc, me fait chavirer
Bouquets de lames qui lacèrent les chairs
Je plie sous les assauts mais je n’abandonne pas

Feu

Continuer d’avancer -  Je le sais, il le faut.
Des cendres moribondes d’hier
Le feu de la passion redevient brasier.
Le métal et la chair font un curieux ménage
Sur mes bras, sur mes jambes.
Mes os déjà touchés supportent encore la charge
La douleur est ivresse, la géhenne une rage
Je ne lâche rien et je n’abandonne pas.

C’est un furieux combat, une force absolue
Dans un temps suspendu.

Bientôt la Bête tombe et les cœurs se libèrent.
J’accueille les nouvelles vagues
Douces, de l’horizon doucement ondulantes
Apportant le souffle révolutionnaire
De cette Humanité naissante.
Je ris au bonheur du nouvel agencement
Des rapports humains jusqu’ici bâillonnés
Un décor neuf disposé autrement.
Ce qui était à l’envers se remet à l’endroit.
La vie reprend ses droits sur le monde des affaires
Bientôt des rencontres improbables surgissent en éclats
Les murs de la honte s’écroulent en fracas
Trouvailles et retrouvailles font des étincelles
Des nœuds de problème chutent en ficelles
J’exulte aux situations imprévues,
Aux amours ingénus, à l’humour farfelu
 Flots d’émotions sur les langues déliées
Petits soleils des cœurs irradiés de clins d’œil.

Des univers littéraires timidement se dévoilent
Rarissimes invités sur la scène du monde.
L’imaginaire touche ici le réel
La fiction caresse la nature.
Magnifique entrée de la littérature
Sur le champ de manœuvre
Irradiant la réalité d’une inédite lumière :
 Aurais-je déjà lu cette scène quelque part ?
Le poète a-t-il emprunté à ce lieu son art ?
Magie de l’instant
Flottement du Temps et de l’Espace,
Incroyable harmonie
Du Temple de l’Homme et de son Univers
Qu’on croira faute de mieux être le fruit du hasard.


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La Bête n’est plus. La victoire est totale.
Libéré, plein d’une vigueur nouvelle
J’embrasse un vaste paysage redevenu vierge
Aux dimensions géantes des peintures sublimes
Une toile d’Edwin Church ou de Thomas Cole
Par exemple « Crépuscule dans le monde sauvage »
Une huile magnifique sans doute une des meilleures
Où l’espace et le mouvement
Sont deux ensembles cardinaux d’égale importance
Lequel des deux choisir ?
L’immensité de la vallée qui reflète mon cœur ?
Le torrent d’énergie qui irrigue mon sang ?

Projeté en une course folle
Dans les plaines de l’Ouest, les immensités de l’Est
Je deviens un cheval fou qui hurle sa liberté.
Les chevaux de la Terre sont tous mes compagnons
Nous déboulons au triple galop
Du lever au coucher du soleil
Fendant l’air, déferlant dans les herbes
Dans un roulement de tambour.
La horde cavale dans ce déluge de pattes, de sabots
De crins et de naseaux,
Cavalerie en furie d’une course infinie
Je suis un Appaloosa indompté et sauvage
Parmi de fiers coursiers
Tous de nobles races
Tapis multicolore des robes isabelle
Noire et blanche et cuivre
Grises et poivre et sel
Qui traverse les plaines
Jusqu’au bout de la nuit.

Mes Amies, voilà mon cap
Mes principes, mes idées
Mes bagages, mes sacs
Sont pleins et bouclés.
Je vais partir loin d’ici mes Amies,
Ne transformez pas l’ode en élégie
Et si par-dessus tout voyager ainsi je ne puis,
Je déploierai alors mes forces le mieux que je pourrai
Pour éviter les pièges parmi les plus enfouis.
Et si cette Terre est un morceau d’enfer
Je sais que dans un lieu caché
A l’abri des fournaises
Là où s’aiment Maître et Marguerite
Les poètes ont une vie éternelle.
Je pars loin d’ici
Muses, suivez-moi mes Amies.

Muses, où êtes-vous ?
Muses m’entendez-vous ?
Muses ?

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Là-bas où nous vivons est un inter monde
Depuis des années nous sommes les Belles Endormies
Tournées vers l’écoute des musiques du monde
Où des lieux de mystères font bouger l’infini.

Nous sommes liées à toi par un pacte cosmique
Ton appel lancé du profond puits de ta nuit
Fit danser des éclairs dans notre champ atomique.
Un vif faisceau de lumière du néant surgit
Disposant ses caresses aux portes de nos esprits.

Comme une goutte de lait
Dans notre vide éthéré
Un merveilleux souffle chaud
Perça notre horizon
Chargé de musc
Arôme de bière,
Amandes amères
Saveurs mélangées
Oh ! Cette houle
Pleine, lourde et profonde
Monte et descend
Des cimes cristallines
Aux abysses infinis
Vague après vague
Spasmes après spasmes
Tourbillon somptueux
Ivresse d’un manège magique
Vertige d’un voyage stellaire
Nuit irradiée
Eclair extatique
Chute verticale
Relâchement languide
Dilution
Chaleur, frissons
Mol abandon.

Tes anciens combats ne cesseront d’émouvoir
Celles qui découvrirent les courbes de ton odyssée
Nous faisant partager la rage de ton désespoir
Tes luttes éperdues contre les calamités.

Nous ne t’abandonnerons pas
Oui à tes cotés resterons
Averti du triste spectacle du monde
Tu partiras sur les terres, les mers
Et t’accompagnerons en fières sentinelles.

Au ciel nous pleurerons
Qu’il soit ton aquarelle
Au vent nous parlerons
Qu’il soit ta ritournelle
       
Et dis-nous maintenant vers où pointe ta boussole
Qu’on s’élance avec toi dans cette farandole.


Droit sur l’Orient et ses mille et une nuits. Oui ?


Oui !


Alors oui partons.

 

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Soleil caché survient
Rêves surpris vite s’enfuient
Ecoute le matin

Ton cri au loin
Je m’en vais vite
Souffle de la course

Un œil liquide
Offre un mouchoir
L’éclat du rire

La mer étale
Des êtres plongent
Le bruit de l’eau



*




Édouard Lecèdre, c’est, on l’aura compris, le voyageur à scrupules.  Il en est d’autres, d’autre sorte. Le tourisme – de masse, élitiste, sexuel, voire néocolonial – est devenu la deuxième industrie planétaire, après celle des armes. Tellement différente ? Et si tourisme il faut qu’il y ait... tourisme arrogant ou tourisme équitable ? Et, d’ailleurs... équitable comment ?

Dans son n°1 d’avril 2007, l’excellente revue Le Tigre mettait la question sur le tapis. Les bons textes, comme les bons vins, vieillissent bien. La preuve :



Tourisme équitable
Par Patrick Bernard

INTRODUCTION GÉNÉRALE DU TIGRE. Le point de vue de ces articles pourra prendre le lecteur à rebrousse-poil : tant mieux. Un journal n’est pas fait pour aller dans le sens du vent, dans une époque où il est de bon ton d’être ouvert aux autres cultures tout en les méprisant, et où acheter du café « commerce équitable » permet de se donner bonne conscience sur tout le reste. La démocratisation du voyage a mis des hommes « dépaysants » à portée de main. Tout le monde aurait envie de les voir « pour de vrai ». C’est une pulsion naturelle, de l’ordre de la sensation, de la fascination pour un « paradis perdu ». Mais une envie se réprime. La responsabilité de chacun est engagée. Voyager est un acte individuel. Décider de ne pas aller en certains lieux est un acte individuel. On ne s’improvise pas ethnologue en une semaine et avec une carte bleue.

Tout d’abord apanage d’individus qui souvent partaient sac à dos après avoir mûrement préparé leur voyage, le tourisme a été peu à peu récupéré par des agences spécialisées qui, à force de communication habile, ont réussi à se rendre incontournables. On a inventé dans la foulée l’écotourisme, puis l’ethnotourisme. On parle même aujourd’hui de tourisme équitable. Ces tours opérateurs et ces agences spécialisées qui s’attachent à entretenir une image d’originalité, à défendre une éthique voire une vraie vocation, se voient presque toujours bon gré mal gré entraînés dans la spirale de la rentabilité aux conséquences très souvent néfastes pour les communautés autochtones touchées par ce phénomène.

Quand l’écotourisme, l’ethnotourisme ou le tourisme équitable deviennent des affaires juteuses, alors les raisons s’égarent. Il ne faut pas se faire d’illusions, les circuits « discrets » d’aujourd’hui seront les autoroutes de demain. S’il s’agit au départ de commercer de façon minimaliste, en association ou en petite société, avec un nombre relativement réduit de touristes peu ou prou concernés et sensibilisés, l’objectif sera finalement d’exploiter au maximum le filon s’il paraît prometteur. Alors on se met à vendre de l’insolite, de l’inédit ou de l’aventure sans risque, de la femme girafe ou du Bushmen, du Massaï ou du monastère tibétain comme on proposerait n’importe quel produit de consommation.

L’éclat finissant de ces ultimes touches de couleurs exotiques attire la convoitise du voyagiste qui trouve là une nouvelle manne pour une clientèle qui a un jour rêvé de jouer à l’explorateur, et qui, comme par miracle, en échange d’un simple chèque, se retrouve prête à vivre son rêve clés en main, en toute sécurité, sans souci et en étant même assuré du steak-frites, de sa douche chaude et de son ballon de rouge quotidien.

Il y a les visiteurs, les peuples du Nord, et les visités, les peuples du Sud, ceux qui vendent, ceux dont on attend qu’ils donnent leur image, leur culture, leur âme. On effleure, on fait trop souvent le voyeur faute de n’être jamais voyageur, on vole des images, on viole des identités qu’on transforme en personnages folkloriques pour au bout du compte pouvoir dire : « J’ai fait l’Inde ou la Birmanie », et pourquoi pas « J’ai fait le pays Massaï ou les femmes girafes ». Les meutes de touristes remplacent peu à peu le voyageur solitaire. Les voyagistes ne s’en plaindront pas et encore moins les pays autoritaires ou totalitaires qui peuvent ainsi garder l’œil sur le touriste désormais bien canalisé derrière son guide officiel, tout en faisant main basse sur les devises générées au passage.

Ce tourisme-là s’introduit de façon de plus en plus brutale et massive dans les sociétés indigènes très fragilisées, et dont les traditions et la relation à l’autre sont aux antipodes des pratiques touristiques. Le concept de voyage organisé, autrefois limité à une clientèle de retraités attirés par le confort, un accompagnement culturel et surtout une sécurité maximale, est aujourd’hui en train de s’étendre à l’original, l’insolite ou l’inédit à tout prix. Les séjours organisés pour voir les derniers Bushmen sont malheureusement devenus presque banals.

Ces touristes-là ne voient pourtant généralement que l’apparence des peuples qu’ils visitent, leur manteau extérieur. Ils ne prennent conscience que très superficiellement des fondements de leur patrimoine culturel, de leur spiritualité, du sens profond des symboles et de l’âme collective qui régit toute société autochtone. Ils ne sont ni prêts, ni dans des conditions suffisamment favorables pour percevoir les signes qui s’offrent à eux.

Nos sociétés ont occupé les territoires des peuples autochtones, elles les ont dépossédés de leurs ressources naturelles, de leurs terres, les ont poussés à la conversion et réduit à néant leur spiritualité millénaire ; et voilà qu’en guise de coup de grâce nous envoyons nos touristes nourrir leur curiosité des couleurs finissantes d’un monde à l’agonie, comme s’il fallait se hâter de contempler les collections de ce musée à ciel ouvert avant qu’il ne soit remplacé par une galerie marchande. L’étape ultime avant la fin annoncée consiste à s’offrir des villages modèles, sortes de zoos humains où des figurants rémunérés reconstituent pour les touristes la vie rêvée d’autrefois. Ainsi ces villages Massaïs dédiés aux clients des safaris qui attendent l’explorateur en herbe aux portes des grandes réserves animalières, ou encore ce village Yagua du rio Napo qui, à la demande, n’hésite pas à se travestir en « yagua d’hier » mais peut tout aussi bien livrer du « Jivaro réducteur de tête ». Il suffit de remplacer les parures et de répéter les danses rituelles transformées pour l’occasion en piètres démonstrations folkloriques. Quand la tradition cède la place au folklore, alors on peut sans doute considérer que l’œuvre d’acculturation est arrivée à son terme. Ceci dit, on se demande parfois s’il ne vaut pas mieux encore que les touristes se précipitent dans ce genre d’endroits, plutôt que de les voir déferler dans les vrais villages qui ne sont jamais très loin. Malheureusement, avec le développement de l’ethnotourisme, il en restera toujours assez, grâce à ces agences bon ton, à s’aventurer en dehors des sentiers battus sur des chemins perdus qui, par voie de conséquence, deviendront très fréquentés eux aussi.

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Touristes visitant un village Ndébélé, en Afrique du Sud.
PHOTO Patrick Bernard, 2003



VILLAGES ZOO POUR LES KAYAN DE BIRMANIE
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Depuis plus de cinquante ans, les ethnies minoritaires de Birmanie, principalement constituées par les peuples montagnards qui représentent près de la moitié de la population totale du pays, sont les victimes de la dictature militaire qui contraint l’ensemble de la population à la soumission et au silence. Depuis quelques années, le régime birman semble vouloir profiter de la bienveillance des multinationales étrangères, et notamment de la compagnie pétrolière française Total, et des pays voisins comme la Thaïlande, pour développer le secteur touristique au mépris des droits les plus fondamentaux des peuples concernés.

Les investissements occidentaux en Birmanie dans les domaines énergétique et touristique contribuent à assurer la pérennité de la dictature en lui fournissant les moyens nécessaires à ses achats massifs d’armement qui lui permettent de maintenir la répression contre les populations civiles.

La politique d’ouverture au tourisme de la junte use sans scrupule de la contrainte sur la population, contrainte à des travaux forcés sur l’ensemble du territoire. Il s’agit là d’un véritable système d’esclavage mis en place par l’armée au service de la construction des infrastructures et au nettoyage du pays afin de le rendre « présentable ». La Birmanie et son régime militaire honni se doivent de montrer une façade lisse et respectable à ces hordes attendues de touristes avides des beautés de ce pays d’or et de lumière qui leur a été vendu comme l’un des plus beaux pays du monde.

Selon le nombre d’habitants que compte chaque village, les autorités décident du nombre de travailleurs forcés que celuici doit fournir pour une période donnée. Dans les villages des ethnies minoritaires, même les plus isolées, l’armée vient tous les mois ou tous les trimestres prendre des jeunes femmes et hommes. Ils sont emmenés sans ménagement comme porteurs sur les lignes de front ou utilisés à la construction des routes et des pistes dans les régions les plus hostiles.

La Birmanie est actuellement l’un des pays au monde où se pose de la façon la plus aiguë la question du tourisme et de ses effets inquiétants pour les populations subissant travaux, déplacements, et exploitation commerciale forcés.

Dans la région frontalière qui s’étire entre Thaïlande et Birmanie, non loin des camps où s’entassent des dizaines de milliers de réfugiés Karen, Shan ou Karenni qui fuient l’oppression de la junte militaire birmane, des acteurs peu scrupuleux de l’industrie touristique dans le Nord et l’Ouest de la Thaïlande ont multiplié les villages zoo. L’on y exhibe aux touristes pressés des tours opérateurs et des agences de trekking, contre un droit de visite, des familles entières issues des tribus les plus spectaculaires. Aux premiers rangs de ces tribus prises en otages, les familles Kayanes dont les femmes ont pour tradition — pour protéger l’âme de leur peuple — d’enserrer leur cou dans une longue spirale de laiton. Le chantage est sans ambiguïté : c’est accepter cette exhibition ou repartir en Birmanie à la merci des soldats de la junte.

Ces villages-zoos sont aujourd’hui répandus dans les régions de Mae Hong Sorn jusqu’à Thaton sur la rivière Kok, point de départ des nombreux trekking organisés dans les tribus montagnardes par les agences de Chiang Mai et des principales villes du nord de la Thaïlande. La plupart des touristes qui déferlent dans ces villages-zoos où sont exhibées les femmes au long cou ignorent tout du drame qui se joue à quelques kilomètres seulement, de l’autre côté de la frontière. Certains officiels thaïlandais se sont pourtant inquiétés de cette situation ambiguë. Poonsak Sunthornpanitkit, président de la chambre de commerce de Mae Hong Sorn, déclarait récemment dans un quotidien de Singapour : « L’exposition des Karen au long cou pour le plaisir des touristes pourrait nuire à la campagne de promotion du tourisme thaïlandais en cours, car la communauté internationale pourrait y voir une violation des droits de l’homme. » Certaines de ces femmes girafes sont aujourd’hui emmenées et exhibées dans les complexes hôteliers des principaux pôles d’attraction touristique du nord du pays, et jusqu’aux cités balnéaires de Pukhet ou Pattaya. Nous nous trouvons là face à l’un des excès les plus criants d’une forme d’ethnotourisme affligeante.

[  Articles parus dans la revue éditée par ICRA International : Ikewan (n°60, printemps 2006). ]

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Village Padaug – Thaïlande
      

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Ah, se faire photographier avec des femmes girafes !

 

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Safari ethnique en Thaïlande

 

Ces moeurs désinvoltes ne datent évidemment pas d’aujourd’hui. Ah, parlez-nous des expositions coloniales et du bon vieux temps...

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1901 – Amiens – Un village-zoo à l’exposition coloniale

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 1903 – Un autre, à Reims.

      

visite d'un zoo-humain.JPG

         Quoi de mieux qu’un tour au zoo en famille,
                       les dimanches après-midi ?


Aujourd’hui que les expositions coloniales sont devenues politiquement incorrectes, on va voir ces drôles d’animaux humains sur place, chez eux. Dans leur élément naturel en somme, comme on s’en va en 4x4 dans les réserves d’animaux. Ainsi, en Afrique du Sud et malgré la fin de l’apartheid, les Township tours font fureur. Pittoresque de la misère colorée :


township 1.JPG

 

Township 2.JPG

 

Township 3.JPG

 

Township 4.JPG

 

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Mais ne croyez pas que l’impériale Amérique soit en reste. Les réserves d’Amérindiens plaisent aussi beaucoup. Surtout depuis qu’une loi particulièrement bienvenue permet aux maffias des jeux d’y ouvrir des casinos affranchis des règlements qui énervent tant Las Vegas. Tourisme ethnique dans réserves-tripots... d’une pierre deux coups :

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Amérindiens 2.JPG

 

Amérindiens 3.JPG

 

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Casino en réserve seminole

 

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Casino osage à Tulsa

 

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Un autre casino seminole


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À Pojoaque, Nouveau Mexique



*


Mais le casino des casinos, c’est le coeur de la finance :


New York
Septembre-octobre 2011



Édouard Lecèdre a connu le New York des folles années 70 et des années 80. Il a voulu y retourner, en voyage de noces, il y a quelque six ou sept ans. Quelle serait son impression, que ressentirait-il, si un petit génie l’y transportait aujourd’hui, en pleine occupation de « Vole Street » ? Il faudra qu’on le lui demande.



« On ne nous fera pas bouger » (1) :
Répression policière, mensonges officiels et pourquoi les « Occupons Wall Street » ont déjà triomphé. (2)

 

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Par Phil Rockstroh

Le 27 octobre 2011 – Information Clearing House


Jusqu’à ce que les récents événements aient prouvé le contraire, la surface hypercommercialisée de l’Amérique des affaires donnait l’impression d’être trop diffuse, trop privée de centre, pour constituer une menace d’excès totalitaires. Ces temps derniers, par la réponse violente qu’ont apportée aux protestataires d’O.W.S. les départements de police d’Oakland, d’Atlanta, de Chicago et d’autres villes des États-Unis, la nature répressive de notre fausse république commence à se révéler.

Derrière le visage paterne de l’establishment politique (acheté par les profits hypertrophiés de la classe pillarde), il y a les flics anti-émeutes, équipés et armés de tout l’attirail de l’oppression, qui sont prêts à appliquer sans états d’âme les diktats des bénéficiaires élitistes du statu quo. Depuis quelque temps, en fait comme en actes, l’état policier, acoquiné avec l’oligarchie économique néo-libérale, laisse voir au monde sa nature archi-autoritaire.

En général, exister dans la structure sociétale actuelle inflige à l’individu un fort sentiment d’atomisation, et les impressions d’aliénation, de vague malaise, d’anxiété flottante et d’anomie qui en découlent. La coercition est implicite et intériorisée.

Par sa nature banale et omniprésente, le système s’appuie, pour se perpétuer, sur le sens d’isolation de l’individu (et même sur son ignorance de l’existence de la structure). Bref, le système exploiteur continue d’exister, parce que ceux qui l’habitent sont privés d’autres modèles auxquels le comparer.

La pratique de la commune propre au mouvement O.W.S. fournit un modèle de comparaison. C’est précisément  pourquoi nous commençons à recevoir des informations comme celle-ci :

« Mardi 25 octobre 2011, l’Oakland Tribune rapporte que la police a fait une descente sur un campement local d’O.W.S. et l’a entièrement saccagé, après l’avoir déclaré “lieu de crime”. »

Ceci est révélateur du caractère des gens qui appliquent l’ordre actuel. Aux yeux des ceux qui détiennent le pouvoir dans un état policier, la liberté de s’assembler et la liberté d’expression sont des délits punissables.

C’est un fait que les personnalités autoritaires se vexent quand des citoyens expriment leur désapprobation des abus de pouvoir officiels et commencent à le faire savoir de manière efficace.

Trop de gens, aux États-Unis, se sont fait vendre la fiction que la nation était, est et restera une république démocratique. En laissant apparaître ses brutes et ses apologistes menteurs au grand jour, l’État est en train de se révéler dans toute sa hideur. C’est par là que tous ceux qui sont concernés pourront constater la vraie nature de l’état policier oligarchique, en place aux États-Unis.

Il est à souhaiter qu’il persiste le moins possible d’illusions sur la nature brutale, impitoyable, des forces contre lesquelles nous nous battons.

En outre, les actions policières qui répriment les protestations publiques sont des tactiques préméditées, dont le but est la suppression des droits de libre assemblée. L’objectif des agents du pouvoir, des politiques et de leurs hommes de main de la police est de prohiber le droit de contestation (théoriquement) garanti par la Constitution au point qu’il ne puisse être pratiqué.

Les dépossédés économiques et les membres des communautés minoritaires savent depuis fort longtemps ce que les O.W.S. endurent aujourd’hui aux mains du pouvoir et de ses sbires.

De leur côté, les policiers savent parfaitement qui sont ceux qu’ils sont chargés de protéger (et ce ne sont pas ceux qui désirent exercer leur droit de s’assembler et leur liberté de s’exprimer). Dans la plupart des cas, un policier ou une policière qui refuserait d’obéir à un ordre d’arrestation anticonstitutionnel commettrait un carrièricide, il/elle pourrait ramasser ses chances d’avancement sur le trottoir et les porter à la morgue sans passer par l’hôpital.

Êtes-vous prêts à  quitter les rives de votre zone de confort et à vous retrouver en prison pour la justice ?

Il est très rare que des réformes se produisent sans que les agitateurs des premières lignes soient arrêtés. Aucun pouvoir ne recule sans livrer bataille, sans essayer de réduire l’opposition par des brutalités et des emprisonnements arbitraires. Les puissants exigent que ceux d’entre nous qui attirent l’attention sur leurs excès et leurs crimes soient mis incontinent loin des yeux, loin du coeur.

De là vient qu’à Oakland, les medias commerciaux ont, à leur grande honte, détourné leurs caméras dès qu’ont débuté les violentes attaques policières et les arrestations de masse.

Êtes-vous pêts à risquer des blessures graves à votre corps et à votre réputation pour porter témoignage ? Le mouvement des O.W.S. survivra selon qu’il y aura ou non des corps par terre et des yeux fixés sur les voyous en uniforme.

Fidèles à eux-mêmes, les médias serviles proclameront à quel point les contestataires sont laids, en inféreront que les gens sensés, par simple bon goût et bienséance, doivent ignorer les appels des manifestants, qu’il faut que ces mécontents et ces excités se voient interdire l’accès au royaume du discours légitime, que ces intrus débraillés se cassent le nez sur des murs de silence.

Exister dans le monde, c’est se  mesurer à des murs. La manière dont on répond à ces barrières s’appelle caractère et art.

Beaucoup d’âmes courageuses ont affronté ce genre de murs.

Souvent, en jetant les yeux sur le mur bleu d’obtuse répression qui encercle le Parc Zuccotti, et en pensant aux autres sites O.W.S. du pays, je songe avec tristesse et nostalgie à tous les réprimés de la terre, à ceux qui, au cours du temps, ont dû faire face à des murs de haine aveugle, d’exploitation économique, de répression institutionnelle...

Je sympathise de tout mon être avec ceux qui ont dû affronter tant de murs d’indifférence suffisante, de honte intériorisée et de mensonges officiels, avec ceux qui se sont tenus, impuissants, devant l’âpre réalité de circonstances apparemment implacables. Je repense aux vies et aux oeuvres des musiciens de blues itinérants du Sud Profond des États-Unis et à la manière dont ils se sont colletés avec ces murailles à la fois de répression officielle et d’aveuglement collectif, de peur ignare et de haine, et comment ils ont fait, de ces murs de prison, l’architecture numineuse du Blues... comment ils ont, par leur alchimie, transmué les barrières qu’on leur opposait en technique de la guitare.

Les instruments de musique, tout comme le mot rencontrant le mètre chez un poète, sont à la fois une barrière et une sauvegarde, les limites du moi sont mises à l’épreuve, explorées, et, à travers efforts, échecs et moments d’allégresse, deviennent oeuvre d’ar, par leur confrontation et leur union avec l’instrument, les circonstances personnelles et le public.

Comme ceux qui sont en première ligne dans les campements d’O.W.S., des millions de gens dans l’histoire se sont trouvés face à des barrières apparemment infranchissables, à des murs de brutalité humaine, comme, par exemple, les lois Jim Crow (3), les brigades de tarés casseurs de syndicalistes, le mur d’apartheid sioniste, diverses polices secrètes et brutes publiques, mais il n’a jamais été, pour eux, question de laisser les salauds « leur faire faire demi-tour... »

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Si vous choisissez de résister à un pouvoir établi, lorsque vous vous retrouverez en face d’une autorité obtuse, votre coeur reconnaîtra du premier coup l’exercice, il vous guidera : sa trajectoire naturelle le porte vers la liberté. Soyez sans crainte, vous saurez quoi faire quand le moment arrivera, et vous acquerrez le savoir que tous vos prédécesseurs ont acquis avant vous dans leur lutte pour la justice...  ce savoir qui a fait monter dans leurs gorges, du plus profond de leur être, le cri « On ne nous fera pas bouger ».

Ceux qui pratiquaient le Delta Blues se sont heurtés à des murs d’oppression... à des murs de haine rageuse, et ils y ont répondu en passant au travers... pour habiter un paysage plus vivant, plus sonore, plus doté d’âme que leurs oppresseurs ne pourront jamais le croire possible. Ils ont occupé leurs propres coeurs et nous entraînent dans l’instantanéité du monde par leur victoire sur les circonstances pourries de leurs vies, en s’appropriant les barrières mêmes placées sur leur chemin par leurs tyrans et en transformant les critères de ces tyrans en architecture de l’âme.

Ceux qui savent cela ont déjà gagné... ils ont déjà triomphé.

Lorca a décrit la situation (qui se reproduit dans le mouvement O.W.S.) par sa théorie du «duende» (4). Son concept de duende révèle pourquoi les gens, confrontés à l’ordre ossifié d’un système inhumain, sont pris de la nécessité – on peut même dire mis au défi  – de refaire le monde sur de nouvelles bases, tandis que d’autres n’éprouvent que mortification, indifférence, résignation et hostilité.

Dans quelle direction vous entraîne votre âme ? « L’arrivée du duende suppose toujours un changement radical des formes sur de vieux schémas, elle apporte des sensations de fraîcheur totalement inédites, comme la qualité d’une rose soudain créée, par miracle, produit d’un enthousiasme presque religieux. » (Les Conférences de La Havane, Federico Garcia Lorca.)

Quand je vois la police harasser, arrêter et brutaliser ceux qui exercent leur droit de s’assembler, je suis pris d’un accès de rage... La rage monte en moi avec une fureur animale, me pousse à me battre avec bec et ongles, à saisir à la gorge ces intrus vicieux, venus violer le territoire du discours public authentique.

Ces temps derniers, au lieu de refouler la fureur qui montait en moi ou d’agir, porté par elle, je l’ai laissée inonder mon être. Le résultat est qu’alors ce flux de rage se transforme en une force puissante et pénétrante – une force qui enveloppe et démarque la géographie de mes convictions... jusqu’à me faire accepter, définir et défendre les contours de mon véritable moi.

Nous pouvons considérer la rage comme un ange de l’auto-définition, comme le protecteur de notre vraie nature et comme la source d’un pouvoir personnel : « je ne vais laisser personne me faire faire demi-tour... » (5).

Notre colère est vitale à notre existence ; c’est un cadeau précieux, c’est pourquoi il ne faut pas la gaspiller... pas la peine de la gâcher sur des tarés.

Quand la rage vous viendra, invitez-la à entrer, sa présence emplira votre chambre d’alacrité, et la hausse soudaine de vitalité qu’elle vous apportera vous permettra de pénétrer plus loin et plus profondément dans les régions inexplorées de votre âme.

À l’opposé, le monde des oligarques néolibéraux, de  la classe politique biface et des flics, a été remis en question. Ces gens sont habitués à n’en faire qu’à leur guise sur des masses complaisantes et complices. En cela, ils ne sont pas une exception, ce qu’ils sont et ce qu’ils font est universel. Le monde que nous connaissons (ou que nous croyons connaître) et que nous nous ingénions à maintenir, peut, de temps en temps, révéler un aspect de lui-même surprenant et difficile à contrôler, comme par exemple la contestation qui enfle à travers le pays, peut-être trop vaste et trop puissante pour être encerclée, parquée, gazée, menottée et emprisonnée en entier. L’altérité du monde semble tout à coup trop grande... elle est devenue une armée d’anges mécontents.

Un jour, j’ai vu un grand danois, sur la Seconde Avenue, qui tentait d’entrer en communion canine avec ses congénères. Pour montrer que ses intentions étaient bienveillantes, amicales, il s’aplatissait sur le trottoir, s’efforçant de rendre sa massive carcasse aussi petite que possible, allant même jusqu’à poser sa tête sur le béton... faisant tout ce qu’il pouvait pour donner l’impression de la soumission, même au plus petit des chiens qui l’approchait. En d’autres termes, pour agrandir son monde, il produisait l’illusion de la petitesse. Il ne réduisait pas son essence, il créait l’artifice de la petitesse, afin de pouvoir devenir plus grand que lui-même en élargissant son univers par son union avec l’altérité du monde.

Nous ne demandons pas que les flics s’aplatissent devant nous. Ce serait déjà bien qu’ils ne se hérissent pas autant. Pour grandir en présence les uns des autres, il nous faut nous rencontrer à hauteur d’yeux, même si l’un de nous doit descendre un peu de sa position habituelle de puissance et d’autorité.

Policiers, vos flingues, vos balles en caoutchouc, vos matraques, vos jets de poivre ... le menaçant mur bleu d’intimidation que vous dressez devant nous ne crée que l’illusion de la force. Si vous voulez vraiment devenir forts, rencontrez-nous sur ces trottoirs, sans étalage de pouvoir vide.


Traduit par Catherine L. pour
http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be



Source : http://www.informationclearinghouse.info/article29539.htm


___________________  

1. Allusion, évidemment, au célèbre We shall overcome (« Nous triompherons »).

2. We shall not be moved, est un ancien negro spiritual repris par le mouvement syndical américain des années 30 : chant de piquet de grève.
   
3. Lois racistes du Sud des États-Unis, appliquées de 1876 à 1964.

4. Un « duende », en espagnol, est un lutin, mais aussi un enfant malicieux, farceur, méchant ou capricieux. Rapporté au flamenco, « el duende » (littéralement "el dueño de casa") est cet état de transe, de génie, où l'inspiration vient facilement et où tout réussit avec virtuosité à l'interprète musicien, chanteur ou danseur ...

5. Ain't Gonna Let Nobody Turn Me Around, air traditionnel, chanté notamment par Joan Baez



Phil Rockstroh est un poète, parolier et barde philosophe qui vit à New York City. On peut le contacter à l’adresse phil@philrockstroh.com. Voir aussi son blog : http://philrockstroh.com/ .



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Entre Zuccoti Park et Foley Square

 

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Au coin de Wall Street et Broadway

 

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De l'herbe, oui, la rapacité, non !

 

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Un vétéran de la IIe Guerre Mondiale manifestant en déambulateur.

 

 

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Freedom Plaza : Nous sommes les 99 %.

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Occupy L.A. !  Une manifestante de 85 ans : Julia Botello

 

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Occupy Washington - Maison Blanche

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Occupy Oakland

 

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Délogement nocturne des protestataires d'Oakland

 

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Carte des occupations


VIDEOS


Délogement nocturne des OWS d’Oakland aux gaz lacrymogènes :
http://www.youtube.com/watch?v=bytMNoKNeRA&feature=related

25 octobre – manifestation pacifique dans les rues d’Oakland :
http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=47OO4Kl4pIY

Oakland : Violences policières et jets de poivre :
http://www.youtube.com/watch?v=C3YKjEkSjUU

Oakland : Violences policières contre foule pacifique
http://www.youtube.com/watch?v=y7apJx7TbRs

Tabassage d’une femme par la police d’Oakland :
http://www.youtube.com/watch?v=NwL7jCL88Tw&feature=related

27 octobre - Scott Olsen, vétéran de la guerre d’Irak gravement blessé à la tête par une bombe lacrymogène tirée à bout portant – la population d’Oakland réclame la démission du maire  :
http://www.informationclearinghouse.info/article29543.htm


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Envie d’ailleurs
                      et d’autres temps

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Mais savez-vous que - n’en déplaise aux globe-trotters et autres gens à bougeotte - on peut aussi voyager dans le temps ? (Ah, si on vous racontait nos virées dans la préhistoire !...)  C’est précisément ce que fait Aline de Diéguez, qui, elle, ne s’en tient pas là, car le temps est non seulement relatif mais élastique. Bref, elle poursuit son opus majeur Aux sources du chaos mondial actuel (IIe partie), dont le chapitre huit : «La légende dorée du sionisme » vient d'être mis en ligne, n’attendant que votre visite pour vous transporter à travers les siècles sur le tapis volant de l’Histoire explorée savamment, mais surtout avec conscience.

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

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19:32 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

LIVRES

LIVRES



Notre premier auteur-maison, d’aucuns s’en souviendront sûrement, fut Patrick Ledent, « écrivain liégeois ».

Un bonheur n’arrivant jamais seul, voilà que vient de sortir – c’est tout chaud - son deuxième recueil de nouvelles. Et vous savez quoi ? La nouvelle qui donne son titre au livre est précisément celle dont nous vous avions offert ici la primeur. C’est dire si nous sommes fiers.

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Patrick Ledent
À vos caddies !

Paris, Calliopées, 2011
252 pages






C’est tellement chaud que nous ne l’avons pas encore lu : il vient juste d’arriver. Qu’à cela ne tienne, les quatrièmes de couverture ne sont pas faites pour les chiens mais pour éclairer le lecteur et lui donner un avant-goût de ce qu’il y a à l’intérieur. Quand elles sont bien faites, elles vous collent une furieuse envie d’acheter le livre – pas le temps d’attendre les bibliothèques publiques ! - et de vous y plonger séance tenante, quitte à vous faire porter pâle à votre boulot .

Voilà ce que dit Calliopées :

Une balade dans un cimetière, un pamphlet au supermarché, des petites puces meurtrières, un ouvrier amoureux d’un poinçon, un restaurant fantastique, de la chimie un peu trop appliquée, un faubourg industriel, les tendres échos d’un bistrot, une tulipe pas comme les autres, un veuf radical, une nymphomane perverse, un tueur crépusculaire, une jeune recrue, un assassin dans la force du doute, le désespoir au lac Saint-Jean, un tour au casino, et pour finir… retour au cimetière et du boulot pour tout le monde !


À part ça, on peut vous dire, parce qu’on en est sûrs, que derrière le masque du cynisme, il y a de la fureur, voire du désespoir, mais qu’il y a aussi du fantastique, de la poésie, de l’imagination – ô oui ! -, un humour très particulier, de la tendresse, qu’il faut bien chercher parce qu’elle se cache, le désarroi de tout honnête homme par les temps qui courent, et beaucoup de générosité, dissimulée sous le ricanement de celui à qui on ne la fait pas.

Pour nous faire pardonner de vous parler d’un livre avant de l’avoir lu, nous allons – une fois n’est pas coutume - faucher ses quelques mots de critique à André Stas.
[ Stas, pour ceux qui l’ignorent, est un écrivain aussi (mais pas que), liégeois aussi, mais de Spa, et sa chronique des livres à l’emporte pièce, appelée Stas Academy, tient à la fois de celle du Cavanna mythique - celui de Charlie d’avant l’OTAN, Val et Parkinson – et de celle du Godin de Siné Hebdo. C’est dire si on a intérêt à la lire.]


« Il faut bien causer un peu de littérature. On appréciera d’abord, et vivement, À vos caddies !, un très époustouflant recueil de nouvelles de Patrick LEDENT (chez Calliopées). C’est mieux que bien de bout en bout et ça donnerait envie de voir cet écrivain liégeois plutôt doué oser s’attaquer pour de bon à un roman. Toutes ces histoires bien torchées, excellemment servies par un style qui en est un, vont longtemps vous trotter en tête, croyez-moi. C’est bien simple : je n’échangerais pas un Patrick Ledent contre dix Beigbeder ! » ( C4, Octobre 2011 )


Eh bien, là, on a une longueur d’avance, car non seulement Patrick Ledent s’est attaqué pour de bon à un roman, mais nous l’avons lu en tapuscrit, et sans rien dévoiler pour ne pas nous fâcher avec son éditrice, nous pouvons dire que cet essai est un (joli) coup de maître et qu’il y a intérêt à ce qu’il sorte le plus rapidement possible et à ce qu’on le trouve dans toutes les bonnes librairies. Les auteurs, vous savez ce que c’est : certes ils écrivent surtout pour le plaisir d’écrire, mais ils aiment aussi être lus, savoir si le public s’intéresse, comprend ce qu’ils ont voulu dire, tout ça. Tant qu’ils ne sont pas sûrs, ils se rongent, il y en a même qui s’arrêtent d’écrire (style « à quoi bon ? »). Là, ce serait vraiment dommage. Oui, c’est un polar. Liégeois à n’en plus pouvoir. À la croisée d’improbables chemins entre Pieter Aspe et Frédéric Dard, avec un zeste de Harry Matthews et, mais oui, un chouia de Desproges. Mais surtout, c’est très personnel, l’écoeurement toujours tapi sous le joyeux sarcasme, écrit sur un ton qu’il est très difficile de tenir de bout en bout et qu’il tient. Pourvu qu’il en écrive d’autres avant que les plus décatis d’entre nous déménagent dans la prairie Marie-Jeanne !



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L’auteur, grand voyageur lui aussi,
À pied, jamais à cheval, peu en voiture,
énormément en train, et tous les autres
jours à moto.

 



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Puisqu’on est dans les voyages – voire le Voyage – et bien que ces deux auteurs soient morts, leurs livres sont plus verts et plus vifs que jamais. Pour rappel :


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Nicolas Bouvier
L’Oeil du voyageur
Paris, Hoëbeke, 2008
120 pages





 

En 1953, Nicolas Bouvier quitte l’université et part pour un long voyage sans idée de retour : destination Ceylan. Accompagné d’un ami, le peintre Thierry Vernet, il s’embarque à bord d'une Fiat Topolino; dans le coffre de la minuscule voiture : un magnétophone, les Essais de Montaigne, une machine à écrire et un appareil photo.
Trois ans de voyage qui le conduiront en Yougoslavie, Turquie, Iran, Kurdistan, Pakistan, Afghanistan pour s’achever en Inde et à Ceylan. De ce voyage, il ramènera un livre L'Usage du monde, un livre-clé diront certains, culte diront d’autres. Un livre initiateur en tout cas qui conduit le lecteur au coeur d’une dérive personnelle autant qu’au centre des pays parcourus.
Nicolas Bouvier découvre par les hasards de la vie le métier de «chercheur d'images» qu’il épouse aussitôt ; il fera ainsi ses débuts de photographe dans ce voyage entre les Balkans et l’Inde. C’est au cours de ce périple que son oeil s'aiguise et qu’il confirme sa maîtrise de cet art.
Cet album regroupe l’ensemble de ses photographies prises pendant le voyage de L’Usage du monde, entre 1953 et 1955, photographies accompagnées de textes souvent inédits.
Nicolas Bouvier est considéré comme le plus grand écrivain-voyageur de notre temps, et fait l'objet d’un véritable culte. Beaucoup de jeunes écrivains se revendiquent de lui et certains ont refait le voyage mythique de L'Usage du monde sur sa trace.
En 2008, pour le dixième anniversaire de sa mort, de nombreux hommages lui ont été rendus, et notamment au festival des Étonnants voyageurs, du 10 au 12 mai, à Saint-Malo.


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Nicolas Bouvier
L’Usage du monde
Dessins de Thierry Vernet

Paris, Payot, 2001
Collection : Petite bibliothèque Payot – Voyageurs
418 pages

 

 

 

"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."

Sa lente et heureuse dérive dans les années 1953-1954 entre Genève et le Khyber Pass en compagnie du peintre Thierry Vernet a inspiré ce livre d'un flâneur émerveillé à Nicolas Bouvier (1929-1998), « un voyageur d'une espèce rare, comme Segalen et Michaux » (Jacques Meunier).


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Nicolas Bouvier – Thierry Vernet
Correspondance des routes croisées – 1945-1964

Genève, Zoé, 2010
1800 pages


 

 

" La vie est tellement incandescente. Ici comme là-bas. Vieux frère je te lance un grand pont. " Ces propos de Vernet à Bouvier du 17 août 1955 traduisent l'intensité d'une relation faite de passion et de fraternité. Depuis l'âge du collège, Nicolas Bouvier (1929-1998) et Thierry Vernet (1927-1993) ont rêvé ensemble d'accords majeurs avec le monde, par le voyage et par la création. L'un devient écrivain, l'autre peintre : en mots et en images, ils diront ce que l'on ne peut connaître qu'une fois. De Cologny à Paris, de Kaboul à Colombo, de Tokyo à Genève, leur correspondance est un fil tendu entre deux vies mises en commun. Nourrie de l'expérience de la route, elle exprime aussi la beauté d'une aventure humaine, celle d'une amitié indéfectible.
__________________ 


La Correspondance des routes croisées réunit en cinq parties l’ensemble des lettres que s’écrivent Nicolas Bouvier et Thierry Vernet dès l’âge de 16 et 18 ans jusqu’au moment de la parution de L’Usage du monde chez Julliard en 1964.
« Viendras-tu aux Indes avec moi ? », « Par des chemins différents », « Est-ce toi ou moi qui suis loin ? », « Un petit peu de courant dans ce fil qui nous lie», « Comme un conte le livre du monde » désignent cinq temps de l’échange, depuis les années au Collège de Genève jusqu’à la publication de l’œuvre commune à Paris.
Les connaisseurs de l’œuvre de Bouvier vont retrouver dans ses lettres l’humour, la finesse et l’élégance qui le caractérisent. Ils découvriront aussi le « compagnon voyageur » si présent dans L’Usage du monde : la plume de Vernet, exubérante, communique l’intensité du désir de la route.
Si ce livre est l’histoire d’une amitié, il est aussi celui des sentiers de la création puisque Bouvier et Vernet, dès l’adolescence, ont choisi sans réserve de vivre pour les mots et les couleurs. Les fervents de Nicolas Bouvier pourront, grâce à cette correspondance, entrer de plain-pied dans l’atelier de l’écrivain au cours des grandes années de ses voyages en Orient. (« Etonnants voyageurs »)



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On s’en voudrait de le passer sous silence, ce Festival des Étonnants voyageurs, fondé en 1990 par Michel Le Bris et quelques autres, qui se déroule tous les ans, au mois de mai, à Saint-Malo. Le prochain se tiendra, qu'on se le dise, du 26 au 28 mai 2012.

Une visite à leur site s’impose :
Etonnants-Voyageurs
www.etonnants-voyageurs.com/
Festival international du livre et du film à Saint-Malo.

 


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Quelques-uns de nos canards de chevet...


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Le magazine C4, né en 92, à Liège, au sein de l’asbl « Cirque Divers », est aujourd’hui un bimestriel tiré à 3500 exemplaires et distribué dans toute la Communauté francophone de Belgique. Il est publié par l’asbl « D’une certaine gaieté », association d’éducation permanente et pluridisciplinaire pour qui la culture est non seulement un champ d’action mais un matériau à partir duquel se questionner et (faire) réfléchir.

(Pour les étrangers qui ne sont pas d’ici, C4 est le n° du formulaire que reçoivent les gens qui se font lourder. À remettre à l’ONEM (Office National de l’Emploi) qui est l’ANPE belge.  N.d.CL)

Qui collabore à C4 ? Des chômeurs/ses. Des intérimaires. Des CDT*D (* très ). Des étudiants/tes. Des journalistes fraîchement diplômé/e/s. Des photographes. Des licencié/e/s en commu’. Des bédéistes. Des touche-à-tout. Un pêle-mêle de gens entre 20 et 40 ans ayant en commun, au-delà de la nécessité de boucler les fins de mois avec des piges, le désir d’un espace de sociabilité et d’expression. Une zone ouverte où l’on puisse échanger des points de vue, inventer et expérimenter de nouvelles façons de regarder et de dire le monde.

On le trouve ici : http://c4.certaine-gaite.org/

Oui, bon, nous avons un faible pour la rubrique Stas-Academy, mais on lit aussi les autres pour ne pas mourir idiots. Quant aux recettes d’Antoine Pichault... ah, la la.


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Le Galopin est publié à Spa (Belgique). Ce sont les Éditions Galopin qui ont créé cette revue (ne se sont pas foulés pour trouver un titre), qu’anime principalement le Stas mentionné au moins deux fois plus haut parce qu’il a presque tous les talents (et encore, vous n’avez pas entendu chanter sa femme). Comme si ce n’était pas suffisant, il n’y a là-dedans que du beau monde.

Le Galopin existe en version papier, à laquelle on peut s’abonner, et en version électronique, qu’on peut télécharger.

Allez-y donc voir. C’est là : http://www.galopin.info/home/journal.php


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Ne sont pas des inconnus pour vous : nous vous en avons déjà parlé sur ce blog. Ils sont toujours et même plus que jamais d’attaque. Et leur n° 6 est déjà vieux d’un mois, car nous sommes en dessous de tout.

Là aussi, vous pouvez vous abonner ou tout lire en ligne. Il y a des gens qui ne sauront jamais comment s’enrichir...

Courez-y, c’est là :

Quatre mensonges, une seule solution !


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Le Tigre
74 rue du chateau d'eau
75018 Paris
Tél. 01 44 75 00 17
tigre@le-tigre.net

Magazine en couleurs, de 84 pages, sans publicité.

 

Le Tigre a été hebdomadaire en 2006, mensuel en 2007, bimestriel en 2008-2009, quinzomadaire en 2010. Après un numéro intitulé « Pourquoi faire un journal ? » publié en septembre 2010, Le Tigre a suspendu sa parution. Quelques péripéties plus loin (racontées sur son site), Le Tigre redevient mensuel. C’est le cinquième. Comme la République.

Ils en sont au n° 11 (celui du 20 octobre)

Sachez que deux jours avant la sortie de chaque numéro, les animateurs de ce «curieux journal curieux » se retrouvent avec leurs lecteurs, autour d’un pot. Pour y être conviés, il faut vous abonner à leur lettre d’information.

Et pour voir à quoi il ressemble, c’est ici : http://www.le-tigre.net/



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RdL - La Revue des Livres
31, rue Paul Fort
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RdL, la Revue des Livres est un magazine bimestriel de critique politique, sociale et culturelle, ancré à gauche, qui entend discuter et diffuser les nouvelles pensées critiques et les recherches les plus innovantes – en rupture avec le prêt-à-penser des imaginaires sociaux et politiques établis –, notamment en philosophie, sciences sociales et histoire.

RdL, la Revue des Livres est lancée par l’équipe élargie de l’ancienne RILI, Revue internationale des livres et des idées.

Ils en sont au n°1 (septembre-octobre 2011). Tout ce qu’on peut vous dire, c’est qu’il donne envie de lire les autres.


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LANGUE


Manuel de Dieguez.jpg



À propos des premiers « euh...euh... » du probable prochain Président de la République, Monsieur Manuel de Dieguez vient de mettre en ligne un très savoureux dialogue entre un bien improbable étudiant et Monsieur Alain Rey. Ne nous privons pas de ce plaisir de choix :



Le retour du fléau des e e e e e e e - Un dialogue imaginaire avec M. Alain Rey

Manuel de Dieguez
Dimanche 30 octobre 2011

Les linguistes s'interrogent sur l'origine du fléau mystérieux qui, aux environs de 1980, avait frappé soudainement et de plein fouet la langue française à l'exclusion de toute autre dans le monde et l'avait ravagée un quart de siècle durant. Pourquoi la maladie avait-elle non moins inexplicablement disparu aux alentours de 2008 pour redoubler ses assauts aujourd'hui ?

( Lire la suite... )


Pour (tout) le reste, voir son site  :  http://www.dieguez-philosophe.com/

Et puis, pendant qu’on y est : http://www.blogg.org/blog-11989.html Blog de Jean-Luc Pujo.


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Du coup, nous avons (votre servante a) relu ceci, qui date d’un an, mais dont on ne se lasse pas.


Vaillancourt L'honneur manque de bras.jpg


Marc VAILLANCOURT
L’honneur manque de bras

Sens, Obsidiane, Novembre 2010
Collection « Les placets invectifs »
http://perso.numericable.com/editions-obsidiane/

82 pages


Né en 1952 au Québec où il vit, Marc Vaillancourt est astro-physicien de formation. Il pratique les mathématiques, le grec et le latin avec la même passion que la littérature qu'il connaît sur le bout des doigts, tant comme lecteur que comme écrivain (il a publié une vingtaine d'ouvrages dans différents genres : poésie, romans, essais et pamphlets). C'est ce genre qu'il illustre ici dans L'honneur manque de bras, ouvrage qui fait écho aux Feuilles de la sybille (2002) et Au poil et à la plume (2004) - livres qui lui valurent à la fois l'admiration et la détestation de ses contemporains ! Vaillancourt fustige sans relâche et avec beaucoup d'ironie les travers de l'époque et, principalement ceux du monde littéraire qu'il juge inculte, compromis et couard ! Mais, et c'est peut-être l'exilé en terre majoritairement anglophone qui parle, il s'insurge contre le mauvais sort fait à la langue française ; raison pour laquelle ses aphorismes et autres réflexions sont enrichies de références classiques, de rappel à la règle et même de propositions lexicographiques qui permettent d'échapper à l'anglomanie courante... Sa posture est d'autant plus imparable qu'il connaît l'histoire et les ressorts de sa langue, et qu'il se tient à l'écart des modes...

Bribes :

Et au train où vont les choses, le vocable gihaille, du Yankee G.I. va désigner avant longtemps, dans toutes les langues civilisées, une brute cupide et sanguinaire, un violeur, un assassin à gages, un ennemi acharné du genre humain.

Je francise, j’affranchis, je franchis, je m’affranchis
Voltaire écrit spline pour spleen, Jules Romains stiple pour steeple, Queneau vinquande pour week-end. (Audiberti, qui fait tout mieux : findesem.) Imitons-les.

Tres linguae
À l’époque de Rabelais on étudiait dans les collèges les tres linguae : l’hébreu, le grec et le latin. C’est ainsi que le nom, si on peut dire propre de la Dive Bouteille est Bacbuc ; de l’hébreu baqbouc, bouteille, flacon. On était sorti du Moyen Âge, où nous rentrons la queue entre les jambes, en attendant l’hégémonie finale du Basic English et la paix des cimetières.


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Et pour finir, un


Petit glossaire de charabia moderne


Trouvé sur un blog merveilleux, à visiter absolument par ceux qui ont l’âme voyageuse.

 

momosalyo.jpg


À consommer, ici, sans modération :
http://mosalyo.wordpress.com/2011/09/19/petit-glossaire-de-charabia-moderne/


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Fermé temporairement pour cause de déménagement de notre webmaîtresse.

 

Il pleut.jpg

À bientôt !



 

Mis en ligne par Catherine
pour tout l’équipage, le 7 novembre 2011



15:17 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |