11/10/2013

Notre Cap de Bonne Espérance

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Notre Cap de Bonne Espérance

Israël Shamir

Commençons par la bonne nouvelle: l’hégémonie américaine, c’est fini. La bête est maîtrisée. Nous avons passé le Cap de Bonne Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde à la croisée des chemins a pris le bon virage. C’était un moment aussi risqué que celui de la crise des missiles à Cuba en 1962. Il y avait de fortes chances pour que se déclenche la guerre totale, dans la mesure où les volontés d’acier de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient mesurées en Méditerranée orientale. Il nous faudra un certain temps avant de percevoir la réalisation de ce à quoi nous avons travaillé dans l’ombre, et c’est normal pour des événements d’une telle grandeur. Les turbulences aux USA, depuis la folle course poursuite à Washington jusqu’à la fermeture de l’administration fédérale et la possibilité du défaut de paiement,  sont les conséquences de ce moment historique-là.

Souvenons-nous de la chute du Mur de Berlin. Quand il s’est effondré, je me trouvais à Moscou, j’écrivais pour Haaretz. Je m’étais rendu à une conférence de presse donnée par des membres du Politburo à l’hôtel Président, et je leur avais demandé s’ils pensaient que c’était la fin de l’URSS et du système socialiste. Ils m’avaient ri au nez, parce que c’était une situation trop embarrassante pour eux. « Mais non, disaient-ils en chœur, le socialisme va se mettre à fleurir, voilà ce que va donner la chute du Mur ». Deux ans plus tard, il n’y avait plus d’URSS. Notre mémoire voit tout cela en raccourci, maintenant, comme une seule courte séquence. Or, cela avait pris un certain temps.

Le point de tension culminant, en ce mois de septembre 2013, fut la vision, sous le soleil de midi, des cinq destroyers US face aux rivages du Levant, pointant leurs Tomahawks sur Damas, et, leur faisant face, la flotte de onze  navires russe - avec, à sa tête, le fameux Moskva transporte-missiles «tueur de porte-avions», renforcée par des bateaux de guerre chinois. Apparemment, deux missiles ont bel et bien été lancés vers la côte syrienne, et tous deux ont échoué à atteindre leur cible.

Un quotidien libanais, citant des sources diplomatiques, a prétendu que les missiles étaient partis d’une base de l’OTAN en Espagne et avaient été abattus par le système russe de défense air-air, à partir d’un navire. Une autre explication – celle proposée par Asia Times - mentionne un détournement par les Russes, qui, grâce à leurs GPS puissants et bon marché, auraient rendu inutilisables les Tomahawks sophistiqués et chers, en les égarant et en les faisant chuter. Il y a encore une autre version, qui attribue le lancement aux Israéliens, soit qu’ils l’aient fait pour tenter de provoquer le déclenchement des hostilités, soit qu’ils se soient, comme ils le prétendent, contentés d’observer les nuages. Quoi qu’il en soit, après cet étrange incident, la pétarade n’a pas commencé, parce que le président Obama a gardé son sang-froid et rengainé son colt. Cela fut précédé, il faut le rappeler, d’un vote inattendu au parlement britannique, ce corps vénérable ayant décliné l’honneur de se joindre à l’attaque proposée par les USA. Pour la première fois depuis deux cents ans, le parlement britannique a refusé une offre bien réelle de prendre l’initiative d’une guerre. D’habitude, ils ne résistent pas à la tentation...

Puis le président Obama a décidé de refiler la patate chaude au Congrès. Sans doute n’avait-il pas envie d’être celui qui déclencherait l’Armageddon. Mais à partir de là, c’était trop tard. Le Congrès ne voulait pas entrer en guerre, une guerre aux conséquences imprévisibles. Obama a essayé de froncer les sourcils devant Poutine lors du G20 à Saint Petersbourg, mais cela n’a pas marché.  La proposition russe d’en finir avec les armes chimiques de la Syrie permettait au président Obama de sauver la face. Cette mésaventure a réglé leur compte à l’hégémonie, à la suprématie et à l’exceptionnalisme américains. Fini, le « destin manifeste » des USA. Nous l’avons tous appris des productions hollywoodiennes, le héros ne saurait afficher profil bas : viser et tirer, c’est tout ce qu’il peut faire. S’il rengaine, ce n’est plus un héros, c’est un capon.

Après quoi, tout s’est accéléré. Le président US a eu un entretien avec le nouveau président iranien, ce qui ne pouvait que peiner Tel Aviv. Les rebelles de l’Armée Syrienne Libre ont décidé de discuter avec Assad au bout de deux ans de harcèlement, et leur délégation est arrivée sans encombre à Damas, laissant les extrémistes islamistes le bec dans l’eau. Le Qatar, leur grand soutien, s’écroule à tous les étages. Ce qui se passe maintenant au niveau de l’administration fédérale donne aux citoyens US de vrais soucis pour des enjeux bien réels. Avec la fin de l’hégémonie US, les jours du dollar comme monnaie de réserve mondiale sont comptés.

La Troisième Guerre mondiale a failli avoir lieu, comme le souhaitaient les banksters. Ils ont trop de dettes, sans compter la dette extérieure monstrueuse des USA. Si les Tomahawks avaient fait mouche, ils auraient crié «c’est un cas de force majeure !» et ils en auraient profité pour effacer la dette. Des millions de gens auraient péri et des milliards de dollars se seraient planqués, sains et saufs, dans les caves de JP Morgan et de Goldman Sachs. En septembre, le monde a su bifurquer et se tirer de leurs griffes parce que le président Obama a refusé de faire le jeu des banksters. Il se pourrait qu’il l’ait bien mérité, son prix Nobel de la paix, après tout.

Le futur proche s’annonce turbulent mais il n’y a plus d’issue fatale. Les US vont perdre leurs droits à tirer leurs revenus de la planche à billets. Le dollar US cessera de servir de monnaie de réserve au monde entier, mais restera la monnaie de l’Amérique du Nord. D’autres parties du monde vont faire appel à leurs euros, yens, roubles, bolivars ou dinars. Le budget de la défense US retrouvera des proportions normales, et la fermeture de bases à l’étranger ainsi que la réduction des armements permettra à la population US de réussir la transition sans trop écoper. Personne n’a envie de s'en prendre à l’Amérique, mais le monde e monde en a marre de ses chevauchées flingue au poing. Les États-Unis vont devoir trouver de nouveaux emplois pour tous leurs banquiers, gardiens de prisons et soldats, sans oublier un certain nombre de politiciens.

Comme j’étais à Moscou pendant la crise, j’ai observé ces événements tels que les ont ressentis les Russes. Poutine et la Russie ne cessent - et cela dure depuis pas mal de temps - d'être soumis à d'énormes pressions :

* Les USA ont soutenu et financé l’opposition libérale russe et nationaliste; les élections ont été présentées comme une immense fraude, en bloc, le gouvernement russe en a perdu une partie de sa légitimité.

* L’Acte Magnitsky au Congrès a permis aux autorités US de confisquer les biens de tous les Russes et d’arrêter ceux dont ils subodorent qu’ils pourraient «mal» agir, et sans qu’ils puissent recourir à la justice.

* Certains fonds russes ont été saisis à Chypre,  où les banques avaient de gros soucis.

* Les US ont encouragé les Pussy Riots, les gay parades et autres à Moscou, dans le but de faire passer Poutine pour un dictateur, un ennemi des libertés et un homophobe, dans les media occidentaux et dans les media russes tenus par l’oligarchie.

* Le soutien de la Russie à la Syrie a été critiqué, ridiculisé et présenté comme un acte brutal de déni d’humanité. Au même moment, les magnats de la presse occidentale affirmaient que la Russie finirait par laisser tomber la Syrie.

Comme je l’ai écrit il y a déjà longtemps, la Russie n’avait pas l’intention de lâcher la Syrie, pour un certain nombre de bonnes raisons : les chrétiens orthodoxes syriens mettent leur confiance dans la Russie, et géopolitiquement parlant, la guerre se rapprochait trop des frontières russes. Mais la raison principale, c’est que les Russes en avaient assez que l’Amérique leur tienne la dragée haute. Les Russes considéraient que des décisions aussi importantes devaient être prises par la communauté internationale, plus précisément par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Ils n’appréciaient nullement le rôle d’arbitre mondial que se donnait l’Amérique.

Dans les années 1990, la Russie était très affaiblie, et ne pouvait guère manifester son opposition, mais les Russes avaient mal ressenti le bombardement de la Yougoslavie et l’avancée des troupes de l’OTAN vers l’est, en violation de la promesse donnée par les États-Unis à Gorbatchev. La tragédie libyenne a rajouté à l’indignation. Ce malheureux pays s’est vu bombardé par l’OTAN, et s’en est trouvé désintégré. D’État le plus prospère de l’Afrique, la Libye est passée au rang des plus misérables. La présence russe en Libye était des plus limitées, mais la Russie y a quand même perdu quelques investissements. La Russie s’était abstenue de voter lors du vote sur la Libye parce que c’était la position du président Dimitri Medvedev, qui croyait au partenariat possible avec l’Occident. Mais Poutine n’était absolument pas prêt à livrer la Syrie au même avenir.

La rébellion russe contre l’hégémonie US a commencé en juin dernier, lorsque le vol d’Aéroflot qui transportait Ed Snowden a atterri à Moscou. Les Américains ont appuyé sur tous les boutons à leur portée pour le récupérer. Tout le spectre de leurs agents s’est déployé en Russie. Et très peu de voix, parmi lesquelles celle de votre serviteur, ont appelé la Russie à offrir un refuge sûr à Snowden, mais ce sont nos voix qui ont prévalu. Malgré les pressions US, l’asile politique a été garanti à Snowden.

Étape suivante, l’escalade syrienne. Je ne veux pas entrer dans les détails des attaques chimiques présumées. Du point de vue russe, cela ne pouvait absolument pas constituer une raison pour que  les USA entrent en guerre en Syrie ni nulle part ailleurs. En un sens, les Russes ont remis la loi des nations à sa place révérée d’autrefois. Le monde est devenu un endroit meilleur et plus sûr pour ses habitants.

Rien de tout cela n’aurait pu se passer sans le soutien de la Chine. Le géant asiatique considère la Russie comme sa «grande sœur», et lui fait confiance pour négocier adroitement avec le monde des yeux ronds. Les Chinois, avec leur style placide et leur air de ne pas y toucher, ont joué dans le camp de Poutine. Ils ont fait passer Snowden jusqu’à Moscou. Ils ont opposé leur veto aux projets anti-syriens du Conseil de Sécurité, et ont envoyé leurs navires de guerre en Méditerranée. Voilà pourquoi Poutine a tenu bon, pas seulement pour le compte de la Russie, mais pour la masse entière de l’Eurasie.

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L’Église, elle aussi, a soutenu les efforts de Poutine : et non seulement l’Église russe, car les catholiques et les orthodoxes ensemble se sont élevés contre la campagne de soutien yankee aux «rebelles» massacreurs de chrétiens. Le pape a fait appel à Poutine en tant que défenseur de l’Église; les Églises de Jérusalem et d’Antioche ont fait de même. Le pape a quasiment menacé Hollande d’excommunication, et la menace voilée a troublé le président français. De sorte que Poutine a bénéficié d’un double soutien : celui des patriarches orthodoxes et celui du pape, cas de bénédiction double extrêmement rare.

Il y a eu bien des épisodes palpitants dans la saga syrienne, de quoi remplir des volumes. L'un d'entre eux fut la tentative de faire plier Poutine, lors du G8 en Irlande. Il devait y faire face au front uni de l’Occident, mais il s’est débrouillé pour en mettre quelques-uns de son côté et a semé les graines du doute dans le cœur des autres, en leur rappelant les hauts-faits des chefs anthropophages dans le camp des rebelles.

La proposition d’éliminer les armes chimiques syriennes fut introduite adroitement; et la résolution du conseil de Sécurité bloqua la possibilité d’attaquer la Syrie en se prévalant de l’article 7. Miraculeusement, les Russes avaient gagné dans la lutte sans merci. Le risque avait été immense : la Syrie était sur le point de se retrouver détruite comme la Libye; une attaque israélo-américaine sur l’Iran devenait inévitable; la chrétienté orientale perdait son berceau; l’Europe se voyait envahie par des millions supplémentaires de réfugiés; la Russie aurait prouvé qu’elle ne comptait pas, que sa parole était du vent, qu’elle pesait à peu près autant que la Bolivie, dont on peut se permettre d’arraisonner et de fouiller l’avion présidentiel à tout bout de champ. Incapable de défendre ses alliés, incapable de tenir sa position, la Russie se serait vu gratifier d’une victoire morale, euphémisme pour la défaite. Tout le travail accompli par Poutine en treize ans aurait été à vau-l’eau. La Russie serait revenue à son statut de 1999, quand Clinton bombardait Belgrade.

Le point culminant de la confrontation fut atteint lors de l’échange entre Obama et Poutine à propos de l’exceptionnalisme. Déjà les deux hommes n’étaient pas spécialement copains, et Poutine était plus qu'agacé par l’hypocrisie et le manque de sincérité d’Obama. Or, parti de très bas pour arriver très haut, il attache beaucoup de prix à sa liberté de s'adresser sans détours aux gens de tous bords. Son franc parler peut même parfois passer pour brutal. Ainsi, le jour où un journaliste français l’a un peu trop cherché sur le problème des séparatistes tchétchènes, il lui a répondu :

« les extrémistes musulmans (takfiristes) sont les ennemis des chrétiens, des athées et même des musulmans parce qu’ils considèrent que l’islam traditionnel est hostile aux buts qu’eux-mêmes poursuivent. Si vous voulez devenir un islamiste radical et si vous êtes décidé à vous faire circoncire, venez à Moscou. Notre pays est multi-confessionnel, et nous avons des experts capables de faire l'opération dans les règles. Je leur conseillerais pour ma part de la pratiquer de manière à ce que rien ne repousse à cet endroit ! »

On a eu un autre exemple de son discours scandaleusement sincère lorsqu'il  a répondu, à Valdaï, aux questions de Bridget Kendall, de la BBC. Elle lui avait demandé si la menace des frappes militaires US n'avait pas joué un rôle dans le fait que la Syrie accepte de mettre ses armes sous contrôle. Poutine lui a rappelé que l'armement chimique syrien avait été conçu comme une protection contre l’arsenal nucléaire d’Israël. Logiquement, il a alors appelé au désarmement d’Israël et a invoqué l'exemple de Mordechai Vanunu, savant israélien opposé aux armes nucléaires (mon interview de Vanunu venait de paraître dans le plus important quotidien russe et s’était acquis une certaine notoriété).

Poutine a essayé de parler franchement à Obama. Nous connaissons la teneur de leur dialogue grâce à l’enregistrement fuité de la conversation confidentielle Poutine-Netanyahu. Poutine en a appelé à l’Américain et lui a posé la question : « C’est quoi, votre objectif en Syrie? ». Obama lui a répondu : « Ce qui m’inquiète, c’est que le régime d’Assad ne respecte pas les droits humains. » Poutine a failli vomir devant pareille hypocrisie, et il l’a prise pour un refus de la part d’Obama de discuter avec lui « les yeux dans les yeux ».

Au lendemain de la crise aigüe en Syrie, Obama s’est adressé au monde entier au nom de l’exceptionnalisme américain. La politique des USA « est ce qui fait la différence de l’Amérique. C’est ce qui nous rend exceptionnels », a-t-il dit. Poutine a rétorqué : « C’est très dangereux d’encourager les gens à se voir comme des exceptions. Nous sommes tous différents, mais lorsque nous implorons la bénédiction divine, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a fait égaux. » Ce débat n’était donc pas seulement un débat idéologique : il était aussi théologique.

Comme je l’ai développé dans mon ouvrage PARDES*, les USA se sont construits sur la théologie judaïque de l’exceptionnalisme, du peuple élu. C’est le pays de l’Ancien Testament. C’est là une raison très profonde de l’alliance spéciale entre Israël et les USA. L'Europe traverse une étape d'apostasie et de rejet du Christ, alors que la Russie est profondément chrétienne. Ses églises sont pleines, on se souhaite Joyeux Noël et Joyeuses Pâques les uns aux autres, il n'y a pas de «morte» saison. La Russie est un pays du Nouveau Testament. Et le rejet de l'exceptionnalisme, de la notion de peuple élu, est le soubassement de la chrétienté.

Voilà pourquoi, tandis que la communauté juive des USA voulait la guerre, condamnait Assad et appelait à une intervention US, la communauté juive de Russie, assez nombreuse, riche et influente, n'a pas soutenu les rebelles syriens mais plutôt les efforts de Poutine pour préserver la paix. Il en a été de même en Iran, où la riche communauté juive a choisi, elle aussi, le Cap de Bonne Espérance. Il apparaît que les pays guidés par une église solidement implantée sont immunisés contre l’influence délétère des lobbies; alors que les pays qui n’ont pas d’institution comparable, qu’il s’agisse des USA ou de la France, cèdent aux pressions et adoptent l’interventionnisme illégal comme norme.

Tandis que l’hégémonie des USA décline, nous voyons s’ouvrir devant nous un avenir bien incertain. La puissance militaire américaine, telle un Béhémot de légende, peut encore provoquer ravages et naufrages; et la bête blessée n’en est, on le sait, que plus dangereuse. Les Américains feraient bien d’écouter la voix du sénateur Ron Paul, qui a appelé à fermer les bases d’outremer et à sabrer dans les dépenses militaires. Il faut enfin que les normes de la loi internationale et la souveraineté de tous les États soient respectées. Les peuples du monde aimeront de nouveau l’Amérique quand elle cessera d’espionner et de brutaliser tout ce qui existe. Ce n’est pas gagné, mais nous avons déjà doublé le Cap et gagné la Bonne Espérance

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* http://plumenclume.org/home/10-pardes-une-etude-de-la-kab...

Intervention au Forum international de Rhodes, le 5 octobre 2013.

Traduction: Maria Poumier

Sources :

http://www.israelshamir.net/English/TheCape.htm

http://www.israelshamir.net/French/NotreCap.htm

http://www.plumenclume.net/article.php?pg=art1490


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Et d’ailleurs…

Au Sommet de l’APEC

(Coopération Economique pour l’Asie-Pacifique)

qui s’est ouvert ce lundi 7 octobre à Bali

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Le président XI JINPING, son épouse et toute la délégation chinoise ont chanté « Happy Birthday » à Vladimir Poutine.

Source : http://weloveputin.net/archives/2180

 

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Monti : Czardas – Nigel Kennedy

Trois versions, trois interprétations.

 

Dernière nuit des Proms 2013

 

Avec le groupe Kroke de Cracovie

Spirits of Music III (Leipzig) 2010


Un faux tzigane chez les vrais bourgeois

(25 Novembre 2008)

(Drôle de son, drôles d’images, drôle de caméra pirate, mais Monti et Kennedy passent outre)


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Mis en ligne le 11 octobre 2013

22:09 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/10/2013

Il était une fois Picrocholand

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Aline de Diéguez

 

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Il était une fois Picrocholand...

Petit conte sur le monde tel qu'il va


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I

Il était une fois un pays qui avait fabriqué des armes si puissantes qu'il rêvait de faire la guerre aux étoiles.

De même qu'une grosse colonie de fourmis envoie des éclaireuses, puis un groupe entier dirigé par une nouvelle reine, fonder une colonie reliée à la maison mère, le paradis des Picrocholiens a été fondé par un détachement de colons issu du paradis des déiphages.

Ils s'installèrent sur une terre qu'ils déclarèrent pure de toute souillure.

Il y avait bien sur place quelques bipèdes emplumés, mais les éclaireurs avaient rapidement nettoyé le terrain. Pas de pitié pour les primitifs qui se permettaient de défendre leurs terres et de s'opposer à l'arrivée de la civilisation dans ces contrées sauvages. Ces sous-hommes ne méritaient pas de vivre et les Picrocholiens le prouvèrent de la manière la plus expéditive qui soit.

Ainsi, grâce à l'ingénieuse collaboration d'un éminent représentant de cette peuplade, Sir Jeffrey Amherst, associé à un commerçant avisé du nom de Rabbi Sharfman, les tribus Shawnee, Mingo et Delaware furent prestement éliminées. Nos deux compères avaient en effet inventé le judicieux stratagème qui consistait à offrir à des populations naïves et confiantes des couvertures et du linge infectés par la variole des Juifs caucasiens. Un plein succès a récompensé leurs efforts et le prix de leur investissement.

Dans le Colorado, un autre célèbre Picrocholien, le colonel John Chivington fit, avec ses cavaliers, un travail remarquable – «du bon boulot » selon l'expression élégante d'un domestique de l'empire à propos des assassinats commis dans une contrée exotique par des égorgeurs cannibales. Le « boulot » du colonel Chivington connut son apogée à Sand Creek. La troupe se rua sur un paisible camp Cheyenne et trucida tout le monde de la manière la plus sanguinaire et la plus barbare possible afin d'inspirer une salutaire terreur à toutes les autres tribus qui se seraient avisées de résister à l'innocent envahisseur. Les soldats scalpèrent les hommes, étripèrent femmes et enfants, mutilèrent les corps et fracassèrent les crânes des nourrissons.

D'innombrables exploits du même tonneau vinrent à bout de la racaille miséreuse qui avait l'audace de se prétendre propriétaire de son territoire. Ces sauvages ne savaient pas encore que les nouveau-venus étaient une espèce humaine supérieure, une race de maîtres, qu'ils avaient donc toujours raison et qu'ils l'emportaient partout où se posaient leurs augustes semelles. « Nous sommes justes par essence et forts par nature. Nous incarnons la Démocratie et la Liberté en marche sur la planète », tel était leur discours conscient et inconscient. En un mot comme en cent, « nous sommes exceptionnels » se susuraient-ils à eux-mêmes, avant même que leur « exceptionnalisme » débarque dans le discours officiel de leur dernier empereur..

En éradiquant les emplumés, les Picrocholiens avaient découvert la stratégie victorieuse de la conquête territoriale qu'ils nommèrent benoîtement pacification.

Durant un interminable siècle, il surent utiliser ce procédé avec un succès grandissant, faisant fi de la souffrance, de la désolation et de la mort que leur pacification engendrait partout où ils passaient.

 

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II

Forts de leurs premiers exploits les pieux colons originels clamèrent alors aux quatre vents que le territoire qu'ils occupaient était parfaitement désert. Se référant à notre éminent fabuliste, ils se proclamèrent les premiers occupants. En bonne logique capitaliste, ils déclarèrent dans la foulée et urbi et orbi, qu'ils étaient désormais les seuls et uniques propriétaires des plaines, des fleuves, des montagnes et de tout ce qui vole, court ou rampe sur cette terre, ainsi que de toutes ses richesses et cela jusqu'au noyau ferreux qui gît en son centre.

Ils avaient d'abord baptisé leur Nouveau Monde Eden, mais sous l'impulsion de leurs belliqueux empereurs successifs, cette région prit le nom de Picrocholand.

Il faut savoir que leur ancêtre éponyme, Picrochole 1er, s'était illustré dans la féroce Guerre des fouaces dont les échos résonnent encore en pays angevin. Les épisodes de cette guerre mémorable nous sont connus grâce au récit minutieux qu'en fit le talentueux chroniqueur de l'époque, François Rabelais, dans ses célèbres Aventures du géant Gargantua, de son père Grandgousier et de son fils Pantagruel.

En effet, cette Odyssée auprès de laquelle celle du grand Homère est une bluette pour demoiselle, reposait sur une méchante querelle de voisinage entre le cruel Picrochole et le gentil souverain voisin, notre illustre Grandgousier, à propos d'une question de brioches vilainement malmenées. Elle avait conduit le belliqueux Picrochole à mettre en branle une gigantesque soldatesque, équipée jusqu'aux dents. L'impressionnante artillerie de l'agressif Picrochole avait décimé tout ce qui se trouvait sur son passage, les porcs, les truies, les fermiers, les canards, les gorets et avait failli dévaster les vignes des saints ermites de l'abbaye de Seuilly, lesquelles n'avaient été sauvées de la destruction que grâce à l'intervention musclée de Frère Jean des Entommeures. Le saint homme expulsa les malotrus à grands coups de bâton et réussit à préserver le divin nectar produit par les vignes du Seigneur.

Sur le point d'être submergé, Grandgousier fit alors appel à son géant de fils, Gargantua, qui arriva à bride abattue sur son énorme jument, laquelle, en urinant, provoqua une crue si phénoménale qu'elle noya toute l'armée de Picrochole et sauva le royaume de Grandgousier.

Ce dernier paragraphe révèle d'une manière aveuglante la persistance et la force du patrimoine génétique dans les comportements humains et confirme que les deux derniers empereurs de la funeste lignée picrocholique - leurs Altesses impériales Picrochole XLIII, dit Bushus Debilus et Picrochole XLIV, plus connu sous le nom de Barakus Dronomaniacus - sont bien les dignes descendants de leur belliqueux et acariâtre ancêtre, le méchant Picrochole 1er.

 

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III

Comme il arrive souvent, la prospérité de la colonie a dépassé celle de la maison-mère. Les Pïcrocholiens en furent tellement fiers, et même tellement bouffis d'orgueil, que leur tête s'est mise à enfler. La petite bulle d'air et de folie qui permet à chacun de flotter légèrement au-dessus du sol a si puissamment gonflé dans leur cervelle que telle l'hélium d'une montgolfière, elle s'est propagée dans l'ensemble des circonvolutions cérébrales et a fini par envahir la totalité de leurs lobes frontaux.

Désormais, tous les Picrocholiens sont affligés d'une grosse tête dans laquelle se loge commodément leur bonne conscience, leurs illusions sur eux-mêmes, leur arrogance, leur cupidité, leur cruauté et leur indifférence à tout ce qui grouille au-delà de leurs frontières.

Ils sont persuadés qu'ils représentent, comme le proclamait un des leurs ancêtres, Thomas Jefferson, « the world's best hope », l'«indispensable nation » du monde civilisé, autant dire un phare destiné à guider tous les autres peuples sur la route du Bien et des félicités terrestres avant que celles-ci se métamorphosent en félicités éternelles. La terre conquise sur les emplumés devenait le lieu idéal où se réaliseraient les desseins de la divine Providence.

C'est donc en ce lieu béni, laboratoire d'un futur mirobolant, que le retour du messie allait coïncider avec un avenir glorieux dont ils seraient les heureux bénéficiaires.

En conséquence, ils se sont donné pour devise: Per aspera ad astra.

 

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IV

Pour faire court, les Picrocholiens appellent ROW - abréviation de Rest of the World - les territoires mystérieux, barbares et effrayants qu'ils se proposent de sauver des maléfices de Satan. D'ailleurs ne se proclament-ils pas eux-mêmes, et en toute modestie, tantôt « la nouvelle Jérusalem », tantôt «le nouveau Canaan »  ?

Les contrées qui clapotent à leurs frontières occupent-elles 98% de la superficie de la machine ronde ? Qu'à cela ne tienne, les vaillants missionnaires de la Démocratie bottée, messagers du Progrès et de la Justice, sont en permanence sur le pied de guerre. Brandissant l'étendard du « Manifest Destiny » qui leur permet de débouler sur le monde, ils en profitent pour s'approprier terres et richesses sous couleur de délivrer le monde de l'oppression des tyrans et d'apporter aux peuples Liberté, Bonheur et Démocratie par les mêmes moyens que ceux utilisés contre les tribus d'emplumés.

Comme l'écrivait notre sage Montaigne, « Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage ». Mais cette belle pensée est incompréhensible à une peuplade habitée par un complexe de supériorité chez laquelle un étalage de la force tient lieu de politique.

C'est pourquoi les Picrocholiens appellent tyrans tous les dirigeants rowiens qui ont l'audace de ne pas se plier à leurs lois et à se prétendre les maîtres de leur boutique. Quant aux gouvernements légitimes qui leur déplaisent, ils sont qualifiés péjorativement de régimes: toutes les «voix de son maître » dans la presse écrite ou audiovisuelle, tant à l'intérieur de l'empire que chez ses vassaux, se sont empressées d'entonner en choeur, en bons petits soldats, leur mépris pour le «régime de Bachar », pour le «régime de feu Chavez », pour le «régime des mollahs » ou pour le «régime de Poutine », personne n'osant évoquer le «régime de Netanyahou ».

Les Picrocholiens clament qu'eux seuls sont les détenteurs privilégiés d'une mission chue directement de la galaxie, qui fait d'eux des gestionnaires mondiaux de toutes les crises qui secouent la planète, en vertu de leur «responsabilité de protéger » les populations victimes d'Etats «maléfiques » ou «voyous ».

En application de ce généreux projet, les innocents missiles de la Démocratie picrocholine et autres «bombardements démocratiques » ont libéré, en les écrasant sous des tapis de bombes, trente neuf tribus, États et Étaticules rowiens depuis l'an de grâce 1945 et plus d'une centaine depuis leur débarquement au paradis.

Quelques exploits particulièrement éclatants émaillent les célèbres «interventions humanitaires » calquées sur les méthodes de pacification utilisées lors des guerres indiennes évoquées ci-dessus. Ainsi, en 1898, les Picrocholiens inventèrent «l'amendement Platt », l'ancêtre du moderne et bien connu « droit d'ingérence humanitaire » et qui, sous le commandement du général J. Franklin Bell les lança dans une croisade destinée à «libérer » Guam, Cuba, Porto-Rico de la «tyrannie coloniale » espagnole.

Mais figurez-vous qu'à l'instar des Indiens, ces sauvages refusaient mordicus leur libération. Les braves libérateurs ont donc dû recourir à la contrainte contre ces ingrats : «Toute la population en dehors des villes principales à Batangas a été dirigée vers des camps de concentration », a rapporté l'historien Stuart Creighton Miller. Quant aux récalcitrants opiniâtres, hommes, femmes et enfants, ils ont purement et simplement été exécutés. Tous. Les corps exposés, empalés afin de susciter l'horreur et la terreur chez les survivants.

Les empereurs picrocholiens successifs appellent bénévolente assimilation l'ensemble des méthodes de coercition qui permet d'aboutir à une domestication des populations traitées et à une non moins bénévolente appropriation des terres et des richesses des peuplades pacifiées.

Les méthodes expérimentées à cette occasion se retrouvent, perfectionnées, modernisées et affinées dans les annexes du paradis que sont aujourd'hui Guantanamo, Abu Ghraib ou Bagram.

Mais la générosité des Picrocholiens ne connaît pas de limites. C'est pourquoi, selon la philosophie bien connue du Sapeur Camember, l'empire a dépassé les bornes du cynisme, penseront les naïfs, en s'instituant, en douce, un pédagogue mondial ès torture. Il est vrai qu'il s'est employé avec zèle à enseigner à ses vassauxson immense savoir-faire en cette spécialité. Comme il est prudent et n'a que peu confiance dans le QI et le talent des Rowiens, il a édité des manuels à l'intention des apprentis-tortionnaires. Il a même fait produire tous les outils nécessaires à leur art et les leur a charitablement offerts afin d'équiper au mieux les centres de torture disséminés un peu partout au milieu des États rowiens complaisants qui acceptaient de jouer le rôle de poubelle de l'empire.

Confortablement assis à son bureau, tel ou tel bureaucrate peut donc ordonner le kidnapping des Rowiens jugés suspects et les livrer aux mains expertes des professionnels formés par les excellents pédagogues picrocholiens. Pour finir, les loques qui survivent à la machine pénitentiaire picrocholienne sont jetées dans un de ces culs-de-basse-fosse où ils disparaissent aussi totalement que dans un puits sans fond.

La pureté de Picrocholand est préservée, les déchets sont traités hors des frontières .

La calcification de la cruauté aseptisée et innocente constitue, chez le Picrocholien une forme de tradition culturelle aussi fortement incrustée dans son patrimoine génétique que l'impossible sédentarisation des Roms, comme vient de le déclarer un ami de l'empire.

 

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V

L'opinion de l'amas exogène et indistinct des Rowiens de tout poil et de toutes couleurs possède aux yeux des Picrocholiens aussi peu d'importance que celle du vermisseau qu'ils écrasent d'un gros orteil dédaigneux. Or, leur orteil, les Picrocholiens l'ont vraiment très gros, comme tout le reste de leur personne d'ailleurs. En effet, la silhouette d'une grande partie de la population a, elle aussi, subi des modifications morphologiques spectaculaires. Comme beaucoup d'entre eux se gavent de grosses miches de pain fourrées de mélanges sucrés ou dégoulinants de graisse, ils ressemblent de plus en plus aux beignets soufflés que nous cuisons dans l'huile ou aux vers blancs qui se cachent sous les pierres plates.

Ainsi, un Martien débarquant sur notre planète saura reconnaître au premier coup d'œil qu'il existe, en Picrocholand, deux variétés d'humains. Très vite il se rendra compte que les dominants sont plutôt maigres, en général de teint clair, et les dominés - les plus nombreux - plutôt gras et bronzés. Nul besoin d'imaginer un meilleur des mondes futur. Il est déjà là.

Néanmoins, du haut en bas de l'échelle sociale, les Picrocholiens se sentent uniques et exceptionnels. Ils écartent d'un Pfttt méprisant les jaloux qui s'avisent d'invoquer contre leurs actions des lois internationales ou toute autre foutaise appelée morale universelle ou lois internationales. Ils sont persuadés que la nation picrocholine est dotée de qualités uniques et qu'en conséquence, elle est moralement supérieure à toutes les autres nations qui peuplent la machine ronde.

Ainsi, quand Picrochole Bushus Debilus fait promulguer des lois autorisant les traitements dégradants, quand Picrochole Dronomaniacus légalise la torture, seuls des esprits suspicieux et malveillants ne voient pas que les tortures de la picrocratie sont d'une autre essence que les tortures des infâmes tyrans au «régime » pestilentiel, dont ils arrosent les pays de bombes, écrasant au passage la population - les victimes étant qualifiées pudiquement de « dommages collatéraux ».

C'est pourquoi le pouvoir picrochratien est le maître du langage et sa puissance lui permet de rendre blanc le noir et noir le blanc le plus immaculé. Le Bien est Bien quand le régime picrocratique le proclame tel.

Comme chacun peut le constater au pays des mille et une nuits, dans les déserts libyens ou les vallées himalayennes, les vertueuses troupes de la Démocratie picrocholienne ont apporté le bonheur, la paix et la prospérité aux peuples pacifiés et libérés à la pointe de leurs saints missiles et de leurs bombes démocratiques.

 

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VI

Comme le surgissement des Picrocholiens dans les affaires de la planète date de la dernière pluie, leur assurance et leur arrogance sont inversement proportionnelles à l'épaisseur de leur histoire collective et à leur expérience de la politique, si bien que leur compréhension du monde se résume au binôme noir-blanc, Bien-Mal.

Aussi ne connaissent-ils qu'une seule forme de stratégie militaire, celle dite «du tapis de bombes », largement utilisée en Mésopotamie et récemment reprise par leur meilleur allié, que six milliards de Rowiens ont vu ravager le Pays du Cèdre pendant trente trois longues journées, et cela avec la bénédiction et l'aide active du grand protecteur. Ces deux «peuples élus » censés être divinement guidés par la Providence ont d'ailleurs inventé et appliqué «the art of creative destruction », variante picrocholienne du très ancien: «Tuez les tous,Dieu reconnaîtra les siens ».

A la fin de la seconde guerre mondiale, la générosité libératrice de l'armée picrocholienne a si bien libéré les Philippines du joug japonais, que Manille fut la ville la plus détruite de tout le continent asiatique... et que trois quarts de siècles après, la capitale n'a toujours pas retrouvé la qualité de vie et les infrastructures qu'elle possédait avant sa libération.

Les Picrocholiens clament haut et fort que ceux qui ne sont pas avec eux sont contre eux.

Point n'est besoin de dictature policière visible pour canaliser les troupeaux à l'intérieur et à l'extérieur de l'empire. Les Picrocholiens dominants sont de redoutables professionnels dans l'art de soumettre les masses à une manipulation permanente par l'image, la publicité pour toutes les formes de consommation et cela avec la complicité spontanée ou grassement lubrifiée des organes de presse et des innombrables sectes religieuses.

En conséquence, la masse des Picrocholiens elle-même est désormais si bien domestiquée que l'espionnage généralisé qu'elle subit de la part de ses dominants est non seulement accepté sans murmure, mais plébiscité, au nom d'une «sécurité » menacée à chaque seconde par une invasion de Rowiens jaloux ou même d'extra-terrestres.

Il faut dire qu'une propagande et une désinformation soigneusement conçues et habilement distillées par les porte-paroles du gouvernement picrocholien et de ceux des dociles vassaux imprègnent si totalement les cervelles pauvrement nourries des masses de la certitude que le monde et la politique sont d'une simplicité biblique et que la consommation et l'accumulation de biens sont les conditions nécessaires du bonheur, que les Picrocholiens sont persuadés que la gestion politique du pays et du monde se réduit aux catégories «divin » et «satanique ».

En Picrocholand la richesse est vénérée en ce qu'elle constitue le signe de l'élection divine, alors que la pauvreté prouve que le «God » dans lequel «trust » les Picrocholiensméprise les peuplades qui traînent dans le peloton de queue de la course au profit. N'est-il pas écrit sur tous les billets généreusement imprimés dans les sous-sol des banksters: In God we trust ? Plus un Picrocholien possède de cartes de crédit, mieux il est considéré car c'est là le signe qu'il est un excellent consommateur, donc un excellent citoyen.

De plus, tous, maîtres et dominés, prétendent que leurs empereurs successifs possèdent une ligne téléphonique directe avec le Créateur et que celui-ci non seulement veille sur l'empire d'une manière toute particulière, mais qu'il a chargé ses habitants de la mission de civiliser des Rowiens incultes en leur faisant avaler, de gré ou de force, les règles et les lois picrocholines. Leur Dieu tout-puissant n'est pas, ils en sont sûrs, un Grand Trompeur comme un de ces Frenchies honnis, gardien des portes de l'enfer, avait voulu l'insinuer.

 

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VII

Les Picrocholiens ont le génie et la bosse du commerce. Ils peuvent d'autant plus aisément accumuler des richesses qu'ils ont trouvé une fabuleuse martingale qui leur permet de satisfaire tous leurs désirs. Il s'agit d'une trouvaille miraculeuse et beaucoup plus efficace que celle des alchimistes qui rêvaient de changer le plomb en or. Les Picrocholiens ont fait beaucoup plus fort: ils métamorphosent du vulgaire papier imprimé en lingots d'or.

Certains malveillants vont jusqu'à appeler cette juteuse opération l'escroquerie du millénaire. Des envieux affirment qu'on n'a rien vu de plus pervers et de plus néfaste pour la population rowienne depuis l'apparition de l'homo erectus et que l'empire aux pieds d'argile repose sur une magouille de faux monnayeurs.

Toujours est-il que c'est bien cette ruse financière qui leur a permis depuis un siècle de vivre grassement en bénéficiant d'un jackpot permanent. Les Picrocholiens ont ainsi pu, d'abord subrepticement, puis ouvertement, édifier un gigantesque empire économique et militaire. Ils se sont alors imaginé qu'ils étaient tout puissants et omniscients - en un mot, géniaux. Ils se sont alors persuadés qu'il était logique qu'ils jouissent en tous domaines d'une impunité et d'une immunité qui leur assurent un statut suréminent par rapport à la masse des Rowiens.

Oublieux des conditions monétaires exceptionnellement favorables que les Picrocholiens avaient extorquées au reste du monde au fil des années, les Rowiens leur ont longtemps voué une admiration béate et même un amour ardent. Ils voyaient en eux l'hyper-puissance bienveillante chargée de régler avec sagesse et lucidité tous les conflits internationaux. C'était leur guide et leur modèle. Il est bien connu que l'amour rend aveugle.

L'image d'un de leurs représentants particulièrement flagorneur et quasi en extase d'avoir pu toucher le bout des doigts de son Altesse impériale Debilus, même s'il lui a fallu grimper sur un tabouret pour parvenir à sa hauteur, a frappé tous les esprits.

Cette attitude extatique quasi universelle a eu pour conséquence calamiteuse de geler les neurones des Rowiens et de paralyser leur esprit critique. Cependant, des tentatives de rébellion et de sortie de l'hibernation mentale commencent à se manifester de plus en plus ouvertement. Il se peut que le réchauffement climatique produise un effet bénéfique indirect et que les cervelles des Rowiens commençant à dégeler, les neurones redeviendront alertes et se libèreront de la gangue glaciale de vénération, de soumission et de passivité qui les emprisonne.

 

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VIII

La guerra, la guerra, la guerra chante Clorinde avant d'engager un combat à la vie à la mort contre Tancrède, dans le célèbre madrigal de Monteverdi. Les Picrocholiens, quant à eux, sont une incarnation de la guerre. En guerre permanente depuis leur débarquement sur la terre volée aux emplumés, on compte à leur actif plus d'une centaine d'expéditions durant le dernier siècle. Un record qu'il sera impossible de battre.

Le monde entier a été témoin de l'aisance avec laquelle l'armée de sa Majesté Picrochole Bushus Debilus a quasiment réduit en un amas de gravats une des plus anciennes civilisations du monde. Un feu d'artifice de missiles, de bombes au phosphore et à l'uranium a illuminé la région durant de longues semaines et a pétrifié ses alliés d'admiration, de terreur. «Shock and Awe ». A la suite de cet exploit, Picrochole XLIII Debilus, en extase, n'a pas hésité à claironner, afin que nul n'en ignore : «Nous sommes exceptionnellement bons. Nous sommes le peuple élu ».

A l'instar de son célèbre ancêtre éponyme Picrochole 1er, Debilus quarante troisième a écrasé sous les chenilles de ses chars non seulement les poules, les canards ou les chiens, mais les hommes, les femmes, les enfants, les maisons, les gares, les hôpitaux, les musées, les centrales électriques, les usines, les théâtres et tout ce qui aurait eu la malchance de se trouver sur le chemin du destin glorieux de l'angélique armée du paradis démocratique.

Des théoriciens de cette nation à l'esprit inventif et primesautier appellent «chaos constructif » les ruines et les dévastations qui accompagnent chacune des interventions « humanitaires » de la picrocratie.

Quant à son Altesse impériale Picrochole XLIV Dronomaniacus, elle est à la fois plus rusée et plus sournoise. Aux boum boum sonores et éblouissants des missiles et des bombes, elle préfère l'ombre des bureaux et la tactique hypocrite et proprette de la mort fonctionnarisée.

Silhouette élastique, dents blanches, un sourire de publicité pour marque de dentifrice, une décoration de prix Nobel de la paix en bandoulière, chaque début de semaine, Dronomaniacus, tranquillement assis à son bureau, assassine bureaucratiquement une poignée de Rowiens qui vaquaient à leurs affaires à six ou dix mille kilomètres du douillet bureau de son Altesse picrocholienne.

L'empereur picrocholien se sent un substitut de Dieu. Comme la justice divine, la sentence picrocholienne est sans appel et sans miséricorde. Une signature, un clic d'ordinateur et un jouet électronique vous pulvérise, aux antipodes, le condamné à mort qui ignorait sa sentence. Certes, elle pulvérise en même temps une poignée de Rowiens de tous âges qui avait eu la mauvaise idée de se trouver dans les parages. Mais un Rowien de plus ou de moins n'empêchera aucun Picrocholien de dormir.

Pichrocole Dronomaniacus s'en lave les mains, l'âme légère et le sommeil profond.

Car c'est toujours au nom de la morale, que les Picrocholiens incarnent de la pointe des cheveux aux orteils, qu'un ancien responsable de la politique étrangère de cet empire a inventé la théorie dite de «l'intervention humanitaire » au nom d'une «responsabilité de protéger » les peuples victimes de gouvernants «voyous », «tyrans », «barbares », «dictatoriaux », et tutti quanti, théorie qui connaîtra un succès éclatant chez les domestiques de l'empire sous la dénomination de «droit d'ingérence humanitaire ».

En vertu de ce droit que l'empire picrocholien s'est généreusement accordé à lui-même, il se donne le pouvoir d'intervenir où et quand il lui semble bon ou de tracer des lignes rouges - la ligne jaune est déjà prise - déclenchant automatiquement une pluie de missiles sur l'État voyou qui a osé provoquer sa réprobation. Il se donne également le droit et le pouvoir de provoquer la déstabilisation de gouvernements qui lui déplaisent en suscitant, favorisant et finançant des révolutions aux noms multicolores ou gracieusement champêtres: révolution orange, blanche, rouge, verte, printemps arabe, et cela au moyen des innombrables cellules d'espionnage camouflées en Organisations non gouvernementales, plus connues sous le nom d'ONG, parfaitement gouvernementales et grassement alimentées en monnaie facilement imprimée par Picrocholand.

 

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IX

Dronomaniacus s'est récemment avisé qu'un méchant tyran sévissait quelque part dans un étaticule sis dans les marches de l'Asie - que ses sujets seraient d'ailleurs bien incapables de situer sur la mappemonde. Des voix de l'au-delà l'ont informé que ce vilain dictateur répandait sur sa population une vapeur illicite. Son nez délicat, snif, snif, a décelé une odeur de gaz, snif, snif.

Plus fort encore. Ayant levé un index mouillé en direction de l'orient, snif snif, il a conclu sentencieusement et l'a proclamé avec toute l'autorité de son éminente fonction, qu'il reconnaissait sans l'ombre d'une hésitation le S8H14GKLMNOPQ99, c'est-à-dire le pestilentiel et venimeux assadarin. Le tyran avait bel et bien signé son crime, Dronomaniacus l'a dit et cochon qui s'en dédit !

Le sang du généreux Barakus Dronomaniacus n'a fait qu'un tour. Sans attendre que des autorités scientifiques expédiées sur place confirment l'identité du responsable de ce forfait, tel don Quichotte enfourchant sa haridelle, l'empereur omniscient a instantanément ameuté ses Sancho d'outre-Atlantique spécialisés dans les aboiements les plus féroces et toujours prêts à se précipiter à son service. En même temps, il s'est mis à tympaniser l'univers d'invectives indignées et de menaces de punitions dont la sévérité allait provoquer crainte et tremblements chez tous les Rowiens. Il fallait pulvériser le coupable émetteur de ce fumet nauséabond, clamait-il urbi et orbi, et cela à la manière la plus picrocholique qui soit, c'est-à-dire en pulvérisant le pays tout entier.

A propos d'émetteurs de vapeurs mortifères et d'armes illicites, le besacier de notre grand fabuliste qui fit pour nos défauts la poche de derrière et celle de devant pour les défauts d'autrui, en rit encore.

 

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X

L'empire picrocholien possède un talon d'Achille.

Une excroissance douloureuse, sorte de furoncle purulent, l'empêche de jouir pleinement de ses perfections et de sa puissance.

Depuis quelques décennies, une sorte de Picrocholandicule s'est incrusté dans son corps. Telle la pomme pourrissante dans le dos du Gregor Samsa de la Métamorphose de Kafka, ce corps étranger, à la fois lointain et omniprésent enflamme toute la région autour de lui et infecte le corps de son protecteur dans son entier.

Un garnement vicieux, bagarreur, incommode à ses voisins, hargneux, toujours à se plaindre que personne ne l'aime, alternant les gémissements et les insultes, chapardeur des biens et du territoire des voisins, menaçant et trouillard à la fois est une sorte de révélateur intempestif, une photographie en pleine lumière de ce que le Picrocholand original cache sous le masque d'ange de la démocratie idéale, tout comme Dorian Gray dissimulait le tableau qui révélait sa véritable nature derrière un lourd rideau de velours dans le roman d'Oscar Wilde.

Ce Pricrocholandicule représente son portrait hideux et véridique de lui-même que l'empire voudrait cacher. Il aimerait se débarrasser de ce "meuble inutile" qui pollue sa réputation, alors qu'il est contraint, par des centaines de filins invisibles à l'œil nu, de le soutenir à bout de bras et de s'en montrer solidaire.

Car les Picrocholand père et fils, si je puis dire, sont liés par une toile d'araignée de fils serrés et entrelacés d'intérêts qui forment un binôme à la fois soudé et haineux, le plus petit de plus en plus arrogant et le plus grand lassé et honteux de sa dépendance financière aux amis du premier. Mais tous deux sont des champions toutes catégories, des recordmen mondiaux dans l'utilisation d'armes chimiques et nucléaires illégales et particulièrement venimeuses.

Des générations entières ont été ravagées au Vietnam, au Laos, au Cambodge, en Afghanistan, en Irak, en Libye, ainsi qu'en Amérique centrale, au Kosovo et en Serbie et également à Gaza et au Liban. C'est en toute impunité que Picrocholand a déversé des millions de litres d'un défoliant qui a brûlé la végétation et les humains au Vietnam, c'est en toute impunité que Picrocholand a utilisé le phosphore blanc contre les civils irakiens et son protégé contre les habitants du camp de concentration de Gaza, provoquant d'atroces malformations chez les nourrissons, c'est en toute impunité que les deux Picrocholand voyous n'ont pas hésité à bombarder des populations civiles de bombes au napalm, à l'uranium appauvri, à tester sur les civils des armes nouvelles qui carbonisent le foie et coagulent le sang, c'est en toute impunité que Picrocholandicule a assassiné des opposants au moyen d'armes biologiques qui auraient suscité l'horreur universelle si un autre Etat rowien s'était rendu coupable d'une telle infamie.

Comme vient de le clamer l'empereur picrocholien qui sévit actuellement sur la planète: «La politique des États-Unis est ce qui rend l'Amérique différente. C'est ce qui nous rend exceptionnels ». 

La planète entière expérimente, en effet, à quel point le Picrocholand d'outre-Atlantique se révèle une nation exceptionnellement dangereuse pour la paix, la prospérité et la sécurité du monde.

 

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Épilogue

Ainsi va le monde picrocholien dans lequel la Maritorne du village de Sagayo a réussi, durant deux siècles, à se faire passer pour la Dulcinée idéale du Toboso démocratique.

Mais l'enchanteur a perdu son pouvoir. Le charme se dissipe, les oreilles se débouchent et les yeux se dessillent. La Maritorne en haillons apparaît enfin aux yeux des Rowiens telle qu'elle est réellement. Ils découvrent, amers, dépités et honteux que leur vénération s'est portée sur une fille de ferme inculte, égoïste, cynique et uniquement soucieuse de ses poules et de ses cochons.

… En attendant la révolte qui vient ...

* L'image figure (en plus grande taille) dans le site web de MM. René Thévenin et Paul Coze, Moeurs et histoire des Peaux-rouges, classiques.uqac.ca [ Celle de la pirogue également – NdGO ]

le 2 octobre 2013

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/picro...

 

*

The Doors – The End (Apocalypse Now)

(version symphonique par Nigel Kennedy)

 

 Mis en ligne le 6 octobre 2013.

 

 

 

 

14:08 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

MORT DU GENERAL GIÁP

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VIETNAM

MORT DU GÉNÉRAL GIÁP

 

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Décès du général Giap, génie militaire qui a humilié l'Occident

La Libre, 4 octobre 2013

Le général Võ Nguyên Giáp, décédé vendredi à 102 ans, a été l'architecte des victoires du Vietnam communiste contre la France et les États-Unis, succès qui ont fait de lui une icône populaire malgré une carrière politique brisée par le régime communiste.

Considéré comme l'un des plus importants stratèges militaires de l'Histoire, il a infligé en 1954 dans la « cuvette » de Ðiện Biên Phủ (nord-ouest) une cuisante défaite aux troupes colonisatrices françaises, événement fondateur de l'émergence d'un Vietnam indépendant et de la fin de la domination française en Indochine.

Pendant les vingt années qui suivent, ce fils de paysan lettré, à la maîtrise impeccable du français, continue de diriger ses troupes pendant la guerre du Vietnam contre les Américains et leurs alliés du Sud-Vietnam, jusqu'à la prise de Saïgon le 30 avril 1975.

« Quand j'étais jeune, je rêvais un jour de voir mon pays libre et unifié », racontera plus tard dans un entretien à PBS celui qui était le dernier dirigeant historique du Vietnam communiste encore en vie.

« Ce jour-là, mon rêve est devenu réalité (...). C'était comme tourner une page sur un chapitre de l'histoire ».

Ecarté sans ménagement par le pouvoir ces trente dernières années, ses heures de gloire font malgré tout de cette icône populaire la figure la plus emblématique du Vietnam moderne, après le fondateur du Parti communiste vietnamien Hồ Chí Minh.

(…)

Né le 25 août 1911 dans la province centrale de Quảng Bình, Giáp n'était pas destiné à devenir un soldat. Mais les tactiques de cet autodidacte, formé à la stratégie militaire à coups de lectures, inspireront les combattants du monde entier pour des décennies.

3. Giap-Ho-2.jpgVenu étudier puis enseigner l'histoire à Hanoï, il s'enfuit à la fin des années 1930 en Chine. Il y rencontre l'«Oncle Ho », qui le charge de fonder l'armée révolutionnaire Viet Minh fin 1944.

Entre-temps, sa haine de la puissance colonisatrice n'a cessé de croître, alimentée par le décès de sa première femme dans une prison française.

En 1945, Giáp devient ministre de l'Intérieur du premier gouvernement auto-proclamé du Vietnam, avant de passer un an plus tard à la Défense, un poste qu'il conservera au nord plus de 30 ans.                            

Malgré sa victoire à Ðiện Biên Phủ, son influence s'affaiblit après la mort d' Hồ Chí Minh en 1969 et, lors de la réunification du Vietnam, Giáp n'est déjà plus chef de l'armée du Nord-Vietnam communiste.

Il est en conflit ouvert avec le numéro un du régime, Lê Duẩn, qui cassera sa carrière politique, et son successeur à la tête des forces militaires, Văn Tiến Dũng, lui vole en grande partie la vedette.

Mais dans cette campagne aussi, parce qu'il est resté ministre de la Défense, les analystes lui attribuent encore un rôle clé d'architecte. «Derrière chaque victoire, on retrouvait Giáp, qui en était la force motrice », estimera l'un de ses rares biographes, Cecil Currey.

En 1980, il est remplacé à la Défense, puis exclu du bureau politique du Parti communiste en 1982.

Et sa mise sur la touche ne s'arrête pas là: il conserve son rang de vice-Premier ministre, mais est désormais chargé des Sciences, Technologies et du Planning familial. Il est finalement évincé du comité central du Parti en 1991.

Pour les grands anniversaires de Ðiện Biên Phủ, en 1994 et 2004, Giáp refera toutefois des apparitions remarquées aux côtés des dirigeants.

Et la célébration de ses 100 ans lui aura aussi valu une pluie d'hommages, les plus hauts dirigeants vietnamiens lui rendant visite à l'hôpital militaire où il était soigné depuis trois ans.

Même très affaibli, on lui aura aussi, épisodiquement, attribué des lettres dénonçant le fléau de la corruption ou des projets industriels, jugés dangereux pour la sécurité du pays.

En 2006, il avait ainsi écrit que le Parti communiste « était devenu un bouclier pour les responsables corrompus ». En 2009, il avait publié une lettre ouverte joignant sa voix aux critiques contre un projet gouvernemental très controversé d'exploitation de la bauxite dans les hauts plateaux du centre du pays.

Il laisse derrière lui sa deuxième femme Đặng Bích Hà, et quatre enfants. Sa fille aînée, née de son premier mariage, est décédée en 2009.

Source : http://www.lalibre.be/actu/international/deces-du-general...

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LIVRES

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T. Derbent
GIAP ET CLAUSEWITZ

précédé de Guerre du peuple, Armée du peuple de Ernesto Che Guevara
et suivi de

Contribution à l’histoire de Dien Bien Phu du Général Võ Nguyên Giáp.

Bruxelles, ADEN, 2006 – 144 pages.


Le 22 décembre 1944, un jeune communiste vietnamien, Vo Nguyen Giap est placé par son parti à la tête de la branche armée du mouvement de libération : trente et un hommes, trois femmes, deux revolvers, quelques fusils, une mitrailleuse.
Le 7 mai 1954, dans la vallée de Dien Bien Phu, les trente-quatre hommes de Giap sont devenus 55.000 combattants aguerris qui infligent une défaite écrasante au corps expéditionnaire français : 5.400 morts, dix mille prisonniers dont un général, seize colonels et lieutenants-colonels, 1.749 officiers et sous-officiers. C’est la fin du colonialisme français en Indochine, le prélude à l’intervention américaine et à une nouvelle guerre que Giap mènera avec autant de détermination, d’intelligence, et de succès. Le général Giap s’est ainsi révélé être un des meilleurs praticiens de la guerre populaire, théorisée au début du XIXe siècle par Carl von Clausewitz dans son monumental Vom Kriege
  (De la guerre). Quelles relations peut-on établir entre la théorie de Clausewitz et les analyses, les choix et la personne du général Giap, qui fut un lecteur attentif de Vom Kriege ?

C’est cette question qui intéresse tant l’histoire de la stratégie que celle des luttes révolutionnaires qu’étudie ici T. Derbent.

Le texte de T. Derbent est complété par la Contribution à l’histoire de Dien Bien Phu
du général Giap (Hanoi, 1965) et par un texte inédit en français d’Ernesto Che Guevara, préface au livre du général Giap édité à La Havane en 1964 : Guerre du peuple, Armée du peuple.


T. Derbent a déjà publié aux éditions ADEN :

Clausewitz et la guerre populaire– 2004


Sa propre bibliographie :

Les deux livres importants de Võ Nguyên Giáp sont L'expérience du peuple vietnamien dans la lutte armée et les trois tomes des Mémoires, dans de nombreuses éditions et rééditions. Il est aussi l’auteur de Guerre du Peuple - Armée du Peuple, Éditions François Maspero, « Petite Coll. Maspero », Paris, 1968, 190 p.

 

Son biographe :

Cecil B. Currey, Victory at Any Cost : The Genius of Vietnam's Gen. Vo Nguyen Giap, 2005, p. 25 – inédit en français.

 


*

Nigel Kennedy - PURPLE HAZE 


 Mis en ligne le 6 octobre 2013

 

 

13:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/10/2013

CULTURE-TURECUL

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Ce tableau ne s’intitule pas « L’origine du monde » ni « L’origine de la guerre » mais « Loosing your Marbles on the Ship of Fools »

 

CULTURE-TURECUL

ou

Le retour d’Alcibiade

 

«Telles étaient les populations grecques et barbares qui habitaient la Sicile. Telle était l'étendue du pays contre lequel les Athéniens s'apprêtaient à faire la guerre. En réalité, ils voulaient le soumettre entièrement, mais ils couvraient leurs intentions du spécieux prétexte de porter secours à des gens de leur race et antérieurement leurs alliés. »

Thucydide, Guerres du Péloponnèse (Livre VIe).

 

En l’an de grâce païenne ± 415 avant Qui-Vous-Savez, un scandale secoua de bon matin la population d’Athènes.

Que s’était-il passé ? En une seule nuit, tous les Hermès de la ville avaient été châtrés, certains, même, privés de leur nez.

Pour les enfants décervelés par les Éducations Nationales, précisons qu’un Hermès était une borne de forme quadrangulaire, surmontée de la tête du dieu des métamorphoses, des messages, du commerce, des voleurs, etc., et d’où se dressait fièrement un phallus en érection.

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                       Hermès en bronze

 

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                                                                                             et en marbre

Les Athéniens vouaient au Trismégiste (Trois Fois Grand) non seulement leurs limites territoriales, mais aussi la fertilité de tous et de chacun, autrement dit la survie de l’espèce à laquelle ils appartenaient. Chaque famille avait le sien – somptueux ou modeste – dressé devant sa porte. La maisonnée mettait ainsi la capacité de reproduction du pater familias sous la protection du dieu qui, dans sa fonction de protecteur des jardins et de toute forme de fécondité dans la nature, allait jusqu’à s’appeler Priape.

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Priape se pesant

Pompéi – Maison des Vetii

Qui avait bien pu commettre un tel sacrilège ?  La rumeur publique ne tarda pas à en accuser Alcibiade et quelques chitons dorés de sa bande. Elle vit, dans cet attentat, une provocation des oligarques et un signe avant-coureur de coup d’état contre le demos. En quoi elle ne se trompait pas.

Alcibiade, jeune, beau, né d’une famille riche et puissante, adopté par Périclès et amant occasionnel de Socrate quoique se partageant avec un égal bonheur entre ces dames (hétaïres) et ces messieurs, se croyait tout permis. Il méprisait le peuple et n’en faisait pas mystère. Vous avez dit arrogance ? 

Mais on ne s’attaque pas impunément à la foi des gens. Alcibiade était parti en mer avec la flotte (on était en pleine guerre du Péloponnèse). Il fut rappelé pour être jugé, mais faussa en route compagnie à son escorte et se réfugia chez les Spartiates. Il fut banni par contumace et, après une décennie de trahisons, finit assassiné par ceux en faveur desquels il avait renversé la démocratie athénienne. (Il a bonne mine Vladimir Poutine avec ses malheureux deux ans de cabane pour les Pussy Riot émules du bellâtre !)

On ne voudrait scandaliser personne, mais l’Hermès phallique était aussi sacré pour les Grecs que l’est la lampe du Saint-Sacrement pour les chrétiens ou la Pierre Noire de la Ka’aba pour les musulmans.

On (des historiens spécialistes de l’Antiquité) a voulu relativiser la profanation d’Alcibiade en la faisant passer pour une étourderie de jeunes sots après boire. L’un n’empêche pas l’autre mais les contemporains, eux, ne s’y sont pas trompés. Car le culte du phallus n’était pas seulement populaire, c’était surtout une survivance matriarcale, que le patriarcat en pleine ascension n’avait pu éradiquer.

Le message de ceux qui s’autoproclamaient « aristocrates » était clair, net et précis : «Nous voulons bien des privilèges que nous confère ce membre – le pouvoir absolu pour nous, les femmes au gynécée et les petits garçons pour notre récréation – mais nous ne voulons pas des servitudes qu’il implique, nous ne voulons pas être astreints à des performances « utiles à la société » dont nous nous contrefichons. Ils venaient d’entamer leur longue marche vers la brebis Dolly.

Tout l’art grec témoigne avec éclat de cette volonté de s’affranchir des obligations sexuelles liées à la nécessité de la reproduction : que ce soit dans la statuaire ou la poterie (puisque la peinture est perdue) ce ne sont partout que dieux surdimensionnés, qu’athlètes aux muscles hypertrophiés arborant tous, sans exception, des zizis d’enfants de dix ans, bistouquettes minuscules qui ne correspondent nullement à une esthétique particulière mais à une volonté politique.

5. Silène portant Dionysos.jpg

6. Amphore_panathénaïque.jpg

7. Hector.jpg

Qui a dit que l’histoire se répète ?

Rosa Llorens est allée voir une exposition au Musée d’Orsay. Elle raconte.

 

1er octobre 2013

Masculin/Masculin : y a-t-il encore une place pour les femmes dans la culture unigenre ?

8. Masculin-Masculin.jpgRosa LLORENS

Même si le musée d’Orsay annonce "un projet innovateur et très ambitieux", les critiques ne semblent pas enthousiastes : "une exposition confuse, parce que dépourvue de toute réflexion historique" (Le Monde), "L’homme nu en mal de sens" (Exponaute), "Dans ce festival de fesses, les oeuvres académiques, hélas, abondent" (Télérama).

La visite a de quoi, en effet, laisser perplexe ; mais on peut, derrière les déclarations affichées, y saisir quelques fils conducteurs, religieux, socio-historiques anti-féministes, qui confirment le rôle que joue aujourd’hui l’homosexualité en tant que nouveau chien de garde.

La première question qu’on se pose porte bien sûr sur le but d’une telle exposition : la présentation officielle insiste sur "les dimensions et les significations du nu masculin dans l’art". Est-ce vraiment une entrée féconde ? Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne parvient guère à englober de belles oeuvres ; elle aboutit plutôt à un musée des horreurs pompier, où on nous promène de Bouguereau et Flandrin aux kitschissimes Pierre et Gilles, et à une sorte de réalisme "homo-soviétique" avec Le Bain de Paul Camus et ses deux garçons nus dans une salle de bain, se lavant "après l’amour" (nous informe le commentaire).

Peut-on prendre au sérieux cette volonté pédagogique ? Difficile de s’imaginer conduisant une classe dans cette exposition ; du reste, on peut lire, avant une des dernières sections, un avertissement, assez discret, mais très pertinent : "Attention, certaines oeuvres présentées dans cette section de l’exposition sont susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public." (Une visiteuse se félicitait de ne pas être venue avec son fils, ni, d’ailleurs, avec son mari).

Mais c’est toute l’exposition qui dément le prétexte pédagogique : comment s’interroger sur "les dimensions et significations...", etc, alors qu’elle suit une ligne de confusionnisme décidé, encadrant savamment un tableau religieux (le Christ après la déposition) par des corps d’éphèbes langoureux, ou quelques auto-portraits électriques d’Egon Schiele par des photos érotiques ? Nous sommes volontairement égarés le long d’"un parcours thématique aux intitulés interchangeables" (selon l’expression d’Exponaute).

Certains regrettent que l’exposition n’assume pas ce qui est sa véritable finalité : l’exaltation du corps masculin, vu dans le cadre d’un imaginaire homosexuel. Cependant, malgré un saupoudrage d’oeuvres strictement académiques (comme Les Baigneurs de Cézanne), cette orientation est évidente et trouve son "apothéose" dans les photos de grand format aux couleurs fluo de Pierre et Gilles et de David LaChapelle.

Cette exaltation produit-elle du moins des effets subversifs, comme elle voudrait le faire croire ? Les panneaux explicatifs évoquent une épopée dont l’enjeu serait la représentation sans voiles du sexe masculin ! cette lecture héroïque occulte des réalités plus sérieuses.

D’un bout à l’autre de l’exposition, s’affirme une volonté cynique de dégrader tout ce qui est religieux, commune aujourd’hui à toute l’industrie de la propagande (à commencer par la publicité). De chaque tableau religieux, on nous invite à ne retenir que la représentation de la (semi-)nudité masculine et à le considérer comme une préparation aux tableaux ou photos modernes ouvertement homo ; ainsi du thème de l’Ecce Homo, qui aboutit à l’Ecce Homo (version an 2000) de Kelinde Wiley, où un Noir dévoile tendrement un autre Noir qui regarde le spectateur : que peut-il bien avoir à nous dire ?

On sait que le thème du Saint Sébastien a souvent donné lieu à des tableaux ambigus, avec des martyrs trop beaux qui, selon une lecture psychanalytique, reçoivent avec volupté les flèches qui les blessent. Mais les peintres et photographes homo prennent cette lecture au pied de la lettre, et on voit, dans l’Ex-voto à saint Sébastien, d’Alfred Courmes, un jeune marin d’une esthétique Jean-Paul Gaultier, en béret à pompon, et marinière qui met en valeur ses fesses nues. Et on termine l’exposition sur une toile gigantesque, L’Ecole de Platon, de Jean Delville, où Platon est représenté comme un Christ entouré de 12 jolis disciples androgynes.

Mais le comble de l’odieux est atteint avec une des photos-tableaux vivants de LaChapelle : Wouldbe Martyr and 72 Virgins, où un beau Gulliver noir est ficelé par 72 poupées Barbies voilées, sur un sol jonché de pierres, de cocktails molotov et d’un bazooka : la prétendue transgression homosexuelle sert à reconduire les pires clichés de la presse bien-pensante, avec son association obsessionnelle entre Islam, violence et fanatisme (le terroriste dont la seule finalité serait de goûter au Paradis d’Allah !).

Malgré l’esthétisme de l’expo, le contexte socio-historique ne peut pas être occulté, sous peine d’ aboutir à l’apologie de comportements jugés "élégants" à l’époque symboliste mais qu’on doit aujourd’hui qualifier de criminels. On s’extasie sur le Jeune Homme au bord de la mer de Flandrin (1836) et la communion de l’homme et la nature qu’il traduirait ; mais, une section plus loin, on apprend que le tableau était devenu une icône dans "les cercles homosexuels de l’avant Première Guerre mondiale" ; on revient alors sur une photo de Wilhelm von Gloeden, Nu masculin à Taormine, qui représente un jeune berger en pagne, dans la même position foetale, et on comprend que ce photographe faisait partie de ces riches Européens du Nord qui allaient chercher dans les pays méridionaux et maghrébins des amours homosexuelles bon marché, tel Gide en Algérie. La décontextualisation esthétisante vise à nous faire oublier l’exploitation sexuelle des pays colonisés.

Dans la même veine, un critique qui trouve que l’expo ne va pas assez loin dans l’exhibition du sexe masculin et son activité, cite comme un exemple d’audace la danse érotique et le sexe enrubanné d’un jeune noir dans Paradis : Amour, d’U. Seidl ; mais il ne pense pas à le resituer dans le contexte de l’exploitation touristique, y compris sexuelle, du Kenya.

Mais, parmi tous les exclus de l’expo, il faut citer aussi les femmes : "du désir féminin, il n’est quasiment jamais question", remarque Exponaute ; en fait, les artistes femmes présentes ne font qu’aller dans le sens des fantasmes homoérotiques, de façon parfois encore plus crue (c’est en cela que consiste un certain porno-féminisme). Et cette absence va beaucoup plus loin : l’exposition nous enferme dans un univers d’où les femmes sont exclues, parce qu’on n’a plus besoin d’elles. Le dernier fil conducteur de l’expo semble être que les hommes les remplacent avantageusement dans tous les domaines.

Sur le plan esthétique, d’abord, un des panneaux explicatifs nous fait savoir, d’emblée, que le corps masculin, plus ferme et musclé, a l’avantage. Ce que confirme la photo Pin-up. Jennifer Miller as Marilyn Monroe, de Zoé Léonard, où un transsexuel s’étire voluptueusement sur un tissu rouge, montrant en effet des courbes dignes de Marylin ! De même, Pierre et Gilles remplacent le mythe de Léda (fécondée par un cygne) par celui de Ganymède, où le bel éphèbe câline son aigle.

Sur le plan sexuel et affectif, aussi, on voit les photos de couples masculin/masculin se multiplier. Mais on va plus loin : les hommes peuvent aussi remplacer les femmes dans leur fonction de maternité, et en tant que symboles de fécondité. Ainsi, George Platt Lymes montre, dans un montage-photo, une Deuxième naissance de Dionysos. Certes, c’est un thème mythologique, mais, tandis que, dans l’iconographie classique, Zeus garde toute sa majesté, ici, au moment où le petit Dionysos sort de sa cuisse, il se tord dans les douleurs de l’enfantement - fantasme homosexuel illustré, mais sur un mode grotesque, par Malaparte, dans La Peau.

On peut aussi citer le tableau de Lucian Freud : Parties de Leigh Bowery, sorte de réplique parodique à L’Origine du monde, où le sexe masculin remplace le sexe féminin. (Le thème est aussi décliné par une artiste, Orlan, où la même image est intitulée : L’Origine de la guerre, ce qui conduit à se demander jusqu’à quand on va continuer à iconiser ce tableau de Courbet, qui avait d’abord trouvé sa place dans un harem égyptien).

Curieuse présentation que celle de l’exposition, où le sous-titre savant et objectif - le nu masculin dans l’art- est contredit par l’enfermement et le prosélytisme du titre- Masculin / Masculin (l’exposition de Vienne qui a servi de modèle était plus directe : Nackte Männer, Hommes nus). La glorification du corps masculin y apparaît comme une cause héroïque à défendre : auprès d’elle toute culture et croyance religieuses deviennent dérisoires, et elle doit passer avant les luttes de libération des peuples. Enfin, en intégrant ce qu’il y a de plus contestable dans la vision de la femme (la réduction de la personne à un corps-objet érotique) et en s’annexant ses spécificités, elle exclut les femmes de façon radicale.

Rosa Llorens

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Pendant qu’on y est…


L’AFFAIRE DU BANKSY DÉCOUPÉ. À QUI APPARTIENT LE STREET ART ?

9. Mural de Banksy  volé - à qui appartient le Street art.jpg

10. Banksy 2.jpg

NEWS NEWS NEWS Dans la nuit du 16 au 17 février 2013, un mural peint au nord de Londres par le célèbre peintre de rue Banksy  est découpé. Quelques jours plus tard, le morceau de mur peint réapparait dans une galerie de Miami, mis en vente pour 500,000 dollars. Les habitants du quartier manifestent, Banksy proteste, les galeristes affirment que l'oeuvre leur a été vendue par le propriétaire du mur. A qui appartient donc le "street art" ? Enquête (une version courte de cet article est parue dans Le Monde).

C’est un garçonnet pied nus, en chemise déchirée, cousant à la machine une guirlande de petits drapeaux anglais. Le pochoir s’appelle « Slave work », « travail d’esclave ». D’un mètre carré environ, il a été peint en juin 2012 sur un mur de Haringey, au Nord de Londres, pour se moquer des festivités du Jubilé de diamant de la Reine. Les médias anglais l’ont beaucoup montré. Son auteur est le plus fameux artiste de rue d’Angleterre, et le plus coté, l’invisible Banksy. On retrouve sa patte : de l’émotion, un humour noir, très politique.

Au cours du week-end du 16-17 février 2013, « Slave work » disparaît, découpé dans le mur, à la grande surprise des habitants. Quelques jours plus tard, il est mis aux enchères pour 500000 $ (375000 €) sur le catalogue de la salle de ventes, Fine Art Auctions Miami, aux Etats-Unis. Aussitôt, un élu de Haringey, Alan Strickland, écrit au Arts Council d’Angleterre, en charge de la promotion et la défense des artistes anglais, pour lui demander de s’opposer à la vente. Il lance sur tweeter la pétition Saveourbanksy (Sauvez notre Banksy) : « La communauté de Haringey estime que cette œuvre nous a été donnée gratuitement, et qu’elle doit la garder.»

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Source : http://fredericjoignot.blog.lemonde.fr/2013/03/02/laffair...

 

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11. Des films - TITRE.JPG

Mais – revenons-y – Rosa Llorens, critique d’art, est aussi notre critique de cinéma préférée. Que voilà une belle occasion de vous servir ses derniers délectables comptes-rendus.

Moisson de l’été

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24 septembre 2013

Cinema Komunista : hommage à la Yougoslavie.

12. Cinéma Komunista.jpgRosa LLORENS

Deux films de mémoire sortent cette semaine : Cinema Komunisto, de Mila Turajlik et : Barcelone, avant que le temps ne l’efface, de Mirèia Ros. Tous deux auraient pu se référer, en sous-titre, au livre de G. Orwell, Hommage à la Catalogne.

Malheureusement, le deuxième se contente de dérouler les souvenirs de quelques grandes familles de la bourgeoisie industrielle et mécène de l’époque moderniste (fin XIXe-début XXe) ; il apporte certes des informations intéressantes et même amusantes, ainsi l’étymologie du mot "culé" (supporter du Barça) : le choix du terrain du nouveau stade, le futur Camp Nou, s’était porté sur un champ de choux, "col" en catalan ; "coler", amateur de choux, s’est ensuite déformé en culé, qui se prononce de la même façon. Mais c’est un film narcissique, et on a du mal à partager la nostalgie des auteurs (du film, et du roman qui l’a inspiré) qui semblent penser que la fin des grandes dynasties bourgeoises est la fin de Barcelone (pas la moindre allusion au projet de deuxième Renaissance catalane à travers la revendication de l’indépendance).

Au contraire, Cinema Komunisto est un hommage au peuple yougoslave et au projet fédérateur de la Yougoslavie. Avec l’histoire des studios Avala de Belgrade (qui rivalisaient avec Cinecittà), c’est toute l’histoire de la Yougoslavie (1945-1991) qui défile sous nos yeux, à travers les souvenirs d’un directeur d’Avala, un acteur idole du public yougoslave, Bata Zinojenovic, et, surtout, le projectionniste privé de Tito, Leka Konstantinovic, qui, pendant plus de 30 ans, lui a montré un film par jour.

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Source : http://www.legrandsoir.info/cinema-komunista-hommage-a-la...

 

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5 août 2013

Offline : un Passé conjugué en flamand.

13. Offline - flamand.jpgRosa LLORENS

L’été est déprimant au cinéma : dans Journal intime, Nanni Moretti, resté à Rome, constate qu’il a le choix entre films d’horreur américains et pornos. Le Nouvel Observateur, lui, nous conseille les rééditions. Mais il y a plus stimulant : découvrir des "petits" films, plus visibles, maintenant que nous ne sommes plus assommés par de grosses campagnes de pub. Plutôt que Wolverine et autres loups-garous, vampires et amateurs de tronçonneuses américains, pourquoi ne pas aller voir du côté des voisins belges, tellement plus surprenants que les Persans en habits parisiens estampillés par les médias officiels ?

Que peut-on en effet trouver chez des Iraniens qui ont renié leur pays et qui ne tournent que pour le public européen et, plus spécialement, le Tout-Paris ? des clichés insipides comme de la world food, autour, par exemple, d’une famille recomposée suivant les canons du sociétalement correct.

Dans Offline, par contre, tout a la saveur du réel, l’accent du vrai : nous sommes à Gand (mais nous ne verrons pas de canaux, seulement des quartiers de grands ensembles), en territoire flamand ; Rudy est spécialisé dans la réparation de machines à laver, sa femme est coiffeuse, son meilleur ami, Rachid, un immigré francophone connu en prison, est chauffeur de taxi. Pas de familles recomposées ici : Rachid tient à la réussite de son mariage, dont sont nés trois garçons. Quant à la famille de Rudy, elle reste décomposée depuis sa condamnation à la prison : sa femme vit seule, dans le chagrin et la rancoeur, leur fille Vicky essaie de financer ses études (bien compromises) grâce à la messagerie rose, sous le pseudo de Sweetlips.

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Source : http://www.legrandsoir.info/offline-un-passe-conjugue-en-...

 

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28 juin 2013

Diaz, les G8 et le vrai visage de la démocratie.

14. DIAZ.jpgRosa LLORENS

Après Piazza Fontana, de M.T. Giordana, Daniele Vicari vient encore illustrer avec force le genre du cinéma politique italien : bien que Diaz, Un crime d’Etat, concerne les terribles événements du G8 de Gênes en 2001, sa sortie pendant le récent G8 qui s’est tenu en Irlande lui redonnait une pleine actualité.

On peut sans doute faire des reproches au film (Vicari en a reçu aussi bien de la droite et de la police, que de l’extrême-gauche qui lui reproche de ne pas avoir assez parlé de son projet politique) ; mais on a trop besoin de ce type de film pour ne pas le saluer avec gratitude, alors que les medias traditionnels ne sont plus que bourrage de crâne, et en ces temps de trahison des clercs : dimanche dernier, l’inénarrable Michel Serres dissertait sur France-Info (à propos de récentes manifestations) sur Expertise ou Vérité et Opinion, suivant l’opposition scolastique entre Logos et Doxa (pont aux ânes de tout candidat au Bac de philo), pour conclure que les chiffres donnés par la police, relevant de l’Expertise, et donc de la Vérité, sont incontestables, tandis que ceux donnés par les organisateurs des manifestations, relevant de l’Opinion, ne devraient pas être cités (car les mettre en parallèle avec les premiers serait offusquer la Vérité).

Il ne reste donc, pour ouvrir de petites fenêtres sur la réalité, que le cinéma. Le G8 de Gênes a fait un mort, un jeune de 22 ans, Carlo Giuliano, tué d’une balle, mais aussi écrasé à deux reprises par un véhicule de la police. Ceci a marqué les esprits ; mais qui se souvient de la suite ? C’est de cette suite que traite le film.

Diaz s’ouvre sur une scène énigmatique (qu’on reverra plusieurs fois et qui ponctue la première partie du film) : un jeune lance une bouteille qui vient s’écraser à côté d’un véhicule de la police, selon une trajectoire qui se déroule au ralenti et à l’envers : c’est en effet le petit incident fatidique qui va aboutir à un déchaînement de violence policière. Après la mort de Giuliano, les autorités italiennes, voulant en finir avec les jeunes qui continuaient à tenir tête à la police, multipliaient les provocations, cherchant un prétexte : cette bouteille leur permet de se présenter comme menacées et d’utiliser un certain article de loi pour justifier une vaste opération, l’assaut de l’Ecole Diaz. Des centaines de policiers, de Gênes, mais aussi des renforts venus de plusieurs autres villes, attaquent pendant la nuit moins d’une centaine de jeunes anti-système qui dormaient dans le gymnase. La caméra, très mobile, nous plonge dans la violence, la confusion et la panique de cette nuit : elle suit l’irruption des hordes de policiers, les coups de matraques qui s’abattent sur garçons et filles indifféremment, mais aussi sur des médecins et des journalistes, la chasse à l’homme dans les étages de l’école, où on débusque de petits groupes de leurs précaires cachettes, et les mares de sang qui s’élargissent (d’où le sous-titre italien : Don’t clean up this blood) : et tout cela est scrupuleusement exact, il suffit de comparer le film aux vidéos tournées sur le vif.

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Source : http://www.legrandsoir.info/diaz-les-g8-et-le-vrai-visage...

 

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19 juin 2013

La Bataille du Chili, 40 ans après.

15. Bataille du Chili.jpgRosa LLORENS

Le 11 septembre 2013, il y aura 40 ans du coup d’État de Pinochet et de la mort d’Allende, mais c’est aussi les 40 ans du Coup d’État du 27 juin 2013 en Uruguay (petit pays dont on parle moins souvent mais où la dictature militaire a mené une répression plus sanglante, proportionnellement au nombre d’habitants, qu’en Argentine). Grâce à la Coordination "40 ans après", on a pu revoir au cinéma Action Christine La Bataille du Chili, de Patricio Guzman.

Le film, tourné pendant la présidence d’Allende, dans des conditions dramatiques, pourrait s’intituler Chronique d’un Coup d’État annoncé : effectivement, dès la victoire d’Allende aux élections de septembre 1970, les partis politiques de droite, les secteurs radicaux de l’armée et la CIA avaient mis au point la stratégie du chaos qui devait conduire au coup d’État.

La grande difficulté, pour l’équipe de tournage, dit P. Guzman, était le décalage entre le peu de moyens matériels (le film fut tourné grâce à la pellicule offerte par Chris Marker, et monté, après le coup d’État, à Cuba) et la masse d’événements et l’effervescence des années 70-73 : il fallait choisir et planifier ce qu’on allait couvrir ; les choix furent judicieux, puisqu’on suit le film dans l’angoisse, l’estomac noué, revivant les possibilités extraordinaires de cette période, tout en pensant aux tragédies humaines auxquelles elle a abouti ; mais on assiste aussi, au-delà du documentaire, à de grands moments de cinéma.

Les séquences font alterner trois groupes, trois centres de pouvoir : les ouvriers dans leurs usines, la droite parlementaire appuyée sur l’armée, et, entre les deux, Allende et le gouvernement d’Unité Populaire.

Face à la stratégie de tension et de sabotage de la part de la droite, Allende ne pouvait compter que sur le peuple : il a donc encouragé les ouvriers à s’organiser, ce qu’ils ont fait avec une détermination et une efficacité impressionnantes ; les usines passent entre les mains du peuple, constituant les nouveaux "cordones", où le travail est inséparable des actions de défense : on voit les ouvriers dresser des barricades et obliger la police mais aussi le gouvernement, qui voulait revenir sur ces nationalisations sauvages, à reculer.

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Source : http://www.legrandsoir.info/la-bataille-du-chili-40-ans-a...

 

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16. Rohani vs Bibi.jpg

Sans raison. Juste parce qu’elle nous fait rire.

 

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Jean-Sébastien-Bach et Fats Waller

 

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Mis en ligne le 6 septembre 2013.







22:09 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/09/2013

Espoirs brisés (suite au précédent)

1. To Gaza with love.jpg

 

Espoirs brisés

(Suite au précédent)

 

20 septembre 2013

Broken Hopes : superbe documentaire sur la fragmentation du territoire palestinien

20 ans après les accords d’Oslo…

En 1993, la signature des accords d’Oslo a suscité un immense espoir, celui de la reconnaissance de l’existence du peuple palestinien et de ses droits.
La poignée de main entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin à Washington reste une image forte imprimée dans notre mémoire collective. Autrefois symbole de l’espoir de l’établissement d’une paix durable, cette rencontre historique est aujourd’hui synonyme d’échec pour la plupart des analystes et d’une grave régression sociale et économique pour les Palestiniens.

Le webdocumentaire

L’Agence VU’, Action contre la Faim et Darjeeling s’associent pour vous présenter BROKEN HOPES | Oslo’s legacy, une expérience documentaire de 20 minutes réalisée par le photographe Cédric Gerbehaye et la journaliste Eve Sabbagh en territoire palestinien occupé.

Alternant des séquences de voyage tournées grâce à un dispositif GoPro et des témoignages de Palestiniens et d’Israéliens, l’internaute est plongé dans un voyage interactif du Sud au Nord de la Cisjordanie. L’interface principale composée d’une carte dynamique et interactive vient apporter des éléments de compréhension en regard des séquences de voyage.

Source : http://www.legrandsoir.info/broken-hopes-superbe-document...

 

BANDE ANNONCE

 

Film à visionner ici : http://broken-hopes.fr/#

 

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29 septembre 2013

Les plans israéliens en Cisjordanie ne laisseront pas grand chose aux Palestiniens (Znet)

2. PALESTINE partage.jpgNoam CHOMSKY

Les dialogues de paix qui commencent à Jérusalem se déroulent dans un cadre et sur la base de principes qui méritent qu’on y regarde de près.

L’un des principes de base c’est qu’il existe deux options : soit on parvient à un accord pour deux États, soit on ira inévitablement vers ce qui est la réalité – un État « de la mer au Jourdain », une issue qui représenterait « un risque immédiat de disparition de l’identité d’Israël comme État juif et démocratique », cela étant dû à ce qu’on appelle « le problème démographique », une future majorité palestinienne dans un État unique.

C’est Yuval Diskin, ancien agent du Shin Beth (les services de sécurité en Israël), qui a employé cette formule, mais ces idées font quasiment l’unanimité aussi bien chez les commentateurs politiques que chez les universitaires. Cela est toutefois très incomplet. Il existe en effet une troisième option, la plus réaliste : Israël continuera sa politique actuelle avec le soutien des États-Unis, soutien économique, militaire et diplomatique – bien que parfois accompagné de quelques mots de désapprobation.

Les objectifs politiques sont assez clairs. Leurs racines remontent à la guerre de 1967. Et ils ont été maintenus avec une détermination spéciale après les Accords d’Oslo de septembre 1993. Ces Accords avaient déterminé que Gaza et la Cisjordanie représentaient une entité territoriale indivisible. Israël et les États-Unis ont aussitôt fait en sorte de les diviser, ce qui signifie que quelle que soit l’autonomie que les Palestiniens obtiendraient en Cisjordanie ils resteraient coupés du monde extérieur.

L’étape suivante a été de créer une vaste zone appelée le Grand Jérusalem, incorporée à Israël, en tant que capitale – cela en violation directe des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette zone représente un obstacle de taille pour la construction d’une éventuelle entité palestinienne. Un corridor vers l’est de la nouveau Grand Jérusalem inclut la ville coloniale de Ma’aleh Adumim, fondée dans les années 1970, mais construite dans une grande mesure après les Accords d’Oslo. Elle représente quasiment une barrière de séparation à l’intérieur de la Cisjordanie.

Des corridors vers le nord – incluant d’autres villes coloniales – divisent ce qui resterait comme territoire sous contrôle palestinien – des « bantoustans », comme les appelle l’un des principaux architectes de cette politique, Ariel Sharon, en référence aux territoires qui en Afrique du Sud étaient réservés aux noirs durant l’apartheid.

Dans le même temps Israël continue de faire passer des territoires de son côté le long du « mur de séparation » qui coupe au travers de la Cisjordanie ; ainsi Israël saisit des terres arables et des ressources en eau, ainsi que des villages palestiniens. Cela inclut aussi des blocs de colonies qui « resteront partie intégrante d’Israël quelque soit l’accord de paix qui adviendra » ; c’est que qu’avait affirmé le porte-parole du gouvernement israélien, Mark Regev, lorsque les négociations en cours ont été annoncées.

La Cour internationale de justice (CIJ) a déclaré que tout cela est illégal ; le Conseil de sécurité de l’ONU avait d’ailleurs déjà déclaré que toutes les colonies sont illégales. Les États-Unis s’étaient ralliés au reste du monde et avaient accepté cette décision durant les premiers temps de l’occupation. Mais sous Ronald Reagan, cette position a été modifiée, parce que considérée « néfaste pour la paix », et Barack Obama l’a encore plus affaiblie, puisqu’il a considéré « qu’elle n’aide pas à la paix ».

Israël a aussi nettoyé la vallée du Jourdain de Palestiniens, y a établi des colonies juives, y a creusé des puits, et prépare donc l’intégration de la région à Israël.

Cela achèvera d’isoler toute future entité palestinienne en Cisjordanie. Dans le même temps d’énormes projets d’infrastructures à travers toute la Cisjordanie – excluant les Palestiniens – font avancer l’intégration à Israël, avec une probable annexion à la clé.

Les espaces qu’Israël saisit seront quasiment libres d’Arabes. Il n’y aura plus de « problème démographique », ou de droits civiques, ou de lutte anti-apartheid, contrairement à ce que beaucoup de défenseurs des droits des Palestiniens prévoient dans un État unique.

Il reste des questions. Avant l’ère Obama les présidents États-uniens avaient interdit à Israël de construire des colonies dans la zone E1 – une zone en dispute qu’Israël espère développer. Cela achèverait de séparer le Grand Jérusalem des zones sous contrôle palestinien. Ce qui va se passer là demeure incertain.

Alors que les négociations s’ouvraient, Israël a clairement affirmé ses intentions et a annoncé de nouvelles constructions à Jérusalem-Est et dans diverses colonies. La liste des colonies constituant des « priorités nationales » a été augmentée. Les constructions sont encouragées, avec des incitations à la clé pour les colons juifs.

Obama a clairement fait connaître ses intentions en désignant Martin Indyk comme chef des négociateurs ; il est issu du lobby pro-israélien. Il aura comme proche collaborateur le conseiller présidentiel Dennis Ross. Ce dernier part du principe qu’Israël a des « besoins », lesquels sont bien plus importants que les desiderata des Palestiniens.

Ces évolutions nous mènent à un deuxième principe de base : les Palestiniens ont entravé le processus de paix en imposant des pré-conditions. En réalité ce sont les États-Unis et Israël qui imposent d’importantes pré-conditions. La première pré-condition c’est que le processus doit rester sous le contrôle des États-Unis, alors qu’ils sont participant actif au conflit, du côté israélien, et non pas un « honnête médiateur ». La deuxième pré-condition c’est que la colonisation doit pouvoir se poursuivre.

Il existe un immense consensus international en soutien à la solution à deux États, sur les frontières internationalement reconnues, peut-être avec « des ajustements mineurs et réciproques » sur la ligne du cessez-le-feu de l’année 1949. Ce sont les mots qu’employait la diplomatie états-unienne à une époque plus ancienne. Ce consensus inclut les États arabes et l’Organisation de la conférence islamique (et donc l’Iran). Depuis 1976 les États-Unis et Israël font opposition à cette position consensuelle. En 1976 les États-Unis avaient opposé leur veto à une résolution basée sur ce consensus et qui avait été proposée par l’Égypte, la Jordanie et la Syrie.

Cette longue histoire de refus se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Le plus récent veto états-unien au Conseil de sécurité de l’ONU concernant le territoire palestinien remonte à février 2011. Il s’agissait d’une résolution qui était en principe conforme à la position officielle des États-Unis – la fin de l’expansion des colonies illégales israéliennes. Et l’histoire du refus va bien au-delà du Conseil de sécurité de l’ONU.

Erronée aussi est la question de savoir si le premier ministre israélien, faucon, accepterait un « État palestinien ». En fait son administration a été la première à admettre cette possibilité lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1996, après Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui eux rejetaient cette option. David Bar Ilan expliquait que certaines zones seraient laissées aux Palestiniens, et que s’ils voulaient les appeler « un État » Israël ne s’y opposerait pas – ils pourraient aussi bien les appeler « poulet frit ».

Ce commentaire reflète l’attitude de la coalition États-Unis-Israël quant aux droits des Palestiniens. Dans la région il y a un grand scepticisme au sujet de la réactivation actuelle du « processus de paix » par Washington. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi.

Noam Chomsky

Source : http://www.zcommunications.org/israels-west-bank-plans-wi...

Traduction : Numancia Martinez Poggi

URL de cet article 22683

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29 septembre 2013

La "Conférence de paix" occulte la destruction de la Palestine.

Jacques BUDE

3. Destruction Palestine.jpg

 « Mettre fin aux spéculations sur les mirages de la fin de l’occupation et les chimères quant à la création d’un État palestinien au moyen des négociations, alors que ces tentatives ont échoué de manière cinglante. … L’expérience de vingt années de négociations avec l’entité sioniste prouve que celle-ci, par sa composition, sa nature, son comportement raciste de colonisation et de haine et sa politique ne montre aucune disposition pour une paix véritable qui garantisse au minimum les droits nationaux de notre peuple. … La colonisation s’est poursuivie pendant ces vingt ans de négociations et s’est multipliée par trois, voire par quatre. Tandis que la judaïsation de Jérusalem se propage inexorablement. » (Marwan Barghouti, mars 2012)

À de rares exceptions près, les initiatives internationales visant à mettre fin au conflit entre Israéliens et Palestiniens considèrent que le dialogue de paix – négociations sans intervention extérieure - est le seul moyen d’atteindre cet objectif. Cette vision des choses est également largement répandue au niveau du sens commun.

Pourtant les ’conférences de paix’ entre Israéliens et Palestiniens - Madrid (1991), Oslo I (1993-1994), Oslo II (1995), Wye River (1998), Charm El-Cheikh (1999), Camp David (2000), Taba (2001), Charm El-Cheikh (2005), Jérusalem (2006), Annapolis (2007) – n’ont ni réalisé ni même contribué à la paix. Ces ’dialogues de paix’ n’ont ni interrompu, ni même ralenti la colonisation de peuplement et la confiscation des terres dans les territoires occupés en 1967. Ils n’ont pas empêché l’État d’Israël de poursuivre, voire d’accélérer l’installation d’Israéliens juifs dans les territoires occupés - aujourd’hui plus de 500000, soit un Israélien juif sur 10 -, l’implantation de colonies fortifiées, la confiscation et le nettoyage ethnique de terres palestiniennes.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/la-conference-de-paix-occulte...

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Agenda belgo-palestinien 23 09 2013-1.pdf

 

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Mais à quoi bon lésiner…

Passons de Palestine en Iran, ce n’est pas loin : Pour ceux qui se sont laissé vendre la fable du président Rohani se rapprochant des États-Unis, rien de tel que le texte intégral – même en traduction rapide - de son discours à l’ONU. Nous y voyons, nous, le maintien d’une position ferme autant que justifiée, en même temps qu’une impeccable leçon de morale politique dans la droite ligne de Mahmoud Ahmadinejad. (À faire copier cent fois chaque jour par MM. Laurent Fabius et Guy Verhofstadt. Et à la main, pas en copié-collé !)


29 septembre 2013

Le discours du président iranien Rohani à l’AG de l’ONU (Texte intégral)

4. Rohani.jpeg 

Grâce au nom de Dieu, le Tout-miséricordieux, le Très-miséricordieux

Louange au Seigneur des deux mondes, paix et bénédictions divines au grand Messager et aux Gens de la demeure

 

M. le Président, M. le Secrétaire général ! Mesdames et Messieurs !

Au début, je tiens à présenter mes sincères félicitations à l’occasion du choix de Son Excellence à la présidence de l’Assemblée générale de l’Onu et saluer le travail inlassable de M. Ban Ki-moon.

M. le Président ! Notre monde est empli de crainte et d’espoir : crainte de la guerre et des hostilités à l’échelle régionale et internationale ; crainte du clash meurtrier des identités confessionnelle, ethnique et nationale ; crainte de l’institutionnalisation de la violence et de l’extrémisme, crainte de la pauvreté et des discriminations humiliantes, crainte de l’anéantissement des ressources vitales, crainte de la négligence de l’honneur et des droits de l’homme, crainte de l’ignorance de l’éthique.

En revanche, il y a aussi de nouveaux espoirs face à ces craintes : l’espoir en l’accueil favorable des populations et des élites du monde entier à la devise « oui à la paix et non à la guerre » ; l’espoir à la préférence du dialogue à la lutte, de la modération à l’excès.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/le-discours-du-president-iran...

5. Retour triomphal rtbf.be.jpg

À l’aéroport de Téhéran :  retour triomphal de Hassan Rohani,

après sa semaine new yorkaise.

 

 

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Et chose promise chose due :

 

Nigel Kennedy et Moustapha (quinze ans) :

Melody in the Wind - Dernière nuit des Proms 2013

 

 

 

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Mis en ligne le 29 septembre 2013

21:06 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/09/2013

PALESTINE ENCORE ET TOUJOURS

1. END OCCUPATION.jpg

 

PALESTINE ENCORE ET TOUJOURS

 

APPEL AU SECOURS DES PALESTINIENS

STOP AU BLOCUS DE GAZA !

STOP À L’OCCUPATION ET AUX PERSÉCUTIONS ISRAÉLIENNES !


2. Over again.jpg


RASSEMBLEMENTS CE SAMEDI :

 

Chères amies, Chers amis,

Notre mobilisation s'impose face à la terrible aggravation de la situation en Palestine, qu'il s'agisse de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza, dans le silence le plus complet de nos gouvernants et de la plupart de nos médias... sauf quand il y a des soldats israéliens tués, alors qu'ils occupent illégalement des territoires qui ne leur appartiennent pas.

A Gaza, l'étau se resserre de manière dramatique sur 1,8 million de femmes d'hommes et d'enfants, avec l'aide des militaires égyptiens, qui forment désormais un tandem avec Israël, pour priver la population de nourriture, de soins, de carburant, d'eau potable.

La destruction par l'armée égyptienne de 95 % des tunnels, qui permettaient de continuer à survivre, a des répercussions dramatiques : 

- Plus de transports faute d'essence. Les universités de Gaza annoncent qu’elles vont fermer leurs portes, puisque les étudiants n'ont plus de moyens de transport pour s'y rendre.

- L'électricité, déjà rationnée à 8 h, est désormais passée à 4 h par jour. Les appareils, qui assurent la survie de malades, tombent en panne dans les hôpitaux. 

- Les eaux sales remontent à la surface dans les rues et ne peuvent plus être épurées faute d'alimentation des pompes. Les risques d'épidémies se rapprochent.

(Lire le témoignage d’Amir Hassan :

http://www.europalestine.com/spip.php?article8617 )


Et le monde se tait devant cette catastrophe humanitaire !

En Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, la colonisation ne cesse de s'intensifier.

  • Des villages entiers sont détruits, et des dizaines de milliers de Bédouins expulsés.
  • Quand des diplomates veulent leur apporter de l'aide, l'armée israélienne les brutalise, comme dans le cas de l'attachée culturelle du Consulat de France à Jérusalem, la semaine dernière.
  • Les lieux de culte des Palestiniens, et notamment la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, sont régulièrement attaqués.
  • Les colons et les soldats israéliens agressent en permanence les Palestiniens.
  • Le gouvernement d'extrême-droite vole les terres et l'eau, emprisonne et torture à tour de bras, hommes, femmes et enfants, tout en prétendant s'engager dans des « pourparlers de paix ».

Ainsi 5 enfants d'un village proche d'Hébron sont incarcérés en Israël, accusés, sans la moindre preuve, d'avoir jeté des pierres sur une route empruntée par des colons. 

Ils doivent passer devant un tribunal militaire au début octobre et risquent 25 ans de prison ! 

Ces derniers jours, après que deux soldats de l'armée d'occupation israélienne ont été tués sur les terres palestiniennes où ils n'ont rien à faire, les représailles ne se sont pas fait attendre. Ainsi à Hébron, ville palestinienne, 5000 soldats ont été dépêchés pour martyriser davantage encore la population.

3. chiens.jpg

4. Chien policier.jpg

Ils circulent dans les rues avec des mégaphones et des chiens, obligeant toutes les personnes de sexe masculin à partir de l'âge de 18 ans à sortir de leur maison et à se regrouper sur des places où ils doivent rester les mains en l'air, dans des positions douloureuses, jusqu'à ce qu'ils soient interrogés.

Une centaine ont été arrêtés en 24 heures. 

Le bouclage de la ville est total. Les ambulances n'ont pas le droit de transporter les malades ni les femmes enceintes à l'hôpital.

Israël a construit un mur, soi-disant de séparation, pour soi-disant protéger sa population. Pourquoi y a-t-il plus de 600.000 colons et des dizaines de milliers de soldats israéliens qui sont du côté PALESTINIEN de ce mur ?

5. Mur - roberto-grossi.JPG

                       NOUS VOUS APPELONS À ORGANISER DES RASSEMBLEMENTS DE PROTESTATION DANS TOUTES LES VILLES POUR EXIGER LA LIBÉRATION DE TOUS LES PALESTINIENS, ENFERMÉS DANS LEURS VILLES, DANS DES PRISONS OU DANS LA BANDE DE GAZA !

A PARIS, NOUS VOUS ATTENDONS :

CE SAMEDI 28 SEPTEMBRE 

DE 14 H A 17 H 

À BEAUBOURG, PLACE EDMOND MICHELET 

M° CHATELET-LES HALLES OU RAMBUTEAU

Rassemblement à l’initiative de CAPJPO-EuroPalestine, Droits Devant, Enfants de Palestine, Nanterre Palestine, PIR (vous pouvez ajouter votre signature à celle de ces premières associations).

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

Plus d’infos sur  http://www.europalestine.com

6. gaza-occupation.jpg


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« Riez, » disait notre grand-mère, « la grimace est plus belle. »

 

Syrie : Sept « Israéliens » participeront au démantèlement des armes chimiques !!!!

mercredi, 25 septembre 2013 18 :55

IRIB-L’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) va enrôler sept Israéliens dans l’équipe chargée de démanteler l’armement chimique syrien, selon une source proche du secrétariat technique de l’OIAC.

«En fonction de l’accord russo-américain lié à cette affaire et au mode d’action de l’organisation, celle-ci peut demander l’aide d’experts israéliens, quoiqu’Israël n’est pas membre dans l’organisation, à condition de détenir d’autres nationalités qu’il est permis d’admettre sur le sol syrien», rapporte la source.

Sept experts israéliens sur les neuf qui ont été contactés ont exprimé leur disposition à adhérer à l’équipe qui devrait se rendre en Syrie. Ils détiennent aussi, respectivement, les nationalités allemande, russe, biélorusse, ukrainienne, française et canadienne.

Ils ont été contactés à la demande du canadien Scott Cairns, le vice-président de la Commission d’enquête dans «le massacre de Ghouta» et du directeur général de l’organisation, l’ambassadeur turc Ahmad Azomjo.

Le premier, qui travaille dans l'inspection des armes chimiques depuis une dizaine d'années, est un chercheur et un entraîneur militaire du Centre de recherche et de développement pour la défense. Il serait détenteur de la nationalité israélienne. Quant au Turc, il avait été consul à Alep au début des années 80. Entre 1999 et 2002, il a occupé le poste d'ambassadeur de Turquie en «Israël», puis auprès de l'Otan entre 2002 et 2004.

Cinq des sept Israéliens travaillent pour l’Institut israélien de recherches biologiques, chargé d’études chimiques et biologiques défensives et militaires, directement lié au Premier ministre. Cet Institut aurait été créé pour développer les produits nécessaires à la guerre biologique et chimique et pour assurer la défense contre de telles armes. On y développerait, entre autres, des dizaines d’espèces de microbes dangereux comme l’anthrax, des produits de guerre chimique et des poisons complexes, c’est l’un des instituts les plus secrets au monde. Les deux autres Israéliens travaillent respectivement en Europe et au Canada.

La source proche du secrétariat technique de l’OIAC dit s’attendre à ce que le cours des inspections soit entaché de scandales pires que ce qui s'était passé en Irak, où les agents des services de renseignements américains et israéliens récoltaient des informations pour le compte de leurs pays et non pour celui des Nations Unies ! «Certains avaient même pollué des armes irakiennes traditionnelles avec des produits chimiques interdits, armes qu'ils ont par la suite apportées avec eux pour fabriquer le chef d'accusation contre le gouvernement irakien, sous prétexte qu'il occultait des armes chimiques».

Un certain nombre d'agents israéliens de cet institut en question étaient parvenus l'été dernier à s'infiltrer, via la frontière turque, vers les usines militaires situées dans la localité de Safira au nord d'Alep, grâce à l'aide des services de renseignements turcs et du chef du Conseil militaire d'Alep, le colonel déserteur Abdel Jabbar Akidi, selon cette même source.

7 bis. Armes chimiques.jpg

 Source : http ://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/276312...

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Un conflit religieux, la Saint-Barthélemy des musulmans égyptiens ?

Allons, allons !

 

24 septembre 2013

 

Égypte : Carnage et Saccage.

.par Georges Stanéchy – sur À contre-courant

N.B. : Ce billet, dans sa première partie, a été publié le 27 août 2013. Complété, par apports successifs depuis, il est remis en ligne dans son intégralité.

Texte long pour un blog, peut-être. En réaction, dérisoire certes, à l’intense lavage de cerveau que nous inflige notre industrie de la désinformation.
Pour ne pas oublier, au-delà des ravages actuels en Syrie et ailleurs, que l’Egypte vient d’être plongée à nouveau, à la suite du coup d’Etat de juillet dernier organisé par l’Occident, dans un des régimes dictatoriaux les plus sauvages de notre planète.

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« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi ! »

« Si nous voulons que rien ne change, il faut que tout change ! »

Guiseppe Tomasi di Lampedusa – Le Guépard (1)

8. egypt-massacre.gif

L’hystérie

Méticuleusement et puissamment orchestrée par nos industriels de la désinformation sur fond de gaz toxiques en Syrie, répandus par on ne sait trop qui, tuant on ne sait trop combien. Avec des vidéos de victimes "gazées", diffusées sur Internet la veille de l’évènement…

Seule certitude : les mercenaires de l’OTAN, résidus des cuves de la délinquance de ses pays membres "recyclés" en "libérateurs" des peuples, s’illustrant sur place depuis de nombreux mois en rapines et massacres en tous genres, ne figurent pas parmi les victimes…

Les cris d’horreur de La Bonne Conscience de nos menteurs professionnels, complices des pires crimes de guerre, politiciens et médias confits de cynisme et de corruption poussant le monde au bord du précipice d’une guerre mondiale, sont si couinants que carnages et saccages organisés en Egypte par les militaires, à la suite du récent coup d’Etat, en sont pratiquement oubliés.

Morsi, président de la "République Egyptienne" depuis un an, vient de se faire renverser par la soldatesque aux ordres de l’Occident. C’est vrai : il n’était pas Allende, même si le général Al Sissi, patron du gang des putschistes, est pire que Pinochet.

Un bain de sang. (2) Plus de mille morts officiellement, officieusement on parle du triple, des blessés par milliers. Après avoir mitraillé des manifestants pacifiques, certains brûlés vifs par des grenades au phosphore, qui avaient eu le tort de refuser le fait accompli. Le reste suit, inévitablement : emprisonnements arbitraires, enlèvements, tortures, par dizaines de milliers. Exécutions sommaires d’opposants par centaines.

Oui. Aujourd’hui, nous sommes tous : Egyptiens.

Mais, à quoi bon s’émouvoir ?... Nous serine la propagande, aux poches bourrées d’argent saoudien. Utilisant son instrument favori, le marteau-pilon de la diabolisation : "mieux vaut une bonne dictature au pouvoir que des islamistes". Entre méchants comment, et pourquoi, faire la différence ?... D’autant qu’ils sont interchangeables et installés au pouvoir par les mêmes donneurs d’ordre.

De quoi perdre effectivement le nord dans ce brouillard de fausses informations, et perpétuel lavage de cerveau. Pourtant, loin de sa complexité apparente, le schéma de déroulement des évènements répond à une logique tout aussi simple qu’implacable…

Lire la suite…

Tous les lecteurs de Georges Stanechy ne sont pas forcément d’accord avec ses analyses, ou pas entièrement. Or, ce sont souvent des amis, d’où le ton inhabituellement civil qui règne dans sa rubrique « commentaires ». Il importe donc non seulement de lire ses articles toujours passionnants, mais aussi les échanges de vues qui les suivent.

Nous nous permettons de rappeler que notre propre conviction en ce qui concerne les guerres dites « de religion » est et reste qu’aucune guerre n’a jamais eu pour cause réelle des motifs religieux et jamais non plus les motifs allégués ; qu’au contraire toutes, sans exception, ont eu pour causes exclusives les deux sempiternels motifs : volonté de puissance (on dit aussi soif de pouvoir) et rapacité (c. à d. volonté d’accaparement), même s’il a souvent été trouvé commode de fanatiser quelques hordes d’exécutants en leur délivrant des « messages » de dieux divers ou des prétentions morales.

Non, la Saint Barthélemy française n’a pas eu la défense du catholicisme pour cause ! Non, la France n’a pas déclaré la guerre à l’Autriche en 1792 pour apporter la Liberté, l’Égalité et la Fraternité aux peuples d’Europe. Non, Napoléon n’est pas entré dans Moscou pour libérer les Russes des Tsars ! Non, aucun peuple n’en a jamais colonisé un autre pour lui apporter les bienfaits de la civilisation !

Pour avoir un joli tableau (romancé) de la façon dont ces choses-là fonctionnent, on peut lire, avec le regard plus clair que donne la distance dans le temps, le « polar historique » de M. Jean d’Aillon, Nostradamus et le dragon de Raphaël(Le Masque, Labyrinthes 2005).

 

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La « non intervention » U.S. en Égypte :

Les activistes du « printemps arabe » et le lobby pro-israélien

Ahmed Bensaada

26 septembre 2013

Article en PDF : Enregistrer au format PDF

Lorsqu’Israa Abdel Fattah sortit de la prison d’El Kanater, cette soirée du 23 avril 2008, elle n’en croyait pas ses yeux. Elle était finalement libre après 18 jours d’emprisonnement. Vêtue de la version féminine de l’uniforme des prisonniers égyptiens, une sorte de drap blanc couvrant le corps et les cheveux, la mine défaite et les yeux hagards derrière ses lunettes métalliques, elle chercha avidement un visage familier. Elle traversa la grille de métal et, apercevant sa mère, se mit à courir en sa direction. Elle se jeta à son cou et la serra si fort dans ses bras qu’on eût dit que les deux corps n’en formaient plus qu’un. La ferme accolade déclencha une longue crise de sanglots chez la fille que la mère chercha, non sans peine, à endiguer avec de pathétiques consolations. Retransmise à la télévision nationale, cette scène a ému toute l’Égypte et le mythe de la « Facebook Girl » était né.

9. israa abd el fatah.jpegIl faut dire que la mère avait remué ciel et terre pour la libération de sa fille. En effet, deux jours plus tôt, elle avait payé une annonce publiée par le quotidien Al-Masry Al-Youm implorant « le cœur de monsieur le Président de la république, monsieur Hosni Moubarak, le cœur de madame Suzanne Moubarak et le cœur de monsieur le Ministre de l’intérieur, M. Habib El Adli » de libérer sa fille [1]. Elle déclara elle-même à la caméra, entre deux hoquètements, que si elle avait su que son action la mènerait dans une geôle, elle n’aurait rien entrepris.

Mais qu’avait-elle fait de si répréhensible pour avoir mérité l’emprisonnement, attiré l’attention des médias et provoqué une levée de boucliers de la part d’organisations de défense des libertés ? 

Lire la suite…

Source : http://www.michelcollon.info/Les-activistes-du-printemps-arabe.html

 

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Dernière minute :

Cuba et le Timor Oriental

 

Vendredi 27 septembre 2013

Le président du Timor Oriental à Cuba

Frédéric Delorca – Atlasaltern

Le président du Timor Oriental (Timor Leste), Taur Matan Ruark (un ancien cadre de la guérilla Fatilin, bras armé du Fretilin marxiste jusqu'à la fin de la guerre froide), est arrivé hier à Cuba pour remercier ce pays pour l'aide qu'il apporte au sien. Pays victime en décembre 1975, de terribles massacres, commis par l'armée indonésienne avec la bénédiction des Etats-Unis et dans le silence des grands médias de l'époque, sauf quelques esprits libres comme Noam Chomsky, le Timor oriental a obtenu l'indépendance en 1999 après qu'un tiers de sa population eurent péri sous l'occupation indonésienne.

Eloigné des grands enjeux géostratégiques et des préoccupations occidentales, il bénéficie encore d'une aide cubaine remarquable en matière médicale. Ainsi que l'a reconnu le Guardian le 25 juin 2012, en 1999 il n'y avait plus que 70 généralistes et un chirurgien pour 1 million d'habitants. Grâce à l'envoi de 165 médecins et infirmiers cubains qui encadrent un millier de médecins locaux, le pays compte aujourd'hui six hôpitaux et 200 cliniques rurales. 11 400 vies ont été sauvées en 5 ans entre 2003 et 2008 selon un rapport de Aid Watch Report Australie. 500 médecins du Timor sont sortis de l'université cubaine en novembre dernier. Le programme cubain finance 70 % des dépenses de santé du pays.  

Cuba avait été en 1975 un des premiers pays à reconnaître le gouvernement du Fretilin après la décolonisation par le Portugal. La coopération médicale entre Cuba et le Timor oriental a débuté en 2003, peu de temps après la fin de l'administration provisoire du pays par l'ONU.

F. Delorca

Voir la vidéo ici.

Source :

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-le-president-du-timor-oriental-a-cuba-120283296.html

 

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Cordes palestiniennes

 


Les quatre saisons du prêtre roux. Interprété par Nigel Kennedy, violon, avec les « Cordes de Palestine » du Conservatoire National de Musique Edward Saïd et des membres de son propre « Orchestre de Vie ».

Autant le dire, nous sommes ici des admirateurs inconditionnels de Nigel Kennedy. La preuve, c’est que nous avons décidé de vous offrir une de ses interprétations à la fin de chacun de nos posts, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus.

 

 

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Mis en ligne le 28.9.2013




23:47 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/09/2013

Le bonheur est (toujours) une idée neuve en Europe

1. BLOG - DEBORD -  set-them-free.JPG

« Le bonheur est (toujours) une idée neuve en Europe »

et, certes,

« Les morts de génie travaillent »

 

mais ils sont souvent si dangereux savez-vous qu’il faut savoir les neutraliser, soit en les calomniant, soit en les célébrant.

À propos de papiers, la France vient de nous gratifier de deux pantomimes édifiantes, illustrant presque simultanément cette alternative.

Celle d’abord, des « papiers Robespierre » jaillis de leur bi-séculaire oubliette, que l’État (resté mitterandien, de branche thaïlandaise) s’est assez fait tirer les basques pour « acheter » au nom de la Nation, à condition toutefois qu’un certain nombre de cochons de contribuables mettent doublement la main au gousset pour aider un peu. Les temps sont durs.

Celle, ensuite, des papiers (et autres objets) Debord, sur lesquels le même État ou à peu près s’est jeté, afin que, surtout, l’université de Yale ne les ait pas.

Dans toute société marchande digne de ce nom, un achat se rentabilise. Les reliques de celui qui l’a mise à nu au point de l’écorcher vive viennent donc d’être montrées au public dont elles sont le patrimoine, contre beaux et bons assignats.

2. ane reliques diocese gap embr!un.jpg

Guy Debord. Un art de la guerre

Exposition - du 27 mars 2013 au 13 juillet 2013 - à la BNF – TGB  François-Mitterrand / Grande Galerie

Avec le soutien de….

3. Louis_Roederer_Cristal_Champagne.jpg

…grand mécène de la culture.

Et de quelques autres, car tout est grand à Lilliput. Quel Swift ou quel Bosch n’eût-il pas fallu pour peindre de telles noces ?

Bref,

Ceci est désormais du passé, mais pourquoi ne pas succomber comme tous nos contemporains à la manie des anniversaires, et le faire à notre manière - habituelle - en retard ou en avance ?

Le 30 novembre prochain, donc, il y aura 19 ans que Guy Debord a passé l’arme à gauche.

Or, s’il est vrai que les morts de génie travaillent, il arrive en outre que certains causent. Parole de fantôme ! Nous sommes allés chez ceux qui les entendent chuchoter… grattent le vélin et rapportent ce qu’ils ont entendu.


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Carmina Sovietica
par Guy Debord


The time is out of joint : O cursed spite,

That ever I was born to set it right

Shakespeare, Hamlet

 

Ein Gespenst geht um in Europa –

das Gespenst des Kommunismus.

Marx, Manifeste communiste


La Sphère bat comme un tambour aux doigts de l'Atlante qui la porte sur ses épaules. Elle retentit de l'écho des tombes dont sont faits les grains de sa peau. La voix des morts clame à ses oreilles : « Entendez-vous encore le cri de Dante : L'amour meut le soleil et les autres étoiles ? Mais d'où vient-il que les vivants contemplent jour et nuit le ciel sans apercevoir plus qu'un faux plafond constellé d'astres artificiels et d'un lustre jetable en guise de soleil ? D'où leur est venu ce plancher de bitume qui dérobe aux regards des mortels toute voyance des abîmes où nous leur faisons signe ? »

Le bunker de la Valeur passerait pour un monde si n'émettait quelque objection contre pareille outrecuidance la Parole d'un Titan bien placé pour le connaître sur le bout des doigts – mieux que les puces numériques organisant ses fonctions digitales. Je vis alors que j'en faisais partie depuis près de vingt ans, de ces défunts dont le De Profundis faisait résonner le tambour terrestre pour inspirer la mélopée d'Atlas. N’introduit-elle pas au plus profond des sept mers comme au septième ciel, grâce à l’Œil imaginal ? Celui qui autorise  une conteuse orientale à transférer les ruines de Bagdad, Le Caire et Damas vers cette île occidentale. J’ai reçu d’elle ce qui m’a fait défaut toute mon existence : une aptitude à lier vie et mort, nuit et jour, songe et réalité. Raison pourquoi dès l’année de ta naissance – 1951 – il me fallut proclamer : « Je ne referai pas le voyage d’Orphée »

Par la grâce de Shéhérazade, puisse donc te parvenir cette Confession..

 

La plateforme de notre hébergeur étant en ce moment ce qu’elle est (nulle), franchement, il vaut mieux…

Lire la suite…

sur le site où nous l’avons pris : l’

Ensphéropédie d’Anatole Atlas

À la source : http://www.spherisme.be/


Ce texte, sous le titre Confession de Guy Debord, est à paraître aux éditions La Muette : http://lamuette.be/confession-de-Guy-Debord.html


*

 

4. BLOG - DEBORD The art of military strategy.gif

 

LIVRES

 

Saint-Just

  • ·     Œuvres Complètes, édition établie par Michèle Duval, volume relié (Champ Libre-Gérard Lebovici 1984)
  • ·     Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, 2004, 1248 p., édition établie par Anne Kupiec et Miguel Abensour, précédé de "Lire Saint-Just" par Miguel Abensour.

 

Guy Debord

 

Écrits

  • Hurlements en faveur de Sade (synopsis), revue Ion, avril 1952 (Rééd. Jean-Paul Rocher, 1999).
  • Rapport sur la construction des situations, Internationale lettriste, 1957 ; Mille et une Nuits, 1999. Également dans Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste (1948-1957), Allia, 1985.
  • Contre le cinéma, scénarios des trois premiers films de Debord illustrés par des images des films, édité et préfacé par Asger Jorn, Institut scandinave de vandalisme comparé, Aarhus, Danemark, 1964.
  • Le Déclin et la chute de l'économie spectaculaire-marchande, brochure parue anonymement en 1965 et dans IS en 1966 au sujet des émeutes des Noirs à Los Angeles. Debord la fera rééditer en 1993 suite à de nouvelles émeutes (Les Belles Lettres, 1993).
  • Le Point d'explosion de l'idéologie en Chine, brochure contredisant les intellectuels français acquis à Mao Zedong. Ce texte fut également publié dans l'IS en 1967.
  • La Société du spectacle, Buchet-Chastel, 1967 ; Champ libre, 1971 ; Gallimard, 1992.
  • Œuvres cinématographiques complètes, Champ libre, 1978 ; Gallimard, 1994.
  • Préface à la quatrième édition italienne de « La Société du spectacle », Champ libre, 1979 ; Gallimard, 1992.
  • Considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici, éditions Gérard Lebovici, 1985 ; Gallimard, 1993.
  • Commentaires sur la société du spectacle, éditions Gérard Lebovici, 1988 ; Gallimard, 1992.
  • Panégyrique, tome premier, éditions Gérard Lebovici, 1989 ; Gallimard, 1993.
  • In girum imus nocte et consumimur igni. Édition critique, éditions Gérard Lebovici, 1990 ; Gallimard, 1999.
  • « Cette mauvaise réputation… », Gallimard, 1993.
  • Des contrats, Le temps qu'il fait, 1995.
  • Panégyrique, tome second, Arthème Fayard, 1997.
  • La planète malade, Gallimard, 2004.
  • Tous les livres de Guy Debord ainsi que des textes inédits ont été réunis en un volume d'Œuvres, Gallimard, collection Quarto, 2006.
  • Enregistrements magnétiques (1952-1961), Gallimard, 2010.

 

Œuvres en collaboration

  • Fin de Copenhague, avec Asger Jorn, Bauhaus Imaginiste, Copenhague, 1957 ; Allia, 1986.
  • Mémoires avec Asger Jorn, Internationale situationniste, Copenhague, 1958 ; Les Belles Lettres, 1993 ; Allia, 2004.

Second livre de Jorn et Debord après Fin de Copenhague et également imprimé par Permild et Rosengreen, mais avec un tirage moins restreint. Debord apporta un soin méticuleux pour rassembler les " éléments préfabriqués ". Dans un exemplaire lui ayant appartenu où il a porté l'indication des sources des détournements, il précise que l'ouvrage a été composé dans l'hiver 57-58, imprimé à Copenhague vers l'automne de 1958, en dépit de la mention imprimée " 1959 ". " Tous les livres et journaux ici utilisés ont paru, au plus tard, en 1957, et généralement avant ". La réédition de 1993 par les Belles Lettres fut tirée à 2300 exemplaires.

  • Internationale Situationniste, (12 numéros parus entre 1958 et 1969). Réédition en un volume chez Van Gennep, 1970 ; Champ libre, 1975 ; Arthème Fayard, 1997.
  • Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations, avec René Viénet, Raoul Vaneigem, Mustapha Khayati et René Riesel, Gallimard, 1968 ; Gallimard, 1998.
  • La Véritable Scission dans l’Internationale - circulaire publique de l'Internationale Situationniste, avec Gianfranco Sanguinetti, Champ libre, 1972 ; Arthème Fayard,
  • Potlatch (1954-1957), éditions Gérard Lebovici, 1985 ; Allia, 1996 ; Gallimard, Folio, 1996. Les vingt-neuf bulletins de la revue sont également reproduits dans Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste (1948-1957), Allia, 1985.
  • 1998.

Debord est en fait l'auteur unique de ce livre.

  • Coordination des groupes autonomes d'Espagne, Appels de la prison de Ségovie, Champ Libre, 1980.

Debord est l'auteur de la lettre Aux libertaires placée dans le premier chapitre.

Debord a créé ce jeu dans les années 1950.


Correspondance

  • Correspondance, huit volumes parus, Arthème Fayard, 1999-2010.
  • Le marquis de Sade a des yeux de fille, Arthème Fayard, 2004.
  • Éditions Champ Libre, Correspondance en deux volumes, Champ Libre, 1978 et 1981.

Nombreuses lettres de Debord.

Retiré de la vente suite à la décision de la 14e chambre de la cour d'appel de Paris à la demande d'Alice Debord, reconnue désormais seule ayant droit de l'œuvre de Guy Debord.


Textes traduits par Guy Debord

  • Censor (pseudonyme de Gianfranco Sanguinetti), Véridique Rapport sur les dernières chances de sauver le capitalisme en Italie, traduit de l'italien, Champ Libre, 1976 ; éditions Ivrea.
  • Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937 par un « Incontrôlé » de la Colonne de fer, traduit de l'espagnol avec Alice Becker-Ho, édition bilingue, Champ Libre, 1979. Ce texte figure dans le volume d'Œuvres édité par Gallimard dans la collection Quarto en 2006. [lire en ligne]en brochure
  • Jorge Manrique, Stances sur la mort de son père, traduites du castillan avec une note de présentation, édition bilingue, Champ Libre, 1980 ; éd. Le Temps qu'il fait, 1996.
  • Federico García Lorca, traduction en 1988 du poème « La Mariée infidèle » (in Œuvres, coll. Quarto, Gallimard, 2006 et aussi in Correspondance, volume 7, Fayard, 2008). Cette traduction a été initialement publiée en 2004 dans le recueil Trois arbres ils ont abattus aux éditions William Blake & Co.

 

Et ne chipotons pas

Films


Jeux

 

Chansons

Debord a détourné les textes de deux chansons (La Java des Bons-Enfants et Chant des journées de mai) ainsi que les notices historiques qui accompagnent les neuf chansons du disque101.


Textes en ligne

On peut retrouver de nombreux textes situationnistes ici.  

 

[ Merci Wikipedia.]

 

Jean-Louis Lippert

- Pleine lune sur l'existence du jeune bougre, Messidor, Paris, 1990

- Mamiwata, Talus d'approche, Mons, 1994

- Dialogue des oiseaux du phare - Maïak I, Luce Wilquin, Avin, 1998

- Confession d'un homme en trop - Maïak II, Luce Wilquin, Avin, 1999

- L'Affaire du Satan de Stan, Talus d'approche, Mons, 2000

- Tango tabou de l'Ombu - tohu bohu, Luce Wilquin, Avin, 2002

- Tombeau de l'aède - César contre Césaire, Luce Wilquin, Avin, 2005 (lien externe vers ces livres).

- Hors l'enclos sous le joug, Sphère Convulsiviste, 11 septembre 2011

- Ajiaco, Miroir Sphérique, novembre-décembre 2011, juin 2012

 

Anatole Atlas

- Manuscrits de la Mère-Rouge, Sphère Convulsiviste, 1985

- Autopsie du XXe siècle, Sphère Convulsiviste, 1986

- Transe pour retrouver le sens du devenir, Sphère Convulsiviste, 1987

- L'au-delà est là, Sphère Convulsiviste, 1988

- Mémoire du Temps, Sphère Convulsiviste, 1990

- De la Belgique - Phénoménologie de l'absence d'esprit, Luce Wilquin, Avin, 2000. (lien externe vers ce livre).

- Global Viewpoint - Le point de vue d'Homère sur la face cachée du Monde, Maelström, Bruxelles, 2003

- Encyclique des nuages caraïbes, Maelström, Bruxelles, 2005. Bookleg #8 disponible à la librairie maelström.

et un extrait est disponible en PDF (lien externe).

 

Juan-Luis De Loyola

 - Fragments pour que noblesse oblige - adresse aux fistons de Tonton, Luce Wilquin, Avin, 2001


Un monstre pour une idée neuve 


5. ajiaco.jpg




Bruxelles, Miroir Sphérique, 2012

724 pages au format A4

Jaquette en vrai cuir de l’Atlas

Prix 99 € - Se vend chez

Tropismes Libraires

11, Galerie des Princes - Bruxelles

02 512 88 52

info@tropismes.com




 

Un spectre hante la littérature : le spectre de l'aède. Il est le refoulé d'une ère prosaïque interdisant que soit traduit en chant le poème du monde. Sa mélopée depuis la guerre de Troie, dans un miroir sphérique, offre une vision globale dont s'élucident les trompe-l'oeil du dernier demi-siècle.

Seuls guidèrent sa descente aux abîmes des songes qui ne se font pas les yeux fermés. Transfuge des deux rives en flagrant délit d'exil où qu'il soit, l'aède Anatole Atlas accomplit ici le plus beau de ses rêves : celui d'un homme qui réinvente l'univers au-delà de la mort.

En lui la voix de Lazare s'unit à celle d'Orphée pour actualiser le voyage d'Osiris.

Ici la parole s'empare donc d'Eve, d'Eurydice et d'Isis : ange-démon, fée-sorcière, oiseau-serpent des origines dont la transe ne conjure pas tous les sortilèges du dragon quand celui-ci vêt armure d'archange au sommet de la capitale d'Europe.

Quelles noces unissent-elles ces forces antagoniques pour emmurer l'humanité dans une géhenne d'images édéniques ? Orpailleur du temps dont les pépites illuminent un livre écrit de siècle en siècle, l'aède nous distille une alchimique sémiologie de la cosmopolis. Oeuvre allégorique, parabole pure, sa cosmythologie se veut, contre toutes les formes d'empoisonnement psychique, une hiérophanie de l'image dialectique.

Mais, d'avoir épousé tous les espoirs déçus des vaincus de l'Histoire, qui plus que lui doit-il supporter la violence de l'échec ? Jusqu'après la mort il demeure fidèle à cette étoile rouge dont il fut chevalier servant toute sa vie, contre l'unique opinion mondiale.

Témoin oculaire de l'avenir non moins que visionnaire du passé, l'aède annonce de longue date aux vivants que le paradis du mythe s'ouvrira dès lors qu'ils habiteront historiquement leur monde.

Car la nostalgie de l'unité perdue rejoint l'utopie d'une sphère commune à tous.

Ne s'en faut-il pas d'un regard pour que s'évanouisse le cirque des idoles en la fausse lumière projetée par les miradors de la tour Panoptic ?

L'aède est un miroir de la révolution qui vient.

Mais il nous conte aussi la plus étrange histoire d'amour jamais imaginée dans un roman. Amour, Révolution, Création : ARC faisant jaillir dans une cinquième dimension - celle du rêve et de la mémoire - une flèche vers l'ailleurs qui permet au lecteur lui-même de conjurer son propre évanouissement dans la mort.

Peut-être un espace-temps vertigineux s'ouvrira-t-il à celui-ci. Peut-être s'avisera-t-il du fait que les multiples censures frappent l'oeuvre de l'aède (aventure d'une écriture autant qu'écriture d'une aventure), comme expérience des limites où se joue le destin de la parole humaine, éclairent la dimension politique de toute vraie littérature.

Peut-être découvrira-t-il que nul n'est innocent du crime narré dans cet AJIACO.

Présentation de l'auteur

[ Rien de commun avec les petits marquis auto-édités clamant leur persécution sur tous les plateaux d’étranges lucarnes. Car il ne suffit pas de savoir écrire… encore faut-il avoir quelque chose à dire. C’est ce « quelque chose » qui fait non pas la persécution mais l’ostracisme.]

 

*

Souvenir de 1978…

Un film sans Depardieu, mais avec Guy Debord

 

Passager des grosses Orchades,

6. Atlante fils de mère folle.jpg

Un Atlante fils de Mère-Folle

 

... a mis ceci en ligne le 22 septembre 2013.

 

 

 

17:42 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |