15/04/2013

BRICS

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On croyait s’arrêter pour quinze jours au moins… vous laisser souffler un peu… Mais l’Histoire s’emballe et ne veut pas s’arrêter.


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Qu’est-ce que le BRICS ?

BRICS est un acronyme anglais pour désigner une organisation regroupant cinq pays : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, précédemment appelé BRIC avant l'ajout de ce dernier pays en 2011.

Ce terme est apparu pour la première fois en 2001 dans une note de Jim O'Neill, économiste de la banque d'investissement Goldman Sachs et a été repris en 2003 dans un rapport publié par deux économistes de la même banque. Ce rapport tendait à montrer que l’économie des pays du groupe BRIC allait rapidement se développer. Contrairement aux pays du bloc BAO (Bloc Américano-Occidental), qui auraient plutôt tendance à se rabougrir.

Les quatre précédents sommets du BRICS se sont tenus, dans l’ordre, à Iekaterinbourg, Brasilia, Sanya (Hunan) et New Delhi. Le cinquième vient de se tenir à Durban. Et notre bateau d’aujourd’hui s’y est trouvé, il y a peu, presque submergé par une puissante vague. Les participants, d’ailleurs, sont tous descendus de leurs avions respectifs en brandissant des parapluies, car il pleuvait.

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Mais laissons Georges Stanechy, qui le fait si bien, nous expliquer cette institution nouvelle, dont on n’a pas fini d’entendre parler.

 

Le BRICS à Durban

Georges Stanechy

« À contre courant » - 9 avril 2013

 

«  Il est tout à fait impossible aux hommes d’Etat de prévoir, sauf à très court terme, les résultats de n’importe quelle action politique à grande échelle. »

Aldous Huxley (1)

                                                                                                                                                                                                                  

Le Roi Shaka

Durban…

Aéroport international King Shaka. Embouteillage aérien, sympathiques bousculades et files d’attente.

Le monde entier semble s’être donné rendez-vous. Avions déversant de tous horizons et continents : délégations officielles, observateurs avec, dans leur sillage, inévitables “hommes d’affaires” ou affairistes… Amplifiant le flot des touristes habituels. Les plus euphoriques, ceux en provenance des pays de l’hémisphère nord, couverts de neige ou noyés sous les eaux.

Douceur idéale : 24° / 26 °. Immenses plages bordées d'hôtels aux gigantesques animations aquatiques, sous le soleil d’un climat subtropical alternant avec des averses rafraîchissantes. De mi-novembre à fin avril, c’est la saison des pluies (rainy season). La saison dite “sèche” n’intervenant que de juin à août.

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Agitation avec pour toile de fond la tenue, pour la première fois en Afrique du sud, du sommet annuel des chefs d’Etat du BRICS, 26 & 27 mars 2013. Elle y avait été cooptée lors du sommet tenu en Chine, à Sanya dans l’île de Hainan, en 2011.

Evidemment, grand silence dans les médias d’Occident et de ses colonies.

Normal : le BRICS y est détesté par les oligarchies (2). Nos “spécialistes du décryptage de l’information” ont donc consigne de ne pas en parler. Si ce n’est dans la condescendance, la dérision, voire le mépris.

King Shaka ?... Non, ce n’est pas la marque d’un hamburger local comme ironisent certains visiteurs à leur arrivée. Nous sommes au cœur de la nation Zouloue. Shaka, contemporain de Napoléon, fut son chef le plus prestigieux, son plus grand roi.

Guerrier exceptionnel d'endurance et d’audace, chef de guerre et tacticien hors du commun, il avait forgé, dans une discipline de fer, une armée permanente de 100.000 guerriers, d’une mobilité et d’une combativité sidérantes. Unifiant les différents clans Zoulous dans une puissante fédération sur un territoire équivalent à celui de la France.

Il sera assassiné, en 1828, par ses proches, dans une révolution de palais, à l’âge de 41 ans. Diabolisé, caricaturé, après sa mort, par les historiens de l’Empire britannique, et dans les guides touristiques édités de nos jours en Europe…

Les Zoulous, groupe ethnique le plus important et le mieux organisé du pays, ont longtemps, courageusement, héroïquement, résisté à la colonisation hollandaise puis britannique. Schéma habituel des conquêtes coloniales de l’époque : fusils à tir rapide, artillerie, cavalerie, destructions systématiques des villages, troupeaux et récoltes, avec massacres des civils, feront la différence. Les britanniques et leurs supplétifs réussirent à briser leur résistance.

Parmi eux des Français… Dont le plus connu est Louis Napoléon, fils de Napoléon III exilé en Grande-Bretagne. Engagé volontaire dans les troupes britanniques, il fut tué au cours d’une patrouille à cheval, le 1er Juin 1879. Surpris avec son groupe, il reçut 17 coups de lance, après avoir vidé son pistolet sur les guerriers du commando Zoulou. Il avait 23 ans.

Nation Zouloue, qui sera à la pointe du combat contre le régime raciste d’apartheid imposé par les colons européens, avec la complicité des grandes puissances coloniales. Jusqu’en 1994 !...

Lutte acharnée, sanglante, atroce, si bien chantée, accompagnée, partagée, par le “Zoulou Blanc” Johnny Clegg, ou d’autres grands artistes et intellectuels. (3) Notamment, la chanteuse, Miriam Makeba, personnifiant la magnifique résistance des femmes sud-africaines. Contrainte de passer la plus grande partie de sa vie en exil, errant de pays en pays d’accueil avec sa famille, sous les constantes menaces de mort des colons et de leurs alliés…

 

Durban ou notre planète en devenir

Durban… Emblématique de l’histoire du pays…

A l’origine, la localité fut baptisée en 1835 : D’Urban. Par les 35 citoyens britanniques habitant la baie, en l’honneur du gouverneur du Cap, Benjamin d’Urban. Général très populaire auprès des colons dont il encourageait les prédations par ses excès de violence et d’humiliations infligés aux africains.

Un missionnaire protestant, John Philip, remarquable militant anticolonialiste pour l’époque, à force de ténacité, réussira à mobiliser l’opinion publique et provoquer la création d’une commission parlementaire pour enquêter sur ces comportements criminels. Obligeant le ministère britannique des Colonies à le destituer de son poste civil, le 1er mai 1837. Lui conservant, toutefois, ses fonctions militaires afin de ménager la haute hiérarchie de l’armée.

Lent, trop lent, mais inexorable cheminement de l’Histoire… En 1999, même si l’appellation Durban est conservée, la municipalité a adopté officiellement le nom de : eThekwini Metropolitan Municipality. Formé à partir de la racine du mot Zoulou désignant la “baie” ou le “lagon” : itheku. (4)

A présent, capitale économique de la province du KwaZulu-Natal, la troisième ville du pays regroupe 3, 5 millions d’habitants. (5) Si 60% de ses concitoyens parlent anglais, la langue Zouloue, avec ses propres médias, est pratiquée au quotidien par 30% d’entre eux. S’ajoute à cette mixité linguistique, la plus grande communauté indienne hors d’Inde ; elle-même, mosaïque de pratiques religieuses et dialectes régionaux indiens.

Particularité de leur système colonial et de leur puissance navale, les britanniques procédaient à des transferts massifs de populations entre colonies pour empêcher l’accès à l’emploi, rémunéré et surtout qualifié, en conséquence au développement des “nations autochtones”, difficiles à exterminer du fait de leur nombre, considérées comme “réfractaires” ou “rebelles” à leurs spoliations.

Le cas le plus extrême est celui de la Malaisie, où les Malais furent systématiquement écartés de l’exploitation de leurs principales richesses de l’époque : caoutchouc et mines d’étain. Les britanniques leur substituèrent, par convois maritimes, des travailleurs Chinois en majorité, mais aussi Indiens. Tant et si bien, que le pays recense actuellement 25 % de sa population d’origine chinoise et 10 % d’origine indienne. (6)

En Afrique du sud, décidant de lancer à grande échelle la culture du sucre à partir de 1860, ils “importèrent” les ouvriers agricoles nécessaires depuis l’Inde. Aujourd’hui, Durban est classé premier “port sucrier” mondial et la communauté indienne représente 10% de la population de l’Afrique du sud.

Rappelons que Gandhi séjourna de 1893 à 1915 en Afrique du sud en tant qu’avocat au service de cette communauté. Il y forgea son militantisme, confronté aux humiliations et violences du racisme. (7) Malgré le statut supérieur des Indiens par rapport aux populations noires quasiment considérées, à l’exemple des peaux-rouges d’Amérique du nord, comme “animaux doués d’intelligence humaine”

De ces mixages de populations, migrations volontaires ou forcées, l’Afrique du sud se retrouve avec 11 langues officielles…

Mais, en ce XXI° siècle, n’est-ce pas une illustration du devenir de notre planète ?... Une mixité de populations, quelles que soient origines ancestrales, couleurs de peau, croyances religieuses ou philosophiques, dans le respect réciproque, le partage de valeurs de solidarité et de paix ?...


Miriam Makeba avec sa petite-fille Zenzi venue danser sur scène…

 

eThekwini Declaration and Action Plan

Monde de demain se télescopant avec la réalité d’aujourd’hui : la prospérité apparente de Durban ne doit pas faire illusion avec ses 10 millions de visiteurs annuels, ses paysages et plages, parcs naturels et sites historiques, hôtels, casinos et discothèques. Ecarts, gouffres, ne cessant de croître, séparant riches et pauvres, et même groupes ethniques, érodent l’Afrique du sud.

Eprouvant malgré son indépendance politique, comme de nombreux pays sortant d’une longue colonisation, les pires difficultés pour s’affranchir du despotisme économique de la "mondialisation". Qui n’est, nous le savons, que la dictature d’une poignée de groupes internationaux, avec leurs seconds couteaux et leur domesticité politicienne corrompue : finance, mines et hydrocarbures, marchands de canons, chimie-pharmacie, agro-industrie, alcooliers-cigarettiers, grande distribution.

Les meilleures terres agricoles appartiennent pour 80% à des "blancs", représentant moins de 10% de la population, à titre personnel ou dans le cadre de sociétés d’exploitation et de commercialisation. Son patrimoine minier d’une richesse inouïe par ses colossaux gisements de diamants, d’or, de charbon, d’uranium, de fer, de cuivre, de nickel, de platine et autres métaux rares, détenu en majorité par des sociétés étrangères, rend d’autant plus choquant l’extrême pauvreté du ¼ de sa population, provoquant une situation de violente délinquance.

Malgré l’émergence d’une "classe moyenne", l’Afrique du sud, considérée comme la première économie du continent, est à l’image des autres Etats du BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine. Mais aussi, du reste du monde. Y compris, mais dans une évolution inverse, les pays dits "développés" où la paupérisation des populations s’accentue au fil des jours, en Amérique du nord ou en Europe.

Que peut apporter le BRICS dans la réflexion et l’action, face à l’urgence des solutions à trouver aux problèmes d’organisation et de développement, de survie même, de l’Humanité ?...

Le scepticisme des commentateurs à l’égard du BRICS s’exprime dans des termes dévalorisants. Le moins négatif étant celui de "disparate". (8) Comme si les autres "sommets" étaient des modèles de cohésion, d’harmonie, d’efficacité… Le mépris, toujours… Dès lors qu’une initiative d’ampleur mondiale n’a pas pour origine les "penseurs", "Think Tanks" et "stratèges" d’Occident.

 

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Vous avez dit « multipolarité » ?

Il l’a dit et il le prouve.

 

Rares sont les témoignages positifs. Ils n’en sont que plus surprenants. Tel celui de l’analyste financier Jim O’Neill (9). Responsable de  la gestion d’actifs [placements & investissements pour le compte de tiers : environ US$ 800 milliards] de Goldman Sachs, créateur de l’acronyme BRIC, en 2001, avant l’inclusion de l’Afrique du sud.

S’exprimant dans la presse allemande, une semaine avant la tenue du sommet de Durban, Jim O’Neill estime que le BRICS, non seulement progresse rapidement, mais qu’il dépasse toutes les attentes !... Une communauté de près de 3 milliards d’habitants, quadruplant en 10 ans son PIB, sortant de la misère des dizaines de millions de personnes. La Chine, d’après les statistiques de la Banque Mondiale, réussissant en 20 ans à en extraire plus de 450 millions. Le BRICS détenant, point le plus fondamental :

« … le potentiel de prévenir une récession globale, de croître plus vite que le reste du monde et de devenir un moteur de la croissance mondiale ». (10)

Recoupant ainsi toutes les études prospectives des organismes internationaux, même ceux les moins bien disposés à l’égard du BRICS. A l’exemple du PNUD, qui dans son « Rapport sur le Développement Humain 2013 – L’Essor du Sud : Le Progrès Humain dans un Monde Diversifié», pages 15-16 illustrées d’un graphique [figure 3], section intitulée « Rééquilibrage Mondial », ne peut que constater (11) :

« … en 2050, selon les prévisions du présent Rapport, la Chine, l’Inde et le Brésil, représenteront ensemble près de 40 % de la production mondiale…

[…] le Brésil, la Chine et l’Inde, ont réduit de manière drastique la proportion des personnes à faibles revenus – le Brésil de 17,2 % en 1990 à 6,9 % en 2009, la Chine de 60,2 % en 1990 à 13, 1 % en 2008 et l’Inde de 49,4 % en 1983 à 32,7 % en 2010. »

Traiter le BRICS dans l’indifférence, ou la condescendance, n’est effectivement qu’une dérisoire posture de déni. Ce qu’ont compris les plus lucides. (12)

S’affirmant progressivement comme un pôle moteur de développement et de rénovation des transactions internationales, économiques et financières, le BRICS, il convient de le souligner, représente surtout un ancrage de stabilité, de pondération, dans les relations entre pays et continents. Devenus si volatils, agressifs, tant les pulsions paranoïaques ont supplanté le traitement logique et apaisé des inévitables conflits d’intérêts.

Un sommet "productif", ou "réussi", repose sur l’interaction de quatre rouages :

=> En amont, l’aboutissement d’un intense travail préparatoire, accompli par de multiples commissions spécialisées

=> A l’issue du sommet, un consensus sur l’architecture des accords et décisions liés au thème proclamé. En l’occurrence :

"BRICS and Africa: Partnership for Development, Integration and Industrialisation”

=> Les discussions, négociations et accords bilatéraux entre partenaires en dehors, ou en accompagnement, des décisions collectives.

=>  Les rencontres formelles et informelles entre responsables des délégations. Dans le cas du BRICS, les chefs d’Etat respectifs.

Cette dynamique a étonnamment bien fonctionné au cours de ce sommet. Eclatant succès, marquant une avancée spectaculaire de l’importance géopolitique du BRICS.  Majeure, actuellement. Dont le poids, l’impact, dans la rénovation inéluctable des systèmes de gestion économique et politique, vont se révéler déterminants dans les prochaines décennies.

Ainsi qu’en témoigne sa Déclaration finale : “eThekwini Declaration and Action Plan”, reprenant dans son titre le nom de la ville hôte. Celui en langue Zouloue de Durban : eThekwini. Ses 47 articles, suivis du Plan d’Action, méritent une lecture attentive pour qui souhaite percevoir, mesurer, le basculement irréversible du centre de gravité des enjeux, forces et pouvoirs de la planète. (13)

Loin d’être une révolution, une rupture brutale par rapport au "libéralisme sauvage", une confrontation téméraire avec l’hystérie belliciste d’un Empire agonisant (14), ils traduisent, dans un contournement ou un enveloppement analogues à ceux de la stratégie du jeu de GO, la patiente, méthodique, solide, mise au point d’un nouveau mécanisme de gestion et de relations, dans et entre nos différentes collectivités et continents.

L’Amérique latine apporte à ce mouvement une vigoureuse réflexion novatrice, confortée par l’expérience, avec ses réussites et ses immanquables blocages ou sabotages. Une des plus stimulantes étant celle de l’intellectuel Alvaro Garcia Linera, vice-président actuel de la Bolivie. Car, changer un système finissant, construire une renaissance sur les décombres d’un “capitalisme mû par la pulsion de mort” (15), exige pour préalable, ou concomitance, la libération des esprits du carcan de l’idéologie coloniale ou impériale

Cette « bouffée d’air frais oxygène le monde stagnant de l’impérialisme néolibéral » ["breath of fresh air to oxygenate the stagnant world of neoliberal imperialism"], pour reprendre l’expression de Vijay Prashad. (16)

Et, les 47 articles de la Déclaration du sommet du BRICS…

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Le Jeu de GO

 

Le rouleau compresseur et la gifle

Les médias, traitant quelque peu de ce sommet, se sont focalisés sur la création imminente, par le BRICS, d’une Banque de Développement aux compétences élargies qui concurrencerait le FMI. Ce n’était, même si l’idée a été retenue dans une perspective à moyen-long terme (article 11 de la Déclaration), ni le sujet du sommet, ni sa priorité !

Chinois et Russes, particulièrement, se méfiant des "zinzins institutionnels", aussi coûteux qu’inefficaces, générant trop souvent une caste de technocrates, échappant à tout contrôle, en cheville avec des lobbies corrupteurs. La bureaucratie bruxelloise de l’UE représentant un pathétique et permanent exemple, multipliant désastres économiques, sociaux et politiques… Préférant privilégier une approche pragmatique fondée sur un maillage étroit, resserré, entre membres du BRICS (17), laissant à chacun libre choix des moyens d’intervention dès lors qu’ils s’alignent sur un cap identique fixé d’un commun accord.

C’était surtout perdre de vue le thème de ce sommet, plus qu’important et novateur :

« Le BRICS et l’Afrique : Partenariat pour le Développement, l’Intégration et l’Industrialisation »

[ "BRICS and Africa : Partnership for Development, Integration and Industrialisation” ]

S’il y a deux points à retenir à la lecture de la Déclaration finale du sommet, ce sont deux affirmations, interactives, impressionnantes de lucidité et de calme détermination :

=> L’affirmation du décollage de l’Afrique

=> L’affirmation du cadre des relations internationales

 

i)  L’Afrique

L’Afrique est considérée par le BRICS comme le continent promis aux plus spectaculaires développements, dans une “relation sud-sud” à privilégier. Du fait de ses immenses richesses naturelles, de ses titanesques besoins en équipements et infrastructures, et du stupéfiant dynamisme de son marché intérieur. Le retard infligé par les anciennes puissances européennes, dans un féroce pillage néocolonial tant de son sous-sol que de ses privatisations-spoliations, va fatalement se terminer par la reprise en mains progressive des Africains de leur propre destin.

Le terme "Intégration" s’entend au sens "régional" par l’édification graduelle de regroupement d’Etats Africains, mais aussi par le tissage de liens spécifiques intercontinentaux "sud-sud" (18) :

« Le BRICS et l’Afrique devraient étroitement s’intégrer afin de promouvoir l’Afrique en tant que nouvelle locomotive de l’économie de la planète. »

["The BRICS and Africa should be closely integrated and promote Africa as the new highlight in the global economy." ]

En écho au dernier rapport du PNUD (19) :

« L’une des réussites les plus frappantes a été celle de l’Afrique subsaharienne. De 2003 à 2008 (les cinq années antérieures à la crise financière mondiale), le revenu par habitant dans la région a augmenté de 5 % par an, plus du double qu’au cours des années 1990 […] grâce à la forte demande provenant des pays du Sud, la Chine en tête. »

Ou encore, dans le même document du PNUD, cocasse démenti des clichés médiatiques de la propagande antichinoise (20) :

« La Chine a encouragé ses industries plus développées telles que le cuir à se délocaliser de façon à se rapprocher de la chaîne d’approvisionnement en Afrique, et ses sociétés modernes spécialisées dans les télécommunications, les produits pharmaceutiques, l’électronique et la construction à former des coentreprises avec des entreprises africaines. »

La Chine, donnant effectivement l’exemple, accueille actuellement des milliers d’Africains, majoritairement entrepreneurs et commerçants. Mais aussi des milliers d’étudiants, dans ses universités d’excellent niveau. Ce mouvement en marche, véritable rouleau compresseur libérateur des anciens clivages et blocages, est amplifié par l’Inde, la Russie et le Brésil qui multiplient les accords de partenariats avec de nombreux Etats Africains. A commencer par l’Afrique du sud, avec qui la Russie vient, ainsi, de signer, d’importants accords dans le domaine spatial, aéronautique, nucléaire et militaire. (21)

Le sommet était d’ailleurs suivi d’un séminaire auquel participaient de nombreux chefs d’Etat et responsables, non membres du BRICS, tout particulièrement de l’Afrique dite "anglophone", intitulé (Art. 3) :

« Débloquer le potentiel de l’Afrique : Le BRICS et la Coopération Africaine sur l’Infrastructure » ["Unlocking Africa’s potential: BRICS and Africa Cooperation on Infrastructure” ]

Occasion de réaffirmer le soutien du BRICS au développement durable de l’Afrique dans une vision d’intégration régionale, tout en finançant une économie respectueuse de l’environnement (green economy), afin d’éradiquer la pauvreté et l’injustice sociale du Continent (Art. 4 & 38).

D’où le rappel à la "communauté internationale" de reconnaître et respecter le rôle éminent de l’organisation de l’Union Africaine, regroupant l'ensemble des Etats Africains, pour résoudre les conflits sur le continent afin d’assurer la Paix (Art 24) :

« We commend the efforts of the international community and acknowledge the central role of the African Union (AU) and its Peace and Security Council in conflict resolution in Africa. »

Cet article est une allusion directe à l’accord auquel était parvenu l’Union Africaine, organisant une transition pacifique pour un nouveau modèle de gouvernement, entre Kadhafi et les différentes factions en conflit, en Libye. Les occidentaux avaient refusé cette médiation réussie, préférant détruire le pays par leurs forces armées sous bannière de l’OTAN…

Le BRICS est conscient de la crispation des anciennes puissances coloniales, britannique et française en premier lieu, sur leurs chasses gardées rongées jusqu’à l’os. Enfermées dans leur doctrine belliciste, fondée sur l’intervention ou l’occupation armées suivant les vieux schémas coloniaux, afin d’empêcher toute émancipation non seulement politique, mais encore plus économique. Protégeant des dictatures corrompues, avec des contingents détachés d’Europe pour servir de garde prétorienne.

D’où trois articles de la Déclaration à prendre au sérieux :

=> Art. 30, sur le Mali : demandant de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays afin qu’il puisse assurer son développement économique et social dans la paix…

=> Art. 31, sur la République Centre Africaine : condamnant les interventions armées dans le pays, où bizarrement des “rebelles”, après avoir fomenté un coup d’Etat, se sont précipités pour tuer des assistants techniques sud-africains (13 morts et 27 blessés graves) ainsi que des ressortissants indiens. Mais, aucun des coopérants français pourtant fort nombreux

=> Art. 32, sur la République Démocratique du Congo (Kinshasa), le BRICS employant les mêmes termes que dans l’article précédant, diplomatiquement très forts : « gravely concerned ». Les membres du BRICS sont "gravement", extrêmement, "préoccupés", par le pillage armé du pays à partir d’Etats frontaliers pour le compte de multinationales étrangères…


ii)  Les relations internationales

L’Empire, pris dans la spirale d’une entropie immaîtrisable, plonge le monde dans des conflits et actes de violence permanents : guerres, civiles, de conquête, de destruction, de massacres quotidiens, d’assassinats et tortures à l’échelle industrielle… Comment mettre un terme aux incessants discours, provocations, sanctions, embargos, menaces de conflits armés, exacerbés par une propagande délirante ?...

Comment brider « la pulsion de mort » ?...

Le BRICS exprime dans toute une série d’articles (Art. 1 & 21, notamment) sa vision d’un monde à édifier, consolider, perfectionner, dans le respect mutuel, la coopération, le partage des problèmes et des solutions. Le plus explicite étant l’article 22, dont l’introduction :

« Nous sommes déterminés à construire un monde harmonieux de paix durable et de prospérité partagée, et réaffirmons que le 21° siècle doit être marqué par la paix, la sécurité, le développement et la coopération. »

L’effet majeur de cette volonté se produit au sein même du BRICS : désamorcer les tentatives permanentes des USA pour dresser l’Inde contre la Chine !... Les relations ne cessant, au contraire, de se renforcer entre ces deux géants, avec la médiation permanente de la Russie qui entretient des liens de confiance avec chacun d’entre eux, sur le plan diplomatique, économique et militaire.

Cette réaffirmation de la multipolarité, avec référence à la nécessité de réformer les grandes instances internationales (du Conseil de Sécurité au mode de fonctionnement du FMI), et de la primauté de la diplomatie, du dialogue, pour la résolution des conflits d’intérêts, est illustrée par les références répétées dans la Déclaration finale du sommet au respect des souverainetés nationales et au refus des propagations des luttes armées et des guerres civiles.

7. Noirs-blancs jaune.jpg

Sept noirs, deux blancs, un jaune et un Indien.

Ne comptons pas sur nos merdias pour nous dire qui sont les six noirs surnuméraires : des Sudafricains ? d’autres Africains ? Ce n'est pas pour nous informer qu'ils sont payés.


Son soutien à la paix, au dialogue, à la condamnation des interventions militaires, à la nécessité de penser d'urgence aux souffrances actuelles et à la préservation des générations futures, à la reconstruction, s’affichent dans les articles soutenant la Syrie (Art. 26) et l’Afghanistan (Art. 29). Se préoccupant du blocage permanent de toute négociation de paix en Palestine, dénonçant les implantations illégales de colonies sur son territoire et souhaitant l’admission de cette nation à l’ONU (Art. 27).

Quant à l’Iran, et la crise artificiellement entretenue par les pays occidentaux, la position du BRICS est sans équivoque et sans appel (Art. 28) :

« Nous estimons qu’il n’y a aucune alternative à une solution négociée au problème du nucléaire Iranien.

Nous reconnaissons à l’Iran le droit d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques en conformité avec ses engagements internationaux, et soutenons la résolution des problèmes en cours par des moyens politiques et diplomatiques, et par le dialogue…»

Encore plus important, dans cet article, l’alinéa :

« Nous condamnons les menaces militaires aussi bien que les sanctions unilatérales… »

En anglais :

“We are concerned about threats of military action as well as unilateral sanctions.”

Précisons qu’en langage diplomatique, la litote "we are concerned" (littéralement : "nous sommes préoccupés") veut dire en clair :

 « Nous condamnons »…

La gifle, pour ceux qui rêvent de « guerre préventive », et autres options du même calibre « sur la table »…

Elargissement du BRICS à d’autres partenariats ?...

Depuis 2011, aucun nouvel adhérent n’a été coopté. Un des critères d’admission étant de démontrer un minimum de stabilité politique, de développement économique. Mais, avant tout : de souveraineté nationale.

8. Assad aide Brics.jpg

Le président Bachar al-Assad a demandé au BRICS d’agir pour arrêter la violence dans son pays et mettre un terme à la souffrance de son peuple causée par les sanctions internationales.


Le BRICS aurait souhaité intégrer un pays du Moyen-Orient en mesure de représenter préoccupations et intérêts spécifiques de la région et du monde musulman. Ses membres comptent, parmi leurs populations, de fortes communautés de cette religion. La Turquie était bien placée, jusqu’à son "naufrage syrien" : diplomatiquement, elle n’existe plus. (22) Régressant vers son statut de colonie de l’OTAN des longues années de la Guerre Froide.

L’Indonésie est, à présent, le pays le mieux placé sur la liste des futurs membres, avec ses 245 millions d'habitants, ses 86% de musulmans (recensement 2011), ses richesses énergétiques et minières, sa rapide progression économique (+ 6 % annuel du PIB)... Encore faut-il, qu’elle s’affranchisse davantage de la tutelle impériale…

A l’an prochain au Brésil, pour le prochain sommet, nous verrons bien !...

_______________   

Notes

1.  Aldous Huxley,  L’éminence grise – Essai biographique sur les rapports de la politique et de la religion,  La Table Ronde, 2001, p. 308

ii)   BRICS & Bombes, 22 avril 2011,

http ://stanechy.over-blog.com/article-brics-bombes-72281017.html

ii)   Johnny Clegg : le « Zoulou Blanc », 1er juin 2007,

http ://stanechy.over-blog.com/article-10675405.html

4.  D’où le titre de la déclaration finale du 5° sommet du BRICS, du 27 mars 2013 : “eThekwini Declaration and Action Plan”, http ://pib.nic.in/newsite/erelease.aspx?relid=94317

5.  Sur 12 millions d’habitants de cette province la plus peuplée, avec celle de Gauteng (Johannesbourg),  des 9 que compte l’Afrique du sud. La capitale administrative du KwaZulu-Natal se situe à 60 km à l’intérieur : Pietermaritzburg.

6.  A Singapour (après sécession avec la fédération de Malaisie en 1965, organisée par Londres), longtemps principale base navale, commerciale et financière britannique en Asie, à l’extrémité de la péninsule Malaise, les Chinois représentent 77% des 5 millions d’habitants de cette “Cité-Etat”. Les Indiens : 8% ; les Malais n’étant plus que 14%.

7.  Il existe une passionnante correspondance échangée durant ce séjour entre Gandhi et Tolstoï sur la violence de la colonisation et les moyens de la combattre : élaboration du concept de “désobéissance civile”.

8.  Pierre-Olivier Rouaud, BRICS : quand 5 géants se rencontrent à Durban, Usine Nouvelle, 26 mars 2013,

http ://www.usinenouvelle.com/article/brics-quand-5-geants-se-rencontrent-a-durban.N193956

9.  Fonction actuelle (il est sur le départ) : Chairman of Goldman Sachs Assets Management.

10.  Erich Follath, Goldman Sachs’ Jim O’Neill : BRICS ‘Have Exceeded all Expectations’, Spiegel, 21 mars 2013,

http ://www.spiegel.de/international/business/departing-goldman-sachs-exec-still-sees-bright-future-for-bric-nations-a-890194.html

11.  PNUD, Rapport sur le Développement Humain 2013 – L’Essor du Sud : Le Progrès Humain dans un Monde Diversifié, pp. 15 – 16, http ://hdr.undp.org/fr/rapports/mondial/rdh2013/telecharger/

ii)   Pepe Escobar, BRICS go over the wall, Asia Times, 26 mars 2013,

http ://www.atimes.com/atimes/World/WOR-01-260313.html

13.  Op. Cit., http ://pib.nic.in/newsite/erelease.aspx?relid=94317

14.  Sam Sacks, Condemned to Endless War : The Sisyphean US terror policy [ Condamnés à une Guerre Sans Fin : Le Rocher de Sisyphe de la politique de terreur des USA ] , RT, 27 mars 2013,  http ://rt.com/op-edge/war-sisyphean-us-terror-931/

15.  Gilles Dostaler & Bernard Maris, Capitalisme et Pulsion de Mort, Albin Michel, 2009.

16.  Pepe Escobar, The South also rises [Le Sud émerge aussi], à propos du livre de Vijay Prashad – The Poorer Nations : A possible History of the Global South, Asia Times, 5 avril 2013,  http ://www.atimes.com/atimes/World/WOR-01-050413.ht

ii)    Les important accords monétaires entre Chine et Brésil (accord de 30 milliards de dollars de swap de devises) sont une éclatante démonstration de ce type de démarche : « China and Brazil sign $30 bn currency swap deal », RT, 27 mars 2013,

http ://rt.com/business/china-brazil-currency-swap-deal-brics-918/

18.  BRICS ‘set to be global force’, China Daily, 27 mars 2013, http ://europe.chinadaily.com.cn/china/2013-03/27/content_16351114.htm

19.  PNUD, section : Revenu et Développement Humain, Op. Cit., p. 28.

20.  PNUD, section : Aider les autres pays à rattraper leur retard, Op. Cit., p. 55.

21.  Exemples d’accords :

i)Maxim Bogodvid, GLONASS : un système optique sera installé en Afrique du Sud, RIA Novosti, 26 mars 2013, http ://fr.rian.ru/science/20130326/197909285.html

ii) Grigoriy Sisoev, Russie-Afrique du sud : coopérer dans l’aéronautique, 26 mars 2013, RIA Novosti, http ://fr.rian.ru/world/20130326/197909068.html

22. Deux articles résument parfaitement l’abandon de la souveraineté de la Turquie, suite à la trahison de ses dirigeants actuels :

i)Hédi Dhoukar, La Turquie c’est fini, 27 décembre 2012, http ://hedidh.blogspot.fr/2012/12/la-turquie-cest-fini.html

ii)Ramzy Baroud, How Turkey’s regional ambitions crumbled, Asia Times, 4 avril 2013,

http ://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-040413.html

Source :

http://stanechy.over-blog.com/article-le-brics-a-durban-1...

 

 

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Et pendant ce temps-là…

18:36 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Et pendant ce temps-là...

 

Nicolas Maduro élu président de la République Bolivarienne du Venezuela

0. Maduro.jpeg

Salut et fraternité.

Courage et succès à tous.

 

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BELGIKISTAN ÜBER ALLES

1. Police belge.jpg

11 avril 2013

Perquisition de la police belge au domicile d’un journaliste algérien...

Sonia B.

Inédit. Le domicile du journaliste algérien installé à Bruxelles, Mohsen Abdelmoumen, correspondant du quotidien La Nouvelle République, a été étrangement perquisitionné par la police belge. Aucune raison n’a été avancée pour justifier cette intrusion dans la maison de ce journaliste, connu pour ses positions clairement affichées contre l’intégrisme islamiste, le sionisme et l’impérialisme. Trois courants qui ont le vent en poupe dans ce pays au bord de l’implosion, de plus en plus attiré par les pétrodollars des monarchies du Golfe. Choqué et surpris notamment par l’illégalité de la démarche policière, ce journaliste, qui se sent persécuté et menacé, interpelle vivement l’Etat algérien pour un sursaut d’orgueil afin de protéger ses patriotes qui vivent à l’étranger. « Je viens de subir une perquisition de la police judiciaire belge diligentée par le Parquet du procureur du Roi, à mon domicile (...). Je pense que mes écrits dans le journal La Nouvelle République en sont la cause car la perquisition policière n’a pas lieu d’être et ne correspond à aucune procédure, puisque je ne relève d’aucun délit pénal auquel s’associent les perquisitions ».

Lire la suite…

 Source

http://www.legrandsoir.info/perquisition-de-la-police-belge-au-domicile-d-un-journaliste-algerien.html

 

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Des extrémistes belges, en Syrie : la Flandre se mobilise.

IRIB- Plusieurs dizaines de radicaux belges, comme d’autres Européens, combattent l’Armée syrienne régulière, dans les rangs du Front Al-Nosra, proche d’Al-Qaïda, et de la soi-disant «Armée syrienne libre», affirment des sources officielles et sécuritaires belges.

Ces dernières confirment qu’«au moins, 70 ressortissants belges, se trouvent, actuellement, en Syrie».

«Une majorité de ces Belges sont originaires des Flandres», précisent les mêmes sources.

Et de souligner: «Ils sont très jeunes et ils se sont engagés, volontairement, dans des combats. Ces jeunes continuent de partir, pour la Syrie».

Lire la suite…

Source :

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/251905-des-extr%C3%A9mistes-belges-en-syrie-la-flandre-se-mobilise

 

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Laurent Louis - Allié des islamistes ? Putschiste au Congo ? Partie 1/3

La Voix de la Russie

Olivier Renault,

rédaction en ligne – 13/4/2013 – 13 :01 heure de Moscou

2. Laurent Louis Voix Russie.jpg

Laurent Louis doit faire face à l'accusation du ministre de l'Intérieur du Congo, Richard Muyej Mu qui l'accuse d'avoir aidé à la réalisation d'une tentative de coup d’État et doit faire face aux critiques des déçus de son changement de stratégie politique après son alliance récente au Parti islam.

De nombreux Belges, aimant les vindictes du député contre le système et représentant un espoir retrouvé, se sentent trahis par leur héros national qu'il relègue au rang d'un « petit machiavel de village ou idiot utile de l'islamisme » ou comme un « Lolo qui se prenait pour un Zorro ». De nombreux étrangers voyant un espoir dans l'action politique de Laurent Louis veulent aussi connaître la vérité sur ces accusations. Simples démarches pour déstabiliser un homme politique qui met les pieds dans le plat, début d'une chute annoncée d'un homme touchant à trop de choses ou début d'une carrière confortée d'un visionnaire politique ?

Sur l'affaire venant du Congo, le Ministère des Affaires Étrangères de la Belgique confirme par téléphone le jeudi 11 avril par son porte-parole que les accusations à l'encontre du député indépendant Laurent Louis d'avoir aidé le MDC (Mouvement Debout Congolais) dans une tentative de coup d’État en vue de l’élimination physique du Chef de l’État, ne sont pas fondées car « elles ne se limitent qu'à des accusations lues dans la presse et à des insinuations et que le Congo n'a pas envoyé une demande à la Belgique à l'encontre de Laurent Louis.»

La Voix de la Russie, Olivier Renault : Bonjour Laurent Louis. Vous traversez actuellement une zone de turbulence avec des attaques qui viennent contre vous du Congo et de Belgique. Est-ce un hasard ?

Laurent Louis : Je traverse une zone de turbulence ? Je n’en ai pas l’impression. En tout cas pas plus que d’habitude. Cela fait 3 ans que les attaques contre ma personne sont permanentes. Je ne compte plus les accusations infondées, les calomnies et les fausses rumeurs propagées en mon encontre par les médias ou le monde politique. Je vis avec ce harcèlement quotidien, j’ai l’habitude ! Dès que je bénéficie d’un soutien plus appuyé de la population, je sais que je dois m’attendre à des attaques contre ma personne.

Lire la suite…

Source :

http://french.ruvr.ru/2013_04_13/Laurent-Louis-Allie-des-islamistes-Putschiste-au-Congo/


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Ainsi donc, Le Swar ne se contente plus de vilipender les ex-CCC dans les pages de son « Supplément Culture », en faisant bravement de son mieux pour qu’ils se retrouvent sur une liste de would-be terroristes italianisants ? Voici maintenant que le député (unique à notre connaissance) d’un parti minuscule, attifé en mouvement Al-Qaeda d’une seule personne, s’en va-t-en guerre contre le Congo (certes avec des complices de la diaspora congolaise et des islamistes, qui au moins ceux-là ne sont pas mercenaires en Syrie). Plus fort que Tintin !


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FRANCE– SYRIE

La suite d’une belle histoire d’amour

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Thierry Meyssan – Syrie : marche arrière de Paris ?

par Thierry Meyssan

IRIB- Entretien avec M.Thierry Meyssan

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 11 avril 2013 

Português  italiano  Español 

3. Fabius-Hollande .jpg

IribLe ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius compte parmi les fervents partisans de la levée d’embargo pour fournir des armes aux rebelles syriens. Mais, tout récemment, il a dit que son pays n’a pas encore décidé la levée de cet embargo d’armes parce que la France craint que ces armes tombent entre les mains des extrémistes. Comment expliquez-vous cette récente prise de position de Monsieur Fabius ?

T.M. – Alors d’abord une remarque sémantique. Quand M. Fabius parle des « rebelles syriens », il semble ne pas s’être informé du fait attesté par l’ensemble de la presse, qui lui est favorable à lui, que la majorité des personnes qu’il appelle rebelles ne sont pas syriens du tout. Seconde remarque : lorsque M. Fabius dit qu’il veut lever l’embargo sur les armes pour pouvoir en envoyer en Syrie, il masque le fait que c’est déjà le cas : la France a acheminé un grand nombre d’armes en Syrie au cours des deux dernières années, mais l’a fait secrètement et illégalement. Quand il dit qu’il veut « lever l’embargo », ça veut dire qu’il veut rendre légale et probablement développer, intensifier, une pratique illégale de la France qui a précédé.

Lire/écouter la suite…

Source :

http://www.voltairenet.org/article178116.html


Mais tous les Français ne jurent pas que par le crâne de Laurent Fabius ! Ceux, par exemple de ZEBRA STATION POLAIRE, qui, en dépit de leur nom, se trouvent à Marseille :

Avec Alexandre Prokhanov et l’armée syrienne dans les rues de Daraya

Tout comme autrefois il accompagnait les colonnes de l' Armée Rouge dans le djebel Afghan , Alexandre Prokhanov accompagne aujourd'hui un détachement blindé Syrien dans les rues de Daraya . On notera l'importance du char de combat principal [ dernière photo ] dans les opérations en zone urbaine : Le tankiste Syrien avec le fantassin Syrien seront les pivots de cette guerre civile. Photos © Vassili Prokhanov pour Le journal de guerre d' Igor Korotchnenko .

Enfin on ne peut que méditer sur ces photos où des militaires de confession musulmane meurent pour défendre des Chrétiens face à la barbarie islamiste que veulent armer les Lévy et Fabius .  (C’est nous, LGO, qui soulignons.)

Voir les images…

 

Pour info : Alexandre Prokhanov est un écrivain et journaliste soviétique (russe à présent), né à Tbilissi en 1938. Il est membre du secrétariat de l’Union des Ecrivains de la Fédération de Russie et rédacteur en chef du journal patriotique Zavtra (Demain). Lors de la campagne des présidentielles de 1991, il a soutenu la candidature du général Makashof, et en 1996, celle de Gennady Zyuganov. Il a couvert, comme correspondant, la guerre d’Afhanistan de l’URSS et il couvre maintenant, à l’âge de 75 ans, les événements de Syrie.

Une citation :

« Toute agression des États-Unis contre la République Islamique d’Iran précipitera la chute de l’Empire ».


Aujourd’hui, dimanche 14 avril, cette sale guerre de l’Occident contre un pays de plus continue. Laissons la parole à Daniel BESSON (animateur de ZEBRA) :

Une petite bataille dans une grande guerre

En 1944,  l'office d'information - le secrétariat à la propagande - du  Département de la Guerre des Etats-Unis diffusait une petite merveille : Un film d'environ 30' sur une action de guerre racontée dans sa totalité : A little battle in a great war . *  L'action se déroulait en Italie et consistait en un assaut contre une position tenue par des parachutistes Allemands dans un village au milieu d'un champ d'oliviers . Il s'agissait de montrer au public Etasunien le vrai visage de la guerre , la guerre au quotidien .Cette vérité consistait aussi à montrer les pertes dans son propre camp : Un blessé - le visage marqué par la fatigue et la douleur -  fumant un bout de clope appuyé contre un olivier , des blessés transportés sur une civière , des bâches recouvrant des corps dont on ne voit que les brodequins qui dépassent .

Lire la suite et voir les films...

Et suivre les mises à jour de la station sur :

http://zebrastationpolaire.over-blog.com/


*

Mais les « amis » de MM. Hollande, Botul et Fabius ne pratiquent pas que la destruction aveugle et le meurtre en masse, le vandalisme leur est aussi d’un bon rapport :

11 avril 2013

L’art de la guerre

Vandales sous bannière Otan (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

4. Vandales sous bannière OTAN.jpg

Quand en mars 2001 deux antiques statues de Bouddha furent détruites par les talibans en Afghanistan, les images de l’acte de vandalisme firent le tour du monde, en suscitant une indignation légitime. Une chape de silence politico-médiatique recouvre au contraire ce qui se passe aujourd’hui en Syrie. Les sites archéologiques sont non seulement endommagés par la guerre, mais saccagés surtout par les « rebelles » qui, à la recherche de bijoux et de statuettes, détruisent souvent d’autres précieux vestiges. A Apamea ils ont emporté des mosaïques antiques et des chapiteaux romains en se servant de bulldozers. De nombreux musées, parmi les dizaines épars dans toute la Syrie, y compris celui de Homs, ont été pillés de biens ayant une valeur historique et culturelle inestimable, parmi lesquels une statue en or du VIIIème siècle avant JC et des vases du troisième millénaire avant JC. En deux années de guerre des témoignages de millénaires d’histoire ont été effacés.

L’appel de l’Unesco pour sauver les biens culturels syriens, faisant partie du Patrimoine mondial, n’est toujours pas entendu. La raison en est claire : les principaux auteurs de la destruction sont les « rebelles », armés et entraînés par les commandos et services secrets USA/Otan, qui leur concèdent le « droit de mise à sac » et la possibilité de pouvoir emporter les biens culturels hors de Syrie pour les vendre au marché noir international. Pratique désormais bien établie. Au Kosovo en 1999, des églises et des monastères serbes orthodoxes médiévaux furent d’abord détériorés par les bombardements, puis incendiés ou démolis par les milices de l’Uck, à qui l’Otan donna aussi la possibilité de les mettre à sac, en volant des icônes et d’autres objets précieux. Par contre, en 2001, quand les talibans détruisirent les deux statues de Bouddha, les premiers à condamner cet acte furent les Etats-Unis et leurs alliés. Non pas, certes, pour sauvegarder le patrimoine historique afghan, mais pour préparer l’opinion publique à la nouvelle guerre, qui commença quelques mois plus tard quand, en octobre 2001, les forces étasuniennes envahirent l’Afghanistan en ouvrant la route à l’intervention Otan contre les forces des talibans : celles-là mêmes que les USA avaient d’abord contribué à former via le Pakistan et qui, après avoir rempli cet objectif, devaient être éliminées.

En Irak, où pendant la guerre de 1991 au moins 13 musées avaient déjà été mis à sac, le coup de grâce au patrimoine historique a été porté avec l’invasion lancée par les USA et ses alliés en 2003. Le site archéologique de Babylone, transformé en camp militaire étasunien, fut en grande partie rasé au sol par les bulldozers. Le musée national de Bagdad, laissé volontairement sans surveillance, fut mis à sac : avec la disparition de plus de 15mille objets, témoins de cinq mille années d’histoire, dont 10mille n’ont jamais plus été retrouvés. Pendant que les militaires étasuniens et les contractors participaient au sac des musées et des sites archéologiques et au marché noir des objets volés, le secrétaire à la Défense Rumsfeld déclarait « ce sont des choses qui arrivent ».

Comme aujourd’hui en Syrie, pendant que quasiment tout le « monde de la culture » occidental observe en silence.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 9 avril 2013 de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Sources de l’article en français :
http://www.legrandsoir.info/vandales-sous-banniere-otan-il-manifesto.html

http://www.voltairenet.org/article178103.html

 

*

Les témoignages du pillage systématique de la Syrie sont innombrables. Comme pour l’Irak et la Libye, les archéologues sont les premiers à s’indigner dans le désert. Ils s’expriment généralement dans des revues spécialisées. En voici quelques autres, moins spécialisés mais non moins indignés, car les vandales ne s’en prennent pas qu’à la variété d’islam qu’ils n’approuvent pas (mosquées de toutes obédiences) , ils s’en prennent aussi aux bâtiments sacrés des chrétiens - coptes, catholiques ou orthodoxes - aux musées et à tout ce qui s’y rencontre de vivant… qu’on ne pourra pas vendre au Getty Center ou à d’autres de même acabit et qu’en conséquence, on tue.


*

Patrimoine de l’humanité, classé par l’UNESCO. Une belle jambe !

http://fr.sott.net/article/13479-Les-rebelless-en-prennent-au-patrimoine-culturel-syrien

http://blogs.afp.com/cross-culture/?post/2012/09/27/Syrie%3A-le-patrimoine-arch%C3%A9ologique-victime-de-la-guerre

http://www.scoop.it/t/koter-info-lln-wsl/p/2952450842/syrie-pillages

http://www.leveilleurdeninive.com/p/patrimoine.html

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=103449

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=90401&cid=18&fromval=1


Pillage de la Syrie

(quelques images entre mille)

5. berger en syrie.jpg

Syrie : une image du passé

 6. Moutons Syrie .jpg

Quand on ne trouve pas d’humains à massacrer, les moutons trinquent.

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Alep – La vieille ville

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Alep, la ville où fut inventé le savon, il y a 4000 ans.

 

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Alep – Bab al-Nasr

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Alep - La mosquée al-Kamaliya – 18e siècle

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Alep – La mosquée al-Mehmendar – 14e siècle

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Alep – la mosquée Qastel Harami

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Alep – Quartier de la vieille ville  al-Farafi

14. Homs - quartier historique de Bani-Sebaee.jpg

Homs – Quartier historique de Bani-Sebaee

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Homs – L’ancien souq

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Homs – La mosquée Khaled Ben al-Walid

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Damas – Maisons anciennes de Jobar

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Le musée Ma-aret el-Nu-man. Vidé.

19. de précieuses mosaiques .jpg

De précieuses mosaïques pas faciles à détacher…

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Une église chrétienne pillée à Jdeideh, près de Lattaquié

21. Dix religieux égorgés comme l'évêque Romero .jpg

Dix religieux égorgés dans la foulée, comme l’archevêque Romero

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Un site chrétien que la Vierge n’a pas pu sauver

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Précieux vestiges épargnés par vingt siècles de croisades et de tremblements de terre, mais pas par sainte Communauté Internationale.

24. Homs - Evêché syrien catholique en flammes.jpg

Homs – Evêché syrien catholique en flammes

Etc. etc. etc.

24 bis. morts-syrie-jpg.jpg

Côté pillage humain : 20.000 morts civils à ce jour.

Bof ! Ils n’ont qu’à dire comme Madeleine Albright : « Nous pensons que ça valait le coup » et les attribuer à Bachar al-Assad. Où il y a de la gêne…


La guerre de Syrie en images animées

 

MM. les vendeurs de vessies pour des lanternes  : Quand les Syriens, et quelques autres peuples, exaspérés par vos rapines viendront – enfin ! -  en faire autant à la Sainte Chapelle, au Louvre, à Westminster Abbey, à la cathédrale Saint-Patrick,  à la Synagogue de la Victoire ou à celle de Beth-Alpha, ce ne sera pas la peine de venir pleurer dans notre cour, nous serons occupés à sabler le champagne.

 


*

Pour nous consoler des scélérats…

La véritable position du Hezbollah, dans le conflit syrien

25. hassan-nasrallah.jpg

IRIB- On parle et on spécule beaucoup, depuis un certain temps, au Liban, en Syrie, dans le monde arabe et en Occident, sur le véritable rôle du Hezbollah dans la crise syrienne. La machine de propagande anti-Hezbollah est, comme d’habitude, particulièrement, active, offrant, au quotidien, un flot d’informations et d’articles, sur l’implication supposée de ce parti, dans le conflit.

Cette machine de propagande – avec ses opérateurs Libanais, Syriens et autres – a annoncé la mort de centaines de miliciens du Hezbollah, en Syrie; et la capture de dizaines d’entre eux, par les rebelles Syriens. Un service de sécurité officiel de Beyrouth joue un rôle central, sur ce front, en assurant la fuite d’informations factuelles, sur lesquelles on brode, ensuite. Ces gens croient qu’un tel déluge est un moyen efficace de susciter autant de rancœur que possible contre le Hezbollah, dans l’opinion publique.

Le Hezbollah n’a, pour sa part, pas donné plus de précisions que ce qu’a déclaré son secrétaire général Nasrallah, sur l’assistance apportée par le parti à ses sympathisants Libanais, qui résident, dans des villages, à l’intérieur de la Syrie, mais a, cependant, répété que le Hezbollah n’avait pas, pour l’instant, participé aux combats, en Syrie.

Une stratégie délibérée de provocation et d’exagération est employée contre le Hezbollah, par des services de renseignements de la région et de l’étranger, y compris, ceux d’Israël. Mais la question centrale était, et demeure, de comprendre la place du Hezbollah, dans une crise syrienne, qui entre, dans sa troisième année. Ces services savent beaucoup de choses sur ce qui se passe, sur le terrain, en ce qui concerne les combats entre les forces du régime et celles de l’opposition. Ils connaissent les capacités des deux camps et exercent une surveillance continue de toutes les actions de soutien au régime, y compris, par le Hezbollah.

Lire la suite…

Source :

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/251948-la-v%C3%A9ritable-position-du-hezbollah-dans-le-conflit-syrien

 

*

Un qui nous console aussi, heureusement qu’on l’a :


William BLUM  (et Assange, et Manning !)


Qui peut croire que les Etats-Unis ont tenté quelque chose de désagréable contre Hugo Chavez ?

26. Chavez Wikileaks.jpg

Rapport Anti-Empire

Avril 2013

http://www.legrandsoir.info/qui-peut-croire-que-les-etats...

 

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Mis en ligne par Catherine le 15 avril 2013.

 

15:26 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/04/2013

SANCTIONS

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L’Âge des sièges

ou

Les tactiques militaires nazies revisitées

 

par Felicity Arbuthnot

11 janvier 2013 – Global Research

 

2. felicity-arbuthnot-england.jpg


« Dégagez-vous, évitez, retirez votre soutien à tout ce qui maltraite, dégrade et humilie l’humanité. » Alice Walker.

 « Vous avez du sang sur les mains » (un protestataire danois à Anders Fogh Rasmussen, ex-Premier Ministre du Danemark et Secrétaire général de l’OTAN).


Le siège de Leningrad est toujours considéré comme le siège le plus meurtrier de l’histoire du monde, une « politique de famine organisée à motivations raciales », décrite comme une « partie intégrante de la politique nazie en Union Soviétique pendant la IIe Guerre Mondiale ».

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 Leningrad - 1942

Le siège de 872 jours a débuté le 8 septembre 1941, pour être finalement brisé le 27 janvier 1944. On l’évoque comme « un des sièges les plus longs et les plus destructeurs de l’histoire, et de très loin un des plus coûteux en vies humaines ». Certains historiens l’ont qualifié de génocide. À cause de la difficulté d’en tenir une comptabilité exacte, le nombre exact des morts résultant du blocus n’est pas sûr. Les chiffres varient de 632.000 à 1,5 million.

Aujourd’hui, on assiège des pays entiers. Les sièges sont devenus la torture infligée avant la destruction. Et on ne les mesure plus en longs jours mais en longues années. L’Iran trente-trois ans, l’Irak plus de treize ans. Ironiquement, la disparité des morts d’Irak résultant de ce siège reflète presque exactement, comme dans un miroir,. ce qui l’a fait considérer comme un génocide à Leningrad.

La Syrie est soumise aux restrictions de l’Union Européenne depuis 2011. Des restrictions de plus en plus létales, rendant impossible pratiquement toute transaction financière, jusqu’à ce qu’en mai 2011 ces « restrictions » frappent aussi le Président Assad en personne, tous les membres de son gouvernement et tous les officiers des Forces Armées et de Police. La liste de ce qui est sous embargo donne le vertige(1). En 2012, tous les avoirs individuels ont été gelés, de même que ceux de la Banque Centrale de Syrie.

Les vols d’avions-cargos syriens vers l’Union Européenne ont également été interdits, comme l’ont été les transactions en or, métaux précieux et diamants, bref, tout ce qui pouvait être converti en liquidités, sans lesquelles ni les individus ni les pays ne peuvent acheter les produits de première nécessité.

Dès juillet 2012, les Syrian Arab Airlines et même l’Organisation du Marché du Coton de Syrie avaient rejoint les victimes de l’Union Européenne.

L’Amérique, évidemment, avait pris, comme toujours, une longueur d’avance,  avec sa loi « sur la responsabilité syrienne et la souveraineté libanaise »(ii), signée le 12 décembre 2003, l’année de la destruction totale de l’Irak sous direction U.S. Ainsi, le siège personnel des puissants Etats-Unis contre 21 millions de personnes entre dans sa dixième année.

Dès le mois d’août dernier, comme il en avait été pour l’Irak, la mise en impossibilité de commercer signifiait que, comme toujours, le récent Prix Nobel de la Paix Union Européenne et le Président Prix Nobel de la Paix, avaient pris pour cible la Syrie, là où elle était la plus vulnérable.

De nombreuses sociétés pharmaceutiques ont dû fermer, d’où, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, une sévère pénurie de médicaments pour soigner les maladies chroniques et les victimes des insurgés(iii). Avant l’insurrection fomentée et soutenue par les USA, le Royaume-Uni, l’Union Européenne et l’OTAN, la Syrie produisait elle-même 90% des médicaments dont elle avait besoin.

Cependant : « …la production a été frappée de plein fouet par les combats, le manque de matières premières, l’impact des sanctions et la hausse du prix  des carburants ». Par ailleurs, presque toutes les usines pharmaceutiques étaient situées dans les zones où se sont déroulés les plus violents combats : les provinces d’Alep, de Homs et de Damas, et elles ont subi des « dommages substantiels ». Le résultat est bien entendu une grave pénurie en médicaments, d’après le porte-parole de l’O.M.S., Tarik Jasarevic.

« Il y a un urgent besoin de médicaments contre la tuberculose, l’hépatite, l’hypertension, le diabète et le cancer, ainsi que d’hémodialyse pour les maladies des reins. »

Des centres de soins ont dû fermer par suite des violences, de la destruction ou de leur capture par des mercenaires de l’Occident.

4. BLOG - SANCTIONS - Homs 2012 -syria-destruction-war04-300x199.jpg

Homs - 2012

« Les centres de soins et hospitaliers qui ont cessé de fonctionner se trouvent dans les régions les plus frappées par les combats, là où, justement, le besoin urgent d’interventions médicales et chirurgicales est le, plus élevé », dit encore Jasarevic.

Le Ministère de la Santé syrien rapporte qu’il a « perdu » - c’est-à-dire que lui ont été volées ou détruites – 200 ambulances entre juin et début août 2012.

Les banques sont tombées à court de liquidités et la récolte de blé de 2012 a  été perdue par suite de la pénurie de main d’œuvre, disent les agences de l’ONU. Au Moyen Orient, le pain est encore l’aliment principal, le véritable soutien de la vie. Tout cela renvoie comme un miroir à l’Irak, jusqu’à la moisson de blé perdue – en Irak, ceux qui ont bombardé le pays il y a plus de treize ans jusqu’à l’invasion ont incendié les champs de blé et d’autres céréales, réduisant en cendres la timide sécurité alimentaire

La Syrie se débat pour maintenir ses importations annuelles en grain d’à peu près quatre millions de tonnes, et ce grâce au superbe tour de passe-passe de ses assiégeants : les aliments essentiels sont exempts d’embargo, mais l’argent qui permettrait de les acheter a été gelé. C’est pourquoi le pays vit constamment à deux doigts d’une disette meurtrière.

En 2011, la récolte propre de la Syrie a été frappée par la rouille, la sécheresse et le conflit. En décembre 2012, l’Iran lui a envoyé de la farine, allégeant ainsi temporairement la crise du pain, mais le blocus qui frappe l’Iran lui-même est une autre énormité – honteusement passée presque totalement sous silence en Occident.

Tandis que l’Iran expédiait d’une main de la farine à la Syrie, de l’autre, le Ministère iranien de la Santé faisait parvenir à l’Inde une liste de médicaments dont la fourniture est sous embargo, alors qu’ils sont nécessaires pour sauver la vie de patients en conditions critiques. Les articles vitaux interdits d’entrée dans le pays comprennent « les médicaments pour traiter les cancers pulmonaires et du sein, les tumeurs cérébrales, les maladies cardiaques, les infections post-opératoires dans les greffes de reins, cardiaques et du pancreas, la méningite des malades du SIDA, l’arthrite, la bronchite, les problèmes respiratoires des nouveau-nés et l’épilepsie. »(iv)

Et ici, autre tour de passe-passe : « Bien que le commerce des produits médicaux ne soit pas soumis aux sanctions internationales imposées par l’ONU ni à celles imposées unilatéralement par les USA et l’Union Européenne, les banques occidentales refusent de traiter les transactions qui les concernent. » (C’est moi qui souligne.)

Prendre les malades pour cibles est le fait de fous criminels. Pour « prendre les nouveau-nés pour cibles », on n’a pas encore trouvé d’expression qui convienne, sauf, évidemment, Madeleine Albright, quand, se référant au demi-million d’enfants irakiens morts, elle a dit « …nous pensons que cela valait le coup… » (« …we think the price is worth it. »). Ce n’était pas un lapsus. C’était à l’évidence le Nouvel Ordre Mondial.

Cette liste partielle des médicaments que l’Iran ne peut pas obtenir est à afficher sur un Mur de la Honte à Washington et dans toutes ces capitales « Prix Nobel de la Paix » d’Europe.

« Les médicaments interdits à l’Iran comprennent tous ceux nécessaires à la chimiothérapie, ceux utilisés pour prévenir les infections chez les patients ayant subi des greffes de rein, du cœur et du pancréas, ceux nécessaires au traitement du SIDA, des cancers du colon, des poumons et du cerveau, la chimiothérapie des cancers pulmonaires, ovariens et testiculaires, le traitement du lymphome non-Hodgkin. »

De même : « les médicaments nécessaires à la thérapie du cancer du sein ; toute une batterie de médicaments chimiothérapeutiques ; mais aussi ceux pour le traitement des problèmes cardiaques chroniques mettant la vie en danger, ceux pour le traitement de la méningite, des insuffisance respiratoires graves chez le nouveau-né, des convulsions dans les crises d’épilepsie, et les médicaments à spectre large pour soigner les affections cardiaques. »

En plus :

« La nitroglycérine pour l’angine de poitrine et les maladies des artères coronaires ; les médicaments nécessaires pour traiter la septicémie et la méningite bactérienne ; ceux nécessaires pour réduire les risques de naissance prématurée, pour la bronchite aigüe, la pneumonie, les infections osseuses, gynécologiques et des voies urinaires. »

La nimidopine, qui réduit les risques de dégâts après une hémorragie dans la tête, est également sur la liste. Quelle chance pour Madame Clinton qu’elle n’ait pas souffert de son présumé caillot-adjacent-au- cerveau en Iran !

En octobre dernier, Fatemeh Hashemi, directrice de la Fondation pour les Maladies Speciales a déclaré que six millions de patients étaient en danger de mort, faute de médicaments sanctionnés(v). Un holocauste annoncé – accueilli par un silence quasi-total de cette meurtrière « communauté internationale ».

Mehrnaz Shahabi(vi) résume bien la situation des captifs dans cet Age du Siège :

« L’Iran produisait 97% de ses médicaments. La perte de valeur de sa monnaie signifie que les matières premières importées pour les fabriquer reviennent beaucoup plus cher au pays.

« Dans beaucoup de cas, les matières premières ne peuvent même pas être payées à cause des sanctions bancaires, surtout depuis que la SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Communications), se conformant aux sanctions décrétées par l’Union Européenne, a cessé de fournir ses services en communication électronique aux institutions financières iraniennes et refuse d’exécuter les transactions en provenance d’Iran.

Ainsi, comme en Syrie, les médicaments produits nationalement sont désormais indisponibles.

En outre : « la plupart des médicaments vitaux avancés ne peuvent plus être fabriqués sous forme générique. Ceux-ci comprennent les médicaments pour maladies cardio-vasculaires, pulmonaires, rénales – dialyses inclues – à scléroses multiples, l’hémophilie, la thalassémie et beaucoup de formes de cancers. »

Le nombre des cancers en Iran monte en flèche, et un « tsunami de cancers » est prévu pour 2015. L’Iran ayant des frontières communes avec l’Irak et respirant le même air, il n’est pas déraisonnable de penser que, tout en punissant l’Iran pour son industrie nucléaire, l’Amérique et la Grande Bretagne, par les armes de destruction massive à l’uranium appauvri qu’elles ont libéralement déversé sur l’Irak, portent la responsabilité d’une énorme catastrophe humanitaire de plus. Une tragédie qui vient.

« Toutes les opérations chirurgicales prévues sur des milliers de patients hémophiles ont dû être annulées faute de médicaments coagulants. Un gamin de 15 ans est mort fin octobre, à cause de la pénurie de médicaments coagulants » a dit le directeur de la Société Iranienne contre l’Hémophilie, ajoutant : « C’est une flagrante prise en otage des plus vulnérables par des pays qui prétendent se préoccuper des Droits de l’Homme. Même quelques jours de retard, dans ces sortes de maladies, peuvent avoir pour conséquence des hémorragies et provoquer des infirmités. »

Alors même que l’on célébrait le Nouvel An d’un bout à l’autre de l’Europe et dans « le pays des hommes libres », en Syrie, le patriarche greco-catholique de Haute-Mésopotamie, Mgr. Jacques Behnan Hindo lançait un appel urgent à l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture.

« Dans une situation qui », prévenait-il, « peut devenir catastrophique à court terme, les routes sont fermées et toutes les activités économiques et agricoles sont paralysées. Les biens de première nécessité manquent ainsi que le carburant pour le chauffage et les médicaments. Les silos ont été saccagés et le blé a été vendu à un prix dérisoire à des commerçants turcs qui profitent du chaos pour s’enrichir avec la complicité des douaniers turcs ».

Il est impossible de ne pas voir, dans la Turquie alliée de l’OTAN, l’équivalent des incendiaires des moissons irakiennes.

En plus du grain pillé, le patriarche dénonçait la disparition graduelle d’autres produits vitaux, tel que – encore comme en Irak – le lait pour bébés.

Mgr. Hindo a aussi envoyé un appel au premier ministre irakien Nuri al-Maliki : « S’il vous plaît, aidez-nous aussi rapidement que possible en envoyant 600 tanks de carburant, 300 tanks d’essence et quelques tonnes de farine. (…) Les premières victimes sont les enfants. Vous faites l’expérience, dans votre corps, dans votre âme et dans les enfants, de toute l’injustice » causée par la punition draconienne, meurtrière, illégale et collective de tout un  peuple, à commencer par ceux qui ne sont pas encore nés, par les nouveau-nés et par ceux qui ne marchent pas encore.

A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, Leningrad (aujourd’hui Saint-Petersbourg) s’est vue décerner le titre de Ville Héroïque pour son inébranlable courage collectif, sa résistance et son inventivité face aux atrocités nazies.

Le monde doit assurément décerner d’urgence le titre de Pays Héroïques à ceux qui déploient les mêmes qualités de courage, face aux nations qui n’ont pas honte de s’abaisser aux mêmes atrocités.

Notes

i. http://www.sanctionswiki.org/Syria

ii. http://www.bis.doc.gov/licensing/syriaimplementationmay14...

iii. http://www.reuters.com/article/2012/08/07/syria-crisis-he...

iv. http://www.indianexpress.com/news/shackled-by-sanctions-i...

v. http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2012/Oct-21/...

vi. http://www.deliberation.info/sanctions-aganst-iran-a-form...

Source :

http://www.globalresearch.ca/the-age-of-the-siege-nazi-mi...

 Traduction Catherine L. pour L.G.O.

 

5. BLOG - SANCTIONS - Ahmadinejad cherchez Satatn .jpg


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Palestine-Solidarité a dressé une liste d’articles (sans doute pas exhaustive mais riche) relatifs au problème Iranien, qui est, bien entendu, un problème US-UK-UE & C° :

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Iran.sommaire...

 

 

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Palestine :

 

Samer Issawi : un grand cœur qui ne bat presque plus.

 

6. issawi_famille_avec_photo-723b8.jpg

Samer Issawi a refusé à nouveau d’être déporté dans la bande de Gaza, alors qu’il est de Jérusalem. Son coeur ne bat plus qu’au rythme de 28 battements par minute. Sa comparution devant un tribunal a été renvoyée au mois de mai ce qui est une manière de signer son arrêt de mort pour l’occupant israélien.

Samer Issawi, ré-arrêté de manière arbitraire, sans le moindre jugement après avoir été libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers, ne pèse plus que 45 kilos et son coeur ne bat plus qu’au rythme de 28 battements par minute (contre 60 à 100 battements pour un coeur normal).

Sa tension est très basse, son foie et ses reins dans un état critique, et il refuse y compris d’absorber de l’eau depuis peu.

L’association Addameer s’est vu interdire de lui rendre visite depuis deux semaines

Plusieurs autres prisonniers politiques palestiniens sont également en grève de la faim et en détention "administrative", dont :

 Younis Al-Hroub (depuis le 19 février dernier), bras et jambes attachés à son lit d’hôpital sous la garde de 4 soldats israéliens qui boivent et mangent ostensiblement devant lui.

Samer Al-Barq, également en détention administrative en est à son 28ème jour de la faim depuis qu’il a recommencé à ne plus s’alimenter. Il est détenu en cellule d’isolement pour le punir de cette grève de la faim.

 Ammar Musa, de Jenine est en grève de la faim depuis le 16 mars pour protester contre la privation totale de visites familiales, ce qui est également une violation du droit international.

Ne parlons pas de nos dirigeants. Nous savons à quoi nous en tenir sur leur attachement au droit international et aux droits de l’Homme. Mais où sont les grandes organisations de défense des droits de l’homme ?

CAPJPO-EuroPalestine

Source :

http://www.alterinfo.net/notes/Samer-Issawi-un-grand-coeu...

 

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L’Irak : dix ans ? Non : 22 ! Et même davantage, avec les sanctions préalables.

7. irak.jpg

5 avril 2013

Les chiffres invraisemblables sur la destruction programmée de l’Irak (De Wereld Morgen)

Dirk Adriaensens, Marc Vandepitte

8. bébé irakien.jpgL’invasion de l’Irak, il y a dix ans, a provoqué la plus grave crise humanitaire dans le monde. Comme on l’avait annoncé, le pays a été systématiquement détruit. La brutale réalité dépasse tout ce qu’il est possible d’imaginer. Ce qui suit ne s’adresse pas aux lecteurs sensibles.

“Le chemin vers Jérusalem passe par Bagdad.” - Henry Kissinger

Nouveau-né irakien agé de 3 mois, empoisonné par les eaux toxiques.


Morts, disparus, réfugiés

Selon l’UNESCO, entre 1991 et 2003, un million d’Irakiens, dont la moitié étaient des enfants, ont perdu la vie suite aux sanctions économiques imposées au pays.[1] Cela n’était que le prélude. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, 1,5 million d’Irakiens de plus ont été tués.[2]

Le nombre de personnes disparues est actuellement estimé entre 250.000 et plus d’un million. Pour les seules familles expatriées, presque 100.000 enfants sont portés disparus.[3]

L’invasion et l’occupation qui a suivi ont été à l’origine d’une des plus grandes migrations de peuples provoquée par un conflit dans l’histoire du Moyen-Orient.[4] Un rapport des NU datant de 2008 rapportait 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak.[5] La Croix Rouge irakienne rapportait, en juillet 2007, qu’au moins 2,5 millions d’Irakiens avait fui à l’étranger.[6] Au total, il s’agissait donc de 5,3 millions de réfugiés[7] sur une population de 31 millions, soit une personne sur six.[8] Parmi ces réfugiés en Irak, 80% sont des femmes et des enfants de moins de 12 ans.[9]

Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, jusqu’à 1,5 million d’Irakiens ont été tués. Un irakien sur six est en fuite.

Lire la suite…

Source :

http://www.legrandsoir.info/les-chiffres-invraisemblables...

 

IRAK : Bébés de Fallujah et d’ailleurs (à l’uranium appauvri, vous savez). Ce ne sont pas les plus abîmés, il y a pire.

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S’ils peuvent endurer ce que nous leur envoyons, nous pouvons regarder le résultat de nos envois.

 

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Retour sur l’assassinat de Lumumba :

Est-ce le MI6 qui l’a « fait » ?

dimanche 31 mars 2013

Retour sur l’assassinat de Patrice Lumumba (ou de l’actualité de l’impérialisme)

Mounadil Al Djazaïr

Avec le temps, il arrive que certaines vérités se fassent jour et que des énigmes soient progressivement résolues. Hasan Suroor de The Hindu évoque pour nous une récente révélation sur l’assassinat de Patrice Lumumba, ce personnage charismatique dont le nom évoque aujourd’hui encore des espoirs d’indépendance et de démocratie en Afrique et au -delà.

On comprend que le destin de Lumumba a une signification particulière pour l’Inde puisque c’est auprès d’un diplomate de ce pays en poste à Léopoldville (désormais Kinshasa) qu’il avait dans un premier temps trouvé refuge.

L’histoire de Lumumba nous rappelle que, comme la Syrie aujourd’hui, le Congo ex belge avait aussi des amis.

Tiens, ce sont à peu près les mêmes que ceux de la Syrie aujourd'hui !


Un pair du royaume révèle le rôle du MI6 dans l’assassinat de Lumumba

Hasan Suroor, The Hindu (Inde)

1er avril 2013

Traduit de l’anglais par Mounadil Al Djazaïr

Un des secrets les mieux gardés des services de renseignements britanniques vient peut-être d’être éventé : leur rôle dans l’enlèvement et l’assassinat de Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement démocratiquement élu du Congo dont le panafricanisme et l’inclination vers Moscou avaient alarmé l’Occident.

Pendant plus de cinquante ans, des rumeurs ont circulé par rapport à des allégations sur le rôle de la Grande-Bretagne dans le meurtre brutal de Lumumba en 1961, mais rien n’avait été prouvé – laissant la CIA et son homologue belge porter seules le chapeau pour ce qu’un écrivain Belge avait qualifié de « plus important assassinat du 20ème siècle.» Aujourd’hui, dans des révélations spectaculaires, un vétéran de la politique britannique affirme avoir entendu de la bouche même des concernés que c’est le MI6 qui l’avait « fait. »

Dans une lettre à la rédaction passée presque inaperçue dans le dernier numéro de la London Review of Books (LRB), David Edward Lea réagissait à Empire of Secrets, British intelligence, the Cold War and the Twilight of Empire,  un nouveau livre sur les services secrets britanniques dans lequel Calder Walton affirme qu’on ne sait toujours presque rien sur le rôle de la Grande-Bretagne dans la mort de Lumumba. « La question reste de savoir si les projets britanniques d’assassinat de Lumumba… avaient une quelconque réalité. Pour l’heure, nous n’en savons rien,» écrit Walton.

Lord Lea a répliqué : « En fait, dans ce cas particulier, je peux dire que nous avons joué un rôle. Il se trouve que je prenais une tasse de thé avec Daphne Park… Elle avait été consul et première secrétaire [d’ambassade] à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, de 1959 à 1961, ce qui en pratique (et qui a été par la suite reconnu) signifiait chef du MI6 sur place. J’avais évoqué avec elle l’indignation suscitée par l’enlèvement et l’assassinat de Lumumba, et je lui avais rappelé la théorie selon laquelle le MI6 avait quelque chose à voir avec ça. “Nous l’avons fait”, avait-elle répondu, ‘je l’ai organisé.” »

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Le seul, le vrai James Bond, c’est elle. : Daphne Park

Selon Lord Lea, elle avait soutenu que si l’Occident n’était pas intervenu, Lumumba aurait livré aux Russes les richesses minières du Congo – appelé aujourd’hui République Démocratique du Congo. Contacté par The Hindu, Lord Lea a confirmé la teneur de sa lettre à la LRB et que la conversation autour d’un thé avait eu lieu quelques mois avant le décès de Mlle Park en 2010. « C’est la discussion que j’ai eue avec elle et c’est ce qu’elle m’a dit. Je n’ai rien de plus à ajouter, » a-t-il dit quand nous lui avons demandé s’il disposait éventuellement d’une autre confirmation indépendante de la déclaration de Mlle Park.

Mlle Park qui a fait sa carrière dans les services de renseignements a servi à Kinshasa (ex Léopoldville) entre 1959 et 1961. À sa retraite, elle a été faite pairesse à vie avec le titre de baronne Park of Monmouth. Ses collègues de la Chambre des Lords parlaient d’elles comme de la porte-parole des services secrets. Elle a aussi brièvement doyenne du Somerville College à l’université d’Oxford.

Le MI6 n’a fait aucun commentaire sur les révélations de Lord Lea. «Nous ne nous exprimons pas sur les questions relatives aux renseignements, » a déclaré un officiel.

Lumumba, salué comme étant « le héros de l’indépendance du Congo» de la Belgique en 1960, avait été tué par balle le 17 janvier 1961 après avoir été renversé par un coup d’État soutenu par la Belgique et les USA à peine quelques mois après avoir pris ses fonctions.

 

16. Lumumba.JPG

Lumumba avait trouvé refuge auprès de Rajeshwar Dayal – le diplomate Indien qui représentait le Secrétaire général de l’ONU au Congo – pendant plusieurs jours, mais avait été capturé et tué peu de temps après qu’il avait fait le choix de quitter les locaux de l’ONU. « Ce crime odieux avait été le point culminant de deux complots d’assassinat liés entre eux par les gouvernements belge et américain qui avaient utilisé des complices Congolais et un peloton d’exécution belge pour faire le coup,» écrit Georges Nzongola-Ntalaja, un spécialiste d’études africaines et afro-américaines qui a écrit The Congo from Leopold to Kabila: A People’s History [le Congo de Léopold à Kabila : histoire d’un peuple].

Des documents américains de l’époque, déclassifiés, ont établi le rôle de Washington dans des tentatives secrètes d’assassinat – la plus connue étant le plan de la CIA pour empoisonner la brosse à dents de Lumumba en introduisant de la pâte dentifrice empoisonnée dans sa salle de bains.

« La pâte dentifrice n’est jamais arrivée dans la sale de bains de Lumumba. Je l’ai jetée dans le fleuve Congo,» dira plus tard Larry Devlin, chef de la station de la CIA à Léopoldville.

Le public sait peu de choses sur le rôle de la Grande-Bretagne. Mais en 2000, la BBC avait rapporté qu’à l’automne 1960 – trois mois avant l’assassinat de Lumumba – un agent du MI5 à l’ambassade britannique à Léopoldville avait proposé « l’élimination de Lumumba de la scène en le tuant.»

Sources

Mounadil Al Djazaïr

http://mounadil.wordpress.com/2013/03/31/retour-sur-lassa...

et

http://www.sergeadam.net/2013/03/retour-sur-lassassinat-d...

 

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 «… elle  avait soutenu que si l’Occident n’était pas intervenu, Lumumba aurait livré aux Russes les richesses minières du Congo »

Admirable, n’est-il pas ? Indépendance du Congo, hein ? Tiens, fume !

 

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Manuel Valls et ses complices dans le crime se foutent d’Angela Davis et de Georges Abdallah.

 

Pas nous !



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Mis en ligne par Theroigne, le 8 avril 2013.

21:53 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OTAN

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OTAN

 

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« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques.

 « L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. »

Bertold BRECHT

 

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À propos d’un livre

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Une dame de haute volée : Silvia Cattori

 

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Entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya


"L’OTAN n’amène que la destruction, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie"


Apprécié pour la rigueur et la justesse de ses analyses le sociologue canadien Mahdi Darius Nazemroaya (*), 30 ans, s’est imposé comme un des meilleurs connaisseurs de l’OTAN. Ses investigations, traduites en de nombreuses langues, ont acquis une audience internationale et son ouvrage « The globalisation of NATO » [« La mondialisation de l’OTAN »] fait aujourd’hui référence.


19 mars 2013 | Thèmes (S.Cattori) : OTAN

En 400 pages denses, fascinantes, préoccupantes, il nous fait prendre la mesure de la menace que l’OTAN fait peser sur la paix du monde et l’avenir de nombreux peuples. Il nous fait également prendre conscience de l’urgence qu’il y aurait à obtenir la dissolution de cette dangereuse organisation.

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Silvia Cattori : Dans votre remarquable ouvrage vous mettez en lumière les stratégies mises en place par l’OTAN pour étendre son emprise militaire dans le monde. J’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à consacrer tant d’énergie à un sujet aussi ardu et exigeant. Comment en êtes-vous venu à considérer que l’analyse du rôle de l’OTAN et des stratégies qu’elle a mises en place était une tâche absolument essentielle ?

 

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Mahdi Darius Nazemroaya : Les graines de ce livre ont été semées en 2007. J’avais alors rédigé un petit manuscrit mettant en relation les guerres en Afghanistan et en Irak (qui avaient fait suite aux tragiques évènements du 11 septembre 2001) avec l’expansion de l’OTAN, le projet de bouclier antimissiles états-unien - que je décrivais comme s’étant finalement couvert du manteau d’un projet de l’OTAN, - et le concept de ce que les néoconservateurs et leurs alliés sionistes appellent « destruction créative » pour redessiner la restructuration des pays du Moyen-Orient, et l’encerclement aussi bien de la Chine que de la Russie.

Lire la suite…

 Source :

http://www.silviacattori.net/article4308.html

 

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La France doit quitter l’OTAN

par Regis Debray

Le Monde Diplomatique -  Mars 2013

 

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Extraits de la Lettre Ouverte à M. Hubert Védrine

Chargé par le président François Hollande de tirer le bilan du retour de la France dans le commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), M. Hubert Védrine a conclu que revenir sur la décision prise par M. Nicolas Sarkozy en 2009 « ne donnerait à la France aucun nouveau levier d’influence ». Régis Debray conteste cette analyse.

Cette lettre ouverte est parue dans le numéro de mars 2013 du Monde Diplomatique. La réponse d’Hubert Védrine sera publiée dans le numéro d’avril 2013 du même journal.

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Cher Hubert,

Les avis rendus par « gaullo-mitterrandien » – intrépide oxymore – connu pour son aptitude à dégonfler les baudruches pèsent lourd. Ainsi de ton rapport sur le retour de la France dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), que t’avait demandé en 2012 le président François Hollande, confiant – et qui ne le serait ? – en ton expertise et en ton expérience. Le bruit médiatique étant inversement proportionnel à l’importance du sujet, il n’y a pas de quoi s’étonner de la relative discrétion qui l’a entouré. Les problèmes de défense ne mobilisent guère l’opinion, et la place de la France dans le monde ne saurait faire autant de buzz que Baby et Népal, les éléphantes tuberculeuses du zoo de Lyon. Sauf quand une bataille d’Austerlitz nous emplit de fierté, comme récemment avec cette héroïque avancée dans le désert malien qui, sans trop de morts ni coups de feu, fit reculer dans la montagne des bandes errantes de djihadistes odieux.

Lire la suite…

Source :

http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/03/27/la-france-doit-quitter-lotan-par-regis-debray/


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Réponse à Régis Debray

L’OTAN, terrain d’influence pour la France

Le mois dernier, dans nos colonnes, Régis Debray reprochait à Hubert Védrine d’avoir recommandé au président de la République que la France demeure membre du commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Dans sa réponse, M. Védrine réaffirme sa conviction que sa position dans l’OTAN n’empêche nullement la France de développer une réflexion stratégique autonome à la fois ambitieuse et claire.

par Hubert Védrine, avril 2013

Cher Régis,

J’ai lu avec l’attention que tu devines la lettre que tu m’as adressée, directement et à travers Le Monde diplomatique, à propos du rapport remis par mes soins au président François Hollande, qui en a approuvé les conclusions, sur les conséquences du retour de la France dans le commandement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et sur les perspectives de l’Europe de la défense. Je suis heureux de poursuivre avec toi sous cette forme originale, publique, un dialogue entamé il y a plus de trente ans sous l’égide de François Mitterrand, et jamais interrompu depuis. Dialogue stimulant, enrichissant, quelquefois troublant, mais toujours amical et confiant.

Ton texte dépasse souvent, au point de parfois le perdre de vue, le sujet exact que j’ai eu à traiter. C’est une belle méditation mélancolique au soleil couchant sur la disparition progressive de la politique étrangère « française », sur le triomphe contemporain de l’individualisme, dont le christianisme, exsangue aujourd’hui en Europe, aurait été, il y a deux mille ans, la matrice et qui rendrait vain tout projet historique collectif ; sur l’hypothèse de la suprématie finale de Vénus sur Mars, version « debrayiste » de la « fin de l’histoire » qui te fait revenir à Saint-Just : le bonheur (individuel) aurait été en effet une idée neuve, bouleversante, et, plus de deux siècles après, cette idée sera bientôt mondiale. A quoi bon, alors, étudier encore les relations internationales, les rapports de forces et les politiques étrangères ?

En fait, s’il m’arrive de m’en affliger comme toi, je n’y crois pas trop : il y a, et il y aura encore longtemps, dans ce monde de plus en plus peuplé, trop de concurrence pour l’espace, les ressources, les marchés, la richesse, le pouvoir, les idées, les croyances, trop de chocs possibles entre différences irréconciliables, sur fond de compte à rebours écologique, sans gouvernance globale effective ni, jamais, de président mondial du peuple mondial, pour que l’utopie kantienne se réalise vraiment. Raison de plus (...)

                        Ceux que les arguments de M. Vedrine intéressent…

devront acheter Le Monde Diplomatique.

 

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( Qui dit OTAN dit Russe au couteau entre les dents, car c’est bien pour nous en préserver qu’est née l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, non ? Ici, il ne s'agit pas d'un dangereux bolchevik, mais d’un oligarque et même du premier de tous, du plus riche, du plus puissant, qui vient de mourir à Londres).

 

Le chef de la mafia russe, Boris Berezovski, retrouvé mort dans son exil anglais

Réseau Voltaire | Moscou (Russie) | 24 mars 2013

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6. berezovski.jpg

L’oligarque russe Boris Berezovski a été retrouvé mort, dans la salle de bain de sa propriété de Berkshire (sud-ouest de Londres), le samedi 23 mars 2013 à 11h.

Éminence grise de la Russie durant l’ère Eltsine, il s’était partagé les principales ressources nationales avec une douzaine d’amis et dirigeait une puissante organisation mafieuse, la Fraternité de Solntsevo. Manipulé par deux de ses conseillers, il avait imprudemment fait nommer Vladimir Poutine comme Premier ministre. Dès que celui-ci en avait eu la possibilité, il avait contraint Boris Eltsine à la démission et avait commencé une lutte sans merci contre les mafias pour reconstruire l’État.

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Berezovski avec George Soros et Boris Sapynov

Boris Berezovski s’était bientôt réfugié au Royaume-Uni, non sans emporter avec lui 2 milliards de dollars détournés de la privatisation des compagnies nationales Aeroflot, LogoVAZ et AvtoVAZ. Il avait obtenu la protection de la Couronne et l’asile politique sous le pseudonyme de Platon Elenin, mais il avait été condamné par contumace en Russie à 19 ans de prison. Travaillant en étroite collaboration avec les services secrets de Sa Majesté, il avait participé à divers complots pour alimenter la guerre en Tchétchénie, démembrer la Fédération de Russie ou assassiner le président Poutine.

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Berezovski donnant une conférence de presse à Londres en masque de « Poutine »

Cependant, ayant échoué à renverser le Kremlin, il était devenu plus encombrant qu’utile. Il avait intenté un procès devant la Haute Cour de Londres contre son ancien associé, l’oligarque Roman Abramovich (propriétaire du Chelsea Football Club), qu’il accusait de l’avoir fait chanter et contraint à vendre diverses sociétés. En définitive, il y a sept mois, il avait été débouté par les magistrats. Ceux-ci ne s’étaient pas contentés de le condamner à rembourser des frais de justice extravagants (41 millions d’euros), mais l’avaient déshonoré en le qualifiant de « malhonnête », « peu fiable » et « menteur », ce qui faisait désormais de lui un paria à la City.

Un malheur n’arrivant jamais seul, ses deux ex-épouses et sa maîtresse Elena Gorbunova s’étaient mis à lui réclamer toutes sortes de compensations. Abandonné par la Couronne, il avait été rapidement ruiné, obligé de vendre ses propriétés et sa collection de tableaux de maîtres. Dépressif, il avait écrit il y a deux mois au président Poutine pour lui demander son pardon et une amnistie. Selon son avocat, Me Alexandre Dobrovinski, il se serait suicidé. Au contraire, selon une source anglaise, il serait mort d’un infarctus.

Cependant, la vie et la mort des chefs mafieux n’étant jamais simples, les autorités britanniques ont dépêché une équipe spécialisée de police scientifique pour passer sa propriété au peigne fin. Suite à l’affaire Litvinenko, il est notamment envisagé qu’il ait été assassiné en l’exposant brièvement à une radioactivité. Cette hypothèse devrait être confirmée ou infirmée dans la journée.

     Pour approfondir le sujet, on se reportera à notre article « Boris Berezovski, le receleur », Réseau Voltaire, 26 avril 2004. Surtout, on consultera le remarquable livre-enquête de Paul Klebnikov (Forbes Magazine) : Parrain du Kremlin - Boris Berezovski et le pillage de la Russie, Robert Laffont, 2001. L’auteur fut assassiné en 2004 sur ordre de l’oligarque.

Source :

http://www.voltairenet.org/article177940.html

 

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Où l’on en apprend plus en dix minutes que les merdias accrédités ne nous en ont dévoilé en dix ans, et où l’on a honte d’avoir perdu son temps avec Le canard enchaîné et ses sempiternelles attaques contre «Vladimir-Poutine-chassant-les-Tchétchènes-jusque-dans-les-chiottes». L’article qui suit, pourtant, est de 2004 : Archives du Réseau Voltaire.

 !

N.B. : Si vous avez du mal à l’ouvrir, et si on vous dit que cela risque d’endommager gravement votre ordinateur, pas de panique, insistez. C’est juste GOOGLE qui se livre à une cyber-attaque terroriste contre le Réseau Voltaire.

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Un parrain contre le Kremlin

Boris Berezovski, le receleur

Boris Berezovski s’est forgé dans les médias occidentaux l’image d’un homme d’affaires libéral persécuté par l’autoritaire Vladimir Poutine. Cependant, il ne doit pas sa fortune à ses capacités de manager. Avec douze autres oligarques et l’aide des États-Unis, il s’est approprié les ressources de l’URSS. Il n’a pas créé de richesses dans son pays, mais il en a extrait des capitaux qu’il a déplacés à l’Ouest. Pour se tailler la part du lion, il n’a pas hésité à faire alliance avec la Fraternité de Solntsevo, une organisation mafieuse russe, et avec des gangs tchétchènes. Ce qui l’a conduit à saboter le règlement de la paix en Tchétchénie.

Réseau Voltaire | Paris (France) | 26 avril 2004 

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L’effondrement de l’URSS ouvre une violente lutte d’influence parmi les différentes composante de l’ancienne nomenklatura soviétique, notamment les nouveaux milieux d’affaires nés de la perestroïka gorbatchévienne. Sous couvert de passage à la propriété individuelle et de « privatisation », Boris Elstine brade les richesses économiques du pays à treize personnes, les oligarques, et se sert au passage. Pour Washington, la décomposition de la Fédération de Russie doit suivre celle de l’URSS afin que la domination états-unienne soit totale. Mais, un des Premiers ministres, Vladimir V. Poutine, s’appuyant sur les anciens réseaux du KGB, éconduit Eltsine en douceur vers la sortie en lui promettant l’impunité. Le nouveau maître du Kremlin entreprend alors de récupérer les biens volés par les oligarques en s’affrontant, autant que possible, à l’un après l’autre.

Lire la suite…

Source :

http://www.voltairenet.org/article13544.html

 

 

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France… 

Ils veulent une VIe République

et appellent à une manif à Paris le 5 mai

(pourquoi le 5 ? C’est le 6, le 255e anniversaire de Robespierre !)

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/04/05/que-diriez-vo...

 

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Mais où est la classe politique capable de l’élever cette petite ?


Tous nos vœux quand même. Qui sait ?

 

 

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Manuel Valls et ses complices dans le crime se foutent d’Angela Davis et de Georges Abdallah.

 

Pas nous !

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Mis en ligne par Theroigne, le 8 avril 2013

20:21 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

PAPES

 

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PAPES

Le Pape de la “guerre sale”

Par Bill Van Auken

Mondialisation.ca, 18 mars 2013

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Depuis plus d’une semaine, les médias ont soumis le public à un raz-de-marée de banalités euphoriques sur le choix d’un nouveau pape par l’Église catholique romaine.

Cette célébration sans répit du dogme et des rituels d’une institution qui est depuis des siècles associée à l’oppression et au conservatisme a indéniablement un caractère profondément antidémocratique. Elle reflète le virage à droite de l’ensemble de la classe politique et sa répudiation des principes consacrés par la Constitution américaine, y compris la séparation de l’Église et de l’Etat.

Quel écart avec les idéaux politiques qui animaient ceux qui ont rédigé ce document. C’était l’opinion bien fondée de Thomas Jefferson que «Dans chaque pays et à chaque époque, le prêtre a toujours été hostile à la liberté. Il est toujours allié au despote, pardonnant ses abus en échange de la protection que ce dernier lui accorde. »

Les conceptions de Jefferson, et le caractère réactionnaire de la couverture flagorneuse de cet événement par les médias, trouvent leur confirmation la plus frappante dans l’identité du nouveau pape qui est officiellement célébré comme un parangon d’« humilité » et de « renouveau. »

Celui qui a été placé sur le trône papal est non seulement un opposant dur et pur de plus au marxisme, au Siècle des lumières et à toutes les formes du progrès humain, mais aussi un homme profondément et directement impliqué dans l’un des plus grands crimes de la période d’après-guerre – la «sale guerre» de l’Argentine.

Dans le faste des cérémonies de vendredi, le porte-parole du Vatican a été obligé d’aborder le passé du nouveau pape François – et ex-archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio. Il a écarté les accusations le visant en les qualifiant d’œuvre des « éléments anticléricaux de gauche. »

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Que des “éléments de gauche” dénoncent la complicité des dirigeants de l’Église dans la « sale guerre » menée par la junte militaire qui a dirigé l’Argentine de 1976 à 1983 n’est pas vraiment surprenant. Ils ont représenté une grande partie des près de 30 000 ouvriers, étudiants, intellectuels, et autres qui ont été « disparus » et assassinés, et des dizaines de milliers d’autres qui ont été emprisonnés et torturés.

Mais certaines des critiques les plus fortes contre Bergoglio viennent du sein même de l’Église catholique, y compris de prêtres et de laïcs qui travaillent pour l’église, et qui affirment qu’il les a livrés aux tortionnaires dans le cadre d’un effort concerté pour « nettoyer » l’Église des « gauchistes. » L’un d’eux, un prêtre jésuite, Orlando Yorio, avait été enlevé avec un autre prêtre après avoir ignoré une mise en garde de Bergoglio, alors chef de l’ordre jésuite en Argentine, lui demandant qu’ils cessent leur travail dans les bidonvilles de Buenos Aires.

Au cours du premier procès des chefs de la junte militaire en 1985, Yorio avait déclaré, « Je suis sûr qu’il a donné lui-même la liste avec nos noms à la marine. » Les deux ont été emmenés à la tristement célèbre École de mécanique de la marine (ESMA) transformée en centre de torture et retenus plus de cinq mois avant d’être drogués et abandonnés dans un village à l’extérieur de la ville.

Bergoglio était idéologiquement prédisposé à soutenir les assassinats politiques de masse perpétrés par la junte. Au début des années 1970, il était lié au mouvement de droite péroniste de la Guardia de Hierro (garde de fer), dont les cadres, aux côtés d’éléments de la bureaucratie syndicale péroniste, servaient dans les escadrons de la mort appelés Triple A (Alliance Argentine Anticommuniste). Ceux-ci menaient une campagne d’extermination contre les opposants de gauche à l’armée avant même la prise du pouvoir par la junte. L’amiral Emilio Massera, chef de la marine et principal idéologue de la junte, utilisait également ces éléments, principalement pour saisir les biens personnels des personnes « disparues. »

Yorio, mort en 2000, avait accusé Bergoglio d’«avoir communiqué avec l’amiral Massera et de lui avoir dit que j’étais le chef des guérillas. »

La junte considérait la moindre expression d’opposition à l’ordre social existant ou de compassion envers les opprimés comme du «terrorisme». L’autre prêtre enlevé, Francisco Jalics, a raconté dans un livre que Bergoglio leur avait promis qu’il dirait aux militaires qu’ils n’étaient pas des terroristes. Il écrit, « D’après les déclarations ultérieures d’un responsable et 30 documents que j’ai pu consulter plus tard, nous avons pu prouver, sans aucune place pour le doute, que cet homme n’a pas tenu sa promesse, mais que, bien au contraire, il a présenté une dénonciation mensongère à l’armée. »

Bergoglio avait refusé de se présenter au premier procès de la junte ainsi qu’aux procédures suivantes auxquelles il fut convoqué. En 2010, quand il a finalement accepté d’être interrogé, les avocats des victimes l’ont trouvé « évasif » et « menteur. »

Bergoglio a affirmé n’avoir appris qu’après la fin de la dictature les pratiques de la junte consistant à enlever les bébés des mères qu’ils avaient fait disparaître. Ils enlevaient les mères, les retenaient jusqu’à ce qu’elles accouchent puis les exécutaient ; leurs enfants étaient alors donnés à des familles de militaires ou de policiers. Ce mensonge a été révélé par les gens qui s’étaient tournés vers lui pour qu’il les aide à retrouver des membres disparus de leur famille.

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Jorge Bergoglio, archevêque et Jorge Videla, général.

Cette collaboration avec la junte n’était pas une simple erreur personnelle de Bergoglio, mais bien plutôt la politique de la hiérarchie de l’Église, qui soutenait les objectifs de l’armée et ses méthodes. Bergoglio a tenté de dissimuler cette complicité systématique dans un livre qu’il a lui-même signé. Le journaliste argentin Horacio Verbitsky a pu montrer que le livre tronquait des citations compromettantes d’un rapport qui reproduisait un échange entre la direction de l’Église et la junte en novembre 1976, huit mois après le coup.

Parmi les passages supprimés il y avait la promesse faite par l’Église de « ne tenter en aucune manière d’adopter une position critique envers l’action du gouvernement, » puisque son « échec mènerait, très probablement, au marxisme. » Ces passages déclaraient la « compréhension, l’adhésion et l’acceptation » par l’Église catholique du soi-disant « processus » qui déclencha le règne de la terreur contre la classe ouvrière argentine.

Ce soutien n’avait rien de platonique. Les centres de détention et de torture de la junte se voyaient assigner des prêtres, dont le travail consistait non pas à s’occuper des victimes soumis à la torture et à la mort, mais à aider les tortionnaires et les assassins à vaincre leurs scrupules. En se servant de paraboles bibliques comme « séparer le bon grain de l’ivraie, » ils assuraient à ceux qui pratiquaient les fameux « vols de la mort » au cours desquels les prisonniers politiques étaient drogués, déshabillés, emportés dans des avions puis largués en pleine mer, qu’ils accomplissaient « l’œuvre de dieu. » D’autres ont participé aux séances de torture et essayé d’utiliser le rite de la confession pour obtenir des informations qui seraient utiles aux tortionnaires.

Cette collaboration était soutenue par toute la chaîne hiérarchique depuis le Vatican jusqu’en bas. En 1981, à la veille de la guerre entre l’Argentine et la Grande-Bretagne au sujet des îles Malouines (Falkland pour les Anglais), le Pape Jean-Paul II s’était rendu à Buenos Aires, apparaissant aux côtés de la junte et embrassant son chef d’alors, le Général Leopoldo Galtieri, sans dire un mot sur les dizaines de milliers de personnes enlevées, torturées et assassinées.

Comme le notait Jefferson, l’Église est « toujours alliée avec les despotes ». Ce fut aussi le cas dans le soutien que l’Eglise accorda aux fascistes de Franco en Espagne, sa collaboration avec les nazis lorsqu’ils menaient leur holocauste en Europe, et son soutien à la guerre américaine au Vietnam.

Plus spécifiquement, le fait de désigner pape une personnalité comme Bergoglio, et la célébration qui suit dans les médias et les cercles dirigeants, doivent servir de mise en garde très claire. Non seulement les crimes horribles commis en Argentine il y a 30 ans sont assumés, mais ceux qui sont au pouvoir envisagent d’utiliser des méthodes similaires une fois de plus pour défendre le capitalisme contre la lutte des classes qui s’intensifie et contre le risque d’une révolution sociale.

Sources :

http://www.mondialisation.ca/le-pape-de-la-guerre-sale/5327314

https://www.wsws.org/fr/articles/2013/mar2013/pers-m18.shtml

 

Autres articles de Bill Van Auken, parus sur Mondialisation.ca :

http://www.mondialisation.ca/author/bill-van-auken

 

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Bus papal

 

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 Saint François Ier prêchant aux oiseaux

 

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Que de bruit autour de l’élection de ce dernier pape en date ! Même les mécréants s’y sont mis. « Pour » ou « contre », quand ce n’était pas « faut voir ».

Qu’y avait-il pourtant de bien nouveau ? Depuis le temps que les plus puissants du moment « font » les papes et que les papes, en contrepartie, soutiennent – ou non – tels puissants contre tels autres, au gré de leurs intérêts, calculs, caprices, amitiés ou inimitiés, qu’il faut bien qualifier de politiques, puisque « évangéliques » paraîtrait vraiment trop saugrenu.

La dernière fois qu’une élection papale avait fait autant de bruit remonte au 16 octobre 1978, jour où Karol Wojtyla devint Jean-Paul II. Pensez donc, un pape issu du bloc communiste ! Qu’il ait dû, celui-là, son élévation à son anti-communisme rabique n’aurait dû surprendre personne, quand on connaît les mœurs de l’Eglise depuis une douzaine et demie de siècles. Rares pourtant furent ceux qui n’en doutèrent pas un instant.

Au nombre de ceux-ci, un duo d’auteurs français. De polars sans prétention, plutôt drôles. Au tout début de 1979, ils sortirent un volume des aventures de leur héros de prédilection, Faergus, séminariste irlandais, roux et imbattable sur le décryptage des papyrus de l’Egypte pharaonique. En route pour Le Caire et une mission studieuse, le rouquin de choc se trouvait pris, en passant par Rome, dans les remous provoqués par l’élection du successeur de l’infortuné Luciani. Pas triste et assez bien vu.

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Yvon Hecht et Dominique Eudes

FAERGUS

ou Les Mystères du Vatican

Paris, Encre, 1979

 


On eût pu se contenter – et arriver au même résultat – de lire ou relire la vie de Machiavel, telle que la scrutait en 1930 L. Gautier Vignal. Car il en a approché, des papes, le Niccolo. Et quels ! C’est peu dire que leur époque ressemble à la nôtre et que la Syrie d’aujourd’hui, comme champ de bataille, ne diffère pas beaucoup de l’Italie du XVIe siècle. Et qu’importe si les faiseurs de papes ne s’appellent plus Charles Quint, Maximilien ou François Ier, mais Reagan, Bush, Clinton ou Obama ?

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L. Gautier Vignal

MACHIAVEL

Payot, Paris, 1930

 



Laissons au scalpel de Mme Lacroix-Riz les papes de la guerre et de l’après-guerre.

Quand il demandait, goguenard, « Le pape, combien de divisions ? », Staline pratiquait la méthode Coué. Ses successeurs allaient bientôt découvrir à quel point il s’était mis le doigt dans l’œil. Car, même rétrécis comme peau de chagrin, « les états pontificaux », devenus « l’Etat du Vatican » n’ont jamais compté pour du beurre. (Un siège à l’ONU comme les plus étendus et les plus peuplés !...)  État où les « successeurs de Pierre » n’ont jamais lavé les pieds des manants que pour mieux leur couper l’herbe dessous.

Dès la mise sur les rails de la Contre-Révolution reaganienne (même si Brzezinski, sous Carter, ne l’avait pas attendue), aucun doute ne subsista sur les priorités de l’Empire : anéantir le bloc de l’Est et maintenir sous un talon de fer l’Amérique Latine. C’est à quoi allait s’employer, pendant les 27 ans de son pontificat, le pape polonais. Sans préjudice du reste.

La guerre froide, qui eût été chaude et eût commencé en 1945 si Churchill eût été suivi, d’abord feutrée, stridente ensuite, a fait rage vers l’Est dès avant la mort de Staline pour ne marquer le pas qu’avec Gorbatchev, croire à sa victoire sous Eltsine et reprendre de plus belle contre les restaurateurs de la Russie.

Par ailleurs, la sale guerre perpétuelle aux peuples de l’Amérique Latine, aussi vieille que les Etats-Unis, n’a commencé à rencontrer de sérieux obstacles qu’après la mort de Camillo Torres et Che Guevara, avec l’apparition, en 1968, de la théologie de la libération, directement issue de leur double sacrifice.

L’élection de Wojtyla et ses conséquences n’allaient pas seulement, à l’Est de l’Europe, plonger des populations entières dans la misère et réduire de plusieurs dizaines d’années leur espérance de vie, tout en jetant dans les serres meurtrières des mafias proxénètes albanaises et kosovares des centaines de milliers de jeunes femmes, de jeunes hommes et d’enfants – traite d’esclaves à grande échelle que personne n’a eu, jusqu’à ce jour, le courage de regarder en face -,  elle allait aussi coûter la vie, dans des souffrances et des humiliations indicibles, qui ne sont imaginables qu’à l’aune de Guantanamo et d’Abu Ghraib, à des centaines de milliers de martyrs, du Mexique à la Terre de Feu.

Personne n’a jamais pensé à surnommer Jean-Paul II, comme on avait fait Jean XXIII, « Johnny Walker », surnom qu’il a bien davantage mérité pourtant. En 27 ans de pontificat, dont les 4 dernières à la trappe de l’Alzheimer ou tout comme, en 23 ans donc, ce n’est pas moins de 44 visites qu’il a faites à l’Amérique Centrale et du Sud. Pas une république bananière qui n’ait déroulé pour lui le tapis rouge. Pas un dictateur sanguinaire qu’il n’ait serré dans ses bras et paternellement béni. Pas un prêtre théologien de la libération (ou une nonne) qu’il n’ait jeté aux chiens, paternellement fait déchiqueter par les escadrons de la mort de toutes obédiences. 

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Leopoldo Galtieri et Karol Wojtyla échangeant des confidences.

Le calendrier de ces visites « pastorales » est plus éloquent qu’un réquisitoire musclé :

1979  -          République dominicaine, Mexique, Bahamas.

1980  -          Brésil.

1982  -          Argentine, Brésil.

1983  -          Costa Rica, Nicaragua, Honduras, Panama, Salvador, Guatemala,   Bélise, Haïti.

1984  -          Saint Domingue (République dominicaine).

1985  -          Pérou, Equateur, Venezuela,  Trinité et Tobago.

1986  -          Sainte Lucie et Colombie.

1987  -          Cili, Uruguay, Argentine.

1988  -          Uruguay, Bolivie, Pérou, Paraguay, Curaçao.

1990  -          Mexique, Curaçao.

1991   -          Brésil.

1992  -          Saint Domingue.

1996  -          Guatemala, Nicaragua, Salvador, Venezuela.

1997  -          Brésil.

1998  -          Cuba.

1999 -          Mexique.

2002-          Guatemala, Antigua, Mexique.

Sans oublier les visites de courtoisie (ou de travail ?) aux très puissants protecteurs du Nord, pourtant « protestants » de deux douzaines de manières différentes, mais on ne crache pas sur une équipe qui gagne, n’est-ce pas.

1979  -          USA  (Carter, c. à d. Brzezinski).

1981   -          USA, Alaska (Reagan)

1984  -          USA, Alaska (Reagan)

1987  -          USA (Reagan).

1993 -          USA (Clinton).

Bien sûr, il ne fut pas le seul à « coopérer », et les Sud-Américains et autres Européens de l’Est ne furent pas les seuls à trinquer.

N’y avait-il pas eu déjà, dans le pays qui abrite La Mecque du christianisme et grâce, entre autres, à Al Capone, l’ôte-toi-de-là-que-je-m’y-mette de la Démocratie Chrétienne au Parti Communiste ?

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N’y a-t-il pas eu – aussi – sous cet édifiant pontificat et au même endroit, quelques scandales financiers et assassinats en tous genres à rendre jaloux Alexandre VI et son fils ? Ah, la banque du Vatican (Ambrosiano chez Polichinelle) et sa faillite frauduleuse à 3,5 milliards de $, sous la houlette experte du sportif et si expéditif Paul Casimir Marcinkus (autre homme de l’Est quoique citoyen US), lequel allait finir par devoir quitter non pas l’Église comme on l’a dit (accords de Latran faisant loi) mais seulement Rome et regagner, unbothered, les États-Unis pour y paître les ouailles de son archevêché de Chicago, avant de mourir dans une opulence de bon aloi à Sun City, Arizona !

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Bien sûr, il y a eu un Mgr Ratzinger (Benoît XVI pour le Who’s Who), qui pourtant s’y connaissait en sabres… Mais celui-là n’a pas été fichu, en huit ans, de se pointer plus d’une fois chez les Latinos – chez ce coco de Fidel et ce demi-coco de Lula en plus ! – et, bref, s’est avéré si lamentablement inopérant, face aux Chavez, Moralès, Corréa et autres, qu’il n’a même pas été capable, comme un simple Mgr Rosalio Castillo Lara l’a fait à Caracas, de mettre son poids dans la balance du moindre putsch livré clés en mains. Nul, on vous dit ! Il était temps qu’il dégage. Il a. Expédié non pas à la tasse de café mais au C4, à la caisse en carton et aux deux vigiles : « Prenez vos affaires et rendez les clés, vous avez un quart d’heure ». Comme dans la première multinationale venue.

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De quoi se plaindrait-il ? Il est en vie.

Bien sûr, « ils » ne vont pas, en Argentine ou ailleurs, faire reprendre du service à la junte  (quoique…), mais, bon, le personnel hautement qualifié est en taule, ad vitam pour certains. Il y a beaucoup plus à parier qu’on va voir surgir, ici et là, des syndicats « libérateurs », style Solidarność, des ONG en veux-tu en voilà et des défilés de « ménagères » emperlouzées à casseroles, voire quelques pèlerinages monstres à N.-D. de la Guadalupe ou à l’Aparecida, car il n’y a pas que Czestochowa au monde savez-vous.


Tout dépendra du degré de jobardise des hilotes.


Bref, Nicolas, Evo, Rafael, Cristina, Raùl et tutti quanti, bande de bolchos, vous avez intérêt à compter vos abattis.  Il bel Fioretto et ses amis vont s’occuper de vous.


Petit rappel d’un pontificat béatifié :

Lilya 4 ever

Lukas Moodysson 

23 août 2002


Ce n’est pas qu’on soit plus paranos qu’il ne convient, mais Jean XXIII c’est si loin, et Jean-Paul Ier ce fut si court.


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DalaïRoma – Collage d’André Stas


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ET GENS D’ARGENT

 

Serge Halimi

Le Monde Diplomatique

La leçon de Nicosie

Tout devenait impossible. Augmenter les impôts décourageait les « entrepreneurs ». Se protéger du dumping commercial des pays à bas salaires contrevenait aux accords de libre-échange. Imposer une taxe (minuscule) sur les transactions financières exigeait que la plupart des Etats s’y rallient. Baisser la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) requérait l’aval de Bruxelles…

Samedi 16 mars 2013, tout a changé. Des institutions aussi orthodoxes que la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI), l’Eurogroupe et le gouvernement allemand de Mme Angela Merkel ont tordu le bras (tremblant) des autorités chypriotes afin que celles-ci exécutent une mesure qui, décidée par Hugo Chávez, aurait été jugée liberticide, dictatoriale, tyrannique, et aurait valu au chef d’Etat vénézuélien des kilomètres d’éditoriaux indignés : la ponction automatique des dépôts bancaires. Initialement échelonné entre 6,75 % et 9,90 %, le taux de la confiscation correspondait à près de mille fois le montant de cette taxe Tobin dont on parle depuis quinze ans. Preuve était donc faite : en Europe, quand on veut, on peut !

Lire la suite…

Source :

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/04/HALIMI/48965


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WEEK-END EXPLOSIF

 

(Un journaliste allemand a eu le très mauvais goût de s’intéresser aux salaires et aux habitudes des parlementaires européens un vendredi matin où tous partaient en week-end)




Source :

http://www.communcommune.com/article-parlement-europeen-un-reportage-d-une-chaine-de-television-allemande-video-116572358.html


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Qui ne sait que les excréments, c’est de l’argent ? Et que marcher dedans porte bonheur ?

Mais où va le caca de Dubai ?

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Dubaï, c'est plus de 2 millions d'habitants, des gratte-ciel incroyables, du luxe partout mais… Dubaï n'a pas le tout à l'égout.

Eh oui, l'une des villes les plus modernes du monde récupère son caca dans des milliers de camions, chargés d’aller le faire disparaître dans la seule usine de retraitement de l'émirat.

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La plus haute tour du monde – Burj Khalifa - avec ses 739 mètres de haut, ses 136 étages et ses + ou - 35 000 habitants n’a pas de système d’évacuation.

Les propriétaires doivent donc trouver un moyen d'évacuer les matières fécales de leurs résidents.

À raison de 200 grammes par jour et par personne en moyenne, cela représente à pleine capacité, près de 7 tonnes d'excréments quotidiens. Sans compter les liquides… En gros : entre 15 et 20 tonnes à évacuer par jour. Et il en est ainsi partout. Car, des gratte-ciels, il y en a quelques-uns à Dubaï.

Pas de panique : dans ces presque verts paradis, l’essence et la main d’œuvre ne coûtent rien ou si peu. On transporte donc « tout ça » en camions.

Or, les camions attendent parfois jusqu’à 24 heures pour pouvoir charger, et re-belote au déchargement.

Les chauffeurs étant payés au voyage, et l’attente à la porte de l’usine unique étant fort longue, certains n'hésitent pas à déverser leur odorante cargaison dans la mer.

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Heureusement qu’il y a la mer !

 


Source :

http://bit.ly/Vvh2nZ

 

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Dans la mer, c’est bien, mais sur la tête des gens qu’on veut chasser de chez eux, c’est mieux.

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Quand les gaz asphyxiants,  les lances  à incendie et les balles en caoutchouc ne suffisent plus à disperser les manifestations, que fait-on ? On invente un nouveau genre de projectile. Les Israéliens ont inventé le « Skunk », un liquide à base d’excréments ou des excréments liquidifiés si on – oups – préfère.

Avons-nous dit pour disperser ? Pas exactement. Pour punir les habitants du village de Nabi Saleh, coupables d’organiser chaque semaine une manifestation pacifique pour protester contre le mur de l’Apartheid construit sur des « territoires occupés » de la bande de Gaza.

C’est ainsi qu’on peut voir, sur cette vidéo, un véhicule blindé de Tsahal, équipé de canons à eau, asperger gens et maisons du village avec le liquide immonde, qui est si peu létal que l’environnement n’a pas tardé à montrer des signes de  dépérissement.

Bof, les Palestiniens n’ont qu’à marcher dedans, puisqu’il paraît que cela porte bonheur.

 

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Dernière minute :

 Théologie de la libération

(suite et pas fin)

6 avril 2013

Les Etats-Unis combattent encore la « menace » de la Théologie de la Libération (Counterpunch)

Dan KOVALIK

18. theologie liberation .jpgLe 15 septembre 2011, j’ai écrit à Mgr Kuriakose Bharanikulangara, Premier Conseiller de la Mission d’Observation Permanente du Saint Siège aux Nations Unies. Dans cette lettre, motivée par l’assassinat du 79eme prêtre en Colombie depuis 1984, j’ai exprimé ma préoccupation devant les meurtres incessants de prêtres catholiques et d’autres religieux en Colombie. J’affirmais que « cette agression contre l’Eglise de Colombie est à la fois une politique d’état de la Colombie et des Etats-Unis qui soutiennent les militaires à coups de milliards de dollars d’assistance, et qui considérent les mouvements organisés en faveur de la justice sociale en Amérique latine comme des menaces à leur domination économique dans la région. Je ne suis pas le seul à penser ainsi et d’autres prêtres en Colombie, notamment le Père Javier Giraldo, expriment le même point de vue depuis de nombreuses années.»

J’ai transmis une copie de cette lettre au Père Giraldo qui m’a répondu par une courte note dans laquelle il me remerciait et avait écrit, « vous avez correctement interprété ma pensée. » Quant au Saint Siège, il n’a jamais répondu à mon courrier – apparemment parce qu’il ne partage pas mes préoccupations pour le sort de ces prêtres.

Un qui s’exprime sur ce sujet depuis des années est Noam Chomsky, un ami et soutien du Père Giraldo. En réponse à mon article le plus récent sur l’agression permanente contre l’église colombienne, le Professeur Chomsky m’a écrit : «très peu sont au courant de la guerre que les Etats-Unis ont lancée contre l’Eglise après l’hérésie de Vatican II, cherchant à ramener l’église aux Evangiles pour la première fois depuis l’Empereur Constantin. Vous savez probablement que cela fait très longtemps que j’écris sur ce sujet. Généralement sans résultats. » Hélas, ce fut une vidéo d’une conférence donnée par Chomsky en 2009 qui m’a ouvert les yeux sur la réalité de cette guerre et sa véritable nature.

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Source :

http://www.legrandsoir.info/les-etats-unis-combattent-encore-la-menace-de-la-theologie-de-la-liberation-counterpunch.html

 

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17. Abdallah-AngelaDavis.jpg

Manuel Valls et ses complices dans le crime se foutent d’Angela Davis et de Georges Abdallah.

 

Pas nous !

 

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Mis en ligne par Theroigne le 8 avril 2013.

17:56 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

CINEMA D'AILLEURS

CINEMA

D’AILLEURS

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Cinéma américain

et esclavage

(on n’en sortira pas facilement, mais…) 

2. BLOG - CINOCHE - Lincoln .jpg

La dépravation morale de « Lincoln »

 

Sam Husseini

24 février 2013, Information Clearing House

Il n’y a pas un seul personnage substantiel dans le film Lincoln, qui soutienne, sur un plan moral, que les Afro-américains sont les égaux des blancs.

Le film commence par une scène où le président Lincoln écoute soliloquer un jeune noir qui explique comment il entend aller de l’avant, ce qui est très bien, je suppose, mais qui n’a rien d’un plaidoyer moral contre l’esclavage.

Les abolitionnistes – en qui on devrait voir des héros – sont présentés tout au long de ce film comme des cinglés, dans les rares occasions où ils ne sont pas ignorés.

On voit un membre du Congrès, le radical (Républicain) Thaddeus Stevens se livrer à des contorsions pour ne pas prononcer que les noirs sont intrinsèquement les égaux des blancs.

Une scène cruciale entre lui et Lincoln le montre en train d’essayer de persuader le Président de se régler sur sa boussole morale. Lincoln lui répond qu’on ne peut pas aller droit sur le nord quand on est devant un marécage. Et la question est réglée, comme s’il n’y avait pas de réponse à un tel argument. C’est le compromis qui est considéré comme le sommet des sommets, le but ultime, et non pas le soutien d’une cause juste, considéré comme inefficace et contre-productif.

Même en admettant que ce soit ce que doit être la politique – et je n’y crois pas une seconde – quelle sorte d’« art » glorifie une telle attitude, en écartant dédaigneusement ceux qui se dressent avec courage au nom de ce qui est vrai et juste ? Quelle sorte d’« art » dit que l’ambition la plus haute consiste à être de connivence avec le compromis, en se prétendant puriste défenseur de quelque but plus élevé ? Quelle sorte d’« artiste » se sert de son talent et de ses ressources pour délivrer ce genre de message au public ?

Eh bien, c’est quelque chose que le producteur et metteur en scène de Lincoln, Steven Spielberg, a déjà représenté, par exemple dans La liste de Schindler. On y voit Oskar Schindler amadouer des soldats allemandssusceptibles d’exterminer des enfants juifs, en leur faisant croire qu’il a besoinde leurs petits doigts pour son usine. Ce pourrait être une anecdote poignante. Mais est-ce que la nécessité probable de mentir aux nazis s’applique aux Etats-Unis de 1863 ? Ou d’aujourd’hui ?

Dans une certaine mesure, c’est la position d’un tas de progressistes depuis le début de l’ascension du président actuel. « Nous avons foi en les mensonges d’Obama » (In Obama’s lies we trust) a été leur devise de facto. Dans une autre mesure, cela reflète probablement des intérêts qui sont les leurs, quand ils font semblant de vouloir un changement, tout en sachant parfaitement qu’Obama n’apportera aucun changement significatif. Presque tout le monde est un « triangulateur » maintenant.

Mais tous ces jeux, joués par Obama et ses supporters, qui exaltent de présumés « compromis » – Obama accepte-t-il des compromis ou brade-t-il la baraque dès le départ ? -  ne font pas que trahir la haute vocation de l’art, ils sont aussi anhistoriques.

Pour un vrai coup d’œil sur la mentalité qu’il y a derrière Lincoln, considérez ce que Tony Kushner, l’auteur du scénario, a dit à Bill Moyers :

« Mais en même temps, ce niveau de critique doit permettre que, pendant les cycles électoraux, des gens qui n’ont peut-être pas fait tout ce que nous voulions qu’ils fassent soient réélus, de façon que nous puissions construire une base de pouvoir qui nous mette en mesure de faire réellement des choses. Et je pense que nous avons une législation bien équilibrée. Et je pense que nous avons perdu l’habitude de cet équilibre en passant toutes les années de la contre-révolution de Reagan loin du pouvoir. Nous sommes devenus très critiques. 

« Mais tout ça, ce sont des conneries. On ne va pas prétendre que Wall Street n’a pas une influence horriblement forte et illégitime sur le pays. Mais si vous voulez réussir à réguler le système financier, vous devrez malheureusement, jusqu’à un certain point, travailler avec Wall Street. Parce que, si vous foncez naïvement, vous apprendrez très vite que beaucoup de ce qui arrive dans ce pays est contrôlé par Wall Street. Et une chose que j’aime chez Obama, c’est qu’il n’est absolument pas naïf. Et, vous savez, vous ne vous faites pas élire président quand vous êtes un noir, si vous êtes naïf. Cet homme - vous savez, je ne pourrais pas me faire élire représentant des copropriétaires dans mon immeuble – il a réussi ce miracle, il est réélu président américain. »

A propos de conneries ! Ici, Tony Kushner, non seulement fait comme si Clinton n’avait pas été au pouvoir pendant huit ans, mais, incroyablement, lorsqu’il parle de l’interaction entre Wall Street et la politique, il fait également comme si Clinton et Bob Rubin et Larry Summers (qui a quand même été le conseiller économique d’Obama)  n’avaient pas fait passer la déréglementation de Wall Street à la fin des années 90. Bon, Moyers a fait de bon shows sur ces questions, mais, là, il a laissé Kushner et ses imbécilités s’en tirer à trop bon compte.

Alors, qui est le naïf dans tout ça ?

Quelle est la responsabilité de l’artiste, quand il s’attaque au cours de l’histoire ?

Où sont les films sur Dietrich Bonhoeffer, qui a été exécuté par les nazis ? Sur Nat Turner, qui a entraîné un soulèvement d’esclaves ? Sur John Brown qui, selon les termes mêmes de la biographie de S. Reynolds « a tué l’esclavage, fait éclater la guerre civile et semé les graines des Droits Civiques » ?

Non, Obama n’est pas naïf, et Kushner ne l’est pas non plus. Quiconque prend pour argent comptant ce que lui raconte Hollywood l’est.

 Traduction Catherine L. pour L.G.O.

Source :

http://www.informationclearinghouse.info/article34072.htm

 

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La dépravation morale du cinéma esp d’Almodovar

jeudi 28 mars 2013

Les amants passagers : atterrissage raté pour Almodovar.

Rosa LLORENS


3. BLOG - CINOCHE - Almodovar .jpg

 

Après plusieurs années d’errances mélodramatiques, à la recherche d’un nouveau souffle, Almodovar revient à la comédie, avec un nouvel épisode de la série américaine Pan Am, version cage aux folles : l’action se centre sur deux pilotes bisexuels et surtout un trio de stewards homosexuels. Almodovar poursuit ainsi une trajectoire marquée par l’évitement des réalités sociopolitiques et un réductionnisme sexuel qui, dans les années 70, pouvait sembler audacieux, mais qui, aujourd’hui, n’est plus qu’infantile voire inquiétant.

L’avion des Amants passagers, avec ses problèmes techniques qui menacent de le conduire au crash, aurait pu symboliser l’Europe actuelle, enlisée dans une crise économique, morale et intellectuelle et, plus précisément, les scandales politico-financiers qui ont discrédité le gouvernement Rajoy et provoquent, dans la presse, de multiples appels à la démission.

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Source :

http://www.legrandsoir.info/les-amants-passagers-atterris...

 

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Cinéma américain

et esclavage

(suite)

3. bis BLOG - CINOCHE - AFRIQUE sur  drapeau US -0 a a agent analyse mali 5.jpg

 

 mercredi 3 avril 2013

L’invasion silencieuse de l’Afrique et les mensonges de Hollywood.

John PILGER

 

4. John Pilger 1.jpgUne invasion à grande échelle est en train de se dérouler en Afrique. Les Etats-Unis sont en train de déployer des troupes dans 35 pays africains, en commençant par la Libye, le Soudan, l’Algérie et le Niger. Signalée par l’agence de presse Associated Press le jour de Noël, cette information était absente de la plupart des médias anglo-américains.

L’invasion n’a pratiquement rien à voir avec « l’Islamisme », et presque tout à voir avec la mainmise sur les ressources, notamment les minerais, et une rivalité croissante avec la Chine. Contrairement à la Chine, les Etats-Unis et leurs alliés sont prêts à employer la violence, comme démontré en Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen et Palestine. Comme lors de la Guerre Froide, une certaine division du travail stipule que c’est au journalisme occidental et à la culture populaire de fournir une justification à la guerre sainte contre « l’arc de menace » islamiste, semblable en tous points à la soi-disant « menace rouge » d’une conspiration communiste mondiale.

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Source :

http://www.legrandsoir.info/l-invasion-silencieuse-de-l-afrique-et-les-mensonges-de-hollywood.html

John Pilger est un  journaliste, scénariste et réalisateur australien né le 9 octobre 1939 à Sydney. Il a été correspondant de guerre au Vietnam, au Cambodge, en Egypte, en Inde, au Bangladesh et au Biafra. Il a obtenu de nombreux prix de journalisme et d’associations de droits de l’homme et a été nommé deux fois « Journalist of the Year » en Grande Bretagne.

 

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Cinéma serbe

Emir Kusturica et son prochain film

Il y a quelques jours, La voix de la Russie annonçait que le bouillant Emir se préparait à tourner un film ayant pour sujet la vente, par le Kosovo, d’organes de prisonniers serbes un peu tués pour l’occasion, qui n’a jamais défrayé les chroniques BCBG de la presse-tituée occidentale.

Simultanément, quelques articles fielleux avaient paru, dans d’autres endroits de l’ex-Yougoslavie, accusant le réalisateur de choses peu claires, mais principalement d’être serbe, et son actrice vedette, Monica Bellucci, d’être une idiote et une aveugle.

Emir Kusturica met aujourd’hui deux ou trois choses au point. C’est sur Alterinfo :

5. Emir - 1 .jpg

Le réalisateur serbe culte a annoncé il y a quelques jours qu'il a l'intention de tourner un film sur la vente d’organes au Kosovo. L’union des cinématographes de ce pays auto-proclamé a exigé des autorités qu’elles interdisent à Kusturica l’entrée du territoire qui se trouve sous leur contrôle. Dans une interview accordée à La Voix de la Russie, le réalisateur explique que les médias des Balkans ont légèrement changé d'accent dans cette information.

Emir Kusturica : Cela fait longtemps que j’écris un roman qui s’appelle Mon cher Fedor. Ce roman parle d’un jeune homme qui se pose des questions existentielles et se demande si la morale existe. Le destin l’amène au Kosovo, où il retrouvera sa petite amie, qui est attachée à lui. Cette fille a des liens avec un autre héros principal de mon histoire qui s’appelle Fedor Dostoïevski. (…)

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Source :

http://www.alterinfo.net/Kusturica-Mon-film-ne-parle-pas-...

Deux ou trois informations sur Kusturica en général, pendant qu’on y est :

Il existe un site – en français et en anglais - consacré au réalisateur serbe : www.kustu.com dont voici la page d’accueil :

http://www.kustu.com/w2/fr:start.

Il a été créé et est animé par Matthieu Dhenin, cinéphile mais aussi écrivain (auteur, notamment, d’un roman, Saltarello, paru chez Actes Sud).

On fera bien, pour ne pas se perdre dans le labyrinthe des annonces en tous genres et en tous sens, de fourrager dans Le tiroir (aux projets de Kusturica) où Matthieu essaie de garder un peu d’ordre :

http://kustu.com/w2/fr:le_tiroir

 

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Pour son film La vie est un miracle, Emir Kusturica a construit, de toutes pièces, non loin de Belgrade, un village qu’il a baptisé Küstendorf, autrement appelé Drvengrad (« le village en bois»), lequel a remporté le prix européen d’architecture Philippe Rotthier.

6. Kustendorf-Dvengrad-Mokra-Gora.jpg

Après le tournage du film, loin d’être abandonné, Küstendorf est devenu « village du cinéma ». Kusturica y a fondé une école, où de jeunes apprentis-réalisateurs viennent faire des stages d’une semaine.

S’y déroule aussi, tous les ans, au mois de janvier, le Festival de Küstendorf, principalement consacré à des courts-métrages de jeunes réalisateurs.

7. Kustendorf - affiche.jpg

 

Enfin, le réalisateur, qui est aussi musicien, parcourt à la moindre occasion le monde avec ses amis et complices du No smoking orchestra.

8. No smoking orchestra.jpeg

 

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9. hiver achevé.jpg

Méthode Coué !


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Mis en ligne le 8 avril 2013 par Theroigne

16:44 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/04/2013

Evolution foudroyante...

1. BLOG - ALINE - TRUANDS - Pompiers dégageant des bateaux - frozen-sea-china_2438027k.jpg

 

Aline de Dieguez

3 avril 2013

IV - Evolution foudroyante du système bancaire mondial


Du gangstérisme à la truanderie

 

" Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire”

David Rockefeller , 1999

 

"Les quelques banques qui, grâce au processus de concentration, restent à la tête de toute l'économie capitaliste, ont naturellement une tendance de plus en plus marquée à des accords de monopole, à un trust de banques. En Amérique, ce ne sont plus neuf, mais deux très grandes banques, celles des milliardaires Rockefeller et Morgan, qui règnent sur un capital de 11 milliards de marks."

Lénine , L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916

 

1 - C'est là que tout a commencé

2 - Des trous dans le manteau d'or

3 - Petit conte immoral

4 - Les banquiers deviennent des banksters

5 - L'exemple français

6 - Consolidation du statut des banksters

7 - Du gangstérisme bancaire et de la truanderie institutionnalisée

8 - La punition exemplaire infligée aux Chypriotes

9 - Conclusion pessimiste

 

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1 - C'est là que tout a commencé

Il était une fois un pays plus heureux que celui de Cocagne que la légende situe près de Naples et dont une montagne magique occupait le centre. Crachant à profusion de gros sandwichs bourrés de viande et des boîtes d'un liquide marron, sucré et pétillant, ce Vésuve alimentaire plongeait ses habitants dans la félicité. Plus béni des dieux qu'Argos, dans lequel Danaé, la belle captive, fut fécondée par le roi des dieux métamorphosé en une pluie d'or, ce lieu de rêve aimantait les aspirations d'une partie non négligeable de l'humanité.

Le Dieu-Dollar régnait en maître incontesté en ces contrées enchanteresses et ses tentacules enserraient la planète de l'orient au ponant et du septentrion au midi. Ses temples de verre et d'acier surgissaient de terre comme petits rosés dans les prés après la pluie.

2. BLOG - ALINE - TTRUANDS - New-York.jpg

New-York

Durant près d'un siècle les prêtres de cette divinité s'étaient gavés d'une nourriture alléchante offerte par les servants du Dieu de papier qui leur offrait des rendements qui dépassaient leurs espérances les plus folles. Ils n'avaient pas senti l'odeur de pourriture qu'elle dégageait. La Bourse flambait et la courbe des indices, telle l'échelle de Jacob, semblait devoir monter jusqu'au ciel.

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MANE, THECEL PHARES !

 

Le 6 mars 1987,

Naufrage du HERALD OF FREE ENTERPRISE

Entre Zeebruges et Douvres

193 morts

L’Apocalypse avait commencé.

 

 

 

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Pour nous consoler des truands,

Des humains comme on les aime

Mongolie…

Une chamelle avait mis bas…

Un petit qu’elle ne reconnaissait pas et dont elle ne voulait pas…

Il allait mourir de faim…

On n’élève pas les petits chameaux au biberon…

Que faire ?…

 

 

 

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Mis en ligne par Theroigne, le 3 avril 2013


13:33 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |