25/11/2014

DEUX ANNIVERSAIRES

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Deux anniversaires !

Un en France,  l’autre en Chine.

Non, on ne vous parlera pas du mur de Berlin – les meilleures choses ont une fin.

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Ce 24 novembre, il aurait eu 150 ans

 

Toulouse Lautrec, Jean Jaurès, Thierry Carcenac, Christine Bouttin : cherchez l’intrus et l’intruse.

 

 

3. Toulouse Lautrec.jpgUne maladie des os, la pycnodysostose, l’empêcha de dépasser la taille de 1,52 m. Il marchait difficilement sans canne. L’absence de fermeture de sa fontanelle l’obligeait à toujours porter un chapeau rigide. Sa barbe dissimulait sa mandibule fuyante. Il bavait et zézayait. Sa bouche était lippue et son nez protubérant.

Et c’était un grand !

Pour commémorer le 150 ème anniversaire de la naissance (24 novembre 1864) de cet illustre tarnais, Thierry Carcenac, président PS du Conseil général du Tarn, aurait (conditionnel) eu ce mot : « Mourir d’alcoolisme et de syphilis, à près de 37 ans, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête ».

Christine Bouttin aurait déclaré : « Je me demande comment le pape a pu autoriser le mariage de ses parents alors qu’ils étaient cousins germains ».

Heureusement, cette Mère la vertu ignore qu’il passa sa vie dans des lieux de perdition où il se livrait à l’acte de chair en dehors des sacrements du mariage.

Quant aux médias, ils évoqueront la célèbre affiche à l’écharpe rouge sans signaler qu’Aristide Bruant, ainsi peint, était un olibrius « ennemi de la féodalité capitaliste », des « fils-à-papa, des fainéants, des incapables ».

Théophraste R. (Tarnais de cœur, jauressien d’esprit, votutilophobe).

Source :
http://www.legrandsoir.info/toulouse-lautrec-jean-jaures-...

Commentaires

24/11/2014 à 10:15 par Fald

Et surtout, ne dites pas à Christine Boutin ce qui lui a valu son surnom de « la cafetière »...

24/11/2014 à 12:48 legrandsoir

Ces dames l’appelaient aussi : « Scout » (toujours prêt).

 

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On aurait dû vous en parler le 4 juin…

…de l’anniversaire de Tian’Anmen

Vos merdias préférés l’ont sûrement fait, mais comme on ne les lit pas… En revanche, on lit COMAGUER, qui nous a envoyé quelques considérations et révélations bien intéressantes. Les voilà quasiment telles qu’on les a reçues.

 

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Les deux événements les plus importants de l’année 1989

Les actuelles célébrations de la chute du mur de Berlin tentent de faire passer cette  chute à fort contenu symbolique  comme l’évènement majeur de l’année 1989. Il s’agit d’une célébration typiquement « occidentale » à visée anticommuniste. La chute de ce mur là fait oublier d’autres murs toujours existants contre  lesquels les médias occidentaux ne mènent pas campagne et pour cause : ces murs sont presque tous des constructions  de puissances capitalistes ou d’alliés de pays capitalistes  dominants : mur séparant les Etats unis du Mexique, mur séparant la République de Chypre du territoire envahi en 1974 par la Turquie, mur  israélien incarcérant la population palestinienne, mur enfermant  les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla sur le sol africain, mur marocain emprisonnant le Sahara Occidental  et d’autres. Mais la chute du mur de Berlin qui ouvrait la voie à la réunification de l’Allemagne et annonçait la disparition de l’URSS a, pour le camp de la guerre froide, une valeur symbolique d’avant-goût de triomphe par effondrement de l’adversaire.

En vérité un autre évènement d’aussi grande importance n’a pas été un succès pour l’Occident capitaliste qui a du le réduire à la critique de l’autre adversaire, en l’occurrence la République populaire de Chine, mais sans avoir atteint l’objectif ultime à savoir le renversement du régime communiste. La critique a été baptisée « TIAN AN MEN » et l’image bien connue qui l’accompagne est un stéréotype très présent dans la fabrication de l’opinion occidentale. Stéréotype d’ailleurs ambivalent puisque ce face à face d’un jeune homme sans armes face à un char d’assaut ne se termine pas comme il s’est trop de fois terminé en Palestine : sur la vidéo qui a fait le tour du monde le char ne tire pas et il n’a effectivement pas tiré.

 

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L’immense esplanade qui fait face à la Cité interdite en plein cœur de Pékin a constitué au printemps 1989 le centre symbolique et médiatique d’une tentative de coup d’Etat. L’image qui en a été fabriquée par la propagande occidentale est celle d’un face à face tragique entre des démocrates chinois sincères et aux mains nues et un appareil d’Etat incorrigible et brutal.

Image évidemment réductrice et que la lecture d’un ouvrage permet de dépasser. Les éditions du Félin ont publié voici dix ans sous le titre « LES ARCHIVES DE TIAN AN MEN » la traduction française d’un livre publié en 2001 aux Etats-Unis, en anglais et en chinois, sous le titre « TIAN AN MEN PAPERS ». Livre à la fois étrange et exceptionnel.

Un dissident chinois, ZHANG LIANG, le publie avec deux intellectuels étatsuniens PERRY LINK et ANDREW J. NATHAN, bon connaisseurs de la Chine, parlant et lisant le chinois des documents qu’ils commentent. Il s’agit de  transcriptions de comptes-rendus internes des débats tenus au plus haut niveau de l’appareil d’Etat et du PC chinois. L’événement est d’importance : une « fuite » magistrale, sans précédent, de textes dans lesquels s’expriment sans fard les plus hauts dirigeants chinois, membres du Bureau permanent du Comité Central, soit 7 personnes et quelques anciens de poids dont Deng Xiao Ping, la plus fine pointe de l’appareil de gouvernement chinois. Il y aurait donc eu dans ces cercles les mieux protégés de la RPC une « taupe ». S’agit-il de faux ?  Sont-ils victimes d’une opération d’intoxication ? Une  lecture  scrupuleuse des textes, qui leur fait bien reconnaitre le vocabulaire des dirigeants chinois, leur style, leurs références, les conduit à les considérer comme authentiques et c’est forts de cette conviction assumée qu’ils décident de les traduire en anglais et de les faire publier. Les traducteurs et adaptateurs français, eux-mêmes professeurs de chinois, prennent le soin de repartir des documents originaux en chinois, pour éviter toute déformation liée à une double traduction. Ils ne sont pas des thuriféraires du régime chinois, mais ils  partagent la même conviction sur l’authenticité des documents.

Les Archives de Tiananmen  paraissent donc en français en 2004, quinze ans après les faits, et il ne semble pas qu’elles aient été un grand succès de librairie. L’image d’Épinal officielle suffisait.

Leur lecture, dix ans plus tard, est très enrichissante. Que ce soit dans les commentaires des auteurs sur les évènements perceptibles par des témoins avisés ou dans les documents émanant des instances officielles, tout confirme que ce qui s’est passé entre avril et juin 1989 ne s’est pas passé que sur la grande place de Pékin mais dans toute la République populaire et qu’il s’est agi en réalité de la première des « révolutions de couleur »* qui seront de mise par la suite en Yougoslavie et dans l’ex-espace soviétique. Ce que le livre met en lumière est que le débat sur la nature du mouvement qui se déroule sous nos yeux de lecteurs est finalement tranché en faveur de ceux, Deng Xiao Ping en tête, qui ont bien compris qu’il s’agissait d’une tentative de renversement du régime, largement soutenue par l’Occident. L’extrait qui suit en témoigne.

Nous sommes le 2 Juin 1989, l’occupation de la place Tien an Men dure depuis Avril, le régime a pris toutes les dispositions nécessaires pour la faire cesser et elles sont d’importance : proclamation de la loi martiale, sélection et formation politique et tactique des unités militaires qui vont être engagées dans la reprise en mains de Pékin et de la place, limogeage du secrétaire général du Parti Zhao Ziyang, en poste depuis deux ans après avoir été premier ministre, qui a tenté de maintenir le dialogue avec les occupants de la place et leurs représentants, et à qui il sera reproché sa faiblesse idéologique. Dans l’extrait joint, Deng Xiao Ping y fait allusion sans  le nommer.

Zhao Ziyang avait en effet, comme premier ministre, de 1985 à 1987, accordé tous ses soins à la réforme économique, en négligeant ses incidences politiques, et s’il avait été désigné en 1987 secrétaire général du Parti Communiste, c’était une sorte de mise à l’épreuve pour remettre la politique au poste de commande, selon l’expression consacrée. Sa prise de position en faveur des positions des étudiants, sans prendre en compte la dimension internationale stratégique de la crise, a été clairement perçue, par les dirigeants qui s’expriment dans le texte qui suit, comme une sorte de Gorbatchévisme, analysé par la majorité des dirigeants du PCC comme un abandon volontaire du socialisme, ce que la suite des évènements a amplement confirmé :,chute du mur de Berlin, départ des troupes soviétiques   des pays du Comecon en échange d’une promesse étatsunienne verbale jamais tenue de ne pas élargir l’OTAN, et dissolution autoritaire et anti constitutionnelle de l’URSS en 1991. Zhao Ziyang a été limogé, remplacé à chaud et dans l’urgence au poste de Secrétaire général du Parti Communiste par Jiang Zemin et assigné à résidence jusqu’à sa mort en 2005.

___________________  

* Tian’Anmen n’a pas été « la première des révolutions de couleur ». Avant elle, il y avait eu Mai 68 en France. Et, avant la France, il y avait eu Budapest. On peut, à l’inverse, difficilement prendre l’invasion-démembrement de la Yougoslavie pour une révolution de couleur… (C'est juste pour chicaner. NdGO).

 

*

Les Archives de Tiananmen

p. 482 et suivantes

(En bleu les commentaires des auteurs, en noir les documents officiels)

 

2 JUIN

Les Anciens du Parti décident de nettoyer la Place.

Dans la matinée du 2 juin, les Anciens du Parti Deng Xiaoping, Li Xiannian, Peng Zhen, Yang Shangkun, Bo Yibo et Wang Zhen tinrent une réunion avec le Comité permanent du Bureau politique qui n'était alors plus composé que de Li Peng, Qiao Shi et Yao Yilin. La réunion, dont le thème était : «Comment mettre au plus vite un terme aux troubles et rétablir l'ordre dans la capitale ? », conduisit à la décision de faire évacuer la Place.

Li Peng ouvrit la réunion en faisant un rapport sur l'évolution du mouvement où il cita et paraphrasa les rapports du comité du Parti de Pékin et du ministère de la Sécurité d'État, dont des extraits figurent ci-dessus. Après que Li eut terminé son rapport, les Anciens exprimèrent leur colère contre les ennemis étrangers et chinois qui manipulaient les étudiants, ainsi que leur conviction qu'il n'existait plus d'autre choix que de faire évacuer la Place par la force. Toutefois, la plupart des Anciens espéraient que cela pourrait être fait sans causer de morts, et Deng Xiaoping répéta avec insistance que rien ne devait contrecarrer l'élan des réformes et de l'ouverture. Après que les Anciens eurent fini de parler, les membres du Comité permanent du Bureau politique passèrent à l'action : Li Peng proposa formellement le nettoyage de la Place, Qiao Shi et Yao Yilin votèrent pour cette décision. Deng conclut la réunion en ordonnant à Yang Shangkun de transmettre la décision à la Commission militaire centrale pour exécution.

Extraits de : Secrétariat du Bureau des affaires générales du Comité central du Parti, «Minutes de l'importante réunion du 2 juin », document fourni par le bureau de Deng Xiaoping au Secrétariat du Bureau des affaires générales du Comité central du Parti pour ses archives.

Li Peng : Hier, le comité du Parti de Pékin et le ministère de la Sécurité d'État ont remis des rapports au Bureau politique. Ces deux rapports prouvent amplement qu'après la déclaration de la loi martiale, la principale stratégie de ceux qui ont organisé et planifié les troubles a été d'occuper la Place pour en faire un centre de commandement en vue de la confrontation finale avec le Parti et le gouvernement. La Place est devenue le « centre du mouvement étudiant et même de la nation tout entière ». Quelles que soient les décisions que prendra le gouvernement, les réactions sur la Place s'annoncent fortes. L'enquête a révélé que, après la déclaration de la loi martiale, la mise en place d'une brigade de Brave-la-mort pour bloquer les troupes de la loi martiale, la réunion et la coordination de brigands et autres vagabonds pour attaquer le Bureau de la Sécurité publique de Pékin, la tenue de conférences de presse, le recrutement de la brigade des Tigres volants pour prendre des contacts aux quatre coins de la ville, tout cela a été planifié et dirigé depuis la place Tiananmen. En même temps, les éléments réactionnaires ont continué à faire de la Place un centre de fabrication de rumeurs et d'opinions contre-révolutionnaires. Des organisations illégales comme la FAE et la FAO ont installé sur la Place des haut-parleurs qui diffusent presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre des messages attaquant les dirigeants du Parti et du gouvernement, incitant à renverser le gouvernement, et ne cessent de rediffuser les rapports biaisés hostiles à la Chine et au Parti, de la Voix de l'Amérique et des médias hongkongais et taïwanais.

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Déjà en anglais, comme partout ensuite…

 

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(Finalement, ils ne sont pas très subtils, les fabricants de révolutions US)

 

Ces éléments réactionnaires sont convaincus que, s'ils ne quittent pas la Place, le gouvernement finira bien par avoir recours à la répression. Ils tentent de provoquer un conflit et une effusion de sang sur la Place et clament que « le sang réveillera la conscience du peuple et conduira à la division et à la chute du gouvernement ». Il y a deux jours, ces éléments réactionnaires ont ouvertement érigé une statue de je ne sais quelle «déesse» devant le Monument aux héros du peuple. Aujourd'hui, ils se préparent à lancer une nouvelle grève de la faim à Tiananmen. En un mot, la très sacrée et solennelle place Tiananmen a été transformée par ces éléments contre-­révolutionnaires en un centre de commandement de première ligne pour attiser les troubles, un centre de propagande national de fabrication d'opinions contre-révolutionnaires, un lieu de rassemblement des forces hostiles chinoises et étrangères et une base contre-révolutionnaire destinée à lancer de furieuses attaques contre le Parti et le gouvernement.

 

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Le monument aux héros du peuple (sans la « déesse »).

 

À présent, un certain nombre d'organisations illégales se sont révélées au grand jour : la Fédération autonome des étudiants, la Fédération autonome des ouvriers, le Quartier général de la grève de la faim, l'Association des intellectuels de Pékin, la Conférence unie des organisations patriotiques de la capitale pour le soutien à la Constitution, l'Association autonome des résidents de Pékin, etc. Ils ont créé des équipes spéciales pour façonner l'opinion publique, préparé la publication de journaux clandestins, entrepris des activités clandestines pour renverser le gouvernement. Ils ont aussi formé un groupe de fanatiques qui, en secret, ont collectivement prêté serment et essaient de fomenter une mutinerie au sein des troupes de la loi martiale. Leur arrogance est sans bornes.

De nombreux documents prouvent que des forces, des organisations et des individus hostiles, en Chine comme à l'étranger, interviennent directement ou indirectement en fournissant aux fauteurs de troubles un large soutien moral et une aide matérielle. La VOA (note comaguer : Voix de l’Amérique,  radio propagandiste du gouvernement des États-Unis) (à Budapest, c’était Radio Free Europe, NdGO) diffuse chaque jour trois programmes totalisant plus de dix heures d'antenne, qui s'emploient à créer des rumeurs et à attiser les troubles. Des journaux et des radios occidentaux, hongkongais et taïwanais multiplient les rapports biaisés. Après le début des troubles, des employés de l'ambassade des États-Unis en Chine, dont certains sont des agents de la CIA, ont commencé à réunir sans vergogne des renseignements. Presque tous les jours, et surtout la nuit, ils se rendent à Tiananmen ou dans des établissements d'enseignement supérieur comme l'université de Pékin ou l'École normale supérieure de Pékin où ils rencontrent les chefs de la F.A.E. (Fédération autonome des étudiants) et leur donnent des conseils. L'Alliance chinoise pour la démocratie, qui est directement impliquée dans ces troubles, est un instrument utilisé par les États-Unis contre la Chine. Ce rebut de notre nation, qui est situé à New York, a collaboré avec la Chinese Benevolent Association proche du KMT  (note comaguer : Kuo Min Tang ou Guo Min Tang, parti nationaliste anticommuniste soutenu par les États-Unis, au pouvoir à Taiwan) pour mettre sur pied un prétendu Comité de soutien au mouvement démocratique chinois, qui a également donné de l'argent aux dirigeants de la FAE.

Dès le début des troubles, les agences de renseignements de Taïwan ainsi que d'autres forces hostiles installées à l'étranger se sont précipitées pour envoyer des agents déguisés en visiteurs, en touristes, en hommes d'affaires, etc. Ils ont tenté d'intervenir directement afin d'étendre le prétendu mouvement démocratique à un « mouvement contre le communisme et la tyrannie» à l'échelle nationale. Ils ont également donné l'ordre à leurs agents secrets de suivre de près l'évolution des événements et de réunir toutes sortes d'informations. Nous possédons des preuves attestant que des agents du KMT venus de Taïwan ont participé aux troubles à Pékin, à Shanghai, au Fujian et ailleurs. Nous avons déjà débusqué et arrêté certains d'entre eux et nous en poursuivons d'autres. Le KMT de Taïwan a fourni toutes sortes de fonds et a créé une Fondation de soutien au mouvement démocratique sur le continent. Hong Kong a également réuni près de trente millions de dollars de Hong Kong et apparemment aurait déjà commencé à transférer ces fonds en Chine. Ces organisations réactionnaires ont non seulement fourni d'importantes sommes d'argent liquide mais également toutes sortes d'équipements modernes ayant été utilisés pendant les troubles, comme des jumelles super-puissantes, des talkies-walkies et des tentes. Il est de plus en plus clair que ces troubles sont le résultat de la collusion entre des forces réactionnaires, à l'étranger et en Chine, et que leur objectif est de renverser le Parti communiste et de subvertir le système socialiste.

Wang Zhen : Nom de Dieu ! Les salopards ! Pour qui se prennent-ils pour oser piétiner pendant si longtemps un lieu sacré comme Tiananmen ? Ils cherchent la mort ou quoi ? Camarade Xiaoping, nous devons immédiatement envoyer les troupes pour qu'elles s'emparent de ces contre-révolutionnaires. Qu'attend l'Armée populaire de libération ? Qu'attendent les soldats de la loi martiale ? On ne va pas les nourrir à ne rien faire ! Qu'ils cessent de manger et aillent s'emparer des contre-révolutionnaires ! Si nous ne le faisons pas, nous en garderons des regrets éternels ! Si nous ne le faisons pas, le peuple se rebellera ! Quiconque veut renverser le Parti communiste mérite de mourir sans sépulture!

Li Xiannian : Le rapport que vient de nous faire le camarade Li Peng montre de manière tout à fait claire que le capitalisme occidental espère effectivement voir la Chine plonger dans le chaos. Et pas seulement la Chine, mais aussi l'URSS et tous les pays socialistes de l'Europe de l'Est. Les États-Unis, l'Angleterre, la France, le Japon et d'autres pays occidentaux ne laissent rien au hasard lorsqu'il s'agit de promouvoir l'évolution pacifique des pays socialistes. Ils ont inventé une nouvelle expression: «combattre (dans) une guerre mondiale qui ne produit pas de fumée». Nous devons faire preuve de vigilance. Le but ultime du capitalisme est de remporter la victoire contre le socialisme. Dans le passé, tous leurs plans - recours aux armes, à la bombe A ou à la bombe H - ont échoué. Maintenant ils essaient le truc de Dulles. (1)

(1)C'est-à-dire «l'évolution pacifique », cf. p. 297, n. 19.

« John Foster Dulles, secrétaire d’état américain de 1953 à 1959 est connu en Chine pour sa politique visant à promouvoir « l’évolution pacifique dans les pays socialistes »

Pour ce qui est des autres pays, nous ne pouvons rien faire, mais pour ce qui est de la Chine, nous devons nous en occuper. La Chine ne peut pas ne pas être socialiste. Sans le socialisme, le peuple chinois pourrait-il se redresser pour parler avec dignité ? Sans la direction du Parti communiste, sans le socialisme, sans la réforme et l'ouverture, la Chine d'aujourd'hui existerait-elle ? Notre République populaire a été édifiée avec le sang de plus de vingt millions de martyrs révolutionnaires. Les succès de la construction du socialisme ont exigé des décennies de lutte acharnée, tout particulièrement en ce qui concerne la dernière décennie de réforme et d'ouverture. Nous ne pouvons accepter que tout cela soit détruit du jour au lendemain par les troubles. Le peuple ne le permettra jamais. Si nous laissons libre cours aux troubles et ouvrons notre porte au capitalisme, il n'y aura plus aucun espoir pour la Chine. La nature de ces troubles est extrêmement claire : au fond, il s'agit de la mort de notre Parti et de notre État.

Deng Xiaoping : Le camarade Xiannian a raison. Les causes de cet incident s'expliquent aussi par le contexte international. Le monde occidental, et en particulier les États-Unis, a mis en branle toute sa machine de propagande pour attiser les troubles et a grandement encouragé et aidé les prétendus démocrates ou opposants chinois, qui ne sont en réalité que la lie de notre nation. Telles sont les racines du grand désordre auquel nous devons faire face aujourd'hui. En attisant les troubles dans d'autres pays, l'Occident mène en réalité une politique de force. II s'agit de l'hégémonisme pour contrôler ces pays qui échappaient autrefois à son contrôle et les inclure dans sa sphère d'influence. Une fois que nous avons compris ce point, il est plus facile de se rendre compte de la véritable nature du problème et de tirer des leçons de l'expérience. Ces troubles ont été une dure leçon : la souveraineté et la sécurité de l'État doivent toujours rester notre priorité, cela nous le comprenons mieux que par le passé. Certains pays occidentaux s'emparent de la question des droits de l'homme ou disent que le système socialiste est irrationnel et illégal. En fait, ils en veulent à notre souveraineté. Ces pays occidentaux, qui mènent une politique de force, n'ont absolument aucune qualité pour parler de droits de l'homme ! Combien de personnes dans le monde ont-ils privées des droits de l'homme ? De combien de Chinois ont-ils violé les droits de l'homme depuis qu'ils ont pour la première fois envahi la Chine, lors de la guerre de l'Opium !

Bo Yibo : Les pays capitalistes occidentaux ont fait de l'évolution pacifique dans les pays socialistes leur stratégie à long terme. Ils ne sont pas les Nations Unies et pourtant ils veulent réaliser des choses que même les Nations Unies ne peuvent faire, comme intervenir dans la politique intérieure des autres pays, imposer des sanctions pour un oui ou pour un non ou encore lancer des invasions armées. Ils se prennent pour le pouvoir suprême et pour les gendarmes du monde. Au nom de quoi se mêlent-ils des affaires intérieures de la Chine ? Qui leur a conféré ce droit ? Nous n'accepterons jamais quelque action que ce soit en violation des principes régissant les relations internationales ! Et nous ne nous soumettrons jamais à aucune pression : c'était vrai dans le passé, ça l'est dans le présent et ça le restera dans le futur !

Peng Zhen : Plus d'un mois de troubles nous a fait mieux comprendre l'importance de la stabilité. La stabilité est la question cruciale si la Chine veut se débarrasser de la pauvreté et mettre en œuvre les Quatre modernisations. Les camarades Xiaoping, Xiannian, Chen Yun l'ont répété plus d'une fois et bien avant que ne survienne cet incident : la Chine ne pourra rien accomplir sans un environnement stable. Notre décision de proclamer la loi martiale était absolument nécessaire. Les camarades Xiaoping, Xiannian, Chen Yun et moi-même estimons qu'à partir de maintenant, si cela se révèle nécessaire, nous prendrons des mesures décisives pour anéantir immédiatement tout signe annonciateur de troubles dès son apparition. Nous devons étouffer les problèmes dans l'œuf, nous prémunir contre toute intervention étrangère et défendre la souveraineté de l'État.

Deng Xiaoping : Les deux conditions indispensables à la réalisation de nos objectifs de développement sont une situation interne stable et un environnement international pacifique. Nous n'avons que faire de ce que les autres disent de nous. La seule chose qui nous importe est de bénéficier d'un environnement favorable à notre développement. Aussi longtemps que l'histoire atteste la supériorité du régime socialiste chinois, c'est suffisant. Le système social des autres pays socialistes, nous n'y pouvons rien. Imaginons un peu ce qui se passerait si la Chine plongeait dans le chaos. Si cela se passait maintenant, ce serait bien pire que la Révolution culturelle. À l'époque, on pouvait encore compter sur le prestige de l'ancienne génération de dirigeants comme le président Mao ou le premier ministre Zhou. Nous avons parlé d'une «guerre civile généralisée », mais en réalité il n'y a pas eu de combat à grande échelle, il n'y a pas eu de véritable guerre civile. Aujourd'hui, c'est différent. Si les troubles se poursuivent, il arrivera un moment où le Parti et le pouvoir de l'État ne serviront plus à rien ; qu'une faction contrôle une partie de l'armée, qu'une autre en contrôle une autre, alors on arrivera à une situation de guerre civile. Si des prétendus combattants de la démocratie venaient à prendre le pouvoir, ils finiraient par se battre entre eux. Dès que la guerre civile éclaterait, des flots de sang se mettraient à couler et alors qu'en serait-il des «droits de l'homme» ? Dès que la guerre civile éclaterait, des pouvoirs locaux se mettraient en place, la production s'effondrerait, les voies de communication seraient coupées, des flots de réfugiés se comptant non pas en millions ou en dizaines de millions mais en centaines de millions fuiraient la Chine. La première à être touchée par ce flot serait l'Asie-Pacifique, qui est aujour­d'hui la région la plus prometteuse du monde. Ce serait une catastrophe d'envergure internationale. C'est pourquoi la Chine ne peut pas se laisser sombrer dans le chaos, il s'agit d'être responsable envers soi-même mais aussi envers le monde entier et toute l'humanité.

Pour ce qui est des erreurs, nous en avons effectivement commis. Il y a deux ans, j'avais dit que notre plus grande erreur concernait l'éducation. Nous n'avons pas assez éduqué nos enfants et nos étudiants. Il y a beaucoup de travail idéologique que nous n'avons pas fait, il y a beaucoup de choses que nous n'avons pas expliquées clairement. Que certaines personnes, comme Zhao Ziyang, se soient rangées du côté de ceux qui organisent les troubles et les aient soutenus, nous ne pouvons que nous en prendre à nous-­mêmes. Nous devons mener une réflexion avec sang-froid, nous tourner vers le passé tout en fixant l'avenir et tirer des leçons de l'expérience pour résoudre avec sérieux les problèmes auxquels nous sommes confrontés. En faisant cela, nous pourrons faire d'un malheur un événement positif et tirer profit de cet incident. La majorité des gens va se ressaisir et la pensée des étudiants s'éclaircira aussi. Aussi, une fois les troubles apaisés, nous devrons travailler dur pour rattraper tous les cours qui ont été manqués en matière d'éducation, et cela ne sera vraiment pas facile. Il faudra non pas un ou deux mois, mais bien des années de cours de rattrapage pour que les personnes qui ont participé aux manifestations et à la grève de la faim changent d'avis. Nous ne pouvons blâmer les personnes qui ont participé à la grève de la faim, aux manifestations, aux pétitions. Nous devons poursuivre uniquement ceux qui ont eu de mauvaises intentions ou qui ont dirigé des actes criminels. Envers les étudiants, y compris ceux qui ont participé à la grève de la faim, nous devons recourir à l'éducation. Ce principe est intangible. Nous devons libérer les étudiants de leurs craintes. Nous devons pardonner aux étudiants qui ont participé aux manifestations et aux pétitions, et ne pas les tenir pour responsables. Nous n'infligerons des châtiments nécessaires et adaptés qu'à la petite minorité d'individus ambitieux qui ont tenté de renverser le gouvernement de la République populaire de Chine. Nous ne pouvons tolérer les troubles. Si à l'avenir nous sommes à nouveau confrontés à des troubles, nous proclamerons encore la loi martiale. Cette décision ne portera atteinte à personne ni à aucun pays, c'est une affaire intérieure chinoise. Notre objectif est de maintenir la stabilité, c'est le seul moyen de pouvoir nous consacrer à l'édification. Notre logique est simple: avec une population si nombreuse et des ressources si maigres, la Chine ne pourra rien accomplir sans un environnement politique de stabilité et d'unité et un ordre social stable. La stabilité l'emporte sur tout.

 

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La Place Tian’Anmen aujourd’hui

 

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Un des deux panneaux lumineux que l’on voit (photo ci-dessus) tout au fond de l’immense place, qui diffusent, de jour comme de nuit, l’hymne national et des messages tels que celui-ci :

« Il faut suivre la voie du Marxisme et du Léninisme, les pensées de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping et les idées des 3 représentations pour mener à bien le concept de développement scientifique »

 

A la lumière de ce qu’est aujourd’hui la Chine, vingt cinq ans plus tard, on ne peut qu’admirer la clairvoyance des dirigeants chinois qui font bloc autour de DENG XIAO PING. Après TIAN AN MEN la Chine se retrouve, fin 1991, seule puissance socialiste, le camp socialiste se réduisant alors à trois pays : Cuba, la Corée du Nord et la Chine. Celle-ci va continuer sa marche vers un développement économique rapide et planifié, qui passe par la poursuite de  l’ouverture maitrisée au capital et à la technologie étrangère initiée au début des années 80, et qui prend la forme, dans les années 90, de la marche vers l’entrée dans l’OMC. Pari audacieux, puisqu’il s’agissait de retourner au profit de la Chine la stratégie capitaliste occidentale visant à imposer, grâce à la suppression de toute barrière commerciale, les produits des firmes transnationales de souche occidentale sur tous les marchés de la planète. La Chine populaire, bien préparée à ce choc frontal, a renversé la situation et ce sont les produits fabriqués en Chine qui ont envahi les marchés occidentaux. Sans la stabilité et sans une direction politique forte, ce qui est tout l’héritage de DENG XIAO PING,  la Chine n’aurait jamais pu y parvenir.

Face à des événements d’une telle portée historique la publication des TIAN AN MEN PAPERS est un détail. Aussi quand les préfaciers français observent que cette publication en anglais et en chinois n’a guère ému les dirigeants chinois, qu’aucune poursuite n’a jamais été entreprise contre quiconque pour cette fuite magistrale, la question de la « taupe » se trouve posée dans des termes très différents. Car ce que démontre le livre,  c’est que la direction chinoise exprime qu’elle a bien vu la tentative de coup d’État orchestré  de l’extérieur, qu’elle a surmonté l’obstacle  avec succès, qu’elle a symboliquement réintégré Hong-Kong et Macao dans la République selon le calendrier prévu, et qu’elle entre dans l’OMC en position de force. Nul besoin d’une « taupe » pour faire savoir à l’adversaire que sa manœuvre a été connue, comprise, et magistralement déjouée. La diffusion, par le truchement d’un prête-nom, des documents secrets, a été le fait de ceux qui les détenaient légalement.

Les chiens capitalistes aboient, la caravane chinoise passe !

 

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Nous reproduisons ci-après un de nos bulletins publié en Juillet 2011 et qui abordait déjà la question de TIAN AN MEN, sans référence aux « ARCHIVES DE TIAN AN MEN », mais où se retrouvent nombre de données de ce livre. Il y a donc concordance entre les documents WIKILEAKS mentionnés ici et les documents secrets mis malicieusement en circulation, après la bataille, par le gouvernement chinois.

Le « massacre » de Tienanmen était un mythe !

L’hebdomadaire People’s World a publié récemment sous ce titre un article qui met à mal la version occidentale du « massacre » de la place Tien An Men.

People’s World est l’organe du parti politique étatsunien WORKER’S WORLD. Celui-ci est issu d’une scission avec le SWP (Socialist Worker’s Party) intervenue en 1956, dont l’origine est la divergence d’appréciation sur la Révolution chinoise. Depuis cette date le WORKER’S WORLD PARTY peut être considéré, même si toute classification de ce genre est simplificatrice, comme un parti marxiste-léniniste prochinois.

Qu’il publie un article documenté sur le pseudo massacre de la place TIEN AN MEN n’est donc pas surprenant. Mais l’intérêt de cet article est qu’il s’appuie sur des sources occidentales, évélées par WIKILEAKS. La traduction qui suit a été faite par COMAGUER à partir du texte anglais originel.

Un autre article publié récemment par le JAPAN TIMES confirme que des combats de rue ont eu lieu hors la place, qu’il y a eu des pertes des deux côtés, que des soldats ont été brûlés vifs dans leur véhicule et confirme également que les 3000 étudiants restant sur la place le 4 Juin au matin en sont sortis sains et saufs.

Le document le plus synthétique sur ces manipulations médiatiques a été réalisé en 1998 par l’école  de journalisme de l’Université Columbia de New-York (voir le résumé en anglais sur www.alternativeinsight.com/Tiananmen.html) qui explique bien que le « massacre » était un faux et que ce qui s’est passé hors la place était un début de soulèvement populaire contre le régime, qu’il fallait à tout prix passer sous silence.

Pour éclairer cet aspect le plus caché des événements l’article de PEOPLE’S WORLD insiste sur les espoirs entretenus à l’époque par Washington, de réaliser en Chine la même opération qu’en URSS, c’est-à-dire faire tomber le Parti Communiste et l’économie planifiée et livrer la Chine aux appétits capitalistes étrangers.

L’accueil de Gorbatchev à Beijing (17 Mai 1989) par le gouvernement chinois, alors que les manifestations étaient commencées depuis Avril, pouvait en effet être considéré comme le résultat de la victoire au sein des organes dirigeants chinois d’un courant s’inspirant de la Glasnost et de la Perestroïka soviétiques, politique dont on sait qu’elle était le préalable, un préalable conscient pour des dirigeants comme Eltsine, à la disparition de l’URSS et de toute référence au socialisme.

Cette politique était perçue et encouragée par l’Occident comme facteur de destruction de l’URSS, mais considérée par une autre fraction du Parti Communiste Chinois comme le point d’arrivée d’un processus d’abandon du socialisme, initié dès 1956 en URSS et fermement critiqué dès l’origine par le PCC, Mao en tête, fraction qui fut très certainement à l’origine des manifestations qui perturbèrent gravement la visite de Gorbatchev. La répression du mouvement va donc marquer la défaite de la ligne « gorbatchévienne » au sein du PCC, confirmer le poids politique de l’armée et ouvrir la voie à la politique d’ouverture et de développement économique préconisée par Den Xiaoping et conduite fermement par le PCC depuis lors.

Ainsi l’année 1989 est-elle une année charnière, au cours de laquelle se met en place une nouvelle situation globale. L’Occident va y voir, avec la chute du mur de Berlin et la dissolution du bloc soviétique, une avancée triomphale voire définitive du capitalisme sans frontières, et il va écrire l’épisode Tien An men pour faire croire que la chute du régime communiste chinois est proche.

En réalité il sait que le PCC a résisté, que l’attaque conduite par l’URSS finissante a échoué, et que le pays le plus peuplé du monde, ayant préservé son indépendance stratégique, va continuer sa marche en avant.

La résistance du PCC à la manœuvre occidentalo-gorbatchévienne n’est en aucune manière une surprise. Elle est très directement issue de l’application de la théorie du PCC des trois mondes, qui, dès l’époque Brejnev, regroupait dans le premier monde les deux impérialismes : l’occidental et le social-impérialisme soviétique, et, donc, les considérait l’un et l’autre comme des adversaires des pays moins développés, à commencer par la Chine Populaire. L’équipe dirigeante chinoise de l’époque avec, à sa tête, jusqu’aux événements de Tien An Men, Zhao Ziyang, était elle-même bien consciente de cette réalité puisqu’elle avait posé comme condition à un rétablissement des relations amicales avec l’URSS l’évacuation des troupes soviétiques d’Afghanistan et de Mongolie.

Il ne reste alors à l’Occident qu’à mettre en scène le dispositif classique de harcèlement psycho-politique droitdelhommiste pour embarrasser cette Chine communiste, qui vient à nouveau de lui échapper : la fiction du « massacre » des étudiants de Tien An Men en constitue le socle.

• A ce propos il ne faut jamais oublier qu’un des organes clés du système politique chinois, et probablement le plus influent est la Commission Militaire Centrale, dont la direction a été assurée successivement par Mao Zedong et Deng Xiaoping, et qui l’est aujourd’hui par Hu Jintao.

 

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Le « massacre » de Tienanmen était un mythe

Publié par PEOPLE’S WORLD le 29 juin 2011

Auteur : Deirdre Grisworld

Combien de fois ne nous a-t-on pas dit que les États-Unis sont une société « ouverte » et que les médias sont « libres » ?

Habituellement, de telles proclamations sont faites en critiquant d’autres pays qui ne sont pas « ouverts », surtout les pays qui ne suivent pas le programme de Washington.

Si vous habitez aux États-Unis et dépendez des médias commerciaux soi-disant « libres » et « ouverts » pour votre information, vous devriez sans aucun doute croire que le gouvernement chinois a massacré « des centaines, voire des milliers » d’étudiants sur la place Tiananmen le 4 juin 1989. Cette phrase a été répétée des dizaines de milliers de fois par les médias de ce pays.

Mais c’est un mythe. En outre, le gouvernement américain sait que c’est un mythe. Et tous les grands médias le savent aussi. Mais ils refusent de corriger le récit, en raison de l’hostilité fondamentale de la classe dirigeante impérialiste U.S. envers la Chine.

Sur quoi basons-nous cette affirmation ? Sur plusieurs sources. La plus récente est une diffusion, par Wikileaks, de câbles envoyés de l’ambassade des États-Unis à Pékin au département d’État, en juin 1989, quelques jours après les événements en Chine.

Vient en second lieu une déclaration, en novembre 1989, du chef du bureau de Beijing du New York Times, déclaration qui n’a plus jamais été évoquée par ce journal.

Vient en troisième lieu le rapport du gouvernement chinois lui-même sur les évènements, qui est corroboré par les deux premiers. Un seul grand journal occidental a publié les câbles Wikileaks. C’est le Telegraph de Londres, le 4 juin de cette année, 22 ans exactement après que le gouvernement chinois ait retiré les troupes de Pékin. Deux câbles en date du 7 juillet 1989 — plus d’un mois après les combats — ont rapporté ce qui suit :

« Un diplomate chilien fournit un témoignage oculaire sur les soldats entrant sur la place Tienanmen : il a regardé les militaires entrer sur la place et n’a observé aucune tir massif d’armes sur la foule, bien que des tirs sporadiques aient été entendus. Il a dit que la plupart des troupes qui sont entrées sur la place étaient effectivement armées, mais seulement avec des engins anti-émeute — matraques et bâtons en bois ; ils étaient appuyés par des soldats armés. » [NDT : en langage militaire des soldats « en appui » ne sont appelés à intervenir que si ceux chargés de l’opération principale rencontrent des difficultés inattendues]

Un autre câble rapporte : « un diplomate chilien fournit un témoignage oculaire des soldats entrant sur la place Tienanmen : bien que les coups de feu aient pu être entendus, il a dit qu’en dehors de quelques coups donnés aux d’étudiants, il n’y a eu aucun tir de masse dans la foule des étudiants sur la place ».

Il faut se rappeler que le Chili était à l’époque dirigé par le général Augusto Pinochet, arrivé au pouvoir par un coup d’État de droite violent, antisocialiste, appuyé par les États-Unis et que des milliers d’hommes de gauche, y compris le président Salvador Allende, avaient été tués. Le « diplomate chilien » mentionné n’était pas un ami de la Chine. Pas un seul journal U.S., pas une station de télévision ou de radio US n’a signalé ou commenté ces câbles révélés par Wikileaks, ni l’article du Telegraph à leur sujet. C’est comme s’ils étaient été tombés dans un gouffre sans fond. Est-ce parce que les médias, ici, ne croient pas que le rapport soit crédible ? Pas vraiment. Ils connaissaient déjà la vérité en 1989. Le New York Times sait que c’est crédible. Leur propre chef du bureau de Beijing à l’époque, Nicholas Kristof, l’a confirmé dans un vaste article intitulé (traduction COMAGUER) « Mise à jour sur la Chine : Comment les durs ont gagné » publié dans le Sunday Times Magazine le 12 novembre 1989, cinq mois après le supposé massacre dans le square.

À la fin de cet article long, qui était censé donner un éclairage sur un débat au sein de la direction du Parti communiste chinois, Kristof a catégoriquement déclaré : « Sur la base de mes observations dans les rues, ni le compte-rendu officiel, ni la plupart des versions étrangères ne sont très exacts. Par exemple, Il n’y a eu aucun massacre sur la place Tienanmen, bien qu’il y ait eu plein de meurtres ailleurs. »

Même si l’article de Kristof est une critique sévère de la Chine, son affirmation qu’il n’y avait « aucun massacre à Tienanmen » a immédiatement suscité des hurlements de protestation des détracteurs de la Chine aux États-Unis, comme cela est apparu dans le courrier des lecteurs du Times.

Y a-t-il eu des combats à Pékin ? Absolument. Mais il n’y a eu aucun massacre d’étudiants non armés sur la place. C’est une invention de l’Occident, destinée à diaboliser le gouvernement chinois et à gagner la sympathie du public pour une contre-révolution.

Le virage vers une économie de marché sous Deng Xiaoping avait suscité l’opposition de nombreux travailleurs. Il y avait aussi un élément contre-révolutionnaire essayant de tirer profit des griefs populaires contre la restauration complète du capitalisme.

Les impérialistes espéraient que les luttes à Pékin feraient tomber le Parti communiste chinois et détruiraient l’économie planifiée — comme ce qui devait arriver deux ans plus tard en Union soviétique. Ils voulaient « ouvrir » la Chine, pas à la vérité, mais au pillage des biens du peuple par les banques et les entreprises impérialistes.

Après beaucoup de débats au sommet, l’armée a été appelée et le soulèvement écrasé. La Chine n’a pas été détruite comme l’Union soviétique ; son économie n’a pas implosé, pas plus que le niveau de vie n’a diminué. Bien au contraire. Les salaires et les conditions sociales ont été améliorés alors qu’ailleurs les travailleurs sont condamnés à la régression par une grave crise économique capitaliste.

En dépit de profondes concessions au capitalisme, étranger et national, la Chine continue d’avoir une économie planifiée, basée sur une solide infrastructure appartenant à l’État.

 

Source :

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http://comager.over-blog.com

Bulletin n° 279- semaine 47 – 2014

Qui émet aussi, de Marseille, sur Radio Galère 88.4 FM

http://www.radiogalere.org/

 

 

*

Post Scriptum

Sous nos latitudes,

Il semble que l’offensve des gens de biens contre Étienne Chouard se poursuive. C’est encore Raphaël Berland qui sonne le tocsin. Si Chouard doutait de constituer un danger pour le désordre établi, voilà qui devrait le rassurer.

Mathieu Dejean, des Inrockuptibles, calomnie à son tour Étienne Chouard et les Gentils Virus

 

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Quand je vous disais que les grandes manœuvres avaient commencé… Après Adrien Sénécat de l’Express, c’est donc au tour de Mathieu Dejean de diffamer Etienne Chouard en mode « service commandé », cette fois pour les Inrocks. L’auteur a choisi de mettre l’accent sur les Gentils Virus, ce collectif informel de citoyens très intéressés par les idées d’Etienne Chouard et d’autres : une Constitution écrite par et pour le peuple, donc écrite par des Citoyens Constituants désignés de manière originale (par tirage au sort par exemple).

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/11/24/mathieu-dej...

 

*

Nous ne vous disons rien de la campagne parallèle qui salue la naissance d’un nouveau parti politique avec l’élégance et le panache qui sont désormais de règle, parce que trop c’est trop et qu’on sait les cibles capables de rendre les coups. Mais c’est peut-être le moment de relire Oscar Wilde et de méditer ce qu’il écrivait de la presse de son pays (avant 1900 !)*. Elle n’a pas cessé, depuis, de descendre sous les caniveaux, et il semble que les nôtres mettent les bouchées doubles pour la rejoindre. Nous disons « les nôtres » parce que la – euh – presse belge voudrait bien ne pas être en reste, même si elle se prend encore un peu les pieds dans ses « au loup ! au loup ! ». On compte sur elle pour faire bientôt des progrès. Voir ici.)

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* Oscar Wilde, L’Âme de l’homme sous le socialisme, Fayard, 2013.


 

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C’est ici qu’on aurait dû vous parler du plus grand roman chinois de ces dernières années et un des plus grands du monde. Trop important pour qu’on le fasse à la va-vite : partie remise, mais comptez sur nous !

 

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 Eric Zemmour

Le suicide français

Albin Michel – 1er octobre 2014 – 544 pages

 

 

 

Nous sommes des dinosaures : nous n’avons pas la télévision, nous ne lisons pas Le Figaro, nous ne savions même pas qui était Eric Zemmour…

Alors que son livre a récemment fait l’actualité  – ça n’arrive plus si souvent – nous ne vous en avons rien dit et pour cause. Battons notre coulpe : nous ne l’avons pas (encore) lu. Heureusement qu’il y a Maria Poumier… entre la plume et l’enclume.

Car non seulement elle l’a lu, elle, mais elle en a publié des extraits, que nous lui fauchons sans vergogne. Peut-être, si nous en avions pris le temps, en aurions-nous trouvé d’autres à vous recommander ou à critiquer. Voici les siens, avec les carabiniers.

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Eric Zemmour : Le suicide français

(Extraits brûlants)

p. 451-456

[Chapitre plein de subtilités. Il déstabilisera judicieusement les juifs comme les antisémites. Après cela, le culte à Jeanne d'Arc va devenir franchement subversif, et c'est très bien ! Merci Eric Zemmour, et un cierge à sainte Jeanne d'Arc dans chaque église, elle a bien travaillé en l'inspirant...]

 

***

 

7 Octobre 1987
Au revoir les enfants

p. 448

Une salle de classe. Des enfants en blouse grise. Desbons pères. Un pensionnat catholique en janvier 1944. Soudain la Gestapo fait irruption et embarque trois enfants juifs et leur maître, le père Jean, résistant ; déportés à Auschwitz et Mathausen, ils ne reviendront jamais.

On a aujourd’hui l’impression d’une scène banalisée à force de l’avoir vue, revue, jusqu’à entamer une partie de sa puissance émotionnelle. En cette année 1987, le public se presse (trois millions d’entrées) et s’émeut sans compter. Il n’a pas l’habitude. Les innombrables films sur la Seconde Guerre mondiale ont depuis les années 1950 évoqué les affrontements militaires, les personnalités de Churchill, de Gaulle, Roosevelt, Staline, la guerre civile entre résistants et collabos, l’ignominie de la Gestapo. Les Juifs sont un élément du décor, un personnage secondaire d’une tragédie homérique ; leur persécution n’est nullement ignorée ou dissimulée, mais satellisée. Un détail, diront certains.

Un des rares films de l’époque sur les camps deconcentration, l’italien Kapo de 1960, ne traitait que des prisonniers de droit commun et des politiques, et choisit de mettre l’accent sur une prisonnière abjecte qui collaborait avec ses bourreaux, avant de se sacrifier pour se racheter.

En 1975, avec Le Sac de billes, tiré du roman de Joffo1, on met pour la première fois en scène un enfant juif, qui est le narrateur ; il fuit, se cache, s’échappe ; il tombe amoureux pour la première fois ; échange son étoile jaune contre un sac de billes. Comme un roman d’apprentissage pendant une période particulière. Dans Au revoir les enfants, le narrateur est l’enfant non juif, Julien ; sa culpabilité écrase le film ; elle est exacerbée par l’auteur ; c’est tout le peuple français qui est sommé de se sentir responsable et coupable. Dans une interview accordée à un journal de cinéma, le metteur en scène Louis Malle, qui revendique pourtant une œuvre autobiographique, ne le cache pas : « L’idée [est] que ce qui s’est passé était profondément injuste, que ça n’aurait pas dû se passer, et qu’après tout on était tous responsables. J’ai un peu chargé Julien. En particulier il a l’impression que c’est lui qui donne Bonnet [son copain juif…] quand il se tourne vers lui dans la classe ; ça, je l’ai probablement rajouté. Mais c’est ma mémoire aussi, parce que, dans ma mémoire, je suis un peu responsable de la mort de Bonnet… ».

Dans le film, les enfants juifs et leur professeur sont dénoncés par Joseph, un pauvre type handicapé, homme à tout faire de l’école et souffre-douleur des écoliers, qui commet son forfait parce qu’il a été renvoyé pour marché noir. Encore une trouvaille de Louis Malle ! Une autre scène montre en revanche Julien, sa mère, son frère et Bonnet dans un restaurant huppé de la ville : la milice débarque brutalement pour expulser un notable juif ; de nombreux clients attablés protestent avec véhémence et c’est un couple de riches aviateurs… allemands qui chasse les miliciens.

Depuis la fin de la guerre, communistes et gaullistes avaient exalté le peuple en armes (cheminots, ouvriers, etc.) et dénoncé de conserve une bourgeoisie affairiste et collaboratrice. De Gaulle avait lancé aux patrons qu’il recevait à la Libération une flèche courroucée : « Messieurs, je n’ai pas vu beaucoup d’entre vous à Londres. » Le film sonne comme une revanche de classe. Bientôt, le peuple français sera enseveli sous l’accusation de Collaboration. Et on laissera entendre que les seuls résistants furent des étrangers au nom imprononçable : la fameuse « Affiche rouge » du groupe Manouchian…

En cette année 1987, on se croirait revenu en 1944. En mai, a eu lieu le procès de Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon et tortionnaire de Jean Moulin, pour «crime contre l’humanité ». Mais la leçon d’Histoire promise a tourné court ; son brillant et sulfureux avocat, Jacques Vergès, avait juré qu’il livrerait les noms des résistants qui avaient « donné » Jean Moulin ; il resta coi, se contentant selon son habitude de dénoncer les crimes coloniaux de l’armée française.

Cette même année, le film Shoah de Claude Lanzmann fut diffusé pour la première fois à la télévision.

Et en septembre 1987, Jean-Marie Le Pen était invité à RTL et interrogé sur les chambres à gaz. Curieusement, il acceptait de répondre. L’échange fut vif :


JMLP : Je suis passionné par l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Je me pose un certainnombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pu moi-même en voir. Je n’ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la deuxième guerre mondiale.

PAUL-JACQUES TRUFFAUT : Six millions de morts, c’est un point de détail ?
JMLP : Six millions de morts ? Comment ?

PJT : Six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre mondiale, vous considérez que c’est un point de détail ?

JMLP : La question qui a été posée est de savoir comment ces gens ont été tués ou non.

PJT : Ce n’est pas un point de détail.

JMLP : Si, c’est un point de détail de la guerre ! Voulez-vous me dire que c’est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c’est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions.

Dans les jours qui suivirent, le tourbillon médiatique orchestré ébranla jusqu’à certains cadres du Front national ; la laborieuse explication donnée par Le Pen – «à destination de ses coreligionnaires juifs qu’il avait pu blesser » – n’empêcha pas le député européen Olivier d’Ormesson de démissionner et d’abandonner le parti. Jean-Marie Le Pen sera accusé d’antisémitisme. En 1991, il sera condamné par la justice pour « banalisation du crime contre l’humanité » et « consentement à l’horrible ». Le Pen traînera ce « détail » tout le reste de sa carrière politique ; il ne sera jamais lavé de l’accusation d’« antisémitisme ».

Contrairement à ce qu’on a beaucoup écrit, cette « pétainisation » de Le Pen n’était pas inéluctable. Les maurrassiens avaient beaucoup évolué depuis la fin de la guerre ; l’héritier le plus brillant du vieux maître, Pierre Boutang, avait pris position contre l’antisémitisme et en faveur d’Israël lors de la guerre des Six Jours. Le Pen lui-même, en souvenir de la guerre d’Algérie, fut alors favorable aux sionistes contre les anciens alliés égyptiens du FLN. Quelque temps avant le « détail », Olivier d’Ormesson avait préparé un voyage de Le Pen en Israël. Tout fut détruit par cette émission.

Peu importent les pensées et arrière-pensées de Jean-Marie Le Pen, son amour ou sa détestation des Juifs, ses rapports à tout le moins ambigus entre admiration et aversion, dans la tradition d’un antisémitisme « vieille France ». Politiquement, il tente alors maladroitement de contenir la montée en puissance d’un « lobby juif », comme dira quelques années plus tard le président Mitterrand à un autre d’Ormesson qui, selon Mitterrand et Le Pen, se sert de la Shoah d’hier pour affermir son pouvoir d’aujourd’hui. Cette conjonction d’opinions choquera et isolera les deux hommes au sein de la classe politique et médiatique. Et ce n’est pas un hasard. Le Pen et Mitterrand sont de la même génération ; ils appartiennent tous deux à cette tradition française qui remonte à Richelieu et rejette « tout État dans l’État ». On peut ajouter pour Le Pen un clin d’oeil de boutiquier partisan – qu’aurait compris Mitterrand, un autre ancien de la IVe ! – envoyé à certains des membres de son parti qui considèrent que l’unique projecteur mis sur les crimes des nazis permet d’occulter les crimes communistes. On peut aussi y ajouter une part de bêtise : il prétend qu’il n’a pu voir de chambres à gaz pour douter de leur existence ; mais il n’a jamais vu Jeanne d’Arc et lui célèbre pourtant un culte chaque année au 1er mai !

Mais Jean-Marie Le Pen est avant tout coupable dans cette histoire d’anachronisme. Il n’a pas tort quand il rappelle que Winston Churchill ne parle pas de l’extermination des Juifs dans ses Mémoires de guerre ; il aurait pu ajouter que le général de Gaulle ne l’évoquait pas non plus.

Pour ce dernier, la Seconde Guerre mondiale n’était que la suite de celle de 1914-1918, avec le même enjeu : la domination de l’Europe. L’homme du 18 Juin parle d’une nouvelle « guerre de Trente Ans » afin que les victoires et les défaites de notre pays, ses héros et ses traîtres, s’équilibrent et soient confondus dans l’Histoire de France ; que l’effondrement de mai 1940 soit englouti dans les mémoires par la gloire de 1918 et la renaissance inespérée de 1944.

Dans cette architecture grandiose, l’extermination des Juifs n’est ni négligée ni méprisée ; mais si elle est davantage qu’un « détail », elle n’occupe pas le cœur stratégique de la guerre. La Shoah a changé la face des Juifs et de l’humanité ; mais elle n’a en rien modifié l’issue du conflit mondial. Les Allemands auraient perdu même s’ils n’avaient pas massacré les Juifs ; les Alliés n’ont pas levé le petit doigt pour les sauver.

Cette conception traditionnelle de la guerre et de l’Histoire est devenue, en 1987, inaudible. C’est le fameux « retour du refoulé » tant évoqué dans tous les médias et tous les livres, après le silence gêné des années d’aprèsguerre. Dans la culture collective – ou plutôt l’inculture collective, car ceci est lié à cela – Au revoir les enfants signe le moment où tout bascule : l’histoire de la Seconde Guerre mondiale se réduit peu à peu à l’extermination des Juifs, tandis que cette « Shoah » ainsi rebaptisée et sacralisée, devenue élément central voire exclusif d’une guerre dont on ne connaît plus rien d’autre, se résume à son tour au meurtre des enfants juifs. Quelques années plus tôt, Jean-Jacques Goldmann avait déjà composé une très jolie chanson, intitulée « Comme toi », sur une petite Juive polonaise :

 

Elle s’appelait Sarah, elle n’avait pas huit ans.
Sa vie, c’était douceur, rêves et nuages blancs.
Mais d’autres gens en avaient décidé autrement.
Elle avait les yeux clairs et elle avait ton âge.
C’était une petite fille sans histoires et très sage.
Mais elle n’est pas née comme toi, ici et maintenant
2.

Bientôt, les historiens prendront la suite des artistes ; ils rationaliseront l’émotion collective. Ils rejetteront le découpage chronologique du général de Gaulle ; ils feront de la Seconde Guerre mondiale un moment paroxystique de l’affrontement entre le Bien et le Mal ; et de la « Shoah » le coeur de cette métaphysique apocalyptique ; on conduira les enfants à Auschwitz comme on les
emmenait après 1914-1918 à Verdun ; dans certaines classes de banlieue, des enfants de l’immigration arabe et africaine refuseront avec véhémence que leur soit enseignée cette partie du programme au nom de la « souffrance des enfants palestiniens ». Enfants contre enfants, souffrance contre souffrance ; une Histoire contre l’autre. Au revoir les enfants…

________________________________

1. Jean-Claude Lattès, 1973.

2.         Jean-Jacques Goldman, « Comme toi », dans l’album Minoritaire, 1982.

 

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Autres sujets : De Gaulle

p. 29

[…] De Gaulle choisit donc le progrès économique et social contre la grandeur impériale et la profondeur géostratégique ; la croissance contre la perspective caressée par un Debré d’une France de cent millions d’âmes ; les douceurs de la société de consommation à l’américaine contre les rigueurs d’une guérilla interminable – alors que, contrairement à l’Indochine, l’armée française avait gagné la bataille d’Alger. Il privilégia la jouissance hédoniste pour enterrer l’héroïsme chevaleresque ; le matérialisme consumériste à rebours d’une vision sacrificielle de l’existence, que lui avait rappelée l’armée, au nom de la geste gaullienne de 1940 : il y a des valeurs suprêmes au-dessus de tout. À l’opposé de tout ce qu’il était, au nom de ce qu’il pensait être l’intérêt supérieur de la France.


***


Les femmes

p. 37

[…] L’aspiration mimétique des féministes de la bourgeoisie française (Simone de Beauvoir) à se parer des plumes de paon de la lutte des classes en associant le mari au patron fit le reste.



***

1er juillet1972

La loi Pleven : la fin de la liberté d’expression en France

p. 88

[…] La loi du 1er juillet 1972 s’inscrit dans le cadre de la grande loi du 29 juillet1881 sur la liberté de la presse. Elle paraît modestement ajouter de nouveaux délits à ceux qu’énumérait déjà le Code pénal ; mais la loi Pleven est à sa grande sœur de 1881, ce que le cheval de Troie fut aux adversaires des Grecs : une offrande funeste.

p.89

[…] En dépit de la pureté de ses intentions, la loi Pleven est une régression. Elle introduit la subjectivité là où régnait l’objectivité ; elle condamne l’intention et non les faits ; elle donne au juge le droit et le devoir de sonder les cœurs et les âmes ; de faire l’archéologie des pensées et des arrière-pensées. Elle contraint le magistrat à transgresser ce principe général du droit fort protecteur selon lequel «la loi pénale est d’interprétation strictement restrictive ». Le droit à la diffamation prévoyait une exception de vérité ; désormais, non seulement la vérité ne rend plus libre, mais elle peut conduire en prison.

 

*** 

16 novembre 1972

Comme ils disent et ne devront plus dire

p. 100

[…] Au fil des années, le lobby homosexuel s’organise et s’enrichit. Dans la stratégie de victimisation de ses porte-drapeaux les plus achanrnés, il ira jusqu’à réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, s’inventant des persécutions de la part de Vichy, qui aurait envoyé des homosexuels dans les camps de concentration.Le gay veut être un juif comme les autres.

p. 102-103

[…] La rencontre entre l’homosexualité et le capitalisme est le non-dit des années 1970. Entre un mouvement gay qui arbore un drapeau arc-en-ciel et un capitalisme qui découvre les joies et les profits de l’internationalisme, il y a un commun mépris des frontières et des limites. Entre la fascination homosexuelle pour l’éphèbe et une société capitaliste qui promet la jeunesse éternelle, l’entente est parfaite. Le rejet haineux du père est sans doute le point commun fondamental entre une homosexualité narcissique qui transgresse sexuellement la loi du père et un capitalisme qui détruit toutes les limites et les contraintes érigées par le nom du père autour de la cellule familiale, pour mieux enchaîner les femmes et les enfants – et les hommes transformés à la fois en enfants et en femmes – à sa machine consumériste.

L’alliance improbable entre l’extrême gauche libertaire et le marché se fera à travers la geste homosexuelle et au nom de la « transformation des mentalités ».

Dominants dans la mode, les médias et l’univers artistique, de nombreux homosexuels, plus ou moins militants, imposent leur vision de l’homme-objet à une société patriarcale qui a inventé la femme-objet pour protéger son désir sexuel. En 1971, Yves Saint Laurent fait scandale en posant nu pour la publicité de son parfum « Pour homme ».

Le lobby gay gagnera au fil des années en visibilité. Il mènera victorieusement la bataille sémantique ; Aznavour avait contribué à la substitution de pédéraste par homo, moins insultant ; mais homo, encore trop « discriminant », sera lui-même remplacé par gay, plus flatteur : « Good As You ». La revendication d’égalité est ici une manifestation éclatante de puissance. Les maîtres imposent toujours leurs mots. Le lobby gay aux États-Unis est aujourd’hui financé par les plus grands capitalistes américains, Bill Gates et Steve Ballmer, Google, Facebook, eBay, ou un magnat des hedge funds comme Peter Singer. En France, Pierre Bergé, le patron d’Yves Saint Laurent, créera le journal Têtu dans les années 1970 avant de financer dans les années 1980 SOS Racisme. Le mélange sexuel et ethnique – le « métissage » – deviendra la religion d’une société qui se veut sans tabou, et ne supporte plus les limites de la différenciation des peuples comme des sexes. Cette babélisation généralisée est encouragée par un capitalisme qui y voit une source de profits.

[Oh, et de pouvoir aussi, par destruction de la psyché humaine… NdGO, Pardon, Maria, on sait que vous n’aimez pas les NdE.]

Source : http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1638

 

17. Yabiss_evolussion-407f2-04e70.jpg

 

 

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Mis en ligne le 25 novembre 2014

 

 

 

 

 

21:14 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/11/2014

LISTES – VOTES – TIRAGES AU SORT ET COETERA

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LISTES – VOTES – TIRAGES AU SORT ET COETERA

 

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Vers un Nouvel Ordre Mondial ? Mais, il est déjà là !

Bryan MacDonald – Russia Today –1er novembre 2014

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Bryan MacDonald est journaliste, écrivain, homme de radio-télévision et enseignant (de nos jours, il n’en faut pas moins pour gagner sa vie). Il a écrit jusqu’ici pour l’Irish Independant et pour le Daily Mail. En Irlande, on le voit fréquemment sur RTE (la Radio-Télévision Irlandaise) et Newstalk, et, internationalement, sur RT.

Ceci est déjà vieux – 1er novembre – mais on n’est pas aux pièces, n’est-ce pas.

 

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 Poutine a exprimé le souhait d’un « nouvel ordre du monde » capable d’assurer la stabilité de la planète. Il trouve que les États-Unis abusent de leur rôle de leader mondial. Ce qui n’a pas été suffisamment signalé nulle part, c’est que les piliers de « l’ancien régime » s’écroulent depuis des années.

Tout était pourtant si simple. Le monde était partagé en deux camps – l’Occident et le reste. Et « l’Ouest » était vraiment « the best ». Il y a 20 ans, six des économies les plus puissantes faisaient partie du camp pro-Washington.

Le leader – les USA eux-mêmes – était si loin  en tête, que son Produit Intérieur Brut (PIB) était quatre fois plus grand que celui de la Chine et valait neuf fois celui de la Russie.

Le pays le plus peuplé du monde – l’Inde – avait presque le même revenu que la comparativement minuscule Italie et que le Royaume Uni. L’idée que cet ordre de choses allait changer aussi dramatiquement en à peine deux décennies aurait fait rire n’importe qui.

Aux yeux des Occidentaux, la Chine et l’Inde étaient des pays arriérés, et il leur faudrait un siècle au bas mot pour devenir des rivales potentielles. La Russie, elle, était perçue comme un cas désespéré, un pays à genoux, en proie au chaos. De telles notions, dans les années 90 étaient parfaitement justifiées.

L’économie mondiale dans les années 1990 et aujourd’hui.

Tableau des dix économies mondiales les plus importantes, ajustées selon la Parité en Pouvoir d’Achat (PPA).

 

1995 ( en milliards d’US$)                  2015 (Prévisions du FMI)

1.     USA                7.664               1.     Chine              19.230

2.     Japon              2.880               2.     USA                18.287

3.     Chine              1.838               3.     Inde                   7.883

4.     Allemagne      1.804               4.     Japon                4.917

5.     France             1.236               5.     Allemagne        3.742

6.     Italie               1.178               6.     Russie               3.643

7.     Royaume-Uni 1.161               7.     Brésil                3.173

8.     Inde                1.105               8.     Indonésie           2.744

9.     Brésil              1.031               9.     France               2.659

10.   Russie                955               10.   Royaume-Uni   2.547

 

Le soleil couchant US

Maintenant, c’est l’Occident qui fait les frais de la plaisanterie. Le Fonds Monétaire International (FMI) estime que, dès 2015, les quatre plus puissantes économies du monde seront des membres du club connu par son acronyme, BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), et la Chine sera tête de file à la place des USA. C’est même probablement déjà le cas, les chiffres, en économie, ayant tendance à traîner derrière les faits.

L’Italie, homme malade de l’Europe, ne fait plus partie des dix du peloton de tête, et le Royaume-Uni, lanterne rouge, peine à s’y accrocher. Londres prétend toujours au titre de place financière centrale. Les seuls qui le croient encore sont les petits Anglais (« the little Englanders »). Le Royaume Uni est devenu la Julie Andrews de la géopolitique : une étoile en voie d’extinction, qui fut jadis brillante. La France est impuissante, se traînant de crise en infortune et d’infortune en crise.

 

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Le Président US Barak Obama et la Chancelière allemande Angela Merkel

 

Il est trop tôt pour mettre les États-Unis au rebut. L’Empire ne va pas disparaître d’un jour à l’autre, mais son soleil est déjà bien bas dans le ciel. C’est moins la faute des États-Unis que celle de la déchéance croissante de ses alliés traditionnels.

Les deux seuls qui tiennent encore debout sont l’Allemagne et le Japon, aucun des deux n’étant cependant des acteurs militaires sérieux. La Grande Bretagne et la France ont longtemps été le fer de lance des aventures martiales. En réalité, l’Allemagne n’est pas un partenaire follement enthousiaste, parce qu’une large frange de la classe politique de Berlin est extrêmement sceptique à l’égard du pouvoir US. Pour une partie très significative de l’intelligentsia allemande, c’est Moscou le partenaire naturel, pas les États-Unis.

La montée en puissance des BRICS et d’autres économies émergentes joue un rôle majeur dans la consommation mondiale, dans le commerce mondial et dans les investissements mondiaux. D’ici 2020, le FMI estime que la Russie aura dépassé l’Allemagne et que l’Inde aura surclassé le Japon. Il prévoit également une dégringolade de l’importance mondiale des USA, de 23,7% en 2000 à 16% en 2020. En 1960, les USA représentaient 38,7% de l’économie mondiale.  À l’opposé, en 1987, la Chine ne représentait que 1,6%, mais à la fin de cette décennie, elle pourra en revendiquer 20%. C’est un changement de donne sans précédent en un laps de temps aussi court.

 

Importance de la stabilité

Le discours de Poutine à Valdai n’a pas été un coup donné au pif ni à l’aveuglette, mais une évaluation très nuancée de ce qu’est actuellement l’équilibre du monde et de ce vers quoi on se dirige dans les années qui viennent.

 

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Le Président russe Vladimir Poutine, pendant la rencontre plénière finale de la 11e session du Club de Discussion International de Valdai, à Sotchi

 

Plutôt que de se préoccuper des questions soulevées par Poutine, les médias occidentaux ont préféré shooter dans l’homme et se désintéresser de la balle. Les éditoriaux ont qualifié son discours de « diatribe » et décrété que Poutine s’en est surtout pris à la politique étrangère des États-Unis, jugée par lui anti-russe. Ils sont passés en masse à côté de la question réelle.

Le souci principal de Poutine, c’est la stabilité et sa prévisibilité, c’est-à-dire l’exacte antithèse du libéralisme occidental moderne. En fait, la position de Poutine est plus proche de celle qu’ont eue, dans le passé, des formations comme la CDU de Konrad Adenauer en Allemagne et les Tories de Harold MacMillan en Angleterre, conservateurs européens classiques s’il en fut.

Poutine est souvent très mal entendu en Occident. Ses déclarations publiques, destinées à une audience intérieure plutôt qu’internationale (? NdT) sont perçues comme agressives, voire chauvines. Mais les observateurs feraient bien de se rappeler qu’il est un maître de judo, dont les mouvements sont calculés pour déstabiliser l’adversaire. Si on le lit entre les lignes, Vladimir Poutine cherche le mariage, pas l’isolement.

Le Président russe considère son pays comme faisant partie d’une nouvelle alternative internationale, en union étroite avec les autres nations du BRICS, pour mettre un frein  aux agressions US là où c’est possible. Poutine voit cela comme un chemin vers la stabilité. Adenauer et MacMillan l’auraient parfaitement compris. Mais les dirigeants européens actuels et les Nord-Américains ne le comprennent pas. Enivrés par la domination dont ils ont joui ces vingt dernières années, l’idée que l’ordre mondial est en train de changer à toute allure n’a pas encore fait tilt dans leurs têtes.

La réaction  des États-Unis à cette nouvelle réalité constituera une question de vie ou de mort. Presque à la manière d’un dessin animé, Washington se cramponne désespérément à sa NSA, à ses gouvernements-fantômes, à son Quatrième Pouvoir pathétique à force de nullité, à sa puissance militaire dilapidée et à son terrifiant chauvinisme rampant. Son infantilisme a besoin d’un « méchant ». En une dizaine d’années ce traître de mélodrame est passé de Ben Laden, de Saddam Hussein et des « Frites de la Liberté » à la russophobie. Si la classe dirigeante américaine ne change pas de comportement, la transition vers un monde multipolaire pourrait bien ne pas se passer en douceur. C’est une crainte sérieuse, et elle est fondée.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Source : http://rt.com/op-edge/201563-time-new-world-order/

 

[ On n’a pas l’habitude, ici, de corriger les gens qu’on publie, mais, quand Bryan MacDonald assimile Vladimir Poutine à Harold MacMillan, il oublie que ce dernier a gouverné un empire colonial, et même un des pires qui soient, ce qui n’est pas, jusqu’à présent, le cas de Poutine et que rien, dans son parcours ne laisse présager. ]

 

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Pour détendre l’atmosphère :

 

Couverture de Nesweek, version polonaise.

 

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Les Moscovites fâchés ne font pas dans la dentelle

 

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Douze voitures de luxe incendiées dans un garage : six Rolls Royce toutes neuves, deux Bentleys, deux Mercedes, une Ferrari et une Porsche Panamera, d’une valeur totale de 3.3 millions de dollars US.

Détail : elles appartenaient toutes à un seul  propriétaire.

Les pompiers sont arrivés vite mais trop tard quand même.

Ce sont les assureurs qui vont être contents.

 

Diapo

http://rt.com/in-motion/207679-luxuly-cars-fire-moscow/

 

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Reconnaissance de la Palestine…

 

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Quand le dernier Palestinien aura expiré, noyé dans son sang, on pourra enfin s’arrêter de voter et partir à la pêche. On aura sa conscience pour soi. En attendant, voici la liste des pays qui ont reconnu l’État palestinien (à qui ça fait une belle jambe), avec les dates correspondantes. Pourquoi les premiers ont attendu 1988 (quarante ans !) pour le faire est un des mystères de l’Histoire qui bat celui du Masque de Fer.

La liste des pays qui ont reconnu l'État Palestinien

Diversity TV Belgium -19 novembre 2014

Lire ici…

Source : http://observatoire.skynetblogs.be/archive/2014/11/19/rec...

 

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Il y a quelques jours, c’était Rosa Llorens qui s’y collait ici-même. Aujourd’hui, c’est Patrick Rödel, qui revient sur le sujet, à propos de la réédition d’un livre d’Henri Guillemin sur Jean-Jacques Rousseau.

 

Ne pas se tromper d'ennemis, à propos d'articles inédits d'Henri Guillemin sur Rousseau

Par Patrick Rödel – Médiapart –18 novembre 2014

 

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                                  Les éditions Utovie continuent de republier les oeuvres de Henri Guillemin que ses éditeurs avaient abandonnées - ils doivent s'en mordre les doigts ! - et de publier aussi quelques inédits. C'est ainsi que viennent de sortir trois articles, passionnants, sur Rousseau que Guillemin avait donnés en 1936/37 à la revue dominicaine La Vie intellectuelle. Nous en devons l'édition à Patrick Berthier, le spécialiste du travail de Guillemin, qui ajoute une préface éclairante à ce Jean-Jacques Rousseau ou « la méprise extraordinaire ». Ces articles sont le prélude aux deux ouvrages que Guillemin consacrera à Rousseau : Un homme, deux ombres et « Cette affaire infernale » (également chez Utovie). La thèse défendue par Guillemin est que le divorce accompli entre Rousseau et les Encyclopédistes vient de ce que celui qu'on pensait pouvoir manipuler facilement et embrigader dans le combat mené contre le christianisme, après avoir, pendant un moment, semblé obéir, affirme deux positions qui vont le vouer à la détestation de ses anciens amis : d'abord, une critique radicale de l'idéologie bourgeoise dont les Encyclopédistes sont les tenants (il comprend très bien que les bourgeois n'ont d'autre but que de détenir le pouvoir afin de donner à leurs affaires toute l'ampleur souhaitable, ce sont des propriétaires pour qui le peuple ne peut servir que de force de travail ou d'appoint dans les combats qu'ils mènent contre la féodalité) et ensuite l'affirmation de sa foi, « une foi qui lui reste,écourtée, mais brûlante, cette confiance non plus, certes, en une Église à laquelle il ne peut plus croire, mais du moins, de toute son âme, en Dieu ». Pour cette raison, on le fit passer pour un ennemi du genre humain, on le fit passer pour fou - et il faillit bien le devenir -, on colporta sur lui toute sorte de légendes dont Guillemin entreprendra de le débarrasser.

                                 Guillemin a toujours soutenu que l'anticléricalisme, auquel il pouvait lui-même apporter des arguments, et l'antichristianisme, qu'il ne partageait évidemment pas, servaient à détourner le peuple des vrais combats qu'il aurait eu à mener. Dans ses conférences sur Les deux révolutions françaises (Utovie, 2014), il montre que les attaques contre la religion sont une manière d'éviter que l'on s'attaque aux banquiers et aux spéculations que va entraîner pour le plus grand profit des bourgeois voltairiens la confiscation des biens du clergé (Danton est ici emblématique). Il voit, non sans raison, l'alliance entre les Girondins et ce centre d'affairistes qu'est le palais de Philippe Egalité aboutir à sauver l'essentiel : la propriété, la banque et le commerce. Et le cynisme absolu de Talleyrand et consorts, lors de la promulgation de la Constitution civile du clergé, qui vise à séparer le peuple de ceux qui sont ses alliés naturels, les petits curés de campagne.

                                L'idée-force de Guillemin est qu'il ne faut pas se tromper d'ennemis et qu'il conviendrait de concentrer ses énergies sur ce qui est absolument primordial et déterminant : la domination des puissances d'argent. Le reste, ce que l'on appelle maintenant les questions sociétales, pour importantes qu'elles soient passent au second plan. On éviterait ainsi des anachronismes pénibles qui consistent à torpiller tel ou tel penseur, homme politique ou expérience politique au prétexte qu'ils n'ont pas pris en compte dans leurs revendications le problème des femmes ou celui des homosexuels etc. On éviterait bien des discussions absolument stériles, bien des oukases, bien des mouvements purement rhétoriques d'indignation de la part de gens qui restent confortablement installés devant leur écran mais qui se souviennent avoir, dans une autre vie, dans un autre siècle, lutté pour la liberté. Mourir pour la prise de la Bastille, ce symbole vide de l'absolutisme, n'était peut-être pas utile - il y avait plus urgent à faire, qui fut remis à plus tard et c'était malheureusement trop tard - ce qu'ont tenté de faire Robespierre et la Montagne mais Thermidor déjà était en route.

                               Sur ce point aussi, Étienne Chouard se révèle un disciple conséquent de Guillemin.

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-rodel/181114/ne-pa...

 

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Henri GUILLEMIN

Jean-Jacques Rousseau ou « la méprise extraordinaire »

Edition établie par Patrick Berthier

Bats - Utovie – Octobre 2014 – 104 pages

 

 

 

 

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Henri GUILLEMIN

Un homme, deux ombres : Jean-Jacques Rousseau, Sophie, Julie.

Bats – Utovie – 2003

330 pages

 

 

 

 

 

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Henri GUILLEMIN

« Cette affaire infernale » - L’affaire J.-J. Rousseau- David Hume, 1776

Bats – Utovie – 2003

358 pages

 

 

 

 

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Henri GUILLEMIN

1789-1792 / 1792-1794 : Les deux révolutions françaises 

Bats – Utovie – 2013

280 pages

 

 

 

 

Et pendant qu’on y est :

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Henri GUILLEMIN

Napoléon : légende et vérité

Bats - Utovie – 2005

160 pages

 

 

 

 

(Réédition du Napoléon tel quel de 1969, des éditions Trévise)

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Mais puisque Patrick Rödel parle d’Étienne Chouard, allons-y nous aussi,  c’est le moment :

 

Article diffamatoire d’Adrien Sénécat, de L’Express, à l’encontre d’Étienne Chouard…

Raphaël Berland – Cercle des Volontaires – 18 novembre 2014

 

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Si vous ne pouvez pas attaquer le-message(.org), alors attaquez le messager ! Décidément, la manipulation, le mensonge, la calomnie et les coups bas sont des pratiques bien répandues dans les rédactions des médias « main-stream ». Loin de moi le « tous pourris », mais force est de reconnaître qu’Albert Londres ne se reconnaîtrait pas dans les us et coutumes actuels de la profession. En l’occurrence, la cible de ma tribune est Adrien Sénécat, non pas pour sa personne, mais pour son article publié par l’Express intitulé « Le discours trouble d’Étienne Chouard contre les “1% qui se gavent” », et dans lequel il tente de salir Étienne Chouard (cliquez ici pour lire cet article).

Il n’est pas le premier. Depuis la rentrée, c’est d’abord Jacques Attali, sur le plateau de Frédéric Taddéï, qui s’y est collé, sans grand succès. Puis vint le tour de Clément Sénéchal, d’abord tout seul sur son blog, puis en groupe et publié par Libération. Hier, c’est un journaliste plutôt inconnu, Adrien Sénécat, qui a été appelé (ou qui a peut-être eu l’idée tout seul) pour faire le sale boulot de calomnie et d’amalgame contre la personne de M. Chouard.

Je rêverais d’un débat entre Étienne Chouard (ou tout autre citoyen ouvert à l’introduction d’une dose de Tirage au Sort dans notre système dit Démocratique) et une personne comme Clément Sénéchal ou Adrien Sénécat. Malheureusement, les calomniateurs de salon sont bizarrement les moins courageux, les moins républicains et démocrates lorsqu’il s’agit de débattre en public, face caméra, et à armes égales.

Donc, en quoi Adrien Sénécat serait-il un menteur et un calomniateur ? Je vous fais grâce de l’exégèse complète de son article, je vous laisse vous faire votre propre avis (revoici le lien pour lire l’article que j’incrimine). J’attire simplement votre attention sur ce paragraphe :

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Adrien Sénécat, jeune journaliste

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/11/18/article-dif...

 

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Diantre, cher Raphaël, pourquoi voulez-vous que Chouard débatte avec des canards - et non des oisons - dont on ne voudrait pas pour torche-culs, alors qu’il a fait le tour de la question avec Florence Gauthier et sans doute ailleurs ?! Ceux qui ont fait choix d’œuvrer dans les merdias en adoptent les déhanchements. Quoi de plus normal, mais qui s’en soucie ? Leurs clients ? Eh bien, ils reçoivent ce qu’ils méritent, c’est parfait.

Cela dit, qui a raison, qui a tort, avec cette idée de refondation par tirage au sort ? À nos lecteurs d’en juger s’ils ne l’ont déjà fait.

 

 

 

Ils peuvent aussi s’en informer davantage ici :

http://www.le-message.org/?lang=fr

 

Mais malgré toute la sympathie qu’on a pour le messager, il est bien difficile de croire à la concrétisation de quelque chose par cette voie. Chouard est, comme vous dites, « trop gentil ». Il oublie que nous vivons entourés de squales et on ne donne pas quinze jours à son tirage au sort, avant que les squales ne le détournent à leur profit, comme ils ont fait pour celui de la conscription. En outre, si ses citoyens sont nuls, tireurs ou tirés, aucun tirage au sort ne les rendra différents et sa refondation sera sans lendemain.

À notre avis, soit dit surtout sans vouloir donner de leçons à quiconque, la seule refondation possible (et malheureusement, nous n’avons jamais été aussi loin de pouvoir même l’envisager, que ce soit en France ou ailleurs) passe par la voie longue et ardue de Robespierre : une éducation politique du peuple en profondeur (il vaut mieux qu’Ét.Chouard ne compte pas sur l’Éducation Nationale) et l’émancipation intérieure préalable de tous, individu par individu. Sortir d’enfance et grandir, ou la mort.

Et il ne faut pas nous dire que c’est impossible, puisqu’un pays, sous nos yeux, l’a fait. Ce pays, c’est Cuba. Non que les Cubains aient agi tout à fait délibérément – même si Fidel Castro a eu de fameux principes et s’y est tenu mordicus – mais parce que « la force des choses » les a contraints de prendre ce chemin difficile à l’exclusion de tous les autres, bref leur a fait découvrir que le bonheur était « une idée neuve », pas du tout celle qu’on s’en faisait, qu’on s’en fait plus que jamais en Europe. Le terrible embargo qui les enferme aussi sadiquement qu’une vierge de Nuremberg a été, en même temps, un don miraculeux des dieux s’ils existent. Il leur a interdit de se fourvoyer comme tout le monde.

Certes nous sommes mal partis, nous n’avons jamais été aussi bas, aussi politiquement incultes, pires qu’analphabètes, aussi invertébrés et moralement à la baille. Mais puisqu’il n’est d’éducation véritable que par l’exemple et que Cuba existe, il n’y a qu’à aller regarder les Cubains sous le nez et faire pareil, ce n’est pas sorcier. Qu’est-ce qu’ils font les autres (les Latinos en tout cas) ?

Le seul problème à résoudre est de transformer ça :

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en ça :

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Tous volontaires. Une chance sur deux de rentrer vivants. Leur conception du bonheur.

La vôtre ?

On est en désaccord avec Chouard sur autre chose encore : nous ne prenons pas Alain Soral pour un « homme de gauche », même si nous ne sous-estimons pas le travail qu’il fait. Les seuls hommes de gauche véritables sont ceux qui n’ont pas été autorisés à s’asseoir ailleurs qu’à la gauche du roi, parce que s’asseoir à sa droite était un honneur dont on les jugeait indignes, et pas au même niveau non plus, le plus loin possible, en haut des gradins, sur « La Montagne » en somme. Ces « Montagnards du côté gauche » sont presque tous morts, en trois jours, place de la Concorde. Il n’y a plus jamais eu, depuis, de classe politique de gauche, ni en France ni ailleurs en Europe, quoi que des théories d’apparatchiks de toutes les nuances de la politicaillerie aient essayé de faire croire à leurs dupes. Oui, il y a eu des individus qui ont mérité de s’appeler ainsi à titre personnel, surtout au XIXe siècle – les Louise Michel, les Vallès, Varlin, Blanqui, Delescluze et autres, qui ont presque tous mal fini aussi et qui n’ont été suivis, par ceux qui s’en réclament après coup, qu’en paroles verbales, rarement en actes.

On nous parle de « réconciliation ». Chic ! Mais avec qui ? Le Pen et l’OAS mais pas les sans-culottes, c’est ça ?

« Si Dieudonné est lié à la fois à Alain Soral et, d’une certaine manière, à moi, je ne le suis pas à Soral, dont j’apprécie le travail de réconciliation mais dont je dénonce la critique contre-révolutionnaire de 1789. »

(C’est là : http://www.voltairenet.org/article181952.html )

Il nous a ôté les mots de la bouche, Meyssan.

Et ajoutons quelque chose : quiconque a traversé, même de loin, la guerre d’Algérie, n’oubliera et ne pardonnera jamais, et n’a pas à le faire.

Des fois, on rêve : peut-être qu’un jour Soral tombera de son cheval, verra la lumière, s’écriera « Flûte, j’ai merdé ! », cessera de tenir les manteaux à ceux qui lapident saint Étienne, et se mettra à essayer de comprendre en quoi a consisté la Révolution Française (celle de 93, pendant qu’il y sera, car lésiner ne sert à rien).

On ne dit pas ça pour faire joli ou de l’esbroufe : la Révolution Française en général (une des deux de Guillemin) et Robespierre en particulier, sont des pierres de touche. Quiconque en parle se définit : on sait ce qu’il (ou elle) a dans le ventre et à quoi il sert.

 

 

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« - Les boules à oiseaux, ils y touchent pas.

-  Faudra les envoyer en Afrique, qu’ils comprennent ce que c’est la faim, les oiseaux ! »

 

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Jean-Marie Gourio

Le Grand Café des brèves de comptoir

Robert Laffont – 2013

925 pages

 

 

 

 

 

Pas une seule méchanceté sur près de 1.000 pages !  (Une forme de racisme enfantin et une fixation sur « les pédés qui se marient » ne sont pas de la vraie méchanceté.)  Il note les brèves de la France qu’il aime, Gourio. Les autres, il évite. Il a raison.

 

Pour les fauchés :

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Il vient de sortir en Poche

 

 

 

 

 

Et, en plus, il fait des émules

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Collectif OuBreCPo

Ouvroir de Brèves de Comptoir Potentielles

Cactus Inébranlable Éditions – Juin 2014.

72 pages

 

 

 

 

 

 

 Oui, l’OULIPO s’y est mis !

À partir d’un seul bistrot (bruxellois), imprimé à La Louvière (Belgique), pour un éditeur de Roubaix (France).

Les Oulipiens n’en font jamais d’autres.

 

Et pourquoi diable n’iriez-vous pas faire un tour sur leur site :

http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

 

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Mis en ligne le 23 novembre 2014.

 

 

 

 

15:40 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/11/2014

LES GAÎTÉS DE LESCADRON DU G20

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Les gaîtés de l’escadron du G.20

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« Ça s’appelle un koala, Tony ! »

ou

Tarascon en Australie 


(Twitter explose, après que la vantardise d’Abbott, promettant de « flanquer une raclée à Poutine pour avoir descendu le MH17 » finit en séance-photo avec des koalas.)

 

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Les internautes australiens s’en sont donné à coeur-joie, lorsque leur Premier ministre Anthony Abbott, qui avait juré de flanquer à Poutine le genre de coup de boule qui valut jadis un blâme à Zidane, pour avoir, selon lui, fait descendre l’avion malaisien MH17 par ses protégés du Donbass et ainsi « coûté la vie à deux Australiens », s’est dégonflé.  

Il allait exiger des comptes, et tout et tout. Les paris étaient ouverts : « le fera ? le fera pas ? ». Il ne l’a pas fait. Ce qu’il a fait, c’est machine arrière, et posé pour une photo, avec Vlad l’Empaleur, en compagnie de deux petits koalas, qui avaient dû être entraînés pendant plusieurs jours à se laisser cajoler en public. Il faut savoir que ce délicieux animal, emblème (avec le kangourou) de l’Australie, dort 20 heures par jour, et est plutôt farouche quand on le réveille pour lui faire des papouilles.

M. Abbott s’est sans doute rendu compte du grotesque de sa fanfaronnade démagogique… s’est peut-être aussi souvenu que le Président de Russie est ceinture noire de judo.

Les deux petits marsupiaux à l’entraînement :

 

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Que signifie le départ anticipé de Poutine du sommet G20 ?...

16 novembre 2014

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Comme nous le savons tous, le Ténébreux a quitté le sommet du G20 avant terme (sans assister aux événements de la deuxième journée). Ceci est un geste très symbolique et il est impossible de ne pas y prêter attention.

Du point de vue du protocole international le départ anticipé d'un chef de la délégation d'un État lors d'une réunion internationale est acceptable dans les cas suivants :

a) problème de santé du chef de délégation, exigeant un retour immédiat.

b) événement d'ordre personnel qui nécessitent un retour immédiat (problèmes dans la famille etc.)

c) événements politiques exigeant le départ du chef de la délégation (coup d’État, guerre, catastrophe naturelle, etc.)

 Ces raisons sont considérés comme fondées et ne présentent pas de violations du protocole et n'entrainent pas de conséquences.

Lire la suite…

Source : http://fr.novorossia.today/au-coeur-de-l-actualit/que-sig...

 

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4. Pepe Escobar.jpg

 

 

 

Ils auraient dû se méfier les nuls, car Pepe Escobar était là et rien n’échappe à son œil d’aigle…

 

 

 

G20 en Australie : Bouffons contre Sud Global

 

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De g. à dr. le Président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narenda Modi, la Présidente du Brésil Dilma Roussef, le Président chinois Xi Jinping et le Président sud-africain Jacob Zuma joignent les mains pour la photo-souvenir du 6e Sommet des BRICS, à Fortaleza, le 15 juillet 2014.

 

Résumé en une seule ligne du G20 qui s’est tenu en Australie : une poignée de bouffons anglo-saxons essaie de couvrir la voix du Grand Sud.

Des pays représentant 85% de l’économie mondiale se réunissent pour (en théorie) discuter de questions économiques et financières vraiment très importantes, et la seule chose dont caquètent les médias de masse occidentaux, c’est que le Président russe, Vladimir Poutine, y fait « figure d’isolé ».

C’est sûr, Washington et sa ribambelle de marionnettes ont bien essayé de faire de ce sommet une farce. Heureusement, il y avait des adultes dans la pièce, qui avaient, eux, du travail à faire.

Les cinq membres des BRICS – malgré leurs problèmes actuels, le G5 qui compte réellement pour le monde – se sont rencontrés avant le sommet, y compris avec la « figure isolée ». Économiquement, ce G5 fait plus qu’égaler le vieux G7 décrépit.

La Présidente du Brésil, Dilma Roussef, a très énergiquement pressé le G5 de « mettre le turbo » à sa coopération mutuelle, ainsi qu’à la coopération Sud-Sud. Ceci concerne bien entendu la Banque de Développement des BRICS. Les BRICS, en insistant sur leur « sérieuse préoccupation », ont une fois de plus mis Washington au pied du mur pour son sabotage perpétuel de la réforme structurelle, si nécessaire et depuis si longtemps repoussée, du FMI.

Le paquet de réformes du FMI sur les quotas et la gouvernance, a, en fait, été approuvé par le Conseil des Gouverneurs du FMI dès 2010 ! Une de ses résolutions-clés traitait du vote accru à accorder aux pays émergents, au premier rang desquels, bien sûr, les BRICS eux-mêmes. Pour les Républicains de Washington, c’est pire que le communisme.

Le Président chinois Xi Jinping a ajouté que la coopération des BRICS n’allait pas seulement stimuler l’économie mondiale, mais aussi assurer la paix mondiale. « Faites des affaires, a-t-il dit, pas des tomahawks. » Les plus de 120 nations du Mouvement des Non-Alignés (MNA) – tolérés comme des mendiants au banquet du G20 – ont été très attentifs à ses paroles.

Que d’« agressions » !

Comparez maintenant les BRICS au travail avec les chefs d’états de l’Union Européenne, qui n’ont voulu rencontrer – exclusivement – que le Président US Barak Obama, pour définir avec lui leur « stratégie », non en vue d’améliorer l’économie mondiale mais dans le seul but de démoniser davantage encore la Russie.

Et cela, après que le Premier ministre britannique, David Cameron, ait dit à Poutine dans une rencontre qualifiée de « robuste », qu’il était à un feu rouge et sur le point d’être frappé de nouvelles sanctions ; que le Premier ministre canadien se soit plaint d’avoir à serrer la main de Poutine et que le Premier ministre australien, Tony-coup de boule–Abbott ait fait poser tout le monde avec des koalas – si ce n’est pas de la cruauté envers les animaux ! –non sans avoir d’abord renoncé à flanquer une douffe au Président russe.

Et il n’a pas été question que d’une « agression russe ». Obama, Abbott et le Premier ministre japonais Shinzo Abe se sont aussi rencontrés séparément, pour mettre sur pied un accroissement de leur « coopération militaire » et « renforcer leur sécurité militaire » dans la région Asie-Pacifique. Contre (quoi d’autre que ?) l’«agression chinoise ». 

 

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De g. à dr., le Président français François Hollande, le Président US Barak Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et la Chancelière d’Allemagne Angela Merkel participant à une rencontre multi-latérale réduite, sur les lignes de touche du Sommet du G20, à Brisbane, le 16 juillet 2014.

 

Arrogance impériale et bouffonnerie mise à part, Poutine a quand même rencontré la Chancelière allemande Angela Merkel pendant trois heures. Ils ont discuté de l’Ukraine, essentiellement. Pas de fuites. Conclusion : Poutine a rencontré et a parlé avec tous les adultes qui comptaient : les BRICS et Merkel. Il n’avait, professionnellement, rien d’autre à faire.

Selon les propres mots du Président russe : « Il y a neuf heures d’avion d’ici à Vladivostok, et encore neuf heures de là à Moscou. J’ai besoin de quatre heures de sommeil avant de me remettre au travail lundi. Nous avons terminé notre travail ici. »

Dieux du Ciel ! C’était juste la réplique dont avaient besoin les médias de masse occidentaux pour perdre complètement les pédales et filer leur intoxe sur la « figure isolée », fuyant, de honte, le G20.

Quand vous ne savez plus quoi faire, imprimez de l’argent.

Malgré tous les efforts déployés par le gang politique anglo-saxon pour avilir le Sommet, il y a quand même eu un peu – très peu – de travail accompli. Poutine lui-même a salué l’« atmosphère constructive », dans le sens, probablement, d’« atmosphère chimériquement constructive ».

Dans le communiqué final, une promesse a été faite d’augmenter le PIB mondial de 2 mahousses trillions [= deux millions de millions, NdT] d’ici 2018. L’essence de ce plan magique est de faciliter les investissements en matière d’infrastructures génératrices d’emplois et susceptibles d’améliorer le commerce mondial.

À propos, c’est juste ce que la Chine est en train de faire massivement. La Chine et la Russie ont conclu cette année deux faramineux contrats de gaz valant 725 milliards de dollars. Les 40 milliards de dollars du Fonds d’Investissement dans la Route de la Soie financeront des projets de développement dans sept pays d’Asie Centrale. La « figure isolée » a confirmé que le commerce de la Russie avec la Chine et le reste de l’Asie passera de 25 à 40% de son PIB.

En outre, la Russie, la Chine, l’Iran – et bientôt d’autres nations d’Asie – sont activement en train d’établir leur propre système de compensation monétaire, indépendant du système SWIFT et du dollar US. Le commerce et les investissements Russie-Chine se traitent de plus en plus en roubles et en yuans et non plus en dollars US. Pour les bouffons, c’est pire que l’Apocalypse.

Le communiqué du G20 parle aussi d’un renouveau de facto d’offensive néo-libérale, allant de davantage de « dérégulation » des marchés pour les marchandises à davantage de « flexibilité » dans les marchés du travail. Un vague centre d’investissement mondial sera mis sur pied à Sydney, mais personne ne sait vraiment comment il fonctionnera.

Le G20  a également insisté sur la nécessité de combattre le secteur bancaire parallèle. Purs vœux pieux, alors que les monstrueux acteurs masqués-spéculateurs-vrais gangsters financiers savent comment réduire ce genre d'efforts à néant. Vous n’êtes quand même pas en train de parler de stations d’épuration du style « à genoux devant la Couronne, mais prions le dollar » genre Turks et Caico, hein, les gars ?

Il n’est pas surprenant que la plus petite référence à une quelconque transparence dans les industries extractives ait complètement disparu du communiqué final. Quant au changement de climat, recours à la méthode Coué encore pour « une action effective » avant la conférence de Paris en décembre 2015. On pourrait parier des casinos entiers d’argent sale que rien de substantiel ne se produira avant ni après la conférence.

 

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Le Président de Russie Vladimir Poutine parlant à une conférence de presse, à la fin du Sommet du G20, à Brisbane, le 16 novembre 2014

 

Les Wahabites du néo-libéralisme se sont évidemment moqués de la tentative de « cette bonne à rien » d’Argentine, de faire adopter par le G20 un régime de faillites supra-national. Après tout, il est normal que les fonds vautours de la variété Paul Singer puissent continuer à agir comme des vautours.

En fin de compte, la « figure isolée » a été à l’heure à son travail lundi matin, heure de Moscou. L’UE est assurée de perdre 15% de 330 milliards dans ses affaires avec la Russie en 2015, tandis que celles qui se feront à l’intérieur des BRICS vont doubler. L'absolue débâcle de l’UE continuera à être causée dans une très large mesure par le néo-libéralisme. Et par le diktat des « élites » de Washington-Wall Street, qui exigent que toutes les entreprises d’économie mixte dans l’UE soient anéanties.

Tandis que Washington met fin à son assouplissement quantitatif (= émission d’assignats, NdT), la Banque Centrale Européenne rêve d’imprimer de l’argent comme une folle, la Banque Centrale du Japon imprime de l’argent comme une folle, et la Russie et la Chine achètent des océans d’or physique. Derrière l’écran de fumée de l’argent de papier à gogo, l’économie mondiale va continuer à souffrir.

Pendant ce temps, l’économie russe va continuer à s’associer de plus en plus étroitement à celles de la Chine, de l’Iran et du Kazakhstan. Le centre des investissements mondiaux et le cœur de l’action continuera d’être – où, sinon ? – l’Asie-Pacifique. Pas étonnant que le G20 de 2016 se tienne en Chine.

Parmi les autres nouvelles, Pepe Mujica, le président en fin de mandat de l’Uruguay, n’est pas venu au G20. Mais laissons-lui le mot de la fin. Il va quitter le pouvoir. Il ne faut qu’une seconde pour comparer sa dignité, son honnêteté, son humilité, son intelligence, son courage, son altruisme et sa saine politique avec les bouffonneries irresponsables des Cameron, des Harper, des Abbott… Il y a les hommes politiques et il y a les politiciens. Et ceux-là, heureusement, l’énorme majorité de l’opinion publique les a percés à jour*.

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* Le mandat présidentiel de Pepe Mujica se termine le 1er mars 2015. Les élections pour sa succession sont en cours : 2e tour le 30 novembre.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Source : http://rt.com/op-edge/206083-g20-summit-brics-economy/

 

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Fanfan la cascade

 

 

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L’empire anglo-sioniste est vraiment devenu « L’Empire des Illusions »

Vineyard of the Saker 17 novembre 2014

Curieux, non ? Les deux récents sommets (APEC et G20) ont fini en désastre, je le soutiens, pour les États-Unis et ses alliés (voir ici, ici et ici), tandis que la Russie, la Chine et le reste des BRICS ont visiblement pris le contrôle de la situation, et pourtant, il y en a encore qui croient les médias de masse occidentaux, qui s’évertuent à dépeindre Poutine et la Russie comme « faibles ».

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Je suppose, à notre époque virtuelle, que les perceptions sont tout, et dans ce cas, il est clair que les perceptions prennent la forme du moule que leur donnent les médias dominants, dont le savoir-faire, en matière de lavage de cerveaux, est  réellement impressionnant. Mais voyons les faits.

Le résultat le plus notable qu’aient produit ces deux sommets, c’est que Xi Jinping a, pour la première fois, montré sans doute possible qu’il soutient à fond Poutine et la Russie.

Je me rappelle très bien qu’au début de l’année, il y en avait beaucoup qui doutaient de la politique chinoise à l’égard de la Russie ; beaucoup disaient que « l’effet Walmart » (l’étendue des liens US-Chine) ne permettrait jamais à la Chine de s’aligner avec la Russie contre les États-Unis, et pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit, à au moins trois niveaux :

1. Économique : non seulement la Russie et la Chine ont signé ce qu’on ne peut qu'appeler des méga-contrats, mais en outre, les Chinois ont été plus qu’heureux d’offrir aux banques russes (frappées de sanctions US/UE) l’accès aux crédits chinois. La Chine aide aussi la Russie à remplacer SWIFT.

2. Politique : les Chinois sont même sortis de leur chemin pour montrer que, non seulement Poutine n’était pas isolé du tout, mais qu’il était au contraire l’invité d’honneur de l’APEC, ce qui revenait à défier ouvertement les États-Unis.

3. Militaire : la Russie et la Chine sont engagées, sur une base régulière, dans d’importants exercices militaires conjoints, qui comprennent des opérations navales et au sol. Et les deux pays ne se contentent pas de s’entraîner de concert, ils sont également en train de créer des états-majors inter-armées.

Tout ceci ne devrait constituer une surprise pour personne. La Russie et la Chine sont véritablement des partenaires « idéales » et se complètent l’une l’autre à la perfection. Ce dont l’une a besoin, l’autre le possède et vice-versa. Non seulement cela, mais les USA ont tellement cherché noise à l’une et à l’autre, qu’on peut affirmer que l’Empire les a littéralement poussées dans les bras l’une de l’autre. Obama n’a jamais cessé de menacer ouvertement la Russie et la Chine, leur a envoyé toutes sortes d’ultimatums, a monté contre elles des coalitions et, bien sûr, les a encerclées de bases militaires et de systèmes anti-missiles.

Ce qu’Obama et ses conseillers n’ont pas compris, c’est que la Russie et la Chine, soutenues par les BRICS, par l’organisation de Coopération de Shanghaï (OCS), par l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) et par l’Union Économique Eurasienne (UEE), sont infiniment plus puissantes que le bloc USA/UE en termes politiques, économiques et militaires. C’est ça la grande nouvelle, le développement stratégique capital, la secousse tectonique que les médias enchaînés à l’Empire tentent si désespérément d’occulter. Pour ce qui est des dirigeants occidentaux, ils sont en plein délire, manifestement tombés dans le très vieux piège de croire à leurs propres mensonges. Mais, comme on dit, si votre tête est dans le sable, votre derrière est en l’air, et la réalité vient de se rappeler à eux par une puissante et douloureuse morsure.

Le moment le plus ridicule de ce sommet est arrivé lorsque Obama, n’ayant réussi à atteindre aucun de ses objectifs à l’encontre de la Russie et de la Chine, a prononcé avec le plus grand sérieux un discours où il expliquait l’importance du « leadership américain ». Ce fut comique au point d’en être gênant. Les commentateurs de la TV russe étaient pris de fous-rires en le rapportant.

Quant à Poutine, visiblement sûr de sa position, il s’est moqué ouvertement de l’idiotie des dirigeants US-UE : « Ont-ils réfléchi un instant à ce qu’ils sont en train de faire ? Ou leur politique les a-t-elle aveuglés à ce point-là ? On sait que les yeux sont des organes périphériques du cerveau. Quelque chose a-t-il été débranché dans leur cerveau ? » À ceci s’est ajoutée une mise en garde sans équivoque : la Russie ne permettra jamais à l’US-UE d’écraser la résistance novorossienne. Le message de Poutine est net et carré : les dirigeants occidentaux mènent leur empire droit dans le mur. (Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous recommande instamment d’écouter l’interview que Poutine vient d’accorder à ARD).

L’empire anglo-sioniste est vraiment devenu « L’Empire des Illusions » (pour reprendre l’expression de Chris Hedges), où les faits ont beaucoup moins d’importance que les contes de fées, où la façon courante de relever un défi est de nier son existence, où l’auto-aveuglement est devenu une manière de vivre.

Les jeux sont faits. Les mots sont écrits sur le mur depuis longtemps. Le problème, c’est que personne ne veut les voir.

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P.S. La phrase-clé de l’interview de Poutine à la chaîne de télévision allemande ARD est la suivante : « Aujourd’hui, on se bat en Ukraine orientale. Les autorités centrales ukrainiennes y ont envoyé des forces armées et elles s’y servent même de missiles balistiques. Quelqu’un en parle-t-il ? Pas un  mot. Et qu’est-ce que cela signifie ? Que nous dit votre silence ? Que vous voulez que les autorités centrales de Kiev annihilent tous leurs opposants. Est-ce là ce que vous voulez ? Nous, nous ne le voulons pas. Et nous ne permettrons pas que cela se produise. »

Ce n’est pas une préférence qu’il a exprimée, ni un vague « nous y sommes opposés ». C’est une affirmation très catégorique, annonçant que la Russie empêchera proactivement une telle issue.

Comme je l’ai dit maintes fois ici même : la Russie ne laissera pas les Nazis se rendre maîtres de la Novorossia.

Le Saker

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Sources :

http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/11/the-anglozionist...

http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/11/the-key-sentence...

 

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Chris HEDGES

L’Empire de l’Illusion – La mort de la culture et le triomphe du spectacle

Lux – 2012

Collection Futur proche – 272 pages

 

 

 

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Des histoires françaises

 

Quelqu’un vient de nous signaler, dans Le Monde Diplomatique du 6 octobre dernier, un article de Régis Debray consacré à Manuel Valls.

Bien que nous soyons porte à porte avec la France, nous n’arrivons pas à nous intéresser à Manuel Valls.

Quant à Régis Debray, c’est par 300 à la fois que les Régis Debray d’Outre Rhin écrivent des lettres à Vladimir Poutine, pour lui dire qu’ils désapprouvent la politique de leur gouvernement. Pourquoi avons-nous l’impression que Régis Debray, par ses préoccupations franco-hexagonales, est peut-être en retard de deux ou trois guerres ?

Dominique de Villepin vient, lui, d’avancer un pion en direction de la prochaine élection présidentielle en se rendant à Valdaï et en y prenant la parole. Pour y dire… pas grand-chose de déterminant, ne prenant clairement parti ni pour les uns ni pour les autres dans l’affrontement USA-Russie, se contentant pour l’instant de capitaliser sur son discours d’opposition à la guerre d’Irak (opposition qui était surtout celle de Jacques Chirac, mais c’est… de bonne guerre). Si on en juge par les réactions de certains jeunes internautes qui ne savent pas ce que bonapartisme veut dire (« au moins, lui, il a eu le courage d’y aller »), il a ses chances.

Curieusement, le seul qui mise en ce moment sur le bon cheval est Nicolas Sarkozy. Quand il est allé faire, il y a quelques mois, trois petits tours à Sotchi, tandis que Carlita, en donnant des concerts à Moscou, assurait l’offensive de charme, il entamait sa campagne électorale. Ces jours-ci, à propos de la pantalonnade des Mistral, il est le seul à s’être prononcé clairement pour le respect des engagements pris. Hélas pour lui, au rythme d’une casserole par semaine, il a plus de chance d’arriver à l’élection en taule qu’en candidat. Et surtout, nombreux sont ceux qui n’ont pas oublié et ne lui pardonneront pas le rôle qu’il a joué en Libye, cul et chemise avec des BHL, ni la réintégration de la France dans l'OTAN.

Mais ce sont là les affaires des voisins.

Quelqu’un a dit récemment « l’Europe est hors jeu ». C’est on ne peut plus vrai, et la France est en Europe. Comme aussi l’Angleterre, les pays scandinaves, ceux de l’Est, la Belgique, l’Italie et tutti quanti. L’Allemagne aussi, mais…

Si la Chine a choisi pour terminus de sa bifide Route de la Soie, Duisbourg et Venise, elle ne l’a pas fait au hasard. On (Israël) nous a tant bassinés avec « ses » six millions de victimes du nazisme, qu’on en a oublié les 23 millions de victimes soviétiques. Soyons sûrs que les Russes, eux, n’ont rien oublié, et que s’ils ne se sont pas fait payer, comme d’autres, le prix du sang, ils n’ont certainement jamais cessé de tenir, depuis la fin de la guerre, l’Allemagne à l’œil. Pourquoi leurs services secrets seraient-ils moins compétents que les autres ? Si l’Allemagne a été choisie comme point terminal de la route chinoise, c’est-à-dire comme seule interlocutrice en Europe désormais, par l’alliance Russie-Chine, c’est que celle-ci est assurée d’y être en terrain stable. Merkel passera comme tout passe, et derrière elle, une relève est sans doute déjà prête, avec laquelle des jalons sont posés. Quand les autres, du fond du trou où ils se sont eux-mêmes précipités, auront envie ou besoin de quelques miettes, ils devront s’adresser à l’Allemagne. L’autre terminus, Venise, redeviendra ce qu’elle fut si longtemps jadis : l’extrémité occidentale des Balkans. Merci qui ?

La France, plus encore que tous les autres « pays membres de l’UE » ne pourra cependant s’en prendre qu’à elle-même. On ne compte plus, depuis quinze ans les offres de coopération et les mains tendues de Vladimir Poutine. On l’en a remercié en le traitant comme du pus, en quittant ostensiblement, en meute, l’Assemblée Générale de l’ONU quand il y prenait la parole,  et en affichant des mines dégoûtées à l’idée d’avoir à lui serrer la main. Sans jamais se demander ce qu’il peut éprouver, lui, à l’idée de serrer la leur. Il est trop tard, aujourd’hui, pour faire volte-face. Ceux qui sont assez vieux pour avoir vu la guerre et qui se souviennent des héros de Normandie-Niemen sont tristes à en pleurer.

 

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Une histoire belge

Rares sont les Belges francophones qui savent qu’en 1793, leur pays a fait exactement la même chose que la Crimée l’an dernier : voté à plus de 90% son rattachement à la France… de Robespierre.

Il en restait suffisamment de traces pour qu’en 1950, au moment de la prestation de serment de Baudoin 1er, un député s’écrie à haute voix « Vive la République ! ». Les franquistes belges n’allaient pas laisser passer pareille offense à l’élève du Caudillo. Le soir même, il était mort. Il s’appelait Julien Lahaut. Il était député communiste. Non seulement ses assassins n’ont jamais été punis, ils n’ont jamais été identifiés non plus et sans doute jamais poursuivis.

Mais encore moins de Belges savent comment il était devenu communiste, quelle odyssée l’avait, pendant la guerre de 14-18, mené jusqu’aux confins de la Sibérie. Aventure commencée sous le Tsar, conclue sous Lénine.

Un site liégeois qui se consacre à l’histoire nationale l’a évoqué en souvenir de la « Grande Guerre ». C’est ici :

Julien Lahaut et le corps ACM Autos-Canons-Mitrailleuses en Russie

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En 1915 la Belgique forme l'un des premiers corps de voitures blindées,  les ACM, les Autos-Canons-Mitrailleuses. Un de ses membres est Julien Lahaut.  Le roi Albert Ier « donne » ce corps d'élite au tsar de Russie. Ils assisteront à un évènement clef du XX° siècle : la révolution russe. Ils se retrouveront en Russie avec Jules Destrée, un de leaders de la social-démocratie belge, qui n’est pas là pour prêcher la révolution, mais la guerre à outrance. La conversion de Lahaut au léninisme semble dater de cette période, mais ça prendra du temps, et nous n’avons pas réussi à trouver des déclarations de sa part sur cette période. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu. Plusieurs de ses compagnons ont écrit des livres. Il est vrai que Julien Lahaut n’était pas un homme de plume, mais un homme de parole.

Donc, quand la guerre éclate en 1914, Lahaut s'engage. « Attitude conforme à celle du POB, son parti, en 1914. Rien n'oblige ce jeune marié à aller risquer sa vie. Le service militaire faisait l'objet d'un tirage au sort. Il avait eu de la chance ».  (Jules Pirlot, Julien Lahaut, vivant.)

Lire la suite…

Source : http://hachhachhh.blogspot.be/2014/04/julien-lahaut-et-le...

 

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Mis en ligne le 18 novembre 2014

 

 

 

 

21:25 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2014

UBU EN SARRE

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La musique adoucit les mœurs ? Pas toujours…

Ubu en Sarre

 

12 juillet 2014 : Lorin Maazel casse sa baguette. Il avait 84 ans. Et dirigeait toujours la Philharmonique de Münich. Laquelle se met en quête d’un autre konzert meister pour lui succéder. Elle offre le poste à Valeri Guerguiev, qui accepte. Il prend ses fonctions le 1er janvier prochain, pour cinq ans.

Valeri Guerguiev, d’origine ossète, né à Moscou en 1953, a passé vingt ans de sa vie à la tête du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, non sans avoir été, parallèlement, pendant treize ans, le directeur musical de l’orchestre Philharmonique de Rotterdam, premier chef invité du Metropolitan Opera de New York et avoir, en 2007, remplacé sir Colin Davis à la tête de l’Orchestre symphonique de Londres. C’est un des plus grands chefs d’orchestre du monde. Ils ont de la chance à Munich de ne pas tomber de Maazel en Tartempion. S’ils ont fait un pont d’or à celui-ci, ce n’est quand même pas cher payé, car réputation oblige.

Donc, tout baigne. Théoriquement.

Cependant… du 21 au 30 mai 2015 doit se dérouler le Festival de Sarre (à deux pas des frontières française, belge et luxembourgeoise). Ce festival musical se tient tous les deux ans et le Münchner Philharmoniker y est naturellement invité. Mais ce sera, cette fois, sans son chef, qui vient d’être « désinvité » par les organisateurs, pour avoir refusé de critiquer le président Poutine.

Non, ce n’est pas pour rire, c’est vrai.

La décision « qui n’est pas politique », a été prise pour ne point contrister M. Donald Tusk, ancien Premier ministre polonais et actuel président du Conseil européen, sous le patronage de qui doit se dérouler, cette fois, le dit festival. M. Tusk, on le sait, succède, non à Maazel mais à Herman Van Rompuy et Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de Berlin, grands démocrates et droitsdelhommistes sous le soleil, qui soutiennent comme on  sait, de tout leur poids moral, les massacres perpétrés par Kiev et l'OTAN dans le Donbass.

Selon les organisateurs du Festival de Saar, il ne fallait pas froisser Donald Tusk car divers concerts venus de Pologne doivent s‘y dérouler. Les organisateurs ont donc fait appel, pour remplacer Valeri Guerguiev, à un chef d’orchestre polonais, M. Michal Nesterowicz. «Nous avons reçu une demande explicite de l'ambassade polonaise de Berlin nous disant qu’il n'était pas souhaitable d'inviter Guerguiev », a expliqué le directeur du festival Robert Leonardy, avant de préciser : « cela ne va pas qu'un Russe, et en plus un proche de Poutine, puisse participer au Festival. »

Mais qu’a-t-il donc fait Guerguiev, pour mériter ainsi la hart et l’opprobre ? Accrochez-vous : Il a « refusé de dénoncer clairement les violations des droits de l'homme que représentent les lois anti-homosexuelles de Poutine ». Et Courrier International (c’est un canard mainstream) de se poser gravement la question : « Munich peut-elle encore se permettre d'employer Guerguiev ? » Surtout s’il risque, étant sur place, d’aller boire un coup à la Hofbräuhaus… Sait-on jamais ?

 

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D’accord, il a de mauvaises fréquentations, mais qui prétend être parfait ?

 

L’abominable Guerguiev s’est donc abstenu de critiquer la politique de la Fédération de Russie à l’égard du lobby homosexuel (l’expression est du Saker). Car c’est évidemment le gouvernement russe, et non Vladimir Poutine, qui a légiféré pour interdire la propagande pédomaniaque dans les écoles. Bof, c’est pareil, pour nos « démocrates » à voile et à vapeur, depuis le temps qu’on ne fait plus ce genre de distingo par ici… C’est la ville de Moscou qui a interdit les gay prides pour les cent ans à venir, et Guerguiev fait de la musique à Saint-Pétersbourg ? Pfftt… tout ça, c’est russe et compagnie ! Chez nous, en Otanazie, est-ce que les couturiers ne dirigent pas l’Éducation Nationale ? (Avec le CRIF il est vrai, bien la preuve que nous ne sommes pas sectaires).


 

    Double grain de sel des Grosses Orchades 

              Au lobby sus-mentionné :

     Ce n’est pas votre homosexualité qui dérange, c’est votre exhibitionnisme. L’exhibitionnisme des hétéros est aussi intolérable que le vôtre. Étaler sa libido sur la voie publique n’est pas qu’un manque flagrant de savoir-vivre, c’est une agression envers quiconque a gardé quelque décence, respecte les autres et tient à conserver l’estime de soi. Tout le monde n’a pas envie de se promener dans les rues en string avec des plumes dans le cul ou de s’y enfoncer des crucifix. Pourquoi ne conviez-vous pas la presse à venir vous voir faire caca au milieu de la place de la Concorde aux heures de pointe, pendant que vous y êtes ? Ah, (en tout cas pipi) c’est fait ? Pardon.

               À Valeri Guerguiev :

              Maestro, on n’a pas de conseils à vous donner, mais si on était vous, on ferait tout de suite un saut, mettons, à New York, pour y engager une demi-douzaine d’avocats rompus à l’exercice banal en ces contrées d’arracher aux zozos sarrois à nez de Pinocchio une somme aussi pharamineuse que possible, à titre de dommages et intérêts pour atteinte à votre image, à votre réputation ou à n’importe quoi d’autre. Soyez sans crainte, ils trouveraient : ce sont des pros. Et si vous avez scrupule à vous enrichir sur le dos de la bêtise européenne, pourquoi ne pas en faire des bringues monstres les cinq « Rosenmontag » à venir avec vos musiciens, à la bière, à la vodka ou aux deux ? Prosit !

              Euh… si vous invitez Obélix, il faudra que vos baveux se défoncent.

 

 

 

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La Pologne étant, comme on sait, le royaume d’Ubu, les choses se présentent ainsi :

La philharmonie de Munich et son nouveau chef sont invités à jouer à Paris le 9 mars, avec la soliste de renommée mondiale Sol Gabetta. Concert d’hommage au chef décédé, né, on vous le rappelle, à Neuilly-sur-Seine.

Le 10 mars, le même concert devait se donner, pour le même motif, au Festival de Saar, en Allemagne, mais il le sera sans son directeur, et le Polonais Michal Nesterowicz, pas bégueule, prendra sa place.

Dans un entretien, l’ineffable Robert Leonardy a expliqué, en essayant de cacher son nez qui grandissait à vue d’oeil : « le refus d'inviter Valeri Guerguiev n'est pas le résultat d'une décision politique. Comme ce dernier a officiellement donné son soutien en août dernier à Vladimir Poutine et que le Festival se déroule sous le patronage de l'ancien Premier ministre polonais, Donald Tusk, nous n'avons pas voulu mettre en danger le bon déroulement du Festival.» Quel diplomate, cet homme !


Sources :

http://french.ruvr.ru/2014_11_13/Un-eminent-chef-dorchest...
http://www.courrierinternational.com/article/2014/03/19/u...

En attendant la suite de ces péripéties

hautement culturelles :

 

Tous à la Philharmonie de Paris

(Grande salle)

Le 9 mars prochain à 20h30

(retenez vos places dès à présent)

Pour

4. lorin-maazel_dies aged 84.jpg

Saluer Maazel disparu

 

5. solgabetta_slider1.jpeg

Applaudir la belle soliste argentine Sol Gabetta.

 

6. Gergiev .jpg

Et ovationner le nouveau chef du Münchner Philharmoniker !

 

Au programme

Dvořák, Antonín :  Concerto pour violoncelle

Strauss, Richard :  Ainsi parlait Zarathoustra, op. 30

Strauss, Richard :  Till Eulenspiegel, op. 28

(Programme sous réserve de modifications.)

 

Pour consoler ceux qui n’auront pas la chance de s’y trouver :


 

À quoi bon lésiner ?…

Notre bateau du jour « La bataille de Grunwaldski –Nef des Fous », d’après Jérôme Bosch, est une œuvre collective du groupe polonais Les Krasnals (les Nains), qui a récemment fait scandale, parce qu’on y voit feu le pape Jean-Paul II allaité au sein par le père Rydzyk, chef de la très controversée station de radio catholique « Radio Maryja », représenté en truie.

Ryszard Nowak, du Comité polonais de Défense contre les Sectes et la Violence (OKOS) a déposé une plainte contre le groupe des peintres. Nowak, qui avait, peu auparavant, intenté  une autre action en justice contre des musiciens, dont la pop star Doda, « pour blasphème », affirme que la peinture des Krasnals « offense les sentiments religieux de millions de gens » et est insultante à la fois pour le père Rydzyk et pour le feu pape.

À quoi les Krasnals ont répondu qu’ils regrettaient que le niveau d’éducation artistique soit aussi bas au Comité polonais contre les sectes et la violence, « qui devrait pourtant être le pré carré de l’intelligence dans notre pays » se demandant « pourquoi ces gens ne sont pas capables de faire la différence entre fiction et réalité ». « La bataille de Grunwalski/Nef des fous n’est qu’une œuvre d’art. Notre peinture est une création légère et accessible, qui représente les événements et les personnalités contemporaines de l’Histoire polonaise dans un contexte international ; ce ne sont rien d’autre que des caricatures dans la veine de “South Park”. Le concept de “Guerre Civile Polonaise” devrait être pris avec un grain de sel. Le message de notre œuvre est pourtant très positif, sans aucune intention d’offenser personne. Ce sont nos traditions polonaises qui nous poussent à voir le diable et le mal dans tout. »

 

7. Détail.jpg

Détail de « La bataille de Grunwaldski/Nef des Fous »

 

Source :

http://sz-n.com/2014/04/painting-of-priest-breastfeeding-...

 P.S. L'Ubu est de Chanot.

 

 

Mis en ligne le 16 novembre 2014.

 

 

 

 

 

03:19 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/11/2014

PIC DE L'EMPIRE

1. Orlov-shoal-draft-boat Hogfish.jpeg

Le Hogfish de Dmitry Orlov

 

Alors, Christophe de Margerie, un nouveau Mattei ?

 

Les supputations vont bon train sur les causes de sa mort. Accidentelle ? Provoquée ? Nous n’en savons rien et n’avons même pa suivi, de près, cette affaire ; on ne peut pas être partout et il nous arrive d’être vraiment nuls. Au point que nous ne savons même pas au juste qui était Christophe de Margerie, ni à quoi il servait. N’est-ce pas pourtant ce qu’il faudrait se demander d’abord ?

Saïd Bouamama répond à la question qu’il semble que tout le monde ait oublié de poser :

 

TOTAL et de Margerie : du pétrole et du gaz couleur de sang

 

Saïd Bouamama – Investig’Action

5 novembre 2014

 

La mort de Christophe de Margerie, Président Directeur Général du groupe Total, survenue le 20 octobre 2014 dans un accident d’avion, a été l’occasion d’un concert quasi-unanime de louanges pour l’homme et pour la multinationale qu’il dirigeait. C’est l’occasion pour nous de nous arrêter sur les activités de ce groupe, avant et pendant la présidence de Monsieur de Margerie. C’est également le prétexte que nous saisissons pour revenir sur quelques concepts de base ignorés du discours journalistique : impérialisme, capital financier, etc. Au-delà de la désinformation médiatique mais nous basant sur ces concepts ainsi que sur quelques faits précis, le pétrole et le gaz de Total apparaissent singulièrement tachés du sang des victimes de l’impérialisme français.

2. TOTAL.jpg

Lire la suite…

Source : http://michelcollon.info/Total-et-de-Margerie-du-petrole-...

 

P.S. On passe, dans cet article, de Margerie à Marjorie : c’est le même. Les petites mains de Michel Collon devraient se relire.

 

*

Dmitry Orlov, citoyen US d’origine russe comme son nom l’indique, a fait paraître sur son site avant la crise de 2008, un « Pic de l’Empire » qui nous avait alors échappé, honte sur nous. Il vient de répondre à la demande de beaucoup de lecteurs en mettant sa précédente analyse à jour en fonction des changements survenus depuis lors. C’est Gary, son proche collaborateur et webmaster, qui a rapiécé et mis en lignepour lui le texte qui suit. (Orlov vit sur un bateau).

 

3. clap 2.jpg

 

L’histoire nous enseigne que tous les empires finissent par tomber ; par conséquent, la probabilité que l’empire américain se casse la figure, peut être estimée à 100 %. La question est de savoir QUAND ? (Tout le monde pose sans arrêt cette ennuyeuse question.)

Évidemment, vous pouvez toujours quitter les États-Unis, et gagner un endroit qui ne soit pas branché sur l’économie US de façon obligatoire, et vous n’aurez pas trop à vous faire de souci.

Certains se sont livrés à des conjectures, mais pour autant que je sache, personne n’a fourni de méthodologie valable pour calculer la date d’échéance probable. Afin d’apporter un remède à cette sérieuse lacune ès théorie de l’effondrement, j’ai essayé de développer une méthode à moi - dans un article intitulé « Le pic de l’empire » - en me basant sur la théorie de Joseph Tainter appelée « Rendements décroissants de la complexité » ou «Rendements décroissants de l’Empire ». C’est un problème parfait pour les forts en calculs différentiels, et tous les étudiants en microéconomie, qui se défoncent sur les coûts marginaux et le revenu marginal pour savoir comment se chercher du boulot dans la très bientôt défunte industrie des gaz et huiles de schiste, pourront y employer utilement leurs talents mathématiques. En attendant, voici déjà une mise à jour et une estimation réévaluées.

 

Un empire de bases militaires

 

Comme le brillant analyste Chaimlers Johnston l’a expliqué, l’empire US est un « empire des bases militaires » pas un empire de colonies. De nos jours, il n’est plus considéré comme politiquement correct d’annexer d’autres pays. En témoignent les réactions suscitées par le rattachement de la Crimée à la Russie, même si la population du pays, qui avait le droit de s’autodéterminer, a voté à 98% pour ce rattachement. Mais, si les choses s’étaient passées différemment, y implanter une base de l’OTAN aurait été jugé très acceptable. Il existe aussi quelques « territoires » US (lisez « colonies ») repris sur la liste du Rapport du Pentagone sur les Bases (ou infrastructures militaires) : les îles Samoa américaines, Guam, l’atoll Johnston, les îles Marshall, les Mariannes du Nord, Porto Rico, les îles Vierges US et les Wake. On devrait sûrement y inclure Hawaï, depuis qu’en 1993, le Congrès s’est excusé d’en avoir kidnappé la reine et illégalement annexé le territoire. Ils n’ont pas l’intention de le rendre, n’est-ce pas, mais cela ne les dérange pas de dire qu’ils regrettent, étant bien entendu qu’ils l’ont bel et bien volé. On pourrait en dire autant du Texas, de la Californie et de tout le foutu continent, si on veut être objectif. Mais ce genre de choses ne se fait plus. Plus trop.. Bien sûr, il y a eu le vol du Kosovo à la Serbie, parce qu’ils en avaient besoin pour y implanter une énorme base de l’OTAN, mais on peut dire qu’il y a eu, en  général, un changement dans la manière, qui consiste à contrôler les autres pays au moyens d’institutions économiques : le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, etc. On a pu constater aussi d’autres subterfuges politiques tels qu’assassinats et coups d’état, comme l’a fort bien expliqué John Perkins dans ses Confessions d’un tueur à gages économique, ou comme l’a fait, dans ses travaux, Michael Hudson. William Blum  a écrit : « Depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, les États-Unis d’Amérique ont :

1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements, dont la plupart avaient été légitimement élus.

2. Tenté de réprimer un mouvement populaire ou nationaliste dans plus de 20 pays.

3. Interféré massivement dans les élections démocratiques d’au moins 30 pays.

4. Largué des bombes sur les populations d’au moins 30 pays.

5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers. »

Il n’y a qu’une pincée de ces ingérences – celle d’Iran en 1953, du Guatemala en 1954, du Nicaragua en 1980 et d’Ukraine en 2014 – qui soient connues du public américain.

Or, voici l’élément essentiel : toutes ces « constructions de démocraties » requièrent un grand nombre de bases militaires, éparpillées dans le monde. Et à présent que la majeure partie des forces armées est constituée de mercenaires, « ils » n’ont plus besoin de l’aval du gouvernement, juste de l’argent des contribuables. En 2003, des millions de gens ont manifesté contre la guerre d’Irak. Est-ce que ça y a fait quelque chose ?  Lors d’une marche pour la paix des années 80, le Secrétaire d’État Alexander Haig n’a-t-il pas dit « Laissez-les manifester tant qu’ils veulent, du moment qu’ils paient leurs impôts » ? Kissinger n’a-t-il pas expliqué que « Les soldats ne sont que des animaux stupides, quand il s’agit de politique étrangère » ? Et William Casey, directeur de la CIA, n’a-t-il pas avoué, par une formule restée célèbre « Nous saurons que notre programme de désinformation est au point, quand tout ce que croit le public américain sera faux. » (Propos pas du tout secrets, tenus lors de la première réunion de travail de son service en 1981.) Les USA ne cachent nullement leur volonté de dominer le monde entier, quand bien même leur comportement n’en serait pas une preuve éclatante.

 

Rapport du Pentagone sur les infrastructures militaires

C’est pourquoi maintenir l’hégémonie des États-Unis exige un « empire de bases ». Combien de bases ? Chaque année, le Pentagone publie un « Rapport sur les infrastructures militaires » où sont énumérées toutes les propriétés de l’armée US., comprenant les terrains, les bâtiments et les installations diverses. Le dernier rapport en date mentionne 4.169 bases militaires intérieures, 110 dans les « territoires » US et 576 dans des pays étrangers, ce qui fait au total 4.855. Mais le fait est qu’il en manque beaucoup. Nick Turse, du site Tom Dispatch, a calculé qu’en 2011, le nombre de bases US à l’étranger était beaucoup plus proche de 1075. Donc, beaucoup de choses n’apparaissent pas dans le Rapport du Pentagone, mais il est quand même intéressant à consulter, car, pour calculer notre estimation, nous avons surtout besoin de tendances plutôt que de chiffres précis.

L’étude des tendances exige des données stables d’année en année, et le Pentagone paraît très constant dans ce qu’il déclare dans ses rapports, comme dans ce qu’il garde secret. C’est donc une excellente source à consulter pour calculer des tendances.

Étant donné que les Américains naviguent dans l’obscurité la plus complète, zombifiés et terrifiés par les médias de masse et traumatisés par les opérations psychologiques du type 11 septembre, l’Empire devra s’effondrer tout seul sans leur aide. Mais quand va-t-il crouler de son propre chef ? Voulons-nous vraiment le savoir ? Très bien, on y va.

 

Point culminant de l’Empire (« pic » en pidgin)

4. Pic 1.jpg

Point culminant de la superficie des infrastructures militaires US 1957-2014

 

La superficie des bases militaires US a atteint son point le plus haut (pic) en 2007, avec 129.633 km2 au total, et s’est mise à diminuer ensuite, avec une chute brutale en 2014. Cette courbe de la superficie des bases militaires suit d’assez près celle du pic pétrolier et celle de la puissance de l’empire. Je n’ai pas supersposé les courbes, mais celle-ci se rapproche assez fort de la courbe de (la théorie de) Hubbert sur le pic pétrolier. Le point essentiel est, d’après la superficie totale déclarée des bases US, que l’empire a désormais dépassé son point culminant et est actuellement en train de décliner. Notez que le pic conventionnellement admis de la production pétrolière a culminé simultanément. Libre à vous de considérer cela comme une coïncidence.

 

5. Pic 2..jpg

Total et superficie des bases militaires US

 

6. Pic 3..jpg

Nombre et superficie des bases militaires à l’étranger

 

Si on se réfère aux données de la période 2003-2004, on remarque un peu plus de détails, dont une chute brutale en 2014. La baisse du nombre total de bases en 2006 et 2007 a l’air d’une anomalie, mais la tendance en matière de superficie suit la théorie  du pic.

Ce qui est encore plus remarquable, c’est la diminution du nombre de bases à l’étranger et de leur superficie. Les USA ont conservé le contrôle de toutes leurs bases intérieures et de celles situées dans les « territoires » US, mais ont perdu le contrôle d’une énorme superficie, donc de bases, à l’étranger. Depuis le point culminant de leurs bases à l’étranger en 2004, les USA n’en ont plus à présent que 64% : une perte de plus d’un tiers en une décennie ! En matière de superficie, ils conservent 69% de leur superficie maximale de 2006. Ils ont donc perdu 31% de leur surface d’infrastructures militaires à l’étranger, proche, là aussi, d’un tiers. Si vous vous demandez ce qui se cache derrière ces chiffres désastreux, vous pouvez considérer qu’ils sont le résultat de notre désastreuse politique étrangère, telle que Dmitry l’a décrite dans son article « Comment déclencher une guerre et perdre un empire ». Peut-être les gens à qui nous apportons « la liberté et la démocratie » en ont-ils marre d’être occupés et assassinés. Mais, quelle que soit l’explication, la tendance est flagrante.

Mais nous n’avons toujours pas abordé la thèse pivotale de Tainter sur l’effondrement des empires. OK, faisons-le tout de suite.

 

7. Pic 4..jpg

Pic de l’empire : Superficie/dépenses militaires $ 2008

J’ai déjà montré, en dollars constants de 2008, comment le rapport superficie militaire totale divisée par les dépenses militaires déclinait depuis 1991.

Après mise à jour en dollars constants de 2014, nous voyons que les recettes et les dépenses s’équilibrent en 2010, mais qu’en 2014, la tendance des recettes à décroître par rapport aux dépenses a recommencé.

 

8. Pic 5..jpg

Budget militaire US et Superficie totale/dépenses militaires $ 2014

 

9. Pic 6..jpg

Dette gouvernementale US et Superficie militaire.

Pendant ce temps, la dette nationale US, imputable pour beaucoup à ses dépenses militaires, continue de grimper à un rythme soutenu et le ratio de la surface militaire par rapport à la dette montre aujourd’hui un rendement négatif. Ce qui veut dire que l’empire a maintenant un rendement négatif de sa surface militarisée, par suite du poids de sa dette. À leurs débuts, les empires sont des entreprises massivement profitables, mais quand le bilan entre leurs revenus (retours sur investissements) et leurs dépenses gouvernementales + leurs dépenses militaires + leur dette devient négatif, cela signifie, selon la théorie de Tainter, qu’ils sont sur la voie de l’effondrement.

L’effondrement n’est pas forcément brutal. En théorie, il peut être graduel. Mais, dans le cas présent, l’économie US est fragile. Elle dépend de la finance internationale pour pouvoir continuer d’accroître sa gigantesque dette. Cela revient à dépendre de la bonne volonté des étrangers, qui, justement, n’ont pas l’air particulièrement bien disposés. Par exemple, la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (autrement dit les BRICS) montrent l’exemple en mettant sur pied un système bilatéral de paiement, visant à cesser d’opérer des transactions en dollars et, par là, de payer tribut aux USA. Comme jadis Rome, l’empire est attaqué sur tous les fronts par « les barbares », à ceci près que les barbares modernes sont équipés de serveurs Internet, d’ordinateurs portables et de smartphones. Et, exactement comme l’a fait jadis Rome, l’empire doit dépenser des milliards de dollars pour défendre ses frontières, en laissant se déliter son noyau intérieur, par négligence malivole.

Ajoutons que les USA ont tenté d’enrayer une panique financière par une série de mensonges et de coups tordus. La Réserve Fédérale a imprimé 1.000 milliards de (faux) $ par an, rien que pour permettre aux banques de rester solvables, tout en vendant sur l’or à découvert pour faire baisser le prix de ce métal et ainsi protéger la valeur de leur monnaie (voir Paul Craig Roberts pour les preuves). En outre, la situation de l’emploi aux USA ne s’est jamais remise de la crise financière de 2008 et les salaires n’en finissent pas de baisser depuis lors, mais le gouvernement continue à publier des statistiques économiques trafiquées pour camoufler cette réalité. Entretemps, des signes nettement visibles montrent que la police – fortement militarisée – se prépare à faire face à toute velléité de révolte ouverte.

Deux pentes savonneuses

Comme nous l’avons montré, les revenus de l’empire sont devenus négatifs : il suffit donc qu’il s’enfonce de plus en plus dans sa dette pour diminuer sa présence dans le monde d’un tiers par décennie. Il existe deux manières de sortir de cette situation : une rapide et douloureuse, une lente et encore plus douloureuse.

La voie rapide implique que les États-Unis reconnaissent la réalité de la situation et passent par pertes et profits leurs aspirations impériales, comme l’a fait l’URSS en 1989/90. Il faut bien comprendre que c’est la crainte d’une intervention militaire qui pousse la plupart des pays à plier le genou devant l’empire, c’est-à-dire à continuer de financer sa dette en achetant ses dollars bidon. Si ce mode de fonctionnement s’arrête, les impressions sauvages de la planche à billets de la FED déclencheront une hyper inflation qui fera s’écrouler le château de cartes financier sur lequel repose la faculté de dépenses US, et l’empire s’effondrera avec son économie, comme l’a fait l’URSS au début des années 1990.

La seconde option est cependant la plus vraisemblable, car elle n’implique aucun ajustement majeur (peu probables dans les deux cas). Voyez-vous, même dans son agonie, l’URSS a été un peu mieux gouvernée que ne le sont les USSA, incapables de prendre des décisions quelles qu’elles soient. Donc, cette option consiste simplement à garder le sourire, à continuer de gesticuler, à emprunter toujours plus et à dépenser jusqu’à ce que l’empire soit totalement dissout. Vu l’état actuel des choses, cela ne pourra pas prendre plus de deux décennies. Notez que cette prévision se base sur un scénario linéaire, qui ne prend pas en compte les réactions positives susceptibles d’accélérer le processus. Une réaction positive signifie que, dans un empire déjà réduit, davantage de pays pourraient oser s’émanciper de l’hégémonie du dollar et rendre ainsi d’autant plus difficile le financement de la dette impériale, et ceci à un rythme de plus en plus soutenu. Ces réactions positives n’étant pas linéaires, elles sont plus difficiles à évaluer.

Mais un moment pourrait arriver, bien avant que l’empire ait totalement disparu, où l’absence de scepticisme nécessaire pour empêcher les finances US de plonger dans l’abîme cessera d’être possible, quels que soient le volume et l’intensité des propagandes, des distorsions de marchés, des sourires de loup dans la bergerie des représentants US à l’étranger ou de leurs gesticulations devant les caméras des télévisions nationales. Nous avons donc deux hypothèses. La première est objective et se fonde sur les données fournies par le gouvernement US lui-même : deux décennies ou moins. Mais nous ne manquons pas de matière pour échafauder une seconde hypothèse, subjective, soit n’importe quand entre ce soir et dans deux décennies ou moins.

En vous basant sur les estimations présentes, il vous est loisible d’être aussi objectif ou subjectif que vous voulez. Mais, si votre faveur va à la « version longue » supposant la domination continuée du dollar et si votre horizon va au-delà de 2034 (ou moins), il y a une forte chance pour que vous soyez stupide. De même, si vous pensez que l’OTAN va venir à votre secours dans plus d’une décennie, reconsidérez tout de suite votre politique de « défense », parce que l’OTAN cessera d’être opérationnel en même temps que l’empire US. Récemment, le président Obama a dispensé ce qui, venant de lui, ressemblait à un ordre avisé : « Ne faites pas de conneries. » Vous pourriez essayer d’obéir à cet ordre et je suis là pour essayer de vous y aider.

Sources / http://cluborlov.blogspot.be/2014/10/peak-empire-take-two...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades.

Voir aussi, du même auteur  :

http://www.les-crises.fr/les-cinq-stades-de-l-effondrement/

Un entretien avec D. Orlov sur Le Sauvage (3 septembre 2014)

http://www.lesauvage.org/2014/09/un-entretien-avec-dmitry...

 

10. dmitry orlov.jpgDmitry Orlov, né à Léningrad en 1962, émigré aux États-Unis à l’âge de 12 ans, est un ingénieur qui écrit sur le déclin économique, écologique et politique des États-Unis et sur leur effondrement potentiel. Par ses multiples visites dans son pays natal à la fin des années 1980 et au début des années 1990, il a été témoin de l'effondrement de l‘URSS. En 2005 et 2006, il a écrit plusieurs articles comparant l'effondrement non-préparé des États-Unis et de l'URSS, sur des sites internet liés au pic pétrolier. Il s’exprime couramment sur ses deux blogs, l’un en anglais, http://cluborlov.blogspot.com/, l’autre en français, http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/ .

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont un traduit en français.

Dmitry Orlov et son épouse ont bazardé leur maison, vivent désormais sur un bateau équipé de panneaux solaires, le Hogfish (c’est notre en-tête d’aujourd’hui), et ne se déplacent plus sur terre qu’à bicyclette.

(Pour les curieux : Un hogfish est un poisson-porc, qui s’appelle ainsi parce que la tête du mâle ressemble à un groin de cochon.)

 

*

Des histoires de « budget », de « dette » et de  « PIB », il y en a partout. En France, par exemple :

 Budget 2015 : Kollasmosoma Sentum…

Georges Stanechy – À contre courant

4 novembre 2014

« Le système économique ne s’autorégule pas et, s’il n’est pas orienté, il sera incapable de transformer notre pauvreté actuelle en abondance possible. »
J. M. Keynes (1
)

 

11. bankster-mamalinga.jpeg

Imprononçable !

"Kollasmosoma sentum"…

Nom d’une "nouvelle guêpe" dont l’envergure ne dépasse pas 2 millimètres. Découverte en 2010, en Espagne dans la province de Grenade, puis dans les environs de Madrid.

Dans leurs travaux quotidiens, les spécialistes la dénomment en abrégé : "K. Sentum". L’inscrivant en 2012, telle une nouvelle étoile, dans le classement officiel des 10 nouvelles espèces de notre planète par l’Institut International spécialisé dans la recherche d’espèces nouvelles de l’Université de l’Arizona (Arizona State UniversityInternational Institute for Species Exploration).

Lire la suite…

 

Source : http://stanechy.over-blog.com/2014/11/budget-2015-kollasm...

*

Il paraît que cela porte bonheur…

 

 

 

*

Où Voltaire en prend pour son  grade :

Offensive contre le Code du Travail : nous sommes en 1775...

Rosa LLORENS

Le Grand Soir – 4 novembre 2014

 

12. Braudel.jpgDans Le Monde Diplomatique de novembre, Gilles Balbastre, co-auteur des Nouveaux Chiens de garde, en 2012, revient sur les attaques contre "la rigidité du Code du Travail" et les initiatives, de droite comme de "gauche", pour le détricoter, qui se succèdent depuis 1980. Mais il faut remonter plus loin.

La France a déjà connu une période d’offensive massive, de la part des élites, économiques et médiatico-intellectuelles, contre toute forme de réglementation de l’économie et du travail : c’était au XVIIIème siècle, et les publicistes libéraux d’alors s’auto-proclamaient "Philosophes" (selon la logique bien connue du TINA :

la Raison veut qu’on déréglemente...). Ce terme mystificateur, les programmes de lettres de l’Education Nationale prennent bien garde de l’éclairer. Pourtant, cette "Philosophie" a, au XVIIIème siècle, un sens très précis : elle désigne la théorie libérale anglaise (cf cette œuvre de Voltaire au curieux titre double : Les Lettres Philosophiques OU Lettres Anglaises, de 1734), dont on aime à retenir le volet politique (attaques contre l’absolutisme, contre le pouvoir de l’Église), mais dont on oublie le volet principal, ou plutôt le socle, le libéralisme économique.

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Source : http://www.legrandsoir.info/offensive-contre-le-code-du-t...

 

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Et qui ne voudrait retrouver Jean Ziegler, en chair, en os et en verbe, sur un sujet pareil :

 

Malthus et Ricardo : l’origine du fantasme oligarchique de la dépopulation mondiale

Dalil Agar – Cercle des Volontaires

6 novembre 2014

13. Georgia Guidestones.jpg

 

La chaîne ARTE diffuse, jusqu’à début novembre une série documentaire sur le capitalisme dont nous avions déjà évoqué les deux premiers épisodes dans un précédent article. Les épisodes 3 & 4 sont disponibles en replay jusqu’au 16 décembre 2014. Le troisième épisode est consacré à la pensée de deux économistes du 19ème siècle : Thomas Malthus et David Ricardo.

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/11/06/malthus-ric...

 

 

*

Dernière minute :

 

« Quand deux pauvres s’entraident, le Bon Dieu rit » dit un vieux proverbe liégeois. Ceux-là n’ont pas le même. Lequel rit ? Les deux ? Pour les humains, ça va, merci.

 

Le Venezuela accueille 119 étudiants palestiniens

Réseau International– 8 novembre 2014

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22. estudiantes-palestinos.jpg

 119 étudiants palestiniens viennent d’arriver au Venezuela en tant que boursiers du “programme Yasser Arafat 2014” pour y suivre des études de Médecine Intégrale Communautaire à l’École Latino-américaine de Médecine “Dr. Salvador Allende”(ELAM). Pour l’heure près de 50 mille jeunes vénézuéliens et latino-américains se forment en médecine intégrale communautaire à l’ELAM, parmi lesquels 17 mille sont déjà diplômés, 20 mille sont en cours de formation et 18 mille en phase préparatoire.

Le président Maduro, qui a accueilli les étudiants durant la remise de 114 logements publics à des secteurs populaires de Petare (État de Miranda), a confirmé que les programmes de bourses d’études pour les jeunes palestiniens vont être multipliés dans tous les domaines de la connaissance, et que les divers ministères et institutions concernés travaillent en ce sens. “L’objectif du gouvernement bolivarien est d’offrir des bourses d’études à un millier de jeunes palestinien(ne)s. Ici se trouve le futur de la Palestine (…). La Palestine ne s’est pas laissée anéantir, elle a refusé de mourir, elle a résisté, elle vivra et elle vaincra, nous en sommes certains (…) Aujourd’hui, la Palestine s’est inscrite dans le coeur du Venezuela, nous avons beaucoup d’admiration pour le peuple palestinien et ceci est un modeste pas pour dire qu’il est possible de concrétiser la solidarité”.

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Le président bolivarien a reçu l’olivier de nacre réalisé par des artisans palestiniens de Bethléem. “Nous apportons la bénédiction de la Terre Sainte de Bethléem au Venezuéla de la part de notre président Mahmoud Abbas” a déclaré l’ambassadrice de Palestine au Venezuela, Linda Sobeh Ali (photo ci-dessus), qui a également remis à Nicolas Maduro le drapeau de l’État palestinien : “nous vous remettons le drapeau de notre pays parce que nous savons que vous en prendrez soin de la même manière que le fera le peuple vénézuélien.”

24. Maduro Flags.jpg

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Source: VenezuelaInfos

Via : http://reseauinternational.net/venezuela-accueille-119-et...

http://voiebolivarienne.wordpress.com/2014/11/07/le-venez...

*

 

14. N.Y. in ruins LIVRES.JPG

 

15. positif.jpg

 

 

Dmitry ORLOV

Absolument positif

Format Kindle 400 KB

Version imprimée : 174 pages

 

 

Du même auteur, en anglais :

 

  • Reinventing Collapse : The Soviet Example and American Prospects, New Society Publishers,‎ 2008 
  • Absolutely Positive, Dmitry Orlov,‎ 2012, 138 p.
  • The Five Stages of Collapse : Survivors' Toolkit, New Society Publishers,‎ 2013, 288 p.

 

16. Gibbon.jpg

 Edward GIBBON

Histoire du déclin et de la chute de l'empire romain -Tome I : Rome de 96 à 582

Paris, Robert Laffon, 2010

Collection Bouquins – 1187 pages

 

 

 

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Lucien JERPHAGNON

Histoire de la Rome antique: Les armes et les mots

Poche « Pluriel » - 2010

620 pages

 

 

 

 

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Saïd BOUAMAMA

Figures de la Révolution africaine – De Kenyatta à Sankara

Zones – 2014 – 224 pages

Format Kindle 962 KB

 

 

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Une fois n’est pas coutume :

19. chat soutris jazz band.gif

Musique

Un site que nous aimons et qui pourrait vous réserver d’agréables surprises :

20. bande Onkelinx.png

 

C’est là :

http://jmomusique.skynetblogs.be/archive/2014/11/05/thoma...

 

 

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Mis en ligne le 8 novembre 2014.

 

 

 

 

 

19:15 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/11/2014

Qui prétend que Nadine de Rothschild n’a jamais servi à rien ?

1. Bateau vert-éco.JPG

Qui prétend que Nadine de Rothschild n’a jamais servi à rien ?

Elle fait même des émules…

Vous souvenez-vous de quand le Palais Royal et l’Avenue de l’Opéra sont devenus japonais ? De quand Trafalgar Square et le West End sont passés aux mains des émirs du Golfe ? Eh bien, c’est le tour de Manhattan et de Miami de devenir propriété d’oligarques russes.

Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que ces milliardaires en biens mal acquis ont des filles, qui se lancent, elles, principalement, dans le business de l’art et s’achètent des pied-à-terre new-yorkais de 88 millions de dollars comme vous vous payez une toile aux Champs le samedi soir.

Ces oligarchettes parvenues, même pas trentenaires, ont presque toutes fait leurs études « à l’Ouest » et veulent aussi y jouer leur rôle d’« élite » (Eleanor Roosevelt n’est pas loin). Une d’entre elles s’est même mise à théoriser sur la manière de régenter ses domestiques, et ce n’est pas triste.

Visite guidée.

Baibakova (Maria), 29 ans, fille d’Oleg Baibakov, magnat du métal devenu milliardaire en deux (mettons trois) coups de cuillère à pot sous Eltsine, aujourd’hui « diversifié » dans l’immobilier international.

Elle a fait ses études supérieures à Harvard, à Barnard, et quand elle s’est mise à l’art (moderne !), elle a fait des stages chez Sotheby‘s, à la Mike Weiss Gallery de Chelsea et s’est même payé un master’s degree au Courtauld Institute of Art, toujours de Londres, qu’elle décrit comme « une académie de gauche très anti-marché ». Elle se défend d’être une fille-à-papa élevée au caviar et rappelle même volontiers avoir fait une fois, quand elle avait trois ans, la queue pour du pain avec sa mère. Les deux orphelines de La porteuse de pain, Merci pour ce moment ne sont rien en comparaison, c’était sous Gorbatchev. Heureusement, papa a su assez vite mettre la main sur Norilsk Nickel, un gigantesque complexe métallurgique du nord de la Sibérie, construit par les esclaves du goulag, et envoyer femme et fille – de dix ans – résider dans le New Jersey.

À peine terminées ses études d’art, Maria, par le biais d’une société qu’elle a fondée, « Baibakov Art Project », s’est acheté, fin 2008, une ancienne chocolaterie moscovite, dont elle a fait un « espace d’art à but non lucratif » (voir Arundhati Roy pour les explications techniques), et l’a baptisé Octobre rouge (où y’a de la gêne…). Elle y a aussitôt organisé quelques expositions tape-à-l’œil, qui ont fait écrire au New Yorker que si quelqu’un devait devenir un jour la Peggy Guggenheim de Russie, ce serait Baibakova.

De ce tremplin, l’héritière-mécène s’est diversifiée dans le business artistique, pour le coup plutôt lucratif, tous azimuts. C’est ainsi que c’est par une indiscrétion de http://baibakovartprojects.wordpress.com/ qu’on a su qu’à la FIAC de Moscou, qui s’appelle COSMOSCOW, a été vendu, fin septembre, par la galerie Michael Werner de New York et Londres, « à un collectionneur russe dont le nom n’a pas été divulgué », le Portemanteau aux coquilles d’oeufs, de l’artiste belge Marcel Broodthaers, pour la somme de 2 millions de dollars,  S’il n’était mort en 1976, Broodthaers serait épaté lui-même de la vogue post mortem de ses fines plaisanteries.

2. Portemanteau.jpg

Broodthaers : Portemanteau aux coquilles de moules.

 

3. Casserole.jpg

Son œuvre la plus célèbre : Casserole de moules rouge.

 

Ah oui : Maria siège aussi aux conseils d’administration du Lincoln Center, de la Tate, du Guggenheim et de son alma mater, Barnard. Elle a collecté des fonds pour contribuer à l'élection de Barak Obama et fait partie évidemment, dans son  pays d'origine, du peloton de tête des «résistants à la tyrannie de Vladimir Poutine». Elle est à la tête de cinq résidences (elle dit trois par modestie) - à New York, Londres, Moscou, Cannes et Miami – où elle s’escrime à diriger une « armée » de domestiques (entre 50 et 60), dont vous n’imaginez pas les soucis qu’elle lui donne. Altruiste, la nouvelle Peggy Gugenheim-Nadine de Rothschild a tenu à faire profiter les autres maîtresses de maison de son savoir-faire. Mais – attention ! - en s’adressant uniquement « aux femmes qui travaillent, pas aux ménagères lambda ».

 

4. Maria.jpg

 

Elle a résumé tout cela dans un article de 2000 mots, qui a paru le 29 septembre dans le Tatlers en russe (oui, ça existe), article qui a fait et qui fait encore des vagues chez les légions d’aspirants milliardaires de l’Internet russe et qui commence, grâce à Buzzfeed, à en faire sur l’Internet U.S.

 

Treize tuyaux sur la manière de bien diriger sa domesticité.

par Maria Baibakova – The Tatler’s de Moscou29.9.2014

(Pour la manière de bien voler ses maîtres, la valetaille se reportera aux conseils de feu M. Jonathan Swift)

5. Maria.jpg

    ● Ne leur permettez pas de s’asseoir à la table du dîner

● Pour les diriger, assurez-vous les services d’un maître d’hôtel hors de prix (200.000 $ par an minimum).

●  Ne les laissez pas porter des vêtements de couturiers.

●  Il vaut mieux qu’ils aient une porte d’entrée séparée.

●  N’engagez pas de Philippines.

● … pour résumer : faites en sorte qu’ils sachent se tenir à leur place.

 

1. – Procurez-vous une dizaine de catégories de domestiques.

6. team of servants.JPG

La bonne tenue d’une maison repose sur des administrateurs, des gouvernantes, des cuisiniers (ou cuisinières), des agents de sécurité, des jardiniers, des chauffeurs, des nounous, des préposé(e)s à l’entretien, des organisateurs de soirées, et des responsables de votre garde-robe. (Ma camériste gère ma garde-robe sur Pinterest, parce que je vis dans trois foyers différents).

 

2. – Engagez un maître d’hôtel à 200.000 $ par an pour les diriger tous.

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Si vous n’avez pas de maître d’hôtel, il vous faudra faire vous-même tout ce qu’ils font d’habitude. Quand vous aurez vécu cette expérience, vous ne vous demanderez plus pourquoi ce genre de spécialiste est si bien payé. Soit dit en passant, si vous avez une entrée principale et une entrée de service, comme c’est le cas dans toute maisonnée importante qui se respecte, les deux seuls membres de votre personnel qui aient le droit de passer par la porte principale sont le maître d’hôtel et la gouvernante.

 

3. – Instaurez un code déontologique pour diriger votre « armée » de serviteurs.

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La véritable direction d’une maisonnée doit toujours obéir à une étiquette, d’une part parce que c’est efficace et confortable, d’autre part parce qu’il ne faut pas que cela empiète sur vos prérogatives et qu’il ne faut pas non plus que cela rende les choses difficiles pour personne. L’étiquette est l’arme d’une maîtresse de maison expérimentée et la domesticité est son armée.

 

4. – N’engagez surtout pas de Philippines. Ce serait une grossière erreur.

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C’est, j’en suis sûre, la chose à ne pas faire. Nous avons tendance à oublier trop facilement que, bien qu’ils ne parlent pas russe, ils ne sont quand même ni sourds, ni sots ni aveugles. Ils comprennent tout et sont particulièrement à l’écoute de mes disputes avec mon mari ou mes amies. Et leur incapacité à s’exprimer dans votre langue veut dire que vous devrez leur servir de bonniche ou de traductrice. Par exemple, une Philippine n’ira pas,  elle-même, s’acheter des provisions de bouche au magasin. C’est votre chauffeur qui devra y aller pour elle et les mettre dans son frigo. Et c’est vous-même qui devrez décrire ses fréquentes migraines au docteur.

 

5. – Débarrassez-vous des domestiques indésirables de façon aussi expéditive que possible.

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Puisqu’on parle de licencier : la chose doit être faite sans tarder, par une expression claire des raisons du renvoi, sans excuses ni larmes, en se conformant aux lois et contrats en vigueur (en payant deux semaines de salaire par exemple), et – ceci est important – en présence de témoins. Attention : le ou les témoins doivent être du même sexe que la personne licenciée. C’est ainsi que les connotations sexuelles sont légalement exclues du processus dans certains pays.

 

6. – Si vous licenciez différemment (de la mauvaise manière), assurez-vous que ceux que vous renvoyez ne sont pas sans papiers.

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Une famille arabe aisée de Londres a engagé une servante indonésienne. Elle a travaillé pour eux pendant quinze ans et les a volés tout le temps. Ils l’ont virée sur le champ mais pas de la bonne manière : sans témoins, par une conversation avec la maîtresse de maison. L’Indonésienne les a poursuivis en justice, ce qui a fort compliqué les choses pour eux, parce que l’ex-servante avait été engagée illégalement. La famille arabe a dû trouver des moyens de se justifier quand la Cour  a voulu savoir s’ils lui avaient bien pris son passeport et l’avaient gardée toutes ces années à Londres contre son gré, comme elle le prétendait. Comment pouvez-vous poursuivre – et commencer par trouver - une femme de chambre moldave qui vous a dérobé les boucles d’oreilles en diamants de votre grand-mère ? Comment pouvez-vous, en Amérique, poursuivre une nounou russe qui menace de vous dénoncer parce que vous engagez des illégaux ?

 

7 – Si vous avez accusé à tort une domestique de vous avoir volée, excusez-vous pour la forme.

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Si vous vous rendez compte que vous avez mal traité votre personnel, disons en accusant votre bonne de choses terribles (puis retrouvé les cuillères que vous croyiez qu’elle avait volées), vous pouvez et devez vous excuser.Mais ne versez pas de larmes de repentir sur son épaule - « Ah, Olenka, pardonnez-moi pour l’amour de Dieu ! » -. Dites plutôt : « Olga, il y a eu un malentendu. Je vous prie de m’en excuser. » Point barre.

 

8 – Ne traitez pas vos domestiques comme des membres de votre famille.

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Maria ici en compagnie de la mezzo-soprano Margarita Zimmerman, aujourd'hui gouvernante chez les Vuitton.

Rien de bon n’en sortira jamais. En faisant cela, vous perdez une bonne servante et vous ne gagnez ni une sœur ni une amie. Et cela, bien que la tentation soit grande, parfois, de faire de votre soubrette une confidente ou une sorte de parente pauvre mais gentille.

 

9 – Vos domestiques ne sont pas dignes de votre colère.

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Ce n’est pas seulement parce que ce n’est pas éthique (bien que ce le soit, évidemment), c’est que nous ne devons exprimer nos plus fortes émotions qu’en présence de nos égaux. Si vous réagissez trop violemment à un grain de poussière sur le pied d’un verre en Baccara, bien sûr, un peu plus tard, votre conscience vous le reprochera. De là à capituler, il n’y a qu’un pas. Et vous voilà en train de pleurer dans les bras l’une de l’autre, et votre servante devient presque une amie, mais personne ne sait toujours comment bien essuyer la poussière sur les verres.

 

10 – Ne laissez pas vos domestiques s’asseoir avec vous à la table du dîner.

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La seule personne qui doive être autorisée à s’asseoir à table avec vous est le précepteur de votre fils. Un garçon doit être élevé par un homme et, à l’évidence, il faut qu’il le respecte, sinon il ne l’écoutera pas. Si votre fils ne sent pas que vous respectez son maître, il vous sera impossible de l’exiger de lui. Cette règle ne s’applique pas à la femme qui élève votre fille.

 

11 – Ne laissez pas votre servante porter vos toilettes de grands couturiers : elle oubliera qui est la patronne.

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Qu’y a-t-il de mal à cela ? penserez-vous. Vos pantalons Prada sont vieux de deux saisons et Lusya serait si contente de les avoir. À première vue, ceci paraît logique, mais en fait, vous avez franchi une ligne qu’il ne fallait pas franchir. Votre servante se déplace dans votre maison, seule, dans vos vêtements ? Il vous faudra faire un effort pour vous rappeler qui commande. Vous pouvez faire une exception pour une nounou qui a travaillé des années pour vous et qui a une fille. Si sa fille fait un malheur au bal de son collège avec vos vieilles Louboutin, pas de problème. L’essentiel est que ça ne se passe pas dans votre maison.

 

12 – Ne fréquentez pas vos domestiques. Il faut qu’ils sachent où est leur place.

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Le soir, vous éprouvez le désir insurmontable de partager les petits événements du jour avec votre servante… vous lui envoyez des textos de votre yacht pour lui dire à quel poin,t votre belle-mère vous tape sur les nerfs… ou quand vous revenez de la Semaine de la Mode, vous ne pouvez vous empêcher de lui raconter que Riccardo Tucci vient une fois de plus d’épater tout le monde… À force de recevoir tant de confidences à faire tourner la tête, votre servante finira par avoir l’impression qu’elle fait partie de votre monde et pas du sien. Dans ce monde, prendre les poussières et aspirer les tapis est impensable.

 

13 – Apprenez à tout faire vous-même. Ainsi, vos domestiques ne pourront pas vous soumettre au chantage en menaçant de vous quitter.

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Vous ne savez pas quoi utiliser pour nettoyer le four, comment faire le lit, comment servir à table. Pour que cela n’arrive pas, apprenez à tout faire vous-même. Ainsi, vous ne vous sentirez pas perdue, si une de vos servantes s’essaie au chantage en menaçant de s’en aller.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Moralité : Si vous envoyez vos enfants dans des écoles chic et chères où s’éduquent les milliardaires, vous risquez de ne pas en avoir pour votre argent.

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Devant le tollé qu’elle a soulevé Outre-Atlantique, l’imprudente a dû s’excuser. Ce qu’elle a fait sans élégance excessive en chargeant la barque de ses traducteurs : « Je suis horrifiée de voir ce que sont devenus mes propos en anglais». Ceux qui les ont lus en russe disent que, dans la langue d’origine, c’est pire…

 Brèves de comptoir Internet à l’américaine :

1.  Pourquoi est-ce qu’en lisant ça, je pense à Robespierre ?

2. Il faudrait qu’on reprenne toute son éducation à zéro, qu’on lui fasse faire un stage comme servante.

3. Pour quoi faire ? Filez-lui 3 mètres de corde et une chaise. Pas besoin de l’éduquer pour ça !

4. Voilà un museau qui cherche une brique.

5. Une balle dans la tête à cette garce !

6. Quand elle se fera mitrailler au fond d’une cave, il y en aura encore qui se demanderont pourquoi.

7. Il est où, Lénine, quand on a besoin de lui ?!

8. Et les bolcheviques, où ils sont passés ?

9. Elle en a oublié un : 14. – S’ils se plaignent de ne pas avoir assez de pain, qu’ils bouffent du gâteau !

Etc. etc. Bien sûr, il y en a une aussi qui dit :

10. Je la comprends. C’est vrai que du personnel de maison, ça se dirige comme une société. Moi, si j’étais à leur place, j’aimerais être dirigée de cette façon-là. Au moins, on sait où on va.

On trouve de tout sur Internet.

 

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Au club de l’élite spatiale

(suite en quelque sorte)

Il y a un mois d’ici, le New York Times a publié une caricature, qui tournait en dérision le programme spatial de l’Inde, dont la navette Mars Orbiter Mission, venait d’être capturée avec succès par la gravité de la planète rouge.

 

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Les habitants de ce troisième membre des BRICS ont estimé, non sans raison, que le petit mickey du New York Times était ouvertement raciste. Au point que le canard US a dû s’en excuser. (Sur sa page Facebook, il ne faut pas exagérer.)

Or, voici que le 30 octobre – mardi dernier – est arrivée, au décollage de la fusée US Antarès, la mésaventure que l’on sait.

Et l’Hindustani Times a pu déguster, même pas froid, le plat délicieux de la vengeance :

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Ce n’est pas très charitable de se moquer des malheurs des autres, mais personne ne prétend l’être :

NASA - Un petit pas avec l’Ukraine, un grand pas vers la catastrophe.

 

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Ce qui devait arriver est arrivé. Après des années de coopération dans les technologies de l’Espace, la NASA s’est retrouvée, à cause des sanctions, contrainte du jour au lendemain de se passer de la Fédération de Russie. L’heure est à la recherche de moyens de ne plus dépendre de « l’ennemi ». Or, pour ce qui concerne l’espace, plus que partout ailleurs, la dépendance est énorme, et apparemment, les décideurs de Wasgington n’en ont pas réellement conscience.

 

22. NASA trampoline.jpg

Lire la suite…

Source : http://reseauinternational.net/nasa-petit-pas-lukraine-gr...

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À part ça…

5e colonnes

ou

Pendant les guerres, les petites magouilles de l’Empire continuent

En Russie

Nous sommes abonnés – personne n’est parfait – à une lettre d’information qui se dit anarchiste. Hier,  nous avons, de Pologne, reçu cet émile :

 

L’aube de la liberté ?

 

Le 30 octobre, Jour des Prisonniers Politiques en Russie, six personnes se sont rendues place Loubianka, à Moscou. Elles ont déroulé une grande banderole qui disait « Liberté pour les prisonniers politiques » et ont scandé des slogans tels que « Nous voulons une Russie sans Poutine ! », « Longue vie à Maidan ! », « Russie prison du Peuple ! » et «  À mort l’empire fasciste de Poutine ! ».

 

Personne n’a été arrêté. Peut-être est-ce la raison pour laquelle www.grani.ru a donné à la manifestation le titre d’Aube de la liberté. Je ne suis pas aussi optimiste, à moins que le visage  bouffi de Poutine, ces temps derniers, ne soit la conséquence d’un traitement contre le cancer qui ne lui laisserait plus que quelques années à vivre.

 

Vidéo de la manifestation : http://grani.ru/Politics/Russia/activism/m.234537.html
1er novembre 2014

Kuba Waskowski

 

Des anars à gages à c’t’heure ? On n’arrête pas le progrès.

Mais « six personnes » pour une manif… on dirait que les fonds baissent.

Quant aux deux pandores moscovites, ce n’est pas à Sivens qu’on verrait des mollassons pareils.

 

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 Restons dans les parages :


Voici pourquoi les Russes veulent réglementer sévèrement les ONG étrangères

Jeudi 30 octobre 2014 – Vineyard of the Saker

Qu’est-ce que vous dites de cette « surveillance » des droits humains ?

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« Une nouvelle tyrannie s’installe. Signez pour prendre position contre la politique répressive de PoutineHuman Rights Watch.»

Le fait est que les organisations occidentales de droits de l’homme sont au-delà du mépris. Certaines ne sont rien d’autre que des instruments politiques aux mains de l’Empire (Human Rights Watch), certaines grouillent d’espions occidentaux (Médecins sans frontières, les contrôleurs de l’OSCE), certaines sont dirigées par de cyniques bureaucrates, qui se servent de jeunes délégués idéalistes comme chair à canon (La Croix Rouge), certaines sont utilisées, à ses propres fins, par le big business (Greenpeace), alors que d’autres ne sont que des instruments quasi officiels de la CIA (NED, Freedom House, Open Society Foundation, etc.).

Ce qu’il y a de drôle ici, c’est que la photo n’a pas été prise en Russie, mais en Ukraine, et que les flics anti-émeute qu’on y voit portent des insignes d’unités du régime de Kiev. Mais qui s’en préoccupe de toute façon ? Ce n’est pas comme si « la vérité » était un sujet qui intéresse Human Rights Watch.

Le Saker

Traduction cl, pour Les Grosses Orchades

Source : http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/10/this-is-why-russ...

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Au Brésil

Manifestation anti-Roussef à Sao Paulo

 

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Aux cris de « Dilma dehors », quelque 2.500 personnes ont manifesté samedi à Sao Paulo pour exiger le départ de la présidente Dilma Rousseff, réélue dimanche dernier pour un second mandat, a constaté l’AFP.

Les manifestants brandissaient de grandes pancartes contestant la transparence du scrutin, critiquant les politiques du gouvernement et jugeant « corrompu » et « voleur » le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir ainsi que l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, auquel Mme Rousseff a succédé.

Munis de drapeaux brésiliens, certains d’entre eux criaient des slogans contre Cuba ou agitaient des pancartes « contre le communisme ». D’autres demandaient même une « intervention de l’armée maintenant ». « Ce n’est pas la même chose qu’un coup d’Etat. Avec une intervention, les militaires mettraient de l’ordre », déclarait Carlos Cabala, un entrepreneur âgé de 50 ans.

« Nous demandons l’impeachment (destitution) de Dilma, nous sommes ici pour montrer notre rejet du PT », a expliqué à l’AFP Maria Lucia Monteiro, 61 ans, professeur.

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Vidéo :

 http://rt.com/in-motion/201643-brazil-election-protest-ro...

Sources :

http://reunion.orange.fr/news/monde/bresil-des-manifestan...

http://rt.com/in-motion/201643-brazil-election-protest-ro...

 

Comme pour Ahmadinejad et Poutine, comme pour Maduro.

Bref, que du courant.

Il est vrai que le Brésil maintenu dans les BRICS ne doit pas donner à Washington l’envie de beaucoup rire.

 

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On n’ose pas s’en réjouir tant ils vont le payer cher :

La troisième Intifada a commencé

 

25. esplanade-des-mosquees-1728x800_c.jpg

Les médias occidentaux osent à peine prononcer le mot, les «Israéliens» le nient obstinément, les Arabes l’ignorent, mais les faits sont là : la troisième intifada palestinienne, celle d’al-Qods, a déjà commencé.

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Source : http://reseauinternational.net/troisieme-intifada-eclate-al-qods/

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Les lanceurs de pierre palestiniens risquent d’encourir 20 ans de prison en Israël

 

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Un jeune Palestinien lance une pierre lors d’une manifestation de protestation contre le vol de terres palestiniennes du village d’An Nabi Saleh pour agrandir la colonie sioniste de Hallamish (en arrière-plan).

 

04.10.2014 – Dimanche, le cabinet israélien a approuvé un amendement au code pénal israélien pour permettre que des sanctions plus sévères soient prises contre les Palestiniens accusés d’être impliqués dans des jets de pierre contre des cibles israéliennes.

Les nouvelles sections, qui seront ajoutées au code pénal israélien, permettront d’imposer une condamnation allant jusqu’à 20 ans de prison pour ceux qui seront accusés de jets de pierre ou autres objets sur des véhicules israéliens.

Lire la suite…

Source : http://reseauinternational.net/les-lanceurs-pierre-palest...

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À propos des récentes élections de Kiev, dont nous n’avons pas à nous gausser, elles valent bien les nôtres.

Coup de gueule

des Grosses Orchades

 

Vu que même les internautes US se mettent à invoquer Robespierre, parlons-en, tiens, puisqu’aussi bien M. Philippe Grasset vient de le faire sur dedefensa.org, avec un article intitulé « La nouvelle RADA de Kiev, une foule de petits Robespierre camouflés » sans que personne saute au plafond devant tant d’ignorance, d’inconscience et d’irresponsabilité (quand on se pique d’informer les foules en leur parlant politique, un minimum de connaissances de base et de probité intellectuelle s’impose).

Or, non seulement personne – nous voulons dire aucun site – n’a réagi avec indignation, mais nombreux – hélas très nombreux - sont ceux qui ont reproduit l’insanité la bouche en cœur, sans sourciller. Entre autres :

niooze.fr

seenthis.net

scoop.it  (c.àd. koter, la gazette des étudiants de Louvain-la- Neuve, nos futures élites belgeoises. Joie ! Joie ! Pleurs de Joie !)

gagarinetimes.ch

oulala.net

praxion.org

zorgol.fr

réseaudepresse altermondialiste

le citoyen.org (front de « gauche » ?)

le blogue noir de Brocéliande, etc. etc. etc.

plus, hélas, Le Saker francophone

Un jour, on leur rebalancera Mein Kampf, et ils le feront avaler, fiers comme des petits bancs.

C’est à eux que ce coup de gueule s’adresse.

Que vous soyez ignares au-delà du supportable ne vous autorise pas, Messieurs les censeurs bien-pensants à la file indienne, à vous essuyer les pieds sur la figure du plus grand homme d’État de l’histoire – resté seul jusqu’à Fidel Castro, et seulement rejoint, non dépassé, par lui. Qui êtes-vous pour ériger votre ignorance crasse en étalon-or de ce qu’il convient de penser de ceux qui ont donné leur vie pour que vous soyez moins nuls. Est-ce leur faute s’ils ont raté leur coup ? On ne fait pas ce genre de choses in vitro. On les fait au milieu d’une foule – là pour le coup – de cellules cancéreuses voraces, vos semblables, vos frères (ou sœurs, soyons transgenre, c’est la mode).

Que le lynchage actuel de Vladimir Poutine par la tourbe du monde ne soit rien, mais alors vraiment RIEN, comparé au lynchage de Robespierre, qui dure depuis plus de deux siècles, car il a commencé de son vivant, ne frappe en rien votre manque absolu d’imagination et de conscience. Non, Robespierre-Poutine-même-combat, l’histoire-qui-se-répète et de façon si hallucinante, ne vous dit absolument rien. Curieux, non ? Vous ne voyez pas le rapport…

Nous avons fait part aussi poliment que possible à M. Grasset de notre surprise d’un tel faux-pas venant de lui. Pour bien faire, il devrait s’excuser. (La petite Baibakova l’a bien fait, elle, même si uniquement pour la forme et du bout des dents.) Car la vérité historique n’est pas seulement révolutionnaire, elle EST. Il n’est tout simplement plus acceptable qu’elle soit, à notre époque, ignorée à ce point-là. Il l’est encore moins que quiconque se permette de la piétiner, car c’est une agression meurtrière envers tous les humiliés et les offensés, quels et où qu’ils soient.

Nous ne dirons rien des Vendéens d’opérette qui n’en finissent pas, ne sachant quoi faire de leur cerveau reptilien, de geindre sur leur Shoah bicentenaire. Quand Dieudonné en aura fini avec l’autre, peut-être voudra-t-il s’y coller. Après tout, il est breton. Même si naître à Fontenay vous rapproche plus de Léautaud que de Charrette.

Bravo en tout cas au Cercle des Volontaires, au Grand Soir, à Moadab, à Réseau International, à Sayed7Asan, à Serge Uleski et à ceux qui se sont abstenus de tremper dans cette mauvaise action, preuve qu’ils regardent où ils mettent les pieds et qu’ils réfléchissent à ce qu’ils font !

Pour ce qui est du Saker Francophone, il faut bien sûr continuer d’y lire les traductions du Saker… et trier sérieusement le reste. Après tout, le libre examen n’a pas été inventé pour les chiens. TRIER, donc, car il est inadmissible d’utiliser, derrière son dos, la caution morale du Saker, pour faire passer des notions indéfendables dont il n’a même pas connaissance, qui seraient pardonnables venant de lui, étant données les distances géographiques et autres, mais dont il se garde bien, justement.

En attendant que vous ayez les couilles de faire enfin à Robespierre le procès qu’il n’a jamais eu – pas une farce à la Hossein : en vrai ! – jetez un œil à votre portrait et essayez de nous étonner en faisant votre examen de conscience ou votre autocritique, selon vos goûts respectifs.

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En-dehors de ces deux camps, et les tenant tous deux en respect, se dressait un homme, Robespierre.

Au-dessous se courbaient l’épouvante, qui peut êre noble, et la peur, qui est basse. Sous les passions, sous les héroïsmes, sous les dévouements, sous les rages, la morne cohue des anonymes. Les bas-fonds de l’Assemblée s’appelaient la Plaine. Il y avait là tout ce qui flotte ; les hommes qui doutent, qui hésitent, qui reculent, qui ajournent, qui épient, chacun craignant quelqu’un. La Montagne, c’était une élite, la Gironde, c’était une élite ; la Plaine, c’était la foule. La Plaine se résumait et se condensait en Sieyès.

Sieyès, homme profond qui était devenu creux. Il s’était arrêté au tiers-état et n’avait pu monter jusqu’au peuple. De certains esprits sont faits pour monter à mi-côte. Sieyès appelait tigre Robespierre qui l’appelait taupe. Ce métaphysicien avait abouti, non à la sagesse, mais à la prudence. Il était courtisan et non serviteur de la Révolution. Il prenait une pelle et allait, avec le peuple, travailler au Champ de Mars, attelé à la même charrette qu’Alexandre de Beauharnais. Il conseillait l’énergie dont il n’usait point. Il disait aux Girondins : Mettez le canon de votre parti. Il y a les penseurs qui sont les lutteurs ; ceux-là étaient, comme Condorcet, avec Vergniaud, ou, comme Camille Desmoulins, avec Danton. Il y a les penseurs qui veulent vivre. Ceux-là étaient avec Sieyès.

Les cuves les plus généreuses ont leur lie. Au-dessous même de la Plaine, il y avait le Marais. Stagnation hideuse laissant voir les transparences de l’égoïsme. Là grelottait l’attente muette des trembleurs. Rien de plus misérable. Tous les opprobres, et aucune honte ; la colère latente ; la révolte sous la servitude. Ils étaient cyniquement effrayés ; ils avaient tous les courages de la lâcheté ; ils préféraient la Gironde et choisissaient la Montagne ; le dénoûment dépendait d’eux ; ils versaient du côté qui réussissait ; ils livraient Louis XVI à Vergniaud, Vergniaud à Danton, Danton à Robespierre, Robespierre à Tallien. Ils piloriaient Marat vivant et divinisaient Marat mort. Ils soutenaient tout jusqu’au jour où ils renversaient tout. Ils avaient l’instinct de la poussée décisive à donner à tout ce qui chancelle. À leurs yeux, comme ils s’étaient mis en service à la condition qu’on fût solide, chanceler c’était les trahir. Ils étaient le nombre, ils étaient la force, ils étaient la peur. De là l’audace des turpitudes.

De là le 31 mai, le 11 germinal, le 9 thermidor, tragédies nouées par les géants et dénouées par les nains.

Victor Hugo, Quatre-Vingt Treize

 

Peu importe qu’il se plante sur à peu près tous ceux qu’il nomme. C’était inévitable à son époque, et son tableau d’ensemble est juste.

Quelques rappels de jugements, non pas à l’intention de ceux qui se bousculent pour jeter avant les autres leur pierre au bouc-émissaire, mais pour les jeunes à qui l’Éducation Nationale (on sait ce qu’elle est devenue) n’apprend rien de ce qu’ils devraient savoir :

 

00. Saint-Just.gif

« Vous lui reprochez d’avoir gouverné par la persuasion »

Saint-Just

28. buonarroti.jpg

« On a tant calomnié cet illustre martyr de l'égalité, qu'il est du devoir de tout écrivain honnête de consacrer sa plume à en venger la mémoire. »

Philippe Buonarroti

29. lamartine_de_virieu.jpg

« Ils l'ont noyé dans le sang qu'ils avaient tiré pour le perdre. »

Lamartine

30. georges Sand.jpg

« De tous les terroristes, Robespierre fut le plus humain, le plus ennemi par nature et par conviction des apparentes nécessités de la Terreur. Cela est assez prouvé aujourd'hui, et on ne peut pas récuser à cet égard le témoignage de M. de Lamartine. La réaction thermidorienne est une des plus lâches que l'histoire ait produites. À quelques exceptions près, les thermidoriens n'obéirent à aucune conviction, à aucun cri de la conscience, en immolant Robespierre. La plupart d'entre eux le trouvaient trop faible et trop miséricordieux. La veille de sa mort et le lendemain, ils lui attribuèrent leurs propres forfaits pour se rendre populaires. Soyons justes enfin, Robespierre est le plus grand homme de la Révolution et un des plus grands hommes de l'histoire. »

Georges Sand

31. Louis_XVIII_Rt.jpg

«Votre opinion sur Robespierre est au moins fort hasardée si elle n’est pas fausse ; les hommes d’État ne doivent pas être jugés d’après les règles ordinaires de morale. En 1793 et 1794, il s’agissait de sauver le corps social et s’il était prouvé que le chef des Jacobins n’eût fait dresser les échafauds de la Terreur que pour abattre les factions [et rétablir ensuite ce gouvernement royal que la France entière désirait], il serait injuste de regarder Robespierre comme un homme cruel et de l’appeler tyran ; il faudrait au contraire, voir en lui, comme dans Sylla, une forte tête, un grand homme d’État. Richelieu aurait fait plus que Robespierre s’il se fût trouvé dans une position semblable. »

Louis XVIII, en 1797 et en 1814.

32. Romain Rolland.jpg

« Le plus grand homme de la Révolution n’a pas encore en France sa statue : c’est un monument expiatoire qu’il faudrait ! Il ne s’est pas trouvé un seul gouvernement républicain pour oser revendiquer sa mémoire. Plus clairvoyante, la haine des ennemis de la République n’a jamais désarmé. J’ai toujours pensé que la grandeur exceptionnelle est désignée à l’avenir par le flair acharné de l’ennemi, bien avant que les amis ne l’aient reconnue.»

Romain Rolland

[Les « amis » ?]

33. JeanJaures01.gif

« C’est une erreur de croire que Robespierre était une sorte de rhéteur épris d’idées générales et capable seulement de phrases et de théories. La forme de ses discours où il procède souvent par allusions, où il enveloppe volontiers de formules générales un exposé très substantiel et des indications ou des accusations très précises, a contribué à ce malentendu. En fait, il se tenait au courant de tous les détails de l’action révolutionnaire dans le pays tout entier et aux armées ; et avec une tension d’esprit incroyable, avec un souci minutieux du réel, il essayait de se représenter l’exacte valeur des hommes que la Révolution employait. Toujours aux Jacobins, il est prêt à redresser, par les renseignements les plus précis, les vagues allégations et accusations d’une démagogie querelleuse… Quelle âpre et dure vie d’aller presque tous les soirs, dans une assemblée populaire souvent houleuse et défiante, rendre compte du travail de la journée, dissiper les préventions, animer les courages, calmer les impatiences, désarmer les calomnies !... »

Jean Jaurès

 

« On ne sait si l'on doit rire ou pleurer de pitié en voyant ce concert universel de malédictions vomies par des vociférateurs à gages sur le cadavre d'un homme, dont ils font à leur manière et sans s'en douter, le plus bel éloge en le déchirant. Le plus plat gredin croit s'honorer aujourd'hui en lui donnant un coup de pied. Je connais tel de ces misérables qu'un regard seul de Robespierre vivant aurait replongé dans son élément : c'est-à-dire dans la boue... En général, c'est l'usage à Paris. Dès qu'on y tue un homme... on le calomnie après l'avoir assassiné.

Louis-François CASSAT

Tableau de la dernière quinzaine.

Lausanne, 16 août 1794.

 

Faut-il préciser que ces propos pourraient s’appliquer à Vladimir Poutine, qui se tient, nous semble-t-il, à mi-chemin entre Richelieu et Robespierre, à ceci près que Richelieu, pour le roi son maître, a envahi des pays et en a colonisé d’autres, ce que Robespierre n’eût jamais fait, c’était contraire à ses principes, et que Vladimir Poutine n’a pas fait non plus, quoi qu’en disent les clabaudeurs salariés. On peut dire en schématisant qu’il s’apparente au premier par sa politique intérieure et au second par sa politique étrangère, mais pas que.

Ces trois chefs d’état ont encore en commun leur amour des bêtes, qui n’est pas si courant, même ailleurs. Robespierre élevait des pigeons, Richelieu adorait les chats (il en avait 14 à sa mort, dont l’histoire a retenu les noms : Félimare, Lucifer, Ludovic-le-Cruel, Ludoviska, Mimi-Piaillon, Mounard-Le-Fougueux, Perruque, Rubis-sur-l'ongle, Serpolet, Pyrame, Thisbe, Racan, Soumise et Gazette). Outre fonder l’Académie, il a donné le goût des chats de compagnie aux Français. Vladimir Poutine aime les (très gros) chats, les chiens, les élans, les grues, les dauphins, les ours…  et les bébés-phoques. Au moins.

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Armand Duplessis, ses chats et le père Joseph

«  La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire. »

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« Je ne suis pas le défenseur du peuple. Je n'ai jamais prétendu à ce titre fastueux ; je suis du peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela; je méprise quiconque a la prétention d'être quelque chose de plus. »

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 « Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction de Dieu, nous ne devons pas oublier qu’il nous a créés tous égaux. »

 

Bref, quiconque essaie de regarder l’Histoire avec un peu de recul comprend que l’URSS a été le leg de Babeuf et Cuba celui de Robespierre. Il appartient à Vladimir Poutine, à Hassan Nasrallah, à Nicolas Maduro, à Evo Moralès, à Dilma Roussef, à Cristina Kirchner, à Rafael Correa et à d’autres, encore inconnus, de poursuivre dans cette voie, la seule qui ne soit pas de garage : aider leurs compatriotes et nous tous à sortir d’enfance avant qu’il soit trop tard.

 

*

 

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Livres

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Jonathan Swift

L’Art de voler ses maîtres

Bruxelles, Cosmopolis, 1946

123 pages

 

 

 

 

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Jonathan Swift

Instructions aux domestiques

Paris – Livre de Poche, 1959

287 pages

 

 

 

 

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Henri Guillemin

Silence aux pauvres

Paris – Arléa – 1989

119 pages

 

 

 

 

 

41. Marie de Gournay.jpg

 

 

Michèle Fogel

Marie de Gournay, itinéraires d’une femme savante

Paris - Fayard – 2004

420 pages

 

 

 

 

À propos de ce livre :

Comme François Furet, Shakespeare et Molière ont été des propagandistes à gages (et c’est Céline qu’on vitupère !) : ils ont calomnié pour des sous. Le premier : Macbeth, Richard III, Jeanne d’Arc. Le second : les femmes savantes et les précieuses, qu’il a décrétées ridicules pour amuser des puissants d’alors.

Marie de Gournay fut une de ces femmes savantes. Qui plus est : autodidacte.

À dix-sept ans, elle a lu les Essais de Montaigne et les a compris. Elle a aussi compris qu’elle préférait étudier, lire, écrire, traduire, éditer et rester célibataire (pour les femmes, on dit « vieille fille »). Montaigne fit d’elle sa « fille d’alliance », titre qu’elle porta toute sa vie avec fierté.

Elle ne fut pas seulement littéraire mais aussi politique. Elle soutint les jésuites, jusqu’au père Garasse, exclusivement, qui eut la mort de Cyrano de Bergerac et de Théophile de Viau sur la conscience. Car les poètes lui importaient davantage que les politiques, et elle fut fidèle à Théophile persécuté, comme à Ronsard dédaigné. Son amour des mots était si grand, qu’elle eut l’idée d’une assemblée d’hommes de lettres qui veilleraient à leur préservation et maintiendraient en vie les vieux mots, quelles que fussent les modes. C’est chez elle que l’Académie Française est née, même si c’est le Cardinal qui l’a fondée.

En 1626 – elle avait 61 ans - elle publia son dernier livre L’ombre de la damoiselle de Gournay, qu’elle envoya à Richelieu. Il la reçut :

 

Boisrobert la mena au cardinal de Richelieu, qui lui fit un compliment tout de vieux mots qu’il avait pris dans son Ombre. Elle vit bien que le Cardinal voulait rire : « Vous riez de la pauvre vieille », dit-elle, « Mais riez, grand génie ; il faut bien que tout le monde contribue à votre divertissement ». Le cardinal, surpris de la présence d’esprit de cette vieille fille, lui en demanda pardon, et dit à Boisrobert : « Il faut faire quelque chose pour Mademoiselle de Gournay. Je lui donne deux cents écus de pension. » - « Mais elle a des domestiques », dit Boisrobert. – « Et quels ? », reprit le cardinal. – « Mlle Jamin », répliqua Boisrobert, « bâtarde d’Amadis Jamin, page de Ronsard. » - « Je lui donne cinquante livres par an », dit le Cardinal. – « Il y a encore ma mie Piaillon », ajouta Boisrobert, « c’est sa chatte ». – « Je lui donne vingt livres de pension », répondit l’Éminentissime, « à condition qu’elle aurait des tripes ». – « Mais, Monseigneur, elle a chatonné »,  dit Boisrobert. Le cardinal ajouta une pistole pour les chatons.

Tallemant des Réaux, Historiettes

 

Ma mie Piaillon chez l’une, Mimi Piaillon chez l’autre… Allez savoir si la Mimi Piaillon du Cardinal n’est pas un des chatons à une pistole de la mie Piaillon de la demoiselle de Gournay, dont elle lui aurait fait cadeau en témoignage de sa gratitude ? L’énigme ne vaut-elle pas bien celle de Louis XVII au Temple, pauvre gosse chargé de nourrir les fantasmes de générations de zinzins ?

 

 

*

Mis en ligne le 5 novembre 2014

 

 

 

 

14:10 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/10/2014

PLUG !

1. Ship-of-Fools.JPG

 

PLUG !

Voilà bien du bruit pour un suppositoire. Même vert.

Mais comment passer sous silence une illustration aussi parfaite de l’ère où nous sommes, tant il est vrai que les zartistes sont le miroir de la société où ils vivent, qui les adule ou leur fait manger de la vache enragée, c’est selon.

Une image, à ce propos, nous hante : Dans une édition des œuvres de Rabelais publiée sous le Consulat, Gargantua est à table. C’est un large bourgeois peu amène, gras plutôt que gigantesque, en chapeau claque évasé, serviette au cou, autour de qui s’affairent, pliés en deux, des larbins en gilets rayés. Le géant est censé manger des pèlerins en salade. Mais le saladier est un pot de chambre et, dans les assiettes, en guise de pieux homoncules, fument des étrons bien moulés. Jamais on n’a, par une seule image, rendu à ce point la quintessence d’une époque.

Jamais ? Bien sûr que si. Chacune a les siennes, qui la glorifient ou la dénoncent. La nôtre vient de télescoper celle qui restera peut-être pour l’immortaliser dans l’histoire. On a les obélisques et les Courbet qu’on peut.

Bref, nous arrachons une fois de plus Théroigne à ses drogues. Allez, quoi, le travail est déjà plus qu’à moitié mâché ! N’y a plus qu’à mettre en ligne. Rien que du piqué ailleurs : à Raphaël Berland, du Cercle des Volontaires et à Olivier Berruyer, des Crises. Merci à eux.

 

2. le-bon-la-brute-et-le-plug-anal-600.jpg

 

Avez-vous suivi l’affaire du « plug-anal », cette sculpture gonflable énorme en forme de godemiché vert ? Il était exposé la semaine dernière place Vendôme, avant d’être vandalisé par quelques citoyens. Cet acte, que d’aucuns jugeront civique, d’utilité voire de salubrité publique, d’autres s’en sont scandalisés, au nom de la défense de l’Art (notamment l’ultra-bobo classe médiatico-politique parisienne). Mais en matière d’art, chacun ses goûts, vous me direz. M’enfin j’estime avoir tout-à-fait le droit de trouver ceux de l’artiste en question, Paul McCarthy, plutôt d’un goût douteux… Pour vous faire un avis éclairé, je vous recommande cet article d’Olivier Berruyer, exhaustif, pertinent et drôle. Mais jusque-là, je n’avais pas l’intention d’écrire une tribune sur le sujet.

Non, ce qui m’a donné envie de dégainer mon clavier, c’est la lecture de cet article du Nouvel Obs, où l’on apprend que notre président François Hollande s’est joint lui-aussi au chœur des vierges effarouchées par le « plug-anal » géant détruit : « La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son oeuvre, quel que soit le regard que l’on pouvait porter sur elle . [...] Nous devons toujours respecter le travail des artistes ». Trop, c’est trop !

Car c’est ce même président, aidé de son plus fidèle lieutenant (j’ai nommé Manuel Valls, alias « El Blancos »), qui a bel et bien pourri la vie d’un autre artiste, un vrai celui-là, et qui fait rire – volontairement ! - des millions de Français. Vous avez bien sûr deviné que je parle de Dieudonné. Rappelons que l’actuel premier ministre voulait interdire les spectacles de Dieudonné qu’il qualifiait de « réunions publiques » qui « n’appartiennent plus à la dimension créative mais contribuent à accroître les risques de troubles à l’ordre public ». Il avait également déclaré « Je sais faire la différence entre les génies de l’humour et les petits entrepreneurs de la haine ». Le président français avait totalement soutenu la position de son premier ministre sur cette affaire ; il avait notamment demandé aux préfets « d’être vigilants et inflexibles ».

Alors, résumons. Nous avons le Bon Dieudonné, qui essaie d’exercer son art dans une France qui exerce une justice d’exception à son encontre (voir le livre « Interdit de Rire », sorti aux éditions Xenia). Et puis en face, nous avons la Brute, le président Hollande. Je souris en écrivant ces lignes, en devinant que certains parmi vous se demanderont sûrement pourquoi je n’ai pas intitulé ma tribune « Le Bon, Le Mou… ». D’abord parce que ça sonne moins bien.

Mais surtout parce que je trouve brutal, violent mentalement et spirituellement, de prendre en pleine figure les déclarations et autres gesticulations de notre président et de son premier ministre sur des questions d’Art, alors que notre pays va mal. Très mal. Oh ! Bien sûr… Pas pour tout le monde !

Donc la France d’en bas souffre, et nous sommes obligés de regarder celui qui est censé nous représenter (et accessoirement résoudre certains de nos problèmes essentiels comme le chômage) faire la guerre totale à un humoriste, et défendre mordicus un godemiché géant gonflable. Une « oeuvre d’art » qui, ne lui en déplaise, ne restera pas dans les anales. :-)  Parce qu’il nous reste au moins l’humour. Enfin ça, c’était avant.

Raphaël Berland

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/10/21/bon-brute-p...

4. Ananas_comosus.JPG

Quant à Berruyer…

Vous souvenez-vous de son dépiautage de l’interview de Vladimir Poutine charcutée par TF1 ? Eh bien, il vient de faire aussi fort en réunissant, pour les soumettre à vos regards de fins connaisseurs sinon de riches collectionneurs, à peu près toutes les œuvres connues de Paul McCarthy, en ce moment même exposées à la Monnaie de Paris, par les soins de MM. Pinault et LVMH réunis, grands mécènes.

Voyage au pays des fantasmes d’un brave homme avec qui on ne voudrait quand même pas se trouver coincés trop longtemps dans un ascenseur.

[Néolibéraux vs. Common Decency] “L’affaire” du Godemiché place Vendôme (+ Expo rien que pour vous, +18)

 

Billet en hommage à Orwell et à sa common decency – si quelqu’un peut faire suivre à Michéa, ça l’intéressera j’en suis sûr, je n’ai hélas pas son mail…

 

J’avais failli en dire un mot rapide samedi, et puis je suis passé à autre chose de moins insignifiant.

 

Mais vu les rebondissements, le jeu des médias et les réactions, je me dis que c’est finalement intéressant de développer…

 

C’est toujours éloquent de comparer ce qu’on nous sert dans les médias (avec des journalistes qui ont 30 min pour creuser le sujet) avec ce qu’on peut trouver après des heures de recherche…

 

Surtout qu’on ne parle pas beaucoup de culture ici en général – remontons donc le niveau ! :-)

 

ATTENTION, comme ce billet parle d’art contemporain, il est interdit aux mineurs…

 

La “sculpture”

À l’occasion de la Foire internationale d’art contemporain, ”l’artiste” d’art contemporain américain Paul McCarthy avait installé temporairement jeudi une statue gonflable de 24 mètres sur la place Vendôme :

 

3. plug.jpg

 

Sujet ? – euh, pas clair pour certains, comme L’Express, FranceTVinfo ou Libération :

Lire la suite…

Et surtout ne pas rater la visite guidée qui vient au bout. Véritable musée en ligne.

Source : http://www.les-crises.fr/godemiche-vendome/

 

4. Ananas_comosus.JPG

 

Post Scriptum

Les jours derniers, le (vrai) philosophe M. Manuel de Dieguez, qui n’a pas renoncé à faire entrer un peu de raison raisonnante dans le cerveau des foules, avait mis en ligne, sur son site, un ensemble de trois textes censément de la plume d’un ex-président de la République, supposé avoir, loin du pouvoir, pris conscience d’un certain nombre de choses et en avoir tiré des conclusions plutôt réconfortantes pour le cas où il « reviendrait aux affaires » à la faveur de la législature suivante.

 

5. Manuel de Dieguez.jpg

Cela s’appelait

Discours de campagne d'un revenant qui aurait changé de tête

et

Deuxième discours de campagne d'un revenant qui aurait changé de tête

Le troisième l’imaginait prononçant un discours final devant l’Académie des Sciences morales et politique pour, à la fois, annoncer sa prochaine candidature et s’expliquer sur ses intentions.

Séance extraordinaire de l'Académie des sciences morales et politiques

Intervention remarquée d'un revenant qui aurait changé de tête

Cela se trouve ici (cliquez sur « Sommaire ») :

http://www.dieguez-philosophe.com/

Comme d’habitude, les textes de Manuel de Dieguez avaient été repris par un certain nombre de sites ou blogs, qui témoignent, par leur constance, de l’intérêt que porte à la philosophie le « public » lambda (qu’il convient de ne pas confondre avec les zélites).

Et qu’arriva-t-il ?

M. de Dieguez reçut, du Secrétaire général de ladite Académie, le poulet qui suit :

 

« Monsieur,

Le 17 octobre dernier, vous avez publié sur votre site internet (http://www.dieguez-philosophe.com), un article intitulé "Séance extraordinaire de l'Académie des Sciences morales et politiques - Intervention remarquée d'un revenant qui aurait changé de tête".

Dans cet article, vous vous mettez en scène comme étant invité à vous exprimer devant l'Académie (?), ce qui n'a jamais été, à ma connaissance, le cas.

Vous êtes libre - jusqu'à un certain point - d'utiliser un tel procédé littéraire, à la condition toutefois qu'il n'y ait aucune ambiguïté concernant la réalité - ce qui rendrait votre texte mensonger - et que vous ne vous arrogiez pas le droit d'engager l'Académie dans le soutien apporté à telle ou telle prise de position, quelle que celle-ci puisse être.

Je vous demande donc

- soit de retirer ce billet de la Toile,

- soit de le modifier et de ne pas y mentionner l'Académie des Sciences morales et politiques,

- soit d'indiquer de la manière la plus claire possible (en gras et en début d'article) qu'il s'agit d'une fiction qui n'engage en rien l'Académie des Sciences morales et politiques.

Si vous choisissez la 3e solution, je vous demande de bien vouloir me soumettre au préalable le texte de l'Avertissement que vous placerez en tête de votre article.

Chacun de ces choix doit entraîner des modifications non seulement sur votre site, mais également sur les sites qui reprennent vos billets (voir la liste en PJ des sites ayant relayé à ce jour votre texte)

En espérant une réaction adéquate de votre part pour un règlement amiable de ce problème.

Pierre Kerbrat Secrétaire général Académie des Sciences morales et politiques »

 

Auquel il a répondu en ces termes :

 

« Monsieur le Secrétaire général de l’Académie des sciences morales et politiques,

Je croyais que l’Académie des sciences morales et politiques se trouvait tellement proche de l’Académie française qu’elle aurait connaissance du règne de la fiction littéraire de Rabelais ou Villon à nos jours.

Je me permets de vous signaler que le lion devenu vieux de La Fontaine ne se cache pas dans la brousse, que les moutons de Panurge pâturent dans toutes les têtes, que les Yahous de Swift sont plus réels que nature précisément de camper dans l’imaginaire et que si les âmes mortes de Gogol trottaient dans les rues de Paris, elles y perdraient toute leur réalité.

C’est pourquoi je fais dire à un ancien Président de la République transporté dans l’imaginaire que les vrais personnages sont mythologiques et que seul un Abraham imaginaire a voulu retirer un Isaac en chair et en os d’un ciel sacrificateur.

Je formule l’espoir qu’une Académie des sciences morales et politiques élevée par la plume dans le monde ascensionnel qu’elle devrait habiter et où je l’ai colloquée un instant, s’initie au double langage des signes et des symboles.

De toute façon le double personnage que l’Académie des sciences morales et politiques met en scène se révèle un acteur divisé entre son corps et son effigie, comme tout le monde. Cet Hamlet à la fois naturel et surnaturel est bien à l’image du réel, celui d’une République qui se demande où se cache son esprit.

En espérant que ma réponse représente une réaction adéquate à votre missive , je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Secrétaire général de l’Académie des sciences morales et politiques, l’expression de ma considération très distinguée.

Le 21 octobre 2014 »

 

Un suppositoire à la sauce verte au milieu de la place Vendôme et le retour de M. Homais, la même semaine vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup ?

On nous gâte.

 

6. Ananas.jpg

 

7. Interdit de rire.jpeg

 

 

 

David de Stefano & Sanjay Mirabeau

Interdit de rire

Vevey - Éditions Xenia – Septembre 2014

160 pages

 

 

 

  Note de l’éditeur

Pour faire taire Dieudonné en février 2014, Manuel Valls, alors ministre de l Intérieur, a mobilisé tous les moyens de répression légale de la République. Le futur premier ministre a transformé sa lutte personnelle contre l humoriste en affaire d’État.

Ainsi, le jugement précipité du Conseil d’État interdisant le spectacle Le Mur a créé un précédent inquiétant dans la jurisprudence française, laissant magistrats et politiques dicter l’humour, le comique et le bon goût.

La patrie des droits de l homme et de la liberté de pensée va-t-elle basculer dans la censure à cause d’une quenelle ?

Dans cet ouvrage de témoignage et d’analyse, les avocats de Dieudonné reviennent sur cette ahurissante campagne et ses conséquences sur la loi, les libertés et le vivre-ensemble français en tant que tel.

Interdit de rire offre ainsi un récit circonstancié des persécutions dont Dieudonné et son entourage ont fait l’objet, mais également une analyse symbolique et historique du fameux geste de la quenelle, dont les conclusions ont de quoi surprendre !

On y évoque aussi la nature du rire, la fonction du comique dans une société, mais également des affaires plus concrètes et passées sous silence, tel l’incroyable et somptueux cadeau fiscal offert à Dieudonné par le ministre Cahuzac en février 2013.

Fortement argumenté, magnifiquement écrit, cet essai est un réquisitoire saisissant contre un pouvoir en proie à l’incohérence et à la dérive autoritaire.

Les auteurs :

Me David de Stefano, fiscaliste, et Me Sanjay Mirabeau, spécialiste de droit pénal, sont les avocats de Dieudonné M’Bala M’Bala

 

4. Ananas_comosus.JPG

 

 

 

Mis en ligne le 22 octobre 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

11:55 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/10/2014

L'EMPIRE ANGLO-SIONISTE EST EN GUERRE AVEC LA RUSSIE

1. Tall ship sazils unfurl'ed.jpg

 

Ce blog est en pause

 involontaire pour cause de maladie de notre webmaîtresse.

MAIS

 

Nous sommes le 2 octobre 2014. Les 27, 28 et 29 septembre, le site Vineyard of the Saker a mis en ligne plusieurs textes et vidéos de première importance, dont nous ne voyons pas trace dans les pages du « French Saker ». Pas la peine de demander s’ils sont occupés à traduire : ils ne répondent pas.

Nous avons donc traduit ce que nous avons pu et tiré Théroigne du lit.

Nous laissons en anglais ce que nous n’avons pas eu le temps ou les moyens de traduire. Particulièrement désolés pour l’interview de Dmitry Rogozine, ici sous-titrée en anglais par les soins conjugués des Sakers russe et océanien.

 

*

« Et présente donc à votre Majesté les éclats du Sac de Troie : afin que voyant en autrui l’effet piteux des imprudents conseils et des Guerres, elle épanouisse son cœur d’aise, des conseils prudents et de la Paix, qui la font régner avec tant d’heur et de gloire. Et se souvienne que la Paix est le souverain geste et triomphe d’un Roi, puisqu’elle est la souveraine béatitude des Peuples que Dieu met en sa protection. Outre qu’il n’appartient qui est vraiment Souverain et Roi des armées, qu’à celui, Sire, que la guerre redoute ; de faire dignement comme vous la paix dedans et dehors de son Royaume, quand il lui plaît. Dieu veulle continuer ses bénédictions à votre Majesté, de laquelle je resterai pour jamais,

Très-humble et très-obéissante sujette et servante. gournay

Lettre de Marie de Gournay au roi Louis XIII, 1619.

 

L’empire anglo-sioniste est en guerre avec la Russie

2. Poutine-Obama X-Rays.jpg

La réponse russe à une double déclaration de guerre

par Le Saker27 septembre 2014

Le discours de Porochenko, il y a quelques jours, au Congrès US, et celui d’Obama à l’Assemblée Générale des Nations Unies ne peuvent laisser aucun doute : l’empire anglo-sioniste est en guerre avec la Russie. À la suite de quoi beaucoup de gens trouvent que la réaction russe à cette réalité est inadéquate. De même, on constate un courant permanent d’accusations dirigées contre Poutine, sur la politique russe dans la crise ukrainienne. Ce que je me propose de faire ici, c’est offrir quelques rappels de base à propos de Poutine, de ses obligations et de ses options.

Premièrement et principalement, Poutine n’a pas été élu pour être le policier ou le sauveur du monde, il a été élu pour être le président de Russie. Ceci paraît évident, et pourtant, il y en a beaucoup qui ont l’air de croire que, d’une façon ou d’une autre,  Poutine est moralement obligé de faire quelque chose pour protéger la Syrie, la Novorossia, voire d’autres parties de notre monde harcelé. Ce n’est pas le cas. Oui, la Russie est de facto à la tête des BRICS et des [14] pays de l’OCS [Organisation de Coopération de Shanghaï, NdT], et la Russie l’accepte. Mais Poutine a l’obligation morale et légale de se préoccuper de son peuple d’abord.

Deuxièmement, la Russie est maintenant officiellement dans la ligne de mire de l’empire anglo-sioniste, qui comprend non seulement trois puissances nucléaires (les USA, le Royaume Uni et la France) , mais aussi la coalition militaire la plus puissante de monde (les USA + l’OTAN) et les deux plus puissantes économies du monde (les USA et l’Union Européenne). Je crois que nous sommes tous d’accord pour reconnaître que la menace posée par un tel empire n’est pas insignifiante et que la Russie a raison de la traiter avec la plus extrême prudence.

 

Tirer sur Poutine en douce et rater son but.

Curieusement, beaucoup de ceux qui accusent Poutine d’être un froussard, un retourneur de veste ou un optimiste béat prétendent, en même temps que l’Occident se prépare à attaquer la Russie au nucléaire. Si c’est réellement le cas, une question se pose : si c’est exact, s’il y a bien un risque de guerre nucléaire, Poutine n’est-il pas en train de faire exactement ce qui s’impose en ne roulant pas des mécaniques et en ne recourant pas aux menaces ? Certains vont même jusqu’à dire que l’Occident veut la guerre, quoique fasse ou dise Poutine. O.K. D’accord. Mais dans ce cas, gagner autant de temps que possible jusqu’à ce que l’inévitable arrive, n’est-ce pas justement la chose à faire ?

Troisièmement, sur la question des USA et de l’ISIL, certains commentateurs, ici même, ont accusé Poutine de poignarder Assad dans la dos, au motif que la Russie a soutenu la résolution US au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Et qu’est-ce que Poutine était censé faire ? Envoyer la Force Aérienne Russe en Syrie pour protéger la frontière syrienne ?  Et Assad ? A-t-il fait décoller d’urgence sa propre Force Aérienne pour essayer d’arrêter les États-Unis ou a-t-il calmement passé un accord : bombardez-« les », pas nous, et je protesterai mais je ne ferai rien contre ? À l’évidence, il a choisi cette dernière solution.

En fait, Poutine et Assad ont adopté exactement la même attitude : ils ont protesté contre la nature unilatérale des frappes, exigé une résolution des Nations Unies, et regardé tranquillement l’Oncle Sam se retourner contre sa propre progéniture et essayer de la détruire.

J’ai envie d’ajouter que Lavrov a très logiquement fait savoir qu’il n’y a pas de « bons terroristes ». Il sait que l’ISIL n’est rien d’autre que le prolongement de l’insurrection syrienne créée par les États-Unis, qui elle-même n’était que le prolongement de l’Al Qaeda créée par les États-Unis. Du point de vue russe, le choix est simple : vaut-il mieux que les USA usent leurs forces et leurs hommes à tuer des cinglés wahabites ou que ce soit Assad qui le fasse ? Et si l’ISIL réussit en Irak, combien lui faudra-t-il de temps pour revenir en Tchétchénie ? Ou en Crimée ? Ou au Tatarstan ? Pourquoi les soldats russes ou syriens risqueraient-ils leur vie, alors que l’armée US est volontaire pour le faire à leur place ?

Tant que les États-Unis veulent se livrer à la douce ironie de bombarder leur propre créature, qu’ils le fassent. Même Assad en a été clairement prévenu, et il est clair qu’il en est très heureux.

Finalement, Nations Unies ou pas, il est clair que les USA avaient déjà pris la décision de bombarder l’ISIL. À quoi bon, dès lors, bloquer une décision de l’ONU qui convient à tout le monde ? Ce serait contre-productif. En fait, cette résolution peut même être utilisée par la Russie pour empêcher les États-Unis et l’Angleterre de servir de base de repli à des extrémistes wahabites (cette résolution l’interdit, et nous parlons ici d’une résolution obligatoire – chapitre VII – du Conseil de Sécurité de l’ONU).

Et cependant, il y en a quand même qui disent que Poutine à jeté Assad aux chiens. Comment peut-on être assez stupide pour raisonner de la sorte en matière de guerre ou de politique ? D’ailleurs, si Poutine avait envie de jeter Assad aux chiens, pourquoi ne l’a-t-il pas fait l’an dernier ?

 

Sentiment de frustration sincère ou malhonnêteté intellectuelle ?

Mais ce genre de sottise à propos de la Syrie est littéralement réduite à du pipi de sansonnet par les effarantes crétineries que postent certains à propos de la Novorossia. Voici quelques-unes de mes préférées. L’auteur, ici, commence par me citer :

« Cette guerre n’a jamais été une guerre à propos de la Novorossia ou à propos de l’Ukraine… »

Sur quoi il enchaîne :

« Cette déclaration est une échappatoire trop creuse et trop commode.  Est-ce que vous voulez réellement dire que les milliers de gens assassinés par les tirs d’obus, que les milliers de jeunes conscrits ukrainiens passés à la moulinette, que les milliers de foyers détruits, les plus d’un million de réfugiés… que RIEN de tout ça n’a quoi que ce soit à voir avec la Novorossia et l’Ukraine ? Qu’il s’agit seulement de la Russie ? Vraiment, on aimerait que vous vous absteniez de faire ce genre de déclarations idiotes. »

Le seul problème étant, bien entendu, que je n’ai jamais rien dit de ce genre pour commencer.

En effet, il est assez évident que je voulais dire que le but poursuivi par L’EMPIRE ANGLO-SIONISTE n’a jamais été l’Ukraine ou la Novorossia, mais une guerre contre la Russie. Tout ce qu’a fait la Russie a été d’admettre cette réalité. Une fois encore, les mots « est-ce que vous voulez réellement dire » montrent clairement que l’auteur va déformer ce que j’ai dit, fabriquer un épouvantail à moineaux, et me dénoncer avec indignation comme un monstre sans cœur qui se fout de l’Uklraine et de la Novorossia (tout le reste du commentaire était de la même veine : des dénonciations indignées de déclarations que je n’ai jamais faites et de conclusions que je n’ai jamais tirées). Je suis habitué désormais au remarquable niveau de malhonnêteté de la foule des lyncheurs-de-Poutine et je considère maintenant que ça fait partie du voyage. Mais je tenais à l’illustrer encore une fois, juste pour démontrer que, dans certains cas, une honnête discussion n’est pas le but recherché du tout. Mais je ne veux pas tout réduire à quelques vociférateurs de mauvaise foi. Il y en a aussi pas mal qui sont sincèrement déconcertés, frustrés et même déçus par la passivité apparente de la Russie. Voici, par exemple, l’extrait d’un e-mail que j’ai reçu ce matin :

« Je suppose que j’espérais, en fait, que peut-être la Russie, la Chine, les BRICS agiraient comme une contre-force. Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est pourquoi, après toutes les démonisations des USA  et de l’Europe, la Russie ne riposte pas. Les sanctions imposées par l’Occident font du mal à la Russie, et pourtant les Russes continuent à lui vendre du pétrole en euros/dollars et continuent à se mettre en quatre pour satisfaire l’Europe. Je ne comprends pas pourquoi ils ne disent pas “pas de sanctions, sinon pas de gaz”. Les Chinois non plus ne disent pas grand-chose contre les États-Unis,même s’ils comprennent parfaitement que si la Russie est affaiblie, ils sont les suivants sur la liste. Et quant au blabla sur la levée des sanctions contre l’Iran, c’est grotesque. Tout le monde sait bien qu’Israël ne le permettra jamais. Alors, pourquoi la Chine et la Russie soutiennent-elles cette mascarade ? Parfois, je me demande si tout ça n’est pas qu’un jeu à nos dépens, une farce programmée où rien ne changera jamais. »

Dans ce cas, l’auteur voit très justement que la Russie et la Chine suivent une seule et même politique, et que cette politique a l’air d’une simple tentative de se concilier les USA. Contrairement au commentateur précédent, l’auteur est, ici, à la fois sincère et vraiment malheureux.

En fait, ce que je crois reconnaître, ce sont trois phénomènes différents , qui se manifestent simultanément.

1) Une campagne de lynchage de Poutine, à l’origine de laquelle se trouvent des agences gouvernementales US et UK, qui ont pour tâche de manipuler les médias sociaux.

2) Une campagne spontanée de diffamation de Poutine, conduite par certains cercles nationaux-bolcheviques russes (Limonov, Douguine & C°).

3) L’expression de la perplexité, de la détresse et de la frustration sincère de gens bien-intentionnés, pour qui l’attitude actuelle de la Russie n’a pas de sens.

Tout ce post va être entièrement consacré à tenter d’expliquer cette attitude à ceux du troisième groupe (toute tentative de dialoguer avec les deux autres serait insensée).

 

Essayons de comprendre une politique apparemment illogique

Dans mon introduction ci-dessus, j’ai dit que ce à quoi on assiste est une guerre contre la Russie, pas (encore ?) une guerre chaude et pas tout à fait une guerre froide ancienne manière. En réalité, ce que les Anglo-Sionistes sont en train de faire est assez clair et beaucoup de commentateurs russes l’ont déjà très bien compris : les États-Unis sont engagés dans une guerre contre la Russie, qu’ils ont l’intention de livrer jusqu’au dernier Ukrainien. Raison pour laquelle un « succès », pour l’empire, ne peut en aucun cas être une issue ukrainienne, puisque, comme je l’ai dit, cette guerre ne concerne pas l’Ukraine. Pour l’empire, un succès, dans cette guerre, ne peut signifier qu’un changement de régime en Russie. Voyons comment il a l’intention d’atteindre ce but.

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Le plan d’origine était simpliste, d’une manière typiquement US Néo-conne : renverser Ianoukovitch, embarquer l’Ukraine dans l’Union Européenne et dans l’OTAN, déplacer ainsi politiquement l’OTAN jusqu’à la frontière russe et l’installer militairement en Crimée. Ce plan s’est cassé la figure. La Russie a accepté le retour de la Crimée et l’Ukraine a sombré dans une violente guerre civile combinée avec une crise économique en phase terminale. Les Néo-cons US se sont alors rabattus sur un plan B.

Le plan B était également très simple : amener la Russie à intervenir militairement dans le Donbass et se servir de cela comme prétexte pour lancer une « guerre froide-version 2 » à pleins tubes, qui aurait créé des tensions style années 50 entre l’Est et l’Ouest, justifié une politique induite par la peur à l’Ouest et complètement tranché les liens en train de se tisser entre la Russie et l’Europe. Sauf que ce plan-là aussi s’est cassé la figure : la Russie n’a pas saisi l’appât et, au lieu d’intervenir directement dans le Donbass, elle a entamé des opérations secrètes massives en soutien des forces anti-nazies de Novorossia. Le plan russe, lui, a marché, et les Forces de Répression de la June (FRJ) ont été bel et bien battues par les Forces Armées Novorossiennes (FAN), en dépit du fait que ces dernières souffraient d’un fort déficit en puissance de feu, en armement, en spécialistes et en hommes (petit à petit, l’aide secrète russe les a aidées à surmonter ce handicap).

Arrivée à ce point, la ploutocratie anglo-sioniste a réellement commencé à paniquer en se rendant compte, d’une part, que son plan s’effondrait, d’autre part, qu’il n’y avait absolument rien qu’elle puisse faire pour le rabibocher (une option militaire était exclue, comme je l’ai expliqué dans le passé). Elle a bien essayé les sanctions économiques, mais avec pour seul résultat d’inciter Poutine à entamer des réformes économiques qui auraient dû l’être depuis longtemps. Et le pire de tout, c’est qu’à chaque fois que l’Occident s’est attendu à ce que Poutine fasse quelque chose, il a fait exactement le contraire

  • Personne ne s’attendait à ce que Poutine fasse usage de la force ùmilitare en Crimée, dans une opération de récupération-éclair qui restera dans l’histoire comme au moins aussi étonnante que Chtorm 333.
  •  Tout le monde, y compris moi, s’attendait à ce que Poutine envoie des forces armées en Novorossia. Il ne l’a pas fait.
  • Personne ne s’attendait à ce que des contre-sanctions russes frappent le secteur agricole européen.
  • Tout le monde s’attendait à ce que Poutine riposte à la deuxième volée de sanctions. Il ne l’a pas fait.

Il y a un schéma ici, un patron qui est la base même de tous les arts martiaux : premièrement, ne jamais faire connaître ses intentions ; deuxièmement,  pratiquer la feinte ; troisièmement, frapper quand et où l’adversaire ne s’y attend pas.

À l’inverse, il y a deux choses qui sont profondément enracinées dans la mentalité occidentale, auxquelles Poutine ne se livre jamais : il ne menace jamais et il n’adopte jamais de pose. Par exemple, alors que les USA sont littéralement en guerre avec la Russie, la Russie va volontiers soutenir une résolution US sur l’ISIL, si elle y voit un avantage  pour elle-même. Et les diplomates russes parleront volontiers de « nos partenaires américains » ou de « nos amis américains », alors que la Russie fait à elle seule davantage que tout le reste de la planète pour amener la chute de l’empire.

 

Rapide coup d’œil au palmarès de Poutine

Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le dire : contrairement à d’autres blogueurs ou commentateurs, je ne suis ni un psy ni un prophète, et je ne saurais  vous dire ce que pense Poutine ni ce qu’il va faire. Mais ce que je peux vous dire, c’est ce qu’il a fait jusqu’ici (sans ordre particulier).

  • cassé les reins, en Russie, à l’oligarchie soutenue par les Anglo-Sionistes.
  • mis fin de façon quasi miraculeuse à la guerre en Tchétchénie (ce que personne, prophètes inclus, n’avait prévu).
  •  littéralement ressuscité l’économie russe.
  • reconstruit l’Armée Russe, les Forces de Sécurité et de Police ;
  • mis des obstacles sévères aux activités subversives des ONG étrangères en Russie.
  • fait plus pour la dé-dollarisation de la planète que n’importe qui avant lui ;
  • fait de la Russie le dirigeant incontesté des BRICS et de l’OCS ;
  • défié ouvertement le monopole informationnel de la machine propagandiste occidentale (avec des projets comme celui de RT-Russia Today)
  • empêché une attaque imminente de la Syrie par les USA/OTAN, en envoyant une Force expéditionnaire de la Marine Russe (qui a fourni à la Syrie une couverture-radar de la région entière) ;
  • rendu possible la victoire d’Assad dans la guerre civile syrienne ;
  • ouvertement rejeté le « modèle civilisationnel global » occidental et déclaré son soutien à un autre, à base religieuse et traditionnelle ;
  • ouvertement rejeté un Nouvel Ordre Mondial unipolaire sous la domination des Anglo-Sionistes et déclaré son soutien à un ordre mondial multipolaire ;
  • soutenu Assange (par le biais de Russia Today) et protégé Snowden ;
  • créé et promu un nouveau modèle d’alliance entre la Chrétienté et l’Islam, sapant ainsi le paradigme du « choc des civilisations » ;
  • bouté les Anglo-Sionistes hors d’endroits-clés dans le Caucase (Tchétchénie, Ossétie) ;
  • bouté les Anglo-Sionistes hors d’endroits-clés d’Asie Centrale (base de Manas au Kirghizistan) ;
  • donné à la Russie les moyens - y compris militaires - de défendre ses intérêts dans la région arctique;
  • établi une alliance stratégique tous azimuts avec la Chine, qui est au cœur même des BRICS et de l’OCS ;
  • fait voter des lois (processus en train) empêchant des intérêts étrangers de prendre le contrôle des médias russes ;
  • donné à l’Iran les moyens de développer un programme de nucléaire civil dont ce pays avait grandement besoin ;
  • travaillé avec la Chine à créer un système financier totalement séparé du système actuellement contrôlé par les Anglo-Sionistes (y compris les transactions en roubles et en renminbi) ;
  • rétabli le soutien politique et économique de la Russie à Cuba, au Vénézuéla, à la Bolivie, à l’Équateur, au Brésil, au Nicaragua et à l’Argentine ;
  • très efficacement deballonné la « révolution de couleur » pro-US en Russie ;
  • organisé le « Voentorg » qui a armé les FAN 
  • offert l’asile à des centaines de milliers de réfugiés ukrainiens ;
  •  envoyé en Novorossia une aide humanitaire vitalement urgente ;
  • fourni un appui-feu direct et peut-être une couverture aérienne aux FAN, dans des endroits-clés (les « chaudrons sud » par exemple) ;
  • enfin et pas des moindres, il a parlé ouvertement de la nécessité, pour la Russie, de redevenir « souveraine » chez elle et de prévaloir sur la 5e colonne pro-US.

et cette liste s’allonge presque à l’infini. Tout ce que je suis en train de démontrer, c’est qu’il y a d’excellentes raisons à la haine qu’éprouvent les Anglo-Sionistes pour Poutine : le très long palmarès des luttes qu’il a menées contre eux. Si bien qu’à moins de lui supposer un changement subit de cœur, de mentalité ou de courage, on peut partir du principe qu’un changement d’attitude à 180° est hors de question. Sa politique actuelle est, au contraire, pleine de sens, et je vais essayer de l’expliquer un peu.

Si vous êtes du genre « Poutine a trahi la Novorossia », laissez un moment votre hypothèse de côté, juste pour les besoins de ma démonstration, et supposons que Poutine a, à la fois, des principes et de la logique. Que pourrait-il être en train de faire en Ukraine ? Quel sens attribuer à ce que nous voyons ?

 

Des impératifs que la Russie ne peut pas ignorer

Premièrement, je considère les impératifs suivants comme incontestables :

Un : la Russie doit l’emporter dans la guerre que lui imposent les Anglo-Sionistes. Ce que veut l’empire, en Russie, c’est un changement de régime, suivi d’une absorption complète dans la sphère d’influence occidentale, avec un très probable démembrement de la Russie à la clé.

Deux : la Russie ne sera jamais en sécurité tant qu’il y aura un régime néo-nazi à sa porte, c’est-à-dire au pouvoir à Kiev. Les freaks nationalistes Ukies ont prouvé » qu’il était vain de négocier avec eux (ils ont littéralement violé tous les accords qu’ils avaient signés jusqu’ici) ; leur haine pour la Russie est totale (comme le montrent leurs constantes références à l’utilisation – hypothétique – d’armes nucléaires contre la Russie. Par conséquent :

Trois : un changement de régime à Kiev, suivi d’une dénazification complète est la seule façon, pour la Russie, d’atteindre ses objectifs vitaux.

Une fois encore, et au risque de voir mes propos déformés et trahis, il me faut répéter que la Novorossia n’est pas l’enjeu de cette guerre. Ce n’est même pas non plus l’avenir de l’Ukraine. Ce qui est en jeu, c’est une confrontation planétaire (seule thèse de Douguine avec laquelle je sois d’accord). L’avenir de la planète dépend de la capacité des pays des BRICS et de L’OCS de remplacer l’empire anglo-sioniste par un ordre international très différent : multipolaire. Dans cet effort, le rôle de la Russie est crucial et indispensable. (tout effort dans ce sens sans la Russie serait voué à l’échec), et l’avenir de la Russie est en train de se décider selon ce que la Russie fera en Ukraine. Quant à l’avenir de l’Ukraine, il dépendra largement de ce qui arrivera en Novorossia, mais pas exclusivement. Paradoxalement, la Novorossia est plus importante pour la Russie que pour l’Ukraine. Voici pourquoi :

Pour le reste de l’Ukraine, la Novorossia est perdue. Pour toujours. Même un effort conjoint d’Obama et de Poutine ne pourrait empêcher cela. Les Ukies le savent, et c’est la raison pour laquelle ils ne font pas d’effort pour se gagner les cœurs et les esprits de la population novorossienne. En fait, je suis sûr que la destruction soi-disant « aléatoire » et « à l’aveugle » des infrastructures industrielles, économiques, scientifiques et culturelles novorossiennes a été un acte de vengeance haineuse identique à la manière dont les Anglo-Sionistes se mettent toujours à tuer des civils quand il échouent à battre des forces militaires (les exemples de la Yougoslavie et du Liban viennent tout de suite à l’esprit). Bien sûr, Moscou pourra probablement forcer les dirigeants politiques novorossiens à signer une espèce de document reconnaissant la souveraineté de Kiev, mais ce ne sera qu’une fiction. Il est beaucoup trop tard pour cela. Sinon de jure, du moins de facto, la Novorossia n’acceptera plus jamais d’être gouvernée par Kiev, et tout le monde le sait, à Kiev, en Novorossia et en Russie.

À quoi pourrait ressembler une indépendance de facto et non de jure ?

Pas d’armée ukrainienne, de garde nationale, de bataillons oligarchiques ni de SBU ; pleine indépendance économique, culturelle, religieuse, linguistique et éducationnelle ; des dirigeants élus localement et des médias locaux, mais tout cela avec des drapeaux ukrainiens et pas de statut indépendant officiel, pas de Forces Armées Novorossiennes (remplacées par quelque chose comme des « Forces de Sécurité régionales » ou des « Forces de Police ») et pas de monnaie novorossienne (mais avec usage du rouble, du dollar et de l’euro au quotidien). Les hauts fonctionnaires devant être officiellement approuvés par Kiev (sans que Kiev puisse les refuser sous peine de laisser voir son impuissance).  Ce sera un arrangement temporaire, transitoire et instable, mais qui sera assez bon pour fournir une porte de sortie à Kiev en lui évitant de perdre la face.

Cela dit, je voudrais défendre le point de vue que Kiev et Moscou ont intérêt à maintenir la fiction d’une Ukraine unitaire. Pour Kiev, ce serait le moyen de ne pas apparaître comme complètement vaincue par les maudits Moskals. Mais pour la Russie ?

 

Que feriez-vous si vous étiez à la place de Poutine ?

Posez-vous la question suivante : si vous étiez Poutine et si votre but était de changer le régime de Kiev, préféreriez-vous que la Novorossia fasse partie de l’Ukraine ou pas ? Je m’avance à dire que garder la Novorossia à l’intérieur de l’Ukraine est préférable, pour les raisons suivantes :

1.   elle ferait partie, même à un macro-niveau, de tous les processus ukrainiens tels qu’élections nationales, médias nationaux, etc. ;

2.   elle provoquerait des comparaisons avec les conditions de vie dans le reste de l’Ukraine ;

3.   il lui serait plus facile d'influencer le commerce, les affaires, les transports, etc.

4.     elle créerait un centre politique alternatif (non-nazi) à Kiev ;

5.     elle faciliterait la pénétration en Ukraine des intérêts russes de toutes sortes ;

6.   elle ôterait ainsi à Kiev la possibilité d’ériger un « mur » ou autre marqueur géographique de type Guerre Froide ;

7.     elle désarmerait l’accusation selon laquelle la Russie veut le morcèlement de l’Ukraine.

Autrement dit, garder la Novorossia en Ukraine serait la meilleure façon de paraître céder aux exigences anglo-sionistes, tout en subvertissant la junte néo-nazie au pouvoir. Dans un récent article, j’ai souligné ce que la Russie pourrait faire sans encourir aucune conséquence majeure :

  1. s’opposer au régime partout : à l’ONU, dans les médias, dans l’opinion publique, etc
  2. exprimer son soutien politique à la Novorossia, ainsi qu’à toute opposition ukrainienne et continuer la guerre de l’information (les médias russes font un travail formidable) ;
  3. empêcher la Novorossia de tomber (aide militaire secrète) ;  
  4. maintenir impitoyablement la pression économique sur l’Ukraine ;
  5. perturber autant que possible « l’axe du bien » US-UE ;
  6. aider la Crimée et la Novorossia à prospérer, économiquement et financièrement.

En d’autres termes : avoir l’air de se tenir en-dehors tout en étant très fort au-dedans.

 

Quelle est, de toute façon, l’alternative ?

J’entends d’ici le chœur indigné des « patriotes-hourra » (c’est ainsi qu’on les appelle en Russie) m’accuser de ne voir dans la Novorossia qu’un outil devant servir aux buts politiques russes et de faire l’impasse sur les morts et les souffrances du peuple novorossien.

4. Hooray-patriots Russia.jpg

À cela, je répondrai très simplement :

Quelqu’un croit-il sérieusement qu’une Novorossia indépendante puisse vivre en état de paix, même minimale, sans un changement de régime à Kiev ? Si la Russie ne peut pas se permettre une junte nazie au pouvoir à Kiev, comment la Novorossia le pourrait-elle ?

En général, les « patriotes-hourra » sont très prolixe sur ce qu’il convient de faire tout de suite, et quasiment muets sur tout ce qui requiert une vision à long et même à moyen terme. Tout comme ceux qui croient qu’on pourrait sauver la Syrie en y envoyant la Force Aérienne Russe, les « patriotes-hourra » croient qu’on peut résoudre la crise de l’Ukraine en y envoyant des tanks. Ils offrent le parfait exemple de la mentalité dont parlait H.E. Mencken, lorsqu’il écrivait : « À tout problème complexe, il y a une solution qui est claire, simple et fausse ».

La triste réalité, c’est que la mentalité qui sous-tend les solutions « simples » est toujours la même : ne pas négocier, ne jamais faire de compromis, ne jamais se préoccuper du long terme mais uniquement de l’avenir immédiat, et user de la force dans tous les cas.

Mais les faits sont là : le bloc US/OTAN est puissant militairement, économiquement et politiquement, et il peut faire du mal à la Russie, particulièrement au fil du temps. En outre, quoique la Russie puisse facilement vaincre la force militaire ukrainienne, une telle victoire n’aurait guère de signification. À l’extérieur, elle déclencherait une détérioration massive du climat politique international, tandis qu’à l’intérieur, la Russie devrait supprimer par la force les nationalistes ukrainiens (qui ne sont pas tous nazis). La Russie peut-elle faire cela ? Une fois encore, la réponse est oui. Mais à quel prix ? Un bon ami à moi a été colonel d’une unité des Forces Spéciales du KGB appelée « Kaskad » (et plus tard rebaptisée « Vympel »). Un jour, il m’a raconté comment son père, lui-même et un opérateur spécial du GRU ont combattu les insurgés ukrainiens depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale – en 1945 – jusqu’en 1958 ; c’est-à-dire pendant treize ans ! Il a fallu à Staline puis à Krouchtchev treize ans pour venir à bout des insurgés nationalistes ukrainiens. Est-ce que quelqu’un à peu près sain d’esprit va sincèrement croire que la Russie moderne devrait reproduire cette politique et passer des années à refaire la chasse aux insurgés ukrainiens ?

À propos, si les nationalistes ukrainiens ont pu combattre le gouvernement soviétique sous Staline et sous Krouchtchev pendant treize ans après la fin de la guerre, comment se fait-il qu’il n’y ait eu personne pour combattre les Nazis de Kiev à Zaporojié, à Dniepropetrovsk ou à Kharkov ? Oui, Lougansk et Donetsk se sont soulevées et ont pris les armes, avec grand succès, mais le reste de l’Ukraine ? Si vous étiez Poutine, seriez-vous persuadés que les Forces Russes, libérant ces villes, y recevraient le même accueil qu’elles ont reçu en Crimée ?

Et pourtant les « patriotes hourra » continuent de pousser à la roue pour réclamer plus d’intervention russe et davantage d’opérations militaires novorossiennes contre les forces Ukies. Ne serait-ce pas le moment de nous demander qui bénéficierait de cette politique ?

C’est un vieux truc de la CIA/US que d’utiliser les médias sociaux et la blogosphère pour manipuler l’extrémisme nationaliste en Russie. Un journaliste bien connu et patriote russe respecté – Maksim Chevchenko – a formé un groupe de personnes organisées pour repérer les adresses IP [Internet Protocol Address, NdT] de certaines des organisations nationalistes les plus radicales, de leurs sites web, de leurs blogs et de leurs intervenants individuels sur le Net russe. Il s’est avéré que la plupart étaient enregistrés aux États-Unis, au Canada et en Israël. Surpise-surprise ! Ou, peut-être, pas de surprise du tout ?

Pour les Anglo-Sionistes, apporter leur soutien à des extrémistes et à des nationalistes rabiques en Russie est tout à fait cohérent. Soit ils peuvent influencer l’opinion publique, soit on peut les utiliser pour vilipender le régime au pouvoir. Personnellement, je ne vois aucune différence entre un Udaltsov ou un Navalny d’une part,un Limonov ou un Douguine d’autre part.

Leur seule influence se borne à mettre les gens en colère contre le Kremlin. Le prétexte qui leur sert à susciter cette colère importe peu : pour Navalny, ce sont les « élections truquées » ; pour Douguine, c’est la Novorossia poignardée dans le dos. Et il n’importe guère non plus de savoir lesquels d’entre eux sont effectivement des agents payés ou des idiots utiles – que Dieu les juge – mais ce qui importe, c’est que les solutions qu’ils préconisent ne sont pas des solutions du tout, juste de pieux prétextes pour vilipender le régime au pouvoir.

Entretemps, non seulement Poutine n’a pas vendu, poignardé dans le dos ni laissé tomber en aucune manière la Novorossia, c’est Porochencko qui ne tient plus que par un fil au pouvoir et le Banderastan qui glisse au fond de la cuvette. Il y a aussi pas mal de gens qui voient clair dans les clabauderies diffamatoires des oiseaux de mauvais augure, tant en Russie (Yuri Baranchik) et à l’étranger (M.K. Bhadrakumar).[ Il y en a d’autres, beaucoup d’autres, diables merci ! Philippe Grasset, par exemple, ou AVIC, rien qu’en francophonie, Alexandre Prokanov en Russie, et on pourrait allonger la liste. NdT]

 

Mais, et les oligarques ?

J’ai déjà traité de cette question dans un post récent, mais je crois qu’il est important de revenir sur ce sujet, et la première chose qu’il importe de comprendre, dans le contexte russe et ukrainien, c’est que les oligarques sont une réalité de la vie. Cela ne veut pas dire que leur existence soit une bonne chose, mais que Poutine et Porochenko, et d’ailleurs n’importe qui essayant d’arriver à quelque chose dans ces deux pays doivent en tenir compte. La grande différence, c’est qu’alors qu’à Kiev un régime contrôlé par les oligarques a été remplacé par un régime d’oligarques, en Russie, l’oligarchie peut seulement influencer mais non contrôler le Kremlin. Les exemples de Khodorkovski et d’Evtouchenkov montrent bien que le Kremlin peut mettre un oligarque au tapis quand c’est nécessaire et qu’il ne s’en prive pas.

Cependant, mettre un ou deux oligarques K.O. est une chose, mais retirer l’oligarchie de l’équation ukrainienne en est une autre. Très différente. Cette alternative n’est pas à l’ordre du jour. Cela veut donc dire que, pour Poutine, toute stratégie ukrainienne doit prendre en compte la présence, et, franchement, le pouvoir des oligarques ukrainiens et de leurs homologues russes.

Poutine sait que la seule loyauté des oligarques est envers eux-mêmes et que leur seule vraie patrie est là où se trouvent leurs avoirs. Pour Poutine, ancien officier de renseignement du KGB, c’est un atout évident, parce que cette mentalité lui permet de les manipuler suivant un nombre défini de voies d’accès : l’idéologie, l’ego, le ressentiment, le sexe, un squelette dans le placard et, bien sûr, l’argent. Du point de vue de Poutine, Rinat Akhmetov, par exemple, est un type qui employait quelque chose comme 200.000 personnes dans le Donbass, qui peut, à l’évidence, faire en sorte que des choses se réalisent concrètement, et dont la loyauté officielle envers Kiev et l’Ukraine est juste un camouflage recouvrant sa loyauté réelle envers son fric. Or, Poutine n’a pas besoin d’aimer ni de respecter Akhmetov – la plupart des officiers de renseignement méprisent cordialement ce genre de personnes – mais il est certain que, pour Poutine, il est absolument crucial de pouvoir parler avec Akhmetov, d’explorer les potentialités qu’il offre et, si possible, de s’en servir pour atteindre l’un ou l’autre objectif national russe dans le Donbass.

J’ai déjà écrit ceci pas mal de fois : les Russes parlent à leurs ennemis. Avec un sourire amical. C’est encore plus vrai chez un ancien officier des services de renseignement, qui a été formé à toujours communiquer, sourire, avoir l’air engageant et compréhensif. Pour Poutine, Akhmetov n’est pas un ami ou un allié, mais c’est un personnage puissant qu’il convient de savoir manipuler à l’avantage de la Russie. Ce que j’essaie de vous expliquer, c’est ceci :

Il court de nombreuses rumeurs de négociations secrètes entre Rinat Akhmetov et des officiels russes. Il y en a qui disent que Khodakovski y est impliqué. D’autres mentionnent Sourkov. Il ne fait aucun doute pour moi que de telles négociations sont en cours. En fait, je suis sûr que toutes les parties intéressées parlent à toutes les parties impliquées. Y compris avec une créature répugnante, malfaisante et vile comme Kolomoïski. Le signal certain que quelqu’un a finalement décidé de le sortir du jeu serait que plus personne ne lui parle. Cela se produira sans doute, avec le temps, mais assurément pas avant que la base de son pouvoir ne soit suffisamment érodée.

Un blogueur russe [Yuri Baranchik, NdT] croit qu’Akhmetov a déjà été « persuadé » (lisez : acheté) par Poutine et qu’il est d’accord pour jouer selon les nouvelles règles, celles qui disent « Poutine est le chef ». Peut-être. Peut-être pas encore mais bientôt. Peut-être jamais. Tout ce que j’essaie de dire, c’est que des négociations entre le Kremlin et les oligarques Ukies sont aussi logiques et inévitables que l’ont été les contacts US avec la mafia italienne avant l’entrée des Forces US en Italie.

 

Mais y a-t-il une 5e colonne en Russie ?

Oui, absolument. D’abord et principalement, on la trouve à l’intérieur du gouvernement Medvedev, et même à l’intérieur de l’administration présidentielle. Rappelez-vous toujours que Poutine a été mis au pouvoir par deux forces concurrentes : les services secrets et les puissances d’argent (ce que j’appelle les « Atlantistes intégrationnistes »). Elles sont toujours considérablement présentes, quoi qu’elles soient plus effacées, plus prudentes et moins arrogantes qu’à l’époque où Medvedev était encore officiellement en charge. Le grand changement survenu ces dernières années, c’est que la lutte entre les patriotes (les « Souverainistes eurasiens ») et la 5e colonne apparaît maintenant au grand jour, mais elle est loin d’avoir cessé. Et nous ne devons jamais sous-estimer ces gens : ils ont beaucoup de pouvoir, beaucoup d’argent et une capacité fantastique à corrompre, menacer, discréditer, saboter, espionner, salir, etc. Ils sont aussi très à la page : capables d’engager les meilleurs professionnels de la subversion sur le terrain, et ils sont très très forts pour organiser de vilaines campagnes politiques. Par exemple, ils se donnent beaucoup de mal pour donner un forum à l’opposition nationale-bolchevique (Limonov et Douguine apparaissent très souvent à la télévision russe) et la rumeur court qu’elle (c'est toujours de la 5e colonne qu'on parle) finance beaucoup des médias nationaux-bolcheviques (exactement comme les frères Koch financent le Tea Party aux USA).

Un autre problème vient de ce que, quoique ces gens exécutent objectivement les ordres de la CIA, il n’y en a pas de preuve. Comme me l’a souvent répété un ami très averti : la plupart des conspirations sont en réalité des collusions, et les collusions sont très difficiles à prouver. Mais la communauté d’intérêts entre les USA/CIA et les oligarchies russe et ukrainienne est si évidente qu’il serait vain de vouloir la nier.

 

Le vrai danger pour la Russie

Nous avons donc à présent le tableau complet. Poutine doit simultanément affronter :

1) une campagne stratégique de guerre psychologique menée par les US/UK & C°, qui combine la démonisation de Poutine par tous les médias aux ordres ET une campagne dans tous les médias sociaux, visant à le discréditer pour son manque d’agressivité envers l’Ouest.

2) un groupe – petit mais bruyant – de (pour la plupart) nationaux-bolcheviques (Limovov, Douguine & C°), qui ont trouvé, dans la cause novorossienne, une parfaite occasion de lyncher Poutine, lequel a le tort de ne pas partager leur idéologie et leurs « claires, simples et fausses » solutions.

3) un réseau d’oligarques très puissants, désireux d’utiliser l’opportunité offerte par les deux groupes sus-nommés pour faire avancer leurs propres intérêts.

4) une 5e colonne pour laquelle tout ce qui précède offre une possibilité merveilleuse d’affaiblir les Souverainistes eurasiens.

6) une écrasante majorité de gens, en Novorossia, qui veulent une indépendance totale (de facto et de jure) vis-à-vis de Kiev, et qui sont sincèrement convaincus que toute négociation avec Kiev est le prélude à une trahison, par la Russie, des intérêts novorossiens.

7) la réalité objective, selon laquelle les intérêts russes et novorossiens ne sont pas les mêmes.

8) l’autre réalité objective, selon laquelle l’empire anglo-sioniste est toujours très puissant et, bien sûr, potentiellement dangereux.

C’est très très dur pour Poutine d’essayer d’équilibrer ces forces, de manière à ce que le vecteur résultant aille dans le sens des intérêts stratégiques de la Russie. Je dirais même qu’il n’y a simplement pas d’autre solution à ce casse-tête que de séparer la politique officielle russe (déclarée) des actions russes réelles. L’aide secrète à la Novorossia – le Voentorg – en est un exemple, quoiqu’un exemple limité, parce que ce que la Russie doit faire maintenant va bien au-delà des actions secrètes. Elle doit avoir l’air de faire une chose tout en faisant exactement – quadrature du cercle - le contraire. Au point où en sont arrivées les choses, il est de l’intérêt stratégique de la Russie de sembler :

1) défendre une solution négociée dans le sens d’une Ukraine unitaire non-alignée avec d’importants droits régionaux pour toutes les régions, tout en s’opposant partout au régime en place : à l’ONU, dans les médias, dans l’opinion publique, etc., et en soutenant l’opposition non seulement en Novorossia mais aussi dans le reste de l’Ukraine.

2) donner aux oligarques russes et ukrainiens des raisons de - sinon soutenir - du moins ne pas s’opposer à une telle solution (par exemple en ne nationalisant pas les avoirs d’Akhmetov dans le Donbass), tout en s’assurant qu’il y ait assez de « puissance de feu » pour les tenir sous contrôle

3) négocier avec l’Union Européenne sur la mise en œuvre de l’accord Ukraine-UE, tout en aidant l’Ukraine à se suicider économiquement en s’assurant qu’il y ait assez de strangulation économique pour empêcher le régime de rebondir ;

4) négocier avec l’Union Européenne et la junte de Kiev sur la livraison du gaz, tout en s’assurant que le régime ait suffisamment à payer pour rester fauché.

5) refuser la confrontation avec les USA, en s’appliquant de toutes ses forces à créer des tensions entre les USA et l’UE.

6) être disponible et prêt à faire des affaires avec l’empire  anglo-sioniste, tout en construisant un système international alternatif non centré sur les USA et sur le dollar.

Comme vous voyez, ceci va bien plus loin qu’un programme d’actions secrètes. Ce que nous avons là est un programme très complexe, multi-couches, en vue d’atteindre un but importantissime en Ukraine (changement de régime et dénazification), tout en court-circuitant le plus possible les tentatives des Anglo-Sionistes pour recréer une crise Est-Ouest sévère et de longue durée, à la (dé)faveur de laquelle l’Union Européenne serait immanquablement amenée à fusionner avec les États-Unis.

 

Conclusion : clé de la politique russe ?

La plupart d’entre nous avons l’habitude de penser en termes de super-puissances. Après tout, les présidents US, de Reagan à Obama, nous ont mis au régime hautes calories de déclarations formidables,  d’opérations militaires sans fin toujours suivies de déclarations martiales du pentagone, de menaces, de sanctions, de boycotts, etc. Je me permettrai de dire que ceci a toujours été la marque distinctive de la « diplomatie » occidentale, des Croisades aux dernières frappes contre l’ISIL. La Russie et la Chine ont une tradition diamétralement opposée. Par exemple, en termes de méthodologie, Lavrov répète toujours le même principe : « nous voulons faire de nos ennemis des neutres, des neutres nos partenaires et de nos partenaires des amis ». Le rôle de la diplomatie russe n’est pas de faire la guerre mais de l’éviter. Oui, la Russie se battra, mais seulement quand la diplomatie aura échoué. Si, pour les États-Unis, la diplomatie n’est qu’un moyen de lancer des menaces, pour la Russie, c’est le principal moyen de les désamorcer. Ce n’est donc pas étonnant que la diplomatie US soit primitive au point d’en être comique. Après tout, de quelle sophistication a-t-on besoin pour dire « écrase-toi, sinon ! » ? Le premier petit voyou des rues venu sait comment faire cela. Les diplomates russes, pour leur part, sont plutôt du genre spécialistes en explosifs ou officiers démineurs : ils sont très patients, très prudents et très concentrés. Mais, par-dessus tout, ils ne peuvent autoriser personne à les bousculer, sous peine de faire exploser tout le bazar.

La Russie est parfaitement consciente de ce que l’empire anglo-sioniste est en guerre contre elle et que lui céder n’est plus une option (si tant est que cela l’ait jamais été). La Russie sait aussi qu’elle n’est pas une super-puissance et encore moins un empire. La Russie n’est qu’un pays très puissant, en train d’essayer d’enlever à l’empire ses crochets à venin sans déclencher une confrontation frontale avec lui. En Ukraine, la Russie ne voit pas d’autre solution qu’un changement de régime à Kiev. Pour atteindre ce but, la Russie préférera toujours une solution négociée à un résultat obtenu par la force, même si, en l’absence de toute autre possibilité, elle emploiera la force. En d’autres termes :

5. Dollar gutter.jpg

Dollar dans le caniveau – Josetxo Ezcurra

 

Le but à long terme de la Russie est de faire tomber l’empire anglo-sioniste. Son but à moyen terme est de créer les conditions nécessaires à un changement de régime à Kiev. Son but à court terme est d’empêcher la junte d’envahir et de soumettre la Novorossia. La méthode préférée de la Russie pour atteindre ces buts est de négocier avec toutes les parties impliquées. Un préalable, pour y arriver par la négociation, est d’empêcher que l’empire réussisse à créer une crise continentale aiguë (pour sa part, « l’état profond » impérial a parfaitement compris tout cela, d’où la double déclaration de guerre d’Obama et de Porochencko).

Si vous gardez à l’esprit ces principes de base en tête, le sens des apparents zig-zags, contradictions et passivité de la politique russe commence à vous apparaître.

Est-ce que la Russie réussira à atteindre ses buts ? Cela reste à savoir. Théoriquement, une attaque heureuse de la junte en Novorossia pourrait obliger la Russie à intervenir. De même, la possibilité d’une « fausse bannière » de plus n’est pas exclue, peut-être même au nucléaire. Je pense que la politique russe est saine et rationnellement la plus susceptible de réussir dans les circonstances actuelles. Mais en définitive, seul le temps le dira.

Je suis désolé qu’il m’ait fallu 6400 mots pour expliquer tout cela, mais, dans une société où la plupart des « pensées » s’expriment en tweets et la plupart des analyses en posts sur Facebook, c’est une tâche ardue que d’essayer de mettre un peu de clarté dans ce qui est en train de devenir un déluge de malentendus et d’idées fausses, le tout envenimé par les médias sociaux. Je trouve que 6.000 mots conviennent mieux à ce genre d’entreprise, dans la mesure où il est bien plus facile de lancer un slogan simpliste que de réfuter ses postulats et ses implications.

Ce  que j’espère, c’est que ceux d’entre vous qui étaient sincèrement désorientés par la démarche apparemment illogique de la Russie peuvent maintenant mieux relier les petits points entre eux et voir apparaître une image plus cohérente.

Meilleures salutations à tous.

Le Saker

Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

Sources :  http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/09/the-russian-resp...

http://uprootedpalestinians.wordpress.com/2014/09/29/angl...

http://www.informationclearinghouse.info/article39801.htm

(ce texte a généré près de 200 commentaires sur le site d’origine, plus des douzaines d’autres sur ceux d’I.C.H. et d’Uprooted Palestinians)

*

Comme on vous le disait…

Dvorkovitch : un exemple de 5e colonne à l’œuvre en Russie

Arkady-Dvorkovich.jpg

Ces derniers jours, les mauvaises nouvelles concernant l’économie russe furent nombreuses : les prix du pain, du fromage, des médicaments de la viande et de nombreux autres produits ont augmenté, certains de manière considérable. En même temps, le rouble a atteint un nouveau seuil à la baisse face au dollar, forçant la Banque centrale russe à intervenir pour contrer cette baisse.

Aucun doute qu’Obama va en profiter pour dire que les sanctions démontrent leurs effets.

Il y a juste un petit problème : aucun économiste n’a pu établir un lien direct entre les sanctions occidentales et ce que l’on observe. La réalité est bien plus simple.

Lire la suite…

Source : http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/03/dvorkovitch-exempl...

 

*

 

En anglais, hélas. Si nous en découvrons une traduction, nous l’insérerons ici même.

The Threat of War and the Russian Response

How to Lead a Coalition and Avoid a Global Conflict

By Sergey Glazyev

The world needs a coalition of sound forces advocating stability – a global anti-war coalition with a positive plan for rearranging the international financial and economic architecture on the principles of mutual benefit, fairness, and respect for national sovereignty.

6. glazyev.jpg

September 29, 2014 « ICH » – « Global Affairs » – U.S. actions in Ukraine should be classified not only as hostile with regard to Russia, but also as pursuing a process of  global destabilization. The U.S. is essentially provoking an international conflict to salvage its geopolitical, financial, and economic authority.

The response must be systemic and comprehensive, aimed at exposing and ending U.S. political domination, and, most importantly, at undermining U.S. military-political power based on the printing of dollars as a global currency.

The world needs a coalition of sound forces advocating stability —in essence, a global anti-war coalition with a positive plan for rearranging the international financial and economic architecture on the principles of mutual benefit, fairness, and respect for national sovereignty.

Read more…

Source : http ://www.informationclearinghouse.info/article398...

 

Le voilà !

La menace de guerre et la réponse russe

Sergey Glazyev - 28 septembre 2014

Comment mener une coalition et éviter un conflit mondial

Sergei Glaziev est un des conseillers du Président de la Fédération de Russie et membre de l’Académie des Sciences russe.

Résumé : Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

Lire la suite…

Source : http://www.les-crises.fr/la-menace-de-guerre-et-la-repons...

 

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Sous-titré en anglais, grâce à la communauté des correspondants du Saker en Russie et en Océanie, et bien entendu pas en français… (Decline of the francophonie).

 

Dmitry Rogozine, Vice-Ministre de la Défense de Russie, interviewé par Vladimir Soloviev

L’avis du Saker :

Cette interview est importante, parce qu’elle montre ce que la Russie est réellement en train de faire tout en entretenant l’impression de poursuivre un « partenariat » avec l’empire anglo-sioniste : se préparer à la guerre en espérant qu’elle pourra être évitée. Dans cette interview, Rogozine s’adresse à une audience nationale, dans une des émissions les plus populaires de la télévision russe.

Il ajoute :

Rogozine est Vice-Premier ministre de Russie, Chef de la Commission Militaro-Industrielle et un des représentants les plus intéressants et les plus influents des « Souverainistes eurasiens. C’est aussi l’homme qui pourrait, un jour, succéder à Vladimir Poutine. Il est absolument haï par les « Atlantistes » de Russie et par l’empire anglo-sioniste.

 

 

*

Merci à Réseau international !

Ajout, ce dimanche  5 octobre

de l’interview de Dmitry Rogozine sous-titrée en français et de sa transcription.

Cette passionnante interview  de Rogozine, réalisée par Vladimir Soloviev, est passée le 21 septembre 2014 sur la chaine russe Rossia 1, dans le journal télévisé (Vesti). Le Vice-Premier ministre de la Fédération de Russie y expose sans retenue la position de la Russie face aux sanctions de l’Occident (notamment face à la France), et les investissements que mène le pays pour développer son industrie de l’armement.

À regarder avec sous-titres (36 mn) ou à lire en intégral sous forme d’un article, en dessous de la vidéo.

 

 

Télécharger les fichiers des sous-titres français et anglais au format .txt
(si vous voulez par exemple le traduire dans une autre langue, nous envoyer le fichier traduit
 à cette adresse).

Transcription : Marina (Saker russe), Katya (Saker Océanie) & CG (Saker russe). Traductions et édition : Katya & Daniel (Saker français). Production : Marina, Katya & Augmented Ether. Editing & Production: Augmented Ether (Oceania Saker)

Retrouvez toutes nos vidéos sous-titrées en français (et en d’autres langues) sur notre chaine Youtube TheFrenchSaker TV

 

TEXTE INTÉGRAL DE L’INTERVIEW

Vladimir Soloviev (VS) : Bonsoir et bienvenue à Une soirée avec Vladimir Soloviev. Du lundi au jeudi, après l’émission Vesti [le Journal télévisé], nous discuterons de l’actualité du jour avec ceux qui font de la politique, qui influencent la politique et qui ont un point de vue particulier sur ce qui se passe. Avec nous en studio, nous avons le Vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, M. Dmitri Olegovitch Rogozine. Nous verrons comment le complexe militaro-industriel de la Russie répond aux sanctions, pourquoi les Français craignent de briser le contrat Mistral et ce que l’ancien représentant auprès de l’OTAN pense de ses collègues de l’Alliance de l’Atlantique Nord.

Lire la suite…

Sources : http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/04/video-dmitri-rogoz...

Via :  http://reseauinternational.net/video-dmitri-rogozine-vice...

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Un Post-Scriptum d’I.C.H.

Fact or fiction ? Russia threatens to retaliate against U.S. military: Warns airspace over Syria under protection of Moscow. Russia has delivered a behind-the-scenes threat to retaliate if airstrikes carried out by the U.S. or its allies target the regime of Syrian President Bashar al-Assad, Middle Eastern security officials told WND.

7. No, you can't.jpg

 

*

Frasques de l’empire

(Une pincée)

 

Sayed Hassan Nasrallah sur la coalition contre l’État Islamique : « L’Amérique est la mère du terrorisme ».

 

Discours du 23 septembre 2014

Dans cet extrai sous-titré en françaist, Sayed Hassan Nasrallah explique pourquoi le Hezbollah est opposé à la participation du Liban à la coalition internationale contre l’État Islamique menée par les États-Unis, qu'il considère comme la source du terrorisme et accuse de vouloir s’implanter à nouveau au Moyen-Orient au prétexte de cette coalition. Le Liban fait face à des agressions répétées de la part de l’EI et du Front Al-Nosra, qui ont capturé 22 soldats libanais et exécuté trois d’entre eux, mais Hassan Nasrallah considère que le Liban est tout à fait capable de faire face à ce danger, et qu’il n’est pas dans son intérêt de s’allier aux États-Unis.

 

 

Transcription :

Le deuxième point concerne les développements de la région et notre position vis-à-vis de ce qui a été appelé la coalition internationale contre l'Etat Islamique. Nous souhaitons bien évidemment préciser notre position vis-à-vis de cette coalition, notre position en tant que mouvement, notre position en tant que Résistance, notre position à travers nos ministres dans le gouvernement libanais, et nous voulons également par là répondre aux distorsions et mensonges dont nous avons été l'objet à ce sujet. Maintenant, s'il y a des gens qui sont incapables de savoir et de comprendre, c'est leur problème, pas le nôtre. Quoi qu'il en soit, nous exposons et expliquons notre position car il s'agit d'un moment historique et crucial.

Lire la suite :

Source : http://www.sayed7asan.blogspot.fr/

 

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« Washington est en train de planifier mon assassinat » (Christina Kirchner)

 

8. Cristina.jpg

IRIB et RT -  2 octobre 2014.

Cristina Fernandez de Kirchner a reçu des menaces de Daech (Isil-Isis), à cause de ses liens avec le pape François. Mais ce n’est pas la seule menace qui pèse sur elle. Elle accuse les États-Unis d’être en train de planifier la chute de son gouvernement et d’envisager même son assassinat.

« Si, un jour, il m'arrive quelque chose, ne regardez pas vers le Moyen-Orient, mais vers le Nord, cherchez ce qui se trafique dans les ambassades » a-t-elle déclaré dans un discours prononcé à la télévision nationale.

Le peso est en chute libre et les relations de la présidence avec les États-Unis sont au plancher

« Les États-Unis sont en train de bombarder le Moyen-Orient, et même s'ils ne mènent aucune attaque militaire contre l'Argentine, ils mènent des attaques économiques, pour faire retourner le pays en arrière, au temps où l'Argentine était à genoux et forcée de solliciter des prêts à des taux d'intérêt pharamineux », a-t-elle ajouté.

Pour plus de détails (en anglais) sur la manière dont l’empire prélève sa livre de chair,

Lire ici…

http://rt.com/news/192468-argentina-kirchner-economy-plot/

 

Pour la mise à mort de Dilma Roussef, par les urnes ou autrement, c’est

« à suivre ».

 

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Humour allemand

(C’est sérieux)

 


Source :  http://reseauinternational.net/satire-guerre-linformation...

 

 

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Démocratie à l’anglaise

 

9. winston-churchill.jpg

 

L'imam de Srebrenica et la vraie discrimination

24 septembre 2014

La Grande-Bretagne ayant refusé le visa au prêtre orthodoxe serbe de sa commune, l'imam de Srebrenica a renoncé à son voyage, par solidarité ! Comble d'ironie, la délégation mixte devait présenter un projet de coopération intercommunautaire.

Voici bientôt vingt ans qu'on exploite la tragédie de Srebrenica comme facteur de division entre bosniaques orthodoxes et musulmans. Le geste de l'imam Peštalić, qui ne lui aura pas valu que des félicitations dans son camp, mériterait d'être claironné comme un rayon d'espoir et une preuve d'entente possible, surtout au moment où l'Occident repart en guerre dans les terres d'islam.

Cette histoire est particulièrement révoltante et éloquente. Elle flanque par terre tout le prêchi-prêcha sur la tolérance dont se gargarisent, notamment, les apparatchiks anglais. Elle montre qui, derrière un hypocrite langage humaniste, sème vraiment la discorde en ex-Yougoslavie, et qui pratique vraiment la discrimination.

Ayant la preuve que beaucoup de journalistes lisent attentivement mon blog, je traduis ci-dessous l'article de Večernje Novosti qui relate l'affaire. On verra bien qui saisira l'occasion de raconter une belle histoire à contre-courant. Ou pas. À diffuser largement!

(NB Les soulignés sont de moi. SD.)

10. Imam Srebrenica.png

L'imam de Srebrenica a refusé de partir en Angleterre parce que les prêtres orthodoxes serbes n'avaient pas eu leur visa.

Lire la suite…

Source : http://blog.despot.ch/limam-de-srebrenica-et-la-vraie-dis...

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Marqués comme du bétail

11. human-trafficking-uk-report2.si.jpg

Un article de RT-Russia Today, sur l’esclavage à l’anglaise. Enfants et adultes. Gens de l’Est surtout (l’Empire britannique rétrécit).

Voir ici… en anglais

Source :  http://rt.com/uk/191864-human-trafficking-uk-report/

 

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Du coup :

À lire ou à relire !

12. SKIRDA.jpeg

 

 

 

Alexandre SKIRDA

La traite des Slaves – L’esclavage des Blancs du VIIIe au XVIIIe siècle

Les éditions de Paris – Max Chaleil – 2010

230 pages

 

 

 

 

Où le trouver :

À la Librairie Quilombo

Contact : quilombo@globenet.org

Pour visiter son site :  quilombo@globenet.org

 
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 Mis en ligne le 2 octobre 2014

 



 

19:59 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/09/2014

VOUS LE SAVIEZ ?...

1. Le bateau fou - Alexandr Mikushev.jpg

 

Vous le saviez, qu’à deux pas de chez vous, on faisait des trucs pareils ?

 

Le vol MH17 de Malaysia Airlines rempli de cadavres plastinés ?

Olivier Renault – La voix de la Russie

9 septembre 2014-09-14

Un rapport intermédiaire du Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité sur le crash du MH17 a été publié ce mardi 9 septembre à 10 heures, mais n'apporte rien sur les détails concernant les corps car c'est le document final qui devrait en faire cas. Comme l'explique Alain Benajam du comité France-Donbass pendant la conférence de presse donnée à Paris samedi 6 septembre « la Hollande est sous la domination américaine et rien ne sortira ! ».

 

2. Vol MH17.jpg


Une secouriste ukrainienne arrivée sur le lieu du crash de l'avion de la Malaysia Airlines a apporté un témoignage inédit en expliquant que les corps sentaient la chimie de manière très forte à en brûler les yeux et que les cadavres n'étaient pas des Occidentaux mais surtout des Asiatiques et que la majorité des corps étaient sans vêtement (seuls 20 avaient des habits). Cette odeur de chimie à en brûler les yeux est ce phénomène qu'on ressent en approchant les corps de la plastination, la grosse usine de recyclage de cadavres basé en Allemagne dans la ville de Guben mais aussi en Chine à Dalian avec l'immense filiale de la société allemande. Au delà de Plastinarium, une autre société allemande, Tutogen, commande entre autres, comme le montre un livre de 2008 et un reportage de 2011, ses cadavres en Ukraine par Kiev pour alimenter le marché lucratif mondial en pièces détachées humaines qui passe par l'Allemagne en direction des États-Unis.

Lire la suite…

Source : http://french.ruvr.ru/2014_09_09/Le-vol-MH17-de-Malaysia-...

 

Grain de sel des Grosses Orchades

 

En voilà des choses à vérifier ! En voilà une matière à enquête pour une commission internationale (qui comprendrait si possible des Cubains pour nous rassurer personnellement). Cela dit, M. Renault devrait se relire. Il écrit comme un petit cochon.

Supposons – hypothèse de travail – qu’il y ait du vrai dans ce qu’avaient aussi déclaré, ébahis, les sauveteurs locaux (non spécialistes de ces choses) arrivés les premiers sur le lieu du drame (« les passagers étaient déjà morts, c’étaient des cadavres »… « pas de sang », sauf dans la cabine,  où « il y en avait partout »…). Dans ce cas,

 

OÙ sont les victimes réclamÉes à grands cris par les Hollandais et par les canards anglais ?

 

Où est l’enfant réclamé par son père à Poutine ?

3. Putin's killed my son.jpeg

Si vous lisiez cela en passant vite devant un kiosque à journaux, vous pouviez penser qu’il avait perdu un bébé, le père éploré. Mais non, le bébé c’était le prince George qui venait de fêter (déjà !) son premier anniversaire. Le fils était « un brillant étudiant britannique », mais, ppfftt, un peu d’entourloupe ne mange pas de pain n’est-ce pas, et le Daily Mail est un vieux de la vieille.

 

Où sont les « êtres chers » réclamés aux « gangsters russes » par les « familles britanniques » interviewées – c’est sûr ! – par le Daily Telegraph avec photos à l’appui ?

4. daily telegraph - Russian gangsters.jpeg

Où les 10 « from UK » et les « 80 enfants qui ont péri » ? Où le malheureux « Brit » pickpocketté post mortem par les pillards de Poutine ? Est-ce qu’on les a rattrapés au moins, et embastillés, ou ont-ils eu le temps de refiler leur larcin à l’affreux du Kremlin pour son petty cash ?

5. SUN - Putin's looters.jpeg

Où sont les 193 Hollandais dont les corps ont été « rapatriés par deux avions militaires » et publiquement pleurés – leurs photos présentes dans les fleurs – par tant de familles en deuil ?

 


 

De deux ou trois choses l’une : si les corps étaient bien ceux d’Asiatiques emplastifiés et enformolisés, soit les familles éplorées ont participé à un entubage de l’ordre de deux avions descendant trois tours construites pour résister aux tremblements de terre, ce qui ferait d’elles une horde de délinquants internationaux, soit elles ont vraiment perdu des êtres chers, et dans ce cas oÙ ? quand ? comment ? et oÙ sont-ils, morts ou vifs, leurs chers disparus ?

 

À quand la publication officielle de la liste des endeuillés, avec leurs coordonnées précises et les minutes de leurs dépositions ? À quand la publication de la liste officielle des disparus, avec preuve de l’achat des billets et des formalités d’embarquement, individu par individu, enregistrées par les caméras de surveillance de l’aéroport de départ, etc, etc, etc. (La NSA doit bien avoir ça quelque part.)

 

Resterait quand même à savoir QUI sont les Asiatiques supposément formolitraités en Allemagne (pas à Auschwitz quand même ?) où et dans quelles circonstances ils sont morts. De mort naturelle ? Sinon… ?

 

Nous, on dit ça, hein… c’est parce qu’on est des fans de saint Thomas, apôtre bien trop négligé si vous voulez notre avis.

 

À condition qu’il y ait le moindre fondement dans ce que rapporte l’article (et cela doit pouvoir se vérifier), une chose est sûre : si cramés du bulbe qu’ils soient, si monstres de Frankenstein de la troisième génération, et même si shootés au crack, les nazis de Kiev ne peuvent pas être à l’origine de ce neo-Reichstag en folie. Ils ont pu y participer – par exemple en flinguant les pilotes à l’Uzzi ou au bazooka – mais c’est de l’amont que vient l’Eurêka de la chose, et d’un amont à complicités multiples. Principalement européennes. Joie ! Joie ! Pleurs de joie !

 

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Déjà une suite !  :  Après notre mise en ligne, il semble que La Voix de la Russie ait retiré de son site l'article d'Olivier Renault. Il y était question, en détail, de trafic de corps humains « traités » en Allemagne et expédiés, principalement vers les États-Unis. Pour en faire quoi ? Pas de la transplantation d'organes, les « donneurs » étant déjà morts, mais, semble-t-il, des greffes de tissus et d'os. On ne peut que supposer que, sans preuves matérielles à faire valoir, puisque les restes sont aux mains des enquêteurs occidentaux, La Voix de la Russie ait préféré supprimer l'article de son collaborateur et les commentaires qu'il suscitait.

CEPENDANT...

Le Plastinarium existe bien, à Guben. C'est là (en allemand) : http://www.plastinarium.de/index.html .

Même TripAdvisor en parle : http://www.tripadvisor.fr/ShowUserReviews-g1597377-d2554338-r127060710-Plastinarium-Guben_Brandenburg.html

Tutogen aussi existe. C'est ici (en anglais) : http://www.rtix.com/about/tutogen-medical-gmbh/

Et a même ce qui ressemble à une filiale en France : http://www.tutogen.fr/ 

 

 

*

 

Justement, puisqu’on en parle… 

 

Foin du respect des dates en matière d’anniversaires, on n’est pas à quelques jours près :

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11 Septembre,
Journée officielle des «merdias» et du mensonge d’État

(il faudra peut-être lui trouver un saint patron, un qui ne soit pas dégoûté)

11/09/2014 - Histoire de marquer le 13ème anniversaire de la plus formidable opération d’enfumage jamais réalisée, entrefilets.com propose d’instituer désormais la date du 11 Septembre comme «Journée officielle des «merdias» et du mensonge d’État». Après le fascinant montage du 11 Septembre 2001 et les fausses ADM irakiennes ; après la vraie-fausse révolution syrienne et la fameuse attaque chimique bidon;  après les faux bombardements de Kadhafi sur sa population ; après la fausse révolution ukrainienne et la manipulation autour du crash du MH17: franchement, il était injuste que face à tant d’efforts pour créer cette réalité virtuelle, aucune journée ne soit dédiée aux merdias pourvoyeurs du mensonge d’État. Injustice réparée donc.

Lire la suite…

Source :  http://www.entrefilets.com/11%20Septembre%20journee%20off... 

 

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Quoi qu’il en soit, le 11 septembre, c’est la saint Adolphe.

Quant au patron des journaleux, c’est saint François de Sales, mais, nous sommes nuls en calembours lacano-freudiens !

 

*

Pour en finir une fois pour toutes, avec les discussions sur « les tours ».

Treize ans après le 11-Septembre, l’aveuglement persiste

par Thierry Meyssan

 

Thierry Meyssan fut le premier à démontrer l’impossibilité de la version officielle des attentats du 11-Septembre et à en conclure à une modification profonde de la nature et de la politique du régime états-unien. Alors que la plupart de ses lecteurs continuent à se passionner pour cette journée, il a poursuivi son chemin et s’est engagé contre l’impérialisme au Liban, en Libye, et aujourd’hui en Syrie. Il revient ici sur cette folle journée.

 

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 11 septembre 2014

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Les évènements du 11-Septembre restent gravés dans la mémoire collective sous la forme planifiée par les médias : des attentats gigantesques ont frappé New York et Washington. Mais l’enjeu de pouvoir qui a profondément changé le monde ce jour-là est toujours occulté.

Vers 10 h le matin, alors que les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone avaient déjà eu lieu, le conseiller anti-terroriste de la Maison-Blanche, Richard Clarke, a enclenché le programme de « continuité du gouvernement ». Ce programme vise à remplacer l’Exécutif et le Législatif en cas de destruction lors d’une guerre nucléaire. Il n’avait aucune raison d’être mis en œuvre ce jour-là. Dès lors, le président George W. Bush a été démis de ses fonctions au profit d’un gouvernement militaire.

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Source : http://www.voltairenet.org/article185303.html

 

*

Les Slaves se rebiffent

 

Le factum d’Andreï Nikitine ayant plu autour de nous (à des Occidentaux lucides ou masos) et puisqu’il n’est pas le seul à nous balancer nos quatre vérités, nous vous en avons trouvé un autre, que voilà (c’est un Serbe, mais c’est bien des Russes qu’il parle) :

 

Le syndrome Tolstoïevsky

Slobodan Despot

Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.

 

9. Tolstoievski.jpg

 

Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a bâti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l’utilise encore (à la différence des USA où les rails légendaires finissent en rouille), qui a minutieusement exploré et cartographié les terres, usages, ethnies et langues de l’espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins géants, qui a reconstitué une classe moyenne en moins de quinze ans après la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixième des terres émergées, est soudain traitée, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation !

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Source : http://blog.despot.ch/le-syndrome-tolstoievsky

 

Slobodan Despot, est écrivain, mais aussi éditeur. Le canton de Vaud aura eu ainsi deux éditeurs serbes : Slobodan Despot, donc, qui anime les éditions Xénia (http://www.editions-xenia.com/library) et feu Vladimir Dimitrijević, qui a dirigé les éditions L’Âge d’Homme jusqu’à sa mort en 2011.

 

Mais à quoi bon lésiner ?

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POUCHKINE :

Aux calomniateurs de la Russie

«Vous menacez, rhéteurs : agissez donc, de grâce.

Mais agir est douteux : plus sûre est la menace.»

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Aleksandr Sergueevitch Pouchkine, Œuvres poétiques, Volume 1 (éd. L'Âge d'Homme)

 

 

*

Et puisqu’on est à la fois chez les Slaves et en plein centenaire de la Première der des der :

 

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28 juin 1914.

In memoriam Gavrilo Princip

Gavrilo Princip, dont le nom et le prénom sont à eux seuls un destin et une prophétie, n'avait pas encore vingt ans le 28 juin 1914 lorsqu'il abattit le prince héritier d'Autriche-Hongrie François-Ferdinand et son épouse la comtesse Chotek. Lors de son procès à l'automne 14, l'Empire, qui exterminait déjà en masse les populations civiles dans la Serbie voisine, avait tenu à persuader le monde de son respect minutieux du droit. Au lieu de le pendre à l'instar de ses camarades révolutionnaires, il condamna cet étudiant mineur à vingt années de bagne.

Mais c'était la pendaison qui était une grâce !

Lire la suite…

Source : http://www.despot.ch/blog/index.php?id=8465862883970686266

 

*

L’Occident ne s’intéressant pas à ce qu’on ne lui met pas sous le nez dans ses merdias ne sait pas qu’Emir Kusturica s’est lancé dans une entreprise difficile et de longue haleine : obtenir la révision du procès qui a condamné, « par grâce impériale », le justicier mineur d’âge à vingt ans de forteresse « pour trahison » (« pour trahison » = condamnation à mort assurée) et non pour meurtre (dix à vingt ans de réclusion). Son procès, semble-t-il, relevait de la justice du Sultan, non de celle de l’Empereur d’Autriche, car comment peut-on trahir un pays qui occupe le vôtre ? Bien sûr, les trois autres membres de Jeune Bosnie ont été pendus et Princip est mort quatre ans plus tard – dans les pires conditions qui soient –, une révision ne changera rien à leur sort. Pourquoi la vouloir, alors ? Pour le principe. Pour avoir la satisfaction morale d’exposer la dépravation de l’empire, qui a violé le droit pour obtenir vengeance. Les empires n’en font jamais d’autres.

 

À propos, que devient Aafia Siddiqui ? (Soit dit en passant, c’est prophétiquement qu’Yvonne Ridley a écrit, en 2010,  “Aujourd'hui Aafia, les citoyens américains demain”). Que deviennent Léonard Peltier,  Mumia Abou Jamal, Georges Ibrahim Abdallah, eux aussi enterrés vifs jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Les empires se succèdent et se ressemblent.

 

Aux dernières nouvelles et pour le centenaire de cet « Attentat de Sarajevo », qui serait responsable, ha-ha, de la Guerre de 14-18, le bouillant Emir devrait même faire un film (ATTENTION : Rien à voir avec Botul et son infâme Bosna !) :

 

Sarajevo 1914 : Emir Kusturica monte au créneau pour défendre Gavrilo Princip

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« Montrer l’histoire telle qu’elle est. » Emir Kusturica vient de se voir confier par un comité d’historiens russes et britanniques la réalisation d’un film documentaire sur l’attentat de Sarajevo. Son credo : « rétablir la vérité contre les historiens occidentaux » et innocenter Gavrilo Princip.

Lire la suite…

Source : http://balkans.courriers.info/article23789.html

 

Ce ne sera pas un luxe, parce que déjà « terroriste » et responsable des morts de la Grande Guerre pour la légende officielle, le pauvre Princip se fait aussi traiter de faux nationaliste et de vrai sioniste franc-maçon par un lecteur d’E&R. Méfaits de l’instruction obligatoire mal digérée ?…

Enfin, comme il serait vain d’attendre un hommage du Monde ou du Canard Enchaîné, allons voir au Québec, où Le Devoir en a publié un :

 

Gavrilo Princip, l’homme qui annonça la liberté

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Qualifier de « terroriste » l’homme qui a tiré sur Ferdinand en juin 1914 est une forme de négationnisme

par Mihailo Papazoglu - Ambassadeur de la République de Serbie au Canada - 28 juillet 2014 |

Lire ici : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/414509/premiere-guerre-mondiale-le-point-de-vue-serbe-gavrilo-princip-l-homme-qui-annonca-la-liberte

 

Radotons :

« Je suis historien avant d’être chrétien. Ce qui m’intéresse, ce sont les faits, la manière dont les choses se sont réellement passées. »

Leopold von Ranke, Histoire de l’empire ottoman

 

 

*

Dernière minute :

 

Guerre des nerfs

Qu’est-ce qui a tant effrayé l’USS Donald Cook en mer Noire ?

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Le Département d’État a reconnu que l’équipage du destroyer USS Donald Cook est gravement démoralisé depuis qu’il a été survolé en mer Noire par un avion russe de combat Sukhoï-24 (Su-24) qui ne portait ni bombes ni missiles mais uniquement un dispositif de guerre électronique.

 

Lire la suite…

Source : http://croah.fr/revue-de-presse/quest-ce-qui-a-tant-effra...

Dirait-on pas un remake de l’atterrissage du drone US en Iran ?

 

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Vie des bêtes

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Ce n’est pas la première fois, mais ils persistent !

Madrid : des dizaines de milliers de manifestants se sont déversés dans les rues de Madrid, pour protester contre le Toro de la Vega, une fête d’été qui se déroule dans la ville de Tordesillas, à 200 kms au nord de la capitale. Les manifestants ont symboliquement cassé des lances de bois, pour protester contre la coutume de frapper des taureaux à coups de lances jusqu’à ce qu’ils meurent.

16. manifestacion-contra-el-toro-de-la-vega-2013.jpg

La manifestation était organisée par l’Association de Défense des Animaux PACMA, qui en a appelé aux élus des deux formations au pouvoir : le Parti Socialiste Ouvrier d’Espagne (PSOE) et le Parti Populaire (PP), pour qu’ils condamnent cette coutume. En outre, ils ont présenté, au Comité des Pétitions de la Communauté Européenne, une pétition dans le même sens, qui avait récolté 70.000 signatures.

 

 

 

*

 

 
 

Mis en ligne le 16 septembre 2014.

(Le bateau fou, Aleksandr Mikuchev)

 

 

17:40 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/09/2014

CHEMINS DE DAMES

1. Sailing down the Ganges.jpg

 

Chemins de dames

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Une femme, un livre.

Arundhati Roy n’est pas seulement une des plus belles femmes du monde, c’est aussi un des cerveaux les plus lucides et les plus intrépides qui soient, et une conscience comme il y en a peu. Elle est indienne, mais quand un nouvel écrit d’elle paraît, c’est un événement mondial, pas indien.

Aujourd’hui, elle sort, après plusieurs années de silence, un livre au titre trompeusement aride : Capitalism, A Ghost Story

En espérant que l’édition française n’attendra pas trois ans pour le publier, nous vous en proposons ici un passage, reproduit par ICH avec la permission de l’éditeur.

 

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Arundhati Roy – 53 ans dont vingt de lutte à plein temps, grâce à la sécurité financière que lui a valu le prestigieux Booker Prize pour son roman Le dieu des petites choses

 

Comment le pouvoir des grandes entreprises a transformé la richesse en philanthropie pour prendre le contrôle de la société

 

Arundhati Roy

Son nouveau livre Capitalisme : une histoire de fantômes explore la relation astucieusement brouillée entre les grands groupes d’intérêts et les fondations qu’ils dotent.

Août 2014 - I.C.H. 

Ce qui suit est un extrait du nouveau livre d’Arundhati Roy, Capitalism : A Ghost Story (Haymarket Books 2014), ici reproduit avec autorisation.

Ce qui est dit dans cet essai pourrait apparaître à certains comme une critique plutôt corrosive. Par ailleurs, dans la tradition qui consiste à honorer l’adversaire, on pourrait y voir une reconnaissance de la vision, de la flexibilité, de la sophistication et de l’inébranlable détermination de ceux qui ont voué leur existence à préserver la sécurité du capitalisme dans le monde.

Leur fascinante histoire, qui s’est effacée de la mémoire contemporaine, a commencé aux États-Unis, dans les premières années du XXe siècle, lorsque, armée en toute légalité de fondations dotées, la philanthropie des grandes entreprises a commencé à remplacer l’activité missionnaire, non seulement pour ouvrir la route, mais pour entretenir et contrôler le système propre au maintien du capitalisme (et de l’impérialisme).

Parmi les premières fondations mises en place aux États-Unis il y eut la Carnegie Corporation, dotée en 1911 grâce par les bénéfices de la Carnegie Steel Company, et la Fondation Rockefeller, dotée en 1914 par J.D. Rockefeller, fondateur de la Standard Oil Company. Les Tata et les Ambanis de leur temps.

Au nombre des institutions qui ont été financées, qui ont reçu des capitaux de démarrage ou qui sont couramment subventionnées par la Fondation Rockefeller, on trouve les Nations Unies, la CIA, le Conseil des Relations Étrangères U.S. (CFR), le fabuleux Musée d’Art Moderne de New York et, bien sûr, le Rockefeller Center, également à New York (où la gigantesque peinture murale de Diego Rivera dut être décollée du mur, parce qu’elle montrait avec trop d’espièglerie des capitalistes réprouvés face à un vaillant Lénine ; la liberté d’expression avait pris un jour de congé).

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El hombre en el Cruce de Caminos

 

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L’homme à la croisée des chemins – détail.

 

Rockefeller fut le premier milliardaire de l’Amérique et l’homme le plus riche du monde. Il était abolitionniste, soutint Abraham Lincoln et était abstinent. Il croyait que son argent lui avait été donné par Dieu, ce qui a dû être bien agréable pour lui.

Quand les fondations dotées par les grandes entreprises ont fait leur apparition aux États-Unis, il y eut un débat acharné sur leur provenance, leur légalité et leur absence de responsabilité. Des gens suggérèrent que, si les compagnies avaient tant d’argent excédentaire, ils n’avaient qu’à augmenter le salaire de leurs ouvriers. (Les gens faisaient ce genre de suggestions scandaleuses en ce temps-là, même en Amérique). L’idée de ces fondations, si communément admise aujourd’hui, fut, en fait, un bond que fit le commerce dans l’imaginaire. Des entités légales non soumises à impôt, avec des ressources massives pour un rayon d’action illimité – complètement opaques et n’ayant pas à répondre de leurs actes – quelle meilleure façon de métamorphoser la richesse économique en capital politique, social et culturel, de transformer de l’argent en pouvoir ? Quelle meilleure trouvaille, pour des usuriers, que d’utiliser un infime pourcentage de leurs profits pour diriger le monde ? Comment, sinon, Bill Gates, qui, il faut le reconnaître, connaît deux ou trois choses sur les ordinateurs, se retrouverait-il en train de planifier des politiques d’éducation, de santé et d’agriculture, pas seulement pour le gouvernement des États-Unis mais pour des gouvernements du monde entier ?

Au fil des années, tandis qu’on assistait à l’excellent travail réel que faisaient les fondations (comme diriger des bibliothèques publiques, éradiquer des maladies, etc.), la relation directe entre les grandes entreprises et les fondations qu’elles dotaient est devenue floue. Elle a même fini par disparaître. Aujourd’hui, même ceux qui se considèrent comme des gens de gauche n’éprouvent pas de gêne à accepter leurs largesses.

Dès les années 1920, le capitalisme US avait commencé à lorgner vers l’extérieur, en quête de matières premières et de marchés d’outremer. Les fondations commencèrent à formuler l’idée de gouvernance mondiale par les entrreprises. En 1924, les Fondations Rockefeller et Carnegie créèrent, de concert, ce qui est aujourd’hui le groupe de pression en matière de politique étrangère le plus puissant au monde : le Conseil en Relations Extérieures (Council on Foreign Relations ou CFR), qui devait, plus tard, être également dotée par la Fondation Ford. Dès 1947, la CIA, qui venait d’être créée, était financée par et travaillait en étroite collaboration avec le CFR. Au fil des années, le CFR a compté parmi ses membres vingt-deux secrétaires d’État US (ministres des Affaires étrangères, NdT). Il y avait cinq membres du CFR dans le comité dirigeant de 1943 qui conçut les Nations Unies, et c’est par un don de 8,5 millions de dollars de J.D. Rockefeller qu’a  été payé le terrain sur lequel se trouve le quartier général de l’ONU à New York.

Tous les (onze) présidents de la Banque Mondiale, depuis 1946 – des hommes qui se sont présentés aux pauvres comme des missionnaires – ont été des membres du CFR (à l’exception de George Woods, qui était le fondé de pouvoir de la Fondation Rockefeller et le vice-président de la Chase Manhattan Bank).

À Bretton Woods, la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI) ont décidé que le dollar US serait la monnaie de réserve de la planète, et que, pour faciliter sa pénétration du capital global, il serait nécessaire d’universaliser et de standardiser les pratiques commerciales au moyen d’un marché complètement ouvert. C’est dans ce but qu’ils dépensent de très importantes sommes d’argent à promouvoir la Bonne Gouvernance  (aussi longtemps qu’ils en tiennent les fils). Deux des plus opaques et irresponsables organisations au monde se répandent partout en admonestations, exigeant de la transparence et de la responsabilité de la part des gouvernements des pays les plus pauvres.

Si on tient compte du fait que la Banque Mondiale a plus ou moins dirigé les politiques économiques du Tiers-Monde par la contrainte et l’effraction du marché d’un pays après l’autre pour y imposer la loi de la finance mondiale, on peut dire que la philanthropie commerciale s’est avérée être l’affaire la plus visionnaire de tous les temps.

Les fondations alimentées par les grands groupes administrent, canalisent et exploitent leur pouvoir,  ils placent leurs pions sur l’échiquier du monde par un système de clubs élitistes et de boîtes de réflexion, dont les membres se superposent, entrent et sortent par des portes tournantes. Contrairement aux diverses théories conspirationnistes qui circulent, surtout dans les milieux de gauche, il n’y a rien de secret, de satanique ni de maçonnique dans cet arrangement. Il n’est pas très différent de la manière dont les groupes d’affaires utilisent des sociétés fictives et des comptes off-shore pour transférer et administrer leur argent, à ceci près que sa devise, c’est du pouvoir, pas de l’argent.

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L’équivalent transnational du CFR est la Commission Trilatérale, créée en 1973 par David Rockefeller, l’ex-conseiller en sécurité nationale Zbigniew Brzezinski (membre fondateur des Moudjahidines Afghans, prédécesseurs des Talibans), la Chase Manhattan Bank et quelques autres éminences privées. Son but était de créer un lien d’amitié et de coopération durable entre les élites américaines, européennes et japonaises. Elle est devenue aujourd’hui une Commission pentalatérale, depuis qu’elle s’est adjoint des membres de la Chine et de l’Inde (Pour l’Inde : Tarun Das du CII; N. R. Narayana Murthy, ex-directeur général d’Infosys; Jamsheyd N. Godrej, administrateur général de Godrej; Jamshed J. Irani, administrateur de Tata Sons; et Gautam Thapar, directeur général du groupe Avantha).

L’Institut Aspen est un club international de membres de l’élite, d’hommes d’affaires, de bureaucrates et de politiciens locaux [on ne dit plus « nationaux », vous avez remarqué ? NdT] avec des franchises dans plusieurs pays. Tarun Das est le président de l’Institut Aspen en Inde et Gautam Thapar préside son conseil d’administration. Plusieurs cadres supérieurs du McKinsey Global Institute (qui parraine le Corridor Industriel Mumbai de Delhi) sont membres du CFR, de la Commission Trilatérale et de l’Institut Aspen.

La Fondation Ford (faire-valoir libéral de la plus conservatrice Fondation Rockefeller, bien que les deux travaillent constamment main dans la main) a été créée en 1936. Même si la chose est souvent minimisée, la Fondation Ford a une idéologie très claire et bien définie, et elle travaille en très étroite collaboraton avec le Département d’État US. Le projet d’approfondissement de la démocratie et la « bonne gouvernance » sont partie intégrante du schéma de Bretton Woods, visant à standardiser les pratiques commerciales et à promouvoir l’efficacité dans le marché libre.

Après la Deuxième guerre mondiale, quand les communistes ont remplacé les fascistes comme ennemi n°1 du gouvernement US*, il a eu besoin de nouvelles institutions pour s’occuper de la Guerre Froide. Ford a alors fondé RAND (Research and Development Corporation, « Société de Recherche et de Développement »), une boîte de réflexion militaire qui s’est lancée dans la recherche en armements pour les services « de défense » US. En 1952, dans le but de mettre en échec « les efforts persistants du communisme pour pénétrer et perturber les nations libres », elle établit le Fonds pour la République, qui se transforma ensuite en Centre pour l’Étude des Institutions Démocratiques (CSDI), dont la mission consistait à faire la Guerre Froide intelligemment, sans les excès voyants du McCarthysme. C’est à travers cette lunette que nous devons observer le travail que la Fondation Ford accomplit, grâce aux millions de dollars qu’elle a investi en Inde : son financement d’artistes, de cinéastes et de militants, ses généreuses subventions aux universités et ses bourses d’études.

Les « buts pour l’avenir de l’humanité » que déclare poursuivre la Fondation Ford comprennent des interventions en faveur de mouvements politiques locaux, tant localement qu'internationalement. Aux États-Unis, elle fournit des millions, en dons et prêts, pour soutenir le mouvement des coopératives de crédit, dont le propriétaire de chaînes de supermarchés Edward Filene avait été le promoteur en 1919. Filene croyait en la création d’une société de consommation de masse, par l’octroi aux ouvriers d’un crédit accessible – idée révolutionnaire pour l’époque. Mais c'était seulement la moitié d’une idée révolutionnaire, en fait, parce que l’autre moitié de ce que voulait Filene, c'était une redistribution plus équitable du Produit National. Les capitalistes se sont emparés de la première moitié de l’idée de Filene et, en déboursant  pour des dizaines de millions de dollars en prêts « abordables » aux ouvriers, ont fait de la classe laborieuse US une masse de gens endettés en permanence, qui s’essouffle à essayer de rattraper – sans jamais y arriver - les standards de vie qu’on lui fait miroiter.

Bien des années plus tard, cette idée a ruisselé jusque dans les campagnes appauvries du Bengladesh, où Mohammed Yunus et la banque Grameen ont apporté le micro-crédit à des paysans affamés, avec des conséquences désastreuses. Les pauvres du sub-continent ont toujours vécu endettés, dans la poigne impitoyable de l’usurier du village : le Baniya. Mais la micro-finance a fait, de cela aussi, une entreprise à grande échelle. Les sociétés qui, en Inde, pratiquent le micro-financement, sont responsables de centaines de suicides – 200 personnes dans l’Andra Pradesh, rien qu’en 2010.

 

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Suicide d’un fermier – 26 mars 2012

 

Un quotidien national a publié récemment le billet laissé par une jeune fille de dix-huit ans, qui s’est suicidée après avoir été forcée de donner ses 150 dernières roupies – ses droits d’inscription scolaire – aux employés harceleurs de la société de micro-financement. Son billet disait : « Travaillez dur et gagnez de l’argent. N’empruntez jamais ».

Il y a beaucoup d’argent à se faire chez les pauvres, et quelques prix Nobel aussi.

__________________  

* On ne peut suivre, ici, A.R. : les fascistes n’ont jamais été l’ennemi public n°1 des forces d’argent en général ni des États-Unis en particulier, mais le bras armé de leur guerre au communisme. Les unes et les autres n’ont fait semblant de combattre le fascisme que lorsqu’il est devenu patent qu’il serait défait par l’URSS. Mettons qu’elle ait voulu dire « quand les communistes, d’alliés, sont devenus ennemi public n°1… ».

[Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades.]

 

Ses œuvres traduites en français :

  • Fiction
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli), Le Dieu des Petits Riens[« The God of Small Things »], Gallimard, 1997, 438 p. Essais
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli),Le Coût de la vie, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 1999, 163 p.)
    • Arundhati Roy (trad. Frédéric Maurin), Ben Laden, secret de famille de l'Amérique, Gallimard, coll. « Hors série Connaissance », 2001, 32 p.
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli), L'Écrivain-militant, intégralité des essais et articles politiques écrits depuis 1998, 2003
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli), La Démocratie : notes de campagne, Paris, Gallimard, coll. « Du Monde Entier », 350 p.

(Merci Wikipedia)

 

*

Ce qui est arrivé à Ferguson

par Nora

 

De la Vigne du Saker

Samedi 30 août 2014

8. mike-brown.jpg

 

[Ce papier date du 30 août. Notre demande au Saker français (« allez-vous  le traduire ou pas ? ») étant restée sans écho, nous l'avons fait nous-mêmes. Nos excuses pour le retard, mais à quinze jours près, la condition des Noirs aux États-Unis ne va pas se sauver. Hélas.]

 

Préambule

Je suis tellement pris par les événements d’Ukraine, que j’ai à peine eu le temps de suivre les événements de Ferguson, c’est pourquoi je reconnais volontiers que je n’ai pas d’opinion à leur sujet. Cependant, j’ai quelques opinions sur les relations inter-raciales aux USA, y compris quelques incorrectes (je ne considère pas les Noirs US comme soit des Africains soit des Américains par exemple). Quand je vivais à Washington DC (de 1986 à 1991), au temps de Marion Barry… je me suis souvent retrouvé être la cible du racisme noir. Malgré quoi je considère Malcolm X comme le plus grand « Américain » (entre guillemets, parce qu’il ne s’est jamais considéré comme un « Américain » et que je suis d’accord avec lui) de l’histoire des États-Unis et qu’il est un de mes héros personnels. Je vis maintenant dans le Sud (quoiqu’on pourrait dire que la Floride est culturellement au nord des Carolines), où certains de mes amis africains et compatriotes noirs me racontent des histoires intéressantes sur ce que cela fait d’être noir et de voir votre voiture arrêtée par un flic. Je trouve la question des relations inter-raciales aux USA absolument fascinante, mais ce n’est, en ce moment, pas le moment pour moi de m’en occuper. Toutefois, un jour, si ça intéresse quelqu’un, je pourrais le faire. Pour l’instant présent, l’équipe russe a demandé des articles sur les événements de Ferguson et un des meilleurs a été écrit par Nora. Attention ! Divulgation complète et mise en garde : je considère Nora comme une amie et comme une dame à la fois sage et bienveillante. Ne pensez même pas à poster quelque chose de laid si vous n’êtes pas d’accord avec elle ! Libre à vous de critiquer et d’être en désaccord, mais faites foutrement attention que vos critiques soient fondées et qu’elles soient formulées respectueusement envers Nora. Deuxièmement : s’il est vrai que la question raciale est une réalité aux États-Unis, tout commentaire raciste ira directement à la poubelle. Critiquez les Noirs ou les Blancs tant que vous voudrez, en tant que groupes sociaux ou organisations, mais n’utilisez aucun argument impliquant que le libre-arbitre de tel ou tel membre de la race X est affecté par son origine ethnique, ou assimilant tous les individus à un seul. D'accord ?

Le Saker

 

Ce qui est arrivé à Ferguson

 

Plantons le décor

9. Jimcrow.jpgPour planter le décor de ce qui est arrivé à Ferguson, il serait sans doute utile de savoir deux ou trois choses sur la façon dont les dés ont été pipés contre les gens de couleur aux États-Unis. Bien que l’esclavage ait été officiellement aboli en 1863, il a été en fin de compte remplacé, dans le Sud, non seulement par le terrorisme d’état « Jim Crow » mais même par un rétablissement officieux de l’esclavage, par le double moyen du système de métayage (ou privatisation des prisons, NdT) et des arrestations sur base d’accusations fabriquées conduisant au travail forcé non rémunéré, dans des chaînes de forçats. L’époque des Droits Civiques a mis fin à ce que ces pratiques avaient de pire, mais la Lutte Anti-Drogues a su faire en sorte que les Afro-Américains continuent à être arrêtés et emprisonnés dans une proportions plus que double des Blancs, pour les mêmes délits, bien que l’utilisation de drogues soit la même dans les deux groupes. Une main d’œuvre scandaleusement sous-payée dans les prisons – qui sont des prisons privées à but lucratif – a remplacé le peu qui restait de la manufacture en Amérique.

Richard Nixon a fait croître l'antagonisme blanc par la manière dont il a « résolu » la mise en œuvre de Brown vs. Board of Education, la décision de la Cour Suprême de 1954 sur la déségrégation de l’école qui a fait jurisprudence, parce qu’il s’est astucieusement rendu compte que les « Démocrates » de la classe laborieuse blanche, du Nord comme du Sud, seraient trop heureux de devenir « Républicains », si le Parti républicain « prenait leur parti » dans cette affaire. Le résultat final de tout cela est une re-ségrégation non-avouée, qui fait que les écoles noires sont de nouveau sous-financées, pourvues d’installations misérables, de livres dépassés - souvent pas de livres du tout (!) - et d’un corps enseignant de qualité très inférieure à celle des autres écoles. Ce qui veut dire que pas grand-chose n’a changé non plus en termes d’éducation.

 

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Ruby Bridges, la première petite fille noire de l'histoire des États-Unis à avoir posé le pied dans une école pour Blancs, en 1960, sous la protection du FBI. Peinture de Norman Rockwell

 

Pire encore : bien que les Noirs aient, dans le passé, vécu dans toutes les régions de ce pays depuis le troisième quart du XIXe siècle, ils ont été maintenant refoulés dans les grandes villes, et littéralement interdits de circulation après la tombée du jour dans les villes de moindre importance. Et les parties des endroits où ils vivent ont généralement de bien plus mauvais services publics que les autres – collectes de déchets et déneigements moins fréquents, éclairage public mal entretenu, etc. – mais des loyers toujours très élevés, surtout si on considère la qualité inférieure des logements. Théoriquement, ces problèmes auraient dû disparaître avec l’application de diverses lois sur les Droits Civiques, mais, une fois encore, cela n’a pas été le cas. La discriminatuion raciale financière est un  procédé toujours en vigueur, au moyen duquel on empêche les Noirs d’acheter des maisons dans certains quartiers, en leur rendant plus difficile qu’aux autres l’accès aux emprunts immobiliers et en leur appliquant des taux d’intérêts plus élevés qu’aux Blancs, pour les mêmes critères. Étant donné qu’être propriétaire de son logement est la première source de patrimoine pour la plupart des familles américaines, cette arène-là aussi a été fermée à la majorité des Afro-Américains. Et, enfin, les emplois : sur deux candidats également qualifiés pour un poste, l’Afro-Américain a toujours beaucoup moins de chances de l’obtenir que le Blanc.

Pendant ce temps-là, les attitudes blanches n’ont guère fait de progrès non plus. C’est en partie dû à la stratégie de Nixon pour remettre le Parti Républicain en selle, et, en partie, aux stratégies délibérées de dénigrement de certaines collectivités ethniques pour engranger le plus de votes possible, adoptées par Ronald Reagan et George H.W. Bush, qui n’ont pas hésité à fabriquer de toutes pièces des peurs blanches de violences noires et à mentir éhontément quant à l’étendue des fraudes noires à l’assistance sociale. Mais les Démocrates, effrayés de leurs pertes en votes blancs, ne se sont pas mieux conduits : la Réforme de la Sécurité Sociale de Bill Clinton a frappé de plein fouet beaucoup de victimes innocentes, blanches et noires, parce que lui aussi a tenu à se donner l’air intransigeant sur « la criminalité noire », alors qu’elle était en régression, tout en fermant benoîtement les yeux sur la criminalité infiniment plus coûteuse des Blancs riches. Un autre facteur, ici, résulte de la relative isolation des Blancs par rapport aux Noirs : il est beaucoup plus facile de continuer à avoir peur des gens que vous ne connaissez pas, surtout si les commentateurs des médias n’arrêtent pas de vous bombarder de stéréotypes au lieu de vous dire la vérité. Et ne vous y trompez pas : les Blancs qui ont le plus de préjugés sont ceux qui ont le plus peur. Hélas, leur maintien dans cet état ne se fait pas qu’au bénéfice du Parti républicain, car peu de Noirs votent « républicain » : le Parti démocrate n’a pas à se donner beaucoup de mal pour obtenir malgré tout les votes noirs, raison pour laquelle il se fiche complètement de leur plaire ou de leur déplaire. C’est donc, là encore, du perdant-perdant pour les Noirs.

11. i-am-a-man.jpg

 

Au tour de la police, à présent.

Le profilage racial et la brutalité policière sont, depuis toujours, une réalité quotidienne pour les gens de couleur dans ce pays. Cela vient en partie du fait que, traditionnellement, les gens recrutés par la police ont grandes chances de l’être parmi ceux qui considèrent les Noirs comme des inférieurs et des criminels très probables. L’usage des armes à feu est profondément enraciné dans la culture américaine, et ceux qui entretiennent ces sentiments racistes risquent fort de voir, dans leurs armes, un élément essentiel de leur sécurité et la seule manière envisageable de maintenir l’ordre public. Il faut noter aussi que les peurs d’une insurrection noire, en même temps que le désir de conserver ses biens, a conduit très tôt, dans le Sud, à la formation de patrouilles paramilitaires anti-esclaves, raison principale de l’inclusion dans la Constitution et de la formulation particulière du IIe amendement  (http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_amendement_de_... ) La croissance du lobby américain des armes au cours des 25 dernières années à la fois s’est nourrie de ces façons de voir et les a renforcées, tandis que, dans la vie réelle, les parents de la communauté noire ont dû traditionnellement faire asseoir leurs pré-adolescents, lors d’une espèce de rite de passage connu sous le nom de « La Conversation», au cours duquel ils leur donnent des instructions très spécifiques sur la manière dont ils doivent se comporter, c’est-à-dire avec suffisamment d’humilité et de soumission, s’ils veulent avoir une chance de rester en vie.

Cependant, la sur-militarisation des polices locales – qui va jusqu’aux instructions officielles de considérer et de traiter les protestataires non-violents comme des terroristes – est une nouvelle tendance très préoccupante. Le Département de la Sécurité Intérieure (DHS) est une entreprise extrêmement lucrative pour le Complexe Militaro Industriel, tant en termes de subventions aux frais des contribuables, accordées aux différentes polices et services d’incendie, théoriquement pour nous protéger des attaques terroristes, mais en réalité pour faire en sorte que tout ce qui ne sert plus dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak puisse être vendu ailleurs. C’est ainsi que, maintenant, la plus minuscule des casernes de pompiers rurale possède des véhicules blindés qu’elle a à peine les moyens d’alimenter en carburant et que les polices locales sont dotées du dernier cri en matière d’équipement militaire et entraînées par le MOSSAD, qui leur inculque une véritable terreur des populations civiles – c’est-à-dire de nous – qu’ils sont payés pour protéger avec les dollars de nos impôts.

Un internaute, sur la version anglophone de ce blog (celle du vrai Saker, NdT) qui habite un faubourg de Washington D.C. a récemment fait appel à la police pour un cas de fraude qui aurait dû nornalement être traité par un simple policier. Au lieu de quoi, un SWAT team* au complet, de cinq hommes armés jusqu’aux dents, a déboulé, prêt à faire feu… à une mauvaise adresse. Ce genre d’incident devient de plus en plus fréquent, des gens de tous âges et de toutes couleurs, et jusqu’à leurs animaux de compagnie, se voyant brutaliser et/ou tuer à des feux de signalisation ou à leurs propres domiciles, dans des situations à l’évidence non-violentes, quand une simple assistance, médicale ou autre, avait été demandée, sans compter les fois où la police débarque à la mauvaise adresse et/ou celles où un policier estime que les ordres (souvent autoritaires et illégaux) qu’il a donnés n’ont pas été suffisamment bien ou vite obéis. Il y a aussi de nombreuses preuves démontrant un contrôle insuffisant en matière de dépistage des excès de violence ou des comportements inacceptables, des infractions de cette sorte précédemment commises et/ou d’abus d’alcool et de drogues, chez les candidats policiers.

 

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Ajoutez-y une quantité « normale » de racisme sudiste (très présent dans le Nord aussi, bien entendu, récemment revigoré par Sarah Palin et délibérément amplifié par divers médias de droite occupés à pousser un maximum de gens à voter à droite), un groupe important d’Afro-Américains récemment déplacés du centre de la ville vers un des rares quartiers où on leur a, de mauvaise grâce, permis de résider, et un faubourg où la 2e source des revenus publics vient des amendes et des taxes disproportionnées qui frappent les Afro-Américains, tels que feux grillés ou autres délits mineurs (http://www.democracynow.org/2014/8/27/is_ferguson_feeding...  ) et, oui, Ferguson avait tout pour aller au désastre. L’événement en lui-même, cependant, à peine atypique, est d’une certaine façon moins intéressant que ses conséquences, qui fournissent presque un test de Rorschach du peuple, des médias et de la manière dont l’Amérique est gouvernée en ce moment précis.

 

L’événement

13. Michael Brown.png

Les faits sur lesquels toutes les parties sont d’accord disent que Michael Brown était un garçon de 18 ans non armé, tenu en haute estime par ses professeurs, qui souhaitait créer sa propre affaire et n’avait pas de casier judiciaire. Il a été tué à coups de fusil par le policier M.O. de Ferguson Darren Wilson alors qu’il se rendait avec un ami chez sa grand-mère, aux environs de midi, le dimanche 9 août 2014, juste deux jours avant sa rentrée au collège. Il n’existe pas de vidéo policière de la fusillade, bien qu’un enregistrement audio de plusieurs coups de feu paraisse recevable, ainsi que plusieurs tweets de témoins oculaires et une vidéo ultérieure du corps de Brown, en dépit de quoi plusieurs détails de l’incident restent peu clairs. Ce qu’on peut affirmer sans équivoque, c’est que Wilson a arrêté les deux adolescents et leur a ordonné assez peu légalement de ne pas marcher dans la rue, mais sur les trottoirs ; les témoignages diffèrent sur le degré d’hostilité de cette confrontation et sur la question de savoir si Brown est ou non resté dans la rue, a été ou non traîné par Wilson dans la voiture de police, ou s’il a, à un certain moment, étant dans la voiture, agressé Wilson comme l’a plus tard prétendu la police. Il est assez précisément établi cependant que Wilson était assis dans sa voiture quand il a tiré sur Brown et sur son ami pour la première fois à travers la fenêtre ouverte de la voiture, mais les a manqués tandis qu’ils s’enfuyaient. Il est alors sorti de sa voiture, a tiré de nouveau sur Brown et a continué à tirer de multiples rafales, après que le jeune homme se soit retourné et ait mis les mains en l’air, pour finir par l’achever d’une balle dans la tête alors qu’il tombait. Ce qui s’est passé ensuite relève de la tectonique des plaques et de la tragédie grecque.

 

Les conséquences

Ne faisant pas confiance à la structure de pouvoir presque entièrement blanche de Ferguson, la famille de Brown a demandé qu’une autopsie privée soit faite par un ex-médecin légiste de New York ; ses résultats ont mis en évidence neuf blessures par balles (quatre au bras droit, trois dans la tête et deux dans la poitrine), estimant qu’on lui a tiré dessus au moins six fois, quoique pas à bout portant, puisqu’il n’y avait pas de résidus de poudre sur le corps. (http://www.nytimes.com/2014/08/18/us/michael-brown-autops...  ) Cela dit, la totalité des constatations de l’autopsie officielle, par l’expert médical du Comté de Saint-Louis n’a pas été rendue publique, si bien que la présence éventuelle de résidus sur les vêtements de Brown ou dans la voiture de Wilson reste incertaine. Le Ministère de la Justice a été également requis de se livrer à une autopsie, mais il est très peu probable qu’il découvre des indices nouveaux.

Le corps de Michael Brown est resté dans la rue pendant quatre heures sur l’insistance de la police ; le nom de Wilson n’a été révélé qu’au bout d’une semaine et, bien que le département de police de Ferguson ait enregistré un rapport d’incident à la date du 8 août, rapport qui prétend que Brown et son ami avaient commis un vol juste avant qu’il soit tué, il a fallu toute une autre semaine au même département pour enregistrer un autre rapport, même très abrégé, sur son meurtre. Il est admis aussi que Wilson n’avait pas connaissance du vol allégué au moment où il a donné l’ordre à Brown de quitter la rue pour le trottoir.

Lorsque la police a finalement autorisé l’approche du lieu de sa mort, la famille de Brown et d’autre habitants de l’endroit ont déposé des fleurs et des bougies sur les flaques de sang. C’est alors que, dans un geste de mépris bien connu de ceux qui ont vécu à l’époque de Jim Crow, un policier a laissé son chien uriner sur le mémorial improvisé et que d’autres ont derechef interdit la rue aux véhicules et roulé, avec les leurs, dans les fleurs, éparpillant les pétales et les bougies écrasées, au grand scandale des gens déjà sous le choc de leur deuil. (http://www.motherjones.com/politics/2014/08/ferguson-st-l... ).

 

14. Michael Brown RIP.jpeg

 

Tout au long des nuits suivantes, la foule des proches et des protestataires non armés venus d’un peu partout est devenue de plus en plus nerveuse, et il semble qu’une douzaine d’entre eux ait commencé à saccager et même à piller, jusqu’à mettre le feu à un commerce. Habitués à se faire obéir par la force, mais à ce moment-là craignant véritablement de se retrouver avec une émeute sur les bras, la police a refusé d’admettre la moindre culpabilité, a essayé, avec une bonne foi discutable, de faire porter le blâme par le seul Brown pour tout ce qui était arrivé, et a réagi aux protestations selon les instructions reçues du MOSSAD par leur chef. Ce qui a signifié équipement anti-émeutes, hélicoptères et interventions de SWAT teams la première nuit, puis, les suivantes, tirs à pellets en bois, à balles en caoutchouc, bombes fumigènes, grenades aveuglantes et lacrymogènes. Les résultats étaient prévisibles. Le gouverneur intervint, des mesures furent tentées pour calmer les choses, il y eut de plus en plus de protestataires, la police, une fois de plus, sur-réagit, l’intensité des manifestations subit des flux et des reflux, on fit appel à la Garde Nationale, beaucoup de gens se firent malmener, menacer et arrêter, y compris plusieurs journalistes, et, des déclarations de l’administration Obama, on put tirer la conclusion qu’elle se préoccupait davantage des violences protestataires que de celles qui avaient été exercées sur Michael Brown. Les choses finirent par se calmer peu à peu après les funérailles.

 

Les lignes de rupture

Chaque composante de cette tragédie, jusqu’à et y compris l’absence de formation, le jugement malsain et le comportement violent de certains  policiers, était entièrement prévisible, comme l’étaient la couverture sensationnaliste et hautement calomniatrice des médias, la localisation, le contenu et l’intensité des protestations publiques des deux côtés de la division politique gauche-droite, ainsi que la calleuse indifférence du centre et la très grande disparité des sommes collectées pour soutenir la cause de Michael Brown et celle de Darren Wilson ( http://www.ksdk.com/story/homepage/2014/08/23/cash-raised... ). Hautement prévisible aussi était l’intensité de la réaction populaire, peu surprenante au vu de la destruction d’un simple mémorial à la mémoire d’un adolescent assassiné, dont le corps n’était pas encore froid, profanation commise en outre par l’organisme auquel appartient l’homme qui l’a tué dans des circonstances hautement suspectes.

Il est également important de reconnaître que ce qui est arrivé à Ferguson ne constitue en rien une anomalie : pas une seule chose ne s’y est produite qui ne se soit produite dans beaucoup d’endroits de ce pays et de nombreuses fois. En fait, si on envisage les choses de loin, la plus grosse question qu’on se pose est de savoir pourquoi les médias ont choisi d’accorder tant d’importance à cette affaire. Et la réponse réside sans doute dans leurs finances de plus en plus précaires, dans l’état de nos affaires étrangères et dans la conclusion qu’une fois de plus ils en tirent, à savoir que le public a besoin d’une forte diversion et qu’il convient de lui inculquer encore un peu plus de peur si possible.

Cependant, tout comme les peuples du reste du monde prennent de plus en plus conscience de ce que le vrai rôle de l’empire anglo-sioniste est de dominer et/ou de détruire une quantité croissante de pays, la hideuse différence entre mythe et réalité à propos de la vie en Amérique – pratiquement inchangée depuis sa fondation – commence à apparaître aux yeux de tous. La triste vérité, hélas, est que, dans leur grande majorité, les Américains restent enfermés à double tour dans les préjugés que leur ont inculqués les propagandes, et alors que tant d’efforts sont faits pour mettre en évidence les questions sous-jacentes à la militarisation de la police, à sa brutalité et au traitement inégal devant la loi réservé aux uns et aux autres, la probabilité d’une véritable amélioration dans ces divers secteurs reste extrêmement faible.

 

15. USA team raids homes etc.gif

 

Un mot sur les sources

N’hésitez pas à poser des questions si vous en avez. Et si vous souhaitez davantage d’informations sur tout ceci, je vous transmettrai volontiers toutes sortes d’URLs, mais pour une vue approfondie et nuancée de l’expérience afro-américaine, je ne puis trop chaudement recommander un écrivain et blogueur nommé Ta-Nehisi Coates. Il est d'une grande lucidité, il va remarquablement au fond des choses et il écrit de façon superbe :  http://www.theatlantic.com/ta-nehisi-coates/ . Une autre bonne source, sur cette question et d’autres concernant les Afro-Américains est le Professeur Gerald Horne, interviewé ici dans une série en six parties, avec les transcriptions : http://therealnews.com/t2/index.php?option=com_content&am...  Alexander Reid Ross fournit aussi, de son côté, une vision intéressante et instructive d’autres développements survenus à Ferguson, qui ont un impact sur cette affaire : http://www.counterpunch.org/2014/08/28/notes-on-ferguson/ . Enfin, The Color of Change : http://colorofchange.org/ et Black is Back Coalition : http://www.blackisbackcoalition.org/2014/08/27/national-m... sont deux sources excellentes, pour qui s’intéresse à la réaction volontairement mesurée de la communauté afro-américaine et de ceux qui la soutiennent dans sa recherche d’une solution à ces problèmes.

______________  

* Les SWAT teams (Special Weapons And Tactics) sont des groupes d’intervention tactique, équivalant aux GIGN en France. NdT.

Source : http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/08/what-happened-in...

 Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

 

*

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Strange Fruit – Billie Holiday

 

Pour mémoire : Abel Meeropol, l’auteur de Strange Fruit, était un  enseignant juif russe, membre du Parti Communiste américain, qui a écrit cette chanson en une nuit, bouleversé d’avoir vu dans les journaux la photo du lynchage de deux noirs – Thomas Shipp et Abraham Smith. C’est lui aussi qui a adopté les petits Ethel et Julius Rosenberg, après l’exécution de leurs parents, condamnés, comme on sait, pour « intelligence avec l’URSS ».

 

*

On croyait Silvia Cattori « en pause », goûtant quelques semaines d’un repos bien mérité. Mais pas du tout, car…

Le 6 août, on pouvait lire l’annonce qui suit sur son blog :

 

17. Silvia Cattori .jpg.jpg

 

 

 

Chers lecteurs

Notre site a subi plusieurs attaques informatiques et a été mis hors ligne plusieurs fois ces derniers mois. Nous avons connu également de nombreux problèmes techniques. Sa refonte et son amélioration nécessite un investissement qui dépasse nos moyens.

Arrêt sur Info prend le relais

http://arretsurinfo.ch/

En attendant nous avons ouvert un nouveau blog plus ergonomique et simple à gérer.

Merci de votre compréhension.

Silvia Cattori

 

 

 

Cet acharnement à vouloir la faire taire est l’hommage involontaire le plus éclatant que pouvait rendre le vice à la vertu de la Dame suisse. Nous empruntons à son nouveau blog ce pamphlet pas volé, sur « les Russes et nous ».

 

Vous l’aurez voulu !

par Andreï Nikitine

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Sputnik & Pogrom est la voix la plus intelligente de la blogosphère russe. Le cynisme de ce pamphlet est à prendre avec un grain de sel. Il n’exprime évidemment pas une intention belliqueuse, mais l’écœurement ô combien justifié d’une grande majorité de Russes face au mépris que leur témoigne l’Occident. La provocation qu’il leur adresse – « Et si cela arrivait près de chez vous ? » – est particulièrement insoutenable.

Slobodan Despot

 

 

19. Slobodan Despot.jpg


La crise ukrainienne a donné lieu à un phénomène singulier. Un sentiment de supériorité morale absolue est né au sein du peuple russe, sentiment d’ailleurs tout à fait justifié. Ceci alors que toute la propagande ennemie vise à soustraire aux Russes ce sentiment d’être dans le juste, de défendre la vérité.

 

Notre belle opposition humaniste

Les premiers à se mettre dans l’ornière ont été les membres de «l’opposition » russe, autoproclamés « démocrates », « combattants de la liberté » et autres expressions grandiloquentes. « La marche de la Paix » sous les drapeaux ukrainiens (qui s’est déroulée à Moscou librement et sans aucun incident) a été encore tolérée par la population, qui leur cherchait des excuses : ce n’est pas si simple, ces gars-là ne veulent tout simplement pas la guerre, ils aiment tout le monde, etc. etc.

Cependant, ces gars-là n’ont pas eu le bon sens de s’arrêter là et de regarder autour d’eux. Ils ont continué de chanter leur ritournelle sur le thème « Honte d’être Russe », « Russie – pays agresseur » et « Touche pas à la Grande-Ukraine » après les événements d’Odessa du 2 mai(1), puis après les attaques aériennes des villes et villages paisibles est-ukrainiens, et aussi après les bombardements de ces cités par l’artillerie lourde, et même après la chute des obus sur le territoire russe. Ils n’ont été interpellés ni par la mort des civils, ni par la réaction de l’opinion publique ukrainienne à la mort de leurs compatriotes à Odessa(2), et lorsque a surgi l’info (qui s’est plus tard révélée fausse) selon laquelle les brûlés de la Chambre des syndicats d’Odessa étaient pour la plupart des citoyens russes, ils ont justifié sans aucun scrupule les opérations de l’armée ukrainienne.

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/

Via : http://reseauinternational.net/vous-laurez-voulu/

 

*

On lui refait le coup du Venezuela et du Honduras à Dilma ? Comme d’hab. Vous espériez autre chose ?

 

Brésil : Marina Silva, joker « apolitique » contre Dilma Roussef

Frédéric Delorca – Atlas Alternatif

 

Jeudi 11 septembre 2014

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On se trompe ou elle a un faux air de Condoleeza Rice ?

Évangéliste, écologiste fervente mais aussi adepte d'une politique économique néolibérale et censeur de l'actuel processus d'intégration régionale (Unasur), l'ex-ministre Marina Silva, une amazonienne descendante de Noirs et d'Indiens, candidate du "Parti socialiste du Brésil" (après la mort accidentelle du précédent candidat de ce parti le 13 août dernier, mais Marina Silva, elle, se dit "apolitique") vient perturber pour les élections présidentielles du 5 octobre le jeu politique entre le parti des travailleurs (PT) et sa candidate, la présidente sortante Dilma Rousseff et le Parti social-démocrate (PSDB), de droite, dont le candidat est facilement identifiable aux échecs  du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso dans les années 2000.  

En 2012 le gouvernement britannique a invité Silva à être l'un des huit porteurs de la torche lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, ce qui avait souligné ses liens avec la monarchie britannique (rappelons qu'en juillet 2014 la banque de Santander, filiale du groupe du baron anglais Rothschild avait émis à l'intention de ses adhérants un bulletin hostile à la réélection de Dilma Rousseff). Lors de la présidentielle de 2010 le président de l'ONG de protection de la nature World Wildlife Fund-Brésil (WWF Brésil) Alvaro de Souza était devenu président du Comité des finances de campagne de Silva. En échange Silva, ministre de l'écologie, a accordé de nombreuses zones à gérer au WWF. Le WWF est présidé par la reine d'Angleterre.

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Alvaro de Souza

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Jacob, baron  Rothschild, philanthrope mais opposé à la réélection de Dilma Roussef. À quel titre ?  La famille Rothschild a une « branche brésilienne » ?

Les sondages d'opinion jusqu'à présent indiquent que Dilma Rousseff a sa principale base de soutien parmi les plus humbles qui vivent avec jusqu'à deux fois le salaire minimum (1 448 reais, d'environ 650 $), un groupe qui représente 40 % de l'électorat brésilien. Parmi ceux qui gagnent entre 3 et 5 salaires minimum (la «nouvelle classe moyenne») les soutiens sont divisés à parts égales entre les deux candidates, tandis que Marina Silva s'impose parmi ceux qui gagnent plus de 5 fois le salaire minimum (El Economista). Sa percée dans les sondages était mise à l'honneur par le Wall Street Journal le 26 août.

 

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Les deux dames ne fréquentent pas le même genre d’hommes

 

Le Brésil, membre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) est un pivot de l'unification de l'Amérique du Sud. Il a mené des batailles récemment contre l'espionnage américain, contre la tutelle des États-Unis sur le Net, mais aussi contre le colonialisme française au Mali. La victoire de Silva impliquerait la sortie immédiate du pays des BRICS.

Source : http://atlasalternatif.over-blog.com/article-bresil-marin...

 

En marge, quelques liens amusants :

http://www.lalibre.be/light/societe/et-l-homme-le-plus-ri...

http://forum.prisonplanet.com/index.php?topic=201825.msg1...

http://www.memoiresdeguerre.com/tag/banques%20et%20banqui...

Un journaliste français exilé au Brésil, c’est qui ça ?

http://capitaineenzo.over-blog.com/2014/05/il-faut-rendre...

et une méchanceté anglaise :

24. poster anglais.jpg

Salut vous autres…

Mon nom est Jacob Rothschild

Ma famille vaut 500 trillions de dollars

Nous possédons pratiquement toutes les banques centrales du monde.

Nous avons financé les deux côtés de toutes les guerres depuis Napoléon.

 Nous possédons tout ce que vous avez, vous, vos médias, vos carburants et votre gouvernement.

Vous n’avez probablement jamais entendu parler de moi.

 

(Il y en a beaucoup d’autres de cette sorte. Pas seulement d’origine anglaise. Vous pouvez les chercher si le jeu vous amuse. Ah, oui : les Rothschild sont en guerre contre Poutine, mais les articles qui en parlent disparaissent curieusement du web….

http://www.paroleaupeuple.com/archives/2014/07/04/3018187...

… nous en avons quand même trouvé deux :

http://stopmensonges.com/affrontement-juif-entre-rothschi...

http://www.chaos-controle.com/archives/2014/06/26/3014640...

Diable, vous voilà avec de la lecture pour plus d’une semaine !)

 

*

La vie exaltante des Liégeois(e)s

(suite)

 

Cette fois, ce ne sont pas les LilithS, mais des militantes de l’Association Belgo-Palestinienne qui sont montées aux créneaux d’un château-fort israélien de l’hyper-centre de la ville : le Carrefour de la place Saint-Lambert, qui fait face au Palais des Princes-Évêques. Leur but : attirer l’attention sur le réétiquetage frauduleux de produits « made in Sionistan » pour pallier les ravages du mouvement BDS. Faux-drapeaux-étiquettes-fallacieuses,  comme pour les armes et les fleurs, mais là, c’est pour les pommes de terre et autres toutes sortes de denrées food et non-food. Le gérant n’a pas l’air content. Dame, il va falloir qu’il trouve une autre astuce. Après le pseudo-rachat des Carrefour par Mestdagh et les embrouilles à la petite semaine…  la vie devient dure dans l’épicerie.

Après, nos dames de choc pourront s’en prendre - à peu près tous réunis sous la même verrière - à Héma,  à H & M (oui, c’est suédois et néanmoins sionisto-nazi, la morale, ce n’est pas fait pour les tiroirs-caisses) et autres boutiques de fringues du genre Victoria’s Secret, Lola & Liza, etc. etc. la liste est longue. (Et chère si vous voulez notre avis).

 

 

La suite au prochain happening.

 

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Mais puisqu’on était en Inde…

 

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Siddarth : un néo-réalisme à l’indienne.

Rosa LLORENS

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Certes la rentrée n’a pas encore eu lieu, et la minceur de l’Officiel des Spectacles relève encore du régime d’été ; mais on se demande si, il y a 10 ou 15 ans encore, les programmes d’été au cinéma étaient aussi désolants. Toutefois, dans ce désert culturel, il y a (presque) toujours une surprise, voire un miracle : cette semaine, c’est Siddarth, de l’Indo-Canadien Richie Mehta.

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Source : http://www.legrandsoir.info/siddarth-un-neo-realisme-a-l-...

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Les dernières critiques en date de Rosa Llorens :

29/08 Jimmy’s Hall : une petite musique à contre-temps.

10/06 Adieu au langage ou : le système technique contre le bonheur.

24/05 Deux Jours, une nuit, ou le prix d’un être humain.

12/04 El Impenetrable : une enquête sur l’histoire du Paraguay.

 

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Qu’on ne croie cependant pas Les Grosses Orchades sexistes. Les hommes aussi peuvent écrire d’excellentes choses. La preuve :

Ukraine : Les dislocations du front européen (II)

Chercheur du Temps

Les chroniques de Rorschach

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7 septembre 2014

La Russie est notamment confrontée à deux ennemis qui, pour l’essentiel, se recoupent largement : l’UE (pour la partie politico-diplomatique et économique) et l’OTAN (pour l’aspect militaire). Un des principes fondamentaux de l’art de la guerre est celui de la dislocation du front ennemi en provoquant sa rupture aux points les plus faibles pour, à partir de là, enfoncer en profondeur son dispositif afin de lui interdire toute action coordonnée.

C’est un art auquel excelle Vladimir Poutine qui va s’efforcer de provoquer l’éclatement de l’UE et de l’OTAN. Les membres de ces deux organisations étant pratiquement les mêmes, la désagrégation de l’une entrainerait celle de l’autre. Mais il ne s’agira en rien de la guerre que prévoyait l’OTAN…

Un grand nombre d’États de l’ancien COMECON, mais aussi de petits pays (Malte, Chypre, Slovénie…) n’ont adhéré à l’UE et à l’OTAN que par pur opportunisme et faute d’alternative viable. Ces intégrations leur offraient l’ouverture d’un vaste marché, l’effet de levier des aides et prêts européens, et la restructuration de leur appareil militaire dans le cadre d’un système de défense autrement inenvisageable avec leurs faibles moyens.

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Source : http://leschroniquesderorschach.blogspot.be/2014/09/ukrai...

 

Il va sans dire que, sous couvert de lutte contre l’EIIL/ISIS, la marionnette de l’Empire se prépare à bombarder en réalité Bachar el-Assad, malgré le veto formel de la Russie et de la Chine. Reste à voir comment elles prendront la chose.

 

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Et pour terminer dans la joie :

Il y a longtemps qu’on la voyait venir, celle-là, et pas que dans les mégapoles… Les habitants de Boston sortis de chez eux avec autant de ménagements que des Afghans ou des Irakiens par des SWAT teams déjà armés jusqu’aux dents sous prétexte de « chasse au terroriste »... vous en souvenez-vous ? Un gamin de 18 ans, lui aussi. Pas noir. Tchétchène. De ceux qu’on tue ou condamne à mort sans indigner personne. Pour commencer. Histoire de faire bien peur à tout le monde et que personne n’ose bouger…

Cela s’appelle tester la capacité de réaction des foules ahuries. Et aussi «terrorisme» mais, chut…

Répétition générale ? Cela ne vous crève pas les yeux ?

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Quelle différence avec Pinochet ?

 

États-Unis : un rapport de l’armée appelle à préparer une occupation des mégalopoles américaines

Le rapport, intitulé Megacities and the United States Army (Les mégalopoles et l’armée des États-Unis, disponible en PDF en anglais), a été publié par le secrétaire général du groupe d’études stratégiques de l’armée.

Faisant état d’un avertissement concernant la capacité « décroissante » des gouvernements nationaux à gérer les problèmes causés par une urbanisation croissante et par la croissance des mégalopoles, le rapport indique qu’il est « inévitable qu’à un moment donné, l’armée des États-Unis soit appelée à opérer dans une mégalopole, et qu’elle souffre actuellement d’un manque de préparation total dans cette optique ».

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Source : http://croah.fr/corbeau-dechaine/etats-unis-un-rapport-de...

 

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29. nouveau casque intégral de cmbat - gif débile.gif

Pas de panique ! Il y a plein d’autres façons de vous tuer, et elles sont au programme pour une partie au moins des 99% dont vous êtes, qui ne servent plus à rien et qui continuent à bouffer. C’est comme dans les cancers,  tout ça : au début, on ne sent rien.

Paranos, les Grosses Orchades ? Meuh noooon…

 

 

 

Mis en ligne le 13 septembre 2014.

 

 

 

 

23:47 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |