27/01/2015

LE COUP DU LAPIN

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Oui, on reste chez les Russes (et chez quelques autres). La Chine est reportée à « un peu plus tard », qu’elle veuille bien ne pas s’en formaliser.

 

Le coup du lapin

par Dmitry Orlov – Club Orlov 20 janvier 2015

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Au cours de l’année 2014, les prix que paie le monde pour le pétrole brut ont dégringolé de 125 $ le baril à 45 $ aujourd’hui et pourraient facilement tomber encore plus bas avant de remonter très haut, de redégringoler et de reflamber ensuite à leur niveau maximum. Vous voyez l’idée.  À la fin, le marché de surenchère sauvage du pétrole et l’évolution encore plus sauvage et en dents de scie des marchés financiers et de ceux du cours des monnaies, en entraînant un déroulement de faillites de compagnies pétrolières suivies de celles des organismes qui les financent puis de celles des états qui soutenaient ces organismes, finiront, quand le temps sera venu, par provoquer l’effondrement des économies industrielles. Et sans économie industrielle en état de fonctionner, le pétrole brut sera reclassé déchet toxique. Mais ceci n’est à prévoir que pour dans deux ou trois décennies.

Entretemps, les prix beaucoup plus bas du pétrole brut auront expulsé du marché les producteurs de pétrole non conventionnel. Rappelez-vous que la production de pétrole conventionnel (celui, peu cher à produire, qui jaillit des puits verticaux forés pas trop bas dans la croûte terrestre) a atteint son apogée en 2005 et n’a pas cessé de décliner depuis. La production de pétrole non conventionnel (celui obtenu par des forages off-shore, des sables bitumineux ou la fracturation hydraulique du schiste et autres coûteuses techniques) a été financée avec prodigalité pour compenser la raréfaction en cours. Mais, actuellement, tous les pétroles non conventionnels coûtent plus cher à produire qu’ils ne peuvent se vendre. Cela signifie que des pays entiers – y compris le Venezuela, (dont le pétrole lourd doit être traité pour le rendre fluide), le Mexique et les USA (production off-shore du Golfe du Mexique), la Norvège et le Nigeria, celle à partir des sables bitumineux canadiens et, bien entendu, le pétrole de schiste US – sont en train de brûler de l’argent en même temps que le pétrole qu’ils produisent, et que, si la baisse du vrai pétrole persiste, ils devront fermer boutique.

Un problème additionnel est le taux d’épuisement très élevé des puits de pétrole par fracturation hydraulique des États–Unis. Actuellement les producteurs pompent à plein régime et battent sans cesse de nouveaux records de production, mais le taux de forage est, lui, en train de s’effondrer rapidement. Les puits de pétrole de schiste s’assèchent très vite. Le débit d’écoulement a diminué de moitié en quelques mois à peine et sera négligeable au bout de deux ans. La production ne peut se maintenir qu’à coups de forages intensifs, et ces forages intensifs viennent de s’arrêter. Il ne nous reste donc que quelques mois de surabondance. Après cela, toute la révolution du pétrole de schiste, dont des poupées de plage arrière à tête branlante pensaient qu’elle allait faire des USA une sorte de nouvelle Arabie Saoudite, sera finie. Le fait que la plupart des producteurs de pétrole de schiste, qui ont spéculé sauvagement sur les concessions de forage, vont faire faillite, ne fera rien pour améliorer les choses. Bien sûr, feront faillite aussi les compagnies d’exploration, de production et de services. Toute l’économie qui a surgi en quelques années comme un diable d’une boîte autour du pétrole de schiste, et qui a été à l’origine de la création d’emplois à hauts salaires, s’effondrera et provoquera en tombant une explosion du chômage.

Il vaut la peine de souligner que la marge excédentaire de pétrole qui a précipité cet effondrement des prix n’est pas grande. Tout a commencé quand l’Arabie Saoudite et les USA ont eu l’idée de pratiquer le dumping du pétrole brut sur le marché international pour en faire baisser le prix. La classe dirigeante US sait parfaitement que ses jours de plus grand producteur du monde sont comptés… en jours, peut-être en mois, pas en années. Elle se rend compte aussi de la gueule de bois économique qui résultera de l’effondrement de la production du pétrole de schiste. Les Canadiens, qui se rendent compte que l’aventure de leurs sables bitumineux touche à sa fin, veulent entrer dans le jeu.

Le jeu auquel ils jouent est un jeu d’à qui tiendra le coup*. Si tout le monde continue à pomper du pétrole sans s’occuper du prix, il se produira l’une de ces deux choses : soit le marché des producteurs de pétrole de schiste s’effondrera, soit les autres producteurs tomberont à court d’argent et leur production s’effondrera. La question est de savoir lequel de ces deux événements se produira en premier. Les États-Unis font le pari que la baisse des prix détruira les gouvernements des trois pays producteurs de pétrole qui ne sont pas sous leur contrôle politique ou militaire. Ces trois pays sont le Venezuela, l’Iran et, bien sûr, la Russie. Ce pari est risqué, mais les USA sont dans une situation désespérée : ils n’ont plus d’autre carte à jouer que celle-là. La conquête du Venezuela vaut-elle la chandelle ? Les tentatives précédentes d’y provoquer un changement de régime se sont soldées par un échec. Pourquoi celle-ci devrait-elle réussir ? L’Iran a appris à survivre en dépit des « sanctions » occidentales et maintient des relations commerciales avec la Chine, la Russie et un nombre non négligeable d’autres pays dans la foulée. Dans le cas de la Russie, on ne sait pas très bien encore quels fruits – s’il y en a – vont donner les politiques occidentales. Si, par exemple, la Grèce décidait de sortir de l’Union Européenne pour échapper aux contre-sanctions russes, il deviendrait de plus en plus difficile de savoir qui a sanctionné qui.

Bien entendu, renverser les gouvernements de ces trois pétro-états, les détruire économiquement en « privatisant » leurs ressources et pomper gratuitement leur pétrole en se servant d’une main d’œuvre étrangère sous-payée est exactement l’injection dans le bras dont les USA ont besoin pour se renflouer. Mais, si vous avez suivi l’histoire récente, vous savez que les États-Unis n’arrivent pas toujours à obtenir ce qu’ils veulent, et même, depuis quelque temps, n'obtiennent rien du tout. Quel gambit récent leur a rapporté ce qu’il était censé produire ? Hmm…

Ainsi donc, les jours passent et tous les producteurs de pétrole continuent de pomper à plein régime. Certains producteurs ont un « coussin » financier suffisant pour produire à perte, et ils le feront pour protéger leur part de marché. D’autres producteurs, qui ont englouti tous leurs fonds dans le forage des puits et pu rembourser leurs emprunts pendant que les prix du pétrole étaient assez hauts, peuvent continuer à pomper avec un certain bénéfice même aux prix les plus bas. Enfin, un certain nombre de producteurs (Russie en tête) pourront encore retirer un petit bénéfice de leur pétrole, même si le prix du baril descend jusqu’à 25-30 $ (moins les taxes et les droits de douane, cependant).

Chaque producteur a une raison légèrement différente de continuer à pomper à plein régime. On a beaucoup glosé sur la collusion entre les USA et l’Arabie Saoudite pour faire baisser le prix du brut. Mais le fait est que la théorie de la collusion peut être débitée en rondelles avec le rasoir d’Ockham puisqu’il fallait s’attendre à ce qu’ils fassent exactement ce qu’ils font, quand bien même ils ne se seraient pas concertés.

Les USA tentent un coup de poker désespéré contre un état producteur ou deux, ou trois, avant que leur pétrole de schiste ne soit à sec, avec les Canadiens, dont les sables bitumineux ne peuvent plus rien leur rapporter, attachés à leurs basques. Pour peu que ce coup ne réussisse pas, c’est l’extinction des feux pour l’Empire. Or, aucun de ses gambits récents n’a marché. « Donc, voici l’hiver de notre (impérial) déplaisir », et l’Empire en est réduit à se livrer à quelques pathétiques acrobaties, qui seraient très drôles si elles n’étaient sinistres. Prenez par exemple la récente déclaration, à Berlin, de la marionnette téléguidée depuis Washington qui sert de Premier ministre à l’Ukraine, Iatseniouk. Il résulte de ses propos que c’est l’URSS qui a envahi l’Allemagne nazie et non l’inverse. Nous arrivons au 70e anniversaire de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie. Il n’y a donc pas de meilleur moment pour faire… quoi exactement ? Les Russes en sont restés abasourdis. Mais les Allemands ont approuvé l’énormité sans battre un cil. Un point pour l’Empire.

Ou prenez la psy-ops de Charlie Hebdo à Paris, qui, pour quiconque est un peu attentif, rappelle sinistrement l’attentat à la bombe du marathon de Boston, il y a presque deux ans. Boston ne s’est pas encore débarrassée de tous ses grotesques stickers « Boston est forte » (non, Boston n’a pas été détruite par quelques pétards et quelques poches de faux sang pressées par des amputés de comédie jouant à avoir perdu une jambe). Et maintenant, voilà Paris festonnée de stickers « Je suis Charlie ». Tuer une poignée d’innocents fait évidemment partie du processus standard : un peu d’atrocités réelles aident à rendre la version « théorie du complot » impensable aux yeux de quiconque a le cerveau sous contrôle impérial, parce que, voyez-vous, « ce sont les bons » et « les bons » ne font pas ce genre de choses. Mais ce contrôle des cerveaux est en train de leur glisser entre les doigts, et il s’est même trouvé des chefs d’État – le Turc Erdogan, par exemple – pour déclarer publiquement que l’affaire était un coup monté. De façon similaire encore, les supposés auteurs de l’attentat ont été sommairement exécutés par la police, avant que quiconque ait pu savoir d’eux la moindre chose. Il est désormais tout à fait clair que les événements de ce genre sont concoctés par la même bande de troisièmes couteaux pas-si-créatifs-que-ça, dont on dirait qu’ils recyclent des Power-Points : delete Boston – insert Paris. Mais les Français ont défendu leur droit d’insulter les musulmans (et les chrétiens) avec impunité - avec la certitude cependant que ces droits leur seront ravis sous peu avec pas mal d’autres quand personne ne regardera – cependant, curieusement, pas les juifs ni les homosexuels qui comptent, parce que, là, c’est puni de peines de prison ferme. Encore un point pour l’Empire.

Prenez, tiens, l’avion malaisien MH17 abattu au-dessus de l’Ukraine orientale il y a quelques mois. Les officiels occidentaux et leur presse lige on aussitôt accusé « les rebelles soutenus par Poutine ». Quand les résultats de l’enquête ont pointé dans une tout autre direction, on en a fait des top-secrets d’État. Mais voilà maintenant que les Russes ont un déserteur ukrainien qui, témoignant sous protection, a révélé l’identité du pilote ukrainien qui a abattu l’avion de ligne avec un missile air-air tiré d’un jet de combat. Comme les rebelles n’ont pas d’aviation, un missile air-air était un projectile inhabituel pour l’aviation ukrainienne et n’a donc pu être chargé à bord du jet que pour cette unique mission. Ainsi, nous savons donc qui, comment et pourquoi, la seule question qui reste étant : pour qui. Les paris vont dans le sens d’un coup ordonné par Washington. Cette nouvelle a fait les gros titres en Russie, mais les médias occidentaux l’ont purement et simplement passée à l’as : pas un mot. Et quand l’histoire est évoquée, ils continuent à répéter leur mantra : « Poutine l’a fait ». Troisième point pour l’Empire.

Cependant, une poignée d’auto-aveuglés qui se grommellent des choses dans un coin sombre, pendant que le reste du monde les montre du doigt et se moque d’eux, ne font pas un empire. À ce niveau de prestation, je m’aventurerais à parier que rien de ce que l’empire va faire, désormais, ne lui donnera satisfaction.

L’Arabie Saoudite est, d’une manière générale, mécontente des USA, parce que les USA ont manqué à leur tâche d’assurer la police dans la région et de maintenir un couvercle solide sur la marmite. L’Afghanistan est devenu un Talibanistan ; l’Irak a cédé du territoire à l’ISIS et ne contrôle plus que les anciens royaumes de l’âge du bronze, Akkad et Sumer. La Libye est en état de guerre civile et l’Égypte a été « démocratisée » en dictature militaire. La Turquie (membre de l’OTAN et candidate à l’Union Européenne) commerce maintenant principalement avec la Russie ; la tentative de renversement d’Assad est en miettes ; les « partenaires » des USA au Yemen viennent juste d’être renversés par les milices chi’ites, et maintenant, il y a l’ISIS, initialement organisée et entraînée par les USA, qui menace de détruire la maison des Saoud. Ajoutez à cela que l’entreprise conjointe US-Saoudienne, qui visait à déstabiliser la Russie en fomentant le terrorisme dans le Caucase, a fait long feu. Elle n’a même pas été capable d’organiser le moindre attentat aux Jeux olympiques de Sotchi (le prince Bandar ben Sultan a perdu son poste, à la suite à ce fiasco). Et, donc, les Saoudiens sont en train de pomper à plein régime et pas tant pour aider les USA que pour d’autres raisons évidentes : pour éliminer les producteurs de pétroles à haut prix (dont les USA) et conserver leur part de marché. Ils sont aussi, bien sûr, assis sur une imposante réserve de dollars, dont ils veulent faire bon usage tant qu’ils valent encore quelque chose.

La Russie pompe à sa capacité habituelle, parce qu’elle n’a vraiment aucune raison d’arrêter et des tas de raisons de continuer. La Russie est un producteur de pétrole à bas prix et peut attendre que les USA soient hors jeu. Elle est, elle aussi, assise sur un épais matelas de dollars, dont elle a également intérêt à se servir tant qu’ils valent encore quelque chose. Le capital le plus important de la Russie n’est pas son pétrole, c’est la patience de son peuple. Les Russes comprennent qu’il va leur falloir passer par des moments difficiles et s’efforcer de remplacer leurs importations en provenance de l’Ouest par de la production intérieure ou provenant d’autre sources. Ils peuvent se permettre de subir une perte. Ils la récupéreront quand les prix du pétrole remonteront.

Parce qu’ils remonteront. Le remède aux bas prix du pétrole est… le prix bas du pétrole. Passé un certain point, les producteurs de pétrole à haut prix arrêteront naturellement de produire, la production excédentaire sera brûlée et les prix remonteront. Non seulement ils remonteront, mais ils culmineront probablement, parce qu’un pays jonché de cadavres de compagnies pétrolières faillies ne va pas sauter sur ses pieds et se remettre à produire des quantités de pétrole, tandis que, par ailleurs, mis à part quelques usages de pétrole qui sont discrétionnaires, la demande n’est pas du tout élastique. Et une autre flambée des prix provoquera une autre série d’exigences de destruction, parce que les consommateurs, anéantis par les faillites et les pertes d’emplois consécutives à l’effondrement des champs pétrolifères, feront rapidement faillite à leur tour par suite de la hausse des prix. Ce qui provoquera une nouvelle dégringolade.

Et ainsi de suite, jusqu’à ce que meure le dernier industriel. La cause de sa mort sera diagnostiquée comme un « coup du lapin » : le « syndrome de l’industriel secoué » si vous voulez. Les prix du pétrole trop hauts puis trop bas en succession rapide lui auront brisé le cou. Quelques artisans récolteront un petit peu de pétrole de quelques vieux puits encore un peu suintants, le raffineront en se servant de pots d’argile chauffés au bois et s’en serviront pour faire rouler un très ancien corbillard, qui emmènera le dernier industriel de la planète au cimetière des industriels.

Dmitry Orlov est en train d’écrire un nouveau livre qui devrait sortir cette année. Ce livre traite de communautés et de ce qui les rend résistantes aux événements fâcheux tels que les krachs financiers. Il estime que « les États-Unis en tant qu’ensemble ne sont pas résistants aux chocs, mais certaines parties de l’Amérique le sont ».

On le trouve sur http://cluborlov.blogspot.com/ en anglais

et sur http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/  en français.

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* a game of chicken est le jeu où deux automobilistes lancés à fond de train sur une corniche étroite vers la collision frontale escomptent chacun que l’autre déviera à l’ultime seconde.

Source : http://cluborlov.blogspot.be/2015/01/whiplash.html

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades :

http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

*

Scandale d’Auschwitz

ou

Nazisme, le retour ! Numérotez vos abattis.

Nous ne mettons pas en ligne, pour une fois, le dernier texte d’Israël Shamir, parce qu’il contient des inexactitudes. En effet, ce n’est pas Vladimir Poutine qui a décidé de ne pas être présent aux célébrations du 70e anniversaire de la libération du camp, ce sont les Polonais qui ont omis de l’y inviter, en dépit du fait que non seulement ce camp a été libéré par les soldats de l’Armée Rouge, mais qu’en outre la Russie d’aujourd’hui continue de participer généreusement à l’entretien du lieu de culte qu’il est devenu. Le gouvernement polonais n’a même pas la reconnaissance du ventre.

Où Israël Shamir a-t-il pris ses informations et surtout à quel stade du développement de la honteuse pantalonnade en train de se jouer a-t-il écrit son papier ? On ne le sait pas. Autre son de cloche :

 

Oh, comme ces Polonais haïssent la Russie !

s’écrie le Saker, à la suite de la sinistre comédie d’Auschwitz (décidément, vivants et morts, on leur aura tout fait à ce pauvres gens !)

par The Saker21 janvier 2015

Incroyable ! Tout le monde sait que Yatseniouk est un menteur congénital et qu’il représente, au bout de sa laisse, un régime de fous furieux. Mais il me semblait que la Pologne était un pays civilisé dirigé par des personnes saines d’esprit, quoi qu’un rien soumises aux intérêts US. Et, tout à coup, la bombe !

Une radio polonaise ayant demandé au ministre des Affaires étrangères polonais, Grzegorz Schetyna, pourquoi Poutine n’était pas invité à la commémoration de la libération d’Auschwitz, Schetyna lui a répondu : « C’est le 1er front ukrainien et ce sont des Ukrainiens qui ont libéré (le camp); ce sont donc des soldats ukrainiens qui, ce fameux jour de janvier, en ont ouvert les portes. »

Ainsi, suite à la déclaration allemande selon laquelle « quand “Yats ” a déclaré que l’Union soviétique avait envahi l’Allemagne et non pas l’inverse, il faisait usage de sa “liberté d’expression” », voilà maintenant la Pologne qui nous dit que ce sont les Ukrainiens qui ont libéré Auschwitz et non pas les Russes, ou plus exactement les Soviétiques multi-ethniques. 

Et pas la moindre réaction de colère ou d’indignation nulle part ! Décidément, il y a des révisionnismes moins révisionnistes que d’autres [1].

Maintenant nous savons pourquoi ils ont invité Porochenko : c’est parce que ses Ukrainiens ont libéré Auschwitz. Je me demande s’il aura l’audace d’y clamer le slogan banderiste « gloire à l’Ukraine, gloire aux héros ![2», comme il le fait chez lui.

 

3. Des libérateurs.jpg

Des libérateurs ukrainiens ?

 

Mais savez-vous ce qu’il y a de pire ?

Ce qu’il y a de plus répugnant et de plus honteux, c’est que les organisations juives – qui devraient le savoir qui a libéré Auschwitz et ce qu’a été à leur égard le « nationalisme » ukrainien pendant la seconde guerre mondiale – n’ont pas pipé mot. Et pas que cela : elles devraient le savoir que l’Union Soviétique a fourni à elle seule rien de moins que 80% de l’effort de guerre mondial pour vaincre Hitler, et que les Russes ont fourni plus ou moins 80% de l’effort de guerre soviétique. Autrement dit, les juifs européens qui ont survécu à la Deuxième guerre mondiale doivent la vie à la Russie. Et certainement pas à l’Ukraine, qui a accueilli Hitler avec des fleurs et a produit dans la foulée un des deux pires mouvements nazis d’Europe (l’autre étant l’Oustachi d’Ante Pavelic).

Mais là encore, puisque les Européens occidentaux ne célèbrent pas la libération le même jour que les Russes, et puisqu’ils vont même jusqu’à organiser des cérémonies commémoratives qui ne mentionnent ni la Russie ni l’URSS, de quoi devrait-on encore s’étonner ?

 

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Le chevalier blanc, défenseur de l’Occident !

(Contre les Bolchos au couteau entre les dents)

 

Je ne mentionne même pas lOpération Unthinkable, où il a été déclaré que « la Russie était une menace pour la civilisation occidentale », ni le financement d’Hitler par les grandes banques et les grandes entreprises américaines et anglaises tout au long de sa carrière [3]. En dépit de la propagande anti-nazie officielle et de la diabolisation d’Hitler à l’usage des foules, ce dernier a toujours été « notre homme », même quand il était un « vilain garçon » : le chevalier blanc, défenseur de l’Occident ! Il n’a fait, en somme, que marcher sur les traces des autres paladins occidentaux, qui tous avaient, avant lui, tenté de soumettre la Russie.

En ce moment de sévères tensions entre l’Union européenne et la Russie, il est normal que nous assistions à une réhabilitation rampante, sinon d’Hitler lui-même, en tout cas des aspects essentiels de la propagande nazie.

Allons, nous y voilà ! C’est la Russie qui a occupé l’Allemagne. C’est l’Ukraine qui a libéré Auschwitz. Et, bientôt, on va nous dire que c’est Staline qui a ordonné l’Holocauste, rasé Dresde et largué des bombes atomiques sur le Japon. Il ne restera plus qu’à révéler qu’en fait, Poutine est le nouveau Staline, et voilà ! [4] Retour à la bonne vieille « civilisation occidentale » assaillie par les « hordes mongoles asiatiques de Russie »

Il y a des choses qui ne changent jamais. Et, bien entendu, la Russie ne pourra que les vaincre, cette fois encore !

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[1]  Ou pas poursuivis, ceux-là, par la loi Gayssot.

[2]  Nazis, bien sûr.

[3]  Pour les françaises, voir Mme Lacroix-Riz.

[4]  En français dans le texte.

 

Source : http://vineyardsaker.blogspot.be/2015/01/oh-how-much-thes...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

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Un libérateur d’Auschwitz (91 ans) se souvient

Ivan Martynouchkine, 91 ans, partage ses souvenirs de guerre chez lui à Moscou, le 23 janvier 2015, près de 70 ans après la libération d'Auschwitz

Ce qui frappa Ivan Martynouchkine, c’est le silence, une odeur de cendres et cet immense camp de plusieurs kilomètres de long, comme il n’en avait jamais vu. Mais jusqu’aux derniers instants, ce soldat soviétique ne se doutait pas de l’horreur qu’il découvrirait derrière les barbelés d’Auschwitz.

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Source : http://nouvellesduprogres.skynetblogs.be/archive/2015/01/...

 

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Puisqu’il n’y en a, en ce moment, que pour les Ukrainiens, donnons donc la parole à l’un d’eux. Nos excuses, il n’est pas nazi, personne n’est parfait.

Entretien avec Sergei Kirichuk (Borotba) : « L’Ukraine est tenue en otage par les nazis et l’OTAN »

Mardi 25 novembre 2014

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Nous publions ci-dessous un entretien avec Sergei Kirichuk, militant de l’organisation marxiste ukrainienne Borotba (« la Lutte »), réalisé par Marco Santopadre pour le site contropiano.org et publié par nos camarades italiens de la TMI, du journal marxiste FalceMartello. Sergei était en Italie début novembre, dans le cadre d’une série de réunions publiques dans de nombreuses villes italiennes. Cette tournée militante était organisée dans le cadre de la campagne de « Solidarité avec la résistance antifasciste en Ukraine » de la Tendance Marxiste Internationale (animée en France par Révolution, voir ici). Ce fut un succès notable en termes de participation, de qualité de débats et de soutien financier à la résistance antifasciste ukrainienne.

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Dans cet entretien, Sergei aborde en détail une série de sujets fondamentaux pour illustrer la situation en Ukraine. Le renversement de Ianoukovitch par le mouvement d’Euromaïdan, l’alliance entre les oligarques et les partis néo-nazis, la révolte des régions orientales et l’intervention de l’armée ukrainienne sont en effet les épisodes principaux d’une guerre civile devenue un tournant majeur dans la situation politique mondiale.

Nous avons demandé tout d’abord à Sergei d’expliquer ce qu’est Borotba.

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Source : http://www.lariposte.com/Entretien-avec-Sergei-Kirichuk-2188.html

 

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Sergei Glazyev. Les nazis d’Ukraine

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(Crédit photo : www.resistances.be)

 

Personne encore n’a pu s’entendre avec les nazis.

Entretien publié le 14 janvier 2015 sur le site russophone d’informations News Front et accordé par Serguei Iourievich Glaziev, ancien ministre, ancien membre de la Douma, cofondateur du parti Rodina, membre de l’Académie des Sciences de Russie, économiste, conseiller du Président Poutine et membre permanent du Club d’Izborsk.

L’invitation de Nursultan Nazerbaiev de mener demain des négociations visant au règlement de la crise ukrainienne a été ignorée par les dirigeants occidentaux. Ceci souligne la futilité des tentatives de conciliation avec la junte de nazis à Kiev, qui avec son artillerie continue à assassiner quotidiennement des habitants du Donbass. La tentative a échoué pour les raisons suivantes.

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Source : http://www.russiesujetgeopolitique.ru/serguei-glaziev-les...

 

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Les guerres de Staline

 

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Geoffrey Roberts

Les guerres de Staline : De la guerre mondiale à la guerre froide

Editions DELGA – Septembre 2014

Nombre de pages inconnu.

 

 

 

En ces temps de révisionnisme triomphant – pourvu qu’il soit anti-soviétique – le livre de Geoffrey Roberts (historien irlandais) tombe à pic. D’abord, parce qu’il est plutôt rare de voir publier la traduction d’un ouvrage portant sur ces matières qu’il est convenu de déclarer dépassées. Ensuite, parce que cela nous donne l’occasion d’évoquer, en passant, la censure qui frappe non seulement celle-là mais des tas d’autres matières ou d’auteurs, en amont ou en aval et sous diverses formes : censure idéologique, pratiquement toujours, mais ne s’avouant pas telle. Censure économique , bien entendu. La plus implacable qui soit.

Mme Lacroix-Riz, qui a préfacé l’ouvrage, en a parlé, dans une conférence qu’elle a donnée, le 15 septembre 2014, à l’Amphi Roussy (campus des Cordeliers), ne nous demandez pas où c’est.  Elle parle aussi – autre lien -  de la politique d’acquisitions aussi peu éclairée ou neutre que possible des bibliothèques françaises, y compris universitaires.

 

Résumé A. Lacroix-Riz – G. Roberts

http://www.historiographie.info/debats.html

Échanges divers sur la censure régnant à la bibliothèque Pierre Mendès-France (PMF) - Paris et dans les autres bibliothèques universitaires, 16-22 janvier 2015

http://www.historiographie.info/debats.html

 

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Vos merdias favoris n’ont rien dû vous laisser ignorer de PEGIDA. On ne vous en parlera donc pas. Idem pour la bande à Frau Merkel. En revanche, ils sont tellement muets sur les autres Allemands que, par simple esprit de contradiction, nous nous sentons obligés de remplir les blancs. L’autre jour, on vous a transmis le message d’Eugen Drewermann. Aujourd’hui, c’est au tour d’Oskar Lafontaine.

21 janvier 2015

Allemagne : Oskar Lafontaine contre les tentations belliqueuses de la gauche et pour la sortie de l’OTAN

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Nous reproduisons ici le commentaire apparu sur le blog d’Oskar Lafontaine, ex-dirigeant et ministre social-démocrate allemand (Spd) et auteur, par sa scission, de ce qui est devenu ensuite le parti de gauche en Allemagne, Die Linke. Lafontaine, malade, a conduit ces dernières années une dure bataille interne au parti dont il est le « père fondateur », d’abord en soutenant la sortie de l’Euro et la rupture avec l’Union européenne, et aujourd’hui en abordant le thème de la guerre, thème sur lequel même dans la gauche allemande et européenne commence à enfler la logique humanitaire et interventionniste « démocratique », avec sans doute des accents anti-russes.

Cette prise de position de Lafontaine est particulièrement importante et intéressante, car depuis la « marche de Paris », l’impression désagréable qui se dégage est que le front interventionniste en Europe est davantage inspiré par la « gauche » que par la droite, comme ce fut le cas avec la Yougoslavie en 1999. En effet, l’agression contre la Yougoslavie fut soutenue par le centre gauche mondial – Blair, Clinton, D’Alema, Shroeder, Jospin –, ce qui amena à un rude affrontement avec la gauche alternative et les mouvements pacifistes qui s’opposaient à l’intervention militaire, laquelle – en bombardant Belgrade et les villes serbes – apporta la guerre au coeur de l’Europe, 45 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Voici la brève déclaration d’Oskar Lafontaine :

« Si le terrorisme consiste à utiliser illégalement la violence pour atteindre des objectifs politiques, alors Bush, Blair et tous ceux qui ont été favorables à cette guerre sont des terroristes. Si l’on condamne un homicide, il faut le faire, où que soit la victime, et indépendamment de qui dit quoi. Et cette conscience est précisément ce qui manque dans nos sociétés occidentales. Les guerres interventionnistes, les guerres [anti-]terroristes sont à la base de la terreur qui se répand dans le monde entier. On peut discuter encore et encore, mais il y a une chose sur laquelle nous ne devons pas transiger : si d’aventure – et j’évoque là une simple hypothèse – devait se présenter la possibilité pour Die Linke de participer à un gouvernement fédéral, nous devrions alors poser très clairement une condition, à savoir, que ce gouvernement ne devra sous aucun prétexte participer à une quelconque guerre interventionniste. Jamais. Cette condition serait pour nous fondamentale. Que pensent ceux qui, à l’inverse, acceptent ces guerres ? Qu’ont-ils en tête ? S’ils devaient souffrir dans leur propre chair de la guerre, ils prendraient certainement la même décision.

On essaie de nous refiler ces vieilles histoires de la Guerre froide, et de nous faire croire que la Russie nous menace.

C’est pour cela que nous avons besoin que l’OTAN soit dissoute. »

Sergio Cararo

Source : Contropiano, mardi 20 janvier 2015

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

 

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De la Russie, dont il vient d’être tant question, au Proche-Orient, il n’y a qu’un pas, surtout quand on est aéroporté par l’OTAN

 

D’« anciens » militaires français parmi les jihadistes de Daesh

Réseau Voltaire International | 21 janvier 2015 

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Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a confirmé les informations de Radio France International selon qui une dizaine d’« anciens » militaires français combat actuellement aux côtés des jihadistes. Il a en outre précisé qu’il s’agissait là de cas extrêmement rares.

Dans ce cas comme dans les précédents, tous les « anciens » militaires français impliqués aux côtés des jihadistes étant soit des légionnaires, soit des membres de la DGSE, le ministre aurait pu diligenter une enquête administrative sur le recrutement de jihadistes au sein de ces deux unités. Il n’en a rien fait.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article186490.html

 

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Où il est aussi parlé de censure…

« Lettre ouverte à la jeunesse d’Europe et d’Amérique du Nord », par Ali Khamenei, Guide Suprême d’Iran

 

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Allocution de l’Ayatollah Sayyad Ali Khamenei, dirigeant de la République Islamique d’Iran

Au nom de Dieu, le Bienveillant le Miséricordieux

À la jeunesse d’Europe et d’Amérique du Nord,

Les récents événements en France et ceux qui leur sont similaires dans certains autres pays occidentaux m’ont persuadé de vous en parler directement. Je m’adresse à vous, [la jeunesse], non pas parce que j’outrepasse vos parents, mais plutôt parce que l’avenir de vos nations et pays sera entre vos mains ; et je trouve également que le sens de la quête de la vérité est plus vigoureux et éveillé dans vos cœurs.

Je ne m’adresse pas non plus à vos politiciens et hommes d’état dans ce texte parce que je crois qu’ils ont sciemment séparé la route de la politique du chemin de la rectitude et de la vérité.

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2015/01/23/lettre-ouve...

 

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La schlague, y’a que ça d’vrai !

ou

La chevauchée fantastique de Bibi Netanyahu chez les pleutres d’Occident

 

Tout a commencé à Paris, où l’Hérode en chef est venu, passant outre les prières de ses féaux, défiler en tête d’une foule que la guillotine n’eût pu décapiter (car il eût fallu qu’elle en eût, des têtes), pour pleurer – hou...ou... - des « journalistes »-z-assassinés et clamer sa liberté fondamentale d’insulter ce qui n’est pas elle.

 

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                                                     Quenelle (de deuil) inversée.

 

C’est le journal Maariv (מַעֲרִיב‎,) qui raconte et M. Richard Silverstein, citoyen US, qui commente. Nous, on résume et on vous met les liens après.

Or donc, le jour où s’est tenu un service religieux à la mémoire de victimes d’un attentat, à la Grande Synagogue de Paris où se sont rendus un Président de la République et un Premier ministre qui oncques n’eurent de temps à perdre avec les victimes non cashères et, donc, pas de mosquée ni d’église, on ne peut pas être partout s’pas, un incident s’est produit. 

« Quiconque lit ce blog, dit M. Silverstein parlant du sien, est accoutumé aux récits d’exploits des brutes du Shin Beth, mais ceux-ci sont généralement réservés aux Palestiniens, aux journalistes arabes et aux voyageurs un peu trop basanés pour être honnêtes qui descendent des avions. Jamais on n’aurait imaginé qu’ils s’en prendraient un jour à un Premier ministre en exercice. Chez lui ! » Il n’a jamais entendu parler de Jacques Chirac, M. Silverstein, mais c’est vrai qu’il n’était pas « chez lui » le jour où il lui a fallu les affronter à coups de poings. Il était quand même Président en exercice…

Mais que s’est-il donc passé ? En un mot comme en cent, les gorilles de la garde prétorienne de Bibi, au moment où Valls pénétrait dans la Synagogue, l’ont empoigné par les bras sans ménagements et refoulé comme un vulgaire perturbateur de l’ordre public, jusqu’à ce que le vrai P.M. soit arrivé, ait passé devant lui sans le regarder et se soit assis, après quoi ils ont poussé Manu en avant d’une bourrade pour qu’il aille s’asseoir à son tour, ignorant impérialement ses protestations de rage espagnole proférées en anglais et en français. « You don’t make the rules, here ! You provide security for the Prime minister of Israel, that is all. » Oh, qu’il se trompait ! Mais si, ce sont eux qui font les règles. Et à qui la faute ?

 

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Netanyahu, Hollande et Valls, juste après l’incident

 

L’ambassadeur d’Israël a eu beau présenter postérieurement des excuses… « Il est certain, dit M. Silverstein, qu’il s’agit d’un affront délibéré fait au gouvernement de la France », et il a bien raison de ne pas dire « des Français ». 

Là-dessus, il ajoute : « Cela me paraît un jeu dangereux. C’est aussi un jeu de gens très désespérés » Et ces gens, pense-t-il, se fichent éperdument du sort à long terme du pays qu’ils représentent. (On résume).

Non content de faire humilier Valls en public – et en présence d’un Président-plus-poire-que-jamais qui n’a pas osé piper mot –, le représentant (élu, on le rappelle) du « peuple juif », s’en est pris aux juifs eux-mêmes car à quoi bon lésiner. On ne connaît pas les détails de l’algarade, mais la Communauté Juive de France s’est déclarée « profondément insultée » qu’il ait comparé ses membres aux juifs d’Espagne qui, en 1492, « s’y sentaient si bien qu’ils n’ont pas voulu s’en aller quand ils en avaient l’occasion ». Pour aller où ? Faire leur aliya peut-être… Préemptivement…

Là, c’est à nouveau le journal Maariv qui parle. Il faut vous rappeler que le père Netanyahu, Ben Zion, était érudit en histoire médiévale juive et que l’ineffable s’est servi de l’autorité paternelle pour traîner les juifs de France d’aujourd’hui plus bas que terre au nom des juifs d’Espagne du XVe siècle.

« J’ai déjà dit ici, reprend M. Silverstein, que Bibi Netanyahou n’avait rien de la supposée érudition de son père en matière d’histoire juive. » Historien, on ne savait pas. Secrétaire de Vladimir Jabotinsky, on savait. Et, en effet, ce n’est pas une garantie de rigueur historique.

Il semble résulter de tout cela que les représentants de la Communauté des juifs de France ne sont pas vraiment persuadés que la Ve République soit sur le point de se transformer en monarchie espagnole de la Reconquista et que, par conséquent, ils n’ont pas dû exprimer un enthousiasme excessif à l’idée de voir leurs compatriotes partir en masse « terminer le travail » de l’extermination des Palestiniens. Ils n’étaient cependant pas au bout de leurs peines puisqu’ils ont eu droit, en prime, à une autre comparaison, avec les juifs russes et polonais de l’Holocauste cette fois, qui, s’ils s’en étaient allés à temps… (voir plus haut).

Bref, ce sont les victimes qui sont coupables. Axiome que, depuis quelque temps, on avait compris, merci.

Ils y ont pensé à Tel Aviv, à l’installer dans une cellule capitonnée pour éviter qu’il se blesse ?

Mais ce n’est pas tout !

Et, à vrai dire, la mésaventure de Valls pâlit en comparaison : Benjamin Netanyahu s’apprête, le 15 février prochain, à prendre la parole devant les deux chambres du Congrès US. Pour leur dire quoi ? Ce qu’il pense de la lamentable politique extérieure de Barack Obama et ce qu’ils doivent faire à la place, surtout à l’égard de l’Islam en général et de l’Iran en particulier.

À l’invitation d’un néo-con nommé John Boehner, président de la Chambre des représentants, mais surtout « à l’insu de la Maison-Blanche et en violation de toutes les règles institutionnelles ».

Vous avez bien compris ? Il va aller inciter tout le personnel politique US (et le Pentagone avec ?) à trahir son pays en bloc. Si ce pays – cet ensemble de pays – se laisse faire, c’est, comme le dit Orlov, l’extinction des feux pour l’Empire.

 

Liens

 En anglais :

Shin Bet Manhandled French Prime Minister in Grand Synagogue, Bibi Insulted French Jewish Leadership, by Richard Silverstein

http://www.informationclearinghouse.info/article40761.htm

Congress Seeks Netanyahu’s Direction, by Robert Parry Showing

http://www.informationclearinghouse.info/article40780.htm

En français :

Netanyahu au Congrès US sur l’Iran et sur l’Islam, par Réseau Voltaire

http://www.voltairenet.org/article186491.html

Washington se révolte contre Obama, par Thierry Meyssan

http://www.voltairenet.org/article186508.html

 

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Apostille musulmane

 

Trois jours après la cavalcade bibiesque à Paris, nous trouvions, sur le site du Saker US, sous le titre :

Message from Sheikh Imran Hosein to the French People

une vidéo effarante s’adressant aux musulmans de France. Et que dit-il, Imran Hosein ? Exactement la même chose que Benjamin Netanyahu aux juifs, mais cette fois aux Arabes : « Rentrez chez vous (dans vos pays d’origine), quittez la France ». Et tout ça sur le site du Saker !

 

 

Les bras nous en sont tombés. Mais qu’est-ce qu’ils lui ont donné à boire ou à fumer à celui-là aussi ?

Certes, on avait bien compris qu’il vient de se produire non pas un mais plusieurs attentats sous faux drapeau. Et nous sommes même sûrs que cela va continuer, puisque, comme le dit Orlov, « ils n’ont plus que cette carte-là à jouer ».

Mais est-ce une raison pour détaler comme des rats qu’on dérange ? Est-ce que l’immense majorité des musulmans de France ne sont pas des citoyens français ? Et où va-t-on renvoyer, après, les Celtes, les Gaulois, les Francs, les Cimbres et les Teutons ? Dans leur pays d’origine ? Et ces pays, si tant est qu’on les connaisse, ils ne sont pas occupés peut-être ? Ils iront où ceux qui s’y trouvent ? Dans la bande de Gaza s’il reste encore un peu de place ?

Il ne le sait pas, le Cheick, que ce sont ceux qui sont dans les batailles qui les gagnent ?

Il nous semble qu’il est temps que les jeunes Français de n’importe quelle origine  y compris de souche - et qu’ils soient juifs, musulmans ou d’autres confessions ou convictions - s’expriment une bonne fois pour toutes et remettent à leur place les donneurs de conseils empoisonnés.

Dans son adresse aux jeunes d’Occident, l’ayatollah Khamenei dit une chose d’une importance extrême à nos yeux : « Ma seconde requête est qu’en réaction au torrent de préjugés et de campagnes de désinformation, vous tâchiez d’obtenir une connaissance directe et personnelle (…) »

Cette nécessité de connaissance directe et personnelle ne s’applique pas qu’à l’Islam, mais à TOUT. « Penser par soi-même » était la devise du grand écrivain gallois John Cowper Powys, qui a répété cette injonction tout au long de son œuvre immense, dans ses romans, ses essais, ses écrits philosophiques, sa correspondance, son Journal… Il avait pris cette notion d’on ne sait plus quel philosophe de l’Antiquité (Socrate ? Antisthène ? Notre mémoire flanche). Rabelais, sommet absolu de la culture française pour ceux qui l’ignorent et disciple de Diogène, a, pour sa part, inventé (c’est dans le Tiers Livre) un personnage appelé Ouy-Dire, roi d’un pays dont les habitants croyaient tout et n’importe quoi pourvu qu’ils l’eussent entendu dire, au lieu de penser tout seuls. Un pays de calamités. Pas très différent de la France d’aujourd’hui, finalement.

Quel rapport entre un écrivain anglais, des philosophes de l’Antiquité grecque, un médecin français du XVIe siècle et l’Iran d’aujourd’hui ? Cette préoccupation-là, justement : penser par soi-même, développer son sens critique et refuser de se laisser mener par le bout du nez, c’est-à-dire devenir adulte et responsable, n’est plus seulement une nécessité, c’est une urgence. Mieux vaut se tromper seul qu’avoir raison derrière une multitude sans savoir pourquoi.

Source : http://vineyardsaker.blogspot.be/2015/01/message-from-she...

 

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On en avait oublié un, de saint homme, et on espérait ne plus entendre parler de « l’affaire Charlie ». Malheureusement, quand quelqu’un jette bêtement une pierre dans l’eau, on ne sait jamais pendant combien de temps elle va y faire des ronds…

La semaine dernière, le pape François s’en allait visiter les catholiques de Goa, y canoniser un saint Sri Lankais prénommé Joseph et rencontrer ses ouailles du lieu.

 

Diapo

http://rt.com/in-vision/pope-francis-sri-lanka/

 

Le croira-t-on, des « journalistes » sont descendus jusqu’à Rome, et sont montés dans son avion, pour lui demander… ce qu’il pensait de l’assassinat des « Charlie ».

Un pape de la Renaissance les aurait fait jeter par le hublot. Celui-ci a répondu avec urbanité, sans même soulever un sourcil devant l’inconvenance.

Il est vrai qu’à l’annonce de la fusillade, il avait laissé transparaître un sentiment pour lequel la police française ne pourra pas l’incarcérer, il a de la chance d’être pape, à savoir que les dessinateurs refroidis étaient des provocateurs, qui auraient dû s’attendre tôt ou tard à un retour de bâton violent, ajoutant qu’il y avait des limites à la liberté d’expression et que qui vit par l’insulte doit s’attendre à périr par la rafale (non, là, on brode, mais pas beaucoup).

À ces propos pleins de bon sens, également tenus (sur ce blog) par le Saker, le pape François a bien voulu ajouter que dire ce que l’on pensait était un devoir exigé par le bien commun, mais que quiconque insultait sa mère devait s’attendre à prendre son poing sur le nez. Il a même joint le geste à la parole.

 

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« Nous n’avons pas le droit de scandaliser les croyants »

Marat

 

Un autre homme qui a du punch est M. George Galloway, représentant de Bradford Ouest au Parlement anglais et chef du parti Respect.

M. Galloway ayant eu vent d’une manifestation « pour la liberté d’expression » qui allait se tenir devant le City Hall de Bradford, s’y est pointé, a grimpé bien en vue sur les marches du perron et a balancé aux manifestants « Je ne suis pas Charlie ! ». Pendant qu’il y était, il leur a expliqué pourquoi.

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« Personne ne devrait être soumis à de la violence, moins encore à la mort, pour avoir dit, écrit ou dessiné des choses. »

« Nous condamnons par conséquent le meurtre de 17 personnes. Mais nous ne permettrons pas que ce magazine Charlie Hebdo soit décrit comme un recueil d’aimables dessins humoristiques anarchistes et marrants. »

« Ce qu’il contient, ce ne sont pas des dessins humoristiques du Prophète, ce sont des insultes obscènes et pornographiques au Prophète et, par extension, à 1.7 milliards d’êtres humains sur cette terre et il y a des limites. »

« Il y a des limites. Il y a des limites à la liberté d’expression, particulièrement en France. »

 

 

 « Le vrai travail d’un satiriste, le vrai travail d’un dessinateur humoristique, le vrai travail d’un journaliste est de réclamer des comptes aux puissants et aux riches. Le seul but réel poursuivi par Charlie-Hebdo – et depuis des années ! – a été de marginaliser davantage, d’aliéner davantage et de mettre davantage encore en danger précisément ces parties de la population qui sont déjà marginalisées, déjà aliénées, déjà en danger. C’est un torchon raciste, islamophobe et hypocrite. Je ne suis pas Charlie-Hebdo ! Nous disons qu’on ne peut pas laisser l’honneur des peuples qui ont de la religion, leur prophètes et leurs croyances servir ainsi de proies autorisées, parce qu’il y a déjà des limites à la liberté d’expression. Je ne peux pas diffamer, ni par écrit ni autrement, quiconque se trouve dans votre foule, sous peine d’être poursuivi en justice et condamné. De là où je vous parle, je ne peux pas vous inciter au racisme et c’est heureux. Je ne peux pas inciter à la haine sous aucune forme. Je ne peux pas vous dire des choses qui soient susceptible de provoquer des agressions ou des crimes contre n’importe quel groupe de la société. Personne n’a le droit de crier « au feu ! » dans un cinéma qui n’est pas éclairé, parce que le droit à la liberté de crier « au feu ! » est éclipsé par le droit des gens qui se trouvent dans le cinéma de n’être pas piétinés à mort dans une panique. Quand vous vous livrez à une provocation obscène, obscène comme celles que cet hebdo a commises chaque semaine pendant des années et qu’il vient de refaire à des millions d’exemplaires, vous poussez au crime. Vous faites la même chose que le dangereux individu qui crie « au feu ! » dans un cinéma sans lumière. C’est pourquoi, au nom de la paix sociale, au nom de l’unité dans la société, nous devons exiger de notre gouvernement la protection des prophètes, qu’il les protège des provocations obscènes et pornographiques, et c’est exactement ce que j’ai l’intention de faire au parlement. As Salaam Alaikum. »

George Galloway, Membre du Parlement pour Bradford Ouest, à une manifestation devant le City Hall de Bradford, le 17 janvier 2015.

 

 Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2015/01/26/le-coup-du-lapin-8372295.html

 

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26 janvier 2015

Message de Vladimir Poutine à l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz

 

Pour la première fois, Vladimir Poutine n’a pas assisté à ces commémorations, signe éloquent des tensions entre la Russie et l’Occident, dues à la renaissance du nazisme, que nous appellerons, faute de mieux, « néonazisme », même si on ne voit pas qui, en Occident, aurait la carrure d’Arturo Ui pour en assurer l’irrésistible ascension : ni Porochenko ni Iatseniouk – soyons sérieux – ni personne en Pologne, ni personne non plus en Europe occidentale. Nous nous retrouvons donc face à une menace nazie réelle mais sans fuehrer.

 

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Gravement offensé mais tirant les conséquences de cette situation, le Président de la Fédération de Russie vient d’adresser un message à tous les participants à la cérémonie de commémoration du 70e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz par l’Armée Rouge et à l’occasion de la Journée Internationale de commémoration de l’Holocauste. Par-dessus les têtes de ces participants, il s’adresse aux peuples qui se laissent par eux gouverner. (Salut aux Grecs !)

Voici son message :

 

« L’Holocauste a été l’une des pages les plus tragiques et les plus honteuses de l’histoire humaine. Des millions de personnes innocentes ont été victimes des nazis, ont vécu l’enfer des camps de la mort et ont été fusillés, torturés, et sont morts de faim et de maladie. L’Armée Rouge a mis un terme à ces atrocités et à cette barbarie impitoyable et a sauvé non seulement le peuple juif, mais également les autres peuples d’Europe et du monde.

Nous devons toujours garder fermement à l’esprit que toute tentative de réécrire l’histoire et la contribution de notre pays à la grande victoire reviendrait à justifier les crimes du nazisme et ouvrirait la porte à la réémergence de cette idéologie meurtrière. Oublier les leçons de notre passé commun pourrait conduire à une répétition de ces terribles tragédies. Il est donc de notre devoir de défendre la vérité sur les événements de la Seconde Guerre mondiale et de défendre les réalisations, la dignité et la réputation de ceux qui vivent et de ceux qui ne sont plus.

C’est notre devoir et c’est une question d’honneur auprès des générations à venir. » 

Source : http://eng.news.kremlin.ru/news/23524

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

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Aggravons notre cas, aux yeux des honnêtes gens :

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Trois terroristes du Donbass

 

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Revenons donc – ce post sera interminable – à ce qui n’a pas été qu’un événement parisien un peu plus sanglant que d’habitude. Parce que l’hystérie collective n’aime pas qu’on ne s’occupe pas d’elle, ne souffre pas les indifférents ou les simplement raisonnables. Et parce qu’on a des amis très chers qui ont cru retrouver, dans la foule du 11 janvier, le peuple de 68, et qui se sont demandé « suis-je Charlie ? », alors que nous n’y avons vu, nous, qu’une foule décérébrée.

Il va nous falloir pédantiser un peu.

Quelle est la différence entre un peuple et une foule ? Elle est abyssale. Le peuple, c’est quand chaque individu pris séparément, possédant un cerveau et une conscience, exerce son sens critique, trouve des choses à soutenir ou à combattre dans la société où il se trouve, retrousse ses manches et va rejoindre ceux qui ont fait pareil pour tenter de peser, ensemble, sur le cours des choses. La foule, c’est un agglomérat, généralement temporaire, d’individus sans conscience, passifs par définition, abandonnés aux deux pulsions égoïstes de l’infantilisme : la volonté de puissance et l’avidité, en même temps que la soumission volontaire et même enthousiaste aux manipulations. « L’abject enthousiasme » disait le XVIIIe siècle.

Frédéric, ces gens que tu crois animés d’une peine et d’une indignation sincères n’ont pas eu un frémissement de compassion devant le massacre de plus d’un million de Rwandais. En as-tu vu un seul dans la rue, alors ? Passons sur le fait que ce massacre et la tuerie au petit pied d’il y a trois semaines ont été machinés par les mêmes. On ne parle ici que des réactions et de ce qu’elles démontrent.

L’avant-dernière fois que nous avons vu le Peuple dans la rue, en France, c’était à l’occasion de la dernière grande manif contre la guerre du Vietnam. On n’était qu’un million, pas trois, mais Sartre en tête, pas Netanyahu. Avec Signoret-Montand, Ferrat, etc. Nous, au coude à coude avec Georges Ullmer, un chanteur danois que vous ne connaissez pas. Il était question de remettre une pétition « de la part du peuple de France » à l’ambassadeur US. Bastille-Concorde. Le PCF assurait le service d’ordre.

Arrivée au bout des Tuileries : des rangées de CRS, l’arme au poing, et des paniers à salade ici et là. L’ambassade, on la voyait, à même pas cent mètres. Sartre était prêt à se faire trouer la peau, sa lettre à la main, pour les parcourir ou du moins essayer – il y a des moments comme ça – et personne ne l’aurait laissé y aller seul, ni célébrités ni piétaille. Le PC a donné l’ordre de dislocation. Ils y militaient, pas tous mais en grand nombre. La discipline a prévalu sur le courage. On ne critique pas, on se rappelle.

En remontant la manif en désarroi pas encore écœurée pour rentrer chez nous, au bout de la rue Royale, en tournant le coin, on a vu le boulevard des Capucines, couvert de petits faucons rouges assis par terre, qui refusaient de bouger, et les cheftaines du parti remontant les rangs : « Rentrez chez vous, Camarades, vous avez montré votre force », à des gamins qui crachaient par terre, enlevaient leurs foulards et les jetaient dans le caniveau. C’est là, c’est ce jour-là que le PCF a commencé de perdre son sang, comme un tonneau dont on a arraché la bonde perd son vin.

La toute dernière fois qu’on a vu le peuple dans la rue, c’était à la Manif pour tous, où ils n’étaient « que » 500.000 (70.000 selon la police) et pour la plupart cathos de droite, mais c’était le peuple quand même en vertu de sa définition (voir plus haut). Ce qu’on y a vu aussi, c’étaient des musulmans et des juifs. Manifestation viscéralement parentale, plus parentale qu’idéologique partout, y compris chez les majoritaires. On n’osait pas y croire, on a retenu son souffle, on s’est dit qu’il allait peut-être se passer quelque chose après tout, qui savait ? Et puis, bien sûr, alors que chacun s’en retournait chez soi à l’issue d’une manifestation où il n’y avait pas eu la moindre fausse note ni le plus petit accrochage, les valeureux escadrons du GUD, casque en tête et barres de fer au poing ont violemment attaqué les forces de l’ordre et saccagé quelques commerces de luxe. Juste de quoi permettre au pouvoir de réprimer brutalement toute velléité d’opposition civile. Leur motif ? Avoir voulu « radicaliser » la droite catholique, au-delà de « juste leurs enfants ».

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Les troupes parisiennes du GUD

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 Leur chef Logan Djian, avec, hélas, Dieudonné

Et, oui, Frédéric,  c’est vrai qu’il s’est passé des choses en 68 et que le peuple, parfois, y a remplacé la foule, même si on s’y est fait, reconnaissons-le, baiser en levrette. Vrai aussi qu’on s’est parlé, dans la rue, entre parfaits inconnus, comme si on avait élevé les cochons ensemble et comme si les avenues d’Haussmann étaient des places de villages. Vrai encore que les automobilistes qui avaient un peu d’essence, s’arrêtaient spontanément pour charger ceux qui allaient dans leur direction. Et on n’est pas près d’oublier la petite montagne de mobylettes, contre l’École de Médecine, laissées à la disposition de qui en avait besoin, que leurs propriétaires ont retrouvées intactes à la fin de ces semaines mémorables.

Et puis, un jour, tout s’est arrêté.

Les CRS ?

Le Général ?

Le PCF ?

Non. Les vacances.

Quand la foule, devenue le peuple, renoncera à partir en vacances pour finir une révolution (ou soutenir une république espagnole… ou grecque…) on pourra recommencer à y croire.

La foule du 11 janvier dernier, sortie s’exciter sur quatre caricaturistes indignes, en se foutant éperdument des autres victimes, pour réclamer son droit imprescriptible d’insulter ce qui n’est pas elle avec impunité – car c’était là, que tu l’acceptes ou non, le véritable et seul moteur de cette « manifestation républicaine » – n’était pas n’importe quelle foule un peu nase de Tour de France ou de Coupe du Monde. Celle-là était – est – infiniment dangereuse.

19. Sang impur.jpeg

Ah, le sang-k-impur !

 

Si « républicaine » d’ailleurs, que même les Grands-Bretons, s’y sont mis :

 

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Trafalgar Square aux couleurs de La Gueuze (en signe de deuil)

 

21. Tower Bridge.jpeg

Et Tower Bridge (si, si, de deuil fraternel, même)

 

Quelle différence entre la foule allemande de Nuremberg-1938…

 

22. Nuremberg-1938.jpg

 

 …et la foule française de Paris-2015 ?

23. manif-place-republique-charlie-hebdo.jpg

AUCUNE

Qu’est-ce qui sépare « Je suis Charlie » de « Sieg Heil ! » ?

RIEN

Qu’est-ce que les deux événements ont d'autre en commun ?

ÇA :

24. Bottes.jpg

 

Déjà huit Tchétchènes arrêtés. Qui sont-ils ? Qu'ont-ils fait ? Vous ne le saurez pas. On vous dit « Tchétchènes ». Contentez-vous-en.

Déjà un gamin (16 ans) arrêté et puni de prison ferme pour avoir posté, sur son compte Facebook ou Twitter un dessin de Charlie-Hebdo détourné dont il n’était pas l’auteur (mis en ligne par Norman Finkelstein qu’on n’osera pas poursuivre. Pas encore…) :

 

25 bis. huit-tchetchenes-600.jpg

 

Soyons clairs, hein : le gamin en taule, pas les Charlie ! Liberté d’expression pour eux, pas pour lui ! Apologie du terrorisme pour lui, pas pour eux !

 

25. Finkelstein.jpg

 

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Et pour répondre à d’autres critiques reçues hors commentaires :

 

« On peut cogner, chef ? »

 

On a connu Charlie-Hebdo avant qu’il s’appelle comme ça (oui, ça fait anciens combattants, on n’y peut rien). Il s’appelait Hara-Kiri. Le taulier s’appelait Choron (de son vrai nom Georges Bernier)

26. Choron.jpg

 

L’hebdo-ou-mensuel selon les circonstances se disait « Bête et méchant ». Il était « Méchant et de mauvais goût ». Mais bête, assurément pas. Et il frondait les puissants, les racistes. Pas toujours avec le petit doigt en l’air.

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Un jour, une boîte de nuit appelée le 5-7 (mobilier en papier mâché et polystyrène expansé, pas d’issues de secours, un truc pour la plèbe) a pris feu. Ils étaient environ 180 jeunes du voisinage, occupés à guincher. Une trentaine a survécu. Gros titres dans la presse : « Bal tragique à Saint-Laurent du Pont : 146 morts ».

Huit jours plus tard (le 9) meurt le général De Gaulle. Hara-Kiri sort sa plus célèbre couverture :

28. Bal tragique.jpeg

Et est aussitôt interdit. Il y avait longtemps que le pouvoir n’attendait qu’une occasion. Celle-là était en or.

Choron, qui n’était pas du genre à adopter profil bas, fonde aussitôt un autre canard. À l’identique. Avec, pour titre : Charlie-Hebdo.

« Charlie » était le nom de code que les pilotes d’hélicoptères de l’OTAN avaient donné au Vietcong (Forrest Gump : « On cherchait sans arrêt un type qui s’appelait Charlie »). En adoptant ce nom, Choron avait annoncé la couleur : pas question qu’on s’écrase. Et la fronde des puissants, surtout les armés, avait continué. Et puis, un jour, Choron est mort et sa gazette a fait faillite, ou l’inverse. Fournier, Reiser et Gébé étaient morts avant, dans cet ordre. Mais il y avait eu Sylvie Caster, Manchette, Berroyer, Arthur, Nicoulaud, Soulas, Carali et autres, puis Coluche, Desproges… et on en passe.

C’est là que Val, ex-chansonnier pour MJC, s’est pointé pour le racheter. L’argent de la CIA ? Ses économies ? Va savoir. Le tournant en épingle à cheveux a été immédiat (Delfeil de Ton a tenu trois mois). Certains se sont fait virer (Mona Chollet), d’autres sont partis en claquant la porte (Cyran). Et le tout à l’avenant. C’est ce qu’on a appelé « La véritable scission de l’Internationale satirique ».  Pourquoi ce sont surtout les écrivains qui sont partis et les dessinateurs qui sont restés ? On ne sait pas non plus. Beau sujet d’étude pour un  sociologue de la presse.

Val a pondu des éditos imbuvables tant dans la forme que sur le fond. Les dessins – hideux à regarder, sauf ceux de Cabu, qui ne l’étaient que de l’intérieur – se sont mis à faire ce pour quoi ils étaient payés : ridiculiser les victimes de l’Empire et de l’OTAN, taper sur les gens à terre, s’attaquer à ceux qui les défendaient. Finie la fronde des puissants. Profession : lyncheurs d’humiliés et d’offensés.

On peut cogner, chef ?

Non seulement on peut, mais on doit, sinon pas de caviar ni de caisses de rouge à la fin du mois.

Les caricatures du Prophète : de la poudre aux yeux, l’écran de fumée destiné à faire passer la vénalité pour de la fronde anarcho-philosophique.

Bouffeurs de curés, c’est plus reluisant qu’assistants de bourreau, non ?

Mais, objecteront les naïfs, ils s’en sont pris aussi aux autres religions, pas qu’à l’Islam… Faux. Ce n’est pas une histoire de religion-pas religion, c’est une histoire de puissants-pas puissants :

Sœur Emmanuelle, oui, des caricatures d’évêques, à la rigueur Benoît XVI, Jésus même, à l’occasion. Pas Jean-Paul II. Jamais (Quand on briffe à la même mangeoire…)

Des juifs, oui. Des sionistes, jamais.

Castro, Chavez, Poutine, oui. Jamais Bush, ni Blair, ni McCain, ni Abou Ghraib, ni Guantanamo.

Des « prêtres pédophiles », oui. Jamais des couturiers, des cinéastes, des écrivains familiers des bordels d’enfants. Jamais ceux qui font mettre en prison les parents qui ne veulent pas que leurs gosses apprennent à se masturber à la maternelle.

Nous l’avons déjà dit, répétons-le : l’Empire Otanazi se sert toujours deux fois des créatures qu’il achète, et la seconde fois, c’est en les tuant et en se servant de leur mort. Il n’y a pas encore eu d’exception à cette règle.

Lee Harvey Oswald…

Jack Ruby…

Saddam Hussein…

Oussama Ben Laden…

Les frères Tsarnaev…

Les djihadistes mercenaires de plusieurs obédiences…

Les sinistres pieds nickelés de Paris… qui ne seront pas les derniers.

 

ET ON N’Y REVIENT PLUS, PAR PITIÉ.

 

*

« Vous pétez, Panurge ? »

 

Notre aparté sur les souffles, les vents et cœtera, à propos de Rois Mages, nous a valu de recevoir d’un collagiste de génie qui nous fait l’honneur de nous lire, une infime partie de sa collection – immense, assurément – d’images. Sur le sujet. Pas de bande-son. Que de l’iconographie.

Si nous avons été ravis de revoir des photos de films que nous avons aimés pour des raisons très variées, nous n’avons pas toujours compris le rapport qu’ils avaient, pour la plupart, avec l’objet de la collection lui-même. On sèche. Vous le découvrirez peut-être…

 

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http://organodeon.chez.com/galerie_photo.htm

(Cliquer sur les images pour les agrandir)

 

*

 Le 26 janvier 2015.

 

21:01 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/01/2015

ENSAUVAGEMENT DE L'EUROPE (SUITE)

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Ensauvagement de l’Europe (suite)

 

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On  ferme

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On rouvre

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vendredi 16 janvier 2015

Poutine, plébiscité en Ukraine

Poutine a gagné dans les sondages des Médias à la question « quel président veulent les Ukrainiens ? »

11 janvier 2015

Même les Ukrainiens préfèrent Vladimir Poutine. C’est un des hommes les plus remarquables de ce siècle. Il restera dans l’Histoire, il n’y a pas à en douter. Qu’on l’apprécie ou pas, rien à faire, on ne peut que lui reconnaître un brio dans la subtilité diplomatique, dans la connaissance des adversaires, une manière sans pareille de mener à bien son idée, le bien du peuple de Russie !

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Le journal « Nedelya.ua » a proposé de répondre à la question : « A quel homme politique voudriez-vous confier le gouvernement de votre pays ? » en fournissant la liste des hommes politiques composée de : Barack Obama, Viktor Iouchtchenko, Viktor Ianoukovitch, Vladimir Jirinovsky et Vladimir Poutine. Toutefois, les lecteurs avaient le droit d’ajouter à la liste les noms de ceux qu’ils considéraient comme étant le plus approprié pour l’Ukraine.

Les résultats dans les deux cas étaient choquants pour la ressource ukrainienne. En première place, de loin, a été placé le président russe Vladimir Poutine, pour qui actuellement 85 % des lecteurs du média ukrainien ont voté. La deuxième place a été prise par le président de Biélorussie, Alexandre Loukachenko, avec % des voix. La troisième place est partagée entre Vladimir Jirinovski et le président chinois Xi Jinping (2 % des voix). Porochenko a eu % des voix (presque autant que la chancelière allemande Angela Merkel). Par ailleurs, les principaux « patriotes » ukrainiens ont été placés, par leurs propres concitoyens, parmi les loosers et outsiders. Iatseniouk, Kolomoïsky, Liachko, Timochenko et autres n’ont reçu dans le sondage que 0,5 %... Et le principal « démocrate du monde » Barack Obama n’a même pas pu dépasser le seuil de 0,1 %.

Rappelons que Vladimir Poutine est placé en tête de liste des personnalités les plus influentes de l’année écoulée, dressée par l’agence d’information France-Presse. Plus tôt, le président russe Vladimir Poutine était inclus dans la short-list des candidats pour le titre « l’Homme de l’année » du magazine Time, et a obtenu la troisième place. En 2014, le président russe, pour la deuxième année consécutive, a été nommé par le magazine Forbes la personne la plus influente de l’année. Selon le centre russe des sondages de l’opinion publique, plus de 71 % des Russes ont appelé Poutine l’homme de l’année 2014 – une fois et demie plus que l’année dernière (44 %).

Source : novorossia.su : Путин победил по результатам

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Mais on n’est pas encore à la fin du mois et on avait d’autres vœux à vous transmettre : ceux de Georges Stanechy.

Vous aurez trouvé, dans le post précédent, ses réflexions sur « l’affaire ».

Ceci, c’était avant, et on s’était promis de vous en faire profiter. Parce qu’ils étaient musicaux, en plus. Ils le sont toujours…

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À contre-courant

Bonne Année 2015 !...

Mes Meilleurs Vœux à Tous

et

Mes Amitiés à Chacun !...

J’aime bien accompagner mes vœux d'une musique. Pour ceux de l’année 2014, c’était un de mes trompettistes préférés :Chet Baker.

Pour cette nouvelle année, je vous propose un grand maître d’un instrument parmi les plus beaux et les plus anciens de l'histoire musicale : le luth.

Occasion d'exprimer, dans ces vœux, une affection particulière pour nos frères et sœurs en humanité du Moyen-Orient... Ravagé par les bombardements et les hordes de mercenaires, dans le chaos et les massacres, organisés par les prédateurs venus de l'étranger. 

Cet éminent artiste et compositeur est l'Irakien, Naseer Shamma. Fondateur en 1999 au Caire d'un institut, réputé internationalement, dédié à l’enseignement de cet instrument prestigieux. Lui-même a reconstitué le luth à huit cordes, disparu dans les oubliettes de l’Histoire, d’après un manuscrit du philosophe, savant et musicien Persan, du 9° siècle, Al-Fârâbi.

Avec Naseer Shamma, nous sommes au sommet d’un art. Qui n’est pas une simple virtuosité technique, mais l’expression d’une sensibilité, d’une émotion, maîtrisées par une pensée et un engagement dans son siècle. Ardente obligation de tout « Humaniste »... 

Magnifié dans une de ses œuvres emblématiques, interprétée à la fin d’un de ses concerts : l’art porteur de sens. Ici : l’Espérance dans un monde meilleur

Plus qu’une espérance même, une certitude : « La Barbarie », quel que soit son niveau de violence, ne peut annihiler la Civilisation, éradiquer des siècles d’Histoire...

Son titre :

C’est arrivé à Al-Amiriya

 

« Barbarie ». Mot galvaudé… Peut-être

Mais pour Naseer Shamma, « La Barbarie » n’est pas une figure de rhétorique, un cliché, pour « journaliste-propagandiste » européen ou américain…

Il l’a rencontrée, confrontée. Pris à la gorge, désespéré, désarmé. 

En 1989, Saddam Hussein, lui avait infligé six mois en prison pour l’avoir critiqué publiquement lors d’un de ses déplacements en Jordanie. Le dictateur était encore un protégé obéissant des Occidentaux. Apprécié pour avoir imposé, sur leur injonction, une guerre de 8 ans à l’Iran. Et, leur avoir acheté des milliards de dollars d’armements.

Deux ans après sa sortie de prison, il assistait au commencement de la destruction méthodique de son pays par ses anciens protecteurs, culminant avec l'invasion des armées occidentales en 2003.

Toutes ses infrastructures : routes, ponts, ports, aéroports, universités, hôpitaux, centrales électriques, stations d'épuration d’eau, silos à grains, troupeaux, etc. L’Irak réduit en poussière. Des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés...

Seul bâtiment officiel épargné : le ministère du pétrole ! 

Pour « délivrer le pays de la dictature et apporter la Démocratie »…

Témoin horrifié d’un des pires crimes de guerre : le bombardement d’un abri pour civils où étaient entassés des centaines d’enfants, que les familles du quartier de Bagdad "Al-Amiriya" voulaient mettre à l’abri.

A 4h30 du matin, le 13 février 1991, deux bombardiers F-117 surgissent. Chacun porteur d’une bombe à guidage laser d’une tonne (GBU-27) conçue pour percer les abris bétonnés. Tous les occupants de l’abri furent carbonisés. Seuls 408 corps seront difficilement identifiés.

Naseer Shamma fut parmi ceux qui aidèrent à sortir les « restes calcinés », rappelant que ce sont au moins 800 enfants qui périrent dans cet atroce four crématoire, que notre IMD (Industrie Médiatique de la Désinformation) n’évoque jamais… 

C’est ce qu’il explique, avec dignité et retenue dans la douleur, en introduction à l’interprétation de cette mélodie... Composée en se recueillant dans ce qui est devenu un des  nombreux musées des atrocités de l'Occident en Irak. Dont le premier gardien des lieux, où sont affichées des dizaines de photos des martyrs, fut une mère de famille qui perdit en un éclair ses huit enfants qu’elle avait confiés à cet abri. 

Vous reconnaitrez à la minute 8:30 de cette vidéo, sortant de son luth, l’appel des sirènes avant la chute des bombes… 

Les états-majors des forces armées de l'invasion savaient qu’il n’y avait que des civils dans cet abri. Mais, les enfants du Moyen-Orient représentent des objectifs militaires de premier plan. Il convient, d’après les stratèges occidentaux, de casser à tout prix la croissance démographique des pays de la région, tout en entravant leur développement actuel et futur… Souvenons-nous des cyniques propos de Madeleine Albright, ministre des affaires étrangères des Etats-Unis…

Au regard de l’Histoire, nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas.

Tristes, lugubres, premiers pas, pour entamer une année 2015 ?... 

Non, au contraire, puisqu’il s’agit d’espoir et de certitude !

Naseer Shamma rappelle que l’Irak, l’ancienne Mésopotamie, entre les deux fleuves mythiques Tigre et Euphrate, est le berceau des plus anciennes et brillantes civilisations de cette planète. Aux textes légendaires et fondateurs de la pensée humaine, comme l’Epopée de Gilgamesh. Antérieurs à La Bible, qui en reprend plusieurs des épisodes, notamment celui du Déluge, à la mythologie grecque et aux récits d'Homère…

Cette Nation renaîtra de ses cendres, comme toute la région.

Se comparant à un « résistant », avec pour seule arme son luth. Acte symbolique : il a interprété pour la première fois « C’est arrivé à Al-Amiriya » dans un musée qui avait été muré, après avoir été méticuleusement pillé par les troupes d’occupation. Brisant les briques obturant portes et fenêtres, avec son public, installant des tapis dans les salles vides, jonchées de débris, en guise de sièges… 

Pour chanter La Renaissance

Georges Stanechy

Source : http://stanechy.over-blog.com/2015/01/bonne-annee-2015.ht...

 

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On avait aussi fauché ceci pour vous à Silvia Cattori, avant que « l’Europe s’ensauvage ». C’est vieux de quinze jours mais c’est « à suivre ».

 

Les Allemands se mobilisent contre la guerre et contre l’OTAN

Eugen Drewerman

Les mouvements anti-guerre sont muets, on se demande même s’ils existent encore. On compte sur les doigts d’une main le nombre des intellectuels ou responsables politiques européens se hasardant, ô combien prudemment d’ailleurs, à critiquer les initiatives américaines à l’Est. Aucun appel, non plus, à manifester dans la rue, comme ce fut encore le cas lors de la guerre en Irak, en 2002. A quoi cela tient-il? [Eric Werner]

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Mesdames et Messieurs, chères amies et chers amis de la paix,

Nous sommes rassemblés, en ces jours avant Noël, pour exprimer ce que chacun de nous ressent: nous voulons la paix, nous ne voulons pas la guerre!

En tant que théologien, j’aimerais rappeler à Monsieur Gauck [Joachim Gauck, le président de la République fédérale allemande] une chose importante : lorsqu’il exerçait encore son ministère de pasteur, il n’a pas expliqué à ses ouailles comment les anges dans les campagnes de Bethléem appelaient à soutenir la politique de paix de l’empereur romain Auguste. En fait, les anges promouvaient l’exact contraire de l’armement: « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre.»

Heureusement, dit Jésus dans son Sermon sur la montagne, j’ose nommer les hommes qui, dans ce monde, ont le courage de déposer les armes. Mais vous, vous pervertissez les valeurs chrétiennes que vous prétendez défendre : vous nous expliquez qu’être prêts à la guerre – dans le monde entier – est une question de responsabilité. Nous n’y sommes pas prêts, nous y sommes opposés !

 

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Eugen Drewermann, le 13 décembre 2014, à Berlin devant le Château de Bellevue, lors d’une manifestation pour la paix

 

C’est vrai: en tant qu’État le plus puissant économiquement en Europe, nous avons une responsabilité mondiale. Sous Madame Merkel, cette responsabilité a même grandi au point que nous siégeons maintenant à la troisième place des pays exportateurs d’armement. Et cela, la majorité des gens en Allemagne ne veut plus le tolérer – et NOUS, en tout cas pas ! Lorsque Monsieur Sigmar Gabriel trouve que la vente de tanks à l’Arabie saoudite sous contrôle parlementaire pose problème, les glapissements et les hurlements à la mort de l’industrie de l’armement EADS, MBB, Heckler & Koch et de tous leurs semblables, viennent immédiatement freiner son ardeur.

Depuis quand les affaires et les profits sont-ils plus importants que les vies humaines?

Oh oui, nous aurions des responsabilités! Au sein d’un monde dans lequel 50 millions d’être humains meurent de faim, nous aurions la responsabilité de mettre fin à la pénurie alimentaire, au manque d’eau potable, la responsabilité de limiter la surpopulation, de réduire la destruction de l’environnement, de faire enfin cesser la migration économique de millions d’êtres humains plongés dans la misère.

Au lieu de quoi, nous voyons la Méditerranée se transformer en fosse commune, les migrants rejetés manu militari par Frontex. Payée à Berlin, siégeant à Varsovie, cette organisation militarisée protège les frontières méridionales de cet espace de prospérité économique qu’est le continent européen.

Ce n’est pas de la responsabilité, Monsieur Gauck, c’est le contraire: un cynisme impitoyable qui regarde ailleurs.

Lire la suite…

(et voir la vidéo en allemand)

Eugen Drewermann, né le 20 juin 1940 à Bergkamen, est un théologien et psychanalyste jungien allemand en rupture de ban avec l’Église catholique. Il est né d’une mère catholique et d’un père luthérien. Après son Abitur, il étudie la philosophie à Münster, la théologie à Paderborn, la psychanalyse à Göttingen. En 1956, à la création de la conscription, il entre pour la première fois en conflit avec l’Église catholique romaine, du fait de ses convictions pacifistes : il se déclare objecteur de conscience. Or, l’Église catholique défend le point de vue qu’un catholique n’a pas le droit de refuser le service militaire.

Source : http://arretsurinfo.ch/les-allemands-se-mobilisent-contre...


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http://lesakerfrancophone.net/

 

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Le « Saker » français, ancienne manière, a disparu. Il vient de rouvrir sous une autre forme – spartiate mais claire – et il a fait très fort dès le début en traduisant sans tarder des textes d’importance.

1°)  celui du Saker US (« I am NOT Charlie ») qui lui a valu tant de « hate mails » et que voilà :

 

http://lesakerfrancophone.net/i-am-not-charlie/

 

2°) un remarquable article de fond de Dmitry Orlov, qui a paru récemment sur son site Club Orlov : « Comprendre la Russie ». Et comme il n’est pas de Russie sans accordéon, il y en a. Que demande le peuple ?

 

COMPRENDRE LA RUSSIE

Par Dmitry Orlov – 13 janvier 2015

aspects particuliers du caractère russe

 

13. Zimnik.JPGL’ancien dieu slave Zimnik :  un homme trapu, les cheveux longs couleur de neige, vêtu d’un manteau blanc, toujours pieds nus. Il porte un bâton de fer, avec lequel qui il peut geler instantanément tout être solide. Peut invoquer les tempêtes de neige, les tempêtes de verglas et les blizzards. Vagabondant partout, prenant tout ce qu’il aime, en particulier les enfants qui se conduisent mal.

De récents événements comme le renversement du gouvernement de l’Ukraine, la sécession de la Crimée et sa décision de rejoindre la Fédération de Russie, la campagne militaire qui en a résulté contre les civils d’Ukraine de l’Est, les sanctions occidentales contre la Russie, et plus récemment l’attaque contre le rouble, ont provoqué une phase de transition au sein de la société Russe, qui est à mon avis très peu comprise, voire tout à fait incomprise en Occident. Ce manque de compréhension induit pour l’Europe un net désavantage en ce qui concerne sa capacité à négocier efficacement pour résoudre cette crise.

Lire la suite…

Source : http://lesakerfrancophone.net/comprendre-la-russie/

 

3°) Une illustration in progress du récit d’Orlov

« Dompter » l’Europe ou le nouveau compromis de Poutine

Lire ici…

Source : http://lesakerfrancophone.net/dompter-leurope-ou-le-nouve... 

Source d’origine : http://www.informationclearinghouse.info/article40406.htm

 

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Verviers, ville de 75.000 habitants, tombée à 56.000 en y ajoutant les immigrés et toutes les communes environnantes, doit son nom à un petit dieu païen ithyphallique nommé Virvir (d’où sa devise « Vert et vieux ») qui est aussi à l’origine des villes ardennaises de Virton (Vir tonans) et Saint-Vit. Par sa situation géographique – à faible distance des frontières hollandaise, allemande, luxembourgeoise et  française - elle a été, pendant des siècles, un endroit idéal où perpétrer des coups tordus. À la fin du XVIIIe siècle, il était courant que des mercenaires des diverses armées en campagne vinssent y « holduper » les impôts locaux, revêtus d’uniformes pris à des morts ou à des prisonniers, voire empruntés aux ennemis à charge de revanche. Sauter à cheval par-dessus un ruisseau vous emmenait en terre étrangère.

Haut-lieu du travail de la laine, la lutte des classes y a fait rage bien avant l’industrialisation. On y a pendu, vers 1720, les ouvriers tondeurs de draps qui inventaient la Sécurité Sociale. On y a donné deux généraux à la Première République. Ses ouvriers tisserands ont reçu un jour la visite de Michel Bakounine et du prince Kropotkine, venus discuter le bout de gras. Francisco Ferrer n’a eu nulle part de plus chauds partisans. Jusqu’à ce que la bourgeoisie invente le Parti Ouvrier Belge - plus tard le PS - et que tout rentre dans le désordre établi.

Au fronton de sa maison communale, on peut lire, depuis le dernier quart du XVIIIe siècle :

Publicité sauvegarde du Peuple

Et l’endroit où, selon les merdias, on a préventivement découvert un arsenal censé vouloir attenter « à la police », se trouverait « à proximité du Palais de Justice », un palais fier de soi et de sa prospérité industrielle du XIXe siècle, avec statues de tous les anciens magistrats en façade, etc, dans un quartier où ne se trouvent plus qu’une Académie des Beaux Arts et des petits commerces de proximité (tous belges à l’exception d’un minuscule épicier pakistanais). Plus un immeuble de garages en construction. Le ghetto se trouve à l’autre extrémité de la ville et c’est son quartier le plus sûr.

À un jet de pierre du présumé nid de djihadistes, face à l’Hôtel de Ville mentionné plus haut, se trouve la bibliothèque communale, une des meilleures de Belgique. Elle abrite le Centre de Documentation Raymond Queneau, ce qui lui vaut de recevoir des universitaires du monde entier. Adossée à cette bibliothèque : une école primaire communale, fréquentée par des enfants de dix-sept nationalités, dont les parents, parfois, ne savent pas un mot de français. Tous les ans, l’école organise une grande bouffe, avec la collaboration bénévole des mères d’élèves, qui y contribuent par un plat traditionnel de leur pays. C’est un repas « portes ouvertes ». N’importe qui peut s’y inviter, même les non-parents. Tous les petits élèves y parlent au moins deux langues. On y a connu de jeunes Marocains à qui on faisait sauter une classe ou deux, parce qu’ils étaient en avance sur leur classe d’âge.

Il y a aussi des écoles confessionnelles (catholiques) : une quinzaine, qui ont été « achetées » il y a quelques années par « une société ». Le Banco Ambrosiano ? La loge P2 ? D’autres ? On ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est que tout le personnel religieux – jésuites, maristes, clarisses – a été viré et remplacé par du personnel séculier. Et qu’en vertu de la traditionnelle guéguerre entre socialos et cathos, dans les écoles des premiers le voile est interdit aux filles et il est autorisé chez les autres. On n’y en voit cependant pas un seul : les gamines musulmanes, mises ainsi en contact avec les gosses de riches des beaux quartiers s’orientent plutôt vers le style fashion victim… et la dégringolade dans leurs études, ce qui désespère des parents qui avaient cru bien faire.

La police n’y est pas non plus un ramassis de Rambos. Il n’y a pas lieu. Certes, il y a de la délinquance juvénile, chez les immigrés comme chez les autres, et certes, il y a du racisme chez les Belges. Où n’y en a-t-il pas ? Mais la délinquance organisée, quand il y en a eu, était albano-kosovare et de droit commun, pas politique. Une jeune policière abattue lors d’un hold up lié à la drogue. Tout ça ne fait pas des nids de terroristes où la police déboule kalach au poing.

Il est vrai qu’un jour, on a vu des femmes que l’on connaissait depuis toujours se mettre à porter le voile. C’est le moment où (voyez Elsässer), venus de pétromonarchies diverses – nos alliées… - de bons apôtres se sont mis à démarcher l’immigration maghrébine, et offrir une rente mensuelle à qui se laisserait pousser la barbe et ferait porter le voile à son épouse. Tous les pères de famille au chômage n’ont pas eu l’héroïsme de refuser. Mais ce ne sont pas eux qui ont délocalisé à mort toutes les industries dès 1949.

À Bruxelles, pourtant haut lieu de la délinquance en col blanc, même topo. Et même si la police y est moins bonhomme qu’en province… La cohabitation y est du même ordre. On a connu un quartier où tous les commerces de proximité sont arabes, turcs, pakis ou portugais. Un jour, au bord d’une place où les mères voilées viennent surveiller leurs enfants qui jouent, s’est garée une camionnette, qui annonçait la vente et l’installation d’équipement contre le vol et les effractions. En hébreu et en français. La provocation était patente. Trois jours plus tard, elle est repartie comme elle était venue, sans avoir eu l’honneur de la moindre égratignure. Les vrais commerces juifs, qui existent, ne s’affichent pas en hébreu : les trois langues nationales et celle de l’occupant leur suffisent.

Le chanteur Arno a pu dire (avec raison) : « La Belgique, c’est le seul pays arabe ousqu’y a pas de guerre ».

C’était compter sans l’OTANAZIE.

Et les élites qui se vendent.

Qui a planté ces armes pour qu’on les y trouve ?

Pour quoi faire ?

Une dictature terroriste « anti-terroriste » ?

Théroigne.

 

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Enfin, parce qu’il faut quand même rire un peu… Certes, c’est du 21 décembre, mais assurément « à suivre » aussi.

 

Cuba va-il enfin cesser

le blocus des États-Unis ? 

par Jean LEVY

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Gardez votre calme.

Je suis une triple menace : gros, cubain et tatoué

 

Le Monde n’a de cesse de se réjouir de la « défaite » de Cuba, suite à la décision du Président Obama de reprendre avec ce pays des relations diplomatiques.

Dans son édition datée du 19 décembre, le quotidien du soir voit, dans cet événement, le « revirement du régime castriste ».

Il note avec perspicacité  en début d’article : 

« La clé du revirement de La Havane à l’égard de Washington se trouve à   Caracas ».

Et d’ajouter ce jugement lumineux :

« Seul le rétablissement des relations avec le États-Unis peut sortir Cuba de    l’ornière où l’a enfoncé un demi-siècle de castrisme ».

Merci Obama !

Et pour qu’on comprenne bien l’étendue du recul opéré par Cuba, Le Monde cite les propos du président progressiste sortant d’Uruguay, José Mujica, concernant  l’annonce de la reprise du dialogue US-Cuba :

«Pour l’Amérique latine (l’évènement) c’est l’équivalent de la chute du mur de Berlin ».

Car chacun sait que l’isolement diplomatique de Cuba résulte d’une décision de Fidel Castro…

Pour justifier ce que considère Le Monde comme une initiative émanant de Cuba, le quotidien français, dit de « référence », poursuit son analyse dans son édition du lendemain. Il précise que ce geste résulte du « lâchage » de La Havane par le régime chaviste de Caracas… Jugement d’une clarté évidente…

Mais pourquoi Le Monde s’arrête-il en si bon chemin ?

Pourquoi, au-delà des relations diplomatiques, le quotidien n’intime-t-il pas l’ordre à Raùl Castro de cesser immédiatement le blocus des État-Unis, entrepris à l’encontre du droit international depuis cinquante ans ?

Pourquoi ne pas exiger le procès de Fidel qui, en 1962 avait tenté, avec le soutien du KGB, un débarquement en Floride, dans la baie des Cochons, pour détruire le gouvernement US de Kennedy ?

Pourquoi – l’opération dure encore – ne pas rompre l’encerclement de la base US de Guantanamo, cité paisible étasunienne, cernée par les militaires cubains ?

Pourquoi Le Monde et son spécialiste Paulo Paranagua, basé en Colombie, (qui ne cesse de nous raconter les horreurs des régimes chaviste et castriste), ne dénonce-il pas les meurtres répétés de ressortissants noirs par la police totalitaire et raciste de La Havane et de Caracas, et cela, sans jamais traduire les meurtriers en justice ?

Pourquoi ce journaliste ne s’élève-il pas contre la menace que font courir à l’égard du Monde libre, les dirigeants de Cuba, ceux-ci  ayant délibérément placé leur île à 100 kms des États-Unis ?

Paulo Paranagua ne serait-il pas un agent infiltré  des « services » cubains et vénézuéliens ?

Le Monde doit s’expliquer sur ces silences

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Source : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-cuba-va-il-enfin-cesser-le-blocus-des-etats-unis-par-jean-levy-125252839.html

 

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Mis en ligne le 18 janvier 2014.

 

 

 

 

19:19 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/01/2015

Toujours la même qui continue...

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Toujours le même qui continue.

 

Ils sont venus, ils sont tous là. Elle va mourir, la Mamma…

 

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Ne vous y trompez pas,

c’est Marianne qu’ils sont venus voir crever,

bien s’assurer qu’ils ne l‘ont pas ratée, qu’elle ne bougera plus, que le drap de lit ne se soulèvera plus, que la pierre tombale ne laissera pas échapper le moindre fantôme.

 

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Il y a quelques mois, nous pensions assister à une course de vitesse entre une guerre planétaire au nucléaire et une guerre civile aux États-Unis, et, avouons-le, nous espérions que cette dernière l’emporterait, tout en pensant avec angoisse aux plus malheureux, qui, comme toujours, en payeraient le prix.

Et voilà que nos prévisions étaient justes, sauf qu’« ils » se sont débrouillés pour que cela se passe en France. Une proxy civil war en somme. Bravo ! Bien joué. Marianne va donc se transformer en Ukraine bis. Mission accomplished. Non que cela changera rien au sort de l’Empire, sinon différer quelque peu l’échéance… Mais entretemps, beaucoup de gens mourront, principalement des Arabes, qui seront stigmatisés musulmans comme naguère les juifs furent stigmatisés youpins – ah, que les Français ont la mémoire courte ! Pas qu’eux, d’ailleurs, soyons justes.

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Répétons ici ce que nous nous escrimons à dire en privé :

Les musulmans – Arabes ou non -  sont un milliard trois cent millions, dont quelques douzaines, mettons quelques centaines, de psychopathes, choisis, entraînés, surarmés et manipulés (éventuellement drogués) par d’autres psychopathes infiniment plus dangereux, le costume trois-pièces ne change rien à ce qu’il y a dessous.

Croit-on que les cinglés de Daesh aient inventé quelque chose ? Fait-on exprès (mais oui, bien sûr !) d’oublier qu’il fut un temps où les protestants, quand ils n’avaient pas de foies catholiques à se mettre sous la dent, se contentaient de ceux des leurs ? Et vice-versa. La religion servant comme toujours d’alibi à la volonté de puissance et à la rapacité infantile des hommes.

La Première République, pour mettre fin aux rivières de sang et aux monceaux d’horreur, essayer de restaurer une paix civile durable, avait inventé que l’État serait laïc – c’est-à-dire neutre – et que les cultes seraient libres, sous sa protection. À la seule condition qu’aucune religion, si sainte ou majoritaire soit-elle, ne se mêlerait de vouloir gouverner les affaires publiques.

Aujourd’hui, nous voyons cette laïcité, déformée, trahie, servir de masque à une hideuse islamophobie. Si les os de Robespierre n’avaient été dissous dans la chaux vive, ils feraient aujourd’hui des bonds de deux mètres sous l’avenue Monceau. Si ceux de Voltaire et de Rousseau n’avaient été jetés, ensemble, au fond d’un puits, ils reviendraient clamer leur indignation. Oui, même ceux de Voltaire, n’en déplaise aux néo-fachos d’aujourd’hui !

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Lorsqu’il fut question, même pour les Montagnards, de refuser le droit de vote aux protestants, aux juifs, aux acteurs et au bourreau,  Robespierre, encore et toujours lui, s’y opposa. Qu’ils se passent de théâtres et abolissent la peine de mort, ou que les acteurs et le bourreau soient leurs égaux. Pour les autres, il dit exactement ceci : « Traitez-les en citoyens, et ils se conduiront comme tels ». Nous avons laissé passer l’occasion de suivre ce sage conseil. Le prix à payer va être astronomique, et ce seront une fois de plus les vulnérables et les innocents qui payeront d’abord.

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Quoi, il y a des Kanaks en Belgique ?

Non seulement il y en a, mais il y en a même qui ont des blogs. De celui-là on est jaloux. On voudrait l’avoir fait. D’ailleurs, on lui a piqué une partie de son post d’hier. Si vous le ratez, ce sera de votre faute :

 

Je suis fatiguÉ de voir les bisounours français chialer

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Puisqu’aujourd’hui on déplore des morts, déplorons.

 

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En fond d’écran une photo célèbre : le petit Muhammad al-Durra et son père, essayant d’échapper aux tirs israéliens. Le petit garçon mourra peu d’instants après que cette photo aura été prise

 

Nous avons publié naguère la liste des petits Pakistanais tués par drones. Elle était longue. Qu’en est-il aujourd’hui ? On n’ose même pas y aller voir. Et tous les autres ? Sur tous les continents. Combien ? Innocents, contrairement à nos champions du crayon.

 

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Quand les visites de chefs d’états étrangers sont des insultes à la France

 

Lorsqu’Adolf Hitler visita Paris, le 28 juin 1940, pour se rendre où il voulait aller, il lui fallait passer devant la statue du général Mangin. Or, ce général n’avait pas seulement vaincu son pays en 1918, il l’avait fait à la tête de troupes africaines. Des soldats noirs le flanquaient sur sa statue. Hitler exigea qu’elle fût dynamitée avant son passage. Elle le fut. Les Hollande et les Sarkozy de l’époque n’avaient rien à refuser au maître. De l’époque.

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La visite de Benjamin Netanyahou à Paris aujourd’hui est du même ordre. Exactement. Visite d’un vainqueur venu mettre son pied sur la tête du gibier à terre.

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Il n’est pas le seul vainqueur ? C’est vrai. Il n’est pas venu seul non plus, n’est-ce pas ?

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Le Festival de la BD d’Angoulême, qui se tiendra du 29 janvier au 1er février prochains annonce son intention d’instaurer un « prix Charlie de la liberté d’expression ».

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Nous suggérons qu’il soit décerné – question d’antériorité -au dessinateur palestinien Naji Al-Ali, créateur du petit Handala, assassiné à Londres, le 22 juillet 1987, d’une balle dans la tête, par un djihadiste israélien.

L’idée du stylo brandi, c’est à lui qu’ils l’ont fauchée :

 

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Et ce dessin-là (Handala avec Vittorio Arrigoni, autre  assassiné), c’est de Latuff 

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Liens pour en savoir plus :

http://www.handala.org/about/

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Handala-l-icone-de-la...

 

 

Et un livre, préfacé par Plantu, postfacé par Alain Gresh :

10. couv1-handala-site.jpg

 

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The new Saker Blog is now online.

http://thesaker.net

also, check out the
French Saker: http://www.vineyardsaker.fr/
Russian Saker: http://www.vineyardsaker.ru/
German Saker: http://www.vineyardsaker.de/
Oceania Saker: http://www.vineyardsaker.co.nz/
Italian Saker: http://www.vineyardsaker.it/
Serbian Saker: http://www.thesakersrpski.rs/

Latin American Saker: http://www.vineyardsaker.es/

 

Le Saker US, dans un remarquable article que nous n’avons pas le temps de vous traduire, propose d’adjuger aux Charlie liquidés le prix Darwin. Il s’est attiré, par cette idée pourtant rigoureusement argumentée, « des tonnes de hate mails »(y compris du Saker français ?...). C’est la rançon de la lucidité et du courage.

Voici l’article, dans sa langue d’origine :

I am NOT Charlie

Et le prix Darwin, c’est ça (quand même deux Belges sur douze qui l’ont eu !) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Darwin_Awards

 

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Deux grandes plumes de Charlie Hebdo

L’une virée, l’autre parti, pour cause d’allergie au racisme.

Mona Chollet et Olivier Cyran

*

Montée de l’islamophobie et banalisation du fémonationalisme

« Oui mais quand même, la religion, c’est mal »

par Mona Chollet – Le Grand Soir19 août 2013

11. Marianna.jpgRelayer l’information de la énième agression d’une femme voilée, ou les propos haineux tenus sur l’islam par la représentante d’une organisation pseudo-féministe, revient immanquablement à emboucher l’appeau à trolls religiophobes. Que des femmes soient insultées et tabassées, que le féminisme serve de leurre pour répandre et banaliser le racisme le plus crasse, tout cela, le/la religiophobe s’en moque : dans un pays où médias et politiques, de façon plus ou moins insidieuse, désignent à longueur de temps les musulmans comme la cause de tous les maux de la société, son seul sujet d’anxiété est que son droit à « critiquer la religion » soit garanti.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/oui-mais-quand-meme-la-religi...

Mona Chollet exerce aujourd’hui des fonctions importantes au sein de la rédaction du Monde diplomatique.

Ses articles sur Le Grand Soir :

 http://www.legrandsoir.info/_CHOLLET-Mona_.html

 

*

L’excellent site les-crises.fr a eu l’idée de ressortir un texte d’Olivier Cyran, autre transfuge de l’ex-gazette à Choron. C’était en décembre de la même année. Le Monde venait d’ouvrir ses colonnes à Charb et à Nicolino, qui se prétendaient pas racistes la main sur le coeur… L’article débute par ce plaidoyer pro domo. Vous pouvez le lire si vous voulez. Ou le sauter. La lettre de Cyran, c’est juste après, caricatures en cause à l’appui.

Charlie Hebdo pas raciste ? Si vous le dites…

par Olivier Cyran – 5 décembre 2013

12. Charlie couv..jpg

Cher Charb, cher Fabrice Nicolino,

« Et que ceux qui prétendent et prétendront demain que “Charlie” est raciste aient au moins le courage de le dire à voix haute, et sous leur nom. Nous saurons quoi leur répondre. » En lisant cette rodomontade à la fin de votre tribune dans Le Monde1, façon « viens nous le dire en face si t’es un homme », j’ai senti monter comme une envie de rejoindre mon poste de combat dans la cour de récré. La sommation ne m’était pourtant pas destinée. Quelles bonnes âmes vous espérez convaincre, d’ailleurs, mystère. Cela fait belle lurette que quantité de gens disent à « voix haute » et « sous leur nom » ce qu’ils pensent de votre journal et du fonds de sauce qui s’en écoule, sans que personne chez vous ne se soit soucié de leur répondre ou d’agiter ses petits poings.

Lire ici…

Source : http://www.les-crises.fr/charlie-hebdo-pas-raciste-si-vou...

 

. 

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Mais qu’est-ce que Sergueï Lavrov est venu faire dans cette galère ? Ça doit faire des choses comme ça un diplomate ?

 

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Dernière minute

Un appel du BRussels Tribunal

 

Irak : M. Uday Al-Zaidi – Un appel d'extrême urgence.

Ceci est un appel pour la mobilisation immédiate et urgente de vos agences afin d'obtenir la libération de l’éminent défenseur des droits de l'homme, M. Uday Al-Zaidi.

M. Al-Zaidi a été arrêté par les forces de sécurité irakiennes à 18 heures le 9 janvier dans la ville d'Al Shatrah, au sud de l'Irak. Uday Al-Zaidi a une renommée internationale pour son plaidoyer courageux et véhément contre l’épuration sectaire en Irak qui a commencé par la mise en place de la politique « diviser pour régner » de l'invasion britannique et nord-américaine, continué sous l'occupation par leur Premier-ministre Nouri Al-Maliki et, à présent, par son remplaçant d'août 2014, Haider Al-Abadi.

Lire la suite…

Source : http://www.brussellstribunal.org/article_view.asp?id=2045...

 

 

 

 

Mis en ligne le 11 janvier 2015.

 


 

20:53 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/01/2015

QUAND "ELLE" FAIT DE LA POLITIQUE

1. Triste fin et début d'année..jpg

 

Triste fin et début d’année : des centaines de passagers pris au piège d’un  ferry en feu entre la Grèce et l’Italie. Dix morts, mais on craint qu’il n’y en ait davantage.

Le Norman Atlantic, juste après l’incendie

 

2. Coiffure à l'Indépendance ou le triomphe de la liberté.jpg

Quand « Elle » fait de la politique

ou

La mode nazie branchée chic

 

Ce n’est pas la première fois qu’Elle se fait prendre la main dans le sac à promouvoir des choses étranges. Déjà, en janvier 2012, la rédaction avait dû s’excuser pour un article raciste envers les noirs, qui avait choqué jusqu’aux États-Unis (c’est dire).

Quand on fait dans l’accessoire d’hyper-luxe, on n’a pas toujours le temps de se tenir au courant de l’évolution des populations lambda en matière de respect de leurs sentiments, de leur dignité ou autres fariboles.

Bref, emportées par leur enthousiasme pour l’héroïque résistance des Ukrainiens à l’agression impérialiste de l’abominable Poutine, deux des « journalistes » du canard qui fit pendant quarante ans la gloire de Marcelle Segal (courrier du cœur, bande de nuls !) se sont mises en quête de quelques Ukrainiennes blondes – et si possible « glamour » – à interviewer et à photographier.

Et zut, alors ! Voilà qu’elles sont tombées sur des nazies déclarées, explicites, armées, Uzzi sous le bras, salut Sieg Heil et le toutim.

C’était le 14 novembre. Une fois encore, la réaction scandalisée vint des États-Unis (surprenant, non ?). Si bien que l’ancien fleuron d’Hélène Gordon-Lazareff dut se fendre, une fois de plus, d’un communiqué – non pas d’excuses, il ne faut rien exagérer – mais de surprise peinée. Comment ? Quoi ? Est-ce possible qu’on nous ait fait ça, à nous ?

 

« La rédaction de Elle ainsi que les deux journalistes ayant réalisé le reportage ont été choqués d'apprendre, a posteriori, le véritable profil idéologique de cette jeune femme, et condamnent bien entendu toute idéologie prônant la xénophobie, l'antisémitisme ou l'apologie du nazisme ».

 

Mais, hélas, les deux pro-nazies BCBG avaient attiré l’attention sur elles. Le Huffington Post en français, Russia Insider en anglais, viennent d’en faire leurs choux gras. Et gageons que ce n’est pas fini.

 

Corps du délit

L’article, glamoureusement illustré, tient sur cinq pages. Que vous ne découvrirez que si vous vous en farcissez d’abord 150 de pubs pour milliardaires atteintes de shoppingite compulsive aiguë.

 

(à feuilleter)

 

Donc, entre la p. 151 et la page 156, vous découvrez six jeunes femmes présentées sous des couleurs séduisantes.

Vous avez d’abord Vita, du bataillon « Aidar », que voilà :

 

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Bataillon « Aidar »

 

Ensuite, viennent trois sœurs, Vassilissa, Ludmilla et Masina, dont il est dit qu’elles sont membres du bataillon d’extrême-droite « Donbass » (et dont seules, les deux premières ont été photographiées). Il y a aussi Sveta, qui fait partie d’un bataillon non-identifié. Et Nadejda, qui est dite artiste graphiste, sans autre description.

La sixième femme est Vira Savtchenko, sœur de la tristement célèbre pilote d’hélicoptère Nadejda Savtchenko, qui a combattu comme mercenaire en Irak, puis pour le compte de Kiev et qui est actuellement emprisonnée en Russie, dans l’attente de son procès au criminel, pour avoir causé la mort de deux journalistes russes près de Lougansk.

Sans rire, Elle présente les groupes paramilitaires fascistes d’Ukraine comme d’héroïques forces d’auto-défense contre l’envahisseur russe. Lorsqu’il est apparu sans doute possible qu’une de ses « héroïnes » était une néo-nazie virulente, répandue dans les médias sociaux en photos et en déclarations sans équivoque sur ses convictions nazies, le magazine n’a pu faire autrement que de se fendre du communiqué ci-dessus. « Cette jeune femme »...

 5. ELLE - 2.jpg    

Un blog français – « Quand ça fait houille ! » – a consacré un article très détaillé et très illustré à la jeune femme en question, qui est la Sveta de l’article (celle qu’on voit ci-dessus, ci-contre et ci-dessous), article qui nous apprend qu’elle « a 19 ans, est secrétaire et volontaire dans un groupe d’auto-défense ». À ne surtout pas rater, importante vidéo incluse, c’est ici :

http://quandcafaithouille.blogspot.ca/2014/12/elle-plebiscite-une-neo-nazi.html

Elle se garde bien de préciser laquelle de ses glamoureuses jeunes femmes est la néo-nazie en question. Étant donné que l’article en soi ne tarit pas d’éloges sur les bataillons « Aidar » et « Donbass », sa rétractation du bout des dents pue la fausseté à plein nez et n’avait donc pas lieu d’être, sauf à joindre l’insulte à l’outrage.

6. ELLE - 3.jpg

À quoi servent des machins comme Elle ? À vous bourrer le crâne, bonnes gens, à vous vendre leur propagande du nazisme avec votre argent de contribuables, car ces gentils merdias sont lourdement subventionnés (et de diverses manières) par l’État, comme le rappelle Le Monde Diplomatique dans son numéro du 19 décembre. Et quand vous les achetez au numéro, vous financez avec largesse une pub de luxe déjà payée par leurs annonceurs, dont la camelote ne vous concerne ni de près ni de loin, puisque jamais vous n’aurez les moyens de vous l’offrir. Impeccable.

Subventions à la presse ? C’est ici. Elle, c’est le n°30.

Tableau des montants totaux d'aides pour les 200 titres de presse les plus aidés.pdf 

 

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Personnalités de l’année

(Généralement des hommes…)

?

Personnalité de l’Année 2014

Par Georges Stanechy – À contre-courant7 décembre 2014

Sans hésitation.

Le président de la Russie Vladimir Poutine, personnalité exceptionnelle, a marqué de son influence l’année 2014.

Considérable par son rôle positif, constructif, pour son propre pays et pour la paix dans le monde.

Poursuivant depuis plusieurs années le redressement économique, diplomatique et militaire de la Russie. Tenant invariablement un discours de paix et de prospérité partagée avec tous les autres pays, dans un monde multipolaire.

Lire la suite…

Source : http://stanechy.over-blog.com/2014/12/personnalite-de-l-annee-2014.html

 

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Incidemment :

(Cotes de popularité de Poutine et d’Obama)

 

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On peut y ajouter ceci, que nous venons de recevoir :

 

Le patriote russe et les saltimbanques français : leçon de Vladimir Poutine à Marine Le Pen, Zemmour, etc.

par Sayed 7asan

 

Dans cet extrait de son adresse à l’Assemblée Fédérale daté du 4 décembre 2014, Vladimir Poutine condamne, indirectement, l’idéologie du Front français dit « National » et sa stratégie d’isolation et de « bouc émissaire » à l’encontre des immigrés en général et de l’Islam en particulier. En patriote authentique, Vladimir Poutine, défenseur de la souveraineté nationale, de la diversité de la Russie et du monde et des valeurs traditionnelles, qu’il considère comme une véritable richesse, s’inscrit radicalement contre la vision sclérosée de stigmatisation, de xénophobie et de haine du Front National, notamment portée en France par la hyène Marine Le Pen, le faquin Aymeric Chauprade et le charlatan encrassé d’inculture et de malhonnêteté intellectuelle Eric Zemmour. Le Président russe prône, au contraire, une politique d’ouverture, de coopération et d’intégration nationale (cf. le miracle en Tchétchénie), régionale (cf. l’Union Eurasienne) et mondiale (cf. les BRICS, etc.). 

S’il s’inscrivait dans une démarche authentique d’unité et de revivification de l’esprit national, le Front National considèrerait la présence en France de millions de Français d'origine étrangère non seulement comme un fait sur lequel il n’est pas envisageable de revenir (les prétentions d’interdiction rétroactive de la double nationalité, exclusivement à destination des pays d’Afrique, de déchéance de la nationalité ou de « déportation », avouée ou à demi-mot, sont tout simplement anticonstitutionnelles), mais bien comme une chance pour la France : non seulement de renouer avec des valeurs traditionnelles aujourd’hui bafouées (notamment chrétiennes), et donc avec une véritable identité nationale dont ces populations sont pleinement constitutives, mais également comme une opportunité géopolitique qui saurait exploiter les liens (historiques, géographiques, économiques, etc.) entre la France, les binationaux et leur pays d’origine. 

 

 

Transcription de cette vidéo : Le patriote russe et les saltimbanques français: leçon de Vladimir Poutine à Marine Le Pen, Zemmour, etc.

 

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 « L’Homme de l’année 2014 » du Saker : le soldat russe et le volontaire de Novorossia

 

C’est à cette période de l’année que les médias dominants s’engagent stupidement, une nouvelle fois, dans leur exercice de nomination de l’ « Homme de l’année », et que je propose moi-même mes propres nominations en guise de petit signe de défiance lancé à la propagande impériale. L’année dernière, j’ai décidé que le titre d’ « homme de l’année » décerné par le Saker devait revenir au soldat syrien, sans lequel ni la Russie, ni l’Iran, ni le Hezbollah n’auraient pu sauver la Syrie de l’agression de l’Axe OTAN-Wahhabisme. J’avais également proposé Vladimir Poutine comme finaliste, et Sayed Hasan Nasrallah avait été honoré par une « mention spéciale ». Rétrospectivement, je dirais que c’étaient là de très bonnes nominations, et j’espère que cette année encore, je vais faire les bons choix. Je me lance.


Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2014/12/lhomme-de-lannee-2014-le-soldat-russe.html

 

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Même si on est d’accord avec ces Messieurs, on a le nôtre. Et surtout, on s’est d’abord demandé « et les femmes ? ». Le Times de Londres, qui n’a pas froid aux yeux, a élu Angela Merkel (les autres Anglais ont voté pour Nigel Farage. Pas comme femme, et seulement comme « Anglais » de l’année.).

Il nous eût été difficile d’élire « la mégère de l’Apocalypse » de l’année, tant elles sont nombreuses. Heureusement, il y a, ici et là, et même dans beaucoup d’endroits, des femmes pour sauver l’honneur du sexe. À commencer par les mères palestiniennes, individuellement et en bloc, et tant d’autres, dans les multiples guerres en cours.

Puisqu’il fallait choisir une personnalité, nous avons élu ex-aequo - à notre unanimité et pas que pour cette année :

 

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Arundhati Roy

(Si, depuis que vous nous lisez, vous ne savez pas qui elle est, voyez Wikipedia et surtout lisez ses livres !)

 

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le Dr. Aafia Siddiqi

(Qui a commis le double crime inexpiable de naître pakistanaise et d’être très savante. Qui a été torturée, qui a vu torturer ses enfants sous ses yeux et qui, si elle ne sort pas bientôt de sa géhenne US, ne connaîtra les survivants que lorsqu’ils seront vieux… ou jamais.)

 

Enfin, notre homme de l’année à nous est :

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le Dr. Christophe Oberlin.

Si vous ne le connaissez pas, voyez là : http://www.silviacattori.net/spip.php?article5767 ,

là : http://www.legrandsoir.info/gaza-se-prepare-a-la-guerre.html ,

et là : https://cercledesvolontaires.wordpress.com/2012/06/20/christophe-oberlin-nouvelle-victime-du-lobby-sioniste-de-france/ .

 

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Cela crève les yeux, hélas, le terrorisme tous azimuts et les guerres qui prolifèrent ne respectent plus la trêve des confiseurs.

Heureusement, les cerveaux intrépides – toutes religions et philosophies confondues - font de même et ne s’arrêtent de cogiter ni pour Saint Nicolas, ni pour le Père Noël, ni pour les feux d’artifice, oh, la belle bleue, ah la belle rouge !

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Jean-Michel Vernochet, ancien journaliste au Figaro Magazine et professeur à l’École supérieure de journalisme (ESJ-Paris) est ici interviewé par le Réseau Voltaire. Son livre Les Égarés. Le wahhabisme est-il un contre-Islam, a paru aux éditions Sigest en septembre 2013.Il est aussi l’auteur de, entre autres : Europe, chronique d’une mort annoncée (Éditions de l’Infini, 2009), et de : Ukraine, l’engrenage (Sigest, 2014).

 

Le wahhabisme est-il musulman ?

Jean-Michel Vernochet

Dans Les Égarés. Le wahhabisme est-il un contre Islam ?, Jean-Michel Vernochet montre que ce courant s’est affirmé comme le seul islam authentique et a condamné comme hérétique l’Islam traditionnel, tel qu’il a existé durant les onze siècles précédents. Son point de vue historique et théologal réfute donc l’idée répandue, depuis le subventionnement de l’expansion wahhabite par l’Arabie saoudite, selon laquelle le wahhabisme serait une forme extrême de l’islam traditionnel. Son étude intervient, alors que des points de vue similaires se répandent dans le monde arabe en réaction aux exactions des Frères musulmans, d’al-Qaïda et de l’Émirat islamique. Il répond ici à nos questions.

Réseau Voltaire International | Damas (Syrie) | 24 décembre 2014  

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Réseau Voltaire : Le wahhabisme se diffuse aujourd’hui largement au sein de l’islam sunnite en Europe. Pourtant, selon vous, il n’est ni sunnite, ni même musulman au sens traditionnel de ce terme. Expliquez-nous ce paradoxe.

Jean-Michel Vernochet : Si l’on se donne la peine d’aller consulter les innombrables docteurs de l’islam dont les travaux sont accessibles sur la Toile, on s’aperçoit que le wahhabisme [1], l’idéologie des égorgeurs du Daech, constitue une véritable rupture épistémologique par rapport à la tradition islamique classique, mais aussi par rapport à ce qu’il convient de nommer l’islam populaire. Ayant évoqué personnellement, de vive voix, cette question avec l’érudit militant Sheikh Imran Hossein, celui-ci s’est montré en plein accord avec cette définition de la doctrine wahhabite. Nous sommes convenus qu’il s’agit bien d’une hérésie schismatique que les savants musulmans, mais aussi les intellectuels laïques arabes, désignent sous le terme de dajjâl, dont la traduction la plus exacte serait l’antéchrist [2] !

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article186228.html

 

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Il n’est bruit, dans Landerneau, que du pavé dans la mare vaticane qu’aurait lancé S.S. François Ier en critiquant la Curie (c’est-à-dire son gouvernement) et en demandant aux monseigneurs qui la composent de faire leur examen de conscience une fois n’est pas coutume. Aussitôt, les ouailles alarmées de s’écrier : « Mais il va se faire descendre ! », le souvenir de Jean-Paul Ier n’étant pas tout à fait effacé dans les mémoires.

14. figmag01.jpgLe mieux, pour avoir une petite idée de ce dont il retourne, est de savoir ce que le pape a bien pu raconter pour se gagner d’un coup la couverture du Figaro Magazine avec un titre pareil. Et de se rappeler, quand on l’aura lu, que le très bref pape d’avant « l’autre » n’avait pas dit aux membres de sa Curie qu’ils ne se conduisaient pas bien, qu’il faudrait qu’ils se corrigent, qu’ils fassent leur autocritique et tout et tout, comme chez les soviets. Il avait dit : « Je vais faire faire un audit » et beaucoup trop clairement laissé entendre qu’il comptait mettre de l’ordre dans les écuries financières d’Augias, lesquelles étaient alors aux mains d’un monseigneur venu de Chicago, du Banco Ambrosiano, de la loge P2 et de tutti quanti, c’est-à-dire de l’Empire. C’est que le pauvre n’avait pas eu la chance de voir à l’œuvre Vladimir Poutine et semble avoir ignoré, dans sa candeur, que ces choses-là, il faut les faire d’abord et en parler ensuite, jamais l’inverse. On suppose que, trente-six ans plus tard, Jorge Bergoglio a eu le temps de se mettre à jour.

 

La Curie romaine et le Corps du Christ

par Pape François

 

15. Pape et Curie.jpg

Chers Frères,

Au terme de l’Avent, nous nous retrouvons pour les traditionnelles salutations. Dans quelques jours, nous aurons la joie de célébrer la Nativité du Seigneur ; l’événement de Dieu qui se fait homme pour sauver les hommes ; la manifestation de l’amour de Dieu qui ne se limite pas à nous donner quelque chose ou à nous envoyer un certain message ou quelques messagers, mais nous fait le don de lui-même; le mystère de Dieu qui prend sur lui notre condition humaine et nos péchés pour nous révéler sa Vie divine, son immense grâce et son pardon gratuit. C’est le rendez-vous avec Dieu qui naît dans la pauvreté de la grotte de Bethléem pour nous enseigner la puissance de l’humilité. En effet, Noël est aussi la fête de la lumière qui n’est pas accueillie par les « élus », mais par les personnes les plus pauvres et les plus simples qui attendaient le salut du Seigneur.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article186310.html

 

16. Fidel Che.jpg

Source : http://www.legrandsoir.info/un-jour-peut-etre.html

 

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« Sous nos yeux »

Les négociations secrètes de Washington avec La Havane et Téhéran

par Thierry Meyssan

L’annonce du rétablissement des relations diplomatiques de Washington avec La Havane préfigure celui des relations avec Téhéran. Les États-Unis n’ont pas abandonné leur ambition impérialiste et ces deux États n’ont pas renoncé à leur idéal révolutionnaire. Cependant, pragmatique, Washington reconnaît que Cuba et l’Iran ne seront pas vaincus par l’isolement diplomatique et la guerre économique. Il se prépare à un autre type d’affrontement.

Réseau Voltaire International | Damas (Syrie) | 22 décembre 2014 

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L’annonce simultanée par Barack Obama et Raúl Castro du rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba a beaucoup surpris en Europe. Comme à l’habitude, Washington négociait en secret avec son adversaire, tout en imposant à l’Union européenne des sanctions qu’il s’empressera de lever le premier, à son avantage.

Depuis deux ans, le président Obama tente d’apaiser les conflits qui opposent son Empire aux États qui lui résistent : Cuba en Amérique latine, l’Iran au « Moyen-Orient élargi ». En effet, force est de constater que les sanctions unilatérales —véritables actes de guerre économique — prises par Washington et étendues par lui à ses alliés, ne fonctionnent pas. Cuba, comme la République islamique d’Iran, ont considérablement souffert, mais n’ont pas cessé de résister.

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Source : http ://www.voltairenet.org/article186242.html

 

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Et pendant qu’on y est, à quoi bon lésiner :

L’incroyable plan de « paix » US pour la Syrie

par Thierry Meyssan

Le peuple syrien a gagné deux guerres successives en quatre ans. Pourtant, il ne parvient pas à connaître la paix. Non seulement à Washington, les « faucons libéraux » font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire durer la crise, mais ils ont imaginé un plan pour préparer une troisième guerre. Thierry Meyssan révèle ici la manière dont ils entendent utiliser à leur profit la conférence de paix, prévue à Moscou fin janvier 2015.

Réseau Voltaire International | Damas (Syrie) | 29 décembre 2014

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Ancien commandant des Forces de l’Otan en Afghanistan, le général John R. Allen complota avec le général David Petraeus pour saboter le plan de paix en Syrie lors de la conférence de Genève 1. Le président Barack Obama le fit placer sous surveillance et parvint à empêcher sa nomination à la tête de l’Otan. Cependant, il réussit à se maintenir en fonctions malgré les charges retenues contre lui (tandis que Petraeus fut contraint de démissionner de la direction de la CIA). Devenu commandant de la Coalition militaire anti-Daesh, il soutient les manigances que le général Petraeus dirige depuis le Kohlberg Kravis Roberts Global Institute. Il est administrateur du Center for a New American Security (CNAS), le think tank des « faucons libéraux ».

Lorsqu’en 2001, le président George W. Bush décida de placer la Syrie dans sa liste de cibles à détruire, il poursuivait trois objectifs :

- briser « l’Axe de la Résistance » et favoriser l’expansion israélienne ;

- faire main basse sur les gigantesques réserves de gaz ;

- remodeler le « Moyen-Orient élargi ».

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Source : http://www.voltairenet.org/article186317.html

 

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Oui, c’est vrai qu’il nous l’avait dit.

Robert Bibeau, qui a consacré tout son mois de décembre à étudier la crise économique (enfin venue) de l’impérialisme à la lumière de la théorie marxiste, nous le rappelle. Vu l’abondance de matière, il l’a fait en trois articles, que nous réunissons ici.

 

La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste

par Robert Bibeau

Nous avons produit ce document d’analyse économique de la crise systémique du capitalisme d’après les préceptes de Lénine et de Rosa Luxemburg, suite au débat que nous avons mené avec quelques économistes français (1).

 

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I.

Le capitalisme du début du XXe siècle et le capitalisme monopoliste (impérialiste) du début du XXIe siècle sont presque identiques. Le capitalisme moderne répond aux mêmes stimuli économiques; vise le même objectif de reproduction élargie du capital (C); utilise les mêmes vecteurs de valorisation de la plus-value (pl); et d’accumulation du profit qu’à l’époque de Karl Marx (Das Capital); la financiarisation globalisée et mondialisée en moins (2). Ces derniers développements correspondant à ce que Lénine et Rosa Luxemburg ont caractérisé comme l’étape impérialiste du développement capitaliste suprême, ultime et décadent (3). Nous présenterons dans la suite de cet article les concepts modernes de financiarisation, globalisation, mondialisation et inter-nationalisation de l’économie d’après la théorie marxiste de l’économie politique.

Lire la suite…

Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-la-theorie-marxiste/ 

 

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II.

La semaine dernière, nous avons publié la première partie de ce triptyque présentant l’analyse marxiste de la crise économique de l’impérialisme en déclin. Après avoir présenté les concepts de capitalisme et d’impérialisme, voyons maintenant six lois qui définissent la nature du capitalisme monopoliste d’État, d’après la théorie marxiste d’économie politique.   

Lire la suite…

Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-marx-2/

           

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III.

La semaine dernière, nous avons publié la seconde partie de cette trilogie présentant l’analyse marxiste de la crise économique systémique de l’impérialisme. Nous avons présenté les concepts de capitalisme et d’impérialisme et examiné quelques équations qui définissent le capitalisme monopoliste d’État d’après la théorie marxiste de l’économie politique. Cette semaine nous examinons les questions de la dette souveraine, du crédit à la consommation et de l’industrie militaire, trois aspects de l’économie politique impérialiste qui n’avaient pas atteint un développement aussi important du temps de Marx.

Lire la suite…

Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-la-theorie-marxiste-3/

 

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Marx, on ne sait pas, mais Lénine, comme Richelieu, aimait les chats.

 

Notre chat de l’année

 

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Le rouquin – on ne sait pas son nom - qui, dans la nuit du 10 décembre avait cambriolé une poissonnerie de Vladivostok et mangé et/ou bousillé pour 1.000 $ de poisson (caviar ?), court toujours. Ni la police ni les services secrets ne sont arrivés à mettre la main dessus.

Bravo l’artiste !

(Image : caméras de surveillance)

 

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Arundhati ROY

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Le Dieu des Petits Riens

·  Poche: 438 pages

·  Editeur : Gallimard (21 janvier 2000)

·  Collection : Folio

 

 

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Le coût de la vie

·  Broché: 163 pages

·  Editeur : Gallimard (25 novembre 1999)

·  Collection : Arcades

 

 

 

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L’écrivain-militant

·  Broché: 400 pages

·  Editeur : Folio (16 octobre 2003)

·  Collection : Folio Documents

 

 

 

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La démocratie : notes de campagne

·  Broché: 352 pages

·  Editeur : Gallimard (2 février 2011)

·  Collection : Hors série Littérature

 

 

Christophe OBERLIN

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Survivre à Gaza

·  Editeur : Koutoubia (12 février 2009)

·  197 pages

 

 

 

 

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Chroniques de Gaza (2001-2011)

·  Editeur : Demi-Lune (7 avril 2011)

·  Collection : Résistances

·  224 pages

 

 

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La Vallée des Fleurs

·  Editeur : Erick Bonnier (20 juin 2013)

·  Collection : Encre d’Orient

·  202 pages

 

 

 

Jean-Michel VERNOCHET

 

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L’Islam révolutionnaire

·  Auteur : Ilich Ramirez Sanchez (Carlos) – Sous la direction de : Jean-Michel Vernochet

·  Editeur : Éditions du Rocher (26 juin 2003)

·  Collection : Documents

·  253 pages

 

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Manifeste pour une Europe des Peuples - (Dix-sept auteurs appellent à la refondation du projet européen)

·  Editeur : Éditions du Rouvre (1 mai 2007)

·  350 pages

 

 

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Europe : chronique d’une mort annoncée

·  Editeur : Les éditions de l'Infini (30 avril 2009)

·  238 pages

 

 

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Les Égarés – Le wahhabisme est-il un contre Islam ?

·  Editeur : Sigest (6 septembre 2013)

·  Collection : Vie politique

·  172 pages

 

 

 

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Ukraine : l'Engrenage - chroniques 2004/2014

·  Editeur : Sigest (24 mai 2014)

·  Collection : Vie politique

·  176 pages

 

 

 

Thierry MEYSSAN

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L’énigme Pasqua

·  Broché: 98 pages

·  Editeur : Editions Golias (16 janvier 2000)

·  Collection : Les dossiers de Golias

 

 

 

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L’Effroyable imposture

·  Editeur : Carnot  (8 mars 2002)

·  240 pages

 

4e de Couverture - Après des études de sciences politiques, Thierry Meyssan a animé une association internationale de défense des libertés individuelles, puis s'est orienté vers le journalisme d'investigation. Son parcours l'a conduit aussi bien à devenir expert pour les droits de l'homme auprès de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) que rédacteur en chef du mensuel Maintenant. Il préside le Réseau Voltaire et édite une lettre d'intelligence politique.

Observateur attentif de l'actualité internationale, Thierry Meyssan a été intrigué par les anomalies des premières photographies de l'attentat contre le Pentagone, puis par la confusion et les contradictions des déclarations officielles, y compris pour le World Trade Center. Il a alors mené une enquête qui l'a conduit de surprise en surprise, plus étonnantes et terrifiantes les unes que les autres.

Ce livre se fonde exclusivement sur des documents de la Maison Blanche et du département de la Défense, ainsi que sur les déclarations des dirigeants civils et militaires américains à la presse internationale. Toutes les informations qu'il relate sont référencées et donc vérifiables par le lecteur.

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Le Pentagate

·  Editeur : Carnot (15 septembre 2003)

·  Collection : Documents

·   192 Pages

 

 

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L’Effroyable imposture – suivi de – Le Pentagate

·  Editeur : Editions Demi-Lune. Nouvelle édition réactualisée et annotée (20 mai 2007)

·  Collection : Résistances

·  336 pages

 

 

Bibliographie complète de Thierry Meyssan :

  • La Protection des homosexuels dans le droit européen de Collectif, Projet Ornicar éd. (Paris): (1 volume), 211 p., 1993
  • L'Intégration des transsexuels de collectif, Projet Ornicar éd. (Paris) : (2 volumes), 1993
  • Charles Millon, le porte-glaive de collectif, Golias (Lyon), 95p., 16 septembre 1998
  • L'Énigme Pasqua, Golias (Lyon), 98 p., 29 janvier 2000
  • Terrorisme en soutane : Jean-Paul II contre l'IVG par le Réseau Voltaire pour la liberté d'expression, L'Esprit frappeur (Paris), 2000
  • L'Effroyable Imposture, Carnot (Paris), 2002
  • Le Pentagate, Carnot (Paris), 2002
  • Os Senhores da Guerra, Frenesi (Lisbonne), 2002
  • Préface (avec Jean Ziegler) du Cartel Bush, Timéli (Genève), 2004
  • Préface (avec José Saramago) de El Neron del siglo XXI, Apostrofe (Madrid), 2004
  • L'Effroyable Imposture 1 et Le Pentagate, nouvelle édition annotée, éditions Demi-Lune, 2007
  •  Resistere alla menzogna in Zero, Perché la versione ufficiale sull'11/9 è un falso (avec Giulietto Chiesa), Piemme (Milan), 2007
  • L'Effroyable Imposture 2. Manipulations et désinformation, éditions Alphée-Jean-Paul Bertrand (Paris), 2007

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N.B.  La matière était si abondante, en ce tout début d’année, que nous avons coupé notre post en deux, et réservé la moitié excédentaire pour dans quelques jours. Le temps de vous laisser digérer tout ceci d’abord.

 

Mis en ligne le 3 janvier 2015

 

 

 

 

 

00:45 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/12/2014

NOS VOEUX...

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Sandra est un animal « timide » qui « essayait désespérément de se cacher du public dans son enclos », d'après la BBC (en anglais). Cette femelle orang-outan de 29 ans a été reconnue « personne non humaine » par un tribunal de Buenos Aires (Argentine), dimanche 21 décembre. Sa captivité dans un zoo de la capitale argentine est donc jugée illégale et l'animal doit être libéré, puis transféré vers un sanctuaire de grands singes, au Brésil, où il jouira d'une plus grande liberté.

Pour obtenir gain de cause, l'Association des fonctionnaires et des avocats pour les droits des animaux (Afada) a plaidé que l'orang-outan avait des capacités cognitives suffisantes pour être traité comme une personne « au sens philosophique et non biologique du terme ». « "La décision de dimanche ouvre la voie non seulement à la libération d'autres grands singes, s'est enthousiasmé l'avocat de l'Afada, Paul Buonpadre, dans La Nacion, mais également pour tous les êtres sensibles. »

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http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2012/01/index.html

 

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Mis en ligne le 28 décembre 2014

 

 

 

 

 

 

 

20:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/12/2014

L'ENVERS DU RÊVE - 3e Partie

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L’ENVERS DU RÊVE

(3e partie)

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Noël ! Noël ! Paix aux hommes de bonne volonté !

Mais armez-vous quand même, c’est plus sûr.

 

*

On avait prévu autre chose. L’Amérique d’avant 1940, les vagues d'immigration, les luttes sociales, les quotas de réfugiés, etc… Tant pis.

Si on revient sur la torture, ce n’est pas pour le plaisir, mais parce que le Rapport du Sénat a donné la gueule de bois aux Américains, qui étaient sans doute les seuls à l’ignorer ou à se voiler la face pour ne pas la voir. Elle est pourtant directement liée à l’essence de leur pays, et à ce qu’ils appellent leur « exceptionnalisme ».

Et le Rapport (mensuel) Anti-Empire de William Blum, qui en parle aujourd’hui, est toujours, en soi, un événement. L’Histoire écrite au présent, à garder précieusement pour les générations futures.

 

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Exceptionnalisme américain et torture américaine.

William BLUM – Le Grand Soir 22 décembre 2014

En 1964, l’armée brésilienne, par un coup d’état de conception américaine, renversa un gouvernement libéral (pas plus à gauche que ça) et gouverna avec une poigne de fer pendant les 21 années qui ont suivi. En 1979, le régime militaire adopta une loi d’amnistie bloquant toute poursuite de ses membres pour torture et d’autres crimes. L’amnistie tient toujours. (1)

C’est ainsi qu’ils règlent ce genre de problème, dans ce que l’on appelle le tiers monde. Mais dans le premier monde, de telles subtilités juridiques sont inutiles. Aux États-Unis, les militaires tortionnaires et leurs parrains politiques sont amnistiés automatiquement, simplement pour être américains, uniquement pour leur appartenance au « Club des Gentils ».

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Voilà maintenant, avec la publication du rapport du Comité du renseignement du Sénat sur la torture de la CIA, de nouvelles révélations encore plus déprimantes sur la politique étrangère américaine. Mais est-ce que les Américains et le monde ont encore besoin d’un rappel que les Etats-Unis sont un pays tortionnaire de premier plan ? Oui. Le message ne saurait être trop répété parce que l’endoctrinement du peuple américain et des Americonophiles partout dans le monde est si profond qu’il faut des chocs réitérés au système de le déloger. Personne ne réussit à laver les cerveaux mieux que les bons vieux Yankees inventeurs de la publicité et des relations publiques. Et il y a toujours une nouvelle génération qui arrive avec des bannières étoilées plein les yeux.

Lire la suite…

Source : http ://www.legrandsoir.info/exceptionnalisme-americ...

*

William Blum parle de Tiers Monde. L’Europe en fait désormais partie.

La preuve.

La dictature de l'empire américain « Young Leaders » - Comment secouer ce joug ?

 

Manuel de Diéguez –20 décembre 2014

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1 - L'horloge de la mort
2 - Les flatteurs des puissants
3 - La corruption de la classe dirigeante de la France
4 - Les nouveaux «  jeunes chefs »
5 - Que de ruse et de candeur mêlées !
6 - Le mode de recrutement et son extension à l'Europe
7 - Un cas paradigmatique, M. Alain Juppé
8 - Le double jeu des agents d'influence
9 - Une démocratie militaire
10 - Attrape-nigauds, simulacres, contrefaçons et tutti quanti
11 - La sotériologie démocratique
12 - Les ensorcelés
13 - Pour une métazoologie de la géopolitique
Post-scriptum

 

1 - L'horloge de la mort

Il est des heures où le fleuve du temps semble ralentir sa coulée, tellement la légèreté des jours paraît prendre le pas sur le train plus pesant de l'histoire. Alors le ralentissement des horloges paraît donner de l'éclat à un monde immobile. Mais la fixité soudaine des écrans donne également le signal du basculement d'une civilisation dans le vide. Il en est ainsi de l'Europe au souffle coupé : son vol dans un ciel déserté souligne l'effacement du continent de la pensée.

Jamais encore les nations du Vieux Monde n'avaient quitté l'arène de leur propre histoire, jamais encore la patrie de la raison, jamais encore le coin de terre qui a servi de berceau aux mathématiques et à la musique, à la philosophie et à la géométrie, à l'histoire et à la politique raisonnées n'avaient déclaré une guerre des ventres à un membre glorieux de la famille, tellement la géographie imposait un voisinage naturel des têtes et des cœurs.

Mais les circonstances de cette dislocation des âmes et des cervelles éclairent l'évènement en retour et le placent dans la lumière de nos retrouvailles avec le tragique grec : c’est sur l’ordre d’un tyran étranger que Paris, Rome, Madrid, Berlin ont tenté d’affamer la patrie de Tolstoï et de Dostoïevski, c’est une Europe vassalisée qui n’a mis un terme à sa trahison d’elle-même qu’en raison du tarissement brutal de ses profits commerciaux avec sa victime, c’est une Europe opprimée par un mythe de la Liberté dont son délivreur de 1945 brandit trompeusement le drapeau sur sa tête, c’est une Europe domestiquée par un empire en expansion messianique qui a jugulé une civilisation de la lucidité et de la mesure. Quelle honte que ce ne soient pas sa tête et son cœur qui aient contraint l’Europe à battre en retraite, mais seulement l’amaigrissement de son gousset. Le temps de l’histoire s’accélère dans les siècles de la volonté et du courage, il traîne la patte quand la lâcheté et la honte retardent l’horloge de la mort.

Lire la suite…

Source : http://www.dieguez-philosophe.com/

 

*

« Et en Belgique ? » nous sommes-nous dit, en cherchant une liste équivalente à celle de M. de Diéguez. Mais nous n’avons pas trouvé lesquels de nos ministres, magistrats et journaleux furent des YOUNG LEADERS avant de s’abattre sur le pays (tous ? Elio ? Laurette ? Bart ? les autres ?)

En revanche, les « 40 UNDER 40 » sont des Young European LEADERS. (« L’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! »)

Et là, nous avons déniché cinq « Belges », qu’en d’autres temps on eût qualifiés de kollabos, et fusillés ou tondues, mais ne soyons pas rabat-joie, surtout en ces temps de réveillons, ce serait de si mauvais goût.

On vous conseille, d’ici la Fête des Rois, de visiter ce petit portail qui ne manquera pas de susciter des vocations chez les jeunes loups aux dents longues et à la conscience élastique. On les y voit tous, les heureux élus, avec CV et médaillons à leurs couleurs nationales qui ne veulent plus rien dire mais qui font joli.

Voici donc les nôtres, par ordre d’ancienneté (promotions 2012, 2013, 2014). On vous résume leurs cartes de visite naturellement rédigées en anglais. N’oubliez pas que tous ces gens-là ont moins de 40 ans.

Emily Hoyos

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Emily est présidente du Parlement Wallon, poste qu’elle occupe depuis 2009. Elle fait partie des Verts belges. Très tôt dans sa carrière, elle a été élue présidente de la Fédération des étudiants francophones (courroie de transmission favorite des Yankees, les étudiants ! Voir les révolutions colorées.). En sortant de l’école elle est devenue secrétaire politique ( ?) d’un Ministre de l’Enfance, etc. En 2009 elle a été élue représentante au Parlement Wallon et, six semaines plus tard, en est devenue la présidente. Rapide, non, comme carrière ? Mais n’oubliez pas que ce sont des élites.

Jan Goossens

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Jan est directeur artistique du KVS, le Théâtre Royal Flamand à Bruxelles, depuis 2001. Il est l’initiateur d’un programme d’échanges culturels entre la Belgique, le Congo et le Monde arabe (Gaza, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, tout ça). Il est « fellow » de la Fondation Eisenhower,  ce qui ne mange pas de pain. Jan a aussi écrit plusieurs livres et articles sur des sujets tels que la culture, les médias, le futur de la Belgique et de l’Europe. Que demande le peuple ?

Zakia Khattabi

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Zakia est la présidente du groupe des Verts au Sénat. Elle est sénatrice auprès du Parlement ( ?) pour la Communauté Française (oui, ils s’appellent comme ça, car on ne peut pas à la fois faire des carrières politiques-éclair et maîtriser sa langue). Elle est membre des partis PRB et PCF (alors, là ! On croyait qu’elle était chez les Verts… on donne notre langue au chat. Pour ceux que cela amuse, les voilà tous, dans les trois idiomes officiels : http://www.ecoles.cfwb.be/argattidegamond/Bo%EEte%20%E0%2... )

On vous passe ses occupations de moindre importance. Elle est membre fondatrice de l’AWSA  (Arab Women's Solidarity Association-Belgium, qui n’a pas de titre dans aucune des trois langues nationales, ni d’ailleurs en arabe, mais c’est tellement pratique l’anglais – ah, qu’elles ont de la chance les femmes arabes !) et membre du Conseil des Femmes Françaises de Belgique (toujours pour « francophones » bien sûr… mais ce n’est pas elle qui a haussé l’ignorance crasse au rang des beaux-arts belges).

Leendert de Voogd

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Leendert est donc un flamand et on vous donne ses titres en anglais, puisque c’est ça qu’il aime : « Global Head of the Political and Social Practice of TNS, one of the world’s largest market research companies ». Avant cela, il avait été aussi « Joint Managing Director of TNS Opinion, a co-ordination centre for multi-country studies based in Brussels » (Ah, « opinion » ! Ah, « multi-country studies ! Ah, « based in Brussels !). Et là, on se lance dans le résumé : au cours des 15 dernières années, il a assumé la coordination des enquêtes sociales à grande échelle dans tous les pays du monde pour un nombre important d’institutions internationales telles que la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne, le Parlement Européen et le FMI, car à quoi bon lésiner. Il a étudié les sciences politiques à la KUL (aile flamande de l’Université catholique de Louvain) et à Sciences Po (Paris).

Wouter Verschelden

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Wouter, autre flamand, est journaliste. Il a fondé Newsmonkey.be « a social media tailor-made news website », bref, un des innombrables merdias alignés, mais, attention, « partiellement financé par du crowd-funding ». Il est l’auteur d’un documentaire et d’un livre sur le « news business » (maintenant on ne dit plus journalisme, car, en effet, ce n’en est plus), qui s’appelle Stop The Presses : the Golden Age of Journalism starts now. On ne sait pas s’il l’a traduit dans sa langue maternelle, mais ce serait basé sur son expérience de deux ans comme rédac-chef du De Morgen. Il se passionne tellement pour la politique et l’intérieur du Système qu’il a co-écrit une série pour la télévision belge, on ne sait pas laquelle (il y en a trois). Il est diplômé de la Columbia School of Journalism, de New York, et détient aussi deux autres diplômes en business d’une université de Gand et d’une autre en Bretagne Occidentale (si, si, ça existe, c’est à Brest).

Bref, tous les champs sont couverts et à quoi peut encore bien servir la NSA après cela ? Pour faire bonne mesure, n'oublions pas que tout Belge a une carte d'identité rédigée dans deux langues : la sienne et l'anglais.

Ne ratez pas non plus l’onglet « Nos partenaires ». Cela va des institutionnels (Fabius) aux NGOs (Soros) en passant par toutes sortes de gens très bien, vous verrez.

C’est là : http://40under40.eu/

 

*

Pour faire suite aux leçons de français de Manuel de Dieguez (quelle chance ils ont ces deux-là, Valls et Hollande) :

Et parce que, nous non plus, on ne supporte pas « Beijing » en supposé français, ni auteure, ni écrivaine, ni les gens qui prennent des passés simples pour des imparfaits et lycée de Versailles, ni… ni… !

 

Z’avez pas vu mon Beijinois ?

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Bernard GENSANE

Jacques Drillon est linguiste, stylisticien, musicien, écrivain. Un homme de culture au sens parfait du terme. Il a publié récemment un texte aussi savoureux qu’argumenté : “ Non, défendre la langue Française n’est pas réac.

J’ai adoré. En particulier, ce passage : « La soif d’anglais, c’est le syndrome du crocodile, cousu sur les polos des banlieusards ou les chemisettes des bourgeois, et qui signifie seulement : vêtement cher. En être ou ne pas en être, là est la question. Voyez la hâte piteuse avec laquelle nous avons dit Beijing pour Pékin. Comme nous aimons perdre ! Comme nous aimons notre servitude ! Quelle fierté nous tirons de notre propre abaissement ! Comme elle était heureuse, Christine Ockrent, de pouvoir interroger en anglais Shimon Peres, qui parle parfaitement le français ! Quelle impatience dans l’humiliation !  »

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/z-avez-pas-vu-mon-beijinois.html 


*

Chine

Connaissez-vous les douze étapes suivies par les USA pour changer un régime ? Les Chinois, eux, les ont parfaitement assimilées et ont réalisé une vidéo pour tout bien vous expliquer. Elle se trouve dans cet article… sous-titrée en anglais, car personne en France… (air connu).

 

La Chine face à la tactique américaine du changement de régime

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Même si elle a un nom sympa, la récente révolution à Hong Kong suit assez bien le schéma standard de changement de régime et de déstabilisations politiques formatées par les USA. Et les Chinois n’ont pas besoin de sous-titres !

Désormais, nous savons que la Russie connaît bien les méthodes des changements de régime, dont l’empire du Chaos use et abuse afin de maintenir sa suprématie. C’était apparu très clairement dans l’allocution de Poutine au Club Valdaï :

« De fait, depuis un bout de temps, nos collègues (les USA) ont tenté de gérer les dynamiques politiques, en utilisant les conflits régionaux et en concevant des “révolutions de couleur” correspondant à leurs intérêts, mais… le génie aux trois vœux s’est échappé de la bouteille. Il semble que les pères de la théorie du “chaos sous contrôle” ne savent plus eux-mêmes qu’en faire ; c’est une complète débandade dans leurs rangs. »

Lire la suite…

Source : http://reseauinternational.net/la-chine-face-la-tactique-americaine-du-changement-de-regime/

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France

Stakhanovistes de la servilité, des « young » et des vieux leaders, qui n’en  finissent pas de ne savoir que faire pour complaire à leurs maîtres, continuent à débaptiser avec enthousiasme les endroits de leur pays qui déplaisent aux néo-cons de l’étranger, empressés, anxieux de s’aligner sur ce qui fait gerber – s’ils savaient combien ! - les gens normaux du cœur de l’Empire.

Toute honte bue. L’absolu du minable, de l’abject, du sordide. Ni Balzac ni Daumier ne se seraient permis, pour la vraisemblance, quoique les restaurations nauséabondes n’aient pas manqué au siècle avant-dernier.

 

Villejuif : Le parvis Georges Marchais débaptisé

La nouvelle majorité UMP-écologiste de Villejuif a décidé de débaptiser la place Georges Marchais. Elle portera désormais le nom de Georges Mathé, un célèbre cancérologue de l'hôpital Paul-Brousse décédé en 2010.

 

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Georges Marchais et Louis Aragon, au début des années 70

On peut n’avoir jamais été communiste ni spécialement fan de Marchais, qu’on n’a connu que de très loin, et trouver profondément méprisables ces coups de pieds aux morts pour se faire bien voir des chefs de meutes.

En robespierristes chevronnés blanchis sous le crachat, nous devrions être blasés et maintes fois vaccinés. Eh bien, on ne s’y  fait pas. Comme on n’a jamais pu avaler, à l’inverse, l’Esplanade Ben Gourion, parce qu’il y a des limites à tout et qu’on n’aime pas que les gens qui ont du sang sur les mains jusqu’aux épaules s’affichent dans les endroits où on vit. Quant au Parvis Notre-Dame devenu Place Jean-Paul II, on a beau être mécréants, on n’est pas près de l’avaler non plus. Vous vous rendez compte ? La Sainte Vierge virée pour faire place à un McCain en soutane ?

Cela dit, ce débaptême, c’est une espèce d’honneur, une sorte de consécration post mortem pour Marchais, qui se retrouve ainsi en compagnie de tout ce que la France a compté de plus honorable. Que sa veuve et ses camarades voient les choses ainsi : nous sommes en guerre, et pendant les guerres, l’occupant impose sa loi, fait mettre les panneaux indicateurs dans sa langue, exige que l’on fasse sauter les statues des héros – blancs et noirs - qui les ont vaincus dans la guerre d’avant parce que l’un d’eux doit passer devant et décrète terroristes ceux qui lui résistent. L’histoire est décidément un éternel recommencement.

Bref rappel pour ceux qui n’étaient pas nés

Georges Marchais fut un homme politique français, communiste, secrétaire général du PCF de 1972 à sa mort en 1997. Élu député de la 1re circonscription du Val-de-Marne en 1973, puis de la 11e (Arcueil-Cachan-Villejuif) à partir du redécoupage électoral de 1986, il sera régulièrement réélu à chaque scrutin jusqu'en 1997.

En 2013, la ville de Villejuif, dont il avait donc été le dévoué député pendant 24 ans, donne son nom à un parvis.  Mais en mars 2014, la municipalité, qui avait été un fief communiste pendant près d’un  siècle, passe à une coalition qui va de l’UMP aux Verts. Aussitôt, des mesures sont prises pour débaptiser triomphalement le Parvis Georges Marchais. Le « ventre » a parlé.

Quant au cancérologue à qui on n’a pas demandé son avis, le voilà acoquiné, post mortem lui aussi, avec des êtres qu’il n’eût peut-être pas touché sans gants de son vivant. (On ne le connaît pas, mais dans un pays qui est depuis les années soixante la proie de promoteurs jamais rassasiés ni complexés, on peut supposer que les endroits sans nom ne doivent pas manquer, même aux alentours des hôpitaux en voie de fermeture.)

Liens :

http://www.humanite.fr/villejuif-debaptise-le-parvis-georges-marchais-560797

http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-franc...

http://malakoffantilberalunitaire.over-blog.org/2014/12/villejuif-debaptise-le-parvis-georges-marchais.html

Dernière minute :

La famille Mathé remercie et décline.

Dans un communiqué, la fille du médecin gaulliste, Catherine Gaston-Mathé, a d’abord remercié la municipalité d’avoir pensé à honorer la mémoire de son père, « précurseur de la cancérologie moderne, pionnier de la greffe de moelle, de l’immunothérapie et de la chimiothérapie des années 1950 aux années 1980, à Villejuif ». Avant de rappeler sa coopération « active » avec Georges Marchais, député de cette circonscription pendant 24 ans. Pour la famille, un seul souhait : « qu’une solution soit trouvée pour honorer les deux Georges et rassembler ainsi toutes les sensibilités françaises ».

Gifle morale amplement méritée.

 

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Belgique

On a raté la sortie d’un film :

 

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http ://mich-silence-on-tourne.skynetblogs.be/archive/2014/12/01/iranien-sortie-belge-8337528.html

 

Et celle de Van Rompuy :

http ://www.lesoir.be/723077/article/actualite/fil-info/fil-info-monde/2014-12-02/presse-britannique-denonce-prime-depart-van-rompuy?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obinsource

 

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Paraguay

Si la devise de feu John Cowper POWYS était « Endurer ou s’échapper », et si on peut être sûrs que les Russes vont appliquer celle qui fut depuis des siècles, la leur « Endurer et se battre », un (ex)-Américain, a choisi, pour sa part, de s’échapper, et même de brûler ses vaisseaux sans espoir de retour.

Comment renoncer à votre citoyenneté US et devenir apatride

Par Jeff Berwick – I.C.H.Décembre 2014

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Glen Lee Roberts

J’ai eu récemment le plaisir de parler avec Glen Roberts, qui se décrit comme techno-geek [« crack ou bidouilleur en informatique »], blogueur et auteur de Comment renoncer à votre citoyenneté US en deux étapes faciles. Le livre a été écrit pour couper court aux objections et décrire quelles exigences doivent être remplies et en quoi consiste la procédure d’abandon de la citoyenneté, pour lequel il semble qu’il y ait une forte demande depuis quelque temps. Glen a renoncé à sa nationalité US après avoir vécu dans divers pays d’Amérique Centrale et du Sud pendant plus de dix ans, et il réside actuellement, en apatride, au Paraguay.

Son histoire est une des plus intéressantes qu’il nous ait été donné d’entendre, dans la lutte sans fin pour échapper à l’Amérike. Voici quelle a été notre conversation.

The Dollar Vigilante (TDV) – Pouvez-vous nous parler un peu de vous-même, de vos antécédents, et nous apprendre comment vous avez fini par atterrir au Paraguay ?

Glen Roberts (GR) – Je suis né en 1962 et j’ai vécu dans le Mid-West des États-Unis jusqu’à la fin de 2002. Je travaillais dans le secteur de la programmation d’ordinateurs, tout en publiant un journal alternatif qui s’appelait Full Disclosure [« Divulgation totale »]. Un mémo secret du FBI - dont j’ai reçu une copie censurée en 1988 en vertu sur la Loi de Liberté de l’Information - le décrivait ainsi : « Full Disclosure professe être un journal alternatif ayant pour vocation d’attirer l’attention sur les abus d’autorité, et qui fournit des informations sur les droits des citoyens, afin que ses lecteurs soient intelligemment préparés à affronter les intrusions du gouvernement dans leurs vies. Une des principales préoccupations de Full Disclosure est l’incidence de la technlogie sur la vie privée. »

TDVWaw ! Ils en étaient déjà là en 1988 ! Je suis sûr que notre dossier chez eux emplit plusieurs disques durs.

GR – Je pense que la question sous-jacente, ici, est que le FBI est à la fois une agence d’enquêtes criminelles et un service de renseignements. Je pense qu’à l’évidence, leur mandat en matière d’espionnage, indépendamment de toutes les activités légales auxquelles ils s’adonnent, comprend aussi la tâche d’enquêter et d’engranger un maximum d’informations sur les citoyens US qui veulent exercer les droits que leur garantit la Constitution. Ces informations, bien sûr, sont alors disponibles pour tous les besoins politiques qui peuvent survenir un jour ou l’autre. Je crois aussi qu’à cause de leur rôle apparent de service de mise en application des lois, une grande partie de leurs activités d’espionnage prennent l’apparence de cette mise en application, donc se déroulent à la vue de tous, sans préoccuper personne.

TDV – Quelle agence du gouvernement US n’est pas une agence « de renseignement » aujourd’hui ! Mais, je vous en prie, continuez.

GR – En 2002, je suis allé plusieurs fois en vacances au Costa Rica, en y restant chaque fois un peu plus longtemps. Je n’avais cependant aucun projet de déménagement. Au début de 2003, je suis rentré aux États-Unis, et, en retournant la fois suivante au Costa Rica, mon idée était de faire plus ou moins régulièrement ces allers-retours, mais j’ai trouvé la vie plus enrichissante en dehors des USA, et je n’y suis plus retourné depuis.

Le Costa Rica n’était pas, en définitive, l’endroit qui me convenait le mieux et j’ai alors passé cinq ans et demi en Uruguay. Il y a presque quatre ans, j’ai déménagé au Paraguay et trouvé que c’était l’endroit où je me sentais le plus à mon aise.

TDV – Nous trouvons aussi que l’Amérique Latine est un des endroits où il est le plus agréable de vivre. Quand, comment et pourquoi avez-vous renoncé à votre citoyenneté US ?

GR – J’ai formellement renoncé à ma citoyenneté US le 21 juin 2013. La cérémonie de renoncement s’est déroulée au consulat d’Asuncion ce jour-là. J’avais auparavant rencontré le consul US, et il m’avait lu un document en 12 points sur les conséquences de la renonciation. La cérémonie en elle-même est très rapide. J’ai fait une vidéo Youtube où je l’ai rejouée, et la partie essentielle de la cérémonie prend à peu près 90 secondes.

Cette brièveté, cependant, ne doit pas en diminuer la signification. Je crois qu’elle est réellement profonde, non seulement sur le plan légal, mais également sur le plan spirituel. Quand je me remémore les choses, je dirais que, métaphoriquement, j’étais un aigle attaché à un mât et que ma renonciation m’a libéré de mes entraves. Je suis entré dans l’ambassade des États-Unis ce jour-là comme un pauvre humain avec le poids des États-Unis et de tout ce qu’ils font sur mes épaules, et j’en suis sorti comme un aigle, prêt à explorer de nouvelles altitudes.

TDV – Un aigle… jolie métaphore !

GR – J’avais fait des recherches sur le sujet de la renonciation de nationalité un certain nombre de fois au cours des années, alors que je vivais encore aux États-Unis, mais ça n’avait jamais fait tilt. Je pense que cela venait en partie de ce que je n’avais pas d’autre passeport et qu’en partie j’étais toujours « américain ».

Au cours des 11 ans que j’ai passés en dehors des États-Unis, j’ai changé de manière significative. Une grande partie des craintes et de la colère que j’avais quotidiennement ressenties s’était évanouie. J’étais en meilleure santé, plus content de vivre, plus en paix avec moi-même. À mesure que je me déconnectais de la culture américaine et que je me voyais de moins en moins « américain », cette marque avait fini par devenir un fardeau.

Sans parler du sentiment d’avoir vécu à l’intérieur d’un mensonge quand j’y exerçais mes activités d’éditeur de Full Disclosure, je veux parler du mensonge qu’on m’avait enseigné quand j’étais enfant, que je vivais dans un « pays libre », alors que, dès que je voulais exercer mes libertés, je me retrouvais humilié et méprisé, si pas même harcelé et menacé.

Le fardeau quotidien d’être un Américain fait que chacun déambule avec un gros nuage noir au-dessus de la tête. Les gens semblent culturellement programmés pour être dans un état permanent de mécontentement, et les choix qu’ils font, les solutions qu’ils trouvent et les occasions qui leur sont offertes ne font que les conduire à davantage de désillusion.

TDV – Beaucoup de gens croient que, pour pouvoir renoncer à votre nationalité, vous avez dû devenir citoyen d’un autre pays. Ce n’est visiblement pas le cas. Cela a-t-il été évoqué au cours du processus de renonciation ?

GR – Il y a beaucoup de conceptions erronées quant aux critères et au processus de la renonciation. Beaucoup de gens qui ne sont pas passés par là croient aussi qu’il s’agit d’une démarche hostile.

D’abord, pour s’assurer qu’il n’est pas nécessaire d’adopter la nationalité d’un autre pays, il suffit de lire le Guide fourni par le Département d’État, qui s’appelle Manuel en Affaires Étrangères (FAM) et qui indique la procédure à suivre et les conditions à remplir à l’égard du consulat US. Ce guide explique très clairement qu’il n’est pas nécessaire d’adopter une autre nationalité pour renoncer à sa citoyenneté US. Il indique seulement que la personne doit être informée des conséquences de sa renonciation, et, si elle veut persévérer, quelle marche elle doit suivre.

Dans mon livre, j’ai inséré une copie complète de la partie « renonciation » du FAM, ainsi qu’une copie de tous les formulaires que j’ai dû remplir et signer, mes réponses y comprises. On peut y voir exactement quelles informations on doit fournir : pas beaucoup ni de très détaillées.

On peut y voir aussi les 12 points qui vous sont lus sur les conséquences. Un de ces points concerne l’état d’apatridie. Dans mon cas, le consul US et moi avons eu une brève discussion sur le sujet, et il m’a remis, en plus, copie d’une page du FAM qui n’est pas, généralement, accessible au public.

À aucun moment, le Consul n’a exprimé d’opinion ni de préoccupation personnelle quant à ma décision de renoncer ou de devenir apatride. Je dirais même que ma décision n’a eu aucune incidence sur les renseignements qu’on m’a demandé de fournir.

Une autre idée fausse très répandue est qu’il faut « payer les formulaires ». Les formulaires sont gratuits et les honoraires administratifs (2.350 $ US, soit une augmentation de 400% récemment instituée) ne sont perçus que juste avant la cérémonie de renonciation.

TDV – Pouvez-vous voyager en dehors du Paraguay sans avoir aucun passeport ?

GR – C’est là une question à laquelle je ne suis pas prêt à répondre directement. Je préfère partager mes expériences réelles et ne pas spéculer sur les possibilités. Il existe un traité des Nations Unies, qui date de 1954. Son titre est « Convention relative au statut des personnes apatrides ».

L'article 28 de ce traité y répond en partie : « Documents de voyage. Les États Contractants fourniront aux personnes apatrides séjournant légalement sur leur territoire les documents nécessaires à tout voyage en dehors de leur territoire, à moins que des raisons évidentes de sécurité nationale ou d’ordre public n’exigent d’y déroger, et les dispositions relatives au Programme de cette Convention s’appliqueront aux dits documents ». Le programme décrit alors le document essentiel, et, à toutes fins pratiques, il ressemble à un passeport et fonctionne comme un  passeport. La couverture, cependant, parle de document relatif à la Convention de 1954 et exclut toute relation avec la nationalité du détenteur : « Ce document est établi dans le seul but de délivrer au détenteur un document de voyage qui puisse tenir lieu de passeport national. Il est établi sans préjudice de la nationalité du détenteur et ne peut en tenir lieu. »

Le Paraguay a signé ce traité le 2 juillet 2014 (voir ici une liste des pays qui ont cosigné ce traité) et a donc l’obligation de me fournir ce document de voyage. J’ai rencontré récemment les gens du Département des Droits de l’Homme du Paraguay, et ils sont conscients de leurs obligations eu égard à cette Convention. Ils m’ont également expliqué – et je comprends bien – que non seulement je suis leur premier apatride, mais qu’ils doivent aussi, parce qu’ils n’ont que depuis peu adopté ce traité, développer un processus, en établir les formulaires et tout ce qui est nécessaire à sa mise en œuvre.

TDV – C’est un des problèmes qu’on rencontre dans beaucoup de pays « sous-développés », un manque complet de taille de gouvernement, de la capacité ou de l’expérience qu’il faut pour mettre au point beaucoup de ces choses. Mais, je vous en prie, continuez.

GR – Ils ont accepté ma demande d’être reconnu comme apatride. Ils travaillent aussi avec moi pour m’aider à mettre à jour mes documents d’immigration, pour qu’ils reflètent ce statut. Auparavant, j’avais sollicité et obtenu un statut de résident permanent.

J’ai décidé d’attendre que le Paraguay me reconnaisse comme apatride et non comme américain avant d’essayer d’utiliser ma Cédule paraguayenne pour voyager internationalement. Je crois que, lorsqu’ils auront créé une structure en fonction du traité, je recevrai un document de voyage.

Quand j’ai renoncé à ma nationalité US, je l’ai fait en me rendant bien compte qu’il pourrait m’être difficile de voyager à l’étranger pendant un certain temps, voire toujours.

TDV – C’est une façon unique d’envisager les choses. La plupart des gens auraient demandé un droit de résidence paraguayenne (et, donc, d’abord une Cédule) et un passeport paraguayen, avant de renoncer. Il semble que vous ayez totalement inversé la procédure. Nous ne voulons pas jouer les trouillards négatifs, mais nous sommes prêts à parier que ce ne sera pas in parcours facile. Nous serons vraiment curieux de le suivre et nos lecteurs aussi. Quels autres droits vous offre la Convention de 1954 ?

GR – Je pense, après avoir jeté un coup d’œil d’ensemble au traité, qu’on peut le décrire en disant qu’il garantit que la personne apatride sera traitée à l’égal de tout autre résident légitime ; que les apatrides ne pourront pas faire l’objet de discrimination sous prétexte qu’ils n’ont pas de nationalité. Cependant, il fait une réserve qui peut présenter un intérêt particulier aux yeux de ceux qui veulent échanger leur nationalité US contre une autre.

L’article 32, en effet, prévoit : « Naturalisations. Les États Contractants devront, autant que possible faciliter l’assimilation et la naturalisation aux personnes apatrides. Ils feront, en particulier, tous leurs efforts pour accélérer les procédures de naturalisation et réduiront autant qu’il sera possible les charges et coûts de ces procédures ».

Mais il ne fait aucune obligation à un pays signataire d’accorder la naturalisation. Il demande seulement que le processus en soit facilité. Dépendant du pays en cause, il se peut qu’il soit plus facile d’en obtenir la nationalité si on devient d’abord apatride. Le risque, évidemment, est que, selon le Département d’État US, renoncer à sa citoyenneté est le moyen le plus sûr de la perdre, et que « cette action est finale et irrévocable ».

TDV – Quels ont été, pour vous, les aspects positifs et négatifs du renoncement à votre citoyenneté US ?

GR – Quoique la plupart des gens soulèvent la question de la faculté de voyager internationalement, je ne la considère pas comme particulièrement négative. J’ai passé des décennies de ma vie sans voyager internationalement. Donc, que ce soit pour un an, pour deux ou plus, avant que je sois libre de voyager internationalement si j’en ai envie, je suis content de la vie que je mène ici au Paraguay.

Un autre aspect négatif, évidemment, est d’avoir à remplir pendant un an la paperasserie plus compliquée de l’IRS (Internal Revenue Service ou « Impôt sur le Revenu ») relative à l’année de renonciation, mais je trouve que c’est plus que compensé par le fait d’être ensuite définitivement libéré de cette obligation.

(Note du Rédacteur en Chef : Pour ceux qui envisagent de renoncer à la citoyenneté US, qui possèdent des biens substantiels et qui pourraient se voir réclamer une « taxe de sortie » anormalement élevée par le gouvernement US, TDV Wealth Management a des solutions pour rendre la procédure pour ainsi dire moins « taxante » .)

À l’époque où j’ai renoncé, j’ai pensé que, peut-être, certains de mes vieux amis aux USA m’« attaqueraient » comme antipatriote, idiot, etc. Eh bien, j’ai été surpris de ne provoquer aucune réaction de ce genre, ni de la part de mes amis, ni de la part d’étrangers. Bien sûr, tout le monde n’a pas été d’accord avec ma décision, mais tout le monde semble la soutenir.

TDV – Nous n’en sommes pas tellement surpris. Il y a une masse de gens, aux États-Unis, qui se rendent compte que les USA ne sont pas « le pays des libres » du tout, et beaucoup vous envient si vous arrivez à vous en tirer.

GR – J’y inclurais, jusqu’à un certain point, le personnel de l’Ambassade des États-Unis lors de mon renoncement. Je ne puis décrire leur attitude à mon égard que comme professionnelle et, dans certains cas, amicale. Tout autre chose que ce que je lis souvent dans des articles, des blogs, des commentaires de gens qui ne sont pas, personnellement, passés par là.

Pour ce qui est des aspects positifs, ce fut, en tout état de cause, un processus de mort et de renaissance. J’ai enfin pu jeter par-dessus bord les absurdités du passé et recommencer à neuf. Je ne sens plus sur moi le fardeau de l’étiquette « américain ».

TDV – À vous entendre, on vous prendrait pour un anarchiste. L’êtes-vous ?

GR – Je ne tiens pas à m’appliquer cette étiquette-là ni aucune autre. Même l’étiquette « apatride » empêche les gens de me voir comme l’individu que je suis et les pousse à m’assimiler à d’autres qui peuvent refléter ou non ma personnalité.

Quand j’ai porté mon Certificat de Renonciation de Nationalité chez un traducteur, il a jeté un coup d’œil au document, puis nous avons parlé d’autres choses. Il m’a demandé si j’étais libertaire. Je lui ai répondu que je n’aimais pas étiqueter les gens, mais que le mot était plus approprié que « démocrate » ou « républicain ». Alors, il est revenu au document et a observé « ça a l’air vraiment important ». Je lui ai dit que oui, et j’ai suggéré qu’il le lise.

Nous avons alors eu une assez longue conversation sur le sujet. Aux USA, il avait étudié à l’université et il était donc assez au courant de la politique et de la culture du pays. Comme nous arrivions au bout de notre conversation, il me dit : « Excusez-moi d’avoir demandé si vous étiez libertaire. Je vois que vous êtes un terrien ».

Je crois que l’impression que crée le mot « anarchiste » est celle d’une société en état de chaos permanent. Je pense aussi que, si vous regardez autour de vous, ou, plus particulièrement, si vous lisez les journaux ou regardez les nouvelles à la télévision, vous ne pouvez qu’en conclure que nous vivons à présent dans un état de chaos permanent !

Je crois que notre culture de la citoyenneté, surtout basée sur la naissance et la géographie, crée un système qui dépend intrinsèquement de la peur et du conflit. S’il n’y avait pas cet état permanent de peur et de conflit, il n’y aurait aucune raison pour que nos « leaders » existent.

TDV – Ou pour des leaders quels qu’ils soient. Hum, continuez s’il vous plaît.

GR – Et pourtant, dès les premiers moments de notre vie, nous sommes verrouillés là-dedans, et on nous apprend qu’à cause de notre citoyenneté, nous sommes tenus, attachés, soumis à  nos leaders. C’est évidemment à l’opposé de ce qu’on nous enseigne à propos de notre libre-arbitre et de notre liberté. Nous sommes émotionnellement si emberlificotés dans nos engagements patriotiques que nous cessons de voir la réalité ou que, si nous la voyons, ne sommes pas en mesure d’évaluer la différence.

Ma question est comment pouvons-nous passer de ce genre de système à un autre où nous puissions vivre dans le respect mutuel des uns et des autres. Non que nous vivrions dans une situation de chaos sans lois, mais plutôt où la loi serait là pour protéger tout le monde, et non pour assurer, contre tous, le pouvoir politique de « leaders ».

TDV – Nous aimons votre façon de voir les choses, et nous sommes d’accord ! Une grande partie de ce que nous écrivons ici, à TDV, a pour objectif d’opérer une transition vers un nouveau et meilleur système. Un a-système en fait. Évidemment, les gouvernements (et leur bras armé, les médias dominants) ont usé et abusé du mot « anarchie », pour faire croire  que l’existence, dans un tel régime, serait terrible. Elle le serait, au moins pendant un temps, pour lesdits gouvernements et leurs créatures, puisqu’il leur faudrait réellement se mettre en quête d’un vrai boulot productif.

Soit dit en passant, TDV a un vaste réseau de même sensibilité que vous de par le monde, et nous en avons même un certain nombre au Paraguay. Je vais faire en sorte que vous puissiez entrer en contact avec ce réseau. (Note du rédacteur en chef : vous pouvez avoir accès aux groupes TDV en souscrivant à The Dollar Vigilante.)

Avez-vous un commentaire final à faire ou y a-t-il des choses que vous voudriez que nos lecteurs sachent ?

GR Pour ce qui concerne la renonciation, sachez juste que c’est une procédure toute simple. Pour quelle raison elle l’est n’a pas d’importance. C’est une question qui ne se trouve pas sur les formulaires. Il n’y a nul besoin de vous mettre martel en têteà propos de FACTA  [« Fair and Accurate Credit Transactions Act », loi de G.W. Bush sur les transactions par cartes de crédit]  ou d’aucune des autres mauvaises actions des États-Unis. Vous pouvez êtres sûrs et certains que le personnel des ambassades est parfaitement au courant des conséquences de FACTA et de toutes les autres activités malfaisantes dans le pays. Leur boulot consiste à s’occuper de vos paperasses, pas de s’intéresser à ces choses. Votre renonciation est une affirmation suffisamment politique, et dès qu’elle est avérée, vous êtes libérés de tout le drame et de toute l’insanité de ce pays. Il n’est pas nécessaire de faire de votre sortie définitive une manifestation d’hostilité. Vous n’avez qu’à passer la porte et entrer dans votre nouvelle vie.

La décision est importante, que vous ayez ou non une seconde nationalité. Comme je l’ai dit tout à l’heure, ceci est « final et irrévocable ». Vous ne pouvez pas retourner le mois suivant dire que vous avez changé d’avis et récupérer votre citoyenneté.

Dans mon livre, je n’aborde la question de l’apatridie que dans la mesure (aucune) où elle affecterait la procédure de renonciation. J‘aborderai cette question quand j’aurai une expérience suffisante pour en faire un compte-rendu valable.

Le premier endroit où étudier cette question est la Convention de 1954 et la liste des pays qui l’ont signée.

Je pense aussi que, comme quand vous vous expatriez, le point le plus important est l’endroit où vous vous rendez, pas celui d’où vous venez. J’ai vu beaucoup d’expats qui, bien que physiquement éloignés des États-Unis, semblaient en être restés, émotionnellement, au même point qu’avant. Il y a beaucoup de grandes expériences nouvelles qui n’attendent que vous et elles sont beaucoup plus enrichissantes et satisfaisantes que de rester pris au piège des drames émotionnels US. Bien entendu, si vous êtes un expat, vous avez toujours la possibilité de simplement retourner.

Il sera toujours très difficile, pour un ex-Américain, de retourner vivre aux États-Unis, et dans certains cas, il peut même s’avérer très difficile d’y aller ne fût-ce qu’en visite. J’ai fait mon choix après être resté en dehors des USA pendant onze ans. Récemment, j’ai entendu parler d’un autre Américain qui a, lui aussi, renoncé à sa nationalité après avoir, lui aussi, vécu onze ans hors du pays.

TDV – Oui, nous avons entendu plusieurs récits, à propos du degré de facilité à retourner aux USA en visite, une fois que vous avez renoncé à votre nationalité. Comme tout ce qui a un rapport avec le gouvernement, c’est une zone assez grise, et tout dépend principalement de quel nouveau passeport vous disposez et de s’il vous faut un visa ou non. Si vous en avez besoin, votre chance d’obtenir un visa touristique pour pouvoir entrer aux États-Unis est dans la main d’un bureaucrate qui peut être de bonne ou de mauvaise humeur ce jour-là.

Quoi qu’il en soit, tout ceci est absolument fascinant, et nous nous tiendrons au courant de la suite en ce qui vous concerne. Merci, et s’il vous plaît, restons en contact.

GR – Merci.

CONCLUSION

Il n’y a pas beaucoup de cas d’Américains qui ont renoncé à leur nationalité sans en avoir d’abord acquis une autre. Un des seuls cas que nous connaissions est celui de Jeff Knaebel, un Américain qui a brûlé son passeport en Inde, et lui-même peu de temps après. Glen semble avoir choisi une trajectoire beaucoup plus plaisante et décidé de vivre heureux au Paraguay. Il a écrit un livre consacré à son expérience Comment renoncer à votre citoyenneté US en deux étapes faciles (vous pouvez acheter ce livre ici).

Glen est incontestablement un pionnier en la matière, mais nous tenons à vous mettre en garde si vous voulez suivre ses traces. S’aventurer en terrain inconnu peut s’avérer inconfortable… Mais, si vous envisagez d’acquérir une seconde nationalité et/ou de renoncer à la vôtre, nous vous conseillons de consulter le livre de Glen et de contacter TDV-Passeports, où l’on pourra vous donner quelques tuyaux sur les options qui s’offrent à vous.

Espérons qu’un jour viendra où aucune carte d’esclave (passeport) ne sera plus nécessaire pour voyager ou pour vivre librement. D’ici là, les gens comme Glen sont d’éclatant précurseurs, qui ouvrent des voies nouvelles.

Tous nos souhaits l’accompagnent !

 

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Jeff Berwick est le fondateur de The Dollar Vigilante. Il est le directeur de TDV Media & Services et le présentateur du populaire podcast en video Anarchast. Jeff intervient dans beaucoup de conférences un peu partout dans le monde, sur les sujets de la liberté, des investissements et de l’or, y compris, bien entendu, dans la sienne, Anarchapulco. Il apparaît fréquemment dans les médias, y compris CNBC, CNN et FOX Business.

 

url de cet article : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2014/12/26/l-envers-du-reve-3e-partie-8353403.html   (traduction c.l.)

Source :http://www.informationclearinghouse.info/article40469.htm

 

Glen Lee Roberts, plutôt bien accueilli par deux naturels de son nouveau pays

Son site :

http://about.glr.com/

 

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TORTURE – Responsabilité légale : OUI – Impunité : NON

par Hans Christof von Sponeck  et Denis Halliday  - 13 .12. 2014

 

12. Hans & Denis art.png

 

Cette pétition est lancée par deux anciens Secrétaires Généraux adjoints de l’ONU et Coordinateurs humanitaires de l’ONU pour l’Irak : Hans von Sponeck et Denis Halliday.

S’il vous plaît, faites-la circuler dans votre réseau d’amis

 

 Vous pouvez signer cette pétition ici

Pour en savoir plus :

http ://www.brussellstribunal.org/article_view.asp&n...

 

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Il est (presque) sauvé le divin enfant !

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al-Issawiya (Jérusalem Est) - mercredi 24 décembre 2014

La police israélienne a tiré une balle « en caoutchouc », quasiment à bout portant, au visage d’un petit Palestinien de 5 ans qui descendait de l’autobus, à son retour de l’école. L’enfant n’avait ni arme, ni téléphone portable, ni pierre. Un cartable ? Juste sous l’œil. Fracture du crâne.

Si on ne peut plus s’amuser à Noël !

On ne vous traduit pas l’article de Haaretz. Voyez les images.

 

http://rt.com/news/217559-israel-shot-palestinian-child/

 

Et Benjamin Netanyahou n’est pas content du « rapprochement » USA-Cuba. Allons, bon !...

Pourquoi ?

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En anglais

 

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Glen Lee ROBERTS

How to Renounce your US Citizenship in Two Easy Steps

Earthling – September 2014

170 pages

 

 

 

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Glen Lee ROBERTS

Total Uruguay : Expat eBook

Kindle – 353 KB

Édition imprimée : 169 pages

 

 

 

À lire ou à relire en français

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Howard Zinn

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Howard ZINN

Une histoire populaire des États-Unis

De 1492 à nos jours

Agone - 2002

812 pages

 

 

 

Titre original : A People’s History of the United-States : 1492-Present (Harper Collins, 1999). Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton.

Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d’histoire parlent habituellement peu. L’auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle.

Une histoire populaire des États-Unis a reçu le prix des « Amis du Monde diplomatique » en 2003.

Auteur de « Une histoire populaire des États-Unis » et d’une vingtaine d’ouvrages consacrés à l’incidence des mouvements populaires sur la société américaine, Howard Zinn (1922–2010) a été tour à tour docker, bombardier, cantonnier et manutentionnaire avant d’enseigner à la Boston University. Militant de la première heure pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, il a conçu son métier d’historien comme indissociable d’un engagement dans les luttes sociales.

Lien :http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Zinn

Howard ZINN à Là-Bas si j’y suis

Interview du 14 septembre 2004, par Daniel Mermet et Giv Anquetil :

http://la-bas.org/howard-zinn-1

Howard Zinn - Une histoire populaire américaine (le film)

Par Olivier Azam et Daniel Mermet :

http://pierrebourdieuunhommage.blogspot.be/2011/12/howard...

 

0. London.jpg

Jack London

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Jack LONDON

Le peuple de l’abîme

10/18 – 1984

Hors collection

 

 

 

 

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Republié sous le titre :

Le Peuple d’en bas

Phebus (Libretto) 1999

256 pages

 

 

 

Non, ce n’est pas l’Amérique, c’est l’Angleterre… matrice de l’Empire.

En 1902, London accepte la proposition d’un éditeur new-yorkais qui l’envoie comme reporter en Europe. Lui a une autre idée derrière la tête : se déguiser en clochard pour aller explorer les quartiers interdits de Londres – la face cachée, soigneusement cachée, du plus puissant empire de la terre. Nippé de hardes, méconnaissable, il s’immerge dans les bas-fonds de l’East End et mène plusieurs semaines durant la vie d’un sans-logis, nourri de soupe, dans les jours fastes, par l’Armée du Salut, marchant toute la nuit d’un trou d’ombre à l’autre, car il est interdit de dormir dans les lieux publics… Le livre qu’il en rapporte (1903) est terrifiant. Ce n’est certes pas la première fois qu’un écrivain évoque la misère crasse de la capitale du monde, l’exploitation des enfants, la mendicité et la crapulerie organisées, la prostitution au rabais, le tord-boyaux des assommoirs qui vous tue comme à bout portant… Jamais pourtant avant lui on n’avait donné cela à toucher du doigt – et le lecteur d’aujourd’hui, le souffle coupé, peine à imaginer que toute cette horreur est à moins d’un siècle de nous. Voyant ses compagnons de rue se baisser sans cesse, London découvre que c’est ainsi qu’ils se nourrissent : de miettes, de pépins de fruits, de trognons de chou noirs de suie échappés au balai de l’éboueur. Quant à ceux qui ont un chez soi où l’on s’entasse à douze dans une chambre sans fenêtre, leur sort n’est pas forcément plus enviable (hallucinant épisode de cette famille logée dans une pièce unique et qui trimballe plusieurs jours durant un enfant mort du lit à la table et de la table au lit, selon les heures, en attendant de pouvoir trouver l’argent des obsèques)… L’auteur est un militant, certes, mais d’abord un homme qui a vécu, qui sait que les idées générales et généreuses ne valent rien au regard de la crudité des faits. Il se borne à dire ce qu’il voit, sans pathos inutile : observateur impitoyable – et raconteur hors pair. Sa marche d’un cercle à l’autre de l’enfer est ponctuée de portraits fouillés avec rage, sordides ou touchants, inoubliables.

 

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Jack LONDON

Le Talon de fer

Traduit par Louis Postif

Préfaces de Raymond Jean et de Leon Trotski

Phebus (Libretto) 2003

320 pages

 

 

Trotski considérait Le Talon de fer (1908) comme le seul roman politique réussi de la littérature. Un roman d’anticipation politique, pour être précis : qui prévoyait une guerre mondiale mettant aux prises l’Allemagne et les États-Unis, une révolution d’Octobre (mais à Chicago)… et l’avènement d’une dictature d’un genre nouveau (disons fasciste)… pour les trois siècles à venir !

C’est le grand roman « politique » de London. Un genre qui ferait bâiller d’ennui – ou de commisération (l’utopie presque toujours étant prétexte au pénible étalage des fadaises que l’on sait) – si London ne s’y lançait avec le culot qu’on lui connaît. Son pari : imaginer une politique-fiction qui anticipe à peine sur la réalité historique. Le livre paraît en 1908 (l’heure de sa plus grande gloire) et évoque – pour tout à l’heure – une menace de guerre entre les États-Unis et l’Allemagne, alors les deux puissances montantes du capitalisme conquérant… Guerre qui ne sera stoppée (en 1912 !) que par la grève générale des travailleurs des deux pays. La Commune est proclamée à Chicago le 27 octobre 1917 (ah! ce pressentiment des dates !), mais cette révolution d’Octobre devra elle-même céder devant l’avènement d’une moderne dictature… dont il nous est dit qu’elle perdurera pendant trois siècles ! Ce chant de révolte soulevé par un âcre pessimisme (c’est sa force) est à la fois un brûlot lancé contre les tiédeurs du socialisme « réformiste », un appel au soulèvement armé – et l’anticipation de tous les fascismes, de tous les totalitarismes à venir. Lisant en 1937 ce classique de la pensée insurrectionnelle, Trotski devait faire justice du « défaitisme » dont on a parfois accusé London (son pessimisme – un mot que conteste au reste Trotski – n’était que lucide: une vertu qui ne se pardonne pas) : « Dès 1907, London avait prévu le régime fasciste comme l’inévitable résultat de la défaite de la révolution prolétarienne. Nous ne pouvons que nous incliner devant la puissante intuition de l’artiste révolutionnaire. »

 

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Jack LONDON

Révolution – suivi de – Guerre des classes

Phebus (Libretto) 2008

368 pages

 

 

 

Ces deux recueils inédits, parus en volumes aux États-Unis, le premier en 1910, le second en 1905, étaient restés jusque ici dispersés en France. L’essentiel de l’idéal révolutionnaire de London s’exprime dans ces 21 articles, que ce soit sous la forme d’hommages à Gorki et à Kipling, d’un récit d’anticipation décrivant la naissance d’un monde utopique (« Goliath »), d’une parabole sur les méfaits de la propriété (« Les Pavots d’or »), ou de plusieurs textes critiquant de manière virulente la loi du profit et prônant l’avènement d’une société égalitaire et réconciliée, en Amérique comme dans le monde entier (« Révolution », « Le Clochard », « Pour une nouvelle loi du développement »). Rien de froid ni de dogmatique ici, et les analyses de l’auteur, qui datent pourtant d’un siècle, paraissent plus actuelles que jamais: celle du « rétrécissement de la planète » évoque irrésistiblement l’actuelle mondialisation, et l’idéalisme lucide qu’il manifeste en célébrant la fraternité et la solidarité ne peut laisser personne indifférent.

 

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Jack LONDON

Quiconque nourrit un homme est son maître

traduction de Moea Durieux, préface de Jean-Marie Dallet

Les éditions du Sonneur – 2009

43 pages

 

 

On connaît le Jack London aventurier du grand Nord, marin des mers du Sud, chercheur d’or, vagabond du rail. On connaît aussi le London chantre de la nature sauvage, militant politique, défenseur des déshérités. Mais on ignore souvent le London polémiste qui, prenant ici prétexte de la condition de l’écrivain obligé de prostituer son talent pour vivre, fustige une société où l’argent est roi.

La Petite Collection - Les Éditions du Sonneur ont décidé de créer La Petite Collection pour que puissent exister des textes trop courts pour être publiés dans un grand format mais trop grands pour ne pas être édités. Notre mot d’ordre reste le même depuis la création de notre maison : publier des textes inédits et des textes oubliés ou méconnus dignes de vivre ou de revivre, d’être découverts ou retrouvés. Grâce à cette nouvelle collection, nous pouvons ajouter aujourd’hui : quelle que soit leur longueur.

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Il aurait eu aujourd’hui 123 ans

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Henry MILLER

Le cauchemar climatisé

Gallimard – Folio- 1988

 

 

En 1940, la guerre oblige l'expatrié Henry Miller, qui vit en France, à regagner les États-Unis. Il se lance alors dans un grand périple, pour tenter de renouer connaissance avec son pays. De sa déception profonde est né Le cauchemar climatisé, publié en 1945. Faubourgs industriels, folies hollywoodiennes, Sud qui perd son charme, contaminé par l'esprit technocratique du Nord... Restent quelques phares, des artistes, dont Miller trace des portraits enthousiastes, comme, par exemple, celui du compositeur Edgar Varèse.

 

 

*

 

 

 

Mis en ligne le 26 décembre 2014.

23:10 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/12/2014

L'ENVERS DU RÊVE - 2me Partie

1. A British Ambush.JPG

L’ENVERS DU « RÊVE »

(2me partie)

Et Dorian Gray n’en finit pas de regarder son portrait sans comprendre…

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Machinations…

Le nouvel « arc d’instabilité » en Europe

par Pepe Escobar – RTtraduit par tlaxcala – 10 décembre 2014

2. Pepe.jpg

Le Conseil européen des relations étrangères (ECFR), un groupe de réflexion, et la Fondation Friedrich-Ebert (liée au SPD, le Parti social-démocrate) de Berlin, en arrivent plus ou moins à la même conclusion. Si l’impasse dangereuse persiste entre l’Union européenne et la Russie à propos de l’Ukraine, l’Union européenne pourrait être confrontée, d’ici 2030, à une militarisation en Europe de l’Est, à une nouvelle course aux armements avec l’Otan comme protagoniste et à une zone d’instabilité semi-permanente s’étendant de la mer Baltique aux Balkans et à la mer Noire.

3. Abats le taureau.jpg

« Bravo ! Maintenant abats le taureau ! Ça va sûrement atteindre l'ours. »
Auto-sanctions, parMarkusSzy, Autriche

 Mais ce que ces deux groupes de réflexion ne disent (et ne diront) pas, contrairement à moi et à d’autres analystes indépendants, c’est que l’Empire du Chaos [1] et son bras armé (l’Otan) s’emploient justement à créer un nouvel arc d’instabilité en Europe allant de la mer Baltique à la mer Noire, afin d’empêcher une intégration eurasiatique plus étroite.

Lire la suite…

Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=14135

 

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4. Dilma.jpg

« Ils » ont essayé de se farcir Dilma selon une de leurs recettes éprouvées et se sont plantés. Récit en deux épisodes par Luis Nassif

 

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Brésil : Le coup d’état sans « impeachment » ou les révolutions de couleur ne réussissent pas toujours. – Partie 1.

 

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(Cour Suprême)

Par Luis Nassif

La procédure de destitution (Impeachment) requiert l’approbation des 2/3 du Congrès. Mais la non-approbation des comptes de campagne empêche le vainqueur des élections d’assumer la présidence. La décision appartient au pouvoir judiciaire. C’est ce qu’on appelle le coup d’État Paraguayen.

Le coup d’état sans «impeachment» a déjà été mis sur les rails par le ministre du STF (Supremo Tribunal Federal - Cour suprême) et président du TSE (Tribunal Superior Eleitoral - Cour Suprême Électorale) Antonio Dias Toffoli, en collusion avec son collègue Gilmar Mendes. Nous en verrons la conclusion dans quelques semaines.
Les étapes du coup d’état sont les suivantes:

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Source : http://lebresilentraduction.tumblr.com/post/103185656087/le-coup-detat-sans-impeachment-mode-

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Brésil : le coup d’état sans « impeachment», mode d’emploi – suite et fin.

6. 2 + 2.jpg

Par Lulu

C’est raté,

après la mystérieuse rencontre de l’un des propriétaires de la TV Globo avec la présidente Dilma, qui eut pour résultat significatif un ton (un tout petit peu) moins acerbe au Jornal Nacional (JT du soir), et l’énorme répercussion de l’article du journaliste indépendant Luis Nassif (1) sur la possibilité d’un golpe préparé par le président du TSE (Cour Suprême Électorale) qui avait (par un miraculeux tirage au sort, défiant toutes les lois de la probabilité) attribué l’analyse des comptes de campagne de la présidente à l’un de ses plus féroces ennemis, Gilmar Mendes (et sans doute pour d’autres raisons) …

… les comptes de campagne de la présidente récemment élue ont été… approuvés (et le spectre d’une procédure «d’impeachment» s’est éloigné).

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Source : http://lebresilentraduction.tumblr.com/post/104987755042/bresil-le-coup-detat-sans-impeachment-mode

7. Luis Nassif.png

 

 

 

Luis Nassif est un journaliste brésilien né en 1950.

Voir son blog on line : OJORNAL DE TODOS OS BRASIS.


 

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La Zone d’Exclusion Aérienne en Syrie : une tentative de sauver Al-Qaeda


par Tony Cartalucci

I.C.H – N.E.O.– 14 décembre 2014

 

8. syria-israel-un-sanctions.si.jpg

 

On a dit que les frappes aériennes récentes de l’aviation israélienne sur la Syrie font partie d’un plan régional des États-Unis, de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et d’Israël pour établir une « No-Fly-Zone » (Zone d’Exclusion Aérienne ou ZEA) au-dessus de la Syrie, exactement comme l’OTAN l’a fait en Libye en 2011, avec comme résultat effectif de livrer la nation entière à Al Qaeda et, maintenant, aux terroristes de l’« État Islamique ». DEBKA Files a suggéré, dans son article  « Les frappes aériennes d’Israël ont anéanti le matériel russe destiné à contrecarrer la No-Fly-Zone au-dessus de la Syrie » que :

Des sources militaires US de haut rang ont révélé, lundi 8 décembre, que les frappes aériennes d’Israël près de Damas des jours précédents ont anéanti le matériel russe qui venait d’arriver, y compris les missiles qui avaient été envoyés en hâte pour aider la Syrie et le Hezbollah à faire échouer un plan US d’établissement d’une Zone d’Exclusion Aérienne sur la Syrie du Nord.

Quelle que soit la véracité de ce rapport, des tentatives pour justifier et imposer une ZEA au-dessus de la Syrie ont été un objectif affiché des décideurs politiques occidentaux depuis 2011, où un stratagème identique a été utilisé, sous le prétexte d’ « interventions humanitaires » en Libye.

 

Une No-Fly-Zone pour protéger les terroristes, et non pas les « civils » ni des « rebelles »

Les décideurs politiques financés par les entreprises mondialistes de l’Institut des Entreprises Américaines (IEA) ont publié en 2013 un article intitulé « Jack Keane et Danielle Pletka : Comment arrêter les massacres d’Assad », où ils affirmaient que :

La Syrie n’est pas la Libye. Les troupes de Bachar al-Assad sont bien armées et ses forces sur le terrain mènent des campagnes victorieuses contre les forces rebelles partout dans le pays.

Mais, éliminer la capacité d’Assad à utiliser sa force aérienne et faire ainsi pencher la balance en faveur des rebelles anti-Assad – comme les USA et leurs alliés l’ont fait pour aider les combattants qui ont fini par renverser Muammar Kadhafi – est non seulement réalisable mais souhaitable.

Cependant, en Libye, la ZEA « humanitaire » de l’OTAN a très clairement été mise en œuvre non pour protéger des civils innocents mais pour fournir une couverture aérienne à des mercenaires terroristes armés et dirigés par l’OTAN elle-même. Ces terroristes sont aujourd’hui reconnus pour être Al Qaeda et le soi-disant « État Islamique » (ISIS). Il est donc clair que « les massacres d’Assad » étaient en réalité une guerre de défense contre les rangs dépravés d’Al Qaeda, qui vont de son Front Al Nusra à l’ISIS.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, le Département d’État US lui-même a révélé que le Front Al Nusra d’Al Qaeda n’avait pas seulement été impliqué dans les premiers combats, mais avait déjà, bien avant cela, manifesté sa présence dans tout le pays, en se livrant à des centaines d’attaques dans la plupart des villes syriennes. Dans un rapport officiel du Département d’État désignant Al Nusra comme organisation terroriste étrangère et comme un faux-nom d’Al Qaeda en Irak, il était dit que :

Depuis novembre 2011, le Front Al Nusra a revendiqué près de 600 attaques – allant de plus de 40 attentats-suicides à des petites opérations à l’explosif ou à l’armement léger – dans les centres urbains principaux, dont Damas, Alep, Hamah, Dara, Homs, Idlib et Dayr al-Zawr. Au cours de ces attaques, de très nombreux Syriens innocents ont été tués.

La présence généralisée d’Al Qaeda, si tôt dans le conflit, est due au fait que les USA, Israël et l’Arabie Saoudite conspirent ouvertement, depuis au moins 2007, pour utiliser une organisation terroriste chargée de mener à leur place, par procuration en somme, une guerre contre l’Iran et ses alliés, y compris la Syrie et le Hezbollah au Liban.

La guerre de Damas n’est donc en rien une guerre contre son propre peuple ni contre des « rebelles démocrates », mais au contraire une guerre de défense contre un front lourdement armé de militants sectaires soutenus par l’étranger, dans le but d’envahir et d’occuper la Syrie après avoir renversé son gouvernement.

Ce front terroriste, suscité par l’étranger avec l’aide inestimable des médias occidentaux, n’arrive même pas à se cacher derrière la façade évanescente d’une « rébellion ».

Un exemple précis illustre bien cette réalité – le fait qu’il n’y a jamais eu de « rebelles modérés », mais le fait aussi que l’intervention occidentale, prétendant se fonder sur une assistance à des « rebelles  modérés » inexistants et à des «civils », est une conspiration criminelle qui n’a d’autre but que de manigancer un changement de régime et d’imposer la volonté de l’Occident à la nation, c’est-à-dire au peuple syrien :

Le mois dernier, il a été révélé que des terroristes, dépeints par l’Ouest comme des « rebelles modérés » et adoubés par les États-Unis avant d’être dotés d’un armement lourd incluant des missiles anti-tanks, ont officiellement fusionné avec Al Qaeda. L’International Business Times déclarait dans son article intitulé « Syrie les djihadistes d’Al Nusra capturent des missiles anti-tanks US “TOW” aux rebelles modérés » :

On craint que l’armement fourni par les USA aux rebelles modérés syriens soit tombé aux mains de militants djihadistes affiliés à Al Qaeda, après des affrontements entre groupes rivaux.

Des combattants islamiques de Jabal al-Nusra ont pris le contrôle de larges bandes de territoire, à Jabal al-Zawiya, dans la province d’Idlib, ce week-end, mettant en déroute les groupes du Front Révolutionnaire Syrien (FRS), soutenu par les États-Unis et Harakat Hazm.

Washington comptait sur le FRS pour contrer les militants islamiques d’ISIS sur le terrain, en complément de ses frappes aériennes.

Un groupe rebelle soutenu dans le passé par les États-Unis a condamné mardi les frappes aériennes. Harakat Hazm, un groupe rebelle qui avait reçu une cargaison d’armes US anti-tanks au printemps, a dit des attaques aériennes qu’elles étaient « une attaque contre la souveraineté nationale » et déclaré que les attaques dirigées par l’étranger ne font que renforcer le régime d’Assad. Cette déclaration provient d’un document émanant prétendument de ce groupe, qui a circulé sur Internet, où il avait été posté, en « traduction anglaise », sur un compte Twitter appelé Moniteur du conflit syrien. Plusieurs experts de la Syrie, y compris Charles Lister, du Centre Brooking de Doha, croient que le document est authentique.

En dépit des efforts faits pour prétendre que Harakat Hazm aurait été « battu » par Al Qaeda, on sait que ce groupe avait déjà, ouvertement, prêté allégeance à Al Qaeda plus d’un mois auparavant. En septembre, le Daily Beast rapportait, dans son article « Les comploteurs d’Al Qaeda en Syrie “déconnectés” dit un espion US » que Harakat Hazm condamnait les frappes aériennes US sur ISIS et Al Nusra. Le Daily Beast écrivait (c’est moi qui souligne) :

Avant la déclaration officielle, des signes montraient que Harakat Hazm s’engageait, en Syrie, dans des alliances qui pourraient être incompatibles avec son rôle de partenaire des USA. Au début de septembre, un  porte-parole officiel de Harakat Hazm a dit à un reporter du Los Angeles Times : « En Syrie, on nous a catalogués comme laïcistes, et nous avons craint qu’Al Nusra ne se mette à nous combattre. Mais Nusra ne nous a pas combattus. En fait, nous nous battons à leurs côtés. Nous aimons Nusra. »

 

Les États-Unis, l’OTAN et Israël sont la force aérienne de l’« État Islamique »

Ayant ceci présent à l’esprit, les alliés de la Syrie doivent prendre toutes les mesures qui s’imposent pour qu’une Zone d’Exclusion Aérienne ne soit pas seulement politiquement irréalisable, mais pour qu’elle soit aussi tactiquement et stratégiquement irréalisable.

Un échec en Syrie ouvrira les vannes à des flots accrus de terrorisme, autrement dit à une vaste guerre par procuration à l’Iran, puis à la Russie, et ensuite à la Chine.

Le monde ne peut pas se permettre d’accepter la prééminence continue d’un pouvoir hégémonique prêt à user de telles tactiques pour atteindre son objectif, en soi odieux et intolérable, de conquête mondiale. Tout comme en Libye, où des extrémistes sectaires génocidaires agissant en sous-traitants régionaux d’Al Qaeda (en ce compris le Groupe de Combat Islamique Libyen et Al Qaeda au Maghreb), et se battant maintenant ouvertement sous la bannière de l’ISIS, ont été propulsés au pouvoir par l’OTAN, de même, cette fois encore, le plan de l’OTAN est d’installer partout des extrémistes en Syrie et de les y mettre au pouvoir. Le but poursuivi n’est pas seulement la destruction totale de la Syrie, mais l’utilisation de la Syrie comme tremplin pour porter la guerre en Iran, contre le Hezbollah au Liban, puis pour diriger ensuite ces forces mercenaires de l’OTAN vers le nord-est, c’est-à-dire vers la Russie et, finalement, vers la Chine.

Dans ce but, les USA et l’OTAN – principalement la Turquie – aussi bien qu’Israël, ont tout au long de ce conflit syrien fourni des armes, de l’assistance et même une couverture aérienne à Al Qaeda, dans leur volonté de renverser violemment le gouvernement syrien. Comme ils l’avaient fait en Libye, ils ont dissimulé le rôle d’Al Qaeda sous la fable des « rebelles modérés » et des « manifestants pacifiques » soucieux de « démocratie ». Tandis que la façade s’écroule, un récit de plus en plus embrouillé et incohérent est propagé pour tenter d’expliquer comment l’Occident a injecté des milliards de dollars d’aide militaire dans la région, avec pour résultat qu’Al Qaeda, et non les pseudo-rebelles modérés, surnage comme force combattante dominante.

La seule explication, et le plan ourdi dès le départ, c’est que les USA, l’OTAN, Israël et leurs autres alliés ont intentionnellement construit et déployé les différentes factions d’Al Qaeda dans la région, pour qu’elles y mènent, à leur place, une atroce et coûteuse guerre par procuration.

La « Zone d’Exclusion Aérienne » que l’Occident essaie de vendre au monde n’est qu’un camouflage rhétorique pour pouvoir fournir une couverture aérienne aux assassins d’Al Qaeda, tout en interdisant à la seule force militaire de la région qui combatte effectivement Al Qaeda, c’est-à-dire l’Armée Syrienne, d’expulser ce fléau de ses frontières, afin de pouvoir rétablir l’ordre dans le pays, et, partant, dans la région.

9. Tony Cartalucci.jpeg

Tony Cartalucci est, rappelons-le, un écrivain, journaliste et chercheur en géopolitique US qui vit en Thaïlande (Bangkok) et qui collabore principalement au magazine New Eastern Outlook, NEO.

Son blog : http://landdestroyer.blogspot.be/

Son adresse e-mail : cartalucci@gmail.com

url de cet article :  http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2014/12/19/l-envers-du-reve-2me-partie-8349101.html (traduction c.l.)

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article40466.htm

 

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Tortures…

 

Le rapport du Congrès sur la torture confirme qu’al-Qaïda n’est pas impliqué dans les attentats du 11-Septembre

par Thierry Meyssan

Les extraits rendus publics du rapport de la Commission sénatoriale sur le programme secret de torture de la CIA font apparaître une vaste organisation criminelle. Thierry Meyssan a lu pour vous les 525 pages de ce document. Il y a trouvé la preuve de ce qu’il avance depuis des années.

Réseau Voltaire – Damas (Syrie) – 15 décembre 2014

______________________________________________________________________

Dianne Feinstein, présidente de la Commission sénatoriale du Renseignement, a rendu public, le 9 décembre 2014, un extrait de son rapport classifié sur le programme secret de torture par la CIA [1].

Présentation du rapport

La partie déclassifiée ne correspond qu’à un douzième du rapport initial.

Le rapport lui-même ne porte pas sur le vaste système d’enlèvement et de séquestration que l’US Navy a mis en place durant les mandats du président George W. Bush ; un programme qui a conduit à enlever partout dans le monde et à séquestrer plus de 80 000 personnes sur 17 bateaux à fond plat stationnés en eaux internationales (ces navires sont : USS Bataan, USS Peleliu, USS Ashland, USNS Stockham, USNS Watson, USNS Watkins, USNS Sister, USNS Charlton, USNS Pomeroy, USNS Red Cloud, USNS Soderman, USNS Dahl, MV PFC William B Baugh, MV Alex Bonnyman, MV Franklin J Phillips, MV Louis J Huage Jr, MV James Anderson Jr.). Il se contente d’étudier 119 cas de cobayes humains soumis à des expérimentations psychologiques à Guantánamo et dans une cinquantaine de prisons secrètes, de 2002 à fin 2009, soit un an après l’élection de Barack Obama.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article186182.html

 

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Les « deux côtés » ont tort : la torture a marché, puisqu’elle a permis de fabriquer les mensonges qu’il fallait pour imposer la guerre.

(Voir la Note de bas de page 857 du Rapport)

par Sam Husseini – I.C.H. –12 décembre 2014

Rien ne raffermit l’establishment comme un débat qui a l’air d’opposer deux de ses ailes, qui ont l’une et l’autre « tout faux ». Et non seulement tout faux, mais à qui leur fourvoiement permet de dissimuler leurs iniquités communes, tout en ayant l’air de s’empoigner et de pointer des doigts accusateurs, pour susciter l’illusion qu’il y a débat et qu’il y a choix.

Tel est bien le cas avec le « débat » qui fait rage sur la question de savoir si la torture « a marché », depuis qu’a été rendu public le Rapport de la Commission du Sénat sur le Renseignement, relatif au « Programme de détention et d’interrogatoire » de la CIA.

D’une part, nous avons, entre autres, Dianne Feinstein : « La découverte importante, c’est que la torture ne marche pas et ne devrait pas être utilisée par notre pays » (déclaration à PBS)

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Dans la même veine, un gros titre du Hill nous dit : « McCain : Je sais, par expérience personnelle, que la torture ne marche pas ».

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D’autre part, nous avons six ex-directeurs et sous-directeurs de la CIA qui prétendent que : « le programme d’interrogatoires » (…) « a sauvé des milliers de vies » (en permettant la capture de membres d’Al Qaeda). Pour ce qui est de ces résultats, le rapport de la Commission sur le Renseignement étale ses cartes : « KSM (Khalid Sheik Mohammed) nous a conduits à Riduan Isnamuddin, alias Hambali, allié du chef d’Al Qaeda pour l’Asie orientale et responsable des attentats à la bombe de Bali, Indonésie, en 2002, dans lesquels plus de 200 personnes avaient trouvé la mort ». Mais il cite aussi des e-mails internes de la CIA : « Pour être francs, nous sommes tombés sur Hambali par hasard ».

Cela ne veut pas dire, cependant, que Feinstein et McCain ont raison, et ce n’est pas la fin de l’histoire. La vérité, c’est que la torture a marché, mais pas de la façon dont ses avocats le prétendent. Elle a marché pour produire des justifications à la politique voulue par l’establishment, comme la guerre à l’Irak. C’est, en fait, tacitement admis par le rapport, ou, pour mieux dire, enseveli dans le rapport. La note de bas de page 857 du rapport concerne Ibn al Cheikh al Libi, qui fut capturé en Afghanistan peu après l’invasion US et qui y fut interrogé par le FBI. Il leur dit tout ce qu’il savait, mais ensuite, la CIA le livra au brutal régime de Moubarak, en Égypte, pour qu’il y soit torturé en sous-traitance. Extrait de la note de bas de page :

« Ibn al-Cheik al-Libi a avoué, alors qu’il était dans une prison [censuré : “égyptienne”] que l’Irak soutenait Al Qaeda et lui fournissait des armes chimiques et biologiques. Une partie de ce renseignement a été fourni par le Secrétaire d’État Powell, lors de son intervention aux Nations Unies, et a servi de justification pour envahir l’Irak en 2003. Ibn al-Cheik al-Libi s’est rétracté dès qu’il a été remis à la CIA, le [censuré] février 2003, disant qu’il avait été torturé par [censuré, vraisemblablement “les Égyptiens”] et ne leur avait dit cela que parce qu’il avait supposé que c’était ce qu’ils voulaient entendre. Pour plus de détails, voir le Volume III. »

Mais, bien sûr, le Volume III n’a pas été rendu public.

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Si bien que, lorsque le chef de la CIA John Brennan nous dit à présent qu’on « ne sait pas » si la torture a permis d’obtenir des informations qui aient réellement sauvé des vies, il est en revanche prouvé que la torture a permis de fabriquer des informations, lesquelles ont permis de déclencher une guerre et de détruire des quantités de vies.

Al-Libi n’a pas été le seul à subir des tortures pour permettre de fabriquer de quoi déclencher une guerre. Beaucoup de témoins ont rapporté que les interrogateurs de la CIA ont fait subir le supplice de l’eau (waterboarding) de façon répétée à deux détenus, prétendus chefs d’Al Qaeda – Abou Zubaydah, au moins 83 fois et Khalid Cheik Mohammed, 183 fois –, mais peu ont donné le moment exact et le contexte : ils ont été ainsi torturés en août 2002 et en mars 2003 - respectivement au commencement et à la fin du coup de collier donné par l’administration Bush pour obtenir le feu vert à l’invasion de l’Irak.

Cela a été plus ou moins reconnu par l’autre rapport sénatorial, celui de la Commission des Forces Armées de 2008. Il citait le major Paul Burney, qui travaillait comme psychiatre à la prison de Guantanamo Bay :

« La plupart du temps, nous avions essentiellement pour tâche d’obtenir l’aveu d’un lien entre Al Qaeda et l’Irak et nous n’y arrivions pas. Plus les gens se sentaient frustrés de ce que nous ne soyons pas capables de leur fournir ce lien, plus les pressions augmentaient pour que nous recourions à des mesures susceptibles d’obtenir des résultats immédiats ».

Le chef des Éléments de Contrôle des Interrogatoires de Guantanamo, David Becker, a dit à la Commission des Armées qu’on avait fait pression sur lui pour qu’il utilise des techniques plus agressives, lui disant même à un certain moment que : « le bureau du Sous-secrétaire à la Défense Paul Wolfowitz avait téléphoné pour faire part de sa préoccupation quant à l’insuffisance des résultats d’interrogatoires à Guantanamo »

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McClatchy a rapporté que le sénateur Carl Levin, président de la Commission des Forces Armées avait dit à l’époque : « Il me semble évident que l’Administration se donnait beaucoup de mal pour essayer de trouver un lien (entre Al Qaeda et l’Irak)… Ils ont fabriqué des liens là où il n’y en avait pas. » Mais aujourd’hui, Levin est plus boutonné, se contentant de remarquer, à propos de la divulgation du présent rapport, que les fausses informations mènent à « des chasses au dahu qui font perdre un temps fou », ce qui est vraiment le moins qu’on puisse dire, quand on pense aux horreurs qui ont résulté de la guerre d’Irak.

Ainsi, contrairement aux allégations selon lesquelles la torture aurait aidé à sauver des vies, la torture a aidé à fabriquer les mensonges qui ont servi de prétexte à la guerre et coûté des milliers de vies US et des centaines de milliers de vies irakiennes ; elle a aidé à plonger toute la région dans une violence effarante et introduit Al Qaeda en Irak, ce qui a conduit à l’ascension d’ISIS et à d’autres guerres non moins sanglantes. Comme Arianna Huffington l’a constaté : « Un cercle parfait. La torture a permis de commencer la guerre d’Irak, qui, à son tour, a fourni davantage de gens à torturer, et ainsi de suite… Bonne fête des Droits Humains ! »

Cette découverte ne constitue pas le choc de l’année, quand on sait qui mène la danse à Washington : Feinstein et McCain ont tous les deux voté l’autorisation de la guerre d’Irak en 2002, comme l’ont fait à peu près tous ceux qui s’occupent de politique étrangère au sommet de l’Administration Obama : le Vice-président Joe Bidden, les chefs du Pentagone Bill Gates et Chuck Hagel, et les Secrétaires d’État Hillary Clinton et John Kerry.

Certains ont fait grand cas de ce que les vidéos des tortures aient été détruites, et on en a généralement déduit qu’elles l’avaient été à cause de la violence choquante des tortures infligées. Mais il y a une autre possibilité : Elles ont été détruites à cause des questions qu’elles révélaient avoir été posées. Les bourreaux demandaient-ils « Est-ce qu’une attaque terroriste va se produire ? » ou ordonnaient-ils « Dis-nous que l’Irak et Al Qaeda travaillent ensemble ! » ? Les preuves par vidéo qui répondraient à cette question ont été détruites, et personne n’a même pensé à suggérer qu’elles aient pu l’être pour cette raison-là.

L’exploitation d’informations fausses a été bien assimilée à l’intérieur du gouvernement. Voici un mémo de 2002 du Joint Personnel Recovery Agency de l’Armée à l’avocat du Pentagone. Il démystifie le scénario « bombe à retardement » et reconnaît que les fausses informations obtenues sous la torture peuvent être utiles :

« Le besoin d’obtenir des informations aussi rapidement que possible, d’une source qui ne coopère pas, c’est-à-dire à temps pour prévenir par exemple une attaque terroriste imminente susceptible de coûter des vies, a été avancé comme argument impératif pour utiliser la torture… L’erreur inhérente à cette façon de penser vient de la conviction que, par la torture, celui qui interroge peut obtenir de l’interrogé des informations exactes et fiables. L’histoire et l’observation du comportement humain réfutent cette supposition. »

Le document conclut :

« L’application d’une coercition physique ou psychologique extrême [torture] produit des déficits opérationnels, et notamment le risque d’obtenir des renseignements sujets à caution. Cela ne veut pas dire que la manipulation de l’environnement du sujet, pour tenter de l’ébranler et d’induire des réactions émotionnelles, ne soit pas efficace. Au contraire, la manipulation systématique de l’environnement du sujet aura pour résultat probable que le sujet pourra être exploité, soit pour obtenir de lui des renseignements soit pour d’autres préoccupations stratégiques nationales. » [PDF]

Ainsi donc, le résultat de la torture peut aboutir à l’« exploitation » du sujet, pour répondre à des préoccupations diverses de propagande ou de stratégie. Ce mémo devrait être archi-connu mais ne l’est pas, en grande partie parce que les deux reporters du Washington post, Peter Finn et Joby Warrick, qui ont écrit là-dessus en 2009, se sont débrouillés pour en sauter le passage le plus significatif dans leur article, comme l’a fort justement fait remarquer Jeff Kaye, un psychologue engagé dans le mouvement contre la torture.

Une journaliste-reporter a attiré l’attention sur les questions qui se posent en ces domaines. C’est Marcy Wheeler, qui a écrit, lors de la divulgation du présent rapport : « Le débat auquel nous n’avons pas eu droit à propos de la torture : celui sur son exploitation », article dans lequel elle dit :

« Au nombre des choses, en vue desquelles l’exploitation a été utilisée - ces choses-là mêmes pour lesquelles nous avons inversé le processus de notre programme de torture – il faut compter le recrutement d’agents doubles et la production de propagande. »

Son reportage soulève également la question de savoir comment la torture a été utilisée pour promouvoir tout un tas de buts politiques inavoués, qui font de nous une véritable torturocratie. Le directeur de la CIA, John Brennan, a reconnu avoir utilisé des informations obtenues sous la torture pour faire peur à [la juge FISA] Colleen Kollar-Kotelly et lui faire ainsi approuver la rafle Internet de 2004.

(Révélation : Wheeler a une chronique régulière dans ExposeFacts.org, un projet de l’Institut pour la Vérité Publique, où je travaille.)

Beaucoup de présumés critiques, s’exprimant sur la torture, se sont tus, intentionnellement ou non, sur son rapport avec le déclenchement de guerres et autres finalités du même ordre. Teju Cole fait observer à ce propos, dans une interview au New York Times du 10 décembre :

« Les fabrications du journal et son soutien à la guerre d’Irak sont la honte d’une génération et ne devront pas être oubliés trop vite. Elles devront nous hanter longtemps. »

Mais ses commentaires à propos du rapport sur la torture trahissent un manque total de compréhension des liens directs entre la torture et l’invasion de l’Irak, l’attribuant aux très humaines émotions de la soif de vengeance et non au  machiavélisme d’une real-politik belliciste :

« Prenons la torture pour ce qu’elle est. C’est une punition, une vengeance, c’est l’espèce de violence que vous déchaînez sur un ennemi ou un passant, parce que votre rage a besoin d’un exutoire. Cela a vraiment très peu à voir avec l’obtention de renseignements. Elle répand le chagrin et, quoi qu’elle ait l’intention de faire, elle cause beaucoup plus que ce qu’elle voulait causer. Elle détruit également celui qui l’inflige. La rage n’est pas une arme de précision. »

Mais la rage du public en général – provoquée et attisée dans une large mesure par les médias dominants – peu, certes, avoir été utile pour faire accepter la torture dans l’immédiat après-11 Septembre, mais ce n’est pas là ce qui fait les décisions aux États-Unis. Ce qui est décidé résulte des machinations d’une petite minorité, d’une « élite », qui agit en fonction de ses seuls intérêts, comme le montre l’utilisation qui a été faite de la torture. Les contorsions pour dissimuler de quelle manière on en est arrivés à la guerre sont devenues si complexes, que des critiques comme Teju Cole s’y sont laissé engluer.

Des chercheurs travaillant pour Human Rights Watch ont fait quelque bon travail en récoltant des renseignements sur le cas al-Libi, mais Ken Roth, le chef du groupe, ne semble pas en avoir appris les leçons, lorsqu’il écrit que la CIA « a oublié sa propre conclusion de 1989, que les interrogatoires inhumains étaient “contre-productifs”et fournissaient des informations fausses », se référant à un article récent du New York Times : « Le Rapport montre une CIA détraquée qui a échoué dans sa tâche ». Mais il n’est pas question que la CIA ait oublié quoi que ce soit – puisque le régime de torture est précisément calculé pour obtenir des renseignements faux mais utiles, dans le but de justifier des fins politiques hideuses. Prétendre qu’elle a échoué dans sa tâche revient à dissimuler la vérité sur le programme des tortures, tout en se vantant abusivement de dire la vérité, comme tout le monde est en train de le faire.

Et on peut soutenir que la torture permet encore bien d’autres falsifications aux fauteurs de guerres, comme, par exemple, de la présenter uniquement comme une source de dépenses à charge de la société dans son ensemble. Elle est profitable à certains : très utile pour étouffer la contestation et ainsi contrôler la société. Elle a été ainsi particulièrement efficace pour réduire au silence la communauté arabo-musulmane US, au moment où les États-Unis se préparaient à passer la surmultipliée pour envahir l’Afghanistan.

Le récent rapport met en évidence un mémo de la CIA relayant des instructions de la Maison Blanche, qui semble avoir voulu cacher le programme de celui qui était alors le Secrétaire d’État Colin Powell. Powell était capable de « faire tout foirer s’il était interrogé sur ce qui se passait » disait l’e-mail. Mais, quand j’ai interrogé Powell sur les liens entre la torture et la guerre, il s’est remarquablement mis sur la défensive. Son ex-Chef de cabinet, Larry Wilkerson, a écrit en 2009 que « la priorité des priorités, pour l’Administration Bush, n’était pas de prévenir une autre attaque terroriste éventuelle contre les États-Unis, mais de découvrir un fusil encore fumant reliant l’Irak à Al Qaeda ». Peu de temps après qu’il eût écrit cela, j’ai demandé à Colin Powell, lors d’une « rencontre avec la presse », alors qu'il quittait les studios de CBS à DC :

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Colin Powell et, dans son dos, George Tenet

Sam Husseini – Général, pouvez-vous me parler du cas al-Libi et du lien entre la torture et l’obtention de renseignements par la torture pour la guerre ?

Colin Powell – Je n’ai pas de détails sur le cas al-Libi.

S.H. – Pouvez-vous me dire quand vous avez appris qu’une partie des preuves que vous avez produites à l’ONU provenaient de la torture ? Quand avez-vous appris cela ?

C.P. – Je ne sais pas cela. Je ne sais pas de quelles informations vous parlez. Je ne peux donc pas répondre.

S.H. – Votre Chef de cabinet, Larry Wilkerson, a écrit là-dessus.

C.P. – Et alors ? [inaudible].

S.H. – C’est pourquoi on peut penser que vous saviez.

C.P. – Les informations que j’ai présentées à l’ONU étaient approuvées par la CIA. Chaque mot provenait de la CIA, qui était derrière toutes ces informations. Je ne sache pas qu’aucun d’entre eux ait cru qu’il y avait un lien avec la torture. Un  tas de spéculations, venant de gens qui n’ont jamais assisté à ces rencontres, mais je ne suis pas au courant de tout cela.

Mes questions, bien entendu, se fondaient sur des déclarations faites par Wilkerson, qui se trouvait dans la pièce. Il nous faut croire que Powell a attendu que la CIA l’appelle et lui dise expressément qu’on s’était servi de la torture pour arracher une partie des informations dont il s’est servi ! Voir mon article « Comment Colin Powell a montré que la torture marchait » et la vidéo.

Ce problème de la torture fournissant des informations utiles quoique fausses n’était pas imprévisible. Le professeur As’ad Abou Khalil est déclaré dans une émission d’information de l’Institut pour la Vérité Publique, où je travaille, le jour après la fameuse déclaration de Powell à l’ONU :

« Les médias arabes rapportent que l’histoire Zakawi a été fournie par l’espionnage jordanien, qui a un lourd bilan de tortures et de falsifications à son actif. »

De fait, l’utilité de la torture pourrait aussi expliquer davantage encore les liens qu’entretient le gouvernement des États-Unis avec les régimes les plus brutaux. Une partie de ce qu’en retirent les États-Unis est leur capacité à torturer et à tuer. Comme le professeur Lisa Hajjar l’a fait remarquer, c’est le « bourreau en chef » égyptien Omar Suleiman, qui a obtenu d’al-Libi qu’il parle d’un lien entre l’Irak et Al Qaeda, les bourreaux de Guantanamo n’y ayant apparemment pas réussi. Bob Woodward cite l’ex-patron de la CIA George Tenet :

« Nous avons créé les services de renseignements jordaniens, et maintenant ils sont à nous ». 

Évidemment, il arrive que de tels régimes tombent en défaveur, car il y a peu d’honneur entre voleurs. Al-Libi, avait en fin de compte, été livré à Muammar Khadafi, à une époque où – à la grande surprise de certains, sans doute – le gouvernement des États-Unis se montrait plutôt cordial envers le feu dictateur. En 2009, un journal que dirigeait un des fils de Kadhafi publia qu’al-Libi s’était suicidé dans sa cellule. Juan Cole écrivit à l’époque :

« La meilleure réfutation de l’insistance avec laquelle Dick Cheney prétendait que la torture était nécessaire et utile pour faire face aux menaces d’Al Qaeda vient juste de mourir dans une prison libyenne. »

Oui. Mais seulement si nous insistons pour oublier son histoire et la preuve que la torture et les « renseignements » nécessaires  aux  guerres sont soudés par la hanche.

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 Osama (Sam) Husseini est directeur de communications à l’Institut pour la Vérité Publique. Il a aussi fondé VotePact.org, qui encourage les Démocrates et les Républicains écoeurés à s’unir.

Son site web est : http ://husseini.posthaven.com/

Il est sur Twitter : https ://twitter.com/samhusseini  

 

 url de cet article  :  http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2014/12/19/l-envers-du-reve-2me-partie-8349101.html     (traduction c.l.)

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article40451.htm

 

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La soldate US Sabrina Harmon s’amusant  du cadavre d’un Irakien torturé à mort.

 

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Si votre estomac est bien accroché :

 

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Dante n’avait rien vu !

Les tortures d’al-Libi

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Entre sa capture en Afghanistan (décembre 2001) et sa mort en Libye (mai 2009), cet homme a été torturé un nombre incalculable de fois, dans au moins huit pays et en mer. Pour lui faire dire des choses qu’il ne savait pas. Des choses qui n’existaient pas.

Torturé en Afghanistan, par le FBI, puis, par la CIA à Kandahar, à Bagram, sur le porte-hélicoptère d’assaut USS Bataan, en Égypte, sans doute en Pologne et en Roumanie, puis, après révélation des camps polonais, en Mauritanie, au Maroc, en Jordanie, à nouveau en Afghanistan (dans trois prisons différentes de la CIA) et enfin, en Libye.

Lire ici :

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7953&lg=fr

 

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Et loin des USA ?

 

On vient de célébrer en grandes pompes le Centenaire de la Première guerre mondiale.

 

Mais si on parlait un peu de la Deuxième ?

Nous vous invitons à réviser votre histoire, ou plutôt à l’apprendre, car… notre tête à couper qu’à l’école, on vous a surtout appris que Napoléon était un grand homme.

Des Russes de Novorossia vous parlent ici de ce qui a conduit à la guerre, et ce qu’il en fut du fameux « pacte de non-agression » signé en 1939 par MM. Molotov et von Ribbentrop. Gageons que leur récit vous surprendra. À moins que vous n'ayez été attentifs à ce que racontait là-dessus Henri Guillemin…

Courage, c’est plein de noms russes que vous ne connaissez pas. Mieux vaut vous habituer, vous n’avez pas fini d’en voir et d’en entendre.

 

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25 août 2014

L'Europe n'a, une fois de plus, rien retenu de l'Histoire

On se croirait revenu dans les années 35 ... Une récapitulation historique de ce qui a déclenché la 2e guerre mondiale et la tendance actuelle d'ignorer les mises en garde de la Russie quant au danger de laisser faire le régime fasciste de Kiev

Falsificateurs de l’histoire sur un air nouveau

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Les raisons de ce qui vient de se passer en Ukraine martyre, il y en a plus qu’assez. Certaines d’entre elles sont immédiates, d’autres, au contraire, sont de nature très profonde. Mais, certes, une de ces raisons est devenue un événement très remarquable qui a eu lieu  pile il y a cinq ans : le 23 août 2009,  lorsque le Parlement européen a voté à la majorité l’instauration de la nouvelle « fête » européenne – la « Journée de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme », en la faisant coïncider à bon escient avec la proclamation du 70e anniversaire du célèbre « Pacte de non agression » germano-soviétique, mieux connu sous l’appellation de « Pacte Molotov-Ribbentrop ».

En d’autres termes, toute « l’élite » européenne pourrie et puante non seulement a mis sur le même pied l’Union soviétiquequi a sauvé le monde de la peste brune du fascisme, et l’Allemagne nazie, a conféré la même responsabilité dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale aux deux terribles tyrans  Joseph Staline et Adolf Hitler - qui ont dirigé les régimes les plus inhumains de l’histoire de l’humanité.

Lire la suite…

Source : http://bendeko.blogspot.fr/p/leurope-na-finalement-rien-compris.html

 

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Ne ratez pas non plus la suite :

 

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Et pour récompenser ceux qui seront arrivés jusqu’ici : visite chez les chats pétersbourgeois de Vladimir Roumiantsev.

http://lizotchka-russie.over-blog.com/page/14

 

22. vladimir-roumiantsev-petersbourg-12.jpg

 

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Chine. 

23. CHINE-N°1-ETATS-UNIS-SUR-LE-DECLIN-prophe´tie-de-Charles-de-Gaulle.jpg

La dernière phrase peut faire rire… ceux qui ne savent pas que la France est peut-être le seul pays au monde où un homme d’État a écrit un jour à un autre « je désire joindre mon patrimoine à celui de la Nation ». Qui n’a pas été le seul à lui offrir son héritage. Et qui a même fait plus, puisqu’il lui a donné sa tête.

Non, ce n’était pas risible.

En 1964.

 

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Mis en ligne le 17 décembre 2014

 

 

 

 

15:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |