12/06/2014

RÉVISIONNISME ET ANDOUILLES FARFELUES

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Révisionnisme

et andouilles farfelues

(deux sujets dont un sérieux)

Soyons clairs. Toutes les facultés d’histoire de toutes les universités du monde devraient inscrire en lettres de feu au fronton de leurs amphis :

Révisionnisme obligatoire !

Car ceux qui font de l’histoire en file indienne sont la pire chose qui existe au monde. Révisionnisme = refus des idées reçues. Si le révisionniste se trompe, qu’il soit réfuté. Avec des arguments recevables. («Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément», nous l’ont-ils assez chanté nos instits quand on était petits). Et si c’est lui qui a raison ?... S’il a raison, c’est facile : on prend note et on s’écrase.

Or, voici que la Douma – c’est le Parlement russe – vient de voter une loi anti-révisionniste. Une loi Gayssot à la cosaque ou quoi ? Explications recues ce-jour :

20 mai 2014

La loi antirévisionniste russe

Envoi de Jochen Fürst,

un Allemand demeurant en Russie

Plusieurs amis m’ont demandé mon opinion sur le vote de la loi antirévisionniste récemment promulguée en Russie. (…)

La loi antirévisionniste russe interdit « la réhabilitation du nazisme », « la diffusion de fausses informations sur le rôle de l'Union soviétique pendant la Deuxième Guerre mondiale » et « la négation de faits établis par le Tribunal de Nuremberg ». Bien que « l’Holocauste », les chambres à gaz et les six millions ne soient pas mentionnés, cette loi peut, bien sûr, être utilisée contre le révisionnisme holocaustique.

En dehors des trois livres publiés en russe par Jürgen Graf, dont le dernier remonte à 2008, il n’existe pas d’ouvrages révisionnistes en Russie. Toutefois un bon nombre d’articles révisionnistes ont été traduits en russe et diffusés sur la Toile par des groupes nationalistes et antisionistes. A ma connaissance, le seul sujet sur lequel ces gens ont fait quelques recherches personnelles est Babi Yar. J’ai découvert récemment sur Internet un long article en russe accompagné d’un grand nombre de photographies démontrant l’absence totale de preuves matérielles du prétendu meurtre de masse de Babi Yar.

Les trois livres de Jürgen Graf ont beau avoir été vendus à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, le révisionnisme holocaustique est encore totalement inconnu de l'écrasante majorité de la population russe. Pour parler bien franchement, le sujet n’intéresse pas le Russe moyen, et les médias font rarement la distinction avec les victimes juives lorsqu’ils évoquent les « atrocités nazies » ou la souffrance de la population soviétique lors de la Grande Guerre patriotique. En d’autres termes, le révisionnisme ne constitue pas une menace significative pour la Russie officielle. Dans ces conditions, pourquoi promulguer aujourd’hui cette loi, qui avait été annoncée à plusieurs reprises ces dernières années mais toujours reportée ?

Est-ce à cause de la pression exercée par le lobby juif en Russie ? Certainement pas, parce qu’il n’existe pas de lobby juif ici. Bien sûr, de nombreux juifs occupent des postes importants dans les médias, mais ils ne font jamais campagne pour des objectifs liés à l’identité juive, comme le font effectivement les juifs américains, français, etc. La majorité des personnalités juives des médias soutiennent actuellement Poutine et propagent un « patriotisme russe », tandis qu'une minorité bruyante de juifs libéraux et pro-occidentaux s’en prennent méchamment au gouvernement, à sa prétendue « oppression des homosexuels » et à sa politique étrangère.

Si l’on veut comprendre les raisons de la promulgation de cette loi totalitaire, il faut connaître l’idéologie des dirigeants actuels de la Russie. Même si Poutine a, à plusieurs reprises, qualifié de tragédie la disparition de l’Union soviétique, l’idéologie soviétique est quasiment morte : oubliés, le marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien ; complètement discrédité, « l’athéisme scientifique » ; la direction russe parraine l'Eglise orthodoxe et fait l'éloge de son rôle positif dans l'histoire de la Russie. Même le dirigeant du Parti communiste Gennady Zhuganov condamne la persécution des chrétiens sous le régime soviétique et la qualifie de « grave erreur ». Les crimes communistes, comme la terreur sanglante qui a suivi la Révolution bolchevique, la collectivisation forcée de l’agriculture qui a coûté des millions de vies, le massacre de Katyn ou la déportation des Tatars de Crimée qui, d’après les statistiques officielles, a entraîné la mort de 46 % des déportés sont pleinement reconnus et fustigés dans les médias.

En revanche, sur le thème de la Grande Guerre patriotique, il n’y a pas eu la moindre révision. La terminologie soviétique est encore employée ici par tous les hommes politiques et par l’ensemble des médias. Tous affirment catégoriquement que, en 1941, l'Union soviétique a été la victime innocente d'une agression insidieuse et qu’elle n’était absolument pas préparée à la guerre. Il est tout à fait exact que de nombreux historiens russes ont largement réfuté cette version de l'histoire. Le plus compétent d'entre eux, l'historien spécialiste d’histoire militaire Mikhaïl Meltyukhov (dont l'un des textes a été traduit en allemand par Jürgen Graf) a apporté la preuve des intentions agressives du gouvernement de Staline dans son étude monumentale Upushchenny Shans Stalina (L'occasion perdue de Staline). Citant une pléthore de documents soviétiques, Meltukhov prouve qu'en 1940 et au cours de la première moitié de 1941 tous les projets militaires de la direction soviétique envisageaient une attaque soudaine contre les Allemands et leurs alliés et une avance rapide de l'Armée rouge à travers la Pologne, la Prusse orientale et les Balkans. Mais ces faits ne sont absolument jamais mentionnés, et encore moins discutés, dans les médias. (Il sera intéressant de voir si ces historiens, dont plusieurs enseignent dans des universités, auront des ennuis après la promulgation de cette nouvelle loi. Personnellement j’ai tendance à penser que ce ne sera pas le cas.)

Quant aux crimes allemands – réels ou inventés – commis dans les territoires occupés, il n’y a pas eu non plus de révision. Les médias colportent toujours des chiffres incroyablement exagérés de victimes. Un exemple frappant est celui de l’ancien camp de concentration de Salaspils en Lettonie. D’après des spécialistes lettoniens et occidentaux, environ 3 000 personnes ont péri à Salaspils alors que les médias russes insistent toujours sur le chiffre absurde de 100 000 qui a été inventé par une commission soviétique en 1944.

Le 9 mai, Jour de la Victoire, Poutine a rendu hommage à l’Armée rouge pour avoir sauvé l’Europe de « l’esclavage ». Telle est encore la ligne officielle du parti. Les médias prétendent quasiment chaque jour que l’Union soviétique a « libéré » ou « sauvé » l’Europe de l’Est. Il va sans dire qu’il s’agit là d’un mythe : comme conséquence de cette « libération », des tyrannies communistes sont arrivées au pouvoir partout en Europe de l'Est et ont établi un règne impitoyable de terreur qui a duré au moins jusqu'à la fin des années cinquante.

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la loi antirévisionniste. Si la conquête de l'Europe de l'Est et l'installation de dictatures communistes brutales ont été une libération, les Allemands, qui avaient contrôlé Europe de l'Est directement ou indirectement avant l'arrivée de l'Armée rouge, doivent avoir été bien pires. Voilà pourquoi la légende de « l’unicité de la cruauté nazie », avec ses « génocides systématiques » et ses « camps d'extermination », doit être maintenue à tout prix.

L’antinazisme rageur propagé par tous les hommes politiques et médias russes a été considérablement exacerbé par la crise ukrainienne. Comme vous le savez tous, les régions de Donetsk et de Lugansk, qui en ont vraiment assez de la mauvaise administration ukrainienne, ont déclaré leur indépendance de Kiev et rejoindront sans doute la Fédération de Russie dans un avenir proche. Même si l'armée ukrainienne est faible et peu motivée, elle a encore des chars et des avions, et la milice locale ne sera probablement pas en mesure d'expulser les occupants [cette phrase est-elle exacte, Jürgen ?]. S’il y a trop de sang versé, la Russie sera contrainte d'intervenir militairement. Naturellement Poutine n’y tient pas en raison des conséquences négatives évidentes qu’une telle action entraînerait pour la Russie, mais peut-être n'aura-t-il pas d'autre choix.

Entre parenthèses, historiquement ces provinces ne faisaient pas partie de l'Ukraine. Elles ont été arbitrairement incorporées à la République soviétique d'Ukraine par les Bolcheviques parce qu'elles étaient fortement industrialisées et que l'Ukraine agricole avait trop peu de « prolétaires ». Tout comme dans le cas de la Crimée, leur retour à la Russie constituerait simplement la rectification d'une erreur historique et pourrait en outre se justifier par le principe largement reconnu de l'autodétermination. Malgré tout, l'hystérie antirusse à l'Ouest, qui est déjà très forte et soigneusement fomentée par les médias sous contrôle, prendrait des proportions gigantesques à la suite d’une intervention russe, et il y aurait des sanctions économiques.

Afin d'obtenir le soutien non seulement de sa propre population (dont 80 à 90 % seraient d’accord, de toute façon, pour une intervention), mais aussi des gauchistes et des juifs de l’Ouest, la Russie tente désespérément de justifier son soutien (tout à fait légitime !) à ses compatriotes de l'est de l'Ukraine comme étant une croisade contre le nazisme. Ceci est devenu possible grâce aux activités pernicieuses de Pravy Sektor, un gang de bandits armés qui terrorisent les adversaires de la Junte de Kiev. Idéologiquement ces gens (et le parti Svoboda, qui est représenté au Parlement) sont des descendants de Stefan Bandera qui s’est battu pour l’indépendance de l’Ukraine avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. Pendant la guerre, ses partisans, alliés provisoirement aux Allemands mais considérés comme très peu fiables par la Wehrmacht, ont commis de nombreuses atrocités contre les civils russes et polonais. C'est là un fait incontestable, même si le nombre de victimes présumé (« 150.000 Polonais massacrés ») est, bien sûr, grandement exagéré. La télévision russe montre régulièrement des images horribles des victimes de Bandera invariablement suivies de photographies de gens assassinés par Pravy Sektor. Au grand dam des médias russes, qui dénoncent en permanence « l’antisémitisme » des « nazis » ukrainiens, ils n'ont pas été en mesure de produire un seul juif ukrainien qui aurait été la victime de ces voyous – leurs victimes sont toutes des Russes, ou des Ukrainiens qui s'opposent à la Junte. Cela n'est pas le moins du monde surprenant puisque, comme l’a rapporté en février le Ha'aretz, Dmitri Yarosh, chef des voyous de Pravy Sektor, a été reçu à l'ambassade d'Israël à Kiev et a promis à l'ambassadeur de lutter contre l'antisémitisme. Bien que le fait ait été occulté par les médias russes, on a appris récemment que Yarosh et ses voyous sont financés par Igor Kolomoisky, un oligarque criminel juif.

La tentative du gouvernement russe de présenter sa politique ukrainienne comme une croisade antinazie n’obtient qu'un succès modéré. S'il est vrai qu'Israël observe une neutralité stricte et ne critique pas la Russie, l'écrasante majorité des juifs américains et européens sont farouchement antirusses – ce qui est compréhensible, vu que le retour d'une superpuissance russe représente un danger mortel pour le Nouvel Ordre mondial sous contrôle juif et pour son bélier, les Etats-Unis d'Amérique.

Fait intéressant : le furieux antinazisme des hommes politiques et des médias russes ne les empêche pas de développer des contacts amicaux avec les nationalistes pro-russes de l’Union européenne [OK Jürgen?]. À plusieurs reprises Marine Le Pen a été louée pour sa prise de position pro-russe. Récemment, un membre éminent du Jobbik, parti ouvertement antisioniste hongrois, a été interviewé dans Post Scriptum, un programme de télévision populaire pro-Poutine dirigé par Alexei Pushkov. Le 13 mai, Alexandre Douguine, un écrivain politique très influent qui prône la renaissance de l'Empire russe et sert de conseiller idéologique au président de la Douma Sergueï Narychkine, a reçu deux membres du parti nationaliste grec Aube dorée, Artémios Matthaiopoulos et Eleni Zaroulia, femme du chef du Parti incarcéré Nikos Mikhaliolakos. Ils ont été traités avec la plus grande courtoisie et une longue interview leur a été accordée. (…)

Jochen Fürst

Source : http://blanrue.blogspot.fr/2014/06/la-loi-antirevisionnis...

 

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Comme il est de règle en ces choses : les opinions émises dans cet article sont celles de l’auteur. Il a peut-être raison partout. Que les historiens et les politiques plus savants que nous disent ce qu’ils en pensent. Ce blog, entre autres, leur est ouvert.

Relevons néanmoins deux choses qui nous ont fait tiquer :

·        «… de Stefan Bandera qui s’est battu pour l’indépendance de l’Ukraine avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. »

O.K. Pour l’indépendance de quelle Ukraine ? D’une nazie ? Ou de n’importe laquelle : coco, anarchiste, musulmane ou pataphysique, si tel était son bon plaisir ?

·        « Il va sans dire qu’il s’agit là d’un mythe : comme conséquence de cette “ libération”, des tyrannies communistes sont arrivées au pouvoir partout en Europe de l'Est et ont établi un règne impitoyable de terreur qui a duré au moins jusqu'à la fin des années cinquante.»

Nous n’en savons pas assez pour contredire MM. Fürst, Meltyukhov et Graf. Ce que nous savons et qui est de notoriété publique, c’est que la Russie (y compris quand elle est devenue l’URSS) a été envahie quatre fois en l’espace d’un peu plus d’un siècle. Quels qu’aient été ces envahisseurs, de Napoléon à Hitler en passant par les coalisés de la guerre de Crimée et ceux de 1917, ils ont tous trouvé, dans ces pays d’Europe de l’Est - libérés pour les uns occupés pour les autres - un boulevard d’accès sans la moindre chicane qui les eût si peu que ce fût retardés, et il paraît normal (et même légitime) que l’URSS ait pris, après ce qu’elle venait de subir, quelques précautions pour se prémunir d’une 5e invasion, qui eût été immédiate si on eût écouté Winston Churchill. Oserons-nous rappeler que cela se produisit en Grèce et que cela faillit se produire en France, ce n’est pas nous qui le disons c’est De Gaulle.

Cette légitimité de l’occupation des pays limitrophes est la thèse de William Blum (http://williamblum.org/). On peut lui écrire (bblum6@aol.com) il répond, ou demander ses textes correspondants au Grand Soir, qui, si notre mémoire ne flanche pas, les a traduits.

 

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« Amys, vous noterez que par le monde y a beaucoup plus de couillons que d’hommes, et de ce vous soubvienne ! »

Rabelais

Et des andouilles farfelues, vous savez combien il y en a ?

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Une parmi tant d’autres…

Si nous ne vous avons jamais parlé du site Les mots sont importants, nous avons eu tort. Nous aurions dû. Rattrapons cette coupable négligence :

Proposition de loi pour l’interdiction de Michel Onfray dans l’ensemble de l’espace public

Une initiative citoyenne

par SPINOZA

5 juin 2014

Parce que Michel Onfray sévit toujours, parce que plus que jamais nous subissons les « innombrables apparitions télévisées au cours desquelles son érotisme solaire crève moins l’écran que sa cuistrerie, son égo surdimensionné et son invraisemblable mépris de l’autre », il nous a paru salutaire de relayer à nouveau une initiative citoyenne de la SPINOZA (Société Pour l’Interdiction des Nuisances Onfresques Zet Anarchoracistes).

 

3. Onfray-Sarko.png

 

Exposé des motifs

Il est question, ces derniers jours, ces derniers mois et ces dernières années ainsi que ces prochains jours, ces prochains mois et ces prochaines années, d’une nouvelle loi d’interdiction de la burqa et/ou du niqab et/ou du voile intégral et/ou du bandana islamique et/ou du bandeau islamique et/ou du chignon islamique et/ou de la casquette islamique et/ou du verlan islamique et/ou de l’identité islamique et/ou du repli islamique et/ou des minarets islamiques et/ou des Quick hallal et/ou de la liste NPA Vaucluse et/ou de Tariq Ramadan et/ou du Coran et/ou des menus sans cochon et/ou des boissons non-alcoolisées.

Nous considérons que la méthode est excellente : dans notre démocratie malade et dévirilisée, il est temps de remettre un peu d’interdit et de répression. Il faut, pour reprendre le joli mot de Fadela Amara, éradiquer ! [1] Ou pour reprendre les jolis mots de Nicolas Sarkozy : liquider et nettoyer ! Ou, pour reprendre le joli mot d’Élisabeth Lévy : remettre un peu de schlague ! [2]. Mais nous estimons qu’il y a erreur sur la cible. Nous considérons quant à nous que l’urgence, pour la sauvegarde de la démocratie, pour l’avenir de la pensée et pour notre épanouissement personnel, est à une interdiction absolue de tout affichage ostensible de la grande gueule de Michel Onfray – dans le services public de télévision et de radiodiffusion, naturellement, mais aussi dans les lieux d’enseignement et de recherche, dans les administrations, dans les hôpitaux et dans tout l’espace public.

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Source : http ://lmsi.net/Proposition-de-loi-pour-l

 

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C’est sûr qu’ils ne sont pas contents. Tout philosophe, même d’occasion, devrait le savoir : quand on veut s’occuper des affaires publiques, on s’expose aux critiques.

Mais Michel Onfray ne se contente pas d’aboyer avec la meute sur tout ce qui porte barbe ou voile. Il distribue les horions tous azimuts, de préférence aux gloires qui déplaisent en haut lieu. Il a ainsi provoqué l’indignation de pas mal de monde chez les anarchistes, les résistants, les existentialistes, les freudiens et chez ceux, plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, qui savent à peu près de quoi il a retourné dans la Révolutions française.

Il n’y a pas – et de loin – que Les mots sont importants, pardon, Spinoza pour lui tailler des croupières. Ces autres critiques-là lui ont fait, à notre avis, beaucoup d’honneur en décortiquant ses calembredaines, alors qu’ une brève citation de Robespierre eût suffi :

 

 

« Quels sont les obstacles à l’instruction du peuple ? Les écrivains mercenaires qui l’égarent par des impostures. »

 

 

Mais puisqu’ils s’en sont donné le mal, voyons-en au moins un ou deux. Il n’y a qu’à taper, dans Google « Michel Onfray » et, par exemple, « Freud » ou « Résistance » ou…

Sartre

Onfray mieux de fermer sa gueule…

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Trop drôle, Onfray le rebelle, Onfray le libertaire, vient de sortir un nouvel opus…  Sur Albert Camus. Pauvre Albert…

Célébré partout, l’Onfray, et même en une du Point, journal anarchiste, comme chacun sait… Les bobos parisiens en frémissent d’aise, ces dames lorgnent d’un œil pâmé le torse viril de leur héros, savamment dévoilé par une chemise ouverte, malgré les frimas… Comme quoi, Béhachelle n’est pas le seul.

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Ça vous fait envie, hein ? Non ? Moi non plus...

Alors, dans son indigeste ouvrage, censé vanter les mérites de Camus (pauvre Albert) Onfray tape évidemment sur Sartre. Normal. Et pas vraiment de manière très élégante, à croire que ce qui l’intéresse, notre « philosophe », ce n’est pas de réfléchir, mais de polémiquer, ce n’est pas d’analyser, mais de se faire mousser :

« Si, d’une certaine manière, écrit l’Onfray, le Xxe siècle fut bien celui de Sartre, c’est que l’auteur de La Nausée avait décidé qu’il en serait ainsi et qu’il ne s’est rien interdit pour parvenir à ses fins. Dans sa stratégie pour conquérir le pouvoir intellectuel en France et assurer sa domination, il ne recula devant rien. La fortune libéra Sartre de concurrences qui auraient été terribles : Nizan lui simplifia la vie en mourant au combat à Dunkerque en 1940, Politzer fit de même en résistant dès 1940 et en succombant sous les balles nazies au mont Valérien en 1942. Camus eut finalement le bon goût de disparaître dans un accident de voiture en 1960 et Merleau-Ponty de succomber à un infarctus l’année suivante. »

Dans quelques années, on aura probablement oublié ce texte impérissable, mais pas celui de Sartre lui-même, parlant de Camus :

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Source : http ://cafemusique.wordpress.com/2012/01/21/onfray-...

 

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Onfray tout pour passer à la télé  ou  Le libertaire démasqué

Onfray, de l’anti-conformisme à l’imposture

Benoît Schneckenburger, philosophe.

Mardi, 18 Juin, 2013

Michel Onfray, une imposture intellectuelle, de Michael Paraire.  Les Éditions de l’épervier, 2013, 204 pages, 13 euros.

Visiblement gêné, Michel Onfray a récemment obtenu qu’un auteur soit exclu d’une table ronde à laquelle il participait. En effet, Michael Paraire a écrit un ouvrage qui ne cache pas son objet : Michel Onfray, une imposture intellectuelle. Ce livre, pourtant, ne pratique pas l’anathème systématique. Il développe une analyse des prétentions théoriques de celui qui se réclame de Nietzsche pour expliquer les doctrines par la biographie des auteurs. Le réquisitoire est sans appel : en trois chapitres, il qualifie Onfray «d’anti-philosophe, d’anti-historien, d’anti-anarchiste». L’intérêt de l’ouvrage tient à ce qu’il privilégie toujours «les textes, rien que les textes, toujours les textes et les actes politiques concrets».

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Source : http ://www.humanite.fr/tribunes/onfray-de-l-anti-co...

 

La Résistance

« HONTE à M. ONFRAY » Lettre ouverte de M. Léon LANDINI, ancien résistant FTP-MOI

http://www.politique-actu.com/osons/honte-onfray-lettre-o...

 

Freud

Nous sommes loin d’être des fans inconditionnels d’Elisabeth Roudinesco, mais on ne peut pas choisir d'ignorer sa diatribe. Si Michel Onfray est, en général, fustigé par ceux qui connaissent bien les sujets qu’il traite, la volée de bois vert qu’il reçoit ici...  est-ce faire un jeu de mots freudien que dire qu’il ne l’a pas volée ?

Roudinesco déboulonne Onfray

Souvent visée, au moins implicitement, par Michel Onfray dans son brûlot anti-Freud (à paraître chez Grasset), l'historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco réfute point par point, pour BibliObs.com, la thèse développée dans « le Crépuscule d'une idole »... Et elle n'y va pas de main morte.

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Dans un brûlot truffé d’erreurs et traversé de rumeurs, à paraître le 21 avril chez Grasset sous le titre « le Crépuscule d’une idole. L’affabulation  freudienne », Michel Onfray, qui n’est pas  historien et ignore tout des travaux produits depuis quarante ans par les véritables historiens de Freud et de la psychanalyse (des dizaines d’essais dans le monde, dont les principaux sont traduits en français), se  présente pourtant comme le premier biographe de Freud capable de décrypter des légendes dorées déjà invalidées depuis des décennies. Se transformant en affabulateur découvrant des vérités occultes qui auraient été dissimulées par la société occidentale – elle-même dominée par la dictature freudienne et par ses milices – il traite les Juifs, inventeurs d’un monothéisme mortifère, de précurseurs des régimes totalitaires, Freud de tyran de toutes les femmes de sa maisonnée et d’abuseur sexuel pervers de sa belle-sœur : homophobe,  phallocrate, faussaire, avide d’argent, faisant payer ses séances d’analyse  450 euros.

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http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20100416.BIB5236/rou...

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Marat

 Sur Marat, Charlotte Corday et la « religion du poignard » :

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Onfray ou l’affabulation

Guillaume Mazeau [1]   

Avant même sa parution, le dernier livre écrit par Michel Onfray contre Freud a fait l’objet d’un violent débat. Beaucoup de bruit pour rien ? L’historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco n’exagère-t-elle pas en peignant Onfray aux couleurs les plus sombres ? Bien au contraire. Les dérives d’Onfray ne sont pas nouvelles et méritent d’être portées à la connaissance du public.

En 2009, Michel Onfray a publié une apologie de Charlotte Corday [2]. Plutôt bien accueillie par les médias, cette histoire est pourtant historiquement médiocre et politiquement scandaleuse.

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Source : http://www.marat-jean-paul.org/Site/Onfray_affabulation.h...

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Rare image révolutionnaire : on y voit Gargantua, suivi des oiseaux de l’Isle Sonnante – Papegaut, Evesgauts, Cardingaux, Abbegesses – venir interroger l’oracle de la Dive. Derrière elle, sur un arbre, il est écrit : « Du sang de l’oppression, la France sera affranchie »

 

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Nous y ajouterons un extrait de la conférence donnée, le 17 octobre dernier, par Serge Deruette, au Colloque « Henri Guillemin et la Révolution française », où il était principalement question de Robespierre, mais pas que, comme on va le voir. Il y parle, incidemment, de Michel Onfray :

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« Dans ce monde où se confondent ou s’inversent les valeurs, ce qui était considéré auparavant comme progressiste peut devenir conservateur et, pareillement, ce qui était considéré comme conservateur être perçu comme progressiste. Les « progressistes », ce sont ceux qui veulent aujourd’hui renverser l’ensemble des structures qui ont fait l’objet, au siècle dernier, de tant de conquêtes sociales des masses, et, sous leur pression, de tant de concessions accordées « pour éviter le pire » par les possédants. En  revanche, les « conservateurs », ce sont ceux qui veulent les maintenir contre les vents violents de la dérégulation et de ce que l’on appelle le « néolibéralisme », un archéolibéralisme en fait, puisque, plat réchauffé dans de vieilles casseroles, il renoue avec sa version première et archaïque.

Pour l’illustrer, prenons parmi les nouveaux candidats-maîtres à diriger l’opinion publique qui se sont creusé une notoriété médiatique, Michel Onfray. Certes, il a contribué à donner à l’athéisme pignon sur rue, et à faire en sorte que cette conception rationnelle du monde soit enfin considérée comme une opinion honorable en tant que telle, non plus occultée comme honteuse face aux conceptions religieuses ou timidement agnostiques. Mais il nous permet tout autant, pour paraître si souvent dans les médias faiseurs d’opinion, de vérifier que cela ne se peut impunément sans donner de gages sérieux à la pensée dominante.

Excellente illustration de la postmodernité actuelle où tout s’inverse, s’affirmer comme le penseur progressiste sur la question de la Révolution française implique d’en pourfendre les dirigeants qui, pour la faire triompher, se sont appuyés sur les masses révolutionnaires. Au rang de ceux-ci, on retrouve bien sûr, avec Saint-Just, Robespierre, qu’Onfray ne se prive jamais de contester (de « conchier » pour reprendre une de ses expressions favorites), mais aussi Jean-Paul Marat, autre « héros noir » et méprisé de l’historiographie de la Révolution, avec lequel, si l’on me permet, je voudrais conclure ma réflexion.

Onfray consacre, tout à la gloire de sa meurtrière Charlotte Corday, un petit ouvrage qu’il intitule La Religion du poignard. Elle y apparaît en « femme sublime » représentant les valeurs de « Bravoure. Vertu. Honneur. Droiture » et, perpétrant son assassinat  « moralement sublime », « elle se trompe, mais son erreur est juste ». À l’opposé, Marat y est « emblématique homme de ressentiment » ; ou représente « une gauche de ressentiment » ; c’est un « chien galeux » qui, médecin dès avant la Révolution, déjà « s’initie au sang », un « eczémateux » dont le corps « puait peut-être moins mort que vivant » et qui « ne mérite pas mieux qu’une simple lame pour égorger les poules ».

Des conceptions de ce genre, outre l’indécence de leur formulation, se contredisent d’elles-mêmes : l’humanisme et le respect de la vie humaine, le pacifisme et le rejet de toute forme de violence dont Marat est le repoussoir et Corday l’égérie sont prônés à travers l’éloge de la violence d’un assassinat. Qu’importe ! On les retrouve aujourd’hui véhiculées par la pensée postmoderne qui, avec l’air d’être dans son bon droit, s’attribue par usurpation, pour les retourner contre elles-mêmes, des valeurs aujourd’hui incontestables.

Je passe sur d’autres conceptions d’Onfray, telles celles au travers desquelles il revisite la Vendée pour la considérer comme une pure expérience libertaire, ou, plus proches de nous, celles qui l’amènent, en transformant le résistant Guy Môquet en vulgaire collaborateur, à renverser les rôles et la signification de la Résistance et de la collaboration dans la deuxième Guerre mondiale - tiens, le crime de Charlotte Corday, il le voit, je ne résiste pas au plaisir de l'épingler, «comme un Appel du 18 juin qui n'aurait pas été suivi».

De tels jugements, à la fois postmodernes et largement médiatisés, sont ceux par lesquels des hommes comme Robespierre peuvent être dénoncés comme coupables de tous les maux de la terre, de tous les crimes, y compris ceux qu’ils n’ont pas commis, ceux qu’ils ont combattus et, tant qu’à faire, ceux dont ils ont été eux-mêmes les victimes. »

Actes du colloque organisé le 26 octobre 2013 par l'association Présence d'Henri Guillemin

 

Alors, pires ou moins pires que Freud… Marat et Robespierre ? Ou aussi pires ? Mais il est à notre avis naïf de croire que Michel Onfray ait tant que cela contribué à donner à l’athéisme « pignon sur rue », à moins que l’on n’entende par là celui d’une maison de tolérance…

Serge Deruette, docteur en sciences politiques de l’ULB (Université Libre de Bruxelles), est professeur de sciences politiques, de philosophie politique et d’histoire des idées et des doctrines politiques à l’UMONS (Université de Mons), aux FUCaM (Facultés Universitaires Catholiques de Mons) et à la HEFF (Haute Ecole Francisco Ferrer, Bruxelles). Ce qui s’appelle ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Nous l’avons déjà dit mais répétons-le, il est l’auteur d’un livre qui fait date (dans l’histoire de l’athéisme justement) sur l’abbé Jean Meslier, si tripoté par Voltaire et quelques autres, ici enfin rendu à lui-même. Et Serge Deruette est l’absolu contraire de Michel Onfray.

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Serge Deruette

Lire Jean Meslier, curé et athée révolutionnaire

Bruxelles, Aden, 2008  - 411 pages

 

 

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Religion du poignard ? Allez, zou !

(C’est Lotte Lenya qui chante)

 

*

Vous avez dit « mercenaires »

(Nous, non, c’est Robespierre qui l’a dit)

Mais la question vaut d’être posée : Michel Onfray se trompe-t-il ou trompe-t-il ?

Sciemment ? Quand tous ceux qu’il traîne dans la boue portent justement ombrage aux puissants ignares de l’empire, on peut se dire qu’on ne croit pas trop aux chapelets de coïncidences, mais c’est sûr qu’on a mauvais esprit.

L’Université Populaire de Caen

Est la seule à n’être pas financée par l’État, c’est-à-dire par les contribuables.

Car… des universités populaires, en France, il y en a des tas. Presque autant - probablement autant - que d’universités tout court. Victor Hugo en a même été, en 1880, le président.

Voir ici : http://universitepopulaire.eu/

et ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_populaire

Alors, celle de Caen, pourquoi ne fait-elle pas partie de l’AUPF ? Qui paie le loyer de ses locaux, les notes de chauffage et d’éclairage, les tableaux noirs et les photocopieuses, les femmes de ménage, etc ? C’est peut-être Michel Onfray qui a cassé sa tirelire. Sinon, qui ?....

*

Andouilles farfelues, suite …

9. Finkie quenelle.jpg

Car la royne Niphleseth n’aime pas la concurrence.

 

*

Post Scriptum

Puisque nous avons fait un emprunt non autorisé à notre plus grand psychiatre, signalons un site qui lui est consacré. Nous venons juste de le découvrir et ne l’avons pas encore vraiment exploré.

Il ne s’agit pas d’une université populaire mais du blog d’un étudiant de Paris-Ouest Nanterre La Défense, et il y est question  d’un master  "Mutations et enjeux pour la société". S’ils ont en tête de la changer dans le sens du père François, alors, oui, mille fois oui. On est pour. C’est là :

 

http://rabelaisie.wordpress.com/

 

*

Mis en ligne le 12 juin 2014

 

 

 

 

20:23 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/06/2014

L'Europe part en c......s ! Et les monarchies avec ?

1. Europe.JPG

L’Europe part en c……s !

Et les monarchies avec ?

 

Ce qui est sûr, c’est que les Européens sont de plus en plus mécontents de toutes sortes de choses, et pas que dans les royaumes…

 

2. Couronne.jpg

 

Espagne

Des douzaines de villes manifestent contre la monarchie

 

3. Espagne 2.jpg

 

Madrid, Puerta del Sol, ce 7 juin 2014, des manifestants ont défilé en brandissant des pancartes dont le message est on ne peut plus clair, réclamant un référendum sur la monarchie, suite à l’abdication du roi Juan Carlos en faveur de son fils Felipe.

Le même scénario s’est déroulé simultanément dans 50 autres villes d’Espagne.

L’exaspération est à son comble, dans un pays frappé de plein fouet par la récession et, le peuple en est de plus en plus sûr, gouverné depuis des années de façon désastreuse.

 

4. Espagne 3 - carte.png

Mise à jour de la liste de plus de cinquante mobilisations pour le Referendum

Referendum YA@ReferendumYA14

Nueva actualización del listado de más de cincuenta movilizacion

es por el #ReferéndumYA http://www.referendumya.org/?page_id=12 

10:26 AM - 7 Jun 2014

 

Partout, les manifestants agitaient les drapeaux rouge, pourpre et or de la IIe République espagnole et brandissaient des placards disant « Plus de rois ! » « Référendum ! » « Transition réelle, sans roi !» « Référendum pour un processus constitutionnel !»

5. Espagne 4 Transicion real sin rey.jpg

 

 

Les mêmes scènes se sont répétées lundi, après que l’annonce de l’abdication ait fait spontanément descendre plus de 20.000 personnes dans les rues de Madrid, en une manifestation aussitôt coordonnée par le mouvement anti-austérité 15-M, aux cris de « Demain, l’Espagne républicaine ». Samedi, pour être sûrs d’être entendus, les manifestants sont revenus marteler leurs exigences.

 

 

Ces foules veulent changer le cours de l’histoire politique de l’Espagne avant le 19 juin, date prévue pour le couronnement de Felipe. Elles ne voient, en effet, que cette forte pression de la rue comme moyen d’obtenir ce qu’elles veulent, le Parti Populaire (de droite) au pouvoir et l’opposition socialo-centriste étant massivement favorables au maintien de la monarchie et se préparant à entériner la transition de père à fils au Parlement.

À Barcelone, capitale de la Catalogne, où on veut en outre une complète indépendance vis-à-vis de Madrid, les manifestants sont également descendus par milliers dans les rues, scandant des « Cher Felipe, personne ne t’a choisi ! » et jurant d’aller « Jusqu’à l’indépendance ! ».

 


 

La monarchie espagnole est, on le sait, celle des Bourbons, qui ont longtemps gouverné la France, avant et après la Révolution de 1789-94*. Le grand-père de Juan Carlos, Alphonse XIII, a dû fuir le pays devant l’émeute populaire en 1931, le pays devenant alors, pour la deuxième fois, une république, suivie, lors de son écrasement en 1939, par trente-six ans de dictature franquiste. C’est lors de la mort du Caudillo, en 1975, que Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, est monté sur le trône.

Mais, en 2011, alors que l’Espagne se débattait dans les affres d’une terrible récession (où elle ne fait que précéder les autres pays d’Europe, moins la Grèce et le Portugal qui y sont déjà) une série de scandales a porté des coups très durs à la réputation de la famille royale. Un exemple parmi d’autres : le gendre de Juan Carlos et les sociétés qu’il dirige se sont retrouvés au centre d’une enquête pour fraude portant sur des millions d’euros de fonds publics.

À partir de là, tout ce qu’ont pu se permettre de choquant les Bourbon d’Espagne, à commencer par Juan Carlos lui-même, a été ressenti comme un outrage, en regard de l’impressionnant taux de chômage et de la grande misère des Espagnols.

 

6. Referendum - photo AFP.jpg

 

7. Madrid Rey barré.jpg

 

8. Madrid drapeau rouge.jpg

 

9. Madrid Mickey.jpg

 

Juan Carlos ne semble pas s’être jamais beaucoup préoccupé du mécontentement économique et politique qui secoue l’Espagne depuis maintenant plusieurs années, et la justification officielle de son abdication est une volonté, a-t-il dit, de rajeunir et de régénérer… quoi au juste ?

Il revient donc à Felipe de faire le ménage dans la monarchie en désordre dont il hérite.

Y arrivera ?

Y arrivera pas ?

 

10. davida-republican-flag-bandera-republicana-drapeau-républicain-espagnol-17.jpg

Elle s’appelle comment, la Marianne d’Espagne ?

_________________  

* Ceux qui nous suivent se rappelleront que nous avons évoqué, à propos des livres de Rita Monaldi et Francesco Sorti, et principalement de Secretum, leur thèse selon laquelle le testament du dernier Habsbourg d’Espagne, Charles II, mort sans descendance, aurait été un faux fabriqué sur l’ordre de Louis XIV, pour pouvoir mettre sur le trône de ce pays son petit-fils Philippe, duc d’Anjou – qui allait y monter en effet, sous le nom de Philippe V – au détriment des Habsbourg d’Autriche, c’est-à-dire de l’archiduc Charles de Habsbourg, héritier naturel. D’où la guerre de Succession d’Espagne, qui ensanglanta l’Europe de 1700 à 1714.

Source :  http ://rt.com/news/164556-spain-monarchy-protest-ma...

 

*
 

Belgique

Palais-Royal, jeu de dominos sur fond de tension entre Albert et Philippe.

Une video de la RTBF

http://www.rtbf.be/video/detail_palais-royal-jeu-de-domin...

 

nous apprend de noirs secrets dont on ne sait pas s’ils mettent le trône en péril ou pas (on est en Belgique). Si vous y avez compris quelque chose, tant mieux, nous non plus. On peut toujours essayer de résumer comment on voit les choses. Attachez vos ceintures.

Le prince Laurent, frère cadet du roi Philippe, a été hospitalisé, l’est peut-être toujours. Pour quel motif ? On ne sait pas. Soins intensifs. Sa mère, la reine Paola (reine-mère depuis l’abdication d’Albert II) est allée voir comment il allait et a dit quelque chose comme quoi la santé de son fils lui importait beaucoup. Le grand-maître de la maison du roi (son mari) en a fait part à la presse. Et s’est fait donner son C4 par le grand-maître de la maison du roi (Philippe), parce qu’il n’avait pas à faire des communiqués à la presse sans l’autorisation de la maison du vrai roi. Non, mais ! Un C4 est le formulaire qu’on vous donne quand vous devez allez vous inscrire à l’ANPE, qui s’appelle ici ONEM. Vous suivez ? Les deux grand maîtres (à quoi ça sert ?) seraient rivaux que cela ne nous étonnerait pas. Quant à savoir si une mère – reine ou pas – peut dire qu’elle se fait du souci pour son fils quand il est malade… cela demande réflexion.

Bref, si le trône n’est pas en péril, on ne peut nier qu’il y ait de l’eau dans le gaz chez les monarques. Le roi Philippe ! Chimène qui l’eût dit ?! Rodrigue l’eusses-tu cru ?!

À notre avis, ils devraient faire un peu gaffe, nos couronnés, car il se peut que, bientôt, M. Bart De Wever (extrême-droite flamande séparatiste pour les étrangers) devienne Premier ministre. Et M. De Wever, qui a presque l’air d’un play boy depuis qu’il s’est fait maigrir avec des produits interdits à la vente par Mme Onckelinkx (PS) , ne tient pas du tout à la monarchie. (Marrant, parce qu’il y a cinquante ans, c’étaient ceux du sud qui n’en voulaient pas, et eux qui y tenaient mordicus. Pays difficile à gouverner, la Belgique.)

 

11. Bart.jpg

 

Albert II, qui n’a pas oublié les 541 jours – d’avril 2010 à décembre 2012 - où le pays est resté sans gouvernement, aurait confié à la cantonade, sans passer par le grand-maître de sa maison ni celui de celle de son fils, que ce coup-ci, ça risque d’être pire.

Voilà.

Espérons, pour lui et pour sa mère, que le prince Laurent va mieux.

 

*

Pendant que Juan Carlos de Borbon fait des safaris en Afrique sur des animaux protégés et que Philippe de Saxe Cobourg Gotha remonte les bretelles à son père, la classe ex-ouvrière crève – en Grèce, au Portugal et en Espagne un peu plus qu’ailleurs pour l’instant - , les mises au chômage ressemblent de plus en plus à des rafles, sans Louis Sassoye et Marie nous aurions nous-même dormi deux ans dans la rue, la chasse au gibier humain est ouverte en Ukraine orientale et, à Athènes, une petite fille de 12 ans vient de mourir à l’école, parce que sa mère n’avait pas les moyens de lui acheter un médicament contre l’épilepsie. Elle n’a pas non plus les moyens de l’enterrer.

 

Grèce

L'austérité tue une écolière

 

12. starokoltseva_big.jpgÂgée de seulement 12 ans, Anastasia Starokoltseva est décédée mardi dans son école à Athènes, parce que sa mère ne pouvait pas payer les coûteux antiépileptiques dont sa fille avait besoin.

La mère d'Anastasia n'a pas pu payer non plus pour les funérailles de sa fille : elle n'avait pas l'argent pour l'enterrer.

Une vie perdue pour une crise d'épilepsie, au XXIème siècle, en Europe.

Une petite fille bannie du système national de santé de son pays (comme un tiers de la population).

Lire la suite…

Source : http://www.okeanews.fr/20140606-grece-lausterite-tue-ecol...

 

Tiens, pendant qu’on y est.

Un site à visiter pour avoir des nouvelles de ce qui se passe dans ce très malheureux et toujours passionnant pays :

www.okeanews.fr/

 

*

Angleterre

 

14. George_Galloway_2007-02-24.jpg

M. George Galloway, membre du Parlement britannique, grand champion de la Palestine et candidat à la mairie de Londres, ne s’en prend pas à la famille royale – il laisse ce soin à l’héritier du trône, comme nous l’avons vu récemment – mais il veut la peau de Tony Blair. Ou plutôt, il veut le traîner devant un tribunal international, un vrai, pas une officine anglosioniste. Dans ce but, il se prépare à réaliser, avec Greg Ward, un réquisitoire en forme de film documentaire.

 

The Killing of Tony Blair

 

 

« Tony Blair a tué le Parti Travailliste. Il a tué des centaines de milliers de gens en Irak. (…) Je promets que, jusqu’au dernier jour de ma vie, je me battrai pour faire passer Tony Blair en jugement pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Ce documentaire, la mère de tous les documentaires, se veut un grand pas dans cette direction. »

George Galloway.

Il souhaitait que ce soit le public qui finance son film et a lancé un appel dans ce sens sur Internet. Cela s’appelle un Kickstarter. Son but : réunir 50.000 £. Le 7 octobre 2013, ce but était atteint. Aujourd’hui,

4.459 internautes

ont investi dans ce film 163.891 £

 

Pour suivre pas à pas l’exécution de Tony Blair (et, semble-t-il, de quelques autres de même acabit), c’est ici :

https://www.kickstarter.com/projects/22595538/the-killing...

Qu’attend-on pour en faire autant à…. à…. et à …… au lieu d’espérer qu’il pleuve ?

 

*

À cause de Tony Blair sûrement, mais pas que…

 

Les Morris Men ne danseront plus

 

15. morris-dance-handkerchief.jpg

C’était une affaire d’hommes jeunes, de culte de la noire Aphrodite, épouse du forgeron « noir-de-charbon » Héphaïstos (qui a donné tant de Blacksmith à l’Angleterre), devenue Marie l’Égyptienne (en avatar de Marie-Madeleine), la Noire Marie de Mai et même Maud Marian (La Mauvaise), puis, de fil en aiguille, la Maid Marian de Robin des Bois. On a d’abord dansé pour elle au Premier Jour de Mai, puis, plus tard, à la Pentecôte, ses festivités devenant d’Église.

« Jeter le mouchoir » ne vous dit plus rien, jeunes gens, ni le ramasser non plus. Retournez à vos MacDo et laissez-nous pleurer dans nos kleenex.

C’est d’elle en tout cas – la « Mauvaise », mais « L’Enchanteresse » - que Merlin tient son nom : Merddin. Et c’est de cette danse en son honneur que sont nées les fameuses confréries anglaises de Morris Dancers, appelés Maris Dancers d’abord, parce qu’à l’origine, les morris-men étaient des Mary’s Men.

En pays roman, ces danses, qui faisaient grande consommation de tambourins, de sonnailles à réveiller la terre et de castagnettes à faire pleuvoir, gagnèrent d’autant plus facilement leur nom de morisque ou mauresque, que ceux qui les dansaient se teignaient parfois le visage en noir, en l’honneur de cette « Merry Mary » souterraine, mère des volcans et des tremblements de terre.

16. Black-face morris.jpg

À l’origine, les Morris Dances étaient des processions dansées, qui allaient d’un endroit à un autre ou suivaient un parcours précis, immuable. Elles duraient toute une journée, de l’aube à la nuit, et ne devaient jamais s’arrêter, sous peine d’être de très mauvais augure. Aux moments de plus grande fatigue, chaque danseur sautillait pendant 5 minutes, relayé par les 5 minutes d’un autre et ainsi de suite. C’est le même principe – et la même finalité – qu’on retrouve dans la danse des Gilles de Binche, en Belgique (au Carnaval), ou dans la procession d’Echternach, au Grand-Duché de Luxembourg (à la Pentecôte). Et ailleurs, en Roumanie, Macédoine, etc. etc.

Ici, ceux de Cerne Abbas, Dorset

 

Ainsi donc, cette tradition, recensée en Angleterre depuis 1109, s’arrête. La globalisation, la dictature bureaucratico-mercantile et l’austérité au hideux visage ont eu raison d’une des plus vieilles traditions populaires d’Europe et une des mieux partagées. Sans compter que danser des journées entières, quand on est quinqua ou sexagénaire, n’est pas une performance aisée, mais où sont les fringants jeunes gens chargés d’assurer la relève dans tous les sens du terme ?

« Le XXIe siècle nous a rattrapés, disent les derniers Morris, nous n’avons plus les moyens d’organiser cette fête. Too bad.

17. Morris Dancers.jpg

Une des toutes premières représentations de Morris Dance

Bodleian Library  - Oxford.

 

*

Europe, Europe, Europe…

Robert Bibeau nous dit ce qu’il pense de cette chose que nous nous sommes laissé fourguer et, bien sûr, il a raison.

 

18. banniere-7-du-quebec-v2.jpg

 

LES RÉSULTATS DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES

Publié le 8 juin 2014par actualites des 7 (R.Bibeau)

 

19. Abstention-5-3aee0-16448-300x269.jpg

L’élection du nouveau parlement européen à Strasbourg a fait, et fera encore, couler beaucoup d’encre chez tous les commentateurs patentés atteints de logorrhée. Tantôt, ce sont des pleurs et des grincements de dents de tout bord et de tout côté. Tantôt, quelques pantins déchirent leurs chemises sur la place publique, tentant d’effrayer les électeurs – qu’ils méprisent – à propos du score de ce qu’ils appellent l’extrême droite – une variante hurlante de la droite décevante –.  De l’autre bord, les polichinelles politiques pleurnichent à l’effet que les électeurs ont été bien ingrats et bien passifs de ne pas voter en faveur de leurs pouliches fumistes – plus de 60% de non-votants totalement indifférents – (1).

Vous aurez noté que je n’utilise pas l’appellation convenue d’«abstentionnistes», car ce terme ne rend pas correctement l’état d’esprit de mépris et d’indifférence totale qui balaie les masses ouvrières et populaires dans l’Europe entière.

Lire la suite…

Source : http://www.les7duquebec.com/non-classe/les-resultats-des-elections-europeennes/

 

*

Revenons brièvement sur la sauterie Caennaise.

Pour rappeler, après d’autres, pourquoi en 1964, le général De Gaulle avait refusé d’y participer :

20. charles-de-gaulle - 6 juin 64.jpg

Rappelons qu’à l’époque des faits (1944) seuls les Grecs ont tiré les conséquences de cette constatation et continué à se battre contre leurs nouveaux envahisseurs comme ils l’avaient fait contre les précédents. Rappelons que cela s’est terminé dans un bain de sang, en même temps que dans l’indifférence générale.

 

L’Ukraine n’est donc pas une première.

 

Passons sur l’invitation – cette fois-ci - d’un tout nouveau président «élu » par des neo-nazis, venu participer à la commémoration de la défaite des nazis historiques avec du sang tout frais de son peuple sur les mains jusqu’aux clavicules. Mais va-t-on s’arrêter à de pareils détails ?

Quand Vladimir Poutine a répondu à J.P. Elkabach :«  Je pense que M. Porochenko a une chance unique : pour l’instant ses mains ne sont pas tachées de sang, et il peut suspendre cette opération punitive et commencer un dialogue direct avec ses propres citoyens à l’Est et au Sud de son pays », il le pensait peut-être ou le voulait croire, ou bien encore mettait l’autre en garde. Mais lorsque cette photo a été prise, il savait certainement à quoi s’en tenir sur ce qu’allait être le discours d’investiture du chocolatier : une déclaration de guerre à la Russie et une promesse de meurtre en masse à ses compatriotes. Comme le premier Pinochet venu.

 

21. Poutine Poro Di Rupo.jpg

 

Passons aussi sur la présence d’Angela Merkel, venue se réjouir a posteriori de la défaite de son pays, c’est-à-dire de l’effroyable boucherie de ses compatriotes civils que firent, nous l’avons déjà dit, sans nécessité, nos sémillants « Atlantes », pour punir Hitler sans doute d’avoir raté son coup contre les bolchos.

Mais pourquoi la chancelière se préoccuperait-elle de principes et de sentiments qui n’ont pas cours chez les Bilderberg ?

22. Grass peluresoignons_160.jpg

 

Pour un rappel sans pathos mais magistral et surtout d’une incomparable dignité, de ce que fut cette fin de guerre en Allemagne (elles sont les mêmes partout, vous savez) c’est chez « l’ancien SS » Günter Grass qu’il faut aller. Dans un livre formidable qui s’appelle Pelures d’oignons. Où on apprend aussi qu’un pape au moins – son « camarade SS » d’adolescence - a vraiment cru à ce qu’il professait et n’a pas été, contrairement à d’autres, un vieillard fanatique et haineux avec autant de sang que MM. Porochenko et consorts sur les mains.

 

23. Benoît keffieh.jpg

 

*

Et pour finir un peu plus gaiement… piqué chez Croah.fr :

 

Le 27 mai dernier – vous l’avez raté, nous aussi – Gilad Atzmon  est venu donner un concert au Théâtre de la Main d’Or (chez Dieudonné).

24. gilad1.jpg

Gilad, Jacob Cohen et Dieudonné, le fameux soir

 

Quelques-unes de ses impressions (que nous fauchons à Alimuddin Usmani) :

 

« Le 27 mai, à la Main d’Or, j’ai donc donné un concert de jazz. Secondé par un superbe trio parisien mené par un grand joueur de basse, Thibault Renou. J’ai savouré chaque seconde de ce surprenant concert. L’énergie dans la salle, déclenchée par le jeune public, était électrique et parvenait à inspirer le groupe. Ce fut un moment rare et magique de camaraderie et d’élévation spirituelle qui restera à jamais ancré en moi. »

 

Je suis connu pour mes performances comiques sur scène. Je suis d’habitude plutôt confiant. Cependant, venir me produire à Paris, essayer de communiquer avec un public dans une langue étrangère et savoir qu’en même temps le meilleur comédien sur cette planète me regardait, auraient pu représenter un défi et une expérience assez intimidante. Mais ce ne fut pas le cas !

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Dieudonné n’est pas seulement hors du commun, c’est aussi un homme bienveillant, qui m’a mis à l’aise comme si j’étais dans ma propre maison. Avant le concert, nous avons dîné dans le théâtre en compagnie du groupe ainsi que du grand humaniste juif Jacob Cohen. Nous avons tous ri malgré, et parfois à cause, de la barrière linguistique.

Durant la soirée, nous avons notamment joué l’hymne de l’Internationale en tant que requiem [messe pour les défunts] pour le gouvernement cachère franco-socialiste. Nous avons aussi joué Les Feuilles mortes dans un geste d’amour pour la France et son peuple, ainsi que mon morceau de jazz préféré de Duke Ellington : In a Sentimental Talmud [titre original : In a Sentimental Mood] en hommage au « peuple juif ».

Après plus d’une heure de musique, Dieudonné s’est joint au quatuor pour lire un poème à la Palestine, incarnant selon moi le pinacle spirituel et musical de cette nuit. Dieudonné a exprimé sa compassion et son empathie pour la Palestine avec une magnifique émotion dans la voix. Le public y a répondu avec joie.

26. Gilad 3.jpg

La synchronisation musicale et comique ainsi que ses intuitions sont uniques. J’en ai pris conscience pour la première fois quand j’ai vu son interprétation de Shoananas. Il pouvait paraître quelque peu égaré, mais en réalité, il savait exactement où il se trouvait, où se trouvait le rythme, il n’a jamais perdu le contrôle de cette chanson. J’ai pu percevoir cette orientation temporelle unique en son genre sur scène. Dieudonné, de manière intuitive et intime, a compris chaque forme et chaque nuance musicale. Il a dominé le spectacle. Il est apparu à l’aise et a joué en parfaite synchronisation avec quatre superbes artistes de Jazz.

J’ai été très honoré d’être invité à jouer au théâtre de la Main d’Or, et je suis impatient de renouveler cette expérience, à Paris et dans d’autres villes françaises. »

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Alimuddin Usmani, le 5 juin 2014

Malheureusement, il n’y a pas le son. Joe le Corbeau encore un effort !

 

*  

 

 

Attention !

 

L’article dont nous attendions la traduction :

 

Pourquoi il n’y a pas d’intervention militaire russe en Ukraine ?

 

se trouve à l’endroit qui lui était réservé, sur notre post précédent.


 

Merci à Captain Flem

de

http://peakoil.blogs.letelegramme.com/

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 9 juin 2014.

 

21:47 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/06/2014

Pourquoi les Russes ne...

1. Shtandart in the sunset.jpg

Pourquoi les Russes ne…

 

First things first

 

Il y a un moment que nous voulions vous parler du site www.les-crises.fr , « le-blog-d’Olivier-Berruyer-mais-pas-que », qui fait vraiment de l’excellent travail. Il est plus que temps. Voyez par vous-mêmes, et surtout, n’hésitez pas à remonter dans les semaines précédentes. Les textes sont souvent de premier ordre et les photos rares. Ceci est d’hier :

 

« Un journaliste est soit une pute soit un chômeur, d’où le surnom journalope »

Surya, lecteur de les-crises, 5.6.14, à propos de Marie Jego, du Monde.

 

5 juin 2014

 

[Énorme] La transcription de l’interview de Vladimir Poutine en version intégrale : le scandale des coupes de TF1

 

Voici la transcription de l’interview de Poutine d’hier. C’est la traduction de la version intégrale issue du site du Kremlin (ou ici en russe, ou ).

En effet, pour faire tenir cette interview de 41 minutes en 24 minutes, TF1 a sabré largement dans certaines parties. Comme il a été décidé de couper des éléments essentiels sur la Crimée, l’opposition dans les médias français, et de laisser des propos sans intérêt, genre sur la langue qu’il utilise avec Hollande, le mot censure me semble adapté – vu qu’il y a rétention d’informations importantes qui éclaireraient le public français. D’autant que rien n’empêchait de mettre en ligne sur le web la version complète… Et je reviendrai sur la faute inacceptable de traduction quand il parle d’Hillary Clinton.

Ceci étant, reconnaissons qu’il est salutaire que TF1 et Europe1 aient interviewé Vladimir Poutine…

Tout est donc traduit ici – les passages censurés sont en exergue – à vous de voir s’ils méritaient de l’être…

Lire/voir la suite…

Source : www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/

 

*

Pour ceux à qui on n’a pas enseigné l’histoire (même anecdotique) à l’école :

 

Le Shtandart

(« Étendard »), est un navire-école russe, réplique de la frégate construite par Pierre le Grand en 1703, qui fut le navire-amiral de sa flotte.

Avis à ceux qui ont des sous : une souscription est ouverte pour remplacer ses voiles.

Shtandart - Legendary sailing ship from ActiveLifeVideo.com on Vimeo.

 

*

Et puisqu’on est le 6 juin et que tout le monde est à Caen :

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Ce qui ne veut pas dire qu’on se fout des 184.000 GI’s, dont certains étaient des engagés mais beaucoup d’autres des conscrits, qui auraient peut-être préféré rester chez eux et vieillir au lieu d’aller s’occuper des affaires de l’Europe.

Ce que l’image ne montre pas, c’est le zéro mort civil US sur son sol, et les

 

Plus de 60 millions de morts en 1945

ailleurs

 

 

La deuxième guerre mondiale a fait plus de 60 millions de morts parmi les militaires et les civils.

Les nations qui ont payé le plus lourd tribut sont l’URSS, avec plus de 23 millions de morts, la Chine avec presque 12 millions de morts, puis l’Allemagne, avec 7 millions de morts civils (recensés) et militaires.

Les oublier, c’est les tuer une seconde fois.

*

Aux millions de morts civils soviétiques, il convient d’ajouter ceux exterminés dans les camps nazis au titre de « communistes », ceci valant également pour les Allemands.

Il convient aussi d’y ajouter les quelques centaines de miliers de morts (immédiats) d’Hiroshima et de Nagazaki – il en meurt encore – et le nombre inconnu de brûlés vifs au phosphore d’Allemagne, tous sacrifiés sur l’autel de l’expérimentation d’intéressantes armes nouvelles, largement utilisées depuis dans un nombre effarant de guerres (aucune russe)

 

 

 

*

Pourquoi les Russes n’interviennent pas en Ukraine

On vous explique :

Le Saker - vous savez maintenant qui c’est - s’époumonne à expliquer aux uns et aux autres (principalement aux commentateurs de ses articles) pourquoi il ne faut pas que les Russes interviennent militairement en Ukraine et pourquoi ils ne le feront pas, sauf en cas de guerre planétaire au nucléaire inévitable, c. à d. déclenchée par d’autres.

Étant tombé sur un article qui vidait la question une fois pour toutes, mais en russe, il avait fait un appel pressant à quiconque aurait le temps, qu’il n’avait pas, de traduire ce long texte, qualifié par lui d’importantissime.

Eh bien, il n’y avait qu’à demander : un de ses lecteurs – qui signe BM  -  a fait la traduction du russe en anglais et la lui a envoyée. C’est là que nous l’avons lue. Mais de traduction française, point. On peut trouver assez régulièrement des articles du Saker dans quelques mauvais lieux tels que Le Grand Soir, Tlaxcala, Réseau International, Oulala.net et même, éventuellement, Les Grosses Orchades, mais, comme sœur Anne, sur  celui-là, nous n’avons encore rien vu venir.

Nous croyons cependant savoir que quelqu’un vient de s’y coller et nous lorgnons la route qui poudroie et l'herbe qui verdoie. Dès que nous recevons quelque chose, nous vous l’ajoutons ICI-MÊME.

 

*

Le voilà :

 

09/06/2014

Article original publié le le 30 Mai 2014 sur le site sur worldcrisis.ru

Traduit en anglais par le site  : http://vineyardsaker.blogspot.be

Traduction en Français : Captain Flem

Le niveau des discussions analytiques sur l'Internet russe est parfaitement décrit par le politologue Simon Uralov: «Considérer que la crise ukrainienne a façonné seulement l'esprit des collègues de Kiev et les a tous transformés en sanguinaires hystériques est fondamentalement erroné. Parmi les collègues de Moscou, il y en a aussi un nombre incroyable ». Le but de ce document est de prendre du recul par rapport à l'hystérie et de froidement analyser la situation en Ukraine.

Je vais commencer par les éclaircissements nécessaires sur plusieurs sujets émotionnellement importants :

Pourquoi il n'y a pas d'intervention militaire russe ?

Si ce texte avait été écrit quelques jours plus tôt, une partie importante de celui-ci aurait dû être consacré à expliquer pourquoi l'envoi de troupes en Ukraine était inapproprié et tout simplement stupide, même après le référendum. Heureusement, le chef de la résistance à Slaviansk, Igor Strelkov, fait face à cette tâche mieux que moi : dans son message vidéo, il a décrit très clairement l'inertie de la population locale de Lugansk et Donetsk en termes de mesures concrètes pour protéger leurs intérêts contre la junte. Anticipant les arguments sur le référendum, je m'empresse de dire qu'une coche sur le bulletin de vote est certainement cool, mais que ce n’est pas très différent de pisser dans un violon ou d’un «J'aime» sur Facebook. Parce qu’un "J'aime" mis sur un bulletin ne change rien. Le référendum a été une action nécessaire mais pas suffisante.

Dans quelle mesure le Kremlin était-il préparé aux événements d’Ukraine et quelle est sa part d'improvisation maintenant ?

Je vous conseille de lire le télégramme de Wikileaks : https://wikileaks.org/plusd/cables/08MOSCOW265_a.html, dans lequel il est rappelé que le Kremlin a clairement indiqué aux Américains en 2008 les scénarios que nous voyons aujourd'hui : « Les experts nous disent que la Russie est particulièrement inquiète des fortes divisions interne en Ukraine sur l'OTAN, avec un rejet de l'adhésion de la communauté ethnique russe qui pourraient conduire à une scission majeure, impliquant de la violence ou, pire, une guerre civile. Dans cette éventualité, la Russie aurait à décider une intervention; et que c’est une décision à laquelle la Russie ne veut pas avoir à faire face ».

Il est logique de supposer qu'un tel développement, pour le Kremlin, n'était pas une surprise et que nous sommes maintenant dans un scénario encore plus désagréable mais moins nuancé, quelque chose comme un « Plan E ».

Afin de comprendre ce que le Kremlin va faire, nous allons formuler des objectifs:

  • - Ne pas permettre l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN.
  • - Ne pas permettre la mise en place et la stabilisation en Ukraine d'un régime russophobe, ce qui implique une dénazification.
  • - Ne pas permettre le génocide de la population russe du Sud-Est.

Idéalement cela nécessite la mise en œuvre de ces trois objectifs tandis que, dans le même temps, il ne faut pas casser l'économie russe en cours de réorientation vers l'Asie, tout en empêchant les Américains de réaliser leurs objectifs économiques au détriment de l'UE.

Comment peut-on réaliser ces objectifs ?

Prenons le scénario le plus simple et voyons quelles sont les vulnérabilités et les conséquences négatives :

Ainsi, l'armée russe entre en Ukraine et quelques jours plus tard prend Kiev, puis capture toute l'Ukraine. Les « patriotes » sont en liesse, il y a des défilés sur le Khreschatyk, etc

Il semble que les trois objectifs aient été atteints, mais les problèmes suivants émergent :

1. Dans l'UE, où l'élite des affaires européennes a lentement écrasé les pieds des politiciens et appuyé sur les freins en matière de sanctions, le «parti de la guerre» (c. à d. «Le Parti des États-Unis», ou plutôt « Le Parti de la Pax Americana») triomphe clairement. Un maximum de véritables sanctions contre la Fédération de Russie auront des effets terrifiants, principalement pour l'économie européenne elle-même, qui tombera immédiatement en récession. Donc rien de réjouissant.

Dans ce contexte, les Américains forceront facilement la signature de leur version du traité de partenariat transatlantique sur le commerce et sur l'investissement, un accord commercial, qui fera de l'Union un appendice de l'économie américaine. Les négociations sur le traité sont en cours en ce moment et, pour les Américains, l'entrée des troupes russes en Ukraine serait un énorme cadeau. Les sanctions contre la Russie détruiraient les affaires européennes, et les barrières commerciales avec les États-Unis achèveraient de terminer ce travail. Ce que nous avons à la fin : l'UE dans un état d'après-guerre; les États-Unis, comme un chevalier blanc, absorbant dans la joie le marché européen sur lequel ils n'ont pas et n'auront plus de concurrents; la Fédération de Russie pas dans la meilleure forme. Il semble bien pour tout le monde que quelqu'un dans cette situation est le dindon de la farce, et que ce quelqu'un n'est clairement pas les États-Unis. Par ailleurs, il vaut mieux ne pas compter sur une argumentation rationnelle pour convaincre les politiciens U.E. de ne pas permettre un tel suicide économique. La pratique montre que les Euro-bureaucrates ne sont pas capables de comprendre même cela.

2. Outre le fait que, dans ce cas de figure, le Kremlin rendrait service à Washington, nous devons nous pencher sur ce qui se passerait en Russie même.

  • Si les sanctions contre la Russie sont effectives avant que le méga-contrat de gaz de 30 ans avec la Chine ne soit signé, la Chine est en mesure de négocier un prix en position de force. En fait, en position de chantage (Cette possibilité transparaît dans le comportement de la Chine, quoique pas clairement).
  • Si les sanctions sont imposées contre la Russie avant que le méga-contrat pétrolier avec l'Iran ne soit paraphé, contrat grâce auquel elle doit être en mesure de contrôler 500.000 barils de pétrole supplémentaires par jour, l'Iran sera en mesure d’en négocier le prix en position de force.
  • Toutes les tentatives ultérieures pour construire quelque chose, même pour la livraison d'importations dont elle a besoin maintenant, lui reviendront très, très cher.
  • Si les sanctions tombent avant la signature de l'accord sur la création de la Communauté économique eurasienne, imaginez quels leviers auront Loukachenko et Nazarbaïev pour tordre les bras à Poutine lors des négociations. Encore un peu, et Moscou, afin de créer la Communauté économique eurasienne, devra payer pour livrer son pétrole.


3. La Fédération de Russie aurait à assumer la responsabilité de la restauration de l'économie ukrainienne et la dénazification : où trouver le nombre nécessaire de dénazificateurs en « casques poussiéreux » (si quelqu'un a oublié : selon Okudzhava, ce sont les commissaires en casques poussiéreux qui se sont penchés sur les héros morts de la guerre civile) pour combattre les groupes compacts de nazis ukrainiens, qui profiteront cependant de l'appui et de l'équipement de l'étranger ? Dans l'ensemble, il est clair que ce scénario profite grandement aux États-Unis et à la Chine. La Russie retire de tout cela un profond sentiment de satisfaction morale, qui, cependant, ne prend pas en compte les questions économiques et les malédictions futures des «généreux» Ukrainiens qui seront mécontents de « vivre sous l'occupation ».

 

Comment s'articulent ces points clés de nos vulnérabilités dans le temps ?

1. Contrat de gaz avec la Chine - Mai-Juin (21 mai, signé !)

2. Contrat pétrolier avec l'Iran en été (C'est pourquoi les États-Unis ont levé l'embargo, comme Rosneft est très bien assis sous BP et peu sous Exxon Mobil. Où va le pétrole ? En Chine).

3. Important! Les élections au Parlement européen, où s’exprimeront, pense-t-on, beaucoup de voix d’alliés eurosceptiques de la Russie. Après l'élection, l'Assemblée aura une composition différente, avec laquelle il sera sans doute plus facile de travailler. C’est le 25 Mai. - Encore plus important : une fois le contrat de gaz signé avec la Chine, les nouveaux élus devraient être mieux disposés envers le gazoduc South Stream.

4. Rassemblement de tous les documents requis -  permis, etc - pour la construction de South Stream – En mai.

[  Les Américains font pression sur les Bulgares  pour qu’ils bloquent le projet, arguant du fait qu'une des entreprises russes qui y participent est « interdite de commerce » : http://www.reuters.com/article/2014/06/09/southstream-bul...  NdT.]


Voilà ce qui est visible à l'œil nu, mais il y a d'autres aspects qui sont très importants, quoique difficiles à placer clairement sur un calendrier :

1. Transition vers un règlement en roubles de l'énergie. Le pétrole et le gaz ne sont pas des pommes de terre : ils sont fournis sous forme de contrats à long terme qui ne peuvent pas être modifiés unilatéralement et qui demandent un travail de longue haleine, quand on veut les remplacer par d’autres, sans compter les modifications éventuelles dans ceux en cours..

2 Transition vers la cotation des prix en roubles pour la commercialisation de l'énergie sur les marchés russes -. C'est un travail absolument infernal, d’autant que jusqu'à présent personne n'a jamais rien fait de ce genre.

3. Mise sur pied d'un sytème de paiement propre.

4. Préparation du remplacement ou de l'amélioration des importations, dans notre travail avec des fournisseurs asiatiques (pas en mode d'urgence).

La liste peut et devra, je crois, s’allonger. L’horizon du Kremlin est  bien plus vaste.

Ajoutez à cela des initiatives intéressantes du ministère russe des Affaires étrangères, qui ne reste pas du tout les bras croisés. Par exemple, le vice-ministre Karasin était à Doha le 6 mai et a rencontré toute l'élite du Qatar. Le résultat, à mon avis, s'est avéré spectaculaire. Selon le ministère des Affaires étrangères, l'émir du Qatar a déclaré qu'il apprécie la « politique régionale convaincante et cohérente de la Fédération de Russie », ce qui est très inattendu pour un pays qui n'est pas seulement un allié des États-Unis et la branche politique d'Exxon Mobil au Moyen-Orient, mais aussi un adversaire à 100% de la Fédération de Russie en Syrie. C'est que le cercueil a été ouvert : le fait est que les rêves américains de remplir le monde entier avec du gaz pas cher équivalent à une condamnation à mort pour le Qatar et son élite. Sans un prix du gaz très élevé, le Qatar ne perd pas seulement tout espoir de grandeur régionale, il devient un cadavre. Doha est en train de réajuster très rapidement ses perspectives et commence à offrir quelque chose d'intéressant : «Pour l'instant, il insiste pour que soit accélérée la coordination du Forum des Pays Exportateurs de Gaz (FPEG) », dont le prochain sommet (coïncidence !) aura justement lieu au Qatar.

Le Forum des Pays Exportateurs de Gaz est une organisation qui comprend des pays comme la Russie, l'Iran, le Qatar, le Vénézuela, la Bolivie et d'autres exportateurs, que le Kremlin a longtemps, mais sans succès, essayé de transformer en l'analogue de l'OPEP pour le gaz. Il est possible que le moment soit venu pour un éventuel cartel du gaz. Tout d'abord, les trois principaux exportateurs de gaz, la Russie, le Qatar et l'Iran, ont des intérêts très similaires et devraient être en mesure de travailler ensemble afin de se partager, en « prenant le taureau par les cornes», les marchés du GNL et du gaz de pipeline. Un tel cartel du gaz, même dans un format réduit (à seulement la Fédération de Russie, le Qatar et l'Iran) contrôlerait au moins 55% des réserves de gaz du monde et serait en mesure d'influencer fortement les marchés de l'énergie de l'UE et de l'Asie. Bien sûr, un tel projet impliquerait beaucoup de problèmes et il rencontrera de l'opposition, personne ne peut garantir que tout fonctionnera, mais il est important de voir que Moscou recherche activement le plus possible d’avantages stratégiques dans la lutte contre les États- Unis.

Nous espérons avoir à peu près rendu clair à quoi le Kremlin passe son temps, à quoi il est en train d'essayer d'arriver dans la situation ukrainienne, et pourquoi c'est important.

Revenons aux problèmes directement liés à l'Ukraine et notez que même la mise en œuvre de tous les projets importants en matière de politique étrangère ne va pas aider à réaliser la dénazification de Kiev et faire en sorte que les troupes russes ou que l'armée rebelle de Novorossia soient accueillies avec du pain et du sel, même dans la région centrale. Si l'armée de Novorossia a déjà des problèmes pour mobiliser à Lugansk et à Donetsk, accomplir quoi que ce soit dans les régions zombifiées sera très, très difficile. Cependant, il semble que que le Colonel Famine et les forces Spéciales Giperok («Hyperinflation») ne soient pas loin de faire leur apparition sur le champ de bataille aux côtés de la Fédération de Russie, ce qui devrait considérablement modifier l'équilibre des forces.

L'économie ukrainienne est morte. Compte tenu des semailles de printemps désastreuses, des cultures de légumes détruites (par le gel), du manque de crédits, des problèmes de gaz  et de la hausse des prix du carburant, on peut sans risque dire que l'économie ukrainienne se rendra docilement. Personne ne va donner d’argent à la junte, pas même le FMI, qui a promis quelque chose comme 17 milliards (50% exactement de ce dont l'Ukraine à besoin rien que pour cette année), mais a intégré dans le contrat une « clause de sauvegarde » : si Kiev ne contrôle pas toutes les régions, alors Kiev ne recevra pas un sou. La faim, le froid et l'hyperinflation (causée par l'effondrement de la hryvnia) travailleront activement à affaiblir la junte et à faire changer d’humeur les « généreux » (shchirykh) Ukrainiens : ils n'en viendront sûrement pas à aimer la Russie, mais ce n'est pas vraiment nécessaire. Il faut qu'ils commencent à se souvenir de la période Ianoukovitch comme d’un doux rêve, désormais inaccessible. Le chaos inévitable et l'effondrement total des structures sociales, associés à une guerre civile de faible intensité, garantissent que l'OTAN n'acceptera pas l'Ukraine dans ses rangs, en un moment où l'Europe aura elle-même «besoin de toutes ses plumes pour voler», et que, aux États-Unis, les politiciens modérés ne feront pas un seul geste qui ne conduirait pas de façon évidente à la victoire des États-Unis, mais ne manquerait pas, au contraire, d’entraîner le pays dans une guerre nucléaire.

En outre, dans le contexte de l'effondrement économique total, les mineurs, métallurgistes et autres camarades - qui sont restés jusqu’à présent fermement collés à leur emploi de peur de le perdre, bien à l’abri dans leurs huttes sur les bords (du précipice) - ne vont pas pouvoir continuer à se désintéresser ainsi des problèmes politiques et économiques de la Nouvelle-Russie. Il est même probable qu'ils seront forcés d'y participer activement.

Dans le même temps, le Porochenko élu par la junte, c'est-à-dire imposé au pays par l'Union Européenne, sera fortement incité à négocier avec Moscou, à faire des concessions et à offrir des compromis [ Pour l’instant, c’est raté ! NdGO]  Déjà, la nouvelle Commission Européenne, qui a besoin de paix à l’Est pour un transit stable du gaz, poussera Porochenko dans cette direction. Et Porochenko sera aussi poussé dans cette direction par les bouleversements sociaux que ne manqueront pas de provoquer le Colonel Famine et le Saboteur Hyperinflation.

Tous ces facteurs, en somme, offrent au Kremlin de grandes possibilités de reformater l'ancienne Ukraine en quelque chose d’assez approprié aux intérêts de la Fédération de Russie [ sans avoir à intervenir militairement, NdGO]. C'est précisément ce scénario que les États-Unis tentent d'éviter, et c'est pour cela qu’ils voient plus d’intérêt à  transformer un conflit larvé en guerre ouverte, avec intervention de troupes et effusion de sang à grande échelle.

Si vous ajoutez le temps nécessaire à l'action de la faim et celui dont la Russie a besoin pour résoudre les problèmes de politique étrangère en termes d'établissement de relations de travail avec la Chine, l'Iran, de détachement du dollar, de substitution des importations, etc (grosso modo) on peut en conclure qu’il faudra quelque 5 à 9 mois (ce qui nous amène à ce même mois de Décembre, en vue duquel M. Ianoukovitch a essayé de négocier) pour apporter des solutions aux problèmes ukrainiens et aux autres, à l'avantage maximal de la Russie. D'ici là, on doit pouvoir fournir au moins de quoi soutenir l'Ukraine, dans l’état de guerre civile où elle se trouve (c.-à-,d. soutenir la DNR, la LNR, mais il n'est pas nécessaire ni même souhaitable de "reprendre Kiev" trop vite, afin  de ne pas créer des problèmes supplémentaires) et, idéalement, en marge de la guerre civile,devraient se dérouler des négociations approfondies et prolongées, à l'intérieur de l'Ukraine, avec participation d'observateurs internationaux, sur le mode 2+4, c'est à dire, Porochenko+Tsarev et Russie+UE+OSCE+USA.

Touche finale. Ces derniers mois, les États-Unis ont ralenti l'activité de leur planche à billets, réduisant leur « pompe auto-aspirante » (pour dire les choses simplement )  de 85 à 55 milliards de dollars par mois. Beaucoup (http://www.reuters.com/article/2014/04/27/us-usa-fed-idUS...  par exemple) s’attendent à ce que la machine s'éteigne complètement d'ici la fin de cette année, soit en ce fameux  mois de décembre, justement. Cela est dû au fait que le dollar, bien qu’il soit la principale monnaie internationale, ne peut pas être imprimé à l’infini - c'est impossible. Selon diverses estimations, les États-Unis ont presque entièrement utilisé les « forces de réserve» du dollar, qui leur ont permis de faire les méchants avec la machine (financière). En outre, le corollaire et la conséquence inévitable de ces tours de passe passe sont de réduire les taux sur les obligations des États-Unis, qui, d'une part, permettent à Washington de payer moins pour ses dettes, mais, d'autre part, étouffent toute les pensions et le système d'assurance américain, lequel est construit sur l'hypothèse de rendements très différents de leurs obligations en portefeuilles. L'un dans l'autre, d'ici la fin de l'année, les États-Unis auront le choix entre faire sauter leur système social en continuant à imprimer de la monnaie à tout va, ou réduire considérablement leurs appétits, afin de préserver quelque chance de stabilité intérieure à leur pays. À en juger par la réduction de la quantité de dollars actuellement jetés dans le système, Washington a décidé que la prévention d'une explosion sociale est plus importante que ses ambitions en matière de politique étrangère.

Maintenant, pour compléter notre puzzle, faisons quelques prédictions :

  • Les États-Unis vont essayer, par tous les moyens, d'aggraver la crise en Ukraine, afin d'affaiblir la Russie et de mettre l'ensemble du marché européen sous leur domination, avant de devoir fermer leur presse à billets.
  • Le Kremlin va essayer de faire passer la guerre civile ukrainienne du stade aigu au stade  chronique, en l'assortissant de lentes négociations, au milieu de l'effondrement économique du pays. Simultanément, le Kremlin utilisera le facteur temps pour créer des conditions favorables à la transition vers l’inévitable affrontement avec les États-Unis – c. à d. le détachement du dollar - avec la Chine, l'Iran, le Qatar, pour la création de la CEE, etc
  • Fin probable de la crise en décembre 2014, peut-être plus tôt, dans le cas où les États-Unis renonceraient à vouloir aggraver les hostilités.
  • Et s’ils ne renoncent pas ? - Alors ... une grande guerre... une guerre pour les ressources, parce que le « boom » du gaz de schiste n'est qu’une petite bulle de rien du tout.


Pour plus de détails sur ce sujet, voir l'article de William Engdahl « Washington shale boom – bust ».
http://journal-neo.org/2014/05/12/washington-s-shale-boom.../

 

Notre source :
http://peakoil.blogs.letelegramme.com/archive/2014/06/09/...

Un site pointu sur les problèmes de ressources - à visiter !

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En attendant, les anglophones peuvent y jeter un œil (voire les deux) sur le site du Saker.

 

3. Saker.jpg

Sunday, June 1, 2014

Translation of the "must read" article of worldcrisis.ru explaining why there is no Russian intervention in the Ukraine

It is with an immense and heartfelt THANK YOU ! to « BM » for his translation that I have the real privilege to share with you this translation into English of the excellent article of worldcrisis.ru I mentioned in my previous post This is, in my opinion, the most complete and well-written analysis of the apparent Russian "passivity" and we all owe "BM" a big debt of gratitude for making it available to us on such short notice.  I especially encourage you all to circulate this translation as it is by far the best explanation of the Kremlin's policy.

The Saker

PS: I was also sent a link to this article http://sovietoutpost.revdisk.org/?p=127 with an interesting description of the condition of the Ukrainian army.  Also a must read imho.
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Why there is no Russian military intervention in the Ukraine

Posted on worldcrisis.ru 30 Май 22:19 
опубликовал Сухов боец красной армии [suho]

 
The level of analytical discussions on the Russian Internet is perfectly described by the political scientist Simon Uralov: "To consider that the Ukrainian crisis set off only the minds of the Kievan colleagues and turned them all into bloodthirsty hysterics is fundamentally mistaken. Among the Moscow colleagues there is also an incredible number of such." The purpose of this material is to take a step back from the hysteria and coldly analyze the situation in Ukraine. 

I'll start with the necessary clarifications on several emotionally important topics

Read more…

 Source :

http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/06/translation-of-m...

 

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 La rue Saint-Pierre à Caen, le 6 juin 1944

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La rue Saint-Pierre aujourd’hui.

 

Débarquement par-ci, débarquement par-là…

On s’en voudrait de passer sous silence la mise au point historique d’Annie Lacroix-Riz, que reprend très opportunément le Réseau Voltaire :

 

Le débarquement du 6 juin 1944, du mythe à la réalité

par Annie Lacroix-Riz

 

En 70 ans, le mythe de la libération de l’Europe par les Anglo-Saxons s’est imposé. Pourtant, rappelle le professeur Annie Lacroix-Riz, le projet de Washington et de Londres n’était pas prioritairement de lutter contre le nazisme, mais contre le communisme. Ce ne sont pas les troupes états-uniennes qui ont vaincu le Reich, mais avant tout les Soviétiques.

 

Réseau Voltaire – 4 juin 2014

___________________________________________________   

 

Le triomphe du mythe de la libération états-unienne de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 % (2004) et 20 % (1945), et pour l’URSS, 20 et 57 % [1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats US avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps » [2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de la Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs [3].

Lire la suite…

 

Source : http://www.voltairenet.org/article184071.html

 

 

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Les chats-gardes de l’Ermitage

 

6. Chats-gardes ermitage.JPG

Pour ceux à qui on n’a pas appris l’histoire (même anecdotique), suite…

Savez-vous à qui sont confiées les précieuses collections d’œuvres d’art de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg ? À une armée de 65 chats, qui vivent sous les combles et dans les caves du célèbre musée, et qu’on lâche la nuit, pour qu’ils y fassent la chasse aux prédateurs rats et souris.

Tradition datant de Catherine II, interrompue seulement lors du siège de Leningrad, où les chasseurs-chats furent mangés par les chasseurs-hommes.

Bien sûr, il existe aujourd’hui toutes sortes de produits de dératisation chimiques, mais soit le lobby de la chimie n’a pas le pouvoir en Russie, soit les Russes tiennent davantage à leurs traditions qu’au modernisme à tous crins. Ce qui laisse aux rats et aux souris une chance de s’en tirer en émigrant ailleurs. Il n’y a même pas de budget prévu dans les finances publiques pour l’entretien de la garde féline. Ce sont les employés du musée qui s’en chargent. Amour du travail bien fait… Vous avez dit « démodé » ? Hélas oui.

 

 

 

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Mis en ligne le 6 juin 2014

 

 

 

 

 

13:31 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/06/2014

L'avenir, visible à Saint -Pétersbourg

1. St-Petersburg Neva-3.jpg

« Eh que là, bordel des Anges, non ! Les Chinois à Brest le plus tôt possible !… mon plus fervent vœu ! le Q.G. de l'armée jaune à la préfecture maritime ! tous les problèmes seront résolus ! … »

Louis-Ferdinand Céline

 

L’avenir,

visible à Saint Pétersbourg

par Pepe Escobar

29 mai 2014 – I.C.H. – Asia Times

 

« Le modèle unipolaire de l’ordre du monde a échoué. »

Vladimir Poutine, St. Petersbourg, 22 mai 2014

 

De beaucoup plus d’une façon, la semaine dernière vient d’annoncer la naissance d’un siècle eurasien. Bien sûr, le contrat de gaz Russie-Chine de 400 milliards d’US$ n’a été conclu qu’à la dernière minute à Shanghaï, mercredi (complétant le contrat de pétrole de 270 milliards d’US$ sur 25 ans, de juin 2013 entre Rosneft et la CNPC de Chine).

 

2. Russie-Chine.jpg

 

À la suite de quoi, jeudi, la plupart des acteurs principaux se sont retrouvés au Forum Économique International de Saint-Pétersbourg – la réplique russe à Davos – et, vendredi, le président Vladimir Poutine, tout juste débarqué de son triomphe de Shanghaï, s’est adressé aux participants et a, comme on dit, « cassé la baraque ».

Il faudra du temps pour apprécier la tornade de cette dernière semaine dans toute la complexité de ses implications. Je vous en rapporte l’essentiel.

Y eut-il moins de CEO (« directeurs généraux ») occidentaux  dans la ville, à la suite des pressions exercées sur eux par l’administration Obama, dans le cadre de sa politique d’« isolement » de la Russie ? Pas beaucoup. Goldman Sachs et Morgan Stanley peuvent l’avoir snobée, mais les Européens qui comptent sont venus, on vu, ont discuté et se sont engagés à continuer de faire des affaires.

Et par-dessus tout, les Asiatiques ont été omniprésents. Considérez cela comme une des dernières manifestations du choc en retour chinois à la tournée asiatique d’avril du président US Obama, partout décrite comme « tournée d’endiguement de la Chine ». [1]

Le premier jour du forum de Saint-Pétersbourg, j’ai assité à la séance décisive sur le partenariat économique stratégique Russie-Chine. Faites bien attention : la feuille de route est là tout entière. Telle que la décrit le vice-président chinois Li Yuanchao : « Nous avons l’intention de combiner le programme de développement de la Russie en Extrême-Orient et la stratégie pour le développement du Nord-Est de la Chine en un concept intégré. »

Ce n’était là qu’un exemple de la coalition eurasiatique en phase d’émergence rapide, qui s’est donné pour tâche de défier jusqu’en son noyau l’« indispensable » exceptionnalisme impérial. Les comparaisons qu’on peut en faire avec le pacte sino-soviétique sont infantiles. Le putsch en Ukraine – qui devait être le pivot autour duquel s’articulerait l’offensive de Washington pour « maîtriser » la Russie – n’a réussi qu’à accélérer le pivotement de la Russie vers l’Asie, lequel était inévitable tôt ou tard.

Tout commence à Sechouan

À Saint-Pétersbourg, de séance en séance et en suivant le fil de certaines conversations, ce que j’ai pu voir, ce sont quelques-uns des cubes de la construction de la (des) Nouvelle(s) Route(s) de la Soie, dont le but ultime est d’unir, via les échanges commerciaux, rien de moins que la Chine, la Russie et l’Allemagne.

 

3. Eisenbahn.png

 

Pour Washington, ceci est pire qu’anathème. Sa réponse a été de trafiquer quelques contrats qui, en théorie, sont censés garantir le monopole américain sur les deux-tiers du commerce global : par le traité du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) – qui a été repoussé par des puissances asiatiques-clés telles que le Japon et la Malaisie, lors de la fameuse tournée d’Obama – et par le plus problématique encore Partenariat Transatlantique (APT) avec l’U.E., que les Européens moyens abhorrent absolument ( voir Breaking bad in southern NATOstan, Asia Times Online, 15 avril 2014). Les deux traités sont en cours de négociations secrètes et ne sont essentiellement profitables qu’aux multinationales US.

Pour l’Asie, la Chine propose, à la place du TPP, une zone de libre-échange Asie-Pacifique ; après tout, elle est déjà le partenaire le plus important de l’Association - forte de dix membres - des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN).

Et pour l’Europe, Pékin propose une extension de la voie ferrée qui, en seulement douze jours, reliera Chengdu, la capitale du Sechouan, à Lodz, en Pologne, en traversant le Kazakhstan, la Russie et le Belarus. Le contrat total concerne le réseau Chongqing-Xinjiang-Europe, avec arrêt terminal à Duisburg, en Allemagne. Rien d’étonnant à ce qu’il soit appelé à devenir la route commerciale la plus importante du monde. [2]

Il y a plus. Un jour avant la conclusion du contrat de gaz Russie-Chine, le président Xi Jinping en a appelé à rien de moins qu’une nouvelle architecture de coopération en matière de sécurité, qui inclurait, bien sûr, la Russie et l’Iran, et exclurait les États-Unis. [3] Se faisant en quelque sorte l’écho de Poutine, Xi a décrit l’OTAN comme une relique de la guerre froide.

Et, devinez qui était à Shanghaï lors de l’annonce du contrat historique, en plus des « stans » d’Asie Centrale ? Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, le président afghan Hamid Karzai, et surtout, et avant tout, le président iranien Hassan Rouhani.

Les faits, sur le terrain, parlent d’eux-mêmes. La Chine achète au moins la moitié de la production de pétrole de l’Irak et est en train d’investir lourdement dans son infrastructure énergétique. La Chine a aussi investi lourdement dans l’industrie minière d’Afghanistan – en, particulier celle du lithium et du cobalt. Et, de toute évidence, la Russie et la Chine continuent à commercer avec l’Iran. [4]

Ainsi, voilà ce que Washington est en train de récolter pour plus d’une décennie de guerres, d’incessantes brimades, de sanctions meurtrières et de trillions de dollars gaspillés.

Pas étonnant que la séance la plus fascinante à laquelle j’aie assisté à Saint-Pétersbourg ait été celle sur les possibilités commerciales et économiques liées à l’extension de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS) dont l’invité d’honneur n’était rien moins que Li Yuancho. Je crois bien avoir été le seul Occidental admis dans la pièce, au milieu d’une mer de Chinois et de Centre-asiatiques.

L’OCS est en passe de devenir bien plus qu’une espèce d’homologue de l’OTAN, axé principalement sur le terrorisme et la lutte contre le trafic de drogues. Elle veut faire des affaires à grande échelle. L’Iran, l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan et la Mongolie sont, pour l’instant, des états observateurs, mais pas très éloignés de devenir des membres à part entière.

Encore une fois, on voit là l’intégration eurasiatique en action. Le lancement de la (des) Nouvelle(s) Route(s) de la Soie est inévitable ; et cela explique clairement, dans la pratique, l’inévitabilité de l’intégration plus étroite de l’Afghanistan (minerais) et de l’Iran (énergie).

Le nouveau boom criméen

Saint-Pétersbourg a également montré comment la Chine souhaite financer toute une série de projets en Crimée, dont les eaux, soit dit en passant, et les richesses énergétiques encore inexplorées, soit dit sans vanité, sont maintenant propriété russe. Ces projets comprennent un pont d’importance capitale, qui, par-dessus le détroit de Kertch, relierait la Crimée à la Russie proprement dite, l’extension de ports criméens, des usines de production d’énergie solaire et même la création de nouvelles Zones Économiques Spéciales (ZES). Moscou n’a pas pu interpréter tout cela autrement que comme l’acquiescement de Pékin à la réintégration de la Crimée.

Pour ce qui est de l’Ukraine, elle pourrait d’abord, comme Poutine l’a rappelé à Saint-Pétersbourg, payer ses factures. [5] Et quant à l’U.E., au moins le président sortant de la Commission Européenne José Manuel Barroso a compris ce qui est évident : se mettre à dos la Russie n’est pas exactement une stratégie gagnante.

Dmitri Trenin, administrateur du Centre Carnegie de Moscou a été l'un des très peu nombreux bien informés qui ont conseillé l’Ouest dans ce sens mais sans succès : « La Russie et la Chine vont sûrement coopérer plus étroitement. Le résultat ne pourra qu’être profitable à la Chine, mais donnera du même coup à la Russie une chance de tenir en échec la pression géopolitique US, de compenser la réorientation énergétique future de l’U.E., de développer la Sibérie et ses territoires Extrême-orientaux, et de s’associer à la région Asie-Pacifique. » [6]

On the (silk) road again

La nouvelle alliance stratégique, désormais symbiotique, Russie-Chine – avec possibilité d’extension vers l’Iran [7] – est le fait fondamental sur le terrain, en ce jeune XXIe siècle. Elle extrapolera à travers les BRICS, l’Organisation de Coopération de Shanghaï, l’Organisation pour le Traité de Sécurité Collective et le Mouvement des Non-Alignés.

Bien sûr, les habituels complices continueront à bonimenter que toute forme d’avenir n’est possible que sous la houlette « bénigne » de l’empire. [8] Comme si des milliards de gens dans le vaste monde réel – et même les Occidentaux informés – étaient assez niais pour avaler cette baliverne. Cependant, quoique l’unipolarité soit morte, le monde n’en est pas moins toujours encombré de son cadavre. Le cadavre, suivant la nouvelle doctrine Obama, « délègue ses pouvoirs » à des partenaires.

Pour paraphraser Dylan (« Je quittai Rome et atterris à Bruxelles »), je quittai Saint-Pétersbourg et atterris à Rome, pour y assister à un autre épisode de la lente décadence de l’Europe : les élections parlementaires. Mais, avant cela, j’avais eu la chance de recevoir une véritable illumination esthétique. Pour tout dire, j’ai pu visiter un Institut des manuscrits orientaux de l’Académie des sciences de Russie pratiquement désert, où deux très-savants chercheurs m’ont guidé dans la visite de quelques pièces contenant ce qui est sans conteste la plus remarquable collection de manuscrits asiatiques anciens de la planète. En ma qualité d’explorateur fanatique de la Route de la Soie, j’avais entendu parler de beaucoup de ces documents, mais je ne les avais jamais vus. Et maintenant j’étais  là, sur les bords de la Neva, comme un gosse dans un magasin de bonbons (historiques), immergé dans toutes ces merveilles, de Dunhuang à la Mongolie, en védique et en sanscrit, à rêver de Routes de la Soie passées et futures. J’aurais pu y rester toujours.

4. manuscrit oriental.jpg

______________________ 

Notes:

1. China Thwarts U.S. 'Containment' With Vietnam Oil Rig Standoff, Forbes, 8 mai 2014.
2. Le président chinois appelle la Chine et l'Allemagne à construire la ceinture économique de la Route de la Soie (en français), Xinhua, 30 mars 2014.
3. China calls for new Asian security structure, Washington Post, 21 mai 2014.
4. Russia plans to build up to eight new nuclear reactors in Iran, Reuters, 22 mai 2014.

5.
Naftogaz Debt to Gazprom Stands at $4 Bln - EU Energy Commissioner, Ria Novosti, 28 mai 2014.
6.
Voir ici.

7. China, Iran and Russia: Restructuring the global order, Al Jazeera, 20 mai 2014.
8. In Defense of Empire, The Atlantic, 19 mars 2014.


Pepe Escobar est l’auteur de
Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, et  Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

On peut le joindre à pepeasia@yahoo.com.


Sources :
http://www.informationclearinghouse.info/article38641.htm

http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/CEN-01-290514.h...

Traduction : C.L. pour Les Grosses Orchades

 

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Et si on vous disait que cet Institut d’Ali Baba doit une partie de ses richesses à un parent de Jean-Jacques Rousseau (sûr ?) qui fut consul de France à Alep et à Tripoli ?

 

5. Sûtra du Lotus - Dunhuang.jpg

Sûtra du Lotus

Celui-là est en France – Découvert dans une grotte de Dunhuang par Paul Pelliot en 1910.

 

Quelques liens utiles ou passionnants :

http://mongolschinaandthesilkroad.blogspot.be/2012/12/on-...

http://fr.cntv.cn/

Les vidéos (en français) d’histoire de la Route de la Soie :

http://www.youtube.com/watch?v=l43nazfBhrQ

http://www.youtube.com/watch?v=SI7wITncrG8

http://www.youtube.com/watch?v=OLO49kK26K0

http://www.youtube.com/watch?v=KY6E5Z0x1WA

etc. etc. etc.

 

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Mis en ligne le 3 juin 2014.

 

 

 

 

 

20:52 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/06/2014

WEEK-END D'ASCENSION 2014

1. winged car.JPG

Où vont mourir les voitures invendues ?

(c’est du 19 de ce joli mois mais on ne s’en lasse pas)

Avic, Réseau international

2. Voitures invendues.jpg

Ci-dessus, quelques-unes des milliers et des milliers de voitures invendues à Sheerness, au Royaume-Uni. Vous pouvez le voir sur Google MapsTapez Sheerness, Royaume-Uni. Regardez à l’ouest de la côte, en-dessous de la Tamise, à côté de la rivière Medway, à gauche de l’A249, Brielle Way.

Il y a des centaines d’endroits comme ça dans le monde d’aujourd’hui et ils continuent à s’accumuler. Et pourquoi utilisent-ils les pistes des bases aériennes désaffectées pour parquer des milliers de voitures si les ventes sont normales ?

Lire/voir la suite…

Source : http://reseauinternational.net/vont-mourir-les-voitures-i...

 

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Pas en Corée du Nord en tout cas !

 

Le photographe singapourien Aram Pan publie une vidéo très rare permettant de découvrir les (grandes) rues de la capitale de la Corée du Nord. Une promenade en voiture de 22 minutes – sans le moindre accompagnement musical – dont les images ont été validées par les autorités du pays avant diffusion.

Une capitale pratiquement sans bagnoles et sans un seul panneau publicitaire. Qui a dit que le paradis n’existait pas ?

On ne voit non plus personne dormir dans les rues. Comme à Cuba ?... On voit aussi ce qui est interdit dans certains états US : des piétons. Un peu inhumain, ces belles grandes avenues plantées d’arbres ? Un peu Versailles sans les grandes eaux ? On ne sait pas. On aurait bien aimé qu’Aram Pan circule un peu dans les petites rues, nous montre des gens achetant des beignets à des échoppes en plein vent, des choses comme ça. Pour la prochaine fois, peut-être ?

Pyongyang City Tour

 

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Parlant de paradis, voici une video où il en est question. Ce n’est pas que nous soyons fans de la RTBF, que nous n’écoutons/regardons même plus depuis que notre radiotélévision nationale a supprimé en tout arbitraire son émission la plus populaire, la plus intelligente, la plus impertinente et on en passe, comme si nous étions en dictature, ce qui est évidemment le cas, même si on a omis d’en informer S.M. le roi Philippe, dans l’idée que ce qu’on ne sait pas ne gêne pas. Mais enfin, ce n’est pas la faute d’Edmond Blattchen, qui a, un jour, entendu une voix - celle de Malraux – et qui anime, depuis, une émission intitulée Noms de dieux. Notre parti-pris de boycott nous a fait rater Jean Guitton, le Dalaï Lama, Sœur Emmanuelle, Elie Wiesel et Michel Onfray. On s’en remettra.

Dans la vidéo qui suit, il reçoit quelqu’un dont nous vous avons parlé récemment : Jean-Pierre OTTE, écrivain, peintre et pas mal d’autres choses. Homme qui s’est fait sa philosophie à lui par exemple. Ils y parlent des dieux, des mythes de création, du hasard aimanté, du 11 septembre, de présence au monde et de plaisir d'exister. À vous de voir si vous êtes d’accord (ou pas) avec ce qu’ils racontent. Vous pouvez même le faire savoir : la rubrique « commentaires » est là pour ça.

 

Noms de dieux

Interview de Jean-Pierre OTTE

par Edmond Blattchen

 

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C’est arrivé près de chez vous

 

3. ukraine-yatsenyuk-booed-germany.jpg

 

Il paraît que la SNCB, presque aussi dans le vent que la RTBF, va supprimer la liaison ferroviaire Liège-Guillemins-Aix-la-Chapelle (première gare après la frontière). On n’arrête pas le progrès à la belge.

Heureusement, la chose n’est pas encore faite, sans quoi nous eussions raté la visite en grandes pompes du valeureux Arseni Iatseniouk, premier ministre ukrainien « par interim », dans la capitale de Charlemagne, où il est venu assister à la remise du prix Charlemagne justement, à Herman Van Rompuy, pour ses efforts herculéens en faveur du maintien en vie artificielle de l’Union Européenne. Répétition générale de la cérémonie de réception de son propre Prix Nobel de la Paix ?

Les Aixois n’ont pas apprécié, mais on sait que les Allemands ne sont jamais contents. Quoi qu’il en soit, ils ont accueilli l’illustre visiteur et la doublure d’Angela Merkel qui l’accueillait, aux cris de « Terroriste ! », « Assassin ! », « Iatseniouk n’est pas le bienvenu ! », « Halte au fascisme en Ukraine ! », « Kiev, ne touche pas au Donbass ! » et autres invectives de mauvaise compagnie.

C’est une toute petite ville, Aachen, vous savez. Et ses habitants sont des gens ultra-paisibles et civilisés. Normalement.

Vidéo

http ://rt.com/in-motion/162656-ukraine-yatsenyuk-bo...

 

Leur manifeste protestataire en anglais (et en allemand) :

http://karlspreis.blogsport.de/aufruf/english/

 

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Place Taksim : 1 an

 

4. Taksim.jpg

Hier, plusieurs centaines de personnes se sont réunies dans les rues avoisinant la place Taksim. La police, qui les attendait, a tiré dans le tas aux grenades lacrymogènes.

Images :

http://rt.com/in-vision/turkey-police-crackdown-gezi/inju...

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Rappelez-vous, c’était le 12 juin 2013, lendemain du carnage, Davide Martello y était venu « jouer pour la paix ».

 

 

 

 

Mis en ligne le 1er juin 2014

 

15:03 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/05/2014

Mais que fait le Machin ? Où sont les Casques Bleus ?

1. Kärcer Titanic.jpg

 

Mais que fait le Machin ? Et où diable sont les casques bleus ?!

Abattoir 5 sur Dnieper

 

Les corps de civils s’empilent dans les morgues d’Ukraine orientale après le passage des escadrons de la mort  en fighter jets, hélicoptères et chars d’assaut

2. eastern-ukraine-attack-deaths.si.jpg

Slavyansk, un médecin regarde les papiers d’une femme tuée dans l’attaque aérienne de lundi 26, qui n’a fait que des morts civils.

3. feùmme abattue.png

Tirée comme un lapin, la brave dame, et dans le dos.

 

 

 

 


 

Des bâtiments ont été endommagés : l’église de la Mère de Dieu Régnante, un immeuble d’appartements et un dortoir pour étudiants.

4. mironov rocchettii.jpg

Dans la campagne autour de Slavyansk, le photojournaliste italien Andrea Rocchelli, 30 ans, et son interprète, le dissident russe Andreij Mironov, 60 ans, ont été tués par des tirs de mortiers. « Littéralement mis en pièces », disent les premiers témoins arrivés sur place. Le journaliste français William Roguelon, qui les accompagnait, s’en tire avec des blessures. Abandonnant leur voiture, ils avaient tenté tous les trois de se mettre à l’abri dans un fossé. Roguelon estime avoir entendu « plus de soixante explosions ».

La mascarade de la  ministres des Affaires étrangères italienne qui demande des comptes aux putschistes a commencé. Elle en obtiendra sûrement. Et justice sera faite. Si, si.

Dans la campagne autour de Dontetsk, plus de 50 défenseurs de l’aéroport, blessés, ont été achevés dans les deux camions qui les transportaient vers un hôpital. Les conducteurs ont été « achevés » eux aussi, cela va de soi.

 



5. gare centrale de donetsk.jpg

À Donetsk même, aux abords de la Gare Centrale, trois personnes ont été abattues : une est morte, deux, dont un petit garçon de 8 ans, sont blessées. Des terroristes, on vous dit.

Non, le nouveau « président élu », le chocolatier milliardaire Porochenko, ne va pas arrêter les tueries, il va les « rendre plus courtes et plus efficaces », et pour cela, il lui faut « du nouveau matériel », que nos impôts vont s’empresser de lui payer. Quand on aime on ne compte pas.

C’était juste un échantillon de nouvelles en provenance d’Ukraine.

En Allemagne, un projet de bataillon pour aller combattre Kiev
par Olivier Renault – La voix de la Russie

 

6. Bataillon Kiev.jpg

La colère monte en Allemagne autour de la situation en Ukraine. Les anti-guerre allemands de tous les bords politiques se retrouvent dans des villes tous les lundis pour manifester.

La population, des personnalités des médias et des activistes politiques, suivent le modèle des manifestations « wir sind das Volk » (nous sommes le peuple), qui ont fait tomber la RDA, pour prendre le micro et dénoncer l'OTAN et le gouvernement de Berlin qui soutiennent le gouvernement fasciste. Contrairement aux Français, les Allemands, par la situation géographique de leur pays et leur histoire, se sentent davantage concernés par le conflit ukrainien. Les Montagsdemos (« manifestations du lundi ») ont réussi à réveiller une population qui était encore tenue en laisse par les médias officiels. Avec ces « manifestations du lundi », l'idée de fonder un bataillon international vient aussi d'être lancée autour de vétérans russes et de l’ex-RDA pour aller en Ukraine défendre les populations ukrainienne et russe contre ce qu'ils nomment les fascistes de Kiev. La révélation du projet de ce bataillon attire des Allemands, mais aussi des personnes d'autres nationalités.

Les manifestations du lundi. 

Elles sont nées avec les événements d’Ukraine, par des rassemblements, dans les villes, de citoyens qui ne veulent pas de guerre et qui dénoncent l'intervention de Berlin - avec l'OTAN - en Ukraine (Le parti UDAR du boxeur Vitali Klitschko est financé par Berlin. Les soldats ukrainiens reçoivent des uniformes allemands).

7. Merkel Klitchko.jpg

Les anti-guerre allemands, qui rassemblent des personnes de toutes les tendances, mais qui sont boudés par les chefs des Verts et des Linke, se rassemblent de manière inédite dans ces manifestations. Plusieurs éclats se sont produits entre eux et les médias officiels, ZDF, ARD, qui ont du mal à cacher la vérité des faits sur l'Ukraine. Contrairement aux Français, les Allemands sont beaucoup plus sensibles aux bruits de bottes et aux signaux annonçant une guerre. Ils ont payé assez cher pour savoir que la situation politique n'est jamais réellement acquise. La fin de la RDA et la réunification ont marqué le peuple en montrant que des États peuvent disparaître.

Des brigades internationales en Ukraine ? Un bataillon allemand en tout cas. Pour commencer.

« Les manifestations du lundi », mais aussi l'interdiction du parti communiste et les actes de sauvagerie qui se déroulent en Ukraine, plus le refus de reconnaissance du référendum en Crimée, ont poussé les anti-fascistes allemands et des Russes allemands (trois millions en Allemagne, dont 500 000 venus dans le pays à la chute de l'URSS) à former le « bataillon Thälmann pour l'Ukraine ». C'est un journaliste du journal Kultura de Moscou qui le rapporte dans un article du 21 mai, après avoir rencontré ces 400 militants, qui se sont constitués lors d’un défilé en soutien à la Crimée, à Berlin, autour de vétérans russes et allemands, « C'est en l'honneur du bataillon Thälmann qui fut constitué pour la guerre d'Espagne que nous avons eu l'idée de le fonder pour l'Ukraine. En Allemagne la colère monte chez les anciens citoyens de l'Union Soviétique. Ils condamnent le soutien allemand au gouvernement de transition, la non reconnaissance de la Crimée et veulent des élections sans carnage pour l'autonomie », dit Alexander Kifel vétéran des troupes spéciales de l'ex-RDA. Ernst Thälmann était le chef du parti communiste allemand qui mena la résistance contre le nazisme en Allemagne. [La brigade allemande de soutien à la République espagnole s’était ainsi appelée en son honneur, alors qu’il était interné depuis 1933 dans les geôles nazies dont il ne devait jamais sortir : Thälmann est mort à Büchenwald, le 17 août 1944.] Condamnant la mascarade d'élections pseudo-démocratiques en Ukraine organisées par le gouvernement de transition, le nouveau bataillon Thälmann lance aussi un appel international pour intervenir en Ukraine et prêter main forte aux populations des nouveaux territoires,à la Nouvelle Russie (Novorossia), qui s'est constituée par référendum. Hier, Wilfried, un contact allemand, qui ne cesse de dénoncer la politique de son pays, a exprimé sa joie en apprenant la naissance de ce bataillon : « C'est réellement formidable. J'attends leur réponse et si ça marche, j'y vais. Il faut bien mourir un jour », dit –il, quand on lui rappelle qu'il peut y laisser sa vie.

Source : http://french.ruvr.ru/2014_05_27/En-Allemagne-un-projet-d...

 

© East News/AP Photo/Sergei Grits

 

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À la mode de Kiev

SALINAS, Californie

 

Plus de 6.000 personnes sont descendues dans la rue, dimanche 25, pour protester contre des exécutions policières et brutalités en tous genres, et par-dessus tout, contre le « racial profiling » ou profilage criminel raciste.

Des morts par balles sans sommations et sans cause, et pas le moindre petit bout d’enquête. Enquêter pour quelques latinos flingués ? Ils sont malades ou quoi ?

 


 

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Pendant ce temps-là, au Canada…

Lors de son voyage récent en Nouvelle Écosse, le prince de Galles, au milieu d’un aréopage de journalistes internationaux, a comparé la politique du président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, à celle d’Hitler. L’étonnante sortie de S.A.R. a suffisamment choqué l’opinion pour que des armées d’avocats et de communicants se voient obligés de monter au créneau et d'expliquer qu’il ne s’agissait là que d’une boutade lancée en privé, presque d'une plaisanterie. Le journaliste britannique Tony Gosling exprime ici ce qu’il en pense.

Qui a dit « les royals,  il vaut mieux les voir que les entendre » ?

 

Le prince Charles rompt une lance de plus pour la république de Grande Bretagne

par Tony Gosling, RT

 

8. Charles feeding bears.jpg

Le prince Charles nourrissant un ours polaire au zoo de Winnipeg, Canada, le 21 mai dernier.

 

Il y a quelque chose d’irréel dans la tentative des doreurs d’image du prince Charles de prouver que le futur chef de l’État britannique, lorsqu’il a comparé Poutine à Hitler, tenait une conversation privée, alors qu’il était entouré d’une foule de journalistes.

Ce n’est pas seulement que ses remarques montrent à quel point lui-même et ses préposés aux Relations Publiques sont coupés de la nation et du monde réel, c’est que les remarques désinvoltes de Charles attirent désastreusement l’attention sur les liens de sa famille et de lui-même avec les Nazis et avec le bellicisme qui leur est apparenté.

Son père, le prince Philip, duc d’Édimbourg, a fait une partie de ses études en Allemagne nazie et ses quatre sœurs ont épousé des officiers SS en grand uniforme noir (trois d’entre elles, d’ailleurs, Sophie, Cécile et Margarita s’affiliant au parti nazi allemand). Philip a avoué à un universitaire américain qu’il avait alors « des inhibitions à propos des juifs » et qu’il se sentait « jaloux de leurs succès ». Le grand-oncle de Charles, le duc de Windsor ex-Edouard VIII était un tel brandisseur de svastika que le MI6 dut le contraindre à résider aux Bermudes pendant toute la IIe Guerre mondiale, contrecarrant sa volonté et celle de son épouse nazie, Mrs Simpson, d’aller rejoindre Hitler en traversant l’Europe occupée.

Charles lui-même a été aussi près que possible de se faire le thuriféraire de l’architecte en chef et ministre de l’Armement d’Hitler, Albert Speer, en engageant le disciple le plus engagé de Speer, Leon  Krier, comme responsable des importants projets de construction de son duché de Cornouailles. L’écrivain et homme de radio Jonathan Meades, dans son documentaire de 1994, Jerry building, a épinglé Krier comme le « véhiculeur de Speer » et le « gardien de la famme toxique », faisant remarquer que chacune des réalisations de Speer, y compris le trop fameux stade de Nuremberg, est inséparable des expérimentations inhumaines et des camps de travail forcé utilisés pour les construire.

L’arrière-grand-père de Charles, George V, fut l’un des trois grands architectes de la Première Guerre Mondiale, qui fut appelée, on s’en souvient, la « guerre des cousins », quatre ans de carnage gratuit qui débutaient il y a tout juste un siècle. Avec deux autres cousins de Saxe Cobourg Gotha, les infortunés sujets de George ont dû en découdre, dans une effroyable guerre de tranchées, avec les malheureux sujets de Guillaume II d’Allemagne et de Nicolas II de Russie, pour arriver, en 1918, à un total de dix millions de morts sans but discernable.

Lorsque, en 1917, des soldats mal-élevés ont commencé à faire remarquer que les bombardiers allemands Gotha d’une autre branche de l’affaire de famille du roi étaient occupés à les massacrer, George V annonça gaiement que son nom de famille n’était plus « Saxe Cobourg Gotha » mais Windsor, à la consonnance plus anglaise.

Des chefs-d’œuvre, pourtant, comme le film de 1969 de Richard Attenborough, Oh ! What a Lovely War  (« Ah Dieu ! que la guerre est jolie »), comme le drame controversé de 1986 à la BBC, The Monocled Mutineer, ou même les poèmes de Geoffrey Studdert-Kennedy, vicaire de Worcester et aumônier militaire affectueusement surnommé Woodbine Willie, n’arrivent à rendre la futilité de cette guerre et l’amertume qu’elle suscita chez les gens ordinaires.

Aujourd’hui, quoiqu’ils aient été dans le camp opposé aux Nazis dans la IIe Guerre Mondiale, le gouvernement et les forces armées de Sa Majesté, qui, tous, prêtent allégeannce à la Reine, soutiennent la plupart des dictateurs et des despotes du monde. Du président Mahinda Rajapaksa du Sri Lanka, qui a le sang de 40.000 innocents civils Tamouls sur les mains,  au roi Abdullah du brutal régime saoudien, qui pratique les décapitations publiques au sabre. La bouche de Charles parle toujours en faveur des dirigeants dont Amnesty International nous dit qu’ils sont infréquentables, toujours prêt à se faire de l’argent en leur vendant de l’immobilier et des armes.

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Le prince de Galles, le prince William, la princesse Diana et le prince Harry assitant, à Hyde Park, à la cérémonie de commémoration de la Victoire, le 7 mai 1995

 

Assistons-nous à l’agonie de la monarchie britannique ?

Cela a commencé trente-six ans après que les sanguinaires Chevaliers du Temple, guerrier-banquiers, furent disgraciés et dissouts : un nouvel ordre de 26 « chevaliers », créé en 1348, n’a cessé, depuis, de dominer la Couronne britannique. L’Ordre de la Jarretière consiste en deux éléments siamois de treize chevaliers chacun, qui conseillent et « protègent » le monarque et son héritier en titre.

À cause de leur obsession du secret et de leur manque de transparence qui a traversé les siècles, ceux qui en font partie sont devenus l’absolue antithèse de la chevalerie médiévale, un mélange létal de yes-men et de tortueux arnaqueurs, qui vendraient leur mère pour un siège - et une tranche de revenus – au haut bout de la table.

Rien ne pourrait illustrer plus clairement le dédain de la monarchie britannique pour ses pauvres sujets que la confiscation des biens et l’éviction par Henry VIII, en 1530, d’à peu près dix mille moines dépouillés de leurs monastères britanniques. Depuis le temps d’Alfred le Grand, ces ordres avaient été l’épine dorsale de l’éducation et des soins de santé de la nation. Pour Henry, ils représentaient la Ve colonne du Vatican, qui avait eu la témérité de mettre en question la sagesse de sa rupture avec Rome et sa fondation de l’Église d’Angleterre.

En 1638, avec plaidoiries spéciales de l’archevêque Laud, Charles Ier s’est attaqué à la privatisation des terres publiques, en mettant à l’amende les riches marchands et les parlementaires qui spoliaient les villageois des terres communales jusque là libres d'accès et administrées collectivement. Seuls les « hommes libres » (freemen) qui possédaient de la terre donnant un rendement de plus de 40 shillings par an avaient le droit de voter, ce qui veut dire que les marchands s’étaient effectivement voté l’accaparement des terres dont les pauvres avaient besoin pour survivre.

Charles Ier, peut-être par bravoure, peut-être par stupidité, tenta de résister à la la privatisation rampante de la terre, mais les marchands s’organisèrent secrètement contre lui, déclenchèrent la Guerre Civile Anglaise et sa tête tomba en 1649. Les classes mercantiles étaient désormais fermement installées au pouvoir, prêtes à apporter leur capitalisme dernier cri au reste du monde.

Le prince « araignée-noire » qui se mêle abusivement de tout.

Que l’intrusion indiscrète de Charles dans les affaires politiques d’aujourd’hui ait ou non pour but le bien de l’Angleterre ne peut donner lieu qu’à des hypothèses, parce qu’il dépense des centaines de milliers de livres – plus encore qu’il n’en dépense en relations publiques – pour s’assurer que des avocats spécialistes en confidentialité empêchent le public britannique d’en rien savoir. Non seulement on l’a vu opposer secrètement son veto à des dispositions légales édictées
par le Parlement qui ne lui plaisaient pas, mais envoyer aussi des directives manuscrites du style « black spider » à des secrétaires d’État.

Les avocats de Charles se sont battus pendant quatre ans contre le journaliste du Guardian, Rob Evans, pour obtenir à tout prix que ces communications restent secrètes, arguant du fait qu’en tant que citoyen privé, il n’est pas couvert par la loi de Liberté d’Information. Jusqu’à présent, il a réussi à ce que ces directives – que le professeur de droit constitutionnel de l’Université de Manchester Rodney Brazier qualifie avec pudeur d’« innovations constitutionnelles » - restent secrètes.

Ce que la nation va devoir affronter avec les élargissements secrets apportés par Charles à ce qui est avant tout une fonction non-politique d’une façon que sa mère, la reine Elisabeth, semble avoir adoptée rarement, stagne dans l’air comme une très mauvaise odeur constitutionnelle. Si la lettre inhabituelle de sa mère au ministre de l’Intérieur, exigeant l’arrestation de l’ecclésiastique musulman radical Abou-Hamza, est un indicateur de tendance, les lettres de Charles seraient en effet révélatrices.

Ne parlez pas de Diana

Ceux qui visitent la résidence de Charles, Highgrove House, dans le Gloucestershire, sont déçus de constater que toutes les traces de la princesse Diana brillent par leur absence, y compris dans la boutique de souvenirs dont elle tirait un joli profit. Malgré le fait que William et Harry y on grandi, le nom, l’image et la mémoire de leur mère en ont été entièrement bannis.

 

10. Speech prince of wales.jpg

Charles, prince de Galles, prononce une allocution lors de sa visite au Stevenson Campus Air Hanger, le 21 mai, à Winnipeg, Canada

C’est dommage, car Diana et les garçons ont passé certaines de leurs journées les plus heureuses dans et autour de la petite ville de Tetbury, nichée au cœur de la campagne des Costwolds. Les dimanches matins, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, on pouvait voir Diana et les deux jeunes princes William et Harry se glisser discrètement dans les derniers bancs de l’Église Sainte Marie Vierge et Marie Madeleine, juste après le début du service, pour éviter d’attirer l’attention, ressemblant autant qu'il était possible à n’importe quelle jeune mère accompagnée de ses deux enfants. Après le service, ils retournaient à bicyclette à Highgrove, à quelques miles au sud de la ville, par les chemins de campagne.

Les gens du cru disent qu’ils s’amusaient à semer les officiers de police chargés de leur protection permanente, dont la princesse disait qu'ils la rendaient « claustrophobe » en dressant une espèce de mur entre ses fils et elle et les autres passants. Diana disait vouloir élever ses garçons de façon à ce qu’ils se voient semblables à n’importe qui d’autre. Elle leur apprenait à parler avec le public de manière pratique et décontractée.

Mais, après l’adultère avec Camilla et le divorce qui en est résulté, Diana était devenue « un problème » pour Charles et pour la reine.  Selon le journaliste d’investigation australien John Morgan, ils mirent sur pied ce qu’ils appelèrent un Way Ahead Group (« Groupe voie à suivre ») ou WAG, pour gérer le triple problème Diana.

Pour commencer, sa campagne contre les mines anti-personnel menaçait les bénéfices des fabricants d’armes, tant en France qu’en Grande Bretagne; ensuite, elle se servait de la presse britannique pour s’affirmer comme une personnalité sur le plan national ; enfin, les résolutions du WAG devinrent plus urgentes du fait qu’elle était sur le point d’annoncer son prochain mariage avec Dodi Al Fayed, ce qui signifiait que William et Harry allaient se retrouver avec un beau-père musulman.

Dans son livre de 2012, La conncection Paris-Londres. Assassinat de la princesse Diana, John Morgan affirme que des preuves rassemblées par les deux enquêtes de police suggèrent que la reine et le prince Charles ont laissé filtrer vers le MI6 que si Diana devait avoir un accident, le palais n’y verrait pas d’inconvénient.

Le documentaire réalisé en 2011 par Keith Allen, Unlawful Killing (« Exécution extra-judiciaire »), qui passe en revue l’enquête vieille d’une décennie sur la mort de Diana, prouve sans aucun doute que cette mort ne fut pas un accident. Mais le film n’a jamais été projeté à la télévision et a été supprimé sur Internet comme dans les salles de cinéma, sur intervention des avocats aux poches profondes de la Couronne. Il est très possible qu’il ne soit jamais projeté en Grande Bretagne.

Charles descend de « l’autre » Vlad, celui de Transylvanie.

Charles n’est bien sûr pas responsable des méfaits de ses turbulents ancêtres, mais, comme quiconque, il peut et doit choisir sans tricher sa trajectoire personnelle. Les voies tortueuses du secret et le mur que ses relations publiques tentent d’élever autour de lui ne feront qu’aggraver les choses dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, et finiront par lui aliéner ses 65 millions de sujets.

Cependant, la calomnie diffamatoire « Poutine = Nazi » a pris une ampleur regrettable du fait que les dirigeants des trois grands partis ont fait preuve d’un mépris total pour la Constitution et pour le public, en soutenant le prince contre les faits et contre l’intérêt national.

Ce qu’ils ont révélé, en pesant de tout leur poids pour couvrir l’insulte de Charles à la Russie, c’est que la classe dirigeante anglaise et son complexe militaro-industriel peuvent très bien être en train d’exercer une dictature, en décidant dans des conciliabules privés de ce que doit être la politique extérieure du Royaume Uni.

Jusqu’à pendant cette semaine d’élections, nos soi-disant politiques n’ont pas eu la dignité élémentaire de s’opposer à l’establishment, quelque éhontés que soient ses mensonges.

En-dehors du petit cercle de ses courtisans, les remarques déplaisantes de Charles convaincront peu de monde en Grande Bretagne. Elles révèlent à la fois une minimisation malintentionnée des 25 millions de morts soviétiques de la IIe Guerre Mondiale et font un pas irresponsable de plus en direction d’une guerre nucléaire – aujourd’hui – en Europe. Les chefs de partis ont également refusé de reconnaître le soutien du gouvernement et des forces armées de Charles au gouvernement de coup d’état ukrainien, dont des éléments-clés – notamment ceux du Secteur Droit - affichent fièrement les portraits de nazis confirmés tels que Stepan Bandera, sur les murs de Kiev.

Charles ne comprend pas, comme sa mère semble l’avoir compris, qu’il ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, être à la fois le chef de l’État et un politicien chef de faction. Les remarques désinvoltes qu’il s’est permis de faire ont suscité le mépris à son égard dans le pays, et à l’égard de la Grande Bretagne à l’étranger. Ironiquement, pour l’homme qui est si fier de son ancêtre transylvanien, Dracula, puisqu’il descend du despote du XVe siècle Vlad l’Empaleur, ce mépris est un clou de plus enfoncé dans le cercueil de la monarchie britannique.

Selon la formule consacrée : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celles de R.T.

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Tony Gosling est un militant britannique pour les droits humains, qui a commencé sa carrière professionnelle dans l’industrie aéronautique et a été formé par la BBC. Il est historien et journaliste d’investigation. Il anime un programme hebdomadaire de réflexion politique sur BCfm (Bristol City) : http://politicsthisweek.wordpress.com/

 

Traduit par C.L. pour Les Grosses Orchades

Source : http://rt.com/op-edge/161020-prince-charles-strikes-blow/

Grain de sel : Nous ne sommes pas trop d’avis, aux Grosses Orchades, de mélanger les torchons et les serviettes, le linge (sale ou non) de la famille Windsor et les affaires publiques du Royaume Uni, mais nous ne sommes pas anglais. Peut-être, si nous l’étions, verrions-nous les choses autrement. Quoique les attaques d’un de nos députés contre notre Premier ministre sur ses mœurs nous paraissent également amoindrir le débat politique en l’amalgamant à la sphère privée.

 

 

 

Mis en ligne le 29 mai 2014

 

 

19:29 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/05/2014

Lettres belges d'un peu partout

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Lettres belges

d’un peu partout

 

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Des Belges d’origine ukrainienne qui publient en Belgique ; des Belges qui habitent et qui publient dans l’Hexagone. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

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Ici, c’est un petit-fils qui écrit sur son grand-père. On ne sait pas si vous avez remarqué, mais depuis que les « zélites », au nom de « l’égalité », s’escriment à démolir la notion même de famille, il n’y en a, chez les fils et les petits-fils, que pour les pères et les grand-pères. Et ce sont tous des héros. Esprit de contradiction ou quoi ?

 

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Jean-François Füegg

Josef Bielik n’est pas un héros

Bruxelles – Territoires de la Mémoire, 2013

72 pages

 

 « C'est l'histoire de Jozef, immigré, boucher charcutier, catcheur et résistant, qui aimait le champagne ukrainien et les halusky et transforma une horde de Bohémiens en Belges pure laine. C'est l'histoire de mon grand-père.

« Et au fond, que savais-je vraiment de Jozef à part quelques bribes de la geste familiale où il était question de coups de main, de prisonniers cachés, d’explosifs subtilisés à l’ennemi et de hordes teutonnes tenues en respect par un géant slave ? Qu’est-ce qu’on avait rêvé d’aventure, ma sœur, mes cousins et moi, lorsqu’armés de fusils en plastique, nous rampions entre les rangs de pommes de terre du potager. Nous étions tous résistants, nous étions tous des héros. »

Jean-François Füeg est directeur du Service de la lecture publique à la Fédération Wallonie Bruxelles. Historien, il a été archiviste, dirigeant notamment le Mundaneum entre 1996 et 2001. Il a publié une cinquantaine d’articles sur des questions touchant à l’histoire du XXe siècle, en particulier de l’entre-deux-guerres. Il est aussi l’auteur d’un livre sur la revue non conformiste Le Rouge et le Noir, paru chez Quorum. Il quitte ici le monde des notes de bas de pages pour un texte plus intime.

Rencontre avec l’auteur le samedi 17 mai entre 16 et 19 heures à la Librairie La Borgne Agasse, au 30 de la rue Anoul,  à Ixelles (1050 Bruxelles).

Si vous êtes dans les parages, allez-y nombreux. (Aucun danger : ce n’est pas à Anderlecht).

 

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Jean-Pierre OTTE

 

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 Le pays où l’on n’arrive presque jamais

 

Jean-Pierre OTTE est un Ardennais belge qui vit dans le Lot.

Avant, il écrivait.

Maintenant, il écrit et il peint.

Pour vous mettre en appétit, voici 36 peintures à la cire qu’il a réalisées cet hiver,

https://www.flickr.com/photos/123700509@N05/sets/72157644608073611/

 

Il vous suffit de cliquer sur une des photos pour la voir en plein écran et jouer ensuite comme dans un diaporama.

 

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Belle occasion aussi de découvrir, si vous ne les connaissez pas, ses trois derniers livres :

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Jean-Pierre Otte

Strogof

Paris, Julliard, 2013

378 pages

 

 Comment devient-on écrivain ? En démêlant les événements et les expériences de sa jeunesse, Jean-Pierre Otte trouve l'origine de sa vocation littéraire dans la fascination qu'il éprouva très tôt pour Michel Strogoff de Jules Verne.

Dans la biographie de tout écrivain, il y a souvent la rencontre avec un livre, la découverte d'un univers qui s'avère étonnamment familier, comme s'il avait été écrit et conçu pour apporter cette révélation : « Ce livre, c'est moi, c'est la vie que je voudrais pour moi-même. » Pour Jean-Pierre Otte, ce fut Michel Strogoff, dont il découvre l'histoire à dix ans grâce à une adaptation cinématographique. Dès lors, il ne rêve plus que d'aventures échevelées. Puis il découvre le roman et le dévore.

De son enfance, Jean-Pierre Otte retient les éléments marquants : L'Harmonie, un établissement polyvalent dont ses parents sont les gérants, et où ont lieu des spectacles et des bals. Il évoque la ronde familiale ; ses parents restés pour lui des étrangers ; sa tendresse pour sa grand-mère, férue de botanique, et pour son grand-père, libre penseur passionné d'étymologie ; ses soeurs, qu'il surnomme Garce et Chipie ; Véra Vérouschka, la dame pipi ; la tante Maguy, amoureuse insatiable, et une association de boy-scouts attardés dont le local regorge de trésors pour apprenti entomologiste... Puis vient la vie en pension ou des abbés bornés s'efforcent, en vain, de formater son esprit rebelle. Au grand dam de ses parents, c'est en auditeur libre qu'il s'inscrit à l'Université, allant d'une faculté à l'autre, choisissant les matières au gré de ses intérêts du moment. On ne dresse pas Strogoff aussi facilement ! À dix-huit ans, il fréquente un cercle d'amis extravagants, connaît ses premières amitiés amoureuses avec le désir d'être « le prince charmant de quelque inconnue dont il est assuré qu'elle vient par lents détours à sa rencontre »...

Dans le coeur de l'étudiant iconoclaste qu'il est devenu, le héros de Jules Verne continue à vivre, chargé d'un message qui doit sauver le monde, du moins un certain ordre du monde. Jean-Pierre Otte a alors l'idée folle de récrire Michel Strogoff, avec une tout autre fin. À travers ce roman d'apprentissage, il nous livre un formidable éloge de la liberté et du plaisir qu'il y a dans la vie même.

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Jean-Pierre Otte

La vie amoureuse des fleurs dont on fait les parfums

Paris, Julliard, 2012 - 144 pages

 

 

Jamais vous n'auriez soupçonné que se cachait dans un innocent bouquet de fleurs une vie érotique aussi intense !

On dit que l'âme des fleurs est dans leur fragrance. Mais on ignore souvent que ces délicieux effluves n'ont en réalité rien de fortuit. Les parfums ont pour mission de diffuser dans les airs le message de la disponibilité amoureuse des fleurs. Grâce à eux, la rose, le chèvrefeuille, le lilas ou le muguet attirent leurs amants de passage. Insectes en tous genres trouvent ainsi leur chemin jusqu'aux corolles nuptiales ou, tout en s'enivrant des nectars les plus raffinés, ils procèdent à la fécondation de leurs hôtesses.

À l'image des femmes qui devant leur miroir se préparent aux plus folles nuits d'amour, pour séduire, les fleurs s'ingénient à l'attrait en adoptant formes et couleurs les plus inventives. Il y a la capricieuse comme le narcisse, qui par son architecture arquée exige de ses amants des talents d'acrobate ; l'ultrasensible, comme le mimosa, qui se rétracte au moindre effleurement et ne tolère que des partenaires délicats ; la généreuse, telle la lavande, qui accueille tous les amants sans distinction ; l'exclusive, tel l'oeillet, qui ne s'offre qu'aux papillons et dont le dépit de ne pas avoir été visitée s'exprime par une odeur de décomposition fétide ; ou bien encore la satisfaite, tel le chèvrefeuille, dont la valse érotique cesse en même temps que l'exhalaison de ses arômes dès qu'elle est enfin fécondée.

Observateur infatigable de la nature et grand érudit, Jean-Pierre Otte est aussi un styliste incomparable. L'originalité de son oeuvre réside dans sa capacité à mêler l'observation scientifique à la verve poétique. Il s'attache cette fois aux secrets d'alcôve des fleurs les plus entêtantes à travers une promenade littéraire et sensuelle en compagnie de grands auteurs tels que Rousseau, Jünger, Goethe, Homère, Stendhal ou Buffon.

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Jean-Pierre Otte

Le labyrinthe des désirs retrouvés

Paris, Julliard, 2012 - 210 pages

 

 

 Amours, fêtes et rencontres extravagantes dans les très secrètes catacombes de Paris.

Sans cesse à la recherche d'aventures hors norme, Jean-Pierre Otte relate cette fois sa rencontre avec un groupe de jeunes « cataphiles », amateurs de visites clandestines des anciennes carrières souterraines de Paris plus connues sous le nom de Catacombes. Introduit dans ce petit monde de noctambules, il s'initie avec eux à un univers d'une richesse insoupçonnée. Peu de piétons de Paris soupçonnent ce qui se déroule en réalité la nuit sous leurs pieds. Bien sûr, il y a la partie ouverte au public, les visites en famille ou l'on s'extasie sur des tas d'ossements et des noms de rues gravés sur les murs, seuls repères dans cette géographie parallèle de la ville. Mais la majeure partie des Catacombes est fermée au public. Pourtant, depuis qu'elles existent, elles sont le lieu de réunions clandestines dont Jean-Pierre Otte retrace ici un pan de l'histoire. Utilisé sous l'Occupation par l'armée des ombres pour circuler discrètement d'un quartier à l'autre, voire s'y échanger des informations confidentielles, ce réseau souterrain a plus tard servi aux zazous pour y improviser de frénétiques soirées jazzy. En 68, situationnistes et anarchistes s'y croisent pour réinvestir la ville par l'art et/ou la politique, et dans les années 80, la scène punk-rock underground prend la relève en y donnant des concerts plus ou moins mémorables.

De nos jours, de la performance artistique à la messe noire, en passant par la méditation solitaire, les pique-niques improvisés à la bougie, la réalisation de copies de fresques célèbres (par des étudiants des Beaux-Arts) ou les bains de minuit, les spectacles les plus étonnants y sont possibles. Plus inattendue encore, la littérature « cataphile », textes ou tracts produits par des initiés et semés au hasard, comme autant de rébus, au gré des différentes salles. Jean-Pierre Otte y découvre d'étranges fragments d'une fable érotique écrite sous un pseudonyme et dont il commence à chercher les parties manquantes. Cette histoire dans l'histoire sera le fil conducteur de son récit qui le conduira même à découvrir l'identité de son mystérieux auteur.

Dans cet outre-monde qu'il explore - en dehors et à l'insu du monde - Jean-Pierre Otte continue de creuser la thématique de la marge qui lui tient tant à coeur. Explorer de nouvelles contrées, interdites, secrètes, retranchées, lui permet aussi de se recréer une famille d'élection, composée d'individus tout aussi passionnés qu'insolites, dont il sait rendre le caractère par son sens de l'événement et de l'anecdote. Il porte sur ces baladeurs de l'obscur, à la fois confrérie et tribu, un regard semi-intrigué, semi-amusé d'anthropologue. Mais ce monde souterrain qu'il découvre n'est pas que le trivial envers du dehors. S'y aventurer signifie se révéler à soi-même, ou se régénérer, comme lors d'un rite initiatique, ou d'une expérience primitive de retour aux sources.

Il a aussi un blog où on trouve des extraits de ses livres, une galerie de ses peintures et une oie baladeuse : Plaisir d’exister

 

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Centenaire TAZIEFF – suite…

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La secrétaire du Centre Haroun Tazieff nous signale :

Les commémorations ont lieu un peu partout en France, s'appuyant sur l'implication d'enseignants ou d'associations, avec expositions, ateliers scientifiques, conférences pour élèves puis tout public. Ce fut le cas dans le Pas-de-Calais, à Bapaume, puis à Thonon les Bain.

 Il y aura des « Journées Tazieff » dans l'Hérault en juin.

Mais aussi des conférences à Troyes, au muséum de Toulouse, à la Pierre Saint Martin, la fête de la science à Annemasse....

Dans le cadre du projet Coménius « volcans et paysages européens » et du réseau écoles associées de l’UNESCO, un album Et si Tazieff m’était conté a été réalisé. Le but est de raconter de manière originale l’histoire d’Haroun Tazieff en l’illustrant de magnifiques aquarelles et de documents d’archives (40 pages). Les textes sont de Christine Hainaut, les illustrations  d’Anne Douillet.

Tazieff est à l'honneur à  Vulcania, à Clermont-Ferrand, depuis le 8 mai, avec une exposition et une conférence le 16 mai.

Enfin une pièce de théâtre La sexualité des volcans, mise en scène par Frédéric Viguier, sera jouée au Festival off d'Avignon en juillet.

 

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Enfants en danger ! 

La lecture de ceux qui s’en sont faits les champions et qui ne seront jamais assez nombreux s’impose. Ainsi de Frédéric Lavachery, qui ne se contente pas d’écrire sur Haroun Tazieff mais qui se prépare aussi au procès que lui intente la famille d’un des notables mis en cause dans son livre d’il y a 15 ans sur l’affaire Dutroux - audience à Bruxelles le 24 juin prochain…

Marie-Christine Gryson (Outreau, la vérité abusée) parle du livre qui lui est dédié et des combats de son auteur. Mais lisez plutôt (l’article et les commentaires) :

 

Sur le blog Mediapart de Marie–Christine Gryson :

Un volcan nommé Haroun Tazieff par son fils : où sont nos héros ?

|  Par marie-christine gryson

Frédéric Lavachery, le fils biologique d'Haroun Tazieff qui redonne vie à ce père prestigieux qu'il a connu mais qui ne l'a pas reconnu. L'auteur nous rappelle dans un ouvrage éblouissant, l'être d'exception qu'il fut, tant par sa trajectoire de vie qui l'a conduit à la Résistance que par ses apports scientifiques fondamentaux dans le domaine de la volcanologie.

Haroun Tazieff fait partie de ces héros qui éclairent nos rêves par leur corps-à-corps avec la mère nature, car il savait converser avec les entrailles flamboyantes de la Terre et il nous permettait de le suivre jusqu'au ravissement.

« Un volcan nommé Haroun Tazieff 1» nous projette dans les images et les émotions du passé mais pas seulement. On apprend beaucoup sur les volcans grâce à l'ingénieux professeur qu'est Frédéric Lavachery. Il donne sa place au père, au scientifique et à l'artiste. À la fin, il récupère la sienne en tant que fils dans un mouvement presque symphonique en écho l'un à l'autre. Haroun et Frédéric définitivement réunis. On ose la familiarité car il nous la permet, tout comme la grandiloquence car elle sied au sujet.

Lire la suite…

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/020...=

 

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Marie-Christine Gryson-Dejehansart

Outreau, la vérité abusée

Hugo & Compagnie, 2009

262 pages

 

 

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Périphéries : Danemark, Allemagne

Le girafon Marius et l’ourson Knut,

deux animaux aux destins bien différents

http://french.ruvr.ru/2014_05_12/Le-girafon-Marius-et-l-o...

 

Père et fils : Thomas Dörflein et Knut

 

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Mais passons aux choses sérieuses

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À faire de même ? Mais encore ?...

 

Dalida avec une barbe, une voix d’homme et des tatouages sur les bras. On ne saurait penser à tout. Au moins ses cheveux étaient-ils à elle. Mais la question n’est pas là…

 

Irons-nous voter pour la tolérance et Dalida ou nous conduirons-nous très très mal ?…

 

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Mis en ligne le 15 mai 2014

21:30 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |