20/09/2012

Liberté de l'art version turque

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Liberté de l'art version turque

 Elles s'apparentent plus à Victor Jara qu'aux Pussy Riot. Elles sont turques et musiciennes. Elles viennent de se faire torturer, menottées dans le dos, par la police, au point que l'une a eu les tympans crevés et l'autre un bras écrasé. C'est la chanteuse qui n'a plus de tympans et la violoniste qui est sans bras droit. Les dictatures se copient sans même faire preuve d'un peu d'imagination. Peut-être Madame Cécile Duflot voudra-t-elle faire quelque chose en leur faveur ? Ou Monsieur Laurent Fabius, récemment l'hôte de leur pays ? Ou, qui sait, même Amnesty International ?

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Selma Altin et Ezgi Dilan Balci,

respectivement chanteuse et violoniste de Grup Yorum, ont été arrêtées vendredi devant l'institut de médecine légale d'Istanbul avec 27 autres manifestants qui demandaient la restitution du corps d'Ibrahim Çuhadar, auteur présumé d'un attentat-suicide contre un poste de police.

Commis le 11 septembre, cet attentat, qui a tué un policier et blessé plusieurs personnes, a été revendiqué par le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), considéré par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne comme une organisation terroriste.

Selon les déclarations de leur avocat, Me Taylan Tanay, les deux musiciennes « ont été victimes de tortures dès les premiers moments de leur arrestation: elles ont été jetées au sol et sévèrement battues ». 
Mais les coups ont redoublé après qu'elles eurent été embarquées
 dans un véhicule de la police anti-émeute. « Ce qui est frappant, c'est que la chanteuse de Grup Yorum Selma Altin a été frappée aux deux oreilles jusqu'à en faire exploser les tympans alors qu'elle avait les mains menottées dans le dos. Et la violoniste du groupe, Ezgi Dilan Balci, a eu le bras broyé parce qu'elle jouait du violon », a ajouté Me Tanay.
 On lui a aussi cassé les doigts.

 Bref, les escadrons de la mort à la turque les ont froidement et délibérément estropiées pour qu'elles ne puissent plus jamais exercer leur art.

Les autres gardés à vue, dont 5 enfants, on tous été, eux aussi, violemment battus.

Erdogan dans les bottes de Pinochet ? Bof, au point où on en est...


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Rappel historique

Le mouvement communiste de Turquie, incarné par le Parti révolutionnaire de libération du peuple (DHKP) et son Front armé (DHKC), se bat depuis trente-cinq ans, pour la libération sociale des peuples turc, kurde, arabe, laze, circassien, bosniaque, géorgien, abkhaze, grec, rom, arménien, chaldéen, assyrien et autres, qui cohabitent en Turquie.

« Le 20 octobre 2000, le DHKP-C lance un mouvement de grève de la faim contre la réforme des prison, laquelle vise à transférer les prisonniers politiques vers des établissements pénitentiaires de haute sécurité (prisons de type F) inspirés du modèle US et répondant officiellement aux normes européennes. Les prisonniers du DHKP-C entrent en « jeûne jusqu’à la mort » pour protester contre leur mise en isolement dans des cellules individuelles où il se plaignent des mauvais traitements. Le 19 décembre 2000, 20 prisons-dortoirs (prisons de type E) sont prises d’assaut par les militaires. Au cours du programme de déportation de plus de 3000 prisonniers politiques insurgés qui s’ensuivit, 28 détenus périront criblés de balles, torturés, asphyxiés par les gaz lacrymogène ou carbonisés par les lance-flammes. Cette résistance s’achève le 22 janvier 2007 et aboutit à une solution négociée avec le ministère de la Justice sous forme de circulaire permettant aux détenus isolés de se rencontrer par groupe de dix à raison de 10 heures par semaine. Mais durant ces sept années de résistance passive, pas moins de 122 militants dont plus de 100 membres du DHKP-C perdent la vie.

Au printemps 2004, une opération conjointe des polices turque, belge, allemande, néerlandaise et italienne, fondée sur 56.000 heures d’écoutes téléphoniques, aboutit à l’arrestation d’une quarantaine de personnes, suspectées de cinq attentats commis en Turquie pendant l’année 2003. » (Wikipedia)

Procès du DHKP-C en Belgique :

En 2006-2010, une série de jugements, en première instance puis trois en appel après deux arrêts de cassation, ont eu lieu à l’encontre de membres présumés du DHKP-C dont Fehriye Erdal et Bahar Kimyongür.

On se rappellera que Bahar Kimyongür, de naissance et de nationalité belges, réclamé par la Turquie pour avoir traduit en français un tract du DHKP, fut naguère attiré - par l'alors ministre de la justice que nous ne nommerons pas pour ne pas faire à cette dame trop de publicité chez les Blackwaters qui risqueraient de nous priver de ses talents en la recrutant car ils en ont les moyens et qu'est-ce que nous ferions sans elle - dans un guet-apens, en Hollande, afin qu'il pût en être extradé, puisque n'étant pas citoyen hollandais. Heureusement, un juge de ce pays lui sauva la vie en refusant de déférer à une réclamation aussi délirante et, faut-il le dire, déshonorante.

Grup Yorum

(Yorum = « commentaire » en turc) est une formation musicale fondée en 1985, à İstanbul, par des étudiants, dans le but de réagir au coup d'Etat militaire de 1980. Le groupe, influencé au début par Ruhi Su, Mahzuni Serif, Inti Illimani, Victorr Jara, Quilapayùn et Theodorakis, a été formé « pour être la voix de la terre et des peuples d'Anatolie, où le groupe est né, avec une infusion de musique révolutionnaire et socialiste ». En peu de temps, Yorum est devenu un nom crucial pour l'opposition et la lutte des droits et des libertés.

Chaque année depuis 1987, le groupe a aussi bien sorti des albums et donné de nombreux concerts en Turquie et en Europe, que participé à des centaines de protestations de masse, manifestations de rue, grèves, et occupations d'usines et d'universités. Les membres du groupe ont fait face à de nombreuses gardes à vue, arrestations et interdictions dus à la nature organisationnelle-révolutionnaire-activiste du groupe et du sens contestataire de leur musique.

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Plusieurs membres de Yorum ont été torturés à maintes occasions et condamnés à de nombreuses années d'emprisonnement; « même les CD et les cassettes du groupe ont été fusillés par les forces de sécurité ».

En dehors du turc, Yorum chante aussi en kurde, arabe ou circassien, militant ainsi pour le droit à l'usage de ces diverses langues.

Yorum utilise des instruments locaux tels que le ney (le petit hautbois de l'Anatolie de l'est), le bağlama (luth à manche long), le kaval (flageolet, flûte de berger), mais aussi beaucoup d'autres instruments non-locaux tels que le violon, le hautbois et surtout la guitare. Leur musique, essentiellement vocale et instrumentale, est basée sur des compositions rythmiques solides et des mélodies fluides. Pouvant être définie comme du folk-rock, elle contient des timbres rappelant les chansons folkloriques locales, les mélodies méditerranéennes, les hymnes latino-américains et le rock.

Pour davantage d'informations sur les activités du groupe et sur l'acharnement dont il est l'objet, voir Wikipédia (discographie complète en prime) et, bien sûr, les articles suivants :

 

entre autres.

 

selma altin,akp,ezgi dilan balci,erdogan,grup yorum,victor jara,syrie,turquie

En mai dernier, Grup Yorum a donné un concert de soutien « à la Syrie réelle », en opposition à la politique d'AKP-Erdogan,

malgré l'arrestation préventive de plusieurs de ses membres.

 

Rien à voir, on en conviendra, avec le casting prétendument moscovite des talent scouts d'Hollywood, ne fût-ce que pour la qualité de la musique.

 

Le groupe, chantant  malgré la censure,

El Aparecido, de Victor Jara,

devant 55.000 personnes au stade Besiktas d'Istanbul.

La chanteuse est Selma Altin.


 

 

Paroles de El Aparecido (« L'Apparu », hommage à Che Guevara)

 

Abre sendas por los cerros, 


Deja su huella en el viento, 


El águila le da el vuelo 


Y lo cobija el silencio.


Nunca se quejó del frío, 


Nunca se quejó del sueño, 


El pobre siente su paso 


Y lo sigue como ciego.





Correlé, correlé, correlá 


Por aquí, por allí, por allá, 


Correlé, correlé, correlá, 


Correlé que te van a matar, 


Correlé, correlé, correlá.





Su cabeza es rematada 


Por cuervos con garra de oro 


Como lo ha crucificado 


La furia del poderoso. 



 

Hijo de la rebeldía 


Lo siguen veinte más veinte, 


Porque regala su vida 


Ellos le quieren dar muerte.

 

Ce qui signifie à peu près :

« Il ouvre des sentiers dans les collines,

Il laisse sa trace dans le vent,

L’aigle lui donne l’envol,

Et le silence le protège.

 

Jamais il ne se plaint du froid

Jamais il ne se plaint d'avoir sommeil,

Le pauvre sent sa présence

Et le suit comme un aveugle.

 

Cours, cours, fuis, sauve-toi,

Cours par ici, cours par là,

Cours, ils vont te tuer !

Cours, cours, fuis, sauve-toi.

 

Sa tête est couronnée

De corbeaux aux serres d’or,

Tel que l'a crucifié

La furie du pouvoir.

 

Fils de la révolte,

Ils le traquent par vingtaines.

Parce qu'il offre sa vie,

Ils veulent lui donner la mort. »

 

 
In memoriam

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Victor JARA

Né le 28 septembre 1932.

Mort le 16 septembre 1973, ses mains de guitariste coupées,

au stade Estadio Cile, Santiago du Chili.



Mis en ligne le 20 septembre 2012

par Catherine.









03/09/2012

Le Cercle des Volontaires

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 « Le Mal est dans la chose même et le remède est violent. Il faut porter la cognée à la racine. Il faut faire connaître au peuple ses droits et l'engager à les revendiquer ; il faut lui mettre les armes à la main, se saisir dans tout le royaume des petits tyrans qui le tiennent opprimé, renverser l'édifice monstrueux de notre gouvernement, en établir un nouveau sur une base équitable. Les gens qui croient que le reste du genre humain est fait pour servir à leur bien-être n'approuveront pas sans doute ce remède, mais ce n'est pas eux qu'il faut consulter ; il s'agit de dédommager tout un peuple de l'injustice de ses oppresseurs. »

  Marat, Les chaînes de l’esclavage, 1774

 

Depuis le temps qu'on voulait vous en parler... tout arrive :


 

Le Cercle des Volontaires

 « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise »

 

Est-ce à la suite d’un commentaire laissé par nous sur un forum ? À propos de Robespierre ? Sans doute. Le 28 décembre 2011, nous recevions, de Raphaël Berland, ce message :

« Avec plusieurs personnes (dont plusieurs blogueurs et blogueuses), nous venons de créer le Cercle des Volontaires. Nous sommes proches du mouvement des indignéset de l'association Pour Une Constituante.

Voici la version provisoire de notre blog :

http://cercledesvolontaires.wordpress.com

Vous y trouverez les liens vers nos blogs respectifs.

N'hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez nous rejoindre, ou plus simplementpour discuter de projets que nous pourrions développer en commun. »

Il nous a bien fallu répondre avec honnêteté qu’étant donné notre âge et l’état de nos carcasses, il nous était désormais impossible de beaucoup nous déplacer, de participer à des manifs, de remonter le cas échéant des barricades, mais que réfléchir, si possible dans le même sens, ça oui, on pouvait.

Nous avons donc suivi avec attention les efforts de ces gens qui disaient avoir « de 25 à 45 ans ». Les deux animateurs principaux étaient Raphaël Berland, déjà nommé, et Jonathan Moadab. Il y avait aussi une dame, Jennifer Cingouin et un troisième homme, qui officiait sous le pseudonyme de Pléthon 1. Leur naissance à la politique active date donc de huit mois.

Dans les débuts, notre activité s’est bornée à recevoir une lettre d’information prometteuse, chacun semblant intervenir dans le domaine qui lui était le plus cher ou le mieux connu. Ensuite, comme on sait, les tribulations immobilières de notre webmaîtresse nous ont, pour un temps, coupés de tout contact avec le net.

Quand nous avons renoué, une chose nous a frappés : pendant notre occultation, le Cercle des Volontaires était passé à la vitesse supérieure et ses lettres d’information se succédaient désormais à une cadence très rapide, rendant compte d’interventions sur le terrain, de manifestations publiques, de rencontres, et multipliant, surtout, les interviews de personnalités non alignées « ayant quelque chose à dire » , interviews d’abord enregistrées, puis filmées et mises en ligne sous forme de vidéos.

Agence d’information alternative ? Pas vraiment, même s’il n’y en a jamais trop, mais pas seulement. Les Volontaires ne sont pas non plus une formation politique organisée – en bref, un parti – mais plutôt un groupe de réflexion non sans ressemblance avec ces « clubs » dont on sait aujourd’hui qu’ils ont tant fait pour préparer et rendre possible la Révolution de 1789 et plus encore celle de 1793. Il nous semble qu’on y cherche des solutions qui ne soient pas uniquement théoriques mais pratiques à la situation apparemment sans issue dans laquelle nous pataugeons. Et notre souhait le plus vif est, faut-il le dire, que ces efforts aboutissent à quelque chose, dénouent les nœuds gordiens et vogue la galère.

 

Classe politique en gestation ?

 

L’avons-nous assez dit, au point de radoter, qu’une des principales causes de nos errements, donc de nos malheurs, était de n’avoir plus de classe politique, mais seulement du personnel kleenex, domesticité interchangeable des vrais détenteurs du pouvoir ?

C’est le cas en Belgique, où nous sommes, c’est le cas aussi en France, c’est le cas, à la lettre, dans tous les pays d’Europe. Quelques-uns ont certes jeté de beaux derniers feux, vite éteints ou noyés dans le sang : la Grèce de 1945 et de la résistance aux colonels , le Portugal de la Révolution des Œillets, et, bien sûr, la Yougoslavie titiste. Ce n’est évidemment pas par coïncidence que « le parti de l’égoïsme » a commencé par se débarrasser de ces trois épines dans son pied, avant de préparer la neutralisation des autres, par la dictature militaro-policière, si le décervelage et la castration par consumérisme affolé ne suffisent plus.

 

Et, M. Mélenchon dans tout ça ?

 

À l’occasion des récentes élections présidentielles en France, d’aucuns ont cru que M. Jean-Luc Mélenchon allait les sortir de ce tunnel, apporter avec lui la solution de rechange tant attendue. Le verdict des urnes a fauché cette espérance. Qu’en eût-il été si M. Mélenchon s’était fait élire avec 70% des voix ? La même chose.

M. Mélenchon n’a jamais eu et n’aura jamais, dans le système actuel, les moyens de la politique qu’il préconise. Encore ne la préconise-t-il que sur le plan intérieur, puisque ses choix, en politique extérieure sont, comme ceux de M. François Hollande, si fondamentalement aux antipodes de ce qu’ils devraient être.

Quel système actuel ? Le système électoral en soi.

Le système représentatif par élections n’est pas en théorie à dédaigner. L’ennui, c’est qu’il a toujours été, depuis Thermidor, en porte-à-faux avec le plus élémentaire principe démocratique.

Sous la Première République, celle qui l’a inauguré, le peuple était injustement – c’est-à-dire pas du tout – représenté, puisque les pauvres n’avaient pas le droit d’y participer. Ni les femmes. Une guerre européenne et deux guerres mondiales plus tard (qui sont idéales pour faire traîner les choses) on en est enfin arrivé à « un homme = une voix » (plus ou moins, il y aurait beaucoup à dire) et les femmes votent. Mais, si même des femmes peuvent aujourd’hui se faire élire, les pauvres ne le peuvent toujours pas, ni ceux qui les défendent, ni ceux dont tous les papiers ne sont pas en règle (et c’est si facile d’en refuser toujours au moins un), ni même, en général, tous ceux qui ne sont pas excessivement riches. Nos pseudo-démocraties représentatives ne permettent donc d’élire que les plus riches ou leurs créatures. Autrement dit, pour s’approcher du pouvoir, il faut déjà en être. Nos élections ne sont donc rien d’autre que des cooptations, voire des désignations venues d’ailleurs : farine sur pattes de loups. Et quand le peuple (seul Souverain, si, si !) fait entendre sans équivoque sa volonté, comme ce fut le cas en 2005 à propos de l’adoption du traité de Lisbonne, c’est-à-dire de l’abandon par les états de toute souveraineté nationale, on passe outre et l’oligarchie assoit ses grosses fesses sur le visage de ceux par qui elle prétend avoir été élue.

M. Mélenchon, si à l’extrême qu’il soit de ce qu’on ose appeler la gauche, ne se démarque pas de ce système (il ne suffit pas d’invoquer Robespierre pour marcher sur ses traces-1-), mais sa candidature et sa campagne ont été précieuses en ceci qu’elles ont montré et même démontré de façon éclatante à quel point existe, dans une large frange du peuple français, tous clivages un moment abolis, et soyons  sûrs qu’ailleurs c’est pareil, l’incoercible, le violent besoin de quelque chose d’autre. À quel point sont nombreux et désespérés ceux qui aspirent à rompre avec ce perpétuel engluement.

Si la nécessité de respirer existe, c’est qu’il doit y avoir de l’oxygène quelque part, sinon, la vie s’arrête. Je paraphrase bien mal Lamartine, dont je n’ai pas retrouvé la citation, ah, ces autodidactes.

Nous ne sommes pas les seuls, ici, aux Grosses Orchades, à réfléchir dans ce sens et à énoncer l’équation. D’autres l’ont fait avant et mieux que nous. La première qualité du Cercle des Volontaires aura été, au long de ces huit premiers mois d’activité, de rechercher ces gens-là, de les observer, de les lire, d’aller les voir et de les interroger, au grand bénéfice de ceux qui, comme nous, se demandent comment résoudre la quadrature du cercle.

Nous nous sommes bornés, dans ce post, a isoler pour vous quelques-unes de ces interviews. Il fallait bien faire un choix et nous avons choisi ce qui a le plus mobilisé notre intérêt. Mais il vous est loisible d’aller explorer comme il le mérite le site

http://cercledesvolontaires.wordpress.com/

 

Qui peut le plus doit pouvoir encore plus.

 

Ce qu’on peut attendre d’eux, et de tous ceux qui voudraient (devraient) faire de même, ce ne sont pas seulement des recettes pratiques pour desserrer l’étau qui nous étrangle, c’est aussi une définition, pour eux et pour nous-mêmes, de la société dans laquelle nous souhaiterions vivre, si la Grande Déesse Chance voulait que nous arrivions à nous libérer de nos chaînes. Histoire de ne pas foncer à l’aveuglette vers des lendemains qui déchantent.

Pas de programme rigide. Pas de mots d’ordre. Pas de ligne du Cercle, comme on dit « ligne du parti ».  Mais des principes communs selon toute apparence. Dans ces limites, la démarche de chacun est individuelle, et ce genre de laboratoire est un endroit aussi bon qu’un autre pour apprendre à ne pas se marcher sur les pieds les uns des autres. Voilà, nous semble-t-il, la principale originalité de ce petit groupe. Il se trouve que nous y attachons beaucoup d’importance, pour des raisons que nous expliquerons peut-être un de ces jours (dépendant de l’appétit des petits cochons à notre égard).

 ______________  

1.  Qu’aurait fait Maximilien Robespierre à la place de Jean-Luc Mélenchon ? Il aurait dit la vérité sur son impuissance. Il en aurait expliqué les causes. « Seule la vérité est révolutionnaire. »

 

 

Présentation

des principaux animateurs,

et des blogs personnels qu’ils animent

en-dehors du Cercle des Volontaires.

 

(ordre alphabétique)

 

Raphaël BERLAND

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BLACK MARIANNE


Il n’y a guère (le 30 juillet) Jacques Attali a publié, dans L’Express, un certain nombre de ces conneries de compétition dont son compère Alain Minc et lui-même sont coutumiers. C’est ici :

http://blogs.lexpress.fr/attali/2012/07/30/qui-merite-detre-riche/

Il a porté sur les nerfs à Raphaël Berland, qui le lui avait déjà fait savoir et qui récidive. (Vous pouvez sauter Attali, mais ne sautez pas Berland, d’autant qu’il vous offre en prime rien de moins que Little Franky) :

 

À  Jacques ATTALI  :  Réponse du Berger à la Bergère

http://blackmarianne.blogspot.be/2012/07/a-jacques-attali-reponse-du-berger-la.html

 

*

Jennifer CINGOUIN

Qui se dit « enfant du peuple » et «autodidacte», anime pour sa part le blog

 

HAUTE FUSTIGE

 

Le 23 décembre 2011, elle y a publié une

« Lettre ouverte aux députés » 

 qui a paru également sur Agoravox

http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/lettre-ouverte-aux-deputes-106802

Le 28 décembre, le député centriste Pascal BRINDEAU lui répondait sur le même site :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/politiques-citoyens/article/reponse-a-la-lettre-de-madame-107039

Le 4 janvier 2012, par la même voie en même temps que sur Haute Fustige, Madame Cingouin faisait savoir à Monsieur Brindeau ce qu’elle pensait de sa réponse.

http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/reponse-au-depute-pascal-brindeau-107366

Cet échange illustre autant qu’il est possible ce que nous disons plus haut sur la représentation actuelle si peu « nationale », que ce soit en France ou ailleurs. 

 

*

Jonathan MOADAB

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 Son blog, à lui, s’appelle

 GAZETTE D’UN ROBESPIERRISTE

 

Mais c’est qui ce type ?

interroge-t-il à votre place. Et il vous répond :

http://jmoadab.wordpress.com/about/

Pour le contacter :

lincorruptible.media@gmail.com

 

Une interview du « type »

 Le 8 avril dernier, en pleine campagne pour les présidentielles françaises, l’écrivain, poète et journaliste algérien Cherif Abdedaïm

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a interviewé Jonathan Moadab pour le quotidien d’Alger La Nouvelle République. Nous n’avons rien vu passer – honte sur nous ! – et pourtant tout y est : Sarkozy , Hollande  ou Mélenchon ? Ouch ! – L’affaire Mesrah – L’accès aux candidatures de ceux déjà au pouvoir – Celui, obscène, des banques – Le rôle destructeur des médias - Le chômage en irrésistible ascension, etc. etc.

Dans la mesure où il n’est pas qu’une critique de la société française actuelle mais l’ébauche, sinon d’un programme, du moins d’une déclaration d’aspirations voire d’intentions, cette interview est à lire absolument. Ne faites pas comme nous, ne la ratez pas. De tous les medias alternatifs français, seul Alterinfos’en est fait l’écho, et c’est bien dommage. Nous la leur empruntons :

Jonathan Moadab à La Nouvelle République :

«L’affaire Merah ressemble de plus en plus à un «11 septembre à la française» »

Voir également :

http://cherif.dailybarid.com/?p=827

 

*

plethon 1

Nous ne savons pas qui est la personne dont le pseudonyme est plethon 1, qui, outre son assiduité au Cercle des volontaires,

http://cercledesvolontaires.wordpress.com/author/plethon1/

s’exprime aussi quelquefois sur Le Grand écart

(http://www.legrandecart.net/le-fantome-de-mazarin/)

De ses contributions, nous extrayons celle-ci :

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Le fantôme de Mazarin

 

*

Quelques petits nouveaux viennent de rejoindre ce noyau initial. Nous nous promettons de les découvrir bientôt.

*

Bis repetita …(en plein écran, c’est mieux).


  


contact@cercledesvolontaires.fr

 

*

Quelques personnalités

interviewées

par le

Cercle des Volontaires

(Vidéos)

 

***

 

Jacques Vergès


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Sur ses vieux jours, Me Vergès, déjà depuis quelques années conférencier, vient de se faire acteur. Façon comme une autre de porter la bonne parole, celle de la vérité en laquelle il croit, aux foules de la société du spectacle.

À cette occasion – c’était en avril dernier – Jonathan Moadab est allé l’interviewer.



 

 

 


AVRIL 2012 : MAÎTRE VERGÈS RÉPOND AU CERCLE DES VOLONTAIRES

by Jonathan Moadab


 

*

 

François Asselineau

 

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Vous ne connaissez pas François Asselineau ?  Nous non plus. Voici ce que nous avons découvert sur son compte, non sur Wikipedia, où sa fiche biographique a purement et simplement été supprimée par les bons soins d’un certain Dr. Cosmos qui joue les Torquemada du web, mais sur Wikipedia en anglais et ailleurs.

François Asselineau, né le 14 septembre 1954 à Paris, diplômé d’HEC et de l’ENA, fait partie de l’Inspection générale des finances. Il a été conseiller pour les affaires internationales au cabinet de Gérard Longuet, ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur du gouvernement Balladur. Il a été ensuite directeur de cabinet de Françoise de Panafieu, ministre du Tourisme, dans le gouvernement Juppé, et ensuite chargé de mission au cabinet d’Hervé de Charrette, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Juppé II. Nous résumons très fort. Après la dissolution de l’Assemblée Nationale en 1997, il a rejoint l’Inspection des finances et s’est rapproché de Charles Pasqua en 1999, lorsque celui-ci a décidé de présenter une liste aux élections européennes pour protester contre la ratification sans referendum du traité d’Amsterdam. Il devient alors directeur du Conseil général des Hauts-de-Seine (dirigé par le même Charles Pasqua) jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy en devienne le président et l’écarte.

On l’aura compris, M. Asselineau vient de la Droite, et du service de l’État. À première vue, et d’ailleurs à deuxième et à troisième vue aussi, un commensal de Charles Pasqua et d’Alain Juppé, même écarté par Nicolas Sarkozy, n’est pas vraiment notre tasse de lait. Cependant, M. Asselineau est gaulliste (oui, Pasqua aussi… ah, le général clair-obscur !) et son gaullisme le pousse à préconiser, pour son pays, une sortie de l’Union Européenne « sereinement, unilatéralement, démocratiquement et conformément au droit international ». C’est dans ce but qu’il a créé et qu’il préside l’Union Pour la République (UPR) et à ce titre qu’il s’est présenté cette année à l’élection présidentielle.

Citation :

« Cette rupture décisive – que l’UPR est le seul mouvement à proposer clairement - est la clé pour redonner du sens à notre démocratie et à la République, pour relancer l’économie, protéger nos acquis sociaux, dégager la France de l’Empire qui l’asservit et nous opposer aux dérives guerrières du choc des civilisations. L’UPR invite en conséquence tous les Français de bonne volonté à se rassembler, en mettant provisoirement de côté le clivage droite/centre/gauche, le temps de récupérer, tous ensemble, la plénitude de notre souveraineté et de notre démocratie.

«  Pour parvenir pour de bon à ce rassemblement de tous les Français sur l’essentiel, l’UPR veille à ne jamais prendre de position qui heurterait la sensibilité et les convictions de tous ceux qui lui font confiance. Conformément à sa charte fondatrice, l’UPR refuse ainsi de céder aux sirènes des accords électoraux qui la feraient tomber dans l’un des camps. De même, elle refuse de prendre position sur tous les sujets polémiques et secondaires, sur lesquels certains s’ingénient à faire s’opposer nos concitoyens, pour mieux leur masquer le fait que le pouvoir de décision, sur ces sujets aussi, leur a été dérobé. »

Le Cercle des Volontaires, intéressé par cette position  (« ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ») est allé lui poser des questions. Deux fois. Et a organisé ensuite un débat, qui a tourné à la confrontation, avec M. Marc D’Héré, socialiste (enfin… PS), partisan, lui, d’un socialisme libéral et de l’incorporation de la France à l’U.E. jusqu’à l’abandon de souveraineté. Vous avez dit clivages droite/gauche ?

FRANÇOIS ASSELINEAU RÉPOND AUX QUESTIONS DU CERCLE DES VOLONTAIRES

by Jonathan Moadab

 

*

FRANÇOIS ASSELINEAU NOUS LIVRE SON ANALYSE SUR LA POSITION DE LA FRANCE EN SYRIE (ET REMET BHL À SA PLACE AU PASSAGE…)

by Jonathan Moadab

 

*

 

GRAND DÉBAT PATRIOTE VS SOUVERAINISTE : EST-IL RAISONNABLE DE SORTIR DE L’UNION EUROPÉENNE ? (ASSELINEAU VS D’HÉRÉ)

by Jonathan Moadab

 


 

 ***

Stéphane Guyot

 

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Élections-piège-à-cons n’est hélas pas une boutade mal embouchée, c’est la quintessence de la réalité.

Stéphane Guyot est le président du Parti du Vote Blanc (PVB) qu’il a fondé. Car le vote blanc est le remède qu’il préconise pour échapper (mais en est-il bien sûr ?) à l’infection électorale. Il s’est néanmoins présenté à l’élection présidentielle de 2012.

http://www.parti-du-vote-blanc.fr/objectif-2012/stephane-guyot-le-candidat-blanc

Nos  deux compères sont allés faire connaissance avec le candidat abstentionniste. Jonathan Moadab pose les question, Raphaël Berland tient la caméra.

 

INTERVIEW DE STÉPHANE GUYOT PRÉSIDENT DU PARTI DU VOTE BLANC

26 Février 2012by Jonathan Moadab


 

 ***

Étienne Chouard

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Étienne Chouard, né le 21 décembre 1956 à Paris, est un professeur en économie et en droit qui a connu une certaine notoriété en 2005 à l'occasion de la campagne du référendum français sur le traité de Rome qui établissait une constitution pour l'Europe, en argumentant pour le « non ».


http://fr.wikipedia.org/wiki/Traité_de_Rome_de_2004

Il n’est pas sans liens avec Stéphane Guyot. Cependant, il croit, lui, dur comme fer, que les Français ne doivent pas se contenter de voter blanc mais renouveler de fond en comble la représentation nationale. En quoi faisant ? En tenant une Assemblée Constituante. Appelée par qui ? Composée de qui ? Des « qui » désignés comment ? Par tirage au sort.

Il a un site, M. Chouard. Que voici :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.php

Nous aurons l’occasion de revenir à lui à propos d’Henri Guillemin, mais ceux qui veulent en savoir plus sur son idée de Constituante peuvent aller voir ceci, qui a le mérite d’être court et clair

LE MESSAGE

POUR UNE CONSTITUANTE


Ne reculant devant rien et ne rejetant à priori aucune idée, Berland et Moadab sont allés l’interroger :

 

INTERVIEW D’ETIENNE CHOUARD

by JahRaph

 

(C'étaient les débuts : la video n'est pas encore animée.)


***

André Bellon

Non seulement Étienne Chouard n’est pas le seul à préconiser une Constituante, mais c’est même quelqu’un d’autre qui en a eu l’idée :

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Andre Bellon, ancien député socialiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, est polytechnicien, ingénieur civil des Ponts et Chaussées et Administrateur de l'INSEE. Il est aujourd’hui retiré de la politique et collabore régulièrement au Monde Diplomatique.

Très critique sur les dérives du PS et de la vie politique française, il devient, courant 2006, l'un des fondateurs du groupe de réflexion « République ! », et en 2007, il fonde l'association pour une Constituante dont il est président. Celle-ci appelle le peuple français à modifier les institutions et à se réapproprier la vie politique autour d'une Assemblée constituante et de l'élaboration de cahiers de doléances.

www.pouruneconstituante.fr

Il s’en explique pour nos deux journalistes indépendants :

ANDRÉ BELLON : “LA CONSTITUANTE N’EST PAS SEULEMENT UN PROBLÈME D’INTELLECTUEL EN CHAMBRE UN PEU FADA !”

21 Mai 2012by Jonathan Moadab


***

 Sophie Coignard et Romain Gubert

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Sophie Coignard est journaliste, essayiste et grand reporter à l’hebdomadaire Le Point. Au travers de ses travaux ( une quinzaine d’ouvrages), la journaliste brosse le portrait d'une société française quasi mafieuse, gangrenée par le système de connivence et la loi du silence. Elle a écrit celui-ci à quatre mains, avec Romain Gubert.

Romain Gubert est rédacteur en chef adjoint au service Economie du Point.

Oligarchie des inc. 1 -9782226238603.jpgM. Gubert affirme un certain nombre de choses avec lesquelles nous ne sommes évidemment pas d’accord. En quoi la France serait-elle une démocratie et la Russie n’en serait-elle pas une ? Nous pensons qu’à l’heure actuelle, c’est exactement le contraire. C’est M. Chouard qui a raison de dire que la France n’est pas une démocratie, et M. Gubert qui a tort… de s’aligner sur la pensée dominante. Non, nous ne sommes pas en démocratie, ou si nous le sommes, c’est dans la mesure où nous sommes effectivement, tous (collectivement et individuellement) responsables de ce qui nous arrive et de ce qui arrive par notre faute, à tant d’autres qui subissent de plein fouet les conséquences meurtrières de notre passivité (Palestiniens, Afghans, Irakiens, Libyens, Syriens, etc., etc., etc., etc., etc., etc., etc., et Russes).

« L’élite n’est légitime que si elle est vertueuse » ? Mais le fait même de se vouloir « élite » met la vertu hors de sa portée.

Nous ne sommes pas non plus d’accord avec les seuls trois points de Mme Coignard pour définir l’oligarchie.

 [ Une oligarchie (du grec oligos (peu nombreux) et arkhê (commandement)) - est une forme de gouvernement dirigé par un petit groupe de personnes qui forment une caste dominante.  « L’oligarchie peut être faite de ceux qui se disent les meilleurs (« aristocratie» au sens étymologique), des plus riches (ploutocratie), des scientifiques et techniciens (technocratie), des Anciens (gérontocratie), de ceux qui bénéficient de la force ou de tout autre pouvoir de fait. » prétend Wikipédia. L'oligarchie existe lorsqu'une majorité d'hommes sans ressources et sans aveu (sans aveu ?)  se met à la discrétion de quelques riches, se livre à eux corps et âme, et qu'ainsi (là, c’est nous qui continuons) la puissance devient l'apanage non pas du peuple souverain qui a vendu sa souveraineté pour un plat de lentilles, mais d’un petit groupe d’hommes riches et déterminés, quelles que soient leurs tares et leurs crimes, qui concentrent dans leurs seules mains tous les pouvoirs. Si l’on y regarde d’assez près, oligarchie est pratiquement synonyme d’aristocratie et de dictature, dans la mesure où aucune des trois formes ne peut se maintenir sans le soutien d’une force armée mercenaire que seule une richesse démesurée leur permet de solder. ]

L’OLIGARCHIE DES INCAPABLES : INTERVIEWS DE S. COIGNARD ET R. GUBERT

21 Mai 2012by Jonathan Moadab



Mais Mme Coignard, au cours de cette interview, dit une chose qui est l’évidence même : « Il y a une volonté de ne pas savoir. Il y a une France qui ne veut pas connaître ce qu’on raconte. »  (« Une France » ? Elle est bien bonne.). Cela est si vrai que nous ne pouvons nous empêcher d’ajouter à son propos, en guise de point d’orgue, une réflexion que Koffi Cadjehoun vient de mettre sur son blog Au cours du réel :

Koffi Cadjehoun

EN TERNIR UNE COUCHE

 

*

 

Dernières minutes (il y en a deux) :


1

Les guerres qu'on nous fourgue se pressent à nos portes en rangs de plus en plus serrés. Elles finiront bien par devenir une seule et grande belle guerre planétaire. Atomique, bien sûr.

Pour l'instant, et puisque Russes et Chinois s'opposent à une invasion de la Syrie sous bannière de l'ONU, l'ONU a donné à son représentant - remplaçant de Ban Ki Moon - la mission d'y déclencher une guerre civile à tout prix en assassinant son président.

Des missions d'assassinat dévolues au haut représentant de l'ONU ? Oui. Mieux vaut le savoir.

Cet article de Thierry Meyssan fait aujourd'hui la une des sites d'information US non alignés (sur les merdias - repérez, dans les principaux cités par Meyssan, Le Canard enchaîné...) :

"Bashar must die!"

The Brahimi Plan

By Thierry Meyssan

August 30, 2012 "Information Clearing House" -  In the aftermath of the second Russian-Chinese veto which formally prohibited foreign intervention in Syria on February 4, the West feigned seeking peace while actively organizing a vast secret war. On the diplomatic front, they appeared to accept the Lavrov-Annan Plan, even as these same countries were facilitating the movement into Syria of tens of thousands of mercenaries and while UN Observers were escorting the leaders of the Free Syrian Army to get them through the roadblocks.

La suite ici :

  http://www.informationclearinghouse.info/article32321.htm 


Voici l'article d'origine, en français :



« SOUS NOS YEUX »

Le Plan Brahimi

par Thierry Meyssan


La presse occidentale salue la témérité de Lakhdar Brahimi qui relève le gant et accepte de remplacer Kofi Annan comme représentant spécial conjoint des secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie. En réalité, note Thierry Meyssan, sa mission est toute autre. À défaut de changer le régime de Damas, cet homme de confiance de l’OTAN est chargé de déclencher une guerre civile en Syrie.

 

Brahimi - Ban Ki Moon 1-3482-341dd.jpg

Suite au deuxième veto russo-chinois interdisant une intervention étrangère en Syrie (4 février), les Occidentaux ont feint de rechercher la paix tout en conduisant une vaste guerre secrète. Sur la scène diplomatique, ils mirent en avant le Plan Lavrov-Annan, tandis qu’en sous-main ils acheminaient des dizaines de milliers de mercenaires et que certains des observateurs des Nations Unies convoyaient les chefs de l’ASL, organisant leurs déplacements malgré les barrages. L’attentat qui décapita le commandement militaire syrien (18 juillet) devait ouvrir la porte de Damas aux Contras et permettre aux Occidentaux de « changer le régime ». Il n’en fut rien. Tirant les leçons de cet échec, et malgré le troisième véto russe et chinois, les Occidentaux ont choisi de franchir un pas : à défaut de « changer le régime », semer le chaos. Pour cela, ils ont saboté le Plan Lavrov-Annan et annoncé leur intention d’assassiner le président Bachar el-Assad.

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Source :

http://www.voltairenet.org/_El-Akhbar-Algerie_?lang=fr

 

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Notre ministre « étranger aux affaires de la France »

(dit Le petit Blanquiste qui est à lire absolument)


2


Sentences par ci, sentences par là.


 

 Corrie Rachel -220px-Rachel_Corrie_2003_March_16_cropped.jpgLe 16 mars 2003, Rachel Corrie, 23 ans, militante pacifiste et citoyenne US, essayant de faire un rempart de son corps à la maison d'un médecin palestinien qu'un bulldozer israélien allait raser, a été froidement écrasée par celui-ci, qui lui a passé et repassé sur le corps, tandis que le conducteur, un jeune homme de son âge, s'esclaffait dans son GSM : « Je crois que j'ai heurté un objet, ha ha ha ! »

Assassinat filmé de bout en bout.

Il va y avoir dix ans. La sentence de la j........ respectueuse israélienne vient de tomber : Pas d'assassinat du tout. Un bête accident. L'assassin blanchi aux enzymes gloutons. Avec la bénédiction du susnommé ministre étranger aux affaires de la France.

Ohé, les Filipetti, Duflot, Mélenchon, Mermet (!!!), Amnesty, NPA et les autres : ne criez pas trop fort, on risquerait de vous entendre.

 

Vendredi 31 août 2012

Rachel Corrie : Justice et Histoire...

par Georges Stanechy – A contre-courant

 

Rachel…

Nous le savions.

Le 28 août 2012, nous attendions le jugement. Après des mois de procédures, de reports incessants, de manœuvres dilatoires…

Soit ils allaient le reporter à nouveau. Soit ils allaient acquitter ton assassin… Celui dont ils n’ont jamais voulu donner le nom, ni montrer le visage. Surtout pas à tes parents, ta famille, tes amis. Pour des raisons de sécurité, disaient-ils.

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***

Mis en ligne le 3 septembre par C.L.

Révolutions colorées... Gay Prides... et coetera

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Révolutions colorées en cagoules... Abusives Gay Prides... et coetera

 

Par Catherine L.

 

Notre précédent post nous ayant valu off line deux commentaires et une question, nous allons, pour une fois, au lieu de vous parler de livres, y répondre ici.

On nous a dit « vos positions sont quand même extrémistes » ; on nous a demandé « êtes-vous homophobes comme The Saker ? » et on nous a dit encore « deux ans de prison pour du pipi-caca, tu admettras que c'est lourd ».

Réponse 1 :

Nous ne voyons pas en quoi rappeler que deux et deux font quatre serait de l'extrémisme. Nous n'inventons RIEN. En revanche, l'auto-aveuglement poussé si loin est bien, lui, une forme d'extrémisme dans le déni. Et il est vrai que les CAUSES de cette cécité volontaire – lâcheté crasse et servitude enthousiaste – nous déplaisent à l'extrême. Nous répugnent pour tout dire. Tout le monde n'est pas obligé d'avoir du courage. Nous n'en avons pas plus que d'autres. Pourquoi ne pas l'admettre au lieu de jouer les Tartufes déguisés en autruches ?

Réponse 2 :

Les Grosses Orchades ne peuvent répondre pour The Saker, que nous avons découvert en même temps que vous. Nous avons lu les papiers auxquels ses liens conduisaient et n'y avons rien vu d'homophobe. Je vais y revenir.

Réponse 3 :

Pour les deux ans de cabane clamés excessifs sanctionnant une manifestation estimée artistique doublée ou non d'une protestation politique, j'y viens tout de suite.

 

Mises au point

 

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Ôtez les couleurs et vous avez le Ku Klux Klan

 

Pourquoi « doublées ou non » ? Parce que le single du désormais tube (qui se vend très bien, merci) et la video qui a fait le buzz sur la toile ne rendent pas compte de l'événement réel. Parce que les deux ont été fabriqués après coup par les services londoniens du Département d'Etat (US) et les journalistes z-indépendants du Guardian. Après ajout de quelques détails nouveaux : les attaques contre Poutine, par exemple, qui n'ont jamais été proférées dans la cathédrale du Christ Sauveur. Vous savez, avec Photoshop et du son digital, on arrive à faire des trucs pas mal, de nos jours. Et, bien sûr,  les « artistes » n'ont été arrêtées et inculpées qu'après que ces deux intéressants artefacts aient inondé l'Internet. Parce que les offenses faites aux croyants ont aussi offensé les impies (comment peut-on être à ce point per russe ?)

Contrairement aux militants de l'indignation sélective, je n'ai pas, une seule seconde, cru à la version des faits véhiculée par les vieux chevaux de retour de la propagande d'égout. Paranoïaque et complotiste comme je suis, j'y ai vu la main du frai de Goebbels lançant une attaque en règle, planifiée et concertée, contre l'Eglise orthodoxe russe, dans la foulée de celle qui a fait rage ces dernières années contre l'Eglise catholique et apparemment pour les mêmes motifs (je veux dire dans le même but). Manoeuvre à laquelle « on » a ajouté des attaques ad hominem contre Poutine. Pour rentabiliser au maximum la mise de fonds, certes, mais aussi, bien, sûr, pour punir les Russes de s'être mis dans le chemin de nos caprices en Syrie. De quoi se mêlent-ils ces multipolaires ?!

[ Loin de nous l'idée de semer la zizanie chez les croyants, mais, vous avez remarqué ?... Plein de pédophiles chez les cathos... Plein de corrompus chez les orthodoxes... Que des terroristes chez les coraniques... et chez les luthériens, calvinistes, anglicans, piétistes, baptistes, anabaptistes, quakers, unitariens, méthodistes, presbytériens, pères pèlerins, frères moraves, témoins de Jéhovah, scientologues, mormons et adventistes du 7e jour ? RIEN, nada de nada, pas la moindre main baladeuse, pas le plus petit billet vert égaré dans une poche prêcheuse... Tudieu, que de vertu ! Et on s'étonne qu'ils veuillent nous faire la leçon ? Ceci était une parenthèse. ]

Les leçons de vertu, donc, outre la prière punk susdite, ont encore pris ces formes :

 

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Appel à destruction de monuments publics

(et les Russes n'ont qu'à parler anglais comme tout le monde)

 

Bien entendu suivi d'effet. Ce qui énerve à Marseille  :

Safia Lebdi, élue de la République Française du groupe EELV, cautionne les actes de profanation des FEMEN

Il est temps que les élu(e)s de la République rendent des comptes  non seulement pour leurs actes mais aussi pour leur prises de position !

A force de permettre qu'ils soutiennent l'insoutenable  nous autorisons une impunité qui amènera les débordements les plus sectaires sur notre territoire et qui peut à terme menacer notre sécurité nationale .

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Enfin, pendant qu'on y était, car à quoi bon lésiner :

 

 Appel au meurtre -546561_406382009429671_85079561_n.jpg

Appel au meurtre par voie d'affiches

 

Egalement suivi d'effet, même si on se contente, pour l'instant, de cibles lambda  (on notera que l'assassin est au moins bilingue) :

Vendredi 31 août 2012

Russie-Kazan : Ils ont commencé à tuer pour Pussy Riot ! MAJ

Le pire qui était à craindre en Russie est arrivé. Comme je l'avais annoncé, citant l'archiprêtre Vsevolod Chaplin, une réponse faible ou une absence de réponse des autorités Russes aux actes de profanation commis contre les symboles religieux orthodoxes après l'annonce du verdict du jugement des Pussy-Riot allait entraîner une montée en puissance de la violence anti-orthodoxe et se terminer par des meurtres.

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Notre avis :

L'Eglise byzantine et celle de Rome sont assez grandes pour se défendre toutes seules, et, ici, on est athées. Nous n'allons donc pas nous croiser pour libérer le tombeau du Christ ni prétendre que les religions organisées sont des ramassis de petits saints. Mais les manifestations d'intolérance nous gênent, d'où qu'elles viennent et où qu'elles aillent. Surtout si elles sont déchaînées par la fine fleur des oppresseurs, au nom des femmes et de la liberté d'expression.

« Des oppresseurs » ? Croit-on sérieusement qu'un tel pandémonium puisse être le fait de trois pauvres gourdasses, qui déployaient depuis des mois de grotesques efforts pour se faire arrêter sans jamais y être parvenues ? Manipulées, certes, et pas qu'un peu. Mais je ne partage pas à leur égard la compassion de Paul Craig Roberts : « Mon coeur va vers les trois femmes russes qui forment l'orchestre de rock Pussy Riot. Elles ont été brutalement trompées et utilisées par les ONG aux gages de Washington, qui se sont infiltrées partout en Russie. On a chargé les Pussy Riot d'une mission qui était clairement de bafouer les lois en vigueur.»

Moins naïve ou moins généreuse que lui, je n'arrive pas à voir ces femmes comme des victimes : accepter de l'argent ou toute autre forme de gratification d'une puissance étrangère en train d'encercler votre pays pour l'aider à subvertir son intégrité est un crime de haute trahison. En d'autres temps et en d'autres lieux, les trois sottes auraient eu droit à la corde, au mur ou à la guillotine, sans que personne songe à moufter.

Notre post n'a fait le parallèle qu'avec Assange et Manning parce qu'il s'était imposé à l'auteur du billet, mais nous aurions pu en faire un autre. C'est Georges Stanechy qui s'y est collé sur son excellentissime blog A contre courant.

dieudonné-chrisactu.jpgCombien d'années y a-t-il en effet que Dieudonné peut être - et est - interdit d'exercer son art (oui, son art, vous n'êtes pas obligé d'aimer, il ne vient pas l'exercer chez vous de force) par le premier affairiste ou politicard venu, sans jamais avoir été condamné à quoi que ce soit, pour quoi que ce soit par aucun tribunal ? Et qu'ont fait pendant tout ce temps nos champions de la liberté d'expression ? Tenu leurs manteaux aux lapideurs pour qu'ils aient les mains plus libres ? L'ineffable Filipetti fait grand cas de « l'insolence de leurs vingt ans » (elles en ont trente), et si Dieudonné n'a plus ses vingt ans, il a des enfants à nourrir et à élever, qui se débrouilleront comme ils pourront avec un père empêché de gagner sa vie pendant beaucoup plus de deux ans parce que ses opinions déplaisent aux puissants et à leurs roquets.

Il n'y a pas pires esclaves que ceux qui se font croire qu'ils sont libres, dit Goethe. Et il y a des gens qui se croient en démocratie parce qu'on leur permet d'aller brailler dans la rue des slogans qui servent les intérêts de leurs maîtres. Qu'ils essaient donc de manifester une seule fois en faveur de quelque chose qui leur déplaît pour voir...

Samedi 18 août 2012

« Pussy Riot » & Propagande de Caniveau...

Georges Stanechy - A contre-courant

 

« Les mots, dans le monde où nous vivons, sont souvent employés pour déformer, dissimuler, ou manipuler, le sens qu’ils sont censés véhiculer… C’est devenu un langage de mensonges.

Ces mensonges peuvent atteindre une telle force persuasive, envahissante, que le menteur lui-même est convaincu de dire la vérité. »Harold Pinter

Une « prière Punk »

Je  me délecte, en cette période estivale, des feuilletons médiatiques. Mieux que « Plus Belle la Vie », contempler « Plus Belle l’Imbécillité », pour rester poli : quel régal ! Le record dans le genre : l’hystérie collective de tous nos médias s’emparant de l’affaire “Pussy Riot” en Russie…

Ce groupe de Rock-Punk, composé de trois femmes russes, vient d’être jugé pour délit d’incitation à la haine religieuse, atteinte à l’ordre public et aux institutions de l’Etat, provocation à l’émeute, insulte au chef de l’Etat, dégradation d’édifice, violence physique sur personnes et autres délits qualifiés de « hooliganisme ».

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*

 

Je m'en voudrais de passer sous silence le papier, intrépide et informé comme toujours, qu'Israël Shamir a consacré à l'affaire.

Pour ceux qui débarquent dans ce blog, je rappelle qu'Israël Adam SHAMIR est un écrivain et journaliste qui a la double nationalité russe et israélienne ; qu'il vit en Russie et retourne quelquefois dire bonjour en Palestine; qu'il s'est converti au christianisme orthodoxe à peu près quand Mordechai Vanunu s'est converti au catholicisme,  et qu'il dénonçait déjà les menées de ces petites mains de la CIA au mois de janvier 2012. Sa foi le regarde, ce n'est pas notre affaire, mais ses opinions, ses analyses et ses prises de position politiques nous intéressent au plus haut point. On ne perd jamais son temps à le lire, et je recommande en passant, aux internautes curieux de la vie en Fédération de Russie, ses autres articles traduits en français. On va sur : http://www.israelshamir.net/, on clique sur « Français» dans la colonne des langues et on les a tous. Pour le machin du jour, c'est là :


Mégères non apprivoisées : les "Pussy Riots"

 par Israël Adam Shamir

 

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Elles n'ont jamais rien produit, mais sont universellement admirées; vous n'en voudriez sûrement pas chez vous, mais vous voulez absolument qu'elles fassent la loi chez vos adversaires, et qu'ils les adorent. Vous voulez que je vous fasse un dessin ? Elles ont choisi un nom qu'on ne peut pas répéter en société, nous les appellerons par leurs initiales, les PR, et on ne saurait nier qu'elles aient du talent pour les relations publiques.  Mais de quoi s'agit-il ? Ce n'est pas un groupe de rock ou des punk. Un journaliste anglais s'en étonnait : elles n'ont jamais produit un air, une chanson, un graffitti, rien, nada de nada, nothing at all. Alors comment peut-on  les qualifier d'artistes ? Question délicate pour leurs supporteurs, mais ils s'en tirent élégamment : c'est le Département d'État US, réputé pour son amour de l'art, qui a payé pour leur premier et unique single, fabriqué par The Guardian à partir de quelques images et bruitages.

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Enfin, comme il était prévisible, les «chanteuses» à un seul single ont déjà fait des émules. En Allemagne. Et l'Eglise d'Allemagne a riposté. S'agit-il, se demande Philippe Grasset, d'un phénomène spontané de mimétisme, d'une sorte de mode qui saisirait les esprits faibles ? Il n'en croit rien. Nous non plus. Saluons en passant ce blog très informé, aux analyses toujours pointues. C'est là :

 

25/8/2012 - Bloc-Notes

Qu’est-ce que l’Allemagne va faire de son Pussy Riot ?

Autour du procès et de la condamnation des trois jeunes femmes russes du groupe Pussy Riot, il y a eu de nombreuses “actions” du domaine dans le monde extrêmement civilisé du bloc BAO, en signe de solidarité et d’activisme postmoderniste. Ce fut le cas dans la cathédrale de Cologne (voir Russia Today, le 20 août 2012), où trois jeunes gens, – deux du sexe masculin et un du sexe féminin, – accomplirent une performance équivalente à celle des Pussy Riot en février. Les trois personnes ont été arrêtées et inculpées.

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Et pendant que vous serez dans le Bloc-Notes de DeDefensa.org, ne ratez pas les aventures de l'inénarrable Laurent Fabius chez les Turcs. Ce serait dommage :

 

Hillary, Hague & Fabius, le nouveau groupe Pussy Riot

Il faut le noter avec une certaine préoccupation : les éminences diplomatiques de nos puissances tutélaires du bloc BAO commencent à laisser planer quelques inquiétudes sur leurs comportements. C’est assez remarquable parce que l’habitude des choses nous a accoutumés à la mesure, la politesse, le self-control, l’habileté au compromis, éventuellement l’élégance de ces maîtres de la diplomatie. Ils ont dans leur lignée des noms honorables et fameux, les Vergennes, Talleyrand, Tocqueville, Jobert, les Wellington, Palmerston, Anthony Eden, les Thomas Jefferson, Marshall, Acheson, – que du beau linge, et qui savait diablement se tenir… Qu’est-ce qui leur prend ?

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[ «Bloc BAO = Bloc Atlantiste Occidentaliste, soit USA, Royaume Uni, France, Israël, les deux Canadas, Australie, Nouvelle Zelande, et, bien entendu, le reste de l'Union Européenne. ]

[ Extrait de citation de Webster Griffin Tarpley – PressTV.com - sur la déclaration de Fabius : « C'est un langage que nous n'avons pas entendu en Europe depuis l'ère fasciste. C'est le langage d'une dictature fasciste, et, bon, Fabius n'est pas encore tout à fait ça, mais (...) il va dans cette direction. » ]

 

Ce n'est pas notre faute si l'actuel gouvernement français n'en rate pas une... Ceci n'était pas prévu dans nos Mises au point.

 

24.08.2012

La Dissidence française

Lettre ouverte à Cécile Duflot : « Que diriez-vous d'assumer ? »

par Vincent VAUCLIN,

 

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Madame la Ministre,

Ce jeudi 23 Août 2012, vous avez risiblement honoré votre fonction en posant avec une cagoule et une petite ardoise arborant fièrement ce message éminemment subversif “Free Pussy Riots”.

Votre soutien à un groupe de “féministes punk” est en effet ridiculement essentiel. Les “Pussy Riots” se sont illustrées par la profanation de la Cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou.

Dénonçant “l’autoritarisme russe”, vous ne réalisez sans doute pas la portée nocive de ce geste qui, en vertu de la Loi Française, aurait pu être puni de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

En tant qu’écologiste, il vous semble également naturel de soutenir ce groupe, dont l’une des membres s’illustra notamment par l’introduction d’un poulet mort dans son vagin : le respect de la vie animale vous semble ici accessoire.

Votre soutien à ce groupe de dégénérées, tombant simplement sous le coup du droit commun russe, est d’autant plus indécent que vous assumez la fonction de Ministre du Logement.

Lire la suite...

Source :

http://la-dissidence.org/2012/08/24/lettre-ouverte-a-cecile-duflot-que-diriez-vous-dassumer/

*


Ecce homos


Pour nos lecteurs non anglophones, The Saker, parlant de « lobby homo » renvoyait à un de ses articles, consacré à la décision récente des autorités russes d'interdire l'organisation de Gay Prides sur le territoire de la Fédération pour les cent ans à venir.

Gay-pride-parade-fairy.jpgIl en jubilait, se promettant d'assister à une levée de boucliers gratinée de la part des missionnaires de la démocratie bien-pensante, chose qui, évidemment, n'a pas manqué de se produire : Human Rights First vient de condamner la Russie.

The Saker n'aime pas les Gay Prides. Nous non plus. Ses raisons, il les expose avec force et clarté. L'échange d'opinions qui suit son article est au moins aussi intéressant, mettant aux prises, entre autres et outre lui-même, un croyant musulman et un homosexuel athée. Les arguments des uns et des autres valent certainement qu'on les prenne en compte. Je me contenterai, ici, pour mes lecteurs sourcilleux d'avancer autant que possible les miens.

Oui, la Gay Pride me gêne, comme me gênerait une Hétéro-Pride. Pourquoi ? Parce que, sous ses airs libertaires, c'est une manifestation d'intolérance et un abus de pouvoir.

The Saker et ses hôtes s'empoignent – courtoisement mais pas à fleurets mouchetés – sur le point de savoir si l'homosexualité est innée ou acquise, si elle est dans votre ADN ou s'il s'agit d'un virus, et si les sociétés ont ou non raison de la réprimer. Débat qui fera encore couler beaucoup d'encre, j'en ai peur, mais qui n'est pas notre sujet de préoccupation, ni celle, à mon sens, des autorités russes. Interdire l'organisation des Gay Prides n'est pas interdire l'homosexualité.

Gay pride Paris -45681441_gay_praid_2009_095.jpgInnée ou acquise? Quel intérêt quand les jeux sont faits ? Ceux qui appartiennent à cette tranche de la société doivent vivre avec leur particularité et trouver, dans cette société, leur place. A droits égaux. Que les homosexuels, mâles ou femelles, puissent vivre sans être persécutés, puissent cohabiter, tester, hériter entre eux s'ils le souhaitent, sont des droits fondamentaux que nul n'a le droit de leur contester. Mais qu'est-ce que vivre en société , sinon essayer d'y jouir d'un maximum de liberté sans que ce soit au détriment de la liberté des autres ? Et c'est là que le bât blesse.

Que des homosexuels exhibent leurs préférences sexuelles dans la rue n'est pas un crime. C'est un manque de savoir-vivre et une manifestation d'intolérance. Une Gay Pride est aussi offensante que le serait une Hétéro-Pride, une Sadic-Pride ou une Pedomaniac Pride. La sexualité est affaire intime. Exhiber sa libido sur la voie publique peut offenser les autres, y compris les homosexuels non-exhibitionnistes.

The Saker y voit une démarche fascisante. Sans aller jusque là (surtout dans les intentions) il faut reconnaître qu'imposer ses préférences – ou le spectacle de ses préférences – à ceux qui n'en ont que faire est une manifestation de pouvoir. Abusif. Et infantile, par définition.

On peut regretter que les autorités russes aient dû légiférer pour pallier le manque d'auto-discipline et de savoir-vivre d'une partie de leurs compatriotes. Mais les autorités russes ne sont pas redevables de leur administration du pays qu'aux seuls homosexuels et sont, en outre, confrontées à des attaques venant de toutes parts, dont le but (revendiqué!) est de subvertir et de dissoudre la société russe. L'organisation de Gay Prides est un des moyens utilisés pour y parvenir, même si ceux qui veulent s'y livrer n'en sont pas conscients. Dans la mesure où ce genre de festivités non spontanées ne se produit que dans des sociétés en décomposition, un gouvernement démocratique n'a pas seulement le droit mais le devoir de s'y opposer. Et tant mieux si les personnes concernées comprennent son souci et consentent de bon gré à vivre leur sexualité dans leur chambre à coucher ou tous autres endroits discrets.

Cette occasion est aussi bonne qu'une autre de nous rappeler deux ou trois choses. Pas de panique ! Il ne s'agit que de résumer les derniers dix mille ans d'histoire.

Avant l'Histoire, justement, il y eut le matriarcat ou « tout le pouvoir aux mères de famille » (ce que contestait feu Georges Dumézil mais ses fantasmes sont son affaire). Un jour, les pères se révoltèrent contre cet état de choses effectivement oppressif et injuste, qui les infantilisait. Cependant, au lieu de réclamer leur part de droits et de responsabilités, et précisément parce qu'ils étaient infantiles, ils prirent le pouvoir. Ce qui se traduisit presque partout par l'enfermement et l'infantilisation forcée des femmes. Les filles devinrent propriété et objets de troc des pères, utilisables à merci pour accroître et affermir leur pouvoir. Les fils, rivaux potentiels dès la puberté, ne furent pas mieux lotis. Infantilisés eux aussi et autorisés à sortir de cet état de dépendance absolue uniquement pour aller combattre – et si possible se faire tuer – dans les guerres fomentées par les pères, dans le but sempiternel d'accroître et de renforcer leur dit pouvoir. Depuis l'existence, même embryonnaire, du patriarcat (« tout le pouvoir aux pères de famille »), la volonté de puissance et la cupidité ont régi les sociétés des pères, lesquels ont hélas conservé leur infantilisme d'origine, tout en l'imposant à femmes, filles et fils. L'infantilisme est LA plaie cardinale du genre humain et le responsable de 90% de ses misères.

Mais les homosexuels ?

N'avaient pas été mieux lotis sous le matriarcat, les mères, pas plus que les pères, n'ayant eu que faire de non-reproducteurs.

De tout temps persécutés à peu près partout.

Sauf chez les Grecs il est vrai, où l'homosexualité masculine fut même institutionnalisée. Mais pas son libre choix. Puisqu'elle fut imposée au contraire, à tous les mâles mineurs d'âge sans distinction. Mais en fait, ce n'est pas l'homosexualité qui fut imposée mais la bisexualité : les femmes au gynécée, à obligatoirement engrosser pour assurer la descendance, et les petits garçons, pour le soulagement et la bagatelle. But hautement politique : ne laisser aucune ombre de possibilité aux femmes de jouer un rôle actif dans la société en tenant, par exemple, l'un ou l'autre mâle par les couilles. Qui contrôle la sexualité contrôle la société. Aujourd'hui comme dans la Grèce antique.

Au point d'explosion démographique où nous sommes arrivés, alors que les oligarchies occidentales songent à supprimer par des moyens divers une partie de l'espèce humaine (qui continue à manger alors qu'elle ne leur sert plus à rien), alors que les si-peu-démocrates-Chinois (ah, la la) légifèrent pour interdire plus d'un enfant par famille, on pourrait penser que le moment est venu de laisser les homosexuels enfin vivre leur vie sans brimades.

The Saker dit qu'aux USA, la décision de dépénaliser l'homosexualité « fut une décision politique née d'un rapport de forces » (c'est vrai) et « sans fondement scientifique » (la science n'a rien à voir dans l'affaire, puisqu'il s'agit d'affect et que l'affect humain est aussi bien connu de la science que le sous-sol d'Aldébaran).

Quelle a été et quelle est encore l'arme absolue du patriarcat pour pérenniser son pouvoir ? L'institution du mariage. Qu'il soit monogamique ou polygamique. C'est pourquoi on peut s'étonner que les homosexuels, au moment où le rapport de forces leur devient favorable, loin de diagnostiquer correctement et de combattre la cause première de leurs malheurs, réclament assez sottement le droit de se marier. Le beau Barak Obama, ratissant  jusque dans les coins, vient de le leur accorder.

Certes, les homosexuels n'ont pas à s'attaquer, seuls, aux tares des sociétés dans lesquelles ils vivent, mais l'instinct de conservation le plus élémentaire aurait dû les inciter à un peu moins de panurgisme et d'obéissance aveugle aux diktats du dernier avatar du patriarcat. Gay Prides indeed !

La permissivité, à l'égard de tout ce qui a été si longtemps réprimé est partiellement inévitable (rapport de forces changé par la démographie galopante et la décadence) et partiellement voulue par les oligarchies occidentales, dont le pouvoir ne peut se maintenir que par la dislocation du tissu social des contrées qu'elles veulent à leur botte. D'où l'organisation, forcée s'il le faut, de Gay Prides et de Pussy Riots.

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Sofia, Bulgarie - Monuments aux morts soviétiques et bulgares de la IIe Guerre Mondiale

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A ce propos, deux mots de conclusion sur la Russie, puisque la Russie vient de faire savoir qu'elle ne voulait pas de la dislocation de son tissu social. Les attaques portées à sa cohésion, sous des formes de moins en moins camouflées, ont eu le résultat – imprévu pour les initiateurs – de resserrer les rangs, y compris ceux de l'opposition, autour du gouvernement de Vladimir Poutine. (On entend d'ici la meute de service aboyer au nationalisme).

Pour ceux qui sont bouchés à l'émeri :

Vladimir Poutine et son gouvernement ont été élus, à une majorité importante des voix, dans des conditions de régularité que nous pouvons leur envier, par une population de 143 millions de personnes. Ces gens ont des lois et n'en déplaise aux hystériques laveurs de cerveaux de l'Occident, la Fédération de Russie est une démocratie. Comme toute démocratie, elle a une opposition. Elle en a même plusieurs. Il est hautement réjouissant que les tarés apprentis sorciers de l'Empire, avec leurs chiffons à trous sur la tête, aient réussi ce que la bonne volonté de l'équipe au pouvoir n'avait pu faire jusque là : rassembler même l'opposition autour d'elle. Evidemment pas l'opposition milliardaire. Mais, par exemple, l'opposition communiste et son chef, Guennadi Ziouganov, principal rival de Vladimir Poutine aux dernières élections présidentielles. (Eh oui, en Russie comme en Italie, il y a des communistes qui vont à la Messe). Et, bien entendu, le vieux Soljénitsine, qui a vu l'Amérique et qui en est revenu.

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Réaction naturelle d'une nation digne de ce nom.

Salut et fraternité à elle.

Bref, après les tentes oranges, la révolution (oufti!) des roses et les bandeaux verts censés purger le monde de l'abominable Ahmadinedjad, voici les balaclavas multicolores. Quels trésors d'invention ! On résiste mal à l'envie d'ouvrir des paris. Ce sera quelle couleur pour Chavez ? Et pour Correa ? Pour Castro, ça, on sait déjà : couleur foire de cochons.

Oh, pardon.

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Saint Petersbourg : V. Poutine payant de sa personne à une collecte de fonds pour les enfants cancéreux.

(Ce n'est pas une prière, ni punk, c'est juste du Louis Armstrong, et l'accent n'est pas terrible.)

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Ce blog est comme les opéras de Richard Wagner : quand on croit que c'est fini, il y en a encore . Quelques articles exceptionnels, à lire pour ne pas mourir idiots :

Analyse de la situation en Syrie

Alain CHOUET

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Invité de l’Association Régionale Nice Côte d’Azur de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale) le 27 juin 2012, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, reconnu bien au delà de l’Hexagone pour son expertise du monde arabo-musulman, livre ici une vision intéressante et décapante.

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30 août 2012

Conspirationnisme : la paille et la poutre

Frederic LORDON

(des économistes atterrés – atterres.org)

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Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pardon : c’est une bénédiction. C’est la bénédiction des élites qui ne manquent pas une occasion de renvoyer le peuple à son enfer intellectuel, à son irrémédiable minorité. Que le peuple soit mineur, c’est très bien ainsi. Surtout qu’il veille à continuer d’en produire les signes, l’élite ne s’en sent que mieux fondée à penser et gouverner à sa place.

Pour une pensée non complotiste des complots (quand ils existent)

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30 août 2012

Postmodernisme ? (Znet)

Noam CHOMSKY

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Récemment Z a reçu des questions à propos de la pertinence et de la portée éventuelle de ce qui est appelé postmodernisme. Nous avons dans le passé – lorsque c’était un sujet plus d’actualité, ou qui en tout cas semblait l’être – publié plusieurs essais, et même des débats sur le sujet. On peut facilement les trouver sur ZNet. Mais nous sommes tombés par hasard sur une reproduction de la longue réponse que Chomsky avait donnée sur ces questions dans un forum. Nous l’avons trouvée assez bien, et nous avons estimé qu’elle peut être publiée. Le texte ci-dessous avait été mis en ligne en novembre 1995, nous avons juste éliminé les noms des personnes qui interrogeaient Chomsky.

Il me semble que le débat avait commencé quand Mike et moi, avec peut-être d’autres personnes, avions été accusés de n’avoir point de théorie, et donc de ne pas pouvoir expliquer pourquoi les choses sont comme elles sont. Nous devions donc nous tourner vers la « théorie » et la « philosophie », ou « les constructions philosophiques », ou ce genre de choses, pour remédier à cette déficience et pouvoir comprendre ce qui se passe dans le monde, et pour agir. Ma réponse a toujours été de réitérer ce que j’avais écrit il y a trente-cinq ans*, longtemps avant l’éruption du « postmodernisme » dans la littérature : « S’il existe un corps de théorie, testé, vérifié, qui s’applique aux relations internationales ou à la résolution des conflits internationaux, voire même des conflits internes, son existence reste un secret bien gardé », malgré beaucoup de « prétentions pseudo-scientifiques ».

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Les trois suivants sont une dénonciation, très documentée et argumentée du rôle honteux joué par Amnesty International, Human Rights Watch et Chatham House (car il n'y a pas que l'ONU), dans la fabrication du consentement à la mise à sac du monde. Le Grand Soir a choisi de traduire celui de Diana Johnstone. Les deux autres sont en anglais. Sorry.

TUESDAY, AUGUST 21, 2012

Amnesty International is US State Department Propaganda

Amnesty run by US State Department representatives, funded by convicted financial criminals, and threatens real human rights advocacy worldwide.

by Tony Cartalucci

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Image: From Amnesty International USA's website, « Free Pussy Riot. » « Help Amnesty International send a truckload of balaclavas to Putin. » This childish stunt smacks of US State Department-funded Gene Sharp antics - and meshes directly with the US State Department's goal of undermining the Russian government via its troupe of US-funded « opposition activists » including "Pussy Riot" . That Amnesty is supporting the US State Department's agenda should be no surprise, it is run literally by the US State Department's Deputy Assistant Secretary for International Organizations, Suzanne Nossel.

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Ce texte, traduit en français, vient de paraître sur le blog Résistance 71 :

Allez, on vous l'ajoute :

Droits de l’Homme et hypocrisie :

Amnesty International comme agence de propagande du ministère des affaires étrangères américain…

A lire en parallèle l'article de Paul Craig Roberts sur la diabolisation de Poutine et la corruption des organisations de défense des droits de l’Homme comme Amnesty International. L’éveil et la poussée de démystification salvatrice semblent opérer de concert…

Résistance 71 –

Amnesty International est une agence de propagande du ministère des affaires étrangères U.S.

Amnesty est dirigée par des représentants du ministère des affaires étrangères états-unien, est financée par des criminels financiers condamnés et menace la véritable défense des droits de l’Homme partout dans le monde.

 par Tony Cartalucci

le 21 Août 2012,

Souvent considérée à tort par beaucoup comme étant la quintessence sur la question des droits de l’Homme dans le monde, cela pourra choquer certains d’apprendre qu’Amnesty International n’est en fait qu’un des plus grands obstacles à la véritable cause et défense des droits de l’Homme sur cette planète.

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Institute for Political Economy

Pussy Riot, The Unfortunate Dupes of Amerikan Hegemony ~ Paul Craig Roberts

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August 22, 2012

My heart goes out to the three Russian women who comprise the Russian rock band, Pussy Riot. They were brutally deceived and used by the Washington-financed NGOs that have infiltrated Russia. Pussy Riot was sent on a mission that was clearly illegal under statutory law.

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31 août 2012

Pussy Riot et Amnesty International : Le déclin de la protestation politique (Counterpunch)

Diana JOHNSTONE

Pussy - Johnstone -arton17587-2b2a8.jpgIl était une fois une organisation appelée Amnesty International qui se consacrait à la défense des prisonniers de conscience partout dans le monde. Son action était guidée par deux principes qui ont contribué à son succès : la neutralité et la discrétion. Dans le contexte de la Guerre Froide, Amnesty International à ses débuts prenait soin d’équilibrer ses campagnes en faveur des prisonniers entre les trois régions idéologiques : l’Occident capitaliste, l’Est communiste et les pays en voie de développement du Sud. Les campagnes étaient discrètes, évitant les polémiques idéologiques et se concentrant sur les conditions physiques et juridiques des prisonniers. Leur objectif n’était pas de se servir des prisonniers comme d’une excuse pour s’épancher contre un gouvernement « ennemi », mais de convaincre les gouvernements de cesser toute persécution contre des dissidents non-violents. L’organisation réussit à exercer une influence civilisatrice universelle.

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Découvrir, en l'espace de trois jours, ce qu'avaient à nous dire Chouet et Lordon, mais aussi ce que nous disent Cartalucci, Craig Roberts et Johnstone, interdit de désespérer.


Fluctuat Nec Mergitur


Catherine L.

Le 3 septembre 2012






24/08/2012

Pussy Riot vs. Julian Assange

La Nef des fous - Vladimir VERESCHAGIN.jpg

« On n’a pas le droit

de scandaliser les croyants »

Marat

 

Pussy Riot vs. Julian Assange, à chacun son bon et son méchant.

 

par The Saker

17 août 2012 – Information Clearing House

Deux cas très médiatisés de liberté d’expression font l’actualité ces jours-ci : le verdict dans le procès des Pussy Riot à Moscou et l’octroi, par l’Equateur, de l’asile politique à Julian Assange. Je pourrais dire que les deux cas sont, de bien des façons, sinon similaires, du moins comparables. Après tout, nous avons, dans les deux cas des gens qui ont décroché de l’université, qui ont bafoué les lois d’un pouvoir de première grandeur, et dans les deux cas, les protagonistes sont devenus une espèce de symbole de la résistance au pouvoir de l’Etat et au droit à la libre expression. Mais il y a aussi, entre les deux, des différences considérables, je dirais même cruciales, qui justifieraient tout autant qu’on les considère non comme similaires mais comme aux antipodes l’un de l’autre.

 C’est la raison pour laquelle, afin de clarifier la question dans mon esprit, j’ai décidé de dresser un petit tableau, dans lequel je compare les cas Pussy Riot et Julian Assange. Ce n’est évidemment pas une comparaison exhaustive. Il faut plutôt y voir une sorte de rapide évaluation, comme j’aurais pu la griffonner sur une nappe de restaurant.

 

 

Pussy Riot

Assange

 

 

Origine

Russe

Australienne

Protagonistes

Collectif d’anonymes

Personne individuelle

Délit

Appel à la haine prouvé

http://www.youtube.com/watch?y=ALS92big4TY

 

Prétendue relation sexuelle sans protection.

Prétendu espionnage

 

Motif idéologique

Arracher Poutine du pouvoir.

Féminisme de 3e génération.

Homosexualité.

Société ouverte.

Anti-guerre.

Information libre.

Presse libre.

 

Tactique de défense

Déni de responsabilité.

Revendication de responsabilité.

 

Légalité

Aligné sur la loi des medias dominants :

http://mercouris.wordpress.com/2012/08/07/pussy-riot-2/

 

Application de dispositions légales sans précédent.

Soutiens

Gouvernements occidentaux.

Elites occidentales.

Elites russes.

Gouvernement russe.

Opinion publique mondiale.

Elites occidentales.

 

Activités passées

Groupe d’organisation de « happenings » VOINA

 

http://kaifolog.ru/2010/08/27/poshto-pizdili-kuru-22-foto...

 

http://plucer.livejournal.com/281211.html?nojs=1

 

 

Pirate informatique et promoteur de logiciels libres.

Education

Décroché de l’université

 

Décroché de l’université

 

Entre nous soit dit, quand je considère ce tableau, je me demande encore comment un « groupe de jeu collectif » russe (c’est ce qu’ils prétendent être) comme Pussy Riot a pu devenir, en un instant, le méga-héros de tant de personnages publics. Vous pensez que j’exagère ? Jetez donc un œil à cette liste, que j’ai trouvée sur Wikipedia :

Kate Nash, Red Hot Chili Peppers, Sting, Peter Gabriel, Cornershop, Faith No More, Alex Kapranos of Franz Ferdinand, Neil Tennant des Pet Shop Boys, Patti Smith, The Beastie Boys, Refused, Zola Jesus, Die Antwoord, Jarvis Cocker, Pete Townshend, The Joy Formidable, Peaches, Madonna, Genesis, Tegan and Sara, Johnny Marr, Courtney Love, Iiro Rantala, Propagandhi, Anti-Flag, Rise Against, Corinne Bailey Rae, Peter Hammill, Kathleen Hanna, Björk, Paul McCartney, Yoko Ono, l’acteur britannique Stephen Fry, le maire de Reykjavik Jon Gnarr et Warren Kinsella. Une lettre de soutien de 120 membres du parlement allemand, le Bundestag, a été envoyée à l’ambassadeur de Russie en Allemagne, Vladimir Grinin. La lettre qualifie le procès fait à ces femmes de « disproportionné et draconien ». Le 9 août 2012, 400 supporteurs des Pussy Riot ont défilé à Berlin en portant des cagoules colorées, dans un show de soutien au groupe.

A ceci, il faut ajouter la couverture intensive, disons même franchement délirante, du procès des Pussy Riot par les medias dominants occidentaux. Bizarre, non ? Cela pourrait-il être dû à la qualité de l’« interprétation musicale » en elle-même (appelée « prière punk ») ? Eh bien, jugez-en par vous-mêmes :

 


Pour apprécier pleinement leur talent d’artistes, voici la traduction des paroles :


Vierge Marie, Chasse Poutine,

Chasse ! Chasse Poutine !

Soutane noire, épaulettes dorées

Tous les paroissiens rampent et se prosternent

Le fantôme de la liberté est au ciel

La gay-pride est envoyée en Sibérie, dans les chaînes.

Le chef du KGB est leur saint patron

Il conduit les protestataires en prison sous escorte.

Pour ne pas offenser les grenouilles de bénitier

Les femmes doivent enfanter et aimer

Sainte merde, merde, merde du Seigneur !

Sainte merde, merde, merde du Seigneur 

Sainte Vierge Marie, deviens féministe,

Deviens féministe, Deviens féministe

L’Eglise encense les dictateurs pourris

Les porteurs de croix font la procession en limousines noires

A l’école, tu te farciras un  prof prêcheur

Vas-y – apporte lui de l’argent !

Le Patriarche Gundyaev croit en Poutine.

Salope, tu ferais mieux de croire en Dieu.

La ceinture de la Vierge ne remplace pas les manifs

De protestation contre notre Marie-toujours-Vierge !

Vierge Marie, Chasse Poutine,

Chasse ! Chasse Poutine. »


Alors qu’on ne peut pas ne pas être d’accord avec certaines des idées contenues dans cette tirade (le Patriarcat de Moscou est en effet à la fois corrompu et totalement contrôlé par le Kremlin, et le Patriarche Gudyaev est un vaurien et un escroc de la pire espèce), il est évident pour moi que l’intention réelle de cette mascarade n’est pas de dénoncer des abus mais de réussir à provoquer un effet de choc maximal. En fait, le collectif Pussy Riot n’est rien d’autre que le dernier reconditionnement de l’infâme groupe de jeu « Voïna » (« guerre » en russe), qui s’est rendu tristement célèbre par l’organisation de happenings du genre orgies publiques dans des musées, séances de masturbation au poulet surgelé dans des supermarchés, provocations débiles de policiers médusés dans des commissariats, etc. etc. Vous croyez peut-être que je plaisante ? Eh bien, non. Et pour vous le prouver, j’inclus (avec répugnance et dans un format délibérément petit), une ou deux photos de ces «événements » dans le présent post. Et si vous trouvez que j’exagère, vous pouvez cliquer sur les liens qui suivent, montrant ces nauséeuses photos agrandies [Nous allons nous contenter de celles-là. NdCL ].

http://kaifolog.ru/2010/08/27/poshto-pizdili-kuru-22-foto...

http://plucer.livejournal.com/281211.html?nojs=1  *

Si le premier de ces événements prétendait être une forme de déclaration d’opinion sur celui qui était alors le président Medvedev, le second – intitulé « pourquoi le poulet fut foutu » et «histoire de comment le con nourrit la guerre » - ne comportait même pas le plus vague des messages.

Il est plutôt évident que ces dames, qu’on les emballe sous l’étiquette Pussy Riot ou Voïna, n’ont d’autre message et d’autre but que d’offenser, de dégoûter ou de choquer. Leur seul et unique trait de génie a été d’ajouter à leur répertoire habituel centré sur le sexe, un message anti-Poutine et anti-Religion Orthodoxe. Là, elles ont vraiment décroché le canard, puisque cela leur a valu, en l’espace d’une seule nuit, le statut d’héroïnes en Occident. Et ceci, à son tour, en dit bien plus long sur l’Occident que sur ces femmes sexuellement frustrées et pour tout dire détraquées.

En effet, tandis que les élites occidentales s’alignent derrière les Pussy Riot, un pays occidental présumé civilisé - le Royaume Uni pour ne pas le nommer - se comporte comme un régime nazi de bande dessinée en envoyant des lettres de menaces à un pays souverain, l’Equateur.

« Vous devez être conscient qu'il existe un fondement juridique au Royaume-Uni dans la Loi sur les locaux diplomatiques et consulaires qui nous permet de prendre des mesures pour arrêter M. Assange dans les locaux actuels de l'ambassade.

Nous espérons vivement ne pas en arriver là, mais si vous ne pouvez pas résoudre le problème de la présence de M. Assange dans vos locaux, c'est une voie qui nous est ouverte.

Nous devons rappeler que nous considérons que l'utilisation continue des locaux diplomatiques de cette manière est incompatible avec la CVRD (Convention de Vienne sur les relations diplomatiques) et insoutenable, et que nous avons déjà été clairs avec vous sur les conséquences graves pour nos relations diplomatiques. »

N’en déplaise au verbiage diplomatique dans lequel on s’efforce de l’emballer, ce n’est là qu’une vulgaire lettre de chantage digne de truands. De plus, et comme je l’ai déjà mentionné dans mes commentaires d’hier, il n’existe absolument aucun précédent, dans toute l’histoire récente, du genre de comportement adopté par le Royaume-Uni. En fait, TOUT, dans cette affaire, est un exercice sans fin de distorsion et de viol des lois, dans le seul but de persécuter Assange : de la ridicule allégation de sexe non protégé à la Notice Rouge d’Interpol et du refus catégorique des procureurs suédois d’interroger Assange en Angleterre au refus britannique de lui donner des garanties de non-extradition, pour finir par les menaces britanniques d’investir par la force l’ambassade d’Equateur dans leur pays, tout cela est, je le répète, absolument sans précédent.

Une fois encore, comparez cela au procès des Pussy Riot à Moscou, qui se classe tout à fait dans la norme, et même bien moins sévère que ce qui est considéré comme la norme dans la plupart des pays occidentaux (voyez cette excellente et très détaillée analyse juridique d’Alexander Mercouris pour davantage d’information).

Il est vrai que ce qui est au centre du débat, dans les deux cas, est la liberté d’expression.Peu importe que l’expression (le discours) soit politique ou défende un noble idéal, ou qu’il soit utilisé pour offenser, insulter ou choquer. Le discours est du discours malgré tout. Cependant, comment se fait-il que les élites occidentales ne soutiennent pas toutes les formes d’incitation à la haine comme elles soutiennent celle des Pussy Riot ? Est-ce que quelqu’un va sérieusement prétendre que si ces dames avaient organisé leur représentation dans, mettons, une synagogue française, les élites occidentales se seraient mobilisées en leur faveur ? Tout le monde sait bien que non. Alors, à quoi joue-t-on ici ?

En outre, le discours n’est pas la même chose que l’opinion. Si – du moins en théorie - les sociétés occidentales ne limitent pas l’expression d’opinions, elles limitent toutes la liberté de parole, ne fût-ce que pour des raisons de sécurité nationale, de répression d’incitation à la haine, de respect des lois en vigueur, etc.

Alors, finissons-en avec les conneries et dissipons toute confusion : le soutien des Occidentaux aux Pussy Riot n’est pas dû à leur opinion sur Poutine ou sur le Patriarcat de Moscou (de telles opinions peuvent être - et sont - couramment exprimées en Russie), et n’est pas dû non plus à un quelconque soutien de principe à la liberté de parole, que l’Ouest limite tout autant (et même bien plus que ne le fait la Russie à mon avis).

La triste vérité est que le soutien de l’Occident aux Pussy Riot n’est en réalité rien d’autre qu’une expression de plus de sa haine rabique de tout ce qui est russe ou russe orthodoxe. Et si cela implique la transformation d’une bande de femmes dérangées en étendard de la liberté, allons-y ! Et si cela implique aussi qu’on détourne le regard de l’obscène et outrageuse persécution d’un très réel héros comme Julian Assange [pour ne rien dire de Bradley Manning, NdCL ] par l’empire US et ses vassaux, allons-y aussi !

Paradoxalement, les Pussy Riot sont un parfait exemple de ce que l’Ouest représente, de même que Julian Assange est devenu le symbole de ce que la Russie – et toutes les autres nations de la terre qui refusent de se soumettre à l’empire US – représentent.

J’y vois une sorte de justice poétique, une forme de karma pour tout dire. L’Occident moderne, post-chrétien, païen et cupide, avec son arrogance et son hypocrisie sans bornes, a sombré dans l’idéologie guerrière de caniveau, soutenant ouvertement les tordus et les psychopathes et persécutant tout ce qui est noble et courageux. Je trouve aussi parfaitement beau qu’un petit pays comme l’Equateur ait osé ce dont les pays d’Europe si présomptueux et abusivement fiers d’eux-mêmes n’ont jamais été capables : faire preuve de vrai courage, de dignité et de respect de soi.


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En vérité : à chacun ses héros et ses méchants.

En guise d’épilogue provisoire :

Donc, les Pussy Riot se sont pris deux ans de prison. J’aurais préféré qu’on les condamne à cinq ans de travaux d’utilité publique (vous savez, à faire quelque chose de réellement productif pour leurs compatriotes), mais une telle sentence aurait aussitôt donné lieu à un nouveau cirque médiatique. Je suppose donc que le juge a pris la décision qu’il fallait.

Pour ce qui est d’Assange, son avenir dépendra du courage (ou du manque de) des autres pays d’Amérique Latine. L’Equateur ne peut pas, seul, triompher dans un bras de fer avec le Caniche de l’Oncle Sam, mais si cette affaire polarise suffisamment l’opinion publique en Amérique Latine, le sentiment d’outrage qui en résultera pourrait entraîner des conséquences économiques pour le Royaume Uni, qui pourraient bien à leur tour le forcer à trouver quelque solution civilisée et mutuellement acceptable à cette situation embarrassante. Il serait souhaitable aussi que la Russie et la Chine fassent entendre leur voix, mais je ne retiens pas trop mon souffle là-dessus, ces deux-là n’étant pas spécialement connus pour leur altruisme.

Encore une chose :

Je présente mes excuses à quiconque se sentirait offensé par les photos d’une vulgarité rare que j’ai mises en ligne. Premièrement, j’estime que nous sommes tous des adultes, mais plus encore, et tout comme je l’ai fait dans mes deux articles sur le « lobby homo » ( ici et ici ) j’ai le sentiment qu’il est important de montrer les choses comme elles sont dans la réalité et non par rapport à un concept abstrait. Discuter de diversité sexuelle ou de liberté d’expression est une chose, voir un homme à moitié nu ave des plumes dans le derrière ou une femme s’introduisant publiquement un poulet dans le vagin en est une autre. Une réalité obscène, dégoûtante et pathologique doit être montrée pour ce qu’elle est, pas pour ce que d’aucuns veulent qu’elle soit.

The Saker

P.S. Pour rire un bon coup, ne ratez pas la couverture du verdict de Moscou par la BBC.

PPS. Voici, pendant qu’on y est, la version ukrainienne du soutien aux Pussy Riot par le groupe féministe Femen. Vous y verrez la blonde Inna Shevchenko en boxer rouge et seins à l’air, abattre à la tronçonneuse une croix de bois catholique érigée au centre de Kiev.


 

 

[ La police ukrainienne recherche activement la gente Shevchenko pour lui réclamer des comptes. Le tarif, en Ukraine, pour ce genre de plaisanterie, est de cinq ans. Ce qui est bénin, si vous voulez l’avis du chevalier de la Barre. NdCL ]

Source : http://www.vineyardsaker.blogspot.be/2012/08/pussy-riot-v...

Via : http://www.informationclearinghouse.info/article32225.htm

 Traduction Catherine L.

 pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

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* Comme les Grosses Orchades s’adressent à un public d’adultes - et d’enfants qui passent tous les jours devant des kiosques à journaux, nous y ajoutons les liens-videos de ces manifestations artistiques :

http://www.youtube.com/watch?playnext=1&index=0&feature=&v=796-g_NQobA&list (imaginons les sarkocops à la place du keuf russe)

http://www.viddler.com/v/a2e3854 (vous entendez Tzara et Mouna se retourner dans leurs tombes ?)

http://www.viddler.com/v/f7f0f529  ( ??? )

et, ah, le poulet !

http://nataly-lenskaya.livejournal.com/348825.html


 

*

 

Ne reculant devant aucun sacrifice, nous ajoutons, aux informations de l’auteur sur les personnalités qui se sont mobilisées en soutien aux Pussy Riot, quelques précisions hexagonales et belgeoises.

Commençons par les nôtres, il y en a moins :

« A Bruxelles, une cinquantaine de personnes se sont réunies devant l’ambassade de Russie pour protester contre le verdict du tribunal de Moscou, à l’appel d’Amnesty International. On y remarquait, entre autres, la présence de l’échevin Henri Simons.»

Ali Aarass, tu aurais dû te faire punk et violer ta femme en public avec un balai de chiotte, Amnesty International se serait intéressé à toi !

Autres soutiens francophones:

Pussy Riot reçoit le soutien de Bernard Henri Lévy. Parmi les personnalités politiques françaises, deux ont réagi sur Twitter : Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement français, a déclaré que « l’impertinence ne devrait jamais amener en prison» et Jean-Luc Mélenchon a écrit : «Condamnation aberrante des Pussy Riots… Néocapitalisme & Église orthodoxe : deux faces d'un même obscurantisme funeste à la démocratie» . Par ailleurs, le 17 août 2012, un article de Libération titrait « Les artistes français aphones », regrettant que, « mis à part une pâle pétition, le milieu culturel ne réagit pas à l’affaire ».

Tout ça sur Wikipedia qui n’est pas aussi bien informé qu’on le pense.

Complétons sa fiche :

Du site Zebra Station Polaire :

Kulturkampf - Socialisme et barbarie : Voici ce que soutient Aurélie Filippetti !

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"Je suis consternée, je considère que cette sentence est absolument disproportionnée. C'est un verdict d'un autre âge pour une Russie que l'on croyait sur le chemin d'une évolution démocratique. C'est véritablement la liberté d'expression de ces jeunes femmes et la liberté artistique - qui passe par le droit de chacun d'exercer une dose de provocation et qui est intrinsèquement lié à la création, à la musique et surtout à la jeunesse - qui a été bafouée et piétinée aujourd'hui",

"Je regrette profondément cette décision et cette peine manifestement démesurée, à l'encontre de trois jeunes femmes qui ont l'insolence de leurs vingt ans et le goût de la provocation qui caractérise la musique punk"

 Source : http://zebrastationpolaire.over-blog.com/

 Du même :

Russie - Pussy Riot : la manifestation de soutien tourne court à Marseille – MAJ

Euh, c’est-à-dire qu’ils y furent une trentaine et se firent embarquer par les pandores.

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Christian Poitevin, poète et ancien adjoint à la culture de Robert Vigouroux, n'en revenant pas d'être embarqué au commissariat.

Motif : porter des cagoules sur la voie publique, c’est interdit.

Et pour brailler des vieux tubes d’Eddy Mitchell sur des paroles d’Hillary Clinton à Notre Dame ou dans une synagogue, ce serait combien ?

http://www.laprovence.com/article/a-la-une/a-marseille-le...

Mais à Paris il y avait bien davantage de moyens et… tous les militants du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Nous sommes sauvés !


Pour rappel.

Aux belles âmes pas du tout vénales d’Amnesty International :

Il y a dans les prisons US un jeune homme qui y est entré à 21 ans. Il va en avoir 24 et n’a toujours pas été jugé. Ses crimes ? Avoir transmis à Julian Assange, selon le mouchard qui l’a dénoncé, des cables diplomatiques US dont la publication embarrasse son pays en montrant trop crûment son vrai visage, mais surtout avoir rendu publique une vidéo qui montre des soldats US s’amusant à mitrailler des civils en Irak, dont des enfants et deux journalistes de l’agence Reuters. La vidéo a fait le tour du monde. Elle ne met pas du tout en péril la sécurité des Etats-Unis comme ceux-ci le prétendent, mais seulement leur image.

Ce qu’endure 24 heures sur 24 ce garçon depuis 821 jours ferait pâlir Torquemada, mais n’empêche nullement Amnesty International et les partisans du droit à l’insolence de dormir sur leurs deux oreilles et de digérer leur foie gras.

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Bradley Manning au moment de son arrestation

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Après quelques gâteries Obamaesques

 

Bradley Manning est un idéaliste qu’une indignation trop violente a poussé à prendre des risques. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à se faire punk et surfer comme tout le monde sur les vagues du conformisme.

L’objet du délit :

«Meurtres collatéraux par hélicoptère US en Irak»


 

Pendant que les bobos décadents exhibent leurs miches sur les trottoirs et adoptent la cagoule colorée – du dernier chic ma chère ! -, aux USA, moins d’une semaine après que les Occupy Oakland aient fait voler ses vitres en éclats, des habitants de la ville occupent le bureau de campagne d’Obama au nom de Bradley Manning.

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On voit ici Emma Cape, debout sur le propre bureau du candidat,  réclamer la libération du jeune militaire :

« Les soldats qui s’opposent à ces guerres illégales ont vu  arrêter Bradley Manning et ils le voient maltraiter depuis plus de deux ans. Beaucoup de gens avaient cru qu’Obama président abolirait la torture. Nous sommes là pour lui réclamer des comptes, pour  envoyer des fax à tous ses bureaux de campagne et pour exiger des réponses. »

 

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Bradley Manning-Julian Assange, même combat

 

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Pour ce qui est du soutien latino-américain à l’Equateur, The Saker aurait tort de se faire du souci :

20 août 2012

Affaire Wikileaks / Assange

COMAGUER

Julien Assange, citoyen australien créateur de Wikileaks, est poursuivi par la justice suédoise. Il a en effet été accusé par deux citoyennes suédoises d’avoir eu avec elles des rapports sexuels non protégés et la justice suédoise veut l’interroger à ce sujet avant d’éventuellement l’inculper. Mais il redoute de se rendre en Suède pour subir ces interrogatoires car il craint que la Suède ne le livre aux Etats-Unis (il y a des précédents) où il serait là poursuivi pour trahison en raison de la divulgation de nombreuses dépêches diplomatiques qu’il a piraté sur les sites officiels du Département d’Etat. Il risquerait alors la peine de mort.

Après un long séjour au Royaume Uni, il a senti le filet se resserrer autour de lui et a trouvé refuge à l’ambassade d’Equateur à Londres le 19 Juin 2012.

Lire la suite…

 *

 

Les nations sud-américaines soutiennent le droit souverain de l’Équateur à accorder l'asile à Julian Assange et dénoncent les menaces proférées par le Royaume-Uni

Déclaration de l'UNASUR en soutien à la République d’Équateur


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Ce dimanche, les ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), ont décidé de soutenir le gouvernement souverain de Rafael Correa, dans la décision prise par le pays d'offrir l'asile diplomatique à Julian Assange et ont exprimé leur opposition aux menaces du gouvernement de Royaume-Uni contre l'ambassade d’Équateur à Londres.

Le secrétaire général de l'UNASUR Ali Rodriguez a lu la déclaration du bloc régional qui comprend 7 points :

1 – Une expression de sa solidarité et de son soutien au gouvernement de la République d’Équateur face aux menaces de violation de sa mission diplomatique ;

2 – Une réaffirmation du droit souverain des États à accorder l'asile ;

3 – Une condamnation énergique de la menace d'un recours à la force entre États tout comme la réaffirmation de la validité des principes consacrés dans le droit international, le respect de la souveraineté et l'application à la lettre des traités internationaux ;

4 – La réaffirmation du principe fondamental de l'inviolabilité des locaux des missions diplomatiques et bureaux consulaires et des obligations des États hôtes, conformément à ce qui a été instauré par la Convention de Vienne de 1961 sur les Relations diplomatiques et par la Convention de Vienne de 1963 sur les Relations consulaires ;

5 – La réaffirmation du principe du droit international en vertu duquel il n'est pas possible d'invoquer le droit national afin de ne pas conformer à une obligation de nature internationale, comme cela est inscrit dans l'article 27 de la Convention de Vienne sur le Droit des traités de 1969 ;

6 – La réaffirmation de la validité des concepts de l'asile et du réfugié pour protéger les droits humains des personnes qui considèrent que leur vie ou leur intégrité physique se trouve menacée ;

7 – Un appel aux parties en présence à poursuivre le dialogue et la négociation directe à la recherche d'une solution mutuellement acceptable au regard du droit international ;

Déclaration signée à Guyaquil, en Equateur par les douze pays membres de l'UNASUR : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, Guyana, l'Equateur, l'Uruguay, le Paraguay, le Pérou, le Surinam et le Venezuela.

 

*

Déclaration de soutien de l’ALBA

au droit souverain de l’Équateur d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange

 

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Déclaration du IX ème Conseil politique extraordinaire de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), sur l'inviolabilité de la mission diplomatique de l’Équateur à Londres, et de soutien à son droit souverain d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange.

Les menaces proférées par le gouvernement du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, qui laisse ouverte la possibilité d'une entrée illégale dans l'Ambassade d’Équateur à Londres pour arrêter Julian Assange, constituent des actes d'intimidation qui portent atteinte à l’intégrité territoriale de la République d’ Equateur

Le gouvernement de l'Equateur a exercé son droit souverain en accordant l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange, qui l'a demandé, se sentant menacé dans ses droits humains et civiques.

Le concept d'asile diplomatique est prévu par de nombreuses conventions, traités et autres instruments internationaux, appliqués en conformité avec les principes du Droit international.

L’Équateur a agi dans le plus strict respect des normes du Droit international, et tout acte hostile du Gouvernement du Royaume-Uni signifierait une remise en cause inacceptable de sa souveraineté, par lequel le monde civilisé connaîtrait un recul vers un état de barbarie et d’irrationalité.

Les arguments livrés par le gouvernement du Royaume-Uni, invoquant des normes du Droit interne auxquels les traités internationaux ne peuvent se subordonner, sont en contradiction avec ses obligations internationales, et aux décisions précédentes de ce même gouvernement, ce qui révèle dans ses agissements une politique du deux poids deux mesures.

Conscients de la nécessité d'épuiser tous les recours diplomatiques pour sortir de la situation actuelle, à la lumière de la protection et de l'asile accordé par le gouvernement d’Équateur au citoyen Julian Assange, en faisant en sorte que prévalent la souveraineté, la libre détermination des nations et le respect du droit international:

Déclaration :

1 – Nous rejetons les menaces d'intimidation proférées par les porte-paroles du gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne comme violant les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale des nations, et des principes du Droit international ;

2 – Nous réaffirmons notre soutien catégorique au droit souverain du gouvernement d’Équateur d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange ;

3 – Nous exprimons notre rejet de la position du Royaume-Uni qui cherche à résoudre ses conflits avec les nations du monde entier, en particulier celles d'Amérique latine et des Caraibes, par des méthodes contraires au droit international ;

4 – Nous soutenons l'appel lancé par l'Union sud-américain des nations (UNASUR) à débattre sur la position hostile exprimée par le gouvernement du Royaume-Uni envers le gouvernement de la République d’Équateur, et à fixer une position claire de soutien à l’Équateur ;

5 – Nous estimons qu'il est important de faire avancer l'idée d'un grand débat à l'ONU sur l’inviolabilité des bâtiments diplomatiques et le respect plein et entier de la part de tous les États des principes du droit international ;

6 – Nous mettons en garde le gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne sur les graves répercussions que déclencherait, dans le monde entier, une violation directe de l'intégrité territoriale de la République d’Équateur à Londres ;

7 – Nous lançons un appel à tous les gouvernements du monde, aux mouvements sociaux, aux intellectuels, afin qu'ils s'opposent à cette nouvelle tentative du gouvernement britannique d'imposer par la force sa volonté à des nations souveraines ;

8 – Nous nous engageons à faire le maximum pour accorder à cette déclaration la diffusion et la publicité la plus large possible .

Déclaration signée par les 9 pays membres de l’ALBA :  `

Antigua-et-Barbuda, Cuba, la Bolivie, la Dominique, l’Equateur, le Honduras, le Nicaragua, le Venezuela, Saint-Vincent-et-les-Grenadines,.

L’ALBA compte 4 pays observateurs :

Haïti, L’Iran, la Russie, l’Uruguay.

 

*

 

Déclaration de Julian Assange, à l’Ambassade d’Equateur à Londres.

Julian ASSANGE

 

 

 

Je suis ici parce que je ne peux pas être avec vous. Merci d’être venus. Merci pour votre obstination et votre générosité d’âme.

Mercredi soir, après qu’une menace ait été envoyée à cette ambassade et que la police ait assailli le bâtiment, vous êtes venus en pleine nuit pour veiller sur lui, et vos yeux sont devenus les yeux du monde entier.

Lire la suite…

 

Source du texte :

http://www.legrandsoir.info/declaration-de-julian-assange...

 

Aux dernières nouvelles :

 Le juge Garzon va diriger l’équipe de défense de Julian Assange

 

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LONDRES — Le célèbre juge espagnol Baltasar Garzon va diriger l’équipe de défense du site internet WikiLeaks et de son fondateur Julian Assange, a annoncé mardi le site.

Le juge a récemment rencontré Julian Assange pour définir une nouvelle stratégie de défense, selon un communiqué publié par Wikileaks.

Cette nouvelle stratégie vise à "défendre à la fois Wikileaks et Julian Assange contre les abus de procédure existants et exposer les actions arbitraires, extrajudiciaires du système financier international" contre le site et son fondateur, selon la même source.

Le magistrat espagnol va également s’employer à "montrer comment des procédures secrètes américaines contre Julian Assange et Wikileaks ont compromis et contaminé d’autres procédures légales, dont la procédure d’extradition contre M. Assange", ajoute le texte.

Réfugié depuis le 19 juin à l’ambassade d’Equateur à Londres afin d’échapper à son extradition en Suède pour une affaire de viol présumé, M. Assange, qui clame son innocence, a réclamé l’asile politique au pays latino-américain.

Le fondateur de WikiLeaks redoute d’être transféré dans un second temps aux Etats-Unis et d’y être condamné à la peine capitale pour espionnage après la divulgation par son site de 250.000 télégrammes diplomatiques américains.

Baltasar Garzon a été condamné en février à onze ans d’interdiction d’exercer après avoir ordonné des écoutes, en violation des droits de la défense, dans une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole.

Cette décision a foudroyé la carrière du magistrat, célèbre pour avoir fait arrêter l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres et avoir traqué les atteintes aux droits de l’Homme.

Source :

http://www.legrandsoir.info/+le-juge-garzon-va-diriger-l-equipe-de-defense-de-julian-assange+.html


Pour les hispanophones 

qui veulent en savoir plus sur la politique suivie par l’Equateur :

 

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Blog de Rafael Correa Delgado  http://economiaenbicicleta.informatica.gob.ec/  

 

***

 

 

Posté le 24 août 2012 par Catherine L.

sous La Nef des fous de Vladimir VERESCHAGIN

 

 

 

 

 

 

 

26/07/2012

Incursion au paradis... Interlude estival

 

 

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Héraclès, Thésée, Ulysse y sont allés avant elle... en descendant très très bas.

Elle y est allée malgré elle, en montant très très haut.

Mais ses découvertes valent bien les leurs.


 

 

Aline de Diéguez

 

Incursion au paradis

avant de replonger dans l'enfer du sionisme

 

Interlude estival

 

 

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Le grand départ

 

C'est arrivé au moment où Sémimi, rampant sur le dos, d'un côté de la porte, essayait de saisir avec ses deux pattounes tendues la plume de coq que je glissais à partir de l'autre côté. Impertinente, cette plume, allait et venait. C'était magique, elle avait l'air de bouger toute seule et lui chatouillait tantôt les moustaches, tantôt les pattes, tantôt lui gratouillait le ventre.

Excitée, la chatonne guettait, se précipitait, reculait et émettait chaque fois un petit roucoulement de triomphe lorsqu'elle réussissait à l'immobiliser un instant. Elle se roulait sur le tapis, offrant au regard les bouclettes duveteuses de son ventre et sa somptueuse toison d'oursonne qu'elle refusait obstinément de laisser peigner.

Tout à coup, un gigantesque éclair blanc, un bruit de fin du monde …

L'apocalypse.

Et je vis une nuée blanche et le feu fut partout. Je vis sortir des éclairs et j'entendis des voix et des tonnerres .


 

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Et puis pffftt… le grand départ.

Nous n'étions plus là pour contempler l'horizon blanc, rouge, embrasé. Alors lentement, très lentement, un majestueux champignon s'éleva dans les airs et envahit la nuée.

Sublime scénario! Spectacle enchanteur! In illo tempore, les magiciens de l'atome avaient fait une petite répétition sur deux villes d'un archipel du Pacifique et depuis lors, ils se languissaient de revivre l'extase de la toute-puissance. Orgasme de la folie et désir d'apocalypse intimement mêlés.

Je ne peux même pas dire que nous étions réduites en poussière, car la poussière est encore quelque chose, alors que nous n'étions plus RIEN.

Le néant.

Par la grâce d'Einstein et les vertus de sa célèbre équation, notre masse s'était changée en énergie et, photons au milieu de milliards de photons, nous galopions dans l'azur .


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Résurrection

 

Mais les mystères de l'au-delà sont, comme chacun sait, impénétrables et d'abord à leurs heureux bénéficiaires. C'est pourquoi je ne saurai jamais ni comment, ni quand nous avons atterri, les fesses dans l'herbe pour moi et ventre à terre pour Sémimi, sur une pelouse, devant un immense édifice d'où sortaient de mélancoliques volutes mélodieuses.

J'étais ressuscitée ! La résurrection, c'était donc ça !

Même Sémimi était ressuscitée ! Voilà qui n'était pas prévu, car je savais de science certaine que les animaux sont bannis des champs élyséens depuis l'affaire de la pomme de sinistre mémoire et de la gloutonnerie d'un couple de benêts.


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Ainsi, nos photons avaient fait machine arrière et s'étaient reconcentrés en matière - je touchais mes bras, je tâtais mes jambes, tout fonctionnait, mes muscles, mes articulations, ma tête. Aussi sûr que deux et deux font quatre j'en conclus que j'étais au paradis et je fus ravie en esprit.

Mais dans quel paradis avions-nous atterri ?

Pour l'instant nous étions toutes les deux, Sémimi et moi, plutôt ahuries et désorientées. Ressusciter n'est pas une petite affaire. Assises sur l'herbette verdoyante regardant en haut, à gauche, à droite, cherchant un point de repère, je m'aperçus tout à coup que mon pantalon à fines rayures et ma chemisette rose étaient demeurés dans la stratosphère mais qu'ils avaient été pieusement remplacés par une longue tunique blanche à la coupe rudimentaire dotée d'une grande poche sur le ventre. C'était tout à fait le modèle qu'enfant je taillais à mes poupées.

Je fis donc une première déduction capitale : on ne ressuscite pas tout nu.

Mes fesses endolories m'amenèrent à une seconde conclusion : le sol du paradis n'est ni mou, ni cotonneux, ni vaporeux, mais parfaitement ferme et dur .

Le paradis serait-il désert? me demandai-je, ne voyant personne autour de moi. Mais une mélopée envoûtante et mélancolique bourdonnait dans le lointain et signalait d'autres présences.

A tout hasard et ne sachant si je devais me montrer inquiète ou rassurée, je remisai prestement dans la précieuse poche ventrale une Sémimi encore groggy et pour tout dire, non ressuscitée à cent pour cent. Je vis en la soulevant que tous les poils de sa collerette n'étaient pas au rendez-vous et qu'il en manquait également dans le panache de sa queue. Le Très Haut avait dû se tromper dans ses calculs quand il avait compté les photons nécessaires à sa réincarnation parmi les bienheureux. Il avait des excuses, la fourrure était si touffue, si soyeuse et si longue qu'il n'avait pas repéré les poils masqués par le duvet, et peut-être ne connaissait-il pas toutes les ressources de e=mc².


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 Procession

 

La musique se tut. Je me dressai, les sens en alerte et le souffle court. Une colonne d'ombres encapuchonnées avançait en silence dans notre direction, précédée d'un dignitaire richement paré et portant une croix.

Je compris que nous étions ressuscitées chez les mangeurs de dieu. On les nommait ainsi parce que leurs occupants ne se contentaient pas de capter les paroles de leur Très Haut avec une ouie aiguisée ou de flairer le passage de leur créateur dans le thym et le serpolet. J'avais entendu dire qu'ils le saisissaient carrément avec les dents, tout comme Sémimi attrape une souris et, ni une, ni deux l'avalaient et le déglutissaient. C'est pourquoi ils se nommèrent eux-mêmes les déiphages.

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Je continuais à me sentir à la fois inquiète et rassurée en même temps et sous le même rapport. Inquiète parce que, tout de même, cette pulsion anthropophagique me troublait et je ne savais pas si j'étais ou non appétissante; et rassurée, parce que je ne croyais pas avoir une tête de Dieu et Sémimi encore moins. J'en conclus, tout bien réfléchi, qu'il y avait peu de risques que nous fussions destinées à la consommation .

La procession nous doubla sans un regard. Les fantômes avançaient, les yeux baissés, concentrés sur le miracle dont ils étaient le siège. Avaler un Dieu, ce n'est pas une action ordinaire et je me demandais comment exactement se faisait la digestion et l'assimilation. Les leçons de biologie de mon heureuse scolarité me revenaient en mémoire. Je voyais le passage par l'œsophage, l'estomac, la sortie par le duodénum, la fabuleuse usine du foie et sa fonction glycogénique - un mot que la grande sauterelle d'Andrée n'a jamais réussi à prononcer correctement. Et le bol alimentaire progressait dans le labyrinthe de l'intestin grêle et ses mignonnes ventouses et puis la station d'épuration du gros intestin, et puis … la sortie. Ouh, la la.

 

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A ce moment là, le dignitaire de tête dont le coup d'œil perçant, le crâne aussi lisse qu'un genou et la taille rebondie ne m'avaient pas échappé, fit demi tour. Il se planta devant moi et sans même me demander mon nom et s'enquérir des raisons pour lesquelles je me trouvais là, un peu ahurie, avec un chaton grelottant de peur dans la poche, il leva la croix, écarta les bras et à ma grande stupeur, entama une longue homélie. Je me retournai discrètement, mais pas de doute, Sémimi et moi étions bien les seules auditrices d'un sermon prononcé d'une voix à la fois forte et gémissante qui commençait par ces paroles ailées : " Ah ! si vous saviez… Rien ne peut donner un idée … "


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 Généalogie des « ah si vous saviez… » et des « rien ne peut donner une idée… »

 

- Ah ! si vous saviez comme ces lieux sont enchanteurs ! Rien ne peut donner une idée des merveilles qui s'y produisent. Nous nous nourrissons exclusivement de la chair et du sang de notre dieu. Toute autre nourriture nous est interdite car, comme nous sommes immortels, nous deviendrions rapidement gras et ronds comme des barriques, alors que la chair de notre dieu est une nourriture énergétique mais de très basses calories.

Je souris intérieurement, retrouvant mes réflexes de bonne ménagère: plus de problèmes d'approvisionnement, plus de perte de temps à faire la cuisine et un corps toujours svelte. Ce régime m'allait comme un gant. Mais je me demandais comment mon interlocuteur s'y était pris pour conserver son avenante bedaine.

J'avais d'ailleurs remarqué que dans la procession il n'y avait ni vieux, ni invalides, ni clopinants , ni arthrosiques, ni enfants. Est-ce que mon voisin qui avait perdu une jambe dans un accident d'automobile était ressuscité unijambiste, me demandais-je, ou bien sa deuxième jambe avait-elle repoussé? J'opinais pour la seconde hypothèse. Mais le Très Haut avait vraiment bonne mémoire car cet accident était vieux de quinze ans et la jambe coupée ne devait plus être en très bon état.

Je venais de comprendre que mon interlocuteur ne savait pas parler normalement et que l'homélie était son mode d'expression ordinaire. Mais pourquoi toujours ce ton plaintif et traînard ?

Je profitai d'un moment où l'orateur reprenait son souffle pour lui poser une question qui me tourmentait depuis longtemps, à savoir, quel était l'âge idéal pour faire un bon ressuscité. Je me souvenais de la hantise d'une très vieille dame de mes amies sur le point de fêter son centenaire et obsédée par la crainte de ressusciter dans l'état où elle se trouvait au moment où elle me parlait. Elle se faisait tout un roman sur le sujet et avait décidé elle-même le moment de sa vie qui lui semblait le plus agréable à revivre et surtout à vivre pour l'éternité .

La bouche ouverte, il me regardait sans comprendre. Je mis les points sur i .

- S'il vous plaît, pouvez-vous me dire quel est l'âge idéal pour faire un bon ressuscité?

Je n'avais pas de miroir et je ne savais pas si mon moi ressuscité avait le même âge que le moi qui avait été transformé en photon.

Et puis, il y avait la question de la beauté. Est-ce que l'injustice de l'inégale répartition des grâces et de l'harmonie des traits se perpétuait pour l'éternité lors de la résurrection des corps. Il me semblait que c'étaient là des questions capitales à éclaircir .

- Ah ma fille ! rien ne peut donner une idée des perfections de notre paradis. Vous avez l'âge , la forme et la consistance idéales pour être des nôtres . Ah si vous saviez comme le Très Haut sait mettre en place toutes choses afin que la perfection soit au rendez-vous, car il EST la perfection et nous devons tout accepter de LUI. LUI seul connaît le BIEN.

- Mais justement , je ne le sais pas et je voudrais bien être éclairée, insistai-je.

J'avais l'impression désagréable qu'il cherchait à se défiler.

- Ma fille , c'est un grand mystère et nous devons accepter les mystères avec humilité et d'un cœur ingénu. Heureux les simples d'esprit car le paradis leur appartient. Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.

Je commençais à être agacée par sa familiarité. Pourquoi m'appelait-il sa "fille"? Nous n'étions pas parents. Quant à faire des derniers les premiers, j'étais outrée d'une telle proposition. Je repensais de nouveau à mes années d'école. J'avais été une élève studieuse et appliquée et une telle injustice, véritable prime à la paresse, m'aurait indignée !


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 La diplomatie céleste

 

J'avais entendu parler de plusieurs variétés de paradis. L'inquiétude de n'avoir pas ressuscité dans le bon paradis commençait à me tarauder. J'essayai de sonder mon interlocuteur sur l'existence des paradis concurrents. Je vis son nez s'allonger de contrariété. Il me concéda que ce paradis-là n'est pas, généalogiquement parlant, le premier. Il n'était pas non plus le dernier. Il avoua un peu piteusement qu'il n'avait pas d'informations sur ce dernier rival car il était déjà un locataire de ces lieux enchanteurs lors de la construction du nouveau-venu et n'en avait entendu parler que par ouï-dire et pas en bien si j'en crois sa petite moue de dégoût.

Je vis que ce sujet le tarabustait. Pourquoi ces mécréants avaient-ils construit un nouveau paradis alors que celui que foulaient ses sandales était parfait et qu'il y avait de la place pour tout le monde?

Il changea prestement de sujet et se lança dans un récit enflammé sur la préhistoire de son habitacle. Il m'expliqua que les Déiphages sont les enfants des Elusiens, ainsi nommés parce qu'ils se déclarent eux-mêmes les élus du Très-Haut, c'est-à-dire ses chouchous.

- Nos racines plongent dans leur terreau, mais comme nous sommes d'habiles jardiniers, notre arbre prospère dans un ciel plus bleu et plus pur si bien que la luxuriance de sa chevelure de feuilles et de branchages s'épanouit dans un monde nouveau.

Il s'enflammait de plus en plus et devenait lyrique, accompagnant son discours de grands mouvements des bras. Je reculais un peu pour éviter le va-et-vient intempestif de la croix sous mon nez. La voix geignarde continua sa démonstration ponctuée par de légers balancements de la tête .

- Le climat, la végétation, la qualité de l'air tout concourt à l'épuration de nos âmes et produit des effets bienheureux sur nos corps. Nos nuques ont perdu la raideur que beaucoup dénonçaient chez nos pères. Notre silhouette est devenue souple et gracieuse et nos voix déroulent des arpèges mélodieux à la gloire de notre maître bien aimé.

Il ne put s'empêcher de faire une petite moue d'autosatisfaction . Puis il reprit une mine modeste pour ajouter .

- La discipline s'est assouplie: l'obéissance à la lettre de la loi de sinistre mémoire n'est plus la règle absolue. Nous savons que l'esprit est caché sous la lettre et nous nous exerçons jour après jour à soulever des kilomètres et des kilomètres de voiles de brume afin de tenter de le débusquer. Nous traquons le mystère, le souffle du Très Haut et les manifestations les plus infimes de ses grâces éthérées. Ainsi, les meilleurs de nos athlètes sont en mesure de communier avec les ramifications les plus minuscules de l'abondante frondaison de notre arbre.

Ces exploits me remplissaient d'admiration. Ces sportifs du Très Haut pouvaient donc rivaliser avec Sémimi quand elle s'élançait dans le cerisier à fleurs et galopait jusqu'à l'extrême pointe tout en sachant toujours apprécier le centimètre qu'il ne fallait pas dépasser pour avoir des chances de faire demi tour sur la branche ployante. Je jetai un coup d'œil à ma poche: le chaton avait les yeux fermés et semblait dormir.

Je n'osais pas bouger. Pendant ce temps, la voix monocorde me parlait du respect que les Déiphages éprouvent pour l'antique paradis des ancêtres , mais je sentais comme une réticence dans le ton de sa voix.

- Je reconnais cependant que notre respect pour nos parents est tout frais. C'est vrai que pendant les lustres et des lustres, nous leur avons fait d'aigres reproches et notamment celui d'avoir vilainement occis notre père fondateur. Ah ! les méchants ! Mais maintenant, nous chantons à pleine gorge un hymne à leur gloire et à chaque nouvelle aurore, nos litanies s'ouvrent par l'hommage suivant que nous répétons plusieurs fois: "Quand les Elusiens, nos pères, eurent connu mille et un printemps, ils engendrèrent les déiphages, porteurs de l'ultime accomplissement" - c'est-à-dire nous-mêmes ajouta-t-il avec une petite moue qui se voulait modeste. Mais j'avoue que notre réconciliation est une couche de peinture qui nous colle encore aux doigts et nous n'avons pas réussi à effacer tous les tags et les graphismes insultants qui ornaient - pardon, polluaient - nos murs et nos manuscrits . Nous les traitions alors d'embryons desséchés, de préludes racornis et pire encore, de tueurs du Très Haut.

Il baissa la tête, tout contrit, perdant un instant de sa superbe et de son assurance. Bien que mes lèvres fussent aussi hermétiquement closes qu'une tombe, il devait m'entendre m'étonner de ce que le BIEN et la PERFECTION eussent égaré leurs pères pendant tant de lustres. Comment cela se pouvait-il ? Encore un mystère. Ah ! si nous savions…

Mais il retrouva toute son énergie pour continuer.

- Même si nous n'osons plus le dénoncer à haute et intelligible voix, leur forfait nous reste sur l'estomac. Car c'est bien un forfait, même si nous disons maintenant qu'il a été exécuté sous les ordres d'un intrus, un barbare qui commandait alors la place.

Il s'échauffait.

- C'est tout de même eux qui ont livré le doux pacifiste, notre maître, à ce chef cruel qui l'a fait occire. Incarnation de la bonté et de toutes les vertus, maître des éléments, apaisant les tempêtes, marchant sur les eaux, multipliant les pains et les poissons, guérisssant des aveugles, des paralytiques, des hémoroïsses, redonnant vie à des membres desséchés, ressuscitant une jeune fille par-ci, un jeune homme par-là, il a même réussi à se ressusciter lui-même après avoir passé, dans une sorte de grotte, trois longues journées durant lesquelles nous ignorons de quelles métamorphoses il a été le siège. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il en est ressorti tout frais et rose et, pour notre plus grand bonheur, il s'est élevé dans les airs par ses propres moyens et siège maintenant parmi nous.

Ce discours enflammé m'impressionna. Accomplir tous ces exploits avant d'arriver au paradis, c'était vraiment très fort. Mais je revins timidement au sujet.

- Vous avez donc réussi l'exploit admirable d'avoir signé un traité de paix avec vos ennemis héréditaires. Ainsi, après deux mille ans d'obstination, ces opiniâtres se sont donc enfin ralliés à la Vérité!

- Oui et non répondit-il avec gêne. Et même plutôt non. Ce fut une négociation ardue dans laquelle ils sont restés sur leurs positions et j'avoue que c'est nous qui avons fait un grand pas en arrière dans leur direction. Car notre bureaucratie est ingénieuse et elle a produit une nouvelle doctrine : celle de la supercession par laquelle nous avons reconnu que cette ancienne tribu était déjà sauvée et qu'elle n'avait pas besoin de notre nouveau sauveur. D'où il résulte qu'eux seuls, sur toute la planète, n'avaient pas besoin de notre Maître et Sauveur.

J'étais pleine d'admiration pour ce subtil match nul qui permettait à chacun de camper dans son paradis particulier .

- Quel travail vous allez avoir pour expurger tous les anciens grimoires et récrire l'histoire du monde à partir des lunettes qu'apporte cette nouvelle doctrine, m'exclamai-je. En somme, vous reconnaissez que cette tribu s'était arrogé à bon droit un statut particulier .

- Du calme, ma fille, rien ne presse. Je préfère ne pas chercher à élucider ce mystère. Les mystères sont faits pour demeurer mystérieux.

Il se lança dans une démonstration alambiquée sur l'évolution des mathématiques, une histoire de parallèles qu'Euclide ne pouvait pas réunir et qui, maintenant, se croisent joyeusement.

Je ne voyais pas le rapport entre les perpendiculaires et les parallèles de la géométrie classique et l'histoire du salut, mais je me tus prudemment. D'autant plus qu'il voulait visiblement changer de sujet, puisqu'il conclut:

- D'ailleurs les questions théologiques n'intéressent plus personne.

Soupir…

Il fut un temps où nous levions des armées et traversions la moitié du globe pour défendre un dogme. La moindre déviation, le plus petit déplacement de virgule, un chuchotement de doute nous permettaient d'allumer de beaux feux de camps au cours desquels nous rôtissions aux milieu des prières, des processions et des chants les relaps, les renégats et les douteurs de tous acabits.

Nouveau soupir…

Déicide, enfer, damnation sont maintenant des mots pestiférés. Nous sommes devenus mous, mous, mous.

Et pour souligner cette forte parole, il appuya son poing fermé sur son estomac proéminant, où il s'enfonça comme dans un mol oreiller.

Je protestai véhémentement en affirmant que je connaissais un savant ermite qui avait fait de l'étude de ces questions son lait et son miel. Sa grotte est sise dans les forêts de Walburgis et elle est facilement reconnaissable aux manuscrits, rouleaux et papyrus que le sage a attachés sur les branches de l'arbre qui ombrage l'entrée de son modeste refuge afin que tous les oiseaux du ciel puissent se nourrir, eux aussi, de sa divine science.

D'un grand mouvement de croix, il écarta ma pieuse objection et affirma, toujours sur le même ton plaintif, que les déiphages s'étaient amollis et étaient devenus de grands sentimentaux .

- Le social, ils n'ont plus que ce mot-là à la bouche. Ce ne sont plus d'ardents théologiens et des fermes logiciens, mais de molles assistantes sociales.

J'osai l'interrompre en levant timidement le doigt :

- Justement, est-ce que votre sauveur n'a pas cautionné une grave injustice sociale en prétendant que l'ouvrier de la onzième heure et celui de la première heure auraient le même salaire? Est-ce que ce n'est pas là un encouragement à la paresse et une déstabilisation du tissu social? Récompenser les tire-au-flanc qui n'exécutent qu'un douzième du travail, c'est commettre une grave injustice à l'égard des courageuses masses laborieuses et cet arbitraire n'est-il pas de nature à démotiver les lève-tôt, qui rêvent de travailler plus pour gagner plus?

Un peu gêné, il bafouilla quelques paroles sur les voies du Très Haut qui sont impénétrables et sur une générosité qui devrait plaire aux syndicats, puis il dévia la conversation sur une histoire de chameaux et de riches qui ne pouvaient passer par le chas d'une aiguille - il voulait me faire comprendre que le chas d'une aiguille est la porte d'entrée normale de ce paradis.

Je restai longtemps méditative. Même en faisant de gros efforts de mémoire, je ne parvenais pas à me souvenir à quel moment j'étais passée par un si petit orifice. Même Sémimi a dû avoir du mal à se glisser par un si petit trou. Mais, conciliante, je ne voulus pas le contrarier et je reconnus volontiers que les pauvres sont si maigres qu'ils se glissent aisément à travers le chas de l'aiguille la plus fine.

Mais un doute s'infiltrait dans les circonvolutions de ma cervelle pendant que je regardais sa mine vermeille et son bedon rebondi.

C'est à ce moment-là qu'il aperçut la petite tête de Sémimi. Réveillée par quelques éclats de la voix monocorde, elle s'était risquée à jeter un coup d'œil sur le monde extérieur. Les deux pattounes posées sur le bord de la poche, elle avait l'air d'écouter gravement le sermon. Mais le sermonneur n'était pas d'humeur à apprécier la grâce d'un chaton angora chu d'un astre obscur. Il fit un saut de carpe en arrière, lâcha la croix qu'il tenait dans la main droite en poussant un cri d'horreur. Soulevant à pleines mains la robe de laine blanche qui le couvrait jusqu'aux chevilles et découvrant des mollets de coq, il détala à toutes jambes en levant très haut les genoux.


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 Fuite

 

Je pris la fuite moi aussi, mais en sens inverse . Sémimi toujours blottie dans ma poche, je filai, le nez au vent droit devant moi. Mais où me diriger? J'aurais bien aimé rencontrer le miraculeux fondateur de ce paradis et vérifier de mes yeux son état de conservation après un passage de trois jours dans une grotte obscure. Mais je ne savais pas où ils l'avaient mis.

Nous avons longtemps, longtemps, marché, errant au hasard. Partout le vide et un silence cotonneux troublé de-ci, delà, par les volutes de mélopées mélancoliques et de gracieuses vocalises lorsque nous passions à proximité de grandes bâtisses rectangulaires ornées de croix. Mais ma première rencontre avec le déiphage-qui-n'aimait-pas-les-chats m'avait rendue méfiante. Pourquoi en voulaient-ils à ma petite merveille? J'étais consternée de découvrir que nous évoluions en milieu hostile.

Mes yeux commençaient à s'habituer à la lumière d'un gris bleuâtre, ni jour ni nuit, qui donnait l'impression de nager dans le brouillard .

- Est-ce le soleil ne se lève jamais en ces lieux, me demandai-je? Comme tout a l'air triste !

Je fis une caresse à ma petite chatte et je poursuivis un chemin qui avait l'air de ne mener nulle part. Comme nous étions dans une sorte de désert, je déposai Sémimi sur le gazon. Je sentais qu'elle avait envie de se dégourdir les pattes et de renifler l'herbette du paradis.


 

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Je suivais son errance. Tout à coup elle marqua un temps d'arrêt devant un buisson particulièrement touffu et disparut dans l'herbe haute. Inquiète, je l'appelai d'une manière de plus en plus pressante. Silence et absence.

Nerveusement, j'écartai les branches et je vis qu'elles masquaient l'entrée d'un tunnel. J'appelai ma chattoune, hésitant à entrer. Toujours rien. Alors, rassemblant mon courage, je me lançai dans le tuyau noir .


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 Rencontre

 

Devant moi, un rai de lumière et un spectacle qui me cloua sur place de stupeur.

Un vieil ermite, les cheveux en broussailles, appuyé sur un bâton noueux et vêtu d'une longue robe crasseuse, gratouillait le ventre d'une petite chatte qui se roulait de bonheur sur le dos en jouant avec les poils gris et crépelés d'une barbe qui lui arrivait jusqu'aux genoux. Le vieil homme hoquetait de rire en ouvrant une bouche presque vide dans laquelle un chicot dans la mâchoire du bas avait l'air de danser au rythme de ses éclats de rire.

Interdite, j'appelai doucement ma chatte. Elle vint offrir à la caresse de ma main son petit front têtu avec un léger roucoulement de fond de gorge, puis retourna vivement vers le vieil homme et sa barbe odoriférante qui offrait de si passionnantes ressources à ses gratouillis.

Il me fit un petit signe de la main, accompagné d'un sourire édenté qui se voulait engageant.

J'avançai prudemment, méfiante.

J'avais tort .

Il entra dans une cahute qui me rappela la chaumine enfumée de mon ami le fabuliste et ressortit avec des victuailles: des pommes de terre bouillies pelées et non pelées, en rondelles ou entières, une assiette de purée froide et un petit pot d'un produit blanc que je devinai être du lait caillé .

En levant le nez, je vis une chamelle dont l'état de décrépitude me semblait à peu près égal à celui de son maître, mais qui réussissait l'exploit de produire un peu de lait afin d'accompagner les tubercules qui semblaient faire l'essentiel, sinon la totalité de la nourriture du vieil homme.

Tout corps glorieux que j'étais devenue grâce à ma résurrection, je sentais un petit creux dans l'estomac et j'acceptais avec enthousiasme et mille remerciements l'offrande du vieil ermite, un peu surprise par cette mono nourriture. Sémimi émoustillée par la barbe du vieil homme lapa joyeusement un petit bol de lait caillé .

Pendant que nous nous restaurions, tout heureux de voir sa solitude égayée par des visites, mon ermite me raconta l'histoire de son paradis. Et, comme il se doit, il commença son récit par ces paroles ailées : " Il était une fois…


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L'annexe temporaire des anti-chameliers

 

Il était une fois …

- Nous étions un groupe ardent, composé de frères déiphages et de membres de l'antépénultième paradis. Nous vivions modestement et fraternellement et nous respections tous les codes et toutes les lois de notre paradis. Nous avions tout mis en commun et chaque matin, nous distribuions à chacun le même nombre de spaghettis, de pommes de terre, de noisettes et de cacahouettes, selon l'arrivage. Nous étions solidaires, fraternels et plutôt maigres, parce que le temps passé à compter et à partager équitablement les biens empiétait sur celui qui était réservé à la production.

Mais tout le monde sait que la justice est un poste coûteux et peu rentable.

Mais, très rapidement nous nous aperçûmes avec colère et indignation que les passe-droit, les inégalités et les injustices s'étaient insinués subrepticement et prospéraient comme des orties près d'un tas de fumier. De plus en plus de gros et gras congénères nous narguaient en conduisant dans les pâturages de plantureux troupeaux de chameaux et de chamelles.

A la vue de ces troupeaux, notre sang n'a fait qu'un tour. Nous qui étions toujours aussi maigrichons que le jour où nous sommes passés par le chas de l'aiguille d'entrée, nous avons nourri de gros soupçons : nous avons compris que le chas de l'aiguille n'était pas le seul moyen pour pénétrer dans les espaces azuréens et qu'il devait y avoir quelque part un grand portail qui laissait passer les gros richards et les somptueux troupeaux de chameaux qui leur permettaient d'arrondir les panses et les bourses.

Un barbu issu du paradis des Elusiens a rédigé pour notre usage un nouveau code de conduite qu'il a appelé, pour faire court, un Manifeste .

Il fallait, disait-il tout raser et repartir à zéro avec des volontaires, construire un nouveau paradis et consolider nos frontières. Lorsque le Bien et toutes les Perfections règneraient chez nous, nous pouvions espérer convaincre les autres paradis de se joindre à nous et d'adopter nos règles. Quelques missionnaires particulièrement musclés fourniraient une aide précieuse.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous avons construit un grand mur autour de notre paradis avec un seul portail pour assurer le passage à tous ceux qui acceptaient de mettre en commun les troupeaux, les vêtements, les économies petites et grandes et même les quignons de pain. Tous étaient les bienvenus, sauf les chameliers, ces koulaks malhonnêtes, en représailles de ce qu'ils avaient frauduleusement occupé et perverti le paradis précédent.

 

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Mais c'est plus difficile qu'on ne le croit de vivre harmonieusement dans un paradis. Comme disait un éminent adepte de la secte des déiphages, il y aura toujours des tire-au-flanc, des crasseux, des voleurs et des filous. Beaucoup se sont reconstitué en catimini un petit troupeau de chameaux qu'ils ont introduit nuitamment dans le parc céleste malgré le grand mur qui avait été érigé devant le portail principal.

L'annexe a donc bouillonné, puis fermenté vicieusement. Elle a fini par faner, d'abord discrètement, puis spectaculairement. Les feuilles des arbres se sont recroquevillées, les maisons se sont barricadées, tous volets fermés. Puis l'ensemble a pourri et est tombé en quenouille. La moisissure, la rouille, les mites, les cafards et même les crabes et les méduses ont proliféré. Les termites s'y sont mises et par un beau jour d'automne, le frôlement d'une aile de papillon a fait s'écrouler une Baliverna dans laquelle ne végétaient plus que quelques ivrognes, quelques radoteurs et une poignée de policiers.

Quant au mur, un beau jour il s'est si bien effondré sur lui-même qu'il n'est resté qu'un gros tas de poussière et, se plaignit mon hôte, il n'avait même pas pu récupérer quelques gravas pour construire une niche à son chien afin de lui offrir un abri contre le général Hiver.

Pendant que je finissais les dernières miettes du frugal repas généreusement offert par mon ermite et que Sémimi léchait consciencieusement le fond de la coupelle de lait, j'éprouvai un pincement au cœur lorsqu'il m'annonça la mort de son compagnon et le départ, l'un après l'autre, des derniers résidents du paradis des anti-chameliers qui avaient cru qu'on pouvait construire, à partir de rien et avec beaucoup de vertu et de bonne volonté, un beau petit paradis sur terre.


 

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Interlude estival, 23 juillet 2012

 


 

Quand Héraclès est sorti de son incursion dans l’Autre Monde, ses cheveux avaient tellement blanchi que les feuilles d’un bouleau à peine frôlé par lui en sont restées tout argentées d'un côté.

Sémimi aussi a changé. On grandit vite au Paradis…


*

 

 

        

Mis en ligne par Catherine le 25 juillet 2012














17/07/2012

Coincés dans le cul-de-sac du monde

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Coincés dans le cul-de-sac du monde

 Nous vous avions annoncé un post sur le Cercle des Volontaires… nous voulions vous parler de notre ami Djamal Benmerad, et aussi de l’historien Henri Guillemin, dont une vieille conférence de 1970 fait en ce moment un malheur sur Internet… et nous voilà à les « remettre à plus tard » pour vous entretenir d’autre chose. Pas vraiment d’autre chose, d’ailleurs, car tout est lié à leur réflexion présente ou passée.

C’est que l’actualité a la fièvre. C’est que ce qui se passe en ce moment est lourd de sens et d’implications sinistres..

Ce que nous portons à votre attention aujourd’hui – des articles et informations glanés à plusieurs sources – n’est qu’une infime partie de ce qui s’écrit et se commente, mais devrait offrir, c’est en tout cas notre but, une sorte de grille de décryptage du reste. Des clés, en somme, pour aider à comprendre ce qui se passe par-dessus nos têtes, autour de nous et sous nos pieds, mais à quoi nous n’ échapperons pas : il n’y a plus de jardin à cultiver nulle part, pas de grotte sèche à l’abri des prédateurs, pas d’autre planète à coloniser dare-dare, pas de sable où enfouir la tête sans qu’on vienne enlever à la queue ses plumes pour en faire des costumes aux Folies-Bergères.

Nous allons nous en tenir à la Russie, mais cette grille aurait pu tout aussi bien nous être fournie par la Syrie, l’Extrême-Orient, l’Afrique ou l’Amérique Latine : les méfaits sont partout et suivent partout leur sempiternel schéma.

 

Vladimir Poutine et un ambassadeur US :

 

« Nous sommes tous coincés dans le cul-de-sac du monde et quelqu’un l’a verrouillé. »

 Nous allons nous permettre de rapprocher deux déclarations, fort distantes dans l’esprit et dans la forme, voire dans l’importance qu’on peut leur accorder, en fonction de ceux qui les ont faites. Mais elles ont leur contenu, qui n’est pas rien, et leur portée symbolique. Juxtaposées, presque comme les répliques d’un dialogue, elles nous disent tout de la situation du monde.

 

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Il s’agit d’abord d’un extrait d’une déclaration qu’a faite le président russe Vladimir Poutine, à ses ambassadeurs réunis à Moscou. Russia Today en a rapporté l’essentiel, ce 9 juillet 2012. Il s’agissait, comme toujours dans ce genre de circonstances, d’un tour d’horizon des grandes questions du monde. Poutine, selon le classement de RT, commence par un constat qu’on n’a pas l’habitude d’entendre de la part d’un chef d’État : nous sommes dans une crise considérable, et personne ne sait comment en sortir.

De la bouche d’un dirigeant de cette envergure, qui plus est dans un contexte officiel, c’est un constat d’un énorme poids, et cela confirme surtout que les Russes mesurent la gravité très profonde de la situation, que nous nommons « crise terminale » ou « crise haute », c’est-à-dire allant bien au-delà des contingences iranienne, syrienne, etc. À notre connaissance, c’est la première fois qu’un dirigeant aussi important déclare que la crise actuelle est sans issue…« pour l’instant ». « Pour l’instant » ? L’atténuation s’impose presque dans la bouche d’un dirigeant politique, mais la nuance, pourtant de taille, est si complètement contestable qu’elle en devient dérisoire.

« Discutant la situation économique globale, Poutine a tenu à attirer l’attention de ses auditeurs sur la profondeur de la crise et sur l’absence de stratégie pour y faire face. Il faut reconnaître qu’aucune solution fiable n’est en vue pour venir à bout de la crise économique mondiale a-t-il déclaré. Les problèmes d’endettement de la zone Euro, qui est en train de glisser dans la récession, n’est que la pointe d’un iceberg de problèmes systémiques non résolus de l’économie globale.

« Poutine a alors critiqué de façon cinglante la manière dont l’Ouest gère la crise économique, ce qui a pour conséquence, selon lui d’éroder le leadership en la matière des principales puissances occidentales, États-Unis inclus. L’absence de nouveaux modèles de développement, sur fond d’érosion de leadership des locomotives économiques traditionnelles telles que les États-Unis, l’Union Européenne et le Japon, ralentit la dynamique de l’économie mondiale a-t-il souligné .

« Pendant ce temps, la quête croissante de ressources énergétiques décroissantes conduit au désarroi du marché. La lutte en cours pour l’accès aux ressources s’est intensifiée, provoquant des fluctuations déstabilisantes dans les marchés des matières premières minéralières et de l’énergie. Cette instabilité pousse les gouvernements occidentaux à infliger ce que Poutine appelle la démocratie à coups de bombes et de missiles un  peu partout dans le monde, et particulièrement au Moyen Orient, déjà aux prises avec les répercussions du prétendu Printemps arabe… »


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  La seconde intervention est celle d’un ambassadeur US. Il s’agit d’une interview qu’a donnée, le 8 juin 2012, l’ambassadeur des USA en Suisse, Donald S. Beyer, en poste dans ce pays depuis le printemps 2009, au quotidien Der Bund, de Berne. Déclaration qui a été reprise par le site PressTV.com, le 8 juillet 2012. Le site iranien donnait notamment les précisions suivantes :

« Dans une interview au quotidien suisse Der Bund, Beyer a fait remarquer que la dette générale des États-Unis dépassait les 16.000 milliards de dollars et que le taux de chômage du pays était de 8,2%. Notant que le bas niveau des dépenses dans le budget des États-Unis, ces dernières années, était sans précédent depuis la IIe Guerre Mondiale, le diplomate américain a poursuivi en disant qu’il y avait consensus implicite entre les Démocrates et les Républicains sur la nécessité d’une réduction du budget militaire. Il a rappelé qu’avec 900 bases militaires à l’étranger, les États-Unis ont le budget de dépenses militaires le plus élevé du monde, ajoutant qu’une telle situation n’était plus acceptable. Beyer a affirmé par ailleurs que, dans les circonstances qui prédominent, personne ne considère la guerre avec l’Iran comme une option valable, et a exclu la possibilité d’une autre Guerre Froide à l’avenir. »

La dernière phrase surtout était remarquable : aucun officiel US n’a jamais avancé une telle chose. Quelques heures plus tard, d’ailleurs, soit ce même 8 juillet 2012, un commentateur US, J.G. Caesarea (alias Jeffrey Grossman, sioniste militant, NdT) corrigeait, dans la traduction de PressTV.com, précisément cette dernière phrase. Son texte, en allemand, était le suivant : « Niemand erwartert, dass aus dem Konflikt mit dem Iran ein Krieg wie im Irak wird, und es wird daraus auch kaum einen neuen Kalten Krieg geben. » Sa traduction donnait donc en réalité ceci, notablement différent de la version de PressTV.com : « Personne ne s’attend dans le conflit avec l’Iran à une guerre de type irakien et on imagine mal qu’il en sorte une nouvelle Guerre Froide. » Caesarea assortissait sa rectification d’un commentaire hostile à la déclaration de l’ambassadeur Beyer, estimant que « catégoriser » ainsi d’avance un conflit avec l’Iran revenait à couper l’herbe sous le pied à l’action des USA, ce qui lui semblait infiniment dommageable.

Dire que les États-Unis ont une économie en beaucoup trop mauvais état pour se lancer dans une guerre contre l’Iran n’est pas un argument nouveau. On l’entend chez des experts ou chez certains parlementaires extrêmement rares (Ron Paul, bien sûr), qui sont tous connus pour leur opposition à la politique officielle, expansionniste et belliciste, des USA, dite « le Système ». Mais qu’un diplomate en activité s’exprime dans ce sens (sur l’incapacité de lancer une guerre de la dimension de celle d’Irak) ainsi que sur d’autres aspects de la politique de défense et de sécurité nationale des USA (notamment sur une limitation considérable des dépenses militaires) est plus remarquable et d’une réelle importance. La chose est évidente lorsque Beyer observe que le niveau actuel du budget US de la défense est trop élevé et laisse entendre que le réseau des 900 bases US à l’étranger implique un volume de dépenses qui n’est tout simplement plus soutenable. En revanche, lorsqu’il affirme que ce constat est partagé tant par les Républicains que par les Démocrates, il s’avance sans doute un peu trop dans l’opérationnalité du fait. Ce peut être le cas en théorie, quoi qu’il en soit dit publiquement fort peu de chose, mais en pratique, la démagogie pure qui est de règle à Washington force à reconnaître que les actions parlementaires vont toujours dans le sens des augmentations budgétaires. L’automatisme de la réduction de US$ 500 milliards en dix ans du budget du Pentagone (le fameux processus de séquestration) qui doit théoriquement intervenir à la fin de l’année, est considéré comme une catastrophe - par le Pentagone bien sûr, mais également par nombre de parlementaires, notamment du côté républicain -, et la bataille fait rage pour tenter à tout prix d’empêcher cette réduction. D’une façon plus générale, on observera qu’il s’agit d’une double impasse, que décrivent ces constats, ceux de l’ambassadeur et ceux auxquels force la réalité : d’une part, les USA n’ont plus les moyens économiques de mener une guerre « de basse intensité » normale (type Irak), et cela, malgré les retraits d’Irak et d’Afghanistan ; d’autre part, ils ne parviennent pas, à cause de la crise de leur direction politique, à mettre en place une entente réelle visant à réduire leurs dépenses militaires. La corruption du personnel politique joue son rôle, mais également et surtout la paralysie gestionnaire du Pentagone, qui ne peut envisager de réductions, uniquement parce qu’il lui faut tenter de maintenir son niveau actuel d’activités, sous peine de faillite…

Ainsi, les propos de l’ambassadeur, qui sont effectivement inédits quant à la nécessité de réduction des dépenses militaires, constituent-ils une démonstration politique de la pertinence du constat de Poutine : la crise est profonde et, surtout, il n’y a pas (aujourd’hui…) de « stratégie de sortie » de cette crise. L’ensemble de ces observations confirme évidemment le caractère systémique et fondamental de la crise, dont il est entendu qu’il doit être étendu à tous les domaines des activités du Système dans sa totalité. Ces aveux d’impuissance de deux sources officielles sont de factures différentes ; l’un, de Poutine, est furieux, dans la mesure où il attribue la responsabilité de cette crise à l’ensemble du bloc BAO, et cela le plus légitimement du monde, avec le facteur aggravant de voir ce bloc BAO envenimer encore les conditions de la crise, en développant des politiques déstructurantes et déstabilisatrices (c’est-à-dire en favorisant la dynamique d’autodestruction dans le cours de la dynamique de surpuissance, mais qui s’en étonnera ?) ; l’autre, de source moins impérative et, disons, plutôt par inadvertance, fait un constat assez neutre, mais qui, lorsqu’il est considéré à la lumière de la vérité de la situation que nous connaissons, confirme complètement quoique indirectement, pour la partie US, le propos de Poutine.

Ces deux observations sont de positions et de points de vues très différents, l’une venue d’un dirigeant politique à la fois dans le Système et dans une position anti-Système (Poutine), l’autre, venue de l’intérieur du Système (l’ambassadeur US). On observera qu’elles confirment ce que nous constatons de plus en plus souvent, à savoir que les dirigeants politiques sont obligés, avec plus ou moins d’« entrain » selon les nécessités, de suivre la course du Système, tant est irrésistible son cycle surpuissance-autodestruction ; qu’en même temps, ils prennent conscience, avec plus ou moins d’acuité et de vélocité, que l’on se trouve dans un cul-de-sac. Poutine lui-même, lorsqu’il déclare à ses ambassadeurs, dans un autre passage de son discours, qu’il faut qu’ils se tiennent prêts à toutes les situations, y compris les plus graves, fait implicitement l’aveu de son incapacité, d’ailleurs complètement évidente et compréhensible, à peser de manière décisive sur cette course du Système. Lorsqu’il précise que « la bataille en cours pour l’accès aux ressources s’intensifie », provoquant des fluctuations de la situation et des marchés de ces matières premières, qui aggravent encore la crise de toutes sortes de façons, il constate de facto que la tendance actuelle n’est nullement à la recherche d’une sortie de la crise, mais à son aggravation sans aucune perspective de sortie, en d’autres termes, au resserrement et au verrouillage du cul-de-sac du monde.

C’est ce qu’il y a de plus impressionnant, et qui rejoint évidemment notre analyse générale constante : les remous actuels, souvent chaotiques, qui sèment un désordre général et aggravent la crise psychologique (terrorisation, narrative, etc.), et où nombre de commentateurs veulent distinguer des grands plans hégémoniques ou autres, constituent en vérité, hors de toutes ces spéculatons rationnelles et donc dérisoires, une course nihiliste à l’aggravation des choses, par la surpuissance autodestructrice du Système, vers le but aveugle et automatique de l’entropisation(1) du monde. On comprend évidemment que la consigne de Poutine soit de tenir autant que possible, en protégeant l’indépendance de la russie, mais on comprend également qu’il n’y a aucune réponse possible, ni de la part de Poutine ni de celle d’aucun autre, à la question ultime : tenir, certes, mais pour quelle issue ? Nous en sommes arrivés, même du point de vue des directions politiques, au niveau des interrogations métahistoriques sur le fondement et la validité du Système, et ces interrogations sont toutes marquées de l’adage courant que « poser la question, c’est y répondre ». Nous sommes directement confrontés au néant nihiliste de l’achèvement de la course du Système.

… Et se justifie alors l’autre voie de raisonnement du même constat général : puisque, certes, nous y sommes, autant laisser aller, et même favoriser cette œuvre finalement salutaire d’auto-destruction. Le « il faut tenir » de Poutine devient le conseil habituel du capitaine à ses matelots pendant la tempête : mettons-nous à la cape, pour tenir si possible sans sombrer. Quand à elle, la tempête, on sait bien qu’elle ne dépend en rien du sapiens, ce n’est pas fatalisme anémiant que de le constater, ni une trahison de la si belle « philosophie de l’optimisme » du Système (voyez où elle nous a menés), c’est simple réalisme et lucidité devant l’évidence.

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(1)       Entropie : grandeur qui mesure la dégradation de l’énergie d’un système, ou degré du désordre d’un système par rapport à son état initial probable.

 

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(Un bout du) Cul-de-sac côté Russie

 

 

dimanche 8 juillet 2012

Hillarix à Saint-Petersbourg, ou l’immanence de la potion magique

deDefensa.org


« Arrogant » ?… « En hyper surestimation consciente (ou inconsciente) de son ego » ?… « Gonflé de ses certitudes infinies en sa superpuissance » ?… ou bien « En inconscience totale » ?… « Déconnecté de la réalité du monde » ?…  « En perdition » ?…  «En implosion » ?... comment qualifier le Système BAO (bloc américano-occidental, plus américain qu’occidental d’ailleurs) ? Rayer les mentions inutiles, et/ou en rajouter d’autres s’il le faut... La péan du barde Hillarix à Saint-Pétersbourg a-t-il sonné faux exprès ? Ce serait inquiétant. Inconsciemment ? Ce serait moins grave, cela peut se soigner. [ Ah ??? NdCL]

 gérard

 Le vendredi 29 juin, la Secrétaire d’État Hillary Clinton s’est rendue à Saint-Pétersbourg. Elle y est restée à peu près une dizaine d’heures, avant de partir pour Genève où avait lieu, le lendemain, la conférence sur la Syrie (où elle retrouverait le ministre russe Lavrov). Pendant cette dizaine d’heures, elle a rencontré Lavrov, s’est entretenue et a déjeuné avec lui, a visité quelques sites de la ville de Saint-Petersbourg et, surtout pour notre propos, a trouvé du temps pour rencontrer des représentants de groupes d’opposition russes, qu’on qualifie plus ou moins vaguement mais avec une grande assurance d’« ONG ».

La Douma de la Fédération de Russie prépare des textes de loi qui mettront les ONG, y compris les ONG russes, exerçant des activités politiques en Russie et recevant des fonds de l’étranger, dans la catégorie des « agents étrangers » ; cela les soumettra évidemment à des législations de surveillance et répressives très spécifiques. C’est de cela que la Secrétaire d’État venait parler, principalement de la question du financement dans ces conditions nouvelles, et indiquant clairement qu’elle entendait trouver un autre canal que celui de versement direct du chèque mensuel du département d’État pour financer ces associations. C’est exactement et précisément ce qu’a affirmé l’un des activistes qui a rencontré Clinton, Dimitri Dubrovsky, – avec un sens exceptionnel de l’inconscience de ses propres paroles, puisqu’il venait ainsi dire que Clinton les avait assurés que le gouvernement des États-Unis cherchait un canal dissimulé et/ou illégal pour les financer malgré l’appareil législatif russe, et donc en violation des lois russes qui vont être mises en place…

(Les groupes d’activistes pro-bloc BAO sont ainsi qualifiés par Tim Kirby, le 3 mars sur Russia Today :

« pour parler franchement, les Russes ne sont pas très russes, généralement ils n’aiment rien de leur pays, et ils ressentent un grand complexe d’infériorité vis à vis de l’Ouest, qui représente pour eux le modèle parfait d’existence. Vous seriez abasourdis de savoir combien de personnes avec lesquelles j’ai parlé aimeraient que les USA attaquent et prennent le contrôle de la Russie, car “ils feraient un meilleur job” (...). De par mon expérience personnelle, malgré la haute valeur que ce groupe de gens donne à l’Ouest, ils n’en connaît absolument rien. (...) Son point de vue est fondamentalement une copie naïve et faussée du Libéralisme Occidental ».)

La visite de Clinton, rayon « ONG », et sa rencontre avec les « activistes » russes pro-occidentaux, sont ainsi présentées, sur le site Novinite.com, le 30 juin 2012 :

« Selon les affirmations d’activistes russes, les USA sont résolus à trouver une nouvelle manière de financer les ONG en Russie, afin de réussir à contourner la législation restrictive actuellement à l’étude. Samedi, le quotidien russe Kommersant a rapporté que les ONG représentatives étaient satisfaites de leur rencontre avec Hillary Clinton, qui s’est rendue à St. Petersbourg vendredi pour les rencontrer. Le thème principal de la discussion a été la proposition de loi russe, selon laquelle une ONG impliquée dans des activités politiques et recevant du financement de l’étranger sera considérée comme un “agent de l’étranger “. “Mme Clinton a dit qu’elle était au courant du problème et qu’elle s’occupait de trouver d’autres canaux pour l’acheminement du soutien américain aux organisations, de façon à ne pas les compromettre,” a déclaré l’activiste Dmitry Dubrovsky. »

Pour mieux développer et commenter cette nouvelle, – qui vaut sans aucun doute le commentaire, – on doit notamment rappeler ce que disait l’ambassadeur McFaul, que nous désignions comme « ambassadeur-Système » dans notre texte du 15 juin 2012 : « McFaul a aussi assuré le public que le Département d’État Américain ne soutenait pas l’opposition Russe. “Washington a des programmes pour soutenir la société civile dans beaucoup de Pays”, a précisé McFaul, “et la Russie ne fait pas exception à la règle, ceci ne signifiant pas une ingérence dans les affaires intérieures du pays”. “L’opposition vous regarde, ce sont vos affaires, pas les nôtres, et nous le comprenons parfaitement,” (…) En mai, McFaul avait déjà nié  tout lien entre Washington et le mouvement de protestation russe. Il avait dit que le soutien US aux ONG était un concept global, qui n’avait pas pour but d’influencer les affaires de la Russie.

…Ce que nous commentions de cette façon, notamment en nous attachant aux quelques mots ci-dessus mis en gras par nous-mêmes : « Dans ce cas, la dernière phrase citée de McFaul est encore plus stupéfiante quant au fonctionnement de la chose : “Il dit que le soutien US aux ONG est un concept global, et n’a pas pour but d’influencer les affaires de la Russie…” On comprend donc que ce « concept global » des ONG, qui vit de sa propre vie et de sa propre dynamique, n’est pas dirigé contre la Russie mais « global », – ce qui signifie, si l’on observe les réalités, qu’il n’est pas dirigé contre la Russie spécifiquement mais que la Russie fait partie des objectifs puisque le concept est « global » et, donc, que tout y passe, y compris la Russie… Il n’y a aucune raison de ne pas prendre cette observation à la lettre, alors que tous les événements la confirment. Le « concept global » des ONG est un programme-Système, qui est lancé par l’intermédiaire des ONG et d’ailleurs suscité par ces mêmes ONG, considérées comme regroupées en une entité-Système, contre le principe de la souveraineté nationale, contre le Principe en général, au nom de la communication-Système… »

Nous poursuivions en n’émettant aucun doute sur la bonne foi de ces affirmations de McFaul, – lequel, d’ailleurs, aime à se définir non comme un « diplomate » mais comme un « spécialiste de la révolution de couleur », un spécialiste en relations publiques de l’industry of regime change, par conséquent entièrement orienté sur les « industries » de relations publiques et de la communication en général. Selon cette logique, la question générale du Principe, et spécifiquement celle du principe de souveraineté, ne se posent concrètement en aucun cas. Ces diverses « industries » sont nécessairement « globales » et « globalisées » et ne s’arrêtent évidemment pas à un détail, comme l’est celui de la nationalité russe du territoire dont il est question ici.

 

Hillary Fuck the Revolution.jpg

Où il y a de la gêne…


C’est selon cette même logique qu’Hillary Clinton intervient comme elle le fait durant sa visite à Saint-Petersbourg, dans des conditions époustouflantes de légèreté et de désinvolture, sinon de mépris indifférent, pour les questions de souveraineté, et tous les autres aspects afférents en général aux conceptions de la diplomatie. Si l’on se réfère aux canons de la diplomatie classique, laquelle n’est pas autre chose que l’art immémorial d’aménager les relations entre les nations et d’établir des équilibres de puissance et d’intérêt, l’attitude de la Secrétaire d’État est d’une impudence et d’une grossièreté à couper le souffle. Mais l’on ne peut s’en tenir à la question de la bonne éducation. Par exemple, Timothy Bancroft-Hinchey, écrivant un billet d’opinion dans la Pravda, ce 2 juillet 2012, observe, sans intentions polémiques particulières, nous semble-il, mais simplement comme un fait : « Clinton est une lobbyiste, pas un diplomate » (Bancroft-Hinchey s’attache à un aspect particulier des activités de la Secrétaire d’État : « Hillary Rodham Clinton est une lobbyiste qui cède aux exigences des fantaisies de la communauté d’affaires entourant Washington, laquelle lui dicte sa politique après avoir financé les campagnes des candidats à la Présidence. Elle n’est pas un diplomate … » La même chose peut être dite de ses activités auprès de l’ «opposition » russe, qui relève effectivement des relations publiques, du lobbying, etc., en faveur de l’industry of regime change, confirmant effectivement l’évolution dans le sens qu’on voit de la fonction diplomatique, de la noblesse de l’art immémorial, au dynamisme du job postmoderniste usuellement rémunéré.)

…Comme McFaul, Hillary Clinton est effectivement pénétrée du même concept impérativement objectivé selon lequel l’action subversive des USA n’est pas de la responsabilité des USA, mais imposé et entraîné par une force supérieure, évidemment de caractère « global », qui est une sorte d’immanence libérale enquêtant partout sur la planète et intervenant là où cela importe, sans nécessité de permis de séjour ni quelque intérêt que ce soit, – puisque l’enquêteur est au service de la démocratie droitsdel’hommiste, qui est la vertu immanente que l’on sait. S’il se trouve que les critères et les « valeurs » véhiculées correspondent aux conceptions exactes et aux intérêts y afférant des USA et du bloc BAO, il n’y a pas lieu de s’étonner puisque USA et bloc BAO sont nés de cette même vertu et immunisés par avance contre tout écart, – au fond, tombés, un jour de leur plus jeune âge dans la marmite où bout la potion magique de la vertu droitsdel’hommière, comme Obélix dans la marmite où bout la potion magique de Panoramix. (« Pas toi, Hillarix, tu sais bien que tu es tombée dans la marmite quand tu étais bébé... »). Sarcasme mis à part, nous n’en sommes pas moins persuadés que ceci reflète précisément le contenu de leurs psychologies à tous. Ainsi la Secrétaire d’État examine, au grand jour, devant les « dissidents » postmodernes applaudissant des deux mains, le moyen de tourner la loi russe, de transférer de l’argent du trésor public des USA à des organisations russes made in CIA, de façon parfaitement illégale, pour alimenter une subversion du pouvoir légal et démocratique (eh oui !) de la Russie.

Contre cette psychologie détraquée et néanmoins enfermée dans des certitudes quasiment immanentes, les Russes ne peuvent et ne pourront rien. Simplement, un jour, quand les choses seront allées trop loin, ils demanderont le rappel de l’ambassadeur McFaul. Nous entrerons alors dans une crise internationale de première grandeur, dont l’enjeu ne sera rien moins, pour le côté du bloc BAO, que l’évidence de la vertu contre les machinations antidémocratiques qu’on sait.

(traductions de quelques passages, avec sûrement des fautes, des coquilles etc) soyez indulgents à mon manque d’entraînement..) gérard

Source :

http://www.dedefensa.org/article-hillarix_saint-petersbou......

via :

http://www.legrandsoir.info/hillarix-a-saint-petersbourg-...  pour la traduction des citations.

 

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HILLARY à Moscou.gif

 Que les Russes sachent bien que nous ne rigolons pas !

 

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Samedi 7 juillet 2012

Les nerfs florissants d’Hillary l’hallucinée

deDefensa.org

Les nerfs d’Hillary Clinton, – pardon, mais impossible d’écarter ce jugement pseudo-médical, – deviennent bien embarrassants. Ils sont en pelote, incontrôlables, et font ressembler les réunions internationales à des récréations pour établissements psychiatriques. Il faut dire que s’il n’y avait pas ce genre de divertissement (dito, les nerfs d’Hillary), les réunions des « Potes de la Syrie » constitueraient des évènements bien embarrassants par l’ennui que fait naître la vacuité inlassablement alimentée par la répétition de la narrative incantatoire et également hallucinée des répétiteurs du bloc BAO.

 

Hillary hallucinante.jpg


Nous disons notre conviction intuitive que « les nerfs d’Hillary », en même temps qu’ils sont bien entendu un cas spécifique et personnel, reflètent également l’état psychologique d’une communauté bureaucratique, celle du département d’État pour ce cas précis, qui semble être ainsi une convaincante illustration de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO.

victoria-nuland_350_032312114235.jpgLa présence à ses côtés, dans le rôle d’influence essentiel de porte-parole, de Victoria Nuland, femme du neocon Robert Kagan et ancienne ambassadrice US à l’OTAN - elle-même pasionaria du néoconservatisme mâtiné d’un libéralisme hyper et convulsivement interventionniste de tendance féministe(1) - est une garantie de la puissance et de l’extension de cet état de la psychologie dans le cabinet de la Secrétaire d’État Clinton. (Nous ne parlons certainement pas d’« état d’esprit », ce qui serait faire bien de l’honneur à toute cette volaille. Pour Hillary et Nuland, ce sont la fermeté perspicace et l'habileté manoeuvrière des femmes en politique remplacées par l’hystérie féministe, éternellement en transit de radicalisation extrême (2).) On n’a pas fini de mesurer les ravages de la pandémie de la psychologie hystérique des liberal hawks (3) dont Hillary est l’emblématique représentante, dans les structures d’un ministère qui, de George Kennan à James Baker et au morne Warren Christopher (Secrétaire d’État de 1993 à 1997), avait su cultiver la mesure et une certaine tenue sans rien sacrifier du cynisme et du pseudo-idéalisme américaniste si efficaces.

Bref, et en attendant plus, ceci pour introduire l’intervention et la pétroleuse activité d’Hillary Clinton à la glorieuse réunion des « Amis du peuple syrien », comme ils disent officiellement, hier à Paris. La diplomatie, qui se veut de tradition et d’un très grand et pompeux sérieux, se trouvant dans tous ses états hypomaniaques, cela constitue un spectacle extraordinaire et gourmand de l’ère postmoderniste. Savourons, par exemple ce qu’en dit Russia Today (on laisse la presse-Système jouer avec ses poussières), ce 6 juillet 2012.

L’intervention d’Hillary a fait surtout sensation pour ses remarques extrêmement agressives, contre la Russie et la Chine :

« Il faut que la Russie et la Chine paient leur opposition à la chute d’Assad »… Certains notent que, même pendant la Guerre froide, aucun Secrétaire d’État n’a jamais tenu de propos aussi agressifs contre la Russie (alors l’URSS). Rien là qui nous étonne.

« Je ne vois pas que la Russie et la Chine soient en train de payer quoi que ce soit pour leur prise de position en faveur du régime d’Assad. La seule condition pour que cela change, c’est que toutes les nations représentées ici, fassent savoir clairement et d’urgence, que la Russie et la Chine auront à payer quelque chose, » a martelé Clinton.

Le ministre des Affaires Étrangères  Adjoint, Sergueï Ryabkov, a dit que le bloc occidental était en train de fonctionner sur un schéma ami-ou-ennemi, qu’il a qualifié de démodé. « Nous refusons  catégoriquement que le problème soit posé de cette façon, à propos de l’actuelle situation en Syrie et d’un prétendu “soutien” du président Bachar el-Assad. Il n’est pas question de soutenir certaines politiques ou certains dirigeants. Il est question de résoudre une situation de crise affectant un pays, et de le faire dans les limites d’un cadre politique. » Ryabkov a ajouté : « Malheureusement, nous n’arrivons pas à obtenir un accord de principe de nos partenaires occidentaux. L’Ouest en est encore à recourir à la vieille alternative ami-ou-ennemi. Nous considérons cette terminologie comme une chose du passé. »

Un autre point remarquable de l’intervention de Clinton, c’est qu’elle a ressorti la fameuse affaire des hélicoptères russes vendus depuis des années à la Syrie, renvoyés en Russie pour entretien et remise à neuf, qui étaient sur le chemin du retour vers la Syrie lorsque la polémique a éclaté il y a trois semaines, du fait d’Hillary Clinton. (Voir le 15 juin 2012, le 21 juin 2012 et le 22 juin 2012.)

« La Secrétaire d’État US a en outre critiqué la Russie pour l’entretien qu’elle a assuré des hélicoptères syriens de fabrication soviétique. Il y a deux semaines, Hillary Clinton a fustigé la Russie pour avoir réparé trois hélicoptères syriens, disant que leur présence “va envenimer le conflit de façon tout à fait dramatique.” Le ministre des Affaires Étrangères russe a aussitôt réfuté ces allégations. “En 2008, ces hélicoptères ont fait l’objet d’un contrat de réparation. Il faut encore qu’ils soient réassemblés, après livraison,” a précisé Lavrov. “Le processus complet prendra au moins trois mois. Par conséquent, parler de quelque chose que nous viendrions de vendre à la Syrie et qui pourrait être utilisé dans les actions en cours, est un mensonge pur et simple,” a-t-il ajouté.

• Dans un autre article, de commentaire celui-là, Russia Today interroge deux commentateurs US. L’ensemble de leurs propos, ajouté au rapport sur l’intervention de Clinton, suffit à compléter la documentation du dossier. (Article du 6 juillet 2012.)

« Mais la réunion de Paris a révélé que les USA peuvent encore s’en tenir à leur propre solution du problème syrien et ne sont pas disposés à accepter un compromis, » a dit Mark Almond, professeur de relations internationales à l’université de Bilkey en Turquie. « Mme Clinton est en train de transformer un problème régional – intérieur à la Syrie - en une crise entre la Syrie et ses voisins, et même en un problème potentiellement planétaire,» a déclaré Almond à RT . « Les pays qui ne sont pas d’accord avec le moindre mot de Mme Clinton doivent être considérés comme des soutiens de tyrans et des ennemis du Bien. C’est propre à susciter une réaction globale beaucoup plus dangereuse. (…) Peut-être les interventions de Mme Clinton sont-elles dues à la frustration de n’avoir pas encore pu atteindre son but de renverser M. Assad, » a estimé le Pr. Almond, ajoutant que Mme Clinton « est connue pour user d’une rhétorique agressive, à l’égard des gens qu’elle n’aime pas. »

« Cette apparentte volte-face serait surprenante, si on avait le sentiment que l’accord atteint la semaine dernière était vraiment la carte que les Amis de la Syrie souhaitaient jouer vis-à-vis des pays arabes. Ceci prouve une fois de plus que, dès le début de cette crise, le but final était bien de renverser Bachar al-Assad et son gouvernement, » a déclaré James Corbett, animateur du site web d’information The Corbett Report, à RT. (…) « (À Paris) Clinton est allée jusqu’à insister pour que 60 autres pays du groupe des Amis de la Syrie se joignent à elle pour faire comprendre à la Russie et à la Chine qu’elles auront à subir un choc en retour pour les punir de leur position à l’égard de la Syrie, » dit Corbett. «Ceci montre que les USA n’ont pas de moyen de pression diplomatique à utiliser directement contre la Russie et la Chine. »

…Ajoutons à toutes ces intéressantes observations et commentaires, la précision que Clinton a aussi « menacé » (est-ce le terme ?) de proposer une troisième résolution à l’ONU, qui autoriserait une No-Fly Zone, ou autre faux-nez du genre, pour déguiser une intervention étrangère. Effectivement, on se trouve en pleine inversion de la logique diplomatique… Après avoir insulté Russes et Chinois, les « menacer » en supplément d’une troisième résolution de l’ONU, qui aurait besoin, pour passer, de leurs votes, alors qu’ils offriront leurs vetos comme bras d’honneur habituel, voilà qui relève d’une nouvelle sorte de diplomatie, disons « une diplomatie hypomaniaque ». Sans doute le très cool président BHO, se souvenant de l’existence du monde entre deux dîners de soutien pour lever quelques centaines de milliers de dollars de plus pour sa réélection, lui conseillera-t-il d’oublier cette « menace » pour éviter de subir une troisième défaite à l’ONU.

Bref, il y a très peu d’enseignements à tirer, à suivre l’intervention d’Hillary Clinton d’un point de vue politique. Celle qui embrasse Lavrov un 29 juin pour l’insulter sept jours plus tard ne présente guère d’intérêt à être soumise au moindre décryptage. Depuis qu’elle menace le monde entier d’une attaque de la Syrie, et considérant que les USA n’ont besoin en général de l’autorisation de personne pour ce genre de sport, on en conclura que le Pentagone prend également très peu au sérieux les « menaces » de Clinton. (Effectivement, on aurait envie de lui conseiller, après tout, d’attaquer la Syrie comme ses associés et acolytes l’ont fait en 2001 en Afghanistan et en 2003 en Irak, et elle-même par l’intermédiaire de son mari Bill au Kosovo en 1999, en se passant de la bénédiction de l’ONU et de l’assentiment des Russes. Mais encore faut-il avoir le poids de la puissance, à défaut d'audace, pour le faire.)

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Aussi est-ce bien l’aspect psychiatrique, – pardon psychologique, qui nous intéresse. Dans ce cas, ce n’est pas l’insulte menaçante lancée aux Russes et aux Chinois qui nous paraît le fait le plus remarquable mais plutôt l’affaire des hélicoptères remise sur le tapis. Cette affaire est assez documentée pour être considérée comme close ; réglée aussi bien par une réaction du Pentagone que par le réaction russe, elle s’est révélée comme une erreur technique de l’équipe du département d’État, emportée par son zèle publicitaire et idéologique ; qu’elle soit pourtant à nouveau utilisée, faisant passer la démarche de l’erreur, à la rigueur compréhensible, au mensonge absolument avéré et utilisé au nom d’une logique implacablement affective et manipulatrice de la raison, nous éclaire fortement sur l’état de la psychologie régnant au département d’État, et chez la Secrétaire d’État elle-même. Il est bienvenu que la contribution de Hédi Dhoukhar , qui paraît ce même 7 juillet 2012, mette l’accent sur l’aspect psychologique, – maniaco-dépression, terrorisation, etc. – que nous développons, pour étudier les comportements des directions politiques du bloc BAO. C’est bien de ce côté qu’il faut s’orienter pour comprendre le comportement d’une Clinton, psychologiquement épuisée, absorbant effectivement le mensonge comme une drogue qui lui permet de maintenir à flot sa narrative, éventuellement avec l’apport de drogues bien réelles, surenchérissant dans l’agressivité à mesure que son impuissance à tordre la réalité à sa volonté ne cesse de s’affirmer.

« Peut-être les interventions de Mme Clinton sont-elles dues à la frustration de n’avoir pas encore pu atteindre son but de renverser M. Assad, » avance le professeur Almond, – indeed, professeur, nous y sommes, pour le principe de la chose, et bien au-delà pour son opérationnalité. Ce qui est remarquable dans le stade d’avancement de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO qu’illustre Clinton – elle n’en est que le cas le  plus extrême - c’est l’affaiblissement considérable qu’on observe, au constat d’un tel éclat, conjuguant l’incapacité de se contrôler et l’indifférence complète de la démonstration publique de l’impuissance qu’on y trouve. Que cet éclat soit assumé d’une façon consciente, mûrement pesée, sous la forme d’un discours préparé, et non pas d’un mouvement d’humeur momentané, ajoute encore au pessimisme du diagnostic. Non seulement ces gens ne se contrôlent plus et laissent voir leur complète impuissance, mais ils procèdent d’une façon construite qui implique l’exposition de cet état, sans plus appréhender les conséquences que cela entraîne ; ils structurent la démonstration de leur effondrement psychologique, atteignant au paroxysme du paradoxe de structurer d’une main de fer leur propre déstructuration. Leur pathologie de la psychologie n’est plus distinguée en tant que telle ; c’est leur psychologie qui est devenue pure pathologie, comme une chose naturelle, avec l’emploi avéré et sans aucune dissimulation de tout l’arsenal de cette pathologie : le mensonge, l’invective, l’irresponsabilité. Ils sont complètement immergés dans la narrative terrorisée, transcrite en termes d’une agressivité sans frein.

Effectivement, ces gens sont capables de tout. En général, ce n’est pas la recette pour la victoire décisive d’une cause, mais plutôt pour l’accélération décisive de la catastrophe résultant de la collision de la narrative en vigueur avec la vérité du monde. Attendons pour voir.

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(1)         ??? (NdCL)

(2)        Féministes ? En plus de femelles hystériques ? En quoi faisant ? Nous laissons à l’auteur de l’article la responsabilité de ses jugements sur le « féminisme » de Clinton et Nuland, et nous permettons de rappeler que, pour feu José Saramago, les femmes de pouvoir « sont des hommes ». Pour nous : des femmes châtrées.

(3)        Mâles exclus ?

Source :

http://www.dedefensa.org/article-les_nerfs_florissants_d_hillary_l_hallucin_e_07_07_2012.html

 

Traduction des citations : Catherine L. pour

http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be

 

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De tout ceci, nous laisserons Annegarn et Arno tirer les conclusions qui s’imposent.


 

                                          


 

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MEDIAMENSONGES

L’arme absolue du gang occidental ?

 

Non, l’arme absolue du gang occidental, c’est la corruption et la servilité à toute épreuve de son personnel politique et de sa pseudo-intelligentsia.

Les médiamensonges sont les virus qu’il répand, dans sa guerre bactériologique contre l’esprit.

Certains pays, parfois des continents entiers, en sont immunisés. Le microbe est surtout efficace contre les foules du BAO (Bloc Américaniste-Occidentaliste).

Déclin de l’Occident ?

On voit ici les fameuses ONG à l’œuvre sur le front russe.

 

 

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La guerre de la désinformation fait rage

contre la Russie

 

ICE STATION ZEBRA est un site généralement bien informé de tout ce qui se passe en Russie. Il nous offre ici un échantillon de ce que « désinformation » veut dire. Son texte est riche (encombré ?) de liens méritant qu’on s’y attarde. Certains conduisent à des sources en anglais ou en russe. Ceux en français offrent un assez joli florilège ès merdiacratie francophone. La propagande mercenaire y bat son plein. Les pin-ups sont très jolies – complètement pourries en dedans mais très jolies (choisies pour ?).

 

Lundi 9 juillet 2012

Russie - Inondations - Désinformation - AFP - France 24 - RFI - TF1 : Guerre informationnelle et indécence .

Alors que la Russie pleure les morts de la crue cataclysmique qui a frappé la région du Kouban et plus particulièrement la localité de Krymsk , il convient de faire le point sur ce qui constitue une véritable  « guerre informationnelle » contre la Russie et surtout ses chefs politiques .

Comme je l'ai déjà évoqué sur ce blogue, on ne peut pas bien sûr accuser des individus de provoquer une émeute ethnique suite au meurtre d'un supporter d'une équipe de football, pas plus qu'on ne peut les accuser d'avoir provoqué des pluies diluviennes ayant entrainé des crues cataclysmiques. On peut par contre légitimement soupçonner l'existence de cellules et de réseaux prêts à déstabiliser un état à la moindre occasion et au moindre prétexte.

C'est ainsi qu'en janvier 2010 des blogueurs non identifiés mais dont l'adresse IP indiquait qu'ils agissaient depuis l'étranger ont propagé la rumeur que la structure du barrage de Saiano Chouchenskaia  en Sibérie allait s'écrouler sous le poids d'« une masse de glace de 25 000 tonnes ». Cette rumeur avait entraîné un début de panique parmi les populations résidant en aval de la retenue, la destruction d'une turbine en août 2009 ayant provoqué la mort de 79 personnes dans la salle des machines du barrage.

 

Lire la suite…

 

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 (Un bout du) Cul-de-sac côté U.S.

 

Pas même besoin de lire.

Les images suffisent.

 

Non, ce n’est pas La Double Vie de Théophraste Longuet, c’est Las Vegas, quand on y vit dans les égouts :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2010/11/usa-2010.h...

Le peuple « taupe » :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/09/au-36eme-d...

Detroit - USA ville frantôme…

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/04/detroit-us...

…où même les banques s’écroulent :

http://www.dailymail.co.uk/news/article-1370199/Detroit-H...

St. Louis – USA :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/st-louis-u...

Camden, New Jersey – USA :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/bienvenue-...

Bas-Empire New-Look :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/02/fin-de-civ...

Pour ceux qui n’en ont pas encore assez  :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/effondreme...

Et pour ceux qui n’auraient pas compris :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2011/09/tiers-mond...

 

Pour en savoir plus :

Résistance 71

Blog hautement recommandé :

http://resistance71.wordpress.com/

 

Évidemment, il y a toujours les petites souris qui nagent dans le bol de lait, des fois que ça deviendrait du beurre :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/societe-po...

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/01/detroit-ja...

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/01/communaute...

Elles auront à s’expliquer avec ça :

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2012/07/tain.html#...

Bonne chance à la génération qui vient !

 

Mis en ligne par Catherine

Le 17 juillet 2012

 

 

*

 

LIVRES

qu’on peut ne pas lire,

sauf si on a du temps à perdre.

ou

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 Quand l’écolier limousin

se prend pour la Sorbonne


Nous n’avons pas pour habitude ici de critiquer des livres, mais plutôt de recommander ceux qui nous paraissent importants ou que nous aimons particulièrement. Aujourd’hui, nous allons déroger, sans qu’il soit question d’en faire une habitude. Après tout, notre modèle, John Cowper Powys, qui pratiquait exclusivement l’analyse dithyrambique, a quand même - une fois - dit du mal de Chesterton.

L’histoire est banale. Une de nos amies, Parisienne exilée dans son endroit natal, n’arrêtait pas de nous bassiner pour que nous lisions Métronome, de Lorànt Deutsch. Un jour, votre servante, dans une bibliothèque publique, tomba dessus, et lut. Outch ! Elle est gaga, Ginette, ou quoi ? Parce que, bon…

Que je vous conte d’abord une anecdote :

Devenue vieille, Elisabeth Duplay (la fille des hôtes de Robespierre, la veuve du Conventionnel Le Bas, la mère de Philippe Le Bas, membre de l’Institut, précepteur du futur Napoléon III, il n’y a pas que Sénèque dans la vie, et auteur d’une Histoire de l’Univers qui tient encore la route) a raconté à quelqu’un, je ne sais plus qui, ma bibliothèque est dans un garage, qu’au moment où ils écrivaient l’un son Histoire des Girondins, l’autre son Histoire de la Révolution Française, Lamartine et Michelet étaient venus la voir tour à tour. Tous deux voulaient, comme il se doit, solliciter les souvenirs de celle qui était un des derniers témoins des faits, qui avait connu de près plusieurs des acteurs du drame. À l’issue de quoi Lamartine avait eu la rare probité intellectuelle, non de renoncer à ses chers Girondins, mais de rectifier ce qu’il y disait d’injuste et de résumer, en une phrase trop méconnue, ce que son interlocutrice lui avait fait découvrir: « Ils (les thermidoriens) l’ont noyé dans le sang qu’ils avaient tiré pour le perdre. » Il parlait de Robespierre. Je cite de mémoire, voir plus haut.

Et Michelet ?

Ah, Michelet ! Elle le revoyait – non sans attendrissement, car il avait du charme, l’animal – debout, accoudé à sa cheminée, s’écriant, après s’être jeté un coup d’œil satisfait dans la glace : « Madame, vous verrez, ce sera bien plus beau comme je vais le raconter ! » A-t-elle eu le temps de voir ? Nous, oui. Et pas seulement dans l’Histoire de la Révolution Française, mais aussi dans La sorcière,  dans Le peuple, dans La Bible de l’Humanité, etc. etc. Car Michelet, il faut bien se décider à le dire, était un masturbé du cerveau, un qui se branlait d’une main et qui écrivait de l’autre, avec le produit de sa branlette. Lyrique, certes. D’un beau lyrisme. Passant presque toujours avant la vérité. Maître ès fantasmes. « Bien plus beaux », vous comprenez, que l’ennuyeuse exactitude historique. Un peu embêtant, quand on occupe la chaire d’Histoire au Collège de France, toutes ces tares du romantisme rassemblées sur un seul homme ! Bien de l’eau sale allait couler sous le pont Mirabeau avant que paraisse Albert Mathiez, l’historien exemplaire capable de découvrir ses propres erreurs et de recommencer tout son travail à zéro. Mais au moins, l’homme – je parle de Jules – était érudit, à défaut d’être honnête, et il s’exprimait en français, grammaire, syntaxe et orthographe, sans prendre les imparfaits pour des passés simples et lycée de Versailles.

C’est de lui que se réclame Lorànt Deutsch. Et d’Eddy Mitchell. Pauvre Eddy Mitchell qui n’en peut mais. Ce qu’on peut dire, c’est que la masturbation, chez Deutsch, prend des allures de Gay Pride, toute libido dehors étalée sur la place publique. Et se double d’un illettrisme on ne peut plus décomplexé. Ses fantasmes à lui, hélas, ne sont pas lyriques, ils sont cheap. Fantasmes de midinette au QI de 21… 22 à tout casser.

En d’autres temps, ses élucubrations pseudo-historiques n’eussent pas trouvé d’éditeur, et l’alternative alors était simple : soit elles restaient dans son grenier, sous forme de journal intime, soit il s'éditait à compte d’auteur, ce qui lui eût valu un paragraphe dans la somme à Blavier, entre Gagne et Berbiguier. Petit, le paragraphhe, car il y a, chez ces givrés, une forme pathétique de poésie, absente chez l’auteur de Métronome. Mon appréciation est bien entendu subjective, mais ce n’est pas lui qui va me le reprocher, mm ?

Ce qui a changé, depuis l’âge d’or des fous littéraires, ce sont les progrès de la technologie et le consumérisme obligatoire, qui ont mis la publication de ses billevesées à la portée du premier ignare venu (et qu’est-ce que je fais moi-même en ce moment ?). Un ordinateur d’occasion, une imprimante, une cartouche, une rame de papier, un peu de colle, et le tour est joué.

 

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      Oui, mais, Michel Lafon ?

      Question intéressante. Je vous remercie de me l’avoir posée.

C’est là en effet le croquignolet mystère :  le niveau des comités de lecture est-il tombé si bas ou y a-t-il d’autres raisons ?

D’autant qu’il n’a rien écrit lui-même, s’il faut en croire M. Pierre Assouline («Lorànt Deutsch, à moins que ce ne soit sa plume et documentaliste, le polygraphe suisse Emmanuel Haymann, flatte un instinct populaire bien dans l'air du temps qui rejette les experts. ») 

Dans tous les cas, le livre, qu’il soit de Deutsch ou d’Haymann, est nul, irrémédiablement nul.

-  Mais son succès ?

- N’est pas plus étonnant que celui du Da Vinci Code… Je puis vous l’assurer, Childéric bâtisseur du Louvre, Charlemagne en l’an mil, et Notre-Dame, « point d’orgue du gothique, chef-d’oeuvre des hommes du Nord, vainqueurs des hommes du Sud » (de la Loire en passant par Byzance), c’est aussi joyeux que la chapelle de Rosslyn, le prieur de Sion assassiné par l’Opus Dei et l’enfant – bâtard, forcément bâtard - de Jésus et de Marie-Madeleine. Mais lui, ce ne sont pas les Templiers qui l’intéressent, ni les franc-macs chapardeurs de Graal. Il est pour la royauté, Dan Deutsch, républicaine (si, si). Orléaniste, voilà ! Le sait-il que le fondateur de sa branche élue vota la mort de son roi-serrurier, « mettant ainsi fin à la civilisation française » ? (Robespierre, choqué : « Lui seul avait le droit de s’abstenir ») Et la vota non par conviction ni par fanatisme, mais par opportunisme d’ambitieux ? Bof, s’il fallait s’arrêter à ces broutilles. On ne devient pas roi sans manger ses parents en omelette. 

Il est pour la religion, aussi. Non pas celle de saint Augustin (qui c’est ?) ni même celle de Paul Claudel, non : celle de la Légende dorée, où les saints marchent vraiment avec leur tête sous le bras. Concordat ! Concordat !

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Bref, le cher petit nous vend une histoire, une monarchie et une religion grappillées au petit bonheur la chance dans les almanachs de colportage encore tout pleins des temps obscurs et les fascicules-Historia pour bibliothèques de gares de nos temps de plus en plus obscurantistes.

 

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Qu’est-ce qui lui a pris ?

Je parierais ma chemise que je connais l’origine de ce « fait de société » fabriqué au bazooka.

Du temps de ma folle jeunesse, un aspirant comédien qui arrivait à Paris, désargenté et néanmoins décidé à se payer le cours Simon et une chambre de bonne, se voyait offrir deux sortes de petits boulots : vendre des encyclopédies au porte à porte sans passer par les ascenseurs (tuant et pas rentable) ou officier comme guide pour touristes désireux de visiter le « Paris insolite ». Les organisateurs avaient mis en commun les connaissances par eux glanées sur quelques endroits pittoresques et concocté un petit boniment d’accompagnement, qu’ils refilaient aux futurs Talma et Sarah Bernhardt, avec des clopinettes, mais en leur faisant valoir qu’il y avait là, pour eux, une occasion en or de s’exercer à leur futur métier : rôle du guide. Et c’était encore mieux si vous parliez une langue étrangère, puisque vous auriez peut-être un jour l’occasion de faire du cinéma dans une production internationale. Va voir qu’il ait commencé comme ça, Lorànt Brown. Et embrayé sur le non-insolite pour son propre compte. Certes, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Et même plutôt de quoi le rendre touchant. Après tout, ce n’est pas lui qui a supprimé l’enseignement de l’histoire à l’école. À qui la faute s’il ne sait rien ?

Mais pourquoi, alors, est-il si antipathique ? Oh, l’évidence même :

Il raconte l’histoire d’une ville. Mais une ville sans ses habitants, qu’est-ce que c’est ? L’histoire de Paris, c’est donc, surtout, celle des Parisiens. De souche, de passage ou d’importation – précaire quand ils s’accrochent à ses flancs comme des moules, alors qu’ils n’ont même pas de papiers, souvent. Eh bien, les gens en général et les Parisiens en particulier, Lorànt ne les aime pas, il les exècre, il les méprise, il voudrait qu’ils ne soient, qu’ils n’aient jamais été là. Beurk ! Beurk ! La foule, que dis-je, la populace, le troupeau, la tourbe, la racaille, la mob. Vous les avez vus ses pochetrons braillards et revendicateurs, suant des pieds et des dessous de bras, pour ne rien dire de ses femelles, mégères, harengères et haranguières, tricoteuses dans tous les cas, et lécheuses de sang de guillotine même en dehors des repas ? 

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Ah les gueux !

 

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 Ah, les jamais contents !

 

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Jusque dans les cimetières ils se battent !

 

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Et soutenus par les bougnoules en plus !

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L’école laïque et gratuite, mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Et les femmes en chaire, non mais ! AL-img201-677x1024.jpg

Manquait plus que les femmes en chaire !

 

Ce qu’il voudrait, Lorànt, c’est rester seul avec ses rois, et quelques saints pour les servir, rester seul avec son « élite », dont on voit bien qu’il ne doute pas de faire partie, comme ses – pourtant nombreux – pareils, qui ne se voient jamais eux non plus dans le rôle de la piétaille qu’on piétine. Et pourtant…

J’ai dit midinette ? Mais les midinettes écrivent des lettres charmantes à Clark Gable, et dans les cas fastes, les lui chantent. Ce sont midinettes d’une autre espèce.

Donc, Métronome.

Ah, oui : comme si abattre des forêts pour imprimer «ça» ne suffisait pas, il paraît qu’on a fait, de la Parisianade à Lorànt Deutsch un truc télévisé en plusieurs parties, aussi triomphalement bourre-cervelets que le truc imprimé, et que c’est la Mairie de Paris – qui n’a pas de sous pour loger ses SDF et supprime les pansements stériles à ses hôpitaux pour cause d’austérité quel malheur – qui a trouvé un million d’euros dans la poche de ses contribuables pour payer les caméras, les costumes et les sandwiches des figurants. Il paraît même que Robert Hue est sorti de son coma pour recommander le machin aux écoles. - Tiens, on croyait qu’il était mort. Ne vaudrait-il pas mieux qu’il se rendorme ? – Et les moutons de Dindenault de battre des pattes (de devant) au spectacle d’un si beau génie, prêts à sauter en chœur dans la Seine si on leur dit que c’est la mode.

Tous ? Non pas.

M. Alexis Corbière, élu PG, justement indigné par ce qui ressemble de plus en plus à une offensante obscénité, est monté à l’assaut de Dark Vador et de ses troupes, lourdement armé d’un fétu de paille, en l’occurrence sa seule éloquence d’honnête homme, que même Don Quichotte il n’aurait pas osé. Mal lui en a pris. Tollé général des sycophantes – personnels politiques et merdiatiques unis – contre l’envahisseur coco1.

(1Remarquons que quand Robert Hue se joint à la fiesta, on se garde bien de le traiter de stalinien en ex-chef.)

 

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Mais qu’est-ce qu’il croyait, M. Corbière ? Que nous vivons en démocratie parlementaire ? Ne le sait-il pas que, pour parlementer, il faut au moins deux personnes civilisées ? Où a-t-il vu l’autre ?

 

*

Vous pourriez, chers amis internautes, vous dire que j’attige un  brin, à fustiger si méchamment ce qui n’est après tout que de la vulgarité ordinaire, et que si on devait se mettre dans tous ses états à chaque fois qu’on met le pied dans quelque chose, où irait-on ? C’est vrai, mais c’est que je suis en colère. Parce que ce qu’on me raconte là me rappelle un épisode (vécu) exécrable, et vous allez y avoir droit. Après tout, c’est de l’histoire de Paris aussi.

C’était en 1983. On ne parlait pas encore de célébrations de bicentenaire, mais d’aucuns y pensaient déjà. J’étais de passage à Paris. On y projetait le Danton de Wajda. J’y fus. Et compris tout de suite . Premières images : guillotine en gros plan, dégoulinant de peinture à l’huile couleur sang de bœuf un peu caillé, jeunes mères et bébés à la peau bleuâtre, visiblement du frai de Dracula, peuple de Paris vociférant, qu’on eût dit sorti de Lorànt Deutsch mais bien sûr c’est l’inverse. Film de propagande de la plus grossière espèce, financé à coup sûr par la CIA ou autre officine apparentée, à moins que par quelque think tank à milliardaires, préoccupés de ce que les célébrations à venir pourraient inspirer peut-être aux colonisés franchouillards et pas de ça Lisette, l’herbe sous le pied tout de suite, mieux vaut prévenir que guérir. M. Jack Lang avait fait l’appoint de la monnaie avec l’argent des contribuables, comme aujourd’hui son « camarade » maire. Et, bien entendu, le film le plus anti-français de l’histoire du cinéma s’en allait représenter la France dans tous les festivals de cinoche, car à quoi bon lésiner. Ah, il fait rire, Céline, avec son « prestige » capable d’arrêter les Schleuhs !

Me refusant à endurer l’immondice jusqu’au bout, malgré le très grand acteur chargé d’incarner le Robespierre de leur invention (j’ai un faible pour les grands acteurs), je m’étais retrouvée clignant des yeux dans la rue de la Huchette, où une longue file de braves gens descendus de leurs banlieues en traînant leurs moufflets par la main, attendaient patiemment leur tour de voir ce qu’ils prenaient pour de l’histoire de France.

Je n’ai pas décoléré depuis. Oui, c’était une agression. Délibérée. Oui, c’était un sale coup porté « préemptivement » au peuple que ces parasites haïssent tant, et dont ils ont si peur. Lang et Wajda ? Au mur et douze balles ! Que dis-je, douze balles ? Une seule, en enfilade et qu’ils se vident !. Au prix où sont les munitions.

Mais ce n’était pas tout, car l’offensive était d’envergure et de très loin planifiée : chez les marchands de livres du boulevard Saint-Michel, j’en ai vu d’autres, des descendants de sans-culottes, Français ou naturalisés, qui prenaient leur courage à deux mains pour entrer et demander timidement « vous n’avez rien sur la Révolution Française », à qui on répondait (des minettes fraîchement briefées) : « Ah, si, Furet. C’est ce qu’il y a de mieux, de plus récent, le dernier et définitif mot sur le sujet ». « Ah, bon, et à part Furet, qu’est-ce qu’il y a d’autre ? » « Euh, eh bien… il y a Furet ». Et les innocents repartaient avec leur dose de cyanure du peuple et quelques francs de moins dans les poches, ayant engraissé davantage encore un Furet déjà grassement rétribué par la Fondation Olin pour les neutraliser, les empêcher de savoir, les empêcher de penser, les empêcher d’acheter enfin de la Marie-Rose peut-être.

Ce qui se passe aujourd’hui, pas seulement Lorànt Deutsch et la smala qui vient de l’avaler, mais tout ce qui se dit, s’imprime, se caquète dans les talk shows, dans les gazettes, les clips de pub, les chansons des Souchon  salariés pour cracher sur les héros morts, les Béhachelles imposés à coups de masse de forgeron à un public qui le gerbe, c’est la poursuite de cette guerre aux pauvres, car ceux qui la veulent et la font ne renoncent jamais, ne s’arrêtent jamais. Se conduire à leur égard avec civilité, comme a voulu le faire M. Corbière, c’est aller couper des verges pour se faire battre. Au point où nous en sommes, la République n’a rien à échanger avec ses ennemis que du plomb.

*

Mais, Alléluia ! Nous devons quand même à Métronome (et à M. Assouline pour les deux premiers ), la découverte de trois sites d’exception. D’histoire.

Pour rappel :

La vulgarisation, c’est quand quelqu’un de très savant, qui a mis beaucoup de temps et consacré beaucoup d’efforts à acquérir sa science, arrive à en communiquer l’essentiel à ceux qui n’ont ni les moyens ni le temps d’imiter son parcours de combattant. C’est un art très difficile. Celui de la transmission.

 

GOLIARD(S) –

Sous-titre : Les humanités populaires.

C’est là :  http://www.goliards.fr/

La première chose que je fais, quand je tombe sur un site qui paraît intéressant, c’est aller voir à la rubrique « Qui nous sommes »  ou « About us ». Faites comme moi, cliquez sur « Goliard(s) c’est quoi ? ». Vous comprendrez tout de suite que vous allez avoir affaire à du gai savoir.

Quant à ce qui se rapporte à l’affaire Lorànt Deutsch, c’est là :


Oups, j’ai marché dans Lorànt Deutsch

Avec un million cinq cent mille exemplaires vendus, le Métronome de Lorànt Deutsch (LD) est en passe de devenir un des bouquins d’histoire les plus vendus.

-      On dirait que ça vous rend jaloux ?

Qu’on me comprenne bien. Je n’ai rien contre le fait qu’une personne n’ayant aucun diplôme d’histoire écrive un livre d’histoire. De nombreux érudits locaux font de même, et produisent des ouvrages d’excellente qualité. Au contraire, cela peut parfois rafraîchir la recherche, relancer des débat, et puis, après tout, plus on est de fous…

Mais l’ouvrage de LD pose problème. Passons sur les multiples erreurs factuelles qui pullulent dans le livre1 il arrive parfois à des profs de fac d’en faire… (mais peut-être pas autant). Passons aussi sur l’absence de notes, de bibliographie (histoire de savoir d’où LD tire ses infos2). Passons aussi sur l’absence de toute pensée critique dans son livre, et sur sa vision très archaïque, pour ne pas dire conservatrice de l’histoire, centrée sur les grands personnages, les rois, les reines, les saints et les saintes (au passage, LD se dit royaliste3).

Passons… non, en fait, arrêtons nous un instant sur le numéro 148 de Détours en France consacré à Paris au Moyen âge. LD y est invité à intervenir en tant que rédacteur en chef d’honneur. Voilà ce qu’il écrit sur Notre-Dame de Paris page 83.

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Lorànt Deutsch Louvre trop…
… et pourtant, ce n’est pas lui qui parle.

Bon sang de bois de nom de Zeus de mille sabords de WTF ?


Quoi, quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Il y a que je viens de lire le Métronome. Juste après, j’ouvre l’Atlas de Paris au Moyen âge, et voilà que je trouve des informations contradictoires.

 

A propos de quoi ?

À propos du Louvre. Je dois préparer une visite pour des mômes. Deutsch nous raconte que le roi Childéric Ier (le père de Clovis) avait dressé une tour au Ve siècle en assiégeant Paris (page 80 du Métronome non illustré). Il se base pour dire cela sur l’origine du nom « Louvre » qui viendrait, selon lui, du terme loewer, qui aurait voulu dire forteresse en langue franque. Ce donjon avant l’heure aurait été à l’origine du palais royal. Mais j’ai fait des recherches complémentaires. Il n’y a aucune allusion de cela dans l’Atlas de Paris au Moyen âge (édité par Parigramme) dans le chapitre consacré au Louvre (page 88 à 90), ni dans celui consacré à Paris sous la domination mérovingienne (page 19 et 20. Voir notamment la carte page 19 intitulée « le Paris mérovingien », qui ne fait nulle mention d’une tour à l’emplacement du Louvre). Bref, je ne comprends rien.

Je conçois. Vous me laissez cinq minutes pour faire une petite recherche… hum…

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La Révolution version Deutsch, ou l’histoire Yop.

Un royaliste prend la Bastille

 

Le chapitre que consacre Lorànt Deutsch (LD) dans son Métronome vaut son pesant de yaourt liquide.

-     Encore ! Mais vous l’avez déjà étrillé ici et ? Pourquoi recommencer ?

     

Parce qu’un royaliste écrivant l’histoire de la prise de Bastille, c’est aussi flippant que Tino Rossi en train de reprendre du Rammstein.

-     Oui. Présenté comme ça, je ne peux qu’être tout ouïe.
   

Prenez un café, ou une bière, parce que cela va être un peu long.

-     Ayé, je suis prêt (slurp).

Le chapitre (pages 323 à 337 du Métronome (version non-illustrée, et sans bibliographie, bien sûr) commence par une brève balade autour des vestiges de la Bastille. Jusqu’ici tout va bien, sauf que ces mêmes informations étaient déjà en grande partie disponibles ailleurs1. C’est lorsque LD commence à parler des événements qui ont amené à la prise de la prison royale que les choses se corsent.

Une vision biaisée du peuple

La Bastille, selon LD, « n’a pas attendu 1789 pour catalyser les haines populaires, les oppositions bourgeoises et les ambitions princières. » (page 324). L’auteur propose ici un découpage social et émotionnel bien particulier.

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Le deuxième site indiqué par Pierre Assouline s’appelle :

 

HISTOIRE POUR TOUS

Sous-titre : Histoire de France, et du Monde.

C’est là : http://www.histoire-pour-tous.fr/

 

« Histoire pour Tous est un magazine en ligne consacré à l'histoire de France et de l'humanité, des origines de l'homme jusqu'à l'époque contemporaine. »

Comme il est impossible de copier-coller ses articles, voici les liens qui y conduisent, pour ce qui se rapporte à l’affaire Deutsch :

 

20 mars 2012

Métronome – Lorànt Deutsch

http://www.histoire-pour-tous.fr/livres/67-essais/4031-me...

 

14 avril 2012-07-14

Métronome, épisode 2. France 5.

http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/58-television/...

 

29 avril 2012

Pour en finir avec Lorànt Deutsch

http://www.histoire-pour-tous.fr/actualite/58-television/...

 

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Le troisième, découvert par moi, n’a rien à voir avec Lorànt Deutsch et tout avec le Paris de la Commune (photos, gravures, fac-similés, affiches, dessins de Tardi, etc.).

 

À ne rater sous aucun prétexte :

La commune de Paris

http://www.raspouteam.org/


Mis en ligne par Théroigne

le 17 juillet 2012


 

 

 

 


 

 

 

 

20:30 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |