02/04/2016

SUITE ANNONCÉE / 4 (et dernière)

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D’un passé pourtant pas si lointain…

 

Suite Annoncée / 4

(et dernière)

 

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Un cas extrême d’intégration réussie : Salomon Reinach

 

     S’il fallait caractériser du nom d’un seul homme la IIIe République, celui de Salomon  Reinach y suffirait sans doute.

 

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      Né le 29 août 1858 à Saint-Germain-en-Laye d’une famille juive d’Allemagne, Salomon eut deux frères : un aîné, Joseph, né en 1856, et un cadet, Théodore, en 1860.

      Les deux frères de Salomon allaient, contrairement à lui, faire des carrières politiques, devenir ce qui fut appelé des « juifs d’État ». Joseph, journaliste et secrétaire de Gambetta, fut député des Basses-Alpes et Théodore, juriste, archéologue, historien, mathématicien, philologue, numismate et musicologue, fut député de la Savoie et est aussi connu pour s’être fait construire, à Beaulieu-sur-Mer, une demeure « à la grecque » (dans le goût « début du XXe ») : la villa Kérylos, qui se visite encore.

      La manière dont les frères Reinach furent élevés et ce qui en résulta démontre a contrario la malfaisance de l’enseignement tel qu’il est conçu et pratiqué aujourd’hui. Rien qu’à ce titre, ils mériteraient notre attention, et c’est pourquoi il vaut la peine de s’attarder un instant sur leur histoire familiale.

 

   La famille Reinach

      Le premier ancêtre connu, Hans Mayer, était suisse, originaire du canton d’Argovie, qu’il quitta au XVIIIe siècle pour aller s’établir à Mayence et y prendre le nom de Reinach.

     Le grand-père, Joseph-Jacob, alla, lui, s’établir à Francfort-sur-le-Main comme marchand de produits agricoles et de bestiaux. En 1814, il eut des jumeaux, Herman et Adolf, qui se lancèrent ensemble dans le commerce international. C’est Herman, père de nos trois Reinach, qui allait devenir banquier multimillionnaire. Il commença par s’installer à Paris, après un séjour à Londres.

      [ N’oublions pas qu’en 1792, cédant à l’insistance de Robespierre, de Marat, de l’abbé Grégoire et de leurs partisans, la Convention avait aboli l’esclavage dans les colonies, et fait des juifs et des protestants des citoyens à part entière qu’ils n’étaient pas jusque là.]

     Herman avait donc une bonne raison de s’installer en France plutôt qu’ailleurs. Mais il était cependant persuadé qu’un homme de son époque, s’il voulait faire quelque chose de sa vie, devait parler au moins deux langues étrangères. Outre son allemand natal et son français d’adoption, il n’avait pas ménagé ses efforts, pendant son séjour à Londres, pour apprendre aussi l’anglais. Son frère et lui s’étaient acheté un manuel de correspondance commerciale dont ils avaient appris par cœur toutes les lettres, et ils avaient pris pour professeur de conversation leur cocher, dont ils payaient les leçons en pintes de bière.

      Homme très débrouillard, Herman n’était cependant pas que cela. C’était aussi un amoureux des Lumières, grand admirateur de Voltaire et de Rousseau, qui, en 1848, opterait résolument pour la République, mais qui – métier oblige – fréquenterait bien entendu la grande bourgeoisie d’affaires arrivée au pouvoir grâce à la Révolution sans être elle-même révolutionnaire pour un sou. Installé dans les beaux quartiers, il recevrait chez lui banquiers, industriels, patrons de presse et hommes politiques aussi bien qu’artistes et intellectuels, bref, tout ce qui comptait à Paris, de Thiers à Victor Hugo en passant par Michelet, Renan et tous les autres, plus quelques têtes couronnées d’ici et là.

      C’est dans ce milieu que les trois frères ont grandi.

      Le « phénomène Reinach » doit beaucoup aux qualités de selfmade man de Herman (à l’époque, on eût dit- en français - qu’il s’était « formé à l’école de la vie »). Sans renier sa judéité, il ne pratiquait aucune religion et avait des idées personnelles sur l’éducation des enfants. Il n’allait donc pas élever ses fils dans le judaïsme, suivant en cela sans le savoir les recommandations du Plan d’Éducation Nationale de Lepeletier de Saint-Fargeau, et pas trop non plus à l’école. Car, quand l’école ne répond pas à ce qu’on est en droit d’attendre d’elle, il faut faire le travail à sa place. Or, Herman se méfiait des lycées, qui étaient encore sous la coupe – militaire - de l’Empire, et il se désolait de voir que, surtout dans les petites classes, tant de temps était perdu en dictées, alors que les enfants maîtrisaient déjà l’orthographe. Et aussi, pourquoi donc les maîtres tenaient-ils tant à dicter leurs propres cours aux élèves, alors qu’il y en avait d’imprimés ? D’après lui, 1) les enfants gâtaient leur écriture en essayant de noter l’intégralité de ce qu’ils entendaient, 2) ils en oubliaient de réfléchir par eux-mêmes.

      Rien de passif, on le voit, chez le banquier en pleine ascension. Il eût fait beau voir qu’on lui interdise de garder ses enfants chez lui si l’école n’était pas à la hauteur ! Tout ceci le poussa – il en avait les moyens – à engager un précepteur pour faire la classe à ses fils. Ce fut Charles-Marie Laurent, un jeune homme « cultivé, consciencieux et d’un caractère agréable » qui n’avait, malheureusement, aucune autorité sur eux : « Il leur interdisait les mots grossiers, mais il ne parvenait pas à les empêcher de se battre. Tous d’une violence extrême, leur salle d’études était un véritable champ clos : quand le bruit de leurs luttes arrivait jusqu’à moi, je montais pour distribuer impartialement des taloches aux combattants, sans chercher à démêler le motif de leurs querelles. » Mais Charles-Marie avait deux passions : Victor Hugo et Vercingétorix, sur lequel il écrivait une tragédie. C’est ainsi que Joseph serait toute sa vie hugolâtre et que Salomon finirait conservateur en chef du Musée des Antiquités nationales.

      Suivant les convictions paternelles, tout le monde était polyglotte chez les Reinach. Mais… « Qui na pas fait plus que son père n’a rien fait », avait prétendu Léonard de Vinci, les trois fils de Herman apprirent donc aussi le latin et le grec, chose habituelle à l’époque pour quiconque entendait faire quelques études. Et, bien entendu, ils finirent par y aller, à l’école, et y devenir forts en thème. Ils se mirent même, sans le faire exprès, à y remporter tous les prix… qu’il eût peut-être été plus politique de ne pas monopoliser, mais comment le savoir. Ils étaient surdoués, et, pour leur père, ces prix étaient la preuve d’une intégration réussie à la société française.

      Au concours général, Salomon, puisque c’est lui qui nous intéresse, remporta non seulement six prix et dix accessits, mais se vit même – à seize ans ! – publier par Le Temps  (du 27 avril 1874). L’écolier y protestait contre la suppression du concours de géographie en classes de 3e et seconde, ce qui « inévitablement condamnait à l’oubli et à la décadence » une étude déjà négligée par la Sorbonne, et par là refermait l’horizon intellectuel de la jeunesse. « Certes, il est avant tout nécessaire à un homme de connaître la géographie de son pays, mais est-ce que le Français est condamné à demeurer toujours chez lui ? Industriellement, commercialement, militairement peut-être un jour, le Français sera appelé hors de la France ; il doit donc être instruit non seulement de la géographie de l’Europe, mais de celle de tous les pays où pourra se déployer son intelligence. » Certes, cela n’excluait pas les aventures coloniales, mais au moins n’était-ce pas hexagonocentriste.

      Quoi qu’il en soit, à une époque où le colonialisme, justement, était si fort à la mode, et où d’aucuns se mettaient à beaucoup parler de la « race » indo-européenne, de sa supposée supériorité sur les autres, d’aryanisme, du Diable et de sa mère, il valait mieux, si on n’en était pas, ne point remporter absolument tous les prix au concours général. Ainsi, c’est sans doute encore sans acrimonie mais tout juste, que les chansonniers montmartrois brocardaient « les frères Je Sais Tout ».

      Arrêtons-nous un bref instant pour considérer avec un serrement de cœur une époque de l’histoire de France où le bon peuple payait pour aller écouter chansonner les résultats aux concours des écoles.

 

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   Débuts dans la vie

       En novembre 1876, Salomon entre premier rue d’Ulm. Cela lui vaut, suivant la tradition, le titre de « cacique ». Il a 18 ans et vient de passer ses vacances d’été à traduire l’Essai sur le libre arbitre d’Arthur Schopenhauer, qui paraîtra l’année suivante « pour la première fois en français ». Une onzième édition paraîtra en 1909, et c’est encore ce texte qui – on ne compte plus le nombre des rééditions – paraîtra en 1992, dans la « Petite bibliothèque » de Rivages Poche.

      Quelles sont les relations de Salomon Reinach avec le libre-arbitre ? Sacrément difficiles à distinguer. Celui qui a été élevé sans religion et qui se battra toute sa vie pour l’école laïque, va traverser, pendant ses études, une crise de mysticisme. Le phénomène est courant. Ce n’est pas J.B. Pouy qui nous contredira, ni les enfants de communistes qui fuguent pour faire, à pied, le pèlerinage de Compostelle. Ce qu’on peut dire, c’est que chez Salomon Reinach, le choix du rationalisme et une tendance au mysticisme très difficile à réprimer vont se faire la guerre ou se compléter, non seulement dans la vie mais dans l’œuvre.

       En 1880 – il a 22 ans -, il publie un Manuel de philologie classique, qui, comme il s’y attendait, sera violemment critiqué. Ses maîtres l’avaient mis en garde. Michel Bréal, par exemple : « Imprimez-le bien vite, dans un an, vous n’oseriez plus. » D’autres se scandalisent qu’il ose, justement à son âge, donner un avis sur ces choses. Mais, est-ce vraiment une question d’âge ? N’est-ce pas plutôt son caractère qui le pousse à nourrir « l’heureuse illusion d’une science naissante, qui prend pour horizon les bornes du connaissable » ? Illusion ? Oui, certes, il partage celle de son temps sur le pouvoir de la science à repousser toutes les bornes et à sanctifier ce qui, jusque là, ne l’était pas. On sait mieux aujourd’hui ce qu’il faut en penser. Mais l’ambition (et non l’illusion) de Reinach est de défricher une jungle différente, à savoir : TOUT apprendre (dans les bornes toujours reculées du connaissable) et TOUT transmettre. Au plus grand nombre. Même « aux jeunes filles ». C’est-à-dire aux femmes.

      Que ceux qui hausseraient aujourd’hui les épaules veuillent bien se rappeler que, moins de huit décennies plus tôt, M. Sylvain Maréchal, précurseur de l’anarchie et de la grève générale, avait « essayé de se rendre utile en publiant un Projet d’une loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes », et qu’en 1909 encore, M. Henri d’Almeras regretterait amèrement qu’on ne l’ait pas écouté. Quoi qu’il en soit, ce projet pédagogique, que Reinach va poursuivre sa vie durant, scandalisa fort les vieux messieurs en charge de dispenser le savoir dans une école où tout était fait par et pour les hommes, et seulement pour ceux d’une certaine classe. C’est évidemment, au contraire, son plus grand titre à notre attention.

      Reinach a connu très vite la grandeur et les limites du savoir. Se méfiant de ceux qui le maîtrisaient mal et cherchaient à le monnayer en pouvoir, il a voulu ruiner leurs ambitions. Dans la « préface intime » à son Manuel, il révèle que ce livre fut une machine de guerre. À notre avis, il ne se vantait pas.

      Rappelons brièvement, pour le situer, que Reinach est surtout connu comme archéologue et comme spécialiste de l’histoire des religions, mais qu’il fut bien plus que cela. Philologue, philosophe et passionné d’éducation, il sera si doué pour le dessin qu’il envisagera un moment de se consacrer à la peinture. Son œuvre, qui est immense, remplirait à elle seule une bibliothèque. « Elle témoigne d’une intelligence polymorphe, d’une érudition prodigieuse et d’une capacité de travail exceptionnelle. À l’École Normale déjà, Reinach forçait l’admiration ; il était une encyclopédie vivante. (…) On l’a présenté comme l’héritier de Diderot. On a comparé son activité à celle de Pic de la Mirandole. On a cité Voltaire et son domaine de Ferney pour évoquer les qualités de l’épistolier et l’hospitalité de son salon. » [1]

 

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Salomon Reinach vers 1900

 

      Il nous reste à évoquer, trop schématiquement pour être justes et trop longuement pour un simple post, la carrière et l’œuvre de l’« intégré ».

 

   Reinach l’Athénien

      Sa carrière d’archéologue commença par un séjour à Rome, où il fouilla les environs de la Domus aurea (le palais de Néron)                                     

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Dans la Domus aurea se trouvait un autre tableau [représentant Phèdre et Hippolyte, NdA], dont il ne subsiste une trace que dans un dessin de Salomon Reinach. On y reconnaît le schéma visible dans la composition de nombreux sarcophages.

 

      En mars 1880, à Naples, Reinach s’embarqua pour Le Pirée, où il fit la connaissance de Charles-Joseph Tissot, ministre de France à Athènes et grand antiquaire. « Je me présentai à Tissot. Il me revit à notre bibliothèque, et nous étions liés avant de nous connaître. Il m’a dit plus tard qu’il m’avait pris en affection parce qu’il me voyait une curiosité générale et que je paraissais désireux, à la différence des spécialistes, d’apprendre ce que je ne savais pas. » Mais, bientôt, Tissot reçut une autre affectation, celle d’ambassadeur extraordinaire à Constantinople. Cela ne lui laissa que peu de temps pour travailler à une Afrique romaine qu’il méditait depuis longtemps et qui jouerait plus tard un rôle important dans la vie de Reinach.

      Celui-ci se lança dans le travail en observant les règles que lui avait rappelées son ancien maître, Foucart : obligation absolue de renoncer aux travaux de compilation et d’abandonner toute idée de catalogues et d’index. Il faut dire que les catalogues et les index seront toujours en effet le péché mignon de Reinach. Il disait d’eux qu’ils permettaient « sinon de tout savoir, du moins de savoir où tout trouver ». Car il eut toujours en vue « ceux qui sont arrêtés au seuil d’études nouvelles moins par leur manque de connaissances premières que par l’ignorance des sources où la science se puise ». L’archéologie, cependant, se pratique sur  le terrain. Abandonnant provisoirement son rôle de justicier, il mit avec humour ses derniers écrits – des mélanges d’archéologie et d’histoire de l’art – sous la protection d’Amalthée.

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      « Amalthée n’est pas seulement le joli nom de la chèvre qui nourrit Jupiter enfant, en Crète, et fut récompensée de ses services par une place au ciel ; elle avait une corne qui, s’étant brisée par accident, devint par la faveur de son nourrisson, ce que l’on appelle une Corne d’abondance, ou corne d’Amalthée, remplie de toutes sorts de plantes, de fleurs, de fruits. La légende ne dit pas qu’ils fussent tous des meilleurs, mais du moins, il y en avait beaucoup et la provision s’en renouvelait à mesure qu’on se permettait d’y puiser. »[2]

      Il en alla de même pour les écrits de Salomon  Reinach.

      Au cours de sa campagne de fouilles, il tira du néant (en 1888) le Voyage en Orient de Philippe Le Bas. C’était là un lien de plus le rattachant au XVIIIe siècle et à la Révolution, Philippe Le Bas n’étant autre, en effet, que le fils unique du suicidé de Thermidor et l’auteur, entre beaucoup d’autres choses, d’un Dictionnaire encyclopédique de l’Histoire de France en 12 volumes, qui est encore très lisible (nous l’avons lu) et pas obsolète, même s’il y manque tout ce qui fut découvert après lui. Deux immenses savants, qui ne se sont pas connus, se sont ainsi croisés comme des bateaux dans la nuit.

      Nous ne détaillerons pas les multiples tâches et activités qui furent celles de l’helléniste en Grèce. Outre travailler sur les chantiers de fouilles, il acquit (marchanda) des terres cuites de Myrina « le disputant en grâce à celles de Tanagra », des fragments d’inscriptions, des médailles. Plusieurs de ses acquisitions rejoindront les collections du Louvre, pour lequel il se montrera toujours un généreux mécène.

      À propos de marbres historiés qu’il convoitait, il lui arriva de mentionner dans son carnet l’une ou l’autre anecdote. Comme celle-ci, par exemple : « Il y a quelques années, un protégé français nommé Valadour obtint un firman pour l’exploitation des marbres du Temple de Téos. Deux bombardes chargées de marbres quittèrent la petite scala de Sigadjik ; et quand Pottier et Hauvette vinrent l’an dernier à Téos, Baladour leur proposa de leur vendre ses marbres historiés. Depuis, Baladour a filé, laissant dans le pays 2.000 piastres de dettes et une réputation détestable. » Les marbres ne pouvaient pas être vendus et « Baladour » les avait vendus deux fois. Honte sur nous : cela nous a fait rire.

      Tout en fouillant et négociant des acquisitions, l’archéologue écrivait des articles pour La République française, dont un sur les écoles juives de Salonique. Mais une attaque de typhoïde le força bientôt à demander un congé. À la fin de l’année, il rentra en France et, à peine arrivé à Paris écrivit un article sur « La musique en Lorraine », projeta une histoire des arts musicaux et entreprit une Chronique d’Orient. Pendant les treize années qui allaient suivre, il rédigerait régulièrement un bulletin critique consacré à l’archéologie classique en Méditerranée. Mais Reinach l’Athénien, c’était fini. Dès le mois de novembre, il avait rejoint à Londres Tissot qui venait d’y être nommé ambassadeur et qui avait besoin de son aide. Il essayait en vain de mettre en forme son ambitieux travail sur l’Afrique romaine mais n’y arrivait pas : sa santé se dégradait. Il comptait sur Salomon pour l’aider.

 

Reinach l’Africain

      C’est donc une fois de plus à ses talents de compilateur, de dresseur de catalogues et d’index, bref d’organisateur intellectuel que son aîné fit appel. D’abord à Londres, puis en Tunisie. Reinach passa ainsi du secrétariat de Tissot à celui de la Commission archéologique en Tunisie, dont Tissot était le président. C’était l’époque où la République des Jules était en pleine effervescence coloniale. Deux ans plus tôt, par le traité de Bardo, la Tunisie était devenue un protectorat français.

      Sautons les péripéties dues à la santé déclinante de Tissot. Le 26 novembre (1883) Reinach partait pour Carthage. Il avait 25 ans et venait d’entreprendre la rédaction de… ses mémoires. De novembre à mai 1884, il allait poursuivre seul sa mission, en recevant par correspondance les instructions de Tissot. Il s’acquitterait aussi de diverses autres tâches, notamment pour l’Alliance Israélite Universelle, à laquelle il écrivait le 26 décembre 1883 (lettre à Isidore Loeb) : « J’ai l’honneur de vous transmettre un premier rapport sur la condition des écoles de l’Alliance en Tunisie. Je les ai visitées en compagnie de M. Ernest Babelon, conservateur au cabinet des médailles de Paris, et je me suis efforcé de recueillir à leur sujet des renseignements de sources diverses, propres à m’éclairer sur les services qu’elles rendent et les lacunes qu’elles présentent encore. » L’Alliance avait, en 1879, fondé un établissement secondaire à côté du collège musulman de Sadikki et du collège Saint-Louis de Carthage. Celui-ci était devenu, en 1882, le collège Saint-Charles, à l’initiative du cardinal Lavigerie. Reinach répondait à « deux questions importantes » : « la condition générale des Juifs en Tunisie et leur attitude à l’égard de l’Italie et de la France ». Il le faisait dans l’esprit de l’exposé qu’il avait publié dans La République française sur les écoles juives de Salonique : avec indépendance. Il heurtait ainsi de puissantes idées reçues, s’inquiétant du faible niveau de formation des rabbins souvent superstitieux dont il faisait un portrait peu flatteur, et s’étonnant en outre des robes des jeunes filles juives, qui les faisaient paraître pour ce qu’elles n’étaient pas.[3] Il concluait ainsi son rapport : « Les écoles de l’Alliance ont une rude concurrence à soutenir avec celles du collège Saint-Charles et les différentes écoles congréganistes dues à l’activité de  Mgr Lavigerie. »

      Cela dit, Salomon et le cardinal étaient dans les meilleurs termes, car Lavigerie, administrateur du vicariat apostolique de Tunis depuis 1881, privilégiait deux domaines qui lui étaient chers : l’éducation et l’archéologie. Il se préoccupait très fort de l’une et apportait autant qu’il le pouvait son soutien à l’autre en facilitant les fouilles. Pour ce qui était des écoles juives, Reinach s’en préoccupait dans une perspective où, à l’évidence, la formation intellectuelle l’emportait sur la question religieuse.

      De Paris, Tissot avait aussi demandé à Reinach de jouer un rôle dans l’« Association nationale pour la propagande de la langue française ». Celle-ci avait déjà attiré l’attention de Lavigerie, par ailleurs ami de Gambetta, dont Joseph était le secrétaire. On l’avait même sondé pour savoir s’il accepterait d’en être le secrétaire. Mais, peu soucieux de siéger aux côtés de Paul Berl, dont l’hostilité à l’Église ne faisait aucun doute, il avait décliné. Cependant, en janvier 1884, lorsque l’Alliance française fut définitivement organisée sous la présidence de Ferdinand de Lesseps, Lavigerie finit par accepter une des quatre vice-présidences.

 

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Le cardinal Lavigerie, peint par Bonnat. 1888

 

      Et voilà nos deux improbables compagnons, le Juif rationaliste et le futur évêque de Carthage, partis pour implanter de concert l’école laïque dans la toute fraîche colonie, pardon, dans le tout frais protectorat, pour ce qu’ils estimaient être le plus grand bien des Africains, qu’ils fussent juifs, musulmans ou chrétiens. Leurs intentions, à n’en pas douter, étaient pures, même si, ni l’un ni l’autre, ils ne se sont demandé ce qu’ils faisaient là au juste, à quel titre, avec quelle légitimité, ni ce qu’en pensaient les Tunisiens, que nul n’avait songé à consulter. Quoi qu’il en soit, ce ne fut pas du goût de l’Église, qui n’apprécia pas de voir un de ses prélats participer à une « machine de guerre du laïcisme », introduire en quelque sorte le Diable parmi ses ouailles.

      Monseigneur rentra dans le rang et Reinach rentra à Paris, où Tissot, agonisant, mourut le 2 juillet, ayant fait de lui son exécuteur testamentaire. Salomon Reinach, à son habitude, s’acquitta de manière exemplaire de la tâche qui lui avait été confiée. En 1885, paraissaient les Fastes de la province romaine d’Afrique, et, de 1884 à 1891, les trois volumes – dont un atlas – consacrés à la Géographie comparée de la province romaine d’Afrique. Seul, le dictionnaire berbère-français que Tissot avait entrepris pendant un séjour au Maroc, trop peu avancé pour être complété, ne vit jamais le jour.

      Pendant tout ce temps, Reinach avait continué à travailler à son Manuel de philologie, c’est-à-dire à améliorer et à compléter ce livre qui était « toute sa jeunesse », en une sorte de « commentaire perpétuel au texte et aux notes du premier volume ». Son ambition était claire et déclarée : il s’agissait de revendiquer « courageusement l’héritage de nos ancêtres, augmenté de l’héritage de nos pères, quitte à demander aux méthodes nouvelles, aux progrès de la pédagogie, le secret d ‘apprendre davantage en apprenant plus vite. »  Nos ancêtwes les Gaulois ? Pas loin. Et pourquoi pas ? (Salvador, tu nous manques !)

 

   Reinach et les antiquités nationales

      Ayant renoué avec la philologie, Reinach renoue aussi avec l’archéologie grecque. Il termine son Traité d’épigraphie écrit son premier « courrier de l’art antique » pour La Gazette des beaux-arts et rédige un Précis de grammaire latine, puis une Grammaire latine à l’usage des classes supérieures et des candidats à la licence ès lettres et aux agrégations, écrit pour le Bulletin de correspondance hellénique, un article sur « une synagogue juive à Phocée ». Il donne enfin, avec E. Pottier, un catalogue raisonné desTerres cuites et autres antiquités trouvées dans la nécropole de Myrina. Broutilles que tout cela, pour le stakhanoviste des catalogues et des index.

      C’est à ce moment qu’on lui offre un poste d’attaché au musée de Saint-Germain. S’ouvre alors à lui un nouveau domaine qui va le passionner : celui de la préhistoire et de la Gaule romaine.

      À son habitude, il poursuit en même temps d’autres activités.  Par exemple, à partir de 1887, il est membre du comité central de l’Alliance israélite et il sera l’un des fondateurs de la Jewish Colonization Association, dont nous avouons ne rien savoir. Il commença en même temps, y consacrant un temps et une patience infinis, la publication des articles et notices qui deviendraient plus tard les cinq volumes de Cultes, mythes et religions.

 

   Mais pas seulement.

      Nous n’avons rien dit de sa vie mondaine. En 1888, une série de circonstances allaient le conduire, d’un salon l’autre, à celui de Liane de Pougy et à la découverte des poésies de Pauline Tarn, alias Renée Vivien.

      Lors de son séjour en Grèce, il avait été amené, lors d’une escale de son bateau à l’île de Lesbos, à visiter avec le médecin du bord, « une malheureuse hydropique qui gisait depuis sept mois sans mouvements ». Il avait alors écrit dans son journal : « Peu s’en fallut que cette infortunée ne fût la première Lesbienne que je rencontrasse. À la tare des monstruosités morales restera attaché dans mon esprit le souvenir des monstruosités physiques ». Eh bien, il allait changer d’avis sur « les monstruosités morales » et s’intéresser, par le biais des poésies de la moderne Sapho, à ces dames et à leurs particularités.

      Le désir de voir un vase grec l’avait entraîné chez la femme de l’archéologue Ernest Beulé, qui avait fouillé en 1851 l’entrée de l’Acropole d’Athènes. Reinach raconte à Liane de Pougy : « J’y rencontre Charlotte Laissier, veuve depuis quelques mois et me lie avec elle. Cinq ans après, elle se remarie et devient Mme de la Redorte, nous restons liés. En 1910, alors que je refuse toute invitation, j’accepte pourtant un jour de dîner chez elle avec Mme de Brimont, je me lie avec elle. Quatre ans après, je la mène au Salon ; elle me cite des vers de Pauline, j’achète ses volumes et les dévore. Mme de B me mène chez Flossie [Natalie Barney], qui me révèle L’Idylle [L’Idylle saphique publiée par Liane de Pougy en 1901], je veux voir Ahnine [Liane de Pougy], je lui écris deux mots après l’avoir vue – et je reviens, on s’écrit, on ne cesse plus de s’écrire. Ainsi, remontant le cours des années et des hasards, c’est à un vase grec que je dois de vous connaître. Introducteur dont vous étiez digne, et qui me convient. »[4]

 

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Renée Vivien habillée « à la Camille Desmoulins »

 

      Pour les curieux, Mme de Brimont était l’arrière-petite-nièce de Lamartine. Quant à Mme de la Redorte et son mari, ils figurent  dans un texte des Vrilles de la vigne, de Colette, « Printemps de la Riviera », qui sera retranché de l’édition définitive. Elle y évoque un séjour en 1906 à la villa Cessole, chez Renée Vivien. Les invités, parmi lesquels figurent Liane de Pougy, Jean Lorrain, Caroline Otero, Jeanne de Bellune, etc., sont présentés par leurs initiales :

      « On regarde beaucoup le couple de la R…, surtout la femme, cette joueuse enragée et riche, Mme de la R…, dont les petites mains sèches sèment et récoltent des poignées d’or et de précieux papiers sales… Ses mains gantées, son corsage, son chapeau, sa figure décolorée, tout est blanc. Elle ressemble à un oiseau pâle au bec busqué, et ses pâles yeux charment l’or… »[5]  

 

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Mais d’où vient que tant de femmes exceptionnelles eurent alors la rage de singer des hommes qui ne l’étaient pas ?

 

      Où finissent les mondanités et où commencent les occupations  savantes ? À partir de 1890 et pendant deux ans, puis de 1895 à 1902, Salomon Reinach allait suppléer Alexandre Bertrand à la chaire d’archéologie nationale à l’École du Louvre. C’est là qu’il donna, en 1899, une série de conférences sur la religion celtique. C’est là aussi qu’il parla pour la première fois de totem et de tabou, toutes choses qui se retrouveraient un jour dans Cultes, mythes et religion, après avoir fortement intéressé Sigmund Freud.

      On sous-estime souvent l’influence qu’eut Sparte sur l’imaginaire français. Depuis le milieu du XVIIIe siècle où les Oratoriens, soucieux d’arrêter l’hémorragie d’ouailles soit vers le protestantisme, soit vers l’Antiquité païenne ou l’athéisme, avaient eu recours à l’histoire ancienne, voire à l’historicisation des mythes pour inculquer à leurs élèves un certain nombre de vertus chrétiennes déguisées, Sparte, Athènes et Rome s’étaient emparées des esprits. On peut presque à coup sûr définir le rôle qu’allaient jouer dans l’histoire de France les uns et les autres, aux choix qu’ils faisaient de leurs modèles. Si, pour Robespierre, Sparte, ce fut Léonidas (« Étranger, va dire à Sparte qu’ici nous gisons, dociles à ses ordres. ») et si, pour Saint-Just, ce fut l’endroit où la brièveté du discours était loi (« Le prix d’éloquence sera donné au laconisme »), pour Salomon Reinach, c’est à Sparte que les filles et les garçons avaient jadis reçu la même éducation égalitaire. Il eut pour ambition d’initier aux choses de l’art et de la philosophie les jeunes filles, certes de bonne famille, il faut bien commencer quelque part et on n’imagine pas les porteuses de pain et les blanchisseuses au Louvre. Elles y seront invitées « avec leurs mamans », ce qui l’amènera à se dire « conférencier pour vieilles dames », sous-estimation s’il en fut.

      Mais Reinach ne fit pas que suppléer Alexandre Bertrand au Louvre, car c’est à lui aussi qu’il dut son poste d’attaché au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, dont il finirait conservateur en chef et dont il enrichirait considérablement les collections, y compris de ses deniers.

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Il devait plus tard, à propos de « l’affaire », lui rendre hommage en rappelant que c’était pour Dreyfus que « ce Breton défenseur des vérités de 89 » était descendu « pour la première fois dans la lice à soixante-dix-sept ans ».

 

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   Cultes, mythes et religions

      Sous ce titre ont été réunis cinq livres, eux-mêmes constitués d’essais et d’articles allant de cinq ou six à soixante pages, sur tous les sujets relatifs à l’histoire des peuples. Il suffit d’en énumérer les titres pour donner une idée de l’ampleur et de la diversité de l’entreprise. :

  • Totems et tabous
  • Celtica
  • Mythes et rituels en Grèce, à Rome et chez les Hébreux
  • Mythologie figurée
  • Christianisme, survivances et déviances

      Ce qui ressort de ces 1300 pages « choisies », c’est une curiosité inépuisable, une empathie inlassable pour « les autres » quels qu’ils soient. Car ce qu’avait entrepris Reinach, à travers l’art, l’archéologie, la mythologie, les coutumes patiemment glanées et décryptées, c’est l’histoire de ceux qui n’en ont pas : les classes inférieures, en effet, n’eurent jamais droit aux chroniques des historiens, celles d’Hérodote excepté. Pour elles, on dit « anthropologie ».

 

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      À partir de la Révolution et sûrement à cause d’elle, mettons à partir de Jacques-Antoine Dulaure (Des Divinités génératrices : ou du culte du Phallus chez les anciens et les modernes), un nombre grandissant de savants de tous les pays allaient de plus en plus s’intéresser à l’étude de ces classes inférieures dont l’histoire n’avait jamais été écrite parce qu’elle n’avait jamais intéressé personne, ou du moins personne sachant lire. Reinach ne fut pas le seul mais il fut l’un des premiers et un de ceux qui se trompèrent le moins dans leurs interprétations.

Quelques extraits :

http://psychanalyse-paris.com/-Cultes-Mythes-et-Religions...

 

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   Orpheus, Histoire générale des religions

      … aurait dû être un manuel scolaire.

      L’État, entendant promouvoir l’instruction laïque, confia la tâche de le rédiger à un homme connu pour son hostilité envers le pouvoir de l’Église et son attachement à la laïcité. Il allait être déçu. L’auteur, pourtant, s’est acquitté de sa tâche de manière exemplaire. On peut même dire que rien, avant ou après ce livre, n’a été si conforme à l’esprit du Plan d’éducation nationale voté par la Convention le 13 août 1793 et jamais appliqué. On sait ce qu’il préconisait en matière de religion :

 

      « Jusqu'ici j'ai développé le système de diverses habitudes dont la réunion forme le complément d'un bon cours d'éducation; et cependant je n'ai pas encore prononcé le nom de cette habitude morale qui exerce une si souveraine influence sur toute la vie de l'homme; je veux dire, la religion : sur cette matière délicate, il est plus aisé d'exprimer ce qui est mieux que ce qui est possible.

C'est d'après le principe que l'enfance est destinée à recevoir l'impression salutaire de l'habitude, que je voudrais qu'à cet âge, il ne soit point parlé de religion, précisément parce que je n'aime point dans l'homme ce qu'il a toujours eu jusqu'à présent, une religion d'habitude.

Je regarde ce choix important comme devant être l'acte le plus réfléchi de la raison.

Je désirerais que, pendant le cours entier de l'institution publique, l'enfant ne reçût que les instructions de la morale universelle, et non les enseignements d'aucune croyance particulière.

Je désirerais que ce ne fût qu'à douze ans, lorsqu'il sera rentré dans la société, qu'il adoptât un culte avec réflexion. Il me semble qu'il ne devrait choisir que lorsqu'il pourrait juger. »

Michel Le Peletier – Plan d’éducation nationale (extrait)

 

      Or, Reinach, voulant mettre sous les yeux des jeunes gens ce qu’il leur convenait de savoir pour être en mesure de juger, s’est appliqué, dans son livre, à leur communiquer ce qui est sûr et rien d’autre.

      On peut regretter qu’un seul chapitre soit consacré aux « Celtes, Germains et Slaves » et un seul autre aux « Chinois, Japonais, Mongols, Finnois, Africains, Océaniens, Américains », alors que l’Islam et le Judaïsme ont droit à un chapitre chacun et le Christianisme à cinq, ce dont il s’est justifié en disant : « Ce n’est pas ma faute si l’histoire du christianisme se confond un peu, depuis deux mille ans, avec l’histoire universelle et si, en esquissant celle-là, j’ai été amené, dans une certaine mesure, à raconter brièvement celle-ci. » Cherchant ce qu’il y avait d’historique dans les livres sacrés du judaïsme et du christianisme (Ancien et Nouveau Testaments), sa conclusion est « à peu près rien ». Il va même jusqu’à recommander l’Essai sur les mœurs de Voltaire, avec lequel, pourtant, sur les religions, il n’est « pas d’accord ».

      Et pourtant, ce livre (à nos yeux) exemplaire lui sera refusé.

      Ce que n’avaient pas prévu les messieurs du Ministère, pour qui parler de religion, c’était surtout parler contre, prendre parti, mettre en garde, c’est que Reinach, tout en séparant l’historique du fabuleux, allait chercher, au contraire, ce qui, dans chaque croyance si lointaine et bizarre fût-elle, avait concouru à faire avancer la conscience humaine vers un plus haut degré de maturité. Il avait, pour cela, essayé de se mettre à la place des croyants. Mais ce genre de scrupules n’est pas le fort des cerveaux binaires. Alors que c’était là l’essence même de la laïcité. Hélas pour eux, les enfants des écoles allaient donc être endoctrinés à la nouvelle religion laïque.

      Il faut rappeler, car c’est un des nœuds de notre histoire récente à tous, que la IIIe République fut farouchement anticléricale et qu’elle avait fait sienne la conviction des philosophes du XVIIIe siècle, pour qui les religions – toutes les religions – avaient été créées par d’habiles gredins pour imposer leur loi aux crédules. Reinach, plus darwinien qu’eux, était sûr et avait démontré qu’il n’en était rien, conscient d’abord de l’abîme qu’il y a entre « morale » et « religion ». Que les religions soient toutes nées naturellement ne fait plus de doute aujourd’hui. Cette idée était tout simplement anathème aux yeux de ceux qui avaient lancé leurs hussards noirs à l’assaut de « l’obscurantisme ». Ils se sentirent floués.

      Ou du danger qu’il y a à essayer de s’intégrer à quelque chose de moins intelligent que vous…

      Ce livre plus que nécessaire, qui eut contre lui les juifs, les catholiques et les bouffeurs de curés, aurait-il aussi contre lui, aujourd’hui, les musulmans ? Probablement. Sauf ceux de très haute volée, de la trempe de Reinach...

 

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      « De cet anticléricalisme va naître, il est vrai, une politique scolaire de grande qualité. Jules Ferry, un des très grands ministres de la IIIe République, mit en place un régime éducatif qui durera jusqu’en 1962.

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L’école laïque, gratuite et obligatoire ne sera pas aussi laïciste qu’on a bien voulu le dire. C’est grâce à cette politique que va naître l’ascenseur social républicain, permettant aux fils d’ouvriers ou de paysans de sortir de leur condition et d’accéder aux plus hautes fonctions de l’État ou de l’économie. Il est vrai que le système n’était pas égalitariste, comme il l’est aujourd’hui. Les bourses étaient attribuées, à condition sociale égale, à ceux qui les méritaient, par leur travail et leurs résultats. C’était peut-être élitiste, mais c’était efficace.

      La IIIe République est le modèle d’une république jacobine : elle rejettera, de 1875 à 1940, toute politique de décentralisation que défendait, depuis 1850, la droite monarchiste ou libérale. Si l’on regarde les manuels d’histoire d’avant 1980, il est fait gloire à la IIIe République de sa politique coloniale. Il n’était point question alors de repentance. À l’actif de la IIIe République, l’intégration dans l’ensemble français de la Tunisie et du Maroc, de la plus grande partie de l’AOF, sauf le Sénégal, de la plus grande partie de l’AEF, sauf le Gabon, de Madagascar, du Cambodge, du Laos de l’Annam et du Tonkin, territoires pour lesquels la Chine reconnut notre souveraineté, par le traité de Tianjin, en 1885. Il est vrai, d’ailleurs, que la colonisation française, si elle fut généralement fort humaine, était fondée sur les principes définis par Jules Ferry. Pour lui, « les colonies sont le moyen de permettre l’accès à la civilisation de peuples étrangers à nos valeurs ». Pour lui encore « les colonies sont le moyen de placement des capitaux le plus avantageux… La fondation d’une colonie, c’est la fondation d’un débouché ». Malheureusement, la colonisation française ne fut guère efficace. Les investissements furent limités, et les infrastructures (routes et voies ferrées) de médiocre qualité. Au reste, en 1914 comme en 1938, le total des voies ferrées construites en AOF et en AEF représente un kilométrage plus faible que celui du seul Nigeria. Si la politique marocaine de Lyautey et de ses successeurs fut un grand succès, ce fut assez largement le cas en Indochine aussi et en Algérie. En Indochine, il faudrait souligner les efforts considérables faits (entre 1940 et 1945) par l’amiral Jean Decoux. En Algérie, le gouvernement de la République ne saura pas favoriser l’essor de l’agriculture et n’aura pas le courage de résister tant aux mollahs qu’aux colons, et n’instituera pas l’enseignement laïc et obligatoire que prévoyaient les lois Ferry. De surcroît l’anticléricalisme gouvernemental freina les efforts d’évangélisation des Pères Blancs, notamment en Kabylie. »

« Comme il l’est aujourd’hui »… On laisse aux monarchistes auteurs de ces lignes la responsabilité de leurs opinions.


 

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   Reinach et l’Inquisition

      Si Reinach croyait à la naissance naturelle des religions, il n’en était pas moins profondément anticlérical, s’agissant de l’Église catholique et de ses abus de pouvoir, tant dans le passé que de son temps.

    C’est curieux, si on pense que cet homme a toute sa vie entretenu avec des quantités d’ecclésiastiques, savants il est vrai, les meilleures relations du monde, mais c’est ainsi.

      En 1900 parut l’œuvre d’un Américain, jugée par lui si importante qu’il avait tenu à la traduire lui-même en français : l’Histoire de l’Inquisition au Moyen Âge, de Henry Charles Lea.

      Dans la préface à son Orpheus, Reinach avait écrit :

      « Je ne pense pas que les persécutions des Bacchanales par le sénat romain, que celles du christianisme naissant par les empereurs, que les fureurs de l’Inquisition, que la Saint-Barthélemy et les dragonnades doivent être relatées avec froideur, comme des épisodes insignifiants de l’histoire. J’exècre ces meurtres juridiques, fruits maudits de l’esprit d’oppression et du fanatisme : je l’ai laissé voir. Il existe encore des enragés qui glorifient ces crimes et voudraient qu’on en continue la série ; s’ils disent du mal de mon livre, ils lui feront honneur. »

      C’est cette exécration de l’esprit d’oppression et du fanatisme qui forma son opinion sur l’Affaire Dreyfus dès l’instant où elle éclata, comme elle l’avait formée auparavant sur la mise à mort des Templiers, celles de Jeanne d’Arc et de Gilles de Rais.

 

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      S’il vit immédiatement clair dans l’entreprise (son premier texte en défense du capitaine s’intitula d’ailleurs Clair comme le jour) son aspect purement raciste n’allait jamais vraiment lui apparaître et il resterait persuadé jusqu’à son dernier jour que tout cela n’avait été qu’un complot des Jésuites contre la République.

      Certes, on ne prête qu’aux riches, mais il y a quand même deux ou trois crimes que les soldats de saint Ignace n’ont pas commis. Le racisme ordinaire et généralisé ne s’était pas alors révélé dans toute sa hideur. Ni le chauvinisme se parant des plumes du nationalisme. Comment une intelligence à ce point supérieure pouvait-elle imaginer LA psychopathologie de l’inintelligence ? D’autres, plus tard, allaient la découvrir, mais Reinach, bienheureusement pour lui, serait mort - en 1932 - juste avant que se déchaîne la peste qui n’a pas cessé jusqu’à ce jour, même s’il lui faut de temps en temps changer d’objet pour se perpétuer.

      Signalons que, malgré ses inlassables efforts pour sauver Alfred Dreyfus, puis pour lui faire rendre justice après son acquittement, ce n’est pas lui qui en a écrit l’histoire, mais son frère Joseph, par ailleurs un des fondateurs de la Ligue des droits de l’homme, née à l’occasion de la célèbre « Affaire ».

 

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   Gilles de Rais, Glozel et Saïtapharnès

      D’autres affaires ont marqué la carrière de Salomon Reinach. À commencer par celles de ses opinions à contre-courant.

      Dans sa lutte écrite contre les abus de pouvoir de l’Église, il n’avait pas sous-estimé les responsabilités de la couronne, tant dans l’affaire des Templiers que dans celle de Jeanne d’Arc, honteusement abandonnée à son sort par le monarque qui lui avait dû son élévation. Mais il s’est particulièrement passionné pour le cas de Gilles de Rais, dans lequel il vit un autre martyr des deux pouvoirs coalisés.

 

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Procès de Gilles de Rais – Miniature vers 1530

 

      On ne peut pas attribuer à la persécution de Dreyfus celle qu’il vit dans le procès du maréchal, puisque son opinion sur ce point est bien antérieure. Toujours est-il qu’il a comme toujours passé en revue les pièces et scruté les textes, et qu’il en a tiré la conviction que l’ancien compagnon de Jeanne, grand aristocrate breton et richissime propriétaire de terres et de châteaux, était innocent des crimes dont il fut accusé. Sa thèse est que toute « l’Affaire » fut un coup monté et que la cupidité de nobles et de gens d’église en fut la cause. Cette conviction était si forte qu’il alla même jusqu’à  essayer d’obtenir de Charles Lea qu’il s’exprime plus nettement dans ce sens, chose que l’historien américain refusa de faire, estimant qu’il en avait assez dit. Salomon Reinach fit alors paraître un texte d’une trentaine de pages où il exposait sa thèse dans un certain détail. Il n’en démordit jamais et peut-être avait-il raison. On ne trouve plus qu’en ligne (voir plus bas) cette brochure épuisée depuis longtemps.

      En 1994, l’éminent médiéviste qu’était Jacques Heers a fait paraître « sa » version de l’histoire de Gilles. En gros, il estime que deux procès menés en parallèle, avec des dizaines d’enquêteurs et des centaines de témoins, n’ont pu être truqués, d’autant qu’il aurait été plus simple de liquider le trublion le soir au coin d’un bois. (On schématise.) Malheureusement, les procès du TPIY et de la CPI, pour n’invoquer que ceux-là, viennent de nous prouver le contraire, et même prouver, avec le cas Milosevic, qu’on peut à la fois truquer un procès et liquider un trublion tout en le faisant. La question reste donc ouverte. Salomon Reinach et Jacques Heers se sont basés sur les mêmes pièces. Ce sont leurs interprétations qui diffèrent et qui méritent au moins d’être comparées.

 

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      Si l’affaire Glozel n’est pas sanglante, elle n’en est pas moins compliquée, on pourrait même dire compliquée à l’excès. Elle l’est même tellement que nous renonçons à la résumer ici.

      Sachez seulement que Glozel est un village où des agriculteurs firent, en 1924, des découvertes qui le rendirent aussitôt célèbre, car on y trouva, ensemble, des objets datant de l’âge du fer et d’autres datant du Moyen Âge (encore une fois, nous schématisons à l’excès). Il y eut des controverses, des commissions internationales, des appels à savants de partout, des procès. Il s’y mêla des intérêts sordides. La communauté des archéologues en fut divisée. Certains se déclarèrent pour l’authenticité des trouvailles, d’autres pour un trucage… qui ne fut jamais prouvé.

 

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Salomon Reinach aux fouilles de Glozel en 1928

 

En 1926, Reinach, appelé à la rescousse, se prononça pour l’authenticité, de même d’ailleurs que l’abbé Henri Breuil. Ceux qui ne sont pas d’accord le lui reprochent encore.

Pour en savoir plus sur cette sombre affaire, voir ICI.

Ajoutons que Reinach a défendu sa thèse dans un livre intitulé Éphémérides de Glozel (Paris, Kra, 1928), dont Wikipedia a eu la bonne idée de mettre des extraits en ligne.

 

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L’affaire de la tiare de Saïtapharnès concerne Salomon Reinach de façon plus personnelle.

 

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      Le 1er avril 1896, le Louvre fit savoir qu'il avait acheté une tiare d'or découverte en Crimée et ayant appartenu au roi scythe Saïtapharnès. Le musée avait acquis cette œuvre inestimable sur les conseils d'Albert Kaempfen (1826-1907), alors directeur des Musées nationaux et des archéologues Antoine Héron de Villefosse et Salomon Reinach. Une inscription grecque sur la tiare donnait à lire : « le conseil et les citoyens d'Olbia honorent le grand et invincible roi Saïtapharnès ». Pour les experts du Louvre, cette tiare confirmait un épisode datant de la fin du IIIe siècle ou du début du IIe siècle avant notre ère.

      Or, il s’agissait d’un faux.

     Deux ans auparavant, elle avait été commandée à un artisan juif d’Odessa, par deux commerçants qui lui avaient expliqué qu’il s’agissait d’un cadeau spécial qu’ils voulaient faire. L’orfèvre, Israël Rouchomovsky, avait reçu 7.000 francs pour son travail, qui les valait bien.

     Le fait est que les deux hommes d’affaires (des « Valadour  » ?), réussirent à vendre leur prétendu cadeau au musée du Louvre, pour la coquette somme de 200.000 francs-or. Que la transaction ait eu lieu un 1er avril ne semble pas avoir mis la moindre puce à l’oreille à cette brochette de savants.

      Tout aurait pu en rester là si un autre archéologue, l’Allemand Adolf Furtwängler, n’avait été pris de doutes. La tiare n’avait pas qu’un style mais plusieurs et elle manquait singulièrement de patine… Il s’ensuivit des discussions, dont le bruit parvint jusqu’à Odessa. L’orfèvre, peu soucieux d’être pris pour un faussaire, fit le voyage de Paris pour venir conter à qui de droit son affaire. On en voulut des preuves. Il les donna. Et le scandale éclata. Dépenser 200.000 francs-or de fonds publics pour un faux qui en avait coûté 7.000… Ha ha ha !

      Les chansonniers et les caricaturistes s’en donnèrent à cœur-joie. Le président Loubet fut représenté, tiare en tête, faisant des ronds de jambe au roi d’Italie. La tiare eut même les honneurs du Carnaval de Nice, où elle défila avec le cadre vide de la Joconde récemment volée. Mais pourquoi Salomon Reinach fut-il brocardé plus et plus longtemps que les autres, comme s’il eût été seul en cause ? Antisémitisme ? Il semble bien que oui. On n’ose penser à ce qu’eussent tiré de ces attaques frisant la diffamation voire la calomnie les zozos du CRIF ou de la LICRA… Reinach, qui était un homme honnête et bien élevé, but le calice jusqu’à la lie. Il s’était trompé, il s’était trompé.

 

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      Pour la petite histoire…

     L’orfèvre ne fut pas inquiété. Il reçut même une médaille d’or du Salon des arts décoratifs et s’installa à Paris, où il est mort en 1934.

      « L’authentique tiare de Saitapharnès » apparaît, avec Arsène Lupin, dans L’Aiguille creuse de Maurice Leblanc.

      Enfin, en 1997, un musée de Jérusalem l’a empruntée au Louvre pour l’exposer dans le cadre d’une rétrospective Rouchomovsky.

      Avouons que sa tiare était quand même bien belle et que, si elle n’est pas d’époque, elle aurait mérité de l’être.

 

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   Reinach et l’éducation des jeunes filles

      Dans sa préface à Orpheus déjà citée, Salomon Reinach écrivait :

      « Comme j’ai la prétention et l’espoir de trouver autant de lectrices que de lecteurs, je me suis imposé une certaine réserve, surtout dans l’exposé des anciennes religions orientales. J’affirme aux mamans qu’elles peuvent donner ce livre à leurs filles, pour peu que la lumière de l’histoire ne les effraie pas. Les sacrifices que j’ai dû faire ne sont pas, à tout prendre bien regrettables ; mais si la bienveillance du public répond à mes efforts, je ferai paraître quelque jour une édition plus complète – pour les mamans. »

      On voit affleurer à cette occasion l’obsession du savant pour l’émancipation au moins spirituelle des femmes. Mais il se préoccupa tout autant de leur émancipation intellectuelle. C’est pourquoi, à partir de 1911, il se lança dans la rédaction et la publication de petits manuels destinés à faciliter aux jeunes filles l’étude du français d’abord, du latin et du grec ensuite, et enfin de l’histoire des philosophies. Sidonie et le français sans peine fut bientôt suivi de Cornélie ou le latin sans pleurs, puis d’Eulalie ou le grec sans larmes. En 1926, il faisait paraître le premier des trois volumes des Lettres à Zoé sur l’histoire des philosophies. Bien des femmes, mais aussi bien des hommes – jeunes et moins jeunes, voire universitaires – pourraient aujourd’hui revenir avec profit et sans honte à ces sources de Gai Savoir.

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   Salomon Reinach et les Juifs

      Défenseur des droits des juifs mais aussi de leur culture, quoique son amour ne fût pas aveugle et que l’obscurantisme ne fut jamais son fait, Reinach accepta en 1886 la vice-présidence de l’Alliance israélite universelle, fonction qu’il remplit de son mieux jusqu’à ce qu’on l’obligeât d’en démissionner « pour violent antisionisme ».

      Nahum Goldman raconte :

      « Salomon Reinach et l’Association qu’il présidait, était violemment antisioniste[6] et ouvertement partisan de l’assimilation. Nos amis parisiens nous racontèrent un incident qui me révolta ; le savant juif Jacques Faitlovitch venait de découvrir les juifs Falachas en Abyssinie. Faitlovitch aurait rendu visite à Reinach pour lui parler de sa découverte et demander l’appui financier de l’Alliance pour continuer ses recherches chez les Falachas. Reinach l’aurait repoussé avec ces mots : “Ce que vous avez fait est un  malheur. Il y a de toute manière trop Juifs dans le monde. Nous n’avons pas besoin que de nouveaux Juifs nous donnent de nouveaux tracas.” Mon zèle juvénile fut choqué de ces paroles. De retour à Francfort, j’écrivis deux articles ayant pour titre : Salomon Reinach, un phénomène. Ces articles firent beaucoup parler d’eux. Ils étaient extrêmement agressifs et provoquèrent certaines réactions hostiles à Reinach. De graves discussions se produisirent au sein de l’Alliance et Reinach dut renoncer à ses fonctions de vice-président. »

      « Mon zèle juvénile » : Goldman avait alors seize ans.

 

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Adolphe Crémieux, fondateur de l’Alliance

 

      L’Alliance avait été créée par des Juifs français, reconnaissants envers la France pour son processus d’émancipation entamé en l'an II [7]. Ils avaient décidé de venir en aide aux Juifs du monde en intervenant auprès des autorités politiques des pays où ils étaient encore persécutés, en réclamant pour eux l’égalité des droits, comme en France. Elle avait aussi développé un réseau scolaire visant à moderniser les Juifs d’Orient et à obtenir ainsi leur émancipation. Son objectif plus large était de répandre les bienfaits de la civilisation française dans le monde juif. Ses dirigeants étaient tous républicains et patriotes.

      L'Alliance allait surtout se faire connaître en ouvrant des écoles (aussi bien primaires que professionnelles) dans de nombreux pays, en particulier dans les pays musulmans d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ces écoles visaient à fournir une éducation « moderne », aux standards français, à la jeunesse juive locale, mais étaient aussi ouvertes aux non-juifs. Ainsi, en 1939, elle disposait d'une centaine d'écoles et d'environ 50.000 élèves, essentiellement dans le monde arabo-musulman. En raison de ce maillage important, les autorités françaises considéraient depuis les années 1920 l'Alliance comme un outil majeur de l'influence francophone dans le monde. 

      Ainsi : « …de nombreuses écoles populaires dans les pays des communautés orientales et en Palestine (écoles à Edirne et Izmir, écoles juives d’Istanbul transformées en établissements de l'Alliance, école professionnelle de Jérusalem en 1882). En 1911, plus de 35 % des enfants d'âge scolaire dans la population juive sont inscrits dans les écoles de l'Alliance. »

 

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École de filles de l’Alliance, Jérusalem, 1935

 

      Quel rôle ont joué l’American Jewish Committee et l’Anglo-Jewish Association dans l’adhésion de l’Alliance au projet sioniste en décembre 1945 ? C’est ce que nous ne savons pas.

      Salomon Reinach était mort depuis treize ans déjà, et la preuve fut faite que, là comme ailleurs, les intelligences supérieures n’avaient pas trouvé le moyen de se faire entendre des cerveaux binaires.

      Où en serait la Palestine aujourd’hui, si la politique de l’Alliance avait été poursuivie ?

      Où en serait le Proche Orient ?

      Où en serions-nous ?

 

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      Au lendemain de sa mort, Robespierre dit de Lepeletier de Saint Fargeau, dont il allait défendre et faire adopter le Plan d’Éducation par l’Assemblée :

      « Lepeletier fut noble, Lepeletier occupait une place dans un de ces corps si puissants sous le despotisme, Lepeletier fut riche, et depuis la révolution, il fut constamment l’ami du peuple, le soutien de la liberté, et l’un des plus ardents fondateurs de la république. Sous ces trois rapports, Lepeletier fut un prodige. »

Convention, 21 janvier 1793

      Sans doute eût-il pu en dire autant de Salomon Reinach.

 

____________

  1. Hervé Duchêne, Salomon Reinach devant les hommes et les religions. Préface à Cultes, mythes et religions.
  2. Préface d’Amalthée, t. I. Paris, Leroux, 1929.
  3. Hervé Duchêne, op cit.
  4. Lettres à Liane de Pougy de Max Jacob et Salomon Reinach. Paris, Plon, 1980, p. 175.
  5. Colette, Œuvres, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », t. I, p.1062.
  6. Elle le restera jusqu’en 1945.
  7. Le 16 Pluviôse an II, soit le 4 février 1794.

 

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20. Le jeune Cicéron lisant.JPG

Dans le désordre et bien entendu sans rien d’exhaustif…

 

 21. Manuel de philologie classique.jpg

 

 

Salomon REINACH

Manuel de philologie classique

Paris, Hachette….

……  pages

 

 

 

 22. Cultes, mythes Bouquins.JPG

 

Salomon REINACH

Cultes, mythes et religions

Paris, Robert Laffont, 1996, 2000, etc.

Collection « Bouquins »,

1350 pages

 

 

 

Note de l’éditeur :

« Il n'y a d'intéressant sur la terre que les religions », notait Baudelaire dans ses journaux intimes. Salomon Reinach (1858-1932) fut de son avis, puisqu'il consacra sa vie entière à l'étude des cultes, des mythes, des croyances, des superstitions. De l'Antiquité gréco-latine à la Gaule gallo-romaine, rien n'échappait à sa curiosité. Et si les frères Goncourt, avec leurs manies de « bibeloteurs » furent à l'origine du musée Carnavalet, Salomon Reinach fut l'un des promoteurs du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, le musée qui nous renseigne le mieux sur nos origines lointaines, sur nos sources païennes et sur le début du christianisme en France. Salomon Reinach n'étudie pas seulement la manière dont ont été domestiqués nos animaux, il s'intéresse également aux coutumes de mariage de nos ancêtres, au totémisme druidique et à Vercingétorix, à la figure d'Orphée et aux vestales romaines, aux cathares et à Gilles de Rais, à Jeanne d'Arc et à l'Inquisition. Tous les aspects de la vie religieuse le fascinent. Durant des années, il a donné, à des revues plus ou moins savantes, des études extrêmement précises sur des points qui paraissent de détail mais qui sont révélateurs des grands problèmes fondamentaux.

 

 23. Orpheus - L'Harmattan.JPG

 

 

Salomon REINACH

ORPHEUS, Histoire générale des religions

Paris, L’Harmattan, 2002

Collection « Les introuvables »,

628 pages

 

 

 

Note de l’éditeur :

Pourtant résultat d'une commande ministérielle, Orpheus (1909) devait être refusé par l'Éducation Nationale, considérant que la présentation des religions comme un phénomène naturel allait à l'encontre de la morale commune. Sigmund Freud dans Totem et tabou se réfère constamment à cette œuvre. Orpheus ne cesse d'entretenir la curiosité, peut-être moins dans l'idée d'une exactitude historique que dans une perspective anthropologique.

 

 24. Apollo Hachette.jpg

 

 

Salomon REINACH

APOLLO, Histoire générale des arts plastiques

professée à l’École du Louvre

Paris, Hachette, 1904, 1952, etc.

352 pages

 

 

 

25. Epona.jpg

 

 

 

Salomon REINACH

Epona, la déesse gauloise des chevaux

Paris, Leroux, 1895 (reprint Chapitre.com)

70 pages

 

 

 

 

26. Origine des Aryens.jpg

 

 

 

Salomon REINACH

L’Origine des Aryens : histoire d’une controverse

Paris, E. Leroux 1892 (reprint Chapitre.com)

133 pages.

 

 

 

 

 27. bourignon.gif

 

 

Salomon REINACH

Antoinette Bourignon

Paris, Arbre d’Or, ……

……. Pages

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur cette mystique française très peu connue qui intéressa suffisamment Reinach pour qu’il l’exhume :

http://www.philosophe-inconnu.com/Livres/nouv_bourignon_a...

 

28. Histoire de l'Inquisition au Moyen-Age.JPG

 

 

Henry Charles LEA

Histoire de l’Inquisition au Moyen Âge

Traduit par Salomon REINACH
Paris, Laffont, 2005

Collection « Bouquins »

1504 pages

 

 

Note de l’éditeur

L’histoire d’une institution qui, loin d’être une aberration est au cœur même de l’Église. Une réflexion salutaire sur l’intolérance.

Plus que jamais, l’intolérance religieuse travaille nos sociétés ; plus que jamais les rapports entre les états et les églises font problème. Aussi, le grand livre de l’historien américain Henry Charles Lea (1825-1909), unique en son genre, garde-t-il une terrible valeur d’actualité. Il nous permet de comprendre pourquoi et comment, pendant des siècles, l’Église catholique a cru devoir réduire au silence, voire éradiquer ses dissidents. Dès le Moyen Âge, l’Église était devenue un pouvoir économique et politique de premier ordre. Et comme tous les pouvoirs, elle fondait une part de son empire sur des bases matérielles et prêtait le flanc à de nombreuses critiques exigeant le retour à la pureté du message évangélique. C’est pour combattre ces mouvements, dégénérant en hérésies, que les papes ont délégué leurs prédicateurs à travers toute l’Europe, en leur accordant des compétences de plus en plus étendues. Ainsi est née une institution qui, de plus en plus, s’est substituée aux pouvoirs locaux pour broyer toute résistance à ce qu’il faut bien appeler une « pensée unique ». Maîtrisant le latin comme l’allemand, l’espagnol comme l’italien, Henry Charles Lea a parcouru les archives de l’Europe tout entière afin de brosser un tableau complet de cette partie souvent refoulée de notre passé. Cette Histoire de l’Inquisition est aussi une histoire de la liberté de conscience. Qu’elle ait été traduite en français par Salomon Reinach à l’époque de l’affaire Dreyfus et des combats en faveur de la séparation de l’Église et de l’État montre à l’évidence que le combat des Lumières contre l’obscurantisme n’est jamais gagné définitivement.

 

 29. Gilles de Rais - Liège.png

 

Salomon REINACH

Gille de Rais

Extrait de la Revue de l’Université de Bruxelles

Liège, Imprimerie électro-mécanique La Meuse, 1904

…… pages

 

 

 

Le texte de ce livre se trouve en ligne ici :

http://www.histoiredelafolie.fr/psychiatrie-neurologie/gi...

 

30. Joseph. Aff. Dreyfus.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Joseph REINACH

Histoire de l’Affaire Dreyfus en deux volumes

avec une illustration en couleurs en couverture de chaque volume ; emboîtage orné d'une reproduction en couleurs.  

Paris, Robert Laffont, 2007

Collection « Bouquins »

2316 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

31. Sidonie Les introuvables.jpg

 

 

 

Salomon REINACH

SIDONIE ou le français sans peine

Paris, L’Harmattan, 1995.

Collection « Les introuvables »

(reprint de l’édition Hachette de 1911)

…. Pages

 

 

32. Cornélie - Les Introuvables.jpg

 

 

 

Salomon REINACH

CORNÉLIE ou le latin sans pleurs

Paris, L’Harmattan, 1995.

Collection « Les introuvables ».

186 pages

 

 

 

 

33. Eulalie, L'Harmattan.jpg

 

 

 

Salomon REINACH

EULALIE ou le grec sans larmes

Paris, L’Harmattan, 2000

Collection « Les introuvables »

196 pages

 

 

 

Note de l’éditeur :

Peut-on apprendre la grammaire française ou pire, celle de langues réputées mortes comme le latin ou le grec, en s'amusant ? Tel est le défi auquel s'est attelé Salomon Reinach au début du siècle, avec succès : à travers ces petits ouvrages drôles et bienveillants, pleins d'historiettes et d'anecdotes, ce sont toutes les chausse-trapes inamicales du français, du latin et du grec qui sont aplanies avec grâce et efficacité.

 

 34. lettres-a-zoe-les-philosophies-paiennes-salomon-reinach-279-MLA4674054098_072013-F.jpg

 

 

Salomon REINACH

LETTRES À ZOÉ sur l’histoire des philosophies

I – Les philosophies païennes

Paris, Hachette, 1926

185 pages

 

 

35. lettres-a-zoe-salomon-reinach-sur-l-histoir-des-phiosophie-19903-MLA20181058110_102014-F.jpg

 

 

Salomon REINACH

LETTRES À ZOÉ sur l’histoire des philosophies

II – De la scholastique à l’Encyclopédie

Paris, Hachette, 1926

….. pages

 

 

 

36. à Zoé - T. III De l'Encyclopédie à nos jours.jpg

 

 

Salomon REINACH

LETTRES À ZOÉ sur l’histoire des philosophies

T.III – De l’Encyclopédie à nos jours

Paris, Hachette, 1926

292 pages.

 

 

 

 

2. cornucopia green.gif

 

Notice sur Salomon & Théodore Reinach

Académie des Inscriptions et Belles Lettres

http://www.aibl.fr/membres/academiciens-depuis-1663/artic...

 

N.B. Les emprunts faits par ce post à M. Hervé Duchêne sont si nombreux que nous ne les avons pas mentionnés au coup par coup.

 

2. cornucopia green.gif

 

 

 

Mis en ligne le 2 avril 2016.

 

 

 

20:57 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/03/2016

PÈRE GARDEZ-VOUS À DROITE; PÈRE, GARDEZ-VOUS À GAUCHE !

 1. Miraculous_Draught_of_Fishes-Bassano.jpg

 

« Père, gardez-vous à droite ; père, gardez-vous à gauche !... »

Mais réussirez-vous aussi à marcher sur les eaux ?

 

2. Fish 5.gif

On vous propose aujourd’hui deux articles de gens qui ne sont pas de notre côté de la barricade. Parce qu’ils traitent des deux problèmes qui nous paraissent les plus urgents et les plus importants du monde : l’éducation – la fin des guerres de prédation US et assimilés. Les deux auteurs, en outre, s’en prennent vertement à la pourriture des médias qui servent de véhicule - pas qu'en Suisse et en Amérique - à l’analphabétisme forcé et aux guerres. Pour ces trois raisons, ce qu’ils avaient à dire nous intéresse.

Le premier article est de Slobodan DESPOT et vient d’ANTIPRESSE. Nous vous en avons déjà parlé. N.B. : On trouve, dans le même n° 14 du dimanche 6 mars, un texte très important de l’écrivain allemand Botho STRAUSS : La disparition de la civilisation allemande, qui ne concerne pas que les Allemands. Comme il y a des limites à l’enjambement des copyrights, on ne vous le met pas sous les lunettes. Si vous voulez le lire, abonnez-vous, c’est gratuit, même s’ils acceptent les dons.

Le second est de Justin RAIMONDO qu’on ne présente plus (en tout cas chez nous). Les autres : qu’ils aillent voir à la fin de l’article. Rappelons-leur quand même que l’auteur est un libertarien conservateur US, partisan de l’isolationnisme de son pays et très décidément anti-guerre.

 

2. Fish 5.gif

Le délit de sale gueule médiatique tel qu’on le pratique

Slobodan Despot – Antipresse 6 mars 2016

 

3.  monster.jpg

 

Introduction

Le 1er mars 2016, le conseiller d'État (ministre du gouvernement) Oskar Freysinger, chef du département de la Formation et de la Sécurité du Valais, présentait une brochure bilingue contenant dix thèses sur l'école, très brièvement explicitées. La plupart des médias ont correctement informé sur cette initiative peu ordinaire en Suisse. D'autres en ont profité pour alimenter leur campagne de dénigrement systématique à l'égard de Freysinger, par ailleurs seul ministre UDC dans les gouvernements de Suisse romande. Levons d'emblée toute ambiguïté : en tant que conseiller de communication (sur mandat externe) du chef du DFS, j'ai participé à l'élaboration de ces thèses, dont le but était de définir une plate-forme philosophique stable et universellement acceptable pour la mission de l'école et tenter de mettre fin à l'expérimentation permanente dont des générations d'élèves sont les otages. L'élaboration de ce texte simple et bref a nécessité des mois de réflexion et de concertation ouverte avec les responsables de l'enseignement. Le ministre lui-même a été professeur d'allemand pendant 28 ans. Voir ce travail scrupuleux ravalé par le quotidien cantonal à une simple opération de « com » cachant d'hypothétiques attaques contre l'école et les enseignants m'a obligé à réagir contre une dérive médiatique dont cette illustration locale est particulièrement probante.

D'autres exemples de manipulations et d'occultations du même journal sont disponibles sur oskaretvous.ch, le blog-journal de bord du conseiller d'Etat Freysinger.

Ce n'est pas ès-fonctions que j'ai écrit cette lettre au rédacteur en chef du Nouvelliste, mais en tant que lecteur et ancien collaborateur de ce journal (par ailleurs repris depuis peu par le groupe Hersant). Les sources sont au fond de la lettre.

*

A M. Vincent Fragnière, rédacteur en chef, Le Nouvelliste, Sion

Mon cher Vincent,

Je t’aurais écrit ce qui suit même sans le mandat que j’accomplis auprès du DFS. Il s’agit d’une prise de position personnelle et humaine.

Avant-hier, ta collaboratrice Christine Savioz a passé une heure à écouter le conseiller d’État exposer ses convictions sur l’école dans un seul but : trouver la manière de les travestir et de les dénigrer. L’enseignement est un métier qu’Oskar Freysinger connaît bien et qu’il a pratiqué avec enthousiasme et succès. Traiter ainsi un engagement réfléchi et sincère, c’est lui pisser sur les bottes. Non professionnellement, ni politiquement, mais humainement.

Dans son commentaire, Christine Savioz érige la suspicion en analyse et la supputation en information. Cela se résume à : « Pour le moment, pas de quoi fouetter un chat, mais ce n’est qu’une tactique. Qui sait quelle entourloupe il nous prépare ! » Avant même que ces thèses aient commencé de circuler, on met en garde le public, non contre leur contenu, décrété anodin, mais contre ce qu’elles pourraient éventuellement cacher.

C’est ce qui s’appelle du délit de sale gueule, proclamé et assumé. Vous affichez dès la « une » votre ironie à l’égard de cet homme, de son travail, de ses idées. Je n’ai jamais vu dans les médias formellement non militants cette forme de malveillance systématique. Vous accordez la même place à cette réflexion stratégique sur l’école qu’à l’ouverture, (quelques pages plus loin) d’une cafétéria à la Médiathèque de Martigny par le service de la Culture. Sauf qu’ici, c’est pour louer, et là pour dénigrer.

Je ne compare même pas cet éreintage au reportage fouillé du Walliser Bote du même jour, comme nous le faisons parfois. Il n’est qu’à lire le bref article du 24 Heures de ce matin, froidement équitable, pour comprendre le degré de suspicion que vous mettez dans tout ce qui touche à Oskar Freysinger. La « méthode paranoïaque-critique » est une invention de Salvador Dalì, mais il ne la destinait pas aux journalistes.

L’école est l’un des enjeux clefs pour une société. Les têtes que nous formons aujourd’hui assureront (ou non) nos retraites demain. Nous voyons quotidiennement et partout les ravages d’une école-laboratoire, d’une école fluctuant au gré des modes qui utilise des générations d’enfants comme cobayes. Dire « non » à cela, rappeler que 2 et 2 font 4, ce n’est pas « enfoncer des portes ouvertes », c’est afficher une volonté explicite d’enrayer la dérive. Faire lire des classiques, apprendre des poèmes, c’est faire participer les enfants à la culture universelle, les monter sur l’épaule d’un géant (comme il fut dit hier), plutôt que de les laisser croupir dans le marécage pédagogiste qui réinvente la roue toutes les années. La catastrophe pédagogique que subit le monde industrialisé est au moins aussi lourde de conséquences que la catastrophe écologique.

Mais tout cela ne vous intéresse pas. Ce qui vous intéresse, ce sont les combines, les échos, les rumeurs, les opinions. Une classe du cycle d’orientation aurait plus fidèlement traduit l’enjeu et l’ambiance — détendue et ouverte — de cette conférence que votre journaliste professionnelle !

Votre hostilité à l’égard du conseiller d’État Freysinger n’a d’égale que la déférence avec laquelle vous traitez les affaires de certains de ses collègues. Que Freysinger ait fait passer au Grand Conseil tous ses projets malgré sa position minoritaire n’est jamais relevé. Qu’il ait réussi à économiser dix millions par an dans son département depuis son arrivée est simplement occulté. Il a fallu que le magazine Bilan s’y mette pour qu’on ait pour la première fois un aperçu circonstancié de sa gestion. Pour le Nouvelliste, ce qu’il fait ne compte pas. La seule chose qui compte, ce sont les (mauvaises) intentions qu’on lui prête et le sillage de médisances qu’il laisse sur son passage.

La haine rend plus bête que la bêtise elle-même et vous avez ostensiblement sacrifié les critères déontologiques du journalisme à votre parti pris, faisant du Nouvelliste un outil de règlement de comptes de plus en plus prévisible. Je n’ai même pas besoin de l’inclure dans ma revue de presse quotidienne, et je ne suis pas le seul. On vous lit pour le sport et les morts. Votre réflexion de fond sur les affaires du monde, vous la pompez dans les journaux français. Vous n’êtes pas un vecteur d’information, ni un remorqueur d’opinion, vous n’êtes qu’une télécabine sans pilote qui ne connaît que la descente.

A ce train-là, vous êtes bien partis pour n’être plus, bientôt, qu’un support publicitaire assorti de poncifs pavloviens. Salive pour le commerce. Salive pour les gentils sportifs et les chanteuses sympa. Salive pour l’humanitaire, le solidaire, l’associatif. Grognements contre les idées qui dépassent. Contre les idées tout court, puisqu’une idée qui ne dépasse plus cesse d’être une idée.

Continue ainsi, Vincent ! Écarte ce message comme l’exagération d’un type orienté. Je m’en fiche ! Je connais l’histoire de ce journal, je lis ses archives. Ce qu’il avait de pire jadis, sa partialité politicienne, n’a été qu’aggravé, bien que sous d’autres drapeaux. Ce qu’il avait de meilleur, la curiosité, le caractère, la franchise et le style, en a été arraché comme de la mauvaise herbe. La table rase intellectuelle entreprise sous ta responsabilité est l’équivalent d’une correction du Rhône qui se réduirait à un robinet. A quoi bon vous lire encore, à quoi bon protester ? Vos excès alliés à vos manquements auront bientôt raison de la crédibilité qui vous reste.

Bon travail !

Slobodan Despot

Sources :

 

 

 

4. Sale gueule médias.gif

 

 

2. Fish 5.gif

Le lion et les moutons

Pourquoi ils haïssent Trump

Justin Raimondo – Antiwar.com 1er mars 2016

 

5.  Fagaré 2.jpg

Le village de Fagaré, où s’est déroulé l’épisode évoqué par Raimondo

 

Le 14 juin 1918, un jeune soldat italien de 19 ans du nom de Bernardo Vicario, a reçu de son commandant, Carlo Rigoli, l’ordre d’accomplir une curieuse tâche. En sous-nombre et sous-armées, les forces italiennes allaient être bientôt la cible d’un furieux pilonnage, ce qui signifierait la mort pour la plupart d’entre eux. Rigoli n’en doutait pas, et c’est pourquoi il ordonna au jeune Bernardo d’écrire sur le mur restant d’une maison détruite du village où ils se terraient :

Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton.

Rigoli périt dans la bataille, mais le jeune Bernardo vécut pour raconter l’histoire. Et voilà que, presque cent ans plus tard, un type qui cherchait par quel moyen il pourrait salir le candidat présidentiel du Parti Républicain, Donald Trump, tomba sur cette citation et l’attribua à Benito Mussolini.

Un reporter de Gawker, le célèbre site de commérages qui a été poursuivi pour diffamation plus de fois que je ne me soucie d’en découvrir, a mis en ligne un compte Twitter parodique intitulé « Il Duce », et ce reporter, un certain Ashley Feinberg, a tweeté la-citation-qui-n’était-pas-de-Mussolini à Trump, qui l’a aussitôt retweetée. Peu de temps après, Trump s’est trouvé en présence du reporter Chuck Todd, qui a voulu savoir pourquoi il avait retweeté quelque chose qu’avait dit Mussolini.Trump ne s’est pas dégonflé. « C’est une belle citation », a-t-il dit avec raison.

Ce refus et le contenu même de la citation soulignent pourquoi il est en train de gagner et pourquoi la campagne hystérique de calomnies qui les vise, lui et ses positions, est en train de rater dans les grandes largeurs.

Mais pourquoi ? Pourquoi le haïssent-ils avec tant de férocité ? Les accusations de « racisme » et la manière dont il s’exprime, sans aucun égard pour les raffinements mondains des classes supérieures, n’expliquent pas l’intensité de la haine que lui portent la meute des journalistes mainstream et la clique de Washington. Après tout, peu de temps après que Trump ait soulevé la question de savoir s’il fallait laisser entrer des musulmans aux États-Unis, la Chambre des Représentants a adopté un projet de loi, soutenu par le libertarien Rand Paul, comme par la plupart des Républicains et des Démocrates, rendant autant dire impossible aux immigrants de s’installer ici. Il exige aussi, de ceux qui ont visité l’Irak, la Syrie ou l’Iran, ou qui ont une double-citoyenneté avec un de ces pays, qu’ils demandent un visa avant de venir aux États-Unis… Pourtant, on n’en a pas beaucoup entendu parler.

Donc, d’où vient tout ce vitriol. David Stockman met le doigt dessus :

 

« Assurément, il y a pas mal de choses moches, superficielles et stupides dans la plateforme électorale de Trump, si on peut l’appeler ainsi, ou son éloquence d’électron libre pour être plus exact. On y revient plus loin, mais, à la base du succès qu’il remporte, il y a deux propositions qui sèment la terreur chez les Républicains d’Imperial city.

« À savoir qu’il finance lui-même sa campagne et que l’Amérique est en train de faire de mauvaises affaires partout dans le monde.

« La première de ces propositions dit explicitement aux légions des lobbyistes de K street d’aller se faire voir, ce qui représente un danger mortel pour les rackets de la collecte de fonds, qui sont l’élément vital du GOP. Et alors que les « mauvaises affaires » dans le monde concernent surtout NAFTA et nos 500 milliards de dette envers la Chine, ce dont il s’agit en réalité, c'est d’une attaque de l’Empire américain.

« Les Américains sont malades et fatigués à mort des guerres d’intervention et d’occupation des néo-cons à la Lindsay Graham/John McCain/George W. Bush, et ils en ont plus qu’assez des fardeaux fiscaux massifs que leur valent nos alliances dépassées mais toujours reconduites, nos bases militaires avancées, nos appareillages de sécurité et nos aides économiques. Ils sont particulièrement exaspérés par l’énorme coût permanent de notre engagement dans les reliques de la Guerre Froide tels que l’OTAN, le stationnement de troupes en Corée du Sud et le traité de défense avec les incorrigibles Japonais, qui ne se gênent pas pour truquer leurs règles commerciales contre les exportations américaines.

« Pour abréger, le Donald est en train d’exploiter l’impulsion nationaliste/isolationniste qui vient de très loin chez l’homme de la rue, excédé autant qu’économiquement précarisé. Il est assez malin pour l’articuler avec la grandiloquence de ce qui peut passer pour du protectionnisme commercial brut. Pourtant, si Pat Buchanan devait ré-écrire ses discours, ils seraient plus érudits et plus explicites sur la folie de l’Empire américain, mais le message serait le même. »

 

Tout ça était clairement visible pendant le débat du GOP de Houston, et cependant, la signification n’en a pas été perçue au milieu de tout le cinéma. Pour commencer, jetez un coup d’œil à cet échange entre le modérateur Wolf Blitzer, ex-employé de l’AIPAC et Trump.

 

« BLITZER : Vous avez dit ceci à propos du conflit en cours entre les Israéliens et les Palestiniens – je vous cite : « Laissez-moi être une espèce de type neutre. Je ne tiens pas à dure à qui c’est la faute, ça ne sert à rien. »

« TRUMP : Juste.

« BLITZER : Voici ma question. Comment pouvez-vous rester neutre, alors que les États-Unis considèrent Israël comme leur allié le plus proche au Moyen-Orient ?

« TRUMP : Eh bien, premièrement, je ne crois pas qu’ils le sont sous le président Obama, parce que je pense qu’il a traité Israël horriblement, d’accord ? Je pense qu’il a traité Israël horriblement. J’ai été grand organisateur de la parade sur la Ve Avenue, il y a quelques années, pour le « Jour d’Israël ». J’ai des liens très forts avec Israël. J’ai reçu la décoration de l’Arbre de Vie et la plupart des autres que donne Israël.

« Comme Président, cependant, il n’y a rien que je ne ferais plus volontiers qu’apporter la paix à Israël et à ses voisins en général. Et je pense que ça ne sert à rien de dire qu’il y a un bon et un mauvais.

« Possible que je ne réussisse pas à faire ce que je veux. C’est sans doute la négociation la plus difficile à conduire de n’importe où dans le monde. O.K. ? Mais ça ne sert à rien que je me mette à dire que je suis pro-israélien, vraiment pro-israélien, plus pro-israélien que n’importe qui sur ce plateau. Ça ne sert à rien de commencer à rabaisser les voisins, parce que, moi, je voudrais vraiment faire quelque chose pour négocier une paix, en fin de compte, pour Israël et pour ses voisins.

« Et je ne peux pas faire ça non plus… comme négociateur, je ne peux pas faire ça… si je prends parti. »

 

Ceci n’est rien moins que remarquable, surtout si on se souvient du débat Mitt Romney-Barack Obama, où tous les deux ne savaient quoi faire de plus que l’autre pour prouver leur loyauté superlative envers Israël et leur refus d’admettre qu’il puisse même y avoir deux parties dans cette affaire. Marco Rubio s’est scandalisé d’un étalage de bon sens à ce point inhabituel et s’est lancé dans une de ses usuelles robo-réponses, répétant mot pour mot quelque éditorial probablement lu dans Commentary ou dans le Weekly Standard. Et c’est là qu’il a dit quelque chose de remarquablement stupide : « Les Palestiniens ne sont pas une affaire immobilière, Donald. »

Il a sans doute voulu dire par là que régler le conflit Israël-Palestine n’était pas la même chose que traiter une affaire immobilière… Mais le fait est que c’est exactement de ça qu’il s’agit, d’une affaire immobilière qui a mal tourné. C’est de terrain qu’il est question. Et il faudra une sacrée dose de bonne foi et de science du marchandage pour en finir avec cet abcès purulent. Mais c’est là quelque chose que Rubio ne peut pas admettre, parce que ses bailleurs de fonds ne le lui permettront pas. En bonne créature de Washington l’Impériale, où Israël a toujours raison et où les Palestiniens ont toujours tort, Rubio ne peut pas se permettre de dire ni même de penser cela.

 

6.  Rubio_Braman_Miami_Schools_ap_img.jpg

Rubio et un de ses bailleurs de fonds, Braman, à Tahiti.

 

Autre exemple illustrant pourquoi Trump a provoqué l’ire de la classe politique en réfutant l’accusation mensongère de Rubio, selon laquelle il n’aurait pas changé de position en août 2011 et ne se serait pas prononcé publiquement contre l’intervention en Libye et le déclenchement d’une nouvelle guerre en Syrie – qu’il a toutes les deux dénoncées en termes sans équivoque – Trump a dit ceci :

 

« Si ces politiciens avaient pris un jour de congé pour aller à la plage, et si nous avions Saddam Hussein et Khadafi aux commandes, au lieu d’avoir du terrorisme partout, nous serions… au moins ils tuaient les terroristes, non ?

« Et je ne suis pas en train de dire qu’ils étaient bien, parce qu’ils ne l’étaient pas, ils ne l’étaient vraiment pas, mais nous ne savons pas ce qui nous attend à la place. Regardez la Libye aujourd’hui… ISIS - pendant que nous sommes ici en train de parler - est en train de voler leur pétrole. En ce moment même, pendant que nous parlons. C’est un foutoir total.

« Il aurait mieux valu pour nous que les politiciens prennent un jour de congé au lieu de partir en guerre. »

 

J’ai souligné ceci parce que cette phrase résume succinctement non seulement la politique étrangère de Trump, mais également la critique des vingt dernières années par Trump. Et pour rendre les choses encore plus effrayantes pour le Parti de la Guerre, il veut que nous arrêtions de nous mêler de faire la police dans le monde pour nous occuper de ce dont il est urgent qu’on s’occupe :

 

« Nous ne pouvons pas continuer à défendre tous ces pays, le Japon, l’Allemagne, la Corée du Sud. On commande des télévisions, on commande pratiquement n’importe quoi, c’est de ces pays que tout vient. Que ce soit une Mercédès-Benz ou un climatiseur, c’est de là que ça vient. Ils se font des fortunes. L’Arabie Saoudite… nous défendons l’Arabie Saoudite. Avant. Avant que le pétrole baisse… maintenant, ils gagnent moins, mais ils gagnent quand même énormément… ils se faisaient un milliard de dollars par jour.

« Nous défendons tous ces pays pour la peau. Vous parlez de budgets. Il faut que nous commencions à nous faire rembourser pour nos services militaires à tous ces pays. »

 

Trump a appelé à retirer les troupes d’Europe, où elles sont stationnée depuis la fin de la IIe Guerre Mondiale : ces pays sont riches, estime-t-il, et doivent commencer à se défendre eux-mêmes. Il demande aussi ce qu’ils ont à redouter de la Russie de Poutine, déclarant qu’il pourrait s’entendre avec le président russe, impliquant par là qu’eux aussi pourraient s’entendre avec lui.

En fait, Trump remet en question toute nouvelle incursion US dans des régions où ils n’ont rien à faire : en Syrie, où il se demande pourquoi nous finançons des « rebelles » et « nous ne savons même pas qui ils sont » ; en Ukraine, qu’il dédaigne comme un trou perdu où nous n’avons pas d’intérêts ; et en Libye, où il rappelle le chaos semé par Hillary, et nous nous préparons à remettre ça.

Trump représente une menace mortelle pour le haut commandement du Parti de la Guerre – les néoconservateurs qui nous ont entraînés à coups de mensonges dans la guerre d’Irak et ont été dénoncés par lui pour cela. Ces gens sont le principal élément-moteur idéologiquement engagé à maintenir les prétentions impériales de Washington, alors que nous nous enfonçons de plus en plus profondément dans la banqueroute. Ce sont eux qui sont derrière les violentes campagnes de calomnies qui font de Trump l’égal de Mussolini, de Hitler, de David Duke et du Diable lui-même. Ils voient qu’ils sont en train de perdre le contrôle du GOP – leur voie d’accès au pouvoir – et ils réagissent comme les rats acculés qu’ils sont.

Si Trump obtenait la nomination républicaine, les néocons sont finis comme force politique viable à droite. C’est pour cela que National Review a consacré un numéro entier au thème « Contre Trump ». C’est pour cela que les alliés des néo-cons dans les médias sont partis en guerre contre lui à pleins tubes. C’est pour cela que les néocons comme Robert Kagan déclarent ouvertement qu’ils soutiendront Hillary Clinton, tandis que d’autres, y compris le réseau, qui fut libertarien, des organisations subventionnées par Charles et David Koch, financent une campagne « Stop Trump ». On avance même l’idée (peu praticable) de présenter un candidat d’un troisième parti pour prendre des voix à Trump.

Les rats convergent en couinant des torrents d’insultes et recourent aux tactiques les plus voyantes de la démonisation, dans le but de garder leur pain beurré sur la table. Et pourtant, ça aussi se retournera contre eux, comme toutes les autres tentatives d’arrêter Trump se sont retournées contre eux. Parce que les gens en ont assez. Ils sont au-delà de la colère… en fait, ils sont heureux ! Fous de joie au spectacle de la classe politique en déroute… et déterminés à la faire courir encore plus vite.

J’ai entendu dire que Trump porte un gilet pare-balles et qu’il le fait depuis des années. Si j’étais lui, je ferais attention à ma tête, et je regarderais souvent dans mon dos.

Je ne veux pas dire par là que j’apporte un iota de soutien politique à Trump, et Antiwar.com ne soutient aucun candidat à aucun poste. Point. Le texte de Stockman évoqué ci-dessus décrit certains des pièges du Trumpisme, et je suis entièrement d’accord avec ce qu’il dit, mais ce n’est pas ce dont je veux parler ici. 

Mon boulot est d’analyser les événements en cours : au lieu de reprendre ce que tout le monde dit avec des mots différents, mon but est de voir ce qu’il y a derrière les gros titres et derrière la pensée grégaire, de façon que mes lecteurs puissent non seulement comprendre ce qui se passe dans le monde, mais puissent aussi se faire une idée de ce qu’il y a moyen de tenter pour y changer quelque chose. Si Trump s’assurait la nomination, le chemin serait pavé pour transformer le GOP, de Parti de la Guerre Perpétuelle en parti qui honore l’isolationniste oublié depuis si longtemps que fut le sénateur Robert A. Taft, celui qu’on avait pris l’habitude d’appeler « Mr. Republican ». Et si Trump remportait réellement la Maison Blanche, le complexe militaro-industriel serait fini, de même que les « mondialistes », qui tiennent le haut du pavé dans tous les cercles de la politique étrangère à Washington. Quoique Trump ne soit pas un libertarien, l’effet d’un tel bouleversement dans le domaine de la politique étrangère serait objectivement de mettre fin à la domination du pouvoir fédéral sur nos vies, tout d’abord en nous sauvant de la banqueroute et en libérant des ressources pour le secteur privé, et ensuite, en réduisant le retour de flamme qui a généré le pouvoir des terroristes.

Ne vous faites pas d’illusions : les huiles du GOP n’ont pas peur que Trump soit battu par Hillary. Ils ont peur qu’il la batte.

 

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Trump, en dépit de son approche brute et de ses contradictions, représente un soulèvement populaire contre l’Empire et contre ceux qui profitent de notre politique impérialiste. C’est pourquoi la classe politique le hait et a fait vœu de le détruire.

J’ai commencé en vous racontant l’histoire du lion et des moutons, et je conclurai avec la bonne nouvelle que les moutons, entraînés par le lion, commencent à s’en prendre à leurs bergers.

 

Justin Raimondo est le rédacteur en chef d’Antiwar.com et agrégé supérieur à l’Institut Randolph Bourne. Il collabore à The American Conservative et il tient une colonne mensuelle dans Chronicles. Il est l’auteur de Reclaiming the American Right : The Lost Legacy of the Conservative Movement [Center for Libertarian Studies, 1993; Intercollegiate Studies Institute, 2000], et de An Enemy of the State: The Life of Murray N. Rothbard [Prometheus Books, 2000], inédits en français.

Source : http://original.antiwar.com/justin/2016/02/28/the-lion-an...

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

Dernières nouvelles :

Deux légendes vivantes viennent de déclarer soutenir la candidature de Trump : Jon Voight et l’activiste noir des droits civiques Charles Evers (93 ans).

 

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L’étrange fortune d’une phrase

 

L’histoire n’est pas aussi simple que le dit Raimondo, car la phrase a vraiment été dite par Mussolini aussi, quoiqu’après avoir suivi un très long parcours.

La phrase d’origine – où il est question d’un tigre et non d’un lion – aurait été prononcée par le sultan de Mysore, Tippoo Sahib, dit aussi Tippoo Sultan (1749-1799). Tippoo Sahib fut un des principaux opposants à l’installation du pouvoir britannique en Inde et mourut d’ailleurs, le 4 mai 1799, en affrontant les troupes du duc de Wellington. Il a laissé la réputation d’un homme très cruel et fasciné par le tigre, qu’il avait pris pour emblème de son état, ce qui lui a valu d’être surnommé « le tigre de Mysore ».

 

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C’est Alexander Beaston (1758 – 1830), aide de camp du général Harris – A view of the Origin and Conduct of the War whith Tippoo Sultaun.- qui mentionne pour la première fois, dans ses mémoires, la phrase prononcée devant lui.

Elle est rapportée par Jean-François Michaud – Histoire des progrès et de la chute de l’empire de Mysore sous les règnes d’Hyder-Aly et Tippoo Sahib (vol. II, Paris, chez Giguet & Cie, 1801) en ces termes :

« l’ambition de Tippoo-Saïb l’entraînoit sans cesse vers la guerre : on lui avoit souvent entendu dire qu’il aimoit mieux vivre deux jours comme un tigre, que deux cents ans comme un mouton. Il avoit adopté pour emblême de son empire, et comme une espèce d’armoirie parlant, la forme d’un tigre royal, dont la tête et le manteau tacheté formoient le principal ornement de son trône » (p. 15).

Elle est reprise, presque à l’identique, par Auguste Barchou de Penhoën – Histoire de l’Inde anglaise. (Paris et Leipzig, chez Jules Renouard, 1841) :

« Tippoo ne supportait qu’avec peine le repos; il aimait passionnément la guerre. Empruntant une comparaison à son animal favori, on l’entendait dire quelquefois : “Mieux vaut vivre deux jours comme un tigre que deux cents ans comme un mouton” » (p. 43).

C’est dans un autre texte en français que le lion prend, pour la première fois, la place du tigre.

L’Italien Francesco Domenico Guerrazzi, dans une lettre à Giuseppe Mazzini (in Memorie, Livorno, Poligrafia italiana, 1848, p. 32), évoquant son père, dit :

«Degli uomini moderni stimò Napoleone fino al Consolato, e Tipoo-Saib, e questo, perché lesse che intorno al gradino del Trono aveva fatto disporre gemme a modo di caratteri, i quali suonavano in questa sentenza: Meglio vale vivere un giorno come un lione, che cento anni come una pecora !»

Ce qui signifie que son père n’avait estimé que deux hommes, Napoléon jusqu’au Consulat et Tippoo Sahib. Celui-ci, « parce qu’il avait lu qu’il avait fait inscrire en pierres précieuses sur les marches de son trône : Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton ».

On le voit, les temps ont diminué de moitié et le tigre est devenu lion.

C’est un an plus tard qu’on le trouve, ce lion, pour la première fois en français, chez Giuseppe Angelo De Gubernatis, rendant compte de l’ouvrage ci-dessus : Chronique italienne. Francesco Domenico Guerrazzi, (in « Bibliothèque universelle et Revue suisse, a. LXXVIII, to. XLVIII [1873], pp. 550-565, la phrase est à la p. 552)

Après cela, on la suit, prononcée ou écrite par une quantité de militaires italiens, du Risorgimento à la Première Guerre mondiale - en passant par Gramsci, qui la commente dans ses Cahiers de prison - jusqu’à ce que Mussolin enfin, grand communicant s’il en fut, la découvre et en fasse un des slogans du fascisme italien.

 

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En somme : IL DUCE 2016  a pour tâche de salir des personnes publiques X, Y ou Z (ou Trump). Dans ce but, il a collecté des phrases du Duce, qu’il a traduites en anglais et répandu en les attribuant à Trump. Il s’agit d’un journaliste comme il y en a tant, qui ne se préoccupe ni de rigueur intellectuelle ni d’éthique journalistique. Il est payé pour abîmer l’image d’une personne publique et le choix des moyens lui est laissé, pourvu qu’il y arrive. L’idée d’attribuer des slogans fascistes à Trump ne pouvait que le tenter. En faire revendiquer au moins un par Trump en personne était la chantilly qu’appelait le gâteau et a dû lui valoir peut-être même une prime. Mission accomplished.

 

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 C’est comme ça qu’on fait.

 

Trump, lui, l’a retwittée sans se rendre compte qu’il pouvait s’agir d’une provocation, parce que cette phrase, qui est plutôt belle, correspond probablement à sa manière de sentir.

Et Raimondo a raison : qu’il ne se soit ni excusé ni dédit a tourné à la confusion du diffamateur à gages et des clabaudeurs.

Pour être nous-mêmes honnêtes, signalons que nous avons trouvé toutes nos mirifiques informations sur un site de pinailleurs italiens :

http://cortmic.myblog.it/giorno-leone-cento-anni-pecora/

 

Étrange fortune, vraiment, d’une phrase qui accompagne depuis plus de deux siècles toutes les violences, et qui, apparemment, continue.

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Guerres en cours :

 

Qui utilise les réfugiés comme arme pour diviser l’Europe ?

kn – Réseau International – 9 mars 2016

 

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Le 14 février le journal allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » titrait : « Poutine utilise les réfugiés comme arme ».

Le « FAZ » cite ici ce que le sénateur américain John McCain avait dit la semaine précédente lors de la « conférence de Munich sur la sécurité ». Le « FAZ » écrit : « Pour le partisan de la ligne dure qu’est John McCain, Poutine n’a qu’un seul but : diviser l’Occident. » Il est révélateur que le multimilliardaire américain George Soros a utilisé presque les mêmes mots que McCain sur son site internet « project-syndicate.org » le 10 février, donc deux jours avant le début de la conférence de Munich sur la sécurité.

Soros écrit ce qui suit : « Le but actuel de Poutine, c’est d’accélérer la dissolution de l’UE, et le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de l’inonder avec des réfugiés. ». Selon Soros, c’est la Russie qui provoque les énormes flux de réfugiés, parce qu’elle effectue sans cesse selon lui des attaques aériennes contre la population civile en Syrie. Evaluons maintenant les accusations de McCain et Soros contre Poutine.

Lire la suite…

Source : http://reseauinternational.net/qui-utilise-les-refugies-c...

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Lula et les BRICS pris dans une lutte à mort

Pepe Escobar – L’Empire du chaos 9 mars 2016

 

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L’ancien président du Brésil Luis Inacio Lula da Silva

 

« BRICS » est l'acronyme le plus obscène pour l'axe Washington/Wall Street, et cela pour une bonne raison : la consolidation des BRICS est le seul projet organique de portée mondiale qui a le potentiel de faire dérailler l'emprise de l'empire exceptionnaliste sur ce que l'on appelle la « communauté internationale ».

Il n'est donc pas surprenant que les trois puissances clés des BRICS aient subi, depuis un certain temps, des attaques simultanées sur de nombreux fronts. Concernant la Russie, tout tourne autour de l'Ukraine et de la Syrie, la guerre des prix pétroliers, la curieuse attaque hostile contre le rouble et la diabolisation systématique de l'« agression russe ». Quant à la Chine, tout est lié à l'« agression chinoise » dans la mer de Chine méridionale et au raid (raté) contre la bourse de Shanghai/Shenzhen. Le Brésil est le maillon le plus faible de ces trois puissances clés émergentes. Fin 2014, il était déjà manifeste que la meute habituelle porterait sans retenue tous les coups possibles pour déstabiliser la septième économie mondiale, avec pour objectif un bon vieux changement de régime au moyen d'un méchant cocktail d'impasse politique (« l'ingouvernabilité ») poussant l'économie à s'enliser.

Parmi la quantité de raisons justifiant cette attaque, on retrouve : la consolidation de la banque de développement des BRICS ; l'initiative concertée des BRICS de commercer dans leurs propres devises, en contournant le dollar US et visant à une nouvelle devise de réserve mondiale pour le remplacer ; la construction d'un câble sous-marin de télécommunication en fibre optique entre le Brésil et l'Europe, ainsi que le câble des BRICS reliant l'Amérique du Sud à l'Asie de l'Est - tous deux contournant la mainmise des États-Unis.

Et par-dessus tout, comme d'habitude, il y a le saint des saints - lié à l'ardent désir de l'Empire exceptionnaliste de privatiser l'immense richesse naturelle du Brésil. Une fois encore, tout est question de pétrole.

Lire la suite…

Source : https://www.rt.com/op-edge/334904-brazil-brics-lula-econo...

Via : http://questionscritiques.free.fr/edito/Pepe_Escobar/Lula...

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Quelques brèves non sans intérêt :

 

L’Europe, poursuivant sa trajectoire d’auto-destitution servile…

 

Le hacker Guccifer, qui a révélé les e-mails meurtriers de Hillary Clinton extradé vers les États-Unis

 

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Marcel Lazar Lehel escorté par des policiers masqués, lors de son arrestation à Bucarest en 2014.

 

Après la Belgique, qui a innové en extradant un de ses nationaux – Ali Aarass - vers le Maroc et en essayant d’en extrader un autre – Bahar Kimyongür – vers la Turquie d’Erdogan, la Roumanie s’y met, en extradant vers les États-Unis, son national Marcel Lazar Lehal.

Cet homme de 42 ans, connu comme hacker sous le pseudoyme de Guccifer, qui a rendus publics des e-mails de célébrités diverses, s’est rendu lui-même célèbre en publiant un e-mail qui contenait des œuvres de George W. Bush peintre (oui, comme Hitler) dont un auto-portrait dans sa baignoire.

Il a aussi hacké et publié des e-mails de gens comme Leonardo di Caprio, Steve Martin et Mariel Hemingway, ainsi que des échanges entre l’ex-Secrétaire d’État Colin Powell et Corina Cretu (une Roumaine, parlementaire européenne), cette dernière le priant de démentir qu’ils aient eu une liaison. Mais surtout, Lehel est celui qui a révélé l’usage impropre d’un compte e-mail privé par Hillary Clinton, alors qu’elle était Secrétaire d’État, affaire sur laquelle enquête en ce moment même le FBI.

En mars 2013, le hacker a fait parvenir à divers organes de presse, dont RT, les quatre mémos envoyés par Clinton à son ex-conseiller politique Sidney Blumenthal. Les mémos contiennent des informations concernant les attaques du 11 septembre 2012 sur la mission diplomatique US de Benghazi (Libye), ainsi que sur la crise des otages d’In Amenas (Algérie) en janvier 2013.

Une plainte a été déposée contre Lehel par le ministère de la Justice US en 2014, pour fraude par voie électronique, accès non autorisé à un ordinateur protégé, traque en ligne, vol aggravé d’identité et obstruction à la justice.

En 2014, une cour roumaine l’a condamné à 4 ans de prison pour piratage, pour s’être introduit dans les comptes publics de l’État « dans le but d’obtenir des données confidentielles », et pour n’avoir pas respecté sa liberté conditionnelle. Il est en train de purger 3 ans de prison supplémentaires pour d’autres délits de piratage. Après son extradition aux USA, il est prévu qu’il revienne finir de purger cette sentence dans son pays.

Lehel, citoyen roumain, qui signe aussi Petite Fumée, en plus de Guccifer, est un chauffeur de taxi au chômage et un représentant en couleurs. Il dit qu’il a eu accès aux e-mails qu’il a pîratés en utilisant des méthodes d’ingénierie sociale, qui impliquent de deviner les réponses aux questions posées par les barrières de sécurité protégeant les comptes.

« Je ne m’oppose pas (à mon extradition). Je vais aux États-Unis pour me battre. Je sais ce que j’ai fait, et pour moi ça va. » a déclaré Guccifer en février au The Smoking Gun, où il a publié beaucoup des documents qu’il avait piratés.

Selon The Register, les procureurs disent que Lehel souffre d’un « besoin compulsif d’être célèbre ».

Et les procureurs jugent les accusés avant les procès, dans les « medias ». Routine.

c.l.

Source : https://www.rt.com/usa/334846-romanian-hacker-guccifer-ex...

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Le réfugié politique turc Erdal Gökoglu n’est pas dangereux. Il est en danger.

Bahar Kimyongür – Investig’Action 7 mars 2016

 

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Erdal Gökoglu, réfugié turc reconnu en Belgique depuis 2007 a été arrêté le 24 janvier dernier à la frontière germano-polonaise à hauteur de Slubice (Francfort-sur-l'Oder) alors qu'il se rendait au mariage de l'un de ses amis à Wroclaw.

Il est menacé d’extradition vers la Turquie sur base d’un mandat d’arrêt international émis par le 4e Chambre de la Cour d’assises d’Istanbul pour son appartenance présumée au mouvement marxiste illégal DHKP-C.

Son dossier turc est ridiculement vide. Erdal est en effet accusé d’avoir sermonné dans les locaux d’une revue étudiante (Ülkemizde Gençlik) à Istanbul, en octobre 2001, un jeune qui trompait sa petite amie avec une autre fille.

Le fait de parler à un jeune menant une double vie sentimentale a fait d’Erdal un leader du DHKP-C !

Erdal Gökoglu a été incarcéré entre juin 1995 et juillet 2001 alors qu’il était étudiant en architecture.

Il a survécu à plusieurs opérations militaires dans les prisons turques. C’est un véritable miraculé.

Lire la suite…

 

Source : http://www.investigaction.net/Le-refugie-politique-turc-E...

Voir aussi :

http://www.secoursrouge.org/Pologne-Belgique-L-affaire-Er...

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Des nouvelles de chez Tsipras :

 

Grèce : Athena Tsakalos et Evi Statiri interdites d’entrée à leur propre procès

 

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« Liberté pour Evi Statiri ! » dans la cour de Koridallos le 25/09/2015

 

Dans l’affaire de la "tentative d’évasion des Cellules de Feu", les autorités grecques ont prouvé à plusieurs reprises qu’elles ne craignaient pas le ridicule. Dernier exemple en date : Athena Tsakalos et Evi Statiri ne peuvent légalement pas se présenter à leur propre procès. Pour la troisième fois, au début de la journée au tribunal, lorsque le juge appelle les deux femmes (parentes de prisonniers de la Conspiration des Cellules de Feu), les avocats de la défense doivent expliquer que les deux femmes sont en liberté conditionnelle. La condition pour Athena est de ne pas quitter son domicile situé sur l’île de Salamine tandis que Evi ne peut s’éloigner à plus d’1km du sien.

Christos et Gerasimos Tsakalos (dont Athena est la mère et Evi est la compagne du second) tous deux accusés dans le procès refusent de laisser le procès commencer dans ces conditions ridicules.

Source : http://www.secoursrouge.org/Grece-Athena-Tsakalos-et-Evi-...

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On a sauté la Journée de la Femme, zut ! Réparons.

 

Ève, une divine erreur ?

En guise de préface à :

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Latines, belles et rebelles

Hernando CALVO OSPINA

Paris, Le temps des cerises, 2015

 

Et Dieu créa l’homme « à son image », dit la mythologie catholique dans la Bible. C’est-à-dire qu’il le créa homme et parfait. Et il l’appela Adam.

Le voyant si esseulé dans l’immensité du Paradis, il prit une de ses côtes et en façonna un être au physique quelque peu différent du sien. Il lui dit que c’était une femme et qu’elle s’appelait Ève. Dieu avait dans l’idée de donner à sa photocopie terrestre quelqu’un qui le distrairait, lui ferait la conversation. Le Tout-Puissant ne trouvait pas distingué que sa créature passe son temps à dresser perroquets, chiens, chimpanzés ou tous autres animaux qui déambulaient là-bas.

Dieu avertit Adam et sa côte qu’ils pourraient profiter de tout et goûter à tout, sauf à un fruit qui leur était interdit. Dieu savait qu’Adam ne lui désobéirait jamais. Mais avec Ève, c’était une autre histoire, car il ne l’avait pas faite « à son image ». Elle était simplement humaine et donc, imparfaite. Dieu, malgré son « infinie connaissance » du futur, n’avait pas prévu ce qui allait se passer au Paradis.

Ève arriva dans ce monde, heureuse, jouissant de tout…

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/latines-belles-et-rebelles.html

 

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Modeste contribution des GROSSES ORCHADES à l’éclaircissement du foutoir causé par « la femelle » :

D’abord, c’est qui, Ève ? C’est la Déesse-Mère des Hébreux d’avant que les pères de famille gardiens de chèvres dans le Sinaï raflent le pouvoir aux mères. Elle s’appelait IEVOA, son nom étant formé des six voyelles nécessaires à tout langage humain. Un jour, pour bien marquer leur désormais suprématie, les pépés ont « expulsé la femelle » en virant les voyelles de l’alphabet, raison pour laquelle l’hébreu n’en a pas, et c’est ainsi que leur dieu-père s’appelle YHWH, au prix d’une tricherie par emprunt subreptice aux Grecs (au moins aussi misogynes qu’eux).

Quant à la fameuse côte d’Adam… on ne résiste pas au plaisir de vous raconter son histoire. Qui vient, elle aussi, de Sumer, tout comme celle, originelle, d’Abel et Caïn que nous vous contâmes il y a peu.

Chapitre extrait d’un livre inédit consacré à notre déesse des Ardennes (on est allés la chercher loin).

 

« Petite cosmogonie (sumérienne) portative »

À l’origine était Nammu, la Mer Primordiale, qui « donna naisance au ciel et à la terre ».

Ces enfants, An, le ciel mâle, et Ki, la terre femelle, engendrèrent un fils, Enlil, l’air. Division des cellules oblige : An s’emporta en l’air et Enlil emporta sa mère. C’est de l’union d’Enlil et de sa mère que naquit l’univers organisé.

Les Sumériens se représentaient ainsi les quatre divinités cosmiques Eau – Ciel – Terre – Air :

 

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Entre le Ciel et l’Enfer, la Terre émergeant de l’Océan Terrestre.

 

La terre était un disque plat entouré du « Fleuve Océan » encore cher à Homère des millénaires plus tard (soit, pour les Sumériens, la Mer méditerranée et le Golfe persique). Cette terre et le demi-globe formant le ciel ne faisaient d’abord qu’une seule montagne « Ciel-Terre ». Quant aux mystérieux Enfers où se rendaient les morts, ils étaient en quelque sorte, sous la terre, l’envers du ciel.

Mais ceci est une cosmogonie tardive déjà rationalisée, une cosmogonie-théogonie des temps patriarcaux, telle que de patients sumérologues ont pu la déduire des tablettes cunéiformes déchiffrées à ce jour.

Il ne nous est pas trop malaisé, partant de là, de reconstituer la « personnalité » de la Triple Mère des origines, présente absolument chez tous les peuples :

 

Nammu – la Mer-Mère vierge ;

Inanna, la Mère-Ciel future Ishtar, qui deviendra avec le temps la seule planète Vénus, mais qui aura été d’abord Nanna-la-Lune (masculinisée, précisément par les Sumériens, en dieu-lune Nanna).

Ki, la Terre-Mère (Ereshkigal dans ses profondeurs infernales).

 

Plus tard, la Divine s’appellera Ninhursag, « Grande Déesse Mère ».

Avec son fils Enki, dieu de l’eau (les patriarcaux étant déjà passés par là), elle accouchera sans douleur de trois générations de déesses, chaque génération recopulant avec le même Enki.

Mais Ninhursag a aussi fait pousser à Dilmun, « Terre Brillante » (c’est le « premier patron » du Paradis), les huit sortes de plantes.

Qui dit « Paradis » dit « perdu ». Le Péché Originel nous vient donc, comme l’Histoire, de Sumer : il est commis par Enki (tout seul !), qui dévore les huit plantes créées par sa mère-amante. En conséquence de quoi il est affligé de toutes sortes de maux. Véritable Harbougna (1), il a mal partout : au vit, à la mâchoire, à une dent, à la bouche, au bras, en deux ou trois autres endroits et… à une côte.

Ninhursag, bonne fille-mère, accouche alors – toujours sans douleur – de petites déesses et de petits dieux chargés chacun de soigner une des parties endommagées de leur père. Il y a là, soeurs cadettes des déeses Ninmu et Ninkurta, dont nous ne savons pas grand-chose, les déesses-médecine Ninsutu, Ninkusi, Nazi (personne n’est parfait) Azimua et Ninti ; les dieux-médicaments Abu, Nintulla, Enstag, et sûrement on en passe.

C’est ainsi que la déesse Ninti (Nin, « Dame », Ti, « de la Côte » et « de la Vie ») est spécialement créée pour guérir la côte paternelle.

Dans la Bible patriarcale, en vertu de la loi des vases communicants, cette petite Déesse-Côte et Dame-qui-fait-Vivre deviendra « Ève, Mère de Tous les Vivants », née de la côte (mortelle) d’Adam, par un de ces tours de passe-passe chers aux révisionnistes mâles. Et les mauvais esprits - qui se seraient demandé pourquoi diable Dieu Omnipotent, capable de créer toutes choses ex-nihilo, aurait eu besoin d’une côte humaine pour créer la Phâme en sous-traitance – ont ainsi la réponse à leur impertinente question : parce que l’homonymie sumérienne entre côte et vie n’existe pas en hébreu, et que, dans ces cas-là, rien ne vaut l’arbitraire.

Mais ne quittons pas l’Olympe sumérien sans faire la connaissance de trois autres filles de Ninhursag :

 

Nanshe, déesse de l’Ordre Juste, « qui juge les humains au premier jour de l’année ».

Ashnan, déesse du grain, dite « vierge bienveillante ».

Nidaba, déesse de la sagesse et de l’écriture.                      

 

Ces gentes dames nous confirment l’origine femelle du droit, de la culture des céréales et de l’alphabet. Ainsi que des révolutions, car 

 

Pour préparer un lieu où seront détruits les puissants,

Pour livrer les puissants aux faibles,

Nanshe scrute le coeur des gens. (2)

 

Mine de rien, nous avons là, en germe, « les derniers qui seront les premiers » de la Bible, et son « aimez-vous les uns les autres ».

Peut-être aussi la dictature du prolétariat, chère à ce grand mystique de Karl Marx.

 

_________________  

(1)       Personnage bien connu du folklore wallon, dont pas un millimètre carré de chair ou d’os n’est indemne, et qui passe sa vie à s’en plaindre.

(2)       Hymne à Nanshe, Tablettes de Nippur.

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Pour faire reculer une société jusqu’avant l’âge de la pierre et ravaler ses femmes un rang au-dessous des bêtes, comment fait-on ? On demande à la CIA. Voir, sur Réseau International, l’article de Julie Lévêque. Surtout ne ratez pas les photos :

http://reseauinternational.net/de-lafghanistan-a-la-syrie...

 

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Dernière minute

Reçu au moment de mettre en ligne :

 

France - 9 mars 2016 - Grève partout, même à la télé (vidéos) 

 

http://mai68.org/spip/spip.php?article10499... 

 

NE NOUS REGARDEZ PAS ! REJOIGNEZ-NOUS !

 

    Bonjour à toutes et à tous,

 Il y a des grèves et des mouvements de contestation un peu partout en France sur tout un tas de sujets concernant aussi bien les jeunes que les vieux, les ouvriers que les paysans, les chômeurs que les actifs, etc. Dans toutes ces luttes l'ennemi est le même : le pouvoir. C'est pourquoi toutes ces luttes, y compris celle contre l'aéroport de Nôtre-Dame-des-Landes, doivent s'unir dans une même coordination.

 Ce n'est pas en faisant une manif par mois, ni même une par semaine, que l'on gagnera ! Pour gagner, il faut qu'une énorme quantité de gens soient en grève tous les jours, 24 heures sur 24, et en manifestant massivement chaque jour le plus longtemps possible dans tous les centre-villes afin de tout bloquer !

Dans l'article ci-dessous, je propose les vidéos essentielles des infos du 9 mars 2016 au sujet de la mobilisation :

http://mai68.org/spip/spip.php?article10499

Bien à vous,

do

http://mai68.org/spip

QU'EST-CE QU'UNE COORDINATION ? 

http://mai68.org/spip/spip.php?article1081

Comment a-t-on fait pour gagner contre le CPE en 2006 ?

http://mai68.org/spip/spip.php?article6

APPEL À LA GRÈVE GÉNÉRALE SAUVAGE TOTALE ET ILLIMITÉE :

http://mai68.org/spip/spip.php?article7132

(Grève générale mode d'emploi) 

NE NOUS REGARDEZ PAS ! REJOIGNEZ-NOUS !

 

 

 

« En groupe en ligue en procession
En bannière en slip en veston
Il est temps que je le confesse
A pied à cheval et en voiture
Avec des gros des p’tits des durs
Je suis de ceux qui manifestent
Avec leurs gueules de travers
Leurs fins de mois qui sonnent clair
Les uns me trouvent tous les vices
Avec leur teint calamiteux
Leurs fins de mois qui sonnent creux
D’autres trouvent
que c’est justice…
 »

 

 

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Mis en ligne le 10 mars 2016.

 

 

 

 

 

 

18:42 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/03/2016

TOUT VA TRÈS BIEN, MADAME LA MARQUISE

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Tout va très bien, Madame la Marquise

 

*

 

On vient de recevoir ceci.

Comme on pense pareil, ça nous évite d’avoir à l’écrire.

 

Un plan antiterroriste visant à protéger la bourgeoisie contre le prolétariat

 

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Bonjour à toutes et à tous,

La bourgeoisie est terrorisée par la révolte prolétarienne et paysanne qui monte, qui monte, qui monte ; aussi, améliore-t-elle le matériel de ses bandes armées et augmente-t-elle le nombre de leurs membres.

Pour la classe dominante, tout membre de la classe dominée est un terroriste potentiel, puisqu'elle en a peur ! Les terroristes ce sont les salariés, les ouvriers et les paysans en révolte. Les terroristes, c'est nous !

Mais, la bourgeoisie ne peut pas nous l'avouer comme ça. Aussi, après l'avoir commandité elle-même dans ce but, la bourgeoisie prend-elle excuse du terrorisme islamiste afin d'augmenter quantitativement et qualitativement ses forces armées.

Mais, prenons-en bien conscience : c'est contre nous que les bandes armées du pouvoir se préparent à la guerre. En effet, si le nouveau matériel qu'elles recevront ne servira à rien contre le prétendu "terrorisme islamiste" ; par contre, il sera très efficace contre la révolte de la population.

Source : http://mai68.org/spip/spip.php?article10430...

 

*

De même source, on avait reçu ceci juste avant :

 

Myriam el Khomri – 1er mars 2016

Des dizaines de millions de travailleurs doivent se sacrifier
pour que cette pauvre fille sorte le plus vite possible de l'hôpital !

 

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Myriam el-Khomri est la digne fille de François Mitterrand

 

Bonjour à toutes et à tous,

En 1992, c'était le référendum de Maastricht pour faire accepter l'Euro. Mais les gens n'en voulaient pas malgré la propagande massive de tous les principaux médias en sa faveur. Aussi, pour que ça passe quand même, Mitterrand a trouvé le truc : il s'est fait opérer de la prostate pile une semaine avant le référendum afin de se faire plaindre. Ce pauvre Mitterrand qui est à l'hôpital, quand même, on peut bien aller voter "Oui" à son référendum, se sont dit quelques âmes sensibles. Ça a marché. L'Euro a été approuvé. De justesse, mais approuvé quand même. Et depuis, c'est la merde !

Aujourd'hui, c'est de la contre-réforme signée par Myriam al-Khomri que nous ne voulons pas. Aussi, en digne fille spirituelle de François Mitterrand, la Myriam nous refait le coup de l'hôpital. Parait-il qu'à cause de nous, comme nous ne voulons pas de sa réforme scélérate, elle en est tombée malade, et ce, au point de devoir être hospitalisée !

Le message subliminal de la télé, aujourd'hui, c'est donc que des dizaines de millions de travailleurs doivent se sacrifier, en acceptant la destruction du droit du travail, afin que cette pauvre Myriam sorte le plus vite possible de l'hôpital !

Bien à vous,

 

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Source : http://mai68.org/spip/spip.php?article10433

 

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4. A la tâche à la hache.jpg

Nous, ce qu’on en dit…

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Mais la riposte s’organise

 

5. La riposte syndicale s'organise contre la lo El Khomri.JPG

 

La pétition contre le projet de loi El Khomri dépasse le million de signatures

« Qui a signé ? » demande BFMTV Pourquoi cette question ?

 

Le projet de loi El Khomri sur la réforme du droit du travail a dépassé le cap d'un million de signatures deux semaines après son lancement, battant tous les records en France. Dans les faits quelques clics suffisent pour signer la pétition, une... ou plusieurs fois. Pourtant, les fraudes sont rares assure le site hébergeur, Change.org.

"Nous sommes vraiment sur un mouvement réel, confirme le directeur de Change.org en France, Benjamin des Gachons. Nous n'avons constaté aucun mouvement de fraude de grande ampleur".

C'est "un phénomène viral tout à fait inédit" qui repose sur "le fait que c'est très rapidement passé d'une pétition à un véritable mouvement". Résultat: un succès inédit, rapide et massif qui rassemble au-delà des signataires des militants politiques ou syndicaux. 

Une carte des signataires a aussi été publiée dimanche par Le Parisien. On y observe que les contestataires sont concentrés autour des principaux centres urbains (Rennes et Nantes à l'ouest, Bordeaux sur la face atlantique, Toulouse au sud, un arc reliant Montpellier à Grenoble au sud-est) et Paris.

 

Mais le mot « fraude » a quand même été insinué, n’est-ce pas ? Quant au Parisien, qu’entend-il par « contestataires » et de quoi se mêle-t-il au juste ? De police bénévole ? Ah, les braves gens !

Quoi qu’il en soit, pour lui faire dépasser les 2 et même les 3 millions, c’est ici :

 

Loi Travail : non, merci !

Le projet de réforme du droit du travail présenté par Myriam El Khomri propose de revenir des années en arrière. Mobilisons-nous !

 

Je signe la pétition       Je rejoins la page Facebook


Voir la carte des rassemblements

 

Pour lire la suite, c’est là :

http://loitravail.lol/

 

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Et pendant qu’on y est on y revient :

Pour la dénonciation par la France du traité de l’Atlantique Nord et le retrait de ses Armées du commandement intégré
Appel pluraliste (pétition)

dimanche 6 mars 2016, par Comité Valmy

6. otan_danger.jpg

Le 21 mai 2015 à l’Assemblée Nationale, lors du colloque intitulé « La France peut-elle retrouver une diplomatie indépendante », un ancien ambassadeur de France et ancien secrétaire général du Quai d’Orsay a déclaré que l’OTAN n’aurait pas dû survivre à la disparition de l’URSS et à la dissolution du Pacte de Varsovie.

Les initiateurs du présent appel de sensibilités républicaines et patriotiques diverses, ayant dans le passé, approuvé ou non l’existence de l’OTAN affirment unanimement, qu’en effet aujourd’hui, cette organisation n’a plus de raison d’être.

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Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6031

 

Sans compter le TTIP !

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Solidaires des « 8 de Goodyear »

Jacques Kmieciak – Investig’Action 7 mars 2016

7. goodyear4.png

 

Ils étaient 250 environ dernièrement à Rouvroy (Pas-de-Calais) pour accueillir en héros Mickaël Wamen. L'ex-délégué CGT à l'usine Goodyear d'Amiens, vient d'être condamné, comme sept autres ex-salariés du géant américain du pneumatique, à 24 mois de prison (dont neuf ferme) et aussi à cinq ans de mise à l'épreuve, pour la séquestration de deux cadres de l'entreprise. Une action menée dans le cadre du bras de fer qui a, sept ans durant, opposé les travailleurs à la multinationale. Celle-ci a finalement fermé son usine de la Somme en janvier 2014, avec à la clé 1.100 licenciements !

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Source : http://www.investigaction.net/Solidaires-des-8-de-Goodyea...

 

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Ce vers quoi on va ?

Triste tropisme

Pierre LEVY – LGS 3 mars 2016

8. Triste tropisme.gif

Quand les peuples et les citoyens sont vent debout, une partie de ladite « gauche de la gauche » accourt, pathétique, pour sauver l’« idée européenne »...

Il faut démocratiser l’Europe. Face au danger de retour en arrière chauvin vers le cocon illusoire des Etats-nations, convoquons une convention qui donnerait à celle-ci une véritable constitution d’ici 2025. Qui vient d’énoncer ces conseils aussi originaux que lumineux ? Jean-Claude Juncker ? Mario Draghi ? Angela Merkel ? Ou bien Valéry Giscard d’Estaing, dans un fulgurant retour sur la scène européenne ?

C’est en réalité Yanis Varoufakis qui propose ces perspectives d’avenir. L’ancien ministre grec des Finances, qui fut un temps présenté comme « à la gauche » d’Alexis Tsipras, a mis en scène sa réapparition, à Berlin, le 9 février. Avec un objectif : créer un mouvement transeuropéen porteur d’un « Plan B » (encore un – à ce stade, il s’agit au bas mot d’un plan T !) pour une « autre Europe ». De nombreux « intellectuels de gauche » issus de différents pays étaient venus participer au show de celui qui fut docker au port du Pirée, pardon, professeur d’économie à l’université de Sydney, puis conseiller (2004-2006) du chef du Pasok, George Papandréou.

Pour ce qu’on en sait, cette étrange initiative a laissé de marbre les agriculteurs grecs acculés (comme leurs collègues français), tout comme les sidérurgistes britanniques ou les chômeurs espagnols. Elle retient cependant l’attention pour deux raisons : le moment choisi, et l’état d’esprit d’une certaine « gauche de la gauche » qu’elle traduit.

Le moment ? Il est marqué par une conjonction de crises majeures qui plonge la plupart des dirigeants européens dans un désarroi profond. On a déjà cité ici le président de la Commission évoquant « le bord de l’abîme » ou Michel Barnier s’effrayant d’une possible « dislocation ». Tentent-ils d’imaginer « le pire » pour espérer mieux le conjurer ?

Toujours est-il que Le Monde (09/02/16) vient de consacrer une pleine page à ce début de panique. Sa correspondante à Bruxelles rapporte ainsi la « supplique » désespérée du président de l’europarlement en direction des médias : « il faut que vous nous aidiez à remobiliser le camp des Oui à l’Europe, on ne l’entend plus ». Et notre consœur de décrire les dirigeants européens comme « tétanisés par l’impopularité de ‘leur’ Union » : « quoi qu’ils disent, les opinions publiques ne suivent plus. Les référendums sur l’Europe se succèdent et se ressemblent : après les Non grec et danois en 2015, ce sont les Non néerlandais (en avril) et surtout britannique qu’ils redoutent. L’Europe libérale, démocratique, ouverte, plus personne ne semble vouloir l’"acheter" ».

Elle poursuit en citant l’euro-fanatique Alain Lamassoure (LR) : « avouons qu’on est dans le pot au noir, l’heure est très grave ». Et se fait l’écho de différents diplomates dont l’un confie : « on a l’impression qu’il n’y a plus rien hormis les égoïsmes nationaux ». Pour un autre, « avant, à chaque crise, on se disait qu’on allait rebondir ; aujourd’hui, on est submergés ». Du reste, une réunion (sans précédent) des six « membres fondateurs » de l’ex-CEE a été fébrilement convoquée, qui a solennellement appelé à « renforcer la cohésion de l’UE »...

Crise des migrants, crise de l’euro, et maintenant perspective de Brexit : jamais les élites européennes n’auront été aussi chahutées. Bref, conclut la rédactrice du Monde : « les rêves fédéralistes ? Envolés ».

Envolés ? Pas pour tout le monde, apparemment, puisque quelques responsables politiques résistent encore et toujours... au rejet populaire de l’intégration communautaire. Pathétique : quand les familles fondatrices de « l’aventure européenne » (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se désespèrent de leur propre impuissance, quand les peuples et les citoyens sont de plus en plus nombreux à comprendre la nocivité de l’Europe, c’est ladite (par antiphrase) « gauche de la gauche », ou du moins une partie d’entre elle, qui accourt et se présente en sauveuse de l’idée européenne – celle-là même qui a été inventée et mise en œuvre, six décennies durant, par les représentants des grands capitaux et autres multinationales...

Comme si un étrange et triste tropisme poussait certaines figures de la « gauche radicale » à se porter volontaire pour faire le sale boulot – le syndrome Tsipras, en quelque sorte, prêt à tous les renoncements pour peu que cela puisse préserver l’Europe.

Dans les salons bruxellois très privés, on sourit sans doute de cet attendrissant zèle des néophytes. Riez bien, messieurs. Car la suite pourrait vous être moins drôle.

Éditorial paru dans l’édition du 25/02/16 du mensuel Ruptures
Information et abonnements :
http://www.ruptures-presse.fr

Source : http://www.legrandsoir.info/triste-tropisme.html

 

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5 mars

De la neige à Moscou pour le 63e anniversaire de la mort de Staline

 

 

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Et tout le monde a raté le centenaire de l’exécution de Joe Hill à Salt Lake City, le 18 novembre dernier. Les derniers des derniers, c’est nous !

 

Joe Hill, in memoriam

Fausto Giudice – LGS 6 mars 2016

 

10. Joe HILL OOO.jpeg

 

Nous sommes impardonnables : nous avons raté le centenaire de l’exécution de Joe Hill, le 19 novembre 1915, à Salt Lake City. Comme Malcolm X, Patrice Lumumba, Che Guevara ou Thomas Sankara, il est mort, assassiné par l’ennemi de classe, à moins de 40 ans, exactement à 36 ans, fusillé par un peloton d’exécution. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et je m’en vais donc raconter cette page épique, tragique et sanglante de l’histoire de la classe ouvrière des Amériques, ces hommes et ces femmes qui avaient fui la vieille Europe à la recherche du paradis sur terre et tombèrent dans l’enfer du capitalisme le plus meurtrier de l’histoire.

Un enfant du fer

Joel Emmanuel Hägglund est né le 7 octobre 1879 à Gävle, dans le centre de la Suède, une région appelée le Gästrikland, terre du fer et de la chaux, qui ont été exploités depuis le XIVème siècle. Son père Olof, fils de paysan, est conducteur de locomotive sur la ligne Gävle-Falun. La famille est religieuse – waldenströmienne, c’est-à-dire appartenant à l’Église missionnaire suédoise, une scission de l’Église luthérienne officielle créée par un pasteur excommunié, PP Waldenström, fort active dans les milieux ouvriers, attirés par son accent mis sur la liberté individuelle – et musicale. Joel apprend très tôt à jouer du violon, du banjo, de la guitare, du piano, de l’harmonica et sur l’orgue construite par son père ; il commence à composer des chansons, inspirées des psaumes chantés par les adolescentes de l’Armée du Salut, dans les jupes desquelles il est tout le temps fourré.

 

10. Famille Hill.png

La veuve Hägglund et ses six enfants vers 1890

 

La situation de la famille change dramatiquement avec la mort du père en 1887, à 41 ans, lors d’une opération suite à un accident du travail lors d’une fausse manœuvre. Entraîné par une locomotive, Olof souffrit d’hémorragies internes pendant un an avant d’être opéré et de ne pas se réveiller de l’anesthésie. La mère, dont la pension de veuve des chemins de fer est bien maigre – 225 couronnes par an, soit le quart d’un revenu ouvrier de l’époque, et les six enfants en vie (sur les neuf qu’elle a eus) doivent se retrousser les manches et la machine à tisser fabriquée par Olof tourne à plein régime. Certains soirs, il n’y a rien à manger et les enfants se couchent dans le froid glacial de l’hiver, ventre vide et mitaines aux mains, faute de chauffage.

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Source : http://www.legrandsoir.info/joe-hill-in-memoriam.html

 


 

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Sanctions et contre-sanctions

La Russie aujourd’hui 4 mars 2016

11. Take sanctions.gif

Inutile de rappeler l’enchaînement des sanctions décidées par les américains contre la Russie, et appliquées par les européens également. Elles ont généré une riposte de la Russie qui à son tour a frappé les européens de « sanctions » essentiellement sur le plan des importations de produits alimentaires.

Le résultat: Développement rapide de la production intérieur Russe (On produit maintenant ici des fromages valant largement certains fromages français par exemple), entrée massive de nouveaux importateurs étrangers en Russie (On trouve maintenant des aliments en provenance d’Amérique du sud, d’Israël, d’Iran, de Syrie, Serbie etc), et pour les européens une chute sévère de leurs exportations entrainant la faillite de nombreux producteurs et un mécontentement croissant dans le monde agricole.

Aujourd’hui l’Europe semble avoir enfin compris que suivre aveuglement les ordres des américains ne leur rapporte que des inconvénients, et l’Allemagne et la France en particulier parlent de « lever les sanctions » contre la Russie.

C’est ainsi que par exemple le ministre français de l’économie, Emmanuel Macron, a indiqué hier vouloir lever ces « sanctions ». Le but est simple : En levant les sanctions contre la Russie, il espère la réciprocité : Que la Russie cesse d’interdire les produits agricoles français. Ceci, dans son esprit du moins, favorisera le monde agricole français… et calmera les plus virulents, dans un contexte ou l’impopularité du président François Hollande bat des records jamais atteints dans le pays.

Ceci est sans nul doute un très mauvais calcul:

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Source : https://jeanfouche.wordpress.com/2016/03/04/sanctions-et-...

 

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Mais il n’y a pas que les sanctions, dans la vie, il y a aussi les guerres. Qui n’a pas sa bombinette ?

 

Le Proche-Orient nucléarisé !

Thierry MeyssanRéseau Voltaire 7 mars 2016

 

Pendant que l’Occident faisait pression sur l’Iran pour qu’il abandonne son programme nucléaire civil, les Saoud achetaient la bombe atomique à Israël ou au Pakistan. Désormais, à la surprise générale, le Proche-Orient est devenu une zone nucléarisée, dominée par Israël et l’Arabie saoudite.

 

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En 1979, Israël terminait la mise au point de sa bombe atomique, en collaboration avec le régime d’apartheid sud-africain. L’État hébreu n’a jamais signé le Traité de non-prolifération et a toujours évité de répondre aux questions relatives à son programme nucléaire.

Depuis 1980, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté chaque année par consensus une résolution appelant à faire du Proche-Orient une zone exempte de toute arme nucléaire. Cette résolution visait à encourager Israël à renoncer à sa bombe et à prévenir que d’autres États ne se lancent dans une course aux armements.

L’Iran du Shah disposait également d’un programme nucléaire militaire, mais celui-ci n’a été poursuivi que de manière marginale après la révolution de 1979 du fait de la guerre imposée par l’Irak (1980-88). Cependant, ce n’est qu’à la fin de celle-ci que l’ayatollah Rouhollah Khomeini s’opposa aux armes de destruction massive et prohiba par conséquent la fabrication, la détention et l’usage de l’arme atomique.

Commencèrent alors les négociations pour la restitution des 1,180 milliards de dollars d’investissement iranien dans le complexe Eurodif d’enrichissement d’uranium. Cependant, rien ne fut jamais résolu. Ainsi, lors de la dissolution d’Eurodif, en 2010, la République islamique détenait toujours 10 % du capital. Il est probable qu’elle porte aujourd’hui une part de la Société d’enrichissement du Tricastin.

De 2003 à 2005, les négociations relatives au contentieux nucléaire sont présidées, côté iranien, par cheikh Hassan Rohani, un religieux proche des présidents Rafsandjani et Khatami. Les Européens exigent au passage que l’Iran démantèle ses filières d’enseignement de physique nucléaire de manière à être certains qu’il ne puisse pas relancer son programme militaire.

Cependant, lorsque Mahmoud Ahmadinejad — un partisan de la relance de la Révolution khomeiniste — arrive au pouvoir, il rejette l’accord négocié par cheikh Rohani et le limoge. Il relance l’enseignement de la physique nucléaire et lance un programme de recherche visant, notamment, à trouver un procédé de production électrique à partir de la fusion et non de la fission comme le font actuellement les États-Unis, la Russie, la France, la Chine et le Japon.

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Source : http://www.voltairenet.org/article190596.html

 

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Les choses vont très mal en Amérique Latine, soumise à une gigantesque offensive, sur tous les fronts à la fois, des forces de l’argent et de la guerre. Mais il y a des Vénézuéliens qui ne se laissent pas abattre :

 

5 mars

 

Pour le troisième anniversaire de sa mort, les habitants de Caracas offrent à Hugo Chavez une manif à roulettes

 

(De l’hôpital militaire où il est mort à l’Académie militaire d’où il était parti.)

 


 

Ils en ont profité pour marquer leur soutien à Nicolas Maduro.

 

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Il n’y a pas de petits rackets

(Histoire belge)

 

13. Chatgriffe d'honneur.jpeg

 

Quand on voit un « élu » local sourire avantageusement dans les merdias et annoncer une bonne nouvelle à ceux qui nourrissent les chats errants, on se dit que, tiens, tout arrive et qu’avec seulement 50 ans de retard, les communes plus ou moins bruxelloises de Forest, d’Ixelles et de Schaerbeek s’aligent enfin sur les endroits civilisés tels que le XXe arrondissement de Paris (Père Lachaise) et quelques autres grandes villes de France, de Navarre et d’ailleurs. Bref, on se prépare à lire – c’est si peu courant – une information réconfortante du genre : la commune de XYZ prend à sa charge une partie de la nourriture distribuée aux bestioles SDF, autorise l’installation d’abris ici ou là sur son territoire, voire les fournit… pourquoi pas ?

Eh ouiche ! On est en Belgique, rappelez-vous. La bonne nouvelle en question, c’est que les nourrisseurs de chats vont bientôt avoir le droit de s’adonner à leur coupable activité, à condition, pardon ! aux conditions qu’ils se feront d’abord encarter - comme des belles de nuit ? oui, plus ou moins - et observeront des r ègles…

Donc, entendons-nous bien : nourrir les chats que des beaufs ont abandonnés et qui crèvent la dalle est un délit. Passible d’une amende de 125 € à la première infraction. On ne vous dit pas la récidive… Si vous voulez l’éviter, c’est très simple : allez vous inscrire, retirer votre passe, vous faire attacher un bracelet au pied ou ce qui se trouvera, pour qu’« on » puisse contrôler vos allées et venues. Il en sera distribué une trentaine maxi. Tout ce qui dépassera : au gnouf.

Ah, et oui : très fiers d’eux, les dits édiles annoncent que les nourrisseurs auront le droit plus ou moins obligatoire de choper les matous et de les faire castrer, afin que reste limitée la population féline de leur proprette circonscription. Ils seront remboursés des frais vétérinaires - vétérinaires et prix fixés – par leur mairie, qui sera elle-même renflouée de 50% de cet investissement par l’État, c’est-à-dire par les contribuables nourrisseurs. Vous suivez ?

Ils sont très fiers d’eux, savez-vous, et le font savoir aux gazettes, avec leiurs photos à l’appui. C’est quand qu’il y a des élections ? Ceux-là sont, paraît-il, écolos.

Mère Michel.

http://restodeschats.e-monsite.com/pages/lois-sur-les-cha...

http://www.micetto.com/histoire/Les-chats-du-Pere-Lachaise

http://adelemorizot.canalblog.com/archives/2015/12/22/331...

Il n’y a pas qu’en Belgique que les gens sont nuls mais que d’autres gens sont formidables : Aidez Lorraine ! http://www.clicanimaux.com/collecte-2570-sos-pour-129-cha...

 

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Crimée

Trois nouveau-nés au zoo de Yalta

Deux tigresses de l’Amour ont donné naissance à trois tigreaux, qui se portent bien, merci, même s’il y en a un qui a le nez qui coule, c’est normal à cet âge

 

 

 Si RT se fout des internautes, cliquer ici :

https://www.rt.com/in-motion/334804-amur-tiger-cubs-crimea/

 

Un des bébés tigres a été abandonné par sa mère, mais il a été adopté par sa tante. Ils ont le même père, qui habite avec les deux mères. Comme l’adoptive n’a pas assez de lait pour les trois, il y en a un que leurs humains nourrissent au biberon.

Ces tigres rarissimes, qui doivent beaucoup à Vladimir Poutine, sont des espèces de rescapés. Jadis répandus dans toute la Russie orientale, ils avaient pratiquement disparu dans les années 1940, principalement à cause de la guerre.

Mais, de 40 individus qu’ils étaient, ils sont aujourd’hui passés à 500. Bon vent.

Source : https://www.rt.com/in-motion/334804-amur-tiger-cubs-crimea/

 

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Pas la Ve de Beethoven ! Mais moins pénible que du rap. Avantage collatéral : fait maigrir le DJ pour pas cher s’il souffre de surpoids.

 

2000 billes pour une boîte à musique révolutionnaire

 

 

Martin Molin, un musicien suédois, a créé un instrument en bois insolite destiné au DJ’s qui peut jouer des mélodies complexes grâce à des billes principalement. Il lui a fallu 14 mois pour le mettre au point.

Le musicien Martin Molin est parvenu à réunir en un seul des instruments de musique classiques et contemporains pour créer un nouvel instrument qui ressemble de très près à une très grosse boîte à musique. Mais une boîte à haute complication composée de 3 000 pièces détachées artisanales et de 2 000 billes métalliques susceptible de produire des mélodies étonnantes.

Lire la suite…

Source : https://francais.rt.com/international/16679-suedois-a-cre...

 

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Mis en ligne le 7 mars 2016.

 

 

 

 

22:49 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/02/2016

BREAKING NEWS

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La Turquie attaque. Qui fait quoi ?

Allain Jules MamAfrika TV – 14 février 2016

La Turquie d’Erdogan et son armée, mettant en application ses menaces, a bombardé samedi des secteurs du nord de la Syrie contrôlés par les forces kurdes, désormais alliées au gouvernement syrien. Le drame dans cette affaire c’est que ce sont bel et bien des Kurdes de nationalité…syrienne. Voilà une vraie violation non seulement de la souveraineté syrienne, mais aussi du droit international. Quand on sait que ce pays a bombardé un avion russe qui n’était pas un danger pour lui, il y a de quoi se poser des questions. A quoi joue la Turquie ?

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Source : http://www.mamafrika.tv/blog/alerte-info-syrie-larmee-der...

2. Turning redstar.gif

 

La Syrie et son État national : une victoire certaine

Par Émile Lahoud

Président de la République du Liban

de 1998 à 2007

Comité Valmy14 février 2016

 

3. syrie_drapeau33.jpg

Malgré la férocité de la conspiration et de la guerre contre la Syrie, laquelle approche de sa cinquième année, je suis resté absolument certain que la victoire sera l’alliée de l’État national syrien. Et voici que les développements sur le terrain confirment mon attente.

J’ai appréhendé les signes de la conspiration contre la Syrie dès ma prise de fonction de Président de la république quand, au cours de ma première tournée arabe fin 1998, l’émir de Bahreïn, non encore déclaré royaume, me surprit en m’annonçant que le président Hafez al-Assad n’en avait plus que pour quelques semaines avant de rejoindre le Seigneur et que son successeur serait Abdel Halim Khaddam, non son fils Bachar ; ceci, en présence du chef de son gouvernement placé à ma gauche. Je lui avais assuré qu’Al-Assad allait bien et que ses informations étaient totalement fausses.

Lire la suite…

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6854

Voir les autres articles ici : http://www.comite-valmy.org/

Notamment celui-ci (notre soutien total à l’Académie !) : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6852

 

2. Turning redstar.gif

 

63 ans après sa mort, et sans les mains, Staline plombe un candidat à la présidentielle US !

Le camarade Carson, candidat du Parti Républicain avait pêché sa « citation » de Staline sur un compte facebook d’extrême-droite

RT 14 février 2016

 

Ben Carson est un (excellent, paraît-il) neuro-chirurgien. Qui aurait peut-être mieux fait de se tenir éloigné de l’arène politique, ou alors de mieux choisir les membres de son équipe de campagne.

 

4. Carson-Staline.jpg

 

C’est à Greensville, en Caroline du Sud, qu’il a commis cette bourde (pour lui) fâcheuse.

Citer des propos « anti-américains » de Staline peut être une bonne tactique, si vous êtes en train de perdre dans une campagne politique et que vous devez trouver dare-dare un autre appât à faire gober, mais… pas si la citation est fausse.

Le candidat à la présidence Ben Carson a oublié de réviser ses leçons avant d’aller prendre la parole au débat de samedi soir du GOP, où il a conclu ainsi sa dernière envolée : « Joseph Staline a dit si vous voulez vaincre l’Amérique vous devez y saper trois choses : Notre vie spirituelle, notre patriotisme et notre sens moral. »

 

 

 

Or, en voulant vérifier la citation, plusieurs medias ont fini par la retrouver sur… un compte facebook d’extrême-droite spécialisé dans ce genre de canards.

Aussitôt, les internautes de se déchaîner et les illustrations humoristiques de « la citation de Staline » de se mettre à pleuvoir. Vous pouvez en découvrir quelques-unes sur l’article d’origine.

Et le « camarade Carson » est éliminé. Déjà qu’il n’avait que 2.3 % de voix de soutien prévues…

« Il n’y avait pas besoin de vérifier pour savoir que la citation était bidon. » a tweeté l’internaute Ramesh Ponnuru.

Source : https://www.rt.com/usa/332421-carson-stalin-quote-debate/

 

2. Turning redstar.gif

 

Vous n’aviez pas le droit de savoir que les banquiers peuvent aller en prison

Joe Clifford – Information Clearing House - 4 février 2016

 

5. bailout cartoon.jpg

 

La crise et l’effondrement de 2008 se sont produits parce que de très grandes banques avaient spéculé sur des prêts frauduleux et risqués, qui se sont cassé la figure. Quand l’effondrement s’est produit, les banques se sont tournées vers le gouvernement fédéral, qui a aussitôt adhéré à l’idée que les banques sont bien trop grosses pour faire faillite, et les contribuables ont subventionné les banques pour des trillions de dollars. Personne ne sait combien au juste a coûté ce renflouement, mais voici une liste partielle des banques que vous avez généreusement tirées d’affaire :

 

Citigroup - $ 2.513 trillions   (1 trillion = 1 million de millions)
Morgan Stanley - $ 2.041 trillions
Merrill Lynch - $ 1.949 trillions
Bank of America - $ 1.344 trillions
Barclays PLC - $ 868 milliards
Bear Sterns - $ 853 milliards
Goldman Sachs - $ 814 milliards
Royal Bank of Scotland - $ 541 milliards
JP Morgan Chase - $ 391 milliards
Deutsche Bank - $ 354 milliards
UBS - $ 287 milliards
Crédit Suisse - $ 262 milliards
Lehman Brothers - $ 183 milliards
Bank of Scotland - $ 181 milliards
BNP Paribas - $ 175 billion
Wells Fargo - $ 159 milliards

Dexia - $ 159 milliards
Wachovia - $ 142 milliards
Dresdner Bank - $ 135 milliards

Société Générale - $ 124 milliards
« Tous les autres emprunteurs » - $ 2.639 trillions (voir plus haut)

Les contribuables n’ont pas été consultés et n’ont même pas été autorisés à donner leur avis, et ceci n’est qu’un exemple de la célérité avec laquelle les gouvernements peuvent répondre aux desiderata de la classe riche. Bien qu’il ait été de notoriété publique que les banques avaient menti, spéculé sur des prêts frauduleux et blanchi l’argent des cartels de drogue, personne n’a été poursuivi ni inculpé de rien, alors que des millions de citoyens se voyaient ruinés. Les banques, qui avaient commis toute une variété de forfaits, se sont juste adressées au gouvernement et lui ont demandé, le carnet de chèque à la main : combien voulez-vous pour éviter la prison à nos responsables ? Et le gouvernement leur a répondu en les condamnant à une amende, ce qui revient à rien puisque les banques se contentent de repasser l’amende aux consommateurs, lesquels paient ainsi une seconde fois.

Les « corporate medias » ont délibérément omis d’informer le public de la façon dont d’autres pays, notamment l’Islande, ont fait face à leurs crises. Si on vous l’avait dit, vous auriez pu exiger que nous nous conduisions comme les Islandais, mais quand on ne sait pas, on n’exige rien. L’Islande est un des pays qui ont été le plus durement touchés par l’effondrement des banques, mais là, ils ont affronté le problème tout autrement que nous. La première différence importante est que l’Islande a décidé que si les banques avaient spéculé et consenti des prêts dangereux et stupides, ce n’était pas la responsabilité des contribuables de renflouer des banques irresponsables pour leur stupidité, et par conséquent, elle les a laissées faire faillite.

Le monde de la finance a prédit que cela causerait à l’Islande des difficultés irréversibles, et les financiers lui ont annoncé qu’elle ne se relèverait jamais de ce défi, mais les citoyens ont persisté. Malgré toutes les mises en garde, les Islandais ont été, à deux reprises, invités à voter et à dire s’ils voulaient sauver les banques ou les laisser faillir. De très fortes pressions ont été exercées sur les votants par le secteur financier, mais les citoyens ont tenu bon et voté démocratiquement qu’il fallait laisser déclarer les banques en faillite. À nous, en revanche, on n’a pas offert le luxe d’un vote démocratique. L’argent a simplement été pris dans la poche des contribuables et donné aux banques. Les Américains, qui croient naïvement vivre en démocratie, n’ont pas eu l’autorisation de voter pour dire s’ils voulaient faire ce cadeau aux grandes banques ou pas. On les a mis devant le fait accompli.

Donc, quand l’Islande a refusé de renflouer gracieusement les banques, elles ont fait faillite. Assurément, l’Islande a eu à faire face à des problèmes économiques, mais si on compare leur économie avec celle du reste du monde, on s’aperçoit par exemple qu’ils ont l’économie la plus forte d’Europe. En outre, pendant les temps difficiles, l’Islande a évité de recourir à un programme d’austérité et maintenu tous ses programmes sociaux, permettant ainsi aux citoyens de dépenser, ce qui a, évidemment, stimulé l’économie. Les prophéties apocalyptiques ne se sont pas réalisées et, aujourd’hui, l’Islande est plus forte que jamais.

Mais les Islandais ne se sont pas contentés de cela : ils ont pris une mesure plus audacieuse encore. Ils ont décidé de poursuivre en justice les dirigeants des banques qui étaient responsables de l’effondrement de 2008, ce qui, à ce jour, a conduit 26 banquiers en prison. Un concept franchement nouveau que celui de tenir des banquiers pour responsables de ce qu’ils font, comme le sont les citoyens ordinaires ! C’est un genre de choses qui n’arrive pas ici. Les banques se contentent d’acheter leur impunité. Mais la petite Islande a adopté un autre comportement et elle a trouvé 26 banquiers coupables de fraude, qui vont passer un total de 74 ans en prison. Et elle n’en a pas fini avec les inculpations.

Ah, que les USA seraient démocratiques, s’ils mettaient les banquiers sur le même plan que le reste des citoyens, et, ah, qu’il aurait été démocratique de laisser les citoyens US voter et décider s’ils voulaient payer les dettes des banques à leur place ! Mais, malheureusement, dans ce pays, les banquiers sont nos supérieurs, et ils n’ont pas de comptes à rendre. Donc, les USA sont, en réalité, bien moins démocratiques que l’Islande. La petite Islande offre une grande leçon aux gros États-Unis, mais qui se préoccupe ici d’égalité devant la loi et du droit à voter pour se faire entendre ? Pas le gouvernement fédéral, c’est certain. Nous n’avons même pas le droit de savoir ce que font d’autres gens ailleurs, comme par exemple en Islande. Quelles andouilles nous sommes !

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article44139.htm

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Les grands esprits se rencontrent ?

 

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Évidemment, les Islandais avaient un gouvernement…

 

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La guerre sur le front de l’enseignement

 

En France

Un « terroriste » islamiste dans l’École de la République : Jour 1

 

Salah Lamrani – Sayed Hasan 14 février 2016

 

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Ceci est un cas particulier. Avec ce qui se prépare dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme », entendez par là contre les citoyens français, les enseignants sont et seront de plus en plus en première ligne, car leur position les rend particulièrement vulnérables, d’autant plus lorsqu’ils sont affligés d’une conscience. Or, comme le disait Robespierre, un enseignant qui fait bien son travail est aussi précieux à la Nation qu’un général qui gagne des batailles. Redonner à la France une éducation nationale digne d’elle devrait être la priorité des priorités. Ne pas laisser les enseignants se battre seuls contre le terrorisme intellectuel venu d’en haut est un devoir de temps de guerre. Le devoir de tous à l’égard de tous.

 

Comme je l’expliquais dans mon article précédent, suite à une campagne acharnée de harcèlement moral, d’incitation et de dénonciations calomnieuses menée par la direction particulièrement autoritaire de mon établissement (Khadidja BOT, principale, et Abdelkader SAOUDI, principal adjoint du Collège Romain Rolland de Tremblay-en-France) du seul fait de mon activisme syndical et de mon activité de blogueur, avec la complicité active de parents d’élèves de la FCPE et de collègues du Conseil d’Administration, j’ai été suspendu à titre conservatoire de mes fonctions de Professeur de Lettres pour une durée de 4 mois, par décision de la DRH du Rectorat de Créteil. J’avais pourtant adressé une plainte circonstanciée à mon Inspecteur le 27 janvier, restée sans réponse. C’est là une décision absolument inacceptable qui met en péril mon honneur et ma réputation (car disparaitre après des accusations si graves – violences envers les enfants, propagande et endoctrinement djihadiste, terrorisme, etc. – pourrait être considéré comme un indice probant de culpabilité), m’entrave dans la constitution de mon dossier pour les procédures hiérarchiques et pénales en cours, et pourrait même ébranler ma santé mentale, car cela me replonge dans les affres de mon expérience traumatisante avec la Mission laïque française en Egypte. La direction de mon établissement a du reste explicitement fait référence à celle-ci le 25 janvier, ravivant sciemment cette plaie pour me faire craquer ou me pousser à la faute afin de m’empêcher de parler aux parents d’élèves réunis à mon sujet, mais en vain. J’ai tenu bon, les parents sont massivement venus me voir après cette réunion pour me faire part de leur confiance et de leur soutien, et la direction a été publiquement prise à partie et mise en cause pour ses procédés indignes. 

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2016/02/un-terroriste-islam...

 

Au moment où nous mettons en ligne :

Première réaction internationale

Bravo RT !

«Il n’y a plus de liberté d’expression» : professeur de français suspendu à cause de son blog

 

Salah Lamrani, professeur de français dans un collège à Saint-Denis suspendu d'après lui pour ses activités de blogging, a confié à RT les circonstances de cette décision, en les jugeant inqualifiables.

Dès son embauche au collège Romain Rolland en septembre 2015, le jeune professeur a fait face à des pressions, comme il l’a souligné dans son interview. «J’ai rapidement été confronté à des problèmes avec ma direction qui ne tolérait pas mon activisme syndical au sein de l’établissement et j’ai été franchement soumis à un harcèlement moral qui m’a amené à me faire prescrire cinq semaines d’arrêt maladie», a-t-il expliqué.

Durant son absence, la direction a, selon Salah Lamrani, instrumentalisé son activité de bloggeur qui tourne autour du Moyen-Orient. Durant son temps libre il traduit en effet des discours de différents hommes politiques, tels qu’un général du Hezbollah, Bachar el-Assad ou encore Vladimir Poutine, des personnalités qui se trouvent « en première ligne dans la lutte contre Daesh ». Son expérience avec la Mission laïque française en Égypte, contre laquelle il est actuellement en procès, n’a pas non plus plu ni à la direction, ni à certains parents.

«Ainsi, tout ce que je publie sur Internet a été instrumentalisé contre moi, on a voulu me faire passer pour un danger pour les élèves, pour un terroriste qui endoctrinait les élèves. Ces accusations ont été portées contre moi par la direction de l’établissement en présence de parents d’élèves», a-t-il noté ajoutant que c’est de cette façon que tout le collège a pris connaissance de ses activités.

Il est ensuite revenu au collège où une atmosphère insidieuse régnait et à force d’explications, aurait réussi à renverser la situation en sa faveur. Cependant, Salah Lamrani a rapidement reçu un arrêté lui signifiant la suspension de son poste pour une durée de quatre mois sans aucune explication.

En dénonçant cette action qui instrumentalise son activité de bloggeur qui n’a aucune incidence sur son activité d’enseignant, il a condamné l’état d’urgence, dans le cadre duquel selon lui, «tout musulman, activiste syndical, toute personne est suspectée, réprimée et bafouée». «Nous n’avons plus de liberté d’expression», a-t-il conclu.

Source : https://francais.rt.com/france/15747-liberte-france-profe...

 

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Ailleurs :

Robin des Bois est russe…

et c’est une femme

 

La spécialiste en neuro-sciences qui a inventé le site de recherche pirate Sci-Hub, raconte son aventure à RT

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Sci-Hub

 

Le 14 février 2016.

Véritable bénédiction pour les étudiants du monde entier, le portail d’Alexandra Elbakyan, Sci-Hub, met gratuitement en commun des millions de coûteux articles scientifiques publiés par des journaux en ligne. Devenue le centre d’une bataille juridique pouvant impliquer de nombreux milliards de dollars devant les tribunaux US, elle a juré de continuer son travail.

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« Il ne devrait pas y avoir d’obstacles à l’accès aux connaissances, je trouve », dit-elle à RT dans une interview par e-mail, en invoquant l’article 27 de la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU : « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. ».

Que vous soyez un jeune étudiant en Master, un chercheur post-doctorant ou un professeur d’université chevronné, vous dépendez des recherches des autres pour compléter les vôtres. Mais les choses en sont arrivées au point où les scientifiques auteurs des articles sont payés des broutilles, alors que les riches intermédiaires qui les publient en ligne se font des couilles en or avec le produit de leur travail, où, sur leurs plateformes, pour télécharger un seul article, on peut avoir à payer jusqu’à 30 $. Imaginez que vous ayez besoin, pour votre travail, de télécharger 10 à 20 de ces articles – et cela, pour un sujet peu prisé. Pour d’autres, il peut vous en falloir des douzaines.

Elbakyan, jeune neuro-scientifique russe du Kazakhstan, a été une des nombreuses victimes de ce monopole capitaliste sur le savoir universitaire. Alors qu’elle rédigeait sa thèse sur les secteurs les moins explorés de l’identification biométrique de l’électronique grand public, elle s’est retrouvée devoir engager une dépense d’au moins 300 $, rien que pour pouvoir consulter des articles dont elle n’aurait jamais plus besoin par la suite.

« Pour moi, l’achat de même un seul de ces articles posait un sérieux problème financier. J’ai bien dû m’y prendre autrement, c’est-à-dire essayer de les acquérir en les piratant. »

Un an ou deux après 2009, alors qu’elle participait à un grand forum en ligne sur la biologie moléculaire, Alexandra a fait la connaissance de Fulltext – une plateforme où les chercheurs peuvent introduire des demandes d’articles dont ils ont besoin pour leurs recherches. Déjà experte en programmation informatique, Alexandra n’a pas mis longtemps à élaborer un autre programme, nettement amélioré.

Il s’appelle Sci-Hub et il contourne les serveurs sécurisés des universités en utilisant des codes d’accès fournis par des sympathisants, chercheurs eux aussi, qu’il trouve dans ces universités. À chaque recherche, Sci Hub déniche le travail désiré et le met dans sa base de données pour toujours.

À l’heure qu’il est, le portail peut se vanter d’offrir 50 millions d’articles, et ce nombre ne cesse de croître. S’il n’a été d’abord qu’un simple outil de recherche et d’extraction d’articles, il traque à présent, automatiquement, ceux qui manquent sur certains sujets importants et les télécharge. « Finalement, le système s’est mis à marcher tout seul et va maintenant chercher un million d’articles par mois », dit Alexandra.

Comme les sites d’anonymisation, il va à la chasse au lien et, en se servant d’intermédiaires universitaires, l’envoie déverrouillé à l’étudiant. « Le fait que les codes d’anonymisation aient été des sources ouvertes a été une énorme bénédiction », dit-elle, « mais les intermédiaires universitaires fonctionnent un peu différemment ; j’ai donc dû changer le code source. »

« Le développement complet, tests compris, n’a demandé que trois jours. J’ai été moi-même surprise de voir que ça marchait et que des gens s’en servaient… le bouton “MERCI” a cliqué 316 fois dès que le système a été mis en route. » D’autres scientifiques qui participaient au forum ont été ses tout premiers utilisateurs.

Il existait déjà un ou deux autres portails qui répondaient à ce genre de demandes (Library Genesis ou Lib-Gen étant le seul similaire à Sci-Hub) mais avec seulement une centaine de demandes par jour au départ, alors que Sci-Hub en sert actuellement jusqu’à plusieurs milliers. Après quelques corrections et ajustements mineurs et majeurs, en quatre ans, le site d’Alexandra est réellement devenu la meilleure alternative qui existe aux sources payantes.

La guerre avec l’establishment

Il n’est pas surprenant que ceci ait rapidement augmenté sa capacité à mettre des bâtons dans les roues aux énormes bénéfices que font les éditeurs scientifiques en ligne, qui obligent en fait les chercheurs à racheter leurs propres travaux.

Cette « infamie » a poussé l’éditeur scientifique Elsevier à engager une action en justice, qui a réussi, l’année dernière, à obtenir une injonction temporaire contre les activités de Sci Hub. La chose s’est produite après qu’en 2012, une importante communauté de scientifiques ait décidé de boycotter Elsevier, l’université de Harvard elle-même se plaignant de ne pas avoir les moyens de continuer à le payer.

 

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Selon les attendus de la Cour, l’éditeur a estimé que ses pertes tournaient autour de 75.000 à 150.000 $ par document. C’est la somme qu’Elsevier réclame pour chaque article piraté. Il y en a des centaines de milliers. L’argument qu’il invoque est que faire payer l’accès au savoir universitaire aide à financer la recherche universitaire. Mais Elbakyan et d’autres disent que la plupart des auteurs des articles commercialisés ne sont eux-mêmes pas payés pour leur travail publié, et c’est pourquoi Sci-Hub est si différent de certains services de téléchargement illégal de musique ou de cinéma.

Pour l’instant, Elbakyan dit qu’elle a reçu une injonction temporaire. Les choses pourraient encore aller dans n’importe quel sens pour Sci-Hub, mais il y a peu de chances pour qu’une Cour US émette un jugement en faveur de la gratuité, se dit-elle.

Quoi qu’il en soit, lancer une injonction temporaire en faveur d’Elsevier est tout le mal que les Cours américaines peuvent faire à Sci-Hub, parce que ses serveurs sont en Russie, pas aux États-Unis. Les tribunaux de New York ne peuvent pas poursuivre Elbakyan, premièrement, parce qu’elle ne possède rien aux USA, deuxièmement, parce qu’en nombre de plus en plus grand, des scientifiques soutiennent réellement l’initiative et se prononcent de plus en plus contre les éditeurs capitalistes, et troisièmement, parce que si quelqu’un tentait de prendre Sci-Hub pour cible, ce serait impossible, du fait que ses serveurs ont déménagé dans le coin sombre du net, ce coin caché, habituellement réservé au trafic de drogues, au lancement de contrats sur des gens à éliminer et au commerce de la pédopornographie.

« Même si l’accès légal [à Sci-Hub] est bloqué, les usagers peuvent continuer à l’atteindre via le réseau TOR et se procurer ainsi tous les articles dont ils ont besoin. Néanmoins, nous avons l’intention de nous battre pour le principe du libre accès à toute information. Après tout, même en passant par TOR, il y a des obstacles. Et je trouve qu’il ne devrait pas y avoir d’obstacles du tout sur le chemin de la connaissance scientifique. »

Après la victoire d’Elsevier devant les tribunaux l’année dernière, de nombreux scientifiques qui le boycottaient déjà ont écrit une lettre ouverte pour exprimer leur soutien à Sci-Hub et au portail hollandais Library Genesis.

« Beaucoup d’hommes d’affaires sont aujourd’hui propriétaires de la connaissance. Regardez Elsevier, le plus grand éditeur scientifique, et comparez sa marge de profit de 37% avec les prix en constante hausse des droits de scolarité, l’endettement toujours croissant des étudiants et les salaires au seuil de la pauvreté qu’ils obtiennent une fois universitaires eux-mêmes. Elsevier possède une des plus importantes bases de données résultant du travail universitaire, qu’il fait payer à des prix si scandaleusement hauts que même Harvard, l’université la plus riche de tout l’hémisphère nord, se plaint de ne pas pouvoir le payer », dit, entre autres choses, cette lettre.

Les scientifiques y qualifient l’action en justice d’Elsevier de « coup dur » et rappellent que les forums en ligne, les canaux IRC et les chat-rooms « sont pleins des messages de détresse [des universitaires] désespérément à la recherche d’articles et de publications qu’ils puissent se payer ».

Elbakyan quant à elle refuse d’abandonner, malgré les risques grandissants de se retrouver en guerre avec l’establishment. Elle dit que tant qu’un soutien aussi écrasant des scientifiques lui sera acquis, elle a une chance de la gagner. Elle a déjà réussi à changer toute l’approche de la collecte du savoir et à lancer un défi à la rapacité capitaliste qui veut le privatiser.

Source : https://www.rt.com/news/332412-scihub-scientific-articles...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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On avait dit qu’on n’en parlerait plus, mais ceci vient de loin…

Andre Vltchek, qui est athée, nos dit pourquoi il n’est pas Charlie.
Et c’est
Veterans Today qui le relaie, en passant par le Cercle des Volontaires.

Que du beau monde !

 

« Pourquoi je ne suis pas Charlie »

André Vltchek – Cercle des Volontaires 13 février 2016

 

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Note de la rédaction du C. des V. : nous vous livrons ci-après un nouvel extrait du livre dirigé par le Dr. Kevin Barrett, rédacteur sur le site d’informations citoyennes « Veterans Today » aux USA (regroupant une soixantaine de sites web diffusant des informations alternatives et à caractère social, par et pour le bénéfice des vétérans des forces armées US) intitulé « We Are NOT Charlie Hebdo! »,  qui sera prochainement publié en langue française pour une diffusion nationale (disponible sur Amazon.fr et certaines librairies). Dans la période actuelle où le gouvernement français part en campagne néo-maccarthyste contre les sources d’informations qui offrent une alternative à la sempiternelle doxa consumériste et matérialiste, ainsi que pour vous appâter vers l’achat (faute de pouvoir vous l’offrir) de ce livre dont la lecture ne pourra que vous édifier, nous nous faisons un délicieux plaisir, dans le cadre d’une volonté inflexible, à vous faire part des idées et des vérités incluses dans ce livre, notamment dans l’esprit de l’auteur de l’extrait qui suit.

D’ailleurs, dans l’intérêt de cette traduction toujours en cours de réalisation comme dans celui des auteurs qui sont contraints de faire appel au « crowdfunding » pour rentabiliser l’opération (ce qui ne les empêchera pas de la réaliser, mais reviendra moins lourd sur leur budget quotidien), nous nous permettons de vous communiquer le lien vers celui-ci: https://www.gofundme.com/e7fg2bws -

Excellente lecture. – Lawrence Desforges

 

Je suis un athée, mais je ne suis pas Charlie!

Mon dégoût de l’impérialisme et du fascisme occidentaux est beaucoup plus prononcé que mon aversion pour les religions. Et je ne pense pas que « toutes les religions sont mauvaises » à part égale. Je tiens principalement le Christianisme pour responsable de la plupart des crimes commis dans l’histoire humaine moderne. Je le tiens responsable d’avoir « fait dérailler » et d’avoir radicalisé des religions traditionnellement beaucoup plus pacifiques comme le Bouddhisme et oui, comme l’Islam.

Par conséquent, il est certain que je ne suis pas Charlie!

Je ne veux pas me quereller avec des morts. Les journalistes de Charlie Hebdo n’auraient jamais dû mourir d’une façon aussi terrible. Je ne sais pas vraiment qui est responsable de leur ruine, bien que je sois conscient du fait qu’il existe beaucoup de théories solides, et pas seulement celle qui est officielle.

Ce qui est clair et d’une certitude absolue, c’est que ces morts ont été politisées par le régime occidental, par l’Empire. Politisées à outrance, de manière nauséabonde.

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/02/13/pourquoi-je...

 

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Quelque chose de beau pour oublier les horreurs ?

Fantaisie en noir et blanc pour patineurs et voitures

 

 

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Mis en ligne le 15 février 2016

 

 

 

 

 

16:46 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/02/2016

Viktor Orban « Chavez de l’Europe » ?

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Viktor Orban « Chavez de l’Europe » ?

 

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Migrations coercitives orchestrées : guerre du sionisme à l’Europe

(Premier d’une série de onze articles)

Gearóid Ó Colmáin – Dissident Voice – ICH 1er février 2016

 

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« Si une agression contre un pays étranger soumet à contrainte sa structure sociale, ruine ses finances et le force à abandonner une partie de son territoire pour servir d’asile à des réfugiés, quelle est la différence entre cette forme d’agression et la déclaration de guerre suivie d’invasion classique ? »

Sawer Sen, Ambassadeur de l’Inde aux Nations Unies

 

Dans une conférence de presse donnée à l’Union Européenne le 3 septembre 2015, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a déclaré sans ambages, parlant de l’actuelle crise des réfugiés en Europe, que c’était « le problème de l’Allemagne ». Il voulait dire par là que les réfugiés en train de s’amasser à la frontière de la Hongrie se rendaient en fait, pour la plupart, en Allemagne. Il soulignait ainsi le fait que la très grande majorité des réfugiés n’avaient aucune intention de rester en Hongrie. Orbán a été fortement critiqué pour sa décision d’ériger une barrière de sécurité sur la frontière entre son pays et la Serbie, afin de contenir le flot des migrants en train de pénétrer illégalement sur le territoire hongrois.

Alors que les médias de masse dominants de l’Union Européenne brossent d’Orbán le portrait d’un dictateur de droite xénophobe, la décision d’ériger cette barrière a pourtant été prise en rigoureux accord avec les règlementations de l’U.E., qui exigent que tout immigrant désireux de pénétrer dans la zone Schengen soit enregistré à la frontière d’entrée par la police du pays concerné. Il est quand même assez paradoxal que Bruxelles fasse grief au Premier ministre hongrois de vouloir respecter les règles européennes !

 

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Le quotidien français Le Monde présente le PM hongrois comme quelqu’un qui essaie de criminaliser les immigrants illégaux. Quel étrange pays en effet que celui qui criminalise ceux qui violent ses lois !

Pourquoi donc Orbán se retrouve-t-il sous un feu de critiques aussi nourri ? Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Orbán a mis en œuvre, dans la politique intérieure et sociale de son pays, des mesures qui vont à l’encontre de celles dictées par la Commission européenne. En 2013, la Hongrie a fermé le bureau du FMI sur son territoire et remis les finances du pays sous le contrôle de l’État.

Le Fonds Monétaire International est une institution-clé de la gouvernance mondiale américano-sioniste, et il y a peu de pays qui aient réussi à échapper à ses griffes, c’est-à-dire à un endettement permanent. C’est pourquoi la décision de la Hongrie de montrer la porte au FMI a été considérée comme rien moins qu’un acte de téméraire insubordination à l’égard de l’impérialisme US.

La Hongrie s’est aussi attiré des critiques par sa législation sur les médias, qui a mis hors la loi l’ingérence des canaux de propagande US tels que La Voix de l’Amérique, estimées contraires à l’intérêt public. En conséquence de quoi l’Union Européenne, qui n’a aucun scrupule à interdire les stations de télévision iraniennes, a vertement reproché à la Hongrie ses « violations de la liberté d’expression ».

Orbán avait exprimé en 2013 à Chatham House sa conviction qu’il existait une « conspiration gauche-verte » contre les « valeurs traditionnelles ». Il faisait sans aucun doute allusion aux sempiternelles tirades des va-t-en-guerre sionistes de gauche comme celles du parlementaire européen Daniel Cohn-Bendit contre la Hongrie. C’est Cohn Bendit d’ailleurs, qui a sarcastiquement qualifié Orbán de « Chavez de l’Europe », cette sorte d’injures idéologiques illustrant bien la vacuité du paradigme gauche-droite de l’ère post-soviétique.

Le « nationalisme » d’Orbán n’a rien d’impérial. C’est plutôt une philosophie nationale qui combat et qui affaiblit l’impérialisme. En fait, c’est un nationalisme au sens de libération nationale d’une oppression néo-coloniale qui a pris la forme des institutions financières internationales et de l’Union Européenne.

La défense des « valeurs traditionnelles » par Orbán l’a rapproché idéologiquement du programme du président russe Vladimir Poutine, qui a rendu visite à la Hongrie en 2014. Pendant cette visite, Orbán a loué le rôle du dirigeant russe dans les efforts faits pour trouver une solution pacifique à la guerre de Syrie. En 2014 encore, il a déclaré aux médias hongrois que la guerre d’Ukraine avait pour cause la volonté des États-Unis de contrôler toute l’Europe de l’Est. Il a également souligné qu’ils voulaient attirer la Hongrie dans cette crise.

 

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Le Premier ministre hongrois ne fait pas mystère de sa volonté de poursuivre une politique intérieure et extérieure indépendante. Ainsi, la Hongrie entretient également des liens étroits avec la Chine et l’Iran. C’est pourquoi tenter de présenter Viktor Orbán comme faisant partie de la droite réactionnaire impérialiste et xénophobe est simplifier à outrance le jeu complexe des forces géopolitiques qui s’affrontent dans l’arène politique actuelle, et c’est ignorer surtout les forces profondes qui sont à l’origine de la crise des réfugiés/migrants et qui la dirigent. Ainsi, comparer l’opposition d’Orbán à l’immigration à celle du Premier ministre anglais David Cameron est aussi simplifier abusivement la question.

Le Premier ministre David Cameron fait grand cas de son opposition à l’immigration, mais elle n’a rien à voir avec le programme réel du gouvernement britannique. La politique anti-immigration de Cameron n’est que le simple appel à la xénophobie dont les Tories ont besoin pour maintenir leur niveau de voix aux élections. Le régime de Cameron sert le capitalisme financier international sous sa forme la plus brutale et le capitalisme financier a besoin d’une immigration constante. Les objectifs d’Orbán, au contraire, sont déterminés par son conflit avec le capitalisme financier et avec l’idéologie libérale qui conduit à la mondialisation.

Viktor Orbán a proposé que les migrants/réfugiés soient renvoyés en Turquie jusqu’à la fin de la guerre de Syrie. C’est une proposition raisonnable. Le slogan « Bienvenue aux réfugiés » et les manifestations en faveur de l’immigration qui le soutiennent servent les objectifs géostratégiques américano-israéliens. Peu de gens ont l’air de s’en rendre compte, et, actuellement comme lors du « Printemps Arabe » de 2011, la caravane du cirque de l’impérialisme US ne manque pas de passagers enthousiastes.

Dans ce sens-là, Viktor Orbán de Hongrie mérite, d’une façon très limitée, d’être appelé le « Hugo Chavez d’Europe ». Alors que, dans l’ensemble, sa politique est loin d’être de gauche (interdire les symboles du communisme, par exemple, ne l’est certainement pas), son adoption d’une forme traditionnelle, dirigiste, de capitalisme, assortie d’une politique sociale fortement pro-famille et d’une politique extérieure à multiples vecteurs, rapprochent réellement la Hongrie de pays comme le Vénézuéla, la Biélorussie, l’Érythrée et d’autres qui s’efforcent, eux aussi, de maintenir leur souveraineté face à l’impérialisme.

Un article profondément tendancieux et hostile du journal Le Monde décrit néanmoins assez précisément la politique d’Orbán comme étant « économiquement de gauche et culturellement de droite ». Une réserve s’impose cependant. Sa politique est « de gauche » du point de vue de la finance corporatiste mondialisée, mais, dans la mesure où elle favorise surtout la bourgeoisie patriote nationale, elle est « de droite » du point de vue des classes laborieuses.

La politique étrangère multi-vectorielle de la Hongrie a été bénéfique au pays et elle l’a été aussi pour d’autres pays partenaires de l’hémisphère Sud tels que le Vénézuéla. Pour ne prendre qu’un exemple : un produit technologique en matière d’énergie photovoltaïque, développé en Hongrie et financé par la Chine, a été exporté en 2013 au Vénézuéla. On croit que la nouvelle technologie hongroise pourrait non seulement permettre au Vénézuéla d’être autonome en matière d’électricité, mais pourrait même en faire un pays exportateur d’électricité. La coopération du Vénézuéla avec la Hongrie est vitale pour l’industrialisation du pays.

Ce que les pays évoqués ci-dessus ont en commun, c’est qu’ils s’efforcent tous de construire un volontarisme national, dans le but d’endiguer la marée de la « mondialisation » et tous les maux économiques et sociaux qui en découlent. Cela implique une bourgeoisie nationale patriote alliée aux classes laborieuses contre la bourgeoisie compradore « internationaliste » et le « Nouvel Ordre Mondial ». C’est, à maints égards, un renversement de la dynamique des classes de la Deuxième Guerre mondiale, où l’Union Soviétique a conduit une classe ouvrière internationale organisée, en association avec ce qui restait de la bourgeoisie démocratique, contre le fascisme international.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est arrivé au pouvoir dans un pays ravagé par le FMI et par un parti « socialiste » profondément corrompu, qui avait émergé des décennies de l’état-providence capitaliste de Janos Kadar, un libéral qui avait remplacé le communiste Rákosi au cours de la contre-révolution qui s’est déroulée en Europe dans les années 1950, lorsque le capitalisme « à caractéristiques socialistes » a remplacé le socialisme du Kominform. Par euphémisme, on a qualifié de « dé-Stalinisation » ce qui n’était, en fait, qu’une tentative de rétablir les modes de production capitalistes.

La crise idéologique hongroise a culminé avec la tentative de coup d’État de 1956, quand la CIA, opérant depuis Vienne, a essayé de renverser le régime assiégé avec l’aide d’anciens collaborateurs du nazisme. La « Révolution hongroise » de 1956 fut, à maints égards, l’intelligent prototype de bien des opérations de changement de régime orchestrées par les USA qui allaient suivre des décennies plus tard.

Bien qu’Orbán soit réputé avoir « combattu le communisme » lorsqu’il était étudiant, il a surtout, comme beaucoup d’autres de sa génération, combattu un type particulier de capitalisme, par lui perçu comme une « conspiration de gauche » contre le peuple. Les Marxistes-Léninistes ont toujours considéré le triomphe du révisionnisme khrouchtchévien de 1956 en URSS et la dé-Stalinisation subséquente de l’URSS et des démocraties populaires d’Europe de l’Est, comme une contre-révolution opposée à la dictature du prolétariat. 

Les réformes de Khrouchtchev impliquaient l’abandon de toute planification nationale centralisée, la réintroduction du profit comme régulateur de production, le tout combiné à une politique étrangère cynique et anti-marxiste de « coexistence pacifique » entre capitalisme et socialisme. Pour justifier cette politique, Khrouchtchev a écrit un long discours fallacieux calomniant Staline. Toutes les accusations portées contre Staline dans ce discours de Khrouchtchev se sont, depuis, avérées mensongères. Le révisionnisme soviétique n’a pas tué le socialisme qu’en URSS, mais – à la notable exception de l’Albanie – il a aussi tué l’espoir de socialisme dans le monde. Cette destruction du marxisme-léninisme par les révisionnistes soviétiques et, plus tard, chinois, a conduit à une résurgence du trotskisme dans les pays impérialistes occidentaux. Et c’est cette « Nouvelle Gauche » qui constitue l’avant-garde de l’impérialisme occidental contemporain.

 

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« En tuant Trotski, les États-Unis faisaient coup double » (Louis Scutenaire)

 

Dans ce sens-là, Orbán a raison de parler de conspiration « de gauche » contre la civilisation, car ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le triomphe de l’idéologie trotskiste, sous la forme du sionisme et du néo-conservatisme, où l’internationalisme prolétarien a été remplacé par les « droits humains » internationaux d’une part, et le « djihad islamiste » de l’autre, nouvelle alliance révolutionnaire en guerre contre les classes laborieuses.

Il n’y a qu’à voir le poing tendu des révolutions colorées US et l’appel permanent aux rébellions juvéniles pour comprendre à quel point le capitalisme est en train de resserrer sa prise sur l’humanité en s’appropriant les symboles révolutionnaires de la gauche. De fait, le capitalisme US contemporain, c’est, pour employer une expression de Trotski, la « révolution permanente ». Ou, pour employer celle du Grand Stratège US qu’est le général Thomas Barnett, « la mondialisation à la mode US est une révolution socio-économique pure ».

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Mais c’est une révolution qui est en guerre contre la classe ouvrière. Un des résultats du « Printemps Arabe » en Égypte fut l’abrogation des lois sur le travail qui faisaient obligation aux sociétés de payer leurs ouvriers, lorsqu’elles fermaient leurs usines pour cause de moindre demande. Un grand nombre des grèves qui finirent par renverser le régime de Moubarak ont été dirigées par des syndicats « indépendants » financés par les États-Unis.

Étant donné l’intransigeance d’Orbán sur la question des réfugiés, il y a de fortes chances pour qu’il soit bientôt confronté à un « mouvement de protestation populaire » soutenu par les USA et Israël, dans le but de provoquer un changement de régime en Hongrie. Les révolutions colorées impliquent souvent le transport de milliers d’étrangers sur le lieu des manifestations par les services d’espionnage US opérant sous couvert d’Organisations Non Gouvernementales (ONG). C’est arrivé en Biélorussie en 2010. Beaucoup des jeunes gens qui essaient aujourd’hui d’entrer en Hongrie pourraient dans un proche avenir être utilisés comme bélier pour déstabiliser l’État hongrois.

Depuis le « Printemps Arabe » fomenté par la CIA et ses multiples ONG en 2011, depuis la destruction totale de la Libye par l’OTAN et sa guerre par procuration contre la Syrie, des millions de gens sont devenus des réfugiés. C’est à cause de tout cela qu’ils fuient vers l’Europe. Mais ils ne sont pas la cause principale de la « crise en cours » ou plutôt, de la phase actuelle d’une crise longue et profonde en cours de déroulement.

L’invasion et la destruction de la Libye en 2011 a poussé des millions de désespérés à tenter de traverser la Méditerranée. Cette crise toujours en cours a été diversement « couverte » par les médias occidentaux de masse. Par exemple, le naufrage d’un bateau en Méditerranée en juillet 2015 a eu droit à exactement 4 lignes dans le quotidien français Le Figaro, quoique plus de cent personnes y aient trouvé la mort.

Cependant, depuis qu’un enfant noyé a été trouvé sur la côte de Turquie en 2015, la crise des réfugiés est entrée dans une phase nouvelle, la photo de l’enfant étant utilisée pour battre le rappel d’un soutien public aux bombardements de l’OTAN contre la Syrie pour « arrêter les massacres ».

Alors que personne ne sait au juste combien il y a de Syriens parmi les migrants qui fuient vers l’Europe, les médias de masse font une véritable fixation sur ceux-là, en dépit du fait qu’ils ne représentent qu’une minorité des migrants actuellement massés à la frontière hongroise.

Le débat sur ce qu’il convient de faire pour résoudre la crise des réfugiés/migrants tourne à présent autour de la question de savoir s’il faut les accueillir dans les pays d’Europe ou pas. Ce faux débat pour ou contre les migrants sert évidemment à masquer une nouvelle et très destructive phase dans la stratégie géopolitique USA/OTAN. Un grand nombre des réfugiés qui assiègent aujourd’hui la frontière de la Hongrie viennent de camps de réfugiés en Turquie. Or, les services secrets autrichiens ont révélé que des agences gouvernementales US financent le transfert de ces réfugiés en Europe afin de déstabiliser tout le continent. Cette nouvelle initiative géostratégique consiste à utiliser des réfugiés désespérés, dans le but constamment poursuivi par les États-Unis et Israël de diviser le continent européen pour y régner.

En France, Radio Internationale a révélé que 95% des migrants de la vague actuelle en train de déferler sur l’Europe sont des jeunes hommes de 25 à 30 ans. On dit que beaucoup d’entre eux veulent échapper à la mobilisation dans l’armée syrienne, qui a perdu des milliers d’hommes et de femmes courageux depuis le début de la guerre que le sionisme fait à leur pays. La prépondérance de jeunes mâles en bonne santé parmi les soi-disant réfugiés m’a été également confirmée par des enquêteurs de la chaîne russe RT. Interrogé sur la question des réfugiés par BMTV, l’ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov a répondu : « Tout ce que je peux voir, ce sont des jeunes gens qui fuient la guerre au lieu de défendre leur pays ». Oui, pourquoi y a-t-il si peu de femmes et d’enfants vulnérables parmi les réfugiés qui fuient la guerre de Syrie ?

La traversée de la Méditerranée vers l’Europe peut coûter normalement jusqu’à 11.000 dollars, soit bien plus d’argent que ce que la plupart des ouvriers européens pourraient économiser sur des années de dur labeur, et pourtant, on nous dit que des millions d’Irakiens et de Syriens ravagés par la guerre se retrouvent capables de dépenser ces sommes colossales pour faire le voyage. Comment cela est-il possible ?

La glorification des jeunes hommes qui fuient la conscription en Syrie en même temps que la démonisation des jeunes hommes et des jeunes femmes héroïques qui se battent en Syrie pour libérer leur pays, sont profondément significatives de la turpitude morale de nos propres classes dominantes, dont la déloyauté et la lâcheté sont les caractéristiques principales.

En septembre, une camerawoman hongroise a été filmée en train de faire trébucher un réfugié qui portait un enfant au passage de la frontière. La vidéo a aussitôt fait le buzz. Cette femme poursuit aujourd’hui l’homme en justice parce qu’il a changé sa déclaration des faits à la police. La version de Petra Laszlo est qu’elle a paniqué quand les réfugiés se sont précipités sur elle. L’incident a provoqué beaucoup d’indignation dans les médias politiquement corrects. Mais, depuis, des patriotes syriens se sont livrés à quelques recherches sur la « victime » de Laszlo. Il semble que l’homme s’appelle Osama Abdel-Muhsen Alghadab et qu’il soit membre de Japhat al-Nosra, le groupe terroriste affilié à Al-Qaïda qui a massacré des milliers d’innocents en Syrie. [Voir notre post du 5 octobre dernier. N.d.T.]      

 

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L’incident a provoqué beaucoup d’indignation dans les médias politiquement corrects

 

Ceci ne signifie absolument pas que tous les réfugiés qui essaient d’entrer en Hongrie soient des terroristes. Mais, dans un contexte de guerre totale, où sont engagés plusieurs réseaux internationaux de terroristes opérant sous l’égide des services secrets américains, israéliens et européens, cet incident est un argument de plus en faveur de la politique de stricte observance des procédures d’immigration normales d’Orbán.

En février 2011, le leader libyen Mouammar al-Khadafi avait mis l’Europe en garde contre le danger d’une invasion par des migrants et en particulier par des terroristes d’Al Qaïda s’il était renversé. Le président syrien Bachar al-Assad a, lui aussi, mis l’Europe en garde contre le danger d’invasion par des milliers de terroristes d’Al Qaïda et de l’« État islamique » déguisés en réfugiés. Il est tout à fait possible que ce scénario soit en train de se concrétiser.

 

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Gearóid Ó Colmáin est un journaliste et analyste politique irlandais. Il vit à Paris. Il s’intéresse principalement à la mondialisation, à la géopolitique et à la lutte des classes. Il collabore régulièrement à Dissident Voice, Global Research, Russia Today International, Press TV, Sputnik Radio France, Sputnik English, Al Etijah TV et Sahar TV. Il a aussi fait des apparitions sur Al Jazeera et Al Mayadeen. Il écrit en anglais, en gaélique et en français.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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« La plupart des malheurs des hommes viennent de ce qu’ils ne donnent pas aux mêmes mots le même sens. »

Diderot

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. »

Albert Camus

 

À la suite d’un de nos posts récents, il nous a été conseillé de lire Béla Hamvas, ce que, idiots mais disciplinés, nous avons fait dans la très faible mesure de nos moyens, puisqu’un seul des livres de cet auteur a jamais été publié en français. Ses œuvres ne sont hélas, pour l’instant, accessibles que dans sa langue d’origine et en serbo-croate.

Précisons toutefois qu’un extrait de ce qui est qualifié de « roman-culte » - Carnaval - a été traduit en français (mais non publié, pas trop demander non plus !). On le trouvera ICI.

Tout ce que nous savon de Hamvas, c’est que Georg Lucáks et lui avaient une conception différente de l’art moderne et que le gouvernement hongrois (communiste depuis peu) le mit, en 1948, sur une liste « b » (impropre à la publication).

L’intelligentsia française post-moderne, qui n’est pourtant pas communiste, est à ce point hermétique à tout ce qui n’est pas hexagonal (ou yankee) qu’on ne trouve aucune fiche Wikipedia qui lui soit consacrée en français. En anglais, il en a une.

 

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Béla HAMVAS

Un livre de prières pour les athées. Philosophie du vin.

Éditions du Rocher – 2005

244 pages

 

 

 

« Un livre d’une drôlerie irrésistible écrit par l’un des écrivains hongrois les plus remarquables du vingtième siècle. Un livre de prières pour les athées est à la fois un pamphlet contre les bigots de tout poil (athéistes et piétistes) en même temps qu’une formidable exhortation à la vie. » dit la 4e de couverture.

 

Nous n’y avons pas trouvé la drôlerie irrésistible annoncée par l’éditeur, à moins qu’on ne la voie dans la manière de manger, de boire et d’embrasser les femmes que préconise l’auteur avec le sérieux d’un pape qui aurait décidé de jouer les provocateurs pour se calmer de l’agacement que lui procurent les si prévisibles pécheurs.

Pour commencer, il ne faut pas longtemps (deux pages) pour comprendre que Béla Hamvas ne sait pas ce que c’est qu’un athée, non plus qu’un matérialiste. À sa décharge, reconnaissons que ceux qui se sont vantés de l’être et qui l’ont fait souffrir ne le savaient pas non plus, ce qu’ils ont embrassé sous les noms d’athéisme matérialiste n’étant autre chose que leur nouvelle religion. Il convient donc de lire ce livre en remplaçant « athées » par « hostiles aux religions traditionnelles » et « matérialistes » par « prosaïques ».

C’est un peu comme, lorsqu’on lit Céline… il vaut mieux faire abstraction des mots juif, youpin, youtre, etc., et se concentrer sur le reste, si on veut savoir ce qui l’a tant fait grincer des dents. Car ces deux écrivains ont beaucoup souffert du monde qui les entourait, c’est indéniable.

 

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Béla Hamvas a vécu, en Hongrie, une vie d’artiste et sans doute aussi de penseur, sous la férule déléguée (en pidgin à la mode, on dit « proxy ») de compatriotes appliquant les volontés d’évadés du Talmud, qui croyaient avoir entendu Karl Marx leur parler d’entre les nuages. Rien n’est pire, hélas, qu’une bureaucratie imposant aveuglément les règles d’une religion, inévitablement intolérante – elles le sont toutes –, qu’elle ne comprend pas.

Pour son malheur, Hamvas semble avoir été un sensualiste et peut-être même un contemplatif (on le saurait si on en avait lu davantage). Or, quoi de plus odieux, de plus insupportable qu’une société pas vraiment sortie de l’infantilisme, qui se sert des moyens de la domination ordinaire pour imposer sa loi à des esprits spéculatifs allergiques aux entraves ?

Ayant ainsi décidé que ses tourmenteurs étaient des « enfants arriérés, voire des débiles mentaux » – oublieux du cas que faisait des simples d’esprit son Sauveur – il entreprend de les remettre à leur place en leur décrivant par le menu ce qu’ils ratent. Et pendant qu’il y est, il règle leur compte aussi aux puritains, aux bigots et autres piétistes, aussi pires que les autres si c’est possible.

 

« Le piétiste est homme à exiger que tout le monde vive de son et d’eau pure ; il voudrait voir les plus belles femmes vêtues d’oripeaux informes, il aimerait pouvoir interdire le rire et couvrir le soleil d’un voile noir. Le piétiste est partisan de l’abstinence. Je sais fort bien que ma seule devise a éveillé son indignation. Le piétiste est partisan de l’abstinence. Je sais fort bien que ma seule devise a éveillé son indignation, qu’il a demandé sur un ton sinistre et courroucé : “Allons donc, qu’est-ce encore que ce blasphème ? ” Il a été choqué parce que j’ai eu l’outrecuidance de dire que Dieu se trouvait aussi dans le jambon cuit. Eh bien, il aurait intérêt à se calmer. Il va entendre des propos encore plus osés. Je promets de montrer une considération toute particulière à son égard et de ne manquer aucune occasion de le scandaliser dans toute la mesure du possible. On doit ménager l’athée parce qu’il est sot, ignorant, étroit d’esprit et simpliste. Le piétiste, lui, ne saurait espérer autant d’indulgence. Qu’il sache donc que je le guette du coin de l’œil et que plus il prendra l’air grave, plus je me rirai de lui. Plus il épanchera son indignation, plus je me délecterai et je ne lui dirai même pas pourquoi. »

 

L’auteur est, soit dit en passant, né dans un presbytère, comme tant de grands brimés de la littérature.

Deux mots, pendant qu’on y est, sur cette accusation de « matérialisme » si libéralement distribuée aux mécréants par tant de croyants par ailleurs grands prosaïques sous le soleil.

Mis à part les anciens Étrusques, profondément conscients de ce que vie et mort ne sont que des transformations de la matière et en même temps si obsédés par le religieux et ses rites que le mot « cérémonie » vient de Caeré, nous ne connaissons qu’un seul vrai matérialiste parmi nos contemporains. Il s’appelait John Cowper Powys. Comme Béla Hamvas, il était sensualiste, et le mot « contemplatif », pour le qualifier, paraît ridiculement faible, au point que, ayant divinisé la matière (qu’il appelait Déméter, allez savoir pourquoi) il pouvait tomber en extase à la seule vue d’un lichen sur un vieux mur. On veut dire en extase comme sainte Thérèse d’Avila ou saint Jean de la Croix, et qui plus est, à volonté, car il ne devait pas, lui, attendre que sa déesse se manifeste ou lui apparaisse : il la convoquait. Son œuvre est pleine d’évocations de ce genre qu’on aurait tort de ne pas prendre au sérieux.

« Extase pour vieux monsieur devant un vieux mur »… ce sont là des mystères que les prosaïques ne sauraient se figurer.

Mais puisque nous avons eu la désinvolture de faire dévier notre compte-rendu de lecture vers un autre auteur, rappelons que l’Angleterre, dans l’ostracisme de ses grands hommes, n’a rien à envier à quiconque. John Cowper Powys n’a jamais réussi à gagner vraiment sa vie qu’en Amérique (en y donnant plus de 10.000 conférences populaires) et, rentré dans son pays d’origine, il y a passé les trente dernières années de son existence dans une gêne proche de la misère, en lutte perpétuelle avec des éditeurs dont la préoccupation principale fut toujours de lui faire, à force de chantage, couper la moitié de ses manuscrits. Tant il est vrai que, comparées avec la censure économique, celles de l’Inquisition du Moyen Âge ou du communisme le plus sévère ne furent et ne sont toujours que bluettes. Elle seule est totale et irrémédiable. La Grande Bretagne continue, plus d’un demi-siècle après sa mort, de traiter avec un dédain condescendant un de ses plus grands artistes et penseurs, davantage révéré – et publié – en France ou aux États-Unis que dans son impécunieux pays, où l’on manque toujours de moyens pour le publier comme il le mérite. « Trop de pages, Monsieur Powys ! ». « Trop de notes, Monsieur Mozart ! ».

14.  Eszencia_2.jpgBéla Hamvas, qui ne va pas jusqu’à diviniser la matière, passe cependant en revue avec le plus grand sérieux ce qu’elle peut offrir d’irrésistible aux croyants. Tout y passe : la nourriture, la peau des femmes (savez-vous qu’elle n’a pas le même goût sur la lèvre supérieure qu’à la base du cou ?) et, bien sûr, le vin. Surtout hongrois. À ce propos, et sans vouloir minimiser ses qualités assurément rares, on regrette que des règles commerciales européennes (ah, Bruxelles ! plaie pire qu’athéistes et piétistes réunis) aient interdit à certain pinot gris d’Alsace de se prétendre de Tokay. C’est vrai que le légendaire vin de ce nom est hongrois et rien d’autre, mais ils auraient pu lui permettre de s’appeler « Tokay non autorisé » ou quelque chose de ce genre, parce qu’il était très bon et qu’à présent, perdu qu’il est parmi tous les autres vins d’Alsace, comment le retrouver ? Quant au vrai… on n’est pas Crésus.

Que faut-il faire pour que d’autres livres de Bela Hamvas soient publiés en français ? Des manifs ? Pétitionner ?

On ne voudrait pas avoir l’air de rabâcher sur la grande misère de l’édition française (ah, Jane Ellen Harrison toujours pas publiée au bout de plus d’un siècle !), mais avouez qu’il y a de quoi. Pourtant, dans les années qui ont suivi la guerre de Yougoslavie, la Croatie finançait carrément la publication dans l’Hexagone de ses auteurs nationaux, le Ministère de la Culture finançant leur traduction. Mais sans doute la Croatie a-t-elle, avec la France, des accords que les autres pays de l’Est n’ont pas (l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !). Cela dit, quelqu’un ne pourrait-il avoir l’oreille de M. Orban ? Et celle de… c’est qui, maintenant ? ah, oui, bon… Sinon, qui sait si, un de ces jours, un petit éditeur suicidaire ne va pas se mettre à publier Hamvas à retardement, comme les éditions Gallmeister se sont mises à publier systématiquement, quoiqu’avec 25 ans de retard, le plus grand romancier américain vivant. Tout arrive.

En attendant, bouffez votre Dan Brown et taisez-vous.

 

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Un peu d’art véritable pour finir…

 

Pussy Riots : le retour

 

Après un passage obligé par Hollywood et coachées par Madonna…

 

il était impensable qu’elles ne participent pas à la campagne de haine « sans précédent même dans l’Allemagne nazie » en cours contre la Russie.

On n’en attendait pas moins d’elle et d’elles.

 

 

Démence ? Bof ! Conception zunienne de la propagande.

 

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Mis en ligne le 6 février 2016.

 

 

18:19 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/01/2016

IL Y A DÉCHÉANCE ET DÉCHÉANCE

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Horribles cruautez des Huguenots en France

 

Il y a déchéance et déchéance…

 

Les réactions à la dernière simagrée des parasites au pouvoir sont nombreuses. Impossible de les recenser toutes. On vous en propose ici deux.

Cela leur fera peut-être une belle jambe aux futurs « déchus », mais ils se retrouveront du moins en illustre compagnie.

 

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*

Lettre ouverte au président de la République à propos de la déchéance de nationalité – à François Sarkozy ou à Nicolas Hollande (aucune mention inutile à barrer)

Léon Landini – LGS – 11 janvier 2016

 

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En Août 2010, Léon Landini – résistant FTP MOI, président de l’amicale des bataillons Carmagnole Liberté, président du PRCF – écrivait une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy après son discours de Grenoble, sur la question de la nationalité. Cette lettre est aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

 

Le 10 août 2010

 

Léon Landini

à     Monsieur le Président de la République

       Palais de l’Elysée

       55, rue Fg Saint-honoré

       PARIS 75008

 

Monsieur le Président,

C’est choqué que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.

En effet, ce jour là, vous avez déclaré : « Que la nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique ».

Retirer la nationalité française à toute personne d’origine étrangère ?

De quelles personnes s’agit-il exactement ? Comment allez-vous déterminer « l’origine étrangère » d’une personne ? Allez-vous, comme l’ont fait les gouvernements fascistes de Pétain et Laval à l’encontre des juifs, remonter jusqu’à la troisième génération ?

Et dire que je pensais, je croyais, j’étais convaincu qu’en devenant Français, (que ce soit par naturalisation ou de toute autre façon), on avait acquis les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes obligations que tous les autres Français.

Voici qu’avec votre discours, je découvre avec stupeur, que vous considérez qu’il y a deux sortes de Français. Les uns Français-Français et les autres demi-Français et susceptibles à tout moment, selon le bon vouloir d’un président de la République, de garder ou de perdre cette nationalité.

Il s’agit là d’une véritable offense faite à l’égard de ceux qui, étrangers ou d’origine étrangère, ont dans les années 40 combattu l’occupant les armes à la main et acquis, souvent grâce à leur héroïsme, la nationalité française.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/lettre-ouverte-au-president-d...

 

 4. couv-réponse-à-Michel-Onfray-567x850.jpg

 

Léon LANDINI

Réponse à Michel Onfray et autres textes sur la Résistance et l’engagement

Éditions Delga – Novembre 2015

164 pages

 

 

*

Assimilation des musulmans Français : « Merci, très peu pour nous ».

Joseph Massad – Electronic Intifada 22 janvier 2015

Traduction : Salah Lamrani – 12 janvier 2016

 

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Les assaillants de Charlie Hebdo ne faisaient-ils que suivre l’exemple de la culture dominante de la France ? (Stephen Lam / Reuters)

Les Français sont peut-être mieux connus, tant à leurs yeux qu’à ceux des Européens de l’Ouest et des Américains de race blanche, comme des créateurs de haute couture et des maîtres dans l’art culinaire dont le langage amoureux est particulièrement adapté à la romance.

Cependant, les Américains de race blanche, comme les Allemands et les Britanniques, ont une relation mitigée avec les Français, mais clairement faite de plus d’amour que de haine, comme en témoigne tout récemment la publication dans le New York Times d’une tribune par Marine Le Pen, leader du Front National, parti d’extrême-droite. 

Mais dans le reste du monde – depuis les Antilles à l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, jusqu’au Moyen-Orient et à l’Asie du Sud-Est –, les Français sont majoritairement considérés comme des assassins et des tortionnaires chevronnés, dont la langue gracieuse et raffinée ne sert pas tant à décrire une sauce crémeuse onctueuse ou un décolleté plongeant sur une robe de soirée, et moins encore à faire la cour ou à flirter, qu’à enrober les douleurs et les souffrances indicibles qu’ils infligent à des millions d’innocents.

Pourtant, la culture française dominante persiste à ne vouloir se considérer qu’à travers ses propres yeux, et la plupart des Français sont scandalisés à l’idée même que quiconque dans le monde puisse seulement remettre en question l’image élogieuse et raffinée qu’ils ont d’eux-mêmes.

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2016/01/assimilation-des-mu...

 

*

Poutine et Israël – une relation complexe et à multiples couches

The Saker – Saker.Is 23 décembre 2015

 

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Le meurtre récent de Samir Kuntar par les Israéliens vient une fois de plus d’enflammer la discussion sur la relation entre Poutine et Israël. C’est là un sujet immensément compliqué, et ceux qui aiment les « explications » simples et bien emballées feraient mieux d’arrêter de lire tout de suite. La vérité, c’est que la relation entre la Russie et Israël et, même avant cela, entre Juifs et Russes, mériterait un livre entier. En fait, Alexandre Soljenitsyne l’a écrit, ce livre. Il s’appelle Deux siècles ensemble, mais parce que les sionistes tiennent les médias anglo-saxons à la gorge d’une poigne de fer, il n’a pas encore été traduit en anglais. Qu’un auteur acclamé par le monde entier et qui a eu le prix Nobel de littérature ne puisse pas faire traduire son livre parce que ce qu’il contient pourrait saper la fable officielle sur les relations russo-juives en général et sur le rôle joué par les Juifs dans la politique russe du XXe siècle en particulier est une démonstration en soi. De quelle autre preuve de la subordination de l’ex-empire britannique aux sionistes a-t-on besoin ?

J’ai déjà écrit sur ce sujet dans le passé et je vous demanderai d’au moins lire les deux articles de fond qui suivent avant de continuer la lecture de celui-ci [S.O.S. aux traducteurs bénévoles ! NdT]

Avant de jeter un regard sur les particularités de la relation russo-israélienne, j’insiste sur quelque chose de très important : vous ne devez pas partir du principe que la relation entre Juifs et non-Juifs, en Russie, soit la même qu’en Occident. Il n’en est rien. Sans nous embarquer dans une longue discussion sur l’émancipation des Juifs en Occident et sur leur longue trajectoire depuis les shtetls, où ils vivaient sous la férule de leurs rabbins, jusqu’aux salles de conseil d’administration des plus grandes sociétés multinationales où ils siègent aujourd’hui, je dirai juste que, pour les Juifs russes, ce processus d’émancipation s’est déroulé d’une façon beaucoup plus violente et catastrophique. La seconde grande différence entre Juifs occidentaux et Juifs russes, c’est que plus ou moins entre 1917 et 1939, un sous-groupe particulier de Juifs (les bolcheviques) a eu le contrôle quasi-total de la Russie. Pendant cette période, les Juifs bolcheviques ont persécuté les Russes, en particulier les chrétiens orthodoxes, avec une haine véritablement génocidaire. Ceci est un fait historique dont la plupart des Russes sont très conscients, même si c’est encore considéré dans la plupart des cercles occidentaux comme un « crime de la pensée ». Il est important aussi de souligner que les Juifs bolcheviques n’ont pas persécuté que les chrétiens orthodoxes mais tous les groupes religieux, y compris, soit dit en passant, les judaïques*. Poutine a parfaitement conscience de ces faits, qu’il a d’ailleurs abordés en s’adressant à un groupe de judaïques, à Moscou.

 

 

Dans le second article mentionné ci-dessus, j’ai discuté de ces choses en détail, et tout ce que je peux faire de plus, maintenant, c’est vous montrer que Poutine a une conscience très vive de ce passé, et qu’il a le courage et l’honnêteté intellectuelle de le rappeler aux Juifs russes.

L’autre facteur absolument décisif quant aux relations entre la Russie et Israël concerne l’émigration de Juifs russes en Israël. Là, je vous mets sous les yeux une liste qui vous fera comprendre pourquoi c’est un facteur décisif.

  1. Qu’ils aient ou non fini en Israël, en Autriche, en Allemagne ou aux USA, l’émigration des Juifs russes vers Israël a permis aux Juifs russes qui ne voulaient pas rester en Russie d’en partir. En revanche, ceux qui n’en sont pas partis sont restés par choix. Cela signifie que la grande majorité, si pas la totalité des russophobes rabiques et des Juifs antichrétiens, ont quitté la Russie. Ceux qui sont restés en Russie l’ont fait parce qu’ils ont décidé que c’était leur patrie.
  2. Un grand nombre (certaines estimations vont jusqu’à 20%) des prétendus « Juifs » qui ont quitté la Russie n’étaient pas des Juifs du tout, y compris dans ceux qui se sont fixés en Israël. La vérité, c’est que les difficultés économiques et sociales qu’ont eues à affronter les Soviétiques sous Brejnev & C° et les Russes sous Eltsine, ont poussé un tas de Russes non-juifs à s’inventer quelque origine « juive » (non-existante) pour pouvoir émigrer. Il y a donc, en Israël, pas mal de Russes, en plus des Juifs russes.
  3. Résultat de cette importante émigration : il y a pas mal de liens personnels entre des individus et des familles vivant en Israël et en Russie. Ça veut dire que quand, mettons, l’Irak ou le Hezbollah fait pleuvoir des roquettes sur Israël, il y a des gens en Russie qui se font du mauvais sang pour leurs amis/parents qui y vivent, même s’ils n’approuvent pas du tout la politique israélienne.
  4. Ce qu’on appelle « la mafia russe » est en réalité presque totalement une mafia de Juifs russes. Ceci est particulièrement vrai en Occident. En Russie, il y a des truands juifs mais pas de gang juif à proprement parler. Les gangsters russes et les gangsters juifs s’entendent par ailleurs fort bien, et ceci aussi, dirons-nous, crée des liens de « business » très forts entre les oligarques « russes » et Israël.
  5. Sous Eltsine, le pays a été de facto gouverné par ce qui fut appelé semibankirshchina, « le Pouvoir des Sept Banquiers ». Celui des sept principaux banquiers russes, qui possédaient à peu près 50% de l’économie russe. Tous les sept, à l’exception d’un seul – Potanine – étaient des Juifs.
  6. Pendant les années Eltsine, la vaste majorité des membres du gouvernement, et en particulier leurs conseillers, étaient des Juifs. Les Juifs contrôlaient aussi la totalité des médias « mainstream ». Pour vous donner une idée de ce que signifiait cette tendance dans les années 1990, voici une liste (traduite à la machine) des Juifs du plus haut niveau dans la Russie d’Eltsine. Je l’ai trouvée sur Internet (source: https://goo.gl/jZlazH).

 

………………………………………………………………………………………………

Les oligarques sont des Juifs, parce qu’il faut assurer la réélection de Boris Eltsine en 1996 pour un nouveau mandat présidentiel.

1991-1999

Conseiller du Président sur les Affaires économiques : Livshits – Juif.

[Pendant toute la durée des gouvernements Eltsine (1991-1999) la majorité de ses conseillers étaient des Juifs.]

Hauts fonctionnaires de l’Administration Présidentielle : Filatov, Chubais, Volochine.

Fille du Président (nouveau poste créé par les autorités juives) : Tatyana Dyachenko (selon la loi juive – Halacha, en tant que fille d’un Juif).

GOUVERNEMENT

Tous les ministères-clés sont tenus par des Juifs :

Ministre de l’Économie : Yasin
Sous-ministre de l’Économie : Urinson
Ministre des Finances : Panskov
Sous-Ministre des Finances : Vavilov
Président de la Banque Centrale : Paramonov
Ministre des Affaires étrangères : Kozyrev
Ministre de l’Énergie : Shafranik
Ministre des Communications : Bulhak
Ministre des Transports : Efimov
Ministre de la Culture – Sidorov

MASS MEDIAS
Président des Médias : Rodents

PRESSE
“News” : Golembiovskiy
“Komsomolskaya Pravda” : Fronin
“Moskovsky Komsomolets” : Gusev (Drabkin)
“Arguments and Facts” : Starks
“Work” : Potapov
“Moscow News” : Karpinski
“Kommersant” : Yakovlev (Ginsburg)
“New Look” : Dodolev
“Nezavisimaya Gazeta” : Tretyako

“Evening Moscow” : Lisin
“Literary Newspaper” : Udaltsov
“Publicity” : Izyumov
“Interlocutor” : Kozlov
“Rural Life” : Kharlamov

“Top Secret” : Borovik.

Television ET radio

TV and Radio, “Ostankino” : A. Yakovlev.
Russian TV and Radio Company : Poptsov

Un pays gouverné par “sept banquiers”

La totalité des finances russes est concentrée dans les mains de Juifs :

1. Aven
2. Berezovsky
3. Gusinsky
4. Potanin (non-juif).
5. Smolensk
6. Friedman
7. Khodorkovsky
8. Roman Abramovich

………………………………………………………………………………........................

 

Les listes de Juifs dans les gouvernements soviétiques de 1917 à 1939 ressemblent trait pour trait à celle-là. Vous pouvez les trouver par vous-mêmes sur Internet.

À vrai dire, les gens qui établissent ce genre de listes obéissent rarement à des motivations purement scientifiques et ne se sentent pas obligés de respecter des règles strictes en matière de preuves. Il est donc bien possible qu’un certain pourcentage des « Juifs » énumérés ne soient pas des Juifs du tout. Mais, même avec une grande marge d’erreur, vous voyez de quoi il retourne. Comme entre 1917 et 1939, entre 1990 et 1999, les rênes du pouvoir, en Russie, ont été fermement tenues par des mains juives, et, dans les deux cas, avec des conséquences tout à fait catastrophiques. La grande différence, c’est que, au début du XXe siècle, les Juifs au pouvoir étaient idéologiquement des opposants à l’Empire britannique, alors qu’à la fin du XXe siècle, les Juifs de Russie étaient pratiquement une extension de l’Empire anglo-sioniste.

Parlant de l’extension de l’Empire anglo-sioniste.

J’ai déjà expliqué bien des fois dans le passé que la candidature de Poutine à la succession d’Eltsine fut le résultat d’un compromis négocié entre les Services de Sécurité et la grande finance russe, qui mit en avant Medvedev pour faire contrepoids à Poutine. Je qualifie généralement les forces qui ont soutenu Poutine de « Souverainistes eurasiens » et celles qui ont soutenu Medvedev d’« Intégrationnistes atlantistes ». Le but des premiers est de rendre la Russie pleinement souveraine et d’en faire l’élément-clé dans un continent eurasien multipolaire mais unifié, tandis que le but poursuivi par les seconds est de se faire accepter au titre de partenaire égal par l’Empire anglo-sioniste et d’intégrer la Russie aux structures de pouvoir occidentales. Ce qui vient ensuite est si important que je vais l’isoler dans un paragraphe spécial.

 

Les Intégrationnistes atlantistes contrôlent toujours complètement les secteurs financiers et banquiers russes, ainsi que tous les ministères économiques et les fonctions gouvernementales-clés ; ils contrôlent la Banque Centrale de Russie et ils représentent de loin le plus grand danger pour Poutine et ceux qui le soutiennent. Si on considère que grosso modo 90% des Russes soutiennent aujourd’hui Poutine, on peut affirmer que ces Intégrationnistes atlantistes représentent un danger mortel pour le peuple russe et pour la Russie en général.

 

Comment tout cela est-il lié à Israël ? C’est simple !

Poutine a hérité d’un système créé par et pour l’Empire anglo-sioniste. Il a été le candidat de compromis entre deux groupes radicalement opposés, et il lui a fallu des années, d’abord pour se débarrasser de la plupart des oligarques (juifs) russes, et ensuite, très graduellement, pour entamer le processus de nettoyage par lequel, pas à pas, les sionistes ont été délogés de leurs positions de pouvoir. Selon Mikhail Khazin, la proportion entre ces deux groupes n’a que très récemment approché les 50/50% d’un équilibre instable. Cela signifie aussi que les « gens de Poutine » doivent avoir des yeux dans le dos tous les jours que Dieu fait, parce qu’ils savent que leurs soi-disant « collègues » n’attendent que la moindre occasion favorable pour y planter des poignards avec la rapidité de l’éclair.

Je pense pour ma part que les rumeurs d’un coup d’état en Russie sont fortement exagérées. Pas seulement parce que Poutine est assuré du soutien des « ministères de pouvoir » (Défense, Sécurité de l’État, Affaires Intérieures, etc.), mais de façon encore plus importante, à cause du soutien de 90% du peuple russe. Renverser un homme jouissant de quelque chose qui ressemble à un culte, un homme réellement aimé par la majorité de son peuple, serait trop dangereux. Mais cela ne veut pas dire que la 5e colonne n’est pas disposée à saboter chacun des efforts de Poutine et de ceux qui le soutiennent.

La vérité est que Poutine a été obligé, des tas de fois, d’accepter des compromis. En voici quelques exemples :

Les oligarques : quand Poutine a débarrassé la Russie de la Semibankirshchina, il n’a pas abattu sur chacun de ses membres une répression proprement dite. Il s’est seulement débarrassé de ceux qui, comme Khodorkovski, avaient essayé de fomenter un coup contre lui en achetant toute la Douma. Aux autres oligarques, il a dit « tenez-vous à l’écart de la politique et vous serez laissés en paix ». Le « deal » tient toujours.

L’économie : jusqu’à dans son dernier discours, Poutine a été obligé de déclarer qu’il soutenait entièrement la Banque Centrale et les ministres économiques du gouvernement Medvedev. Considérant le fait que littéralement TOUS les alliés de Poutine hurlent à la mort sur la manière dont l’économie russe est conduite à la catastrophe, il ne pouvait s’agir que d’une déclaration sous la contrainte ne représentant en rien sa véritable pensée. À ce propos, j’ai remarqué qu’une véritable campagne de dénigrement de la Banque Centrale et des ministres économiques est en train de se dérouler sur les principales chaînes de télévision russes et que ce ne peut être par coïncidence. Je suis persuadé que Poutine prépare une purge de ces milieux, mais qu’il lui faut d’abord ranger toutes ses troupes en ordre de bataille avant de passer à l’action, en enflammant par exemple l’opinion publique contre eux. Pour l’instant, l’économie russe est toujours dirigée par les larbins du FMI, par des types qui respectent le « consensus avec Washington », d’où leur politique imbécile sur les taux d’intérêt, leurs achats d’obligations US, leurs efforts pour tenir l’inflation au plancher, etc. etc. etc. Poutine, par conviction, n’est pas ce que j’appellerais un « socialiste », mais il est incontestablement un adepte des « marchés sociaux », et c’est quelqu’un qui se donne du mal pour détacher la Russie du système financier occidental et pour ne pas jouer selon les règles de l’Empire.

Politique étrangère : Jusqu’à la dernière réélection de Poutine où, finalement, la Russie a commencé à avoir une politique étrangère raisonnablement consistante, celle-ci n’a été qu’une suite cahotante de zigs et de zags. Ceci a été particulièrement le cas lorsque Medvedev était en charge de la présidence et quand l’Iran et la Libye ont été trahis par la Russie au Conseil de Sécurité des Nations Unies (chose que Poutine a alors ouvertement qualifiée de « stupide »).

Personnalités : Vous vous rappelez l’hyper-corrompu ministre de la Défense Serdioukov ? Eh bien, vous savez quoi ? Il n’a toujours pas été accusé de quoi que ce soit et la femme avec laquelle il a commis la plupart de ses délits continue de vivre dans son luxueux appartement de Moscou. Que peut-on en déduire ? Que même quand Poutine a eu des preuves irrécusables des malversations de Serdioukov, il a eu assez de pouvoir pour le remplacer par Choïgou, mais pas assez pour faire mettre en prison cet « intégrationniste atlantiste » de haut vol.

L’Ukraine occupée par les nazis : Poutine a eu assez de contrôle sur le gouvernement pour fournir à la Résistance le « voentorg » vital et même pour envoyer quelques forces spéciales et des frappes d’artillerie par-dessus la frontière pour aider les Novorossiens, mais il n’en a pas eu suffisamment pour forcer les ministres économiques à utiliser la puissance économique russe pour étrangler l’économie ukrainienne tombée aux mains des nazis. Le résultat a été l’envoi de frappes d’artillerie par-dessus la frontière sur Saur Mogila, et d’énergie (quasiment gratuite) à Kiev.

Propagande russophobique : quand, récemment, un journaliste sportif de troisième ordre, Alexei Andronov, a posté un commentaire violemment anti-russe sur Twitter, il en a été vertement critiqué par Aleksei Pouchkov, un journaliste qui est aussi à la tête du Conseil des Affaires étrangères à la Douma, dans sa propre émission de télévision « Postscriptum ». La chaîne de télévision qui la diffuse – TV Tsentr – a coupé le passage où était critiqué Andronov. Le célèbre metteur en scène russe Nikita Mikhalkov a alors tourné toute une émission pour discuter de l’événement. La chaîne de télévision qui la diffusait – TV Rossia – a censuré l’épisode entier. Quant à la directrice de la chaîne qui emploie Andronov, Tina Kandelaki, elle lui a apporté son soutien total. Dernier point : alors que Poutine a immensément amélioré la qualité générale des médias russes, les russophobes y sont toujours très influents et peuvent y cracher leur venin en toute impunité.

Je pourrais continuer à énumérer un exemple après l’autre, mais je pense que vous avez saisi l’idée générale : Poutine est un homme très bien en charge d’un très mauvais système.

Revenons-en maintenant à la Syrie, au Hezbollah et au meurtre de Samir Kuntar.

Premièrement, considérez que la décision d’intervenir en Syrie était déjà une décision controversée. Poutine l’a arrachée en faisant deux choses : d’abord en expliquant aux Russes qu’il valait mieux affronter les terroristes là où ils sont déjà (en Syrie) qu’« ici » (en Russie) et en leur promettant qu’il n’enverrait pas de troupes au sol. Quand Daech et les Turcs ont rempli la promesse faite par Obama et Biden en faisant exploser un avion de ligne rempli de passagers et, ensuite, en abattant le bombardier SU24, le public russe a continué à soutenir Poutine, mais la plupart des Russes, y compris moi-même, ont pris violemment conscience des dangers que comportait cette situation. En fin de compte, c’est la confiance de la rue envers Poutine en personne, qui lui a permis de persévérer en dépit de craintes très réelles.

Deuxièmement, il est clair que Poutine et Netanyahou ont conclu un marché lorsque ce dernier est allé à Moscou : les Israéliens ne se mêleront pas des opérations russes de soutien à la Syrie aussi longtemps que les Russes n’interféreront pas dans les combats entre Israël et le Hezbollah. C’est ce qui a permis aux deux parties de poursuivre leurs objectifs principaux, même si c’est aux dépens de leurs objectifs secondaires. Vous n’aimez pas cet accord et vous doutez de sa moralité. Bravo. Moi aussi. Il me gêne en fait considérablement, mais je ne m’attends à rien d’autre de la part de praticiens de la realpolitik tels que Poutine et Bibi Netanyahou (heureusement, ni vous ni moi ne sommes au pouvoir !).

Il y a d’ailleurs un autre précédent qui me gêne aussi considérablement : c’est le soutien total apporté par la Russie à la sanglante répression des Frères Musulmans par l’armée égyptienne. J’accepte l’argument que le soutien à l’armée égyptienne se comprend dans le contexte de la guerre en Syrie, mais le principe de soutenir un tel régime ne me plaît pas du tout. C’est pourquoi Poutine est un homme politique impitoyable mais qui réussit, alors que je suis un petit blogueur sans importance. Il faut un ours impitoyable pour combattre des loups impitoyables.

Ceci étant dit, ne faisons pas semblant de croire que le Hezbollah soit moins cynique lorsqu’il faut l’être. Je vous rappelle à tous que, quand Imad Mugniyeh a été assassiné à Damas par les mêmes Israéliens, dans une opération qui ne pouvait avoir été exécutée qu’avec des complices très haut placés dans le régime d’Assad, le Hezbollah a promis des « représailles » mais n’a jamais pipé un seul mot contre le régime. Le Hezbollah n’a pas non plus fait d’objections quand Assad torturait des musulmans pour le compte de la CIA dans le cadre de l’infâme programme des « extraditions extralégales ».

Pour ce qui est de Poutine, il a simplement d’autres priorités que de protéger le Hezbollah ou de combattre Israël.

Survivre à l’intérieur de la Russie et ne pas se faire renverser par la toujours très puissante Configuration du Pouvoir Sioniste (pour utiliser l’expression de James Petras) est la principale de ses priorités. Une autre est de ne pas permettre à ses ennemis (intérieurs et extérieurs) d’utiliser l’argument politique que « la Russie attaque Israël ». Ne pas en venir à l’affrontement armé avec Israël et ne pas obliger le petit et isolé contingent russe à se battre sur deux fronts est également d’une grande importance. De même, il est important de ne pas être accusé de faire, de ce faible contingent russe « la force aérienne du Hezbollah » comme les USA sont la force aérienne de Daech. Ce sont là autant de priorités qui s’imposent d’évidence à Poutine.

Et il y a encore ceci : alors que les S400 russes pourraient facilement abattre n’importe quel avion israélien, le contingent aérien russe n’a pas les moyens matériels de combattre Israël, et encore moins l’OTAN et le CENTCOM. Pour la Russie, elle ne peut en aucun cas se permettre d’entrer en guerre non pas contre la minuscule entité sioniste en soi, mais contre la minuscule entité qui contrôle entièrement les USA. C’est pourquoi ces Américains qui déplorent que « Poutine n’ait pas le courage » de s’en prendre à Israël feraient mieux de se demander comment il se fait qu’Israël ait réussi à transformer les USA et l’Europe en protectorats sionistes muets, et s’interroger pendant qu’ils y sont sur ce qu’eux-mêmes font pour se libérer de ce joug !

Parlant de l’Ouest, on pourrait comparer la position de l’Empire anglo-sioniste d’une part et celle de beaucoup de Juifs influents de l’autre (en Russie et en Israël) sur la guerre d’Ukraine. Alors que l’Occident a apporté son soutien absolument total au régime nazi de Kiev, beaucoup de Juifs russes, et particulièrement les plus célèbres, comme Vladimir Soloviev, ont pris catégoriquement position contre les nazis. Et tandis qu’en Israël, la popularité de Poutine et de la Russie est toujours extrêmement basse, la majorité de l’opposition à Poutine en Russie n’est pas juive. Finalement, le grand public russe est – et c’est bien triste – très mal informé des horreurs perpétrées par le régime sioniste à l’encontre des Palestiniens, alors que des Israéliens et des bi-nationaux (Comme Evgenii Satanovskii ou Avigdor Eskin) n’en finissent pas de colporter la notion selon laquelle « nous, Russes et Israéliens, sommes les seuls à combattre le terrorisme musulman » et d’ainsi capitaliser au maximum à leur profit la guerre en cours entre la Russie et Daech. Autrement dit, si les troupes russes abattaient un avion israélien, Poutine aurait un mal de chien à faire accepter la chose au public russe.

Je comprends bien que rien de ce que je dis ci-dessus ne trouvera grâce aux yeux des authentiques judéophobes ou de ceux qui aiment les arguments simples, en blanc ou en noir. Pour eux, Poutine restera toujours un vendu, un éternel shabbos-goy, voire une marionnette de la finance internationale. Pour être tout à fait franc, ce n’est pas à eux que je m’adresse ici. Mais il y a ceux que la politique russe, bizarre et parfois contradictoire, déconcerte et désoriente sincèrement. À ceux-là, je dirai pour finir ceci :

Poutine avance pas à pas et il sait attendre pour laisser les événements adopter leur dynamique propre. Il est aussi tout à fait conscient de se battre avec une main attachée dans le dos et l’autre occupée à se défendre à la fois des ennemis extérieurs et intérieurs, ces derniers étant de loin les plus dangereux. Je suis sûr que Poutine se rend parfaitement compte du fait que sa politique de résistance, de retour à la souveraineté et de libération peut très bien déboucher sur une guerre nucléaire intercontinentale et que la Russie est toujours, dans l’état actuel des choses, plus faible que l’Empire anglo-sioniste. Exactement comme au temps de Stolypine, la Russie a désespérément besoin de quelques années de paix supplémentaires pour se développer et être capable de faire définitivement face. Ce n’est absolument pas le moment d’un choc frontal avec l’Empire. La Russie a un besoin vital de *paix* et de *temps*, de paix en Ukraine, de paix en Europe et, oui, de paix au Moyen Orient. Hélas, ce dernier point n’est pas en option, et une fois qu’il y a été acculé, Poutine a pris la décision d’entrer en guerre. Et je suis absolument, catégoriquement certain que si l’Empire attaque la Russie (que ce soit de Turquie ou d’ailleurs), il trouvera à qui parler. La Russie fera la guerre si c’est nécessaire, mais elle fera l’impossible pour l’éviter. C’est le prix qu’elle a à payer pour être le côté le plus faible. Ce qui est réconfortant, c’est que la Russie devient, jour après jour, un peu plus forte, alors que l’Empire devient chaque jour qui passe un peu plus faible. De même le pouvoir des Anglo-sionistes et de leur 5e colonne en Russie s’affaiblit jour après jour. Mais le processus entier prendra du temps.

Le gros événement auquel on devrait s’attendre est un ensemble de mesures sévères contre la Banque Centrale et les ministères économiques du gouvernement. Tout le monde en Russie s’y attend. La question a même été ouvertement posée à Vladimir Poutine, mais il le nie toujours et continue à dire qu’il soutient entièrement ces saboteurs. Étant donné son parcours, il est stupide de dire qu’il les soutient : ses dénégations sont visiblement de pure tactique dilatoire, en attendant que le moment soit mûr.

Ne vous y trompez pas. Ce n’est pas le grand amour entre la Russie et Israël. Mais il n’y a pas non plus, entre les deux, énormément d’hostilité, en tout cas pas du côté russe. La plupart des Russes sont parfaitement au courant du vilain rôle que les Juifs ont joué, par deux fois, dans leur histoire, mais cela ne se traduit pas par la sorte d’hostilité à l’égard des Juifs qu’on trouve, par exemple, en Ukraine. Au pire, les Russes sont soupçonneux à l’égard du *pouvoir* juif, mais cela se traduit très rarement par de l’hostilité envers les Juifs en tant que peuple. Certaines des célébrités les plus adorées du public, tel que le barde Vladimir Vyssotski, avaient du sang juif. La plupart des Russes font aussi une distinction très nette entre « leurs » Juifs (ceux, russophobes, de l’Ouest) et « nos » Juifs (les Juifs russes qui aiment la Russie). Mais, comme la russophobie a toujours été très répandue dans les élites russes, avant et après la Révolution, on peut difficilement la qualifier de phénomène juif. La culture russe ayant toujours été multinationale et multiethnique, elle ne sépare pas les gens selon l’ethnie dont ils proviennent, mais beaucoup plus volontiers d’après leurs actes et leurs idées. Pour toutes ces raisons, la haine du « Yid » est beaucoup plus une manifestation de chauvinisme ukrainien que russe.

Et tandis que la plupart des Russes ne voudraient pas voir revenir au pouvoir une version nouvelle des « commissaires du peuple » bolcheviques ou des oligarques « démocratiques », il y a entre les Russes et les Israéliens une proximité et une solidarité anti-nazie qui ne doit pas être sous-estimée.

À propos de la Palestine, la Russie soutiendra toutes les résolutions pertinentes de l’ONU et se fera par conséquent sans trop d’imagination le promoteur de la « solution à deux états ». Au maximum, la Russie « déplorera » ou « regrettera » les violences faites aux Palestiniens par les Israéliens, mais la Russie ne deviendra jamais un défenseur systématique des droits des Palestiniens comme le sont l’Iran ou le Hezbollah, parce que l’avenir de la Palestine n’est pas une des priorités russes.

J’espère que ce qui précède aide à faire comprendre pourquoi la Russie n’entreprend pas d’action contre les Israéliens pour protéger le Hezbollah (et pourquoi elle n’empêchera pas le Hezbollah de riposter depuis la Syrie au cas où le Hezbollah déciderait de le faire). Pour dire les choses simplement, il n’y a aucune raison interne ou externe pour que la Russie s’y implique directement, alors qu’il existe quantité de raisons pour qu’elle s’en abstienne. Si, dans le passé, l’URSS a soutenu l’OLP pour des raisons à la fois idéologiques et géostratégiques, la Russie d’aujourd’hui ne suivra pas les mêmes paradigmes. D’autre part, ce n’est pas comme si le Fatah ou le Hamas étaient des partenaires attirants ou même crédibles pour la Russie, cul-et-chemise comme ils le sont avec Daech. Idem pour les Frères musulmans d’Égypte.

Quant au Hezbollah, ce n’est pas comme s’il avait besoin de la protection de la Russie. Tout chargés de symbole qu’ils soient, les meurtres d’Imad Mugniyeh ou de Samir Kuntar ne vont en aucune façon affaiblir la Résistance. En fait, si l’histoire du meurtre d’Abbas al-Musawi nous a appris quoi que ce soit, c’est que, parfois, les Israéliens assassinent un leader du Hezbollah pour s’apercevoir que celui qui le remplace est un adversaire encore plus formidable. Si Dieu veut, ce sera le cas encore cette fois-ci.

Le Saker

__________________  

* On suit ici le Saker, qui appelle « judaïque » tout ce qui se réfère à la religion juive. (NdT)

Source : http://thesaker.is/putin-and-israel-a-complex-and-multi-l...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

*

Vladimir Vissotski : Kupola

 

 

De 1969 jusqu’à sa mort en 1980, Vissotski fut l’époux de Marina Vlady.

 

*

7. Deux siècles - 1.jpg

 

 

Alexandre Soljénytsine

Deux siècles ensemble - 1795-1995 - Juifs et Russes avant la Révolution

Fayard – 2002

600 pages

 

 

 

8. Deux siècles - 2.jpg

 

 

Alexandre Soljénytsine

Deux siècles ensemble – 1917-1972 – Juifs et Russes pendant la période soviétique

Fayard – 2003

608 pages

 

 

 

*

 

On cède la suite de ce post déjà beaucoup trop long à Georges Stanechy. Le reste de nos élucubrations sur ces sujets : un peu plus tard.

 

Régime Saoudien : Kleptocratie en Décomposition…

Georges Stanechy – À contre-courant – 14 janvier 2016

 

« J’ai l’impression d’être ridicule
Parmi eux complice
Parmi eux souteneur
Parmi eux égorgeur
Les mains effroyablement rouges
Du sang de leur ci-vi-li-sa-ti-on »

Léon-Gontran Damas  (1)

 

A coups de sabre, dans la même journée, les bourreaux du régime saoudien ont tranché la tête de 47 condamnés à mort.

Pourquoi s’en offusquer ?... Pratique favorite de notre allié et ami, dira-t-on.

 

9. Barbaric death cult.jpg

 

C’est ainsi que personne ne s’en est ému sous nos latitudes. Même pas nos zélés barytons et cantatrices des Droits de l’Homme. Laissant les protestations aux habitants de la région qui se sentiraient concernés…

Protestations et agitations n’ont pas manqué. Aussi bruyantes que violentes. Sur fond de gesticulations et ruptures diplomatiques musclées. Jusqu’à incendier ou bombarder des ambassades : saoudienne à Téhéran, iranienne à Sanaa au Yémen, etc. (2)

Nous savons que nos "démocraties" soutiennent sans faille cette tyrannie moyenâgeuse. Depuis sa création artificielle. "Ex nihilo", comme on disait dans le temps : à partir de rien… Notre propagande, devant ce qui commençait à faire désordre pour l’image de ce clan familial despotique, ne cesse donc de se répandre en doctes explications. Tentant de nous convaincre, combien ce ramassis de "princes", aussi sanguinaires que dépravés, agit selon les normes internationales en vigueur et dans la juste défense de ses légitimes intérêts.

Autrement dit, pour ne rien changer, voulant nous faire prendre un grille-pain à manivelle pour une imprimante laser.

Lire la suite…

Source : http://stanechy.over-blog.com/2016/01/regime-saoudien-kle...

 

[Si Latuff n’existait pas, il faudrait l’inventer, mais il a désormais de sérieux concurrents en Iran…]

 

*

 

C’est quoi l’andropause du cerveau chez les femmes ?

 

E. Badinter ou quand l’hebdo Marianne invite la bourgeoisie millionnaire à voler au secours des jeunes filles des classes populaires musulmanes

Serge Uleski – Liberté, liberté chérie 14.1.2016

 

10. Badinter.jpg

 

Le 6 janvier de cette nouvelle année, sur France Inter, E. Badinter enfonce le clou planté en février 2015 – « Je ne pardonne pas à la gauche d'avoir abandonné la laïcité » -, avec un « Il ne faut pas avoir peur d'être traité d'islamophobe ! »

Et allez donc ! Ça, c'est de la philosophie ! Quand on vous dit qu'aux uns tout est permis et qu'aux autres... rien ! Suite à cette bavure d’E. Badinter, l'observatoire de la laïcité implose : ICI

 Lire la suite…

 

Source : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/archive/2016/01/13...

 

Il y en a que les lauriers d’Oriana Fallacci empêchent de dormir…

 

 

*

Bloomberg annonce une guerre des monnaies éventuelle

http://fr.sputniknews.com/economie/20160116/1020986093/gu...

 

 *

Menace de krach à Wall Street

http://www.boursorama.com/actualites/menace-de-krach-a-wa...

 

 *

Panique à Wall Street : le Dow Jones et le S&P 500 perdent 3% sur fond de chute du cours du baril

https://francais.rt.com/economie/13973-petrole-bourses-et...

 

* 

Goldman Sachs sort le chéquier pour esquiver les poursuites

https://francais.rt.com/economie/13993-goldman-sachs-sort...

 

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Une chanson d’actualité :

Par Gilles et Julien : L’DOLLAR - 1932

 


 

Pour les sourds comme nous :

 

L’DOLLAR

Gilles et Julien

1932

 

De l’autre côté de l’Atlantique dans la fabuleuse Amérique
Brillait d’un éclat fantastique l’Dollar
Y faisait rêver les gueux en loques
Les marchands de soupe et les loufoques
Dont le cerveau bat la breloque, l’Dollar
Et par milliers, d’la vieille Europe
Quittant sa ferme et son échoppe
Ou des bas quartiers interlopes, on part
Ayant vendu jusqu’à sa chemise
Pour voir le dieu dans son église
Le dieu Dollar.

 

Et déjà dans la brume du matin blafard
Ce soleil qui s’allume c’est un gros Dollar
Il éclaire le monde de son feu criard
Et les hommes à la ronde l’adorent sans retard.

 

On ne perd pas l’nord vous pensez
Juste le temps de s’élancer, de s’installer, d’ensemencer
Ça part ! On joue, on gagne, on perd, on triche
Pétrol’, chausett’s, terrains en friche
Tout s’achèt’, tout s’vend, on devient riche. Dollar !
On met les vieux pneus en conserve, et même,
Grand succès d’avant guerre, on fait d’l’alcool
Avec d’la m…. Dollar !

 

Jusqu’au Bon Dieu qu’on mobilise et qu’on débit’
Dans chaque église, aux enchères comme une marchandise
A coup d’Dollars !

 

Mais sur la ville ardente dans un ciel blafard
Cette figure démente, c’est le dieu Dollar
Pas besoin de réclame, pas besoin d’efforts
Il gagne toutes les âmes parce qu’il est en or.

 

Autos, phonos, radios, machin’s
Trucs chimiques pour fair’ la cuisine
Chaque maison est une usine.

Standard.
A l’aub’ dans une Ford de série,
On va vendr’ son épicerie
Et l’soir on retrouv’ sa chérie.
Standard.
Alors on fait tourner les disques
On s’abrutit sans danger puisque
On est assuré contre tous risqu ‘s
Veinard !
La vie qui tourn’ comme une roue vous éclabousse et vous secoue
Il aim’ vous rouler dans la boue
Le dieu Dollar.

 

Quand la nuit sur la ville
Pose son manteau noir
Dans le ciel immobile
Veill’ le dieu Dollar.
Il hante tous les rêves
Des fous d’ici bas
Et quand le jour se lève
Il est encor’ là !

 

On d’vient marteau. Dans leur folie
Les hommes n’ont plus qu’une seule envie
Un suprême désir dans sa vie
De l’or
S’ils s’écoutaient, par tout le monde
On en sèmerait à la ronde
Au fond de la terre profonde
Encor’ !
On en nourrirait sans relâche
Les chèvr ‘s, les brebis et les vaches
Afin qu’au lieu de lait elles crachent
De l’or !
De l’or partout, de l’or liquide
De l’or en gaz, de l’or solide
Plein les cerveaux et plein les bides
Encor’ ! encor’ !

 

Mais sous un ciel de cendre, vous verrez un soir
Le dieu Dollar descendre du haut d’son perchoir
Et devant leurs machines, sans comprendre encore
L’homme crever de famine sous des montagnes d’or

 

 

*

C’est notre jour de bonté :

Trois versions pour le prix d’une (merci Do !)

http://mai68.org/spip/spip.php?article10040

 

Plus une quatrième par des rappeurs convertis au tango

https://www.youtube.com/watch?v=5efHHjAbMIo

 

Quand vous les aurez écoutées toutes, vous la saurez par cœur.

 

*

 

 

Mis en ligne le 16 janvier 2016

 

 

 

 

 

21:12 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/12/2015

ON A DIT EN FANFARE

1. Stultifera Navis- collage sur toile  -60x80cm- 2011.JPG

 

On a dit en fanfare

 

Deux textes de première importance ont paru en ce mois de décembre, non pas tant d'actualité que de fond. Nous en attendions avec impatience les traductions. La première vient de sortir, grâce aux Crises de Berruyer. On attend l'autre du Saker F. Et pendant qu'on y est, on y joint trois autres papiers. Importants aussi. De quoi ne pas laisser rouiller les esprits entre les fêtes.

 

Allez François, faut rétablir la peine de mort.

Jacques-Marie BOURGET – LGS 28 décembre 2015

 

2. Peine de mort.jpg

 

Le moindre des cyclistes le sait : il faut utiliser son élan pour aller plus loin à moindre effort. Notre ami Hollande devrait profiter de cette loi vélocipédique - mais dure comme du Newton et que nous qualifierons de gravité - pour aller au bout de son désir, et rétablir la peine de mort. Certes, au départ, la mesure risque de choquer la gauche, Ségolène Royal, Elisabeth Guigou et Bernard Tapie. Comme offenser de tels humains est grave, il faut donc prendre des précautions et agir par étapes, comme le dirait le maillot jaune. Dans un premier temps on pourrait ne condamner à mort que les « binationaux » déviants. Ce serait une manière d’étude, d’expérimentation. Comme on le fait pour les motards qui ont maintenant le droit – tel Hollande et son scooter- de remonter à toute blinde les files de voitures. Sur ce point on pourrait demander l’avis d’Emmanuel Macron. Voilà un homme plein de bon sens, même interdit, et costaud en danseuse quand la courbe monte.

Pour rester dans le vélo, vous savez aussi bien que moi que pour avancer, tout tient en une valeur essentielle, celle du mollet. Et c’est justement là, par transmutation, celle de Guy Mollet, que nous retrouvons notre François en tête du peloton. Comme au bon temps de l’Algérie et des têtes qui tombent.

Les feuilles imprimées, les écrans exprimés – je n’ose dire la presse puisqu’il est injuste d’invoquer les morts - nous font part de quelques réticences à la mesure prise par François II, celle du retrait de la nationalité ... C’est un combat d’arrière-garde et bien stupide. Il est temps que la société française soit amputée de sa mauvaise part, celle qui n’est pas blonde. Et prenons là modèle sur Vichy qui, le 2 aout 1940, a été assez clairvoyant pour condamner un grand châtain à la déchéance : le général De Gaulle.

Certains, qui excipent de leur domicile corse sans baragouiner un mot du patois de Paoli, ont bien compris la pensée du Président, le feu vert donné à la ratonnade. Alors qu’en Corse, en 30 ans, on a assassiné 13 policiers, gendarmes ou préfet, voilà que dans un sursaut exemplaire, des citoyens veulent maintenant prendre la défense d’un malheureux pompier qui, par des cons, a été blessé par du verre brisé. Ce n’est pas parce que ce sursaut républicain est tardif, après Aléria et autres épisodes rouge sang, qu’il ne mérite pas d’être signalé.

Pour conclure par le conseil d’un cyclopède à la retraite, je pense que celui qui occupe la fonction de Président de la République use trop du dérailleur, et donc à mauvais escient. Prêt à tout pour être réélu, il envoie sa chaîne dans les rayons ce qui va lui faire se casser la gueule. Ce qui n’est pas grave pour qui oublie que nous autres sommes les malheureux passagers de son porte-bagages.

 

Source : http://www.legrandsoir.info/allez-francois-faut-retablir-la-peine-de-mort.html

 

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« Échanges entre militaires » : les révélations de Seymour Hersh sur les relations entre services secrets dans la guerre de Syrie

 

London Review of Books, 12/2015.

Traduction : BR pour les-crises.fr

 

« Le journaliste d’investigation Seymour Hersh livre ainsi un long article sur le partage du Renseignement américain  sur la guerre en Syrie.

Il est spécialisé dans les affaires militaires américaines et les services secrets. Il a écrit notamment pour The New Yorker et le New York Times. Il est à l’origine de nombreuses révélations comme le scandale de torture de Abu Ghraib ou encore le Massacre de Mỹ Lai au Viêt Nam pour lequel il obtient un Prix Pulitzer. Il est considéré par le monde universitaire comme un des meilleurs journalistes des États-Unis. »

 

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L’insistance de Barack Obama à réclamer le départ d’Assad – et à affirmer qu’il y a des groupes de rebelles modérés en Syrie capables de le renverser – a provoqué ces dernières années des dissensions feutrées, et même une opposition ouverte parmi les plus hauts fonctionnaires de l’État Major conjoint du Pentagone. Leurs critiques se sont concentrées sur ce qu’ils considèrent comme une obsession de l’administration sur le principal allié d’Assad, Vladimir Poutine. Selon eux, Obama est prisonnier d’une vision de la Russie et de la Chine digne de la guerre froide, et n’a pas ajusté son discours sur la Syrie, qui tiendrait compte du fait que tous deux partagent l’inquiétude de Washington de voir le terrorisme se propager dans et au-delà de la Syrie. Comme Washington, ils pensent que l’islamisme doit être stoppé.

 

4 bis. Talks.jpg

 

La résistance de l’armée remonte à l’été 2013, lorsqu’un bulletin d’évaluation classé secret défense, rassemblé par l’Agence de Renseignement du Ministère de la Défense ( DIA) et les chefs d’États major interarmes, alors dirigés par le Général Martin Dempsey, prévoyait que la chute d’Assad allait mener au chaos et sans doute à la conquête de la Syrie par des extrémistes djihadistes, à l’image de ce qui était en train de se passer en Libye. Un ex-conseiller de l’État-Major interarmes me raconta que le document était une synthèse de sources diverses, élaborant un scénario à partir de signaux, de renseignements satellitaires et humains, et il voyait d’un mauvais œil l’entêtement de l’administration Obama à continuer de financer et d’armer les soi-disant groupes de rebelles modérés. À cette époque, la CIA complotait depuis plus d’un an avec ses alliés du Royaume Uni, d’Arabie Saoudite et du Qatar pour expédier des armes et des marchandises – dans le but de renverser Assad – à partir de la Libye, via la Turquie, jusqu’en Syrie.Le nouveau Rapport estimatif pointait la Turquie comme obstacle majeur à la politique d’Obama en Syrie. Le document montrait, selon ce conseiller, « que ce qui avait débuté comme une opération secrète pour armer et soutenir les rebelles modérés luttant contre Assad, avait été approuvé par la Turquie, et s’était transformé en un programme technique, militaire et logistique à cheval sur la frontière pour toutes les forces d’opposition, y compris Jabhat al-Nusra et l’État Islamique. Les soi-disant rebelles modérés s’étaient évaporés, et l’Armée syrienne libre n’était qu’un mirage stationné sur une base aérienne en Turquie. Le constat était peu réjouissant: il n’y avait aucune opposition modérée viable face à Assad, et les USA armaient des extrémistes.

Lire la suite...

 

Source : http://www.les-crises.fr/echanges-entre-militaires-par-seymour-hersh/

Source initiale : http://www.lrb.co.uk/v38/n01/seymour-m-hersh/military-to-military

 

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Putin and Israel – A Complex and Multi-layered Relationship

 

The Saker – December 23, 2015

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The recent murder of Samir Kuntar by Israel has, yet again, inflamed the discussion about Putin’s relation to Israel.  This is an immensely complicated topic and those who like simple, canned, “explanations” should stop reading right now.  The truth is, the relationship between Russia and Israel and, even before that, between Jews and Russians would deserve an entire book.  In fact, Alexander Solzhenitsyn has written exactly such a book, it is entitled “200 years together”, but due to the iron grip of the Zionists on the Anglo media, it has still not been translated into English. That should already tell you something right there – an author acclaimed worldwide who got the Nobel Prize for literature cannot get his book translated into English because its contents might undermine the official narrative about Russian-Jewish relations in general and about the role Jews played in Russian 20th century politics in particular!  What other proof of the reality of the subordination of the former British Empire to Zionists interest does one need?

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Source : http://thesaker.is/putin-and-israel-a-complex-and-multi-layered-relationship/

 

(En attente de traduction)

 

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État d'urgence : les fossoyeurs de la République

Salah Lamrani – Sayed7asan 28 décembre 2015

      

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« C’est le terrorisme qui menace les libertés aujourd’hui. Ce n’est pas l’état d’urgence. Je le répète : l’état d’urgence ne signifie pas l’abandon de l’Etat de droit. Nous combattons le terrorisme, et nous le vaincrons, avec les armes de la République, de la démocratie, avec la force de nos valeurs, de nos principes républicains et de nos principes de droit. » Ainsi s’exprimait le Ministre-Bonimenteur Bernard Cazeneuve le 2 décembre 2015 avant d’annoncer les résultats des « mesures exceptionnelles » permises par l’état d’urgence, en se gardant bien de préciser, pour les quelques 10% de perquisitions qui auraient débouché sur des saisies, arrestations et/ou actions en justice, combien d’entre elles étaient effectivement liées au terrorisme. 

Il a été révélé depuis que la quasi-totalité des saisies et inculpations concernaient des délits et crimes tout autres que la planification d’actes de terreur et/ou l’ « islamisme radical » – trafic de stupéfiants, banditisme, etc., et à ce jour, malgré les milliers de domiciles saccagés, les lieux de culte profanés et surtout toutes les vies innocentes traumatisées, aucun « terroriste » n’a été arrêté, aucune « cellule » n’a été démantelée. Un échec retentissant en somme, du moins si l’on considère qu’il s’agit bien, avant tout, de lutte contre le terrorisme, ce qui demande tout de même une forte dose de crédulité. 

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Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2015/12/etat-durgence-les-fossoyeurs-de-la.html

 

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Trêve des confiseurs ? Vous voulez rire. La famille Lamrani se défonce.

Quant à l'oncle Sam... on croyait qu'il avait épuisé son catalogue de saloperies. Eh bien, non, il en invente encore de nouvelles.

 

Washington et la crise migratoire cubaine

Salim Lamrani – Mondialisation.ca 28.12.2015

 

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Depuis près d’un mois, des milliers de Cubains qui souhaitent se rendre aux États-Unis, dont la législation favorise l’émigration en provenance de l’île, se trouvent bloqués au Costa Rica.

Près de 6 000 Cubains, candidats à l’émigration vers les États-Unis, se trouvent coincés au Costa Rica, sans possibilités de poursuivre leur voyage vers le Nord. Après s’être rendus en Équateur, seul pays d’Amérique latine à ne pas exiger de visa aux Cubains, ils ont entrepris un long périple à travers le continent pour se rendre principalement à Miami. Mais leur chemin s’est arrêté au Costa Rica. En effet, les pays d’Amérique centrale, du Nicaragua au Mexique, refusent de laisser passer les migrants, cibles des réseaux criminels, et exigent une réponse politique de Washington, principal responsable de cette situation[1].

En effet, les Cubains qui entrent illégalement aux États-Unis sont accueillis les bras ouverts, alors que les clandestins des autres nations sont immédiatement arrêtés et expulsés vers le pays d’origine. Cette spécificité est due à la volonté historique des États-Unis d’utiliser la problématique migratoire comme arme pour ébranler la Révolution cubaine[2].

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Source : http://www.mondialisation.ca/washington-et-la-crise-migratoire-cubaine/5498241

 

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Inde : Arundhati Roy poursuivie pour outrage criminel

24 décembre 2015

 

10. Arundhati Roy.jpg

 

La High Court de Bombay vient d’ordonner l’ouverture d’une procédure pour outrage criminel à l’encontre d’Arundhati Roy pour un de ses récents articles consacré au professeur Saibaba, actuellement détenu pour ses prétendus liens avec la guérilla maoïste. Cet article a été publié dans le magazine Outlook du 18 mai dernier. Déclarant que Roy faisait dans son écrit des déclarations scandaleuses à l’égard des gouvernements du centre et locaux ainsi que de la police, le tribunal a donc décidé de la poursuivre. Le tribunal dénonce, entre autre, le fait qu’elle ait indirectement remis en question l’ordre établi en faisant des remarques quant à la décision prise de refuser une libération provisoire au prisonnier. De ce fait, toujours selon la justice, elle aurait interféré dans l’administration de la justice, ce qui est punissable. Rappelons que le professeur Saibaba est détenu depuis plusieurs mois, après avoir été arrêté à son domicile à New Delhi. L’homme se déplace en chaise roulante et souffre de diverses maladies liées à son handicap, maladie qui ne sont pas prises en charge médicalement par les autorités pénitentiaires, ce qui aggrave son cas jour après jour.

Source : http://www.secoursrouge.org/Inde-Arundhati-Roy-poursuivie...

  

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Mieux vaut tard que pas du tout

 8. Cinéma en bleu   xxx.gif

Un message reçu de Matthieu Dhenin :

Emir Kusturica vient d'achever L'amour et la paix

 
 

9. KUSTU jpg.jpg

Le tournage de L'Amour et la paix vient de se terminer avec les dernières prises de vue à Trebinje, dans une grande piscine. Commencé en juin 2013, le tournage aura duré deux ans et demi, durée hors-norme pour la plupart des cinéastes, mais presque habituelle chez Emir Kusturica. Début décembre, Monica Bellucci, l'actrice principale du film, disait « C'est une expérience passionnante. De toute façon, c'est difficile de dire non à Emir Kusturica. Je souhaitais travailler avec lui depui Le temps des gitans. L'Amour et la paix c'est vraiment son film : il est réalisateur, producteur, il joue le premier rôle masculin... Ce film nous emmène en pleine guerre et évoquera les relations bousculées entre amour et guerre. Kusturica a une manière très particulière de travailler. Le scénario est une base mais sur le plateau, il y a beaucoup d'imagination, beaucoup de nouvelles trouvailles… ». Le film devrait être présenté au prochain Festival de Cannes.

 

3. guillotine xxx.gif

 

Et, oui, on vous l'a déjà mis. On vous le remet. Du moins les quelques bouts qu'on peut...

Car le reste a été bloqué par la BBC « pour des raisons de droits d'auteur », c'est-à-dire censuré, sur requête de la baronne Deech, de la Chambre des Lords, qui ne souhaitait pas déplaire au Lobby Israélien (l'ayant-droit de l'auteur s'appelle Exportation de l'Apartheid).

Nigel Kennedy a, lui aussi, été censuré, pour s'être permis de dire des choses qu'on ne doit pas entendre.

Encore merci à Madame la baronne et bravo à la BBC !

 

Nigel Kennedy et les Palestine Strings

un peu de Vivaldi aux Proms' de 2013

 

 

 

 

 

 

 

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Mis en ligne le 29 décembre 2015

 

 

 

 

 

16:28 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |