31/07/2017

CONTINENT CENTRIFUGE

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Continent centrifuge

 

USA : la dévolution à marche forcée

Wayne Madsen – Strategic Culture10 juillet 2017

 

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Demandez à la plupart des spécialistes de la Constitution des États-Unis et ils vous diront que la Constitution interdit aux États américains de se séparer. Ils souligneront que la Guerre civile américaine a réglé la question de la sécession, en fait aussi bien qu’en théorie. Mais tous les principes constitutionnels considérés n’empêchent pas les États-Unis de déléguer l’autorité du centre politique de Washington DC aux États et même au niveau des grandes métropoles.

Sous l’effet des politiques musclées de Donald Trump, les États-Unis expérimentent la même décentralisation que l’on a pu voir se produire dans d’autres fédérations qui se sont séparées rapidement. Certes, les États-Unis n’ont pas les mêmes causes sous-jacentes comme l’origine ethnique, la langue ou la religion qui ont contribué à la dissolution de l’Union soviétique, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie, mais les actions unilatérales du gouvernement fédéral éloignent régulièrement des États américains du centre de Washington DC.

Trump et ses conseillers, qui ont enfourché le slogan des « droits des États » à la Maison Blanche, ont tendance à ne pas tenir compte de l’autorité de ceux-ci et de leur représentation à Washington, incarnées par le Congrès, au bénéfice d’un exécutif unitaire fort. Le mouvement des États vers une plus grande indépendance vis-à-vis des souhaits du centre, ainsi que la tentative parallèle de l’administration Trump de se substituer aux intérêts des États est pleine de potentialités dangereuses.

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Source : http://lesakerfrancophone.fr/usa-la-devolution-a-marche-f...

 

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Climat

 

Puisqu’ils en parlent tant…

 

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Il semble, à lire Wayne Madsen, que la fronde des États-dés-Unis contre leur président prenne de plus en plus pour prétexte sa prise de position sur le réchauffement climatique. Sont-ils sincères ? Et lui ? Ce qui est sûr, c’est qu’Aline de Diéguez n’y croit pas plus que Donald Trump, et elle dit pourquoi.

 

S.O.S. Nounours sur un glaçon

Aline de Diéguez – Interludes 31 juillet 2017

 

Alors que je contemplais distraitement mes branchouilles de coupes de rosiers en train de se consumer gentiment, la cloche du portail agitée avec vigueur me fit sursauter. La seule personne qui respire dans un voisinage de quelques centaines de mètres à la ronde était là, l'air plutôt revêche. Elle avait humé une fumée suspecte. Horreur ! Du CO2 se répandait dans l'atmosphère. Elle tendit un index accusateur en direction du petit tas de braises. Assurément, j'empoisonnais l'air qu'elle respirait. Est-ce que je n'avais pas entendu parler du réchauffement de la planète ? J'étais en train d'augmenter la pollution avec mon feu criminel. Savez-vous que c'est interdit ?

 

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Son caractère querelleur est connu. Je lui tournai donc le dos, fuyant la discussion. Elle fit semblant de ne pas comprendre que c'était ma manière de lui montrer la porte. Elle continua son sermon et son indignation montait crescendo. Et la montée des eaux dans le Pacifique qui commence déjà à submerger certaines îles et les malheureux réfugiés climatiques, cela vous laisse indifférente ? Je n'avais donc pas pitié des pauvres ours polaires voguant sur des morceaux d'iceberg ?

Et puis, et puis... Agacée, je lui ris au nez, ce qui lui cloua le bec et la fit déguerpir.

Nous voilà brouillées à mort. Tant mieux.

Je regroupai tranquillement les cendres et les restes du petit tas de braises qui viendraient nourrir de potasse mes futures courgettes. L'écologie est sauve. Ouf.

*

Ce petit incident m'a permis de comprendre à quel point une croyance aussi puissante qu'une religion est en marche. Tout y est, manque de discernement et d'esprit critique, psittacisme, certitude en béton armé. Les fidèles de la nouvelle religion sont farouchement persuadés que les discours des politiciens et de leurs relais médiatiques sont porteurs de LA vérité. Du coup, des armées de Torquemada fanatiques sont prêts à condamner tout hérétique au bûcher à la moindre déviation par rapport à la doxa officielle. L'inquisition est en marche.

L'instillation de la peur dans l'esprit des masses est un moteur capital de la politique. C'est l'arme préférée des gouvernants. Comme l'écrivait le journaliste américain Henry-Louis Mencken (1880-1956) : « Tout l'objectif de la pratique politique est de faire en sorte que la populace ait, en permanence, quelque chose à redouter et donc qu'elle réclame bruyamment qu'on assure sa sécurité. On lui fait croire à toutes sortes de menaces et de maléfices, la plupart imaginaires ».

Comme il est facile de faire avaler aux masses n'importe quelle baliverne. Un zeste d'émotion, une bonne dose de terreur sous la forme de prévisions apocalyptiques, une campagne médiatique efficace et répétitive et l'affaire est dans le sac.

C'est ainsi que la revue américaine Nation a publié le 18 avril 2017, un article de Juan Cole intitulé: « Cet autre gaz toxique qui tue des Syriens : les émissions de dioxyde de carbone », où il disait notamment : «Si Trump et ses sbires s'intéressaient vraiment aux enfants tués par des gaz toxiques, ils n'essaieraient pas de rejeter plus encore de CO2 dans l'atmosphère ».

Ciel ! On reste sans voix face une telle dose de stupidité. Tant que les petits Syriens n'auraient à se protéger que du CO2 et pas des gaz méphitiques que le pays de M. Cole livre aux coupeurs de têtes anthropophages, nous serions pleinement rassurés pour eux. Mais, hélas, c'est bien la politique imposée à la Syrie par les Juan Cole américains qui nous fait trembler pour les enfants syriens.

Le lavage de cerveau de certains éditorialistes américains fonctionne donc à merveille et cela d'autant mieux qu'ils semblent ignorer que le CO2 n'est nullement un gaz toxique (à ne pas confondre avec CO). Bien au contraire, il est absolument essentiel à la vie sur terre. Sans CO2, pas d'arbres, pas de végétation, pas de micro-organismes… donc pas d'humains. D'ailleurs les scientifiques révèlent que durant certaines périodes glaciales, le taux de CO2 était trois à quatre fois supérieur à celui mesuré aujourd'hui, ce qui disculpe irréfutablement ce gaz des méfaits qui lui sont imputés.

Le CO2 est une molécule indispensable à la vie sur terre et elle existait dans la nature avant l'apparition de l'homme. Or, il est dorénavant si bien considéré comme un poison par les « réchauffistes » qu'ils oublient d'expliquer que tous les gaz composés de plus de trois atomes - ou de deux atomes s'ils sont différents - participent peu ou prou à un effet de serre, à commencer par la vapeur d'eau, dans la mesure où ils absorbent le rayonnement infra rouge.

Mais la nature, dont nous ignorons 90% de son mécanisme, semble absorber parfaitement les petites différences induites par l'activité humaine. Dans l'analyse des prétendus changements climatiques anthropiques des alarmistes professionnels, rien sur les cheminements des courants marins, rien sur le mystère de l'apparition d’El Niño ou de La Niña, rien sur le mystère de leur circuit et sur celui de leur disparition, rien sur le mystère des différences de salinité entre des couches de l'eau de mer, rien sur le mystère des déplacements des zones de haute et de basse pression et sur le régime des vents qui en est la conséquence, et surtout rien sur le fonctionnement du soleil, sur son activité, sur les causes de la présence des taches, sur l'influence que peuvent avoir sur notre astre les orages magnétiques et les violentes explosions observées sur sa couronne, rien sur l'influence du cycle de onze ans de cet astre sur les températures, sur la couverture nuageuse et sur les vents de la stratosphère, ainsi que sur leur impact sur la troposphère.

Or, on sait que les périodes d'activité solaire « minimale » ont correspondu à la période appelée « petit âge glaciaire » des XVIe-XVIIe siècles. Mais, nos réchauffistes anthropiques, le nez collé sur le guidon au lieu de regarder le ciel, ne jurent que par les gaz à effet de serre d'origine carbonée et ils clament sans complexe que le réchauffement - si réchauffement il y aura, ce qui est loin d'être assuré - que le réchauffement donc sera bloqué si la concentration de gaz à effet de serre, et principalement de CO2, aura « diminué de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et devra disparaitre d'ici 2100 », afin d'ajouter une louche de terreur à leur potage.

Je reviendrai à la fin du texte sur les causes véritables de leur acharnement sur le malheureux CO2.

Et d'ici là tous les moyens de basse démagogie sont utilisés. Ah, le poncif des ours polaires ! Le malin Al Gore est le génial initiateur de la campagne ciblant le danger que courraient les si mignons ours polaires à cause d'un réchauffement climatique dont nous serions coupables. L'image d'un ours blanc jugé sur un morceau de banquise à la dérive, c'est lui, c'est une idée lumineuse du staff d'Al Gore.

 

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Ce pauvre nounours cramponné à son glaçon en a fait pleurer plus d'un dans les chaumières. Mais pourtant rien de plus simple que de réaliser une image parfaite avec Photoshop ! D'ailleurs, personne ne s'est demandé où se trouvait le photographe de la jolie image si bien cadrée, toujours la même, abondamment reprise par tous les médias. Elle est censée illustrer l'horrible catastrophe d'une pauvre bête qui allait mourir de faim sur son glaçon.

Or, tout éthologiste connaisseur de ce mammifère parfaitement adapté à son environnement sait que les ours polaires peuvent nager sans difficulté deux cents kilomètres et qu'ils ne sont nullement gênés par une diminution, d'ailleurs saisonnière, de la glace polaire. S'il arrivait, dans la vraie vie, qu'un ours facétieux, un ours en chair, en os et en poils, réussisse à grimper sur un morceau de banquise à la dérive, ce ne pourrait être que par plaisir ou parce que son instinct lui aurait fait juger ce promontoire particulièrement propice à la chasse.

La population d'ours blancs avait diminué c'est vrai, mais pas du tout à cause de la fonte saisonnière de la banquise : en raison d'une chasse intensive. Elle a, depuis, si bien ré-augmenté que la traque est de nouveau ouverte à l'encontre de cette pauvre bête, et aucun écolo-verdâtre ne réagit à ce massacre.

Al Gore, ex-vice-président des États-Unis, initiateur et gourou du réchauffement climatique - mais derrière lequel s’avance Goldman-Sachs - est bien à l'origine de l'hystérie qui a envahi la planète avec son documentaire Une vérité qui dérange (2006).

L'apocalypse était censée pour demain : la fonte d'un gigantesque glacier du Groenland, la banquise tant en arctique qu'en antarctique allait fondre comme un esquimau chocolaté sous l'Équateur et augmenter le niveau global de la mer de... six mètres, pas moins : la hauteur d'un immeuble de deux étages ! Les côtes de l'Europe et de l'Amérique sous les eaux, des millions de « réfugiés climatiques » en Europe même, le Gulf Stream refroidi par l'apport de toute cette eau glaciale. Tous ces malheurs en chaîne créeraient une situation dramatique dans les États côtiers du Vieux Monde .

Bref, le scénario du film Le jour d'après, qui décrit la catastrophe de New-York submergée par la glace. Ainsi, à en croire le pape de la religion du réchauffisme, le réchauffement du climat… produirait un froid glaciaire !

Et la faute à qui et à quoi ? À l'homme et à son usage des énergies fossiles qui produisent du CO2. Diminuons donc les rejets de ce pelé, de ce galeux. Il ne reste que « très peu de temps » pour agir pour la planète, reprennent en écho les aficionados du GIEC. Mais « nous avons les moyens de limiter le changement climatique », estime aujourd'hui encore Rajendra Kumar Pachauri, l'actuel président de ce Groupement Intergouvernemental de Recherche sur le Climat, le complice et la caution « scientifique » d'Al Gore, avec lequel il a partagé le prix Nobel de la paix en 2007.

Tout cet échafaudage repose sur des « modèles » climatiques, des courbes et des graphiques d'apparence irréfutable. Mais, en douce, les réchauffistes prennent soin d'écarter les données qui ne confirment pas la doxa officielle. Ils se livrent même à des « ajustements » subreptices afin de maintenir le principe que nous vivons un réchauffement « sans précédent », afin de maintenir la pression sur les gouvernants et le bon peuple qui n'imaginent pas qu'il pourrait y avoir une intention malfaisante dans un organisme officiel parrainé par l'ONU.

Et pourtant...

Comme l'a révélé le Climategate bienvenu, la tricherie est partout. Un grand nombre de courriers électroniques envoyés par divers scientifiques « climato-alarmistes » ont été révélés. Mais la presse officielle est d'une timidité remarquable dans la couverture des révélations.

Et pourtant...

On voit alors tous ces gourous réchauffistes discuter entre eux sur la meilleure façon de supprimer les opinions différentes des leurs. Ils demandent comment faire disparaître les observations qui les gênent. Ils complotent sur les procédés les plus efficaces destinés à intimider les éditeurs de revues scientifiques. Ils se demandent même comment manipuler les données d'observation.

L'objectif est d'être le plus terrifiant possible et de supprimer tout ce qui ne confirme pas leur pseudo théorie.

Contrairement aux prévisions des « modèles » du GIEC, les variations constatées du niveau de la mer sont infimes et peuvent être causées par des modifications normales du niveau du sol, par une activité volcanique ou par un tremblement de terre. La preuve qu'il n'y a aucun danger à ce sujet, c'est qu'Al Gore a lourdement investi dans des propriétés en bord de mer et qu'il fait donc fi de sa propre propagande alarmiste de montée des eaux !

Toujours dans le même objectif de terroriser les populations, il s'agit pour le synode des réchauffistes d'attribuer au « réchauffement climatique anthropique » la responsabilité des tornades, des ouragans, des sécheresses, des inondations (Katrina, snif !), un printemps trop chaud, un été trop froid, alors que les scientifiques honnêtes relèvent que ces événements ont toujours existé et n'ont rien à voir avec le CO2 rejeté par l'activité humaine. À les entendre, le réchauffement climatique serait la cause de tout et de n'importe quoi.

Comme le disait avec humour Vladimir Poutine, un peu de réchauffement ne nous déplairait pas. Il disait aussi que le climat obéit à des variations cycliques et que les hommes n'y peuvent rien.

Et pourtant, contrairement à Donald Trump, il ne s'est pas opposé aux conclusions de la grand-messe de la COP21 présidée par un Laurent Fabius plus bouffi de prétention que jamais et n'ayant, évidemment, aucune compétence scientifique en la matière, puisque n'ayant jamais cherché à en acquérir.

La Russie comprend qu'il est impossible d'arrêter un torrent furieux et qu'il arrivera un moment où le principe de réalité prévaudra. « Il faut savoir hurler avec les loups », écrivait Plaute. Sagesse reprise par notre Corneille:

 

Une vertu parfaite a besoin de prudence
Et doit considérer, pour son propre intérêt
Et les temps où l'on vit et les lieux où l'on est.

 

Contrairement aux prévisions alarmistes du GIEC, la température moyenne annuelle globale est stable depuis 1997, pas la moindre trace de réchauffement. Les niveaux océaniques n'ont monté que d'un millimètre et demi, ce qui est insignifiant et ne peut être attribué à aucune cause réellement isolable. Quant à la banquise australe, elle atteint des records de superficie. La somme des surfaces des deux banquises est à peu de chose près constante, même si la banquise boréale a légèrement et momentanément diminué.

Nous voilà pleinement rassurés pour les ours blancs... si les chasseurs de fourrure leur prêtent vie.

*

J'en viens à la géniale invention des financiers : la taxe carbone.

 

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On entre cette fois dans le dur de l'opération.

En effet, l'escroquerie ne serait pas complète si elle n'avait pas débouché sur des manipulations financières. Je passe sur les magouilles de quelques fricoteurs, notamment du « milieu affairiste franco-israélien », qui, en 2009, ont exploité « trois failles originelles », par eux immédiatement reniflées, du système d'échange européen de droits à polluer sous la forme de bricolage sur la rétention de la TVA.

Un cerveau de l'une de ces escroqueries s’en est d’ailleurs candidement étonné : « La faille du système était énorme. Je me demande toujours comment des États ont pu mettre en place un machin pareil ». Les États devraient toujours prendre les filous pour conseillers...

Mais il est un escroc qui est loin d'être un pied nickelé, je parle toujours d'Al Gore. Car, non content d'être à l'origine d'une hystérie climatique, habilement créée, alimentée, gonflée, entretenue avec une efficacité diabolique, ce pape du réchauffisme a réussi l'exploit de s'enrichir d'une manière phénoménale via des placements judicieux dans des entreprises qui bénéficient de la législation mise en place par la bourse américaine du carbone.

A partir du moment où les cours de la tonne de carbone ont été cotés en bourse, l'enfance de l'art a été de séduire suffisamment de complices bien placés, afin de se constituer en une sorte de maffia parfaitement honorable en apparence. Ils ont alors pu utiliser leurs nombreux et bienveillants contacts dans les médias, afin de diffuser des informations tantôt optimistes et tantôt pessimistes sur l'évolution des données climatiques grossièrement falsifiées. Une machination de haut niveau des cours de la tonne de carbone échangée sur le marché du Chicago Climate eXchange a permis à Al Gore, détenteur d'une part importante des fonds spéculatifs de ce marché, de réaliser de juteuses transactions à terme. (v. Paul Joseph Watsen sur www.prisonplanet.com).

Dans cette escroquerie à plusieurs millions de dollars, on trouve les habituels spécialistes de Goldman Sachs qui sont à l'origine de la grande crise des subprimes de 2008 : David Bloom son ex-directeur et surtout Henry Paulson, qui sera nommé Secrétaire au Trésor des États-Unis et qui, en récompense des malversations des banquiers et sous le prétexte d'assurer le « sauvetage » de l'économie américaine (le plan Paulson), avait offert aux banques un bonus de sept cents milliards (je dis bien 700 milliards) de dollars dont elles refuseront de justifier l'utilisation.

Voir L'agonie du dieu dollar.

Dans l'affaire de la cotation boursière de la taxe carbone, la même fine équipe était à l'œuvre.

C'est ainsi que, grâce à une efficace propagande sur une panique artificielle astucieusement gérée provoquée par un réchauffement climatique anthropique imaginaire, beaucoup d'astuce, de persévérance et de complicités diverses, on devient milliardaire.

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/interludes/climat/nounours.htm  

 

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« When in doubt, nuke China »

En cas de doute, atomisez la Chine

Pepe EscobarAsia Times 29 juillet 2017

Via Information Clearing House

 

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D’un cas de figure où l’armée US ne se sent « pas entravée », il existe un précédent et, comme les efforts du général MacArthur en Corée le prouvent, c’est quelque chose dont il faut avoir peur.

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Le 29 juillet 2017 – Information Clearing House – L’effondrement en cours du monde unipolaire et l’inexorable émergence d’une structure multipolaire sont en train de permettre à une intrigue secondaire de prendre des proportions qui pourraient devenir incontrôlables – la normalisation de l’idée de guerre nucléaire.

Sa dernière manifestation en date n’est autre qu’un amiral US nous assurant tous qu’il est prêt à suivre l’ordre du président Trump de lancer un missile nucléaire contre la Chine.

 

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L’Amiral Scott Swift

 

Oubliez le fait qu’une guerre nucléaire impliquant des grandes puissances au XXIe siècle sera La Dernière Guerre. Notre amiral – admirablement nommé Swift – est simplement préoccupé par quelques menus détails démocratiques, du genre « tout membre de l’armée US a prêté serment de défendre la constitution des États-Unis contre tous les ennemis du dehors et du dedans, et d’obéir aux officiers et au président des États-Unis, qui est notre commandant en chef ».

Il n’est donc question que de loyauté envers le Président et du contrôle civil de l’armée – indépendamment du risque d’incinération d’innombrables masses des civils en question, Américains inclus (puisqu’il y aurait une inévitable réplique chinoise).

Swift encore, à la rescousse : « Ceci est le cœur même de la démocratie américaine et, chaque fois que vous avez un militaire qui s’éloigne de l’objectif et d’une allégeance au contrôle civil, alors, nous avons un réel problème. »

Il importe peu que le porte-parole de la flotte US du Pacifique – dans ce cas, Charlie Brown (le bien nommé ?) – se soit empressé avec une louable célérité [swiftly] de contrôler les dégâts en qualifiant la question (nucléaire) de « ridicule ». La réponse et la question sont en fait très révélatrices.

MacArthur Park se fond dans le noir*

Pour ajouter quelques nuances au « contrôle civil de l’armée », un petit retour en arrière jusqu’à septembre 1950 et la guerre de Corée, avec l’aide de Korea : The Unknown War [inédit en français, cf. article], de Bruce Cummings et  Jon Halliday, sera loin d’être ridicule. Surtout à présent que les factions du Parti de la Guerre à Washington plaident pour une atomisation non de la Chine mais de la Corée elle-même.

Il est essentiel de se rappeler qu’avant 1950, le président Truman avait déjà donné l’ordre – « contrôle civil de l’armée » – de larguer deux bombes atomiques sur la Japon. C'était en 1945 – une grande première historique.

Truman était devenu Vice-Président en janvier 1945.  F.D. Roosevelt l’avait traité avec le plus grand dédain, et il ne savait rien du Projet Manhattan. Quand FDR est mort, Truman n’avait été Vice-Président que 82 jours et il devint Président des États-Unis en ne sachant absolument rien de la politique étrangère ni de la nouvelle équation militaro-nucléaire.

Truman eut cinq ans après avoir bombardé le Japon au nucléaire pour tout en apprendre sur le tas. L’action se déroulait à ce moment-là sur le front coréen. Avant même un débarquement amphibie à Inchon sous le commandement du général MacArthur – le plus important depuis celui du V-Day de Normandie en 1944 – Truman avait donné la permission à MacArthur d'avancer au-delà du 38e parallèle. Il y a un débat historique sérieux sur le fait qu’on n’avait probablement pas dit en détail à MacArthur ce qu’il devait faire... du moment qu’il gagnait. Au poil, pour un homme qui adorait citer Montgomery : « On ne donne jamais de directives adéquates aux généraux ».

Quand même, il est sûr que MacArthur a bien reçu un memo top secret de Truman insistant sur le fait que toute opération au nord du 38e parallèle n’était autorisée que s’il n’y avait « pas d’entrée en Corée du Nord d’importantes forces soviétiques ou chinoises, pas d’annonce qu’elles avaient l’intention d’y entrer, pas de danger d’une contre-attaque militaire à nos opérations ».

Et alors… MacArthur reçut un message « pour les seuls yeux du  destinataire » en provenance du chef du Pentagone George Marshall, disant  : « Nous voulons que vous ne vous sentiez nullement entravé, tactiquement et stratégiquement, d’avancer au nord du 38e parallèle »

MacArthur continua donc d’avancer. Il était sûr que la Chine n’interviendrait pas en Corée : « Si les Chinois descendaient sur Pyongyang, il y aurait le plus grand des massacres».  Eh bien, c’était faux. Les forces US ont pris Pyongyang le 19 octobre 1950. Le même jour, exactement, pas moins de 250.000 soldats des Volontaires de l’Armée Populaire Chinoise ont traversé la rivière Yalu et sont entrés en territoire coréen. Le renseignement US n’a rien compris à ce que l’historien S.L.A. Marshall a décrit comme « un fantôme sans ombre ».

MacArthur a commencé à devenir incontrôlable, allant jusqu’à exiger que des bombes atomiques soient larguées sur la Corée du Nord. Il fallait qu’il s’en aille. La question était : de quelle manière ? Les civils – Dean Acheson, Averell Harriman – étaient pour. Les généraux – Marshall, Bradly – étaient contre. Mais ils se disaient aussi avec inquiétude que « si MacArthur n’était pas relevé de ses fonctions, une grande partie de notre peuple trouverait à se plaindre que les autorités civiles ne contrôlaient plus les militaires ».

Truman avait déjà décidé. MacArthur fut remplacé par le Lt. Général Ridgway. Mais la folie de la guerre continua de faire rage, au prétexte de la « menace » sino-soviétique » de « domination communiste du monde ». Plus de deux millions de civils nord-coréens furent tués. Et ce que le général Curtis LeMay – un Dr Folamour en chair et en os – suggéra plus tard en disant qu’il fallait bombarder le Vietnam jusqu’à le « renvoyer à l’âge de pierre » fut bel et bien infligé par les USA à la Corée du Nord.

L’industrie et les infrastructures du pays furent totalement détruites. Il est impossible de comprendre les actions du gouvernement de Pyongyang ces dernières décennies sans se représenter à quel point cette destruction totale des gens et des biens est encore présente à l’esprit de tous les Nord-Coréens.

Ainsi, ce que l’amiral Swift a vraiment dit, c’est – en code – que si un ordre civil lui est donné, l’armée US déclenchera la IIIe guerre mondiale (ou la IVe, si on compte la guerre froide) et appliquera sans sourciller la doctrine  « première frappe » du Pentagone. Ce que Swift n’a pas dit, c’est que le président Trump a aussi le pouvoir d’imiter Truman et de virer tout aspirant-clone de MacArthur en train de péter les plombs.

_____________  

* Allusion à une chanson de Donna Summer : MacArthur’s Park is melting in the dark

 

Source : http://www.informationclearinghouse.info/47544.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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À bons entendeurs…

Parade militaire en Chine, pour célébrer le 90e anniversaire de l’Armée Populaire de Libération

30 juillet 2017

 


 

On remarquera que M. Xi Jinping tient ici les rôles que se partagent en Russie Vladimir Poutine et Sergueï Choïgou.

 

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Sur notre continent à nous

Petit rappel de choses oubliées…

 

Y a-t-il deux Vladimir Poutine ?

Sayed kremlin.ru 14 juillet 2017

Extrait d’une interview de Vladimir Poutine par le journal allemand Bild, le 5 janvier 2016

Traduit et sous-titré par Sayed

 


 

Transcription

Journaliste : – Il y a une théorie selon laquelle il y aurait deux Poutine. Le premier était le jeune M. Poutine d’avant 2007, qui a exprimé sa solidarité avec les États-Unis et qui était l’ami du chancelier Schröder. Et puis, après 2007, un autre Poutine est apparu. En 2000, vous avez déclaré : « Nous ne devrions pas avoir de confrontations en Europe, nous devrions tout faire pour les surmonter. » Et maintenant, nous nous retrouvons dans une telle confrontation [en Crimée, etc.].

Puis-je vous poser une question directe ? Quand allons-nous retrouver le premier M. Poutine ?

Vladimir Poutine : – Je n’ai jamais changé. Tout d’abord, je me sens encore jeune aujourd’hui. J’étais et je continue d’être l’ami de M. Schroeder. Rien n’a changé.

Mon attitude à l’égard de questions telles que la lutte contre le terrorisme n’a pas non plus changé. C’est vrai, le 11 septembre, j’ai été le premier à appeler le Président Bush et à exprimer ma solidarité. En effet, nous étions prêts à tout faire pour combattre le terrorisme ensemble. Il n’y a pas si longtemps, après les attentats terroristes de Paris, j’ai appelé puis rencontré le Président de la France.

Si on avait écouté Gerhard Schroeder, Jacques Chirac et moi-même, il est probable qu’il n’y aurait eu aucune des attaques terroristes récentes à Paris, car il n’y aurait pas eu de poussée de terrorisme en Irak, en Libye ou dans d’autres pays au Moyen-Orient. […]

Vous m’avez demandé si j’étais un ami ou pas. Les relations entre les États sont un peu différentes de celles entre les individus. Je ne suis ni un ami, ni une mariée ou un marié. Je suis le Président de la Fédération de Russie. C’est 146 millions de personnes ! Ces personnes ont leurs propres intérêts, et je dois protéger ces intérêts. Nous sommes prêts à le faire de manière non conflictuelle, à rechercher un compromis, mais bien sûr, en fonction du droit international, qui doit être compris uniformément par tous.

Source : http://lesakerfrancophone.fr/y-a-t-il-deux-vladimir-poutine

 

 

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Message à Ariane Walter

 

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Madame,

Qu’estce que vous foutez sur Agoravox ?

Ça vous amuse d’écrire pour des veaux ?

On vient d’essayer de vous déposer un mot de commentaire : impossible. On n’a pas réussi à se dépêtrer des formalités. Il y a pourtant plein de nuls qui y arrivent. Zut alors.

Et pourquoi votre délicieux Jupiter & Jupenlair n’est-il pas sur Le Grand Soir, i sont bégueules ?

S’il vous plaît, pour nous faire plaisir, trouvez-vous à crécher dans un endroit où... il y ait un minimum de Q.I.

Bien à vous.

Théroigne

 

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Il est 11 heures (23), on vient de trouver ça chez Mermet. On rouvre.

Je t’aurai cherché partout...

Le 31 juillet 2017

Surtout ne pas écouter la radio aujourd’hui, surtout ne rien lire sur elle, pas même l’écouter chanter, fuir les conversations, les superlatifs, se barrer dans les dunes, trouver un coin, un creux et rester là, seul avec elle, seul avec notre jeunesse, avec les nuages qui passent et les oiseaux, fermer les yeux et doucement entendre Miles et la voir elle dans Paris sous la pluie comme je la vis en noir et blanc de tous mes dix sept ans palpitants au fond du cinéma Champolion, et vous l’avouer enfin, quand elle dit "Julien je t’aurai cherché partout", je peux le dire maintenant, l’histoire n’avait plus aucune importance, le film n’avait plus aucun sens, sauf un : Julien c’était moi.

Daniel Mermet

(Jeanne Moreau est morte)

 

 

 

Mis en ligne le 31 juillet 2017.

 

 

 

 

22:31 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/07/2017

CONTINENT CENTRIPÈTE

1. Roosevelt's big stick x.JPG

 

Continent centripète


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Bruno Guigue devrait être prof d’histoire dans toutes les écoles de France. De la maternelle à l’agrégation !

 

Leçons vénézuéliennes

Bruno Guigue – Arrêt  sur Info25 juillet 2017

 

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La déstabilisation à grande échelle subie par le Venezuela - dernier épisode d’une guerre larvée contre cet empêcheur de tourner en rond dans “l’arrière cour” impérialiste - vient administrer quelques leçons que les partisans d’un changement radical - c’est-à-dire tout autre que cosmétique - gagneraient à méditer. La première leçon, c’est qu’on ne peut construire une alternative politique sans prendre le risque d’un affrontement décisif avec les détenteurs du capital, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières. Par alternative politique, on entendra exactement l’opposé de ce que l’on nomme “alternance”, c’est-à-dire la simple permutation des équipes au pouvoir. C’est un processus beaucoup plus profond, qui ne se contente pas de quelques modifications de surface, mais qui met explicitement en jeu les structures déterminant la répartition des richesses.

Cette alternative politique s’identifie donc avec la reprise expresse, par le peuple, des attributs de la souveraineté. Elle suppose la rupture des liens qui rattachent le pays au capital étranger dominant et au capital local "compradore” qui en dépend. Mais c’est une tâche colossale. A peine entreprise, la pesanteur objective des structures s’y conjugue avec la guerre acharnée que mènent les nantis pour conserver leurs privilèges de classe. La presse internationale décrit le Venezuela comme un pays en faillite, mais elle oublie de préciser que cette faillite est celle d’un pays capitaliste latino-américain. Ce pays a accompli des progrès significatifs jusqu’en 2014, mais l’absence de transformation structurelle l’a laissé dans l’ornière de la dépendance économique. Ruiné par la chute des cours du pétrole, il n’a pas su - ou pu - bâtir un modèle alternatif.

Si les nervis de la droite vénézuélienne se déchaînent dans les rues de Caracas sous les vivats de la presse bourgeoise et des chancelleries occidentales, c’est parce que Maduro n’est ni Castro ni Tsipras. S’il était Castro, c’est-à-dire si le Venezuéla avait pleinement restauré sa souveraineté et s’était engagé dans un processus de développement autonome non capitaliste, il n’y aurait pas de nervis à Caracas. Mais c’est de la politique fiction : Maduro n’est pas Castro, et le Venezuela n’est pas Cuba. Inversement, Maduro n’est pas non plus de la graine d’un Tsipras. Il n’entend pas rendre les armes et céder à l’opposition malgré la crise économique gravissime que connaît le pays. Résolu - ou résigné - à occuper cet entre-deux, Maduro ne peut ni renier un chavisme dont il est l’héritier ni pousser les feux d’une “révolution bolivarienne” que la paralysie économique du pays et la victoire électorale de l’opposition ont suspendue de facto.

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 Sources : http://arretsurinfo.ch/lecons-venezueliennes/

Et : https://www.legrandsoir.info/lecons-venezueliennes.html

 

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Parfaitement drillés et sûrs d’avoir raison. Mais nous aussi en 68, non ? En fait, nous n’avions pas tort sur tout, mais il nous a fallu plus de trente ans pour comprendre ce qui était en jeu et à quoi au juste nous avions eu affaire.

 

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Dans la pressetituée belge

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Dessin de Vadot dans L’Express

 

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Nous ne pouvons pas suivre ici, au jour le jour, la véritable guerre qui se déroule au Vénézuela. Pour se rendre compte des capacités de nuisance et de tromperie des forces d’agression, il faut lire le commentaire d’un citoyen vénézuélien à notre post du 7.7.2017. Nous ne mettons pas sa sincérité en doute. C’est justement ce qui est terrible, et c’est dans ces conditions que le gouvernement de Nicolás Maduro se bat. Son grand malheur est – comme Salvador Allende – d’être un civil. Hugo Chavez, en 2002, et Vladimir Poutine, un certain nombre de fois, ont pu tenir ces forces en échec parce qu’ils étaient des militaires et qu’ils ont été soutenus à des moments critiques, par une partie au moins de l’armée nationale de leur pays. Nicolás Maduro est seul et c’est à mains nues, contre des forces monstrueusement riches, armées jusqu’aux dents et alliées à un étranger pire encore, qu’il doit faire respecter la Constitution, la légalité et la sanction des urnes, tout en les respectant lui-même.

Pour suivre, au plus près, ce qui se passe dans ce pays qui ressemble de plus en plus à l’Espagne de 1936-39, voir VenezuelaInfos et/ou Le Grand Soir (les deux, c’est mieux).

Par exemple :

Nouveaux sondages surprises au Venezuela (Juillet 2017)

Thierry Deronne – Le Grand Soir 25 juillet 2017

 

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Nos lecteurs remarqueront (désapprouveront ?) l’abondance ici des articles sur le Venezuela.

C’est que les troubles (gonflés et déformés par les médias) que connaît ce pays concernent, en fait, tout un continent et peut-être d’autres par ricochet.
LGS dispose sur place d’amis journalistes hors pair dont les informations, même quand elles tranchent à 100% avec celles d’un Paulo Paranagua du Monde (par exemple), sont vraies à 100 %.

Nous avons publié des dizaines d’articles sur le Venezuela. Le lecteur ludique jouera à les relire et à les comparer à ceux des médias classiques. Par exemple, quand en 2007 nous disions (un peu seuls) que le CSA vénézuélien n’avait pas renouvelé la licence d’exploitation hertzienne de RCTV, une télé putschiste (qui pouvait toujours émettre par câble, satellite, Internet), tous les médias parlaient de la fermeture de RCTV par Chavez. Dix ans plus tard, le mot « fermeture » est abandonné par tous, y compris par RSF qui en abusa.

Le texte ci-dessous nous révèle à quel point nous sommes encore et toujours désinformés sur le Venezuela. LGS

 

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Selon l’institut d’enquête privé vénézuélien HINTERLACES, 56 % des vénézuéliens ne sont pas du tout ou peu disposés à participer aux manifestations ou rassemblements de l’opposition. 71 % pensent la même chose pour les blocages de rue, d’autoroutes et d’avenue, la nouvelle forme de protestation mise en place par l’opposition appelée « guarimba » (barricade infranchissable sous peine de tirs). Cette enquête montre également que les formes les plus violentes de protestations des derniers jours sont celles qui génèrent le plus de rejet de la part de la population, étant donné que 85 % affirme ne pas vouloir participer à des « guarimbas » ni à des affrontements avec des agents de l’ordre public au Venezuela. Alors que les appels à manifester de la MUD (coordination des partis de droite) ne sont pas non plus suivis par la majorité des vénézuéliens, une éventuelle grève nationale ne serait soutenue que par 37 % de la population et un processus de désobéissance active par 27 % des vénézuéliens. Ces chiffres mettent (...)

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Sources : https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/25/nouveaux-...

Via : https://www.legrandsoir.info/nouveaux-sondages-surprises-...

 

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Le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte »

Andrew King – Truth Out 24 juillet 2017

 

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Un article récent du New York Times, intitulé « les supporters de Maduro sont pris pour cibles à Miami », décrit le groupe de plus en plus bruyant d'« exilés » vénézuéliens anti-gouvernementaux vivant aux États-Unis qui renforcent leurs tactiques d'agitation et de harcèlement contre les Vénézuéliens qui soutiennent le gouvernement socialiste du président Nicolas Maduro. L'opposition vénézuélienne a bénéficié du soutien inconditionnel du gouvernement US et des médias – qu'ils soient conservateurs ou libéraux - qui, tous en choeur, diabolisent et sapent le gouvernement démocratiquement élu de la nation, qualifié de dictature brutale, tout en dépeignant l'opposition financée par les États-Unis et souvent violente comme des manifestants anti-gouvernementaux pacifiques et démocratiques. Il est vrai que la situation économique actuelle au Venezuela est assez grave ; la nation connaît actuellement un taux d'inflation à trois chiffres et les vénézuéliens doivent souvent subir de longues files d'attente pour acheter des (...)

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Source : https://www.legrandsoir.info/le-venezuela-est-attaque-par...

 

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Du Brésil au Venezuela, les mouvements paysans disent « basta ! » à la droite putschiste

Thierry Deronne – Venezuela Infos 26 juillet 2017

 

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C’est au cri de « que les corrompus nous rendent nos terres ! » que des centaines de militant(e)s du Mouvement des Sans Terre ont occupé ce 25 juillet du nord au sud du Brésil de grandes propriétés appartenant à des ministres, des sénateurs, et directement ou à travers des prête-noms, au président de facto Michel Temer. A Rio de Janeiro les travailleurs sans terre ont occupé l’immense hacienda improductive de Ricardo Texeira, ex-président de la puissante fédération brésilienne de football, impliqué comme Temer dans de nombreuses affaires de corruption. L’hacienda Santa Rosa, nous explique Joaquin Pineiro, des Sans Terre, sert de plate-forme au blanchissement de capitaux, et « toutes ces terres de corrompus doivent être rendues à la reforme agraire ». La justice brésilienne a ordonné l’expulsion immédiate, ce 25 juillet, des occupants qui ont décidé de maintenir leur campement.

Temer – un ultra-libéral qui s’accroche au pouvoir depuis le coup d’État mené par la droite parlementaire contre la présidente élue Dilma Roussef – est en train de vendre aux multinationales les terres de l’Amazonie appartenant aux communautés indigènes et aux quilombolas (communautés afro-descendantes). Dans le reste du Brésil, il met aux enchères les terres destinées à la réforme agraire (manière d’acheter le vote des secteurs de l’agrobusiness au sein du congrès et de freiner sa possible destitution pour corruption). Allié privilégié des multinationales, le président de facto multiplie la répression contre les militants sociaux. Les travailleurs sans terre dénoncent l’impunité qui entoure les assassinats et autres exactions, réclament la démission du putschiste, la tenue immédiate d’élections libres et la reprise de la réforme agraire.

Au Venezuela, les amis de Temer rêvent, impatients, de mener la même politique sauvage de privatisation de l’économie, de restitution des terres aux grands propriétaires et de répression des mouvements sociaux. Leur violence raciste et de classe (que les médias internationaux déguisent en « révolte populaire » comme ils l’ont fait pour les mobilisations de la droite contre Dilma Roussef) n’est que la répétition générale de ce qu’ils feraient une fois au pouvoir. Depuis le coup d’État contre le président Chavez en 2002 jusqu’à aujourd’hui, en passant par les 43 morts des « guarimbas » de 2014, cette droite est responsable de la violence et de la majorité des morts. Des mouvements paysans ont répondu en occupant des terres improductives appartenant à ces partisans du coup d’État.

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Source : https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/26/du-bresil...

 

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Deputados gauchos

 

Avec le soutien du Mouvement des Sans Terre du Brésil et de la FAO, le Venezuela investit dans la production de semences agroécologique

Camila Rodrigues, Brasil de Fato, 24 juillet 2017

 

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En plein centre de Caracas, au Venezuela, l’agriculteur Manuel Velásquez cultive concombres, aubergines, bananes, avocats, légumes verts et autres aliments du jardin bio Bolivar 1, qui dispose de 155 plate-bandes. Outre les légumes, Velásquez produit également des semences pour assurer les futures plantations de ces légumes et d’autres.

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Source : https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/27/avec-le-s...

 

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Ah, eux aussi !

Venezuela : le président Nicolás Maduro rejette les « insolentes » sanctions américaines (VIDEO)

RT en français27 juillet 2017

 

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Le président vénézuélien Nicolás Maduro a rejeté le 26 juillet les «insolentes» sanctions américaines contre 13 actuels et anciens hauts responsables de son gouvernement, quelques jours avant l'élection d'une Assemblée constituante contestée.

Lors d'une réunion publique, le 26 juillet, le président vénézuélien Nicolás Maduro a dénoncé les sanctions américaines imposées le même jour. Il s’est élevé contre «la prétention illégale, insolente et insolite d'un pays à vouloir sanctionner un autre pays.» «Que croient les impérialistes américains? Qu'ils sont un gouvernement mondial ? Nous ne l'acceptons pas», a-t-il martelé.

Sur le front diplomatique, les États-Unis ont annoncé le 26 juillet des sanctions contre 13 actuels et anciens hauts responsables gouvernementaux vénézuéliens, dont Tibisay Lucena Ramirez, président du conseil national électoral et Elias Jose Jaua Milano, à la tête de la commission présidentielle pour l'Assemblée nationale constituante. Ils voient leurs éventuels patrimoines et comptes bancaires gelés aux États-Unis et ils ne peuvent plus commercer avec des Américains.

En attendant, l'opposition vénézuélienne se prépare le 27 juillet à sa deuxième journée de grève générale, très suivie le 26 juillet, pour accroître la pression sur le président Nicolás Maduro et le faire renoncer à son projet d'Assemblée constituante. La grève doit durer 48 heures.

 


 

Les antichavistes (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, dont Nicolás Maduro est l'héritier) voient dans ce projet de réécrire la Constitution un moyen pour Nicolás Maduro de se cramponner au pouvoir et de contourner le Parlement élu, où l'opposition est majoritaire.

N.B. La vidéo annoncée n’est visible que sur Facebook et sur Twitter ! On s’en passe.

 

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Lire aussi, sur RT en français :

 

Le président Maduro accuse la CIA de préparer un complot pour le renverser

https://francais.rt.com/international/41324-maduro-accuse...

 

Venezuela : Déjà 80 jours de manifestations contre Maduro.

https://francais.rt.com/international/40038-venezuela-dej... (VIDEO)

 

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C’est après-demain.

Venezuela heure zéro : ont-ils la force suffisante ?

Marco Teruggi – VenezuelaInfos 27 juillet 2017

 

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Ils sentent la fin. Donald Trump a menacé publiquement le Venezuela de sanctions économiques si le Gouvernement maintenait l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) au suffrage universel, le 30 juillet prochain (l’Union Européenne lui a emboîté le pas en demandant la suspension du processus démocratique). Le secrétaire de l’Organisation des États Américains Luis Almagro s’est rendu en personne au Sénat des États-Unis pour parler de la crise au Venezuela. Il y a avancé, sans aucune preuve puisque les urnes ont été brûlées par les militants de droite après le décompte des voix, le chiffre de 7.676.894 votants au plébiscite organisé par l’opposition. Les médias internationaux enflent, diffusent, légitiment ce « résultat » invérifiable dans chacune de leurs émissions. Tous pensent que « l’heure est venue ».

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Source : https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/27/venezuela...

 

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De qui ont peur les États-Unis et la droite mondiale ?

 

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Caracas - Manifestation de soutien à l’Assemblée Nationale Constituante

 

Ce 30 juillet auront lieu au Venezuela les élections de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), expression de la démocratie participative et « protagonique » comme on dit au Venezuela pour exprimer le concept de souveraineté populaire. Jeudi une grande mobilisation a rempli les rues de Caracas en soutien à ce vaste chantier qui consiste à écrire une constitution pour l’enrichir de nouveaux droits et aller vers un nouveau modèle économique. Mais comment faire coller cette information, occultée par les médias, avec la fable de la « féroce répression » à laquelle la plupart d’entre nous ne pouvons que croire ?

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Source : https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/28/de-qui-on...

 

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Plus tout ce qu’on ne sait pas :

 

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Interventions US en Amérique Latine (c’est en anglais mais assez clair pour qu’on comprenne).

 

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On s’en était aperçus.

Un nouvel algorythme de Google limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche

Andre Damon et Niles Niemuth – LGS28 juillet 2017

 

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Au cours des trois mois écoulés depuis que le monopole des moteurs de recherches sur Internet, Google, a annoncé qu’il fallait empêcher les utilisateurs d’accéder à de « fausses nouvelles » (fake news), le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques a considérablement diminué.

Le 25 avril 2017, Google a annoncé qu’il avait mis en place des modifications de son service de recherche pour rendre plus difficile pour les usagers d’accéder à ce qu’il appelait des informations « de mauvaise qualité » telles que les « théories du complot » et les « fausses nouvelles ».

La société a déclaré dans un article de blogue que l’objectif central de la modification de son algorithme de recherche était de donner au géant des recherches un plus grand contrôle dans l’identification du contenu jugé répréhensible par ses directives. Il a déclaré qu’il avait « amélioré nos méthodes d’évaluation et effectué des mises à jour algorithmiques » afin de « contenir un contenu plus autorisé ».

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Source : https://www.legrandsoir.info/un-nouvel-algorithme-de-goog...

 

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Mis en ligne le 10 Thermidor, An 225e de la République

« Ils l’ont noyé dans le sang qu’ils avaient tiré pour le perdre. » (Lamartine)

Oui, déjà.

 

 

 

 

23:50 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

26/07/2017

COMMENT DEVIENT-ON ROTHSCHILD ?

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Comment devient-on Rothschild ?

 

Depuis quelque temps, il n’est plus question que d’eux. C’est que mettre un roi, fût-il de carton-pâte, sur le trône d’une France prétendûment républicaine n’est pas un si mince exploit. Mais l’étude d’Aline de Diéguez que voici ne s’y rapporte que par le hasard des calendriers et celui des péripéties qui ne sont pas la guerre. Cette étude extrêmement fouillée est en réalité l’aboutissement d’une recherche, si justement intitulée « Aux sources du chaos mondial actuel », entreprise il y a presque dix ans pour à la fois comprendre et dénoncer le sort fait aux Palestiniens par leurs envahisseurs, avec la complicité active ou passive mais assurément toujours abjecte, de ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté internationale ».

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Aline de Diéguez

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

" La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. " (Edward Mandell HOUSE)

3ème Partie
Ultime remontée du courant : De la création de la Banque d'Angleterre
au camp de concentration de Gaza

 

I

Les Rothschild et la colonisation financière de la planète

L'argent est le dieu de notre temps et Rothschild est son prophète
Heinrich Heine

 

1 – Les espèces invasives

2 – Mes sources

3 – Le contexte socio-politique de la montée en puissance de la “ famille ”

 

1 - Les espèces invasives

Envahissantes, proliférantes, virulentes, allochtones, les “espèces invasives ” se manifestent par les perturbations souvent néfastes du milieu qu'elles colonisent ouvertement ou en tapinois.

Ainsi, la célèbre Caulerpa taxifolia, une jolie algue vert fluo d'origine exotique, relâchée accidentellement, dit-on, par les responsables de l'aquarium de Monaco, étouffe progressivement toutes les autres formes de végétation sous-marine méditerranéenne. Nul recoin ne lui échappe, elle se développe partout, dans le sable, la vase, en eau claire et dans les ports pollués, dans les baies protégées et sur les rochers battus par le vent.

D'origine tropicale, la Caulerpa taxifolia n'aurait pas dû survivre en Méditerranée, hors de son milieu naturel. Mais les "espèces invasives" savent s'adapter.

La pire de toutes les espèces invasives est sans conteste homo sapiens.

Un jour, une petite poignée d'hominidés s'est élancée des forêts, des confins désertiques africains ou asiatiques la question n'est pas tranchée. Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'a mis qu'une quarantaine de milliers d'années pour se répandre sur la totalité la "machine ronde". Elle s'est si bien adaptée à tous les climats et à tous les sols qu'elle occupe aujourd'hui aussi bien les plus minuscules îlots que les glaces des pôles ou les déserts brûlants.

Une sous-espèce d'homo sapiens, l'homo erectus financiarus rothchilius, est apparue depuis peu. En un temps record, elle s'est révélée aussi virulente que la caulerpa de l'aquarium de Monaco dans la colonisation de la planète.

Longtemps Crésus fut le symbole indépassable du premier milliardaire béni des dieux. Mais oublié de nos jours le souverain lydien, ce premier trafiquant de monnaies et heureux bénéficiaire de la présence dans son petit royaume du fleuve Pactole, généreux pourvoyeur de paillettes d'or. Oublié le cupide Midas et son voeu imprudent de transformer en or tout ce qu'il touchait. Il découvrit trop tard et avec terreur que l'or ne se mange pas. Il mourut de faim.

Ces héros semi mythologiques ont aujourd'hui un successeur puissant, omniprésent, envahissant. À riche comme Crésus a succédé riche comme Rothschild. "L'argent est le Dieu de notre temps et Rothschild est son prophète", écrivait le poète et écrivain allemand Henry Heine (1797-1856).

Telle une brindille de Caulerpa taxifolia colonisant tout le bassin de la Méditerranée ou la redoutable écrevisse américaine qui dévore, là où elle s'installe, les larves, les œufs de poisson et de grenouilles et qui croque au passage les végétaux aquatiques et détruit son environnement, le monde a assisté, incrédule, au miracle d'un rameau insignifiant d'homo erectus financiarus réussir à faire main basse sur la quasi-totalité de la finance internationale. Issu de la misérable rue-aux-Juifs de Francfort-sur-le-Main il y a moins de trois siècles, et en deux générations, homo financiarus rothchilius était parvenu à coloniser le monde entier en tapinois.

« Un Rothschild qui n’est pas riche, pas juif, pas philanthrope, pas banquier, pas travailleur et qui ne mène pas un certain train de vie n’est pas un Rothschild », clamait, en toute modestie, un des membres de la tribu.

 

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                  Hier                                                                 Aujourd'hui

 

2 - Mes sources

À ce stade de mes analyses sur les origines du chaos financier actuel, il était inévitable que je rencontre le groupe financier qui a joué - et continue de jouer - un rôle décisif dans le destin de l'Europe et du monde.

Cependant, avant de me lancer dans la folle entreprise de tenter de comprendre par quels cheminements cachés et publics un clan d'extraction aussi modeste est devenu le maître du monde avec une rapidité foudroyante, il me semble loyal de présenter mes sources.

En effet, les archives complètes de la dynastie Rothschild ont toujours été secrètes. Elles le demeurent de nos jours et le demeureront à l'avenir. Personne, hormis peut-être quelques membres de cette pléthorique famille, n'y a accès car elles renferment des secrets financiers, donc politiques, si importants et si compromettants pour de nombreux États, qu'il est à parier qu'en cas de force majeure les documents les plus explosifs seront plutôt détruits que révélés.

En conséquence, tous les auteurs qui se sont intéressés à cette famille, même s'ils prétendent le contraire, ne traduisent, par la force des choses, que l'écume de la réalité et ne reflètent que leurs propres partis-pris. C'est pourquoi mon objectif n'est pas de rivaliser avec ces éminents prédécesseurs, mais d'essayer de comprendre comment on devient Rothschild.

Parmi les principaux biographes, certains se vantent d'avoir eu accès à des archives partielles en provenance de tel ou tel État européen. D'autres révèlent un talent remarquable de romanciers et "interprétent" à leur manière la partie émergée de l'iceberg dont ils ont connaissance, en subodorant le contenu de la partie immergée. Faute de documents officiels, leur imagination en conduit certains autres à inventer des épisodes destinés à accroître la gloire posthume de leurs héros ou à pimenter leur récit d'anecdotes croustillantes. J'en signalerai quelques-uns lorsqu'ils se présenteront.

Cependant, une note précieuse figure dans un petit opuscule de 1846, réédité par Gallica BNF en 2017 et intitulé Histoire édifiante et curieuse de Rothschild 1er, roi des Juifs, par Satan, de Georges-Marie Mathieu Dairnvaell, (chez l'éditeur, rue Colbert, 4 et chez tous les Libraires, 1846, p.13). Cette note donne la clé des raisons pour lesquelles l'immense majorité des biographies baigne dans une douce atmosphère sucrée d'admirative bienveillance, évidemment intéressée : "On connaît à Paris une race de soi-disant écrivains qui spéculent sur l'orgueil des hommes en évidence. (…) Le biographe fait des biographies à tous prix en laissant au biographé le droit de corriger les épreuves. (…) Les Rothschild ont corrigé eux-mêmes les épreuves (de leurs biographies) et payé en exemplaires (souscrits) la composition et la rédaction." Comme chacun sait, on n'est jamais si bien servi que par soi-même.

Egon César Comte Corti, l'auteur de l'étude la plus exhaustive sur le sujet, pillée sans scrupules par tous les successeurs : La Maison Rothschild, (deux gros volumes traduits de l'italien, Payot 1929), enfonce le clou : "La littérature spéciale relative à la maison Rothschild se compose de panégyriques payés écrits en faveur de cette maison, ou de pamphlets haineux, dont le parti pris rebute également dès que l'on en a lu les premières lignes."

C'est pourquoi j'ai privilégié les documents les plus anciens sur les origines de cette "dynastie", en croisant autant que possible les sources, car j'ai constaté que les auteurs plus récents ont purement et simplement plagié et même recopié des pages entières des ouvrages anciens, notamment l'étude détaillée citée ci-dessus du Comte Corti, même lorsqu'ils se donnent le luxe de le critiquer et le jugent comme "une sorte de somme effroyablement composée, mais surtout précieuse par les documents tirés des archives d'État d'Autriche et de Prusse ; Corti, en particulier, a utilisé la correspondance entre les Rothschild et Metternich." (Jean Bouvier, Les Rothschild, Club français du livre, 1960, p.255)

M. Bouvier omet de préciser qu'il s'agit d'une édition originale dont le papier, la présentation et l'impression laissent, certes, à désirer. Mais son reproche est à adresser principalement aux éditions Payot, qui n'ont pas jugé bon de rééditer cet ouvrage capital de 1929 et dont néanmoins presque tout le monde s'inspire sans le citer.

C'est le cas de l'Israélien Amos Elon, Le premier des Rothschild, Meyer, Amschel, fondateur de la dynastie, trad. de l'anglais, Patricia Blot (Calmann-Lévy 1997) qui se vante pourtant d'avoir pu accéder aux archives privées des banquiers. Certes, une présentation modernisée et aérée transforme un dossier un peu aride en une sorte de roman d'aventures à la gloire de l'habileté et de la ténacité du héros, bien que l'auteur n'apporte aucune information importante nouvelle.

L'historien américain Herbert R. Lottman, spécialiste de la France des années de guerre et d'après-guerre, affirme avoir, pour la rédaction de son ouvrage La Dynastie Rothschild, (trad. Marianne Véron, Le Seuil, 1995) bénéficié du privilège du vainqueur. Le premier, il a eu accès, dit-il, à des correspondances de famille et à des archives des services secrets que le gouvernement de Vichy collationnait sur les juifs. Son ouvrage concerne l'histoire récente de la "Maison".

L'ouvrage de l'Anglais John Reeves, The Rothschilds, The Financial Rulers of Nations, CHICAGO, AJe. C. McCLUEG & CO. 1887, est accessible en Pdf sur internet et en anglais. Il fait partie de la catégorie des panégyriques et véhicule des légendes et des balivernes destinées à cimenter la gloire d'une famille "exceptionnelle".

Egalement accessible sur internet en Pdf, Jean Péron, Les Rothschild, Paris, Editions nouvelles, 1948. Résumé très condensé de l'analyse du Comte Corti, sur un ton, non pas "haineux", pour reprendre la classification du géopoliticien italien, mais pour le moins hostile.

En revanche, dans la catégorie des dithyrambes, on rangera S.Paul Robert, La vérité sur la maison Rothschild, Paris 1846, numérisé Gallica BnF. Opuscule (16 pages) très élogieux sur les actions humanitaires et culturelles de la Maison Rothschild en France qui, écrit-il, ne mérite pas la polémique née à propos de l'accident survenu lors de l'inauguration prématurée de la ligne de chemin de fer du nord dont James Rotschild était le principal actionnaire : "La famille Rothschild est riche, noble, bienfaisante, trois crimes énormes que les plumes vénéneuses ont voulu lui faire expier." (p. 3) Ce livret entre visiblement dans la catégorie des biographies corrigées par le "biographé ".

- Joseph Lémann, Napoléon et les Juifs, (1891), réédition, Avalon, 1989. Cet ouvrage est important dans son ensemble pour qui s'intéresse au statut des juifs durant le premier empire. Dans son chapitre III du Troisième Livre on découvre l'origine de la scène inénarrable du fils émigré à Londres - Nathan Rothschild - mais toujours étroitement associé à la maison mère allemande. Il aurait assisté, "adossé à un arbre", à la débâcle de Waterloo - scène ensuite reprise telle quelle dans plusieurs ouvrages et dans d'innombrables articles sur internet. Le comique se poursuit avec la description des prétendus marchandages d'un banquier ventru avec des marins d'Ostende réticents. Tableau hilarant des tentatives du financier de les soudoyer les uns après les autres en vue d'arriver dare-dare en Angleterre malgré une grosse tempête et une mer déchaînée. Notre gros banquier humait le gros lot et voulait, au péril de sa vie et de celle des marins, profiter d'urgence des répercusions de la défaite de l'empereur et réaliser un coup fumant à la Bourse de Londres - opération magistrale, mais qui fut évidemment réalisée dans des conditions plus classiques. Elle lui a permis de rafler un coquet magot à l'origine de la fabuleuse fortune de la branche anglaise de la tribu. Mais quelle imagination de l'auteur ! Quelle page de pure littérature fantastique !!

- J'ajoute quelques ouvrages moins directement biographiques, mais essentiels à la compréhension du destin de ce clan :

- Les Juifs en Allemagne, De l'époque romaine à la République de Weimar, Nachum, T. Gidal, Köneman 1998, gros ouvrage grouillant de références et d'illustrations inédites, dont sont reproduites celles figurant dans cette page.

- Histoire des banques centrales et de l'asservissement de l'humanité, Stephen Mitford Goodson, Omnia Veritas Ltd, 2016. Ouvrage lumineux sur les conditions de la naissance de la Banque d'Angleterre.

- La traite des Slaves, L'esclavage des blancs du VIIIe au XVIIIe siècle, Alexandre Skirda, Les Editions Paris Mac Chaleil, 2010. Ouvrage très important qui révèle un épisode soigneusement occulté par les historiens modernes et origine de colossales fortunes réalisées par des esclavagistes de toutes religions depuis les débuts du Moyen-Age, auxquels se sont joints des juifs maranes chassés d'Espagne et du Portugal lors de la promulgation des lois sur la "pureté du sang" en 1492 par les rois Isabelle et Ferdinand. Durant tout le Moyen-Age, le trafic d'esclaves avait principalement concerné les Slaves, femmes, hommes et enfants, capturés au cours de violentes razzias en Europe orientale. Les enfants et les adolescents, castrés et vendus dans des foires, faisaient le bonheur des sublimes chorales de la Chapelle Sixtine au Vatican. Après la découverte des Amériques, les mêmes esclavagistes réorienteront leur commerce en direction du Nouveau Monde et les Africains en seront les nouvelles victimes.

- Le Siècle des Fugger, Richard Ehrenberg, 1896, traduit de l'allemand en 1955 par un groupe d'économistes du Centre de recherches historiques de l'Ecole pratique des hautes études (S.E.V.P.E.N, édition abrégée, mais tout de même de 430 pages). Cet ouvrage capital retrace l'histoire des banques et des capitaux au XVIe siècle en Allemagne et appelé "Siècle des Fugger" en raison de la longévité de la domination de la famille Fugger sur le système financier durant tout ce siècle.

 

3 - Le contexte socio-politique de la montée en puissance de la "famille"

L'épopée de la dynastie Rothschild ne s'est pas développée hors sol. Elle n'est compréhensible que dans le contexte politique, économique et social mais aussi religieux issu du statut des juifs dans l'Europe chrétienne de la fin du Moyen Age et les débuts de l'époque moderne. Sa naissance, son évolution et les péripéties du combat que le premier Rohschild a mené se sont déroulés dans le terreau politico-financier analysé par l'ouvrage cité ci-dessus de Richard Ehrenberg.

La nature a horreur du vide et après le déclin et la disparition de la Maison Fugger qui avait régné sur les finances germaniques durant trois générations, d'autres puissances d'argent sont apparues en Allemagne, notamment les Welser et les Höchstetter. Des maisons allemandes de second ordre, mais aussi flamandes, florentines, toscanes, génoises, lyonnaises et même espagnoles ont prospéré un temps, puis disparu. Il s'agissait toujours de groupes financiers chrétiens, principalement protestants - mais les catholiques romains n'étaient pas absents, en dépit de la position de l'Église, officiellement méfiante et même hostile envers toute forme d'activité financière lucrative, mais en réalité, parfaitement tolérante et complice.

L'ouvrage de Richard Ehrenberg est capital pour comprendre par quel processus un juif modeste comme Mayer Amschel Rothschild, a pu devenir à la fin de sa vie un des banquiers les plus riches et plus puissants de la ville de Francfort-sur-le Main, cité pourtant particulièrement hostile aux juifs en général. On comprend mieux de quels ruses, intelligence et courage il a dû faire preuve pour parvenir à s'insérer victorieusement dans un système financier complexe et abondamment peuplé de rivaux solidement installés. Son esprit agile et tenace lui a permis d'évoluer en eau trouble comme un poisson dans l'eau. L'époque particulièrement agitée des guerres napoléoniennes et la période politiquement instable qui a suivi dans toute l'Europe ont été propices à des trafics en tout genre. Mayer Amschel a su prendre la mesure de l'esprit du temps et louvoyer habilement entre les écueils, tout en conservant toujours les apparences de la parfaite légalité en affaires.

Le succès de Mayer Amschel Rothschild inaugure la victoire de la finance juive sur la finance chrétienne et le triomphe de Jahvé sur le Dieu trinitaire.

Voir : L'usure, axe central de l'histoire du monde

Il sera particulièrement important pour la compréhension du développement à venir d'évoquer la situation des juifs en Allemagne depuis la fin du Moyen Age, afin de situer le contexte dans lequel a opéré le fondateur de la dynastie. En effet, quand un groupe humain de nomades intermittents, prétend s'installer avec son Dieu et ses moeurs au sein de petites sociétés closes puissamment organisées, implantées sur leur territoire depuis la nuit des temps et qui vivent selon d'autres moeurs, autour de rites à la gloire d'un Dieu rival, il n'est pas étonnant que les nouveaux-venus ne soient pas les bienvenus.

 

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Judensau : la truie en allégorie du judaïsme dans la cathédrale de Ratisbonne, XIIIe siècle

 

Lorsque les migrants furent des juifs, l'animosité à leur égard s'appela antijudaïsme ou antisémitisme. De nos jours, un nouveau mouvement migratoire d'un groupe vivant selon ses propres moeurs et portant la bannière de son propre Dieu suscite de la part de certains autochtones concernés un rejet appelé anti-islamisme. En Palestine même, sur les terres revendiquées par les fidèles du dieu Jahveh, c'est peu de dire que les "soumis" à Allah ne sont pas salués avec des fleurs et des vivats. Mais, la situation y est inversée, puisque les juifs, devenus certes les plus nombreux, sont majoritairement des immigrants de fraîche date en ce lieu. Leur violent rejet et leur hargne féroce à l'égard des habitants originaires, devenus minoritaires dans leur propre patrie, s'apparentent à un génocide larvé.

Il s'agit donc bien d'une donnée anthropologique universelle, propre aux animaux eux-mêmes : tout éleveur responsable sait qu'il est impossible d'introduire un nouveau sujet dans un troupeau de bovins déjà constitué sans des précautions particulières.

C'est pourquoi les nouveaux-venus sont partout et toujours spontanément victimes de mesures discriminatoires, parfois bénignes, souvent vexatoires, toujours destinées à décourager les intrus d'envisager une installation durable. L'hostilité des résidents autochtones peut conduire à des bouffées de violences physiques et même à des massacres accompagnés de spoliations des biens lorsque les immigrants récents ne bénéficient pas de la protection des autorités politiques en place.

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Une tuile du toit de la cathédrale de Ratisbonne ornée d'une tête de juif (chapeau pointu). On ignore s'il s'agit d'une figure repoussoir ou si elle commémore le massacre des juifs de 1348

 

Pour que des groupes de juifs aient pu s'implanter durablement dans les grandes cités du bassin rhénan, il a fallu qu'ils y aient joué un rôle que les chrétiens du lieu ne pouvaient plus ou ne savaient plus occuper aussi efficacement à ce moment-là. Mais il fallait également que des règles strictes eussent été édictées par les autorités en place, afin d'assurer leur protection. Jalousés et méprisés en même temps, ils étaient soumis à d'innombrables tracasseries et la cité de Francfort était l'une des plus dures à leur égard. Mais, comme chacun sait, les règles varient en fonction des changements de pouvoir. Il a donc fallu chaque fois s'adapter et Mayer Amschel Rothschild s'est révélé un champion particulièrement efficace dans ce domaine.

 

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L'empereur germanique Henri VII (1308-1323) reçoit une délégation juive
devant les portes de Rome et confirme les anciens droits
(Miniature tirée du Codex Balduinensis)

 

C'est donc dans un labyrinthe de règlements et de tracasseries, et soumis à la concurrence de nombreux rivaux durablement implantés dans les lieux, que le premier des Rothschild, Mayer Amschel (1744-1812), a évolué. Mais son talent personnel, qui était grand, n'aurait pourtant pas été suffisant pour parvenir au sommet qu'il a fini par atteindre à la fin de sa vie. Il doit une grande partie de son succès à la conquête du soutien d'un acolyte placé à un poste stratégique auprès de l'Électeur de Hesse. Ils ont partagé les fruits d'un juteux commerce parallèle. Mayer Amschel avait fini par se rendre indispensable à son souverain. Les vannes de l'accumulation d'une colossale fortune en marge des "services" rendus au maître étaient ouvertes.

L'élan était donné et les générations suivantes n'avaient plus qu'à mettre leurs pas dans ceux de l'ancêtre et à imiter ses méthodes.

La puissance financière des Rothschild est née dans une ville allemande, mais elle a enflé de manière exponentielle lorsque le fils Nathan - dont j'ai évoqué les exploits ci-dessus - a pris pied en Angleterre, et cela grâce aux opportunités financières offertes par l'existence de la Bourse de Londres, à laquelle s'est ajoutée la réussite de sa ruse à la bourse de Londres après Waterloo.

Or, la première banque centrale privée, la Banque d'Angleterre, a été créée en 1699, donc bien avant l'irruption du clan Rothschild dans le paysage financier européen et mondial. Mais à partir de ce trampoline, si excellemment conçu aux fins que ses concepteurs poursuivaient - au point que, depuis sa création il n'a subi aucune modification - les éléments mâles de la "famille", associés et regroupés dans une sorte de syndicat, ont si effacement pris leur élan qu'ils ont rebondi avec succès sur la planète entière et en ont colonisé les endroits les plus reculés selon le principe du tas de grenouilles dans une brouette: dès que vous mettez la brouette en branle, les grenouilles sautent dans toutes les directions. La France, l'Autriche, le Royaume de Naples ont été investis dans la foulée de l'Angleterre par des brins éparpillés de la Caulerpa rothschilienne.

L'invasion était en marche et ne s'est plus arrêtée.

De nos jours, la quasi totalité des banques centrales du monde entier - hormis, entre autres, celles de l'Iran, de Cuba et de la Corée du nord - appartiennent ou sont sous la coupe des Rothschild, y compris la Banque Centrale Russe via la Réserve Fédérale américaine, propriété déclarée de la famille khazare Rothschild et la Banque centrale de Chine.

 

Fin de la première partie

 

À suivre

Les juifs en Allemagne et notamment à Francfort-sur-le-Main

Mayer Amschel, le premier des Rothschild, portrait

Les juifs en Angleterre, un rapide rappel historique

Comment est née la Banque d'Angleterre

Tintin à Waterloo

La "famille" prend ses quartiers en France, douceur, luxe et volupté

27 juillet 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/chaos...

 

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Et tout le reste est littérature !

 

Syrie : un gigantesque plan de reconstruction chinois

Réseau International25 juillet 2017

 

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Pékin est en train de conclure une série de méga-contrats avec Damas portant sur la reconstruction des infrastructures de base de la République Arabe de Syrie.

Outre les aérodromes, les ports, les centrales électriques, la grille énergétique, la Chine reconstruira l’ensemble du réseau routier, autoroutier et ferroviaire de la Syrie selon ses propres standards.

L’armée syrienne et ses alliés ont pu reprendre d’importants gisements d’hydrocarbures à l’est du pays et les techniciens chinois, escortés par des troupes spéciales, n’ont pas attendu la fin des combats pour y débarquer. La Chine compte prendre la majeure partie des contrats relatifs à la prospection dans le domaine des hydrocarbures.

La guerre imposée à la Syrie par ses adversaires traditionnels a causé plus de 226 milliards de dollars US de pertes à ce pays du Levant, le seul à être techniquement en guerre avec l’État d’Israël.

L’armée syrienne a tenu le choc initial tant bien que mal du 15 mars 2011 jusqu’en septembre 2015, date à laquelle les unités régulières, laminées et manquant d’équipement,  se trouvaient dans l’impossibilité de repousser les myriades d’armées rebelles mises sur pied par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, Israël et leurs alliés. Damas fait alors appel à l’aide militaire russe. Le 30 septembre 2015, la Russie intervient en Syrie et parvient avec peu de moyens à repousser l’ensemble des vagues rebelles et à garantir la survie de la structure de l’Etat syrien. Entre temps, la Chine a commencé dès 2014 à investir en Syrie avec l’Iran pour contrer la guerre économique et financière particulièrement féroce engagée par les ennemis de la Syrie et visant la destruction de son économie.

Pour Pékin, qui suit avec la plus grande minutie l’évolution en temps réel de la situation en Syrie (plus d’une douzaine de satellites-espions chinois sont braqués en permanence sur les zones où opèrent les Américains au Nord et au Sud de la Syrie), la guerre en Syrie est presque terminée.

A terme, la Chine aura un port d’attache en Syrie dans le cadre de son gigantesque projet de la « Nouvelle Route de la Soie. » L’un des projets économiques les plus ambitieux du siècle.

Tandis que les commanditaires de la guerre en Syrie cherchent encore, hébétés, à comprendre comment le ciel leur est tombé sur la tête dans cette affaire en s’accrochant à des futilités, la Chine est en train de gagner les contrats du siècle, bien plus intéressants que ce que toutes les compagnies ont pu décrocher dans l’Irak post-Saddam.

 

Source : http://reseauinternational.net/syrie-un-gigantesque-plan-...

Source d’origine : https://strategika51.wordpress.com/2017/07/24/syrie-un-gi...

 

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Armée française : Il s’agit bien de démantèlement contrôlé. Comme les tours de Manhattan ? Tout juste.

 

Nos respects Mon Général !

Richard Labévière –  Réseau International25 juillet 2017

 

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On ne peut pas dire tout et son contraire et faire l’inverse de ce qu’on dit… Baisser les impôts et commencer par augmenter la CSG, casser le code du travail et prétendre l’améliorer, annoncer une augmentation du budget de la Défense – pour atteindre 2% du PIB en 2025 – et la veille du 14 juillet décréter une coupe sèche de 850 millions d’euros et un gel de 2,7 milliards, soit près de 10% du budget global de nos armées.

Les coupes annoncées touchent, en premier lieu, le régalien : 47% des annulations, soit 1,4 milliard d’euros entre la Défense, l’Intérieur et le ministère des Affaires étrangères. Défense, lutte anti-terroriste et relance diplomatique sont pourtant les thèmes avancés par le nouveau président de la République comme des priorités nationales. Or ce sont leurs crédits que l’on casse en premier dans la précipitation d’un effet d’annonce ! Il y a clairement une incohérence de fond entre la réalité et celle que le Président de la République distille sur son Smartphone…

Pour financer les 850 millions de coupes, la Direction générale de l’armement (DGA) va classiquement se tourner vers les industriels pour renégocier des prix à la baisse et des livraisons de matériels différées. Mauvaise nouvelle pour les industriels qui emploient directement 165 000 personnes sur le territoire national. Vont souffrir évidemment les emplois et la sous-traitance… La liste des programmes concernés devrait être connue d’ici la fin de l’été, mais on sait déjà ceux qui trinqueront les premiers : annulation de 360 blindés pour l’armée de terre, filière aérospatiale ciblée, livraisons des frégates intermédiaires et des avions ravitailleurs repoussées…

Lire la suite. ..

Source: http://prochetmoyen-orient.ch/nos-respects-mon-general/

Via : http://reseauinternational.net/nos-respects-mon-general/   

 

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Ben voyons !

Le général Lecointre et le lourd silence autour du génocide au Rwanda

Nico Las – Cercle des Volontaires25 juillet 2017

 

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Les mots prononcés par Christophe Castaner semblaient un peu sur-joués et sonner faux en ce mercredi matin lors de l’annonce de la nomination au poste de chef d’État-Major des armées(1)  du général François Lecointre,  « chéros », pour reprendre l’expression répétée cinq fois en dix secondes (à ré-écouter ici) par le porte-parole du gouvernement.

Fallait-il en faire beaucoup pour clore le débat autour du départ du général Pierre de Villiers, très apprécié de ses troupes, et mettre fin à la déplorable séquence d’autoritarisme de notre petit chef des armées jupitérien (2) ? Ou bien fallait-il en faire beaucoup pour éviter que l’on ne fouillât trop dans les autres pages du curriculum vitae de notre nouveau CEMA ?

C’est à cette question qu’a tenté de répondre L’Humanité, qui soulève le voile délicatement posé sur la politique française de ces dernières décennies en Afrique, et tout particulièrement au Rwanda.

Lire la suite…

Source : http ://www.cercledesvolontaires.fr/2017/07/25/gener...

 

On peut lire aussi 

Castaner vs Villiers : hipster contre « poète revendicatif » – Jérôme Leroy – Causeur 24 juillet 2017.

 

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Encore une histoire de gros sous ?

Controverse sur la vaccination

 

Survaccination – Des centaines de justiciables portent plainte contre quatre grands labos pharmaceutiques !

Frexit 24 juillet 2017

 

La Justice française va devoir enfin s’intéresser d’un peu plus près au juteux business de la survaccination avec la possibilité désormais pour les plaignants de déposer des actions de groupe, tant devant les tribunaux judiciaires que les tribunaux administratifs !

 

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Contre la vaccine – Gravure du XVIIIe siècle

 

C’est ainsi que plusieurs centaines de plaintes pourraient pleuvoir sur 4 laboratoires pharmaceutiques mondiaux, accusés par les familles des victimes d’être responsables, par le biais de la vaccination et surtout de la survaccination, dans l’augmentation dramatique des cas d’autisme en zone France (et ailleurs dans le monde).

Alors que la Ministre de la Santé, suspectée par les anti-survaccination de collusion avec les puissants lobbys mondiaux, souhaite étendre la couverture vaccinale en zone France à 11 (onze !) vaccins obligatoires, comme le pressentaient depuis plusieurs années les « conspirationnistes », cette série de plaintes contre Big Pharma pourrait créer un appel d’air vers d’autres plaintes !!

Qui de Big pharma ou du peuple aura le dernier mot dans ce bras de fer qui s’annonce sans pitié de part et d’autres ?

Qui (sur)vivra, verra.

Source : http://frexittv.com/index.php/2017/07/24/survaccination-d...

 

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« HALLUCINANT ! On veut nous vacciner de force… Pendant ce temps, Sanofi rachète un labo US de vaccins spéciaux !! »

Charles Sannat – Insolentiae 12 juillet 2017

 

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Comme vous avez dû en entendre parler, le gouvernement veut vous piquer massivement au mépris de toutes les inquiétudes légitimes qui entourent de telles doses massives d’injections, en particulier sur de très jeunes organismes.

Ce cocktail vaccinatoire est une pure folie en termes même intellectuels.

La vaccination a été un progrès fabuleux dans le domaine de la santé. Telle n’est pas la question.

Le principe de la vaccination est une merveilleuse découverte, mais encore faut-il se souvenir du principe de base, qui consiste à stimuler le système immunitaire en injectant « un peu » de maladie !!

Nous en sommes très loin désormais, et pour des questions sombres de coûts et de profits, on vous injecte surtout des adjuvants que l’on sait particulièrement toxiques et susceptibles de déclencher des réactions extrêmes des corps.  C’est CONNU. C’est une certitude. Et nos dirigeants devraient lire les notices des vaccins qu’ils rendent eux-mêmes obligatoires !!

Lire la suite…

Source : https://insolentiae.com/hallucinant-on-veut-nous-vacciner...

 

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Vaccins : ciblée par le journal Le Monde, Farida Belghoul répond ce soir en direct

Roman Rodriguez – J.R.E. – 25 juillet 2017

 

Le journal Le Monde, favorable à la politique des 11 vaccins obligatoires, dénonce les propos de Farida Belghoul située sur sa chaîne dans sa vidéo intitulée : « Du chien, du porc, et du fœtus humain dans les vaccins ». Sur cette même chaîne Youtube, Farida Belghoul répondra en direct ce mardi 25 juillet 2017 à 21h30 aux accusations de ce quotidien proche du pouvoir.

 


 

Source : https://mouvement-jre.com/vaccins-ciblee-par-le-journal-l...

 

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RAPPEL :

En annexe à leur roman Veritas, Rita Monaldi et Francesco Sorti ont raconté leur parcours du combattant de chercheurs en histoire, et ce qu’ils ont découvert de si dérangeant sur les débuts et les méfaits de « l’inoculation ».

 

La variole de Joseph Ier

 

12. Joseph Ier.PNG

             Joseph  1er

 

L’empereur Joseph Ier mourut à 10h15 le vendredi 17 avril 1711, à moins de trente-trois ans. Diagnostic officiel : variole.

Un préambule s’impose. La variole, horrible maladie aujourd’hui (presque) éradiquée, n’a jamais été vaincue par aucun traitement. En d’autres termes, il n’existe pas de traitement contre la variole.

Dans le célèbre manuel Harrison de médecine interne (Dennis L. Kasper, Harrison’s Manual of Medicine, XVI edizione, New York, 2005, traductionn française : Principes de médecine interne, XVIe édition, Paris, 2006), ouvrage fondamental pour tout étudiant en médecine, on lit que la variole est, avec l’anthrax, un des dix virus de classe A, c’est-à-dire la plus dangereuse, placée « sous surveillance spéciale » dans la lutte contre le bioterrrorisme.

En 1996, des délégués de cent quatre-vingt-dix pays prirent une résolution. Le 10 juin 1999, toutes les souches de variole encore existantes dans le monde allaient être détruites. Mais ce ne fut pas le cas. Le CDC d’Atlanta (Center for Disease Control and Prevention), aux États-Unis, en possède toujours.

Quand Joseph tomba malade, le 7 avril 1711, personne à la cour n’était atteint de variole. Des études ultérieures (voir par exemple C. Ingrao, Joseph I der « vergessene Kaiser », Graz-Vienne-Cologne, 1982), rapportent qu’à cette époque, une épidémie de variole sévissait dans tout Vienne. C’est faux.

L’historien Hermann Joseph Fenger, dans son répertoire des épidémies à vienne depuis 1224 (Historiam Pestilentiarum Vindobonensis, Vienne, 1817), ne mentionne aucune épidémie de variole en 1711, pas davantage Erich Zöllner dans son Histoire de l’Autriche (Geschichte Osterreichs, p. 275-278).

Nous avons voulu vérifier par nous-mêmes. Nous avons consulté, aux archives municipales de Vienne les Totenbeschauprotokolle, c’est-à-dire les certificats de décès remplis par les autorités médicales de la ville pour chaque mort. Nous avons passé en revue jour après jour les mois de mars, d’avril et de mai 1711. Non seulement il n’y avait aucune épidémie de variole, mais le nombre de décès est toujuours resté dans la moyenne de la période.

Lire la suite (tout en fin de post !)...

Source : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

Comment ! On a fait passer pour des morts naturelles des morts par vaccin antivariolique ?... Eh bien, c’est ce qu’ils disent, non ?

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Mis en ligne le 27 juillet 2017

 

 

 

 

 

16:50 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/07/2017

PILBAN-POITIERS

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PILBAN-POITIERS

ou

Le Saker-Salah Guemriche, deux réflexions sur un même thème

 

Le thème étant évidemment l’incapacité des humains en général et des Européens en particulier à sortir de leur infantilisme pour devenir des grandes personnes. Il nous semble que tous deux le font en se livrant à ce que Manuel de Diéguez appelle « une étude anthropologique branchée sur l'évolution cérébrale de la bête disloquée ».

 

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Comment la Russie pourrait traiter le « syndrome Pilban » (PBS)

Le Saker – The Saker9 juillet 2017

 

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Un lecteur, SunriseState, a récemment posté la question suivante dans les commentaires : « Quelle serait selon vous la stratégie russe la plus optimale envers la Pologne ? » Lorsque j’ai lu cela, j’ai pensé : « Ça c’est une question intéressante, en effet ! » Aujourd’hui, je vais essayer d’y répondre, pas à pas.

 

D’abord, un diagnostic

Il y a un syndrome polonais. Nous pouvons lui attribuer toutes sortes de causes, certains décriront les Polonais comme des victimes héroïques, d’autres comme des hyènes cupides, mais pour notre but, nous n’avons même pas besoin de nous attarder sur l’histoire pour faire la liste d’une série de symptômes qui, pris ensemble, pourraient s’appeler « syndrome polonais ».

 

1 - La phobie (haine et peur) de la Russie et tout ce qui est russe.

2 - Un fort désir de « faire partie de l’Ouest » (par opposition à une « Asie despotique ») imaginaire, tout en n’ayant en réalité peu de choses ou rien en commun avec ledit « Ouest ».

3 - Un profond et amer ressentiment d’avoir été vaincue militairement à maintes reprises et l’espoir qui en découle d’une

4 - Un complexe d’infériorité profondément ancré à l’égard de l’Est et de l’Ouest, comme l’exprime avec lyrisme le slogan ukrainien « Noyons les Polonais dans le sang russe et juif ! ».

5 - Le rêve de soumettre enfin l’Église orthodoxe à la Papauté (ou, dans sa dernière version, de « consacrer la Russie au cœur immaculé de Marie »).

6 - Une insécurité profonde à son propos résultant d’une politique perpétuelle visant à trouver des alliés extérieurs, y compris Hitler, pour mettre le « costaud » de son coté.

7 - La volonté de dire et de faire n’importe quoi pour obtenir que l’allié extérieur étende sa protection, menace la Russie ou, encore mieux, participe à une « marche sur Moscou » attendue depuis longtemps.

 

De nouveau, cela ne fait aucune différence pour nos buts de savoir si c’est le résultat de siècles d’oppression, d’impérialisme, de violence et de persécutions russes ou celui de l’idéologie papiste.

Aussi, lorsque nous observons les divers symptômes de notre « syndrome polonais », nous voyons immédiatement qu’il n’est pas réservé aux Polonais ou à la Pologne – les Ukrainiens, en particulier les Ukrainiens de l’Ouest, présentent tous les mêmes caractéristiques que leurs voisins polonais (les Baltes aussi, mais ils sont trop petits, faibles et insignifiants pour être inclus ici). Le syndrome que nous observons n’est par conséquent pas « polonais », mais européen de l’Est, sauf que l’appeler « est-européen » serait également inexact. Donc, pour nos buts, je simplifierai et l’appellerai le « syndrome Pilban » (PBS) en l’honneur des deux « grands héros » des nationalistes polonais et ukrainiens de l’Ouest : Jozef Pilsudski et Stepan Bandera.

 

Deuxièmement, un pronostic

Lire la suite…

 

Source : http://lesakerfrancophone.fr/comment-la-russie-pourrait-t...

 

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Nous n’oublierons pas qu’un héros, en Pologne, se bat en ce moment seul contre cet esprit PILBAN, abandonné des dieux et des hommes. Pour mémoire, revoici sa récente lettre telle que publiée par A.S.I. :

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http://arretsurinfo.ch/63842-2/

 

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Abd e-Rahman contre Charles Martel

La véritable histoire de la bataille de Poitiers

Salah Guemriche – Perrin 12 mai 2010

 

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Oui, c’est un livre.

Voici ce qu’en dit son éditeur :

 

Que s'est-il vraiment passé à Poitiers le 25 octobre 732 ? Dans un récit passionnant, Salah Guemriche, d'origine algérienne, retrace cette histoire épique qui opposa dans un face-à-face meurtrier l'Espagne de l'émir Abd er-Rahman au royaume franc gouverné par Charles Martel, et stoppa l'expansion des Arabes...

Peu de batailles dans notre histoire auront nourri autant de fantasmes que celle de Poitiers. Depuis Chateaubriand, les Français ont appris que la victoire de Charles Martel avait sauvé la France du péril musulman.

Mais de quelle France s'agit-il ? Ses frontières ne sont pas celles que l'on connaît aujourd'hui.

Et quel est ce péril musulman ? L'Espagne, conquise par les Arabes dès 711, s'étend, à la veille de Poitiers, au-delà des Pyrénées. Ainsi la Septimanie, notre actuel Languedoc-Roussillon, est-elle une province arabo-berbère gouvernée par Munuza depuis Narbonne. Les religions du Livre y cohabitent jusqu'au jour où Munuza épouse une chrétienne, Lampégie d'Aquitaine, fille du duc de Toulouse. Pour l'émir d'Espagne Abd er-Rahman, Munuza est un renégat qu'il faut punir ; pour le duc des Francs, Charles, cette alliance est une menace et une provocation. Se mettent alors en place les conditions d'une confrontation qui demeurait jusqu'alors méconnue.

Salah Guemriche raconte la véritable histoire de la bataille de Poitiers, telle qu'elle fut vécue des deux côtés, musulman et chrétien. Il dissèque ce mythe national construit au fil des siècles pour faire peur. Poitiers, dit-il, ne fut pas le Waterloo des Arabes et, malgré les lourdes représailles exercées par les Francs dans le Midi, beaucoup de musulmans y firent souche. Sans que cela ait jamais gêné personne...

 

Complétons :

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Salah Guemriche est journaliste, essayiste et romancier. Il est l'auteur d'Un été sans juillet (Le Cherche-Midi, 2004), de L'Homme de la première phrase (Rivages Noir, 2000) et d’un Dictionnaire des mots français d'origine arabe (Seuil, 2007). Entre autres.

 

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Les « livres du même auteur » :

 

*Dictionnaire des mots français d’origine arabe (ET TURQUE ET PERSANE), accompagné d’une anthologie littéraire : 400 extraits d’auteurs français, de Rabelais à Houellebecq. Préface d’Assia Djebar de l’Académie française (Seuil, 2007) ;

*UN ETE SANS JUILLET, roman (Cherche-Midi, 2004) ;

* L’AMI ALGERIEN, récit, avec Gérard Tobelem (Lattès, 2003) ;

* L’HOMME DE LA PREMIERE PHRASE, roman (Rivages/Noir, 2000) ;

* UN AMOUR DE DJIHAD, roman historique (Balland, 1995). Prix Mouloud Mammeri, Prix de l’Adelf ;

* SAPHO, biographie (Seghers, 1988) ;

* ALPHABETISER LE SILENCE (Poèmes, Enal, Alger, 1986) ;

*Poèmes algériens (Les Temps modernes, déc. 1971).

En collaboration (ouvrage collectif, sous la direction de Bernard Miège) :

* Le J.T. – Mise en scène de l’actualité à la télévision, essai (Ed. INA / Documentation française, 1986).

 

Et ce n’est pas tout :

 

Dans Feuilles de Ruth, son dernier essai (15 septembre 2013) chez Emmanuelle Caminade, Salah Guemriche, écrivain algérien et «laïc impénitent», s'attaque à un sujet très lourd avec l'honnêteté et l'humilité, l'exigence et l'impudence d'un esprit libre passant outre à cette « irréductible exception juive au nom de laquelle on dénie à un intellectuel arabe le droit de porter la moindre critique sur Israël » alors même que de nombreux intellectuels israéliens font preuve en ce domaine d'indépendance, de courage et d'esprit critique.

Allant à l'encontre des réticences et des défiances des uns et des autres, il tente ainsi « l'impossible dialogue » - auquel renvoie ce titre évoquant le plan de paix (1) élaboré en 2003 pour le règlement du conflit israélo-palestinien – dans un ouvrage dont la seule ambition est d'améliorer la compréhension de ces rapports conflictuels entre juifs et non-juifs en s'approchant d'une vérité depuis longtemps faussée et d'une grande complexité.

_________   

(1) "road map" ("feuille de route"), cette expression militaire fut employée au figuré pour désigner le plan de paix élaboré par les E.-U., l'ONU, la Russie et l'Union Européenne

On a perdu le lien, honte sur nous !

 

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Dans la foulée :

 

L’Austrasie (« Royaume de l’Est ») des Pépinides, successeurs des Mérovingiens, et berceau de l’Empire franc

 

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Charles Martel et sa bataille selon les Anglais :

 

Charles « Martel », Mayor of the Palace of AUSTRASIA, son of Pepin, Mayor of the Palace of Austrasia, and Alpaide, was born in 676 in Heristal, Neustria. He died on 15 Oct 741 in Cressy sur Oise, Neustria. He was buried in Monastère de Saint Denis, Saint Denis, France. He married Rotrude (Chrotude).

 

7. Statue of C.jpg


 « Frankish ruler, illegitimate son of Pepin of Heristal and grandfather of Charlemagne. After the death of his father (714) he seized power in Austrasia from Pepin’s widow, who was ruling as regent for her grandsons, and became mayor of the palace. He subsequently subdued the W Frankish kingdom of Neustria and began the reconquest of Burgundy, Aquitaine, and Provence. Charles Martel defeated the Spanish Muslims at the battle of Tours (732-33) and began the military campaigns that reestablished the Franks as the rulers of Gaul. Although he never assumed the title of king, he divided the Frankish lands, like a king, between his sons Pepin the Short and Carloman. »

http ://www.encyclopedia.com   

 

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Quelque mal que se donne Salah Guemriche pour les éclairer, les Français n’en ont pas fini de s’entr’étriper sur la « bataille de Poitiers » (de Tours pour les Anglais ci-dessus) et sur Charles-au-marteau « père de la France » (et Clovis, alors ? Bon, Clovis aussi, ne chipotons pas). On a même trouvé ce qui suit chez des Occitans (et Auvergnats ?) qui n’aiment ni Ménard ni le petit Deutsch et on ne voit pas pourquoi on vous en priverait :

 

Depuis le fameux 11 janvier, dont la droite voudrait faire une « Journée d’unité nationale et de lutte contre le terrorisme », le nom de Charles Martel, « sauveur de la chrétienté », est venu, dans bien de réseaux liés à l’extrême-droite, se rappeler au bon souvenir non pas de la France « pays des droits de l’homme », mais de la France « fille aînée de l’Église ».

Comme si la théorie du « choc des cultures » s’était muée en celle d’une « guerre de religions », ce que Jean-Marie Le Pen, toujours aussi lourdement calembourdesque, a résumé d’un cri : « Je suis Charlie Martel ! »

C’est précisément dans cette mouvance lepéniste que Robert Ménard a lancé sa énième provocation, en commençant par criminaliser les petits écoliers biterrois sur la seule base de la « consonance musulmane » de leurs prénoms ! Dans ma tribune, publiée sur Le Plus de l’Obs le 12 mai (« Robert Ménard, changez vitre de patronyme »), j’ai dit ce que je pensais de ce forfait antirépublicain. Cela m’a valu nombre d’incriminations avec, à l’appui, des arguments puisés dans les pages d’un Deutsch métronome promu rewriter du roman national. Comme tant d’autres thèses scolaires, celle de notre auteur-baladin illustre brillamment cette leçon de Marc Bloch (dans son « Apologie pour l’Histoire ») :

« Aussi bien que des individus, il a existé des époques mythomanes […] C’est d’un bout à l’autre de l’Europe, comme une vaste symphonie de fraudes. Le Moyen Âge, surtout du VIIIe au XIIe siècle, présente un autre exemple de cette épidémie collective… Comme si, à force de vénérer le passé, on était naturellement conduit à l’inventer. »

 

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Charles Martel, « dilapidateur et enragé tyran »

C’est pour répondre à ces nostalgiques orphelins de Charles Martel, comme à notre « rapporteur-sans-frontières » des thèses d’extrême droite, que je tiens à fournir, ici, quelques éléments d’information sur la véritable nature du « tombeur des Sarrasins », et, par la même occasion, sur l’histoire de Béziers (ville dont Robert Ménard a chargé Renaud Camus, le théoricien du Grand Remplacement, d’écrire l’histoire)…

Pour en finir, donc, avec cette légende qui fait de Charles Martel le « sauveur de la chrétienté », précisons d’emblée que le chef franc, connu de son vivant comme le plus grand « spoliateur des biens de l’Église », n’a jamais bouté les Arabes hors de « France » pour trois raisons : primo, ce pays n’existait pas encore en tant que tel ; secundo, c’est son fils qui réussira à reprendre Narbonne, trois décennies après la mythique bataille ; tertio, la présence sarrasine est attestée dans les Alpes et dans le Jura au moins jusqu’au Xe siècle.

Tout comme la légende du « Marteau de Dieu », celle du « spoliateur des biens de l’Église » aura, en son temps, la peau dure. De Liège (ou plutôt, la ville n’existant pas encore, de Tongres-Maastricht, ancien fief du père de Charles, Pépin d’Herstal, et dont l’évêque, saint Lambert, fut assassiné sur ordre de l’oncle maternel de Charles) à Nîmes, en passant par Toulouse et Narbonne, l’homme est dénoncé comme aucun grand de ses contemporains ne l’aura été : « Ô Charles Martel, dilapidateur et enragé tyran ! », s’écriera Jean Boldo d’Albenas, l’un des pères du protestantisme nîmois [1]. Sans doute cet auteur a-t-il des raisons de fustiger le Franc, qui avait ruiné sa ville (Nîmes) avant d’y mettre le feu : c’était en 739, alors que Charles Martel remontait de Narbonne, tout dépité de n’avoir pas réussi à en déloger les Sarrasins, malgré un long siège éprouvant…

Plus cohérente est la thèse de Nicolas Germain Léonard, historien de la ville de Liège, qui nous explique en quoi et pourquoi Martel méritait une telle charge : « Il donnait à ses officiers les évêchés et les abbayes. Les biens de l’Église devenaient héréditaires ; on en formait la dot des filles qu’on mariait. Pépin d’Herstal avait enrichi le clergé, Charles le dépouilla. » [2]

Évidemment, après la victoire de Poitiers, la cause est entendue : les biens de l’Église furent « l’instrument de la délivrance de l’Europe, et de la victoire de l’Évangile sur le Coran » ! [3]. Mais que durant toute l’existence de Martel (688-741), à Limoges, Cahors, Auch, Saint-Lizier, Autun, Orange, Avignon, Carpentras, Marseille, Toulon, Aix, Antibes, Béziers, Nîmes, Lodève, Uzès, Agde, Maguelone, Carcassonne, Elne, il y eut une interruption dans la succession des évêques ; voilà qui en dit long sur l’état d’abandon de la « Fille aînée de l’Église » !


Désordres, ruines, assassinats 

D’autres griefs ternissent la renommée de Charles. Ceux, notamment, qui font de lui le persécuteur d’Eucher, l’évêque d’Orléans, et de Guidon, le futur saint Guy. Abbé de Fontenelle, ce dernier subit le supplice suprême pour une imaginaire conspiration… Désordres, ruines, assassinats : des forfaits qui poursuivront le chef franc jusqu’à sa mort.

Mais c’est le sort réservé à l’évêque d’Orléans, le futur saint Eucher, qui assombrira le plus sa renommée. Accusé d’avoir comploté contre Martel, l’évêque « fut envoyé en exil avec tous ses proches, (puis) transféré dans le monastère de Saint-Trond où il mourra en 738 » [4]. Conclusion de Flodobert, l’évêque de Noyon et de Tournai (894-966) : « Ce bâtard né d’une servante n’était audacieux qu’à faire le mal envers les Églises du Christ. »

De ce martyre de saint Eucher, une légende naîtra plus d’un siècle après, qui sera consignée dans le compte-rendu d’un concile tenu en 858 à Quierzy, où il est fait mention d’un songe d’Eucher.

Extrait :

« Nous savons en effet que saint Eucherius, évêque d’Orléans fut entraîné dans le monde des esprits. Entre les choses que Dieu lui montra, il reconnut Karl exposé aux tourments dans le plus profond de l’enfer. » Commentaire de Jean Deviosse, biographe de Charles Martel : « Le texte ne laisse place à aucune équivoque. Karl, spoliateur résolu des biens de l’Église, est reconnu coupable à part entière. » [5]

La même justification sera reprise par Jules Michelet, pour qui « les agressions de Karl contre le patrimoine de l’Église faisaient douter qu’il fût chrétien » ! [6]

Mais, disions-nous, les mythes ont la peau dure. Et après tout, des spoliations, quel envahisseur n’en commet pas ? Du IXe au XIe siècles, la renommée de Charles en souffrira. Étrangement, c’est aux siècles des Croisades que le nom de Martel va retrouver son aura, celle de tombeur des Sarrasin et de… sauveur de la chrétienté : comme si, écrira Chateaubriand, « Les Maures, que Charles Martel extermina, justifiaient les Croisades ! » [7].


Les crimes de Martel dans le Sud (de la France)

Sur le terrain, la réalité était tout autre. Ce que Charles visait en fait, et depuis longtemps, c’était la conquête de l’Aquitaine (dont la capitale était alors Toulouse et non Bordeaux). Tant que cette région était menacée par les Sarrasins, il s’était contenté d’attendre son heure. Mais en apprenant avec stupéfaction la nouvelle du mariage du gouverneur musulman de Narbonne avec la fille du duc d’Aquitaine, Martel comprit très vite le risque que pouvait représenter une telle alliance. Celle-ci n’arrangeait pas non plus Abd er-Rahman, le maître de Cordoue (l’Espagne arabo-andalouse était déjà minée par les révoltes berbères contre le pouvoir arabe), ce qui l’amena à supprimer le « traître » gouverneur, un Berbère, avant d’offrir la fille du duc au calife de Damas… Si Charles Martel arrêta effectivement les Arabes à Poitiers, il ne réussit donc pas à les déloger de la Narbonnaise, qu’il attaqua par deux fois, sans succès.

La légende qui colle au nom de Martel doit être revue et corrigée sur un autre point : jamais les Francs n’ont eu de considération pour les habitants du sud de la Gaule. L’homme « gallo-romain », et particulièrement le citoyen de Toulouse, trop raffiné aux yeux du Franc fruste et inculte, était traité d’homunculus.

Furieux d’avoir échoué par deux fois à Narbonne, Martel va se venger sur les populations locales (chrétiennes) à qui il reproche de ne pas l’avoir accueilli en sauveur. Sur le chemin du retour (vers ses terres du Nord), il se venge sur Agde, Béziers, Maguelone, Nîmes (dont il brûle les arènes !). Selon Ernest Sabatier, notre cher historien de la ville de Béziers :

« Les Francs pillent à outrance dans tous les lieux où ils portent leurs pas ; ils désarment la population chrétienne, qui, ayant conservé en partie la civilisation romaine, voyait en eux des Barbares, et leur était suspecte. Forcés d’abandonner le siège de Narbonne, et voulant empêcher les Sarrasins de prendre ailleurs dans le pays une position solide, ils rasent les fortifications de Béziers, d’Agde et d’autres cités considérables. Agde et Béziers sont même livrées aux flammes, leurs territoires dévastés, les châteaux sont démolis. Enfin, en s’éloignant, les soldats de Charles-Martel emmènent, outre un grand nombre de prisonniers sarrasins, plusieurs otages choisis parmi les chrétiens du pays. » [8]

Ces dévastations seront toutes mises sur le compte des Sarrasins, comme le sera un demi-siècle plus tard la mort de Roland à Roncevaux (des historiens ont, enfin, démontré que l’attaque fut le fait des Basques et non des Arabes), et comme le seront cinq siècles plus tard d’autres exactions, et là, c’est toujours l’historien de la ville de Béziers qui témoigne : « Plusieurs dépôts ont éprouvé des vicissitudes qui ont rendu assez rares les documents dont j’aurais pu profiter. Les anciennes archives de Béziers furent, elles, consumées par l’incendie qu’y allumèrent les croisés en 1209… » !

Plusieurs chroniques l’attestent (Continuation de Frédégaire, Isidore de Beja, Chronique de Moissac, El Maqqari [9]) : les cités susceptibles d’être ou de devenir des repaires pour les musulmans sont ravagées. Maguelone est rasée, Montpellier n’est pas épargnée, et encore moins Nîmes :

« Pour punir la ville qui a fait appel aux Arabes, Charles démolit les portes, abat les murailles et tente d’incendier les Arènes sous prétexte qu’elles sont aménagées en ouvrage défensif. Sur son ordre, ses guerriers entassent toute une forêt dans l’Amphithéâtre et y mettent le feu » [10]


Un retour du refoulé historique

Voilà la vraie nature et l’œuvre du héros de tant de générations d’écoliers de France ! Celui-là même dont le nom figura jusqu’à la veille de l’élection présidentielle de 2002, sur une affiche électorale : « 732 Martel, 2002 Le Pen ». En attendant, sans doute, de figurer sur le fronton de la mairie de Béziers, à l’approche de 2017 ?…

Mais comment peut-on imaginer que Béziers puisse, aujourd’hui et en connaissance de cause, dire merci à celui qui mit toute la région à feu et à sang ? Et si, au contraire, comme par un retour du refoulé historique, des Biterrois de souche décidaient, un jour, de répondre à Robert Ménard en manifestant en masse, et sous le seul slogan qui vaille et qui soit digne de la mémoire de leurs ancêtres : « Je ne suis pas Charlie Martel ! » ?


 [1] Jean Boldo d’Albenas, Discours historial de l’antique et illustre cité de Nîmes, Nota bene : toutes les références, accompagnant cette tribune, se trouvent  détaillées dans mon essai : Abd er-Rahman contre Charles Martel (Perrin, 2010).

 [2] N. G. Léonard, Histoire ecclésiastique et politique de l’État de Liège, 1801.

 [3] François Laurent, Le Moyen-âge et la réforme, 1866.

 [4] Vita sancti Eucherii, Aurelianensis episcopi, n°8 et 10, cité dans Jean Deviosse, Charles Martel, Tallandier 1978. Epistolae patrum synodi Carisiacensis, année 858, cité dans Jean Deviosse, Charles Martel.

 [5]  Cf. J. Deviosse, Charles Martel.

 [6] Michelet, Histoire de France, cité dans S. Guemriche, Abd er-Rahman contre Charles Martel (Perrin 2010).

 [7] Chateaubriand, Génie du christianisme, dans Œuvres complètes, éd. Furne, 1865.

 [8] E. Sabatier, Histoire de la ville et des évêques de Béziers, Paris 1854, cité dans Salah Guemriche, Abd er-Rahman contre Charles Martel (Perrin 2010).

 [9] El Maqqari, manuscrit arabe de la BNF, ancien fonds, réf. Dans Abd er-Rahman contre Charles Martel.

 [10] Jean Deviosse, Charles Martel.


Lire aussi : Charles Martel, imposture historique et mythe fasciste (sur Quartiers Libres)


L’animal aura également invoqué les mânes des Louis XIV, ce qui à quelques kilomètres des Cévennes ne manque pas de sel ; ainsi que de Napoléon, personnage fort apprécié en son temps par la jeunesse locale qu’il envoyait se faire trouer la peau à des milliers de kilomètres de ses foyers… Tout juste nous aura-t-il épargné « Saint » Louis, c’est déjà ça !

L’on pourrait au moins se prendre à espérer que ceci montre une bonne fois pour toute aux trop (beaucoup trop !) nombreux électeurs occitans votant ou tentés de voter pour le Front National quel parti de franchimands est celui-ci.

Mais il est vrai, comme nous l’a judicieusement fait remarquer par mail un soi-disant « maoïste », que les gens ne se sentant pas du tout français ne sont pas non plus légion en Occitanie… et c’est peut-être ça le problème, en fait.

Source : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/occitani...

 

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Tout ça vu de chez les Pippinides, 1285 ans plus tard…

Théroigne – Les Grosses Orchades23 juillet 2017

 

Puisque les valeureux de « servir le peuple » l’ont fait – et si bien – on ne va pas se mettre à vous raconter le livre de Salah Guemriche.  L’essentiel a été dit. Ne vous reste qu’à le lire.

Ce qui ne veut pas dire qu’on n’en pense rien.

Quand on descend à la fois des Ansegises, des Arnulfiens et des Pippinides (par les femmes de la main gauche) et de Saint-Just (par la proximité picarde et l’irréversible baptême républicain) on a tendance à se marrer doucement, quand on voit les habitants de l’Hexagone, qui se croient « de souche » parce qu’ils y habitent depuis trois ou quatre générations (et encore, pas toujours), remercier les Cieux de ce que Charles et son marteau (qui était une francisque) les aient « sauvés », eux et la chrétienté, des hordes musulmanes.

Quant on a l’esprit un peu mal tourné, on se demande de quoi les hispano-muslims auraient sauvé le monde, si c’étaient eux qui l’avaient remportée, cette foutue bataille estimée-dieusait-pourquoi-plus-importante-que-les-autres.

On peut toujours supputer : …de la guerre des Avars ? …des invasions des Vikings ? …de celles des Normands ? …des Croisades ? (huit !) …de la guerre de Cent ans avec les Anglais ? …de la croisade des Albigeois homemade ? …des guerres d’Italie (dix ou douze) ? Toutes guerres de la chrétienté, avec elle-même ou avec les autres…

Bien sûr on les a arrêtés aussi à Vienne, même si ceux-là, c’étaient des Turcs. De quoi auraient-ils pu nous sauver, eux, s’ils avaient réussi à passer outre ? De la Guerre de Hollande ? …de celle de la Ligue d’Augsbourg ? …de celle de Succession d’Espagne ? …de celle de succession de Pologne ? …de celle de succession d’Autriche ? …de celle de Sept Ans, …de Toulon, de Rivoli, de Marengo, d’Ulm, de Trafalgar, d’Austerlitz, d’Iéna, d’Eylau, de Friedland, de Wagram, de Leipzig, de la Berezina et pour finir de Waterloo ? …de l’Empire britannique ? …des Ière et IIe mondiales ? On en vient à se dire qu’ils auraient pu se donner un peu plus de mal, si on ne pensait pas qu’ils en auraient probablement, à notre place, inventé d’autres.

Quoi qu’il en soit, Salah Guemriche – qui est laïc – ne prend parti ni pour les uns ni pour les autres et son propos est historique, pas religieux. Il faut cependant lui savoir gré d’avoir discrètement rappelé le rôle qu’ont joué, pour aider les petits chefs locaux à se tailler un morceau des dépouilles de l’Empire (romain), les « hommes de Dieu » presque tous devenus saints de notre calendrier (il aurait fait beau voir que les papes résistent !), pour avoir su contourner le 6e commandement, sans parler des 3e, 8e, 9e et 10e… En a-t-il eu des prédécesseurs, le Richelieu botté du siège de La Rochelle !

Sachons-lui gré aussi de rappeler que le fameux marteau, loin d’être une des premières armes de guerre made in France était sans doute une manière de déférence envers le dieu Thor de ces purs-chrétiens-mais-quand-même, voire peut-être, envers le juge des Enfers gréco-étrusco-romain qui, sous le nom de Rhadamanthe et masqué d’un bec d’oiseau, s’en servait pour estampiller, depuis deux autres mille ans, les gladiateurs vaincus dans les jeux (funèbres) des arènes : « Bon pour le Styx ! ».

Si, de nos jours, Vladimir Poutine a porté en sautoir, pendant tout son premier mandat, une croix plutôt ostentatoire qui n’a pas peu contribué à rassembler le peuple russe autour de cet ancien soviétique, le Pépin a porté, lui – et y compris sans doute lorsqu’il entendait la messe et y communiait – un collier d’osselets : « …les osselets de Martieaux ! », écrit Guemriche, « son boulier et son mémorial fétiche. Dix-huit osselets provenant chacun du carpe d’un sanglier, offert en holocauste après avoir été baptisé du nom d’un vaincu ». Offert en holocauste à qui ? Au Petit Jésus, tiens… cette question ! L’auteur ne s’appesantit pas, en revanche, sur une autre particularité du grand-père de Charlemagne : sa propension à se procurer des reliques et à les loger dans des urnes somptueuses en métaux précieux. Encore une histoire d’osselets, trop nombreux pour qu’on les énumère ici. Notons quand même ceux de St. Caprais, aujourd’hui conservés dans la cathédrale Saint Paul, à Liège, où ils ont été transférés de la forteresse de Chèvremont, parce que ce sont probablement des os de bouc.

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Aux yeux des gens sortis d’enfance, ce ne sont pas les croyances des uns ou des autres qui sont risibles ou méprisables, mais l’hypocrisie qu’ils mettent tous à s’en servir pour justifier leurs rapines et leur insatiable soif de pouvoir (on ne dit pas ça pour Vladimir Vladimirovitch).

Des gens sortis d’enfance (ou de dislocation cérébrale) il semble qu’il y en ait eu en cet endroit et en ce temps-là. Salah Guemriche croit - veut croire - à une histoire d’amour exceptionnelle entre le gouverneur musulman de Narbonne et la fille chrétienne du duc d’Aquitaine. Il partage cette foi (de midinette ?) en la possibilité d’une union idéale, complète et durable entre un homme et une femme avec un autre auteur adepte d’une Histoire rigoureusement revisitée : l’anglaise Lindsey Davis, romancière imbattable sur la Rome antique. Conviction ou fantasme… mais qui sait s’ils n’ont pas raison. Ce qui est sûr, c’est que Munuza, le Berbère musulman qui a donné son nom à la ville de Munoz, a l’air d’avoir été un homme très en avance sur son époque (et sans doute aussi sur la nôtre), un de ces hommes rarissimes capables de regarder les idées reçues avec le détachement qu’elles méritent et de s’en affranchir. Il semble même que celle qu’il a prise pour épouse et qui a su s’affranchir, elle, de l’influence de sa dévote mère, exploit plus rare qu’on ne pense, ait été de même trempe que lui.  Peut-être en effet, dans ces conditions, une union inhabituellement profonde et durable est-elle possible entre deux êtres humains. Ce qui est sûr aussi, hélas, c’est que des gens à ce point différents des autres sont des proies rêvées pour un destin tragique. Même si Mme Davis a réussi (The Course of Honour) l’exploit d’y faire échapper l’empereur Vespasien et Antonia Caenis, l’esclave affranchie qui fut la compagne – à éclipses – de toute sa vie.

 

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Pour ce qui est du déroulement de la bataille elle-même, Salah Guemriche a le souffle épique qu’il fallait pour la ressusciter. Le vieux duc d’Aquitaine et l’émir de Cordoue qui ne verra pas la fin du jour s’élèvent au rang de personnages shakespeariens. Le cheval de l'émir aussi. Certains des protagonistes mineurs – l’évêque Milon, Flodobert, le vieux colombier des Maures – semblent tout droit sortis d’Henry V, la veille de St. Crépin.

Pour soutenir sa revisitation, Guemriche n’a pas hésité à herser l’enfer de tous les historiens qui ont écrit sur ce moment d’histoire, les pires comme les meilleurs. Un grand absent : von Ranke. Non qu’il ait écrit sur cette bataille particulière, mais son Histoire des Osmanlis et de la monarchie espagnole aux XVIe et XVIIe siècles (1839, repr. 2016) est difficilement contournable, sans compter que c’est là qu’il s’est acquis le titre de « père de l’histoire scientifique européenne ». Mentionnons aussi, parce que c’est le seul autre titre traduit en français d’une œuvre énorme qui reste à découvrir, son Histoire de la Serbie et de la révolution serbe (1828).

Point final (d’exclamation) : pour se farcir un livre entier d’Alain Minc et le citer, il faut être doué d’une dose inhabituelle de masochisme. Mais qui sommes-nous pour en discuter….

 

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Si Martel et son  collier de carpes de sanglier ne fut pas sacré roi par un pape, son  fils Pépin le fut. Et après lui, sont petit-fils Charlemagne…

 

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Carolus Magnus – Jupille 742 – Aix-la-Chapelle 814

Sur le socle de sa statue, ses aïeux : Sainte Begge, Pépin de Herstal, Pépin de Landen, Pépin le Bref, Charles (Martel) de Herstal, Bertrude.

 

Compter Bertrude comme une de ses arrière-grand-mères permettait à Charles Martel de se prétendre du même sang que les rois mérovingiens dont il usurpa la couronne après avoir battu par les armes la femme légitime de son père, qui fut bigame. Ces  choses-là se font plus souvent qu’on ne croit chez les zélites.

Statue de Charlemagne à Liège. Elle se trouve sur le boulevard d’Avroy, qui doit son nom à Godobald d’Avroy, de chez qui partirent un beau soir les assassins de Saint Lambert, avec à leur tête Dodon, frère d’Alpaïde et, donc, oncle maternel de Martel. Voyez qu'on n’est pas sectaires.

Si Pépin le Bref eut deux femmes, certains disent que Charlemagne fut polygame, ou alors qu’il eut une épouse et des tas de concubines en même temps. Nous n’en discuterons pas ici. Disons qu’outre avoir été sanctifié par le calendrier populaire wallon (la principauté de Liège a deux fêtes de saint Charlemagne par an), l’empereur à la barbe fleurie (moustachu et glabre pour les pinailleurs) reste pour nous celui qui, quoique ne sachant pas écrire, a donné son nom à une des plus belles formes d’écriture (la caroline)

 

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et inspiré un long poème à Saint Just (d’après Voltaire), dont ce petit extrait :

 

Le roi de France et sa gauloise armée,

Ivres de sang, de gloire et de fumée,

Devers le Rhin précipitaient leurs pas,

D’autant plus fous qu’ils ne s’en doutaient pas.

Pleins des vapeurs de leur sainte fortune,

Ils se flattaient de baptiser bientôt,

Et le Saxon et le Maure et le Goth ;

Et cependant le diable qui n’est sot,

Se flattait lui qu’il grossirait la lune

De leurs projets. Le démon est madré,

Et quand il a par sa griffe juré,

Ce n’est en vain. « Faisons pécher la France

Dit Satanas, et nous verrons bientôt

Le ciel vengeur abandonner Charlot. »

                                                   Organt, Chant II.

 

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Et puisque Salah Guemriche a consacré un  livre à Sapho… Musique !

 


 


 

 

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Non, ce n’est pas la bannière de l’Islam, c’est la Montjoie-Saint Denis des Carolingiens en personne.

 

 

 

 

Mis en ligne le 23 juillet 2017.

 

 

 

 

23:25 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

C'EST PAR OÙ SAINTE ANNE ?

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C’est par où Sainte Anne ?

 

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« …responsables de leurs actions dangereuses »

RusRéinfo 23 juillet 2016

 

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Nouvelles « sanctions » américaines

Républicains et démocrates américains ont décidé d’imposer de nouvelles sanctions contre la Russie, l’Iran et la Corée du Nord pour, selon le chef de la majorité de la Chambre Kevin McCarthy, rendre les trois pays concernés « responsables de leurs actions dangereuses ».

La Chambre votera mardi sur la proposition de loi, qui implique également que le Président Trump doit soumettre au Congrès un rapport sur ses actions proposées qui « modifieraient de manière significative » la politique étrangère des États-Unis envers la Russie.

Ce projet de loi crée également des limites au pouvoir du Président Trump s’il désirait assouplir les sanctions. Donald Trump pourrait opposer son veto mais il est possible que le Congrès passe outre avec un vote des deux tiers.

Par ailleurs, des propositions de Donald Trump incluent l’assouplissement des sanctions et le retour des propriétés diplomatiques Russes saisies par Obama au Maryland et à New York. Le Congrès doit tenir une audience dans un délai d’au moins 30 jours, puis voter pour confirmer ou rejeter les changements proposés par Trump.

Le leader démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré que « le comportement scandaleux et inacceptable de la Russie aux élections américaines de 2016 et en Europe exige que nous ayons des sanctions statutaires solides dans les plus brefs délais ».

Pelosi faisait allusion à une intervention présumée de la Russie lors de l’élection de l’année dernière ainsi qu’à la reprise de la Crimée en Russie, que les États-Unis considèrent comme une annexion de la Crimée. La Russie a rejeté les deux accusations.

Suite à sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine il y a quelques jours à Hambourg, le président américain a été critiqué par plusieurs sénateurs pour sa volonté apparente de chercher à restaurer les relations entre Washington et Moscou.

Le leader démocrate du Sénat, Chuck Schumer, a déclaré qu’il s’attend à ce que « la Chambre et le Sénat agissent sur cette législation rapidement, sur une base bipartite large ».

En outre, le sénateur démocrate Ben Cardin du Comité des relations extérieures du Sénat, a déclaré que l’accord a été conclu après des « négociations intenses ». « Un congrès presque unis est prêt à envoyer au président Poutine un message clair au nom du peuple américain et de nos alliés, et nous avons besoin du président Trump pour nous aider à transmettre ce message », a-t-il déclaré dans un communiqué.

McCarthy et Ed Royce, président du Comité des affaires étrangères de la Chambre, ont déclaré dans un communiqué que le projet de loi révisé contribue à «renforcer la sécurité énergétique de nos alliés européens en maintenant leur accès aux ressources énergétiques clés en dehors de la Russie».

Une partie des « sanctions » est justement destinée à faire avorter le projet Nord Stream 2 qui prévoit la construction de deux canalisations de gaz reliant le littoral russe à l’Allemagne, via la mer Baltique. Le chantier doit être terminé d’ici fin 2019. Sur ce point l’Union européenne a mis en garde les États-Unis contre l’imposition de nouvelles sanctions à la Russie, demandant à Washington de coordonner ses actions avec ses partenaires du Groupe 7.

Par ailleurs plusieurs sociétés américaines dont les géants pétroliers et énergétiques BP, Exxon et General Electric, les entreprises MasterCard et Visa, se sont prononcées pour des amendements à la proposition de loi qui pourrait nuire au commerce américain. Les sénateurs ont par contre précisé que certains domaines seraient exclus des « sanctions », en particulier ceux qui pourraient porter préjudice à la NASA… à qui la Russie fournit des moteurs de fusée ! Et à Moscou, certains suggèrent que la Russie, en riposte à ces « sanctions », bloque la vente de moteurs à la NASA…

Source : https://rusreinfo.ru/fr/2017/07/nouvelles-sanctions-ameri...

 

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Pour les motifs réels de ces actes de guerre déguisés en rétributions morales, voir Eberhart Hamer – « S’opposer aux sanctions contre la Russie ? »

 

4.  DELENDA.GIF

!

 

 

Mis en ligne le 23 juillet 2017.

 

 

 

21:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/07/2017

MÉSENFIN...

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Mésenfin, de quoi vous plaignez-vous bon sang ?

 

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Vous avez l’OTAN pour vous protéger ! Quel besoin avez-vous d’une « armée nationale » en plus ? Pour quoi faire ? Filez votre pognon comme on vous l’a dit à qui saura quoi en faire et envoyez vos militaires à Pôle Emploi, avec les pékins. S’ils tiennent ab-so-lu-ment à travailler, qu’ils aillent au vrai Q.G. de Bruxelles essayer de se faire embaucher. Aux conditions patronales, of course. C’est tendance, non ?

 

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Certains antimilitaristes auraient-ils jamais cru qu’ils en arriveraient un jour à souhaiter un coup d’État militaire, quoi qu’il en coûte ? On est sûrs, pourtant, qu’il y en a.

Comment dit-on « vendre son pays à l’étranger » en français non post-moderne ? Crime de haute trahison ? Bof…

 

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Le vrai chef des armées.

 

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Et n’allez pas croire, chers amis Français qu’il n’y a que vous. Non, non, on ne vous parle pas des Belges (des quoi ?).

Petit échantillon de ce qui se passe dans la terre des libres et des braves :

 

Le retour des mercenaires du Pentagone inquiète les militaires US en activité

Wayne MadsenStrategic Culture 14 juillet 2017

 

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Pendant que le secrétaire américain à la Défense James Mattis et le conseiller en sécurité nationale H.R. McMaster examinent la politique militaire américaine en Afghanistan, The New York Times a publié, le 10 juillet 2017, un article exposant une menace qui pourrait bouleverser la stratégie de défense des États-Unis et la renvoyer à un passé amer.

L’histoire du Times était focalisée sur le paragraphe suivant :

 

« Erik D. Prince, fondateur de la firme de sécurité privée Blackwater Worldwide, et Stephen A. Feinberg, financier milliardaire qui possède l’entreprise militaire géante DynCorp International, ont étudié des propositions visant à utiliser des mercenaires [de leurs entreprises], plutôt que des troupes américaines en Afghanistan, à la demande pressante de Stephen K. Bannon, le stratège en chef de M. Trump, et Jared Kushner, son gendre et conseiller principal, selon des personnes informées au sujet de ces conversations ».

 

L’histoire de Blackwater et de Dyncorp est celle de crimes de guerre odieux en Irak et dans les Balkans et de fraude massive au détriment des contribuables américains dans le cours d’incursions militaires dans le monde entier. Après avoir été l’objet d’une enquête sur ses activités en tant que chef de Blackwater, Prince, dont la sœur, Betsy DeVos, est secrétaire à l’Éducation de Donald Trump, a vendu la société et déplacé ses opérations mercenaires à l’étranger vers Abu Dhabi.

La société de Prince basée à Abu Dhabi, Reflex Responses (R2), a recruté et formé des forces du monde entier, en particulier de Colombie, du Chili, du Honduras, d’Afrique du Sud et de Roumanie, en tant que mercenaires pour le prince héritier Sheikh Mohamed bin Zayed al-Nahayan. Il y a une interdiction stricte d’embaucher du personnel militaire musulman, car on ne peut pas vraiment compter sur eux pour tuer d’autres musulmans. Les mercenaires, basés dans la grande ville militaire de Zayed, en dehors d’Abu Dhabi, sont commandés par des officiers des ex-forces spéciales des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France et d’Allemagne. R2 recrute du personnel mercenaire via une société écran off-shore, Thor Global Enterprises, installée dans les îles Vierges britanniques. Des mercenaires de R2 auraient combattu dans le cadre de la coalition saoudienne dans la guerre civile du Yémen contre les forces opposées à la domination saoudienne du pays. Prince utilise le nom de code « Kingfish » dans toutes les communications et documentation relatives à R2.

Lire la suite…

Source : http://lesakerfrancophone.fr/le-retour-des-mercenaires-du...

 

 6. Wayne Madsen.pngWayne Madsen est un journaliste et essayiste américain, né en 1954 en Pennsylvanie, d’une mère américaine et d’un père danois. Il est l’auteur de nombreux ouvrages inédits en français. En tant que journaliste, il a publié des articles dans CorpWatch (en), CounterPunch, CovertAction Quarterly (en), In These Times, Multinational Monitor (en), The American Conservative, The Progressive et The Village Voice. Il a publié des éditoriaux dans Atlanta Journal-Constitution, Columbus Dispatch, Houston Chronicle, Philadelphia Inquirer, Miami Herald et le Sacramento Bee.

 

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Retour à l’Hexagone

Idéologiquement, nous sommes à des années-lumières de Causeur. Mais quand ils disent des choses qu’on pense aussi, on ne voit pas pourquoi on ne les citerait pas. Deux fois de suite en l’occurrence, et sur Paris les deux fois.

 

Paris n’est plus vraiment Paris

Elisabeth Lévy – Causeur 20 juillet 2017

 

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En quelques décennies, Paris est devenue une ville sans mystères. Toujours plus citoyenne, écologique, sportive et participative, la capitale devient, comme le dit sa maire, une « ville pacifiée ».

 

Je ne sais pas qui a dit que Paris serait toujours Paris, mais il s’est sacrément planté. Il aura fallu quelques décennies de grands projets, d’expérimentations urbaines et d’idées fumeuses pour transformer presque complètement la ville de Gavroche et de Proust en terrain de jeux pour bobos innovants et touristes pressés. Philippe Muray, qui est certainement l’un des meilleurs chroniqueurs des saccages parisiens de la fin du XXe siècle (et sans conteste le plus drôle), observait que « la plupart des choses nouvelles, de nos jours, se cachent derrière les anciens noms ».

Bientôt, les humains de dernière génération ne sauront plus qu’il y avait avant, à la place de ce conglomérat de commerces, bureaux et musées, ce simulacre qu’on appelle encore Paris, une vraie ville, pleine de miasmes et d’opportunités, de recoins oubliés et de vitrines éclairées, de possibilités d’intrigues et de promesses de rencontres. « Les sortilèges de Paris, écrit Antoine Blondin, tiennent aux monuments et aux sites, mais également à cette impression, qui vous envahit soudain, au débouché d’une rue banale, que le système nerveux du monde passe par là. »

 

Piétons partout, vigueur nulle part

Peut-on penser sans éclater de rire que « le système nerveux du monde passe par là » quand ce sont des hordes de cyclistes coiffés de leurs casques ridicules qui passent sous vos fenêtres ? Quel cœur palpite sur le boulevard Saint-Michel, principal axe de notre célèbre quartier latin, désert dès 20 heures parce qu’il n’y a plus un bistrot et encore moins de librairies entre les boutiques de fringues ? Et quel sortilège a pu donner naissance au panneau d’information planté place du Panthéon et ainsi rédigé : « Sur le plan du paysage, il s’agit de respecter la conception minérale, tout en la réinventant. Spatialement, la symétrie, les percées visuelles et l’équilibre général de la place sont des équilibres à respecter » ? Ce sortilège-là, comme tous ceux que la machine municipale crache à jets continus, n’a pas grand-chose à voir avec les sortilèges de Paris dont parlait Blondin.

En l’occurrence l’irrésistible prose de la municipalité était destinée à vendre le projet de piétonisation qui, après celle de la République, devait concerner sept places parisiennes. Sans doute faut-il punir encore un peu plus les automobilistes et, au passage, créer partout des lieux où 100 Nuit debout pourront s’épanouir. En présentant le projet, la maire a expliqué qu’il visait à  « donner plus de place à celles et ceux qui ont envie de vivre dans une ville plus pacifiée, avec moins de voitures et moins de stress ». En somme, Paris ne veut plus être le système nerveux mais la camomille du monde. Quel progrès. Et si une ville, justement, n’était pas une ter……

 

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Source : https://www.causeur.fr/paris-anne-hidalgo-berges-pietons-...

 

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Paris est un cauchemar

Elisabeth Lévy – Causeur 10 juillet 2017

 

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Festival Fnac Live, place de l'Hôtel de Ville à Paris, 6 juillet 2017

 

Savez-vous pourquoi, à la différence de Roland-Garros, le tournoi de Wimbledon s’interrompt le dimanche ? Pour laisser une journée de calme aux habitants du quartier (et au gazon). En entendant, cette information dimanche matin (sur France Inter), après une nouvelle nuit gâchée, j’ai ressenti une immense jalousie pour les Londoniens. Une ville qui fait encore prévaloir la vie concrète de ses habitants sur les exigences des jeux du cirque apparaît déjà comme l’un des derniers refuges de la civilisation. Et le centre de Paris, ce week-end, offrait une inquiétante illustration de la barbarie.

On ne peut pas dire que la fête a viré au cauchemar comme dans les récits de faits divers, car la fête est le cauchemar. Précisément, ce que notre bonne maire appelle la fête : trois soirs de suite, tout le centre de Paris, de la Bastille au Palais-Royal, a été livré à un fracas indescriptible doublé d’un embouteillage géant où des milliers de malheureux qui avaient le mauvais goût de sortir du boulot ou d’avoir à traverser Paris d’est en ouest, ce qui, en plein mois de juillet devrait être une promenade de santé, se sont retrouvés piégés des heures durant. Un spectacle rythmé à intervalles réguliers par des concerts de klaxons excédés et impuissants, tandis que, sur les trottoirs des grappes de passants tentaient à grand peine de progresser. Dans une atmosphère saturée de fumées d’échappement et de colère, des altercations éclataient pour un rien. En quoi que nous y soyons habitués, la présence de centaines de policiers transpirant dans leurs équipements – et heureusement munis de bouchons d’oreille –, achevait de donner à l’ensemble un petit air de guerre.

 

Sauver le pôle Nord, détruire Paris

Vous vous demandez quelle catastrophe a bien pu survenir en plein Paris sans que vous en fussiez informés. Celle-ci avait pour nom le festival Fnac Live. Trois jours de concerts gratuits, de 17 heures à minuit, offerts au bon peuple de Paris sur le parvis de l’Hôtel de Ville (les privilégiés ayant pu assister au concert de Julien Clerc à l’intérieur). Ce qui, en bon français, signifie que madame le maire croit bon d’offrir à ses copains de la Fnac une belle campagne de pub. On en a vu d’autres direz-vous, alors que Paris se couvre de bâtiments siglés Vuitton, Pinault ou Arnault. Certes. Mais pour que la Fnac puisse utiliser mon temps de cerveau disponible, il a fallu réduire en bouillie celui de milliers de gens.

En effet, pour que cette sauterie se déroule sans anicroche, on a interrompu la circulation sur les quais hauts dans le sens est-ouest, envoyant ainsi tout le trafic vers la rue de Rivoli, et fermé tous les accès entre la rive droite et la rive gauche de la Seine d’Austerlitz à Palais Royal (que les non Parisiens me pardonnent ces détails topographiques). En résumé, pour boucler le parvis de l’Hôtel de Ville, on a paralysé la capitale. Ajoutons que le malheureux quartier coincé entre Notre-Dame et l’Hôtel de ville paye déjà un lourd tribut à la fabrication du Parisien nouveau, avec Paris-Plage, qui à partir de minuit, déverse tous les week-ends dans les rues son contingent de noctambules, gracieux vocable qui cache des individus avinés et braillards. C’est ce qu’on appelle la poésie de la nuit. Notre maire est en croisade pour le climat. Il est étrange de vouloir sauver le pôle Nord et de s’ingénier, en même temps, à détruire par tous les moyens les conditions de la vie humaine à Paris.

On me dira certainement que tous les malheureux qui ne partent pas en vacances et les touristes ont bien le droit de s’amuser. Pardon, mais je ne vois pas pourquoi l’amusement de quelques milliers devrait se payer de la souffrance d’un nombre bien plus considérable de leurs compatriotes. Qui leur rendra les heures de vie perdues dans ce bruit et cette fureur ? Ne peut-on pas organiser un concert dans une salle ou, si on tient au plein air, dans le bois de Vincennes ? On finit par penser que pourrir l’existence de ceux qui refusent d’adhérer au nouveau monde fait partie du programme.

 

L’espace public privatisé

On croyait par ailleurs que la lutte contre le bruit, la pollution et le trafic automobile étaient les priorités de l’équipe Hidalgo. De ce point de vue, chapeau l’artiste : la multiplication des manifestations destinées à montrer au monde entier que notre maire gouverne une ville-monde « made for sharing » aboutit à créer presque chaque jour d’énormes engorgements dans la capitale. Tant pis pour toi, mec, si t’es un bourgeois, ou peut-être bien un rentier, qui roule en bagnole. Bref un salaud de riche doublé d’un ringard. Si t’étais cool t’irais au concert Fnac en rollers.

Mais le plus grave est que la municipalité se permette de privatiser l’espace public à des fins commerciales (car la Fnac, chère Anne Hidalgo, ne cherche pas à élever les masses mais à faire du profit). Dans le moindre communiqué de la municipalité, les mots « citoyen » et « démocratie » se déclinent à toutes les sauces. On découvrira dans le prochain numéro de Causeur1 quelques-unes des ridicules inventions participatives de la municipalité pour réinventer la ville et la rendre conviviale. Conviviale tu parles ! Certes, les Parisiens sont invités à donner leur avis sur toutes sortes de sujets sans le moindre intérêt. Mais quand il s’agit de décisions qui affectent lourdement leur existence et celle de tous les habitants de la région, Anne Hidalgo fonce sur le mode Attila.

 

L’ordre festif est en marche

C’est ainsi qu’elle a décidé de profiter de travaux sur les quais pour fermer les voies sur berge parce qu’elle voulait rendre la chose irréversible avant une éventuelle élection de Fillon. Quant à l’adhésion des citoyens dont on fait tant de cas, par ailleurs, on découvre sur le site de la mairie que, sur ce dossier, « la participation à l’enquête publique a été très forte avec 292 contribution » (un raz de marée en effet), et, encore plus rigolo, que le taux d’avis favorables est de 15,4 % mais que c’est tout à fait normal pour ce genre de consultation où seuls les mécontents s’expriment. Il n’y a qu’à mieux expliquer aux gens, ils comprendront. Une fois que nous serons tous rééduqués nous irons à vélo aux différentes fêtes organisées aux quatre coins de la ville et les embouteillages n’existeront plus. Reste à savoir qui travaillera mais c’est un détail.

Pour la piétonisation des voies sur berges, il a fallu un vote du Conseil de Paris. Pour le festival Fnac, il suffit d’une convention avec la ville et le tour est joué. Autant dire qu’au désastre citadin s’ajoute un intolérable déni de démocratie. Dans ce paradis citoyen qu’est Paris toute protestation est ensevelie sous un sabir techno à la sauce « new age » ou simplement tournée en ridicule : quel drôle de zèbre il faut être, tout de même, pour protester contre un concert, gratuit de surcroît – le culturel et le social heureusement réunis. La bonne conscience avec laquelle le petit monde municipal nous pourrit la vie, se contentant de ricaner des mauvais coucheurs, réfractaires à la ville que l’on s’emploie à réinventer pour eux, a de quoi rendre dingue. Est-il possible qu’on ne puisse rien faire pour obliger nos gouvernants à respecter nos droits les plus élémentaires, comme celui de dormir en paix entre le 1er juillet et le 31 août ? Qu’il n’y ait pas contre leur pouvoir exorbitant la moindre faille juridique ? Que nous acceptions sans nous révolter cette tentative (largement réussie hélas) de « changer la vie » et pour le pire ? Le plus terrible serait en tout cas de découvrir qu’une majorité de mes concitoyens approuvent ce que Muray appelait à raison l’ordre festif. Désormais, ce ne sont pas les bruits de bottes mais ceux des sonos qui nous font marcher droit. Cela s’appelle le progrès.

Source : https://www.causeur.fr/paris-anne-hidalgo-festival-fnac-1...

 

Possible que Mmes Lévy et Hidalgo ne s’aiment pas. Mais nous non plus on n’aime pas ce que fait Mme Hidalgo. D’ailleurs, on n’aime pas du tout non plus ce qu’a fait avant elle M. Delanoë.

Et s’il n’y avait que ça !

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Mais puisqu’on y est, tiens, c’est les vacances, on ne va pas se gêner (faites pas attention, on a le bourdon).

 

Paris sous la Nouvelle Vague

Thomas Morales – Causeur 11 juin 2017

 

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Cet été, vous avez le choix entre Paris Plages et une sélection de six courts métrages réalisés par les hussards de la Nouvelle Vague. Six films sortis des années 60 avant que la grande lessiveuse de la mondialisation heureuse nous asperge d’un jet moralisateur. Les bords de Seine méritent mieux qu’un décor en carton-pâte, ersatz d’un communisme balnéaire. Cette utopie si chère à notre ami Jérôme Leroy a été dévoyée dans son esprit et son application par un marketing doucereux. En août, nous préférerons toujours relire René Fallet dans une chambre mansardée que nous prélasser sur les Quais dans une atmosphère suffocante où les promeneurs sont transformés en écocitoyens responsables, les dragueurs en prédateurs et les touristes en machines à sous. Paris n’a pas toujours été cette capsule avancée du progressisme froid et inflexible.

 

L’air propice à la flânerie

En 1965, chaque quartier conservait sa typicité comme un vin AOC. Le flâneur observait les différentes classes sociales s’agréger, s’affronter et d’une certaine manière se compléter. Le « vivre-ensemble » des Trente Glorieuses, malgré ses injustices, prenait une forme particulière à Paris. L’air était propice à la flânerie, aux rencontres fortuites et aux questions existentielles. Une communauté de destins qui semble aujourd’hui bien éloignée de notre réalité. L’avenir n’avait pas encore le goût amer des cures d’austérité et des carcans européens. Cette liberté naïve et bravache irriguait le cinéma d’avant-garde. Barbet Schroeder, jeune producteur en vogue, eut l’idée de confier une caméra 16 mm et de la pellicule couleur à six cinéastes avec pour mission : la découverte d’un quartier.

Les Éditions Montparnasse sortent en DVD ce document irrésistible d’audace intitulé Paris vu par…. Chaque réalisateur a su capter, à sa façon, l’identité d’un arrondissement, son parfum presque inodore qui pourtant s’imprègne à nos vêtements et colle à notre âme. Dans Saint-Germain-des-Prés de Jean Douchet, Katherine une américaine de passage fait la douloureuse expérience de la bohème et de son corollaire, le vagabondage amoureux.

 

Micheline Dax rue Saint-Denis

Les étudiants dans la force de l’âge sont prêts à tout pour passer une nuit avec une si belle étrangère si possible dans une garçonnière, à l’ombre de l’Institut. Jean Rouch nous amène du côté de la Gare du Nord où un couple tente de trouver un peu d’espoir dans un mariage récent mais déjà assombri par la vacuité du quotidien. Le bruit des travaux d’urbanisme autour de la gare vient rythmer leur engueulade du petit-déjeuner. Dans la rue, Odile se lamente sur son sort quand elle est abordée par un inconnu suicidaire. Jean-Daniel Pollet a choisi la rue Saint-Denis pour illustrer la relation trouble entre Léon, un plongeur introverti et une prostituée interprétée par la turbulente Micheline Dax. Dans Place de l’Étoile, Éric Rohmer s’intéresse à la vie d’un vendeur de chemises (Jean-Michel Rouzière). Cet employé modèle doit traverser cette place jusqu’au jour où il a une altercation avec un passant, ce qui l’oblige à modifier son parcours et dérègle un temps sa vie routinière. Philippe Sollers figure furtivement au casting de ce sketch.

 

Chabrol à La Muette

Le maître Jean-Luc Godard fait également partie de cette aventure. Il signe Montparnasse et Levallois avec la ravissante Joanna Shimkus qui joue le rôle de Monica, une fille partagée entre deux hommes de l’art, un sculpteur contemporain et un carrossier automobile. Elle envoie à ses deux amants deux pneumatiques et pense soudainement s’être trompée de destinataire. Qui a reçu la lettre de rupture et celle d’amour ? S’en suit un portrait cristallin de la femme en proie au doute et de l’homme touché dans sa virilité. Enfin, Claude Chabrol transporte sa caméra à La Muette chez un couple de bourgeois qu’il interprète avec Stéphane Audran. Dans son environnement naturel, il déploie toute son ironie et sa hargne du système. Conformément à ses habitudes, il s’empiffre à table, flirte avec la bonne et délaisse son fils qui préfère garder ses boules Quiès durant les repas plutôt que de supporter la comédie maritale de ses parents jusqu’au drame… Dans l’œil de ces six réalisateurs, Paris reprend de la hauteur et de la profondeur comme si la modernité ostentatoire de notre époque avait stoppé cet élan créatif des sixties.

Source : https://www.causeur.fr/paris-douchet-rouch-chabrol-godard...

 

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Paris vu par…

DVD de Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol

Éditions Montparnasse.

 

 

 

 

 

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Et Truffaut en prime (le 16 octobre 1970).

 

 

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Mis en ligne le 20 juillet 2017.

 

 

 

20:33 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

17/07/2017

RALLUMONS LES LUMIÈRES !

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Petit coup de pouce à des gens qu’on ne connaît pas. On espère que ce ne sont pas des affreux. Ça se passe à Argentat sur Dordogne, et ça s’appelle :

 

Histoires de passages

 

Pour le programme et toutes informations : c’est là :

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http://www.histoiresdepassages.com/

 

2. Torche 6 Petit.gif

 

Les vidéos ne sont malheureusement pas sous-titrées, mais Justin Raimondo raconte très bien.

 

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Tucker Carlson, exterminateur de néocons

Justin Raimondo – Antiwar.com 13 juillet 2017

 

4. Tucker Carlson.jpeg

 

Oh, que ce fut jouissif ! Et que nous avons eu de plaisir – plaisir bien trop rare pour les anti-interventionnistes que nous sommes – à voir non pas un mais deux néoconservateurs les plus en vue se faire descendre en flammes sur les écrans de la télévision nationale. À voir Tucker Carlson, dont l’émission est un brillant fanal de raison dans ce monde en voie d’obscurcissement rapide, remplir son rôle de service public en démolissant Ralph Peters ET Max Boot dans deux émissions successives. Mais  ces deux rencontres avec le mal n’ont pas été que divertissantes à regarder, elles ont été aussi très instructives par ce qu’elles nous ont appris sur la faiblesse essentielle du Parti de la Guerre et sur l’échec de la stratégie qu’il déploie pour se gagner le peuple américain.

La première victime de Tucker fut Ralph Peters, un soi-disant « expert militaire » qui a eu son rond de serviette permanent sur Fox News depuis avant la guerre d’Irak, guerre dont il a été, faut-il le dire, un partisan rabique. Tucker débute son programme en observant que le « calife » d’ISIS, Abou Bakr al-Baghdadi pourrait avoir été tué au cours d’une attaque aérienne russe et que dans les bruits qui courent à Washington, il n’est plus question d'ISIS ni de le défaire mais de l’Iran, ennemi principal. Il demande pourquoi cela ? Pourquoi ne pas prendre un moment pour célébrer la mort de Baghdadi et admettre que nous avons quelques intérêts en commun avec les Russes ?

 


 

Peters saute à pieds joints dans l’outrance qui lui est coutumière : « Nous ne pouvons pas avoir d’alliance avec des terroristes. Ce ne sont pas des islamistes mais ce sont des terroristes ». Il prétend alors que les Russes ne combattent pas vraiment ISIS, qu’ils bombardent en réalité des hôpitaux, des enfants et « nos alliés » (c’est-à-dire les rebelles syriens islamistes entraînés et financés par la CIA et alliés à Al-Qaïda et Al-Nosra). Les Russes « haïssent les États-Unis » et « nous n’avons rien en commun avec les Russes » – rien ! « Les Russes, dit Peters, font le lit des Iraniens – le mal incarné dans la région – pour « construire un empire de l’Afghanistan à la Méditerranée ». Ah oui, le « croissant chi’ite », contre lequel les Israéliens et leurs pieux zélateurs aux USA nous mettaient déjà en garde avant la guerre d’Irak. Là-dessus, Tucker fait remarquer que 3.000 Américains ont été tués par des terroristes à l’intérieur des USA et que « aucun d’entre euxs n’était chi’ite, tous (ces terroristes) étaient des extrémistes sunnites soutenus par les Saoudiens, qui sont censés être nos alliés ». Et pendant qu’on est sur ce sujet  « Pourquoi », demande Tucker, « si nous avons si peur de l’Iran, avons-nous tué Saddam Hussein et ainsi… »

« Parce que nous sommes stupides », dit Peters.

Oh la la ! Peters a été un des partisans les plus acharnés de la guerre d’Irak : nous sommes stupides, je suppose, de l’avoir écouté. Mais Tucker laisse glisser pour le moment, il garde sa grosse artillerie pour quand il pourra expédier Peters complètement. Et Peters fonce droit dans le piège quand Tucker demande pourquoi nous ne pouvons pas coopérer avec les Russes, puisque nos deux pays sont également attaqués par les terroristes sunnites :

 « PETERS : À vous entendre, on croirait Charles Lindbergh en 1938 disant que Hitler ne nous a pas attaqués.

« TUCKER : Je vous demande pardon ? Vous ne pouvez pas me comparer à quelqu’un qui trouvait des excuses à Hitler. Et je ne pense pas que Poutine lui soit comparable.

« PETERS : Je pense que Poutine l’est.

« TUCKER : Je pense que ceci n’est vraiment qu’une outrance grossière. Je pense que c’est de la démence.

« PETERS : Parfait, vous pouvez penser que c’est de la démence tant que vous voulez »

Pour les néocons, nous sommes toujours en 1938. L’ennemi est toujours la reincarnation d’Hitler et quiconque met en question la sagesse de la guerre est dénoncé comme un « conciliateur » du genre de Neville Chamberlain ou Lindbergh. Cependant, personne n’examine jamais ni ne conteste la supposition que cache ce trope rhétorique, à savoir que la guerre avec l’ennemi du moment – que ce soit Saddam Hussein, les ayatollahs iraniens ou Vladimir Poutine – est inévitable et imminente. Si Poutine est Hitler, et si la Russie est l’Allemagne nazie, alors, nous devons pousser l’analogie jusqu’au bout et en déduire que nous serons sous peu en guerre avec le Kremlin.

Après tout, les opposants à Charles Libndbergh, dans le grand débat des années 1940, disaient ouvertement qu’Hitler, quireprésentait une menace existentielle pour l’Occident, devait être détruit, et que ce but ne pouvait être atteint que par la guerre. Bien sûr, Franklin Roosevelt prétendait qu’il n’en était rien et ne cessait de donner sa parole que nous ne nous préparions pas à entrer en guerre, en même temps qu’en secret il manipulait les événements pour que la guerre soit pratiquement inévitable. Pendant ce temps, les partisans les plus honnêtes du Parti de la Guerre proclamaient ouvertement qu’il nous fallait aider la Grande Bretagne et, donc, entrer en guerre.

Est-ce là ce que Peters et sa bande de néocons veulent – que nous partions en guerre contre une Russie armée de la foudre nucléaire et que nous annihilions la plus grande partie du monde dans un Armageddon radioactif ? Cela en a tout l’air. Le trope Hitler-Lindbergh fait certainement plus que simplement l’impliquer.

Visiblement irrité par cette calomnie à son égard, Tucker, le pourfendeur de néocons, se prépare alors à l’estocade.

 « Je détesterais retourner en arrière et lire les articles où vous assuriez à l’Amérique que nous emparer de Saddam Hussein allait rendre la région plus calme, plus paisible, et mettre l’Amérique en sécurité, alors qu’en fait cela a été exactement le contraire et a eu pour effet d’investir de toutes les responsabilités la Russie et l’Iran, les deux pays que vous dites craindre le plus – soyons honnêtes et reconnaissons qu’on ne sait jamais au juste comment les choses tourneront.

« Elles ne sont pas entièrement prévisibles, c’est pourquoi nous devrions peut-être nous modérer avant de traiter les gens de conciliateurs à la Chamberlain. »

Tout ce que les néocons détestent ! Leur rappeler leur palmarès, c’est comme montrer un crucifix à un vampire. Pourquoi devrions-nous écouter Peters, qui a eu tort sur tout pendant des dizaines d’années ? Sa réponse est la riposte-type des néocons à toutes les questions honnêtes sur leur politique et leurs états de service : vous êtes un traître, vous « applaudissez Vladimir Poutine ! ». À quoi Tucker répond, en bon « Amérique d’Abord » qu’il est :

 « J’applaudis l’Amérique, comme toujours. Nos intérêts doivent passer en premier. Et, dans la mesure où former des alliances temporaires avec d’autres pays peut servir nos intérêts, je suis d’avis qu’on le fasse. Se lancer dans des affirmations pseudo-morales à l’emporte pièces – des affirmations grotesques – et comparer les gens à Hitler ne fait pas avancer le schmilblick d’un centimètre et nous rend aveugles aux réalités. »

Peters n’a aucun argument réel à faire valoir, il recourt donc à la méthode qui est devenue une routine en politique américaine : accuser tout opposant d’être un agent de l’étranger. Tucker, dit Peters est un « apologiste » non seulement de Poutine mais du président syrien Bachar al-Assad. Une fois encore, Tucker répond aux calomnies par de la froide logique :

 « Ainsi, parce que je pose des questions rationnelles sur ce qui est préférable pour l’Amérique, je suis un ami des hommes forts et des dictateurs ? C’est là un refus de débat conservateur type, pas même un début de conversation rationnelle. La seule chose que je dirai, moi, c’est que quand la Syrie était gouvernée par Assad, 10% de la population était chrétienne et vivait relativement en paix. »

Et c’est vraiment là toute la question : le Parti de la Guerre s’oppose à toute conversation. Ils ne veulent pas d’un débat – quand avons-nous eu un débat correct dans ce pays sur la politique étrangère ? Ils utilisent la peur, les insinuations et les « arguments » ad hominem pour nous entraîner de force dans une guerre après l’autre. Et ça, Tucker n’en veut pas.

Pourquoi ceci est-il important ? Après tout, c’est juste un show télévisé, et pour amusant que ce soit de voir un éminent néocon se faire rétamer, à quoi rime tout ça finalement ? Eh bien, c’est important parce que, d’abord, Tucker n’a pas commencé par parler raison en matière de politique étrangère. Il a entamé une conversation en conservateur conventionnel, et c’est alors que quelque chose s’est produit. Comme il l’a dit à Peters à la fin de la séquence :

 « Je veux agir dans l’intérêt de l’Amérique et qu’on arrête de lancer des accusations creuses à la volée contre des pays que nous ne comprenons pas vraiment en espérant que tout finira bien. J’ai assez vu faire ça et ça n’a pas marché. »

Ce qui est vrai ne paraît pas nécessairement évident, du moins aux yeux de ceux d’entre nous qui ne sont pas omniscients. Beaucoup de conservateurs, comme d’ailleurs l’ensemble du pays, ont fini par apprendre quelque chose à force de voir s’accumuler les désastres en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie. À droite, beaucoup ont rejeté l’« idéalisme » néoconservateur qui a détruit le Moyen Orient et déchaîné ISIS. Quand Donald Trump s’est présenté devant le GOP de Caroline du Sud et a dit aux mandarins qu’on nous avait entraînés dans la guerre d’Irak à coups de mensonges, les classes bavardes ont aussitôt décrété qu’il était fini, et pourtant il a gagné cette primaire et il a même emporté la nomination, précisément parce que les électeurs républicains étaient prêts à entendre ce message.

À vrai dire, le scepticisme de l’America First de Trump, quand on en vient aux guerres étrangères, est ce qui a fait toute la différence dans l’élection, comme le montre une étude récente : des communautés durement touchées par nos guerres sans fin l’ont mis en tête dans les état-clés du Wisconsin, du Michigan et de Pennsylvanie. C’est cela, et non l’« ingérence russe » qui lui a apporté la Maison Blanche sur un plateau.

L’évolution idéologique de Tucker Carlson représente assez bien la transformation de la droite américaine à l’âge de Trump : alors que Trump n’est pas, et de loin, un anti-interventionniste, Tucker, lui, n’est pas loin du tout d’en être un. C’est au moins un réaliste avec une antipathie prononcée pour l’aventurisme hors frontières, et on peut considérer qu’un grand pas en avant a été fait, quand quelqu’un en arrive là après être parti de l’orthodoxie néoconservatrice qui a plongé la plus grande partie du monde dans le sang.

Si la démolition de Ralph Peters était le gâteau, la débâcle de l’idéologue néoconservateur Max Boot le soir suivant, fut la cerise, avec pas mal de crème autour.

 


Un exterminé n'a pas apprécié

https://www.youtube.com/watch?v=X3NqTDS65cQ&feature=y...   

Cette vidéo vient d’être supprimée, y compris sur le site d’origine

 

Peut-être les néocons, se voyant battus à plate couture dans le premier round, se sont-ils dit que Boot pouvait faire mieux : ils se trompaient. Tucker l’a mis en pièces rien qu’en le laissant parler : Boot n’a pas répondu à une seule des questions qui lui étaient posées et, comme il avait recours aux typiques arguments ad hominem [et ad personam ! ndt], Tucker a fait une remarque très pertinente :

 « Vous débarrasser des gens qui ne sont pas d’accord avec vous en décrétant qu’ils sont immoraux – ce qui est votre habitude –  n’est pas une forme de débat utile, c’est  une sorte de posture moralisatrice un peu bizarre, venant de vous qui avez eu tort avec constance, de la plus flagrante et flamboyante manière qui soit, depuis plus de dix ans. C’est pourquoi vous devriez vous demander si… »

« BOOT : En quoi ai-je eu tort, Tucker ? En quoi ai-je eu tort ?

« CARLSON : Eh bien, pour vous avoir beaucoup regardé et vous connaître depuis longtemps, je me souviens de façon très nette du jour où vous avez dit que si nous renversions les gouvernements d’Irak et d’Afghanistan, la région serait beaucoup plus sûre et les gens qui les remplaceraient nous aideraient dans notre guerre mondiale contre le terrorisme, mais rien de tout ça n’est arrivé. »

C’est alors que commence la débâcle de Boot, qui se met à hurler « Vous avez soutenu la guerre d’Irak ! ». À quoi Tucker répond sur un ton incisif :

 « Je me suis trompé sur une tonne de choses, on essaie d’apprendre sa leçon. Mais quand on vous a vu, dans le New York Times, nous dire qu’on devait faire davantage pour déposer Kadhafi, parce que, voyez-vous, la Libye s’en trouvera beaucoup mieux le jour où ça arrivera. Et qu’ensuite on vous entend dire qu’il nous faut renverser le régime d’Assad et qu’alors, les choses iront beaucoup mieux en Syrie, on se demande plus ou moins si vous ne feriez pas bien de vous choisir une autre profession. Vendre des assurances par exemple, quelque chose que vous sachiez faire. Je crois que c’est vraiment là qu’est le problème. Est-ce qu’il n’existe pas de sanctions pour ceux qui ont eu tort à ce point-là ? »

Pourquoi, oh pourquoi devrions-nous écouter Peters et Boot et leurs compères néocons qui n’ont pas cessé d’avoir tort – littéralement – mortellement tort sur tout : leur idéologie de cinglés a causé d’innombrables milliers de morts, rien que depuis le 11 septembre 2001. Et pour quoi ?

À la fin, Boot retombe dans les non-arguments habituels : Tucker est « immoral » parce qu’il nie que Trump soit un agent russe et persiste à poser des questions sur notre politique étrangère d’interventions sans fin au Moyen Orient. Tucker continue à demander pourquoi Boot pense que la Russie représente le plus grand des dangers pour les États-Unis et Boot finit par lui répondre : « Parce que c’est le seul pays qui peut nous détruire avec une frappe nucléaire ».

Pour quelqu’un de rationnel, les implications de tout ceci sont évidentes : si c’est vrai, ne devrions-nous pas essayer d’arriver à une espèce de détente ou même à un certain degré de coopération avec Moscou ? Oh, mais non, parce que, voyez-vous, les Russes sont le mal incarné, nous n’avons « rien » en commun avec eux, et dans ce cas, la guerre, n’est-ce pas, est inévitable.

Sur quoi Tucker conclut : « Okay. Je commence à penser que votre jugement a été obscurci par l’idéologie. Je ne comprends pas totalement d’où elle vient, mais je vais laisser nos spectateurs en décider. »

Moi, je sais d’où elle vient. Les spectateurs de Tucker ne savent peut-être pas que Boot est un immigré russe qui, comme tant de fauteurs de guerres russophobes, est arrivé chez nous avec sa haine de la mère patrie dans sa valise. Il y en a tout un peloton comme ça : Cathy Young qui a récemment lancé sa polémique en faveur d’une nouvelle guerre froide dans les colonnes du magazine Reason ; la journaliste d’Atlantic et twitteuse d’obscénités anti-Trump Julia Ioffe, dont la haine viscérale pour son pays d’origine est une véritable monomanie ; Gary Kasparov, l’ex-champion d’échecs, qui consacre l’essentiel de son énergie à fomenter des complots contre Vladimir Poutine et un électorat russe qui a systématiquement rejeté ses campagnes présidentielles, et je pourrais continuer ainsi longtemps, mais vous voyez le tableau.

Alors que la nouvelle guerre froide enveloppe le pays, nous enserre tous dans son étreinte glacée, gèle tout effort de discussion rationnelle sur la politique étrangère US, quelques personnes – quelques braves exceptions – se détachent de la masse vouée à la pensée unique des classes bavardes : au nombre des plus visibles et des plus articulées sont Tucker Carlson, Glenn Greenwald, le journaliste Michael Tracey, le Prof. Stephen Cohen et, bien sûr, notre Ron Paul à nous. Je leur lève mon chapeau en signe de gratitude et d’admiration, parce qu’ils représentent ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui : l’espoir. L’espoir que toute cette folie passera, que nous finirons par vaincre cette ultime offensive du Parti de la Guerre, et que nous jouirons de ce qui passe de nos jours pour de la normalité.

 

Source : http://original.antiwar.com/justin/2017/07/13/tucker-carl...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Syrie et rit encore

Observatus Geopoliticus – Chroniques du Grand jeu

16 juillet 2017

 

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Alep aujourd’hui – Paroisse Saint François

 

Ne vous attendez pas à voir ces photos dans la presstituée, elle serait obligée d'admettre l'invraisemblable propagande qu'elle distille depuis des années. Il s'agit d'Alep, libérée de la mainmise des islamistes modérément modérés. Concerts, bikinis, bals... il semble que les Aléppins soient bien contents de ne plus vivre sous la férule wahhabite ou salafiste des petits héros chéris de l'Occident.

Sur le terrain de la guerre, les grands mouvements attendus se sont mis en branle ainsi que d'autres, plus surprenants. Petit état des lieux :

Lire l’article :

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/07/syrie-et-rit-...

 

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Grain de sel des Grosses Orchades :

On n’est pas trop d’accord avec l’article précédent d’Observatus : Et une poutinade, une ! qui a soulevé, sur le site des Chroniques du Grand jeu, une mini-tempête de commentaires.

En gros, il y est reproché à Poutine de se préparer à vendre à la Turquie quelques-uns de ses S-400, par incapacité à résister à un marché de 2 milliards de dollars.

« À Poutine » ? Ce n’est pas Poutine qui vend, c’est la Russie, c’est-à-dire aussi Sergueï Choigou, ministre de la Défense, Dmitri Rogozine, vice-président du gouvernement, responsable de l’armement et de la recherche scientifique, et un certain nombre d’autres. Car personne – pas même Poutine – ne gouverne seul.

Pour l’argent ? Pour deux malheureux milliards qui ne payeraient même pas ses cigarettes à la fine équipe du Pentagone ?

La Russie, donc, vend à la Turquie des armes que la Turquie, membre de l’OTAN, peut retourner contre elle. Mais retourner comment et pour quoi faire ?

On n’y connaît rien en machines à tuer, mais il nous semble que les S-300, S-400 et S-500 sont des armes défensives.

Et quand a-t-on vu la Russie attaquer un autre pays ? Toutes ses guerres sont des guerres défensives. Les troupes en Afghanistan, les chars à Prague et les avions en Syrie : à la demande de gouvernements de pays alliés (toujours – c’est un détail – attaqués de l’extérieur).

La Turquie ne peut, avec des S-400, attaquer personne. Elle peut se défendre.

Pour la Russie, en revanche, laisser à l’intérieur de l’OTAN, équipée d’armes défensives, une alliée de l’OTAN dont l’OTAN n’est plus sûre, car tous les militaires dont elle était sûre sont en taule, ne nous paraît pas un si mauvais calcul. À supposer que l’OTAN veuille un jour remettre de l’ordre dans son poulailler turc avec des bombinettes, il lui faudra en tout cas y réfléchir à deux fois…

Ce qu’on se demande, nous, c’est : à quand des S-500 au Venezuela ? À crédit !

 

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Restons dans la région…

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Bulletin n° 348- semaine 28 – 2017

 

A PROPOS DE GAZODUCS

 

Une lectrice attentive et avisée nous a interrogés au sujet de notre bulletin n° 347. Elle se demandait et nous demandait si le gazoduc SOUTH STREAM que nous y mentionnions était bien le même que le gazoduc TURKSTREAM. Sa question était judicieuse et nous l’en remercions.

Petit retour sur l’histoire. Il s’agit dans les deux cas de dénominations données par le porteur du projet à savoir la société GAZPROM. Les fournitures de gaz russe à l’Europe de l’ouest se sont longtemps faites à travers de gazoducs terrestres traversant et approvisionnant au passage les pays de l’ancien bloc de l’Est. Le réseau mis en place au temps du Comecon continuait ainsi à fonctionner. Des rapports difficiles entre la Russie d’une part, la Pologne et l’Ukraine d’autre part et les agissements frauduleux de l’Ukraine consistant, à partir de la révolution orange, à faire chanter la Russie en coupant les livraisons vers l’Europe de l’Ouest ont conduit Gazprom et ses principaux clients ouest européens à envisager de court-circuiter Pologne et Ukraine.

La réponse a été de faire passer le gaz russe par des gazoducs sous marins. Le premier d’entre eux NORTH STREAM part du golfe de Botnie passe sous la Baltique et arrive sur la côte allemande à l’Est du pays. De là le gaz peut continuer à circuler par voie terrestre vers ses clients ouest européens. NORTH STREAM fonctionne depuis 2012 et le système donne une telle satisfaction que son doublement est programmé et serait déjà achevé si l’Union Européenne dans sa guerre économique contre la Russie ne freinait pas par tous les moyens la réalisation de NORTH STREAM II. L’Allemagne, gros client et actionnaire de NORTH STREAM I et ses partenaires européens dont le français ENGIE sont en passe d’obtenir la levée du blocage de Bruxelles.

La construction de NORTH STREAM II devrait commencer sous peu et les premières livraisons sont prévues pour 2019. La Pologne qui voit donc passer le gaz russe au large de ses côtes a mis tous les bâtons possibles dans les roues du projet et va devoir acheter du gaz de schiste étasunien liquéfié livré par navires spécialisés. Cette décision qui s’inscrit pleinement dans sa politique de voyageur de commerce a ravi Donald Trump en visite à Varsovie la semaine dernière.

Symétriquement à NORTH STREAM Gazprom avait conçu et programmé un projet de gazoduc sous marin pour alimenter l’Europe du Sud Ouest : il s’agissait de SOUTH STREAM. Le premier tracé retenu aboutissait en Bulgarie et avait les faveurs du gouvernement bulgare. Mais la Bulgarie n’est pas l’Allemagne et en 2014 l’Union européenne a interdit à la Bulgarie de laisser passer SOUTH STREAM sur son territoire. Gazprom a alors étudié une variante qui partant toujours de la côte russe de la Mer Noire aboutirait en Turquie et de là poursuivrait son chemin vers l’Ouest. Cette variante a reçu le nom de TURKISH STREAM et notre lectrice était donc totalement fondée à relever que nous n’avions pas modifié le nom du gazoduc. Nous nos excusons donc auprès de nos lecteurs pour cette imprécision.

Les relations entre la Russie et la Turquie sont passées depuis 2014 par des phases très contradictoires mais l’accord de la Turquie à ce projet parait aujourd’hui acquis puisque les deux pays ont signé un accord sur le sujet en Octobre 2016 et en Mai 2017 le président russe a donné ordre à GAZPROM de commencer les travaux de pose du gazoduc du côté russe. Par contre les documents cartographiques disponibles laissent encore le doute sur le point d’arrivée du gazoduc sur le sol turc. Les plus anciens le font arriver sur le plateau anatolien, les plus récents en Thrace.

Quoi qu’il en soit Turkish Stream construit par une filiale de Gazprom installée à Istanbul est prévu pour approvisionner la Grèce et pour se prolonger vers l’Ouest. Là commence un autre affrontement UE / Russie qui est, pour l’instant, discrètement en cours. Si elle traite la Grèce comme elle a traité la Bulgarie, c’est-à-dire comme un moins que rien, l’UE peut concéder l’achat de gaz russe par la Grèce mais interdire la prolongation du Turkish Stream vers l’Ouest et continuer à soutenir le gaz israélien. En cas d’accord le gaz russe du Turkish Stream peut suivre deux itinéraires, soit traverser la Grèce et rejoindre l’Italie en passant sous l’Adriatique au niveau de l’Épire soit remonter via la Macédoine ou la Bulgarie vers les Balkans et donc permettre à la Russie de livrer des clients qui lui sont fidèles via les gazoducs terrestres existants comme la Slovaquie et l’Autriche et resserrer ses liens avec certains États de cette région comme la Serbie (ce qui déplait souverainement à Bruxelles qui refuse le droit de ce pays de ne pas faire partie ni de l’UE ,ni de l’OTAN).

Une nouvelle partie à jouer sur le grand échiquier gazier européen dans laquelle une nouvelle occasion historique sera offerte à Alexis Tsipras de démontrer qu’il dirige un État souverain.

 

 

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Ce n'est pas la France qui est coupable de la rafle du Vel d'hiv, c’est la bourgeoisie française !

Do – Vive la Révolution 16 juillet 2017

 

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Nantes 1955 – Extrait du film Une chambre en ville, de Jacques Demy 

 

Police, Milice ! Flicaille, Racaille ! (vidéo 1'40)

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http://mai68.org/spip2/spip.php?article535

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Dans le slogan « Police, Milice ! Flicaille, Racaille ! », il n'est nul besoin de justifier « Flicaille, Racaille ! » ; par contre, les plus jeunes d'entre vous auront peut-être besoin d'une explication pour la première partie du slogan : « Police, Milice ! »

Pendant la deuxième guerre mondiale, en France, la Milice était une organisation militarisée composée de Français collaborant avec l'ennemi nazi.

L'immense majorité de la police a collaboré. Cela se voit bien au fait qu'un seul préfet a refusé de prêter serment de fidélité au maréchal Pétain : Jean Moulin. Cela se voit aussi, bien sûr, au fait que ce sont des policiers français qui ont commis la rafle du Vel d'hiv.

De très nombreux policiers s'engagèrent dans la milice.

La police est une bande armée au service de la bourgeoisie destinée à contenir les révoltes du prolétariat.

Non, ce n'est pas la France qui est coupable de la rafle du Vel d'hiv, mais la bourgeoisie française. La bourgeoisie qui, avant guerre, avait pour slogan : « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire ! » soutenait à fond le Maréchal Pétain et la collaboration avec l'ennemi nazi. Par contre, les prolos et les paysans était souvent résistants.

Notamment la CGT et le Parti communiste participèrent grandement à la résistance. Voir par exemple le film de René Clément La bataille du rail. 70 000 membres du PCF furent fusillés par les Allemands. C'est pourquoi, après guerre, le PCF fut appelé Le Parti des fusillés !

Pourquoi donc le pouvoir tient-il tant que ça à ce que le France soit LA responsable de la rafle du Vel d'hiv, et pas l'Allemagne par exemple ?

Parce qu'il faut faire culpabiliser les Français afin que tous acceptent les ignominies commises par Israël en Palestine, et parce qu'il faut justifier que ce soit la fraction juive de la bourgeoisie française qui domine la France.

 

Source : http://mai68.org/spip2/spip.php?article535

 

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Appel du 17 juin 1940 de Charles Tillon du PCF

http://mai68.org/spip/spip.php?article1324

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L'appel du 10 juillet 1940 du parti communiste français

LEUR 10 JUILLET ET LE NÔTRE !

Article complet : http://mai68.org/spip/spip.php?article4185

 

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Nous vous avons parlé de Mateusz Piskorski et de sa lettre à Donald Trump dans notre post du 24 janvier dernier. Aujourd’hui, nous recevons ceci, de Bruno Drweski

 

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Chers Amis et Camarades,

 Je vous envoie ci-joint la lettre traduite du polonais en français et l'autre en anglais d'un ami polonais, Mateusz Piskorski, qui est en prison à Varsovie pour des raisons politiques depuis le printemps 2016. Il a été arrêté mais n'a toujours pas reçu d'acte d'accusation. Au début, le pouvoir de Varsovie l'a accusé dans les médias pour des liens supposés avec la Russie, puis la Chine, puis... l'Irak (en fait, on pense qu'il s'agissait de l'Iran, mais les incultes au pouvoir à Varsovie ne font sans doute pas la différence entre ces deux pays) et la suite, vous pourrez la lire dans ces lettres plus bas. Pendant un an, il a été emprisonné sous le coup de l'injonction du procureur et, au bout d'un an, il y a quelques semaines, après avoir été copieusement battu et envoyé à l'hôpital, c'est le juge qui a prolongé sa détention. Au début tout contact avec lui, que ce soit sa famille, ses amis ou ses avocats étaient interdits. Aucun courrier non plus.  Il n'a lui-même pu intervenir qu'une seule fois en plus d'un an pour se défendre devant le procureur dans une session à huis clos. Maintenant, depuis son arrestation sous contrôle judiciaire et non plus du procureur, il peut écrire et lire mais ses droits de visite restent très limités. Et évidemment aucun procès public n'est prévu.

 On le réprime en fait parce qu'il dénonce l'OTAN et la politique de l'Ukraine, et qu'il prône un rapprochement avec la Russie et a développé un réseau de contacts dans l'ex-URSS avec des journalistes, des militants, etc,  et créé en Pologne un petit parti de gauche (« Zmiana » - Changement) soutenant cette orientation. Il condamne par ailleurs la guerre visant la Syrie et il s'était rendu à Tripoli en 2011 lors de l'attaque de l'OTAN contre ce pays. Il enseigne la science politique à l'université, a créé un centre de recherche et un site en ligne d'études géopolitiques (http://www.geopolityka.org/) qui a organisé plusieurs conférences internationales et publié plusieurs livres en version papier (dont certains avec ma participation).

 Il est dénoncé par l'extrême droite fascisante pour ses positions anti-maïdan et « pro-russes », par les libéraux pour ses positions anticapitalistes et anti-OTAN, mais il est souvent mal vu aussi des milieux de la gauche « modérée » ou même « radicale » mais pro-OTAN/pro-UE, pour ses positions anti-OTAN et le fait qu'il participe à des activités dans plusieurs pays où l'on trouve des personnes accusées d'être d'extrême droite. Comme vous le savez on peut être ouvertement nazi et cela ne pose aucun problème si c'est en faveur de l'OTAN, ce que l'Ukraine et les pays baltes en particulier démontrent quasi-quotidiennement, mais si on est contre on est forcément « rouge-brun ». Comme en 1989, alors qu'il sortait du lycée et qu'il était encore très jeune, il a adhéré à une association nationaliste anti-occidentale anti-chrétienne, slavophile et néo-païenne, alors on ressort cela pour l'accuser d'être issu de l'extrême-droite, alors même que ses anciens copains le menacent de mort depuis 10 ans pour avoir « trahi ». En 1989, la gauche n'existait plus et il était difficile pour un jeune sortant de l'adolescence qui ne voulait pas voir son pays tomber dans le capitalisme et la soumission à l'impérialisme allemand, de trouver tout de suite autre chose que la « slavophilie ». Il est aussi quelqu'un de relativement connu car il a été député et porte-parole d'un homme politique polonais décrété « populiste » et qu'on a retrouvé « suicidé » dans des conditions toujours pas élucidées.

 Bref, je vous écris cette lettre d'abord pour que vous ayez connaissance de ces faits qui se déroulent au sein de « la famille démocratique européenne » et pour vous demander de relayer l'information et aussi, dans la mesure du possible, de lui écrire des lettres (en polonais, russe, allemand ou anglais) et de lui envoyer des livres et publications pour éviter qu'il ne craque entre quatre murs à l'isolement total où il se trouve. L'adresse figure au début de la première lettre que j'ai traduite. Celle-là est adressée à un ami et camarade allemand d'origine polonaise militant à Die Linke. La seconde vient d'un des dirigeants du Parti communiste autrichien, section Styrie (la plus puissante et la plus à gauche des sections du KPÖ). Je l'ai laissée en anglais. Tous les deux sont d'accord pour qu'on la diffuse (sans les parties plus privées).

Sachez bien sûr aussi que, à côté du cas Piskorski, qui est le plus aigu, l'actuel pouvoir en Pologne mène plusieurs autres actions antidémocratiques :

 

- Plusieurs activités récurrentes anti-syndicales,

- Un procès contre trois militants du Parti communiste de Pologne accusés de promouvoir les idées « totalitaires »,

- une enquête visant à délégaliser le Parti communiste polonais sous prétexte de développer une idéologie anti-démocratique,

- l'introduction d'une loi qui oblige toutes les communes de Pologne à changer les noms de lieux consacrés à l'armée soviétique, aux militants communistes polonais et qui, dans son application, vise souvent également le souvenir de nombreux syndicalistes, militants ou combattants de la résistance ou du XIXe siècle qui étaient de gauche, sans forcément être communistes,

- la destruction systématique de tous les monuments commémorant l'armée soviétique (600 000 soldats soviétiques sont morts sur le sol polonais entre 1944 et 1945). Une partie de ces monuments devrait être rassemblée selon les informations en cours dans un ancien abri anti-atomique souterrain, qui sera transformé en « musée du totalitarisme » ... Dont on peut subodorer le caractère de propagande des horreurs.

 

Elle est pas belle l'Europe ?

Voilà l'ambiance générale. Je vous demande donc de diffuser cette information et de réagir chacun à la manière que vous pourrez. L'essentiel est de lui écrire et d'envoyer de la littérature. On essaie par ailleurs d'agir sur le terrain juridique. Mais toute bonne volonté dans ce sens, sera la bienvenue.

Il ne s'agit pas ici des opinions politiques de Mateusz, avec lesquelles je ne suis d'ailleurs pas toujours d'accord sur tout, mais du fait qu'on ne peut pas tolérer que quelqu'un soit indéfiniment sous les verrous sans acte d'accusation et sans procès public. Et qu'il n'ait lui-même pas la plupart du temps le droit de parole lors des sessions à huis clos !

Salut et Fraternité

Bruno Drweski

P.S. On dit aussi qu'il a été arrêté parce qu’il avait trouvé des documents compromettant sur l'actuel ministre polonais de la guerre, un ultra parmi les ultras, documents qui devaient paraître dans un livre sur le point de sortir… quelques jours avant son arrestation.

 

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Mateusz Piskorski

Areszt Sledczy Warszawa-Sluzewiec (Maison d'arrêt pour enquête)

ul.Klobucka 5

02-699 Warszawa

Pologne                                                                     

Pologne Varsovie, le 9/6/2017

 

Cher Piotr, Chère Monika,

 

Je vous remercie beaucoup pour votre lettre et le très intéressant livre sur le procès de Georges Dimitrov. Je vous écris en polonais pour que la lettre passe plus vite la censure du procureur.

(…)

Je vous remercie énormément pour votre appui et votre soutien. C'est dans des situations comme la mienne que l'on peut découvrir ses vrais amis et camarades. C'est pour moi très important que je les aie trouvés en vous. Depuis plus d'un an, comme vous le savez, je suis un prisonnier politique. Ils me tiennent en prison sur la base d'accusations qui ne constituent pas en Pologne un délit. J'aurais participé à la « guerre de l'information visant à exercer une influence sur l'opinion de la société », organisé une mission d'observateurs lors du référendum en Crimée en 2014, j'aurais organisé l'action visant à « dévaster » le monument à Bandera en Ukraine, etc. Ces accusations proviennent de la coopération entre l'Agence de sécurité intérieure polonaise (ABW) avec la CIA, le service de sécurité ukrainien et les services d'espionnage fascisants des États baltes. Ils m'accusent d'avoir voulu organiser une manifestation contre l'OTAN à Varsovie. Ils soutiennent que toute personne qui a des contacts en Russie doit être un espion, et ils parlent d'ailleurs des Russes en utilisant des épithètes méprisantes à leur égard (…). Ils sont remplis de haine. Le 25 avril, j'ai été battu par un fonctionnaire de l'ABW qui avait, agrafé sur son uniforme,  un insigne typique de l'extrême droite polonaise. En un mot, je suis victime de la fascisation pro-américaine de la vie politique en Pologne.

Je suis soumis à une pression psychologique. On m'a refusé les contacts avec certaines personnes de ma famille la plus proche. On utilise contre moi d'autres méthodes visant à me casser physiquement, moralement et psychiquement.

La Pologne est un pays subissant une fascisation progressive. On peut constater très clairement aussi qu'elle est totalement soumise aux néoconservateurs des USA. Les néolibéraux protestent en apparence contre la fascisation, mais c'est eux-mêmes qui en sont la cause première. Il y a quelques années on aurait pu enquêter sur les politiciens du PiS [BD : parti actuellement au pouvoir], ne serait-ce que pour le cas de la mort d'Andrzej Lepper ou de Barbara Blida [deux politiciens polonais « suicidés »]. Ils n'ont rien fait et l'hydre a donc pu renaître en Pologne. Comme vous le savez, il n'y a pas de gauche en Pologne depuis longtemps. L'Alliance de la gauche démocratique n'est qu'une social-démocratie rachitique, comme c'est aussi le cas du parti antirusse « Razem ». C'est pour cela que je peux dire que les répressions m'ont visé à la plus mauvaise étape de l'histoire de la Pologne actuelle. Ils me disent sans détour que leur objectif est que je sois sous arrestation illimitée. Je rajouterai personnellement à cela qu'ils veulent se débarrasser complètement de moi. Ce n'est pas si tragique pour moi mais surtout pour mes enfants à qui ils ont pris leur père. Je ne vais pas poursuivre en vous ennuyant avec mes plaintes. Je voulais seulement que vous sachiez que je suis enfermé en prison pour ce en quoi je crois, pour les idées que je voulais réaliser, au nom desquelles je me suis battu et il serait bon qu'en Allemagne personne n'ai la moindre illusion sur la situation qui règne de l'autre côté de l'Odra et de la Nysa.

Je suis intéressé à savoir quels sont les préparatifs faits par Die Linke pour les prochaines élections au Bundestag. Est-ce que Monika tu seras candidate cette fois ? Si c'est le cas, je fais le vœu que cela marche et qu'il y aura moins d'opportunistes au sein de la fraction et plus de représentants de la gauche de conviction. La situation en Allemagne est très importante pour le développement de la situation en Pologne. Le pire serait que Merkel conserve le pouvoir.

Ma prison n'est pas loin de l'aéroport de Varsovie ce qui me rappelle mon séjour chez vous où l'on entendait le bruit des avions atterrissant à Tegel. Je me rappelle nos longues discussions le soir et parfois la nuit, nos divergences qui étaient pour moi fascinantes. Vous aviez en fait souvent raison, et c'est moi qui me trompais. Tu avais Monika une bonne analyse des faits et une vision de ce qui allait arriver.

Je pense que, en dépit des fautes et des défaites, il serait bon de faire évoluer l'état d'esprit et de conscience politique en Pologne. Si vous pouvez m'envoyer des livres ou des publications intéressantes en allemand, je vous en serai très reconnaissant. Herzliche Grusse !

Mateusz

 

Chère Silvia, Cher AVIC, Chère Marraine des Saker et Cher Do, vous savez ce qui vous reste à faire…

Dear Saker, please help !

 

______________________    

 

11. Zmiana.jpg

 

Gesendet: Montag, 10. Juli 2017 um 09:13 Uhr

 Von: "Funovits Philipp" <philipp.funovits@stmk.gv.at>

An: "'piotr.luczak@gmx.de'" <piotr.luczak@gmx.de>
Cc: "funovits@fastmail.fm" <funovits@fastmail.fm>
Betreff: ABSCHRIFT

 

Übersetzung folgt…

Mateusz Piskorski

AS Warszawa-Sluzewiec

UL Klobucka 5

02-699 Warszawa POLEN

 Warszawa 13.06.2017

 

Dear Philipp !

 

Thanks a lot for your letter and support, which is of great importance for me, as we use to say, that times of hardship let you verify who is a real friend and comrade. First and foremost I would like you and other friends, out there in Austria, Germany, and among left-wing activists in other countries, to know some basic facts about my arrest, detention and all other acts of human rights’ violations here in Poland, in my particular case.

This might be quite interesting, as it can picture some parts of a general tendency ongoing nowadays in one of the EU member states.

 

 1.)    The whole case and investigation is designed to achieve at least three goals:

 

a - to eliminate my political party and other groups questioning the existing system from the public sphere;

b - to show extreme loyalty to the secret services and intelligence [agencies] of other countries (mainly [towards the]U.S. but also Ukrainian regime) as devoted NATO  member-state;

c - to destroy my public image and the public image of other anti-NATO activists in Poland.

 

 2.)    The case is controlled and executed by [the] Internal  Security Agency  (ABW, controlled by [the] deputy chairman of the ruling party, who has been sued by me [back] in the 90ties, as he incited for racial/ ethnic hatred) and [the] National Prosecutor (former MP of the ruling party, whom I publicly criticized several times), still the role of CIA is quite clear as well. Without any evidence they accuse me of espionage for Russian agencies; they perceive all NGOs, political groups and citizens of [the] Russian Federation as secret service collaborators (resemblance to Stalinist times, as well as Sen. McCarthy’s activities in the U.S.). They actually accuse me that I organized Crimean referendum monitoring, several Ukraine-related protests, and even demolition of a statue/monument of S. Bandera [the] Ukranian nazi-collaborator on [the] Ukrainian territory. Therefore, which is propably mostly [should read: most] interesting and extremely absurd, they accuse me of commiting a crime, which… is not defined as a crime in Polish Criminal Codex. This is not my personal feeling, but a fact, confirmed by several academic lawyers, who have written a legal opinion on the case.  As it might be quite hard to believe it, I repeat: I’m kept in jail for more than a year for and on the basis of false accusations, which if even if they were true and based on evidence –are not a Crime in Poland. Shocking, I suppose, but true.

 

3.)    Political arrest and repressions directly include different forms of pressure, moral, political, physical, including:

 

a - lack of any contact with some members of my family, including my newly (on 2nd of January) born son and his mother, only [should read: merely]  on the basis of her Russian citizenship;

b - excessive use of physical force by ABW officers, medically confirmed;

c - refusal to visit my mother, elderly woman, who is seriously ill (neurology – Parkinsons and boreliosis)

d - depriving me of the right to defend myself (during the whole time I have been given the right to speak in a court of law only once).

 

Based on all mentioned [above] a complaint to the European Court of Human Rights has been sent last December, it has already been accepted at the first stage, but the whole procedure might take several years.

When it comes to conditions in Polish jails, I’d just comment, that -according to what I’ve heard from inmates who had been kept in Austria and Germany –we live here as in Medieval times. However believe me. This is not the main concern in my case. I rather worry for my children (three little sons) left without a father and financial support (my savings and earnings frozen and stopped) and my political activists faced with numerous problems and difficulties.

Philipp, I do not dare to ask for any particular support. Simple letter is of great importance. Something to read (English, German) might be a relief, too. But first and foremost, I’d like media and people abroad to know what is going on in my country.

Please, let me know, how are you. How is the situation in Austria politically ?

Pass my greetings to all friends and comrades !

Your friend

Mateusz

 

Mit freundlichen Grüßen

Mag. Philipp Funovits

Amt der Steiermärkischen Landesregierung
Abteilung 17 Landes- und Regionalentwicklung

Referat Statistik und Geoinformation

A-8010 Graz, Trauttmansdorffgasse 2

T     +43 316 877-2512
F     +43 316 877-3711
abteilung17@stmk.gv.at

www.verwaltung.steiermark.at/abteilung17
www.gis.steiermark.at

philipp.funovits@stmk.gv.at

 

12. Torche Grand.gif

 

 

Mis en ligne le 17 juillet 2017.

 

 

 

 

18:58 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |