10/11/2016

BLUM PRÉSIDENT !

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Guerre hispano-américaine – bataille de Santiago de Cuba 3 juillet 1898.

 

BLUM PRESIDENT !

 

En retard de quelques jours parce que courir du four au moulin n’est pas un sport d’arthritique, mais on y tenait parce qu’une suite de réflexions apparemment décousues de William Blum est infiniment plus importante à nos yeux que n’importe quelle élection présidentielle dans le marigot occidental…

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William Blum

Rapport anti-empire n° 146 du 6 novembre 2016

Quelques pensées sur la politique étrangère américaine

 

Il a fallu à Louis XVI une révolution. Il a fallu à Napoléon deux défaites militaires historiques. Il a fallu à l’empire espagnol du Nouveau Monde des révolutions multiples. Il a fallu aux tsars russes une révolution communiste. Il a fallu aux empires austro-hongrois et ottoman une première guerre mondiale. Il a fallu à l’Allemagne nazie la deuxième guerre mondiale. Il a fallu au Japon impérial deux bombes atomiques. Il a fallu à l’empire portugais d’Afrique un coup d’État militaire sur son sol. À l’empire soviétique, il a fallu Mikhaïl Gorbatchev… Que faudra-t-il à l’empire américain ?

« Je ne crois pas que quelqu’un déclenchera consciemment la troisième guerre mondiale. La situation actuelle fait davantage penser à la veille de la première guerre mondiale, c’est-à-dire au moment où les grandes puissances étaient armées et prêtes à en découdre aussitôt que quelque chose mettrait le feu aux poudres. Dès l’instant où Gorbatchev a eu naïvement mis fin à la guerre froide, les États-Unis démesurément armés se sont appliqués à encercler la Russie avec toutes sortes de systèmes d’armements, d’exercices militaires agressifs et d’expansions de l’OTAN. En même temps, ces dernières années, la démonisation de Vladimir Poutine a atteint le niveau d’une propagande de guerre. Les Russes ont toutes les raisons de croire que les États-Unis se préparent à leur faire la guerre et ils prennent évidemment les mesures défensives qui s’imposent. Ce mélange de préparatifs militaires excessifs et de propagande dénonçant un « ennemi haïssable » rend de plus en plus possible un déclenchement de l’explosion par quelque incident fortuit. »

Diana Johnstone, auteur de Reine du chaos. Les mésaventures de Hillary Clinton.

 

 

En septembre 2013, le président Obama s’est présenté devant l’Assemblée Générale des Nations Unies pour déclarer : « Je crois que l’Amérique est exceptionnelle ». L’année suivante, le président a désigné la Russie comme un des trois principaux dangers qui menaçaient le monde, « avec l’État Islamique et le virus ebola ». Le 9 mars 2015, le président Barack Obama a déclaré le Vénézuela « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité et la politique extérieures des États-Unis ».

 

Vladimir Poutine, parlant aux Nations Unies en 2015, a interpellé les États-Unis sur leur politique étrangère : « Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ? »

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les États-Unis ont :

1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements étrangers, dont la plupart avaient été démocratiquement élus.

2. Bombardé les populations de plus de 30 pays.

3. Tenté d’assassiner plus de 50 dirigeants étrangers.

4. Tenté de supprimer un mouvement populaire ou nationaliste dans 20 pays.

5. Interféré abusivement dans les élections démocratiques d’au moins 30 pays*.

6. Sans compter que… bien que cela ne soit pas facile à quantifier… ils se sont impliqués dans la pratique de la torture bien plus que n’importe quel autre pays dans le monde… et cela, depuis plus d’un siècle… ne se contentant pas de juste pratiquer la torture, mais s’appliquant à l’enseigner, à fournir des manuels pratiques et les équipements ad hoc.

_________

* Voir le chapitre 18 de William Blum, Rogue State - A guide to the world’s only superpower (en français : « L’État voyou »)

 

Le 28 octobre 2016, la Russie a été écartée du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, en même temps que l’Arabie Saoudite y obtenait un second mandat, sans que cela suscite d’opposition. Est-ce que quelqu’un aurait l’adresse e-mail de George Orwell ?

 

Un million de réfugiés, fuyant les guerres de Washington, sont en train de déferler sur l’Europe. Ils s’enfuient d’Afghanistan, et d’Irak, de Libye et de Somalie, de Syrie et du Pakistan.

L’Allemagne accueille beaucoup de réfugiés syriens à cause de sa culpabilité dans la deuxième guerre mondiale. Que feront les États-Unis à l’avenir, à cause de leur culpabilité ? Les Américains ne sont pas élevés de manière à ressentir ce genre de culpabilité.

 

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« Le Plan, c’est que les États-Unis gouvernent le monde. Le thème déclaré est l’unilatéralisme, mais c’est en définitive une histoire de domination. Il exige que les États-Unis maintiennent leur écrasante supériorité et empêchent l’émergence de nouveaux pouvoirs susceptibles de les concurrencer sur le théâtre du monde. Il implique leur domination sur tous, amis comme ennemis. Il ne dit pas que les États-Unis doivent être plus puissants ou aussi puissants que possible, mais qu’ils doivent être absolument puissants. »

Vice-Président Dick Cheney – Conférence à West Point, Juin 2002.

Plus on est de fous plus on rit/et si c’est le même tant pis.

« Nous sommes en réalité, empiriquement et historiquement parlant, la plus grande force pour le bien que le monde ait jamais connu… la liberté et la sécurité de millions de gens de par le monde dépendent de la puissance militaire, économique, politique et diplomatique de l’Amérique. »

Dick Cheney et Liz Cheney, Pourquoi le monde a besoin d’une Amérique puissante, 2015.

 

Le porte-parole du Département d’État Mark Toner :

« Assad doit disparaître, même si la Syrie disparaît avec lui. »

 

Beaucoup des mesures prises par l’administration Obama en termes de sa politique envers Cuba sont en parfaite harmonie avec celles de Bill Clinton, telles qu’exprimées par les recommandations contenues dans le rapport d’un groupe de travail de 1999 du Conseil des Relations Extérieures. Le rapport affirmait que :

« Aucun changement dans la politique US ne devrait avoir pour effet de concourir à consolider ou à paraître légitimer un statu quo politique dans l’île. »

 

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Une opération américaine réussie de changement de régime en Syrie irait forcément à l’encontre des intérêts manifestes de l’état russe, car elle impliquerait l’utilisation de la Syrie dans le projet de construction d’un nouveau pipeline destiné à acheminer le gaz du Qatar vers les marchés européens, au détriment de Gazprom, le plus grand conglomérat de la Russie et son exportateur majeur. Le refus d’Assad de prendre une telle entreprise en considération n’a pas été pour peu de chose dans le fait que le Qatar déverse des milliards de dollars en armes et en financement des forces mercenaires anti-Assad, dans la « guerre civile » syrienne.

« La guerre avec la Russie sera nucléaire. Le pouvoir en place à Washington s’y est préparé. Il a violé le traité ABM (Anti-Balistic Missile) sur la limitation des armes nucléaires, créé ce qu’il croit être un bouclier anti-missiles et changé sa doctrine de guerre pour permettre une “première frappe U.S” Tout cela est à l’évidence dirigé contre la Russie et le gouvernement russe le sait. Combien de temps la Russie va-t-elle attendre passivement la première frappe de Washington ? »

Paul Craig Roberts, en 2014.

 

L’Iran a signé les accords nucléaires avec les États-Unis au début de cette année, acceptant ainsi de mettre fin à ce qu’il n’a jamais fait. Toute ambition nucléaire de l’Iran, réelle ou imaginaire, serait évidemment le résultat de l’hostilité des USA envers l’Iran et non l’inverse.

 

Si le gouvernement de l’Union Européenne était un gouvernement indépendant et rationnel il interdirait absolument à tous ses pays membres de stocker sur leur sol des armes nucléaires américaines ou d’y héberger des sites anti-missiles ou quelques autres bases militaires que ce soit à proximité des frontières de la Russie.

 

Full Spectrum Dominance (« Suprématie tous azimuts » ou « Domination dans tous les domaines » ou « Démocratie totalitaire dans le Nouvel Ordre Mondial ») est un terme que le Pentagone adore utiliser pour signifier son contrôle total de la planète, sur terre, sur mer, dans les airs, dans l’espace et dans le cyberespace. Pouvez-vous imaginer n’importe quel autre pays parlant ainsi ?

 

Henry Kissinger, aux pourparlers de paix de Paris, en septembre 1970 :

« Je refuse de croire qu’une petite puissance de 4e ordre comme le Vietnam du Nord n’ait pas un point de rupture. »

 

En 2010, Wikileaks a rendu public un télégramme envoyé à toutes les ambassades US par celle qui était alors la secrétaire d’État Hillary Clinton. Elle écrivait ceci :

« L’Arabie Saoudite reste un soutien financier déterminant d’Al Qaïda, des Talibans, d’Al Nosra et d’autres groupes terroristes dans le monde entier. »

Une telle constatation ne pouvait avoir pour résultat que le recours immédiat, par les USA, à leur arme chérie : les sanctions de toutes sortes. Eh bien, il n’en fut rien.

 

Le général US Barry McCaffrey, en avril 2015 :

« Parce qu’à ce jour, la réaction de l’OTAN aux multiples agressions de Poutine a été d’envoyer une poignée de militaires dans les états baltes pour montrer sa “détermination”, Poutine s’est persuadé que l’Alliance était incapable de se battre ou peu encline à le faire. Nous devons donc changer son optique au plus vite et contester sa doctrine affirmée qu’il a le droit d’intervenir dans d’autres pays pour protéger les russophones. Pour l’amour de Dieu !... la dernière fois que nous avons entendu une chose pareille, c’était juste avant que Hitler envahisse les Sudètes. »

Non, mon cher général, nous avons entendu cela, et de façon répétée, en 1983, quand les États-Unis ont envahi la minuscule Grenade, pour protéger et « sauver » quelques centaines d’Américains, qui couraient supposément les plus grands dangers du fait de l’élection dans ce pays d’un gouvernement de gauche. Ce fut une fraude absolue, rien d’autre qu’une excuse pour envahir un pays qui n’était pas persuadé que les États-Unis sont un don de Dieu à l’humanité.

 

Depuis 1980, les États-Unis sont intervenus dans les affaires de quatorze états musulmans, pour certains en les envahissant et en les bombardant. Ce sont (par ordre chronologique) : l’Iran, la Libye, le Liban, le Koweit, l’Irak, la Somalie, la Bosnie, l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan, le Soudan, le Kosovo, le Yémen, le Pakistan, et maintenant la Syrie.

Comment a commencé notre interminable horreur moyen-orientale ?

Discours radiodiffusé de George W. Bush du 28 septembre 2002 : « Le régime irakien possède des armes biologiques et chimiques ; il est en train de reconstruire les installations qui lui permettront d’en produire davantage et, selon le gouvernement britannique, il est en mesure de lancer une attaque biologique ou chimique en moins de 45 minutes après lancement de l’ordre. Le régime a, depuis longtemps, des liens permanents avec des groupes terroristes, et il y a des terroristes d’Al Qaïda en Irak. Ce régime veut se doter d’une bombe atomique et, avec du matériel fissile, il pourrait s’en construire une en moins d’un an. »

Pourtant… six semaines tout juste avant le 11 septembre, Condoleeza Rice avait dit à CNN :

« Rappelons-nous que son pays (à Saddam) est en réalité divisé. Il n’en contrôle pas la partie nord. Nous sommes capables de l’empêcher d’avoir des armes. Ses forces militaires n’ont pas été reconstruites. »  [Depuis la guerre du Golfe de 1990-1991, NdT]

 

Un fait certain est que la population cubaine participe beaucoup plus au gouvernement de son pays que la population américaine ne participe au gouvernement du sien. Une des causes importantes (de cet état de choses) est l’absence, à Cuba, des nombreuses entreprises privées qui, aux États-Unis, exercent une énorme influence sur tous les aspects de la vie.

 

« Les USA sont frénétiquement occupés à encercler la Chine avec des armes, avec une multitude de bases militaires qui vont du Japon à la Corée du Sud et aux Philippines, en passant par plusieurs petites îles proches, dans le Pacifique, et leur base élargie d’Australie. La flotte US, ses porte-avions et ses sous-marins nucléaires patrouillent à la limite des eaux chinoises. Avions de guerre, avions de surveillance, drones et satellites espions emplissent les cieux au point de créer une obscurité symbolique en plein midi. »

 Jack A. Smith, Hegemony games (« Jeux hégémoniques ») USA c/PRC, Counterpunch

 

La Crimée n’avait jamais de son plein gré quitté la Russie. Le dirigeant soviétique Nikita Krouchtchev, natif de la région [de la frontière ukrainienne, NdT], avait fait cadeau de la Crimée à l’Ukraine en 1954. Les Criméens ont toujours été fortement opposés à ce changement et ont voté massivement leur retour à la Russie après le coup d’État fomenté par les USA en Ukraine en 2014. Le président russe Vladimir Poutine qualifie l’armée ukrainienne de « légion étrangère de l’OTAN », légion étrangère qui ne se préoccupe aucunement des intérêts nationaux de l’Ukraine. Les États-Unis, cependant, s’obstinent à appeler « invasion » l’action de la Russie en Crimée.

Poutine, sur la Crimée-Ukraine :

« Nos partenaires occidentaux ont créé le “précédent Kosovo” de leurs propres mains. Dans une situation absolument identique à celle de la Crimée, ils ont estimé légitime la sécession du Kosovo d’avec la Serbie, en affirmant qu’aucune permission d’un état central n’est nécessaire en cas de déclaration d’indépendance unilatérale… Et la Cour de Justice Internationale des Nations Unies s’est déclarée d’accord avec ces arguments. C’est ce qu’ils ont dit. C’est ce qu’ils ont trompetté partout dans le monde et forcé le reste du monde à accepter… Et maintenant, ils se plaignent de la Crimée. Mais pourquoi ? »

Paul Craig Roberts :

« L’absurdité de tout ça ! Même un crétin sait que, si la Russie voulait mettre des tanks et des troupes en Ukraine, elle en mettrait assez pour aller au bout de son travail. La guerre serait finie en quelques jours, si pas en quelques heures. Comme Poutine lui-même l’a dit il y a quelques mois : si l’armée russe entre en Ukraine, il ne sera pas question de Donetsk ou de Mariupol, mais de la chute de Kiev et de Lvov. »

 

Dans un important examen de la politique US à l’égard de la Chine publié en mars 2015, le Conseil en Relations Étrangères, qui fait autorité, a déclaré sans prendre de gants :

« Il n’y a aucune perspective réelle de construction d’une confiance fondamentale en vue d’une “coexistence pacifique”, d’une “compréhension mutuelle”, d’un “partenariat stratégique ” ou d’un “nouveau type de relations entre grandes puissances” entre les USA et la Chine. »

« Les États-Unis, déclare ce rapport, doivent donc développer “la volonté politique” et “les capacités militaires” pour “en user envers la Chine de façon à protéger les intérêts US”. »

 

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Noam Chomsky :

« John F. Kennedy a changé la mission de l’armée en Amérique Latine de “défense hémisphérique” – relique obsolète de la IIe guerre mondiale – en “sécurité intérieure”, ce qui signifie la guerre contre les populations civiles.

 

Les joueurs de base-ball cubains à qui on paie des millions de dollars pour jouer dans une équipe américaine ne sont pas des « transfuges », mot qui a une connotation politique claire.

 

Boris Eltsine était jugé acceptable par les Américains et les Européens, parce qu’ils voyaient en lui quelqu’un de faible et d’aisément malléable, qui laissait le champ libre au Capital occidental sur le territoire nouvellement ouvert de la Russie, à la suite de l’effondrement de l’Union Soviétique. L’ère Eltsine fut aussi un temps de corruption rampante des oligarques russes étroitement associés au Capital occidental. Cette culture corrosive fut stoppée net avec l’élection, par deux fois, de Vladimir Poutine à la présidence, de 2000 à 2008 et, de nouveau, en 2012.

 

De nombreux dirigeants d’ISIS étaient d’anciens officiers de l’armée irakienne, qui avaient été prisonniers des troupes américaines. Mais ce n’est pas contre ISIS qu’on se bat, c’est contre Assad, et c’est contre Poutine ; ensuite, au niveau supérieur, ce n’est pas contre Poutine, c’est contre le pays qui se trouve dans le chemin de la domination mondiale des USA : la Russie. Et c’est pour toujours.

 

Se connecter à l’Internet basé aux USA signifierait, pour Cuba, canaliser toutes ses communications directement vers la NSA.

 

George W. Bush mène à présent une vie relativement tranquille au Texas, où il se consacre surtout à la peinture. « J’essaie de laisser quelque chose derrière moi » a-t-il dit, il y a un an ou deux. Ouais, sûr, George. On pourra appuyer tes tableaux contre la montagne de tes cadavres irakiens.

 

Seymour Hirsch :

« L’Amérique se porterait beaucoup mieux si, il y a dix ans, nous avions laissé les Russes poursuivre leur guerre en Afghanistan… La faute en revient à l’administration Carter, qui a essayé d’arrêter les Russes dans leur invasion de l’Afghanistan. Nous nous porterions beaucoup mieux si nous avions laissé les Russes battre les Talibans. »

(Interview à Deutsche Welle, 2 avril 2014.)

Nous nous porterions encore mieux si nous n’avions pas renversé le gouvernement progressiste et laïc d’Afghanistan, fomentant l’ascension des Talibans pour commencer, dans le but de faire intervenir les Russes à leur frontière, où nous faisions de notre mieux pour soulever la population soviétique musulmane.

 

Dans une interview de 1998, l’ancienne Secrétaire d’État Madeleine Albright a résumé exactement ce que les USA pensent de l’ONU :

« L’ONU joue un rôle très important. Mais si nous ne l’aimons pas, nous avons toujours la possibilité de suivre nos propres intérêts nationaux, ce que, je vous assure, nous ferons, si ce qui se passe ne nous plaît pas. »

Elle est à présent conseillère de Hillary Clinton en matière de politique étrangère.

 

 « Un dirigeant qui fait partir son pays en guerre est aussi néfaste dans la famille humaine qu’un parent qui abuse de ses enfants dans la famille individuelle. »

Suzy Kane.

 

« Il a fallu un certain temps avant que je me rende compte que les États-Unis voient peu d’utilité à la diplomatie. Le pouvoir leur suffit. Seuls, les faibles comptent sur la diplomatie… L’empire romain n’avait pas besoin de diplomatie. Les États-Unis non plus. »…

Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire Général des Nations U nies de janvier 1992 à Décembre 1996.

 

« Les interventions ne se font pas contre les dictateurs mais contre ceux qui essaient de distribuer : pas contre Jiménez au Vénézuéla mais contre Chavez ; pas contre Somoza au Nicaragua mais contre les Sandinistes ; pas contre Batista à Cuba mais contre Castro ; pas contre Pinochet au Chili mais contre Allende ; pas contre les dictateurs du Guatemala mais contre Arbenz ; pas contre le shah en Iran mais contre Mossadegh, etc. »

Johan Galtung, norvégien, principal fondateur de la discipline des études sur la paix et les conflits.

 

« On n’a jamais mentionné le fait que les chrétiens étaient en parfaite sécurité en Irak sous le président Saddam Hussein – privilégiés, même –  jusqu’à ce que le président George W. Bush envahisse l’Irak et le détruise de fond en comble. On peut s’attendre au même sort pour les chrétiens de Syrie, si le soulèvement fomenté par les États-Unis réussit à mettre en pièces la protection que leur assure le régime Assad. Nous verrons alors des larmes de crocodiles sur les chrétiens de Syrie. »

Eric Margolis, 2014.

 

« Le pouvoir juif, c’est la capacité de réduire au silence tout débat sur le pouvoir juif. »

Gilad Atzmon.

 

« Il faut qu’il y ait un grand procès pour juger tous ceux qui ont une responsabilité significative dans ce qui s’est passé  au cours du siècle écoulé, le plus meurtrier et le plus écologiquement destructif de toute l’histoire de l’humanité. On pourrait l’appeler “Tribunal des crimes de guerre, des crimes climatiques et des crimes fiscaux” et on devrait y faire comparaître les politiques, les administrateurs généraux et les propriétaires des grands médias, avec des oreillettes comme Eichman, et les forcer à entendre prouver qu’ils ont tué des millions de gens, presque réussi à tuer la planète et rendu la plupart d’entre nous aussi misérables qu’ils ont pu. Nous n’aurions évidemment pas le temps de les juger un par un. Il faudrait mettre dans le même sac, en un seul procès, les banquiers de Wall Street, mettre les Conseillers aux Relations Extérieures dans un autre sac pour un autre procès, et ce qui resterait de diplômés commerciaux de Harvard et de diplômés juridiques de Yale dans un troisième. Il ne s’agirait pas de rétribution mais seulement d’édification. Il n’y aurait donc pas de condamnation à la peine capitale. Il faudrait juste les bannir à vie dans quelque usine Nike d’outremer, et les y contraindre au silence perpétuel. »

Sam Smith

 

« J’en suis arrivée à penser à notre exportation de la “démocratie” comme à l’équivalent contemporain de ce que les missionnaires ont toujours fait pour conquérir et s’approprier le « monde non civilisé » au bénéfice des puissants. J’ai dit que l’Église avait inventé le concept de conversion par n’importe quels moyens, y compris la torture et le meurtre bien sûr, comme une grande faveur faite aux victimes, puisque c’était pour “sauver” leur âme immortelle. On appelle cela aujourd’hui “démocratisation”.

Rita Corriel

 

« Il est plus ou moins impossible de commémorer ceux qui sont morts à la guerre sans les glorifier, et il est impossible de les glorifier sans glorifier leurs guerres. »

Paul Craig Roberts

 

­­­­­­­Source : https://williamblum.org/aer/read/146

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

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William Blum est né en 1933, de parents qui ont fui le nazisme jusqu’en  Amérique. Depuis qu’en 1967 il a quitté le Département d’État pour cause de guerre du Vietnam, il n’a pas cessé un seul jour de résister. Seul ou avec d’autres. Il est un des fondateurs et des rédacteurs du Washington Free Press, premier journal alternatif  de la capitale US. Journaliste en reportage à Santiago du Chili, il a assisté à l’assassinat d’Allende. Et, à 83 ans, il est toujours sur la brèche.

Son site : https://williamblum.org/  

Le « Rapport anti-empire » : https://williamblum.org/aer

Ses livres : https://williamblum.org/books

Essais et discours (en anglais) : https://williamblum.org/essays

Notice biographique et interviews : https://williamblum.org/about

Si nous ne vivions pas dans un monde aussi abject et aussi corrompu, les quelques livres dont il est l’auteur seraient tous publiés en français et enseignés dans les écoles.

Pour ceux qui les ignorent encore, voici ceux qui existent en français :

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L'État voyou

[« Rogue State: A Guide to the World's Only Superpower »]

Parangon, 2002, 364 p.

 

 

 

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Les Guerres scélérates

[« Killing Hope: U.S. Military and CIA Interventions Since World War II »]

Parangon, 2004, 544 p.

 

 

 

 

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Mythes de l'Empire : La guerre US contre le terrorisme,

Aden Belgique, 2004.

La Petite bibliothèque d’Aden, 2006,  100 p.

(On vous offre votre poids en sucettes si vous trouvez ce livre dans le catalogue d’Aden… ou ailleurs.)

 

 

 

 

 

 

 

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Mis en ligne le 10 novembre 2016.

 

 

 

 

23:57 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

09/11/2016

CIRQUE ÉLECTORAL US et autres événements sans importance

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Salamines.

Ah, ils savent ce qu’ils font en interdisant l’enseignement de l’Histoire à la jeunesse…

 

 

CIRQUE ÉLECTORAL U.S.

et autres événements sans importance.

 

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Ah, ben dis donc !

 

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La gauche dans le salon ovale…

 

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On revient quand même à ce qui était prêt…

 

7 novembre 2016

Moscou sous la neige

 

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Reconstitution de la parade du 7 novembre 1941 sur la Place Rouge.

Publié le 8 novembre 2016 par Иван Михайлович Фраков

 

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Le 7 novembre 1941 pour « booster » le moral des troupes et de la population devant la menace nazie aux portes de Moscou, Staline organise un défilé sur la Place Rouge. Dès la fin du défilé, les troupes partent directement sur les lignes de front aux abords de la capitale.

Hier a eu lieu une reconstitution du défilé militaire. Seul Staline en était absent…!

Et les morts.

 


 

Il s’agissait alors de gonfler le moral des troupes avant un affrontement à plus de 25 millions de victimes (côté soviétique seul). Aujourd’hui aussi. Pire sans doute.

Tous les défilés militaires sont sinistres ou devraient être vus comme tels.

Qui vont-ils aller combattre, ces jeunes gens ? Des mercenaires surarmés en très grand nombre. Fournis par les pays vassaux du Xerxès d’aujourd’hui…

Que faire d’autre ?

 

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 « Les alliés renvoyés par Léonidas se retirèrent donc, sur son ordre, et seuls les Thespiens et les Thébains restèrent aux côtés des Lacédémoniens. Les Thébains restaient par force et contre leur gré, car Léonidas les gardait en guise d’otages ; mais les Thespiens demeurèrent librement et de leur plein gré ; ils se refusaient, dirent-ils, à laisser derrière eux Léonidas et ses compagnons ; ils restèrent donc et partagèrent leur sort. Ils avaient à leur tête Démophilos fils de Diadromès.

Au lever du soleil Xerxès fit des libations, puis il attendit, pour attaquer, l’heure où le marché bat son plein, – ceci sur les indications d’Éphialte, car pour descendre de la montagne il faut moins de temps et il y a moins de chemin que pour la contourner et monter jusqu’à son sommet. Donc, Xerxès et les Barbares attaquèrent, et les Grecs avec Léonidas, en route pour la mort, s’avancèrent, bien plus qu’à la première rencontre, en terrain découvert. Ils avaient d’abord gardé le mur qui leur servait de rempart et, les jours précédents, ils combattaient dans le défilé ; mais ce jour-là ils engagèrent la mêlée hors du passage et les Barbares tombèrent en foule, car en arrière des lignes leurs chefs, armés de fouets, les poussaient en avant à force de coups. Beaucoup d’entre eux furent précipités à la mer et se noyèrent, d’autres plus nombreux encore, vivants, se piétinèrent et s’écrasèrent mutuellement et nul ne se souciait de qui tombait. Les Grecs qui savaient leur mort toute proche, par les Perses qui tournaient la montagne, firent appel à toute leur valeur contre les Barbares et prodiguèrent leur vie avec fureur.

[…]

Les morts furent ensevelis à l’endroit même où ils avaient péri, avec les soldats tombés avant le départ des alliés renvoyés par Léonidas ; sur leur tombe, une inscription porte ces mots :

 

Ici, contre trois millions d’hommes ont lutté jadis

Quatre mille hommes venus du Péloponnèse.

 

Cette inscription célèbre tous les morts, mais les Spartiates ont une épitaphe spéciale :

 

Étranger, va dire à Sparte qu’ici

Nous gisons, dociles à ses ordres. »

 

Hérodote, L’Enquête, livre VII.

 

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La démocratie américaine mondialisée

Domai 68.org 8 novembre 2016

 

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(Si tu ne vas pas à la démocratie, la démocratie viendra à toi)

 

    Bonjour à toutes et à tous,

Faisons semblant de croire que le modèle de la démocratie, c'est les USA. Si c'est vrai, cela veut dire que le futur président des USA sera vraiment le chef de ce pays.

Or, la mondialisation, c'est la mondialisation de l'empire américain ; par conséquent, le futur chef des Américains voudra être le maître du monde.

Dans ce cas, je pose la question : comment se fait-il que celui qui sera désigné pour devenir le chef d'un monde de 7 milliards d'habitants soit élu par seulement 200 millions d'électeurs ? Est-ce cela qu'on veut nous faire passer pour un modèle de démocratie ?

Autre façon de voir, les Amerloques vont devoir choisir entre Hillary Clinton, une ordure sioniste qui veut balancer des bombes atomiques sur la Russie afin de la mettre au pas ; et Trump, un abruti ultra-raciste qui veut construire un mur étanche entre le Mexique et les USA. C'est vraiment ça, la démocratie ?

Franchement, ça fait pas envie d'être américain !

Si j'avais la malchance d'être un Américain, je crois bien que je prendrais une forte dose de somnifère pour être bien sûr de pas aller voter au dernier moment. Car la seule vraie solution pour ces pauvres Amerloques, c'est que tout le monde refuse de participer à cette mascarade !

Ce qui est rassurant, toutefois, c'est que qui que ce soit qui sera élu, il ne fera pas ce qu'il a dit pendant sa campagne électorale. Car la démocratie bourgeoise, c'est ça, la campagne électorale se résume à une succession de mensonges. Et Trump n'est certainement pas le seul à tromper ses électeurs. Et, sûrement qu'elle a ri, Clinton, en calculant tous les mensonges qu'elle allait faire croire à ses futurs électeurs.

Trump sera contrôlé et par ceux qui sont en dessus de lui, et par ceux qui sont en dessous. Ce qui fait que sa politique raciste et phallocrate sera très atténuée. Et il n'aura pas les moyens de s'opposer vraiment à une politique guerrière de soutien à Israël s'il ne veut pas se faire descendre comme quatre autres présidents américains, dont Kennedy. Car c'est ça, la démocratie américaine : quand on veut se débarrasser d'un président, on l'assassine. Rappelons qu'en comparaison, quand les soviétiques ont voulu se débarrasser de Kroutchev, ou de Gorbatchev, ils n'ont pas éprouvé le besoin de les assassiner pour autant.

Quant à Hillary la folle, elle n'aura jamais l'occasion de faire une guerre ouverte contre la Russie, et encore moins celle de lui balancer des bombes atomiques sur la gueule, car les militaires américains ne sont certainement pas aussi tarés qu'elle. Et ils refuseront de lui obéir, et ils la tueront s'il le faut, pour éviter la fin du monde atomique.

Mais la démocratie n'a rien à voir avec tout ça, n'est-ce pas ?

    Bien à vous,
    do
    8 novembre 2016
    http://mai68.org/spip

Espérons qu’une partie au moins de l’armée US ne décevra pas do.

 

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Non aux « contrôleurs » US en Russie !

Éditeur – RusReinfo 8 novembre 2016

9. america banana.gif

Il est de coutume depuis quelques années que les pays démocratiques (sic) que sont les pays d’Europe et les USA envoient des « contrôleurs » lors des élections dans les pays dictatoriaux (…) comme… La Russie, où chacun sait que les citoyens sont opprimés.

La Russie a alors décidé la réciprocité, et avait l’intention d’envoyer des contrôleurs vérifier que l’élection présidentielle aux USA – aujourd’hui – se faisait dans des conditions démocratiques, sans trucages, afin que Klinton soit élue avec une confortable marge d’avance en comptant les suffrages des morts bien entendu…

Las ! Les Américains ont averti que la présence d’officiels Russes sur les lieux de vote pourrait être considérée comme un délit. A Houston (TX), les voitures des employés russes ont été bloquées par des véhicules de police dans le plus pur style hollywoodien !

Le gouvernement russe a donc informé aujourd’hui l’ambassade des USA à Moscou que la présence d’officiels américains sur les lieux de vote lors des élections en Russie ne serait pas admise.

Source : https://rusreinfo.ru/fr/2016/11/non-aux-controleurs-us-en...

 

2. Cirque US.GIF

AILLEURS

 

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5 novembre 2016

Belgique : Deux syndicats SNCB interdits de grève

Les deux syndicats SACT (Syndicat Autonome des Conducteurs de train) et SIC (Syndicat Indépendant pour Cheminots), qui représentent environ un tiers des 3.800 conducteurs de train, se sont vu interdire par le gouvernement le dépôt d’un préavis de grève. Le droit de grève devient exclusivement réservé aux syndicats représentés au niveau national et qui comptent un nombre minimum de membres. Avec l’introduction de ces critères, seuls les trois grands syndicats pourront se croiser les bras légalement. Les grèves menées au nom du SACT et du SIC seront considérées comme sauvages et illégales, les conducteurs risqueront alors des amendes voire un licenciement dans certains cas. Le SACT et le SIC conservent toutefois leur statut de syndicat.

 

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Grévistes de la SACT (image d’archive)

 

Voir le dossier : Belgique - Autres sujets avec les tags: Belgique - Syndicalisme - Nos sources .

Source : http://www.secoursrouge.org/Belgique-Deux-syndicats-SNCB-...

 

Meuh, non, c’est pas le CETA-TTPI !

        

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France : François Hollande bientôt devant le CPI ?

 

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À l’Assemblée nationale française, le groupe des Républicains lance la procédure de destitution réclamée par le député Pierre Lellouche

Alexandre Boudet - Le Huffington Post 8 novembre 2016

 

Il n'y a toujours pas d'unanimité à droite mais la procédure de destitution de François Hollande avance pour de bon à l'Assemblée. Au lendemain de la présentation d'un texte par le député sarkozyste Pierre Lellouche (voir en fin d'article), le groupe Les Républicains a validé le principe de signer cette résolution qui peut conduire (très théoriquement) à la mise sur la touche du président de la République.

Christian Jacob a déclaré mardi 8 novembre qu'une partie des députés dont il est président allait signer la résolution pour actionner l'article 68 de la Constitution. Si 58 parlementaires le font (ce qui est désormais acquis), la procédure sera officiellement lancée.

Lire la suite…

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr/2016/11/08/deputes-republica...

 

Calmons-nous. Ceci est, vous l’avez lu, purement théorique.

Ces Messieurs soutiennnent la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle et n’ont certainement pas l’intention de l’envoyer à la Haye pour les mêmes crimes que François Hollande…

Et surtout, il leur faut, pour obtenir la destitution d’un président en exercice, le vote des 2/3 des membres des deux chambres, ce qui n’est pas près d’arriver…

Gesticulations pré-électorales comme chez les Yankees ?

Beh…

 

2. Cirque US.GIF

 


 

Léo, tu nous manques !

 

 

 

Mis en ligne le 9 novembre 2016.

 

 

 

 

15:21 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/11/2016

DE LA MYTHOLOGIE SIONISTE À LA TRAGÉDIE PALESTINIENNE

1. Gaza boat plastic bottles.jpg

Gaza. Bateau de pêche palestinien fait de bouteilles recyclées.

 

De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne

À propos de la sortie d’un livre…

 

L’écrivain algérien Chérif Abdedaïm sort un livre consacré au long martyre du peuple palestinien. Un de plus ? Oui. Et en nombre encore insuffisant puisque sainte Communauté Internationale continue de saintement s’en foutre. Tant que ce n’est pas à elle qu’« on » s’en prend, n’est-ce pas…

 

2. Couverture-du-livre-mytholo.jpg

 

De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne est, donc, un ouvrage algérien écrit en français et consacré à la question palestinienne, que publient les éditions de l'Agence Nationale de communication d'Édition et de Publicité (ANEP), avec une double préface : d’une part, celle de l’écrivain et poète palestinien Ziad Medoukh, d’autre part, celle de l’historienne française Aline de Diéguez.

L’auteur Chérif Abdedaïm, interrogé par l'APS, a déclaré que « La création de l'État sioniste s'est basée sur la propagation de mythes et de mensonges fabriqués de toutes pièces et présentés au monde comme vérités historiques, parmi lesquels celui d’une Palestine “ terre sans peuple pour un peuple sans terre” ou encore ceux qualifiant Israël de “démocratie”. »

Pour sa préfacière Aline de Diéguez, De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne dévoile comment une poignée de colons venus des quatre coins du monde ont invoqué un héritage mythologique pour s’emparer de terres habitées par un peuple depuis des millénaires.

Chérif Abdedaïm, qui était présent le 30 octobre au Salon International du Livre d’Alger, a publié auparavant, entre autres ouvrages : Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours et Constantine : la saga des beys, ainsi qu'un recueil de poèmes en arabe dialectal Toufat El Memhoun min Djawahar El Melhoun.

 

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Chérif Abdedaïm est un artiste, écrivain, journaliste et enseignant algérien. Il tient une chronique d’actualités internationales dans La Nouvelle République d’Alger.

 

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Nous reproduisons ci-dessous la préface française, qu’Aline de Diéguez a eu l’excellente idée de publier sur son site.

 

Aline de Diéguez

Chroniques de la Palestine occupée

« Si vous n'êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et à aimer ceux qui les oppriment. »
Malcolm X

 

L'enfer du peuple palestinien

« Lasciate ogni speranza, voi ch'intrate »  (Vous qui entrez, abandonnez toute espérance)
Dante, La divine comédie, l'Enfer)

 

Dante se représentait l'Enfer comme une sorte d'abîme en forme d'entonnoir sans fond que Lucifer aurait creusé lors de sa chute sous la ville de Jérusalem et dans lequel glissaient les damnés avant de déboucher dans les salles des tortures éternelles. Étonnante prémonition de l'auteur de la Divine comédie d'avoir situé son enfer en Palestine et plus précisément, à Jérusalem !

Aujourd'hui, Lucifer a fait surface et règne en maître au grand jour non seulement à Jérusalem, mais sur la Palestine tout entière. Il s'active frénétiquement à enfourner un peuple crucifié depuis trois-quarts de siècle dans l'entonnoir sans fond du désespoir et de l'annihilation.

 

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La bouche de l’Enfer

Sculpture du XVIe siècle, in Jardins de Bomarzo, province de Viterbe, cœur de la civilisation étrusque. Sur la lèvre supérieure est écrit : « Ogni pensiero vola », (Toute pensée s'envole).

 

C'est l'histoire de cette tragédie que le monde regarde d'un oeil vide et morne et que, courageusement, Chérif Abdedaïm décrit avec une précision chirurgicale dans son ouvrage De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne.

Écrire aujourd'hui sur le sort des Palestiniens, qu'ils soient de Cisjordanie, de Gaza ou des camps de l'exil, c'est d'abord essayer de maîtriser une colère impuissante et une indignation qui ne peuvent manquer d'envahir toute personne dotée de sens moral et de respect de la dignité humaine. C'est pourquoi il faut admirer le ton retenu de Chérif Abdedaïm lors de sa recension sans concessions des étapes du drame enduré par le peuple palestinien.

Car la tragédie a commencé depuis si longtemps qu'un monde futile a fini par oublier les funestes exploits quotidiens de Lucifer, le démon qui met cyniquement la corde au cou à tout un peuple et cherche à l'étrangler avant de le précipiter dans le néant.

Rappelons comment il le terrorise, l'affame, l'assoiffe, le pilonne, l'empêche de se soigner, de se déplacer, martyrise , terrorise, emprisonne sans jugement et torture même ses enfants qu'il empêche d'étudier, l'emmure, vole l'argent de ses impôts, le soumet à l'arbitraire de colons féroces et armés ainsi que de policiers brutaux et sadiques aux checkpoints où il blesse, humilie et assassine en toute impunité. Il laisse son armée caillasser les enfants sur le chemin de l'école et au besoin, les utilise comme boucliers humains. Il bombarde centrale électrique et réserves d'eau potable, déracine les merveilleux oliviers centenaires, dresse des murailles au milieu des villages. Animé d'une rage dévastatrice il réduit en cendres les vergers et les cultures d'un peuple colonisé et emprisonné, vole ses terres, son eau, ses ressources naturelles, poursuit sa colonisation, détruit les maisons, empêche les agriculteurs de travailler, défonce les routes, ruine les infrastructures, les récoltes, ravage le port et l'aéroport de Gaza, bombarde sa plage, les bateaux de pêche, pilonne même les hôpitaux, les écoles et les ambulances, laisse le champ libre à ses snipers assassins, empoisonne la population de Cisjordanie à petit feu en se débarrassant de ses déchets toxiques dans les territoires palestiniens au mépris de la protection de l'environnement et des nappes phréatiques, asperge les maisons des villages de déjections puantes, invente chaque jour de nouvelles brimades et de nouvelles humiliations.

 

6. Dali.jpg

Lucifer, tableau de Dali

 

N'est-ce pas là une description saisissante de l'Enfer sur la terre? Et c'est de ce peuple courageux que la résistance héroïque est qualifiée de "terrorisme" par les bourreaux et les complices occidentaux du Lucifer local!

C'est bien dans le toboggan en forme d'entonnoir que glisse inexorablement le peuple palestinien poussé par le Lucifer sioniste. Jusqu'à quelle profondeur lui faudra-t-il sombrer dans les abysses de l'humiliation et de la souffrance avant que ses pieds se posent sur un sol assez dur pour lui permettre de rebondir et de remonter à la lumière?

Mais aujourd'hui, Lucifer est toujours dans le dos de sa victime et il s'active, année après année, à le précipiter toujours plus profondément dans l'amertume et le désespoir. S'il fallait attribuer le prix Nobel du malheur aux victimes de l'ignominie de leurs Lucifers respectifs, il serait attribué conjointement aux nations indiennes exterminées vicieusement par les troupes sans honneur, sans foi ni loi des colons européens fraîchement établis dans le Nouveau Monde, ainsi qu'au peuple palestinien en voie de subir un sort analogue de la part - ô ironie de l'histoire - d'une armée de colons se prétendant les descendants des plus grands persécutés de la planète - et formant aujourd'hui l'État d'Israël.

Or, il faut bien comprendre que les comportements cruels et sadiques de l'État sioniste ne sont pas le résultat d'actes isolés et circonstanciels. Ils sont voulus, théorisés et planifiés. C'est ce que démontre avec une rigueur implacable l'ouvrage de Chérif Abdedaïm. Après avoir lu De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne, personne ne pourra prétendre qu'il ne savait pas ce qui était en train de se tramer dans le petit mouchoir de terre sur lequel une poignée d'immigrants issus du monde entier revendique, au nom d'un vieux mythe, la possession du territoire habité depuis la nuit des temps par un autre peuple.

Le parallélisme est saisissant entre ceux qui se déclarent fièrement une nation "exceptionnelle et indispensable" et qui ont réussi le prodige d'exterminer par la ruse, les pièges et la violence la quasi totalité des nations indiennes, et ceux qui se proclament un "peuple élu" et dont le rêve est d'éliminer aussi parfaitement la population autochtone du territoire qui est le sien. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, sévices, assassinats, déportations. Ah, s'ils pouvaient expédier tous ces "arabes" sur la lune!

La politique actuellement menée en Palestine et que décrit si justement M. Abdedaïm démontre que les principes d'humanité et d'éthique ne sont pas universels et que seule la fâcheuse publicité internationale que permettent les moyens de communication modernes empêche aujourd'hui les massacres à moyenne et grande échelle tels qu'ils furent accomplis dans les années cinquante à Deir Yassine, Haïfa, Jaffa, Acre, Oum Al Fahem et AL-Ramla, Al-Daouayma, Abou Shousha, Qazaza, Jaffa à plusieurs reprises, Tannoura, Tireh, Kfar Husseinia, Haïfa encore et encore, Sarafand, Kolonia, Saris, Biddu, Lod, Bayt Surik, Sasa, Balad al-Cheikh, hier Jenine et Gaza tant et tant de fois. La litanie des villes et villages-martyrs s'étire, interminable.

C'est pourquoi Lucifer recourt dorénavant à un artisanat du crime et de la terreur plus cachés et donc plus pervers. Nos droits-de-l'hommistes ne se mobilisent pas pour les enfants palestiniens assassinés de sang froid, mais goutte à goutte et leurs couinements sont modestes et rapidement réduits au silence au moment des grands carnages à Gaza.

Ne pas oublier ces martyrs est notre devoir et l'immense mérite de Chérif Abdedaïm est de démontrer que ces crimes prennent place dans la stricte logique du sinistre projet politique sioniste.

Car l'Etat hébreu, conduit par les machinistes du sionisme poursuit inlassablement un seul et unique but: conquérir mètre carré par mètre carré, et par tous les moyens, la totalité de la terre de sa géographie mythique. L'actuelle guerre de Syrie à laquelle Israël participe activement en sous-main fait partie des plans de conquête de l'État sioniste.

L'ouvrage de Chérif Abdedaïm démontre pas à pas et preuves à l'appui, que le projet d'extermination sournoise du peuple palestinien a été poursuivi avec une farouche détermination par tous les gouvernements sionistes qui se sont succédé depuis que l'existence d'Israël a été acceptée par l'ONU, et même avant cette reconnaissance de fait, lorsque les groupes terroristes sionistes - Irgoun, Lehi, Ha Sommer, Haganah - se sont heurtés au mandat anglais et massacraient à la fois des Anglais et des Palestiniens.

Dans la longue et très importante citation d'une déclaration de l'un des principaux théoriciens du sionisme, Vladimir Jabotinski, une phrase résume parfaitement ce projet : "Toute colonisation, même la plus réduite, doit se poursuivre au mépris de la volonté de la population indigène. Et donc, elle ne peut se poursuivre et se développer qu'à l'abri du bouclier de la force, ce qui veut dire un Mur d'acier que la population locale ne pourra jamais briser. Telle est notre politique arabe. (…). La force doit jouer son rôle - brutalement et sans indulgence (…) et cela jusqu'à ce qu'il ne reste aucun espoir, jusqu'à ce que nous ayons supprimé toute ouverture visible dans le Mur d'acier."

Voilà exprimé noir sur blanc le mode d'emploi du projet luciférien.

Tous les gouvernements sionistes ont collé à la lettre à ce plan. Les interminables négociations et autres accords, de camp David, d'Oslo ou d'ailleurs, n'étaient que poudre aux yeux et avaient d'autant moins pour finalité d'être mis en œuvre honnêtement que les exactions du pouvoir sioniste jouissent depuis les origines d'une impunité absolue de la part de son protecteur d'Outre-Altlantique. En témoignent plus de soixante vétos opposés par les USA aux résolutions de l'ONU qui condamnaient l'État sioniste.

Mais on ne peut cacher que le plan du Mur d'acier n'a pu se concrétiser que grâce à la complicité et à la collaboration tantôt tacite, tantôt officielle des dirigeants des ghettos palestiniens eux-mêmes, ces "Présidents" d'opérette trop heureux de bénéficier pour eux-mêmes et pour leurs proches des miettes de pouvoir et de richesses que l'occupant dédaigneux leur jette de temps en temps, en échange de leur soumission et de la création d'une milice chargée d'espionner, de réprimer, d'arrêter et même de torturer les résistants.

Lucifer en rit encore.

Grâce à l'ouvrage de Chérif Abdedaïm nous pouvons suivre pas à pas la progression de la mise en œuvre du sinistre plan d'élimination du peuple palestinien. La lucidité et la rigueur de son auteur auront rendu un immense service à la cause de la Palestine et surtout à la cause de la vérité.

Malgré le Mur d'acier, malgré les trahisons viendra un jour où Lucifer rendra les armes.

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/palestine/lucifer/lucifer.html

 

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Pas d’interview pendant huit ans et, maintenant, deux d’un coup ! Ce n’est pas nous qui nous en plaindrons. Ce dont nous nous plaignons, c’est que ces passionnants entretiens de Madame Asma al-Assad soient sous-titrés en anglais et non en français. Colonisés provinciaux que nous sommes, de quoi nous plaignons-nous ? Les quelque 80 millions de francophones d’Europe ne s’intéressent pas à ces choses, voilà tout.

 

Entre la guerre et la paix

 


 

Vidéo tirée d’un film documentaire russe.

Source :  https://syrianfreepress.wordpress.com/2016/11/03/asma-al-...

 

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Paris - Chiens écrasés

Une princesse saoudienne ordonne de « frapper » et « tuer » un artisan parisien

Olivier Berruyer – Les crises 4 novembre 2016

 

8. Guillemets anglais.gifUn simple fait divers – mais tellement illustratif de notre époque… Vous imaginez si ça avait été la belle-fille de Poutine ?

 

Une plainte a été déposée contre la fille de l’ex-roi Salman qui a fait rouer de coups un homme qui effectuait des travaux dans son appartement.

7. Paris - Les Crises.jpg

 

« Il faut le tuer, ce chien, il ne mérite pas de vivre », s’est emportée la descendante des fondateurs du royaume d'Arabie Saoudite à l’encontre d’un artisan parisien venu effectuer des travaux dans son appartement de l’avenue Foch à Paris, dans le 16e arrondissement. Selon le récit circonstancié de la victime, établi devant les gardiens de la paix, alors qu’il prenait une photo de la pièce où il devait intervenir, la princesse a fait héler son garde du corps armé.

Les gorilles étrangers sont en effet autorisés à porter une arme par le ministère de l’Intérieur, alors que cela est interdit aux professionnels de la sécurité privée de nationalité française, sauf rares exceptions.

En dépit des explications de l’artisan – il a l’habitude de prendre des clichés avant travaux, afin de remettre les objets et les meubles à leur place après –, le cerbère l’empoigne. Il est accusé de réaliser des photos pour les revendre à des journalistes.

 

Tenu en joue

L’homme de main de la princesse lui assène un coup de poing sur la tempe avant de lui ligoter les mains. Zélé, le garde du corps ordonne à l’artisan de s’agenouiller et de baiser les pieds de la princesse. Récalcitrant, il est alors mis en joue. Selon les policiers qui ont recueilli le témoignage de la victime, les traces de coups étaient encore visibles au moment où il se confiait aux forces de l’ordre. L’artisan affirme que son calvaire a duré près de quatre heures, avant qu’un troisième larron n’intervienne : il réalise une photocopie de sa carte d’identité et lui enjoint de partir en lui interdisant « l’accès au 16e arrondissement à jamais » !

Obstiné dans l’adversité, l’artisan a demandé à être payé et a présenté sa facture de 20.000 euros. En vain. Et les Saoudiens ont conservé son matériel.

Les mauvais traitements au personnel sont réguliers parmi les riches familles du Golfe, certaines d’entre elles bénéficiant en plus de l’immunité diplomatique. Cela rend aléatoire toute tentative de poursuite judiciaire. À ce stade, le parquet de Paris n’a pas fait connaître la suite qu’il entendait donner à cette plainte.

Source :  https://www.les-crises.fr/une-princesse-saoudienne-ordonn...

 

Trois commentaires parmi d’autres :

1) Nous rappelons que le marché aux esclaves de Ryad, Abu Dhabi, et Muscat n’ont fermé leurs portes qu’en 1962, 1964 et 1970.

Durant l’enfance des princes et princesses du golfe on pouvait encore acheter de l’esclave sexuelle circassienne, du soldat chrétien, de l’eunuque du Soudan et de l’artisan perse en allant au Souk.

Maintenant on se fournit à la source, ils ont raison la filière courte pour le bétail c’est le mieux.

2) L’essentiel est bien que l’Arabie saoudite siège dans les conseils des droits humains, contrairement à la Russie. On voit l’expertise qu’ils détiennent dans ce domaine.

3) Heureusement pour elle, la France a un président humaniste et universellement respecté. « Homme d’État de l’année 2016 » même.

 

Les artisans parisiens devraient savoir qu’en vendant leurs services dans le XVIe, ils risquent de tomber sur des gens vulgaires.

 

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Mis en ligne le 6 novembre 2016.

 

 

 

 

 

 

11:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/11/2016

Où l'en en apprend de belles...

1. Flotte chinoise à Tartous.JPG

Tartous. Pas encore la flotte égyptienne, juste la flotte chinoise…

 

Où l’on en apprend de belles

 

À la suite d’un de nos récents posts, en réaction à un article de M. Israël Shamir (« Erdogan consolide son emprise »), une de nos lectrices qui signe Sémimi, s’était insurgée en ces termes contre une affirmation de M. Shamir :

 

Avec M. Shamir, dont le ton condescendant met les nerfs en pelote, il y a toujours à boire et à manger. Ainsi lorsqu’il écrit benoîtement que le président de l’époque, Morsi, était « modérément islamiste », il faut l’entendre, je suppose, au sens où les coupeurs de tête dont parle si justement Bruno Guigue, sont, eux aussi, qualifiés de « modérés » - c’est-à-dire qu’ils décapitent lentement et avec des canifs !

Je rappelle à M. Shamir et à ceux qui l’ont oublié que l'ancien Président de la République d'Égypte, M. Morsi, sur lequel le peuple palestinien fondait d'immenses espoirs, rapidement déçus, hélas, a, dans son dernier discours de chef d'État dit "démocratique", prôné le "djihad", c'est-à-dire rien de moins que la "guerre sainte" ... mais, mais pas contre l’État sioniste, contre la Syrie, donc contre un autre État à majorité musulmane.

Aucune guerre n'est sainte et tout "djihad" politique n'est qu'une monstruosité barbare. Ainsi, M. Morsi venait ex abrupto de déclarer la guerre à un État avec lequel il n'avait aucun différend politique, et cela pour le plus grand bonheur et jubilation de l'axe otano-qataro-saoudo-sioniste qui manipule à son profit les faibles esprits religieux fanatisés et les politiciens corrompus de la région, mais à la grande fureur d'une partie importante de la société égyptienne, violemment hostile à une dictature religieuse.

La lettre personnelle d'allégeance adressée au Président Peres, par laquelle le Président égyptien fraîchement élu avait souhaité à l'État d'Israël "bonheur et prospérité" demeure dans toutes les mémoires et a pris tout son sens à la lumière des événements qui ont suivi.

Trois jours après le prêche religieux sectaire de M. Morsi, qui aurait envoyé des dizaines de milliers d'Égyptiens grossir les rangs des hordes internationales d'égorgeurs et de décapiteurs de civils syriens sous prétexte qu'ils ne priaient pas leur Dieu de la même manière qu'eux, une junte militaire en a profité pour reprendre le pouvoir - avec le soutien d'une importante proportion de la société civile, il faut bien le constater. Peut-être subsistait-il chez les généraux égyptiens quelques traces de l'authentique patriotisme égyptien qu'avait incarné le Colonel Nasser. Peut-être se souvenaient-ils qu'il n'y a pas si longtemps, l'Égypte et la Syrie ne formaient qu'un seul État. Les deux étoiles qui ornent encore le drapeau syrien en sont les vestiges. […]

 

 L’analyse de notre lectrice semble se trouver aujourd’hui confirmée par les faits, à savoir :

 

2. army of egypt flag close-up.jpg

 

Le grand tournant d'al-Sissi : l’Égypte envoie ses forces en Syrie pour soutenir l’armée

Al Manar - Réseau International4 novembre 2016

 

3. Le-président-égyptien-Abdel-Fattah-al-Sissi.jpg

Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi

 

Selon une source militaire de haut rang,  cité par le  site « Iran Today »,  le gouvernement égyptien aurait envoyé des forces militaires en Syrie dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la coopération militaire et la coordination avec l’État syrien, a rapporté le site d’informations Syria-scop.com.

La source a affirmé que  « l’Égypte est  désireuse de fournir une aide militaire et d’envoyer des forces en Syrie pour participer aux batailles du gouvernement syrien contre les terroristes, surtout  après avoir constaté que ses différends avec l’Arabie Saoudite sont profonds concernant l’aide que fournit cette dernière aux terroristes en Irak et en  Syrie sans compter la guerre qu’elle mène contre le Yémen ».

La source a poursuivi que « les gouvernements syrien et égyptien comptent annoncer cette coopération dans la  lutte contre le terrorisme officiellement et très prochainement ».

Toujours selon la même source, « l’Égypte a également envoyé des armes à la Syrie pour soutenir le régime du président Bachar al-Assad dans la purification de la terre syrienne de la présence des terroristes ».

Il convient de noter, que la semaine dernière, le général Ali Mammlouk, chef du Bureau de la sécurité nationale syrienne a visité l’Égypte et a tenu des réunions avec de hauts responsables égyptiens.

Dans le même contexte, un groupe d’officiers de l’armée égyptienne s’est rendu mardi dans la ville portuaire syrienne de Tartous pour s’entraîner avec des conseillers militaires russes, près de la ligne de front de l’État islamique, a rapporté ce jeudi Mehrnews.

Selon plusieurs rapports d’activistes locaux, les officiers égyptiens étaient accompagnés par des militaires russes à leur arrivée à Tartous, mardi.

Les armées égyptienne, russe et syrienne n’ont pas confirmé ces informations.

Source : http://french.almanar.com.lb/80243

Via : http://reseauinternational.net/le-grand-tournant-de-sissi...

 

2. army of egypt flag close-up.jpg

 

La mère de l’une et l’épouse de l’autre…

 

On ne peut que rapprocher ce qui précède de l’article ci-dessous du Réseau Voltaire, qui apporte pour sa part un assez joli bouquet d’informations. On ne sera pas surpris d’y trouver Mme Huma Abedin, hier inconnue à nos bataillons d’Européens lambda, qui fait la une de presque tous les organes de presse internationaux depuis quelques jours.

 

4. Menottes noires jpg petites transparentes.gif

 

Les e-mails d’Hillary Clinton et la Confrérie

Thierry MeyssanRéseau Voltaire

1er novembreDamas (Syrie)

 

L’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte pas sur une négligence face aux règles de sécurité, mais sur un complot visant à distraire toute trace de ses correspondances qui auraient dû être archivées sur des serveurs de l’État fédéral. Il pourrait comprendre des échanges sur des financements illégaux ou de la corruption, d’autres sur les liens des époux Clinton avec les Frères musulmans et les jihadistes.

 

5. Clinton -Abedin.jpg

Hillary Clinton et sa directrice de cabinet Huma Abedin

 

La relance de l’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte plus sur les questions de sécurité, mais sur des trafics qui pourraient aller jusqu’à la haute trahison.

Techniquement, au lieu d’utiliser un serveur sécurisé de l’État fédéral, la secrétaire d’État avait fait installer à son domicile un serveur privé, de manière à pouvoir utiliser Internet sans laisser de traces sur une machine de l’État fédéral. Le technicien privé de Mme Clinton avait nettoyé son serveur avant l’arrivée du FBI, de sorte qu’il n’était pas possible de savoir pourquoi elle avait mis en place ce dispositif.

Dans un premier temps, le FBI a observé que le serveur privé n’avait pas la sécurisation du serveur du département d’État. Mme Clinton n’avait donc commis qu’une faute de sécurité. Dans un second temps, le FBI a saisi l’ordinateur de l’ancien membre du Congrès, Anthony Weiner. Celui-ci est l’ancien époux d’Huma Abedin, directrice de cabinet d’Hillary. Des e-mails provenant de la secrétaire d’État y ont été retrouvés.

Anthony Weiner est un homme politique juif, très proche des Clinton, qui ambitionnait de devenir maire de New York. Il dut démissionner à la suite d’un scandale très puritain : il avait envoyé des SMS érotiques à une jeune femme autre que son épouse. Huma Abedin se sépara officiellement de lui durant cette tourmente, mais en réalité ne le quitta pas.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article193919.html

 

Bref, si la moitié seulement des choses énoncées dans cet article – sujettes à confirmation comme toujours - étaient vraies, il y aurait là de quoi faire pendre (ou électrocuter) deux ou trois personnes, puisque la peine de mort n’est pas abolie aux USA.

 

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Mis en ligne le 4 novembre 2016

 

 

 

 

22:46 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/11/2016

HA HA HA !

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Ha ha ha ! (jaune)

Ha ha ha ! (Tout court)

 

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Cirque électoral hexagonal

 

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Montebourg, the young leader

Théophraste R. – Le Grand Soir 2 novembre 2016

 

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La French American Fondation (sponsorisée entre autres par la banque Lazard) est connue pour sa formation de « Young leaders » appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines. Ils auront à réfléchir sur des thèmes majeurs communs aux deux pays et à approfondir leur compréhension mutuelle. Ah, qu’en termes galants ces choses-là sont dites !

Entre 1997 et 2001, John Negroponte présida la French American Fondation, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (DNI), dirigeant l’US States Intelligence Community (qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA).

Pour devenir young leader, il faut postuler et être parrainé. Parmi les Français qui ont été sélectionnés on a pu remarquer : François Hollande, Bernard Guetta, Laurent Joffrin, François Léotard, Christine Ockrent, Jacques Toubon, Valérie Pécresse, Eric Raoult, Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Najat Vallaud-Belkacem, Matthieu Pigasse, Pascal Riché (Rue 89), Emmanuel Chain, Jean-Marie Colombani, Nathalie Kosciusko-Morizet, Alain Minc, Pierre Moscovici, Laurent Wauquiez et même (amis communistes, fermez les yeux)… Arnaud Montebourg.

Vous pensez bien que, dès que Pierre Laurent et Olivier Dartigolles auront lu ce billet, ils vont (après avoir vérifié) abandonner la carte Montebourg et en sortir une autre, moins suspecte d’allégeance envers l’Oncle Sam. Je suis sûr qu’on doit pouvoir trouver ça dans les alentours.

Théophraste R. (Yankee no !).

Pour en savoir plus, lire ma source : http://www.legrandsoir.info/les-socialistes-americains.html

Notre source : http://www.legrandsoir.info/montebourg-the-young-leader.h...

 

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Cirque électoral US (suite)

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Obama va-t-il faire tuer Hillary Clinton ?

Ariane WALTER – Le Grand Soir 2 novembre 2016

 

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Les racines des démocrates plongent dans le tumulte chicagoan.

Je conseille à ceux qui ignorent tout de la mafia locale, la lecture du livre d’Éric Laurent La face cachée des banques. Ils y apprendront ce qu’est la dynastie Daley qui règne sur Chicago depuis des décades, ayant tout dernièrement cédé la place à Emmanuel Rahm. Ce même Rahm dont le père travaillait pour l’Irgoun, bonne famille donc, et qu’on appelle Rahm Bo dans le milieu car il est assez nerveux quand on le contrarie. Ce fut ce nom que prononça en priorité Obama après sa première élection. Le premier homme qu’il appela auprès de lui pour l’aider à être honnête.

(C’est alors que j’aperçus, moi qui avais pleuré lors de la victoire d’Obama, si mignon avec ses pitchounettes, que je m’étais fait baiser et des millions avec moi dans les grandes largeurs.)

Le jeune Obama, quelques années auparavant, vivait à Chicago quand il avait été remarqué par une charmante brunette, miss Michelle Robinson et présenté à une docte dame du clan, voyant ainsi sa carrière de marionnette élégante toute tracée.
Belle ville que Chicago avec sa bourse pimpante ! (Oui c’est à la bourse de Chicago, quelques jours avant le 11 septembre, qu’eurent lieu de gros délits d’initiés.) Mais passons. Le hasard.

Or figurez-vous que tout ce beau monde, un peu comme nos socialistes, c’est-à-dire la gauche frauduleuse, la démoncratie, est très mal aujourd’hui.

Ils tentaient le tiercé qui n’a jamais existé : Obama 1, Obama 2 et Clinton 3 ; ils avaient avec eux les médias et les banques ; et soudain, patatras, le chef du FBI, qui avait pourtant été mis en place par Obama (il y a quand même des ingrats) vient de trouver dans les mails d’un ex-élu démocrate pédophile des mails de son ex-femme Uma Abedin, très pote avec Killary et les frères musulmans !

(Oui, je sais, c’est plus compliqué que le Da Vinci Code, mais c’est de la politique contemporaine avec ses gros plugs comme l’Art du même nom !)

Que va-t-on à nouveau découvrir dans ces mails ?

J’imagine le pire :

Clinton prenait-elle conseil auprès de Kim Kardashian pour sa politqiue du Moyen-Orient ?

A-t-on d’elle une sex-tape avec Ben Laden ?

On sait certes que sa fondation offrait aux grosses boîtes qui avaient des problèmes d’impôts de régler tout ça contre un bon 10 %. Mais tout ceci est tellement banal en politique ...

Il n’empêche que notre merveilleuse Killary, élue ou pas, sous le coup d’une procédure dite RICOE, risque tout bonnement un SCUD « d’impeachement » et de finir en prison sous les coups de boutoir du diabolique Trump !!

Qui est responsable de tout ce foutoir ?

Pas de mystère.Tout le monde le sait : POUTINE !

Il a déjà hacké le serveur des démocrates, il a sûrement fourré de fadaises la correspondance de la dite Clinton, il embête Daech, il a séduit Trump qui lui mange dans la main ! Ça commence à faire, là !!

Que faire ?

L’Obamaboulerie et la Clintonerie sont encore plus bas que la Hollanderie pour vous montrer le niveau du désastre !

Il faut donc une action d’éclat. que je propose aux services secrets les plus tip-top de ce temps, la CIA, le Mossad, le M16, entre autres, qui ont quand même la responsabilité de garder en équilibre un monde où le petit peuple commence à la ramener un peu trop !

De récents sondages donnant Trump vainqueur, Obama doit agir sans plus attendre !

Voici donc le scénario que je suppute :

1- Clinton deux jours avant les élections va se prendre un pruneau en pleine poire.

2- Le jour même le tireur d’élite va être arrêté dans un cinéma où il regarde le dernier film sur Snowden.

3- Ce tireur d’élite sera un ex du KGB que l’on aura vu à la terrasse d’une pizzeria avec Trump, portant sur lui un T-Shirt de Poutine.

4) Poutine sera déclaré responsable de ce meurtre, l’état d’urgence programmé et la guerre déclarée à la Russie. (Ce qui s’appelle faire d’une pierre trois coups, Trump étant aussi arrêté pour haute trahison.)

5) Une dizaine de bombes nucléaires seront tirées vers la Russie.

6) Qui seront détournées grâce à la technique supérieure des Russes et renvoyées sur la Maison Blanche, la statue de la Liberté, les bureaux de Monsanto et de Raythorn, le FMI, Wall Street et les grandes banques qui seront pulvérisées.

7) Obama sera arrêté par le FBI.

8) Poutine et Trump se rencontreront au sommet de l’Empire State building et signeront une paix universelle.

Certains me diront que la fin de l’Histoire est inquiétante...

Ah ! Écoutez, il faut quand même être conscients que nous appartenons à une espèce cruelle, sadique, dominatrice, dégénérée, psychopathe qui offre à travers l’histoire des cortèges de monstruosités et que si nous ne nous décidons pas, une bonne fois pour toutes, à cracher à la gueule des dieux et des héros pour devenir de braves paysans sympas, nous sommes tous morts !!!

Est-ce clair ?

http://www.le-veilleur.com/article/etats-unis-coup-de-ton...

Eric Laurent, La face cachée des banques, Pocket 2011.


Source : http://www.legrandsoir.info/obama-va-t-il-faire-tuer-hill...

On aimerait savoir ce que Le Veilleur  entend par cette phrase : « Quid de l’image de l’Amérique, un nouveau Vénézuéla ? »  En quoi, d‘après lui, l’Amérique et le Vénézuéla sont-ils comparables ? [LGO]

 

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Mis en ligne le 3 novembre 2016

 

 

 

 

 

20:18 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/10/2016

LES COUPEURS DE TÊTES À L'ONU

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Mais pourquoi diantre les Russes posent-ils leur candidature à ce Machin ?

 

 

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LES COUPEURS DE TÊTES À L'ONU !

Bruno Guigue – Oumma.com 30 octobre 2016

 

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Élire l'Arabie saoudite au conseil des droits de l'homme, c'est comme nommer un pédophile directeur d'école. Mais ça y est, c'est fait. Cette monarchie est esclavagiste et corrompue. Pudibonde et obscène, elle se prosterne devant le dieu-dollar et vomit tout ce qui n'est pas wahhabite. Elle diffuse à l'échelle planétaire une idéologie débile et sectaire. Elle invoque le Créateur à chaque virement bancaire, mais elle décapite comme d'autres font un barbecue. Seulement voilà, elle a beaucoup d'amis. Et ils trouvent qu'elle a un excellent pedigree pour se voir confier la promotion des droits de l'homme. Remarquez, on a échappé au pire. On a failli lui confier les droits de la femme.

Voilà donc l'Arabie saoudite chargée, avec notre bénédiction, de soutenir les droits de l'homme comme la corde soutient le pendu. Car les Occidentaux ont voté comme un seul homme pour la candidature de Riyad. Avec une bienveillance de marchands de canons soucieux de la réputation du client, ils ont arrosé d'eau bénite cette fosse à purin. Vus de Paris, les dix milliards de contrats d'armements valent bien cette petite mascarade dont personne ne parlera plus dans 48 heures. On leur a vendu des armes, distribué des médailles, bradé l'honneur national. Tant qu'on y est, on peut aussi leur permettre de parader au sein de ce conseil qui de toutes façons ne sert à rien. Puisqu'ils y tiennent !

On pourrait craindre, bien sûr, que l'ONU y perde de sa crédibilité. L'organisation internationale s'en remettra-t-elle ? En réalité, aucun risque. L'ONU est une avaleuse de couleuvres professionnelle. Elle n'est pas à un paradoxe près. Elle tente de donner une apparence de réalité à cette fiction qu'est la communauté internationale, mais personne n'est dupe. Le conseil des droits de l'homme a des attributions ronflantes, mais ce machin onusien est devenu la bonne-à-tout-faire des ploutocrates. L'arène internationale est un champ de forces où les alliances se font et se défont. Richissime, la monarchie wahhabite a des moyens de persuasion que n'a pas le Burkina Faso.

Que cette élection au CDH (28 octobre) ait eu lieu trois semaines après le massacre perpétré à Sanaa par l'aviation saoudienne (8 octobre) ne manque pas de sel. Quel symbole ! L'admission en grande pompe au conseil des droits de l'homme, c'est la prime à l'assassin. On a heureusement échappé au Prix Nobel de Laurent Fabius, l'apologiste alcoolique des psychopathes d'Al-Nosra. On a frôlé celui des Casques blancs "auto-reverse", brancardiers le jour et tortionnaires la nuit. Mais c'était plus fort que tout. On n'a pas pu éviter l'élection des coupeurs de tête saoudiens au conseil des droits de l'homme de l'ONU.

On aurait dû surtout demander ce qu'il en pense au peuple yéménite. Il subit tous les jours des bombardements qui ont fait 10 000 morts et provoqué une crise humanitaire sans précédent. Mais on s'est bien gardé de lui demander son avis, à ce peuple arabe martyr, avant de coller ce nouveau fion de hamster au revers du veston wahhabite. Car les droits de l'homme, en fait, c'est bon pour justifier les bombardements, pas pour les interdire. Sauf s'ils sont russes. Et même lorsqu'il n'y a pas de bombardement !

Comme par hasard, deux jours avant le scrutin onusien, une école a été attaquée à Idlib (Syrie). Selon l'ONU, il y a eu 28 morts dont 22 enfants. L'ONU n'a accusé personne, faute de preuves. Mais les officines de propagande et les médias occidentaux ont accusé la Russie. Niant toute implication, le ministère russe de la Défense a fourni les preuves qu'il n'y avait pas eu de bombardement aérien. Aucune importance ! L'essentiel, c'est le vacarme organisé contre Moscou avant l'élection des membres du conseil des droits de l'homme. Résultat : la Russie a obtenu moins de voix que la Croatie. Contrairement à l'Arabie saoudite, elle ne fait plus partie du CDH. Mission accomplie.

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Bruno Guigue : Normalien, énarque, aujourd'hui professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, l'invisible remords de l'Occident (L'Harmattan, 2002).

Source : http://oumma.com/223856/coupeurs-de-tete-a-l-onu

 

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Retour sur le putsch turc

Israël Shamir rentre de Turquie et Thierry Meyssan a reçu des informations nouvelles.

 

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Erdogan consolide son emprise

Israël Adam Shamir – Entre la plume et l’enclume 30.10.2016

Traduction : Maria Poumier

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La Turquie est infatigable. Le président Erdogan consolide son pouvoir, en essayant de se débarrasser des interférences irritantes du Parlement. Il tente de réformer la Turquie dans le sens d’une république présidentielle, en assumant les pouvoirs d’un président américain. Il se voit calife, plaisante le peuple à Istanbu, et on l’appelle le sultan Erdogan. Et le putsch éventé de juillet a été mis à profit comme mettre en route une grande purge dans la structure du pouvoir. Cependant, le résultat pourrait s’avérer encore plus positif que ce qu’en attendent de nombreux observateurs.

Voilà ce que j’ai appris pendant ma visite en Turquie, où j’ai eu l’occasion de rencontrer des membres turcs du Parlement, des ministres et des chefs de rédaction des plus grands médias. Je m’attendais à ce que le putsch raté appartienne  déjà à l’histoire, mais je me trompais.

L’ombre du putsch pèse lourdement sur les évènements quotidiens, dans le pays. On m’en a montré des traces au siège du Parlement, où une bombe lancée par les putchistes était tombée. Il y a aussi une exposition de photos montrant d’autres  coups d’Etat militaires victorieux, avec un horrible portrait président Adnan Menderes pendu en 1960. Les putschs turcs, ce n’est pas de la petite bière. L’armée voulait prendre le pouvoir et le garder, pour elle, et pour ses alliés de l’Otan.

Le putsch de juillet a causé la mort de 240 personnes, pour moitié tués sur le pont du Bosphore dans une confrontation avec l’armée. Ce n’est pas grand-chose par rapport au putsch égyptien, où les victimes se sont comptées par milliers, et où l’armée a éjecté le président Morsi, modérément islamiste, et élu en toute légitimité.

Après le putsch, Erdogan a entrepris la purge des Gulenistes ou Fethullistes comme on appelle les partisans de Fethullah Gülen, le père de l’islam politique turc modéré et le créateur d’un vaste réseau d’écoles qui s’étend sur 160 pays. Ils étaient censés être les initiateurs du coup d’Etat. Ce n’est en fait pas très clair, si Gülen et ses partisans étaient bien derrière l’opération, mais il ne fait pas de doute que ce sont des ennemis d’Erdogan.

La purge n’est pas sanglante, mais douloureuse : les proscrits ne sont pas abattus, mais perdent leur travail et atterrissent souvent en prison. Quelque soixante-dix ou quatre-vingt mille personnages sont passées à la trappe, 35 000 sont à l’ombre. Ils sont juges, officiers de l’armée, fonctionnaires, et souvent enseignants. 500 personnes ont été chassées du ministère des Affaires étrangères, certains avaient refusé de rentrer chez eux quand l’ordre de se replier avait été donné. L’état d’urgence a été déclaré juste après le putsch, et vient d’être prolongé pour trois mois de plus.

Une telle justice d’exception est notoirement aveugle : un juge est mort trois mois avant les évènements, mais était toujours sur les listes des proscrits pour sa participation au putsch. Certaines sociétés appartenant à des gülenistes ont vu leurs biens confisqués, tandis que leurs obligations et dettes restaient bien à la charge des propriétaires dépossédés. Il est difficile de se défendre contre des accusations quelque peu rhétoriques de gulenisme..

Les Turcs répondent par une saine plaisanterie, aux tâtonnements de cette “justice aveugle” : « un aveugle, ça s’agrippe à tout ce qu’il peut attraper”.

Le gouvernement argue que lesgulenistes constituaient une organisation de comploteurs, appelée FETO, et la décrivent comme « organisation terroriste ». Ils la comparent à Daesch, au Cartel de Medellín, et, plus surprenant, aux jésuites.

Mais il reste difficile de comprendre en quel sens les gulenistes étaient des terroristes. La pire chose dont ils sont accusés, c’est d’avoir fraudé pour obtenir des certificats permettant à leurs  membres d’accomplir un service civil, et ce faisant, de leur avoir assuré des positions confortables. Ce n’est pas conforme aux principes des joueurs de cricket, mais peut difficilement être qualifié d’opération terroriste.

Comment fait-on pour démasquer un guleniste ? La tâche n’est pas simple, mais il y a certains marqueurs qui révèlent le crypto-guleniste.

Les gens qui utilisent la messagerie ByLock sont suspects. Cette messagerie d’amateurs avait été populaire parmi les gens de Gülen et certaines personnes impliquées dans le putsch. 150 000 utilisateurs de ByLock ont fait l’objet d’une enquête. Le système avait été piraté par les services de sécurité de l’Etat il y a quelque temps, parce que c’était très léger du point de vue sécurité. Après quoi, les conspirateurs s’étaient reportés sur le système de messagerie professionnelle WhatsApp. Il offrait une bonne sécurité, mais il suffisait de mettre la main sur le smartphone d’un seul comploteur pour avoir accès à tous les autres.

Autre moyen pour débusquer un crypto-guleniste : localiser le billet d’un dollar que les gulenistes reçoivent de leur gourou. Un membre du Parlement m’a dit qu’un vrai guleniste coud souvent ce billet sur l’envers d’un sous-vêtement, au contact de sa peau.

Cette idée avait été mise en service par le rabbin fondateur des Loubavitch : en effet, feu Menachem Mendel Schneersohn répandait aussi des billets d’un dollar et bénissait même de la vodka pour la consommation des juifs hassidiques. Il conversait avec Dieu, et Gülen de même, selon ses troupes, et selon ses adversaires également. Les juifs ultra-orthodoxes essayaient eux aussi d’accroître leur influence, avec un succès considérable.., mais ils n’avaient jamais été qualifiés de terroristes.

Gülen avait été - et il le reste – un personnage très puissant dans le monde turcophone, particulièrement en ex-URSS et en Chine, depuis le Tatarstan et la Yakoutie jusqu’au Xinjiang. Les jeunes du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan sont passés par ses écoles. Le mouvement Gülen était considéré comme la branche dominante dans l’islam politique modéré pro-occidental. Pratiquement tous les islamistes modernes de la Turquie sont passés par ses écoles. Il était l’allié le plus important d’Erdogan dans son combat ascendant contre les kémalistes violemment laïques qui gouvernaient la Turquie jusqu’en 2002.

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Source : http://plumenclume.org/blog/173-erdogan-consolide-son-emp...

 

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Journal du changement d’ordre mondial #12

À la recherche du bouc émissaire

Thierry Meyssan – Réseau Voltaire 20 ctobre 2016

Damas (Syrie)

 

À Berlin, l’Allemagne, la France, la Russie et l’Ukraine ont tenté de débloquer les conflits ukrainien et syrien. Cependant, d’un point de vue russe, ces blocages n’existent que parce que l’objectif des États-Unis n’est pas la défense de la démocratie dont ils se prévalent, mais la prévention du développement de la Russie et de la Chine à travers l’interruption des routes de la soie. Disposant de la supériorité conventionnelle, Moscou a donc tout fait pour lier le Moyen-Orient et l’Europe orientale. Ce à quoi il est parvenu en échangeant l’allongement de la trêve en Syrie contre l’arrêt du blocage des accords de Minsk. De son côté, Washington cherche toujours à se décharger de sa culpabilité sur un de ses alliés. Après avoir échoué en Turquie, la CIA se tourne vers l’Arabie saoudite.

 

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Le conflit opposant les États-Unis à la Russie et à la Chine évolue sur deux fronts : d’un côté, Washington cherche un éventuel bouc émissaire à qui faire porter la responsabilité de la guerre contre la Syrie, de l’autre Moscou qui a déjà relié les dossiers syrien et yéménite, tente de les lier à la question ukrainienne.

Washington à la recherche du bouc émissaire

Pour se désengager la tête haute, les États-Unis doivent faire porter la responsabilité de leurs crimes à un de leurs alliés. Ils ont trois possibilités : soit faire porter le chapeau à la Turquie, soit à l’Arabie saoudite, soit aux deux. La Turquie est présente en Syrie et en Ukraine, mais pas au Yémen, tandis que l’Arabie est présente en Syrie et au Yémen, mais pas en Ukraine.

La Turquie

Nous disposons désormais d’informations vérifiées sur ce qui s’est réellement passé le 15 juillet dernier en Turquie ; des informations qui nous contraignent à réviser notre jugement initial.

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Source : http://www.voltairenet.org/article193805.html

 

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Chats

« Faites pas attention quand mon humaine pète les plombs. »

Mimi Makhno

 

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L’assassinat d’Arsen Pavlov, dit « Motorola », un des chefs militaires de la Résistance du Donbass, venant après plusieurs autres non élucidés, nous avait incités à consacrer, à ces dérangeantes morts en série, un  post assez conséquent, dans lequel nous nous efforcions de faire entendre le plus possible des voix qui comptent.

C’était un travail long et ardu, parce que presque tous s’expriment en russe, sont traduits en anglais mais pas en français.

Nous terminions par celui du Chat Mathieu (Kat Motja) parce qu’à tort ou à raison, il allait à contre-courant des autres, l’opinion d’un Russe sous les armes, dans un pays assailli de toutes parts, fût-elle erronée, délirante ou bourrée de préjugés, n’étant pas à nos yeux à écarter d’une pichenette par ceux qui ne sont que spectateurs.

C’est malheureusement ce qui s’est produit, puisque le Saker – sur le blog duquel la prise de position du Chat avait paru en anglais – l’a supprimé purement et simplement, avec, bien entendu, les commentaires de lecteurs qu’il avait générés, alors que nous étions occupés à le traduire en français.

Bâillonner quelqu’un – même quelqu’un qui a tort – est un acte arbitraire inexcusable. Pas seulement d’un  point de vue moral : les actes arbitraires sont des raccourcis. Mais tous les raccourcis finissent dans des culs-de-sac et, donc, ne servent en définitive jamais à rien. Ce sont des actes essentiellement inintelligents.

Nous n’aimons pas faire preuve d’inintelligence ni nous laisser censurer, fût-ce indirectement. Nous avons donc décidé de ne rien publier de ce qui était prêt à l’être sur cette affaire et à nous tenir à l’écart désormais du blog du Saker, jusqu’à ce que nous soyons sur une longueur d’ondes moins éloignée du point de vue des principes.

Nous ne revenons pas sur cette décision, mais nous mettons en ligne le Nouvelleaks paru aujourd’hui sur ANTIPRESSE parce que Slobodan Despot y résume de façon exemplaire les faits relatifs à cette mort, pour l’information de ceux qui ne sont pas au courant des derniers assassinats ciblés en cours dans cette partie du globe. LGO.

 

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Zakhar et ses chats

NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

ANTIPRESSE30 octobre 2016

 

Zakhar Prilepine est l’auteur le plus célèbre et le plus lu parmi les «enragés de la jeune littérature russe». Il a été officier dans les OMON, les troupes spéciales, dans l’épouvantable guerre de Tchétchénie. Il est membre du Parti National-Bolchevique d’Edouard Limonov. Il ne s’en cache pas, loin de là. À rebours de la plupart des écrivains en vogue, il ne se prétend pas apolitique, ni ne revendique le point de vue de Sirius. Il relève que la grande majorité des œuvres importantes de sa propre tradition traitent d’événements politiques et/ou sont l’œuvre de militaires.

 

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Zakhar et le chat

 

Cela ne l’empêche pas d’être lu, traduit et adulé dans le monde entier comme une grande voix littéraire de notre temps. C’est le miracle de la littérature et la force pacificatrice du vrai talent. À l’heure actuelle, la prose de Zakhar Prilepine est l’une des rares denrées russes qui échappent au boycott occidental, particulièrement en France, où l’essentiel son œuvre est traduite aux éditions Actes Sud, à la Différence ou aux Syrtes.

Le lundi 24 octobre, Zakhar Prilepine était à Belgrade pour le lancement de son nouveau livre. Ses Lettres du Donbass, datant de juillet dernier, sont déjà traduites en serbe, avant même d’être parues en langue originale. C’est d’elles qu’il est venu parler en un lieu adorable, la maison-musée d’un vieux poète bohême sise au beau milieu de la Skadarlija, la rue joyeuse des tavernes, des orchestres tziganes et des pavés assassins qui brisent les talons des dames élégantes et les chevilles des messieurs éméchés.

Je me trouvais là, au premier rang du public, tandis que mon ami Dragoslav Bokan devait animer la soirée en compagnie de Zakhar et de sa traductrice. Derrière moi, assis ou debout, attendaient cent ou cent cinquante spectateurs fervents et inclassables. Retraités, étudiants, jeunes militants nationalistes, professeurs de littérature, starlettes, poivrots, provocateurs, philosophes de rue. L’apparition de Zakhar en hoodie noir — silhouette de moine rappeur — a été bruyamment saluée, et suivie immédiatement d’une minute de silence. C’est cette minute d’un silence lourd et pénétrant, incrustée comme une bille de plomb dans le brouhaha d’un quartier de fêtards, qui m’a décidé à relater cette rencontre.

 

Arsen

Zakhar venait d’enterrer un camarade de combat et un ami proche.

Arsen Pavlov dit Motorola, le commandant légendaire de la défense du Donbass, était tué huit jours plus tôt par une bombe placée dans l’ascenseur de son immeuble à Donetsk alors qu’il rentrait dans son petit appartement où l’attendait sa femme avec ses deux enfants, dont un bébé nouveau-né. La première des Lettres du Donbass, du 6 juillet 2016, lui était justement consacrée. A ses côtés dans l’ascenseur se trouvait son garde du corps, le tranquille géant géorgien Taïmouraz, dont le portrait nuancé fait l’objet de la troisième lettre, datée du 12 juillet.

Par-delà le chagrin récent, qui chez lui semblait se traduire par un surplus de colère froide et résolue, j’ai cru sentir chez Prilepine l’ombre d’une appréhension. Lui-même pouvait à tout moment être le prochain sur la liste d’exécution des commandos ukrainiens. Comme il nous l’a expliqué, il vit désormais dans le Donbass, parmi les insurgés, et ne retourne en Russie que pour chercher de l’argent et revoir sa famille. Il est heureusement marié depuis vingt ans et il a quatre enfants.

Qu’avait-il besoin de cela? Il a survécu par miracle à sa première guerre, en Tchétchénie, et en a tiré des récits à vous couper le souffle. Un côté baroudeur, à la Hemingway ? Ce serait encore trop simple. Comme beaucoup d’écrivains et de poètes russes, Prilepine identifie son destin à celui de sa nation. Or c’est là qu’il se joue, selon lui, dans les provinces rebelles de l’est de l’Ukraine. C’est là, autant et peut-être plus qu’en Syrie, que les deux superpuissances se livrent une guerre par procuration.

A l’ouest, l’Ukraine de l’Euromaïdan, issue du putsch de février 2014 à Kiev. Derrière elle, sans dissimulation, le pouvoir américain. Qui nomme les ministres, fait les lois, accapare les ressources. Le fils du vice-président américain Joe Biden préside la principale compagnie énergétique du pays. Avocat de formation, Hunter Biden est surtout un crétin cocaïnomane que même l’U. S. Navy a viré de ses rangs malgré ses hautes protections. Son sourire vide et exorbité s’intègre harmonieusement à la galerie tim-burtonienne de sycophantes loufoques qui incarnent désormais l’Ukraine « européenne » à la suite du chocolatier inepte Petro Porochenko. Leur propre peuple, désormais, les abhorre.

A l’est, des régions ouvrières de culture et de langue russes dont le crime est d’avoir rejeté le putsch de 2014 contre un président élu. Avec la bénédiction de l’UE, le nouveau pouvoir de Kiev a lancé au printemps 2014 une « opération antiterroriste » pour balayer en quelques semaines cette méprisable agitation. Mal lui en a pris. Son armée sans motivation s’est enlisée et a été remplacée en première ligne par des troupes ouvertement nazies. Et Kiev — relayé aveuglément par les médias occidentaux — n’a trouvé d’autre alibi à son fiasco que d’incriminer depuis deux ans une introuvable présence militaire russe sur son territoire.

On comprend beaucoup mieux ce mystère en découvrant des figures comme « Motorola » et son entourage. Laveur de voitures, tailleur de stèles funéraires, vétéran de Tchétchénie, Arsen Pavlov était retourné se battre dans le Donbass par vocation, comme nombre de volontaires russes. Il y est rapidement devenu légendaire, notamment en chassant les forces ukrainiennes de l’aéroport de Donetsk avec un effectif incomparablement moindre et des pertes négligeables. Le régiment qu’il commandait porte le nom de Sparte. Son insigne combine les couleurs traditionnelles avec les symboles de l’heroic fantasy à la russe.

Prilepine livre un instantané saisissant de « Motorola » dans son environnement domestique. Son appartement exigu, modeste, de deux pièces. Son refus de vivre dans une résidence protégée. Ses multiples blessures. Ses digressions soudaines sur la langue ukrainienne et russe, sur les gens qu’il a connus, sur la fabrication de la haine. Sa confiance en la vie… et même en la mort. Et toujours ce batifolage surprenant des Russes entre le pathos et la dérision, entre les zakouskis, les détails domestiques et la grande histoire…

« Il y a des gens qui ne comprennent absolument pas ce que je fais ici, dit-il. J’ai toujours la possibilité de m’en aller. Moi, je n’ai pas besoin de “comm”. Je tricoterais des chaussettes — parce que je sais tricoter les chaussettes — et je les vendrais pour de l’argent normal. “Les chaussettes Motorola”. Et puis je vivrais normalement… »

Les obsèques d’Arsen Pavlov ont drainé des dizaines de milliers de personnes à Donetsk. En Russie, seul le grand barde Vladimir Vissotsky avait eu droit à un aussi imposant cortège funéraire. Des milliers de jeunes gens du cru, mais également venus de Russie, d’Ossétie, de Serbie ou de France, sont prêts à prendre sa place. Cette guerre a même resserré les liens avec les Tchétchènes, qui fournissent le troisième contingent de volontaires par ordre d’importance. Aux yeux de toute la Russie, mais aussi d’une certaine Europe, le Donbass est une nouvelle guerre d’Espagne.

Dans l’autre camp, celui de l’Euromaïdan, les tentatives de recrutement et de mobilisation pour l’armée se soldent par des rébellions populaires, voire par le lynchage des recruteurs. Au Donbass, plus que le soutien de la Russie, c’est la motivation passionnelle qui est la clef de voûte. Le sens du sacrifice et l’acceptation, si peu «moderne», de la mort comme prix d’une vraie vie.

 

Anna

Prilepine est porté lui aussi par cet élan. La conscience d’une destinée se lit sur son visage, dans ses gestes, dans ses absences même. Durant la soirée, il a été tour à tour sarcastique, cordial, exalté, arrogant. Il a tourné en dérision des questions bienveillantes et répondu avec patience à des interventions imbéciles. Il a parlé d’empire et de géopolitique, de cuisine, de la nécessité de jeter les téléviseurs par la fenêtre pour protéger les enfants. Tout comme « Motorola », lui aussi a des portes de sortie. Il n’aurait pas besoin d’être là-bas, ni de faire de la politique. Il est, dit-on, l’écrivain préféré du président Poutine. Ses tirages atteignent le demi-million. Et pourtant…

La deuxième lettre du Donbass, datée du 8 juillet 2016, nous conte le personnage d’Anna Dolgareva, très jeune poétesse toute de noir vêtue. Anna est née en Ukraine. Son frère est un ardent militant ukrainien (il milite surtout sur Instagram, précise-t-elle). Elle, elle venait du milieu des jeux de rôle « grandeur nature », du monde de Tolkien et des chevaliers. Son fiancé aussi, qui était ingénieur. Un jour, il a quitté son travail et il est parti combattre dans le Donbass. Elle l’a perdu. Depuis lors, elle a renoncé à la vie. Cette renonciation, elle l’a écrite en des vers arrimés au sol et déchirants.

Ici c’est un pays de renégats, nous n’avons déjà plus d’autre retraite / le vent de steppe sent la mort, la menthe et le miel. / Nous buvons pour l’amour, la vérité, pour l’enfance heureuse, / nous buvons, sans trinquer, dans des douilles d’obus.

Après la mort de « son Liochka », Anna était tombée en dépression. En sortant de l’hôpital, elle a couru à la SPA récupérer un chaton du nom de Félix. « Pourquoi êtes-vous si pressée », lui a-t-on demandé, « c’est pour un cadeau ? ». « Non, c’est pour moi. Vite ! » Félix est aujourd’hui l’être le plus important de sa vie. A part lui et ses vers, elle n’a rien. Elle vit dans un petit appartement, à Donetsk, et travaille comme journaliste. Elle ne croit en rien, mais reste trop orthodoxe pour se suicider. Aussi monte-t-elle chaque jour vers les villages de la première ligne.

« Il ne peut m’arriver rien de pire que ce que j’ai déjà vécu. En principe, je suis agnostique. Mais tout le monde me dit que le suicide n’amène rien de bon. Or je veux retrouver mon Liochka. »

En attendant les retrouvailles avec Liochka, c’est le chat Félix qui lui sert de compagnon dans cette vallée de larmes.

 

Félix

Aux pieds de Zakhar, pendant toute la soirée, veillait un chat. Un simple rôdeur tigré. Peut-être celui de la maison ou d’un voisin. Il allait et venait comme une sentinelle, s’immobilisait en sphinx ou en cariatide, indifférent au public, aux exclamations et aux flots d’émotion. Dans ce dandy de gouttière balkanique, j’ai vu soudain le porte-drapeau de tous les chats de la littérature russe. Des chats de Gogol au compagnon madré du Diable dans Le Maître et Marguerite, ils sont là pour rappeler l’étrangeté impénétrable et la permanence de la vie, de la simple vie animale qui nous observe avec une tranquille ironie quand nous croyons, nous humains, tenir l’univers entier sous nos microscopes, en fronçant le sourcil.

Il y avait en Zakhar, comme dans tous ces chats, comme dans la goguenardise du « tsar » Poutine, une distante sérénité comme venue de l’au-delà ou de l’inconscient collectif. S’il fallait décoder le message inscrit en filigrane dans cette humeur si particulière, dans cet humour si noir qu’il en est imperceptible, il donnerait à peu près ceci : « Advienne que pourra ! Il ne peut rien nous arriver de pire que la mort, or nous l’avons traversée et nous savons qu’elle n’est rien. Nous luttons non pour la survie, ni même pour la victoire, mais pour le salut de notre âme en attendant la résurrection. » Aucune arme n’est assez pénétrante pour percer cette assurance-là.

 

Zurich Airport

Après la soirée, Zakhar est allé rencontrer Emir Kusturica, qu’il admire. Ils sont revenus tous deux dans la rue bohême et nous avons fait la fermeture d’un vieux café. Je suis rentré chez moi à trois heures du matin. A six heures, je montais dans un avion pour la Suisse. Dans le couloir du débarquement, après l’enfilade des publicités géantes pour les montres, m’attendait Roger Federer. Non pas lui, mais son hologramme. Qui, toutes les minutes, s’adressait aux voyageurs dans son petit pull cachemire, avec un geste d’invitation très poli.

« You, yes you! Comme here with me… » disait-il en anglais. Ou en allemand. Je ne sais plus. Le savait-il d’ailleurs lui-même? Pour le compte d’une assurance, ou d’une banque, le grand tennisman proposait aux consommateurs de faire un selfie avec lui. Enfin, avec son hologramme. Ou était-ce vraiment lui? Des enfants arrêtaient leurs parents, intrigués.

« A-t-il besoin de ça ? » me suis-je demandé. « N’a-t-il pas de moyen plus élégant de justifier sa vie ? » Puis je n’y ai plus pensé.

PS Les lettres du Donbass de Zakhar Prilepine seraient en cours de traduction aux éditions des Syrtes. Nous attendons avec impatience la traduction de son immense roman Обитель (La Communauté), au souffle tolstoïen, une saga consacrée au camp de concentration des Solovki.

 

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Mis en ligne le 30 octobre 2016.

 

 

 

 

22:56 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

28/10/2016

IL Y A 51 ANS

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Il y a 51 ans

 

À la fin des années 1960, la mal nommée guerre froide battait son plein. En toile de fond, les luttes de libération nationale au Viêt Nam et au Mozambique, la résistance à l’apartheid en Afrique du Sud, le coup d’Etat au Brésil puis en Indonésie… Pour renverser la tendance favorable à l’ordre néocolonial, trois grands leaders, Che Guevara, Mehdi Ben Barka et Amilcar Cabral imaginèrent une convergence de luttes à l’échelle  tricontinentale. Des mouvements, des partis politiques ou encore des guérillas d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie devaient échanger sur leurs expériences et leurs stratégies de résistance face à l’impérialisme. Ces trois révolutionnaires, penseurs et hommes d’action, payèrent de leur vie l’un après l’autre, leur lutte aux côtés des « damnés de la terre ». Un demi-siècle après leur disparition, leurs idées en faveur d’un monde moins inégalitaire restent plus que jamais d’actualité. 

 

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« Affaire Ben Barka » : 51 années après les faits, la vérité fait toujours peur

Alex Anfruns, Philippe Stroot –Investig’Action

 28 octobre 2016

 

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Pour mieux comprendre quelle était la lutte de son père, nous avons interviewé Bachir Ben Barka qui œuvre pour que la lumière soit faite sur toutes les responsabilités dans « l’affaire Ben Barka ».

 

Monsieur Ben Barka, 51 ans après, que sait-on exactement de l’enlèvement de votre père, Medhi Ben Barka, le 29 octobre 1965 à Paris ?

Peu de choses. On sait qu’il a été interpelé par deux policiers devant la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain à Paris, qu’il est monté dans une voiture de service, que dans cette voiture il y avait un agent des services français et un truand qui accompagnaient les deux policiers. Il a été amené dans une villa aux environs de Paris, à côté d’Orly, à Fontenay-le-Vicomte, qui appartient à un gangster notoire et là sa trace disparaît, on ne sait pas ce qui lui est arrivé.

Beaucoup d’histoires ont été racontées, beaucoup d’hypothèses avancées, mais pour nous il a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à midi trente. Bien sûr on ne peut pas douter de sa mort, de son assassinat, mais il y a des questions qui restent sans réponse depuis 50 ans. Comment a-t-il été assassiné ? Qui sont ses assassins ? Où est son corps ?

Nous n’avons pas de lieu où aller nous recueillir. Et puis aussi il y a la question qui nous intéresse et qui nous interpelle en tant que citoyens : toutes les responsabilités ont-elles été établies ? Certaines l’ont été. Mais toutes les responsabilités pénales – et même politiques – sont encore loin de l’être. Au bout de 51 ans, le but de nos recherches, ma famille avec son avocat Me Butin, est toujours de connaître la vérité sur le sort de mon père.

 

Qui avait intérêt à faire taire le militant internationaliste marocain qu’il était ?

Votre question contient sa réponse. Parce qu’il était militant internationaliste, il gênait un certain nombre d’intérêts. Ce que nous savons c’est que la décision politique première d’organiser sa disparition émane du sommet de l’État marocain, au plus haut niveau. L’exécution de cette besogne a été confiée au ministre de l’intérieur Oufkir, au chef de la sûreté nationale Dlimi et à leurs agents.

Des complicités qui éclairent les convergences d’intérêts de ceux qui voulaient faire disparaître Mehdi Ben Barka ont été sollicitées. Les services secrets français, les services secrets israéliens et aussi, sans aucun doute, les services secrets des États-Unis d’Amérique, ont d’une manière ou une autre contribué à organiser le piège dans lequel est tombé mon père puis et qui a causé son enlèvement et sa disparition.

 

Commentant l’enlèvement de Ben Barka, le Général de Gaulle a dit : « Rien, absolument rien, n’indique que le contre-espionnage et la police, en tant que tels et dans leur ensemble, aient connu l’opération, a fortiori qu’ils l’aient couverte ». S’agit-il de mauvaise foi de la part du Général ?

Il y a dans ces propos beaucoup de mauvaise foi, beaucoup de comédie, mais surtout la volonté de protéger l’État. Le Général s’est rendu compte de l’ampleur du scandale, de l’ampleur des dysfonctionnements qui gangrénaient les services secrets et certains rouages de l’État français qui ont permis à des services secrets étrangers, en l’occurrence marocains, de commettre un crime sur le sol français.

Ces mêmes dysfonctionnements ont favorisé la protection et la fuite des criminels. Nous sommes certains que De Gaulle a été mis devant le fait accompli. Il était prévu qu’une rencontre ait lieu ce week-end de fin octobre 1965 entre mon père et des proches du général de Gaulle, sinon le général lui-même, intéressé par cette Tricontinentale qui était en train de se mettre en place, lui qui voulait avoir une certaine autonomie vis-à-vis des États-Unis d’Amérique.

Il a donc été mis devant le fait accompli et l’enlèvement de mon père a montré l’ampleur des problèmes que lui-même rencontrait au sein de son régime, aussi bien au sein de ses services secrets, que de sa police et même de ses proches collaborateurs politiques. Il a été dit à un moment donné que le ministre de l’intérieur français de l’époque, Roger Frey, aurait été au courant des préparatifs de la disparition de mon père ; il était très proche du général Oufkir avec qui il passait ses vacances en famille au Maroc.

Mais toutes les enquêtes et les recherches qui ont été menées depuis, aussi bien les enquêtes journalistiques que celles des historiens, et même l’enquête judiciaire, a montré que cette affaire était tout sauf « vulgaire et subalterne ». Les implications et responsabilités, aussi bien françaises que marocaines, israéliennes ou étasuniennes étaient d’un haut niveau, contrairement à ce que le Général de Gaulle a voulu faire croire. Malheureusement, depuis cette phrase, la chape de la raison d’Etat s’est posée sur le dossier judiciaire.

Aujourd’hui, 51 ans après, il y a encore une instruction qui reste ouverte en France et le dossier de l’« affaire Ben Barka » est le plus vieux dossier instruit devant le Tribunal de grande instance à Paris ; on en est au dixième juge d’instruction qui planche sur le dossier. L’impossibilité d’établir à la vérité provient essentiellement de la raison d’État ; « raisons » devant être mis au pluriel car ce sont les raisons de l’État marocain, de l’État français, de l’État américain, de l’État israélien qui empêchent l’action de la justice d’aller jusqu’au bout.

Des éléments matériels existent pour connaître la vérité sur la disparition de mon père, des témoins sont encore vivants. Quand je dis témoins, c’est gentil, car ce sont des acteurs, essentiellement des agents marocains, dont l’identité est connue et qui étaient présents à Paris. Certains ont été condamnés par un tribunal français pour enlèvement. Ils connaissent une grande part de la vérité.
Les dossiers des services secrets existent, mais qui sont toujours couverts par le « secret-défense ». Cela concerne aussi bien les documents des services secrets français, qu’israéliens, qu’américains.

On parle aussi d’un lieu où serait enterré au moins une partie du corps de mon père, dans la banlieue de Rabat, à quelques dizaines de mètres de la nouvelle ambassade des États Unis. Seulement, les autorités marocaines refusent d’aller creuser et de faire des fouilles à cet endroit-là.

Donc les éléments pour arriver à la vérité existent, qu’ils soient matériels ou sous forme de documents ; il est donc possible de savoir ce qui s’est passé. Mais cinquante années après les faits, la vérité fait toujours peur. Aucun de ces États ne veut assumer ses responsabilités, ni assumer les dérapages de ses services dans cet assassinat qui est un crime d’État.

 

Vous avez dit tout à l’heure que la procédure se poursuivait, mais se poursuit-elle activement ou est-elle purement formelle ?

Cela dépend des juges et des périodes. Il y a des juges qui sont plus actifs que d’autres, qui font vraiment progresser l’instruction et d’autres qui n’ont rien fait. Le juge actuel s’active mais il est confronté au blocage dû à la mauvaise volonté des États. Par exemple, quand le juge français envoie une commission rogatoire au Maroc pour interroger les témoins marocains, on lui répond que les autorités ne connaissent pas l’adresse du chef de la gendarmerie marocaine…

Quand le juge demande que des fouilles soient entreprises à un certain endroit, les autorités marocaines répondent qu’elles ne connaissent pas cet endroit, alors qu’il a été filmé. A la suite de quoi le mur d’enceinte a été surélevé de deux mètres pour que plus personne ne puisse le filmer à nouveau mais les images satellite sont encore là… Ce lieu est toujours dans l’état où il a été laissé il y a 10, 20 ou 30 ans. C’était un lieu de détention secret qui s’appelle le PF3 (point fixe 3) et où des opposants au régime ont été séquestrés et certains même assassinés d’après des témoins oculaires. Les autorités marocaines refusent d’aller y faire des fouilles.

Le ministère français de la défense refuse encore aujourd’hui de lever le secret sur des dizaines de documents concernant mon père et l’affaire. Donc, malgré la bonne volonté des juges, il y a à un moment donné un blocage matériel qui est dû à des décisions politiques, ou plutôt à un manque de courage pour prendre la décision politique de débloquer le dossier. Et nous nous demandons ce qui fait encore peur dans ce dossier pour que la vérité reste occultée.

 

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Photo de la Brasserie Lipp, avec une plaque en souvenir de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka

 

Vous avez évoqué l’enquête médiatique. Pensez-vous que la presse a réellement contribué à faire avancer la recherche de la vérité dans cette affaire ?

Oui et non. Oui, car il y a toujours de l’intérêt pour l’affaire, pour le mystère d’une affaire non résolue depuis 50 ans, le mystère d’un crime sans cadavre. Chaque fois qu’un élément nouveau apparaît, la presse l’amplifie et essaie d’aller plus loin.

Mais en même temps, la presse a été souvent un moyen d’enfumage. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est le grand titre en première page de l’hebdomadaire l’Express, en 1966, qui disait en gros caractères « J’ai vu tuer Ben Barka, un témoin parle ». Et en fait, quand on lit l’article, on s’aperçoit que le prétendu témoin qui a parlé n’est pas celui qui a donné l’interview et que la personne censée avoir vu quelque chose ne pouvait pas se trouver là où les faits se sont passés. Et ce fameux témoin c’était Georges Figon, l’un des truands impliqués dans l’enlèvement de mon père, qui a été trouvé « suicidé », d’après la thèse officielle, juste au moment où la police allait l’arrêter trois mois après les faits.

On sait maintenant que ce titre qui ne correspondait en rien au contenu de l’article a été totalement fabriqué par le responsable de l’Express de l’époque, Jean-Jacques Servan-Schreiber, ce qui a « boosté » ses ventes. Et malheureusement cette thèse développée par ce soi-disant interview a été à la base de beaucoup d’hypothèses sur la disparition de mon père.

C’est pour cela que je dis que la presse nous a beaucoup aidés, car grâce à la presse l’affaire n’est pas enterrée et on en reparle régulièrement, mais aussi parfois la presse a été utilisée, je ne dirais pas manipulée mais instrumentalisée pour faire passer de fausses pistes.

L’autre exemple qui me vient à l’esprit ce sont les déclarations d’un ancien agent marocain Boukhari qui, il y a une quinzaine d’années, a lui aussi fait des « révélations fracassantes » au journal Le Monde et à un hebdomadaire marocain, Le Journal de Casablanca, où il racontait comment le corps de mon père aurait été rapatrié au Maroc et aurait été dissout dans une cuve d’acide, tout en mettant toute la responsabilité sur le dos d’Oufkir et de Dlimi, en oubliant totalement le commanditaire, à savoir le roi du Maroc.

Là aussi, ces fameuses « révélations » de Boukhari, dont par la suite on a montré qu’il avait lui-même été instrumentalisé et qui a toujours refusé de venir témoigner devant un juge français, ont contribué à orienter le public vers des fausses pistes. Les conclusions voulues aussi bien du témoignage de Figon que de celui de Boukhari sont : d’abord que les responsables de la mort de mon père sont Oufkir et Dlimi ; ensuite que le corps a disparu.

Ce qui veut dire qu’il n’y a plus rien à chercher. Oufkir et Dlimi sont morts dans des circonstances très troublantes, le premier de deux balles dans le dos après la tentative de coup d’État contre Hassan II et le second dans un accident de la circulation avec un camion militaire juste après avoir quitté le palais royal. Les deux personnages clés sécuritaires marocains ayant disparu, il ne reste plus qu’à clore le dossier…

 

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Bachir Ben Barka

 

Vous êtes manifestement très actif pour contribuer à chercher la vérité sur ce qui est arrivé à votre père. Sur un plan plus personnel, qu’avez-vous hérité de Mehdi Ben Barka ? Avez-vous le sentiment de poursuivre son combat politique ?

Je pense que personne n’a actuellement l’envergure pour poursuivre son combat politique. Ce que j’essaie de faire c’est de mener le combat pour sa mémoire, pour qu’elle ne disparaisse pas avec lui. On l’a fait disparaître physiquement et, pendant de longues années, on a essayé de faire disparaître jusqu’à son nom de la mémoire collective marocaine ; mais en vain. Son nom est toujours présent. Ses idées sont toujours présentes même pour la jeunesse marocaine qui ne l’a pas connu. Tout ce qu’il a pu ou voulu proposer pour le Maroc et au-delà reste encore d’actualité.

Bien sûr, 51 ans ont passé, il y a des idées à actualiser, mais tous ceux qui ont lu ses écrits sur la période des années 60, la période de la décolonisation de la reconstruction des pays nouvellement indépendants, les risques et les dangers du néo-colonialisme, le combat pour la fraternité internationale, l’édification de sociétés nouvelles, la démocratie de base …, tous indiquent que ses propositions restent des pistes pour la jeunesse d’aujourd’hui, qui se réfère beaucoup à lui. Si j’arrive déjà à perpétuer cette mémoire et à la rendre disponible pour les nouvelles générations, cela serait déjà un grand travail accompli pour défendre cette mémoire et faire en sorte que ses idées soient reprises par d’autres.

 

Pour revenir brièvement au contexte géopolitique de l’époque, on se rappelle qu’en octobre 1963, le roi Hassan II avait déclenché la « guerre des sables » contre l’Algérie. Mehdi Ben Barka soutenait l’Algérie contre son pays le Maroc, disait-on. Est-il vrai que jusqu’aujourd’hui, certains assimilent encore cet acte à de la trahison ?

Permettez-moi d’apporter une correction : vous avez dit qu’il avait soutenu l’Algérie contre son pays ; or ce qu’il a fait fut de condamner la guerre. Il était contre cette guerre qu’il a qualifié d’agression contre la jeune Révolution algérienne qui était devenue une référence pour les mouvements de libération africains et latino-américains. Il est vrai que c’était un soutien à l’Algérie et une condamnation non pas de son pays mais du régime qui menait cette agression pour affaiblir l’Algérie.

Il est vrai qu’aujourd’hui encore, beaucoup n’ont pas compris cette position, mais pour lui elle allait dans le sens de tout son combat. Un combat qui allait au-delà des frontières. Car il avait eu la chance très tôt d’élargir sa vision politique. Il avait fait des études universitaires en Algérie : sa licence de mathématiques à l’Université d’Alger entre 1940 et 1942. Au moment où il aurait dû aller en France pour faire ses études universitaires, la France était occupée. Il a donc fait ses études à Alger ; ensuite il est rentré au Maroc en 1943 pour poursuivre sur le sol marocain son combat pour l’indépendance du Maroc.

Durant son séjour algérien, il a pu prendre contact avec les futurs dirigeants maghrébins – tunisiens et algériens – mais aussi participer aux débats qu’il y avait à Alger, notamment sur la lutte antifasciste. Cette question a fait débat à un moment donné parmi les peuples colonisés par la France : fallait-il soutenir l’Allemagne nazie, qui combattait la France, ou fallait-il se battre contre le nazisme ?

Pour la majorité des intellectuels et des militants politique de l’époque à Alger le combat contre le fascisme et le nazisme était prioritaire. Il ne s’agissait pas de dire que les ennemis de nos ennemis étaient nos amis… La logique politique et militante n’est pas exactement la logique mathématique. Il a participé à ce débat qui a conclu qu’il s’agissait donc de lutter contre le fascisme mais sans oublier, bien sûr, le combat pour l’indépendance des trois peuples du Maghreb.

Les liens noués par mon père en 1942-43 se sont développés par la suite entre les dirigeants du FNL en Algérie, du Néo-Destour en Tunisie et l’Istiqlal au Maroc. Cette vision internationaliste a ensuite toujours guidé sa vision politique. Bien sûr, chaque peuple a sa spécificité, chaque pays a son évolution à mener, mais c’est grâce à la solidarité entre eux que les peuples vont pouvoir progresser ensemble. Et mon père n’a jamais abandonné l’idée de rendre effective une solidarité, aussi bien au niveau du Maghreb, qu’au niveau de l’Afrique, et beaucoup plus tard, de la Tricontinentale.

 

Depuis l’indépendance du Maroc les rois se sont succédé. Tous se sont caractérisés par une « ouverture fermée » ou une « fermeture ouverte » du Royaume, comme il a pu être dit. L’assassinat de Mehdi Ben Barka a-t-il scellé le sort de l’ouverture démocratique du Maroc ? 

Je crois que l’espoir était mort bien avant. C’est vrai qu’au lendemain de l’indépendance, avec l’euphorie qui s’en est suivie, il y avait une dynamique alimentée par cette jeune génération de militants qu’étaient Mehdi Ben Barka, Bouabid, Basri, qui était issue des classes populaires et qui avait milité au sein du parti de l’Istiqlal et parfois également dans la résistance armée contre la France…

Au lendemain de l’indépendance cette génération avait voulu construire un Maroc nouveau, avec la revendication de l’Assemblée Constituante, avec la mobilisation des énergies populaires, tout en essayant de ne pas tomber dans le piège du néo-colonialisme. Pour que l’indépendance ait un contenu social et progressiste, cette génération s’est lancée dans ce combat.

 

Justement, comment le rapport de forces a-t-il évolué ?

Au moment de l’indépendance, le rapport de forces était tel, qu’il était possible d’arriver à un compromis avec le Palais Royal, et d’arriver à imposer un certain nombre de réformes et d’actions qui allaient dans le sens de la construction de cette nouvelle société. Mais petit à petit, les rapports de forces se sont inversés, et à la fin des années 50, il y a eu l’affaiblissement de cette nouvelle force qui émergeait et une reprise en main totale par le Palais, grâce aux alliances politiques et stratégiques entre la féodalité marocaine et les intérêts néocoloniaux et impérialistes, plus particulièrement français.

L’affaiblissement du mouvement populaire a été rendu possible par la répression, mais aussi par un certain nombre de problèmes internes, un manque d’organisation, qui ont fait que dès la fin des années 50, et principalement depuis le règne de Hassan II en 1961, on assiste à une rupture totale entre le Palais Royal et les forces politiques progressistes au Maroc. Et, plus qu’une rupture, on a assisté à un combat acharné pour éliminer ces forces progressistes par tous les moyens et essentiellement par la répression.

Quand on parle des années de plomb au Maroc, elles n’ont pas commencé en 1970, mais bien dans les années 60. A ce moment-là, l’espoir de l’Assemblée Constituante a disparu. Mohamed V s’était engagé à ce qu’une Constituante soit mise en place pour élaborer la constitution d’une monarchie constitutionnelle et démocratique, mais en 1962 Hassan II a imposé une Constitution à sa taille, sur mesure, qui n’allait pas du tout dans ce sens-là.

Les années de plomb ont vraiment commencé dès ce moment-là, avec des vagues de répression, des enlèvements, des procès politiques, des éliminations, et bien sûr l’assassinat de mon père en est l’exemple le plus symbolique, le plus symptomatique.

 

Est-ce que vous avez saisi des instruments internationaux par rapport à la disparition ?

Pas encore, car le l’instruction du dossier est toujours en cours en France. On nous a souvent encouragés à saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme, mais nous sommes toujours en attente. Comme le dossier est encore ouvert en France, cela veut dire que nous n’avons pas épuisé tous les recours judiciaires français. Par contre, nous sommes en train de réfléchir pour saisir le groupe des disparus des Nations Unies qui est très qualifié pour discuter de ces problèmes-là. A l’occasion du 50ème anniversaire, un nouveau Comité pour la vérité s’est créé en 2015, après le premier Comité qui s’était créé en 1965. Il est présidé par Louis Joinet, un juriste qui est également le rédacteur de la Charte du groupe de travail des disparitions forcées.

 

Qu’aurait-il pensé, selon vous, de ce qui se passe actuellement au Maghreb et au proche Orient?

Le contexte n’est pas le même. L’espoir a existé en 1954-55 et duré jusqu’en 1958 par la fameuse conférence de Tanger qui regroupait les trois partis leader du Maghreb, le Néo-Destour, le FLN et l’Istiqlal qui avaient une vision maghrébine, oeuvraient dans cette perspective-là, étaient conscients du problème du néocolonialisme, et étaient dans une perspective de construction d’un Maghreb des peuples.

Cette perspective n’est plus à l’ordre du jour aujourd’hui. Dès la fin des années 60, c’est le Maghreb des états qui s’est imposé, le Maghreb des polices avec un certain nombre d’opérations où il y avait beaucoup plus de solidarité policière et sécuritaire entre les trois, quatre ou cinq états du Maghreb, qu’une volonté politique de libération et de progrès.

C’est pourquoi aujourd’hui c’est très délicat de faire un parallèle. Le problème qui existe aujourd’hui n’est pas le même que celui qui existait dans les années 60. Il était admis que tous les différends soient réglés sur une base de coopération politique et économique entre les pays du Maghreb. Le problème est totalement différent. C’est pourquoi il est très difficile de dire ce qu’il aurait pensé aujourd’hui.

Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, cinquante ans après, l’état du Maghreb, du Moyen Orient et de l’Afrique, aurait été différent si les personnalités comme Mehdi Ben Barka, Lumumba, Amilcar Cabral, Che Guevara, étaient encore vivants. Ces assassinats n’ont pas été le fruit du hasard. Je ne vais pas dans le sens de la « complotite », mais il est indéniable qu’un certain nombre d’assassinats ciblés ont visé les figures qui étaient des catalyseurs de l’action de leurs peuples et de leurs régions.

Avec ces disparitions, un certain nombre de projets n’ont pas abouti. Par exemple, la perspective de la Tricontinentale était un grand espoir pour les peuples des trois continents. Il est indéniable que par la disparition de Mehdi Ben Barka, par l’isolement du Che Guevara en Afrique, par le coup d’État qui a renversé Ahmed Ben Bella en Algérie, les perspectives de cette Tricontinentale ont complètement changé, et ce qui était prévu n’a pas pu se réaliser totalement.

Sans oublier le coup d’État en Indonésie et ses millions de morts. Un certain nombre de leaders ont été éliminés à des moments-clé où il était possible que le rapport de forces se renverse en faveur des forces progressistes.

 

Parmi les nombreuses et variées origines des membres de Daech, il semblerait qu’il y ait également pas mal de Marocains. Quelle est votre réaction face à ce constat ? 

La situation au Maroc est particulière, c’est une situation de dérive sécuritaire. L’un des effets de cette présence sécuritaire est qu’elle empêche l’information de sortir. On ne sait pas tout ce qui se passe au Maroc : les mouvements de droits de l’homme se font l’écho d’un certain nombre de violations de plus en plus importantes et graves qui touchent le milieu de l’information, mais aussi le monde des avocats, le mouvement social.

Ce n’est pas un secret que les mouvements sociaux sont opprimés, mais on n’en parle pas. Il y a une certaine complaisance d’une certaine presse occidentale à l’égard du régime marocain, ce qui explique pourquoi les informations ne circulent pas. Et dans le rapport de forces actuel, peut être que le régime marocain joue un rôle clé dans cette stratégie contre le développement de forces islamistes dans la région, en liaison avec ce qui se passe en Europe.

Mais je crois que le Maroc, comme c’est le cas d’autres états méditerranéens, est parcouru par des tentations « criminalo-islamistes » – le mot jihadiste n’est pas exact. Et malheureusement, la jeunesse au Maroc n’échappe pas à cette réalité. Il faut mettre en parallèle l’état auquel est arrivée la situation économique et démocratique du Maroc avec l’état du développement d’une idéologie rétrograde, réactionnaire, obscurantiste…

Il y a un parallèle à faire et le Maroc n’échappe pas à ce parallèle. 60 ans après son indépendance, d’après mêmes les statistiques officielles, le Maroc se trouve encore à construire un système de santé, un système de scolarité et de sécurité sociale digne de ce nom. Le Maroc est à la queue du peloton des pays dans l’indice du développement humain. Et je crois que cette situation-là explique aussi que le Maroc n’ait pas échappé au développement des mouvements intégristes.

 

Pourriez-vous nous parler des activités que déroule l’Institut Mehdi Ben Barka ?

Il y a une quinzaine d’années nous avons fondé cette Institut Mehdi Ben Barka – Mémoire vivante, qui a un statut d’association 1901 en France, dont le but est d’oeuvrer précisément à faire connaître la pensée de mon père par tous les moyens : par des activités culturelles, des éditions, des conférences… La première action de l’Institut a été de rééditer ses écrits, en regroupant tous ceux qui avaient été édités de manière éparpillée : une partie en 1966 par François Maspero ; d’autres en arabe…

On a donc tout regroupé dans un livre paru aux éditions Syllepse : « Écrits de Mehdi Ben Barka ». L’action de l’Institut s’est poursuivie dans cette optique de travail de mémoire, mais aussi un travail d’histoire et de recherche, par l’organisation et la participation à des colloques et conférences.

Il y a eu par exemple un colloque à Paris, en 2005, sur la transition entre la tricontinentale et l’altermondialisme, dont les travaux ont donné lieu à publication chez Syllepse : « Mehdi Ben Barka en héritage – De la Tricontinentale à l’altermondialisme ». Il y a eu ensuite le livre consacré à « Mehdi Ben Barka », dans la collection « Pensée d’hier pour demain » paru au CETIM (Centre Europe-Tiers Monde) ; enfin, aux Éditions Les petits matins, dans la collection « sortir du colonialisme », un ouvrage intitulé « Mehdi Ben Barka, cinquante ans après ».

Mais défendre la mémoire de Mehdi Ben Barka ne réside pas uniquement dans la publication de ses écrits. On a organisé aussi des manifestations d’ordre culturel : il y a eu 2 grandes expositions qui ont eu lieu, une en France et l’autre au Maroc, à l’occasion du 40ème anniversaire de sa disparition en 2007 et 2008. A Paris, avec 41 artistes de différentes nationalités, où chacun a contribué avec une œuvre. Ensuite, à Rabat, des artistes marocains, espagnols, palestiniens, français, ont participé à une autre exposition-hommage qui a duré près d’un mois.

L’action de l’Institut consiste également à collaborer avec d’autres structures à des manifestations autour de la pensée et de l’action de Mehdi Ben Barka, comme nous l’avons fait lors de la semaine consacrée à la Tricontinentale à Genève.

 

Selon vous, qu’est-ce qu’il faudrait garder de sa pensée pour comprendre les événements actuels, 51 ans après ?

Sur la question du développement au Maroc, il avait essayé de mobiliser les potentialités populaires qui existaient dans le pays. A plusieurs occasions il a montré qu’il était possible d’organiser et de faire des actions d’ampleur dans le cadre local, régional marocain.

Et c’est aussi la tâche qu’il s’est donnée dans le cadre de son action internationale : quand il parle de solidarité, elle ne peut se faire que par la mise en commun des potentialités populaires de chaque pays ; surtout dans la perspective d’éparpiller les forces de l’adversaire : quand Che Guevara écrivait « il faut créer deux, trois Vietnam », c’est dans cet esprit-là.

Créer une organisation de solidarité des trois continents, cela veut dire organiser partout des luttes pour affaiblir l’adversaire principal. Ce qu’il a fait c’est mobiliser la jeunesse, mais en même temps mettre en commun les potentialités de chaque pays pour modifier le rapport de forces en leur faveur.

 

Source: Investig’Action

Pour aller plus loin : La Tricontinentale. Les peuples du tiers-monde à l’assaut du ciel, par Said Bouamama (octobre 2016, Editions CETIM)

 

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COMMÉMORATION DU 51ème ANNIVERSAIRE
DE L’ENLÈVEMENT ET DE LA DISPARITION DE MEHDI BEN BARKA

 

POUR LA VÉRITE ET LA JUSTICE

RASSEMBLEMENT LE 29 OCTOBRE 2016

À L’APPEL DE L’INSTITUT MEHDI BEN BARKA ET DU SNES-FSU

 

SAMEDI 29 OCTOBRE - À PARTIR DE 18 H
DEVANT LA BRASSERIE LIPP
BD SAINT-GERMAIN – PARIS

 

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Contact : institut.benbarka@aliceadsl.fr

 

 

 

Mis en ligne le 28 octobre 2016.

 

 

 

 

 

 

22:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |