20/05/2014

L'UKRAINE AU BORD DU TROU

1. japanchinaboats.jpg

L’Ukraine au bord du trou

par Israël Adam SHAMIR

 

Il y a six mois*, le tout dernier jour de mai, je me trouvais dans une très vieille, minuscule et tranquille ville ukrainienne, son antique église Notre-Dame de l’Intercession dominant d’un promontoire une rivière paresseuse, lorsque je fus subjugué par l’apparition d’une troupe de fraîches jeunes filles de seize ans venues fêter, dans ce parc, la fin de leurs études secondaires. Sous un  ciel bleu et chaud, des bandeaux blancs et des guirlandes de fleurs dans leurs cheveux dorés, leurs tabliers de cérémonie sur des jupes impitoyablement courtes laissant voir leurs genoux par-dessus des chaussettes blanches, l’éclair de leurs bras blancs jaillissant de leurs corsages foncés sans manches, elles éclataient de joie et leurs yeux bleus brillaient à l’ombre des peupliers noirs. L’ami grec qui m’accompagnait se tut soudain, pensif, puis me dit d’une voix sourde : « les jeunes Ukrainiennes sont vraiment les plus belles filles qui soient, nous n’avons rien de semblable dans les autres parties du monde.

Cette image m’est revenue à l’esprit, tandis que des images totalement différentes – celles de la révolution orange - se déversaient des écrans de télévision, et que la désintégration de l’Ukraine devenait une question de semaines, peut-être de jours. Ce pays, dans ses frontières actuelles, n’a commencé à exister comme tel que très récemment, en 1991 ; maintenant, il y a de fortes chances pour que l’Ukraine éclate en deux, déchirée entre l’Est et l’Ouest, avec ou sans une guerre civile à la clé. L’exploit de Staline, qui avait réussi à ramener l’Ukraine occidentale dans le bercail orthodoxe, après une longue captivité sous le joug occidental, vient d’être anéanti. Il est possible que la frontière entre les deux parties avance vers l’est, là où elle se trouvait au début du XVIIe siècle. Géopolitiquement, après le démembrement de la Yougoslavie, c’est une catastrophe majeure pour les Russes et pour l’Orthodoxie orientale. Les forces occidentales vont progresser vers l’Est et menaceront la Russie depuis les positions dont elles avaient été évincées par la longue série des guerres qui avait débuté avec la guerre livonienne d’Ivan IV et s’était conclue par le partage de la Pologne au XVIIIe siècle. En géopolitique, l’idéologie joue un rôle subalterne dans les confrontations à long terme et les échanges entre civilisations. Le christianisme orthodoxe, l’Occident et l’Islam sont trois grandes constantes ; de ce point de vue, l’Orthodoxie avait perdu et l’Occident gagné, dans le jeu multiséculaire. Aujourd’hui, le grand gagnant est l’empire US qui a réalisé ses plus folles pollutions nocturnes telles que les avait rêvées et exprimées Brzezinski, détacher l’Ukraine de la Russie, car la Russie ne peut être une super-puissance sans l’Ukraine.

Ainsi, en Ukraine, les États-Unis viennent d’obtenir la victoire qui leur a échappé en Irak. Néanmoins, l’identification des USA à l’Occident est loin d’être parfaite. Carl Schmitt préférait voir l’Angleterre et les États-Unis comme une force « atlantique » de la mer, opposée aux forces continentales de l’Europe de l’Ouest, à la Russie et au monde islmaique. À mon avis, la force « atlantique » a des racines aussi religieuses que les trois autres ; je l’ai appelée « civilisation néo-judaïque ». L’Ukraine, avec d’autres états d’Europe de l’Est, représentera un avant-poste néo-judaïque américain qu’on appellera Nouvelle Europe, à l’est de l’Europe indépendante et à l’ouest de la Russie. Pendant la Guerre Froide, l’Europe occidentale s’est tenue en réserve des États-Unis, mais la Nouvelle Europe fixera pour toujours l’Europe occidentale dans le cercle des assiégeants. C’est pourquoi la victoire des USA en Ukraine est une cause d’inquiétude grave, tant pour les Européens que pour les Russes et pour le monde islamique.

Pour le peuple ukrainien, l’avenir est sombre. Le candidat pro-américain à la présidence, Viktor Iouchtchenko, est un inconditionnel de l’économie libérale, un partisan de la privatisation totale et de la vente forcée des avoirs publics ukrainiens à des compagnies US, en échange de leurs dollars bientôt sans valeur. Dans la partie de l’Ukraine qu’il réussira à garder (s’il y arrive), une nouvelle colonie américaine s’établira, d’où les troupes US pourront menacer Moscou et contrôler la profitable route du pétrole. Ils (les Ukrainiens, NdT) pourraient apprendre quel sera leur sort, dans un livre étonnant de John Perkins, qui se présente lui-même comme « un tueur à gages économique »… un professionnel du renseignement US qui a escroqué, à des tas de pays du globe, des milliers de milliards de dollars. Dans une interview, Perkins a décrit en quoi consistait son travail :

 « Notre job, c’est de construire un empire américain. De créer des situations où autant de ressources que possible se déversent dans le pays [les USA], vers nos grandes sociétés et notre gouvernement, et, de fait, nous y avons très bien réussi. Nous avons bâti le plus grand empire de l’histoire du monde. Cet empire, contrairement à tous les autres empires de l’histoire, a été bâti principalement par la manipulation économique, par la tricherie et par la fraude : en persuadant les gens d’adopter notre genre de vie. Nous faisons contracter à des pays des dettes qu’ils ne pourront jamais rembourser, dont la plupart reviennent aux États-Unis. Les pays ne voient jamais diminuer leur dette, alors que les intérêts qu’ils ont à payer ne cessent de s’accroître, et ils deviennent ainsi, concrètement, nos domestiques, nos esclaves. »

Le soutien que l’Amérique apporte à Iouchtchenko  signifie que Iouchtchenko s’est engagé à faire sa volonté, à faire des Ukrainiens les esclaves de l’Amérique. Iouchtchenko est également soutenu par la Banque Mondiale et par le FMI. La « doctrine du marché » néo-libérale imposée par la Banque Mondiale a tué des millions de Russes, d’Africains et de Latino-Américains, dont les gouvernements ont suivi cette feuille de route. L’Ukraine a eu, elle aussi, sa part d’« économie de marché » et sa population est en constante décroissance. Iouchtchenko a réclamé du néo-libéralisme quand il était premier ministre. Il a promis qu’une fois président, il en réclamerait davantage.

Les forces pro-américaines d’Europe de l’Ouest, prédatrices d’hier, veulent elles aussi avoir leur part des dépouilles, comme l’écrit l’observatrice allemande Suzanne Scheidt :

« Si Iouchtchenko s’empare du gouvernement, il fera en sorte que le programme de privatisation établi par la Banque Mondiale aille jusqu’au bout. En tablant sur ce programme, les banques allemandes ont projeté d’énormes investissements en Ukraine, qui équivalent à une reprise de tous les services publics, de tous les réseaux de communication et du transport de gaz. Le géant allemand Ruhrgas AG a déjà signé un contrat avec Iouchtchenko, pour importer par le corridor ukrainien le gaz des investisseurs US en Azerbaïdjan, alors que le gouvernement ukrainien avait toujours refusé de signer un tel contrat. »

Un autre grand soutien de Iouchtchenko est le groupe d’oligarques juifs russes expulsés de Russie par Poutine. Extrêmement riches, rêvant de revanche, haïssant la Russie de Poutine, les Berezovski, Goussinski et autres ex-pétroliers de la IOUKOS ont fourni une grande part du soutien financier de la révolution orange. Ce sont eux aussi qui ont payé les experts israéliens en relations publiques (y compris Botul ? NdT) qui ont organisé le show de la place Maidan. Ils sont eux-mêmes soutenus par la puissante communauté juive d’Ukraine, derrière laquelle se tient George Soros, le magnat juif international qui n’arrête pas d’injecter de l’argent et des capacités organisationnelles dans les forces oranges de Iouchtchenko. Ces forces de l’extérieur ont pour bras armé des jeunes gens locaux, entraînés et conseillés par des experts qui ont déjà organisé plusieurs putsches de ce genre en Géorgie, en Serbie et en Roumanie.

2. Pablo_Drapeau_de_la_Roumanie.jpg

Les soutiens internes de Iouchtchenko consistent en deux groupes différents. Le plus important est celui des nationalistes de Galicie, à l’ouest de l’Ukraine. La Galicie est un beau pays, qui a ses traditions. L’amitié avec les Russes n’en fait pas partie. Pendant des siècles, la Galicie a appartenu à la Pologne et à l’Empire austro-hongrois ; la religion des Galiciens est le christianisme Uniate ; leur langue est à mi-chemin entre le polonais et l’ukrainien de Kiev. La Galicie a une forte tendance au nationalisme ; pendant la IIe Guerre Mondiale, elle a fourni une division SS qui s’est battue du côté allemand, la Galitchina. Aujourd’hui, les Galiciens forment la base principale de groupes à svastikas tels que Svoboda (qui a succédé au Parti National-Socialiste Ukrainien) et l’UNA-UNSO, qui se réclame de Bandera, le nationaliste ukrainien qui fut un très actif partisan d’Hitler. Aujourd’hui, ces deux formations se sont unies pour soutenir Ioutchenko.

Quoique violemment judéophobes, ils ne voient pas d’objection à ce que Ioutchenko soit soutenu par des oligarques juifs. D’ailleurs, Soros les a eux-mêmes financés. Et voilà pour l’anti-sémitisme ! Les juifs se souviennent de le mentionner quand cela les arrange. À mon avis, le « nationalisme » joue la plupart du temps le rôle du fromage dans la souricière. Bandera-le-nationaliste a soutenu Hitler, mais Hitler ne s’est jamais soucié d’établir un état ukrainien fort ; il s’est juste servi des nationalistes ukrainiens pour saper la Russie. La même chose s’est produite partout : les nationalistes bretons ont soutenu Hitler, croyant qu’il les aiderait à établir une Bretagne indépendante. Ils ont été déçus, car Hitler a trouvé qu’ils ne lui servaient plus à rien, du moment qu’il occupait la France. Les nationalistes arabes ont sapé l’Empire ottoman au service de l’Occident, juste pour se retrouver au bout du compte vendu aux Sionistes. Et voilà que les nationalistes ukrainiens refont la même erreur : ils soutiennent les USA, mais ils seront, eux aussi, frustrés de leurs espoirs, parce que les USA n’ont aucun besoin d’une Ukraine forte.

Un autre groupe qui soutient Ioutchenko est celui des libéraux relativement riches et pro-occidentaux. Beaucoup de ceux-là, surtout à Kiev, la capitale, ont lié leur sort à l’Ouest. Il y a des douzaines de très riches banquiers et hommes d’affaires, des milliers travaillent pour les ONG, reçoivent des subventions de Soros ou du Conseil de l’Europe, auxquels on peut ajouter les petits importateurs et les prostituées haut de gamme ; il y a les dizaines de milliers de jeunes ambitieux et d’étudiants qui espèrent « arriver » dans la société de compétition capitaliste. Nous savons qu’ils seront déçus, comme l’ont été tant d’autres dans tant de pays : les Occidentaux ne vont pas attendre que des milliers d’Ukrainiens éduqués viennent prendre leur place en haut de l’échelle. Mais en Ukraine comme en Russie, ils sont des millions à croire encore au rêve américain et les Américains dépensent beaucoup d’argent pour entretenir cette illusion.

L’avenir de l’Ukraine est sombre : les belles jeunes filles que j’ai vues si heureuses sur les rives du Dniepr seront embarquées vers les bordels de Tel Aviv et d’Istanbul ; leurs petits amis iront se battre pour l’Amérique en Irak et ailleurs, leurs mines de charbon seront privatisées, vendues pour des clopinettes et fermées. L’Ukraine peut être libre en s’unissant à la Russie ou esclave en se soumettant à l’Ouest et aux Juifs. Quel que soit le résultat des élections – et il sera controversé – l’Ukraine orientale rejoindra probablement la Russie, l’Ukraine occidentale sera reprise par la Pologne ou restera une sorte d’état-croupion indépendant. Il y a encore une chance pour que se répète la victoire de Chavez ou le miracle de Minsk, lorsque Lukachenko a réussi à battre les agents de Soros et de Berezovsky, car ils ne sont pas invincibles, mais hélas Ianoukovitch n’est pas un homme d’acier ; Poutine n’est pas un politicien audacieux et le monde slave orthodoxe se sent perdu. C’est peut-être pour cela que des dizaines de milliers de Russes sont allés spontanément, ce 21 décembre, se recueillir sur la tombe de Joseph Staline, pour le 125e anniversaire du grand homme qui a restauré les fortunes de la Russie, vaincu les attaques occidentales et uni l’Ukraine.

3. ukraine on the brink.jpg

Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

___________________  

*Cet article date de fin décembre 2013. L’auteur avait oublié (!!!) de le mettre en ligne sur son propre site. Il vient de réparer cet oubli. Son analyse « de l’intérieur » n’étant pas, à notre avis, obsolète, nous l’avons traduite à votre intention.

 

*

Pour les anglophones…

Confessions of an Economic Hit Man : How the U.S. Uses Globalization to Cheat Poor Countries Out of Trillions

Interview de John Perkins par Amy Goodman, de Democracy Now !

 

 

*

Renseignement intérieur

Le massacre d’Odessa organisé au sommet de l’État ukrainien

La presse atlantiste persiste à présenter les crimes commis le 2 mai à Odessa comme le résultat d’un incendie accidentel alors que les photos et vidéos disponibles ne laissent aucun doute : les victimes ont été torturées, puis exécutées, avant d’être brûlées. Nous publions des informations de première main sur cette opération planifiée sous l’autorité directe et personnelle du président putschiste Olexander Turchinov et de l’oligarque israélien Ihor Kolomoïsky.

Réseau Voltaire| 16 mai 2014

_____________________ 

 

4. Turchinov.jpg

Le président putschiste Olexander Turchinov a présidé la réunion de planification du massacre d’Odessa.

Les révélations présentées ci-après proviennent d’un informateur de l’un des services de répression de l’appareil d’État ukrainien. Pour des raisons évidentes, il a requis l’anonymat. Il y a assurément des agents de l’administration de Kiev qui condamnent les violences qui ont été perpétrées, le 2 mai 2014, à Odessa et à travers tout le pays [1].

Après la perte de la Crimée et le soulèvement populaire de Marioupol, Odessa est devenue l’unique accès à la mer de l’État ukrainien, ce qui en fait la seconde ville la plus importante du pays, après Kiev.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article183825.html

 

*

Ukraine : Ihor Kolomoïsky propose 1 million de dollars pour assassiner Oleg Tsarev

Réseau Voltaire| 16 mai 2014

__________________

5. Kolomoïski.jpg

L’oligarque israélo-ukrainien résidant en Suisse, Ihor Kolomoïsky, a informé par téléphone le leader des fédéralistes du Sud-Est, Oleg Tsarev, que la communauté juive ukrainienne verserait une prime d’1 million de dollars à qui l’assassinerait. Il l’a sommé de fuir immédiatement le pays [1].

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article183826.html

 

*

 

 

Mis en ligne le  20 mai 2014

 

23:49 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/05/2014

Fragments de la réalité

1. bateau zapatiste.jpg

 

À ceux qui n’ont que le mot « démocratie » à la bouche et ne savent pas ce que c’est.

 

Fragments de la réalité

Sous-commandant MARCOS

 

2. para todos.jpg

16 mai 2014

Oui, c’est vrai, la réalité est étrange

Mexique, mai 2014 - Vingtième année de la guerre contre l’oubli  - Un petit matin... il doit être environ 2 ou 3 heures, qui sait. On dirait le silence en réalité [La Realidad]. Ai-je dit « on dirait le silence ? » Eh bien c’est le cas, parce que le silence ici a son propre son, comme le chant des grillons ; certains sont plus forts que d’autres, plus forts et dissonants ; et d’autres toujours constants, plus faibles. Il n’y a pas de lumière aux alentours. A présent s’y ajoute le silence de la pluie. La saison des pluies a déjà commencé, mais elle n’est pas encore assez présente pour blesser la terre. Juste assez pour l’égratigner un peu, un crépitement constant. Une petite égratignure par ci, à peine une flaque d’eau par là. Comme pour donner un avertissement. Mais le soleil, la chaleur [ i ] durcit rapidement la terre. Ce n’est pas encore le temps de la boue ; pas encore. C’est le temps de l’ombre. C’est vrai, c’est toujours le temps de l’ombre. Il va partout, sans égard pour le temps. Même là où le soleil est le plus féroce, on peut encore trouver l’ombre, accroché aux murs, aux arbres, aux rochers, aux gens. Comme si la lumière lui donnait encore plus de force. Ah, mais la nuit ... aux premières heures de la matinée, c’est vraiment le moment de l’ombre. Dans la journée, elle vous soulage, mais aux petites heures du matin, elle te réveille comme pour te dire, « et toi ? T’es où ? » Et tu balbuties dans ton sommeil, jusqu’à ce que tu puisses répondre clairement à toi-même - « dans la réalité »,

( ... )

*

 

 « Eh bien, pour vous dire la vérité, j’en sais rien. Soi-disant qu’il y aurait dans la ville une coutume, une façon de faire les choses pourrait-on dire, que lorsqu’il y a un décès dans une famille, les autres membres de la famille et les amis leur rendent visite pour leur faire savoir qu’ils les soutiennent dans leur douleur. Ils appellent ça « présenter ses condoléances », je crois. Oui , c’est ça, pour leur dire qu’ils ne sont pas seuls.

( ... )

3. epraz.jpg

« Ok, d’après ce que j’ai lu, la majorité des élèves de la petite école ont déclaré se sentir comme chez eux, qu’ils avaient été traités comme de la famille. Eh bien, certains ont dit qu’ils avaient été traités encore mieux que dans leurs familles. C’est-à-dire, comme on dit, qu’il y a des familles et puis il y a des familles, par exemple à...

( ... )

« Peut-être. Oui, il se pourrait que certains ressentent le besoin de venir présenter leurs condoléances à la famille du défunt Galeano, ou aux compas [contraction de compañeros - NdT] ici, ou aux deux.

( ... )

« Ce n’est pas si simple, car ici c’est très loin de là-bas. C’est quoi, peut-être quelque chose comme 7 heures de San Cristóbal ? Donc, vous voyez, c’est loin. Et une mort violente ne prévient pas à l’avance, elle ne précise ni la date ni le lieu, elle surgit tout simplement, et s’assied, sans y être invitée. Oui, elle entre en défonçant la porte.

Ce n’est pas comme la mort par vieillesse ou par maladie, qui glisse subrepticement un pied, puis une main, et se retrouve rapidement assise là, dans un coin, à attendre, jusqu’à ce qu’elle se sente à l’aise et annonce : « ici, c’est moi qui commande ». On peut donc se préparer, s’habituer à l’idée. Mais pas avec la mort violente. La mort violente te surprend comme un coup, elle te bouscule, t’étourdit, te rue de coups, te poignarde, te flingue, te tue, te met une balle dans la tête, puis se moque de toi. Voilà comment ça fonctionne.

Donc, si t’as prévu quelque chose, comme on dit, un « partage » ou un échange, ou une réunion, ou des cours à la Petite Ecole Zapatiste, là tu peux annoncer que ce sera telle heure à tel endroit, et tu préviens les gens, et chacun, chez lui, ajuste son emploi du temps en fonction du travail ou de l’école ou de la famille, et organise son voyage. Et toi tu profites du délai pour préparer leur hébergement et ce que tu vas leur offrir.

Mais parce que la violence ne prévient pas, on n’a pas le temps de préparer quoi que ce soit, ni qui viendra, ni qui les recevra. Et ensuite, que dire ? Même si on est là, tous ensemble, à se regarder les uns les autres, le son du silence te rend muet, comme si la mort avait emporté non seulement le défunt, mais aussi tes mots avec.

C’est donc difficile d’y aller, pas parce qu’on n’en a pas envie ou parce qu’on n’aimait pas Galeano ou les compas de La Realidad, mais parce qu’il est difficile de trouver un moyen pour s’y rendre.

Qui plus est, où logerions-nous tous ces gens, car ce caracol est très petit et encerclé à nouveau par les paramilitaires ? Et que leur donnerions-nous à manger ? Et les toilettes, si 25 ou 50 d’entre eux ont besoin d’y aller, ou s’ils veulent se baigner à cause de la chaleur [ii] ou de la pluie ?

( ... )

Ah, oui, si les visiteurs apportaient leur propre nourriture et leur propre tente pour la pluie, ça changerait un peu les choses, mais pas beaucoup, car comme le responsable de la santé l’a déjà expliqué, nous devons surveiller, comme on dit, l’hygiène, et nous veiller à qu’ils ne transforment pas l’endroit en, comme on dit, une porcherie. Parce qu’on en connaît qui sont vraiment sales, qui visent toujours à côté de la cuvette des WC, surtout les putains de mecs. Parce qu’en tant que femmes, nous sommes...

Hein ? Oui, c’est important, pour prévenir des maladies. Oui, comme la rage. Hein ? Non, l’autre rage, la colère, la fureur. (*)

( ... )

4. Esta usted.jpg

Qui ? Non, les bons visiteurs nous préviennent à l’avance de leur arrivée ; ils ne se présentent pas comme ça, sans crier gare. Le visiteur qui arrive sans prévenir, on l’appelle, ou on l’appelait, « gorron », ou « gorrona », selon le cas [masculin ou féminin - NDT]. Je ne sais pas pourquoi on l’appele ainsi, ou l’appelle toujours, mais c’est une référence à ceux qui se présentent sans être invités, ceux qui, comme on dit, se sont invités tous seuls. Oui, la mort est comme un « gorron » ou une « gorrona », selon le cas, comme un visiteur qui se présente sans prévenir, qui n’a pas demandé s’il pouvait venir. Oui, je sais que ce n’est pas exactement la même chose, mais c’est de là que ça vient.

( ... )

Oui , je pense que si vous leur indiquez un jour précis, alors certains viendront, pas tous, mais certains. Parce que même si tous ne viennent pas, ils seront là d’une autre manière. Comme une « auditoire », mais en sens inverse.
Parce que la mort peut aussi être vaincue avec un autre calendrier et une autre géographie. Pourquoi je dis « aussi » ? Oh, je sais ce que je dis. N’y prêtez pas attention pour le moment. Peut-être que je vous expliquerai un jour... ou vous verrez vous-même.

( ... )

Combien ? Je n’en ai aucune idée, peut-être beaucoup, ça dépend, parce que là-bas je vois qu’ils sont en train de construire un autre abri, de balayer et nettoyer. Oui, comme s’ils attendaient des visiteurs.

( ... )

Quand exactement ? Eh bien, demande à Emiliano ou à Max, ou à SubMoi que j’ai vu là-bas parler avec une jeune femme qui est d’ici. Il était en route pour prendre la parole devant les Comités [CCRI].

( ... )

Moi ? Eh bien, j’attends. Lorsque les Comités de la zone se mettront d’accord, je suis sûre qu’ils me diront d’écrire quelque chose et c’est ce que je ferai.

( ... )

Regardez !... là ! ... cette petite lumière là-bas. Tu as vu l’étrange animal que c’est ? Oui, il ressemble à un chien ... ou plutôt un chat. Oui comme un chat-chien. Étrange, non ?

( ... )

Oui, c’est vrai, la réalité est étrange.

*

Extrait de la page 4 du rapport d’enquête sur l’assassinat du camarade Galeano. Interrogatoire de la compañera S., zapatiste, comité de soutien de La Realidad, 16 ans, bientôt 17. 11 mai 2014.

(Attention : le texte qui suit contient des propos qui peuvent heurter la sensibilité de la royauté européenne et tous ceux qui aspirent au trône. Mais entre nous, il n’y a rien ci-dessous qu’on n’entend pas dans n’importe quel coin du monde. Alors, allons-y).

« Nous sommes le 11 mai 2014.

( ... )

Nous avons une compañera présente ici qui va nous répéter ce qu’on lui a dit, ou plutôt ce qu’une personne précise lui a dit ; l’autre n’a pas vraiment parlé. C’est ce que la compañera va nous raconter.

5. zapatista.jpg

Vas-y, compañera.

Compañera S : Eh bien, tu vois, sous-commandant insurgé Moisés, je vais te dire ce que cet assassin m’a dit.

SCIM : Quand est-ce qu’il t’a dit ça ?

Compañera S : C’était samedi.

SCIM : 10 mai ?

Compañera S : 10 mai.

SCIM : A quelle heure ?

Compañera S : A 9h environ.

SCIM : 9 heures du matin ?

Compañera S : Oui, à environ 9h il m’a dit : « Tu te prends vraiment pour quelqu’un, » mais je ne voulais pas lui répondre.
Puis il a dit « arrête », et je me suis arrêtée.
« Écoute ce que je vais te dire » dit-il ; Je me suis arrêtée.

SCIM : Et quel est son nom ?

Compañera S : Son nom est R.

SCIM : R. Ok , continue.

Compañera S : Il m’a dit , « écoute ce que je vais te dire », et j’ai écouté.

Il a dit : « Profite de ton Caracol. Profites-en maintenant, parce que nous allons le prendre ; ce Caracol va très bientôt être à nous. Et lorsqu’il sera à nous, j’y construirai ma maison avec plaisir. Nous allons le prendre très bientôt. »

Je lui ai répondu : « Eh bien, si c’est comme ça, si vous vous croyez un homme, si vous avez une telle bite et de telles couilles, que vous allez prendre le Caracol mort ou vif, alors allez-y et prenez-le si vous avez les couilles ».

Et il m’a dit : « Oui j’ai une bite et des couilles, tu veux les voir ? »

Et j’ai répondu : « Si vous voulez les montrer, montrez les à votre mère. » C’est ce que j’ai dit.

Puis quand il m’a dit : « C’est parce que nous avons tué ton mari que tu es si en colère ? »

Et j’ai dit : « Ce compañero n’est pas notre mari. Ce camarade est notre camarade de lutte, de la lutte pour nos communautés, pas pour les misérables aumônes du gouvernement ».

Et il s’est mis à rire avec son ami qui était avec lui, et il a dit ...

SCIM : Quel était le nom de son ami ?

Compañera S : M.

Il m’a dit : « Nous allons mettre la main sur Raúl, Jorge, et René. Une fois que nous aurons mis la main sur eux, nous allons les tuer comme nous avons tué la peluda (Note : « La peluda » est le nom péjoratif avec lequel les paramilitaires de la CIOAC-H se réfèrent au compañero Galeano).

Je lui ai dit que s’ils allaient le faire, qu’ils le fassent, qu’ils essaient, qu’ils entrent dans le Caracol. Mais pas quand il sera vide, comme ils l’ont fait à l’école, où ils sont allés parce qu’il n’y avait personne. Je lui ai dit : « si vous êtes vraiment des hommes, prenez le Caracol. » Ils ont ri et ont dit :

« Tu devrais être heureuse que nous n’ayons pas tué ton père. »

SCIM : C’est ce qu’il t’a dit ?

Compañera S : Oui.

« Nous n’avons pas tué ton père, mais nous le ferons la prochaine fois. »

Et j’ai répondu : « Pourquoi ne l’avez-vous pas tué ? »
« Eh bien, nous ne l’avons pas vu. »

« Eh bien, si vous allez le faire, faites-le. Il est dans le Caracol, c’est là où il est. »

C’est là qu’il m’a dit : « tu sais qui a tué La Peluda ? »

Et j’ai répondu : « Comment le saurais-je puisque je n’étais pas présente quand ils ont tué notre compañero ? »

Il a dit : « C’est moi qui l’ai tué. Je lui ai tiré un balle dans la tête et je l’ai envoyé en enfer. Et c’est ce que ferons lorsque nous mettrons la main sur les autres - ceux que j’ai mentionnés, c’est ce que nous leur ferons. Ils ne perdent rien pour attendre. Tu sais quoi ? On en a marre de vous tous. » C’est ce qu’il m’a dit. « Parce que ce que vous faites n’est pas juste. On en a marre ».

Mais j’ai répondu : « C’est nous qui avons marre de vous tous. Encore plus depuis que nous avons découvert ce que vous avez fait à notre camarade. Nous les compañeras sommes allées récupérer le corps ; c’est là que nous avons eu vraiment plus que marre ».

C’est là qu’ils ont ri.

« Evidemment, parce qu’ils sont tous vos maris, » me dit-il.

SCIM : Et quand il se moquait, que disait-il à propos de ce qu’ils font... qu’ils font ce qu’ils disent, non ? Il n’a pas dit quelque chose sur le Conseil de Bonne Gouvernance ? Il n’a pas dit quelque chose comme... »

( inaudible )

SCIM : D’accord.

Compañera S : Il a dit : « Nous allons les tuer, les briser une fois pour toutes. Vous êtes tous au Conseil de Bonne Gouvernance, vous êtes de bons gouvernants, quoi que nous fassions, vous ne riposterez pas. Pourquoi ? Parce que vous êtes de bons gouvernants.

Je lui ai dit : « Oui, bien sûr, nous sommes de bons gouvernants, mais pas si bons que ça. »

« Mais qu’allez vous tous me faire ? Même si vous savez exactement qui l’a tué, vous n’allez rien faire parce que vous êtes le conseil de bonne gouvernance qui protège tout le monde. Je n’ai pas peur » , a-t-il dit. « Je n’ai pas peur, c’est pourquoi je te dis que je l’ai tué. »

Et j’ai répondu : « J’aimerais que ce soit le cas. Lorsque votre jour viendra, j’espère que vous jouerez aux durs comme vous le faîtes en ce moment avec moi ».

« C’est bien ce que je ferai. Mais quand ? Ce jour-là ne viendra pas », a-t-il dit. « Parce que vous êtes tous au Conseil de bonne gouvernance, vous êtes de bons gouvernants et vous ne ferez rien. »

SCIM : Tu te rappelles d’autre chose ? Tu as dis quelque chose à propos de rires et de moqueries.

Compañera S : Oui, il a ri et son ami hurlait, mais n’a rien dit.

SCIM : M ne parlait pas, il se contentait de rire ?

Compañera S : Il n’a rien dit, il se contentait de rire. M était là, l’autre lui a donné un petit coup pour qu’il parle.

SCIM : Ah. Un petit coup ?

Compañera S : Oui, il lui a donné un petit coup dans le dos et ils se sont mis à crier. Il a dit « tu ferais mieux de poursuivre ton chemin, va t’occuper de tes affaires. » Je n’ai pas répondu.

SCIM : D’accord, si plus tard tu te souviens de quelque chose d’autre qu’il t’aurait dit, nous pourrons y revenir. C’est pour constituer un dossier, car dans ce cas, c’est le gars lui-même qui t’a raconté ce qui s’est passé.

Compañera S : Oui.

SCIM : Et c’est lui-même qui l’a fait. Tu dis qu’il t’a demandé si tu savais qui a tué le compañero Galeano. Puis il t’a dit que c’était lui, exact ?

Compañera S : Oui .

SCIM : « Et il a dit qu’il lui a tiré une balle dans la tête. »

Compañera S : « Qu’il lui a tiré une balle dans la tête, puis qu’il foutu le camp ».

SCIM : D’accord, compañera. Quel est votre nom dans la lutte ?

Compañera S : Mon nom est S.

SCIM : S ?

Compañera S : oui .

SCIM : D’accord. C’est ce que nous voulions, pour qu’il soit clair que ton témoignage est direct, parce que tu es d’ici, de La Realidad. Quel était ton travail lorsque tu es allée au « partage » ou à l’échange à Oventik ?

Compañera S : Ecouter.

( Note : « Ecouter » est un travail ou une commission ou une responsabilité attribuée à quelques compañeras et compañeros qui consiste à « écouter » ce qui se dit lors d’un « partage » ou échange pour aller ensuite le rapporter à leur communauté, région, et zone. Ceci afin que les échanges ne soient pas limitées aux présents, mais qu’ils puissent être partagés par tous les zapatistes. Ce serait l’équivalent d’un « narrateur ». Les compas choisissent des jeunes qui ont une bonne mémoire, qui comprennent bien l’espagnol et qui peuvent expliquer dans leurs propres langues ce qui a été dit. L’échange avec le Congrès National Indigène (CNI) avait déjà des dizaines de jeunes originaires des différentes zones qui étaient chargés « d’écouter ». L’idée était que tous les compas de tous les peuples autochtones de la CNI puissent être entendus dans tous les comités de soutien zapatistes.)

SCIM : Ah , oui , oui. L’échange qui devait avoir lieu avant le Congrès National Indigène. Très bien. Ce sera tout, compañera S. Merci.

( inaudible )

SCIM : Attends. Lorsque tu as parlé à ce type R, était-il ivre ou sobre ?

Compañera S : Non, j’étais assez proche mais je n’ai pas senti l’odeur d’alcool. Et quand je suis arrivée à la maison de L., le même gars est passé devant en rentrant chez lui. Il me regardait en se retournant et riait. Je l’ai regardé avec colère.

SCIM : Donc, on peut dire qu’il était sobre quand il t’a dit ce qu’il t’a dit ? Il n’était donc pas ivre.

Compañera S : Non, il n’était pas ivre .

SCIM : D’accord, ce sera tout compañera. Merci.

 

*

Un autre petit matin. Le sous-commandant Insurgé Moisés arrive et me dit :

« La décision est prise. Le rassemblement est prévu pour le vendredi 23 mai, l’hommage au compa Galeano se déroulera le samedi 24, et tout le monde rentrera chez lui le dimanche 25. C’est à dire les comités de soutien ».

Ceux qui viennent de l’extérieur aussi ?, lui demande-je.

« Idem, mais à ceux de l’extérieur, dis leur que c’est même chose que pour les comités de soutien : tout le monde doit apporter sa nourriture et son couchage ».

Et je rédige un communiqué ou une lettre ou quoi ?

« Comme tu le sens, mais que ce soit bien clair qu’ils ne doivent pas être un fardeau pour les compas. Ils viennent apporter leur soutien, offrir leurs condoléances à la famille du défunt et aux compas ici, pas pour être pris en charge. En clair, il ne s’agit pas d’une fête.

Oh, et dis leur aussi que les comités de soutien organiseront un hommage au compa Galeano dans tous les caracoles le 24 mai. Et qu’il serait bon pour eux de prévoir aussi quelque chose ce jour-là, là où ils vivent, selon leurs propres disponibilités et habitudes.

Autre chose. Si tu reproduis l’interrogatoire, ne met pas les noms de ces salauds, seulement une initiale. Parce que nous ne savons pas s’il est réellement coupable du meurtre ou s’il voulait simplement faire le malin et faire peur à la petite.

Dis-leur aussi que nous allons inviter les compañeras et compañeros des médias indépendants ou alternatifs ou autonomes ou quel que soit le nom qu’on leur donne, les médias qui ne sont pas payés, qui fait partie de la Sixième, ceux qui sont nos compañeras et compañeros et qui sont chez eux chargés de l’« écoute ». Dis-leur que peut-être - précise bien « peut-être » - le Commandement général de l’EZLN donnera une conférence de presse aux médias indépendants ou quel que soit leur nom, à ceux qui font partie de la Sixième. Je dis « peut-être » car cela dépendra de notre charge de travail et nous ne voulons pas de malentendu. Et que les médias commerciaux ne sont pas invités, nous n’allons pas les recevoir. »

Faut-il leur envoyer une photo du défunt ?

« Oui , mais une photo de lui vivant, pas une photo de son cadavre. Parce que nous nous souvenons de nos compañeros de leur vivant dans la lutte. »

Très bien. Quoi d’autre ?

« Simplement que nous sommes toujours présents, mais je pense qu’ils le savent, dans la Realidad [ La Réalité ]. »

Vale (**). A la santé et à l’écoute.

Depuis les montagnes du Sud-Est du Mexique.

Sous-commandant insurgé Marcos.

Mexique, mai 2014. Vingtième année de la guerre contre l’oubli.

source originale http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2014/05/13/fragmentos-...

source en anglais http://www.informationclearinghouse.info/article38510.htm

Traduction « lutter, c’est aussi ne pas oublier » par VD - à partir de la version anglaise et quelques coups d’oeil sur la version espagnole – pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 25617
http://www.legrandsoir.info/fragments-de-la-realite.html

___________________________ 

[ i ] Calor, ou chaleur, est un nom masculin en espagnol. Ici, l’auteur emploie « la calor, » au féminin.

[ ii ] Voir la note 1 .

(*) NdT : l’auteur joue sur un malentendu entre les mots choléra et colère (similaires en espagnol), transposé ici, pour préserver l’effet, en rage.

(**) Vale, en espagnol, se dit pour OK, c’est bon, on est d’accord, on fait comme ça, allons-y...

6. mimile.jpeg

*

On appelle « caracol » les logements toujours provisoires et si possible transportables des Zapatistes.

Extrait d’un poème :

7. postales-del-ezln-64-verdaderos-caracoles-zap-L-XjC164.jpeg

Caracolez petits zapatistes aux visages masqués

Caracolez et semez les grains de maïs de la liberté

Eduquez les enfants aux règles de la vie en société

Communautaire, autonome, solidaire et la fraternité

 

Pour le voir en entier :

http://cocomagnanville.over-blog.com/article-poeme-qui-ca...

 

*

À notre bout du monde, hélas…

 

8. hakuna matata.JPG

Théorie du « Genre » : La trahison de la gauche*

par Maria Poumier

 

Non, la théorie du genre (1) n'a rien à voir avec la gauche. Ceux qui la laissent se répandre en croyant défendre des victimes sont au mieux des irresponsables, mais ceux qui en font la promotion officielle, aux plus hauts niveaux de l'État, sont des traîtres à toute la tradition vitale de la gauche, des agents d'un narco-trafic innommable.

 

A l'appel de Mathias Ebert, de « Besorgte Eltern », le mouvement qui lutte contre l'obligation faite aux enfants d'assister aux cours d'éducation sexuelle dans les écoles allemandes, une trentaine de Français menés par Farida Belghoul, Béatrice Bourges et Alain Escada se sont rendus à Cologne le samedi 22 mars 2014.

 Ce reportage donne en exclusivité les allocutions prononcées à cette occasion.

 


Dans l'ombre et la discrétion, la théorie du genre est financée, promue, exaltée, alors qu'il s'agit d'un nouveau terrain d'entraînement au lavage de cerveau, et au-delà, puisqu'il s'agit de briser notre être primordial, de brider notre conscience sexuée, et plus encore de rendre erratique notre inconscient réactif, notre instinct de survie collectif. La théorie du genre n'est pas quelque chose de marginal ni de superficiel. L'importance qui lui est donnée à l'université le prouve, si besoin était, ainsi que le projet d'en faire un enseignement obligatoire depuis le plus jeune âge. Mais, se demandent les gens naïfs, pourquoi toutes ces histoires, pourquoi maintenant ?

Lire la suite…

Source :  http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1587

*« La gauche » ? On ne voit pas ce que vous voulez dire, chère Maria.

 

*

 

En Norvège

 

Un projet de reconstitution de zoo humain met le feu aux poudres d’une controverse sur le racisme

Pour vous résumer l’article de RT qui en rend compte…

Des gens, en Norvège, ont eu l’idée, pour montrer l’évolution des mentalités par rapport au racisme, de recréer des zoos humains montrant des Africains dans des huttes, tels qu’ils furent offerts à la curiosité des foules au début du XXe siècle dans plusieurs endroits d’Europe.

9. Oslo.jpg

L’exposition en plein air, appelée European Attraction Limited recrée une célèbre attraction norvégienne de 1914, soit la reconstitution d’un village congolais qui fut alors habité pendant cinq mois, pour les besoins de la cause, par 80… Sénégalais en costumes traditionnels du Congo. Cette attraction avait attiré 1.400.000 personnes.

Les deux organisateurs de l’exposition - Mohamed Ali Fadlabi, un réfugié du Soudan et Lars Cuzner, un citoyen suédois – ont recréé l’exhibition pratiquement à l’identique et l’ont dédiée au 200e anniversaire de la Constitution norvégienne. Ils souhaitent ainsi contribuer à combler les trous de mémoire de l’Occident. Aux critiques qui leur sont faites (« racistes ! »), ils répondent que leur exposition « est une œuvre d’art destinée à faire réfléchir ».

Incident diplomatique 

Le Congo étant à l’époque encore belge, et le même genre de zoo ayant été offert, vers la même époque, aux badauds de Belgique, les deux compères ont planté, à l’entrée du parc, deux drapeaux belges en plus des norvégiens, chose qui n’a amusé que très modérément l’ambassadeur de Belgique en Norvège.

M. l’Ambassadeur a protesté et exigé que les drapeaux belges soient enlevés. Les deux artistes ont refusé et déclaré qu’ils ne les enlèveraient que s’ils y étaient forcés par la police ou le Ministère des Affaires étrangères.

Bo Krister Wallstrom de KORO (Art Public de Norvège) a expliqué à la radio norvégienne (NRK) que c’était une affaire entre l’ambassade et les artistes, rappelant que KORO n’a rien à voir avec le contenu de l’art et qu’il existe, en Norvège, un certain degré de liberté artistique.

Voilà qui devrait faire sourire M. Théophile de Giraud, qui s’est livré, en son temps (2008), à Bruxelles, à une manifestation non moins artistique sur un sujet proche.

10. de Giraud.jpg

Tout l’article en anglais et les photos :

http://rt.com/news/159320-norway-human-zoo-racism/

 

*

 

 

Mis en ligne le 17 mai 2014

 

 

 

 

 

23:42 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/05/2014

Lettres belges d'un peu partout

1. bateau de feuilles.jpg

Lettres belges

d’un peu partout

 

2. chat clignant des yeux.gif

 

Des Belges d’origine ukrainienne qui publient en Belgique ; des Belges qui habitent et qui publient dans l’Hexagone. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

2. chat clignant des yeux.gif

Ici, c’est un petit-fils qui écrit sur son grand-père. On ne sait pas si vous avez remarqué, mais depuis que les « zélites », au nom de « l’égalité », s’escriment à démolir la notion même de famille, il n’y en a, chez les fils et les petits-fils, que pour les pères et les grand-pères. Et ce sont tous des héros. Esprit de contradiction ou quoi ?

 

3. Josef Bielik.jpg

 

 

Jean-François Füegg

Josef Bielik n’est pas un héros

Bruxelles – Territoires de la Mémoire, 2013

72 pages

 

 « C'est l'histoire de Jozef, immigré, boucher charcutier, catcheur et résistant, qui aimait le champagne ukrainien et les halusky et transforma une horde de Bohémiens en Belges pure laine. C'est l'histoire de mon grand-père.

« Et au fond, que savais-je vraiment de Jozef à part quelques bribes de la geste familiale où il était question de coups de main, de prisonniers cachés, d’explosifs subtilisés à l’ennemi et de hordes teutonnes tenues en respect par un géant slave ? Qu’est-ce qu’on avait rêvé d’aventure, ma sœur, mes cousins et moi, lorsqu’armés de fusils en plastique, nous rampions entre les rangs de pommes de terre du potager. Nous étions tous résistants, nous étions tous des héros. »

Jean-François Füeg est directeur du Service de la lecture publique à la Fédération Wallonie Bruxelles. Historien, il a été archiviste, dirigeant notamment le Mundaneum entre 1996 et 2001. Il a publié une cinquantaine d’articles sur des questions touchant à l’histoire du XXe siècle, en particulier de l’entre-deux-guerres. Il est aussi l’auteur d’un livre sur la revue non conformiste Le Rouge et le Noir, paru chez Quorum. Il quitte ici le monde des notes de bas de pages pour un texte plus intime.

Rencontre avec l’auteur le samedi 17 mai entre 16 et 19 heures à la Librairie La Borgne Agasse, au 30 de la rue Anoul,  à Ixelles (1050 Bruxelles).

Si vous êtes dans les parages, allez-y nombreux. (Aucun danger : ce n’est pas à Anderlecht).

 

2. chat clignant des yeux.gif

 

Jean-Pierre OTTE

 

4. Le pays.jpg

 Le pays où l’on n’arrive presque jamais

 

Jean-Pierre OTTE est un Ardennais belge qui vit dans le Lot.

Avant, il écrivait.

Maintenant, il écrit et il peint.

Pour vous mettre en appétit, voici 36 peintures à la cire qu’il a réalisées cet hiver,

https://www.flickr.com/photos/123700509@N05/sets/72157644608073611/

 

Il vous suffit de cliquer sur une des photos pour la voir en plein écran et jouer ensuite comme dans un diaporama.

 

2. chat clignant des yeux.gif

 

Belle occasion aussi de découvrir, si vous ne les connaissez pas, ses trois derniers livres :

5. Strogoff.jpg

 

 

Jean-Pierre Otte

Strogof

Paris, Julliard, 2013

378 pages

 

 Comment devient-on écrivain ? En démêlant les événements et les expériences de sa jeunesse, Jean-Pierre Otte trouve l'origine de sa vocation littéraire dans la fascination qu'il éprouva très tôt pour Michel Strogoff de Jules Verne.

Dans la biographie de tout écrivain, il y a souvent la rencontre avec un livre, la découverte d'un univers qui s'avère étonnamment familier, comme s'il avait été écrit et conçu pour apporter cette révélation : « Ce livre, c'est moi, c'est la vie que je voudrais pour moi-même. » Pour Jean-Pierre Otte, ce fut Michel Strogoff, dont il découvre l'histoire à dix ans grâce à une adaptation cinématographique. Dès lors, il ne rêve plus que d'aventures échevelées. Puis il découvre le roman et le dévore.

De son enfance, Jean-Pierre Otte retient les éléments marquants : L'Harmonie, un établissement polyvalent dont ses parents sont les gérants, et où ont lieu des spectacles et des bals. Il évoque la ronde familiale ; ses parents restés pour lui des étrangers ; sa tendresse pour sa grand-mère, férue de botanique, et pour son grand-père, libre penseur passionné d'étymologie ; ses soeurs, qu'il surnomme Garce et Chipie ; Véra Vérouschka, la dame pipi ; la tante Maguy, amoureuse insatiable, et une association de boy-scouts attardés dont le local regorge de trésors pour apprenti entomologiste... Puis vient la vie en pension ou des abbés bornés s'efforcent, en vain, de formater son esprit rebelle. Au grand dam de ses parents, c'est en auditeur libre qu'il s'inscrit à l'Université, allant d'une faculté à l'autre, choisissant les matières au gré de ses intérêts du moment. On ne dresse pas Strogoff aussi facilement ! À dix-huit ans, il fréquente un cercle d'amis extravagants, connaît ses premières amitiés amoureuses avec le désir d'être « le prince charmant de quelque inconnue dont il est assuré qu'elle vient par lents détours à sa rencontre »...

Dans le coeur de l'étudiant iconoclaste qu'il est devenu, le héros de Jules Verne continue à vivre, chargé d'un message qui doit sauver le monde, du moins un certain ordre du monde. Jean-Pierre Otte a alors l'idée folle de récrire Michel Strogoff, avec une tout autre fin. À travers ce roman d'apprentissage, il nous livre un formidable éloge de la liberté et du plaisir qu'il y a dans la vie même.

6. Vie des fleurs.JPG

 

Jean-Pierre Otte

La vie amoureuse des fleurs dont on fait les parfums

Paris, Julliard, 2012 - 144 pages

 

 

Jamais vous n'auriez soupçonné que se cachait dans un innocent bouquet de fleurs une vie érotique aussi intense !

On dit que l'âme des fleurs est dans leur fragrance. Mais on ignore souvent que ces délicieux effluves n'ont en réalité rien de fortuit. Les parfums ont pour mission de diffuser dans les airs le message de la disponibilité amoureuse des fleurs. Grâce à eux, la rose, le chèvrefeuille, le lilas ou le muguet attirent leurs amants de passage. Insectes en tous genres trouvent ainsi leur chemin jusqu'aux corolles nuptiales ou, tout en s'enivrant des nectars les plus raffinés, ils procèdent à la fécondation de leurs hôtesses.

À l'image des femmes qui devant leur miroir se préparent aux plus folles nuits d'amour, pour séduire, les fleurs s'ingénient à l'attrait en adoptant formes et couleurs les plus inventives. Il y a la capricieuse comme le narcisse, qui par son architecture arquée exige de ses amants des talents d'acrobate ; l'ultrasensible, comme le mimosa, qui se rétracte au moindre effleurement et ne tolère que des partenaires délicats ; la généreuse, telle la lavande, qui accueille tous les amants sans distinction ; l'exclusive, tel l'oeillet, qui ne s'offre qu'aux papillons et dont le dépit de ne pas avoir été visitée s'exprime par une odeur de décomposition fétide ; ou bien encore la satisfaite, tel le chèvrefeuille, dont la valse érotique cesse en même temps que l'exhalaison de ses arômes dès qu'elle est enfin fécondée.

Observateur infatigable de la nature et grand érudit, Jean-Pierre Otte est aussi un styliste incomparable. L'originalité de son oeuvre réside dans sa capacité à mêler l'observation scientifique à la verve poétique. Il s'attache cette fois aux secrets d'alcôve des fleurs les plus entêtantes à travers une promenade littéraire et sensuelle en compagnie de grands auteurs tels que Rousseau, Jünger, Goethe, Homère, Stendhal ou Buffon.

7. labyrinthe.JPG

 

 

Jean-Pierre Otte

Le labyrinthe des désirs retrouvés

Paris, Julliard, 2012 - 210 pages

 

 

 Amours, fêtes et rencontres extravagantes dans les très secrètes catacombes de Paris.

Sans cesse à la recherche d'aventures hors norme, Jean-Pierre Otte relate cette fois sa rencontre avec un groupe de jeunes « cataphiles », amateurs de visites clandestines des anciennes carrières souterraines de Paris plus connues sous le nom de Catacombes. Introduit dans ce petit monde de noctambules, il s'initie avec eux à un univers d'une richesse insoupçonnée. Peu de piétons de Paris soupçonnent ce qui se déroule en réalité la nuit sous leurs pieds. Bien sûr, il y a la partie ouverte au public, les visites en famille ou l'on s'extasie sur des tas d'ossements et des noms de rues gravés sur les murs, seuls repères dans cette géographie parallèle de la ville. Mais la majeure partie des Catacombes est fermée au public. Pourtant, depuis qu'elles existent, elles sont le lieu de réunions clandestines dont Jean-Pierre Otte retrace ici un pan de l'histoire. Utilisé sous l'Occupation par l'armée des ombres pour circuler discrètement d'un quartier à l'autre, voire s'y échanger des informations confidentielles, ce réseau souterrain a plus tard servi aux zazous pour y improviser de frénétiques soirées jazzy. En 68, situationnistes et anarchistes s'y croisent pour réinvestir la ville par l'art et/ou la politique, et dans les années 80, la scène punk-rock underground prend la relève en y donnant des concerts plus ou moins mémorables.

De nos jours, de la performance artistique à la messe noire, en passant par la méditation solitaire, les pique-niques improvisés à la bougie, la réalisation de copies de fresques célèbres (par des étudiants des Beaux-Arts) ou les bains de minuit, les spectacles les plus étonnants y sont possibles. Plus inattendue encore, la littérature « cataphile », textes ou tracts produits par des initiés et semés au hasard, comme autant de rébus, au gré des différentes salles. Jean-Pierre Otte y découvre d'étranges fragments d'une fable érotique écrite sous un pseudonyme et dont il commence à chercher les parties manquantes. Cette histoire dans l'histoire sera le fil conducteur de son récit qui le conduira même à découvrir l'identité de son mystérieux auteur.

Dans cet outre-monde qu'il explore - en dehors et à l'insu du monde - Jean-Pierre Otte continue de creuser la thématique de la marge qui lui tient tant à coeur. Explorer de nouvelles contrées, interdites, secrètes, retranchées, lui permet aussi de se recréer une famille d'élection, composée d'individus tout aussi passionnés qu'insolites, dont il sait rendre le caractère par son sens de l'événement et de l'anecdote. Il porte sur ces baladeurs de l'obscur, à la fois confrérie et tribu, un regard semi-intrigué, semi-amusé d'anthropologue. Mais ce monde souterrain qu'il découvre n'est pas que le trivial envers du dehors. S'y aventurer signifie se révéler à soi-même, ou se régénérer, comme lors d'un rite initiatique, ou d'une expérience primitive de retour aux sources.

Il a aussi un blog où on trouve des extraits de ses livres, une galerie de ses peintures et une oie baladeuse : Plaisir d’exister

 

2. chat clignant des yeux.gif

 

Centenaire TAZIEFF – suite…

8. Bandeau.jpg

La secrétaire du Centre Haroun Tazieff nous signale :

Les commémorations ont lieu un peu partout en France, s'appuyant sur l'implication d'enseignants ou d'associations, avec expositions, ateliers scientifiques, conférences pour élèves puis tout public. Ce fut le cas dans le Pas-de-Calais, à Bapaume, puis à Thonon les Bain.

 Il y aura des « Journées Tazieff » dans l'Hérault en juin.

Mais aussi des conférences à Troyes, au muséum de Toulouse, à la Pierre Saint Martin, la fête de la science à Annemasse....

Dans le cadre du projet Coménius « volcans et paysages européens » et du réseau écoles associées de l’UNESCO, un album Et si Tazieff m’était conté a été réalisé. Le but est de raconter de manière originale l’histoire d’Haroun Tazieff en l’illustrant de magnifiques aquarelles et de documents d’archives (40 pages). Les textes sont de Christine Hainaut, les illustrations  d’Anne Douillet.

Tazieff est à l'honneur à  Vulcania, à Clermont-Ferrand, depuis le 8 mai, avec une exposition et une conférence le 16 mai.

Enfin une pièce de théâtre La sexualité des volcans, mise en scène par Frédéric Viguier, sera jouée au Festival off d'Avignon en juillet.

 

9. goya8 .jpg.jpg

Enfants en danger ! 

La lecture de ceux qui s’en sont faits les champions et qui ne seront jamais assez nombreux s’impose. Ainsi de Frédéric Lavachery, qui ne se contente pas d’écrire sur Haroun Tazieff mais qui se prépare aussi au procès que lui intente la famille d’un des notables mis en cause dans son livre d’il y a 15 ans sur l’affaire Dutroux - audience à Bruxelles le 24 juin prochain…

Marie-Christine Gryson (Outreau, la vérité abusée) parle du livre qui lui est dédié et des combats de son auteur. Mais lisez plutôt (l’article et les commentaires) :

 

Sur le blog Mediapart de Marie–Christine Gryson :

Un volcan nommé Haroun Tazieff par son fils : où sont nos héros ?

|  Par marie-christine gryson

Frédéric Lavachery, le fils biologique d'Haroun Tazieff qui redonne vie à ce père prestigieux qu'il a connu mais qui ne l'a pas reconnu. L'auteur nous rappelle dans un ouvrage éblouissant, l'être d'exception qu'il fut, tant par sa trajectoire de vie qui l'a conduit à la Résistance que par ses apports scientifiques fondamentaux dans le domaine de la volcanologie.

Haroun Tazieff fait partie de ces héros qui éclairent nos rêves par leur corps-à-corps avec la mère nature, car il savait converser avec les entrailles flamboyantes de la Terre et il nous permettait de le suivre jusqu'au ravissement.

« Un volcan nommé Haroun Tazieff 1» nous projette dans les images et les émotions du passé mais pas seulement. On apprend beaucoup sur les volcans grâce à l'ingénieux professeur qu'est Frédéric Lavachery. Il donne sa place au père, au scientifique et à l'artiste. À la fin, il récupère la sienne en tant que fils dans un mouvement presque symphonique en écho l'un à l'autre. Haroun et Frédéric définitivement réunis. On ose la familiarité car il nous la permet, tout comme la grandiloquence car elle sied au sujet.

Lire la suite…

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/020...=

 

10. Outreau.jpeg

 

Marie-Christine Gryson-Dejehansart

Outreau, la vérité abusée

Hugo & Compagnie, 2009

262 pages

 

 

2. chat clignant des yeux.gif

 

Périphéries : Danemark, Allemagne

Le girafon Marius et l’ourson Knut,

deux animaux aux destins bien différents

http://french.ruvr.ru/2014_05_12/Le-girafon-Marius-et-l-o...

 

Père et fils : Thomas Dörflein et Knut

 

2. chat clignant des yeux.gif


Mais passons aux choses sérieuses

11. Wurst.jpg

À faire de même ? Mais encore ?...

 

Dalida avec une barbe, une voix d’homme et des tatouages sur les bras. On ne saurait penser à tout. Au moins ses cheveux étaient-ils à elle. Mais la question n’est pas là…

 

Irons-nous voter pour la tolérance et Dalida ou nous conduirons-nous très très mal ?…

 

12. EU à la poubelle.jpg

 

 

 

 

Mis en ligne le 15 mai 2014

21:30 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/05/2014

Choses que certains ignorent...

1. paper-ship-book-art.jpg

Choses que certains ignorent sur l’Ukraine, la Russie et nous, jadis, naguère et aujourd’hui

Que des livres…

ou presque

Tout est parti d’un article de Diktacratie :

Le vétché

Cédric Bernelas, le 29 avril, 2014

2. Vétché.jpg

L’Histoire est peu soucieuse de rappeler l’âge d’or d’un pays, surtout quand celui-ci fut le fruit de l’intelligence collective.

Aujourd’hui, par exemple, une majorité de chroniqueurs s’acharnent à énumérer les dynasties régnantes de Russie sans même jamais évoquer les traditions démocratiques antérieures pourtant foisonnantes. Forme de révisionnisme oligarchique légitimant encore et toujours les pouvoirs en place. On connaît la manigance, elle est universelle.

Un cas plus déroutant reste celui d’Emmanuel Todd qui, fidèle à sa méthode sociologique et historique, justifie le totalitarisme communiste russe par une longue tradition et culture autoritaire, patrilinéaire, persécutrice de l’individu, et étrangère à toute expérience démocratique jusqu’en…1917 ! Entre propagande et pure invention, il devient difficile, sans travailler sérieusement, de retrouver les vrais chemins menant aux révolutions…

Lire la suite…

Source : http://diktacratie.com/le-vetche/#comment-5037

 

*

Quelques titres de livres « à lire » se sont alors imposés. Subjective, notre liste, et pas exhaustive. À vous de la compléter ou de la corriger si l’envie vous en prend.

 

Optique anarchiste

 3. Traite des Slaves.jpg

Alexandre SKIRDA

La traite des Slaves : l’esclavage des Blancs, du VIIIe au XVIIIe siècle

Les éditions de Paris-Max Chaleil, 2010

230 pages

 

L’esclavage inhérent au monde antique n’est pas réapparu au XVIIIe siècle en Europe avec la traite des Noirs à usage colonial vers les Antilles et l’Amérique. C’est ignorer son importance en Europe du haut Moyen Age et dans les pays slaves, mais aussi en Afrique et dans le monde musulman où il a duré des siècles. Utilisé pour la première fois en 937, le terme latin sclavus/slaves remplacera ainsi le grec doulos et le latin servus. Innombrables furent les Slaves victimes de la traite. Ceux d’Europe centrale jusqu’à leur conversion au catholicisme : les actuels Slovènes, Croates, Tchèques, Moraves, Slovaques et Polonais. En revanche, ceux d’Europe centrale et orientale restés chrétiens orthodoxes et considérés comme hérétiques, donc dépourvus d’« âme » : les actuels Serbes, Bulgares, Roumains, Moldaves, Biélorusses, Ukrainiens et Russes, étaient prédisposés à la servitude.-

Cette traite, qui a concerné des centaines de milliers de captifs du VIIIe au XIIe siècle, fut le fait des trafiquants francs ou scandinaves (les Varègues) vers le monde musulman. La conquête mongole, responsable d’un million de morts, a poursuivi la traite soit directement, soit par l’intermédiaire des Génois du XIIe au XVe siècle ; enfin, près de deux millions et demi d’habitants d’Ukraine, de Biélorussie et de Moscovie furent razziés par les Tatars de Crimée, de 1482 à 1760, pour le compte de l’Empire ottoman. Puisant aux meilleures sources, l’auteur, après un rappel de l’esclavage à travers le temps, montre ses rapports avec les religions qui masquent toujours les intérêts économiques. II dévoile les mécanismes d’asservissement, les itinéraires de la traite, que ce soit par l’Espagne musulmane, Venise, Gênes, Byzance ou Kiev.-

Il décrit les marchés, les conditions de vie des esclaves et leur valeur, le trafic des êtres humains constituant au haut Moyen Age « l’article le plus important d’exportation » de l’Occident à destination de l’Orient. Un secret d’histoire trop longtemps occulté.

 3 bis. Skirda - Makhno cosaque libertaire.JPG

 

 

Alexandre SKIRDA

Nestor Makhno, le cosaque libertaire, 1888-1934

Les éditions de Paris-Max Chaleil, 2005

498 pages.

 

 Le destin de Nestor Makhno (1888-1934), paysan anarchiste ukrainien, sert de trame à ce livre qui raconte la chute de l'empire des tsars et les convulsions de la guerre civile qui ensanglanta la Russie entre 1917 et 1921.

Stratège redoutable, animé d'une bravoure hors du commun, Makhno se retrouve à la tête d'une véritable armée insurrectionnelle. Comme au temps des grandes chevauchées de l'Histoire, les combats décisifs, en ce XXe siècle, se jouent au cours de charges fantastiques et de corps à corps acharnés - au sabre - entre cosaques des divers camps : cavalerie rouge de Boudienny, Cosaques du Don et du Kouban (alliés des blancs), nationalistes ukrainiens et partisans makhnovistes. Une société « sans maîtres ni esclaves, sans riches ni pauvres » voilà l'idéal pour lequel luttent Makhno et les siens. Cet idéal, ils le mettent en pratique en créant des « soviets libres », si différents de ceux vidés de tout sens par la dictature d'un parti-État. Les organes de base d'une démocratie directe sont ainsi mis en place.

 S'appuyant sur une immense documentation à laquelle peu d'historiens ont eu accès, cet ouvrage nous aide à mieux comprendre pourquoi et comment une révolution commencée sous les meilleurs auspices put déboucher sur une impasse totale. Un moment capital de l'histoire contemporaine apparaît en pleine lumière. (Bibliomonde)

4. Kronstadt 1921.jpg

 

 

Alexandre SKIRDA

KRONSTADT 1921 – Prolétariat contre dictature communiste

Les éditions de Paris-Max Chaleil, 2012

376 pages + 8 p. de pl. + ill.

 

 

           

Ce document s’appuie sur des témoignages et des archives récentes publiées en Russie pour retracer l’histoire de la révolte de la population de Krondstadt contre le gouvernement bolchévique en mars 1921.

 5. SKIRDA - Les anarchistes russes.jpg

 

Alexandre SKIRDA

Les anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917

Les éditions de Paris-Max Chaleil, 2000

348 pages

 

 

Sur Alexandre SKIRDA : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Skirda

6. Makhno - Lutte c. l'Etat.jpg

 

Nestor Ivanovitch MAKHNO

La lutte contre l’État (et autres écrit 1925-1932)

Textes traduits par Alexandre Skirda

J.P. Ducret, 1984

145 pages

 

En appendice : Nestor Makhno, l’homme qui sauva les Bolcheviks / Alexandre Berkman ; trad. de l’anglais par Michèle Defrançois ; présenté par Alexandre Skirda. Souvenirs d’un partisan makhnoviste / Ossip Tsébry

 

 7. Makhno - Mémoires.jpg

Nestor MAKHNO

Mémoires et écrits : 1917-1932

Ivrea, 2010

Collection « Champ libre »

558 pages

 

 

Nestor Ivanovitch Makhno (1888-1934) est issu de la paysannerie pauvre d'Ukraine orientale, berceau des Cosaques zaporogues. Sous son impulsion, entre 1917 et 1921, le groupe communiste libertaire de Gouliaï-Polié prit la tête du formidable mouvement insurrectionnel paysan dont l'intervention contre les troupes d'occupation austro-allemandes, puis contre les armées blanches, infléchit de manière décisive le cours de la guerre civile russe. Mais l'épopée de la guerre des partisans ne constitue qu'un aspect de l'histoire de la Makhnovchtchina. Makhno et les siens se battaient pour un nouvel ordre social " où il n'y aurait ni esclavage ni mensonge, ni honte, ni divinités méprisables, ni chaînes, où l'on ne pourrait acheter ni l'amour ni l'espace, où il n'y aurait que la vérité et la sincérité des hommes ". Sur un territoire de deux millions et demi d'habitants affranchi de tout pouvoir d'État, ils formèrent des communes agraires autonomes dotées des organes d'une démocratie directe : soviets libres et comités de base. Les insurgés makhnovistes croyaient sauver la révolution russe et mondiale - car ils ne luttaient pas seulement pour leur compte - et s'aperçurent trop tard qu'ils faisaient le jeu de la dictature d'un Parti-État dont les objectifs s'opposaient radicalement aux leurs. Malentendu tragique, non seulement pour eux-mêmes mais pour le projet révolutionnaire du xxe siècle - jusqu'à nos jours.

Commentaire d’un lecteur :

Ces « Mémoires et écrits » de Nestor Makhno, en grande partie inédits, constituent un témoignage capital sur l'histoire de la révolution russo-ukrainienne et le mouvement paysan anarchiste dont Makhno fut l'animateur.

Entre 1917 et 1921, le mouvement insurrectionnel makhnoviste infléchit de manière décisive le cours de la guerre civile russe. Une bonne part des textes rassemblés ici et traduits pour la première fois en français, n'avait jamais été réunie en volume, pas même en Russie. Cette édition, aussi complète que possible, couvre la période 1888-1932, des années de jeunesse de Makhno jusqu'aux années d'exil. Outre les Mémoires proprement dits, on trouvera ici les principaux articles politiques qu'il écrivit ainsi qu'un grand nombre de documents.

Liens utiles :

http://kropot.free.fr/Makhno-causetravail.htm

https://resistance71.wordpress.com/tag/nestor-makhno-la-l...

http://fr.wikisource.org/wiki/La_Lutte_contre_l%E2%80%99%...

Makhno-Lénine : une lutte de classes à l’intérieur de la lutte des classes ?

http://ragemag.fr/nestor-makhno-abecedaire-anarchiste-rev...

*

Optique communiste 

7 bis. Lacroix fond black.jpg

8. Le Vatican, l'Europe et le Reich.jpg

 

 

Annie LACROIX-RIZ

Le Vatican, l’Europe et le Reich. De la première guerre mondiale à la guerre froide

Armand Colin, 2010

720 pages

 

 Les « silences » prêtés à Pie  XII entre 1939 et 1945 ont suscité d’inépuisables polémiques. Le présent ouvrage dépasse le cadre de la Deuxième Guerre mondiale et replace Eugenio Pacelli, nonce en Allemagne en 1917, secrétaire d’État en 1930, pape en 1939, dans le cadre général de la stratégie du Vatican depuis la fin du XIXe  siècle.

Cette nouvelle édition, revue et augmentée, s’appuie sur l’acquis des travaux précédents, souvent ignorés en France, et puise surtout aux archives inexplorées (françaises, allemandes, anglaises et américaines). Elle apporte un éclairage très neuf à l’histoire du Vatican en tant qu’institution politique, auxiliaire de premier plan de l’Allemagne et des États-Unis, devenus puissance européenne au XXe  siècle. Elle souligne la remarquable continuité de la ligne politique, financière et territoriale de la Curie romaine, à l’inverse de la thèse courante de l’antibolchevisme exclusif. Prenant en compte les découvertes majeures des quinze dernières années, elle fait le point sur l’exceptionnelle mobilisation depuis 1942 de l’ensemble de l’appareil de l’Église romaine pour le sauvetage- recyclage de masse des criminels de guerre, allemands et non allemands, à travers l’Europe et les deux Amériques. 

9. De Munich à Vichy.jpg

 

Annie LACROIX-RIZ

De Munich à Vichy. L’assassinat de la IIIe République (1938-1940)

Armand Colin, 2008

408 pages

 

La Collaboration, avons-nous tous appris, est la conséquence de la terrible défaite de 1940. Mais si la défaite avait été elle-même le résultat d'une " collaboration " déjà fort bien anticipée entre une fraction de l'appareil d'État et des milieux d'influences français, et un déjà quasi-occupant nazi ? La question est taboue. De plus, comment imaginer que, tel le joueur de flûte d'Hamelin, les ennemis acharnés de la démocratie fusionnés avec les stipendiés de Berlin et de Rome aient pu si efficacement, et dans les normes du secret, faire d'une part suffisante du haut personnel de la Troisième République les complices de sa destruction ? Comment ? Il fallait d'abord rouvrir le dossier, bien scellé par ce qui nous restait d'illusions, et revenir aux archives. Le constat est accablant. Annie Lacroix-Riz a réuni les mille pièces à charge d'une incontestable entreprise de subversion de l'État républicain. Il fallait ensuite reconstituer ces cheminements de corruption et de connivence qui ont fini par placer le centre de gravité de la trahison au cœur même de l'État. S'il est un mythe intenable, c'est celui d'un complot aux franges, de l'autre côté d'une ligne Maginot de sécurité républicaine qui aurait tenu jusqu'à l'invasion : en réalité, toute une chaîne de complicités, de l'extrême-droite aux rassurants radicaux, en passant par l'État-Major, a voulu la mort du régime. À n'importe quel prix. Mais pourquoi, dira-t-on ? Difficile de le comprendre sans un retour sur les enjeux de l'époque. Comme nous ne voyons plus bien les raisons du crime, nous sommes tentés de penser qu'il n'a pas eu lieu. Mais les raisons étaient bien là, et l'auteure nous les rappelle avec une froide rigueur. Certaines n'ont peut-être pas complètement disparu : ce vieux malaise d'une part de nos élites avec le double fait national et démocratique...

 10. Choix défaite 2010.jpg

 

Annie LACROIX-RIZ

Le choix de la défaite. Les élites françaises dans les années 1930

Armand Colin, 2006 – Réédit. 2010

671 pages

 

Quelles sont les causes de la Défaite de 1940 ? Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : " Le jour viendra [...] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l'Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l'Europe en détruisant de nos propres mains tout l'édifice de nos alliances et de nos amitiés. " Annie Lacroiz-Riz analyse l'histoire des années 1930 pour éclairer les causes de la défaite de 1940. Selon elle, les Français n'ont pas été simplement été vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de " réforme de l'Etat " copié sur les voisins fascistes et à son obsession d'accord avec le Reich. Cette affirmation incroyable paraît moins audacieuse à la lecture des archives, françaises et étrangères, relatives à une décennie d'actions des élites : militaires ; politiciens ; journalistes ; hommes d'affaires surtout, qui régnaient sur tous les autres, avec à leur tête la Banque de France et le Comité des Forges. L'autonomie des politiciens ou des journalistes relève ainsi du mythe, celle des militaires aussi. C'est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l'Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l'alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914. Aujourd'hui, l'accès aux archives éclaire les causes intérieures et extérieures de la Défaite et permet " l'instruction du procès de la vaste entreprise de trahison " que réclamait Marc Bloch.

 

11. L'Hist. contemporaine sous influence.jpg

 

 

Annie LACROIX-RIZ

L’histoire contemporaine sous influence

Essai – Histoire – Penser le monde

Le temps des cerises,  2004 - épuisé

120 pages

 

 

12. Idem réédition.jpeg

 

 

 

Idem

Réédition DELGA – Le temps des cerises - 2012

 

En 2004, dans un pamphlet intitulé L'histoire contemporaine sous influence, Annie Lacroix-Riz s'inquiétait d'une certaine dérive de la recherche historique depuis les années 1980. Le climat idéologique s'est alourdi avec la généralisation d'un certain révisionnisme historique pour lequel toute révolution serait liberticide. Ces nouveaux dogmes conduisent aussi à censurer ou à mettre à l'index les travaux des historiens qui continuent à penser hors des sentiers battus. Depuis, de « réforme » de l'université en nouvelles lois sur les archives, la situation s'est aggravée. S'est banalisée l'histoire d'entreprise, l'histoire de connivence, qui fait l'impasse sur les épisodes les moins glorieux de la vie des entreprises ou de leurs dirigeants. En témoigne l'affaire Louis Renault qui a défrayé la chronique au début de cette année : afin d'obtenir la réhabilitation de leur ancêtre, les héritiers Renault et certains « historiens » avec eux ont réécrit sa biographie. Dans un contexte ou le statut de fonctionnaire est menacé, dans quelles conditions la recherche historique peut-elle être indépendante des pressions financières ?

13. Industriels et banquiers français occupation.jpg

 

Annie LACROIX-RIZ

Industriels et banquiers français sous l’occupation. La collaboration économique entre le Reich et Vichy

Armand Colin 1999. Rééd. 2013

Collection Références

661 pages

 

L'ouverture des archives des années 1930 et 1940, en particulier les fonds français et allemands de l'instruction des procès des ministres de Vichy en Haute Cour, permet de répondre aujourd'hui formellement à la question que posait en 1999 l'ouvrage Industriels et banquiers sous l'Occupation. La collaboration économique avec le Reich et Vichy : la haute banque et la grande industrie furent-elles confrontées au vainqueur allemand brutalement installé à l'été 1940 ou accueillirent-elles avec empressement leur partenaire privilégié, pour amplifier une collaboration «continentale» et «européenne» établie de longue date ?

L'hypothèse d'un lien organique entre la «collaboration économique» - ou la Collaboration tout court - d'avant-guerre et celle de l'Occupation reflète ce qu'Alexandre Jardin appelle dans sa préface «l'effarante réalité», celle qui pousse à «entrer en déni pour trouver l'existence plus respirable». La continuité des pratiques du grand capital financier entre Crise et Occupation est désormais démontrée : vente au Reich de tout ce qui pouvait être vendu, des matières premières aux produits fabriqués, fondation de cartels «européens» à direction allemande, cession des titres français - qualifiés de 1940 à 1944 d'«aryens» ou de «juifs» et associations de capitaux, avec éviction, depuis l'invasion, des «capitaux juifs». Les sources révèlent le rôle décisif joué par les grands lieutenants de la synarchie dans «l'État français» et dans l'économie, désormais exclusivement mise au service de la machine de guerre allemande : industriels et banquiers eux-mêmes, hauts fonctionnaires, permanents ou d'occasion, ils appliquèrent, avec l'aide de l'occupant, un plan drastique de hausse du profit, de concentration du capital et de baisse des salaires. Délégués à tous les ministères économiques, ils investirent aussi l'Intérieur, poste utile au combat contre les «indésirables» intérieurs, étrangers ou français, les ouvriers «meneurs» ou non, mais aussi les modestes concurrents économiques, juifs ou «aryens».

Les archives désormais accessibles éclairent enfin les étapes du passage des élites financières de la Collaboration, souvent poursuivie jusqu'aux limites de l'été 1944, au ralliement général à la Pax Americana et au triomphe du statu quo socio-économique de la Libération.

Si «effarants» qu'ils soient, ces fonds imposaient de refaire l'ouvrage de 1999. Sa nouvelle version est une obligation bienvenue, à l'heure où une nouvelle bourrasque systémique renoue avec l'ère de Crise et de guerre.

 

 14. L'intégration européenne de la France.jpg

Annie LACROIS-RIZ

L’Intégration européenne de la France. La tutelle de l’Allemagne et des États –Unis

Essai – Histoire – Le Merle moqueur

Le temps des cerises, 2007

108 pages

 

Ce travail présente, sur la base des archives originales, une histoire de l’intégration européenne assez éloignée de celle qui caractérise l’historiographie dominante française. Il offrira donc aux étudiants qui préparent l’agrégation ou le CAPES d’histoire en 2007- 2009, sur la question de Contemporaine : « Penser et construire l’Europe, 1919-1992 », l’occasion d’une ouverture sur une vision moins « europtimiste » que celle qui a envahi, sinon submergé le champ éditorial. Les autres lecteurs y trouveront l’écho d’une préhistoire et d’une histoire de l’intégration européenne annonçant les orientations sur lesquelles ces étapes préliminaires ont débouché.

 

15. Les protectorats d'Afrique du Nord.jpg

 

Annie LACROIX-RIZ

Les protectorats d’Afrique du Nord, entre la France et Washington. Du débarquement à l’indépendance, Maroc et Tunisie 1942-1956

L’Harmattan, 1988

262 pages

 

Pendant plusieurs décennies, la France a pu sembler échapper au sort commun de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, que Washington incita fermement à lâcher, après 1945, leur plantureux empire colonial : le non-recours aux archives explique seul le long maintien d'une thèse faisant de l'Etat américain « le spectateur amical, mais demeurant à l'écart, de l'indépendance africaine » (Stephen Ambrose). L'ouverture de la documentation originale (particulièrement les fonds du Quai d'Orsay) autorise une approche radicalement nouvelle des circonstances de l'accession de l'Afrique du Nord à l'indépendance. Quel rôle les objectifs de la « Porte Ouverte » - incompatibles avec l'exclusivisme du Pacte colonial - ont-ils joué dans l'anticolonialisme américain ? Quels efforts les dirigeants français ont-ils déployés pour allonger le « sursis » que la « guerre froide » succédant promptement à la guerre impartit au colonialisme ? Quelle part faut-il attribuer, chez les alliés-adversaires, à la hantise, si souvent feinte, du communisme ? Grâce à quel atout précieux et particulier les Français ont-ils « lâché » les Protectorats du Maghreb si tard - prés de dix ans après les Britanniques ou les Néerlandais ? Peut- on accorder quelque crédit à l'hypothèse d'une rupture entre la position des Démocrates et celle des Républicains, à l'égard des possessions coloniales de leurs alliés ? Telles sont les questions fondamentales auxquelles permettent de commencer à répondre, sur la base d'éléments sérieux, les dossiers consultés pour la première fois. Ils éloignent résolument le lecteur de la description du traditionnel tête-à-tête entre les nationalistes musulmans et un colonialisme français incapable de comprendre l'inéluctable nécessité du départ (ou disposé au « divorce » sans oser l'avouer).

________________   

Site d’Annie LACROIX-RIZ

http://www.historiographie.info/

En cliquant sur les onglets ad hoc, vous avez tout : les livres et les DVD, les videos, les conférences, les interviews. Le seul ennui, c’est que quand on y met le nez, on oublie tout le reste et on y reste passé l’heure du couvre-feu.

 

*

Il y en a d’autres…

Qu’ils soient d’accord avec les uns, avec les autres, ou ni avec les uns ni avec les autres, nos lecteurs sont supposés adultes et bourrés d’esprit critique.

16 utopie republicaine.jpg

16 bis. florence gauthier fond black.jpg

17. Gauthier La voie paysanne.png

 

 

Florence GAUTHIER

La voie paysanne dans la Révolution française : l’exemple de la Picardie

Paris, Maspero, 1977

Coll. « Textes à l’appui »

241 pages

 

18. Gauthier - Triomphe et mort.jpeg

 

Florence GAUTHIER

Triomphe et mort du droit naturel en Révolution 1789 – 1795 – 1802

Paris, PUF, 1992.

Coll. « Pratiques-Théoriques »  - 310 pages

 

 

Une critique : http://danielbensaid.org/Triomphe-et-mort-du-droit-naturel

Liens précieux :

http://www.lecanardrépublicain.net/spip.php?auteur4

http://revolution-francaise.net/

 

Et viva voce

 

Florence Gauthier au Colloque Henri Guillemin 2013

Robespierre, théoricien et acteur d’une république démocratique et sociale


Florence Gauthier au colloque Henri Guillemin 2013 par presence_henri_guillemin

 

Débat Florence Gauthier –Etienne Chouard

Présenté par Jonathan Moadab

Tirage au sort ou suffrage universel ?

 

*

De Juan de Mariana à la Marianne de la République française

par Florence Gauthier - Paris 7-Denis Diderot

Publié sur revolution-française.net

19. juan-de-mariana1.jpg

Le sujet dont il sera question ici : le nom, Marianne, donné à la République, en France, vient de celui de Juan de Mariana, jésuite espagnol du XVIe siècle, peut paraître à première vue étrange. Il s’est peu à peu dégagé des recherches que j’ai menées depuis plus de 25 ans et m’a paru atteindre sa maturité, c’est la raison pour laquelle j’espère parvenir à le rendre audible.

Je suis historienne de la Révolution en France et dans les colonies françaises du XVIIIe siècle et tout a commencé avec un mot : droit naturel, ce mot qui apparaît dans les Déclarations des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et de 1793 et qui résume la théorie de ces révolutions. Ces révolutions ont mis à l’ordre du jour la nécessité de déclarer les droits de l’homme et du citoyen, les droits des peuples à leur souveraineté, le droit à l’existence, le droit de résister à l’oppression. C’est pourquoi je pense qu’il convient de les appeler Révolutions des droits de l’homme et du citoyen. C’est en cherchant à mieux comprendre cette notion de droit naturel que je suis remontée des Lumières aux Révolutions anglaises et hollandaise du XVIIe siècle, aux guerres de religion du XVIe siècle et au tout début de l’ère moderne. La période moderne débute avec la Renaissance. En suivant le droit naturel à sa source, je l’ai trouvé en Espagne, développé par l’École de Salamanque et précisément dans la définition renouvelée du droit naturel moderne qui a permis l’épanouissement de la philosophie du droit naturel moderne.

Lire la suite…

Source : http://www.institutcoppet.org/2013/01/26/de-juan-de-maria...

Autre lien  précieux

http://www.puf.com/Auteur:Florence_Gauthier

 

*

La Marianne du Général De Gaulle

1968

20. Marianne 1968.jpeg

Sinon « Marianne Mère du Peuple », du moins celle des animaux, ce qui n’est pas rien.

21. ouistiti-pigeon.JPG

Quand on aura le temps, on pensera peut-être aux droits – naturels ! - des animaux.

 

Deux cents personnes sur 2 millions et demi, ce n’est pas lourd, mais enfin…

Manifestation à Paris contre la recherche scientifique sur les animaux

AFP  - 26 avril 2014

Quelque 200 personnes ont manifesté samedi après-midi place de la République à Paris pour demander l’abolition de la recherche scientifique sur les animaux, à l’appel du collectif militant pour les droits des animaux International Campaigns, a constaté l’AFP.

Formant un triangle statique et silencieux, revêtus de combinaisons blanches, les manifestants ont brandi des panneaux dénonçant la recherche animale, les tests sur les animaux et la vivisection, dans le cadre de la Journée mondiale des animaux dans les laboratoires, organisée chaque année le 24 avril.

«L’objectif est double. Il est à la fois de dénoncer le sort réservé aux animaux dans les laboratoires et surtout d’exiger des autorités le financement et le développement massif des méthodes de recherche et de tests sans animaux. Ces méthodes existent. Elles sont largement sous-financées», a déclaré à l’AFP Eric Moreau, animateur du collectif International Campaigns.

«Nous, en tant que citoyens, nous sommes là pour montrer ce que les laboratoires cachent derrière leurs murs. Mais nous savons très bien également que la priorité pour faire évoluer les choses, c’est un financement massif et généralisé des méthodes sans animaux. C’est un problème politique, l’expérimentation animale», a-t-il ajouté.

Collectif de militants français pour les droits des animaux fondé en 2003, International Campaigns relaie des campagnes internationales et organise des actions locales de sensibilisation.

22. manifestation-contre-la-recherche-scientifique-sur-les-animaux-a-paris-le-26-avril-2014.jpg

Les nains et les géants ont aussi commencé petits.

Et on ne vous parle pas de la chasse. Ni de la pêche. Ni de la corrida.

Pour info :

Animal Liberation Front.com

http://animalliberationfront.com/index.html

S’ils peuvent supporter ce que nous leur faisons, nous pouvons supporter de regarder ce que nous leur faisons.

 

23. header ALF.jpg

Bienvenue chez A.L.F.-France

http://alf-france.over-blog.org/

Liens utiles :

http://www.larevuedesressources.org/les-animalistes-monte...

http://en.wikipedia.org/wiki/Animal_Liberation_Front

En plus édulcoré mais en français :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_de_lib%C3%A9ration_des...

 

*

Front de libÉration en littÉrature

24. Léautaud.jpeg

25. Powys.jpg

 À lire :

Tout Paul LÉAUTAUD

Tout John Cowper POWYS

même quand ils ne parlent pas d’animaux.

26. apathyofhumans.jpg

La science peut avoir trouvé le remède à presque toutes les maladies. Elle n’en a encore trouvé aucun pour soigner l’apathie humaine.

 

*

À propos d’apathie : petit coup de pouce à Fakir

27. Bandeau Fakir .jpg.jpg

 

 

28. pluralisme social amiens .jpg.png

Un coup d’œil à la mairie d’Amiens suffit à le confirmer : sur les quarante-trois conseillers « de gauche », dix appartiennent à l’Éducation nationale (« professeur des université », « proviseur », « enseignante-chercheure », etc.), à peu près autant à d’autres services publics (« ingénieur territorial », « ingénieur d’études », « cadre de la fonction publique »), les permanents de la politique ont leur quota (« attaché de groupe », « chargée de mission », « assistante de mission »), le monde associatif n’est pas oublié (« cadre associatif » à deux reprises –, « éducatrice spécialisée »), les artistes non plus (« plasticien », « conseillère artistique »), et une fois listé les « journalistes » (deux), les « avocats » (deux), il reste quelques strapontins pour les catégories majoritaires dans la ville réelle : un « infirmier », un « électricien », une « employée de la sécurité sociale », une « employée » tout court, et c’est tout. Il y a là une extraordinaire homogénéité, une formidable domination. Du coup, de quel projet une telle municipalité se flatte-t-elle, dressant son bilan ? Du « transfert des facultés de sciences humaines depuis le campus vers la Citadelle »...

 

Mais quand la première boîte de la région ferme à côté de chez soi, c’est une sacrée secousse, non ? Quand 1 173 gars du coin se retrouvent sur le carreau, ça doit tonner et tanguer chez les élus, pas vrai ? Quand un bastion prolétaire s’écroule, le fer de lance des luttes dans le coin, ça fait vibrer et chialer les militants ?

Eh bien non. On s’en fout.

La vie continue comme avant.

Alors, on revient sur le cas Goodyear à Amiens : que s’est-il passé ?

Et surtout : que ne s’est-il pas passé ? Pourquoi cette apathie ?

Parce que, même à l’échelle d’une ville, deux classes se sont tournées le dos, incapables de s’allier. Un peu à l’image du pays…

Dans son numéro 65, Fakir se penche sur le divorce entre « les deux cœurs sociologiques de la gauche » : « Prolos, intellos, qu’est-ce qui coince ? » Pourquoi la petite bourgeoisie culturelle tient-elle les leviers de tous les pouvoirs, se détournant de préoccupations populaires ?

        

 29. une fakir65 .jpg.png

Fakir n° 65, en kiosques le 30 avril, au prix de 3 €.

 

Mais pourquoi, également, la classe ouvrière – et ses représentants syndicaux – se replie-t-elle sur elle-même, incapable de porter un message plus universel ?

 

30. Gramsci BD .jpg.png

   

 

Suite à ce dossier, enfin, une exclusivité : Antonio Gramsci nous a accordé un entretien, en direct de sa prison. Il nous avait envoyé un tas de petits cahiers : comme on lui a confié avec franchise, « Monsieur Gramsci, on n’a rien compris. » Du coup, l’intellectuel italien nous explique sa pensée. Ca peut nous servir.

 

« Une situation pré-révolutionnaire éclate lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus et ceux du milieu basculent avec ceux d’en bas », écrivait le camarade Lénine.

À nous de basculer, et de faire basculer…

Et comme ça, à la fin, c’est nous qu’on va gagner !

 

Parce que sans vous on ne peut rien, et qu'on est complètement indépendant, n'oubliez pas de vous abonner !

Et pour commander le dernier numéro, c'est par ici !

 

31. abonnez vous .jpg.jpg

(c) Journal Fakir. 303, route de Paris 80000 Amiens. www.fakirpresse.info

Se désinscrire de la niouzlaiteur

Cliquez ici pour feuilleter : http://www.fakirpresse.info/

 

 

 
 
 
 
 
 
 

Mis en ligne le 13 mai 2014

 

 

 

 

 

15:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/05/2014

ANNIVERSAIRE (LE 69e) DE LA CAPITULATION DU REICH

1. Bateau volant V DAY.JPG

Anniversaire (le 69e) de la capitulation du Reich

2. Drapeau Reichstag.jpg

Berlin – Reichstag – 2 mai 1945

Ce soldat soviétique s’appelait Abdoulkhakim Ismaïlov

Il est mort le 17 février 2010 à Khassaviourt (Daghestan) âgé de 94 ans.

 

Célébrations

 

À Moscou

3. V DAY Moscou.jpg

Qu’Allah, Dieu, Bouddha, et tous les diables fassent que ces jeunes gens ne soient pas d’ici peu transformés par notre faute en bouillie sanglante !

 

C'est ici  :

http://rt.com/in-motion/157888-russia-victory-day-ww2/

 

Savez-vous que, jusqu’à l’an dernier, il y avait des troupes américaines, britanniques et françaises pour défiler le 8 mai sur la Place Rouge avec les Russes ? Pas cette fois-ci. Elles ont choisi l’autre camp.

Et, Mesdames et Messieurs des merdias... si vous arrêtiez d'appeler «pro-russes» les anti-nazis ? Ça vous gêne à ce point-là qu'ils le soient ?

 

À Sébastopol

4. V day sebestopol.jpg

 

 

À Leningr St. Petersbourg

5. V Day St. Petersbourg.jpg

À Omsk (c’est dans l’Oural)

6. V-DAY OMSK Oural.jpg

À Slavyansk

Où on a promené des choses et des gens pris à Kiev

7. V-DAY Slavyansk.jpg

À Lugansk

Où on a brandi un drapeau « République de Lugansk »

8. V-day Lugansk.jpg

 

À Paris

8. Champs Elysées 8 mai.jpg

Mais où sont les monsieurs et les madames ?

http://croah.fr/corbeau-dechaine/commemorations-du-8-mai-les-champs-elysees-pratiquement-deserts-pour-hollande/

Et en plus, ils n’ont même pas refait les trottoirs…

Tout ceci ne manquerait-il pas un peu de mongénéral et de sens de la Nation ?

 

10. Red Flowers dark blue background).JPG

 

Sans aucun rapport, sauf qu’ils sont rouges et chinois.

Ils n’ont pas encore de nom, ils sont frère et sœur et apparaissent ici pour la première fois en public. Zoo de Canberra

 

Petit rappel

 

Il paraît qu’on fête le 10 mai la fin de l’esclavage. Pourquoi le 10 mai ? On ne sait pas.

10 bis. Affiche esclaves.jpg

Il y en a qui ont célébré ça le 9 pour ne pas faire comme tout le monde…

11. DieudoQuenelleMemorial-c838a-1752b.jpg

 

Le 10 au matin, au même endroit, François Hollande a déposé un bouquet de fleurs.

12. Hollande au Luxembourg.jpg

 

L’après-midi, il a lancé tout l’espace Schengen aux trousses de l’esclave Kemi Seba même pas en fuite (c’est pré-emptif).

13. Kemi-Seba3.jpg

 

10. Red Flowers dark blue background).JPG

 

Quand on a son 81e anniversaire entre ceux de Robespierre et de la chute du Reich, on regarde un peu autour de soi, on fait des comptes…

Dites, vous avez vu le nombre de mégères en activité simultanément ? Milquet, Onkelincks, Lagarde, Alliot-Marie, Allbright, Livni, Rice, Merkel, Clinton, Ashton, Tymochenko, Nuland, Power, Feinstein, Rice (l'autre, la fille) et tutte quante, sans parler des pisseuses en chapeaux de fleurs… Les hommes ne sont plus capables de faire leurs conneries tout seuls ?

15. Milquet vv.jpg

16. Onkelinckx 4.jpg

17. Lagarde doigt d'honneur.jpg

18. Michele Alliot-Marie.jpg

19. Allbright.jpeg

20. Livni.jpg

21. condoleezza_rice_4.jpg

22. angela merkel bundestag.jpg

23. Clinton.jpeg

24. Ashton.jpg

25. Tymochenko Nuland.jpeg

26. Power.jpg

27. Feinstein dianne.jpg

27. Rice suzan.jpg

 

C’est ça l’égalité ?

 

 

Mis en ligne le 11 mai 2014

(On n’est pas aux pièces).

 

 

 

 

15:43 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/05/2014

Qu’importe, bientôt ils seront démocrates à notre mode !

1. Ghost Boat.JPG

Qu’importe, bientôt ils seront démocrates à notre mode !

2. Drapeau Ukraine-UE-.jpg

Odessa : Un simulacre d’incendie pour couvrir l’exécution d’un des plus atroces massacres jamais vus

3. Odessa massacre.jpg

Avic – Réseau International – 6 mai 2014

Comment les voyous ont exécuté les occupants de la Maison des syndicats d’Odessa – détails d’un scénario sanglant

Une grande tragédie s’est produite dans la ville portuaire d’Odessa le vendredi 2 mai 2014, où des partisans du fédéralisme ont été pourchassés jusque dans la Maison des syndicats par une foule du secteur droit. Le bâtiment a pris feu peu après, ce qui a entraîné (selon les rapports officiels) 42 décès.

Il est clair que le nombre de victimes de la Chambre des syndicats est beaucoup plus élevé. Les provocateurs ont séquestré les occupants du bâtiment où il était possible de les tuer en toute impunité, avec délectation, et sans témoins. L’incendie à l’intérieur du bâtiment a été provoqué dans le but de cacher le meurtre de masse des citoyens ukrainiens.


Lire et surtout regarder la suite …

 

Source : http://reseauinternational.net/odessa-un-simulacre-dincen...

 

4. secteur droit.jpg

Ces Messieurs

5. Ces messieurs.jpg

 

4. secteur droit.jpg

 

Leurs égéries

6. Leurs égéries.jpg

 

4. secteur droit.jpg

 

Leurs sponsors

7. european-union-nobel-peace-prize-2012.JPG

 

4. secteur droit.jpg

 

8. Van Rompuy - ukraine-l-ue-lance-un-ultimatum-a-la-russie.jpg

« L’U.E. lance un ultimatum à la Russie »

 

4. secteur droit.jpg

 

9. bhl_fabius_kouchner_01.jpg

« M. Fabius réclame davantage de sanctions contre la Russie »

 

4. secteur droit.jpg

 

Qu’est-ce qu’on fait quand on n’a plus rien à gerber ?


4. secteur droit.jpg

Et que la diplomatie n’en finit pas de prouver qu’elle ne sert à rien avec les monstres malades ?

Krim-Krise-14-03-11-rgb.jpg

 

4. secteur droit.jpg

 

On salue, l’estomac allégé, ceux qui ont une conscience et qui ont depuis longtemps retroussé leurs manches


http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capit...

 

Ce ne sont pas les mêmes manches ? Et alors ?

11. soutien-neo-nazi-par-la-france.jpg

http://www.upr.fr/

 

Et on salue bien bas* ceux qui paient de leur personne tous les jours

12. Dieudonné.jpg

 

 

* Pas les bras croisés si possible !

 

Mis en ligne le 6 mai 2014.

 

 

 

 

 

23:48 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/05/2014

Pauvre Belgique

1.BLOG Pauvre Belgique -la-nave-dei-folli-franz-borghese-G.JPG

Pauvre Belgique

ou

Quand les maïeurs de Clochemerle se prennent pour ceux d’Istanbul

 

 

Des commentaires ? Est-ce bien la peine ?

 

 

À la prochaine

sur une terre moins risible sordide.

Conf.jpg

 

laughing-cat-haha-gotcha.jpg

 

 

Mis en ligne le 5 mai 2014

 

 

 

 

 

21:48 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/04/2014

MAXIMILIEN, TU AS VU ?

1. Navires français.jpg

« Quel spectacle de fin du monde que celui d'une France rendue exsangue par les ambitions mercantiles et à courte vue des hommes d'affaires, quel spectacle que celui de l'impuissance des masses populaires à remonter sur le front messianique de 1789, quel spectacle que celui de la chute des idéaux de la raison et de la science dans l'avortement d'une gauche intellectuellement épuisée et d'une nation contrainte au sauve-qui-peut cérébral! »

Manuel de Diéguez

 

Maximilien, tu as vu ce qu’ils ont fait de ta République, ces apatrides ?

2. I know you as I know God.PNG

« Vous, Monsieur, que je ne connais, comme Dieu, que par des merveilles. » Saint-Just.

 

“ Quelle que soit votre attitude devant la Révolution française, n’oubliez pas que le nom de Robespierre compte parmi les quatre ou cinq qui représentent la France au Panthéon de l’humanité. Vous n’avez donc pas le droit de garder de lui une image superficielle ou fausse. ”

Gérard Walter

 

Le 6 mai prochain, l’Incorruptible aurait eu 256 ans. Inutile de déposer des fleurs là où il a vécu : elles sont enlevées et jetées dans la demi-heure qui suit. Essayez, vous verrez. En guise de bouquet de fleurs, donc, voici un article posté par AVIC sur son site en octobre dernier. Nous le lui fauchons et merci à lui.

 

Robespierre, un caillou dans la chaussure

Avic - Réseau International – 23 octobre 2013

Amis financiers et spéculateurs du XXIème siècle, je veux vous conter cette sombre période de notre Histoire de France où vos ancêtres, dont fait partie votre serviteur, ont failli vaciller.

Tout s’était si bien déroulé en cette année 1789. Comme prévu, notre bourgeoisie d’affaire était arrivée au pouvoir sous couvert d’une révolution populaire. On avait détruit les privilèges de ces profiteurs du Clergé et de la Noblesse en lançant la foule des gueux en première ligne. Une foule à qui on aurait pu faire avaler n’importe quoi. Il est vrai que l’homme descend de plusieurs degrés sur l’échelle de la civilisation alors qu’il se mêle à la foule.

On allait enfin pouvoir se partager le gâteau hexagonal !

Un petit coup de novlangue par-ci en s’autoproclamant Tiers-État. Quelques récalcitrants mâtés dans le sang par-là, à l’aide des soldats de La Fayette. Il a toujours aimé amuser la galerie celui-là ! Et l’affaire était ficelée. La vision politique de Voltaire était exaucée : une nation bien organisée est celle ou le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le gouverne.

Vive la liberté, l’éga…heu, la liberté et la liberté !

Chacun était enfin libre d’exploiter son prochain. Que d’émotions cette révolution populaire. Pas le droit de vote pour les pauvres, pas d’union des travailleurs possible. Du haut de votre siècle, José Manuel Barroso doit en faire des rêves érotiques, le fripon.

Seulement voilà qu’un avocat de province, chef de famille à 9 ans, vint jouer le donneur de leçon. À nous, les vrais révolutionnaires ! En fondant les lois sur la richesse, on ferait, selon lui, de la constitution même la corruptrice de la vertu. Drôle d’énergumène que ce Robespierre ! Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il dénonça l’hypocrisie des droits de l’homme alors que quelques grandes compagnies s’adonnaient à l’esclavage.

0. Maximilien.jpg

Une des icônes de notre monde de la richesse mobilière, la si gracieuse Madame de Staël, tendit à s’étrangler. Comprenez-la, la pauvre. Elle qui a connu cette douce époque où son père, le ministre des finances Necker, prêtait son propre argent au roi, à 14% d’intérêts, alors qu’il était en fonction. Dire que deux cent ans après, votre ministre des Finances ne sera que le simple intermédiaire des usuriers… Toutes les valeurs se perdent.

Pour soi-disant faire le ménage dans notre révolution aboutie, l’effronté Robespierre, adorateur de Rousseau, proposa ensuite que les députés ne puissent pas se représenter. Certes, ce n’était pas du Chouard, mais tout de même il y allait fort le bougre. Et fichtre, pourquoi ne pourrait-on pas être député à vie ? Si on laissait se propager de telles idées, les enfants de députés n’auraient bientôt plus eu le droit de faire le même métier que leur père ! Et pourtant, les fils de paysans le faisaient bien, eux !

Autre sujet, autre fâcherie, cet hurluberlu décida de faire voter un décret déclarant que la France ne ferait plus jamais de guerre d’agression et ce, même au nom de nos nouvelles valeurs de liberté, sous le fallacieux prétexte que personne n’aime les missionnaires armés. Mais personne ne lui a dit que la guerre ça rapportait ? Que les fournisseurs militaires (nouveau petit clin d’œil à notre ami Voltaire) avaient tout de même le droit de s’en foutre plein les poches ? Que pour entrer en guerre le nouvel État devrait emprunter ? Narbonne, le ministre de la guerre d’alors, n’avait-il d’ailleurs pas proclamé qu’il fallait faire la guerre parce que le sort des créanciers de l’Etat en dépendait ? Un bien brave ministre ce Narbonne, lui qui fut mis en place par sa maîtresse, l’incontournable et si « ouverte » madame de Staël.

Maximilien était définitivement trop dangereux pour nous autres, exploiteurs de tous bords. Fallait l’acheter comme on l’avait fait avec ce truculent Danton pour qui les livres scolaires francs-maçons et libéraux auront diablement plus de considération. Peine perdue. « On n’y réussira pas, proclama Mirabeau, c’est perdre son temps que de vouloir corrompre Robespierre, cet homme n’a pas de besoins, il est sobre et a les mœurs trop simples. »

En effet, après réflexion, comment voulez-vous corrompre un homme affublé de tous les pouvoirs qui se permet l’outrance de vivre dans une seule pièce ?

Cependant, le pire restait à venir. Ce vulgaire demanda la peine de mort contre les accapareurs et les spéculateurs de denrées de premières nécessités. Il alla même jusqu’à s’offusquer que le responsable des finances en personne fomente cet agiotage. Si les financiers ne peuvent plus spéculer, autant qu’ils se fassent boulangers ! Il proposa aussi, ce mécréant du profit inique, que la constitution républicaine marque les limites au droit de propriété, sous prétexte que la limite de la propriété c’est la vie ou la dignité d’autrui. Je vous entends déjà du haut de votre XXIème siècle : « Mais alors, c’est vrai, des gens de gauche ont vraiment existé ? »

Face à ces idées monstrueuses, Mirabeau et son panache ont à nouveau eu le courage de se lever :

« Monsieur Robespierre est disqualifié pour la politique car il croit tout ce qu’il dit ! »

Manifestement non rassasié, Robespierre se remit à table en évoquant le droit de pétition et le droit à tout homme de publier ses pensées, par quelques moyens que ce soit, et que la liberté de la presse ne pouvait être gênée et limitée en aucune manière. C’est qu’il s’attaquait à nos formateurs d’opinions ce fourbe !

De tels hommes ne pouvaient définitivement être laissés libres de s’exprimer sous peine de ruiner nos profits sur le dos de la plèbe. Pour l’arrêter, on a dû avoir recours à la subversion et à un guillotinage en règle. Après tout, chacun son tour.

Toutefois, avant de décapiter ce sanglant orgueilleux, et de pouvoir annoncer sous la voix de monsieur Boissy d’Anglas qu’« un pays gouverné par les propriétaires est dans l’ordre social », nous avons mobilisé nos peu de restes de charité parfois chrétienne pour lui permettre d’exprimer ses dernières volontés…

     Nous voulons une patrie qui procure du travail à tous les citoyens ou les moyens de vivre à ceux qui sont hors d’état de travailler.

     Nous voulons une cité où les transactions seront la circulation de la richesse et non pas le moyen pour quelques-uns d’une opulence fondée sur la détresse des autres.

     Nous voulons une organisation humaine où les mauvaises passions seront enchaînées : l’égoïsme, la cupidité, la méchanceté.

     Nous voulons substituer la droiture aux bienséances, substituer le mépris du vice au dédain du malheur.

Quand on sait qu’il croyait vraiment à ce qu’il disait… cela fait froid dans le dos.

Chers descendants rapineurs du XXIème siècle, ne nous plaignez point en conjecturant que cette épreuve fut douloureuse. À vrai dire, elle a même eu un mérite. Celui, de nous inciter à passer à la vitesse supérieure. Et, c’est avec l’appui d’un petit général corse que nous créerons dans la foulée une banque privée, La Banque de France. Oui, j’ai bien écrit « privée ».

Or sur vos familles,

Un banquier né au XVIIIème siècle.

Source : http://reseauinternational.net/robespierre-un-caillou-dan...

 

**

Comme sous Badinguet…

La France en Mer Noire avec des bateaux, et au-dessus des pays baltes avec des avions, pour attaquer des gens qui l’ont sauvée du nazisme !

Quel drôle de 256e anniversaire

 

Les Français l’ignorent, mais depuis une quinzaine de jours, la marine de guerre française se manifeste activement en Mer Noire. Selon plusieurs sources (turques, russes, ukrainiennes, roumaine...), dont le site turc "Bosphorus Naval News" de Cem Devrim Yaylal, qui relève systématiquement les passages de navires de guerre à travers le Bosphore.

4. Alize passing through the Dardanelles..jpg

    L’Alizé passe les Dardanelles

Fin mars (le 26 ou le 28 selon les sources), la frégate Alizé, « bâtiment de soutien de plongée », y pénètre pour participer officiellement à un exercice naval conjoint au large de Varna (Bulgarie).

5. alize.jpg

   La frégate Alizé

L’Alizé est un bâtiment de 60 mètres de long et 1500 tonnes. Avec un équipage de 18 hommes, il peut embarquer jusqu’à 230 passagers. Il est équipé pour assurer toutes sortes de missions de plongée, dont le renseignement à l’étranger et le support de plongeurs de combat. On ignore où est la frégate actuellement, mais on ne l’a pas vue ressortir de Mer Noire et le Courrier de Russie vient d’affirmer qu’elle y est encore.

6. Le_Dupuy_de_Lome_passe_Istanboul_10_avril_2014.jpg

   Le Dupuy de Lôme passe Istanboul, 10 avril 2014

Le 10 avril, dans le sillage du destroyer américain USS Donald Cook, le navire de renseignement Dupuy de Lôme franchit les Dardanelles et pénètre à son tour en Mer Noire.

Cf. La France envoie un navire-espion en Mer Noire, les États-Unis un destroyer lance-missiles

Au même moment, le Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement BCR Var (A608), pétrolier ravitailleur de la classe Durance, fait escale à Marmaris (Sud-Ouest de la Turquie, Méditerranée orientale). Outre sa mission de soutien logistique aux autres navires, le Var peut embarquer un état major amiral de 70 personnes.

7. Var accoste à Marmaris.jpg

    Le Var accoste à Marmaris, 5 avril 2014

Et de trois !

Aujourd’hui 14 avril, c’est la frégate anti-sous marine Dupleix qui est attendue en Mer Noire, pour y rester jusqu’en mai.

8. Fregate_Dupleix.jpg

   La frégate Dupleix

Et de quatre !

Le ministère de la défense, qui à notre connaissance n’a encore publié aucun communiqué sur son envoi ni sur celui d’autres navires français en Mer Noire, décrit ainsi ses missions :

• Conçues à l’origine pour assurer prioritairement la défense anti-sous-marine d’un groupe aéronaval, les frégates de lutte anti-sous-marine (FASM) ont vu récemment leurs capacités d’action au-dessus de la surface fortement renforcées.

• La mise un place de senseurs optroniques, d’armes puissantes et de mise en œuvre très rapide permet désormais à la FASM, non seulement d’identifier avec certitude la menace avant de la traiter, afin d’éviter toute méprise, mais aussi de conserver la plus grande retenue possible avant l’engagement, dans le but de ne pas élever le niveau de la crise.

• Bâtiment de combat moderne et performant, la FASM constitue un outil militaire puissant, capable d’intervenir, seul ou au sein d’une force interarmées nationale ou multinationale, en tout point des mers où la France a décidé d’agir pour maintenir ou restaurer la paix.

Silence en France, bruits de bottes ailleurs

A Paris, les grandes manœuvres de la marine française, soigneusement passées sous silence par le gouvernement, sont ignorées de la presse, des médias, et par suite, de l’opinion publique ou, si l’on préfère, du peuple français.

Ce n’est le cas ni à Moscou, ni à Kiev.

    Izvestia, 14 avril 2014

A Moscou, les Izvestia consacrent un édito du 14 avril à l’arrivée du Dupleix en Mer Noire.

   Vesti, Kiev, édito 14 avril 2014

A Kiev, Vesti, dans son journal en ligne de langue russe, en fait autant. La Deutsche Welle, radio allemande à destination de l’étranger, en parle dans son édition en langue ukrainienne. Ainsi, Russes et Ukrainiens, russophones ou non, sont mieux informés que les Français de ce que fait la France.

Dans le contexte de tension actuel, chaque "geste" militaire, même s’il relève peut-être de la "gesticulation diplomatique" et n’enfreint pas la loi internationale, peut provoquer un accrochage. Un incident naval en Mer Noire pourrait fort bien survenir et dégénérer en conflit armé. Autrement dit, en guerre. On espère que ce ne sera pas le cas. Mais si cela devait être, une fois de plus les Français seraient mis devant le fait accompli.

Ils le sont d’ores et déjà du fait du silence gouvernemental et médiatique, qui entretient citoyens et parlementaires dans l’ignorance de ce que fait leur marine nationale, sous pavillon français et au nom du peuple français.

C’est ce qu’on appelle une démocratie bien tempérée.

Le 14 avril 2014

Jean-Marie Matagne, ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire)   wwww.acdn.net

contact@acdn.net

 

9. Carpette diem.JPG

 

Juste devant la glorieuse marine hollandiste, était arrivée la pièce maîtresse :

10. USS-Donald-Cook Distrugatorul 2.jpg

 Soit le destroyer américain USS Donald Cook

Brrrr…

 

Ce n’est pas tout…

Quatre chasseurs français dans le ciel balte fin avril

 11. quatre chasseurs français ciel balte fin avril.jpg

Chasseurs Rafale

© RIA Novosti. Grigoriy Sysoev

10:07 25/04/2014

MOSCOU, 25 avril - RIA Novosti

La France a mis à disposition de l'Otan quatre chasseurs Rafale afin de renforcer sa mission de protection aérienne au-dessus des pays baltes, a annoncé jeudi le ministère français de la Défense dans

Source : http://french.ruvr.ru/news/2014_04_25/Quatre-chasseurs-fr...

 

9. Carpette diem.JPG

 

« N’aurons-nous tant vécu que pour cette infamie !» s’écrieraient les héros de Normandie-Niémen s’ils étaient encore là pour voir leur drapeau maculé, marqué au fer ou recyclé en torche-cul…

 

12. Drapeau maculé.JPG

 13. derecha-francesa-6001.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

14. Marianne Hollande.jpg

 

Maximilien

Pour ton 256e anniversaire,

le seul qui ne soit pas une insulte à ta mémoire est celui à tes couleurs – celles de Paris - qui se trouvent être aussi celles d’Haïti.

Que dirais-tu d’une femme-drapeau pour oblitérer les horreurs postières ?

15. haiti_femme_drapeau.jpg

 

**

 Et du côté des encerclés, il se passe quoi ?…

Torpille à Supercavitation : Shkval VA-111

 

Bienvenue en Mer Noire !

 

16. ruban Saint George petit.jpg

 

Aux dernières nouvelles (qui sont à confirmer)

17. Su-24 BIS.jpg

Un Sukhoi Su-24 (vieux modèle) aurait survolé en rase-motte le Donald Cook et réussi à complètement neutraliser son équipement de détection hyper-sophistiqué Aegis. En somme, c’est un peu le coup du drone cueilli par le Iraniens qui recommence.

Source : http://indian.ruvr.ru/2014_04_21/Russian-Su-24-scores-off...

En français :

Le Sukhoi Su-24 russe ridiculise la technologie du destroyer USS Donald Cook

« Le Sukhoi Su-24 russe équipé du plus récent complexe de brouillage a paralysé dans la mer Noire le système de gestion de combat américain le plus moderne “Aegis” installé sur le destroyer “USS Donald Cook”.

Pavel Zolotarev, directeur adjoint de l'Institut des États-Unis et du Canada de Moscou, partage une information sur cette version qui est activement discutée dans les médias russes et par les blogueurs.

Le Destroyer américain “Donald Cook” armé de missiles de croisière “Tomahawk” est entré dans les eaux neutres de la mer Noire le 10 Avril. L'objectif était une démonstration de force et d'intimidation dans le cadre de la position de la Russie en Ukraine et en Crimée. L'apparition de navires de guerre américains dans ces eaux est en contradiction avec la Convention de Montreux sur la nature et la durée de séjour en mer Noire des navires militaires de pays non bordés par cette mer.

En réponse, la Russie a envoyé un bombardier désarmé Su-24 voler autour du destroyer américain. Toutefois, les experts disent que l'avion a été équipé de la dernière technologie de guerre électronique russe.

Selon cette version, “Aegis” a repéré de loin l'avion en approche, et sonnait l'alarme. Tout s'est passé normalement, les radars américains ont calculé la vitesse de la cible approche. Et soudain, tous les écrans se sont vidés. “Aegis” n'a plus fonctionné, et les roquettes ne pouvaient pas obtenir les informations de ciblage. Pendant ce temps, le Su- 24 a survolé le pont du destroyer, a refait une approche combative et d'attaque de missiles simulée sur la cible. Puis il est revenu et a répété la manœuvre 12 fois. » (...)

Source de la traduction :

http://rustyjames.canalblog.com/archives/2014/04/23/29720...

Pour qui ne comprendrait pas de quoi il retourne, car il n’est pas question que de technologie, Philippe Grasset, sur DeDefensa.org vous explique :

Su-24 versus USS Donald Cook

C’est le site Vineyard of the Saker, et plus précisément la réaction de Saker à une intervention d’un de ses lecteurs, qui ont attiré notre attention sur une nouvelle concernant un incident d’un particulier intérêt ... Fixons bien ce jugement, parce que les circonstances autant que l’environnement politico-militaire donnent à la nouvelle, à l’hypothèse qu’implique cette nouvelle, à l’imprécision éventuelle de la source avec toutes les interrogations que cela implique, une importance particulière : il s’agit aussi bien d’un point qui concerne la bataille au sein du système de la communication que la bataille au sein du système du technologisme entre la Russie et les USA (le bloc BAO), en connexion avec la crise ukrainienne et les tensions qui se manifestent autour d’elle.

Lire la suite…

Source : http://www.dedefensa.org/article-su-24_versus_uss_donald_...

 

16. ruban Saint George petit.jpg

 

 

Ha ha, vous allez rire …

Le Pentagone (qui confirme donc) condamne cette « provocation ».

C’est en anglais mais assez clair :

http://www.defensenews.com/article/20140414/DEFREG02/3041...

 

Russie 2 – Empire 0

16. ruban Saint George petit.jpg

Le pouvoir russe montre sa détermination à protéger la population du Donbass

Avic, Réseau international

18. Pouvoir russe.jpg

L’attaque militaire massive de ce matin et ce midi dans les faubourgs de Slaviansk (Région de Donetsk) avec la prise d’un barrage de la résistance populaire du Donbass a fait sept morts parmi les défenseurs. Suite à cela le pouvoir russe vient de mettre en garde les putschistes de Kiev. Cette attaque s’est d’ailleurs conclue par le repli des forces loyales aux putschistes de Kiev et à la reprise du terrain perdu par la résistance populaire.

Lire la suite…

http://reseauinternational.net/pouvoir-russe-montre-deter...

 

Kolossal Kulot

 

Nonobstant quoi, M. Kerry, qui se fait traiter de bouffon ignare par Justin Raimondo, a lancé urbi et orbi des imprécations vengeresses contre RT (Russia Today) et accusé la Russie… des crimes de sa propre clique. M. Kerry n’est pas un fanatique aveuglé par sa « cause ». M. Kerry sait qu’il ment – pardonnez l’expression – à fleur de gueule. Qui espère-t-il encore tromper ? Les zombifiés en phase terminale qui commencent  - même eux – à lui glisser comme du sable entre les doigts.

 

(Désolés, pas de sous-titres en français.)

 

Deux réactions :

John Kerry et la règle du « dernier recours » comme source d’optimisme (The Vineyard of the Saker)

The Saker – 26 avril 2014

En écoutant Kerry aujourd’hui, je suis passé par une série d’émotions assez contradictoires. Tout d’abord, je me suis senti dégoûté, un dégoût qui se transforma en colère, puis à l’émerveillement pur et simple et, à la fin, je me sentais plutôt heureux. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Lire la suite…

Source : http://www.legrandsoir.info/john-kerry-et-la-regle-du-der...

Traduction de Viktor Dedaj pour Le Grand Soir.

 

**

M. Kerry, parlons de la propagande « au mégaphone » de Fox News, de la BBC et d’Al-Jazeera

Pepe Escobar (Asia Times) pour Croah.fr via RT

26 avril 2014

Le Secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, a critiqué RT pour sa couverture de la crise en Ukraine ce jeudi, parlant de « propagande au mégaphone », ajoutant que la Russie était derrière les troubles en Ukraine sans fournir aucune preuve.

RT — Ce sont des mots assez durs que le Secrétaire d’État américain a exprimé au sujet de cette chaîne. Pourquoi, selon vous, a-t-il épinglé RT en commentant la crise ukrainienne ?

Pepe Escobar — On dirait que RT fait s’hérisser quelques poils aux États-Unis. Comme les mots durs employés dans l’émission de RT – enfin le réseau… ou bien le programme – concernant la guerre en Iraq : « J’ai été invité ici, puis je rentre à la maison ». C’est le plus haut diplomate américain qui parle. C’est écrit par d’autres personnes bien sûr, il n’a pas écrit ces mots lui-même. Il ne savait même pas ce qu’il lisait. Je vais avoir des mots durs à mon tour si vous le permettez. Parlons de ces mégaphones. Parlons de Fox News en tant que mégaphone privé des États-Unis pour les factions les plus démentes de l’extrême droite américaine. Parlons de la BBC en tant que mégaphone britannique possédé par l’État et au service du MI5, du ministère des Affaires étrangères et du 10 Downing Street. Parlons d’Al-Jazeera en tant que mégaphone possédé par l’État pour le compte du ministère des Affaires étrangères du Qatar et du pétro-dollar. Donc, M. le Secrétaire d’État, j’ai une proposition pour vous. Ce sont peut-être des mots durs, mais je peux être plus doux aussi. Pourquoi, au lieu de parler de mégaphones, d’émissions de RT, et de pleurnicher comme un gamin, ne viendriez-vous pas visiter un des bureaux de RT, comme celui de Washington, qui se trouve être votre ville, et nous pourrions discuter de géopolitique et de la politique étrangère de l’Amérique entre adultes, en tant que grandes personnes, et non comme des gamins pleurnichards, des groupies et des pom-pom girls ? Vous seriez peut-être surpris, et vous pourriez peut-être même apprendre des choses.

Lire la suite…

Traduit par Fabio Coelho de Ficientis pour Croah.fr

Source : http://croah.fr/corbeau-dechaine/mr-kerry-parlons-de-la-propagande-au-megaphone-de-fox-news-bbc-et-al-jazeera/

 

**

Poutine met fin aux pourparlers avec la Maison Blanche

Josh Rogin – en exclusivité pour Daily Beast

26 avril 2014

Alors que les nouvelles sanctions U.S. contre la Russie paraissent imminentes, le Kremlin vient de mettre un arrêt définitif  - du moins pour le moment – aux communications au plus haut niveau entre les États-Unis et la Russie.

18 bis. vladimir-poutine waving.jpg

Depuis l’« invasion de la Crimée », le président Vladimir Poutine et le président Barack Obama ont eu des entretiens téléphoniques réguliers, dans un effort non sans réserves de faire baisser la tension en Ukraine. Mais, tandis que les USA et l’U.E. se préparent à rendre publiques leurs nouvelles sanctions contre la Russie, Poutine a décidé que les interactions n’avaient plus lieu d’être. Le Kremlin a mis fin aux contacts à haut niveau avec l’administration Obama, si l’on en croit certains diplomates et des sources proches de la direction russe. Cette mesure signe la fin de la diplomatie pour l’instant.

« Poutine ne parlera pas à Obama sous pression », a dit Igor Yurgens, Président de l’Institut pour le Développement Contemporain, un important groupe de réflexion de Moscou proche du Premier Ministre Dmitry Medvedev. « Ça ne veut pas dire définitivement. »

Obama et Poutine se sont parlé au téléphione pour la dernière fois le 14 avril, l’appel venant de Moscou prétend la Maison Blanche. Au cours de cette conversation, Obama a pressé Poutine de « cesser de soutenir des activistes armés pro-russes qui créent du désordre en Ukraine ». Il a également prévenu que les USA feraient payer la Russie encore davantage si Poutine persistait dans sa ligne de conduite actuelle. Selon la lecture que fait le Kremlin de cette conversation, Poutine a réfuté toute allégation d’ingérence russe en Ukraine orientale et a dit que « ces spéculations étaient basées sur des informations fausses ».

Obama et Poutine ont parlé ensemble de l’Ukraine à diverses reprises au cours des dernières semaines, y compris lors de leurs entretiens téléphoniques du 28 mars, du 16 mars et du 6 mars. Mais ces entretiens sont maintenant suspendus pour un temps indéterminé, vu leur absence de progrès et la frustration qu’elles provoquent de part et d’autre.

Vendredi, Kerry a averti qu’une nouvelle série d’attaques financières américaines contre la Russie allaient avoir lieu. « Nous mettons en œuvre d’autres sanctions, elles seront opérationnelles dès lundi au plus tard, » a-t-il dit dans une assemblée privée, à Washington, d'après des personnes qui étaient présentes. Il aurait ajouté que des hommes d’affaires russes et des personnalités proches de Poutine seraient sur la liste de ceux qu’allaient frapper ces sanctions.

Des sources diplomatiques impliquées dans le processus ont confirmé que Poutine ne voit aucun intérêt à continuer de parler avec Obama dans les circonstances présentes. Les deux dirigeants se reparleront peut-être dans le futur, mais aucun des deux ne prendra l’initiative d’amorcer des rapports directs comme ils en ont eus depuis le début de la crise ukrainienne. La mise en échec des accords pris la semaine dernière à Genève entre les groupes de contact des États-Unis, de l’Union Européenne, de la Russie et de l’Ukraine, a remis en question toute interaction future entre Washington et Moscou.

D’autres hauts fonctionnaires U.S. ont désormais perdu le contact avec leurs interlocuteurs russes. Le Secrétaire à la Défense Chuck Hagel a, lui aussi, essuyé une fin de non recevoir de son homologue russe Sergey Shoygu. De hauts responsables du Pentagone ont tenté de prendre langue avec la Russie au cours des dernières 24 heures pour le compte de M. Hagel, mais n’ont obtenu aucune réponse, a fait savoir le colonel Steve Warren, porte-parole du  Pentagone.

Cela laisse le canal entre le Secrétaire d’État John Kerry et le ministre des Affaires  Étrangères russe Sergei Lavrov, en guise de voie de communication fonctionant encore à moitié au niveau diplomatique entre Washington et Moscou, mais cette relation elle-même, souvent glaciale, s’est encore refroidie cette semaine, les deux côtés se lançant à qui mieux mieux des injures et des accusations graves.

Après s’être entretenus au téléphone lundi, puis mardi, des accords maintenant défunts de Genève sur l’Ukraine, Kerry et Lavrov n’entretiennent plus de relations diplomatiques qu’à travers la presse, en y proférant l’un envers l’autre des accusations corrosives très peu diplomatiques.

Kerry a fait une apparition dans la salle de presse du Département d’État jeudi après-midi, pour déclarer publiquement que la Russie manquait à sa parole.

« Depuis sept jours, la Russie a refusé de faire un seul pas concret dans la bonne direction » a-t-il morigéné. « Pas un seul officiel russe, pas un seul, ne s’est montré à la télévision ukrainienne, pour appeler les séparatistes à respecter les accords de Genève, à remettre leurs armes et à se retirer des bâtiments officiels qu’ils occupent. Ils n’ont pas fait appel à eux pour qu’ils se soumettent. »

Kerry s’en est également pris à Russia Today, la chaîne de télévision « patronnée par le Kremlin » qui, selon lui, « passe son temps à faire de la propagande et à déformer ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas en Ukraine. »

« Au lieu de ça, la Russie, continue ouvertement à financer, à coordonner et à exciter un lourd mouvement séparatiste à Donetsk » a –t-il encore accusé.

Lavrov a publiquement répondu que « Les États-Unis s’ingénient à pervertir tout ce qui se passe en Ukraine ».

Vendredi, Kerry a ainsi résumé ses récents échanges avec son homologue russe : « J’ai eu six conversations avec Lavrov au cours des dernières semaines. La dernière a été kafkaïenne… C’était bizarre. »

Bizarre ! Vous avez dit « bizarre » … Moi, j’ai dit « bizarre » ?... Oui, vous avez dit « bizarre »… Bizarre, bizarre, bizarre !

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article38340.htm

Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

 

**

La fête du ruban de Saint-Georges a commencé en Russie

L’Ordre de Saint Georges a été fondé le 7 décembre 1769 parl'Impératrice Catherine II pour récompenser exclusivement les services militaires.

Lancée en 2005 par Ria Novosti, à l’occasion du 60e anniversaire de la fin de la IIe Guerre Mondiale, l’action « ruban de Saint-Georges » commémore la victoire des troupes soviétiques sur le fascisme. Elle commence le 24 avril et dure jusqu’au 8 mai.

C’est un peu l’équivalent russe de la petite fleur rouge que les Français et les Belges s’offraient et arboraient jadis le 1er mai pour commémorer d’autres victoires.

19. ruban Saint Georges grand.JPG

Images :

http://french.ruvr.ru/2014_04_24/photo-L-action-consacree...

 

**

Terminons ce post comme nous l’avons commencé : avec AVIC, en souscrivant des deux mains parce qu’il était temps que quelqu’un le dise :

Les dirigeants ne sont pas les seuls complices de l’impérialisme américain

Avic, Réseau International

26 avril 2014

21. quelle-foule.jpg

Ceux qui croient que :

-          La Russie dont le soldat le plus proche des États-Unis se trouve à des milliers de kilomètres est une menace.

-          Les États-Unis qui possèdent des bases tout autour de la Russie ne sont, en aucun cas, une menace.

-          Les bateaux de guerre américains qui embouteillent le détroit du Bosphore pour s’engouffrer dans la Mer Noire sont en goguette, ou ne sont là que pour faire un petit coucou aux amis turcs, bulgares ou roumains, et quand ils s’arrangent, par la suite pour tomber en panne pour ne pas avoir à ressortir au bout du délai légal, que ce n’est qu’un effet du hasard.

Lire la suite…

Source : http://reseauinternational.net/blog/2014/04/26/les-dirige...

 

**

Toute dernière minute

On reçoit ceci, à quoi on s’associe aussi bien volontiers :

22.  BOYCOTTER.jpg

« EUROPE : Résistance par le Boycott »

c’est ici :  http://cnr-rue.fr/

 

**

« …et les Philippines, où Obama se trouvera dans quelques jours pour y vendre du militarisme contre la Chine et négocier des marchés qui seront profitables aux multinationales américaines. »

Pepe Escobar, dans son article ci-dessus.

 

En prévision de cette visite, les Philippins sont descendus dans la rue le 23 avril 2014.

23. Philippines 22.4.14.jpg

Stop au viol de notre patrie !

Violents affrontements entre la police anti-émeutes et les manifestants anti-Obama aux Philippines 

Images :

http://rt.com/in-vision/manila-protest-obama-visit/

 

Et video d’une autre manifestation dispersée aux canons à eau

 

**

Et parce qu’il ne faudrait pas qu’ils croient qu’il n’y en a que pour l’Ukraine et qu’on les oublie

24. Latuff usa vs venezuela.jpg

Fuerza, compañero Maduro !

 

**

 

20. Bande chat muguet.jpg

Mis en ligne le 28 avril 2014

 

 

 

12:13 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/04/2014

BLOG - LE DÉBUT DU DÉBUT DE LA FIN ?

 

1. Europe-atonique.JPG

 

Le début du début de la fin ?

 

Au moment où nous nous apprêtions à mettre en ligne notre post d’aujourd’hui – en retard pour cause de centenaire Tazieff – arrive un article de Thierry Meyssan. Pas un entre d’autres. Un très important. À tout seigneur tout honneur :

 

« Sous nos Yeux »

François Hollande se révèle

par Thierry Meyssan

L’opinion publique française a accueilli avec scepticisme la nomination d’un nouveau gouvernement après la défaite électorale des socialistes aux élections municipales. Elle accepte avec résignation les réformes annoncées dans l’intérêt économique général. En réalité, observe Thierry Meyssan, le changement de gouvernement n’a rien à voir ni avec l’échec économique, ni avec l’occasion présentée par cette défaite électorale, mais reproduit un exemple historique permettant au président Hollande de révéler progressivement ses choix politiques personnels. De même la réforme territoriale, telle qu’envisagée, n’a rien à voir avec des économies budgétaires, mais avec le projet de liquidation de la République française.


Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 14 avril 2014

____________________________________________________________________ 

 

2. Gouvernement Valls-1.jpg 

D’anciens ministres de Jean-Marc Ayrault forment le nouveau gouvernement de Manuel Valls. Seuls deux sont remplacés.

Présenté comme une réponse à la défaite socialiste aux élections municipales des 23 et 30 mars 2014, le nouveau gouvernement de Manuel Valls acte en réalité le virage opéré par François Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier. Le président, élu comme ancien Premier secrétaire du Parti socialiste, ne réfute pas le modèle du colonisateur Jules Ferry dont il s’est inspiré jusqu’ici, mais veut en plus y ajouter le modèle des relations avec les grandes entreprises du chancelier allemand Gerhard Schröder.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article183193.html

 

*

Pour rester dans le ton :

Henri Guillemin – Jules Ferry et la République colonialiste

 

 

*

Tournant…

ou

Le salut viendra-t-il d’Allemagne ?

 

Au soir de la bataille de Valmy, Goethe, qui était présent, a écrit : « De ce lieu et de ce jour date une nouvelle époque de l'histoire du monde ».

Un lieutenant-colonel à la retraite de l’Armée de l’Air allemande et plus de 300 intellectuels d’Outre-Rhin viennent d’adresser une lettre ouverte au président Poutine.

Dans le silence himalayen des merdias atterrés.

Un internaute, lecteur du Saker, la lui a traduite en anglais. Nous ne pouvions faire moins que vous la traduire à notre tour en français.

Peut-être prenons-nous nos désirs pour des réalités, mais qui sait si on ne dira pas un jour : « De ce lieu et de cette lettre date une nouvelle époque de l’histoire d’Europe » ?

 

Oberstleutnant Jochen Scholz a. D.

à Vladimir Poutine

Président de la Fédération de Russie

3. Retired Col. Johan SCholtz.jpg

Le Lieutenant-colonel à la retraite de l’Armée de l’Air allemande, Jochen Scholz

 

Cher Monsieur le Président,

 

Dans votre discours devant la Douma, vous avez demandé au peuple allemand de vous comprendre. Nous sommes des citoyens allemands qui avons, pour la plupart, vécu l’époque d’après-guerre dans la moitié ouest de l’Allemagne. En 1990, quand la guerre froide a pris fin et que notre pays a été réunifié, le monde a poussé un soupir de soulagement, parce que le danger toujours menaçant d’un conflit nucléaire qui aurait affecté la terre entière semblait écarté. Dans un tel conflit, l’Allemagne aurait disparu.

L’Union Soviétique a joué un rôle décisif dans la libération de l’Europe du nazisme, au prix d’un nombre incomparable de victimes. Néanmoins, elle a été, en 1990, d’accord pour soutenir la réunification de l’Allemagne, pour dissoudre le Pacte de Varsovie et même pour admettre l’entrée de l’Allemagne réunifiée dans l’OTAN. L’Occident ne lui en a su aucun gré.

L’ancien ambassadeur des États-Unis à Moscou (de 1987 à 1991) Jack Matlock, a confirmé il y a quelques jours dans le Washington Post que le président Bush Sr avait formellement promis de ne pas tirer abusivement parti de la générosité du président Gorbatchev.

L’expansion de l’OTAN jusque dans les anciennes républiques soviétiques, l’implantation de bases militaires dans les pays qui avaient jadis signé le Pacte de Varsovie et la construction d’un « Bouclier Anti Missiles » en Europe de l’Est, coïncidant avec le désengagement unilatéral des États-Unis du traité ABM (pour Anti-Ballistic Missile, signé à Moscou le 26 mai 1972 dans le cadre des négociations pour la limitation des armes stratégiques. NdT), sont autant de ruptures d’engagements criantes. Ces mesures, nous les prenons pour ce qu’elles sont : une claire et nette volonté de puissance hégémonique de la part des gouvernements occidentaux, dirigée contre la consolidation économique de votre pays, que vous poursuivez depuis votre accession à la présidence en 2000.

En outre, Keir A. Lieber et Daryl G. Press avaient déjà reconnu sans ambages, dans un article de 2006 intitulé « L’essor de la primauté nucléaire des États-Unis », que le Bouclier (« de défense ») Anti-Missiles n’avait d’autre but que de permettre une première frappe destinée à neutraliser la Russie.

Ce contexte est, sous forme condensée, celui dans lequel nous évaluons les événements qui se déroulent en Ukraine depuis novembre 2013. Il est abondamment prouvé que les États-Unis ont exploité les revendications légitimes des Ukrainiens à leurs propres fins. D’autres pays nous ont, de manière répétitive, familiarisés avec ce schéma : la Serbie, la Géorgie, l’Ukraine en 2004, l’Égypte, la Syrie, la Libye, le Venezuela…

L’ingérence de l’Union Européenne et de l’OSCE s’est déployée avec célérité dans les douze heures qui ont suivi le rejet de l’accord pris par les ministres des Affaires Étrangères en vue d’un règlement pacifique ; avec le concours de forces fascistes.

Le site web de la Fondation Ukraine Ouverte du Premier ministre en exercice montre qui est derrière le gouvernement de coup d’état actuellement au pouvoir à Kiev.

Des questions de lois nationales et internationales sont diversement en cours d’interprétation à propos de la sécession de la Crimée. Nous voulons les évaluer ici non pas légalement mais d’un point de vue politique.

Compte tenu des développements survenus en Europe depuis 1990, du déploiement de quelque 1.000 bases militaires U.S. dans le monde, du contrôle exercé par les États-Unis sur tous les détroits et des dangers que font courir les auteurs du crime de Maïdan à la flotte russe de la Mer Noire, nous voyons, dans la sécession de la Crimée, une mesure défensive assortie d’un message : jusqu’ici et pas plus loin !

La différence cruciale entre cet événement et la déclaration d’indépendance du Kosovo réside dans le fait que cette dernière n’a été rendue possible que par les bombardements massifs illégaux de l’OTAN, avec, malheureusement, la participation de l’Allemagne, qui ont créé les conditions de l’indépendance.

Cher Monsieur le Président, il y a près de quatre ans que vous en appelez à une communauté économique de Lisbonne à Vladivostok. Cette communauté pourrait être la base économique d’une « maison européenne commune ».

L’Ukraine pourrait remplir la fonction de pont idéal pour cette future coopération entre l’Union Eurasienne dirigée par vous et l’Union Européenne, dont l’aspect culturel ne devrait surtout pas être absent. Nous sommes persuadés que la tentative de prise de contrôle par les États-Unis n’a pas d’autre but que d’empêcher l’Ukraine de jouer ce rôle.

Les forces qui ont prévalu au sein de la Commission Européenne soutiennent la politique des États-Unis contre la Russie. Le discours du secrétaire général exécutif du Service européen pour l'action extérieure, Pierre Vimont, le 14 mars dernier est si unique (EurActiv : « L’Union Européenne écartée de la rencontre USA-Russie sur l’Ukraine »). 

Cher Monsieur le Président, nous sommes sûrs que votre discours historique de 2001 continuera à constituer la base de vos actions à l’égard de l’Union Européenne et de l’Allemagne. Les derniers sondages montrent que la majorité des Allemands ne veut pas d’une confrontation avec la Fédération de Russie et, au contraire, comprend parfaitement l’action de la Russie à l’égard de l’Ukraine.

Nous ne sous-estimons pas les difficultés auxquelles doit faire face la République Fédérale d’Allemagne, en tant que membre de l’Union Européenne et de l’OTAN, dans ses rapports avec la Russie. Vous ne les ignorez pas non plus. Cependant, nous comptons que le Gouvernement Fédéral ne fera pas fi du vieux principe de droit romain audiatur et altera pars (« toujours écouter aussi l’autre partie »). Ce principe a été ignoré par la politique extérieure de l’Union Européenne, dans l’affaire ukrainienne.

Même pendant la guerre froide, la Russie ne s’est jamais prévalue du fait que 27 millions de ses citoyens étaient morts pendant la IIe Guerre Mondiale, pour en tirer un avantage politique contre l’Allemagne. Ce chiffre seul donne une qualité spéciale aux relations entre nos deux pays.

Le peuple allemand en a vivement conscience. Ainsi, quand les troupes d’occupation soviétiques en Allemagne se sont retirées, en 1994, leur Corps de Musique a participé à une cérémonie qui s’est déroulée sur la place du Bundeskunsthalle, à Bonn. Elle a donné lieu à des scènes d’émotion communes entre les musiciens et les spectateurs.

Sachant tout cela, les informations et les commentaires des médias allemands nous dégoûtent profondément.

Cher Monsieur le Président, avec nos modestes moyens de simples citoyens, nous avons l’intention de faire tout notre possible pour que la division programmée de l’Europe n’ait pas lieu, et pour qu’au contraire, les idées de Gottfried Wilhelm Leibniz retrouvent une vie et une vigueur nouvelles.

Nous en sommes convaincus : si seulement les états et les peuples du double continent eurasien pouvaient régler leurs affaires en paix les uns avec les autres, respectueusement, coopérativement, sur la base du droit et sans ingérence extérieure, leur entente ne pourrait que se communiquer au reste de la planète. Nous voyons en vous, de ce point de vue, un allié. Pour votre mandat présent et, nous l’espérons, pour le suivant, nous vous souhaitons force, endurance et sagesse.

Avec notre profond respect,

Jochen Scholz

Oberstleutnant a. D.

Volker Bräutigan, journaliste

Neue Rheinischer Zeitung

Et  co-signataires

Lettre originale, liste des signataires et liste des personnalités auxquelles copie de la lettre a été envoyée : http://www.nrhz.de/flyer/beitrag.php?id=20163&css=print

Traduction C.L. pour Les Grosses Orchades

 

*

4. Saker.jpg

 

Commentaire du Saker 

 

 

 

« On pourrait dire que, 300 personnes, ce n’est pas beaucoup pour un pays de 80 millions d’habitants, mais on se tromperait. Ces gens-là ne sont pas « juste 300 personnes ». Ce sont 300 personnes qui ont décidé de se faire socialement et politiquement hara-kiri (il dit seppuku, NdRT) en osant ouvertement aller à contre-courant de ce qu’on peut considérer comme la pire campagne de haine et de propagande depuis la IIe Guerre Mondiale (je n’ai pas souvenir, pour ma part, d’une hystérie anti-soviétique de cette intensité pendant la guerre froide).

5. Hara-Kiri d'un samourai.jpg

En outre, ils montrent au reste des Européens en état de passivité terminale, qu’il est possible de parler haut et non seulement de refuser de participer à cette campagne de haine, mais de s’y opposer ouvertement. En fait, ces Allemands vont même plus loin : ils appellent Poutine (le « Nouvel Hitler », le « Pire-Ennemi-du-Genre-Humain-de-tous-les-Temps ») leur allié, en récusant leur propre gouvernement national. Pour ça, me amis, il faut avoir des tripes. Et ça prouve, en plus, que la fatalité, en Histoire, n’existe pas. Si le pays qui a attaqué la Russie non pas une mais deux fois au cours du XXe siècle peut produire ce genre de conscience, alors, rien n’est désespéré. J’espère que cette lettre sera traduite et largement répandue par les médias russes, pas seulement pour montrer que la Russie est soutenue, mais pour montrer que les Européens ne sont pas tous des ennemis du peuple russe.

Je ne sais pas si ça se produira, mais je suis sûr que des lettres semblables pourraient être envoyées d’autres pays que l’Allemagne. Je reçois une très grande quantité d’e-mails de lecteurs d’Europe, qui sont écoeurés de ce qui est fait prétendûment en leur nom. C’est pareil pour les États-Unis et même pour l’Europe Centrale. »

Le Saker conclut son commentaire par une citation de la Genèse (l’histoire de Sodome et Gomorrhe, où un seul juste, etc.) disant que l’honneur de 80 millions d’Allemands vient d’être sauvé par 300 Allemands qui, suivant la recommandation de Stéphane Hessel, se sont indignés, et suivant les mots de Yehuda Bower, ont refusé d’être spectateurs.

Des lecteurs athées ou agnostiques lui ont reproché ce passage. Il leur a répondu longuement que ce qui est le plus déterminant pour l’histoire du monde se passe aujourd’hui dans l’ex-URSS et au Proche Orient, que les peuples impliqués dans les convulsions les plus vives sont des croyants et que, de cela, il faut tenir compte, sous peine d’arrogance et d’indécrottable comportement colonial. On ne peut comprendre, dit-il, Hassan Nasrallah, par exemple, en faisant l’impasse sur sa foi.

Pour ceux que la chose intéresse, voici l’échange en anglais :

http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/04/open-letter-to-p...

http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/04/personal-announc...

 

Foutredieu, Malraux avait-il raison ? Nous nous en tenons ici à Marat : « On n’a pas le droit de scandaliser les croyants ».

 

*

Le sondage qui tue

ou

tout ça à cause de Nigel Farage…

 

Quand Nigel Farage a déclaré le 31 mars à la cantonade que le chef de gouvernement qu’il admirait le plus était Vladimir Poutine, ils ont cru que c’était son poisson d’avril.

6. Poisson d'avril.JPG

Mais, non, il était sérieux.

Quelqu’un, alors, à l’Independent,  s’est dit « Et si on faisait un peu rire de Farage en répandant sa calembredaine ? Ça ne mange pas de pain.  Il ne se passe pas grand-chose d’intéressant dans le monde. Bientôt les marroniers sont en fleurs… Allez, on y va !» Et de monter l’opération « sondage ».


« L’homme politique préféré de Nigel Farage est  Vlad l’Empaleur. Qui est le vôtre ? »

http://www.independent.co.uk/voices/iv-drip/poll-nigel-fa...

 

Le 5 avril : BOUM !

7. Putin popularity.png

 

Euh…

Une dizaine de jours plus tard, on arrête les frais, car…

8. Sondages-The-Independant.jpg

Poutine 92% - Merkel 3% - Obama 2% - Cameron 1% - Hollande 1% - les autres : 0%.

Laissons là ceux qui, à l’Independent, vont devoir aller s’inscrire au Pôle Emploi d’Outre-Manche.

Ces résultats sont surprenants à plus d’un titre. D’abord, parce que c’est arrivé en plein cœur de l’Anglosphère et qu’on n’aurait jamais cru à ce point-là.

Certes, si V. Poutine se présentait à des élections non truquées n’importe où dans le monde, il les gagnerait, et, certes, il peut y avoir eu de ses groupies qui ont voté plusieurs fois – le sondage n’était pas scientifique – mais les groupies d’Obama et de Cameron pouvaient le faire aussi.

Le surprenant, c’est qui sont les autres. Pourquoi ceux-là ? Pourquoi pas de Xi Jinping ? Pas de Nasrallah ? Pas de Khamenei ? Pas d’Al-Assad ? Pas de Correa ? Pas de Raùl Castro ? Pas de Cristina Kirschner – et, quoi, pas de Netanyahou !!! – Pas d’Erdogan ? Pas d’Al-Sissi ? Pas de Marine Le Pen ? Soit les Anglais n’ont jamais entendu parler d’eux, soit on ne leur a donné à choisir que dans cette brochette étroite. (C’est le cas.)  Tu vas voir qu’ils croient que ce sont là les seuls leaders qui comptent, à l’Independent.

Mais qui aurait pu imaginer qu’un pour cent des Britanniques admirait François Hollande ? D’accord, l’Angleterre est une île et la réputation d’excentricité des Anglais n’est plus à faire, mais il y en a quand même qui doivent fumer ds trucs bizarres.

 

À la prochaine, M. Farage…

9. Nigel-Farage.jpg

 

*

Redevenons sérieux.

10. Grain-de-sel.jpg

Grain de sel des Grosses Orchades

Dans tout ce que dit ci-dessus Henri Guillemin sur un moment de l’Histoire de France qui ressemble comme un frère à celui que nous vivons, le passage qui est à nos yeux le plus important est celui où il parle de l’Éducation Nationale.

L’Éducation Nationale française ne s’est jamais remise de Thermidor. À plus forte raison de Jules Ferry.

Que s’était-il passé juste avant Thermidor ?

Le représentant (de la noblesse) Michel Lepeletier de Saint-Fargeau avait accouché, à la demande de l’Assemblée, d’un Plan d’Éducation Nationale. Avant de pouvoir le défendre, il avait été assassiné. C’est Robespierre qui dut le faire à sa place et qui réussit à le faire voter (une de ses plus grandes victoires, restée sans lendemain pour cause, précisément, de Thermidor).

Avant de le présenter au vote, il y avait apporté quelques corrections : un peu d’argent de poche aux orphelins élevés par la République, à partir de leurs 7 ans ; le salaire des enseignants doublé, car les instituteurs et les institutrices qui font bien leur travail sont aussi indispensables à la nation que les généraux victorieux, etc.

L’importance accordée à l’Éducation n’est pas propre à Robespierre ni à la France.

Joseph Staline a été ce qu’il a été, les historiens désintéressés trancheront, mais il est une chose dont nous avons la certitude, c’est qu’il a légué à son pays, en mourant, le système d’Éducation Nationale qui l’a sauvé : une épine dorsale en fer qui n’a pas plié ni cassé pendant les années chaotiques de l’après Gorbatchev, et dont nous voyons aujourd’hui les effets. Vladimir Poutine, comme tous ceux qui l’entourent et le soutiennent sont cette colonne vertébrale, quelles que soient leurs divergences (nous ne parlons pas ici d’opinions ni même d’idées politiques, mais de formation commune). Il n’y a pas de miracles en Histoire.

Qu’est-ce qu’a fait Fidel Castro lorsque, en février 1959, il a lancé, en commençant par les rangs de son armée, une campagne d’alphabétisation qui n’a jamais eu d’équivalent dans le monde ? Qu’a-t-il fait pendant les années qui ont suivi, avec ses discours-fleuves tant raillés par l’Occident, sinon jeter et consolider les fondations d’une Éducation Nationale digne de ce nom, c’est-à-dire comprenant une éducation politique basée sur un certain nombre de principes ? On oublie si volontiers ce « détail » ! Par quelle opération du Saint-Esprit croit-on que Cuba résiste, depuis 56 ans, à un embargo meurtrier et aux menées criminelles de l’Empire ? Non, il n’y a pas de miracles !

Or, ce qui nous caractérise aujourd’hui, nous, peuples d’Europe, c’est d’être éduqués par nos plus mortels ennemis. D’où la stupidité et la passivité en phase terminale des Européens zombifiés, que déplore avec raison le Saker. D’où notre incapacité à faire fonctionner une vraie démocratie, quand bien même on nous en apporterait une sur un plateau.

 

Modeste proposition

 

à  MMmes Belghoul, Bourges, de Dieguez, Gauthier, Grimault, Poumier, Skandrani, Veil et tutte quante…

à MM. Asselineau, Belissa, Berland, Berthier, Biard, Boniface, Chauprade, Cheminade, Chitour, Chouard, Cohen, Dedaj, de Dieguez, Enderlin, Hillard, Landini, Lordon, Mazauric, M’Bala M’Bala, Meyssan, Moadab, Naba, Oberlin, Ribbe, Seba, Soral, Stanechy, Uleski, Vivas et tutti quanti… (Ce n’est pas qu’il y ait moins de femmes, c’est que nous ne les connaissons pas.)

On le sait que vous n’êtes pas tous du même bord et que vos recettes ne sont pas les mêmes, mais…

Que diriez-vous de reprendre le Plan d’Éducation Nationale tel que voté en 93, de l’adapter aux circonstances et aux besoins d’aujourd’hui, de l’expliquer urbi et orbi et de le soumettre à referendum ?

Que diriez-vous, au cas où le Souverain se déclarerait « pour », comme il s’est naguère déclaré « contre » le traité de Lisbonne, de mettre l’exécutif en demeure de l’appliquer, en le faisant financer par les amendes infligées aux abuseurs de biens sociaux et autres fraudeurs fiscaux (pour commencer) ?

11. bouteille à la mer.JPG

 

Plan d'éducation nationale
présenté à la Convention nationale
par Maximilien Robespierre le 13 juillet 1793

 

CITOYENS,

Votre Commission d'Instruction publique sera bientôt en état de vous présenter l'ensemble du travail important dont vous l'avez chargée. Elle a cru dès aujourd'hui devoir présenter à la Nation et à vous un garant de ses principes, et payer un juste tribut à l'impatience publique, en remettant sous vos yeux l'ouvrage d'un homme illustre, qui fut notre collègue, et que le tombeau met à couvert des traits de l'envie et peut-être de la calomnie, si toutefois la rage des satellites de la tyrannie savait respecter même les droits du tombeau(1). Avec la mémoire de ses vertus, Michel Le Peletier a légué à la patrie un plan d'éducation publique, que le génie de l'humanité semble avoir tracé. Ce grand objet occupait encore ses pensées, lorsque le crime plongea dans son flanc le fer sacrilège. Celui qui disait "Je meurs content, ma mort servira la liberté", pouvait se réjouir aussi de lui avoir rendu d'autres services moins douloureux pour la patrie; il ne quittait point la terre, sans avoir préparé le bonheur des hommes par un ouvrage digne de sa vie et de sa mort. Citoyens, vous allez entendre Le Peletier dissertant sur l'éducation nationale; vous allez le revoir dans la plus noble partie de lui-même. En l'écoutant, vous sentirez plus douloureusement la grandeur de la perte que vous avez faite, et l'Univers aura une preuve de plus que les implacables ennemis des rois (que la tyrannie peint si farouches et si sanguinaires) ne sont que les plus tendres amis de l'humanité.

Lire la suite…

Source : http://www.samuelhuet.com/paid/43-melanges/755-plan-deducation-nationale1.html

 

*

Spirit of compétition, piège à cons !

12. Spirit of competition.jpg

« Certains pourront trouver hard de convoquer un brief si tôt, mais vous savez tous l’importance d’un follow-up on time pour que chacun soit aware.

Dans la mesure où vous ont été forwardés les nouveaux updates de la policy, il était important de réunir tout le team board afin d’avoir un maximum de feed-backs sur les implémentations correspondantes.

Pouvoir aussi évaluer la capacité de chacun à savoir filer les priorities, distinguer les big issues du « nice to have ».

Identifier également les process nécessaires et bien targeter les tools à situer on-line avec les goals définis.

Rappeler l’importance de challenger vos teams pour atteindre les meilleurs ratings possibles, avec un focus sur les return on revenues plus que sur les return on sales.

Dans cette optique, le management des queues pour qu’elles soient checkées asap est important, car n’oubliez jamais que vous devez rester client-minded avant tout. Veiller aussi à ce que soient immédiatement délétées celles qui ont été clearées.

La volonté d’upgrader vos résultats doit toujours préserver le high-level services et les business plans doivent intégrer nos basic values. Savoir s’appuyer sur le networking est un atout qui pourra alimenter tant la task force que le think tank mis en place afin de speeder les process et d’encourager le best practices increase. C’est pourquoi nous allons développer les open-spaces. Dans un environnement BtoB, pensez à privilégier les calls et le e-working plutôt que les face-to-face.

Si nous voulons être des winners et ne pas devenir des has-beens, nous devons garder un challenger-mind et agir comme des outsiders. Savoir toujours se benchmarquer avant d’aborder nos prospects et ne pas négliger les back-ups qu’il s’agisse du front office comme du middle office ou du back office dans nos packages. Privilégier le low profile dans nos approches pour faire ressortir notre added value.

Savoir aussi être proactif et viser toujours le « above expectations » pour ne pas se contenter d’un just achieved. Nous devons être tous des cost-killers et des profit-hunters dans toutes nos actions si nous voulons rester leaders.

13. homo homini lupus.jpg

« Homo homini lupus », art mural de la ‘Serie del aguante’, par Jaz, Buenos Aires

Si vous n’êtes pas en mesure de saisir toute la dimension existentielle d’un tel speech, il y a deux lectures possibles :

Si l’on se fie au référentiel des Échos des Valeurs Actuelles, vous souffrez d’un déficit de compétitivité qui peut impacter sérieusement votre performance et nuire à votre employabilité. Vous faites partie des personnes hermétiques à l’évolution de la société, arc-boutées sur des réflexes dépassés et qui sont rétives à l’avancée inexorable du capitalisme mondialisé.

Par contre, si vous n’entravez que couik à ce galimatias, si vous ne voyez pas quel rapport a le free trade avec la liberté, si la logique mercantile de l’or gris ne vous semble pas moins nocive ripolinée en silver economy, si quand on vous parle de rate, vous pensez à vos organes plutôt qu’à des taux, si vous n’êtes pas convaincu que le fast-food se mange, si vous n’éprouvez pas le besoin d’un dancefloor pour esquisser quelques pas de danse, si en sport vous ne voyez pas pourquoi une finale à quatre se transforme fatalement en bide ultime, c’est-à-dire en final four, ni en quoi des play-offs sont plus captivants que des phases finales, alors dites-vous que vous n’êtes pas encore complètement contaminé par le virus de la compétition à tout crin, par le jargon adapté à cette logique aussi inepte que suicidaire pour la planète qui ne voit en l’humain qu’une source éventuelle de profit pourvu qu’il soit pressé comme un citron ainsi que la planète par ailleurs. Qu’il vous reste encore assez de séquelles d’humanité pour ne pas désespérer du lendemain, quand bien même il ne chante pas toujours comme on l’espère.

14. nobrega3.jpg

Et pour ceux qui craindraient de souffrir d’une flambée d’anti-anglicisme primaire, qu’ils se rassurent : SHAKESPEARE himself ne trouverait pas d’espace dans cet univers utilitaire où la pauvreté du langage est proportionnelle à l’abondance des profits exigée par la voracité du capital. Car si le ci-devant Baron Ernest-Antoine SEILLIÈRE, patron des patrons de l’Union Européenne, a fait allégeance à l’english en tant que langue du business, il serait bien en peine de lire un texte du grand William en version originale. Mais pour les prédateurs du capital, le seul esperanto qui compte, c’est celui des taux de profits, quoi qu’il en coûte à l’humain et à la planète.

Pedro da Nóbrega

Source : http://reseauinternational.net/spirit-of-competition-pieg...

 

*

Et, pour finir (attention, on y devient accros)

15. Indignation à géométrie variable.jpg

De l’indignation à géométrie variable

Par Alain Fame-Hollignoble

 Sur Diktakratie.

Le 12 avril 2014

Les événements récents offrent à la grappe de mal pensants en attente de rééducation une occasion royale de se pencher sur l’étonnante hémiplégie qui sclérose le logiciel indignognottique de nos fiers Humanistes.

Ah, admirable souplesse des saltimbanques du Grand Cirque Divers ! A quelles fantastiques contorsions ne se livrent pas nos éternels chantres de la Démocratie (TM) et des Droits de l’Homme (TM) ! Voyez-les un peu brandir le poing gauche à l’adresse de Popov tandis que de la main droite ils flattent le museau de l’insatiable vermine imériale! Faire la morale républicaine aux femmes voilées tout en armant les barbus égorgeurs… Écoutez donc les Grandes et Belles Voix s’insurger de ce que Vlad interdise chez lui la propagande homosexualiste, puis s’éteindre complaisamment quand dans les Émirats on exécute les pédés ; hurler au génocide à la première vanne antisémite de Dieudonné – ne reculant devant aucune énormité, le comparant sans vergogne à Hitler et Al Capone – puis chanter les louanges de groupes armés néo-nazis avides de pogrom… Entendez brailler les miauleuses, horrifiées que la Crimée recouvre le giron russe, puis ronronner voluptueusement, douillettement blotties contre la panse du spoliateur en chef.

Lire la suite…

Source : http://diktacratie.com/de-lindignation-a-geometrie-variab...

Le collage est d’André Stas.

 

Note à benêt :

L’auteur a aussi son propre blog, appelé : Le Torchon.

http://letorchondalainfame.wordpress.com/

On ne s’y ennuie pas une seconde.

Outre ses textes, on y trouve des reportages fascinants :

 

Dans les super-marchés US : des trotinettes pour obèses


 

*

16. Joyeuses Pâques.JPG

à la mode anti-genres

 

*

 

Finalement, pas si joyeuses que ça…

Gabriel Garcia Marquez est mort.

 

 

Mis en ligne le 19 avril 2014.

 

 

 

 

15:45 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/04/2014

UN VOLCAN NOMMÉ TAZIEFF

1. soufriere vue de bateau.JPG

 

Un volcan nommé Tazieff

 

« Et le législateur de l’univers, qui est la nature. » Robespierre

 

Le 6 mai prochain, quelques personnes, en France, lèveront leur verre à la mémoire de Maximilien Robespierre, dont ce sera le 256e anniversaire de naissance.

Cinq jours plus tard – le 11 – ceux qui l’ont connu célébreront le 100e anniversaire de la naissance d’Haroun Tazieff.

Les plus jeunes d’entre nous se demanderont peut-être de qui nous parlons et pourquoi célébrer son 100e anniversaire.

Haroun Tazieff fut un homme qui eut quelque chose à voir avec les volcans et qui en fut un lui-même.

Jean Cocteau l’appelait le poète du feu.

Les gens qui se disent scientifiques et qui font de la politique ne sont pas nécessairement équipés pour savoir ce que c’est qu’un poète. L’ambition, la soif de pouvoir, la foire d’empoigne, une certaine callosité les en empêche.

À l’intention de ceux qui ne savent rien de lui, nous allons en rappeler deux ou trois choses.

Tout a commencé en Russie, à la fin du XIXe siècle, lorsqu’une jeune femme qui avait voulu devenir chimiste et qui l’était devenue – la première dans son pays – et qui était ensuite devenue aussi docteur en sciences politiques, rencontra un prince tatar qui était, lui, médecin. Elle avait pour prénom Zénitta. Le Tatar s’appelait Tazieff. Ils se marièrent, vécurent à Varsovie, qui était alors terre russe, et, le 11 mai 1914, leur naquit un fils qu’ils appelèrent Haroun. Presque aussitôt, la guerre éclata, le jeune père fut mobilisé, envoyé au front et n’en revint pas. Zenitta n’apprit sa mort qu’après la fin du carnage. Entretemps, la Révolution avait éclaté pour ainsi dire à l’intérieur de la guerre. Les temps étaient durs pour une jeune femme seule avec un enfant en bas-âge. Mère et fils vécurent dans la misère.

En 1921, la Révolution, plus ou moins triomphante mais attaquée de partout, s’amputa des troupes ukrainiennes qui l’avaient débarrassée de l’Allemagne et des armées blanches. Leur chef, Nestor Makhno, le corps percé de treize blessures, fut évacué inconscient et finit par arriver à Paris, pour y mourir douze ans plus tard dans une misère aussi noire que son drapeau. Nous avons vu, par le récit qu’en a fait Emma Goldman, que bien d’autres convulsions agitaient alors le pays. Zenitta Tazieff, de naissance aristocratique, n’était pas sûre d’y survivre : plusieurs de ses cousins, avec les débris de l’armée du général Wrangel, s’agitaient en exil. Elle et son fils de sept ans émigrèrent vers la Belgique.

C’est là que l’orphelin allait faire toutes ses études et finir par adopter la nationalité du pays.

Tout ce qu’il y a appris relève des sciences de la terre. À Gembloux, il devint ingénieur agronome. L’université de Liège le fit ingénieur géologue et ingénieur des mines. Grand sportif aussi, il fut alpiniste, fit partie d’une équipe de football bruxelloise, puis devint champion national de boxe universitaire et fut même sélectionné pour les J.O. de Berlin. C’était en 1936, Hitler étant chancelier du Reich. Zénitta lui interdit de s’y rendre : on ne fricote pas avec ces gens-là. Mais elle lui interdit aussi de rejoindre les Brigades Internationales en Espagne. Pour des raisons politiques ? Berlin, c’était sûr. Mais Madrid ? Or, il avait 22 ans, l’âge idéal pour s’affranchir de la tutelle de papa-maman et voler de ses propres ailes. Surprotection maternelle ? Abusive ? Une chose est sûre, c’est que dans une double existence plus que mouvementée, la mère n’a jamais cessé de protéger son fils et le fils sa mère.

Après la deuxième Guerre Mondiale, qui les avait vus l’un et l’autre prendre d’énormes risques, les compétences professionnelles de Tazieff ne pouvaient que le faire atterrir au Congo, pas encore ex-belge. C’est peut-être pour pouvoir remplir certaines fonctions qu’il s’était fait naturaliser (en 1936). Il fera de même plus tard, en France, avant – et sans doute aussi pour – y remplir des fonctions encore plus officielles et même y devenir secrétaire d’État de François Mitterrand.

Quoi qu’il en soit, c’est au Congo, alors qu’il prospectait, à la recherche de gisements de zinc, qu’il rencontra son premier volcan. Un tout jeune, né quasiment sous ses yeux, au point de lui devoir son nom - Kituro – qui est celui du lieu-dit le plus proche, et qui allait devenir aussi, en son honneur, celui de l’équipe de rugby à XV de Schaerbeek, banlieue de Bruxelles.

2. Volcan Kituro.JPG

Ce fut un coup de foudre. Le Kituro, entré en éruption le 1er mars 1948, allait cracher des flammes pendant cinq mois. La passion de Tazieff pour cette expression-là de la Terre ne tiédirait jamais.

*

Cependant, avant tout cela, il y avait eu la guerre. Haroun, mobilisé, puis fait prisonnier, n’avait pas tardé à s’évader. Celle qu’on appelait déjà « la redoutable Zenitta » n’avait pu lui interdire, alors, de se mêler de Résistance : elle en était aussi. Plus ou moins agent du Komintern, malgré ses cousins aristocrates avec lesquels elle n’avait jamais rompu et qui vivaient aussi en Belgique. C’est ainsi qu’on les vit – ou plutôt qu’on ne les vit pas – eux et elle, faire évader des mines de charbon où on les décimait, les prisonniers de guerre soviétiques. Dans leur pays, ils se seraient entretués, mais c’étaient des compatriotes. Soit dit incidemment à ceux qui ne comprennent rien au plantage des US/UE en Ukraine.

Sur un autre plan, Haroun Tazieff et la Résistance eurent une conséquence sans rapport direct avec la guerre.

Il faut, là, qu’on vous parle des Lavachery.

Jean Lavachery, militant communiste, était un enseignant avec des idées sur l’éducation des gosses. Sa femme Betty et lui avaient installé, dans l’ancienne abbaye de Maransart, une école plus ou moins expérimentale, « La Clé des Champs ». (C’était une époque à entreprises de ce genre : les parents de Laurence Olivier aussi.) Ils étaient amis avec Haroun Tazieff et sa mère.

3. Maransart.jpg

Jean Lavachery, capturé avec toute l’armée belge par la Wehrmacht, au terme des dix-huit jours de drôle de guerre, fut interné au diable, dans un stalag dont il ne sortit qu’à la Libération. Pendant toute la guerre, Betty fut donc seule pour faire fonctionner l’école. Qui devint un des centres de la Résistance. Zenitta Tazieff y planqua des enfants juifs et des rejetons de hauts dignitaires du Parti Communiste Français réfugiés à Moscou. Betty, qui avait, jeune fille, participé aux débuts de l’embrigadement façon Baden Powell, se mit à emmener ses gamins la nuit, allumer des feux de signalisation aux avions pondeurs d’armes et de parachutistes, sous couleur d’activités scoutes. Ce que voyaient plutôt d’un bon œil les autorités occupantes, militaristes s’il en fut. Haroun Tazieff et elle devinrent amants. Proximité quotidienne de la mort et vie jetée en dehors de règles qu’on n’eût pas transgressées en temps normaux…

En 1945, Jean Lavachery revint d’Allemagne.

Qu’on nous pardonne un petit détour par l’histoire de notre propre famille. Notre grand-père avait fait partie, du vivant de Karl Marx, d’un noyau dur de tisserands anarcho-syndicalistes, au point de recevoir, dans son galetas, la visite de Mikhaïl Bakounine et, plus tard, celle du prince Kropotkine. « Galetas » n’est pas une figure de réthorique : une seule pièce où vivaient et dormaient père, mère et dix enfants, autour d’un métier à tisser qui ne s’arrêtait jamais. D’où sortit pourtant l’embryon d’une bibliothèque municipale, aujourd’hui une des plus riches de Belgique. Jusqu’au jour où les progrès de la technologie firent des artisans des esclaves (voyez Les Temps modernes), où la bourgeoisie inventa les Partis Ouvriers, bientôt « Socialistes », pour les faire tenir tranquilles et où les anarcho-syndicalistes, requalifiés « anti-politiques » furent sommés de s’affilier à des syndicats convenables ou de dégager.

Lorsque les prisonniers survivants revinrent d’Allemagne, le « grand homme »  du PS belge était déjà si atlantiste qu’il n’allait pas tarder à devenir Secrétaire-Général de l’OTAN et notre oncle Victor – un des dix – écoeuré, fut s’inscrire au Parti Communiste. Muni de sa carte toute fraîche, il se rendit à sa première réunion de cellule, où il trouva les camarades en train de sabler la chicorée pour fêter Hiroshima. Hébété, il ne put que leur demander ce qui les prenait de se réjouir du massacre de « gens comme nous ». De bons gros rires balayèrent sa connerie car « Ouah, l’autre, eh… c’est des Japonais ! ». Il déchira sa carte, leur en jeta les morceaux à la figure et sortit en claquant la porte. La carrière de militant communiste de Victor L. est la plus brève de l’Histoire.

4. Jean Lavachery et son chien Plume.jpg

Jean Lavachery et son chien Plume

Eh bien, ce sont ces gens-là qui, lorsque Jean Lavachery rentra dans ses foyers, l’excommunièrent pour n’avoir pas, selon eux, « essayé de s’évader ». Vous croyez peut-être qu’on plaisante ? Mais, non. L’histoire des PC d’Europe reste à écrire.

Betty Lavachery .jpg

Betty Lavachery-Limbosch

Les seuls qui ne rejetèrent pas le rescapé furent sa femme et Tazieff.

Qui fut alors au courant de quoi ? Nous ne savons. C’est leur affaire. Ce qui est sûr, c’est qu’en 1946, Haroun Tazieff émigrait à Paris et y épousait France, qui lui survivrait, tandis que Betty mettait au monde un petit Frédéric, aujourd’hui sosie de son père.

Mozilla/5.0 (Macintosh; Intel Mac OS X 10.6; rv:27.0) Gecko/20100101 Firefox/27.0 Mime info is not supported (image/tiff, /tmp/phpDkwUyf)

Frédéric Lavachery

« Des pères, j’en ai eu deux» dit-il. C’est d’autant plus évident que, s’il s’est pris de passion dans son âge mûr pour les volcans et les sciences de la terre chers à son géniteur, c’est à celui qui lui a donné son nom et l’a élevé qu’il doit sûrement son autre passion pour l’intégrité de l’enfance, passion qui a, notamment, motivé son implication dans l’affaire Dutroux. Il a animé pendant des années le site www.dignaction.org jusqu’à la mort inopinée de son webmaster et la perte accidentelle de leurs archives, dont voici un tout petit fragment retrouvé sur le blog d’une internaute suisse : http://www.luciole.ch/UserFiles/File/Fichier%20PDF/Aout20... ,

Pour le reste – le patrimoine Tazieff – c’est une histoire d’amitié autant que de piété filiale, car autour de Frédéric se sont regroupés d’anciens collaborateurs du vulcanologue et quelques-uns de leurs disciples. Ensemble, ils  ont mis sur pied le Centre Haroun Tazieff pour les sciences de la terre : www.tazieff.fr  qu’on ne saurait trop vous conseiller d’explorer car il est riche de projets et d’ambition, et ce sont eux qui, à l’approche du centenaire, ont suggéré au fils d’écrire un livre sur son père. Celui qui sort ces jours-ci.

7. lavachery tazieff.jpg

 

 

 

 

 Frédéric Lavachery

Un volcan nommé Haroun Tazieff

 Paris, l’Archipel, 2 avril 2014

 263 pages

Également publié en format Kindle

1614 KB.

 télécharger un extrait

 

 

Son intérêt ne réside pas seulement dans la relation père-fils, que l’auteur ne pouvait éluder et qu’il traite avec sobriété. L’essentiel, nous semble-t-il, réside dans sa revisitation de « l’affaire de la Soufrière » et de l‘impact qu’elle a eu sur la vie et la carrière du savant, comme d’ailleurs sur celles de plusieurs autres. Il y a là des blessures qui ne se sont jamais refermées et des passions qui ne se sont jamais éteintes. Une vague recherche dans Google suffit pour s’en persuader.

L’affaire de la Soufrière

Qu’en dire à ceux qui n’étaient pas nés ?

Qu’un jour de 1976, le volcan dit de la Soufrière, près de Saint Claude, en Guadeloupe, a donné des signes d’activité et que les autorités françaises se sont lancées dans une campagne de « protection des populations » qui a frôlé l’hystérie.

Pourquoi ?

Vraisemblablement parce qu’en 1902, le réveil d’un autre volcan, celui de la Montagne Pelée, en Martinique, avait été, par les autorités de l’époque, criminellement minimisé pour cause d’élections législatives en cours, et qu’il en était résulté la plus grande catastrophe volcanique du XXe siècle : destruction totale de la capitale Saint-Pierre et mort de 30.000 personnes. Le scandale avait été énorme.

Lorsque des fumerolles furent visibles au sommet de la Soufrière de Guadeloupe, Tazieff, dont c’était la responsabilité, revint dare dare d’Équateur observer, mesurer, évaluer, et… déclarer qu’il n’y avait pas péril, expliquant scientifiquement pourquoi. Cela ne fit pas l’affaire de son supérieur hiérarchique, dont la vulcanologie n’était pas le fort, mais qui voyait très bien en quoi un danger, réel ou supposé, pouvait « booster » sa carrière politique, pour peu qu’on sût convenablement mettre en scène l’ouverture du parapluie. Les autres politiques, claquant des dents à l’idée de répéter la bourde meurtrière du début du siècle, choisirent d’écouter le matamore plutôt que le savant et firent déplacer inutilement, pour des mois, 70.000 personnes, démettant aussi de ses fonctions, dans la foulée, celui qui refusait d’instrumentaliser la peur.

 

Werner Herzog était sur place.

Il y a tourné un film documentaire :

L’attente d’une catastrophe inévitable


La SOUFRIERE (1977) - stfr - Werner HERZOG par UGTG

 

La suite devait donner raison à Tazieff, mais le mal était fait. La justice eût voulu qu’il fût alors réintégré dans ses fonctions et Claude Allègre – car c’était lui – renvoyé planter ses choux en les comptant sur ses doigts. Mais ce n’est pas ainsi que les choses se passent dans les allées du pouvoir.

Coutumier des rodomontades à la Danton (du culot, encore du culot, toujours du culot !), l’ineffable mathématicien devait, trente ans plus tard opérer un virage à 180° et, ayant jadis monté des alarmes en baudruche, nier le réchauffement climatique, en se gaussant avec une délicatesse d’hippopotame dans une cristallerie de ceux qui attachaient le grelot pour avertir du danger. Un danger, faut-il le dire, autrement conséquent que celui d’un volcan qui se réveille.

Le 16 février 2010, il faisait paraître un ouvrage intitulé L’imposture climatique ou la fausse écologie. Le 21 avril suivant, Sylvestre Huet, journaliste à Libération, publiait à son tour L’imposteur c’est lui, démontrant, preuves à l’appui, que Claude Allègre avait dupé ses lecteurs et les medias, où il s’était beaucoup répandu.

Bien des années avant cela (1981), Tazieff avait été nommé, par François Mitterrand, commissaire à l'étude et à la prévention des catastrophes naturelles. De 1984 à 1986, toujours sous Mitterrand, il avait été le secrétaire d'État chargé de la prévention des risques technologiques et naturels majeurs dans le gouvernement Fabius, fonction supprimée lors de la cohabitation Chirac. Mais aussi qu’était-il allé faire dans cette galère ? Haroun Tazieff, dégoûté de l’écologie politique, reprit alors ses seules occupations scientifiques et ne les quitta plus.

Quant à Claude Allègre, qui avait misé sur Lionel Jospin dont il avait été un des ministres, il ne rechigna pas, plus tard, à faire des offres de service à Petit Nicolas, qui les dédaigna.

Ce bref rappel de quelques faits parce que nous avons déniché un document où l’on voit Tazieff, son ami Cousteau, Jérome Pasteur, Paul-Émile Victor et d’autres (que du beau linge !) discuter de ce fameux réchauffement climatique dont les ours polaires font aujourd’hui les premiers frais.

 

9. oursnorvege.jpg

 

Haroun Tazieff et le risque de réchauffement climatique

Document INA de 1979

Haroun TAZIEFF répond ici aux questions des télespectateurs qui s'inquiètent du risque de réchauffement climatique. Il explique que le risque vient de la pollution industrielle qui peut créer un effet de serre et ainsi faire monter le niveau de l'eau. Le commandant COUSTEAU s'oppose à ce point de vue en soulignant qu'il y a des correctifs comme la végétation et les océans. Haroun TAZIEFF ajoute que l'effet de serre pourrait augmenter la température de l'atmosphère de 2 ou 3 degrés d'où la fusion de la glace et la montée des eaux qui noierait toutes les côtes basses comme New York, Londres, le Havre et Nice. Jérôme PASTEUR pense que de tels propos pourraient paniquer la population. L'échelle de ces changements s'effectuerait, selon lui, sur des milllions d'années. Claude LORIUS ajoute que l'Antarctique n'a pas bougé. Paul Emile VICTOR ne dit rien.

 

 

*

 29. Histoires-de-volcans.jpeg

 

 

Haroun Tazieff

Histoire de volcans

Illustrations de Jean Lavachery

Brodard et Taupin – 1964

191 pages

 

 

 

La bibliographie et la filmographie complètes d'Haroun Tazieff sont si riches qu’il est impossible de tout énumérer ici. Pour une liste plus ou moins exhaustive, rien ne vaut  http://fr.wikipedia.org/wiki/Haroun_Tazieff

Voir aussi :

http://www.babelio.com/auteur/Haroun-Tazieff/49898/biblio...

Quelques liens précieux :

·  Centre Haroun Tazieff pour les sciences de la terre

·  Biographie d'Haroun Tazieff par François Le Guern, l'un de ses collaborateurs

·  Vidéo: Haroun Tazieff en 1966, il s'exprime sur son film Le volcan interdit, une archive de la Télévision suisse romande

·  Robin des volcans Long métrage documentaire autour du parcours d’Haroun Tazieff Overdub Interactive

·   À propos de la polémique de Soufrière 1976...

Rappel des faits et point de vue personnel sur les événements qui ont marqué la Guadeloupe et la communauté volcanologique  - par François Beauducel http://www.ipgp.fr/~beaudu/soufriere/forum76.html

In memoriam :

En 2008, pour le dixième anniversaire de la mort d’Haroun Tazieff, la Guinée-Bissau a émis deux timbres en son honneur : un sur fond d’Etna, l’autre sur fond de Krakatoa.

 

10. TIMBRE - Emissione-della-Guine-Bissau-del-2008-del-Vulcano-dellEtna-in-Italia-dedicata-a-Haroun-TazieffItaly.jpg11. TIMBRE - Emissione-della-Guine-Bissau-del-2008-del-Krakatau-Volcano-in-Indonesia-dedicata-a-Haroun-Tazieff.jpg

 

*

On n’a pas d’image de la terrible matriarche Zenitta Tazieff, mais on en a de ses tableaux, car, remariée avec le poète liégeois Robert Vivier, elle a fait une très honorable carrière de peintre, et ses œuvres font encore aujourd’hui l’objet de ventes publiques. En voici deux, récemment vendues par la Galerie du Pistolet d’Or :

12. Zenitta Tazieff.JPG

13. Zenitta meules.JPG

Il ne reste plus à Frédéric Lavachery qu’à écrire l’histoire de sa grand-mère.

 

*

Déesse des passions et des volcans

 

Petit à-côté mythologique

Tous les biologistes le savent : sans violence, pas de vie.  Et tous les mythologues (ou presque) vous le diront : cette violence fut, pendant des millénaires, un peu partout sur la terre, l’affaire d’une déesse, celle que M. Jean Przyluski a appelée, dans un petit livre fort savant que les éditions Payot feraient bien de republier,  La Grande Déesse.  Les Grecs l’avaient, pour leur part, baptisée Aphrodite, mais elle eut des myriades de noms.

Au temps de nos ancêtres d’il y a des dizaines de milliers d’années, elle régna sur toutes les passions violentes, et partout : au ciel, sur la terre, au fond de la terre et au fond des mers, comme dans le fond des cœurs et des reins humains. Jusqu’à ce que les pères de famille, en prenant le pouvoir il y a plus ou moins dix mille ans, la fragmentent, pour l’évincer, en plusieurs dieux mâles : Zeus, qui allait régner à sa place au ciel sur la foudre, le tonnerre et les orages ; Poséidon, qui, du fond des mers, gouvernerait les tempêtes, les raz de marée et les tsunami, s’amusant aussi les jours de semaine à provoquer ou à empêcher les naufrages ; Hadès le Très-Riche qui, non content de régner sur les morts et sur les métaux précieux, lui raflerait le sceptre des tremblements de terre et des éruptions volcaniques ; Arès, amant prétendu, qui déchaînerait les guerres à sa place et, bien entendu, le petit cinquième : son fils Cupidon. Ils lui collèrent aussi, pendant qu’ils y étaient, un mari, nommé Héphaïstos, qui habitait sous l’Etna, où on l’entendait taper sur son enclume, façonnant les armes et les œuvres d’art des autres dieux de l’Olympe, dont le trident de Poséidon et le foudre de Zeus. Le philosophe Empédocle (5e s. av. J.-C.) ayant eu l’idée saugrenue de se suicider en se jetant dans son cratère, le dieu maréchal-ferrant aurait manifesté son déplaisir en rejetant une de ses sandales, devenue de bronze.

 

L’Etna : 16-17 novembre 2013

 

Soyons sérieux, revenons à notre déesse. Lorsqu’elle était reine des morts et qu’elle régnait sur les profondeurs de la terre ou des mers, elle était noire (d’où l’autre nom de son époux : le Forgeron-Noir-de-Charbon, en anglais Blacksmith). C’est elle, bien sûr, qu’on retrouve, déguisée en Vierge à l’Enfant au milieu des volcans d’Auvergne, elle à qui on offre, dans ses sanctuaires montagnards, des ex-votos de bateaux, alors qu’il n’y a pas de mer à proximité ni même de rivière navigable. Comme ici, à Rocamadour :

14. rocamadour_bateau.JPG

Elle encore qu’on priait pour échapper à la prison ou aux galères, et  à qui on venait offrir ses chaînes, quand on recouvrait la liberté, car l’amour de la liberté n’est pas une passion mineure. Ici, toujours à Rocamadour.

15. rocamadour chaînes.JPG

Ces sortes d’offrandes, dans ces sortes d’endroits, sont des preuves indiscutables de sa très haute antiquité, antérieure non seulement au christianisme mais bien plus ancienne aussi que les dieux mâles du paganisme.

16. Vierge noire rosslyn.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour l’anecdote, la « Vierge Noire » de la chapelle de Rosslyn (en Écosse) est la seule au monde qui ait conservé quelque chose de sa nature d’Aphrodite. Elle se trouve très logiquement sous terre – dans la crypte – alors que son autre Elle-même (celle qui est blanche) est vêtue et se trouve dans le sanctuaire proprement dit, en hauteur.


17. Black Madonna St. George Cape Tow,n.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

Pour sa part, Notre-Dame de Cape Town, en Afrique du Sud est, certes,  noire parce que ses fidèles le sont, et de type évidemment négroïde, mais ce n’est pas la seule raison de sa noirceur, car on la prie, comme les autres, pour la fortune de mer, pour obtenir une bonne mort et pour être délivré de ses chaînes. L’église Saint-Georges, où elle se trouve, touche d’ailleurs l’ancien marché aux esclaves, et Mgr Desmond Tutu y a prêché, infatigablement, pendant des années, contre l’apartheid. La statue en soi est récente, en bois de gaïac, œuvre du sculpteur Leon Underwood.

 

 

 

*

Des hommes et des enfants

 

L’histoire des Lavachery a une suite :

Après la mort de son épouse, Jean Lavachery devait se remarier et engendrer un fils. Bien à lui, cette fois. Ce fils, Thomas Lavachery, qui n’est même pas le demi-frère de Frédéric, a repris lui aussi à son compte les passions paternelles. Non, il ne fait pas la classe aux enfants : il leur écrit des livres. Il est même devenu l’écrivain préféré des petits Belges et de pas mal de petits Français. : Bjorn le Morphir, c’est lui.

18. ThomasLavachery.jpg

Il est même allé jusqu’à écrire une autre histoire en collaboration avec toute une classe de 5e primaire (CM1). Le résultat – La colère des McGrégor – a trouvé un éditeur et obtenu un prix.

Mais Thomas Lavachery n’est pas que le fils de son père, il est aussi le petit-fils de son grand-père, Henri Lavachery. Lequel fut anthropologue et s’en alla, un beau jour de 1934, avec le Suisse Alfred Métraux, à l’île de Pâques, pour tenter d’en percer l’énigme. Son petit-fils y est allé après lui, sur ses traces ; il y a rencontré des Pascuans qui l’avaient connu, et il en a rapporté un film. : L’homme de Pâques.

Après quoi, bon sang ne pouvant mentir, il s’est tourné vers une autre ethnie énigmatique, une des fameuses 55 minorités chinoises dont nous vous parlions il y a peu : celle des Moso. La particularité des Moso (+ ou – 30.000 âmes vivant au bord du lac Lugu, entre le Sechuan et le Yunan) est d’être restés depuis la préhistoire la plus reculée une société purement matriarcale. Ceux qui les ont approchés disent que, chez eux, c’est le paradis sur la terre. Cela ne le restera pas longtemps. Le tourisme va bientôt n’en faire qu’une bouchée.

Internautes qui nous lisez, n’y allez pas avec vos shorts, vos tongs et vos cellulaires ! Regardez plutôt le film que Thomas Lavachery leur a consacré : Un monde sans père ni mari. (Mais pas sans oncles.)

19. Hlidi Gemu.jpg

 Hlindi Gemu, qui est à la fois une montagne et la déesse-mère des Moso.

Et pour tout savoir sur l’écrivain-cinéaste, allez voir son blog, c’est une vraie caverne d’Ali  Baba. On y passerait des heures : http://thomaslavachery.skynetblogs.be/

 

 

8. chat clignant des yeux.gif

 

Pour conclure cette tranche de saga familiale sur Frédéric Lavachery-son-of-Tazieff :

 

Dans le cadre de ses activités liées à l’enfance, il a écrit, en 2001, avec le journaliste luxembourgeois Jean Nicolas, un livre consacré à l’affaire Dutroux.

En fait, les deux hommes ont co-signé un ouvrage dont ils ont écrit une moitié chacun, Nicolas se focalisant sur Dutroux et sa trajectoire, Lavachery s’attachant à l’examen des dysfonctionnements de la justice belge, dans cette affaire-là et dans d’autres.

Or il y a, dans sa contribution, un chapitre qui remet en question la responsabilité historique attribuée au roi Léopold III dans la débâcle de mai 1940. En abrégé, ce monarque, outrepassant peut-être ses prérogatives constitutionnelles, aurait tenté de faire obstacle à l’irrésistible ascencion de la particratie (ne pas confondre svp avec démocratie), dont nous voyons aujourd’hui les fruits merveilleux d’un bout de l’Europe à l’autre, sans parler de son noyau dur de Bruxelles. Selon l’auteur, le gouvernement belge en exil et celui de Vichy auraient, de concert, neutralisé Léopold, en lui faisant « porter le chapeau » de leur propre forfaiture, autrement dit d’une capitulation intempestive, voire préméditée.

Ceux qui les ont vécus ont conservé le souvenir des événements violents qui secouèrent la Belgique en 1950, lorsque ce roi, rentrant d’exil, voulut remonter sur son trône. Ils se souviennent certainement du referendum qui coupa le pays en deux - 51% « pour » au nord, 49% « contre » au sud - Léopold III finissant par abdiquer en faveur de son fils Baudouin pour ne pas être la cause d’une guerre civile.

Que la thèse de Frédéric Lavachery soit fondée ou infondée, elle méritait assurément un examen sérieux, sinon de la part des merdias, du moins de celle des historiens. Or, rien. Nada. Silence radio partout. Certes, les pressions lors de la sortie du livre furent telles que Flammarion le retira aussitôt de la vente. Mais où a-t-on vu que ce genre de péripétie ait jamais empêché quelqu’un de déterminé de se procurer un exemplaire de bouquin et de faire son métier ? Decline of the West…

 

20. Dossier pédophilie.jpg

 

 

 

Jean Nicolas - Frédéric Lavachery

Dossier pédophilie. Le scandale de l’affaire Dutroux

 Paris, Flammarion, 2001

 361 pages

 

 

 

 

*

Allez, on va se faire plaisir …

 

Invocation des matriarches Moso aux esprits totems

 

Vous avez dit paradis ?

 

* 

21. africa-america-books-country-faded-Favim.com-233887_large.gif

Autres livres non sans rapport…

 

8. chat clignant des yeux.gif

 

Quand fiction et réalité sont jumelles.

Plonger dans l’histoire des Tazieff et des Lavachery est un peu comme piquer une tête dans un roman de Peter Temple, mais c’est bien sûr l’inverse et les romans de Peter Temple qui ressemblent à l’histoire des Tazieff et des Lavachery.

Peter Temple est un romancier australien, auteur de ce qu’il est convenu d’appeler des « polars ». Ses polars, comme ceux de bien d’autres, sont les meilleurs témoins de notre temps, souvent plus justes qu’un traité d’Histoire. Écrits en bon anglais, certains sont pourtant quasiment intraduisibles - non question de langue mais de langage – particularité qui les rend fortement exotiques, alors que tout ce qu’ils racontent pourrait se passer à Londres, à Paris, à Trifouillis-les-Oies ou à Steenokkerzeel : même société crevant de son matérialisme, même faune politicarde vendue ou soumise à chantage, mêmes affairistes aux dents qui raient les parquets, mêmes machines à tuer rescapées de plusieurs guerres, prêtes à vendre leur sang mais plutôt celui des autres, mêmes ronds-points remplaçant les carrefours partout, mêmes jeunes journalistes BCBG à la taille et aux lèvres minces, capables comme personne de présenter des JT ou de faire semblant de mettre en difficulté mais seulement jusqu’à un certain point les grands prédateurs et petits porte-coton du pouvoir. Comédie humaine que ne désavouerait pas Balzac, car il n’y a pas que la matière, il y a la manière, le style.

Quelque chose de particulier qui frappe aussi, chez Temple, c’est son obsession des relations fils-pères, pères-fils, le cas échéant pères-filles, les pères des uns s’adressant aux fils des autres pour retrouver des fils indignes disparus avec les économies paternelles, morts peut-être et pour qui on ne veut pas s’avouer qu’on s’inquiète ; les fils des autres comptant sur les pères des indignes pour lever leurs propres doutes : « mon père m’a-t-il seulement aimé un peu ou lui ai-je été indifférent ? à charge ? l’ai-je encombré ? m’a-t-il méprisé ? ». Questions qui taraudent encore à l’âge de raccrocher, quand votre femme vous a plaqué pour un autre et qu’une de vos filles meurt dans la rue d’overdose tandis que l’autre vous regarde avec un peu de commisération comme la cinquième roue de la charrette…

On le comprendra, on est ici à des années-lumière des théories du genre, des minorités folklo-persécutées, des perversions légalisées et des autres moisissures d’un monde dont on ne sait pas s’il est en train de crever ou d’accoucher de quelque chose dans la douleur. Ici, comme chez les Tazieff et les Lavachery, on est en présence d’une humanité dense, pleine de passions mais aussi de courage, une humanité tabassée par ce foutu XXe siècle, et qui s’obstine à faire comme si tout cela avait un sens.

22. Peter Temple.jpg

23. Black Tide.jpg

 

 

 

Peter Temple :  Black Tide

(non traduit)

Quercus Publishing, UK, 2013

355 pages

Format Kindle : 495 KB

C.D.

 

 

Pour les autres titres en anglais, voir Google ou Wikipedia

En français :

24. Séquelles.jpg

 

 

 

 

Peter Temple

Séquelles

Gallimard, 2008

496 pages

 

 

25. Un monde sous surveillance.jpg

 

 

 

 

Peter Temple

Un monde sous surveillance

Payot-Rivages, 2010

393 pages

 

 

 

 

Vérité.jpg

 

 

 

Peter Temple

Vérité

Payot-Rivages, 2012

443 pages

 

 

 

 

 

8. chat clignant des yeux.gif

 

L’histoire des PC d’Europe reste à écrire…

Voici un livre d’écrivain-cinéaste, où on trouve des tas choses bien intéressantes, y compris une page de l’histoire du PCI

1948 en Italie.

Orson Welles, qui vient de se séparer de Rita Hayworth, de tourner Macbeth avec 12 dollars dans des décors en carton-pâte, qui a des tas de projets, pas d’argent, beaucoup de dettes et que le FBI prend pour un rouge, donc surveille, débarque à Rome. Il vient y tourner, comme acteur, un film alimentaire, Black Magic, qui s’appellera en français Les aventures de Cagliostro.

C’est l’occasion, pour l’auteur, tout en faisant vivre à Welles une aventure qui tient du thriller et du roman d’espionnage, de brosser un tableau puissant et rigoureusement vrai de son pays à la croisée des chemins : Cinecitta est un camp de réfugiés, le Vatican pratique l’évasion des capitaux contre une honnête commission double – une pour faire bouillir la marmite, l’autre pour financer la lutte contre le communisme -, les dignitaires du fascisme non exfiltrés aux USA sont recyclés démocrates chrétiens sans changer de bureau (pour quoi faire ?), les vrais malfrats-faux résistants de tout poil se livrent aux magouilles les plus vertigineuses, la bourgeoisie s’adonne aux mêmes perversions qu’avant, les enfants font du marché noir, Al Capone est là, plus vrai que nature, pas du tout décidé à adopter profil bas, le pays n’en finit pas de panser ses plaies et s’apprête à voter communiste en masse aux élections prévues pour le 18 avril, les premières depuis la chute de Mussolini.

Ce dernier détail ne plaît pas du tout aux Américains, qui font en sorte qu’il n’en soit rien. Certes, Victoria Nuland ne va pas venir distribuer des petit-beurres comme elle l’a fait place Maidan, elle n’est pas née, mais Tyrone Power, qui l’est, vient distribuer des rations de lait en poudre et des pâtes made in USA. Des enfants estropiés sont sélectionnés pour aller réciter un compliment au président Truman, qui les recevra à la Maison  Blanche. On amène même une vache du Texas pour célébrer l’amitié italo-américaine. L’empire est là, tel qu’en lui-même. Il n’a pas, depuis, changé d’un iota son modus operandi.

L’entretien Welles–Togliatti dans une petite trattoria vaut à lui seul un livre d’histoire ou deux. Le candide Orson et un autre protagoniste apportent au chef du PC de quoi faire, des élections qui viennent, un irrésistible raz-de-marée. Togliatti demande.

-       Et quand allons-nous enfin voir des films de John Ford, M. Welles ?

-       Euh.. je n’en sais rien, et Le voleur de bicyclettes ?

-       Oui, mais Hollywood, c’est quand même autre chose. C’est Hollywood qu’ils veulent.

(De fait, à Rome, Citizen Kane tiendra trois jours à l’affiche. Ninotchka, film de propagande anti-communiste, y restera trois mois.)

Et de finir par expliquer que, non, ils ne va pas se servir de ce qu’on lui offre, et que, non, les communistes  ne vont pas gagner les élections, ils vont s’arranger pour les perdre de justesse, et s’assurer ainsi un poids certain dans l’opposition…

-       Mais pourquoi ???

-       Z’avez vu les Grecs ? Les Américains sont déterminés. Si nous gagnions les élections, il y aurait un bain de sang. Je ne veux pas d’un bain de sang.

Aux chiottes les Grecs ! La foule qui y croit et qui éclate de bonheur malgré sa misère – c’est le printemps – ne se doute de rien. Elle lui élèverait même des statues à Palmiro, si elle en avait les moyens.

Il faut lire ce livre. D’histoire autant que de fiction. L’auteur réussit en prime un très beau portrait d’Orson Welles.

27. black magic rivages thriller.jpg

 

 

 

Davide Ferrario

Black Magic

Traduit de l’italien par Sophie Bajard

Rivages Thriller, 2002

408 pages

 

 

 

Au fait, sait-on que Welles a eu, de ses trois mariages, trois filles légitimes, et, hors mariage, un fils qu’il n’a jamais reconnu ? L’aînée, qui gagne sa vie en écrivant des ouvrages pédagogiques pour les enfants, lui a consacré un livre .

28. In my father's shadow.jpg

 

 

 

Christopher Welles Feder

In My Father’s Shadow : A Daughter Remembers Orson Welles

Algonquin Books, 2009

304 pages

Inédit en français.

 

 

D’où il ressort qu’il est aussi difficile d’être la fille légitime d’un génie que d’être le fils non reconnu d’un savant hors normes. Ou, comme l’a dit quelqu’un :

« Ignore your children and they will be obsessed with you for life »Alain de Botton

 

*


 

Mis en ligne le 16 avril 2014

 

 

 

16:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |