01/12/2014

TAPROBANA A VEU LAPPIA

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« Icelle moyenant, par la rétention des flotz aërez, sont les grosses orchades, les amples thalamèges, les fors guallions, les naufs chiliandres et myriandres de leurs stations enlevées et poussées à l’arbitre de leurs gouverneurs.

Icelle moyenant, sont les Nations, que Nature sembloit tenir absconces, imperméables et incongneues, à nous venues, nous à elles : chose que ne feroient les oyseaulx, quelque légièreté de pennaige qu’ils ayent et quelque liberté de nager en l’aër que leurs soit baillée par Nature. Taprobana a veu Lappia, Java a veu les mons Riphée ; Phebol voyra Thélème ; les Islandoys et Engronelands boyront Euphrates. Par elle Boréas a veu le manoir de Auster ; Eurus a visité Zéphire. De mode que les Intelligences célestes, les Dieux tant marins que terrestres en ont esté tous effrayez, voyans par l’usaige de cestuy benedict Pantagruelion les peuples arctiques en plein aspect des antarcticques, franchir la mer Athlanticque, passer les deux Tropicques, volter soubs la zone torride, mesurer tout le Zodiacque, s’esbattre soubs l’Æquinoxial, avoir l’un et l’aultre pôle en veue à fleur de leur orizon. » 

RABELAIS, TIERS LIVRE, Chapitre 51.

 

 

Prenant au mot S.S. François I et Vladimir Vladimirovitch,

soyons multipolaires et transversaux

 

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Essayons de connaître ceux avec qui nous allons passer les siècles à venir s’il en reste, et donnons aujourd’hui la parole à un représentant de l’Islam (chi’ite) et à un juif israélien redevenu russe et converti à l’orthodoxie byzantine.



De Karbala à l’État Islamique

A propos du plus grand pèlerinage au monde, qui a lieu actuellement, et des raisons pour lesquelles vous n’en avez jamais entendu parler

Par Sayed Mahdi al-Modarresi

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

Ce n’est pas le Hajj musulman, ou la Kumbh Mela indou. Désigné comme le « Arbaeen » [le quarantième jour], c’est le plus grand rassemblement au monde et vous n’en avez probablement jamais entendu parler ! Non seulement cette congrégation dépasse-t-elle le nombre de visiteurs à la Mecque (par un facteur de cinq, en fait), mais elle est encore plus importante que la Kumbh Mela, puisque cette dernière n’est commémorée que tous les trois ans. En bref, Arbaeen éclipse tous les autres rallyes de la planète, atteignant les vingt millions de participants l’an dernier. Cela représente une proportion impressionnante de 60% de toute la population d’Irak, et leur nombre est en augmentation année après année.

 

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Procession des pèlerins en direction de Karbala

Surtout, Arbaeen est unique parce qu’il se déroule contre un arrière-fond de scènes géopolitiques chaotiques et dangereuses. Daech – alias « État islamique » – considère les chiites comme des ennemis mortels, si bien que rien n’exaspère le groupe terroriste plus que la vue des pèlerins chiites rassemblés pour leur plus grande démonstration de foi.

Il y a une autre particularité de Arbaeen. Bien que ce soit un exercice spirituel typiquement chiite, des sunnites, et même des chrétiens, des Yézidis, des Zoroastriens et des Sabéens prennent part à la fois au pèlerinage et au service des dévots. Cela est remarquable compte tenu de la nature exclusive des rituels religieux, et cela ne peut signifier qu’une chose : les peuples, indépendamment de leur couleur ou de leur croyance, considèrent Hussein comme un symbole universel de la liberté et de la compassion, sans frontières et méta-religieux.

La raison pour laquelle vous n’en ayez jamais entendu parler est probablement liée au fait que la presse s’intéresse plus aux tabloïds négatifs, sanglants et sensationnalistes qu’aux récits positifs et inspirants, surtout lorsqu’il s’agit de l’Islam. Si quelques centaines de manifestants opposés à l’immigration défilent dans les rues de Londres, ils feront les gros titres. Un même niveau de temps d’antenne est accordé à une marche en faveur de la démocratie à Hong Kong ou à un rassemblement anti-Poutine en Russie. Mais un rassemblement de vingt millions de personnes, s’élevant en défi manifeste contre la terreur et l’injustice, ne parvient pas même à apparaître sur le bandeau défilant au bas des chaînes d’informations télévisées ! Un embargo médiatique non officiel est imposé sur cet événement gigantesque, bien que cette histoire possède tous les éléments critiques d’un reportage à succès : les chiffres effarants, la signification politique, le message révolutionnaire, le contexte tendu, ainsi que l’originalité. Mais quand une telle histoire parvient à franchir la hache éditoriale des grands médias, elle crée une onde de choc et touche toutes les catégories de populations.

Parmi les innombrables personnes inspirées par cet événement, il y a un jeune homme australien que j’ai rencontré il y a plusieurs années, et qui s’était converti à l’Islam. Évidemment, personne ne prend à la légère une telle décision qui change notre vie, et en réponse à ma demande, il m’a informé que tout avait commencé en 2003. Un soir, alors qu’il regardait les informations, son attention a été attirée par des scènes de millions de personnes affluant vers une ville sainte appelée Karbala, et entonnant le nom d’un homme dont il n’avait jamais entendu parler : « Hussein ». Pour la première fois depuis des décennies, dans un événement télévisé à l’échelle mondiale, le monde a pu avoir un aperçu de la ferveur religieuse auparavant interdite en Irak.

Une fois le régime baas sunnite renversé, les téléspectateurs occidentaux étaient impatients de voir comment les Irakiens allaient répondre à une nouvelle ère libérée de la persécution dictatoriale. La « République de la peur » s’était écroulée et le génie s’était échappé de la bouteille de façon irréversible. Ce jeune homme se souvient de s’être alors demandé : « Où se trouve Karbala, et pourquoi tout le monde va dans cette direction ? Qui est donc ce Hussein qui pousse ainsi les gens à défier tous les obstacles et les probabilités [d’attentat] et à sortir pour pleurer sa mort quatorze siècles après qu’elle soit survenue ? »

Ce qu’il vit dans ce reportage de 60 secondes lui parut tout particulièrement émouvant car les images étaient telles qu’il n’en avait jamais vues. Un sentiment fervent de communauté transformait les pèlerins humains en limaille de fer, s’essaimant en une masse de plus en plus compacte à mesure qu’ils se rapprochaient de ce qui pourrait être décrit comme le champ magnétique irrésistible de Hussein. « Si vous voulez voir une religion vivante, qui respire, pleine de ferveur et de vitalité, venez à Karbala » conclut-il.

 

 

Comment un homme qui a été tué il y a 1334 ans pourrait-il être si vivant et avoir une présence si palpable aujourd’hui, au point de pousser des millions de personnes à soutenir sa cause, et à considérer son sort comme le leur ? Les gens sont peu susceptibles de se laisser entraîner dans un différend (surtout s’il a eu lieu dans des temps anciens), à moins d’avoir un intérêt personnel dans l’affaire. Mais d’un autre côté, si vous avez le sentiment qu’une personne s’est engagée dans un combat pour votre droit à la liberté, votre droit à être traité avec justice et votre droit à une vie digne, vous pourrez considérer que vous avez un intérêt direct dans sa cause, et ressentir de l’empathie avec elle au point où la conversion à ses croyances ne serait pas une possibilité très lointaine.

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Procession des pèlerins devant le mausolée de l'Imam Hussein à Karbala

 

La tragédie ultime

Hussein, le petit-fils du prophète Mohamed, est vénéré par les musulmans comme le « Prince des Martyrs ». Il a été tué à Karbala en un jour qui a été désigné comme ‘Achoura – le dixième jour du mois islamique de Muharram – car il refusait de prêter serment d’allégeance au calife corrompu et tyrannique, Yazid.

Avec sa famille et ses compagnons [72 personnes], il fut encerclé dans le désert par une armée de 30 000 hommes, assiégé jusqu’à ce qu’il manque cruellement de nourriture et d’eau, puis décapité de la manière la plus macabre, un récit épique et captivant rapporté sur les chaires chaque année depuis le jour où il a été tué. Leurs corps ont été mutilés. Dans les mots de l’historien anglais Edward Gibbon, « [Même] dans une époque et un climat lointains, la scène tragique de la mort de Hussein réveillera la sympathie du lecteur le plus froid. »

Les musulmans chiites ont depuis ce jour pleuré la mort de Hussein, en particulier durant le jour de ‘Achoura, puis, 40 jours plus tard, durant le Arbaeen. Quarante jours est la durée habituelle du deuil dans beaucoup de traditions musulmanes. Cette année, Arbaeen tombe le vendredi 12 Décembre [2014].

 

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Ce tableau magnifique est une fresque des derniers instants de la tragédie de Karbala, à la mort des derniers combattants. On y voit le deuil des rescapées de la famille de Hussein, après le massacre et la décapitation de tous leurs proches (dont des enfants et un nouveau-né, et l'Imam Hussein lui-même, atrocement mutilé) et juste avant leur captivité et leur marche forcée à Damas. Seules les femmes ont été épargnées, dont Zaynab, la sœur de Hussein, ainsi que le fils de Hussein, l’Imam Ali « Zayn al Abidine » (qui était gravement malade), le 4e Imam du chi’isme. Tous deux prononceront des discours fameux face au tyran Yazid, à Damas. Pour rappel, l'intervention du Hezbollah en Syrie avait initialement été cantonnée à la protection du mausolée de Zaynab à Damas, que les terroristes de l'État Islamique menaçaient de détruire, ce qui aurait pu entraîner une guerre sectaire sunnites-chiites.

 

Longue marche

J’ai voyagé à Karbala, mon propre foyer ancestral, afin de pouvoir découvrir par moi-même pourquoi cette ville est si enivrante. Ce que j’ai vu m’a prouvé que même l’angle le plus large de l’objectif de la meilleure caméra reste trop étroit pour capturer l’esprit de ce rassemblement tumultueux, mais paisible.

Une avalanche d’hommes, de femmes et d’enfants, mais plus visiblement de femmes voilées de noir, remplit l’œil d’un bout de l’horizon à l’autre. Les foules étaient tellement énormes qu’elles causaient un encombrement sur des centaines de kilomètres.

Les 500 kilomètres de distance entre la ville portuaire méridionale de Bassora et Karbala constituent déjà un long voyage en voiture, mais c’est un périple incroyablement difficile à pied. Il faut deux semaines complètes aux pèlerins pour réaliser ce parcours. Des gens de tous les groupes d’âge crapahutent sous le soleil brûlant pendant la journée, et dans un froid glacial durant la nuit. Ils voyagent à travers un terrain accidenté, sur des routes inégales, à travers des bastions terroristes et des marais dangereux, et sans même l’équipement de voyage ou les commodités les plus élémentaires, les pèlerins emportant peu de choses à part leur amour ardent pour « le Maître » Hussein. Drapeaux et bannières leur rappellent, à eux et au monde entier, l’objet de leur voyage :

Ô mon âme, tu es sans valeur après Hussein.

Ma vie et ma mort sont une seule et même chose,
S’ils me prennent pour un fou, peu importe !

Ce message reprend des vers récités par Abbas, le demi-frère de Hussein et son fidèle lieutenant – également tué durant la bataille de Karbala* en l’an 680 de notre ère –, alors qu’il essayait d’aller chercher de l’eau pour ses neveux et nièces qui souffraient terriblement de la soif. Les conditions de sécurité actuelles étant dans l’état catastrophique qui fait de l’Irak le premier titre des informations dans le monde, personne ne doute que cette affirmation est authentique dans toutes les significations.

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Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant du thé aux pèlerins)


Déjeuner gratuit… et même dîner et petit déjeuner !

Une des parties du pèlerinage qui laissera chaque visiteur perplexe est la vue de milliers de tentes avec des cuisines de fortune mises en place par les villageois qui avoisinent le parcours des pèlerins. Les tentes (appelées « mawkeb ») sont des lieux où les pèlerins reçoivent pratiquement tout ce dont ils ont besoin. Repas chauds, espaces pour se reposer, appels internationaux gratuits pour rassurer des parents anxieux, couches pour bébés, etc., pratiquement tous les équipements dont peuvent avoir besoin les pèlerins sont fournis gratuitement. De fait, les pèlerins n’ont pas besoin de transporter quoi que ce soit sur ce parcours de 500 kilomètres, sauf les vêtements qu’ils portent.

Plus intrigante est la façon dont les pèlerins sont invités à manger et à boire. Les personnes qui organisent les « mawkeb » interceptent les pèlerins sur leur chemin et les prient instamment d’accepter leurs offres, qui incluent souvent une suite complète de services dignes de rois : on vous propose d’abord un massage des pieds, puis on vous offre un délicieux repas chaud, et vous êtes invités à vous reposer tandis que vos vêtements sont lavés et repassés, puis vous sont restitués après votre sieste. Tout cela gratuitement, bien entendu.

À titre de comparaison, considérez ceci : à la suite du tremblement de terre en Haïti, et avec la sympathie et le soutien du monde entier, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a annoncé la livraison d’un demi-million de repas au plus haut degré de ses efforts de secours. L’armée des États-Unis a lancé l’opération Réponse unifiée, réunissant les ressources massives de divers organismes fédéraux et annonçant que dans les cinq mois suivants la catastrophe humanitaire, 4,9 millions de repas avaient été livrés aux Haïtiens. Maintenant, comparez cela avec plus de 50 millions de repas par jour pendant Arbaeen, ce qui équivaut à environ 700 millions de repas pour la durée du pèlerinage, le tout financé non pas par l’Organisation des Nations Unies ou des organisations caritatives internationales, mais par des travailleurs et des agriculteurs pauvres qui se serrent la ceinture pour pouvoir nourrir les pèlerins et peuvent économiser durant toute l’année afin que les besoins des visiteurs soient satisfaits. Tout, y compris la sécurité, est assuré principalement par des volontaires, dont les combattants ont un œil sur Daech et un autre sur la protection du parcours des pèlerins. « Pour savoir ce que l’Islam enseigne, dit un organisateur de mawkeb, ne regardez pas les actions de quelques centaines de terroristes barbares, mais les sacrifices altruistes dont font preuve des millions de pèlerins pour Arbaeen. »

De fait, Arbaeen devrait être répertorié dans le Livre Guinness des records dans plusieurs catégories : le plus grand rassemblement annuel, la plus longue table à manger en continu, le plus grand nombre de personnes nourries gratuitement, le plus grand groupe de bénévoles participant à un seul événement, le tout sous la menace imminente des attentats-suicides.

 

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Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant de la nourriture aux pèlerins)

Dévotion inégalée

Le seul fait de contempler ces multitudes est à couper le souffle. Ce qui rend cette scène plus spectaculaire encore est que tandis que les conditions de sécurité se détériorent, de plus en plus de personnes sont prêtes à défier les menaces terroristes et à participer à cette marche en guise de protestation. Ainsi, le pèlerinage n’est pas un simple exercice religieux, mais une affirmation courageuse de résistance. Des vidéos mises en ligne montrent des kamikazes se faire exploser au milieu des pèlerins, avec pour seule conséquence des foules qui se font toujours plus nombreuses, et chantent à l’unisson :

S’ils nous coupent les jambes et les mains,
Nous ramperons jusques aux terres saintes !

Les horribles attentats à la bombe qui se produisent toute l’année, en ciblant principalement des pèlerins chiites et en prenant d’innombrables vies, illustrent les dangers auxquels sont confrontés les chiites vivant en Irak, et l’insécurité qui continue de gangréner le pays. Pourtant, la menace imminente de mort ne semble pas dissuader les gens – jeunes et vieux, Irakiens et étrangers – d’entreprendre le voyage dangereux vers la ville sainte.

Il n’est pas facile pour un étranger de comprendre ce qui inspire les pèlerins. On voit des femmes transportant des enfants dans leurs bras, des vieillards en fauteuil roulant, des gens sur des béquilles, et des personnes âgées aveugles tenant des bâtons de marche. J’ai rencontré un père qui avait parcouru tout le chemin depuis Bassora avec son garçon handicapé. Cet enfant de 12 ans avait une paralysie cérébrale et ne pouvait pas marcher sans aide. Ainsi, durant une partie de la marche, le père avait placé les pieds du garçon sur les siens et marchait avec lui en le tenant par les aisselles. C’est le genre d’histoire à partir desquelles des films oscarisés sont réalisés, mais il semble que Hollywood soit plus intéressé par les héros de comics que par ceux de la vie réelle dont les super-pouvoirs sont le courage et le dévouement.

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Un fidèle handicapé sur le chemin du pèlerinage

 

Le Dôme d’or de Hussein

Les visiteurs du sanctuaire de Hussein et de son frère Abbas ne sont pas motivées par la seule émotion. Ils pleurent au souvenir de sa mort atroce, et, ce faisant, réaffirment leur engagement en faveur de ses idéaux.

La première chose que les pèlerins font après avoir atteint son sanctuaire est de réciter la Ziyara, un texte sacré qui rappelle le statut de Hussein. Ils commencent cette récitation en appelant Hussein l’ « héritier » d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus. Il y a quelque chose de profond dans cette proclamation. Elle montre que le message de Hussein, un message de vérité, de justice et d’amour pour l’opprimé, est considéré comme une extension inséparable de tous les prophètes divinement nommés.

Les gens ne vont pas à Karbala pour s’émerveiller devant le paysage de la ville – luxuriant de palmiers-dattiers –, pour admirer la beauté architecturale du mausolée, pour faire des achats, se divertir, ou visiter des sites historiques anciens. Ils y vont pour pleurer. Pour faire leur deuil et ressentir l’aura angélique de Hussein. Ils entrent dans le sanctuaire sacré en pleurant et en se lamentant sur le plus grand acte de sacrifice de l’histoire.

 

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Fidèles autour du tombeau de l'Imam Hussein, à l'intérieur du mausolée


C’est comme si chaque individu avait établi une relation personnelle avec cet homme qu’il n’a jamais vu. Ils lui parlent et l’appellent par son nom ; ils saisissent les cloisons de son tombeau ; ils embrassent le sol conduisant au sanctuaire ; ils touchent ses murs et ses portes de la même manière qu’on touche le visage d’un ami perdu depuis longtemps. C’est une vision pittoresque aux proportions épiques. Ce qui motive ces gens est quelque chose qui nécessite une compréhension de la nature et du statut de l’Imam Hussein et de la relation spirituelle que ceux qui ont appris à le connaître ont développée avec sa légende vivante.

Si le monde comprenait Hussein, son message et son sacrifice, il commencerait à comprendre les racines anciennes de Daech [l’Etat Islamique] et son credo de mort et de destruction. C’est il y a des siècles, à Karbala, que l’humanité a assisté à la genèse de monstruosités insensées, incarnées dans les assassins de Hussein. Ce fut le combat des ténèbres les plus obscures contre la lumière brillante et absolue, de l’exhibition de vice contre l’archétype de vertu, ce qui explique la puissance du spectre de Hussein aujourd’hui. Sa présence est primordialement tissée dans toutes les facettes de la vie des pèlerins. Sa légende encourage, inspire, et se fait le champion du changement pour un monde meilleur, et aucune black-out médiatique ne pourra éteindre sa lumière.

« Qui est donc ce Hussein ? » Pour des centaines de millions de ses partisans, une question si profonde, qui peut inciter les gens à renoncer à leur religion pour une autre, ne peut recevoir de réponse qu’après un pèlerinage à pied au sanctuaire de Hussein.

 

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Le « Dôme d'or », mausolée de l'Imam Hussein

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* Il y a eu, en fait, deux batailles de Karbala : celle de 680, que commémorent les Chiites, au cours de laquelle l’imam Hussein, petit-fils du Prophète, a trouvé la mort, et celle de 2003, qui a opposé les forces de la « Coalition » (USA & C°) aux forces de défense irakiennes (principalement composées de Fedayin), qui s’est déroulée du 31 mars au 6 avril et a précédé la prise de Bagdad. [NdGO].

Voir également :

Discours de Sayed Hassan Nasrallah durant la cérémonie commémorant le 40e jour après ‘Ashura (03/01/2013)

On peut consulter (en anglais) : Histoire de la tragédie de Karbala

Et : Une « latmiya », commémoration type du martyre de Hussein chez les chi'ites (persan)

 

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Hassan Nasrallah : L'État Islamique est la plus grande distorsion de l'Islam dans l'Histoire (VOSTFR)


Voir également :

Discours de Sayed Hassan Nasrallah durant la cérémonie commémorant le 40e jour après ‘Ashura (03/01/2013)

 

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Vous souvenez-vous de l’article d’Israël Shamir, intitulé « Août 14 », que nous vous avions signalé le 3 septembre ?  (C’est ici tout à la fin. )

Eh bien, il y avait une suite et nous l’avons ratée ! Il n’est jamais trop tard pour bien faire. D’ailleurs, le propre des articles de Shamir, c’est qu’ils vieillissent comme le bon vin, peu importe quand on les boit. Le voici donc :

 

Août 14 – (Deuxième partie)

par Israël Adam Shamir – Septembre 2014

 

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« La Syrie et l’Ukraine sont deux champs de bataille en perspective...»

 

Les raisons du cessez-le-feu

La phase aigüe de la crise ukrainienne est passée à partir de la signature du cessez-le-feu de Minsk. On ne saurait prédire combien de temps il va être effectif, et s’il va évoluer vers une paix stable; mais déjà cette pause offre une occasion de revenir sur les politiques et stratégies des deux côtés. La première partie de cet essai traitait de la crise ukrainienne jusqu’à l’incident du Boeing. J’écrivais que les résultats obtenus par les rebelles étaient bien ternes et je concluais que « sans engagement russe franc, un mouvement séparatiste en Novorussie était voué à l’échec. »

Après la catastrophe aérienne, les Russes ont fait de la paix en Ukraine leur priorité. Paradoxalement, ceci exigeait un engagement plus grand de la part des Russes. Depuis le début, le Département d’État a eu beau prétendre le contraire, Poutine ne voulait pas la guerre en Ukraine, et encore moins contre l’Ukraine. Il aurait préféré que l‘Ukraine reste neutre et amicale. L’intervention n’était pas prévue au menu, de son point de vue, lorsque les US ont entrepris d’attaquer la Russie par le biais de l’Ukraine, ou du moins, de renforcer leur emprise sur l’Europe en utilisant l’épouvantail russe. Et Poutine a continué à traîner des pieds, en espérant que les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes.

Mais il avait mal fait son calcul. Il n’avait pas compté avec les ardeurs belliqueuses de Porochenko, sur la disposition du nouveau gouverneur de Kiev pour infliger de grands carnages aux civils et pour y sacrifier sa propre armée. C’était la surprise, après la transition pacifique qui avait eu lieu en Crimée, car Poutine avait des raisons d’espérer que Kiev écouterait les revendications du Donbass. Poutine ne pouvait pas abandonner le Donbass en flammes et oublier toute l’affaire.
Un million de réfugiés sont déjà passés d’Ukraine en Russie; la poursuite de la guerre de Kiev au Donbass aurait pu provoquer un afflux de réfugiés de l’ordre de cinq millions, trop pour que la Russie puisse les absorber.

Poutine était prêt à négocier avec Porochenko et à s’entendre sur des bases pacifiques; mais Porochenko a refusé. Le soutien aux rebelles du Donbass, de basse intensité, ne suffisait pas pour changer les règles du jeu et pour forcer Porochenko à négocier. Cela exigeait une victoire limitée, au prix d’un relatif engagement russe.
Mais cet engagement a suffi pour modifier rapidement la situation. Devant sa défaite dans la ville portuaire de Marioupol, Kiev a accepté les propositions de Poutine. L’engagement pouvait-il aller jusqu’à l’invasion ? Je n’ai pas accès aux secrets d’État, mais je vais partager avec vous ce que j’ai entendu dire, vu et compris.
Premièrement, comparons la Russie au Vietnam d’il y a cinquante ans.

• Le Vietnam était divisé entre le Sud et le Nord, par l’œuvre de l’Occident, de même que l’URSS a été divisée entre Ukraine et Russie par l’Occident.

• Le Nord Vietnam est devenu indépendant, tout comme la Russie.

• Le Sud Vietnam est resté sous occupation, et l’Ukraine est restée sous occupation occidentale.

• Les habitants du Sud Vietnam se sont dressés contre leur gouvernement mis en place par les USA, et le Vietnam du Nord a soutenu leur lutte.

• Les USA ont présenté la guerre comme une « agression par le Nord Vietnam », mais le Nord et le Sud ne constituaient pas deux États indépendants; il s’agissait d’un seul État, artificiellement scindé par l’Occident.

• De la même façon, les USA présentent maintenant la guerre en Ukraine en termes d’« intervention russe » mais ni la Russie ni l’Ukraine ne constituent deux pays pleinement indépendants; ce sont plutôt deux moitiés d’un seul pays, au regard des Russes comme des Ukrainiens. De leur point de vue, les habitants de l’Ukraine se sont soulevés contre le gouvernement mis en place par les USA, et la Russie indépendante a été forcée de soutenir leur combat.

• Les gens de ma génération se souviennent que les USA ont tué des millions de Vietnamiens, ont bombardé leurs villes et saccagé leur terre sous la bannière de la « résistance à l’agression du Nord Vietnam », mais cela s’est terminé par la réunification du Vietnam. Porochenko est le Ngo Dinh diem de l’Ukraine, Poutine est un improbable Ho Chi Minh de la Russie.

L’engagement russe a consisté tout d’abord à équiper et à entraîner des forces de Novorussie de la même façon que les USA ont entraîné les rebelles syriens en Jordanie, et ensuite il a été permis à certains officiers russes de quitter leur poste pour rejoindre les forces rebelles sur la base du volontariat. Les unités rebelles, entraînées et équipées par la Russie, renforcées par quelques officiers russes, n’étaient pas capables de faire autant de dégâts qu’une armée régulière; leur enthousiasme remplaçait le manque de savoir-faire. Le régime de Kiev a estimé l’ensemble de la présence militaire russe en Ukraine à un millier de personnes; quantité négligeable en comparaison des 50.000 hommes de troupe ukrainiens et des 30.000 rebelles en armes, mais ce sont eux qui ont fait la différence. Encore plus important : le commandement stratégique et le renseignement, fournis par des stratèges à la retraite de l’État-major russe.

Des gens présents sur le terrain m’ont dit que le chef militaire en Novorussie, le colonel Strelkov (dont j’ai parlé dans la première partie de cet article) n’avait pas d’expérience du commandement dans des opérations à grande échelle, et que malgré son courage personnel il n’a pas pu mener à la victoire une force de 30.000 hommes. Apparemment, on lui a demandé de laisser le commandement à des professionnels plus expérimentés. Ce sont eux qui ont rapidement amélioré la situation en stabilisant le lien entre la Russie et l’enclave tenue par les rebelles. L’armée de Kiev a été chassée des villes de Donetsk et de Lougansk.

Une force rebelle supplémentaire a franchi la vieille frontière entre Russie et Ukraine, s’enfonçant loin au sud de Donetsk et tout près de Marioupol, importante ville portuaire sur la mer d’Azov. La vitesse éclair de l’attaque de Marioupol a modifié l’équilibre sur le terrain. Après cela les rebelles ont pu avancer vers Melitopol, et viser même Kakhovka, site de batailles féroces lors de la guerre civile en 1919. S’ils devaient prendre Kakhova, ils pourraient parfaitement sécuriser toute la Novorussie ou même reprendre Kiev. Ces développements ont prouvé à Porochenko qu’il avait besoin d’un cessez-le-feu. Il a accepté la formule de Minsk et l’armistice s’est mis en place. Les rebelles étaient outrés par l’armistice, parce qu’ils ont eu l’impression qu’on leur volait la victoire, mais ils ont été convaincus par les Russes qu’il valait mieux préserver le Donbass.

 

Les sanctions

Pour le principal antagoniste de la Russie, les USA, le cessez-le-feu était un recul mineur. Washington aurait préféré que les Russes de Russie et d’Ukraine s’entretuent, mais il fallait tenir compte de la faiblesse des forces de Kiev. En 1991, lors de l’implosion de l’URSS, l’Ukraine avait hérité d’une armée bien mieux équipée et plus forte que celle de la Russie, mais vingt ans de détournements en ont fait un organe affaibli. Lorsque l’armée de Kiev aura été vitaminée par les mercenaires occidentaux et par les soldats de l’Otan, la guerre pourra toujours se rallumer, à moins qu’un règlement politique intervienne d’ici là.

Pendant ce temps-là, les USA ont appliqué plusieurs mesures de guerre économique contre la Russie. Le terme de sanctions nous égare. Des sanctions, à proprement parler, ce sont des actes d’une autorité légitime envers ses sujets; ainsi les sanctions du Conseil de Sécurité. Mais les mesures des USA et de l’UE contre la Russie ne sont que des actes de guerre contre la Russie, menés par le biais économique

Certaines « sanctions » visaient les plus puissants des Russes de l’entourage de Poutine. L’idée était d’amener ces hommes puissants à comploter et à se débarrasser du ce président populaire. Ce cercle de personnalités sanctionnées a ensuite été élargi jusqu’à inclure de nombreux parlementaires et hommes d’affaires, tandis que les Russes ordinaires prenaient les sanctions à la légère, se réjouissant même des désagréments qu’elles causent aux richards de ce pays. Poutine a plaisanté, soulignant que les interdictions de voyager, contre des législateurs au sommet, leur laisseraient plus de temps pour s’occuper de leurs administrés.

D’autres sanctions visaient l’économie russe : les banques, le crédit ont été touchés; les alliés des USA se sont vu interdire de transférer leur technologie de pointe vers la Russie. Les Russes sont habitués à ce traitement : en fait, à l’époque soviétique, cela s’appelait le CoCom (le comité de coordination pour le contrôle multilatéral des exportations), un embargo sur l’approvisionnement en technologie de pointe pour les pays socialistes. C’était un obstacle puissant à leur développement; si d’autres pays pouvaient acheter de la technologie de pointe ailleurs, par exemple au Japon, les Russes et les Chinois devaient la détourner ou la réinventer. Le CoCom est l’une des raisons pour lesquelles les soviétiques ont pris du retard, après la Deuxième Guerre mondiale, en comparaison des années 1930, quand les soviétiques pouvaient acquérir la technologie la plus pointue de l’époque, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire. Apparemment, Obama a ressuscité le CoCom; et c’est là la menace la plus sérieuse contre la Russie jusqu’à maintenant.

Tout cela aura un effet puissant, de différentes manières, non seulement quant aux bénéfices pour la Russie mais aussi au niveau de leur façon de penser. Après 1991, la Russie a bradé plusieurs de ses propres industries, en particulier en matière d’aviation, et s’est mise à acheter des Boeings ou des Airbus. Maintenant, il va falloir qu’ils fabriquent leurs propres avions. La Russie est pleinement intégrée au système bancaire occidental et a placé des milliards en titres US. La Russie a utilisé ses bénéfices pétroliers pour acheter du fromage de Hollande, des pommes polonaises, du vin italien, tout en négligeant sa propre production d’aliments. Sous les sanctions occidentales, les Russes vont probablement renoncer à bien des actions de coopération internationale, et commencer ou recommencer à développer leurs propres industries et agriculture. Cela coûtera cher, les projets sociaux en souffriront. La prospérité des dix dernières années pourrait bien s’évanouir

La Russie a appliqué des contre-sanctions et l’a fait avec modération. Elle a cessé d’importer des aliments des pays qui la sanctionnent, ce qui fait pression sur les producteurs agricoles européens. Cette mesure pourrait avoir du poids en Europe. En France, pour la première fois, cela peut amener Mme Le Pen, du Front national, à l’Élysée, dans la mesure où les deux partis officiels sont également liés aux USA. La Finlande, la Slovaquie, la Grèce vont soupeser la possibilité de quitter l’UE aussi. En Russie, la classe pro-occidentale, toute clinquante et caquetante, a été absolument scandalisée de la disparition des huîtres et du parmesan; les prix alimentaires ont grimpé partout, mais graduellement.


Les sanctions après le cessez-le-feu

Les Russes ont été sidérés par la réponse occidentale, qui a consisté à élargir encore les sanctions, malgré le cessez-le-feu en Ukraine. Apparemment, ils pensaient et espéraient que la coexistence amicale antérieure avec les USA allait reprendre dès qu’ils lâcheraient le fardeau de la Novorussie. Les élites au pouvoir en Russie étaient prêtes à accepter leurs lourdes pertes stratégiques en Ukraine et à vivre avec. Mais c’était compter sans les USA. Parce que Washington exigeait encore plus de sanctions.

Lentement, ce qui qui transpire, c’est que pour l’administration US, la crise ukrainienne ne constituait guère qu’une explication plausible et un prétexte pour attaquer la Russie. Pour se trouver à couvert, Obama a ouvert le Second Front contre la Russie au Moyen Orient; ostensiblement, contre la chimère du Califat, mais en fait avec un tout autre objectif.

L’ISIS (ou ISIL, IS, Daish ou Califat) est un projet de néo-colonisation de la Syrie et de l’Irak. La technique nous est familière : les Anglo-américains créent un démon, le nourrissent jusqu’à ce qu’il atteigne son plein épanouissement, puis le détruisent et s’emparent du territoire. Ils avaient créé Hitler, ils l’ont soutenu, pour ensuite le démoniser et l’ont fait démolir par l’intermédiaire des Russes*. L’Allemagne reste un pays occupé jusqu’à aujourd’hui. Al-Qaida a été créé dans les années 1980 pour combattre les Russes en Afghanistan, puis a été utilisé pour créer le casus belli en 2001. Et l’Afghanistan est toujours occupé. L’ISIS a été mis en place pour combattre les Russes en Syrie, et maintenant, ils s’en servent pour bombarder l’Irak et la Syrie. Au final, les USA vont contrôler et occuper tout le Croissant Fertile, avec Israël comme pièce maîtresse. Certaines personnes tournées vers la religion pourront y voir l’accomplissement de la prophétie du Grand Israël du Nil jusqu’à l’Euphrate.

Les Russes, comme les gens du Moyen Orient, ne croient pas à l’histoire officielle du sauvetage d’un monde menacé par l’ISIS. Ils se rappellent que, tout récemment encore, l’ISIS était censé être une force modérée qui se battait en Syrie pour la démocratie, contre un tyran sanguinaire. Ils pensent que les USA utilisent leur joujou monstrueux pour briser l’Irak, créer un Kurdistan « indépendant », bombarder la Syrie, chasser Bachar al Assad du pouvoir et dérouler un nouvel oléoduc depuis le Qatar via le Kurdistan et la Syrie, jusqu’en Turquie et en Europe, rejetant la Russie hors du marché du gaz européen, de façon à assurer la chute des revenus russes et la fin des liaisons dangereuses entre Européens et Russes.

Les Russes n’aiment pas plus les extrémistes islamiques takfiristes que quiconque, de sorte qu’ils ont été surpris que dans l’esprit des mandarins US, il y ait une connexion entre ISIS et Russie. Robert Whitcomb, éditorialiste du Wall Street Journal dit dans un essai intitulé « Quelques vœux pieux à propos de Poutine et de l’État islamique » que tous deux sont en quelque sorte semblables dans leur pure perversité. « Nous pourrions sourire devant ces fresques de la Renaissance où de petits diables s’agitent. Nous ne voulons pas admettre qu’il y ait du diabolique dans notre univers. Mais si on regarde du côté de l’État islamique et du régime de Poutine, on réalise qu’en 1500 ces gens-là mijotaient déjà quelque chose » (vous ne serez pas étonnés d’apprendre que Whitcomb déteste l’Islam et adore Israël, n’est-ce-pas ?)

Anne-Marie Slaughter, ancien membre du Département d’État et professeur à Princeton, a appelé à l’intervention en Syrie pour donner aux Russes une leçon : « La solution à la crise en Ukraine se trouve en partie en Syrie. C’est la reculade d’Obama sur la question du lancement de missiles sur la Syrie, en août de l’année dernière, qui a donné des ailes à Poutine pour annexer la Crimée. Il est temps de réorienter les calculs de Poutine, et la Syrie est le lieu indiqué pour cela. Une frappe US contre le gouvernement syrien, maintenant, modifierait la dynamique tout entière. Après la frappe US, France, et Grande Bretagne demanderaient au Conseil de Sécurité un accord rétrospectif pour la décision prise, comme ils l’avaient fait pour le l’intervention de l’Otan au Kosovo en 1999. Et, ce qui est aussi important, les tirs US en Syrie résonneront puissamment en Russie »**.

En Russie, il y a quelques voix pour appeler au soutien des frappes US en Syrie. D’importants politiciens et parlementaires proposent de refaire le coup de 2001, quand les Russes ont soutenu la guerre US contre le terrorisme, malgré des conséquences fâcheuses. (Rappel : depuis 2001, l’Afghanistan est occupé par les USA et le trafic de drogues en direction de la Russie et de l’Europe s’est trouvé multiplié par vingt). En fait, il y a beaucoup de politiciens pro-occidentaux au pouvoir en Russie, et particulièrement dans les médias russes. Jadis, l’Occident avait la liberté d’expression, tandis que la Russie soviétique parlait d’une seule voix. Maintenant, les choses se sont inversées : la Russie jouit du pluralisme des points de vue et de la liberté d’expression, tandis qu’à l’Ouest, les points de vue alternatifs n’existent que dans les marges du discours public.

Pourquoi les USA veulent-ils tellement soumettre la Russie, alors que la Russie n’a pas d’ambitions disproportionnées et qu’elle est généralement accommodante face aux exigences US ? Les USA, c’est quelque chose de spécial, car ces héritiers de l’empire britannique guidés par l’esprit juif sont le seul pays qui ait jamais été mu par le désir unique, ruineux et pesant de commander l’ensemble de la planète Terre. Ils envisagent toute force indépendante dans l’univers comme un défi intolérable. Ils pensent que la Russie, avec ses armes nucléaires et sa population éduquée, peut devenir trop forte et désobéissante. La Russie est un mauvais exemple pour l’Europe, le Japon, la Chine, l’Inde aussi, car ces pays pourraient basculer vers l’indépendance. La Russie, avec son pétrole et son gaz, peut miner le statut du dollar en tant que monnaie internationale. Les armes russes pourraient protéger l’Iran et la Syrie de l’agressivité américaine.

Pour toutes ces raisons, une guerre entre les USA et ses relais contre la Russie semble très probable. La Syrie et l’Ukraine sont deux champs de bataille en perspective, où l’affrontement des volontés précède la bataille d’acier. La guerre peut être conventionnelle ou nucléaire, régionale ou à l’échelle mondiale. L’enjeu, c’est la domination globale des USA sur tous les plans. Nombreux sont les Russes qui préfèreront une guerre à ce projet sinistre.

__________________

* Nous pensons qu’ils ne l’ont démonisé que lorsqu’il a été irrémédiablement battu par l’Union Soviétique, afin de pouvoir intervenir sur le terrain et arrêter la marche de l’Armée Rouge, à laquelle rien ne se serait opposé jusqu’au mur de l’Atlantique. La preuve en est que Winston Churchill a voulu attaquer l’URSS aussitôt le Reich vaincu. [NdGO]

** Il a bonne mine, Raimondo, avec ses « trois mégères de l’Apocalypse ». Elles sont au moins douze. ! [ NdGO]

Les passages soulignés le sont par nous.

Traduction: Maria Poumier - http://www.plumenclume.net/

Contact: adam@israelshamir.net

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11. l'autre visage d'israel.jpeg

 

 

AlQalam – 2004 – 416 pages

Préface de Silvia Cattori

 

Pour plus d’informations :

http://www.israelshamir.net/French/Fr12.htm

http://www.israelshamir.net/French/Fr14.htm

 

 

 

 

12. bataille du discours.jpeg

 

 

 

 

 

 

Booksurge – éd. illustrée – 2008

493 pages

 

 

 

 

 

 

 

*

Addendum

Encore un qu’on avait sauté. Sans rapport avec religions ou philosophies. Il s’agit de technologie. Mais de technologie chez les ayatollahs…

Vous vous souvenez du drone US supersophistiqué descendu et capturé intact par les Iraniens ? Suite de l’histoire :

 

Ingénierie Aéronautique Iranienne : L’Exploit !

par Georges Stanechy – À contre-courant

18 novembre 2014

[ N.B. : Texte publié le 15 novembre 2014, sur le Blog : Iran : Analyses et Perspectives ]

« D’un point de vue du secret, c’est comme si on avait fait tomber une Ferrari dans une culture technologique du char à bœuf »… Métaphore méprisante de Richard Aboulafia, analyste au Teal Group (expertise en aéronautique et spatial),(1).

Emblématique de  l'arrogance indécrottable des responsables US et de leurs « experts militaires ». Face à la magistrale opération de contrôle, le 4 décembre 2011, par la Division « Guerre Electronique » des forces armées Iraniennes de leur drone le plus sophitiqué : le RQ-170 Sentinel.

L’appareil avait pénétré l’espace aérien Iranien, se croyant indétectable pour l’avoir effectué précédemment à plusieurs reprises, sur une profondeur de 225 km au nord-est du pays. Survolant Kāshmar, capitale de la province de Razavi Khorasan, à 926 km de Téhéran.

Nuance de taille : la « Ferrari » n'est pas tombée du ciel...

Les Iraniens s'en sont emparés !...

 

13. Drone Iran.JPG

Lire la suite…

 

Source : http://stanechy.over-blog.com/2014/11/ingenierie-aeronautique-iranienne-l-exploit.html

 

 

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Le pape a parlé d’esclaves en Europe ?

Le Home Office confirme : 13.000 en Angleterre

(Les brèves de RT sont en  anglais)

14. UK modern slavery.jpg

L’an dernier, on les avait estimés à 2744, dont 600 enfants. Mais on était loin de compte. Cette année, le chiffre a quadruplé.

Sources : Forces de police et œuvres charitables.

http://rt.com/uk/209939-uk-modern-slavery-statistics/

 

15. marriage-scandal.si.jpg

Une Slovaque de 20 ans, enceinte, vendue par un simulacre de mariage. La police de Manchester arrête dix hommes et deux femmes.

http://rt.com/uk/205123-trafficking-abortion-marriage-scandal/

 

16. human-trafficking-uk-report2.si.jpg

Marqués comme du bétail – Le rapport fait état de « hordes » de victimes, y compris des enfants, vendues au Royaume Uni.

http://rt.com/uk/191864-human-trafficking-uk-report/

 

00. doctor.si.jpg

Vingt-deux ans de prison à un médecin de Cambridge, pour avoir abusé sexuellement de 18 de ses petits patients atteints de cancer. 

http://rt.com/uk/210399-pedophile-doctor-jailed-abuse/

 

 

Pourtant Dutroux-prédateur-isolé, est derrière les barreaux.

 

 *

Dernière minute :

Thierry Meyssan sur le limogeage de Chuck Hagel

« ... En premier lieu, il a coupé bien des passerelles entre les Forces US et Tsahal. Puis, il a procédé à de colossales coupes budgétaires, sauf dans le domaine nucléaire. Durant son mandat, il n’a cessé d’être attaqué par les pro-Israéliens, les néo-conservateurs et les organisations gays (financées par les précédents)... »

Obama a-t-il encore une politique militaire ?

http://www.voltairenet.org/article186084.html

 

 

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Mis en ligne le 1er décembre 2014.

 

 

 

 

17:48 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/11/2014

DES NOUVELLES DE LA FIN DU MONDE

1. Titanic-Cameron.JPG

Des nouvelles de la fin du monde

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« Ils combattront la Russie jusqu’au dernier Ukrainien »

Le Saker

Projet Ukraine bouclé

Par Babeuf79 – Slavyangrad.org24 novembre 2014

 

2. Project 1.jpg

 

Poutine a quitté le sommet du G20 sans attendre la fin du programme. Il est certain que le Président de Russie avait le droit de dormir à son arrivée à Moscou, surtout si « du travail l’attendait lundi ».

Il est possible que Poutine soit incapable de dormir dans un avion, qui met huit heures à atteindre notre Extrême-Orient, et encore huit heures de là à Moscou. Il est difficilement croyable que l’avion du dirigeant d’une super-puissance ne soit pas équipé d’une chambre à coucher : ce genre d’option se trouve dans n’importe quel jet d’affaires modèle courant. Pour les gens qui passent une grande partie de leur vie en l’air (souvent pendant des heures d’affilée) et qui traversent des fuseaux horaires, ce genre d’équipement n’est pas un luxe mais une nécessité. Et il est impossible de supposer que le Ministère des Affaires étrangères et le Chef du protocole ne l’aient pas informé à l’avance du programme total et détaillé du Sommet.

Par conséquent, Poutine savait très bien quand le Sommet devait se terminer. Dans des occasions de ce genre, on reste jusqu’à la fin. Il n’est pas admissible que les hôtes préparent, planifient, et coordonnent l’événement et que les invités s’en aillent simplement quand ils en ont envie. Et cela, d’autant qu’événements culturels et dîners sont également utilisés pour servir aux négociations.

Ceci revient à dire que le Président russe a délibérément et ostensiblement quitté le Sommet, sans même se donner la peine de donner une explication polie de ses actes. On aurait, après tout, pu dire qu’il était malade, mais le désir de dormir après seize heures de vol était une explication insultante pour les Australiens, et l’insulte a été délibérée.

Qu’est-ce qui a causé cette réaction de Vladimir Vladimirovitch ? Même si le Premier ministre australien n’avait pas passé la semaine entière à annoncer son intention de réclamer agressivement des comptes à Poutine à propos de l’avion malaisien ; même si le service de presse du Premier ministre canadien n’avait pas fait « fuiter » en direction des médias sa « redoutable » exigence de retrait russe de l’Ukraine ; même si les médias russes, juste à temps pour le Sommet, n’avaient pas miraculeusement « trouvé » une photo d’un fighter jet mitraillant l’avion en vol, même alors, il était évident que le principal sujet des négociations entre le Président russe et les dirigeants occidentaux devait être la crise ukrainienne. En fait, la seule chose qui présente un intérêt pour la Russie dans cette affaire, c’est la position des États-Unis. Le reste des Occidentaux ne respire et ne bouge que de la façon définie par Washington.

Si on considère l’accumulation d’énergie sociale explosive, dans une Union Européenne en voie de déstabilisation rapide, celle-ci ne durera plus très longtemps, bien qu’elle soit encore là pour l’instant. Puisque les USA ne donnent à l’Ukraine ni de l’argent ni des armes, ne lui permettant même pas d’essayer de stabiliser la situation dans le pays en laissant se concentrer le pouvoir dans une seule main (premièrement, ils n’ont pas permis que Yatseniouk soit élu président ; puis Porochenko n’a pas pu avoir la majorité à la RADA, donc aucune possibilité de pouvoir nommer son candidat Premier ministre), il est clair, depuis des mois, qu’ils ont fait une croix sur l’Ukraine. C’est-à-dire qu’il serait dès lors logique de discuter avec Washington de la situation « post-Ukraine », en même temps que du problème de financer mutuellement le redressement économique du pays et le désarmement des bandes nazies.

Que peut offrir la Russie ? Poutine laisse toujours à un adversaire la possibilité de sauver la face. Par conséquent, les propositions russes devaient s’aligner sur les thèses de Poutine de février-mars. L’Ukraine devrait être préservée en tant qu’état mais réorganisée sur une base fédérale (ou confédérale). L’Occident et la Russie devraient conjointement garantir sa totale neutralité. Les droits de la population russe du pays devraient être respectés, notamment par un amendement de la Constitution garantissant officiellement le bilinguisme.

 

3. Project 2.jpg

 

Le problème de la Crimée sera résolu en rétablissant un état ukrainien qui en est déjà séparé. La Russie et l’Occident partageraient le fardeau de restaurer l’économie ukrainienne, y compris par l’annulation d’anciennes mauvaises dettes, d’ouvrir leurs marchés aux produits de l’Ukraine tout en réduisant les prix de ses importations les plus critiques, ceux de l’énergie y compris, et en lui garantissant une assistance financière sous forme de prêts soit directs soit à tarifs très réduits.

Il est clair que ce ne serait là qu’un moyen soft de réintégrer l’Ukraine dans la sphère d’influence russe, mais les USA et l’UE sauveraient la face en pouvant mettre l’accent sur le fait qu’ils auraient « sauvé » l’état ukrainien d’une perte de souveraineté, en même temps que « confirmé » le statut de neutralité de l’Ukraine.

Puisque Poutine a ostensiblement quitté le Sommet avant la fin, on peut dire avec certitude que les USA ont rejeté toute forme de compromis sur l’Ukraine. Conséquence : dans les jours qui viennent, une semaine au plus, commencera une guerre totale sur tout le territoire de l’état en voie de disparition. Cette guerre se déroulera sous deux formes.

Ce n’est pas pour rien que la Milice, pendant les mois de trêve, n’a pas cessé de chercher (et a trouvé) des véhicules lourdement blindés dans les steppe du Donetsk, a recruté et entraîné des milliers de volontaires, y compris des gens possédant le savoir spécifique et les compétences nécessaires à l’utilisation effective de la technologie moderne. Tous les témoins oculaires confirment que la densité des troupes dans les DPR/LPR (Républiques Populaires du Donetsk et de Lougansk) doit se lire « hors échelle » et que ces troupes sont concentrées sous forme de quelques groupes en formation d’offensive très prononcée. Et ces troupes ont été chouchoutées : elles n’ont pas été envoyées au front. Ceci est la première forme que prendra la guerre : effondrement du front, suivi d’une occupation graduelle du territoire, pas seulement de la Novorossia mais de la totalité de l’Ukraine. Ce sera un processus lent, qui dépendra de l’empressement (de l’état de préparation, aussi) de la Milice et des régions.

La seconde forme devrait amener les régions Centrale et Occidentale au degré d’empressement/préparation souhaité (la Novorossia est déjà prête). Cela, c’est une guerre civile entre autorités ukrainiennes (Yatseniouk contre Porochenko, Kolomoïsky contre tous, les nazis contre les oligarques, l’Armée contre la Garde Nationale, les groupes d’« auto-défense » paysans contre les expropriateurs de denrées alimentaires, les « détachements d’approvisionnement », etc.) C’est le conflit le plus terrible, capable de décimer rapidement la population ukrainienne dans la proportion de vingt-cinq à trente pour cent et de pousser les survivants à accepter n’importe quoi, juste pour que l’horreur s’arrête.

C’est cette horreur que Poutine a essayé d’éviter en offrant à l’Occident la préservation (inutile à la Russie) de l’Ukraine, à condition qu’elle soit fédérale et neutre. C’est cette horreur que les USA, délibérément, provoquent. En fait, ils ne la provoquent pas, ils l’ont provoquée : le coup d’état et la guerre civile sont devenus inévitables en Ukraine deux mois avant les élections parlementaires, lorsqu’il a été évident que Turchinov, Yatseniouk et Avakov n’allaient pas aller aux urnes avec Porochenko, mais contre lui. Les États-Unis attendent depuis longtemps que les dirigeants de Kiev et leurs hommes de main nazis commencent à s’entretuer.

Le studieux Yatseniouk, l’obéissant Avakov et Turchinov, définitivement privés de toute pertinence, sont prêts à appuyer sur la gâchette. Mais le second étage de leurs hommes de main a toujours peur. L’Armée soutient toujours Porochenko. Pour dire les choses modérément, elle n’éprouve pas de sentiments amicaux pour les bataillons de volontaires nazis. L’effondrement du front qui, après l’échec des négociations d’Australie est devenu inévitable, élimine ce point d’appui. De plus, Porochenko, étant leur commandant suprême à tous, perdra de sa crédibilité auprès des agences sociales (NGO) et sécuritaires (mercenaires).

Les USA obtiennent ce qu’ils veulent : une guerre civile sanglante à grande échelle en Ukraine, avec la liquidation de ce qui reste de l’économie et de l’état, plus l’effondrement de tous les services communaux et sociaux. [Comme en Yougoslavie. NdT] Le territoire entier sera, en l’espace de quelques jours, replongé dans l’Âge de pierre.

Les USA espèrent qu’ayant finalement formé le « peuple ukrainien », ils auront, par là, réussi à séparer définitivement l’Ukraine de la Russie. En outre, ils savent que la restauration de conditions de vie normales pour les survivants devra être assumée par la Russie et l’UE, ce qui devrait bloquer les ressources de Moscou et de Bruxelles, créant ainsi un avantage compétitif pour Washington.

Ces calculs sont aussi faux que le fut la tentative de février-mars de faire de l’Ukraine un formidable bélier nazi anti-russe. La plupart des gens censés former un  « peuple ukrainien » périront passivement ou iront s’abîmer sur les différents fronts de la guerre civile. Quant à ces « leaders de l’opinion publique », ceux qui ont façonné par leurs discours la russophobie en Ukraine au cours des vingt dernières années, les plus chanceux réussiront à émigrer à l’Ouest et passeront tranquillement le reste de leurs jours dans l’obscurité ; la majorité mourra d’autant plus facilement que les USA  n’ont nul besoin de laisser derrière eux des témoins de leurs crimes. Même la partie des gens qui commencent leur matinée en crachant en direction de Moscou et en se prosternant devant l’Occident, après un bref mais efficace bain  de sang organisé par les politiciens pro-Occidentaux à coups de slogans pro-Occidentaux, et surtout une fois que l’Occident se sera dissocié du sort de l’Ukraine (ce qui sera bientôt évident aux yeux des plus euphoriques pro-Maidan eux-mêmes), elle haïra l’Occident pour sa trahison (des articles et des blogs allant dans ce sens, écrits par les moins aveugles des partisans de l’intégration à l’UE, commencent déjà à faire leur apparition dans les mass media ukrainiens).

 

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Le reste de la population ukrainienne rencontrera les troupes (novorossiennes ou russes) comme les Allemands ont rencontré l’Armée Rouge en  1945 : en faisant la queue devant les cuisines de campagne, et en absorbant la nouvelle idéologie avec leur bouillie. N’oublions pas qu’un état totalitaire a été fabriqué de toutes pièces en Ukraine et que la propagande totalitaire a une grande particularité : les gens commencent à aimer ce qu’ils exécraient la veille, aussitôt qu'est déplacé le centre des préoccupations.

Permettez-moi de rappeler que l’Ukraine a été la république la plus loyale de l’URSS, plus loyale même que la RSFSR (République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie) et que, d’un seul coup, après la déclaration d’indépendance, la grande majorité des membres du PCUS (y compris Koutchma, Kravchuk et Iouchtchenko) sont soudain devenus des « patriotes ukrainiens » et presque des combattants anti-communistes clandestins. L’attitude de la population a changé tout aussi vite. Les « constructeurs conséquents du communisme » d’hier sont devenus les transporteurs non moins conscients des idées de l’ukrainisation : Russes, Juifs, et même Tadjiks sont devenus des Ukrainiens plus purs et plus durs que les Ukrainiens de souche.

Par ailleurs, l’idée de retenir ne fût-ce qu’une souveraineté formelle a complètement disparu. Il n’y aucune logique de principe à partager des territoires entre les membres environnants de l’Union Européenne (Pologne, Roumanie, Hongrie). Donner la Galicie banderiste à la Pologne ne pourrait tout au plus servir que de subtile vengeance. Mais ce serait dommage de perdre ce territoire, alors que les banderistes peuvent être, de toute façon, éjectés vers la Pologne.

Espérons, pour des raisons objectives, que la Milice avancera lentement vers l’Ouest, de façon à ce que quiconque le souhaite ait le temps de s’enfuir en Europe et d’entrer ainsi dans l’U.E. à titre personnel.

En règle générale, plus la période de liquidation sera brève, plus de vies pourront être sauvées, mais que la facture en cadavres, qui dépasse déjà les trente mille, doive s’élever à des centaines de mille, c’est déjà inévitable. Aussi inévitable que deux à trois millions d’émigrants vers l’Europe. Et ceci, dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, l’Ukraine pourra perdre jusqu’à un quart de sa population d’avant cette guerre (et toutes les pertes ne se feront pas par émigration).

Eh, oui. Tout devra se payer. L’immaturité, la stupidité les cookies de Nuland, les enveloppes des ambassades US, les subventions, les voyages payés, les années de mensonges, l’inaptitude des élites politiques et l’incapacité du peuple à se donner une élite différente : le paiement se fera en sang. Parce que les USA l’ont décidé. Projet Ukraine bouclé.

 

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Traduction (angl.) d’Alexander Fedotov  pour Slavyansk.org

Traduction (fr.) de c.l. pour Les Grosses Orchades.

Source : http://slavyangrad.org/2014/11/24/project-ukraine-complete/

 

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La grand-mère de Nuland offrant des biscuits au premier Maidan de l’histoire américaine.

 

*

Ils en veulent plus. Il traînait les pieds. Chuck Hagel viré.

Par Stephen Lendman – The Peoples Voice25 novembre 2014

 

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Lundi, le Stars & Stripes, sous contrôle du Pentagone, annonçait que le Secrétaire d’État à la Défense, Chuck Hagel, démissionnait « sous diverses pressions ». Langage codé pour dire sacqué.

« Après d’éprouvantes élections de mi-mandat. Au milieu des critiques croissantes contre la politique d’Obama en matière de Sécurité et d’Affaires étrangères ».

Les faucons veulent plus de guerres qu’ils n’en ont déjà. Et une intensification de la belligérence dans celles en cours. En février 2013, Hagel avait succédé à Leon Panetta.

L’ex- Directeur de la CIA d’Obama et Chef de la Maison Blanche de Clinton [Panetta] voit venir « une guerre de trente ans ». Au-delà des théâtres d’opération actuels.

« Obama s’est trompé » dit-il. Il s’est « perdu en route ». « En ne maintenant pas davantage de troupes en Irak, une force résiduelle capable de contenir l’opposition intérieure ».

« En rejetant l’avis de ses principaux conseillers. » (À commencer par lui-même.) « En échouant à armer suffisamment et assez tôt les forces anti-Assad. D’armes plus lourdes. »

« En n’agissant pas contre (selon les Gros Mensonges) les armes chimiques d’Assad. »

Panetta n’est pas allé tout à fait jusqu’à réclamer l’envoi d’urgence de troupes en Syrie, mais presque. Il a mis lourdement en doute la crédibilité de Washington.

Surtout avec Obama aux manettes… Exige sa détermination d’« aller jusqu’au bout »  quoi qu’il arrive.

Il doit « sauter dans l’arène et en découdre les deux années qui viennent ».

Comme d’autres officiels passés et présents de Washington, Panetta croit que les priorités impériales US sont ce qui compte le plus. Que la fin  justifie les moyens. Que la force prime le droit. Sans égards pour le mal fait aux autres. Peu importent les conséquences. Hagel, apparemment, n’était pas assez über-faucon.

Reste à voir qui va le remplacer. Des sources de l’Administration ont révélé que son renvoi a été décidé « après des semaines de discussions ».

Selon le New York Times, il « luttait souvent pour articuler un point de vue clair » et « était largement perçu comme… passif ».

Sceptique sur la guerre d’Irak d’Obama. Placé à ce poste pour « gérer la fin des combats en Afghanistan et les restrictions de budget du Pentagone, à cette époque  de séquestrations budgétaires ».

Mal à l’aise sur le renforcement de la guerre ? Peut-être bien. Un haut fonctionnaire anonyme de l’Administration a dit que « les deux ans qui viennent exigeront un autre genre de point de vue ».

Langage codé pour « plus de guerre ». En Irak et en Syrie. Peut-être en Iran. Peut-être aussi avec la Russie sur l’Ukraine. En équipant le gouvernement-polichinelle de ce pays d’armement lourd. Secrètement et ouvertement.

En violant les accords de Genève et de Minsk. En risquant un embrasement total de la région. Peut-être une guerre planétaire, si on ne les arrête pas à temps.

Ont-ils viré Hagel pour pouvoir poursuivre l’impensable ? Qui acceptera de s’engager à satisfaire ces exigences ? D’après le Times, les remplaçants éventuels pourraient être :

(Nous sautons la liste des candidats, dont une femme. Ceux qui s’intéressent de près à ces choses les trouveront dans l’article d’origine).

Le Times dit que « Hagel s’est donné du mal pendant des années pour s’intégrer au cercle des proches d’Obama » et « a été considéré comme n’y arrivant pas ».

« Après une lutte éprouvante avec d’ex-collègues du Sénat »… « Dans une tentative apparente de répondre à des questions tranchées »

« A largement joué le rôle de n°2 auprès du général Martin Dempsey. Des critiques disent qu’il n’a pas réussi à inspirer confiance aux commandants du Pentagone. »

Il aurait eu aussi « une propension à commettre des gaffes, comme d’appeler les combattants de l’État Islamique “une menace pas seulement pour les États-Unis mais pour tout le monde civilisé” ».

Les combattre est pour lui « une question humanitaire de grande conséquence pour le monde entier ». Il aurait même dit : « Et je pense que les grandes puissances comprennent qu’elles ont une responsabilité dans cette région ».

En octobre, Hagel a écrit une lettre critique à la Conseillère en Sécurité Nationale Suzan Rice. Sur la politique syrienne de l’Administration.

Avertissant qu’elle était en danger, « en danger de détérioration », pour avoir failli à marquer clairement ses intentions envers Assad.

Hagel est resté bouche cousue sur ses commentaires. Il s’est contenté de dire :

« Nous devons au Président et nous devons au Conseil National de Sécurité nos meilleurs avis. Et il faut qu’ils soient honnêtes et il faut qu’ils soient directs. »

« Les combats en Syrie peuvent se poursuivre pendant des années et des années. À quelles fins ? »  Il a même ajouté : « Il est de notre intérêt de ne pas avoir un Moyen-Orient instable ». Les menaces actuelles doivent être gérées, d’après lui, en se concentrant « sur des stratégies et des objectifs à plus long terme ».

Hagel était « exactement le Secrétaire à la Défense qu’Obama souhaitait », commente le Times. « Quelqu’un qui n’allait pas écrire un livre contre l’Administration quand il quitterait son poste ».

Il « a passé son temps à exécuter tout ce que voulait Obama , y compris en réduisant les effectifs des forces US en Afghanistan, en faisant la IIIe guerre d’Irak et en bombardant la Syrie ».

Ses assistants révèlent qu’il avait compté servir jusqu’à la fin du second mandat d’Obama. La question qui se pose est de savoir quel programme va suivre son successeur.

Hagel a centré ses efforts sur la politique Asie-Pacifique de l’Administration. Sur les plans de réduction des effectifs militaires. Il s’est opposé aux guerres d’Irak et d’Afghanistan.

En tant que sénateur, il s’est opposé à l’endiguement de l’Iran. A dit que les sanctions étaient inefficaces.

En même temps, il disait que sa « priorité majeure » était de planifier d’éventuelles actions militaires contre l’Iran. Qu’il était prêt à faire « ce qu’il fallait » pour l’empêcher de se doter d’armes nucléaires.

Fin août 2002, il a attaqué le Secrétaire d’État de l’époque, Colin Powell, en demandant :

« Qu’est-ce qui se passe, ici ? Vous, les gars, vous dites que vous ne partez pas en guerre. Vous partez en guerre ! Vous allez devoir occuper l’Irak pendant des années. »

« Pourquoi donc avons-nous envahi l’Irak ? » a-t-il un jour demandé. « Je crois que cela a été le triomphe de ce qu’on appelle l’idéologie néo-conservatrice, autant que l’arrogance et l’incompétence de l’administration Bush, qui ont embarqué l’Amérique dans cette guerre de choix. »

« Cette idéologie présentait la vision myope d’un Moyen-Orient démocratique, où serait injectée une large force américaine permanente, pour en garantir le réalignement. »

« Ils croyaient qu’en prenant la mesure relativement facile de renverser Saddam, ils pourraient commencer à réaliser leur vision, grâce au pouvoir militaire inégalé de l’Amérique, établissant ainsi la prééminence de l’Amérique au Moyen Orient et apportant leur soutien à la défense d’Israël. »

« Ils ont évidemment réussi à convaincre un président à l’expérience très limitée en matière de Sécurité et d’Affaires étrangères, sur qui a pesé le lourd fardeau de conduire la nation, dans la foulée de la plus mortelle attaque terroriste qui ait jamais frappé le sol américain. »

« Il est choquant de voir combien peu le Congrès et les médias se sont opposés à l’Administration Bush. »

Il était en faveur de relations avec l’Iran et la Syrie. « Que leurs peuples décident de leur avenir. »

Les responsables politiques « ont perdu leur objectif de vue en Afghanistan » a-t-il encore dit. « Ils y ont excessivement déployé la présence militaire américaine. »

Il a voté non quand il s’est agi de désigner comme terroristes les Gardes de la Révolution iranienne… Il a dit que l’Irak, sous Saddam, ne développait pas d’armes nucléaires, ni chimiques, ni biologique… Qu’il n’avait aucun lien avec Al Qaeda. Qu’il développait des missiles, « mais pas pour atteindre les États-Unis »…

Il s’est opposé à l’escalade militaire en Irak. Il pensait qu’on lui avait confié la mission de mettre un terme aux guerres en cours, pas de les envenimer. Ni d’en déclencher de nouvelles. Peut-être est-ce ce qui explique le mieux son limogeage.

Obama, quant à lui, continue à poursuivre des guerres directes et des guerres par procuration. Après s’être déclaré d’accord (avec ses alliés et avec Kaboul) pour que soit mis un terme à notre mission de combat en Afghanistan, il a autorisé les affaires à continuer comme de coutume. Au moins jusqu’à la fin de 2015. Vraisemblablement jusqu’à la fin de son second mandat. Peut-être pour les treize ans à venir. Sous les présidents qui lui succéderont.

La guerre la plus longue de l’Amérique a bien l’air d’être sa guerre pour toujours. D’autres conflits régionaux n’en finissent plus de faire rage. Peut-être Hagel ne voulait-il rien de tout cela.

(…)  Reste à savoir qui va le remplacer. (…) Quel programme sera suivi. Si la rhétorique sera suivie d’effet.

Il y a de très fortes chances pour qu’on aille vers plus de guerres, et non pas moins.

En un moment où la plupart des Américains veulent qu’elles finissent. Que ce soit avec Obama aux commandes ou avec quiconque lui succédera.

La guerre permanente est, depuis très longtemps, la politique des États-Unis, et aucune fin des conflits ne paraît imminente.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Source : http://www.thepeoplesvoice.org/TPV3/Voices.php/2014/11/25...

 

[ Résumons le morse de Lendman : Chuck Hagel avait été nommé pour gérer le retrait US d’Irak et d’Afghanistan, et pour faire passer une drastique diminution des budgets du Pentagone. Les faucons ont gagné les récentes élections. Ils veulent plus d’argent, plus de guerres et pour plus longtemps. On va voir ce qu’on va voir. Des mouches à deux culs ? Beaucoup de sang en tout cas. En Ukraine. Et ailleurs. Attendons Meyssan, mais c’est tout vu. NdGO.]

7. Stephen-Lendman-.jpg

Diplomé de Harvard et de Wharton, Stephen Lendman est un écrivain et un animateur de radio qui vit à Chicago.

En 2011, le Club Mexicain de la Presse lui a décerné le prix de  « Meilleur journaliste d’investigation international ». La cérémonie de remise de ce prix a été diffusée dans toute l’Amérique Latine. Ses livres : How Wall Street Fleeces America (2011) et Banker Occupation (2013) sont publiés en Chine, mais ne le sont pas dans les pays francophones.

On peut le joindre à cette adresse : lendmanstephen@sbcglobal.net.

Et visiter son blog : sjlendman.blogspot.com.

Son dernier livre, dont il est à la fois le rédacteur et un des 22 contributeurs :

8. flashpoint_in_ukraine_corrected-291x443.jpg 

 

 

Flashpoint in Ukraine – How the US Drive for Hegemony Risks World War III

22 Geopolitical Analysts Counter the Fraudulent Western Narrative on Ukraine
AND WHY IT MATTERS SO MUCH

Clarity Press 2014 - Edited by Stephen Lendman

Pour plus d’informations : http://www.claritypress.com/LendmanIII.html

 

 

On peut aussi, si on est anglophone et en Amérique, écouter ses entretiens avec des invités de marque, sur le programme  « Progressive Radio News Hour » du Réseau Progressive Network. Cette émission est diffusée trois fois par semaine, en direct le dimanche à 13 heures, et deux pré-enregistrements.

 

*

Cependant…

9. revol color..jpg

- Quoi, une révolution colorée ? Ici ? Chez nous ?

- Non, Sire, une guerre civile.

  

« Justice bafouée ! »

La décision du Grand Jury de ne pas poursuivre le policier qui a tué l’adolescent noir Mike Brown de six balles dans le dos déclenche des émeutes dans des douzaines de villes des États-Unis

 

Certaines des plus violentes à New York (impliquant autant de blancs que de noirs désormais)

 

à Ferguson

A l’aéroport de Ferguson : Bombes au poivre

On vous fait grâce des autres.

Et, bien entendu, en prévision de ce genre de développements, la moindre des villes des États-Unis a doté sa police d’équipements militaires lourds.

 

The New York Times :

US War Gear Flows to Police Departments

(C’est en anglais, mais il y a des images)

http://www.nytimes.com/2014/06/09/us/war-gear-flows-to-police-departments.html

10. WAR GEAR.jpg

Pour agrémenter l’horreur qui vient, comme en Ukraine en somme :

11. Anonymous - KKK infiltrate Ferguson cop support groups.jpg

Le KKK infiltre les groupes de soutien au policier assassin (Anonymous)

Et :

12. Missouri KKK- We will use lethal force against Ferguson protesters.jpg

Le KKK du Missouri : « Nous utiliserons la « force létale » contre les manifestants de Ferguson ».

 

Que de la joie en perspective.

 

*

« …et de finir par confondre la réalité de la démocratie avec un nouveau nominalisme politique. »

 

Le pape François à Strasbourg

 

Donc, le pape François a fait une visite-éclair à Strasbourg. Non pas à Strasbourg (France) mais à Strasbourg (siège du Parlement européen). Le temps d’y prononcer deux discours. Raison pour laquelle il n’a pas été accueilli par son homologue chef d’État (le Président), mais par Ségolène Royal et Harlem Désir pour la France et par Martin Schulz pour l’Europe.

13. Le Pape et Ségolène.jpg

Allez, pour une fois, on va piquer ses images au Parisien.

Diapo :

http://www.leparisien.fr/pape-vatican/en-images-visite-ex...

 

L’Europe étant ce qu’elle est et les merdias ce qu’ils sont, il nous a fallu aller sur le site du Vatican pour savoir ce qu’il était venu dire au juste.

 

 VISITE DU SAINT-PÈRE
AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL DE L'EUROPE

DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
AU PARLEMENT EUROPÉEN

Strasbourg
Mardi 25 novembre 2014

Multimédia

  

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Vice-présidents,
Honorables Députés Européens,
Personnes qui travaillent à des titres divers dans cet hémicycle,
Chers amis,

Je vous remercie pour l’invitation à prendre la parole devant cette institution fondamentale de la vie de l’Union Européenne, et pour l’opportunité qui m’est offerte de m’adresser, à travers vous, à plus de cinq cents millions de citoyens des 28 pays membres que vous représentez. Je désire exprimer une gratitude particulière à vous, Monsieur le Président du Parlement, pour les paroles cordiales de bienvenue que vous m’avez adressées, au nom de tous les membres de l’Assemblée.

Ma visite a lieu plus d’un quart de siècle après celle accomplie par le Pape Jean Paul II. Beaucoup de choses ont changé depuis lors, en Europe et dans le monde entier. Les blocs opposés qui divisaient alors le continent en deux n’existent plus, et le désir que « l’Europe, se donnant souverainement des institutions libres, puisse un jour se déployer aux dimensions que lui ont données la géographie et plus encore l’histoire »[1], se réalise lentement.

À côté d’une Union Européenne plus grande, il y a aussi un monde plus complexe, et en fort mouvement. Un monde toujours plus interconnecté et globalisé, et donc de moins en moins « eurocentrique ». À une Union plus étendue, plus influente, semble cependant s’adjoindre l’image d’une Europe un peu vieillie et comprimée, qui tend à se sentir moins protagoniste dans un contexte qui la regarde souvent avec distance, méfiance, et parfois avec suspicion.

En m’adressant à vous aujourd’hui, à partir de ma vocation de pasteur, je désire adresser à tous les citoyens européens un message d’espérance et d’encouragement.

Lire la suite…

Source : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2014/n...

 

*

Pour qui sait lire entre les lignes, François I n’accuse personne mais suivez son regard. Il rappelle avec la plus grande urbanité quelques vérités élémentaires, dont plus grand monde ne se soucie (en Europe notamment). Et tire la sonnette d’alarme sur quelques dérives que les athées ne déplorent pas moins que les croyants, de quelque religion qu’ils soient, tant il est évident que les Léviathans responsables s’appellent, depuis toujours et sous toutes les latitudes, « Volonté de puissance » et « Rapacité ».

A-t-il été entendu ?  Ooouuuhhh…

Sera-t-il écouté ?  Ooooouuuuuhhhhh…

Cela dit : « …et des enfants tués avant de naître » :

Si, déjà, on s’abstenait de les tuer quand ils sont nés, soit tout de suite, soit après que leur mère et leur père les aient élevés, parfois jusqu’à l’âge adulte, au prix de mille soins… Si, déjà, « on » assurait aux mères pauvres que le fruit potentiel de leurs entrailles aura une petite chance de subsister et d’accomplir un destin qui ne soit pas de la quintessence d’enfer… Si, déjà, on apprenait aux géniteurs (futurs patriarches) qu’imposer la vie est un crime quand on n’est pas en mesure de l’assurer, et que l’abstention peut être un moindre mal auquel, peut-être, ils ne pensent pas assez…En amont, plutôt qu’en aval…

La visite du pontife n’a pas plu à tout le monde. À commencer par des catholiques déçus, qui ont trouvé anormal qu’il visite Strasbourg et snobe sa cathédrale. D’autres – pas les mêmes sûrement – ont trouvé à redire à une visite qu’ils qualifient de « politique » et de « pas religieuse ». (Faut-il dire que c’est parce qu’elle est politique, justement, qu’elle nous intéresse ?). D’autres encore, ou plutôt « une autre » a marqué sa désapprobation en se précipitant, la veille, à moitié nue, sur l’autel de la cathédrale non visitée, pour y brandir un drapeau européen (beurk) et y afficher, super pectus, des slogans chers à MM. Soros, CIA, NED & C°, aussi subtils que d’habitude.

Le phénomène des petites prostituées que leurs clients envoient officier dans la rue (à l’ULB ou à l’église) plutôt qu’au bordel ne serait, depuis, longtemps, plus qu’un souvenir vague (qui se souvient des Pussy Riots, condamnées en Russie et achevées par une grâce présidentielle ?), si les badauds imbéciles, sur les talons des merdias, ne se précipitaient, langue pendante et téléphones brandis pour se payer des selfies, et nous disons bien des selfie, car ce qu’ils photographient, c’est eux-mêmes. Détournez-vous de leurs simagrées, passez sans les voir, et le phénomène, qui ne sera plus payant pour leurs clients, cessera aussitôt, ces gens n’ayant pas pour habitude de dépenser de l’argent qui ne sert à rien. C’est pourquoi vous ne la verrez pas ici.

Reste M. Mélenchon, et sans doute quelques autres, qui, au nom de la laïcité… Que ne l’ont-ils invoquée quand SS Jean-Paul II jouait les femen pour le compte des mêmes clients et jetait sur les routes de sa sacrosainte Europe, qui n’a été f….. de rien empêcher, des centaines de milliers d’enfants, de jeunes femmes et de jeunes gens de l’ex-URSS et des pays de l’Est, enlevés, drogués, battus, torturés et prostitués, voire barbaque à snuff movies ? On ne les a guère entendus, alors, les champions de la laïcité.

Faut-il que ce soit nous, obscurs et sans-grades qui lui expliquions, à Jean-Luc Mélenchon, ce que c’est qu’un homme d’État ? Qu’un homme - comme Vladimir Poutine, tiens, pourquoi pas – qui, dans les premières années de son premier mandat, s’est baladé partout une croix en sautoir. Parce qu’il était croyant ? Possible, nous n’en savons rien, et cela le regarde, mais surtout parce qu’il avait un besoin urgent et absolu de l’Église orthodoxe pour l’aider à recimenter la nation qu’« on » avait voulu – et presque réussi - à désagréger. Faut-il que nous lui expliquions pourquoi, Président, il ne la porte plus aujourd’hui, pas plus que ne le ferait n’importe quel homme d’État conséquent, qui se voudrait le président d’une nation de chrétiens, de musulmans, de juifs et de sans dieu, le président de tous ?

Croit-il, M. Mélenchon, qu’il peut empêcher l’atomisation planifiée de l’Europe sans l’aide du pape ? Sans le soutien de Hassan Nasrallah (pourtant pas européen) et d’un certain nombre de rabbins hassidiques ? Il se prend pour Popeye ou quoi ? Il rêve ? Ou c’est juste de la démagogie ?

Enfin, laïcité mise à part et Mélenchon n’y est pour rien, que Jean XXIII et Jean-Paul II aient été béatifiés ensemble, nous paraît une insulte carabinée à la mémoire du premier. Mais qui sommes-nous, mécréants, pour donner notre avis sur ces choses ?

 

*

Dernière minute :

Nos plates excuses au Réseau Voltaire, qui a mis en ligne le texte intégral des deux discours. Voici celui au Conseil de l’Europe :

Discours du pape François au Conseil de l’Europe

par Pape François

Réseau Voltaire International | Strasbourg (France) | 25 novembre 2014 

 

14. Pape Conseil Europe.jpg

Monsieur le Secrétaire Général,
Madame la Présidente,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de pouvoir prendre la parole en cette Assemblée qui voit réunie une représentation significative de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, les Représentants des pays membres, les Juges de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et aussi les diverses Institutions qui composent le Conseil de l’Europe. De fait, presque toute l’Europe est présente en cette enceinte, avec ses peuples, ses langues, ses expressions culturelles et religieuses, qui constituent la richesse de ce continent. Je suis particulièrement reconnaissant à Monsieur le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Monsieur Thorbjørn Jagland, pour la courtoise invitation et pour les aimables paroles de bienvenue qu’il m’a adressées. Je salue Madame Anne Brasseur, Présidente de l’Assemblée parlementaire, ainsi que les représentants des diverses institutions qui composent le Conseil de l’Europe. Je vous remercie tous de tout cœur pour l’engagement que vous prodiguez et pour la contribution que vous offrez à la paix en Europe, par la promotion de la démocratie, des droits humains et de l’État de droit.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article186047.html

*

Oups !

(Sous réserve de confirmation)

[Mistral] L’Inde annule un contrat de 20 milliards si Hollande ne livre pas…

Lire ici :

Source : http://lesmoutonsenrages.fr/2014/11/26/mistral-linde-annu...

 

*

Et, vite, avant que le ciel nous tombe sur la tête, pourquoi n’irions-nous pas nous éclater en boîte ?

 


Excuses hypocrites aux anthropocentristes.

 

*

 

Mis en ligne par Cassandre, le 28 novembre 2014

Ne craignez pas qu’on vous en balance autant tous les deux jours. On va se calmer, rassurez-vous.

 

 

 

 

15:33 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/11/2014

DEUX ANNIVERSAIRES

1. bateau-en-marbre-palais-dété-pékin-Chine.jpg

Deux anniversaires !

Un en France,  l’autre en Chine.

Non, on ne vous parlera pas du mur de Berlin – les meilleures choses ont une fin.

2. lautrec crosseyed.jpg

Ce 24 novembre, il aurait eu 150 ans

 

Toulouse Lautrec, Jean Jaurès, Thierry Carcenac, Christine Bouttin : cherchez l’intrus et l’intruse.

 

 

3. Toulouse Lautrec.jpgUne maladie des os, la pycnodysostose, l’empêcha de dépasser la taille de 1,52 m. Il marchait difficilement sans canne. L’absence de fermeture de sa fontanelle l’obligeait à toujours porter un chapeau rigide. Sa barbe dissimulait sa mandibule fuyante. Il bavait et zézayait. Sa bouche était lippue et son nez protubérant.

Et c’était un grand !

Pour commémorer le 150 ème anniversaire de la naissance (24 novembre 1864) de cet illustre tarnais, Thierry Carcenac, président PS du Conseil général du Tarn, aurait (conditionnel) eu ce mot : « Mourir d’alcoolisme et de syphilis, à près de 37 ans, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête ».

Christine Bouttin aurait déclaré : « Je me demande comment le pape a pu autoriser le mariage de ses parents alors qu’ils étaient cousins germains ».

Heureusement, cette Mère la vertu ignore qu’il passa sa vie dans des lieux de perdition où il se livrait à l’acte de chair en dehors des sacrements du mariage.

Quant aux médias, ils évoqueront la célèbre affiche à l’écharpe rouge sans signaler qu’Aristide Bruant, ainsi peint, était un olibrius « ennemi de la féodalité capitaliste », des « fils-à-papa, des fainéants, des incapables ».

Théophraste R. (Tarnais de cœur, jauressien d’esprit, votutilophobe).

Source :
http://www.legrandsoir.info/toulouse-lautrec-jean-jaures-...

Commentaires

24/11/2014 à 10:15 par Fald

Et surtout, ne dites pas à Christine Boutin ce qui lui a valu son surnom de « la cafetière »...

24/11/2014 à 12:48 legrandsoir

Ces dames l’appelaient aussi : « Scout » (toujours prêt).

 

0. chat clignant des yeux.gif


On aurait dû vous en parler le 4 juin…

…de l’anniversaire de Tian’Anmen

Vos merdias préférés l’ont sûrement fait, mais comme on ne les lit pas… En revanche, on lit COMAGUER, qui nous a envoyé quelques considérations et révélations bien intéressantes. Les voilà quasiment telles qu’on les a reçues.

 

0. LOGO COMAGUER.jpg

Les deux événements les plus importants de l’année 1989

Les actuelles célébrations de la chute du mur de Berlin tentent de faire passer cette  chute à fort contenu symbolique  comme l’évènement majeur de l’année 1989. Il s’agit d’une célébration typiquement « occidentale » à visée anticommuniste. La chute de ce mur là fait oublier d’autres murs toujours existants contre  lesquels les médias occidentaux ne mènent pas campagne et pour cause : ces murs sont presque tous des constructions  de puissances capitalistes ou d’alliés de pays capitalistes  dominants : mur séparant les Etats unis du Mexique, mur séparant la République de Chypre du territoire envahi en 1974 par la Turquie, mur  israélien incarcérant la population palestinienne, mur enfermant  les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla sur le sol africain, mur marocain emprisonnant le Sahara Occidental  et d’autres. Mais la chute du mur de Berlin qui ouvrait la voie à la réunification de l’Allemagne et annonçait la disparition de l’URSS a, pour le camp de la guerre froide, une valeur symbolique d’avant-goût de triomphe par effondrement de l’adversaire.

En vérité un autre évènement d’aussi grande importance n’a pas été un succès pour l’Occident capitaliste qui a du le réduire à la critique de l’autre adversaire, en l’occurrence la République populaire de Chine, mais sans avoir atteint l’objectif ultime à savoir le renversement du régime communiste. La critique a été baptisée « TIAN AN MEN » et l’image bien connue qui l’accompagne est un stéréotype très présent dans la fabrication de l’opinion occidentale. Stéréotype d’ailleurs ambivalent puisque ce face à face d’un jeune homme sans armes face à un char d’assaut ne se termine pas comme il s’est trop de fois terminé en Palestine : sur la vidéo qui a fait le tour du monde le char ne tire pas et il n’a effectivement pas tiré.

 

7. tien an men 89 xx.jpg

 

L’immense esplanade qui fait face à la Cité interdite en plein cœur de Pékin a constitué au printemps 1989 le centre symbolique et médiatique d’une tentative de coup d’Etat. L’image qui en a été fabriquée par la propagande occidentale est celle d’un face à face tragique entre des démocrates chinois sincères et aux mains nues et un appareil d’Etat incorrigible et brutal.

Image évidemment réductrice et que la lecture d’un ouvrage permet de dépasser. Les éditions du Félin ont publié voici dix ans sous le titre « LES ARCHIVES DE TIAN AN MEN » la traduction française d’un livre publié en 2001 aux Etats-Unis, en anglais et en chinois, sous le titre « TIAN AN MEN PAPERS ». Livre à la fois étrange et exceptionnel.

Un dissident chinois, ZHANG LIANG, le publie avec deux intellectuels étatsuniens PERRY LINK et ANDREW J. NATHAN, bon connaisseurs de la Chine, parlant et lisant le chinois des documents qu’ils commentent. Il s’agit de  transcriptions de comptes-rendus internes des débats tenus au plus haut niveau de l’appareil d’Etat et du PC chinois. L’événement est d’importance : une « fuite » magistrale, sans précédent, de textes dans lesquels s’expriment sans fard les plus hauts dirigeants chinois, membres du Bureau permanent du Comité Central, soit 7 personnes et quelques anciens de poids dont Deng Xiao Ping, la plus fine pointe de l’appareil de gouvernement chinois. Il y aurait donc eu dans ces cercles les mieux protégés de la RPC une « taupe ». S’agit-il de faux ?  Sont-ils victimes d’une opération d’intoxication ? Une  lecture  scrupuleuse des textes, qui leur fait bien reconnaitre le vocabulaire des dirigeants chinois, leur style, leurs références, les conduit à les considérer comme authentiques et c’est forts de cette conviction assumée qu’ils décident de les traduire en anglais et de les faire publier. Les traducteurs et adaptateurs français, eux-mêmes professeurs de chinois, prennent le soin de repartir des documents originaux en chinois, pour éviter toute déformation liée à une double traduction. Ils ne sont pas des thuriféraires du régime chinois, mais ils  partagent la même conviction sur l’authenticité des documents.

Les Archives de Tiananmen  paraissent donc en français en 2004, quinze ans après les faits, et il ne semble pas qu’elles aient été un grand succès de librairie. L’image d’Épinal officielle suffisait.

Leur lecture, dix ans plus tard, est très enrichissante. Que ce soit dans les commentaires des auteurs sur les évènements perceptibles par des témoins avisés ou dans les documents émanant des instances officielles, tout confirme que ce qui s’est passé entre avril et juin 1989 ne s’est pas passé que sur la grande place de Pékin mais dans toute la République populaire et qu’il s’est agi en réalité de la première des « révolutions de couleur »* qui seront de mise par la suite en Yougoslavie et dans l’ex-espace soviétique. Ce que le livre met en lumière est que le débat sur la nature du mouvement qui se déroule sous nos yeux de lecteurs est finalement tranché en faveur de ceux, Deng Xiao Ping en tête, qui ont bien compris qu’il s’agissait d’une tentative de renversement du régime, largement soutenue par l’Occident. L’extrait qui suit en témoigne.

Nous sommes le 2 Juin 1989, l’occupation de la place Tien an Men dure depuis Avril, le régime a pris toutes les dispositions nécessaires pour la faire cesser et elles sont d’importance : proclamation de la loi martiale, sélection et formation politique et tactique des unités militaires qui vont être engagées dans la reprise en mains de Pékin et de la place, limogeage du secrétaire général du Parti Zhao Ziyang, en poste depuis deux ans après avoir été premier ministre, qui a tenté de maintenir le dialogue avec les occupants de la place et leurs représentants, et à qui il sera reproché sa faiblesse idéologique. Dans l’extrait joint, Deng Xiao Ping y fait allusion sans  le nommer.

Zhao Ziyang avait en effet, comme premier ministre, de 1985 à 1987, accordé tous ses soins à la réforme économique, en négligeant ses incidences politiques, et s’il avait été désigné en 1987 secrétaire général du Parti Communiste, c’était une sorte de mise à l’épreuve pour remettre la politique au poste de commande, selon l’expression consacrée. Sa prise de position en faveur des positions des étudiants, sans prendre en compte la dimension internationale stratégique de la crise, a été clairement perçue, par les dirigeants qui s’expriment dans le texte qui suit, comme une sorte de Gorbatchévisme, analysé par la majorité des dirigeants du PCC comme un abandon volontaire du socialisme, ce que la suite des évènements a amplement confirmé :,chute du mur de Berlin, départ des troupes soviétiques   des pays du Comecon en échange d’une promesse étatsunienne verbale jamais tenue de ne pas élargir l’OTAN, et dissolution autoritaire et anti constitutionnelle de l’URSS en 1991. Zhao Ziyang a été limogé, remplacé à chaud et dans l’urgence au poste de Secrétaire général du Parti Communiste par Jiang Zemin et assigné à résidence jusqu’à sa mort en 2005.

___________________  

* Tian’Anmen n’a pas été « la première des révolutions de couleur ». Avant elle, il y avait eu Mai 68 en France. Et, avant la France, il y avait eu Budapest. On peut, à l’inverse, difficilement prendre l’invasion-démembrement de la Yougoslavie pour une révolution de couleur… (C'est juste pour chicaner. NdGO).

 

*

Les Archives de Tiananmen

p. 482 et suivantes

(En bleu les commentaires des auteurs, en noir les documents officiels)

 

2 JUIN

Les Anciens du Parti décident de nettoyer la Place.

Dans la matinée du 2 juin, les Anciens du Parti Deng Xiaoping, Li Xiannian, Peng Zhen, Yang Shangkun, Bo Yibo et Wang Zhen tinrent une réunion avec le Comité permanent du Bureau politique qui n'était alors plus composé que de Li Peng, Qiao Shi et Yao Yilin. La réunion, dont le thème était : «Comment mettre au plus vite un terme aux troubles et rétablir l'ordre dans la capitale ? », conduisit à la décision de faire évacuer la Place.

Li Peng ouvrit la réunion en faisant un rapport sur l'évolution du mouvement où il cita et paraphrasa les rapports du comité du Parti de Pékin et du ministère de la Sécurité d'État, dont des extraits figurent ci-dessus. Après que Li eut terminé son rapport, les Anciens exprimèrent leur colère contre les ennemis étrangers et chinois qui manipulaient les étudiants, ainsi que leur conviction qu'il n'existait plus d'autre choix que de faire évacuer la Place par la force. Toutefois, la plupart des Anciens espéraient que cela pourrait être fait sans causer de morts, et Deng Xiaoping répéta avec insistance que rien ne devait contrecarrer l'élan des réformes et de l'ouverture. Après que les Anciens eurent fini de parler, les membres du Comité permanent du Bureau politique passèrent à l'action : Li Peng proposa formellement le nettoyage de la Place, Qiao Shi et Yao Yilin votèrent pour cette décision. Deng conclut la réunion en ordonnant à Yang Shangkun de transmettre la décision à la Commission militaire centrale pour exécution.

Extraits de : Secrétariat du Bureau des affaires générales du Comité central du Parti, «Minutes de l'importante réunion du 2 juin », document fourni par le bureau de Deng Xiaoping au Secrétariat du Bureau des affaires générales du Comité central du Parti pour ses archives.

Li Peng : Hier, le comité du Parti de Pékin et le ministère de la Sécurité d'État ont remis des rapports au Bureau politique. Ces deux rapports prouvent amplement qu'après la déclaration de la loi martiale, la principale stratégie de ceux qui ont organisé et planifié les troubles a été d'occuper la Place pour en faire un centre de commandement en vue de la confrontation finale avec le Parti et le gouvernement. La Place est devenue le « centre du mouvement étudiant et même de la nation tout entière ». Quelles que soient les décisions que prendra le gouvernement, les réactions sur la Place s'annoncent fortes. L'enquête a révélé que, après la déclaration de la loi martiale, la mise en place d'une brigade de Brave-la-mort pour bloquer les troupes de la loi martiale, la réunion et la coordination de brigands et autres vagabonds pour attaquer le Bureau de la Sécurité publique de Pékin, la tenue de conférences de presse, le recrutement de la brigade des Tigres volants pour prendre des contacts aux quatre coins de la ville, tout cela a été planifié et dirigé depuis la place Tiananmen. En même temps, les éléments réactionnaires ont continué à faire de la Place un centre de fabrication de rumeurs et d'opinions contre-révolutionnaires. Des organisations illégales comme la FAE et la FAO ont installé sur la Place des haut-parleurs qui diffusent presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre des messages attaquant les dirigeants du Parti et du gouvernement, incitant à renverser le gouvernement, et ne cessent de rediffuser les rapports biaisés hostiles à la Chine et au Parti, de la Voix de l'Amérique et des médias hongkongais et taïwanais.

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Déjà en anglais, comme partout ensuite…

 

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(Finalement, ils ne sont pas très subtils, les fabricants de révolutions US)

 

Ces éléments réactionnaires sont convaincus que, s'ils ne quittent pas la Place, le gouvernement finira bien par avoir recours à la répression. Ils tentent de provoquer un conflit et une effusion de sang sur la Place et clament que « le sang réveillera la conscience du peuple et conduira à la division et à la chute du gouvernement ». Il y a deux jours, ces éléments réactionnaires ont ouvertement érigé une statue de je ne sais quelle «déesse» devant le Monument aux héros du peuple. Aujourd'hui, ils se préparent à lancer une nouvelle grève de la faim à Tiananmen. En un mot, la très sacrée et solennelle place Tiananmen a été transformée par ces éléments contre-­révolutionnaires en un centre de commandement de première ligne pour attiser les troubles, un centre de propagande national de fabrication d'opinions contre-révolutionnaires, un lieu de rassemblement des forces hostiles chinoises et étrangères et une base contre-révolutionnaire destinée à lancer de furieuses attaques contre le Parti et le gouvernement.

 

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Le monument aux héros du peuple (sans la « déesse »).

 

À présent, un certain nombre d'organisations illégales se sont révélées au grand jour : la Fédération autonome des étudiants, la Fédération autonome des ouvriers, le Quartier général de la grève de la faim, l'Association des intellectuels de Pékin, la Conférence unie des organisations patriotiques de la capitale pour le soutien à la Constitution, l'Association autonome des résidents de Pékin, etc. Ils ont créé des équipes spéciales pour façonner l'opinion publique, préparé la publication de journaux clandestins, entrepris des activités clandestines pour renverser le gouvernement. Ils ont aussi formé un groupe de fanatiques qui, en secret, ont collectivement prêté serment et essaient de fomenter une mutinerie au sein des troupes de la loi martiale. Leur arrogance est sans bornes.

De nombreux documents prouvent que des forces, des organisations et des individus hostiles, en Chine comme à l'étranger, interviennent directement ou indirectement en fournissant aux fauteurs de troubles un large soutien moral et une aide matérielle. La VOA (note comaguer : Voix de l’Amérique,  radio propagandiste du gouvernement des États-Unis) (à Budapest, c’était Radio Free Europe, NdGO) diffuse chaque jour trois programmes totalisant plus de dix heures d'antenne, qui s'emploient à créer des rumeurs et à attiser les troubles. Des journaux et des radios occidentaux, hongkongais et taïwanais multiplient les rapports biaisés. Après le début des troubles, des employés de l'ambassade des États-Unis en Chine, dont certains sont des agents de la CIA, ont commencé à réunir sans vergogne des renseignements. Presque tous les jours, et surtout la nuit, ils se rendent à Tiananmen ou dans des établissements d'enseignement supérieur comme l'université de Pékin ou l'École normale supérieure de Pékin où ils rencontrent les chefs de la F.A.E. (Fédération autonome des étudiants) et leur donnent des conseils. L'Alliance chinoise pour la démocratie, qui est directement impliquée dans ces troubles, est un instrument utilisé par les États-Unis contre la Chine. Ce rebut de notre nation, qui est situé à New York, a collaboré avec la Chinese Benevolent Association proche du KMT  (note comaguer : Kuo Min Tang ou Guo Min Tang, parti nationaliste anticommuniste soutenu par les États-Unis, au pouvoir à Taiwan) pour mettre sur pied un prétendu Comité de soutien au mouvement démocratique chinois, qui a également donné de l'argent aux dirigeants de la FAE.

Dès le début des troubles, les agences de renseignements de Taïwan ainsi que d'autres forces hostiles installées à l'étranger se sont précipitées pour envoyer des agents déguisés en visiteurs, en touristes, en hommes d'affaires, etc. Ils ont tenté d'intervenir directement afin d'étendre le prétendu mouvement démocratique à un « mouvement contre le communisme et la tyrannie» à l'échelle nationale. Ils ont également donné l'ordre à leurs agents secrets de suivre de près l'évolution des événements et de réunir toutes sortes d'informations. Nous possédons des preuves attestant que des agents du KMT venus de Taïwan ont participé aux troubles à Pékin, à Shanghai, au Fujian et ailleurs. Nous avons déjà débusqué et arrêté certains d'entre eux et nous en poursuivons d'autres. Le KMT de Taïwan a fourni toutes sortes de fonds et a créé une Fondation de soutien au mouvement démocratique sur le continent. Hong Kong a également réuni près de trente millions de dollars de Hong Kong et apparemment aurait déjà commencé à transférer ces fonds en Chine. Ces organisations réactionnaires ont non seulement fourni d'importantes sommes d'argent liquide mais également toutes sortes d'équipements modernes ayant été utilisés pendant les troubles, comme des jumelles super-puissantes, des talkies-walkies et des tentes. Il est de plus en plus clair que ces troubles sont le résultat de la collusion entre des forces réactionnaires, à l'étranger et en Chine, et que leur objectif est de renverser le Parti communiste et de subvertir le système socialiste.

Wang Zhen : Nom de Dieu ! Les salopards ! Pour qui se prennent-ils pour oser piétiner pendant si longtemps un lieu sacré comme Tiananmen ? Ils cherchent la mort ou quoi ? Camarade Xiaoping, nous devons immédiatement envoyer les troupes pour qu'elles s'emparent de ces contre-révolutionnaires. Qu'attend l'Armée populaire de libération ? Qu'attendent les soldats de la loi martiale ? On ne va pas les nourrir à ne rien faire ! Qu'ils cessent de manger et aillent s'emparer des contre-révolutionnaires ! Si nous ne le faisons pas, nous en garderons des regrets éternels ! Si nous ne le faisons pas, le peuple se rebellera ! Quiconque veut renverser le Parti communiste mérite de mourir sans sépulture!

Li Xiannian : Le rapport que vient de nous faire le camarade Li Peng montre de manière tout à fait claire que le capitalisme occidental espère effectivement voir la Chine plonger dans le chaos. Et pas seulement la Chine, mais aussi l'URSS et tous les pays socialistes de l'Europe de l'Est. Les États-Unis, l'Angleterre, la France, le Japon et d'autres pays occidentaux ne laissent rien au hasard lorsqu'il s'agit de promouvoir l'évolution pacifique des pays socialistes. Ils ont inventé une nouvelle expression: «combattre (dans) une guerre mondiale qui ne produit pas de fumée». Nous devons faire preuve de vigilance. Le but ultime du capitalisme est de remporter la victoire contre le socialisme. Dans le passé, tous leurs plans - recours aux armes, à la bombe A ou à la bombe H - ont échoué. Maintenant ils essaient le truc de Dulles. (1)

(1)C'est-à-dire «l'évolution pacifique », cf. p. 297, n. 19.

« John Foster Dulles, secrétaire d’état américain de 1953 à 1959 est connu en Chine pour sa politique visant à promouvoir « l’évolution pacifique dans les pays socialistes »

Pour ce qui est des autres pays, nous ne pouvons rien faire, mais pour ce qui est de la Chine, nous devons nous en occuper. La Chine ne peut pas ne pas être socialiste. Sans le socialisme, le peuple chinois pourrait-il se redresser pour parler avec dignité ? Sans la direction du Parti communiste, sans le socialisme, sans la réforme et l'ouverture, la Chine d'aujourd'hui existerait-elle ? Notre République populaire a été édifiée avec le sang de plus de vingt millions de martyrs révolutionnaires. Les succès de la construction du socialisme ont exigé des décennies de lutte acharnée, tout particulièrement en ce qui concerne la dernière décennie de réforme et d'ouverture. Nous ne pouvons accepter que tout cela soit détruit du jour au lendemain par les troubles. Le peuple ne le permettra jamais. Si nous laissons libre cours aux troubles et ouvrons notre porte au capitalisme, il n'y aura plus aucun espoir pour la Chine. La nature de ces troubles est extrêmement claire : au fond, il s'agit de la mort de notre Parti et de notre État.

Deng Xiaoping : Le camarade Xiannian a raison. Les causes de cet incident s'expliquent aussi par le contexte international. Le monde occidental, et en particulier les États-Unis, a mis en branle toute sa machine de propagande pour attiser les troubles et a grandement encouragé et aidé les prétendus démocrates ou opposants chinois, qui ne sont en réalité que la lie de notre nation. Telles sont les racines du grand désordre auquel nous devons faire face aujourd'hui. En attisant les troubles dans d'autres pays, l'Occident mène en réalité une politique de force. II s'agit de l'hégémonisme pour contrôler ces pays qui échappaient autrefois à son contrôle et les inclure dans sa sphère d'influence. Une fois que nous avons compris ce point, il est plus facile de se rendre compte de la véritable nature du problème et de tirer des leçons de l'expérience. Ces troubles ont été une dure leçon : la souveraineté et la sécurité de l'État doivent toujours rester notre priorité, cela nous le comprenons mieux que par le passé. Certains pays occidentaux s'emparent de la question des droits de l'homme ou disent que le système socialiste est irrationnel et illégal. En fait, ils en veulent à notre souveraineté. Ces pays occidentaux, qui mènent une politique de force, n'ont absolument aucune qualité pour parler de droits de l'homme ! Combien de personnes dans le monde ont-ils privées des droits de l'homme ? De combien de Chinois ont-ils violé les droits de l'homme depuis qu'ils ont pour la première fois envahi la Chine, lors de la guerre de l'Opium !

Bo Yibo : Les pays capitalistes occidentaux ont fait de l'évolution pacifique dans les pays socialistes leur stratégie à long terme. Ils ne sont pas les Nations Unies et pourtant ils veulent réaliser des choses que même les Nations Unies ne peuvent faire, comme intervenir dans la politique intérieure des autres pays, imposer des sanctions pour un oui ou pour un non ou encore lancer des invasions armées. Ils se prennent pour le pouvoir suprême et pour les gendarmes du monde. Au nom de quoi se mêlent-ils des affaires intérieures de la Chine ? Qui leur a conféré ce droit ? Nous n'accepterons jamais quelque action que ce soit en violation des principes régissant les relations internationales ! Et nous ne nous soumettrons jamais à aucune pression : c'était vrai dans le passé, ça l'est dans le présent et ça le restera dans le futur !

Peng Zhen : Plus d'un mois de troubles nous a fait mieux comprendre l'importance de la stabilité. La stabilité est la question cruciale si la Chine veut se débarrasser de la pauvreté et mettre en œuvre les Quatre modernisations. Les camarades Xiaoping, Xiannian, Chen Yun l'ont répété plus d'une fois et bien avant que ne survienne cet incident : la Chine ne pourra rien accomplir sans un environnement stable. Notre décision de proclamer la loi martiale était absolument nécessaire. Les camarades Xiaoping, Xiannian, Chen Yun et moi-même estimons qu'à partir de maintenant, si cela se révèle nécessaire, nous prendrons des mesures décisives pour anéantir immédiatement tout signe annonciateur de troubles dès son apparition. Nous devons étouffer les problèmes dans l'œuf, nous prémunir contre toute intervention étrangère et défendre la souveraineté de l'État.

Deng Xiaoping : Les deux conditions indispensables à la réalisation de nos objectifs de développement sont une situation interne stable et un environnement international pacifique. Nous n'avons que faire de ce que les autres disent de nous. La seule chose qui nous importe est de bénéficier d'un environnement favorable à notre développement. Aussi longtemps que l'histoire atteste la supériorité du régime socialiste chinois, c'est suffisant. Le système social des autres pays socialistes, nous n'y pouvons rien. Imaginons un peu ce qui se passerait si la Chine plongeait dans le chaos. Si cela se passait maintenant, ce serait bien pire que la Révolution culturelle. À l'époque, on pouvait encore compter sur le prestige de l'ancienne génération de dirigeants comme le président Mao ou le premier ministre Zhou. Nous avons parlé d'une «guerre civile généralisée », mais en réalité il n'y a pas eu de combat à grande échelle, il n'y a pas eu de véritable guerre civile. Aujourd'hui, c'est différent. Si les troubles se poursuivent, il arrivera un moment où le Parti et le pouvoir de l'État ne serviront plus à rien ; qu'une faction contrôle une partie de l'armée, qu'une autre en contrôle une autre, alors on arrivera à une situation de guerre civile. Si des prétendus combattants de la démocratie venaient à prendre le pouvoir, ils finiraient par se battre entre eux. Dès que la guerre civile éclaterait, des flots de sang se mettraient à couler et alors qu'en serait-il des «droits de l'homme» ? Dès que la guerre civile éclaterait, des pouvoirs locaux se mettraient en place, la production s'effondrerait, les voies de communication seraient coupées, des flots de réfugiés se comptant non pas en millions ou en dizaines de millions mais en centaines de millions fuiraient la Chine. La première à être touchée par ce flot serait l'Asie-Pacifique, qui est aujour­d'hui la région la plus prometteuse du monde. Ce serait une catastrophe d'envergure internationale. C'est pourquoi la Chine ne peut pas se laisser sombrer dans le chaos, il s'agit d'être responsable envers soi-même mais aussi envers le monde entier et toute l'humanité.

Pour ce qui est des erreurs, nous en avons effectivement commis. Il y a deux ans, j'avais dit que notre plus grande erreur concernait l'éducation. Nous n'avons pas assez éduqué nos enfants et nos étudiants. Il y a beaucoup de travail idéologique que nous n'avons pas fait, il y a beaucoup de choses que nous n'avons pas expliquées clairement. Que certaines personnes, comme Zhao Ziyang, se soient rangées du côté de ceux qui organisent les troubles et les aient soutenus, nous ne pouvons que nous en prendre à nous-­mêmes. Nous devons mener une réflexion avec sang-froid, nous tourner vers le passé tout en fixant l'avenir et tirer des leçons de l'expérience pour résoudre avec sérieux les problèmes auxquels nous sommes confrontés. En faisant cela, nous pourrons faire d'un malheur un événement positif et tirer profit de cet incident. La majorité des gens va se ressaisir et la pensée des étudiants s'éclaircira aussi. Aussi, une fois les troubles apaisés, nous devrons travailler dur pour rattraper tous les cours qui ont été manqués en matière d'éducation, et cela ne sera vraiment pas facile. Il faudra non pas un ou deux mois, mais bien des années de cours de rattrapage pour que les personnes qui ont participé aux manifestations et à la grève de la faim changent d'avis. Nous ne pouvons blâmer les personnes qui ont participé à la grève de la faim, aux manifestations, aux pétitions. Nous devons poursuivre uniquement ceux qui ont eu de mauvaises intentions ou qui ont dirigé des actes criminels. Envers les étudiants, y compris ceux qui ont participé à la grève de la faim, nous devons recourir à l'éducation. Ce principe est intangible. Nous devons libérer les étudiants de leurs craintes. Nous devons pardonner aux étudiants qui ont participé aux manifestations et aux pétitions, et ne pas les tenir pour responsables. Nous n'infligerons des châtiments nécessaires et adaptés qu'à la petite minorité d'individus ambitieux qui ont tenté de renverser le gouvernement de la République populaire de Chine. Nous ne pouvons tolérer les troubles. Si à l'avenir nous sommes à nouveau confrontés à des troubles, nous proclamerons encore la loi martiale. Cette décision ne portera atteinte à personne ni à aucun pays, c'est une affaire intérieure chinoise. Notre objectif est de maintenir la stabilité, c'est le seul moyen de pouvoir nous consacrer à l'édification. Notre logique est simple: avec une population si nombreuse et des ressources si maigres, la Chine ne pourra rien accomplir sans un environnement politique de stabilité et d'unité et un ordre social stable. La stabilité l'emporte sur tout.

 

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La Place Tian’Anmen aujourd’hui

 

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Un des deux panneaux lumineux que l’on voit (photo ci-dessus) tout au fond de l’immense place, qui diffusent, de jour comme de nuit, l’hymne national et des messages tels que celui-ci :

« Il faut suivre la voie du Marxisme et du Léninisme, les pensées de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping et les idées des 3 représentations pour mener à bien le concept de développement scientifique »

 

A la lumière de ce qu’est aujourd’hui la Chine, vingt cinq ans plus tard, on ne peut qu’admirer la clairvoyance des dirigeants chinois qui font bloc autour de DENG XIAO PING. Après TIAN AN MEN la Chine se retrouve, fin 1991, seule puissance socialiste, le camp socialiste se réduisant alors à trois pays : Cuba, la Corée du Nord et la Chine. Celle-ci va continuer sa marche vers un développement économique rapide et planifié, qui passe par la poursuite de  l’ouverture maitrisée au capital et à la technologie étrangère initiée au début des années 80, et qui prend la forme, dans les années 90, de la marche vers l’entrée dans l’OMC. Pari audacieux, puisqu’il s’agissait de retourner au profit de la Chine la stratégie capitaliste occidentale visant à imposer, grâce à la suppression de toute barrière commerciale, les produits des firmes transnationales de souche occidentale sur tous les marchés de la planète. La Chine populaire, bien préparée à ce choc frontal, a renversé la situation et ce sont les produits fabriqués en Chine qui ont envahi les marchés occidentaux. Sans la stabilité et sans une direction politique forte, ce qui est tout l’héritage de DENG XIAO PING,  la Chine n’aurait jamais pu y parvenir.

Face à des événements d’une telle portée historique la publication des TIAN AN MEN PAPERS est un détail. Aussi quand les préfaciers français observent que cette publication en anglais et en chinois n’a guère ému les dirigeants chinois, qu’aucune poursuite n’a jamais été entreprise contre quiconque pour cette fuite magistrale, la question de la « taupe » se trouve posée dans des termes très différents. Car ce que démontre le livre,  c’est que la direction chinoise exprime qu’elle a bien vu la tentative de coup d’État orchestré  de l’extérieur, qu’elle a surmonté l’obstacle  avec succès, qu’elle a symboliquement réintégré Hong-Kong et Macao dans la République selon le calendrier prévu, et qu’elle entre dans l’OMC en position de force. Nul besoin d’une « taupe » pour faire savoir à l’adversaire que sa manœuvre a été connue, comprise, et magistralement déjouée. La diffusion, par le truchement d’un prête-nom, des documents secrets, a été le fait de ceux qui les détenaient légalement.

Les chiens capitalistes aboient, la caravane chinoise passe !

 

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Nous reproduisons ci-après un de nos bulletins publié en Juillet 2011 et qui abordait déjà la question de TIAN AN MEN, sans référence aux « ARCHIVES DE TIAN AN MEN », mais où se retrouvent nombre de données de ce livre. Il y a donc concordance entre les documents WIKILEAKS mentionnés ici et les documents secrets mis malicieusement en circulation, après la bataille, par le gouvernement chinois.

Le « massacre » de Tienanmen était un mythe !

L’hebdomadaire People’s World a publié récemment sous ce titre un article qui met à mal la version occidentale du « massacre » de la place Tien An Men.

People’s World est l’organe du parti politique étatsunien WORKER’S WORLD. Celui-ci est issu d’une scission avec le SWP (Socialist Worker’s Party) intervenue en 1956, dont l’origine est la divergence d’appréciation sur la Révolution chinoise. Depuis cette date le WORKER’S WORLD PARTY peut être considéré, même si toute classification de ce genre est simplificatrice, comme un parti marxiste-léniniste prochinois.

Qu’il publie un article documenté sur le pseudo massacre de la place TIEN AN MEN n’est donc pas surprenant. Mais l’intérêt de cet article est qu’il s’appuie sur des sources occidentales, évélées par WIKILEAKS. La traduction qui suit a été faite par COMAGUER à partir du texte anglais originel.

Un autre article publié récemment par le JAPAN TIMES confirme que des combats de rue ont eu lieu hors la place, qu’il y a eu des pertes des deux côtés, que des soldats ont été brûlés vifs dans leur véhicule et confirme également que les 3000 étudiants restant sur la place le 4 Juin au matin en sont sortis sains et saufs.

Le document le plus synthétique sur ces manipulations médiatiques a été réalisé en 1998 par l’école  de journalisme de l’Université Columbia de New-York (voir le résumé en anglais sur www.alternativeinsight.com/Tiananmen.html) qui explique bien que le « massacre » était un faux et que ce qui s’est passé hors la place était un début de soulèvement populaire contre le régime, qu’il fallait à tout prix passer sous silence.

Pour éclairer cet aspect le plus caché des événements l’article de PEOPLE’S WORLD insiste sur les espoirs entretenus à l’époque par Washington, de réaliser en Chine la même opération qu’en URSS, c’est-à-dire faire tomber le Parti Communiste et l’économie planifiée et livrer la Chine aux appétits capitalistes étrangers.

L’accueil de Gorbatchev à Beijing (17 Mai 1989) par le gouvernement chinois, alors que les manifestations étaient commencées depuis Avril, pouvait en effet être considéré comme le résultat de la victoire au sein des organes dirigeants chinois d’un courant s’inspirant de la Glasnost et de la Perestroïka soviétiques, politique dont on sait qu’elle était le préalable, un préalable conscient pour des dirigeants comme Eltsine, à la disparition de l’URSS et de toute référence au socialisme.

Cette politique était perçue et encouragée par l’Occident comme facteur de destruction de l’URSS, mais considérée par une autre fraction du Parti Communiste Chinois comme le point d’arrivée d’un processus d’abandon du socialisme, initié dès 1956 en URSS et fermement critiqué dès l’origine par le PCC, Mao en tête, fraction qui fut très certainement à l’origine des manifestations qui perturbèrent gravement la visite de Gorbatchev. La répression du mouvement va donc marquer la défaite de la ligne « gorbatchévienne » au sein du PCC, confirmer le poids politique de l’armée et ouvrir la voie à la politique d’ouverture et de développement économique préconisée par Den Xiaoping et conduite fermement par le PCC depuis lors.

Ainsi l’année 1989 est-elle une année charnière, au cours de laquelle se met en place une nouvelle situation globale. L’Occident va y voir, avec la chute du mur de Berlin et la dissolution du bloc soviétique, une avancée triomphale voire définitive du capitalisme sans frontières, et il va écrire l’épisode Tien An men pour faire croire que la chute du régime communiste chinois est proche.

En réalité il sait que le PCC a résisté, que l’attaque conduite par l’URSS finissante a échoué, et que le pays le plus peuplé du monde, ayant préservé son indépendance stratégique, va continuer sa marche en avant.

La résistance du PCC à la manœuvre occidentalo-gorbatchévienne n’est en aucune manière une surprise. Elle est très directement issue de l’application de la théorie du PCC des trois mondes, qui, dès l’époque Brejnev, regroupait dans le premier monde les deux impérialismes : l’occidental et le social-impérialisme soviétique, et, donc, les considérait l’un et l’autre comme des adversaires des pays moins développés, à commencer par la Chine Populaire. L’équipe dirigeante chinoise de l’époque avec, à sa tête, jusqu’aux événements de Tien An Men, Zhao Ziyang, était elle-même bien consciente de cette réalité puisqu’elle avait posé comme condition à un rétablissement des relations amicales avec l’URSS l’évacuation des troupes soviétiques d’Afghanistan et de Mongolie.

Il ne reste alors à l’Occident qu’à mettre en scène le dispositif classique de harcèlement psycho-politique droitdelhommiste pour embarrasser cette Chine communiste, qui vient à nouveau de lui échapper : la fiction du « massacre » des étudiants de Tien An Men en constitue le socle.

• A ce propos il ne faut jamais oublier qu’un des organes clés du système politique chinois, et probablement le plus influent est la Commission Militaire Centrale, dont la direction a été assurée successivement par Mao Zedong et Deng Xiaoping, et qui l’est aujourd’hui par Hu Jintao.

 

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Le « massacre » de Tienanmen était un mythe

Publié par PEOPLE’S WORLD le 29 juin 2011

Auteur : Deirdre Grisworld

Combien de fois ne nous a-t-on pas dit que les États-Unis sont une société « ouverte » et que les médias sont « libres » ?

Habituellement, de telles proclamations sont faites en critiquant d’autres pays qui ne sont pas « ouverts », surtout les pays qui ne suivent pas le programme de Washington.

Si vous habitez aux États-Unis et dépendez des médias commerciaux soi-disant « libres » et « ouverts » pour votre information, vous devriez sans aucun doute croire que le gouvernement chinois a massacré « des centaines, voire des milliers » d’étudiants sur la place Tiananmen le 4 juin 1989. Cette phrase a été répétée des dizaines de milliers de fois par les médias de ce pays.

Mais c’est un mythe. En outre, le gouvernement américain sait que c’est un mythe. Et tous les grands médias le savent aussi. Mais ils refusent de corriger le récit, en raison de l’hostilité fondamentale de la classe dirigeante impérialiste U.S. envers la Chine.

Sur quoi basons-nous cette affirmation ? Sur plusieurs sources. La plus récente est une diffusion, par Wikileaks, de câbles envoyés de l’ambassade des États-Unis à Pékin au département d’État, en juin 1989, quelques jours après les événements en Chine.

Vient en second lieu une déclaration, en novembre 1989, du chef du bureau de Beijing du New York Times, déclaration qui n’a plus jamais été évoquée par ce journal.

Vient en troisième lieu le rapport du gouvernement chinois lui-même sur les évènements, qui est corroboré par les deux premiers. Un seul grand journal occidental a publié les câbles Wikileaks. C’est le Telegraph de Londres, le 4 juin de cette année, 22 ans exactement après que le gouvernement chinois ait retiré les troupes de Pékin. Deux câbles en date du 7 juillet 1989 — plus d’un mois après les combats — ont rapporté ce qui suit :

« Un diplomate chilien fournit un témoignage oculaire sur les soldats entrant sur la place Tienanmen : il a regardé les militaires entrer sur la place et n’a observé aucune tir massif d’armes sur la foule, bien que des tirs sporadiques aient été entendus. Il a dit que la plupart des troupes qui sont entrées sur la place étaient effectivement armées, mais seulement avec des engins anti-émeute — matraques et bâtons en bois ; ils étaient appuyés par des soldats armés. » [NDT : en langage militaire des soldats « en appui » ne sont appelés à intervenir que si ceux chargés de l’opération principale rencontrent des difficultés inattendues]

Un autre câble rapporte : « un diplomate chilien fournit un témoignage oculaire des soldats entrant sur la place Tienanmen : bien que les coups de feu aient pu être entendus, il a dit qu’en dehors de quelques coups donnés aux d’étudiants, il n’y a eu aucun tir de masse dans la foule des étudiants sur la place ».

Il faut se rappeler que le Chili était à l’époque dirigé par le général Augusto Pinochet, arrivé au pouvoir par un coup d’État de droite violent, antisocialiste, appuyé par les États-Unis et que des milliers d’hommes de gauche, y compris le président Salvador Allende, avaient été tués. Le « diplomate chilien » mentionné n’était pas un ami de la Chine. Pas un seul journal U.S., pas une station de télévision ou de radio US n’a signalé ou commenté ces câbles révélés par Wikileaks, ni l’article du Telegraph à leur sujet. C’est comme s’ils étaient été tombés dans un gouffre sans fond. Est-ce parce que les médias, ici, ne croient pas que le rapport soit crédible ? Pas vraiment. Ils connaissaient déjà la vérité en 1989. Le New York Times sait que c’est crédible. Leur propre chef du bureau de Beijing à l’époque, Nicholas Kristof, l’a confirmé dans un vaste article intitulé (traduction COMAGUER) « Mise à jour sur la Chine : Comment les durs ont gagné » publié dans le Sunday Times Magazine le 12 novembre 1989, cinq mois après le supposé massacre dans le square.

À la fin de cet article long, qui était censé donner un éclairage sur un débat au sein de la direction du Parti communiste chinois, Kristof a catégoriquement déclaré : « Sur la base de mes observations dans les rues, ni le compte-rendu officiel, ni la plupart des versions étrangères ne sont très exacts. Par exemple, Il n’y a eu aucun massacre sur la place Tienanmen, bien qu’il y ait eu plein de meurtres ailleurs. »

Même si l’article de Kristof est une critique sévère de la Chine, son affirmation qu’il n’y avait « aucun massacre à Tienanmen » a immédiatement suscité des hurlements de protestation des détracteurs de la Chine aux États-Unis, comme cela est apparu dans le courrier des lecteurs du Times.

Y a-t-il eu des combats à Pékin ? Absolument. Mais il n’y a eu aucun massacre d’étudiants non armés sur la place. C’est une invention de l’Occident, destinée à diaboliser le gouvernement chinois et à gagner la sympathie du public pour une contre-révolution.

Le virage vers une économie de marché sous Deng Xiaoping avait suscité l’opposition de nombreux travailleurs. Il y avait aussi un élément contre-révolutionnaire essayant de tirer profit des griefs populaires contre la restauration complète du capitalisme.

Les impérialistes espéraient que les luttes à Pékin feraient tomber le Parti communiste chinois et détruiraient l’économie planifiée — comme ce qui devait arriver deux ans plus tard en Union soviétique. Ils voulaient « ouvrir » la Chine, pas à la vérité, mais au pillage des biens du peuple par les banques et les entreprises impérialistes.

Après beaucoup de débats au sommet, l’armée a été appelée et le soulèvement écrasé. La Chine n’a pas été détruite comme l’Union soviétique ; son économie n’a pas implosé, pas plus que le niveau de vie n’a diminué. Bien au contraire. Les salaires et les conditions sociales ont été améliorés alors qu’ailleurs les travailleurs sont condamnés à la régression par une grave crise économique capitaliste.

En dépit de profondes concessions au capitalisme, étranger et national, la Chine continue d’avoir une économie planifiée, basée sur une solide infrastructure appartenant à l’État.

 

Source :

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http://comager.over-blog.com

Bulletin n° 279- semaine 47 – 2014

Qui émet aussi, de Marseille, sur Radio Galère 88.4 FM

http://www.radiogalere.org/

 

 

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Post Scriptum

Sous nos latitudes,

Il semble que l’offensve des gens de biens contre Étienne Chouard se poursuive. C’est encore Raphaël Berland qui sonne le tocsin. Si Chouard doutait de constituer un danger pour le désordre établi, voilà qui devrait le rassurer.

Mathieu Dejean, des Inrockuptibles, calomnie à son tour Étienne Chouard et les Gentils Virus

 

13. etienne-chouard - Inrock.jpg

Quand je vous disais que les grandes manœuvres avaient commencé… Après Adrien Sénécat de l’Express, c’est donc au tour de Mathieu Dejean de diffamer Etienne Chouard en mode « service commandé », cette fois pour les Inrocks. L’auteur a choisi de mettre l’accent sur les Gentils Virus, ce collectif informel de citoyens très intéressés par les idées d’Etienne Chouard et d’autres : une Constitution écrite par et pour le peuple, donc écrite par des Citoyens Constituants désignés de manière originale (par tirage au sort par exemple).

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/11/24/mathieu-dej...

 

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Nous ne vous disons rien de la campagne parallèle qui salue la naissance d’un nouveau parti politique avec l’élégance et le panache qui sont désormais de règle, parce que trop c’est trop et qu’on sait les cibles capables de rendre les coups. Mais c’est peut-être le moment de relire Oscar Wilde et de méditer ce qu’il écrivait de la presse de son pays (avant 1900 !)*. Elle n’a pas cessé, depuis, de descendre sous les caniveaux, et il semble que les nôtres mettent les bouchées doubles pour la rejoindre. Nous disons « les nôtres » parce que la – euh – presse belge voudrait bien ne pas être en reste, même si elle se prend encore un peu les pieds dans ses « au loup ! au loup ! ». On compte sur elle pour faire bientôt des progrès. Voir ici.)

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* Oscar Wilde, L’Âme de l’homme sous le socialisme, Fayard, 2013.


 

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C’est ici qu’on aurait dû vous parler du plus grand roman chinois de ces dernières années et un des plus grands du monde. Trop important pour qu’on le fasse à la va-vite : partie remise, mais comptez sur nous !

 

15. Couverture Zemmour.jpeg

 

 

 Eric Zemmour

Le suicide français

Albin Michel – 1er octobre 2014 – 544 pages

 

 

 

Nous sommes des dinosaures : nous n’avons pas la télévision, nous ne lisons pas Le Figaro, nous ne savions même pas qui était Eric Zemmour…

Alors que son livre a récemment fait l’actualité  – ça n’arrive plus si souvent – nous ne vous en avons rien dit et pour cause. Battons notre coulpe : nous ne l’avons pas (encore) lu. Heureusement qu’il y a Maria Poumier… entre la plume et l’enclume.

Car non seulement elle l’a lu, elle, mais elle en a publié des extraits, que nous lui fauchons sans vergogne. Peut-être, si nous en avions pris le temps, en aurions-nous trouvé d’autres à vous recommander ou à critiquer. Voici les siens, avec les carabiniers.

16. i carabinieri.jpg

Eric Zemmour : Le suicide français

(Extraits brûlants)

p. 451-456

[Chapitre plein de subtilités. Il déstabilisera judicieusement les juifs comme les antisémites. Après cela, le culte à Jeanne d'Arc va devenir franchement subversif, et c'est très bien ! Merci Eric Zemmour, et un cierge à sainte Jeanne d'Arc dans chaque église, elle a bien travaillé en l'inspirant...]

 

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7 Octobre 1987
Au revoir les enfants

p. 448

Une salle de classe. Des enfants en blouse grise. Desbons pères. Un pensionnat catholique en janvier 1944. Soudain la Gestapo fait irruption et embarque trois enfants juifs et leur maître, le père Jean, résistant ; déportés à Auschwitz et Mathausen, ils ne reviendront jamais.

On a aujourd’hui l’impression d’une scène banalisée à force de l’avoir vue, revue, jusqu’à entamer une partie de sa puissance émotionnelle. En cette année 1987, le public se presse (trois millions d’entrées) et s’émeut sans compter. Il n’a pas l’habitude. Les innombrables films sur la Seconde Guerre mondiale ont depuis les années 1950 évoqué les affrontements militaires, les personnalités de Churchill, de Gaulle, Roosevelt, Staline, la guerre civile entre résistants et collabos, l’ignominie de la Gestapo. Les Juifs sont un élément du décor, un personnage secondaire d’une tragédie homérique ; leur persécution n’est nullement ignorée ou dissimulée, mais satellisée. Un détail, diront certains.

Un des rares films de l’époque sur les camps deconcentration, l’italien Kapo de 1960, ne traitait que des prisonniers de droit commun et des politiques, et choisit de mettre l’accent sur une prisonnière abjecte qui collaborait avec ses bourreaux, avant de se sacrifier pour se racheter.

En 1975, avec Le Sac de billes, tiré du roman de Joffo1, on met pour la première fois en scène un enfant juif, qui est le narrateur ; il fuit, se cache, s’échappe ; il tombe amoureux pour la première fois ; échange son étoile jaune contre un sac de billes. Comme un roman d’apprentissage pendant une période particulière. Dans Au revoir les enfants, le narrateur est l’enfant non juif, Julien ; sa culpabilité écrase le film ; elle est exacerbée par l’auteur ; c’est tout le peuple français qui est sommé de se sentir responsable et coupable. Dans une interview accordée à un journal de cinéma, le metteur en scène Louis Malle, qui revendique pourtant une œuvre autobiographique, ne le cache pas : « L’idée [est] que ce qui s’est passé était profondément injuste, que ça n’aurait pas dû se passer, et qu’après tout on était tous responsables. J’ai un peu chargé Julien. En particulier il a l’impression que c’est lui qui donne Bonnet [son copain juif…] quand il se tourne vers lui dans la classe ; ça, je l’ai probablement rajouté. Mais c’est ma mémoire aussi, parce que, dans ma mémoire, je suis un peu responsable de la mort de Bonnet… ».

Dans le film, les enfants juifs et leur professeur sont dénoncés par Joseph, un pauvre type handicapé, homme à tout faire de l’école et souffre-douleur des écoliers, qui commet son forfait parce qu’il a été renvoyé pour marché noir. Encore une trouvaille de Louis Malle ! Une autre scène montre en revanche Julien, sa mère, son frère et Bonnet dans un restaurant huppé de la ville : la milice débarque brutalement pour expulser un notable juif ; de nombreux clients attablés protestent avec véhémence et c’est un couple de riches aviateurs… allemands qui chasse les miliciens.

Depuis la fin de la guerre, communistes et gaullistes avaient exalté le peuple en armes (cheminots, ouvriers, etc.) et dénoncé de conserve une bourgeoisie affairiste et collaboratrice. De Gaulle avait lancé aux patrons qu’il recevait à la Libération une flèche courroucée : « Messieurs, je n’ai pas vu beaucoup d’entre vous à Londres. » Le film sonne comme une revanche de classe. Bientôt, le peuple français sera enseveli sous l’accusation de Collaboration. Et on laissera entendre que les seuls résistants furent des étrangers au nom imprononçable : la fameuse « Affiche rouge » du groupe Manouchian…

En cette année 1987, on se croirait revenu en 1944. En mai, a eu lieu le procès de Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon et tortionnaire de Jean Moulin, pour «crime contre l’humanité ». Mais la leçon d’Histoire promise a tourné court ; son brillant et sulfureux avocat, Jacques Vergès, avait juré qu’il livrerait les noms des résistants qui avaient « donné » Jean Moulin ; il resta coi, se contentant selon son habitude de dénoncer les crimes coloniaux de l’armée française.

Cette même année, le film Shoah de Claude Lanzmann fut diffusé pour la première fois à la télévision.

Et en septembre 1987, Jean-Marie Le Pen était invité à RTL et interrogé sur les chambres à gaz. Curieusement, il acceptait de répondre. L’échange fut vif :


JMLP : Je suis passionné par l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Je me pose un certainnombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pu moi-même en voir. Je n’ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la deuxième guerre mondiale.

PAUL-JACQUES TRUFFAUT : Six millions de morts, c’est un point de détail ?
JMLP : Six millions de morts ? Comment ?

PJT : Six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre mondiale, vous considérez que c’est un point de détail ?

JMLP : La question qui a été posée est de savoir comment ces gens ont été tués ou non.

PJT : Ce n’est pas un point de détail.

JMLP : Si, c’est un point de détail de la guerre ! Voulez-vous me dire que c’est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c’est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions.

Dans les jours qui suivirent, le tourbillon médiatique orchestré ébranla jusqu’à certains cadres du Front national ; la laborieuse explication donnée par Le Pen – «à destination de ses coreligionnaires juifs qu’il avait pu blesser » – n’empêcha pas le député européen Olivier d’Ormesson de démissionner et d’abandonner le parti. Jean-Marie Le Pen sera accusé d’antisémitisme. En 1991, il sera condamné par la justice pour « banalisation du crime contre l’humanité » et « consentement à l’horrible ». Le Pen traînera ce « détail » tout le reste de sa carrière politique ; il ne sera jamais lavé de l’accusation d’« antisémitisme ».

Contrairement à ce qu’on a beaucoup écrit, cette « pétainisation » de Le Pen n’était pas inéluctable. Les maurrassiens avaient beaucoup évolué depuis la fin de la guerre ; l’héritier le plus brillant du vieux maître, Pierre Boutang, avait pris position contre l’antisémitisme et en faveur d’Israël lors de la guerre des Six Jours. Le Pen lui-même, en souvenir de la guerre d’Algérie, fut alors favorable aux sionistes contre les anciens alliés égyptiens du FLN. Quelque temps avant le « détail », Olivier d’Ormesson avait préparé un voyage de Le Pen en Israël. Tout fut détruit par cette émission.

Peu importent les pensées et arrière-pensées de Jean-Marie Le Pen, son amour ou sa détestation des Juifs, ses rapports à tout le moins ambigus entre admiration et aversion, dans la tradition d’un antisémitisme « vieille France ». Politiquement, il tente alors maladroitement de contenir la montée en puissance d’un « lobby juif », comme dira quelques années plus tard le président Mitterrand à un autre d’Ormesson qui, selon Mitterrand et Le Pen, se sert de la Shoah d’hier pour affermir son pouvoir d’aujourd’hui. Cette conjonction d’opinions choquera et isolera les deux hommes au sein de la classe politique et médiatique. Et ce n’est pas un hasard. Le Pen et Mitterrand sont de la même génération ; ils appartiennent tous deux à cette tradition française qui remonte à Richelieu et rejette « tout État dans l’État ». On peut ajouter pour Le Pen un clin d’oeil de boutiquier partisan – qu’aurait compris Mitterrand, un autre ancien de la IVe ! – envoyé à certains des membres de son parti qui considèrent que l’unique projecteur mis sur les crimes des nazis permet d’occulter les crimes communistes. On peut aussi y ajouter une part de bêtise : il prétend qu’il n’a pu voir de chambres à gaz pour douter de leur existence ; mais il n’a jamais vu Jeanne d’Arc et lui célèbre pourtant un culte chaque année au 1er mai !

Mais Jean-Marie Le Pen est avant tout coupable dans cette histoire d’anachronisme. Il n’a pas tort quand il rappelle que Winston Churchill ne parle pas de l’extermination des Juifs dans ses Mémoires de guerre ; il aurait pu ajouter que le général de Gaulle ne l’évoquait pas non plus.

Pour ce dernier, la Seconde Guerre mondiale n’était que la suite de celle de 1914-1918, avec le même enjeu : la domination de l’Europe. L’homme du 18 Juin parle d’une nouvelle « guerre de Trente Ans » afin que les victoires et les défaites de notre pays, ses héros et ses traîtres, s’équilibrent et soient confondus dans l’Histoire de France ; que l’effondrement de mai 1940 soit englouti dans les mémoires par la gloire de 1918 et la renaissance inespérée de 1944.

Dans cette architecture grandiose, l’extermination des Juifs n’est ni négligée ni méprisée ; mais si elle est davantage qu’un « détail », elle n’occupe pas le cœur stratégique de la guerre. La Shoah a changé la face des Juifs et de l’humanité ; mais elle n’a en rien modifié l’issue du conflit mondial. Les Allemands auraient perdu même s’ils n’avaient pas massacré les Juifs ; les Alliés n’ont pas levé le petit doigt pour les sauver.

Cette conception traditionnelle de la guerre et de l’Histoire est devenue, en 1987, inaudible. C’est le fameux « retour du refoulé » tant évoqué dans tous les médias et tous les livres, après le silence gêné des années d’aprèsguerre. Dans la culture collective – ou plutôt l’inculture collective, car ceci est lié à cela – Au revoir les enfants signe le moment où tout bascule : l’histoire de la Seconde Guerre mondiale se réduit peu à peu à l’extermination des Juifs, tandis que cette « Shoah » ainsi rebaptisée et sacralisée, devenue élément central voire exclusif d’une guerre dont on ne connaît plus rien d’autre, se résume à son tour au meurtre des enfants juifs. Quelques années plus tôt, Jean-Jacques Goldmann avait déjà composé une très jolie chanson, intitulée « Comme toi », sur une petite Juive polonaise :

 

Elle s’appelait Sarah, elle n’avait pas huit ans.
Sa vie, c’était douceur, rêves et nuages blancs.
Mais d’autres gens en avaient décidé autrement.
Elle avait les yeux clairs et elle avait ton âge.
C’était une petite fille sans histoires et très sage.
Mais elle n’est pas née comme toi, ici et maintenant
2.

Bientôt, les historiens prendront la suite des artistes ; ils rationaliseront l’émotion collective. Ils rejetteront le découpage chronologique du général de Gaulle ; ils feront de la Seconde Guerre mondiale un moment paroxystique de l’affrontement entre le Bien et le Mal ; et de la « Shoah » le coeur de cette métaphysique apocalyptique ; on conduira les enfants à Auschwitz comme on les
emmenait après 1914-1918 à Verdun ; dans certaines classes de banlieue, des enfants de l’immigration arabe et africaine refuseront avec véhémence que leur soit enseignée cette partie du programme au nom de la « souffrance des enfants palestiniens ». Enfants contre enfants, souffrance contre souffrance ; une Histoire contre l’autre. Au revoir les enfants…

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1. Jean-Claude Lattès, 1973.

2.         Jean-Jacques Goldman, « Comme toi », dans l’album Minoritaire, 1982.

 

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Autres sujets : De Gaulle

p. 29

[…] De Gaulle choisit donc le progrès économique et social contre la grandeur impériale et la profondeur géostratégique ; la croissance contre la perspective caressée par un Debré d’une France de cent millions d’âmes ; les douceurs de la société de consommation à l’américaine contre les rigueurs d’une guérilla interminable – alors que, contrairement à l’Indochine, l’armée française avait gagné la bataille d’Alger. Il privilégia la jouissance hédoniste pour enterrer l’héroïsme chevaleresque ; le matérialisme consumériste à rebours d’une vision sacrificielle de l’existence, que lui avait rappelée l’armée, au nom de la geste gaullienne de 1940 : il y a des valeurs suprêmes au-dessus de tout. À l’opposé de tout ce qu’il était, au nom de ce qu’il pensait être l’intérêt supérieur de la France.


***


Les femmes

p. 37

[…] L’aspiration mimétique des féministes de la bourgeoisie française (Simone de Beauvoir) à se parer des plumes de paon de la lutte des classes en associant le mari au patron fit le reste.



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1er juillet1972

La loi Pleven : la fin de la liberté d’expression en France

p. 88

[…] La loi du 1er juillet 1972 s’inscrit dans le cadre de la grande loi du 29 juillet1881 sur la liberté de la presse. Elle paraît modestement ajouter de nouveaux délits à ceux qu’énumérait déjà le Code pénal ; mais la loi Pleven est à sa grande sœur de 1881, ce que le cheval de Troie fut aux adversaires des Grecs : une offrande funeste.

p.89

[…] En dépit de la pureté de ses intentions, la loi Pleven est une régression. Elle introduit la subjectivité là où régnait l’objectivité ; elle condamne l’intention et non les faits ; elle donne au juge le droit et le devoir de sonder les cœurs et les âmes ; de faire l’archéologie des pensées et des arrière-pensées. Elle contraint le magistrat à transgresser ce principe général du droit fort protecteur selon lequel «la loi pénale est d’interprétation strictement restrictive ». Le droit à la diffamation prévoyait une exception de vérité ; désormais, non seulement la vérité ne rend plus libre, mais elle peut conduire en prison.

 

*** 

16 novembre 1972

Comme ils disent et ne devront plus dire

p. 100

[…] Au fil des années, le lobby homosexuel s’organise et s’enrichit. Dans la stratégie de victimisation de ses porte-drapeaux les plus achanrnés, il ira jusqu’à réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, s’inventant des persécutions de la part de Vichy, qui aurait envoyé des homosexuels dans les camps de concentration.Le gay veut être un juif comme les autres.

p. 102-103

[…] La rencontre entre l’homosexualité et le capitalisme est le non-dit des années 1970. Entre un mouvement gay qui arbore un drapeau arc-en-ciel et un capitalisme qui découvre les joies et les profits de l’internationalisme, il y a un commun mépris des frontières et des limites. Entre la fascination homosexuelle pour l’éphèbe et une société capitaliste qui promet la jeunesse éternelle, l’entente est parfaite. Le rejet haineux du père est sans doute le point commun fondamental entre une homosexualité narcissique qui transgresse sexuellement la loi du père et un capitalisme qui détruit toutes les limites et les contraintes érigées par le nom du père autour de la cellule familiale, pour mieux enchaîner les femmes et les enfants – et les hommes transformés à la fois en enfants et en femmes – à sa machine consumériste.

L’alliance improbable entre l’extrême gauche libertaire et le marché se fera à travers la geste homosexuelle et au nom de la « transformation des mentalités ».

Dominants dans la mode, les médias et l’univers artistique, de nombreux homosexuels, plus ou moins militants, imposent leur vision de l’homme-objet à une société patriarcale qui a inventé la femme-objet pour protéger son désir sexuel. En 1971, Yves Saint Laurent fait scandale en posant nu pour la publicité de son parfum « Pour homme ».

Le lobby gay gagnera au fil des années en visibilité. Il mènera victorieusement la bataille sémantique ; Aznavour avait contribué à la substitution de pédéraste par homo, moins insultant ; mais homo, encore trop « discriminant », sera lui-même remplacé par gay, plus flatteur : « Good As You ». La revendication d’égalité est ici une manifestation éclatante de puissance. Les maîtres imposent toujours leurs mots. Le lobby gay aux États-Unis est aujourd’hui financé par les plus grands capitalistes américains, Bill Gates et Steve Ballmer, Google, Facebook, eBay, ou un magnat des hedge funds comme Peter Singer. En France, Pierre Bergé, le patron d’Yves Saint Laurent, créera le journal Têtu dans les années 1970 avant de financer dans les années 1980 SOS Racisme. Le mélange sexuel et ethnique – le « métissage » – deviendra la religion d’une société qui se veut sans tabou, et ne supporte plus les limites de la différenciation des peuples comme des sexes. Cette babélisation généralisée est encouragée par un capitalisme qui y voit une source de profits.

[Oh, et de pouvoir aussi, par destruction de la psyché humaine… NdGO, Pardon, Maria, on sait que vous n’aimez pas les NdE.]

Source : http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1638

 

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Mis en ligne le 25 novembre 2014

 

 

 

 

 

21:14 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/11/2014

LISTES – VOTES – TIRAGES AU SORT ET COETERA

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LISTES – VOTES – TIRAGES AU SORT ET COETERA

 

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Vers un Nouvel Ordre Mondial ? Mais, il est déjà là !

Bryan MacDonald – Russia Today –1er novembre 2014

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Bryan MacDonald est journaliste, écrivain, homme de radio-télévision et enseignant (de nos jours, il n’en faut pas moins pour gagner sa vie). Il a écrit jusqu’ici pour l’Irish Independant et pour le Daily Mail. En Irlande, on le voit fréquemment sur RTE (la Radio-Télévision Irlandaise) et Newstalk, et, internationalement, sur RT.

Ceci est déjà vieux – 1er novembre – mais on n’est pas aux pièces, n’est-ce pas.

 

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 Poutine a exprimé le souhait d’un « nouvel ordre du monde » capable d’assurer la stabilité de la planète. Il trouve que les États-Unis abusent de leur rôle de leader mondial. Ce qui n’a pas été suffisamment signalé nulle part, c’est que les piliers de « l’ancien régime » s’écroulent depuis des années.

Tout était pourtant si simple. Le monde était partagé en deux camps – l’Occident et le reste. Et « l’Ouest » était vraiment « the best ». Il y a 20 ans, six des économies les plus puissantes faisaient partie du camp pro-Washington.

Le leader – les USA eux-mêmes – était si loin  en tête, que son Produit Intérieur Brut (PIB) était quatre fois plus grand que celui de la Chine et valait neuf fois celui de la Russie.

Le pays le plus peuplé du monde – l’Inde – avait presque le même revenu que la comparativement minuscule Italie et que le Royaume Uni. L’idée que cet ordre de choses allait changer aussi dramatiquement en à peine deux décennies aurait fait rire n’importe qui.

Aux yeux des Occidentaux, la Chine et l’Inde étaient des pays arriérés, et il leur faudrait un siècle au bas mot pour devenir des rivales potentielles. La Russie, elle, était perçue comme un cas désespéré, un pays à genoux, en proie au chaos. De telles notions, dans les années 90 étaient parfaitement justifiées.

L’économie mondiale dans les années 1990 et aujourd’hui.

Tableau des dix économies mondiales les plus importantes, ajustées selon la Parité en Pouvoir d’Achat (PPA).

 

1995 ( en milliards d’US$)                  2015 (Prévisions du FMI)

1.     USA                7.664               1.     Chine              19.230

2.     Japon              2.880               2.     USA                18.287

3.     Chine              1.838               3.     Inde                   7.883

4.     Allemagne      1.804               4.     Japon                4.917

5.     France             1.236               5.     Allemagne        3.742

6.     Italie               1.178               6.     Russie               3.643

7.     Royaume-Uni 1.161               7.     Brésil                3.173

8.     Inde                1.105               8.     Indonésie           2.744

9.     Brésil              1.031               9.     France               2.659

10.   Russie                955               10.   Royaume-Uni   2.547

 

Le soleil couchant US

Maintenant, c’est l’Occident qui fait les frais de la plaisanterie. Le Fonds Monétaire International (FMI) estime que, dès 2015, les quatre plus puissantes économies du monde seront des membres du club connu par son acronyme, BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), et la Chine sera tête de file à la place des USA. C’est même probablement déjà le cas, les chiffres, en économie, ayant tendance à traîner derrière les faits.

L’Italie, homme malade de l’Europe, ne fait plus partie des dix du peloton de tête, et le Royaume-Uni, lanterne rouge, peine à s’y accrocher. Londres prétend toujours au titre de place financière centrale. Les seuls qui le croient encore sont les petits Anglais (« the little Englanders »). Le Royaume Uni est devenu la Julie Andrews de la géopolitique : une étoile en voie d’extinction, qui fut jadis brillante. La France est impuissante, se traînant de crise en infortune et d’infortune en crise.

 

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Le Président US Barak Obama et la Chancelière allemande Angela Merkel

 

Il est trop tôt pour mettre les États-Unis au rebut. L’Empire ne va pas disparaître d’un jour à l’autre, mais son soleil est déjà bien bas dans le ciel. C’est moins la faute des États-Unis que celle de la déchéance croissante de ses alliés traditionnels.

Les deux seuls qui tiennent encore debout sont l’Allemagne et le Japon, aucun des deux n’étant cependant des acteurs militaires sérieux. La Grande Bretagne et la France ont longtemps été le fer de lance des aventures martiales. En réalité, l’Allemagne n’est pas un partenaire follement enthousiaste, parce qu’une large frange de la classe politique de Berlin est extrêmement sceptique à l’égard du pouvoir US. Pour une partie très significative de l’intelligentsia allemande, c’est Moscou le partenaire naturel, pas les États-Unis.

La montée en puissance des BRICS et d’autres économies émergentes joue un rôle majeur dans la consommation mondiale, dans le commerce mondial et dans les investissements mondiaux. D’ici 2020, le FMI estime que la Russie aura dépassé l’Allemagne et que l’Inde aura surclassé le Japon. Il prévoit également une dégringolade de l’importance mondiale des USA, de 23,7% en 2000 à 16% en 2020. En 1960, les USA représentaient 38,7% de l’économie mondiale.  À l’opposé, en 1987, la Chine ne représentait que 1,6%, mais à la fin de cette décennie, elle pourra en revendiquer 20%. C’est un changement de donne sans précédent en un laps de temps aussi court.

 

Importance de la stabilité

Le discours de Poutine à Valdai n’a pas été un coup donné au pif ni à l’aveuglette, mais une évaluation très nuancée de ce qu’est actuellement l’équilibre du monde et de ce vers quoi on se dirige dans les années qui viennent.

 

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Le Président russe Vladimir Poutine, pendant la rencontre plénière finale de la 11e session du Club de Discussion International de Valdai, à Sotchi

 

Plutôt que de se préoccuper des questions soulevées par Poutine, les médias occidentaux ont préféré shooter dans l’homme et se désintéresser de la balle. Les éditoriaux ont qualifié son discours de « diatribe » et décrété que Poutine s’en est surtout pris à la politique étrangère des États-Unis, jugée par lui anti-russe. Ils sont passés en masse à côté de la question réelle.

Le souci principal de Poutine, c’est la stabilité et sa prévisibilité, c’est-à-dire l’exacte antithèse du libéralisme occidental moderne. En fait, la position de Poutine est plus proche de celle qu’ont eue, dans le passé, des formations comme la CDU de Konrad Adenauer en Allemagne et les Tories de Harold MacMillan en Angleterre, conservateurs européens classiques s’il en fut.

Poutine est souvent très mal entendu en Occident. Ses déclarations publiques, destinées à une audience intérieure plutôt qu’internationale (? NdT) sont perçues comme agressives, voire chauvines. Mais les observateurs feraient bien de se rappeler qu’il est un maître de judo, dont les mouvements sont calculés pour déstabiliser l’adversaire. Si on le lit entre les lignes, Vladimir Poutine cherche le mariage, pas l’isolement.

Le Président russe considère son pays comme faisant partie d’une nouvelle alternative internationale, en union étroite avec les autres nations du BRICS, pour mettre un frein  aux agressions US là où c’est possible. Poutine voit cela comme un chemin vers la stabilité. Adenauer et MacMillan l’auraient parfaitement compris. Mais les dirigeants européens actuels et les Nord-Américains ne le comprennent pas. Enivrés par la domination dont ils ont joui ces vingt dernières années, l’idée que l’ordre mondial est en train de changer à toute allure n’a pas encore fait tilt dans leurs têtes.

La réaction  des États-Unis à cette nouvelle réalité constituera une question de vie ou de mort. Presque à la manière d’un dessin animé, Washington se cramponne désespérément à sa NSA, à ses gouvernements-fantômes, à son Quatrième Pouvoir pathétique à force de nullité, à sa puissance militaire dilapidée et à son terrifiant chauvinisme rampant. Son infantilisme a besoin d’un « méchant ». En une dizaine d’années ce traître de mélodrame est passé de Ben Laden, de Saddam Hussein et des « Frites de la Liberté » à la russophobie. Si la classe dirigeante américaine ne change pas de comportement, la transition vers un monde multipolaire pourrait bien ne pas se passer en douceur. C’est une crainte sérieuse, et elle est fondée.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Source : http://rt.com/op-edge/201563-time-new-world-order/

 

[ On n’a pas l’habitude, ici, de corriger les gens qu’on publie, mais, quand Bryan MacDonald assimile Vladimir Poutine à Harold MacMillan, il oublie que ce dernier a gouverné un empire colonial, et même un des pires qui soient, ce qui n’est pas, jusqu’à présent, le cas de Poutine et que rien, dans son parcours ne laisse présager. ]

 

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Pour détendre l’atmosphère :

 

Couverture de Nesweek, version polonaise.

 

6. Newsweek en Polonais.jpg

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Les Moscovites fâchés ne font pas dans la dentelle

 

7. Garage Moscou.JPG

 

Douze voitures de luxe incendiées dans un garage : six Rolls Royce toutes neuves, deux Bentleys, deux Mercedes, une Ferrari et une Porsche Panamera, d’une valeur totale de 3.3 millions de dollars US.

Détail : elles appartenaient toutes à un seul  propriétaire.

Les pompiers sont arrivés vite mais trop tard quand même.

Ce sont les assureurs qui vont être contents.

 

Diapo

http://rt.com/in-motion/207679-luxuly-cars-fire-moscow/

 

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Reconnaissance de la Palestine…

 

8. colons.jpg

 

Quand le dernier Palestinien aura expiré, noyé dans son sang, on pourra enfin s’arrêter de voter et partir à la pêche. On aura sa conscience pour soi. En attendant, voici la liste des pays qui ont reconnu l’État palestinien (à qui ça fait une belle jambe), avec les dates correspondantes. Pourquoi les premiers ont attendu 1988 (quarante ans !) pour le faire est un des mystères de l’Histoire qui bat celui du Masque de Fer.

La liste des pays qui ont reconnu l'État Palestinien

Diversity TV Belgium -19 novembre 2014

Lire ici…

Source : http://observatoire.skynetblogs.be/archive/2014/11/19/rec...

 

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*

 

Il y a quelques jours, c’était Rosa Llorens qui s’y collait ici-même. Aujourd’hui, c’est Patrick Rödel, qui revient sur le sujet, à propos de la réédition d’un livre d’Henri Guillemin sur Jean-Jacques Rousseau.

 

Ne pas se tromper d'ennemis, à propos d'articles inédits d'Henri Guillemin sur Rousseau

Par Patrick Rödel – Médiapart –18 novembre 2014

 

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                                  Les éditions Utovie continuent de republier les oeuvres de Henri Guillemin que ses éditeurs avaient abandonnées - ils doivent s'en mordre les doigts ! - et de publier aussi quelques inédits. C'est ainsi que viennent de sortir trois articles, passionnants, sur Rousseau que Guillemin avait donnés en 1936/37 à la revue dominicaine La Vie intellectuelle. Nous en devons l'édition à Patrick Berthier, le spécialiste du travail de Guillemin, qui ajoute une préface éclairante à ce Jean-Jacques Rousseau ou « la méprise extraordinaire ». Ces articles sont le prélude aux deux ouvrages que Guillemin consacrera à Rousseau : Un homme, deux ombres et « Cette affaire infernale » (également chez Utovie). La thèse défendue par Guillemin est que le divorce accompli entre Rousseau et les Encyclopédistes vient de ce que celui qu'on pensait pouvoir manipuler facilement et embrigader dans le combat mené contre le christianisme, après avoir, pendant un moment, semblé obéir, affirme deux positions qui vont le vouer à la détestation de ses anciens amis : d'abord, une critique radicale de l'idéologie bourgeoise dont les Encyclopédistes sont les tenants (il comprend très bien que les bourgeois n'ont d'autre but que de détenir le pouvoir afin de donner à leurs affaires toute l'ampleur souhaitable, ce sont des propriétaires pour qui le peuple ne peut servir que de force de travail ou d'appoint dans les combats qu'ils mènent contre la féodalité) et ensuite l'affirmation de sa foi, « une foi qui lui reste,écourtée, mais brûlante, cette confiance non plus, certes, en une Église à laquelle il ne peut plus croire, mais du moins, de toute son âme, en Dieu ». Pour cette raison, on le fit passer pour un ennemi du genre humain, on le fit passer pour fou - et il faillit bien le devenir -, on colporta sur lui toute sorte de légendes dont Guillemin entreprendra de le débarrasser.

                                 Guillemin a toujours soutenu que l'anticléricalisme, auquel il pouvait lui-même apporter des arguments, et l'antichristianisme, qu'il ne partageait évidemment pas, servaient à détourner le peuple des vrais combats qu'il aurait eu à mener. Dans ses conférences sur Les deux révolutions françaises (Utovie, 2014), il montre que les attaques contre la religion sont une manière d'éviter que l'on s'attaque aux banquiers et aux spéculations que va entraîner pour le plus grand profit des bourgeois voltairiens la confiscation des biens du clergé (Danton est ici emblématique). Il voit, non sans raison, l'alliance entre les Girondins et ce centre d'affairistes qu'est le palais de Philippe Egalité aboutir à sauver l'essentiel : la propriété, la banque et le commerce. Et le cynisme absolu de Talleyrand et consorts, lors de la promulgation de la Constitution civile du clergé, qui vise à séparer le peuple de ceux qui sont ses alliés naturels, les petits curés de campagne.

                                L'idée-force de Guillemin est qu'il ne faut pas se tromper d'ennemis et qu'il conviendrait de concentrer ses énergies sur ce qui est absolument primordial et déterminant : la domination des puissances d'argent. Le reste, ce que l'on appelle maintenant les questions sociétales, pour importantes qu'elles soient passent au second plan. On éviterait ainsi des anachronismes pénibles qui consistent à torpiller tel ou tel penseur, homme politique ou expérience politique au prétexte qu'ils n'ont pas pris en compte dans leurs revendications le problème des femmes ou celui des homosexuels etc. On éviterait bien des discussions absolument stériles, bien des oukases, bien des mouvements purement rhétoriques d'indignation de la part de gens qui restent confortablement installés devant leur écran mais qui se souviennent avoir, dans une autre vie, dans un autre siècle, lutté pour la liberté. Mourir pour la prise de la Bastille, ce symbole vide de l'absolutisme, n'était peut-être pas utile - il y avait plus urgent à faire, qui fut remis à plus tard et c'était malheureusement trop tard - ce qu'ont tenté de faire Robespierre et la Montagne mais Thermidor déjà était en route.

                               Sur ce point aussi, Étienne Chouard se révèle un disciple conséquent de Guillemin.

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-rodel/181114/ne-pa...

 

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Henri GUILLEMIN

Jean-Jacques Rousseau ou « la méprise extraordinaire »

Edition établie par Patrick Berthier

Bats - Utovie – Octobre 2014 – 104 pages

 

 

 

 

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Henri GUILLEMIN

Un homme, deux ombres : Jean-Jacques Rousseau, Sophie, Julie.

Bats – Utovie – 2003

330 pages

 

 

 

 

 

13. Couv-Rousseau-Cette-affaire infernale.jpg

 

 

 

Henri GUILLEMIN

« Cette affaire infernale » - L’affaire J.-J. Rousseau- David Hume, 1776

Bats – Utovie – 2003

358 pages

 

 

 

 

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Henri GUILLEMIN

1789-1792 / 1792-1794 : Les deux révolutions françaises 

Bats – Utovie – 2013

280 pages

 

 

 

 

Et pendant qu’on y est :

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Henri GUILLEMIN

Napoléon : légende et vérité

Bats - Utovie – 2005

160 pages

 

 

 

 

(Réédition du Napoléon tel quel de 1969, des éditions Trévise)

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*

Mais puisque Patrick Rödel parle d’Étienne Chouard, allons-y nous aussi,  c’est le moment :

 

Article diffamatoire d’Adrien Sénécat, de L’Express, à l’encontre d’Étienne Chouard…

Raphaël Berland – Cercle des Volontaires – 18 novembre 2014

 

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Si vous ne pouvez pas attaquer le-message(.org), alors attaquez le messager ! Décidément, la manipulation, le mensonge, la calomnie et les coups bas sont des pratiques bien répandues dans les rédactions des médias « main-stream ». Loin de moi le « tous pourris », mais force est de reconnaître qu’Albert Londres ne se reconnaîtrait pas dans les us et coutumes actuels de la profession. En l’occurrence, la cible de ma tribune est Adrien Sénécat, non pas pour sa personne, mais pour son article publié par l’Express intitulé « Le discours trouble d’Étienne Chouard contre les “1% qui se gavent” », et dans lequel il tente de salir Étienne Chouard (cliquez ici pour lire cet article).

Il n’est pas le premier. Depuis la rentrée, c’est d’abord Jacques Attali, sur le plateau de Frédéric Taddéï, qui s’y est collé, sans grand succès. Puis vint le tour de Clément Sénéchal, d’abord tout seul sur son blog, puis en groupe et publié par Libération. Hier, c’est un journaliste plutôt inconnu, Adrien Sénécat, qui a été appelé (ou qui a peut-être eu l’idée tout seul) pour faire le sale boulot de calomnie et d’amalgame contre la personne de M. Chouard.

Je rêverais d’un débat entre Étienne Chouard (ou tout autre citoyen ouvert à l’introduction d’une dose de Tirage au Sort dans notre système dit Démocratique) et une personne comme Clément Sénéchal ou Adrien Sénécat. Malheureusement, les calomniateurs de salon sont bizarrement les moins courageux, les moins républicains et démocrates lorsqu’il s’agit de débattre en public, face caméra, et à armes égales.

Donc, en quoi Adrien Sénécat serait-il un menteur et un calomniateur ? Je vous fais grâce de l’exégèse complète de son article, je vous laisse vous faire votre propre avis (revoici le lien pour lire l’article que j’incrimine). J’attire simplement votre attention sur ce paragraphe :

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Adrien Sénécat, jeune journaliste

Lire la suite…

Source : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/11/18/article-dif...

 

 *

Diantre, cher Raphaël, pourquoi voulez-vous que Chouard débatte avec des canards - et non des oisons - dont on ne voudrait pas pour torche-culs, alors qu’il a fait le tour de la question avec Florence Gauthier et sans doute ailleurs ?! Ceux qui ont fait choix d’œuvrer dans les merdias en adoptent les déhanchements. Quoi de plus normal, mais qui s’en soucie ? Leurs clients ? Eh bien, ils reçoivent ce qu’ils méritent, c’est parfait.

Cela dit, qui a raison, qui a tort, avec cette idée de refondation par tirage au sort ? À nos lecteurs d’en juger s’ils ne l’ont déjà fait.

 

 

 

Ils peuvent aussi s’en informer davantage ici :

http://www.le-message.org/?lang=fr

 

Mais malgré toute la sympathie qu’on a pour le messager, il est bien difficile de croire à la concrétisation de quelque chose par cette voie. Chouard est, comme vous dites, « trop gentil ». Il oublie que nous vivons entourés de squales et on ne donne pas quinze jours à son tirage au sort, avant que les squales ne le détournent à leur profit, comme ils ont fait pour celui de la conscription. En outre, si ses citoyens sont nuls, tireurs ou tirés, aucun tirage au sort ne les rendra différents et sa refondation sera sans lendemain.

À notre avis, soit dit surtout sans vouloir donner de leçons à quiconque, la seule refondation possible (et malheureusement, nous n’avons jamais été aussi loin de pouvoir même l’envisager, que ce soit en France ou ailleurs) passe par la voie longue et ardue de Robespierre : une éducation politique du peuple en profondeur (il vaut mieux qu’Ét.Chouard ne compte pas sur l’Éducation Nationale) et l’émancipation intérieure préalable de tous, individu par individu. Sortir d’enfance et grandir, ou la mort.

Et il ne faut pas nous dire que c’est impossible, puisqu’un pays, sous nos yeux, l’a fait. Ce pays, c’est Cuba. Non que les Cubains aient agi tout à fait délibérément – même si Fidel Castro a eu de fameux principes et s’y est tenu mordicus – mais parce que « la force des choses » les a contraints de prendre ce chemin difficile à l’exclusion de tous les autres, bref leur a fait découvrir que le bonheur était « une idée neuve », pas du tout celle qu’on s’en faisait, qu’on s’en fait plus que jamais en Europe. Le terrible embargo qui les enferme aussi sadiquement qu’une vierge de Nuremberg a été, en même temps, un don miraculeux des dieux s’ils existent. Il leur a interdit de se fourvoyer comme tout le monde.

Certes nous sommes mal partis, nous n’avons jamais été aussi bas, aussi politiquement incultes, pires qu’analphabètes, aussi invertébrés et moralement à la baille. Mais puisqu’il n’est d’éducation véritable que par l’exemple et que Cuba existe, il n’y a qu’à aller regarder les Cubains sous le nez et faire pareil, ce n’est pas sorcier. Qu’est-ce qu’ils font les autres (les Latinos en tout cas) ?

Le seul problème à résoudre est de transformer ça :

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en ça :

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Tous volontaires. Une chance sur deux de rentrer vivants. Leur conception du bonheur.

La vôtre ?

On est en désaccord avec Chouard sur autre chose encore : nous ne prenons pas Alain Soral pour un « homme de gauche », même si nous ne sous-estimons pas le travail qu’il fait. Les seuls hommes de gauche véritables sont ceux qui n’ont pas été autorisés à s’asseoir ailleurs qu’à la gauche du roi, parce que s’asseoir à sa droite était un honneur dont on les jugeait indignes, et pas au même niveau non plus, le plus loin possible, en haut des gradins, sur « La Montagne » en somme. Ces « Montagnards du côté gauche » sont presque tous morts, en trois jours, place de la Concorde. Il n’y a plus jamais eu, depuis, de classe politique de gauche, ni en France ni ailleurs en Europe, quoi que des théories d’apparatchiks de toutes les nuances de la politicaillerie aient essayé de faire croire à leurs dupes. Oui, il y a eu des individus qui ont mérité de s’appeler ainsi à titre personnel, surtout au XIXe siècle – les Louise Michel, les Vallès, Varlin, Blanqui, Delescluze et autres, qui ont presque tous mal fini aussi et qui n’ont été suivis, par ceux qui s’en réclament après coup, qu’en paroles verbales, rarement en actes.

On nous parle de « réconciliation ». Chic ! Mais avec qui ? Le Pen et l’OAS mais pas les sans-culottes, c’est ça ?

« Si Dieudonné est lié à la fois à Alain Soral et, d’une certaine manière, à moi, je ne le suis pas à Soral, dont j’apprécie le travail de réconciliation mais dont je dénonce la critique contre-révolutionnaire de 1789. »

(C’est là : http://www.voltairenet.org/article181952.html )

Il nous a ôté les mots de la bouche, Meyssan.

Et ajoutons quelque chose : quiconque a traversé, même de loin, la guerre d’Algérie, n’oubliera et ne pardonnera jamais, et n’a pas à le faire.

Des fois, on rêve : peut-être qu’un jour Soral tombera de son cheval, verra la lumière, s’écriera « Flûte, j’ai merdé ! », cessera de tenir les manteaux à ceux qui lapident saint Étienne, et se mettra à essayer de comprendre en quoi a consisté la Révolution Française (celle de 93, pendant qu’il y sera, car lésiner ne sert à rien).

On ne dit pas ça pour faire joli ou de l’esbroufe : la Révolution Française en général (une des deux de Guillemin) et Robespierre en particulier, sont des pierres de touche. Quiconque en parle se définit : on sait ce qu’il (ou elle) a dans le ventre et à quoi il sert.

 

 

*

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« - Les boules à oiseaux, ils y touchent pas.

-  Faudra les envoyer en Afrique, qu’ils comprennent ce que c’est la faim, les oiseaux ! »

 

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Jean-Marie Gourio

Le Grand Café des brèves de comptoir

Robert Laffont – 2013

925 pages

 

 

 

 

 

Pas une seule méchanceté sur près de 1.000 pages !  (Une forme de racisme enfantin et une fixation sur « les pédés qui se marient » ne sont pas de la vraie méchanceté.)  Il note les brèves de la France qu’il aime, Gourio. Les autres, il évite. Il a raison.

 

Pour les fauchés :

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Il vient de sortir en Poche

 

 

 

 

 

Et, en plus, il fait des émules

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Collectif OuBreCPo

Ouvroir de Brèves de Comptoir Potentielles

Cactus Inébranlable Éditions – Juin 2014.

72 pages

 

 

 

 

 

 

 Oui, l’OULIPO s’y est mis !

À partir d’un seul bistrot (bruxellois), imprimé à La Louvière (Belgique), pour un éditeur de Roubaix (France).

Les Oulipiens n’en font jamais d’autres.

 

Et pourquoi diable n’iriez-vous pas faire un tour sur leur site :

http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

 

*

 

 

 

Mis en ligne le 23 novembre 2014.

 

 

 

 

15:40 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/11/2014

LES GAÎTÉS DE LESCADRON DU G20

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Les gaîtés de l’escadron du G.20

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« Ça s’appelle un koala, Tony ! »

ou

Tarascon en Australie 


(Twitter explose, après que la vantardise d’Abbott, promettant de « flanquer une raclée à Poutine pour avoir descendu le MH17 » finit en séance-photo avec des koalas.)

 

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Les internautes australiens s’en sont donné à coeur-joie, lorsque leur Premier ministre Anthony Abbott, qui avait juré de flanquer à Poutine le genre de coup de boule qui valut jadis un blâme à Zidane, pour avoir, selon lui, fait descendre l’avion malaisien MH17 par ses protégés du Donbass et ainsi « coûté la vie à deux Australiens », s’est dégonflé.  

Il allait exiger des comptes, et tout et tout. Les paris étaient ouverts : « le fera ? le fera pas ? ». Il ne l’a pas fait. Ce qu’il a fait, c’est machine arrière, et posé pour une photo, avec Vlad l’Empaleur, en compagnie de deux petits koalas, qui avaient dû être entraînés pendant plusieurs jours à se laisser cajoler en public. Il faut savoir que ce délicieux animal, emblème (avec le kangourou) de l’Australie, dort 20 heures par jour, et est plutôt farouche quand on le réveille pour lui faire des papouilles.

M. Abbott s’est sans doute rendu compte du grotesque de sa fanfaronnade démagogique… s’est peut-être aussi souvenu que le Président de Russie est ceinture noire de judo.

Les deux petits marsupiaux à l’entraînement :

 

*

Que signifie le départ anticipé de Poutine du sommet G20 ?...

16 novembre 2014

2. Poutine quittan t Brisbane.jpg

Comme nous le savons tous, le Ténébreux a quitté le sommet du G20 avant terme (sans assister aux événements de la deuxième journée). Ceci est un geste très symbolique et il est impossible de ne pas y prêter attention.

Du point de vue du protocole international le départ anticipé d'un chef de la délégation d'un État lors d'une réunion internationale est acceptable dans les cas suivants :

a) problème de santé du chef de délégation, exigeant un retour immédiat.

b) événement d'ordre personnel qui nécessitent un retour immédiat (problèmes dans la famille etc.)

c) événements politiques exigeant le départ du chef de la délégation (coup d’État, guerre, catastrophe naturelle, etc.)

 Ces raisons sont considérés comme fondées et ne présentent pas de violations du protocole et n'entrainent pas de conséquences.

Lire la suite…

Source : http://fr.novorossia.today/au-coeur-de-l-actualit/que-sig...

 

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Ils auraient dû se méfier les nuls, car Pepe Escobar était là et rien n’échappe à son œil d’aigle…

 

 

 

G20 en Australie : Bouffons contre Sud Global

 

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De g. à dr. le Président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narenda Modi, la Présidente du Brésil Dilma Roussef, le Président chinois Xi Jinping et le Président sud-africain Jacob Zuma joignent les mains pour la photo-souvenir du 6e Sommet des BRICS, à Fortaleza, le 15 juillet 2014.

 

Résumé en une seule ligne du G20 qui s’est tenu en Australie : une poignée de bouffons anglo-saxons essaie de couvrir la voix du Grand Sud.

Des pays représentant 85% de l’économie mondiale se réunissent pour (en théorie) discuter de questions économiques et financières vraiment très importantes, et la seule chose dont caquètent les médias de masse occidentaux, c’est que le Président russe, Vladimir Poutine, y fait « figure d’isolé ».

C’est sûr, Washington et sa ribambelle de marionnettes ont bien essayé de faire de ce sommet une farce. Heureusement, il y avait des adultes dans la pièce, qui avaient, eux, du travail à faire.

Les cinq membres des BRICS – malgré leurs problèmes actuels, le G5 qui compte réellement pour le monde – se sont rencontrés avant le sommet, y compris avec la « figure isolée ». Économiquement, ce G5 fait plus qu’égaler le vieux G7 décrépit.

La Présidente du Brésil, Dilma Roussef, a très énergiquement pressé le G5 de « mettre le turbo » à sa coopération mutuelle, ainsi qu’à la coopération Sud-Sud. Ceci concerne bien entendu la Banque de Développement des BRICS. Les BRICS, en insistant sur leur « sérieuse préoccupation », ont une fois de plus mis Washington au pied du mur pour son sabotage perpétuel de la réforme structurelle, si nécessaire et depuis si longtemps repoussée, du FMI.

Le paquet de réformes du FMI sur les quotas et la gouvernance, a, en fait, été approuvé par le Conseil des Gouverneurs du FMI dès 2010 ! Une de ses résolutions-clés traitait du vote accru à accorder aux pays émergents, au premier rang desquels, bien sûr, les BRICS eux-mêmes. Pour les Républicains de Washington, c’est pire que le communisme.

Le Président chinois Xi Jinping a ajouté que la coopération des BRICS n’allait pas seulement stimuler l’économie mondiale, mais aussi assurer la paix mondiale. « Faites des affaires, a-t-il dit, pas des tomahawks. » Les plus de 120 nations du Mouvement des Non-Alignés (MNA) – tolérés comme des mendiants au banquet du G20 – ont été très attentifs à ses paroles.

Que d’« agressions » !

Comparez maintenant les BRICS au travail avec les chefs d’états de l’Union Européenne, qui n’ont voulu rencontrer – exclusivement – que le Président US Barak Obama, pour définir avec lui leur « stratégie », non en vue d’améliorer l’économie mondiale mais dans le seul but de démoniser davantage encore la Russie.

Et cela, après que le Premier ministre britannique, David Cameron, ait dit à Poutine dans une rencontre qualifiée de « robuste », qu’il était à un feu rouge et sur le point d’être frappé de nouvelles sanctions ; que le Premier ministre canadien se soit plaint d’avoir à serrer la main de Poutine et que le Premier ministre australien, Tony-coup de boule–Abbott ait fait poser tout le monde avec des koalas – si ce n’est pas de la cruauté envers les animaux ! –non sans avoir d’abord renoncé à flanquer une douffe au Président russe.

Et il n’a pas été question que d’une « agression russe ». Obama, Abbott et le Premier ministre japonais Shinzo Abe se sont aussi rencontrés séparément, pour mettre sur pied un accroissement de leur « coopération militaire » et « renforcer leur sécurité militaire » dans la région Asie-Pacifique. Contre (quoi d’autre que ?) l’«agression chinoise ». 

 

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De g. à dr., le Président français François Hollande, le Président US Barak Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et la Chancelière d’Allemagne Angela Merkel participant à une rencontre multi-latérale réduite, sur les lignes de touche du Sommet du G20, à Brisbane, le 16 juillet 2014.

 

Arrogance impériale et bouffonnerie mise à part, Poutine a quand même rencontré la Chancelière allemande Angela Merkel pendant trois heures. Ils ont discuté de l’Ukraine, essentiellement. Pas de fuites. Conclusion : Poutine a rencontré et a parlé avec tous les adultes qui comptaient : les BRICS et Merkel. Il n’avait, professionnellement, rien d’autre à faire.

Selon les propres mots du Président russe : « Il y a neuf heures d’avion d’ici à Vladivostok, et encore neuf heures de là à Moscou. J’ai besoin de quatre heures de sommeil avant de me remettre au travail lundi. Nous avons terminé notre travail ici. »

Dieux du Ciel ! C’était juste la réplique dont avaient besoin les médias de masse occidentaux pour perdre complètement les pédales et filer leur intoxe sur la « figure isolée », fuyant, de honte, le G20.

Quand vous ne savez plus quoi faire, imprimez de l’argent.

Malgré tous les efforts déployés par le gang politique anglo-saxon pour avilir le Sommet, il y a quand même eu un peu – très peu – de travail accompli. Poutine lui-même a salué l’« atmosphère constructive », dans le sens, probablement, d’« atmosphère chimériquement constructive ».

Dans le communiqué final, une promesse a été faite d’augmenter le PIB mondial de 2 mahousses trillions [= deux millions de millions, NdT] d’ici 2018. L’essence de ce plan magique est de faciliter les investissements en matière d’infrastructures génératrices d’emplois et susceptibles d’améliorer le commerce mondial.

À propos, c’est juste ce que la Chine est en train de faire massivement. La Chine et la Russie ont conclu cette année deux faramineux contrats de gaz valant 725 milliards de dollars. Les 40 milliards de dollars du Fonds d’Investissement dans la Route de la Soie financeront des projets de développement dans sept pays d’Asie Centrale. La « figure isolée » a confirmé que le commerce de la Russie avec la Chine et le reste de l’Asie passera de 25 à 40% de son PIB.

En outre, la Russie, la Chine, l’Iran – et bientôt d’autres nations d’Asie – sont activement en train d’établir leur propre système de compensation monétaire, indépendant du système SWIFT et du dollar US. Le commerce et les investissements Russie-Chine se traitent de plus en plus en roubles et en yuans et non plus en dollars US. Pour les bouffons, c’est pire que l’Apocalypse.

Le communiqué du G20 parle aussi d’un renouveau de facto d’offensive néo-libérale, allant de davantage de « dérégulation » des marchés pour les marchandises à davantage de « flexibilité » dans les marchés du travail. Un vague centre d’investissement mondial sera mis sur pied à Sydney, mais personne ne sait vraiment comment il fonctionnera.

Le G20  a également insisté sur la nécessité de combattre le secteur bancaire parallèle. Purs vœux pieux, alors que les monstrueux acteurs masqués-spéculateurs-vrais gangsters financiers savent comment réduire ce genre d'efforts à néant. Vous n’êtes quand même pas en train de parler de stations d’épuration du style « à genoux devant la Couronne, mais prions le dollar » genre Turks et Caico, hein, les gars ?

Il n’est pas surprenant que la plus petite référence à une quelconque transparence dans les industries extractives ait complètement disparu du communiqué final. Quant au changement de climat, recours à la méthode Coué encore pour « une action effective » avant la conférence de Paris en décembre 2015. On pourrait parier des casinos entiers d’argent sale que rien de substantiel ne se produira avant ni après la conférence.

 

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Le Président de Russie Vladimir Poutine parlant à une conférence de presse, à la fin du Sommet du G20, à Brisbane, le 16 novembre 2014

 

Les Wahabites du néo-libéralisme se sont évidemment moqués de la tentative de « cette bonne à rien » d’Argentine, de faire adopter par le G20 un régime de faillites supra-national. Après tout, il est normal que les fonds vautours de la variété Paul Singer puissent continuer à agir comme des vautours.

En fin de compte, la « figure isolée » a été à l’heure à son travail lundi matin, heure de Moscou. L’UE est assurée de perdre 15% de 330 milliards dans ses affaires avec la Russie en 2015, tandis que celles qui se feront à l’intérieur des BRICS vont doubler. L'absolue débâcle de l’UE continuera à être causée dans une très large mesure par le néo-libéralisme. Et par le diktat des « élites » de Washington-Wall Street, qui exigent que toutes les entreprises d’économie mixte dans l’UE soient anéanties.

Tandis que Washington met fin à son assouplissement quantitatif (= émission d’assignats, NdT), la Banque Centrale Européenne rêve d’imprimer de l’argent comme une folle, la Banque Centrale du Japon imprime de l’argent comme une folle, et la Russie et la Chine achètent des océans d’or physique. Derrière l’écran de fumée de l’argent de papier à gogo, l’économie mondiale va continuer à souffrir.

Pendant ce temps, l’économie russe va continuer à s’associer de plus en plus étroitement à celles de la Chine, de l’Iran et du Kazakhstan. Le centre des investissements mondiaux et le cœur de l’action continuera d’être – où, sinon ? – l’Asie-Pacifique. Pas étonnant que le G20 de 2016 se tienne en Chine.

Parmi les autres nouvelles, Pepe Mujica, le président en fin de mandat de l’Uruguay, n’est pas venu au G20. Mais laissons-lui le mot de la fin. Il va quitter le pouvoir. Il ne faut qu’une seconde pour comparer sa dignité, son honnêteté, son humilité, son intelligence, son courage, son altruisme et sa saine politique avec les bouffonneries irresponsables des Cameron, des Harper, des Abbott… Il y a les hommes politiques et il y a les politiciens. Et ceux-là, heureusement, l’énorme majorité de l’opinion publique les a percés à jour*.

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______________  

* Le mandat présidentiel de Pepe Mujica se termine le 1er mars 2015. Les élections pour sa succession sont en cours : 2e tour le 30 novembre.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Source : http://rt.com/op-edge/206083-g20-summit-brics-economy/

 

*

Fanfan la cascade

 

 

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L’empire anglo-sioniste est vraiment devenu « L’Empire des Illusions »

Vineyard of the Saker 17 novembre 2014

Curieux, non ? Les deux récents sommets (APEC et G20) ont fini en désastre, je le soutiens, pour les États-Unis et ses alliés (voir ici, ici et ici), tandis que la Russie, la Chine et le reste des BRICS ont visiblement pris le contrôle de la situation, et pourtant, il y en a encore qui croient les médias de masse occidentaux, qui s’évertuent à dépeindre Poutine et la Russie comme « faibles ».

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Je suppose, à notre époque virtuelle, que les perceptions sont tout, et dans ce cas, il est clair que les perceptions prennent la forme du moule que leur donnent les médias dominants, dont le savoir-faire, en matière de lavage de cerveaux, est  réellement impressionnant. Mais voyons les faits.

Le résultat le plus notable qu’aient produit ces deux sommets, c’est que Xi Jinping a, pour la première fois, montré sans doute possible qu’il soutient à fond Poutine et la Russie.

Je me rappelle très bien qu’au début de l’année, il y en avait beaucoup qui doutaient de la politique chinoise à l’égard de la Russie ; beaucoup disaient que « l’effet Walmart » (l’étendue des liens US-Chine) ne permettrait jamais à la Chine de s’aligner avec la Russie contre les États-Unis, et pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit, à au moins trois niveaux :

1. Économique : non seulement la Russie et la Chine ont signé ce qu’on ne peut qu'appeler des méga-contrats, mais en outre, les Chinois ont été plus qu’heureux d’offrir aux banques russes (frappées de sanctions US/UE) l’accès aux crédits chinois. La Chine aide aussi la Russie à remplacer SWIFT.

2. Politique : les Chinois sont même sortis de leur chemin pour montrer que, non seulement Poutine n’était pas isolé du tout, mais qu’il était au contraire l’invité d’honneur de l’APEC, ce qui revenait à défier ouvertement les États-Unis.

3. Militaire : la Russie et la Chine sont engagées, sur une base régulière, dans d’importants exercices militaires conjoints, qui comprennent des opérations navales et au sol. Et les deux pays ne se contentent pas de s’entraîner de concert, ils sont également en train de créer des états-majors inter-armées.

Tout ceci ne devrait constituer une surprise pour personne. La Russie et la Chine sont véritablement des partenaires « idéales » et se complètent l’une l’autre à la perfection. Ce dont l’une a besoin, l’autre le possède et vice-versa. Non seulement cela, mais les USA ont tellement cherché noise à l’une et à l’autre, qu’on peut affirmer que l’Empire les a littéralement poussées dans les bras l’une de l’autre. Obama n’a jamais cessé de menacer ouvertement la Russie et la Chine, leur a envoyé toutes sortes d’ultimatums, a monté contre elles des coalitions et, bien sûr, les a encerclées de bases militaires et de systèmes anti-missiles.

Ce qu’Obama et ses conseillers n’ont pas compris, c’est que la Russie et la Chine, soutenues par les BRICS, par l’organisation de Coopération de Shanghaï (OCS), par l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) et par l’Union Économique Eurasienne (UEE), sont infiniment plus puissantes que le bloc USA/UE en termes politiques, économiques et militaires. C’est ça la grande nouvelle, le développement stratégique capital, la secousse tectonique que les médias enchaînés à l’Empire tentent si désespérément d’occulter. Pour ce qui est des dirigeants occidentaux, ils sont en plein délire, manifestement tombés dans le très vieux piège de croire à leurs propres mensonges. Mais, comme on dit, si votre tête est dans le sable, votre derrière est en l’air, et la réalité vient de se rappeler à eux par une puissante et douloureuse morsure.

Le moment le plus ridicule de ce sommet est arrivé lorsque Obama, n’ayant réussi à atteindre aucun de ses objectifs à l’encontre de la Russie et de la Chine, a prononcé avec le plus grand sérieux un discours où il expliquait l’importance du « leadership américain ». Ce fut comique au point d’en être gênant. Les commentateurs de la TV russe étaient pris de fous-rires en le rapportant.

Quant à Poutine, visiblement sûr de sa position, il s’est moqué ouvertement de l’idiotie des dirigeants US-UE : « Ont-ils réfléchi un instant à ce qu’ils sont en train de faire ? Ou leur politique les a-t-elle aveuglés à ce point-là ? On sait que les yeux sont des organes périphériques du cerveau. Quelque chose a-t-il été débranché dans leur cerveau ? » À ceci s’est ajoutée une mise en garde sans équivoque : la Russie ne permettra jamais à l’US-UE d’écraser la résistance novorossienne. Le message de Poutine est net et carré : les dirigeants occidentaux mènent leur empire droit dans le mur. (Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous recommande instamment d’écouter l’interview que Poutine vient d’accorder à ARD).

L’empire anglo-sioniste est vraiment devenu « L’Empire des Illusions » (pour reprendre l’expression de Chris Hedges), où les faits ont beaucoup moins d’importance que les contes de fées, où la façon courante de relever un défi est de nier son existence, où l’auto-aveuglement est devenu une manière de vivre.

Les jeux sont faits. Les mots sont écrits sur le mur depuis longtemps. Le problème, c’est que personne ne veut les voir.

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P.S. La phrase-clé de l’interview de Poutine à la chaîne de télévision allemande ARD est la suivante : « Aujourd’hui, on se bat en Ukraine orientale. Les autorités centrales ukrainiennes y ont envoyé des forces armées et elles s’y servent même de missiles balistiques. Quelqu’un en parle-t-il ? Pas un  mot. Et qu’est-ce que cela signifie ? Que nous dit votre silence ? Que vous voulez que les autorités centrales de Kiev annihilent tous leurs opposants. Est-ce là ce que vous voulez ? Nous, nous ne le voulons pas. Et nous ne permettrons pas que cela se produise. »

Ce n’est pas une préférence qu’il a exprimée, ni un vague « nous y sommes opposés ». C’est une affirmation très catégorique, annonçant que la Russie empêchera proactivement une telle issue.

Comme je l’ai dit maintes fois ici même : la Russie ne laissera pas les Nazis se rendre maîtres de la Novorossia.

Le Saker

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

Sources :

http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/11/the-anglozionist...

http://vineyardsaker.blogspot.be/2014/11/the-key-sentence...

 

12. CHRIS HEDGES.jpg

 

 

 

Chris HEDGES

L’Empire de l’Illusion – La mort de la culture et le triomphe du spectacle

Lux – 2012

Collection Futur proche – 272 pages

 

 

 

*

Des histoires françaises

 

Quelqu’un vient de nous signaler, dans Le Monde Diplomatique du 6 octobre dernier, un article de Régis Debray consacré à Manuel Valls.

Bien que nous soyons porte à porte avec la France, nous n’arrivons pas à nous intéresser à Manuel Valls.

Quant à Régis Debray, c’est par 300 à la fois que les Régis Debray d’Outre Rhin écrivent des lettres à Vladimir Poutine, pour lui dire qu’ils désapprouvent la politique de leur gouvernement. Pourquoi avons-nous l’impression que Régis Debray, par ses préoccupations franco-hexagonales, est peut-être en retard de deux ou trois guerres ?

Dominique de Villepin vient, lui, d’avancer un pion en direction de la prochaine élection présidentielle en se rendant à Valdaï et en y prenant la parole. Pour y dire… pas grand-chose de déterminant, ne prenant clairement parti ni pour les uns ni pour les autres dans l’affrontement USA-Russie, se contentant pour l’instant de capitaliser sur son discours d’opposition à la guerre d’Irak (opposition qui était surtout celle de Jacques Chirac, mais c’est… de bonne guerre). Si on en juge par les réactions de certains jeunes internautes qui ne savent pas ce que bonapartisme veut dire (« au moins, lui, il a eu le courage d’y aller »), il a ses chances.

Curieusement, le seul qui mise en ce moment sur le bon cheval est Nicolas Sarkozy. Quand il est allé faire, il y a quelques mois, trois petits tours à Sotchi, tandis que Carlita, en donnant des concerts à Moscou, assurait l’offensive de charme, il entamait sa campagne électorale. Ces jours-ci, à propos de la pantalonnade des Mistral, il est le seul à s’être prononcé clairement pour le respect des engagements pris. Hélas pour lui, au rythme d’une casserole par semaine, il a plus de chance d’arriver à l’élection en taule qu’en candidat. Et surtout, nombreux sont ceux qui n’ont pas oublié et ne lui pardonneront pas le rôle qu’il a joué en Libye, cul et chemise avec des BHL, ni la réintégration de la France dans l'OTAN.

Mais ce sont là les affaires des voisins.

Quelqu’un a dit récemment « l’Europe est hors jeu ». C’est on ne peut plus vrai, et la France est en Europe. Comme aussi l’Angleterre, les pays scandinaves, ceux de l’Est, la Belgique, l’Italie et tutti quanti. L’Allemagne aussi, mais…

Si la Chine a choisi pour terminus de sa bifide Route de la Soie, Duisbourg et Venise, elle ne l’a pas fait au hasard. On (Israël) nous a tant bassinés avec « ses » six millions de victimes du nazisme, qu’on en a oublié les 23 millions de victimes soviétiques. Soyons sûrs que les Russes, eux, n’ont rien oublié, et que s’ils ne se sont pas fait payer, comme d’autres, le prix du sang, ils n’ont certainement jamais cessé de tenir, depuis la fin de la guerre, l’Allemagne à l’œil. Pourquoi leurs services secrets seraient-ils moins compétents que les autres ? Si l’Allemagne a été choisie comme point terminal de la route chinoise, c’est-à-dire comme seule interlocutrice en Europe désormais, par l’alliance Russie-Chine, c’est que celle-ci est assurée d’y être en terrain stable. Merkel passera comme tout passe, et derrière elle, une relève est sans doute déjà prête, avec laquelle des jalons sont posés. Quand les autres, du fond du trou où ils se sont eux-mêmes précipités, auront envie ou besoin de quelques miettes, ils devront s’adresser à l’Allemagne. L’autre terminus, Venise, redeviendra ce qu’elle fut si longtemps jadis : l’extrémité occidentale des Balkans. Merci qui ?

La France, plus encore que tous les autres « pays membres de l’UE » ne pourra cependant s’en prendre qu’à elle-même. On ne compte plus, depuis quinze ans les offres de coopération et les mains tendues de Vladimir Poutine. On l’en a remercié en le traitant comme du pus, en quittant ostensiblement, en meute, l’Assemblée Générale de l’ONU quand il y prenait la parole,  et en affichant des mines dégoûtées à l’idée d’avoir à lui serrer la main. Sans jamais se demander ce qu’il peut éprouver, lui, à l’idée de serrer la leur. Il est trop tard, aujourd’hui, pour faire volte-face. Ceux qui sont assez vieux pour avoir vu la guerre et qui se souviennent des héros de Normandie-Niemen sont tristes à en pleurer.

 

*

Une histoire belge

Rares sont les Belges francophones qui savent qu’en 1793, leur pays a fait exactement la même chose que la Crimée l’an dernier : voté à plus de 90% son rattachement à la France… de Robespierre.

Il en restait suffisamment de traces pour qu’en 1950, au moment de la prestation de serment de Baudoin 1er, un député s’écrie à haute voix « Vive la République ! ». Les franquistes belges n’allaient pas laisser passer pareille offense à l’élève du Caudillo. Le soir même, il était mort. Il s’appelait Julien Lahaut. Il était député communiste. Non seulement ses assassins n’ont jamais été punis, ils n’ont jamais été identifiés non plus et sans doute jamais poursuivis.

Mais encore moins de Belges savent comment il était devenu communiste, quelle odyssée l’avait, pendant la guerre de 14-18, mené jusqu’aux confins de la Sibérie. Aventure commencée sous le Tsar, conclue sous Lénine.

Un site liégeois qui se consacre à l’histoire nationale l’a évoqué en souvenir de la « Grande Guerre ». C’est ici :

Julien Lahaut et le corps ACM Autos-Canons-Mitrailleuses en Russie

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En 1915 la Belgique forme l'un des premiers corps de voitures blindées,  les ACM, les Autos-Canons-Mitrailleuses. Un de ses membres est Julien Lahaut.  Le roi Albert Ier « donne » ce corps d'élite au tsar de Russie. Ils assisteront à un évènement clef du XX° siècle : la révolution russe. Ils se retrouveront en Russie avec Jules Destrée, un de leaders de la social-démocratie belge, qui n’est pas là pour prêcher la révolution, mais la guerre à outrance. La conversion de Lahaut au léninisme semble dater de cette période, mais ça prendra du temps, et nous n’avons pas réussi à trouver des déclarations de sa part sur cette période. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu. Plusieurs de ses compagnons ont écrit des livres. Il est vrai que Julien Lahaut n’était pas un homme de plume, mais un homme de parole.

Donc, quand la guerre éclate en 1914, Lahaut s'engage. « Attitude conforme à celle du POB, son parti, en 1914. Rien n'oblige ce jeune marié à aller risquer sa vie. Le service militaire faisait l'objet d'un tirage au sort. Il avait eu de la chance ».  (Jules Pirlot, Julien Lahaut, vivant.)

Lire la suite…

Source : http://hachhachhh.blogspot.be/2014/04/julien-lahaut-et-le...

 

*

 

Mis en ligne le 18 novembre 2014

 

 

 

 

21:25 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2014

UBU EN SARRE

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La musique adoucit les mœurs ? Pas toujours…

Ubu en Sarre

 

12 juillet 2014 : Lorin Maazel casse sa baguette. Il avait 84 ans. Et dirigeait toujours la Philharmonique de Münich. Laquelle se met en quête d’un autre konzert meister pour lui succéder. Elle offre le poste à Valeri Guerguiev, qui accepte. Il prend ses fonctions le 1er janvier prochain, pour cinq ans.

Valeri Guerguiev, d’origine ossète, né à Moscou en 1953, a passé vingt ans de sa vie à la tête du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, non sans avoir été, parallèlement, pendant treize ans, le directeur musical de l’orchestre Philharmonique de Rotterdam, premier chef invité du Metropolitan Opera de New York et avoir, en 2007, remplacé sir Colin Davis à la tête de l’Orchestre symphonique de Londres. C’est un des plus grands chefs d’orchestre du monde. Ils ont de la chance à Munich de ne pas tomber de Maazel en Tartempion. S’ils ont fait un pont d’or à celui-ci, ce n’est quand même pas cher payé, car réputation oblige.

Donc, tout baigne. Théoriquement.

Cependant… du 21 au 30 mai 2015 doit se dérouler le Festival de Sarre (à deux pas des frontières française, belge et luxembourgeoise). Ce festival musical se tient tous les deux ans et le Münchner Philharmoniker y est naturellement invité. Mais ce sera, cette fois, sans son chef, qui vient d’être « désinvité » par les organisateurs, pour avoir refusé de critiquer le président Poutine.

Non, ce n’est pas pour rire, c’est vrai.

La décision « qui n’est pas politique », a été prise pour ne point contrister M. Donald Tusk, ancien Premier ministre polonais et actuel président du Conseil européen, sous le patronage de qui doit se dérouler, cette fois, le dit festival. M. Tusk, on le sait, succède, non à Maazel mais à Herman Van Rompuy et Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de Berlin, grands démocrates et droitsdelhommistes sous le soleil, qui soutiennent comme on  sait, de tout leur poids moral, les massacres perpétrés par Kiev et l'OTAN dans le Donbass.

Selon les organisateurs du Festival de Saar, il ne fallait pas froisser Donald Tusk car divers concerts venus de Pologne doivent s‘y dérouler. Les organisateurs ont donc fait appel, pour remplacer Valeri Guerguiev, à un chef d’orchestre polonais, M. Michal Nesterowicz. «Nous avons reçu une demande explicite de l'ambassade polonaise de Berlin nous disant qu’il n'était pas souhaitable d'inviter Guerguiev », a expliqué le directeur du festival Robert Leonardy, avant de préciser : « cela ne va pas qu'un Russe, et en plus un proche de Poutine, puisse participer au Festival. »

Mais qu’a-t-il donc fait Guerguiev, pour mériter ainsi la hart et l’opprobre ? Accrochez-vous : Il a « refusé de dénoncer clairement les violations des droits de l'homme que représentent les lois anti-homosexuelles de Poutine ». Et Courrier International (c’est un canard mainstream) de se poser gravement la question : « Munich peut-elle encore se permettre d'employer Guerguiev ? » Surtout s’il risque, étant sur place, d’aller boire un coup à la Hofbräuhaus… Sait-on jamais ?

 

2. Guerguiev.jpg

D’accord, il a de mauvaises fréquentations, mais qui prétend être parfait ?

 

L’abominable Guerguiev s’est donc abstenu de critiquer la politique de la Fédération de Russie à l’égard du lobby homosexuel (l’expression est du Saker). Car c’est évidemment le gouvernement russe, et non Vladimir Poutine, qui a légiféré pour interdire la propagande pédomaniaque dans les écoles. Bof, c’est pareil, pour nos « démocrates » à voile et à vapeur, depuis le temps qu’on ne fait plus ce genre de distingo par ici… C’est la ville de Moscou qui a interdit les gay prides pour les cent ans à venir, et Guerguiev fait de la musique à Saint-Pétersbourg ? Pfftt… tout ça, c’est russe et compagnie ! Chez nous, en Otanazie, est-ce que les couturiers ne dirigent pas l’Éducation Nationale ? (Avec le CRIF il est vrai, bien la preuve que nous ne sommes pas sectaires).


 

    Double grain de sel des Grosses Orchades 

              Au lobby sus-mentionné :

     Ce n’est pas votre homosexualité qui dérange, c’est votre exhibitionnisme. L’exhibitionnisme des hétéros est aussi intolérable que le vôtre. Étaler sa libido sur la voie publique n’est pas qu’un manque flagrant de savoir-vivre, c’est une agression envers quiconque a gardé quelque décence, respecte les autres et tient à conserver l’estime de soi. Tout le monde n’a pas envie de se promener dans les rues en string avec des plumes dans le cul ou de s’y enfoncer des crucifix. Pourquoi ne conviez-vous pas la presse à venir vous voir faire caca au milieu de la place de la Concorde aux heures de pointe, pendant que vous y êtes ? Ah, (en tout cas pipi) c’est fait ? Pardon.

               À Valeri Guerguiev :

              Maestro, on n’a pas de conseils à vous donner, mais si on était vous, on ferait tout de suite un saut, mettons, à New York, pour y engager une demi-douzaine d’avocats rompus à l’exercice banal en ces contrées d’arracher aux zozos sarrois à nez de Pinocchio une somme aussi pharamineuse que possible, à titre de dommages et intérêts pour atteinte à votre image, à votre réputation ou à n’importe quoi d’autre. Soyez sans crainte, ils trouveraient : ce sont des pros. Et si vous avez scrupule à vous enrichir sur le dos de la bêtise européenne, pourquoi ne pas en faire des bringues monstres les cinq « Rosenmontag » à venir avec vos musiciens, à la bière, à la vodka ou aux deux ? Prosit !

              Euh… si vous invitez Obélix, il faudra que vos baveux se défoncent.

 

 

 

3. ubu_chanot_noiretblanc.png

La Pologne étant, comme on sait, le royaume d’Ubu, les choses se présentent ainsi :

La philharmonie de Munich et son nouveau chef sont invités à jouer à Paris le 9 mars, avec la soliste de renommée mondiale Sol Gabetta. Concert d’hommage au chef décédé, né, on vous le rappelle, à Neuilly-sur-Seine.

Le 10 mars, le même concert devait se donner, pour le même motif, au Festival de Saar, en Allemagne, mais il le sera sans son directeur, et le Polonais Michal Nesterowicz, pas bégueule, prendra sa place.

Dans un entretien, l’ineffable Robert Leonardy a expliqué, en essayant de cacher son nez qui grandissait à vue d’oeil : « le refus d'inviter Valeri Guerguiev n'est pas le résultat d'une décision politique. Comme ce dernier a officiellement donné son soutien en août dernier à Vladimir Poutine et que le Festival se déroule sous le patronage de l'ancien Premier ministre polonais, Donald Tusk, nous n'avons pas voulu mettre en danger le bon déroulement du Festival.» Quel diplomate, cet homme !


Sources :

http://french.ruvr.ru/2014_11_13/Un-eminent-chef-dorchest...
http://www.courrierinternational.com/article/2014/03/19/u...

En attendant la suite de ces péripéties

hautement culturelles :

 

Tous à la Philharmonie de Paris

(Grande salle)

Le 9 mars prochain à 20h30

(retenez vos places dès à présent)

Pour

4. lorin-maazel_dies aged 84.jpg

Saluer Maazel disparu

 

5. solgabetta_slider1.jpeg

Applaudir la belle soliste argentine Sol Gabetta.

 

6. Gergiev .jpg

Et ovationner le nouveau chef du Münchner Philharmoniker !

 

Au programme

Dvořák, Antonín :  Concerto pour violoncelle

Strauss, Richard :  Ainsi parlait Zarathoustra, op. 30

Strauss, Richard :  Till Eulenspiegel, op. 28

(Programme sous réserve de modifications.)

 

Pour consoler ceux qui n’auront pas la chance de s’y trouver :


 

À quoi bon lésiner ?…

Notre bateau du jour « La bataille de Grunwaldski –Nef des Fous », d’après Jérôme Bosch, est une œuvre collective du groupe polonais Les Krasnals (les Nains), qui a récemment fait scandale, parce qu’on y voit feu le pape Jean-Paul II allaité au sein par le père Rydzyk, chef de la très controversée station de radio catholique « Radio Maryja », représenté en truie.

Ryszard Nowak, du Comité polonais de Défense contre les Sectes et la Violence (OKOS) a déposé une plainte contre le groupe des peintres. Nowak, qui avait, peu auparavant, intenté  une autre action en justice contre des musiciens, dont la pop star Doda, « pour blasphème », affirme que la peinture des Krasnals « offense les sentiments religieux de millions de gens » et est insultante à la fois pour le père Rydzyk et pour le feu pape.

À quoi les Krasnals ont répondu qu’ils regrettaient que le niveau d’éducation artistique soit aussi bas au Comité polonais contre les sectes et la violence, « qui devrait pourtant être le pré carré de l’intelligence dans notre pays » se demandant « pourquoi ces gens ne sont pas capables de faire la différence entre fiction et réalité ». « La bataille de Grunwalski/Nef des fous n’est qu’une œuvre d’art. Notre peinture est une création légère et accessible, qui représente les événements et les personnalités contemporaines de l’Histoire polonaise dans un contexte international ; ce ne sont rien d’autre que des caricatures dans la veine de “South Park”. Le concept de “Guerre Civile Polonaise” devrait être pris avec un grain de sel. Le message de notre œuvre est pourtant très positif, sans aucune intention d’offenser personne. Ce sont nos traditions polonaises qui nous poussent à voir le diable et le mal dans tout. »

 

7. Détail.jpg

Détail de « La bataille de Grunwaldski/Nef des Fous »

 

Source :

http://sz-n.com/2014/04/painting-of-priest-breastfeeding-...

 P.S. L'Ubu est de Chanot.

 

 

Mis en ligne le 16 novembre 2014.

 

 

 

 

 

03:19 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/11/2014

LA CARAVANE DES ROUTES DE LA SOIE ET LE CANARD BOÎTEUX

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La caravane des Routes de la Soie et le canard boîteux.

Pepe Escobar – 11 novembre 2014

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« Photo de famille » des principaux dirigeants mondiaux, prise à Pékin, au cours du sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation), le 10 novembre 2014. À gauche, debout derrière le Président Vladimir Poutine, Tony Abbott, Premier ministre australien, et au premier rang, à leur droite, le Président Xi Jinping.

Rien ne pourrait illustrer plus crûment la destination que prend le monde multipolaire, que ce qui vient de se produire au sommet de l’APEC à Pékin.

Regardez bien les photos officielles : tout est dans le positionnement des participants, et, ceci étant la Chine, lourd de signification symbolique. Devinez qui est à la place d’honneur, juste à la droite du président Xi Jinping. Et devinez où a été relégué le canard boîteux, dirigeant de la « nation indispensable ». Les Chinois maîtrisent parfaitement, eux aussi, l’art d’envoyer des messages globaux.

Quand le président Xi a pressé l’APEC d’« ajouter du bois au  feu de l’économie de l’Asie-Pacifique et du monde », c’est ce qu’il voulait dire, ne tenant aucun compte de décisions peu concluantes prises en dehors du sommet.

1) Pour Pékin, tous les coups seront permis pour instaurer la Zone de Libre Échange de l’Asie-Pacifique (FTAAP) – vision chinoise d’un accord commercial « tout compris, gagnant-gagnant» – ayant pour vocation de réellement promouvoir la coopération en Asie-Pacifique, par opposition à la TransPacific Partnership (TPP) semeuse de divisions, rédigée par les multinationales US, qu’essaie d’imposer Washington.

2)  Les plans sont prêts pour une « connectivité totale »,  selon les mots de Xi, ce qui implique, de la part de Pékin, la mise sur pied de la Asia Infrastructure Investment Bank  (Banque  Asiatique Infrastructurelle d’Investissement); ce qui implique aussi que Pékin et Moscou s’engagent dans un second mega-contrat de gaz, celui-là à travers le gazoduc de l’Altai en Sibérie occidentale ; et que la Chine investisse (chose qu’elle est déjà en train de faire) pas moins de 40 milliards de dollars pour commencer à construire la ceinture économique de la Route de la Soie et la Route de la Soie Maritime du XXIe siècle.

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Les principaux dirigeants mondiaux s’installent, tandis que le président Xi Jinping (au centre) se prépare à prononcer son discours d’ouverture à l’APEC, au Centre de Conférences du Lac Yanqi, à Pékin, le 11 novembre 2014.

Une fois de plus, tout converge vers l’offensive infrastructurelle la plus spectaculaire, ambitieuse, étendue et plurinationale jamais entreprise – la multiple Route de la Soie – un réseau complexe de voies de chemins de fer rapides, de gazo et d’oléoducs, de ports, de câbles à fibres optiques et des télécommunications les plus récentes, que la Chine est déjà en train de construire à travers les « stans » d’Asie Centrale, qui toucheront la Russie, l’Iran, la Turquie et l’Océan Indien, et s'étendront, en  Europe, jusqu’à Venise et Berlin.

C’est la Pékin du « Rêve Asiatique-Pacifique » de Xi, dont les liens s’étendent bien au-delà de l’Asie Orientale, l'esprit focalisé sur un commerce pan-Eurasien, avec, pour centre, bien sûr, l’Empire du milieu.

La campagne « Vers l’Ouest » a été lancée officiellement en Chine à la fin des années 1990. Les Nouvelles Routes de la Soie sont des moteurs « Go West »  et « Go South » à turbo-compresseurs, de marchés, de marchés et encore de marchés, toujours en expansion. Pensez à une très proche et massive Ceinture de la Soie Chinoise – par endroits en co-propriété avec la Russie.

Voulez-vous votre guerre chaude ou froide ?

Tandis que Pékin rêve, Noam Chomsky parle beaucoup de la possibilité de dérapages occidentaux susceptibles d’échapper à tout contrôle et de provoquer une catastrophique réaction en chaîne à la manière de 1914, alors que l’enjeu, une fois de plus, est nucléaire. Moscou abhorre absolument cette affreuse perspective et cela explique pourquoi la Russie, quoique confrontée aux incessantes provocations US en même temps qu’aux sanctions, observe une retenue titanesque. Cependant, non seulement les États-Unis ne peuvent pas « isoler » la Russie comme ils ont tenté d’«isoler» l’Iran, et Moscou a défié le bluff des néo-cons US en Ukraine.

Au Club Valdai de Sotchi, le Président Poutine, dans un discours mémorable (texte), évidemment passé sous silence par les médias occidentaux alignés, a tiré les conclusions qui s’imposaient. Les « élites » de Washington et de Wall Street n’ont aucunement l’intention de permettre un minimum de multi-polarité dans les relations internationales. Il ne reste donc que le chaos. C’est ce que j’ai soutenu à diverses reprises, tout au long des années de l’administration  Obama, et qui est le sujet central de mon livre « Empire of Chaos »¨*.

Moscou n’ignore rien de la complexité des liens entre l’Empire et l’Europe – particulièrement l’Allemagne – ni du pâlissant mais tenace consensus imposé par Washington. Cependant Moscou détient la carte maîtresse : la Russie est une puissance eurasienne qui, en cas de problème, peut toujours se tourner vers l’Asie.

Gorbatchev a été tout à fait pertinent, à Berlin, quand il a souligné comment, en violant la promesse qui lui avait été personnellement faite par Bush père, l’OTAN s’est embarqué dans une expansion éternelle vers l’Est, et comment l’Occident - les États-Unis plus quelques vassaux européens – semble souhaiter si ardemment déclencher une nouvelle guerre froide, avec un nouveau mur de Berlin métaphoriquement transplanté à Kiev.

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Les dirigeants participant au sommet de l’APEC posent pour une photo-souvenir au Centre International de Conférences du Lac Yanqi, à Pékin, le 11 novembre 2014

Le basculement de Moscou, de l’ouest vers l’Asie orientale est un processus qui se développe à plusieurs niveaux, et depuis des mois, sous les yeux de tous. On pourra dévaster encore bien des forêts pour imprimer cette évidence : que l’issue aura été directement influencée par la soi-disant doctrine politique de Barak Obama « Ne pas faire de conneries », ainsi baptisée à bord de Air Force One, au retour d’un autre voyage en Asie, au mois d’avril dernier.

Sur l’énergie, la manip du Financial Times, qualifiant le méga-contrat de gaz Russie–Chine de « Vengeance de Poutine » n’est qu’un enfumage de compétition. La Russie se tourne vers l’Est, parce que c’est là qu’est la plus forte demande. En matière de finance, la Russie vient juste de désarrimer le rouble du dollar US et de l’Euro, le dollar US a plongé instantanément par rapport au rouble. VTB (Vnechtorgbank), pour sa part, a annoncé qu’elle pourrait quitter la Bourse de Londres pour celle de Shanghaï – qui est sur le point d’être directement reliée à celle de Hong Kong. Et Hong Kong, de son côté, attire déjà très fort les géants russes de l’énergie.

Ajoutez à présent ces développements-clés au double contrat énergétique mastodonte conclu en Yuans/Roubles, et vous aurez un tableau assez fidèle de la Russie occupée à se protéger activement des attaques spéculatives occidentales à motivations politiques contre sa monnaie.

Le partenariat stratégique en symbiose Russie-Chine se développe dans les domaines de l’énergie, de la finance, mais aussi, inévitablement, sur le front de la technologie militaire. En ce compris, significativement, la vente par Moscou, à Pékin, de systèmes de défense aérienne S-400 et, ultérieurement, de S-500.

Les S-500 peuvent intercepter n’importe quels missiles américains ICBM ou de croisière, tandis que les ICBM russes, déployés à Mach 17, équipés de MIRVs, sont tout simplement imbattables. Pékin, de son côté, est déjà en train de développer ses propres missiles sol-mer, capables d’atteindre tout ce que l’US Navy peut rassembler : des transporteurs d’avions aux sous-marins, en passant par les systèmes de défense aérienne mobiles.

Joignez-vous à la caravane

Stratégiquement, Pékin et Washington ne pouvaient pas ne pas se retrouver aux antipodes l'une de l'autre, dans ce que j’ai appelé la naissance du siècle eurasien.

Pékin a clairement compris que Washington/Wall Street lutteraient jusqu’à la mort pour préserver leur - désormais bref - moment unipolaire. La Chine – et les BRICS –travaille en direction de ce que Xi a défini comme « un nouveau modèle de relations entre grandes puissances ». La mentalité de Washington/Wall Street, c’est « soit nous/soit vous », au lieu de « gagnant/gagnant » pour tout le monde ; les auto-proclamés « Maîtres de l’Univers » croient qu’ils peuvent continuer à monopoliser tout le butin, parce que la Russie – et la Chine – sont capables de reculer pour éviter une confrontation meurtrière. C’est ce qui fait ressembler quelque peu l’Asie-Pacifique d’aujourd’hui à l’Europe de 1914.

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Sommet de l’APEC : Le Président chinois Xi Jinping prononce son discours d’ouverture, au Centre International de Conférences du Lac Yanqi, à Pékin, le 11 novembre 2014.

Avec ce qui passe pour des « analyses » dans les cercles universitaires US et chez les « élites » de Washington/Wall Street, dans leurs Think Tanks de myopes, où on se gargarise d’ineptes platitudes sur le rôle « historique » de l’Amérique « arbitre et gage d’équilibre des pouvoirs » dans l’Asie moderne, pas étonnant que l’opinion publique occidentale ne soit pas capable d’imaginer l’impact des Nouvelles Routes de la Soie sur la géopolitique du jeune XXIe siècle.

Un quart de siècle après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, à toutes fins pratiques, sont dirigés par une oligarchie, l’Europe est géopolitiquement hors jeu. La « démocratie » a été dégradée jusqu’à n’être plus que la parodie d’elle-même dans la plupart des pays occidentaux. L’impérialisme « humanitaire » des néo-cons en Irak, en Libye, en Syrie et au-delà, a provoqué désastre après désastre. Le turbo-capitalisme est une bombe à retardement.

La Russie et la Chine peuvent ne pas proposer un système alternatif – pour l’instant. Mais tandis qu’aboient les chiens de la guerre, de la haine et des inégalités, la caravane russo-chinoise passe. Elle vend à l’Eurasie une intégration économique, pas des bombes. Une véritable intégration Asie-Pacifique peut bien n’être encore qu’un rêve lointain.  Mais ce que l’APEC a montré –  crûment, je le répète – c’est la spectaculaire implosion, au ralenti, de la domination géopolitique de l’ex-nation indispensable.

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* Sorti aujourd'hui en anglais.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

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Pepe Escobar, le reporter volant de l’Asia Times de Hong Kong, est aussi analyste pour Russia Today et pour Tom Dispatch, ce qui ne l’empêche pas de collaborer à plusieurs sites web et de participer fréquemment à des émissions de radio, des USA à l’Asie de l’Est.

Source : http://rt.com/op-edge/204323-china-russia-partnership-ape...

 

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6. Flotte de Zheng He.jpg

Nos bateaux d’aujourd’hui : Le navire-amiral et la flotte de Zheng He, l’amiral chinois musulman qui, entre 1405 et 1433, sous la dynastie des Ming, a ouvert sept routes d’explorations lointaines, à la tête de 70 navires.

 

 

Mis en ligne le 11 novembre 2014.

 

 

 

02:15 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |