21/11/2017

NE PAS CONFONDRE "ÉGALITARISME US" AVEC "ÉGALITÉ" PLÎÎÎÎZE

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Ne pas confondre « égalitarisme US » avec « égalité » plîîîîze !

 

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Ceci est plus ou moins la continuation de l’article de Charles Sannat repris dans notre post précédent (« Pourquoi nos enfants deviennent des crétins ! »)

 

« Il faut euthanasier tous les grand-parents car ils sont nuisibles pour les enfants ! »

 

Charles Sannat ­ Insolentiae17 novembre 2017

 

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Il était un’ Dame Tartine

Dans un palais de beurre frais.

La muraille était de praline

Et le parquet de croquets.

 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Oui, vous avez bien lu, j’espère déjà que ce simple titre vous fait vous pincer, en vous disant, non, je rêve ! Qu’est-ce qu’il lui prend au père Sannat de vouloir euthanasier tous les grands-parents de France, et du monde entier d’ailleurs tant qu’on y est ?

Il veut un « géronticide » ? Il est devenu fou !

Eh bien non, fou, certainement pas, je vous concéderais tout juste un petit côté un brin provocateur ! Mais il s’agit d’une provocation pour la bonne cause et vous allez très vite comprendre pourquoi !

« Les grands-parents auraient un impact négatif sur la santé des enfants »

Les grands-parents auraient donc un impact négatif sur la santé des enfants, et cela n’est pas mon titre un poil outrancier mais celui d’un article fort sérieux de BFM TV qui relaie une étude non moins sérieuse de nos amis anglais sur la dangerosité désormais scientifiquement établie des grands-parents qui nuisent grandement à la santé de leurs petits-enfants.

Et, oui, disons-le, cette étude me fait hurler.

Cet article me fait crier ma détestation de cette folie qui n’est pas la mienne mais bien celle d’une société toute entière devenant entièrement tarée.

Et ce qui arrive n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat des coups de boutoir du système totalitaire marchand qui a besoin de détruire tous les liens familiaux et sentimentaux comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer dans mon édito consacré à nos enfants qui deviennent tous crétins.

Les grands-parents sont un danger… Puis les parents aussi seront dangereux !

Je reste ébahi et sidéré par ce genre de campagne qui ne peut qu’aboutir à la déstructuration des liens entre les individus, des liens ancestraux et des différences évidentes, et des différences ne signifient pas des supériorités, ou des infériorités mais simplement que c’est différent. Et vous savez quoi ?

On peut même affirmer, que dis-je, clamer que quand c’est différent, c’est que ce n’est pas pareil !

Et je clame haut et fort que ma fille est différente de mon fils.
Je clame haut et fort qu’être un homme et une femme c’est être profondément différent.
Je clame haut et fort qu’être parents ou grands-parents c’est aussi différent.
Je clame que ces différences sont essentielles, importantes, indispensables.

Nous ne pouvons pas d’un côté encenser la « différence » et vomir à chaque instant un égalitarisme insupportable qui devient un simple fascisme tant il est un dogme absurde.

Un égalitarisme absurde auquel on rajoute une déstructuration de tous les liens, où l’on massacre l’idée de cellule familiale.

Derrière le prélèvement à la source, c’est cela qui se cache. Un jour, avoir des enfants vous coûtera de l’argent. Il n’y aura plus de part ou de demi-part, ce sera la fin de la politique fiscale de la famille.

La famille et la nation, les seuls remparts au totalitarisme marchand.

Éradiquez les nations et vous supprimez l’essentiel des entraves au libre-échange.

Éradiquez la famille et son idée, et vous rendez marchand tout ce qui relevait de l’amour et des solidarités familiales.

Tout s’achète sauf certaines choses… pourtant ces choses représentent des marchés colossaux.

Vous savez combien les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants font perdre en milliards de service d’aide à la personne ?

« Suralimentation et tabagisme »

Si l’on en croit cet article brillant de BFM TV donc, les pépés et mémés de France ne sont qu’un ramassis de fumeurs obèses méprisables et sans doute en plus sans-dents !

Ainsi donc, les « grands-parents favoriseraient notamment la prise de poids des petits, en raison d’une suralimentation et d’un manque d’activité physique. Ils tendent par exemple à récompenser ou à exprimer leur amour à leurs petits-enfants en leur offrant des friandises de façon régulière »…

Mon dieu… Des scientifiques sérieux qui ont été payés par on ne sait trop qui viennent de se rendre compte que « Mamie Gâteau » faisait des gâteaux à ses petits-enfants le mercredi… ou le samedi ! Mais c’est totalement inouï une telle découverte.

On ne peut pas laisser des grands-parents faire un gâteau… Pire, imaginez-vous les dégâts occasionnés par ce rôti de bœuf dominical et son jus… Son jus avec du beurre et un peu d’échalote… Mmmmh quel délice, et ses petites pommes de terre sautées dans la graisse d’oie avec un poil d’ail et de persil… Mmmmmh ! Non ! On ne peut pas laisser les pépés et mémés de France faire ce genre de choses. Le dimanche, c’est tellement mieux chez Ronald McDonald.

En plus, et c’est une circonstance terriblement aggravante, les grands-parents ne font pas assez de sport avec les petits enfants… Voyons voir, ce n’est pas parce que vous avez 80 ans que vous ne devez pas emmener vos petits-enfants faire un footing de 20 kilomètres… Soyons sérieux…

 

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Ce n’est évidemment pas aux grands-parents de surveiller le régime alimentaire des petits-enfants ou de faire du sport ! L’apanage des anciens c’est d’avoir justement une relation différente avec les plus jeunes et qui est beaucoup plus une notion de relation sans l’enjeu de l’éducation du quotidien qui est le rôle qui incombe aux parents, car, là encore, n’en déplaise aux bien-pensants, à chacun son rôle.

En plus les vieux… fument !

« L’étude fait également état du tabagisme passif subi par les enfants lorsqu’ils se retrouvent avec leurs grands-parents qui fument à la maison et qui, en plus d’exposer les petits à la fumée, leur donnent un mauvais exemple. Le tabagisme, la mauvaise alimentation, l’excès de poids et le manque d’activité physique favorisés inconsciemment par les grands-parents augmenteraient ainsi le risque de cancer pour leurs descendants »…

Ouaaah… N’en jetez plus, la coupe est pleine !!

Bon, sauf que j’ai quand même des gros doutes, parce que des vieux qui fument vraiment, je n’en connais pas beaucoup. Des vieux morts qui fumaient oui, mais des vieux vivants qui fument comme des pompiers c’est rare vu qu’on a une fâcheuse tendance à mourir jeune et prématurément quand on fume… C’est tellement vrai que l’on vous l’écrit sur les paquets de cigarettes !

Bref, cet article est un tissu d’insanités hallucinantes à l’égard de nos anciens, ou de nos jeunes et vieux seniors, qui, loin d’être parfaits, ne sont certainement pas plus imparfaits que les générations suivantes !

Posez-vous surtout la question pourquoi ?

Pourquoi vouloir à ce point détruire l’image tellement belle qu’une grand-mère ou un grand-père peut avoir dans l’esprit des plus jeunes ? Pourquoi ? Car c’est bien l’objectif qui est poursuivi.

Pourtant, il faudra défendre coûte que coûte l’importance de la tendresse et de l’amour donnés par les aînés aux plus jeunes, car le lien entre grands-parents et petits-enfants est certainement l’un des plus importants et des plus constructeurs qui soit. Il n’y a rien de plus beau et de plus gratuit que l’amour. C’est cela qu’il faut défendre. Il suffit de ne pas accepter toutes ces inepties et les dénoncer comme telles quand elles se présentent ou que l’on vous le dit !!

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Source : https://insolentiae.com/il-faut-euthanasier-tous-les-gran...

Source BFMTV lire ici pour le croire de vos yeux vus… 

 

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Égalité entre les sexes

Sexquisition

Israel A. ShamirEntre la plume et l’enclume20.11 2017

Traduction : Maria Poumier

 

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L’inquisition sexuelle

Une moche baraquée, la cinquantaine ou plus, le cheveu mort, trois rangs de perles sous bajoues, racontant à gros sanglots une histoire d’attouchements non désirés, qui a peut-être eu lieu il y a des lustres, voilà qui constitue un spectacle pénible. Peut-être que Beverly Young Nelson a autrefois été jeune et belle, et capable de réveiller la passion au creux des reins d’un costaud, mais c’est loin, très loin. Et pourtant cette improbable créature a bel et bien empêché Roy Moore, le suspect, de gagner une élection en Alabama.

Si cette vieille chouette prétendait avoir prêté à Moore cent dollars trente ans plus tôt, et qu’elle les lui réclamait, intérêts et principal, le tribunal lui aurait ri au nez. Qu’est-ce qu’elle faisait donc, tout ce temps-là, où sont les preuves, lui dirait-on. Pourquoi personne ne lui pose la question aujourd’hui, alors que la carrière du bonhomme est fichue ? Comment se fait-il que des revendications aussi douteuses puissent anéantir un individu ?

 D’autant plus que cette personne a un nom et un visage, même s’il n’est pas ragoûtant, alors que dans bien des cas, l’accusatrice reste anonyme, cachée derrière une lettre, tandis que l’accusé se retrouve nommé, montré du doigt, et en perd son boulot. Il n’y a que l’Inquisition qui ait agi de la sorte, à base de sources anonymes et de griefs opaques. Nous voilà aux prises avec la sexquisition.

Est-ce que c’est un phénomène purement américain ? La vengeance de Salem, où un spasme semblable de paranoïa massive avait amené une petite ville de la Nouvelle Angleterre à pendre une vingtaine de femmes accusées de sorcellerie ? 

A Salem, les hommes faisaient la chasse aux sorcières ; trois cents ans plus tard, ce sont les sorcières qui pourchassent les hommes.

 Et c’est une épidémie mondiale. Les US sont le modèle de tout l’espace de la Pax Americana, où l’on imite la musique et les films américains, et maintenant cet accès de démence. De tous les hommes, de tout âge, de toute confession, nul n’est à l’abri de poursuites.

 

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Un peloteur célèbre

 

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...qui ne s’en prend pas qu’aux femmes, mais aussi aux enfants et aux hommes. Dont les victimes cependant ne se sont jamais plaintes

 

En Israël, la petite âme sœur de l’Amérique, un rabbin a été inculpé pour une histoire de viol avec sodomisation sur une gamine il y a sept ans. C’est une policière féministe qui a géré l’affaire. Le rabbin a passé un mois en taule et presque une année en assignation à résidence ; il a perdu son travail, et son nom est maudit à jamais. Et puis on a découvert que la fille ne pouvait même pas se souvenir de ses propres mensonges et les répéter correctement. Le procureur a décrété l’annulation de la procédure  et le rabbin David Harrison a été remis en liberté. Qui lui rendra son année gâchée, sa réputation, son travail ? Est-ce que l’accusatrice et la policière vont le dédommager ? Eh bien non.

Et encore, il a eu de la chance. Le président israélien Mosché Katsav en a eu moins. Sa première accusatrice, cachée derrière la lettre A, s’est avérée être une menteuse, et ses griefs n’ont pas été entendus. Mais à mesure que son histoire circulait bien des femmes s’étaient  jointes à la chasse à courre, et Katsav s’était retrouvé derrière les barreaux. Maintenant, la plupart des juges sont des femmes, en Israël, et les hommes sont cuits.

L’Europe marche benoîtement dans les pas des US. Là, c’est un universitaire d’Oxford, né suisse et musulman, Tarik Ramadan, l’homme qui a fait tout ce qu’il pouvait pour que les musulmans d’Europe se sentent européens. Une colonne de bonnes femmes est arrivée pour dire qu’il les avait violées ou approchées avec des avances non sollicitées il y a quelques années. Il a été obligé de se mettre en congé à l’université.

 Bref pas un chrétien, pas un juif, pas un musulman ne saurait échapper à une semblable accusation, à partir du moment où il a un nom, une position et quelque argent sur son compte en banque. Pour une raison mystérieuse, les trimeurs, les chauffeurs de taxi, les ascensoristes ou encore ouvriers sur les tapis d’assemblage  n’ont jamais fait partie des souvenirs des copines de Beverly Young Nelson au bout de vingt ans. Est-il plausible que les représentants de la classe ouvrière ne se montrent jamais entreprenants ? Il n’y aurait que les riches et célèbres qui aient la main leste ?

Cet assaut sur les hommes se produit au moment de la campagne Balance-ton-porc sur les réseaux sociaux. Bien des femmes ont été obligées de se joindre à la meute : si vous ne faites rien, c’est probablement que personne ne vous a jamais trouvée assez attrayante pour tenter le coup. Elles ont foncé, en masse. Les hommes aussi sont réceptifs à l’hystérie de masse, mais les femmes battent tous les records. Et les réseaux sociaux sont un riche terreau pour ces campagnes.

 

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À quand l’ouverture de la chasse aux peloteuses ?

 

Et s’il y avait un noyau de vérité au fond de tout ce grabuge? Jusqu’à un certain point, oui, quand on crie au loup, il n’y a pas de fumée sans feu. Les actes les plus courants peuvent être évoqués en des termes extrêmement sensationnalistes. Au lieu de dire « il m’a serrée dans ses bras et il m’a embrassée » dites plutôt « il a introduit de force sa langue dans ma bouche tout en m’immobilisant, puis « il m’a clouée sur un lit sous son poids ». Le  sexe, il y a des gens pour vous en parler, des puritains, des viragos, du gibier de psy, de manière à ce que vous soyez prêt à réclamer la peine de mort pour le perpétrateur de la chose.

Le terme viol ne veut plus dire la même chose qu’à l’origine. Mon ami Julian Assange a passé des années sous les verrous, et son aventure parfaitement consentie avec deux de ses groupies a été qualifiée de viol pour de menus aspects techniques (une capote déchirée, un état de demi-sommeil ou d’éveil incomplet). Dans les deux cas, cela partait d’un remords  d’acheteur, ces dames regrettaient, deux jours après l’évènement, leur enthousiasme passager parce qu’il ne les avait point rappelées. Une femme détestant les hommes de toutes ses forces, la procureuse, se proclamant lesbienne, avait insisté pour envoyer Julian en taule. De son point de vue, un homme est à sa place quand il est enfermé, même si la requête est sans fondement. Et même après cette déclaration parfaitement discriminatoire, elle n’a pas été destituée.

La Suède connaît une avalanche de plaintes pour viol, ces temps-ci.  Certains lecteurs ont fait le rapprochement avec l’immigration de masse en provenance du Moyen Orient. Et certes un homme de ces régions peut facilement se tromper dans l’interprétation des paroles ou des gestes d’une jeune Européenne. Mais non mais non, disent les féministes ! Pourtant jusque dans les années 1950, les Européens se méprenaient régulièrement sur l’usage des « allumettes suédoises ». La fille devait souligner son « non », sans quoi ils croyaient vraiment que c’était la façon féminine normale d’être timides. Et il y a tant de gestes courants qu’on appelle des viols en Suède maintenant, que le terme est complètement dévalué.

Tout peut être décrit de façon répugnante. Manger de la viande c’est du cannibalisme, un compliment c’est un viol. Et en même temps, des choses qui révulsent les gens normaux   peuvent être décrites comme la normalité, voire la norme. Les hommes normaux sont révoltés par la description ou la présentation qu’on fait des relations sexuelles entre hommes. Et  on les force à accepter tout cela tout en considérant les gestes habituels entre homme et femme comme quasi criminels.

Les Américains ont voté pour Donald Trump dans l’espoir qu’il en finirait avec la rage émasculatrice dans leur société. Cela peut encore se faire en appliquant deux règles simples qui étaient tenues pour des garanties de justice, jusqu’au jour où la Cour suprême des US les a déclarées nulles et non avenues.

Premièrement, on en finit avec les réminiscences. La Bible, grande source de sens commun, nous dit ce qui relève du viol et comment  le gérer. Si l’agression a lieu en ville, la fille devrait ameuter le quartier, hurler et pleurer. Si cela ne suffit pas, ou si l’agression a eu lieu hors les murs, elle devrait se précipiter à la gendarmerie. Pas   au bout de vingt ans, pas une semaine plus tard, pas le surlendemain, mais sur le moment. Si elle n’a rien dit, c’est son problème.

Cette attitude règlerait la question de savoir si la femme veut dire oui ou non quand elle dit non. Si elle appelle au secours, c’est que c’est non.

Et c’est sera fini des mines dormantes prêtes à vous sauter à la figure à tout bout d champ.

 Deuxièmement, plus d’anonymat pour les accusatrices. Si vous accusez un homme, soyez prêtes à faire face, ne vous cachez pas derrière le voile de l’anonymat. 

Ces deux règles simples restaureront la santé de tous, et remettront le viol à sa vraie place horrible de jadis et de tous les temps.

 Et pour le harcèlement, c’est le plus souvent une invention de la rancœur féminine. Cela ne devrait pas relever de la loi ni des tâches de la police. Si une dame est gênée par un regard insistant, qu’elle déclenche un procès, ou qu’elle appelle un policier si cela va plus loin. Les gendarmes savent ce qu’il faut faire avec ce genre de vice.

Les souvenirs tardifs de harcèlement ne sont pas valables, même s’ils sont vrais. Si la femme n’a pas réagi sur le moment, c’est trop tard.

Autrement, bientôt les US n’auront plus un politicien mâle et normal, juste des femmes et des efféminés. Et la maladie se répandra dans toute l’Europe, jusqu’au jour où le vieux Monde et l’Amérique du Nord seront prêts au repeuplement par des Africains virils.

La Russie reste un territoire libre pour les mâles. Bien des modes américaines envahissent Moscou, mais l’émasculation n’en fait pas partie. Les Russes ont interdit la propagande homosexualiste en direction des mineurs, et ils ont réglé le problème. De fait, les femmes russes préfèrent grandement le style russe. Ce sont les hommes qui règlent l’addition au restaurant, qui leur tiennent la porte, qui les aident à enfiler leur manteau ; bref, les hommes qui continuent à faire ce que faisaient les hommes bien élevés en Amérique et en Europe, il y a un demi-siècle.

La Russie a connu sa campagne « Balance-ton-porc »   (en russe je dirais #янебоюсьсказать) l’année dernière. Et un tas de femmes ont récité ou inventé des histoires de harcèlement. Mais c’est resté au niveau de facebook, car la loi ne permet pas de porter plainte des années après les faits allégués.

Et surtout, les Russes considèrent le sexe entre homme et femme comme une chose normale. Ils ne sont pas horrifiés par une relation entre prof et élève, ou entre patron et assistante. Les reportages sur les châtiments sévères imposés par les juges américains dans le cas d’une professeuse couchant avec des jeunes gens rencontrent l’incrédulité et la stupéfaction.  Sur cinquante histoires récentes de ce genre, aucune n’aurait été sanctionnée en Russie. Je ne comprendrais pas d’ailleurs en quoi un gamin de 17 ans séduit par sa prof de 23 ans aurait subi un tort.

 On envierait plutôt le gosse, en tout cas. Mais c’est cette attitude traditionnelle en matière de sexe qui est la raison principale des attaques médiatiques contre la Russie, bien plus que les histoires de « hacqueurs russes ».

Il est très difficile de défendre Weinstein, avec son obsession pour l’Holocauste et sa soif de revanche sur les blondes. Mais c’est son cas qui a ouvert les portes de l’Enfer. Refermons-les vite avant que l’équilibre de l’univers entre le yin et le yang, entre les pôles mâle et femelle, ne soit rompu.

Pourquoi est-ce que les US se retrouvent frappés de cet étrange fléau? Je serais tenté de l’expliquer comme une réaction contre la révolution de 1968, y compris la révolution sexuelle qui en faisait partie. Pour nous, les gosses des Sixties’, vivre c’était facile, le sexe c’était un domaine de liberté et de plénitude, en Californie ou en Crimée comme sur la Côte d’Azur. Nous en avions à profusion, du sexe sans capote, souvent avec des étrangères. C’était ça, le communisme. Redouter l’amour libre et le sexe à la portée de chacun, c’est avoir peur du communisme.

Les riches garçons et filles qui sont arrivés au pouvoir ensuite ont tout transformé en source de gains, et c’est avec ce schéma en tête qu’ils ont créé la pénurie, y compris la pénurie de sexe ; il s’agit d’une contre-révolution sexuelle. Les plaignantes pour harcèlement sont les petits soldats de la contre-révolution sexuelle, elles font monter les tarifs de leurs charmes en organisant la pénurie.

C’est elles qui y perdront, les malheureuses ; espérons qu’elles n’auront pas dézingué la planète avant de s’en apercevoir.

 Source : http://plumenclume.org/blog/302-sexquisition

[Notons que tout le monde n’est pas du même avis qu’Israel Shamir sur le cas de Frère Tariq Ramadan (voir, notamment, l’ANTIPRESSE N° 103, « La mauvaise chute de Tariq Al-Capone », par Slobodan Despot), mais ceci est une réflexion générale, non l’étude d’un cas particulier. NdGO]

 

 

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Pour rappel…

 

Des lois nuptiales

Saint-Just – Fragmens – 1792/3

 

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« Pour être heureux avec les femmes, il faut les rendre heureuses sans le leur faire sentir… »

[…]

Quiconque ose dire qu’un sexe est sujet de l’autre ment à son propre cœur, si tu le dis à ton épouse bien-aimée, oseras-tu le dire à la mère qui t’as nourri ?

Dans l’état social, l’homme et la femme sont également souverains et indépendants, dans l’état civil, certaines considérations peuvent bien donner à l’un et à l’autre une règle particulière par rapport à la possession, mais une règle qui ne touche point à la propriété sociale.

Parce qu’un sexe est différent de l’autre n’est point à dire que l’un soit dans la dépendance de l’autre, parce qu’un sexe est plus faible n’est point à dire qu’il doive obéir, aussi bien l’orgueil de l’homme se dément, partout il obéit à sa propre faiblesse.

Le principe de nos sociétés étant la force, elle devait se glisser dans toutes les ramifications de l’état-civil.

L’homme peut enfreindre sa convention, la loi ne menace que le sein délicat de son épouse vendue par la loi. Malheureux que nous sommes, nous ressemblons à ces architectes sans génie qui, méconnaissant l’art des proportions, ne soutiennent leur ouvrage que par le fer. La nature avait pourvu par les affections aux différents liens de la société, et n’avait pas besoin de tant de crimes pour nous unir.

Une femme ne peut s’unir à ce qu’elle aime sans se donner un maître, c’est là le moindre de ses maux, mais si on l’unit à ce qu’elle n’aime point, ou si elle n’aime plus ce qu’elle ne doit plus aimer, et si dans cet esclavage une main tendre essuie ses larmes, cette femme est coupable, elle est adultère, mais la loi l’est plus qu’elle, de quel droit a-t-elle disposé de sa propriété ?

Le contrat par lequel une femme est donnée ne viole point seulement la nature, elle viole sa pudeur et son repos. Une vierge innocente entend parler de ses enfants, de sa mort même, la loi se rend témoin de ses faveurs, de ses caresses et lui marque déjà son tombeau.

Un passager fit naufrage sur les côtes du nouveau monde, il se sauve dans les forêts et après quelques jours passés sans nourriture, et sans espérance, une fille sauvage le rencontre et le conduit par la main à sa cabane, elle partage avec lui sa couche et son malheur ; à quelque temps de là ils découvrent un navire, le malheureux vendit sa bienfaitrice, et comme elle lui criait fondant en larmes qu’il prît pitié de son enfant, il dit au capitaine : « l’entendez-vous, elle est grosse, tant de plus. »

La loi politique, plus cruelle, vend la femme et son fruit qui n’est pas elle, la vend sans retour, la première pouvait inspirer de la compassion. Nous sommes tous malheureux, nous nous plaignons tous de notre sort, mais nous ne voulons rien perdre de notre empire, et c’est cet empire qui nous rend malheureux.

Nul ne doit commander sur la terre, toute puissance est illégitime, aucun sexe ne doit être au-dessus de l’autre. […]

Œuvres complètes, Gérard Lebovici, pp. 942-3

 

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D’un précurseur

Du viol

Jean-Paul Marat – Plan de législation criminelle – 1790

 

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Presque partout la peine en est capitale, parce qu’on range ce crime parmi ceux qui attaquent la sûreté des citoyens.

Ne cherchons point à le pallier. Il est très-grave sans doute : mais il l’est plus ou moins selon le prix que les femmes attachent à leur honneur : or, si quelques-unes le préfèrent à la vie, les autres ne sont pas des Lucrèce. Il importe donc de commuer la peine de mort ; et d’après ce principe, que la peine doit toujours tendre à réparer le délit, le ravisseur sera condamné à épouser celle qu’il a violée, s’ils ne sont point liés ni l’un ni l’autre. Mais s’ils sont déjà liés, ou si elle refuse de lui appartenir, il sera déclaré infâme, et on saisira la moitié de ses biens au profit de l’enfant, en cas de grossesse, & sur cette moitié, on assignera à la mère une pension alimentaire durant sa vie.

Si le délinquant n’a point de fortune, il sera détenu toute sa vie dans une maison de force, & la moitié du produit de son travail sera assignée à la mère et à l’enfant.

Marat n’a pas connu les tournantes… ni la prostitution des enfants des deux sexes… Pendant qu’on y est :

 

De la pédérastie et de la bestialité

Idem

La possession d’une femme ne prévient pas toujours les désirs pour celle d’un autre : et souvent leur trop facile jouissance mène à se passer d’elles. Delà cet amour déshonnête que la nature réprouve : crime révoltant qui paroît ne devoir inspirer que de l’horreur !

Il en est un néanmoins encore plus révoltant : et pourrait-on le croire si l’expérience ne l’eût appris ? Quelquefois l’homme délaisse sa compagne pour une brute. Heureusement, ces crimes sont peu communs, à moins qu’ils ne soient favorisés par certains usages, et alors il faut bien se garder de les tirer des ténèbres dont ils se couvrent : sévir contre certains crimes fort rares, c’est toujours faire naître l’idée.

Il me paroît d’ailleurs que c’est sur de bien fausses idées que l’on s’est déterminé à les punir du plus affreux supplice. On redoute les suites d’un commerce monstrueux. Hé ! comment ne voit-on pas que la nature oppose à la confusion des genres des barrières insurmontables ? Tout animal provenu d’accouplement hétérogène ne peut faire race. Que s’il faut néanmoins punir ces crimes, lorsqu’ils sont connus, qu’on se rappelle que l’homme qui se méprise assez pour oublier la dignité de son espèce, doit être regardé comme un insensé, et ne mérite à cet égard que d’être condamné aux petites-maisons.

 

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Pour aucune raison précise, sinon que ce n’est pas en France qu’on verrait des gens donner ce prénom à leurs mômes 

 

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Marat Safin

 

Marat Safin est un homme politique et un athlète soviétique, né à Moscou en 1980 de parents Tatars. Il a remporté deux fois le grand chelem de tennis et est, depuis 2011, membre de la Douma (pour Russie Unie).

Sa sœur Dinara Safina est, elle aussi, une championne de tennis de classe internationale.

 

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D’un qui a quelquefois oublié de se relire.

 

L’Italie en forme de femme

Curzio Malaparte – Ces chers Italiens – Années 1930

 

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[…]

Et en fait, nombreux sont ceux pour qui l’Italie est « en forme de femme ». Je me souviens, quand j’étais gamin, que pour la foire de septembre, sur le Mercatale de Prato, venaient de la Romagne, pays oriental, byzantin, qui a le goût des choses à la fois salaces et corrompues, venaient, dis-je, des conteurs ambulants qui vendaient et chantaient des histoires étonnantes de femmes et de leurs amants, non certes attendrissantes comme celle de la Pia dei Tolomei1 ou de la Ginevra degli Almieri1, que chantaient les baladins toscans, mais pleines de convoitise, de chair, de lait, de désirs défendus. Et ils vendaient des « cartes d’amour » où l’Italie apparaissait sous forme d’une très belle femme nue, un grand chapeau en tête. Le Piémont, la Lombardie, la Vénétie, tout ce qui se trouve au nord du Pô faisaient la tête ou ce qui, chez une femme, tient lieu de tête, c’est-à-dire le chapeau – et cette partie de l’Italie a vraiment l’air d’un grand chapeau garni de tous les fruits de Cérès, de fleurs, de plumes, d’oiseaux, de nœuds de rubans de soie découpés comme la crête des Alpes, des voiles transparents telles les vapeurs d’où sort le soleil levant à Val di Prado. La côte Adriatique, de Comacchio à Ravella jusqu’aux Marches et aux Abruzzes était le dos, le Latium le ventre ; Naples le pubis ; le Gargano, le derrière – et ce n’est pas de ma faute si l’Italie, comme toutes les femmes italiennes2, a le derrière bas – la Toscane, le torse, avec les deux promontoires de Piombino et de l’Argentario formant les bouts des seins qui s’offraient à nourrir les peuples de la Méditerranée et de l’Occident ; mais je ne veux pas dire ce que ombres et clairs-obscurs dessinaient sur cette Italie nue, sous les aisselles, au pli du coude, au nombril, aux aines et entre les cuisses, en sorte que l’Italie ressemblait à une Romagnole dans toute la puissance de sa chair. Et les histoires des conteurs, dans ce langage que Dante dit « bon pour les femmes », tournaient autour de cette chose comme si n’en dérivait pas seulement le prix de la femme, mais bien toute l’histoire de l’Italie. Et c’étaient des mots affectueux, ceux-là mêmes que, en force de nos régions, les gens ont pour parler de cette chose, à quoi ils donnent le nom de bonnes choses à manger : praline, crème, papillote, rayon de miel et autres gentillesses. Les premières à en rire dans la foule, c’étaient les femmes, tête renversée et regardant autour d’elles sans en avoir l’air, sous les yeux fixes des hommes tout rouges ou tout pâles.

 

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Les femmes sont convaincues qu’elles possèdent là un très doux fruit à attirer les hommes comme la fleur les abeilles, mais aussi une arme non moins perfide et traîtresse que mortelle et infaillible. Elles savent que les hommes en ont à la fois envie et peur et qu’ils vont aux rendez-vous d’amour blancs et blêmes comme un voleur va à son trésor ou la victime à son assassin. Il n’y a donc pas à s’étonner si les poètes décrivent comme l’Arioste, une réunion d’amoureux ainsi qu’une réunion de conjurés, chantent la nuit « douce, béate, bienheureuse », les étoiles qui favorisent les doux fruits d’amour de leur faible lumière, la porte qui ne grince pas sur ses gonds, le sommeil qui rend aveugles et sourds les voisins. Qui voit un Italien sortir d’un rendez-vous d’amour, le voit pâle, mal sûr de soi, titubant comme s’il se retirait blessé à mort par cette arme traîtresse. C’est ainsi qu’apparaît l’amant italien chez Stendhal et chez Byron. Et Byron lui-même aux yeux des gens de Ravenne, quand il sortait de chez la Guiccioli, enveloppé de son grand manteau noir. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il avait le pas mal assuré, boiteux comme il l’était ; tous les Italiens le sont quand ils sortent des bras d’une femme. De qui les baisers passent pour être si avides, violents, impitoyables, mortels que les Français de François Ier rendaient responsables de la déroute de Pavie les femmes italiennes qui leur avaient rompu les genoux. Renommée qui me semble, à moi, injustifiée, car si nos femmes ont une vertu, c’est bien celle d’être douces, soumises, patientes et, dans les choses de l’amour, timides et pudiques bien plus certes que les étrangères. Toute leur superbe si grande en face de l’homme, tombe en présence du mâle. C’est ce qui rend l’Italien si fier, si plein de soi et avec les femmes, dominateur, et le fait se croire non seulement l’unique, le prédestiné, mais le seul capable d’accorder une chose merveilleuse, un don incomparable et que lui seul peut donner. De la sorte, un entretien amoureux a chez nous le ton, l’air d’une « scène d’amour » où l’homme joue le rôle du héros et la femme, celui de l’implorante et soumise victime désarmée. Jusque dans sa façon de se déshabiller, l’homme joue ce rôle de héros. Tout d’abord il retire d’un geste impétueux son veston, puis, avec violence, sa chemise. Le voilà en cet arroi sur la scène le temps, pour la femme, d’admirer chez lui le torse, les muscles du bras, son port de tête, fier et sans égal. Tandis qu’elle se cache pour se dévêtir, tourne le dos, se pelotonne sur le bord du lit, se couvre la gorge de sa chemise ou de l’oreiller, baisse les yeux, se plaint doucement qu’il y a trop de lumière, retire ses bas lentement en les roulant, s’attarde un peu à la cheville, l’homme va et vient dans la pièce, chante ses propres louanges, déclame la haute valeur de son amour, autant dire, en réalité, sa beauté virile. Jusqu’à ce que, d’un mouvement brusque, il retire caleçon et chaussettes et se montre dans sa splendeur de statue. Et alors commence la grande torture, la cruelle inquisition en quoi consiste, en Italie, tout ébat amoureux.

L’homme, même le plus épris de liberté, le plus libre devient à ce moment non pas un tyran, mais un bourreau, un tortionnaire, un familier du Saint Office. Il veut savoir si la femme a aimé quelqu’un avant lui, si elle a été éprise, pourquoi, hier, en promenade, ou à l’église, ou au théâtre, elle a regardé untel, pourquoi elle a rougi quand elle est passée devant telle boutique, tel café ; à quoi elle pense, pourquoi elle ne parle pas, pourquoi elle parle, pourquoi elle est gaie, pourquoi elle est triste. Et la femme de gémir, de prier, de supplier, de nier, de se désespérer, de crier, de plier devant cette idole ridicule qui fait sur elle, ne pouvant ou ne voulant par prudence le faire sur d’autres, l’essai de sa propre force, de son autorité de mâle, de sa prédominance virile. Il daigne enfin en venir au fait, s’apaise dans l’étreinte. Et la femme oublie les soupçons injustifiés, les insultes, le questionnaire cruel, l’inquisition sans pitié et les baisers, après tant de mal, lui semblent plus doux.

O grande pitié des femmes italiennes, forcées d’applaudir cette comédie ridicule de l’homme en chaleur et donner à celui-ci toujours raison, dire oui à tout, plier devant lui comme la servante devant le patron, le fidèle devant l’idole ; lui cacher que les femmes aussi, même en Italie, ont une âme, un esprit, une volonté, qu’elles ont des droits, sont des êtres humains, des êtres libres, non des esclaves. Je dirai même que la femme, en Italie, est plus libre que l’homme, qu’elle a plus de courage, face aux puissants, sait dire non, se bat sur la place publique mieux que l’homme, se laisse plus difficilement asservir en politique ; là où l’homme calcule, tâte le terrain, ne sait quel parti prendre, ne se décide pas, la femme ne calcule pas, est plus spontanée, plus indépendante, plus hardie, sait dire leur fait en face aux puissants, beaucoup mieux que l’homme. Si l’Italie est encore un pays féodal, une nation sans ordre et corrompue, où celui qui peut peut tout, celui qui a plus est plus, cela est le fait des hommes, non des femmes. Les femmes sont en Italie un élément de progrès et de liberté.

[…]

Ces chers Italiens, Les Belles Lettres, pp. 150-154

Traduction Mathilde Pomès

____________  

  1. L’histoire de Pia dei Tolomei, que son mari fait périr, est contée par Dante dans sa Divine Comédie, Purgatoire. V. Celle de Ginevra degli Almieri, morte vivante que le sien repousse, a fait l’objet d’un poème anonyme du XVe siècle qui a gardé une grande popularité.
  2. Et lui-même, s’il faut en croire une de ses maîtresses.

 

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Où l’on reparle d’un livre de 2008… dont on ne connaît pas l’auteur parce qu’on n’a pas la télé.

 

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Natacha Polony

 

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Natacha Polony

L'Homme est l'avenir de la femme : Autopsie du féminisme contemporain

Paris, JC. Lattès - 2008

247 pages

 

 

 

 

Le livre :

Depuis la parution du Deuxième Sexe et les années de militantisme flamboyant qui suivirent, l'image de la femme oscille aujourd'hui entre la victime forcément innocente et la figure héroïque prête à renouveler la politique, l'entreprise, et l'humanité dans son ensemble. Que s'est-il donc passé ? Notre époque peine à penser conjointement l'égalité et la différence. La démocratie, qui établit l'égalité tout en favorisant les revendications identitaires, complique les rapports hommes-femmes, et ignore la possibilité de jouer la différence sur le mode du plaisir et du jeu. D'autant que les évolutions de la science d'un côté, du capitalisme de l'autre ont radicalement modifié la donne : les femmes, autrefois victimes de leur corps, maîtrisent à présent la procréation et se retrouvent parallèlement enfermées au sein d'un système de maternage commercial. À l'ancienne morale contraignante s'est substituée une vulgate psy qui ne l'est pas moins, et l'émancipation rêvée s'est abîmée en injonction d'être une mère parfaite et en liberté de consommer sans fin... Il est urgent de renouer avec la tradition française unique des rapports entre hommes et femmes pacifiés et complémentaires, humanistes en somme - c'est-à-dire fondés sur une haute idée de l'humanité et de son destin. C'est ce à quoi nous invite ce livre, état des lieux iconoclaste et lucide, plaidoyer pour un féminisme humaniste.

L’auteur :

Natacha Polony a quarante-deux ans. Agrégée de Lettres, elle enseigne la littérature et a la responsabilité des pages « éducation » de l'hebdomadaire Marianne. Elle est l'auteur de Nos enfants gâchés, petit traité sur la fracture générationnelle (Lattès, 2005) et M(me) le président, si vous osiez... : 15 mesures pour sauver l'école (Mille et Une nuits, 2007).

Extrait :

 

« (…)

Ces lignes, messieurs, vous sont donc dédiées. Elles sont un hommage à tout ce que peut être un homme. Elles sont un hommage à la virilité, cette qualité tant décriée, et qui n’est rien d’autre que la confiance qu’un homme peut avoir dans son appartenance à son sexe. Une sorte de certitude rassurante car sereine. Et si rien n’est plus difficile à définir que cette appartenance, que chacun développe à son gré, elle est le miroir dans lequel les femmes se contemplent avec volupté. La virilité est une forme de confiance, de force tranquille ; ce qui signifie que l’époque actuelle, dans sa volonté de criminaliser toute résurgence du patriarcat honni, a rompu le charme et fait des hommes des êtres en doute perpétuel.

Pas question pour autant de regretter le temps où « être un homme » semblait avoir un sens immédiat qu’il n’était même pas nécessaire d’interroger. Car la notion n’était pas moins problématique. Elle relevait, non de la confiance, mais de l’injonction. Considérons l’actuelle remise en cause comme une occasion de dissiper le vieux malentendu : vous n’êtes pas, messieurs, d’affreuses brutes épaisses qu’il faut réprimer ou contrôler. La violence n’est pas une fatalité masculine. Et en vous construisant face aux femmes, vous apprendrez peut-être que votre grandeur est d’investir votre force et votre audace dans la défense et le respect de l’autre, de la femme ; et non dans la peur et le rejet, ou bien au contraire dans l’indifférenciation.

J’ai moi-même choisi, je le confesse, de vivre avec un spécimen en voie de disparition, un de ces authentiques machos que la modernité féministe voue aux gémonies et condamne aux oubliettes de l’histoire. Un être qui ne repasse pas ses chemises, qui paie l’addition au restaurant et propose de m’accompagner dès que je fais un pas dehors, de peur qu’il ne m’arrive quelque chose. Un être qui pique des colères noires et veut toujours avoir raison, et qui fait tout à ma place parce qu’il estime que, par principe, il le fait mieux que moi. Un homme, dans toute son horreur. Un homme, sensuel et râleur, si différent de ce que je peux être et si proche de ce en quoi je crois. Un homme dans le regard duquel je lis que je suis une femme.

Je l’avoue, j’aime l’altérité. J’aime cette différence essentielle qui fait que lui et moi sommes humains sans être semblables. J’aime ces jeux de domination qui nous font nous provoquer et nous affronter, chacun cédant tour à tour devant l’autre, chacun confrontant ce qu’il est à l’inconnu de l’autre. J’aime enfin découvrir à travers notre altérité ce qui nous unit et nous rend l’un à l’autre indispensables. Rien n’est plus destructeur du désir que l’abolition des frontières, le lissage minutieux des aspérités au nom de notre incapacité millénaire à penser la dualité.

 Messieurs, ne soyez pas dupes des injonctions contradictoires des femmes. Elles vous parlent d’égalité, de partage des tâches, elles se veulent libres et indépendantes. Et c’est en effet ce dont elles ont besoin. Comme elles ont besoin de cette figure rassurante de l’homme protecteur, autoritaire, assumant ses devoirs et symbolisant la loi ; l’homme qu’on vous a sommés de ne plus être. Ne soyez pas dupes des discours ambiants qui vous intiment l’ordre de vous renier au nom du métissage du féminin et du masculin dont on veut vous faire croire qu’il constitue le stade ultime de l’humanité, comme la seule chance d’abolition des souffrances de tant de femmes. Il n’est sans doute pas de pire ennui pour une femme que de se trouver face à cet homme insipide et morne qui a si bien appris sa leçon de féminisme et demande respectueusement l’autorisation pour tenter quelque trace de séduction, cet homme un peu ridicule qui use de crèmes antirides et d’autobronzant, cet homme pathétique qui n’éprouve pas le besoin de se lever pour une femme enceinte ou d’offrir sa veste à une belle en robe légère. Car quel geste plus beau que cet enveloppement tendre et puissant de celui qui dépose sur des épaules un peu de chaleur et de protection ?

Et j’adresse ces lignes à mon fils, aujourd’hui si petit, à peine sorti du statut de l’ange, comme un message d’amour et d’espoir. Puisse-t-il à son tour être fier d’être un homme. Un homme, c’est-à-dire un être imprégné des valeurs chevaleresques qui ont fondé la civilisation occidentale. Un homme, c’est-à-dire un être jouant à être le plus fort pour mieux servir, pour mieux protéger, car telle est la vraie grandeur (que les femmes devraient également cultiver), celle qui consiste à ne jamais abuser de son pouvoir. Un homme, sûr de ce qu’il veut être et se promenant dans les modèles anciens et les grandes figures. Même s’il garde à l’esprit que tout cela n’est qu’une fiction, et qu’il ne doit pas être prisonnier des codes mais se les approprier, pour mieux parfois les renverser.

Puisse-t-il apprendre à regarder les femmes dans leur complexité, leurs contradictions et leurs incertitudes. Puisse-t-il les aimer fières et fragiles, pudiques et passionnées, telles qu’elles seraient si notre triste époque ne leur enseignait l’infantile niaiserie qui les empoisonne, et que les bons génies du marketing tentent à tout prix d’inoculer aux hommes. Et en puisant dans la mémoire aujourd’hui délaissée de l’Occident, en s’en retournant aux racines d’une civilisation qui, peut-être plus qu’aucune autre, même si c’est bien imparfaitement, a su marier féminin et masculin, il découvrira que les vertus chevaleresques portées par nos vieux récits sont ce qu’il a de plus grand et de plus respectueux à offrir aux femmes.

Petit homme futur, apprends à marcher dans la vie, te composant et te recomposant au gré de tes rencontres et de tes expériences, au gré des livres et des êtres que tu croiseras. Et quelle que soit la façon dont tu choisisses d’entendre ces mots, tu seras un homme, mon fils. Mais pour cela, tâche tout simplement et pleinement, à travers tes valeurs et ta morale, de devenir un Homme. »

[On sait au moins quel est l’idéal masculin de Mme Polony. Une espèce quand même un peu en voie de disparition par chez nous. Et chez vous ?. Cela nous change en tout cas des Femen. NdGO]

 

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Sans rapport avec notre sujet d’aujourd’hui, mais parce qu’ils viennent de sortir :

 

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Frédéric Delorca

Les régimes populistes face au mondialisme

Du coup d’État égyptien au soulèvement catalan

Éd. Du Cygne, 2017-

140 pages

 

 

 

 

Le projet de globalisation économique (mondialisation) lancé par Bill Clinton dans les années 1990 et ouvertement promu aujourd’hui par des puissances économiques proches des démocrates américains comme l’Open Society Foundations de George Soros, s’accompagne de plus en plus d’un programme de gouvernance mondiale qui vise à limiter, voire à annuler, la souveraineté des États. En réaction à cette tendance, les dernières années ont été marquées par un sursaut des défenseurs des États comme meilleurs garants de la souveraineté et des droits sociaux des peuples, mouvements qui ont revêtu une tournure souvent populiste, de droite ou de gauche, et qui ont pris le pouvoir dans des pays aussi différents que la Hongrie, l’Inde… ou les États-Unis avec Donald Trump.

À partir de matériaux principalement publiés sur Internet dans leur version anglosaxonne et donc souvent peu accessibles au public français ou rarement mis en perspective d’une façon équilibrée, cet essai se propose de décrire les dynamiques de cet affrontement planétaire, en fournissant des éléments factuels, pour autant qu’ils soient connaissables, éléments qui éclairent sous un jour différent de celui qu’offrent habituellement les grands médias, les croyances et les enjeux qui s’y profilent autour de thèmes comme la Cop21, la crise des migrants, les révolutions de couleur, le libre-échange ou la défense des minorités sexuelles.

Se trouve sur Fnac.com, et chez l’éditeur .

Source : Atlas Alternatif.overblog.com


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Michel Collon

Pourquoi Soral séduit

Investig’Action, 2017

500 pages

 

 

 

 

Que cela plaise ou non, Alain Soral est aujourd’hui l’intellectuel français le plus influent auprès des jeunes. Son livre Comprendre l’Empire, son site Egalité & Réconciliation, ses longues vidéos battent tous les records. Son alliance avec Dieudonné lui a apporté un public très large où l’extrême droite côtoie la jeunesse des quartiers populaires.

Étonnant ? Normal, pense Alain Soral qui se décrit comme « un cerveau qui vaut beaucoup beaucoup d’argent ». Michel Collon a décidé de vérifier. Que vaut cette pensée Soral ? Permet-elle de comprendre le « système » : inégalités, finance, crise, racisme, guerres ? Est-ce une solution d’avenir ou un dangereux retour vers un passé autoritaire ? Peut-on à la fois se réclamer de Che Guevara et d’Adolf Hitler ?

L’enjeu dépasse Soral. Aujourd’hui, le complotisme est partout. Favorisé par une info sous influence refusant le débat contradictoire. D’où l’importance de cette analyse globale du capitalisme par Michel Collon. Rigoureuse, pénétrante et, comme à son habitude, très claire.

« Je vous promets un débat » a-t-il annoncé. On l’attend avec intérêt.

 

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Il ne publie qu’une douzaine de livres par an et pourtant sa maison d’édition « La Fabrique » est une référence et une influence dans la guerre des idées. À travers les lignes, qui vient de sortir, regroupe quinze ans de ses textes politiques.

 

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Eric Hazan

À travers les lignes – Textes politiques

Paris, La Fabrique, 2017

161 pages

 

 

 

 

Le livre

Des textes ici rassemblés le ton et le sujet varient au gré des batailles : celles du présent, de Gaza, Tarnac, Belleville, et celles du passé, de la Commune de Paris ou d'Octobre 1917. On y croise des personnages qui deviennent familiers au fil des pages, Blanqui et Victor Serge, Kafka, Maspero ou la figure anonyme du chiffonnier. Ce qui réunit ces lignes, en dehors de la chronologie qu'imposent les événements, c'est la position politique depuis laquelle elles ont été écrites au long des quinze dernières années : depuis les tranchées d'une guerre civile où les livres aussi sont des armes - et autant de pièces à verser au dossier de la subversion.

L’auteur

Eric Hazan est éditeur et écrivain. Derniers ouvrages parus : Pour aboutir à un livre et Une traversée de Paris. Mais aussi La dynamique de la révolte, Maintenant (par le Comité invisible), En quel temps vivons-nous ? Sans oublier l’incontournable L’Invention de Paris. Il n’y a pas de pas perdus.

 

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« Comment se fait-il, nous écrit quelqu’un, que Napoléon n’ait pas mis la main dessus ? ». Eh, mais parce qu’il ne les a pas trouvés. Les Russes les avaient trop bien planqués… N’en déplaise à M. Malaparte, qui s’est moqué de Rostopchine et de Koutouzov, au motif qu’ils n’avaient pas « le génie militaire » de son idole. Le battre n’était pas suffisant ?


Fonds des diamants :

l’écrin principal de la Russie

Sputnik.fr21 novembre 2017

 

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Voir ici :

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https://fr.sputniknews.com/russie/201711201033963744-russ...

 

 

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Mis en ligne le 21 novembre 2017

 

 

 

 

 

 

19:49 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2017

MISCELLANÉES DE PRESQUE RÉOUVERTURE

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Miscellanées de presque réouverture

(Engrangé pour vous pendant notre pause forcée)

Encore avec les moyens du bord et nos excuses renouvelées à la majorité de nos abonnés dont les adresses sont restées coincées dans le matos absent.

 

 

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Revirements tectoniques en Arabie Saoudite,
sur fond de purge politique radicale

Lawrence Delforges – Comité Valmy11 novembre 2017

 

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Le roman-feuilleton géopolitique moyen-oriental ne cesse de surprendre par ses changements soudains et inattendus, si bien qu’en dépit de certains signes avant-coureurs décelés par les meilleurs analystes les gens peuvent, comme pris de court, se laisser embarquer par le discours le plus dominant, c’est-à-dire le plus relayé par la presse occidentale.

Au cours de ces derniers jours Mohammed ben Salmane, Prince héritier du trône saoudien, a procédé à une violente et radicale purge politique au sein de certaines des institutions les plus puissantes du Royaume. Au cours de celle-ci, un Prince saoudien est mort dans un accident d’hélicoptère, tandis qu’un autre était abattu parmi ses gardes du corps, alors qu’il « résistait à son arrestation ». Le Premier Ministre du Liban Saad Hariri, qui possède la double nationalité libanaise et saoudienne, a été contraint à la démission tandis que rien, extérieurement, ne semblait présager d’un tel événement.

Que se passe-t-il donc en Arabie Saoudite ? Certains avancent que Riyadh répond aux exigences de son allié secret israélien qui, en désarroi face à l’échec patent de sa stratégie de balkanisation de la Syrie (le « plan Oded Yinon »), chercherait à ouvrir un nouveau front par le Liban, en oeuvrant à déstabiliser ce pays. Cependant le Liban, tout comme la Syrie, a su résister aux tentatives de déstabilisation israéliennes par l’entremise des divers groupes « djihadistes » ou « révolutionnaires » de la région, et Riyadh sait très bien que l’Arabie Saoudite figurait aussi dans les cibles du plan Oded Yinon tandis que la monarchie a des raisons de craindre que son protecteur étasunien, inquiet des rapprochements saoudo-chinois et du tarissement inévitable de la manne pétrolière saoudienne, ne cherche à la renverser pour installer un régime encore plus fantoche à sa place.

Ainsi donc, à la roulette du pouvoir les tables tournent et avec, des changements géopolitiques d’ordre tectonique deviennent envisageables, tandis que la monarchie saoudienne lutte pour sa survie en pariant sur des projets pharaoniques dans sa « Vision 2030 », et en abjurant de se défaire de ses traditions wahhabites enfin reconnues comme d’un autre âge.

Adam Garrie, directeur de la rédaction de site TheDuran.com, devenu ces derniers temps une référence en la matière, nous en livre son analyse à Londres, le 6 novembre 2017.

 

 

 

Lawrence Desforges,
le 11 novembre 2017

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9208

Source d’origine : GLOBAL RELAY NETWORK

 

 

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Dans la foulée…

Ça baigne, en Palestine comme en Israël

Israël Adam Shamir – 15 novembre 2017

Entre la plume et l’enclume

 

Cent ans après la Déclaration Balfour, où en est-on, en Palestine ?

J’aimerais pouvoir dire que la Palestine est en flammes et qu’Israël souffre intensément, mais il faut dire la vérité. Sous Netanyahou, l’Israël et la Palestine prospèrent.

Jamais ça n’a mieux marché. Le salaire minimum du côté israélien est à plus de 1500 dollars; en deux ans, il est passé de 4000 shekels à 5300 shekels. L’inflation n’a pas suivi, en dépit des prédictions les plus lugubres. Les pauvres ne sont plus si pauvres, même si certains ne connaissent pas vraiment la prospérité. Les prix en monnaie locale sont stables. Sur la scène internationale, le shekel est haut, très haut (sans atteindre les records fulgurants de 2014), et le Trésor se bat pour l’empêcher de monter encore. C’est pourquoi les prix paraissent plutôt chers aux étrangers. Un sandwich, le modeste falafel, aussi  israélien  que palestinien, avec une boisson, vous coûteront au moins 10 dollars, et à Tel Aviv cela vous sera probablement préparé et servi par un réfugié africain. Un menu à midi coûte environ 20 dollars, un bon dîner beaucoup plus, et il faut s’y prendre bien à l’avance pour trouver une table. Voilà pour le côté israélien. Du côté palestinien, le même déjeuner vous coûtera un peu moins, environ 15 dollars. Les restaurants sont bondés, les Israéliens adorent la bouffe et ils bouffent tout le temps, s’empiffrant à tout bout de champ.

Lire la suite…

Source : http://plumenclume.org/blog/298-ca-baigne-en-palestine-co...

 

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SOMMET DE l’APEC :

Le centre névralgique de l’impérialisme se déplace

Bibeau.robert@videotron.cahttp://www.les7duquebec.com

15 novembre 2017

 

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Le Sommet de l’APEC 2017 au Vietnam.

 

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La semaine dernière, grand rassemblement capitaliste au Vietnam ex-socialiste et ex-anti-impérialiste sous le haut patronage des ex-vietminh « libérateurs », mutés en marchands libre-échangistes. Le communiqué d’invitation était ainsi libellé : « Le Sommet annuel des dirigeants de l’APEC est le principal évènement d’économie politique dans la région Asie-Pacifique. Ce sommet réunit les dirigeants des 21 économies du pourtour du Pacifique, ainsi que des chefs d’entreprises qui vont discuter de la voie à suivre pour la croissance, les investissements et le libre‑échange »(1).

 Comme nous le répétons inlassablement, le centre névralgique de l’économie politique impérialiste se déplace vers l’Asie-Pacifique, où sont concentrés des centaines de millions d’ouvriers surexploités, menés à la cravache par d’ex-mercenaires « libérateurs » devenus investisseurs pour le « développement » des forces productives et la « croissance » des profits. Deux invités d’honneur, parmi la fine fleur des caciques nationalistes, l’aspirant Xi Jinping, chef suprême du Politburo « communiste » chinois (déjà 350 millions de prolétaires asservis), a fait face au trouble-fête Donald Trump, défenseur du titre, ex-champion aujourd’hui moribond (moins de 150 millions de prolétaires dans ses cartons).

 Tout au long de son parcours asiatique de combattant Donald Trump a mis à mal la légende isolationniste et anti-libre-échangiste inventée par les plumitifs alors que systématiquement ce marchand de canons a offert sa camelote à chacun de ses « potes » nationalistes. Chaque fois que Donald dénonce les traités de « libre-échange » c’est pour mieux les renégocier de gré à gré au bénéfice de ses alliés de Wall Street.

 Donald le commis voyageur.

 Quels furent les enjeux de ce voyage largement médiatisé ? Sans fausse honte, le Président américain, en transit au Japon et en Corée, a vanté les mérites des armes américaines de destruction massive, indiquant ainsi le vrai motif de son agressivité patentée vis-à-vis la petite Corée du Nord, qui ne s’en laisse pas imposer par le criminel yankee, seul pays ayant utilisé deux fois la bombe atomique et moult fois des munitions à l’uranium appauvri. En Chine, Donald le colporteur, n’y tenant plus, se transforma en laudateur à l’endroit de son hôte, client privilégié, acquéreur de 230 milliards de dollars de marchandises (2). En effet, la Chine prépare soigneusement son désengagement du dollar US, la première étape étant de se débarrasser des 3500 milliards de liquidités ($) stockées dans ses banques plombées.

Lire la suite…

Source : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-sommet-de-lapec...

 

Note des Grosses Orchades :

Nous avons, dans un post précédent, rendu compte du grand discours de Xi Jinping au 19e Congrès du PCC, analysé par Adam Garrie. Cela ne veut pas dire que nous partageons l’enthousiasme ou, si on veut, l’optimisme de Garrie quant aux buts annoncés et poursuivis. Considérant cependant ce que notre camarade Saint-Just appelait « la force des choses », reste à savoir quelles chances ils (aur)ont de pouvoir faire autrement, quand bien même ils le voudraient. Ces choses-là, hélas, ne se font pas in vitro.


 

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L'euronouillerie dans toute sa splendeur

Observatus geopoliticus – Chroniques du Grand jeu 14 novembre 2017

 

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Si la vassalité eurocratique n'existait pas, il faudrait l'inventer... Une info délicieusement navrante quoique hilarante a paru, évidemment soigneusement cachée par la presstituée.

Les Paradise Papers nous révèlent qu'une société américaine a acheté du gaz russe, l'a liquéfié puis l'a revendu bien plus cher à l'Union européenne, en le faisant peut-être passer pour du gaz de schiste américain ! Ô tempora ô mores.

Moscou vend de toute façon son or bleu et doit bien se marrer. L'empire US se moque éperdument de ses vassaux, les obligeant à torpiller leur relation énergétique avec la Russie tandis que ses compagnies font leurs petits profits avec ce même gaz russe. Quant à l'euronouillerie, heu... Comment dit-on « dindon de la farce » à Bruxelles ?

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/11/l-euronouille...

 

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Hexagone

 

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[RussEurope en exil]

75e anniversaire de Normandie-Niémen

Jacques Sapir – Les Crises12 novembre 2017

 

Le 12 novembre 1942 arrivèrent sur la base de Rayack, en Syrie, trois C-47 (appellation militaire du DC-3) qui devaient transporter les pilotes et mécaniciens français, désignés pour constituer le GC-3 (3ème Groupe de Chasse) « Normandie » vers Bagdad, d’où ces personnels rejoindraient Téhéran puis Ivanovo, à 250 km de Moscou. Ainsi débutait ce qui allait devenir l’épopée du Groupe de Chasse le plus connu des Forces aériennes françaises libres (FAFL), le célèbre « Normandie-Niémen ».

 

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Le capitaine Alfred Littolff et le commandant Jean Tulasne en juillet 1943, sur le front russe, avec des pilotes français et russes

 

Cette date du 12 novembre est symbolique des difficultés rencontrées des deux côtés, que ce soit du côté des Français Libres ou des Soviétiques. Pour ces derniers, on est en plein dans la bataille de Stalingrad[1]. Si les troupes allemandes de Paulus, le commandant de la 6ème armée, ne progressent plus dans une ville qu’elles ont conquise à 90%, la contre-offensive, que les soviétiques appellent l’opération « Uranus », n’a pas encore débuté. Elle ne commencera que le 19 novembre 1942. La contribution française, pour symbolique qu’elle soit, est venue non pas dans les temps plus faciles de 1943 et 1944, mais au moment ou tout était en suspens, où se décidait le sort de la guerre.

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Source : https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-75eme-annive...

 

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Pourquoi nos enfants deviennent des crétins !

Charles Sannat – Insolentiae14 novembre 2017

 

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Tout d’abord, je tiens tout de suite à préciser que ce titre un peu violent n’est pas une insulte à l’égard de nos enfants, mais bien une inquiétude profonde de notre avenir à commencer par le monde qu’en tant qu’adultes nous préparons, et avons d’ailleurs déjà préparé, à nos enfants.

Le crétinisme est une maladie liée au manque d’iode et qui touchait particulièrement les zones éloignées des côtes où l’apport en poissons et produits de la mer permet de fournir nos organismes en iode. C’est dans les Alpes et dans l’Eure que la prévalence de crétinisme était la plus forte.

Puis, avec des régimes alimentaires meilleurs, nous avons su faire reculer cette maladie terrible. Pourtant, le crétinisme revient, mais il n’est pas le seul.

Baisse du QI, du comportement et autisme en hausse, la santé mentale et les capacités cognitives de nos enfants, là, maintenant, sous nos yeux effarés, sont en train de s’effondrer.

La réponse à titre collectif tarde ? Prenez les devant à titre individuel.

 

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Source : https://insolentiae.com/pourquoi-nos-enfants-deviennent-d...  

 

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Procès Merah

Clash BHL/Dupond-Moretti : « obscénités » contre « vieille pompe à merde »

RT en français 15 novembre 2017

 

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Deux figures médiatiques s’écharpent par tribunes interposées. Bernard-Henri Lévy taxe l’avocat d'Abdelkader Merah d’« obscénité » et de « vanité », quand Eric Dupond-Moretti n’hésite pas à dégainer contre le philosophe une « vieille pompe à merde ».

C’est le choc de deux robustes égos. Le philosophe Bernard-Henri Lévy n’a goûté ni la défense et les interventions de l’avocat Eric Dupont-Moretti lors du procès d'Abdelkader Merah, qui s'est achevé le 2 novembre, ni ses interventions dans les médias. Il a exprimé son émoi dans un édito paru le 13 novembre sur le site de sa revue, La règle du jeu. La réponse du ténor du barreau n’a point tardé, en un bref exercice rhétorique assez convenu mais dans lequel il ridiculise son accusateur, concluant sa lettre par une formule empruntée qui a réjoui nombre d'internautes : «Vieille pompe à merde».

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Source : https://francais.rt.com/france/45618-clash-bhl-dupont-mor...

 

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Pour ce que rire est le propre de l’homme et qu’on voudrait l’avoir écrit :

Relancer le christianisme par la pub ? Chiche !

Tous les chemins mènent à Rome

Jean-Paul Brighelli – Causeur10 novembre 2017

 

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Nous recevons toutes sortes de visiteurs improbables, chez Havas. Mais quand celui-ci a franchi le seuil de notre siège, à Puteaux…

C’était un homme tout en longueur, le visage osseux, tourmenté, d’un être en proie à bien des doutes et des démons, victorieusement vaincus. « Il y avait sur sa figure la lutte de deux principes opposés, une nature mauvaise domptée par la volonté, peut-être par le repentir » dit justement Dumas. Les yeux enfoncés, le regard sombrement lumineux, les cheveux gris en brosse, il tenait à la fois de l’ancien parachutiste et du prédicateur d’apocalypses. Savonarole ressuscité !

Nous l’avons fait patienter dans l’un des canapés Boca qui agrémentent la réception. Dans ces lèvres de polyuréthane inspirées à Dali par celles de Mae West (mais les nôtres appartiennent au remodelage de l’objet par le Studio 65 sur celles de Marilyn), il avait l’air aussi à l’aise qu’une truite saisie au bleu dans une poêle chaude. Quand je l’ai reçu enfin, il paraissait à point — comme la truite susdite. Plus écarlate que le lycra rouge baiser du canapé.

Fidèle, fidèle, dis-moi qui est la plus belle

Il s’est présenté. Il était prêtre (ce qui ne m’étonna point : même en civil, il avait l’air d’être en soutane), et était mandaté discrètement par le Vatican pour explorer la possibilité (la faisabilité, dit-on désormais en français global) d’une campagne visant à relancer le catholicisme.

« Nous perdons des fidèles chaque jour, depuis des années », a-t-il expliqué. « Une hémorragie que nous ne nous expliquons pas. »

J’ai discrètement consulté ma Bible — je veux bien entendu parler du Net. Qui m’a révélé, si je puis dire, que près de 65% des Français ne se reconnaissent dans aucune religion, et que la plupart d’entre eux s’affirment athées. « Quel magnifique marché potentiel ! », me suis-je exclamé en lui communiquant ces chiffres — qu’il connaissait, hélas… Après tout, nous avons fait boire Evian, il y a quelques années, à un bon nombre de vieux qui se sont identifiés à nos plongeurs (tous des ex-champions recrutés pour la circonstance).

 


 

Et à une quantité de jeunes femmes convaincues qu’elles y trouveraient l’eau de Jouvence et de résurrection de leurs petits capitons.

 


 

Sans parler de celles qui ont réellement cru, sans que nous l’ayons dit, que c’était l’eau-miracle des biberons — alors qu’elle a plutôt un effet laxatif, mais chut !…

Nos chrétiens ont du talent !

Mon visiteur m’a avoué que cette vieille campagne — « We Will Rock You » remixé par KCPK avec des intonations enfantines — avait décidé la hiérarchie catholique à oser cette démarche quelque peu iconoclaste sur laquelle il nous demandait, bien sûr, la plus grande discrétion.

 


 

« Nous avons eu une grande concertation, à Rome, et le Saint Père (j’appartiens à la même congrégation que lui — il n’y a que des jésuites pour oser la modernité) s’est enthousiasmé de nos propositions. « Ce serait formidable, a-t-il dit, si dans toutes les églises, les fidèles pouvaient…

 

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Lisez la suite de l’article ici sur le blog de Jean-Paul Brighelli

 

Source : https://www.causeur.fr/catholicisme-combat-publicite-egli...

 

 

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Hommage à Mouammar Kadhafi – Sam. 18 nov. – Théâtre de la Main d’Or, avec Dieudonné.

 

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Le 20 octobre dernier datait le sixième anniversaire de l’assassinat du dirigeant Libyen et Africain. Nous rendrons hommage ce samedi 18 novembre au combattant pour l’indépendance de son pays et du continent africain, tombé dans les champs de bataille orchestrés par les criminels Sarkozy et Bernard-Henri Levy, la haineuse Clinton et le fourbe Cameron avec le soutien matériel du Qatar et la complicité de la presse arabe.

Hommage au grand héros africain : Mouammar Kadhafi, guide de la Jamahiriya !

Tout ce qui est arrivé après l’assassinat du Guide, le renversement de la Jamahiriya, la situation chaotique dans laquelle se trouvent la Libye et le Sahel, le flot de migrants généré par cette situation confirment les constats qui suivent.

Kadhafi avait un projet de civilisation que les ennemis de l’humanité ont fait échouer.

Kadhafi avait un projet humanitaire qui a été confisqué afin de faire tomber la Libye et les régions voisines dans un conflit permanent.

Kadhafi avait un projet de liberté qui a été liquidé en faveur de la domination des forces de l’injustice, de l’oppression et de l’asservissement religieux, social et économique.

Kadhafi avait un projet de justice sociale et économique ciblant le capitalisme mondial qui met la main sur tous les moyens d’existence de tous les peuples.

 

Où est le corps du leader Kadhafi ? Pourquoi a-t-il été caché ?

Pourquoi n’a-t-il pas été rendu à sa famille ou à sa tribu, comme le veut la tradition ?

Pourquoi les Instances internationales n’ont elles jamais enquêté sur le meurtre de Mouammar Kadhafi ?

Nous avons créé une commission d’enquête en mars 2011 afin de faire connaître la vérité sur les mensonges et les accusations de la presse nationale et internationale.

Nous allons créer un Comité de Soutien à Saïf Al Islam Kadhafi dans son combat pour rassembler les Libyens épris de Justice, de Liberté et de Solidarité.

Hommage à Mouammar Kadhafi – Sam. 18 nov. – 15 h. à 18 h.
Théâtre de la Main d’Or, avec Dieudonné.
Signataires :

La Voix de la Libye.com

Dieudonné et le Théâtre de la Main d’Or.

Le CRI, Comité Révolutionnaire International.

Comité de Soutien à Saïf Al Islam Kadhafi.

L’Association   Entre la Plume et l’Enclume.

 

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Libye : CNN filme une enchère aux migrants vendus comme esclaves pour 400 dollars (VIDEO CHOC)

RT en français15 novembre 2017

 

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Un migrant dans un centre de rétention à Gharyan, ville côtière en Libye, en octobre 2017

 

Une équipe de journalistes de CNN a pu filmer une scène témoignant de la réalité de l’esclavage en Libye. La vidéo atteste de l'enfer humain qu'est devenu le pays depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011.

En août 2017, CNN recevait une vidéo tournée clandestinement, attestant de la tenue de marchés aux esclaves en Libye. En octobre dernier, une équipe de la chaîne s'est rendue sur place et a pu filmer une mise aux enchères similaire, dans un lieu qui n'a pas été précisé. « Un homme grand et fort pour les travaux fermiers », vante la voix d'une personne hors-champ, vraisemblablement un vendeur. Le  jeune homme noir en question sera finalement vendu pour sa force de travail pour 1 200 dinars libyens, soit environ 740 euros. D'autres sont vendus pour l'équivalent de 400 euros.

 

 

 

Lire la suite…

Source ; https://francais.rt.com/international/45629-libye-cnn-fil...

 

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Mis en ligne le 16 novembre 2017

 

 

 

16:52 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2017

LA BÉNÉDICTION SYRIENNE & LA RÉVOLUTION D'OCTOBRE

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Michel Raimbaud :

La bénédiction syrienne

Institut Tunisien des Relations Internationales 7 novembre 2017

 

Grand ami de la Syrie et de son peuple, du droit et de la justice, Michel Raimbaud était aux côtés de la Syrie depuis le début de cette guerre. Ce faisant il a sauvé l’honneur de la diplomatie française. Merci Excellence.

 

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Durant ces interminables années de brouillard et d’enfer qu’a traversées la Syrie, qu’aurait été la vie sans l’espoir ? Pensons ici d’abord au peuple syrien martyrisé et exposé à un ethnocide, à son armée nationale qui aura payé un si lourd tribut à l’agression barbare lancée par le groupe de ses « amis », et aux responsables qui face à la « communauté internationale » ont dû porter à bout de bras l’État visé par un politicide…

La bénédiction syrienne Durant ces interminables années de brouillard et d’enfer qu’a traversées la Syrie, qu’aurait été la vie sans l’espoir ? Pensons ici d’abord au peuple syrien martyrisé et exposé à un ethnocide, à son armée nationale qui aura payé un si lourd tribut à l’agression barbare lancée par le groupe de ses « amis », et aux responsables qui face à la « communauté internationale » ont dû porter à bout de bras l’État visé par un politicide…

On pensera aussi aux amis, défenseurs et partisans de la Syrie légale, tous ceux qui aimaient cette société plurielle, tolérante, aimable et hautement civilisée, et craignaient qu’elle ne disparaisse à jamais.

Certes, la flamme ne s’est jamais éteinte, mais il était permis aux plus optimistes de s’interroger parfois ou de douter de l’avenir face aux assauts d’une coalition islamo-israélooccidentale abreuvée de centaines de milliards de pétrodollars et puisant ses combattants dans un vivier inépuisable de mercenaires venus de cent horizons. La Syrie tiendrait-elle, face à la meute féroce des puissances impériales – grandes, petites ou moyennes – de « l’Axe du Bien », contre la horde sauvage des djihadistes démocrates, des terroristes modérés, des révolutionnaires en peau de lapin ? Résisterait-elle aux cohortes de déserteurs, de transfuges qui se donnaient rendez-vous au sein d’une « armée libre » téléguidée par ses pires ennemis, aux ordres et à la botte des islamistes et de leurs parrains, faisant la roue pour séduire le ci-devant « ennemi sioniste »?

Comme tous les pays plongés dans des situations troubles, la Syrie a connu la fatalité des infidélités, des lâchetés, des compromissions, des corruptions petites ou grandes, mais son peuple, au sens noble du terme, a résisté vigoureusement, ses institutions sont restées debout et ses gouvernants ont tenu bon. Grâce à sa résilience étonnante, l’État syrien s’est fait des alliés solides qu’il a su fidéliser : la Russie et la Chine d’une part, l’Iran, le Hezbollah et ses alliés d’autre part. Une réalité qui allait interdire la répétition au « Pays de Cham » d’un scénario irakien, libyen ou yéménite.

Néanmoins, les « grandes démocraties » ne pouvaient que rester aveugles et sourdes à ces réalités dérangeantes et déplaisantes, la Syrie étant depuis la fin de la guerre froide un pays à détruire et à abattre. Les élites désormais acquises au néoconservatisme n’ont rien trouvé de mieux que de soumettre les « opinions » à un tapage médiatique sans précédent allant de pair avec une omerta sans faille et un lavage de cervelle ahurissant. En brèves de comptoir de « sciences-po » ou de « France désinfo », la doxa occidentale sur le conflit de Syrie s’est trouvée résumée dans une ou deux sentences lapidaires, symboles assez désolants de la subtilité réduite de nos dirigeants, de nos analystes et de nos penseurs, expressions de l’arrogance indécrottable des Occidentaux. « Bachar doit partir », « Pas de place pour Bachar dans l’avenir de la Syrie »…

C’est alors qu’intervient la « malédiction syrienne » qui aura sanctionné les décideurs, les faiseurs d’opinion, tous ceux qui avaient perdu une occasion de se taire. La liste est longue de ces imprécateurs qui expédiaient avec morgue Bachar Al Assad à La Haye, à Moscou, à six pieds sous terre, ou ailleurs, et qui concoctaient des plans sur la comète Syrie, en écrivant un avenir qu’ils ne verraient jamais. Combien ont répété la rengaine comme des perroquets des années durant avant d’être expédiés par les électeurs, par la providence ou par la justice immanente vers les poubelles ou les oubliettes de l’Histoire. Exit donc les innombrables bouffons et imposteurs « amis de la Syrie ».

Pour sa part, Bachar Al Assad est toujours là, incontournable, populaire chez lui comme bien d’autres en rêveraient…La Syrie, qui s’achemine vers une victoire décrétée « impensable » face à tant d’ennemis si puissants, est debout, alors que la discorde, fruit de la défaite, s’est installée dans le camp des agresseurs et que le chaos y règne en maître…

Pas besoin à la rigueur de croire au ciel pour admettre qu’il y a une « malédiction syrienne » qui a frappé et frappe les ennemis de cette « terre sainte » que « Dieu protège » (Allah hami-ha), mais il faut bien en tout cas parler d’une bénédiction syrienne. Ce qui est en train d’arriver est logique et juste, mais l’issue désormais attendue de cette guerre universelle constitue une sorte de miracle, même et notamment pour ceux qui ont eu foi en l’avenir.

Cette victoire, la Syrie l’aura amplement méritée ! Malgré tout ce que diront les esprits chagrins, quel peuple admirable, quelle armée d’exception ! Et on cèdera à la tentation de dire : s’il y a bien un homme d’État qui mérite d’être sur terre, c’est ce Président qui aura su incarner l’espoir, rester fidèle à ses alliances et conduire son pays vers la victoire.

La Syrie a, selon tous les augures, gagné la guerre. Il lui reste à gagner la paix. Mais le vaillant pays qui a combattu pour nous a certainement toutes les capacités requises pour relever avec succès ce nouveau défi afin que cette guerre n’ait pas été « une guerre pour rien ». Ce qu’à Dieu ne plaise ! Ce sera une rétribution qui, bien mieux que la vengeance, paiera le sacrifice des innombrables victimes, les morts comme les vivants.

Michel Raimbaud

Ancien ambassadeur

Source : https://tunisitri.wordpress.com/2017/11/07/michel-raimbau...

 

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Annie Lacroix-Riz :

La Révolution d’Octobre, normale ou monstrueuse ?

 

1917 2017 c’est le centenaire de la révolution d’Octobre : Annie Lacroix Riz revient sur les causes, le contexte, le déroulé de la révolution soviétique, dans un article publié par la revue belge Le Drapeau Rouge, et en France par Initiative Communiste.

Annie Lacroix-Riz (née en 1947) est une historienne française, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII – Denis Diderot, notamment connue pour son engagement communiste de sensibilité marxiste-léniniste.

 

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La révolution d’Octobre est aussi logique que la Révolution française, qu’on ne peut expliquer qu’en décrivant, à l’exemple des grands historiens Albert Mathiez, Georges Lefebvre et Albert Soboul, la crise, de long et de court termes, de l’Ancien Régime féodal qui précéda et provoqua ce séisme.

 

Une longue situation prérévolutionnaire

Un pays arriéré, jeté dans le capitalisme entre l’oukase de 1861 abolissant le servage et la mise en coupe réglée de cette Caverne d’Ali Baba, depuis les années 1890, par les puissances impérialistes développées. La masse des paysans, plus de 80% de la population, fut soit privée de terre, soit enfoncée, plus gravement au fil des générations, dans la dette du rachat obligatoire des terres devenues « libres », à la superficie réduite à quasi rien (les paysans français avaient, eux, arraché en juillet 1793, au terme d’une lutte ininterrompue de quatre ans, l’abolition des droits seigneuriaux sans indemnité). La classe ouvrière issue de ce monde paysan misérable fut surexploitée par la grande bourgeoisie nationale et plus encore par les tuteurs de cette dernière, les grands groupes bancaires et industriels étrangers (français, britanniques, allemands, suisses, américains), qui, depuis l’ère du ministre de Witte, contrôlaient toute l’économie moderne.

Concentrée plus qu’en tout autre pays dans les grandes villes, avec sa capitale politique, Saint-Pétersbourg–Petrograd, en tête, avec l’énorme usine d’armement Poutilov, elle était combative : 40% des 3 millions d’ouvriers d’avant 1914 travaillaient dans des usines de plus de 1 000 ouvriers, et « la courbe des grèves » enfla sans répit du second semestre 1914 à février 1917, passant de 30 000 à 700 000 grévistes.

 

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Les manifestations de femmes ouvrières qui se déroulent à Petrograd en 1917 amorcent la révolution russe

 

La guerre russo-japonaise de 1904, insigne manifestation des appétits des grands impérialismes rivaux pour le pactole russe, s’était achevée, vu l’ineptie militaire du régime tsariste, sur un fiasco aussi cuisant que celui qui avait mis fin à la guerre de Crimée. Avec pour conséquence la révolution de 1905, dans laquelle Lénine, chef de la fraction « bolchevique » (majoritaire au congrès de Londres de 1903) du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), vit, après coup, « le plus grand mouvement du prolétariat après la Commune » et « la répétition générale » de celle de 1917. L’échec du mouvement fondateur des « conseils » (soviets), nouveau mode d’expression et de pouvoir populaires, fut suivi d’une terrible et durable répression : plus que jamais, l’empire fut une prison des peuples, chérie absolue du grand capital français prêteur de crédits garantis par l’État français et « tondeuse de coupons » 1. Cet échec retarderait de cinquante ans l’échéance d’une nouvelle révolution, à moins, pensait Lénine, d’une crise ou d’une guerre. La suite raccourcit les délais en conjuguant les deux.

Le système tsariste s’avéra aussi inepte qu’habituellement dans la conduite de la guerre générale. Sa chair à canon ne disposa même pas du minimum de munitions, la Russie fabriquant de 1914 à 1917 neuf fois moins de cartouches et fusils que nécessaire. Baisse de la production agricole de près du quart, gabegie des réquisitions, récoltes pourrissant sur les lieux de production, insurmontables problèmes de transport, catastrophe du ravitaillement : début 1917, même sur le front, la ration de pain ne dépassait pas la journée et les soldats-paysans (95% de l’armée) rentraient à pied chez eux. C’était pire en ville, à Moscou et Petrograd notamment. La faim fut « la cause immédiate de la révolution » de février 2. Celle-ci aboutit à l’abdication de Nicolas II, qui « avait fait l’unanimité contre lui ».

Une révolution logique

Les bolcheviques, exilés, comme Lénine (en Finlande), ou clandestins en Russie, étaient certes alors ultra-minoritaires. Mais ils cessèrent vite de l’être car le peuple russe, avide de réformes profondes, dut constater que son sort ne changeait pas. Il fut au fil des mois amèrement déçu par ceux auxquels il avait accordé sa confiance, tels les socialistes-révolutionnaires qui avaient depuis longtemps promis la terre à ceux qui la travaillaient. Même les paysans finirent par admettre, au tournant d’octobre 1917, qu’aucun autre parti que celui de Lénine, seul à démontrer depuis février sa capacité à tenir ses engagements, ne leur donnerait la terre et ne les libérerait de droit de la boucherie à laquelle ils avaient d’ailleurs commencé à se soustraire de fait depuis 1916.

Les historiens français des années 1970 montraient comment l’évolution de la conjoncture et des rapports sociaux avait en un temps record, entre août et octobre 1917 surtout, érigé les minoritaires de février en délégués exclusifs des « aspirations populaires ». L’universitaire René Girault a décrit ce processus dominé par deux questions, la terre et la paix. « À partir du putsch manqué du général Kornilov (fin août), l’évolution accélérée des soviets vers les bolcheviks, marquée par le passage de bon nombre de soviets urbains, de soldats et même de paysans à des majorités bolcheviques, montre que la constante opposition des bolcheviks à l’égard du gouvernement provisoire (et envers son “incarnation” Kerensky) remporte l’adhésion populaire ».

Le parti bolchevique réalisa dès la prise du pouvoir les réformes promises en « faisa[n]t basculer de son côté la grande masse de la paysannerie », sachant que « la confiance [que lui accordaient] les masses urbaines était beaucoup plus forte » que celle des paysans. L’analyse de l’historien socialiste rejoignait, soixante ans plus tard 3, celle du grand journaliste communiste américain John Reed, auteur des « Dix jours qui ébranlèrent le monde », chef-d’œuvre d’« histoire immédiate » de la révolution d’Octobre et de ses enjeux de classe qu’il faut lire et relire 4.

La coalition impérialiste contre les Soviets

Ce sont ces transformations effectuées avec autant de pragmatisme que de fidélité aux principes, selon Girault, qui assurèrent aux bolcheviques seuls (solitude qu’ils n’avaient pas voulue) la victoire finale dans une « guerre civile » qui, comme pour la Révolution française et toutes les « guerres civiles » depuis lors, fut d’origine et de financement surtout étrangers (comme l’atteste l’actuel cas vénézuélien). Ce n’est pas parce que les bolcheviques étaient des dictateurs sanguinaires haïs de leur peuple que, depuis 1918, « les forces armées de quatorze États envahirent la Russie soviétique sans déclaration de guerre », avec en tête « la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, les États-Unis », tuèrent plus de Russes que la guerre même, 7 millions d’« hommes, femmes et enfants », et causèrent des « pertes matérielles estimées par le gouvernement soviétique à 60 milliards de dollars », montant très supérieur aux « dettes tsaristes aux Alliés » et qui ne donna lieu à « aucune réparation » des envahisseurs, selon « le bilan » de Michael Sayers et Albert Kahn 5. Comme les aristocrates d’Europe coalisés en 1792 pour rétablir en France l’Ancien Régime et assurer chez eux la survie des privilèges féodaux, les groupes étrangers qui avaient fait main basse sur l’empire russe et les États à leur service plongèrent à nouveau la Russie dans trois ans de chaos pour conserver leurs trésors et s’en tailler de nouveaux, telle la Royal Dutch Shell, qui comptait à l’occasion rafler la totalité du pétrole caucasien. Comme en France, la Terreur révolutionnaire ne fut que la réplique obligée aux assauts extérieurs.

L’étape actuelle de la démonisation de la Russie soviétique (ou non)

En comparant les révolutions française et russe, le grand historien américain Arno Mayer, professeur à Princeton, a confirmé ces analyses de Sayers et Kahn, futures victimes du maccarthysme 6. Si la France, a-t-il conclu, avait été une « forteresse assiégée » avant que la nouvelle classe dominante pût « s’arranger » avec les privilégiés contre-révolutionnaires de France et d’ailleurs, la Russie soviétique demeura un paria assailli de sa naissance à sa mort, et pour des motifs indépendants du caractère et des façons de Lénine ou de Staline 7. Exception, heureusement traduite, dans le paysage historiographique.

 

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Car les historiens « reconnus » présentent aujourd’hui la révolution d’Octobre comme le coup d’État d’un groupuscule anti-démocratique et assoiffé de sang, ou, au mieux, comme une entreprise initiale sympathique, confisquée par une « minorité politique agissant dans le vide institutionnel ambiant » et débouchant, ô horreur, sur « des décennies de dictature » et sur « l’échec soviétique [marquant] l’échec et la défaite de toutes les formes historiques d’émancipation du XXe siècle liées au mouvement ouvrier » : ces jugements respectifs de Nicolas Werth et Frédérick Genevée, dans « Que reste-t-il de la révolution d’Octobre? », hors-série de L’Humanité publié à l’été 2017, confirment les regrets officiels du PCF sur son passé « stalinien » dès la publication du « Livre noir du communisme » de 1997 du tandem Stéphane Courtois (successeur de feu François Furet)–Nicolas Werth.

Écho significatif du tournant antisoviétique et pro-américain des manuels français d’histoire du secondaire négocié dès 1983, qui frappa l’URSS 8 puis la Révolution française : c’était la double obsession de Furet, historien sans archives dont « ceux d’en haut », en France, aux États-Unis et dans l’Union européenne, Allemagne au premier chef, usèrent tant des services 9. Après la chute de l’URSS et ses suites, l’extension considérable de la sphère d’influence américaine en Europe, la criminalisation de l’URSS s’imposa d’autant plus aisément que presque tous les anciens partis communistes avaient cessé d’y résister.

L’historiographie dominante est alignée sur la propagande anti-bolchevique et russophobe déversée depuis la fin de 1917. Mais on peut encore confronter la litanie des grands médias et de leurs historiens fétiches aux nombreux travaux scientifiques qui ont décrit correctement la révolution d’Octobre. Les lire sur l’événement majeur du XXe siècle permet d’aspirer une grande bouffée d’air frais. N’hésitez pas…

 

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Note du Saker Francophone : Cet article permet d'introduire l'interview à suivre de Mme Lacroix-Riz. Il est publié sur notre site dans la suite des textes parus en septembre, 100 ans après le coup d’État bolchevique, présentant la vision de différents auteurs sur cette révolution, Emmanuel Leroy, Valérie Bugault, Youssef Hindi et Lucien Cerise. Enfin, Mme Lacroix-Riz a accepté aimablement de répondre à quelques questions.

 

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Annie Lacroix-Riz : Révolution d’octobre et Révolution française : mythes et réalité historique.

 


 

Interview d’Annie Lacroix-Riz

par Le Saker Francophone  - 30 octobre 2017

 

Le Saker francophone : – Est-ce que cet anniversaire de la révolution russe n’est pas finalement une excellente occasion de remettre l’Histoire sur le devant de la scène ? On a l’impression que l’Histoire cachée sous le tapis du confort matérialiste ressurgit de tous les côtés comme celle de la création de l’UE à l’occasion des dernières élections présidentielles ?

Annie Lacroix-Riz : – L’Histoire n’a en France pas si souvent été « cachée », elle est plutôt sur le devant de la scène, et tout ou presque est l’occasion d’en faire ou de faire semblant d’en faire : bicentenaire de la Révolution française, « mémoire » de la colonisation, centenaire de la Première Guerre mondiale, anniversaires de 1944, de 1945. On peut noter cependant la discrétion de violette sur l’anniversaire, en 2008, de la conférence de Munich de septembre 1938, silence d’autant plus singulier que toute campagne de propagande contre un « ennemi » présenté comme égal à Hitler ou pire, depuis plus de 60 ans (Nasser en 1956, Milosevic dans les années 1990, les Russes à toute occasion, la Syrie depuis 2011, etc.) offre l’occasion de tonner contre « l’esprit de Munich » supposé animer un Occident naïf et «faible » face aux menaces des « États voyous » (les Rogue States chers à la présidence des États-Unis).

Mais cette histoire est maniée par la grande presse et ses « experts » historiques à une sauce qui en masque le plus souvent l’essentiel ou qui transforme en son contraire la réalité historique pourtant établie par le travail sur les sources originales. La nouveauté des dernières décennies, en France, est que l’Histoire, qui a été et demeure un enjeu politique décisif, et qui si elle est diffusée au grand public davantage qu’autrefois, ne l’est plus guère que sous une forme qui correspond aux intérêts des puissants. Elle est présentée avec la collaboration permanente d’historiens bien-pensants, régulièrement invités, seuls admis aux « débats » dont tous les protagonistes sont toujours d’accord (les absents étant régulièrement qualifiés de « complotistes »), aux présentations de documentaires et d’émissions télévisées ou radiophoniques : les historiens officiels ou officieux jouent aujourd’hui le rôle dans la propagande des classes dirigeantes que jouaient avant-guerre les universitaires des facultés de droit et de sciences économiques, qui se mettaient souvent au service direct du grand capital. Lequel, en juillet 1936, dans une phase de propagande patronale intense à destination du public, plaça même l’un d’entre eux, le cagoulard Claude-Joseph Gignoux, à la tête (apparente) de la Confédération générale du patronat français.

Les effets de cette mise en avant sont d’autant plus graves que notre enseignement historique a été simultanément cassé, par une politique d’ailleurs conduite à l’échelle de l’Union européenne, très bien analysée par mes collègues, professeurs de l’enseignement secondaire, Gisèle Jamet et Joëlle Fontaine, dans leur ouvrage « Enseignement de l’histoire. Enjeux, controverses autour de la question du fascisme », 10. Une historienne américaine qui a depuis abandonné ce métier, Diana Pinto, avait relevé il y a plus de 30 ans la brutalité de l’offensive antisoviétique et pro-américaine dans l’historiographie française : elle avait été surprise par le « zèle de surenchère » d’une « conversion intellectuelle à l’anti-soviétisme » et au « pro-américanisme » en cours dans les manuels de fin d’enseignement secondaire, qui depuis l’après-guerre s’étaient en général montrés bienveillants pour les Soviets vainqueurs militaires du IIIe Reich et tièdes envers l’impérialisme américain 11. Certes, Diana Pinto était heureusement surprise de cette soudaine détestation de l’URSS par les historiens français (et fâchée contre les géographes qui restaient trop russophiles). Mais à mon avis, un tel article est impubliable aujourd’hui : sa franchise ferait scandale dans le Landerneau du conformisme, dont l’APHG (l’association des professeurs d’histoire géographie) est devenue une sorte de porte-parole.

La croisade n’est donc pas nouvelle mais elle a été rendue plus efficace par le succès de cette classe « européenne » de l’enseignement historique et par l’utilisation directe de l’histoire et des historiens académiques, à l’échelle européenne voire internationale : pensons aux énormes moyens dont a été dotée la campagne politique de lancement et de diffusion du « Livre noir du communisme », événement suivi depuis lors par d’autres lancements tapageurs centrés sur le caractère monstrueux de Staline et du socialisme soviétique, et accréditant le thème de l’identité nazisme–communisme. Et surtout, cette offensive ne rencontre quasiment plus de résistance. Le mouvement progressiste, et singulièrement le parti communiste, avait depuis sa naissance, et plus encore après la Deuxième Guerre mondiale, permis l’accès à un public limité mais non négligeable d’un courant historique scientifique marxiste, par différents canaux, sa propagande courante via sa presse, la formation de ses militants, la production de ses éditions, notamment les Éditions sociales.

Ce courant a disparu, non seulement parce que les éditions du PCF ont subi les conséquences de son considérable affaiblissement politique et de sa ruine consécutive, mais aussi parce que ce parti a accepté de se situer seul du point de vue de l’historiographie dominante (ou de la propagande historique dominante) : il s’est battu la coulpe à l’époque de la publication du « Livre noir du communisme » (1997) et n’a jamais cessé depuis. Il n’est que de lire l’ahurissant « hors-série » de L’Humanité de l’été 2017 sur le centenaire de la Révolution d’Octobre (évoqué dans l’article que vous avez reproduit), au titre très en vogue mais absolument a-historique (« Que reste-t-il de la révolution d’Octobre ? », mots soulignés par moi). Il n’a été fait appel qu’aux historiens partageant cette hostilité envers l’URSS et le passé communiste, qu’ils soient membres ou sympathisants du PCF ou anticommunistes et antisoviétiques notoires.

Il est piquant de noter que les historiens de la première catégorie sont parfois, tel le responsable des archives du PCF, Frédérick Genevée, beaucoup plus négatifs que ceux de la seconde catégorie, telle la collègue qui m’a succédé à Paris 7, Sophie Cœuré, auteur d’un texte plus modéré que sa production habituelle. L’article « Ces Français de Russie qui firent le choix de la révolution » est plutôt factuel, différent du ton des travaux habituels de l’intéressée, qui portent, non pas sur la réalité de l’URSS mais sur la littérature d’entre-deux-guerres des Français durablement séduits par le bolchevisme ou (surtout) transfuges du bolchevisme devenus croisés antisoviétiques. Car les travaux de Sophie Cœuré et leur affichage médiatique (systématique, notamment sur Mediapart) révèlent une vraie détestation du bolchevisme, des bolcheviques et de l’URSS.

Son principal ouvrage, « La grande lueur à l’Est », Paris, Seuil, 1999 (dont elle a confirmé l’orientation en présentant avec Rachel Mazuy, « Cousu de fil rouge. Voyage des intellectuels français en Union soviétique. 150 documents inédits des Archives russes » 12, manifeste une immense admiration pour les « témoins lucides, Victor Serge, Boris Souvarine, Pierre Pascal » : ceux qui ont rompu avec l’URSS (et dont elle ne décrit pas les modalités de l’exploitation systématique par le grand patronat français dès leur rupture) ; il professe en revanche un grand mépris pour les intellectuels restés pro-soviétiques, érigés en benêts. Sa bibliographie est idéologique, politique extérieure comprise 13. Mme Cœuré va jusqu’à reprocher à l’État français d’avoir entretenu des relations diplomatiques avec un État criminel qu’il aurait laissé libre d’organiser sa propagande en France sans mettre en place contre lui la « contre-information » indispensable (remarque hautement comique dans un pays où l’anti-soviétisme a tout submergé depuis 1918 au plus tard).

Je laisse vos lecteurs réfléchir sur le sérieux de cet extrait de sa conclusion qui atteste au moins autant d’ignorance sur les réalités françaises que soviétiques (je vous renvoie à mon ouvrage « Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930″ 14 : « Les gouvernements de la IIIe République acceptent l’instauration de rapports inégaux dans les domaines de la presse ou de la présence diplomatique. Aucune contre-information systématique n’est organisée. Car, jusqu’au Front populaire peut-être, la France ne semble pas menacée directement. La primauté de l’enjeu intérieur explique largement l’indifférence aux souffrances des peuples soviétiques. Concevoir et comprendre cette violence massive, inédite, sans justification militaire aucune, aurait demandé aux hommes et aux femmes de l’époque, imprégnés des logiques de la guerre mondiale, un effort qu’ils n’étaient pas prêts à faire, ou qu’ils n’étaient pas en mesure de réaliser. » (op. cit., p. 294).

Mme Cœuré est régulièrement appelée à montrer avec quelle précocité les méchants bolcheviques martyrisèrent un peuple si avide de démocratie : dans le « débat » de Médiapart du 4 octobre 2017 15, le malheureux Christian Salmon doit rappeler, vers 55 minutes (sur une heure) – alors que l’animateur (François Bonnet) a tonné contre le délire massacreur de Lénine en 1918 et que Sophie Cœuré a dit son désespoir que les bolcheviques eussent si vite étouffé les « ébullitions démocratiques » nées de la si prometteuse révolution de février –, que la Russie soviétique est alors envahie par 18 pays étrangers (en fait, c’est 14, dont notamment la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, les États-Unis), ce qui perturbe le fonctionnement « normal » de la démocratie. L’Humanité a évincé tout historien non antisoviétique (pour un motif ou un autre), et sollicite des intellectuels au rôle essentiel dans la croisade antisoviétique, mais dont l’autocensure pour l’occasion interdit aux lecteurs de L’Humanité de soupçonner la véritable problématique sur les Soviets.

Certes subsiste un courant historiographique critique, qu’on trouve disséminé parmi de vaillants petits éditeurs, parmi lesquels Le Temps des cerises, Delga, et tel grand éditeur accepte de publier, çà et là, un ouvrage qui détonne (j’ai eu la chance de bénéficier de telles exceptions depuis les années 1990). Mais c’est un minuscule ruisseau en regard des machines de guerre déployées tous les jours par la grande presse écrite, par la radio et la télévision, en compagnie des « historiens du consensus » (expression d’un excellent spécialiste américain du fascisme français, Robert Soucy). Ce qui vaut pour les Soviets vaut aussi pour l’histoire de Vichy, de la Résistance, de l’épuration, qui ont fait l’objet depuis une vingtaine d’années d’une droitisation radicale : certains grands éditeurs, tels Perrin et Tallandier, s’en sont fait une véritable spécialité 16. Ce courant « révisionniste » droitier, très respectueux envers nos élites, qui brocarde le « résistancialisme » (sic) ne cesse de grandir : pourvu d’un écho éditorial et journalistique considérable, il seconde efficacement des carrières universitaires difficiles dans la terrible conjoncture actuelle des sciences sociales.

– Vous postulez que l’on ne peut comprendre l’histoire qu’à travers la lutte des classes. Peut-on avoir aussi une autre grille de lecture, par exemple avec l’énergie ? N’est-ce pas la quantité, la densité et la fluidité de l’énergie qui façonne le monde ? La lutte des classes venue avec l’industrialisation n’est-elle pas qu’une construction sociale éphémère qui disparaitra avec le début de la fin des ressources fossiles ?

– La lutte des classes n’exclut en aucun cas d’autres aspects constitutifs de l’histoire, tel le développement des forces productives, auquel elle est étroitement liée et qu’elle infléchit. C’est aussi sous l’effet des luttes de classes que les forces productives et les modes de production ont évolué, et ce bien avant l’apparition du capitalisme. Pourquoi croyez-vous qu’un beau jour l’esclavage, qui avait donné lieu à de terribles révoltes, dont nous ne connaissons qu’une petite partie (Spartacus n’est évidemment pas un exemple unique des troubles provoqués par l’esclavage antique), est devenu impossible ? Pourquoi le système russe, qui s’était si longtemps accommodé du servage, a-t-il dû y renoncer et s’aligner en 1861 sur le modèle capitaliste de calcul des prix de revient ?

Il faut en finir avec les décennies d’ignorance qui nous ont fait oublier le sens exact du terme de classe, concept qui se définit par des sources de revenu objectivement antagoniques : le salaire et le profit varient objectivement en sens inverse, réalité qui oppose objectivement le prolétaire et le capitaliste, comme cela avait été le cas dans le mode de production féodal entre la rente seigneuriale et le revenu du paysan. Il faut relire Marx et Engels, notamment « L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État » (1884) : les luttes de classes ont commencé avec l’apparition des classes, c’est-à-dire quand une minorité s’est appropriée un produit qui avait été commun à l’ère du « communisme primitif » ; la différenciation entre classes est établie dans les civilisations les plus anciennes connues par l’écriture et les fouilles archéologiques, Mésopotamie, Égypte, etc.

Les luttes des classes ne sont pas « éphémères » et elles ne datent pas de l’apparition du capitalisme ou de son triomphe comme mode de production dominant. Qu’on produise au bois, au charbon ou à l’énergie nucléaire, la question de la propriété de ces moyens de production demeure fondamentale. À quel titre pourrait-on considérer la propriété de l’énergie aujourd’hui comme une question secondaire ? Celle de l’accès à la santé publique et aux médicaments serait-elle indépendante du statut des groupes pharmaceutiques ?

– À 47’40, vous parlez très justement de guerre civile extérieure. Un peu plus tôt, vous critiquez la position des Chouans d’avoir été le parti de l’étranger, comme les nobles d’ailleurs, avec le complot des prisons. Ne peut-on pas aussi dire que d’une certaine manière, les révolutionnaires eux-mêmes représentant la bourgeoisie l’ont été directement et indirectement par des courants maçonniques anglo-saxons notamment ? Ou par l’idée de l’enrichissement par le commerce international ? Les Syriens ont par ailleurs aussi fait appel à l’étranger avec bonheur à cette heure. Finalement n’est-ce pas la qualité de l’étranger qui pose question plutôt que le principe même ?

– Le dirigeant radical Camille Chautemps, président du Conseil et pronazi notoire, définit devant les Anglais, fin novembre 1937, avec un cynisme parfait, l’excellente « guerre civile extérieure » déclenchée en Espagne contre le régime républicain par l’Axe, tuteur de Franco, qui allait triompher grâce à l’aide multiforme, pas seulement passive, des « démocraties » (France, Angleterre, mais aussi États-Unis). La France était d’ailleurs prête à recommencer, en compagnie de Londres, la même opération à propos de la Tchécoslovaquie alliée. On trouvera des précisions dans « Le Choix de la défaite », qui traite surtout du cas de la France, aux chap. 7 et 8, et dans l’ouvrage, malheureusement non traduit, de Douglas Little, « Malevolent Neutrality : The United States, Great Britain and the origins of the Spanish Civil War » 17, qui est très précis sur les responsabilités écrasantes des deux grandes puissances anglophones dans la victoire de l’Axe Rome–Berlin et de Franco.

J’ai traité de l’aide apportée par des privilégiés étrangers à des homologues menacés dans leur pays par une révolution qui venait de les déloger du monopole du pouvoir et de la propriété, en citant l’exemple de la Révolution française et celui de la Révolution d’Octobre. Il s’agit donc d’autre chose que de la question des influences extérieures exercées sur un mouvement, telles les influences mutuelles exercées par les classes bourgeoises de divers pays aux XVIIIe et XIXe siècles ; et d’autre chose que l’aide extérieure apportée par les dirigeants d’un pays étranger à des alliés, majoritaires dans leur pays, qui se trouvent en butte aux assauts d’alliés étrangers des anciennes classes dirigeantes chassées de leurs positions dominantes par la volonté populaire. La mise de tout sur le même plan (Rouges et Blancs, résistants et collaborateurs, nazis et communistes, etc.) ne saurait gommer l’essentiel : le contenu de classe des pratiques respectives.

Ce qu’on demande à un historien, c’est d’exposer le plus honnêtement possible, et sur la base des sources originales, ce qui s’est passé, c’est-à-dire d’établir les faits, leur cheminement, leurs causes. Ses préférences personnelles relèvent de sa responsabilité politique, et elles sont le fruit, elles aussi, de choix de classe : le soutien de ceux d’en haut ou celui de ceux d’en bas. Moi, et c’est actuellement rare dans le monde académique français en raison de la forte droitisation évoquée ci-dessus, je revendique plus de sympathie pour le peuple qui se défend, éventuellement avec l’aide d’amis étrangers, que pour les privilégiés qui tentent d’échapper à l’éviction que leur a infligée la majorité de leur population. Tout le monde réagit ainsi chez les historiens, souvent sans le dire ou en le niant.

Un prestigieux collègue, grand ami des banques et spécialiste des banques du XIXe siècle, un des créateurs dans les années 1990 de la « Mission historique de la Banque de France », a osé un jour me dire que je ne pouvais pas décemment être recrutée dans sa grande université de la banlieue Ouest où je souhaitais candidater, parce que j’étais « très » ou « vraiment engagée ». Je lui ai répondu courtoisement que je ne l’étais pas plus que lui, mais pas au service des mêmes, et que mon engagement ne mettait pas en cause ma complète indépendance à l’égard de mes sujets d’étude (ce qui n’était pas le cas de son « Histoire de la Banque de France » faite sur financement de la Banque de France).

J’ai assurément plus d’empathie

  • Pour les Soviétiques qui aidaient avant 1949 les Chinois à se débarrasser de leurs tuteurs vernaculaires (la clique Tchang-Kai-Chek et Song qui ruinait et affamait la population) et étrangers (les Américains, qui avouaient dans leur correspondance que cette clique était définitivement condamnée par un mouvement de libération des terres, disposant d’une majorité écrasante, général Marshall compris). Il avait été chargé de la question chinoise jusqu’à la fin 1946, avant de s’occuper de gérer l’Europe américaine, priorité immédiate car l’issue du dossier chinois était connue de tous les responsables américains dès 1945-1946 : la thèse « maccarthyste » des « taupes » du Département d’État responsables de la « perte » de la Chine relève de la pure propagande mensongère ;
  • Pour les Soviétiques aidant les Vietnamiens, qui avaient déjà, avec leur soutien politique et en armes, chassé le colonialisme français, à affronter l’épouvantable attaque américaine, projetée bien avant la signature des accords de Genève de 1954 que les États-Unis ont aussitôt violés ;

Pour les Russes, qui aident depuis plusieurs années les Syriens à résister à des assauts que les Américains avaient via le général Wesley Clark, dès 2007, annoncés contre les pays gaziers et pétroliers dont ils ne contrôlaient pas encore le produit. Après lecture du lien 18, chacun reconnaîtra que les plans affichés là ont été mis en œuvre.

Sur les interventions systématiques des États-Unis au service de leurs intérêts économiques et au mépris des intérêts économiques et sociaux de tous les peuples qu’ils assaillent, je recommande les excellents travaux, faciles d’accès et souvent traduits, du politiste américain William Blum. Il a d’ailleurs écrit une suite sur l’intervention américaine au Venezuela, dont les groupes pétroliers américains contrôlaient jusqu’à Chavez tout le pétrole : « Les Guerres scélérates » 19.

Notes

  1. Lénine, chap. 8 de « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme »
  2. Michel Laran, « Russie-URSS 1870-1970, Paris, Masson, 1973
  3. « Les révolutions russes », t. 5 de l’ »Histoire économique et sociale du monde », Léon Pierre, éd., Paris, Armand Colin, 1977, p. 125-142
  4. Paris, 10-18, réédition, 1963
  5. « The Great Conspiracy : The Secret War Against Soviet Russia », Little, Boni & Gaer, New York, 1946, traduit en 1947
  6. Liens : http://www.independent.co.uk/news/obituaries/michael-saye...; https://en.wikipedia.org/wiki/Albert_E._Kahn
  7. Les Furies, 1789, 1917, « Violence vengeance terreur aux temps de la révolution française et de la révolution russe », Paris, Fayard, 2002
  8. Diana Pinto, « L’Amérique dans les livres d’histoire et de géographie des classes terminales françaises », Historiens et Géographes, n° 303, mars 1985, p. 611-620
  9. « L’histoire contemporaine toujours sous influence », Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012
  10. Adapt-Snes éditions, Millau, 2016 (voir aussi mon ouvrage « L’histoire contemporaine toujours sous influence », Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012)
  11. « L’Amérique dans les livres d’histoire et de géographie des classes terminales françaises », Historiens et Géographes, n° 303, mars 1985, p. 611-620
  12. Paris, CNRS Editions, 2012
  13. Le pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939 est réduit au pamphlet d’Yves Santamaria « Le pacte germano-soviétique », Bruxelles, Complexe, 1998, modèle d’histoire de combat idéologique, sans source aucune
  14. Paris, Armand Colin, 2010, passim
  15. https://www.youtube.com/watch?v=4rQlXw49xIA
  16. voir notamment « Troublante indulgence envers la Collaboration », feuilleton de 4 ouvrages : Denis Peschanski et Thomas Fontaine, « La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945, Bénédicte Vergez-Chaignon, « Pétain », Bernard Costagliola, « Darlan. La collaboration à tout prix », Claude Barbier, « Le maquis des Glières. Mythe et réalité », juillet 2015, p. 25, https://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/LACROIX_RIZ/53208
  17. Ithaca, Cornell University Press, 1985
  18. https://www.youtube.com/watch?v=zXcu29fFs2M
  19. Lyon, Parangon, 2004 (Killing Hope : « U.S. Military and CIA interventions since World War II », Monroe, Maine, Common Courage Press, 2003, édition complétée de son ouvrage essentiel, « The CIA : A forgotten history », Londres et New Jersey, Zed Books, 1986) ; « Freeing the World to Death : Essays on the American Empire » (Common Courage Press) , 2004 ; « America’s deadliest export : Democracy – The truth about US Foreign Policy and everything else » (Zed Books), 2013

Ajoutons que William Blum publie, à peu près mensuellement, en anglais, un « Rapport Anti-Empire », que l’on peut recevoir en s’abonnant à sa newsletter ou en le suivant ici : https://williamblum.org/aer/read/147 [NdGO]

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Source d’origine : https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-deb...

Source : http://lesakerfrancophone.fr/annie-lacroix-riz-la-revolut...

 

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Annie LACROIX-RIZ

Le choix de la défaite : Les élites françaises dans les années 30

(2e édition revue et augmentée)

Paris, Armand Colin, 2010

688 pages

 

 

Quelles sont les causes de la Défaite de 1940 ? Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. » 

Annie Lacroix-Riz analyse l’histoire des années 1930 pour éclairer les causes de la défaite de 1940. Selon elle, les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich. Cette affirmation incroyable paraît moins audacieuse à la lecture des archives, françaises et étrangères, relatives à une décennie d’actions des élites : militaires ; politiciens ; journalistes ; hommes d’affaires surtout, qui régnaient sur tous les autres, avec à leur tête la Banque de France et le Comité des Forges.

 L’autonomie des politiciens ou des journalistes relève ainsi du mythe, celle des militaires aussi. C’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l’Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l’alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914. Aujourd'hui, l’accès aux archives éclaire les causes intérieures et extérieures de la Défaite et permet « l’instruction du procès de la vaste entreprise de trahison » que réclamait Marc Bloch. 

La présente édition de l’ouvrage a été systématiquement revue et complétée à la lumière des nombreux fonds d’archives, ouvrages et articles consultés depuis 2006.

 

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John REED

Dix jours qui ébranlèrent le monde

Paris, Seuil, 1996

469 pages

 

 

 

Le livre

À Petrograd, l'état de siège vient d'être proclamé. Dans les salles du palais Marie, le Conseil de la république débat de la politique étrangère de la Russie, engagée aux côtés des Alliés dans la Première Guerre mondiale. Dehors, deux compagnies de junkers remontent la rue Morskaïa en chantant un refrain datant de l'époque des tsars, et de petits groupes s'efforcent de déchiffrer les innombrables proclamations collées sur la moindre surface plane : Tsik, soviets paysans, partis socialistes " modérés ", comités d'armée...

Au cours des grandes journées d'octobre 1917, John Reed a parcouru en toute liberté la "Capitale Rouge ", recueilli les analyses des principaux acteurs politiques, et écouté le peuple de Petrograd dans les cercles qui se formaient, dès l'aube, sur les places publiques, à la porte des boulangeries, à l'intérieur des casernes. De retour aux Etats-Unis, il rassembla dans ce livre l'essentiel de ses observations er revécut, dans l'urgence, cette " aventure " humaine dont il apparaît toujours, aujourd'hui, comme l'un des témoins les plus proches.

L’auteur

John Reed (1887-1920) américain, aventurier, reporter, observateur et ardent révolutionnaire communiste, a fourni un témoignage, documentaire et reportage sur la Révolution russe de 1917 qui confine au roman historique tant sa prose est prenante de vie et d'humanité.

 

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Réédition Tribord, 2012

624 pages

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

John Silas Reed est un militant et écrivain américain né à Portland aux États-Unis en 1887 qui mourut à Moscou en 1920 en pleine révolution bolchevique à laquelle il était partie prenante. Journaliste et socialiste, il est connu comme l'auteur de deux reportages sur des révolutions : Le Mexique insurgé (1914) et le présent livre : Dix Jours qui ébranlèrent le monde (1919), ainsi que d'un reportage de guerre (La guerre dans les Balkans - 1916). Il y raconte la prise du pouvoir en Russie par les Bolcheviks sous la direction de Lénine. John Reed suivit ainsi les premiers temps de la révolution russe décrivant le parcours de plusieurs leaders bolcheviks, Grigory Zinoviev et Karl Radek principalement. John Reed meurt en 1920, après la publication de son livre. Seul Américain à être enterré au Kremlin auprès des plus éminents leaders soviétiques. Lénine en recommanda la lecture, écrivant en 1920 : « Voici un ouvrage que j'aimerais voir imprimé à des millions d'exemplaires et traduit en toutes langues, car il décrit de manière véridique et extraordinairement vivante des événements d'une importance considérable pour l'intelligence de ce qu'est la révolution prolétarienne, de ce qu'est la dictature du prolétariat. » Par contre Joseph Staline n'exprimera pas pareil enthousiasme. Son désaccord porte particulièrement sur Léon Trotski qui est magnifié comme un héros révolutionnaire, tandis que Staline lui-même est réduit à une silhouette secondaire et mentionné une seule fois dans une liste de noms. Inacceptable pour Staline : Le livre de Reed fut donc banni. Le livre de John Silas Reed est aujourd'hui un grand classique des événements survenus lors des premiers temps de la révolution russe de 1917.

Biographie de l’auteur ;

John Reed (1887-1920) américain, aventurier, reporter, observateur et ardent révolutionnaire communiste, a fourni un témoignage, documentaire et reportage sur la Révolution russe de 1917 qui confine au roman historique tant sa prose est prenante de vie et d'humanité.

 

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Arnold J. MAYER

Les furies : 1789 – 1917 Violence Vengeance Terreur

Paris, Fayard, 2002

650 pages

 

 

 

Présentation de l’éditeur

S'interroger sur la nécessaire violence d'une révolution n'est pas une réflexion neuve mais les réponses sont ici originales. Longtemps le modèle des révolutions fut français, puis vint la russe qui relégua la révolution française au rang de péripétie. Pourtant leurs points communs sont plus nombreux qu'on ne pourrait le croire et leur comparaison se révèle d'une grande richesse réflexive. Appuyée sur une documentation impressionnante, cette étude révèle à nouveau l'importance de la violence dans l'Histoire.

Biographie de l’auteur

Professeur à l'université de Princeton, Arno Mayer a publié plusieurs ouvrages de réflexion historique (« Persistance de l'Ancien Régime »; « La solution finale dans l'histoire »).

 

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100 ans avant la révolution Vélib, Lénine circulait à bicyclette à Paris…

Herboris – 6 novembre 2017

 

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Devant les trois appartements qu'il a occupés dans le 14ème arrondissement (c'est toujours émouvant pour des croyants comme nous d'y faire un pèlerinage, même une fois par an), on pouvait, il y a plus de 100 ans, voir Lénine entretenir ou réparer sa bicyclette sur le trottoir.

La préparation était nécessaire avant de se rendre ici ou là dans la capitale ou en banlieue pour étudier l'histoire de la révolution française à la bibliothèque, améliorer son français avec une amie, ou discuter dans les cafés du quartier dans lequel se tapissaient aussi des espions du Tsar…  

Voilà donc, non pas un médecin maoïste aux pieds nus, mais, un des rares philosophes au monde qui osait mettre ses mains dans le cambouis…  

Lénine ne se déplaçait qu'à bicyclette, parfois très loin dans l'Essonne où il a également vécu et travaillé (école des futurs cadres du Parti). Quand nous sommes allés faire un petit pèlerinage à Longjumeau, nous avons retrouvé sous son appartement un restaurant turc… aux employés duquel nous fîmes l'honneur de partager le pain quotidien. Très peu francophones, ils ne comprirent pas bien nos questions et remarques sur l'appartement :

-"Il y a un vieux monsieur là haut", nous dirent-ils

-"Pouvons-nous monter le visiter ?"

-"Non, non, ce n'est pas possible…"

Alors un client bien francophone s'immisça dans notre discussion et nous demanda de la manière la plus stupide au monde:

-"Vous cherchez un hôtel ?"

Alors, ayant soudain la question kurde à l'esprit, sans savoir très bien pourquoi, nous répondîmes:

-"Non, Monsieur. Nous disions simplement que dans l'appartement du dessus, avait vécu un grand révolutionnaire"….

ET comment ne l'aurait-il pas été. Il y a quand même une plaque commémorative sur le mur extérieur qui dit: "Ici a vécu et travaillé en 1911 V. Lénine, théoricien et guide du mouvement communiste universel, fondateur de l'Union Soviétique""

IMAGE (d'un film soviétique des années 80 sur son séjour à Paris): En revenant de Juvisy, et peut-être à Longjumeau (à vérifier), Lénine descendait à toute vitesse la rue de droite quand arriva une voiture en bas à gauche, au pied de l'établissement nommé "Le Singe Violet". Elle le heurta et cassa sa bicyclette. On peut le voir tenant la roue arrière à la main et maudissant le propriétaire; en fait un vicomte: "Que le diable l'emporte", écrivit-il par la suie à sa sœur à qui il a raconta cet accident historique. Il aurait même porté plainte avec un avocat. Il serait intéressant, en cette veille ô c combien sacrée d'anniversaire de la Grande Révolution d'Octobre, si Lénine obtint effectivement des réparations de la justice bourgeoise de l'époque ou ce que cette affaire est devenue…

 

 

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Mis en ligne le 8 novembre 2017

 

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22:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

UN DRONE LARGUE LES AMARRES

 

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Un Drone largue les amarres

L’ANTIPRESSE, que nos lecteurs connaissent bien, s’adjoint, début janvier, une version papier à laquelle il vous est loisible de vous abonner. Pour savoir de quoi il retourne et comment faire, c’est ici :

http://www.antipresse.net/

Cliquer sur « Le Drone ? ».

En guise d’avant-première, voici l’essentiel du n° 101 de l’ANTIPRESSE, qui est aussi le n° 0 du DRONE

 

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NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

 

POURQUOI IL NE SE PASSE RIEN

 

Nous nous sentons dépossédés comme citoyens, trompés comme électeurs, exploités comme consommateurs, empoisonnés comme patients. Notre environnement est tissé de faux-semblants. Malgré les catastrophes qui menacent et les révélations fracassantes sur la corruption du système, rien ne change, personne ne bouge. Pourquoi ? Sommes-nous tous paranos, ou notre monde se serait-il mis à marcher selon d’autres règles?

Voici un an déjà, un film documentaire essayait de donner un sens à cette suspicion que chacun rumine sans oser l’exprimer ouvertement. Hypernormalisation d’Adam Curtis est produit par la BBC et cela constitue un utile sauf-conduit. S’il provenait d’une petite production «alternative», il eût vraisemblablement fini au purgatoire du conspirationnisme.

Curtis est un reporter audiovisuel original, connu et primé. Souvent taxé de gauchisme, lui-même se reconnaît plutôt des penchants conservateurs-libertariens. Son dernier opus témoigne d’une ambition vertigineuse de compréhension du monde actuel, tant par sa thèse que par sa longueur (2h45). Il dépeint une «grande rupture» qui serait survenue, selon lui, à l’orée des années 1970, lorsque la société industrielle est devenue trop complexe et menaçait d’échapper à tout contrôle.

Le film s’ouvre sur une tempête d’images incohérentes. Entre absurde et horreur, le narrateur pose la question unique qui sera le fil rouge de son itinéraire à travers la postmodernité. Pourquoi ne se passe-t-il rien? Comment se fait-il que nous n’ayons plus aucune vision d’un avenir différent ou meilleur? Il livre d’emblée sa thèse, qu’il illustrera au cours de neuf chapitres en apparence éclatés:

« Politiques, financiers et utopistes technologiques, plutôt que de faire face aux complexités du monde, ont battu en retraite. Au lieu d’affronter la réalité, ils ont construit une version plus simple du monde. »

Pour les élites, c’était une manière de préserver et de conforter leur pouvoir. Pour les gens ordinaires, un oreiller de paresse:

« Nous les avons tous suivis, parce que la simplicité était rassurante. »

L’idée générale qui a germé dans les têtes de la technocratie anglosaxonne et de ses ramifications globales était qu’« on pouvait gérer le monde comme un système stable ».

Cette stabilisation impliquait la mise au rebut de la politique, trop aléatoire. Les structures de gouvernement devaient s’effacer devant les structures de gestion. Celles-ci consistaient, dans le monde occidental, en une alliance entre la haute finance et la révolution informatique, offrant d’emblée des moyens de surveillance et de contrôle inouïs à des conglomérats de puissance totalement opaques. Les ex-hippies régnant dans la Silicon Valley ont habillé cette main de fer d’un psychédélique gant de velours.

Résultat observable par tous: le remplacement global des produits universellement accessibles et organiques par des produits d’ingéniérie calibrés, brevetés et élevés hors-sol, qu’il s’agisse de tomates ou de gouvernants de synthèse du modèle Macron®. (1)

 

La réalité ? On n’en a plus besoin

La neutralisation des pouvoirs publics par les structures invisibles supposait donc la construction d’un univers de façade où les rites et les valeurs de la société «ancienne» apparaîtraient préservés, mais seraient désactivés comme des armes d’exposition. La gestion de la perception allait devenir une discipline ayant pignon sur rue, hautement lucrative pour les entreprises de relations publiques. La frontière entre finance et politique, politique et médias, science et fiction, manipulation et recherche, allait peu à peu s’estomper. Bref, au mensonge de circonstance allait succéder un mensonge structurel. Et, par-delà l’appareil de cerveaulavage médiatique, l’ensemble des élites allait y contribuer.

« Les militants, les artistes, les musiciens et toute notre contreculture devinrent parties intégrantes de la manipulation, parce qu’eux aussi s’étaient retirés dans un monde de faux-semblants. C’est pourquoi cette opposition n’avait aucun effet et n’induisait aucun changement. Mais ce repli dans le rêve allait permettre à des forces obscures et destructives de croître et de prospérer dans le monde extérieur. »

Comme dans l’URSS en phase terminale, la plupart des Occidentaux avisés savaient ou sentaient que le système courait à sa perte, mais se pliaient faute d’alternative à une version virtuelle et lénifiante de leur propre modèle. En Union soviétique, cette fiction gestionnaire (jusqu’à l’effondrement final) fut appelée, justement, l’hypernormalisation.

« Vous étiez tellement un rouage du système qu’il était impossible de voir au-delà. »

Lorsque les représentations médiatiques (au sens large, comprenant la formation, la recherche et les faiseurs d’opinion) sont calquées sur la réalité objective, elles sont variées et conflictuelles. Lorsqu’elles visent à entretenir un simulacre sur lequel tout le monde s’entend tacitement, elles vont nécessairement toutes dans le même sens.

D’où le remplacement du discours réaliste par un discours politiquement correct. D’où l’appauvrissement et l’abêtissement spectaculaires des programmes culturels, médiatiques et scolaires. Un effondrement qui se chiffre aujourd’hui en pertes sèches de quotient intellectuel dans les populations occidentales. La mutilation délibérée des capacités de mémoire et de discernement est compensée et masquée par une hypermoralisation générale et la multiplication de tabous de pensée et de langage. En quelques années, nous avons annihilé le travail de plusieurs siècles d’éducation à la raison.

Curtis illustre de manière saisissante l’emprise des fictions moralisantes sur la conscience commune. Il narre entre autres la montée en épingle d’un «méchant à notre goût» qu’on aimait à détester: Mouammar el-Kadhafi — bad boy narcissique et donc consentant à son rôle —, puis sa «rédemption» opportune au profit de l’Occident à la veille de l’invasion de l’Irak. Pour être subitement reconnu comme chef d’Etat honorable, et même comme philosophe, il lui avait suffi de revendiquer à la face du monde l’attentat de Lockerbie, dont tout le monde, à commencer par lui-même, savait qu’il n’était sans doute pas coupable !

On comprend pourquoi un « ennemi utile » aussi encombrant devait absolument être éliminé. Ce fut la mission, en l’occurrence, des services français, sous le couvert de lynchage par les milices locales. De même que — ceci n’est pas dans le film —, l’asset de la CIA Oussama Ben Laden devait disparaître sans laisser ni témoignage ni trace. Du coup, le seul «document» attestant de sa traque et de sa mort demeure le film de Kathryn Bigelow, Zero Dark Thirty. Un bon film… de fiction.

Dans le sillage de ces jeux d’ombres, l’actualité internationale ressemble de plus en plus à des numéros de prestidigitateurs ou de marionnettes, où d’épouvantables méchants occupent toute la scène avant d’être remplacés par d’autres une fois leur partition accomplie… et de disparaître (pour de bon) dans le néant. Ceausescu fusillé, Saddam pendu, Kadhafi empalé, Milošević sans doute empoisonné, Ben Laden jeté dans l’océan… pour que son Al Qaïda puisse redevenir un allié officiel de l’Occident!

A suivre au prochain numéro: *Une expérience personnelle: Guerre de Bosnie, 1992.

NOTE

  1. Savourer à ce propos la dernière bouffonnade «hors sol» du Conseil fédéral sur l’«ouverture» ultralibérale du marché agricole suisse.

 

HYPERNORMALISATION

Alan Curtis


 

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ANGLE MORT par Fernand Le Pic

 

LES ANTIFAS SANS CAGOULE

 

Ils frappent partout, mais semblent venir de nulle part. Ils dénoncent un «fascisme» omniprésent et fantasmé. Ils n’ont aucune existence juridique mais bénéficient d’incroyables indulgences judiciaires. Qui sont-ils ?

 

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Les Antifas se plaisent à revêtir le noir, toujours encapuchonnés et masqués comme les Black Blocks, dont ils sont l’avatar. Comme on le sait, la dénomination Schwarzer Block fut imaginée dans les années 1980 par la police de Berlin-Ouest pour désigner les Autonomes de Kreuzberg. Ce quartier jouxtant le «Mur» faisait encore partie du secteur d’occupation US jusqu’en 1990. Autrement dit, les Black Blocks sont nés dans un territoire sous contrôle militaire américain.

C’est important, car au même moment apparaissait aux États-Unis, plus exactement à Minneapolis (Minnesota) l’Anti-Racist Action Network (ARA). Ce groupe recrutait dans les mêmes éprouvettes punk et squat qu’au sein du laboratoire de Berlin Ouest. Entre scientifiques de l’agitprop, on collabore. Dissous en 2013 pour ressusciter sous le nom de Torch Antifa Network, le but de ce mouvement était, dès l’origine, de combattre le sexisme, l'homophobie, les idées anti-immigrationnistes, le nativisme, l'antisémitisme ou encore l'anti-avortement. Bref, quelques-uns des leviers de démantèlement d’une société traditionnelle bordée d’ignobles frontières, que l’on retrouve aussi bien dans les programmes officiels de la Commission de Bruxelles et de ses ONG-écrans que dans les feuilles de route de la galaxie Soros.

 

Les étranges filières de l’argent « humanitaire »

Mais on a beau se faire appeler du doux nom d’Anti-Racist Action Network, cela ne suffit pas : il faut des sous. En cherchant un peu, on les trouve en Alabama, du côté du SPLC (Southern Poverty Law Center), une ONG qui se targue, sur son propre site web, d’être la matrice de l’ARA. Autrement dit, la genèse des Antifas américains n’a évidemment rien de spontané. C’est à ce richissime SPLC qu’a incombé la tâche de créer cet ARA de laboratoire. Il est vrai qu’avec une dotation de financement de plus de 300 millions de dollars, le SPLC a de quoi voir venir, même si on retranche le salaire net de son président, qui émarge à plus de 300'000 dollars par an. C’est beau le « non-profit » politique au pays de l’oncle Sam !

Mais si ces gens-là ont les moyens, ils ne jouent pas pour autant la transparence sur l’origine des fonds. Il est vrai qu’on n’aime jamais trop raconter pourquoi ces fonds devraient transiter par les Iles Caïmans ni comment ils ont connu la tirelire d’un certain Bernard Madoff.

Mais pourquoi le SPLC? Très simple, en dehors de la défense de ses minorités préférées, la spécialité du SPLC est de ficher ses adversaires politiques, systématiquement qualifiés de « fascistes », qu’ils le soient ou non, puis de publier ses listes noires très élaborées et constamment mises à jour. Un travail de pro qui est devenu une référence du genre.

 

Et les barbouzes qui s’en mêlent

Ce modèle d’activisme et de fichage très professionnel ne vient évidemment pas de nulle part. Il est notamment issu du modèle imaginé par le mouvement Friends of Democracy qui était en réalité une antenne américaine des services secrets britanniques durant la Seconde Guerre mondiale. Son but officiel était de pousser les Américains à entrer en guerre, tout en fichant les récalcitrants, ce qu’il a continué à faire jusqu’à la fin du conflit.

Son organe de communication avait pour titre Propaganda Battlefront dont on peut encore trouver des copies en ligne.

 

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Georges Soros – Jared Kushner

 

On notera, juste en passant, que ce nom a été ranimé en 2012 par Jonathan Soros, fils de George Soros. Ce choix n’est évidemment pas un hasard.

Pour revenir à nos Britanniques, ces derniers furent également très actifs à domicile, puisque, toujours dans les années 1980, ils fondaient à Londres L'Anti-Fascist Action (AFA), recrutant là encore dans les mêmes milieux punk et squat. Le label «action antifasciste» avait quant à lui été inventé par les communistes européens des années trente. Une contrefaçon de marque politique non déposée qui présentait l’avantage de donner l’illusion d’une filiation légitime. (Il paraît que question détournement d’image, on sait très bien faire dans les services.)

A la veille de la chute du Mur, on voit donc bourgeonner aux États-Unis et partout en Europe les mêmes affiliations à un antifascisme « Canada Dry », qui a le goût et l’odeur de l’antifascisme communiste historique, mais pas une goutte de communisme dans sa composition chimique. Une façon de monopoliser l’usage de l’infamante étiquette « fasciste » contre tout adversaire d’un postcommunisme 100 % américanisé, tel qu’il apparaîtra dès 1989, avec la chute du Mur.

 

Une galaxie hors la loi

Il existe donc une raison objective à la simultanéité de l’apparition des Antifas ces années-là. Mais comme c’est encore le cas aujourd’hui, on se garda bien de créer la moindre structure juridique qui permettrait de remonter jusqu’aux organisateurs et financeurs avérés. Il vaut toujours mieux, surtout lorsqu’on travaille avec le grand banditisme. Un nom fut en effet exposé au grand jour pour ses liens avec la mafia de Manchester. Il s’agissait de Desmond « Dessie » Noonan, grand Antifa devant l’éternel mais surtout braqueur professionnel et chef de gang, soupçonné d’une centaine de meurtres (1). Outre ses responsabilités directes dans l’AFA, il fut également l’un des exécuteurs attitrés des basses œuvres de l’IRA. Il mourut finalement poignardé devant chez lui à Chorlton (sud de Manchester), en 2005.

Son frère Dominic Noonan prit le relais. Outre ses activités mafieuses, on le filma en train de diriger les graves émeutes de Manchester de 2011, dont le déclencheur fut la mort de son neveu, Mark Duggan. Ce dernier, soupçonné d’être impliqué dans un trafic de cocaïne, s’était fait abattre par la police le 4 août 2011, ayant résisté à son arrestation dans le quartier de Tottenham. Il s’ensuivit une semaine d’insurrection qui s’étendit jusqu’à Liverpool, Birmingham, Leicester ou encore le Grand Londres, faisant 5 morts et près de 200 blessés parmi les seuls policiers.

La porosité des services de renseignement, de la mafia et des activistes d’extrême gauche n’est pas sans nous rappeler le rôle des Brigades rouges dans le réseau Gladio, piloté par l’OTAN. Il se trouve que justement les Autonomes Ouest-berlinois de la guerre froide finissante étaient eux-mêmes affiliés au mouvement italien Autonomia Operaia (« Autonomie ouvrière »), très proche des Brigades rouges. Le monde est si petit !

 

Tout ce que la police n’ose pas faire

Mais le point commun le plus spécifique à tous ces Antifas du monde demeure le fichage. Derrière leurs épais écrans de fumée lacrymogène, leurs capuches noires et leurs casses de vitrines qui font toujours les gros titres, il leur incombe essentiellement de ficher en masse leurs adversaires politiques et d’en exposer publiquement les identités et les occupations, exclusivement sur la base de leurs opinions politiques ou religieuses. Une tâche qui est précisément interdite aux autorités, en démocratie.

Ces mouvements sont donc objectivement, à cet égard, des supplétifs des services de police et de renseignement. Ce qui explique notamment leur proximité, voire la facilité de leur noyautage, leur impunité ou encore l’extrême difficulté qu’on peut avoir à les identifier.

 

Le cas Joachim Landwehr

C’est par exemple le cas de Joachim Landwehr (28 ans), citoyen helvétique, condamné à 7 ans de prison le 11 octobre dernier par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir, le 18 mai 2016, bouté le feu à l’habitacle d’une voiture de police grâce à un engin pyrotechnique, avec ses deux occupants encore coincés à bord. Une peine plutôt légère pour une atteinte à la vie de policiers.

On sait que Landwehr est lié au groupe suisse « Action Autonome », dont les mots d’ordre passent notamment par le site <rage.noblogs.org/>, dont 90 % du contenu relève du fichage, avec un degré de précision qui dépasse très largement les capacités d’une équipe d’amateurs, même à temps plein. On se demande d’ailleurs ce qu’attend le Préposé cantonal à la protection de données pour se saisir du dossier.

On sait également qu’il était présent lors de la manif antifa de Lausanne de mai 2011, et que c’est sans doute lui aussi qui a mis en ligne une petite vidéo de propagande à la gloire de sa promenade.

On sait enfin qu’il fut acquitté en août 2017 par le tribunal de police de Genève, alors qu’il y avait participé à une manifestation interdite.

 

Des agitateurs venus de la « haute »

En revanche, on connaît mieux les profils de ces complices parisiens. Par exemple, Antonin Bernanos, condamné à 5 ans de prison dont 2 avec sursis, est l’arrière petit-fils du grand écrivain Georges Bernanos. On reste issu d’un milieu plutôt cultivé et protégé chez les Antifas. On imagine que l’œuvre de l’illustre aïeul avait encore sa place dans les discussions familiales. Yves, le père du délinquant et réalisateur sans succès de courts-métrages, le confirmait lors d’une interview pour KTO, l’organe cathodique de l’archevêché de Paris, lequel diffusa d’ailleurs l’un de ces courts-métrages, par charité chrétienne sans doute. Mais on n’a pas trop de mal à comprendre que c’est sa femme, Geneviève, qui fait bouillir la marmite. Elle a la sécurité de l’emploi comme fonctionnaire. Elle est en effet directrice de l’aménagement et du développement à la mairie de Nanterre. Côté convictions, elle est fière de n’avoir pas raté une seule fête de l’Huma depuis ses 15 ans.

Dès l’arrestation de leurs deux fils (Angel, le plus jeune, sera mis hors de cause), Monsieur et Madame Bernanos ont arpenté les radios, les salles de rédaction, les collectifs et manifs en tous genres, pour dénoncer l’ignominie policière montée de toutes pièces par l’État fasciste contre leur digne rejeton. Ils ont reçu le meilleur accueil, notamment chez Médiapart. Ils ont même réussi à enrôler le vieux Me Henri Leclerc, qui osa comparer l’arrestation du jeune Bernanos aux fameux morts du métro Charonne, durant la guerre d’Algérie. Il arrive que les fins de carrières soient pathétiques…

Ce qui frappe, c’est la facilité avec laquelle les relais d’opinions se sont mobilisés en faveur d’un délinquant, dont on omet par ailleurs complètement de dénoncer le racisme, sachant que l’un des policiers qu’il attaqua était noir. Dans les réseaux deep-state, on assure donc autant le service après-vente que l’anesthésie morale.

Même milieu BCBG pour Ari Runtenholz, condamné aussi à 5 ans de prison assorti de sursis, pour avoir défoncé l’arrière de la voiture de police à l’aide d’un plot métallique. Lui, on le trouve classé 34ème de l’épreuve d’épée aux championnats de la fédération française d’escrime de 2013. Il pratique aussi la voile à Granville (Normandie) et participe à des régates officielles. Sports très popu, comme chacun sait.

Nicolas Fensch, informaticien sans emploi, détonne quant à lui par son âge (40 ans). Il prétend être arrivé là par hasard, alors que les vidéos le montrent s’acharnant à frapper le policier noir avec une tige, très semblable à un nerf de bœuf. La parfaite maîtrise du geste trahit néanmoins un entraînement certain. Qui est-il vraiment? Les policiers qui ont gaffé à l’audience sur le noyautage de la bande n’en diront pas plus. Il écopera aussi de 5 ans dont 2 avec sursis.

Il y a enfin le LGBT de service: David Brault, 28 ans, devenu mademoiselle Kara, sans adresse en France. Ce(tte) citoyen(ne) américain(e) a traversé tout spécialement l’Atlantique pour la petite fête improvisée. On se demande tout de même si ce n’est pas le SLPC qui lui aurait payé son billet et ses faux frais? Verdict : 4 ans de prison dont 2 avec sursis pour avoir lancé un plot métallique à travers le pare-brise dans le but d’atteindre les passagers. Pas très doux, le trans. Pendant les audiences, à l’extérieur du Palais de justice, plusieurs centaines d’Antifas viendront, comme il se doit, provoquer violemment la police, en soutien à leurs camarades de promotion. Il faut savoir garder la forme et les écrans de fumée.

 

Les confluences profondes

Mais casser de la vitrine ou du flic n’est pas tout. L’idéologie est là. A y regarder de près, elle n’a certes pas grand-chose à voir avec le marxisme, le trotskysme ou l’anarchisme, ni même avec les Gardes rouges de Mao.

Elle égrène en revanche tous les mots d’ordre qu’on lit ouvertement sur tous les sites des ONG-Ecrans du deep-state euro-atlantique et sorosien : défense des LGBT, de la théorie du genre, des migrants, du multiculturalisme, de l’ineptie des frontières, du voile islamique, et même du Kurdistan libre. Et l’inévitable complément : attaques contre Trump, Vladimir Poutine, le « régime » syrien alaouite, etc.

Dans les quincailleries en ligne des antifas, on trouve évidemment toute la panoplie du parfait émeutier connecté et tous les conseils pratiques qui vont avec. Un mode de propagation qui a très largement fait ses preuves depuis les révolutions de couleur. Une routine du « sans limite », car il faut quand même bien les motiver ces jeunes !

Et justement, c’est l’abolition des limites qui est la première condition à la jouissance de la grande casserie. Mais là n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est que, sous couvert de combattre un fascisme fantasmé pour les besoins de la cause, on fiche à tour de bras et on rend tout cela public. Et cela ne scandalise évidemment personne. L’agit-prop manipulée et noyautée par les «services» est donc un leurre. Pendant qu’on s’interroge sur les excuses sociales de leur violence urbaine, ou la qualification juridique de leurs crimes téléguidés, les soutiers de l’antifascisme constituent, là, sous nos yeux, une branche administrative de la police politique du deep-state, qui n’a rien à envier aux recrues de la Stasi.

 

NOTES

  • Sean Birchall, Beating The Fascists, Freedom Press, Londres, 2010.

 

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CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

 

TOTALITARISME ET DIVERTISSEMENT

 

Le roman policier allemand – ou Krimi – fut prolifique sous le Troisième Reich. Participant à la politique de « divertissement » voulue par le régime, il pouvait être outil de propagande ou refuge de la résistance au régime.

Contrairement à ce que l’on peut imaginer, les loisirs et le divertissement se sont multipliés sous le Troisième Reich. Considéré par le régime à la fois comme nécessaire pour divertir le peuple et comme potentiel outil de « propagande douce », le divertissement populaire échappa dans une certaine mesure à la censure. C’est particulièrement vrai d’un genre littéraire: le livre policier.

 

15. Platini Lire s'vader résister.jpgVincent Platini, spécialiste de littérature et du cinéma, est enseignant-chercheur à la Freie Universität de Berlin. Au printemps 2014, il a publié deux livres (1): Lire s’évader, résister. Essai sur la culture de masse sous le IIIe Reich (Éditions La Découverte), dans lequel il offre une lecture totalement inédite du régime nazi. Si la «haute culture» a bel et bien été mise au pas dès 1933 – le point culminant de cette mise au pas étant atteint dès le 10 mai 1933, avec l’autodafé organisé par des étudiants, enseignants et dignitaires du régime nazi de dizaines de milliers de livres –, le divertissement « populaire », considéré comme peu digne d’intérêt, a quant à lui joui d’une certaine liberté. Au grand dam des idéologues, la littérature populaire fut épargnée par les autodafés de 1933, qui visèrent principalement les opposants politiques, la littérature « dégénérée » ou « obscène » de Weimar.

16. KRIMI 1.jpgSecond livre: Krimi. Une anthologie du récit policier sous le Troisième Reich (Éditions Anacharsis). Accompagnée d’une longue introduction de Vincent Platini qui met parfaitement son sujet en perspective, cette anthologie propose des textes (extraits de romans ou nouvelles) inédits en français avec une présentation de chaque auteur et publiés dans l’ordre chronologique. L’ouvrage se termine par un « dossier critique » constitué de trois articles publiés entre 1937 et 1940 par des spécialistes du livre: deux bibliothécaires et un écrivain de roman policier.

Le profond mépris dans lequel les tenants de la culture institutionnelle, la « haute culture », tenaient le roman policier apparaît clairement dans le premier article du dossier critique, signé par le bibliothécaire Arnold Eichberg et consacré à la «psychologie du lecteur de roman policier». Il écrit en préambule qu’il ne s’agit pas là d’une véritable « lecture », mais d’une « occupation ». Déplorant que les lecteurs de roman policier se recrutent dans toutes les couches de la société, il considère que ce sont tous des « natures faibles et pessimistes », et que « […] tout homme doté d’un esprit vif et d’une profonde sensibilité repoussera ce remède bon marché, ou du moins il refusera d’en être un lecteur assidu […] ». S’il trouve encore quelques excuses aux lecteurs masculins de roman policier, il n’en va pas de même pour les femmes, sur lesquelles son jugement est sans appel : « […] nous pouvons affirmer que celle qui prend un "plaisir durable" à ces romans est une femme dégénérée. » Rien que ça !

Rien d’étonnant donc à ce que peu de traces subsistent des quelque 3'000 Krimis publiés entre 1933 et 1945, avec un pic en 1937-1938, avec respectivement 385 et 447 nouveaux romans mis sur le marché. Car après la Seconde Guerre mondiale, au mépris pour le genre lui-même s’ajouta, dans les quelques rares études qui lui furent consacrées, le soupçon – infondé – que les romans policiers publiés durant le nazisme étaient un outil de propagande et quoi qu’il en soit un produit culturel empreint de l’idéologie nazie, ayant par conséquent plus valeur de document que de littérature. D’ailleurs la seule bibliothèque publique spécialisée – la Kriminalbibliothek, fondée à Brême en 1999 – ne contient que des romans policiers publiés après 1965.

De plus, en Allemagne comme ailleurs, avant 1933 ce pan de la littérature était dominé par la production anglo-saxonne. Cette influence se poursuivra d’ailleurs durant la période 1933-1945: avec plus de 600 traductions publiées, le livre policier constitua ainsi le genre littéraire le plus traduit du Troisième Reich. C’est donc, pour beaucoup, un produit de l’étranger, avatar de la société bourgeoise et capitaliste et inconciliable avec le « véritable esprit allemand ». Entre 1933 et 1935, près de 60 % des Krimis publiés sont des traductions d’œuvres anglo-américaines (Agatha Christie et Arthur Conan Dyle, par exemple, sont plébiscités par les lecteurs). Pour limiter cette « entreprise étrangère », des mesures de censure et de restrictions sont prises. Dès 1938, la part des traductions s’amenuise d’année en année.

La littérature étant particulièrement surveillée par la censure, le roman policier (et le livre pour enfant) devient un refuge pour certains écrivains en délicatesse avec le régime, comme par exemple Erich Kästner (2).

Le livre le plus emblématique de cette résistance tapie dans le Krimi est sans doute Strogany und die Vermißten (3) d’Adam Kuckhoff (1887-1943) et Peter Tarin (pseudonyme d’Edwin Tietjens, 1894-1944), publié en 1941 par les éditions Universitas Verlag (Berlin). Tous deux membres du groupe de résistance allemand « L’Orchestre rouge », ces deux écrivains ont continué à publier jusqu’à ce que leur réseau clandestin soit démantelé par la Gestapo en 1942. Kuckhoff fut arrêté et exécuté par les nazis en août 1943. S’il en réchappa, Tietjens mourut peu après d’une crise cardiaque. Kuckhoff compte parmi les rares écrivains allemands à avoir opposé aux nazis une résistance politique et littéraire au sein même du Troisième Reich.

Le dernier texte de l’anthologie Krimi, coécrit par Adam Kuckhoff et John Sieg (4) (1903-1942), s’intitule Lettre ouverte au front de l’Est. Jamais éditée sous le Troisième Reich (5), cette lettre, probablement écrite vers le milieu de 1941, est la huitième d’une série de missives dactylographiées, imprimées en grand nombre et envoyées anonymement aux soldats sur le front de l’Est. On sort ici du genre «roman policier» au sens strict, avec un texte de combat, s’appuyant sur des faits historiques précis, mais au style littéraire très ciselé, qui en fait un objet à double tranchant, à la fois politique et poétique.

Krimi est un livre unique en son genre: il n’a pas d’équivalent, même en allemand. Et plus qu’une simple « curiosité », par un choix des textes basé sur des critères multiples offrant à l’arrivée une grande diversité, il fait émerger au fil des pages les divergences politiques exprimées de façon ambiguë, ce qui renforce encore l’intérêt du livre, le lecteur gardant sa liberté d’interprétation.

 NOTES

  • 17. L'EXTASE TOTALE.jpg

    Plus récemment, il fut le traducteur du passionnant livre de Norman Ohler L’extase totale. Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue (Éditions La Découverte, 2016), préfacé par l’historien allemand Hans Mommsen.
  • Dont le roman Vers l’abîme, publié en 1932, fut brûlé en 1933, faisant passer l’auteur du célébrissime Émile et le détective (1929) du statut d’auteur adulé à celui d’écrivain honni. Resté longtemps inédit en français, nous avions salué la parution en français en 2016 de Vers l’abîme (Éditions Anne Carrière) dans le numéro 40 d’Antipresse (4 septembre 2016). Il est sorti depuis en poche (coll. « 10/18 »).
  • Les disparus de Strogany, jamais traduit en français, pour lequel Vincent Platini cherche un éditeur qui pourrait en financer la traduction et en assurer la publication… À bon entendeur…

Également arrêté par la Gestapo peu après Kuckhoff, John Sieg se pend le 13 octobre 1942 dans sa cellule de la Prinz-Albert-Straße à Berlin pour échapper aux interrogatoires de la Gestap

 

Elle fut publiée en 1963 dans un ouvrage d’études sur l’histoire et les effets des guerres de libération (Straube, Fritz [dir.], Das Jahr 1813, Studien zur Geschichte une Wirkung der Befreienkriege, Berlin, Akademie-Verlag).

 

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Le désinvité de la semaine

 

WALTER HABICHT : CONVOQUER LE MÉDECIN INTÉRIEUR

 

Le Dr Walter Habicht est un interlocuteur hors du commun. Ce médecin atypique ne nous préconise pas de «vivre avec la maladie», mais de retrouver les conditions de la santé.

Psychiatre, érudit, polyglotte, il a eu une destinée atypique qui l’a conduit à remettre en question nombre de dogmes de la médecine moderne. C’est grâce à lui et à ses contacts que j’ai pu réaliser mon mois de jeûne sur les rives du lac Baïkal, en mars-avril derniers.

Cet entretien passionnant fut réalisé dans son chalet d’Arolla, au fin fond des Alpes valaisannes, où il organise régulièrement des semaines de jeûne. Il y revient sur ses expériences de médecin de la Croix-Rouge en ex-URSS, les limites de la médecine traditionnelle face aux «maladies de civilisation», l’agressivité du système face à la pratique du jeûne, les ravages de la chimie...

Mais il nous rappelle surtout les vertus oubliées du «médecin intérieur» d’Hippocrate que nous portons tous en nous, que la médecine commerciale s’efforce d’étouffer — mais que le jeûne réactive.

Entretien audio réalisé par Slobodan Despot. A écouter sur Soundcloud.

 

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LA POIRE D’ANGOISSE par Slobodan Despot

 

ENTRE DIFFÉRENCE SEXUELLE ET ISLAM, LA FACULTÉ A TRANCHÉ

 

Ne dites plus que certains États musulmans punissent de mort la déviance sexuelle : vous risqueriez d’avoir affaire à l’Équipe d’intervention comportementale !

Le jeune Alfred MacDonald est de toute évidence un sujet turbulent. A l’université du Texas à San Antonio, on ne compte plus ses absences de classe. Et il semble aussi avoir la langue bien pendue. Face à une collègue étudiante qui lui annonçait ses fiançailles avec un musulman, il n’a pas trouvé d’autre mot de félicitation que de lui exprimer de vives réserves sur l’islam. Au motif somme toute futile et narcissique que dans dix pays musulmans, les bisexuels comme lui sont condamnés à mort et exécutés.

La discussion est arrivée aux oreilles du chef (pardon : de la cheffe) du département de philosophie, Eve Browning, qui l’a convoqué illico pour lui remonter les bretelles à cause de cette « offense », l’avertissant que son mauvais penchant à raconter tout ce qu’il pense pourrait « faire crouler tout le programme ». Enfin, elle a menacé de le faire traiter par l’Équipe d’intervention comportementale (sic) de l’université. On se croirait dans un cauchemar à l’héroïne de Philip K. Dick ! Mais il y a mieux.

Car le sournois MacDonald a enregistré en douce la conversation. La transcription est parue dans Gay Star News, et elle est fascinante. On la croirait tout droit sortie d’une antiutopie d’Orwell ou de Zamiatine. L’intimidation s’y allie à l’attaque ad personam et à l’argument d’autorité sans qu’un seul instant la « philosophe » ne concède le droit à son étudiant en philosophie, de critiquer l’obscurantisme islamique.

BROWNING : Ce sont des choses qui vous feraient renvoyer si vous travailliez dans mon bureau. Le commentaire sur l’islam vous ferait virer.

MACDONALD : … Serais-je vraiment renvoyé pour avoir dit qu’on pourrait me tuer quelque part ?

BROWNING : Dans cette situation telle que vous l’avez décrite, absolument oui.

MACDONALD : Comment ?

BROWNING : Ne posez même pas la question (…)

Ainsi donc, il est de plus en plus difficile — pour reprendre l’expression du professeur Steven Pinker —, de voir la différence entre une université et une madrassa. L’étudiant a eu le malheur de persévérer et a fini par quitter l’université du Texas (cet État progressiste où règnent par ailleurs les red necks et le Ku Klux Klan).

Nous sommes donc avertis désormais: si la cause LGBT est une vache sacrée dans le milieu académique, il en est une plus sacrée encore.

 

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SUISSE | Le ministre était un comique déguisé

 

Le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann est (bien involontairement) le plus célèbre des sinistres — pardon : ministres — suisses à l’étranger depuis que son allocution sur les vertus du rire est devenue virale... par le sérieux morbide avec laquelle elle fut prononcée.

Le Droopy national s’illustre encore une fois dans l’humour à rebrousse-poil en prônant la libéralisation du secteur agricole, en particulier par l’abaissement des barrières douanières.

C’est qu’il a sans doute omis de regarder par la fenêtre de son bureau. Le monde entier, à commencer par l’ONU, comptabilise désormais les ravages de l’agriculture industrielle globalisée. Les pays qui le peuvent renforcent les mesures protectionnistes. Sans compter un tout petit détail : le fait que ses compatriotes eux-mêmes viennent de voter en septembre dernier à près de 80% pour la sécurité (et donc l’autonomie) alimentaire !

Ach, petit oubli ! Cette démocratie directe, quelle poisse! Le geek Schneider-Ammann avait pourtant une panacée idéale à la concurrence débridée des géants agro-industriels qu’il s’apprête à relancer : la révolution numérique !

Paysans suisses, qui arrachez encore un peu de terre arable aux terrains à bâtir les plus chers du monde, numérisez-vous !

Encore une fois, il l’a énoncé sans le moindre clin d’œil, le plus infime sourire !

Avec ses faux airs de croque-mort recueilli, M. Schneider-Ammann incarne en réalité le bouffon idéal pour les puissances qui gouvernent le monde sans rendre compte à personne. Il ne nous écoute pas, mais au moins il nous amuse.

 

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Mis en ligne le 8 novembre 2017

 

 

 

 

 

22:49 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/11/2017

EN PAUSE

0. PAUSE 1.jpg

                                 Forcée

 

 

À bientôt !

 

 

 

21:11 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/10/2017

LA PARTIE D'ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS -

1. croiseur_aurore.jpg

 

« LA PARTIE D’ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS »

 

(1)

 

Théroigne – L.G.O. 25 octobre 2017

 

Dans leur dernier chef d’œuvre en date, consacré à l’écrivain italien Curzio Malaparte (Morte come me, on vous en parle en fin de post), Rita Monaldi et Francesco Sorti évoquent la partie d’échecs qui a opposé pendant plusieurs jours de 1908, dans l’île de Capri, Vladimir Ilitch Lénine et Aleksandr Aleksandrovitch Bogdanov, sous l’œil attentif de Maxime Gorki.

Il nous a semblé que vous offrir cette page était une façon comme une autre de célébrer, avec nos très modestes moyens, ce que Malaparte – précisément – a qualifié de « fait de nature », semblable à l’« éruption d’un volcan ».

Dans ce livre du célèbre duo, une jeune poétesse anglaise a été trouvée morte au pied d’une falaise, après une brève rencontre avec Malaparte et un duel qui a opposé l’écrivain au Sturmbannführer SS Helmut Aichinger à propos de la jeune femme. Meurtre ? Suicide ? Accident ? On ne le sait toujours pas aujourd’hui. C’était en 1935. En 1939, certains ont accusé Malaparte de l’avoir tuée. La trame anecdotique de ce roman extraordinaire, fondé sur des événements historiques réels, raconte les efforts du « suspect », poursuivi par l’OVRA (police secrète de Mussolini) qui veut l’embastiller discrètement, dans le but de découvrir la vérité et se sauver ainsi d’une arrestation qu’il redoute définitive. Dans le chapitre ci-dessous, il va interroger Axel Munthe, médecin et romancier suédois, qui vit en solitaire à Capri, réputé aveugle, mais Malaparte sait que, derrière ses lunettes noires, le vieil homme y voit très bien. Malaparte a trouvé, dan sa « Maison comme moi » en construction - celle-là même où Jean-Luc Godard a tourné Le Mépris – un mystérieux échiquier sur lequel sont gravés les mots « Qui est comme Dieu » et « PAM ». Le Febo (Phoebus en français), dont il est ici question, est le célèbre chien de l’écrivain toscan.]


9. CASA COME ME - PUNTA MASSULLO.jpg

« Casa come me » - Cap Massullo, Capri,

léguée à la République Populaire de Chine mais captée par les héritiers de l’écrivain, à la suite d’un procès qui ne grandit ni la famille Suckert-Perelli ni les tribunaux italiens.

 

[…]

10. Axel Munthe.jpgMais, dites-moi, Malaparte, que puis-je faire pour vous ?

– Il y a quelques années, ici, à Anacapri, est morte une jeune fille anglaise, Pam Reynolds. Il semble qu’elle se soit suicidée en se jetant dans un précipice.

– Je m’en souviens. Ce fut une bien triste chose. On dit qu’elle s’est jetée de la falaise d’Orrico.

– Je voudrais vous confier quelque chose de très délicat, docteur Munthe. Mais j’aimerais avoir votre parole que vous n’en soufflerez mot à personne.

– Vous avez ma parole, Malaparte. N’oubliez pas que je suis un médecin. J’ai l’habitude du secret.

– Eh bien, quelqu’un essaie de monter un coup contre moi. On dit que j’ai quelque chose à voir dans la mort de Pam. Que peut-être même c’est moi qui l’ai tuée.

– Vous n’êtes pas sérieux ? Mais c’est horrible ! Comment puis-je vous aider ?

Je pris, sur une petite table octogonale, un des livres poussiéreux qui s’y trouvaient. C’était la traduction anglaise des mémoires de Munthe, intitulé Le livre de San Michele, parce qu’elles racontaient l’histoire de la construction de la villa San Michele.

– La villa San Michele… Que voulez-vous savoir ? C’est un morceau de ma vie. Je l’ai construite de mes propres mains, mais je n’y habite plus. Même les domestiques, maintenant, je les fais dormir ici. J’y vais de temps en temps.

Je lui montrai l’échiquier avec ses graffiti, que, jusqu’à présent, j’avais laissé emballé dans du papier. Je lui expliquai l’équivalence « Qui est comme Dieu = saint Michel ».

– Je ne comprends pas qui a voulu m’envoyer cet étrange message, dis-je pour conclure. Vous, qu’est-ce que vous en dites ? Peut-être la mort de Pam Reynolds a-t-elle quelque chose à voir avec la villa San Michele ?

Munthe se tut quelques instants. Je l’entendis frémir un peu, comme pour réprimer un éternuement. Puis, je me rendis compte qu’il riait. Nous étions tous les deux assis dans l’obscurité en train de parler d’un homicide dont j’étais accusé, et Munthe riait poliment, gentiment, comme seul peut le faire un cher, vieux médecin suédois.

– Mon pauvre Malaparte, mais vous ne comprenez pas ! L’allusion contenue dans cet échiquier est des plus claires et n’a rien à voir avec la villa San Michele.

– Et qu’est-ce qu’elle signifie, alors ?

– Vous savez ce qu’est la Construction de Dieu ?

 

Le bonhomme Lénine

Sans attendre ma réponse, il me conduisit dehors.

– C’est l’heure où les oiseaux chantent. Mes oiseaux, dit Munthe, d’une voix extatique, de prophète.

Nous sortîmes de la tour, dans la propriété de Munthe. La clarté du jour me blessa les yeux. Munthe, en revanche, passa de l’obscurité à la lumière comme si de rien n’était ; il était entraîné à rester des après-midi entiers dans l’obscurité, à recevoir ses visiteurs dans l’ombre, à percevoir courants et vibrations comme une chauve-souris, puis à sortir tout à coup avec ses chiens et ses oiseaux. Le parfum de la mer et de la résine des pins m’ôta des narines l’odeur douce et grasse du médecin suédois et de son faux musée. Nous fîmes quatre pas dans les pins et les arbustes, Munthe s’appuyant sur son bâton. Febo nous suivait en remuant la queue.

– Malaparte, vous êtes jeune. Vous ne connaissez pas Capri comme le petit vieux que vous avez devant vous. Ceux de mon âge ont vécu une période entre 1908 et 1910, quand vous étiez encore un enfant, où l’Europe était pleine de Russes. C’étaient des errants clandestins, qui avaient pris le maquis depuis des années, qui s’étaient enfuis de la mère patrie parce que la révolution de 1905, par laquelle ils avaient tenté de renverser le tsar, avait échoué. Ils cherchaient à tirer, depuis l’étranger, les fils d’une nouvelle révolution qui n’allait se réaliser que dix ou douze ans plus tard. Un de leurs chefs spirituels, pour ainsi dire, était le grand écrivain Maxime Gorki. Et Gorki, comme vous devez le savoir, vivait ici, à Capri.

Naples et l’Italie, à cette époque, grouillaient d’exilés russes, dit Munthe, et aussi de socialistes italiens, de nature plus ou moins subversive. La police italienne les contrôlait tous, mais ne pouvait avoir la main trop lourde, parce que les socialistes étaient fortement représentés au Parlement et dans la presse. Quand Gorki était arrivé à Capri, en novembre 1906, on avait vu, sur le mole, des centaines de Napolitains et de Caprais venus l’applaudir.

– J’ai rencontré Gorki. À Moscou, il y a sept ans, dis-je.

– Alors, il vous aura peut-être parlé de l’École de Capri, ou peut-être pas. Ce sont là des choses, cher Malaparte, que, dans le fond, tout le monde connaît, mais dont personne aujourd’hui ne bavarde volontiers. Et un jour viendra où on ne s’en souviendra plus. Ce n’est pas sans raison que Staline a fait tuer Gorki, comme tant d’autres.

À Capri, poursuivit Munthe, Gorki et d’autres exilés avaient fondé une véritable école révolutionnaire. Ils voulaient former les cadres dirigeants du parti qui organiseraient la révolution, celle qui devait être définitive, qui a fini par éclater en 1917. L’île devait servir de base stratégique, de centre de sélection du personnel politique et d’école de formation idéologique. Elle s’appelait, justement, École de Capri.

– Et excusez-moi, cher Malaparte, si je vous raconte encore des choses que vous savez peut-être déjà, mais un souvenir en amène un autre. Qu’est-ce qui reste à un pauvre aveugle comme moi ? Des souvenirs, rien d’autre que des souvenirs.

L’École de Capri n’était pas qu’un point de ralliement organisationnel. Gorki voulait créer une nouvelle culture, un nouveau savoir ouvrier et prolétaire, une idée du monde, de l’art, de la littérature, de la musique faite sur mesure pour les ouvriers, les paysans, les pauvres et les exploités. Il ne s’agissait pas seulement de les faire se rebeller, de les faire s’emparer des richesses des bourgeois et des aristocrates, il fallait créer une nouvelle idée du monde, de sorte que les révolutionnaires se voient, eux et les autres hommes et tout l’univers, de façon très différente et inédite.

– Cette opération s’appelait en russe bogostroitel’stvo, « Construction de Dieu ». Une idée perverse, mais très russe. Les hommes modernes, les constructeurs du futur, étaient destinés à avoir une religion de l’avant-garde, mais une religion terrestre, une religion athée qui ne se réalisât pas par la connaissance de Dieu mais par la formation de la société communiste. Vous comprenez ce que je dis quand je parle de religion athée, mon bon ami ?

– Oui, je le comprends, dis-je.

Je le comprenais parce que, à Moscou, j’avais connu des communistes comme Demyian Bedny, l’Ennemi de Dieu, le chef de la Ligue des besbojniki, les Sansdieu, qui écrivait des évangiles blasphématoires pour complaire à Staline.

– Gorki était le premier inspirateur de cette théorie, poursuivit Munthe, mais il y en avait d’autres avec lui. Le plus important était Alekzandr Bogdanov.

– Bogdanov était un grand cerveau. Scélérat peut-être, mais grand, dis-je.

– Oui, c’était un grand cerveau, répéta Munthe, le cerveau théorique de l’École de Capri. C’était un ennemi de la religion évidemment, parce qu’il restait toujours un communiste, donc un athée, un mécréant. Mais il voulait introduire la Construction de Dieu, l’Antireligion. C’était le moment exact pour le faire. Les Russes étaient affamés de révélations extraordinaires, le pouvoir les y avait habitués. En 1914, pour annoncer au peuple naïf qu’il allait y avoir la guerre, les militaires russes envoyaient tous azimuts des soldats habillés en archanges, avec des ailes en plumes et en carton attachées aux épaules, sur des chevaux blancs, attifés eux aussi de fausses ailes. Les Russes sont ainsi, à mi-chemin entre la morbidité, l’exaltation et le calcul politique.

Gorki était galvanisé par les idées de Bogdanov, dit Munthe. Il l’appela à Capri pour fonder l’École et lancer le nouveau marxisme, antiautoritaire, humanitaire, nourri par la littérature, par la philosophie et par la science. C’étaient des idées confuses mais proches de celles de la fameuse Fabian Society* anglaise, qui avait prospéré justement à cette époque. Petit à petit arrivèrent de Russie des douzaines de peintres, d’écrivains, de musiciens, de sculpteurs, d’hommes de sciences, mais aussi de simples ouvriers. Sur l’île, ils étaient accueillis, logés, nourris, soignés. Ils disposaient même d’une cantine et d’une infirmerie à eux.

– Ils se réunissaient chez Gorki, à la villa Behring, mais aussi à l’extérieur, au grand air, sur les plages, dans les grottes. Ils étaient souriants, détendus, enchantés par la beauté de l’île, de la mer, de Capri. Ils avaient presque l’air d’un groupe de joyeux touristes. Ils montaient des comédies dans les grottes de Capri, sur les plages, ils chantaient des chansons, composaient des bouts rimés et des charades en russe, en italien et même en anglais. Mais, bien à l’abri de leurs chambres, ils préparaient le bain de sang de la révolution, les attentats, les pillages, les vols à main armée, les mutineries, les massacres. Je sais que vous, Malaparte, avez écrit des livres sur Lénine et sur la révolution russe.

– J’en ai écrit trois, et plusieurs articles de Russie. Je connais aussi assez bien le russe.

– Donc, vous savez parfaitement que Gorki et Bogdanov faisaient partie des bolcheviques, majoritaires dans le parti, où montait depuis peu l’astre de Lénine. Mais, entre eux, il y avait une inimitié puissante. Et cette inimitié était aussi causée par l’École de Capri. Lénine s’inquiétait du projet de Bogdanov. Sa ligne politique avait un bien autre but que la Construction de Dieu. Pour lui, c’était une sottise bourgeoise, une déviation du projet révolutionnaire.

Munthe s’interrompit, regarda vers le haut et commença à siffloter, d’une façon inimitable qui lui était propre, à mi-chemin entre un ocarina, une flûte et une pendule à coucou. J’allais presque me mettre à rire quand, des arbres, s’éleva un chœur qui lui répondait. Les oiseaux répondaient à Munthe et non par deux ou trois, mais par douzaines. Lui les appelait, eux répondaient. L’incroyable dialogue se poursuivit pendant quelques minutes, puis Munthe me demanda : « J’adore parler avec les oiseaux. Vous ne parlez jamais avec les animaux, Malaparte ? »

– Parfois, oui. Je parle avec Febo.

Febo remua la queue, me regardant tout fier, il montra qu’il avait compris.

– Ah, bien, dit Munthe, un peu vexé de ne pas être le seul homme de Capri à communiquer avec les bêtes, et il poursuivit son récit.

Bogdanov était plein d’imagination et ardent, un feu de joie purificateur. Lénine, en revanche, était froid et coupant comme le nom de son journal clandestin, Iskra, « L’Étincelle ». Lénine méprisait Bogdanov. Il le prenait pour un utopiste et un hérétique. Il lui rappelait les socialistes anglais de la Fabian Society, qui disaient vouloir secourir les pauvres par esprit humanitaire et qui, pour Lénine, étaient des opportunistes, des espions de la bourgeoisie. Bogdanov, pour sa part, jugeait Lénine froid et incapable de soulever les foules, de les entraîner dans la lutte, de faire véritablement la révolution.

Puis, il y avait le problème de l’argent. Pour financer la révolution, Lénine manœuvrait des gangsters, des proxénètes, des trafiquants d’armes, des assassins, dont Staline lui-même, et l’argent affluait en abondance, au point que Lénine se permettait des voitures, des appartements de luxe à Paris, des hôtels et des vacances. Il pouvait se payer ses maîtresses et se rattraper ainsi de sa femme, très fidèles au parti mais froide et pédante.

– Tout de même, le groupe concurrent, de Bogdanov, dit Munthe, réussissait à accumuler lui aussi un beau paquet d’argent. Gorki, ici, à Capri, recevait de riches mécènes, des artistes, des armateurs. Des sommes énormes passaient par ses mains.

On ne pouvait pas continuer ainsi. Il fallait résoudre la fracture et se mettre d’accord sur l’avenir de la révolution, y compris sur la question essentielle des fonds, de la caisse commune. Gorki invita Lénine à Capri, où l’avait rejoint depuis un moment déjà Bogdanov, qui s’était installé à la villa Monacone, une des plus belles et panoramiques de l’île. Lénine tout d’abord hésita, puis accepta. L’objectif de Gorki était de réconcilier les deux âmes du parti, la léniniste et la bogdanoviste, en vue de la révolution. Mais comment s’y prendre ? Lénine était privé de sens de l’humour, rigide, pointilleux et méfiant. Bogdanov était un animal à sang chaud, impulsif, ardent. Dans une discussion face à face, on risquait l’irréparable. Gorki, alors, eut une idée : ne les faisons pas se parler mais jouer.

Lénine aimait les échecs Il se considérait comme un excellent joueur. Il avait appris les échecs en famille et continuait d’y jouer parce que cela le détendait. Dans la maison de Bogdanov, la villa Monacone, il y avait un échiquier (et quelle maison de villégiature n’en a pas ?), un bel échiquier de bois avec toutes les pièces prêtes pour la bataille. À vrai dire, il n’existe pas de sport plus agressif que les échecs. Bogdanov et Lénine pourraient se déchaîner à leur guise sans pour autant se déclarer ennemis et faire capoter la médiation de Gorki.

 

11. lenin capri.jpg

Sur la terrasse de la villa Blaesus, de gauche à droite : Aleksandr Bogdanov, Maxime Gorki et Vladimir Lénine

 

La partie se tint en présence d’un grand nombre de révolutionnaires russes, élèves de l’École de Capri. Qui, pendant des jours, assistèrent à l’interminable rencontre entre les deux âmes du parti, sur la terrasse de la villa. De nombreuses photos en furent prises, pour célébrer l’importance de l’événement.

 

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Bogdanov (à droite) jouant avec Lénine (à gauche) sous le regard de Gorki (chapeau de travers) et de Lounatcharski (assis à côté de Lénine).

 

– Et comment a-t-elle fini, demandai-je ?

– Lénine a gagné.

– Et la médiation de Gorki

– Il n’avait pas été explicitement prévu que la partie d’échecs déciderait aussi de la partie politique, mais, de fait, il en fut ainsi. Dans le mouvement marxiste, c’est la ligne de Lénine qui prévalut, et Gorki s’aligna. L’École de Capri, lentement, se dépeupla. En 1913, Bogdanov retourna en Russie, profitant de l’amnistie accordée par le tsar. En 1917 éclata la révolution, et le tsar fut renversé. Mais Bogdanov n’adhéra pas à la révolte, parce qu’il était opposé aux crimes commis par les léninistes. Après la chute du régime tsariste, il fut mis à l’écart pour un certain temps et finit même en prison. En 1924, Lénine mourut et le pouvoir passa à Staline. Gorki se vendit au régime, dont il justifia tous les crimes. Pour toute récompense, Staline le fit tuer avec une bactérie fournie par les services secrets. Et nous en arrivons ainsi à trois ans d’ici à peine : 1936.

– Comment pouvez-vous dire que c’est Staline qui a tué Gorki ?

– Gorki est mort d’une étrange pneumonie et, étrangement, son fils aussi, que Staline détestait, est mort de pneumonie. Deux semaines auparavant, tous les domestiques de Gorki, jeunes et sains, avaient été frappés de pneumonie. Curieux, vous ne trouvez pas ? Je suis médecin, et je me méfie des situations aussi anormales. En outre, Lénine est venu à Capri deux fois, la première, en 1909, la seconde en 1910. La seconde fois, il y est venu avec Staline, qui était incognito, sûrement pour prendre quelque accord secret avec Gorki aux dépens de Bogdanov.

 

13. Staline en 1910 - Dossier criminel après arrestation à Bakou, Azerbaïdjan.jpg

Staline en 1910… prisonnier – Dossier criminel établi lors de son arrestation à Bakou, Azerbaïdjan.

 

– Alors, c’est vrai ce qu’ont écrit les journaux, même Staline est venu ici ?

– Bien sûr. Il savait que, pour mettre fin à l’École de Capri, il fallait venir sur les lieux, parler avec Gorki.

Mais Gorki, vieux, était désormais inutile. C’était devenu un romancier frustré et fatigué, célébré par le régime mais sans liberté et, tous comptes faits, malheureux. Il avait fini par approuver publiquement la haine de classe, la répression, les massacres.

– Il avait été le spectateur incommode de trop de choses. Un héros mort leur convenait mieux qu’un témoin vivant. Et ils l’ont fait éliminer, dit Munthe.

– Il y a sept ans, à Moscou, outre Gorki, j’ai rencontré un grand nombre de gros bonnets, Lounatcharski, Maïakovski…, j’ai côtoyé des agitateurs et des bureaucrates, je suis allé au théâtre avec Karakhan, avec Florenski, avec Kalinine… Mais personne ne m’a jamais rien dit de cette histoire de partie d’échecs.

– Évidemment. Elle ne devait pas arriver à trop d’oreilles. Vous doutez de ma parole, Malaparte, Allez, allez le demander aux Caprais. Et vous verrez qu’ils vous confirmeront tout.

– Donc, l’inscription « Qui est comme Dieu » se rapporte aux discussions qui ont eu lieu à Capri entre Lénine et Bogdanov : la révolution froide et impitoyable de Lénine contre celle, humanisée, chaude, de la Construction de Dieu de Bogdanov et de Lounatcharski ? C’est ainsi, docteur Munthe ?

– Cette phrase, à mon avis, n’est qu’une simple remarque écrite par quelque bon à rien. Ou peut-être, qui sait, par Gorki lui-même. Mais elle a été écrite sur l’échiquier du grand défi Lénine-Bogdanov. Votre échiquier, cher Malaparte.

– Un moment. Vous, comment expliquez-vous la présence du nom de Pam Reynolds sur l’échiquier ?

– Malaparte, vous me décevez. Vous savez le russe et vous vous noyez dans un verre d’eau ! Ce mot PAM confirme précisément ma conjecture. N’oubliez pas que ces révolutionnaires étaient russes, qu’ils parlaient russe et qu’ils écrivaient en russe, c’est-à-dire en alphabet cyrillique. Donc, PAM ne signifie pas Pamela. Parce que, en cyrillique, le r majuscule s’écrit P.

Je sursautai. Je retirai l’échiquier de son enveloppe de papier.

– Votre homme mystérieux, cher Malaparte, n’a pas écrit pam, mais ram. Mot anglais, certes, mais qui équivaut à l’italien capro. Au pluriel Capri. Par conséquent notre mystérieux scribe a tout simplement écrit Capri en anglais, mais en caractères russes. Cela confirme bien que celui qui écrivait était un Russe, pas un Italien ou un Anglais. Il s’agit d’une plaisanterie, d’un jeu de mots. Je ne vous l’ai pas dit que ceux de l’École de Capri s’amusaient à faire des chansons et des charades dans toutes les langues ? C’était un groupe bariolé et plutôt gai qui n’avait pas eu trop de mal à remplacer la vodka par le vin de Capri. Demandez confirmation à qui vous voulez : beaucoup, ici, s’en souviennent. Au milieu des jeux de mots, et entre deux verres, il sera venu à l’esprit de l’un ou l’autre d’entre eux ce stupide petit jeu de mots RAM/Capri. Et il l’a gravé sur l’échiquier. Voilà tout.

Munthe dut lire la déception sur mon visage, parce qu’il se dépêcha d’ajouter : « Je vais vous confier un secret que je dois à ma longue expérience de médecin : ne posez jamais de diagnostic compliqué si ce n’est pas absolument nécessaire ».

– Et alors, qui m’a mis cet échiquier dans la maison ? dis-je.

– Peut-être un de vos ouvriers qui ne s’attendait pas à vous voir débarquer de Rome, qui croit que vous aurez envie de l’acheter comme objet d’antiquité et qui l’a déposé là en attendant. Peut-être même que, dans les jours qui viennent, il va vous le proposer. Ou peut-être l’échiquier a-t-il été volé par quelque ouvrier à la villa Monacone où habitait Bogdanov, et pour un moment cachée dans un lieu très isolé comme l’est la pointe Massullo. Il peut y avoir diverses explications toutes valides. Vous, Malaparte, vous êtes un écrivain, et vous êtes habitué à vous servir de votre imagination. Mais, d’après ce que vous m’avez dit, vous êtes aussi dans un sérieux pétrin. Ne perdez pas de temps avec cette histoire d’échiquier, croyez-moi. Et si vous avez encore besoin de moi, je suis à votre disposition.

Je retournai l’échiquier entre mes doigts.

­– Et puis, consolez-vous, dit Munthe. Vous avez en mains un objet qui a fait l’histoire. Vous vous rendez compte ? L’échiquier de la fameuse partie entre Lénine et Bogdanov… Si Bogdanov l’avait gagnée, il n’y aurait peut-être pas eu de révolution russe … aujourd’hui, le tsar serait encore là et toute l’histoire du monde aurait été différente. Moi, à votre place, je ne montrerais cet échiquier qu’à des amis très sûrs, qui soient capables d’en comprendre l’énorme valeur historique. Mais maintenant, excusez-moi, il faut que j’aille donner à manger à mes chiens, ils doivent avoir une faim du diable. Vous reviendrez me voir, promis ?

_______________

* On se rappellera peut-être que c’est après avoir assisté, sur l’invitation de Bernard Shaw, à une séance de cette Fabian Society, qu’Oscar Wilde a écrit son texte trop peu connu : L’âme de l’homme sous le socialisme.

 

Monaldi et Sorti, Malaparte : Morte come meMilan, Baldini & Castaldi 2016 - pp. 138-147.

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

Bien entendu, Malaparte se fait ici somptueusement mener en bateau par un Munthe qui saupoudre allègrement des détails et des faits historiques indiscutables de carabistouilles de son cru, tels que les béliers qui deviennent des boucs en passant de l’anglais à l’italien via le russe, alors que Capri, comme on le sait, ne vient même pas du bouc latin mais du sanglier grec.

Malaparte, pourtant un monstre de lucidité dans la vraie vie, sauf quand il se plantait en politique, avale l’hameçon et la ligne avec, car, s’il savait que Munthe était un faux aveugle, il ne savait pas – l’a-t-il jamais su ? - que le bon docteur a été, du début du siècle jusqu’à son retour définitif en Suède (1942) l’agent du MI6 dans ce repaire du fascisme, du nazisme et de la jet set internationale qu’était son île d’élection.

 

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Avant que Capri ne devienne une colonie grecque…

Ajax et Achille jouant aux échecs sous les murs de Troie – Amphore attique à figures noires attribuée à Exchias (v. 540-530 av. J.-C.) – Musée du Vatican

 

Quant à savoir ce qui serait arrivé si Bogdanov avait gagné la partie ? Ce qui est arrivé dans la réalité. Bogdanov était un esprit encyclopédique. Lénine aussi, mais assujetti à un but unique dont il ne dévia jamais, alors que Bogdanov n’a cessé de se démultiplier dans tous les sens. Quand a-t-on vu, dans un duel entre un éventail et un fer de lance, gagner l’éventail ?

Il n’en reste pas moins que Bogdanov (ce n’est là qu’un de ses trente pseudos) est un des pères de la culture soviétique et même de la révolution qu’il n’a pas faite (parce que Lénine, s’apercevant que les menchéviques se servaient de la philosophie de Bogdanov pour marginaliser les bolcheviques, l’a fait exclure du parti). En Italie, il avait aussi fondé et animé l’École de Bologne, où enseigna Trotski. Son apport culturel est immense. Ses livres théoriques d’économie, de politique et de science, ont été lus et discutés dans les soviets à l’égal du « Que faire ? » de Lénine. Il a traduit Le Capital en russe, mais il est aussi – entre autres choses - le plus important auteur de science fiction d’avant 1917 (cf. L’étoile rouge et L’ingénieur Menni). Philosophe d’inspiration nietzschéenne, il voulait intégrer la philosophie dans la science et eût préféré sans doute faire la révolution « par la culture », en évitant les affrontements à sang coulant. Il a aussi été médecin psychiatre et s’est enfin jeté à corps perdu dans les recherches sur la transfusion sanguine. En 1926, c’est sous sa direction que fut fondé le premier institut soviétique spécialisé dans la transfusion du sang (qui porte d’ailleurs son nom depuis sa mort). En mars 1928, Bogdanov fit l’expérience de se transfuser le sang d’un étudiant atteint de malaria et d’une forme bénigne de tuberculose. Quinze jours plus tard, au terme d’une longue agonie, qu’il observa et décrivit lui-même avec lucidité et le plus grand scrupule professionnel, il mourut.

Sur le plan des coïncidences, il est étrange de constater l’importance du sang dans l’œuvre de Malaparte, qui eut, sur ce fluide vital, des idées si arrêtées qu’au cours de son agonie à lui (en 1957, à Rome) il refusa farouchement toute transfusion, comme allant à l’encontre de la notion quasi magique qu’il en avait.

La fiche Wikipedia la plus complète et objective sur Aleksandr Bodganov est, de loin, celle en italien  : https://it.wikipedia.org/wiki/Aleksandr_Aleksandrovi%C4%8...

 

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Note des auteurs

(Extrait)

 

La partie d’échecs entre Lénine et Bogdanov s’est déroulée en 1908, à Capri, sur la terrasse de la villa Blaesus [Aujourd’hui villa Krupp, ben oui, ndt]. Beaucoup de gens seraient aujourd’hui intéressés à retrouver l’échiquier sur lequel se joua la partie d’échecs la plus importante de tous les temps. Malheureusement, on en a perdu la trace.

Sur la confrontation Bogdanov-Lénine, il y a la brillante analyse de Vittorio Strada, L’altra rivoluzione, Gorki, Lunacharski, Bogdanov [« L’autre révolution : Gorki, Lounatcharski, Bogdanov »], La Conchiglia, Capri, 1994. En 1909 ou 1910, suivant les témoignages, se situerait la visite de Staline à Capri en compagnie de Lénine. Elle a été excellemment traitée dans le bel essai de Gennaro Sangiuliano, Scacco allo tsar 1908-1910 : Lenin a Capri, genesi della rivoluzione [« Échec au tsar 1908-1910 : Lénine à Capri, genèse de la révolution »], Milan, Mondadori, 2012.

Le rôle d’organisateur du défi Lénine-Bogdanov et de fondateur de l’École de Capri n’a pas porté chance à Maxime Gorki : d’après certains historiens, l’écrivain fut tué par Staline en 1936, au moyen d’une arme bactériologique fournie par les services secrets de la Loubianka.

Ibid, p. 493

 

Reste à savoir quel intérêt Staline pouvait avoir à liquider Gorki en 1936, même s’il « ne lui servait plus à rien ». D’autres historiens éclaireront peut-être ce point d’histoire, grâce aux archives de la Loubianka par exemple, en même temps que celui de l’assassinat de Trotski sur un autre continent.

Quant à l’opposition Lénine-Bogdanov, la copie est si conforme à l’opposition Robespierre-Danton que c'est à se demander si les historiens-propagandistes ne trouvent pas leur imagination dans des pochettes-surprise.

Comme dit pertinemment le Pr Faurisson : « Vos preuves ! »

 

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En attendant, les habitants de Capri ont organisé, l’an dernier, leur deuxième tournoi international d’échecs « en souvenir de Lénine ».

 


 

Dont les vainqueurs ont été :

         Dans la catégorie OPEN A :

1er prix : le GM serbe Miroljub Lazic

2e prix : l’IM philippin Virgilio Vuelban

3e prix : la VG italo-russe Olga Zimina

4e prix ex-aequo : le FM italien Maurizio Caposciutti et l’IM serbe Gojko Laketic

         Dans la catégorie OPEN B :

1er prix : le petit Claudio Paduano, de Boscotrecase, âgé de 10 ans, qui est déjà vice-champion européen.

 

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Ils avaient inauguré leur nouvelle vocation de capitale mondiale des échecs en octobre 2015, sur le lieu même de la partie historique :

http://napoli.repubblica.it/cronaca/2015/09/22/news/capri...

 

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Et ils récidivent cette année

 

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Du 26 au 29 octobre 2017 se déroulera, tous les jours, le :

 

TOURNOI D’ÉCHECS INTERNATIONAL « ÎLE DE CAPRI – VLADIMIR LÉNINE »

 

Hotel la Residenza, Capri – Participation : 50 €

 

Torneo valido per variazioni ELO Italia/Fide e per il conseguimento della norma di maestro FSI

Info, costi e iscrizioni: Club Scacchi Capri
Tel. 388 909 1730 - 331 379 6095
www.clubscacchicapri.it

 

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Un des soviétiques avec qui Malaparte est allé au théâtre à Moscou est Pavel Florensky. Théologien, mathématicien, électro-technicien et philosophe russe, mort en 1937, il y a juste 80 ans (devenu saint Pavel Florensky). Il se trouve que ses œuvres ont été largement publiées en français. Il serait dommage de les passer sous silence.

 

 

Publications de Florensky en français :

La colonne et le fondement de la vérité, Lausanne, Suisse, Éditions L’Âge d’Homme, 1994, 508 p.

Le Sel de la terre, Lausanne, Suisse. Éditions l’Âge d’Homme, coll. « Petite bibliothèque slave », 2003.

Souvenirs d’une enfance au Caucase, Lausanne, Suisse, Éditions de L’Âge d’Homme, coll. « Au cœur du monde ».

La Géhenne, Lausanne, Suisse, Éditions de L’Âge d’Homme, coll. « Archipel slave », 2010. Ceci est en fait la lettre VIII de La Colonne.

Stupeur et dialectique, Paris, France, Éditions Payot et Rivages, coll. « Bibliothèque Rivages », 2012, 94 p.

Perspective inversée, iconostase, Lausanne, Suisse, L’Âge d’Homme, 1992

La Perspective inversée, Paris, Éditions Allia, 2013, 111 p.

Lettres de Solovki, Lausanne, Suisse, Éditions de L’Âge d’Homme, coll. « Classiques slaves », 2012, dont la traduction en français par Françoise Lhoest a été récompensée par le Prix Russophonie 2014

Les Imaginaires en géométrie, Bruxelles, Belgique, Éditions Zones sensibles, 2016, traduction de Françoise Lhoest et Pierre Vanhove. Préface de Cédric Villani

 

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Chose promise chose due…

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Rita MONALDI et Francesco SORTI

MALAPARTE – Morte Come Me

Milan, Baldini & Castoldi, 7 juillet 2016

Langue : italien

Couverture rigide

494 pages

 

 

Ce titre fait évidemment référence à la maison que s’était fait construire Malaparte à l’extrême pointe de Capri et qu’il avait baptisée « Maison comme moi », après avoir renvoyé l’architecte et décidé de la finir seul avec de simples maçons de l’île. Mais La Mort comme moi se réfère aussi à un autre livre de l’auteur (« Une femme comme moi », recueil de nouvelles consacrées aux femmes que se rêvait Malaparte)

C’est la première infidélité de Rita et Francesco à leur cher baroque et c’est une infidélité qui s’affiche en fanfare. Leurs raisons nous sont inconnues ­­– il doit y en avoir plusieurs, à commencer par le 60e anniversaire de la mort de Malaparte qui arrivait – mais je parierais qu’il y a aussi le fait qu’ils semblent partager un de ses sentiments les plus forts sur l’Europe, à savoir que le destin de notre continent post-romain catholique est devenu, depuis Luther, un destin anglo-saxon protestant et que cela n’a peut-être pas été pour notre bien.

La « justification » du roman est limpide :

Malaparte, tombé amoureux de la Chine, a dû être rapatrié pour mourir dans son pays d’un cancer des poumons en phase terminale, qu’il voulait, lui, se faire soigner en Chine, car il n’entendait pas mourir et se croyait capable de remporter cette ultime guerre.

Engagé à seize ans dans la légion Garibaldi pour voler au secours de la France, que son pays abandonnait dans la première des deux grandes boucheries du siècle, il avait été gazé au Chemin des Dames et il a jusqu’au bout prétendu mourir de la tuberculose causée par l’ipérite et non du cancer. De l’ipérite, de la tuberculose, du cancer et des cigarettes, comme mon grand père est mort d’un cancer du foie agrémenté d’une cirrhose.

Héros, donc, de ce roman, Curzio Malaparte est un des deux plus grands écrivains italiens du XXe siècle, mais c’est un écrivain maudit – aujourd’hui encore – parce que le choix qu’il a fait, à un certain moment, du fascisme, a sufi à plonger dans le néant tout le reste, comme Louis-Ferdinand Destouches est toujours Céline l’antisémite et non Céline l’écrivain de génie. Dans un pays comme dans l’autre, les médiocres n’en finissent pas de les juger sans essayer de les comprendre. Je ne vais pas le faire ici aujourd’hui, parce qu’il s’agit de vous parler d’abord d’un roman tout neuf assuré de faire date (que vous aurez peut-être la chance de lire en français dans dix ans) et parce qu’on a déjà d’autres maudits sur les bras : Lénine, Staline, etc.

Un peu à la fois !

Kurt Erich Suckert est né à Prato, d’un père allemand (saxon) et d’une mère milanaise. Il se voudra toscan – et pourquoi pas – et changera son nom, y compris pour l’état-civil, en celui de Malaparte, parce que, héritier de Machiavel, il a pris Napoléon pour César Borgia. Première erreur historico-politique et première admiration mal placée.

« Il s’appelait Bonaparte et il a mal fini. Je m’appellerai Malaparte et je finirai bien. »

(Vous le saviez, vous, que la tribu s’appelait en réalité Malaparte et qu’elle avait obtenu d’un pape l’autorisation de s ‘appeler Buonaparte ?)

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a réussi sa sortie.

Ayant légué par testament sa célèbre maison à la République Populaire de Chine, pour qu’y soient accueillis des artistes chinois et que des liens se tissent entre l’Italie et le pays de Mao, il redemanda sa carte du PCI, qui lui avait toujours été refusée. Cette fois, c’est Palmiro lui-même qui la lui apporta sur son lit d’agonie. Et qui dut, en partant, croiser dans les couloirs le père Rotondi, jésuite, venu entendre la confession du mourant et le recevoir dans l’Église, non sans qu’il ait d’abord abjuré La Peau, qu’elle avait mise à l’Index. L’Autre devra de même abjurer sa Trilogie de la vie, et pour les mêmes raisons, puisqu’ils sont partis tous les deux catholico-communistes. À mon avis, ils s’en sont tirés à bon compte. Watteau, lui, avait dû laisser brûler tous ses dessins érotiques, pour ne pas finir en enfer.

L’idée de Monaldi et Sorti est simple, on est le 19 juillet 1957 à Rome, à la clinique Sanatrix. Malaparte va mourir, veillé par une petite Sœur Carmelita qui s’assoupit. La mort arrive sous l’apparence d’une très belle femme qu’il a jadis connue à Capri, escortée de deux assistants. Des anges, évidemment. Elle révèle au moribond qu’elle est « la Justice du ciel » et que, oui, l’Enfer existe – si, si – et le Paradis et tout le reste, et que s’il ne veut pas, lui, Malaparte, finir dans les flammes éternelles, il a intérêt à se repentir avant qu’il ne soit trop tard. Mais comment faire ? « Je suis écrivain, je ne sais rien faire d’autre qu’écrire. » Qu’il fasse comme il veut, un roman s’il veut, mais que son repentir soit sincère, sinon, il sait ce qui l’attend. « Écrire un roman dans un poumon d’acier ? » Qu’à cela ne tienne, il n’a qu’à le dicter. Un des anges installe une Remington et s’assied. L’autre déballe une rame de papier, entrouvre un peu la fenêtre, change l’eau des fleurs, Sœur Carmelita ronflote doucement, et c’est parti. Malaparte n’a plus mal, ses jambes se réchauffent, sa respiration redevient normale, il peut même s’asseoir. N’est-on pas censé voir défiler sa vie quand on meurt ?

Cet examen de conscience in articulo mortis – on peut dire autocritique si on préfère – est écrit à la première personne. C’est Malaparte lui-même qui raconte et qui passe en revue sa vie, ses sentiments, ses opinions, ses jugements et ses choix. Plaidoirie ? Exposé candide ? Demandez à la Justice du ciel. Il faut saluer au passage l’idée de génie des auteurs d’avoir donné à la Mort le visage de cette Mona Williams – la femme la mieux habillée du monde et une des plus belles – qui finira par épouser le neveu homosexuel du Chancelier de Fer et deviendra ainsi Mona von Bismarck. Il n’y a pas une photo de la dame qui ne justifie ce choix.

L’anecdote qui, elle, justifie le roman se situe à Capri, où l’écrivain a rencontré, en 1935, une jeune poétesse anglaise, fille d’un des fondateurs de la Fabian Society (socialiste) et néanmoins courtisée par un Sturmbannführer SS. La rencontre est brève : Malaparte ne faisait que passer. Aussitôt après, la jeune fille trouve une mort tragique au pied d’une falaise.

L’histoire est vraie. Elle n’a jamais été élucidée. Il est vrai aussi qu’en 1939, des bruits ont couru accusant Malaparte d’assassinat et que la police secrète de Mussolini, l’OVRA, a tenté de l’arrêter. Discrètement, vu la société huppée dans laquelle il évoluait. Mais à cause de cette mort de quatre ans plus tôt ou pour une autre raison ? Malaparte n’a jamais eu la langue dans sa poche et il a toujours cru qu’il pouvait tout dire à n’importe qui. C’est ainsi qu’on se fait de nombreux et puissants ennemis.

On n’est pas à proprement parler dans un roman policier (même si les flics y circulent comme chez eux) mais dans un roman à énigme sans aucun doute. Pour échapper à une arrestation secrète et à un plongeon définitif dans les oubliettes, l’écrivain prend le maquis, dort à la belle étoile et essaie en même temps de faire la lumière sur la mort de la jeune fille.

Le grand art des deux sorciers est de mêler à ce qu’ils inventent tant de faits et de détails historiquement indiscutables qu’on a le plus grand mal à démêler ce qui relève de la chronique de ce qui appartient au roman. On passe ainsi, au fil des souvenirs de Malaparte, des tranchées de l’Argonne aux îles Lipari (où il a été deux fois relégué) et des villas de quelques originaux comme Axel Munthe à celles des successeurs de Tibère : milliardaires américains, nobles décadents d’Europe, hiérarques fascisto-nazis étroitement mêlés comme toujours. Malaparte, réputé bourreau des cœurs croise, dans cette histoire, principalement quatre femmes ; la jeune fille, qui disparaît trop tôt pour compter, Edda Ciano, fille du Duce, épouse bafouée du vrai tombeur, et Mona Williams, richissime américaine, qui le traitent toutes les deux fort mal, ainsi qu’une jeune femme qu’il prend pour une institutrice, dont il semble sincèrement s’éprendre, et qui est en réalité une agente de l’OVRA chargée de le faire tomber sans trop d’histoires. Pour Don Juan, on repassera.

J’ai dit ailleurs que les auteurs sont peut-être en train de ré-écrire l’histoire de l’Europe.

Il y a, dans ce roman, une habituelle mais toujours surprenante richesse d’informations (qui n’empêchent nullement l’art) sur de nombreux moments-clés de notre histoire, généralement mal ou pas connus. Sur la vie à Capri au début du siècle, puis sous le fascisme, sur sa population locale incroyablement pauvre et sa population cosmopolite incroyablement riche (remarquable portrait d’Edda Ciano en passant). Sur la guerre 14-18 du jeune caporal Adolf Hitler… et ses suites psychiatriques. Sur celle de Malaparte (la mort du jeune boulanger « de la classe 99 » à Bligny est une des plus grandes pages de roman jamais écrites sur la première guerre mondiale). Sur les autres guerres de Malaparte, en Éthiopie, dans les Balkans, en Ukraine, au siège de Léningrad (côté assiégeants), à la libération de Naples (côté alliés).

Il est dit dans les traditionnelles notes de fin de volume : « La prose de ce roman se réclame intentionnellement des particularités du style de Malaparte (parmi lesquels un goût musical pour la répétition) qui continue à trouver des admirateurs même en dehors d’Italie ». Il ne faudrait quand même pas oublier qu’un des deux auteurs est musicologue. Mais il n’y a pas que le style et pas que les répétitions. On peut, dans ce cas particulier, parler de véritable osmose (rien à voir avec le pastiche !) et pas seulement dans la forme.

Je mentionnerai un autre passage pour finir : s’agissant d’un auteur qui est dans l’enfer des lettres depuis soixante ans, Rita et Francesco se sont payé le luxe de le lui faire promettre et montrer par la mort. Pas celui des lettres : l’autre. Ce vers quoi se sent aspiré le mourant dépasse les visions – un peu enfantines, du coup – de Dante. D’autant plus impressionnant pour le lecteur d’aujourd’hui qu’il court un certain risque de le rencontrer lui-même.

 

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Un des nombreux ouvrages du héros de leur livre :

 

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Curzio Malaparte

Ces chers Italiens

Paris, Les Belles Lettres, 2013

Coll. Le goût des idées

192 pages

 

 

 

Extrait

[ …] Cette liberté tout italienne, on la retrouve, non seulement dans les coutumes, mais dans l’art, en particulier dans la peinture et la sculpture, pleines de madones seins à l’air (les têtes des chérubins volant autour des bouts dorés comme des oiseaux autour de grains de raisin), de saints, de prophètes, d’apôtres les pudenda à découvert, d’anges blonds avec leur petit derrière rosé et leur petite bouche suce-miel, d’hommes et de femmes vêtus de leur seul poil, tout occupés à regarder les grands personnages de la Bible et leurs faits et gestes, de sorte qu’on ne sait s’ils contemplent le couteau d’Abraham ou les fesses d’Isaac, la verge d’Holopherne ou la chute de reins de Judith. Et ce n’est pas seulement la peinture sacrée, mais aussi la profane qui apparaît aux yeux des Italiens, comme une occasion d’étaler chairs nues, membres virils, héros le derrière en l’ air, héroïnes séchant leur sein au soleil ; sans compter les papes bénissant des foules de pèlerins nus ; des rois, des empereurs, des reines tout nus sur leurs trônes dorés ; des cardinaux à genoux dans de magnifiques églises peuplées de statues nues ; des ambassadeurs, tyrans, courtisans, tribuns du peuple, plébéiens, olives pendantes sous le nombril, haranguer, tenir conseil, pendre les pauvres diables, tramer et ameuter conjurations et séditions, brûler les demeures des seigneurs. Les trompettes sonnent et c’est une confusion d’étendards et de testicules, d’épées et de seins nus ; ce sont Marius et Sylla, César et Brutus, Pompée, Antoine, Auguste, Titus, Constantin qui montent au Capitole les fesses ouvertes ; des guerriers nus à cheval bataillant bourses au vent et jetant bas des ennemis nus, ou poursuivant des bandes nues de fuyards, on ne sait si c’est pour leur trancher la tête ou le sifflet.

Ce n’est pas là impudicité ; c’est une façon de mêler la nature à l’histoire, la chronique des faits naturels à celle des faits politiques ou militaires ; d’entendre l’histoire des hommes et des peuples comme une histoire de la nature. Et cela me semble, à moi, une façon juste et vraie, l’histoire n’étant, en Italie du moins, que l’histoire des faits humains en tant que faits de la nature, alors que l’histoire des Anglais, des Allemands, des Français, des Espagnols n’est que l’histoire des faits humains en tant que faits politiques, étrangers à la nature.

Vouloir tirer de l’histoire d’Italie, à commencer par celle de Rome, des principes d’éthique, une règle morale comme le firent, par exemple, Montaigne et Montesquieu, c’est commettre une erreur. Autant vouloir tirer une règle morale de l’histoire de la nature. Quel principe moral peut-on déduire, mettons, de l’apparition des mammifères sur la terre ? L’histoire de Rome n’est qu’un chapitre de l’histoire naturelle : le chapitre qui rapporte l’origine d’une espèce d’hommes et leur façon de l’emporter sur d’autres espèces d’hommes et non de la supériorité d’un principe moral sur d’autres principes moraux. Et cela est si vrai que, avec le triomphe du christianisme, qui est un fait moral et non un fait de la nature, l’histoire de Rome en tant que chapitre de l’histoire naturelle s’achève.

Voilà la raison pour laquelle les Italiens sont vis-à-vis de l’histoire comme vis-à-vis de la nature et en face des faits historiques comme en face des faits naturels. Ils considèrent l’histoire des hommes comme celle des arbres, des fleuves, des bêtes, des saisons. Ils regardent les peuples naître, croître en âge, en force, en richesse ; combattre, fonder des villes, envoyer des hommes à la mort ; les villes s’effondrer dans les flammes, les royaumes s’écrouler, d’autres nations surgir, d’autres cités, d’autres empires ; la terre se repeupler d’autres hommes, de murs, de palais, de temples et, tout à coup, n’être plus que désert.

Pareillement, ils regardent naître les arbres, les plantes, les herbes ; les fleuves couler et déborder ; le ciel s’abattre sur les champs, les moissons, les troupeaux ; la mer engloutir les vaisseaux ; la terre trembler, s’ouvrir et les villes s’y abîmer, et d’autres arbres, d’autres plantes, d’autres herbes naître, d’autres moissons murir. Les faits historiques se succèdent comme les saisons et se confondent avec les faits naturels au point de nous sembler des faits de la nature. La mort de César équivaut à une crue de fleuve, à un incendie de forêt, au fléau d’une épidémie ; une bataille est comme une tempête ; une invasion est une façon d’inondation ; une révolte évoque l’éruption d’un volcan ; la chute d’un règne rappelle une ville détruite par un tremblement de terre.

C’est la raison pourquoi les Italiens, plus proches de la nature que toute autre espèce d’hommes, ont une si grande familiarité avec les choses du sexe. Ce n’est pas là de l’impudicité, mais simplement une façon de prendre la nature comme elle est, c’est-à-dire comme un fait, non moral, mais physique. Cette familiarité date de leurs plus tendres années. Dès ce moment, ils voient statues et fresques avec hommes et femmes nus, Apollon, Vénus, Madones, Madeleines, martyrs peuplant les places et les églises d’Italie.

C’est chose commune que de voir de petits garçons et petites filles jouer avec les parties viriles d’Hercule, de Cacus, de David, de Goliath, d’Hector et d’Achille, de saint Jean-Baptiste et de saint Georges. Allez après cela plaquer le feuille de vigne sur le David de Michel Ange, ou les Dioscures du Quirinal, ou le Ménélas et le Patrocle de la loge des Lanzi ou sur le Neptune de la Seigneurie à Florence. Tous les gosses, garçons et filles, savent ce qu’il y a dessous, comment c’est fait, combien ça pèse, et à quoi ça sert. Inutile de leur dire que ça ne sert à rien ; ils savent. Et que serait-ce s’ils ne le savaient pas ou croyaient que ça ne sert à rien ? Ils finiraient par croire que ce que les Vénus ont sous la feuille, ça non plus ne sert à rien.

Par bonheur, en Italie, nul ne rougit en regardant ces statues. Et si je dis « par bonheur », c’est que, tout au moins en Italie, les yeux sont faits pour regarder.

J’allai un jour, encore gamin, au Dôme de Prato, voir danser Salomé, avec quelques camarades. Ô grâce de Filippo Lippi, quelle bonne leçon tu m’as donnée en m’apprenant que le nu est chaste ! Pour nous, gamins, assis en silence dans les stalles du chœur, derrière le maître-autel, il n’y avait rien d’étrange à ce que Hérode, Hérodiade, les courtisans, les pages, autour de la longue table luisante de lin candide et scintillante de cristaux, et les serviteurs avec les plateaux chargés de mets et les jarres de vin, rien d’étrange à ce que tous regardassent d’un œil tranquille la jeune danseuse sous ses voiles transparents qui laissaient à nu les tendres chairs, le duvet blond, les ombres secrètes. Que faisaient là de mal Hérode, Hérodiade et les commensaux et les serviteurs ? Ils regardaient cette jeune fille nue, si pudique, avec son pied levé, sa tête légèrement penchée en arrière, ses menus seins rosés et fermes, visibles sous la transparence des voiles. Il n’est pas jusqu’à la tête du baptiste, servie sur un plat d’argent qui n’ouvrît des yeux extasiés, où il n’y avait pas l’ombre de pudeur offensée, ni de désir, ni de reproche, mais uniquement le plaisir que donnent les choses belles et pures. Jusqu’à ce qu’enfin, du haut du beau campanile en pierre grise et marbre vert de Figline, les cloches laissaient tomber leurs appels graves et profonds ; l’onde sonore dérange les voiles de Salomé qui, un instant, dans la pénombre du chœur nous apparaît jusqu’à l’aine. En entendant les voix des chanoines, sortis un à un de la sacristie pour venir chanter les vêpres, nous courions nous blottir au fond du chœur, sous le grand vitrail. Les chanoines s‘asseyaient dans les stalles, fermaient les paupières et se mettaient à chanter, les yeux clos, pour ne pas voir Salomé.

Non, ils ne fermaient pas les yeux, ils faisaient semblant. Ils regardaient Salomé d’en dessous, à travers leurs cils baissés et chantaient. »

Curzio MALAPARTE, Benedetti Italiani [« Bienheureux Italiens », Ces chers Italiens dans l’édition française des Belles Lettres, 2003. Traduction : Mathilde Pomès. Chapitre 3.]

 

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Oh, que les souvenirs sont trompeurs ou l’imagination puissante !

 

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Pour le luxe :

 

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Abbé Atto MELANI

Manuscrit retrouvé et publié par MONALDI & SORTI

Gli intrighi dei Cardinali

Langue : italien

Milan, Baldini & Castoldi, 27 octobre 2016

127 pages

 

 

Ce texte, écrit en français Louis Quatorzième par le célèbre castrat italien Atto Melani (offert par sa noble famille à l’Église) qui fut pendant quarante ans l’agent secret du Roi-Soleil, s’intitulait en réalité Les secrets du conclave et racontait comment Melani, en qualité d’assistant du cardinal Rospigliosi, avait pu participer au conclave qui a porté son protecteur au pontificat sous le nom de Clément IX. Autrement dit que la cour de France avait fait un pape de plus à la barbe de quelques autres puissances.

Rita et Francesco ont découvert l’original autographe – rapport destiné à Louis XIV – dans les archives du Palais Bourbon, où il dormait depuis près de quatre siècles. Atto Melani étant le personnage principal de leur célèbre série baroque, ils ont eu à cœur de le publier.

C’est donc seulement traduit en italien qu’on le trouve, car, en français, il n’a semblé intéressant à personne de le faire imprimer.

 

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Curzio MALAPARTE

Technique du coup d’État

Paris, Grasset, (revu et corrigé, 2008)

Les Cahiers Rouges

224 pages

 

 

 

« Je vous connais bien, M. Malaparte. Et depuis longtemps. Votre Technique du coup d’État est mon livre de chevet. »

Mao Tse Toung

Présentation de l'éditeur

Comment on s’empare d’un État moderne et comment on le défend : à l’aide d’exemples pris dans l’histoire (le 18 Brumaire de Bonaparte) ou dans l’actualité plus proche (le coup d’Etat bolchévique de 1917, la marche sur Rome de Mussolini, l’inexorable montée de Hitler), Malaparte analyse les diverses méthodes d’insurrection moderne. Le Duce lui fit payer la justesse de ses réflexions de plusieurs mois de prison et de cinq ans d’assignation à résidence… À sa sortie en 1931, Technique du coup d’Etat fut salué dans le monde entier comme un « traité de l’art de défendre la liberté ». La fiévreuse clarté de ses théories tactiques, l’art du portrait et la finesse psychologique de l’auteur appliqués au personnel politique et militaire n’ont pas vieilli. Et font de ce livre un classique.

[Notons quand même que Malaparte s’est planté en attribuant à Napoléon le coup du 18 Brumaire, qui fut en réalité l’œuvre de Sieyès assisté de Lucien, tandis que Napoléon se contentait de s’évanouir ou de faire semblant, jusqu’à ce que l’on sût de quel côté le sort avait penché, comme le rapporte avec sa sécheresse de ton coutumière Paul Léautaud (Journal), qui n’aimait pas qu’on raconte n’importe quoi. N.d.GO]

Biographie de l'auteur

Curzio Malaparte (1898-1957) a été journaliste, reporter de guerre sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre Mondiale et écrivain. Il est l’auteur des romans Kaputt (1944) et La Peau (1949), de biographies, comme Le Bonhomme Lénine (Grasset, 1932) et du célèbre Technique du coup d’État (Grasset -1931). Il est considéré comme un des plus grands écrivains italiens du XXe siècle.

 

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Mais pourquoi a-t-il tenu leurs manteaux aux bourreaux qui lapidaient saint Étienne ?

 

Le Malaparte qui s’est engagé à seize ans et a risqué sa vie pendant quatre ans pour défendre une France qu’il adorait, qui a été gazé au Chemin des Dames, qui a été relégué par deux fois aux îles Lipari par un régime qu’il servait pourtant, est le même que celui qui a trouvé la campagne de Russie « romantique » (et pour cela, il faut avoir un grain dans le cerveau qui n’est pas à sa place), qui a tremblé de timidité impressionnée devant Benito Mussolini, assisté de sa plume les assassins de Matteotti, applaudi aux massacres des Baléares et dîné avec Frank, le bourreau de Varsovie. Pour l’interviewer peut-être, mais bon. C’est difficile à concevoir, mais c’est ainsi. C’est lui aussi que les Allemands ont fait réexpédier du front de l’Est, parce que ce qu’il en écrivait dans le Corriere della Sera outrageait le Reich.

Entretemps, il avait fait, en correspondant de guerre mais avec la grade de capitaine, la campagne des Balkans, raté les combattants, Tito et Mikhailovitch, qui tenaient le maquis, mais interviewé Pavelich, l’ogre croate. L’histoire du panier plein d’yeux humains, c’est lui. Histoire dont s’est amèrement plaint l’intéressé dans son exil sud-américain : il se souvenait très bien que, quand Malaparte était venu le voir, on venait de lui faire cadeau d’un panier de groseilles. « Qu’est-ce qu’il voulait que je fasse avec un panier de groseille ?! » s’est exclamé l’auteur de génie à celui qui lui posa la question. « On ne frappe pas l’imagination avec des groseilles.»

On croit presque entendre Jules Michelet, venu questionner Élisabeth Duplay sur ce qu’elle savait des suppliciés de Thermidor, lui promettre : « Vous verrez, Madame, ce sera bien plus beau comme je vais le raconter. »

C’est que l’écrivain français qu’a le plus admiré Malaparte était Chateaubriand, hélas. Pas qu’il écrivît mal, mais enfin, c’était le roi des menteurs dont Michelet était le prince, à moins que ce soit l’inverse. Tous les Bretons sont des virtuoses ès-mensonge. Pardon. Mais si. À commencer par Céline, qui s’est prétendu normand. Mais ceci nous entraînerait vraiment trop loin… Alors, basta pour l’instant.

Il y a cent ans ce jour, un volcan s’éveillait et commençait à cracher des flammes.

 

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Mis en ligne le 25 octobre 2017

 

 

 

21:25 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

LA PARTIE D'ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS - II.

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« LA PARTIE D’ÉCHECS LA PLUS IMPORTANTE DE TOUS LES TEMPS »

 

(2)

 

Le discours de 3h1/2 de Xi Jinping devant le 19e Congrès National du PCC était en fait une introduction succincte à la feuille de route de la Chine pour le futur.

Le discours de Xi Jinping était à longue portée mais, ce qui est beaucoup plus important, absolument faisable, si on se fonde sur l’impressionnant bilan de la Chine

Adam Garrie – TheDuran18 octobre 2017.

 

Le président chinois Xi Jinping a pris la parole à la séance d’ouverture du 19e Congrès du Parti Communiste. Jusqu’ici, les principaux commentaires sur ce discours parlent de sa longueur monumentale, puisqu’il a duré plus de trois heures et demie.

 

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Le président chinois Xi Jinping

 

Bien qu’endurer un discours d’une telle longueur ne soit pas spécialement facile, avec le recul, le discours de Xi constitue un résumé remarquablement succinct des réalisations de la Chine, tout en offrant une feuille de route aisée à comprendre de la Chine et d’ailleurs aussi de ses partenaires, pour le reste du XXIe siècle. Si on essaie de condenser et de synthétiser plus de cent ans de succès passés et de programmation future, écouter trois heures et demie d’un discours est en réalité plus court que les copieux documents et analyses politiques qu’on pourrait avoir à lire autrement pour engranger une information aussi essentielle.

À cause de cela, beaucoup des médias dominants occidentaux ont décidé d’occulter le discours complet en invoquant sa longueur, alors qu’en réalité ces « journalistes » ne tiennent pas à affronter l’ascension de la Chine à sa place de superpuissance du monde moderne.

Vous pouvez voir ici le discours en entier. Sous la vidéo, je vais essayer d’expliquer ce que j’ai ressenti comme en étant les points les plus importants.

 


 

L’intervention de Xi Jinping fut tout entière enchâssée dans le thème principal de sa présidence : le développement continué du marxisme dans sa particularité chinoise. Ceci signifie essentiellement l’engagement de conserver les habitudes culturelles et socio-économiques chinoises dans le contexte de l’économie de marché socialiste, dont Deng Xiaoping, qui fut le leader primordial de la Chine de 1978 à 1989, a été le pionnier.

L’aspect le plus révolutionnaire du discours comprenait un engagement à construire le progrès industriel, infrastructurel et financier de la Chine, pour en faire, à l’intérieur, un pays toujours plus prospère. Alors que des mots comme « luxe » charrient encore une certaine stigmatisation dans le contexte d’un parti communiste, ce qu’a promis Xi est en réalité exactement ça.

Alors que les travailleurs chinois ont travaillé inlassablement pour faire passer la Chine d’une économie agraire à une économie prospère qui va bientôt dépasser les USA en termes de puissance économique totale (dans beaucoup d’autres domaines, la Chine a dépassé les USA depuis quelque temps déjà), Xi a fait comprendre que le temps était venu, pour les Chinois et les Chinoises de jouir davantage des bénéfices de la richesse qu’ils ont créée.

Pour que ceci se réalise, Xi a parlé de plusieurs stades de développement du « grand socialisme moderne », excroissance naturelle du socialisme de marché de Deng.

Dans la pratique, cela exigera deux choses. Avant tout, Une Ceinture-Une Route aidera à raccorder le modèle chinois de croissance économique à d’autres économies dynamiques et croissantes à travers de multiples régions du monde. La Chine est en train de créer un monde où les pays en développement pourront augmenter leur productivité tout en maintenant fondamentalement une totale indépendance politique. Deuxièmement, Xi a un vaste programme destiné à faire pivoter les investissements intérieurs de la Chine de projets basés primordialement sur l’infrastructure vers des projets qui amélioreront la micro-direction de la vie quotidienne. De beaucoup de manières, des programmes de ce genre, au niveau des villes, sont déjà en très bonne voie.

La réticence de la Chine à intervenir dans les questions politiques des autres pays a constitué un thème récurrent du discours de Xi. Ceci avait pour but de rassurer les nouveaux partenaires de la Chine, mais faisait aussi partie d’une déclaration plus large, selon laquelle, dans un XXIe siècle dominé par la Chine, la domination serait organiquement économique en termes de ressources accessibles et non une domination politiquement ou idéologiquement impérialiste. De multiples façons, il n’y a pas de meilleur endroit pour rassurer ses partenaires du manque d’intérêt de la Chine à exporter une idéologie qu’un congrès du Parti Communiste. Dans ce sens il a été exprimé clairement que la dialectique idéologique de la Chine est réservée à la Chine et non à ses partenaires. On pourrait résumer cela en une seule phrase de la façon suivante : « Le grand socialisme moderne dans un seul État et Une Ceinture-Une Route pour tous les partenaires indépendants ». Pour le dire autrement : « Beaucoup de systèmes politiques, un but de prospérité commun ».

Entre aujourd’hui et l’année 2020, la Chine travaillera a solidifier les gains économiques et sociaux de la dernière décennie, chose qui sera couronnée par l’achèvement du projet de modernisation de l’Armée de Libération Populaire en 2020, en même temps que des efforts seront poursuivis pour éliminer totalement la pauvreté rurale et développer les secteurs de l’agriculture moderne et de l’industrie en dehors des régions urbaines modernes de la Chine.

Entre 2020 et 2035, la Chine travaillera à bâtir un pays « prospère, fort, démocratique, culturellement avancé, harmonieux et beau ». En termes plus pratiques, cela signifie un pays où les standards de vie réels des Chinois continueront de croître, tandis que les conditions de vie resteront à l’abri des pics et des effondrements qui ont été le fléau des sociétés occidentales au cours des dernières décennies.

Tandis que les capitalistes critiquent souvent les pays socialistes pour leur pauvreté en objets de luxe et en activités de loisirs et qu’à l’inverse beaucoup de socialistes critiquent les pays capitalistes parce qu’ils rendent la culture inaccessible et une stabilité de vie impossible, le programme de Xi ambitionne d’offrir à la fois la stabilité, des environnements résidentiels et de travail constants et satisfaisants, tout en augmentant également la capacité des citoyens de base d’enrichir leurs vies par des activités culturelles et que les nouvelles avenues de l’amélioration sociale seront rendues possibles par les technologies modernes auxquelles la Chine s’est à la fois préparée mentalement et a fait œuvre pionnière.

Dans ce sens, la Chine se prépare à la réalité économique et sociale de l’âge de la mécanisation industrielle. Là où beaucoup d’entrepreneurs occidentaux tels qu’Elon Musk ont préconisé un salaire vital fixe pour tous les citoyens, de façon à pouvoir affronter une mécanisation accrue, les propositions de Xi veulent garantir effectivement le partage et la distribution de l’immense richesse de la Chine par un programme d’investissements directs au bénéfice des gens et de leur environnement social. Ainsi, plutôt que de payer aux gens un salaire arbitraire, la Chine, après 2035, fera de plus en plus en sorte que se développe une société où la richesse sera transférée à l’ensemble des citoyens sous forme d’investissements diversifiés, chose qui pourra être harmonieusement réalisée grâce à l’entrée dans l’âge de la méga-mécanisation.

Une partie des recommandations de Xi pour améliorer la qualité de la vie des Chinois est de veiller à toujours équilibrer le développement infrastructurel et la protection écologique. Étant le pays qui s’est plus rapidement industrialisé que n’importe quel autre dans l’histoire, la Chine a déjà commencé à s’engager dans la technologie verte, particulièrement dans le domaine de la création d’énergies plus complètement que n'importe où ailleurs. Quand la Chine commencera à exporter ses technologies vertes, Pékin sera presque devenue un leader mondial dans ce domaine.

Xi Jinping a aussi parlé de la nécessité de s’assurer davantage encore que la corruption ne s’implante pas en Chine malgré la diversification économique et la croissance. Il a encouragé les fidèles du parti à rester attachés aux valeurs traditionnelles en préparant le développement des nouvelles manières de penser et des nouvelles manières de résoudre les problèmes.

 

Cela marchera-t-il ?

Prises au pied de la lettre, toutes les propositions de Xi sont impressionnantes. Il serait difficile pour quiconque autre qu’un idéologue de ne pas être d’accord avec le champ d’application global de ce long discours.

C’est pourquoi la plus grosse question qui reste à poser est : la Chine sera-t-elle capable d’accomplir ces exploits ?

La simple réponse, fondée sur le bilan moderne de la Chine est un OUI retentissant.

La Chine a été capable de créer et de bénéficier d’une révolution industrielle moderne, une révolution dans l’organisation et la vie dans les villes, une révolution de la consommation, une révolution des standards de vie et une révolution technologique, tout cela en une période de 30 à 40 ans.

Ce qui reste à faire à la Chine, c’est bâtir, sur ces fondations qu’elle a posées à une vitesse phénoménale, si on considère le volume de sa population et la masse de son territoire.

Parce que toutes les propositions de Xi comprennent une combinaison d’investissement intérieur et de partenariats extérieurs qui comprennent à leur tour de nouvelles opportunités d’investissements multilatéraux en même temps qu’un engagement déterminé envers la paix, la seule manière dont le progrès de la Chine puisse être compromis serait par l’intervention d’une puissance étrangère.

Quoi qu’il soit clair que les USA ont l’intention de compromettre le développement extérieur de la Chine par le moyen d'Une Ceinture-Une Route, il est également clair que les indubitables tentatives US de le faire se sont traditionnellement soldées par des échecs. Le pivotement de Washington vers l’Inde, tentative évidente de faire échouer l’alliance sino-pakistanaise, est devenu honte publique lorsque Washington a en quelque sorte pris diplomatiquement ses distances d’avec New Delhi, après qu’il fût devenu clair que l’Inde ne croit pas qu’il soit bien prudent de sauter dans le train du nouveau désastre afghan de l’Amérique. Ceci limite d’autant les options de l’Inde à long terme, si New Delhi ne réussit pas à rejoindre la Russie et le Pakistan sur le parcours d’Une Ceinture-Une Route. Bien que les USA aient pris soin de sortir quelques déclarations pro-Inde le jour du discours de Xi, le timing et la nature des remarques montrent qu’il peut s’agir là du dernier hoquet d’une politique en plein cul-de-sac plutôt que d’une réelle revitalisation.

Pour ce qui est de l’Asie du Sud-Est, la crise prolongée au Myanmar semble devoir être maîtrisée de l’intérieur. Le danger, c’est que les États-Unis pourraient encore internationaliser les conflits dans l’espoir de faire barrage aux partenariats de la Chine en Asie du Sud-Est. Ailleurs dans l’Asie du Sud-Est cependant, les Philippines pourraient bientôt devenir une double « success story », à la fois pour Manille et pour Pékin, puisque, dès cette année, Xi Jinping a salué « une ère dorée » des relations entre l’ex-colonie US et la Chine, chose qui a été rendue possible par le pivotement du président Rodrigo Duterte, qui s’est détourné de Washington pour se rapprocher à la fois de la Russie et de la Chine. La Chine se prépare aussi à construire tout un nouveau quartier à Manille, qui servira de vitrine aux Philippines pour le reste du XXIe siècle et au-delà.

En ce qui concerne le Moyen Orient, alors que les États-Unis y ont causé une dévastation majeure, il y a désormais davantage de pays disposés à (et capables de) travailler avec la Chine qu’il n’y en a jamais eu auparavant, en ce compris des pays comme l’Iran et l’Arabie Saoudite, le Qatar et l’Égypte, le Liban et l’Irak, la Syrie et la Turquie.

L’ouverture récente, par la Chine, d’une base militaire logistique à Djibouti, semble devoir aussi lui assurer de futurs partenariats en Afrique. De plus, la chaleur des relations de la Chine avec la Russie signifie que deux des trois superpuissances du monde sont sur la même longueur d’ondes, et c’est quelque chose de très différent de ce qui a caractérisé l’époque de la Guerre Froide, quand l’URSS, la Chine et les USA avaient trois ordres du jour très différents, dont chacun rendait possible à une des trois puissances d’exploiter les deux autres.

Par-dessus tout, sur le point de savoir si Xi Jinping et ses successeurs seront capables de concrétiser les monumentales promesses faites dans le discours d’aujourd’hui, les pronostics paraissent réalisables à un point surprenant. La Chine a montré au monde qu’elle peut faire se produire ce qui est difficile à une vitesse qui choque beaucoup de sceptiques et avec une exactitude qui laisse confondus les observateurs ou les précédents géants économiques émergents

Dans ce sens, il n’est pas du tout hors les bornes du réel qu’un discours de 3h1/2 puisse façonner les cent ans à venir de l’histoire de la Chine et du monde.

Source : http://theduran.com/xi-jinpings-3-5-hour-speech-before-th...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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J’y reviens parce que j’en ai marre d’entendre caqueter de fascisme et d’antifascisme par des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent.

 

 

Déjà Caméléon perçait sous Malaparte

 

Théroigne – L.G.O.25 octobre 2017

 

C’était trop tentant pour qu’on y résiste et il ne faut jamais résister aux tentations.

Cela dit… est-ce juste ? Ou ses retournements vrais ou apparents, voire opportunistes, ont-ils eu une logique interne et des causes qui ont échappé à tous, y compris peut-être à lui-même ?

Il y a tout juste 60 ans qu’il est mort (juillet 1957) et il est toujours en enfer. Celui de la bien-pensance évidemment, mais celui de l’ignorance qui en découle n’est pas mal non plus. Je propose qu’on y revienne un peu plus tard, non pas pour vider l’abcès – que les italiens se débrouillent avec leur histoire ! ­–, mais pour essayer d’y voir clair, de « comprendre » comme le suggérait Simenon.

Dans l’immédiat, oubliez s’il vous plaît les petits maoïstes franchouillards à qui José Artur disait « À 40 ans, vous serez tous notaires » en ne se trompant pas. Oubliez Sollers, July et tutti quanti.

Le dernier très grand amour de Malaparte fut la Chine. Coup de foudre instantané.

 

Extraits de Io, in Russia e in Cina [Moi, en Russie et en Chine]

Publication posthume de 1958

(En français : « En Russie et en Chine » parce que les éditeurs français sont incapables de respecter un titre original)

 

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Malaparte à l'hôpital Sanatrix - Rome - Juillet 1957

 

« Oui, c’est sûr, je suis encore très fatigué. Le voyage de Pékin à Rome a été long, fatigant, bien que toutes les précautions aient été prises pour m’épargner l’excès de fatigue du vol de dix mille kilomètres de la Chine à l’Italie. Et peut-être la raison de ma fatigue n’est-elle pas tant physique que la douleur de la séparation d’avec mes amis chinois.

Je le savais même avant d’aller en Chine, ce que signifiait le mot frère, mais la vraie, profonde, éternelle signification de l’expression amour fraternel, je ne l’ai apprise que pendant mon séjour et ma maladie en Chine. Et si j’insiste sur mon expérience en affection, gentillesse et solidarité humaine, ce n’est pas par esprit à la De Amicis*, mais parce que c’est un fait rare et merveilleux qu’un peuple engagé dans une lutte aussi dure contre l’héritage de misère et de souffrance du passé, pour la construction d’un grand pays moderne, libre, juste et humain, sache tourner une si grande partie de son esprit vers la bonté, la générosité et la fraternité.

La faim, la souffrance, l’esclavage, l’injustice rendent souvent les peuples durs et méchants. Le peuple chinois, nonobstant des siècles d’esclavage, de faim, d’humiliation, de terreur, est resté bon. Et la grande leçon qu’on apprend en Chine, dans la Chine Populaire de Mao Tse Toung, ce n’est pas seulement une leçon de courage, de sacrifice, de ténacité dans la lutte et dans le travail, mais c’est aussi, surtout, une leçon de modestie, de bonté, d’honnêteté. Pendant mon voyage à travers la Chine, du Shaanxi du nord à l’extrémité nord-occidentale du Turkestan, du Gansu au Hubei, j’ai vu de près un peuple de paysans et d’ouvriers uni et compact dans la construction d’une patrie neuve, libre et juste, d’une Chine socialiste.

Ce que j’avais vu à Ta Tun, dans le Shaanxi, à Urumçi, au Turkestan, à Langchou, au Hangzhou, à Xi’an, dans le Shenxi, à Tchoungking, au Setchouan, c’était une armée engagée dans une bataille contre les misères héritées du féodalisme, contre toute une histoire millénaire de tyrannie et de faim. Mais ce que j’ai vu pendant le cours de ma maladie, pendant les trois mois et demi passés dans les hôpitaux de Tchounking, de Hankou, de Pékin, c’est un spectacle encore plus extraordinaire et plus émouvant : celui d’un peuple entier engagé dans une bataille colossale contre la tuberculose, le rachitisme, l’anémie, la malaria, la dénutrition, c’est-à-dire contre les cent et cent maux qui, siècle après siècle de féodalisme, ont laissé un héritage épouvantable dans le sang de la population chinoise. […] Qu’on ne croie pas que les médecins des hôpitaux soient des médecins quelconques : ce sont en général des spécialistes de grande réputation, d’un niveau sûrement pas inférieur, et souvent même supérieur à celui des médecins américains et allemands. Le département psychiatrique de l’hôpital de Hankou est sans doute celui qui est équipé de façon la plus moderne de tout ce que j’ai pu voir, et il n’arrive pas, en Chine, comme c’est malheureusement le cas ailleurs, que les enfants qui peuvent y être hospitalisés soient seulement les enfants des riches. Ce sont les enfants d’ouvriers, de paysans, de pauvres gens. […] La directrice du département pédiatrique, le professeur Tao, m’a dit : « Les enfants ont une importance décisive pour l’avenir du monde, bien plus grande que beaucoup d’entre nous ne le croient ». Cette phrase du professeur Tao m’a fait ressouvenir de ce que m’avait dit un paysan chinois dans une coopérative agricole du Shaanxi: « Il n’y aura pas la guerre, parce que les enfants ne la veulent pas ».

Ce que j’ai télégraphié au président Mao Tse Toung en quittant la Chine est vrai : « Je suis venu en Chine en ami, j’en pars amoureux de la Chine ». Je ne pourrai jamais oublier ce que les autorités et le peuple chinois ont fait pour moi, et ce sentiment de gratitude et d’affection s’ajoute à mon sentiment d’admiration, de solidarité pour la grande œuvre de construction socialiste de ce peuple.

Comme je l’ai dit l’autre jour dans une interview à la Pravda, celui qui a vécu, de près, l’expérience chinoise, peut mieux que quiconque estimer sereinement et objectivement les douloureux épisodes survenus en Europe ces derniers mois. Ce sont des événements tragiques, pénibles, qui font de la peine à toute âme juste et honnête, mais qui ne peuvent toutefois, en aucune façon, ébranler la foi en l’avenir d’un monde de liberté, de justice et de bien-être, qui est le monde dont la Chine Populaire nous offre une image encore un peu verte, mais sûre et définitive.

Moi aussi, j’ai souffert de lire dans les journaux les nouvelles de Budapest, mais cette souffrance n’a jamais été accompagnée du moindre doute. La grande et positive expérience chinoise absout toutes les erreurs quelles qu’elles soient, parce qu’elle est la preuve manifeste et indiscutable que la somme des faits positifs, dans le mouvement du progrès, est supérieure toujours à la somme des erreurs. […]

J’aime les Chinois. Et je serai toujours à leurs côtés dans tous les cas, quoi qu’il puisse arriver dans le monde. J’aime les Chinois non seulement pour la raison personnelle du bien qu’ils m’ont fait, mais pour la raison plus valable et plus vraie du bien qu’ils font à tous les hommes et à tous les peuples. L’autre matin, à l’aéroport de Pékin, quand j’ai commencé à monter la raide passerelle d’embarquement du turboréacteur soviétique mis à ma disposition par le gouvernement chinois pour me ramener en Italie, la petite foule des autorités, de journalistes, de médecins, d’infirmières, d’employés de l’aéroport, d’écrivains, de diplomates, qui était venue me saluer – il y avait dans cette foule le ministre de la Culture de la République Populaire chinoise – est devenue tout à coup silencieuse. Je n’arrivais pas à monter les marches trop raides et je me suis affalé, à moitié évanoui. Le commandant du turboréacteur soviétique, un Russe blond aux mains énormes, est descendu en courant et m’a soulevé, presque porté, me hissant marche à marche vers la cabine de l’avion. La foule, frappée de ce spectacle pénible, se taisait. Arrivé en haut de la passerelle avec le souffle coupé (depuis plus de trois mois, je respire avec un seul poumon) je me suis arrêté pour reprendre des forces. C’est alors que je me suis rendu compte du silence de la foule. Je voulais dire quelque chose pour saluer mes amis, pour remercier, et me sont venus spontanément aux lèvres trois mots chinois, que j’ai prononcé lentement avec grande difficulté : « Uò ai zungkuojen », qui veulent dire « J’aime les Chinois ». Et ils se sont mis à pleurer.

_______________

* Edmondo de Amicis est un auteur italien mort en 1908, qui a écrit des livres pédagogiques, dont Cuore et Les deux amis, classiques de la littérature enfantine, exaltant l’amitié entre camarades d’école, le courage, le patriotisme, etc.

Io, in Russia e in Cina – La Feltrinelli

Source : « Fu la Cina l’ultimo amore di Malaparte » https://www.agi.it/cultura/curzio_malaparte_60_anni_cina_...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

(de l’italien parce que pas l’édition française sous la main)

 

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[Si je ne me trompe, c’était pendant les Cent Fleurs. Vladimir Vladimirovitch avait cinq ans, Xi Jinping en avait quatre. Malaparte n’a donc pas connu le « Grand bond en avant » ni la Révolution culturelle. Tant mieux pour lui.

Il n’aura pas connu non plus la Révolution cubaine, ses soixante et quelques années de blocus meurtrier, la Révolution des œillets portugaise, le Chili, l’Angola, la victoire des Sud-Africains, les petits Gazaouis vitrifiés au lance-flamme… Il n’aura pas connu les années Eltsine, Beslan, la guerre de Tchétchénie, la Russie de Poutine, la « libération verticale » qu’il avait pourtant annoncée (par les bombes) de la Yougoslavie, les années de plomb de son pays, Aldo Moro dans son coffre de voiture, le retour des nazis en Ukraine, les destructions systématiques de l’Irak, de la Syrie, de la Libye, du Yémen et j’en passe.

Il n’y a rien à répondre à ce qu’il dit, sinon le croire de toutes nos forces :

« …absout toutes les erreurs quelles qu’elles soient, parce qu’elle est la preuve manifeste et indiscutable que la somme des faits positifs, dans le mouvement du progrès, est supérieure toujours à la somme des erreurs ». ]

 

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Curzio Malaparte

En Russie et en Chine

Paris, Les Belles Lettres, 2014

Coll. Le goût des idées

272 pages

 

 

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Malaparte et les croix chinoises

Un récit d’Igor Man – La Stampa.it - 2002

 

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« Curzio Malaparte in hora mortis », par Luca del Baldo

 

Sur la poche de poitrine du pyjama (de soie) de Malaparte, il y avait une petite broderie, un dessin simple et pourtant complexe. « C’est le signe de la longévité – expliquait Curzio – un dessin de mes amis chinois. Ce n’est pas juste pour conjurer le sort, c’est un réconfort. Une aide pour le cas où il faille s’en aller. On peut continuer à vivre aussi de l’autre côté, dans le nouveau territoire qui nous est assigné par le créateur. Ce sera une vie plus difficile, mais peut-être moins pénible. Parce que, comme on le sait, vivre bien est assez facile, ils ne sont que trop nombreux à y réussir. Mais ça ne m’a jamais été possible. Ce qu’il y a, c’est que les choses difficiles me plaisent trop. Et que ça fatigue, parfois. Tant.

Curzio Malaparte préférait la lumière tamisée. Il avait appris à l’apprécier en Chine et ainsi désirait que dans sa chambre n’entrât jamais une trop forte clarté. Un après-midi pourtant, il voulut que j’ouvre la fenêtre en grand. C’était l’après-midi du 13 avril 1957. Il disait, content : « On est en avril, on ouvre la fenêtre et c’est le printemps. Laissons-le entrer, il ne lui faut qu’un moment. Maintenant, referme, s’il te plaît, Igor. Merci. Même si on ferme la fenêtre, c’est toujours le printemps. Il est entré. Désormais, si je touche quelque chose, c’est le printemps : le printemps est dans l’air, partout. Dans l’eau que je verse dans mon verre. Je bois le printemps dans l’eau. Dans une gorgée d’eau à peine. C’est comme ça. »

Quand il était là-bas, en Chine, dans cet hôpital près du Fleuve Bleu, il lui arrivait souvent de penser au printemps. Il y avait dans l’air une suave couleur de rose, racontait Curzio. C’étaient les persiennes de la fenêtre qui rendaient rose la lumière. Et verte aussi. Ou grise. Ou d’un bleu voilé d’argent. Comme le bleu de la Montagnola ou l’argent des oliviers de Poggiboni et des collines du Val d’Elsa. De Spazzavento. Fermant à moitié les yeux, Malaparte disait : « Alors, je me trouvais tout d’un coup au milieu d’un pays toscan. En Chine, la lumière fait de ces miracles ».

Les Chinois disent que la lumière est bonne et qu’on doit être gentils avec elle, qu’il faut la traiter bien, la lumière, ne pas s’en emparer avidement. Si on est gentils avec la lumière, la lumière te fait cadeau de plein de couleurs. Comme cela se passait là-bas, quand Malaparte était dans un hôpital voisin du Fleuve Bleu. Novembre finissait, et pourtant la lumière avait les tons délicats du printemps. La même chose se produisait en approchant de Noël. Curzio, toutefois, n’était plus soulevé par celle lumière gentille. Le directeur de l’hôpital lui demanda ce qu’il avait : « Vous avez perdu votre sérénité » dit-il. « J’avais promis, m'expliqua Curzio, aux enfants des phares, aux gamins des gardiens des phares qui toutes les nuits s’allument en Italie, que je leur ferais faire une belle fête de Noël. Pauvres petits, si loin et si perdus, toujours au milieu des vipères et sans jouets. J’avais espéré pouvoir être rentré à la maison pour Noël. Mais j’étais encore à l’hôpital. Je regrettais pour les enfants des phares. J’allais les décevoir. » C’est pourquoi Malaparte était triste, de mauvaise humeur. Même la lumière qui filtrait de la fenêtre ne réussissait pas à le soulager. Mais le directeur sourit. Comme seuls les Chinois le font et on ne peut pas comprendre s’ils sont émus ou indifférents, s’ils t’aiment ou s’ils te haïssent. On ne comprend pas. Jamais. Il sourit, le directeur, et dit : « Ici aussi il y a des enfants comme ceux que vous dites. Ils sont quatre, les enfants du gardien du phare qui se trouve au milieu du grand fleuve. Quelle différence y a-t-il entre un enfant et un autre, entre un enfant italien ou chinois ou russe ou américain ? Ce sont tous des enfants ». Ainsi, les enfants du gardien de phare chinois ont eu des cadeaux inattendus. « Et Noël a aussi été bon pour moi – disait Curzio – : j’ai reçu un très beau télégramme. Le ministre Tambroni avait débloqué un million pour le Noël des phares, pour les enfants italiens qui vivent isolés. J’ai eu un beau Noël, même si j’étais à l’hôpital et si l’Italie se trouvait de l’autre côté du monde. Même si les douleurs me rongeaient les os et m’ôtaient le sommeil. Un Noël avec les enfants des phares ».

Les enfants du gardien de phare chinois voulurent remercier Malaparte. Ils vinrent à l’hôpital avec un cadeau pour lui. « Oh, comme le cœur me battait, disait Malaparte, leur cadeau, c’était deux bocaux dans lesquels frétillaient deux petits poissons. Ils les avaient pêchés dans le grand fleuve qui va très loin, expliqèrent-ils. Curzio devait plonger les doigts d’abord dans l’un, puis dans l’autre des bocaux et effleurer les poissons. Comme ça son mal, la mauvaise maladie, passerait aux petits poissons. Une fois retournés au phare, les enfants les rendraient au grand fleuve et le fleuve les emporterait, eux et la maladie appelée cancer, quoique Curzio refusasse d’avoir le cancer : « J’ai la tuberculose, moi. Je l’ai attrapée avec les gaz d’ipérite quand je jouais aux cartes avec les morts de Bligny » disait-il au mépris de la vérité.

Une fois arrivés à la mer, les petits poissons eux-mêmes perdraient la maladie et elle disparaîtrait pour toujours. « J’ai fait comme ils disaient – racontait Malaparte – j’ai agité les doigts dans les bocaux, et les petits ont murmuré, satisfaits. Ils se sont inclinés, ils ont repris leurs bocaux, et après s’être encore inclinés, ils s’en sont allés. Ils marchaient tout doucement, en faisant bien attention que les poissons ne s’échappent pas, parce qu’il fallait les reverser dans le grand fleuve bleu qui devait les porter loin. Eux et la maladie. Oh, comme le cœur me battait, maintenant que je t’en parle, Igor, je me rends compte que j’ai été heureux ». […]

Source : http://www.farodihan.it/2002/11/30/malaparte-e-la-croce-c...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

 

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Curzio Malaparte

La Volga naît en Europe

Paris, Les Belles Lettres, 2012

Collection « Mémoires de guerre »

304 pages

 

 

 

 

Pourquoi la Volga est un fleuve européen et pourquoi la Seine, la Tamise, le Tibre (et le Potomac aussi) sont ses affluents.

Pendant la guerre contre la Russie, dès le début de la campagne, au cours de l'été 1941, ma connaissance de la Russie soviétique et de ses problèmes m'aida beaucoup à juger de la nature des événements, et à prévoir leur inévitable évolution.

Il ne faut pas oublier que j'étais un correspondant de guerre de l'Italie, pays de l'Axe, au même titre que les trois cents correspondants de guerre affectés aux troupes italiennes sur tous les fronts, en Libye, dans les Balkans et même en Russie : que l'on ne s'étonne pas, par conséquent, que je fusse avec les troupes de l'Axe et non point avec les Anglais ou les Russes. Ce n'est pas ma faute personnelle si j'étais un citoyen de l'Axe et si les citoyens russes, anglais et américains étaient des citoyens des pays alliés. Ce que j'observais sur les champs de bataille n'était autre chose que la confirmation, la preuve de ce que j'écrivais sur la Russie communiste depuis plus de vingt ans. Dans toute mon expérience personnelle des choses russes, je me suis toujours refusé à juger la Russie soviétique du point de vue qu'on pourrait appeler « bourgeois », c'est-à-dire d'un point de vue nécessairement subjectif.

[…]

Il faut rappeler cette vérité, à la veille de la grande lutte qui pourrait se terminer par l’effondrement de la Russie soviétique. Car beaucoup de gens s’abandonnent au préjugé trop simpliste que la guerre contre la Russie soviétique, celle d’hier comme celle de demain, est tout bonnement une lutte de l’Europe contre l’Asie, contre des idéologies asiatiques. C’est contre des idéologies européennes que l’Allemagne dans sa guerre contre l’URSS a combattu hier : c’est contre des idéologies européennes que l’Amérique combattra demain, dans sa guerre inévitable contre l’autre Europe.

[…]

L’Europe bourgeoise ne peut plus rien désormais ­ – et je crois ne pas me tromper – contre la Russie prolétarienne. Elle a passé les cartes de son jeu à la grande démocratie « bourgeoise » américaine.

Il y aura peut-être, et elle me paraît inévitable et hélas prochaine, une tentative américaine pour s’opposer au communisme russe. Même si l’Amérique réussissait dans son intention d’abattre la puissance soviétique (ce qui est probable), sa victoire laisserait sans solution, en Europe, les problèmes qui agitent profondément l’esprit des masses prolétariennes.

Extraits de la préface écrite en français par Malaparte, pour l’édition de 1948.

 

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Malaparte jouant au samourai pour rire devant un public chinois bon enfant.

(Oui, je sais que les samourais c’est japonais !)

 

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CATALOGNE

 

Réponse de Bruno Drweski

à Do, de Mai 68 (http://mai68.org/spip2/spip. php?article843) :

 

« Si nous soutenons le gouvernement bourgeois indépendantiste de Catalogne, alors il faut être logique, il faut soutenir l'indépendance "kouchnérienne" du Kurdistan irakien, le combat kurdo-israélo-usano-antisyrien pour le Rojava, l'indépendance néo-fasciste du Vlaams Blok flamand ou de la Padanie nord-italienne et du Xinjiang/Turkestan chinois ainsi que de la Tchétchénie russe, sans pour autant faire le bilan des résultats concrets qu'ont apporté aux peuples concernés et, plus largement, à l'humanité progressiste, le démantèlement déjà réalisé de l'URSS, de la Yougoslavie, de la Tchécoslovaquie, du Soudan, etc. »

 

On ne saurait mieux dire.


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Mis en ligne le 25 octobre 2015.

 

 

 

21:24 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/10/2017

LE DÉCLIN DE L'OCCIDENT

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Le Déclin de l’Occident

13 octobre   2017

 

1 - L'Occident éjecté de l'Histoire
2 - Qu'est-ce qu'une langue ?
3 - La postérité d'Oswald Spengler

 

1 - L'Occident éjecté de l'Histoire

Que signifie le verbe exister appliqué à la géopolitique? Une Europe politique peut-elle exister?

Pour tenter de comprendre la question, remontons au latin, notre langue-mère, dans laquelle le verbe exister renvoie à ex-sistere, sortir de l'immobilité debout, assise ou couchée et se mettre en mouvement dans une direction déterminée.

En ce sens, l'humanité, à l'instar des gastéropodes, se trouve pourvue d'une sorte de coquille existentielle chargée de protéger une espèce en déplacement. En 1818, Louis XVIII revenu au pouvoir en 1814, avait fait bénéficier le peuple français d'une Charte qui lui garantissait les apanages et les privilèges que la nation en mouvement avait déjà conquis à l'écoute de sa propre volonté en 1789. Tout le XIXe siècle a été scandé par le combat du peuple français pour la reconquête et la défense des droits d'une espèce auto-propulsive à laquelle son statut interdisait de jamais s'arrêter et de tomber dans la stagnation des troupeaux que leur position "courbée vers la terre", dit Salluste, condamne à "obéir à leur ventre".

Cette disposition universelle de notre espèce, Bergson l'a exprimée par les concepts de société ouverte et de société fermée, Sartre par la distinction entre l'en soi et le pour soi, le christianisme par la distinction entre le sacré et le profane, Pascal, par la distinction entre les "grandeurs d'établissement" et les "grandeurs spirituelles", les religions dans leur ensemble par la ligne de démarcation qu'elles tracent entre la matière et l'esprit. Il en résulte, en bonne et saine logique anthropologique, qu'une nation sort de l'arène de l'histoire quand elle cesse d'avancer - donc d'exister - conformément à sa nature.

Dans ce contexte, l'Espagne sortirait de l'histoire si elle perdait la Catalogne. Or la péninsule ibérique est composée de deux espèces de conquistadors, les Ibères proprement dits et les Portugais. Les premiers ont conquis l'Amérique, les seconds ont longé pendant des années, avec une patience tenace, tout le continent africain jusqu'au jour où, à force d'avoir le vent en poupe, ils ont dépassé la pointe sud de l'Afrique et ont réussi à garder le cap de leur bonne espérance. Or, la Catalogne s'est révélée la gigantesque plateforme de l'immobilité d'une civilisation ibérique en mouvement, mais qui avait besoin d'un magasinier. Depuis lors, comme disait Valéry, "le temps du monde fini a commencé".

Comment demeurer en chemin, comment persévérer à se rendre quelque part, comment seulement tracer une route dans une immensité connue s'il n'y a plus d'étendue à conquérir, à moins de se chercher une voie hors du système solaire?

 

2 - Qu'est-ce qu'une langue ?

Observons les rapports que les langues entretiennent avec la vocation auto-propulsive de l'espèce.

Il existe un dictionnaire du français classique. Mais le français du XVIIe siècle ne se réduit pas à un lexique cadenassé par un dictionnaire, lequel ferait d'un catalogue une forteresse. Il implique une pré-sélection des mots et des tournures chargés de donner leur élan, leur tonalité et leur âme une civilisation. Les mots ne sont pas inertes: quand le Général de Gaulle impose sa cadence et son pas à la politique de la France, il s'exprime dans une langue énergique et fermement rythmée, dont le flux naturel ne saurait se trouver entrecoupé des ânonnements et des bégaiements du français des dirigeants d'aujourd'hui. Leur langage traduit une infirmité de la volonté et une instabilité intellectuelle propres à toutes les décadences. A ce titre, François Hollande s'est révélé le premier Président de la Vè République que Régis Debray a pu qualifier d'illettré.

Cependant, méfions-nous également des pièges que nous tend le terme de décadence, lequel nous renvoie à cadere ou decadere, tomber. L'immaturité politique de la Catalogne, par exemple, est si grande qu'elle refuse la protection indispensable de Madrid pour se ruer les yeux fermés sous la tutelle rapace de Washington. Comment se fait-il qu'il aura suffi à la Tunisie visionnaire d'Habib Bourguiba de deux générations pour se rendre à nouveau massivement à la Mecque et pour y lapider un Lucifer censé s'y trouver en chair et en os? Comment se fait-il que la riche Algérie en soit venue, en un demi-siècle seulement, à acheter son pain à Paris? C'est que, sitôt ces nations devenues indépendantes, la sottise et l'ignorance scellent à nouveau le pacte avec un mécanisme bien connu, celui de la corruption avec l'incompétence. La presse algérienne d'aujourd'hui retentit de lamentations de ce que M. Bouteflika n'ait pas su diversifier l'industrie et le commerce algériens.

Considérons maintenant les apories qui étranglent l'Europe politique. Comment une bigarrure européenne de vingt-huit nations privées d'un passé commun, donc sans racines, et une polychromie désordonnée de vingt et une langues et de plusieurs religions radicalement incompatibles les unes avec les autres, changeraient-elles de rythme et de cadence et avanceraient-elles d'un seul et même pas? Ce peloton de pseudo nations n'a ni centre, ni frontières. Il ne peut que tomber dans le néant dont il est habité, puisqu'il n'a jamais réellement existé.

Une civilisation militairement occupée par cinq cents forteresses étrangères et qui n'a donc pas d'armée, n'a pas de souveraineté. Or, depuis soixante ans aucun journaliste n'a publié le plus innocent reportage sur la vie au jour le jour des troupes américaines incrustées sur le sol du Vieux Monde. Dans son interminable discours à la Sorbonne du 26 septembre 2017, parmi les réalisations urgentes auxquelles l'actuelle Union européenne doit se livrer afin de conquérir une "souveraineté active", la seule condition que le Président Macron a sciemment omise - et avec le plus grand soin - d'évoquer, est celle de l'expulsion des troupes d'occupation de l'empire américain camouflées sous l'habillage de l'OTAN.

Il existe une fable de l'antiquité grecque, inspirée d'Hérodote et racontée par Platon au début du deuxième livre de La République - celle de l'Anneau de Gygès. Le mythe décrit l'histoire d'un personnage de ce nom qui avait trouvé par hasard, lors d'un violent orage, une bague qui lui permettait de se rendre invisible. Gygès avait découvert qu'en tournant vers l'intérieur de sa paume le chaton de cette bague, il disparaissait aux regards, ce qui lui avait permis de séduire la reine de l'endroit, puis d'assassiner impunément le roi.

Aujourd'hui, le territoire de l'Europe est occupé par des régiments sur lesquels, non seulement personne n'ouvre les yeux, mais qui exigent maintenant que l'espace Schengen se change en champ de manœuvre de leur stratégie. Le continent est quadrillé du nord au sud et de l'est à l'ouest par cinq cents bases de l'étranger, mais M. Emmanuel Macron n'a pas cité leur démantèlement comme condition évidemment première d'un recouvrement par l'Europe de sa souveraineté. Puisque ni lui, ni aucun autre dirigeant européen ne voient ces troupes venues d'ailleurs, nous devons en conclure que les soldats de l'OTAN portent tous au doigt la fameuse bague qui les rend invisibles.

Un territoire occupé se situe en deça de toute possibilité de seulement évoquer sa souveraineté. Même la Suisse n'est souveraine que parce qu'elle s'est armée jusqu'aux dents en temps de paix. Or, privée de souveraineté, l'Europe occupée se trouve privée de toute existence politique, donc de destin. En vérité, le nouvel horizon qui servira de finalité à une espèce en mouvement ne pourra être autre qu'une plongée dans l'infini d'une vraie connaissance de soi. Seul ce désert nouveau ouvert au mouvement intérieur, que Socrate a placé sous nos pas il y a deux millénaires et demi, nourrira une résurrection

 

3 -La postérité d'Oswald Spengler

Nous approchons du centième anniversaire de la parution en 1918 à Vienne et en 1922 à Munich de l'ouvrage d'Oswald Spengler portant le titre prémonitoire Le Déclin de l'Occident et qui n'a été traduit en français que trente ans plus tard, chez Gallimard, en 1948. Cet ouvrage a marqué de son empreinte les Arnold Toynbee et même les Raymond Aron.

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C'est pourquoi une grande nation ne saurait se donner deux grammaires et deux syntaxes pour langues officielles et qui exprimeraient son identité à parts égales. Car les langues génératrices d'une haute culture philosophique, littéraire et scientifique servent de pilotes cérébraux aux empires. Leur logique interne et leur message jouent le rôle d'ordinateurs et de têtes chercheuses de l'humanité. On ne raisonne pas en allemand comme en français, en anglais comme en espagnol, en russe comme en chinois ou en portugais.

Certes, dit Descartes, j'existe puisque je pense. Mais puisque penser, c'est avancer, je ne sais qui je suis si j'ignore les signifiants qui font de moi un itinérant. Comment saurions-nous que nous marchons si nous ne savons pas comment notre langue nous fait progresser. Pour cela, il faudrait que nos universités se rendent capables de décoder la progression de la rédaction des vingt-neuf étapes de la Jeune Parque de Valéry. On a vu récemment un candidat au prix Goncourt présenter un roman mécaniquement fabriqué sur une imitation automatique du style de Céline. Mais quand Balzac écrit à Mme Hanska qu'il a réécrit treize fois César Birotteau, marchand parfumeur "les pieds dans la moutarde", c'est une bien mystérieuse moutarde que celle dont la vocation obéit au commandement intérieur qui fait dire à Balzac: "J'ai arraché des mots à la nuit et des idées au silence".

Notre enseignement universitaire ignore tout des secrets de la création littéraire. Quant aux célèbres universités américaines, dont la réputation est si surfaite en Europe, elles sont encore plus loin que les nôtres de savoir le premier mot du génie littéraire. Elles ont bien tenté d'enseigner l'art d'écrire. Mais sitôt qu'elles ont voulu préciser le rôle de l'individu unique dans une création unique, elles sont demeurées muettes.

Quant à nos élites politiques et à notre intelligentsia, elles n'ont les yeux fixés que sur des emplois à sauver, alors que seul le sauvetage des fleurons de notre industrie aurait permis de sauver d'un même mouvement le prestige de la nation et les emplois. Pour la première fois, M. Montebourg évoque la comparution future à la barre d'un tribunal approprié de l'ancien et de l'actuel Président de la République pour haute trahison, en raison des conditions suspectes de la vente des turbines à gaz d'Alstom à l'Amérique, puis du TGV à l'Allemagne.

Malheureusement, le patriotisme du peuple français n'est pas près de se réveiller sur un échiquier moteur, celui des industries de l'avenir. Une classe dirigeante bégayante et balbutiante témoigne à chaque instant que les langues vivantes sont le propulseur de l'histoire du monde et qu'un groupe de nations scindées entre une foultitude de syntaxes et de grammaires ne dispose pas et ne disposera jamais de la cohérence cérébrale qui seule peut assurer une cohésion politique.

Aujourd'hui, l'implosion d'une civilisation se révèle parallèle à la dispersion et à la dissolution de son langage, à la disparition de son souffle critique, à la mort de sa lucidité et à la complaisance à son auto-domestication.

Le 13 octobre 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

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Il y en a pourtant qui résistent…

 

NORVÈGE

 

Ça fait mal quand les empires tombent

Pål Steigan – Information Clearing House8 octobre 2017

 

Il y a un genre de peinture de paysages des XVIIe et XVIIIe siècles qui devrait nous faire réfléchir. Peintures de paysages italiens, où on voit des chevriers et leurs troupeaux errer parmi les ruines d’aqueducs, de ponts et de temples romains. Ce qu’ils ont de fascinant, c’est qu’ils dépeignent une société européenne qui, plus de 1.200 ans après la chute de l’Empire romain, n’avait toujours pas regagné le niveau de production et d’infrastructure qu’avait eu cet empire à son zénith. Ce n'est pas avant la révolution industrielle du XVIIIe siècle que la production et l’infrastructure, en Europe, ont réussi à surpasser l’Empire romain à l’apogée de sa gloire.

 

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Jan Asslyn – Paysage italien avec les ruines d’un pont et d’un aqueduc romains (détail)

 

Les peintures de chevriers dans les ruines d’infrastructures et de temples de la Rome antique sont comme des images de gens qui se déplaceraient dans les restes d’une civilisation high-tech à la hauteur de laquelle ils ne pourraient plus être. La ville de Rome, à son apogée, a eu un million d’habitants. Ils avaient besoin d’une infrastructure très développée pour satisfaire leurs besoins en eau, en nourriture, pour le transport et la livraison des marchandises, pour les besoins du commerce, etc. La ville offrait, à l’époque, le principal exemple d’une industrie de matériaux de construction ayant la capacité et le niveau de compétences requis pour fournir l’énorme quantité de ces matériaux qu’exigeait une telle ville.

Quand l’empire s’est effondré, l’infrastructure a cessé d’être entretenue. Les aqueducs se sont peu à peu brisés et les villes petites et grandes ont cessé d’être alimentées en eau. Les routes et les ponts se sont détériorés et n’ont plus été réparés. Le transport des marchandises est passé de l’état de fleuve débordant à celui de paisible ruisseau. 1.200 ans après ses jours de gloire, Rome était une ville de province ruinée, avec une population de 10.000 âmes.

Les Étrusques, et plus tard les Romains, avaient asséché les marais pour pouvoir augmenter leur production de denrées alimentaires. Ils avaient par la même occasion éradiqué la malaria. Mais quand l’empire s’est écroulé, les fossés de drainage ont cessé d’être entretenus et la malaria a réapparu. Ce n’est que dans les années 1930, après l’arrivée au pouvoir des fascistes, que les marais ont été ré-asséchés et que la malaria a redisparu d’Italie.

 

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L’empire d’aujourd’hui est extrêmement vulnérable

Nous, qui vivons en un temps où un autre empire montre beaucoup des mêmes tendances à la désintégration que l’empire romain connut sur sa fin, avons toutes les raisons d’y réfléchir sérieusement.

À partir d’un certain moment, les empereurs romains se sont mis à mélanger de plus en plus de plomb à leur monnaie d’argent (denarius), au point qu’à la fin, elle ne contenait presque plus d’argent. Ce fut l’hyperinflation de l’époque. Les citoyens romains ne souhaitaient plus se battre dans l’armée, si bien que l’armée ne fut plus composée que de mercenaires. C’est de là que vient le mot soldat : un soldat était quelqu’un qui recevait de l’argent pour se battre (solidus – monnaie d’or). Pour pouvoir payer les soldats, il fallut frapper davantage de monnaie. Les guerres de l’empire coûtaient cher et l’empire était vaste. Le problème fut donc résolu en frappant de plus en plus de monnaie dont la valeur devenait de plus en plus faible.

Le monde est dominé aujourd’hui par l’empire américain. Il influence tout ce qui concerne la production mondiale, le système monétaire, le commerce, l’agriculture, le système énergétique, etc. de la planète.

 

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Source : Texas Precious Metals

 

L’empire a atteint son niveau le plus haut vers 1971, quand les USA ont abandonné l’étalon-or. Après cela, la croissance de l’empire a dépendu de l’impression de plus en plus de papier-monnaie, et maintenant, de monnaie digitale. Mais l’empire est aussi tributaire du fait que le reste du monde accepte ces symboles en remplacement de la chose réelle. Les guerres US, au XXIe siècle, sont largement financées par la vente d’obligations du gouvernement US à la Chine. Autrement dit, la Chine prête de l’argent à l’État américain.

 

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Croissance de la dette des USA

 

Le système mondialisé de la production et du commerce est réglé avec précision pour fournir des marchandises et des éléments composants juste-à-temps. La production de viande norvégienne par exemple, dépend de l’arrivée à Fredrikstad d’un bateau y apportant du soja du Brésil une fois par mois. Si le bateau n’arrivait pas, il y aurait une crise généralisée dans la production de viande norvégienne.

Quand ce qu’on a appelé le scandale de la viande de cheval a éclaté en 2013, le Financial Times a bien montré comment fonctionne le système du commerce et du transport de la viande en Europe.

Les abattoirs exigent beaucoup de capitaux et d’énergie, et c’est pourquoi il y a de moins en moins d’abattoirs pour alimenter un marché de plus en plus globalisé. Leurs marges bénéficiaires sont d’une minceur extrême, raison pour laquelle ils rognent sur les coûts partout où ils le peuvent.

De leur côté, les grandes chaînes de supermarchés veulent à tout moment pouvoir acheter les produits de base alimentaires aux prix les plus justes. Leurs courtiers passent les journées pendus au téléphone pour faire leurs achats en gros aux meilleures conditions possibles. Le Financial Times cite le professeur Karel Williams, de la Manchester Business School, qui explique comment les camions réfrigérés font la queue devant les abattoirs de Hollande à la fin de chaque semaine, les conducteurs n’ayant, jusqu’à la dernière minute, aucune idée de l’endroit où il devront livrer. Dès que les marchés sont conclus, le conducteur reçoit son ordre de mission et il se met en route pour l’endroit désigné. « Le commerce européen est une noria qui fait continuellement circuler des parties d’animaux dans des camions de 40 tonnes ».

La FAO (Food and Agriculture Organization = ONU) dit qu’il y a quelque chose comme un quart de million de plantes comestibles qui pourraient être cultivées. Mais l’humanité s’est rendue dépendante de 3% seulement d’entre elles.

L’approvisionnement en nourriture du monde dépend de 150 espèces de plantes. Les ¾ de toute l’énergie que nous recevons sous forme d’aliments végétaux proviennent de seulement 12 d’entre elles. La concurrence et le besoin d’augmenter la production ont eu pour résultat une réduction drastique de la diversité génétique. Le système exige de plus en plus d’énergie, de minéraux et de matières premières rares, à un taux de croissance exponentiel.

Cela rend l’empire d’aujourd’hui extrêmement vulnérable. L’agriculture pourrait très bien se retrouver face à une expérience similaire à la crise de la pomme de terre, qui a frappé l’Irlande en 1847, causant la mort par famine d’un million de personnes. Il est facile d’imaginer combien elle sera dévastatrice et dramatique. [L’auteur emploie bien le futur, pas le conditionnel. ndt].

En bref, quand le système s’effondrera, ce sera exactement comme dans l’Empire romain : par l’effondrement de l’infrastructure critique. Il ne sera tout simplement plus possible de nourrir autant de monde qu’avant. Cela pourra se traduire par des famines à grande échelle plus ou moins généralisées, à un degré que l’humanité n’a jamais connu. Il y a aujourd’hui 37 méga-cités dans le monde, et les plus grandes ont plus de 30 millions d’habitants. S’il y a rupture dans l’approvisionnement en eau, en énergie ou en nourriture, ces villes deviendront inhabitables.

La nourriture et l’eau sont essentielles. Sans nourriture et sans eau, nous ne pouvons pas vivre. Mais beaucoup de nos systèmes sont aussi extrêmement dépendants du pétrole et de rares minéraux terrestres, qui se raréfient chaque jour davantage. Quand ce système s’effondrera, cela pourrait avoir des conséquences très dramatiques. L’exemple de l’empire romain montre qu’il pourrait se passer vraiment beaucoup de temps avant que quoi que ce soit d’autre prenne sa place.

Il n'est pas difficile de montrer que le capitalisme d’aujourd’hui, basé sur la croissance, est en sursis. Car il est loin d’être robuste et durable. Il est, au contraire, très vulnérable et instable. C’est une des raisons pour lesquelles il est nécessaire de travailler à remplacer ce système aussitôt que possible par autre chose et d’apprendre comment on organise une société d’une façon plus saine et plus durable.

 

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La chute de Rome

 

Les mondialistes de droite et de gauche déplorent le fait que les peuples tournent le dos à cette mondialisation qu’ils prêchent, eux, depuis des décennies. Les peuples, en effet, se tournent de plus en plus vers des politiques populistes et sont devenus si « réactionnaires » qu’ils entendent préserver leurs états nationaux, leurs productions locales et pire encore. Mais ce sont les mondialistes, pas les peuples, qui jouent à la roulette russe. C’est leur système qui nous a rendus si totalement vulnérables. Assurer la sécurité alimentaire et des communautés locales/nationales viables, restaurer le métabolisme détruit entre société et nature, c’est cela qui est véritablement progressiste. C’est cela qui est l’avenir, et nous avons grand besoin de nous débarrasser d’urgence de l’empire et de son économie de parasites et de profiteurs.

Si nous ne le faisons pas, il se pourrait que les peintres de paysages, dans quelques centaines d’années, peignent des chevriers en train de faire paître leurs troupeaux dans les restes déglingués de gratte-ciels et de ponts d’autoroutes.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/47972.htm

Source d’origine : https://steigan.no/2017/10/07/it-hurts-when-empires-fall/

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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FRANCE

 

Liberté d’expression ? Ha ha ha !

Après Jacques Sapir, dernier en date : jusqu’à très récemment, pour se rendre sur le site du Comité Valmy, il suffisait de taper « Comité Valmy » dans Google et divers liens s’offraient. Il suffisait de cliquer sur l’un d’eux. Essayez à présent ! Les maîtres à penser de Google sont passés par là. Ceux qui nous ont lus jusqu’ici n’en seront pas surpris. Contrattaquez : mettez-le dans vos favoris !!!

 

Comment Valmy est censuré ?

Comme le sont bien d’autres (le World Socialist Web Site par exemple) depuis que Google joue les Torquemada

par Comité Valmy –­­ 12 octobre 2017

 

Le site du Comité Valmy est actuellement censuré, apparemment de la même façon et dans des proportions comparables à ce qui est dénoncé par WSWS, pour ce qui le concerne, dans l’article qui suit.

Nous reviendrons dans les meilleurs délais et avec plus de détails, sur cette grave question. Nous invitons nos amis et toute personne hostile à ce type de sabotage, à réagir en diffusant nos textes auprès de leurs correspondants pour tenter de le contrecarrer.

 

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Un nouvel algorithme de Google
limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche

Andre Damon et Niles NiemuthWSWS 28 juillet 2017

 

Un nouvel algorithme de Google
limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche

Au cours des trois mois écoulés depuis que le monopole des moteurs de recherches sur Internet, Google, a annoncé qu’il fallait empêcher les utilisateurs d’accéder à de « fausses nouvelles » (fake news), le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques a considérablement diminué.

Le 25 avril 2017, Google a annoncé qu’il avait mis en place des modifications de son service de recherche pour rendre plus difficile pour les usagers d’accéder à ce qu’il appelait des informations « de mauvaise qualité » telles que les « théories du complot » et les « fausses nouvelles ».

La société a déclaré dans un article de blogue que l’objectif central de la modification de son algorithme de recherche était de donner au géant des recherches un plus grand contrôle dans l’identification du contenu jugé répréhensible par ses directives. Il a déclaré qu’il avait « amélioré nos méthodes d’évaluation et effectué des mises à jour algorithmiques » afin de « contenir un contenu plus autorisé ».

Google a poursuivi : « Le mois dernier, nous avons mis à jour nos lignes directrices sur la qualité de la recherche (Search Quality Rater Guidelines) pour fournir des exemples plus détaillés de pages Web de mauvaise qualité pour que les évaluateurs puissent les signaler de manière appropriée ». Ces modérateurs sont invités à signaler « les expériences qui pourraient perturber des usagers », y compris les pages qui présentent de « théories du complot », sauf si « la requête indique clairement que l’usager recherche un autre point de vue ».

Google n’explique pas précisément ce qu’il entend par le terme « théorie du complot ». En utilisant la catégorie large et amorphe des « fausses nouvelles », l’objectif du changement dans le système de recherche de Google est de restreindre l’accès à des sites Web présentant des opinions différentes, dont la couverture et l’interprétation des événements s’opposent à celles des médias de l’establishment tels que le New York Times et le Washington Post.

Lire la suite…

Source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9102

 

 

 

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Mis en ligne le 14 octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

19:52 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/10/2017

AUX DEUX EXTRÉMITÉS DU MONDE

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AUX DEUX EXTRÉMITÉS DU MONDE

 

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Anniversaire de Vladimir Poutine

Le Saker – The Saker.is ­ 7 octobre 2017

 

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Nous tombions dans l’abîme.

Ils avaient découpé la Russie et lui avaient enlevé ses territoires historiques, ceux qui avaient formé la nation. Ils avaient divisé et séparé ses peuples et ils se préparaient à mettre en pièces jusqu’à son cœur même.

Tout était prêt. Ils avaient préfabriqué des territoires ethniques, avec leurs drapeaux, leurs hymnes nationaux et les gouvernements qu’ils leur avaient sélectionnés. Ils avaient imprimé et livré les monnaies de ces pays inventés, comme par exemple « la République de l’Oural ».

Les Khasavyurt, menés par les fantoches liquidateurs de la Russie avaient donné le signal du commencement de la fin de la Russie elle-même.

Les républiques ethniques attendaient sur la ligne de départ. Le Tatarstan devait être le premier à partir. L’Occident satanique était prêt à s’emparer de Kazan et d’autres territoires.

Sans tanks, sans invasions d’armées étrangères, sans bombardements ni attaques chimiques, la Russie rétrécissait à vue d’œil. D’après leurs plans, elle devait rétrécir jusqu’à devenir le Grand Duché de Moscou et ils auraient préparé une monarchie pour nous gouverner.

Abjecte pauvreté, désolation, ruines, meurtres dans les rues des villes, guerres mafieuses, rackets, « politiciens » et « hommes d’affaires » portant ouvertement assistance aux terroristes islamistes et aux mercenaires internationaux venus déchaîner la guerre dans le Caucase. Clubs du centre de Moscou où venaient se goberger ceux qui faisaient tuer des soldats russes.

Les postes de gouvernement, au Kremlin et au Parlement, occupés par ceux qui envoyaient les soldats russes se faire tuer dans le Caucase, tout en informant de leurs positions les djihadistes, les forces spéciales étrangères et les autres assassins qui fondaient sur le Caucase de tous les coins du monde, pour participer à la chasse aux Russes.

Les seules choses qui croissaient et augmentaient en nombre sur le territoire de la Russie étaient les cimetières et les fosses communes. Proportionnellement, les comptes bancaires des équipes de liquidation n’en finissaient pas de gonfler.

 

*

Dans les clubs de luxe du centre de Moscou et à l’étranger, ils célébraient leur interminable carnaval de vainqueurs. Ils célébraient nos funérailles.

Ils nous déshumanisaient. Ils nous dépeignaient comme des porcs squelettiques promis à l’équarrissage. Ils nous représentaient comme des ivrognes nus à colliers de chiens, couchés en rond aux pieds de leurs maîtres. C’étaient nous les sales bâtards qu’ils dépouillaient, violaient et enchaînaient. Ils étaient sûrs que nous resterions là, enchainés, à les servir, eux les vainqueurs, pour un os.

Leur classe créative n’en finissait pas de célébrer notre défaite. Elle se chargeait avec enthousiasme de nous insulter et de nous cracher au visage. Quand ils étaient fatigués, ils mangeaient et ils buvaient du vin à nos frais, et une fois rassasiés, ils continuaient à cracher sur nous, sur notre histoire, sur notre caractère, sur notre foi. Des États-Unis, ils nous envoyaient des os de poulets. En échange desquels ils s’emparaient sans payer de notre pétrole, de notre gaz, de notre or, de nos diamants, de nos fourrures, de notre uranium, de notre bois, de nos œuvres d’art, de nos découvertes scientifiques, de nos inventions, de notre savoir-faire, de nos technologies secrètes et de nos hommes de science, dont ils faisaient leurs esclaves, de nos organes humains, de nos filles et de nos garçons impubères, pour les faire travailler dans leurs réseaux de prostitution d’Europe et de Turquie, du Moyen-Orient, des USA et même d’Afrique.

Les territoires des anciennes républiques furent confisqués, avec les peuples qui y vivaient. Ils commencèrent à les dévorer lentement, en attendant la complète liquidation de la Russie pour continuer à les détruire complètement. Ils digérèrent des parties de notre nation brisée et en firent de l’engrais humain, et ils se mirent à élever de nouveaux « managers » pour diriger cette nouvelle société multinationale avec ses industries et ses infrastructures prêtes à servir entièrement volées.

Ils avaient pré-imprimé des cartes géographiques selon le nouvel ordre du monde et de nouvelles frontières, la Chine recevant sa part du butin avec les territoires du Tadjikistan, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan et la Turquie recevant l’Azerbaïdjan et l’Arménie. La Pologne, l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Espagne, le Danemark et les autres auraient aussi reçu leurs parts d’esclaves, de territoires et de prostituées russes pas chères. Les citoyens d’Israël se voyaient dans le rôle d’administrateurs de ces territoires. Les USA ne voulaient qu’une seule chose : la propriété pleine et entière de tout ce qu’il y avait sous nos pieds, de toutes nos ressources minérales.

 

*

 

Quand Poutine vint, personne ne crut qu’il serait capable d’arrêter ce qui paraissait inéluctable.

*

Il fit des guerres. Personne n’y prêta attention et personne ne vit rien. Son activité fut phénoménale, comme le vent, invisible, mais assez fort pour que chacun ressente les effets de son passage, surtout ceux qui recevaient des branches directement sur la tête. Ses guerres furent, comme les radiations, indétectables par les sens, mais, avec une concentration toujours croissante, elles tuaient les ennemis lentement et sûrement.

 

*

Les années passèrent, et tout changea comme de soi-même.

 

*

Avant la dernière guerre - juste au cas où - il se prépara à mourir.

Il se distancia des gens auxquels il tenait le plus, pour qu’ils ne meurent pas avec lui. Et il partit en guerre.

 *

Il a voué sa vie à nous sauver tous.

Il s’est sacrifié et il a arraché des nations entières aux mâchoires de l’abîme.

Il a changé le monde pour toujours.

 

Source http://thesaker.is/vladimir-putins-birthday/

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

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Le jour de son anniversaire, Vladimir Poutine a présidé, au Kremlin, une réunion des membres permanents du Conseil de Sécurité

 

VOEUX

Du président de l’Ingouchie Iounous-bek Bamatgireyevich Evkourov

« Heureux anniversaire, Président. Merci pour tout ce que vous faites pour l’Ingouchie »

 

Des syriens

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Il y a 40 ans

 

Le 9 octobre 1965 (Vladimir Poutine avait 13 ans et deux jours) Ernesto Guevara dit à un jeune soldat bolivien, dont les docteurs cubains soigneraient plus tard gratuitement le père : « Courage, tu vas juste tuer un homme. »

 

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Lettre d’adieux du martyr Ernesto « Che » Guevara, lue par Fidel Castro

Sayed Hasan

 

La lettre d’adieux du Commandant Ernesto Che Guevara a été lue par Fidel Castro le 3 octobre 1965 à La Havane, face aux Comité Central du Parti Communiste cubain et devant les caméras. Après son retour d’Afrique en février 1965, le Che avait disparu de la scène publique sans explication officielle. A Cuba et surtout à l’étranger, des rumeurs faisaient notamment état de prétendues dissensions entre Fidel et le Che, voire d’une véritable purge. Cette lettre écrite de la main du Che a prouvé le caractère infondé de ces calomnies, que les réactionnaires (et pseudo-révolutionnaires) continuent à propager jusqu’à ce jour pour discréditer Cuba.

Avant même le commencement de la Révolution cubaine, le Che, internationaliste convaincu, ne s’était engagé aux côtés de Fidel Castro qu’à la condition d'être libre de poursuivre son action révolutionnaire et anti-impérialiste sous d'autres cieux après la victoire à Cuba. Ses expériences au Congo et en Bolivie n’ont été révélées qu’après sa mort avec la publication de ses Journaux de guerre par le gouvernement cubain. 

 

Adresse du Commandant Fidel Castro Ruz, Premier Secrétaire du Parti communiste de Cuba et Premier ministre du gouvernement révolutionnaire, lors de la présentation du Comité central du Parti communiste de Cuba à La Havane, le 3 octobre 1965

Traduite en français pour la première fois à l'occasion du cinquantenaire de l'assassinat du Che par la CIA, le 9 octobre 1967

 

 

Transcription :

[…] Il y a une absence dans notre Comité Central, (l’absence d’une personne) qui possède tous les mérites et toutes les vertus nécessaires, au plus haut degré, pour en faire partie, mais qui malgré cela n’est pas présent parmi les membres de notre Comité Central.

Autour de cette absence, l’ennemi a pu tisser mille conjectures; l’ennemi a essayé de duper et de semer l’ivraie et le doute, et patiemment, car il fallait attendre, nous avons attendu.

Et c’est ce qui différencie le révolutionnaire du contre-révolutionnaire, le révolutionnaire de l’impérialiste : nous les révolutionnaires, nous savons attendre, nous savons être patients, nous ne désespérons jamais, et les réactionnaires, les contre-révolutionnaires, les impérialistes, vivent dans le désespoir permanent, ils vivent dans l’angoisse perpétuelle, dans le mensonge perpétuel, de la manière la plus ridicule, de la manière la plus infantile.

Quand on lit les choses que disent certains de ces fonctionnaires, certains de ces sénateurs Yankees, on se demande : « Mais comment est-il possible que cet homme ne soit pas dans une étable au lieu d’appartenir à ce qu’on appelle un Congrès ? » (Applaudissements) Certains profèrent de véritables outrages. Et ils ont une habitude de mentir colossale et irrépressible, ils ne peuvent pas vivre sans mentir. Ils vivent dans la détresse.

Si le gouvernement révolutionnaire déclare une chose – c’est ce qu’il a toujours fait – comme ce fut le cas pour la question que j’ai mentionnée au début de mon propos, ils y voient des choses horribles, effroyables, ils imaginent tout un plan derrière cela !

Quel ridicule ! Avec quelle peur ils vivent ! Et on se demande : le croient-ils vraiment ? Y croient-ils vraiment ? Est-ce qu’ils croient tout ce qu’ils disent ? Ou ont-ils besoin de croire tout ce qu’ils disent ? Ou ne peuvent-ils vivre sans croire tout ce qu’ils disent ? Ou disent-ils tout ce qu’ils ne croient pas ?

C’est difficile à dire, il faudrait le demander à des médecins et des psychologues. Qu’est-ce qu’ils ont dans la tête, quelle est donc cette angoisse qui les amène à voir partout une manœuvre, un plan effroyable, maléfique, terrible ? Et ils ne savent pas qu’il n’y a pas de meilleure tactique, pas de meilleure stratégie que de lutter avec des armes propres, de se battre avec la vérité, car ce sont les seules armes qui inspirent la confiance, ce sont les seules armes qui inspirent la foi, ce sont les seules armes qui inspirent la sécurité, la dignité, le moral. Et ce sont les armes avec lesquelles nous les révolutionnaires avons vaincu et écrasé nos ennemis.

 

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Le mensonge. Qui a déjà entendu un mensonge dans la bouche d’un révolutionnaire ? Parce que ce sont des armes qui ne profitent à aucun révolutionnaire, et aucun révolutionnaire authentique n’a jamais besoin de recourir à un mensonge ; ses armes sont la raison, la moralité, la vérité, la capacité de défendre une idée, une proposition, une prise de position.

Et en fin de compte, le spectacle moral offert par nos adversaires est vraiment lamentable. Ainsi, les augures, les interprètes, les spécialistes des questions cubaines et les machines électroniques ont travaillé sans cesse à démêler ce mystère. Est-ce qu’Ernesto Guevara a été victime d’une purge, est-ce qu’Ernesto Guevara est malade, est-ce qu’Ernesto Guevara a eu des divergences (avec Fidel), et autres insanités du même genre.

Naturellement, le peuple a confiance, le peuple a la foi. Mais les ennemis profitent de ces choses, surtout à l’étranger, pour calomnier : voyez donc ce régime communiste ténébreux et terrible, les hommes y disparaissent, ils ne laissent aucune trace, aucun vestige, aucune explication n’est fournie ; alors que lorsqu’il le fallait, nous avons dit au peuple, lorsque les gens ont commencé à constater cette absence, que nous en parlerions au moment opportun, et que nous avions des raisons d’attendre (avant de dévoiler ce qu’il en était).

Nous évoluons dans un milieu cerné par les forces de l’impérialisme. Le monde ne vit pas dans des conditions normales ; tandis que les bombes criminelles des impérialistes yankees tombent sur un peuple comme celui du Vietnam, nous ne pouvons pas dire que nous vivons dans des conditions normales (Applaudissements) ; lorsque plus de 100. 000 soldats yankees y débarquent pour essayer d’écraser le mouvement de libération national ; quand les soldats de l’impérialisme débarquent dans une République qui jouit légalement des mêmes droits que toutes les autres Républiques du monde, ce qui est le cas de Saint-Domingue, pour piétiner sa souveraineté (Applaudissements), le monde ne vit pas dans des conditions normales. Lorsque, autour de notre pays, les impérialistes forment des mercenaires et organisent des attaques terroristes de la manière la plus impunie, comme dans le cas de la Sierra Aránzazu ; lorsque les impérialistes menacent d’intervenir dans n’importe quel pays d’Amérique latine et du monde, on ne vit pas dans des conditions normales. Et quand nous nous sommes battus dans la clandestinité contre la tyrannie de Batista, nous les révolutionnaires ne vivions pas dans des conditions de normalité, nous devions respecter les règles de la lutte ; de la même manière, bien que le pouvoir révolutionnaire existe dans notre pays, en ce qui concerne les réalités du monde, nous ne vivons pas dans des conditions normales et nous devons respecter les règles de cette situation.

Et pour expliquer cela, nous allons lire une lettre manuscrite que j’ai ici entre les mains, et qui a été retranscrite par machine à écrire, du camarade Ernesto Guevara (Applaudissements), qui s’explique lui-même (sur les raisons de son absence). Je m’étais demandé si je devais retracer l’histoire de notre amitié et de notre fraternité, comment cela a commencé, dans quelles conditions et comment cela s’est développé. Mais ce n’est pas nécessaire. Je vais simplement lire la lettre. 

 Il dit : « La Havane... » 

 La date n’a pas été définie, puisque cette lettre devait être lue au moment que nous jugerions le plus opportun, mais pour coller à la stricte réalité, elle m’a été remise le 1er avril de cette année, il y a exactement six mois et deux jours.

 Voilà ce qu’elle dit :

 

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« La Havane, année de l'Agriculture [1965].


Fidel,
Je me souviens en ce moment de beaucoup de choses : du jour où j’ai fait ta connaissance dans la maison de Maria Antonia, du moment où tu m’as proposé de venir avec vous [pour participer à la Révolution cubaine] et de toute la tension des préparatifs.
Un jour, on est venu nous demander qui devait être prévenu en cas de décès, et la possibilité réelle de ce fait (la mort) nous a tous saisis. Par la suite, nous avons su que c'était vrai, et que dans une Révolution, on triomphe ou on meurt – si elle est véritable. De nombreux camarades sont tombés sur le chemin de la victoire.

Aujourd’hui, tout a un ton moins dramatique, parce que nous sommes plus mûrs ; mais les faits se répètent. J’ai l’impression d’avoir accompli la part de mon devoir qui me liait à la Révolution cubaine sur son territoire, et je prends congé de toi, des compagnons, de ton peuple qui est maintenant aussi le mien.

Je démissionne formellement de mes fonctions à la Direction du Parti et de mon poste de ministre, et je renonce à mon grade de Commandant et à ma nationalité cubaine. Rien de légal ne me lie plus aujourd’hui à Cuba, à l'exception des liens d’une autre nature qu’on ne peut briser, contrairement aux titres.

En passant ma vie en revue, je crois avoir travaillé avec suffisamment d’honnêteté et de dévouement à la consolidation du triomphe révolutionnaire. Ma seule faute de quelque gravité, c’est de ne pas avoir eu plus confiance en toi dès les premiers moments dans la Sierra Maestra et de ne pas avoir su discerner plus rapidement tes qualités de dirigeant, d’homme et de révolutionnaire. J’ai vécu des jours magnifiques et j’ai éprouvé à tes côtés la fierté d’appartenir à notre peuple en ces journées lumineuses et tristes de la Crise des Caraïbes. Rarement, un chef d’État ne fut aussi brillant que tu le fus dans ces circonstances, et je me félicite aussi de t’avoir suivi sans hésiter, d’avoir adhéré pleinement à ta façon de penser, et d'avoir su voir et apprécier les dangers et les principes comme tu le fis.

D’autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t’est refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l’heure est venue de nous séparer.
Sache que je le fais avec un mélange de joie et de douleur. Je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j’aime. Et je laisse un peuple qui m’a adopté comme un fils. Cela déchire toute une partie de mon âme. Sur les nouveaux champs de bataille, j'apporterai la foi que tu m’as inculquée, l’esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d’accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l’impérialisme où qu’il se trouve. Cela réconforte et guérit avantageusement les blessures les plus profondes.

Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité, sauf de celle qui émane de son exemple. Si un jour, sous d’autres cieux, survient pour moi l’heure fatidique (du martyre), ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple envers lesquels j’essaierai de rester fidèle jusqu’à la dernière conséquence de mes actes. J’ai toujours été en accord total avec la politique extérieure de notre Révolution et je le suis toujours. Partout où je me trouverai, je sentirai toujours peser sur moi la responsabilité d’être un révolutionnaire cubain, et je me comporterai comme tel. Je ne laisse aucun bien matériel à mes enfants et à ma femme, et cela ne me chagrine pas. Je suis heureux qu’il en soit ainsi. Je ne demande rien pour eux, car je sais que l’État leur donnera ce qu’il faut pour vivre et s’instruire.

J’aurais encore beaucoup à te dire, à toi et à notre peuple, mais je sens que c’est inutile, car les mots ne peuvent exprimer ce que je voudrais dire, et ce n’est pas la peine de noircir davantage de papier.

Jusqu’à la victoire, toujours.

La Patrie ou la Mort !

Je t’embrasse avec toute ma ferveur révolutionnaire.

(Signé :) Che. »

Source : http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1965/esp/f031065e.h...

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

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Soutenez la justice en répondant à l'Appel au secours de Norman Finkelstein et en signant sa pétition

 

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Les États-Unis ont un problème d’empathie qui nourrit leur culture de la violence à l’étranger, l’ignorance chez eux et la tragédie partout.

 

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Le 20 octobre 2011

 

Tandis que le monde pleure les victimes de Las Vegas, l’absence d’empathie de l’Amérique pour ses victimes à l’étranger est sidérante.

Adam Garrie – TheDuran 7 octobre 2017

 

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À chaque fois que des fusillades ou d’autres événements terroristes (sur leur sol ou autrement) frappent les États-Unis, le flot de sympathie en provenance de la Russie et, en fait, du monde entier, est toujours palpable, en dépit de l’état actuel des relations politiques. La culture russe, en particulier, est une culture où exprimer de la sympathie à un moment de tragédie et de douleur objectif, prend un relief certain, à la fois sur le plan humanitaire et sur le plan spirituel..

Mais il y a un autre élément de la réaction susmentionnée aux tragédies si uniquement américaines chez les peuples extérieurs aux États-Unis, qui est moins directe. Dans ce pays immensément riche, exerçant une politique extérieure exceptionnaliste qui surprend encore certains adversaires politiques des États-Unis, beaucoup trouvent choquant que tant de citoyens américains décident de s’entretuer en grands nombres, dans un pays qui est présenté comme entièrement idyllique par la machine de propagande de Washington.

Dans ce sens, il y a un élément de dissonance cognitive de la part du reste du monde, à voir des tragédies se dérouler dans un pays où ce genre de choses n’est pas supposé se produire, et se produit néanmoins très souvent.

Chez beaucoup d’Américains et certainement chez ceux dont les récits fictifs sont couverts par les médias de masses, la dissonance cognitive du monde extérieur est plus ou moins noyée dans une attitude exceptionnaliste généralisée, par laquelle les Américains élèvent leurs tragédies nationales au rand de cataclysmes cosmiques, alors que les morts causés par les États-Unis au reste du monde se voient réduits, au mieux, au rang de statistiques, au pire à celui de succès macabres.

Prenez par exemple le populaire spectacle télévisé « Tonight Show », de Jimmy Fallon. Au cours d’une récente transmission, des auteurs comique de sexe féminin et le célèbre Miley Cyrus, ont accueilli Hillary Clinton par la lecture de lettres d’adulation assortie d’embrassades physiques. Beaucoup de pontes U.S. de l’analyse politique, y compris ceux qui sont opposés à Hillary Clinton, n'ont pas saisi les connotations politiques de cet étalage.

 

 

Beaucoup ont critiqué ce coup télévisé comme un exercice de propagande en politique identitaire. Essayant de dresser les Américaines contre les Américains, le message subliminal disait que la plupart des hommes, en Amérique, ont été les supporters du « gros méchant » Donald Trump, alors que les femmes américaines, bien entendu supérieurement cognitives, se sont prononcées pour la « gentille et douce » Hillary Clinton. Au pays du 1er Amendement, la politique identitaire ne peut pas être censurée, mais elle devrait être tranquillement contrée par ceux qui se servent de la liberté d’expression pour défendre une politique basée sur de  la véritable politique et non sur des fictions identitaires.

Mais le plus gros problème géopolitique, dans un étalage aussi vulgaire, c’est que Hillary Clinton n’est ni gentille ni douce. Elle a été l’architecte des plus dévastatrices de toutes les guerres post-11 septembre dirigées par les États-Unis contre des pays étrangers. L' « enfant chéri » personnel de Hillary Clinton a été la guerre de Libye, qui a fait d’un des pays les plus riches dans l’histoire de l’Afrique ­ – où les gens étaient logés et nourris gratuitement, et où l’éducation et les vocations étaient largement subventionnés – un État ruiné de fond en comble et noyé dans son sang. La Libye, qui avait été laïque et indépendante, est maintenant le plus vaste camp d’entraînement terroriste du monde, où plusieurs factions politiques se combattent et où groupes terroristes et factions pirates se disputent les ressources qu’ils volent tous de concert à la Libye. Alors que la Syrie est en train de gagner la guerre contre le terrorisme et que l’Irak même commence à se remettre lentement, avec l’aide de l’Iran et d’autres, la Libye montre peu de signes d’un changement quel qu’il soit de son statu quo post-2011, dont Hillary Clinton est directement responsable.

 

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Ce n’est là qu’une des désastreuses décisions politiques de Hillary Clinton, mais c’est la plus profondément terrifiante. Alors que même Barack Obama, qui avait contresigné ses plans, a fini par plus ou moins « regretter » le désastre, Hillary Clinton s’est pour sa part complaisamment laissé filmer en train de rire de la mort du leader révolutionnaire libyen Muammar Kadhafi, et elle continue à se vanter de la mort barbare de l’homme qui dirigeait la nation qu’elle a oblitérée.

 

 

Alors que Hillary Clinton est l’auteur de la tragédie libyenne, elle n’est pas l’auteur de la plus grande tragédie psychologique de l’Amérique. Ce qu’elle est, c’est le symptôme profondément grotesque de l’incapacité de l’Amérique à éprouver de l’empathie pour ce qui se trouve en dehors de ses frontières, au moment même où des pays comme la Russie éprouvent et témoignent de la compassion pour les Américains massacrés chez eux, et dans le cas de la tuerie de Las Vegas, apparemment massacrés par un des leurs.

Les États-Unis ont tué des millions de gens en dehors de leurs frontières par des guerres dévastatrices et surtout illégales, dont aucune n’a eu rien à voir avec la sécurité du peuple américain. Un projet de recherche récent de James A. Lucas est arrivé à la conclusion que, depuis 1945, les USA ont tué plus de 20 millions de personnes, et ce, non compris les morts causées par les deux bombes atomiques jetées sur le Japon en 1945, seul exemple d’une nation ayant fait usage de telles armes contre des civils. Quand on fait le compte du nombre de familles détruites, de vies ruinées, de famines créées et de mutilations physiques infligées par l’action des militaires US, les chiffres sont beaucoup plus élevés.

La culture de la violence à l’intérieur des États-Unis en vient à être nanifiée par la culture de la violence promulguée par l’armée US envers le reste du monde. Dans certaines parties de ce monde, toute sympathie que les gens pourraient autrement ressentir pour les Américains tués dans des spectacles d’horreur domestique finit par s’épuiser, à cause de la violence continuelle que les Américains exercent partout ailleurs.

La partie la plus effrayante de ce spectre de possibilités est qu’innombrables sont ceux qui, aux États-Unis, ne sont pas conscients de ce que leur pays fait à l’étranger. La faute en revient à la fiction que la plupart des politiciens et des médias US font proliférer, laquelle prétend que les Américains sont haïs à l’étranger à cause de leur supposée liberté intérieure et non à cause de leurs actes de brigandage et d’agression éhontée commis par les forces armées US, de l’Asie Orientale à l’Europe et de l’Amérique du Sud à l’Afrique du Nord.

De plus en plus, alors que les USA ne font rien pour changer leur réputation d’agresseur planétaire n°1 de l’ère moderne, beaucoup de gens, au spectacle des événements tragiques répétés à l’intérieur de la soi-disant « libre » Amérique, trouvent que cette « liberté » n’a pas un air particulièrement engageant.

Les États-Unis sont en train de devenir un lieu où personne n’a envie de vivre. Certains accusent la politique US de ce désastre, et c’est vrai qu’elle en est responsable. D’autres – et j’en suis – en rendent responsable la culture américaine de la drogue, qui n’a cessé d’attiser les flammes de la violence, tout en rendant les citoyens US confortablement insensibles aux réalités blafardes qui les entourent. D’autres encore mettent en cause les lois US sur les armes, bien que je n’en fasse personnellement pas partie. Beaucoup de pays connaissent une très haute prolifération d’armes, légales ou non, mais très peu sont devenus des répliques de ces aspects les plus sinistres de la vie moderne.

Le problème, avec les États-Unis, est un problème d’attitude, qui donne la priorité à une arrogance exceptionnelle, avec une exposition exceptionnellement mauvaise aux faits qui concernent le reste du monde. Tant que cette attitude ne changera pas, les Américains ne connaîtront jamais ce que signifie une réelle empathie et un réel chagrin pour autrui, quand bien même les tragédies continueraient à se dérouler sous leurs yeux. Une nation constamment en guerre ne peut pas espérer trouver la paix intérieure. Dans ce sens, le fait que des célébrités embrassent une criminelle de guerre telle que Hillary Clinton, démontre on ne peut plus clairement que les Américains devront vivre avec la violence qu’ils ont répandue sur le monde, jusqu’à ce que les gens, dans leur pays, trouvent le courage de condamner TOUTE violence, quelles que puissent en être les victimes.

Source : http://theduran.com/while-the-world-weeps-for-the-las-veg...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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L’adolescence éternelle aux USA : diagnostic…

(Nous, on aurait dit « infantilisme » et « pervers », mais qui sommes-nous ?)

Il est clair que l’Amérique souffre d’une épidémie d’arrêt du développement émotionnel, qui la détruira.

Dr. Paul Kindlon – Russia Insider 28 août 2017

 

J’ai eu l’occasion d’enseigner la psychologie et la socio-psychologie depuis plus de vingt ans. Parfois, les connaissances obtenues dans ces domaines me permettent d’analyser et de comprendre le comportement social et certaines tendances culturelles. En voici une occasion.

 

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Si l’on est capable d’observer la société américaine d’une manière objective – tâche assurément difficile – il apparaît clairement que le pays souffre d’une épidémie d’arrêt du développement émotionnel (AED). Cette maladie particulière se caractérise par une combinaison de nombreux facteurs : la dépendance, la cupidité, l’immaturité, la peur, le blâme, la honte, le ressentiment, la colère, la confusion et la souffrance. Cela signifie que la grande majorité des Américains est bloquée à l’adolescence, présentant des comportements tels que le mensonge, les attitudes négatives, la désobéissance et le manque de respect, l’abus de drogues et d’alcool, la dépression et les questions de sexualité.

Il suffit de regarder des films américains ou des émissions de télévision pour obtenir un instantané des caractéristique fondamentales de la comédie de l’humour adolescent, juvénile et puéril. Ce n’est pas par hasard que Jimmy Fallon, âgé de 42 ans, est pour l’essentiel « un ado éternel » jouant des comédies truffées humour et de gags de salle de bain faisant appel à un niveau stupide d’immaturité. L’autre chéri des spectacles de fin de soirée en Amérique est Stephen Colbert qui se spécialise dans l’insulte aux personnages publics, par une manifestation ouvertement adolescente d’attitude négative et de manque de respect.

Une autre caractéristique de l’AED est d’échapper à la responsabilité et de blâmer les autres pour ses échecs. Il suffit d’observer les millions de supporters de Hillary pour comprendre ce phénomène. Un autre symptôme, également fréquent pour les personnes atteintes d’AED, s’exprime par le manque de respect à des fins sophomoriques, généralement en endommageant les biens comme nous le voyons, les monuments étant défigurés et détruits.

Les adolescents, bien sûr, ont tendance à avoir des problèmes d’identité concernant souvent leur sexualité, ce qui est un autre phénomène tout à fait évident dans l’Amérique contemporaine. Il n’est pas « cool » de ne pas être LGBT ou de ne pas se sentir confus avec son genre aujourd’hui. Bientôt il y aura autant de genres que de saveurs de sorbets, car tout est une question de goût !

En termes d’activité cognitive, l’AED se caractérise par une exagération et une simplification excessive. Par exemple, si vous êtes en colère contre l’un de vos parents, vous pouvez le cataloguer comme nazi ou fasciste.

Cette attitude négative est maintenant étendue à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous et peut être constatée dans des slogans tels que « No Trump, No KKK, No Fascist USA ». Les adultes sont une espèce en voie de disparition. L’effet cognitif de l’exagération et de la simplification excessive entraîne l'irrationalité et la confusion. En témoignent les millions de personnes qui croient être antiracistes en s’opposant à « la suprématie blanche ». Aucun anthropologue sur terre ne prétend que « blanc » est une race – bien qu’un néo-nazi puisse le prétendre. Ce n’est même pas une couleur primaire. Les Irlandais ont été victimes de discrimination pendant plus de cent ans en Amérique en raison du racisme anglo-saxon, mais les Irlandais sont considérés comme « blancs ». Il y a des millions d’Américains d’origine allemande, polonaise et scandinave qui appartiennent à la classe ouvrière ou même au sous-prolétariat depuis très longtemps. Ces « blancs » sont-ils coupables de suprématisme ? Contre qui ? Eux-mêmes ?

Bien sûr, ce sur quoi les manifestants devraient se concentrer, c’est la classe sociale et non la race, qui est vraiment une désignation arbitraire. Malheureusement, le mouvement progressiste en Amérique est passé de « Occupy Wall Street » à « Occupons les chiottes publiques ». Lénine se retournerait dans sa tombe… s’il en avait une. En ce qui concerne l’alcoolisme et la toxicomanie en Amérique, les statistiques sont stupéfiantes [sans jeu de mot, NdT]. La dépendance aux opioïdes, à elle seule, devient un problème national de santé publique, tout comme la dépression. L’abus d’alcool, bien sûr, est également assez élevé. Mentir devient également monnaie courante. Il s’agissait simplement autrefois d’une habitude propre aux politiciens et aux avocats qui savaient « jouer avec la vérité ». De nos jours, les médias traditionnels sont largement considérés comme un courant dominant de mensonges, avec CNN affublé maintenant du sobriquet FAKE NEWS.

La caractéristique, propre à l’adolescence, de se révolter et de désobéir, se manifeste souvent par l’usage de blasphèmes destinés à choquer l’ancienne génération. La profanation gratuite est omniprésente dans la culture américaine et a remplacé l’imagination comme une des formes de la créativité. Ce n’est pas par accident que Pussy Riot – un groupe d’artistes « performants » qui utilise le blasphème dans une cathédrale, considérée comme sacrée pour « choquer » le public russe et « désobéir » aux autorités – s’est retrouvé chez lui aux États-Unis et a été pris en amitié par Madonna, elle-même autre symbole de l’adolescence éternelle. Son AED s’est manifesté en pleine lumière l’année dernière quand elle a offert publiquement une fellation à tous les hommes qui voteraient pour Hillary Clinton. Et comme n’importe quel adolescent rebelle essayant de choquer la « génération plus âgée », elle a cru devoir préciser qu’elle « avale ». Restez chic, Madonna. Rappelez-vous que vous êtes une mère de 59 ans avec six enfants.

Alors, voyez-vous… Si tout le monde est adolescent, il n’y a plus de supervision adulte. Voilà le problème. Depuis des années qu’une autopsie est en cours pour déterminer comment et pourquoi l’empire américain a expiré, la nécrologie évoquera de multiples causes de décès et l’AED sera classé en bonne place.

Peut-être un adolescent précoce sera-t-il autorisé à écrire l’épitaphe qui se lirait ainsi :

« Lorsqu’il est prolongé, le pont entre l’adolescence et l’âge adulte peut coûter très cher. »

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Dr Paul Kindlon

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Source : http://lesakerfrancophone.fr/ladolescence-eternelle-aux-u...

 

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Dernière minute :

 

Le gouvernement quoi ? « belge »...

 

Une école palestinienne financée par la Belgique baptisée du nom d'une terroriste

RT en français10 octobre 2017

 

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Ecolières palestiniennes devant une école de l'ONU à Gaza

 

Le gouvernement belge s'est vivement désolidarisé de l'initiative par laquelle une école en Palestine, financée par la Belgique, a été renommée en hommage à Dalal Mughrabi, militante du Fatah ayant participé au massacre de 38 Israéliens en 1978.

La Belgique a découvert qu'une école qu'elle avait contribué à financer en Palestine avait été renommée du nom d'une terroriste impliquée dans une attaque en 1978 près de Tel Aviv, en Israël. Cette révélation, comme le rapporte La Libre Belgique, a provoqué une vive réaction du gouvernement.

Décidé en 2013, le financement par l'État belge d'une école pour filles sur la rive occidentale du Jourdain, en zone palestinienne, avait permis la construction rapide de l'établissement. Initialement appelée Beit Awwa, l'école a néanmoins été rebaptisée quelques temps plus tard au nom de Dalal Mughrabi.

Or, Dalal Mughrabi, militante du Fatah dans les années 1970, était impliquée dans le massacre dit « de la route côtière » survenu le 11 mars 1978. Sur la route menant de Tel Aviv à Haïfa, en compagnie de douze autres militants du Fatah, elle avait participé à cette attaque armée ayant coûté la vie à 38 civils dont 13 enfants. De nombreux Palestiniens la considèrent encore aujourd'hui comme une martyre de la libération de la Palestine.

Ce changement de nom passe néanmoins très mal en Belgique. « Le gouvernement condamne sans équivoque tout hommage aux auteurs d'attaques terroristes », ont déclaré les cabinets de Dider Reynders et Alexander De Croo, respectivement ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre. Ils assurent par ailleurs ne pas avoir été mis au courant de ce changement de nom décidé par les autorités palestiniennes locales.

Source : https://francais.rt.com/international/44401-ecole-palesti... 

 

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Non, elle n’est pas morte en octobre (mais un 11 mars). On s’en fout, on pleure quand on veut.

 

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Aline de Diéguez

Chroniques de la Palestine occupée

 

In Memoriam Dalal al Mughrabi

Cinquième anniversaire du carnage israélien dans le camp de Gaza
(27 décembre 2008 - 21 janvier 2009)

« Si vous n'êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et à aimer ceux qui les oppriment. »

Malcolm X

 

À la lecture de la nouvelle dérangeante pour les amis de la Palestine, selon laquelle trois mille Palestiniens, principalement membres du Hamas, combattent en Syrie aux côtés des égorgeurs et des cannibales wahhabites on ne peut qu'évoquer avec tristesse la mémoire des résistants qui ont donné leur vie afin que la Palestine ne sombre pas dans l'oubli et constater avec chagrin les dérives suicidaires de dirigeants qui envoient leurs combattants se faire tuer pour le double bénéfice et l'extrême jubilation de leur oppresseur.

Voir des Palestiniens tourner le dos à des États et à des groupes politiques qui ont soutenu leur résistance à l'occupation sioniste et qui les ont nourris et armés pendant des décennies, puis découvrir comment ils trahissent leurs seuls véritables soutiens en se rangeant dans le camp de leurs propres oppresseurs, laisse sans voix tout être normalement doué d'une étincelle de raison et de sens moral. [1]

En effet, il est clair pour tous ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, que les hordes de fanatiques, qualifiés "rebelles", "opposants" ou "djihadistes", mais jamais "terroristes", et qui se ruent en rangs serrés sur la Syrie ne sont que des mercenaires sponsorisés par les riches et rétrogrades Étaticules pétroliers et gaziers du Golfe, armés et entraînés par les services secrets de l'OTAN et ceux du Mossad israélien. Les illusions d'un "printemps arabe" en Syrie n'ont duré que ce que durent les roses.

D'importants groupes de mercenaires palestiniens, principalement affiliés au Hamas, recrutés par l'inénarrable Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani lors de sa visite à Gaza en octobre 2012, combattent donc dans le même camp qu'Israël et se font tuer pour le plus grand bénéfice de leur occupant !

 

Lire la suite…

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/mariali/pales... 

 

 

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Mis en ligne le 10 octobre 2017

 

 

 

 

18:36 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/10/2017

D'ABORD, ILS SONT VENUS POUR LES NAZIS ET LES PEDOPHILES... - I.

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Sapir viré de Russeurope

 

Suspension de la publication sur ce carnet

Marin Dacos – Russeurope 28 septembre 2017

 

Chères lectrices,
Chers lecteurs,

Le carnet que vous consultez est désormais une archive et ne sera plus alimenté. Les droits d’accès en écriture ont été retirés à son auteur par l’équipe d’OpenEdition.

À de nombreuses reprises, l’auteur du carnet y a publié des textes s’inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses et constituant une condition indispensable pour publier sur la plateforme.

L’équipe d’OpenEdition a informé l’auteur que des billets de ce type n’avaient pas leur place sur la plateforme, en précisant que des mesures seraient prises en cas de poursuite de ce type d’usage du carnet de recherche..

Suite à la publication de nouveaux contenus dépassant le périmètre éditorial de la plateforme, l’équipe d’OpenEdition a procédé à la suspension des droits en écriture de l’auteur. Aucun contenu n’a été supprimé. Aucun nouveau contenu ne pourra être publié. Une archive de l’ensemble des billets a été transmise à l’auteur.

Marin Dacos
Directeur du Centre pour l’édition électronique ouverte

Lire le communiqué des Conseils scientifiques d’OpenEdition et d’Hypothèses

Source : http://russeurope.hypotheses.org/6303

 

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Lettre de Claude et François Roddier au représentant d’Hypothèses et OpenEdition

 

Monsieur le Directeur,

C’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissance de votre texte et de celui des conseils scientifiques d’Hypothèses et OpenEdition suspendant la publication de contenus sur le carnet Russeurope alimenté par Jacques Sapir.

Nous sommes un couple d’astronomes ayant travaillé 16 ans aux États Unis, revenus en France pour notre retraite. En tant qu’universitaires scientifiques nous n’arrivons pas à comprendre comment vous pouvez affirmer que les billets de Jacques Sapir sont déconnectés d’un contexte académique et scientifique. Nous soutenons, au contraire, que l’ensemble des textes du carnet de Jacques Sapir sont parfaitement à leur place dans un portail d’édition académique.

Les textes des carnets sont le plus souvent des textes mettant l’économie à la portée de non-économistes, ce qui est notre cas. Nous avons découverts le carnet il y a plusieurs années, en avons été des lecteurs réguliers et avons beaucoup appris en le lisant.

Jacques Sapir prend ouvertement position sur quelques sujets-clés pour lui : l’euro, la laïcité, la souveraineté et explique très clairement les enjeux liés aux choix faits dans ces domaines.

Pour Jacques Sapir, fils de l’un des responsables de la Résistance dans les Alpes-Maritimes, la laïcité et la souveraineté de la France sont des piliers pour lesquels il a décidé de se battre. C’est cette position qu’il défend systématiquement depuis le commencement de son carnet. Pourquoi donc les conseils scientifiques d’Hypothèses et OpenEdition n’ont-ils pas suspendu la publication de contenu depuis cinq ans maintenant ?

Est ce parce que notre président désire remplacer la souveraineté française par la souveraineté européenne et trouve naturel de brader Alstom-Energie à l’américain General Electric et Alstom-Transport à Siemens que votre portail d’édition s’inquiète brusquement de «démarche «démarche de tribune politique partisane» ? Votre démarche n’est-elle pas simplement de bloquer une voix dissidente ? N’avons nous pas affaire à un procès d’opinion ?

En tant que citoyens français attachés aux valeurs fondamentales de notre République, nous vous demandons, Monsieur le Directeur, d’annuler la mesure de suspension de publication de contenus sur le carnet Russeurope.

 

Claude et François Roddier,

Professeurs retraités des universités de Aix-Marseille, Nice, Institute for Astronomy de l’Université de Hawaii (USA).

 

 

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Cette prise de position leur a valu la lettre suivante de Jacques Sapir :

 

Chers amis,

Chers collègues,

Ce courriel pour vous informer que le mouvement de protestation contre la suspension de mon carnet de recherches est en train de s'amplifier.

M. Dacos, sur Twitter, a eu le front de se plaindre et de se dire "fatigué" des 600 messages (!) qu'il aurait reçus concernant mon carnet.

C'est ce que l'on appelle un magnifique "effet Streisand". J'ai reçu le soutien de la communauté scientifique, que ce soit en France, mais aussi en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne et en Russie.

Une note de protestation a été mise sur le blog de la World Economic Association.

Je remercie de tout mon coeur ceux qui se sont joints à ce mouvement.

Je me suis "exilé" provisoirement chez Olivier Berruyer, d'où j'ai repris mon travail.

Avec toutes mes amitiés,

Jacques Sapir

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Nous y ajoutons la mise au point générale de l’intéressé, publiée ce-jour par Les Crises :

 

[Invité] – Russeurope en exil (forcé), par Jacques Sapir

 

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Mon carnet scientifique, ouvert en septembre 2012 sur Hypotheses.org vient d’être suspendu. Je ne puis plus installer de notes ni faire des modifications sur les textes publiés. Le communiqué, signé par Marin Dacos, directeur d’OpenEdition dit :

 

« Le carnet que vous consultez est désormais une archive et ne sera plus alimenté. Les droits d’accès en écriture ont été retirés à son auteur par l’équipe d’OpenEdition.

À de nombreuses reprises, l’auteur du carnet y a publié des textes s’inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses et constituant une condition indispensable pour publier sur la plateforme ».

 

Je conteste formellement cette affirmation et cette procédure, dont on peut s’étonner qu’elle survienne maintenant alors que je publie tout type de textes depuis l’ouverture du carnet, fin septembre 2012. Mais, tous les textes publiés sont en relation avec mes recherches, qu’il s’agisse d’articles scientifiques, de notes de travail, ou d’articles de réaction à l’actualité. Tous ces textes s’inscrivent dans le contexte de mes recherches. De plus, et il faut l’ajouter, de nombreux carnets réagissent eux-aussi à l’actualité.

Parme les textes qui me sont reprochés il y a les textes suivants qui servent de prétextes à ce blocage sont les suivants :

Lire la suite…

Source : https://www.les-crises.fr/invite-russeurope-en-exil-force...

 

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Félicitons-nous au passage de cette solidarité entre résistants « alternatifs », et souhaitons qu’elle se généralise.

Si serrer les rangs face à l’ennemi est la seule arme qui nous reste, qu’au moins il soit bien sûr qu’il lui faudra l’affronter à ses risques et périls.

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Ce n’est pas la première fois que quelqu’un se fait bâillonner pour ses idées par un site privé. On se rappelle ici, par exemple, les démêlés de Serge Uleski avec L’Obs, mais il y en a eu bien d’autres avant l’inénarrable offensive de l’imMonde et de son « Décodex ». Il semble que les droits du commerce passent de plus en plus les droits des sociétés civiles : celles des citoyens et des États, que garantissent pourtant les lois.

En août dernier, un (très long) article du Saker sur ce sujet nous avait frappés et nous avions commencé à le traduire, pour finir par jeter l’éponge par manque de temps et d’énergie. Cette affaire-ci nous pousse à le reprendre avec quelque retard. Comme toujours, le Saker réfléchit à voix haute et va jusqu’au tréfonds d’une question de principe, en finissant, comme toujours, par y chercher des solutions pratiques. Il faut le lire, fût-ce en plusieurs jours.

Grand merci à Anna S. pour les corrections !

 

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« D’abord, ils sont venus pour les nazis et les pédophiles »

Le Saker – The Unz Review30 août 2017

 

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D’abord, ils sont venus pour les communistes

Je n’ai rien dit parce que je n’étais pas communiste.

Après, ils sont venus pour les socialistes.

Je n’ai rien dit parce que je n’étais pas socialiste.

Ensuite, ils sont venus pour les syndicalistes

Je n’ai rien dit : je n’étais pas syndicaliste.

Après, ils sont venus pour les Juifs.

Je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus pour moi,

Il n’y avait plus personne pour dire quelque chose.

Martin Niemöller (1892–1984)

 

Je dois commencer cette analyse en vous demandant votre compréhension pour le fait qu’elle inclura beaucoup de citations. Dans des circonstances normales, je me serais contenté de donner des liens, mais, étant donné le sujet dont je veux discuter et la manière dont les choses « disparaissent » brusquement sur Internet, vous donner les citations en entier est probablement une meilleure idée. Le sujet que je veux traiter aujourd’hui est la répression brutale de la liberté d’expression par l’empire anglo-sioniste, au moyen de ses « loyales sociétés » [corporations].

 

D’abord ils sont venus pour le Daily Stormer

Je commencerai cette discussion par un résumé de ce qui est arrivé récemment au site web nazi The Daily Stormer tel qu’il est décrit par Wikipedia. La raison pour laquelle je m’en sers est que Wikipedia est clairement hostile au Daily Stormer et ne peut donc être accusé de sympathie ou de rapporter avec exagération ce qui est arrivé. Voici ce compte-rendu (c’est moi qui souligne) :

 

« Le Daily Stormer a aidé à organiser « Unissez les droites », une manifestation d’extrême-droite qui s’est déroulée à Charlotteville, Virginie, les 11 et 12 août 2017, au cours de laquelle une contre-manifestante Heather Heyer, a été tuée par un véhicule entré dans la foule. Weev a aussi appelé les lecteurs du Daily Stormer à localiser l’endroit où allaient se tenir les funérailles de Heyer et à y assister en la traitant de “grosse pouffiasse”.

Le 13 août, le site a été avisé par son enregistreur de domaines GoDaddy qu’il avait violé les conditions du service en se moquant de Heyer, et a donné à Anglin [l’éditeur du Daily Stormer, ndt] 24 heures pour se trouver un autre enregistreur pour son site. Le jour suivant, celui-ci a déménagé chez Google, qui a presque immédiatement annulé son enregistrement pour violation des termes du contrat, mettant également fin au compte Youtube du site web. Le jour suivant, le site s’est enregistré chez Tucows, qui a annulé le contrat quelques heures plus tard pour incitation régulière à la violence. Le 15 août, il a été annoncé par Weev que le site avait déménagé dans le « dark web », et qu’il était désormais accessible via Tor, tandis que Facebook censurait les liens conduisant au site et que Discord interdisait son canal. Le 16 août, Cloudflare, le fournisseur de DNS [Domain Name System] et de services par procuration, qui protégeait habituellement le Daily Stormer, mettait également fin à ses services. Cloudflare avait eu pour règle dans le passé de refuser de mettre fin à des sites sur base de leur contenu, mais son PDG, Matthew Prince, a fait une exception en postant une annonce et explication publique sur le blog de sa société. Le 17 août, après qu’il se soit délocalisé en dailystormer.ru, le chien de garde russe des médias Roskomnadzor a exigé la fermeture du domaine.

Le Daily Stormer est revenu brièvement sur le clearnet avec un .lol gTLD, dailystormer.lol, administré par Namecheap, mais, au bout de deux jours, Namecheap a annulé le domaine. Le PDG de la compagnie, Richard Kirkendall, a fait savoir que “la qualité et le contexte du matériel, en plus d’un soutien à des groupes et à des causes violents, le faisaient passer du statut de liberté d’expression protégée à celui d’incitateur” en citant spécifiquement une déclaration publiée par le Daily Stormer : “Il n’y a pas besoin d’avoir un doctorat en mathématiques pour comprendre que Blancs + fierté + organisation = Juifs fourrés dans des fours”. Le site a réapparu sur le net sous le nom de punishedstormer.com le 24 août, hébergé par DreamHost, dont les autres clients d’extrême-droite comprennent National Vanguard et le North-West Front. Dreamhost déclarait agir pour “défendre la liberté et la démocratie” ; des dénis de service d’Anonymous ont provoqué la disparition de tous ses sites du net . »

 

Ensuite, et plus consternant encore, c’est le fournisseur suisse d’e-mails cryptés ProtonMail (oui, celui que j’ai récemment recommandé à notre communauté) qui a fermé le compte du Daily Stormer. Voici comment Lee Rogers, membre du Daily Stormer, a décrit ce qui s’est passé :

 

Je viens d’être viré de ProtonMail
Lee Rogers
Daily Stormer
August 23, 2017

 

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ProtonMail vient de m’interdire l’accès à son service e-mail en m’accusant de fraude et de pratiques abusives.

Effacez ProtonMail de la liste des sociétés avec lesquelles faire des affaires.

J’ai signé avec eux pour un service d’e-mails quand l’ostracisme a commencé. J’avais besoin d’un mécanisme pour que les gens puissent me contacter. Quelques personnes ont suggéré ProtonMail, donc j’ai décidé de tenter le coup.

« Avance rapide » : quelques jours plus tard, je me suis retrouvé verrouillé hors du compte, au prétexte qu’il y avait eu pratiques abusives ou fraude. Comment peut-on établir une chose pareille au bout de si peu de jours ? Il est évident qu’ils m’ont jeté parce qu’une bande de gens haineux sont allés se plaindre chez eux.

Comme beaucoup de gens le savent déjà, j’aime bien poster des photos de chatons et des blagues marrantes sur Internet. En même temps, je trouve grand plaisir à apporter mon soutien financier aux enfants juifs d’Israël qui meurent de faim. C’est quelque chose qui me passionne. Maintenant qu’ils m’ont viré de leur service mail, j’aurai beaucoup plus de mal à aider ces pauvres enfants juifs. J’en suis très contrarié, parce que je ne pourrai plus envoyer d’e-mails à tous les chrétiens charitables susceptibles d’apporter leur soutien à cette cause méritoire dont j’avais dressé la liste.

En m’interdisant leur service e-mails, les gens de ProtonMail ont prouvé que leurs cœurs sont pleins de haine envers les enfants juifs. À eux de s’en expliquer ! Qu’est-ce que je vais dire, moi, à ces pauvres petits enfants juifs qui vont aller se coucher tous les jours l’estomac vide ?

Curieusement, ils ont posté ce tweet au moment où mon compte était interdit. J’ignore si ça signifie quelque chose, mais je n’ai jamais appelé à la violence contre personne. Je suis tout à fait opposé à ce genre de choses.

Mis à part Andrew Anglin, je crois avoir été interdit par plus de services Internet que n’importe qui dans l’Histoire. La seule chose que ces sociétés technologiques ne m’ont pas encore faite est de refuser de me servir sur mes noms de domaine enregistrés. Mais je suis sûr que c’est le stade suivant.

 

Avant de continuer, débarrassons-nous tout de suite de quelque chose : je n’ai rien à faire des nazis (ni d’aucune autre espèce de racistes ou de racialistes) et je ne m’intéresse absolument pas à ce que le Daily Stormer peut bien publier ou pas. À vrai dire, jusqu’à tout récemment, je n’avais jamais entendu parler de ces gens ni de leur site web.

 

Trois questions qui doivent être posées sur les nazis

Cela étant, il y a de très bonnes raisons d’être horrifié par ce qui est en train de se passer :

Premièrement, pourquoi le Daily Stormer a-t-il été sélectionné entre tous pour faire l’objet de ces persécutions démentes ? Okay-okay, ils sont racistes et nazis. Bon. Et alors ? Cela fait-il d’eux des gens à ce point pires que les autres ? La dernière fois que j’ai vérifié, aucune des personnes impliquées ou travaillant pour le Daily Stormer n’avait commis le moindre délit personnel. D’ailleurs, s’ils avaient commis de tels crimes, pourquoi ne pas les poursuivre personnellement au lieu de s’en prendre à leur site web ? Pourquoi les « loyales corporations » essaient-elles de faire interdire la libre expression de certains individus ? Parce qu’ils « incitent » à la violence ? Quelle foutaise. Le corps tout entier de l’idéologie marxiste est une interminable incitation à la violence (révolutionnaire). Et personne n’a jamais essayé de fermer tous les sites marxistes ! Mince ! L’hymne national français est une incitation à la violence. Depuis quand la liberté d’expression exclut-elle l’incitation à la violence ? Tous les présidents US ont fait d’innombrables appels à la violence (Trump tout récemment encore contre la RPDC), pourtant, personne ne les censure ! Se pourrait-il que la seule raison pour laquelle le Daily Stormer ait été choisi à cet effet soit sa relative faiblesse (et sa relative incapacité à se défendre) ?

Bon. Maintenant, voyons la notion idiote selon laquelle les nazis allemands auraient été « l’horreur des horreurs », quelque phénomène superlativement mauvais dans l’Histoire humaine et que, pour cette raison, ils méritent une forme unique et spéciale de persécution politique. Ici aussi, permettez-moi tout de suite de me débarrasser de quelque chose : je considère que les nazis ont été une affreuse bande de racistes arrogants, génocidaires et maniaques. Oui, je trouve vraiment. Je n’ai « rien » de bon à dire à leur propos. Mais ce que je rejette catégoriquement, c’est la notion qu’ils aient été en quelque manière pires que tous les autres participants à la IIe guerre mondiale. Pensez-y. Les Soviétiques ? Pllîîîze ! Lisez Terrorisme et communisme de Trotsky ou Les enseignements de l’insurrection de Moscou, de Lénine, s’il vous reste des doutes sur le fait que les bolcheviques étaient des maniaques génocidaires. Les Anglais ? Dois-je rappeler à tout le monde que les Anglais ont commis une boucherie unique dans l’Histoire du monde : l’extermination génocidaire des groupes ethniques d’un continent entier (j’appelle ça un « pan-génocide ») ? Et Hiroshima, Nagasaki ou les bombardements génocidaires des civils allemands ? Ouais, je sais, le génocide allemand n’a pas seulement un nom spécial – l’Holocauste – en l’occurrence un terme impropre, mais leur génocide est le seul qui se soit vu attacher un chiffre de morts obligatoire : 6 millions (connaissez-vous UN SEUL autre génocide qui soit toujours mentionné avec un nombre des morts obligatoire ? que dire de tous les autres génocides – n’importe lesquels – dont le nombre de victimes ne puisse être légalement discuté ?). Depuis sept décennies désormais (moins, en fait, mais n’importe) on nous répète ce mantra « Holocauste 6 millions. Holocauste 6 millions. Holocauste 6 millions ». Pourquoi ? Se pourrait-il que le vrai crime des nazis n’ait pas été d’être de vrais maniaques génocidaires mais d’avoir perdu la IIe guerre mondiale ? Et que ce soient leurs (non moins génocidaires) ennemis qui aient écrit l’histoire de cette guerre ?

Alors, c’est vrai qu’aujourd’hui tout le monde hait les nazis. Certains pour les bonnes raisons (ce furent de malfaisants maniaques génocidaires), d’autres pour les mauvaises (parce qu’ils avalent la propagande anti-nazie des Ziomédias). Mais que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons, maintenant, tout le monde hait les nazis. Et pas seulement ça, mais la simple utilisation du mot « nazi » ou « Hitler » suffit à déconnecter la déjà très pauvre capacité d’analyse de la vaste majorité des gens, et elle fait des nazis le « traître de mélodrame » idéal. Se pourrait-il que les nazis aient été choisis entre tous pour exercer sa répression, par l’empire anglo-sioniste, parce qu’ils sont le scélérat idéal, le « scélérat consensuel » si vous préférez ?

Je tiens à ajouter ici que, même si nous concluons que le Daily Stormer a été choisi parce qu’il était faible et incapable de se défendre, et si nous concluons de même que le crime principal des nazis est d’avoir perdu la IIe guerre mondiale, et même si nous concluons que les nazis représentent le parfait « scélérat consensuel », cela ne veut en aucun cas dire que les nazis n’ont pas été tout ce que la propagande impériale leur reproche d’avoir été. Si je dis qu’un assassin n’est pas un violeur, je ne veux pas dire que cet assassin est un brave citoyen, puisque c’est quand même un assassin. Dans le cas des nazis, cet exemple est parfaitement d’application. Par exemple, même si les nazis n’ont pas tué 6 millions de juifs dans des chambres à gaz, il est établi au-delà de tout doute raisonnable, et pas seulement par les propagandistes, que les Einzatsguppen nazis ont assassiné un nombre considérable de civils. En fait, Raul Hillberg, qui est probablement le principal expert sur les atrocités nazies, estime que ces unités ont tué plus de 2 millions de gens. Si bien que, même si quelqu’un pouvait prouver que les chambres à gaz et les fours crématoires n’ont jamais servi à tuer personne, cela ne blanchirait pas les nazis de leurs atrocités..

 

[Parenthèse : il y a ici un paradoxe. Les propagandistes juifs ont très inconsidérément utilisé le chiffre de 6 millions et les chambres à gaz et les fours crématoires pour montrer que les nazis étaient des monstres. Maintenant, les propagandistes nazis retournent l’argument et disent que, puisqu’il y a des preuves sérieuses que 6 millions de personnes ne sont pas mortes et que les chambres à gaz et les fours crématoires n’ont jamais été utilisés pour tuer les gens en masse, les nazis étaient de blanches colombes qui n’ont jamais commis d’atrocités d’aucune sorte. Les uns et les autres mentent, naturellement. Il n’y a en réalité pas besoin de s’accrocher obstinément à la fable des 6 millions, des chambres à gaz et des fours crématoires, qui est une histoire très douteuse, pour établir que les nazis ont été des monstres génocidaires. Après tout, même si les nazis n’ont tué « que » 2 à 3 millions de civils, par balles, maladies, famine et tortures, cela les placerait encore au même rang que Pol Pot. Mais c’est quelque chose que ni les juifs ni les nazis ne veulent même envisager, et ils se cramponnent à leurs mythes en dépit de toutes les preuves matérielles.]

 

Je voudrais noter qu’il y a un autre « scélérat consensuel » que l’empire adore sélectionner pour provoquer la peur et la haine : les pédophiles. Okay. Avant que quelqu’un ne pète une artère coronaire, je m’empresse de dire tout de suite que je n’éprouve que du dégoût pour la pédophilie. La question n’est pas là.

La question, c’est que l’empire anglo-sioniste désigne, à l’exécration de tous, des « scélérats consensuels », pour pouvoir développer les instruments d’une répression judiciaire, technologique, politique et sociale, qui puissent être utilisés contre tout le monde et n’importe qui.

 

Création de « scélérats consensuels »

Regardez le petit collage que j’ai fait pour représenter un « pédophile nazi ».

 

4. Nazi-Pedophiles-768x310.jpg

Le nazi pédophile, « scélérat consensuel » idéal.

 

Ce que j’essaie de montrer avec cette image, c’est la puissance des réactions émotionnelles chez chacun de nous, devant une image qui combine un enfant en détresse et des svastikas nazies. Ce que fait cette image, c’est créer un tsunami émotionnel qui n’a aucun mal à démolir toute barrière critique rationnelle, sceptique ou analytique, dans le cerveau de la personne qui y est exposée. Quoi qu’une image soit probablement plus forte, les mots « nazis » et « pédophiles » ont souvent le même effet : nous faire arrêter de penser et accepter n’importe quoi qui soit susceptible d’arrêter les supposés nazis et/ou pédophiles. Tout ce qu’il reste à faire, c’est donner à la chose un nom comme « Loi protégeant nos enfants des nazis et des pédophiles », et vous pouvez ainsi faire passer n’importe quoi, même des lois justifiant la torture, les arrestations arbitraires ou des fouilles quotidiennes au corps et à l’intérieur du corps pour la population tout entière.

Vous doutez toujours ? Okay.

Posez-vous alors les questions suivantes : comment se fait-il que, dans une société saturée de pornographie et dans laquelle l’homosexualité est tranquillement en train de s’acquérir ce qui ne peut être appelé qu’un statut héroïque, comment il se fait que tout le monde soit SI préoccupé par la pornographie enfantine ? Sérieusement, croyez-vous « réellement » que quelqu’un, dans nos élites, se préoccupe des enfants ? Si oui, j’ai une collection de ponts à vous vendre à des prix imbattables !

C’est évident que nos dirigeants se fichent éperdument de nos gosses : la seule utilisation qu’ils envisagent pour nos gosses, c’est de les faire entrer dans leurs réseaux sexuels pédophiles (oh oui, alors que la pédophilie est un crime pour le citoyen lambda, c’est un symbole universel de statut social pour nos maîtres et seigneurs ; quelqu’un reveut du Pizzagate ?). Idem pour la pornographie (l’industrie du porno US est bien plus importante que Hollywood) ou la morale (nous vivons dans une société post-chrétienne du « Dieu est mort » n’est-ce pas ?).

Non, le pédophile a été sélectionné pour les mêmes raisons que le nazi : pas parce qu’ils sont malfaisants (ce qu’ils sont, évidemment !) mais parce qu’ils sont des cibles faciles, presque sans défense, des « scélérats consensuels » parfaits. Laissez-moi répéter ceci : pour les anglo-sionistes, la fonction des pédophiles et des nazis est de fournir un scélérat idéal sans défense et leur utilité est qu’ils permettent de créer les outils qui doivent servir à nous opprimer tous.

 

[Parenthèse : Pour comprendre à quel point les nazis ont été démonisés, jetez juste un coup d’œil à cette liste Wikipedia d’organisations qui font du lobbying pour la pédophilie (cette fois, j’ai laissé les notes de bas de page, pour que vous puissiez vérifier les sources).

 

International

  • Ipce (ex-International Pedophile and Child Emancipation, qui a changé son nom en 1998 pour se dissocier de l’appellation entière). Fondée au début des années 1990; en 2005, elle avait 79 membres dans 20 pays. [1][2][3] L’organisation a des sites web en anglais [4] français [5] allemand [6] et espagnol[7] .

 

Australie

  • Australian Man/Boy Love Association (AMBLA).[8]
  • Australian Paedophile Support Group (APSG). Fondée en 1980 ou 1983 suivant d’autres sources. Lui ont succédé les Boy Lovers and Zucchini Eaters (BLAZE), un autre groupe démantelé par la police.[9]

 

Belgique

  • Dokumentatiedienst Pedofilie.[10]
  • Centre de recherche et d’information sur l’enfance et la sexualité (fr), 1982–1986. Fondée par Philippe Charpentier. Ce groupe publie le magazine L’Espoir.[11]
  • Fach Und Selbsthilfegruppe Paedophilie. Fondée au début des années 1970..[10]
  • Stiekum.[10]
  • Studiegroep Pedofilie.[10] Défunte.

 

Canada

  • Coalition Pédophile Québécoise.[8]
  • Fondation Nouvelle. Defunte.[1]

 

Danemark

 

France

  • Groupe de Recherche pour une Enfance Différente (GRED), 1979–1987. Ce groupe publiait le bulletin Le Petit Gredin.[10]

 

Allemagne

Voir aussi : 1970s and 1980s pedophilia debate (in German)

  • AG-Pädo. Fondée en 1991 par l’association Arbeitsgruppe des Bundesverbandes Homosexualität.[8][13]
  • Aktion Freis Leben (AFL).[8]
  • Arbeitskreis Päderastie-Pädophilie (APF). Active au début des années 1980s.[10]
  • Arbeitsgemeinschaft Humane Sexualität (de) (AHS).
  • Arbeitsgemeinschaft “Schwule, Päderasten und Transsexuelle” (“groupe de travail ‘gays, péderastes et transsexuels’”). Faction du German Green Party (Parti des Verts) impliqué dans l’activisme pro-pédophile.[14][15][16][17] Voir de:Pädophilie-Debatte (Bündnis 90/Die Grünen) (“Débat pédophilie - Alliance ’90/Les Verts”)
  • Deutsche Studien- und Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (DSAP). 1979–1983.[8]
  • Fach und Selbsthilfegruppe Paedophilie.[8]
  • Indianerkommune. Active des années 1970 jusque dans la moitié des année 1980.[10] Autodéfinie “commune de libération des enfants”, s’identifiant fortement comme pédophile, active de la fin des années 1970 à la fin des années 1980; selon les mêmes auteurs, il y a plusieurs groupes locaux indépendants actifs en Allemagne aujourd’hui.[18]
  • Kanalratten. Rejeton de l’Indianerkommune mais pour les pédophiles femelles.[19]
  • Kinderfrühling.[20]
  • Krumme 13 (K13), 1993– aktuell bis heute und im Internet präsent.[21][22]
  • Pädoguppe, Rat und Tat-Zentrum.[8]
  • Pädophile Selbsthilfe- und Emanzipationsgruppe München (SHG).[23] Fondée en 1979.[24] A partir de 2003, la police a commencé à faire des descentes chez ses membres, qui se sont soldées par la saisie de plus d’un demi million de pièces de pornographie enfantine et de multiples arrestations.[25]
  • Verein für sexuelle Gleichberechtigung. Fondée à Munich. 1973–1988[26]
  • Werkgruppe Pedophilie.[27]

 

Italie

  • Gruppo P. Foundé en 1989 par Francesco Vallini.[28] Malgré son statut légal, Vallini a passé trois ans en prison pour association criminelle. En dépit de quoi le magazine bien connu Babilonia continue d’employer Vallini et de soutenir ses idées, même si le groupe P en tant que tel n’existe plus. Le groupe publiait le bulletin Corriere dei pedofili.[29]

 

Hollande

  • Enclave Kring. Fondée dans les années 1950s par le psychologue Frits Bernard.[30]
  • Jon. Fondée en 1979 par la Dutch Society for Sexual Reform.[8]
  • Party for Neighbourly Love, Freedom, and Diversity, 2006–2008. Parti politique néerlandais qui milite pour l’abaissement de l’âge légal du “consentement” à 12 ans et pour la légalisation de la pornographie infantile.[31]
  • Vereniging Martijn. Fondée en 1982. L’association pédophile la plus importante en Europe. Le 27 juin 2012, une cour néerlandaise a déclaré le groupe illégal et ordonné sa dissolution immédiate.[32] Cependant, cette décision a été annulée par une cour d’appel en avril 2013, le ou la juge ayant motivé sa décision en disant que le groupe ne commettait pas de crimes et devait bénéficier du droit d’association.[33]. Cette décision fut elle-même annulée par la Cour Suprême de Hollande le 18 Avril 2014, qui interdit définitivement l’association. L’association a fait appel de cette sentence auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, mais son appel a été rejeté. Le groupe publiait le bulletin OK Magazine.[34]

 

Norvège

  • Norwegian Pedophile Group.[27]
  • Amnesty for Child Sexuality.[27]

 

Suisse

  • Schweizerische Arbeitsgemeinschaft Pädophile.[10]

 

Royaume-Uni

 

USA

  • Childhood Sensuality Circle (CSC). Fondée en 1971 à San Diego (Californie) par un étudiant de Wilhelm Reich.[10]
  • North American Man/Boy Love Association (NAMBLA). Active de 1978 à aujourd’hui. Considérée comme largement éteinte.[37][38]
  • Pedophile Information Society.[39]
  • Project Truth. Une des organisations expulsées de l’ILGA in 1994 comme organisation pédophile.[3]; éteinte.
  • René Guyon Society. Peut-être fictive. Son slogan était “sexe avant 8 ans; après c’est trop tard”.[27]

     

    Vous avez remarqué quelque chose d’intéressant ? Toutes ces organisations pédophiles, TOUTES, ont leur site web. Et pourtant, personne, dans la communauté des archibienpensants n’a même essayé de les faire fermer, moins encore de les persécuter systématiquement comme le Daily Stormer. Et pourquoi ça ? Est-ce que les nazis sont pires que même les pédophiles ?]

 

Il y a aussi un autre effet secondaire particulièrement toxique généré par cette création de « scélérats consensuels » : il permet aux scélérats non-consensuels de se dissimuler très facilement. Prenons un exemple très simple. Le soi-disant «Holocauste». On entend souvent dire qu’il est absolument nécessaire qu’il y ait (je ne vous mens pas) une «éducation à l’Holocauste», pour bien s’assurer «qu’une telle abomination ne puisse plus se produire». Plus se produire ? Mais ça n’a jamais arrêté ! La décolonisation de l’Afrique a été un bain de sang. Les guerres US en Corée et au Vietnam ont tué des millions de gens, tout comme la guerre civile patronnée par les USA en Indonésie. Le génocide cambodgien, la guerre d’indépendance du Bangladesh, la guerre civile du Mozambique – toutes ont vu des millions de personnes assassinées. Plus récemment, l’invasion soviétique en Afghanistan, le génocide au Rwanda, l’occupation US de l’Irak, la deuxième guerre du Congo, toutes ont tué plusieurs millions de personnes. Il est obscène, grotesque et scandaleux de dire «plus jamais ça», alors qu’en réalité, ça n’a jamais arrêté. Ou prenons l’exemple de la pédophilie. Je suis absolument convaincu que l’empire ne persécute publiquement les pédophiles que parce qu’il refuse de voir les horreurs que génère l’industrie de la pornographie, pas seulement parmi ceux qui y tiennent un rôle actif mais chez les millions d’individus et de familles qu’elle affecte (et si vous pensez que ce ne sont là que les divagations paranoïaques d’un chrétien fondamentaliste bégueule, lisez donc cet article et réveillez-vous au monde réel qui vous entoure ! Je recommande aussi très fortement la lecture du 2e chapitre de  « L’illusion de l’amour », dans le merveilleux livre de Chris Hedges Empire de l’illusion : La mort de la culture et le triomphe du spectacle que je considère comme incontournable si on veut comprendre la société des États-Unis).

L’horrible vérité est que ni les nazis ni les pédophiles ne sont en aucune manière exceptionnels. Ils ne sont que le produit-type d’un monde devenu fou d’arrogance, de haine et de perversité maniaque. On ne se débarrasse pas ainsi de toutes les formes de spiritualité, non plus que de tout sens du sacré et de l’absolu, sans payer les conséquences de cette sorte de folie. La condamnation des nazis et des pédophiles n’est qu’une forme particulièrement hypocrite d’affectation ostentatoire de vertu par des forces et des individus qui ne sont en rien moins pervers et malfaisants que les nazis et les pédophiles qu’ils dénoncent et condamnent avec tant de véhémence. Nous ne devons pas laisser l’arbre nous cacher la forêt et ne devrions pas non plus permettre à un seul fils de pute de nous cacher une multitude d’autres fils de putes.

 

Comment on sous-traite la répression de la liberté de s’exprimer à des entreprises privées.

Ce qui est en train de se passer sous nos yeux, c’est que les néocons ont trouvé un truc très malin pour contourner les garanties assurées aux citoyens par la Constitution (dans son 1er Amendement par exemple) en privatisant la répression de la liberté de s’exprimer. Ceci n’est en réalité pas nouveau : le Pentagone livre des guerres illégales en se servant d’« entrepreneurs privés » tout comme les agences à « 3 lettres » nous espionnent en se servant elles aussi de sociétés privées spécialisées dans l’espionnage.. Maintenant, les néocons se servent du secteur privé pour réprimer nos libertés : c’est pas merveilleux le capitalisme ?!

Reprenons l’exemple du Daily Stormer : si le gouvernement US avait interdit au Daily Stormer d’avoir un site web à lui ou d’échanger des e-mails, l’ACLU [American Civil Liberties Union = Union Américaine pour les Libertés Civiles »] se serait levée en armes. Mais, puisque c’est fait par le secteur privé et non par le gouvernement, l’ACLU n’y trouve absolument rien à redire. Pourquoi ? Parce que les « conditions d’utilisation » en petits caractères que personne ne lit jamais, donnent aux sociétés d’IT [identité informatique, ndt] le pouvoir pratiquement illimité de faire ce qu’elles veulent de vos données et le pouvoir de vous refuser n’importe lequel de leurs services. Utiliser les services de Google (ou de n’importe quelle autre société de services) n’est pas un droit. C’est aussi simple que ça.

Le problème-clé, ici, c’est que, pour prendre une fois encore l’exemple du Daily Stormer, GoDaddy + Google + Youtube + Facebook, C’EST pratiquement tout l’Internet. Oh, oui, bon, en ce moment, le Daily Stormer se cache dans le « dark web » (à l’adresse http://dstormer6em3i4km.onion/ ) et n’est accessible qu’en passant par un routeur Tor, où il n’est pas indexé par des moteurs de recherche (au moment où j’écris, il est aussi localisé ici : https://dailystormer.al/ mais Dieu seul sait pour combien de temps). Mais tout cela n’a rien à voir. L’empire se fout impérialement de ce qui se passe dans quelques recoins d’Internet, tout ce qu’il veut, c’est être en mesure de contrôler tout ce qui se passe sur les 90% de l’Internet, et que ces 90% soient contrôlés par une liste relativement courte de sociétés loyales, qui soient susceptibles de faire ce que veut l’empire sans avoir à s’embarrasser de mandats de justice.

Il apparaît aussi à présent que, si l’on en croit l’article Wikipedia ci-dessus, Anonymous est partant pour servir d’exécuteur à l’empire. Bien entendu, ce pourrait juste être la NSA se faisant passer pour Anonymous. Nous ne le saurons jamais.

Puis-je ajouter que ceci était inévitable ? Les Pères Fondateurs ont fabriqué la Constitution US (et d’autres instruments juridiques) pour protéger le peuple des abus du gouvernement. Ils ne pouvaient imaginer que les classes dirigeantes démantèleraient autant que possible du gouvernement (surtout ses parties les plus utiles) et les remplaceraient par des sociétés privées. Les leaders des mouvements des droits civiques étaient si obsédés par l’Oncle Sam qu’ils n’ont même jamais remarqué comment le monde des « corporates » les a tranquillement et légalement réduits en esclavage pour le plus grand bénéfice du « Deep State », essentiellement composé aujourd’hui de néocons.

Que pouvons-nous y faire ?

 

Libérer nos esprits et nous affranchir des technologies que nous utilisons.

Je pense que nous devons accepter le défi conceptuel des néocons : ils nous mettent littéralement au défi de nous opposer à la persécution des nazis et des pédophiles. Nous, par conséquent, devons faire exactement ça : tout ce que nous pouvons pour qu’il soit impossible aux néocons de persécuter les nazis et les pédophiles. Pas pour leurs beaux yeux, pour les nôtres. Parce que si on laisse l’empire faire ça aux nazis, il pourra le faire ensuite à n’importe qui. En vérité « D’abord ils sont venus pour les nazis et les pédophiles ».

 

[Parenthèse : Soixante-douze ans après la fin de la IIe guerre mondiale, la situation a été complètement retournée et, aujourd’hui, les vers célèbres du pasteur Niemöller devraient commencer par « D’abord, ils sont venus pour les nazis et les pédophiles ». Je peux imaginer à quel point le pasteur Niemöller serait consterné de voir que ses fameux vers anti-nazis sont aujourd’hui utilisés pour défendre la liberté des nazis et des pédophiles. Il serait consterné, oui, et affreusement triste, mais je suis sûr qu’il comprendrait et qu’il serait d’accord.]

 

Je soumets qu’il est grand temps pour nous tous de refuser d’être traités comme des rats de laboratoire, conditionnés à vénérer X (Barack Obama) et à vomir Y (les nazis). Les nazis et les pédophiles méritent amplement notre dégoût et notre rejet, non pas parce que nous avons été dressés à les haïr, et non parce qu’ils représentent un « super mal », mais tout simplement parce qu’ils sont odieux. Ceux qui veulent nous laver le cerveau pour nous les faire haïr ne nous font pas confiance pour arriver à cette conclusion sans leur aide manipulatrice, et c’est cela, selon moi, qui est particulièrement offensant et dégradant à notre égard. Nous devons dire à ceux qui nous voudraient incurablement subjugués que nous sommes capables de tirer nos propres conclusions, merci bien, et qu’ils peuvent se garder leurs endoctrinements.

Outre la nécessité de nous débarrasser du joug idéologique de la machine de propagande impériale, il est également nécessaire que nous nous intéressions d’un peu près à certaines questions technologiques, comme, par exemple, avoir un site web et pouvoir utiliser des e-mails cryptés. C’est quelque chose dont nous avons tous besoin, non ? Sauf qu’aujourd’hui, c’est devenu quelque chose de très difficile à trouver. Imaginons une société qui déclarerait ouvertement que ses services ne peuvent en aucun cas être refusés à quiconque pour quelque raison que ce soit… Si une telle société déclarait par exemple que les comptes des nazis, des pédophiles et des terroristes ne seront jamais fermés ou lésés d’aucune façon… Ne serait-ce pas là le genre de société où vous aimeriez ouvrir un compte ?

Pour commencer, soyons réalistes et ne demandons pas à un fournisseur de services d’ignorer un mandat judiciaire. Dans l’abstrait, ce pourrait être très noble, mais pas très réaliste. Toutefois, notre première condition pourrait être que le fournisseur de services s’engagerait à ne fermer notre compte ou à le limiter que pour obéir à un mandat judiciaire. Des conditions contractuelles de services qui incluraient cette disposition feraient, en théorie, des États-Unis, une juridiction raisonnablement sûre. La Suisse ou l’Islande seraient encore mieux.

Je ne sais pas si ceci est techniquement faisable, mais ce serait encore mieux si le fournisseur de services rendait techniquement impossible pour lui-même de fermer ses comptes. Des mesures ont été prises dans ce sens. Par exemple, ProtonMail crypte la boîte entrante de ses utilisateurs de façon telle que, même si un tribunal suisse ordonnait à ProtonMail de lui livrer le contenu de la boîte entrante d’un de ses utilisateurs, ProtonMail ne serait capable de lui livrer que des fichiers hautement cryptés, mais pas le texte en clair. Du coup, je me demande s’il serait possible qu’il y ait une autorité (le fournisseur de services) capable de créer un compte, mais que ce compte, une fois créé, soit techniquement impossible à fermer par le dit fournisseur de services. Si ce compte, par exemple, était hébergé sur un réseau P2P [Peer to Peer] ou si les références nécessaires pour créer ce compte étaient insuffisantes pour pouvoir le fermer ? Je ne sais pas, je suis juste en train de réfléchir à haute voix. Quelqu’un a une opinion ?

Deuxièmement, le siège social de la société, ses avoirs financiers et ses serveurs devraient être localisés dans une juridiction raisonnablement sûre. ProtonMail a son siège social et ses comptes bancaires en Suisse (ses serveurs sont répartis un peu partout, certains sont même en Israël, soupir…). Peut-être vaudrait-il mieux les répartir dans plusieurs juridictions ? Des juridictions éparpillées peut-être ?

 

[Parenthèse : Ici, je dois admettre à mon grand regret et à ma grande honte que la Russie de Poutine ne vaut pas mieux que les USA et, franchement, que la Russie est même pire à certains points de vue. La triste réalité est que le gouvernement russe, sous le pieux prétexte d’anti-terrorisme, a passé pas mal de lois terribles contre la liberté et la vie privée, et que les garanties légales de liberté d’expression en Russie avoisinent le zéro. Ouais ! Pour l’instant, il y a un brave gars au pouvoir, mais si, demain, à Dieu ne plaise, une espèce d’« Eltsinoïde » y arrive, au pouvoir, il n’y a rien qui pourra empêcher le gouvernement russe d’interdire totalement le cryptage, de fermer les sites « politiquement incorrects », etc. Incidemment, c’est la même chose en Iran et en Chine. J’ai personnellement la chance que mon blog ne soit pas interdit en Iran – oui, je l’ai fait vérifier – mais beaucoup d’autres le sont. La Chine pourrait bien être le pire des contrevenants : on y a maintenant rendu obligatoire l’introduction des données de leur passeport aux utilisateurs de médias sociaux ! C’est paradoxal, mais les pays qui sont en première ligne de la résistance à l’empire anglo-sioniste ont encore moins de culture de la liberté – du moins sur Internet – que les USA ou la plupart des pays de l’Union Européenne. Très mauvaise nouvelle pour nous, parce que nous avons probablement plus de chance de trouver une solution à nos problèmes en Occident que dans des pays comme la Russie, l’Iran ou la Chine. C’est tout à fait révélateur (voir plus haut) que Roskomnadzor, au lieu d’offrir un havre en Russie au Daily Stormer, ait effectivement demandé (et obtenu) que son domaine russe soit fermé. Honte à la Russie ! C’est tout ce que je peux dire.]

 

Un tel fournisseur de services sera-t-il jamais créé ? Je veux espérer que oui. J’ai été formidablement encouragé par la réaction de l’Electronic Frontier Foundation (EFF = Fondation pour la Frontière Électronique, voir le texte complet ici), qui a fortement condamné les actions des « loyales corporations » et qui a dit clairement que :

 

« Protéger la liberté d’expression n’est pas quelque chose que nous faisons parce que nous sommes d’accord avec l’expression que nous protégeons. Nous le faisons parce que nous croyons que personne – ni les gouvernements ni les entreprises privées – ne doit décider de qui a le droit de parler et de qui ne l’a pas. »

.

Que Dieu les bénisse ! Je suis fier d’être membre de l’EFF.

La Free Software Foundation (FSF = Fondation pour le Logiciel Libre), dont je suis membre aussi, pourrait avoir à se creuser les méninges pour trouver la technologie qui garantirait que personne, y compris les « scélérats consensuels » ne puisse être dépouillé de son droit à exposer des idées ou à communiquer en toute sécurité.

J’entends d’ici l’objection : « et les terroristes, alors ? ». À ceci, je répondrais deux choses :

 

1°) Pour autant que je sache, tous les terroristes sont patronnés par des états.

2°) Les terroristes peuvent très facilement esquiver toute forme de contrôle étatique (principalement en ne révélant pas de quel compte mail ils se servent).

 

Ainsi ce « nous allons donner aux terroristes les moyens de communiquer » est un canard de la plus belle eau.

Comme outil de liberté, l’Internet a été véritablement fantastique. Mais il nous faut aussi reconnaître qu’il a ses points faibles, qui sont surtout ses « points d’accès » (les Network Access Points ou NAPs) et son mécanisme d’enregistrement des noms de domaines (via ICANN). Les gouvernements ne peuvent pas fermer l’Internet. Mais les gouvernements et le secteur privé, ensemble, le peuvent probablement.

Et enfin, il y a le problème des moteurs de recherche. À l’heure qu’il est, Google règne sans partage, l’autre finaliste (Yandex) se focalise surtout sur l’Internet russe. Il y a beaucoup d’autres moteurs de recherche, mais aucun d’entre eux n’offre des garanties quant à son a-politisme. Encore une fois, ceci est un défi à relever par la communauté du logiciel libre, qui devra s’amener avec une solution, mais ça prendra du temps.

 

En prévision de quelques accusations inévitables

Avez-vous remarqué combien de fois, au cours de cet article, j’ai dû sortir de mon chemin pour prévenir l’accusation de sympathie envers les nazis ? Je suis bien sûr que l’une ou l’autre andouille va essayer de poster un commentaire [voir les commentaires à l’article d’origine, ndt] qui m’accusera d’en être un moi-même. Quand ça se produira, je vous prie de considérer que c’est un exemple de la facilité avec laquelle le mot « nazisme » transforme certains cerveaux en bouillie. D’autres m’accuseront certainement d’être un cryptonazi (ou quelque chose du même genre), non parce qu’ils le croiront réellement mais parce qu’ils n’auront pas un seul argument logique basé sur des faits à m’opposer. Ils espèreront que l’étiquette « nazi » suffira à empêcher mes arguments d’atteindre les lecteurs « bien conditionnés ». Enfin, ne manqueront pas non plus les inévitables « nazis offensés », qui seront absolument scandalisés qu’un type qui ose remettre en question les 6 millions + les chambres à gaz + les fours crématoires traite AUSSI les nazis de racistes malfaisants et de génocidaires maniaques (ils ne détestent pas moins entendre parler d’Ukronazis – car, apparemment, le fait qu’il y ait de tas de juifs dans la direction ukrainienne est pour eux la preuve que les ukronazis ne sont pas des nazis). Je me demande si ces zigotos réalisent à quel point les nazis et les sionistes sont pareils, ou s’ils ne comprennent pas que le gouvernement israélien n’est autre, idéologiquement parlant, qu’une version juive des idées national-socialistes. Ce genre d’interventions commence généralement par « on dirait que… » ou « en d’autres termes… » ou « donc, ce que vous êtes en train de dire… », etc. Ma réponse est simple : j’ai écrit ce que j’ai écrit. Si j’avais voulu écrire autre chose, je l’aurais fait. Par conséquent, soyez gentils de m’épargner les « paraphrases créatives » de ce que j’ai vraiment voulu dire.

 

Conclusion : les derniers groupes de résistance

L’hystérie actuelle autour de l’Alt Right, du Daily Stormer ou de Trump «candidat du KKK» ne résulte pas seulement du fait que les medias de masses sont contrôlés par des crétins sensationnalistes. Ceci est une campagne de psy-op [= guerre psychologique] stratégique délibérée dont le but est de renverser Trump et de réprimer brutalement les aspirations légitimes de millions d’Américains qui veulent seulement récupérer leur pays. Tout a commencé par une révolution colorée contre Trump, suivie d’un coup d’État réussi, et maintenant, c’est sur nous que se porte l’attention des néocons. Dans leurs esprits malades, si nous ne sommes pas des Clintonbots [marionnettes robotisées des Clintons] au cerveau lavé, nous sommes tous des variétés de néo-nazis. Pour eux, le Daily Stormer ou l’Alt Right sont juste la preuve et le prétexte dont ils ont besoin pour pouvoir abattre leur brutale répression sur nos libertés civiles et nos droits humains. Pour rendre les choses pires encore, la soi-disant gauche (je dis « soi-disant » parce que permettez-moi de vous le dire, il n’y a pas de gauche réelle aux USA, seuls des crétins de naissance prétendraient qu’Obama est socialiste) a été totalement incapable de comprendre que « D’abord, ils sont venus pour l’Alt Right ». Mieux même : elle a participé à la campagne « Trump est raciste ». Franchement, je trouve les libéraux US au-delà de toute forme d'espoir, encéphalogramme incurablement plat, et politiquement, ce ne sont que des idiots au service des néo-cons. Nous savons tous où les néocons se placent. Cela nous laisse avec seulement deux groupes encore capables de penser : les paléoconservateurs et les libertariens. Ils ne sont pas vraiment ma tasse de thé avec leurs idées économiques et leurs mythes, mais c’est réellement sans importance à ce stade. Ce qui compte, c’est qu’ils sont les seuls à défendre les principes de base suivants :

 

1°) Soutien aux libertés et aux droits civiques constitutionnels

2°) Opposition à l’empire et aux guerres étrangères.

3°) Résistance au programme social et politique de la « coalition des minorités ».

 

Je pense qu’au point où nous en sommes, la plupart des paléoconservateurs et des libertariens ont compris que « la présidence Trump a vécu », comme l’a dit Bannon. Trump est un nain intellectuel complètement neutralisé. Mais ce que Trump a défendu pendant sa campagne électorale mérite toujours qu’on se batte pour l’obtenir. Oubliez l’homme, mais rappelez-vous les valeurs, les idées, les principes qui l’ont fait élire. Ces valeurs sont tout ce qui reste debout entre nous et une vie entière de servitude sous les néo-cons et leur empire anglo-sioniste. C’est aussi tout ce qui reste entre l’humanité et une guerre planétaire.

 

[Parenthèse : à mes amis (vraiment) de gauche : non, je ne suis pas en train d’adopter les idées politiques des paléoconservateurs et des libertariens. Mais je dis que dans le contexte US, ce sont les deux seules forces politiques qui soient encore mentalement capables de résistance. Comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas de gauche réellement organisée au nord du Rio Grande, désolé. Et avant que vous posiez la question, les Antifas ne sont rien d’autre qu’un outil imbécile entre les mains des néocons. Oui, il reste quelques individus réellement de gauche aux USA, et même, ô surprise, il en reste pas mal, mais rien d’organisé, pas de mouvement. C’est un désastre et une tragédie, mais c’est la triste réalité.]

 

Ce que la machine à propagande des néocons essaie de faire, c’est ranger les paléoconservateurs et les libertariens soit dans la catégorie « agents de Poutine » (Ron Paul) soit dans « nazis » (Pat Buchanan). S’ils y arrivent, alors ce sera vraiment la fin, bonnes gens. Mais ils n’y réussiront probablement pas parce que, en réponse dialectique au défi des néocons, les paléocons et les libertariens sont en train de se transformer lentement en une espèce de mouvement (par opposition à « parti ») dont les vues sont partagées par la plupart de ceux qui avaient nourri l’espoir que Trump allait « assécher le marais ». Ce n’est pas là le but des néocons ni de la minuscule minorité des néonazis US ou des pédophiles fondamentalement sans pertinence. Une fois que leurs capacités juridiques, techniques et organisationnelles auront été développées au maximum, les néocons « viendront pour les patriotes US » parce que ce sera la dernière chose qui se dressera entre eux et leur contrôle total des États-Unis.

Source : http://thesaker.is/first-they-came-for-the-nazis-and-pedo...

Via : http://www.unz.com/tsaker/first-they-came-for-the-nazis-a...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Mis en ligne le 5 octobre 2017.

 

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20:21 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |