20/07/2017

MÉSENFIN...

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Mésenfin, de quoi vous plaignez-vous bon sang ?

 

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Vous avez l’OTAN pour vous protéger ! Quel besoin avez-vous d’une « armée nationale » en plus ? Pour quoi faire ? Filez votre pognon comme on vous l’a dit à qui saura quoi en faire et envoyez vos militaires à Pôle Emploi, avec les pékins. S’ils tiennent ab-so-lu-ment à travailler, qu’ils aillent au vrai Q.G. de Bruxelles essayer de se faire embaucher. Aux conditions patronales, of course. C’est tendance, non ?

 

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Certains antimilitaristes auraient-ils jamais cru qu’ils en arriveraient un jour à souhaiter un coup d’État militaire, quoi qu’il en coûte ? On est sûrs, pourtant, qu’il y en a.

Comment dit-on « vendre son pays à l’étranger » en français non post-moderne ? Crime de haute trahison ? Bof…

 

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Le vrai chef des armées.

 

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Et n’allez pas croire, chers amis Français qu’il n’y a que vous. Non, non, on ne vous parle pas des Belges (des quoi ?).

Petit échantillon de ce qui se passe dans la terre des libres et des braves :

 

Le retour des mercenaires du Pentagone inquiète les militaires US en activité

Wayne MadsenStrategic Culture 14 juillet 2017

 

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Pendant que le secrétaire américain à la Défense James Mattis et le conseiller en sécurité nationale H.R. McMaster examinent la politique militaire américaine en Afghanistan, The New York Times a publié, le 10 juillet 2017, un article exposant une menace qui pourrait bouleverser la stratégie de défense des États-Unis et la renvoyer à un passé amer.

L’histoire du Times était focalisée sur le paragraphe suivant :

 

« Erik D. Prince, fondateur de la firme de sécurité privée Blackwater Worldwide, et Stephen A. Feinberg, financier milliardaire qui possède l’entreprise militaire géante DynCorp International, ont étudié des propositions visant à utiliser des mercenaires [de leurs entreprises], plutôt que des troupes américaines en Afghanistan, à la demande pressante de Stephen K. Bannon, le stratège en chef de M. Trump, et Jared Kushner, son gendre et conseiller principal, selon des personnes informées au sujet de ces conversations ».

 

L’histoire de Blackwater et de Dyncorp est celle de crimes de guerre odieux en Irak et dans les Balkans et de fraude massive au détriment des contribuables américains dans le cours d’incursions militaires dans le monde entier. Après avoir été l’objet d’une enquête sur ses activités en tant que chef de Blackwater, Prince, dont la sœur, Betsy DeVos, est secrétaire à l’Éducation de Donald Trump, a vendu la société et déplacé ses opérations mercenaires à l’étranger vers Abu Dhabi.

La société de Prince basée à Abu Dhabi, Reflex Responses (R2), a recruté et formé des forces du monde entier, en particulier de Colombie, du Chili, du Honduras, d’Afrique du Sud et de Roumanie, en tant que mercenaires pour le prince héritier Sheikh Mohamed bin Zayed al-Nahayan. Il y a une interdiction stricte d’embaucher du personnel militaire musulman, car on ne peut pas vraiment compter sur eux pour tuer d’autres musulmans. Les mercenaires, basés dans la grande ville militaire de Zayed, en dehors d’Abu Dhabi, sont commandés par des officiers des ex-forces spéciales des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France et d’Allemagne. R2 recrute du personnel mercenaire via une société écran off-shore, Thor Global Enterprises, installée dans les îles Vierges britanniques. Des mercenaires de R2 auraient combattu dans le cadre de la coalition saoudienne dans la guerre civile du Yémen contre les forces opposées à la domination saoudienne du pays. Prince utilise le nom de code « Kingfish » dans toutes les communications et documentation relatives à R2.

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Source : http://lesakerfrancophone.fr/le-retour-des-mercenaires-du...

 

 6. Wayne Madsen.pngWayne Madsen est un journaliste et essayiste américain, né en 1954 en Pennsylvanie, d’une mère américaine et d’un père danois. Il est l’auteur de nombreux ouvrages inédits en français. En tant que journaliste, il a publié des articles dans CorpWatch (en), CounterPunch, CovertAction Quarterly (en), In These Times, Multinational Monitor (en), The American Conservative, The Progressive et The Village Voice. Il a publié des éditoriaux dans Atlanta Journal-Constitution, Columbus Dispatch, Houston Chronicle, Philadelphia Inquirer, Miami Herald et le Sacramento Bee.

 

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Retour à l’Hexagone

Idéologiquement, nous sommes à des années-lumières de Causeur. Mais quand ils disent des choses qu’on pense aussi, on ne voit pas pourquoi on ne les citerait pas. Deux fois de suite en l’occurrence, et sur Paris les deux fois.

 

Paris n’est plus vraiment Paris

Elisabeth Lévy – Causeur 20 juillet 2017

 

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En quelques décennies, Paris est devenue une ville sans mystères. Toujours plus citoyenne, écologique, sportive et participative, la capitale devient, comme le dit sa maire, une « ville pacifiée ».

 

Je ne sais pas qui a dit que Paris serait toujours Paris, mais il s’est sacrément planté. Il aura fallu quelques décennies de grands projets, d’expérimentations urbaines et d’idées fumeuses pour transformer presque complètement la ville de Gavroche et de Proust en terrain de jeux pour bobos innovants et touristes pressés. Philippe Muray, qui est certainement l’un des meilleurs chroniqueurs des saccages parisiens de la fin du XXe siècle (et sans conteste le plus drôle), observait que « la plupart des choses nouvelles, de nos jours, se cachent derrière les anciens noms ».

Bientôt, les humains de dernière génération ne sauront plus qu’il y avait avant, à la place de ce conglomérat de commerces, bureaux et musées, ce simulacre qu’on appelle encore Paris, une vraie ville, pleine de miasmes et d’opportunités, de recoins oubliés et de vitrines éclairées, de possibilités d’intrigues et de promesses de rencontres. « Les sortilèges de Paris, écrit Antoine Blondin, tiennent aux monuments et aux sites, mais également à cette impression, qui vous envahit soudain, au débouché d’une rue banale, que le système nerveux du monde passe par là. »

 

Piétons partout, vigueur nulle part

Peut-on penser sans éclater de rire que « le système nerveux du monde passe par là » quand ce sont des hordes de cyclistes coiffés de leurs casques ridicules qui passent sous vos fenêtres ? Quel cœur palpite sur le boulevard Saint-Michel, principal axe de notre célèbre quartier latin, désert dès 20 heures parce qu’il n’y a plus un bistrot et encore moins de librairies entre les boutiques de fringues ? Et quel sortilège a pu donner naissance au panneau d’information planté place du Panthéon et ainsi rédigé : « Sur le plan du paysage, il s’agit de respecter la conception minérale, tout en la réinventant. Spatialement, la symétrie, les percées visuelles et l’équilibre général de la place sont des équilibres à respecter » ? Ce sortilège-là, comme tous ceux que la machine municipale crache à jets continus, n’a pas grand-chose à voir avec les sortilèges de Paris dont parlait Blondin.

En l’occurrence l’irrésistible prose de la municipalité était destinée à vendre le projet de piétonisation qui, après celle de la République, devait concerner sept places parisiennes. Sans doute faut-il punir encore un peu plus les automobilistes et, au passage, créer partout des lieux où 100 Nuit debout pourront s’épanouir. En présentant le projet, la maire a expliqué qu’il visait à  « donner plus de place à celles et ceux qui ont envie de vivre dans une ville plus pacifiée, avec moins de voitures et moins de stress ». En somme, Paris ne veut plus être le système nerveux mais la camomille du monde. Quel progrès. Et si une ville, justement, n’était pas une ter……

 

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Source : https://www.causeur.fr/paris-anne-hidalgo-berges-pietons-...

 

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Paris est un cauchemar

Elisabeth Lévy – Causeur 10 juillet 2017

 

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Festival Fnac Live, place de l'Hôtel de Ville à Paris, 6 juillet 2017

 

Savez-vous pourquoi, à la différence de Roland-Garros, le tournoi de Wimbledon s’interrompt le dimanche ? Pour laisser une journée de calme aux habitants du quartier (et au gazon). En entendant, cette information dimanche matin (sur France Inter), après une nouvelle nuit gâchée, j’ai ressenti une immense jalousie pour les Londoniens. Une ville qui fait encore prévaloir la vie concrète de ses habitants sur les exigences des jeux du cirque apparaît déjà comme l’un des derniers refuges de la civilisation. Et le centre de Paris, ce week-end, offrait une inquiétante illustration de la barbarie.

On ne peut pas dire que la fête a viré au cauchemar comme dans les récits de faits divers, car la fête est le cauchemar. Précisément, ce que notre bonne maire appelle la fête : trois soirs de suite, tout le centre de Paris, de la Bastille au Palais-Royal, a été livré à un fracas indescriptible doublé d’un embouteillage géant où des milliers de malheureux qui avaient le mauvais goût de sortir du boulot ou d’avoir à traverser Paris d’est en ouest, ce qui, en plein mois de juillet devrait être une promenade de santé, se sont retrouvés piégés des heures durant. Un spectacle rythmé à intervalles réguliers par des concerts de klaxons excédés et impuissants, tandis que, sur les trottoirs des grappes de passants tentaient à grand peine de progresser. Dans une atmosphère saturée de fumées d’échappement et de colère, des altercations éclataient pour un rien. En quoi que nous y soyons habitués, la présence de centaines de policiers transpirant dans leurs équipements – et heureusement munis de bouchons d’oreille –, achevait de donner à l’ensemble un petit air de guerre.

 

Sauver le pôle Nord, détruire Paris

Vous vous demandez quelle catastrophe a bien pu survenir en plein Paris sans que vous en fussiez informés. Celle-ci avait pour nom le festival Fnac Live. Trois jours de concerts gratuits, de 17 heures à minuit, offerts au bon peuple de Paris sur le parvis de l’Hôtel de Ville (les privilégiés ayant pu assister au concert de Julien Clerc à l’intérieur). Ce qui, en bon français, signifie que madame le maire croit bon d’offrir à ses copains de la Fnac une belle campagne de pub. On en a vu d’autres direz-vous, alors que Paris se couvre de bâtiments siglés Vuitton, Pinault ou Arnault. Certes. Mais pour que la Fnac puisse utiliser mon temps de cerveau disponible, il a fallu réduire en bouillie celui de milliers de gens.

En effet, pour que cette sauterie se déroule sans anicroche, on a interrompu la circulation sur les quais hauts dans le sens est-ouest, envoyant ainsi tout le trafic vers la rue de Rivoli, et fermé tous les accès entre la rive droite et la rive gauche de la Seine d’Austerlitz à Palais Royal (que les non Parisiens me pardonnent ces détails topographiques). En résumé, pour boucler le parvis de l’Hôtel de Ville, on a paralysé la capitale. Ajoutons que le malheureux quartier coincé entre Notre-Dame et l’Hôtel de ville paye déjà un lourd tribut à la fabrication du Parisien nouveau, avec Paris-Plage, qui à partir de minuit, déverse tous les week-ends dans les rues son contingent de noctambules, gracieux vocable qui cache des individus avinés et braillards. C’est ce qu’on appelle la poésie de la nuit. Notre maire est en croisade pour le climat. Il est étrange de vouloir sauver le pôle Nord et de s’ingénier, en même temps, à détruire par tous les moyens les conditions de la vie humaine à Paris.

On me dira certainement que tous les malheureux qui ne partent pas en vacances et les touristes ont bien le droit de s’amuser. Pardon, mais je ne vois pas pourquoi l’amusement de quelques milliers devrait se payer de la souffrance d’un nombre bien plus considérable de leurs compatriotes. Qui leur rendra les heures de vie perdues dans ce bruit et cette fureur ? Ne peut-on pas organiser un concert dans une salle ou, si on tient au plein air, dans le bois de Vincennes ? On finit par penser que pourrir l’existence de ceux qui refusent d’adhérer au nouveau monde fait partie du programme.

 

L’espace public privatisé

On croyait par ailleurs que la lutte contre le bruit, la pollution et le trafic automobile étaient les priorités de l’équipe Hidalgo. De ce point de vue, chapeau l’artiste : la multiplication des manifestations destinées à montrer au monde entier que notre maire gouverne une ville-monde « made for sharing » aboutit à créer presque chaque jour d’énormes engorgements dans la capitale. Tant pis pour toi, mec, si t’es un bourgeois, ou peut-être bien un rentier, qui roule en bagnole. Bref un salaud de riche doublé d’un ringard. Si t’étais cool t’irais au concert Fnac en rollers.

Mais le plus grave est que la municipalité se permette de privatiser l’espace public à des fins commerciales (car la Fnac, chère Anne Hidalgo, ne cherche pas à élever les masses mais à faire du profit). Dans le moindre communiqué de la municipalité, les mots « citoyen » et « démocratie » se déclinent à toutes les sauces. On découvrira dans le prochain numéro de Causeur1 quelques-unes des ridicules inventions participatives de la municipalité pour réinventer la ville et la rendre conviviale. Conviviale tu parles ! Certes, les Parisiens sont invités à donner leur avis sur toutes sortes de sujets sans le moindre intérêt. Mais quand il s’agit de décisions qui affectent lourdement leur existence et celle de tous les habitants de la région, Anne Hidalgo fonce sur le mode Attila.

 

L’ordre festif est en marche

C’est ainsi qu’elle a décidé de profiter de travaux sur les quais pour fermer les voies sur berge parce qu’elle voulait rendre la chose irréversible avant une éventuelle élection de Fillon. Quant à l’adhésion des citoyens dont on fait tant de cas, par ailleurs, on découvre sur le site de la mairie que, sur ce dossier, « la participation à l’enquête publique a été très forte avec 292 contribution » (un raz de marée en effet), et, encore plus rigolo, que le taux d’avis favorables est de 15,4 % mais que c’est tout à fait normal pour ce genre de consultation où seuls les mécontents s’expriment. Il n’y a qu’à mieux expliquer aux gens, ils comprendront. Une fois que nous serons tous rééduqués nous irons à vélo aux différentes fêtes organisées aux quatre coins de la ville et les embouteillages n’existeront plus. Reste à savoir qui travaillera mais c’est un détail.

Pour la piétonisation des voies sur berges, il a fallu un vote du Conseil de Paris. Pour le festival Fnac, il suffit d’une convention avec la ville et le tour est joué. Autant dire qu’au désastre citadin s’ajoute un intolérable déni de démocratie. Dans ce paradis citoyen qu’est Paris toute protestation est ensevelie sous un sabir techno à la sauce « new age » ou simplement tournée en ridicule : quel drôle de zèbre il faut être, tout de même, pour protester contre un concert, gratuit de surcroît – le culturel et le social heureusement réunis. La bonne conscience avec laquelle le petit monde municipal nous pourrit la vie, se contentant de ricaner des mauvais coucheurs, réfractaires à la ville que l’on s’emploie à réinventer pour eux, a de quoi rendre dingue. Est-il possible qu’on ne puisse rien faire pour obliger nos gouvernants à respecter nos droits les plus élémentaires, comme celui de dormir en paix entre le 1er juillet et le 31 août ? Qu’il n’y ait pas contre leur pouvoir exorbitant la moindre faille juridique ? Que nous acceptions sans nous révolter cette tentative (largement réussie hélas) de « changer la vie » et pour le pire ? Le plus terrible serait en tout cas de découvrir qu’une majorité de mes concitoyens approuvent ce que Muray appelait à raison l’ordre festif. Désormais, ce ne sont pas les bruits de bottes mais ceux des sonos qui nous font marcher droit. Cela s’appelle le progrès.

Source : https://www.causeur.fr/paris-anne-hidalgo-festival-fnac-1...

 

Possible que Mmes Lévy et Hidalgo ne s’aiment pas. Mais nous non plus on n’aime pas ce que fait Mme Hidalgo. D’ailleurs, on n’aime pas du tout non plus ce qu’a fait avant elle M. Delanoë.

Et s’il n’y avait que ça !

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Mais puisqu’on y est, tiens, c’est les vacances, on ne va pas se gêner (faites pas attention, on a le bourdon).

 

Paris sous la Nouvelle Vague

Thomas Morales – Causeur 11 juin 2017

 

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Cet été, vous avez le choix entre Paris Plages et une sélection de six courts métrages réalisés par les hussards de la Nouvelle Vague. Six films sortis des années 60 avant que la grande lessiveuse de la mondialisation heureuse nous asperge d’un jet moralisateur. Les bords de Seine méritent mieux qu’un décor en carton-pâte, ersatz d’un communisme balnéaire. Cette utopie si chère à notre ami Jérôme Leroy a été dévoyée dans son esprit et son application par un marketing doucereux. En août, nous préférerons toujours relire René Fallet dans une chambre mansardée que nous prélasser sur les Quais dans une atmosphère suffocante où les promeneurs sont transformés en écocitoyens responsables, les dragueurs en prédateurs et les touristes en machines à sous. Paris n’a pas toujours été cette capsule avancée du progressisme froid et inflexible.

 

L’air propice à la flânerie

En 1965, chaque quartier conservait sa typicité comme un vin AOC. Le flâneur observait les différentes classes sociales s’agréger, s’affronter et d’une certaine manière se compléter. Le « vivre-ensemble » des Trente Glorieuses, malgré ses injustices, prenait une forme particulière à Paris. L’air était propice à la flânerie, aux rencontres fortuites et aux questions existentielles. Une communauté de destins qui semble aujourd’hui bien éloignée de notre réalité. L’avenir n’avait pas encore le goût amer des cures d’austérité et des carcans européens. Cette liberté naïve et bravache irriguait le cinéma d’avant-garde. Barbet Schroeder, jeune producteur en vogue, eut l’idée de confier une caméra 16 mm et de la pellicule couleur à six cinéastes avec pour mission : la découverte d’un quartier.

Les Éditions Montparnasse sortent en DVD ce document irrésistible d’audace intitulé Paris vu par…. Chaque réalisateur a su capter, à sa façon, l’identité d’un arrondissement, son parfum presque inodore qui pourtant s’imprègne à nos vêtements et colle à notre âme. Dans Saint-Germain-des-Prés de Jean Douchet, Katherine une américaine de passage fait la douloureuse expérience de la bohème et de son corollaire, le vagabondage amoureux.

 

Micheline Dax rue Saint-Denis

Les étudiants dans la force de l’âge sont prêts à tout pour passer une nuit avec une si belle étrangère si possible dans une garçonnière, à l’ombre de l’Institut. Jean Rouch nous amène du côté de la Gare du Nord où un couple tente de trouver un peu d’espoir dans un mariage récent mais déjà assombri par la vacuité du quotidien. Le bruit des travaux d’urbanisme autour de la gare vient rythmer leur engueulade du petit-déjeuner. Dans la rue, Odile se lamente sur son sort quand elle est abordée par un inconnu suicidaire. Jean-Daniel Pollet a choisi la rue Saint-Denis pour illustrer la relation trouble entre Léon, un plongeur introverti et une prostituée interprétée par la turbulente Micheline Dax. Dans Place de l’Étoile, Éric Rohmer s’intéresse à la vie d’un vendeur de chemises (Jean-Michel Rouzière). Cet employé modèle doit traverser cette place jusqu’au jour où il a une altercation avec un passant, ce qui l’oblige à modifier son parcours et dérègle un temps sa vie routinière. Philippe Sollers figure furtivement au casting de ce sketch.

 

Chabrol à La Muette

Le maître Jean-Luc Godard fait également partie de cette aventure. Il signe Montparnasse et Levallois avec la ravissante Joanna Shimkus qui joue le rôle de Monica, une fille partagée entre deux hommes de l’art, un sculpteur contemporain et un carrossier automobile. Elle envoie à ses deux amants deux pneumatiques et pense soudainement s’être trompée de destinataire. Qui a reçu la lettre de rupture et celle d’amour ? S’en suit un portrait cristallin de la femme en proie au doute et de l’homme touché dans sa virilité. Enfin, Claude Chabrol transporte sa caméra à La Muette chez un couple de bourgeois qu’il interprète avec Stéphane Audran. Dans son environnement naturel, il déploie toute son ironie et sa hargne du système. Conformément à ses habitudes, il s’empiffre à table, flirte avec la bonne et délaisse son fils qui préfère garder ses boules Quiès durant les repas plutôt que de supporter la comédie maritale de ses parents jusqu’au drame… Dans l’œil de ces six réalisateurs, Paris reprend de la hauteur et de la profondeur comme si la modernité ostentatoire de notre époque avait stoppé cet élan créatif des sixties.

Source : https://www.causeur.fr/paris-douchet-rouch-chabrol-godard...

 

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Paris vu par…

DVD de Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol

Éditions Montparnasse.

 

 

 

 

 

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Et Truffaut en prime (le 16 octobre 1970).

 

 

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Mis en ligne le 20 juillet 2017.

 

 

 

20:33 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

17/07/2017

RALLUMONS LES LUMIÈRES !

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Petit coup de pouce à des gens qu’on ne connaît pas. On espère que ce ne sont pas des affreux. Ça se passe à Argentat sur Dordogne, et ça s’appelle :

 

Histoires de passages

 

Pour le programme et toutes informations : c’est là :

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http://www.histoiresdepassages.com/

 

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Les vidéos ne sont malheureusement pas sous-titrées, mais Justin Raimondo raconte très bien.

 

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Tucker Carlson, exterminateur de néocons

Justin Raimondo – Antiwar.com 13 juillet 2017

 

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Oh, que ce fut jouissif ! Et que nous avons eu de plaisir – plaisir bien trop rare pour les anti-interventionnistes que nous sommes – à voir non pas un mais deux néoconservateurs les plus en vue se faire descendre en flammes sur les écrans de la télévision nationale. À voir Tucker Carlson, dont l’émission est un brillant fanal de raison dans ce monde en voie d’obscurcissement rapide, remplir son rôle de service public en démolissant Ralph Peters ET Max Boot dans deux émissions successives. Mais  ces deux rencontres avec le mal n’ont pas été que divertissantes à regarder, elles ont été aussi très instructives par ce qu’elles nous ont appris sur la faiblesse essentielle du Parti de la Guerre et sur l’échec de la stratégie qu’il déploie pour se gagner le peuple américain.

La première victime de Tucker fut Ralph Peters, un soi-disant « expert militaire » qui a eu son rond de serviette permanent sur Fox News depuis avant la guerre d’Irak, guerre dont il a été, faut-il le dire, un partisan rabique. Tucker débute son programme en observant que le « calife » d’ISIS, Abou Bakr al-Baghdadi pourrait avoir été tué au cours d’une attaque aérienne russe et que dans les bruits qui courent à Washington, il n’est plus question d'ISIS ni de le défaire mais de l’Iran, ennemi principal. Il demande pourquoi cela ? Pourquoi ne pas prendre un moment pour célébrer la mort de Baghdadi et admettre que nous avons quelques intérêts en commun avec les Russes ?

 


 

Peters saute à pieds joints dans l’outrance qui lui est coutumière : « Nous ne pouvons pas avoir d’alliance avec des terroristes. Ce ne sont pas des islamistes mais ce sont des terroristes ». Il prétend alors que les Russes ne combattent pas vraiment ISIS, qu’ils bombardent en réalité des hôpitaux, des enfants et « nos alliés » (c’est-à-dire les rebelles syriens islamistes entraînés et financés par la CIA et alliés à Al-Qaïda et Al-Nosra). Les Russes « haïssent les États-Unis » et « nous n’avons rien en commun avec les Russes » – rien ! « Les Russes, dit Peters, font le lit des Iraniens – le mal incarné dans la région – pour « construire un empire de l’Afghanistan à la Méditerranée ». Ah oui, le « croissant chi’ite », contre lequel les Israéliens et leurs pieux zélateurs aux USA nous mettaient déjà en garde avant la guerre d’Irak. Là-dessus, Tucker fait remarquer que 3.000 Américains ont été tués par des terroristes à l’intérieur des USA et que « aucun d’entre euxs n’était chi’ite, tous (ces terroristes) étaient des extrémistes sunnites soutenus par les Saoudiens, qui sont censés être nos alliés ». Et pendant qu’on est sur ce sujet  « Pourquoi », demande Tucker, « si nous avons si peur de l’Iran, avons-nous tué Saddam Hussein et ainsi… »

« Parce que nous sommes stupides », dit Peters.

Oh la la ! Peters a été un des partisans les plus acharnés de la guerre d’Irak : nous sommes stupides, je suppose, de l’avoir écouté. Mais Tucker laisse glisser pour le moment, il garde sa grosse artillerie pour quand il pourra expédier Peters complètement. Et Peters fonce droit dans le piège quand Tucker demande pourquoi nous ne pouvons pas coopérer avec les Russes, puisque nos deux pays sont également attaqués par les terroristes sunnites :

 « PETERS : À vous entendre, on croirait Charles Lindbergh en 1938 disant que Hitler ne nous a pas attaqués.

« TUCKER : Je vous demande pardon ? Vous ne pouvez pas me comparer à quelqu’un qui trouvait des excuses à Hitler. Et je ne pense pas que Poutine lui soit comparable.

« PETERS : Je pense que Poutine l’est.

« TUCKER : Je pense que ceci n’est vraiment qu’une outrance grossière. Je pense que c’est de la démence.

« PETERS : Parfait, vous pouvez penser que c’est de la démence tant que vous voulez »

Pour les néocons, nous sommes toujours en 1938. L’ennemi est toujours la reincarnation d’Hitler et quiconque met en question la sagesse de la guerre est dénoncé comme un « conciliateur » du genre de Neville Chamberlain ou Lindbergh. Cependant, personne n’examine jamais ni ne conteste la supposition que cache ce trope rhétorique, à savoir que la guerre avec l’ennemi du moment – que ce soit Saddam Hussein, les ayatollahs iraniens ou Vladimir Poutine – est inévitable et imminente. Si Poutine est Hitler, et si la Russie est l’Allemagne nazie, alors, nous devons pousser l’analogie jusqu’au bout et en déduire que nous serons sous peu en guerre avec le Kremlin.

Après tout, les opposants à Charles Libndbergh, dans le grand débat des années 1940, disaient ouvertement qu’Hitler, quireprésentait une menace existentielle pour l’Occident, devait être détruit, et que ce but ne pouvait être atteint que par la guerre. Bien sûr, Franklin Roosevelt prétendait qu’il n’en était rien et ne cessait de donner sa parole que nous ne nous préparions pas à entrer en guerre, en même temps qu’en secret il manipulait les événements pour que la guerre soit pratiquement inévitable. Pendant ce temps, les partisans les plus honnêtes du Parti de la Guerre proclamaient ouvertement qu’il nous fallait aider la Grande Bretagne et, donc, entrer en guerre.

Est-ce là ce que Peters et sa bande de néocons veulent – que nous partions en guerre contre une Russie armée de la foudre nucléaire et que nous annihilions la plus grande partie du monde dans un Armageddon radioactif ? Cela en a tout l’air. Le trope Hitler-Lindbergh fait certainement plus que simplement l’impliquer.

Visiblement irrité par cette calomnie à son égard, Tucker, le pourfendeur de néocons, se prépare alors à l’estocade.

 « Je détesterais retourner en arrière et lire les articles où vous assuriez à l’Amérique que nous emparer de Saddam Hussein allait rendre la région plus calme, plus paisible, et mettre l’Amérique en sécurité, alors qu’en fait cela a été exactement le contraire et a eu pour effet d’investir de toutes les responsabilités la Russie et l’Iran, les deux pays que vous dites craindre le plus – soyons honnêtes et reconnaissons qu’on ne sait jamais au juste comment les choses tourneront.

« Elles ne sont pas entièrement prévisibles, c’est pourquoi nous devrions peut-être nous modérer avant de traiter les gens de conciliateurs à la Chamberlain. »

Tout ce que les néocons détestent ! Leur rappeler leur palmarès, c’est comme montrer un crucifix à un vampire. Pourquoi devrions-nous écouter Peters, qui a eu tort sur tout pendant des dizaines d’années ? Sa réponse est la riposte-type des néocons à toutes les questions honnêtes sur leur politique et leurs états de service : vous êtes un traître, vous « applaudissez Vladimir Poutine ! ». À quoi Tucker répond, en bon « Amérique d’Abord » qu’il est :

 « J’applaudis l’Amérique, comme toujours. Nos intérêts doivent passer en premier. Et, dans la mesure où former des alliances temporaires avec d’autres pays peut servir nos intérêts, je suis d’avis qu’on le fasse. Se lancer dans des affirmations pseudo-morales à l’emporte pièces – des affirmations grotesques – et comparer les gens à Hitler ne fait pas avancer le schmilblick d’un centimètre et nous rend aveugles aux réalités. »

Peters n’a aucun argument réel à faire valoir, il recourt donc à la méthode qui est devenue une routine en politique américaine : accuser tout opposant d’être un agent de l’étranger. Tucker, dit Peters est un « apologiste » non seulement de Poutine mais du président syrien Bachar al-Assad. Une fois encore, Tucker répond aux calomnies par de la froide logique :

 « Ainsi, parce que je pose des questions rationnelles sur ce qui est préférable pour l’Amérique, je suis un ami des hommes forts et des dictateurs ? C’est là un refus de débat conservateur type, pas même un début de conversation rationnelle. La seule chose que je dirai, moi, c’est que quand la Syrie était gouvernée par Assad, 10% de la population était chrétienne et vivait relativement en paix. »

Et c’est vraiment là toute la question : le Parti de la Guerre s’oppose à toute conversation. Ils ne veulent pas d’un débat – quand avons-nous eu un débat correct dans ce pays sur la politique étrangère ? Ils utilisent la peur, les insinuations et les « arguments » ad hominem pour nous entraîner de force dans une guerre après l’autre. Et ça, Tucker n’en veut pas.

Pourquoi ceci est-il important ? Après tout, c’est juste un show télévisé, et pour amusant que ce soit de voir un éminent néocon se faire rétamer, à quoi rime tout ça finalement ? Eh bien, c’est important parce que, d’abord, Tucker n’a pas commencé par parler raison en matière de politique étrangère. Il a entamé une conversation en conservateur conventionnel, et c’est alors que quelque chose s’est produit. Comme il l’a dit à Peters à la fin de la séquence :

 « Je veux agir dans l’intérêt de l’Amérique et qu’on arrête de lancer des accusations creuses à la volée contre des pays que nous ne comprenons pas vraiment en espérant que tout finira bien. J’ai assez vu faire ça et ça n’a pas marché. »

Ce qui est vrai ne paraît pas nécessairement évident, du moins aux yeux de ceux d’entre nous qui ne sont pas omniscients. Beaucoup de conservateurs, comme d’ailleurs l’ensemble du pays, ont fini par apprendre quelque chose à force de voir s’accumuler les désastres en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie. À droite, beaucoup ont rejeté l’« idéalisme » néoconservateur qui a détruit le Moyen Orient et déchaîné ISIS. Quand Donald Trump s’est présenté devant le GOP de Caroline du Sud et a dit aux mandarins qu’on nous avait entraînés dans la guerre d’Irak à coups de mensonges, les classes bavardes ont aussitôt décrété qu’il était fini, et pourtant il a gagné cette primaire et il a même emporté la nomination, précisément parce que les électeurs républicains étaient prêts à entendre ce message.

À vrai dire, le scepticisme de l’America First de Trump, quand on en vient aux guerres étrangères, est ce qui a fait toute la différence dans l’élection, comme le montre une étude récente : des communautés durement touchées par nos guerres sans fin l’ont mis en tête dans les état-clés du Wisconsin, du Michigan et de Pennsylvanie. C’est cela, et non l’« ingérence russe » qui lui a apporté la Maison Blanche sur un plateau.

L’évolution idéologique de Tucker Carlson représente assez bien la transformation de la droite américaine à l’âge de Trump : alors que Trump n’est pas, et de loin, un anti-interventionniste, Tucker, lui, n’est pas loin du tout d’en être un. C’est au moins un réaliste avec une antipathie prononcée pour l’aventurisme hors frontières, et on peut considérer qu’un grand pas en avant a été fait, quand quelqu’un en arrive là après être parti de l’orthodoxie néoconservatrice qui a plongé la plus grande partie du monde dans le sang.

Si la démolition de Ralph Peters était le gâteau, la débâcle de l’idéologue néoconservateur Max Boot le soir suivant, fut la cerise, avec pas mal de crème autour.

 


Un exterminé n'a pas apprécié

https://www.youtube.com/watch?v=X3NqTDS65cQ&feature=y...   

Cette vidéo vient d’être supprimée, y compris sur le site d’origine

 

Peut-être les néocons, se voyant battus à plate couture dans le premier round, se sont-ils dit que Boot pouvait faire mieux : ils se trompaient. Tucker l’a mis en pièces rien qu’en le laissant parler : Boot n’a pas répondu à une seule des questions qui lui étaient posées et, comme il avait recours aux typiques arguments ad hominem [et ad personam ! ndt], Tucker a fait une remarque très pertinente :

 « Vous débarrasser des gens qui ne sont pas d’accord avec vous en décrétant qu’ils sont immoraux – ce qui est votre habitude –  n’est pas une forme de débat utile, c’est  une sorte de posture moralisatrice un peu bizarre, venant de vous qui avez eu tort avec constance, de la plus flagrante et flamboyante manière qui soit, depuis plus de dix ans. C’est pourquoi vous devriez vous demander si… »

« BOOT : En quoi ai-je eu tort, Tucker ? En quoi ai-je eu tort ?

« CARLSON : Eh bien, pour vous avoir beaucoup regardé et vous connaître depuis longtemps, je me souviens de façon très nette du jour où vous avez dit que si nous renversions les gouvernements d’Irak et d’Afghanistan, la région serait beaucoup plus sûre et les gens qui les remplaceraient nous aideraient dans notre guerre mondiale contre le terrorisme, mais rien de tout ça n’est arrivé. »

C’est alors que commence la débâcle de Boot, qui se met à hurler « Vous avez soutenu la guerre d’Irak ! ». À quoi Tucker répond sur un ton incisif :

 « Je me suis trompé sur une tonne de choses, on essaie d’apprendre sa leçon. Mais quand on vous a vu, dans le New York Times, nous dire qu’on devait faire davantage pour déposer Kadhafi, parce que, voyez-vous, la Libye s’en trouvera beaucoup mieux le jour où ça arrivera. Et qu’ensuite on vous entend dire qu’il nous faut renverser le régime d’Assad et qu’alors, les choses iront beaucoup mieux en Syrie, on se demande plus ou moins si vous ne feriez pas bien de vous choisir une autre profession. Vendre des assurances par exemple, quelque chose que vous sachiez faire. Je crois que c’est vraiment là qu’est le problème. Est-ce qu’il n’existe pas de sanctions pour ceux qui ont eu tort à ce point-là ? »

Pourquoi, oh pourquoi devrions-nous écouter Peters et Boot et leurs compères néocons qui n’ont pas cessé d’avoir tort – littéralement – mortellement tort sur tout : leur idéologie de cinglés a causé d’innombrables milliers de morts, rien que depuis le 11 septembre 2001. Et pour quoi ?

À la fin, Boot retombe dans les non-arguments habituels : Tucker est « immoral » parce qu’il nie que Trump soit un agent russe et persiste à poser des questions sur notre politique étrangère d’interventions sans fin au Moyen Orient. Tucker continue à demander pourquoi Boot pense que la Russie représente le plus grand des dangers pour les États-Unis et Boot finit par lui répondre : « Parce que c’est le seul pays qui peut nous détruire avec une frappe nucléaire ».

Pour quelqu’un de rationnel, les implications de tout ceci sont évidentes : si c’est vrai, ne devrions-nous pas essayer d’arriver à une espèce de détente ou même à un certain degré de coopération avec Moscou ? Oh, mais non, parce que, voyez-vous, les Russes sont le mal incarné, nous n’avons « rien » en commun avec eux, et dans ce cas, la guerre, n’est-ce pas, est inévitable.

Sur quoi Tucker conclut : « Okay. Je commence à penser que votre jugement a été obscurci par l’idéologie. Je ne comprends pas totalement d’où elle vient, mais je vais laisser nos spectateurs en décider. »

Moi, je sais d’où elle vient. Les spectateurs de Tucker ne savent peut-être pas que Boot est un immigré russe qui, comme tant de fauteurs de guerres russophobes, est arrivé chez nous avec sa haine de la mère patrie dans sa valise. Il y en a tout un peloton comme ça : Cathy Young qui a récemment lancé sa polémique en faveur d’une nouvelle guerre froide dans les colonnes du magazine Reason ; la journaliste d’Atlantic et twitteuse d’obscénités anti-Trump Julia Ioffe, dont la haine viscérale pour son pays d’origine est une véritable monomanie ; Gary Kasparov, l’ex-champion d’échecs, qui consacre l’essentiel de son énergie à fomenter des complots contre Vladimir Poutine et un électorat russe qui a systématiquement rejeté ses campagnes présidentielles, et je pourrais continuer ainsi longtemps, mais vous voyez le tableau.

Alors que la nouvelle guerre froide enveloppe le pays, nous enserre tous dans son étreinte glacée, gèle tout effort de discussion rationnelle sur la politique étrangère US, quelques personnes – quelques braves exceptions – se détachent de la masse vouée à la pensée unique des classes bavardes : au nombre des plus visibles et des plus articulées sont Tucker Carlson, Glenn Greenwald, le journaliste Michael Tracey, le Prof. Stephen Cohen et, bien sûr, notre Ron Paul à nous. Je leur lève mon chapeau en signe de gratitude et d’admiration, parce qu’ils représentent ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui : l’espoir. L’espoir que toute cette folie passera, que nous finirons par vaincre cette ultime offensive du Parti de la Guerre, et que nous jouirons de ce qui passe de nos jours pour de la normalité.

 

Source : http://original.antiwar.com/justin/2017/07/13/tucker-carl...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Syrie et rit encore

Observatus Geopoliticus – Chroniques du Grand jeu

16 juillet 2017

 

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Alep aujourd’hui – Paroisse Saint François

 

Ne vous attendez pas à voir ces photos dans la presstituée, elle serait obligée d'admettre l'invraisemblable propagande qu'elle distille depuis des années. Il s'agit d'Alep, libérée de la mainmise des islamistes modérément modérés. Concerts, bikinis, bals... il semble que les Aléppins soient bien contents de ne plus vivre sous la férule wahhabite ou salafiste des petits héros chéris de l'Occident.

Sur le terrain de la guerre, les grands mouvements attendus se sont mis en branle ainsi que d'autres, plus surprenants. Petit état des lieux :

Lire l’article :

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/07/syrie-et-rit-...

 

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Grain de sel des Grosses Orchades :

On n’est pas trop d’accord avec l’article précédent d’Observatus : Et une poutinade, une ! qui a soulevé, sur le site des Chroniques du Grand jeu, une mini-tempête de commentaires.

En gros, il y est reproché à Poutine de se préparer à vendre à la Turquie quelques-uns de ses S-400, par incapacité à résister à un marché de 2 milliards de dollars.

« À Poutine » ? Ce n’est pas Poutine qui vend, c’est la Russie, c’est-à-dire aussi Sergueï Choigou, ministre de la Défense, Dmitri Rogozine, vice-président du gouvernement, responsable de l’armement et de la recherche scientifique, et un certain nombre d’autres. Car personne – pas même Poutine – ne gouverne seul.

Pour l’argent ? Pour deux malheureux milliards qui ne payeraient même pas ses cigarettes à la fine équipe du Pentagone ?

La Russie, donc, vend à la Turquie des armes que la Turquie, membre de l’OTAN, peut retourner contre elle. Mais retourner comment et pour quoi faire ?

On n’y connaît rien en machines à tuer, mais il nous semble que les S-300, S-400 et S-500 sont des armes défensives.

Et quand a-t-on vu la Russie attaquer un autre pays ? Toutes ses guerres sont des guerres défensives. Les troupes en Afghanistan, les chars à Prague et les avions en Syrie : à la demande de gouvernements de pays alliés (toujours – c’est un détail – attaqués de l’extérieur).

La Turquie ne peut, avec des S-400, attaquer personne. Elle peut se défendre.

Pour la Russie, en revanche, laisser à l’intérieur de l’OTAN, équipée d’armes défensives, une alliée de l’OTAN dont l’OTAN n’est plus sûre, car tous les militaires dont elle était sûre sont en taule, ne nous paraît pas un si mauvais calcul. À supposer que l’OTAN veuille un jour remettre de l’ordre dans son poulailler turc avec des bombinettes, il lui faudra en tout cas y réfléchir à deux fois…

Ce qu’on se demande, nous, c’est : à quand des S-500 au Venezuela ? À crédit !

 

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Restons dans la région…

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http://comaguer.over-blog.com

Bulletin n° 348- semaine 28 – 2017

 

A PROPOS DE GAZODUCS

 

Une lectrice attentive et avisée nous a interrogés au sujet de notre bulletin n° 347. Elle se demandait et nous demandait si le gazoduc SOUTH STREAM que nous y mentionnions était bien le même que le gazoduc TURKSTREAM. Sa question était judicieuse et nous l’en remercions.

Petit retour sur l’histoire. Il s’agit dans les deux cas de dénominations données par le porteur du projet à savoir la société GAZPROM. Les fournitures de gaz russe à l’Europe de l’ouest se sont longtemps faites à travers de gazoducs terrestres traversant et approvisionnant au passage les pays de l’ancien bloc de l’Est. Le réseau mis en place au temps du Comecon continuait ainsi à fonctionner. Des rapports difficiles entre la Russie d’une part, la Pologne et l’Ukraine d’autre part et les agissements frauduleux de l’Ukraine consistant, à partir de la révolution orange, à faire chanter la Russie en coupant les livraisons vers l’Europe de l’Ouest ont conduit Gazprom et ses principaux clients ouest européens à envisager de court-circuiter Pologne et Ukraine.

La réponse a été de faire passer le gaz russe par des gazoducs sous marins. Le premier d’entre eux NORTH STREAM part du golfe de Botnie passe sous la Baltique et arrive sur la côte allemande à l’Est du pays. De là le gaz peut continuer à circuler par voie terrestre vers ses clients ouest européens. NORTH STREAM fonctionne depuis 2012 et le système donne une telle satisfaction que son doublement est programmé et serait déjà achevé si l’Union Européenne dans sa guerre économique contre la Russie ne freinait pas par tous les moyens la réalisation de NORTH STREAM II. L’Allemagne, gros client et actionnaire de NORTH STREAM I et ses partenaires européens dont le français ENGIE sont en passe d’obtenir la levée du blocage de Bruxelles.

La construction de NORTH STREAM II devrait commencer sous peu et les premières livraisons sont prévues pour 2019. La Pologne qui voit donc passer le gaz russe au large de ses côtes a mis tous les bâtons possibles dans les roues du projet et va devoir acheter du gaz de schiste étasunien liquéfié livré par navires spécialisés. Cette décision qui s’inscrit pleinement dans sa politique de voyageur de commerce a ravi Donald Trump en visite à Varsovie la semaine dernière.

Symétriquement à NORTH STREAM Gazprom avait conçu et programmé un projet de gazoduc sous marin pour alimenter l’Europe du Sud Ouest : il s’agissait de SOUTH STREAM. Le premier tracé retenu aboutissait en Bulgarie et avait les faveurs du gouvernement bulgare. Mais la Bulgarie n’est pas l’Allemagne et en 2014 l’Union européenne a interdit à la Bulgarie de laisser passer SOUTH STREAM sur son territoire. Gazprom a alors étudié une variante qui partant toujours de la côte russe de la Mer Noire aboutirait en Turquie et de là poursuivrait son chemin vers l’Ouest. Cette variante a reçu le nom de TURKISH STREAM et notre lectrice était donc totalement fondée à relever que nous n’avions pas modifié le nom du gazoduc. Nous nos excusons donc auprès de nos lecteurs pour cette imprécision.

Les relations entre la Russie et la Turquie sont passées depuis 2014 par des phases très contradictoires mais l’accord de la Turquie à ce projet parait aujourd’hui acquis puisque les deux pays ont signé un accord sur le sujet en Octobre 2016 et en Mai 2017 le président russe a donné ordre à GAZPROM de commencer les travaux de pose du gazoduc du côté russe. Par contre les documents cartographiques disponibles laissent encore le doute sur le point d’arrivée du gazoduc sur le sol turc. Les plus anciens le font arriver sur le plateau anatolien, les plus récents en Thrace.

Quoi qu’il en soit Turkish Stream construit par une filiale de Gazprom installée à Istanbul est prévu pour approvisionner la Grèce et pour se prolonger vers l’Ouest. Là commence un autre affrontement UE / Russie qui est, pour l’instant, discrètement en cours. Si elle traite la Grèce comme elle a traité la Bulgarie, c’est-à-dire comme un moins que rien, l’UE peut concéder l’achat de gaz russe par la Grèce mais interdire la prolongation du Turkish Stream vers l’Ouest et continuer à soutenir le gaz israélien. En cas d’accord le gaz russe du Turkish Stream peut suivre deux itinéraires, soit traverser la Grèce et rejoindre l’Italie en passant sous l’Adriatique au niveau de l’Épire soit remonter via la Macédoine ou la Bulgarie vers les Balkans et donc permettre à la Russie de livrer des clients qui lui sont fidèles via les gazoducs terrestres existants comme la Slovaquie et l’Autriche et resserrer ses liens avec certains États de cette région comme la Serbie (ce qui déplait souverainement à Bruxelles qui refuse le droit de ce pays de ne pas faire partie ni de l’UE ,ni de l’OTAN).

Une nouvelle partie à jouer sur le grand échiquier gazier européen dans laquelle une nouvelle occasion historique sera offerte à Alexis Tsipras de démontrer qu’il dirige un État souverain.

 

 

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Ce n'est pas la France qui est coupable de la rafle du Vel d'hiv, c’est la bourgeoisie française !

Do – Vive la Révolution 16 juillet 2017

 

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Nantes 1955 – Extrait du film Une chambre en ville, de Jacques Demy 

 

Police, Milice ! Flicaille, Racaille ! (vidéo 1'40)

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http://mai68.org/spip2/spip.php?article535

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Dans le slogan « Police, Milice ! Flicaille, Racaille ! », il n'est nul besoin de justifier « Flicaille, Racaille ! » ; par contre, les plus jeunes d'entre vous auront peut-être besoin d'une explication pour la première partie du slogan : « Police, Milice ! »

Pendant la deuxième guerre mondiale, en France, la Milice était une organisation militarisée composée de Français collaborant avec l'ennemi nazi.

L'immense majorité de la police a collaboré. Cela se voit bien au fait qu'un seul préfet a refusé de prêter serment de fidélité au maréchal Pétain : Jean Moulin. Cela se voit aussi, bien sûr, au fait que ce sont des policiers français qui ont commis la rafle du Vel d'hiv.

De très nombreux policiers s'engagèrent dans la milice.

La police est une bande armée au service de la bourgeoisie destinée à contenir les révoltes du prolétariat.

Non, ce n'est pas la France qui est coupable de la rafle du Vel d'hiv, mais la bourgeoisie française. La bourgeoisie qui, avant guerre, avait pour slogan : « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire ! » soutenait à fond le Maréchal Pétain et la collaboration avec l'ennemi nazi. Par contre, les prolos et les paysans était souvent résistants.

Notamment la CGT et le Parti communiste participèrent grandement à la résistance. Voir par exemple le film de René Clément La bataille du rail. 70 000 membres du PCF furent fusillés par les Allemands. C'est pourquoi, après guerre, le PCF fut appelé Le Parti des fusillés !

Pourquoi donc le pouvoir tient-il tant que ça à ce que le France soit LA responsable de la rafle du Vel d'hiv, et pas l'Allemagne par exemple ?

Parce qu'il faut faire culpabiliser les Français afin que tous acceptent les ignominies commises par Israël en Palestine, et parce qu'il faut justifier que ce soit la fraction juive de la bourgeoisie française qui domine la France.

 

Source : http://mai68.org/spip2/spip.php?article535

 

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Appel du 17 juin 1940 de Charles Tillon du PCF

http://mai68.org/spip/spip.php?article1324

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L'appel du 10 juillet 1940 du parti communiste français

LEUR 10 JUILLET ET LE NÔTRE !

Article complet : http://mai68.org/spip/spip.php?article4185

 

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Nous vous avons parlé de Mateusz Piskorski et de sa lettre à Donald Trump dans notre post du 24 janvier dernier. Aujourd’hui, nous recevons ceci, de Bruno Drweski

 

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Chers Amis et Camarades,

 Je vous envoie ci-joint la lettre traduite du polonais en français et l'autre en anglais d'un ami polonais, Mateusz Piskorski, qui est en prison à Varsovie pour des raisons politiques depuis le printemps 2016. Il a été arrêté mais n'a toujours pas reçu d'acte d'accusation. Au début, le pouvoir de Varsovie l'a accusé dans les médias pour des liens supposés avec la Russie, puis la Chine, puis... l'Irak (en fait, on pense qu'il s'agissait de l'Iran, mais les incultes au pouvoir à Varsovie ne font sans doute pas la différence entre ces deux pays) et la suite, vous pourrez la lire dans ces lettres plus bas. Pendant un an, il a été emprisonné sous le coup de l'injonction du procureur et, au bout d'un an, il y a quelques semaines, après avoir été copieusement battu et envoyé à l'hôpital, c'est le juge qui a prolongé sa détention. Au début tout contact avec lui, que ce soit sa famille, ses amis ou ses avocats étaient interdits. Aucun courrier non plus.  Il n'a lui-même pu intervenir qu'une seule fois en plus d'un an pour se défendre devant le procureur dans une session à huis clos. Maintenant, depuis son arrestation sous contrôle judiciaire et non plus du procureur, il peut écrire et lire mais ses droits de visite restent très limités. Et évidemment aucun procès public n'est prévu.

 On le réprime en fait parce qu'il dénonce l'OTAN et la politique de l'Ukraine, et qu'il prône un rapprochement avec la Russie et a développé un réseau de contacts dans l'ex-URSS avec des journalistes, des militants, etc,  et créé en Pologne un petit parti de gauche (« Zmiana » - Changement) soutenant cette orientation. Il condamne par ailleurs la guerre visant la Syrie et il s'était rendu à Tripoli en 2011 lors de l'attaque de l'OTAN contre ce pays. Il enseigne la science politique à l'université, a créé un centre de recherche et un site en ligne d'études géopolitiques (http://www.geopolityka.org/) qui a organisé plusieurs conférences internationales et publié plusieurs livres en version papier (dont certains avec ma participation).

 Il est dénoncé par l'extrême droite fascisante pour ses positions anti-maïdan et « pro-russes », par les libéraux pour ses positions anticapitalistes et anti-OTAN, mais il est souvent mal vu aussi des milieux de la gauche « modérée » ou même « radicale » mais pro-OTAN/pro-UE, pour ses positions anti-OTAN et le fait qu'il participe à des activités dans plusieurs pays où l'on trouve des personnes accusées d'être d'extrême droite. Comme vous le savez on peut être ouvertement nazi et cela ne pose aucun problème si c'est en faveur de l'OTAN, ce que l'Ukraine et les pays baltes en particulier démontrent quasi-quotidiennement, mais si on est contre on est forcément « rouge-brun ». Comme en 1989, alors qu'il sortait du lycée et qu'il était encore très jeune, il a adhéré à une association nationaliste anti-occidentale anti-chrétienne, slavophile et néo-païenne, alors on ressort cela pour l'accuser d'être issu de l'extrême-droite, alors même que ses anciens copains le menacent de mort depuis 10 ans pour avoir « trahi ». En 1989, la gauche n'existait plus et il était difficile pour un jeune sortant de l'adolescence qui ne voulait pas voir son pays tomber dans le capitalisme et la soumission à l'impérialisme allemand, de trouver tout de suite autre chose que la « slavophilie ». Il est aussi quelqu'un de relativement connu car il a été député et porte-parole d'un homme politique polonais décrété « populiste » et qu'on a retrouvé « suicidé » dans des conditions toujours pas élucidées.

 Bref, je vous écris cette lettre d'abord pour que vous ayez connaissance de ces faits qui se déroulent au sein de « la famille démocratique européenne » et pour vous demander de relayer l'information et aussi, dans la mesure du possible, de lui écrire des lettres (en polonais, russe, allemand ou anglais) et de lui envoyer des livres et publications pour éviter qu'il ne craque entre quatre murs à l'isolement total où il se trouve. L'adresse figure au début de la première lettre que j'ai traduite. Celle-là est adressée à un ami et camarade allemand d'origine polonaise militant à Die Linke. La seconde vient d'un des dirigeants du Parti communiste autrichien, section Styrie (la plus puissante et la plus à gauche des sections du KPÖ). Je l'ai laissée en anglais. Tous les deux sont d'accord pour qu'on la diffuse (sans les parties plus privées).

Sachez bien sûr aussi que, à côté du cas Piskorski, qui est le plus aigu, l'actuel pouvoir en Pologne mène plusieurs autres actions antidémocratiques :

 

- Plusieurs activités récurrentes anti-syndicales,

- Un procès contre trois militants du Parti communiste de Pologne accusés de promouvoir les idées « totalitaires »,

- une enquête visant à délégaliser le Parti communiste polonais sous prétexte de développer une idéologie anti-démocratique,

- l'introduction d'une loi qui oblige toutes les communes de Pologne à changer les noms de lieux consacrés à l'armée soviétique, aux militants communistes polonais et qui, dans son application, vise souvent également le souvenir de nombreux syndicalistes, militants ou combattants de la résistance ou du XIXe siècle qui étaient de gauche, sans forcément être communistes,

- la destruction systématique de tous les monuments commémorant l'armée soviétique (600 000 soldats soviétiques sont morts sur le sol polonais entre 1944 et 1945). Une partie de ces monuments devrait être rassemblée selon les informations en cours dans un ancien abri anti-atomique souterrain, qui sera transformé en « musée du totalitarisme » ... Dont on peut subodorer le caractère de propagande des horreurs.

 

Elle est pas belle l'Europe ?

Voilà l'ambiance générale. Je vous demande donc de diffuser cette information et de réagir chacun à la manière que vous pourrez. L'essentiel est de lui écrire et d'envoyer de la littérature. On essaie par ailleurs d'agir sur le terrain juridique. Mais toute bonne volonté dans ce sens, sera la bienvenue.

Il ne s'agit pas ici des opinions politiques de Mateusz, avec lesquelles je ne suis d'ailleurs pas toujours d'accord sur tout, mais du fait qu'on ne peut pas tolérer que quelqu'un soit indéfiniment sous les verrous sans acte d'accusation et sans procès public. Et qu'il n'ait lui-même pas la plupart du temps le droit de parole lors des sessions à huis clos !

Salut et Fraternité

Bruno Drweski

P.S. On dit aussi qu'il a été arrêté parce qu’il avait trouvé des documents compromettant sur l'actuel ministre polonais de la guerre, un ultra parmi les ultras, documents qui devaient paraître dans un livre sur le point de sortir… quelques jours avant son arrestation.

 

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Mateusz Piskorski

Areszt Sledczy Warszawa-Sluzewiec (Maison d'arrêt pour enquête)

ul.Klobucka 5

02-699 Warszawa

Pologne                                                                     

Pologne Varsovie, le 9/6/2017

 

Cher Piotr, Chère Monika,

 

Je vous remercie beaucoup pour votre lettre et le très intéressant livre sur le procès de Georges Dimitrov. Je vous écris en polonais pour que la lettre passe plus vite la censure du procureur.

(…)

Je vous remercie énormément pour votre appui et votre soutien. C'est dans des situations comme la mienne que l'on peut découvrir ses vrais amis et camarades. C'est pour moi très important que je les aie trouvés en vous. Depuis plus d'un an, comme vous le savez, je suis un prisonnier politique. Ils me tiennent en prison sur la base d'accusations qui ne constituent pas en Pologne un délit. J'aurais participé à la « guerre de l'information visant à exercer une influence sur l'opinion de la société », organisé une mission d'observateurs lors du référendum en Crimée en 2014, j'aurais organisé l'action visant à « dévaster » le monument à Bandera en Ukraine, etc. Ces accusations proviennent de la coopération entre l'Agence de sécurité intérieure polonaise (ABW) avec la CIA, le service de sécurité ukrainien et les services d'espionnage fascisants des États baltes. Ils m'accusent d'avoir voulu organiser une manifestation contre l'OTAN à Varsovie. Ils soutiennent que toute personne qui a des contacts en Russie doit être un espion, et ils parlent d'ailleurs des Russes en utilisant des épithètes méprisantes à leur égard (…). Ils sont remplis de haine. Le 25 avril, j'ai été battu par un fonctionnaire de l'ABW qui avait, agrafé sur son uniforme,  un insigne typique de l'extrême droite polonaise. En un mot, je suis victime de la fascisation pro-américaine de la vie politique en Pologne.

Je suis soumis à une pression psychologique. On m'a refusé les contacts avec certaines personnes de ma famille la plus proche. On utilise contre moi d'autres méthodes visant à me casser physiquement, moralement et psychiquement.

La Pologne est un pays subissant une fascisation progressive. On peut constater très clairement aussi qu'elle est totalement soumise aux néoconservateurs des USA. Les néolibéraux protestent en apparence contre la fascisation, mais c'est eux-mêmes qui en sont la cause première. Il y a quelques années on aurait pu enquêter sur les politiciens du PiS [BD : parti actuellement au pouvoir], ne serait-ce que pour le cas de la mort d'Andrzej Lepper ou de Barbara Blida [deux politiciens polonais « suicidés »]. Ils n'ont rien fait et l'hydre a donc pu renaître en Pologne. Comme vous le savez, il n'y a pas de gauche en Pologne depuis longtemps. L'Alliance de la gauche démocratique n'est qu'une social-démocratie rachitique, comme c'est aussi le cas du parti antirusse « Razem ». C'est pour cela que je peux dire que les répressions m'ont visé à la plus mauvaise étape de l'histoire de la Pologne actuelle. Ils me disent sans détour que leur objectif est que je sois sous arrestation illimitée. Je rajouterai personnellement à cela qu'ils veulent se débarrasser complètement de moi. Ce n'est pas si tragique pour moi mais surtout pour mes enfants à qui ils ont pris leur père. Je ne vais pas poursuivre en vous ennuyant avec mes plaintes. Je voulais seulement que vous sachiez que je suis enfermé en prison pour ce en quoi je crois, pour les idées que je voulais réaliser, au nom desquelles je me suis battu et il serait bon qu'en Allemagne personne n'ai la moindre illusion sur la situation qui règne de l'autre côté de l'Odra et de la Nysa.

Je suis intéressé à savoir quels sont les préparatifs faits par Die Linke pour les prochaines élections au Bundestag. Est-ce que Monika tu seras candidate cette fois ? Si c'est le cas, je fais le vœu que cela marche et qu'il y aura moins d'opportunistes au sein de la fraction et plus de représentants de la gauche de conviction. La situation en Allemagne est très importante pour le développement de la situation en Pologne. Le pire serait que Merkel conserve le pouvoir.

Ma prison n'est pas loin de l'aéroport de Varsovie ce qui me rappelle mon séjour chez vous où l'on entendait le bruit des avions atterrissant à Tegel. Je me rappelle nos longues discussions le soir et parfois la nuit, nos divergences qui étaient pour moi fascinantes. Vous aviez en fait souvent raison, et c'est moi qui me trompais. Tu avais Monika une bonne analyse des faits et une vision de ce qui allait arriver.

Je pense que, en dépit des fautes et des défaites, il serait bon de faire évoluer l'état d'esprit et de conscience politique en Pologne. Si vous pouvez m'envoyer des livres ou des publications intéressantes en allemand, je vous en serai très reconnaissant. Herzliche Grusse !

Mateusz

 

Chère Silvia, Cher AVIC, Chère Marraine des Saker et Cher Do, vous savez ce qui vous reste à faire…

Dear Saker, please help !

 

______________________    

 

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Gesendet: Montag, 10. Juli 2017 um 09:13 Uhr

 Von: "Funovits Philipp" <philipp.funovits@stmk.gv.at>

An: "'piotr.luczak@gmx.de'" <piotr.luczak@gmx.de>
Cc: "funovits@fastmail.fm" <funovits@fastmail.fm>
Betreff: ABSCHRIFT

 

Übersetzung folgt…

Mateusz Piskorski

AS Warszawa-Sluzewiec

UL Klobucka 5

02-699 Warszawa POLEN

 Warszawa 13.06.2017

 

Dear Philipp !

 

Thanks a lot for your letter and support, which is of great importance for me, as we use to say, that times of hardship let you verify who is a real friend and comrade. First and foremost I would like you and other friends, out there in Austria, Germany, and among left-wing activists in other countries, to know some basic facts about my arrest, detention and all other acts of human rights’ violations here in Poland, in my particular case.

This might be quite interesting, as it can picture some parts of a general tendency ongoing nowadays in one of the EU member states.

 

 1.)    The whole case and investigation is designed to achieve at least three goals:

 

a - to eliminate my political party and other groups questioning the existing system from the public sphere;

b - to show extreme loyalty to the secret services and intelligence [agencies] of other countries (mainly [towards the]U.S. but also Ukrainian regime) as devoted NATO  member-state;

c - to destroy my public image and the public image of other anti-NATO activists in Poland.

 

 2.)    The case is controlled and executed by [the] Internal  Security Agency  (ABW, controlled by [the] deputy chairman of the ruling party, who has been sued by me [back] in the 90ties, as he incited for racial/ ethnic hatred) and [the] National Prosecutor (former MP of the ruling party, whom I publicly criticized several times), still the role of CIA is quite clear as well. Without any evidence they accuse me of espionage for Russian agencies; they perceive all NGOs, political groups and citizens of [the] Russian Federation as secret service collaborators (resemblance to Stalinist times, as well as Sen. McCarthy’s activities in the U.S.). They actually accuse me that I organized Crimean referendum monitoring, several Ukraine-related protests, and even demolition of a statue/monument of S. Bandera [the] Ukranian nazi-collaborator on [the] Ukrainian territory. Therefore, which is propably mostly [should read: most] interesting and extremely absurd, they accuse me of commiting a crime, which… is not defined as a crime in Polish Criminal Codex. This is not my personal feeling, but a fact, confirmed by several academic lawyers, who have written a legal opinion on the case.  As it might be quite hard to believe it, I repeat: I’m kept in jail for more than a year for and on the basis of false accusations, which if even if they were true and based on evidence –are not a Crime in Poland. Shocking, I suppose, but true.

 

3.)    Political arrest and repressions directly include different forms of pressure, moral, political, physical, including:

 

a - lack of any contact with some members of my family, including my newly (on 2nd of January) born son and his mother, only [should read: merely]  on the basis of her Russian citizenship;

b - excessive use of physical force by ABW officers, medically confirmed;

c - refusal to visit my mother, elderly woman, who is seriously ill (neurology – Parkinsons and boreliosis)

d - depriving me of the right to defend myself (during the whole time I have been given the right to speak in a court of law only once).

 

Based on all mentioned [above] a complaint to the European Court of Human Rights has been sent last December, it has already been accepted at the first stage, but the whole procedure might take several years.

When it comes to conditions in Polish jails, I’d just comment, that -according to what I’ve heard from inmates who had been kept in Austria and Germany –we live here as in Medieval times. However believe me. This is not the main concern in my case. I rather worry for my children (three little sons) left without a father and financial support (my savings and earnings frozen and stopped) and my political activists faced with numerous problems and difficulties.

Philipp, I do not dare to ask for any particular support. Simple letter is of great importance. Something to read (English, German) might be a relief, too. But first and foremost, I’d like media and people abroad to know what is going on in my country.

Please, let me know, how are you. How is the situation in Austria politically ?

Pass my greetings to all friends and comrades !

Your friend

Mateusz

 

Mit freundlichen Grüßen

Mag. Philipp Funovits

Amt der Steiermärkischen Landesregierung
Abteilung 17 Landes- und Regionalentwicklung

Referat Statistik und Geoinformation

A-8010 Graz, Trauttmansdorffgasse 2

T     +43 316 877-2512
F     +43 316 877-3711
abteilung17@stmk.gv.at

www.verwaltung.steiermark.at/abteilung17
www.gis.steiermark.at

philipp.funovits@stmk.gv.at

 

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Mis en ligne le 17 juillet 2017.

 

 

 

 

18:58 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/07/2017

ON VOULAIT S'ARRÊTER QUELQUES JOURS...

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On voulait s’arrêter quelques jours…

 

Mais l’actualité ne s’arrête pas et il y a des choses qu’on ne peut laisser passer sans au moins les relayer… En voici quelques unes, dans le désordre, comme on les a reçues.

 

NON À LA VENUE DU CRIMINEL NETANYAHOU EN FRANCE !

CAPJPO – EuroPalestine3 juillet 2017

 

Nous nous élevons contre la venue en France de Benjamin Netanyahou, premier ministre du gouvernement colonial israélien. L’invitation qui lui est faite par Emmanuel Macron de venir commémorer la rafle du Vel d’Hiv est indigne.

 

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Il est indécent pour les victimes de la Rafle du Vel d’Hiv – 13.000 Juifs dont une moitié d’enfants arrêtés à Paris et en banlieue entre le 16 et le 17 juillet 1942 par 7.000 policiers français pour être livrées aux nazis et déportées dans des camps dont moins d’une centaine reviendront – d’être représentées par un raciste à la tête d’un État terroriste qui persécute tout un peuple depuis des décennies.

Confier cette commémoration à celui qui s’est spécialisé dans l’enfermement du peuple palestinien, le massacre de populations civiles, la torture des enfants, et qui maintient hermétiquement fermé le ghetto de Gaza, est scandaleux.

D’autant que cette rafle de 1942 concerna essentiellement les Juifs étrangers réfugiés en France, et on sait comment le gouvernement israélien traite les étrangers et les réfugiés, qu’il s’agisse des demandeurs d’asile africains, qualifiés de « cancer » par la ministre de la « culture », ou des réfugiés palestiniens parqués dans des camps, privés de liberté de circulation, ou encore expulsés et bannis illégalement de leur propre pays.

Netanyahou, qui a remis à l’honneur le concept de races, qui pratique l’apartheid sur des bases ethniques et religieuses, n’a rien à faire dans un pays qui se présente comme un défenseur des droits humains et du droit international.

On ne peut pas dire « Plus jamais cela » en déroulant le tapis rouge aux responsables d’un terrible nettoyage ethnique.

C’est pourquoi nous appelons à une manifestation de protestation la plus large possible le samedi 15 juillet, veille de sa réception par le président de la République,

Rendez-vous à 15 H Place de la République à Paris le 15 juillet.

Premiers signataires : EuroPalestine, Droits Devant, Enfants de Palestine, Christine Delphy, Jacques-Marie Bourget, Mgr Jacques Gaillot, Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, Nanterre Palestine, PIR, Marie-Jeanne Manuellan, Odile Tobner, Fethi Chouder, Les Désobéissants, Comité Israël Chateaubriant, Samidoun, Collectif 69 de Soutien au Peuple Palestinien, Alain Brossat, Paul Aries, Attac Paris Centre, Martine Sevegrand, Collectif Ni Guerre Ni Etat de Guerre, Union Française des Consommateurs Musulmans (UFCM), Mohamed Ben Yakhlef, Les Amis d’Al-Rowwad, Elisabeth Bourgain-Masse, Michel Bourgain, Mohamed Gnabaly (maire de l’Ile Saint-Denis), Alima Boumediene, Gilles Monsillon, Association Femmes Plurielles, ISM France, Comité Montreuil Palestine, Sylvette AMESTOY, le collectif Urgence Palestine Cergy, Dominique Lesparre, Maire de Bezons, Christian Leduey, président de l’association Bezons-West Bani Zaïd, Collectif Palestine Nord Essonne, Joanna Díaz-Feyder, FUIQP 42, Campagne Europénne pour la Levée du Blocus de Gaza...

(voir tous les signataires de cet appel sur http://www.europalestine.com/spip.php?article13166)

 

URGENCE : LEVÉE DU BLOCUS DE GAZA !

 

On ne peut plus attendre ! Vous avez vu les nouvelles qui nous parviennent de Gaza ? 321 malades souffrant de mucoviscidose, dont une majorité d’enfants, sont en train de mourir l’un après l’autre en ce moment, parce que les frontières sont hermétiquement fermées et le médicament dont ils ont besoin pour survivre rendu inaccessible depuis un mois !  http://www.europalestine.com/spip.php?article13197

 

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Muhammad al-Yaqoubi, père d’un enfant de 6 ans atteint de mucoviscidose indique que son état s’est gravement détérioré depuis qu’il ne reçoit plus les comprimés Cryon.

 

Jusqu’à quand allons accepter l’existence de cette prise d’otages de 2 millions de femmes, d’hommes et d’enfants par l’occupant israélien, et le martyre qui leur est imposé, sans eau potable, sans électricité et sans médicaments ?

Nous devons tous concourir à la levée de ce siège immoral et illégal, en interpellant nos députés, nos élus et tous ceux qui disent nous représenter.

Merci de signer cette pétition importante : président de la république: Urgence humanitaire à GAZA : levée du BLOCUS ! de la relayer autour de vous, et de demander à vos élus de la signer également, afin que le gouvernement français ne puisse plus faire semblant de ne pas être au courant de ces crimes.

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

www.europalestine.com

 

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La Judée déclare la guerre à Roger Waters

Gilad Atzmon ­– Arrêt sur Info 13 juillet 2017

Traduit par Sylvie Jolivet pour Arret sur info

 

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Je ne suis pas le seul musicien dont ils ont tenté de briser la carrière.

Rogers Waters est également la cible d’une infâme et calomnieuse campagne sioniste. La presse juive annonce que le documentaire de Ian Halperin intitulé Wish You Weren’t Here (Puisses tu ne pas exister !)(1) est actuellement en passe de crever les écrans dans tous les shtetle (villages juifs) de la planète.

Si l’on en croit la bande annonce de Wish You Weren’t Here, Waters serait responsable de la montée de l’anti-sémitisme, du déclin d’Israël et, dans une grande mesure, des autres problèmes que rencontrent actuellement les juifs. Remarquable palmarès, je l’admets !

Halperin affirme : « Pour moi, s’attaquer à Israël revient à s’attaquer au peuple juif. » J’en déduis qu’Halperin place Israël et le peuple juif au-dessus de toute critique. Nous savons au moins ce que peuple élu signifie aujourd’hui. La question qui reste ouverte est de savoir si les goyims (non-juifs) sont prêts à gober ces inepties.

Halperin dit avoir rencontré des psychologues qui ont travaillé auprès de  survivants de l’Holocauste et de leurs familles. Au terme de ces entretiens il a pu établir l’effet « impardonnable » que « le porc flottant de Waters arborant l’étoile de David » a produit sur les  survivants. Pour une fois d’accord avec Halperin, j’admets, en tant qu’ex Juif mangeant exclusivement Kascher, avoir été quelque peu perturbé (offensé) par la tentative de Waters de labelliser le porc kascher.

Le documentaire use de ficelles cinématographiques archi-connues  pour diffamer Waters, entrecoupant la souffrance juive avec des images de Waters « sympathisant avec les terroristes » et prenant fait et cause en faveur des Arabes et des musulmans. Halperin met toute son imagination au service d’une  incitation à la xénophobie et au racisme. Bon, je suppose que Waters survivra facilement à cette campagne sioniste au style ampoulé, pour les mêmes raisons que Corbyn a survécu aux calomnies qui ont été répandues à propos de son prétendu antisémitisme. Les gens ne sont pas aussi idiots que l’imagine le Hasbara Book (la communication juive).

L’opposition de Waters au sionisme et à Israël est anti-autoritaire et conforme  au message de paix et de réconciliation qu’il a toujours délivré.

Le lobby juif britannique n’a pas su saisir que plus il attaquait Corbyn et sa sympathie pour le Hamas et le Hezbollah, plus ce dernier gagnait en  popularité. Il s’est passé la même chose avec Donald Trump : plus sa détestation des juifs et ses discours subliminaux étaient voués aux gémonies, et plus nombreux étaient les Américains qui le voyaient comme un sauveur.

Conçu dans le but de dénoncer le fanatisme de Waters, Wish You Weren’t Here, ouvre plutôt la voie à une vindicte d’ordre tribal. Faire défiler une cohorte de sionistes d’extrême droite pour leur faire dire qu’une personne engagée en faveur de la paix est fanatique et antisémite parce qu’elle critique l’apartheid d’Israël est un jeu dangereux qui pourrait se retourner facilement contre les juifs eux-mêmes.

Pour comprendre comment ils nous ont tous fait devenir pro-Palestiniens, Being on Time est le livre qu’il vous faut lire (2).

Gilad Atzmon – 10 juillet 2017

 

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(1)  Une manière de détourner le titre original de la chanson de Roger Waters : Wish you were here

(2)  Amazon.com et  gilad.co.uk      

Source : http://arretsurinfo.ch/la-judee-declare-la-guerre-a-roger...

Tous les articles de Gilad Atzmon sur Arrêt sur Info

 

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Un comité de soutien pour Saïf al-Islam Kadhafi à Niamey

Niamey et les 2 jours12 juillet 2017

 

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Un comité de soutien au fils de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été créé hier à Niamey. Il fustige la volonté de la Cour pénale internationale qui demande l’arrestation de Saïf al-Islam Kadhafi.

De jeunes Libyens résidant au Niger, des étudiants et d’autres acteurs de la société civile nigérienne le composent.

Pour ce comité, le fils de l’ancien chef de la Jamahiriya libyenne reste un « espoir ».

« Nous soutenons Saïf al-Islam parce qu'en tant que fils de Mouammar Kadhafi, il connaît mieux les grands projets de son père et nous soutenons les projets africains de son père », a confié à Rfi, un acteur de la société civile nigérienne.

Le regroupement qui vient de naître, annonce sa volonté de se déployer dans les régions nigériennes proches de la Libye.

Pour rappel, Saïf al-Islam Kadhafi a été libéré puis blanchi par le Parlement libyen en juin dernier. À sa libération, la procureur de la CPI, Fatou Bensouda a demandé son arrestation, avançant un mandat d’arrêt international lancé en 2011.

Source : http://www.niameyetles2jours.com/la-gestion-publique/poli...

 

Qui, en Europe, va se décider à faire autre chose que pétitionner pour réclamer des comptes à la « CPI » sur 1) son origine, sa composition, ses statuts et ses buts réels, 2) ses œuvres ?

 

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S’opposer aux sanctions contre la Russie?

Eberhard HamerA.S.I.13 juillet 2017

 

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Le Congrès américain a décidé de renforcer les sanctions contre la Russie. La seule explication offerte au monde est celle-ci : la Russie aurait occupé la Crimée. Cependant, pour la première fois, Sigmar Gabriel et Angela Merkel se sont exprimés contre les mesures américaines, car elles auraient uniquement le but d’empêcher la construction du gazoduc North-Stream II. C’est par cette conduite que davantage de gaz russe devrait parvenir en Europe par la mer Baltique. Les Américains, cependant, veulent amener leur propre gaz liquéfié en Europe, pour conquérir le marché européen et couper court aux livraisons russes. M. Gabriel a affirmé cela ouvertement. Sans doute ne pouvons-nous guère échapper aux sanctions, car toutes les entreprises participant à la construction ou au financement de North-Stream sont menacées de boycott ou d’une demande en dommages et intérêts par les États-Unis. Il ne s’agit donc pas seulement du fait que les entreprises américaines veulent conquérir le marché du gaz européen mais aussi que nos entreprises sont soumises à d’énormes pressions américaines.

Maintenant, la raison pour laquelle la demande des pays de la zone euro et des politiciens européens d’abandonner les sanctions contre la Russie n’a pas porté ses fruits est devenue très claire. Il ne s’agit ici pas du tout de reproches quelconques qu’on aurait à faire à la Russie, mais d’une tentative pure et simple d’évincer la Russie du marché européen et de réserver celui-ci aux entreprises américaines. Le fait que l’Europe et les entreprises européennes encourent des dommages énormes ne peut que réjouir les entreprises américaines. Les USA qui les représentent se servent brutalement de leur pouvoir pour faire chanter les entreprises européennes si elles sont actives sur le marché américain ou traitent leurs affaires en dollars (cela suffit pour être soumis au droit américain, selon les décisions des tribunaux américains).

Le prolongement des sanctions concerne donc au premier chef le marché du gaz naturel, que les Américains veulent s’assurer en Europe. Et en ce qui concerne les pénalités de plus de 70 milliards imposées par les États-Unis aux multinationales européennes sous diverses justifications (atteinte aux sanctions, violation des taux américains d’émissions polluantes, etc.), il ne s’agit pas non plus de justice ou d’injustice, mais de pur impérialisme économique : dégradation brutale d’entreprises européennes pour débarrasser les entreprises américaines de toute concurrence.

Eberhard Hamer est professeur d’économie.

Source : http://arretsurinfo.ch/sopposer-aux-sanctions-contre-la-r...

Source d’origine :  Horizons et débats http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2017/nr-16-4-juli-2017/widerstand-gegen-russland-sanktionen.html

 

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Festivités du 14 juillet chez les grands de ce monde

 

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Madame JupiterPan, ambassadrice de la légendaire élégance française.

(La dame en visite a eu la délicate attention de se mettre en tricolore) 0. Dessin_macron_gare_je_suis_rien-85773-67022.gif

Oups ! Pas très bien élevé, mais on aime son écriture.

 

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Histoire belge.

Longtemps qu’il n’y avait pas eu.

 

Gouvernance wallonne : toujours plus bas

Philippe Huysmans – Investig’Action13 juillet 2017

 

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Des mandataires PS et MR ont été emmenés tous frais payés par EDF Luminus pour voir un match des Diables Rouges. Une peccadille au regard de Publifin ou du Kazakhgate ? Certes, mais ce petit cadeau aurait pu être sanctionné pour conflit d’intérêts par le code de déontologie des élus wallons. Hélas, le projet a été mis au frigo malgré les belles promesses. (IGA)

Ce matin, on apprenait par l’Écho que Luminus avait emmenés, tous frais payés, l’ex-ministre de l’Énergie, Paul Furlan (PS) et les élus wallons Jeholet (MR), Fourny (cdH) et Crucke (MR) pour aller voir les Diables Rouges en France, lors de l’Euro 2016. Jean-Luc Crucke ayant, pour sa part, été invité deux fois par EDF Luminus.

Prix estimé du voyage : 860 EUR par personne.  Transport, hébergement, frais de bouche, entrée comprise pour les matchs des Diables rouges.

Interrogé sur  La Première, Jean Luc Crucke botte en touche… et contre-attaque.  Il voit dans ces révélations une « fuite » organisée « pour déstabiliser la commission d’enquête parlementaire sur Publifin ».  Ben tiens.

Lire la suite…

Source : http://www.investigaction.net/fr/gouvernance-wallonne-tou...

 

Au moins sont-ils œcuméniques pour communier dans le football. Amis d’Outre-Quiévrain, vous portez vos croix, nous portons les nôtres.

 

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Il paraît que le pape a peur…

Un article de RT repris par l’excellent site Réseau International a provoqué pas mal de commentaires, dont la plupart expriment une indignation estomaquée.

Un des commentateurs dit qu’il est difficile de se faire une idée sur une phrase prise hors contexte. C’est vrai. Sauf qu’il n’y avait pas, à proprement parler, de « contexte ». La preuve :

 

Voilà l’article d’origine en entier :

http://www.repubblica.it/vaticano/2017/07/08/news/scalfar...

 

Et le voici à peu près totalement traduit par nous (nous n’avons sauté que ce qui concernait personnellement l’auteur) :

 

Scalfari interviouve François : « Mon cri au G20 sur les migrants »

La Repubblica8 juillet 2017

 

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[Eugenio Scalfari est un député socialiste italien et un journaliste. Il a fondé le quotidien La Repubblica en 1976 et l’a dirigé jusqu’en 1996. Il y assure encore une chronique dominicale. Il a 93 ans. Il se dit non-croyant. C’est sans doute pourquoi il appelle le pape Votre Sainteté ou Sainteté tout court, et non Saint Père comme font les Italiens en général.]

__________________

Conversation avec le pape à Santa Marta : « Je crains le péril des alliances dangereuses entre puissances. Nous avons, vous le savez bien, comme problème principal et hélas croissant dans le monde d’aujourd’hui, celui des pauvres, des faibles des exclus ».

Par Eugenio Scalfari

JEUDI dernier, avant-hier, j’ai reçu un coup de téléphone du pape François. C’était aux environs de midi et j’étais au journal quand mon téléphone a sonné et une voix m’a salué : c’était celle de Sa Sainteté. Je l’ai reconnue tout de suite et j’ai répondu : « Pape François, je suis heureux de vous entendre. » « Je voulais des nouvelles de votre santé. Vous allez bien ? Vous vous sentez bien ? On m’a dit qu’il y a quelques semaines vous n’aviez pas fait votre article dominical, mais je vois que vous avez repris. »

Votre Sainteté, j’ai treize ans de plus que vous. « Oui, je sais. Vous devez boire deux litres d’eau par jour et manger salé ». Oui, je le fais. D’autres conseils ont suivi, mais je l’ai interrompu en disant : ça fait un bout de temps que nous ne nous sommes plus parlé, j’aimerais venir vous saluer, je pars en vacances dans quelques jours et il y a longtemps que nous ne nous soyons vus. « Vous avez raison, je le souhaite moi aussi. Vous pourriez venir aujourd’hui ? À 4 heures ? » J’y serai certainement.

[…]

Le pape François m’a dit être très préoccupé par le sommet du G20. « Je crains qu’il y ait des alliances assez dangereuses entre puissances qui ont une vision faussée (déformée – distorta) du monde : l’Amérique et la Russie, la Chine et la Corée du Nord, Poutine et Assad dans la guerre de Syrie ».

Quel est le danger de ces alliances, Votre Sainteté ?

« Le danger concerne l’immigration. Nous avons, vous le savez bien, comme problème principal et hélas croissant dans le monde d’aujourd’hui, celui des pauvres, des faibles, des exclus, dont les émigrants font partie. D’autre part, il y a des pays où la majorité des pauvres ne proviennent pas des courants migratoires mais des calamités sociales, d’autres en revanche ont peu de pauvres locaux mais craignent l’invasion des migrants. Voilà pourquoi le G20 me préoccupe : il frappe [?] surtout les immigrants des pays du Tiers Monde et les frappe encore plus avec le passage du temps. »

Votre Sainteté, vous pensez que dans la société globale comme celle où nous vivons la mobilité des peuples est en augmentation, qu’ils soient pauvres ou pas pauvres ?

« Ne vous faites pas d’illusions : les peuples pauvres sont attirés par les continents et les pays d’antique richesse. Surtout par l’Europe. Le colonialisme est parti d’Europe. Il y a eu des aspects positifs dans le colonialisme, mais aussi des négatifs.tongue-out Quoi qu’il en soit l’Europe est devenue plus riche, la plus riche du monde. C’est donc elle qui sera l’objectif principal des peuples migrants. »

Moi aussi j’ai pensé plusieurs fois à ce problème et je suis arrivé à la conclusion que, pas seulement mais aussi pour cette raison, l’Europe doit assumer au plus vite une structure fédérale. Les lois et les comportements politiques qui en dérivent sont décidés par le gouvernement fédéral et par le Parlement fédéral, pas individuellement par les pays confédérés. Vous avez du reste plusieurs fois soulevé ce thème, y compris quand vous avez pris la parole au Parlement européen.

« C’est vrai, je l’ai soulevée plusieurs fois. » Et vous en avez été très applaudi et même ovationné. « Oui, c’est ainsi, mais malheureusement, ça signifie bien peu. Les pays se mettront en branle quand ils se rendront compte d’une vérité : ou l’Europe devient une communauté fédérale ou elle ne comptera plus dans le monde. Mais, maintenant, je voudrais vous poser une question : quels sont les qualités et les défauts des journalistes ? »

Vous, Votre Sainteté, devriez le savoir mieux que moi, parce que vous faites très couramment l’objet de leurs articles.

« Oui, mais ça m’intéresse de l’apprendre de vous. »

Eh bien, laissons de côté les qualités, mais il y en a aussi et parfois de très importantes. Les défauts : rapporter un fait sans savoir à quel point il est vrai ou non ; calomnier, interpréter la vérité en faisant valoir ses propres idées. Et même faire état des idées d’une personne plus sage et plus experte en se les attribuant. « Cette dernière chose, je ne l’avais jamais remarquée. Que le journaliste ait ses propres idées et les applique à la réalité n’est pas un défaut, mais qu’il s’attribue les idées d’un autre pour en retirer plus de prestige, ça, c’est certainement un défaut grave. »

Votre Sainteté, si vous y consentez, je voudrais vous poser deux questions. J’y ai déjà fait allusion une ou deux fois dans mes récents articles, mais je ne sais pas ce que vous en pensez : « J’ai compris, vous parlez de Spinoza et de Pascal. Vous voulez reproposer ces deux thèmes ? »

Merci, je commence par l’Éthique de Spinoza. Vous savez qu’il était juif de naissance mais qu’il ne pratiquait pas cette religion. Il est arrivé aux Pays-Bas en provenance de la synagogue de Lisbonne. Mais au bout d’un certain nombre de mois, après qu’il ait publié quelques essais, la synagogue d’Amsterdam a émis, à son encontre un édit très dur. L’Église catholique, pendant quelque temps, a cherché à l’attirer vers sa foi. Lui n’y répondait pas et avait pris des dispositions pour que ses livres ne soient publiés qu’après sa mort. Entretemps, cependant, certains de ses amis recevaient des copies des livres qu’il écrivait. L’Éthique, en particulier, est arrivée à la connaissance de l’Église, qui, immédiatement, l’a excommunié. Le motif en est connu : Spinoza soutenait que Dieu est dans toutes les créatures vivantes : végétales, animales, humaines. Il y a partout une étincelle du divin. Donc, Dieu est immanent, pas transcendant. Pour cette raison, il a été excommunié.

« Et à vous ça ne vous paraît pas juste. Pourquoi ? Dieu unique est transcendant. Nous aussi, nous disons qu’il y a partout une étincelle du divin, mais la transcendance reste intouchée, et voilà pourquoi il a été excommunié ». Et à moi il me semble, si je me rappelle bien moi aussi, qu’il l’a été sur sollicitation de l’Ordre des Jésuites. « À l’époque dont nous parlons, les Jésuites avaient été expulsés de l’Église, puis ils y ont été réintégrés. Quoi qu’il en soit, vous ne m’avez pas dit pourquoi cette excommunication devrait être révoquée ».

Pour la raison suivante : Vous m’avez dit, dans un de nos précédents entretiens, que dans quelques millénaires notre espèce s’éteindra. Dans ce cas, les âmes qui aujourd’hui ont le bonheur de contempler Dieu mais restent distinctes de Lui, ne feront plus qu’un avec Lui [se fondront en Lui]. À ce moment-là, la distinction entre transcendant et immanent n’existera plus. Et par conséquent, en prévision de cet événement, l’excommunication peut déjà être déclarée vidée de son sens. Il ne vous semble pas, Sainteté ?

« Disons qu’il y a une logique dans ce que vous proposez, mais la motivation s’appuie sur une hypothèse à moi, qui n’est pas une certitude et que notre théologie, en effet ne prévoit pas. La disparition de notre espèce est une pure hypothèse et, donc, ne peut motiver [la levée, sans doute, d’] une excommunication émise pour censurer l’immanence et confirmer la transcendance ».

Si vous le faisiez, Votre Sainteté, auriez-vous contre vous la majorité de l’Église ?

« Je crois que oui , mais s’il s’agissait seulement de cela et si j’étais certain de ce que je dis sur ce thème, je n’aurais aucun doute, seulement je n’en suis pas certain et, par conséquent, je ne vais pas affronter une bataille sur une motivations douteuse et perdue d’avance. Parlons maintenant, si vous voulez bien de la seconde question que vous vouliez me poser. »

Elle concerne Pascal. Après une jeunesse quelque peu libertine, Pascal a été, comme à l’improviste, saisi par la foi religieuse. Il était déjà très cultivé, il avait lu et relu Montaigne et aussi Spinoza, Jansénius, les mémoires du cardinal Carlo Borromeo. En somme, une culture à la fois laïque et religieuse. La foi, tout à coup, l’a frappé de plein fouet. Il a adhéré à la Communauté de Port Royal des Champs puis s’en est détaché. Il a écrit quelques oeuvres parmi lesquelles les Pensées, un livre à mon avis splendide et, d’un point de vue religieux, de grand intérêt. Mais ensuite il y a sa mort. Il était pratiquement moribond et sa sœur l’avait fait porter dans sa maison pour pouvoir l’assister. Lui voulait mourir à l’hôpital des pauvres mais son médecins n’en a pas donné la permission, il ne lui restait que quelques jours à vivre et le transporter n’était plus possible. Il a demandé alors qu’un pauvre, pris dans un hôpital qui s’occupait très mal des pauvres, lui aussi en fin de vie, soit transporté dans la maison où il se trouvait et dans un lit semblable au sien. Sa sœur a essayé de le contenter mais la mort a été plus rapide. Personnellement, je pense que quelqu’un comme Pascal devrait être béatifié.

« Vous, cher ami, vous avez là-dessus parfaitement raison, moi aussi je pense qu’il mérite la béatification. Je me réserve de faire instruire le dossier nécessaire et de demander l’avis des organes du Vatican préposés à ces questions, et de le joindre à ma conviction personnelle qui est positive. » Votre Sainteté, avez-vous jamais pensé à mettre par écrit une image de l’Église synodale ? « Non, pourquoi le devrais-je ? ». Parce que vous en verriez un résultat assez frappant, vous voulez que je vous le dessine ? Mais certainement, j’aime bien les dessins ». Le pape fait apporter du papier et une plume et je dessine. Je trace une ligne horizontale et je dis ceci, ce sont tous les évêques que vous réunissez en synode, ils ont tous un titre égal et une foinction égale qui est celle de prendre soin des âmes du diocèse dont ils ont la charge. Je trace cette ligne horizontale puis je dis : mais Vous, Saint Père, êtes évêque de Rome et, comme tel, vous avez la primauté dans le Synode parce que c’est à vous qu’il incombe d’en tirer les conclusions et d’en tracer la ligne générale de l’évêché [du vescovat ?]. Ainsi l’évêque de Rome se tient sur la ligne horizontale, et il y a une ligne verticale qui monte jusqu’à votre nom et votre charge. D’autre part, les prélats qui sont sur la ligne horizontale administrent, éduquent, aident le peuple des fidèles et, donc, il y a une ligne qui, de l’horizontale, descend à ce qui représente le peuple. Voyez-vous le dessin ? Il représente une croix.

« Elle est très belle cette idée. A moi, il ne m’était jamais venu à l’esprit de faire un dessin de l’Église synodale, vous l’avez fait et elle me plaît beaucoup. »

Il s’est fait tard, François a apporté avec lui deux livres qui racontent son histoire en Argentine jusqu’au conclave et contiennent aussi ses écrits qui sont nombreux, un volume de centaines de pages. Nous nous embrassons de nouveau. Les livres pèsent et il veut les porter. Nous arrivons par l’ascenseur au portail de Santa Marta surveillé par les gardes suisses et ses plus proches collaborateurs.

Ma voiture est devant le portail. Mon chauffeur descend pour saluer le pape (ils se serrent la main) et veut m’aider à entrer dans la voiture ; Le pape lui dit de se remettre au volant et de lancer le moteur. « Je l’aiderai » dit François. Et il arrive une chose qui, d’après moi, n’est jamais arrivée : le pape me soutient et m’aide à monter en voiture en me tenant la portière ouverte. Quand je suis à l’intérieur, il me demande si je suis bien installé. Je lui dis que oui, il referme la portière et se recule d’un pas pendant que la voiture s’ébranle, me saluant jusqu’à la fin en agitant le bras et la main pendant que moi, je l’avoue, j’ai le visage baigné de larmes d’émotion.

J’ai écrit souvent que François est un révolutionnaire. Il pense à béatifier Pascal, il pense aux pauvres et aux immigrants, il souhaite une Europe fédérée et – last mais pas least – il me met en voiture de ses propres mains.

Un homme comme celui-là, nous n’en avons jamais eu.

Source : http://www.repubblica.it/vaticano/2017/07/08/news/scalfar...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

Dieu reconnaîtra peut-être les siens, mais Il aura du mal. En tout cas, un qui va être content, c’est Blaise Pascal.

Résumons :

Soit le pape a téléphoné à un vieux monsieur qui venait d’être malade pour prendre de ses nouvelles et la conversation qu’ils ont eue était privée, soit il avait des choses à dire à la presse et cette entrée en matière était aussi bonne qu’une autre. La conversation a été publiée, et le Vatican n’a rien démenti.

Qu’en penser ?

Sa Sainteté, qui se préoccupe beaucoup des malheurs du monde, n’a pas l’air de s’inquiéter beaucoup de l’Amérique Latine. Pas un mot de Michel Temer du Brésil, de Mauricio Macri d’Argentine, de Juan Orlando Hernández du Honduras, pas un mot des mafias de la drogue qui ont fait de la Colombie et du Mexique, des Syrie sous une autre forme, pas un mot non plus de l’extrême violence actuellement exercée sur le Venezuela. Bizarre. Serait-ce que le Saint Père ne voit dans son continent de naissance nul sujet d’inquiétude ?

Nous sommes de ceux qui pensent qu’il est l’instrument du Deep State autant que le fut Jean-Paul II et que, si Benoît XVI a sauvé sa peau, contrairement à Jean-Paul Ier, c’est que deux meurtres coup sur coup eussent été un peu voyants. Mais nous ne croyons pas François I assez bête pour s’exprimer de la sorte.

Une brève recherche sur internet s’avère instructive : Eugenio Scalfari est connu en Italie comme « l’ami athée du pape », de la variété des athées plus catholiques que le pape. Les Italiens cependant semblent divisés sur le point de savoir s’il est devenu gâteux avec l’âge ou s’il était depuis toujours une andouille de compétition. Car c’est un récidiviste, qui publie régulièrement de longs articles sur ce que lui confie le pape François, relativement surtout aux points de doctrine les plus délicats. Les incroyants se marrent. Les croyants ne se marrent pas du tout. On peut même dire que certains grincent très fort des dents et ne comprennent pas bien pourquoi le Vatican laisse faire et dire. Comme ici par exemple : http://www.antoniosocci.com/ora-il-vaticano-deve-smentire...

Sur la toile, les humoristes s’en donnent à cœur-joie :

 

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Papa Eugenio

 

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Sua Santitá Eugenio I.

 

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Papa Scalfari Tuttacronaca

 

Quand même, quand le Pape a « confié » à Don Eugenio que les divorcés remariés allaient être reçus comme des enfants prodigues dans le sein de leur Sainte Mère l’Église, des Anglais (du Catholic National Register) sont allés poser des questions au porte-parole du Vatican, le père jésuite Federico Lombardi, qui leur a répondu sans ambages :

“As has already occurred in the past, Scalfari refers in quotes what the Pope supposedly told him, but many times it does not correspond to reality, since he does not record nor transcribe the exact words of the Pope, as he himself has said many times.

“So it is clear that what is being reported by him in the latest article about the divorced and remarried is in no way a reliable and cannot be considered as the Pope’s thinking.”

He added that those who have “followed the preceding events and work in Italy know the way Scalfari writes and know these things well” ». (https://onepeterfive.com/fool-me-twice-francis-scalfari-a... )

Ce qui, en bon français signifie :

« “Comme cela s’est déjà produit dans le passé, Scalfari met entre guillemets ce que le Pape est supposé lui avoir dit, mais souvent cela ne correspond pas à la réalité, puisqu’il n’enregistre ni ne transcrit les mots exacts du Pape, comme il l’a dit lui-même plusieurs fois.

“Il est donc clair que ce qu’il rapporte dans son dernier article sur les divorcés remariés n’est en aucune façon fiable et ne peut pas être considéré comme ce que pense le Pape.”

Il a ajouté que ceux qui ont “suivi les événements antérieurs et travaillé en Italie savent comment Scalfari écrit et connaissent tout cela très bien.”

 

Les graphistes anglais n’ont pas voulu être en reste :

 

18. scalfari-mose.jpg

Scalfari-Moses

 

Des Italiens qui ont leurs entrées dans les cours de Saint Pierre ont remis ça :

 

19. Cintura xxx.jpg

« Io e il Papa in R4 contromano
Non avevamo nemmeno la cintura »

Don Renzo Zocca, curé de Santa Lucia di Pescantina

 

Et si vous ne le croyez pas, c’est ici : http://www.liberoquotidiano.it/news/personaggi/1308899/Pa...

 

Pour ce qui est de la politique, Scalfari (élu du PSI on le rappelle) a aussi ses idées, qui ne peuvent qu’être partagées par le Pape

 

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« L’Italie devrait se soumettre au contrôle de la troïka internationale formée par la Commission de Bruxelles, la BCE et le Fond Monétaire International. »

 

21. scalfari L'uni(té italienne.JPG

« Les Italiens détestent l’État parce que les Piémontais les ont envahis. Le Royaume des Deux Siciles était beaucoup plus riche et puissant que le Piémont. L’unité a été faite par des personnes qui parlaient français. C’est le Royaume de Naples qui aurait dû faire l’unité. »

 

La triple question qui s’impose est la suivante :

- À quoi joue RT ?

- Quel comité de rédaction choisit de livrer des inepties avérées au public ? Dans quel but ?

- Qui y détient le pouvoir ? Autrement dit : Qui sont ses actionnaires ?

 

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Mais notre incursion dans le monde fascinant de la presse laïque et socialiste italienne nous a fait tomber sur quelque chose d’intéressant chez le même blogueur catholique que ci-dessus :

 

Müller confirme une fois encore que les papes sont deux et sont tous les deux en charge. Combien de temps pourra-t-on encore faire semblant de ne pas comprendre ? Et pourquoi ne pas dire clairement ce qu’il en est ?

 

Dans mon article du 28 octobre (que vous pouvez lire ICI) je signalais la retentissante interview du cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur Radio Vatican en langue allemande. Un vaticaniste (quoique très feutré et pas très fougueux), devant interviewer le même cardinal Müller (ICI), est parti des mêmes conclusions que moi. Il a écrit : « Il me semble donc comprendre que, pour le cardinal Müller aussi, nous sommes face à – pour utiliser les catégories auxquelles a eu recours il y a quelque temps Mgr Georg Gänswein  à une sorte de “ministère commun”, “collégial” ou “synodal”, à l’intérieur duquel chacun apporte une contribution spécifique. »

Sa première question au cardinal revient à ses deux déclarations (que j’avais signalées et relancées).

Et le cardinal Müller répond : « En effet, nous vivons une phase très spéciale de l’histoire de l’Église : nous avons le pape, mais aussi le pape émérite ».

En outre, dans sa dernière réponse, il ajoute : « Benoît et François (…) se consacrent pleinement à la mission du successeur de Pierre, et c’est une grande richesse pour l’Église ».

Source : http://www.antoniosocci.com/muller-conferma-ancora-volta-...

Traduction : c.l. pour les Grosses Orchades

 

Ce dont il était question, dans les articles précédents, trop longs pour que nous puissions vous les traduire, c’était de

 

« Déclarations retentissantes du cardinal Müller. Grandes manœuvres pour éviter de nouveaux déraillements de Bergoglio et conjurer le schisme »

 

Articles où il était dit entre autres choses, ceci :

« Beaucoup plus passionnants que la fiction sont les mystères du véritable Vatican. Où, pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un pape – après des mois de lourdes attaques – s’est “démis” (pour des raisons obscures), mais en réalité en restant pape.

Un schisme à quel propos ? Différends spirituels ? Politiques ? Les deux ? Nous ne sommes pas devins.

Source : http://www.antoniosocci.com/muller-conferma-ancora-volta-...

 

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Puisqu’on est à Rome, tiens… petit cadeau des Grosses Orchades aux RIEN qui ne partent pas en vacances :

 

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Lucius Domitius Ahenobarbus « Nero »

 

La Maison Dorée (Domus Aurea) de Néron

 Théroigne

 

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Qualis artifex pereo : « Quel artiste meurt en moi », aurait dit Néron en se perçant la gorge sur ordre. Était-il fou ? Peut-être. Mais artiste, assurément.

La maison qu’il s’est fait construire après l’incendie de Rome dont il n’est sans doute pas responsable, couvrait 80 hectares (= 800.000 m2) : taille de la Rome intra muros des origines. Outre tous les bâtiments, galeries et terrasses qui la composaient, elle était entourée de jardins, de vignes et de bois, où s’ébattaient animaux domestiques et sauvages, de bassins et même d’un lac artificiel, navigable. Les sols des pièces étaient en mosaïque, les murs recouverts de marbres de toutes couleurs et provenances, de feuilles d’or et de pierres précieuses ou de peintures non moins précieuses (son peintre, Fabullo, ne consentait à peindre qu’en toge, y compris sur les échafaudages, chose très incommode). Le « clou » de la Maison Dorée était une salle à manger ronde éclairée par des ouvertures ingénieuses et surmontée d’une coupole qui tournait sans jamais s’arrêter, pour imiter le mouvement perpétuel des astres dans le ciel (actionnée par des esclaves ou un par un système hydraulique, on ne sait pas). Et pour surpasser le Colosse de Rhodes, merveille de l’Antiquité, Néron s’était fait représenter en Apollon solaire, en or bien sûr et colossal aussi. Dans la fameuse salle à manger, pleuvaient sur les invités pétales de roses et parfums.

Et avec tout cela, Néron était populaire. C’est que s’il avait pris leurs sols aux victimes de l’incendie qui avaient déjà tout perdu (on dit exproprier) il a donné du travail à des milliers d’esclaves et d’hommes libres. (Pas de chômage sous Néron). Pendant quatre ans. Car cette incroyable merveille a été construite en quatre années. Par un jeune homme qui a pu l’habiter avant de mourir à moins de 31 ans.

Les empereurs suivants (Flaviens pour les dames) ont enterré la merveille (l’ont littéralement ensevelie sous des mégatonnes de terre). Sur le lac comblé, ils ont fait construire un amphithéâtre à leur gloire : l’Amphithéâtre Flavien, autrement dit le Colisée, et ils ont, selon la formule consacrée : rendu la terre au peuple, entendez vendu le reste à des promoteurs.

Au XVe siècle, à cause d’un éboulement, un jeune homme tomba dans un trou et se retrouva dans une sorte de grotte aux murs couverts de peintures, extraordinaires de fraîcheur. Tous les peintres de l’époque voulurent les voir, les copièrent et accouchèrent ainsi du style grotesque (qui vient de « grotte »). Hélas, le contact avec l’air et l’humidité les condamnait à la dégradation : on en voit s’effacer à vue d’œil dans un film de Fellini.

La maison de Néron est aujourd’hui classée par l’UNESCO patrimoine de l’humanité, et les Italiens ont entrepris d’exhumer ce qu'il en reste.

Certes, on ne peut financer des entreprises de cette envergure qu’au prix de l’écrasement de nombreux peuples et on dirait que le jeune homme n'a eu qu'à puiser. Mais nos « empereurs »  d’aujourd’hui en écrasent bien davantage et quand on voit de quoi ils accouchent ! Vous avez vu leurs sinistres tours aveugles et leur siège de l’OTAN ? Quels sont les fous qui voudraient les exhumer dans deux mille ans ?

 

La Domus Aurea

digitalement reconstituée en 3 D par la fée Technologie

Des photos et deux vidéos

Sorry, c’est en anglais : rien en français, et même pas de sous-titres !

0. freccia nera piccola x.GIF

https://www.realmofhistory.com/2016/03/21/animation-shows...

 

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Et à quoi bon lésiner, voici de quoi passer une paire d’heures de vos non-vacances à faire connaissance avec l’artiste :

 

Néron – Plaidoyer pour un monstre 1/2

 


 

 

Néron – Plaidoyer pour un monstre 2/2

 


 

Post Scriptum romain

Les doctes Germains responsables de ce documentaire ne sont pas sûrs que saint Pierre ait jamais mis les pieds à Rome, ni, à fortiori, qu’il y ait été supplicié. Ils ne sont sans doute pas sûrs non plus de son existence, même s’ils préfèrent ne pas en parler. Mais l’Église, elle, existe. Pour le bien ou pour le mal, les deux sans doute, elle est une réalité. Et maintenant, elle se déchire. Quand tout se partage en deux, c’est que les temps révolutionnaires sont venus. Savoir où tout finira…

 

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Mis en ligne le 14 juillet 2017.

 

 

 

 

 

21:14 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/07/2017

PALESTINE ENCORE ET TOUJOURS

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2. pecheurs_gaza.jpg

 

Palestine encore et toujours !

Hasta la victoria siempre…

 

8 juillet 2014 : début d’un des plus importants massacres israéliens en Palestine occupée

 

« J’ai tellement espéré que quelque chose de positif allait se passer en Cisjordanie, qu’il était impossible qu’il n’y ait pas un mouvement de révolte de la société, que  je n’ose plus, que je peux plus écrire sur ce thème, tellement je me sens en colère quand j’y pense. En colère contre les traîtres-dirigeants beaucoup plus que contre les bourreaux israéliens qui font leur boulot de bourreaux, normal, ils sont des bourreaux. Mais Abbas et le Fatah. Voilà les responsables du malheur, les mauvais bergers, les véritables traîtres qui s’engraissent en traficotant avec l’occupant. Peut-être qu’un jour je retrouverai assez de courage pour faire un tableau de ce qu’est le malheur absolu, l’enfer sur la terre : la vie à Gaza. En fait, il y a deux Palestines : le purgatoire en Cisjordanie avec des interstices de vie normale et l’enfer tout noir à Gaza. »

Aline de Diéguez, Correspondance.

« Aux sources du chaos mondial actuel » et autres contes de la Palestine occupée.

 

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Mercredi 12 juillet à 19 h

 

Rencontre avec le

Pr. Christophe Oberlin
de retour de Gaza



« Israël n’est pas un État, c’est un lobby »

Christophe Oberlin



Le Pr Christophe Oberlin nous fera part à son retour de sa nouvelle mission chirurgicale à Gaza, de la situation qu'il a constatée dans l'enclave palestinienne sous blocus, trois ans après le déclenchement des bombardements israéliens de l'été 2014.

Nous vous attendons nombreux. Faire passer l'information, rompre le silence, voir ensemble comment on peut se mobiliser pour la levée de ce siège barbare, est essentiel.

 

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« Ces jours-ci, les Palestiniens en général, les habitants de Gaza en particulier et avec eux, tous les solidaires internationaux, commémorent le troisième anniversaire de l'agression israélienne de l'été 2014. Plus de 2200 morts, parmi eux, 600 enfants, et 11000 blessés, civils et enfants en majorité, sans oublier la destruction massive de l'infrastructure civile de la bande de Gaza. Et il sera difficile d'oublier, même après des années et des années, difficile de sortir de nos mémoires ces images bouleversantes de 50 jours de bombes, de missiles et d'attaques sanglantes », écrit Ziad Medoukh, professeur de Français à Gaza.

« Trois ans après, souligne-t-il, aucune enquête officielle n'a été faite pour juger les criminels de guerre israéliens, et aucune commission internationale ne s'est rendue sur place pour constater l'ampleur de cette horreur absolue ».

« Les Palestiniens de Gaza craignent la reprise des attaques israéliennes à n'importe quel moment et sous n'importe quel prétexte, car la communauté internationale officielle qui a gardé un silence complice durant la dernière offensive israélienne, n'exerce pas de pressions sur le gouvernement israélien afin qu'il lève le blocus imposé à la population depuis plus de dix ans ».

Ils attendent une réelle réaction internationale qui mette fin à l'impunité de cet occupant. Ils attendent avec un courage à toute épreuve, une sérénité exemplaire et une volonté remarquable. Ils attendent avec un message simple et clair : nous n'oublierons pas. »

Pour plus d'informations et pour débattre avec le Pr.Christophe Oberlin, nous vous attendons ce mercredi 12 juillet à partir de 19 H à la librairie Résistances.

 

LIBRAIRIE RESISTANCES : 4 Villa Compoint 75017 Paris
(angle 40 rue Guy Môquet)
Métro ligne 13 : Guy Môquet ou Brochant
TEL. 01.42.28.89.52 - info@llibrairie-resistances.com - www.librairie-resistances.com

 

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Le Pr Oberlin écrit aussi des livres. Nous vous en avons parlé à l’occasion. Notamment ici : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....  et  ici : http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....  - Voici, pour rappel, les trois derniers en date

 

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Christophe OBERLIN

Quelle est la blancheur de vos Blancs et la noirceur de vos Noirs ?

Edilivre (17 juillet 2014)

Collection : CLASSIQUE

87 pages

 

 

 

Quelle est la blancheur de vos Blancs et la noirceur de vos Noirs est un essai qui démontre scientifiquement que les soi-disant « races humaines » n'existent pas. Le parti pris pédagogique est l'ironie. Depuis l'origine du mot « caucasien » dans les fantasmes des voyageurs du XVIIe siècle qui visitèrent les harems orientaux, jusqu'à l'impossible définition de « races humaines », Christophe Oberlin, en s'appuyant sur nombre d'anecdotes personnelles, nous rappelle que la terminologie « races humaines » continue à être bien présente, notamment en science. Pourtant l'anthropologie moderne et la génétique démontrent, sans passion, l'ineptie que constitue cette notion. En illustrant son propos d'exemples historiques et actuels, l'auteur nous démontre à la fois l'absence de fondements scientifiques et en même temps la résistance opiniâtre, y compris parmi les médecins, de certaines idées reçues. La démonstration est claire et donne toutes les clés à ceux qui sont désireux de posséder un argumentaire solide, qu'ils soient élèves, enseignants, journalistes ou hommes politiques.

L'auteur

Christophe Oberlin est né en 1952. Titulaire d'un DEA d'anthropologie, chirurgien des hôpitaux et professeur de médecine à la faculté Denis Diderot à Paris, il est responsable de deux diplômes d'université, enseigne l'anatomie ainsi que la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l'étranger. Il participe depuis trente ans à des activités de chirurgie humanitaire et d'enseignement au Maghreb, en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient.

 

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Christophe OBERLIN

Le chemin de la cour – Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale

Erick Bonnier (1 novembre 2014)

Collection : Encre d'Orient

140 pages

 

 

 

8 juillet 2014. Pour la troisième fois en six ans, Israël attaque la bande de Gaza, un territoire à peine plus grand que l’Île de Ré où s’entassent un million huit cent mille habitants. Très vite les images du massacre inondent les réseaux sociaux, tandis que les grands médias occidentaux et la plupart des responsables politiques campent sur une position « équilibrée », quand ils ne prennent pas fait et cause pour Israël. On parle encore de « possibilités de crimes de guerre » dans les instances internationales, alors que le grand public les constate pratiquement en direct, à la vue d’images terrifiantes. Plus de deux milles Palestiniens sont tués en quelques semaines, et personne ne conteste plus qu’il s’agit en grande majorité de civils.

Le 25 juillet 2014, au nom du ministre de la Justice de Palestine, Salim Al-Saqqa, et du procureur de Gaza, Ismaïl Jaber, un avocat lyonnais, maître Gilles Devers dépose une plainte contre Israël auprès de la Cour Pénale Internationale.

Débute alors une vaste polémique juridique, tandis que les bombes pleuvent toujours sur Gaza.

À partir de l’entrée en fonction de la Cour Pénale Internationale en 2002, Christophe Oberlin retrace les offensives sanglantes sur la bande de Gaza dont il est, depuis 2001, un témoin privilégié. Il montre comment la Cour Pénale Internationale est demeurée, jusqu’à présent, une instance de riches pour juger les pauvres. Il dénonce ceux qui, y compris au niveau de l’Autorité Palestinienne, ont saboté les saisines de la Cour contre les dirigeants israéliens. Il démontre que ce sont bien les forces combattantes palestiniennes qui demandent l’application du droit international, comme celle du droit interne palestinien.

Après des décennies de violences et de simulacres de négociations, le conflit israélopalestinien est-il entré dans l’ère du Droit ?

*****   

Christophe Oberlin est un grand connaisseur de la bande de Gaza où il séjourne plusieurs fois par an. Il est l’auteur à nos éditions de Bienvenue en Palestine, destination interdite, en collaboration avec Acacia Condes (2012) et de La Vallée des fleurs (2013).

 

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Christophe OBERLIN

L’échange – Le soldat Shalit et les Palestiniens

Erick Bonnier (1 avril 2016)

Collection : ENCRE D’ORIENT 

183 pages

 

 

 

« Il s'appelle Gilad Shalit, il a vingt ans, il est caporal dans l'armée israélienne, et le Proche-Orient tout entier est suspendu ce soir à son sort ». C'est par ces mots que le présentateur vedette de la principale chaîne de télévision publique française, David Pujadas, ouvre le journal télévisé de vingt heures le lundi 26 juin 2006. « Le soldat a été enlevé hier par des groupes armés islamistes palestiniens... Paris est concerné car l'otage est aussi français par son père. »

Ainsi débute une saga qui va durer cinq années. Tandis qu'une médiatisation sans précédent de la capture et de l'emprisonnement du soldat israélien envahit le quotidien des Français, les quelques dix mille Palestiniens emprisonnés en Israël ne constituent pour les pays occidentaux rien de plus qu'une statistique.

Christophe Oberlin s'attache ici à nous faire connaître le parcours de certains d'entre eux, leur vie et leurs espoirs. Il nous fait entrer aussi dans le secret des négociations qui ont abouti à l'échange de prisonniers le plus spectaculaire de l'histoire du conflit israélo-palestinien.

 

 

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Un autre livre à découvrir :

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Mazin QUMSIYEH

Histoire populaire de la résistance palestinienne

Préface : Michel Warschawski

Traduit de l’anglais par Jean-Marie Flémal

Éd. Demi-Lune, 2013

416 pages

 

 

 

Les médias occidentaux dépeignent la résistance palestinienne contre l'occupation israélienne comme étant exclusivement violente : résistance armée, attentats suicides, tirs de roquettes, prise d'otages, etc. Dans la réalité, si ces méthodes existent, elles relèvent de l'exception dans un vaste mouvement de résistance pacifique et non violente, voire créative. Dans ce livre fascinant, le docteur Mazin Qumsiyeh synthétise d'innombrables informations provenant de sources variées et originales afin de présenter l'étude la plus complète de la résistance civile en Palestine. Son ouvrage contient des centaines d'exemples de méthodes de résistance aussi héroïques qu'innovantes employées par les Palestiniens depuis plus d'un siècle. L'auteur analyse également les réussites, les échecs, les occasions manquées, et les défis que doivent surmonter les Palestiniens ordinaires dans leur lutte pour la liberté dans des conditions extraordinairement difficiles. Il est le seul auteur à avoir effectué le minutieux travail critique et l'étude comparative des soulèvements (de 1920-21, 1929, 1936-39, 1970), et des deux Intifadas de 1987-91 et 2000-06. Les histoires humaines fascinantes racontées dans ce livre sont autant de sources d'inspiration pour les personnes de toutes confessions et origines politiques afin qu'elles définissent une voie plus efficace et mieux informée pour un avenir de paix et de justice.

L’auteur

Chercheur en génétique et professeur aux Universités de Bethléem et de Birzeit, après avoir enseigné aux États-Unis, le docteur Mazin QUMSIYEH est président du Centre palestinien pour le rapprochement entre les peuples. Figure importante de la résistance populaire dans laquelle il prend une part active et qu'il organise, il collabore également avec de nombreux mouvements pacifistes de la société civile, et a publié plus de 1.000 articles dans des journaux, des livres et sur l’Internet. Il est aussi l’auteur de Sharing the Land of Canaan: Human Rights and the Israeli-Palestinian Struggle (2004, en anglais). Si vous lisez l'anglais, nous vous conseillons de visiter son blog : popular-resistance.blogspot.fr/

 

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Quelques liens pour vous rafraîchir la mémoire :

Interview du Dr. Christophe Oberlin

https://anniebannie.net/2015/07/08/interview-du-dr-christ...

Lettre ouverte à Françoids Hollande et autres racistes qui nous dirigent par Christophe Oberlin

http://reseauinternational.net/video-lettre-ouverte-franc...

 

On ne peut pas dire que le Conseil de l’Ordre des Médecins (création pétainiste jamais revisitée) se soit couvert de gloire, dans sa poursuite du Dr. Oberlin pour le compte du lobby israélien de France…

 

AMIF, Conseil de l'Ordre : entretien avec Christophe Oberlin

 

 

Et toujours au micro du Cercle des Volontaires

 

Christophe Oberlin, sur les plaintes contre Israël auprès de la CPI

 


 

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On a hésité, parce que l’ami Dieudo gesticule comme un mauvais acteur* (qu’est-ce qui lui arrive ? Il aurait fallu Brasseur père, qui se serait effacé et aurait dit ça sans bouger) mais les deux instruments sont tellement sublimes…

 

Palestine

 


 

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* Les bons acteurs comiques ne sont pas toujours de bons acteurs tragiques, voyez Molière…

 

Pendant qu’on y est, on va y aller de notre critique. Il y a longtemps qu’on trouve que le blog de Gilad Atzmon devrait être systématiquement, au coup par coup, traduit en français, exactement comme le Saker. Par les gens du Saker francophone peut-être… ils ne sont pas assez nombreux ? N’ont pas le temps ? Gilad pourrait pourtant, à notre avis, en remplacer bien d’autres sans qu’on n’y perde rien...


 

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Et en attendant la 2e partie de la trilogie de Norman Finkelstein sur la Guerre des six jours (Guerre des 6 jours : que s’est-il réellement passé en juin 1967 ?), voici toujours ce qu’avait à en dire Hassan Nasrallah :

 

Israël n'a gagné aucune guerre depuis 1967 (1/3)

 


 

Transcription

[…] Eh bien, sixième (élément de force pour la cause palestinienne), la persistance et l’endurance des mouvements de Résistance au Liban et en Palestine. Ils ne se sont pas enfuis, ni retirés, ni n’ont déposé les armes, ni n’ont détruit leurs missiles, ni ne les ont jetés à la mer, ni ne les ont jetés à la poubelle, ni ne les ont troqués, ni n’ont changé de ligne, d’alliances ou de positions, malgré tout ce dont nous venons de parler : les menaces, intimidations, accusations de terrorisme, arrestations, assassinats, emprisonnement, blocus, assèchement des sources d’argent, lois imposant des sanctions, (inscription sur la) liste des organisations terroristes, etc. C’est également une chose (très) importante.

Mais le plus important, laissez-moi le souligner, et qui constitue également un véritable succès pour la Résistance au Liban et en Palestine à travers toutes ces (six ou sept) années passées : cette Résistance qui œuvre à sa perpétuation, à sa force, à son état de préparation, à l’augmentation de ses effectifs, sur les plans moral, psychologique, matériel, militaire et sécuritaire, ce même Israël, à (la conférence annuelle) d’Herzliyya (juin 2017), en considérant les pays qu’il a dénommés « les pays arabes sunnites modérés » (et en réalité, la responsabilité de répondre à ces déclarations incombe plus aux sunnites qu’à nous), mais en même temps, Liberman, cet extrémiste fanatique, que dit-il ? Lorsqu’il parle du problème de savoir pourquoi Israël n’est pas parvenu à des accords de compromis dans la région, il énumère un certain nombre de raisons, et je vais juste vous (en) lire deux lignes et demie.

L’une des raisons qu’il énonce, écoutez bien parce que ces paroles ont coûté (beaucoup de) sang, et constituent un succès (véritable), une victoire, une reconnaissance de l’ennemi (lui-même) (que devraient prendre en considération) ceux qui discutent toujours (de cette réalité). Dans ce discours à Herzilya, Liberman dit : « Je considère que l’un de nos problèmes est que depuis 1967, nous n’avons... nous n’avons... (rires) nous n’avons remporté aucune bataille. » Voilà (ce que déclare) Liberman. Je reprends ma lecture : « Je considère que l’un de nos problèmes est que depuis 1967, nous n’avons remporté aucune bataille. En réalité, la dernière bataille, et la dernière fois que nous avons gagné (une guerre), c’était la guerre des six-jours. Qui avait gagné et qui avait perdu ne faisait (alors) aucun doute pour quiconque. » C’est-à-dire qu’en 67, personne n’avait aucun doute qu’Israël avait gagné, et que les Arabes avaient perdu. « L’absence de victoires est une chose qui mène au peu de confiance (en nos capacités) de la partie adverse. » Je vais encore citer un extrait de ses propos (après mon commentaire).

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/06/hassan-nasrallah-is...

 

 

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Mis en ligne le 10 juillet 2017

 

 

 

 

12:01 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/07/2017

LA JOURNALOPERIE DANS SES OEUVRES

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Le Venezuela, autre Syrie

 

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Jeu d’été dans nos mérdias

 

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* Dénoncé par https://www.legrandsoir.info/jeu-d-ete-dans-nos-medias.html

 

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La journaloperie dans ses œuvres

 

Comment faire pour qu’un pays agressé à l’intérieur et envahi de l’extérieur ait l’air d’une dictature ? Demandez à l’imMonde et à Liberachions, ce sont des spécialistes.

 

Comment Le Monde invente la « répression » au Venezuela

Thierry Deronne – Le Grand Soir 28 mai 2017

 

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Caracas – Mai 2017

 

Mettons-nous dans la peau d’un habitant de la planète qui n’aurait que les médias pour s’informer sur le Venezuela et à qui jour après jour, on parlerait de « manifestants » et de « répression ». Comment ne pas comprendre que cette personne croie que la population est dans la rue et que le gouvernement la réprime ?

Mais il n’y a pas de révolte populaire au Venezuela. Malgré la guerre économique la grande majorité de la population vaque à ses occupations, travaille, étudie, survit. C’est pourquoi la droite organise ses marches au départ des quartiers riches. C’est pourquoi elle recourt à la violence et au terrorisme, dont les foyers sont localisés dans les municipalités de droite. ll y a 90 pour cent de quartiers populaires au Venezuela. On comprend l’énorme hiatus : les médias transforment les îles sociologiques des couches aisées (quelques % du territoire) en « Venezuela ». Et 2% de la population en « population ». (1)

Le 12 mai l’ex-présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner, après Evo Morales, a dénoncé « la violence utilisée au Venezuela comme méthodologie pour arriver au pouvoir, pour renverser un gouvernement » (2). Depuis l’Équateur, l’ex-président Rafael Correa a rappelé que « le Venezuela est une démocratie. C’est par le dialogue, avec les élections, que doivent se régler les divergences. De nombreux cas de violences viennent clairement des partis d’opposition » (3). C’est aussi la position du Caricom, qui regroupe les pays des Caraïbes (4). Le Pape François a dû pousser les évêques du Venezuela qui comme dans le Chili de 1973 traînaient les pieds face au dialogue national proposé par le président Maduro (5). Ce dernier a par ailleurs lancé le processus participatif de l’Assemblée Constituante, avec vote à la clef, et confirmé la tenue du scrutin présidentiel légalement prévu en 2018.

 

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Assemblée populaire et d’enseignants pour faire des propositions dans le cadre de l’Assemblée Nationale Constituante, dans l’état d’Apure le 20 mai 2017. Ce processus doit être ouvert et participatif. Une image qu’on ne risque pas de voir dans les médias… Photo de Marco Teruggi

 

Depuis la disparition d’Hugo Chavez en 2013, le Venezuela est victime d’une guerre économique qui vise à priver la population des biens essentiels, principalement les aliments et les médicaments. La droite locale renoue avec certains éléments de la stratégie mise en place jadis au Chili par le tandem Nixon-Pinochet, en clair provoquer l’exaspération des secteurs populaires jusqu’au débordement de rage et légitimer la violence. Selon le rapport budgétaire 2017 mis en ligne sur le site du Département d’État (6), 5,5 millions de dollars ont été versés aux “sociétés civiles” du Venezuela. Le journaliste vénézuélien Eleazar Diaz Rangel, directeur du quotidien Ultimas Noticias (centre-droit) a révélé des extraits du rapport que l’amiral Kurt Tidd, chef du Southern Command, a envoyé au Sénat US : « avec les facteurs politiques de la MUD (coalition vénézuélienne de l’opposition) nous avons mis au point un agenda commun qui comprend un scénario abrupt combinant des actions de rue et l’emploi dosifié de la violence armée sous l’angle de l’encerclement et de l’asphyxie » . (7)

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Source : https://www.legrandsoir.info/comment-le-monde-invente-la-...

 

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Ah, on allait oublier L’EXPRESS !

(attention, excréments intellectuels !)

 

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Des manifestants anti-Maduro affrontent les forces de l'ordre le 21 mai 2017 à Caracas, où un jeune de 23 ans a été tué par balle la veille. afp.com/JUAN BARRETO

 

Au Venezuela, ces jours-ci, une seule chose s'améliore: le sadisme d'Etat. Début mai, des manifestants placés en garde à vue dans l'Etat de Carabobo (100 kilomètres à l'ouest de la capitale) ont ainsi été obligés de manger des spaghettis aux excréments. La technique de torture est bien rodée: d'abord, l'on approche de la poudre lacrymogène sous le nez des détenus, ce qui les oblige à ouvrir la bouche; ensuite, le "mets" est introduit de force. Puis le prisonnier est contraint d'avaler. La répression monte également d'un cran sur le terrain: pour éliminer des émeutiers sans être accusée de tirer sur eux à balle réelle, la police vise la poitrine des manifestants avec des cartouches de gaz lacrymogène. À une distance de 2 mètres, de tels "accidents de tir" permettent de donner la mort sans alerter l'opinion internationale. Deux mois après le début des émeutes, le nombre des victimes approche la cinquantaine. 

 

"Ici, on ne dit pas de mal de Chavez"

Autre vice employé par la dictature: des fausses petites annonces publiées sur des sites de vente en ligne proposent des masques à gaz d'occasion (un produit en rupture de stock dans le pays). Lorsque les acheteurs se présentent pour la transaction, ils sont aussitôt tabassés, embarqués, emprisonnés, torturés et déférés devant... des tribunaux militaires! Une pratique judiciaire qui est la négation même de la démocratie. "Un niveau d'ignominie inédit a été atteint", analyse Pedro Garcia Sanchez, sociologue et analyste politique vénézuélien. "Tous les jours, de nouvelles vidéos montrant des actes inhumains sont publiées sur Twitter, où l'on voit des gendarmes, des soldats ou des bandes armées s'acharner sur des jeunes à terre et se livrer à des violations flagrantes des droits de l'homme." 

 

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Depuis le 30 mars dernier, le Venezuela, 30 millions d'habitants, est au bord du précipice. Ce jour-là, le Tribunal suprême de justice (aux ordres du gouvernement) abolit le pouvoir législatif de l'Assemblée nationale (où l'opposition est majoritaire depuis un an). "Depuis le 30 mars, le Venezuela est une dictature, mais... dans un cadre constitutionnel, estime le père jésuite Luis Ugalde, une voix qui pèse. Autrement dit, la Constitution est démocratique, mais le gouvernement est dictatorial."  

À vrai dire, à la lecture des pancartes affichées dans le hall de l'aéroport international ou au pied du téléphérique de Caracas, on s'en doutait un peu: "Aqui no se habla mal de Chavez" (ici, on ne dit pas de mal de Chavez), est-il écrit en lettres majuscules rouges. 

LIRE AUSSI >> Inflation, pénurie... le Venezuela plongé dans une crise sans précédent 

Au "coup d'Etat institutionnel" du 30 mars - condamné publiquement par la procureure générale de la République, Luisa Ortega Diaz, pourtant issue des rangs gouvernementaux - s'ajoute la banqueroute. Malgré ses réserves de pétrole, les premières au monde, le pays souffre de pénurie alimentaire et de malnutrition, au point que le poids moyen des Vénézuéliens a diminué de 5 kilos en quatre ans. Les hôpitaux manquent de médicaments. La mortalité infantile a augmenté de 30% en un an. Ceci s'explique entre autre par cela: parmi les plus proches conseillers économiques du président Nicolas Maduro se trouvent le Cubain Orlando Borrego, 81 ans, bras droit d'Ernesto Che Guevara lorsque celui-ci dirigeait l'industrie du sucre cubaine, à l'époque rapidement menée à la faillite.   

 

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Le cours du pétrole pas responsable

Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas la récente chute des cours du pétrole qui explique la crise actuelle. Durant la longue présidence d'Hugo Chavez (1999-2013), le cours du baril passe de 8 à 150 dollars. La manne pétrolière dont il bénéficie dépasse les 1100 milliards de dollars... dont la moitié ne figure pas au budget de l'Etat!  

Non content de dilapider ce trésor, le prédécesseur de Nicolas Maduro casse l'entreprise de pétrole PDVSA, pilier du pays depuis cent ans et nationalisée en 1975, en renvoyant 18 000 travailleurs et cadres expérimentés. Clientéliste, il les remplace par 100 000 militants chavistes non qualifiés. Les journaux et médias critiques sont fermés. Les journalistes se réfugient dans le digital et les réseaux sociaux. Les prisons accueillent leurs premiers prisonniers politiques. À la mort de Chavez, en 2013, son successeur, Nicolas Maduro, hérite d'un pays en ruine économique et morale. Ce dernier aggrave encore la situation en annulant des élections régionales en 2016. 

Ce n'est pas la première fois que des manifestants se lancent contre l'autoritarisme du pouvoir. Mais, à la différence de 2014 (42 jeunes tués), les émeutes ne se limitent plus à la capitale, Caracas: elles se déroulent dans tout le pays. "Surtout, les contestataires de la classe moyenne sont rejoints par des habitants des quartiers populaires, déçus du chavisme, désespérés", souligne Nelson Bocaranda, un journaliste bien informé (il fut le premier à annoncer le cancer de Chavez, malgré les dénégations de la présidence). 

 "Les gens n'ont plus rien à perdre"

Autre différence : la jeunesse étudiante vénézuélienne s'impose désormais comme le moteur du mouvement, dépassant les leaders traditionnels d'opposition. "Les gens n'ont plus rien à perdre", ajoute Bocaranda qui confirme la présence de dizaines d'avispas negras (guêpes noires) en civil, ces troupes d'élites cubaines prêtées par Raúl Castro afin de mater la rébellion. 

"Sur la défensive, Nicolas Maduro n'en a plus pour longtemps : ses jours sont comptés", estime, à Caracas, l'historien German Carrera Damas, auteur du livre prophétique El Culto a Bolivar ("Le culte de Bolivar", 1969), dans lequel il prédisait l'instrumentalisation de la figure du Libertador par les politiciens démagogues de son pays, bien avant qu'Hugo Chavez ne qualifie de "bolivarienne" la république vénézuélienne. 

Peut-être le vieil historien a-t-il raison. Mais Maduro, outre ses forces de coercition, a plus d'un tour dans son sac. Selon un scénario, ses alliés cubains, toujours prêts à se présenter en faiseurs de paix (comme, par exemple, en Colombie voisine), pourraient appeler à des négociations - sous une égide internationale et avec l'appui du Vatican, dont les relations avec La Havane sont au beau fixe. Pour Maduro, une telle manoeuvre dilatoire aurait l'avantage de démobiliser les manifestants et de tuer la contestation. Mais, dans cette guerre civile asymétrique, le temps de la négociation n'est-il pas déjà dépassé? 

 

« Guerre civile » ? Déjà entendu ça quelque part…

 

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Si on vous l’a mis en entier, c’est pour que vous n’alliez pas vous salir les pieds à patauger sur leur site. Mais qu’est-ce qui leur donne tant d’imaginatioon sur les « tortures » chavezo-maduriques ? L’envie de les appliquer ? L’habitude ? À moins qu’ils se fassent briefer à Guantanamo et autres centres de massage flottants par leurs bailleurs de fonds ?…

 

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Venezuela : Tout comprendre sur « l’inflation et les pénuries ».

Thierry Deronne  – Venezuela Info   26-05-2017

 

Dans deux récents articles nous avons étudié comment « Le Monde » d’avril et mai 2017 a fait passer une insurrection de l’extrême droite au Venezuela pour une « révolte populaire » et imputé à ce qu’il appelle un « régime » les assassinats commis par la droite (1). Ce média use de ce procédé depuis le début des tentatives de déstabilisation en 2013. Le mensonge corollaire, tout aussi gros, que propage « Le Monde » à l’unisson de la Sainte Alliance médiatique, c’est la « crise-humanitaire-comme-faillite-de-la révolution-bolivarienne ».

 

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Et rev’là Le Monde

 

La méthode est simple : faire passer les effets pour les causes. Les images de files d’attente interminables, de rayons vides dans les supermarchés, de manque de médicaments, d’inflation galopante, de marché noir endémique… qui servent à la droite locale et internationale de justification à une intervention extérieure ne sont pas, en effet, la « faillite d’un modèle socialiste » mais la conséquence d’une guerre ouverte du secteur privé – 80 % de l’économie – contre la révolution bolivarienne. Une déstabilisation sociale, économique et politique savamment orchestrée que le Chili de Salvador Allende a subie en 1973, et face à laquelle le Président Nicolas Maduro a décrété l’état d’urgence économique en mai 2016, comme le prévoit la Constitution.

Lire la suite…

Source : https ://venezuelainfos.wordpress.com/2017/05/29/ven...

 

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 « Liberté d’expression » contre « Droit à être informé »

Le chef d’un réseau de  pressetitution expulsé du Venezuela

Maurice Lemoine – Le Grand Soir2 juillet 2017

 

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 « L’envoyé spécial du Monde, Paulo Paranagua, a été refoulé par les autorités vénézuéliennes dès son arrivée à l’aéroport de Caracas, mercredi soir 28 juin, s’indigne en page 5 de son édition du 30 juin 2017, le directeur du quotidien Jérôme Fenoglio.

Le but de son déplacement était de rendre compte de la poursuite des manifestations de l’opposition et de l’intensification de la répression par le pouvoir, qui a déjà causé près de 80 morts depuis début avril. (…) Le Monde proteste contre cette entrave caractérisée à la liberté d’informer. » Informer ? Vous avez dit informer ? Commencez, Monsieur, par vous mettre d’accord avec votre employé qui, dans la même livraison, quelques pages plus loin, ment un peu plus que vous en rajoutant dix unités au massacre imputé au président Nicolás Maduro : « La garde nationale (gendarmerie), la police et les groupes paramilitaires, dits “collectifs”, ont fait 90 morts et 1 400 blessés. » Et si l’on plongeait un instant dans la réalité ? Paranagua a déjà été pris la main dans le pot d’excréments le 21 avril – « Deux manifestants ont été tués par balles, mercredi, lors de la “mère de toutes les manifestations” » – alors qu’il trompait les lecteurs en inventant de toutes pièces : « Un étudiant de 17 ans, Carlos Moreno [a été] tué (...)

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Source : https://www.legrandsoir.info/le-chef-d-un-reseau-de-press...

 

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Mais tout ça n’est pas nouveau. Rappelez-vous. C’était en 2002…

Deux cinéastes irlandaises – elles s’appelaient Kim Bartley et Donnacha O’Brien – venues interviewer Chavez, avaient été bloquées à Caracas par un putsch pacifique des démocrates yankees… Puisqu’elles étaient là, elles ont tout filmé : les snipers qui tiraient à la fois sur la police et dans la foule (on les reverrait plus tard en Ukraine), les chars autour de Miraflores, la foule sans peur qui manifestait quand même autour des chars… les jeunes conscrits qui se concertaient avant de jouer le tout pour le tout et d’aller, en passant par les caves, arrêter les « zélîtres » en train de sabler le champagne… le triomphal retour de Chavez, à qui Fidel avait dit au téléphone : « Surtout, ne signe pas ta démission ! »…

 

La révolution ne sera pas télévisée

 


 

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Mais eux aussi, comme nous, ont leurs :

 

PERIÓDICAS CLOACAS

 

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Bref, les affreux ont remis ça, cette fois contre Maduro. Les mêmes. Y a-t-il quelque chose de nouveau ? Oui, un peu. Ça :

 

VENEZUELA/ Manifestantes violentos consumen captagon, la “droga del Estado Islámico”

RESUMEN Latinoamericano­30.5.2017

 

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http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/05/30/venezuel...

 

[VENEZUELA/Des manifestants violents consomment du captagon, « la drogue de l’État Islamique »]

 

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LLEGÓ EL CAPTAGON A VENEZUELA

Supuesto Negado28.6.2017

 

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LE CAPTAGON EST ARRIVÉ AU VENEZUELA

par Andreina Vasquez

 

La fénétylline, également appelée amphétaminothéophylline, est née de l’union chimique d’une amphétamine et d’une théophylline.  D'abord utilisée pour ses vertus psychostimulantes, elle est depuis les années 1980 considérée comme un produit dopant sous le nom de Biocapton ou Fitton. Sous sa forme hydrolysée, elle est utilisée comme stupéfiant sous le nom de Captagon.

D’origine allemande, elle a été synthétisée pour la première fois en 1961 par la société Degussa AG, elle s’est développée et est devenue célèbre dans les pays arabes où on la connaît sous le nom de « drogue des jihadistes ». Cette substance, utilisée pour le traitement du TDAH des enfants est connue, dans les groupes qui la consomment, pour augmenter la vigilance, minimiser l’effet de la douleur et créer une sensation d’euphorie.

Au Venezuela, où elle a été introduite par ceux qui misent sur la déstabilisation dans les endroits densément peuplés comme Caracas, elle est distribuée par le titulaire de la marque Asta Pharma Aktiengesellschaft (information communiquée par le portail Matrizur). Des milliers de comprimés de Captagon en provenance d’Europe sont ainsi administrés à leurs recrues par les groupes déstabilisateurs qui cherchent à obtenir la destitution du gouvernement chaviste.

En plus de cette « aide humanitaire », on apprend qu’ils répandent aussi du chlorhydrate de cocaïne, de la cocaïne base [crack, ndt] et de l’héroïne. Tout cela semble indiquer qu’ici, de la même manière qu’ils servent à stimuler les terroristes de l’« État Islamique » dans les scénarios belliqueux du Moyen Orient, ces composés chimiques sont utilisés par les manifestants vénézuéliens qui, lorsqu’ils les consomment, ont l’impression de se sentir plus puissants, plus sûrs et plus fiers d’eux, et perdent toute sensation de peur sans perdre de leur vigilance.

La volonté désespérée des États-Unis de contrôler la géopolitique mondiale est bien connue. Comme l’est leur appétit pour l’accumulation de ressources naturelles et l’habitude qu’ils ont de provoquer à cet effet des guerres dans des pays lointains. Pour imposer leurs stratégies d’ingérence, ils y recrutent des jeunes, en leur promettant qu’en échange le bien-être de leurs familles sera assuré. Une fois ces jeunes incorporés dans le jeu de la guerre, comment les rendre « accros » au désir de tuer et à la certitude de faire ce qui est juste ?

C’est là qu’intervient l’usage de médicaments et de drogues stimulantes pour accroître artificiellement le rendement des combattants, leur faire transgresser les frontières de l’ego, amalgamer un environnement hostile à la notion de plaisir, de domination de soi, d’exaltation, d’absence de peur et, pour finir, évacuer l’horreur que porte en soi la certitude de la mort.

Rien d’étonnant dès lors à ce que la fièvre aveugle qui les pousse à détruire des sièges gouvernementaux, à s’attaquer de façon indiscriminée à des passants, à bloquer la circulation, à violer les propriétés privées et à incendier choses et gens soient considérées comme des « manifestations pacifiques » par ces « Jeunes de la Résistance » chimiquement modifiés.

Les faits : Après la Syrie aux mains des terroristes, les principaux producteurs de Captagon sont l’Arabie Saoudite et la Jordanie. En octobre 2015, deux tonnes de Captagon ont été saisies à l’aéroport international de Beyrouth, à bord de l’avion privé d’un prince saoudien. En 2011, 11 tonnes avaient déjà été saisies, et 9 tonnes en 2010. Selon Havocscope, 6.100 millions de dollars circulent annuellement dans le royaume saoudien grâce au trafic de cette drogue. N’importe qui peut s’y procurer ces comprimés au prix de 5 à 20 $ la dose.

Pour pouvoir transformer un vague appétit d’insurrection en coup d’État, il faut des drogues capables de faire passer une guerre civile forcée pour une initiative de la jeunesse d’opposition. On l’a constaté dans d’autres pays. Que cela nous serve de leçon pour nous aider à ne pas répéter ces tragiques histoires qui ont fait, de la « bataille des idées » entre frères, une « guerre de la fénétylline ».

Andreina Vasquez

[Bref, les révolutions colorées étaient aussi droguées.]

 

Source : http://supuestonegado.com/web/captagon-presencia-venezuela/

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Incautan en Venezuela casi 3.500 dosis de la droga Captagón

TelesurTV 29.6.2017

 

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Les autorités sont sur la piste d’autres chargements de drogue, entrés sur le territoire à destination de Caracas. Photo AVN

 

Au Venezuela : Saisie de près de 3.500 doses de la drogue Captagon

TelesurTV – 29 juin 2017

 

L’enquête a révélé que ce stupéfiant était destiné à être consommé par les membres de l’opposition qui participent à des manifestations violentes.

La Garde Nationale Bolivarienne (GNB) du Venezuela a saisi ce jeudi, dans l’état de Táchira, 3.490 comprimés de Captagon, qui est connu comme « drogue des jihadistes », a fait savoir le commandant en chef de ce corps, Sergio Rivero.

 « Les tests se sont avérés positifs à la fénétylline. Des comprimés de ce genre avaient déjà été signalés auparavant », a-t-il dit.

Le stupéfiant était transporté par un Vénézuélien de 47 ans qui, arrêté, a tenté de le faire passer pour des analgésiques et des vitamines, cependant les tests ont révélé qu’il s’agissait de fénytilline, a expliqué Rivero. 

 

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Photo: AVN

 

Selon les autorités, la drogue était destinée à la consommation des manifestants de la droite vénézuélienne qui, depuis le mois d’avril dernier, participent à des actions violentes contre le gouvernement du président Nicolás Maduro, actions qui ont déjà fait plus de 70 morts, près de 1.400 blessés et provoqué des pertes matérielles pour des millions de bolivars.

Rivero a déclaré en outre que ses forces étaient sur la piste d’autres chargements de drogue qui, d’après l’enquête en cours, sont entrés sur le territoire à destination de Caracas et d’autres villes.

Le Captagon brasse 9.000.000.000 $ par an, et tout indique que la Syrie est un de ses producteurs majeurs, a dit l’experte de l’ONU, Angela Me [qui ferait bien de préciser de quelle Syrie elle parle, si elle veut être prise au sérieux, ndt].

Ce stimulant est généralement appelé « drogue des jihadistes » à cause de l’usage qu’en font, paraît-il, les combattants de l’autoproclamé État Islamique (Daech en arabe), bien que l’experte de l’ONU ait reconnu que le Bureau des Nations Unies contre la drogue et les Délits (ONUDD) n’ait pu en apporter la preuve.

Source : http://www.telesurtv.net/news/Incautan-en-Venezuela-casi-...

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Maduro cree que manifestantes opositores consumen droga de Daesh

HispanTV5.6.2017

 

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Maduro croit que les manifestants de l'opposition consomment la drogue de Daech

HispanTV 5 juin 2017

 

Le président du Venezuela signale que l’opposition qui se livre à des manifestations violentes le fait sous « extasis », drogue identique à celle qu’utilisent les terroristes de l’EI.

 « Ils prennent une drogue qu’ont utilisée et qu’utilisent encore les groupes terroristes de l’EI (Daech en arabe) (…) Le Captagón est une drogue très puissante », a déclaré ce dimanche le président vénézuélien Nicolás Maduro, s’exprimant comme il le fait chaque semaine sur la chaîne Venezolana de Televisión.

À cet égard, il a fait référence à un incident violent, dont le protagoniste, un manifestant de l’opposition, a fini brûlé vif en tentant de mettre le feu à la moto d’un policier, pendant une manifestation.

Selon le président, la drogue en question est « livrée » aux manifestants d’extrême-droite, pour qu’ils deviennent violents et commettent des actes terroristes « sous l’emprise de l’extasis et de l’accélération »

Une information publiée récemment par Matrizur  révèle que des milliers de comprimés de Captagon en provenance d’Europe, introduits par la frontière colombienne, sont administrés aux membres des groupes qui se sont signalés par leur violence. 

Le psychotrope Captagon est produit depuis 2011 dans des laboratoires spéciaux de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Bulgarie, cependant, il existe aussi des laboratoires de production de ce produit dangereux dans les zones contrôlées par l’E.I. au Moyen Orient, dans des pays comme la Syrie et l’Irak.

 

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Samedi, l’extrême-droite vénézuélienne a brûlé vif un jeune homme, dans le quartier de Chacao, à Caracas (capitale), au cours d’une manifestation anti-gouvernementale. Vidéo d’HispanTV.com

 

Le Captagon maintient ceux qui le consomment dans un état particulier de vigilance. Ne ressentant pratiquement pas la douleur et ignorant la peur, ils sont en proie à une euphorie qui les pousse à se répandre dans les rues du Venezuela, pour y détruire le mobilier urbain, les sièges du gouvernement et les autobus, tout ce qui leur tombe sous la main.

Depuis le mois d’avril, l’opposition, qui rejette tout dialogue, multiplie les manifestations violentes, les destructions d’établissements commerciaux, les attaques contre les forces de sécurité, etc., pour tenter d’imposer des élections présidentielles anticipées. Cependant, le gouvernement assure que les élections auront lieu en 2018, comme prévu par le calendrier officiel.

mnz/ncl/fdd/hnb

Source : http://www.hispantv.com/noticias/venezuela/343503/maduro-...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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¿Grupos extremistas en Venezuela consumen captagon?

VTACTUAL 1.6.2017

 

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Les groupes extrémistes du Venezuela consomment-ils du Captagon ?

VTACTUAL1er juin 2017

 

Le monde entier condamne les atroces violences perpétrées par les membres de l’« État Islamique » (EI) au Moyen Orient. Leurs fréquentes actions terroristes, en particulier les décapitations de civils, de journalistes et d’innocents, se développent, selon le témoignage d’ex-membres de ce groupe, grâce à la consommation d’une drogue puissante connue sous le nom de Captagon. Selon le portail Arsenal Terapéutico, cette drogue pourrait être en train de circuler dans les groupes extrémistes financés par la droite vénézuélienne.

 

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Ce site a publié une enquête intitulée « Venezuela : une substance psychotrope administrée aux groupes violents est introduite par la Colombie », dans laquelle il affirme que des secteurs violents de l’opposition sont approvisionnés en substances psychoactives via la frontière entre la Colombie et le Venezuela par de supposées ONG (selon une information à laquelle ce portail a eu accès).

L’article signale que diverses entreprises internationales de transport de colis postaux, au nombre desquelles FedEx, UPS et DHL, ont fait savoir à leurs clients que la douane nationale « leur a interdit d’introduire dans le pays des médicaments et tout matériel susceptible d’être utilisé par les manifestants de l’opposition au cours de leurs affrontements violents avec la Guardia Nacional Bolivariana (GNB), dans les rues depuis deux mois ».

Au Venezuela, d’après le bureau des propriétés industrielles, le titulaire de la marque Captagon est Asta Pharma Aktiengesellschaft. Cette drogue est aussi stimulante que la cocaïne et est utilisée par les individus qui la consomment pour se sentir plus puissants, augmenter leur confiance en eux, et pour pouvoir accomplir n’importe quelle action sans peur.

Une autre caractéristique de ce stupéfiant est qu’il réduit la capacité de juger et produit de très hauts niveaux d’euphorie ; cela pourrait expliquer la violence exacerbée que l’on a constatée ces derniers jours dans les rues du Venezuela, où les manifestants ont attaqué jusqu’à leurs propres camarades et des passants inconnus sans rapport avec les manifestations, se sont livrés à de véritables lynchages et sont allés jusqu’à brûler vives des personnes qu’ils accusaient de s’être « infiltrées » dans leurs manifestations.

Lire aussi : FASCISME : à Caracas, des groupes extrémistes brûlent vif un jeune homme qu’ils prennent pour un chaviste.

 

Le témoignage d’un ex-membre d’ISIS

Selon un article publié par RT en novembre 2015, « les jihadistes de l’État Islamique ont très souvent recours à l’amphétamine “magique” qui augmente leur force et leurs prouesses au combat, leur confère le sang-froid et la brutalité bestiale dont ils ont besoin pour réaliser leurs atrocités, viols, décapitations et crucifixions ».

En octobre 2014, le journaliste de la chaîne CNN, Ivan Watson, a interviewé deux ex-membres de l’EI dans une prison contrôlée par les Kurdes, au nord de la Syrie. Au cours de l’entretien, ces hommes lui ont révélé des détails sur leur vie à l’intérieur du groupe et sur les tortures auxquelles ont été soumis journalistes et civils.

Karem, un des interviewés, jeune homme d’à peine 19 ans, raconte que, pendant qu’il était membre d’ISIS il recevait des stupéfiants. « Ils nous donnaient des drogues, des trucs hallucinogènes qui vous faisaient marcher au combat sans vous préoccuper de vivre ou de mourir », a révélé le gamin.

 


 

 La drogue consommée par les jihadistes de l’État Islamique, qui les aide à commettre des atrocités, est le Captagon, une amphétamine produite clandestinement à la frontière entre le Liban et la Syrie. Elle circule parmi les groupes armés qui prolifèrent dans la région depuis plus de cinq ans.

AMR

Source : https://www.vtactual.com/es/grupos-extremistas-en-venezue...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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ET PUISQUE SYRIE-VENEZUELA MÊME COMBAT :

 

Nos merdias, ne se sentant plus pisser, trouvent que le Venezuela seul à se mettre sous la dent, c’est trop peu. Et de tisser à plusieurs métiers leurs salissures tarifées…

 

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« Ridicule » qu’il dit, Bruno Guigue… Sa gentillesse le perdra.

La lettre ridicule d’un collectif pro-terroriste au président Macron

Bruno Guigue – Le Grand Soir4 juillet 2017

 

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Une poignée d’experts auto-proclamés vient d’adresser une lettre à M. Macron dont le titre-oxymore prêterait à rire s’il ne s’agissait d’une affaire sérieuse. “M. le Président, maintenir Assad, c’est soutenir le terrorisme”, déclament ces soi-disant intellectuels dans les colonnes de “Libération”, propriété du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi. On croit rêver ! Au moment où l’armée syrienne, soumise aux bombardements américano-sionistes, mène un combat acharné contre Daech, ces charlatans osent dire que l’État syrien fait le jeu du terrorisme. Sans scrupule, ils crachent sur la Syrie souveraine, pays courageux qui paie un lourd tribut à la lutte contre les djihadistes made in CIA.

Combien, parmi ces embusqués, serait capable d’aller se battre contre les terroristes qui viennent encore d’ensanglanter les rues de Damas ? Aucun, bien sûr. Car ce terrorisme, le même que celui qui tue des innocents à Paris, à Bagdad ou à Bamako, ils sont les premiers à le cautionner. Ils ressortent le vieil argument selon lequel les Occidentaux, en refusant de bombarder Damas, auraient laissé prospérer le djihadisme. Ce refus, disent-ils, “ne laisse d’autre alternative à ceux qui s’opposent au régime que l’exil, la mort ou le rapprochement avec les groupes les plus radicaux”. C’est clair, non ? Il n’y aurait pas d’autre alternative que de rejoindre les coupeurs de tête ! D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si parmi les signataires de cette lettre figure François Burgat, qui est l’un des rares, dans la bande, à intervenir régulièrement sur la tragédie syrienne.

François Burgat, ça ne vous dit rien ? C’est ce chercheur au CNRS qui déclarait le 9 août 2016, sur RFI : « Je pense que l’un des grands défis des Occidentaux, c’est d’être capables de mettre le curseur sur des forces politiques que l’on va considérer comme fréquentables, ou dont on va accepter qu’elles font partie de ce lot de forces politiques parmi lesquelles les Syriennes et les Syriens choisiront, le jour venu. Et je pense que oui, l’ex-Front al-Nosra devrait faire partie des forces politiques considérées comme fréquentables ».

Curieux, tout de même, qu’un texte où l’on accuse le président syrien de favoriser le terrorisme soit signé par un “chercheur” qui prône la coopération des puissances occidentales avec la branche syrienne d’Al-Qaida. Il faudrait savoir ! Si vous recommandez l’alliance avec les terroristes, M. Burgat, pourquoi reprochez-vous à M. Assad de favoriser le terrorisme ? En réalité, vous savez pertinemment que l’armée syrienne, avec ses alliés, est la seule à combattre les terroristes. Mais comme vous expliquez depuis 30 ans que le monde arabe doit se convertir à l’islamisme, vous avez vu dans la guerre de Syrie l’accomplissement de votre rêve. Depuis 30 ans, vous vous faites l’apologiste de la charia pour les autres, et maintenant vous jouez à l’attaché de presse pour Al-Qaida. Je crois qu’un enfant de cinq ans vous mettrait le nez dans votre caca.

Lire la suite…

Source : https://www.legrandsoir.info/la-lettre-ridicule-d-un-coll...

 

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On n’allait quand même pas se passer des trucideurs de Sartre !

 

Quand le journal Libération accuse Macron de « soutenir le terrorisme »

Philippe Huysmans – A.S.I. – 3 juillet 2017

 

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DANS UNE TRIBUNE OFFERTE À UNE CENTAINE D’ « INTELLECTUELS », LE QUOTIDIEN DE GÔCHE SE LIVRE À SON EXERCICE FAVORI, LA DÉFENSE DES POSITIONS RADICALEMENT ATLANTISTES.

« Monsieur le Président, maintenir Assad, c’est soutenir le terrorisme »

Le quotidien sartrien n’y va pas par quatre chemins, et s’en trouve encore moins gêné qu’il le fait dire par une brochette « d’intellectuels » qui ont pratiquement tous en commun d’être de parfaits inconnus, et quand on les connaît, c’est généralement pour leur sympathies avec des think-thanks d’obédience néocon ou leur proximité avec l’opposition syrienne.

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Source : https://arretsurinfo.ch/quand-le-journal-liberation-accus...

 

Ce qui compte surtout dans ce papier, c’est :

La réponse du Vilain Petit Canard aux pétitionnaires

On le trouve aussi beaucoup trop gentil, Philippe Huysman. Il devrait faire une amicale, avec Bruno Guigue, des indignés modérés.

Mais quand est-ce que quelqu’un, enfin, LEUR FOUTRA DES BAFFES, jusqu’à ce qu’ils tombent et ne se relèvent plus ??????????

 

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Ouh la la ! Michel Collon dépose plainte contre Le Monde pour son DECODEX. Vous pouvez même vous y associer :

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http://www.investigaction.net/fr/decodex-michel-collon-ex...

 

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(On aimerait ne pas avoir à l’utiliser si souvent, notre petit ami Spew)

 

Esprit de l’escalier :

S’il est vrai que la religion est l’opium du peuple, peut-être faudrait-il quand même arrêter de confondre Islam et Captagon.

 

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In cauda…

Toute dernière minute !

Quand Cuba remet les Euronouilles à leur place

 

Déclaration de la Commission des Relations Internationales de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de la République de Cuba en réponse à la résolution sur Cuba adoptée par le Parlement européen le 5 juillet 2017

La Commission des relations extérieures de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba rejette de la façon la plus énergique la résolution sur Cuba que vient d’adopter le Parlement européen, résolution d’autant plus inacceptable qu’elle est contraire aux principes de respect, d’égalité et de réciprocité entérinés dans l’Accord de dialogue politique et de coopération signé à Bruxelles le 12 décembre 2016 entre Cuba, l’Union européenne et ses États membres.

Prétextant de son assentiment à l’application provisoire de cet Accord, le Parlement européen a émis une déclaration qui dénature notre réalité, suggère des recettes dont Cuba n’a nul besoin, constitue une intromission dans nos affaires intérieures et contient des points gravement attentatoires à la souveraineté du peuple cubain

La Résolution du Parlement européen contraste avec le cours positif que suivent les relations de Cuba avec la Commission européenne, le Service européen d’action extérieure et les États membres du bloc communautaire.

Des députés européens, dont la position vis-à-vis de Cuba ne date pas d’hier et dont on connaît l’opposition aux relations entre celle-ci et l’Union européenne, ont fomenté l’adoption de cette Résolution qui non seulement s’avère contre-indiquée et inopportune, mais a de forts relents colonialistes, et qui prétend nous donner des leçons en matière de démocratie et de droits de l’homme, comme si les politiques unilatérales, discriminatoires et sélectives qui avaient caractérisé par le passé la position de l’Union européenne  vis-à-vis de Cuba pouvaient être encore de mise.

Tout en se référant timidement aux lois et mesures à effet extraterritorial en cours, la Résolution non législative du Parlement européen ne mentionne ni la Loi Helms-Burton ni le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis, qui est contraire au droit international et viole les droits humains du peuple cubain. Curieusement, non contente de passer sous silence le fait que le président Trump vient de renforcer ce blocus ainsi que l’interdiction faite aux Étatsuniens de voyager à Cuba, elle fait sienne la rhétorique à laquelle il a recouru pour annoncer des mesures destinées à complaire à une minorité de vieux ultras et terroristes qui lui a servi de parterre à Miami.

Le Parlement européen ferait mieux de s’occuper de la défiance toujours plus profonde et accrue des Européens envers les institutions communautaires, défiance qui se traduit par des taux de participation très faibles aux événements politiques et électoraux, par la hausse de la xénophobie et des pratiques ségrégationnistes contre les minorités sur le territoire de l’Union, par la carence de solidarité de l’Union européenne envers les réfugiés qui arrivent par vagues d’Afrique et du Moyen-Orient et par son absence de sens de ses responsabilités historiques face à ce phénomène qui continue de causer de lourdes pertes humaines.

Le Parlement européen ferait mieux de s’occuper de la corruption galopante qui sévit dans certains secteurs politiques européens, de la détérioration croissante des systèmes de sécurité sociale, notamment ceux qui ont trait à la santé, de la persistance de taux de chômage élevés, surtout chez les jeunes, et des maigres avancées qu’enregistre l’égalité entre les sexes en Europe.

Nous ne reconnaissons aucun droit au Parlement européen d’aborder des questions relevant du strict ressort du peuple cubain, qui continue d’édifier son avenir socialiste, démocratique, souverain et indépendant.

Commission des relations internationales

Assemblée nationale du pouvoir populaire

La Havane, 5 juillet 2017

An LIX de la Révolution

Source : http://www.parlamentocubano.cu/index.php/declaracion-de-l...

Voir aussi : http://www.caraibcreolenews.com/index.php/caricreole/item...

Quant au texte de la résolution européenne, les Européens y auront droit… plus tard. Peut-être.

 

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Mis en ligne le 7 juillet 2017

 

 

 

19:51 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

05/07/2017

DE DIEGUEZ c/ DEBRAY

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« Si le cheval de Troie avait été une puce la présence des envahisseurs aurait été encore plus discrète… »

Fernando Arrabal

 

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À l'heure de l'américanisation du monde

La nouvelle trahison des clercs

 

1 - Le retour aux nations
2 - Les délices de la servitude
3 - A la recherche d'une définition de l'objectivité
4 - Intus, intus , equus troyanus
5 - Le cas de Sylvie Goulard, " l'exfiltrée "
6 - Caracalla
7 - La postérité de Julien Benda

 

1 - Le retour aux nations

En 1927, Julien Benda (1867-1956) publiait un essai retentissant qui sera réédité au lendemain de la Libération, en 1946, et qui allait se trouver traduit dans toutes les langues, La Trahison des clercs.

Benda haïssait les nations. Dans la multitude des États, il voyait une arène vouée au reniement des droits universels de l'esprit. Sitôt qu'un intellectuel trahissait sa vocation à chanter l'intemporalité du monde réel, il fallait en accuser le séculier et le profane.

Mais, en ce temps-là, Israël n'avait pas encore redécouvert la sacralité des patries. De plus, la décolonisation battait son plein. Une foule de petites nations se pressait aux portes du mythe nouveau, celui d'un temporel réhabilité à l'échelle planétaire. Naturellement, ce nouvel émiettement comblait d'aise l'empire américain. Quelle occasion inespérée pour lui d'étendre sa ramure ou de multiplier ses alluvions.

Certes, le repli de Julien Benda dans un monde idéal et soustrait au temporel crevait les yeux. Mais sitôt qu'Israël a retrouvé le statut officiel d'une nation, cet État s'est revendiqué les ambitions territoriales et l'identité collective viscéralement conjointes à la définition même des États. Que dirait Benda aujourd'hui ?

 

2 - Les délices de la servitude

Cependant, la question de fond posée par La Trahison des clercs est demeurée d'une grande actualité. Car il faut maintenant se demander si la nouvelle trahison des clercs ne serait pas de tourner subitement le dos au mufle de l'histoire et de renoncer purement et simplement à poursuivre le combat aux côtés des États.

C'est ainsi que Régis Debray se calfeutre maintenant dans un renoncement et dans une forme nouvelle de désertion du champ de bataille qui lui font écrire que « l'Européen otanisé ne manque pas de motifs circonstanciés pour s'adapter au monde tel quel est selon le principe : “On a toujours raison de ne pas se révolter” ». (Civilisation, Gallimard 2017. p.216) Il ajoute tranquillement que « nous ne sommes ni occupés, ni vaincus ». (Ibid., p.204). C'est oublier les cinq cents garnisons américaines qui quadrillent et occupent l'Europe.

Après l'énoncé d'une telle contre-vérité, le guerillero, désabusé, se contente de constater et même de justifier le vichysme politique des Européens : « Contester l'ordre établi exige des ressources morales et psychologiques que seule peut procurer une conviction religieuse profondément ancrée (…) voire une mystique nationale. Nous, Européens, avons déjà donné. (…) La négociation a minima vins/fromages correspond mieux à l'état de nos forces morales. » (Ibid., p. 216)

 

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3 - A la recherche d'une définition de l'objectivité

Pour élucider la question soulevée par Julien Benda, observons comment les Tite-Live et les Tacite y ont répondu, car le problème de la trahison des clercs est de tous les temps. L'empire romain passait à ses propres yeux pour un monde idéal. Mais, dans le même temps, Tite-Live se montre exigeant face au devoir propre à l'historien et, sur ce plan-là, il prend plusieurs longueurs d'avance sur Tacite. Car l'auteur des Annales savait fort bien qu'on ne dirige pas un empire dans l'esprit d'un honnête sénateur romain du temps de Cincinnatus et de sa charrue. De même, on ne dirige pas cinq cent millions d'Européens avec des régiments de fonctionnaires.

Certes, Tacite prétendait écrire sine ira et studio - sans colère et sans esprit de parti - mais il ne s'étendait pas sur la faiblesse d'un Marc-Aurèle, qui n'avait pas empêché l'empire de tomber entre les mains de son fils Commode, le conducteur de chars et le tyran issu des relations de son épouse avec un gladiateur, tandis que Tite-Live décryptait en hyper réaliste, comment les sénateurs romains avaient froidement assassiné leur roi Numa Pompilius, puis avaient imaginé de le faire descendre du haut des nues afin de lui faire chanter la gloire future de Rome et son expansion à la terre entière.

Tantôt l'examen par Tite-Live de la décadence des Gallo-romains dans l'empire le ferait accuser de racisme encore de nos jours, tantôt il analysait d'une plume acérée et sereine l'influence du climat sur l'âme fruste et féroce des Gaulois d'autrefois, auxquels les Romains vaincus lors de l'invasion de Brennus en 390 avant notre ère avaient payé un tribut en or massif.

Tel est le contexte dans lequel un Julien Benda d'aujourd'hui poserait crûment la question de savoir si les intellectuels français d'aujourd'hui sont coupables de trahison à l'égard de leur patrie.

 

4 - Intus, intus, equus troyanus

Intus, intus, equus troyanus. Il est en vous, il est en vous le cheval de Troie, s'écriait Cicéron face aux sénateurs qui entendaient livrer la République à Catilina.

Qu'en est-il de nos jours de la trahison des clercs de France ? Pourquoi gardent-ils un silence complice face à l'occupation de l'Europe entière par cinq cents bases militaires américaines incrustées de Ramstein à Sigonella et de Bruxelles aux frontières de la Roumanie, et cela vingt-six ans après la chute du mur de Berlin, qui a reconduit la Russie à l'économie de marché et a rendu grotesque la pseudo menace militaire mondiale de l'ex-empire des tsars ?

Qu'en est-il de la trahison des clercs de France à l'heure où le peuple allemand descend dans la rue pour dénoncer la trahison du Parlement européen ? En effet, ce Parlement a osé signer avec le Canada, un vassal inconditionnel des États-Unis, un accord commercial qui autorise les grandes entreprises américaines cachées derrière le paravent du Canada, d'attaquer en justice toute nation du Vieux Monde dont la politique nuirait aux intérêts du consortium américano-canadien ?

Qu'en est-il de la trahison des clercs d'Occident, quand il crève les yeux que le Parlement européen se livre à une titanesque mascarade et fait sottement étalage de sa vertu au nom des « principes universels du libre-échange » ? On tente ainsi de cacher au peuple que la question préalable de constitutionnalité, devrait s'appliquer au contenu du Traité de Lisbonne, tellement il est évident que les constitutions prétendument démocratiques des États européens ressortissent à une trahison pure et simple de la souveraineté des États. En effet, elles légalisent l'occupation éternelle des nations par les forces militaires de l'empire américain caché sous le parapluie de l'OTAN.

Qu'en est-il de la trahison des clercs d'Occident qui gardent un silence embarrassé, mais assourdissant, face aux menaces bancaires d'un empire décidé à affaiblir ses vassaux, auxquels il tente d'interdire la construction du North Stream II - gazoduc pourtant indispensable à leur économie ?

Qu'en est-il de la trahison des clercs d'Occident qui ne se révoltent pas de ce que le puissant ministre de l'économie allemande, Wolfgang Schaüble, s'abaisse à supplier l'empire américain de continuer à dominer l'Europe ?

Qu'en est-il de la trahison des clercs d'Occident lorsque la pâle ministre des affaires étrangères européennes, Federica Mogherini, s'aligne sur l'injonction américaine de reconduire automatiquement les « sanctions » absurdes contre la Russie, pour cause de non-respect des « accords de Minsk » par le régime ukrainien ?

Le cheval de Troie est bel et bien dans les têtes.

 

5 - Le cas de Sylvie Goulard, « l'exfiltrée »

On attend des intellectuels européens asservis au joug et au sceptre du Pentagone, non seulement l'objectivité de Tite-Live et à un moindre degré celle de Tacite, mais du moins celle d'un Quinte-Curce ou d'un Suétone. En effet, on peut lire chez Quinte-Curce comment les chefs militaires terrorisaient la troupe : on comptait dans l'armée des astronomes égyptiens qui épouvantaient la piétaille romaine à lui exposer les terribles bouleversements du cosmos qui allaient résulter de leur indiscipline, tellement les astres outragés allaient se venger. Chez Suétone, on apprenait comment Galba avait tenté de faire succéder à son propre règne celui du « vertueux Pison ». Mais l'auteur nous informe également de ce que Galba était un homosexuel fervent et de ce que Pison n'était autre que son amant.

De nos jours, la trahison des clercs est devenue protéiforme et diffuse au point d'innerver la planète entière de ses faux-fuyants, de ses subterfuges et de ses mascarades. Il est impossible aujourd'hui de cerner le concept de « trahison des clercs » sans constater que cette trahison compénètre les rouages des États et toute la vie politique des nations européennes, et cela sous les dehors mêmes d'un machiavélisme de garderie d'enfants.

Quand Mme Sylvie Goulard, nommée Ministre des armées dans le premier gouvernement d'Emmanuel Macron, avoue qu'elle touchait dix mille dollars par mois pour promouvoir les vues du Pentagone sur l'Europe asservie, le Journal du dimanche pourra bien faire connaître ces faits au corps électoral du « peuple souverain », mais vous ne verrez aucun quotidien et vous n'entendrez aucune radio et aucune télévision, répercuter la nouvelle et s'en indigner.

Du reste, il n'existe aucune autorité pénale européenne devant laquelle Sylvie Goulard pourrait se trouver citée à comparaître pour haute trahison, puisque, dans ce cas, ce serait toute l'intelligentsia politique et médiatique, ainsi que toute la classe dirigeante de l'Europe qui auraient à répondre de leurs actes.

 

6 - Caracalla

Alors que jusqu'en 212, la citoyenneté romaine n'était accordée qu'aux habitants de la péninsule et des colonies, à partir de cette date le droit de cité romain fut accordé à tous les hommes libres de l'Empire. Cette initiative généreuse en apparence visait en principe à l'unité morale de l'empire romain, mais elle fut une des causes de la dissolution de la citoyenneté et de l'affaiblissement de l'armée, parce qu'après l'édit de Caracalla, la citoyenneté romaine, qui était obtenue après vingt-cinq ans de service dans les troupes auxiliaires n'attirait plus personne. De même les États-Unis n'arrivent plus à recruter suffisamment de citoyens volontaires et accordent la nationalité américaine aux immigrés qui s'engagent à servir dans son armée.

 La citoyenneté européenne, quant à elle, est d'autant plus fictive qu'elle crée une apparence de souveraineté politique fondée sur une Europe polyglotte et qui n'a jamais connu d'unité à l'échelle internationale. Du reste, une prétendue citoyenneté européenne ne retire la citoyenneté nationale à personne et demeure aussi strictement virtuelle que la citoyenneté romaine du juif Paul de Tarse, devenu Saint Paul.

Aussi longtemps que cette Europe pseudo politique et seulement nominale ne secouera pas le joug de Washington, et ne rejettera pas d'un geste rageur les « subtils parfums faisandés » (Debray, Civilisations, p. 229) de la démission et des jouissances « esthétiques » (Ibid., p. 228) nombrilistes, il ne sera question que d'une ombre de politique du Vieux Monde face au vainqueur de 1945, et d'une irrésistible progression de l'américanisation de notre astéroïde fondée sur le lâche consentement des États autrefois souverains et de leurs clercs médiatisés.

Car les héros fatigués chérissent désormais les délices que les décadences leur procurent. Le dernier chapitre de l'ouvrage de Régis Debray op. cit. est d'ailleurs intitulé Pourquoi les décadences sont-elles aimables et indispensables ? Impossible, dit Debray, d'arrêter « les glissades le long du toit, les douces mises en veilleuse » de l'Europe américanisée. Et puis, pourquoi se révolter alors que « les crépuscules donnent du talent et que les viandes un peu faisandées, juste avant de se décomposer, libèrent de subtils arômes » ? (Ibid. p.229)

Jouissons donc du « bouillonnement créateur » que nous permet aujourd'hui notre avachissement politique et notre soumission à l'empire.

La conclusion de l'ouvrage de Régis Debray enfonce le clou : « Qui a dit que sortir de l'histoire oblige à broyer du noir ? Bien au contraire : ces périodes fastes et conclusives sont celles où la mélancolie du cœur n'empêche pas la gaieté dans l'esprit; où l'art de vivre est si loin poussé que certains peuvent vivre de l'art et pour lui; (…) où les convictions perdent leur force aveuglante.(…) Décadence, dira l'un, libération dira l'autre… » ( Op. cit., pp. 230-231)

Je ne m'attendais pas à cet ultime aboutissement de mes relations avec Régis Debray, qui date de la parution de mon Dieu est-il américain ? en 1957.

 

7 - La postérité de Julien Benda

Décidément la postérité de Julien Benda est immense, parce que toute anthropologie réellement scientifique et philosophique est appelée à regarder l'animal rationale de l'extérieur. Or, cette extériorité est précisément celle qui permettra de rédiger une histoire de la trahison des intellectuels des origines à nos jours. Intus, intus, equus troyanus : ce sont les intellectuels qui, à l'aube de l'humanité, ont projeté le masque de leurs dieux dualistes sur le cosmos.

Pour dresser un bilan à l'heure de la pause estivale, j'ajouterai seulement que le balancier du temps a basculé pour longtemps du côté du capital et qu'il faudra découvrir un socialisme de la justice afin de réapprendre que les sociétés humaines sont fondées, hélas, sur un abîme entre ce qui serait juste et ce qui demeure permis.

La pause estivale durera jusqu'à la fin du mois d'août.

J'étudierai alors ce qui se passe à l'heure où il devient ridicule de perdre son temps à nier l'existence de personnages fantastiques qui se cacheraient en divers endroits du cosmos. Les dieux d'hier enseignaient à leurs fidèles à se regarder dans les miroirs qu'ils leur tendaient. Aujourd'hui, l'heure est venue d'observer ce que les discours attribués à des personnages imaginaires nous enseignent qui nous sommes.

Le 7 juillet 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

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L’art de la guerre

Drapeau USA sur les Trois mers de l’Europe

Manlio DinucciIl Manifesto 4 juillet 2017

Traduction : Marie-Ange Patrizio

 

   Ce sera un triomphe pour le président Trump quand, le 6 juillet, il arrivera en visite à Varsovie. La Pologne, assure la Maison Blanche, est un « fidèle allié OTAN et un des plus proches amis de l’Amérique ». En effet elle est le fer de lance de la stratégie USA/OTAN qui a entraîné l’Europe dans une nouvelle guerre froide contre la Russie. En Pologne, où a été transférée en janvier la 3ème

Brigade blindée USA, est basé en fonction anti-Russie, sous commandement étasunien, un des quatre groupes de bataille OTAN « à présence avancée renforcée ». 

  La Pologne a aussi le mérite d’être un des quatre pays européens de l’OTAN qui ont réalisé l’objectif, requis par les USA en 2014, de dépenser pour le militaire plus de 2% du PIB. En compensation, annonce Varsovie, la Pologne ne contribuera pas au « Fonds pour la défense » lancé par l’Union européenne le 22 juin.

  La Pologne du président Duda a ainsi aux yeux de Washington tous les papiers en règle pour assumer une autre charge importante, celle de lancer et conduire l’« Initiative des trois mers », un nouveau projet qui réunit 12 pays compris entre Baltique, Mer Noire et Adriatique : Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Hongrie, Tchéquie, Autriche, Bulgarie, Roumanie, Croatie, Slovaquie et Slovénie. Tous membres de l’UE, raison pour quoi le président Duda définit l’Initiative comme « un nouveau concept pour promouvoir l’unité européenne ». 

 

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  Mais ces pays sont en même temps, tous sauf l’Autriche, membres de l’OTAN sous commandement USA, plus liés à Washington qu’à Bruxelles.

  L’« Initiative des trois mers » sera portée sur les fonds baptismaux par le président  Trump, à la conférence qui se tiendra à Varsovie le 6 juillet, mais elle a été conçue par l’administration Obama. Elle a été annoncée le 25 août 2016 avec la Déclaration conjointe de Dubrovnik, qui la présentait comme une initiative visant à « connecter les économies et les infrastructures de l’Europe centrale et orientale du Nord au Sud, en étendant la coopération dans les secteurs de l’énergie, des transports, des communications digitales et en général de l’économie ». Objectif officiel : « rendre l’Europe centrale et orientale plus sûre et compétitive ». Cela, les USA vont s’en occuper. 

  Dans son discours à la Conférence des Trois mers, annonce la Maison Blanche, le président Trump « se concentrera sur le développement des infrastructures et sur la sécurité énergétique, en mettant en évidence notamment les premières expéditions de Lng (gaz naturel liquéfié) américain à la Pologne rapidement dans le mois qui vient ». Un terminal dans le port baltique de Swinoujscie, qui a coûté environ un milliard  de dollars, permettra à la Pologne d’importer du Lng étasunien pour une quantité de l’ordre de 5 milliards de mètres cubes annuels, expansibles à 7,5. 

   Par ce terminal et quelques autres, dont un programmé en Croatie, le gaz provenant des USA, ou d’autres pays par l’intermédiaire de compagnies étasuniennes, sera distribué par des gazoducs ad hoc à toute la « région des Trois mers ». 

    L’objectif du plan est clair : frapper la Russie en faisant tomber son export de gaz en Europe (objectif réalisable seulement si l’export de gaz USA, plus cher que le russe, est stimulé par de fortes subventions d’état) ; lier encore plus aux USA l’Europe centrale et orientale non seulement militairement mais économiquement, dans une concurrence avec l’Allemagne et d’autres puissances européennes ; créer à l’intérieur de l’Europe une macro-région (celle des Trois mers) à souveraineté limitée, directement sous influence étasunienne, qui casserait de fait l’Union européenne et s’élargirait à l’Ukraine et au-delà. 

   La carte politique de l’Europe est sur le point de changer, mais la bannière étoilée y reste plantée.

Edition de mardi 4 juillet 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/sui-tre-mari-delleuropa-bandiera-u... 

 

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LA GRÈCE ALLIÉE D’ISRAËL

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Bulletin n° 347- semaine 27 – 2017

 

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Les grandes manoeuvres pour l’exploitation et la commercialisation du gaz naturel de méditerranée orientale (voir nos bulletins n° 334 et 346) se poursuivent. La Grèce qui, du temps du Pasok, était un ferme soutien des palestiniens n’est plus la même sous Syriza.

En effet s’est tenue à Thessalonique, seconde ville de Grèce, une réunion au sommet de la Grèce (Tsipras, Premier ministre), de Chypre (Anastasiadies, Président de la République) et d’Israël, Netannyahou, Premier ministre). Le gaz naturel était un des principaux points à l’ordre du jour, si ce n’est le principal. L’objectif stratégique est inchangé : assurer la partie la plus large possible de l’approvisionnement futur de l’Union Européenne dans ce qui sera l’énergie dominante dans le monde d’ici une trentaine d’années et dont l’UE est dépourvue.

L’UE soucieuse de diminuer sa dépendance au gaz russe est trop heureuse de soutenir deux de ses États membres et un État quasi membre (Israël) dans un grand projet de gazoduc sous marin traversant les eaux territoriales de ces 3 États et aboutissant en Sicile ou en Italie du Sud. Le premier gisement israélien (Tamar) commence à être exploité, le second, plus vaste (Léviathan) va suivre, les recherches bien entamées dans les eaux chypriotes sont très prometteuses et les eaux grecques pourraient l’être. L’alliance bénie par Bruxelles se noue donc entre un vendeur sûr (Israël), un vendeur probable et en même temps transporteur percevant des droits de passage du gazoduc (Chypre) et un vendeur possible et certain de percevoir des droits de passage du gazoduc (Grèce). Le fait qu’Exxon, la principale multinationale US de l’énergie et d’où est issu l’actuel secrétaire d’État US, Tillerson, soit un des principaux acteurs des recherches dans les eaux chypriotes accentue le caractère de projet capitaliste euro atlantique majeur du gazoduc.

Deux adversaires à ce grand jeu : l’adversaire permanent la Russie avec ses deux « bras armés énergétiques » : Gazprom et Rosneft et un autre plus inattendu la Turquie.

La Turquie ne produit aujourd’hui ni pétrole ni gaz naturel, mais il n’est pas impossible que si elle entreprenait des recherches au large de ses côtes méditerranéennes elle découvre, elle aussi, des gisements de gaz sous marin comme Israël, Chypre et l’Égypte en attendant le Liban la Palestine et la Syrie (voir notre précédent bulletin 346).

Mais se pose alors un énorme problème de droit international, celui de la Turquie.

Pour deux raisons : la première est que depuis 1974 la Turquie occupe militairement la partie nord de Chypre où elle a installé un État fantoche reconnu par elle seule. Malgré ce et avec un entêtement et une brutalité dont le président Erdogan fait preuve sur tous les sujets, la Turquie, dés l’annonce de recherches gazières sous marines prometteuses dans les eaux chypriotes, a annoncé qu’elle ne reconnaissait pas l’existence d’eaux de la ZEE de la République de Chypre puisque la Turquie n’a pas signé la Convention internationale sur le droit de la mer. Joignant le geste à la parole elle n’a même pas hésité à envoyer un navire de guerre dans les eaux de la ZEE chypriote pour entraver les premiers travaux de forage sous-marin. Résultat : la République de Chypre a couru se mettre sous la protection militaire d’un Israël qui bien que lui aussi non signataire de la Convention Internationale sur le droit de la mer est trop content de l’aubaine qui lui donne un droit concret de protection du futur gazoduc dans son parcours chypriote et concrétise l’imbrication des intérêts gaziers des deux pays que la rencontre de Thessalonique vient simplement de confirmer.

La seconde raison concerne les relations de voisinage complexes de la Grèce et de la Turquie en matière de droit de la mer. Bien que signataire de la Convention internationale sur le droit de la mer la Grèce se trouve dans une impasse diplomatique et juridique vis-à-vis de la Turquie voisine puisque celle-ci n’est pas tenue d’accepter les procédures de règlement des différends entre États maritimes voisins établies par la Convention Internationale. Elle a donc adopté une position très prudente limitant ses eaux territoriales à une distance de 6 miles marins et s’abstenant de définir sa Zone économique exclusive face à la Turquie.

Considérant qu’aucun consortium capitaliste international n’est prêt à prendre le risque d’investir plusieurs dizaines de milliards d’euros dans la pose d’un gazoduc sous marin dont le statut serait contesté par la Turquie il faut s’attendre à ce que le projet ait de grandes difficultés à aboutir. Ce blocage ne pourrait être levé que si la Turquie et Israël adhéraient tous les deux à la Convention sur le droit de la mer et se soumettaient ainsi au système de délimitation des eaux territoriales et des ZEE qu’elle a institué et garantit. Il s’agirait en fait d’un véritable bouleversement du droit international puisque la politique d’Israël en la matière est de s’aligner sur la maître impérialiste : les États-Unis qui, eux non plus, n’ont pas signé la Convention internationale sur le droit de la mer et continuent à considérer le droit international comme une entrave à leur liberté envahissante et à se comporter comme si la force allait continuer encore longtemps à en tenir lieu. Ils tiennent avec la Turquie et Israël deux émules bien encombrantes pour la communauté des nations et pour la paix du monde.

Pourtant il y a urgence. En effet les dernières annonces officielles en provenance de Moscou et d’Ankara font état de l’accord définitif de la Turquie pour la construction d’un second gazoduc sous marin dans la Mer Noire – South Stream – approvisionnant au passage la Turquie et se prolongeant vers la Grèce et de là vers le reste de l’Union européenne. Ce projet est beaucoup plus avancé que son concurrent et la pose du gazoduc pourrait commencer très rapidement. Aucun problème de droit de la mer : il y accord entre les deux riverains de la Mer Noire concernés : Russie et Turquie et le court passage sous les détroits se ferait en territoire turc. La prolongation vers l’UE suppose l’accord de la Grèce qui se trouve ainsi face à un choix entre deux projets : le russo-turc d’un côté prêt à être réalisé, l’israélo-chypriote de l’autre face aux difficultés politico-juridiques évoquées. Nul doute que le l’UE a des préférences pour le second et qu’elle pourrait interdire à la Grèce qu’elle maltraite en permanence de laisser passer le SOUTH STREAM. Pour montrer la totalité des pièces sur cet échiquier énergétique international il est notable que le nouveau secrétaire général de l’’ONU montre beaucoup d’intérêt et consacre beaucoup de temps au dossier de réunification chypriote dont l’ONU ne se préoccupait plus depuis l’échec du plan Annan en 2004. Gageons que sa préoccupation première n’est pas la réunification de Chypre, mais bien le soutien des vendeurs de gaz non russes et la sécurité des poseurs de tuyaux sous-marins.

 

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INFORMATION URGENTE

5 juillet 2017Actualité

 

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Le Bureau du procureur (*) de Philadelphie s’obstine toujours à ne pas fournir tous les documents prouvant l’implication permanente du juge Castille dans les procédures judiciaires ayant abouti à la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal.

Le 28 avril le juge Tucker de la Cour de Common Pleas de Philadelphie a ordonné au Bureau du procureur de Philadelphie de fournir tous les documents sur l’ancien procureur de Philadelphie Ron Castille prouvant ses implications dans la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal.

Le 30 mai dernier le Bureau du procureur n’avait toujours pas obtempéré à l’injonction du juge, ne fournissant que des documents déjà rendus publics.

Ce jugement fait suite à une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis faisant jurisprudence (Williams v. Pennsylvania) qui statue qu’un juge doit se démettre des dossiers dans lesquels il a précédemment été partie prenante. Ronald Castille était l’adjoint du procureur lors du procès d’Abu-Jamal en 1982 et procureur de Philadelphie quand ses appels ont été rejetés en 1988.

Les avocats d’Abu-Jamal ont par deux fois déjà demandé à Castille de se récuser quand les recours d’Abu-Jamal ont été déposés en appel. Il a toujours refusé.

Le 22 juin dernier les avocates de Mumia, Christina Swans et Judith Ritter ont à nouveau déposé un recours pour obtenir « tous les documents juridiques et les enregistrements dont dispose le bureau du procureur de Philadelphie relatifs à l’implication de l’ancien procureur Ron Castillle dans le cas de Mumia Abu-Jamal » (Commonwealth of Pennsylvania v. Mumia Abu-Jamal A/K/A/ Wesley Cook).

(*) Le procureur de Philadelphie, Seth Williams, en prison !

Dans un jugement qui a surpris tout le monde, le jeudi 29 juin, le procureur principal de Philadelphie Seth Williams vient de plaider coupable dans un procès  pour  corruption et de pots de vin (29 délits retenus).  Il a dû immédiatement démissionner de son poste et a été aussitôt emprisonné.

Le juge fédéral Paul Diamond dit ne pas faire confiance à Seth Williams pour se présenter le 24 octobre, jour où la peine sera prononcée et a donc ordonné qu’il soit immédiatement emprisonné. Il a quitté le tribunal menottes aux mains. Le juge Diamond se dit atterré par les  preuves fournies aux jurés pendant ce procès et sa conclusion est que Williams « a vendu le bureau de procureur ».

> Pour une information complète

Source : http://mumiabujamal.com/v2/category/actualite/

 

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Des raisons d’espérer au moins pour certains ?

Sinours

Observatus Geopoliticus – Chroniques du Grand jeu

5 juillet 2017

 

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Le maître du Kremlin n'avait pas tort lorsqu'il évoquait fin avril le "niveau sans précédent des relations sino-russes", que de son côté Xi Jinping considère à "un plus haut historique et un modèle entre grandes puissances". De fait, si les rapports entre les deux pays ont parfois connu des moments difficiles pendant la Guerre froide, le rapprochement depuis le début du XXIème siècle, et particulièrement depuis 2013, est colossal.

La visite du président chinois à Moscou - la 22ème rencontre (!) entre Poutine et Xi depuis cinq ans - a été l'occasion de pousser encore plus avant la symbiose entre les deux poids lourds de l'Eurasie, ce dans à peu près tous les domaines. D'où ils sont, McKinder et Spykman doivent en pleurer de rage...

Lire la suite…

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/07/sinours.html

 

 

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Mis en ligne le 5 juillet 2017

 

 

 

 

23:26 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/07/2017

RÉALIGNEMENT STRATÉGIQUE MARITIME DE LA CHINE

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Avant de découvrir – et afin de mieux comprendre – ce qui va suivre, il nous paraît plus qu’utile de relire ce qu’écrivait le toujours si bien informé Georges Stanechy, dans son « Escale à Gwadar » du 17 mai 2015 (deux ans déjà !).

Pour rappel :

 

Escale à Gwadar

Georges Stanechy – À contre-courant – 17 mai 2015

 

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Paysage lunaire, bordé de vagues. Un port.

Gwadar...

Depuis la nuit des temps, vivotant de pêche et de cabotage.

Alexandre et ses troupes dit-on, dans leur frénésie de conquêtes y passèrent, épuisées, assoiffées ; la flotte du conquérant, sous le commandement de son amiral Néarque, y aurait fait escale pour procéder aux inévitables travaux de maintenance de sa flotte de 120 navires et au ravitaillement de ses 10.000 hommes...

Lire la suite…

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http://stanechy.over-blog.com/2015/05/escale-a-gwadar.html

 

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Réalignement stratégique maritime de la Chine

Par Brian Kalman, en exclusivité pour SouthFront

28 juin 2017

 

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Brian Kalman occupe un poste de direction dans l’industrie du transport maritime après avoir servi pendant onze ans dans l’US Navy avec le grade d’officier. Il vit et travaille à présent dans les Caraïbes.

 

Introduction

La Chine fait construire son premier LPD [Landing Platform Dock = Bâtiment militaire de transport de chalands de débarquement] Type 075 par les chantiers navals de la Compagnie Hudong Zhonghua, à Shanghaï. La construction a très probablement débuté en janvier ou février de cette année d’après les images satellitaires et les photos digitales publiées en ligne d’au moins une cellule de coque préfabriquée. Le Type 075 sera le plus grand vaisseau de guerre amphibie de la Marine de l’Armée Populaire de Libération (MAPL) avec les mêmes déplacements et dimensions que le LHD Classe Wasp de l’US Navy [LHD, Landing Helicopter Dock = Navire d’assaut amphibie polyvalent]. L’Armée Populaire de Libération (APL) a aussi fait savoir, par des canaux officieux, qu’elle avait l’intention de faire passer son corps actuel de Marines (CMAPL) de 20.000 à 100.000 hommes. La Chine, pendant qu’elle mettait la dernière main aux préparatifs de sa nouvelle base stratégique de Djibouti, à la Corne de l’Afrique, a aussi continué à investir de façon substantielle dans le développement du port de Gwadar, au Pakistan. Car Gwadar ne va pas seulement devenir une plateforme logistique-clé du Corridor Économique Chine-Pakistan (CECP) et de l’Initiative One Belt One Road (OBOR), il va devenir aussi une base navale-clé chargée d’assurer la sécurité du commerce maritime chinois dans la région.

Quand on envisage ces développements en les rapprochant de la décision des dirigeants de l’APL de réduire ses troupes de 300.000 hommes, il devient évident que la Chine est en train de réviser l’orientation stratégique de ses forces armées. Le corps des Marines de l’APL et sa Marine vont au contraire se dilater. La Chine continue à moderniser et à développer la MAPL en même temps qu’elle lui fait prendre ses quartiers en Mer de Chine Méridionale. La Chine a fait savoir son intention de fortifier les îles de cette région stratégiquement importante et d’y installer des garnisons, tout en établissant d’autres bases complémentaires dans l’Océan Indien et à proximité du Détroit d’Hormuz et du Détroit d’Aden. La flotte de guerre de plus en plus capable et conséquente de la MAPL, composée désormais de puissants porte-avions et bâtiments de guerre amphibies, va permettre à la Chine d’établir et de maintenir des lignes de communication entre ces bases militaires-clés. Bien que ses voisins de la région  puissent ressentir les capacités de projection de puissance et la présence navale de la Chine comme une menace, il est évident que la Chine fait en réalité ce qu’elle est obligée de faire pour protéger les sommes massives qu’elle a investies pour construire son réseau mondial de transport de commerce : la Route de la Soie terrestre « ceinture économique » et la Route de la Soie maritime du XXIe siècle.

 

Réalignement maritime

Le South China Morning Post a rapporté en mars dernier que des sources anonymes de l’APL et de la MAPL l’avaient informé que des plans étaient en cours d’élaboration visant à accroître la MAPL de façon conséquente et à répartir ces forces additionnelles entre les bases situées sur le territoire maritime chinois proprement dit et sur une sphère d’influence maritime plus étendue. Ces sources ont révélé l’intention de la MAPL de multiplier par cinq le corps actuel des Marines, en le faisant passer de deux brigades (20.000 hommes) à dix brigades (100.000 hommes). Elles ont aussi fait savoir que la MAPL allait être développée à la fois en volume et en capacités avec adjonction à la flotte actuelle de nombreux vaisseaux de guerre de grands déplacements en charge et de divers types. Particulièrement intéressante est l’adjonction d’au moins deux DDG [Guided missile destroyers = destroyers lance-missiles] de Type 055, d’un porte-avions d’une classe nouvelle entièrement conçu et construit en Chine, de deux LPD supplémentaires de Type 071 (ce qui portera à six le nombre de bâtiments de cette classe) et le premier LHD Type 075.

Les chantiers navals chinois continuent de produire à bride abattue des destroyers de la classe Type 052D, des frégates de la classe Type 054 et des corvettes de la classe Type 056. La Chine est en train d’acquérir très rapidement la capacité de projeter sa puissance et sa présence navale à des distances de plus en plus grandes de ses rives. Et la MAPL ne fait pas que se développer en tonnage, ses nouveaux vaisseaux sont considérablement plus capables, étant conçus pour avoir un bien plus grand rayon d’action, une plus grande puissance de feu et des systèmes radar, sonar, de communications et de gestion de combat de dernière génération. La MAPL va s’efforcer d’y ajouter et d’entraîner 25% d’hommes en plus sur les cinq ans à venir, pour s’assurer les équipages, les pilotes et le personnel de soutien qualifiés dont cette ambitieuse expansion a besoin. Dans le même laps de temps, l’APL licenciera 300.000 hommes.

Dans une précédente analyse sur les capacités amphibies de la Chine, j’ai détaillé l’augmentation planifiée des Marines de l’APL et la multiplication par deux des Divisions d’Infanterie Amphibies Motorisées. Les dernières informations données par le South China Morning Post soulèvent un certain nombre de questions. Le gouvernement chinois a-t-il l’intention de quintupler la taille de sa marine après avoir déjà doublé le nombre de ses AMID [Air and Marine Interdiction Divisions = Divisions de protection aérienne et marine des frontières] depuis 2014 ? Si c’est le cas, une augmentation de 100% de ses AMID et une de 500% de son Corps de Marines (CMAPL) dénotent un changement de cap majeur dans la stratégie de défense de l’État chinois. Avec le succès grandissant de la Route de la Soie terrestre et de la Route de la Soie maritime, il devient de plus en plus évident que la Chine doit concentrer ses efforts sur la sécurisation et la défense de ces grandes voies économiques mondiales. La Chine a investi massivement, en partenariat avec beaucoup de nations, pour assurer le succès de ce réseau de routes économiques qui va couvrir la moitié du globe. Beaucoup de ces artères logistiques vont transiter par des territoires maritimes stratégiques internationaux. À la lumière de ces développements, que la Chine abandonne l’optique d’une guerre de terrain sur son sol pour la remplacer par une projection de puissance accrue et une présence maritime plus étendue paraît tout à fait logique.

 

Bases maritimes à Djibouti et Gwadar

Tout en déployant de grands efforts pour assurer sa prospérité économique à long terme, la Chine a estimé nécessaire de protéger ces intérêts en négociant des accords mutuellement profitables avec des nations bordant un Océan Indien stratégiquement important. Elle a ainsi commencé en 2016 la construction d’installations de soutien maritime à Obock (Djibouti), bien entendu pour protéger ses intérêts en Afrique (continent où elle a investi 30 milliards de dollars US), mais aussi pour faciliter des opérations conjointes de lutte contre la piraterie dans la région et pour disposer d’une base navale capable de soutenir un grand déploiement dans le temps et dans l'espace des unités de la MAPL destinées à protéger les voies maritimes transitant par le détroit d’Aden. En outre, la Chine a investi quelque chose comme 46 milliards de dollars US dans le développement du Corridor Économique Chine-Pakistan (CECP), y compris un mise de fonds très importante dans l’infrastructure du port de Gwadar. Les gouvernements des deux nations souhaitent le stationnement permanent d’une flotille de guerre de la MAPL dans ce port et, si possible, une force de réaction rapide des Marines de l’APL. Gwadar occupe une position excellente pour non seulement protéger les intérêts économiques chinois au Pakistan, mais aussi réagir à toute crise qui menacerait d’interrompre ou de retarder le trafic maritime, surtout les transports d’énergies, à destination de la Chine.

 

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Vue simplifiée des lignes de communication maritimes de la MAPL entre ses principales bases navales en Chine du Sud et ses bases nouvellement établies outremer. Les bases situées dans des îles importantes de la Mer de Chine Méridionale ne sont pas reprises sur cette carte, mais devraient être prises en compte pour dresser un tableau précis de la position de défense maritime chinoise.

 

La base militaire construite à Obock, Djibouti est très proche de la base militaire US de Camp Lemonnier, ainsi que d’une implantation beaucoup plus petite, occupée par la JMSDF (Japanese Maritime Self Defense Force = Force d’Auto-Défense Maritime Japonaise). Bien que la Chine minimise le rôle militaire de sa base, il est évident que celle-ci n’a pas été conçue uniquement pour faciliter le réapprovisionnement, le ravitaillement en carburant et l’entretien des vaisseaux de la MAPL, mais aussi pour servir de base aux sous-marins patrouilleurs de la MAPL dans l’Océan Indien et pour y prépositionner des éléments de guerre amphibies. La dilatation significative des CMAPL et la construction incessante de nouveaux vaisseaux de guerre amphibies vont dans le sens de cette thèse. Le positionnement avancé de ses foces navales permettra à la MAPL de protéger ses importations vitales de pétrole brut et de gaz naturel qui transitent par le Canal de Suez (2% du total national annuel), par le Golfe d’Aden (4% annuellement) et dans l’Océan Indien, par les routes occidentales de la Corne de l’Afrique (34% annuellement). Vu que 6%  de ses importations de gaz naturel et 34% de ses importations de pétrole brut par voies maritimes transitent par cette région, le désir de la Chine de protéger ces passages est on ne peut plus clair.

 

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Situation de la base de la MAPL à Obock, Djibouti par rapport à Camp Lemonnier. La carte insérée montre très clairement la situation géographique stratégique de Djibouti, à l’intersection de la Mer Rouge et du Golfe d’Aden.

 

L’importance stratégique des installations navales de Gwadar, sur la côte sud du Pakistan est aussi très évidente. Non seulement la présence de la flotte de guerre et des Marines de la MAPL est nécessaire pour assurer la sécurité des intérêts vitaux de la Chine au Pakistan et le long du Corridor Économique Chine-Pakistan, mais elle assure aussi à la MAPL une base d’opérations proche du Détroit d’Ormuz. À peu près 51% de toutes les importations chinoises de pértrole brut passent par ce détroit, et 24% des importations de gaz naturel par voie maritime. Toute fermeture du Détroit d’Ormuz qui serait due à un conflit militaire hypothétique ou à un acte de terrorisme ou de piraterie aurait un impact énorme sur l’économie chinoise. Les récentes manœuvres conjointes entre navires de guerre des marines chinoise et iranienne mettent en évidence la volonté de la Chine de travailler en collaboration avec les pouvoirs régionaux, pour faire face à l’importance vitale de protéger le commerce maritime qui passe par ce goulot d’étranglement.

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Développement permanent et fortification d’îles en Mer de Chine Méridionale

Quoique les routes commerciales maritimes transitant par l’Océan Indien soient d’une importance vitale pour maintenir la machine de production industrielle chinoise en ordre de marche, la Mer de Chine Méridionale est d’une importance encore plus grande pour un certain nombre de raisons. La région ne fait pas que permettre le passage de 5 trillions (5 milliards de milliards) de dollars US du commerce mondial par an, mais une grande partie de ce commerce annuel est constitué par les importations énergétiques chinoises et les produits manufacturés en Chine. Le goulot géographique du Détroit de Malacca, au sud-ouest de la Mer de Chine Méridionale, permet le transit de 84% du pétrole brut et de 30% du gaz naturel importés par la Chine.  La fermeture de ce détroit ou une interruption notable du trafic dans cette mer aurait un effet dévastateur sur l’État chinois. Il en va de l’intérêt vital national de la Chine de sécuriser la région rien que pour empêcher cela. De plus, en établisant une série d’avant-postes dans des îles stratégiquement situées aux abords de la Mer de Chine Méridionale, la Chine se dote d’une plus grande possibilité d’assurer la sécurité dans la région tout entière, d’établir un A2/AD [Anti-Access/Area Denial = Anti-Accès/Zone de Déni] et de défendre les abords méridionaux du territoire chinois, tout en faisant valoir les réclamations de la nation en matière d’énergies précieuses et de ressources renouvelables dans la région.

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La Chine continue à étendre et à renforcer ses implantations à la fois dans les iles de l’archipel des Paracels et dans celui des Spratleys. Les constructions massives sur Mischief Reef, Fiery Cross Reef et Subi Reef [bases militaires construites sur des îles artificielles, ndt] devraient être achevées vers la fin de cette année. Ces trois îles représentent le plus gros investissement de la Chine pour établir un contrôle sur les Spratleys et la Mer de Chine Méridionale dans leur ensemble. Les trois îles possèdent de larges pistes renforcées de 2.500 à 2.700 mètres de longueur, des hangars d’aviation à l’épreuve des bombes, des bunkers à munitions, des logements et des installations (sanitaires et autres) à l’usage du personnel militaire, ainsi que des tours et des panneaux radar avancés (Adanced Radar Towers). Des avions de combat et des missiles sol-air HQ9 ont été déployés sur certaines des îles au cours de l’année écoulée. Ces trois îles, en conjonction avec les stations de surveillance, les installations portuaires et les bases d’hélicoptères disséminées sur un certain nombre de plus petits atolls, ainsi que sur des îles naturelles ou articielles des Spratleys, donnent à la Chine le moyen de projeter sa puissance et d’affirmer sa présence dans la région à un niveau inaccessible à quelque autre puissance régionale ou internationale que ce soit. Ces bases insulaires associées aux missiles et aux avions de combat situés sur le territoire chinois et aux forces navales qui mouillent en Chine du sud, peuvent très efficacement effectuer des opérations A2/AD sur la totalité de la Mer de Chine Méridionale. De fortes garnisons de Marines du CMAPL et l’infanterie légère amphibie de l’APL auront pour tâche de sécuriser et de renforcer les troupes de l’APL et de la MAPL chargées des champs d’aviation, des ports et des centres de radar.

 

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Cette image satellitaire illustre l’étendue du développement de Fiery Cross Reef depuis le début des principales réclamations territoriales chinoises en 2014. Fiery Cross Reef fait, en taille, à peu près les 2/3 de Subi Reef et la moitié de Mischief Reef.

 

La Chine a simultanément renforcé sa position dans les îles Paracel. La plus grande des îles, qui est aussi le centre administratif de la région, est l’île Woody. Cependant, la Chine a beaucoup avancé dans la construction de ses installations de soutien naval et par hélicoptères. C’est notamment le cas sur les îles Duncan, Palm et Tree. Ces îles pourraient bientôt servir de bases navales de réapprovisionnement et/ou de bases ASW [Anti Submarine Warfare = Guerre anti-sousmarine]. Des tensions entre la Chine et le Vietnam, à propos de la souveraineté revendiquée par les deux pays sur les îles Paracel, ont continué longtemps après que la Chine ait défait les forces vietnamiennes à l’issue d’une série d’escarmouches navales dans les années 1970 et 1980. La découverte de gisements de pétrole et de gaz naturel dans la région a alimenté, depuis quelques années, une recrudescence de ces tensions.

 

Une flotte de guerre amphibie en cours de croissance

Tout en progressant dans son accroissement du CMAPL et des divisions amphibies de l’APL, la Chine a soutenu le rythme rapide de son programme de constructions navales dans le but de se doter d’une capacité de transport maritime amphibie équilibrée et flexible. À l’heure actuelle, l’US Navy a, de loin, la flotte d’assaut amphibie la plus importante et la plus capable du monde. La Chine ne tente pas de la surpasser mais de se tailler une flotte de guerre amphibie moderne assez importante pour défendre les intérêts maritimes de la nation, et qui possède en même temps une capacité de projection de puissance susceptible d’être utilisée sur toute l’étendue de la Route de la Soie maritime. Ses forces doivent être extrêmement flexibles, à longue portée, sur le long terme, et en nombre suffisant pour couvrir un espace géographique très étendu.

 

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Deux Classe LPD Type 071 conduisant des opérations avec des hélicoptères et des LCAC [Landing Craft Air Cushioned = Véhicules de débarquement sur coussin d’air] Type 726A, au large des îles Hainan, en Mer de Chine Méridionale.

 

Les deux premières classes de navires amphibies qu’il a été considéré comme essentiel de concevoir, de construire et de fournir à la MAPL ont été les LST [Landing Ship Tanks = Bâtiments de débarquement de chars] Type 072A (dernière génération de tous les LST de Type 072), et les LPD [Transport de chalands de débarquement] de Type 071. La MAPL fait fonctionner 32 LST Type 072 dans toutes ses variantes, dont 15 du nouveau Type 072A. Le Type 072A a une superstructure plus élancée et un pont de coffre conçu pour recevoir un véhicule de débarquement sur coussin d’air. Ce vaisseau a un petit pont de décollage pour recevoir un hélicoptère et suffisamment d’espace sous pont pour y loger un maximmum de 10 MBT [Main Battle Tanks = Chars de combat principaux] ou 500 tonnes de véhicules légers ou autre cargo. Il peut transporter entre 250 et 300 hommes.

Un total de six LPD de Type 071 sont planifiés, dont quatre sont actuellement en service et un cinquième devrait être achevé cette année. Trois des quatre vaisseaux en service opèrent avec la Flotte de la Mer du Sud et un opère avec la Flotte de la Mer de l’Est. Le cinquième vaisseau de cette classe devrait être prêt pour des essais en mer cet été, tandis que le sixième et dernier est en cours de construction aux chantiers navals de la Compagnie Hudong Zhonghua. Ces LPD sont équipés d’un pont de décollage arrière et d’un hangar pour permettre des opérations par hélicoptères et d’un pont permettant les assauts par AAV [Assault Amphibious Vehicle = Véhicules blindés lourds amphibies], LC [Landing Craft = Véhicules de débarquement] ou LCAC Hovercrafts [Véhicules de débarquement sur coussin d’air]. Chaque vaisseau est équipé d’un hôpital, d’un vaste espace cargo pouvant contenir des fournitures de secours aux sinistrés et/ou des véhicules légers, ainsi qu’assez d’espace pour abriter un complément de 500 à 800 hommes selon les missions à accomplir. Ces vaisseaux sont idéalement conçus pour les opérations d’aide humanitaire et  les secours aux sinistrés [Humanitarian and Disaster Relief, HADR] dans le sud et le sud-est de l’Asie, grâce à leur faible titant d’eau et à leur flexibilité opérationnelle.

 

Le Classe LHD Type 075 prend forme

Comme les principales marines du monde, la MAPL a reconnu les bénéfices à retirer de la possession d’une grande plateforme navale multi-rôles comme le navire d’assaut amphibie polyvalent LHD, d’un LHA [Landing Helicopter Assault = Porte-hélicoptère d’assaut avec petit radier, pont d’envol continu et îlot de tribord] ou d’un LSD [Landing Ship Dock =  Transport de chalands de débarquement : à la différence des LPD, les LSD transportent du matériel lourd]. Plus grands en dimensions et en déplacement que les LPD, ces vaisseaux ont aussi une plus grande capacité de projection de puissance et donnent aux concepteurs navals une multitude d’options pour s’attaquer aux défis tant militaires qu’humanitaires. Le plus flexible de ces grands vaisseaux est sans doute le LHD.

 

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Un certain nombre de photos de ce qu’on croit être le premier classe LHD Type 075 ont fait leur apparition sur la toile au début de cette année. Des images-satellite d’une section complète de coque correspondant aux dimensions de ce vaisseau avaient déjà circulé en ligne fin 2016.

 

On a commencé à planifier la construction d’un vaisseau de ce genre en 2012, dont diverses versions ont été envisagées. La classe a été connue dans les années suivantes comme étant de Type 075 ou de Type 081. Les plans définitifs ont été approuvés et la construction a débuté en 2016. Le même constructeur qui avait produit les LPD Type 071 (les chantiers navals Hudong Zhongha) a cette fois encore été choisi pour construire le premier d’au moins deux LHD Type 075. Quoique beaucoup d’analystes croient que la MAPL a l’intention de construire seulement deux vaisseaux de ce genre, au moins un ou deux vaisseaux additionnels de cette classe seront nécessaires pour faire face aux besoins grandissants de la nation en matière de sécurité maritime et de projection de puissance. Tout semble indiquer en outre que la MAPL a l’intention de se doter de deux ou trois ARG [Amphibious Ready Groups = Groupes de bâtiments de guerre équipés pour des opérations amphibies], étant donné qu’elle n’a cessé, lentement et méthodiquement, de développer ses compétences dans la guerre amphibie tout au long des deux dernières décennies. Les Chinois s’y sont pris de la même façon pour mettre sur pied une force aérienne opérant à partir de porte-avions modernes. Le lancement réussi d’un programme de construction de porte-avions, encore dans l’œuf mais capable, a impressionné même les sceptiques les plus véhéments.

 

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Maquette du Classe LHD Type 075.

 

Le Classe LHD Type 075 est ce qu’il y a de plus proche, du point de vue conception et taille, du Classe LSD Wasp de l’US Navy. D’après ce que l’on en sait, le Type 075 déplacera 40.000 tonnes, aura une LOA [Length Over All = Longueur hors-tout] de 250 mètres et une largeur de 30 mètres. Le classe Wasp déplace juste un peu plus de 41.000 tonnes à plein chargenement, a une longueur hors-tout de 257 mètres et une largeur de 32 mètres. Son pont d’envol mesure à peu près 92.000 pieds carrés [= 8.547 m2] et peut prendre en charge des hélicoptères moyens et lourds ainsi que des avions de combat VSTOL [Vertical or Short Take Off and Landing = À décollages et atterrissages courts].

Le Type 075 sera doté d’un très grand pont, conçu pour permettre des opérations amphibies par des LCAC [Véhicules de débarquement à coussin d’air], des AAV [Véhicules blindés lourds amphibies] et des péniches de débarquement conventionnelles. Chaque LHD devrait théoriquement pouvoir transporter 1.500 à 2.000 Marines, un mélange complet de MBT [Chars de combat principaux] et d’AAV (25 à 40 véhicules blindés), 60 à 80 véhicules légers en plus d'un vaste espace de chargement de cargo. Le complément en hélicoptères devrait comprendre vingt hélicoptères de transport Z-8, deux hélicoptères ASW Z-18F [Anti-Submarine Warfare = anti-sousmarins], un ou deux hélicoptères AEW Ka-31 [Airborne Early Warning = Système de détection Alerte aérienne avancée], quatre hélicoptères utilitaires Z-9, et peut-être six à huit versions navales de l’hélicoptère d’attaque Z-10. Sans dispositif de décollage vertical en service, la MAPL devrait opter sans doute pour des éléments d’attaque à ailes rotatives pour ses LHD, du même genre que ceux que la Russie avait prévu d’adopter pour les vaisseaux de Classe Mistral que la France avait construit pour elle mais ne lui a pas livrés et a vendus en définitive à l’Égypte.

 

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Hélicoptères d’attaque Z-10 utilisés par l’APL. Un Z-10 modifié pour utilisation navale remplirait les mêmes fonctions que les Viper AH-1Z du Corps des Marines US et les hélicoptères d’attaque navale russes Ka-52k.

 

Efforts diplomatiques de désescalade

Alors que les États-Unis, sous l’administration actuelle et les trois précédentes, ont essayé d’influencer leurs adversaires potentiels par le « bâton » d’une menace d’intervention militaire et leurs alliés potentiels par la « carotte » de ventes d’armes, la diplomatie chinoise s’est avérée beaucoup plus créative dans la poursuite de ses buts. S’efforçant de construire leur Ceinture Économique Route de la Soie et leur Route de la Soie Maritime du XXIe siècle (Initiative One Belt One Road), les Chinois ont négocié et signé des traités commerciaux mutuellement bénéfiques avec un grand nombre de nations. Ces contrats comportent des projets d’infrastructures pour le transport des énergies et des marchandises qui seront très profitables aux nations qui les hébergeront et amélioreront immensément le bien-être économique et social de leurs populations pour les décennies à venir. De plus, les accords de sécurité bilatéraux, comme celui qui prévoit le stationnement d’une flotille de la MAPL à Gwadar, témoignent d'une volonté de partager le fardeau de la protection d’intérêts économiques partagés contre une multitude de menaces.

La Chine n’a pas craint d’utiliser son armée pour protéger ce qu’elle voit comme ses intérêts vitaux – économiques, territoriaux ou énergétiques – que ce soit à l’intérieur de ses frontières ou aussi loin que le golfe d’Aden. Tout en faisant de sa MAPL une force de combat crédible, à vrai dire une force trop envahissante aux yeux de beaucoup de ses voisins régionaux, le gouvernement chinois a tenté une désescalade des disputes régionales en même temps qu’il affirmait sa puissance et sa présence par des opérations navales. D'une part clairement résolue et déterminée à poursuivre les impressionnantes constructions entreprises dans les îles de la Mer du Sud, la Chine a toutefois offert quelque chose en échange à ses voisins, dans un effort diplomatique à facettes multiples. Certains de ces efforts ont réussi à désamorcer les conflits territoriaux, d’autres n’ont pas produit les résultats escomptés.

Quoique très loin d’arriver à un accord quant à leur souveraineté respective sur les hauts-fonds et à un traité formel sur les droits de pêche, la Chine et les Philippines ont fortement désamorcé les tensions depuis que les présidents Xi Jinping et Rodrigo Duterte se sont rencontrés au début de cette année pour discuter de ce très ancien conflit territorial. Voir les deux parties s’asseoir à la même table pour discuter de ces problèmes au plus haut niveau des gouvernements a été un développement bienvenu.

Le 20 juin, la Chine et le Vietnam ont mis fin prématurément aux discussions militaires bilatérales qui auraient dû amorcer une désescalade dans leur dispute territoriale sur les îles Paracel. Compte tenu de la longue et parfois sanglante histoire des relations entre les deux pays, qui se sont livré des batailles sur le sujet des Paracel et des Spratley en 1974 et en 1988, pour ne rien dire de l’invasion limitée du Vietnam par la Chine en 1979, beaucoup d’observateurs politiques s’étaient montrés très surpris que les deux nations veuillent même tenter une telle rencontre. La somme de volonté politique nécessaire pour mettre sur pied une entrevue de ce genre à la lumière de l’histoire passée en dit long sur les éléments qui, au sein des deux gouvernements, désirent une atténuation des disputes risquant de provoquer un conflit armé dans un proche avenir. Apparemment, les représentants militaires des deux pays ont estimé que leurs différences de points de vue sur la souveraineté et les droits aux ressources ne pouvaient pas être résolues à ce stade. La délégation chinoise n’a pas apprécié les manœuvres militaires conjointes des garde-côtes vietnamiens et japonais début juin, ni la récente visite officielle aux États-Unis et au Japon de l’actuel Premier ministre vietnamien. Les explorations pétrolières et gazières continuelles dans les iles Paracel par des entités vietnamiennes opérant en partenariat avec des compagnies américaines n’ont pas peu contribué à jeter de l’huile sur le feu. Les explorations chinoises dans la région ont, elles aussi, considérablement augmenté, y compris à l’intérieur des 200 miles de Zone Économique Exclusive du Vietnam.

 

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Vaisseaux de garde-côtes chinois et vietnamiens, dans un face à face tendu près de la plateforme de forage chinoise Haiyang Shiyou 981 en été 2014. La plateforme a fini par évacuer la région après un mouvement de protestation publique au Vietnam et à Hong Kong.

 

Assurer les Intérêts territoriaux économiques et maritimes pour de longues années

La Chine a lentement et méthodiquement jeté les bases économiques et militaires de sa sécurité, et, au lieu d’offrir aux autres pays le choix entre le vasselage et l’invasion comme le font les États-Unis, ou un jeu de règles économiques restrictives qui ne bénéficient qu’aux auteurs des règles comme le fait l’Union Européenne, la Chine offre aux nations qui coopèrent à ses nouvelles Routes de la Soie, un siège à sa table. Dans le but de créer un réseau de commerce et de transport mutuellement bénéfique, un réseau qui va bientôt supplanter ou concurrencer tous les autres, la Chine doit sécuriser ses intérêts vitaux en les faisant protéger par une force militaire et en assumant une présence maritime viable et durable dans les régions maritimes-clés.

 

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Carte des nouvelles Routes de la Soie. La MAPL doit s’étendre et augmenter ses capacités pour assurer la sécurité du segment maritime de cet ambitieux projet commercial.

 

Laissera-t-on la Chine construire sa Nouvelle Route de la Soie et sa Route de la Soie Maritime du XXIe siècle, sans que viennent s’y ingérer les mondialistes qui voient dans ce projet une menace pour leur prééminence sur l’économie mondiale et sur sa superstructure de pouvoir politique ? Comme l’amiral Alfred Thayer Mahan l’a écrit dans ce qui est peut-être son œuvre la plus importante The Influence of Sea Power upon History 1660-1783 [L’influence du pouvoir maritime sur l’Histoire – 1660-1783]

« La profonde influence qu’a le commerce maritime sur la richesse et la puissance des pays a été clairement discernable bien longtemps avant que les vrais principes qui gouvernent sa croissance et sa prospérité aient été détectés. Pour assurer à son propre peuple une part disproportionnée de ces bénéfices, tous les efforts ont été faits pour en exclure les autres, soit par les méthodes législatives paisibles du monopole, soit par des règlementations prohibitives ou, quand celles-ci ne suffisaient pas, par la violence directe. Le heurt des intérêts, les sentiments de colère éveillés par des tentatives conflictuelles de s’approprier une plus grande part sinon la totalité des avantages du commerce et des régions lointaines commercialement instables a conduit aux guerres. »

Cela se vérifiera-t-il dans le cas de la Chine, ou la Chine a-t-elle créé un meilleur modèle à suivre ? Les États-Unis et l’Union Européenne permettront-ils à la Chine d’assumer un rôle dirigeant dans le développement du commerce et de l’économie du monde ? Ou tenteront-ils de retarder ou même d’arrêter un tel mouvement ? Avec les nations européennes en position de bénéficier des plans de la Chine et peu ou pas de force militaire à leur disposition pour menacer la Chine en termes réels, les États-Unis semblent bien devoir se retrouver seuls dans une telle lutte. Alors que les administrations US successives n’en finissent pas de mettre en garde contre des intentions agressives et expansionnistes de la Chine, qu’elles disent faciles à déduire de la vitesse et de la qualité de la croissance de sa marine, il est important de se reporter une fois de plus à la sagesse de l’amiral A.T. Mahan :

« La nécessité d’une marine au sens restrictif du terme, naît par conséquent de l’existence d’un transport maritime paisible et disparaît avec lui, excepté dans le cas où une nation a des tendances agressives et conserve une flotte puissante qui n’est qu’une des branches d’un establishment militaire. »

Je voudrais demander au lecteur si la Chine a renforcé sa marine pour renforcer son commerce ou pour satisfaire ses tendances agressives ? La Chine représente la deuxième économie mondiale. Elle est de très loin le plus gros exportateur de marchandises et elle est aussi le plus grand constructeur de bateaux du monde. On aurait tendance à dire que la Chine se conforme à la thèse d’A.T. Mahan, selon laquelle l’accroissement d’un commerce maritime exige une présence navale accrue pour le sauvegarder. À l’opposé, la marine US est la plus importante et la plus puissante du monde, et pourtant, il n’y a pratiquement pas de marine marchande qui batte pavillon américain. Les États-Unis ont choisi de sous-traiter leur transport maritime à leurs partenaires étrangers en affaires et à déployer leur marine dans les eaux territoriales de ces partenaires. Les États-Unis occupent un rang très bas dans l’échelle des constructeurs navals et ne produisent généralement que de petits vaisseaux côtiers pour le commerce intérieur et des navires pour leur énorme flotte de guerre. Les États-Unis ont-ils prouvé qu’ils avaient des tendances agressives et que la très grande flotte qu’ils maintiennent est une des composantes d’un complexe militaire industriel mondial ? Les deux dernières décennies de guerres conduites par les État-Unis ont, à elles seules, prouvé ces tendances agressives, et les budgets successifs de la défense US, qui ont dépassé les 600 milliards de dollars annuels, prouvent l’influence écrasante du complexe militaro-industriel U.S.

La Chine a clairement signalé que sa stratégie de défense était en train de changer. Le gouvernement chinois sent que la souveraineté de son territoire intérieur est assurée et il modifie son orientation pour que soient assurées aussi ses routes maritimes vitales, qui ne font pas qu’assurer la sécurité de la nation mais devraient permettre à la Chine d’augmenter sa prospérité économique et d’améliorer ses relations avec une multitude d’autres nations. Une MAPL plus grande et plus capable est impérative, non seulement pour sécuriser les eaux territoriales de la Chine et assurer ses droits aux ressources dans les territoires de la région comme la Mer de Chine Méridionale, mais elle le sera aussi pour sécuriser et garder ouvertes les voies de communications maritimes de plus en plus étendues vers tous les points interconnectés de la Nouvelle Route de la Soie. Seront impératifs également des vaisseaux plus puissants et à plus grand rayon d’action, ainsi qu’une endurance et une flexibilité opérationnelles plus grandes. Une puissante force militaire amphibie d’hommes et de femmes équipés de grands vaisseaux plus capables est absolument nécessaire. Il faut aussi que certaines de ces troupes soient déployées et stationnées sur des points-clés stratégiques.

Les États-Unis décideront-ils de faire obstacle à la croissance chinoise ou choisiront-ils d’y participer de façon plus constructive dans une relation mutuellement bénéfique ? C’est ce qui doit encore être décidé. Le message officiel émanant de Washington semble indiquer qu’on s’approche d’un conflit d’intérêts. Il ne fait aucun doute pour personne que la Chine a décidé de sa voie et qu’elle n’en déviera pas, sauf si quelque chose d’irrésistible survient et réussit à l’en empêcher.

[L’hilote qui a traduit ce texte espère ne pas s’être trop pris les pieds dans les termes techniques de l’armement naval tous azimuts. Ses excuses au cas où. Toute correction de bourde sera la bienvenue. - Les acronymes, qui sont ceux des USA et de l'OTAN, ont été laissés en anglais parce qu'il n'existe pas d'équivalents en français.]

Source : https://southfront.org/chinas-maritime-strategic-realignm... 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Et un nouveau caractère chinois pour l’occasion

 

Comment

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(Routes de la Soie)

est devenu

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le symbole du nouveau rêve chinois :

 

Dans la partie supérieure de ce caractère en 4 traits de pinceau – qui devrait être vu, symboliquement, comme le toit d’une maison – celui de gauche signifie Route de la Soie Ceinture Économique, et celui de droite Route de la Soie Maritime du XXIe siècle. Dans la partie du bas, le trait de pinceau de gauche représente le Corridor Chine-Pakistan, via la province de Xinjiang, et le trait de droite, le Corridor Chine-Myanmar-Bangladesh-Inde via la province du Yunnan.

Le signe entier – jie – signifie aussi « entre » (between).

Nous devons notre science à Tyler Durden, de Zero Hedge.

 

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Mais ces nouvelles routes ne seront pas, on s’en doute, un chemin semé de roses…

Paranoïa sur la Route de la soie afghane

Pepe Escobar – Asia Times­23 juin 2017

Traduction : Entelekheia.fr

 

Quiconque tentera de « reconstruire » l’Afghanistan aura du pain sur la planche. Le succès de la nouvelle Route de la Soie chinoise dépendra certainement des progrès qu’on aura pu y faire.       

 

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La nouvelle Route de la soie, alias Initiative Belt and Road, arrivera-t-elle à traverser un jour l’Hindou Kouch ?

La témérité est à l’ordre du jour. Même s’il est stratégiquement situé en travers de l’ancienne Route de la soie, et qu’il jouxte virtuellement le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) – une plate-forme-clé de l’initiative, d’un coût de 50 milliards de dollars – l’Afghanistan est toujours enlisé dans la guerre.

Il est facile d’oublier qu’en 2011 – avant même que le président Xi annonce l’Initiative Belt and Road au Kazakhstan et en Indonésie en 2013 – la Secrétaire d’État de l’époque, Hillary Clinton, parlait de sa propre Route de la soie à Chennai. Rien d’étonnant si la vision du Département d’État à mordu la poussière de l’Hindou Kouch – elle prévoyait de l’axer autour de l’Afghanistan, un pays enfermé dans une guerre.

La situation de 2017 de l’Afghanistan est encore plus déprimante. Dire que l’administration qui a émergé des élections présidentielles factieuses de 2014, et qui passe pour un gouvernement, est dysfonctionnelle est un doux euphémisme.

Depuis 2002, Washington a dépensé la somme astronomique de 780 milliards de dollars dans son Opération (en cours) Enduring Freedom (« opération Liberté Immuable »). Un argent qui ne lui a rien rapporté – à part plus de 100.000 victimes afghanes.

Lire la suite…

Source : http://www.entelekheia.fr/paranoia-route-de-soie-afghane/

Source d’origine : http://www.atimes.com/article/fear-loathing-afghan-silk-r...

 

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pour les Anglophones…

Nous venons de découvrir ceci – du 27 avril – qui ne dément pas l’analyse de Brian Kalman. 

 

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Amid South China Sea dispute, Chinese President Xi says be combat-ready

 

Xi asked military personnel to strengthen their awareness in preparing for war, closely follow changes of situations and make unremitting efforts to enhance combat capabilities.

 

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Chinese President Xi Jinping meets with military officers during an inspection of the Southern Theater Command of the People’s Liberation Army (PLA) (Li Gang/Xinhua via AP)

 

Chinese President Xi Jinping has underlined the need for building a combat-ready army and accelerate the building of the theatre joint combat command system, amidst the PLA flexing its muscles in the disputed South China Sea. Xi, the ruling Communist party’s General Secretary and the Central Military Commission’s Chairman, made the comments while inspecting the Southern Theatre Command of the People’s Liberation Army (PLA) on Friday and stressed building a strong army which should also avoid being corrupt. Xi, 63, viewed as the most powerful leader heading the party, military and the government will complete his first five year term this year and expected to be re-elected for another five-year term during the 19th Party Congress to be held later this year.

Read more…

Source : http://indianexpress.com/article/world/chinese-president-...

 

[« Soyez prêts au combat », a dit le président XI aux officiers représentant les 2.3 millions d’hommes de l’Armée Populaire de Libération. « Nous devons aussi combattre ensemble la corruption et offrir au 19e Congrès National du Parti des réalisations exceptionnelles ». Le mandat de Xi Jinping – 63 ans – s’achève cette année, et il espère être réélu pour 5 ans.]

 

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Soumis à l’appréciation de Manuel de Diéguez

 

 

 

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Mise en ligne le 3 juillet 2017

 

 

 

 

20:31 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |