23/03/2017

QUELQUEFOIS LES RETOURS EN ARRIÈRE...

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Quelquefois les retours en arrière sont plus brûlants que l’actualité

 

PALESTINE

On n’en aura fini que quand justice sera faite

 

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Uri Avnery normalise la dépossession des Palestiniens

Jeffrey BlankfortArrêt sur Info 20 mars 2017

 

Une lectrice n’ayant trouvé aucun texte d’Uri Avnery dans les archives d’Arrêt sur Info – parmi les nombreux auteurs qui traitent d’Israël-Palestine – nous demande pourquoi ? La réponse à cette question est explicitée dans cette lettre adressée à Avnery par le journaliste américain Jeffrey Blankfort, et dont nous partageons entièrement l’analyse. [1]. [ASI]

 

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Uri Avnery

 

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Préambule du traducteur

Récemment [en 2009, ndlr], Uri Avnery, dirigeant du Gush Shalom (Bloc de la Paix, ndt) et « coqueluche » des sionistes de gauche a décidé d’ajouter son grain de sel à l’appel palestinien au boycott d’Israël, pour dénoncer fermement ledit boycott. Jeff Blankfort, écrivain, journaliste et animateur radio, l’interpelle, pour la énième fois.

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Jeff Blankfort – 5 septembre 2009

 

Hello Uri,

Je viens de lire ta réaction à certaines critiques soulevées par ton opposition au boycottage d’Israël. Ayant pris conscience il y a bien longtemps des limites de ton militantisme et de ta vision du monde, cela ne m’a nullement étonné. Tu as manifestement investi trop de temps et trop d’énergie, depuis tant d’années, dans la normalisation de la dépossession des Palestiniens de leur patrie par Israël pour reconnaître l’injustice qui fut non seulement inhérente à la création de l’État d’Israël, mais qui lui fut même nécessaire.

Le passage du temps n’efface en rien cette injustice et peu importe le nombre de fois où toi et d’autres vous invoquerez l’Holocauste nazi. Le dé de la création d’un État juif en chassant les Palestiniens de leurs maisons et de leurs villages avait déjà été jeté bien des années avant qu’Hitler ne parvînt au pouvoir, si bien que la question de l’hitlérisme ne saurait trouver de place dans ce débat.

Les arguments contre la création d’un État juif en Palestine, soulevées par des juifs antisionistes et non sionistes, remontant aux premières années du siècle dernier, étaient bien connus, et tous ont apporté la preuve de leur exactitude. Il n’est donc nullement étonnant que la légitimité d’Israël n’ait été reconnue ni par les Palestiniens ni par les autres peuples du Moyen-Orient.

De fait, les sionistes en avaient fait la publicité dans le monde entier, avec fierté, le présentant comme une entreprise de colonisation de peuplement… jusqu’à ce qu’une telle terminologie soit passée de mode. Le fait qu’Israël ait été créé en des temps où le reste du monde était engagé dans une période de décolonisation fut une garantie supplémentaire, s’il en était besoin, de son rejet. Sans l’influence de ses groopies aux États-Unis et en Europe, et sans les armes qui s’y déversèrent afin de le soutenir, Israël, à l’instar de l’Algérie française, n’aurait été rien d’autre qu’un bref épisode aberrant de l’Histoire (il convient de noter, à cet égard, que c’est le soutien d’Israël au régime colonialiste français contre la Résistance algérienne qui amena la France à être le principal fournisseur d’armes d’Israël, jusqu’à un certain joli mois de mai 1967…)

Tu sais aussi pertinemment qu’afin de maintenir Israël en tant que Sparte du Moyen-Orient, le « lobby pro-israélien » tient depuis longtemps le Congrès des « États-Unis, étranglant le peu de ce qui restait de la démocratie américaine. Tu ne te rappelles pas d’avoir décrit la manière dont un président américain après l’autre a tenté de résoudre le conflit israélo-palestinien et dont chacun d’entre eux fut contraint, par Le Lobby, de se retirer du champ de bataille, la queue entre les jambes ? Et qu’après chacune de leurs défaites, le vol de la terre palestinienne et la croissance des colonies continuaient ? Qui en a payé le prix, à ton avis ?

Comme tu l’as sans doute deviné, je suis contre l’existence de l’État d’Israël ou de tout État juif, quel qu’en fût le nom, fondé sur la notion qu’un juif originaire de n’importe où dans le monde a plus que le droit de vivre dans ce que l’immense majorité du monde connaissait et reconnaissait comme étant la Palestine qu’un Arabe palestinien né dans ce pays ou que les membres de sa famille. Si la situation actuelle n’est ni immorale, ni raciste, alors nous devons trouver à ces adjectifs une nouvelle définition. Mais toi, apparemment, tu ne le penses pas ; tu rejettes les opinions de ceux qui sont de cet avis. (La notion selon laquelle Israël ou n’importe quel pays puisse être la patrie d’une personne qui n’y est pas née et qui ne connaît aucun proche qui y soit né n’est qu’un exemple supplémentaire d’à quel point les sionistes ont déformé le langage afin de tenter de justifier l’injustifiable). Ton échec à trouver un argument allant à l’encontre de l’idée d’un État unique devient patent, quand tu écris que les Français et les Allemands ne se sont pas mis d’accord pour vivre ensemble. Tu crois vraiment que l’on puisse faire la moindre comparaison entre les deux situations ? Les Français seraient donc en train d’occuper l’Allemagne ? Ou vice-versa ? Et l’on ne m’aurait rien dit ??

Je ne cesserai sans doute jamais d’être scié par tes efforts irréfragables visant à séparer les colons de ceux des juifs qui vivent à l’intérieur de la Ligne Verte, comme si la majorité des habitants d’Israël proprement dit n’étaient pas responsables de l’élection d’une série de tueurs professionnels en tant que leurs Premiers ministres, année après année, qui ont, tous, augmenté et agrandi les colonies. Il n’y a eu aucun sondage d’opinion des Israéliens (je les ai tous consultés) depuis 1988, au début de la première Intifada, dont la moitié des répondants n’aient pas appelé à l’épuration ethnique des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Il y avait beaucoup de colons, en 1988 ? Soyons sérieux…

Dans ta belle démocratie, tout juif ou toute juive valide, à l’exception des hassidim, a joué le rôle d’un occupant en Cisjordanie ou à Gaza tout au long des quarante-deux années écoulées. Ce sont des innocents ? Hier, j’ai regardé, sur Al-Jazeera, des soldats israéliens en train de tirer des grenades lacrymogènes et un liquide vert nauséabond contre des Palestiniens non-violents qui manifestaient contre le mur d’acier qui coupe leur terres à Ni’ilin, après quoi ces soldats ont pris pour cible le reporter d’Al-Jazeera. Attend-on de nous que nous soutenions ces jeunes malfrats en uniforme israélien ? Ceux qui les haïssent devraient être condamnés, et non pas les malfrats et ceux qui envoient ces types là-bas ?

Tu utilises le mot ‘paix’ à tout bout de champ, mais chez toi, le mot ‘justice’ ne risque pas de s’user ! C’est ce qui vous distingue, toi et tes potes sionistes, des Palestiniens et de ceux qui les soutiennent sincèrement. L’occupation dérange ta conscience, ton sentiment d’identité, en ta qualité d’Israélien, mais jusqu’à quelle point affecte-t-elle ta vie ? Mettre un terme à l’occupation, de quelque façon que ce soit, t’apportera la tranquillité de l’esprit et le temps de finir tes mémoires. Eh bien, là, maintenant, essaie, si tu le peux, d’imaginer que tu es dans la peau d’un Palestinien, qui a été soumis à l’arbitraire d’un squatter israélien toute sa vie. Rechercherais-tu simplement la paix, l’absence de ce squatter israélien, ou rechercherais-tu et exigerais-tu que justice soit faite ?

Ta conclusion ne fait que traduire ta confusion. Tu écris que tu veux qu’ « Israël soit un État appartenant à tous ses citoyens, sans distinction d’origine ethnique, de sexe, de religion ou de langue ; avec des droits entièrement égaux pour tous », et pourtant tu supposes qu’il y aura « une majorité hébraïsante », qui permettra à ses « citoyens arabophones… de chérir leurs liens étroits avec leurs frères et leurs sœurs palestiniens… ». S’il n’y a plus de distinction entre un citoyen et un autre, entre un juif et un Arabe, alors comment peux-tu imaginer que la majorité continuera à être hébraïsante ?

Ou bien alors, peut-être envisages-tu la possibilité que la population arabe palestinienne d’Israël, qui est d’ores et déjà largement bilingue arabe-hébreu deviendra la majorité, ce qui ferait qu’Israël, dès lors, ne serait plus un État juif ?

Si tel est le bien cas, il y a peut-être encore un peu d’espoir, en ce qui te concerne ?

Jeff Blankfort – 5 septembre 2009

Article original: http://dissidentvoice.org/2009/09/on-rationalizing-israel...

Traduction : Marcel Charbonnier

[1] Sur le blog de l’Association France Palestine Solidarité on trouve 736 articles d’Avnery à ce jour http://www.france-palestine.org/spip.php?page=recherche&a...

Source: http://arretsurinfo.ch/uri-avnery-normalise-la-depossessi...

 

 

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Les pétitions volent bas dans le 4e Arrdt de Paris.

 

L’histoire de Giuseppe

(et de quelques autres dans la foulée)

 

Giuseppe, disent certains, « ouvre une fenêtre sur la liberté d’agir dans cette société où tout ce qui n’est pas encore obligatoire est devenu strictement interdit ». Qui ne serait d’accord ?

 

 Nous vous avions parlé, en novembre 2012 (« Il était une fois un  paradis »), de Giuseppe Belvedere, ce septuagénaire ami des pigeons qui, dans le 4e arrondissement de Paris, ayant perdu son logement, s’était retrouvé sans abri, dormait dans va voiture, mais n’en avait pas pour autant abandonné ses protégés. Nous avions même mis en ligne une petite vidéo le montrant dans son activité quotidienne et aux prises avec un environnement humain tantôt solidaire, tantôt amusé et tantôt pas bienveillant du tout

Nous espérions que, depuis lors, de bonnes âmes auraient réussi à lui faire retrouver un gîte, même inconfortable, même précaire, mais nous nous trompions. C’est le contraire qui s’est produit, et Giuseppe, aux dernières nouvelles, se serait plutôt fait tabasser par de courageux inconnus que sa présence dans la rue dérange. Mieux – c’est-à-dire pire – : il serait même en butte aux attentions redoutables de la police.

C’est pourquoi nous reprenons ici son histoire, en remontant un peu en arrière, oui, comme Jeffrey Blankfort le fait pour la Palestine. L’injustice a partout le même mufle.

Il faut dire qu’en cette période d’élection, un certain nombre de sites de droite se sont emparés de l’histoire de Giuseppe pour stigmatiser les autorités socialistes qui, depuis plus de six ans, le pourchassent et le persécutent. Peu importe qu’à leur place, les forces de droite eussent sans doute fait la même chose. Les élus PS sont impliqués dans cette honteuse saga jusqu’au cou. Qu’ils assument.

Voici l’appel qui circule, nous le prenons ici chez Voxnr :

 

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Les oiseaux de la colère

Giorgio DamianiVoxnr  16 mars 2017

 

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Giuseppe BELVEDERE, âgé de 72 ans, a été mis à la rue par la mairie socialiste du 4ème arrondissement de Paris en 2010. Depuis, il vit dans une camionnette stationnée dans le quartier de saint Merri. Une histoire sur fond d’intrigue politique, de comportements étranges et de faux témoignages en plein Beaubourg !

Harcèlement policier orchestré par la mairie, agression, violence, maltraitance sont le quotidien de Giuseppe.

Comment une histoire pareille est-elle possible ? Un prétexte fallacieux pour l’expulser de chez lui : il nourrissait les pigeons de la place Pompidou… mais pas chez lui comme certains ont pu le prétendre lors de son procès. Un appartement sans doute convoité… Par qui ? Il habitait rue Saint Martin avec un loyer à moins de 100 € depuis près de 40 ans….

Des personnes formant aujourd’hui un réseau se sont réunis sur Facebook pour lui porter secours « les amis de Giuseppe ».

 

*

Quelqu’un que nous ne connaissons pas vient de lui consacrer un livre dont nous ne savons rien mais que présente M. Giorgio Damiani.

 

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Marie-Simone POUBLON

Les oiseaux de la colère

Éd. Dualpha – 15.05.2016

Collection : Vérités pour l’Histoire

210 pages

 

 

EXTRAIT

L’urgence pour nous, soutien de ce vieil homme, consiste à essayer de trouver des solutions à une situation inextricable car il ne pourra pas se sortir de ce mauvais pas sans aide.

Mais il n’acceptera cette aide qu’à certaines conditions.

La France pays des droits de l’homme, de liberté, d’égalité et de fraternité ne peut pas laisser un homme de 70 ans à la rue complétement démuni et sans force, sans envisager de réparer cette humiliation

Quels monstres serions-nous si nous ne l’aidions pas ?

Il est de notre devoir d’agir. (Chapitre 1)

Lire la suite…

Source : http://www.voxnr.com/8669/les-oiseaux-de-la-colere

 

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Il y a longtemps, c’est vrai, que s’est formée une association de fait appelée Les amis de Giuseppe, qui le soutient, qui tente de lui porter secours contre ses ennemis, qui l’a de nombreuses fois filmé (voir ci-dessous), et qui, à présent, fait circuler une pétition censée ameuter l’opinion publique. Il serait peut-être temps, en effet, de cesser de juste regarder… avant qu’il meure.

Nous ne pouvons pas faire moins que reproduire leur appel :

 

Paris : Halte à la maltraitance d'un vieil homme, Giuseppe

Les amis de Giuseppe  –  Pétition ouverte le 6 mars 2017

 

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À l'attention de la Mairie du 4e arrondissement de Paris, du Conseil de Quartier de Saint-Merri, de la Fédération du 3977 contre la maltraitance :

 

Tous ceux qui ont du cœur connaissent Giuseppe B., qui en 2005, traumatisé par le massacre des pigeons organisé par la mairie Place Beaubourg, a décidé de prendre leur cause en défense. Avant que les pigeons ne soient considérés depuis quelques années comme des nuisibles, ils ont rendu à la France, sa liberté au côté des soldats.

Giuseppe a été expulsé par la mairie de Paris 4 en 2010 alors qu’il ne croyait pas possible qu’une mairie socialiste puisse commettre un tel acte de cruauté. Il avait 65 ans. Mais ceci a été fait sans aucun ménagement et surtout sans solution de relogement comme l’imposerait la loi d’aujourd’hui. À 72 ans, il vit dans un camion dont les roues sont vandalisées à chaque fois qu’il les change, il est affaibli par la maladie qu’il a développée depuis qu’il est à la rue.

La vie de Giuseppe est gravement malmenée par les habitants du 4e arrondissement.

Les commerçants et habitants ont déjà réussi à le faire interner à deux reprises à l'hôpital Sainte Marie. Si la folie de Giuseppe revient à nourrir les oiseaux contre vents et marées, mérite-t-il l'enfermement, la violence de l'exclusion, l'acharnement à le faire disparaître ?

Sont-ils donc médecins spécialistes de la santé mentale pour oser poser un diagnostic et un traitement : l'enfermement ? Bien évidemment, non ! Seulement, ils ne veulent plus de Giuseppe et peu leurs importe qu'il soit à « l'asile », en prison, ou ...

Après l'avoir fait expulser de son domicile, lui avoir mis des contraventions d'un montant de 13.000 euros, l'avoir agressé plus de 50 fois de façon extrêmement violente, ils veulent le parquer à l'hôpital psychiatrique au milieu de personnes psychotiques, dépressives... alors qu'il ne demande rien d'autre que le droit de vivre sa vie et de continuer à soigner des oiseaux qui ont faim.

La haine de certains habitants du quartier fait qu’il est en danger de mort après toutes ces agressions. Il s’est fait notamment blesser par un chien d’attaque en octobre 2016 ; blessure qui continue d’engendrer des complications sur son état de santé, de plus en plus préoccupant. Giuseppe a porté plainte. Pour l’instant il n’y a eu aucune suite. L’agresseur court encore.

La vie dans la rue, les agressions verbales et physiques, les dégradations volontaires portées à ses véhicules-abris et les menaces de fourrière chaque semaine, le tuent petit à petit.

Il est soigné pour le cœur. Encore aujourd’hui, à l’heure où nous décidons de mettre en ligne cette pétition, les services municipaux le guettent alors qu’il est alité dans son camion avec une infection proche de la gangrène suite à la morsure du chien d’attaque. Quelques riverains haineux lui envoient encore la police alors qu’il essaie de se réchauffer dans sa camionnette-maison.

Une dame place Pompidou dirige sur ses yeux un laser au risque de lui faire perdre la vue. Que feriez-vous à 72 ans avec 580 euros de pension, aucune solution de logement, des pneus constamment vandalisés ? Tous ceux qui sont dans la haine vont réussir à le tuer.

Qu’importe ce qu’il fait, que l’on soit d’accord ou non avec son combat contre le massacre des pigeons dans les villes, il y a d’autres solutions. Les élus de la mairie de Paris 4 devraient (car ce sont des personnes comme dit Giuseppe « qui ont fait des études ») utiliser leur tête positivement et non pas pour détruire.

Giuseppe est photographié par les touristes qui eux observent le spectacle des oiseaux qui volent autour de lui.

Non, Giuseppe n’est pas fou. Il est fatigué par la haine… qui va le conduire dans une tombe.

Sauvons Giuseppe de la mort.

Signons ensemble cette pétition pour que la haine ne triomphe pas.

Cet homme n’est pas un ennemi, c’est un amoureux de la vie !

 

Donc, pour signer (même si les pétitions ne servent jamais à rien), C’EST LÀ

 

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Mais il serait temps que les habitants du IVe et les autres apprennent sur le tas ce que signifient les mots « démocratie directe ». On peut déjà leur dire que les pétitions n’y entrent pas pour grand-chose.

 

On ne sait pas, nous, mais instaurer des tournées-popotes pour l’aider dans ses distributions, qu’il n’y aille plus jamais seul, jusqu’à ce que la bourgeoisie versaillaise ait cédé… C’est la même, vous savez. Ou l’emmener se faire soigner chez le Pr Oberlin… C’est le même combat, vous savez. Organiser discrètement des tours de garde, de jour et de nuit, à proximité de son camion. Ce n’est pas sorcier, vous savez. Juste une question d’organisation et de (bonne) volonté.

 

Et voici les vidéos d’amateurs qu’au fil des ans « Les amis de Giuseppe » ont réalisées et mises en ligne. Elles sont de quelques minutes (deux d’une heure). Les notes sont des réalisateurs.

Privez-vous d’un peu d’abrutissement télévisé et regardez-les. Giuseppe a des choses à dire qui valent la peine d’être écoutées.

 

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Les ailes du paradis  –  14:07’

 

17 septembre 2012

Voici un film de 14 minutes réalisé dans une certaine urgence. L'urgence de Giuseppe qui se voit aujourd'hui harcelé et qui après avoir été expulsé de son appartement, risque d'être expulsé de son quartier. Ce film tente de donner à voir et à entendre l'humanité de cet homme, les raisons de son engagement à accomplir la mission qu'il s'est donné quel que soient les obstacles qui se dressent sur sa route. Ce film vous fera entendre le positionnement des habitants, des passants, des commerçants, ainsi que la vision de Giuseppe sur notre monde.

 

 

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La guerre des mondes  –  8:14’

 

13 nov. 2012

Ceci est une vidéo montrant à la fois le quotidien de Giuseppe et lui donnant l'occasion de s'exprimer sur les obstacles rencontrés, les obstacles humains souvent, il nous dira sa conception de la vie, évoquera son regard sur les enfants... Giuseppe est membre de la société protectrice des oiseaux des villes, la SPOV. C'est dans ce cadre qu'il nourrit et soigne les oiseaux de Beaubourg, ceci a pourtant entrainé son expulsion de son logement en 2010. Son troisième hiver à la rue s'inaugure, alors que le froid arrive. Partageons, dénonçons ce que vit Giuseppe et sa mise au ban de la société pour un crime qui n'en est pas un : nourrir les oiseaux.

 


 

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Pétition pour laisser sa voiture-abri à Giuseppe Belvedere  –  6:37’

 

4 janvier 2013

Mis à la rue parce qu'il donnait à manger aux pigeons, Giuseppe Belvedere est aujourd'hui clairement menacé de se voir supprimer sa voiture, son dernier abri. Signez nombreux cette pétition : http://www.causes.com/actions/1721779... [Déjà des pétitions ! NdGO]

 


 

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Le crépuscule des oiseaux  –  13:18’

13 février 2013

Dans ce quartier du centre de Paris, autour de ce grand centre d'art contemporain qu'est Beaubourg, on tue les oiseaux, les moineaux, les pigeons. Un homme lutte.
Un film, « le crépuscule des oiseaux » vous présente la vérité, la vérité de cette lutte contre la mort d'une espèce, de cette lutte contre l'acharnement des habitants, des autorités contre ces oiseaux.

Deux camps s'affrontent, celui de ces hommes et femmes qui pensent que la nature n'a pas ses droits dans le quartier aseptisé du Marais, et Giuseppe qui tente chaque jour de préserver la vie sous toutes ses formes. Vous verrez dans ce film combien la lutte est acharnée, sans fin et violente. Giuseppe vous fera part de ses difficultés, de ses incompréhensions, de ses colères. Des thèmes existentiels forts et universels seront abordés par notre ami.

 


 

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Le camion de l’espoir  –  3:37’

 

24 février 2013

Je voudrais vous présenter Sisco, qui est une preuve, une de plus, des belles rencontres qu'aura permis la page http://facebook.com/Les.amis.de.Giuseppe.
Au delà du bien fait à Giuseppe, elle aura permis le baume au coeur que représente la belle action que nous venons de mener ensemble.

Sisco est venu faire des étagères dans le camion de Giuseppe. Cet homme aussi serviable que sympathique, nous a confié s'être pour une fois senti vraiment utile. Il était très touché de ne pas seulement aménager un cadre de vie plus agréable mais sentir que son travail est utile à la survie d'un être.

 Il a travaillé sous la neige, dans la rue afin que Giuseppe puisse revenir a son camion recharger ses sacs de nourriture pour les oiseaux.

Nous nous permettons de mettre un lien vers son site car il est rare de trouver un bricoleur artiste, proche des gens, doué et dévoué, qui plus est à Paris. https://www.facebook.com/Espace.KORTO...

La plupart des riverains étaient indifférents. Certains ont fait la moue, une tête en somme très signifiante venant dire leur intolérance. Un peu comme ce voisin qui est sorti l'autre soir pour nous asséner: « Après la voiture, le camion et à quand le semi remorque ?! »; Charmant et tellement altruiste, pas méchant, pas intolérant, pas nombriliste pour un sou... Mais un sou est un sou, et Giuseppe risque de faire fuir les clients friqués.

Le froid revient a Paris. Mais grâce au camion, grâce au chauffage, aux étagères et à la générosité de tous, Giuseppe est heureux, vraiment heureux. Il ne manque plus que les oiseaux soient eux aussi respectés, que la ville et que les hommes cessent de les mettre à mort. Arrêtons  de tuer les oiseaux et Giuseppe aura gagné son combat.

 


 

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Des ailes sans voler  –  3:15’

 

6 juin 2013

La bonne Maire de Paris Delanoë a expulsé abusivement le mauvais Père de famille Giuseppe, car il donnait à manger aux pigeons. Qui sera le prochain pigeon ?
Réalisation : je DOIGT changer le monde CLIC & partager - page facebook : les amis de Giuseppe. Partager est un acte de soutien et de résistance.

 


 

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Giuseppe résistant – 5:36’

 

10 juin 2013

Giuseppe résiste, à la rue, contre l’injustice de la mairie de Paris.

Rencontre entre Giuseppe et le député belge Laurent Louis. [Laurent Louis qui, depuis, est à la rue aussi ou peu s’en faut. Mais qui aura entretemps appris des choses. NdGO]

Réalisation : Je DOIGT changer le monde clic & partager- rejoins la page facebook les amis de Giuseppe.

 


 

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Papa, où t’es ? – 59’51’

 

2 juillet 2013

Il est ici papa.

Le mauvais père de famille – GIUSEPPE

Giuseppe dit avoir été expulsé abusivement de son logement par la Mairie de Paris, parce qu’il nourrissait les pigeons. Ça fait trois ans qu'il est à la rue et continue à nourrir les pigeons devant son ancien logement, devant Beaubourg.

« Un oiseau né en cage pense que voler est une maladie » Jodorowski A.

 


 

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Les anges ne meurent pas  –  25:23’

 

23 septembre 2013

Ce film vous présente Giuseppe, cet homme qui sans relâche nourrit et soigne les pigeons dans le 4e arrondissement de Paris, aux alentours de Beaubourg et ce, depuis de nombreuses années. Il y exprimera à la fois les raisons de son combat, ce combat qui vise à ce que les oiseaux puissent vivre, même à Paris, même si un certain nombre d'habitants et d'élus souhaitent les éradiquer. Vous y entendrez également les opposants à Giuseppe, ceux qui ne veulent, ne peuvent comprendre cette mission qu'il s'est assignée depuis tant d'années.

« Les anges ne meurent pas », ni Giuseppe, à la rue depuis 3 ans , ni les oiseaux qui ont trouvé en Giuseppe le gardien de leur vie. Espérons qu'au delà de la survie de ces pigeons, des moineaux, de la survie de Giuseppe qui évolue au milieu d'une agressivité ambiante que le film tente de transmettre, un jour, pourront cohabiter homme et animal, êtres vivants différents, dans le respect les uns des autres.

 


 

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Et pourtant, ils l’ont fait  – 10:21’

 

19 mars 2014

Voici une vidéo qui vous montre un moment émouvant de la vie de Giuseppe. Ses enfants sont venus de Calabre pour le voir. Son fils ne l'avait pas revu depuis plusieurs années. On y perçoit l'amour qui les lie mais aussi les incompréhensions, les transmissions. Giuseppe est un homme, un père, un protecteur et un missionnaire.

 

 

 

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La fête des pères, Giuseppe à la rue vs/ le maire de Paris Bertrand Delanoë  –  59:30’

 

19 mars 2014

Giuseppe le mauvais père de famille, pensionné et malade, expulsé de son logement car il nourrissait les oiseaux VS le bon Maire de Paris Delanoë. Une guerre invisible a lieu tous les jours autour du Centre Pompidou, Musée National d'Art Contemporain (Beaubourg). L'amour de la vie contre l'amour du pouvoir. La différence contre l'indifférence. La reconnaissance contre le mépris. La fête des pères contre l'absence de Maires.

 


 

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Hypocrisie, démagogie, imposture  –  3:46’

 

23 mars 2014

J'ai interviewé Giuseppe à sa demande devant les affiches des élections municipales. Il témoigne devant les candidats à la mairie de Paris sur sa situation. Il ne s'agit pas d'exprimer une quelconque orientation politique, ou de faire passer des idées politiques. Il s'agit simplement du témoignage de Giuseppe sur ce qui lui est arrivé et pour lequel il demande sans relâche réparation. Giuseppe tient à dire à ces candidats tout sourire que l'on a injustement mis un homme à la rue parce qu'il nourrissait ces oiseaux tant haï: les pigeons.

 


 

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Giuseppe, la mauvaise herbe du Marais – 3:55’

 

11 avril 2014

Giuseppe Belvedere ne fait pas l'unanimité dans le quartier Beaubourg qui s'aseptise de jour en jour...

Mais on ne l'en délogera pas si facilement, et c'est la liberté et la volonté chevillées au corps qu'il continue sa tâche et veille sur les pigeons. Giuseppe raconte son histoire et interroge sur ce que la société laisse comme espace de liberté dès qu'on sort de son modèle normé et commercial. Son histoire évoque aussi la transformation des quartiers populaires de Paris et ses conséquences sociales. Quant à cette pratique un peu particulière de « nourrissage de pigeons », au-delà des polémiques entre salubrité et défenses des animaux, elle révèle un besoin de se sentir utile quand une société décrète qu'on ne l'est plus...

 


 

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L’odyssée de Giuseppe  –  2:28’

 

8 septembre 2014

Voici une vidéo qui montre le genre d’attaque dont est victime quotidiennement Giuseppe Belvedere. Il est à la rue depuis maintenant 4 ans, expulsé de son logement par la mairie de Paris parce qu'il nourrit les pigeons dans le 4e arrondissement de Paris. Depuis plusieurs semaines, des habitants le visent avec des bouteilles d'eau pleine depuis le 4me étage d'un immeuble haussmannien. Projectiles d’un demi kilo, 1 kg, 1kg et demi qui lui tombent sur le dos, la tête, qui pourraient le tuer. Des passants pourraient également être victimes de ces bombes artisanales qui visent à débarrasser le quartier de Giuseppe, parce que d’aucuns n’y supportent pas qu’il nourrisse les oiseaux.

C'est parfaitement inhumain et inadmissible. Nous savons que le quartier ne veut pas de Giuseppe, ni les habitants, ni les commerçants, ni la mairie. Nous sommes là et soutenons Giuseppe, car nous ne voulons pas de cette humanité-là qui sait que tuer l'autre, le différent, le gêneur.

Pour en savoir plus sur Giuseppe Belvedere, rendez-vous sur https://www.facebook.com/Les.amis.de....

 


 

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Giuseppe, l’homme qui vaut des millions de vues – 4:24’

 

15 avril 2015

« Giuseppe était locataire dans un appartement de la mairie de Paris, payait son loyer tous les mois avec sa retraite. Mais l'administration a récupéré le logement et mis dehors Giuseppe. Depuis, part dignité, le Calabrais refuse toute aide d'urgence : foyers, repas etc... Le vieil homme au dos courbé ne veut pas plier l'échine. S'il en est là aujourd'hui, c'est probablement parce qu'il ne s'intègre pas dans le paysage branché de Beaubourg et qu'il nourrit les pigeons, l'animal le plus détesté de ces Parisiens. L'homme se bat armé d'une vieille pancarte qu'il trimballe avec son caddie. Cette vidéo est là, comme les autres, pour le sortir de l'ombre de sa camionette, son seul refuge. Partagez svp... ». Diane.

 


 

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Je suis Giuseppe  –  5:22’

 

5 mai 2015

Même commentaire de Diane que ci-dessus.

 


 

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Rien ne rend plus aveugle que ce que l'on voit uniquement avec les yeux  –  2:41’

 

29 décembre 2015

Même commentaire de Diane que ci-dessus, et  

Sa seule demande : « Partagez...que mon histoire fasse le tour du monde pour que ce qui m'est arrivé n'arrive à plus personne. »

 


 

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Les pigeons de Beaubourg  –  2:06’

 

 

6 mars 2016

« Giuseppe ne s’intéressait pas spécialement aux pigeons, jusqu'à ce qu'il apprenne que la mairie voulait les exterminer. Alors, il s'est mis à les nourrir. La mairie l'a prévenu : s'il continuait, on lui supprimerait son logement à loyer modéré. Mais il a continué, et on l’a jeté à la rue. »

 


 

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Puisque c’est un délit désormais de nourrir les pigeons (pas qu’à Beaubourg), Giuseppe paie ses amendes – tant par mois, à une mairie qui les gaze. Coût : ± 6 € par pigeon gazé. Ainsi, qu’il le veuille ou non, c’est avec l’argent de Giuseppe qu’on extermine ses protégés. Belle métaphore du monde comme il va.

 

LIENS

https://blogs.mediapart.fr/edition/sans-abris-sdf-exclus/...

https://credopigeons.wordpress.com/2016/10/16/sos-pour-gi...

 

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Ceux qui s’occupent de l’un s’occupent aussi des autres

 

Mineurs isolés étrangers : quand l’investigation prend le pas sur la protection

Entraides citoyennes  20 novembre 2016

 

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20 novembre, journée internationale des droits de l’enfant.

Pour rappel :

Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE, Assemblée Générale des Nations Unies, 20 novembre 1989) article 20 §1 :

« Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial, ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans ce milieu, a droit à une protection et une aide spéciale de l’État. »

Observation générale n°6 du 1er septembre 2005 relative à l’article 2 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant :

« Les obligations qui incombent à un État en vertu de la Convention s’appliquent à l’intérieur de ses frontières, y compris à l’égard des enfants qui passent sous sa juridiction en tentant de pénétrer sur son territoire. La jouissance des droits énoncés dans la Convention n’est donc pas limitée aux enfants de l’État partie et doit dès lors impérativement, sauf indication contraire expresse de la Convention, être accessible à tous les enfants – y compris les enfants demandeurs d’asile, réfugiés ou migrants – sans considération de leur nationalité, de leur statut au regard de l’immigration ou de leur apatridie. »

 

8h du matin, il fait froid, A. a rendez-vous pour une évaluation sociale à la Mission d’Accueil des Mineurs Isolés Étrangers du Conseil Général de l’Essonne qui permettra de déterminer s’il est ou non un mineur non accompagné (anciennement isolé étranger) et qui déclenchera ou non une prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance. Il a peur. Il ne sait pas exactement où il se rend ni trop pourquoi il s’y rend. Il croit venir demander l’asile. Mais il a déjà demandé l’asile à Paris dit-il. Non, il s’est rendu au Dispositif d’Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers géré par la Croix-Rouge où il s’est vu notifié d’un refus. Il n’a pas compris. Évidemment, il n’a pas compris, pourquoi devrait-il raconter son histoire pour prouver qu’il est mineur, ça n’a pas de sens… À vrai dire, plus rien n’a de sens, tout ce qui lui importe désormais c’est d’obtenir un toit et de pouvoir manger à sa faim, après avoir passé plusieurs jours à errer dans les rues de Paris. 

A. a 15 ans, il arrive d’Afghanistan, seul. Il a quitté sa famille, sa maison, sa ville, son enfance, il a traversé mers et montagnes, voyagé à pied, en train, en bus ou caché à l’arrière d’un camion pour venir se réfugier en France. Ses raisons, elles nous importent peu, son histoire, elle nous regarde peu, ce qui compte aujourd’hui à cet instant c’est qu’il a 15 ans et qu’il est seul. Il a tout laissé derrière lui, tout ce qui constituait sa vie, pour une autre qu’on lui a promis bien meilleure mais qui tarde à se montrer. Ils sont nombreux, semblables à A., pour qui l’espoir, vendu au prix fort, s’est transformé en cauchemar. Ils déambulent, se laissent porter par les évènements, sans laisser de traces visibles, tant, qu’ils deviennent presque invisibles. Pourquoi ? Parce qu’il faut prouver son âge, il faut prouver l’isolement, la vulnérabilité, il faut rentrer dans une case dont les contours semblent insaisissables.

Lire la suite…

Source : http://entraides-citoyennes.org/mineurs-isoles-etrangers-...

 

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Ceci est vieux de plusieurs mois. Rappelons qu’au moment de la grande vague migratoire de l’an dernier en provenance de l’Est, plus de dix-mille enfants ont disparu quasi du jour au lendemain après avoir été enregistrés par les polices de l’espace Schengen.

Où sont-ils ? Dans quelles mains ?

Sont-ils gazés comme les pigeons, vermine indésirable ?

Ceci n’est qu’un écho en passant. Le problème est énorme et s’en accomoder passivement est indigne.

Site à suivre en tout cas :

 

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Aide inconditionnelle aux sans-abris, sdf et exclus

http://entraides-citoyennes.org/

 

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« Dispositif d’évaluation »

 

Le citoyen lambda sait-il bien ce que ces mots signifient ?

Il en a été question ici-même, il y a peu, à propos d’un livre de M. Günter Grass (Toute une histoire), qui a vu cette invention à l’œuvre dans son pays au moment de la « réunification » des deux Allemagnes, ceux d’Allemagne de l’Est ayant été, selon lui, systématiquement « évalués pour être dévalués ». Invention néfaste, donc, par quelque bout qu’on la prenne.

Ce qu’il ne précise pas dans son livre, c’est que les évaluateurs (pour lui « occidentaux ») étaient en l’occurrence la BERD, alors présidée par M. Jacques Attali, modeste inventeur de la chose.

 

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73 à présent et mentor de Petit Micron

 

Pour une fois, nous empruntons quelque chose au Monde Diplomatique

Juger les juges

Qui évaluera Jacques Attali ?

par Louis Pinto 

 

 

 

Lévaluation se présente comme une technologie avancée permettant de rompre avec un passé routinier. Elle débouche sur une cartographie où tout le monde est identifié, situé et, le cas échéant, exhibé au regard public, de l’opérateur sur écran d’ordinateur jusqu’aux ministres, en passant par les professeurs, les chercheurs, les policiers. A chacun selon ses mérites… Avec de la bonne foi et de l’ingéniosité, on peut parvenir à des standards indiscutables : il y a des patrons qui « créent de la valeur pour l’actionnaire », des vendeurs qui vendent, des universités, des lycées plus demandés que d’autres, et, enfin, des « perdants » qui perdent de l’argent.

Mais que mesure-t-on vraiment ? Tant qu’on ne s’interroge pas sur la fabrication des critères d’évaluation, on risque de consacrer de fausses évidences : la réussite prouverait de la valeur, laquelle s’exprime dans la performance. La tautologie (celui qui réussit est ipso facto le meilleur) prend la forme trompeuse d’une proposition dotée de contenu.

Pour mieux comprendre ce qu’il en est, on peut s’essayer à l’exercice auquel nous invite ce pousse-au-crime qu’est Jacques Attali : évaluons Jacques lui-même (appelons-le ainsi pour garantir l’anonymat et l’équité), auteur du récent rapport Attali (1), qui prône, entre bien d’autres choses, un usage intensif et extensif des procédures d’évaluation (2). Une telle idée ne lui serait assurément jamais venue, tant la certitude de se voir mis au premier rang aurait froissé la modestie d’une personnalité louée par M. Nicolas Sarkozy autant que par Mme Ségolène Royal. Mais essayons...

Jacques s’est lancé, comme éternel ancien petit génie sorti de Polytechnique, dans toutes sortes d’occupations politiques, économiques, intellectuelles et autres. Faut-il évoquer le rôle de l’ancien conseiller du président Mitterrand dans l’émancipation des couches populaires, le renforcement politique du Parti socialiste, ou, au contraire, son rôle dans le tournant de la rigueur de 1983, l’abandon des dogmes à coloration étatiste, dirigiste, marxiste ? D’emblée, nous voilà arrêtés par une difficulté préliminaire : selon ce qu’il tient pour un mérite ou pour un défaut, l’évaluateur se voit renvoyé vers l’archaïsme d’une gauche attardée à la défense des classes populaires ou vers un modernisme sans droite ni gauche qui ne connaît que les « challenges » de la compétition économique. Comment choisir ? Ou plutôt : comment ne pas voir ce qu’il faut choisir si l’on connaît un tant soit peu d’économie et d’anglais ?

Au passage, un autre présupposé serait à élucider : la constance politique est-elle vraiment une vertu, ne serait-elle pas plutôt un symptôme de blocage ? Là aussi, le choix révèle le point de vue : d’un côté, ceux qui s’entêtent dans la fidélité à des principes robustes ; de l’autre, ceux qui apprécient la mobilité, l’ouverture, le changement. Comment hésiter ?

Peut-être sera-t-il plus aisé d’évaluer notre grand évaluateur sur le terrain d’excellence de l’évaluation, celui de la gestion économique. Entre autres fonctions, Jacques a présidé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), créée en 1990 pour hâter l’immersion des pays de l’Est dans le grand bain de l’économie de marché. On remarquera trois choses : la nomination fut moins liée aux talents de banquier du candidat qu’à la capacité du président François Mitterrand de l’imposer à ce poste ; le bilan a été controversé ; apparemment soucieux de son confort propre autant que du développement des pays de l’Est, Jacques a dû démissionner en 1993. Dans de telles affaires, la réussite ne peut se décider à la façon d’un résultat sportif. L’évaluateur évalué et malmené pourrait s’interroger sur les recours dont dispose un évalué de rang modeste face à ce qu’il tient pour des erreurs de jugement.

Quant aux sociétés de conseil fondées par la suite, comme Attali & A, faut-il imputer leurs bénéfices au génie entrepreneurial du patron ou bien à son impressionnant réseau de relations tissé à l’Elysée ? Ce qui conduit à se prononcer sur la question de savoir si le capital relationnel doit être pris en compte, ou non, dans l’évaluation de l’action d’un dirigeant, quitte à estimer que ce pourrait bien être là son seul mérite.

Que dire de Maître Jacques le penseur, auteur d’innombrables livres sur des sujets les plus divers ? Là aussi, on peut osciller entre des options opposées selon que l’on prend l’auteur pour un esprit brillant et universel ou pour un peintre du dimanche non dénué de toupet. Comment trancher ? Par exemple, en envoyant son livre sur Marx aux meilleures universités américaines, celles du classement de Shangaï, qui fascine notre postulant à l’évaluation, pour être jugé par les spécialistes « incontestés » du marxisme (3). On mesurerait alors la part de l’originalité, de la profondeur et celle du délayage, de la deuxième main, du plagiat (cela a été affirmé) et du faux-semblant. Puis on demandera à ces experts s’ils recruteraient un tel chercheur pour quatre ans, davantage – ou pas du tout.

Supposons maintenant que Jacques ne soit pas le meilleur dans tous ces domaines. A quel type de sanctions se trouverait-il exposé ? Il y a des seuils dans l’espace social où les profits varient sans être jamais négatifs. Le capital dont dispose une « personnalité » tient à la force sociale que lui assurent ses liens à des milieux économiques, patronaux, politiques, médiatiques. Par exemple, un livre signé de pareille plume étant presque toujours salué comme un « événement » par la presse « unanime », on voit mal ce qu’il faudrait faire pour démériter. Le propre d’une telle personnalité est d’échapper à la mesure objective, ou, si l’on préfère, de ne connaître que des mesures sur mesure.

Une illustration intéressante de nos jours est donnée par la fonction de maître-d’œuvre de rapports officiels (MM. Alain Minc, Edouard Balladur, Michel Camdessus, etc.) commandés par le pouvoir politique pour mettre en forme des « recommandations » déjà présentes en pointillé dans la lettre de mission. Les personnalités concernées apparaissent d’autant plus « indépendantes » qu’elles combinent les figures indéfinies du « sage » et de l’« expert ». Qui évaluera une telle combinaison ? Réponse : le pouvoir politique.

Si Jacques Attali (levons l’anonymat) n’est pas un cas particulièrement original, il présente toutefois le mérite de révéler le contraste entre l’avidité à évaluer les autres et le traitement de faveur réservé à ses propres performances. Il suggère aussi des questions plus générales. Qu’est-ce qu’un patron ou un homme d’Etat performant et créatif ? Dans leur autoévaluation, les groupes dominants sont toujours portés à faire valoir des qualités personnelles impondérables et, simultanément, à assujettir les membres des groupes les plus modestes à des exigences strictes de mesure (adresse, rapidité, docilité et/ou initiative…).

Qui sera juge des juges ?, se demandait Pierre Bourdieu face aux dérisoires palmarès d’intellectuels publiés par la presse. Les luttes pour les classements sont une dimension essentielle des luttes sociales. A vouloir l’ignorer, on contribue à naturaliser les verdicts des dominants. Les « meilleurs » sont présumés être les plus intelligents, les plus courageux et peut-être – qui sait ? – les plus doués génétiquement.

Si l’on ne peut s’abandonner à l’utopie d’une absence de classement, du moins serait-il avisé de réfléchir aux conditions dans lesquelles l’évaluation peut échapper à l’arbitraire des relations de force. Dans des disciplines scientifiques où existe un savoir contrôlé, validé, la seule source d’évaluation légitime est celle des pairs. Ce n’est pas un président d’université, un journaliste, ou un « expert » qui décidera qui est bon mathématicien, c’est un mathématicien. Dans d’autres univers exposés au conflit et au débat, des critères univoques seraient irrecevables. Si toute mesure enferme des présupposés politiques, on peut les expliciter. Des économistes ont ainsi proposé des solutions de rechange aux indicateurs dominants en évaluant les politiques au moyen de critères qui rendent compte de la santé des individus, des inégalités sociales, etc.

« Ou on est bon ou on n’est pas bon » : mieux vaut ne pas s’en tenir à cet adage de décideur, tellement sommaire qu’il n’est pas aisé, on l’a vu, de l’appliquer à Attali, même si l’on a une petite idée.

Louis Pinto

Directeur de recherche. Auteur, entre autres, de La Vocation et le Métier de philosophe. Pour une sociologie de la philosophie dans la France contemporaine, Seuil, Paris, 2007.

Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/PINTO/15817

 

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Mis en ligne le 23 mars 2017

 

 

 

 

17:52 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/03/2017

TALLEYRAND AUJOURD'HUI

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Cirque électoral hexagonal - III

 

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 3. Manuel de Diéguez xxx.JPG

 

Talleyrand aujourd'hui

 

1 - Talleyrand dans la tourmente
2 - Un collaborationnisme messianisé
3 - Sorciers et magiciens
4 - Le gaullisme et le mythe démocratique

 

1 - Talleyrand dans la tourmente

Le 30 janvier 1649, le grand peuple anglais exécutait son roi, Charles 1er pourtant censé avoir été choisi par le ciel. Le 21 janvier 1793, la France décapitait à son tour un roi réputé avoir été désigné par la volonté expresse du créateur de l'univers.

Pour comprendre une révolution psychobiologique de ce calibre, il suffit de se représenter le traumatisme cérébral que serait de nos jours l'exécution, par la volonté du peuple souverain, du roi du Maroc, tenu pour le continuateur du prophète Muhammad. Aussi, en 1814, la victoire sur la France des dynasties sacrées de toute l'Europe avait-elle servi d'assise anthropologique à la guerre contre la Révolution française.

Il était donc décisif de savoir si, à la suite de la défaite de Napoléon à Waterloo, les vainqueurs de 1814 valideraient derechef le principe de la légitimation divine des monarchies de l'époque. Prendraient-elles la suite d'Attila, des Huns, des Mongols, des Wisigoths, pour se repaître de la victoire de leurs armes sur une France vaincue? Se montreraient-elles fidèles au combat dont ces monarchies avaient affiché ostensiblement l'emblème depuis un quart de siècle? Piétineraient-elles leurs propres principes de légitimation divine du pouvoir politique, et cel au seul nom de la victoire de leurs armes sur le champ de bataille?

 

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Talleyrand au Congrès de Vienne

 

L'actualité mondiale de Talleyrand au XXIe siècle tiendra au fait qu'il a aussitôt pris appui sur un principe, celui, à l'époque de la légitimité dite céleste de la dynastie des Capétiens. Il a fermement opposé cette mythologie aux alliés victorieux. Allaient-ils porter le harnais de la trahison de leur propre principe et le fardeau de la peur d'un éventuel retour des idées républicaines? Plieraient-ils l'échine face à la loi de fer des barbares triomphants?

 

2 -Un collaborationnisme messianisé

Oui ou non la victoire américaine de 1945 légitime-t-elle l'occupation éternelle de l'Europe par cinq cents bases militaires? L'Europe écoutera-t-elle la voix d'un Talleyrand d'aujourd'hui? Rappellera-t-il à l'Europe asservie que "tout ce qui est excessif est insignifiant" et que le joug du Pentagone sur l'Occident européen depuis soixante-dix ans sera condamné à l'insignifiance?

Insignifiance de la décision de réunion des quatre nations les plus peuplées d'Europe: l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie et demain, du Portugal à son tour, d'aller de l'avant, puisqu'aussi longtemps que le principe de la présence militaire éternelle des armées d'occupation du Nouveau Monde sur le continent européen exclut toute possibilité sérieuse de conduire un jour la civilisation de Copernic et de Darwin aux retrouvailles avec sa souveraineté.

L'Europe d'aujourd'hui, dirait Talleyrand, ne sera jamais que l'otage du premier empire militaire mondial, puisque le principal ressort de la capitulation de la civilisation de la pensée logique n'est autre que sa volonté ostensiblement affichée ou feutrée de brandir son propre assujettissement sous le masque d'une Liberté trompeusement universalisée. "Le débarquement du 6 juin 1944, ç'a été l'affaire des Anglo-Saxons, d'où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s'installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s'apprêtaient à le faire en Allemagne", confiait le Général de Gaulle à Alain Peyrefitte, alors ministre de l'information.

C'est pourquoi le Général refusa toujours de commémorer le débarquement "américain" du 6 juin 1944, en dépit de la pression du Premier Ministre, Georges Pompidou: "La France a été traitée comme un paillasson! Churchill m'a convoqué comme un châtelain sonne son maître d'hôtel", ajoutait le Général de Gaulle. (Cité par Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, tome 2, Édition de Fallois, Fayard 1997 - pages 84 à 87

Lorsque l'actuel Président de la République française, M. François Hollande, en visite d'Etat aux USA le 11 février 2014, a été menacé publiquement, lors d'une conférence de presse "commune", qu'une "tonne de briques" se déverserait sur sa tête s'il n'obéissait pas aux ordres de l'administration américaine qui interdisait à la France tout commerce avec l'Iran, il n'a pas bronché et l'Airbus présidentiel est sagement demeuré sur le tarmac dans les heures suivantes.

Le génie de l'empire militaire américain aura été de proclamer démocratique un collaborationnisme européen ennemi du patriotisme et de la dignité des nations du Vieux Monde. En patriote lucide, le Général de Gaulle, dénonçait l'humiliation de la France en ces termes: "Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l'avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis " (Général de Gaulle, Ibid)

Voir : Naissance, croissance et agonie de l'Europe américaine , 20 janvier 2017

 

3 - Sorciers et magiciens

Prenons l'exemple de l'omniprésence et de l'omnipotence du cinéma américain en Europe : deux films, Le Voleur de bicyclette de Vittorio de Sica et Affreux, sales et méchants d' Ettore Scola ne doivent pas faire illusion sur le fond. C'est de sa propre volonté de s'asservir que l'Italie a produit des « westerns spaghetti » depuis quatre générations, c'est de sa propre volonté de s'asservir que le festival annuel du film américain de Deauville est souverainement dirigé sur le territoire français par un Américain, au reste porteur de nos jours de la casquette d'agent électoral d'Hillary Clinton.

Quel serait l'apport décisif d'un Talleyrand du XXIe siècle à une anthropologie critique digne d'une politologie enfin scientifique, donc dotée de la distanciation philosophique d'une science des relations entre des États souverains ?

Cet apport commencerait par renouveler le gaullisme lui-même qui souffre d'une insuffisance de la réflexion anthropologique sur la guerre et la paix de l'homme du 18 juin; car le Général de Gaulle ne cesse de décrire sur le ton de l'étonnement ou de l'indignation qu'« un chat est un chat et Rollet un fripon », comme l'écrivait Boileau, précisément en tant qu'historiographe officiel de Louis XIV.

Voltaire disait que la religion est née de la rencontre d'un fripon avec un imbécile. Mais il ignorait encore que le fripon évoqué est, au premier chef, un sorcier et que la première sorcellerie est celle des fripons dont la forte personnalité leur fait proclamer qu'ils sont informés des ultimes secrets du cosmos. À ce titre, le fripon de Voltaire se révèle un magicien de première force et qui exécuterait fidèlement les volontés d'une divinité. L'empire américain repose sur la friponnerie d'un magicien proclamé au service de l'absolu. C'est pourquoi Voltaire croyait encore en l'existence d'un « horloger »  minutieux du cosmos.

 

4 - Le gaullisme et le mythe démocratique

Depuis des siècles, aucun État ne conteste l'existence de Jahvé, revendiquée par le peuple hébreu, l'existence d'Allah postulée par les peuples du Coran, l'existence réclamée par les chrétiens d'un Dieu composé de trois « personnes » : ils « font avec », comme on dit aujourd'hui. Bien plus, les théologiens respectifs sur lesquels ces trois divinités prennent appui se contentent de rogner subrepticement les prérogatives et les apanages de leurs divinités respectives, afin d'augmenter les pouvoirs de leurs fidèles et d'aboutir à un modus vivendi de nature à satisfaire les intérêts des deux parties.

Rien de tel avec les négociations que l'Angleterre ouvre en ce moment avec l'Europe : la question des relations de tout ce beau monde avec l'OTAN sera purement et simplement effacée des tablettes de Clio. La vassalisation du Vieux Continent se trouve tellement avancée que personne ne soulèvera la question de nos attaches avec le sceptre et le joug du Pentagone.

Telle est la question que Talleyrand pose fermement et même rudement aux successeurs aveugles du Général de Gaulle, telle est la question qui se posera inévitablement, à l'Europe parce qu'il n'a jamais existé de politique réelle qui ne se trouve contrainte de préciser la nature et le statut des nations.

Aujourd'hui, Talleyrand nous rappellerait qu'aux yeux du pseudo apostolat démocratique américain, l'empire du dollar et du Pentagone sont les nouveaux horlogers de l'univers. Si le « Diable boiteux » avait guidé les pas du Général, il aurait expliqué aux Français combien il est naturel et inévitable, hélas, qu'un vainqueur exploite au mieux sa victoire et que la vraie victoire de l'empire américain n'est autre que le consentement de tout le monde au débarquement dans les consciences d'un messianisme faussement protecteur et d'une démocratie prétendument salvifique.

Non, aurait dit un de Gaulle à l'écoute de Talleyrand, l'histoire n'est pas un théâtre du salut universel, l'histoire réelle du monde n'est pas celle d'un apostolat mondial du concept de démocratie. L'histoire réelle est celle qu'écrivent les grands visionnaires et les grands réalistes du destin des nations. Mais si vous ne connaissez pas les ressorts psychobiologiques de l'adversaire, comment vous défendriez-vous ? Le Général chinois Sun-Tsu faisait de la connaissance de l'adversaire la clé de la victoire.

Au lieu de cela, les pseudo gaullistes d'aujourd'hui ne cessent de démontrer que De Gaulle était gaulliste au sens qu'ils donnent à ce mot aujourd'hui, c'est-à-dire au sens limité d'un gaullisme soumis au seul concept de démocratie auquel le pseudo « libérateur américain » serait le modèle. A leurs yeux, l'Amérique serait devenue impériale et impérieuse par on ne sait quelle dérive inexplicable de ses idéaux originels.

En vérité, le premier exemple du baptême de la démocratie dans une théologie se trouve dans Tite-Live : après avoir assassiné leur roi Numa Pompilius, le Sénat romain l'avait fait descendre des nues sous les traits d'une divinité chargée de prophétiser l'avenir planétaire de l'empire romain et, depuis lors, on a vu les empereurs se légitimer à seulement proroger d'année en année leur titre officiel de premier Consul.

La réflexion sur le génie politique de Talleyrand nous conduira bien au-delà du gaullisme falsifié d'aujourd'hui : à un regard transfreudien sur la condition humaine en tant que telle et à une psychanalyse anthropologique des mythes religieux que j'ai explicitée le 12 avril 2005 à propos de la mort du pape Jean-Paul II.

Voir : A propos de la mort sacrificielle de Jean Paul II, 12 avril 2005

Il n'est plus possible de retarder l'aiguille du temps sur l'horloge du monde qu'on appelle l'histoire : dans quinze jours j'évoquerai les ressorts financiers et bancaires d'un Occident divisé entre l'empire des Rothschild et celui d'une banque américaine, dirigée par Mario Dragui, ancien cadre de Goldman Sachs, et baptisée banque centrale européenne.

Le 17 mars 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

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Il ne fallait pas nous tenter…

 

 

Notons la date de réalisation de ce film : 1948.

 

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M. Tout à tous (caricature d’époque)

 

 

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M. Dupont-Aignan à la cour du roi Ubu

Rédaction – Les Grosses Orchades 20 mars 2017

 

C’était, ce samedi, au tour du candidat de Debout la France de s’y coller. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il aurait bien fait de le rester… debout.

Figurez-vous un hall de gare, non, d’aéroport. Grand. Vide. Décor absolument grotesque pour montrer un entretien entre deux personnes, au milieu duquel trône, à l’aise et bien cadrée, une créature de sexe apparemment féminin.

Parenthèse : où est-il le candidat qui s’écriera en entrant : « Hé, ho, c’est président de la république que je veux faire, pas meneuse de revue aux Folies Bergères ! C’est quoi, ce burdel ? » (Nous le disons en polonais pour respecter les convenances.)

Bon. Passons. M. Dupont-Aignan est trop bien élevé. Ne dit rien. Et s’assied. Quiconque a lu ses premiers polars dans les années cinquante sait ce qu’était une sellette sous l’ancien régime, une fois adaptée aux commissariats pré-modernes où le prévenu devait s’asseoir sur une chaise branlante penchant vers l’avant car il importait qu’il fût mal à l’aise aussi bien physiquement que moralement, dès l'abord mis à sa place de déchet. Et pas besoin d’insister sur l’ampoule à 200 watts dans les yeux pendant que l’interrogateur-tortionnaire se prélassait à la fois dans l’ombre et dans son fauteuil.

Il a eu droit à ça, M. Dupont-Aignan. Recroquevillé sur sa sellette d’interrogatoire, les jambes repliées sous lui comme un marmot dans une chaise haute et, bien sûr, filmé latéralement, de manière à lui enlever d’avance non seulement toute autorité mais toute dignité même. Le procédé, cousu de cordes de navire est d’une grossièreté insigne, mais faire dans la dentelle n’est pas requis par le cahier des charges.

Là-dessus la créature lui pose pour la forme une question à laquelle le malheureux essaie naïvement de répondre, pour être aussitôt interrompu avec maestria, car il ne faudrait pas que les figurants s’imaginent qu’on les distribue dans des rôles à répliques.

Et en voiture Arthur, pour une séance d’humiliation publique bien rodée – ne vous y trompez pas : on les élève exprès pour ça, drillés à mort ils sont, comme des athlètes sur un tapis roulant, à interrompre le moindre gêneur, pour ne rien dire mais avec volubilité et sans reprendre leur souffle, un peu comme le brouillage nazi de Radio Londres pendant la guerre, vous voyez ?

M. Dupont-Aignan, reconnaissons-le, s’est battu, aussi vaillamment que la chèvre de M. Seguin, pendant une douzaine de minutes, avant de quitter la scène en ramassant autour de lui les pans de sa dignité mise à mal. Mais sa sortie, qui aurait dû être sèche et cinglante, ne le fut pas pour cause de décor prévu pour empêcher ces éventualités.

 


 

On imagine le grand Pierre Brasseur (qu’on a vu un jour jouer Le Diable et le Bon Dieu sous les boules puantes d’une salle truffée de scouts spécialement rameutés pour empêcher son spectacle), on l’imagine à la place du candidat, commençant par flanquer à la pétasse une volée de baffes pour lui apprendre à vivre, tirant la langue à la caméra et sortant majestueusement par le fond. Se déculottant même, pour peu qu’il eût été dans un bon jour.

Les candidats – M. Dupont-Aignan et les autres – doivent cependant savoir qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et qu’on n’a pas attendu la télévision palotine pour noyer les orateurs indésirables sous toutes sortes de huées, cris d’animaux, ricanements sardoniques, raclements de pieds et autres bruits incongrus. M. Mendès-France, pour ne citer que lui, en a su quelque chose le jour de son ultime intervention à l’Assemblée. Marat, deux siècles auparavant, en avait eu lui aussi quelques échantillons, qui écrivit un jour, dans L’Ami du Peuple : « Lasource a cassé trois sonnettes, mais j’ai parlé. » Lasource était le président de séance d’alors, plutôt favorable aux puissants du jour qu’aux empêcheurs de tripoter en rond.

Méditez l’anecdote qui suit, MM. les candidats encombrants :

Un jour que le hourvari était à son comble et menaçait de ne jamais finir, Marat sortit de son habit un pistolet dont il se mit le canon sur la tempe et il s’écria : « Si vous ne me laissez pas parler, je tire. »

Silence de mort.

Si quelqu’un avait osé dire « Chiche ! » et qu’il n’eût pas tiré, il était fini, irrémédiablement discrédité.

Personne n’a osé. Et Marat a parlé.

C’est un grand classique, mais tout le monde  ne le connait pas.

Nous, ce qu’on en dit, ce n’est pas pour donner des conseils.

 

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Aux antipodes : Quand le président Bachar Al-Assad  accorde une interview, c’est toujours à la spartiate : deux fauteuils face à face et une caméra au milieu, l’intervieweur posant des questions et attendant poliment que le Président ait fini d’y répondre. Même Charlie Rose de CNN, c’est dire ! Autre pays, autres mœurs.

 

 

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L’OTAN et l’élection française

Rédaction – Les Grosses Orchades 20 mars 2017

 

8. Ubu en bateau animé GIF.gif

La merdre qu'on voit danser le long des golfes clairs… La merdre a des reflets changeants, sous la pluie…

 

Commençons par répondre à une question de notre lectrice-fétiche Sémimi : Non, nous ne faisons pas campagne pour M. Asselineau. Mais nous avons pensé, peut-être à tort, qu’à un candidat venu de la droite avec les états de service qui sont les siens, « on » permettrait peut-être, qui sait, d’amorcer un début de reflux sur le plan intérieur, un peu à la manière de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord justement.

Quant à sortir de l’Europe, cela reste à voir, mais sortir de l’OTAN, certainement pas. Ni ce candidat, ni les deux autres qui disent le vouloir ne le peuvent, et ils le savent.

 

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est un avertissement qui s’étale clairement aux portes  de cette organisation. Ceux qui ne l’y ont pas vue doivent changer de lunettes. L’OTAN est un enfer non pas de l’autre monde mais de celui-ci.

On ne sort pas de l’OTAN.

Supposons M. Asselineau, M. Mélenchon et Mme Le Pen membres d’un gouvernement de coalition et décidant de concert d’en faire sortir la France. Que croit-on qu’il se passerait ? La France se retrouverait sur l’heure dans la situation où se trouve aujourd’hui la Roumanie, laquelle ne va pas tarder à se trouver dans la situation de la Syrie, pour peu que son gouvernement de gauche s’obstine à vouloir réduire les injustices sociales les plus criantes et sortir de l’organisation terroriste, engagements sur lesquels il s’est fait élire.

Une preuve ?

Le Montenegro vient tout juste d’entrer dans l’OTAN.

À  Washington, M. Rand Paul, sénateur républicain du Kentucky, a aussitôt fait part au Congrès de son malaise à voir les USA intégrer de force dans cette organisation un petit pays dont plus de 60% de la population ne le voulaient pas. Il craint que cette torsion du bras dans le dos n’abîme davantage encore l’image de son pays dans le monde, en quoi il n’a pas tort.

Aussitôt, jaillissant comme un diable à ressort de sa boîte, M. John McCain, sénateur républicain de l’Arizona, l’a accusé d’être payé par Vladimir Poutine pour trahir son pays.

M. Rand Paul, sans trop s’émouvoir, a estimé – à notre avis charitablement – que M. McCain était gâteux, qu’il était une publicité vivante pour le respect obligatoire des dates de péremption et qu’à plus de 80 ans, il serait souhaitable qu’il prît sa retraite.

M. McCain, qui a la fibre patriotique, sauf pour payer ses impôts, a fini de péter les plombs en réclamant la mise en accusation – et pourquoi pas l’arrestation – du traître. (« Rendez-vous au tribunal ! », lui a tweeté un équipier de Rand Paul… en russe.)

Sur quoi quelques-uns de leurs collègues ont commencé à se demander si, en effet, M. McCain ne contrevenait pas à l’article 19 de la Constitution, lequel interdit à tout sénateur d’en calomnier publiquement un autre.

Et l’opinion US (et pas seulement), merdias en tête, de se passionner pour cette guerre des boutons dans un tout nouveau bac à sable. L’article 19 fait fureur.

Et le Montenegro ?... C’est qui le Montenegro ? C’est où ? Pfffttt !

 

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Pays infiniment petit comme on le voit, mais qui donne à l’OTAN accès à l’Adriatique par-dessus la Serbie

 

La sortie de quiconque de l’OTAN ne peut se concevoir que par sa fin.

Or, la fin  de l’OTAN n’est possibble que de deux manières :

- soit l’organisation terroriste – qui en meurt d’envie – succombe à la tentation de frapper « préemptivement » la Russie au nucléaire et celle-ci gagne la guerre à un prix qu’on n’ose même pas imaginer, non sans que l’Europe ait été rayée de la carte, Montenegro inclus, qui pourtant ne voulait pas en être ;

- soit les États-Unis implosent de façon totale et soudaine ; encore ne faut-il pas écarter l’éventualité qu’un docteur Folamour quelconque prenne, au milieu de l’effondrement, l’initiative individuelle de presser le bouton rouge.

 

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Dans tous les cas : bain de sang.

 

 

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ENFUMAGES

 

Société civile contre démocratie

Fernand Le Pic – ANTIPRESSE 19 mars 2017

 

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A y regarder de près, la « société civile » est un bien étrange vocable. Au sens propre, elle est «l’association des citoyens». N’est-ce pas ce que le sens commun désigne du simple mot de «société» ? En ajoutant «civile» on jouerait implicitement de l’opposition avec d’autres organisations sociales «non civiles», militaires par exemple. C’était notamment l’avis de György Konrad, célèbre dissident hongrois des années 1980, reprenant à son compte les réflexions de Kant, pour qui «civil» désignait un projet politique s’opposant à l’absolutisme d’État. Mais on passera sur l’évolution du sens de ce concept à travers l’histoire. Ce qui nous occupe c’est son acception contemporaine.

 

 Les origines : Soros, déjà...

La «société civile» apparaît dans le langage courant avec la fin du système soviétique. Elle incarne la dissidence contre les dictatures militaires du Pacte de Varsovie. Son premier promoteur fut sans doute Václav Havel. Dans le prolongement de la publication de la Charte 77, déjà financée à l’époque par George Soros, le futur président tchécoslovaque expliquait que la «transition démocratique» devait s’appuyer sur la «société civile», c’est-à-dire sur de nouvelles «structures informelles», destinées à sortir la population de sa léthargie politique postcommuniste (cf. Le pouvoir des sans-pouvoir, 1978). Mais destinées aussi à l’influencer favorablement dans l’adoption du style de vie américain et de son modèle démocratique pétri de Common law. Sans entrer dans les détails techniques, la notion d’une société civile s’accorde d’autant mieux à ce système juridique qu’il conçoit la loi comme immanente, c’est-à-dire comme la volonté non écrite de la société, que le juge a pour mission de révéler au gré des conflits particuliers qu’il tranche. Dans nos systèmes continentaux romano-germaniques, la loi est souverainiste et transcendante, en ce qu’elle encadre explicitement et par avance le modèle de société qu’il lui est donné d’organiser par la codification. Aux anglo-américains la «société civile», aux européens continentaux le « code civil ». L’hégémonie politique passe aussi par la culture du droit.

 

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10 décembre 1989 – Václav Havel – Place Venceslas

 

Mais revenons à Václav Havel, dont les vœux d’une société civile en terres continentales semblent avoir été anticipés et exaucés d’avance par des bienfaiteurs de Common law. Dès avant la chute du Mur, il avait en effet le soutien de Wendy Luers et de son mari Bill, ambassadeur des États-Unis à Prague de 1983 à 1986. Ces derniers l’aidèrent en particulier à réussir le premier test de mobilisation de la société civile en vue d’un regime change en douceur: la Révolution de velours. Ils formèrent Havel à la prise en main de sa première présidence de la Tchécoslovaquie (1989-1992) et créèrent à cette fin, à Prague et New York, la « Fondation pour la Charte 77 », avec à nouveau un financement garanti par leur ami intime George Soros. Rebaptisée plus tard Foundation for a Civil Society, cette structure contribuera à étendre le modèle de la Révolution de velours aux Révolutions de couleurs.

John Glenn, un acteur essentiel de ces processus de transformation politique, aujourd’hui salarié du sénateur John McCain via le McCain Institute for International Leadership, le confirme très ouvertement: « La société civile constitue un corps fluide de mobilisation politique qui articule tous les enjeux des changements de régime ».

Il faut bien entendu à cette société civile des bureaux, du personnel, des moyens de transport et de diffusion des idées et des savoir-faire requis par ces révolutions. C’est le rôle des ONG et autres think tanks ou programmes d’échanges, de bourses d’études et de formation d’experts, qui façonneront à grande échelle les perceptions politiques souhaitées partout dans le monde.

Ces ONG produisent une inflation de concepts américano-compatibles, destinés à être imposés à la classe politique et au monde économique: multiculturalité, tolérance, sociétés ouvertes, dépassement des frontières, gouvernance d’entreprise, principe de précaution, droit d’ingérence, droits des minorités, développement durable, exception culturelle, droit à migrer dignement, théorie du genre, etc. Leur spécificité est de faire de ces notions politiques des revendications morales, des professions de foi qu’il est tout simplement hérétique de contredire. D’où la floraison d’ONG-Watch, des groupes qui inscrivent la police des mœurs et de la pensée dans leur objet social, avec toute la candeur de l’évidence du juste, c’est-à-dire la légitimité autoproclamée de certifier leurs représentations comme seule vérité admissible.

 

Les médias, relais indispensables

Leur influence est aujourd’hui phénoménale, en particulier comme sources d’expertises et gardiennes de «valeurs démocratiques» abstraites qui se décrivent en une nouvelle grammaire de bois. Mais qui leur a donné un tel mandat si ce ne sont leurs financiers? Elles répondent qu’elles n’ont pas de but lucratif et qu’elles défendent des valeurs immanentes, qu’elles seules ont le courage et les moyens d’exprimer, en surplomb du débat démocratique. En réalité, c’est le processus démocratique qu’elles plombent. Lorsque le vote populaire ne leur convient pas, elles l’attaquent et n’hésitent pas à promouvoir la coercition. Sous prétexte d’éclairer, elles dénoncent. Elles ont même le pouvoir judiciaire de porter plainte au nom de leur société civile. A l’audience pénale, elles surajoutent l’audimat, dont elles ont un besoin vital.

C’est en effet la presse qui les fait exister. Il leur faut cette sorte de notaire qui authentifie leurs actes face à un public dont on organise ainsi l’opinion en commun. Mais pour cela, les beaux discours ne suffisent pas. La «Grande écoute» a besoin de conflits et même de violence pour conserver leurs parts de voix. Cela tombe bien car les ONG adorent la violence. Rappelons-nous, leur fonction première est de faire de la «résistance civile» contre tout système politique réfractaire au modèle de leurs sponsors bien-aimés et connus. Il suffit de persuader l’opinion publique qu’une vision politique antagoniste à la leur est une «agression» contre le modèle social idéal qu’elles incarnent, une injustice, une oppression, voire une régression, pour justifier la mobilisation de la «société civile».

Les mises en scènes varient mais les ressorts sont toujours les mêmes: actions spectaculaires et souvent créatives, destinées à toucher les consciences (Greenpeace, Femen, cadavre d’enfant sur une plage turque, etc.)

Le but n’étant pas de débattre dans un rapport de forces politique mais de s’approprier les bonnes consciences, elles font bon usage de la caricature de substitution au réel, déifiée ou diabolisée selon les besoins. C’est ce que Doug McAdam appelle la «dramaturgie stratégique».

 

Action non-violente, vraiment ?

Mais le biais est plus toxique qu’il n’y paraît car la mobilisation de la société civile constitue en soi une forme de violence, lorsqu’elle s’opère au sein d’une démocratie, contre une volonté populaire majoritaire, ou encore dans le but de subvertir les débats afin d’empêcher cette majorité potentielle d’exister. L’élection de Donald Trump et le vote du Brexit sont déjà des cas d’école à cet égard.

Et ce type d’influence s’exerce par des procédés de persuasion sophistiqués qui ont déjà fait leurs preuves dans ces fameux contextes de regime change. Mais au fait, si le recours au concept de «société civile» pouvait se comprendre dans le cadre d’une «transition démocratique» au sortir d’une dictature, pourquoi devrait-on l’imposer au sein d’une démocratie existante qui fonctionne bien?

En réalité ces ONG plénipotentiaires d’une très abstraite «société civile» représentent autant de projets politiques qu’elles ont de catégories de sponsors; c’est-à-dire très peu: le gouvernement américain et la Commission européenne exerçant un quasi-monopole faîtier dans ce domaine. Au sein de nos démocraties anciennes et bien établies, elles sont là pour concurrencer les institutions étatiques dans l‘élaboration de la norme, et le cas échéant s’y substituer. Par exemple, elles abhorrent la démocratie directe qu’elles estiment trop nationale et enracinante, et qui peut faire obstacle à leurs programmes multiculturels et supranationaux. Elles sont bien décidées à venir à bout du droit d’initiative populaire, qu’elles identifient comme une source d’inspiration beaucoup trop rêvée pour tous les «populismes». Les ONG toutes si sympathiques derrière les engagements altruistes de leurs jeunes recrues, formées aux bonnes écoles de pensée, et affublées des titres académiques les plus prestigieux, sont en réalité violentes par essence.

Elles se jouent des harmonies sociohistoriques et culturelles les mieux établies et les plus sereines, qu’elles brutalisent. Elles savent que leurs actions sont susceptibles de déboucher sur des conflits sociaux profonds, a fortiori lorsqu’elles les présentent comme des avancées inscrites dans le sens de l’histoire. Lorsque l’électorat, c’est-à-dire le Souverain, se rebiffe, elles lui opposent la société civile, c’est-à-dire exactement les mêmes personnes mais dont elles ont usurpé la souveraineté et travesti les convictions. Lorsqu’on en arrive aux «solutions d’experts», pire, au désamorçage des conflits par des accommodements imposés, c’est que la mission des ONG est accomplie ou en voie de l’être. Le changement de régime est proche lorsque l’ONG sort l’étendard de la société civile. Même en Suisse, surtout en Suisse.

 

 

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N.B. des Grosses Orchades

Dans l’article d’ANTIPRESSE qui précède celui-ci, que nous ne reproduirons pas (vous n’avez qu’à vous abonner), « Le premier parti », de Pascal Vandenberghe (Cannibale lecteur), l’auteur, par ailleurs très intéressant, dit au passage ceci :

« Si la démocratie a un avenir, c’est très certainement dans un système de démocratie directe ou semi-directe, en lieu et place d’un système fermé, jacobin, centralisé, dans lequel les politiques forment une caste de professionnels incapables d’entendre les attentes de la population, et a fortiori d’y apporter les réponses pertinentes et efficaces. »

Nous aimerions que les auteurs – ils sont  nombreux ! – qui emploient à tort et à travers le mot « jacobin », généralement accolé d’épithètes péjoratives comme « centralisé », « fermé », etc., disent une bonne fois pour toutes ce qu’ils entendent par là ou que, plus honnêtement, ils s’abstiennent de se servir en guise de repoussoir d’un mot dont, à l’évidence, ils ne connaissent pas le sens, ni l’histoire.

 

 

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Moyen Orient

 

Hassan Nasrallah : la fin de l'illusion des deux États annonce la libération de la Palestine

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2017, à l'occasion de la commémoration annuelle des dirigeants martyrs (VOSTFR)

 


 

Transcription

Eh bien, le deuxième point est la question israélienne du point de vue palestinien.

Que se passe-t-il actuellement ? Israël poursuit le processus de judaïsation au maximum. La judaïsation d'Al-Quds (Jérusalem), l'expulsion de ses habitants, (la construction de) davantage de résidences et de colonies pour modifier son identité et la séparer de la Cisjordanie, jusqu'à l'interdiction de l'appel à la prière, projet du gouvernement de Netanyahu adopté par la Knesset, jusqu'à la loi légalisant le vol de terres palestiniennes en Cisjordanie, avec en cours la construction de milliers de résidences en Cisjordanie, la continuation quotidienne des assassinats, des arrestations et des démolitions de maisons, la destruction des champs, et maintenant, avec Trump, l'évocation du déplacement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv vers Al-Quds (Jérusalem). L'importance de ce point serait la confirmation d'Al-Quds comme capitale éternelle de cette entité usurpatrice. 


L'abandon américain de la solution à deux Etats a une signification pour nous en tant que Résistance. Mais cette solution représentait le seul espoir pour la voie des négociations et pour ceux qui croient en cette voie. Les Américains, Trump a dit hier qu'ils ne feraient pas pression sur Israël. Laissons les Palestiniens négocier directement et s'entendre (avec Israël). Qu'est-ce que cela veut dire ? « Débrouillez-vous et bonne chance. » 


Israël, sans pression américaine, sans pression internationale, sans pression arabe, sans aucune pression, ces sionistes-là, avec leur culture, leurs ambitions, leurs appétits, leur mépris et leur arrogance, ceux-là donneraient-ils (d'eux-mêmes) aux Palestiniens ne seraient-ce que des miettes via des négociations ? Voilà ce que cela signifie (« Débrouillez-vous »).

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/03/hassan-nasrallah-la...

Traduction et sous-titres : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

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Et il y en a deux !

Notre faute, on est toujours à la bourre.

Mais on ne saute pas un discours de Nasrallah.

Allez-y doucement : un par jour.

 

Hassan Nasrallah : l'Axe de la Résistance triomphe en Syrie, Israël panique

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 18 mars 2017, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Fatima al-Zahra (as), journée de la femme

 

Section politique du discours


 

Transcription :

Aujourd'hui, ou (plutôt) ces jours-ci sont de fait une occasion (particulière), à savoir que les événements en Syrie et la guerre menée contre la Syrie sont entrés dans leur septième année. C'est-à-dire que six ans se sont écoulés, avec tout ce qu'ils contiennent en fait de souffrances, guerres, complots, confrontations et sacrifices de vies humaines. Avec la fin de la sixième année et le début de la septième, nous nous devons de nous arrêter brièvement, en cette occasion, car elle nous concerne également en premier lieu.

 Tous ceux qui se sont réunis dans les premiers mois du début des événements il y a six ans en fait de forces étatiques, de grandes puissances, de pays régionaux qui se sont réunis, 140, 130 ou 120 pays, sous le nom des « Amis de la Syrie » et qui ont comploté, faisant tout ce qu'ils pouvaient (contre la Syrie). Ils ont parié sur leur capacité à s'emparer de la Syrie en 2 ou 3 mois en 2011. Aujourd'hui, avec la fin de la 6e année, ils sont face à une vérité sanglante et douloureuse, à savoir la déroute, l'échec. Après 6 ans, ces grands pays puissants et importants du monde et de la région en arrivent à un échec, un échec cuisant dans la réalisation de leurs objectifs.

 Durant 6 ans, des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe  - la Turquie n'a pas dépensé d'argent, la France et le Royaume-Uni n'ont pas dépensé d'argent. Tout l'argent qui a financé la guerre en Syrie est de l'argent arabe. Cet argent aurait pu faire disparaitre la pauvreté du monde arabe. Il aurait pu faire sortir la Somalie de la famine, et le Yémen de la famine. Il aurait pu (re)construire les maisons des Palestiniens à Gaza. Il aurait pu raffermir les Palestiniens à Bayt-al-Maqdis (Maison du Sanctuaire / Jérusalem). Cet argent aurait pu garantir des centaines de milliers d'occasions d'emploi des jeunes arabes au chômage. Il aurait pu mettre fin à l'illettrisme de centaines de millions, malheureusement, des dizaines de millions d'hommes et de femmes dans le monde arabe qui sont illettrés. Pas un seul dollar n'a été dépensé pour ces problèmes, mais des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe ont été dépensés pour la guerre en Syrie, contre la Syrie, son régime, son Etat, son armée et son peuple, et contre l'Axe de la Résistance en son sein.

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Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/03/hassan-nasrallah-la...

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

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L’AIPAC a donné 60.000 $ à l’architecte de l’interdiction d’entrée aux musulmans édictée par Trump

Eli Clifton – Information Clearing House16 mars 2017

 

Des déclarations de revenus récemment rendues publiques montrent que le plus grand groupe de pression pro-israélien a subventionné un think tank dont les manigances ont joué un rôle déterminant dans la décision de  l’administration Trump d’interdire l’entrée du territoire aux musulmans.

 

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L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a été remarquablement silencieux sur les lenteurs de l’administration Trump à revenir sur sa flambée d’attaques anti-sémites, menaces de bombardements et nomination d’un ambassadeur en Israël qui a qualifié J Street de « pire que les kapos », ainsi que sur ses liens avec des ethno-nationalistes tels que le stratège de la Maison Blanche Stephen K. Bannon et le haut conseiller Stephen Miller. Mais l’AIPAC a fait plus que tolérer son virage sur l’aile vers l’extrémisme et la xénophobie. Des déclarations de revenus récemment rendues publiques montrent que le plus grand groupe de pression pro-israélien a subventionné le Center for Security Policy  (CSP - Centre pour une Politique Sécuritaire), think tank dont les manigances ont joué un rôle déterminant dans la décision de l’administration Trump d’interdire l’entrée du territoire aux musulmans.

En 2015, l’AIPAC a lancé un lobby en forme d’association sans but lucratif à vocation sociale exemptée d’impôt (« 501c4 advocacy group ») : Citizens for a Nuclear Free Iran (CFNI – « Citoyens pour un Iran non Nucléarisé »). Supposé dépenser 20 millions de $ en juillet et août 2015, ce lobby fut « formé » dans le seul but d’éduquer le public « sur les dangers que faisaient courir les accords US-Iran en cours de négociation », ainsi que l’expliqua son porte-parole Patrick Dorton au New York Times. Le Times rapporta que ce budget de 20 millions de $ allait servir à acheter des espaces publicitaires dans au moins 40 états, ainsi qu’à financer d’autres formes de pression.

De fait, la déclaration fiscale du groupe (consultable ici) révèle que l’entreprise de bourrage de crânes de l’AIPAC a déboursé 18 millions de $ en « dépenses en relations avec les médias », 8,35 millions de $ en « programme de dépenses téléphoniques » et 58.200 $ en « frais d’enquêtes ».

Peu après le lancement du groupe, mon collègue Ali Gharib et moi-même avons remarqué que son site web affichait deux articles faisant la promotion d’un groupe d’opposants iraniens en exil connu comme ex-groupe terroriste, les Mujahedin-e Khalq (MEK = « Moudjahiddines du Peuple »). Le CFNI utilisait même un montage [« b-roll footage »] réalisé d’après une conférence de presse du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), considéré par le Département d’État comme la « branche politique » du MEK (ce qui lui avait valu de figurer sur la liste des organisations terroristes, jusqu’à ce que le MEK en soit lui-même retiré en 2012)          .

Suite à nos efforts pour obtenir quelque commentaire à ce sujet, le lobby de l’AIPAC contre les accords USA-Iran a fait disparaître de son site tout ce qui avait un rapport avec le MEK en invoquant une « erreur de communication », mais le montage vidéo figure toujours dans ses annonces publicitaires et sur Youtube.

Le flirt de l’AIPAC avec des groupes extrémistes semble être allé encore plus loin que l’emprunt au MEK de passages filmés de conférences.

D’autres divulgations fiscales révèlent que le CFNI a versé 60.000 $ à « Secure Freedom », versement référencé « don à un groupe », sous le n° d’identité fiscale 52-1601976. Ce n° d’identité fiscale est celui du Centre pour une Politique Sécuritaire, think tank belliciste dont les activités sont largement consacrées à pousser le gouvernement à augmenter ses dépenses en matière d’armements (il a reçu des fonds de Boeing, de General Dynamics, de Lockheed Martin, de Northrup Grumman, de Raytheon, et de General Electric) et contribue énergiquement à répandre des théories complotistes dépourvues de tout fondement sur l’infiltration du gouvernement US par des musulmans américains et les Frères musulmans.

L’adresse de contact reliée à cette subvention était une résidence privée de la Nouvelle Orléans appartenant à Marsha Halteman, membre du Jewish Institute for National Security Affairs (JNSA). Halteman n’a pas répondu à notre question demandant pourquoi son nom apparaissait en relation avec ce don.

Le chef du CSP est Frank Gaffney, un théoricien de la conspiration islamophobe, qui a prétendu sans le moindre fondement que la collaboratrice de Hillary Clinton, Huma Abedin, l’activiste anti-impôts Grover Norquist et l’ex-collaborateur de George W. Bush Suhail Khan faisaient partie d’un complot des Frères musulmans pour infiltrer le gouvernement US. Il a aussi prétendu que « le croissant et l’étoile islamiques apparaissent dangereusement dans la morphologie du logo de campagne d’Obama et dans celui de la Missile Defense Agency », et il a participé à la création d’un groupe inter-confessionnel visant à soutenir le programme islamophobe de Trump.

Gaffney et la collaboratrice de Trump Kellyanne Conway ont joué un rôle -clé pour amener l’administration Trump à interdire l’entrée du pays aux ressortissants de sept (et maintenant six) pays à populations majoritairement musulmanes.

 

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Kellyanne Conway parlant ici au CPAC 2015 à Washington, D.C

 

En 2015, Gaffney a commandé à la firme de Conway un sondage sur l’attitude générale des musulmans US. Publié en juin 2015, ce sondage prétendait révéler que 51% des musulmans étaient d’avis que « les musulmans des USA devraient pouvoir choisir de vivre sous la char’ia », entre autres découvertes. Mais la méthodologie du sondage était très suspecte, dans la mesure où celui-ci avait consisté en une simple enquête opt-in en ligne (qui pose des questions tendancieuses ne permettant que des réponses affirmatives), méthode que les experts considèrent comme non-fiable. La firme de Conway a elle-même fini par admettre que ses résultats n’étaient pas « statistiquement représentatifs de la population musulmane des États-Unis ».

Mais rien de tout cela n’a empêché Trump de citer le sondage pour justifier sa « totale et complète interdiction aux musulmans d’entrer sur le territoire des États-Unis jusqu’à ce que les représentants de notre pays puissent se rendre compte de ce qui se passe » (7 décembre 2015).

Il est donc plus que possible que les fonds aient servi au CSP à faire du lobbying pour saboter les accords USA-IRAN. Par ailleurs, l’empressement de l’AIPAC à s’acoquiner avec une organisation dont le président, Frank Gaffney, a été dénoncé par l’Anti-Defamation League, le Southern Poverty Law Center et l’American Conservative Union (qui l’ont brièvement exclu de leurs manifestations après qu’il eût accusé des opposants politiques de faire partie d’une conspiration des Frères musulmans) soulève de sérieuses questions quant à l’engagement de l’AIPAC à combattre la bigoterie, la discrimination et particulièrement le racisme anti-arabe aussi appelé islamophobie.

Ni l’AIPAC ni le CSP n’ont répondu à nos demandes de commentaires.

© 2008-2017 LobeLog.com

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Eli Clifton est un journaliste qui se spécialise dans les rapports entre la politique et l’argent et dans la politique extérieure US. Il a collaboré au réseau American Independent New Network, à Think Progress et à Inter Press Service. L’article ci-dessus est reproduit avec la permission de Lobelog.com.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/46670.htm

Traduction : c.l. pour ASI et Les Grosses Orchades

 

 

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Mis en ligne le 20 mars 2017.

 

 

 

19:42 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/03/2017

CIRQUE ÉLECTORAL HEXAGONAL - II

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Cirque électoral hexagonal - II

 

Qu’on nous permette de commencer ce post par l’expression d’un chagrin : Jean-Christophe Averty est mort. Vous ne savez pas, vous autres, ce qu’il a représenté pour au moins deux générations. La France ne sera plus jamais la même sans lui. On ne l’entendra plus dire avec entrain « À vos caçettes ! ». D’ailleurs, il n’y a plus non plus de cassettes. Tout passe…

Chose à ne pas oublier en temps d’élections…

 

Fillon, t'as le bonjour d'Alfred !...

Vingtras – Son blog sur Mediapart 12 mars 2017

 

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Guy Konopnicki rend, dans le dernier numéro de Marianne, un excellent hommage à Jean-Christophe Averty, titulaire de l'ordre de la « Grande Gidouille » décernée par le collège de Pataphysique, en soulignant le fait que ce créateur génial vient de disparaître au moment où la société française nage en plein délire ubuesque...

Effectivement, l'affaire Fillon et ses multiples rebondissements, les attitudes de ses affidés qui sont les parfaits illustrateurs d'un nouveau « dictionnaire des girouettes » ou les postures des impétrants de droite qui rivalisent de répliques théâtrales ou de déclarations alambiquées, bref tout un  aréopage digne de l'imagination d'Alfred Jarry, défile sous nos yeux, par rang de taille ou par tour de ceinture.

Le père Ubu, la mère Ubu, l'amiral Bordure et tous les palotins agitant des drapeaux tricolores sont présents afin de nous offrir l'adaptation en 2017 du chef d'oeuvre immortel de cet écrivain né à Laval en 1873, à quelques encablures de la Sarthe chère à ce « drôle de paroissien »...

Et Ubu se décline tour à tour en Ubu-roi, Ubu-enchaîné, « Ubu-cocu », « Ubu-colonial »... en draînant dans son sillage une fantasmagorie de bobards, de mensonges, de faux-semblants, mais de menaces réelles.

Car si la farce électorale peut souvent divertir, elle n'en est pas moins dangereuse puisqu’elle colporte tout l'attirail de la médiocrité frustrée et de la revanche mesquine d'une bourgeoisie morte de trouille.

C'est bien pourquoi la machine à décerveler fonctionne jour et nuit ...

Devant les caméras des médias complices, ce ne sont pas, hélas, les marionnettes de Jean-Christophe Averty, mais les argousins de la France réactionnaire, décidés à se payer l'infâme populo qui a l'outrecuidance de venir réclamer son dû au banquet du nouveau quinquennat.

Alors merdre de merdre... Et que la chandelle soit rouge !

 

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NB/ le titre de ce modeste billet est un détournement de la BD d'Alain Saint-Ogan, « Zig et Puce » ; ils avaient adopté un pingouin qu'ils nommaient « Alfred ». Lorsqu'ils venaient à bout d'un adversaire, ils lui disaient : « t'as le bonjour d'Alfred ! » Mais ici, le pingouin n'est autre qu'Alfred Jarry.

Source : https://blogs.mediapart.fr/vingtras/blog/120317/fillon-ta...

 

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Fillon, soyons-en sûrs, échantillon des autres.

 

Erreurs de communication

Olivier Foreau – Arrêt sur Info 14 mars 2017

 

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De toutes les accusations subies par François Fillon, la plus absurde est certainement l’accusation d’hypocrisie, tant rien n’indique qu’il soit plus apte à la dissimulation qu’un attelage de bourrins. Il suffit de revoir son « grand oral » face aux pontes un rien dubitatifs de la Fondation Concorde [1], en mars 2016, pour voir qu’à l’époque déjà, la finasserie n’était pas son fort: d’emblée, il annonce ni plus ni moins qu’un « blitzkrieg » à coups d’ordonnances, de votes bloqués et de 49.3, pour « changer le climat de l’économie et le climat du travail dans notre pays » en reprenant les recettes qui ont fait le succès du quinquennat actuel – sauf que cette fois-ci, au lieu de parler de mesures de gauche, on parlerait de mesures de droite. Sur le plan symbolique, c’est considérable. En effet, pourquoi ne pas appeler un chat un chat?

 

« Je veux prolonger la tension politique », jure-t-il. « Pour prolonger cette tension […] il faut organiser un référendum en septembre, qui permet de maintenir l’état de tension électorale dans le pays, et donc de rendre très très difficile la contestation sociale pendant cette période. […] Si on fait tout ça, on crée un choc qui à mon sens, rend très très très [sic] difficile la réaction sociale que vous craignez […] Il y a des secteurs de l’action publique qu’il faut progressivement éteindre, ou transférer au secteur privé. […] Je propose des mesures de diminution de la dépense sociale […] le plus rapidement possible, le plus rapidement supportable [sic]. »

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Source : http://arretsurinfo.ch/erreurs-de-communication/

 

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Que peuvent bien penser les Français intelligents et désintéressés de l’état dans lequel se trouve leur malheureux pays ? On peut prendre Bruno Guigue à son tour comme échantillon représentatif…

 

Voter, pour quoi faire ?

Bruno Guigue – Le Grand Soir 13 mars 2017

 

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Voter le 23 avril, pour quoi faire ? Si les élections servaient vraiment à quelque chose, disait Coluche, il y a longtemps qu'on les aurait interdites. Avant d'aborder les enjeux du futur scrutin, il faut sans doute en passer par cette cure de réalisme. Car, on le sait d'expérience, il n'y a pas grand-chose à espérer des élections, elles ont rarement changé le cours des événements, et elles se résument souvent à un rituel où le peuple s'imagine qu'il a le choix. Cette illusion de la démocratie formelle est entretenue par ceux qui en tirent bénéfice, le simulacre électoral ayant pour principal effet de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

A la limite, le processus électoral pourrait passer pour un acte de souveraineté si les dés du jeu politique n'étaient pas pipés. Il exprimerait la volonté du peuple si cette volonté pouvait se formuler, librement, au terme d'une délibération collective digne de ce nom. On peut toujours rêver qu'il en soit ainsi, mais ce n'est pas le cas. Les médias de masse sont les larbins du capital, le débat démocratique s’apparente aux jeux du cirque et la confrontation des idées est dénaturée par les intrigues politiciennes. Dans ces conditions, la question se pose : faut-il céder, une fois de plus, le 23 avril, au fétichisme du bulletin de vote ?

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Source : https://www.legrandsoir.info/voter-pour-quoi-faire.html

 

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Grain de sel des Grosses Orchades

(vous pouvez sauter)

 

Sur son site Entre la plume et l’enclume, Maria Poumier dit ceci :

 

Inéluctablement, on aura trois finalistes : Marine, Fillon, Macron. Fillon s'est quasiment placé en troisième position de lui-même, en laissant échapper qu'il ne s'alliera pas avec Marine si elle est au second tour. Mélenchon et Asselineau, ils le disent eux-mêmes, sont là pour faire à peu près ce que promet Marine, mais sans elle et contre elle. Conclusion: si vous ne votez pas Marine au premier tour, vous faites le lit de Macron, aux yeux de bébé requin, le bébé de l'Otan, de Rothschild, de marchands de bébés LGBT, des destructeurs froids de la Syrie, de la Libye, et qui veulent continuer en Algérie et en Iran. Marine ne tiendra pas toutes ses promesses, direz-vous? Et les autres si? Ne rêvons pas, aujourd'hui comme en 1958, l'alliance avec la Russie, c'est le rempart contre la CIA, et c'est déjà ça; c'est, la base diplomatique qui nous permettra d'aller plus loin, inch Allah. MP

 

Et rappelle deux textes de Roger Garaudy, qu’on pourra trouver in extenso ici  (entretien de 1980 avec Ben Bella) et ici, dont voici la fin :

 

« Être fidèle à la France, c'est donc, aujourd'hui, unir toutes les forces nationales contre l'état-major politique d'une classe décadente qui pille, divise et trahit la nation, et c'est n'exclure de cette union aucun Français de bonne volonté, car la France n'a pu être la France du mineur communiste Debarge et de l'étudiant catholique Marcel Weinun, celle d'Estienne d'Orves, de Brossolette et de Gabriel Péri, que parce qu'elle n'a jamais cessé d'être, pour tous les patriotes, indivisiblement, la France de Robespierre et de Jeanne d'Arc. »

 

Et, puisque « Mélenchon et Asselineau, ils le disent eux-mêmes, sont là pour faire à peu près ce que promet Marine, mais sans elle et contre elle », en conclut qu’il faut voter Marine.

Au risque de la fâcher…

Nous en étions arrivés, nous aussi, à penser qu’en l’état actuel des choses, où, selon, nous, il n’y a rien à espérer des autres candidats quels qu’ils soient, l’issue la moins mauvaise de toutes serait peut-être une victoire de Mme Le Pen.

Pourquoi ?

Mme Le Pen représente un choix de société fasciste qui séduit pas mal de gens de façon récurrente et qui se termine toujours mal.

Les fascistes sont des gens qui s’avancent masqués. Ils ont deux visages : celui qu’ils montrent et celui qu’ils cachent.

Seule, leur victoire peut les forcer à montrer celui qu’ils cachent. Arrivés aux affaires, leur masque tombe, qu’ils le veuillent ou non.

Nous pensions qu’en l’occurrence, le plus tôt serait le mieux. Qu’une victoire de Mme Le Pen ne pourrait pas être plus catastrophique pour la France que celle de n’importe lequel des autres candidats (hélas, notre opinion sur M. Mélenchon n’a pas changé depuis le 7 octobre 2012 « lettre à Ariane Walter » in Guerre à la guerre nondedieu) et cette catastrophe-là aurait au moins le mérite de dessiller les yeux de ceux qui s’illusionnent à son sujet. Elle aurait surtout le résultat souhaitable de faire sortir une fois pour toutes du paysage le si commode épouvantail FN qui a permis, depuis des décennies, l’accession au pouvoir d’une assez considérable quantité d’imposteurs malfaisants. L’équation « TOUT plutôt que le FN » aurait enfin fini de sévir. Car « TOUT » a été horrible.

On en était là.

Quand M. Asselineau a fait savoir qu’il avait réussi à obtenir les 500 parrainages de maires dont il avait besoin et qu’en conséquence il présentait sa candidature.

Qui est M. François Asselineau ?

À priori pas notre tasse de lait par sa formation (l’ENA), ses origines politiques (RPF, RIF, l’entourage de MM. Pasqua et Tibéri) et les fonctions qu’il a remplies indifféremment pour de nombreux cabinets ministériels de droite. Avoir fréquenté de près MM. Pompidou et Balladur n’est pas pour nous une référence.

Rappelons, pour la transparence, que nous sommes jacobins robespierristes et que nous avons pris, en 1968, Daniel Cohn Bendit pour un véritable anarchiste, ce dont nous avons honte. Rappelons aussi que nous avons récemment republié la position en matière d’élections de Raoul Vaneigem en y souscrivant, et que – nous sommes belges – nous y souscrivons toujours.

Pourtant…

C’est par les urnes qu’Hugo Chavez est arrivé au pouvoir, et après lui Nicolás Maduro. Ce sont des voix d’électeurs populaires qui ont porté aux fonctions présidentielles Dilma Roussef au Brésil, Rafael Correa en Équateur, Evo Moralès en Bolivie et Vladimir Poutine en Russie. Tous  ces gens-là venaient de la gauche, et même, Vladimir Poutine, de la gauche stalinienne. M. Asselineau vient de la droite. D’aucuns disent extrême. Ce qu’il paraît avoir en commun avec ces gens de gauche, c’est la volonté déclarée de baser son action sur un retour au respect de la Constitution. Laquelle n’en finit pas d’être violée depuis des décennies. Y compris peut-être par les gouvernements auxquels il a collaboré.

Tous les programmes (quand il y en a) des autres candidats sans exception, acceptent le principe de ce viol permanent. Le candidat du PS est M. Macron. Passons. M. Hamon accepte de faire de la figuration en échange du secrétariat de son parti plus tard, cela le regarde. On aurait mieux aimé que le candidat le plus sérieux fût M. Mélenchon, mais… Seule la formation de M. Asselineau (l’UPR) déclare vouloir en revenir aux valeurs de la Ve République, à sa fameuse constitution et au programme du Conseil National de la Résistance. Belles paroles ou volonté réelle ? Ce sont des choses qu’on ne découvre jamais qu’à l’usage. Dans tous les cas.

Nous aurions aussi préféré qu’il ait pour ambition, même lointaine, d’en revenir à la Ire République, et non pas à la Constitution de 89 qu’il invoque, mais à celle de 93. Ce sera pour plus tard et pour quelqu’un d’autre.

En attendant…

Supposant que M. Asselineau soit élu et que ses intentions déclarées soient sincères et véritables, quelles chances a-t-il de les mener à bien ?

Pas beaucoup.

Car il aura contre lui les détenteurs du pouvoir réel, échappé depuis si longtemps des mains de la légitimité, si on ose ainsi parler. Il n’y a qu’à voir à quoi s’est affrontée Mme Roussef, à quoi s’affrontent quotidiennement non seulement MM. Maduro, Moralès et Correa, mais également M. Poutine, en dépit de ses 89% de soutien national. Si M. Asselineau était élu, il trouverait en face de lui ces forces non élues : groupes d’intérêts nationaux et supra-nationaux, lobbies de toutes sortes, dans sa famille politique et dans les autres, « think tanks » de toutes origines et fomenteurs de révolutions colorées qui ont eu raison du général De Gaulle et qui règnent, depuis, sans entraves. Restant en outre à savoir s’il n’a pas la même notion qu’eux de la répartition des richesses.

D’autre part, si M. Asselineau, se veut au-dessus des partis par la  compréhension qu’il a de la fonction présidentielle, on ne l’imagine pas, une fois élu, allant chercher son Premier ministre au PRCF – hélas – quand bien même les élections législatives donneraient une majorité allant dans ce sens, chose qu’il vaut mieux ne pas espérer pour tout de suite. Alors, quoi ?

M. Asselineau possède, à nos yeux, une qualité que ne possèdent pas les autres et que n’a pas possédé non plus le général De Gaulle : il sait parler politique au peuple et il prend la peine de le faire. Pour lui mentir ? Peut-être, nous n’en savons rien. Encore une fois : à l’usage.

De Gaulle a défendu l’intégrité de la France et il l’a fait avec bec et ongles vis-à-vis de l’extérieur. On peut penser qu’à l’intérieur, ses intentions populaires ont été plus réelles qu’il n’y a paru et que l’en ont empêché ces forces mêmes qui l’avaient reporté au pouvoir et dont il est resté l’otage jusqu’à ce qu’elles le sacrifient à leurs appétits. Il n’en reste pas moins que Charles De Gaulle n’a jamais considéré les Français que comme un ramassis d’infantiles qu’il fallait protéger comme un père de famille protège ses enfants mineurs d’âge : sans les consulter. Attitude paternaliste qui n’est pas loin du despotisme éclairé des monarques à la Joseph II.

Or, pour que des mineurs d’âge deviennent adultes, il faut leur parler comme à des adultes, les traiter en adultes, partager avec eux ses responsabilités, les habituer à s’en charger de bonne grâce.

C’est pourquoi, quand bien même M. Asselineau serait élu à la présidence et son quinquennat une totale déception ou un fiasco, ce quinquennat ne serait pas totalement inutile dans la mesure où le Président aurait gouverné comme le candidat fait campagne : en pédagogue.

Nous ne connaissons que deux hommes d’État qui aient été avant tout pédagogues : Maximilien Robespierre et Fidel Castro. Qui avaient du génie. Et aujourd’hui Hassan Nasrallah qui marche sur leurs traces.

Il ne faut pas croire que gouverner en disant la vérité au peuple soit chose facile. C’est la plus difficile qui existe. Elle doit aussi reposer sur des principes clairs, reconnaissables, acceptés par tous. Mais c’est la seule qui puisse faire évoluer (grandir, mûrir) les peuples à pas de géant.

M. Asselineau dit-il la vérité au peuple quand il l’éduque en politique ? Nous l’espérons. Encore une fois, ce sont là des choses qui ne s’éclairent qu’à l’usage. Mais donner à quelqu’un l’occasion de le faire, dût-il se casser le nez dans l’entreprise ou nous écoeurer une fois de plus, est un jeu qui vaut peut-être la chandelle, autrement dit qui mérite peut-être qu’on aille voter pour lui donner cette chance, rien n’obligeant personne à y aller avec des illusions ou de l’enthousiasme.

Rappelons-nous cependant que M. Asselineau  n’a aucune chance

1) d’être élu

2) de remplir sa fonction de façon utile

sans un massif soutien populaire. (Par « populaire », nous entendons « Français de toutes origines ethniques, sociales et de toutes obédiences religieuses ou philosophiques).

Pour obtenir ce genre de soutien (que reçoit par exemple M. Poutine) il faut qu’il réussisse à se faire entendre et à convaincre. Il faut qu’il éclaire les votants avec précision sur ses intentions quant aux questions essentielles dont dépend l’avenir de leur pays.

Exemple :

La question qu’à tort ou à raison nous mettons au premier plan, avant toutes les autres, est celle de l’Éducation Nationale [nous faisons partie de ceux qui pensent qu’aucun changement ne sera possible nulle part en Europe sans une restauration des systèmes d’éducation qui ont été, partout, délibérément détruits depuis la fin de la dernière guerre].

Que compte faire M. Asselineau pour mettre en chantier et mener à bien une telle entreprise ? De quels moyens dispose-t-il pour le faire ?

Il ne faut pas compter sur les factotums des merdias pour lui poser ce genre de questions. Mais rien n’empêche les affiliés à la CGT d’exiger de M. Phlippe Martinez qu’il les lui pose, qu’il réclame, en leur nom, au(x) candidat(s) des garanties, des engagements précis.

Nous disons « éducation nationale » et nous disons « affiliés à la CGT », mais toutes sortes d’autres questions vitales se posent et d’autres catégories sociales sont concernées. N’est-ce pas ainsi que, en pratique, le mot démocratie doit s’entendre ? Faut-il que les initiatives viennent toujours du haut de la pyramide ?

Une autre question qui pourrait – devrait ! – être posée d’urgence au candidat soucieux de souveraineté et de légitimité est celle-ci : « Que comptez-vous faire pour racheter au Qatar et à l’Arabie Saoudite les morceaux de sol national qui leur ont été vendus avec les gens qu’il y avait dessus ? Que comptez-vous faire pour rendre à ces gens leur statut de citoyens français, dans la plénitude de leurs droits et de leurs devoirs ? »

On nous demandera avec raison pourquoi nous nous mêlons de ces choses, alors que nous ne sommes pas français. Nous pouvons répondre à cela plusieurs choses :

 

Parce que notre pays a voté en 1793 son rattachement à la France à 93% des voix.

Parce que le pays qui est le nôtre désormais, artificiel, minuscule et le plus peuplé du monde, recèle en ses flancs le siège de l’Union Européenne, celui de l’OTAN et la Fabrique d’Armes de Guerre de Herstal, autrement dit la peste, le cancer et le choléra.

Parce que coincés comme nous le sommes entre de puissants voisins, nous avons durement conscience que notre sort dépend du leur.

 

C’est pourquoi nous suivons avec anxiété les efforts que certains font pour sortir leurs pays respectifs de l’abîme. C’est pourquoi nous suivons, en touchant du bois, les efforts de Mme Wagenknecht et ceux, peut-être, qui sait, de M. Asselineau. Comme de quiconque sera de bonne volonté en s’éloignant le moins possible de notre Constitution à nous, celle – à laquelle nous nous sommes jadis rattachés – du 24 juin 1793, elle-même pâle reflet de son modèle, qui disait notamment ceci :

 

Art. 14 – Le peuple est le souverain ; le gouvernement est son ouvrage et sa propriété ; les fonctionnaires publics sont ses commis. Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement et révoquer ses mandataires.

……..

Art. 19 – Dans tout état libre, la loi doit surtout défendre la liberté publique et individuelle contre l’autorité de ceux qui gouvernent. Toute institution qui ne suppose pas le peuple bon et le magistrat corruptible est vicieuse.

……..

Art. 29 – Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Art. 30 – Quand la garantie sociale manque à un citoyen, il rentre dans le droit naturel de défendre lui-même tous ses droits.

Art. 31 – Dans l’un et l’autre cas, assujettir à des formes légales la résistance à l’oppression, est le dernier raffinement de la tyrannie.

Art. 32 – Les fonctions publiques ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs publics.

Art. 33 – Les délits des mandataires du peuple doivent être sévèrement et facilement punis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

Art. 34 – Le peuple a le droit de connaître toutes les opérations de ses mandataires ; ils doivent lui rendre un compte fidèle de leur gestion, et subir son jugement avec respect.

Maximilien ROBESPIERRE

Droits et devoirs de l’homme et du citoyen

21 avril 1793

 

Vous la trouverez intégralement ici, avec les dangereuses paroles sur la propriété qui l’introduisent.

 

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Mais revenons-en à la campagne qui s’ouvre ce 20 mars 2017

 

Conférence de presse du 10 mars 2017 de M. François Asselineau

Avec l’annonce de sa candidature.

(± 50 minutes d’exposé et ± 40 minutes de questions-réponses)

 


 

Dans cette conférence de presse, M. Asselineau insiste beaucoup sur le caractère « au-dessus des partis » de la fonction présidentielle et cite l’exemple de quelques rois qu’il dit rassembleurs, ce qui, dans le cas d’Henri IV n’est pas faux. On regrettera qu’il n’ait pas eu un mot pour Louis XI, à qui la France doit le début de son unité centralisée qui seule a permis la grande Révolution, et surtout pour Maximilien Robespierre qui, certes, ne fut pas roi mais qui a quand même préféré mourir plutôt que devenir un chef de faction, un gouvernant de guerre civile.

 

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Appel adressé à la section des Piques  par le Comité d'exécution de la Commune dans la nuit du 9 thermidor, avec la signature interrompue de Robespierre (Ro…)

 

Il reste beaucoup de questions à poser au candidat qui se veut rassembleur. Avec quelles forces et dans quelle direction espère-t-il gouverner la France, au bénéfice ou au détriment de qui ? Par quels moyens ? Quelles puissances financières le soutiennent ? À quel prix ? Etc. etc. etc.

Mais qu’est-ce que les Français attendent pour aller les lui poser et – pourquoi pas – lui promettre leur concours à telles ou telles condition ? Des formations authentiquement de gauche ne l’ont-elles pas fait avec le général De Gaulle ?

En attendant, qu’ils excusent notre intrusion.

 

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Hors hexagone

 

Vermine un jour vermine toujours

 

Les forces de sécurité palestiniennes main dans la main avec l’occupant israélien

Arrêt sur Info13mars 2017

 

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Les forces de l’Autorité palestinienne tirent à balles réelles sur une manifestation, les Palestiniens demandent des armes, des missiles et que Mahmoud Abbas soit jugé.

13.02.2017 – La colère gronde en Cisjordanie occupée après que les forces de sécurité de l’AP ont violemment réprimé une marche de protestation, à Ramallah, contre le « procès » du martyr Bassel al-Araj et de ses camarades prisonniers par l’AP, ainsi qu’une autre manifestation dans le camp de Deisheh (Bethléem) au sud de la Cisjordanie occupée. Les manifestants ont fait face aux forces de sécurité de l’AP avec des pierres et de violents affrontements ont éclaté dans le camp.

Une source locale a dit au correspondant du CPI que la marche a été organisée dimanche soir pour protester contre les attaques de la sécurité de l’AP et pour refuser le procès que l’AP a fait au martyr Bassel al-Araj et ses camarades, les accusant de possession d’armes sans permis.

Les forces de la sécurité de l’AP ont attaqué Mahmoud al-Araj, père du martyr Bassel al-Araj, qui a dû être hospitalisé (vidéo qudsn ici), arrêté le dirigeant du Djihad islamique, le Cheikh Khader Adnan et attaqué les journalistes et les femmes.

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Source : http://arretsurinfo.ch/les-forces-de-securite-palestinien...

 

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OTAN

On ne s’en lasse pas. Et deux Dinucci à la fois (nous sommes en retard)

 

« L’art de la guerre »

Le Pentagone de Roberta Pinotti

Manlio DinucciRéseau Voltaire 7 mars 2017

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Après la France, l’Italie va regrouper l’ensemble de ses services de direction militaire au sein d’un Pentagone local. Petit à petit, chaque membre de l’Otan est prié de s’organiser sur le modèle de son grand-frère, les États-Unis. Cette évolution transforme en profondeur les missions des armées, en violation de la Constitution italienne.

 

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La ministre de la Défense, Roberta Pinotti a un rêve : un Pentagone italien, à savoir une unique structure pour les sommets de toutes les forces armées, une copie en miniature de l’états-unien. Le rêve est sur le point de devenir réalité.

La nouvelle structure, annonce la ministre dans une interview à la Repubblica, est déjà en phase conceptuelle et une première allocation est prévue dans le budget de la Loi de stabilité. Il verra le jour dans la zone aéroportuaire de Centocelle à Rome, où existe l’espace pour construire d’autres édifices et infrastructures. À Centocelle, où a aussi été transférée la Direction générale des armements avec une équipe de 1 500 personnes, se trouve déjà le Commandement opératif de sommet inter-forces, à travers lequel le Chef d’état-major de la Défense commande toutes les opérations des forces armées. Avant tout celles qui sont à l’étranger : l’Italie est engagée dans 30 missions militaires dans 20 pays, du Kosovo à l’Irak et à l’Afghanistan, de la Libye à la Somalie et au Mali. Étant donné qu’à chacune de ces missions participent des composantes de toutes les forces armées, explique la ministre, il faut un commandement unique inter-forces avec siège à Centocelle.

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Source : http://www.voltairenet.org/article195549.html

 

Si nous comprenons bien le sens de cet article, la France abandonne la gestion de son propre arsenal nucléaire à l’Union Européenne. Dans ce cas et si les cadavres peuvent bouger, celui du général De Gaulle danse la gigue.

 

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« L’art de la guerre »

Le grand jeu nucléaire en Europe

Manlio Dinucci 14 mars 2017

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

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« B 61-12 bombs rack »

Les 20 têtes stockées en Allemagne équivalent à 80 fois Hiroshima

 

La torpille lancée à travers le New York Times – l’accusation contre Moscou de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) – a touché son objectif : celui de rendre encore plus tendus les rapports entre États-Unis et Russie, en ralentissant ou empêchant l’ouverture de cette négociation annoncée par Trump dès sa campagne électorale. La torpille porte la signature d’Obama, qui en juillet 2014 (immédiatement après le putsch de la Place Maïdan et la crise consécutive avec la Russie) accusait Poutine d’avoir testé un missile nucléaire de croisière, dénommé SSC-X-8, violant le Traité FNI de 1987 qui interdit le déploiement de missiles avec base à terre et portée comprise entre 500 et 5500 km.

  D’après ce que déclarent des fonctionnaires anonymes du renseignement étasunien, deux bataillons russes en sont déjà armés, chacun doté de 4 lanceurs mobiles et 24 missiles à tête nucléaire.

Avant de quitter l’an dernier sa charge de Commandant suprême allié en Europe, le général Breedlove prévenait que le déploiement de ce nouveau missile russe « ne peut rester sans réponse ». Il taisait par contre le fait que l’OTAN garde déployées en Europe, contre la Russie, environ 700 têtes nucléaires étasuniennes, françaises et britanniques, presque toutes prêtes au lancement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et au fur et à mesure qu’elle s’est étendue à l’Est jusqu’à l’intérieur de l’ex-URSS, l’OTAN a de plus en plus rapproché ses forces nucléaires de la Russie.

  C’est dans la cadre de cette stratégie que s’insère la décision, prise par l’administration Obama, de remplacer les 180 bombes nucléaires B-61 –installées en Italie (50 à Aviano et 20 à Ghedi Torre), Allemagne, Belgique, Hollande et Turquie – par les B61-12 : nouvelles armes nucléaires, chacune à quatre options de puissance sélectionnables selon l’objectif à frapper, capables de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement. Un programme de 10 milliards de dollars, par lequel chaque B61-12 coûtera plus que son poids en or.

En même temps les USA ont réalisé en Roumanie la première batterie de missiles terrestre de la « défense anti-missile », qui sera suivie d’une autre en Pologne, composée de missiles Aegis, déjà installés à bord de 4 navires de guerre étasuniens déployés en Méditerranée et Mer Noire. C’est le soi-disant « bouclier » dont la fonction est en réalité offensive : s’ils arrivaient à le réaliser, USA et OTAN tiendraient la Russie sous la menace d’un first strike nucléaire, en se fiant à la capacité du « bouclier » de neutraliser les représailles. De plus, le système de lancement vertical Mk 41 de Lockheed Martin, installé sur les navires et dans la base en Roumanie, est en mesure de lancer, selon les techniques spécifiques fournies par le même constructeur, « des missiles pour toutes les missions », y compris celles d’ « attaque contre des objectifs terrestres avec missiles de croisière Tomahawk », armables aussi de têtes nucléaires.

Moscou a averti que ces batteries, étant en mesure de lancer aussi des missiles nucléaires, constituent une violation du Traité FNI.

Que fait l’Union européenne dans cette situation ? Alors qu’elle déclame son engagement pour le désarmement nucléaire, elle est en train de concevoir dans ses cercles politiques ce que le New York Times définit comme « une idée auparavant impensable : un programme d’armements nucléaires UE ». Selon ce plan, l’arsenal nucléaire français serait « reprogrammé pour protéger le reste de l’Europe et placé sous un commun commandement européen », qui le financerait par un fonds commun. Cela adviendrait « si l’Europe ne pouvait plus compter sur la protection américaine ». En d’autres termes : dans le cas où Trump, se mettant d’accord avec Poutine, ne déploierait plus les B61-12 en Europe, c’est l’UE qui penserait à poursuivre la confrontation nucléaire avec la Russie.

Édition de mardi 14 mars 2017 de il manifesto

 

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Des B61-12 en Belgique ? Meuh noooon… Voici ce qu’en disait la RTBF en 2013 : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_y-aura-t-il-200-...

Quelques Belges qui n’étaient pas d’accord et ne le sont probablement toujours pas mais… qui s’en soucie ?

 

12. Manif anti-OTAN.jpg

 

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Foin des intimidations néo-maccarthystes !

 

Appel-pétition

Pour une approche objective, ouverte et contradictoire de la Révolution russe à l’approche du 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917

Cercle des Volontaires  – 14 mars 2017

 

13. Lénine Octobre 1917.gif

 

Ni lunettes « blanches » sur Octobre 1917 ni « Livres noirs » anticommunistes à répétition ! Et si l’on débattait enfin de manière sereine à propos d’Octobre 1917 et de ses suites ? Un appel d’historiens, d’intellectuels et de militants du mouvement ouvrier. 8 mars 2017, centième anniversaire du début de la Révolution russe.

Appel lancé par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris-VII, par Georges Gastaud, philosophe, fils de Résistant et par Jean Salem, philosophe, professeur à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

À l’approche du 100ème anniversaire du 7 novembre 1917, tout se passe comme s’il s’agissait surtout, pour certains milieux politico-médiatiques cautionnés par certains universitaires, d’en présenter une version grossièrement manichéenne, teintée d’acharnement anticommuniste, anti-bolchevik et antisoviétique.

Non seulement Octobre n’aurait été qu’un « putsch » bolchévique interrompant l’aimable cours démocratique initié par la Révolution russe de février, non seulement les bolcheviks n’auraient joué aucun rôle important en février 1917, non seulement l’immense soulèvement prolétarien et paysan qui prépara, ponctua et suivit le 7 novembre 1917 n’aurait pas comporté de caractère authentiquement démocratique, populaire et socialiste, non seulement ses suites se seraient révélées tout uniment catastrophiques pour la Russie et pour l’humanité, mais tout ce processus se serait déroulé – de même que la construction ultérieure de l’URSS – dans un contexte purement russe et chimiquement pur, quasi exempt d’interventions impérialistes furieuses, de défense sanglante et exacerbée de leurs privilèges par les classes dépossédées, d’écrasement brutal de la révolution ouvrière en Allemagne, puis de montée du fascisme, du nazisme, du franquisme et des militarismes, du Japon impérial à l’Europe occidentale (Hongrie, Italie, Espagne…).

Lire la suite…

 

Source : initiative-communiste.fr

Via : http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/03/15/appel-petit...

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Et, c’est dit, succédant à la pieuvre défourailleuse des élections US, Alfred sera désormais notre petit cul-de-lampe pour temps d’élections hexagonales.

 

 

 

Mis en ligne le 16 mars 2017.

 

 

 

 

 

19:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/03/2017

146e ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE

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Pont de bateaux d’Asnières  –  Sortie du 15 avril 1871

 

146e Anniversaire de la Commune

 

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Bruxelles : Soirée de soutien aux prisonniers politiques révolutionnaires ce 18 mars

 

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Le 18 mars est la journée des prisonniers politiques révolutionnaires et le 146e anniversaire du soulèvement de la Commune de Paris. À cette occasion, une soirée de solidarité et d’information aura lieu au Local Sacco-Vanzetti, à Bruxelles.

La soirée sera en trois parties : des interventions de prisonniers politiques, une présentation de Kevin Rashid Johnson (prisonnier membre du New Afrikan Black Panther Party – Prison Chapter) et enfin des discussions, projections et interventions autour de prisonniers politiques. Avec infothèque, bar, buffet végé/vegan, etc.

Pour faire une intervention, contactez nous.

 

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Source : http ://www.secoursrouge.org/Bruxelles-Soiree-de-sou...

 

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Le cinéma et l’histoire de la Commune

 

Édouard Mangin – Les Amis d’Henri Guillemin 22 février 2017

 

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Au printemps 1871, à Paris, les Communards refusent de capituler contre les Prussiens et se révoltent contre le gouvernement de Thiers qui s’enfuit à Versailles. C’est la naissance de la Commune, événement révolutionnaire, qui s’inscrit dans le sillon de la Révolution de 1789, plus précisément celui de la Convention montagnarde de 1793. Pendant 72 jours, du 18 mars au 28 mai 1871, la Commune va vivre une intense expérience sur le plan de l’action politique en mettant en œuvre les fondements d’une organisation et d’une gestion communaliste démocratique et populaire. La fin de la Commune sera marquée par la semaine sanglante (21-28 mai 1871) où les troupes versaillaises massacrèrent 40 000 fédérés pour reprendre le pouvoir dans la capitale.

Cet épisode révolutionnaire a fait l’objet d’une multitude d’analyses et de textes divers et continue aujourd’hui d’être un sujet important d’étude et de réflexion politiques malgré les efforts continus des classes dominantes pour l’éclipser des mémoires. Si, à l’évidence, l’écrit se prête naturellement à l’analyse des faits historiques, qu’en est-il de la force d’évocation des images et notamment de l’image cinéma ? Comment la caméra, comme stylo, a-t-elle analysé, raconté ou seulement montré cet épisode historique emblématique ?

C’est à travers une anthologie relativement subjective que nous avons essayé de voir comment l’immensité de la Commune a pu être captée et travaillée par le système des signes et de la représentation et comment le vocabulaire sémiologique propre au cinéma a su prendre, comprendre et rendre au public la portée de cet événement historique.

 

Les débuts du cinématographe

Il est intéressant de noter que, né en 1895, seulement quelques années après les événements de 1871, le cinématographe mettra plus de quatre décennies pour prendre la Commune comme sujet et surtout en prendre la mesure. Qui plus est, il ne s’agira pas de cinéastes français.

6. Alice-Guy.jpgÀ titre d’exception toutefois, citons le court métrage muet de 4 mn daté de 1906 L’émeute sur la barricade. Il faut l’indiquer car il s’agit, sauf erreur de ma part, de la toute première oeuvre cinématographique ayant pour sujet la Commune, réalisée, en outre, par Alice Guy (1873 – 1968), première réalisatrice de l’histoire du cinéma. Le film est court, il n’y a pas beaucoup de moyens et il faut donc aller à l’essentiel, à savoir filmer une barricade et les combats de part et d’autre. La barricade est un des objets emblématiques de la Commune dont le cinéma s’emparera allègrement par la suite. En quatre minutes le sujet est traité. Cette historiette est très loin de la réalité historique et laisse plutôt sourire. On peut penser que Alice Guy en était consciente et a voulu peut être fournir un peu de densité à son sujet en s’inspirant du célèbre poème de Victor Hugo « L’année terrible – sur une barricade au milieu des pavés ».

 

       

Quarante trois ans plus tard, en 1914, l’Espagnol Armand Guerra (1886-1939) réalise La Commune (film muet de 19 mn). Dans ce format, il est évidemment impossible de restituer l’ampleur des événements. Guerra choisit ce que, à ses yeux, l’image cinéma peut le mieux saisir de la Commune et monte son film en deux mouvements. Le premier, fictionnel, constitue la quasi-totalité du film. Ici, ce n’est pas la barricade qui est prise comme symbole de la Commune, mais quelque chose plus difficile à signifier : la fraternisation de la troupe avec les Communards, contre les Généraux. Le film raconte, dans une mise en scène un peu foutraque, l’arrestation et l’exécution des Généraux Thomas et Lecomte. Le second volet est une surprise émouvante : le film se conclut sur une séquence documentaire : la réunion, quarante ans plus tard, des vrais anciens combattants de la Commune devant le Louvre. Ils sont là, face à la caméra, fiers et émus. On voit notamment à gauche Zéphyrin Camélinat (1840 – 1932).

 

 

Il faut attendre la fin des années vingt, à la lisière du muet et du parlant, pour que l’insurrection parisienne du printemps 1871 fasse l’objet de plus longs métrages visant à rendre en compte de façon à la fois plus globale et plus significative, la réalité politique de la Commune. Mais, cela ne sera pas le fait de cinéastes français mais soviétiques.

 

Le cinéma du socialisme réel

Dans la jeune URSS, le cinéma, bien que relevant de l’État, est l’un des plus novateurs. Lénine dira « le cinéma est pour nous, de tous les arts, le plus important » et Trotsky renchérira : « Quand nos hameaux auront des cinémas, nous serons prêts à achever la construction du socialisme ». Aujourd’hui, a-t-il eu raison si l’on considère qu’une caricature de cinéma, en petit écran trône au milieu de tous les salons ?

Trois films sont ici retenus.

 

Tout d’abord, La pipe du communard (film muet de 49 mn – 1929) de Constantin Mardjanov (1872 – 1933). Ce moyen métrage raconte l’histoire mélodramatique d’un père appauvri qui s’engage à fond pour la Commune. Il garde toujours avec lui un objet fétiche : sa pipe. Un jour, son jeune garçon âgé d’environ sept ans, lui demande de l’emmener avec lui voir les barricades. C’est à ce moment-là, qu’ils sont surpris par l’attaque des troupes versaillaises. Le père est tué et l’enfant fait prisonnier et emmené à Versailles. Il est alors filmé comme un pauvre orphelin, gardant fermement en mains, comme un trophée, la pipe que son père lui a confiée. Il est raillé, moqué et humilié par les bourgeoises qui le traitent comme un petit sauvage. L’une d’entre elles, voulant faire un carton avec un fusil militaire sur la pipe qu’il tient eu bec, l’assassine froidement, dans une mise en scène qui ne permet pas de savoir si ce meurtre a lieu par maladresse ou délibérément. C’est filmé de façon  très soignée mais hautement allégorique : vaillance des travailleurs, contre décadence frivole des possédants (avec des images évoquant l’aristocratie du XVIIIe siècle). A noter que le film, n’hésite pas, curieusement, à reprendre certaines imageries bibliques (comme l’évocation du passage de la Mer Rouge à partir de la 9e minute).

 

 

 

Ensuite, La nouvelle Babylone (film muet de 93 mn – 1929) de Grigori Kosintsev (1905 – 1973) et Léonid Trauberg (1902 – 1990) où la Commune de Paris est racontée par l’employée d’un grand magasin. Il s’agit là encore d’un mélodrame traité de façon classique (mais efficace) par une narration dialectique entre petite histoire et Grande Histoire. Alors que la Commune de Paris est violemment réprimée par l’armée, se tisse une histoire d’amour entre Jean, un soldat, et Louise, jeune vendeuse communarde du grand-magasin La Nouvelle Babylone. Le film insiste sur le contraste entre les soldats français engagés dans la guerre, partant au front et la bourgeoisie parisienne frivole qui profite des soldes du grand magasin. Mais, vaincue, l’armée française dépose les armes et les prussiens marchent sur Paris. Louise s’allie alors aux femmes du peuple et à la Commune de Paris pour s’insurger contre cette bourgeoisie sclérosée par le pouvoir, et capitularde face à l’ennemi. Le film se termine dans le sang et les larmes, sous la pluie qui lave tous les souvenirs du passé.

 

 

Enfin, Grigori Rochal (1899 – 1983) avec Les aubes de Paris (film de 102 mn – 1936).

En 1871, pendant la Commune de Paris, un jeune cordonnier lyonnais rejoint les rangs des communards et s’éprend de Catherine Milard, une jeune femme membre de la garde nationale.

7. Les-aubes-de-Paris-.jpgCe film soviétique, mêlant personnages de fiction et personnages historiques, souligne le rôle des femmes et des étrangers dans la Commune de Paris, notamment à travers les portraits d’une jeune ouvrière parisienne, figure allégorique de la révolution, et du général polonais Dombrovski. (Pour information, Jaroslaw Dombrowski est un officier polonais, qui après son échec lors de l’insurrection polonaise de 1863, est condamné à la déportation. Il s’évade et gagne la France où il se met au service de la Commune de Paris. Doté du grade de général, il meurt sur les barricades lors de l’assaut des troupes versaillaises).

Ce film fut réalisé avec un important budget. En pleine période stalinienne, les moyens étaient mis pour servir les buts politiques et idéologiques du pouvoir. Pour autant, Rochal réussit à éviter que l’art cinématographique ne soit totalement instrumentalisé et parvient à imposer une écriture filmique suffisamment autonome et innovante : scénario s’appuyant sur de solides études sociologiques de la société parisienne, un important matériau iconographique, des décors sophistiqués et coûteux, une mise en scène poursuivant les recherches formelles en écriture filmique, en cours à l’époque, initiées par le grand cinéaste Eisenstein : présence de la musique comme facteur dramatique, montage court et alterné, jeu réaliste des acteurs.

 

Et en France ?

En France, le sujet semble tabou.

A telle enseigne que le premier vrai projet de long métrage consacré pleinement à la Commune, en 1946, ne verra pas le jour. Dans le sillage de la Libération de Paris, le grand cinéaste Jean Grémillon (1901 – 1959), voulait célébrer cette « insurrection patriotique », selon ses propres termes, dans une confrontation tentante entre Versailles et Vichy, Thiers et Pétain, FFI et Garde Nationale.

Il souhaitait établir un certain nombre de parallèles entre les Comités de vigilance (1871) et la constitution des Soviets (1917) ; mais c’est surtout le régime de Vichy (1940-1944) qui devait être mis sur le même plan que le gouvernement de Versailles. L’occupation par les Prussiens devait être assimilée à l’occupation des Allemands et les gardes nationaux identifiés aux Forces Françaises de l’Intérieur.

Parlant de la ligne directrice du film, il indiqua : « Ce montage [film] est la cristallisation, à une époque déterminée qui est celle de 1871, de ce qui s’est passé antérieurement et une sorte de préface de tout ce qui arrivera dans le futur ».

8. Jean-Grémillon.jpgComme souvent, la censure s’exerça sur le plan financier et à travers le jeu de dupes des producteurs qui finalement refusèrent leur soutien. Elle prit aussi la forme de cocasses déconvenues comme pour la réalisation de son film sur le centenaire de la Révolution de 1848, dont le soutien pourtant confirmé du ministère de l’Education Nationale disparut du jour au lendemain. A l’été 1948, Grémillon apprit par la presse que les crédits votés par le Parlement pour servir d’avance à la production du film furent finalement attribués au dernier moment au financement des cérémonies solennelles à la mémoire de Chateaubriand.

Je remercie l’association des amis de la Commune dont les précieuses informations m’ont aidé à réaliser cette chronique. Concernant le projet de ce film et les démêlés rencontrés par Grémillon, le site de l’association présente plusieurs textes intéressants. Pour aller plus loin sur ce sujet, cliquez ici.

 

Robert Ménégoz

Vingt ans après les trois films soviétiques hautement allégoriques, mettant en scène les archétypes sociaux très clivés, propres à l’époque, on doit enfin le premier film français, au cinéaste Robert Menegoz (1926 – 2013). Il a vingt-six ans quand il réalise La Commune de Paris (film de 25 mn - 1951).

Ce court métrage fut interdit par la censure lors de la première demande de visa au prétexte de "Considérations fallacieuses et insultantes à l'égard de Monsieur Thiers." Le visa non-commercial ne lui fut accordé que le 27 juin 1956, après quatre ans de distribution quasi clandestine.

Le film est une évocation historique chronologique de la Commune de Paris, du siège de Paris à la fin de la semaine sanglante. Il est constitué principalement de photos permettant de découvrir le Paris d’avant le chamboulement urbanistique des années soixante.

Commandé par le Parti Communiste français, le film présente la Commune comme une « première ébauche de la dictature du prolétariat » tout en insistant sur le fait qu'il a manqué à la Commune « un grand parti organisé, capable d'appliquer le socialisme scientifique ». Bon.

Néanmoins, il y a de l’émotion, notamment grâce au texte en voix off, déclamé par Julien Bertheau de la Comédie Française, sur fond de chants patriotiques. 

 


La Commune de Paris (1951) - Robert Ménégoz

 

Et la télévision arriva, et le post modernisme survint

La télévision, bel instrument technique, hélas dévoyé dès sa naissance. Avec la TV (appelons la ainsi) arrive un flux continuel de productions formatées, de feuilletons et de « dramatiques », mettant en scène, de façon scrupuleuse, les poncifs et les anecdotes historiques déjà bien insérés dans les esprits par la pensée dominante et son système d’endoctrinement. On ne voudrait pas fâcher en parlant de propagande….mais.

Comme si, pour filmer la Révolution française, on n’avait retenu que la prise de la Bastille, le serment du jeu de paume, la fuite du roi et, par-dessus tout, la guillotine fonctionnant à plein rendement (avec gros plan sur le couperet). Inutile de préciser que cette façon de raconter l’Histoire est à l’opposé de la démarche et des travaux d’Henri Guillemin. Autant on reste rivé à son écran lorsqu’on le regarde/écoute dans ses conférences TV pourtant tournées en plan fixe, sans insert ni effets de caméra, autant on quitte rapidement l’un de ces téléfilms montés avec tous les moyens et effets du spectacle (barricades bien sûr, mais aussi, fusillades, explosions, défilés militaires et dialogues hors contexte), car on ne ressent rien sinon l’impression de perdre son temps.

Qui plus est, ce nouveau medium s’insère, au cours des années soixante-dix, dans un mouvement intellectuel plus ample qu’on nommera plus tard « post modernisme », ce concept de sociologie historique où la raison critique laisse la place à un relativisme global où tout est dans tout, et tout est pertinent et se vaut. Dans ce système, où la posture morale l'emporte sur la position politique, où le sociétal prime sur le social, le traitement télévisuel va privilégier les réalisations sages sur des destinées individuelles plutôt que sur les luttes collectives et leurs enjeux de rapports de classe. 

Dans ce contexte, parmi les téléfilms, citons le moins mauvais, L’année terrible (téléfilm couleur de 126 mn - 1984 - en deux parties) de Claude Santelli. Ce téléfilm raconte, à partir de documents d'archives, de scènes reconstituées, de photographies et d’interviews, l’histoire de la Commune, de l'entrée des Prussiens dans Paris jusqu'à la Semaine sanglante et aux procès des communards, en s’inspirant du recueil de poèmes du même nom écrit par Victor Hugo publié en 1872 (L’année terrible). La caution de Victor Hugo n’empêche pas de voir le stratagème visant à la fabrique du consentement aux formes de récits voulus par la pensée dominante.

Citons un exemple édifiant, au regard de la censure dont a été victime Jean Grémillon : La barricade du point du jour (film de 110 mn – 1977), seul film réalisé par René Richon (né en 1949) ; un film sans aucun intérêt qui n’a pas eu la moindre difficulté à trouver son financement.

Ce film relate les « troubles » (sic) [terme inscrit au synopsis et sur la fiche de pré production] de la Commune de Paris, concentrés et résumés dans la construction d'une barricade dans un des quartiers indéfinis de Paris.

9. Affiche-Richon-Barricade.jpg

 

 

 

La construction de la barricade est filmée comme un événement en soi, comme un jeu en soi, totalement déconnecté des enjeux politiques de la Commune. Hélas, sans le recul humoristique et critique qu''aurait adopté un Romain Goupil, ce film, en montrant un événement historique vécu au quotidien, dans une ambiance curieusement détachée des réalités, cherche en fait à présenter La Commune comme un épisode historique banal, ou à le mettre sur le même plan que les combats de rues de Mai 68. C’est effectivement très relativiste.

Les réalisations filmiques vont s’attacher à zoomer sur des destins individuels particuliers, oblitérant ainsi le cœur de la signification politique de la Commune. Ainsi, Jaroslaw Dabrowski (film polonais de 181 mn - 1976) du polonais Bohdan Poreba (1934 – 2014), sera largement distribué en France, comme par hasard. Ce film raconte l’histoire, a- historicisée, de Jaroslaw Dabrowski que l’on a vu précédemment. Puisque tout est dans tout et que tout s'équivaut, Poreba n’hésite pas à utiliser en bande son L’internationale, dont la musique ne sera composée qu’en 1888.

Film en version intégrale en VO non sous-titrée ci-dessous :

 

 

 

Autres mises en scène de héros : Le Destin de Rossel (film de 85 mn - 1966) de Jean Prat (1927 – 1991) raconte le destin tragique de Louis Rossel (1844 – 1871) seul officier supérieur de l'armée française à avoir rejoint la Commune de Paris. Un remake de ce film, Louis Rossel et la Commune de Paris (film de 103 mn - 1977), sera réalisé par Serge Moati (sur un scénario de Jean-Pierre Chevènement).

 

Heureusement, il y a des réussites

Pour quitter le champ télévisuel sur une note positive, mentionnons trois films.

La rénovation urbanistique de Paris des années soixante-dix, assortie d’une élimination massive d’immeubles vétustes des quartiers populaires, offrit une opportunité de reconstitution à peu de frais des barricades du mois de mai 1871. Joël Farges (né en 1948) en profita pour réaliser La Semaine sanglante (film de 53 mn - 1976), où façades ruinées et murs en démolition complètent les barricades et hôpitaux de fortune éclaboussés par les obus des artilleurs versaillais. Farges ne dédaigne pas pour autant l’imagerie symbolique, et plante des drapeaux rouges autour du génie de la Bastille, comme il s’attarde sur la façade de l’Hôtel de Ville, bientôt incendié.

La réalisatrice Cécile Clairval-Milhaud réalise un très bon téléfilm, très engagé politiquement, qui, contre toute attente, passera à la TV pour le centenaire de la Commune en 1971 : La Commune de 1871

10. affiche-Cécile-Claival.jpg(film en 16 mm de 80 mn – 1971). A l’aide de très nombreuses archives, de témoignages lus par des comédiens, d’images, de textes, de poèmes et de chansons, la réalisatrice rend un hommage honnête et véridique aux événements du printemps 1871. On y retrouve les grands moments et les idéaux de la Commune. Le film fait le point sur les conditions politiques et sociales qui ont permis l’instauration de la Commune et présente de façon claire et détaillée la répression féroce qu'elle a subie lors de la reconquête de Paris par les Versaillais. Ce film est aujourd’hui disponible en DVD. Les bonus apportent des précisions sur certains faits comme par exemple : l’élection de l’assemblée et son programme de justice sociale, l’instauration de l'école laïque gratuite et obligatoire pour tous les enfants de six à quinze ans, la loi sur la protection, sur la santé, loi sur les accidents du travail, etc.

 


 

Enfin, ce n’est pas le moindre mérite du film de Jean Baronnet (né en 1929) d’avoir pu réaliser Une journée au Luxembourg (film de 50 mn – 1993). Un film exemplaire qui montre que la répression des Versaillais fut aussi sanglante de l’autre côté de la Seine, notamment dans « le plus triste des grands jardins de Paris », comme l’écrivait Jules Vallès.

Le film montre des enfants en train de jouer en faisant naviguer des voiliers sur le bassin, devant des adultes lisant ou somnolant sur leurs chaises au soleil. C’est le printemps. Il fait beau, la scène est idyllique. Mais, par une phrase génialement cinématographique, un lent et savant zoom avant sur l’arrière plan, on découvre un mur criblé d’impacts de balles. Ce plan signifie, en lecture directe, qu’en mai 1871, un grand nombre de communards furent fusillés à cet endroit. Cette ouverture trompeuse, qui n’est pas sans rappeler celle de Nuit et brouillard d’Alain Resnais (« Même un paysage tranquille..»), permet ensuite au réalisateur de relater, dans les décors réels du jardin du Luxembourg, l’aventure du médecin Maxime Vuillaume, rédacteur au Père Duchêne arrêté le 21 mai 1871, et sauvé du peloton d’exécution par un étudiant en médecine. La suite du film se repose sur d'exceptionnels documents photographiques en noir et blanc, et montre la violence des combats dans Paris à cet endroit.

 

Enfin, et heureusement, Peter Watkins arriva

C’est grâce à l’immense talent du cinéaste britannique Peter Watkins (né en 1935) qu’un film va enfin prendre toute la mesure de l’histoire de la Commune. Dans son immense fresque de plus de six heures La Commune (Paris 1871) (film de 375 mn – 2000) réalisée pour Arte, Watkins fait de l’anachronisme volontaire un vecteur signifiant en introduisant l’interview et le commentaire télévisés comme jalons de la chronologie de la Commune : le journal télévisé national « propagandiste » de Versailles s’oppose aux reportages bricolés des journalistes de la télévision « communale », laquelle, en bout de course et faute de moyens, se trouve réduite à l’état de radio par abandon de l’image.

Un procédé de distanciation brechtienne très intelligent qui permet de passionnants sauts dialectiques du passé au présent et de la réalité à la fiction, de la propagande à la réalité. 

Premier extrait ci-dessous :

 


Parlons Révolution "la commune" P.Watkins (part2)

 

Le film se situe en mars 1871, tandis qu’un journaliste de la télévision versaillaise diffuse des informations lénifiantes et évidemment tronquées. Se crée alors une autre façon de relater les événements à travers une autre télévision « communale », émanation du peuple de Paris insurgé. Le film se déroule dans un espace théâtralisé (dans les entrepôts Armand Gatti, là où Georges Méliès érigea ses studios – bel hommage, en passant, au cinéma) avec plus de 300 acteurs interprètes, filmés par une caméra fluide, travaillant en plans séquences, les différentes interventions des représentants du peuple de la Commune. Ils font part, directement, de leurs interrogations sur les réformes sociales et politiques en cours. Avec un budget très faible, mais grâce à l’étonnante énergie des comédiens et techniciens, Peter Watkins, après deux mois seulement de préparation, arrive à reconstituer, en 13 jours seulement de tournage, l’exceptionnelle expérience politique de la Commune.

 

Deuxième extrait ci-dessous :

 


 

Le génie de ce film est d’arriver, en se situant au plus près des gens du peuple (enfants de la rue, artisans, ouvriers, petits patrons, fonctionnaires, soldats, intellectuels, curés, petits bourgeois), à créer des passerelles avec notre société actuelle. Ce film nous rappelle que l’histoire est un matériau vivant et que la Commune reste d’actualité.

La Commune, c’est pour Peter Watkins une manière de s’opposer à la machine à décerveler. Le film commence par un plan-séquence faisant découvrir le lieu du tournage après la dernière scène, informant que le film a été tourné pendant treize jours en plans-séquences, puis les acteurs se présentent et présentent leur personnage. Nous sommes à la fois en mars 1871 et aujourd’hui. On découvre bientôt deux journalistes d’une télévision locale.

Troisième extrait ci-dessous :

 


 

Le dispositif de tournage, le système de fabrication et le procédé de narration sont explicites. Tout au long du film, par l’artifice, le public est sans cesse renvoyé à sa condition de spectateur, et donc à son sens critique.
Le pari de La Commune est de filmer d’abord des idées, d’incarner de la pensée en train de se réaliser, en montrant comment les idées deviennent actes. En résulte un film sur l’idée de la Commune, sur cette idée toujours vivante, où l’on voit le soulèvement parisien non comme un échec mais comme le début d’une réflexion, le commencement d’une conception de la solidarité et de l’engagement. Avec de nombreux parallèles avec notre époque : le racisme, la place et le rôle des femmes, l’inégalité des richesses, la mondialisation, la censure, la faillite de l’école.

Quatrième extrait ci-dessous : 

 


 

Le film montre ce qu'est la parole populaire, la naissance de cette parole, les balbutiements de la démocratie. Il montre ainsi la difficile élaboration d’un discours et d’une démarche collective, car La Commune n’est pas non plus un panégyrique du premier pouvoir révolutionnaire prolétarien : tâtonnements, errements, divergences individuelles et conflits ne sont pas occultés. 

Ce film est visible sur youtube, en version écourtée, en deux parties. Première partie ci-dessous :

 


 

Deuxième partie ci-dessous : 

 


 

Quant à une sortie en salle, le film, même dans une version plus courte, n’a pas encore trouvé de distributeur.

Heureusement il est disponible en version longue (375 mn) en DVD et je ne peux que conseiller de se le procurer.

Pour aller plus loin sur l'analyse de ce film, cliquez ici

 

Quelques propos de Peter Watkins, tenus à la sortie du film 

"Aujourd’hui, un réalisateur qui refuse de se soumettre à l’idéologie de la culture de masse, fondée sur le mépris du public, et ne veut pas adopter un montage frénétique fait de structures narratives simplistes, de violence, de bruit, d’actions incessantes, bref, qui refuse la forme unique, ou ce que j’appelle la mono-forme, ce réalisateur ne peut tourner dans des conditions décentes. C’est impossible. Les producteurs consacrent désormais l’argent en priorité au divertissement. Tout créateur choisissant une direction autre, alternative, est complètement marginalisé. La répression, tout comme la violence des medias est institutionnalisée." (interview 1999).

La télévision a imposé des structures narratives totalitaires à la société sans que nul n'ait eu le temps de réagir. C’est ça, la "mono-forme" : un torrent d’images et de sons, assemblés et montés de façon rapide et dense, une structure fragmentée mais qui donne l’impression d’être lisse.

Pour accompagner la pensée unique on a créé l’image unique. Une image intolérante et antidémocratique, qui s’emploie à faire percevoir le public non comme composé d’individus complexes, mais comme un méga-bloc d’humanité, cible parfaite des publicitaires et des programmateurs obsédés par l’Audimat, cible parfaite pour le capitalisme et l’économie de marché. C’est une image et une culture dites « populaires », « mais qui en réalité ne sont qu’artificielles et n’ont rien à voir avec le peuple. Une culture ayant le peuple pour fantasme." (interview 1976).

Henri Guillemin aurait probablement approuvé ce que désigne ce constat.

Je terminerai cette chronique pour indiquer que loin derrière le cinéma, le théâtre est absent alors qu'il est tout à fait capable de prendre la Commune pour sujet, encore faut-il s'y atteler. En son temps, Ariane Mnouchkine, par exemple, n'hésitait pas à mettre en scène des pièces politiques sur la longue durée. On se souvient de La Ville parjure (6h00) qui traitait du scandale du sang contaminé (Elle faisait revenir sur Terre les Erynies qui découvraient le drame avec effroi, pire que les crimes les plus odieux de l'Antiquité auxquels elles étaient habituées). Également, L'histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge (10h00), qui relatait les combats politique du Cambodge, dont la période des Khmers rouges ; ou encore L'Indiade ou l'Inde de leur rêves (10h00) sur la partition de l'Inde et la guerre entre Hindous et Musulmans, etc... Il n'est pas trop tard, d'autant que la Révolution française a été mise en scène l'année dernière par Joël Pommerat. Ca ira(1) fin de Louis, un spectacle hautement politique de plus de quatre heures.

Une autre forme d'expression, le roman graphique, tire son épingle du jeu avec les quatre tomes du Cri du peuple de Jacques Tardi et le triptyque d'Eloi Valat : Journal de la Commune de Paris, L'enterrement de Jules Vallès et La semaine sanglante de la Commune de Paris

Chronique réalisée par Édouard Mangin

 

11. Watkins-Mangin.jpg

 

12. Affiche-La-Commune-P.-Watkins.jpg

Source : http://www.henriguillemin.org/evenements/4825/

 

Pour ceux de nos lecteurs qui l’ignorent…

L’association Les Amis d’Henri Guillemin (LAHG) a consacré, le 16 novembre dernier, son colloque bisannuel à « La Commune de Paris ».

On peut retrouver ici, en vidéos, les interventions de :

Patrick Berthier

Cécile Robelin

Céline Léger

Jean Chérasse

Florence Gauthier

Annie Lacroix-Riz

Patrick Rödel

http://www.henriguillemin.org/colloque-2016/

Les treize conférences-vidéos d’Henri Guillemin sur La Commune sont ici : http://www.henriguillemin.org/conferences-sur-la-commune/

Et comme il n’y a pas que le cinéma et les vidéos dans la vie, on attend des Amis d’Henri Guillemin, une recension du même ordre, aussi exhaustive que possible, des LIVRES consacrés à la Commune. Le sujet est trop vaste pour être vidé d’un coup, mais il serait bon que les études consacrées au destin individuel de certains de ses acteurs sortent enfin de l’ombre.

 

13. Tardi - Commune 3.jpg

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

Addition de notre cru, autre anniversaire :

 

« Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend »

Lettre à Germinal, 19 mars 1905

 

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Messieurs,

Vous savez maintenant qui je suis : un révolté vivant du produit des cambriolages. De plus j’ai incendié plusieurs hôtels et défendu ma liberté contre l’agression d’agents du pouvoir. J’ai mis à nu toute mon existence de lutte ; je la soumets comme un problème à vos intelligences. Ne reconnaissant à personne le droit de me juger, je n’implore ni pardon, ni indulgence. Je ne sollicite pas ceux que je hais et méprise. Vous êtes les plus forts ! Disposez de moi comme vous l’entendrez, envoyez-moi au bagne ou à l’échafaud, peu m’importe ! Mais avant de nous séparer, laissez-moi vous dire un dernier mot.

Puis que vous me reprochez surtout d’être un voleur, il est utile de définir ce qu’est le vol.

À mon avis, le vol est un besoin de prendre que ressent tout homme pour satisfaire ses appétits. Or ce besoin se manifeste en toute chose : depuis les astres qui naissent et meurent pareils à des êtres, jusqu’à l’insecte qui évolue dans l’espace, si petit, si infime que nos yeux ont de la peine à le distinguer. La vie n’est que vols et massacres. Les plantes, les bêtes s’entre-dévorent pour subsister. L’un ne naît que pour servir de pâture à l’autre ; malgré le degré de civilisation, de perfectibilité pour mieux dire, où il est arrivé, l’homme ne faillit pas à cette loi ; il ne peut s’y soustraire sous peine de mort. Il tue et les plantes et les bêtes pour s’en nourrir. Roi des animaux, il est insatiable.

En outre des objets alimentaires qui lui assurent la vie, l’homme se nourrit aussi d’air, d’eau et de lumière. Or a-t-on jamais vu deux hommes se quereller, s’égorger pour le partage de ces aliments ? Pas que je sache. Cependant ce sont les plus précieux sans lesquels un homme ne peut vivre. On peut demeurer plusieurs jours sans absorber de substances pour lesquelles nous nous faisons esclaves. Peut-on en faire autant de l’air ? Pas même un quart d’heure. L’eau compte pour trois quarts du poids de notre organisme et nous est indispensable pour entretenir l’élasticité de nos tissus ; sans la chaleur, sans le soleil, la vie serait tout à fait impossible.

Or tout homme prend, vole ces aliments. Lui en fait-on un crime, un délit ? Non certes ! Pourquoi réserve-t-on le reste ? Parce que ce reste exige une dépense d’effort, une somme de travail. Mais le travail est le propre d’une société, c’est-à-dire l’association de tous les individus pour conquérir, avec peu d’efforts, beaucoup de bien-être. Est-ce bien là l’image de ce qui existe ? Vos institutions sont-elles basées sur un tel mode d’organisation ? La vérité démontre le contraire. Plus un homme travaille, moins il gagne ; moins il produit, plus il bénéficie. Le mérite n’est donc pas considéré. Les audacieux seuls s’emparent du pouvoir et s’empressent de légaliser leurs rapines. Du haut en bas de l’échelle sociale tout n’est que friponnerie d’une part et idiotie de l’autre. Comment voulez-vous que, pénétré de ces vérités, j’aie respecté un tel état de choses ?

Un marchand d’alcool, un patron de bordel s’enrichit, alors qu’un homme de génie va crever de misère sur un grabat d’hôpital. Le boulanger qui pétrit le pain en manque ; le cordonnier qui confectionne des milliers de chaussures montre ses orteils, le tisserand qui fabrique des stocks de vêtements n’en a pas pour se couvrir ; le maçon qui construit des châteaux et des palais manque d’air dans un infect taudis. Ceux qui produisent tout n’ont rien, et ceux qui ne produisent rien ont tout.

Un tel état de choses ne peut que produire l’antagonisme entre les classes laborieuses et la classe possédante, c’est-à-dire fainéante. La lutte surgit et la haine porte ses coups.

Vous appelez un homme « voleur et bandit », vous appliquez contre lui les rigueurs de la loi sans vous demander s’il pouvait être autre chose. A-t-on jamais vu un rentier se faire cambrioleur ? J’avoue ne pas en connaître. Mais moi qui ne suis ni rentier ni propriétaire, qui ne suis qu’un homme ne possédant que ses bras et son cerveau pour assurer sa conservation, il m’a fallu tenir une autre conduite. La société ne m’accordait que trois moyens d’existence : le travail, la mendicité, le vol. Le travail, loin de me répugner, me plaît, l’homme ne peut même pas se passer de travailler ; ses muscles, son cerveau possèdent une somme d’énergie à dépenser. Ce qui m’a répugné, c’est de suer sang et eau pour l’aumône d’un salaire, c’est de créer des richesses dont j’aurais été frustré. En un mot, il m’a répugné de me livrer à la prostitution du travail. La mendicité c’est l’avilissement, la négation de toute dignité. Tout homme a droit au banquet de la vie.

Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.

Le vol c’est la restitution, la reprise de possession. Plutôt que d’être cloîtré dans une usine, comme dans un bagne ; plutôt que mendier ce à quoi j’avais droit, j’ai préféré m’insurger et combattre pied à pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens. Certes, je conçois que vous auriez préféré que je me soumette à vos lois ; qu’ouvrier docile et avachi j’eusse créé des richesses en échange d’un salaire dérisoire et, lorsque le corps usé et le cerveau abêti, je m’en fusse crever au coin d’une rue. Alors vous ne m’appelleriez pas « bandit cynique », mais « honnête ouvrier ». Usant de la flatterie, vous m’auriez même accordé la médaille du travail. Les prêtres promettent un paradis à leurs dupes ; vous, vous êtes moins abstraits, vous leur offrez un chiffon de papier.

Je vous remercie beaucoup de tant de bonté, de tant de gratitude, messieurs. Je préfère être un cynique conscient de mes droits qu’un automate, qu’une cariatide.

Dès que j’eus possession de ma conscience, je me livrai au vol sans aucun scrupule. Je ne coupe pas dans votre prétendue morale, qui prône le respect de la propriété comme une vertu, alors qu’en réalité il n’y a de pires voleurs que les propriétaires.

Estimez-vous heureux, messieurs, que ce préjugé ait pris racine dans le peuple, car c’est là votre meilleur gendarme. Connaissant l’impuissance de la loi, de la force pour mieux dire, vous en avez fait le plus solide de vos protecteurs. Mais prenez-y garde ; tout n’a qu’un temps. Tout ce qui est construit, édifié par la ruse et la force, la ruse et la force peuvent le démolir.

Le peuple évolue tous les jours. Voyez-vous qu’instruits de ces vérités, conscients de leurs droits, tous les meurt-de-faim, tous les gueux, en un mot, toutes vos victimes, s’armant d’une pince-monseigneur aillent livrer l’assaut à vos demeures pour reprendre leurs richesses, qu’ils ont créées et que vous leur avez volées. Croyez-vous qu’ils en seraient plus malheureux ? J’ai l’idée du contraire. S’ils y réfléchissent bien, ils préféreraient courir tous les risques plutôt que de vous engraisser en gémissant dans la misère. La prison… le bagne… l’échafaud ! dira-t-on. Mais que sont ces perspectives en comparaison d’une vie d’abruti, faite de toutes les souffrances. Le mineur qui dispute son pain aux entrailles de la terre, ne voyant jamais luire le soleil, peut périr d’un instant à l’autre, victime d’une explosion de grisou ; le couvreur qui pérégrine sur les toitures peut faire une chute et se réduire en miettes ; le marin connaît le jour de son départ, mais il ignore s’il reviendra au port. Bon nombre d’autres ouvriers contractent des maladies fatales dans l’exercice de leur métier, s’épuisent, s’empoisonnent, se tuent à créer pour vous ; il n’est pas jusqu’aux gendarmes, aux policiers, vos valets qui, pour un os que vous leur donnez à ronger, trouvent parfois la mort dans la lutte qu’ils entreprennent contre vos ennemis.

Entêtés dans votre égoïsme étroit, vous demeurez sceptiques à l’égard de cette vision, n’est-ce pas ? Le peuple a peur, semblez-vous dire. Nous le gouvernons par la crainte de la répression ; s’il crie, nous le jetterons en prison ; s’il bronche, nous le déporterons au bagne ; s’il agit, nous le guillotinerons ! Mauvais calcul, messieurs, croyez-m’en. Les peines que vous infligerez ne sont pas un remède contre les actes de révolte. La répression, bien loin d’être un remède, voire un palliatif n’est qu’une aggravation du mal.

Les mesures correctives ne peuvent que semer la haine et la vengeance. C’est un cycle fatal. Du reste, depuis que vous tranchez des têtes, depuis que vous peuplez les prisons et les bagnes, avez-vous empêché la haine de se manifester ? Dites ! Répondez ! Les faits démontrent votre impuissance. Pour ma part, je savais pertinemment que ma conduite ne pouvait avoir pour moi d’autre issue que le bagne ou l’échafaud. Vous devez voir que ce n’est pas ce qui m’a empêché d’agir. Si je me suis livré au vol, ça n’a pas été une question de gains, de livres, mais une question de principe, de droit J’ai préféré conserver ma liberté, mon indépendance, ma dignité d’homme, que me faire l’artisan de la fortune d’un maître. En termes plus crus, sans euphémisme, j’ai préféré être voleur que volé.

Certes, moi aussi je réprouve le fait par lequel un homme s’empare violemment et avec ruse du fruit du labeur d’autrui. Mais c’est précisément pour cela que j’ai fait la guerre aux riches, voleurs du bien des pauvres. Moi aussi je voudrais vivre dans une société où le vol serait banni. Je n’approuve et n’ai usé du vol que comme moyen de révolte propre à combattre le plus inique de tous les vols : la propriété individuelle.

Pour détruire un effet, il faut au préalable en détruire la cause. S’il y a vol, ce n’est que parce qu’il y a abondance d’une part et disette de l’autre ; que parce que tout n’appartient qu’à quelques-uns. La lutte ne disparaîtra que lorsque les hommes mettront en commun leurs joies et leurs peines, leurs travaux et leurs richesses ; que lorsque tout appartiendra à tous.

Anarchiste révolutionnaire j’ai fait ma révolution

Vienne l’Anarchie

Alexandre Marius Jacob, Publié dans Germinal le 19 mars 1905

 

Pour en savoir plus : https://infokiosques.net/IMG/pdf/PourquoiJAiCambriole.pdf 

 

15.  drapeau rouge et noir xxx.gif

 

Pourquoi j’ai cambriolé

 


 


 

16. Jacob et trav. nuit.gif

Alexandre Marius Jacob et les Travailleurs de la nuit

Film documentaire (bande annonce)


 

Excusez l’interruption

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

17. république des bâtards.png

 

C’est quoi « la République des bâtards ». Entre autres choses, ceci :

 

La Commune annexée  par des hipsters friqués

 

18. Boutique fri ngues IIIe.jpg

 

Qui ont ouvert une boutique de fringues dans le IIIe arrondissement de Paris. Pour y vendre des chemises en denim (avec traces de balles ?) à 140 € pièce.

Voici une de leurs affiches publicitaires :

 

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(« Disponible chez Men Look »)

 

C’était il y a deux ans. On ne sait pas s’ils existent encore. Car il y a des gens qui s’en sont indignés. Le Poisson rouge, par exemple.

StreetPress s’en est fait l’écho.

Et Chaussure Hommes web magazine.

Mais a-t-on le droit de brimer les vocations commerciales ?

 

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

Quand les révoltés sont battus…

 

20 Retraite des Fédérés.jpg

Pont de bateaux d’Asnières – Retraite des Fédérés – 18 avril 1871

 

21.  Le Cuirasse_Parizkaya_Kommuna xxx.gif

Le cuirassé Sevastopol rebaptisé Parizkaya Kommuna en 1921 pour cause de rébellion à Kronstadt

 

In memoriam

 

22. Affiche de Vladimir Kozlinsky, 1921.jpg

50e Anniversaire de la Commune – URSS – Affiche de Vladimir Kozlinski – 1921

 

 

23. Bombé sur un murr.jpg

Bombé sur un mur – Quelque part en France – Artiste inconnu – Époque récente non déterminée.

 

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

À ère nouvelle, armes populaires nouvelles

 

Passer l’info

Le journal web du P.A.S.

 

 

 

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

 

Mis en ligne le 14 mars 2017.

 

 

 

 

19:12 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2017

SUS À L'ANGLOIS !

1. Britannia welcomes the new cocoa.JPG

 

Sus à l’Anglois !

 

2. Jeanne d'Arc Cathédr. de Strasbourg.jpg

Mais où diable est-elle passée

 

Andre Vltchek explose. Assez c’est assez ! Il est vrai qu’à force d’élever l’hypocrisie au rang des beaux-arts, il fallait bien qu’un jour quelqu’un abatte son poing sur la table. Il s’y colle.

 

Enfermez l’Angleterre, en taule ou au cabanon !

Andre Vltchek – Information Clearing House24 février 2017

 

3. British empire Queen xxx.gif

 

Et nous y revoilà ! Toujours la même rengaine, le même vieux refrain archi-usé. Une fois de plus, le monde entier s’entend dire avec aplomb ce qu’il doit savoir, penser et croire. Une fois de plus on lui souffle jusqu’au rythme et au leitmotiv, pour qu’il sache comment il doit se dandiner en cadence.

Qui pourrait y résister ? Les paroles de l’inusable scie ne sont-elles pas prononcées en bon anglais et avec cet air de supériorité morale et intellectuelle qui ne peut que disperser tous les doutes ?

Le 19 février 2017, RT a publié ce qui suit :

 

« Le Telegraph, un des porte-parole préférés de la désinformation des services secrets anglais, se lance dans une autre opération de guerre psychologique envers la Russie », dit le journaliste indépendant Martin Summers. Une accusation de plus vient donc d’être lancée contre la Russie par le quotidien britannique, qui publie une histoire selon laquelle Moscou aurait été derrière un complot visant à tuer le Premier ministre du Montenegro en octobre dernier… Selon l’article, la Russie voulait renverser le gouvernement du pays pour l’empêcher de devenir membre de l’OTAN.

 

Donc, maintenant, c’est le Montenegro. Hier, c’étaient la Crimée, le Donbass et les élections américaines. Et revoilà la vilaine Russie ! La vilaine Chine, les vilains pays socialistes d’Amérique Latine, la vilaine Syrie, Érythrée, Zimbabwe, Afrique du Sud, Corée du Nord, Philippines, tous ces vilains qui se moquent de la supériorité anglo-saxonne.

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Cette fois-ci, je n’ai pas l’intention d’écrire un long essai philosophique sur « l’absence de vergogne de la propagande anglaise ». Je vais juste interrompre un instant l’article de 10.000 signes que je suis en train d’écrire pour l’Académie Chinoise des Sciences Sociales (CASS) sur l’impact de la Révolution soviétique de 1917 dans le monde.

Parce que je tiens à rappeler ce qui, selon moi, devrait être évident pour tout le monde, mais qui apparemment ne l’est toujours pas pour des dizaines de millions de gens, à savoir qu’il est impossible de prendre au sérieux ces types qui, en Angleterre, dirigent les merdias grand public et les réseaux de la propagande mondialiste. Depuis des siècles, aucun autre pays au monde n’a causé plus de douleurs à la planète, détruit plus de vies, ruiné plus de nations et de cultures et volé plus de ressources matérielles aux autres peuples que le Royaume Uni. Et tout cela a été fait sans battre un cil, a été glorifié et justifié par l’appareil de propagande le plus avancé qui existe, tout a été « défendu sur des bases morales ». Le concept entièrement tordu de justice à l’anglaise a d’abord été appliqué à l’intérieur du pays, et exporté ensuite vers tous les coins du globe.

Cela a continué et continué pendant de longs siècles, et cela continue aujourd’hui, les violeurs imposent des codes moraux qui sont mondialement acceptés. Les assassins en masse dirigent des cours de justice internationales, les menteurs et voleurs notoires enseignent « l’objectivité » au reste du monde. Les gourous de la désinformation éduquent leurs propres enfants mais aussi ceux des « élites » d’un peu partout dans les « prestigieuses » usines d’endoctrinement que sont leurs écoles et leurs universités.

Il est d’autre pays, bien sûr, qui ont fait de leur mieux pour tenter de dépasser le Royaume Uni en matière de brutalité, d’avidité et d’art de tromper. Il vaut la peine de mentionner pour mémoire ces candidats au championnat du monde du génocide qu’ont été la France, l’Allemagne, l’Espagne et, plus récemment les États-Unis. Ils lui ont fait concurrence avec zèle et détermination, mais en dépit de tous leurs efforts, ils n’ont jamais vraiment réussi à rattraper leur modèle.

S’il vous plaît, contentez-vous juste d’y réfléchir un moment, si vous ne le faites pas déjà depuis des années. Ensuite, lavez-vous bien les yeux et rejetez un coup d’oeil aux tabloïdes et à ces « publications de référence » qui paraissent au Royaume Uni. Regardez leurs chaînes de télévision spécialisées dans l’endoctrinement de masse. Et, si vous êtes encore capable de détachement et de bon sens, comparez ce qu’on vous y raconte avec ce que vous voyez en regardant par la fenêtre, où que vous soyez dans le monde.

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Il y a des années que je travaille sur tous les continents, dans quelque chose comme 160 pays. Partout, on m’a raconté des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête, on m’a montré les preuves des crimes les plus monstrueux et les plus barbares commis part les britanniques presque partout sur cette planète.

Pour en dresser une liste à moitié complète, il faudrait y consacrer une brochure d’une taille respectable, si pas un livre entier. Ne mentionnons que quelques-unes des horreurs les plus flagrantes dont la « Grande » Bretagne s’est rendue coupable : la traite d’esclaves et la destruction d’une énorme partie de l’Afrique, avec mise à mort directe ou indirecte de dizaines de millions de gens. L’occupation monstrueuse du « Sous-Continent » au prix de dizaines de millions de vies (y compris au moyen de famines artificiellement organisées). La mise à sac d’énormes parties de la Chine, dans son effort pour éradiquer ou au moins briser la nation la plus peuplée du monde. Les attaques brutales contre la jeune Union Soviétique. L’horrible traitement des populations insulaires d’Océanie (Pacifique Sud) jusqu’aux Caraïbes. Le gazage et le bombardement, c’est-à-dire l’extermination littérale des peuples du Moyen Orient, dans ce qui est aujourd’hui le Koweit et l’Irak jusqu’en Palestine. Les invasions de l’Afghanistan, dont le « règne de la terreur à Kaboul » de 1879. Il y a eu quantités d’autres choses, vraiment beaucoup de crimes cauchemardesques et d’actes sans nom, mais aujourd’hui je fais court.

Dans le « Nouveau Monde », c’est-à-dire dans des pays comme les États-Unis, le Canada et l’Australie, les plus terribles massacres de peuples indigènes ont été commis par les deux premières générations de colons européens, principalement anglais.

 

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En réalité, la Grande Bretagne n’a jamais cessé un seul instant de commettre des crimes contre l’humanité. Depuis la IIe guerre mondiale, elle donne des cours aux USA, stratégiquement et idéologiquement, dans l’art de diriger un empire et de fabriquer l’unanimité du consentement en Occident, et même parmi les populations des pays colonisés (dans le contexte néo-colonial).

Elle a été impliquée dans certaines des actions les plus viles de l’histoire moderne, dans des pays comme l’Égypte, l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan, le Congo, ainsi que dans le Pacifique et la région des Grands Lacs en Afrique.

Je le répète, ceci n’est qu’un bref résumé, très incomplet.

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Avec l’expérience qu’ils ont de l’occupation depuis des siècles d’énormes parties du monde, et sachant aussi d’expérience comment « pacifier » les indigènes, les Britanniques ont fini par développer, pour ensuite l’enseigner au reste du monde occidental, leurs très efficaces méthodes d’endoctrinement. Celles-ci ont ensuite été propagées davantage encore, principalement parmi les « élites » des nations colonisées. Résultat : des notions de perception globale complètement standardisées se sont développées et ont été mises en œuvre et imposées jusqu’en ce moment même. Elles comprennent une vision du monde en général, des « principes » et des « standards moraux », des lois et de la justice (y compris des concepts comme les « droits humains ») et même un jeu complet de valeurs générales.

La langue anglaise (surtout bien articulée avec un certain accent reconnaissable et acceptable) est devenu le principal outil linguistique incarnant à la fois la vérité et l’autorité.

Des nouvelles, présentées d’une certaine manière « objective » et avec un certain accent (ou un jeu acceptable d’accents), sont devenues subconsciemment, pour la grande majorité des gens, beaucoup plus dignes de foi que celles présentées par ceux qu’un grand journaliste, anthropologue et philosophe polonais, Ryszard Kapuscinski, appelait « les autres ».

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Ce système en apparence « parfait » et à l’épreuve des balles a fini par générer une paresse intellectuelle, de la soumission et même de la servitude. Il réussit ainsi à remplir sa fonction, qui est de maintenir le statu quo.

Les mensonges s’empilent sur les mensonges, et même les plus évidentes fabrications ne sont plus, depuis quelque temps, remises en cause, si ce n’est dans certains organes marginaux, évidemment qualifiés d’« extrémistes » par le régime occidental.

L’empire colonialiste s’est débrouillé pour survivre. Il exerce à présent un pouvoir total. Il domine la psyché du colonisateur aussi bien que celle du colonisé. Des avancées, qu’on devait aux luttes de libération et d’indépendance d’après la IIe guerre mondiale, ont été adroitement annulées. On a pu alors officiellement déclarer le colonialisme « disparu ».

À un moment donné, les démagogues anglo-saxons ont inventé le « politiquement correct », outil encore plus efficace destiné à neutraliser et à « pacifier » toute résistance sérieuse. Le politiquement correct prétend que toutes les nations et toutes les races sont égales, il glorifie même, du moins verbalement, ces « petits peuples » et presque toutes les cultures des nations sous-développées », tandis que dans la réalité l’empire continue à piller et à manipuler la planète, comme il l’a fait depuis des siècles dans ses colonies, où les seuls qui prospèrent sont les membres de l’« élite » ralliée, les gouvernements moralement corrompus d’un monde démuni et esclave.

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Comme il l’a toujours fait dans le passé, le régime choisit ses ennemis de façon pragmatique, et leur applique ensuite ses tactiques les plus éprouvées et les plus méprisables, lançant contre eux des campagnes de diffamation, déshumanisant les citoyens et les dirigeants des pays qu’ils ont choisis pour adversaires et créant souvent de fantasmagoriques mais très efficaces théories du complot.

Les médias britanniques, les agents de propagande britanniques, en fait tout l’establishment britannique ont atteint une perfection absolue dans le domaine du contrôle des cerveaux et du bourrage de crâne.

Comment, s’il n’en était pas ainsi, quiconque dans son bon sens prendrait-il au sérieux ce que racontent ceux qui sont responsables de la perte de dizaine de millions, peut-être de centaines de millions de vies humaines dans tous les coins du monde ?

Comment les maîtres d’œuvre de notre mondialisme insane pourraient-ils être pris au sérieux, s’ils n’avaient réussi à endoctriner complètement leurs « sujets » ?

Certains diraient que nous vivons dans un monde où la « normalité » ne se trouve plus que dans les asiles de fous, et que le seul endroit où puissent encore se réfugier un homme ou une femme doués de raison est derrière des barreaux ou sur une barricade.

Cependant, ceux qui pourraient nourrir ce genre d’idée ne doivent pas être très nombreux, puisque toute forme de réflexion est maintenant standardisée et sous contrôle. Cette fameuse liberté dont il est fait si grand cas se résume désormais à une poignée de choix personnels très limités, souvent égoïstes, que nous sommes encore autorisés à faire, tout en étant bel et bien bouclés à l’intérieur du système existant sans pouvoir en sortir.

Cette obsession britannique, européenne, en fait occidentale de tout contrôler, de tout maîtriser dans le monde a réussi à faire dérailler l’évolution naturelle des humains. Au lieu d’aspirations plus hautes, au lien de tentatives optimistes de construire une société égalitaire compatissante et pleine de joie, notre humanité se retrouve une fois encore enlisée dans une espèce de bourbier maître-esclave, dans quelque chose qui avait pourtant eu l’air d’être près de disparaître pendant certaines périodes du XIXe siècle et, un peu plus tard, au XXe siècle.

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Comment combattre ce cauchemar ? Je l’ai écrit souvent et je dois le répéter. Pour faire changer les choses, il faut d’abord comprendre la réalité. Mais il ne s’agit pas de connaître seulement les faits, il s’agit de savoir les analyser, il s’agit de savoir comment percevoir le monde et les événements essentiels.

Nous sommes perpétuellement bombardés, littéralement inondés d’informations, de données et de « faits ». Ce qui manque, c’est une façon totalement nouvelle de trier et d’analyser les réalités dans lesquelles nous vivons.

L’Empire n’occulte pas les faits. Il se livre à quelque chose de beaucoup plus sinistre : il rend les gens incapables de les comprendre et de les analyser de manière logique.

Commençons par les notions de base les plus élémentaires. « Un meurtrier en masse ne peut pas s’ériger en juge ». « Celui qui endoctrine et pratique le lavage de cerveau ne peut pas enseigner ». « Ceux qui mettent des millions de gens dans les fers ne doivent pas être autorisés à prêcher la liberté ».

La réalité, c’est que nous sommes en présence d’une poignée de nations et de cultures mentalement dérangées, qui ne cessent de vouloir soumettre les autres, de violer et de piller des nations entières et même des continents, et qui veulent continuer à diriger de la sorte notre planète, si belle mais si terriblement défigurée.

Ces nations moralement mortes n’ont aucun reste de compassion et pas la moindre trace de rationalité. Ce fait a été prouvé encore et encore. Un million de victimes, dix millions de victimes, qu’est-ce que cela leur fait, du moment qu’ils peuvent continuer à dominer. La nature ruinée... des îles qui disparaissent... l’air empoisonné... tout cela leur est égal.. Des peuples entiers réduits à l’état de bétail endoctriné, émotionnellement et intellectuellement uniformisé... bof, on s’en fout, non ?

C’est une réalité extrêmement troublante, mais c’est la réalité. Plus tôt nous la reconnaîtrons pour ce qu’elle est, mieux cela vaudra.

La Grande Bretagne devrait s’asseoir sur son cul et pleurer d’horreur, en se rappelant tous les crimes qu’elle a commis, les camps de concentration qu’elle a construits en Afrique et ailleurs, en se souvenant des famines qu’elle a déclenchées en Inde et ailleurs, de ces monceaux d’innocents qu’elle a massacrés sur chaque et sur tous les continents. Elle devrait hurler de honte du nihilisme qu’elle a propagé, des enthousiasmes qu’elle a ruinés, des beaux rêves et des espoirs de notre espèce, qu’elle s’est acharnée à éteindre.

Elle devrait se figer sur place et pleurer d’horreur en se représentant les instructions qu’elle a données à des pays comme l’Afrique du Sud, aux États-Unis et au Rwanda, des instructions qui ont entraîné de terribles bains de sang au lieu de l’harmonie et du progrès dont avait besoin notre monde.

Pourquoi toute cette terreur ? Seulement pour que le Royaume Uni et ses cohortes puissent continuer à dominer et tout assujettir autour d’eux ? Il ne s’agit pas seulement de rapacité ou de ressources naturelles, il s’agit de pouvoir. Il s'agit de tyrannie.

Je ne veux plus de leurs analyses. Je ne veux plus de leurs nouvelles, de leurs informations, de leurs films, de leurs livres et de tout le fourbi de leur propagande. Même dans la solitude obscure d’une caverne on peut mieux comprendre le monde qu’en lisant leurs feuilles de désinformation ou en regardant leurs chaînes d’endoctrinement télévisé. Tout cela n’a pas d’autre but que de déboussoler les gens pour les rendre passifs et soumis. Leurs présentateurs aussi bien que leurs journalistes de l’écrit ressemblent à de tristes robots lobotomisés : il n’y a pas de vie, rien de neuf, rien de hardi ni de révolutionnaire dans leurs paroles. Ces êtres fonctionnent approximativement : ils bougent, mangent, chient, rabâchent ce qu’ils sont censés rabâcher, mais ils ne vivent pas.

Ils ne savent que salir, pas inspirer. Quand on trouve chez eux un semblant d’optimisme, ou de rire, il est toujours faux, préfabriqué et produit en série.

Si on y réfléchit un peu, cela va de soi. Un bourreau ne peut pas être un visionnaire ou un idéaliste.

Comparée à celle de la Chine ou de l’Iran, la culture de la Grande Bretagne est relativement jeune. Et pourtant, on la sent vieille, fatiguée, éteinte et obsolète. Trop de crimes et trop de mensonges peuvent épuiser même un jeune organisme.

Si l’Angleterre était une personne se mouvant dans une société normale, elle serait soit en prison soit dans un asile d’aliénés. On pourrait en dire autant d’ailleurs du reste de l’« Occident ».

Nous n’avons rien à apprendre d’un maniaque assassin, n’est-ce pas ? Notre seule préoccupation devrait être comment lui passer la camisole de force, comment l’empêcher de tuer et de faire du mal aux autres, et comment y arriver le plus vite possible.

Je doute aussi qu’avec un tel pedigree, un pareil curriculum, notre dangereux dément doive être autorisé à interpréter publiquement le monde, à enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, et même à participer à aucune discussion sur les questions essentielles qui se posent à notre planète.

 

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Andre Vltchek (ici avec Noam Chomsky) est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation américain d’origine tchèque, né à Léningrad. Il a couvert les guerres et les conflits dans des douzaines de pays. Ses trois derniers livres sont le roman révolutionnaire Aurora et deux essais politiques : Exposing Lies Of the Empire (Révéler les mensonges de l’Empire) et Fighting against Western Imperialism (Combattre l’impérialisme occidental), qui sont déjà des best sellers. Il est aussi le co-auteur – avec Noam Chomsky – de On Western Terrorism: From Hiroshima to Drone Warfare  (Sur le terrorisme occidental. D’Hiroshima à la guerre par drones). On peut  voir ses autres ouvrages ICI. En ce moment, Andre réalise un film pour teleSUR et Al-Moyadeen. Voir ici Rwanda Gambit, son documentaire révolutionnaire sur le Rwanda et la République Démocratique du Congo.

Vltchek a vécu en Amérique Latine, en Afrique et en Océanie. Il vit actuellement en Extrême et au Moyen Orient et poursuit son travail dans les autres parties du monde.

On peut le joindre sur son site web http://andrevltchek.weebly.com et sur Twitter.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/46530.htm

 Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

UK 'pilots' working way through kill list of UK citizens fighting for ISIS in Iraq and Syria  (des pilotes du Royaume Uni « travaillent » sur la kill list de citoyens britanniques combattant pour ISIS en Irak et en Syrie). Des pilotes de la RAF assassinent secrètement des djihadistes britanniques soupçonnés de vouloir commettre des attentats en Grande Bretagne.

MPs call on Theresa May to release 'kill list' for UK drone strikes (Des membres du Parlement réclament à Thereza May la publication des « kill lists » faisant l’objet de frappes par drones du Royaume Uni). Lord Macdonald, Directeur des Poursuites pénales a co-signé une lettre à Thereza May, exigeant une plus grande transparence sur l’utilisation, par le Royaume Uni d’une « kill list » pour les frappes par drones prenant pour cibles des citoyens britanniques.

 

7. Rule the Waves - good.gif

 


 

8. UK Bow tie.gif

 

Pour ceux qui croiraient qu’Andre Vltchek exagère :

 

9. Rule Britannia.jpg

 

Le plus grand guerrier des temps modernes, ce n’est point Napoléon, c’est Pitt. Napoléon faisait la guerre, Pitt la créait. Toutes les guerres de la révolution et de l’empire, c’est Pitt qui les a voulues. Elles sortent de lui. Otez Pitt et mettez Fox, plus de raison d’être à cette exorbitante bataille de vingt-trois ans. Plus de coalition. Pitt a été l’âme de la coalition, et, lui mort, son âme est restée dans la guerre universelle. Ce que Pitt a coûté à l’Angleterre et au monde, le voici. Nous ajoutons ce bas-relief à son piédestal.

Premièrement, la dépense en hommes. De 1791 à 1814, la France seule, luttant contre l’Europe coalisée par l’Angleterre, la France contrainte et forcée, a dépensé en boucheries pour la gloire militaire, et aussi, ajoutons-le, pour la défense du territoire, cinq millions d’hommes, c’est-à-dire six cents hommes par jour. L’Europe, en y comprenant le chiffre de la France, a dépensé seize millions six cent mille hommes, c’est-à-dire deux mille morts par jour pendant vingt-trois ans.

Deuxièmement, la dépense en argent. Nous n’avons malheureusement de chiffre authentique que le chiffre de l’Angleterre. De 1791 à 1814, l’Angleterre, pour faire terrasser la France par l’Europe, s’est endettée de vingt milliards trois cent seize millions quatre cent soixante mille cinquante-trois francs. Divisez ce chiffre par le chiffre des hommes tués, à raison de deux mille par jour pendant vingt-trois années, vous arrivez à ce résultat que chaque cadavre étendu sur le champ de bataille a coûté à l’Angleterre seule douze cent cinquante francs.

Ajoutez le chiffre de l’Europe ; chiffre inconnu, mais énorme.

Avec ces dix-sept millions d’hommes morts, on eût fait le peuplement européen de l’Australie.

Avec les vingt-quatre milliards anglais dépensés en coups de canon, on eût changé la face de la terre, ébauché partout la civilisation, et supprimé dans le monde entier l’ignorance et la misère.

L’Angleterre paye vingt-quatre milliards les deux statues de Pitt et de Wellington.

C’est beau d’avoir des héros, mais c’est un grand luxe. Les poètes coûtent moins cher.

Victor Hugo, William Shakespeare (pp.529-531)

 

Mais pourquoi diantre fallait-il faire le peuplement européen de l’Australie ?

 

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Prise de Québec 1759

 

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British Direct Rule in India

 

14 bis. Victorian-Cartoons-Punch-1867-.jpg

 

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An Empire Bathed in Blood

 

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Union 1898

 

19. We hold a vaster empire.jpg

 

20. Imperial plunder.jpg

 

Et un petit contemporain pour la route…

 

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Le coup de gueule d’un homme indigné et quelques images ne sauraient rendre compte de l’ampleur des malfaisances de l’empire britannique, y compris, à l’intérieur, sur la population anglaise (ne parlons pas de la torture pluriséculaire de l’Irlande). Une partie de cette population met un enthousiasme sidérant à se laisser faire, mais une partie seulement… L’autre a déjà voté le Brexit. À suivre.

 

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Mais où va le monde ?

 

Des barricades à Berne !

RT27 février 2017

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Épisode banal partout ailleurs, mais… en Suisse !

Il n’empêche que des squatters délogés d’un bâtiment appartenant au Bureau Fédéral de la Construction, qu’ils occupaient depuis six mois, ont accueilli la police avec des jets d’objets divers, de la peinture, des pétards, etc., ce qui, pour la maréchaussée helvétique, est « tout à fait inacceptable ».

Les squatters ont trouvé du soutien dans la population, puisqu’un groupe appelé Raum Raub avait organisé une manifestation de protestation qui a débuté samedi à 20h40’.

La manifestation n’était pas autorisée. Elle a eu lieu quand même. La police a voulu empêcher les manifestants de se rendre là où ils voulaient aller. Les choses ont dégénéré, au point que des jeunes gens encapuchonnés ont mis le feu à des voitures, que des projectiles ont été échangés et que la police – mieux armée – est restée maîtresse du terrain après avoir fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Non sans que des barricades se soient élevées aux cris de « Guerre à la police ! ». Comme à Paris ? Oui.

 

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On peut lire l’article de RT en entier (et en anglais) y compris une communication de Raum Raub (en allemand) ici :

https://www.rt.com/news/378781-bern-protests-switzerland-...

 

8. UK Bow tie.gif

 

Pour qu’ils ne croient pas qu’on les oublie…

 

Hassan Nasrallah : Pourquoi Israël redoute une guerre contre le Hezbollah

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2017, à l'occasion de la commémoration annuelle des dirigeants martyrs (VOSTFR)

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 


 

 


 

 

Transcription :

Chers frères et sœurs, pour cette commémoration annuelle des dirigeants martyrs du Hezbollah, nous veillons (toujours) à ce que le thème principal de notre discours soit ce qui a trait à l'ennemi israélien. Permettez-moi de l'aborder sous deux aspects : premièrement, l'aspect libanais, et en deuxième lieu, l'aspect palestinien.

Côté Liban, en ce qui concerne la question israélienne, durant les dernières semaines et les derniers mois, nous avons entendu beaucoup de propos israéliens, nous avons lu beaucoup de déclarations, d'analyses et d'évaluations israéliennes. De même, un certain nombre de conférences ont été organisées, surtout au début de la nouvelle année grégorienne. Nous avons également entendu de nouvelles estimations, des déclarations israéliennes sur la situation stratégique de la région, et dans ces conférences, des Présidents, des ministres, des généraux, des personnalités, des Professeurs se sont exprimés. Beaucoup de ce qui a été dit avant et après a été publié.

En synthèse – je vous parle du point essentiel pour ne pas m'attarder sur les considérations qui ont mené à cette conclusion –, il s'agit de l'intimidation continue contre le Liban, l'évocation d'une 3ème guerre du Liban, les scénarios de cette guerre et ce que fera Israël du Liban durant la 3ème guerre du Liban. Et tout ce que vous voulez en fait de déclarations, propos, discours, menaces, intimidations, etc. Je veux m'arrêter quelque peu sur cette question.
Bien sûr, la position israélienne, même au niveau de l'évaluation de la situation, se développe en ce qui concerne le Liban et le Hezbollah en particulier : par exemple, ils parlent de la « menace stratégique », de la « menace essentielle », de la « menace principale ». Cette année, ils nous ont élevés et mis en première position. 

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/02/hassan-nasrallah-po...

 

 

28. Drapeau libanais xx.jpg

 

 

Mis en ligne le 27 février 2017

 

 

 

 

22:34 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/02/2017

PEUPLES AUTOCHTONES : SOLUTION FINALE ?

1. Bullboats on the Yellowstone.jpg

 

 

2. Peuples autochtones.gif

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

« Tout ce que vous savez faire, c’est prendre et garder. Et rire en prenant et prêcher en gardant. »

John Cowper POWYS

(cf. There is a Mohawk in the Sky.en)

 

En Amérique du Nord :

La guerre est rallumée entre visages pâles et peaux-rouges

 

Une des nombreuses vidéos qui témoignent des affrontements récents : civils contre militaires (d’une armée privée), ceux-ci accompagnés de chiens, oui, comme à Gaza et en Cisjordanie. Soit les grands esprits se rencontrent, soit les instructeurs israéliens sont passés par là.

 

 

La pomme de discorde, l’objet du litige ou le prétexte du casus belli (au choix) : la construction d’un oleoduc de 1825 kms, qui doit traverser des terres occupées par les Sioux et qui risque surtout de très fort polluer l’eau dont ils dépendent pour leur survie, notamment celle du Lac Oahe.

 

4. Bakken_map_osm_basemap.png

Tracé du pipeline. La réserve indienne  de Standing Rock est en orange... selon Wikipedia. (On voit que les « Pères fondateurs » ont laissé aux natifs une sacrée parcelle de leur territoire.)

 

Nous venons de lire beaucoup de choses relatives à la lutte, jamais finie, de ce qui reste des peuples d’origine pour leur survie. Cette lutte prend toutes sortes de formes selon les lieux et les moments, mais, il faut bien le dire aussi, selon l’inventivité toujours renouvelée dont font preuve les prédateurs pour s’emparer de ce qui ne leur appartient pas.

C’est si complexe qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Nous essayerons quand même de vous donner des liens qui devraient vous permettre de vous faire une idée de cette longue – très longue et multiforme – empoignade.

Car, non, la guerre ne s’est pas terminée avec la vague hollywoodienne des films « de cow boys et d’Indiens », d’abord toujours favorables aux cow boys (c’est nous les bons, c’est eux les méchants), suivie d’une assez courte vague de films révisionnistes ou si on veut, un peu moins manichéens, suscités surtout par la prise de conscience due à la guerre du Vietnam. Ouh la la, c’est bien loin tout ça, qui s’en souvient ?

Cependant, guerre du Vietnam perdue ou pas, l’accaparement a continué un peu partout dans le monde et donc aussi at home. Pourquoi voudrait-on qu’il en soit autrement.

On sait déjà que la quasi-totalité du territoire des États-Unis a été « achetée » pour des clopinettes à des populations qui ne connaissaient rien à la pratique du commerce ni à celle des traités, surtout léonins, et qu’on leur a fait signer (par des pictogrammes) des cessions auxquelles ils ne comprenaient rien. Quand ils posaient des questions, on brûlait leurs villages avec eux dedans.

Il faut savoir aussi qu’il existe un certain nombre de ces traités (dont un bon exemple est le traité de Fort Larramie), par lesquels « on » achetait aux natifs le droit de passer sur les résidus de territoires qu’on leur avait laissés, d’y construire des routes, des forts, d’y exploiter des mines (notamment lors de la ruée vers l’or), que ces traités n’ont jamais été vraiment respectés (côté arrivants) et que, s’il faut en croire les glossateurs de la Constitution US, ni le Président ni le Sénat n’ont le droit, le voulussent-ils, de « revenir en arrière » en restituant des parties de territoire aux populations natives.

Ce qu’il faut savoir enfin, c’est que ce qui reste des Amérindiens a été, pour des raisons évidentes, aussi atomisé que possible, et que leurs « nations » se battent là où elles se trouvent, les conditions n’étant pas les mêmes partout.

 

Standing Rock

(6e plus grande réserve d’Indiens des USA – en orange sur la carte. On y voit les eaux qui la longent, sous lesquelles on est en train de creuser pour y faire passer le DAPL (Dakota Access Pipeline) d’une longueur de 1825 kms et d’un coût de 3.7 milliards de $ [d’après l’ONG Food & Water Watch, au moins quatre banques françaises y auraient investi à hauteur d’un milliard de dollars] – Après qu’un accident ait provoqué plusieurs morts, l’ampleur des manifestations, non seulement indiennes mais écologistes, a provoqué, en décembre dernier, l’arrêt des travaux pourtant presque terminés – mais ces travaux ont repris, sur ordre de Donald Trump, dès son inauguration. D’où la nouvelle flambée de résistance.)

 

5. Réserve indienne de Standing Rock.png

Réserve indienne de Standing Rock

 

6. Grande réserve et autres territoires Sioux. Camp de la Pierre sacrfée..jpeg

Grande réserve et autres territoires Sioux – Camp de la Pierre sacrée (« Standing Rock ». Imaginons cela à Stonehenge, où d’ailleurs une situation analogue pourrait se produire bientôt..)

 

La bataille de Standing Rock n’est donc qu’une des péripéties de la guerre des Amérindiens contre les abus de toutes sortes. Arrivée à un point d’ébullition aujourd’hui – mercredi 22 février à 2 heures de l’après-midi (± 19 heures GMT) limite qui leur avait été fixée pour évacuer leur « jungle de Calais » protestataire – par un affrontement entre la troupe et une population qui refuse de bouger et qui vient, au moment où nous rédigeons ces lignes, de mettre le feu aux tentes qu’on la sommait d’évacuer.

Ce qui est peut-être nouveau, c’est que la population civile affronte une armée privée composée non de conscrits mais de mercenaires, et que des vétérans des nombreuses guerres US, dont une majorité de visages pâles, sont venus soutenir des peaux-rouges qui ne réclament que le respect des traités… et des droits de l’homme.

Ceci, mine de rien, est une grande première dans l’histoire des États-Unis.

 

7. Vétérans - Camp Oceti Sakowin, décembre.jpg

 

RT12/13 février 2017

Des vétérans qui étaient venus manifester avec les « natives » au camp d’Oceti Sakowin en décembre, sont revenus en février, dès l’annonce de la reprise des travaux ordonnée par le Président, pour former un bouclier humain entre les civils et les mercenaires de l’Energy Transfer Partner (ETP) groupe du milliardaire texan Kelcy Warren.

« Nous sommes prêts à mettre nos corps entre les anciens des tribus indigènes et une force militaire privée » a déclaré au Guardian Elizabeth Williams, ancienne combattante de l’US Air Force. « Nous avons été au feu. Nous nous sentons moralement obligés d’utiliser nos compétences en la matière ».

 

8. DAP protesters filed lawsuit  vs. illegal highly dangerous weaponry.jpg

 

La tribu Sioux de Standing Rock a fait vœu de combattre l’ordre présidentiel de continuer les travaux, malgré la déclaration du Corps des Ingénieurs de l’US Army, avertissant qu’il allait annuler son étude préalable sur l’impact environnemental et accorder le permis de procéder à la construction du segment d’oléoduc prévu pour passer sous le Lac Oahe.

Les camps de protestataires sont préparés à l’inondation qui devrait se produire dès que les températures vont remonter. La présence des anciens combattants est en soi un défi aux représentants de la « loi » qui veulent enlever les protections anti-inondations de la région pour permettre la poursuite des travaux.

 

9. Veterans second deployment Standing Rock anti DAPL.jpg

 

Les affrontements précédents entre les manifestants et la police ont été violents, la police faisant usage de canons à eau, de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, tandis que les milices privées lançaient des chiens sur les manifestants.

Les Veterans Stand sont en train de collecter des fonds pour aider les manifestants qui résistent à la construction du pipeline et, à ce jour, ils ont réussi à récolter près de 220.000 $. Ils ont fait savoir que c’était l’augmentation « des incertitudes et des violences » à Standing Rock qui les avait décidés à passer aux actes.

Plus de 1.000 vétérans sont venus à Standing Rock en décembre, affronter les rigueurs de l’hiver. Sur place, ils ont présenté des excuses aux indigènes, au nom du gouvernement US, pour la manière dont il les traite. En février, ils ne s’attendent pas à un accroissement de la présence physique d’anciens soldats mais comptent bien poursuivre leur soutien par la collecte de fonds.

 

10 Last stand.jpg

 

 « La plus grosse erreur est de croire que Veterans Stand veuille faire quoi que ce soit d’agressif en réponse aux agressions. » a dit Michael Wood Jr à CNN. « Les gens veulent faire quelque chose, mais ils ne savent tout simplement pas quoi faire. Nous essayons au moins de leur fournir une tribune. »

 « Nous ne venons pas ici en combattants mais en protecteurs » a dit Jake Pogue, ancien combattant du corps des Marines, au Guardian. « Notre rôle, dans cette situation, est de former une barrière humaine entre les protecteurs de l’eau et les forces de police, et d’essayer d’empêcher une partie des mauvais traitements qu’on leur inflige. » 

 « En fin de compte, c’est un petit peu de l’armée US qui vient sur le territoire des Sioux essayer de les aider pour la première fois dans l’Histoire, au lieu d’y venir pour les tuer »  a résumé le vétéran Dan Luker.

Source : https://twitter.com/RT_America/status/829530833237188608/...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

La situation aujourd’hui

 

Évacuation et arrestation des derniers résistants anti-DAPL par la police

RT 22 février à 22h18

 

La police, en tenue antiémeute et armée de matraques lumineuses est en train, en ce moment, d’évacuer les derniers manifestants anti-DAPL qui étaient restés sur place en violation des ordres du gouverneur d’avoir à se retirer avant 16 h – heure locale = ± 21 h. GMT.

 

11. Unicorn picture.png

 

Unicorn Riot, un média collectif non aligné, rapporte avoir vu un observateur de la Guilde Nationale des Avocats se faire arrêter, en même temps qu’un rabbin et plusieurs journalistes (seuls, ceux d’ABC ont été autorisés à rester sur les lieux, sous la protection de la police.)

[On peut suivre le fil des événements grâce aux nombreuses vidéos mises en ligne par ce site, qui rend également compte de l’exceptionnelle violence des arrestations, comme celle d’un journaliste qui aurait eu la hanche brisée lors de son placage au sol, etc.]

Rappelons que les protestataires voulaient seulement que soit détourné de leurs eaux le tracé d’un oléoduc de près de 2.000 kms de long.

La messe est dite.

Était-ce inévitable ? Dans l’état actuel des choses, oui.

Nous venons d’assister à la démonstration du pouvoir des « Sept sœurs » (cartel supranational du pétrole) par-dessus celui des états et de leurs gouvernements. Même celui des États-Unis ? Visiblement oui.

Le Président Trump pouvait-il les obliger à ce petit détour ? Il pouvait essayer. Pas réussir.

La question qui se pose est celle de la résistance à l’Ordre Mondial des « globalistes ». Qui a essayé jusqu’ici et comment ? La Russie et la Chine. Par les moyens dont ces deux grandes puissances disposent : ceux du commerce et de la force armée, avec le soutien de leur population, sans lequel elles ne pourraient rien. Et quelques autres états+peuple+gouvernement qui s’y efforcent : l’Iran, Cuba, le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie, la Tchéthcénie, etc.

Mais pour les autres, pour les peuples qui vont dans un sens quand leurs dirigeants vont dans l’autre ?

 

12. Les peuples c. les représentants du peuple.gif

 

Il leur reste à s’inventer les armes, la stratégie, les tactiques et à acquérir ou retrouver l’armature morale nécessaire. Et prendre leur courage à deux mains. Ce que font, précisément, les « peuples primordiaux ».

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

« Le colonialisme est une relation totale au pouvoir et il a façonné l’existence non seulement de ceux qui ont tout perdu mais aussi de ceux qui en ont profité. »

Taiaiake ALFRED

 

Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire

[Introduction à « la grande loi du changement » et des solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire]

Résistance7111 février 2017

 

Il serait trop long de recenser toutes les tentatives intellectuelles ou pratiques de libération. Un tel recensement sortirait du cadre de notre post d’aujourd’hui. Contentons-nous d’en citer deux et de vous aiguiller vers les sites qui suivent pas à pas les Amérindiens du Nord.

Au nombre des intellectuels les plus impliqués dans la recherche d’une solution aux problèmes qui se posent à tous les anti-colonialistes, on peut citer le Pr. Taiaiake ALFRED, dont nous donnons ici, à l’intention de nos lecteurs anglophones (sans sous-titres hélas, hélas, hélas…), une importante interview :

 


 

Il est aussi l’auteur d’un livre…

 

13. Wasase couverture.jpeg

 

 

Taiaiake ALFRED

Wasáse (Chemins indigènes d’action et de liberté)

University of Toronto Press, 2005

(en anglais)

320 pages

 

 

Ce livre du Pr. ALFRED est, faut-il le dire, inédit en français. Les valeureux de Résistance71 en ont traduit une partie substantielle, qu’ils ont mise en ligne sous forme de pdf. C’est ici :

https://resistance71.wordpress.com/2017/02/11/solutions-a...

 

 Citons encore :

14. Pagans in Proomised Land Newcomb.jpg

 

 

Steven T. NEWCOMB

Pagans in Promised Land

Fulcrum Publishing, 3rd edition, 2008

En anglais

224 pages

 

 

Pour cet auteur, la libération du joug colonial doit d’abord passer par l’émancipation intérieure des colonisés, autrement dit par l’abandon des schémas mentaux qu’ils se sont laissé imposer, d’après une Bible qui ne les concernait pas.

Voir les extraits de ce livre également traduits en français par Résistance71 :

https://resistance71.wordpress.com/2017/01/08/paiens-en-t... .

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

Ces informations sont ridiculement pauvres, en regard de l’immensité du problème et du bouillonnement des initiatives. Toutes les curiosités dans ce domaine pourront être satisfaites en consultant les deux sites-phares que nous vous avons déjà signalés :

Jo de  https://jbl1960blog.wordpress.com/

Résistance71 : https://resistance71.wordpress.com/

que vous pouvez suivre et avec lesquels vous pouvez dialoguer.

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

On peut aussi se documenter ou se rafraîchir la mémoire aux adresses suivantes :

Histoire des Indiens d’Amérique du Nord

http://robert.fauque.free.fr/Index/Mon%20site%20Archives/...

 

Les sites à consulter sont malheureusement en anglais pour la plupart…

 

À l’encontre – La Brèche, qui donne un bon résumé (en français !)

États-Unis. Standing Rock: une bataille gagnée, mais la guerre continue

 

Projet de loi du peuple Lakota

http://ourchildrenaresacred.org/tag/dakota-access-pipeline/

 

Grassrootsonline : Now the Sioux must battle big oil (Maintenant, les Sioux doivent combattre le big pétrole).

https://grassrootsonline.org/in-the-news/now-the-sioux-mu...

 

Native News Online : 3rd Most Read Story in Native News Online in 2016

http://nativenewsonline.net/currents/arrests-continue-mil...

 

RNS - Religious News Service

Qui  ne se limite pas aux aspects spitrituels du problème mais donne un assez bon résumé des faits matériels.

http://religionnews.com/2016/09/16/the-splainer-the-spiri...

 

Sur les Indiens du Sud, pendant qu’on y est :

ACTU-LATINO.com (en français)

http://www.actulatino.com/

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

Il est un autre triste privilège que les indigènes des Amériques partagent avec les peuples du Moyen Orient (et d’ailleurs, soyons-en sûrs) c’est celui d’être trahis par les leurs. Ce n’est pas à nous, qui n’avons été colonisés par César que grâce à nos divisions et à nos luttes intestines qu’il faut expliquer ce phénomène. Un appel récent relayé par Le Grand Soir prouve que rien n’a changé depuis l’an 57 avant notre ère, et qu’il y a malheureusement des Mahmoud Abbas et des gouvernements de Vichy partout…

 

Standing Rock : Pour sauver l’eau, nous devons briser le cycle du traumatisme colonial

Ladonna Brave Bull Allard – Le Grand Soir 20 février 2017

 

15. Ladonna Allard.jpg

 

La police est venue au Camp Last Child en plein jour, avec des blindés et des fusils dégainés, pour arracher les gens à notre terre. Beaucoup de protecteurs de l’eau étaient en train d’effectuer des marches de prières et des cérémonies. Nous regardions du haut de la colline le Camp Oceti Oyate alors que les troupes marchaient sur eux. Nous avons envoyé nos prières à ces innocents et aux braves guerriers venus pour résister avec les gens de Standing Rock, et protéger les eaux sacrées d’Unci Maka (Notre Mère la Terre).

Puis ils sont venus à notre Camp de Sacred Stone, le camp spirituel d’origine, que nous avions construit pour y offrir nos prières et protéger notre eau de l’oléoduc Dakota Access. Mais cette fois-ci, ils étaient accompagnés par le Conseil Tribal Sioux de Standing Rock. Ils n’avaient pas de mandat, mais ils ont forcé l’entrée de mon terrain privé, le terrain de ma famille, où j’ai grandi sur les rives de la Rivière Cannonball. C’était les membres de notre propre Conseil, avec le Service des Poissons et de la Vie Sauvage de Standing Rock, le Bureau des Affaires Indiennes (BIA), le Bureau de l’Alcool, du Tabac, des Armes à feu et des Explosifs (ATF), et le Corps de l’Armée des États-Unis, tous venus pour me chasser de ma terre natale.

Le monde veut soutenir Standing Rock, mais Standing Rock se dresse contre nous. Le Président Dave Archambault a jeté nos gens aux chiens quand il a dit que les actions des camps « ...ne représentent ni la tribu, ni les intentions initiales des protecteurs de l’eau. » Il oublie que nous, au Camp de Sacred Stone, avons été les premiers à résister pour l’eau, et que nous sommes avec tous les camps qui ont rejoint notre lutte.

Lire la suite…

Source : https://www.legrandsoir.info/standing-rock-pour-sauver-l-...

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

« Je m’oppose depuis de nombreuses années au sionisme, qui n’est que le rêve des capitalistes juifs dans le monde entier de créer un État juif avec tous ses accessoires : gouvernement, lois, police, militarisme, etc. En d’autres termes, ils veulent créer une machine étatique juive pour protéger les privilèges d’une minorité contre une majorité. »

Emma Goldman 

(Lettre à l’éditeur de Spain and the World, 26 août 1938)

[On se rappellera qu’à cette époque, Emma Goldman et John Cowper Powys ont tenu ensemble, en Angleterre, un meeting destiné à récolter des fonds pour les Républicains espagnols. NdGO]

 

Mosquée al-Aqsa – lac Oahe même combat ?

 

Oui, car outre les problèmes de la simple survie et de l’eau, il y a aussi celui du sacré qui est de plus en plus partout bafoué, en commençant par celui des plus vulnérables, mais qui peut douter que celui des autres suivra ?

 

16. NO DAPL xx.gif

 

Le terrorisme israélien dans les territoires occupés

ou

La vie quotidienne dans « la seule démocratie du Moyen-Orient »

teleSur  10 janvier 2017

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


Alors qu’Israël vient de voter une loi légalisant le vol de terres palestiniennes dans les territoires occupés, une réalité constante depuis 1967, ce documentaire d’Abby Martin nous rappelle que le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants Palestiniens est de facto autorisé et même encouragé et encensé en Israël, tant pour les soldats de Tsahal, « l’armée la plus morale du monde », que pour les colons. A quand une loi qui donnera la force du droit à cet état de fait ? Et, pourquoi pas, qui octroiera une récompense pour le « scalp », la tête ou la dépouille carbonisée des autochtones, seul moyen d’édifier un « État juif » suprématiste purifié de la présence des Arabushim ? Les « djihadistes juifs », comme les appelle Norman Finkelstein, sont bien les parfaits équivalents des « djihadistes wahhabites » de Daech, assassins fanatisés.

Les Palestiniens sont constamment menacés, agressés et soumis à des traitements inhumains et dégradants dans les bantoustans invivables qui leur sont réservés (jusqu’à ce que des colons décident de s’approprier leurs terres et occupent ou détruisent leurs maisons), condamnés à une existence misérable qui n’est qu’une mise à mort à petit feu. Bien que les médias aux ordres nous épargnent aujourd’hui ces images quotidiennes, elles n’en sont pas moins réelles et immuables depuis des décennies. Les innombrables condamnations des crimes de guerre israéliens par les instances internationales et les associations de défense des droits de l’homme n’ayant jamais été suivis de mesures concrètes (sanctions économiques, embargo sur les armes, etc.), Tel-Aviv peut poursuivre sa politique de colonisation en toute impunité et faire affront à toute l’humanité.

Il est aujourd’hui évident que la solution à deux Etats, qui a toujours été rejetée tant par les dirigeants que par les citoyens juifs israéliens, est définitivement morte, et que le silence, l’inaction et/ou la complicité de la communauté internationale ne laissent aucun autre recours aux Palestiniens que l’Intifada et la résistance armée, droit sacré et inaliénable, et même devoir indispensable face à une force occupante qui recourt systématiquement à la terreur.

Sayed Hasan

 


 

 

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[Tlaxcala] Abigail Suzanne « Abby » Martin est une journaliste US-américaine (née en 1984 à Oakland, Californie). Elle est la présentatrice de The Empire Files, un programme d'information et d’investigation hebdomadaire sur téléSUR en anglais. Elle a été autrefois l’animatrice de l’émission Breaking the Set pour RT America, travaillant depuis les bureaux de Washington DC. Avant d’animer sa propre émission, elle avait travaillé pendant deux ans comme correspondante de RT America.

Martin est aussi une artiste et une militante, et a contribué à la création du site de journalisme citoyen Media Roots. Elle siège au conseil d'administration de la Media Freedom Foundation qui gère le Projet Censuré. Martin apparait dans le film documentaire Projet Censuré le Film : Terminer le règne des Informations-Malbouffe (2013) et co-réalisé 99%: Le Film Collaboratif Occupy Wall Street (2013).

Publié par Sayed Hasan  

 

Pendant que nous y sommes, rappelons que des banques et des entreprises françaises – entre autres (il serait intéressant d’identifier les autres) – investissent dans le mur de la honte et les colonies internationalement condamnées de Cisjordanie tout autant que dans l’oléoduc DAPL.

 

 

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Peuples Indiens, Palestiniens, Péruviens, logés à la même enseigne

 

Pérou : Une marée noire en Amazonie pousse les autorités à déclarer une « urgence sanitaire »

Aline Timbert – ACTU LATINO 18 février 2017

 

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Au Pérou, la situation d’urgence sanitaire a été déclarée par le Ministère de la Santé le 17 février pour une durée de 90 jours dans des zones amazoniennes où ont eu lieu des fuites de pétrole sur l’oléoduc Norperuano. Le décret stipule « l’urgence sanitaire en rapport à la qualité de l’eau pour la consommation humaine », dans les districts de Imaza, province de Bagua (dans la région Amazonas), mais aussi dans les districts de Morona, Manseriche, Barranca, Pastaza et Cahuapana de la province de Datém de Marañón (dans la région de Loreto).

Le document publié dans la gazette officielle El Peruano rappelle que la déclaration d’urgence sanitaire « ne dispense pas de responsabilité ces institutions qui ne se sont pas acquittées de leurs obligations établies par la loi ».

Le ministre de la Santé, Aníbal Velásquez, s’est rendu sur les zones de pollution et a expliqué que l’urgence sanitaire se justifiait en raison de la contamination des cours d’eau. La dernière catastrophe environnementale a eu lieu le 4 février dans la province de Dátem del Marañón, dans la région de Loreto à hauteur du km 206 de l’oléoduc, les locaux affirment que la pollution a atteint la rivière Mayuriaga, à 13 km du lieu de la fuite, il s’agit d’un affluent du Marañón.

Velásquez a indiqué que Le Ministère au Logement a dépêché sur les lieux 1500 équipes dotées de matériels permettant de purifier, de stocker et de rendre l’eau potable. Le gouverneur régional de Loreto, Fernando Meléndez, a affirmé que la fuite de pétrole à Dátem del Marañón est à l’origine « d’une hécatombe environnementale » et a directement accusé Petroperú de ne pas avoir fait son travail sérieusement.

 

 Source : http://www.actulatino.com/2016/02/18/perou-une-maree-noir...

 

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Lénoncé du problème est simple : COMMENT SE DÉBARRASSER DE LA POIGNÉE DE PARASITES QUI SUCENT LE SANG DU MONDE EN DÉTRUISANT LA PLANÈTE ?

Marat, grand précurseur, préconisait l’ablation préventive de quelques têtes rédhibitoirement mal-intentionnées.

On lui a fait, pour ces morts théoriques, une réputation épouvantable. Et les malintentionnés responsables de centaines de millions de morts réels continuent à payer – grassement – des imMondes Déconnex, pour sempiternellement salir sa mémoire

Ainsi va le monde. Et les humains continuent à se vautrer dans un  infantilisme dont ils ne semblent jamais las. Est-ce une fatalité ?

 

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Quelqu’un, jadis, voulut en convaincre Saint-Just. Pourquoi s’agiter, si tout est pré-déterminé ?

« Il faut faire comme si » répondit l’Archange. Qui mit sa tête sur la bascule pour le prouver.

Les peuples indigènes et les autres ont-ils une chance d’inverser le cours des choses. Rigoureusement aucune, ou alors, une sur un milliard.

Est-ce une raison pour s’abstenir ?

Qui se souvient du nom du général qui a vaincu Spartacus ? Ou de celui de l’empereur qui a fait crucifier ses partisans rescapés tout le long de la via Appia ?

Qui pourrait citer le nom d’un des assassins de Che Guevara ? Ou celui du président bolivien en exercice au mois d'octobre 1967 ? Voire même celui du président des États-Unis d’alors ?

Spartacus et le Che ont « fait comme si ».

 

 

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Post du 22 février 2017.

Mis en ligne le 23 février 2017.


 

 

 

 

19:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

17/02/2017

LA CUISINE DE JUPITER

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La cuisine de Jupiter

 

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Quel genre de cuisine mitonnait-il en Haute-Marne au 1er siècle de notre ère ?

 

1 - Nos miroirs sacrés
2 - A l'origine était la cuisine
3 - Un mythe entre deux chaises
4 - L'avenir d'une science heuristique des mythes sacrés

 

À l'heure où une France sans État et sans gouvernement se révèle une oligarchie, une pieuvre gloutonne aux tentacules innombrables, l'histoire de la France et du monde devient plus que jamais une stomachologie. Le 9 février dernier, Catherine Lieutenant m'a gentiment suggéré de choisir le jour de mon modeste rendez-vous bi-mensuel avec l'estomac de l'histoire pour visiter à nouveau la cuisine de Jupiter. Pourquoi ce jour-là? N'est-ce pas le meilleur moment d'observer comment le genre humain nourrit ses dieux et comment, depuis les origines, nos dieux nous nourrissent en retour?

Sitôt que François Hollande a mis la France en congé de la politique, le pays s'est offert le luxe de s'absenter de l'arène mondiale de l'action. Certes, nous avons connu ce type de vide politique au cours de la Régence d’Anne d’Autriche, mais pendant ces années-là, Louis XIV grandissait et se préparait dans l'ombre à donner un siècle de gloire à la France, tandis que nous savons aujourd'hui que personne n'est de taille à redonner sa colonne vertébrale à une civilisation promise à une longue agonie.

 

1 - Nos miroirs sacrés

Depuis vingt-cinq siècles, la philosophie occidentale tente de porter un regard de l'extérieur sur l'encéphale de l'humanité. De même qu'en 1543 Copernic a bouleversé notre connaissance du système solaire, la découverte en 1859 du transformisme a contraint l'Occident de la raison à se demander si nous pouvons conquérir un recul à l'égard du genre humain, qui nous permettrait de savoir quelle est l'animalité spécifique d'une espèce en évolution.

Mais comment nous ancrer à l'extérieur d'un animal si nous sommes nous-mêmes, et des pieds à la tête, la bête que nous tentons d'observer du dehors, car il s'agit de toute évidence d'une animalité cérébralisée, conceptualisée, logicisée, donc cachée ou masquée.

Un seul instrument de travail se présente à l'enquêteur: car nous n'expédions pas seulement des personnages fabuleux diriger l'univers, nous les construisons de surcroît à notre image et en miroir. Il nous suffit donc d'observer ces auto-portraits qui nous peignent en pied pour disposer d'un microscope et d'un télescope. Nous sommes nous-mêmes des dieux privés de répondant, c'est nous qui n'avons aucun guide, aucun surveillant, aucun protecteur dans le dos.

Grâce aux miroirs sacrés dans lesquels nous nous réfléchissons par la médiation des effigies sacrées que nous enfantons, nous disposons de la meilleure école d'apprentissage de notre initiation à nos propres secrets: celle de l'histoire de nos offrandes sanglantes à nos maîtres imaginaires, donc de nos sacrifices de chair et de sang sur nos autels.

 

2 - A l'origine était la cuisine

A l'origine, était la cuisine. C'est pourquoi le langage politique de la République romaine, par exemple, reposait sur la gastronomie. Le comes n'était autre que le convive, le commensal, celui qui présidait à un rituel de l'ingestion du comestible. Le comissator désignait le complice d'une conjuration politique fomentée au cours d'une comisatio, c'est-à-dire d'une orgie, d'une ripaille, laquelle servait d'alibi à des conjurés qui pouvaient tranquillement préparer leurs complots au cours du repas.

Le comitium indiquait à la fois la partie orientale du forum dans laquelle le peuple se réunissait, mais il désignait également la bouche du comedus, le mangeur. Les comitia, les comices, étaient les assemblées au cours desquelles le peuple, réuni en collège électoral, élisait les magistrats. C'était dans l'enceinte du comitium que se tenaient les comices et que se déroulaient les sacrifices des grands et des petits bétails aux Immortels. C'est donc dans le comitium que se concoctait la cuisine de Jupiter.

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Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

Le 17 février 2017.

 

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(Cuisine électorale en Hexagonie au XXIe siècle de notre ère)

 

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Emmanuel « Rothschild » Macron : La réponse des globalistes à Trump, Poutine et Le Pen

Ruslan Ostashko (hacker russe)

(donc sans imprimatur de l’imMonde)

Traduit du russe par J. Arnoldski pour Fort Russ – 14 février 2017

 

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La situation entourant les élections françaises montre clairement de quel genre d'adversaires habiles et expérimentés il s’agit. L'oligarchie supranationale et la bureaucratie sont des adversaires véritablement dangereux qu’il n’est pas simples d’affronter, même si Poutine et Trump se mettent d’accord pour les affronter ensemble.

La caractéristique la plus dangereuse de cette oligarchie supranationale et de cette bureaucratie que Poutine a mentionnées à Valdai, n'est pas dans leurs ressources financières ou leur accès aux leviers du pouvoir - bien que cela soit très important. L'aspect le plus dangereux réside dans la capacité des Soros et des Kagan à apprendre. Les « élites » supranationales qui, jusqu'à récemment, contrôlaient complètement les États-Unis et influencent désormais de façon décisive la politique européenne, ne ressemblent en rien au dernier Politburo soviétique, décrépit et inadéquat. Ils sont un groupe d'hommes d'affaires et de politiciens intelligents et expérimentés qui peuvent encore répandre beaucoup de sang.

Regardez ce qui se passe en France et vous verrez à quel point, subtilement, efficacement et prudemment, ils ont trompé les électeurs français et manipulé les émotions dans le sens où ils voulaient.

Il y a tout juste un mois, la majorité des experts préféraient le candidat François Fillon, que ne détestait pas le public français, qui jouissait d’un taux de popularité plutôt élevé, d’un soutien fort de son parti et qui semblait devoir profiter du fait que les électeurs sont écoeurés à mort de l'establishment politique existant et en particulier de François Hollande. La candidature de Fillon était assez bien vue en Russie et il semblait que tout fût pour le mieux. Mais non.

Car c’est alors que l'oligarchie supranationale et la bureaucratie ont frappé un double coup. Tout d'abord, ils ont déterré, sur Fillon, une saleté quelconque, ridicule même d’après les normes européennes. Ils l’ont fait suivre par une tonitruante campagne des médias alignés, et sa cote de popularité a docilement fait le plongeon. Si bien que même les membres de son parti lui ont demandé de jeter l’éponge.  

En deuxième lieu, l'oligarchie supranationale a clairement démontré qu'elle avait tiré les leçons de la victoire de Trump aux États-Unis, en produisant avec la rapidité de l’éclair un candidat soi-disant « indépendant et anti-système » qui va s’attaquer aussi sec à ce même électorat protestataire, fatigué des politiciens fastidieux et corrompus.

Permettez-moi de vous présenter Emmanuel Macron : politicien français, ex-ministre de l'économie et ancien banquier d'investissement pour les Rothschild. (Les employés des services de renseignement se permettent de préciser qu'il n'existe pas d'anciens banquiers).

L'histoire de l'émergence de Macron dans la course présidentielle montre avec quelle facilité et à quelle vitesse les banquiers d'investissement, les doreurs d’image professionnels et les mé®dias sont capables de fabriquer un candidat anti-système. Il ne se présente pas au nom d’un des si ennuyeux partis et n’affronte aucune « primaire » ; il a formé son propre mouvement, présenté comme n’étant ni de gauche ni de droite, mais qui peut, par là même, racoler un maximum d'électeurs insatisfaits à tous les bouts du spectre politique. Son programme s’intitule rien de moins que « Révolution! » (à quoi bon lésiner) et promet qu’il sera bon pour tout, et contre tout ce qui est mauvais sans autres précisions (pour quoi faire ?).

L'image du banquier révolutionnaire me semble un peu débile. Mais, à en juger par les sondages, certains électeurs n’y voient nulle contradiction. Même si on tient compte du fait que les sondages exagèrent délibérément la cote de Macron, il faut reconnaître que les résultats de cette campagne de relations publiques sont tout de même impressionnants.

Les doreurs d’image [ou « spin doctors », nde] de Macron sont arrivés à combiner à son profit quelques ingrédients parfaitement incompatibles tels que le faire passer à la fois pour un adepte du néolibéralisme économique doux, pour un défenseur du citoyen lambda et pour un adversaire de l'establishment. Ils le disent en outre favorable à l'Europe et au multiculturalisme, mais en n’insistant pas trop sur certains de ces aspects, car on ne sait jamais quand la prochaine attaque terroriste ou le prochain viol en masse pourraient se produire et faire baisser sa cote.

Il est très probable que les prochaines élections françaises verront s’affronter Marine Le Pen et Macron. Il faut admettre que cet « ancien » banquier Rothschild a une grande chance de les gagner, puisque tous les médias et les partis de l'establishment font d’ores et déjà campagne en sa faveur. Sa victoire ne pourrait être contrecarrée que par un scandale très sérieux comme l'exposition des correspondances secrètes de Hillary Clinton, ou par une mobilisation sans précédent des eurosceptiques français. En général, tous les espoirs reposent sur les hackers russes et sur Julian Assange.

Enfin, si je vous ai parlé de tout cela, ce n’est pas parce que les prochaines élections françaises sont spécialement intéressantes, ni ce qui s’ensuivra, mais pour préciser que la victoire de Macron ne sera en rien tragique – nous y survivrons certainement [il s’adresse aux Russes, nde]. Mais, à voir la façon dont l’image publique de cet homme a été fabriquée et les messages qui sont envoyés dans sa campagne électorale, ne perdons pas de vue le fait que nos adversaires géopolitiques sont certainement en train de préparer « leur » Macron, en prévision des élections présidentielles en Russie. Ils ont même plusieurs Macrons potentiels, qu'ils vont déguiser en révolutionnaires, en populistes, en clameurs de vérité, et en purs combattants contre la corruption et l'establishment. Les efforts déployés dans ce sens sont déjà en cours.

Voyez comment on a élaboré les images de Navalny, de Kasyanov, et même de Roizman, dont les fins stratèges de Moscou chuchotent déjà qu’il sera candidat. Mais je voudrais dire qu'heureusement la Russie n’est pas la France. Il n'y a pas ici de candidat qui ait autant de chances que ce Macron en a là-bas, et c'est très bien.

 

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Ruslan Ostashko est l’éditeur en chef du site PolitRussia.com (http://politrussia.com/) et de sa chaine Youtube (https://www.youtube.com/channel/UCjxq8PsQ_On_-gI5LqNoVzA )

Source : http://www.fort-russ.com/2017/02/emmanuel-rothschild-macr...

Traduction : Anna S. pour Comité Valmy et Les Grosses Orchades

 

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Folie des grandeurs ?

Copiant Hillary Clinton, Emmanuel Macron prétend maintenant en France être la cible de la Russie.

Alexandre Mercouris  – Comité Valmy17 février 2017

 

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Le candidat à la présidence française Emmanuel Macron prétend - comme Hillary Clinton avant lui - être la cible d’une « cyber-attaque » de fausses nouvelles russe alors même que, en Allemagne, les enquêtes officielles mettent en doute les allégations d’intervention de la Russie dans la politique européenne.

C’était totalement prévisible et c’est maintenant arrivé.

Emmanuel Macron, le candidat « Golden Boy » qui est maintenant fortement promu à l’élection présidentielle française par l’establishment français et européen et qui - non par coïncidence - est le seul candidat à l’élection présidentielle française à soutenir la politique actuelle de confrontation contre la Russie, a emprunté une feuille du livre de jeu de Hillary Clinton en prétendant qu’il sera la cible d’une « cyber-attaque » de fausses nouvelles organisée par la Russie.

La manière dont cela se fait est présentée dans un article du Financial Times, qui cite le chef de la campagne de Macron et le ministre de la Défense, et rapporte d’obscurs soupçons de renseignements de la part du service français de contre-espionnage.

Voici ce que le Financial Times publie :

Lire la suite…

Source : http://comite-valmy.org/spip.php?article8250

 

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Réponse des Grosses Orchades

à des questions qui leur ont été posées suite aux deux précédents posts :

« Mais qui est ce Soros et comment s’y prend-il ? »

 

George Soros est un des membres du cercle plus si fermé que cela des milliardaires de casino qui ont décidé de gouverner directement le monde sans l’intermédiaire des états, des gouvernements et autres fariboles que se sont donné jusqu’ici les peuples avec plus ou moins de bonheur. Il ne faut y voir que l’attelage immémorial de la volonté de puissance et de la cupidité poussées à leur paroxysme.

Comment s’y prennent-ils ? Au moyen d’une foultitude d’ONG « humanitaires » ou « culturelles » qui leur servent à manipuler la partie la plus faible des pays ciblés – généralement la plus jeune –, en se servant pour appât de l’une ou l’autre chose que les gouvernements à abattre ont à se reprocher.

[N.B. : Étant des entreprises humaines, tous les gouvernements ont des choses à se reprocher. S’il en était autrement, la recette n’aurait pas aussi bien fonctionné en France en 1968, où l’on n’aurait pas vu l’Ordre des Architectes et la Comédie Française se mettre en grève avec les OS de la CGT.]

Pour qu’une frange suffisamment importante de la jeunesse soit ainsi manipulable, il importe qu’elle soit non tout à fait sans éducation mais mal éduquée : que le système éducatif du pays soit nul (États-Unis) ou qu’il ait été sciemment détruit (Europe). La preuve en est que MM. Soros et consorts se sont jusqu’à présent cassé les dents précisément sur les pays où les mots « Éducation nationale » ne sont pas tout à fait vides de sens. Exemples : la Russie, l’Iran.

La Russie, où l’on a vu les écoles de Staline – avec tous les défauts qu’elles pouvaient avoir – démantelées par les dix ans de règne de la clique Eltsine, pour être ensuite restaurées sur des bases que nous ne connaissons pas mais dont nous voyons les effets.

Cependant, la Russie n’est pas le seul pays qui ait résisté aux attaques venues du dehors, aidées comme à peu près partout par une Ve colonne de collabos intérieurs. L’exemple le plus éclatant est Cuba qui, dans les conditions qu’on sait, résiste victorieusement depuis plus de soixante ans. Cuba, pays champion du monde de l’éducation des citoyens dans le but de les armer et non de les détruire, immédiatement suivi par (ou ex-aequo avec) l’Iran, mais aussi par d’autres pays d’Amérique Latine tel que le Venezuela, l’Équateur, etc.

Ces systèmes éducatifs très divers ont la particularité d’être tous fondés sur des valeurs nationales dont nous n’avons pas à nous occuper parce qu’elles ne nous regardent pas. La seule chose qui devrait nous importer est que nous n’en avons plus, ce qui fait de nous des proies idéales à qui balancer des Macron et autres virus marionnettes de la peste ou du choléra, en nous persuadant que nous y sommes pour quelque chose parce que nous avons été formatés par nos éducations frelatées pour participer docilement à des jeux truqués.

Un phénomène auquel nous n’avons jusqu’ici pas prêté assez d’attention, c’est que la seule résistance actuellement visible au pouvoir mondialisé sans visage vient de peuples qu’on appelle « peuples premiers », « autochtones », « indigènes » ou « natifs », génocidés à tours de bras depuis des siècles mais qui, pourtant, relèvent encore la tête au point de nous servir d’exemple à tous : Palestiniens au Moyen-Orient, « Indiens » dans les deux Amériques, etc.

Ceci, pourvu que Jupiter nous prête vie, devrait faire l’objet d’un très prochain post.

 

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Mis en ligne le 17 février 2017

 

 

 

 

 

20:18 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |