20/03/2017

TALLEYRAND AUJOURD'HUI

1. Baleine sabat sur un voilier.jpg

 

Cirque électoral hexagonal - III

 

2. titre_manuel xx.GIF

 

 3. Manuel de Diéguez xxx.JPG

 

Talleyrand aujourd'hui

 

1 - Talleyrand dans la tourmente
2 - Un collaborationnisme messianisé
3 - Sorciers et magiciens
4 - Le gaullisme et le mythe démocratique

 

1 - Talleyrand dans la tourmente

Le 30 janvier 1649, le grand peuple anglais exécutait son roi, Charles 1er pourtant censé avoir été choisi par le ciel. Le 21 janvier 1793, la France décapitait à son tour un roi réputé avoir été désigné par la volonté expresse du créateur de l'univers.

Pour comprendre une révolution psychobiologique de ce calibre, il suffit de se représenter le traumatisme cérébral que serait de nos jours l'exécution, par la volonté du peuple souverain, du roi du Maroc, tenu pour le continuateur du prophète Muhammad. Aussi, en 1814, la victoire sur la France des dynasties sacrées de toute l'Europe avait-elle servi d'assise anthropologique à la guerre contre la Révolution française.

Il était donc décisif de savoir si, à la suite de la défaite de Napoléon à Waterloo, les vainqueurs de 1814 valideraient derechef le principe de la légitimation divine des monarchies de l'époque. Prendraient-elles la suite d'Attila, des Huns, des Mongols, des Wisigoths, pour se repaître de la victoire de leurs armes sur une France vaincue? Se montreraient-elles fidèles au combat dont ces monarchies avaient affiché ostensiblement l'emblème depuis un quart de siècle? Piétineraient-elles leurs propres principes de légitimation divine du pouvoir politique, et cel au seul nom de la victoire de leurs armes sur le champ de bataille?

 

4. talleyrand-7-congres-vienne.jpg

Talleyrand au Congrès de Vienne

 

L'actualité mondiale de Talleyrand au XXIe siècle tiendra au fait qu'il a aussitôt pris appui sur un principe, celui, à l'époque de la légitimité dite céleste de la dynastie des Capétiens. Il a fermement opposé cette mythologie aux alliés victorieux. Allaient-ils porter le harnais de la trahison de leur propre principe et le fardeau de la peur d'un éventuel retour des idées républicaines? Plieraient-ils l'échine face à la loi de fer des barbares triomphants?

 

2 -Un collaborationnisme messianisé

Oui ou non la victoire américaine de 1945 légitime-t-elle l'occupation éternelle de l'Europe par cinq cents bases militaires? L'Europe écoutera-t-elle la voix d'un Talleyrand d'aujourd'hui? Rappellera-t-il à l'Europe asservie que "tout ce qui est excessif est insignifiant" et que le joug du Pentagone sur l'Occident européen depuis soixante-dix ans sera condamné à l'insignifiance?

Insignifiance de la décision de réunion des quatre nations les plus peuplées d'Europe: l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie et demain, du Portugal à son tour, d'aller de l'avant, puisqu'aussi longtemps que le principe de la présence militaire éternelle des armées d'occupation du Nouveau Monde sur le continent européen exclut toute possibilité sérieuse de conduire un jour la civilisation de Copernic et de Darwin aux retrouvailles avec sa souveraineté.

L'Europe d'aujourd'hui, dirait Talleyrand, ne sera jamais que l'otage du premier empire militaire mondial, puisque le principal ressort de la capitulation de la civilisation de la pensée logique n'est autre que sa volonté ostensiblement affichée ou feutrée de brandir son propre assujettissement sous le masque d'une Liberté trompeusement universalisée. "Le débarquement du 6 juin 1944, ç'a été l'affaire des Anglo-Saxons, d'où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s'installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s'apprêtaient à le faire en Allemagne", confiait le Général de Gaulle à Alain Peyrefitte, alors ministre de l'information.

C'est pourquoi le Général refusa toujours de commémorer le débarquement "américain" du 6 juin 1944, en dépit de la pression du Premier Ministre, Georges Pompidou: "La France a été traitée comme un paillasson! Churchill m'a convoqué comme un châtelain sonne son maître d'hôtel", ajoutait le Général de Gaulle. (Cité par Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, tome 2, Édition de Fallois, Fayard 1997 - pages 84 à 87

Lorsque l'actuel Président de la République française, M. François Hollande, en visite d'Etat aux USA le 11 février 2014, a été menacé publiquement, lors d'une conférence de presse "commune", qu'une "tonne de briques" se déverserait sur sa tête s'il n'obéissait pas aux ordres de l'administration américaine qui interdisait à la France tout commerce avec l'Iran, il n'a pas bronché et l'Airbus présidentiel est sagement demeuré sur le tarmac dans les heures suivantes.

Le génie de l'empire militaire américain aura été de proclamer démocratique un collaborationnisme européen ennemi du patriotisme et de la dignité des nations du Vieux Monde. En patriote lucide, le Général de Gaulle, dénonçait l'humiliation de la France en ces termes: "Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l'avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis " (Général de Gaulle, Ibid)

Voir : Naissance, croissance et agonie de l'Europe américaine , 20 janvier 2017

 

3 - Sorciers et magiciens

Prenons l'exemple de l'omniprésence et de l'omnipotence du cinéma américain en Europe : deux films, Le Voleur de bicyclette de Vittorio de Sica et Affreux, sales et méchants d' Ettore Scola ne doivent pas faire illusion sur le fond. C'est de sa propre volonté de s'asservir que l'Italie a produit des « westerns spaghetti » depuis quatre générations, c'est de sa propre volonté de s'asservir que le festival annuel du film américain de Deauville est souverainement dirigé sur le territoire français par un Américain, au reste porteur de nos jours de la casquette d'agent électoral d'Hillary Clinton.

Quel serait l'apport décisif d'un Talleyrand du XXIe siècle à une anthropologie critique digne d'une politologie enfin scientifique, donc dotée de la distanciation philosophique d'une science des relations entre des États souverains ?

Cet apport commencerait par renouveler le gaullisme lui-même qui souffre d'une insuffisance de la réflexion anthropologique sur la guerre et la paix de l'homme du 18 juin; car le Général de Gaulle ne cesse de décrire sur le ton de l'étonnement ou de l'indignation qu'« un chat est un chat et Rollet un fripon », comme l'écrivait Boileau, précisément en tant qu'historiographe officiel de Louis XIV.

Voltaire disait que la religion est née de la rencontre d'un fripon avec un imbécile. Mais il ignorait encore que le fripon évoqué est, au premier chef, un sorcier et que la première sorcellerie est celle des fripons dont la forte personnalité leur fait proclamer qu'ils sont informés des ultimes secrets du cosmos. À ce titre, le fripon de Voltaire se révèle un magicien de première force et qui exécuterait fidèlement les volontés d'une divinité. L'empire américain repose sur la friponnerie d'un magicien proclamé au service de l'absolu. C'est pourquoi Voltaire croyait encore en l'existence d'un « horloger »  minutieux du cosmos.

 

4 - Le gaullisme et le mythe démocratique

Depuis des siècles, aucun État ne conteste l'existence de Jahvé, revendiquée par le peuple hébreu, l'existence d'Allah postulée par les peuples du Coran, l'existence réclamée par les chrétiens d'un Dieu composé de trois « personnes » : ils « font avec », comme on dit aujourd'hui. Bien plus, les théologiens respectifs sur lesquels ces trois divinités prennent appui se contentent de rogner subrepticement les prérogatives et les apanages de leurs divinités respectives, afin d'augmenter les pouvoirs de leurs fidèles et d'aboutir à un modus vivendi de nature à satisfaire les intérêts des deux parties.

Rien de tel avec les négociations que l'Angleterre ouvre en ce moment avec l'Europe : la question des relations de tout ce beau monde avec l'OTAN sera purement et simplement effacée des tablettes de Clio. La vassalisation du Vieux Continent se trouve tellement avancée que personne ne soulèvera la question de nos attaches avec le sceptre et le joug du Pentagone.

Telle est la question que Talleyrand pose fermement et même rudement aux successeurs aveugles du Général de Gaulle, telle est la question qui se posera inévitablement, à l'Europe parce qu'il n'a jamais existé de politique réelle qui ne se trouve contrainte de préciser la nature et le statut des nations.

Aujourd'hui, Talleyrand nous rappellerait qu'aux yeux du pseudo apostolat démocratique américain, l'empire du dollar et du Pentagone sont les nouveaux horlogers de l'univers. Si le « Diable boiteux » avait guidé les pas du Général, il aurait expliqué aux Français combien il est naturel et inévitable, hélas, qu'un vainqueur exploite au mieux sa victoire et que la vraie victoire de l'empire américain n'est autre que le consentement de tout le monde au débarquement dans les consciences d'un messianisme faussement protecteur et d'une démocratie prétendument salvifique.

Non, aurait dit un de Gaulle à l'écoute de Talleyrand, l'histoire n'est pas un théâtre du salut universel, l'histoire réelle du monde n'est pas celle d'un apostolat mondial du concept de démocratie. L'histoire réelle est celle qu'écrivent les grands visionnaires et les grands réalistes du destin des nations. Mais si vous ne connaissez pas les ressorts psychobiologiques de l'adversaire, comment vous défendriez-vous ? Le Général chinois Sun-Tsu faisait de la connaissance de l'adversaire la clé de la victoire.

Au lieu de cela, les pseudo gaullistes d'aujourd'hui ne cessent de démontrer que De Gaulle était gaulliste au sens qu'ils donnent à ce mot aujourd'hui, c'est-à-dire au sens limité d'un gaullisme soumis au seul concept de démocratie auquel le pseudo « libérateur américain » serait le modèle. A leurs yeux, l'Amérique serait devenue impériale et impérieuse par on ne sait quelle dérive inexplicable de ses idéaux originels.

En vérité, le premier exemple du baptême de la démocratie dans une théologie se trouve dans Tite-Live : après avoir assassiné leur roi Numa Pompilius, le Sénat romain l'avait fait descendre des nues sous les traits d'une divinité chargée de prophétiser l'avenir planétaire de l'empire romain et, depuis lors, on a vu les empereurs se légitimer à seulement proroger d'année en année leur titre officiel de premier Consul.

La réflexion sur le génie politique de Talleyrand nous conduira bien au-delà du gaullisme falsifié d'aujourd'hui : à un regard transfreudien sur la condition humaine en tant que telle et à une psychanalyse anthropologique des mythes religieux que j'ai explicitée le 12 avril 2005 à propos de la mort du pape Jean-Paul II.

Voir : A propos de la mort sacrificielle de Jean Paul II, 12 avril 2005

Il n'est plus possible de retarder l'aiguille du temps sur l'horloge du monde qu'on appelle l'histoire : dans quinze jours j'évoquerai les ressorts financiers et bancaires d'un Occident divisé entre l'empire des Rothschild et celui d'une banque américaine, dirigée par Mario Dragui, ancien cadre de Goldman Sachs, et baptisée banque centrale européenne.

Le 17 mars 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

Il ne fallait pas nous tenter…

 

 

Notons la date de réalisation de ce film : 1948.

 

6. Talleyrand-girouette.jpg

M. Tout à tous (caricature d’époque)

 

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

M. Dupont-Aignan à la cour du roi Ubu

Rédaction – Les Grosses Orchades 20 mars 2017

 

C’était, ce samedi, au tour du candidat de Debout la France de s’y coller. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il aurait bien fait de le rester… debout.

Figurez-vous un hall de gare, non, d’aéroport. Grand. Vide. Décor absolument grotesque pour montrer un entretien entre deux personnes, au milieu duquel trône, à l’aise et bien cadrée, une créature de sexe apparemment féminin.

Parenthèse : où est-il le candidat qui s’écriera en entrant : « Hé, ho, c’est président de la république que je veux faire, pas meneuse de revue aux Folies Bergères ! C’est quoi, ce burdel ? » (Nous le disons en polonais pour respecter les convenances.)

Bon. Passons. M. Dupont-Aignan est trop bien élevé. Ne dit rien. Et s’assied. Quiconque a lu ses premiers polars dans les années cinquante sait ce qu’était une sellette sous l’ancien régime, une fois adaptée aux commissariats pré-modernes où le prévenu devait s’asseoir sur une chaise branlante penchant vers l’avant car il importait qu’il fût mal à l’aise aussi bien physiquement que moralement, dès l'abord mis à sa place de déchet. Et pas besoin d’insister sur l’ampoule à 200 watts dans les yeux pendant que l’interrogateur-tortionnaire se prélassait à la fois dans l’ombre et dans son fauteuil.

Il a eu droit à ça, M. Dupont-Aignan. Recroquevillé sur sa sellette d’interrogatoire, les jambes repliées sous lui comme un marmot dans une chaise haute et, bien sûr, filmé latéralement, de manière à lui enlever d’avance non seulement toute autorité mais toute dignité même. Le procédé, cousu de cordes de navire est d’une grossièreté insigne, mais faire dans la dentelle n’est pas requis par le cahier des charges.

Là-dessus la créature lui pose pour la forme une question à laquelle le malheureux essaie naïvement de répondre, pour être aussitôt interrompu avec maestria, car il ne faudrait pas que les figurants s’imaginent qu’on les distribue dans des rôles à répliques.

Et en voiture Arthur, pour une séance d’humiliation publique bien rodée – ne vous y trompez pas : on les élève exprès pour ça, drillés à mort ils sont, comme des athlètes sur un tapis roulant, à interrompre le moindre gêneur, pour ne rien dire mais avec volubilité et sans reprendre leur souffle, un peu comme le brouillage nazi de Radio Londres pendant la guerre, vous voyez ?

M. Dupont-Aignan, reconnaissons-le, s’est battu, aussi vaillamment que la chèvre de M. Seguin, pendant une douzaine de minutes, avant de quitter la scène en ramassant autour de lui les pans de sa dignité mise à mal. Mais sa sortie, qui aurait dû être sèche et cinglante, ne le fut pas pour cause de décor prévu pour empêcher ces éventualités.

 


 

On imagine le grand Pierre Brasseur (qu’on a vu un jour jouer Le Diable et le Bon Dieu sous les boules puantes d’une salle truffée de scouts spécialement rameutés pour empêcher son spectacle), on l’imagine à la place du candidat, commençant par flanquer à la pétasse une volée de baffes pour lui apprendre à vivre, tirant la langue à la caméra et sortant majestueusement par le fond. Se déculottant même, pour peu qu’il eût été dans un bon jour.

Les candidats – M. Dupont-Aignan et les autres – doivent cependant savoir qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et qu’on n’a pas attendu la télévision palotine pour noyer les orateurs indésirables sous toutes sortes de huées, cris d’animaux, ricanements sardoniques, raclements de pieds et autres bruits incongrus. M. Mendès-France, pour ne citer que lui, en a su quelque chose le jour de son ultime intervention à l’Assemblée. Marat, deux siècles auparavant, en avait eu lui aussi quelques échantillons, qui écrivit un jour, dans L’Ami du Peuple : « Lasource a cassé trois sonnettes, mais j’ai parlé. » Lasource était le président de séance d’alors, plutôt favorable aux puissants du jour qu’aux empêcheurs de tripoter en rond.

Méditez l’anecdote qui suit, MM. les candidats encombrants :

Un jour que le hourvari était à son comble et menaçait de ne jamais finir, Marat sortit de son habit un pistolet dont il se mit le canon sur la tempe et il s’écria : « Si vous ne me laissez pas parler, je tire. »

Silence de mort.

Si quelqu’un avait osé dire « Chiche ! » et qu’il n’eût pas tiré, il était fini, irrémédiablement discrédité.

Personne n’a osé. Et Marat a parlé.

C’est un grand classique, mais tout le monde  ne le connait pas.

Nous, ce qu’on en dit, ce n’est pas pour donner des conseils.

 

7. Charlie Rose - Bachar.JPG

Aux antipodes : Quand le président Bachar Al-Assad  accorde une interview, c’est toujours à la spartiate : deux fauteuils face à face et une caméra au milieu, l’intervieweur posant des questions et attendant poliment que le Président ait fini d’y répondre. Même Charlie Rose de CNN, c’est dire ! Autre pays, autres mœurs.

 

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

 

L’OTAN et l’élection française

Rédaction – Les Grosses Orchades 20 mars 2017

 

8. Ubu en bateau animé GIF.gif

La merdre qu'on voit danser le long des golfes clairs… La merdre a des reflets changeants, sous la pluie…

 

Commençons par répondre à une question de notre lectrice-fétiche Sémimi : Non, nous ne faisons pas campagne pour M. Asselineau. Mais nous avons pensé, peut-être à tort, qu’à un candidat venu de la droite avec les états de service qui sont les siens, « on » permettrait peut-être, qui sait, d’amorcer un début de reflux sur le plan intérieur, un peu à la manière de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord justement.

Quant à sortir de l’Europe, cela reste à voir, mais sortir de l’OTAN, certainement pas. Ni ce candidat, ni les deux autres qui disent le vouloir ne le peuvent, et ils le savent.

 

9. Entrée de l'OTAN x.JPG

 

est un avertissement qui s’étale clairement aux portes  de cette organisation. Ceux qui ne l’y ont pas vue doivent changer de lunettes. L’OTAN est un enfer non pas de l’autre monde mais de celui-ci.

On ne sort pas de l’OTAN.

Supposons M. Asselineau, M. Mélenchon et Mme Le Pen membres d’un gouvernement de coalition et décidant de concert d’en faire sortir la France. Que croit-on qu’il se passerait ? La France se retrouverait sur l’heure dans la situation où se trouve aujourd’hui la Roumanie, laquelle ne va pas tarder à se trouver dans la situation de la Syrie, pour peu que son gouvernement de gauche s’obstine à vouloir réduire les injustices sociales les plus criantes et sortir de l’organisation terroriste, engagements sur lesquels il s’est fait élire.

Une preuve ?

Le Montenegro vient tout juste d’entrer dans l’OTAN.

À  Washington, M. Rand Paul, sénateur républicain du Kentucky, a aussitôt fait part au Congrès de son malaise à voir les USA intégrer de force dans cette organisation un petit pays dont plus de 60% de la population ne le voulaient pas. Il craint que cette torsion du bras dans le dos n’abîme davantage encore l’image de son pays dans le monde, en quoi il n’a pas tort.

Aussitôt, jaillissant comme un diable à ressort de sa boîte, M. John McCain, sénateur républicain de l’Arizona, l’a accusé d’être payé par Vladimir Poutine pour trahir son pays.

M. Rand Paul, sans trop s’émouvoir, a estimé – à notre avis charitablement – que M. McCain était gâteux, qu’il était une publicité vivante pour le respect obligatoire des dates de péremption et qu’à plus de 80 ans, il serait souhaitable qu’il prît sa retraite.

M. McCain, qui a la fibre patriotique, sauf pour payer ses impôts, a fini de péter les plombs en réclamant la mise en accusation – et pourquoi pas l’arrestation – du traître. (« Rendez-vous au tribunal ! », lui a tweeté un équipier de Rand Paul… en russe.)

Sur quoi quelques-uns de leurs collègues ont commencé à se demander si, en effet, M. McCain ne contrevenait pas à l’article 19 de la Constitution, lequel interdit à tout sénateur d’en calomnier publiquement un autre.

Et l’opinion US (et pas seulement), merdias en tête, de se passionner pour cette guerre des boutons dans un tout nouveau bac à sable. L’article 19 fait fureur.

Et le Montenegro ?... C’est qui le Montenegro ? C’est où ? Pfffttt !

 

10. Montenegro map.jpeg

Pays infiniment petit comme on le voit, mais qui donne à l’OTAN accès à l’Adriatique par-dessus la Serbie

 

La sortie de quiconque de l’OTAN ne peut se concevoir que par sa fin.

Or, la fin  de l’OTAN n’est possibble que de deux manières :

- soit l’organisation terroriste – qui en meurt d’envie – succombe à la tentation de frapper « préemptivement » la Russie au nucléaire et celle-ci gagne la guerre à un prix qu’on n’ose même pas imaginer, non sans que l’Europe ait été rayée de la carte, Montenegro inclus, qui pourtant ne voulait pas en être ;

- soit les États-Unis implosent de façon totale et soudaine ; encore ne faut-il pas écarter l’éventualité qu’un docteur Folamour quelconque prenne, au milieu de l’effondrement, l’initiative individuelle de presser le bouton rouge.

 

10 bis. Occident-Russie.jpg

 

Dans tous les cas : bain de sang.

 

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

 

ENFUMAGES

 

Société civile contre démocratie

Fernand Le Pic – ANTIPRESSE 19 mars 2017

 

11. revolution xxx.gif

 

A y regarder de près, la « société civile » est un bien étrange vocable. Au sens propre, elle est «l’association des citoyens». N’est-ce pas ce que le sens commun désigne du simple mot de «société» ? En ajoutant «civile» on jouerait implicitement de l’opposition avec d’autres organisations sociales «non civiles», militaires par exemple. C’était notamment l’avis de György Konrad, célèbre dissident hongrois des années 1980, reprenant à son compte les réflexions de Kant, pour qui «civil» désignait un projet politique s’opposant à l’absolutisme d’État. Mais on passera sur l’évolution du sens de ce concept à travers l’histoire. Ce qui nous occupe c’est son acception contemporaine.

 

 Les origines : Soros, déjà...

La «société civile» apparaît dans le langage courant avec la fin du système soviétique. Elle incarne la dissidence contre les dictatures militaires du Pacte de Varsovie. Son premier promoteur fut sans doute Václav Havel. Dans le prolongement de la publication de la Charte 77, déjà financée à l’époque par George Soros, le futur président tchécoslovaque expliquait que la «transition démocratique» devait s’appuyer sur la «société civile», c’est-à-dire sur de nouvelles «structures informelles», destinées à sortir la population de sa léthargie politique postcommuniste (cf. Le pouvoir des sans-pouvoir, 1978). Mais destinées aussi à l’influencer favorablement dans l’adoption du style de vie américain et de son modèle démocratique pétri de Common law. Sans entrer dans les détails techniques, la notion d’une société civile s’accorde d’autant mieux à ce système juridique qu’il conçoit la loi comme immanente, c’est-à-dire comme la volonté non écrite de la société, que le juge a pour mission de révéler au gré des conflits particuliers qu’il tranche. Dans nos systèmes continentaux romano-germaniques, la loi est souverainiste et transcendante, en ce qu’elle encadre explicitement et par avance le modèle de société qu’il lui est donné d’organiser par la codification. Aux anglo-américains la «société civile», aux européens continentaux le « code civil ». L’hégémonie politique passe aussi par la culture du droit.

 

12. c-etait-le-10-decembre-1989- Havel.jpg

10 décembre 1989 – Václav Havel – Place Venceslas

 

Mais revenons à Václav Havel, dont les vœux d’une société civile en terres continentales semblent avoir été anticipés et exaucés d’avance par des bienfaiteurs de Common law. Dès avant la chute du Mur, il avait en effet le soutien de Wendy Luers et de son mari Bill, ambassadeur des États-Unis à Prague de 1983 à 1986. Ces derniers l’aidèrent en particulier à réussir le premier test de mobilisation de la société civile en vue d’un regime change en douceur: la Révolution de velours. Ils formèrent Havel à la prise en main de sa première présidence de la Tchécoslovaquie (1989-1992) et créèrent à cette fin, à Prague et New York, la « Fondation pour la Charte 77 », avec à nouveau un financement garanti par leur ami intime George Soros. Rebaptisée plus tard Foundation for a Civil Society, cette structure contribuera à étendre le modèle de la Révolution de velours aux Révolutions de couleurs.

John Glenn, un acteur essentiel de ces processus de transformation politique, aujourd’hui salarié du sénateur John McCain via le McCain Institute for International Leadership, le confirme très ouvertement: « La société civile constitue un corps fluide de mobilisation politique qui articule tous les enjeux des changements de régime ».

Il faut bien entendu à cette société civile des bureaux, du personnel, des moyens de transport et de diffusion des idées et des savoir-faire requis par ces révolutions. C’est le rôle des ONG et autres think tanks ou programmes d’échanges, de bourses d’études et de formation d’experts, qui façonneront à grande échelle les perceptions politiques souhaitées partout dans le monde.

Ces ONG produisent une inflation de concepts américano-compatibles, destinés à être imposés à la classe politique et au monde économique: multiculturalité, tolérance, sociétés ouvertes, dépassement des frontières, gouvernance d’entreprise, principe de précaution, droit d’ingérence, droits des minorités, développement durable, exception culturelle, droit à migrer dignement, théorie du genre, etc. Leur spécificité est de faire de ces notions politiques des revendications morales, des professions de foi qu’il est tout simplement hérétique de contredire. D’où la floraison d’ONG-Watch, des groupes qui inscrivent la police des mœurs et de la pensée dans leur objet social, avec toute la candeur de l’évidence du juste, c’est-à-dire la légitimité autoproclamée de certifier leurs représentations comme seule vérité admissible.

 

Les médias, relais indispensables

Leur influence est aujourd’hui phénoménale, en particulier comme sources d’expertises et gardiennes de «valeurs démocratiques» abstraites qui se décrivent en une nouvelle grammaire de bois. Mais qui leur a donné un tel mandat si ce ne sont leurs financiers? Elles répondent qu’elles n’ont pas de but lucratif et qu’elles défendent des valeurs immanentes, qu’elles seules ont le courage et les moyens d’exprimer, en surplomb du débat démocratique. En réalité, c’est le processus démocratique qu’elles plombent. Lorsque le vote populaire ne leur convient pas, elles l’attaquent et n’hésitent pas à promouvoir la coercition. Sous prétexte d’éclairer, elles dénoncent. Elles ont même le pouvoir judiciaire de porter plainte au nom de leur société civile. A l’audience pénale, elles surajoutent l’audimat, dont elles ont un besoin vital.

C’est en effet la presse qui les fait exister. Il leur faut cette sorte de notaire qui authentifie leurs actes face à un public dont on organise ainsi l’opinion en commun. Mais pour cela, les beaux discours ne suffisent pas. La «Grande écoute» a besoin de conflits et même de violence pour conserver leurs parts de voix. Cela tombe bien car les ONG adorent la violence. Rappelons-nous, leur fonction première est de faire de la «résistance civile» contre tout système politique réfractaire au modèle de leurs sponsors bien-aimés et connus. Il suffit de persuader l’opinion publique qu’une vision politique antagoniste à la leur est une «agression» contre le modèle social idéal qu’elles incarnent, une injustice, une oppression, voire une régression, pour justifier la mobilisation de la «société civile».

Les mises en scènes varient mais les ressorts sont toujours les mêmes: actions spectaculaires et souvent créatives, destinées à toucher les consciences (Greenpeace, Femen, cadavre d’enfant sur une plage turque, etc.)

Le but n’étant pas de débattre dans un rapport de forces politique mais de s’approprier les bonnes consciences, elles font bon usage de la caricature de substitution au réel, déifiée ou diabolisée selon les besoins. C’est ce que Doug McAdam appelle la «dramaturgie stratégique».

 

Action non-violente, vraiment ?

Mais le biais est plus toxique qu’il n’y paraît car la mobilisation de la société civile constitue en soi une forme de violence, lorsqu’elle s’opère au sein d’une démocratie, contre une volonté populaire majoritaire, ou encore dans le but de subvertir les débats afin d’empêcher cette majorité potentielle d’exister. L’élection de Donald Trump et le vote du Brexit sont déjà des cas d’école à cet égard.

Et ce type d’influence s’exerce par des procédés de persuasion sophistiqués qui ont déjà fait leurs preuves dans ces fameux contextes de regime change. Mais au fait, si le recours au concept de «société civile» pouvait se comprendre dans le cadre d’une «transition démocratique» au sortir d’une dictature, pourquoi devrait-on l’imposer au sein d’une démocratie existante qui fonctionne bien?

En réalité ces ONG plénipotentiaires d’une très abstraite «société civile» représentent autant de projets politiques qu’elles ont de catégories de sponsors; c’est-à-dire très peu: le gouvernement américain et la Commission européenne exerçant un quasi-monopole faîtier dans ce domaine. Au sein de nos démocraties anciennes et bien établies, elles sont là pour concurrencer les institutions étatiques dans l‘élaboration de la norme, et le cas échéant s’y substituer. Par exemple, elles abhorrent la démocratie directe qu’elles estiment trop nationale et enracinante, et qui peut faire obstacle à leurs programmes multiculturels et supranationaux. Elles sont bien décidées à venir à bout du droit d’initiative populaire, qu’elles identifient comme une source d’inspiration beaucoup trop rêvée pour tous les «populismes». Les ONG toutes si sympathiques derrière les engagements altruistes de leurs jeunes recrues, formées aux bonnes écoles de pensée, et affublées des titres académiques les plus prestigieux, sont en réalité violentes par essence.

Elles se jouent des harmonies sociohistoriques et culturelles les mieux établies et les plus sereines, qu’elles brutalisent. Elles savent que leurs actions sont susceptibles de déboucher sur des conflits sociaux profonds, a fortiori lorsqu’elles les présentent comme des avancées inscrites dans le sens de l’histoire. Lorsque l’électorat, c’est-à-dire le Souverain, se rebiffe, elles lui opposent la société civile, c’est-à-dire exactement les mêmes personnes mais dont elles ont usurpé la souveraineté et travesti les convictions. Lorsqu’on en arrive aux «solutions d’experts», pire, au désamorçage des conflits par des accommodements imposés, c’est que la mission des ONG est accomplie ou en voie de l’être. Le changement de régime est proche lorsque l’ONG sort l’étendard de la société civile. Même en Suisse, surtout en Suisse.

 

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

 

N.B. des Grosses Orchades

Dans l’article d’ANTIPRESSE qui précède celui-ci, que nous ne reproduirons pas (vous n’avez qu’à vous abonner), « Le premier parti », de Pascal Vandenberghe (Cannibale lecteur), l’auteur, par ailleurs très intéressant, dit au passage ceci :

« Si la démocratie a un avenir, c’est très certainement dans un système de démocratie directe ou semi-directe, en lieu et place d’un système fermé, jacobin, centralisé, dans lequel les politiques forment une caste de professionnels incapables d’entendre les attentes de la population, et a fortiori d’y apporter les réponses pertinentes et efficaces. »

Nous aimerions que les auteurs – ils sont  nombreux ! – qui emploient à tort et à travers le mot « jacobin », généralement accolé d’épithètes péjoratives comme « centralisé », « fermé », etc., disent une bonne fois pour toutes ce qu’ils entendent par là ou que, plus honnêtement, ils s’abstiennent de se servir en guise de repoussoir d’un mot dont, à l’évidence, ils ne connaissent pas le sens, ni l’histoire.

 

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

 

Moyen Orient

 

Hassan Nasrallah : la fin de l'illusion des deux États annonce la libération de la Palestine

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2017, à l'occasion de la commémoration annuelle des dirigeants martyrs (VOSTFR)

 


 

Transcription

Eh bien, le deuxième point est la question israélienne du point de vue palestinien.

Que se passe-t-il actuellement ? Israël poursuit le processus de judaïsation au maximum. La judaïsation d'Al-Quds (Jérusalem), l'expulsion de ses habitants, (la construction de) davantage de résidences et de colonies pour modifier son identité et la séparer de la Cisjordanie, jusqu'à l'interdiction de l'appel à la prière, projet du gouvernement de Netanyahu adopté par la Knesset, jusqu'à la loi légalisant le vol de terres palestiniennes en Cisjordanie, avec en cours la construction de milliers de résidences en Cisjordanie, la continuation quotidienne des assassinats, des arrestations et des démolitions de maisons, la destruction des champs, et maintenant, avec Trump, l'évocation du déplacement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv vers Al-Quds (Jérusalem). L'importance de ce point serait la confirmation d'Al-Quds comme capitale éternelle de cette entité usurpatrice. 


L'abandon américain de la solution à deux Etats a une signification pour nous en tant que Résistance. Mais cette solution représentait le seul espoir pour la voie des négociations et pour ceux qui croient en cette voie. Les Américains, Trump a dit hier qu'ils ne feraient pas pression sur Israël. Laissons les Palestiniens négocier directement et s'entendre (avec Israël). Qu'est-ce que cela veut dire ? « Débrouillez-vous et bonne chance. » 


Israël, sans pression américaine, sans pression internationale, sans pression arabe, sans aucune pression, ces sionistes-là, avec leur culture, leurs ambitions, leurs appétits, leur mépris et leur arrogance, ceux-là donneraient-ils (d'eux-mêmes) aux Palestiniens ne seraient-ce que des miettes via des négociations ? Voilà ce que cela signifie (« Débrouillez-vous »).

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/03/hassan-nasrallah-la...

Traduction et sous-titres : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

13. Palestinians along the wall.jpeg

 

Et il y en a deux !

Notre faute, on est toujours à la bourre.

Mais on ne saute pas un discours de Nasrallah.

Allez-y doucement : un par jour.

 

Hassan Nasrallah : l'Axe de la Résistance triomphe en Syrie, Israël panique

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 18 mars 2017, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Fatima al-Zahra (as), journée de la femme

 

Section politique du discours


 

Transcription :

Aujourd'hui, ou (plutôt) ces jours-ci sont de fait une occasion (particulière), à savoir que les événements en Syrie et la guerre menée contre la Syrie sont entrés dans leur septième année. C'est-à-dire que six ans se sont écoulés, avec tout ce qu'ils contiennent en fait de souffrances, guerres, complots, confrontations et sacrifices de vies humaines. Avec la fin de la sixième année et le début de la septième, nous nous devons de nous arrêter brièvement, en cette occasion, car elle nous concerne également en premier lieu.

 Tous ceux qui se sont réunis dans les premiers mois du début des événements il y a six ans en fait de forces étatiques, de grandes puissances, de pays régionaux qui se sont réunis, 140, 130 ou 120 pays, sous le nom des « Amis de la Syrie » et qui ont comploté, faisant tout ce qu'ils pouvaient (contre la Syrie). Ils ont parié sur leur capacité à s'emparer de la Syrie en 2 ou 3 mois en 2011. Aujourd'hui, avec la fin de la 6e année, ils sont face à une vérité sanglante et douloureuse, à savoir la déroute, l'échec. Après 6 ans, ces grands pays puissants et importants du monde et de la région en arrivent à un échec, un échec cuisant dans la réalisation de leurs objectifs.

 Durant 6 ans, des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe  - la Turquie n'a pas dépensé d'argent, la France et le Royaume-Uni n'ont pas dépensé d'argent. Tout l'argent qui a financé la guerre en Syrie est de l'argent arabe. Cet argent aurait pu faire disparaitre la pauvreté du monde arabe. Il aurait pu faire sortir la Somalie de la famine, et le Yémen de la famine. Il aurait pu (re)construire les maisons des Palestiniens à Gaza. Il aurait pu raffermir les Palestiniens à Bayt-al-Maqdis (Maison du Sanctuaire / Jérusalem). Cet argent aurait pu garantir des centaines de milliers d'occasions d'emploi des jeunes arabes au chômage. Il aurait pu mettre fin à l'illettrisme de centaines de millions, malheureusement, des dizaines de millions d'hommes et de femmes dans le monde arabe qui sont illettrés. Pas un seul dollar n'a été dépensé pour ces problèmes, mais des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe ont été dépensés pour la guerre en Syrie, contre la Syrie, son régime, son Etat, son armée et son peuple, et contre l'Axe de la Résistance en son sein.

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/03/hassan-nasrallah-la...

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

14. Syria ruins.jpg

 

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

 

L’AIPAC a donné 60.000 $ à l’architecte de l’interdiction d’entrée aux musulmans édictée par Trump

Eli Clifton – Information Clearing House16 mars 2017

 

Des déclarations de revenus récemment rendues publiques montrent que le plus grand groupe de pression pro-israélien a subventionné un think tank dont les manigances ont joué un rôle déterminant dans la décision de  l’administration Trump d’interdire l’entrée du territoire aux musulmans.

 

15. Trump à l'AIPAC.jpg

 

L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a été remarquablement silencieux sur les lenteurs de l’administration Trump à revenir sur sa flambée d’attaques anti-sémites, menaces de bombardements et nomination d’un ambassadeur en Israël qui a qualifié J Street de « pire que les kapos », ainsi que sur ses liens avec des ethno-nationalistes tels que le stratège de la Maison Blanche Stephen K. Bannon et le haut conseiller Stephen Miller. Mais l’AIPAC a fait plus que tolérer son virage sur l’aile vers l’extrémisme et la xénophobie. Des déclarations de revenus récemment rendues publiques montrent que le plus grand groupe de pression pro-israélien a subventionné le Center for Security Policy  (CSP - Centre pour une Politique Sécuritaire), think tank dont les manigances ont joué un rôle déterminant dans la décision de l’administration Trump d’interdire l’entrée du territoire aux musulmans.

En 2015, l’AIPAC a lancé un lobby en forme d’association sans but lucratif à vocation sociale exemptée d’impôt (« 501c4 advocacy group ») : Citizens for a Nuclear Free Iran (CFNI – « Citoyens pour un Iran non Nucléarisé »). Supposé dépenser 20 millions de $ en juillet et août 2015, ce lobby fut « formé » dans le seul but d’éduquer le public « sur les dangers que faisaient courir les accords US-Iran en cours de négociation », ainsi que l’expliqua son porte-parole Patrick Dorton au New York Times. Le Times rapporta que ce budget de 20 millions de $ allait servir à acheter des espaces publicitaires dans au moins 40 états, ainsi qu’à financer d’autres formes de pression.

De fait, la déclaration fiscale du groupe (consultable ici) révèle que l’entreprise de bourrage de crânes de l’AIPAC a déboursé 18 millions de $ en « dépenses en relations avec les médias », 8,35 millions de $ en « programme de dépenses téléphoniques » et 58.200 $ en « frais d’enquêtes ».

Peu après le lancement du groupe, mon collègue Ali Gharib et moi-même avons remarqué que son site web affichait deux articles faisant la promotion d’un groupe d’opposants iraniens en exil connu comme ex-groupe terroriste, les Mujahedin-e Khalq (MEK = « Moudjahiddines du Peuple »). Le CFNI utilisait même un montage [« b-roll footage »] réalisé d’après une conférence de presse du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), considéré par le Département d’État comme la « branche politique » du MEK (ce qui lui avait valu de figurer sur la liste des organisations terroristes, jusqu’à ce que le MEK en soit lui-même retiré en 2012)          .

Suite à nos efforts pour obtenir quelque commentaire à ce sujet, le lobby de l’AIPAC contre les accords USA-Iran a fait disparaître de son site tout ce qui avait un rapport avec le MEK en invoquant une « erreur de communication », mais le montage vidéo figure toujours dans ses annonces publicitaires et sur Youtube.

Le flirt de l’AIPAC avec des groupes extrémistes semble être allé encore plus loin que l’emprunt au MEK de passages filmés de conférences.

D’autres divulgations fiscales révèlent que le CFNI a versé 60.000 $ à « Secure Freedom », versement référencé « don à un groupe », sous le n° d’identité fiscale 52-1601976. Ce n° d’identité fiscale est celui du Centre pour une Politique Sécuritaire, think tank belliciste dont les activités sont largement consacrées à pousser le gouvernement à augmenter ses dépenses en matière d’armements (il a reçu des fonds de Boeing, de General Dynamics, de Lockheed Martin, de Northrup Grumman, de Raytheon, et de General Electric) et contribue énergiquement à répandre des théories complotistes dépourvues de tout fondement sur l’infiltration du gouvernement US par des musulmans américains et les Frères musulmans.

L’adresse de contact reliée à cette subvention était une résidence privée de la Nouvelle Orléans appartenant à Marsha Halteman, membre du Jewish Institute for National Security Affairs (JNSA). Halteman n’a pas répondu à notre question demandant pourquoi son nom apparaissait en relation avec ce don.

Le chef du CSP est Frank Gaffney, un théoricien de la conspiration islamophobe, qui a prétendu sans le moindre fondement que la collaboratrice de Hillary Clinton, Huma Abedin, l’activiste anti-impôts Grover Norquist et l’ex-collaborateur de George W. Bush Suhail Khan faisaient partie d’un complot des Frères musulmans pour infiltrer le gouvernement US. Il a aussi prétendu que « le croissant et l’étoile islamiques apparaissent dangereusement dans la morphologie du logo de campagne d’Obama et dans celui de la Missile Defense Agency », et il a participé à la création d’un groupe inter-confessionnel visant à soutenir le programme islamophobe de Trump.

Gaffney et la collaboratrice de Trump Kellyanne Conway ont joué un rôle -clé pour amener l’administration Trump à interdire l’entrée du pays aux ressortissants de sept (et maintenant six) pays à populations majoritairement musulmanes.

 

16. kellyanne Conway.jpg

Kellyanne Conway parlant ici au CPAC 2015 à Washington, D.C

 

En 2015, Gaffney a commandé à la firme de Conway un sondage sur l’attitude générale des musulmans US. Publié en juin 2015, ce sondage prétendait révéler que 51% des musulmans étaient d’avis que « les musulmans des USA devraient pouvoir choisir de vivre sous la char’ia », entre autres découvertes. Mais la méthodologie du sondage était très suspecte, dans la mesure où celui-ci avait consisté en une simple enquête opt-in en ligne (qui pose des questions tendancieuses ne permettant que des réponses affirmatives), méthode que les experts considèrent comme non-fiable. La firme de Conway a elle-même fini par admettre que ses résultats n’étaient pas « statistiquement représentatifs de la population musulmane des États-Unis ».

Mais rien de tout cela n’a empêché Trump de citer le sondage pour justifier sa « totale et complète interdiction aux musulmans d’entrer sur le territoire des États-Unis jusqu’à ce que les représentants de notre pays puissent se rendre compte de ce qui se passe » (7 décembre 2015).

Il est donc plus que possible que les fonds aient servi au CSP à faire du lobbying pour saboter les accords USA-IRAN. Par ailleurs, l’empressement de l’AIPAC à s’acoquiner avec une organisation dont le président, Frank Gaffney, a été dénoncé par l’Anti-Defamation League, le Southern Poverty Law Center et l’American Conservative Union (qui l’ont brièvement exclu de leurs manifestations après qu’il eût accusé des opposants politiques de faire partie d’une conspiration des Frères musulmans) soulève de sérieuses questions quant à l’engagement de l’AIPAC à combattre la bigoterie, la discrimination et particulièrement le racisme anti-arabe aussi appelé islamophobie.

Ni l’AIPAC ni le CSP n’ont répondu à nos demandes de commentaires.

© 2008-2017 LobeLog.com

17. Eli Clifton.jpg

Eli Clifton est un journaliste qui se spécialise dans les rapports entre la politique et l’argent et dans la politique extérieure US. Il a collaboré au réseau American Independent New Network, à Think Progress et à Inter Press Service. L’article ci-dessus est reproduit avec la permission de Lobelog.com.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/46670.htm

Traduction : c.l. pour ASI et Les Grosses Orchades

 

 

5. Alfredf le pingouin.jpg

 

 

 

Mis en ligne le 20 mars 2017.

 

 

 

19:42 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/03/2017

CIRQUE ÉLECTORAL HEXAGONAL - II

1. Baleine sabat sur un voilier.jpg

 

Cirque électoral hexagonal - II

 

Qu’on nous permette de commencer ce post par l’expression d’un chagrin : Jean-Christophe Averty est mort. Vous ne savez pas, vous autres, ce qu’il a représenté pour au moins deux générations. La France ne sera plus jamais la même sans lui. On ne l’entendra plus dire avec entrain « À vos caçettes ! ». D’ailleurs, il n’y a plus non plus de cassettes. Tout passe…

Chose à ne pas oublier en temps d’élections…

 

Fillon, t'as le bonjour d'Alfred !...

Vingtras – Son blog sur Mediapart 12 mars 2017

 

2. Averty.jpg

 

Guy Konopnicki rend, dans le dernier numéro de Marianne, un excellent hommage à Jean-Christophe Averty, titulaire de l'ordre de la « Grande Gidouille » décernée par le collège de Pataphysique, en soulignant le fait que ce créateur génial vient de disparaître au moment où la société française nage en plein délire ubuesque...

Effectivement, l'affaire Fillon et ses multiples rebondissements, les attitudes de ses affidés qui sont les parfaits illustrateurs d'un nouveau « dictionnaire des girouettes » ou les postures des impétrants de droite qui rivalisent de répliques théâtrales ou de déclarations alambiquées, bref tout un  aréopage digne de l'imagination d'Alfred Jarry, défile sous nos yeux, par rang de taille ou par tour de ceinture.

Le père Ubu, la mère Ubu, l'amiral Bordure et tous les palotins agitant des drapeaux tricolores sont présents afin de nous offrir l'adaptation en 2017 du chef d'oeuvre immortel de cet écrivain né à Laval en 1873, à quelques encablures de la Sarthe chère à ce « drôle de paroissien »...

Et Ubu se décline tour à tour en Ubu-roi, Ubu-enchaîné, « Ubu-cocu », « Ubu-colonial »... en draînant dans son sillage une fantasmagorie de bobards, de mensonges, de faux-semblants, mais de menaces réelles.

Car si la farce électorale peut souvent divertir, elle n'en est pas moins dangereuse puisqu’elle colporte tout l'attirail de la médiocrité frustrée et de la revanche mesquine d'une bourgeoisie morte de trouille.

C'est bien pourquoi la machine à décerveler fonctionne jour et nuit ...

Devant les caméras des médias complices, ce ne sont pas, hélas, les marionnettes de Jean-Christophe Averty, mais les argousins de la France réactionnaire, décidés à se payer l'infâme populo qui a l'outrecuidance de venir réclamer son dû au banquet du nouveau quinquennat.

Alors merdre de merdre... Et que la chandelle soit rouge !

 

3. Zig Puce et Alfred.jpg

 

NB/ le titre de ce modeste billet est un détournement de la BD d'Alain Saint-Ogan, « Zig et Puce » ; ils avaient adopté un pingouin qu'ils nommaient « Alfred ». Lorsqu'ils venaient à bout d'un adversaire, ils lui disaient : « t'as le bonjour d'Alfred ! » Mais ici, le pingouin n'est autre qu'Alfred Jarry.

Source : https://blogs.mediapart.fr/vingtras/blog/120317/fillon-ta...

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Fillon, soyons-en sûrs, échantillon des autres.

 

Erreurs de communication

Olivier Foreau – Arrêt sur Info 14 mars 2017

 

5. Fillon.jpg

 

De toutes les accusations subies par François Fillon, la plus absurde est certainement l’accusation d’hypocrisie, tant rien n’indique qu’il soit plus apte à la dissimulation qu’un attelage de bourrins. Il suffit de revoir son « grand oral » face aux pontes un rien dubitatifs de la Fondation Concorde [1], en mars 2016, pour voir qu’à l’époque déjà, la finasserie n’était pas son fort: d’emblée, il annonce ni plus ni moins qu’un « blitzkrieg » à coups d’ordonnances, de votes bloqués et de 49.3, pour « changer le climat de l’économie et le climat du travail dans notre pays » en reprenant les recettes qui ont fait le succès du quinquennat actuel – sauf que cette fois-ci, au lieu de parler de mesures de gauche, on parlerait de mesures de droite. Sur le plan symbolique, c’est considérable. En effet, pourquoi ne pas appeler un chat un chat?

 

« Je veux prolonger la tension politique », jure-t-il. « Pour prolonger cette tension […] il faut organiser un référendum en septembre, qui permet de maintenir l’état de tension électorale dans le pays, et donc de rendre très très difficile la contestation sociale pendant cette période. […] Si on fait tout ça, on crée un choc qui à mon sens, rend très très très [sic] difficile la réaction sociale que vous craignez […] Il y a des secteurs de l’action publique qu’il faut progressivement éteindre, ou transférer au secteur privé. […] Je propose des mesures de diminution de la dépense sociale […] le plus rapidement possible, le plus rapidement supportable [sic]. »

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/erreurs-de-communication/

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Que peuvent bien penser les Français intelligents et désintéressés de l’état dans lequel se trouve leur malheureux pays ? On peut prendre Bruno Guigue à son tour comme échantillon représentatif…

 

Voter, pour quoi faire ?

Bruno Guigue – Le Grand Soir 13 mars 2017

 

6. A voté.JPG

 

Voter le 23 avril, pour quoi faire ? Si les élections servaient vraiment à quelque chose, disait Coluche, il y a longtemps qu'on les aurait interdites. Avant d'aborder les enjeux du futur scrutin, il faut sans doute en passer par cette cure de réalisme. Car, on le sait d'expérience, il n'y a pas grand-chose à espérer des élections, elles ont rarement changé le cours des événements, et elles se résument souvent à un rituel où le peuple s'imagine qu'il a le choix. Cette illusion de la démocratie formelle est entretenue par ceux qui en tirent bénéfice, le simulacre électoral ayant pour principal effet de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

A la limite, le processus électoral pourrait passer pour un acte de souveraineté si les dés du jeu politique n'étaient pas pipés. Il exprimerait la volonté du peuple si cette volonté pouvait se formuler, librement, au terme d'une délibération collective digne de ce nom. On peut toujours rêver qu'il en soit ainsi, mais ce n'est pas le cas. Les médias de masse sont les larbins du capital, le débat démocratique s’apparente aux jeux du cirque et la confrontation des idées est dénaturée par les intrigues politiciennes. Dans ces conditions, la question se pose : faut-il céder, une fois de plus, le 23 avril, au fétichisme du bulletin de vote ?

Lire la suite…

Source : https://www.legrandsoir.info/voter-pour-quoi-faire.html

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Grain de sel des Grosses Orchades

(vous pouvez sauter)

 

Sur son site Entre la plume et l’enclume, Maria Poumier dit ceci :

 

Inéluctablement, on aura trois finalistes : Marine, Fillon, Macron. Fillon s'est quasiment placé en troisième position de lui-même, en laissant échapper qu'il ne s'alliera pas avec Marine si elle est au second tour. Mélenchon et Asselineau, ils le disent eux-mêmes, sont là pour faire à peu près ce que promet Marine, mais sans elle et contre elle. Conclusion: si vous ne votez pas Marine au premier tour, vous faites le lit de Macron, aux yeux de bébé requin, le bébé de l'Otan, de Rothschild, de marchands de bébés LGBT, des destructeurs froids de la Syrie, de la Libye, et qui veulent continuer en Algérie et en Iran. Marine ne tiendra pas toutes ses promesses, direz-vous? Et les autres si? Ne rêvons pas, aujourd'hui comme en 1958, l'alliance avec la Russie, c'est le rempart contre la CIA, et c'est déjà ça; c'est, la base diplomatique qui nous permettra d'aller plus loin, inch Allah. MP

 

Et rappelle deux textes de Roger Garaudy, qu’on pourra trouver in extenso ici  (entretien de 1980 avec Ben Bella) et ici, dont voici la fin :

 

« Être fidèle à la France, c'est donc, aujourd'hui, unir toutes les forces nationales contre l'état-major politique d'une classe décadente qui pille, divise et trahit la nation, et c'est n'exclure de cette union aucun Français de bonne volonté, car la France n'a pu être la France du mineur communiste Debarge et de l'étudiant catholique Marcel Weinun, celle d'Estienne d'Orves, de Brossolette et de Gabriel Péri, que parce qu'elle n'a jamais cessé d'être, pour tous les patriotes, indivisiblement, la France de Robespierre et de Jeanne d'Arc. »

 

Et, puisque « Mélenchon et Asselineau, ils le disent eux-mêmes, sont là pour faire à peu près ce que promet Marine, mais sans elle et contre elle », en conclut qu’il faut voter Marine.

Au risque de la fâcher…

Nous en étions arrivés, nous aussi, à penser qu’en l’état actuel des choses, où, selon, nous, il n’y a rien à espérer des autres candidats quels qu’ils soient, l’issue la moins mauvaise de toutes serait peut-être une victoire de Mme Le Pen.

Pourquoi ?

Mme Le Pen représente un choix de société fasciste qui séduit pas mal de gens de façon récurrente et qui se termine toujours mal.

Les fascistes sont des gens qui s’avancent masqués. Ils ont deux visages : celui qu’ils montrent et celui qu’ils cachent.

Seule, leur victoire peut les forcer à montrer celui qu’ils cachent. Arrivés aux affaires, leur masque tombe, qu’ils le veuillent ou non.

Nous pensions qu’en l’occurrence, le plus tôt serait le mieux. Qu’une victoire de Mme Le Pen ne pourrait pas être plus catastrophique pour la France que celle de n’importe lequel des autres candidats (hélas, notre opinion sur M. Mélenchon n’a pas changé depuis le 7 octobre 2012 « lettre à Ariane Walter » in Guerre à la guerre nondedieu) et cette catastrophe-là aurait au moins le mérite de dessiller les yeux de ceux qui s’illusionnent à son sujet. Elle aurait surtout le résultat souhaitable de faire sortir une fois pour toutes du paysage le si commode épouvantail FN qui a permis, depuis des décennies, l’accession au pouvoir d’une assez considérable quantité d’imposteurs malfaisants. L’équation « TOUT plutôt que le FN » aurait enfin fini de sévir. Car « TOUT » a été horrible.

On en était là.

Quand M. Asselineau a fait savoir qu’il avait réussi à obtenir les 500 parrainages de maires dont il avait besoin et qu’en conséquence il présentait sa candidature.

Qui est M. François Asselineau ?

À priori pas notre tasse de lait par sa formation (l’ENA), ses origines politiques (RPF, RIF, l’entourage de MM. Pasqua et Tibéri) et les fonctions qu’il a remplies indifféremment pour de nombreux cabinets ministériels de droite. Avoir fréquenté de près MM. Pompidou et Balladur n’est pas pour nous une référence.

Rappelons, pour la transparence, que nous sommes jacobins robespierristes et que nous avons pris, en 1968, Daniel Cohn Bendit pour un véritable anarchiste, ce dont nous avons honte. Rappelons aussi que nous avons récemment republié la position en matière d’élections de Raoul Vaneigem en y souscrivant, et que – nous sommes belges – nous y souscrivons toujours.

Pourtant…

C’est par les urnes qu’Hugo Chavez est arrivé au pouvoir, et après lui Nicolás Maduro. Ce sont des voix d’électeurs populaires qui ont porté aux fonctions présidentielles Dilma Roussef au Brésil, Rafael Correa en Équateur, Evo Moralès en Bolivie et Vladimir Poutine en Russie. Tous  ces gens-là venaient de la gauche, et même, Vladimir Poutine, de la gauche stalinienne. M. Asselineau vient de la droite. D’aucuns disent extrême. Ce qu’il paraît avoir en commun avec ces gens de gauche, c’est la volonté déclarée de baser son action sur un retour au respect de la Constitution. Laquelle n’en finit pas d’être violée depuis des décennies. Y compris peut-être par les gouvernements auxquels il a collaboré.

Tous les programmes (quand il y en a) des autres candidats sans exception, acceptent le principe de ce viol permanent. Le candidat du PS est M. Macron. Passons. M. Hamon accepte de faire de la figuration en échange du secrétariat de son parti plus tard, cela le regarde. On aurait mieux aimé que le candidat le plus sérieux fût M. Mélenchon, mais… Seule la formation de M. Asselineau (l’UPR) déclare vouloir en revenir aux valeurs de la Ve République, à sa fameuse constitution et au programme du Conseil National de la Résistance. Belles paroles ou volonté réelle ? Ce sont des choses qu’on ne découvre jamais qu’à l’usage. Dans tous les cas.

Nous aurions aussi préféré qu’il ait pour ambition, même lointaine, d’en revenir à la Ire République, et non pas à la Constitution de 89 qu’il invoque, mais à celle de 93. Ce sera pour plus tard et pour quelqu’un d’autre.

En attendant…

Supposant que M. Asselineau soit élu et que ses intentions déclarées soient sincères et véritables, quelles chances a-t-il de les mener à bien ?

Pas beaucoup.

Car il aura contre lui les détenteurs du pouvoir réel, échappé depuis si longtemps des mains de la légitimité, si on ose ainsi parler. Il n’y a qu’à voir à quoi s’est affrontée Mme Roussef, à quoi s’affrontent quotidiennement non seulement MM. Maduro, Moralès et Correa, mais également M. Poutine, en dépit de ses 89% de soutien national. Si M. Asselineau était élu, il trouverait en face de lui ces forces non élues : groupes d’intérêts nationaux et supra-nationaux, lobbies de toutes sortes, dans sa famille politique et dans les autres, « think tanks » de toutes origines et fomenteurs de révolutions colorées qui ont eu raison du général De Gaulle et qui règnent, depuis, sans entraves. Restant en outre à savoir s’il n’a pas la même notion qu’eux de la répartition des richesses.

D’autre part, si M. Asselineau, se veut au-dessus des partis par la  compréhension qu’il a de la fonction présidentielle, on ne l’imagine pas, une fois élu, allant chercher son Premier ministre au PRCF – hélas – quand bien même les élections législatives donneraient une majorité allant dans ce sens, chose qu’il vaut mieux ne pas espérer pour tout de suite. Alors, quoi ?

M. Asselineau possède, à nos yeux, une qualité que ne possèdent pas les autres et que n’a pas possédé non plus le général De Gaulle : il sait parler politique au peuple et il prend la peine de le faire. Pour lui mentir ? Peut-être, nous n’en savons rien. Encore une fois : à l’usage.

De Gaulle a défendu l’intégrité de la France et il l’a fait avec bec et ongles vis-à-vis de l’extérieur. On peut penser qu’à l’intérieur, ses intentions populaires ont été plus réelles qu’il n’y a paru et que l’en ont empêché ces forces mêmes qui l’avaient reporté au pouvoir et dont il est resté l’otage jusqu’à ce qu’elles le sacrifient à leurs appétits. Il n’en reste pas moins que Charles De Gaulle n’a jamais considéré les Français que comme un ramassis d’infantiles qu’il fallait protéger comme un père de famille protège ses enfants mineurs d’âge : sans les consulter. Attitude paternaliste qui n’est pas loin du despotisme éclairé des monarques à la Joseph II.

Or, pour que des mineurs d’âge deviennent adultes, il faut leur parler comme à des adultes, les traiter en adultes, partager avec eux ses responsabilités, les habituer à s’en charger de bonne grâce.

C’est pourquoi, quand bien même M. Asselineau serait élu à la présidence et son quinquennat une totale déception ou un fiasco, ce quinquennat ne serait pas totalement inutile dans la mesure où le Président aurait gouverné comme le candidat fait campagne : en pédagogue.

Nous ne connaissons que deux hommes d’État qui aient été avant tout pédagogues : Maximilien Robespierre et Fidel Castro. Qui avaient du génie. Et aujourd’hui Hassan Nasrallah qui marche sur leurs traces.

Il ne faut pas croire que gouverner en disant la vérité au peuple soit chose facile. C’est la plus difficile qui existe. Elle doit aussi reposer sur des principes clairs, reconnaissables, acceptés par tous. Mais c’est la seule qui puisse faire évoluer (grandir, mûrir) les peuples à pas de géant.

M. Asselineau dit-il la vérité au peuple quand il l’éduque en politique ? Nous l’espérons. Encore une fois, ce sont là des choses qui ne s’éclairent qu’à l’usage. Mais donner à quelqu’un l’occasion de le faire, dût-il se casser le nez dans l’entreprise ou nous écoeurer une fois de plus, est un jeu qui vaut peut-être la chandelle, autrement dit qui mérite peut-être qu’on aille voter pour lui donner cette chance, rien n’obligeant personne à y aller avec des illusions ou de l’enthousiasme.

Rappelons-nous cependant que M. Asselineau  n’a aucune chance

1) d’être élu

2) de remplir sa fonction de façon utile

sans un massif soutien populaire. (Par « populaire », nous entendons « Français de toutes origines ethniques, sociales et de toutes obédiences religieuses ou philosophiques).

Pour obtenir ce genre de soutien (que reçoit par exemple M. Poutine) il faut qu’il réussisse à se faire entendre et à convaincre. Il faut qu’il éclaire les votants avec précision sur ses intentions quant aux questions essentielles dont dépend l’avenir de leur pays.

Exemple :

La question qu’à tort ou à raison nous mettons au premier plan, avant toutes les autres, est celle de l’Éducation Nationale [nous faisons partie de ceux qui pensent qu’aucun changement ne sera possible nulle part en Europe sans une restauration des systèmes d’éducation qui ont été, partout, délibérément détruits depuis la fin de la dernière guerre].

Que compte faire M. Asselineau pour mettre en chantier et mener à bien une telle entreprise ? De quels moyens dispose-t-il pour le faire ?

Il ne faut pas compter sur les factotums des merdias pour lui poser ce genre de questions. Mais rien n’empêche les affiliés à la CGT d’exiger de M. Phlippe Martinez qu’il les lui pose, qu’il réclame, en leur nom, au(x) candidat(s) des garanties, des engagements précis.

Nous disons « éducation nationale » et nous disons « affiliés à la CGT », mais toutes sortes d’autres questions vitales se posent et d’autres catégories sociales sont concernées. N’est-ce pas ainsi que, en pratique, le mot démocratie doit s’entendre ? Faut-il que les initiatives viennent toujours du haut de la pyramide ?

Une autre question qui pourrait – devrait ! – être posée d’urgence au candidat soucieux de souveraineté et de légitimité est celle-ci : « Que comptez-vous faire pour racheter au Qatar et à l’Arabie Saoudite les morceaux de sol national qui leur ont été vendus avec les gens qu’il y avait dessus ? Que comptez-vous faire pour rendre à ces gens leur statut de citoyens français, dans la plénitude de leurs droits et de leurs devoirs ? »

On nous demandera avec raison pourquoi nous nous mêlons de ces choses, alors que nous ne sommes pas français. Nous pouvons répondre à cela plusieurs choses :

 

Parce que notre pays a voté en 1793 son rattachement à la France à 93% des voix.

Parce que le pays qui est le nôtre désormais, artificiel, minuscule et le plus peuplé du monde, recèle en ses flancs le siège de l’Union Européenne, celui de l’OTAN et la Fabrique d’Armes de Guerre de Herstal, autrement dit la peste, le cancer et le choléra.

Parce que coincés comme nous le sommes entre de puissants voisins, nous avons durement conscience que notre sort dépend du leur.

 

C’est pourquoi nous suivons avec anxiété les efforts que certains font pour sortir leurs pays respectifs de l’abîme. C’est pourquoi nous suivons, en touchant du bois, les efforts de Mme Wagenknecht et ceux, peut-être, qui sait, de M. Asselineau. Comme de quiconque sera de bonne volonté en s’éloignant le moins possible de notre Constitution à nous, celle – à laquelle nous nous sommes jadis rattachés – du 24 juin 1793, elle-même pâle reflet de son modèle, qui disait notamment ceci :

 

Art. 14 – Le peuple est le souverain ; le gouvernement est son ouvrage et sa propriété ; les fonctionnaires publics sont ses commis. Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement et révoquer ses mandataires.

……..

Art. 19 – Dans tout état libre, la loi doit surtout défendre la liberté publique et individuelle contre l’autorité de ceux qui gouvernent. Toute institution qui ne suppose pas le peuple bon et le magistrat corruptible est vicieuse.

……..

Art. 29 – Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Art. 30 – Quand la garantie sociale manque à un citoyen, il rentre dans le droit naturel de défendre lui-même tous ses droits.

Art. 31 – Dans l’un et l’autre cas, assujettir à des formes légales la résistance à l’oppression, est le dernier raffinement de la tyrannie.

Art. 32 – Les fonctions publiques ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs publics.

Art. 33 – Les délits des mandataires du peuple doivent être sévèrement et facilement punis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

Art. 34 – Le peuple a le droit de connaître toutes les opérations de ses mandataires ; ils doivent lui rendre un compte fidèle de leur gestion, et subir son jugement avec respect.

Maximilien ROBESPIERRE

Droits et devoirs de l’homme et du citoyen

21 avril 1793

 

Vous la trouverez intégralement ici, avec les dangereuses paroles sur la propriété qui l’introduisent.

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Mais revenons-en à la campagne qui s’ouvre ce 20 mars 2017

 

Conférence de presse du 10 mars 2017 de M. François Asselineau

Avec l’annonce de sa candidature.

(± 50 minutes d’exposé et ± 40 minutes de questions-réponses)

 


 

Dans cette conférence de presse, M. Asselineau insiste beaucoup sur le caractère « au-dessus des partis » de la fonction présidentielle et cite l’exemple de quelques rois qu’il dit rassembleurs, ce qui, dans le cas d’Henri IV n’est pas faux. On regrettera qu’il n’ait pas eu un mot pour Louis XI, à qui la France doit le début de son unité centralisée qui seule a permis la grande Révolution, et surtout pour Maximilien Robespierre qui, certes, ne fut pas roi mais qui a quand même préféré mourir plutôt que devenir un chef de faction, un gouvernant de guerre civile.

 

7. Appel au peuple.jpg

Appel adressé à la section des Piques  par le Comité d'exécution de la Commune dans la nuit du 9 thermidor, avec la signature interrompue de Robespierre (Ro…)

 

Il reste beaucoup de questions à poser au candidat qui se veut rassembleur. Avec quelles forces et dans quelle direction espère-t-il gouverner la France, au bénéfice ou au détriment de qui ? Par quels moyens ? Quelles puissances financières le soutiennent ? À quel prix ? Etc. etc. etc.

Mais qu’est-ce que les Français attendent pour aller les lui poser et – pourquoi pas – lui promettre leur concours à telles ou telles condition ? Des formations authentiquement de gauche ne l’ont-elles pas fait avec le général De Gaulle ?

En attendant, qu’ils excusent notre intrusion.

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Hors hexagone

 

Vermine un jour vermine toujours

 

Les forces de sécurité palestiniennes main dans la main avec l’occupant israélien

Arrêt sur Info13mars 2017

 

8. Vermines.jpg

 

Les forces de l’Autorité palestinienne tirent à balles réelles sur une manifestation, les Palestiniens demandent des armes, des missiles et que Mahmoud Abbas soit jugé.

13.02.2017 – La colère gronde en Cisjordanie occupée après que les forces de sécurité de l’AP ont violemment réprimé une marche de protestation, à Ramallah, contre le « procès » du martyr Bassel al-Araj et de ses camarades prisonniers par l’AP, ainsi qu’une autre manifestation dans le camp de Deisheh (Bethléem) au sud de la Cisjordanie occupée. Les manifestants ont fait face aux forces de sécurité de l’AP avec des pierres et de violents affrontements ont éclaté dans le camp.

Une source locale a dit au correspondant du CPI que la marche a été organisée dimanche soir pour protester contre les attaques de la sécurité de l’AP et pour refuser le procès que l’AP a fait au martyr Bassel al-Araj et ses camarades, les accusant de possession d’armes sans permis.

Les forces de la sécurité de l’AP ont attaqué Mahmoud al-Araj, père du martyr Bassel al-Araj, qui a dû être hospitalisé (vidéo qudsn ici), arrêté le dirigeant du Djihad islamique, le Cheikh Khader Adnan et attaqué les journalistes et les femmes.

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/les-forces-de-securite-palestinien...

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

OTAN

On ne s’en lasse pas. Et deux Dinucci à la fois (nous sommes en retard)

 

« L’art de la guerre »

Le Pentagone de Roberta Pinotti

Manlio DinucciRéseau Voltaire 7 mars 2017

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Après la France, l’Italie va regrouper l’ensemble de ses services de direction militaire au sein d’un Pentagone local. Petit à petit, chaque membre de l’Otan est prié de s’organiser sur le modèle de son grand-frère, les États-Unis. Cette évolution transforme en profondeur les missions des armées, en violation de la Constitution italienne.

 

9. Roberta Pinotti.jpg

 

La ministre de la Défense, Roberta Pinotti a un rêve : un Pentagone italien, à savoir une unique structure pour les sommets de toutes les forces armées, une copie en miniature de l’états-unien. Le rêve est sur le point de devenir réalité.

La nouvelle structure, annonce la ministre dans une interview à la Repubblica, est déjà en phase conceptuelle et une première allocation est prévue dans le budget de la Loi de stabilité. Il verra le jour dans la zone aéroportuaire de Centocelle à Rome, où existe l’espace pour construire d’autres édifices et infrastructures. À Centocelle, où a aussi été transférée la Direction générale des armements avec une équipe de 1 500 personnes, se trouve déjà le Commandement opératif de sommet inter-forces, à travers lequel le Chef d’état-major de la Défense commande toutes les opérations des forces armées. Avant tout celles qui sont à l’étranger : l’Italie est engagée dans 30 missions militaires dans 20 pays, du Kosovo à l’Irak et à l’Afghanistan, de la Libye à la Somalie et au Mali. Étant donné qu’à chacune de ces missions participent des composantes de toutes les forces armées, explique la ministre, il faut un commandement unique inter-forces avec siège à Centocelle.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article195549.html

 

Si nous comprenons bien le sens de cet article, la France abandonne la gestion de son propre arsenal nucléaire à l’Union Européenne. Dans ce cas et si les cadavres peuvent bouger, celui du général De Gaulle danse la gigue.

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

« L’art de la guerre »

Le grand jeu nucléaire en Europe

Manlio Dinucci 14 mars 2017

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

10. B-61-12 bomb rack.jpg

« B 61-12 bombs rack »

Les 20 têtes stockées en Allemagne équivalent à 80 fois Hiroshima

 

La torpille lancée à travers le New York Times – l’accusation contre Moscou de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) – a touché son objectif : celui de rendre encore plus tendus les rapports entre États-Unis et Russie, en ralentissant ou empêchant l’ouverture de cette négociation annoncée par Trump dès sa campagne électorale. La torpille porte la signature d’Obama, qui en juillet 2014 (immédiatement après le putsch de la Place Maïdan et la crise consécutive avec la Russie) accusait Poutine d’avoir testé un missile nucléaire de croisière, dénommé SSC-X-8, violant le Traité FNI de 1987 qui interdit le déploiement de missiles avec base à terre et portée comprise entre 500 et 5500 km.

  D’après ce que déclarent des fonctionnaires anonymes du renseignement étasunien, deux bataillons russes en sont déjà armés, chacun doté de 4 lanceurs mobiles et 24 missiles à tête nucléaire.

Avant de quitter l’an dernier sa charge de Commandant suprême allié en Europe, le général Breedlove prévenait que le déploiement de ce nouveau missile russe « ne peut rester sans réponse ». Il taisait par contre le fait que l’OTAN garde déployées en Europe, contre la Russie, environ 700 têtes nucléaires étasuniennes, françaises et britanniques, presque toutes prêtes au lancement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et au fur et à mesure qu’elle s’est étendue à l’Est jusqu’à l’intérieur de l’ex-URSS, l’OTAN a de plus en plus rapproché ses forces nucléaires de la Russie.

  C’est dans la cadre de cette stratégie que s’insère la décision, prise par l’administration Obama, de remplacer les 180 bombes nucléaires B-61 –installées en Italie (50 à Aviano et 20 à Ghedi Torre), Allemagne, Belgique, Hollande et Turquie – par les B61-12 : nouvelles armes nucléaires, chacune à quatre options de puissance sélectionnables selon l’objectif à frapper, capables de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement. Un programme de 10 milliards de dollars, par lequel chaque B61-12 coûtera plus que son poids en or.

En même temps les USA ont réalisé en Roumanie la première batterie de missiles terrestre de la « défense anti-missile », qui sera suivie d’une autre en Pologne, composée de missiles Aegis, déjà installés à bord de 4 navires de guerre étasuniens déployés en Méditerranée et Mer Noire. C’est le soi-disant « bouclier » dont la fonction est en réalité offensive : s’ils arrivaient à le réaliser, USA et OTAN tiendraient la Russie sous la menace d’un first strike nucléaire, en se fiant à la capacité du « bouclier » de neutraliser les représailles. De plus, le système de lancement vertical Mk 41 de Lockheed Martin, installé sur les navires et dans la base en Roumanie, est en mesure de lancer, selon les techniques spécifiques fournies par le même constructeur, « des missiles pour toutes les missions », y compris celles d’ « attaque contre des objectifs terrestres avec missiles de croisière Tomahawk », armables aussi de têtes nucléaires.

Moscou a averti que ces batteries, étant en mesure de lancer aussi des missiles nucléaires, constituent une violation du Traité FNI.

Que fait l’Union européenne dans cette situation ? Alors qu’elle déclame son engagement pour le désarmement nucléaire, elle est en train de concevoir dans ses cercles politiques ce que le New York Times définit comme « une idée auparavant impensable : un programme d’armements nucléaires UE ». Selon ce plan, l’arsenal nucléaire français serait « reprogrammé pour protéger le reste de l’Europe et placé sous un commun commandement européen », qui le financerait par un fonds commun. Cela adviendrait « si l’Europe ne pouvait plus compter sur la protection américaine ». En d’autres termes : dans le cas où Trump, se mettant d’accord avec Poutine, ne déploierait plus les B61-12 en Europe, c’est l’UE qui penserait à poursuivre la confrontation nucléaire avec la Russie.

Édition de mardi 14 mars 2017 de il manifesto

 

11. Concept B61-52.jpeg

 

Des B61-12 en Belgique ? Meuh noooon… Voici ce qu’en disait la RTBF en 2013 : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_y-aura-t-il-200-...

Quelques Belges qui n’étaient pas d’accord et ne le sont probablement toujours pas mais… qui s’en soucie ?

 

12. Manif anti-OTAN.jpg

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Foin des intimidations néo-maccarthystes !

 

Appel-pétition

Pour une approche objective, ouverte et contradictoire de la Révolution russe à l’approche du 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917

Cercle des Volontaires  – 14 mars 2017

 

13. Lénine Octobre 1917.gif

 

Ni lunettes « blanches » sur Octobre 1917 ni « Livres noirs » anticommunistes à répétition ! Et si l’on débattait enfin de manière sereine à propos d’Octobre 1917 et de ses suites ? Un appel d’historiens, d’intellectuels et de militants du mouvement ouvrier. 8 mars 2017, centième anniversaire du début de la Révolution russe.

Appel lancé par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris-VII, par Georges Gastaud, philosophe, fils de Résistant et par Jean Salem, philosophe, professeur à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

À l’approche du 100ème anniversaire du 7 novembre 1917, tout se passe comme s’il s’agissait surtout, pour certains milieux politico-médiatiques cautionnés par certains universitaires, d’en présenter une version grossièrement manichéenne, teintée d’acharnement anticommuniste, anti-bolchevik et antisoviétique.

Non seulement Octobre n’aurait été qu’un « putsch » bolchévique interrompant l’aimable cours démocratique initié par la Révolution russe de février, non seulement les bolcheviks n’auraient joué aucun rôle important en février 1917, non seulement l’immense soulèvement prolétarien et paysan qui prépara, ponctua et suivit le 7 novembre 1917 n’aurait pas comporté de caractère authentiquement démocratique, populaire et socialiste, non seulement ses suites se seraient révélées tout uniment catastrophiques pour la Russie et pour l’humanité, mais tout ce processus se serait déroulé – de même que la construction ultérieure de l’URSS – dans un contexte purement russe et chimiquement pur, quasi exempt d’interventions impérialistes furieuses, de défense sanglante et exacerbée de leurs privilèges par les classes dépossédées, d’écrasement brutal de la révolution ouvrière en Allemagne, puis de montée du fascisme, du nazisme, du franquisme et des militarismes, du Japon impérial à l’Europe occidentale (Hongrie, Italie, Espagne…).

Lire la suite…

 

Source : initiative-communiste.fr

Via : http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/03/15/appel-petit...

 

4. Alfredf le pingouin.jpg

 

Et, c’est dit, succédant à la pieuvre défourailleuse des élections US, Alfred sera désormais notre petit cul-de-lampe pour temps d’élections hexagonales.

 

 

 

Mis en ligne le 16 mars 2017.

 

 

 

 

 

19:37 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/03/2017

146e ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE

1. Asnières - le pont de bateaux xxx.jpg

Pont de bateaux d’Asnières  –  Sortie du 15 avril 1871

 

146e Anniversaire de la Commune

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

Bruxelles : Soirée de soutien aux prisonniers politiques révolutionnaires ce 18 mars

 

3. Secours Rouge bannière.JPG

 

Le 18 mars est la journée des prisonniers politiques révolutionnaires et le 146e anniversaire du soulèvement de la Commune de Paris. À cette occasion, une soirée de solidarité et d’information aura lieu au Local Sacco-Vanzetti, à Bruxelles.

La soirée sera en trois parties : des interventions de prisonniers politiques, une présentation de Kevin Rashid Johnson (prisonnier membre du New Afrikan Black Panther Party – Prison Chapter) et enfin des discussions, projections et interventions autour de prisonniers politiques. Avec infothèque, bar, buffet végé/vegan, etc.

Pour faire une intervention, contactez nous.

 

4. journeeduprisonnier affiche.jpg

 

Source : http ://www.secoursrouge.org/Bruxelles-Soiree-de-sou...

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

Le cinéma et l’histoire de la Commune

 

Édouard Mangin – Les Amis d’Henri Guillemin 22 février 2017

 

5. HG Commune.png

 

Au printemps 1871, à Paris, les Communards refusent de capituler contre les Prussiens et se révoltent contre le gouvernement de Thiers qui s’enfuit à Versailles. C’est la naissance de la Commune, événement révolutionnaire, qui s’inscrit dans le sillon de la Révolution de 1789, plus précisément celui de la Convention montagnarde de 1793. Pendant 72 jours, du 18 mars au 28 mai 1871, la Commune va vivre une intense expérience sur le plan de l’action politique en mettant en œuvre les fondements d’une organisation et d’une gestion communaliste démocratique et populaire. La fin de la Commune sera marquée par la semaine sanglante (21-28 mai 1871) où les troupes versaillaises massacrèrent 40 000 fédérés pour reprendre le pouvoir dans la capitale.

Cet épisode révolutionnaire a fait l’objet d’une multitude d’analyses et de textes divers et continue aujourd’hui d’être un sujet important d’étude et de réflexion politiques malgré les efforts continus des classes dominantes pour l’éclipser des mémoires. Si, à l’évidence, l’écrit se prête naturellement à l’analyse des faits historiques, qu’en est-il de la force d’évocation des images et notamment de l’image cinéma ? Comment la caméra, comme stylo, a-t-elle analysé, raconté ou seulement montré cet épisode historique emblématique ?

C’est à travers une anthologie relativement subjective que nous avons essayé de voir comment l’immensité de la Commune a pu être captée et travaillée par le système des signes et de la représentation et comment le vocabulaire sémiologique propre au cinéma a su prendre, comprendre et rendre au public la portée de cet événement historique.

 

Les débuts du cinématographe

Il est intéressant de noter que, né en 1895, seulement quelques années après les événements de 1871, le cinématographe mettra plus de quatre décennies pour prendre la Commune comme sujet et surtout en prendre la mesure. Qui plus est, il ne s’agira pas de cinéastes français.

6. Alice-Guy.jpgÀ titre d’exception toutefois, citons le court métrage muet de 4 mn daté de 1906 L’émeute sur la barricade. Il faut l’indiquer car il s’agit, sauf erreur de ma part, de la toute première oeuvre cinématographique ayant pour sujet la Commune, réalisée, en outre, par Alice Guy (1873 – 1968), première réalisatrice de l’histoire du cinéma. Le film est court, il n’y a pas beaucoup de moyens et il faut donc aller à l’essentiel, à savoir filmer une barricade et les combats de part et d’autre. La barricade est un des objets emblématiques de la Commune dont le cinéma s’emparera allègrement par la suite. En quatre minutes le sujet est traité. Cette historiette est très loin de la réalité historique et laisse plutôt sourire. On peut penser que Alice Guy en était consciente et a voulu peut être fournir un peu de densité à son sujet en s’inspirant du célèbre poème de Victor Hugo « L’année terrible – sur une barricade au milieu des pavés ».

 

       

Quarante trois ans plus tard, en 1914, l’Espagnol Armand Guerra (1886-1939) réalise La Commune (film muet de 19 mn). Dans ce format, il est évidemment impossible de restituer l’ampleur des événements. Guerra choisit ce que, à ses yeux, l’image cinéma peut le mieux saisir de la Commune et monte son film en deux mouvements. Le premier, fictionnel, constitue la quasi-totalité du film. Ici, ce n’est pas la barricade qui est prise comme symbole de la Commune, mais quelque chose plus difficile à signifier : la fraternisation de la troupe avec les Communards, contre les Généraux. Le film raconte, dans une mise en scène un peu foutraque, l’arrestation et l’exécution des Généraux Thomas et Lecomte. Le second volet est une surprise émouvante : le film se conclut sur une séquence documentaire : la réunion, quarante ans plus tard, des vrais anciens combattants de la Commune devant le Louvre. Ils sont là, face à la caméra, fiers et émus. On voit notamment à gauche Zéphyrin Camélinat (1840 – 1932).

 

 

Il faut attendre la fin des années vingt, à la lisière du muet et du parlant, pour que l’insurrection parisienne du printemps 1871 fasse l’objet de plus longs métrages visant à rendre en compte de façon à la fois plus globale et plus significative, la réalité politique de la Commune. Mais, cela ne sera pas le fait de cinéastes français mais soviétiques.

 

Le cinéma du socialisme réel

Dans la jeune URSS, le cinéma, bien que relevant de l’État, est l’un des plus novateurs. Lénine dira « le cinéma est pour nous, de tous les arts, le plus important » et Trotsky renchérira : « Quand nos hameaux auront des cinémas, nous serons prêts à achever la construction du socialisme ». Aujourd’hui, a-t-il eu raison si l’on considère qu’une caricature de cinéma, en petit écran trône au milieu de tous les salons ?

Trois films sont ici retenus.

 

Tout d’abord, La pipe du communard (film muet de 49 mn – 1929) de Constantin Mardjanov (1872 – 1933). Ce moyen métrage raconte l’histoire mélodramatique d’un père appauvri qui s’engage à fond pour la Commune. Il garde toujours avec lui un objet fétiche : sa pipe. Un jour, son jeune garçon âgé d’environ sept ans, lui demande de l’emmener avec lui voir les barricades. C’est à ce moment-là, qu’ils sont surpris par l’attaque des troupes versaillaises. Le père est tué et l’enfant fait prisonnier et emmené à Versailles. Il est alors filmé comme un pauvre orphelin, gardant fermement en mains, comme un trophée, la pipe que son père lui a confiée. Il est raillé, moqué et humilié par les bourgeoises qui le traitent comme un petit sauvage. L’une d’entre elles, voulant faire un carton avec un fusil militaire sur la pipe qu’il tient eu bec, l’assassine froidement, dans une mise en scène qui ne permet pas de savoir si ce meurtre a lieu par maladresse ou délibérément. C’est filmé de façon  très soignée mais hautement allégorique : vaillance des travailleurs, contre décadence frivole des possédants (avec des images évoquant l’aristocratie du XVIIIe siècle). A noter que le film, n’hésite pas, curieusement, à reprendre certaines imageries bibliques (comme l’évocation du passage de la Mer Rouge à partir de la 9e minute).

 

 

 

Ensuite, La nouvelle Babylone (film muet de 93 mn – 1929) de Grigori Kosintsev (1905 – 1973) et Léonid Trauberg (1902 – 1990) où la Commune de Paris est racontée par l’employée d’un grand magasin. Il s’agit là encore d’un mélodrame traité de façon classique (mais efficace) par une narration dialectique entre petite histoire et Grande Histoire. Alors que la Commune de Paris est violemment réprimée par l’armée, se tisse une histoire d’amour entre Jean, un soldat, et Louise, jeune vendeuse communarde du grand-magasin La Nouvelle Babylone. Le film insiste sur le contraste entre les soldats français engagés dans la guerre, partant au front et la bourgeoisie parisienne frivole qui profite des soldes du grand magasin. Mais, vaincue, l’armée française dépose les armes et les prussiens marchent sur Paris. Louise s’allie alors aux femmes du peuple et à la Commune de Paris pour s’insurger contre cette bourgeoisie sclérosée par le pouvoir, et capitularde face à l’ennemi. Le film se termine dans le sang et les larmes, sous la pluie qui lave tous les souvenirs du passé.

 

 

Enfin, Grigori Rochal (1899 – 1983) avec Les aubes de Paris (film de 102 mn – 1936).

En 1871, pendant la Commune de Paris, un jeune cordonnier lyonnais rejoint les rangs des communards et s’éprend de Catherine Milard, une jeune femme membre de la garde nationale.

7. Les-aubes-de-Paris-.jpgCe film soviétique, mêlant personnages de fiction et personnages historiques, souligne le rôle des femmes et des étrangers dans la Commune de Paris, notamment à travers les portraits d’une jeune ouvrière parisienne, figure allégorique de la révolution, et du général polonais Dombrovski. (Pour information, Jaroslaw Dombrowski est un officier polonais, qui après son échec lors de l’insurrection polonaise de 1863, est condamné à la déportation. Il s’évade et gagne la France où il se met au service de la Commune de Paris. Doté du grade de général, il meurt sur les barricades lors de l’assaut des troupes versaillaises).

Ce film fut réalisé avec un important budget. En pleine période stalinienne, les moyens étaient mis pour servir les buts politiques et idéologiques du pouvoir. Pour autant, Rochal réussit à éviter que l’art cinématographique ne soit totalement instrumentalisé et parvient à imposer une écriture filmique suffisamment autonome et innovante : scénario s’appuyant sur de solides études sociologiques de la société parisienne, un important matériau iconographique, des décors sophistiqués et coûteux, une mise en scène poursuivant les recherches formelles en écriture filmique, en cours à l’époque, initiées par le grand cinéaste Eisenstein : présence de la musique comme facteur dramatique, montage court et alterné, jeu réaliste des acteurs.

 

Et en France ?

En France, le sujet semble tabou.

A telle enseigne que le premier vrai projet de long métrage consacré pleinement à la Commune, en 1946, ne verra pas le jour. Dans le sillage de la Libération de Paris, le grand cinéaste Jean Grémillon (1901 – 1959), voulait célébrer cette « insurrection patriotique », selon ses propres termes, dans une confrontation tentante entre Versailles et Vichy, Thiers et Pétain, FFI et Garde Nationale.

Il souhaitait établir un certain nombre de parallèles entre les Comités de vigilance (1871) et la constitution des Soviets (1917) ; mais c’est surtout le régime de Vichy (1940-1944) qui devait être mis sur le même plan que le gouvernement de Versailles. L’occupation par les Prussiens devait être assimilée à l’occupation des Allemands et les gardes nationaux identifiés aux Forces Françaises de l’Intérieur.

Parlant de la ligne directrice du film, il indiqua : « Ce montage [film] est la cristallisation, à une époque déterminée qui est celle de 1871, de ce qui s’est passé antérieurement et une sorte de préface de tout ce qui arrivera dans le futur ».

8. Jean-Grémillon.jpgComme souvent, la censure s’exerça sur le plan financier et à travers le jeu de dupes des producteurs qui finalement refusèrent leur soutien. Elle prit aussi la forme de cocasses déconvenues comme pour la réalisation de son film sur le centenaire de la Révolution de 1848, dont le soutien pourtant confirmé du ministère de l’Education Nationale disparut du jour au lendemain. A l’été 1948, Grémillon apprit par la presse que les crédits votés par le Parlement pour servir d’avance à la production du film furent finalement attribués au dernier moment au financement des cérémonies solennelles à la mémoire de Chateaubriand.

Je remercie l’association des amis de la Commune dont les précieuses informations m’ont aidé à réaliser cette chronique. Concernant le projet de ce film et les démêlés rencontrés par Grémillon, le site de l’association présente plusieurs textes intéressants. Pour aller plus loin sur ce sujet, cliquez ici.

 

Robert Ménégoz

Vingt ans après les trois films soviétiques hautement allégoriques, mettant en scène les archétypes sociaux très clivés, propres à l’époque, on doit enfin le premier film français, au cinéaste Robert Menegoz (1926 – 2013). Il a vingt-six ans quand il réalise La Commune de Paris (film de 25 mn - 1951).

Ce court métrage fut interdit par la censure lors de la première demande de visa au prétexte de "Considérations fallacieuses et insultantes à l'égard de Monsieur Thiers." Le visa non-commercial ne lui fut accordé que le 27 juin 1956, après quatre ans de distribution quasi clandestine.

Le film est une évocation historique chronologique de la Commune de Paris, du siège de Paris à la fin de la semaine sanglante. Il est constitué principalement de photos permettant de découvrir le Paris d’avant le chamboulement urbanistique des années soixante.

Commandé par le Parti Communiste français, le film présente la Commune comme une « première ébauche de la dictature du prolétariat » tout en insistant sur le fait qu'il a manqué à la Commune « un grand parti organisé, capable d'appliquer le socialisme scientifique ». Bon.

Néanmoins, il y a de l’émotion, notamment grâce au texte en voix off, déclamé par Julien Bertheau de la Comédie Française, sur fond de chants patriotiques. 

 


La Commune de Paris (1951) - Robert Ménégoz

 

Et la télévision arriva, et le post modernisme survint

La télévision, bel instrument technique, hélas dévoyé dès sa naissance. Avec la TV (appelons la ainsi) arrive un flux continuel de productions formatées, de feuilletons et de « dramatiques », mettant en scène, de façon scrupuleuse, les poncifs et les anecdotes historiques déjà bien insérés dans les esprits par la pensée dominante et son système d’endoctrinement. On ne voudrait pas fâcher en parlant de propagande….mais.

Comme si, pour filmer la Révolution française, on n’avait retenu que la prise de la Bastille, le serment du jeu de paume, la fuite du roi et, par-dessus tout, la guillotine fonctionnant à plein rendement (avec gros plan sur le couperet). Inutile de préciser que cette façon de raconter l’Histoire est à l’opposé de la démarche et des travaux d’Henri Guillemin. Autant on reste rivé à son écran lorsqu’on le regarde/écoute dans ses conférences TV pourtant tournées en plan fixe, sans insert ni effets de caméra, autant on quitte rapidement l’un de ces téléfilms montés avec tous les moyens et effets du spectacle (barricades bien sûr, mais aussi, fusillades, explosions, défilés militaires et dialogues hors contexte), car on ne ressent rien sinon l’impression de perdre son temps.

Qui plus est, ce nouveau medium s’insère, au cours des années soixante-dix, dans un mouvement intellectuel plus ample qu’on nommera plus tard « post modernisme », ce concept de sociologie historique où la raison critique laisse la place à un relativisme global où tout est dans tout, et tout est pertinent et se vaut. Dans ce système, où la posture morale l'emporte sur la position politique, où le sociétal prime sur le social, le traitement télévisuel va privilégier les réalisations sages sur des destinées individuelles plutôt que sur les luttes collectives et leurs enjeux de rapports de classe. 

Dans ce contexte, parmi les téléfilms, citons le moins mauvais, L’année terrible (téléfilm couleur de 126 mn - 1984 - en deux parties) de Claude Santelli. Ce téléfilm raconte, à partir de documents d'archives, de scènes reconstituées, de photographies et d’interviews, l’histoire de la Commune, de l'entrée des Prussiens dans Paris jusqu'à la Semaine sanglante et aux procès des communards, en s’inspirant du recueil de poèmes du même nom écrit par Victor Hugo publié en 1872 (L’année terrible). La caution de Victor Hugo n’empêche pas de voir le stratagème visant à la fabrique du consentement aux formes de récits voulus par la pensée dominante.

Citons un exemple édifiant, au regard de la censure dont a été victime Jean Grémillon : La barricade du point du jour (film de 110 mn – 1977), seul film réalisé par René Richon (né en 1949) ; un film sans aucun intérêt qui n’a pas eu la moindre difficulté à trouver son financement.

Ce film relate les « troubles » (sic) [terme inscrit au synopsis et sur la fiche de pré production] de la Commune de Paris, concentrés et résumés dans la construction d'une barricade dans un des quartiers indéfinis de Paris.

9. Affiche-Richon-Barricade.jpg

 

 

 

La construction de la barricade est filmée comme un événement en soi, comme un jeu en soi, totalement déconnecté des enjeux politiques de la Commune. Hélas, sans le recul humoristique et critique qu''aurait adopté un Romain Goupil, ce film, en montrant un événement historique vécu au quotidien, dans une ambiance curieusement détachée des réalités, cherche en fait à présenter La Commune comme un épisode historique banal, ou à le mettre sur le même plan que les combats de rues de Mai 68. C’est effectivement très relativiste.

Les réalisations filmiques vont s’attacher à zoomer sur des destins individuels particuliers, oblitérant ainsi le cœur de la signification politique de la Commune. Ainsi, Jaroslaw Dabrowski (film polonais de 181 mn - 1976) du polonais Bohdan Poreba (1934 – 2014), sera largement distribué en France, comme par hasard. Ce film raconte l’histoire, a- historicisée, de Jaroslaw Dabrowski que l’on a vu précédemment. Puisque tout est dans tout et que tout s'équivaut, Poreba n’hésite pas à utiliser en bande son L’internationale, dont la musique ne sera composée qu’en 1888.

Film en version intégrale en VO non sous-titrée ci-dessous :

 

 

 

Autres mises en scène de héros : Le Destin de Rossel (film de 85 mn - 1966) de Jean Prat (1927 – 1991) raconte le destin tragique de Louis Rossel (1844 – 1871) seul officier supérieur de l'armée française à avoir rejoint la Commune de Paris. Un remake de ce film, Louis Rossel et la Commune de Paris (film de 103 mn - 1977), sera réalisé par Serge Moati (sur un scénario de Jean-Pierre Chevènement).

 

Heureusement, il y a des réussites

Pour quitter le champ télévisuel sur une note positive, mentionnons trois films.

La rénovation urbanistique de Paris des années soixante-dix, assortie d’une élimination massive d’immeubles vétustes des quartiers populaires, offrit une opportunité de reconstitution à peu de frais des barricades du mois de mai 1871. Joël Farges (né en 1948) en profita pour réaliser La Semaine sanglante (film de 53 mn - 1976), où façades ruinées et murs en démolition complètent les barricades et hôpitaux de fortune éclaboussés par les obus des artilleurs versaillais. Farges ne dédaigne pas pour autant l’imagerie symbolique, et plante des drapeaux rouges autour du génie de la Bastille, comme il s’attarde sur la façade de l’Hôtel de Ville, bientôt incendié.

La réalisatrice Cécile Clairval-Milhaud réalise un très bon téléfilm, très engagé politiquement, qui, contre toute attente, passera à la TV pour le centenaire de la Commune en 1971 : La Commune de 1871

10. affiche-Cécile-Claival.jpg(film en 16 mm de 80 mn – 1971). A l’aide de très nombreuses archives, de témoignages lus par des comédiens, d’images, de textes, de poèmes et de chansons, la réalisatrice rend un hommage honnête et véridique aux événements du printemps 1871. On y retrouve les grands moments et les idéaux de la Commune. Le film fait le point sur les conditions politiques et sociales qui ont permis l’instauration de la Commune et présente de façon claire et détaillée la répression féroce qu'elle a subie lors de la reconquête de Paris par les Versaillais. Ce film est aujourd’hui disponible en DVD. Les bonus apportent des précisions sur certains faits comme par exemple : l’élection de l’assemblée et son programme de justice sociale, l’instauration de l'école laïque gratuite et obligatoire pour tous les enfants de six à quinze ans, la loi sur la protection, sur la santé, loi sur les accidents du travail, etc.

 


 

Enfin, ce n’est pas le moindre mérite du film de Jean Baronnet (né en 1929) d’avoir pu réaliser Une journée au Luxembourg (film de 50 mn – 1993). Un film exemplaire qui montre que la répression des Versaillais fut aussi sanglante de l’autre côté de la Seine, notamment dans « le plus triste des grands jardins de Paris », comme l’écrivait Jules Vallès.

Le film montre des enfants en train de jouer en faisant naviguer des voiliers sur le bassin, devant des adultes lisant ou somnolant sur leurs chaises au soleil. C’est le printemps. Il fait beau, la scène est idyllique. Mais, par une phrase génialement cinématographique, un lent et savant zoom avant sur l’arrière plan, on découvre un mur criblé d’impacts de balles. Ce plan signifie, en lecture directe, qu’en mai 1871, un grand nombre de communards furent fusillés à cet endroit. Cette ouverture trompeuse, qui n’est pas sans rappeler celle de Nuit et brouillard d’Alain Resnais (« Même un paysage tranquille..»), permet ensuite au réalisateur de relater, dans les décors réels du jardin du Luxembourg, l’aventure du médecin Maxime Vuillaume, rédacteur au Père Duchêne arrêté le 21 mai 1871, et sauvé du peloton d’exécution par un étudiant en médecine. La suite du film se repose sur d'exceptionnels documents photographiques en noir et blanc, et montre la violence des combats dans Paris à cet endroit.

 

Enfin, et heureusement, Peter Watkins arriva

C’est grâce à l’immense talent du cinéaste britannique Peter Watkins (né en 1935) qu’un film va enfin prendre toute la mesure de l’histoire de la Commune. Dans son immense fresque de plus de six heures La Commune (Paris 1871) (film de 375 mn – 2000) réalisée pour Arte, Watkins fait de l’anachronisme volontaire un vecteur signifiant en introduisant l’interview et le commentaire télévisés comme jalons de la chronologie de la Commune : le journal télévisé national « propagandiste » de Versailles s’oppose aux reportages bricolés des journalistes de la télévision « communale », laquelle, en bout de course et faute de moyens, se trouve réduite à l’état de radio par abandon de l’image.

Un procédé de distanciation brechtienne très intelligent qui permet de passionnants sauts dialectiques du passé au présent et de la réalité à la fiction, de la propagande à la réalité. 

Premier extrait ci-dessous :

 


Parlons Révolution "la commune" P.Watkins (part2)

 

Le film se situe en mars 1871, tandis qu’un journaliste de la télévision versaillaise diffuse des informations lénifiantes et évidemment tronquées. Se crée alors une autre façon de relater les événements à travers une autre télévision « communale », émanation du peuple de Paris insurgé. Le film se déroule dans un espace théâtralisé (dans les entrepôts Armand Gatti, là où Georges Méliès érigea ses studios – bel hommage, en passant, au cinéma) avec plus de 300 acteurs interprètes, filmés par une caméra fluide, travaillant en plans séquences, les différentes interventions des représentants du peuple de la Commune. Ils font part, directement, de leurs interrogations sur les réformes sociales et politiques en cours. Avec un budget très faible, mais grâce à l’étonnante énergie des comédiens et techniciens, Peter Watkins, après deux mois seulement de préparation, arrive à reconstituer, en 13 jours seulement de tournage, l’exceptionnelle expérience politique de la Commune.

 

Deuxième extrait ci-dessous :

 


 

Le génie de ce film est d’arriver, en se situant au plus près des gens du peuple (enfants de la rue, artisans, ouvriers, petits patrons, fonctionnaires, soldats, intellectuels, curés, petits bourgeois), à créer des passerelles avec notre société actuelle. Ce film nous rappelle que l’histoire est un matériau vivant et que la Commune reste d’actualité.

La Commune, c’est pour Peter Watkins une manière de s’opposer à la machine à décerveler. Le film commence par un plan-séquence faisant découvrir le lieu du tournage après la dernière scène, informant que le film a été tourné pendant treize jours en plans-séquences, puis les acteurs se présentent et présentent leur personnage. Nous sommes à la fois en mars 1871 et aujourd’hui. On découvre bientôt deux journalistes d’une télévision locale.

Troisième extrait ci-dessous :

 


 

Le dispositif de tournage, le système de fabrication et le procédé de narration sont explicites. Tout au long du film, par l’artifice, le public est sans cesse renvoyé à sa condition de spectateur, et donc à son sens critique.
Le pari de La Commune est de filmer d’abord des idées, d’incarner de la pensée en train de se réaliser, en montrant comment les idées deviennent actes. En résulte un film sur l’idée de la Commune, sur cette idée toujours vivante, où l’on voit le soulèvement parisien non comme un échec mais comme le début d’une réflexion, le commencement d’une conception de la solidarité et de l’engagement. Avec de nombreux parallèles avec notre époque : le racisme, la place et le rôle des femmes, l’inégalité des richesses, la mondialisation, la censure, la faillite de l’école.

Quatrième extrait ci-dessous : 

 


 

Le film montre ce qu'est la parole populaire, la naissance de cette parole, les balbutiements de la démocratie. Il montre ainsi la difficile élaboration d’un discours et d’une démarche collective, car La Commune n’est pas non plus un panégyrique du premier pouvoir révolutionnaire prolétarien : tâtonnements, errements, divergences individuelles et conflits ne sont pas occultés. 

Ce film est visible sur youtube, en version écourtée, en deux parties. Première partie ci-dessous :

 


 

Deuxième partie ci-dessous : 

 


 

Quant à une sortie en salle, le film, même dans une version plus courte, n’a pas encore trouvé de distributeur.

Heureusement il est disponible en version longue (375 mn) en DVD et je ne peux que conseiller de se le procurer.

Pour aller plus loin sur l'analyse de ce film, cliquez ici

 

Quelques propos de Peter Watkins, tenus à la sortie du film 

"Aujourd’hui, un réalisateur qui refuse de se soumettre à l’idéologie de la culture de masse, fondée sur le mépris du public, et ne veut pas adopter un montage frénétique fait de structures narratives simplistes, de violence, de bruit, d’actions incessantes, bref, qui refuse la forme unique, ou ce que j’appelle la mono-forme, ce réalisateur ne peut tourner dans des conditions décentes. C’est impossible. Les producteurs consacrent désormais l’argent en priorité au divertissement. Tout créateur choisissant une direction autre, alternative, est complètement marginalisé. La répression, tout comme la violence des medias est institutionnalisée." (interview 1999).

La télévision a imposé des structures narratives totalitaires à la société sans que nul n'ait eu le temps de réagir. C’est ça, la "mono-forme" : un torrent d’images et de sons, assemblés et montés de façon rapide et dense, une structure fragmentée mais qui donne l’impression d’être lisse.

Pour accompagner la pensée unique on a créé l’image unique. Une image intolérante et antidémocratique, qui s’emploie à faire percevoir le public non comme composé d’individus complexes, mais comme un méga-bloc d’humanité, cible parfaite des publicitaires et des programmateurs obsédés par l’Audimat, cible parfaite pour le capitalisme et l’économie de marché. C’est une image et une culture dites « populaires », « mais qui en réalité ne sont qu’artificielles et n’ont rien à voir avec le peuple. Une culture ayant le peuple pour fantasme." (interview 1976).

Henri Guillemin aurait probablement approuvé ce que désigne ce constat.

Je terminerai cette chronique pour indiquer que loin derrière le cinéma, le théâtre est absent alors qu'il est tout à fait capable de prendre la Commune pour sujet, encore faut-il s'y atteler. En son temps, Ariane Mnouchkine, par exemple, n'hésitait pas à mettre en scène des pièces politiques sur la longue durée. On se souvient de La Ville parjure (6h00) qui traitait du scandale du sang contaminé (Elle faisait revenir sur Terre les Erynies qui découvraient le drame avec effroi, pire que les crimes les plus odieux de l'Antiquité auxquels elles étaient habituées). Également, L'histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge (10h00), qui relatait les combats politique du Cambodge, dont la période des Khmers rouges ; ou encore L'Indiade ou l'Inde de leur rêves (10h00) sur la partition de l'Inde et la guerre entre Hindous et Musulmans, etc... Il n'est pas trop tard, d'autant que la Révolution française a été mise en scène l'année dernière par Joël Pommerat. Ca ira(1) fin de Louis, un spectacle hautement politique de plus de quatre heures.

Une autre forme d'expression, le roman graphique, tire son épingle du jeu avec les quatre tomes du Cri du peuple de Jacques Tardi et le triptyque d'Eloi Valat : Journal de la Commune de Paris, L'enterrement de Jules Vallès et La semaine sanglante de la Commune de Paris

Chronique réalisée par Édouard Mangin

 

11. Watkins-Mangin.jpg

 

12. Affiche-La-Commune-P.-Watkins.jpg

Source : http://www.henriguillemin.org/evenements/4825/

 

Pour ceux de nos lecteurs qui l’ignorent…

L’association Les Amis d’Henri Guillemin (LAHG) a consacré, le 16 novembre dernier, son colloque bisannuel à « La Commune de Paris ».

On peut retrouver ici, en vidéos, les interventions de :

Patrick Berthier

Cécile Robelin

Céline Léger

Jean Chérasse

Florence Gauthier

Annie Lacroix-Riz

Patrick Rödel

http://www.henriguillemin.org/colloque-2016/

Les treize conférences-vidéos d’Henri Guillemin sur La Commune sont ici : http://www.henriguillemin.org/conferences-sur-la-commune/

Et comme il n’y a pas que le cinéma et les vidéos dans la vie, on attend des Amis d’Henri Guillemin, une recension du même ordre, aussi exhaustive que possible, des LIVRES consacrés à la Commune. Le sujet est trop vaste pour être vidé d’un coup, mais il serait bon que les études consacrées au destin individuel de certains de ses acteurs sortent enfin de l’ombre.

 

13. Tardi - Commune 3.jpg

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

Addition de notre cru, autre anniversaire :

 

« Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend »

Lettre à Germinal, 19 mars 1905

 

14. Alexandre Marius Jacob.gif

Messieurs,

Vous savez maintenant qui je suis : un révolté vivant du produit des cambriolages. De plus j’ai incendié plusieurs hôtels et défendu ma liberté contre l’agression d’agents du pouvoir. J’ai mis à nu toute mon existence de lutte ; je la soumets comme un problème à vos intelligences. Ne reconnaissant à personne le droit de me juger, je n’implore ni pardon, ni indulgence. Je ne sollicite pas ceux que je hais et méprise. Vous êtes les plus forts ! Disposez de moi comme vous l’entendrez, envoyez-moi au bagne ou à l’échafaud, peu m’importe ! Mais avant de nous séparer, laissez-moi vous dire un dernier mot.

Puis que vous me reprochez surtout d’être un voleur, il est utile de définir ce qu’est le vol.

À mon avis, le vol est un besoin de prendre que ressent tout homme pour satisfaire ses appétits. Or ce besoin se manifeste en toute chose : depuis les astres qui naissent et meurent pareils à des êtres, jusqu’à l’insecte qui évolue dans l’espace, si petit, si infime que nos yeux ont de la peine à le distinguer. La vie n’est que vols et massacres. Les plantes, les bêtes s’entre-dévorent pour subsister. L’un ne naît que pour servir de pâture à l’autre ; malgré le degré de civilisation, de perfectibilité pour mieux dire, où il est arrivé, l’homme ne faillit pas à cette loi ; il ne peut s’y soustraire sous peine de mort. Il tue et les plantes et les bêtes pour s’en nourrir. Roi des animaux, il est insatiable.

En outre des objets alimentaires qui lui assurent la vie, l’homme se nourrit aussi d’air, d’eau et de lumière. Or a-t-on jamais vu deux hommes se quereller, s’égorger pour le partage de ces aliments ? Pas que je sache. Cependant ce sont les plus précieux sans lesquels un homme ne peut vivre. On peut demeurer plusieurs jours sans absorber de substances pour lesquelles nous nous faisons esclaves. Peut-on en faire autant de l’air ? Pas même un quart d’heure. L’eau compte pour trois quarts du poids de notre organisme et nous est indispensable pour entretenir l’élasticité de nos tissus ; sans la chaleur, sans le soleil, la vie serait tout à fait impossible.

Or tout homme prend, vole ces aliments. Lui en fait-on un crime, un délit ? Non certes ! Pourquoi réserve-t-on le reste ? Parce que ce reste exige une dépense d’effort, une somme de travail. Mais le travail est le propre d’une société, c’est-à-dire l’association de tous les individus pour conquérir, avec peu d’efforts, beaucoup de bien-être. Est-ce bien là l’image de ce qui existe ? Vos institutions sont-elles basées sur un tel mode d’organisation ? La vérité démontre le contraire. Plus un homme travaille, moins il gagne ; moins il produit, plus il bénéficie. Le mérite n’est donc pas considéré. Les audacieux seuls s’emparent du pouvoir et s’empressent de légaliser leurs rapines. Du haut en bas de l’échelle sociale tout n’est que friponnerie d’une part et idiotie de l’autre. Comment voulez-vous que, pénétré de ces vérités, j’aie respecté un tel état de choses ?

Un marchand d’alcool, un patron de bordel s’enrichit, alors qu’un homme de génie va crever de misère sur un grabat d’hôpital. Le boulanger qui pétrit le pain en manque ; le cordonnier qui confectionne des milliers de chaussures montre ses orteils, le tisserand qui fabrique des stocks de vêtements n’en a pas pour se couvrir ; le maçon qui construit des châteaux et des palais manque d’air dans un infect taudis. Ceux qui produisent tout n’ont rien, et ceux qui ne produisent rien ont tout.

Un tel état de choses ne peut que produire l’antagonisme entre les classes laborieuses et la classe possédante, c’est-à-dire fainéante. La lutte surgit et la haine porte ses coups.

Vous appelez un homme « voleur et bandit », vous appliquez contre lui les rigueurs de la loi sans vous demander s’il pouvait être autre chose. A-t-on jamais vu un rentier se faire cambrioleur ? J’avoue ne pas en connaître. Mais moi qui ne suis ni rentier ni propriétaire, qui ne suis qu’un homme ne possédant que ses bras et son cerveau pour assurer sa conservation, il m’a fallu tenir une autre conduite. La société ne m’accordait que trois moyens d’existence : le travail, la mendicité, le vol. Le travail, loin de me répugner, me plaît, l’homme ne peut même pas se passer de travailler ; ses muscles, son cerveau possèdent une somme d’énergie à dépenser. Ce qui m’a répugné, c’est de suer sang et eau pour l’aumône d’un salaire, c’est de créer des richesses dont j’aurais été frustré. En un mot, il m’a répugné de me livrer à la prostitution du travail. La mendicité c’est l’avilissement, la négation de toute dignité. Tout homme a droit au banquet de la vie.

Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.

Le vol c’est la restitution, la reprise de possession. Plutôt que d’être cloîtré dans une usine, comme dans un bagne ; plutôt que mendier ce à quoi j’avais droit, j’ai préféré m’insurger et combattre pied à pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens. Certes, je conçois que vous auriez préféré que je me soumette à vos lois ; qu’ouvrier docile et avachi j’eusse créé des richesses en échange d’un salaire dérisoire et, lorsque le corps usé et le cerveau abêti, je m’en fusse crever au coin d’une rue. Alors vous ne m’appelleriez pas « bandit cynique », mais « honnête ouvrier ». Usant de la flatterie, vous m’auriez même accordé la médaille du travail. Les prêtres promettent un paradis à leurs dupes ; vous, vous êtes moins abstraits, vous leur offrez un chiffon de papier.

Je vous remercie beaucoup de tant de bonté, de tant de gratitude, messieurs. Je préfère être un cynique conscient de mes droits qu’un automate, qu’une cariatide.

Dès que j’eus possession de ma conscience, je me livrai au vol sans aucun scrupule. Je ne coupe pas dans votre prétendue morale, qui prône le respect de la propriété comme une vertu, alors qu’en réalité il n’y a de pires voleurs que les propriétaires.

Estimez-vous heureux, messieurs, que ce préjugé ait pris racine dans le peuple, car c’est là votre meilleur gendarme. Connaissant l’impuissance de la loi, de la force pour mieux dire, vous en avez fait le plus solide de vos protecteurs. Mais prenez-y garde ; tout n’a qu’un temps. Tout ce qui est construit, édifié par la ruse et la force, la ruse et la force peuvent le démolir.

Le peuple évolue tous les jours. Voyez-vous qu’instruits de ces vérités, conscients de leurs droits, tous les meurt-de-faim, tous les gueux, en un mot, toutes vos victimes, s’armant d’une pince-monseigneur aillent livrer l’assaut à vos demeures pour reprendre leurs richesses, qu’ils ont créées et que vous leur avez volées. Croyez-vous qu’ils en seraient plus malheureux ? J’ai l’idée du contraire. S’ils y réfléchissent bien, ils préféreraient courir tous les risques plutôt que de vous engraisser en gémissant dans la misère. La prison… le bagne… l’échafaud ! dira-t-on. Mais que sont ces perspectives en comparaison d’une vie d’abruti, faite de toutes les souffrances. Le mineur qui dispute son pain aux entrailles de la terre, ne voyant jamais luire le soleil, peut périr d’un instant à l’autre, victime d’une explosion de grisou ; le couvreur qui pérégrine sur les toitures peut faire une chute et se réduire en miettes ; le marin connaît le jour de son départ, mais il ignore s’il reviendra au port. Bon nombre d’autres ouvriers contractent des maladies fatales dans l’exercice de leur métier, s’épuisent, s’empoisonnent, se tuent à créer pour vous ; il n’est pas jusqu’aux gendarmes, aux policiers, vos valets qui, pour un os que vous leur donnez à ronger, trouvent parfois la mort dans la lutte qu’ils entreprennent contre vos ennemis.

Entêtés dans votre égoïsme étroit, vous demeurez sceptiques à l’égard de cette vision, n’est-ce pas ? Le peuple a peur, semblez-vous dire. Nous le gouvernons par la crainte de la répression ; s’il crie, nous le jetterons en prison ; s’il bronche, nous le déporterons au bagne ; s’il agit, nous le guillotinerons ! Mauvais calcul, messieurs, croyez-m’en. Les peines que vous infligerez ne sont pas un remède contre les actes de révolte. La répression, bien loin d’être un remède, voire un palliatif n’est qu’une aggravation du mal.

Les mesures correctives ne peuvent que semer la haine et la vengeance. C’est un cycle fatal. Du reste, depuis que vous tranchez des têtes, depuis que vous peuplez les prisons et les bagnes, avez-vous empêché la haine de se manifester ? Dites ! Répondez ! Les faits démontrent votre impuissance. Pour ma part, je savais pertinemment que ma conduite ne pouvait avoir pour moi d’autre issue que le bagne ou l’échafaud. Vous devez voir que ce n’est pas ce qui m’a empêché d’agir. Si je me suis livré au vol, ça n’a pas été une question de gains, de livres, mais une question de principe, de droit J’ai préféré conserver ma liberté, mon indépendance, ma dignité d’homme, que me faire l’artisan de la fortune d’un maître. En termes plus crus, sans euphémisme, j’ai préféré être voleur que volé.

Certes, moi aussi je réprouve le fait par lequel un homme s’empare violemment et avec ruse du fruit du labeur d’autrui. Mais c’est précisément pour cela que j’ai fait la guerre aux riches, voleurs du bien des pauvres. Moi aussi je voudrais vivre dans une société où le vol serait banni. Je n’approuve et n’ai usé du vol que comme moyen de révolte propre à combattre le plus inique de tous les vols : la propriété individuelle.

Pour détruire un effet, il faut au préalable en détruire la cause. S’il y a vol, ce n’est que parce qu’il y a abondance d’une part et disette de l’autre ; que parce que tout n’appartient qu’à quelques-uns. La lutte ne disparaîtra que lorsque les hommes mettront en commun leurs joies et leurs peines, leurs travaux et leurs richesses ; que lorsque tout appartiendra à tous.

Anarchiste révolutionnaire j’ai fait ma révolution

Vienne l’Anarchie

Alexandre Marius Jacob, Publié dans Germinal le 19 mars 1905

 

Pour en savoir plus : https://infokiosques.net/IMG/pdf/PourquoiJAiCambriole.pdf 

 

15.  drapeau rouge et noir xxx.gif

 

Pourquoi j’ai cambriolé

 


 


 

16. Jacob et trav. nuit.gif

Alexandre Marius Jacob et les Travailleurs de la nuit

Film documentaire (bande annonce)


 

Excusez l’interruption

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

17. république des bâtards.png

 

C’est quoi « la République des bâtards ». Entre autres choses, ceci :

 

La Commune annexée  par des hipsters friqués

 

18. Boutique fri ngues IIIe.jpg

 

Qui ont ouvert une boutique de fringues dans le IIIe arrondissement de Paris. Pour y vendre des chemises en denim (avec traces de balles ?) à 140 € pièce.

Voici une de leurs affiches publicitaires :

 

19. Cocktail Molotov.jpg

(« Disponible chez Men Look »)

 

C’était il y a deux ans. On ne sait pas s’ils existent encore. Car il y a des gens qui s’en sont indignés. Le Poisson rouge, par exemple.

StreetPress s’en est fait l’écho.

Et Chaussure Hommes web magazine.

Mais a-t-on le droit de brimer les vocations commerciales ?

 

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

Quand les révoltés sont battus…

 

20 Retraite des Fédérés.jpg

Pont de bateaux d’Asnières – Retraite des Fédérés – 18 avril 1871

 

21.  Le Cuirasse_Parizkaya_Kommuna xxx.gif

Le cuirassé Sevastopol rebaptisé Parizkaya Kommuna en 1921 pour cause de rébellion à Kronstadt

 

In memoriam

 

22. Affiche de Vladimir Kozlinsky, 1921.jpg

50e Anniversaire de la Commune – URSS – Affiche de Vladimir Kozlinski – 1921

 

 

23. Bombé sur un murr.jpg

Bombé sur un mur – Quelque part en France – Artiste inconnu – Époque récente non déterminée.

 

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

À ère nouvelle, armes populaires nouvelles

 

Passer l’info

Le journal web du P.A.S.

 

 

 

 

2. Logo Commune xxx.gif

 

 

Mis en ligne le 14 mars 2017.

 

 

 

 

19:12 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2017

SUS À L'ANGLOIS !

1. Britannia welcomes the new cocoa.JPG

 

Sus à l’Anglois !

 

2. Jeanne d'Arc Cathédr. de Strasbourg.jpg

Mais où diable est-elle passée

 

Andre Vltchek explose. Assez c’est assez ! Il est vrai qu’à force d’élever l’hypocrisie au rang des beaux-arts, il fallait bien qu’un jour quelqu’un abatte son poing sur la table. Il s’y colle.

 

Enfermez l’Angleterre, en taule ou au cabanon !

Andre Vltchek – Information Clearing House24 février 2017

 

3. British empire Queen xxx.gif

 

Et nous y revoilà ! Toujours la même rengaine, le même vieux refrain archi-usé. Une fois de plus, le monde entier s’entend dire avec aplomb ce qu’il doit savoir, penser et croire. Une fois de plus on lui souffle jusqu’au rythme et au leitmotiv, pour qu’il sache comment il doit se dandiner en cadence.

Qui pourrait y résister ? Les paroles de l’inusable scie ne sont-elles pas prononcées en bon anglais et avec cet air de supériorité morale et intellectuelle qui ne peut que disperser tous les doutes ?

Le 19 février 2017, RT a publié ce qui suit :

 

« Le Telegraph, un des porte-parole préférés de la désinformation des services secrets anglais, se lance dans une autre opération de guerre psychologique envers la Russie », dit le journaliste indépendant Martin Summers. Une accusation de plus vient donc d’être lancée contre la Russie par le quotidien britannique, qui publie une histoire selon laquelle Moscou aurait été derrière un complot visant à tuer le Premier ministre du Montenegro en octobre dernier… Selon l’article, la Russie voulait renverser le gouvernement du pays pour l’empêcher de devenir membre de l’OTAN.

 

Donc, maintenant, c’est le Montenegro. Hier, c’étaient la Crimée, le Donbass et les élections américaines. Et revoilà la vilaine Russie ! La vilaine Chine, les vilains pays socialistes d’Amérique Latine, la vilaine Syrie, Érythrée, Zimbabwe, Afrique du Sud, Corée du Nord, Philippines, tous ces vilains qui se moquent de la supériorité anglo-saxonne.

4.   lightningxxx.GIF

Cette fois-ci, je n’ai pas l’intention d’écrire un long essai philosophique sur « l’absence de vergogne de la propagande anglaise ». Je vais juste interrompre un instant l’article de 10.000 signes que je suis en train d’écrire pour l’Académie Chinoise des Sciences Sociales (CASS) sur l’impact de la Révolution soviétique de 1917 dans le monde.

Parce que je tiens à rappeler ce qui, selon moi, devrait être évident pour tout le monde, mais qui apparemment ne l’est toujours pas pour des dizaines de millions de gens, à savoir qu’il est impossible de prendre au sérieux ces types qui, en Angleterre, dirigent les merdias grand public et les réseaux de la propagande mondialiste. Depuis des siècles, aucun autre pays au monde n’a causé plus de douleurs à la planète, détruit plus de vies, ruiné plus de nations et de cultures et volé plus de ressources matérielles aux autres peuples que le Royaume Uni. Et tout cela a été fait sans battre un cil, a été glorifié et justifié par l’appareil de propagande le plus avancé qui existe, tout a été « défendu sur des bases morales ». Le concept entièrement tordu de justice à l’anglaise a d’abord été appliqué à l’intérieur du pays, et exporté ensuite vers tous les coins du globe.

Cela a continué et continué pendant de longs siècles, et cela continue aujourd’hui, les violeurs imposent des codes moraux qui sont mondialement acceptés. Les assassins en masse dirigent des cours de justice internationales, les menteurs et voleurs notoires enseignent « l’objectivité » au reste du monde. Les gourous de la désinformation éduquent leurs propres enfants mais aussi ceux des « élites » d’un peu partout dans les « prestigieuses » usines d’endoctrinement que sont leurs écoles et leurs universités.

Il est d’autre pays, bien sûr, qui ont fait de leur mieux pour tenter de dépasser le Royaume Uni en matière de brutalité, d’avidité et d’art de tromper. Il vaut la peine de mentionner pour mémoire ces candidats au championnat du monde du génocide qu’ont été la France, l’Allemagne, l’Espagne et, plus récemment les États-Unis. Ils lui ont fait concurrence avec zèle et détermination, mais en dépit de tous leurs efforts, ils n’ont jamais vraiment réussi à rattraper leur modèle.

S’il vous plaît, contentez-vous juste d’y réfléchir un moment, si vous ne le faites pas déjà depuis des années. Ensuite, lavez-vous bien les yeux et rejetez un coup d’oeil aux tabloïdes et à ces « publications de référence » qui paraissent au Royaume Uni. Regardez leurs chaînes de télévision spécialisées dans l’endoctrinement de masse. Et, si vous êtes encore capable de détachement et de bon sens, comparez ce qu’on vous y raconte avec ce que vous voyez en regardant par la fenêtre, où que vous soyez dans le monde.

4.   lightningxxx.GIF

Il y a des années que je travaille sur tous les continents, dans quelque chose comme 160 pays. Partout, on m’a raconté des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête, on m’a montré les preuves des crimes les plus monstrueux et les plus barbares commis part les britanniques presque partout sur cette planète.

Pour en dresser une liste à moitié complète, il faudrait y consacrer une brochure d’une taille respectable, si pas un livre entier. Ne mentionnons que quelques-unes des horreurs les plus flagrantes dont la « Grande » Bretagne s’est rendue coupable : la traite d’esclaves et la destruction d’une énorme partie de l’Afrique, avec mise à mort directe ou indirecte de dizaines de millions de gens. L’occupation monstrueuse du « Sous-Continent » au prix de dizaines de millions de vies (y compris au moyen de famines artificiellement organisées). La mise à sac d’énormes parties de la Chine, dans son effort pour éradiquer ou au moins briser la nation la plus peuplée du monde. Les attaques brutales contre la jeune Union Soviétique. L’horrible traitement des populations insulaires d’Océanie (Pacifique Sud) jusqu’aux Caraïbes. Le gazage et le bombardement, c’est-à-dire l’extermination littérale des peuples du Moyen Orient, dans ce qui est aujourd’hui le Koweit et l’Irak jusqu’en Palestine. Les invasions de l’Afghanistan, dont le « règne de la terreur à Kaboul » de 1879. Il y a eu quantités d’autres choses, vraiment beaucoup de crimes cauchemardesques et d’actes sans nom, mais aujourd’hui je fais court.

Dans le « Nouveau Monde », c’est-à-dire dans des pays comme les États-Unis, le Canada et l’Australie, les plus terribles massacres de peuples indigènes ont été commis par les deux premières générations de colons européens, principalement anglais.

 

5. Rule-Britannia-for-global-crimes.jpg

 

En réalité, la Grande Bretagne n’a jamais cessé un seul instant de commettre des crimes contre l’humanité. Depuis la IIe guerre mondiale, elle donne des cours aux USA, stratégiquement et idéologiquement, dans l’art de diriger un empire et de fabriquer l’unanimité du consentement en Occident, et même parmi les populations des pays colonisés (dans le contexte néo-colonial).

Elle a été impliquée dans certaines des actions les plus viles de l’histoire moderne, dans des pays comme l’Égypte, l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan, le Congo, ainsi que dans le Pacifique et la région des Grands Lacs en Afrique.

Je le répète, ceci n’est qu’un bref résumé, très incomplet.

4.   lightningxxx.GIF

Avec l’expérience qu’ils ont de l’occupation depuis des siècles d’énormes parties du monde, et sachant aussi d’expérience comment « pacifier » les indigènes, les Britanniques ont fini par développer, pour ensuite l’enseigner au reste du monde occidental, leurs très efficaces méthodes d’endoctrinement. Celles-ci ont ensuite été propagées davantage encore, principalement parmi les « élites » des nations colonisées. Résultat : des notions de perception globale complètement standardisées se sont développées et ont été mises en œuvre et imposées jusqu’en ce moment même. Elles comprennent une vision du monde en général, des « principes » et des « standards moraux », des lois et de la justice (y compris des concepts comme les « droits humains ») et même un jeu complet de valeurs générales.

La langue anglaise (surtout bien articulée avec un certain accent reconnaissable et acceptable) est devenu le principal outil linguistique incarnant à la fois la vérité et l’autorité.

Des nouvelles, présentées d’une certaine manière « objective » et avec un certain accent (ou un jeu acceptable d’accents), sont devenues subconsciemment, pour la grande majorité des gens, beaucoup plus dignes de foi que celles présentées par ceux qu’un grand journaliste, anthropologue et philosophe polonais, Ryszard Kapuscinski, appelait « les autres ».

4.   lightningxxx.GIF

Ce système en apparence « parfait » et à l’épreuve des balles a fini par générer une paresse intellectuelle, de la soumission et même de la servitude. Il réussit ainsi à remplir sa fonction, qui est de maintenir le statu quo.

Les mensonges s’empilent sur les mensonges, et même les plus évidentes fabrications ne sont plus, depuis quelque temps, remises en cause, si ce n’est dans certains organes marginaux, évidemment qualifiés d’« extrémistes » par le régime occidental.

L’empire colonialiste s’est débrouillé pour survivre. Il exerce à présent un pouvoir total. Il domine la psyché du colonisateur aussi bien que celle du colonisé. Des avancées, qu’on devait aux luttes de libération et d’indépendance d’après la IIe guerre mondiale, ont été adroitement annulées. On a pu alors officiellement déclarer le colonialisme « disparu ».

À un moment donné, les démagogues anglo-saxons ont inventé le « politiquement correct », outil encore plus efficace destiné à neutraliser et à « pacifier » toute résistance sérieuse. Le politiquement correct prétend que toutes les nations et toutes les races sont égales, il glorifie même, du moins verbalement, ces « petits peuples » et presque toutes les cultures des nations sous-développées », tandis que dans la réalité l’empire continue à piller et à manipuler la planète, comme il l’a fait depuis des siècles dans ses colonies, où les seuls qui prospèrent sont les membres de l’« élite » ralliée, les gouvernements moralement corrompus d’un monde démuni et esclave.

4.   lightningxxx.GIF

Comme il l’a toujours fait dans le passé, le régime choisit ses ennemis de façon pragmatique, et leur applique ensuite ses tactiques les plus éprouvées et les plus méprisables, lançant contre eux des campagnes de diffamation, déshumanisant les citoyens et les dirigeants des pays qu’ils ont choisis pour adversaires et créant souvent de fantasmagoriques mais très efficaces théories du complot.

Les médias britanniques, les agents de propagande britanniques, en fait tout l’establishment britannique ont atteint une perfection absolue dans le domaine du contrôle des cerveaux et du bourrage de crâne.

Comment, s’il n’en était pas ainsi, quiconque dans son bon sens prendrait-il au sérieux ce que racontent ceux qui sont responsables de la perte de dizaine de millions, peut-être de centaines de millions de vies humaines dans tous les coins du monde ?

Comment les maîtres d’œuvre de notre mondialisme insane pourraient-ils être pris au sérieux, s’ils n’avaient réussi à endoctriner complètement leurs « sujets » ?

Certains diraient que nous vivons dans un monde où la « normalité » ne se trouve plus que dans les asiles de fous, et que le seul endroit où puissent encore se réfugier un homme ou une femme doués de raison est derrière des barreaux ou sur une barricade.

Cependant, ceux qui pourraient nourrir ce genre d’idée ne doivent pas être très nombreux, puisque toute forme de réflexion est maintenant standardisée et sous contrôle. Cette fameuse liberté dont il est fait si grand cas se résume désormais à une poignée de choix personnels très limités, souvent égoïstes, que nous sommes encore autorisés à faire, tout en étant bel et bien bouclés à l’intérieur du système existant sans pouvoir en sortir.

Cette obsession britannique, européenne, en fait occidentale de tout contrôler, de tout maîtriser dans le monde a réussi à faire dérailler l’évolution naturelle des humains. Au lieu d’aspirations plus hautes, au lien de tentatives optimistes de construire une société égalitaire compatissante et pleine de joie, notre humanité se retrouve une fois encore enlisée dans une espèce de bourbier maître-esclave, dans quelque chose qui avait pourtant eu l’air d’être près de disparaître pendant certaines périodes du XIXe siècle et, un peu plus tard, au XXe siècle.

4.   lightningxxx.GIF

Comment combattre ce cauchemar ? Je l’ai écrit souvent et je dois le répéter. Pour faire changer les choses, il faut d’abord comprendre la réalité. Mais il ne s’agit pas de connaître seulement les faits, il s’agit de savoir les analyser, il s’agit de savoir comment percevoir le monde et les événements essentiels.

Nous sommes perpétuellement bombardés, littéralement inondés d’informations, de données et de « faits ». Ce qui manque, c’est une façon totalement nouvelle de trier et d’analyser les réalités dans lesquelles nous vivons.

L’Empire n’occulte pas les faits. Il se livre à quelque chose de beaucoup plus sinistre : il rend les gens incapables de les comprendre et de les analyser de manière logique.

Commençons par les notions de base les plus élémentaires. « Un meurtrier en masse ne peut pas s’ériger en juge ». « Celui qui endoctrine et pratique le lavage de cerveau ne peut pas enseigner ». « Ceux qui mettent des millions de gens dans les fers ne doivent pas être autorisés à prêcher la liberté ».

La réalité, c’est que nous sommes en présence d’une poignée de nations et de cultures mentalement dérangées, qui ne cessent de vouloir soumettre les autres, de violer et de piller des nations entières et même des continents, et qui veulent continuer à diriger de la sorte notre planète, si belle mais si terriblement défigurée.

Ces nations moralement mortes n’ont aucun reste de compassion et pas la moindre trace de rationalité. Ce fait a été prouvé encore et encore. Un million de victimes, dix millions de victimes, qu’est-ce que cela leur fait, du moment qu’ils peuvent continuer à dominer. La nature ruinée... des îles qui disparaissent... l’air empoisonné... tout cela leur est égal.. Des peuples entiers réduits à l’état de bétail endoctriné, émotionnellement et intellectuellement uniformisé... bof, on s’en fout, non ?

C’est une réalité extrêmement troublante, mais c’est la réalité. Plus tôt nous la reconnaîtrons pour ce qu’elle est, mieux cela vaudra.

La Grande Bretagne devrait s’asseoir sur son cul et pleurer d’horreur, en se rappelant tous les crimes qu’elle a commis, les camps de concentration qu’elle a construits en Afrique et ailleurs, en se souvenant des famines qu’elle a déclenchées en Inde et ailleurs, de ces monceaux d’innocents qu’elle a massacrés sur chaque et sur tous les continents. Elle devrait hurler de honte du nihilisme qu’elle a propagé, des enthousiasmes qu’elle a ruinés, des beaux rêves et des espoirs de notre espèce, qu’elle s’est acharnée à éteindre.

Elle devrait se figer sur place et pleurer d’horreur en se représentant les instructions qu’elle a données à des pays comme l’Afrique du Sud, aux États-Unis et au Rwanda, des instructions qui ont entraîné de terribles bains de sang au lieu de l’harmonie et du progrès dont avait besoin notre monde.

Pourquoi toute cette terreur ? Seulement pour que le Royaume Uni et ses cohortes puissent continuer à dominer et tout assujettir autour d’eux ? Il ne s’agit pas seulement de rapacité ou de ressources naturelles, il s’agit de pouvoir. Il s'agit de tyrannie.

Je ne veux plus de leurs analyses. Je ne veux plus de leurs nouvelles, de leurs informations, de leurs films, de leurs livres et de tout le fourbi de leur propagande. Même dans la solitude obscure d’une caverne on peut mieux comprendre le monde qu’en lisant leurs feuilles de désinformation ou en regardant leurs chaînes d’endoctrinement télévisé. Tout cela n’a pas d’autre but que de déboussoler les gens pour les rendre passifs et soumis. Leurs présentateurs aussi bien que leurs journalistes de l’écrit ressemblent à de tristes robots lobotomisés : il n’y a pas de vie, rien de neuf, rien de hardi ni de révolutionnaire dans leurs paroles. Ces êtres fonctionnent approximativement : ils bougent, mangent, chient, rabâchent ce qu’ils sont censés rabâcher, mais ils ne vivent pas.

Ils ne savent que salir, pas inspirer. Quand on trouve chez eux un semblant d’optimisme, ou de rire, il est toujours faux, préfabriqué et produit en série.

Si on y réfléchit un peu, cela va de soi. Un bourreau ne peut pas être un visionnaire ou un idéaliste.

Comparée à celle de la Chine ou de l’Iran, la culture de la Grande Bretagne est relativement jeune. Et pourtant, on la sent vieille, fatiguée, éteinte et obsolète. Trop de crimes et trop de mensonges peuvent épuiser même un jeune organisme.

Si l’Angleterre était une personne se mouvant dans une société normale, elle serait soit en prison soit dans un asile d’aliénés. On pourrait en dire autant d’ailleurs du reste de l’« Occident ».

Nous n’avons rien à apprendre d’un maniaque assassin, n’est-ce pas ? Notre seule préoccupation devrait être comment lui passer la camisole de force, comment l’empêcher de tuer et de faire du mal aux autres, et comment y arriver le plus vite possible.

Je doute aussi qu’avec un tel pedigree, un pareil curriculum, notre dangereux dément doive être autorisé à interpréter publiquement le monde, à enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, et même à participer à aucune discussion sur les questions essentielles qui se posent à notre planète.

 

6. chomskyvltchek.jpg

Andre Vltchek (ici avec Noam Chomsky) est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation américain d’origine tchèque, né à Léningrad. Il a couvert les guerres et les conflits dans des douzaines de pays. Ses trois derniers livres sont le roman révolutionnaire Aurora et deux essais politiques : Exposing Lies Of the Empire (Révéler les mensonges de l’Empire) et Fighting against Western Imperialism (Combattre l’impérialisme occidental), qui sont déjà des best sellers. Il est aussi le co-auteur – avec Noam Chomsky – de On Western Terrorism: From Hiroshima to Drone Warfare  (Sur le terrorisme occidental. D’Hiroshima à la guerre par drones). On peut  voir ses autres ouvrages ICI. En ce moment, Andre réalise un film pour teleSUR et Al-Moyadeen. Voir ici Rwanda Gambit, son documentaire révolutionnaire sur le Rwanda et la République Démocratique du Congo.

Vltchek a vécu en Amérique Latine, en Afrique et en Océanie. Il vit actuellement en Extrême et au Moyen Orient et poursuit son travail dans les autres parties du monde.

On peut le joindre sur son site web http://andrevltchek.weebly.com et sur Twitter.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/46530.htm

 Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

UK 'pilots' working way through kill list of UK citizens fighting for ISIS in Iraq and Syria  (des pilotes du Royaume Uni « travaillent » sur la kill list de citoyens britanniques combattant pour ISIS en Irak et en Syrie). Des pilotes de la RAF assassinent secrètement des djihadistes britanniques soupçonnés de vouloir commettre des attentats en Grande Bretagne.

MPs call on Theresa May to release 'kill list' for UK drone strikes (Des membres du Parlement réclament à Thereza May la publication des « kill lists » faisant l’objet de frappes par drones du Royaume Uni). Lord Macdonald, Directeur des Poursuites pénales a co-signé une lettre à Thereza May, exigeant une plus grande transparence sur l’utilisation, par le Royaume Uni d’une « kill list » pour les frappes par drones prenant pour cibles des citoyens britanniques.

 

7. Rule the Waves - good.gif

 


 

8. UK Bow tie.gif

 

Pour ceux qui croiraient qu’Andre Vltchek exagère :

 

9. Rule Britannia.jpg

 

Le plus grand guerrier des temps modernes, ce n’est point Napoléon, c’est Pitt. Napoléon faisait la guerre, Pitt la créait. Toutes les guerres de la révolution et de l’empire, c’est Pitt qui les a voulues. Elles sortent de lui. Otez Pitt et mettez Fox, plus de raison d’être à cette exorbitante bataille de vingt-trois ans. Plus de coalition. Pitt a été l’âme de la coalition, et, lui mort, son âme est restée dans la guerre universelle. Ce que Pitt a coûté à l’Angleterre et au monde, le voici. Nous ajoutons ce bas-relief à son piédestal.

Premièrement, la dépense en hommes. De 1791 à 1814, la France seule, luttant contre l’Europe coalisée par l’Angleterre, la France contrainte et forcée, a dépensé en boucheries pour la gloire militaire, et aussi, ajoutons-le, pour la défense du territoire, cinq millions d’hommes, c’est-à-dire six cents hommes par jour. L’Europe, en y comprenant le chiffre de la France, a dépensé seize millions six cent mille hommes, c’est-à-dire deux mille morts par jour pendant vingt-trois ans.

Deuxièmement, la dépense en argent. Nous n’avons malheureusement de chiffre authentique que le chiffre de l’Angleterre. De 1791 à 1814, l’Angleterre, pour faire terrasser la France par l’Europe, s’est endettée de vingt milliards trois cent seize millions quatre cent soixante mille cinquante-trois francs. Divisez ce chiffre par le chiffre des hommes tués, à raison de deux mille par jour pendant vingt-trois années, vous arrivez à ce résultat que chaque cadavre étendu sur le champ de bataille a coûté à l’Angleterre seule douze cent cinquante francs.

Ajoutez le chiffre de l’Europe ; chiffre inconnu, mais énorme.

Avec ces dix-sept millions d’hommes morts, on eût fait le peuplement européen de l’Australie.

Avec les vingt-quatre milliards anglais dépensés en coups de canon, on eût changé la face de la terre, ébauché partout la civilisation, et supprimé dans le monde entier l’ignorance et la misère.

L’Angleterre paye vingt-quatre milliards les deux statues de Pitt et de Wellington.

C’est beau d’avoir des héros, mais c’est un grand luxe. Les poètes coûtent moins cher.

Victor Hugo, William Shakespeare (pp.529-531)

 

Mais pourquoi diantre fallait-il faire le peuplement européen de l’Australie ?

 

8. UK Bow tie.gif

 

10. Empire.jpg

 

10 bis. Prise de Québec 1759.jpg

Prise de Québec 1759

 

11. The abolition of slave trade.jpg

 

11 bis . Empire bringing civilization.jpg

 

12. British empire wéas a world of trouble says histoirian.jpg

 

13. British_Indirect_Rule_in_India.jpg

 

14. British-Empire-Facts Direct rule.jpg

British Direct Rule in India

 

14 bis. Victorian-Cartoons-Punch-1867-.jpg

 

15. An empire bathed in blood - India.jpg

An Empire Bathed in Blood

 

16. All the countries we've invaded.jpg

17. We'll kick your ass and then steal your shit.jpg

 

18. U nion 1898.jpg

Union 1898

 

19. We hold a vaster empire.jpg

 

20. Imperial plunder.jpg

 

Et un petit contemporain pour la route…

 

21. UK - Guerre xxx.jpg

 

Le coup de gueule d’un homme indigné et quelques images ne sauraient rendre compte de l’ampleur des malfaisances de l’empire britannique, y compris, à l’intérieur, sur la population anglaise (ne parlons pas de la torture pluriséculaire de l’Irlande). Une partie de cette population met un enthousiasme sidérant à se laisser faire, mais une partie seulement… L’autre a déjà voté le Brexit. À suivre.

 

8. UK Bow tie.gif

 

Mais où va le monde ?

 

Des barricades à Berne !

RT27 février 2017

22. Berne 1.jpg

 

Épisode banal partout ailleurs, mais… en Suisse !

Il n’empêche que des squatters délogés d’un bâtiment appartenant au Bureau Fédéral de la Construction, qu’ils occupaient depuis six mois, ont accueilli la police avec des jets d’objets divers, de la peinture, des pétards, etc., ce qui, pour la maréchaussée helvétique, est « tout à fait inacceptable ».

Les squatters ont trouvé du soutien dans la population, puisqu’un groupe appelé Raum Raub avait organisé une manifestation de protestation qui a débuté samedi à 20h40’.

La manifestation n’était pas autorisée. Elle a eu lieu quand même. La police a voulu empêcher les manifestants de se rendre là où ils voulaient aller. Les choses ont dégénéré, au point que des jeunes gens encapuchonnés ont mis le feu à des voitures, que des projectiles ont été échangés et que la police – mieux armée – est restée maîtresse du terrain après avoir fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Non sans que des barricades se soient élevées aux cris de « Guerre à la police ! ». Comme à Paris ? Oui.

 

23. Berne 7.jpg

24. Berne 6..jpg

25. Berne 5.jpg

26. Berne 4.jpg

27. Berne 8.jpg

 

On peut lire l’article de RT en entier (et en anglais) y compris une communication de Raum Raub (en allemand) ici :

https://www.rt.com/news/378781-bern-protests-switzerland-...

 

8. UK Bow tie.gif

 

Pour qu’ils ne croient pas qu’on les oublie…

 

Hassan Nasrallah : Pourquoi Israël redoute une guerre contre le Hezbollah

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2017, à l'occasion de la commémoration annuelle des dirigeants martyrs (VOSTFR)

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 


 

 


 

 

Transcription :

Chers frères et sœurs, pour cette commémoration annuelle des dirigeants martyrs du Hezbollah, nous veillons (toujours) à ce que le thème principal de notre discours soit ce qui a trait à l'ennemi israélien. Permettez-moi de l'aborder sous deux aspects : premièrement, l'aspect libanais, et en deuxième lieu, l'aspect palestinien.

Côté Liban, en ce qui concerne la question israélienne, durant les dernières semaines et les derniers mois, nous avons entendu beaucoup de propos israéliens, nous avons lu beaucoup de déclarations, d'analyses et d'évaluations israéliennes. De même, un certain nombre de conférences ont été organisées, surtout au début de la nouvelle année grégorienne. Nous avons également entendu de nouvelles estimations, des déclarations israéliennes sur la situation stratégique de la région, et dans ces conférences, des Présidents, des ministres, des généraux, des personnalités, des Professeurs se sont exprimés. Beaucoup de ce qui a été dit avant et après a été publié.

En synthèse – je vous parle du point essentiel pour ne pas m'attarder sur les considérations qui ont mené à cette conclusion –, il s'agit de l'intimidation continue contre le Liban, l'évocation d'une 3ème guerre du Liban, les scénarios de cette guerre et ce que fera Israël du Liban durant la 3ème guerre du Liban. Et tout ce que vous voulez en fait de déclarations, propos, discours, menaces, intimidations, etc. Je veux m'arrêter quelque peu sur cette question.
Bien sûr, la position israélienne, même au niveau de l'évaluation de la situation, se développe en ce qui concerne le Liban et le Hezbollah en particulier : par exemple, ils parlent de la « menace stratégique », de la « menace essentielle », de la « menace principale ». Cette année, ils nous ont élevés et mis en première position. 

Lire la suite…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/02/hassan-nasrallah-po...

 

 

28. Drapeau libanais xx.jpg

 

 

Mis en ligne le 27 février 2017

 

 

 

 

22:34 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/02/2017

PEUPLES AUTOCHTONES : SOLUTION FINALE ?

1. Bullboats on the Yellowstone.jpg

 

 

2. Peuples autochtones.gif

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

« Tout ce que vous savez faire, c’est prendre et garder. Et rire en prenant et prêcher en gardant. »

John Cowper POWYS

(cf. There is a Mohawk in the Sky.en)

 

En Amérique du Nord :

La guerre est rallumée entre visages pâles et peaux-rouges

 

Une des nombreuses vidéos qui témoignent des affrontements récents : civils contre militaires (d’une armée privée), ceux-ci accompagnés de chiens, oui, comme à Gaza et en Cisjordanie. Soit les grands esprits se rencontrent, soit les instructeurs israéliens sont passés par là.

 

 

La pomme de discorde, l’objet du litige ou le prétexte du casus belli (au choix) : la construction d’un oleoduc de 1825 kms, qui doit traverser des terres occupées par les Sioux et qui risque surtout de très fort polluer l’eau dont ils dépendent pour leur survie, notamment celle du Lac Oahe.

 

4. Bakken_map_osm_basemap.png

Tracé du pipeline. La réserve indienne  de Standing Rock est en orange... selon Wikipedia. (On voit que les « Pères fondateurs » ont laissé aux natifs une sacrée parcelle de leur territoire.)

 

Nous venons de lire beaucoup de choses relatives à la lutte, jamais finie, de ce qui reste des peuples d’origine pour leur survie. Cette lutte prend toutes sortes de formes selon les lieux et les moments, mais, il faut bien le dire aussi, selon l’inventivité toujours renouvelée dont font preuve les prédateurs pour s’emparer de ce qui ne leur appartient pas.

C’est si complexe qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Nous essayerons quand même de vous donner des liens qui devraient vous permettre de vous faire une idée de cette longue – très longue et multiforme – empoignade.

Car, non, la guerre ne s’est pas terminée avec la vague hollywoodienne des films « de cow boys et d’Indiens », d’abord toujours favorables aux cow boys (c’est nous les bons, c’est eux les méchants), suivie d’une assez courte vague de films révisionnistes ou si on veut, un peu moins manichéens, suscités surtout par la prise de conscience due à la guerre du Vietnam. Ouh la la, c’est bien loin tout ça, qui s’en souvient ?

Cependant, guerre du Vietnam perdue ou pas, l’accaparement a continué un peu partout dans le monde et donc aussi at home. Pourquoi voudrait-on qu’il en soit autrement.

On sait déjà que la quasi-totalité du territoire des États-Unis a été « achetée » pour des clopinettes à des populations qui ne connaissaient rien à la pratique du commerce ni à celle des traités, surtout léonins, et qu’on leur a fait signer (par des pictogrammes) des cessions auxquelles ils ne comprenaient rien. Quand ils posaient des questions, on brûlait leurs villages avec eux dedans.

Il faut savoir aussi qu’il existe un certain nombre de ces traités (dont un bon exemple est le traité de Fort Larramie), par lesquels « on » achetait aux natifs le droit de passer sur les résidus de territoires qu’on leur avait laissés, d’y construire des routes, des forts, d’y exploiter des mines (notamment lors de la ruée vers l’or), que ces traités n’ont jamais été vraiment respectés (côté arrivants) et que, s’il faut en croire les glossateurs de la Constitution US, ni le Président ni le Sénat n’ont le droit, le voulussent-ils, de « revenir en arrière » en restituant des parties de territoire aux populations natives.

Ce qu’il faut savoir enfin, c’est que ce qui reste des Amérindiens a été, pour des raisons évidentes, aussi atomisé que possible, et que leurs « nations » se battent là où elles se trouvent, les conditions n’étant pas les mêmes partout.

 

Standing Rock

(6e plus grande réserve d’Indiens des USA – en orange sur la carte. On y voit les eaux qui la longent, sous lesquelles on est en train de creuser pour y faire passer le DAPL (Dakota Access Pipeline) d’une longueur de 1825 kms et d’un coût de 3.7 milliards de $ [d’après l’ONG Food & Water Watch, au moins quatre banques françaises y auraient investi à hauteur d’un milliard de dollars] – Après qu’un accident ait provoqué plusieurs morts, l’ampleur des manifestations, non seulement indiennes mais écologistes, a provoqué, en décembre dernier, l’arrêt des travaux pourtant presque terminés – mais ces travaux ont repris, sur ordre de Donald Trump, dès son inauguration. D’où la nouvelle flambée de résistance.)

 

5. Réserve indienne de Standing Rock.png

Réserve indienne de Standing Rock

 

6. Grande réserve et autres territoires Sioux. Camp de la Pierre sacrfée..jpeg

Grande réserve et autres territoires Sioux – Camp de la Pierre sacrée (« Standing Rock ». Imaginons cela à Stonehenge, où d’ailleurs une situation analogue pourrait se produire bientôt..)

 

La bataille de Standing Rock n’est donc qu’une des péripéties de la guerre des Amérindiens contre les abus de toutes sortes. Arrivée à un point d’ébullition aujourd’hui – mercredi 22 février à 2 heures de l’après-midi (± 19 heures GMT) limite qui leur avait été fixée pour évacuer leur « jungle de Calais » protestataire – par un affrontement entre la troupe et une population qui refuse de bouger et qui vient, au moment où nous rédigeons ces lignes, de mettre le feu aux tentes qu’on la sommait d’évacuer.

Ce qui est peut-être nouveau, c’est que la population civile affronte une armée privée composée non de conscrits mais de mercenaires, et que des vétérans des nombreuses guerres US, dont une majorité de visages pâles, sont venus soutenir des peaux-rouges qui ne réclament que le respect des traités… et des droits de l’homme.

Ceci, mine de rien, est une grande première dans l’histoire des États-Unis.

 

7. Vétérans - Camp Oceti Sakowin, décembre.jpg

 

RT12/13 février 2017

Des vétérans qui étaient venus manifester avec les « natives » au camp d’Oceti Sakowin en décembre, sont revenus en février, dès l’annonce de la reprise des travaux ordonnée par le Président, pour former un bouclier humain entre les civils et les mercenaires de l’Energy Transfer Partner (ETP) groupe du milliardaire texan Kelcy Warren.

« Nous sommes prêts à mettre nos corps entre les anciens des tribus indigènes et une force militaire privée » a déclaré au Guardian Elizabeth Williams, ancienne combattante de l’US Air Force. « Nous avons été au feu. Nous nous sentons moralement obligés d’utiliser nos compétences en la matière ».

 

8. DAP protesters filed lawsuit  vs. illegal highly dangerous weaponry.jpg

 

La tribu Sioux de Standing Rock a fait vœu de combattre l’ordre présidentiel de continuer les travaux, malgré la déclaration du Corps des Ingénieurs de l’US Army, avertissant qu’il allait annuler son étude préalable sur l’impact environnemental et accorder le permis de procéder à la construction du segment d’oléoduc prévu pour passer sous le Lac Oahe.

Les camps de protestataires sont préparés à l’inondation qui devrait se produire dès que les températures vont remonter. La présence des anciens combattants est en soi un défi aux représentants de la « loi » qui veulent enlever les protections anti-inondations de la région pour permettre la poursuite des travaux.

 

9. Veterans second deployment Standing Rock anti DAPL.jpg

 

Les affrontements précédents entre les manifestants et la police ont été violents, la police faisant usage de canons à eau, de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, tandis que les milices privées lançaient des chiens sur les manifestants.

Les Veterans Stand sont en train de collecter des fonds pour aider les manifestants qui résistent à la construction du pipeline et, à ce jour, ils ont réussi à récolter près de 220.000 $. Ils ont fait savoir que c’était l’augmentation « des incertitudes et des violences » à Standing Rock qui les avait décidés à passer aux actes.

Plus de 1.000 vétérans sont venus à Standing Rock en décembre, affronter les rigueurs de l’hiver. Sur place, ils ont présenté des excuses aux indigènes, au nom du gouvernement US, pour la manière dont il les traite. En février, ils ne s’attendent pas à un accroissement de la présence physique d’anciens soldats mais comptent bien poursuivre leur soutien par la collecte de fonds.

 

10 Last stand.jpg

 

 « La plus grosse erreur est de croire que Veterans Stand veuille faire quoi que ce soit d’agressif en réponse aux agressions. » a dit Michael Wood Jr à CNN. « Les gens veulent faire quelque chose, mais ils ne savent tout simplement pas quoi faire. Nous essayons au moins de leur fournir une tribune. »

 « Nous ne venons pas ici en combattants mais en protecteurs » a dit Jake Pogue, ancien combattant du corps des Marines, au Guardian. « Notre rôle, dans cette situation, est de former une barrière humaine entre les protecteurs de l’eau et les forces de police, et d’essayer d’empêcher une partie des mauvais traitements qu’on leur inflige. » 

 « En fin de compte, c’est un petit peu de l’armée US qui vient sur le territoire des Sioux essayer de les aider pour la première fois dans l’Histoire, au lieu d’y venir pour les tuer »  a résumé le vétéran Dan Luker.

Source : https://twitter.com/RT_America/status/829530833237188608/...

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

La situation aujourd’hui

 

Évacuation et arrestation des derniers résistants anti-DAPL par la police

RT 22 février à 22h18

 

La police, en tenue antiémeute et armée de matraques lumineuses est en train, en ce moment, d’évacuer les derniers manifestants anti-DAPL qui étaient restés sur place en violation des ordres du gouverneur d’avoir à se retirer avant 16 h – heure locale = ± 21 h. GMT.

 

11. Unicorn picture.png

 

Unicorn Riot, un média collectif non aligné, rapporte avoir vu un observateur de la Guilde Nationale des Avocats se faire arrêter, en même temps qu’un rabbin et plusieurs journalistes (seuls, ceux d’ABC ont été autorisés à rester sur les lieux, sous la protection de la police.)

[On peut suivre le fil des événements grâce aux nombreuses vidéos mises en ligne par ce site, qui rend également compte de l’exceptionnelle violence des arrestations, comme celle d’un journaliste qui aurait eu la hanche brisée lors de son placage au sol, etc.]

Rappelons que les protestataires voulaient seulement que soit détourné de leurs eaux le tracé d’un oléoduc de près de 2.000 kms de long.

La messe est dite.

Était-ce inévitable ? Dans l’état actuel des choses, oui.

Nous venons d’assister à la démonstration du pouvoir des « Sept sœurs » (cartel supranational du pétrole) par-dessus celui des états et de leurs gouvernements. Même celui des États-Unis ? Visiblement oui.

Le Président Trump pouvait-il les obliger à ce petit détour ? Il pouvait essayer. Pas réussir.

La question qui se pose est celle de la résistance à l’Ordre Mondial des « globalistes ». Qui a essayé jusqu’ici et comment ? La Russie et la Chine. Par les moyens dont ces deux grandes puissances disposent : ceux du commerce et de la force armée, avec le soutien de leur population, sans lequel elles ne pourraient rien. Et quelques autres états+peuple+gouvernement qui s’y efforcent : l’Iran, Cuba, le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie, la Tchéthcénie, etc.

Mais pour les autres, pour les peuples qui vont dans un sens quand leurs dirigeants vont dans l’autre ?

 

12. Les peuples c. les représentants du peuple.gif

 

Il leur reste à s’inventer les armes, la stratégie, les tactiques et à acquérir ou retrouver l’armature morale nécessaire. Et prendre leur courage à deux mains. Ce que font, précisément, les « peuples primordiaux ».

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

« Le colonialisme est une relation totale au pouvoir et il a façonné l’existence non seulement de ceux qui ont tout perdu mais aussi de ceux qui en ont profité. »

Taiaiake ALFRED

 

Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire

[Introduction à « la grande loi du changement » et des solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire]

Résistance7111 février 2017

 

Il serait trop long de recenser toutes les tentatives intellectuelles ou pratiques de libération. Un tel recensement sortirait du cadre de notre post d’aujourd’hui. Contentons-nous d’en citer deux et de vous aiguiller vers les sites qui suivent pas à pas les Amérindiens du Nord.

Au nombre des intellectuels les plus impliqués dans la recherche d’une solution aux problèmes qui se posent à tous les anti-colonialistes, on peut citer le Pr. Taiaiake ALFRED, dont nous donnons ici, à l’intention de nos lecteurs anglophones (sans sous-titres hélas, hélas, hélas…), une importante interview :

 


 

Il est aussi l’auteur d’un livre…

 

13. Wasase couverture.jpeg

 

 

Taiaiake ALFRED

Wasáse (Chemins indigènes d’action et de liberté)

University of Toronto Press, 2005

(en anglais)

320 pages

 

 

Ce livre du Pr. ALFRED est, faut-il le dire, inédit en français. Les valeureux de Résistance71 en ont traduit une partie substantielle, qu’ils ont mise en ligne sous forme de pdf. C’est ici :

https://resistance71.wordpress.com/2017/02/11/solutions-a...

 

 Citons encore :

14. Pagans in Proomised Land Newcomb.jpg

 

 

Steven T. NEWCOMB

Pagans in Promised Land

Fulcrum Publishing, 3rd edition, 2008

En anglais

224 pages

 

 

Pour cet auteur, la libération du joug colonial doit d’abord passer par l’émancipation intérieure des colonisés, autrement dit par l’abandon des schémas mentaux qu’ils se sont laissé imposer, d’après une Bible qui ne les concernait pas.

Voir les extraits de ce livre également traduits en français par Résistance71 :

https://resistance71.wordpress.com/2017/01/08/paiens-en-t... .

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

Ces informations sont ridiculement pauvres, en regard de l’immensité du problème et du bouillonnement des initiatives. Toutes les curiosités dans ce domaine pourront être satisfaites en consultant les deux sites-phares que nous vous avons déjà signalés :

Jo de  https://jbl1960blog.wordpress.com/

Résistance71 : https://resistance71.wordpress.com/

que vous pouvez suivre et avec lesquels vous pouvez dialoguer.

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

On peut aussi se documenter ou se rafraîchir la mémoire aux adresses suivantes :

Histoire des Indiens d’Amérique du Nord

http://robert.fauque.free.fr/Index/Mon%20site%20Archives/...

 

Les sites à consulter sont malheureusement en anglais pour la plupart…

 

À l’encontre – La Brèche, qui donne un bon résumé (en français !)

États-Unis. Standing Rock: une bataille gagnée, mais la guerre continue

 

Projet de loi du peuple Lakota

http://ourchildrenaresacred.org/tag/dakota-access-pipeline/

 

Grassrootsonline : Now the Sioux must battle big oil (Maintenant, les Sioux doivent combattre le big pétrole).

https://grassrootsonline.org/in-the-news/now-the-sioux-mu...

 

Native News Online : 3rd Most Read Story in Native News Online in 2016

http://nativenewsonline.net/currents/arrests-continue-mil...

 

RNS - Religious News Service

Qui  ne se limite pas aux aspects spitrituels du problème mais donne un assez bon résumé des faits matériels.

http://religionnews.com/2016/09/16/the-splainer-the-spiri...

 

Sur les Indiens du Sud, pendant qu’on y est :

ACTU-LATINO.com (en français)

http://www.actulatino.com/

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

Il est un autre triste privilège que les indigènes des Amériques partagent avec les peuples du Moyen Orient (et d’ailleurs, soyons-en sûrs) c’est celui d’être trahis par les leurs. Ce n’est pas à nous, qui n’avons été colonisés par César que grâce à nos divisions et à nos luttes intestines qu’il faut expliquer ce phénomène. Un appel récent relayé par Le Grand Soir prouve que rien n’a changé depuis l’an 57 avant notre ère, et qu’il y a malheureusement des Mahmoud Abbas et des gouvernements de Vichy partout…

 

Standing Rock : Pour sauver l’eau, nous devons briser le cycle du traumatisme colonial

Ladonna Brave Bull Allard – Le Grand Soir 20 février 2017

 

15. Ladonna Allard.jpg

 

La police est venue au Camp Last Child en plein jour, avec des blindés et des fusils dégainés, pour arracher les gens à notre terre. Beaucoup de protecteurs de l’eau étaient en train d’effectuer des marches de prières et des cérémonies. Nous regardions du haut de la colline le Camp Oceti Oyate alors que les troupes marchaient sur eux. Nous avons envoyé nos prières à ces innocents et aux braves guerriers venus pour résister avec les gens de Standing Rock, et protéger les eaux sacrées d’Unci Maka (Notre Mère la Terre).

Puis ils sont venus à notre Camp de Sacred Stone, le camp spirituel d’origine, que nous avions construit pour y offrir nos prières et protéger notre eau de l’oléoduc Dakota Access. Mais cette fois-ci, ils étaient accompagnés par le Conseil Tribal Sioux de Standing Rock. Ils n’avaient pas de mandat, mais ils ont forcé l’entrée de mon terrain privé, le terrain de ma famille, où j’ai grandi sur les rives de la Rivière Cannonball. C’était les membres de notre propre Conseil, avec le Service des Poissons et de la Vie Sauvage de Standing Rock, le Bureau des Affaires Indiennes (BIA), le Bureau de l’Alcool, du Tabac, des Armes à feu et des Explosifs (ATF), et le Corps de l’Armée des États-Unis, tous venus pour me chasser de ma terre natale.

Le monde veut soutenir Standing Rock, mais Standing Rock se dresse contre nous. Le Président Dave Archambault a jeté nos gens aux chiens quand il a dit que les actions des camps « ...ne représentent ni la tribu, ni les intentions initiales des protecteurs de l’eau. » Il oublie que nous, au Camp de Sacred Stone, avons été les premiers à résister pour l’eau, et que nous sommes avec tous les camps qui ont rejoint notre lutte.

Lire la suite…

Source : https://www.legrandsoir.info/standing-rock-pour-sauver-l-...

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

« Je m’oppose depuis de nombreuses années au sionisme, qui n’est que le rêve des capitalistes juifs dans le monde entier de créer un État juif avec tous ses accessoires : gouvernement, lois, police, militarisme, etc. En d’autres termes, ils veulent créer une machine étatique juive pour protéger les privilèges d’une minorité contre une majorité. »

Emma Goldman 

(Lettre à l’éditeur de Spain and the World, 26 août 1938)

[On se rappellera qu’à cette époque, Emma Goldman et John Cowper Powys ont tenu ensemble, en Angleterre, un meeting destiné à récolter des fonds pour les Républicains espagnols. NdGO]

 

Mosquée al-Aqsa – lac Oahe même combat ?

 

Oui, car outre les problèmes de la simple survie et de l’eau, il y a aussi celui du sacré qui est de plus en plus partout bafoué, en commençant par celui des plus vulnérables, mais qui peut douter que celui des autres suivra ?

 

16. NO DAPL xx.gif

 

Le terrorisme israélien dans les territoires occupés

ou

La vie quotidienne dans « la seule démocratie du Moyen-Orient »

teleSur  10 janvier 2017

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


Alors qu’Israël vient de voter une loi légalisant le vol de terres palestiniennes dans les territoires occupés, une réalité constante depuis 1967, ce documentaire d’Abby Martin nous rappelle que le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants Palestiniens est de facto autorisé et même encouragé et encensé en Israël, tant pour les soldats de Tsahal, « l’armée la plus morale du monde », que pour les colons. A quand une loi qui donnera la force du droit à cet état de fait ? Et, pourquoi pas, qui octroiera une récompense pour le « scalp », la tête ou la dépouille carbonisée des autochtones, seul moyen d’édifier un « État juif » suprématiste purifié de la présence des Arabushim ? Les « djihadistes juifs », comme les appelle Norman Finkelstein, sont bien les parfaits équivalents des « djihadistes wahhabites » de Daech, assassins fanatisés.

Les Palestiniens sont constamment menacés, agressés et soumis à des traitements inhumains et dégradants dans les bantoustans invivables qui leur sont réservés (jusqu’à ce que des colons décident de s’approprier leurs terres et occupent ou détruisent leurs maisons), condamnés à une existence misérable qui n’est qu’une mise à mort à petit feu. Bien que les médias aux ordres nous épargnent aujourd’hui ces images quotidiennes, elles n’en sont pas moins réelles et immuables depuis des décennies. Les innombrables condamnations des crimes de guerre israéliens par les instances internationales et les associations de défense des droits de l’homme n’ayant jamais été suivis de mesures concrètes (sanctions économiques, embargo sur les armes, etc.), Tel-Aviv peut poursuivre sa politique de colonisation en toute impunité et faire affront à toute l’humanité.

Il est aujourd’hui évident que la solution à deux Etats, qui a toujours été rejetée tant par les dirigeants que par les citoyens juifs israéliens, est définitivement morte, et que le silence, l’inaction et/ou la complicité de la communauté internationale ne laissent aucun autre recours aux Palestiniens que l’Intifada et la résistance armée, droit sacré et inaliénable, et même devoir indispensable face à une force occupante qui recourt systématiquement à la terreur.

Sayed Hasan

 


 

 

17. Abby Martin.jpg

[Tlaxcala] Abigail Suzanne « Abby » Martin est une journaliste US-américaine (née en 1984 à Oakland, Californie). Elle est la présentatrice de The Empire Files, un programme d'information et d’investigation hebdomadaire sur téléSUR en anglais. Elle a été autrefois l’animatrice de l’émission Breaking the Set pour RT America, travaillant depuis les bureaux de Washington DC. Avant d’animer sa propre émission, elle avait travaillé pendant deux ans comme correspondante de RT America.

Martin est aussi une artiste et une militante, et a contribué à la création du site de journalisme citoyen Media Roots. Elle siège au conseil d'administration de la Media Freedom Foundation qui gère le Projet Censuré. Martin apparait dans le film documentaire Projet Censuré le Film : Terminer le règne des Informations-Malbouffe (2013) et co-réalisé 99%: Le Film Collaboratif Occupy Wall Street (2013).

Publié par Sayed Hasan  

 

Pendant que nous y sommes, rappelons que des banques et des entreprises françaises – entre autres (il serait intéressant d’identifier les autres) – investissent dans le mur de la honte et les colonies internationalement condamnées de Cisjordanie tout autant que dans l’oléoduc DAPL.

 

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

Peuples Indiens, Palestiniens, Péruviens, logés à la même enseigne

 

Pérou : Une marée noire en Amazonie pousse les autorités à déclarer une « urgence sanitaire »

Aline Timbert – ACTU LATINO 18 février 2017

 

18. Pérou xxx.jpg

 

Au Pérou, la situation d’urgence sanitaire a été déclarée par le Ministère de la Santé le 17 février pour une durée de 90 jours dans des zones amazoniennes où ont eu lieu des fuites de pétrole sur l’oléoduc Norperuano. Le décret stipule « l’urgence sanitaire en rapport à la qualité de l’eau pour la consommation humaine », dans les districts de Imaza, province de Bagua (dans la région Amazonas), mais aussi dans les districts de Morona, Manseriche, Barranca, Pastaza et Cahuapana de la province de Datém de Marañón (dans la région de Loreto).

Le document publié dans la gazette officielle El Peruano rappelle que la déclaration d’urgence sanitaire « ne dispense pas de responsabilité ces institutions qui ne se sont pas acquittées de leurs obligations établies par la loi ».

Le ministre de la Santé, Aníbal Velásquez, s’est rendu sur les zones de pollution et a expliqué que l’urgence sanitaire se justifiait en raison de la contamination des cours d’eau. La dernière catastrophe environnementale a eu lieu le 4 février dans la province de Dátem del Marañón, dans la région de Loreto à hauteur du km 206 de l’oléoduc, les locaux affirment que la pollution a atteint la rivière Mayuriaga, à 13 km du lieu de la fuite, il s’agit d’un affluent du Marañón.

Velásquez a indiqué que Le Ministère au Logement a dépêché sur les lieux 1500 équipes dotées de matériels permettant de purifier, de stocker et de rendre l’eau potable. Le gouverneur régional de Loreto, Fernando Meléndez, a affirmé que la fuite de pétrole à Dátem del Marañón est à l’origine « d’une hécatombe environnementale » et a directement accusé Petroperú de ne pas avoir fait son travail sérieusement.

 

 Source : http://www.actulatino.com/2016/02/18/perou-une-maree-noir...

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

Lénoncé du problème est simple : COMMENT SE DÉBARRASSER DE LA POIGNÉE DE PARASITES QUI SUCENT LE SANG DU MONDE EN DÉTRUISANT LA PLANÈTE ?

Marat, grand précurseur, préconisait l’ablation préventive de quelques têtes rédhibitoirement mal-intentionnées.

On lui a fait, pour ces morts théoriques, une réputation épouvantable. Et les malintentionnés responsables de centaines de millions de morts réels continuent à payer – grassement – des imMondes Déconnex, pour sempiternellement salir sa mémoire

Ainsi va le monde. Et les humains continuent à se vautrer dans un  infantilisme dont ils ne semblent jamais las. Est-ce une fatalité ?

 

20. Commence pas à faire ton intello.gif

 

Quelqu’un, jadis, voulut en convaincre Saint-Just. Pourquoi s’agiter, si tout est pré-déterminé ?

« Il faut faire comme si » répondit l’Archange. Qui mit sa tête sur la bascule pour le prouver.

Les peuples indigènes et les autres ont-ils une chance d’inverser le cours des choses. Rigoureusement aucune, ou alors, une sur un milliard.

Est-ce une raison pour s’abstenir ?

Qui se souvient du nom du général qui a vaincu Spartacus ? Ou de celui de l’empereur qui a fait crucifier ses partisans rescapés tout le long de la via Appia ?

Qui pourrait citer le nom d’un des assassins de Che Guevara ? Ou celui du président bolivien en exercice au mois d'octobre 1967 ? Voire même celui du président des États-Unis d’alors ?

Spartacus et le Che ont « fait comme si ».

 

 

3. Tête de mort sang jpg X.gif

 

 

Post du 22 février 2017.

Mis en ligne le 23 février 2017.


 

 

 

 

19:54 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

17/02/2017

LA CUISINE DE JUPITER

1. Jupiter.jpg

2. titre_manuel xx.GIF

3. Manuel de Diéguez xxx.JPG

 

La cuisine de Jupiter

 

4. Jupiter Haute Marne.jpg

Quel genre de cuisine mitonnait-il en Haute-Marne au 1er siècle de notre ère ?

 

1 - Nos miroirs sacrés
2 - A l'origine était la cuisine
3 - Un mythe entre deux chaises
4 - L'avenir d'une science heuristique des mythes sacrés

 

À l'heure où une France sans État et sans gouvernement se révèle une oligarchie, une pieuvre gloutonne aux tentacules innombrables, l'histoire de la France et du monde devient plus que jamais une stomachologie. Le 9 février dernier, Catherine Lieutenant m'a gentiment suggéré de choisir le jour de mon modeste rendez-vous bi-mensuel avec l'estomac de l'histoire pour visiter à nouveau la cuisine de Jupiter. Pourquoi ce jour-là? N'est-ce pas le meilleur moment d'observer comment le genre humain nourrit ses dieux et comment, depuis les origines, nos dieux nous nourrissent en retour?

Sitôt que François Hollande a mis la France en congé de la politique, le pays s'est offert le luxe de s'absenter de l'arène mondiale de l'action. Certes, nous avons connu ce type de vide politique au cours de la Régence d’Anne d’Autriche, mais pendant ces années-là, Louis XIV grandissait et se préparait dans l'ombre à donner un siècle de gloire à la France, tandis que nous savons aujourd'hui que personne n'est de taille à redonner sa colonne vertébrale à une civilisation promise à une longue agonie.

 

1 - Nos miroirs sacrés

Depuis vingt-cinq siècles, la philosophie occidentale tente de porter un regard de l'extérieur sur l'encéphale de l'humanité. De même qu'en 1543 Copernic a bouleversé notre connaissance du système solaire, la découverte en 1859 du transformisme a contraint l'Occident de la raison à se demander si nous pouvons conquérir un recul à l'égard du genre humain, qui nous permettrait de savoir quelle est l'animalité spécifique d'une espèce en évolution.

Mais comment nous ancrer à l'extérieur d'un animal si nous sommes nous-mêmes, et des pieds à la tête, la bête que nous tentons d'observer du dehors, car il s'agit de toute évidence d'une animalité cérébralisée, conceptualisée, logicisée, donc cachée ou masquée.

Un seul instrument de travail se présente à l'enquêteur: car nous n'expédions pas seulement des personnages fabuleux diriger l'univers, nous les construisons de surcroît à notre image et en miroir. Il nous suffit donc d'observer ces auto-portraits qui nous peignent en pied pour disposer d'un microscope et d'un télescope. Nous sommes nous-mêmes des dieux privés de répondant, c'est nous qui n'avons aucun guide, aucun surveillant, aucun protecteur dans le dos.

Grâce aux miroirs sacrés dans lesquels nous nous réfléchissons par la médiation des effigies sacrées que nous enfantons, nous disposons de la meilleure école d'apprentissage de notre initiation à nos propres secrets: celle de l'histoire de nos offrandes sanglantes à nos maîtres imaginaires, donc de nos sacrifices de chair et de sang sur nos autels.

 

2 - A l'origine était la cuisine

A l'origine, était la cuisine. C'est pourquoi le langage politique de la République romaine, par exemple, reposait sur la gastronomie. Le comes n'était autre que le convive, le commensal, celui qui présidait à un rituel de l'ingestion du comestible. Le comissator désignait le complice d'une conjuration politique fomentée au cours d'une comisatio, c'est-à-dire d'une orgie, d'une ripaille, laquelle servait d'alibi à des conjurés qui pouvaient tranquillement préparer leurs complots au cours du repas.

Le comitium indiquait à la fois la partie orientale du forum dans laquelle le peuple se réunissait, mais il désignait également la bouche du comedus, le mangeur. Les comitia, les comices, étaient les assemblées au cours desquelles le peuple, réuni en collège électoral, élisait les magistrats. C'était dans l'enceinte du comitium que se tenaient les comices et que se déroulaient les sacrifices des grands et des petits bétails aux Immortels. C'est donc dans le comitium que se concoctait la cuisine de Jupiter.

Lire la suite…

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

Le 17 février 2017.

 

5. Foudre de Jupiter.gif

 

6. De la cuisine de Jupiter.gif

(Cuisine électorale en Hexagonie au XXIe siècle de notre ère)

 

5. Foudre de Jupiter.gif

 

 

Emmanuel « Rothschild » Macron : La réponse des globalistes à Trump, Poutine et Le Pen

Ruslan Ostashko (hacker russe)

(donc sans imprimatur de l’imMonde)

Traduit du russe par J. Arnoldski pour Fort Russ – 14 février 2017

 

7.  En marche vers le chaos mondial xxx.JPG

 

La situation entourant les élections françaises montre clairement de quel genre d'adversaires habiles et expérimentés il s’agit. L'oligarchie supranationale et la bureaucratie sont des adversaires véritablement dangereux qu’il n’est pas simples d’affronter, même si Poutine et Trump se mettent d’accord pour les affronter ensemble.

La caractéristique la plus dangereuse de cette oligarchie supranationale et de cette bureaucratie que Poutine a mentionnées à Valdai, n'est pas dans leurs ressources financières ou leur accès aux leviers du pouvoir - bien que cela soit très important. L'aspect le plus dangereux réside dans la capacité des Soros et des Kagan à apprendre. Les « élites » supranationales qui, jusqu'à récemment, contrôlaient complètement les États-Unis et influencent désormais de façon décisive la politique européenne, ne ressemblent en rien au dernier Politburo soviétique, décrépit et inadéquat. Ils sont un groupe d'hommes d'affaires et de politiciens intelligents et expérimentés qui peuvent encore répandre beaucoup de sang.

Regardez ce qui se passe en France et vous verrez à quel point, subtilement, efficacement et prudemment, ils ont trompé les électeurs français et manipulé les émotions dans le sens où ils voulaient.

Il y a tout juste un mois, la majorité des experts préféraient le candidat François Fillon, que ne détestait pas le public français, qui jouissait d’un taux de popularité plutôt élevé, d’un soutien fort de son parti et qui semblait devoir profiter du fait que les électeurs sont écoeurés à mort de l'establishment politique existant et en particulier de François Hollande. La candidature de Fillon était assez bien vue en Russie et il semblait que tout fût pour le mieux. Mais non.

Car c’est alors que l'oligarchie supranationale et la bureaucratie ont frappé un double coup. Tout d'abord, ils ont déterré, sur Fillon, une saleté quelconque, ridicule même d’après les normes européennes. Ils l’ont fait suivre par une tonitruante campagne des médias alignés, et sa cote de popularité a docilement fait le plongeon. Si bien que même les membres de son parti lui ont demandé de jeter l’éponge.  

En deuxième lieu, l'oligarchie supranationale a clairement démontré qu'elle avait tiré les leçons de la victoire de Trump aux États-Unis, en produisant avec la rapidité de l’éclair un candidat soi-disant « indépendant et anti-système » qui va s’attaquer aussi sec à ce même électorat protestataire, fatigué des politiciens fastidieux et corrompus.

Permettez-moi de vous présenter Emmanuel Macron : politicien français, ex-ministre de l'économie et ancien banquier d'investissement pour les Rothschild. (Les employés des services de renseignement se permettent de préciser qu'il n'existe pas d'anciens banquiers).

L'histoire de l'émergence de Macron dans la course présidentielle montre avec quelle facilité et à quelle vitesse les banquiers d'investissement, les doreurs d’image professionnels et les mé®dias sont capables de fabriquer un candidat anti-système. Il ne se présente pas au nom d’un des si ennuyeux partis et n’affronte aucune « primaire » ; il a formé son propre mouvement, présenté comme n’étant ni de gauche ni de droite, mais qui peut, par là même, racoler un maximum d'électeurs insatisfaits à tous les bouts du spectre politique. Son programme s’intitule rien de moins que « Révolution! » (à quoi bon lésiner) et promet qu’il sera bon pour tout, et contre tout ce qui est mauvais sans autres précisions (pour quoi faire ?).

L'image du banquier révolutionnaire me semble un peu débile. Mais, à en juger par les sondages, certains électeurs n’y voient nulle contradiction. Même si on tient compte du fait que les sondages exagèrent délibérément la cote de Macron, il faut reconnaître que les résultats de cette campagne de relations publiques sont tout de même impressionnants.

Les doreurs d’image [ou « spin doctors », nde] de Macron sont arrivés à combiner à son profit quelques ingrédients parfaitement incompatibles tels que le faire passer à la fois pour un adepte du néolibéralisme économique doux, pour un défenseur du citoyen lambda et pour un adversaire de l'establishment. Ils le disent en outre favorable à l'Europe et au multiculturalisme, mais en n’insistant pas trop sur certains de ces aspects, car on ne sait jamais quand la prochaine attaque terroriste ou le prochain viol en masse pourraient se produire et faire baisser sa cote.

Il est très probable que les prochaines élections françaises verront s’affronter Marine Le Pen et Macron. Il faut admettre que cet « ancien » banquier Rothschild a une grande chance de les gagner, puisque tous les médias et les partis de l'establishment font d’ores et déjà campagne en sa faveur. Sa victoire ne pourrait être contrecarrée que par un scandale très sérieux comme l'exposition des correspondances secrètes de Hillary Clinton, ou par une mobilisation sans précédent des eurosceptiques français. En général, tous les espoirs reposent sur les hackers russes et sur Julian Assange.

Enfin, si je vous ai parlé de tout cela, ce n’est pas parce que les prochaines élections françaises sont spécialement intéressantes, ni ce qui s’ensuivra, mais pour préciser que la victoire de Macron ne sera en rien tragique – nous y survivrons certainement [il s’adresse aux Russes, nde]. Mais, à voir la façon dont l’image publique de cet homme a été fabriquée et les messages qui sont envoyés dans sa campagne électorale, ne perdons pas de vue le fait que nos adversaires géopolitiques sont certainement en train de préparer « leur » Macron, en prévision des élections présidentielles en Russie. Ils ont même plusieurs Macrons potentiels, qu'ils vont déguiser en révolutionnaires, en populistes, en clameurs de vérité, et en purs combattants contre la corruption et l'establishment. Les efforts déployés dans ce sens sont déjà en cours.

Voyez comment on a élaboré les images de Navalny, de Kasyanov, et même de Roizman, dont les fins stratèges de Moscou chuchotent déjà qu’il sera candidat. Mais je voudrais dire qu'heureusement la Russie n’est pas la France. Il n'y a pas ici de candidat qui ait autant de chances que ce Macron en a là-bas, et c'est très bien.

 

11. Urne française xx.JPG

 

8. Ruslan Ostashko xx °.PNG

Ruslan Ostashko est l’éditeur en chef du site PolitRussia.com (http://politrussia.com/) et de sa chaine Youtube (https://www.youtube.com/channel/UCjxq8PsQ_On_-gI5LqNoVzA )

Source : http://www.fort-russ.com/2017/02/emmanuel-rothschild-macr...

Traduction : Anna S. pour Comité Valmy et Les Grosses Orchades

 

5. Foudre de Jupiter.gif

 

Folie des grandeurs ?

Copiant Hillary Clinton, Emmanuel Macron prétend maintenant en France être la cible de la Russie.

Alexandre Mercouris  – Comité Valmy17 février 2017

 

9. Macron merdias.jpg

 

Le candidat à la présidence française Emmanuel Macron prétend - comme Hillary Clinton avant lui - être la cible d’une « cyber-attaque » de fausses nouvelles russe alors même que, en Allemagne, les enquêtes officielles mettent en doute les allégations d’intervention de la Russie dans la politique européenne.

C’était totalement prévisible et c’est maintenant arrivé.

Emmanuel Macron, le candidat « Golden Boy » qui est maintenant fortement promu à l’élection présidentielle française par l’establishment français et européen et qui - non par coïncidence - est le seul candidat à l’élection présidentielle française à soutenir la politique actuelle de confrontation contre la Russie, a emprunté une feuille du livre de jeu de Hillary Clinton en prétendant qu’il sera la cible d’une « cyber-attaque » de fausses nouvelles organisée par la Russie.

La manière dont cela se fait est présentée dans un article du Financial Times, qui cite le chef de la campagne de Macron et le ministre de la Défense, et rapporte d’obscurs soupçons de renseignements de la part du service français de contre-espionnage.

Voici ce que le Financial Times publie :

Lire la suite…

Source : http://comite-valmy.org/spip.php?article8250

 

10. macron-prefere-francais-ac2fc.jpg

 

 

5. Foudre de Jupiter.gif

 

Réponse des Grosses Orchades

à des questions qui leur ont été posées suite aux deux précédents posts :

« Mais qui est ce Soros et comment s’y prend-il ? »

 

George Soros est un des membres du cercle plus si fermé que cela des milliardaires de casino qui ont décidé de gouverner directement le monde sans l’intermédiaire des états, des gouvernements et autres fariboles que se sont donné jusqu’ici les peuples avec plus ou moins de bonheur. Il ne faut y voir que l’attelage immémorial de la volonté de puissance et de la cupidité poussées à leur paroxysme.

Comment s’y prennent-ils ? Au moyen d’une foultitude d’ONG « humanitaires » ou « culturelles » qui leur servent à manipuler la partie la plus faible des pays ciblés – généralement la plus jeune –, en se servant pour appât de l’une ou l’autre chose que les gouvernements à abattre ont à se reprocher.

[N.B. : Étant des entreprises humaines, tous les gouvernements ont des choses à se reprocher. S’il en était autrement, la recette n’aurait pas aussi bien fonctionné en France en 1968, où l’on n’aurait pas vu l’Ordre des Architectes et la Comédie Française se mettre en grève avec les OS de la CGT.]

Pour qu’une frange suffisamment importante de la jeunesse soit ainsi manipulable, il importe qu’elle soit non tout à fait sans éducation mais mal éduquée : que le système éducatif du pays soit nul (États-Unis) ou qu’il ait été sciemment détruit (Europe). La preuve en est que MM. Soros et consorts se sont jusqu’à présent cassé les dents précisément sur les pays où les mots « Éducation nationale » ne sont pas tout à fait vides de sens. Exemples : la Russie, l’Iran.

La Russie, où l’on a vu les écoles de Staline – avec tous les défauts qu’elles pouvaient avoir – démantelées par les dix ans de règne de la clique Eltsine, pour être ensuite restaurées sur des bases que nous ne connaissons pas mais dont nous voyons les effets.

Cependant, la Russie n’est pas le seul pays qui ait résisté aux attaques venues du dehors, aidées comme à peu près partout par une Ve colonne de collabos intérieurs. L’exemple le plus éclatant est Cuba qui, dans les conditions qu’on sait, résiste victorieusement depuis plus de soixante ans. Cuba, pays champion du monde de l’éducation des citoyens dans le but de les armer et non de les détruire, immédiatement suivi par (ou ex-aequo avec) l’Iran, mais aussi par d’autres pays d’Amérique Latine tel que le Venezuela, l’Équateur, etc.

Ces systèmes éducatifs très divers ont la particularité d’être tous fondés sur des valeurs nationales dont nous n’avons pas à nous occuper parce qu’elles ne nous regardent pas. La seule chose qui devrait nous importer est que nous n’en avons plus, ce qui fait de nous des proies idéales à qui balancer des Macron et autres virus marionnettes de la peste ou du choléra, en nous persuadant que nous y sommes pour quelque chose parce que nous avons été formatés par nos éducations frelatées pour participer docilement à des jeux truqués.

Un phénomène auquel nous n’avons jusqu’ici pas prêté assez d’attention, c’est que la seule résistance actuellement visible au pouvoir mondialisé sans visage vient de peuples qu’on appelle « peuples premiers », « autochtones », « indigènes » ou « natifs », génocidés à tours de bras depuis des siècles mais qui, pourtant, relèvent encore la tête au point de nous servir d’exemple à tous : Palestiniens au Moyen-Orient, « Indiens » dans les deux Amériques, etc.

Ceci, pourvu que Jupiter nous prête vie, devrait faire l’objet d’un très prochain post.

 

5. Foudre de Jupiter.gif

 

 

 

Mis en ligne le 17 février 2017

 

 

 

 

 

20:18 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/02/2017

ESPRIT DE L'ESCALIER - II - Un roman allemand

1. bateau-livre papier.JPG

 

Esprit de l’escalier…

II.

Un roman allemand

 

 

« La situation en général, cette chienlit qui se nomme le présent… »

Günther Grass, Toute une histoire

 

En hommage à Manuel de Diéguez (suite)

 

3. Auteurs allemands.jpg

 

En 1995, au moment où le Mercure sortait, à Paris, Le testament français, premier roman d’Andreï Makine, qui allait lui valoir les prix Goncourt et Médicis et un jour le conduire à l’Académie, les éditions Steidl Verlag publiaient, à Göttingen, le 11e roman de Günther Grass, Ein weites Feld (en français, Toute une histoire) qui vaudrait à son auteur « un extraordinaire déchaînement de critiques haineuses ». Comme lorsque, par exemple, le critique-vedette Marcel Reich-Ranicki (sorte de Bernard Pivot d’Outre-Rhin) s’est fait photographier en train de déchirer ce livre avec hargne et a permis que la photo paraisse en couverture du Spiegel (août 1997). Il est des lynchages qui ont valeur de distinction plus honorable qu’un prix Nobel. Il est même des auteurs auxquels il est donné de comparer les deux.

En cette année 1995, où la patrie d’origine d’Andreï Makine, exsangue, achevait d’être mise en coupe réglée par « Eltsine et sa clique », celle de Günther Grass subissait le même sort aux mains de l’Allemagne de l’Ouest et du camp occidental. Mais ce ne sont pas là les seuls points communs entre les deux livres.

Si celui de Makine raconte l’histoire et l’ascendance française fantasmée d’un jeune Sibérien, celui de Grass raconte l’histoire et l’ascendance française fantasmée d’un jeune Prussien devenu vieux, qui assiste, le jour de ses 70 ans, à la chute du mur de Berlin et au dépeçage de sa patrie, feue la République des Ouvriers et des Paysans. En revanche, si la grand’mère française du héros de Makine n’est pas sa vraie grand’mère, le héros de Grass a, sans le savoir, une petite-fille française bien réelle quoiqu’illégitime. Mais n’anticipons pas.

Enfin, dans Requiem pour l’Est de Makine et dans Toute une histoire, deux jeunes femmes accouchent, en 1945, dans des conditions effroyables, des œuvres de deux soldats allemands. Mais leur descendance connaîtra de bien différentes destinées. L’une sera dostoïevskienne, l’autre… toujours en cours, réussira une percée dans le futur.

Le travail de très grand artiste de Günther Grass a été de sertir ce tournant majeur de l’histoire d’Europe dans une continuité de deux siècles, en prenant pour double pivot deux écrivains allemands, nés jour pour jour à cent ans de distance (31 décembre 1819 pour l’un ; 31 décembre 1919 pour l’autre) et en suivant le cours – historiquement répétitif – de leurs existences particulières et des événements auxquels ils se sont trouvés mêlés.

L’un de ces deux hommes est le très réel Theodor Fontane, écrivain emblématique du XIXe siècle allemand, dont seul notre nombrilisme a fait qu’il soit resté inconnu du grand public francophone, mais dont le roman le plus célèbre fut comparé en son temps à Madame Bovary et méritait de l’être. Un pilier, donc, de la culture germanique.

L’autre, son double, qui s’appelle aussi Theodor, est un écrivain fictif, création pure de Günther Grass, dans lequel on peut se permettre de voir aussi, plus ou moins, l’auteur lui-même.

Sachons seulement que le personnage contemporain ne fait pas que porter le même prénom et qu’être né à cent ans juste de son illustre prédécesseur, mais qu’il lui voue un véritable culte, connaît son œuvre par cœur à la virgule près et finit par s’identifier à lui jusque dans les détails de sa vie personnelle. [Quand on a eu sous les yeux la quasi osmose Blavier-Queneau, on sait que ces choses-là se produisent dans la réalité et qu’elles sont rarement sans conséquences.]

Sur ce clavier, à la fois tempéré et colossal (mot cher à son principal personnage), Grass pratique l’art de la fugue en virtuose.

Qui n’a pas, étant enfant, zieuté avec ravissement, dans un tube en carton appelé kaléidoscope, les images, nées du moindre mouvement, de ces merveilleux petits losanges colorés, multipliés à l’infini par de mystérieux miroirs ?

Je ne suis hélas pas de taille à rendre compte de la forme de ce roman extraordinaire, mais Juan Goytisolo lui a, en orfèvre, consacré une quinzaine de pages (47-62) de ses Cervantiades, que le lecteur curieux trouvera ICI. Pendant que j’y suis, je citerai aussi le bel Avant-Propos de Marie-Hélène Quéval et l’étude de Marie-Sophie Benoît : Réécriture et déconstruction. Entre autres.

Côté « grande presse hexagonale », M. Angelo Rinaldi, pour ne citer que lui, s’est joint à la meute des lyncheurs d’Outre-Rhin et l’a fait avec les armes du parisianisme ordinaire, se contentant de quelques gloussements dédaigneux sur l’inimportance de Fontane, affirmant comme une évidence que le livre de Grass ne valait rien et l’achevant d’un désinvolte « ah, la la, quel ennui ! ». Au service de L’Express, il ne pouvait pas faire moins, et l’essentiel n’était-il pas de dissuader les curieux d’y aller voir ? Mission accomplished. Comme cette haute critique traîne toujours, depuis 1997, sur le net, la voilà.

 

4. Dessin Grass.gif

 

Cervantès ! Le grand mot est lâché, et pas seulement parce que Grass, qui dessinait lui-même les couvertures de ses livres a illustré celle-ci de son couple de personnages inséparables : un grand homme maigre et droit à moustache et un petit être tout rond qui le suit comme son ombre. Il y a une raison profonde au rapprochement que fait Goytisolo entre l’œuvre de Grass et celle de Cervantès, bien que les Don Quichotte et Sancho modernes soient très différents de leurs prédécesseurs espagnols : ils vivent, eux aussi, une transformation terrible de leur patrie, la fin inéluctable du monde qui leur est connu et l’avènement inimaginabble d’un autre. Sans compter que les deux auteurs sont l’un et l’autre des soldats rescapés d’une guerre mémorable.

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

L’histoire et les personnages

Le Theodor d’aujourd’hui s’appelle Wuttke, et sa marotte l’a fait surnommer Fonty.  Il a fait la guerre dans la Luftwaffe, mais seulement comme journaliste correspondant de guerre, pour devenir, après les hostilités,  en RDA, instituteur, puis conférencier littéraire et enfin appariteur-coltineur de dossiers dans les ministères. Mais il est aussi, ne l’oublions pas, la réincarnation de Theodor Fontane.

Tantôt Hoftaller, tantôt Tallhover, son « vieux compagnon », qui l’espionne sans désemparer, est sans âge et aussi vieux que la police politique. Il traquait déjà le jeune Marx et a connu la révolution de 1848, l’unification de 1871, la république de Weimar, le IIIe Reich, la défaite… Imaginé par Metternich et mis en littérature par Schädlich, il a travaillé pour Bismarck, pour la Gestapo, pour la Stasi, aujourd’hui pour l’Ouest – CIA ? MI6 ? SDECE ? allez savoir –  « Votre Seigneurie espionnante… Votre Mouchardante Altesse… », éternel Restif de tous les Sartine, que Fonty appelle aussi « mon ombre-diurne-et-nocturne ».

Ce très vieux couple de l’intellectuel progressiste et de son espion permet à Grass de déployer sa vision stéréoscopique de l’histoire, vision qui fait en même temps, de l’Allemagne et de la France, un animal à deux têtes (ou une bête à deux dos c’est selon), non seulement parce qu’elles sont géographiquement accolées, mais pour toutes sortes d’autres raisons dont un certain nombre de guerres et quantité de mouvements de populations, tantôt dans un sens tantôt dans l’autre : invasions, exodes, immigrations économiques et autres, le va et vient remonte aussi loin que la présence humaine en Europe et n’a jamais cessé. D’ailleurs, la France n’est-elle pas franque, donc germanique, au moins depuis Clovis ?

J’ai dit que Wuttke-Fonty se fantasme une ascendance française. C’est que celle de Fontane l’était vraiment : cet auteur qui incarne tellement l’Allemagne descendait d’un Fontaine du Languedoc, chassé de son pays lorsque Louis XIV avait révoqué l’édit de tolérance religieuse de son grand-père Henri IV, et devenu sujet du roi de Prusse en vertu de l’édit de tolérance du joueur de flûte de Sanssouci.

Au moment où déferlent quelques Moyen-Orientaux (1 million en 2015) sur une Europe de 743 millions d’âmes qui fait des manières, Günther Grass rappelle sans en faire un plat qu’au temps du Grand Frédéric Berlin comptait, abstraction faite des juifs et des Polonais, pour dix mille Allemands, cinq mille Français. D’où le nombre d’officiers prussiens de la guerre de 70 qui portaient des noms hexagonaux, d’où Lothar de Maizière, dernier ministre-président de la RDA, qui fut chargé de négocier l’annexion de son pays par la RFA.

 

« On l’épargne encore pour l’instant, parce que le Chancelier va avoir besoin de lui pour des signatures. » (p.189)

 

D’où l’actuel ministre de l’Intérieur de l’Allemagne merkelienne, Thomas de Maizière, cousin de l’autre.

Voyez les hasards de la guerre : Wuttke-Fonty, caporal sous Goering et « correspondant de guerre » plus ou moins chargé, par chantage de son ombre, d’espionner les troupes d’occupation en France, noue une idylle avec une jeune Française, fille d’un cafetier de Lyon, dont le frère est dans la Résistance. Parce que cela lui permet de semer à tous vents le verbe de son idole, il se laisse persuader de collaborer aux tentatives de démoralisation des troupes dont il fait partie en lisant quelques-unes de ses pages préférées au micro de leur radio clandestine. Ses interventions sont enregistrées lors de promenades en barque sur le Rhône ou autour de l’Île Barbe, pour éviter les oreilles qui traînent (il y a aussi beaucoup de promenades en barque dans Fontane), précautions qui n’empêchent cependant pas que tout le noyau de résistants se fasse arrêter, torturer et tuer, non par les Allemands déjà en pleine déroute mais par la milice.

Replié avec le reste des troupes, Fonty ignorera toujours que sa Madeleine est enceinte, qu’elle sera tondue à la Libération, peut-être par ceux qui avaient tué son frère, promenée par les rues affublée d’une pancarte « pute à boches », et qu’elle se réfugiera, rompant avec tout et tous, dans une masure en ruines des Cévennes, où elle mettra une petite fille au monde avec la seule aide d’une vieille cueilleuse de champignons, et où elle vivra jusqu’à sa mort dans le souvenir de son amoureux et de son culte de Fontane. Masure où viendra un jour pourtant la rejoindre sa petite-fille, Nathalie, qui voudra porter son nom à elle - Madeleine -, apprendra l’allemand, étudiera l’œuvre de Fontane, en fera le sujet de sa thèse de doctorat, et ira jusqu’à profiter du procès Barbie pour faire attribuer à « son grand-papa » une légion d’honneur (pour faits de résistance) qu’on n’ira pas jusqu’à lui remettre officiellement – elle devra s’en charger en privé – et qu’elle lui épinglera, à leur première rencontre, au cours d’une promenade en barque autour de l’île Rousseau. Ah, les promenades en barque chez Grass et chez Fontane ! Mais voilà que j’anticipe encore…

Non seulement Fonty ne se doutera de rien mais il n’essayera pas non plus de s’inquiéter de sa belle. Il faut dire que, rentré dans un Berlin dévasté, après des mois passés dans un camp de prisonniers, il y trouvera son premier fils, mis au monde peu avant sa première fille par une fiancée qui l’attendait et qu’il épouse d’autant plus volontiers qu’elle porte le même prénom que la femme de Fontane et qu’elle vit dans l’appartement d’une sienne tante, miraculeusement resté debout. Ils auront d’autres garçons et une fille. Les garçons, en vacances à l’Ouest au moment de l’érection du mur, choisiront d’y rester et deviendront de parfaits étrangers pour leur père. Pire : des étrangers hostiles. Seule la fille lui restera, qu’il identifiera, bien sûr, à celle de Fontane.

Mais Fonty nourrit encore d’autres fantasmes : parce que le vrai Fontane a vécu une partie de sa vie en Angleterre et s’est un peu voulu le Walter Scott allemand, il ne fait pas que se rêver à Londres ou sur les bords de lochs écossais, il essaie vraiment d’y aller, tentative d’évasion à laquelle son « ombre diurne et nocturne » a tôt fait de mettre un terme et qui n’est pas sans rappeler celle, avortée aussi, du jeune Frédéric II.

Mais les parcours parallèles de Théo Wuttke et de Theodor Fontane ne sont que le moyen par lequel Günther Grass a produit son Nième chef d’œuvre. Ce qu’est en réalité Toute une histoire, c’est LE grand livre qui témoigne pour les siècles futurs de ce que furent la chute du mur de Berlin et la réunification subséquente de l’Allemagne. Il témoigne aussi de l’aversion extrême de l’auteur pour une réunification qui ne fut en réalité qu’une brutale annexion ressemblant bien fort à une colonisation intérieure. La violence du lynchage des « puissances conformes » fut à la mesure de la violence de son rejet.

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Treuhand et Paternoster

Le roman de la « réunification » de l’Allemagne est une tragédie en prose. Comme toute tragédie, elle a son chœur grec, à savoir, les narrateurs anonymes …

 

« Nous autres qui, aux Archives, sommes les survivants parmi les esclaves voués aux notes en bas de page. »

 

… qui tiennent un discours tantôt collectif tantôt individuel – au masculin ou au féminin –, annoncent l’action, la racontent ou la commentent, tandis que Wuttke-Fonty, qui a été repêché par les nouveaux maîtres (la Treuhand, société fiduciaire chargée de liquider c’est-à-dire de privatiser pour des clopinettes les biens publics de la RDA), monte et descend les dossiers à détruire ou récupérer, à bord du Paternoster.

 

5. Wheel Fortune aveugle.png

 

Autre invention géniale de Grass, cet ascenseur à la fois vertical et circulaire – monte-charge des Archives secrètes – qui tient ici le rôle de la roue de la fortune chère aux artistes du Moyen Âge et de la Renaissance, où Fonty et « Nous des Archives » voient tour à tour monter et descendre les bottes cirées à s’y mirer du Reichsmarschall Hermann Goering, Walter Ulbricht et sa barbichette, et enfin, après une kyrielle d’apparatchiks, le costume trois-pièces made in London du patron occidental de la Treuhand, tous apparaissant et disparaissant par petits bouts, au fur et à mesure que s’élève ou que redescend le Paternoster.

Soit dit en passant…

 

« … cela [la Treuhand] faisait revenir en grâce un mot qui avait déjà revêtu autrefois une considérable importance – pendant toute la durée du IIIe Reich, qui partout avait mis les biens et la fortune des Juifs d’Allemagne sous Treuhand, sous administration fiduciaire. »

 

Raccourci saisissant, dit Goytisolo, qui ajoute : « En même temps, il se voyait lui-même atteindre sa cabine ascendante à différentes époques. Il comprenait la mécanique du changement sous la forme d’un ascenseur inlassable toujours prêt à offrir ses services. Tant de grandeur. Tant de descentes. Tant de fins et de commencements. »

Ce « désenchantement lucide » pousse Fonty à exprimer une vue des choses qui semble de plus en plus être celle de son auteur :

 

« Sept mille privatisations programmées et deux millions et demi de postes de travail menacés […]  Ne peut-on pas comparer ce qui se passe aujourd’hui à la terreur, à la guillotine et au vertueux Comité de salut public ? Des millions de travailleurs et d’employés sont soumis à un processus de décapitation en vertu de quoi on ne coupe plus leur tête aux individus, mais leurs ressources, en supprimant leur poste de travail sans lequel ils sont sans tête, du moins dans ce pays. »

 

On lui pardonnera cette phrase et ce Comité de salut public guillotinant les pauvres comme un vulgaire sommet de Davos, tant il est vrai que nul n’est absolument indemne d’idées reçues, puisque même Kropotkine…

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Pourquoi la mariée pleura

Un des moments forts du livre, qui en compte beaucoup, est le mariage de Martha, la fille de Fonty, que son père appelle « Mete », dans le quartier berlinois de Prenzlauer Berg, peu de temps après l’union monétaire, où toute la parenté de l’Est et de l’Ouest est rassemblée. C’est un chapitre d’anthologie.

Cette jeune femme de 38 ans, enseignante à poigne, ex-membre du Parti, a fini par se trouver un mari quand personne n’y  croyait plus. Le marié est un homme d’affaires dans la cinquantaine, grand repreneur et promoteur immobilier sous le soleil capitaliste.

Les fils éloignés n’ont pas trouvé d’excuse pour s’abstenir (plus de mur !). Friedel, qui a participé au mouvement estudiantin de 1968, brandi le petit livre rouge de Mao et distribué des posters de Che Guevara avant de se faire une situation comme chef d’une maison d’éditions théologiques, fustige avec énergie « ces criminels » de l’Est qui ont « foutu la jeunesse en l’air », et la responsabilité que portent  (suivez mon regard)  les écrivains et les intellectuels de la RDA qui ont servi « l’État (stalinien !) de non-droit ». Il s’avèrera par la suite que la seule préoccupation de Friedel, comme il est de règle chez les prédateurs de l’Ouest, est de faire du fric, dans son cas, d’imposer la revendication de sa maison d’édition à la propriété du terrain de l’ancienne maison mère de Magdebourg, c’est-à-dire de renouer avec l’état des choses au temps du IIIe Reich.

La noce est réunie dans un restaurant appelé Les Salons  Offenbach, où les murs sont ornés de photos dédicacées de chanteurs connus (d’Allemagne de l’Est) et où les plats portent des noms d’opérettes célèbres  (magrets de canard « Belle Hélène »,  filets « Barbe-Bleue », glaces « Vie parisienne », etc.)

Martha-Mete, quoiqu’élevée dans le matérialisme historique, a exigé de se marier à l’église après s’être convertie au catholicisme, ce dont seuls son père et sa mère ne se sont pas formalisés.

Et voilà que le père Bruno Matull, qui l’a préparée à sa conversion et vient de bénir son mariage, se lève et se lance dans ce qu’il faut bien appeler une confession publique d’un genre qu’on n’a plus vu depuis les débuts du christianisme. Il est malheureux et bourrelé de scrupules, car il n’est même plus sûr de sa propre foi et se demande s’il avait bien le droit d’embarquer une femme sans méfiance sur un terrain qui se dérobe de plus en plus sous ses propres pieds. Il est parti pour des heures et ses voisins de table qui, il faut bien le dire, n’en ont vraiment rien à cirer, forcent physiquement le rabat-joie à s’arrêter : « Maintenant, asseyez-vous monsieur le curé ! » Oui, oui, bien sûr, on a compris, tiens, buvez donc un coup.

Mais voilà que la mariée fond en larmes. Ce n’est pourtant pas son genre. Et, non, elle n’est pas triste, non, elle ne sanglote pas. Ses larmes coulent juste, silencieusement, comme une rivière en dégel, et elle dit :

 

« Écoutez, vous tous, et toi aussi Friedel. Et ne vous faites surtout pas de souci, je pleure de bonheur. C’est ça que je voulais entendre, et pas un pieux ronron. Ah, comme je suis heureuse que ce soit sorti, au lieu de formules toutes faites. Je vous remercie, père Matull. Je me doutais bien d’avance, en principe, que ça ne se passerait pas tout seul, de sortir du Parti pour entrer dans l’Église. J’ai été assez longtemps convaincue dur comme fer pour ne pas me faire d’illusion là-dessus. Heinz-Martin le sait, que je croyais que notre république était la meilleure des deux. Même nos objectifs révolutionnaires, j’y ai cru assez longtemps… Plate-forme idéologique, discipline… Esprit de parti, évidemment nécessaire… Tu peux me croire, Friedel, il n’était pas question de douter. C’est pour ça que j’ai dit dès le début à Heinz-Martin, dès que c’est devenu sérieux entre nous, quand nous nous sommes revus en Bulgarie, ou ailleurs à l’hôtel : si effectivement je me convertis, ce ne sera pas parce que ta famille y tient absolument, ce sera uniquement parce qu’il faut que j’apprenne enfin à douter de façon positive. Car l’autre truc, hein, cette fichue foi jusqu’au boutiste qui nous a foutus en l’air, jusqu’au moment où notre république n’a plus rien été qu’une garderie, je la connais. Cette sorte de foi, on me l’a inculquée, je la connais par cœur, inutile d’en rajouter. Exactement ! Je la sais comme la table de multiplication que j’apprenais aux gosses année après année. Mais en matière de doute, j’ai besoin de leçons particulières, en principe ; j’ai beaucoup à rattraper, encore aujourd’hui. Et c’est peut-être pour ça que je suis si heureuse maintenant. Car jamais je n’avais entendu dire les choses aussi clairement que monsieur le curé tout à l’heure, même pas quand il m’apprenait le catéchisme. “Dieu n’existe que dans le doute !” Je vous le dis, tous : si nous avions permis à temps quelque chose comme ça à notre socialisme, hein, une bonne dose de doute, eh bien peut-être qu’il en serait tout de même sorti quelque chose. Tu ne penses pas, Friedel ? Toi qui d’habitude es si friand de vérité. Tu ne penses pas, Papa ? Il a bien dit cela, monsieur le curé. Tous tes pasteurs, Niemeyer, le pasteur Petersen et le surintendant Schwarzkoppen, ou encore le pasteur Lorenzen, prétendu socialiste [personnages de Fontane, nda], ils n’auraient pas fait mieux, ils n’auraient su mieux dire. Exactement ! Même Schleppergrell, dans Irréparable encore, et pourtant c’est quelqu’un ! Non ? » (pp. 249-251)

[Évidemment le père Matull n’a pas dû lui parler des dogmes… du « Fils vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père », du « Saint-Esprit consubstantiel aussi », de « Marie Mère de Dieu », de la « Transsubstantiation », de l’« Immaculée Conception de Marie », de son « Assomption » et de l’« Infaillibilité des papes », (je dois en oublier…).]

 

Il y a là trois pages sur le doute, qui font passer Günter Grass du statut de romancier à celui de philosophe, dans un pays qui en est pourtant déjà riche.

Avant lui, Friedrich Nietsche n’avait-il pas dit : « L’ennemi de la vérité, ce n’est pas le mensonge, ce sont les convictions » ?

 

2. stack-of-books xxx.GIF

.

Bouvard et Pécuchet ?

Grass affirme avoir voulu donner, avec ce livre, une relecture de Bouvard et Pécuchet. Mais on se tromperait je crois très fort en prenant Fonty et son ombre pour une réédition du célèbre duo. C’est bien plutôt dans les deux Allemagnes, ou plus justement encore dans l’Allemagne et la France qu’il faut voir la réincarnation parfaite des deux niquedouilles de Flaubert, elles qui se sont lancées, depuis deux siècles, dans une entreprise catastrophique après l’autre, sans se fatiguer jamais de recommencer à foncer dans les murs. Que ce soit la République fédérale s’engouffrant dans le libéralisme autoritaire à l’exemple de l’oligarchie US ou la République démocratique s’alignant comme un seul homme derrière le collectivisme à poigne du grand voisin soviétique, lequel d’ailleurs s’était lui-même planté en préférant les fantasmes de Babeuf à l’exemple de Robespierre, plus ingrat il est vrai quand on préfère les raccourcis… Mais les deux pays, intérieurement unis ou désunis comme la France du temps de guerre ou l’Allemagne du temps de « paix »…

 

« Mais les Allemands – dès que quoi que ce soit commence – se divisent toujours en deux parties » [Et les Français, alors !!!]

 

…n’ont rien fait depuis deux siècles que se prendre des gamelles pour aussitôt se lancer dans une « expérience scientifique » nouvelle. Ne comptons, pour ne pas remonter trop loin, que la coalition germanique contre la Première République, que les deux odyssées napoléoniennes, que l’écrasement sans vergogne de la Commune, que l’unification de 71 sous le signe du militarisme luthérien le plus robotique, que les colonisations en cascades de la IIIe République, que le Front Populaire préférant les congés payés à l’Espagne, que l’illusion du Reich millénaire, etc, etc, jusqu’aux actuelles fredaines otanesques conjointes !

C’est l’honneur de Grass d’avoir mis les pieds dans le plat en retournant deux siècles d’histoire officielle pour plaquer sans pitié leur vrai portrait sous les yeux de ses compatriotes. On comprend qu’ils lui en aient voulu et pas seulement les maîtres du jour !

Goytisolo a cent fois raison de dire que « Décliner son appartenance sur le mode du refus est une entreprise périlleuse et ingrate. Mais l’art ne peut surgir que du refus et de la révolte contre l’histoire officielle, ses institutions et ses mythes protecteurs. »

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Ah, la France…

Comme Andreï Makine et pas mal d’autres, Günter Grass a eu de la France une vision idyllique.

C’est que, tout comme l’Allemagne n’en finit pas d’être vouée aux Gémonies pour ses douze ans de nazisme, la France n’en finit pas d’être idéalisée pour ses cinq ans de révolution, qu’elle n’a pourtant eu de cesse, depuis deux cents ans, de renier de toutes les façons.

À l’exemple de Marat, qui couvrait de louanges les hommes publics, pour ne réclamer – opiniâtrement – leur tête que lorsqu’ils s’avéraient irrécupérables, il est peut-être bon que Makine et Grass fassent l’éloge d’une France qui n’existe plus, dans l’espoir insensé – mais qui sait ? – qu’elle se relèvera, comme le mendiant auquel Baudelaire préconisait de donner des coups de pieds pour qu’il ait enfin la dignité d’agresser les passants repus au lieu de les implorer.

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Moralité ?

On sait que, déjà dans Rencontre en Westphalie, Grass avait défendu – et fait reconnaître par les personnages concernés – deux points de vue qui semblent avoir été chez lui des convictions :

– Les intellectuels sont tous vendus de manière ou d’autre, sinon ils n’existeraient pas.

– Quoi qu’ils en disent et quoi qu’on en pense, ils ne pèsent jamais sur les événements de leur temps.

Il arrive, cependant, que certains d’entre eux engendrent des oeuvres d’art capables de traverser ces événements et quelquefois de leur survivre, voire de les transcender.

Quoi qu’il en soit, Grass récidive dans Toute une histoire. Ses deux héros, Fontane et Fonty, font eux aussi ces mêmes constatations, quoique non sans amertume.

On peut cependant dire qu’il n’a pas toujours pensé de même, sinon, que signifierait son long parcours politique en compagnie de Willy Brandt, et même, son soutien, encore, en 2003, à propos de la guerre d’Irak, à Gerhard Schröder, qu’il a vraiment cru opposé par principe à toute guerre allemande ? (« Bouleversés, impuissants mais pleins de colère nous sommes témoins du déclin moral de la seule puissance mondiale dominante, conscients que la folie organisée aura une conséquence certaine : l’encouragement de la croissance du terrorisme, d’une nouvelle violence et contre-violence ».  Pas mal vu, il y a quatorze ans.)

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Faut-il y voir l’influence de Fontane ?

On sait que Fontane, qui était, je l’ai dit, un peu monté sur les barricades de 1848, comme Baudelaire le ferait en France sur celles de 1871, s’était presque aussitôt renié en entrant au service de la presse conservatrice (« Aujourd’hui, je me suis vendu à la réaction pour trente deniers mensuels […] Il est décidément impossible de s’en tirer en restant honnête. »). Et Grass lui-même n’a-t-il pas accepté son prix Nobel ?

Mais il y a plus gros à parier que ces constatations désenchantées n’ont pour origine que le retour d’une partie au moins de l’Allemagne à ses vieux démons, quelles qu’aient pu être les expériences passées et les efforts, justement, des intellectuels, dont il fut avec Arno Schmidt, Heinrich Böll, Anna Seghers, Uwe Johnson et Christa Wolf.

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Theodor Fontane

 

6. Fontane.jpeg

 

Il n’est pas sans intérêt de savoir que Toute une histoire est dédié par Günter Grass à son épouse Ute, « qui a une passion pour F. » et que par ailleurs :

 

« Pour ma part, tout au moins, qu’il me soit permis d’avouer qu’aucun écrivain du passé ou du présent n’éveille en moi ce ravissement immédiat et instinctif, cet amusement spontané, cet intérêt chaleureux, cette satisfaction que j’éprouve à chaque vers, à chaque ligne de ses lettres, à chaque bribe de ses dialogues. »

Thomas Mann, « Le vieux Fontane », in Dictionnaire des œuvres

 

Mais qui était au juste Fontane ?

Un descendant, on l'a vu, d’émigrés huguenots du Languedoc nommés Fontaine. Fils de pharmacien. Pharmacien lui-même à Neuruppin pendant 13 ans, mais sans goût pour la pharmacie. Décidé un beau jour à tout plaquer pour vivre de sa plume, chose plus facile à décider qu’à faire. D’abord poète, membre d’une association d’hommes de lettres appelée le Tunnel sur la Spree, attiré par les idées nouvelles et les mouvements sociaux jusqu’à l’épisode de 1848 (les Lumières et la Révolution française n’étaient pas loin), puis critique, surtout théatral – il occupera, pour le Vossische Zeitung, pendant des décennies, le fauteuil 23 du Théâtre Royal. Il se rendra surtout célèbre par ses Wanderungen durch die Mark Brandenburg (« Promenades dans la Marche de Brandebourg » 1862-1882) et n’entamera son œuvre romanesque qu’arrivé à l’âge de 60 ans.

« Romancier peu lu », dit Grass, et difficilement classable. Bien qu’elle soit morte avant sa naissance, mais sans doute parce que leurs romans se passent dans la bonne société et qu’il y est beaucoup question des relations entre hommes et femmes, on l’a comparé à Jane Austen. On ne peut pas rêver pire hérésie. Si Fontane romancier s’apparente à quelqu’un, c’est plutôt à Marcel Proust, dont toute l’œuvre se déroule également dans une société privilégiée, et qui, lui aussi, la dépasse, en plongeant si profondément dans le comportement humain qu’il en devient universel. Cependant, quand la muse de Fontane quitte l’aristocratie prussienne pour s’aventurer dans la bourgeoisie marchande (Frau Jenny Treibel), on pense à Balzac. Et enfin, ce n’est pas sans raison que son chef d’œuvre, Effi Briest, a été comparé à Madame Bovary. Tout cela est assez loin, on le voit de la spécialiste anglaise des jeunes filles à marier et co-fondatrice de la « Ligue anti-jacobine et contre les partageux » qui applaudit à la persécution et à la déportation des romanciers jacobins anglais, ses confrères, et à la destruction de leurs œuvres, car il n’y a pas qu’Hitler qui ait fait détruire des livres.

Enfin, le fait qu’il ait entamé son œuvre romanesque à soixante ans apparente Fontane – et pas seulement sous ce rapport – à John Cowper Powys, lequel en eût été – en a peut-être été – ravi. D’autant que Fontane nourrissait la plus vive admiration pour Walter Scott et qu’on lui doit un long poème sur l’histoire de l’Écosse : Archibald Douglas, dont pas moins de trois versions circulent sur le net, enregistrées par trois acteurs différents.

À bien y regarder, le fond de l’œuvre de Fontane romancier est la nature humaine aux prises avec la société, se débattant pour échapper à son oppression, seulement pour découvrir en fin de compte qu’il est impossible d’exister en dehors d’elle.

En Allemagne, il est « l’Immortel ».

Bien que ses personnages et, semble-t-il, lui-même, n’aient pas été exempts des travers antisémites chers à la Prusse pure et dure, on a découvert après sa mort qu’il avait entretenu, pendant des décennies, avec l’intellectuel juif Georg Friedlaender, une abondante correspondance, dans laquelle il s’épanche à cœur ouvert et défend des opinions que le reste de son œuvre ne laissait pas soupçonner. Comme, par exemple, cette foi aveugle dans « le quatrième état » dont il ne doutait pas qu’il allait enfin, lui, changer les choses.

 

7. Statue Foontane 000.jpg

Statue de Fontane à Neuruppin

 

Dans Toute une histoire, Grass brode une très belle variation sur ce thème, en faisant correspondre Wuttke-Fonty avec un certain Freundlich, juif né au Mexique de parents communistes réfugiés et devenu, après la guerre, dans la RDA berceau de sa famille, un juriste de réputation internationale qu’on venait consulter de l’étranger, et qui se voit en butte, du fait de la réunification, à de nouvelles brimades et humiliations, non plus en tant que juif cette fois, mais en tant que citoyen de la République des Ouvriers et des Paysans, car il faut que tout ce qui ait été de l’Est soit décrété nul. Expérience et titres, désormais, ne servent plus à rien : il lui faut repasser des examens comme s’il était encore un jeune blanc-bec étudiant, subir des interrogatoires, passer des tests qui seront négatifs il le sait :

 

« Évalués pour être dévalués ! Il s’agit qu’il n’y ait plus de traces, que tout n’ait servi à rien ! Tout n’est plus bon que pour la ferraille, comme si on n’avait rien enseigné ni rien vécu. Comme ces petites miettes qui restent sur le papier quand on a passé la gomme ! » (p. 293)

 

Il a deux filles, jeunes, belles et brillantes, à qui tout le monde, y compris lui-même, conseille d’émigrer… au Canada par exemple. Mais c’est en Israël qu’elles veulent aller. Il sait que c’est une erreur, pire, une faute qui ne peut que finir très mal, mais il sait aussi que, quoi qu’il fasse, il ne les convaincra pas. Ce que sait la vieillesse ne sert pas à la jeunesse.

Il finira par se suicider. Fonty, en rentrant chez lui, trouvera sur la table de la cuisine un télégramme : « Quand la vie se tait, le désir aussi… », et il comprendra tout de suite.

 

 « Ce n’est pas que pour les juifs qu’il n’y a plus de place ici » mais il dit : « Hé bien, le monde est vaste ! »

[…] « La victoire sur le communisme a rendu  fou la capitalisme. C’est pourquoi je voulais instamment conseiller à Eckhard Freundlich, peu avant qu’il ne s’ordonne de quitter la vie, de prendre la tangente comme moi : “On ne peut plus rester en Allemagne”. » (pp. 549 et 561).

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

La philosophie d’Emmi Wuttke

Un des plus beaux personnages de femmes de Grass, toutes œuvres confondues, est celui d’Emmi Wuttke, la femme de Fonty.

Des lecteurs superficiels ou pressés pourraient la prendre pour une grosse berlinoise plutôt accommodante mais sans grand caractère. À mon avis, ils auraient tort. Car ce qui caractérise Emmi Wuttke, c’est qu’elle est un être essentiellement bon, sans la moindre mièvrerie ni le plus léger sentimentalisme. Elle est bonne par nature et même sans le savoir, comme le sont par exemple, chez Fontane, le pharmacien Gieshüber et la servante Roswitha d’Effi Briest.

Emmi Wuttke se plaint tout le temps de choses variées et de maux divers, n’ignorant pas que ses plaintes n’intéressent personne mais sachant d’instinct qu’elles enveloppent les autres d’une chaleur dont ils ont besoin. Elle est sans malice et son intégrité désarme jusqu’aux calculs les plus retors du maître manipulateur Hoftaller. Ainsi, lorsqu’il veut faire chanter sa « cible » en le menaçant de révéler à l’épouse l’existence de la petite-fille de la main gauche née en France dont l’arrivée est imminente, il s’aperçoit qu’Emmi a tout deviné…

 

« En tout cas mon Wuttke sautillait dans la cuisine en criant : “J’aurais bien envie de faire une promenade en barque ! Tu n’as pas envie Emilie ?” […] Et comme il n’arrêtait pas d’en parler, j’ai fini par faire le rapprochement. Parce que dans les lettres qu’il m’envoyait de France par la poste aux armées, à la fin, il était aussi toujours question de promenades en barque, et comme c’était bien le canotage, et même un poème… Je me suis dit, tiens, tiens, c’est louche, il y a anguille sous roche. »

 

… selon elle, ce sont des choses qui arrivent dans les guerres – et non seulement elle a deviné, mais elle ne nourrit aucune jalousie rétrospective à l’égard de sa défunte rivale et Madeleine, l’étudiante française si différente de sa propre fille, devient dans l‘instant pour elle « notre Marlène ».

Femme peu intellectuelle, on ne peut pas dire qu’elle soit ou se croie philosophe, mais « prendre ce qui vient et faire pour le mieux » pourrait résumer son comportement tout le long de sa vie. Qui osera dire que ce n’est pas une philosophie et qu’elle n’est pas défendable ? Qui osera dire que ce n’est pas celle qu’a fini par adopter Günter Grass à la fin de son parcours ?

Côté personnage féminin, Madeleine n’est pas mal non plus. Les choix qu’elle a faits prouvent un certain caractère et une bonne dose d’intégrité. Elle a abordé très tôt le problème grand-paternel en s’adressant aux Archives du temps de la République des Ouvriers et des Paysans, pour obtenir d’abord des précisions sur Fontane au prétexte de sa thèse, ensuite sur son spécialiste. Le problème de l’attribution de la légion d’honneur est d’abord débattu en secret – entendez, à la Stasi – jusqu’à ce que la chute du mur finisse par simplifier les choses.

À part cela, elle est un peu trotskiste – personne n’est parfait, surtout à 26 ans – et en train de mettre fin à une relation difficile avec un professeur marié. Si elle est, à propos de l’Immortel, sur la même longueur d’ondes que son grand-père, elle ne comprend pas ses réticences devant la réunification en cours. C’est que « Une et Indivisible » ne sont pas de vains mots pour elle.

Bref, Madeleine est autant qu’on peut l’être l’incarnation de cet « esprit français » si cher à Makine qu’Emmi Wuttke personnifie ce que l’Allemagne a de mieux. Ensemble, ces deux femmes, qui forcent indirectement l’espion bicentenaire à émigrer, représentent ce à quoi aspirait Günter Grass : une union paisible de son pays avec la France plutôt qu’une réunion des deux Allemagnes dans des conditions aussi désastreuses.

Il a pu croire son rêve réalisable lorsque, en 2003, Gerhard Schröder a paru devoir poursuivre avec Dominique de Villepin (et Vladimir Poutine au nom de la Russie) , une politique commune contre la guerre d’Irak. Ses espoirs ont été déçus. Les nôtres aussi. Nous nous sommes tous retrouvés avec des Merkel, des Sarkozy, des Hollande (je vous passe les Belges) et une multiplication de guerres d'agression toutes plus honteuses les unes que les autres.

Imaginez un moment M. Oberlin président de la République et Mme Wagenknecht chancelière… quelles grandes choses ne pourraient envisager les deux pays… quel courage cela n’insufflerait-il pas au quatrième état perdu dans les sables boueux du populisme ou de l’à quoi bonisme ?

Mais pourquoi désespérer ?

« Bon espoir y gist on fond » estimait Rabelais, « comme en la bouteille de Pandora ».

Essayons de le croire. Et vive la méthode Coué !

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Du coq à l’âne, vraiment ?

Dans une merveille de petite nouvelle en quatre chapitres intitulée « Les chaussures neuves » Andrea Camilleri vient de réussir, par le moyen d’une famille de paysans siciliens laborieux et honnêtes, donc pauvres, à nous balancer sous le nez le fascisme, le nazisme, les exploits bombardiers collatéraux des Alliés occidentaux dans les pays « libérés », la deuxième Bérézina et les profondes balafres laissées par les guerres dans la chair du quatrième État. Il y prouve en outre, sans se forcer, que si ‘Ngilino Sgargiato et Emmi Wuttke ne sont pas du même sang, ils sont de même étoffe.

NB. Camilleri, qui est de la génération de Günter Grass, fait partie, avec Fontane et Powys, mais aussi Saramago, du cercle très fermé des écrivains qui ont entamé leur oeuvre romanesque à l'âge de la retraite.

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

La philosophie politique de Grass

On pourrait croire d’abord qu’elle s’identifie à celle de Fontane (« Je sens grandir cette question : À quoi bon ? ») mais la patrie de l’auteur d’aujourd’hui n’est plus, en tout, celle de l’auteur d’hier. Celle de l’auteur d’aujourd’hui, avec ou sans la France, va se trouver, qu’elle le veuille ou non, prise dans les métamorphoses que se prépare à subir tout le continent.

Or, pour Fonty, le sort de Berlin est scellé, elle sera au tiers turque, au tiers juive et au tiers musulmane. Il ne le déplore ni ne s’en réjouit. Il constate. Il y a peu de chances pour que le sort de l’Europe – de l’Atlantique à l’Oural – soit très différent.

Il est de plus en plus courant ces temps-ci de parler de « fin de l’Occident » – dieu me tripote, je l’ai fait moi-même – et, d’en faire un paquet-cadeau avec le « naufrage de l’Europe ». Laissons de côté le déclin de l’Occident, trop vaste sujet. Mais je me demande si des tas de bonnes âmes ne confondraient pas, exprès ou non, l’Europe avec l’Union européenne.

Grass ne peut pas avoir ignoré comment s’est faite l’Europe et combien de fois elle a changé de nature, de forme et de visage. J‘ai parlé, au début de ce papier de « transformation terrible de leur patrie », de « fin inéluctable du monde qui leur est connu » et d’ « avènement inimaginable d’un autre ».  Que la fin de notre monde soit inéluctable, seuls les inconscients peuvent encore l’ignorer ou s’obstiner à le refuser. Quant à imaginer ce qui le remplacera, qui le pourrait ? Grass ne le pouvait pas plus en 1995 que nous ne le pouvons aujourd’hui. Quel comportement adopter, face à une pareille inconnue ? Pourquoi pas celui d’Emmi Wuttke «  Prendre ce qui vient et faire pour le mieux » ?

Lors d’une de ses nombreuses promenades au Tiergarten, qui l’amènent le plus souvent à s’asseoir sur un banc abrité d’un sureau, face à l’île Rousseau, ainsi nommée en l’honneur de « cet acharné pédagogue et homme des lumières », Fonty médite là-dessus…

 

7 bis Rousseau Insel Tiergarten Berlin.jpg

L’île Rousseau – Tiergarten, Berlin

 

«  … alentour, tout n’était que verdoiement de mai, des millions de bourgeons s’ouvraient à vue d’œil, et les chants d’oiseaux formaient un mélange si riche que même le merle avait du mal à faire entendre ses strophes. Derrière son dos, le sureau commençait à s’épanouir en éventails. Et comme autour de l’île Rousseau, l’eau était tellement pleine d’une vie stimulante, Fonty se vit tenté de vivre à nouveau le rêve de Lenné en épisodes à suivre, comme si rien ne s’était passé, comme s’il n’y avait eu ni la guerre ni la dévastation, comme si ce parc avec tous ses paysages allait perdurer dans l’intacte beauté qui avait toujours été son régal et son refuge ; mais voici que d’un coup tout lui parut étranger : surgies d’un autre monde, deux enfants, deux petites Turques aux foulards strictement noués, étaient debout devant lui et son banc du Tiergarten, sur lequel il se croyait assis depuis ses premières années de pharmacie.

Les deux petites filles avaient des regards graves. Elles pouvaient avoir dix ans, ou peut-être déjà douze. Même taille et même sérieux, car elles le regardaient sans faire mine d’accepter son sourire. Comme elles ne disaient rien, il ne voulut pas davantage se risquer à prononcer un mot. Rien que des chants d’oiseaux et des appels lointains qui résonnaient sur l’eau. Très loin, la rumeur de la ville. Le face-à-face dura longtemps, entre Fonty et les petites Turques. Leurs foulards encadraient de sombre leurs visages ovales. Quatre yeux restaient fixés sur lui, cillaient lentement. Même le merle finit par se taire. Fonty s’apprêtait à faire une phrase gentiment interrogative, afin de rompre le silence, quand l’une des filles dit, dans un allemand à peine teinté de dialecte berlinois : « Pourriez-vous, je vous prie, nous dire l’heure qu’il est ? »

Tout fut aussitôt moins étrange. Fonty fouilla sous son manteau et tira sa montre de gousset, dont il fit sauter le couvercle d’or ; sans avoir besoin de recourir aux lunettes, il lut l’heure qu’il était et il la dit aux filles, qui remercièrent en esquissant la petite révérence d’usage en Allemagne, puis se retournèrent et s’éloignèrent, ou plutôt, après quelques pas, s’enfuirent comme pour mettre vite en sécurité cette heure qu’on venait de leur donner. (pp. 103-104)

 

Si profondes que soient les transformations qui l’attendent, un continent qui accouche d’un Günter Grass n’est pas un continent fini.

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Deux extraits

L’un tout au début, l’autre tout à la fin du livre

 

1989. Le mur vient de tomber. Wuttke-Fonty accepte que son ombre-diurne-et-nocturne l’invite au restaurant – à Berlin Ouest ! – pour fêter son 70e anniversaire.

    C’est donc ce qu’entendait Fonty par « du genre écossais ». Le McDonald’s était plein comme à l’habitude. Un peu en biais par rapport au long comptoir et aux six caisses, ils trouvèrent cependant une table pour deux d’où l’on pouvait encore apercevoir les autres salles. Ils occupèrent leurs chaises avec leurs chapeaux, Fonty y ajoutant sa canne. Hoftaller ne se séparait jamais de sa serviette.

    Ils firent la queue à la caisse cinq et durent se décider rapidement, car le regard interrogateur de la caissière qui, comme tout le personnel, portait casquette verte, cravate verte et chemise vert clair, et qui, d’après le badge accroché au-dessus de son cœur, se nommait Sarah Picht, exigeait qu’on commandât, et immédiatement.

    Après un coup d’œil sur ce qui était fort lisiblement offert avec indication des prix, Fonty estima trop coûteux le Super Royal TS à 5,95 marks Ouest et fit choix d’un chesseburger et d’une portion de chicken McNuggets. Hoftaller hésita entre le Evergreen Menu – Hamburger royal TS, portion moyenne de frites, boisson moyenne sans alcool, tout ça pour 7,75 marks seulement – et juste un McRib, mais préféra finalement le hamburger à deux étages appelé BigMac, avec un milk- shake goût fraise ; Fonty prit un gobelet de Coca-Cola. Il choisissait avec l’assurance qu’aurait eue un vieil habitué du McDonald’s. Il conseilla à Hoftlaller, qui après tout payait pour eux deux, un supplément : des frites à la sauce moutarde. Lorsqu’on poussa vers chacun son plateau sur le comptoir, Fonty eut droit à deux sortes de sauce – dont l’une s’appelait barbecue – pour aller avec le chicken McNuggets. Sarah Picht sourit aux clients suivants.

    Puis ils s’assirent, et chacun mastiqua pour lui-même. Si l’un se débattait avec son BigMac, l’autre trempait avec aisance son chicken McNuggets tantôt dans une sauce, tantôt dans l’autre. Les frites se répartirent entre les deux. Ils mangeaient sans un mot et, quoique assis face à face, sans se regarder. Le Coca et le milk-shake diminuèrent. Les pailles n’étaient naturellement pas en paille, mais la viande promettait d’être à cent pour cent du bœuf, et les McNuggets panés du poulet. Ne sachant que faire de leurs chapeaux, ils les avaient sur la tête l’un comme l’autre. La canne de Fonty était accrochée au dossier de sa chaise. Ils s’écoutaient manger et écoutaient les autres manger.

    La clientèle qui emportait ses commandes, un grand nombre de jeunes, et aussi des trafiquants de devises, voilà ce qui mettait de l’animation ; mais nos deux hommes n’étaient pas les seuls représentants du troisième âge ou des « seniors »e, comme on disait à l’Ouest. On voyait debout ça et là des hommes et des femmes passablement fatigués, appartenant à l’univers de la gare, et qui venaient se chauffer chez McDonald’s ; et parfois, ils avaient même de quoi se payer une portion de frites. Une telle affluence aurait dû être bruyante, néanmoins toutes les salles n’étaient pleines que d’une rumeur assourdie.

    Fonty n’attendit pas d’avoir terminé son cheeseburger et ses chicken McNuggets. Entre deux coups de dents, il commentait les lieux tout en mâchant : les lampes en laiton au-dessus du comptoir, la hotte des cuisines rapides dont des panneaux vantaient les offres : un fish mac, 3,30 marks. Et il signalait la présence universelle, jusque sur la casquette verte de la caissière Sarah Picht, de l’emblème doublement ventru de la firme, et bientôt se laissait, par ce nom occidental en train de conquérir le monde et devenu symbole de salut, emporter bien loin dans l’espace et dans le temps.

    Lesté par le fardeau de temps qui lui pendait au cou, Fonty remonta d’abord aux MacDonald historiques et à leurs ennemis mortels, les Campbell. Il raconta, comme s’il y avait été, cette matinée glaciale de février 1692 où une bonne centaine de porteurs du kilt Campbell étaient tombés sur les MacDonald encore mal réveillés et avaient presque exterminé ce clan. Et du massacre de Glencoe il passa aux actuels empires économiques de ces deux grandes familles écossaises dont les noms s’inscrivaient sur la terre entière : « Vous ne voudrez pas le croire, Hoftaller, mais aujourd’hui il y a de par le monde à peu près treize millions de Campbell, et tout de même trois bons millions de MacDonald. Vous n’en revenez pas, même vous… »

    Et le voilà parti, en commençant par le fief d’origine de la société de fast food, le château d’Armedale. S’aventurant dans les landes écossaises au-delà de la Tweed. Assistant aux rendez-vous des sorcières dans le brouillard. Sur les traces de Marie Stuart, il proposait des excursions d’un château fort en ruine à un autre. Il pouvait désigner chaque clan par son nom et décrire chaque tartan jusque dans ses moindres nuances de couleurs. Aussi, une fois les dernières bribes de poulet nettoyées et rincées d’un fond de Coca, franchit-il la lande fouettée par les vents, longea de profonds lacs bleu nuit et se lança dans les strophes en cascades de ces interminables ballades que l’Immortel avait lues à ses frères du Tunnel sur la Spree, ses lieutenants et assesseurs en poésie : des vers que Fonty dénommait « mes ballades un tantinet poussiéreuses » et que parfois il évoquait en disant « nos ballades » comme si c’étaient des œuvres collectives.

    À la lutte meurtrière des MacDonald et des Campbell succéda sans transition la longue querelle entre les frères Douglas et le roi Jacques. Comme cherchant son élan, Fonty cita d’abord les chants des jacobites – « Les Duncan arrivent, les Donald arrivent… » – puis fit une incursion dans le cycle de romances tournant autour de Marie Stuart – « Le château d’Holyrood est silencieux et vide/Seul le vent de la nuit siffle entre ses murailles… » –, se retrouva soudain près des savetiers de Selkirk, et puis encore à Melrose Abbey pour convoquer une fois encore les Pherson, Kenzie, Lean et Menzie des chants des jacobites – « Et Jack et Tom et Bobby arrivent. Ils ont pris la fleur bleue… » Mais ensuite, lorsque la belle fille d’Inverness l’eut entraîné dans la sanglante lande de Drummossie et que le comte Bothwell eut abattu le roi, Fonty se dressa soudain comme à l’appel. Droit comme un i, il ôta son chapeau et le tint de côté, écarta de la main gauche les boîtes, les coupelles de sauce et le gobelet de carton avec sa paille, prit sa respiration et, d’une voix claire qui, en dépit de quelques tremblements, couvrait tout autre bruit, récita son Archibald Douglas. Les strophes se suivirent, les rimes s’enchaînèrent. Depuis l’attaque célèbre – « Je l’ai souffert sept ans, je ne le souffre plus… » – en passant par la prière du vieux comte – « Sire Jacques, un regard de clémence… » – « Un Douglas devant moi serait homme perdu… » – jusqu’à la perspective finale d’apaisement qui touche toujours le cœur même si elle falsifie l’histoire – « À cheval, partons pour Linlithgow, chevauche à mon côté ! Et nous y chasserons et pêcherons aussi joyeusement qu’au bon vieux temps… », il dit toute cette ballade qui figure dans chaque manuel scolaire ou presque : vingt-trois strophes sans se tromper une fois, sans trébucher et en mettant le ton. Même au moment le plus dramatique – « Dégaine donc et ne me rate pas, fais-moi mourir ici… » – il sut donner tout son effet poignant. Et pourtant ce n’était pas un comédien qui déclamait, non, c’était l’Immortel qui parlait.

    Rien d’étonnant à ce qu’on eût fait silence à toutes les tables. Personne n’osait mordre dans son cheeseburger ou son MigMac. Fonty fut ovationné. Jeunes et vieux applaudirent à tout rompre. De derrière le comptoir, la caissière Sarah Picht lança : « Super ! C’était super ! »

    Son numéro avait tellement enthousiasmé que deux filles plutôt tape-à-l’œil assises non loin de là s’élancèrent vers lui d’un pas sautillant, le serrèrent dans leurs bras et le couvrirent de baisers, comme en transe. Et un crâne rasé gonflé de bière et péniblement sanglé dans beaucoup de cuir à rivets, lui flanqua un grand coup sur l’épaule : « Ça décoiffait, p’tit père ! »

    Personnel et habitués n’en revenaient pas : on n’avait jamais vu ça chez McDonald’s. (pp. 29-32)

 

Theodor Fontane

Ballade d’Archibald Douglas

par Fritz Stavenhagen

(en allemand non sous-titré)

 


 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

Chose que la plupart d’entre nous ignorent parce que nous ne sommes pas curieux de l’histoire des autres : la jeunesse de Frédéric le Grand a été marquée par une tragédie. Le gros roi-sergent son père, homme de casernes, méprisait le goût de son héritier pour les livres, le latin, la flûte et les autres hommes. Il faisait peser sur lui une main de fer si insupportable qu’un jour le Kronprinz résolut de s’enfuir… chez son oncle George, à la cour d’Angleterre. Crime de haute-trahison, qu’on le prenne comme on voudra. Le projet fut éventé, l’héritier jeté dans une forteresse et son complice, le sous-lieutenant du régiment Gendarmes von Katte, déféré devant une cour martiale qui le condamna à la réclusion à perpétuité. Cette sentence ne fut pas du goût du monarque, qui la cassa et décréta que le coupable aurait la tête tranchée dans la cour de la prison où était enfermé le prince-héritier et sous ses yeux.

La tradition dit que, de la fenêtre de son cachot, lorsqu’il vit son ami amené devant le billot, le futur Grand Frédéric lui cria en français « Veuillez pardonner mon cher Katte, au nom de Dieu, pardonne-moi ! » et que Katte lui répondit en français aussi, « Il n'y a rien à pardonner, je meurs pour vous la joie dans le cœur ! », tandis que Frédéric envoyait un baiser à la tête qui tombait. Il devint plus tard le roi qu’on sait mais préféra toujours aux autres humains ses chiens, au point de vouloir être enterré avec eux. Sa volonté testamentaire ne fut pas respectée et les restes des deux monarques reposèrent, mais pas en paix, dans l’église de la Garnison de Potsdam, où Napoléon, en route pour Moscou, les alla voir…

 

8. Cercueuils en 1939 église de la Garnison.jpg

La crypte des deux rois en 1939. Le cercueil de Frédéric II à gauche, celui de Frédéric Ier à droite.

 

… jusqu’au jour où le chancelier Hitler, voyant l’Allemagne perdue, les fît transférer au fond d’une mine de sel pour qu’ils échappassent à la profanation des vainqueurs. Endroit d’où le chancelier Kohl les fit retirer en 1991, pour leur redonner des sépultures plus dignes, et respectueuses cette fois des volontés testamentaires, c’est-à-dire séparées.

Grande opération de comm' à laquelle assistent, de loin car il pleut, nos héros Wuttke-Fonty, sa petite-fille française et son ombre-diurne-et-nocturne « Monsieur Oftalère ». Cérémonie, disons-le, qui ressemble beaucoup plus au troisième enterrement de Descartes qu’au retour des cendres de Sainte Hélène. Avec déchaînement météorologique, grand concours de peuple et manifestations en sens divers selon les orientations politiques.

Fonty, Madeleine et Hoftaller ont donc vu la réinhumation en grande pompe de Frédéric Ier et ne verront pas celle de Frédéric II, puisqu’elle aura lieu « à Sanssouci, sans splendeur, sans pompe, de nuit », donc sans témoins, au son des tambours voilés. Et ils s’en retournent à leur Trabant (la pluie a cessé) à travers une Potsdam croulant sous les échafaudages, prise en mains occidentale oblige…

 

    Et devant l’un de ces échafaudages, il se passait quelque chose. Des comédiens, des mimes visiblement, étaient en train de représenter une pièce : on ne savait pas encore très bien si c’était une comédie ou une tragédie. Seuls quelques spectateurs, dont faisait maintenant partie le trio, formaient un demi-cercle plutôt clairsemé autour d’une estrade faite de barils métalliques recouverts de planches d’échafaudage. L’inscription qui figurait sur un petit bus Volkswagen garé sur le côté montrait qu’il s’agissait d’étudiants venus de Küstrin, qui depuis la fin de la guerre s’appelait Kostrzyn, pour célébrer à leur manière, en collants noirs et le visage blanc, le retour des ossements royaux. Pour l’instant, il ne se passait rien, seul un tambour résonnait, tantôt triomphal, tantôt traînant. Il devait suivre le déroulement du jeu. Plus tard vinrent s’ajouter des roulements et des coups isolés marquant la succession des scènes. Tout le reste devait être muet.

    Comme si c’était Fonty qui avait pris sous contrat cette troupe de comédiens polonais, ils donnèrent la tragédie du sous-lieutenant du régiment Gendarmes Hans Hermann von Katte. C’est ce qui était inscrit en lettres rouges sur une banderole blanche qui fut déployée entre les montants de l’échafaudage. Comme tous les acteurs avaient le même maquillage et le même costume – les yeux entourés de noir dans le blanc crayeux des visages, les bouches rouge fraise et élargies –, il fallait d’abord deviner avant de comprendre : voilà le gros roi-sergent brisant la flûte de son fils qui ne cesse d’en jouer, déchirant ses livres et les jetant au feu ; car c’est celui-ci ou celle-ci – le rôle était visiblement tenu par une femme – qui est le prince héritier que son père, en fureur, passe à tabac avec une telle violence que la phrase de Frédéric transmise par la tradition, « Vous ne m’avez pas traité comme votre fils, mais comme un vulgaire esclave », aurait pu servir de motivation supplémentaire à la représentation de la tentative de fuite. Mais le geste et la mimique en disaient suffisamment, et même davantage. Ni la flûte, ni le livre, ni la canne n’avaient besoin d’être là sous forme d’accessoires.

    C’est alors seulement qu’apparut Katte, qu’une lettre mal aiguillée avait trahi et qui, devant les cafouillages du prince héritier, se tordait les mains parce que son rôle de complice était découvert ; mais il ne voulait pas prendre la fuite tout seul et laisser tomber le prince.

    Le père faisait d’abord saisir son fils, puis on voyait Katte arrêté : la phrase transmise par l’Immortel dans son récit de la tragédie « Katte remit son épée sans changer de couleur », nécessitait dans la pantomime une expression toute spéciale.

    Après un roulement de tambour étouffé, la princesse Wilhelmine, qui vouait une grande tendresse au prince héritier, son frère, fit son apparition. Elle souffrait de l’arrestation de Katte, car lorsque celui-ci était conduit devant le roi, le mime qui jouait son personnage illustra la phrase qu’elle aurait prononcée : « Il était pâle, défiguré. » On eut à nouveau un Frédéric-Guillaume en fureur. Il arracha quelque chose de la poitrine du prisonnier – c’était une décoration, la croix des chevaliers de Malte – et tabassa le malheureux qui était à terre. Il le bourra aussi de coups de pied, tandis que sa  victime tremblait sous les violences qui n’étaient que simulées.

    Roulement et grand coup de tambour : un groupe plus nombreux de mimes – têtes rassemblées – figurait maintenant la cour martiale, dont la sentence était cependant déchirée par le roi. Ce n’était pas la réclusion perpétuelle, mais la mort par l’épée. Et de même que l’Immortel, au cours des travaux préparatoires pour son essai sur Küstrin, a demandé par lettre à une parente du sous-lieutenant, Marie von Katte : « Surtout, comment cela s’est-il passé avec l’épée ? », de même la question se posait-elle maintenant pour les mimes : un geste sec suffirait-il, ou fallait-il un accessoire pour séparer la tête du tronc ? Quand le trio, au milieu d’un public maintenant plus nombreux, assista à l’exécution de Katte, l’échafaudage du quartier hollandais de Potsdam était chargé de représenter le château de Küstrin et le mime Katte, agenouillé sur l’estrade, fut décapité d’un geste précis de la main, d’une façon si impressionnante que, dans le silence respecté par les tambours, on crut entendre rouler la tête.

    Auparavant, on avait forcé le prince héritier à grimper sur l’échafaudage, afin qu’il vît ce qui se passait. Il trouvait tout juste le temps d’envoyer à son pauvre ami le célèbre baiser, que Katte recevait dans un dernier regard. Puis Frédéric, auprès de qui se tenait Wilhelmine, s’effondra pour n’être plus qu’une petite boule de désespoir tremblant.

    Le tambour retentit à un rythme funèbre. Madeleine pleurait. Fonty déclara : « C’est à peu près ainsi que ça s’est passé, d’une manière colossalement émouvante, et avec autant de justice que d’injustice. » Aux yeux de Hoftaller, il manquait dans le déroulement de la tragédie l’effet pédagogique de cette raison d’État. Mais après un bref roulemlent de tambour martial et crescendo, la représentatkion continuait.

    Pendant qu’on étendait un drap blanc sur le corps de Katte, le prince héritier qui, à l’instant encore , était replié sur le sol, le coeur brisé, se leva et se fit plus grand que nature. La jeune fille qui le jouait se complut à des exercices acrobatiques de jeune homme dans l’entrelacs de l’échafaudage. Elle fit des clowneries, bondit sur l’estrade en suggérant le vol d’un aigle, sauta par-dessus le cadavre de l’ami, marcha sur les mains, brilla par des sauts périlleux en série, en avant et en arrière, déclara symboliquement quelques guerres pour un oui, pour un non, déchira des traités, vola des provinces, livra des dizaines de batailles, passa par-dessus des cadavres avec une compétence maintenant bien acquise, chassa d’un côté, puis de l’autre le chœur des mimes – fut chassée à son tour mais ne s’avoua pas vaincue, jouant bien plutôt le rôle du roi exactement comme l’avait voulu son père dont il avait bien compris la leçon, régnant d’une main de fer, mais donnant à la fin, malgré son sourire silencieusement cynique, l’image d’un héros solitaire et triste jusqu’à la mort que ses expéditions conquérantes ne rendaient pas heureux, qui méprisait les hommes et ne faisait plus, tremblant et déformé par la goutte, que jouer avec ses chiens.

    Le tambour souligna macabrement l’attaque cardiaque tardive et se tut. Quand les mimes vinrent saluer, quelques-uns des rares spectateurs étaient déjà partis. Fonty, qui, entraîné par Madeleine, avait applaudi, déclara par-dessus la tête de Hoftaller, qui n’avait pas bougé le petit doigt : « Je n’en démords pas. Mon héros s’appelle Katte. » Lorsque le trio quitta le théâtre de la tragédie en même temps que le quartier hollandais de Potsdam, Fonty chercha à nouveau et trouva la main de sa petite-fille. (pp.611-613)

 

9. Tombe de Frederic et d'un lévrier.jpg

Terrasse de Sanssouci – Tombe de Frédéric le Grand

À gauche : celle d’un de ses chiens. Dans le carré d’herbe du haut : deux autres.

10. distribution gratuite de livres anonymes.gif

 

11. Grass couverture.jpg

 

 

Günter GRASS

Toute une histoire

Traduction Claude Porcell et Bernard Lortholary

Seuil, 1997

708 p.

 

 

 12. Fontane 4 romans Bouquins.jpg

Theodor FONTANE

Errements et tourments – Jours disparus –

Frau Jenny Treibel – Effi Briest

Robert Laffont (1992)

Collection Bouquins

903 pages

 

On ne saurait trop conseiller au lecteur francophone non averti, avant de se lancer dans le livre de Grass, de lire au moins la très belle préface de Claude David à ces quatre romans de Fontane.

 

 13. Fontane - Avant la tempête.jpg

Theodor FONTANE

Avant la tempête : Scènes de l’hiver 1812-1813

Traduction : Jacques Legrand

Aubier, 1992

Collection Bouquins

995 pages

 

 

 

14. Fontane - Cécile.jpg

 

 

Theodor Fontane

Cécile

Flammarion, 1998.

Collection GF Littérature étrangère

223 pages

 

 

 

15. Fontane - Le Stechlin.jpg 

Theodor FONTANE

Le Stechlin

Traduction : Jacques Legrand

Livre de Poche, 1998

Collection Pochothèque

441 pages

 

 

 

16. Fontane - Mes années d'enfance.jpg

 

 

Theodor FONTANE

Mes années d'enfance

Traduction : Jacques Legrand

Aubier, 1993.

216 p

 

 

 

 

À défaut de Promenades dans la Marche de Brandebourg qui semble inédit en français, on pourra lire :

La minorité sorbe du Brandebourg vue par l’écrivain prussien Theodor Fontane (1819-1898)

par Isabelle Solères

https://mimmoc.revues.org/224

 

Les « Pérégrinations à travers la Marche de Brandebourg » de Thepodor Fontane : Pélerinages aux sources de la culture et de l’histoire prusso-brandebourgeoises.

Thèse de doctorat de SOLERES Isabelle – Réf. ANRT 43359

ANRT – Atelier National de Reproduction des Thèses

Identifiant BU : 03TOU20076 - 606 pages - Disponible au format microfiche - Contactez-nous

 

 17. Couv. Un promeneur dans le si!ècle.jpeg

 

 

Marc THURET

Theodor Fontane : Un promeneur dans le siècle

Presses Sorbonne Nouvelle (1999)

324 pages

 

 

Considéré par les meilleurs écrivains de ce siècle comme un des pionniers du roman moderne, Theodor Fontane est aussi devenu le plus populaire des classiques allemands du XIXe siècle. Il est urgent de le redécouvrir aussi en France.

 

 18. Couv. Tall hover.jpg

Hans Joachim SCHÄDLICH

Tallhover

Traduction : Bernard Lortholary

Gallimard, 1988

Collection : Du monde entier

312 p.

 

 Tallhover naît en 1819, quand s'instaure le fameux « système » de Metternich : la répression policière de toutes les libertés. Doué dès l'enfance pour le mouchardage et le voyeurisme, Tallhover entre bientôt dans la police politique, où il fait une carrière aussi longue qu'obscure : elle dure cent dix ans ! Sous le roi de Prusse, l'empereur d'Allemagne, la république de Weimar, dans le Reich hitlérien et enfin en R.D.A., Tallhover est toujours à Berlin, faisant le même métier, parlant le même langage et servant la même idée : celle de l'Ordre. Féru de basse police et de haute sécurité, Tallhover met la même passion froide à surveiller Marx en 1842, ou Lénine en 1917 ou, en 1954, l'opposition à l'État allemand qui se réclame d'eux. Ce roman policier et politique est plus qu'une coupe à travers l'histoire allemande et européenne : c'est le procès (verbal) de l'étatisme totalitaire, rédigé dans sa propre langue de bois, savamment parodiée par le plus terriblement précis des écrivains allemands actuels.

 

19. Couv. Berlin est ouest.jpeg

 

 

Hans Joachim SCHÄDLICH

BERLINESTOUEST et autres récits

Traduction : Bernard Lortholary

Gallimard, 1990

180 p.

 

 

 

Ces nouvelles sont le fruit de dix années d'exil, de malaise et de travail. Elles constituent, sur l'histoire récente de l'Allemagne, un témoignage d'une exceptionnelle acuité, et d'une originalité totale dans l'expression. Leurs sujets sont très divers, depuis une querelle d'académiciens jusqu'au vertige d'un funambule, en passant par les euthanasies hitlériennes, l'internement psychiatrique ou les rafles de la Stasi, mais il s'agit toujours de formes d'oppression institutionnelle. Et toujours celle-ci se marque et peut s'analyser dans le langage de ses agents ou de ses victimes, et dans le discours du narrateur lui-même. Jusqu'au mur de Berlin, qui n'était pas seulement une construction de béton et de métal, mais aussi une maladie du langage, et auquel Schädlich dresse pour finir un monument d'un humour terrible, inoubliable.

 

 20. Cervantiades - 1.jpg

Juan GOYTISOLO

Les Cervantiades

Conférences et Études

Traduction : Abdelatif Ben Salem

Bibliothèque Nationale de France (BNF), 2000

72 pages

 

 

« Si Cervantes est l’écrivain dont je me sens le plus proche, cela tient à sa qualité de précurseur de toutes les aventures : si sa familiarité avec la vie musulmane donne à son œuvre une indéniable dimension mudéjar, l’invention romanesque, à travers laquelle il assume la totalité de ses expériences et de ses rêves, fait de lui le meilleur exemple de l’attitude illustrée par le dicton : humani nihil a me alienum puto. Trois siècles et demi plus tard, les romanciers font encore du “cervantisme” sans le savoir : en composant nos œuvres, nous écrivons à partir de Cervantes et pour Cervantes ; en écrivant sur Cervantes, nous écrivons sur nous-mêmes, que sa ferveur islamique nous soit étrangère ou familière. Cervantes reste le point vers lequel toujours convergeront nos regards. » Juan Goytisolo, extrait de « Vicissitudes du mudéjarisme », in Chroniques sarrasines, Paris, Fayard, 1985.

 

 21. Couv. Reine de Poméranie.jpg

Andrea CAMILLERI

LA REINE DE POMÉRANIE et autres histoires de Vigáta  -  (Huit nouvelles dont « Les chaussures neuves »)

Traduction : Dominique Vittoz

Fayard, 2015

Collection : Littérature étrangère

320 p.

 

Que se passe-t-il, dans la bourgade sicilienne de Vigàta, quand deux marchands de glace aussi imaginatifs qu’obstinés sont rivaux en amour et en affaires ? Ou qu’en plein fascisme un brave maraîcher hérite d’un âne particulièrement têtu baptisé Mussolini ? Ou que, la démocratie revenue, les Vigatais s’adonnent au petit jeu risqué de la lettre anonyme ? Le bal de la roublardise est ouvert. L'ingénuité s'y invite. Et le gagnant est rarement celui qu’on croit

Trouvaille :

Samuel Beckett, extrait de La Dernière bande :


« Me suis crevé les yeux à lire Effi, encore, une page par jour, avec des larmes encore. Effi... aurais pu être heureux avec elle, là-haut, sur la Baltique, et les pins, et les dunes.
Non ? - Et elle ? Pah ! »

 

 

2. stack-of-books xxx.GIF

 

 

Mis en ligne le 9 février 2017.

 

 

 

 

19:48 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27/01/2017

EMPIRE - État des lieux (fragmentaire) en images

1. Ship of State plus petit.gif

 

Empire

État des lieux très fragmentaire

En images

À l’aube d’un nouveau règne.

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

Non pour le plaisir de traîner les États-Unis dans la boue, ni pour écraser le nouveau président sous l’énormité de la tâche qui l’attend, mais pour rappeler, à ce tournant particulier de l’histoire, une infime partie des responsabilités US dans les malheurs du monde, sans en excepter celles des autres, c’est-à-dire les nôtres : les crimes de l’Europe, actifs ou passifs, ne sont pas minces.

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

2. Adieux d'Obama.png

 

3. Hollande Quinquennat.jpg

Presque adieux

 

4. Latuf palestine_colonie_israel_2017-c4eee-179ef.gif

Hélas pas d’adieux

 

20. new-years-eve-gaza-afghanistan-syria-ukraine-iraq.gif

Prière de mettre à jour.

 

21. White America.gif

 

22. Homeland security.jpg

 

23. Made-in-USA.jpg

 

24. TO BREATHE FREE.JPG

25. Le monde selon les USA.gif

 

25 bis. L'Europe selon les USA.gif

 

25 ter.Asia according to the US.gif

 

26. usaid.JPG

 

27 Neocolonial dementia, psywarfare, etc.JPG

 

28. Mater Dolorosa Irak.JPG

Irak

 

29. Nouveau Mexique gardes surveillant des prisonniers.JPG

Nouveau Mexique

 

30.  USA - John Cole.gif

Partout

 

32.  Coward.JPG

Y compris sur les centres de torture flottants, sauf sur le territoire des États-Unis (interdit par la Constitution).

 

32 bis. Guantanamo.JPG

 

32 ter. NATO children.JPG

 

33. LATUFF Uncle Sam.GIF

 

34. US World Domination Tour.JPG

 

35. JEWS-CONTROL-OBAMA.JPG

 

36. U.N. Saudiarabia6.gif

 

37. Déploiement.JPG

Répartition des troupes US dans le monde

 

38. NATO encirclement ..JPG

Encerclement de la Russie

 

39. Encerclement de la Chine.PNG

Encerclement des la Chine

 

40. Russia Sanctions transparent.gif

 

41. We come as liberators.JPG

 

42. As we did in Hiroshima.jpg

No comment

43. DAECH - US - ISRAEL.JPG

En Libye, en Syrie, au Yémen au Soudan….

 

44. US beards in Syria.JPG

 

45. Dollar AkbarSani_Mayo Dollar_Akbar.gif

 

46. us_terrorismo.JPG

 

47. Terroristes CIA.gif

47. US economic crisis.JPG

US economic crisis

 

49. Les USA se mettent à table.JPG

L’Amérique se met à table

 

50. Corporate Earth.JPG

Corporate Earth

 

51. Why do you hate us.JPG

Mais pourquoi nous haïssez-vous ?

Tout ce que nous voulons, c’est envahir votre pays, tuer vos femmes et vos enfants par drones, voler vos ressources naturelles, installer à votre tête un fantoche utile à nos ambitions impériales, et vous traiter en terroristes seulement si vous résistez.

 

52. PISSED-OFF-EAGLE.JPG

Faites chier.

Mangez votre merde et mourez idiots, bande de bouffons !

 

Il sont des centaines...

 

 

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

 

 

 Mise en ligne le 27 janvier 2017.

 

19:04 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/01/2017

ET MAINTENANT ?

1. Ship of State plus petit.gif

 

Et maintenant ?

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

La démagogie n’ayant pas été inventée pour les chiens, les Américains s’en contenteront peut-être :

 

Discours d’investiture de Donald Trump

Washington DC20 janvier 2017

 

3. Investiture Trump.jpg

 

Monsieur le Président de la Cour suprême,

Messieurs les Présidents Carter, Bush, Clinton, Obama,

concitoyens américains et peuple du monde,

merci.

Nous, les citoyens américains, nous sommes unis dans un grand effort national pour reconstruire notre pays.

Ensemble, nous déterminerons la trajectoire de notre pays et celle du monde pour de nombreuses années à venir.

Nous aurons des défis. Nous aurons à affronter des difficultés, mais nous accomplirons ce travail jusqu’au bout.

Tous les quatre ans, nous nous réunissons sur ces marches pour assurer la transition du pouvoir. Et nous remercions le président Barack Obama et la première dame, Michelle Obama, pour leur aide précieuse durant cette transition. Ils ont été formidables.

La cérémonie d’aujourd’hui a toutefois un sens très particulier, car il ne s’agit pas seulement de transférer le pouvoir d’une administration à une autre ou d’un parti à un autre. Nous déplaçons le pouvoir de Washington pour vous le rendre à vous, le peuple des États-Unis.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article195000.html

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

Reste à savoir par quels actes le président Trump entend concrétiser son programme.

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

Pour ce qui est des peuples du monde, leur première réponse a tenu en une seule phrase prononcée à Davos par M. Jack Ma, fondateur d’Ali Baba :

 

Personne ne « vole » votre travail, vous dépensez trop en guerres

 

4. Jack Ma.jpg

 

Participant au Forum économique de Davos, le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur du site de commerce en ligne Ali Baba, a accusé les États-Unis d’être responsables de leur propre déclin économique en raison d’une mauvaise gestion de leur budget et de leurs dépenses militaires exorbitantes.

« Dans le passé, les Américains ont eu 13 guerres qui leur ont coûté 40,2 trillions de dollars […] Que se serait-il passé s’ils avaient dépensé une partie de cet argent pour développer leurs infrastructures, pour aider leurs fonctionnaires et leurs ouvriers ? Peu importe si cela était stratégiquement opportun ou non, vous êtes supposés utiliser  votre PIB pour votre propre peuple », a déclaré Jack Ma aux participants US, lors du Forum économique, qui se déroule à Davos, en Suisse.

Il a ensuite ajouté : « Quand j’étais jeune, tout ce dont j’entendais parler à propos de l’Amérique c’était de « Ford et Boeing » et de toutes ces entreprises industrielles. Ces dix à vingt dernières années, tout ce dont j’entends parler c’est de « Silicon Valley et Wall Street » […] Que s’est-il passé ? [Durant] l’année 2008, la crise financière a balayé 19,2 trillions de dollars rien qu’aux États-Unis et a détruit 34 millions d’emplois dans le monde. Donc que se passerait-il si les dépenses engagées pour Wall Street et pour les guerres au Moyen-Orient avaient été réservées au Midwest des États-Unis, pour développer l’industrie là-bas ? À mon avis, cela aurait changé beaucoup de choses. »

« Donc ce ne sont pas les autres pays qui volent vos emplois, les gars, c’est votre stratégie qui les détruit ! », a-t-il conclu.

 

5. XI Jinping à Davos.jpg

Le président chinois Xi Jinping, qui a prononcé le discours d’ouverture du sommet de Davos

 

En 1999, Jack Ma a fondé Alibaba, l’une des plus grandes plateformes de commerce en ligne au monde. Selon le magazine économique américain Forbes, la fortune nette du Chinois s’élèverait à environ 27,7 milliards de dollars, ce qui ferait de lui le deuxième homme le plus riche de son pays.

 


 

Tout récemment (janvier 2017), il a rencontré le président élu américain Donald Trump, qui a souvent accusé des pays comme le Mexique et la Chine d’être responsables des délocalisations qui causeraient la perte d’industries et d’emplois outre-Atlantique. Jack Ma l’a pris au mot en lui faisant part de sa volonté d’investir aux États-Unis.

Source : https://francais.rt.com/economie/32635-personne-vole-trav...

 

Sans doute les États-Unis sont-ils devenus, en matière d’emplois, plus rentables que le Mexique ou la Chine, depuis que les investisseurs US ont détruit le marché du travail de leur pays en investissant exclusivement dans les endroits du monde réduits à la plus extrême misère par la politique étrangère US…

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

 M. Trump a annoncé son intention de déplacer l’ambassade des États-Unis en Palestine de Tel Aviv à Jérusalem.

 

6. Carte Pal'estine.jpg

 

Si cela signifie qu’il considère la Palestine comme un état souverain dont tous les habitants sont égaux, bravo ! Il aura du mal mais sera soutenu.

Si, au contraire, une telle décision signifie que le représentant officiel de 320 millions d’Américains s’est incliné devant la volonté d’un seul homme, fût-il son gendre et milliardaire, cela augure mal de sa présidence. Avec notre expérience multiséculaire en matière de népotisme papal et monarchique, nous pouvons le lui assurer.

 

7. the-horror-show-called-israel.gif

 

Un président élu ne doit pas seulement n’être d’aucune faction, il est de son devoir de les combattre toutes, et c’est aussi son devoir de ne pas mettre en danger la totalité des Juifs du monde, par copinage avec un quarteron de factieux israéliens.

 

8. BDS - Gideon Levy xx.JPG

 

Let us wait and see.

Les Grosses Orchades

 

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

 

9. North Atlantic Terror Organization.JPG

 

Après Wagenknecht, Psikorski…

 

« Nous en appelons aussi à vous de tout notre cœur, Monsieur le Président, pour que vous contremandiez immédiatement le déploiement de l’OTAN et des forces US sur le territoire de la Pologne et sur celui des pays baltes. »

 

10. zmiana1.jpg

 

Arrêtez l’OTAN !

Mateusz Piskorski écrit à Donald Trump de derrière les barreaux


Mateusz Piskorski  –  Fort Russ 20 janvier 2017

Traduit du polonais par J. Arnoldski 

 

11. Psirkorski-Trump.JPG

 

Mateusz Psikorski est un journaliste et professeur en sciences politiques de l’université de Stetin (en polonais Szczecin), ainsi que le chef du parti politique ZMIANA (« Changement »). Il est emprisonné à Varsovie, sans charges et sans jugement, depuis mai 2016, pour avoir divulgué les plans de l’OTAN destinés à supprimer toute forme d’opposition en Europe de l’Est.

Fort-Russ a déjà traduit deux de ses lettres de prison (1 & 2) et en a obtenu une interview exclusive quelques mois avant que lui-même et son parti soient les victimes d’une répression politique directe. Dans cette correspondance de derrière les barreaux atlantistes, Psikorski s’adresse au président Trump et exprime l’espoir que sa présidence mettra fin à la répression politique que l’administration US précédente a poussée au-delà des bornes imaginables.

 

10. zmiana1.jpg

 

Très estimé Monsieur le Président,

Je veux vous offrir mes sincères félicitations à l’occasion de votre inauguration comme 45e président des États-Unis d’Amérique. Je forme des voeux, M. le Président, pour la réalisation effective de votre programme électoral axé sur la liberté et l’accroissement du niveau de vie de tous les Américains, pour la paix et la sécurité dans le système international.

Je suis convaincu que les changements annoncés dans le domaine de la politique internationale dont vous êtes l’auteur, M. le Président, seront suprêmement bénéfiques non seulement aux États-Unis mais aussi à notre pays, la Pologne.  Ces changements de politique pourraient améliorer de façon significative l’image des États-Unis et renforcer son potentiel dans l’arène mondiale, rompant avec la conviction exceptionnellement préjudiciable que le rôle de Washington est de soutenir les intérêts des corporations multinationales et du capital financier. Votre présidence pourrait signifier la victoire de la démocratie et le respect de la volonté des citoyens sur le système que l’économiste John Perkins a défini avec justesse comme une coporatocratie. L’émancipation des États-Unis des diktats du mondialisme corporatiste pourrait marquer le début de l’émancipation très longtemps attendue de beaucoup d’autres pays du monde, y compris de ces pays en voie de développement dont la Pologne fait partie.

Monsieur le Président, je vous écris cette lettre en qualité de Polonais, de leader du parti politique ZMIANA et de prisonnier politique des « élites » qui dirigent actuellement mon pays. Des actes inspirés par la Central Intelligence Agency, qui coordonne les décisions et les services secrets des autre pays, ont conduit à la situation bizarre qui voit l’opposition politique en Pologne emprisonnée et réprimée. Je me suis personnellement retrouvé derrière les barreaux pour avoir professé des vues et des opinions qui coïncident dans une large mesure avec celles que vous avez vous-même exprimées pendant votre campagne électorale. En Pologne, je suis devenu la victime d’une campagne de mensonges et de calomnies similaires à ce que l’establishment de Washington a déversé sur vous. C’est peut-être pour cela que votre présidence a éveillé en moi et chez les membres de mon parti un sincère espoir de changement dans la politique mondiale, qui pourrait commencer aux États-Unis sous votre direction.

Je suis persuadé qu’une réforme fondamentale de l’ordre international devrait être entrepris par votre pays, qui a, jusqu’à ce jour, été traité et utilisé comme un outil contre ses propres intérêts par les cercles financiers internationaux tels que la Commission Trilatérale, dont le sénateur Barry Goldwater a écrit qu’elle « est internationale et a pour but la consolidation multinationale des intérêts banquiers et commerciaux.. Ce but peut être atteint en prenant le contrôle de la politique du gouvernement des États-Unis ».

Nous, en Pologne, attendons avec impatience les décisions que vous prendrez dans plusieurs domaines qui sont des questions-clés pour nos deux pays. Des millions d’Américains d’origine polonaise ont énormément contribué à la construction et au développement de votre pays. Pourtant, depuis des années, les Polonais sont en permanence trompés par les « élites » de Washington en matière, par exemple, d’abolition des visas pour les citoyens polonais se rendant aux États-Unis. Vos déclarations concernant la libéralisation du régime des visas pourrait trouver une concrétisation de manière appropriée au bénéfice des citoyens de nos pays.

De grands espoirs sont nés de la déclaration de votre intention de réviser les accords de commerce multilatéraux qui font peser en ce moment une menace directe grave sur les consommateurs et les producteurs des pays concernés. Rejeter le Transatlantic Trade and Investmentr Pratnership (TTIP) garantira le développement d’une coopération amicale bilatérale entre les USA et chaque membre individuel de l’U.E. Une critique consistante des accords injustes essentiellement basés sur le dumping des salaires pourrait entraîner le retrait de l’Europe de ce genre d’actions qui menacent la stabilité de l’ordre économique par des dérégulations frénétiques et par la libéralisation incontrôlable des marchés internationaux. Votre présidence est liée à de grands espoirs tant en Pologne que dans les autres pays de voir le TTIP finir dans les poubelles de l’Histoire.

En Pologne, nous espérons que vous serez le premier dirigeant américain à ne pas provoquer davantage encore de conflits allumés par des coups d’État et par l’orchestration de guerres civiles, par la déstabilisation systématique des états du proche Orient et d’Afrique du Nord [M.P. oublie tous les états sud-américains, ndt]. En votre qualité de président des États-Unis, vous pouvez effectivement et dans la plus absolue légalité amener devant la justice tous ceux qui, à partir des cercles politiques et des services secrets US, ont déchaîné la menace terroriste sur le monde . Nous sommes persuadés que vous, Monsieur le Président, êtes capable d’assurer une paix durable en Syrie en reconnaissant les autorités légales du pays et en coopérant avec elles, et en coopérant avec les pays actuellement engagés dans une campagne anti-terroriste sans compromis, en particulier la Russie et l’Iran. Une véritable lutte contre le terrorisme exige une très large coopération de tous ceux qui en sont affectés, comme vous l’avez très justement fait remarquer de manière répétée.

Monsieur le Président ! Vous êtes le premier politicien américain, depuis beaucoup d’années, qui ait osé appeler les choses par leur nom, qui ait osé déchirer le voile des mensonges et de l’hypocrisie. Vous avez, entre autres choses, correctement diagnostiqué la crise en Ukraine, qui a commencé par le coup d’État fomenté par l’étranger de février 2014. En mars 2014, avec plusieurs douzaines d’experts indépendants venus de plusieurs pays d’Europe et des USA, j’ai eu l’occasion d’observer ce qui s’est passé en Crimée. Comme vous l’avez fait remarquer avec raison, les habitants de la péninsule ont, de manière parfaitement libre et sans ingérence extérieure, décidé de leur avenir par un référendum. Nous devrions tous respecter leur choix. La Pologne a été manipulée par l’Administration précédente de la Maison Blanche, pour qu’elle attise les flammes du conflit ukrainien et se livre à des actions provocatrices à l’égard de la Russie. Nous exprimons le profond espoir que vous entamerez, sans délais inutiles, un dialogue constructif avec le président Vladimir Poutine, sur pied d’un partenariat rationnel, dans l’entreprise de stabilisation de la situation internationale. La sécurité de la Pologne dépend significativement d’une réactivation du dialogue entre Washington et Moscou. 

Nous en appelons aussi à vous de tout notre cœur, Monsieur le Président, pour que vous contremandiez immédiatement le déploiement de l’OTAN et des forces US sur le territoire de la Pologne et sur celui des pays baltes. L’irresponsable décision de l’administration du président Obama en cette matière a évidemment accru les tensions internationales en Europe Centrale. Les demandes de déploiement de toujours plus de soldats américains en Pologne ne furent et ne sont que le fait de politiciens polonais irresponsables, aveuglés par leur haine viscérale de la Russie. Les États-Unis ne peuvent pas se permettre de céder aux pressions et à l’influence d’aventuriers et de fauteurs de guerres. Le peuple polonais comme le peuple américain désire la paix et la coopération, et non la provocation de conflits, qu'ils soient politiques ou armés. C’est pourquoi nous vous en conjurons : plus un seul soldat US sur le soi-disant flanc oriental de l’OTAN !

Monsieur le Président ! Pour finir, permettez-moi de vous demander d’empêcher la CIA d’exploiter les services secrets des pays d’Europe Centrale qui lui sont inféodés, dans le but de neutraliser les populations qui critiquent les actes des « élites » de Washington. En tant que leader d’un parti politique qui s’est donné pour tâche de faire sortir la Pologne de l’OTAN, je suis maintenu en prison depuis des mois sans le moindre jugement. Il y a des raisons d’en conclure que les services secrets américains ont transmis ordres et directives à l’Agence de Sécurité Intérieure de Pologne me concernant. Je suis convaincu qu’en prenant possession de votre fonction de président des États-Unis d’Amérique, vous saurez barrer la route à ce genre de pathologies politiques.

Une fois encore, je souhaite à vous-même et à votre peuple, une présidence libre de répondre aux désirs des citoyens américains qui s’identifient au slogan « Make America Great Again ».

Respectueusement,

Dr. Mateusz Psikorski

Président de Zmiana, prisonnier politique.

 

.

10. zmiana1.jpg


Source : http://www.fort-russ.com/2017/01/stop-nato-mateusz-piskor...

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

« Pendant des années de sa vie, M. Trump a organisé des concours de beauté. Il a côtoyé les plus belles femmes au monde. Je doute qu’il ait eu besoin de nos jeunes femmes… à la conscience sociale réduite, même si ce sont elles aussi les meilleures »

 

Où le président Poutine, sur le chapitre des prostituées, partage le sentiment de Marat et souligne les responsabilités de la société et de l’État :

 

Poutine sur les attaques à la douche anti-Trump :

 

Le 17 janvier, Vladimir Poutine a reçu la visite du nouveau président de Moldavie, M. Igor Dodon. Les deux hommes ont donné une conférence de presse conjointe, au cours de laquelle un journaliste a posé une question sans rapport avec l’événement :

 


 

Merci à Sayed Hasan

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

Bachar al-Assad : le plus important est la reconstruction des esprits pollués par l’idéologie wahhabite

Interview accordée à la chaîne japonaise TBS

 le 21 janvier 2017

 

12. Réfugiés syriens 2.jpeg

 

Extraits :

« [Sur les réfugiés] Et l’aspect le plus important que beaucoup ignorent, en Occident et dans le monde, est qu’une partie du problème des réfugiés n’est pas seulement liée aux terroristes eux-mêmes. Il est lié à l’embargo infligé au peuple syrien par l’Occident et ses alliés. Il n’a pas eu d’effet sur le gouvernement, il a affecté la vie de chaque citoyen syrien. D’où les réfugiés qui se retrouvent à l’étranger, non seulement à cause de la menace des terroristes, mais aussi parce que les besoins fondamentaux d’une vie normale ne sont plus disponibles, qu’il s’agisse de nourriture, d’éducation, de soins médicaux et de n’importe quoi d’autre. Ils ont dû quitter le pays pour trouver, quelque part ailleurs, le minimum vital que tout un chacun recherche.

 

13. À Poitiers, comme en 1940....jpg

Comme les Belges en 1940… (ici à Poitiers).


[…]

« Nous avons bâti la Syrie. La Syrie n’a pas été bâtie par des étrangers. Nous l’avons fait avec nos ingénieurs, notre labeur, nos ressources et l’aide technique, mais non financière, de quelques amis. Nous pouvons donc la reconstruire. Cela prendra du temps parce qu’il faudra beaucoup d’argent. Chaque Syrien reconstruira sa maison selon ses moyens, même limités. Puis, il y a les réfugiés et les expatriés, dont certains aisés qui veulent revenir. Il y a le soutien de nos amis en Russie, en Chine, en Iran. D’autres pays ont commencé à en discuter et nous proposent leur aide financière.

Des ressources existent et il faudra du temps, mais le plus important est que vous ayez la capacité de reconstruire votre pays. Nous ne sommes pas inquiets à ce sujet. Ce qui nous préoccupe, c’est comment reconstruire l’esprit des gens qui ont été sous le contrôle de l’EIIL et d’Al-Nosra pendant de nombreuses années.

Comment reconstruire les esprits pollués par instillation de l’idéologie wahhabite ou haineuse, comme je vous l’ai décrite. Des gens qui ont vu la mort et les meurtres, des meurtres commis parfois par de jeunes enfants sur des adultes innocents. Comment reconstruire et réhabiliter ces esprits ? C’est notre plus grande préoccupation de l’après-crise.

Journaliste : Merci. Merci beaucoup.

Le président Al-Assad : Merci à vous."

 

Source : SANA [ Syrian Arab News Agency] Texte original en anglais http://sana.sy/en/?p=98592 Traduit par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

 

Texte intégral de l’interview

14. freccia nera piccola.GIF

http://www.mondialisation.ca/bachar-al-assad-le-plus-impo...

 

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

Astana

 

Bachar Ja'fari à la conférence d'Astana : l'Occident a fait du terrorisme une arme politique

Sayed HasanMardi 24 janvier 2017

 

14 bis . ASTANA.JPG

 

La conférence d’Astana pour la paix en Syrie, organisée sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, a commencé Lundi 23 février à Astana, capitale du Kazakhstan, avec une présence occidentale marginale et symbolique en la personne de l’ambassadeur américain, invité à l’initiative de la Russie en guise de main tendue à la nouvelle administration US, qui a maintes fois affirmé faire de la lutte contre Daech, création d’Obama et Clinton selon l’aveu de Trump, une priorité absolue, et renoncer à la politique de déstabilisation et d’ingérence désastreuse de son prédécesseur. L’intervention de Bachar Ja’fari, représentant de la Syrie à l’ONU et à Astana, nouvelle capitale diplomatique mondiale, est intégralement transcrite ci-dessous.

Contrairement à la déclaration de la délégation syrienne, sobre, conciliante et mesurée au point de ne nommer aucune entité ennemie sinon Daech et al-Nosra, et considérant « L’Armée de l’Islam » comme un interlocuteur légitime (bien qu’elle soit également terroriste, elle ne fut nullement désignée comme telle, une issue lui étant proposée conformément à la politique de réconciliation nationale du gouvernement syrien), la délégation de « l’opposition syrienne armée » n’a omis aucune hostilité : propos sectaires, clivants et belliqueux, accusations grandiloquentes et épithètes flétrissants à destination exclusive du régime syrien et de ses alliés, amalgamés au terrorisme, revendication d’une représentativité du peuple syrien dans son ensemble et refus de reconnaître la légitimité de la délégation officielle syrienne, négation de toute ingérence étrangère hormis la Russie  l’Iran et le Hezbollah, exigence de l’extension du cessez-le-feu à toute la Syrie et à toutes les factions combattantes (y compris Daech et àl-Nosra) et du départ de Bachar al-Assad comme des préliminaires indispensables, accusation de violations du cessez-le-feu par les forces syriennes et alliées – jusqu’à Wadi Barada, où les terroristes ont empoisonné les sources d’eau potable de 4 millions de résidents de Damas et de ses environs (ce qui de fait cautionne cet acte), dénonciation d’un expansionnisme iranien dans tout le Moyen-Orient, etc. On comprend plus aisément la réaction de Bachar Ja’fari, dénonçant un amateurisme voire une tentative de sabotage de la conférence orchestrée de l’extérieur.

La conférence se clôturera mardi 24 janvier. Son succès – elle vise à consolider le cessez-le feu pour toutes les factions combattantes, hormis Daech et al-Nosra, exclues de facto – dépendra des négociations en coulisses entre les sponsors régionaux et internationaux du djihadisme et les alliés de la Syrie. Mais quoi qu’il arrive, sur le terrain, l’avancée du régime face aux groupes terroristes se poursuivra, et le processus de reconstruction est déjà en cours.

Sayed Hasan

 


 


 

Lire la transcription…

Source : http://sayed7asan.blogspot.be/2017/01/bachar-jafari-la-co...

 

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

Quand des réfugiés d’un pays envahi par les USA affrontent les rigueurs de l’hiver dans un pays détruit de fond en comble par une autre invasion des USA

 


Près de Belgrade, en Serbie

 

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

On ne sait toujours rien des « plus de 10.000 » enfants disparus dès leur entrée en Europe il y a des mois, et il ne semble pas que, depuis, personne ait eu le temps ou l’envie de les rechercher. Aujourd’hui…

 

L’Unicef sonne l’alarme : 23.000 enfants de migrants pourraient mourir à cause du froid en Europe

Rédaction – RT 21 janvier 2017

 

15. Enfants Migrants UNICEF.jpg

 

La vague de froid qui a déferlé sur l’Europe de l’Est se prolonge et compte tenu du manque de centres d’accueil, les responsables de l’Unicef préviennent que ces conditions météo extrêmes mettent en péril la santé des réfugiés, surtout des enfants.

« Sans aucune accalmie des conditions météo extrêmes et des tempêtes qui balaient le centre, l'est et le sud de l'Europe, les enfants de réfugiés et de migrants risquent des infections des voies respiratoires et autres maladies graves, voire la mort par hypothermie », affirme l'Unicef dans un communiqué.

« Les nourrissons et les très jeunes enfants ont généralement une constitution moins résistante au froid, ce qui les rend plus vulnérables aux problèmes respiratoires et aux infections virales et bactériennes potentiellement fatales, comme la pneumonie et la grippe », a déclaré Basil Rodrigues, conseiller santé de l'Unicef pour la région Europe centrale et orientale, cité dans le communiqué.

 

16. Jungle de Calais en Serbie.jpg

Piégés dans le froid de Belgrade, des migrants commencent à construire de nouvelles jungles de Calais en Serbie

 

Pour le moment, environ 23.000 enfants de réfugiés et de migrants, dont des nourrissons et des nouveau-nés, sont bloqués en Grèce et dans les Balkans où les températures sont déjà descendues en dessous des - 20°C. Beaucoup d'enfants sont hébergés dans des abris qui sont mal équipés pour l'hiver.

Pourtant, les autorités disent qu’elles ne peuvent les aider davantage, compte tenu du manque de centres d’accueil.

« L'UE a décidé de laisser les Balkans gérer la situation dans le but d'endiguer le flux des personnes venues chercher refuge depuis des zones de guerre. Mais ces personnes manquent cruellement d'une aide appropriée et cela met leur vie en danger », a expliqué Stefano Argenziano, coordinateur des opérations de MSF.

 

Source : https://francais.rt.com/international/32750-unicef-sonne-...

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

Premiers oiseaux de mauvais augure de 2017 :

 

Voici comment la présidence Trump va se jouer.

Pepe Escobar – ICHSputnik 20 janvier 2017

 

18. White House Sputnik.jpg

 

L’ère Trump commence aujourd’hui avec une géopolitique et une géo-économie parties pour nous réserver des moments de suspense imminents et imprévisibles.

J’ai soutenu que la stratégie du gourou de Trump en matière de politique étrangère, Henry Kissinger, pour traiter avec le formidable trio de l’intégration eurasienne – Russie, Chine et Iran – était une resucée du « diviser pour régner » : détacher la Russie de son partenariat stratégique avec la Chine, tout en continuant à harceler le maillon le plus faible qu’est l‘Iran.

En fait, c’est ainsi que les choses se jouent déjà, comme le montrent les envolées des membres sélectionnés du cabinet Trump lors de leurs interventions devant le Sénat. Des factions de Think Tankland, se référant à la politique de Nixon envers la Chine – qui fut conçue par Kissinger – s’excitent sur la possibilité d’isoler au moins une de ces puissances « potentiellement liguées contre l’Amérique ».

Kissinger et le Dr. Zbig « Grand Échiquier » Brzezinski sont les deux dalangs (marionnettistes) occidentaux autoproclamés dans l’arène politique. Opposé à Kissinger, le mentor d’Obama en matière de politique étrangère Brzezinski, fidèle à sa vieille russophobie, propose une stratégie du « diviser pour régner » basée sur la séduction de la Chine.

Pourtant, une source influente du monde des affaires new-yorkais, très proche des discrets mais réels Maîtres de l’Univers et qui avait correctement prédit la victoire de Trump des semaines avant l’événement, ayant examiné mes arguments, a non seulement émis une évaluation caustique sur ces bienaimés tireurs de ficelles, mais s’est même aventuré à expliquer comment la nouvelle normalité a été fournie directement à Trump par les Maîtres eux-mêmes.  Appelons-le « X ».

 

La surveillance non-stop de la Chine

« X » commence par faire quelque chose que les fidèles de l’État Profond US adorateurs de ces idoles n’osent jamais faire, du moins en public : « Il est important de ne pas attribuer trop d’importance à Kissinger ni à Brzezinski, parce qu’ils ne font que servir de façade à ceux qui prennent les vraies décisions et que leur boulot consiste tout au plus à recouvrir ces décisions d’une patine d’intellectualité. Leur apport ne représente pratiquement rien. Je me sers de leurs noms le cas échéant, parce que je ne peux pas utiliser les noms de ceux qui prennent vraiment les décisions ».

Et « X » de détailler la nouvelle normalité : « Trump a été élu avec le soutien des Vrais Maîtres pour opérer un virage en direction de la Russie. Les Maîtres ont leurs exécutants dans les médias et au Congrès pour maintenir une campagne de vilification de la Russie et laissent leur marionnette Brzezinski se déchaîner aussi contre elle et dire que « l’influence mondiale des USA dépend de leur coopération avec la Chine ». Le but est de menacer la Russie pour l’amener à se montrer coopérative et de placer ces jetons sur la table de négociation à l’usage de Trump. En conformité avec l’approche traditionnelle « bon flic-méchant flic », Donald est distribué dans le rôle du « bon flic », celui qui veut de bonnes relations avec la Russie, et le Congrès, les médias et Brzezinski dans celui du « mauvais flic ». Ceci est censé aider Trump à négocier avec un Poutine forcé de voir dans quelle situation précaire se trouve son ami, ce qui ne peut manquer de l’amener à faire des concessions dans le sens où on veut qu’il les fasse.

Et ceci nous amène à la manière dont Taïwan – et le Japon – se retrouvent dans la combine. « Donald fait voir le virage russe en parlant aux Taïwanais ; il leur démontre que le changement d’orientation est sérieux. Mais il a été décidé d’impliquer le Japon dans la combine en lui faisant jouer le rôle du prédateur acharné sur l’industrie US, par une  attaque contre Toyota largement méritée. Cela a servi à modérer au moins les apparences, quand les Maîtres ont eu peur que nos efforts pour dresser le Japon contre la Chine aient trop l’air d’une provocation ».

Attendez-vous donc à ce que la Chine – comme le préconise le « pas si important que ça » Kissinger – soit mise sous surveillance non-stop : « Les Maîtres ont décidé de réindustrialiser les États-Unis et veulent pour cela rapatrier les emplois qu’ils ont délocalisés en Chine. C’est d’ailleurs souhaitable d’un point de vue chinois, car pourquoi vendraient-ils leur force de travail aux USA pour un dollar qui n’a plus aucune valeur intrinsèque, ne retirant donc pratiquement rien de ce travail. Les Chinois devraient avoir bientôt une voiture dans chaque garage d’ouvrier; ils vont devenir un plus grand constructeur d’automobiles que l’U.E. et le Japon réunis, et leur nation gardera sa richesse chez elle.

 

Et pourquoi la Chine plutôt que la Russie ?

« La Russie étant, dans ce sens-là, un pays qui jouit de ressources naturelles et d’un complexe militaro-industriel (ce dernier point étant la seule raison pour laquelle elle est respectée) peut se dispenser de toute pratique commerciale brutale puisqu’elle n’exporte pratiquement que des ressources naturelles et des armes. Les Maîtres veulent rapatrier les emplois du Mexique et d’Asie, ceci incluant le Japon, Taïwan, etc., et cela se voit bien dans l’attaque de Trump contre le Japon. La principale raison sous-jacente est que les USA ont perdu le contrôle des mers et ne pourraient pas assurer la protection de leurs composantes militaires en cas de conflit majeur. C’est tout ce qui importe à présent, et c’est cela l’histoire gigantesque derrière le décor. »

En pas plus de quelques mots, « X » décrit l’inversion d’un cycle économique : « Les Maîtres ont gagné énormément d’argent en transférant les industries US en Asie (Bain Capital s’y est spécialisée) et Wall Street a gagné énormément d’argent, grâce aux taux d’intérêt réduits sur les dollars recyclés des déficits commerciaux. Mais, à présent, la question est stratégique et ils gagnent de l’argent sur le retour des industries, en réduisant leurs investissements en Asie et en les rapatriant aux États-Unis tandis que nous sommes occupés à reconstruire la production intérieure ».

« X » continue à beaucoup aimer la stratégie commerciale de Henry Ford, et c’est par ce biais qu’il aborde le thème crucial : celui de la défense nationale. Selon « X », « Ford a doublé les salaires qu’il payait à son personnel et il a gagné plus d’argent que n’importe lequel des autres industriels. La raison était qu’un salaire vivant – là où la mère pouvait élever beaucoup d’enfants grâce au salaire de son mari – était psychologiquement bon pour la productivité dans ses usines, et que ses ouvriers pouvaient se payer ses voitures. Il reconnut donc que, dans une société, il faut une juste redistribution de la richesse, chose que son admirateur Steve Jobs ne pouvait pas faire.

La productivité de masse de Henry fit l’émerveillement du monde, et c’est ce qui fit gagner la IIe guerre mondiale par les États-Unis. Amazon ne contribue en rien à la défense nationale, n’étant guère qu’un service de marketing sur Internet fondé sur des programmes informatiques, et Google non plus, qui ne fait qu’organiser au mieux des données. Rien de tout cela ne sert à construire de meilleurs missiles ou de meilleurs sous-marins, excepté d’une façon très marginale ».

 

C’est le Pentagone, idiot !

Donc, oui, tout ceci a quelque chose à voir avec la réorganisation des armées US. « X » a mis un point d’honneur à se référer à un rapport du CNAS [Center for a New American Security, ndt] que j’ai mentionné, en matière d’armes, ce qui va dans le sens de la remarque de Brzezinski disant que nous ne sommes plus une puissance mondiale ».

© Sputnik / Dimitry Vinogradov

Voici une analyse minutieuse et d'envergure de la manière dont les Russes se sont débrouillés pour organiser la meilleure force armée du monde. Et elle ne prend même pas en compte les systèmes de défense anti-missiles S-500 qu’ils sont en train de déployer, grâce auquel ils bouclent pratiquement la totalité de l’espace aérien russe. Et la génération suivante – S-600 ? – sera encore plus puissante.

« X » s’aventure très loin dans le territoire tabou de l‘État profond en révélant comment la Russie, au cours de la décennie écoulée, a réussi a devancer de si loin les États-Unis, « à les éclipser en tant que pouvoir militaire le plus puissant ». Mais la partie pourrait être loin d’être finie, que cela soit vœu pieux ou autre chose : « Nous espérons que le secrétaire d’État James Mattis comprendra ceci et que le sous-secrétaire à la Défense a des connaissances technologiques suffisantes, une réelle compétence organisatrice et assez de prévoyance pour se rendre compte que les armes de la IIIe guerre mondiale sont les missiles offensifs et défensifs et les sous-marins, et non plus la puissance aérienne, les tanks et les porte-avions ».

Réaliste, « X » admet que les champions  néo-cons du statu quo fauteurs de guerres – représentés par la plupart des factions de l’État profond US – n’abandonneront jamais leur attitude d’hostilité invétérée  à l’égard de la Russie. Mais il préfère se focaliser sur le changement : « Laissons Tillerson réorganiser le Département d’État à la manière efficace d’Exxon. Lui et Mattis peuvent être des sans-couilles, mais si vous dites la vérité au Sénat, vous pouvez ne pas être nommé. C’est pourquoi ce qu’ils disent ne signifie rien. Mais notez ceci à propos de la Libye : le but poursuivi par la CIA était de chasser les Chinois d’Afrique. C’est aussi celui de l’AFRICOM. Un des secrets de notre intervention en Libye ».

Pas que ça ait fonctionné ; l’OTAN et l’AFRICOM ont fait de la Libye un désert en proie aux milices, et la Chine n’a pas été chassée du reste de l’Afrique.

« X » admet aussi : « La Syrie et l’Iran sont des lignes rouges à ne pas franchir pour la Russie. Et aussi l’est de l’Ukraine au-dela du Dnieper ». Il est absolument sûr que Moscou ne permettra aucune manoeuvre du genre changement de régime à Téhéran. Et il a bien conscience aussi que « les investissements chinois dans le pétrole et le gaz iraniens impliquent que la Chine non plus ne permettra pas un renversement du gouvernement iranien par Washington ».

Les choses deviennent réellement coriaces quand on en arrive à l’OTAN ; « X » est persuadé que la Russie envahira la Roumanie et la Pologne si les missiles de l’OTAN ne sont pas retirés de Roumanie et si l’engagement des missiles en Pologne n’est pas annulé. Ce ne sont pas les missiles défensifs sans valeur des États-Unis qui sont en cause, mais le fait que ces missiles puissent être remplacés, dans ces silos, par des missiles offensifs nucléaires. La Russie ne tolérera pas ce risque. La question n’est pas négociable ».

© Sputnik/Maksim Bogovid.

À l’opposé de la « menace perpétuelle » de la perpétuelle propagande du parti de la guerre US, Moscou se concentre sur les faits tels qu’ils existent sur le terrain depuis les années 1990 : la destruction de l’allié slave historique serbe et l’annexion des nations du pacte de Varsovie et même de plusieurs républiques de l’ancienne URSS, pour ne rien dire des tentatives d’annexer même la Géorgie et l’Ukraine ; le déploiement de révolutions colorées par les États-Unis ; le fiasco de l’« Assad doit partir » en guise de changement de régime forcé pour la Syrie incluant même l’armement de djihadistes salafistes ; des sanctions économiques ; une guerre du prix du pétrole et des raids sur le rouble ; plus, bien sûr, un harcèlement non-stop de la part de l’OTAN.

« X », parfaitement au courant des faits, ajoute : « La Russie a toujours voulu la paix. Mais les Russes ne vont pas jouer au petit jeu des Maîtres de l’Univers, avec, pour stratagème négociatoire, Trump dans le rôle du brave type accommodant et le Congrès, la CIA, etc., dans celui des empêcheurs de s’entendre en rond. Un stratagème, c’est ainsi qu’ils voient les choses. Ils ne prennent certainement pas ce cirque pour quelque chose de réel ».

 

17 bis. marionnettes balinaises.jpg

 

Le cirque peut n’être qu’une illusion. Ou du wayang – un théâtre de marionnettes balinaises – comme je l’ai suggéré. « X » avance une interprétation impeccable du jeu d’ombres qui nous attend selon le point de vue de Moscou, s’accordant « quelques mois pour voir dans quelle mesure Poutine arrivera à mettre sur pieds avec Trump une détente d’où puisse sortir une Ukraine orientale autonome, un traité de paix en Syrie avec Assad en place et un retrait des forces de l’OTAN jusqu’à leur ligne “de défense” de l’époque Reagan ».

Qui l’emportera, les Maîtres ou l’État profond ? Préparez-vous à l’impact.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/46278.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

  

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

La destruction des BRICS continue. Et même pire…

 

Parce qu’il est d’une importance extrême, bien que nous ne soyons pas en mesure de vous le traduire aujourd’hui, nous publions ci-dessous, dans sa version originale, l’article de Peter KOENIG « Le crime du siècle – Un génocide financier », qui annonce des centaines de milliers, mais plus probablement des millions de morts en Inde, suite au coup de force monétaire qui vient de s’y produire (voir notre post précédent) sous la houlette de Washington et de quelques maîtres occultes du monde de la finance, avec, bien entendu, la complicité active du personnel politique au pouvoir en Inde.

Nos lecteurs se rappelleront que l’avocat constitutionnaliste US Me James W. WHITEHEAD avait tiré, il y a des mois, la sonnette d’alarme, annonçant ce mauvais coup en préparation tant contre les citoyens US que contre les autres peuples du monde.

Il y a gros à parier que Peter KOENIG a raison, que ceci n’est qu’un test et que le peuple Hindou sert de cobaye avant que soit déclenchée la « full spectrum dominance » financière.

Prochain test ? Il est en cours : dans les pays scandinaves Danemark, Suède et Finlande. Les premières directives de la Commission Européenne en la matière datent de… 2011. Tout est prêt : http://ec.europa.eu/finance/payments/emoney/index_fr.htm

 

India – Crime of the Century – Financial Genocide

Peter Koenig – ICH 20 janvier 2017

 

18. india-obama-Morsi.jpg

 

A Financial genocide, if there was ever one. Death by demonetization, probably killing hundreds of thousands, if not millions of people, through famine, disease, even desperation and suicide – because most of India’s money was declared invalid. The official weak reason for this purposefully manufactured human disaster is fighting counterfeiting. What a flagrant lie! The real cause is of course – you guessed it – an order from Washington.

On 8 November, Narendra Modi, the Indian Prime Minister, brutally declared all 500 (US$ 7) and 1,000 rupee-notes invalid, unless exchanged or deposited in a bank or post office account until 31 December 2016. After this date, all unexchanged ‘old’ money is invalid – lost. Barely half of Indians have bank accounts.

The final goal is speedy global demonetization. India is a test case – a huge one, covering 1.3 billion people. If it works in India, it works throughout the developing world. That’s the evil thought behind it. “Tests” are already running in Europe.

The Nordic countries, Sweden, Denmark, Finland, are moving rapidly towards cashless societies. Electronic money, instead of cash, allows the hegemon to control the entire western world, all those who are enslaved to the dollar monetary system. Meaning literally everybody outside the Shanghai Cooperation Organization (SCO) that includes, China, Russia, most of Central Asia, Iran, Pakistan and – yes, India is an apparent candidate to join the SCO alliance.

There was no limit set in rupee amounts that were allowed to be deposited in bank or postal accounts. But exchanges or withdrawals were limited the first two days to 2,000 rupees, later to 4,000 rupees, with promises to further increases ‘later on’. The restrictions have to do with limited new bank notes available. The new money is issued in denominations of 500 and 2,000 rupee-notes.

On 9 November, none of the country’s ATM machines were functioning. Withdrawing money was possible only from banks. Queues behind bank counters were endless – lasting hours and in some cases days. Often times, once at the teller, the bank was out of cash. Imagine the millions, perhaps billions of labor hours – production time and wages – lost – lost mostly by the poor.

The banned bank notes constitute about 85% in value of all cash in circulation. India is a cash society. About 97% of all transactions are carried out in cash. Only slightly more than half the Indian population has bank accounts; and only about half of them have been used in the last three months. Credit or debit cards are extremely scarce – basically limited to the ‘creditworthy’ elite.

In rural areas, where most of the poor live, banks are scarce or none existent. The poor and poorest of the poor, again – as usual – are those who suffer most. Hundreds of thousands of them have lost almost all they have and will be unable to fend for their families, buying food and medication.

According to most media reports, Modi’s demonetization was an arbitrary decision. Be sure, there is nothing arbitrary behind this decision. As reported on 1 January 2017 by German investigative business journalist, Norbert Haering, in his blog, “Money and More”, this move was well prepared and financed by Washington through USAID (http://norberthaering.de/en/home/27-german/news/745-washi...). Mr. Modi didn’t even bother presenting the idea to the Parliament for debate.

Read more…

Sources : http://www.informationclearinghouse.info/46274.htm

Sous le titre  « Death by Demonetisation »

http://www.globalresearch.ca/india-death-by-demonetizatio...

http://www.asia-pacificresearch.com/india-death-by-demone...

Voir aussi :

James W. Whitehead :

https://www.rutherford.org/publications_resources/john_wh...

Rutherford Institute : https://www.rutherford.org/

Elinor Solomon : Electronic money flows (e-book)

https://www.kobo.com/be/fr/ebook/electronic-money-flows?c...

 

 

2. usa--bald-hawk- xxx.gif

 

 

Mis en ligne le 25 janvier 2017

 

 

 

 

 

21:56 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/01/2017

NAISSANCE, CROISSANCE ET AGONIE DE L'EUROPE AMÉRICAINE

1. Europe 5.jpg

 

2. titre_manuel xx.GIF

3. Manuel de Diéguez xxx.JPG

Naissance, croissance et agonie de l'Europe américaine

 

1 - Naissance de l'Europe américaine
2 - Première étape de la vassalisation: de 1945 à 1949
3 - Seconde étape de la mise en tutelle de l'Europe : 1949-1989
4 - Les archives de l'Europe américaine
5 - De la chute du mur de Berlin à nos jours
6 - Une science des déclins

 

1 - Naissance de l'Europe américaine

La vassalité sépulcrale de l'Europe aura duré près de trois quarts de siècle - cette épreuve se sera étendue sur le même empire du temps que celui entre la mort de Louis XVIII en 1824 et l'inauguration de la première ligne du métro de Paris en 1900.

Dès le lendemain de la Libération, le chef du gouvernement, qu'on appelait le Président du Conseil sous la IIIe République, se trouvait à nouveau entre les mains de Léon Blum, l'homme des grèves de 1936, de la semaine de quarante heures et du pourfendeur du mariage. Aux côtés du ministre américain de l'époque, M. James Byrnes, il avait tenté, avec la signature des "Accords Blum-Byrnes" de 1946, de placer le cinéma français sous le contrôle étroit de Hollywood - un quota écrasant de films américains allait occuper obligatoirement les écrans français, face à une cinématographie nationale réduite à la portion congrue.

Il faudra attendre de longues années pour que la IVe République se décide à courir au secours du cinquième art. Une loi subventionnera les films français par le détour de prêts sur recettes - mais le cinéma allemand ne retrouvera sa respiration que beaucoup plus tard dans une Allemagne condamnée à demeurer divisée jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989.

Les historiens diviseront le siècle tombal de l'Europe en trois périodes. La première s'est étendue de 1945 à 1949, à l'heure des premiers pas de la guerre froide. La seconde, de l'expansion du marxisme d'État jusqu'à l'effondrement du messianisme prolétarien, qui avait créé une nouvelle ecclésiocratie du salut et de la rédemption, fondé sur la nouvelle bible de l'humanité, Le Capital, du prophète Karl Marx. La troisième période a inauguré son règne depuis la réunification de l'Allemagne, au cours de laquelle l'Amérique est parvenue à graver dans les constitutions dites démocratiques de toute l'Europe, le principe de l'occupation perpétuelle du continent de Copernic et de Christophe Colomb, par cinq cents bases militaires, de Ramstein à Sigonella et de la Belgique à la Pologne et à la Roumanie.

Lire la suite…

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

 

Et quelques nouvelles pas toutes du jour mais toutes intéressantes…

 

5. logo entrefilets.png

 

2017, le grand basculement ?

entrefilets.com6 janvier 2017

 

6. basculement.jpg

 

L’effondrement de l’Empire atlantiste et de sa contre-civilisation tourne au tragi-comique. Le spectacle est tellement désolant que l’on se surprend même à éprouver une certaine gêne devant la petitesse des acteurs pris au piège de cet épilogue pourtant historique.

La gêne par exemple de voir le minuscule Obama se ridiculiser encore davantage en donnant des coups de pieds rageurs dans son château de sable ; de voir aussi la volaille merdiatique occidentale s’obstiner à piailler en perdant ses dernières plumes de crédibilité ; de voir encore la panique des prétendants au trône hexagonal devant leur propre vacuité ; de voir enfin la sublime élite européenne se persuader qu’elle a encore un rôle à jouer. La gêne en somme de voir toute la caste dirigeante de l’hyper-Titanic atlantiste s’avilir jusqu’au grotesque pour arracher encore au temps qui les vomit quelques lambeaux de vie. 2017 descend pourtant sur leur nuque comme un impeccable couperet. L’année du grand basculement ?

L’Empire en voie d’extinction

On voyait bien la bête pourrir sur pied depuis quelques années mais le millésime 2016 aura été admirablement dévastateur pour l’Empire atlantiste. C’est l’année où tous les derniers joints de l’édifice ont pour ainsi dire pété en même temps.

Le Brexit ; l’éviction du gang Clinton par le déplorable Trump ; la montée irrésistible en Europe des partis souverainistes ; la perte totale de crédibilité de la machine à enfumer merdiatique après la chute d’Alep, bref, autant de déculottées qui ont poussé toute la pègre ultralibérale de l’Empire dans les cordes.

 

7. Europe vs Brexit.gif

Matrice et capitainerie du Système, les États-Unis en ont pris pour leur grade, nécessairement. De l’Ukraine à la Syrie en passant par la Libye ou par l’Irak, toutes leurs opérations de regime change ont foiré lamentablement.

Sans nous appesantir sur le désormais « failed state » ukrainien, la perte d’Alep en décembre dernier représente sans conteste le coup de grâce, l’humiliation ultime d’une machine à dévorer le monde qui va devoir s’habituer à bouffer désormais la compote à la paille.

Lire la suite…

Source : http://www.entrefilets.com/2017%20le%20grand%20basculemen...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Cela va sans dire… et mieux encore en le disant :

 

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine.

Bruno Guigue – Arrêt sur Info12 janvier 2017

 

8. usa bombardements.jpg

 

Pour justifier l’ingérence dans les affaires des autres, Washington manifeste à la fois un véritable génie de l’affabulation et un manque évident d’imagination. Les dirigeants US n’oublient jamais d’inventer une histoire à dormir debout, mais elle a toujours un air de déjà-vu. Le plus étonnant n’est pas que Washington fasse preuve d’une telle répétition dans son répertoire, c’est plutôt qu’on semble le découvrir à chaque fois. En attendant, les faits parlent d’eux-mêmes. L’analyse des conflits du demi-siècle écoulé révèle le même modus operandi, elle fait apparaître les mêmes grosses ficelles.

Premier cas d’école, la guerre du Vietnam. En août 1964, le fameux incident du Golfe du Tonkin fait subitement basculer l’opinion américaine dans le camp belliciste. Des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes, accuse Washington, ont attaqué le destroyer de la Navy « Maddox » au milieu des eaux internationales le 2 août. Dans un contexte de tensions entre Washington et Hanoï, la Maison-Blanche soutient que cette provocation communiste ne peut rester sans réponse. Mis sous pression, le Congrès des Etats-Unis autorise le président Johnson, le 7 août, à riposter militairement. Dans les mois qui suivent, des centaines de milliers de soldats volent au secours du régime sud-vietnamien et les bombardiers US pilonnent les positions nord-vietnamiennes.

Lire la suite…

Source : http://arretsurinfo.ch/mensonge-fausse-banniere-et-videos...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Spécial Cirque électoral France

L’effrayante primaire de la belle arnaque populaire.

Ariane Walter – Le Grand Soir 15 janvier 2017

 

9. Ariane Walter arnaque.jpg

 

Oui, c’est effrayant. De gros bavards qui mixent dans le vide. Ils parlent vite, vite, parce qu’ils n’ont rien à dire d’honnête ; ils ne répondent jamais, jamais, à la question posée ; ils partent à Brest quand tu leur dis que tu vas à Marseille. La honte. la honte pour eux, La honte pour nous. Je dirai que la droite est plus audible que la gauche, car du moins la droite dit clairement : "On va vous baiser." La gauche sait qu’elle va le faire mais il lui faut noyer le poisson dans un torrent de boue ; Ecœurant.

J’ai regardé un peu. Jusqu’à la limite de mes forces. Puis je suis passée sur la 2 pour un doc furieusement anti-Trump. Il a un gros, gros défaut Trump, mais alors énorme, il serait pro-Israël avec son beau-fils le Juif ! Mais dites-moi, on n’a pas Tel-Aviv chez nous aux premières loges ? On n’est pas les bassets de la War Americana et des marchands d’armes ? Nous ne sommes pas, nous même des marchands d’armes réputés qui ont besoin de la guerre pour vivre, épuisant le sol, détruisant des pays entiers ! Et tout cela sous la bénédiction de ces abominables socialistes prêts à tout, même à laisser tuer leurs concitoyens pour garder le pouvoir ? Vendre leurs âmes et nos corps et notre santé et notre présent et notre passé pour vivre sous les ors de la République ?

Il est évident que celui qui va gagner demain n’était pas hier sur les écrans.

Voilà un premier coup de balai.

Un conseil à Mélenchon.

Ne t’approche pas d’un seul de ces gangsters mondains. Même pas à cent mètres. Ou tu es mort définitivement.

Fais ta route tout seul ou ce sera une impasse.

Et je dirai une impasse honteuse.

Tu t’es laissé beurrer par le PCF en 2012, ne refais pas la même erreur ou tu prendras ta retraite à Naze-City.

N’oublie pas Sanders, à qui tu te compares et qui, lui aussi, a fini dans les bras de Clinton-pizzagate.

On en est à un point où, curieusement, en politique, il faut être honnête ou il faut crever.

Merci Poutine.

Qui confronté à un avion abattu par l’ennemi et sachant qui a frappé, ne déclenche pas la guerre qui mettrait notre monde à feu et à sang. (Ceci est mon opinion.)

Je terminerai sur un bon moment de cette semaine.

Reçue chez les petits marquis d’Arte, Fanny Ardant les a traités de laquais de l’impérialisme américain ! C’était un moment comme un diamant.

Merci, madame. Grande dame. Car on sait assez comment, dans ce métier, les vengeances sont foudroyantes.

Bien.

Pour nous, les amis, la guerre continue.

Jusqu’à la paix des Braves.

On va se revoir.

Courage.

Et hier soir, en voyant ces minables, nous avons bu à grandes gorgées, le courage notre révolte.

4. chouette d'Athéna.GIF

Puisqu’on en parle, la voilà :

 

Fanny Ardant sur la Russie : Un contre-pouvoir à l’Amérique.

 

10. Fanny Ardant.jpg


Venue présenter son nouveau film Le Divan de Staline (avec Gérard Depardieu) sur le plateau de l’émission « 28 minutes » sur Arte, l'actrice Fanny Ardant a cloué le bec aux journalistes, les invitant à balayer devant leur porte et à faire preuve d'un peu plus d'objectivité quand il s'agit d'aborder le thème de la Russie. Le tout en moins de deux minutes !

Alors qu'on lui demandait si elle n'avait pas l'impression « qu'on confond la culture russe et la Russie politique », Fanny Ardant a interloqué les journalistes d'Arte en leur lançant sans sourciller :

 

« Vous êtes contents quand même qu'il y ait un contre-pouvoir à l'Amérique ? Ou vous êtes tellement des laquais de l'Amérique que vous n'en voudriez pas ? »

 

L'actrice française, qui déclare détester les étiquettes, a poursuivi son discours en qualifiant la Russie de « contre-pouvoir » à l'Amérique. Refusant de discuter de Poutine car elle « ne connaît pas les tenants et les aboutissants », Fanny Ardant a remarqué que, les journalistes ayant la fâcheuse habitude de « diaboliser toujours quelqu'un », la Russie était devenue « le bouc émissaire ».

Selon elle, ce n'est que maintenant, suite à l'arrivée de ce « contre-pouvoir » à l'Amérique incarné par la Russie, que les habitants de l'Occident commencent à comprendre que depuis longtemps ils se trouvaient sous l'influence de l'impérialisme américain.

L'actrice n'a pas mâché ses mots, dénonçant l'hypocrisie des grands médias et soulignant que l'Occident « se croit toujours autorisé à distribuer des bons et des mauvais points ».

 

« Je sais simplement que quand on ouvre un bulletin d'informations, il y a la pensée unique sur les mêmes hommes et les mêmes choses », s'est-elle insurgée.

 

Ayant toujours adoré la culture russe et l'âme slave, Fanny Ardant vient de sortir son troisième film en tant que réalisatrice, Le divan de Staline, avec Gérard Depardieu dans le rôle principal.

 

ARTE ayant fait supprimer « pour des questions de droits d’auteur » sa vidéo mise en ligne par Sputnik, nous la remplaçons par celle-ci, d’une autre provenance.

 

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Et puisqu’on y est :

 

Le divan de Staline

Bande-annonce

 


 

Remarques :

  1. L’histoire n’est pas d’elle.
  2. Staline avait encore ses cheveux et pas de ventre. La moustache à Depardieu a l’air fausse. [De Niro se serait fait maigrir et aurait laissé pousser la sienne. Évidemment, pour les cheveux…].

Mais qui sommes-nous pour chipoter ?

 

4. chouette d'Athéna.GIF

 

Attendez-vous-y chez vous !

Un secret de polichinelle bien gardé

Washington est derrière la brutale expérience indienne d’abolition de l’argent liquide.

Norbert Häring  – 1er janvier 2017

 

11. Secret de polichinelle.jpg

Indiens faisant la queue devant une banque

 

Début novembre, sans préavis, le gouvernement indien a déclaré invalides les deux billets de banque de plus grande valeur, abolissant plus de 80 % de la valeur d’argent en circulation. Malgré toute l’agitation et l’indignation qui en ont résulté, personne ne semble avoir pris conscience du rôle décisif qu’a joué Washington dans cette décision. C’est surprenant, car ce rôle a été à peine dissimulé.

Le président américain Barack Obama a déclaré que le partenariat stratégique avec l’Inde était une priorité de sa politique étrangère. La Chine doit être maîtrisée. Dans le cadre de ce partenariat, l’agence américaine de développement USAID a négocié des accords de coopération avec le ministère indien des Finances. L’un d’eux a pour objectif déclaré de repousser l’utilisation de l’argent liquide en faveur des paiements numériques, en Inde mais aussi dans le monde entier.

Lire la suite…

Source : norberthaering.de

Via : http://lesakerfrancophone.fr/un-secret-de-polichinelle-bi...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

« Prostituées, douche dorée, lit d’Obama : enfin des révélations sur le rapport contre Trump ! »

Pour ceux que les fantasmes des spécialistes ès enfumage US intéressent encore, c’est ici

0. freccia nera piccola.GIF

https://fr.sputniknews.com/international/2017011110295393...

 

Les autres peuvent sauter à la case suivante.

 

  « Les douches dorées » : une lettre de Zinoviev 2017 ?

Neil Clark – RT – 14 janvier 2017

 

12. Trump parapluie.jpg

 

À peine pensait-on que les « fake news » (fausses informations) avaient donné tout leur jus, que BuzzFeed surgit pour en rajouter une couche. La publication, par ce site, d’un dossier bidon – non vérifié et bourré d’allégations gratuites – sur Donald Trump et ses prétendus liens avec la Russie marque un nouveau palier dans la descente sans fin du niveau journalistique.

Cela montre à quel point de désespoir en sont arrivés ceux qui essaient à toute force de saboter des relations meilleures entre les États-Unis et la Russie.

Le document – comme BuzzFeed lui-même le reconnaît – a été concocté par des « opposants politiques » à Donald Trump et remis au FBI par le fauteur de guerres en série et anti-russe obsessionnel John McCain.

Des « sources très bien informées » ont aussi prétendu que le document en question était l’œuvre d’un ancien agent du MI6, dont on nous dit qu’il aurait « plongé dans la clandestinité ».

Si tout cela est vrai, l’entrée en jeu de James Bond ne serait pas une surprise absolue. Car lorsqu’il est question de subvertir la démocratie en jouant la carte du « péril russe », les services secrets britanniques peuvent se targuer d’une assez grande expérience. De fait, le dossier « Douches dorées », et la manière dont il a été porté à l’attention du public,  présente des ressemblances troublantes avec une autre révélation bidon qui a circulé en 1924 et dont le but, justement, avait été de mettre un terme au rapprochement du Royaume Uni avec la Russie.

En janvier de cette année-là, le tout premier gouvernement travailliste de l’histoire d’Angleterre est arrivé au pouvoir. Le programme économique du Labour était timide, mais ce qui alarma surtout l’establishment, ce fut le désir exprimé par ce parti d’améliorer les relations avec l’Union soviétique. Le Premier ministre Ramsay MacDonald reconnut officiellement le gouvernement soviétique au mois de février, proposa de nouveaux accords avec Moscou et ouvrit des négociations pour un prêt du Royaume Uni à l’URSS.

Mais cela n'allait tout simplement pas être autorisé à se produire. Après que le Procureur général travailliste eût abandonné les charges contre un écrivain communiste qui avait incité les soldats à ne pas tirer sur « leurs frères ouvriers » lors d’une grève, les Libéraux et les Conservateurs s’unirent pour réclamer une enquête, dont la motion fut rédigée par Sir John Simon, qui devait plus tard qualifier l’incident de « Trumpery » (oripeau).

De nouvelles élections furent convoquées pour la fin d’octobre. Quatre jours tout juste avant qu’elles aient lieu : sensation ! Sous les titres « Plan de guerre civile des maîtres des socialistes : les ordres de Moscou à nos Rouges » - « Découverte d’un grand complot », une lettre fut publiée par le Daily Mail, provenant, prétendit-on, d’un dirigeant bolchevique : Grigory Zinoviev.

Cette lettre était marquée « top secret » et transmettait des instructions quant à la manière de provoquer une révolution en Grande Bretagne. Elle ajoutait que la reconnaissance de l’URSS par le gouvernement travailliste aiderait beaucoup la cause communiste.

Le Kremlin contesta avec véhémence l’authenticité du document. « Hé, que voulez-vous qu’ils disent d’autre ? », firent les anti-russes avec un clin d’œil entendu.

« La lettre rouge provoqua un grand émoi » a écrit l’historien A.J.P. Taylor. « Le parti travailliste fut accusé de complicité avec les Russes, ou alors d’être leur dupe ».

Les Tories auraient peut-être gagné les élections de toute façon, mais le coup avait porté grand tort au Labour qui perdit 40 sièges. Les Conservateurs revinrent au pouvoir après en avoir été éloignés moins d’un an et ne signèrent pas de traités avec Moscou. L’establishment anti-russe put se rendormir sur ses deux oreilles : l’isolement de l’Union soviétique allait pouvoir se poursuivre.

C’est aujourd’hui un fait universellement admis que la lettre de Zinoviev était un faux grossier. En 1999, un nouveau rapport réclamé par le ministre des Affaires étrangères travailliste Robin Cook a révélé que la lettre avait été fabriquée par la source d’un agent du MI6 et « probablement transmise par quelqu’un du SIS (les services d’espionnage connus sous l’appellation de MI6) au Bureau Central du parti Conservateur. »

En 1924, c’est donc le Kremlin qui disait la vérité. Et c’étaient ceux qui ne voulaient surtout pas de meilleures relations avec Moscou, les barbouzes, les politicards anti-russes  et leurs hommes à tout faire des médias qui avaient répandu des « informations fausses ». Quelqu’un d’autre que moi fait-il le parallèle avec aujourd’hui ?

La lettre de Zinoviev de 1924 n’est pas le seul exemple d’intervention des service secrets britanniques dans le but de saboter les relations du pays avec Moscou. Dans son livre de 1987, Spycatcher [inédit en français ndt] Peter Wright  révèle des complots du MI5 (et de la CIA) pour déstabiliser le Premier ministre travailliste Harold Wilson, dans les années 1960 et 70. On sait que le MI5 a conservé un dossier secret sur Wilson pendant toutes ses années au parlement (de 1945 à 1983).

Les opposants à Wilson l’ont accusé d’être « paranoïaque », mais, comme l’a fait remarquer Joseph Heller dans Catch 22, ce n’est pas parce que vous êtes parano qu’ils n’en ont pas après vous. À présent, en 2017, la cible n’est plus Ramsay MacDonald ou Harold Wilson, c’est Donald Trump.

« Les douches dorées », document aussi louche que la lettre de Zinoviev, poursuit exactement le même but : anéantir tous les espoirs de meilleures relations avec la Russie et forcer à la poursuite de la guerre froide.

Si Le Donald persiste à vouloir établir un nouveau partenariat avec la Russie, soyez sûrs qu’on nous dira que c’est parce que Poutine le fait chanter, qu’il n'y a pas d’autre explication possible. Bien sûr, ce sont en réalité les services secrets occidentaux et leurs féaux serviteurs de la politique et des médias qui pratiquent le chantage. Le message qu’ils envoient à tout dirigeant éventuel des États-Unis ou de Grande Bretagne est clair : si vous ne vous alignez pas sur les diktats de l’establishment à propos de la Russie, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous détruire. Les pressions qui s’exercent sur Donald Trump pour le forcer à se coucher sont effarantes. C’est cette tentative d’intimider brutalement les « dissidents » de la politique étrangère pour qu’ils s’alignent sur la volonté de l’État Profond et l’ardeur complice des médias à diffuser leurs «fausses informations» pour imposer leur programme qui font les sujets importants. Quand il s’est agi du PizzaGate, tout le monde s’est contenté d’en rire, mais dès lors qu’il a été question de « douches dorées », cela a aussitôt été « Vrai ou pas vraie, cette histoire est importante et il faut qu’elle soit mise sur le tapis ». 

Et tout ça, c’est la faute à la géopolitique.

Pour mettre à jour la citation d’A.J.P. Taylor à propos des travaillistes et de la lettre de Zinoviev : Trump a été dénoncé comme complice des Russes ou au moins comme leur dupe. Et il en ira de même pour toute personnalité publique qui voudra changer la politique étrangère du camp occidental.

Si on veut comprendre pourquoi la perspective de meilleures relations avec la Russie terrifie à ce point l’État Profond, tout ce qu’il y a besoin de faire – comme je l’ai déjà noté ici – c’est suivre la piste de l’argent. Ainsi qu’aurait pu le dire le grand Upton Sinclair, c’est dur de faire comprendre à quelqu’un qu’il n’y a pas de « péril russe », si son (très haut) salaire dépend de l’existence d’un « péril russe » et de sa promotion agressive.

Pour justifier son énorme budget – particulièrement en temps d’« austérité » – le MI6 a, tout comme l’OTAN, besoin d’un épouvantail russe. Pas plus tard qu’en décembre dernier, le chef de ce service, Alex Younger, s’en est pris à la Russie pour ses opérations en Syrie qui ont, c’est vrai, mis en échec les plans des Anglais, des Américains et de leurs alliés pour provoquer un changement de régime dans ce pays. Il n’est pas inintéressant de noter que ce ne sont pas seulement les « douches dorées » mais aussi les accusations de « hacking » par la Russie qui trouvent leur origine dans les services secrets anglais.

Ensuite, bien sûr, vous avez tous les grands pontes « experts » et « consultants », dont les salaires sont payés par des think tanks « non partisans », néanmoins financés par des « sociétés de défense » US. Et les belliqueux politiciens appâteurs d’ours dont les campagnes sont financées par l’establishment militaro-industriel.

L’hyper-faucon de la guerre froide Henry « Scoop » Jackson, dont le nom survit dans le think tank Henry Jackson Society, avait été surnommé « le sénateur de chez Boeing » à cause de ses liens avec l’industrie de l’armement.

Les populations des États-Unis et de Grande Bretagne pourraient souhaiter que leurs pays respectifs entretiennent de meilleures relations avec la Russie et oeuvrent avec elle à l’éradication des périls véritables tels qu’ISIS (État Islamique, ex-ISIL). Le problème hélas, c’est qu’il y a trop de monde, dans les cercles du pouvoir, qui ne le veulent absolument pas.

Gens de gauche anglais qui trouvez drôle ce qui arrive à Trump, méfiez-vous. Car la même stratégie sera déployée contre le dirigeant de votre Labour Party Jeremy Corbyn, s’il continue à défier les barbouzes et les gardiens de but néocons en appelant à une fin de la guerre froide bis. Qui sait ? Un dossier douteux sur « Corbyn le Collabo » pourrait bien être déjà prêt à circuler grâce à quelques journalistes « sympathiques » et sites web anti-russes dont l’opposition de principe aux « informations fausses » et à la propagation d’affirmations sans fondement s'évanouira comme par enchantement. [Ça y est, c’est fait : http://www.informationclearinghouse.info/46246.htm ! ndt]

Source : https://www.rt.com/op-edge/373676-buzzfeed-golden-showers...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

4. chouette d'Athéna.GIF

À quoi bon lésiner ?

Dans le même ordre d’idées…

(Glané sur Antipresse)

 

L’art du croche-pied à la Maison-Blanche

ENFUMAGES par Fernand Le Pic

 

13. enfumage 2.JPG

 

Au lendemain de l’élection de Donald Trump, Obama reçoit le vainqueur à la maison blanche. Le président élu lance les satisfecit à tout va parlant d’un meeting excellent pour cette première rencontre entre les deux hommes. Obama confirme qu’il fera tout pour que la transition fonctionne bien car pour lui «la transmission pacifique du pouvoir est l’une des caractéristiques de la démocratie». Quelques jours plus tard, dans une mise en scène un peu surfaite, c’est d’Athènes qu’il renouvelle sa garantie pour une «transition douce». Il ajoute qu’en sa qualité de président des États-Unis il se sent responsable de tout faire pour «faciliter une bonne transition».

Il n’a pas fallu longtemps pour découvrir que derrière ses promesses glamour prononcées devant des parterres abêtis par huit ans de feinte élégance, il signifiait en réalité qu’il allait savonner la planche de Trump à l’huile de poix.

Hormis le fait qu’il révélait ainsi l’inversion de sens systématique de tous ses discours, il aura sans doute péché par excès de confiance. C’est le lot des faisans et autres gallinacées choyées par Audiard.

Ce sont peut-être les 35 pages de l’officier Christopher Steele qui exposeront le niveau de la flibuste. En anglais de la Maison Blanche on appelle cela « oppo » pour « opposition research ». En clair rechercher, trouver, voire fabriquer de toutes pièces, et utiliser tout ce qui peut compromettre son adversaire politique, l’équivalent du « kompromat » russe, dont on entend soudain beaucoup parler ces derniers temps.

A la Maison blanche l’oppo se gère à temps plein. L’un de ces appointés se rendit célèbre pour avoir presque réussi à faire passer les déboires lewinskiens de Bill Clinton pour un complot des Républicains. Il travailla six ans pour les Clinton à demeure présidentielle. Son nom, il le signait au coude de ses coups bas: Chris Lehane. Le New York Times, pourtant de son bord, n’hésita pas à le qualifier de «Master of the Political Dark Arts», lorsqu’il s’occupa de la campagne du général Wesley Clark en 2004. Il le préféra à Kerry jugé trop conciliant. Plus tard, Lehane comptera parmi ses clients fidèles Lance Amstrong, qui sut si bien mentir. Il a toujours assumé sa réputation de fomenteur. Il en fit même un livre de référence avec son mentor Mark Fabiani, dont le titre fleure bon l’instantané de la morsure en politique, l’effet polaroid du fait divers organisé : Masters of disaster, the ten commandements of damage control (éd. Palgrave Mcmillan 2012, rééd St. Martin’s Griffin 2014).

En 2010, l’ancien employé de la Maison Blanche qui y a toujours ses entrées, représente les intérêts d’un sheikh héritier éconduit, celui de l’émirat de Ras al-Khaimah à qui son émir de père préféra un frère pour lui succéder au trône. Il se trouve que ledit sheikh est un intime des Clinton et suffisamment proche d’Obama pour compter parmi ses invités de marque lors de son investiture de 2009. En fait, s’il fut éconduit par son père, c’était justement parce qu’on lui reprochait d’être trop proche des Américains et trop ouvertement anti-iranien. Alors Chris Lehane aura pour mission de l’aider à retrouver son trône, avec l’aide des États-Unis, en insistant sur le fait qu’il sera un rempart contre l’hégémonie iranienne. On réserva des pages dans les journaux on créa des sites web et on placarda des affiches sur les bus. Une grosse campagne. Lehane s’adjoint pour ce faire les services d’une firme classique de relations publiques du nom de California Strategies et ceux d’une « oppo » beaucoup plus glauque et qu’il connaît bien, du nom de SNS Global, dirigée notamment par Glenn Simpson, un ancien du Wall Street Journal. C’est ce même Glenn Simpson qui venait de créer en parallèle l’officine des basses œuvres démocrates « Fusion GPS » avec Tom Catan et Peter Fritsch, également deux anciens du Wall Street Journal.

Or, un beau jour, des journalistes du Spiegel informent California Strategies qu’ils ont reçu copie de ses dossiers confidentiels relatifs au sheikh, y compris le montant des honoraires qu’il a déjà payés, soit 3,6 millions de dollars. Deux semaines plus tard, c’est au tour du Guardian à Londres de recevoir les mêmes documents hackés.

Du coup California Strategies porte plainte directement auprès d’Eric Holder, l’Attorney général des États-Unis (un intime d’Obama) en spécifiant que les documents aspirés « contiennent des communications avec des responsables de haut rang du gouvernement fédéral, pouvant être compromettantes ». À l’époque les soupçons se tournèrent très officiellement vers l’Iran. Glenn Simpson produisit d’ailleurs un rapport (de 36 pages) détaillant tout l’intérêt qu’aurait eu la République d’Iran à hacker California Strategies au moment où, justement, elle allait faire l’objet de nouvelles sanctions.

N’est-il pas curieux de retrouver tout ce petit monde de Fusion GPS comme commanditaire d’un dossier relatif à des situations compromettantes pour Donald Trump, le tout sur fond de hacking fumants révélant les turpitudes de leur patronne déchue Hillary Clinton ? Car c’est bien le même Glenn Simpson qui enrôla l’agent anglais Christopher Steele, aujourd’hui en fuite éperdue, afin qu’il signât un rapport qui était peut-être issu de sa propre imagination. Un faux grossier dont les sources sont attribuées non pas à l’Iran cette fois mais à la Russie, et qui est destiné, comme on le sait, à démolir la légitimité de Donald Trump. Ce qui est cocasse, c’est que le rapport en question fait encore 35 pages, sans doute un standard de la Maison Simpson.

Quant à Chris Lehane, on le voit encore se glisser discrètement dans les couloirs de la Maison Blanche pour y rencontrer sa collègue actuelle en damage control Shailagh Murray. Le 8 février 2016, par exemple, ils passèrent seize heures de travail ensemble. On peut même vous dire que son numéro de rendez-vous était le U73070. Mais officiellement c’était pour parler de RbnB, la nouvelle affaire d’hôtellerie privée qu’il a fondée avec une ex-collègue de la Maison blanche : Sarah Bianchi. Seize heures ! C’est bien un minimum pour parler business, non ? Rappelons au passage que Sarah Bianchi est celle-là même qui croisa Philipp Hildebrand, l’ancien patron de la Banque Nationale Suisse, chez BlackRock, une firme qui s’est notamment occupée d’orienter la gestion que l’on connaît de la dette grecque.

Au moins en 2010, la presse locale, notamment le San Francisco Gate (SF-GATE) du 8 juin 2010, osait encore dire que cette flibusière était une habituée des intrigues et que le hacking de California Strategies venait plus vraisemblablement de rivaux républicains que des Gardiens de la révolution.

En 2017, Trump n’a quant à lui pu compter que sur ses propres tripes.

 

4. chouette d'Athéna.GIF

 

Dissolution de l’OTAN et alliance militaire avec la Russie

Sahra Wagenknecht, au nom de la gauche allemande, prend M. Trump au mot

Rédaction – RT 17 janvier 2017

 

Un système de sécurité militaire incluant la Russie devrait être mis sur pied pour remplacer l’OTAN, a déclaré dans une interview Sahra Wagenknecht, figure de proue du parti allemand Die Linke (« La Gauche »), en écho aux récentes déclarations de Trump sur l’OTAN.

 

14. Sahra.jpg

 

« L’OTAN doit être dissoute et remplacée par un système collectif de sécurité incluant la Russie » a déclaré ce mardi Mme Wagenknecht au groupe de médias Funke.

Il faut dire que l’OTAN vient d’essuyer un certain nombre de critiques de la part des médias allemands, suite aux déclarations faites par le président élu dans une interview récemment accordée au Bild, au cours de laquelle il a qualifié l’OTAN d’« obsolète ».

 

« Je dis depuis longtemps que l’OTAN a des problèmes. En particulier, celui d’être obsolète, parce que cette organisation a été conçue il y a beaucoup, beaucoup d’années », a-t-il déclaré dimanche.

« Nous sommes censés protéger des pays, mais un tas de ces pays ne paient rien alors qu’ils devraient le faire, ce que je trouve très abusif à l’égard des États-Unis ».

 

Ces mots ont reçu le soutien de Wagenknecht, qui a ajouté que les commentaires de M. Trump « révèlent impitoyablement les erreurs et les échecs du gouvernement fédéral ».

L’interview [du président, ndt] n’a pas échappé à celui-ci. Un porte-parole de la chancelière Angela Merkel a dit qu’elle avait été « lue avec intérêt » par le bureau de la Chancellerie.

De leur côté, les officiels de l’OTAN se sont montrés « irrités » par les déclarations de M. Trump, selon le ministre des Affaires étrangères allemand Fred-Walter Steinmeier, qui a parlé à des reporters à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Steinmeier a ajouté cependant qu’à l’OTAN on ne doute pas que l’administration US maintiendra les engagements de son pays envers l’alliance.

Alexander Graf Lambsdorff, vice-président du Parlement européen et membre du parti allemand FDP a dit aux gens de Funke que les déclarations de Trump « restent vagues et pas trop sensées ».

Die Linke est le groupe d’opposition le plus important au Parlement allemand et avait déjà appelé auparavant à des relations plus étroites avec la Russie.

Ces commentaires se font jour en pleine escalade d’une concentration de troupes, de tanks et d’équipements militaires US en Europe, aux frontières de la Russie, dans le cadre d’une opération de l’OTAN intitulée « Résolution Atlantique ». Après les manoeuvres militaires effectuées dans le cadre de cette opération, les troupes seront stationnées en Pologne, en Bulgarie, en Roumanie et dans les pays baltes, dépendant d’un Quartier Général qui se trouvera en Allemagne.

 

Source : https://www.rt.com/news/373974-nato-dissolution-alliance-...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Mais elle aura du mal…

 

« L’art de la guerre »

Des chars d’assaut déployés en Pologne

Manlio DinucciRéseau Voltaire 17 janvier 2017

 

Tandis que le président états-unien élu, Donald Trump, critique l’existence même de l’Otan, l’Alliance atlantique poursuit son déploiement impérial en Europe. Planifiée après la révolte du Donbass contre les putschistes nazis installés par l’Alliance à Kiev, elle vise à faire accroire qu’il existe une menace russe pour justifier l’occupation militaire de l’Europe de l’Est. Une occupation soutenue par les élites politiques est-européennes qui, toutes, doivent leur pouvoir aux seuls États-Unis.

 

15. Chars Pologne.jpg

Discours de Paul W. Jones, ambassadeur des États-Unis en Pologne

© Army photo by Sgt. Paige Behringer, 10th Press Camp Headquarters

 

Le 12 janvier 2017, deux jours après son discours d’adieu, le président Barack Obama a lancé le plus grand déploiement de forces terrestres en Europe orientale depuis la fin de la Guerre froide : un long convoi de chars d’assaut et autres véhicules blindés états-uniens, provenant d’Allemagne, est entré en Pologne. C’est la 3ème Brigade blindée, transférée en Europe de Fort Carson dans le Colorado : composée d’environ 4 000 militaires, 87 chars d’assaut, 18 obusiers automoteurs, 144 véhicules de combat Bradley et des centaines de Humvees. L’ensemble de l’armement est transporté en Pologne soit par route, soit par 900 wagons ferroviaires.

Lire la suite…

Source : http://www.voltairenet.org/article194955.html

 

Résumons : Les États-Unis crèvent d’envie de faire la guerre à la Russie, mais veulent que l’Europe la fasse pour eux. L’Europe de l’Est est la chèvre attachée au piquet, dont les bêlements devraient attirer l’ours récalcitrant dans l’arène. Cette stratégie s’appelle bear-baiting. Espérons, pour les populations civiles de la Pologne et des pays circonvoisins, que les nerfs des Russes tiendront le coup.

4. chouette d'Athéna.GIF

Pour les archives :

Les aveux du criminel John Kerry

http://www.voltairenet.org/article194943.html

 

Il y en a quelques-uns qui seront surpris… Pas nous.

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Même si vous n’êtes pas belges, parce que c’est sûrement pareil chez vous.

 

Nous sommes tous Dyab Abou Jahjah !

Luk VERVAET – Le Grand Soir 12 janvier 2017

 

16. Luc Vervaet.jpg

 

En Belgique, on peut sans problème défendre les assassinats ciblés systématiques, réalisés avec des drones par le Mossad, le service secret israélien, contre des dirigeants et des militaires palestiniens. Ou l’assassinat par balles, en pleine rue, comme le 15 décembre dernier, il y a à peine trois semaines : Mohammed Alzoari, un dirigeant du Hamas, abattu près de sa maison en Tunisie. On a aussi pu applaudir sans souci à l’opération Plomb durci, dans laquelle Israël a bombardé Gaza sans relâche de décembre 2008 à janvier 2009. Avec la mort de 1315 Palestiniens, dont 410 enfants et plus de 100 femmes, et 5285 blessés comme bilan...

Mais si vous défendez par contre le droit reconnu internationalement des Palestiniens à résister par tous les moyens contre cette machine de guerre et l’occupation illégale de la Palestine, comme Dyab Abou Jahjah après l’attaque palestinienne contre un groupe de soldats israéliens à Jérusalem, alors il faut en payer le prix ! Le secrétaire d’Etat Theo Franken et le mensuel Joods Actueel ont demandé au Standaard le licenciement de Dyab en tant que chroniqueur du journal. Quelques heures plus tard, c’était fait.

L’enjeu de la défense de Dyab dans cette affaire, ce n’est pas seulement la défense du principe libéral de la liberté d’expression, selon lequel on peut soi-disant dire tout ce qu’on pense. Ce dont il s’agit, c’est de savoir si nous avons encore le droit, dans ce pays, de défendre la légitime résistance d’un peuple et de ses organisations. Les Palestiniens sont plus maltraités que les Noirs au temps de l’apartheid en Afrique du sud. N’ont-ils pas le même droit à la résistance que l’ANC de l’époque ?

Radicalisation

Le traitement de Dyab Abou Jahjah dit beaucoup sur la prétendue lutte contre la radicalisation à laquelle le gouvernement et les médias accordent la plus haute priorité. Le scenario de 2002-2003 semble se répéter. À l’époque, Dyab et la Ligue Arabe Européenne (AEL) ont été réduits au silence par une longue campagne de calomnies, d’accusations de terrorisme et de procès (dont ils sont sortis totalement blanchis). Après l’élimination de cette organisation autonome, démocratique et non religieuse, un autre phénomène est apparu sur la scène : Sharia4Belgium.

Revivons-nous le même épisode ?

Lire la suite…

Source : https://www.legrandsoir.info/nous-sommes-tous-dyab-abou-j...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

 

Sur le même sujet, nous avions raté la prise de position de Bruno Guigue : « Après l’attentat de Jérusalem, Droite, PS et FN à l’unisson ! ». La voici : http://arretsurinfo.ch/apres-lattentat-de-jerusalem-droit...  

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Une masse d’air froid en provenance de Russie.

Et Poutine va sans doute continuer à nier toute ingérence ?

 

17. Poutine neige.jpg

 

« Air froid venu de Russie », « Vague de froid en provenance de Russie »... Les médias français soulignent et répètent avec délices la provenance des masses d’air polaire, comme pour faire passer un message... Sputnik a mené l’enquête pour découvrir comment Moscou est arrivé à modifier le climat en Europe.

Cette fois, les preuves de l'ingérence de Vladimir Poutine dans les affaires intérieures des pays étrangers sont irréfutables ! Dos au mur, accablé de preuves, il ne pourra pas plaider non coupable si facilement.

« C'est de Russie que cette vague de froid nous arrive », ont souligné certains médias français, généralement frileux à l'idée de pointer l'origine des malfaiteurs.

Suite aux attaques informatiques, une nouvelle accusation s'abat sur la Russie : elle est soupçonnée d'avoir provoqué le temps glacial qui fait grelotter les Européens.

Les agents du Kremlin auraient-ils vraiment élaboré un moyen de déstabiliser le climat sur le Vieux Contient en riposte aux multiples sanctions anti-russes ?

Source : https://fr.sputniknews.com/france/201701171029634597-froi...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Neige partout, même en Inde et en Tunisie !

Diaporama :

https://fr.sputniknews.com/photos/201701181029648020-hive...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Malgré quoi le premier train-cargo chinois arrive à Londres, ayant couvert 12.000 km en 18 jours.

https://fr.sputniknews.com/economie/201701181029662176-tr...

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Dernière minute :

18. Logo Agora 1.gif

A la veille de la présidentielle, 30 personnalités de tous horizons lancent un appel pour la défense de la francophonie et de la diversisité linguistique

 

Résistance ou Collaboration linguistique ?

 

COURRIEL Son site samedi 14 janvier 2017

 

C’est l’heure du choix pour les candidats et pour les électeurs français :

face à MM. Macron et Gattaz, chevaux de Troie du tout-anglais en France et en Europe, REPRENONS LANGUE !

 

19. Vignette Agoravox astaud.png

 

Prenant la parole à Berlin dans le cadre de sa candidature à la présidence de la République… française, Emmanuel Macron a prononcé son discours en anglais « pour être compris de tous » (sic).

Le 11 janvier, s’exprimant sur France-Info dans l’émission de J.-M. Aphatie, le chef de file du MEDEF, Pierre Gattaz, a salué ce reniement macronien de la langue française en expliquant laborieusement que l’avenir de la francophonie passe par l’anglais (M. Aphatie a relevé l’« oxymore »), « langue universelle des affaires » : une assertion à la fois fausse et hors-sujet, sauf à réduire l’activité à venir d’un futur chef de l’État à une forme d’affairisme international. Le patron des patrons a même précisé que les jeunes Français devaient apprendre à « lire, écrire, compter  » en anglais, même s’il a ajouté, pour adoucir l’énormité de son propos, que bien sûr ils devaient aussi maîtriser le français (on respire !).

Dans cette même émission, M. Gattaz a aussi expliqué que pour « gagner », la France devait accepter les délocalisations industrielles, limiter les droits sociaux et les garanties du code du travail qui freinent, selon lui, les entreprises. La question est de savoir si cette prétendue « France qui gagne » à l’international serait autre chose, une fois privée de sa langue et de ses acquis sociaux, qu’un « couteau sans manche dont on a perdu la lame »… Bref, une « France » dénaturée dont ne bénéficierait qu’une minorité de privilégiés.

De plus en plus il apparaît qu’une part croissante de nos « élites » (?) économiques et politiques est déterminée à liquider notre langue au niveau international comme au niveau national, quitte à violer grossièrement l’article II de la Constitution, lequel dispose que « la langue de la République est le français ». Déjà l’ex-président du MEDEF et du syndicat patronal européen Ernest-Antoine Seillière avait déclaré en 2004 qu’il n’officierait plus, en tant que patron de Businesseurope, qu’« en anglais, la langue de l’entreprise et des affaires ». Déjà M. Kouchner, ministre des Affaires étrangères de N. Sarkozy, affirmait lui aussi cyniquement que « l’avenir de la Francophonie passe par l’anglais » (sic). Déjà, Mme Fioraso, ministre de F. Hollande, a fait de l’anglais une langue universitaire en France au mépris de la loi Toubon qui institue notre langue en « langue de l’enseignement ». Déjà de grandes entreprises comme Renault ou PSA basculent toute leur documentation interne à l’anglais en France même, sans parler de la grande distribution qui privilégie l’anglais (Carrefour City, Simply Market, etc.), des « services publics » et des ex-services publics (SNCF, EDF, Orange…) qui affichent trop souvent leur publicité et leurs enseignes en frenglish ou en mauvais anglais ; ni de la « France » qui chante en anglais à l’Eurovision, des films tournés en anglais en France sur subvention de l’État, des émissions intitulées en anglais sur des chaînes publiques, etc.

Manifestement, l’aile marchante de l’oligarchie politico-financière « française » a décidé, à l’occasion des présidentielles, de franchir un seuil décisif dans l’assassinat programmé de la langue nationale, qui est aussi, rappelons-le, la langue officielle de dizaines de pays dans le monde : après la loi du silence qui, depuis des années, interdit de fait aux grands médias de mettre en débat le basculement linguistique insidieusement en cours en France, voici que certains milieux – dont MM. Macron et Gattaz sont l’avant-garde – passent à l’arrachage officiel, quitte à tenir à mi-voix à l’égard du français d’hypocrites propos élogieux en forme de soins palliatifs…

Nous refusons et refuserons avec acharnement cet attentat cynique contre le peuple français et les autres peuples de la Francophonie. C’est le moment ou jamais pour les amis du français et de la Francophonie d’interpeller vigoureusement les candidats aux prochaines élections, présidentielle et législatives :

  • oui ou non, condamnez-vous l’attitude anti-francophone caractérisée de M. Macron et de ses « hampers » (ainsi se nomment en pidgin ses partisans) ?
  • oui ou non, ferez-vous enfin respecter et renforcerez-vous la loi Toubon, y compris en sanctionnant les « collabos de la pub et du fric » (dixit Michel Serres) qui ne recourent au français dans leur « com » que pour mieux le polluer et introduire le « Globish Business » ?

La résistance et le civisme linguistique sont décisifs pour sauver notre langue, premier service public de France et socle du lien social, pour imposer le respect dû à tous les Francophones de France et d’ailleurs, pour sauvegarder l’égalité entre les citoyens français dont l’écrasante majorité n’est pas « English Mother Tongue » (1). Cette résistance est également vitale pour préserver la diversité des langues qui n’importe pas moins à la culture mondiale que la diversité des espèces n’importe aux défenseurs de la nature.

Au demeurant, Macron n’a pas seulement piétiné le français en parlant anglais à Berlin, il a aussi humilié les germanophones, qui ne sont pas tous censés parler la langue du « business » macronien ! Il est vrai qu’en Allemagne aussi la trahison linguistique fait rage à l’initiative du haut patronat : la société Volkswagen ne vient-elle pas de passer toute sa communication d’entreprise à l’anglais au mépris des ouvriers et des consommateurs allemands ? Assez de ce totalitarisme linguistique, d’autant plus odieux et ridicule que l’Angleterre est en passe de quitter l’U.E., si bien que légalement, l’anglais ne peut plus être la langue officieuse, et encore moins, la langue officielle, des institutions européennes !

Macron se donne des airs de « transgresseur » et de « moderniste » en humiliant sa langue maternelle à l’international. Or il n’y a rien de moins moderne que cet assassinat de la diversité culturelle, rien de plus conformiste que cette allégeance au tout-anglais et à ce qu’il signifie de soumission à l’Empire néolibéral anglo-saxon…

Résistance ou collaboration linguistique, l’heure du choix est venue pour tous les citoyens épris de dignité. Ensemble, sauvons notre langue, et avec elle, la diversité linguistique mondiale, de l’oppression du tout-anglais porté par le monde de la finance.

___________________  

(1) = « langue maternelle anglais » : nombre d’offres d’emploi de postes de hauts cadres réservées aux anglophones, ce qui revient à introduire indirectement une préférence nationale à l’envers qui n’est pas moins douteuse que son inverse.

Signataires (11.01.2017)

  • Georges Gastaud, philosophe, président exécutif de l’Association CO.U.R.R.I.E.L. (COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques)
  • Stéphane Sirot, historien du syndicalisme
  • Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Paris-VII
  • Bernard Guillaumin, trésorier national de l’Association CO.U.R.R.I.E.L.
  • Philippe Loubière, docteur ès lettres
  • Matthieu Varnier, secrétaire général de l’Association CO.U.R.R.I.E.L., roboticien
  • Philippe de Saint-Robert, ancien Commissaire général à la langue française, président de l’Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF)
  • Guy Chausson, Association Lotoise des Amis de la langue française
  • Francis Combes, poète
  • Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, président d’association pour le français et la Francophonie
  • Pierre Pranchère, ancien Franc Tireur et Partisan de France, ancien député de Corrèze
  • Aurélien Djament, mathématicien, CNRS
  • Rose-Marie Serrano, traductrice d’espagnol
  • Patricia Latour, journaliste
  • Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain
  • Benoît Foucambert, syndicaliste (81)
  • Christophe Pouzat, neurobiologiste
  • Christian Darlot, chercheur CNRS
  • André Tosel, professeur émérite de philosophie, Université de Nice
  • Marcel Girardin, administrateur de Défense de la langue française en Pays de Savoie
  • Anna Persichini, secrétaire, militante syndicale CGT (06)
  • Jean-Luc Pujo, président des Clubs Penser la France
  • Denis Foucambert, professeur de psycholinguistique, Université du Québec (Montréal)
  • Alain Fleury, auteur, comédien, metteur en scène (76)
  • Aymeric Monville, éditeur
  • Daniel Dubois, syndicaliste, libre-penseur, élu (Adjoint au Maire, 59).
  • Giovanni Di Mino, professeur de langue vivante (13)
  • Christian Champiré, maire de Grenay (62)
  • Romain Vignest, président de l’Association des professeurs de Lettres
  • Laurent Lafforgue, mathématicien, professeur à l’IHES
  • Anna-Maria Campogrande, pour Athena, Association pour la défense et la promotion des langues officielles de la Communauté Européenne, Italie.
  • Barbara Flamand, poétesse (Belgique)

Pour se joindre à cet appel contacter Georges Gastaud

À sa demande, le commentaire de Mme Barbara Flamand (Bruxelles) :

« Cette attaque contre la langue est à la fois culturelle, politique, historique. Contre une telle attaque il faut soulever un mouvement de masse. En gommant leur langue, les Français vont-ils lire Montaigne en anglais ? Chanter la Marseillaise en anglais ? Et apprendre dans cette langue comment les versaillais ont écrasé la Commune ? La langue est le patrimoine collectif en même temps qu’individuel. Le peuple ne peut pas laisser les décideurs souiller la France de Ferrat et de bien d’autres ».

 

4. chouette d'Athéna.GIF

Livres (de fiction) à lire ou à relire

pour comprendre l’actualité

 

Sommes-nous les seuls à avoir vu, dans la siège d’Alep, la réédition parfaite (causes et péripéties) de celui de Paris (1589-1594) ?

MM. Poutine et Bachar al-Assad, diabolisés par le camp occidental, ont pour leur part pas mal de points à rendre à LL.MM. Henri III et Henri IV, rois de France, qui le furent peut-être même davantage par celui de leur temps, où les Espagnols et le duc de Parme jouèrent le rôle de la coalition d’aujourd’hui, la Ligue et les Guise celui de « l’opposition modérée »…

On peut se rafraîchir la mémoire en lisant ou en relisant, parmi quelques autres du même auteur :

 

20. Couv. Bête.jpg

 

 

 

Jean d’Aillon

La Bête des Saints-Innocents

J’ai lu 2015

Collection : J’ai lu Roman

632 pages

 

Après l'assassinat d'Henri III, Henri de Navarre s'attela à conquérir son royaume que la Sainte Ligue lui refusait. Ayant écrasé l'armée de la Ligue, Henri mit le siège devant Paris. La famine qui s'ensuivit provoqua la mort de dizaines de milliers d'habitants. Des enfants furent dépecés et mangés, et en examinant la dépouille d'une femme trouvée dans le cimetière des Saints-Innocents, on s'aperçut qu'elle avait été saignée comme par un vampire. D'autres découvertes tout aussi macabres devaient suivre. S'agissait-il de crimes perpétrés par des lansquenets affamés ou, plus effrayant, de forfaits commis par un loup-garou ? Le commissaire Louchart, forcené ligueur, tient que la Bête est un animal venu des Enfers pour meurtrir les Parisiens à la demande de l'hérétique Henri de Navarre, qui a signé un pacte avec Satan. Un prêtre proclame en chaire qu’il veut bien être damné, à condition que le Seigneur empêche « le porc béarnais » de prendre Chartres. Il appelle au massacre des « tièdes » restés dans la capitale. Le massacre a lieu aux cris de « ils vont nous tuer tous si nous ne les tuons d’abord ». À cette occasion, quelques bons chrétiens s’enrichissent…

 

Sur les intentions malveillantes du Royaume Uni à l’égard de la Russie, bien avant les inventions de 1924 et de 2017, les anglophones reliront certainement avec jubilation :

21. FlashmanAtTheCharge.jpg

 

 

George MacDonald Frazer

Flashman at the Charge

Barrie & Jenkins, 1973

286 pages

 

et, bien entendu, sa suite indienne :

 

22. Couv. Flash Geat Game.jpg

 

 

George MacDonald Frazer

Flashman in the Great Game

Barrie & Jenkins, 1975

336 pages

 

 

 

4. chouette d'Athéna.GIF

 

Nouvelle interruption de notre pause involontaire,

ce 19 janvier 2017, toujours avec nos excuses.

 

 

 

 

 

20:09 Écrit par Theroigne dans Actualité, Général, Loisirs, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |