20/09/2012

Liberté de l'art version turque

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Liberté de l'art version turque

 Elles s'apparentent plus à Victor Jara qu'aux Pussy Riot. Elles sont turques et musiciennes. Elles viennent de se faire torturer, menottées dans le dos, par la police, au point que l'une a eu les tympans crevés et l'autre un bras écrasé. C'est la chanteuse qui n'a plus de tympans et la violoniste qui est sans bras droit. Les dictatures se copient sans même faire preuve d'un peu d'imagination. Peut-être Madame Cécile Duflot voudra-t-elle faire quelque chose en leur faveur ? Ou Monsieur Laurent Fabius, récemment l'hôte de leur pays ? Ou, qui sait, même Amnesty International ?

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Selma Altin et Ezgi Dilan Balci,

respectivement chanteuse et violoniste de Grup Yorum, ont été arrêtées vendredi devant l'institut de médecine légale d'Istanbul avec 27 autres manifestants qui demandaient la restitution du corps d'Ibrahim Çuhadar, auteur présumé d'un attentat-suicide contre un poste de police.

Commis le 11 septembre, cet attentat, qui a tué un policier et blessé plusieurs personnes, a été revendiqué par le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), considéré par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne comme une organisation terroriste.

Selon les déclarations de leur avocat, Me Taylan Tanay, les deux musiciennes « ont été victimes de tortures dès les premiers moments de leur arrestation: elles ont été jetées au sol et sévèrement battues ». 
Mais les coups ont redoublé après qu'elles eurent été embarquées
 dans un véhicule de la police anti-émeute. « Ce qui est frappant, c'est que la chanteuse de Grup Yorum Selma Altin a été frappée aux deux oreilles jusqu'à en faire exploser les tympans alors qu'elle avait les mains menottées dans le dos. Et la violoniste du groupe, Ezgi Dilan Balci, a eu le bras broyé parce qu'elle jouait du violon », a ajouté Me Tanay.
 On lui a aussi cassé les doigts.

 Bref, les escadrons de la mort à la turque les ont froidement et délibérément estropiées pour qu'elles ne puissent plus jamais exercer leur art.

Les autres gardés à vue, dont 5 enfants, on tous été, eux aussi, violemment battus.

Erdogan dans les bottes de Pinochet ? Bof, au point où on en est...


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Rappel historique

Le mouvement communiste de Turquie, incarné par le Parti révolutionnaire de libération du peuple (DHKP) et son Front armé (DHKC), se bat depuis trente-cinq ans, pour la libération sociale des peuples turc, kurde, arabe, laze, circassien, bosniaque, géorgien, abkhaze, grec, rom, arménien, chaldéen, assyrien et autres, qui cohabitent en Turquie.

« Le 20 octobre 2000, le DHKP-C lance un mouvement de grève de la faim contre la réforme des prison, laquelle vise à transférer les prisonniers politiques vers des établissements pénitentiaires de haute sécurité (prisons de type F) inspirés du modèle US et répondant officiellement aux normes européennes. Les prisonniers du DHKP-C entrent en « jeûne jusqu’à la mort » pour protester contre leur mise en isolement dans des cellules individuelles où il se plaignent des mauvais traitements. Le 19 décembre 2000, 20 prisons-dortoirs (prisons de type E) sont prises d’assaut par les militaires. Au cours du programme de déportation de plus de 3000 prisonniers politiques insurgés qui s’ensuivit, 28 détenus périront criblés de balles, torturés, asphyxiés par les gaz lacrymogène ou carbonisés par les lance-flammes. Cette résistance s’achève le 22 janvier 2007 et aboutit à une solution négociée avec le ministère de la Justice sous forme de circulaire permettant aux détenus isolés de se rencontrer par groupe de dix à raison de 10 heures par semaine. Mais durant ces sept années de résistance passive, pas moins de 122 militants dont plus de 100 membres du DHKP-C perdent la vie.

Au printemps 2004, une opération conjointe des polices turque, belge, allemande, néerlandaise et italienne, fondée sur 56.000 heures d’écoutes téléphoniques, aboutit à l’arrestation d’une quarantaine de personnes, suspectées de cinq attentats commis en Turquie pendant l’année 2003. » (Wikipedia)

Procès du DHKP-C en Belgique :

En 2006-2010, une série de jugements, en première instance puis trois en appel après deux arrêts de cassation, ont eu lieu à l’encontre de membres présumés du DHKP-C dont Fehriye Erdal et Bahar Kimyongür.

On se rappellera que Bahar Kimyongür, de naissance et de nationalité belges, réclamé par la Turquie pour avoir traduit en français un tract du DHKP, fut naguère attiré - par l'alors ministre de la justice que nous ne nommerons pas pour ne pas faire à cette dame trop de publicité chez les Blackwaters qui risqueraient de nous priver de ses talents en la recrutant car ils en ont les moyens et qu'est-ce que nous ferions sans elle - dans un guet-apens, en Hollande, afin qu'il pût en être extradé, puisque n'étant pas citoyen hollandais. Heureusement, un juge de ce pays lui sauva la vie en refusant de déférer à une réclamation aussi délirante et, faut-il le dire, déshonorante.

Grup Yorum

(Yorum = « commentaire » en turc) est une formation musicale fondée en 1985, à İstanbul, par des étudiants, dans le but de réagir au coup d'Etat militaire de 1980. Le groupe, influencé au début par Ruhi Su, Mahzuni Serif, Inti Illimani, Victorr Jara, Quilapayùn et Theodorakis, a été formé « pour être la voix de la terre et des peuples d'Anatolie, où le groupe est né, avec une infusion de musique révolutionnaire et socialiste ». En peu de temps, Yorum est devenu un nom crucial pour l'opposition et la lutte des droits et des libertés.

Chaque année depuis 1987, le groupe a aussi bien sorti des albums et donné de nombreux concerts en Turquie et en Europe, que participé à des centaines de protestations de masse, manifestations de rue, grèves, et occupations d'usines et d'universités. Les membres du groupe ont fait face à de nombreuses gardes à vue, arrestations et interdictions dus à la nature organisationnelle-révolutionnaire-activiste du groupe et du sens contestataire de leur musique.

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Plusieurs membres de Yorum ont été torturés à maintes occasions et condamnés à de nombreuses années d'emprisonnement; « même les CD et les cassettes du groupe ont été fusillés par les forces de sécurité ».

En dehors du turc, Yorum chante aussi en kurde, arabe ou circassien, militant ainsi pour le droit à l'usage de ces diverses langues.

Yorum utilise des instruments locaux tels que le ney (le petit hautbois de l'Anatolie de l'est), le bağlama (luth à manche long), le kaval (flageolet, flûte de berger), mais aussi beaucoup d'autres instruments non-locaux tels que le violon, le hautbois et surtout la guitare. Leur musique, essentiellement vocale et instrumentale, est basée sur des compositions rythmiques solides et des mélodies fluides. Pouvant être définie comme du folk-rock, elle contient des timbres rappelant les chansons folkloriques locales, les mélodies méditerranéennes, les hymnes latino-américains et le rock.

Pour davantage d'informations sur les activités du groupe et sur l'acharnement dont il est l'objet, voir Wikipédia (discographie complète en prime) et, bien sûr, les articles suivants :

 

entre autres.

 

selma altin,akp,ezgi dilan balci,erdogan,grup yorum,victor jara,syrie,turquie

En mai dernier, Grup Yorum a donné un concert de soutien « à la Syrie réelle », en opposition à la politique d'AKP-Erdogan,

malgré l'arrestation préventive de plusieurs de ses membres.

 

Rien à voir, on en conviendra, avec le casting prétendument moscovite des talent scouts d'Hollywood, ne fût-ce que pour la qualité de la musique.

 

Le groupe, chantant  malgré la censure,

El Aparecido, de Victor Jara,

devant 55.000 personnes au stade Besiktas d'Istanbul.

La chanteuse est Selma Altin.


 

 

Paroles de El Aparecido (« L'Apparu », hommage à Che Guevara)

 

Abre sendas por los cerros, 


Deja su huella en el viento, 


El águila le da el vuelo 


Y lo cobija el silencio.


Nunca se quejó del frío, 


Nunca se quejó del sueño, 


El pobre siente su paso 


Y lo sigue como ciego.





Correlé, correlé, correlá 


Por aquí, por allí, por allá, 


Correlé, correlé, correlá, 


Correlé que te van a matar, 


Correlé, correlé, correlá.





Su cabeza es rematada 


Por cuervos con garra de oro 


Como lo ha crucificado 


La furia del poderoso. 



 

Hijo de la rebeldía 


Lo siguen veinte más veinte, 


Porque regala su vida 


Ellos le quieren dar muerte.

 

Ce qui signifie à peu près :

« Il ouvre des sentiers dans les collines,

Il laisse sa trace dans le vent,

L’aigle lui donne l’envol,

Et le silence le protège.

 

Jamais il ne se plaint du froid

Jamais il ne se plaint d'avoir sommeil,

Le pauvre sent sa présence

Et le suit comme un aveugle.

 

Cours, cours, fuis, sauve-toi,

Cours par ici, cours par là,

Cours, ils vont te tuer !

Cours, cours, fuis, sauve-toi.

 

Sa tête est couronnée

De corbeaux aux serres d’or,

Tel que l'a crucifié

La furie du pouvoir.

 

Fils de la révolte,

Ils le traquent par vingtaines.

Parce qu'il offre sa vie,

Ils veulent lui donner la mort. »

 

 
In memoriam

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Victor JARA

Né le 28 septembre 1932.

Mort le 16 septembre 1973, ses mains de guitariste coupées,

au stade Estadio Cile, Santiago du Chili.



Mis en ligne le 20 septembre 2012

par Catherine.









03/09/2012

Révolutions colorées... Gay Prides... et coetera

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Révolutions colorées en cagoules... Abusives Gay Prides... et coetera

 

Par Catherine L.

 

Notre précédent post nous ayant valu off line deux commentaires et une question, nous allons, pour une fois, au lieu de vous parler de livres, y répondre ici.

On nous a dit « vos positions sont quand même extrémistes » ; on nous a demandé « êtes-vous homophobes comme The Saker ? » et on nous a dit encore « deux ans de prison pour du pipi-caca, tu admettras que c'est lourd ».

Réponse 1 :

Nous ne voyons pas en quoi rappeler que deux et deux font quatre serait de l'extrémisme. Nous n'inventons RIEN. En revanche, l'auto-aveuglement poussé si loin est bien, lui, une forme d'extrémisme dans le déni. Et il est vrai que les CAUSES de cette cécité volontaire – lâcheté crasse et servitude enthousiaste – nous déplaisent à l'extrême. Nous répugnent pour tout dire. Tout le monde n'est pas obligé d'avoir du courage. Nous n'en avons pas plus que d'autres. Pourquoi ne pas l'admettre au lieu de jouer les Tartufes déguisés en autruches ?

Réponse 2 :

Les Grosses Orchades ne peuvent répondre pour The Saker, que nous avons découvert en même temps que vous. Nous avons lu les papiers auxquels ses liens conduisaient et n'y avons rien vu d'homophobe. Je vais y revenir.

Réponse 3 :

Pour les deux ans de cabane clamés excessifs sanctionnant une manifestation estimée artistique doublée ou non d'une protestation politique, j'y viens tout de suite.

 

Mises au point

 

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Ôtez les couleurs et vous avez le Ku Klux Klan

 

Pourquoi « doublées ou non » ? Parce que le single du désormais tube (qui se vend très bien, merci) et la video qui a fait le buzz sur la toile ne rendent pas compte de l'événement réel. Parce que les deux ont été fabriqués après coup par les services londoniens du Département d'Etat (US) et les journalistes z-indépendants du Guardian. Après ajout de quelques détails nouveaux : les attaques contre Poutine, par exemple, qui n'ont jamais été proférées dans la cathédrale du Christ Sauveur. Vous savez, avec Photoshop et du son digital, on arrive à faire des trucs pas mal, de nos jours. Et, bien sûr,  les « artistes » n'ont été arrêtées et inculpées qu'après que ces deux intéressants artefacts aient inondé l'Internet. Parce que les offenses faites aux croyants ont aussi offensé les impies (comment peut-on être à ce point per russe ?)

Contrairement aux militants de l'indignation sélective, je n'ai pas, une seule seconde, cru à la version des faits véhiculée par les vieux chevaux de retour de la propagande d'égout. Paranoïaque et complotiste comme je suis, j'y ai vu la main du frai de Goebbels lançant une attaque en règle, planifiée et concertée, contre l'Eglise orthodoxe russe, dans la foulée de celle qui a fait rage ces dernières années contre l'Eglise catholique et apparemment pour les mêmes motifs (je veux dire dans le même but). Manoeuvre à laquelle « on » a ajouté des attaques ad hominem contre Poutine. Pour rentabiliser au maximum la mise de fonds, certes, mais aussi, bien, sûr, pour punir les Russes de s'être mis dans le chemin de nos caprices en Syrie. De quoi se mêlent-ils ces multipolaires ?!

[ Loin de nous l'idée de semer la zizanie chez les croyants, mais, vous avez remarqué ?... Plein de pédophiles chez les cathos... Plein de corrompus chez les orthodoxes... Que des terroristes chez les coraniques... et chez les luthériens, calvinistes, anglicans, piétistes, baptistes, anabaptistes, quakers, unitariens, méthodistes, presbytériens, pères pèlerins, frères moraves, témoins de Jéhovah, scientologues, mormons et adventistes du 7e jour ? RIEN, nada de nada, pas la moindre main baladeuse, pas le plus petit billet vert égaré dans une poche prêcheuse... Tudieu, que de vertu ! Et on s'étonne qu'ils veuillent nous faire la leçon ? Ceci était une parenthèse. ]

Les leçons de vertu, donc, outre la prière punk susdite, ont encore pris ces formes :

 

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Appel à destruction de monuments publics

(et les Russes n'ont qu'à parler anglais comme tout le monde)

 

Bien entendu suivi d'effet. Ce qui énerve à Marseille  :

Safia Lebdi, élue de la République Française du groupe EELV, cautionne les actes de profanation des FEMEN

Il est temps que les élu(e)s de la République rendent des comptes  non seulement pour leurs actes mais aussi pour leur prises de position !

A force de permettre qu'ils soutiennent l'insoutenable  nous autorisons une impunité qui amènera les débordements les plus sectaires sur notre territoire et qui peut à terme menacer notre sécurité nationale .

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Enfin, pendant qu'on y était, car à quoi bon lésiner :

 

 Appel au meurtre -546561_406382009429671_85079561_n.jpg

Appel au meurtre par voie d'affiches

 

Egalement suivi d'effet, même si on se contente, pour l'instant, de cibles lambda  (on notera que l'assassin est au moins bilingue) :

Vendredi 31 août 2012

Russie-Kazan : Ils ont commencé à tuer pour Pussy Riot ! MAJ

Le pire qui était à craindre en Russie est arrivé. Comme je l'avais annoncé, citant l'archiprêtre Vsevolod Chaplin, une réponse faible ou une absence de réponse des autorités Russes aux actes de profanation commis contre les symboles religieux orthodoxes après l'annonce du verdict du jugement des Pussy-Riot allait entraîner une montée en puissance de la violence anti-orthodoxe et se terminer par des meurtres.

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Notre avis :

L'Eglise byzantine et celle de Rome sont assez grandes pour se défendre toutes seules, et, ici, on est athées. Nous n'allons donc pas nous croiser pour libérer le tombeau du Christ ni prétendre que les religions organisées sont des ramassis de petits saints. Mais les manifestations d'intolérance nous gênent, d'où qu'elles viennent et où qu'elles aillent. Surtout si elles sont déchaînées par la fine fleur des oppresseurs, au nom des femmes et de la liberté d'expression.

« Des oppresseurs » ? Croit-on sérieusement qu'un tel pandémonium puisse être le fait de trois pauvres gourdasses, qui déployaient depuis des mois de grotesques efforts pour se faire arrêter sans jamais y être parvenues ? Manipulées, certes, et pas qu'un peu. Mais je ne partage pas à leur égard la compassion de Paul Craig Roberts : « Mon coeur va vers les trois femmes russes qui forment l'orchestre de rock Pussy Riot. Elles ont été brutalement trompées et utilisées par les ONG aux gages de Washington, qui se sont infiltrées partout en Russie. On a chargé les Pussy Riot d'une mission qui était clairement de bafouer les lois en vigueur.»

Moins naïve ou moins généreuse que lui, je n'arrive pas à voir ces femmes comme des victimes : accepter de l'argent ou toute autre forme de gratification d'une puissance étrangère en train d'encercler votre pays pour l'aider à subvertir son intégrité est un crime de haute trahison. En d'autres temps et en d'autres lieux, les trois sottes auraient eu droit à la corde, au mur ou à la guillotine, sans que personne songe à moufter.

Notre post n'a fait le parallèle qu'avec Assange et Manning parce qu'il s'était imposé à l'auteur du billet, mais nous aurions pu en faire un autre. C'est Georges Stanechy qui s'y est collé sur son excellentissime blog A contre courant.

dieudonné-chrisactu.jpgCombien d'années y a-t-il en effet que Dieudonné peut être - et est - interdit d'exercer son art (oui, son art, vous n'êtes pas obligé d'aimer, il ne vient pas l'exercer chez vous de force) par le premier affairiste ou politicard venu, sans jamais avoir été condamné à quoi que ce soit, pour quoi que ce soit par aucun tribunal ? Et qu'ont fait pendant tout ce temps nos champions de la liberté d'expression ? Tenu leurs manteaux aux lapideurs pour qu'ils aient les mains plus libres ? L'ineffable Filipetti fait grand cas de « l'insolence de leurs vingt ans » (elles en ont trente), et si Dieudonné n'a plus ses vingt ans, il a des enfants à nourrir et à élever, qui se débrouilleront comme ils pourront avec un père empêché de gagner sa vie pendant beaucoup plus de deux ans parce que ses opinions déplaisent aux puissants et à leurs roquets.

Il n'y a pas pires esclaves que ceux qui se font croire qu'ils sont libres, dit Goethe. Et il y a des gens qui se croient en démocratie parce qu'on leur permet d'aller brailler dans la rue des slogans qui servent les intérêts de leurs maîtres. Qu'ils essaient donc de manifester une seule fois en faveur de quelque chose qui leur déplaît pour voir...

Samedi 18 août 2012

« Pussy Riot » & Propagande de Caniveau...

Georges Stanechy - A contre-courant

 

« Les mots, dans le monde où nous vivons, sont souvent employés pour déformer, dissimuler, ou manipuler, le sens qu’ils sont censés véhiculer… C’est devenu un langage de mensonges.

Ces mensonges peuvent atteindre une telle force persuasive, envahissante, que le menteur lui-même est convaincu de dire la vérité. »Harold Pinter

Une « prière Punk »

Je  me délecte, en cette période estivale, des feuilletons médiatiques. Mieux que « Plus Belle la Vie », contempler « Plus Belle l’Imbécillité », pour rester poli : quel régal ! Le record dans le genre : l’hystérie collective de tous nos médias s’emparant de l’affaire “Pussy Riot” en Russie…

Ce groupe de Rock-Punk, composé de trois femmes russes, vient d’être jugé pour délit d’incitation à la haine religieuse, atteinte à l’ordre public et aux institutions de l’Etat, provocation à l’émeute, insulte au chef de l’Etat, dégradation d’édifice, violence physique sur personnes et autres délits qualifiés de « hooliganisme ».

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*

 

Je m'en voudrais de passer sous silence le papier, intrépide et informé comme toujours, qu'Israël Shamir a consacré à l'affaire.

Pour ceux qui débarquent dans ce blog, je rappelle qu'Israël Adam SHAMIR est un écrivain et journaliste qui a la double nationalité russe et israélienne ; qu'il vit en Russie et retourne quelquefois dire bonjour en Palestine; qu'il s'est converti au christianisme orthodoxe à peu près quand Mordechai Vanunu s'est converti au catholicisme,  et qu'il dénonçait déjà les menées de ces petites mains de la CIA au mois de janvier 2012. Sa foi le regarde, ce n'est pas notre affaire, mais ses opinions, ses analyses et ses prises de position politiques nous intéressent au plus haut point. On ne perd jamais son temps à le lire, et je recommande en passant, aux internautes curieux de la vie en Fédération de Russie, ses autres articles traduits en français. On va sur : http://www.israelshamir.net/, on clique sur « Français» dans la colonne des langues et on les a tous. Pour le machin du jour, c'est là :


Mégères non apprivoisées : les "Pussy Riots"

 par Israël Adam Shamir

 

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Elles n'ont jamais rien produit, mais sont universellement admirées; vous n'en voudriez sûrement pas chez vous, mais vous voulez absolument qu'elles fassent la loi chez vos adversaires, et qu'ils les adorent. Vous voulez que je vous fasse un dessin ? Elles ont choisi un nom qu'on ne peut pas répéter en société, nous les appellerons par leurs initiales, les PR, et on ne saurait nier qu'elles aient du talent pour les relations publiques.  Mais de quoi s'agit-il ? Ce n'est pas un groupe de rock ou des punk. Un journaliste anglais s'en étonnait : elles n'ont jamais produit un air, une chanson, un graffitti, rien, nada de nada, nothing at all. Alors comment peut-on  les qualifier d'artistes ? Question délicate pour leurs supporteurs, mais ils s'en tirent élégamment : c'est le Département d'État US, réputé pour son amour de l'art, qui a payé pour leur premier et unique single, fabriqué par The Guardian à partir de quelques images et bruitages.

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Enfin, comme il était prévisible, les «chanteuses» à un seul single ont déjà fait des émules. En Allemagne. Et l'Eglise d'Allemagne a riposté. S'agit-il, se demande Philippe Grasset, d'un phénomène spontané de mimétisme, d'une sorte de mode qui saisirait les esprits faibles ? Il n'en croit rien. Nous non plus. Saluons en passant ce blog très informé, aux analyses toujours pointues. C'est là :

 

25/8/2012 - Bloc-Notes

Qu’est-ce que l’Allemagne va faire de son Pussy Riot ?

Autour du procès et de la condamnation des trois jeunes femmes russes du groupe Pussy Riot, il y a eu de nombreuses “actions” du domaine dans le monde extrêmement civilisé du bloc BAO, en signe de solidarité et d’activisme postmoderniste. Ce fut le cas dans la cathédrale de Cologne (voir Russia Today, le 20 août 2012), où trois jeunes gens, – deux du sexe masculin et un du sexe féminin, – accomplirent une performance équivalente à celle des Pussy Riot en février. Les trois personnes ont été arrêtées et inculpées.

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Et pendant que vous serez dans le Bloc-Notes de DeDefensa.org, ne ratez pas les aventures de l'inénarrable Laurent Fabius chez les Turcs. Ce serait dommage :

 

Hillary, Hague & Fabius, le nouveau groupe Pussy Riot

Il faut le noter avec une certaine préoccupation : les éminences diplomatiques de nos puissances tutélaires du bloc BAO commencent à laisser planer quelques inquiétudes sur leurs comportements. C’est assez remarquable parce que l’habitude des choses nous a accoutumés à la mesure, la politesse, le self-control, l’habileté au compromis, éventuellement l’élégance de ces maîtres de la diplomatie. Ils ont dans leur lignée des noms honorables et fameux, les Vergennes, Talleyrand, Tocqueville, Jobert, les Wellington, Palmerston, Anthony Eden, les Thomas Jefferson, Marshall, Acheson, – que du beau linge, et qui savait diablement se tenir… Qu’est-ce qui leur prend ?

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[ «Bloc BAO = Bloc Atlantiste Occidentaliste, soit USA, Royaume Uni, France, Israël, les deux Canadas, Australie, Nouvelle Zelande, et, bien entendu, le reste de l'Union Européenne. ]

[ Extrait de citation de Webster Griffin Tarpley – PressTV.com - sur la déclaration de Fabius : « C'est un langage que nous n'avons pas entendu en Europe depuis l'ère fasciste. C'est le langage d'une dictature fasciste, et, bon, Fabius n'est pas encore tout à fait ça, mais (...) il va dans cette direction. » ]

 

Ce n'est pas notre faute si l'actuel gouvernement français n'en rate pas une... Ceci n'était pas prévu dans nos Mises au point.

 

24.08.2012

La Dissidence française

Lettre ouverte à Cécile Duflot : « Que diriez-vous d'assumer ? »

par Vincent VAUCLIN,

 

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Madame la Ministre,

Ce jeudi 23 Août 2012, vous avez risiblement honoré votre fonction en posant avec une cagoule et une petite ardoise arborant fièrement ce message éminemment subversif “Free Pussy Riots”.

Votre soutien à un groupe de “féministes punk” est en effet ridiculement essentiel. Les “Pussy Riots” se sont illustrées par la profanation de la Cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou.

Dénonçant “l’autoritarisme russe”, vous ne réalisez sans doute pas la portée nocive de ce geste qui, en vertu de la Loi Française, aurait pu être puni de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

En tant qu’écologiste, il vous semble également naturel de soutenir ce groupe, dont l’une des membres s’illustra notamment par l’introduction d’un poulet mort dans son vagin : le respect de la vie animale vous semble ici accessoire.

Votre soutien à ce groupe de dégénérées, tombant simplement sous le coup du droit commun russe, est d’autant plus indécent que vous assumez la fonction de Ministre du Logement.

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Source :

http://la-dissidence.org/2012/08/24/lettre-ouverte-a-cecile-duflot-que-diriez-vous-dassumer/

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Ecce homos


Pour nos lecteurs non anglophones, The Saker, parlant de « lobby homo » renvoyait à un de ses articles, consacré à la décision récente des autorités russes d'interdire l'organisation de Gay Prides sur le territoire de la Fédération pour les cent ans à venir.

Gay-pride-parade-fairy.jpgIl en jubilait, se promettant d'assister à une levée de boucliers gratinée de la part des missionnaires de la démocratie bien-pensante, chose qui, évidemment, n'a pas manqué de se produire : Human Rights First vient de condamner la Russie.

The Saker n'aime pas les Gay Prides. Nous non plus. Ses raisons, il les expose avec force et clarté. L'échange d'opinions qui suit son article est au moins aussi intéressant, mettant aux prises, entre autres et outre lui-même, un croyant musulman et un homosexuel athée. Les arguments des uns et des autres valent certainement qu'on les prenne en compte. Je me contenterai, ici, pour mes lecteurs sourcilleux d'avancer autant que possible les miens.

Oui, la Gay Pride me gêne, comme me gênerait une Hétéro-Pride. Pourquoi ? Parce que, sous ses airs libertaires, c'est une manifestation d'intolérance et un abus de pouvoir.

The Saker et ses hôtes s'empoignent – courtoisement mais pas à fleurets mouchetés – sur le point de savoir si l'homosexualité est innée ou acquise, si elle est dans votre ADN ou s'il s'agit d'un virus, et si les sociétés ont ou non raison de la réprimer. Débat qui fera encore couler beaucoup d'encre, j'en ai peur, mais qui n'est pas notre sujet de préoccupation, ni celle, à mon sens, des autorités russes. Interdire l'organisation des Gay Prides n'est pas interdire l'homosexualité.

Gay pride Paris -45681441_gay_praid_2009_095.jpgInnée ou acquise? Quel intérêt quand les jeux sont faits ? Ceux qui appartiennent à cette tranche de la société doivent vivre avec leur particularité et trouver, dans cette société, leur place. A droits égaux. Que les homosexuels, mâles ou femelles, puissent vivre sans être persécutés, puissent cohabiter, tester, hériter entre eux s'ils le souhaitent, sont des droits fondamentaux que nul n'a le droit de leur contester. Mais qu'est-ce que vivre en société , sinon essayer d'y jouir d'un maximum de liberté sans que ce soit au détriment de la liberté des autres ? Et c'est là que le bât blesse.

Que des homosexuels exhibent leurs préférences sexuelles dans la rue n'est pas un crime. C'est un manque de savoir-vivre et une manifestation d'intolérance. Une Gay Pride est aussi offensante que le serait une Hétéro-Pride, une Sadic-Pride ou une Pedomaniac Pride. La sexualité est affaire intime. Exhiber sa libido sur la voie publique peut offenser les autres, y compris les homosexuels non-exhibitionnistes.

The Saker y voit une démarche fascisante. Sans aller jusque là (surtout dans les intentions) il faut reconnaître qu'imposer ses préférences – ou le spectacle de ses préférences – à ceux qui n'en ont que faire est une manifestation de pouvoir. Abusif. Et infantile, par définition.

On peut regretter que les autorités russes aient dû légiférer pour pallier le manque d'auto-discipline et de savoir-vivre d'une partie de leurs compatriotes. Mais les autorités russes ne sont pas redevables de leur administration du pays qu'aux seuls homosexuels et sont, en outre, confrontées à des attaques venant de toutes parts, dont le but (revendiqué!) est de subvertir et de dissoudre la société russe. L'organisation de Gay Prides est un des moyens utilisés pour y parvenir, même si ceux qui veulent s'y livrer n'en sont pas conscients. Dans la mesure où ce genre de festivités non spontanées ne se produit que dans des sociétés en décomposition, un gouvernement démocratique n'a pas seulement le droit mais le devoir de s'y opposer. Et tant mieux si les personnes concernées comprennent son souci et consentent de bon gré à vivre leur sexualité dans leur chambre à coucher ou tous autres endroits discrets.

Cette occasion est aussi bonne qu'une autre de nous rappeler deux ou trois choses. Pas de panique ! Il ne s'agit que de résumer les derniers dix mille ans d'histoire.

Avant l'Histoire, justement, il y eut le matriarcat ou « tout le pouvoir aux mères de famille » (ce que contestait feu Georges Dumézil mais ses fantasmes sont son affaire). Un jour, les pères se révoltèrent contre cet état de choses effectivement oppressif et injuste, qui les infantilisait. Cependant, au lieu de réclamer leur part de droits et de responsabilités, et précisément parce qu'ils étaient infantiles, ils prirent le pouvoir. Ce qui se traduisit presque partout par l'enfermement et l'infantilisation forcée des femmes. Les filles devinrent propriété et objets de troc des pères, utilisables à merci pour accroître et affermir leur pouvoir. Les fils, rivaux potentiels dès la puberté, ne furent pas mieux lotis. Infantilisés eux aussi et autorisés à sortir de cet état de dépendance absolue uniquement pour aller combattre – et si possible se faire tuer – dans les guerres fomentées par les pères, dans le but sempiternel d'accroître et de renforcer leur dit pouvoir. Depuis l'existence, même embryonnaire, du patriarcat (« tout le pouvoir aux pères de famille »), la volonté de puissance et la cupidité ont régi les sociétés des pères, lesquels ont hélas conservé leur infantilisme d'origine, tout en l'imposant à femmes, filles et fils. L'infantilisme est LA plaie cardinale du genre humain et le responsable de 90% de ses misères.

Mais les homosexuels ?

N'avaient pas été mieux lotis sous le matriarcat, les mères, pas plus que les pères, n'ayant eu que faire de non-reproducteurs.

De tout temps persécutés à peu près partout.

Sauf chez les Grecs il est vrai, où l'homosexualité masculine fut même institutionnalisée. Mais pas son libre choix. Puisqu'elle fut imposée au contraire, à tous les mâles mineurs d'âge sans distinction. Mais en fait, ce n'est pas l'homosexualité qui fut imposée mais la bisexualité : les femmes au gynécée, à obligatoirement engrosser pour assurer la descendance, et les petits garçons, pour le soulagement et la bagatelle. But hautement politique : ne laisser aucune ombre de possibilité aux femmes de jouer un rôle actif dans la société en tenant, par exemple, l'un ou l'autre mâle par les couilles. Qui contrôle la sexualité contrôle la société. Aujourd'hui comme dans la Grèce antique.

Au point d'explosion démographique où nous sommes arrivés, alors que les oligarchies occidentales songent à supprimer par des moyens divers une partie de l'espèce humaine (qui continue à manger alors qu'elle ne leur sert plus à rien), alors que les si-peu-démocrates-Chinois (ah, la la) légifèrent pour interdire plus d'un enfant par famille, on pourrait penser que le moment est venu de laisser les homosexuels enfin vivre leur vie sans brimades.

The Saker dit qu'aux USA, la décision de dépénaliser l'homosexualité « fut une décision politique née d'un rapport de forces » (c'est vrai) et « sans fondement scientifique » (la science n'a rien à voir dans l'affaire, puisqu'il s'agit d'affect et que l'affect humain est aussi bien connu de la science que le sous-sol d'Aldébaran).

Quelle a été et quelle est encore l'arme absolue du patriarcat pour pérenniser son pouvoir ? L'institution du mariage. Qu'il soit monogamique ou polygamique. C'est pourquoi on peut s'étonner que les homosexuels, au moment où le rapport de forces leur devient favorable, loin de diagnostiquer correctement et de combattre la cause première de leurs malheurs, réclament assez sottement le droit de se marier. Le beau Barak Obama, ratissant  jusque dans les coins, vient de le leur accorder.

Certes, les homosexuels n'ont pas à s'attaquer, seuls, aux tares des sociétés dans lesquelles ils vivent, mais l'instinct de conservation le plus élémentaire aurait dû les inciter à un peu moins de panurgisme et d'obéissance aveugle aux diktats du dernier avatar du patriarcat. Gay Prides indeed !

La permissivité, à l'égard de tout ce qui a été si longtemps réprimé est partiellement inévitable (rapport de forces changé par la démographie galopante et la décadence) et partiellement voulue par les oligarchies occidentales, dont le pouvoir ne peut se maintenir que par la dislocation du tissu social des contrées qu'elles veulent à leur botte. D'où l'organisation, forcée s'il le faut, de Gay Prides et de Pussy Riots.

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Sofia, Bulgarie - Monuments aux morts soviétiques et bulgares de la IIe Guerre Mondiale

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A ce propos, deux mots de conclusion sur la Russie, puisque la Russie vient de faire savoir qu'elle ne voulait pas de la dislocation de son tissu social. Les attaques portées à sa cohésion, sous des formes de moins en moins camouflées, ont eu le résultat – imprévu pour les initiateurs – de resserrer les rangs, y compris ceux de l'opposition, autour du gouvernement de Vladimir Poutine. (On entend d'ici la meute de service aboyer au nationalisme).

Pour ceux qui sont bouchés à l'émeri :

Vladimir Poutine et son gouvernement ont été élus, à une majorité importante des voix, dans des conditions de régularité que nous pouvons leur envier, par une population de 143 millions de personnes. Ces gens ont des lois et n'en déplaise aux hystériques laveurs de cerveaux de l'Occident, la Fédération de Russie est une démocratie. Comme toute démocratie, elle a une opposition. Elle en a même plusieurs. Il est hautement réjouissant que les tarés apprentis sorciers de l'Empire, avec leurs chiffons à trous sur la tête, aient réussi ce que la bonne volonté de l'équipe au pouvoir n'avait pu faire jusque là : rassembler même l'opposition autour d'elle. Evidemment pas l'opposition milliardaire. Mais, par exemple, l'opposition communiste et son chef, Guennadi Ziouganov, principal rival de Vladimir Poutine aux dernières élections présidentielles. (Eh oui, en Russie comme en Italie, il y a des communistes qui vont à la Messe). Et, bien entendu, le vieux Soljénitsine, qui a vu l'Amérique et qui en est revenu.

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Réaction naturelle d'une nation digne de ce nom.

Salut et fraternité à elle.

Bref, après les tentes oranges, la révolution (oufti!) des roses et les bandeaux verts censés purger le monde de l'abominable Ahmadinedjad, voici les balaclavas multicolores. Quels trésors d'invention ! On résiste mal à l'envie d'ouvrir des paris. Ce sera quelle couleur pour Chavez ? Et pour Correa ? Pour Castro, ça, on sait déjà : couleur foire de cochons.

Oh, pardon.

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Saint Petersbourg : V. Poutine payant de sa personne à une collecte de fonds pour les enfants cancéreux.

(Ce n'est pas une prière, ni punk, c'est juste du Louis Armstrong, et l'accent n'est pas terrible.)

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Ce blog est comme les opéras de Richard Wagner : quand on croit que c'est fini, il y en a encore . Quelques articles exceptionnels, à lire pour ne pas mourir idiots :

Analyse de la situation en Syrie

Alain CHOUET

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Invité de l’Association Régionale Nice Côte d’Azur de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale) le 27 juin 2012, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, reconnu bien au delà de l’Hexagone pour son expertise du monde arabo-musulman, livre ici une vision intéressante et décapante.

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30 août 2012

Conspirationnisme : la paille et la poutre

Frederic LORDON

(des économistes atterrés – atterres.org)

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Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pardon : c’est une bénédiction. C’est la bénédiction des élites qui ne manquent pas une occasion de renvoyer le peuple à son enfer intellectuel, à son irrémédiable minorité. Que le peuple soit mineur, c’est très bien ainsi. Surtout qu’il veille à continuer d’en produire les signes, l’élite ne s’en sent que mieux fondée à penser et gouverner à sa place.

Pour une pensée non complotiste des complots (quand ils existent)

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30 août 2012

Postmodernisme ? (Znet)

Noam CHOMSKY

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Récemment Z a reçu des questions à propos de la pertinence et de la portée éventuelle de ce qui est appelé postmodernisme. Nous avons dans le passé – lorsque c’était un sujet plus d’actualité, ou qui en tout cas semblait l’être – publié plusieurs essais, et même des débats sur le sujet. On peut facilement les trouver sur ZNet. Mais nous sommes tombés par hasard sur une reproduction de la longue réponse que Chomsky avait donnée sur ces questions dans un forum. Nous l’avons trouvée assez bien, et nous avons estimé qu’elle peut être publiée. Le texte ci-dessous avait été mis en ligne en novembre 1995, nous avons juste éliminé les noms des personnes qui interrogeaient Chomsky.

Il me semble que le débat avait commencé quand Mike et moi, avec peut-être d’autres personnes, avions été accusés de n’avoir point de théorie, et donc de ne pas pouvoir expliquer pourquoi les choses sont comme elles sont. Nous devions donc nous tourner vers la « théorie » et la « philosophie », ou « les constructions philosophiques », ou ce genre de choses, pour remédier à cette déficience et pouvoir comprendre ce qui se passe dans le monde, et pour agir. Ma réponse a toujours été de réitérer ce que j’avais écrit il y a trente-cinq ans*, longtemps avant l’éruption du « postmodernisme » dans la littérature : « S’il existe un corps de théorie, testé, vérifié, qui s’applique aux relations internationales ou à la résolution des conflits internationaux, voire même des conflits internes, son existence reste un secret bien gardé », malgré beaucoup de « prétentions pseudo-scientifiques ».

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Les trois suivants sont une dénonciation, très documentée et argumentée du rôle honteux joué par Amnesty International, Human Rights Watch et Chatham House (car il n'y a pas que l'ONU), dans la fabrication du consentement à la mise à sac du monde. Le Grand Soir a choisi de traduire celui de Diana Johnstone. Les deux autres sont en anglais. Sorry.

TUESDAY, AUGUST 21, 2012

Amnesty International is US State Department Propaganda

Amnesty run by US State Department representatives, funded by convicted financial criminals, and threatens real human rights advocacy worldwide.

by Tony Cartalucci

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Image: From Amnesty International USA's website, « Free Pussy Riot. » « Help Amnesty International send a truckload of balaclavas to Putin. » This childish stunt smacks of US State Department-funded Gene Sharp antics - and meshes directly with the US State Department's goal of undermining the Russian government via its troupe of US-funded « opposition activists » including "Pussy Riot" . That Amnesty is supporting the US State Department's agenda should be no surprise, it is run literally by the US State Department's Deputy Assistant Secretary for International Organizations, Suzanne Nossel.

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Ce texte, traduit en français, vient de paraître sur le blog Résistance 71 :

Allez, on vous l'ajoute :

Droits de l’Homme et hypocrisie :

Amnesty International comme agence de propagande du ministère des affaires étrangères américain…

A lire en parallèle l'article de Paul Craig Roberts sur la diabolisation de Poutine et la corruption des organisations de défense des droits de l’Homme comme Amnesty International. L’éveil et la poussée de démystification salvatrice semblent opérer de concert…

Résistance 71 –

Amnesty International est une agence de propagande du ministère des affaires étrangères U.S.

Amnesty est dirigée par des représentants du ministère des affaires étrangères états-unien, est financée par des criminels financiers condamnés et menace la véritable défense des droits de l’Homme partout dans le monde.

 par Tony Cartalucci

le 21 Août 2012,

Souvent considérée à tort par beaucoup comme étant la quintessence sur la question des droits de l’Homme dans le monde, cela pourra choquer certains d’apprendre qu’Amnesty International n’est en fait qu’un des plus grands obstacles à la véritable cause et défense des droits de l’Homme sur cette planète.

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Institute for Political Economy

Pussy Riot, The Unfortunate Dupes of Amerikan Hegemony ~ Paul Craig Roberts

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August 22, 2012

My heart goes out to the three Russian women who comprise the Russian rock band, Pussy Riot. They were brutally deceived and used by the Washington-financed NGOs that have infiltrated Russia. Pussy Riot was sent on a mission that was clearly illegal under statutory law.

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31 août 2012

Pussy Riot et Amnesty International : Le déclin de la protestation politique (Counterpunch)

Diana JOHNSTONE

Pussy - Johnstone -arton17587-2b2a8.jpgIl était une fois une organisation appelée Amnesty International qui se consacrait à la défense des prisonniers de conscience partout dans le monde. Son action était guidée par deux principes qui ont contribué à son succès : la neutralité et la discrétion. Dans le contexte de la Guerre Froide, Amnesty International à ses débuts prenait soin d’équilibrer ses campagnes en faveur des prisonniers entre les trois régions idéologiques : l’Occident capitaliste, l’Est communiste et les pays en voie de développement du Sud. Les campagnes étaient discrètes, évitant les polémiques idéologiques et se concentrant sur les conditions physiques et juridiques des prisonniers. Leur objectif n’était pas de se servir des prisonniers comme d’une excuse pour s’épancher contre un gouvernement « ennemi », mais de convaincre les gouvernements de cesser toute persécution contre des dissidents non-violents. L’organisation réussit à exercer une influence civilisatrice universelle.

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Découvrir, en l'espace de trois jours, ce qu'avaient à nous dire Chouet et Lordon, mais aussi ce que nous disent Cartalucci, Craig Roberts et Johnstone, interdit de désespérer.


Fluctuat Nec Mergitur


Catherine L.

Le 3 septembre 2012






20/06/2012

Une leçon de politique étrangère sur la toile

 

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UNE LEÇON DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE

 SUR LA TOILE

 

« Rabelais voulait que son peuple fût éduqué en politique »

John Cowper POWYS

 

Qui peut « éduquer en politique » sinon ceux qui gouvernent, ceux qui mesurent chaque jour la difficulté qu'il y a à maintenir le cap vers ces deux horizons si souvent divergents : l'efficacité et les principes ? En d’autres mots : les classes politiques. Heureux les peuples qui en ont une, et malheureux ceux qui n’ont, en guise de gouvernants, que du « personnel » sans convictions ni principes, gens de maison voués au plus offrant.

Qu’on ne s’y trompe pas : éduquer en gouvernant, autrement dit gouverner par la persuasion, est l’activité la plus périlleuse et la plus ardue qui soit, cela revient presque à résoudre la quadrature du cercle.

Nous l’avons déjà dit et ne nous lasserons pas de le répéter : le premier et le plus grand représentant de cette espèce rare fut Robespierre. Un autre, nous l’avons dit aussi et ne le répéterons jamais assez , est présentement Castro, qui a réussi, lui, le tour de force de durer. Ils seraient deux si Guevara n’était pas mort à la tâche. De cette espèce aussi furent bien entendu Lénine, Gandhi, Mao Tse Toung, Jaurès, Mendès et même Charles De Gaulle, aujourd’hui rejoints par Chavez, Nasrallah, Ahmadinejad, Correa… Les principes ont pu ne pas être les mêmes chez tous ces éducateurs de peuples, ni les convictions semblables. Mais les peuples ne sont pas non plus obligés d’aveuglément les épouser : assimiler une leçon n’implique pas la servilité. Il y a peu, Vladimir Poutine a fait une remarquable percée dans cette auguste cohorte, avec son grand discours de Munich sur la multipolarité et ses offres d’association pacifique à l’Europe, si criminellement snobées par nos « personnels » salariés. Aujourd’hui, il y a Lavrov.

Qui, en Europe et en Amérique du Nord, continents surinformés s’il en est, connaît même le nom de Sergueï Lavrov ? Bien peu, assurément, grâce aux médias de pacotille, dont la mission est de garder le troupeau bien serré des moutons bêlants en route vers l’abattoir sans qu’un seul s’égaille et se mette à penser tout seul. Et pourtant, tout fait augurer que Sergueï Lavrov restera, pour l'Histoire, un des plus grands ministres des Affaires étrangères du XXIe siècle. Le comparer aux Metternich et aux Talleyrand serait l’injurier, car leurs buts - leurs convictions et leurs principes - ne furent en rien les siens. Bref, si la Guerre de Troie, version définitive, ne devait pas, contre toute attente, avoir lieu, c’est assurément à lui qu’en partie on le devrait.

La Syrie n’est – ne devrait être – pour ceux que servent nos « personnels », q’une étape dans leur marche triomphale vers le pouvoir absolu, si possible éternel. Mais on peut, en touchant très fort du bois, souhaiter qu’elle soit au contraire le caillou qui les fera trébucher, en se répétant pour se réconforter la phrase de William Blum : « Le Grand Reich d’Hitler devait durer mille ans. Il en a quand même duré douze. ».

Ce préambule longuet (pardon !) pour dire que M. Lavrov vient de remettre – et pas seulement sur la Syrie – un grand nombre de pendules à l’heure, et remettre du même coup à leur place – « c’est-à-dire dans la boue » - ceux qui s'obstinent à ignorer la signification fatale du mot hubris. Que Madame Hillary Clinton par exemple ne soit pas sourde et sache lire, personne n’en doute. Qu’elle comprenne ce qu’est en train de lui faire savoir M. Lavrov et en fasse son profit est beaucoup moins sûr. Car ceux que Jupiter veut perdre… Mais « ce n’est pas à vous s’il vous plaît que ce discours s’adresse », c’est au peuple russe et aux autres, amis ou ennemis.

 

 

Du bon côté de l’Histoire

 

par Sergueï Lavrov

La propagande occidentale ne cesse de caricaturer la position de la Russie face à la crise syrienne. Elle reproche à Moscou de soutenir Damas pour des motifs mercantiles, voire par solidarité criminelle. Sergeï Lavrov ne traite pas ici des choix stratégiques russes, mais des principes auxquels s’astreint sa diplomatie. Il répond patiemment aux inepties des médias occidentaux, rappelant l’attachement de Moscou au droit international et sa préoccupation de soutenir les peuples. M. Lavrov oppose d’une part le soutien populaire massif dont dispose le président el-Assad et, d’autre part, l’illégitimité d’une opposition armée à caractère sectaire, soutenue de l’étranger.

RÉSEAU VOLTAIRE | MOSCOU (RUSSIE) | 17 JUIN 2012


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Au cours de l’année ou de l’année et demie passée, les événements qui se sont enchaînés en Afrique du Nord et au Proche-Orient ont pris une place prépondérante parmi les questions politiques à l’ordre du jour au niveau mondial. Ils sont fréquemment qualifiés d’épisode le plus saillant dans la vie internationale de ce jeune 21e siècle. Des experts évoquent depuis longtemps déjà la fragilité des régimes autoritaires des pays arabes, ainsi que les confrontations sociales et politiques potentielles.

Il était cependant difficile de prédire l’ampleur et la vitesse de la vague de changement qui a déferlé sur la région. En corollaire de la crise qui se fait sentir dans l’économie mondiale, ces événements ont clairement démontré que le processus menant à l’émergence d’un nouveau système international est entré dans une période de turbulences.

Lire (et méditer chaque phrase de) la suite…

 

Source : Réseau Voltaire



***


 Désinformation tous azimuts.

Deux « niouzes » parmi cent autres illustrant ce qui précède :

 

 

L’Angleterre arrête un bateau russe en route vers la Syrie

 

La compagnie d'assurances maritimes Standard Club (Royaume Uni) vient de retirer sa couverture à tous les navires de la Femco, un armateur russe, après avoir appris que ses bateaux pourraient transporter des hélicoptères et des missiles à destination de la Syrie. La compagnie d'assurances a été alertée par le gouvernement britannique, agissant sur requête des États-Unis.

L'embargo en cours sur les armes à destination de la Syrie, imposé par l'Union Européenne en mai 2011, n'interdit pas seulement l'exportation d'armes à destination de ce pays, mais aussi tous les services qui y sont liés, tels que les assurances.

Le M.V. Alaed faisait route vers la Syrie par la mer du Nord, après avoir embarqué des hélicoptères dans le port russe de Kaliningrad.

La requête des États-Unis aux autorités britanniques fait suite à une affirmation de la Secrétaire d'État Hillary Clinton, selon qui la Russie aurait violé l'embargo.

Selon le Telegraph, les autorités russes réfutent cette accusation et disent que les hélicoptères transportés sont propriété syrienne, vendus à ce pays à la fin de l'ère soviétique, matériel usagé que les ingénieurs russes sont tenus de réparer à Kaliningrad en fonction d'un contrat en vigueur.

Entretemps, la Russie a annoncé son intention d'envoyer deux navires transportant des troupes d'élite vers le port de Tartus, base navale russe en Syrie, pour sécuriser cette base face à une violence en pleine escalade et, si nécessaire, aider à l'évacuation de citoyens russes de Syrie.

Les medias russes rapportent que chacun de ces navires peut transporter 300 marines  et 12 tanks, ce qui constituerait le plus grand déploiement de troupes russes vers la Syrie depuis le début des troubles, il y a plus de quinze mois.

 

 Source : Security & Defence Agenda

 

Traduction : C.L.

pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

               


CNN annonce un envoi de troupes et d’armes russes vers la Syrie

 

Entretemps, CNN se donne beaucoup de mal pour faire monter la mayonnaise (de la guerre) en annonçant un envoi d’armes et de troupes russes en Syrie. Qu’en est-il au juste ?

En fait, les Russes, préoccupés par la spirale de la violence déchaînée sur le pays par les bons soins de l’Occident et qui semble devoir sous peu échapper à tout contrôle, envoient en Syrie suffisamment d’hommes et de matériel pour protéger la base navale qu’ils y possèdent. (Déclaration du Pentagone à CNN, vendredi 15.6.12)

 

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 Le cargo Nikolay Filchenkov, qui mouillait le 7 juin dans le port de Sébastopol, fait actuellement route vers la Syrie avec, à son bord, des militaires en petit nombre et du matériel indéterminé.

 

Par ailleurs, M. Andranik Migranyan, qui dirige à New York  l’Institut pour la Démocratie et la Coopération (« une ONG soutenue par le Kremlin », couine CNN. Échange de bons procédés ?), répondant aux questions de cette chaîne, lui a rappelé que la Russie s’est justement opposée avec force à l’envoi de troupes en Syrie, dans la conviction que cela ne ferait qu’augmenter la violence et qu’en envoyer elle-même serait inviter d’autres pays à l’imiter, ce qui n’aurait ni sens ni logique.

Les choses paraissent claires pour tout le monde, et même, apparemment, pour le Pentagone. Mais cela ne saurait empêcher CNN de lancer ses canards alarmistes.

 

De l’art de fomenter des guerres sans les déclarer, en essayant d’en faire porter la responsabilité à d’autres.

 ou

Principe premier du nazisme : toujours accuser l’autre de ce qu’on a l’intention de lui faire, qu’on est en train de lui faire ou qu’on lui a déjà fait.

 

Source :

http://security.blogs.cnn.com/2012/06/15/us-believes-russ...

 

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Le port de Tartus, en Syrie

 

 

***


Et la Chine dans tout ça ?

 

Georges Stanechy, qui n’est pas ministre, mais qui s’évertue à éduquer lui aussi et qui lit les journaux chinois, nous livre cette semaine, sur son blog À contre-courant un billet très court, que nous nous faisons un plaisir de lui emprunter :

 

Syrie : Une Analyse Chinoise …

par Georges Stanechy

 

Comment ramener la Paix en Syrie ?...

… alors que la “Communauté Internationale”, c’est-à-dire la "Bande des Quatre" (US, Israël, GB, France) et ses seconds couteaux (pétromonarchies et autocraties de la région), n’arrêtent pas depuis des mois d’y organiser, armer, manipuler, le chaos et la guerre civile. Avec envoi de mercenaires et d’armes de tous calibres, pluies de dollars et d’euros en tous sens, trompettes et tambours de la propagande à rendre sourd…

C’est vouloir “faire passer un chameau par le chas d’une aiguille”.

Métaphore reprise par le caricaturiste Pang Li, dans le China Daily du 9 juin 2012.

La colombe de la Paix et le chameau Syrien formulant, déroutés ou angoissés, la même interrogation.

 

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Oui. Comment procéder ?...

Très simple, hurle, hystérise, la "Communauté Internationale" !

Exhibant ses récentes et nombreuses réalisations en ce domaine. Plastronnant, à son habitude, de fierté et de Bonne Conscience, jusqu’au Festival de Cannes :

Réduire le chameau en cendres ou en bouillie !…

 

Source : À contre-courant http://stanechy.over-blog.com/

 

Ne manquez pas de cliquer sur les liens et en particulier sur « Festival de Cannes ». Vous y découvrirez, outre l’excellent blog de Hédi Dhoukar, un texte remarquable et peu connu de Georges Simenon. Sur le Festival de Cannes. Si, si.

 

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Festival de Cannes 2012

Au secours !



***



Contre-désinformation, non mais !

(L’Ambassade de Cuba proteste contre un « reportage » anticubain sur M6)


Propagande anticubaine sur M6

 

Communiqué officiel de

l’Ambassade de Cuba en France.

L’Ambassade de Cuba en France, en tant que représentante légitime du gouvernement cubain, élu majoritairement selon la Constitution de notre pays, refuse le reportage « Cuba, fiesta, débrouille et interdits », du journaliste Bernard de La Villardière, diffusé dimanche, le 17 juin à l’émission «Enquête Exclusive» de M6.

Nous regrettons qu'un matériel avec de nombreuses imprécisions sur notre histoire récente ait été transmis. Il manquait, à notre avis, des références importantes sur les causes des problèmes qui affectent aujourd'hui la vie quotidienne des Cubains.

Il n’y avait pas un mot sur le blocus économique, commercial et financier auquel notre pays est soumis depuis un demi-siècle imposé par la plus grande puissance du monde. Pas de référence objective à propos de la mise à jour du model économique cubain en cours.

Quiconque voit le reportage et perçoit que nos manques découlent exclusivement de l'échec de notre projet. Cependant, grâce à lui, Cuba construit une œuvre sociale et culturelle d'un humanisme profond et de solidarité, dans des conditions d'une vraie guerre économique.

Par ailleurs, des références négatives et irrespectueuses sur Fidel Castro et d’autres dirigeants ont été faites. Fidel, comme le peuple l’appelle, est le leader indiscutable de la Révolution cubaine, le dirigeant qui avec son exemple personnel a guidé l'un des processus révolutionnaires les plus radicaux et humanistes du 20ème siècle, à seulement 90 milles de son plus grand adversaire.

Nous pensons que les journalistes et les médias qui prétendent être considérés sérieux et professionnels, doivent aller au cœur des problèmes, contraster les sources, faire des recherches. À moins qu’il n’existe que l'intention de montrer Cuba dans une décadence, sans avenir.

Bref, le journaliste n’a mentionné que le côté imparfait de l’œuvre.

Serait-t-il juste de montrer l’autre partie?

Ce reportage, répond-t-il à la ligne éditoriale de M6 ou est-il une publicité payée par ceux qui ont toujours prétendu discréditer le processus révolutionnaire cubain?

Vraiment, nous ne pouvons pas faire la différence.

Ce n’est pas la première fois que M. Bernard de La Villardière voyage à Cuba « caché », sans un visa de presse comme les lois souveraines de notre pays l’exigent. De manière contradictoire à ce qu’on mentionne, le journaliste a pu se promener par tout le territoire national sans « être arrêté ou surveillé ». De manière contradictoire à ce qu’on mentionne, les Cubains ont exprimé leurs avis avec totale liberté.

Malheureusement les téléspectateurs de M6 ont perçu une histoire incomplète de la réalité cubaine. De nombreuses personnes nous ont appelés, indignées de la distorsion montrée dans ce reportage, bien loin de ce que des dizaines de milliers de Français constatent chaque année dans leurs voyages, leurs parcours et ce qui est plus important, le contact direct avec la population cubaine, dont ils partagent des problèmes et des joies.

Paris, le 18 juin 2012.

Source : http://eldiablo.over-blog.org/article-propagande-anticuba...

 

Il nous souvient avoir vu un jour un superbe carnet de voyage illustré, de quelques touristes français qui avaient fait le tour de Cuba à bicyclette. Nous ne l’avons pas retrouvé. En voici d’autres. On se cotise pour offrir un vélo à M6 ?

 

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Cuba sur deux roues

(Cliquer)

 

 

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Alex & Laurence à Cuba

(Cliquer)


 

*** 


HÉROS 


Défoncez-vous pour la sauvegarde de l’humanité, vous en serez.

À quoi cela vous servira-t-il ?

À rien : l’humanité s’en fout.

Les deux qui font aujourd’hui l’actualité : Assange – Vanunu.

 

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 « Julian Assange a provoqué un nouveau coup de théâtre en se réfugiant mardi à Londres à l'ambassade d'Equateur, pays à qui il demande l'asile politique après avoir épuisé en 18 mois de bataille juridique tous ses recours au Royaume-Uni pour échapper à une extradition en Suède. »

(Le Nouvel Obs, Libération, Le Monde, Le Figaro, Le Point, etc.)

 

19 juin 2012

Julian Assange : Ce que ça coûte d’être dissident en Occident

Wei Ling Chua, pour Dissident Voice

 

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Julian Assange a rendu service à l’humanité en publiant les dépêches diplomatiques étasuniennes qui révélaient que "les décisions politiques étasuniennes étaient plus motivées par le pétrole que par la lutte contre le terrorisme" et que les meurtres et la torture de dizaines de milliers de civils par les forces des Etats-Unis et de l’OTAN en Irak et en Afghanistan dont font état les journaux de guerre respectifs étaient des preuves de crime de guerre.

Cependant, à son grand désarroi, Assange, en tant que dissident occidental ne jouit pas de la mansuétude dont jouissent les dissidents chinois. Les politiciens du monde "libre" ne veulent pas reconnaître qu’il a agit noblement en révélant les violations des droits humains et les crimes de guerre commis par l’OTAN et les Etats-Unis. Le président Obama a parlé d’une "déplorable fuite de documents" ; l’ancien président de la Chambre des Députés, Newt Gingrich, pense qu’Assange doit être traité comme un "combattant ennemi" ; le leader du groupe GOP (Grand Old Party : Parti Républicain, ndt), Mitch McConnell, l’a qualifié de "terroriste high-tech" ; et Sarah Palin veut qu’il soit pourchassé comme al-Qaeda.". D’autres politiciens dont des dirigeants de médias alignés "ont ouvertement demandé qu’il soit mis à mort."

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Source :

http://www.legrandsoir.info/julian-assange-ce-que-ca-cout...

 

Belle occasion de comparer les médias non alignés aux autres. (On n’a pas le temps de vous les traduire. Nos excuses.) Rien qu’aux Etats-Unis :

http://www.informationclearinghouse.info/article31644.htm

http://www.informationclearinghouse.info/article31662.htm

http://www.informationclearinghouse.info/article31645.htm

 

***    

 

Dix-huit ans de prison… Interdiction de quitter Israël… Interdiction de parler…

 

 

lavrov,syrie,chine,robespierre,castro,cuba,pang li,simenon

 

Mordechaï Vanunu est toujours «israélien»

La Cour suprême d’Israël a rejeté, le 6 juin 2012, le recours introduit par Mordechaï Vanunu pour l’annulation de sa nationalité israélienne. La Cour a estimé que la demande n’avait pas été déposée selon la procédure adéquate. Il aura fallu une année au système judiciaire israélien pour informer le demandeur et ses avocats qu’il n’avaient pas usé des « canaux appropriés ».

M. Vanunu est le premier citoyen israélien à demander à bénéficier de la nouvelle loi dite de « révocation de la citoyenneté israélienne ». Celle-ci autorise les tribunaux à libérer des Israéliens de leur citoyenneté s’ils ont été condamnés pour « espionnage » ou « trahison ».

Alors ingénieur au centre de Dimona, Mordechaï Vanunu est l’homme qui révéla en 1986 l’existence du programme nucléaire militaire israélien. Il avait à l’époque permis de confondre l’État Israélien dont les dirigeants déclaraient publiquement qu’ils souhaitaient un Proche-Orient « libre du nucléaire ». Enlevé en Europe par le Mossad après avoir parlé avec des journalistes, il fut jugé à huis clos et emprisonné pendant dix-huit ans.

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Source :

http://www.voltairenet.org/Mordechai-Vanunu-est-toujours

 

Pour en savoir plus :

http://eplume.wordpress.com/2011/06/11/affaire-jonathan-p...

http://lesogres.info/spip.php?article3371

 

 

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Dernière minute :

 

La censure selon Google

 

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Encore bravo à Google et à Overblog, pour leur respect du droit des gens, leur éthique commerciale et autres fariboles.


À quand la fine équipe en escadron de la mort ?


Pour atteindre Serge Adam quand même, à partir du 19 juin, puisque tout le reste a disparu :

http://devilprof.blogspot.be/2012/06/le-quebec-en-marche-...


 

Mis en ligne par C.L. le 20 juin 2012

 

 

 

 

 

 

 

13/06/2012

Est-il bien utile de rouvrir juste avant la troisième guerre mondiale ?

 

 

Bataille de Lépante.JPG



EST-IL BIEN UTILE DE ROUVRIR

JUSTE AVANT

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE ?


 

Oui, Théroigne a déménagé. On vous en parle après. Mais qu’est-ce qu’un changement de pénates, même forcé, quand les risques d’un conflit planétaire, atomique bien entendu, n’ont jamais été aussi grands ni aussi proches ?... quand l’effondrement planifié de l’Europe s’accélère sans recours ?

 

Apocalypse (substantif féminin) : dévoilement.

 

C’est pourquoi nous rouvrons sur la Syrie.

Vous avez aimé Katyn, Oradour, Sabra et Chatila, Fallujah, Abou Ghraib, voire Timisoara ? Vous adorerez Houla.

De quoi s’agit-il ? D’un massacre. Perpétré froidement, avec préméditation, par des tueurs d’Al Qaeda, oeuvrant pour le compte de l’oligarchie dite « occidentale », dans le but d’en faire accuser le président élu (M. Bachar el-Assad) d’un pays (la Syrie) que l’on veut conquérir ou à tout le moins détruire, si on n’y arrive pas. Et pourquoi n’y arriverait-on pas ? Parce que la Russie et la Chine s’y opposent. Et – mais, chut – parce qu’aucun jour ne se passe sans qu’au moins un jeune soldat U.S. ne se suicide. Les suicides aux armées, c’est comme un robinet qui fuit goutte à goutte, cela finit par faire monter la facture. Et c’est malsain pour le moral de (ce qui reste de) la nation. Bref, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour gagner des guerres.

On ne vous le rappelle ici que pour mémoire : les joyeux drilles  aux commandes du Titanic dont nous sommes les passagers ont jeté leur dévolu sur l’Asie Centrale (théorie de Zbigniew Brzeziński, v/son livre Le grand échiquier). Ils ont depuis lurette passé par profits et pertes le territoire des États-Unis, citron ultra-pressé qu’ils abandonnent aux hordes immigrées ou descendantes d’esclaves laissées à pourrir sur ce qui ne sera bientôt plus qu’une décharge, et, dans leur irrésistible ruée vers le Far-Est, « remodèlent » le Moyen-Orient, en avalant - démembrant et réduisant à néant - un pays après l’autre : Palestine, Afghanistan, Liban, Irak, Libye, Égypte et, maintenant, Syrie. On vous passe l’Afrique, maître-pion.

Conjointement, le même sort a été infligé à la Yougoslavie. En attendant mieux, car il faut bien entendu que l’Europe y passe. Pas question, n’est-ce pas, de laisser debout, dans son dos, un allié capable de vous faire défaut – ou même des misères – quand on sera aux prises avec le gros morceau qu’on a décidé de gober : Russie, Inde, Chine. Tout l’art dans ces sortes de choses est de se faire aider par quelques-unes de ses futures victimes : « Union européenne», Arabie saoudite, Qatar, Turquie, Israël-en-Palestine, etc. Cela, c’est l'état présent de l’échiquier de Monsieur B. tel que le voient ceux qui ne ferment pas les yeux exprès.

Qu’y a-t-il en face ? Vladimir Poutine, grand joueur d’échecs il est vrai, Madame Arundhati Roy et quelques Chinois aux noms imprononçables mais qu’importe, rappelez-vous juste «Tien’anmen» c’est tout ce qu’on vous demande.

Qu’y a-t-il ailleurs, en guise de frein ou, si on veut d’épine, dans le pied de Frankenstein ? Une Amérique Latine qui, à force d’héroïsme, lui échappe, dont il ne sait que l’affamer et assassiner ses hommes politiques d’envergure, faute d’oser l’affronter à la loyale. Course de vitesse et d'endurance dont on ne sait pas encore qui la gagnera.

Puisque la Syrie semble devoir jouer demain, à son corps défendant, le rôle de dépêche d’Ems, d’éventail d’Abd el-Kader, d’archiduc de Sarajevo pour déclencher la der des der, voyons où en sont les choses au moment où nous rebranchons.

Dans la cohorte des merdias qui lobotomisent les foules aux gages des pirates du Titanic, y a-t-il encore des journalistes capables d’autre chose que de propagande mercenaire ? Grâces en soient rendues aux dieux ou au diable, il en reste quelques-uns. Pas beaucoup. À tout seigneur tout honneur :

 

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LE CONFLIT SYRIEN RISQUE DE DÉGÉNÉRER EN GUERRE MONDIALE

 

Coups de semonce russes

 

par Thierry Meyssan

 

La crise syrienne a changé de nature. Le processus de déstabilisation qui devait ouvrir la voie à une intervention militaire légale de l’Alliance atlantique a échoué. Ôtant leur masque, les États-Unis ont publiquement évoqué la possibilité d’attaquer la Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité, comme ils le firent au Kosovo. C’était feindre d’ignorer que la Russie de Vladimir Poutine n’est pas celle de Boris Eltsine. Après s’être assuré du soutien chinois, Moscou a tiré deux coups de semonce en direction de Washington. La continuation des violations du droit international par l’OTAN et le CCG risque désormais d’ouvrir un conflit mondial.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 9 JUIN 2012

 

 

Poutine 9.jpg

Lors de la célébration de la victoire contre le nazisme, le 9 juin dernier, le président Vladimir Poutine a insisté sur la nécessité pour la Russie de se tenir prête à un nouveau sacrifice.

 

Le président Vladimir Poutine a placé son troisième mandat sous le signe de l’affirmation de la souveraineté de son pays face aux menaces directement lancées contre la Fédération de Russie par les États-Unis et l’OTAN. Moscou a maintes fois dénoncé l’élargissement de l’OTAN, l’installation de bases militaires à ses frontières et le déploiement du bouclier antimissile, la destruction de la Libye et la déstabilisation de la Syrie.

Les jours suivant son intronisation, M. Poutine a passé en revue l’industrie militaire russe, ses forces armées, et son dispositif d’alliance [1]. Il a poursuivi cette mobilisation en choisissant de faire de la Syrie la ligne rouge à ne pas franchir. Pour lui, l’invasion de la Libye par l’OTAN est comparable à celle de la Tchécoslovaquie par le IIIe Reich, et celle de la Syrie —si elle devait avoir lieu— serait comparable à celle de la Pologne qui déclencha la Deuxième Guerre mondiale.

Toute interprétation de ce qui se passe actuellement au Levant en termes intérieurs syriens de révolution/répression est non seulement faux, mais dérisoire au regard des vrais enjeux et relève de la simple communication politique. La crise syrienne est avant tout une étape du « remodelage du Moyen-Orient élargi », une nouvelle tentative de détruire « l’Axe de la Résistance », et la première guerre de «  la géopolitique du gaz » [2]. Ce qui se joue actuellement en Syrie, ce n’est pas de savoir si Bachar el-Assad parviendra à démocratiser les institutions qu’il a reçues en héritage ou si les monarchies wahhabites du Golfe parviendront à détruire le dernier régime laïque de la région et à imposer leur sectarisme, mais quelles frontières séparent les nouveaux blocs, OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord) et OCS (Organisation de coopération de Shanghai) [3].

Certains de nos lecteurs ont probablement sursauté à la lecture de la phrase précédente. En effet, depuis des mois, les médias occidentaux et du Golfe leur martèlent à longueur de journées que le président el-Assad incarne une dictature sectaire au profit de la minorité alaouite, tandis que son opposition armée incarne la démocratie pluraliste. Un simple regard sur les événements suffit à discréditer cette présentation mensongère. Bachar el-Assad a convoqué successivement des élections municipales, un référendum et des élections législatives. Tous les observateurs se sont accordés à dire que les scrutins se sont déroulés de manière sincère. La participation populaire a atteint plus de 60 % alors même que les Occidentaux les ont qualifiés de « farces » et que l’opposition armée qu’ils soutiennent a empêché les citoyens de se rendre aux urnes dans les quatre districts qu’ils contrôlent. Dans le même temps, l’opposition armée a multiplié les actions non seulement contre les forces de sécurité, mais contre les civils et tous les symboles de la culture et du multi-confessionnalisme. Ils ont assassiné les sunnites progressistes, puis tué au hasard alaouites et chrétiens pour contraindre leurs familles à fuir. Ils ont brulé plus de mille cinq cents écoles et églises. Ils ont proclamé un éphémère Emirat islamique indépendant à Baba Amr où ils ont institué un Tribunal révolutionnaire qui a condamné à mort plus de 150 mécréants, égorgés un à un en public par leur bourreau. Et ce n’est pas le pitoyable spectacle de quelques politiciens dévoyés, réunis au sein d’un Conseil national syrien en exil, affichant un projet démocratique de façade sans rapport avec la réalité de terrain des crimes de l’Armée « syrienne » libre, qui masquera plus longtemps la vérité. Au demeurant, qui peut croire que le régime laïque syrien, dont l’exemplarité était célébrée il y a peu, serait devenu une dictature confessionnelle, tandis que l’Armée « syrienne » libre, soutenue par les dictatures wahhabites du Golfe et obéissant aux injonctions de prédicateurs takfiristes serait un parangon du pluralisme démocratique ?

L’évocation par des dirigeants US d’une possible intervention internationale hors mandat de l’ONU, à la manière dont l’OTAN avait démembré la Yougoslavie, a suscité inquiétude et colère à Moscou. La Fédération de Russie, qui jusqu’ici se tenait en position défensive, a décidé de prendre l’initiative. Ce changement stratégique est dû à l’urgence de la situation du point de vue russe, et à l’évolution favorable sur le terrain en Syrie [4].

Moscou a proposé de créer un Groupe de contact sur la Syrie qui réunirait l’ensemble des États concernés, c’est-à-dire à la fois les Etats voisins, les puissances régionales et internationales. Il s’agit de substituer un forum de dialogue à l’actuel dispositif belliqueux mis en place par les Occidentaux sous le vocable orwellien de « Conférence des Amis de la Syrie ».

La Russie continue à soutenir le Plan Annan —qui est en fait la reprise à peine modifiée du plan présenté par Sergey Lavrov à la Ligue arabe—. Elle déplore que ce plan ne soit pas appliqué, mais rejette la culpabilité sur la faction de l’opposition qui a pris les armes. Selon A.K. Lukashevich, un des porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l’Armée « syrienne » libre est une organisation illégale au regard du droit international. Bien qu’elle assassine chaque jour 20 à 30 soldats syriens, elle est publiquement soutenue par les États de l’OTAN et du CCG en violation du Plan Annan [5].

Se posant en faiseur de paix face à une OTAN faiseur de guerre, Vladimir Poutine a demandé à l’OTSC de se préparer à déployer des « chapkas bleues » en Syrie, à la fois pour séparer les belligérants syriens et pour combattre les forces étrangères. Nicolai Bordyuzha, secrétaire général de l’OTSC, a confirmé qu’il dispose de 20 000 hommes formés pour ce type de mission et immédiatement disponibles [6]

Ce serait la première fois que l’OTSC déploierait une force de paix hors de l’ancien espace soviétique. Piqué au vif, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a tenté de saboter cette initiative en proposant soudainement d’organiser lui aussi un Groupe de contact.

Réunissant à Washington le groupe de travail sur les sanctions de la Conférence des Amis de la Syrie, la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton a fait fi de la proposition russe et a surenchéri en faveur d’un changement de régime [7].

En Turquie, des parlementaires d’opposition ont visité les camps de réfugiés syriens. Ils ont constaté l’absence de plus d’un millier de réfugiés enregistrés par les Nations Unies dans le principal camp et, au contraire, la présence d’un arsenal dans le camp. Ils ont alors interrogé à l’Assemblée le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan exigeant qu’il révèle le montant de l’aide humanitaire accordée aux réfugiés fantômes. Les députés considèrent que le camp de réfugiés est une couverture pour une opération militaire secrète. Il abrite en réalité des combattants, principalement libyens, qui l’utilisent comme base arrière. Les députés ont émis l’hypothèse que ces combattants sont ceux qui se sont introduits dans le district de Houla lorsque le massacre a été perpétré.

Ces informations confirment les accusations de l’ambassadeur russe au Conseil de sécurité, Vitaly Churkin, selon lesquelles, le représentant spécial de Ban Ki-moon en Libye, Ian Martin, a utilisé des moyens de l’ONU destinés aux réfugiés pour acheminer en Turquie des combattants d’Al Qaeda [8].

En Arabie saoudite, la fracture entre le roi Abdallah et le clan des Sudeiris s’est à nouveau manifestée. À l’invitation d’Abdallah Ier, le Conseil des oulémas a publié une fatwa stipulant que la Syrie n’est pas une terre de jihad. Mais, dans le même temps, le prince Fayçal, ministre des Affaires étrangères appelait à armer l’opposition contre « l’usurpateur alaouite ».

La journée du jeudi 7 juin a été riche en événements. Alors que Ban Ki-moon et Navi Pillay, respectivement secrétaire général et Haut-commissaire aux Droits de l’homme, dressaient leur réquisitoire contre la Syrie devant l’Assemblée générale de l’ONU, Moscou a procédé à deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux.

 

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Le missile Boulava tire son nom d’une antique masse d’arme slave faisant office de bâton de maréchal des armées cosaques.

 

Le colonel Vadim Koval, porte-parole du RSVN, a admis le test d’un Topol —lancé depuis un silo près de la Caspienne—, mais n’a pas confirmé celui d’un Boulava depuis un sous-marin en Méditerranée. Cependant, le tir a été observé dans tout le Proche-Orient, d’Israël à l’Arménie, et il n’existe aucune autre arme connue qui puisse laisser de telles traces dans le ciel [9].

Le message est clair : Moscou est prêt à la guerre mondiale, si l’OTAN et le CCG ne se plient pas aux obligations internationales telles que définies par le Plan Annan, et persistent à alimenter le terrorisme.

Selon nos informations, ce coup de semonce avait été coordonné avec les autorités syriennes. De même que Moscou avait encouragé Damas à liquider l’Émirat islamique de Baba Amr sitôt l’autorité du président el-Assad confirmée par le référendum constitutionnel, de même il a encouragé le président à liquider les groupes de mercenaires présents dans le pays sitôt le nouveau Parlement et le nouveau Premier ministre installés. L’ordre a été donné de passer d’une stratégie défensive à une action offensive pour protéger la population du terrorisme. L’armée nationale est donc passée à l’attaque des bastions de l’Armée « syrienne » libre. Les combats des prochains jours s’annoncent difficiles, d’autant que les mercenaires disposent de mortiers, de missiles anti-chars et désormais de missiles sol-air.

Pour faire baisser la tension, la France a immédiatement accepté la proposition russe de participation à un Groupe de contact ad hoc. Washington a dépêché en urgence Frederic C. Hof à Moscou. Contredisant les propos tenus la veille par la secrétaire d’État, Hillary Clinton, M. Hof a à son tour accepté l’invitation russe.

Il n’est plus temps de se lamenter sur l’extension des combats au Liban, ni de pérorer sur une possible régionalisation du conflit. Depuis 16 mois qu’ils déstabilisent la Syrie, l’OTAN et le CCG ont créé une situation sans issue qui peut désormais dégénérer en guerre mondiale.

Thierry Meyssan

 

_________________________  

 

[1] Agenda du président Poutine : 
7 mai : investiture du président Vladimir Poutine 
8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre 
9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie 
10 mai : visite du complexe militaro industriel russe 
11 mai : réception du président abkhaze 
12 mai : réception du président sud-ossète 
14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC. 
18 mai : visite de l’institut de recherche de défense Cyclone 
25 mai : revue des sous-marins atomiques 
30 mai : réunion avec les principaux responsables de la Défense 
31 mai : réunion du Conseil de sécurité russe 
4-7 juin : visite en Chine, sommet de l’OCS 
7 juin : visite au Kazakhstan durant le tir de missile Topol

[2] « La Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient », par Imad Fawzi Shueibi, Réseau Voltaire, 8 mai 2012.

[3] « Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial », par Imad Fawzi Shueibi, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 13 mars 2012.

[4] « L’affaire de Houla illustre le retard du renseignement occidental en Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juin 2012.

[5] « Comment of Official Representative of the Ministry of Foreign Affairs of Russia A.K. Lukashevich on the Question of Interfax related to the statement made by Representative of so-called Free Syrian Army S.Al-Kurdi », Ministère russe des Affaires étrangères, 5 juin 2012.

[6] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

[7] « Friends of the Syrian People Sanctions Working Group », déclaration à la presse d’Hillary Clinton, Département d’État, 6 juin 2012.

[8] « La Libye, les bandits-révolutionnaires et l’ONU », par Alexander Mezyaev, Traduction Julia, Strategic Culture Foundation (Russia), Réseau Voltaire, 17 avril 2012.

[9] « 7 juin 2012 : la Russie manifeste sa supériorité balistique nucléaire intercontinentale », Réseau Voltaire, 8 juin 2012.

 

 Source : http://www.voltairenet.org/Coups-de-semonce-russes



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De l'autre côté de l'Atlantique, ils sont quelques-uns aussi. Tony Cartalucci, par exemple :


PRESSIONS SUR LA RUSSIE :

LES ÉTATS-UNIS SE FRAYENT UN CHEMIN VERS LA VICTOIRE EN SYRIE À COUPS DE MEURTRES EN MASSE.

 

Les USA à la Russie : « Laissez tomber » ou nagez dans notre mer de sang syrien.

 

Par Tony Cartalucci

 

Global Research, le 6 juin 2012

landdestroyer.blogspot.com

 

Alors qu'il s'avère indubitable que la violence qui se déchaîne de plus en plus en Syrie a été préméditée par les planificateurs occidentaux plusieurs années avant que ne se déroule le printemps arabe, et alors que la façade des prétendues « aspirations démocratiques » s'effondre dans le bain de sang perpétré par les extrémistes sectaires qu’ils ont eux-mêmes armés, les officiels US et les gourous des think tanks politiques occidentaux, se confiant à Bloomberg1 ont déclaré que le dernier message adressé à la Russie en vue d’obtenir un changement de régime en Syrie est essentiellement celui-ci : L’escalade de la violence va délibérément continuer, jusqu’à ce qu’un changement de régime ait lieu.  La Russie peut capituler maintenant et participer au changement, ou capituler plus tard et s’en voir exclure comme cela a été le cas en Libye. Bloomberg cite « des officiels US » qui prétendent avoir des contacts avec les Russes pour chercher ensemble une « transition ordonnée ».

 

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Le mémo n°21 sur le Moyen Orient de la Brookings Institution « Assessing Options for Regime Change » ne fait pas mystère de ce que la « responsabilité de protéger » (R2P) humanitaire n’est qu’un prétexte pour imposer un changement de régime projeté depuis longtemps.

 

À quel point les Etats-Unis sont ou croient être près de réussir à renverser le gouvernement syrien est sujet à des estimations diverses. Ce qui n’est pas affaire d’opinion, en revanche, est le fait que les Etats-Unis se sont ouvertement engagés dans une conspiration visant à « saigner à blanc » la Syrie, soit pour au moins limiter de manière définitive son influence géopolitique au Moyen-Orient, soit pour entraîner la chute de son gouvernement. Ceci a été exprimé très clairement dans le susdit Mémo n°21 sur le M.-O. de Brookings Institution2 « Assessing Options for Regime Change ».

« Il reste une alternative : que les efforts de la diplomatie se concentrent d’abord sur la possibilité d’un accès humanitaire, comme cela tente de se faire sous la direction d’Annan. Un tel choix pourrait conduire à l’établissement de havres de paix et de corridors humanitaires, qui seraient étayés par des actions militaires limitées. Ceci, bien etendu, ne remplirait pas les buts poursuivis par les Etats-Unis et pourrait même laisser Assad au pouvoir. De ce point de départ, cependant, il serait possible qu’une large coalition disposant d’un mandat international approprié, soit en mesure d’ajouter davantage d’action corercitive à ces efforts initiaux » (page 4, « Assessing Options for Regime Change », Brookings Institution.)

En pages 8 et 9, le mémo précise :

« Les «Etats-Unis pourraient encore armer l’opposition, tout en sachant qu’elle n’aura jamais assez de puissance pour déloger du pouvoir, à elle seule, Assad et son réseau. Washington pourrait néanmoins choisir de le faire en arguant de ce que fournir à un peuple opprimé une possibilité de résister à ses oppresseurs vaut mieux que ne rien faire du tout, quand bien même le soutien fourni aurait peu de chances de transformer la défaite en victoire »3. Pages 8 et 9, « Assessing Options for Regime Change ».

Pour ceux qui croient en la rhétorique « humanitaire » invoquée par l’Occident pour justifier son ingérence en Syrie, il est clairement hors de question de perpétuer délibérément la violence, et particulièrement la brutale violence sectaire actuellement à l’œuvre, juste pour « garder un ennemi régional en état de faiblesse ». C’est pourtant à partir de cette position d’une totale dépravation morale que l’Occident prétend négocier avec la Russie une « transition ordonnée » en Syrie.

L’Occident s’imagine qu’en continuant à verser le sang à flots et en manipulant l’opinion publique pour lui faire croire que c’est là « l’œuvre du gouvernement syrien », « soutenu par les Russes, les Chinois et les Iraniens », il réussira à culpabiliser ceux qui s’opposent à sa campagne de déstabilisation au point de les faire consentir à son crime contre la paix du monde. Mais la propagande occidentale commence à s'essouffler, face aux medias alternatifs. En outre, le public, fatigué de la guerre sans fin, nourrit de plus en plus de soupçons quant aux motifs de l’engagement occidental en Syrie. L’impact espéré de ce qui se révèle être une atrocité orchestrée par l'Occident en Syrien’a été visible que dans les gros titres de la presse occidentale, pas même dans le corps des paragraphes qui les suivaient. Autrement dit, la manœuvre a fait long feu. Personne n’a été dupe.


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Jamais plus ? Temporiser avec la tyrannie ne marche jamais. En 1939, Hitler a signé un pacte de non agression avec l’URSS, qu’il n’a jamais eu l’intention d’honorer. Jusqu’au jour où il a envahi l’URSS en 1941, il a nié son intention d’aller jusqu’à Moscou, prétendant qu’il ne déployait ses troupes aux frontières du pays que « pour les protéger des bombardements anglais ». Aujourd’hui, nous voyons l’OTAN refaire exactement le même chose avec ses boucliers anti-missiles censés protéger la Russie de l’Iran, tout en sapant et en envahissant un allié de la Russie après l’autre. L’apathie et la complicité tacite vis à vis des guerres d’agression peuvent sembler une solution « facile »… aussi longtemps qu’on ne pense pas au prix que les Allemands ont dû payer quand leur chance a fini par tourner.


Ce que les Russes vont décider de faire vis à vis de la Syrie déterminera la forme du champ de bataille sur lequel ils devront combattre lorsqu’ils seront inévitablement forcés d’affronter les machinations croissantes de Wall Street et de Londres.

Une idée fausse dont il faut se garder est que temporiser avec l’Ouest en abandonnant la Syrie comme on l’a fait avec la Libye calmera les ambitions hégémoniques de ceux qui ont inscrit ce programme d’invasions à leur agenda. Comme Hitler niant vouloir envahir l’URSS jusqu’au jour où il l’envahit bel et bien, Wall Street et Londres ont bel et bien l’intention d’aller jusqu’à Moscou et jusqu’à Pékin, quelles que soient les myriades d’excuses qui continueront à être prodiguées, d’ici au jour où les forces occidentales et leurs sous-fifres commenceront à envahir la Russie ET la Chine.

La Chine, elle aussi, est confrontée à l’encerclement et à l’endiguement, en ce moment même où le Pentagone déclare ouvertement diriger son attention et ses flottes vers le Pacifique. Tandis que le Secrétaire à la Défense Léon Panetta s’efforce de dissiper les craintes que suscitent ces mouvements et de dire que mais non, mais non, les USA ne sont pas en train de rassembler leurs forces pour attaquer la Chine, ses paroles verbales sans aucune crédibilité contredisent près de 20 ans de documents politiques US, qui préconisent justement l’isolement et la destruction de la Chine par cette méthode de renforcement de l’hégémonie américaine dans le Pacifique.

L’affrontement aura lieu tôt ou tard, et ceux qui se demandent encore pourquoi le monde est resté aussi apathique face aux nazis – menace si évidente pour la paix du monde quand on y repense – sont aujourd’hui assis aux premières loges pour voir Wall Street, Londres et tous leurs satellites violer progressivement la souveraineté et le destin d’une nation après l’autre, soutenus par l’apathie et l’ignorance apparemment infinies de leurs propres populations. Comme ce fut le cas pour l’Allemagne, ce seront en fin de compte ces populations qui paieront au prix fort leur complaisance et leur passivité face aux ambitions hégémoniques effrénées de leurs gouvernements.

Source : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...

 Traduction : C.L. pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs....

 

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1 Bloomberg LP est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l'information économique et financière aussi bien en tant qu'agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite. (Wikipedia)

 

2 La Brookings Institution est souvent présentée comme le principal think tank des démocrates. Il s’agit plutôt d’un organisme représentatif des élites modérées, favorables à une régulation économique limitée, par opposition au patronat libertarien de l’American Enterprise Institute. Désormais active en politique étrangère, elle préconise - comme les néo-conservateurs et dans les mêmes circonstances - l’usage de la force, mais pour motifs humanitaires et non par évangélisme démocratique, par devoir et non par enthousiasme conquérant. La moitié de ses chercheurs a travaillé dans le passé pour le Conseil de sécurité national ou la Maison-Blanche. ( Réseau Voltaire)

 

3 Budapest 1956 ?


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Dresde 1945

Pipi de sansonnet, comparé à ce qui nous attend si Vladimir Poutine est forcé d’envoyer un seul missile sur le Quartier Général de l’OTAN pour défendre son pays.



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Dernière minute :



URGENT

 

L’OTAN prépare une vaste opération d’intoxication

 

par Thierry Meyssan

 

Des États membres de l’OTAN et du CCG préparent un coup d’État et un génocide sectaire en Syrie. Si vous voulez vous opposer à ces crimes, agissez dès maintenant : faites circuler cet article sur le Net et alertez vos élus.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 10 JUIN 2012
 

 

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Dans quelques jours, peut-être dès vendredi 15 juin à midi, les Syriens qui voudront regarder les chaînes nationales verront celles-ci remplacées sur leurs écrans par des télévisions créées par la CIA. Des images réalisées en studio montreront des massacres imputés au gouvernement, des manifestations populaires, des ministres et des généraux donnant leur démission, le président el-Assad prenant la fuite, les rebelles se rassemblant au cœur des grandes villes, et un nouveau gouvernement s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement pilotée depuis Washington par Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale des États-Unis, vise à démoraliser les Syriens et à permettre un coup d’État. L’OTAN, qui se heurte au double veto de la Russie et de la Chine, parviendrait ainsi à conquérir la Syrie sans avoir à l’attaquer illégalement. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les événements actuels en Syrie, un coup d’État mettrait fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue arabe a demandé aux opérateurs satellitaires Arabsat et Nilesat de cesser la retransmission des médias syriens, publics et privés (Syria TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia, Cham TV etc.). Il existe un précédent, puisque la Ligue avait déjà œuvré à la censure de la télévision libyenne pour empêcher les dirigeants de la Jamahiriya de communiquer avec leur peuple. Il n’y a pas de réseau hertzien en Syrie où les télévisions sont exclusivement captées par satellite. Mais cette coupure ne laissera pas les écrans noirs.

En effet, cette décision publique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos informations plusieurs réunions internationales ont été organisées cette semaine pour coordonner l’opération d’intoxication. Les deux premières, d’ordre technique, se sont tenues à Doha (Qatar), la troisième, politique, s’est tenue à Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé les officiers de guerre psychologique « embedded » dans quelques chaînes satellitaires, dont Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV — On sait que depuis 1998 des officiers de l’United States Army’s Psychological Operations Unit (PSYOP) ont été incorporés dans la rédaction de CNN ; depuis, cette pratique a été étendue par l’OTAN à d’autres stations stratégiques—. Ils ont rédigé à l’avance de fausses informations, selon un « storytelling » élaboré par l’équipe de Ben Rhodes à la Maison-Blanche. Une procédure de validation réciproque a été mise au point, chaque média devant citer les mensonges des autres pour les rendre crédibles aux yeux des téléspectateurs. Les participants ont également décidé de ne pas uniquement réquisitionner les chaînes de la CIA pour la Syrie et le Liban (Barada, Future TV, MTV, Orient News, Syria Chaab, Syria Alghad), mais aussi une quarantaine de chaînes religieuses wahhabites qui appelleront au massacre confessionnel au cri de « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait des ingénieurs et des réalisateurs pour planifier la fabrication d’images de fiction, mêlant une partie en studio à ciel ouvert et une partie d’images de synthèse. Des studios ont été aménagés durant les dernières semaines en Arabie saoudite pour reconstituer les deux palais présidentiels syriens et les principales places de Damas, Alep et Homs. Il existait déjà des studios de ce type à Doha, mais ils étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait le général James B. Smith, ambassadeur des États-Unis, un représentant du Royaume-Uni, et le prince Bandar Bin Sultan (que le président George Bush père désignait comme son fils adoptif, au point que la presse états-unienne l’a surnommé « Bandar Bush »). Il s’agissait de coordonner l’action des médias et celle de « l’Armée syrienne libre » dont les mercenaires du prince Bandar forment le gros des effectifs.

L’opération qui était en gestation depuis des mois a été précipitée par le Conseil de sécurité nationale des États-Unis après que le président Poutine ait notifié à la Maison-Blanche que la Russie s’opposerait par la force à toute intervention militaire illégale de l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend deux volets simultanés : d’une part déverser de fausses informations et d’autre part censurer toute possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires pour conduire une guerre n’est pas nouveau. Ainsi, sous la pression d’Israël, les États-Unis et l’Union européenne ont successivement interdit des chaînes libanaise, palestiniennes, irakiennes, libyennes, et iraniennes. Aucune censure n’a été effectuée envers des chaînes satellitaires provenant d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles, n’est pas non plus une première. Cependant, quatre pas significatifs ont été franchis dans l’art de la propagande au cours de la dernière décennie. 
• En 1994, une station de musique pop, la Radio libre des Mille Collines (RTML) a donné le signal du génocide rwandais en appelant à « Tuer les cafards !  ». 
• En 2001, l’OTAN a utilisé des médias pour imposer une interprétation des attentats du 11-Septembre et justifier les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben Rhodes qui avait été chargé par l’administration Bush de rédiger le rapport de la Commission Kean/Hamilton sur les attentats. 
• En 2002, la CIA a utilisé cinq chaînes, Televen, Globovision, Meridiano, ValeTV et CMT, pour faire accroire que des manifestations monstres avaient contraint le président élu du Venezuela, Hugo Chavez, à démissionner, alors qu’il venait d’être victime d’un coup d’État militaire. 
• En 2011, France 24 faisait de facto office de ministère de l’Information du Conseil national libyen, avec qui il était lié par contrat. Lors de la bataille de Tripoli, l’OTAN a fait réaliser en studio et diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya des images des rebelles libyens entrant sur la place centrale de la capitale, alors qu’ils étaient encore loin de la ville, de sorte que les habitants, persuadés que la guerre était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne se contentent plus de soutenir la guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes de base du droit international, à commencer par l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme relatif au fait « de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Surtout, il viole les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies, adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les guerres. Les résolutions 110, 381 et 819 interdisent « les obstacles au libre-échange des informations et des idées » (en l’occurrence la coupures des chaînes syriennes) et «  la propagande de nature à provoquer ou encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». En droit, la propagande de guerre est un crime contre la paix, le plus grave des crimes, puisqu’il rend possible les crimes de guerre et les génocides.

Thierry Meyssan

 

Source :   http://www.voltairenet.org/L-OTAN-prepare-une-vaste-operation



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Nous ne voudrions pas fermer ce premier post sans féliciter le tout nouveau Président de la République Française, qui, d’ores et déjà, est assuré de laisser un nom dans l’Histoire pour sa lucidité politique, son courage et son talent de raconteur d’histoires drôles.

 

 

 Cliquer pour Hymne syrien

 

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Pénates

 

Oui, oui, Théroigne a déménagé… si on peut dire.

Situation banalissime : Elle aura, l’an prochain, 80 balais. (Nous sommes des dames aux chapeaux cloche, ici.) Le logement qu’elle occupait depuis un quart de siècle  a été vendu. Dans ce cas : expulsion du locataire, qui a six mois pour déguerpir (loi récente, merci Madame Onckelinks).

 Comment peut-on se reloger quand on vit d’une retraite plancher – bloquée - de salarié et que l’immobilier – loyers en tête – monte au ciel sans entraves ? On ne peut pas. Le moindre taudis double ou triple vos possibilités. Que faire ? Demander un logement social. Sept à neuf ans d’attente (Prière de faire suivre les clés au cimetière, svpl.). Il ne reste plus alors qu’à mettre ce qu’on a dans un garde-meubles et se chercher un pont sans trop de courants d’air.

 Notre valeureuse expulsée s’est donc retrouvée, à l’échéance, avec un bras cassé, entre des déménageurs pieds nickelés, qui l’ont dépouillée jusqu’à l’os (on vous épargne Les deux orphelines de La porteuse de pain) et des acquéreurs à qui les dents ont poussé en quelques minutes (le temps de saisir les clés avec et de se déguiser en Thénardiers).

 Cependant, il y a encore ici et là des gens pas du tout à la mode, des espèces de dinosaures, pour qui les mots « fraternité » et « solidarité » ne sont pas simples paroles verbales dont il convient de se gausser. Des qui ont dit, non, Madame T, on ne va pas sous les ponts à votre âge, ni dans les maisons Marie-Louise, venez chez nous, venez avec votre matos, et, oui, avec vos chats, on s’arrangera.

 

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MERCI, pour leur hospitalité, à Louis et Marie, à cause de qui on ne peut pas – eh merde ! - totalement désespérer de l'espèce humaine. (Je parle au nom de l’intéressée et de ses greffiers.) Merci à Francine et à Madame sa mère, qui ont offert un havre sec à sa bibliothèque. Merci aussi à Michel et Véronique : eux, ils ont envoyé des sous pour payer les pieds nickelés. Et merci à Andrée et Yellow, Patrick et Geneviève, Minok et Christmac, Édouard et Karine, qui ont fait de même, car il en a fallu beaucoup. La voilà endettée jusqu’aux yeux, Théroigne, mais pleine de gratitude jusqu’aux cheveux, on a les richesses qu’on mérite. Merci aussi à Françoise, Ian, Philippe et Johnny, qui ont réussi à sauver quelques bricoles, dont l’ordi, arraché de justesse aux ferrailleurs.

 Il fallait une ligne téléphonique, pour qu’il soit reconnecté à l’Internet. Marie et Louis en ont demandé une. On l’a attendue deux mois. Mais ça y est, elle est là. Ouf !... Notre webmaîtresse is back. Cabossée, mais toute hargne intacte.

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« Tu vois, » dit Théroigne, « ça, c'est à peu près moi  au Parvis de Saint-Gilles, sauf que je ne fume plus. »

 

Rendez-vous bientôt pour la suite de nos aventures et la chronique de tous ceux qui couchent vraiment sous les ponts, ou pire.


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 Mis en ligne le 13.6.2012 par C.L.